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Exercices corrigés — Nombres complexes

Algèbre · 18 exercices-types du palier socle

BUTBTSL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Nombres complexes Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Quotient simple (conjugué)

ApplicationDifficulté 3/5

Mettre 3+6i3−4i\dfrac{3+6i}{3-4i} sous forme algébrique.

Indices (3)

Pour un quotient, multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur.

Conjugué de 3−4i3-4i ?

Au dénominateur, (3−4i)(3+4i)=32+42(3-4i)(3+4i)=3^2+4^2 (réel).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un quotient de complexes n'est pas une forme algébrique. « Forme algébrique » veut dire a+bia+bi avec aa et bb réels — or ici le ii est coincé au dénominateur, et tant qu'il y est, on ne peut lire ni la partie réelle, ni la partie imaginaire, ni rien.

Toute la question est donc : comment faire disparaître le ii du dénominateur ?

👉 Et la réponse tient dans une identité qu'on connaît depuis le lycée :

(a−bi)(a+bi)=a2−(bi)2=a2+b2(a-bi)(a+bi)=a^2-(bi)^2=a^2+b^2

Le produit d'un complexe par son conjugué est un RÉEL, et même un réel positif. C'est la seule chose à retenir de cet exercice — le reste est du calcul.

⚠️ Le ++ à l'arrivée surprend toujours : il vient de −(bi)2=−b2i2=+b2-(bi)^2=-b^2i^2=+b^2. Deux signes moins qui s'annulent.

Multiplier haut et bas par le conjugué

Le conjugué de 3−4i3-4i est 3+4i3+4i — on change le signe de la partie imaginaire, et rien d'autre.

3+6i3−4i=(3+6i)(3−4i)×(3+4i)(3+4i)\frac{3+6i}{3-4i}=\frac{(3+6i)}{(3-4i)}\times\frac{(3+4i)}{(3+4i)}

⚠️ On multiplie par 3+4i3+4i\dfrac{3+4i}{3+4i}, c'est-à-dire par 11. C'est ce qui rend l'opération légitime : on ne change pas la valeur, seulement l'écriture. Multiplier le seul numérateur serait une faute — on obtiendrait un autre nombre.

Le dénominateur
(3−4i)(3+4i)=32+42=9+16=25(3-4i)(3+4i)=3^2+4^2=9+16=25

Un réel, comme annoncé. On peut appliquer l'identité directement, sans développer — c'est tout l'intérêt de la reconnaître.

⚠️ L'erreur ici est d'écrire 9−16=−79-16=-7, en appliquant (a−b)(a+b)=a2−b2(a-b)(a+b)=a^2-b^2 sans voir que bb vaut 4i4i et non 44 :

(4i)2=16i2=−16donc9−(−16)=9+16=25(4i)^2=16i^2=-16\qquad\text{donc}\qquad 9-(-16)=9+16=25

👉 Un dénominateur négatif après cette opération est toujours une faute : a2+b2a^2+b^2 est une somme de carrés, donc positif. Contrôle gratuit.

Le numérateur
(3+6i)(3+4i)=9+12i+18i+24i2(3+6i)(3+4i)=9+12i+18i+24i^2

On regroupe, en remplaçant i2i^2 par −1-1 à la fin, quand tous les produits sont posés :

=9+30i+24×(−1)=9−24+30i=−15+30i=9+30i+24\times(-1)=9-24+30i=-15+30i
3+6i3−4i=−15+30i25\frac{3+6i}{3-4i}=\frac{-15+30i}{25}

⚠️ La faute la plus fréquente du chapitre : traiter i2i^2 comme +1+1. On trouverait 9+24=339+24=33 au lieu de −15-15 — un résultat qui n'a plus rien à voir.

Conclure

On sépare en partie réelle et partie imaginaire, en divisant chaque morceau :

−15+30i25=−1525+3025i\frac{-15+30i}{25}=\frac{-15}{25}+\frac{30}{25}i
3+6i3−4i=−35+65i\boxed{\frac{3+6i}{3-4i}=-\frac{3}{5}+\frac{6}{5}i}

⚠️ Ne pas s'arrêter à −15+30i25\dfrac{-15+30i}{25} : ce n'est pas encore une forme algébrique, on ne lit pas aa et bb directement. Simplifier chaque fraction fait partie de la réponse.

