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Raisonnement, ensembles & dénombrement

Algèbre · leçon socle (gratuite)

BTSL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Raisonnement, ensembles & dénombrement — socle

Idée. Avant de calculer quoi que ce soit, il faut savoir ce qu'une phrase mathématique affirme, comment on la démontre et comment on la nie. Ce chapitre fixe le vocabulaire commun à tout le post-bac : les connecteurs et les quantificateurs (partie A), les ensembles et les applications (partie B), puis le premier art de compter (partie E). Presque tout ce qu'il contient est vérifiable de façon exhaustive : une table de vérité se remplit ligne à ligne, une identité entre parties d'un ensemble se teste sur toutes les parties, un compte se recompte en énumérant. C'est le seul chapitre où la machine peut relire à peu près tout — et elle l'a fait.

Note (périmètre de vérification). Chaque équivalence logique de cette leçon a été vérifiée sur toutes ses valuations, chaque identité ensembliste sur toutes les parties d'un ensemble à quatre éléments, chaque nombre de la partie E énuméré par un programme puis comparé à la formule (_verif_raisonnement_denombrement.py). Les démonstrations (contraposée, absurde, récurrence) sont rédigées dans les exercices. Un seul énoncé est admis dans tout le chapitre : le principe de récurrence, propriété fondatrice de N\mathbb{N} — on l'accepte, on ne le démontre pas.

