Idée. L'anneau est la structure qui unifie l'algèbre déjà rencontrée : Z (Arithmétique) et K[X] (Polynômes) en sont les exemples fondamentaux ; Z/nZ et K[X]/(P) — manipulés depuis le début — sont des anneaux quotients ; Fp[X]/(m) (Corps finis) est un quotient par un idéal maximal. Ce chapitre nomme et démontre ce qui était jusque-là implicite.
Note (L2/L3, démonstratif). Les exercices sont des preuves ; les énoncés numériques sont vérifiés machine sur des anneaux finis concrets (Z/nZ, Fp[X]/(f), produits, Z[i]/(n), M2(F2)…).
A. Anneaux, anneaux intègres
Un anneau(A,+,⋅) est un groupe abélien pour +, muni d'une multiplication associative, distributive sur +, avec un élément neutre 1 (anneau unitaire). Il est commutatif si ab=ba. Règles immédiates : 0⋅a=0 et (−a)b=−(ab).
Un diviseur de zéro est un a=0 tel que ab=0 pour un b=0.
Un anneau commutatif sans diviseur de zéro (et 1=0) est intègre.
Une unité est un élément inversible ; les unités forment un groupe A×.
Z/nZinteˋgre⟺npremierA×(Z/nZ)={k:gcd(k,n)=1}
Exemples : Z, K[X], K sont intègres ; Z/12Z ne l'est pas (3⋅4=0) — ses unités sont {1,5,7,11} (φ(12)=4), ses diviseurs de zéro {2,3,4,6,8,9,10}. M2(F2) est non commutatif et a des diviseurs de zéro.
Deux faits clés (anneau fini). Dans un anneau commutatif fini, tout a=0 est soit une unité soit un diviseur de zéro. En particulier :
tout anneau inteˋgre FINI est un corps.
B. Idéaux, quotients, morphismes
Un idéalI de A est un sous-groupe additif absorbant : a∈A,x∈I⇒ax∈I (et xa∈I). L'idéal engendré par a est (a)=aA={ax:x∈A} (idéal principal).
Le noyau d'un morphisme d'anneaux f:A→B est un idéal ; son image, un sous-anneau.
On forme l'anneau quotientA/I (classes a+I, opérations induites — bien définies car I absorbant).
1er théorème d'isomorphisme :A/kerf≅imf.
Exemples.Z est principal : ses idéaux sont les (n), et (n)⊆(m)⟺m∣n. Le treillis des idéaux de Z/12Z est celui des diviseurs de 12. L'évaluation K[X]→K,P↦P(0) a pour noyau (X), d'où K[X]/(X)≅K.
Treillis des idéaux de Z/12Z. Tout idéal est principal : (d) pour d∣12. L'inclusion (d)⊆(e)⟺e∣d : le diagramme de Hasse des idéaux est celui des diviseurs de 12 (renversé). En haut (1)=Z/12Z, en bas (0)=(12) ; (2) et (3) sont les idéaux maximaux (quotients Z/2, Z/3, des corps).
E. Idéaux premiers & maximaux, théorème chinois
Ipremier⟺A/IinteˋgreImaximal⟺A/Icorps
Un corps est intègre, donc maximal ⇒ premier. Concrètement :
dans Z : idéaux premiers =(0) et les (p) (p premier) ; maximaux= les (p) ;
dans K[X] : (P)maximal ⟺P irréductible (alors K[X]/(P) est un corps — c'est la construction des corps finis Fp[X]/(m)).
Théorème chinois (CRT). Si I+J=A (idéaux comaximaux), alors I∩J=IJ et
A/(I∩J)≅A/I×A/J.
Cas archétype : gcd(m,n)=1⇒Z/mnZ≅Z/mZ×Z/nZ (p.ex. Z/12≅Z/4×Z/3).
Dans le palier approfondissement (Pro) : Euclidien ⇒ principal ⇒ factoriel ; caractéristique, nilradical, idempotents, anneaux de Boole
A. Euclidien ⇒ principal ⇒ factoriel
B. Irréductible = premier : Z[−5]
C. Caractéristique
D. Nilradical, idempotents, anneaux de Boole
E. Structure de Z/nZ
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