Rappel de cours

Conjugué et forme algébrique

a+bi‾=a−bizzˉ=a2+b2=∣z∣2\overline{a+bi}=a-bi\qquad z\bar z=a^2+b^2=|z|^2

Méthode du quotient, toujours la même :

z1z2=z1 z2‾z2 z2‾=z1 z2‾∣z2∣2\frac{z_1}{z_2}=\frac{z_1\,\overline{z_2}}{z_2\,\overline{z_2}}=\frac{z_1\,\overline{z_2}}{|z_2|^2}

Le dénominateur devient réel et positif, et il n'y a plus qu'à distribuer.

Propriétés utiles : z1z2‾=zˉ1zˉ2\overline{z_1z_2}=\bar z_1\bar z_2, z1+z2‾=zˉ1+zˉ2\overline{z_1+z_2}=\bar z_1+\bar z_2, z+zˉ=2 Re(z)z+\bar z=2\,\mathrm{Re}(z), z−zˉ=2i Im(z)z-\bar z=2i\,\mathrm{Im}(z), et zz réel   ⟺  z=zˉ\iff z=\bar z.

Le contrôle qui discrimine

Par le produit inverse — le plus direct : si z=3+6i3−4iz=\dfrac{3+6i}{3-4i}, alors z×(3−4i)z\times(3-4i) doit redonner 3+6i3+6i.

(−35+65i)(3−4i)=−95+125i+185i−245i2=−95+245+6i=3+6i\Big(-\frac35+\frac65i\Big)(3-4i)=-\frac95+\frac{12}{5}i+\frac{18}{5}i-\frac{24}{5}i^2=-\frac95+\frac{24}{5}+6i=3+6i

✓ exactement le numérateur de départ.

Par le module — plus rapide, et il attrape les fautes de signe :

∣3+6i3−4i∣=∣3+6i∣∣3−4i∣=4525=355≈1,342\left|\frac{3+6i}{3-4i}\right|=\frac{|3+6i|}{|3-4i|}=\frac{\sqrt{45}}{\sqrt{25}}=\frac{3\sqrt5}{5}\approx1{,}342

et ∣−35+65i∣=925+3625=355\left|-\tfrac35+\tfrac65i\right|=\sqrt{\tfrac{9}{25}+\tfrac{36}{25}}=\tfrac{3\sqrt5}{5} ✓

👉 Le contrôle par le module est plus rapide que le produit inverse, et il suffit ici.

L'erreur classique

⚠️ Multiplier le seul NUMÉRATEUR par le conjugué. On change alors le nombre — le dénominateur reste 3−4i3-4i, donc complexe, et rien n'a été gagné.

⚠️ Traiter i2i^2 comme +1+1 au numérateur : on trouverait 9+24=339+24=33 au lieu de 9−24=−159-24=-15.

⚠️ Écrire (3−4i)(3+4i)=9−16=−7(3-4i)(3+4i)=9-16=-7, en appliquant (a−b)(a+b)=a2−b2(a-b)(a+b)=a^2-b^2 sans voir que b=4ib=4i et que (4i)2=−16(4i)^2=-16.

👉 Le contrôle par le module refuse les trois d'un coup :

version résultat module
correcte −35+65i-\tfrac35+\tfrac65i 1,342\mathbf{1{,}342}
conjugué au seul numérateur −335+65i-\tfrac{33}5+\tfrac65i 6,76{,}7
i2=+1i^2=+1 3325+65i\tfrac{33}{25}+\tfrac65i 1,81{,}8
dénominateur −7-7 157−307i\tfrac{15}7-\tfrac{30}7i 4,84{,}8

Aucune des trois fautives ne vaut 1,3421{,}342 — un seul calcul de module les élimine toutes.

À retenir

Multiplier par le conjugué rend le dénominateur RÉEL — c'est le geste fondateur de tout le chapitre, et il repose sur zzˉ=a2+b2z\bar z=a^2+b^2.

Haut ET bas. On multiplie par une fraction qui vaut 11 ; toucher un seul côté change le nombre.

i2=−1i^2=-1, et on ne le remplace qu'à la fin, une fois tous les produits développés.

Un dénominateur négatif après conjugaison est une faute — a2+b2a^2+b^2 est positif. Contrôle gratuit, à faire systématiquement.

Réponse. −35+65i-\dfrac{3}{5}+\dfrac{6}{5}i. (Recoupement : (−35+65i)(3−4i)=3+6i\left(-\tfrac35+\tfrac65i\right)(3-4i)=3+6i ✓)
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Somme de conjugués

ApplicationDifficulté 3/5

Calculer 2+5i1−i+2−5i1+i\dfrac{2+5i}{1-i}+\dfrac{2-5i}{1+i}.

