Idée. En pratique, l'ingénieur ne calcule presque jamais en exact : les équations n'ont pas de solution explicite, les intégrales pas de primitive, les équations différentielles pas de formule close. On les résout numériquement, par des algorithmes itératifs qui produisent une suite d'approximations → la solution, avec une erreur contrôlée. Deux questions guident tout le chapitre : l'algorithme converge-t-il ? et à quelle vitesse (ordre) ?
A. Résolution numérique d'équations f(x)=0
Dichotomie : si f(a)f(b)<0, on coupe [a,b] en deux et on garde la moitié qui change de signe. L'erreur est divisée par 2 à chaque étape (convergence linéaire), sûre mais lente.
Point fixe : réécrire f(x)=0 en x=g(x) et itérer xn+1=g(xn). Converge si ∣g′(racine)∣<1 (contraction).
Méthode de Newton : xn+1=xn−f′(xn)f(xn) — on suit la tangente jusqu'à l'axe. Convergence quadratique (le nombre de décimales exactes double à chaque pas).
Sécante : Newton sans dérivée, xn+1=xn−f(xn)f(xn)−f(xn−1)xn−xn−1.
Méthode de Newton : depuis x0, on trace la tangente à la courbe y=f(x) ; elle coupe l'axe des abscisses en x1, plus proche de la racine r. On recommence en x1 → x2… La convergence est quadratique (le nombre de décimales exactes double à chaque pas).
Exemple.f(x)=x2−2, Newton donne xn+1=21(xn+xn2) : de x0=1, x1=23, x2=1217, x3=408577≈1,4142157 — déjà 6 décimales de 2.
B. Intégration numérique (quadrature)
On approche ∫abf(x)dx en remplaçant f par des morceaux simples (h=nb−a, xi=a+ih) :
Trapèzes : T=h[2f(x0)+f(xn)+i=1∑n−1f(xi)] — erreur en O(h2).
Simpson (paraboles, n pair) : S=3h[f(x0)+f(xn)+4i impair∑f(xi)+2i pair∑f(xi)] — erreur en O(h4), exacte sur les polynômes de degré ≤3.
Méthode des trapèzes : l'aire sous la courbe y=f(x) sur [a,b] est approchée par la somme des aires de trapèzes appuyés sur les points x0,x1,…,xn. Plus les sous-intervalles sont fins (pas h petit), plus l'approximation est précise (erreur en O(h2)).
Exemple.∫01x3dx=41 : Simpson avec n=2 donne 61(0+4⋅81+1)=41 — exact (cubique !).
C. Équations différentielles numériques
Pour y′=f(t,y), y(t0)=y0, on avance par pas h :
Euler explicite : yn+1=yn+hf(tn,yn) — ordre 1, simple mais peu précis ; stable seulement si h est assez petit (ex. y′=λy : ∣1+hλ∣<1).
Runge-Kutta d'ordre 4 (RK4) : moyenne pondérée de 4 pentes, ordre 4 — le standard. Pour y′=y, un pas RK4 reproduit le développement de Taylor 1+h+2h2+6h3+24h4.
Exemple.y′=y, y(0)=1 (solution et). À t=1 : Euler (h=21) donne (23)2=2,25 ; RK4 (h=1) donne 2465≈2,708 — bien plus proche de e≈2,718.
Dans le palier approfondissement (Pro) : Systèmes linéaires, interpolation & moindres carrés
A. Résolution des systèmes linéaires Ax=b
B. Conditionnement & méthodes itératives
C. Interpolation polynomiale
D. Moindres carrés (régression)
La suite dans l'app Maths Post-Bac
Palier approfondissement, 54 exercices corrigés pas à pas, quiz, tuteur IA,
PDF téléchargeables et suivi de progression — pour BUT, BTS, licence et maths de l'ingénieur.