A. Logique et raisonnement

  • Propositions et connecteurs. Une proposition est un énoncé qui est soit vrai (V), soit faux (F) : « 77 est premier » (V), « 2Q\sqrt2\in\mathbb{Q} » (F). On en fabrique d'autres avec la négation ¬P\lnot P (« non PP »), la conjonction PQP\land QPP et QQ »), la disjonction PQP\lor QPP ou QQ », au sens inclusif : les deux à la fois est accepté), l'implication PQP\Rightarrow Q et l'équivalence P    QP\iff Q. La valeur de vérité d'une proposition composée ne dépend que de celles de ses composantes : c'est ce que résume une table de vérité.
PP QQ ¬P\lnot P PQP\land Q PQP\lor Q PQP\Rightarrow Q
V V F V V V
V F F F V F
F V V F V V
F F V F F V
  • L'implication, à lire trois fois. PQP\Rightarrow Q n'est fausse que dans un cas : PP vraie et QQ fausse. Quand PP est fausse, l'implication est vraie quoi que dise QQ (« si 2=32=3, alors je suis le pape » est une implication vraie). Autrement dit PQP\Rightarrow Q a la même table que ¬PQ\lnot P\lor Q, et sa négation est P¬QP\land\lnot Q : pour réfuter une implication, on exhibe un cas où l'hypothèse est vraie et la conclusion fausse — un contre-exemple. Vocabulaire : PP est une condition suffisante pour QQ, et QQ une condition nécessaire pour PP.
  • Contraposée et réciproque, à ne jamais confondre. La contraposée de PQP\Rightarrow Q est ¬Q¬P\lnot Q\Rightarrow\lnot P : elle a exactement la même table de vérité, donc démontrer l'une, c'est démontrer l'autre. La réciproque QPQ\Rightarrow P est une autre proposition, qui peut être fausse quand la première est vraie : « nn multiple de 44 \Rightarrow nn pair » est vraie, sa réciproque est fausse (n=6n=6). L'équivalence P    QP\iff Q est la conjonction de l'implication et de sa réciproque ; on la démontre donc en deux temps, ou par une chaîne d'équivalences dont chaque maillon est justifié dans les deux sens.
  • Lois de Morgan. ¬(PQ)    ¬P¬Q\lnot(P\land Q)\iff\lnot P\lor\lnot Q et ¬(PQ)    ¬P¬Q\lnot(P\lor Q)\iff\lnot P\land\lnot Q : la négation échange « et » et « ou ». « Il n'est pas vrai que x>0x>0 et y>0y>0 » signifie « x0x\leq0 ou y0y\leq0 ». Retiens aussi les distributivités P(QR)    (PQ)(PR)P\land(Q\lor R)\iff(P\land Q)\lor(P\land R) et P(QR)    (PQ)(PR)P\lor(Q\land R)\iff(P\lor Q)\land(P\lor R) — les mêmes que pour \cap et \cup.
  • Quantificateurs. « xE, P(x)\forall x\in E,\ P(x) » (pour tout xx de EE, P(x)P(x)) et « xE, P(x)\exists x\in E,\ P(x) » (il existe au moins un xx de EE tel que P(x)P(x)). Pour démontrer un \forall, on prend un xx quelconque et on prouve P(x)P(x) ; pour démontrer un \exists, on exhibe un xx qui marche. L'ordre compte : « xR, yR, x<y\forall x\in\mathbb{R},\ \exists y\in\mathbb{R},\ x<y » est vraie (y=x+1y=x+1 : le yy a le droit de dépendre du xx), alors que « yR, xR, x<y\exists y\in\mathbb{R},\ \forall x\in\mathbb{R},\ x<y » est fausse (il faudrait un yy plus grand que tous les réels, lui-même compris). On peut permuter deux \forall entre eux, deux \exists entre eux, jamais un \forall et un \exists.
  • Nier une phrase quantifiée. On passe devant chaque quantificateur en le basculant (\forall devient \exists et inversement), puis on nie le prédicat : la négation de « x, P(x)\forall x,\ P(x) » est « x, ¬P(x)\exists x,\ \lnot P(x) ». Ainsi « ff est bornée » (M, x, f(x)M\exists M,\ \forall x,\ \lvert f(x)\rvert\leq M) se nie en « M, x, f(x)>M\forall M,\ \exists x,\ \lvert f(x)\rvert>M », et « (un)(u_n) converge vers \ell » (ε>0, N, nN, un<ε\forall\varepsilon>0,\ \exists N,\ \forall n\geq N,\ \lvert u_n-\ell\rvert<\varepsilon — définition du chapitre sur les suites) se nie en « ε>0, N, nN, unε\exists\varepsilon>0,\ \forall N,\ \exists n\geq N,\ \lvert u_n-\ell\rvert\geq\varepsilon ». ⚠️ Nier « tous les élèves ont réussi » donne « au moins un élève a échoué », pas « tous ont échoué ».
  • Les modes de raisonnement. Directement : de l'hypothèse à la conclusion par une chaîne d'implications. Par contraposée : pour prouver PQP\Rightarrow Q, on prouve ¬Q¬P\lnot Q\Rightarrow\lnot P — utile quand ¬Q\lnot Q est plus maniable que PPn2n^2 pair \Rightarrow nn pair » se prouve en montrant que nn impair donne n2n^2 impair). Par l'absurde : pour prouver PP, on suppose ¬P\lnot P et on aboutit à une contradiction (l'irrationalité de 2\sqrt2, l'infinité des nombres premiers). Par disjonction de cas : on couvre toutes les possibilités (nn pair ou impair). Par analyse-synthèse pour une existence et une unicité : on suppose l'objet trouvé et on établit sa forme (analyse), puis on vérifie que cette forme convient (synthèse). ⚠️ Un exemple ne prouve jamais un \forall ; un contre-exemple suffit à le réfuter.
  • Récurrence — le principe est admis. Si une propriété P(n)P(n) vérifie (initialisation) P(n0)P(n_0) est vraie et (hérédité) pour tout entier nn0n\geq n_0, P(n)P(n+1)P(n)\Rightarrow P(n+1), alors P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n\geq n_0. C'est le principe de récurrence : une propriété fondatrice des entiers naturels, que ce cours admet (on peut la prendre pour axiome, ou la déduire du fait que toute partie non vide de N\mathbb{N} a un plus petit élément — ce qui revient à admettre l'un ou l'autre). Deux erreurs à ne pas commettre : écrire l'hérédité « supposons P(n)P(n) vraie pour tout nn » (c'est la conclusion, pas l'hypothèse — on suppose P(n)P(n) pour un nn fixé), et oublier l'initialisation10n+110^n+1 est divisible par 33 » est héréditaire et jamais vraie).
  • Récurrence forte. Variante où l'hérédité suppose P(n0),,P(n)P(n_0),\dots,P(n) toutes vraies pour prouver P(n+1)P(n+1). Indispensable quand P(n+1)P(n+1) ne se déduit pas de P(n)P(n) seule : « tout entier 2\geq2 a un diviseur premier », ou les inégalités sur la suite de Fibonacci (Fn+1=Fn+Fn1F_{n+1}=F_n+F_{n-1} appelle deux rangs). Elle est équivalente au principe de récurrence (appliquer la récurrence simple à « P(n0)P(n)P(n_0)\land\dots\land P(n) »).