Indices (3)

Quel lien entre les deux termes ?

Le second est le conjugué du premier ; or z+zˉ=2ℜ(z)z+\bar z=2\Re(z).

Calcule la partie réelle du premier terme, puis double.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Avant de calculer, regarder. Les deux fractions ne sont pas quelconques :

2+5i1−iet2−5i1+i\frac{2+5i}{1-i}\qquad\text{et}\qquad \frac{2-5i}{1+i}

Le numérateur de la seconde est le conjugué de celui de la première ; son dénominateur aussi. Or le conjugué d'un quotient est le quotient des conjugués :

(2+5i1−i)‾=2+5i‾1−i‾=2−5i1+i\overline{\left(\frac{2+5i}{1-i}\right)}=\frac{\overline{2+5i}}{\overline{1-i}}=\frac{2-5i}{1+i}

La somme est donc de la forme z+zˉz+\bar z. Et z+zˉ=2 Re(z)z+\bar z=2\,\mathrm{Re}(z) : c'est un réel, et on n'a besoin que de la partie réelle de zz.

👉 On vient de diviser le travail par deux — une seule fraction à réduire au lieu de deux — et de savoir la réponse avant de la calculer : ce sera un réel. C'est un contrôle qu'on s'offre gratuitement.

Réduire la première fraction
z=2+5i1−i=(2+5i)(1+i)(1−i)(1+i)z=\frac{2+5i}{1-i}=\frac{(2+5i)(1+i)}{(1-i)(1+i)}

Dénominateur : (1−i)(1+i)=12+12=2(1-i)(1+i)=1^2+1^2=2.

Numérateur : (2+5i)(1+i)=2+2i+5i+5i2=2+7i−5=−3+7i(2+5i)(1+i)=2+2i+5i+5i^2=2+7i-5=-3+7i.

z=−3+7i2=−32+72iz=\frac{-3+7i}{2}=-\frac32+\frac72 i
Conclure par la partie réelle
Re(z)=−32\mathrm{Re}(z)=-\frac32
Somme=z+zˉ=2 Re(z)=2×(−32)\text{Somme}=z+\bar z=2\,\mathrm{Re}(z)=2\times\Big(-\frac32\Big)
2+5i1−i+2−5i1+i=−3\boxed{\frac{2+5i}{1-i}+\frac{2-5i}{1+i}=-3}

Le résultat est réel, comme le premier pas l'annonçait — la partie imaginaire +72i+\tfrac72i du premier terme est exactement compensée par le −72i-\tfrac72i du second ✓

Rappel de cours

Les quatre identités du conjugué qui servent tout le temps

z+zˉ=2 Re(z)z−zˉ=2i Im(z)z+\bar z=2\,\mathrm{Re}(z)\qquad z-\bar z=2i\,\mathrm{Im}(z)
zzˉ=∣z∣2(z1z2)‾=zˉ1zˉ2z\bar z=|z|^2\qquad \overline{\left(\frac{z_1}{z_2}\right)}=\frac{\bar z_1}{\bar z_2}

Conséquences immédiates, à reconnaître d'un coup d'œil :

forme résultat
z+zˉz+\bar z réel
z−zˉz-\bar z imaginaire pur
zzˉz\bar z réel positif

⚠️ La conjugaison traverse les sommes, produits et quotients ; elle laisse inchangés la partie réelle et le module (qui sont déjà réels).

Le contrôle : la voie longue doit donner la même chose

C'est le contrôle qui vaut ici, parce qu'il emprunte un autre chemin : calculer les deux fractions séparément.

2+5i1−i=−3+7i22−5i1+i=−3−7i2\frac{2+5i}{1-i}=\frac{-3+7i}{2}\qquad \frac{2-5i}{1+i}=\frac{-3-7i}{2}
−3+7i2+−3−7i2=−62=−3\frac{-3+7i}{2}+\frac{-3-7i}{2}=\frac{-6}{2}=-3

✓ Même résultat. Les parties imaginaires se détruisent, ce qui est exactement ce que la structure prévoyait.

👉 Et cette voie longue a une valeur pédagogique : elle montre pourquoi le raccourci marche, au lieu de demander qu'on le croie. À faire une fois, puis à ne plus refaire.