B. Ensembles et applications

  • Ensembles, éléments, parties. Un ensemble est une collection d'objets, ses éléments (xEx\in E). AA est une partie (ou sous-ensemble) de EE, noté AEA\subset E, si tout élément de AA est dans EE — convention de ce cours : \subset est l'inclusion large, EEE\subset E. Deux ensembles sont égaux quand ils ont les mêmes éléments : pour prouver A=BA=B, on prouve ABA\subset B et BAB\subset A (double inclusion). L'ensemble vide \varnothing n'a aucun élément et est inclus dans tout ensemble. P(E)\mathcal P(E) est l'ensemble des parties de EE : P({a,b})={,{a},{b},{a,b}}\mathcal P(\{a,b\})=\{\varnothing,\{a\},\{b\},\{a,b\}\}. Un ensemble se décrit en extension ({1,2,3}\{1,2,3\}) ou en compréhension ({xRx2<2}\{x\in\mathbb{R}\mid x^2<2\} : les éléments xx de R\mathbb{R} qui satisfont une proposition P(x)P(x)).
  • Opérations. Intersection AB={xxA et xB}A\cap B=\{x\mid x\in A\ \text{et}\ x\in B\}, réunion AB={xxA ou xB}A\cup B=\{x\mid x\in A\ \text{ou}\ x\in B\}, différence AB={xAxB}A\setminus B=\{x\in A\mid x\notin B\}, complémentaire dans EE : A=EA\overline A=E\setminus A, différence symétrique AΔB=(AB)(BA)A\,\Delta\,B=(A\setminus B)\cup(B\setminus A). Les connecteurs logiques se traduisent : « et » devient \cap, « ou » devient \cup, « non » devient le complémentaire, l'implication P(x)Q(x)P(x)\Rightarrow Q(x) devient l'inclusion {xP(x)}{xQ(x)}\{x\mid P(x)\}\subset\{x\mid Q(x)\}. D'où les lois de Morgan ensemblistes : AB=AB\overline{A\cup B}=\overline A\cap\overline B et AB=AB\overline{A\cap B}=\overline A\cup\overline B, et les distributivités A(BC)=(AB)(AC)A\cap(B\cup C)=(A\cap B)\cup(A\cap C), A(BC)=(AB)(AC)A\cup(B\cap C)=(A\cup B)\cap(A\cup C). Deux façons de les prouver : la double inclusion, ou une table d'appartenance (pour chaque élément, huit cas selon qu'il est ou non dans AA, BB, CC) — c'est la table de vérité, version ensembles.
  • Produit cartésien. E×F={(x,y)xE, yF}E\times F=\{(x,y)\mid x\in E,\ y\in F\} est l'ensemble des couples, où l'ordre compte : (1,2)(2,1)(1,2)\neq(2,1), et E×FF×EE\times F\neq F\times E en général. Si EE et FF sont finis, E×F=EF\lvert E\times F\rvert=\lvert E\rvert\cdot\lvert F\rvert — le premier compte de ce chapitre. E2=E×EE^2=E\times E, R2\mathbb{R}^2 est le plan.
  • Cardinal et parties d'un ensemble fini. Le cardinal E\lvert E\rvert (ou cardE\operatorname{card}E) est le nombre d'éléments. Une partie de E={e1,,en}E=\{e_1,\dots,e_n\} se décrit par nn choix indépendants « dedans / dehors » : c'est une bijection entre P(E)\mathcal P(E) et {0,1}n\{0,1\}^n, donc P(E)=2n\lvert\mathcal P(E)\rvert=2^n (88 parties pour trois éléments, dont \varnothing et EE). Pour A,BA,B finies, AB=A+BAB\lvert A\cup B\rvert=\lvert A\rvert+\lvert B\rvert-\lvert A\cap B\rvert : on retire les éléments comptés deux fois. La fonction indicatrice 1A\mathbb 1_A (qui vaut 11 sur AA, 00 ailleurs) rend ces formules mécaniques : 1AB=1A1B\mathbb 1_{A\cap B}=\mathbb 1_A\mathbb 1_B, 1A=11A\mathbb 1_{\overline A}=1-\mathbb 1_A, et A=xE1A(x)\lvert A\rvert=\sum_{x\in E}\mathbb 1_A(x).
  • Applications. Une application f:EFf:E\to F associe à chaque xEx\in E un unique f(x)Ff(x)\in F. EE est l'ensemble de départ, FF l'ensemble d'arrivée ; l'image de ff est f(E)={f(x)xE}Ff(E)=\{f(x)\mid x\in E\}\subset F. Une application est un objet : deux applications sont égales si elles ont même départ, même arrivée et mêmes valeurs — xx2x\mapsto x^2 sur R\mathbb{R} et sur R+\mathbb{R}_+ sont deux applications différentes.
  • Injective, surjective, bijective. ff est injective si deux éléments distincts ont des images distinctes : f(x)=f(x)x=xf(x)=f(x')\Rightarrow x=x' (tout élément de FF a au plus un antécédent). Elle est surjective si tout yFy\in F a au moins un antécédent : f(E)=Ff(E)=F. Elle est bijective si elle est les deux : tout yy a exactement un antécédent, ce qui définit la bijection réciproque f1:FEf^{-1}:F\to E. La méthode est toujours la même — résoudre f(x)=yf(x)=y d'inconnue xx : zéro solution pour certains yy signifie non surjective, deux solutions pour un même yy signifie non injective. n2nn\mapsto2n de N\mathbb{N} dans N\mathbb{N} est injective et non surjective ; xx3x\mapsto x^3 est une bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R} ; xx2x\mapsto x^2 n'est ni l'une ni l'autre sur R\mathbb{R}, mais bijective de R+\mathbb{R}_+ sur R+\mathbb{R}_+. ⚠️ Pour une application entre ensembles finis, injective force EF\lvert E\rvert\leq\lvert F\rvert et surjective force EF\lvert E\rvert\geq\lvert F\rvert.
  • Image directe, image réciproque. Pour AEA\subset E, f(A)={f(x)xA}f(A)=\{f(x)\mid x\in A\} ; pour BFB\subset F, f1(B)={xEf(x)B}f^{-1}(B)=\{x\in E\mid f(x)\in B\} — cette notation ne suppose pas ff bijective. L'image réciproque se comporte parfaitement : f1(BC)=f1(B)f1(C)f^{-1}(B\cup C)=f^{-1}(B)\cup f^{-1}(C), f1(BC)=f1(B)f1(C)f^{-1}(B\cap C)=f^{-1}(B)\cap f^{-1}(C), f1(B)=f1(B)f^{-1}(\overline B)=\overline{f^{-1}(B)}. L'image directe, moins : f(AB)=f(A)f(B)f(A\cup B)=f(A)\cup f(B) mais seulement f(AB)f(A)f(B)f(A\cap B)\subset f(A)\cap f(B) — avec f(x)=x2f(x)=x^2, A={1}A=\{-1\}, B={1}B=\{1\}, f(AB)=f(A\cap B)=\varnothing tandis que f(A)f(B)={1}f(A)\cap f(B)=\{1\}.
  • Composition, réciproque. gf:xg(f(x))g\circ f:x\mapsto g(f(x)) est définie dès que l'arrivée de ff est le départ de gg ; elle n'est pas commutative (fggff\circ g\neq g\circ f en général, même quand les deux existent). La composée de deux injections est injective, de deux surjections surjective, de deux bijections bijective, avec (gf)1=f1g1(g\circ f)^{-1}=f^{-1}\circ g^{-1}l'ordre s'inverse, comme pour enfiler puis retirer chaussettes et chaussures. Pour une bijection, f1f=idEf^{-1}\circ f=\mathrm{id}_E et ff1=idFf\circ f^{-1}=\mathrm{id}_F, et f1f^{-1} se calcule en résolvant y=f(x)y=f(x) : pour f(x)=2x+1x1f(x)=\dfrac{2x+1}{x-1}, on trouve f1(y)=y+1y2f^{-1}(y)=\dfrac{y+1}{y-2}.