L'erreur classique

⚠️ Croire que le second terme est l'OPPOSÉ du premier, et conclure que la somme vaut 00.

C'est le conjugué, pas l'opposé. L'opposé de −32+72i-\tfrac32+\tfrac72i serait +32−72i+\tfrac32-\tfrac72i ; son conjugué est −32−72i-\tfrac32-\tfrac72i. La partie réelle est conservée, seule la partie imaginaire change de signe.

Le contrôle : la voie longue donne −3-3, pas 00 ✗

⚠️ Confondre z+zˉz+\bar z et z−zˉz-\bar z : le premier vaut 2 Re(z)2\,\mathrm{Re}(z), le second 2i Im(z)2i\,\mathrm{Im}(z). Ici la différence vaudrait 7i7i — un imaginaire pur, alors que l'énoncé demande une somme.

Le repère qui ne trompe pas : une somme de conjugués est réelle, une différence est imaginaire pure. Si ton résultat est réel là où il devrait être imaginaire pur, tu as interverti.

⚠️ Réduire les deux fractions au même dénominateur (1−i)(1+i)(1-i)(1+i) sans voir la structure. Ce n'est pas faux — c'est deux fois plus long, avec deux fois plus d'occasions de se tromper. Regarder avant de calculer est une méthode, pas un luxe.

À retenir

Regarder la structure avant de calculer. Ici, reconnaître z+zˉz+\bar z divise le travail par deux et donne la nature du résultat à l'avance.

z+zˉ=2 Re(z)z+\bar z=2\,\mathrm{Re}(z) est RÉEL ; z−zˉ=2i Im(z)z-\bar z=2i\,\mathrm{Im}(z) est IMAGINAIRE PUR. Ne pas les intervertir.

Conjugué ≠ opposé. Le conjugué garde la partie réelle.

Savoir la NATURE du résultat avant de le calculer est un contrôle : un résultat complexe là où on attendait un réel signale une faute, sans qu'on ait besoin de la chercher.

Réponse. −3-3 (réel). (Recoupement : −3+7i2+−3−7i2=−3\tfrac{-3+7i}{2}+\tfrac{-3-7i}{2}=-3 ✓)
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Puissance de quotient + somme

CalculDifficulté 3/5

Mettre (1+i2−i)2+3+6i3−4i\left(\dfrac{1+i}{2-i}\right)^{2}+\dfrac{3+6i}{3-4i} sous forme algébrique.

Indices (3)

Traite chaque terme séparément (pour les quotients : multiplier par le conjugué).

Réduis 1+i2−i\dfrac{1+i}{2-i} avant d'élever au carré.

Même dénominateur 25 pour additionner.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux termes, deux traitements séparés, puis une addition. Rien de nouveau — mais l'ordre des opérations décide du temps qu'on y passe.

(1+i2−i)2+3+6i3−4i\left(\frac{1+i}{2-i}\right)^{2}+\frac{3+6i}{3-4i}

👉 Réduire la fraction AVANT de l'élever au carré. Élever d'abord donnerait (1+i)2(2−i)2\dfrac{(1+i)^2}{(2-i)^2}, un quotient à conjuguer ensuite — ce qui marche aussi, mais fait manipuler des nombres plus gros.

⚠️ Et il faut le dire honnêtement : les deux chemins donnent le MÊME résultat. Ce n'est pas une question de justesse mais d'économie d'erreurs. Réduire d'abord, c'est travailler sur 1+3i5\tfrac{1+3i}{5} plutôt que sur 2i3−4i\tfrac{2i}{3-4i}.

Second terme : c'est exactement l'exercice A1, déjà fait. On le réutilise.

Réduire la fraction
1+i2−i=(1+i)(2+i)(2−i)(2+i)\frac{1+i}{2-i}=\frac{(1+i)(2+i)}{(2-i)(2+i)}

Dénominateur : 22+12=52^2+1^2=5.

Numérateur : (1+i)(2+i)=2+i+2i+i2=2+3i−1=1+3i(1+i)(2+i)=2+i+2i+i^2=2+3i-1=1+3i.