E. Dénombrement

  • Principe multiplicatif. Si une situation se décrit par une suite de kk choix indépendants, le premier offrant n1n_1 possibilités, le deuxième n2n_2, …, le nombre total de résultats est n1n2nkn_1n_2\cdots n_k. Un menu avec 33 entrées, 44 plats et 22 desserts : 2424 menus. Un code à 44 chiffres : 104=1000010^4=10\,000. Un mot de 55 lettres sur un alphabet de 2626 : 26526^5. Plus généralement, le nombre d'applications d'un ensemble à kk éléments dans un ensemble à nn éléments est nkn^k — et le nombre de parties d'un ensemble à nn éléments, 2n2^n, en est le cas {0,1}n\{0,1\}^n.
  • Arrangements. Choisir kk objets distincts parmi nn, en tenant compte de l'ordre (un podium, un rangement, un code sans répétition) : Ank=n(n1)(nk+1)=n!(nk)!A_n^k=n(n-1)\cdots(n-k+1)=\dfrac{n!}{(n-k)!}, où n!=1×2××nn!=1\times2\times\cdots\times n (avec 0!=10!=1). Un code à 44 chiffres distincts : 10×9×8×7=504010\times9\times8\times7=5040. Quand k=nk=n, ce sont les permutations : n!n! façons de ranger nn objets ; 5!=1205!=120.
  • Combinaisons. Choisir kk objets parmi nn sans ordre (une main de cartes, un comité, une partie à kk éléments) : chaque partie à kk éléments correspond à k!k! arrangements, donc
    (nk)=Ankk!=n!k!(nk)!,(nk)=(nnk),(n0)=(nn)=1,(n1)=n.\binom nk=\frac{A_n^k}{k!}=\frac{n!}{k!\,(n-k)!},\qquad\binom nk=\binom n{n-k},\quad\binom n0=\binom nn=1,\quad\binom n1=n.
    Une main de 55 cartes dans un jeu de 5252 : (525)=2598960\binom{52}5=2\,598\,960. ⚠️ La question qui décide entre arrangement et combinaison : deux tirages qui ne diffèrent que par l'ordre sont-ils le même résultat ? Si oui, on divise par k!k!.
  • Les quatre façons de tirer kk objets parmi nn. C'est le tableau à savoir refaire :
tirage ordre répétition nombre
successif avec remise oui oui nkn^k
successif sans remise oui non AnkA_n^k
simultané non non (nk)\binom nk
non ordonné avec répétition non oui (n+k1k)\binom{n+k-1}{k} (approfondissement)

Trois boules parmi cinq : 125125, 6060, 1010 et 3535.

  • Formule du binôme et triangle de Pascal. Pour tous a,ba,b et tout nNn\in\mathbb{N},
    (a+b)n=k=0n(nk)ankbk,(a+b)^n=\sum_{k=0}^n\binom nk a^{n-k}b^k,
    parce que développer (a+b)(a+b)(a+b)(a+b)(a+b)\cdots(a+b) revient à choisir, dans chaque facteur, aa ou bb : le terme ankbka^{n-k}b^k apparaît autant de fois qu'il y a de façons de choisir les kk facteurs qui donnent bb. La formule de Pascal (nk)=(n1k1)+(n1k)\binom nk=\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}k se lit par double comptage : parmi les parties à kk éléments de {1,,n}\{1,\dots,n\}, celles qui contiennent nn et celles qui ne le contiennent pas. Elle construit le triangle ligne à ligne (11 ; 1 11\ 1 ; 1 2 11\ 2\ 1 ; 1 3 3 11\ 3\ 3\ 1 ; 1 4 6 4 11\ 4\ 6\ 4\ 1 ; …). Deux valeurs à connaître, obtenues en posant a=b=1a=b=1 puis a=1,b=1a=1,b=-1 : k(nk)=2n\sum_k\binom nk=2^n et k(1)k(nk)=0\sum_k(-1)^k\binom nk=0.

Une grille de 4 pas a droite sur 3 pas en haut, chaque noeud portant le nombre de chemins qui y menent, avec un chemin trace en couleur et la valeur 35 mise en evidence au coin oppose a l'origine.
Le triangle de Pascal ne se retient pas : il se dessine tout seul. Sur cette grille 4×34\times3, chaque nœud porte le nombre de chemins qui y mènent depuis (0,0)(0,0) en n'allant que vers la droite ou vers le haut, soit (i+ji)\binom{i+j}i au nœud (i,j)(i,j). Un chemin complet est entièrement décrit par la place de ses 44 pas à droite parmi les 77 pas qu'il compte, d'où (74)=35\binom74=35 au coin opposé ; celui qui est tracé en couleur en est un parmi ces 3535. Et comme on n'arrive à un nœud que par la gauche ou par le bas, chaque nombre est la somme de ses deux voisins : la formule de Pascal (nk)=(n1k1)+(n1k)\binom nk=\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}k se lit ici au lieu de se calculer.

  • Compter par le complémentaire, par disjonction, par bijection. « Au moins un » se compte presque toujours par le complémentaire : les nombres à 44 chiffres ayant au moins un 77 sont 9000893=31689000-8\cdot9^3=3\,168. Quand les cas sont disjoints, on additionne ; quand ils se recouvrent, AB=A+BAB\lvert A\cup B\rvert=\lvert A\rvert+\lvert B\rvert-\lvert A\cap B\rvert. Et quand deux ensembles sont en bijection, ils ont le même cardinal : les chemins monotones d'une grille p×qp\times q (que des pas « droite » et « haut ») sont en bijection avec les choix des pp positions des pas « droite » parmi p+qp+q — il y en a (p+qp)\binom{p+q}p, et la figure montre le triangle de Pascal se dessiner de lui-même, nœud par nœud.
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Dans le palier approfondissement (Pro) : Relations, bornes, infini dénombrable et dénombrement avancé

  • C. Relations, bornes, infini
  • D. Dénombrement avancé

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