1+i2−i=1+3i5\frac{1+i}{2-i}=\frac{1+3i}{5}
Élever au carré
(1+3i5)2=(1+3i)225\left(\frac{1+3i}{5}\right)^2=\frac{(1+3i)^2}{25}
(1+3i)2=12+2×1×3i+(3i)2=1+6i+9i2=1+6i−9=−8+6i(1+3i)^2=1^2+2\times1\times3i+(3i)^2=1+6i+9i^2=1+6i-9=-8+6i
(1+i2−i)2=−8+6i25\left(\frac{1+i}{2-i}\right)^{2}=\frac{-8+6i}{25}

⚠️ C'est ici qu'on perd des points : (a+b)2=a2+2ab+b2(a+b)^2=a^2+2ab+b^2, il y a trois termes. Oublier le double produit 6i6i donnerait 1−9=−81-9=-8 tout court, c'est-à-dire un réel — et la partie imaginaire disparaîtrait entièrement.

Additionner

Le second terme, calculé en A1, vaut −35+65i-\dfrac35+\dfrac65i. On le met sur le dénominateur 2525 pour additionner :

−35+65i=−15+30i25-\frac35+\frac65i=\frac{-15+30i}{25}
−8+6i25+−15+30i25=(−8−15)+(6+30)i25=−23+36i25\frac{-8+6i}{25}+\frac{-15+30i}{25}=\frac{(-8-15)+(6+30)i}{25}=\frac{-23+36i}{25}
(1+i2−i)2+3+6i3−4i=−2325+3625i\boxed{\left(\frac{1+i}{2-i}\right)^{2}+\frac{3+6i}{3-4i}=-\frac{23}{25}+\frac{36}{25}i}

On additionne les parties réelles entre elles et les parties imaginaires entre elles — jamais en mélangeant.

Rappel de cours

Identités remarquables dans C\mathbb{C} — elles valent toutes

(a+b)2=a2+2ab+b2(a−b)2=a2−2ab+b2(a−b)(a+b)=a2−b2(a+b)^2=a^2+2ab+b^2\qquad (a-b)^2=a^2-2ab+b^2\qquad (a-b)(a+b)=a^2-b^2

C\mathbb{C} est un corps commutatif : tout ce qui vaut dans R\mathbb{R} pour les sommes, produits et puissances y vaut encore. La seule nouveauté est i2=−1i^2=-1.

⚠️ Ce qui ne se transporte PAS : l'ordre. Il n'y a pas de << dans C\mathbb{C}, donc pas de signe, pas de tableau de variations, pas de  \sqrt{\ } canonique.

Puissances de ii, cycliques de période 44 :

i0=1i1=ii2=−1i3=−ii4=1i^0=1\quad i^1=i\quad i^2=-1\quad i^3=-i\quad i^4=1

Le contrôle

Terme à terme, sur les numérateurs — c'est le contrôle le moins cher :

−8−15=−236+30=36-8-15=-23\qquad 6+30=36

✓ les deux composantes concordent

Par le module, pour attraper une faute sur le carré :

∣−23+36i25∣=529+129625=182525≈1,709\left|\frac{-23+36i}{25}\right|=\frac{\sqrt{529+1296}}{25}=\frac{\sqrt{1825}}{25}\approx1{,}709

À comparer aux deux termes séparés : ∣−8+6i25∣=1025=0,4\left|\tfrac{-8+6i}{25}\right|=\tfrac{10}{25}=0{,}4 et ∣−35+65i∣≈1,342\left|-\tfrac35+\tfrac65i\right|\approx1{,}342.

👉 L'inégalité triangulaire donne un contrôle immédiat : le module d'une somme est au plus la somme des modules. Ici 1,709≤0,4+1,342=1,7421{,}709\leq0{,}4+1{,}342=1{,}742 ✓ — et de peu, ce qui est cohérent avec deux termes presque alignés.

⚠️ Un module de somme supérieur à la somme des modules serait une faute certaine, sans même savoir laquelle.

L'erreur classique

⚠️ Oublier le double produit : écrire (1+3i)2=1+9i2=1−9=−8(1+3i)^2=1+9i^2=1-9=-8.

On perd toute la partie imaginaire du premier terme. Le résultat final deviendrait −2325+3025i\tfrac{-23}{25}+\tfrac{30}{25}i au lieu de −23+36i25\tfrac{-23+36i}{25}.

Le contrôle : le vrai carré vaut −8+6i-8+6i, de module 1010 ; la version fautive vaut −8-8, de module 88. Et surtout, un carré de complexe non réel n'a aucune raison d'être réel — (1+3i)2(1+3i)^2 réel serait un accident, à vérifier avant de l'accepter ✗

⚠️ Additionner sans mettre au même dénominateur : −8+6i25+(−35+65i)\tfrac{-8+6i}{25}+(-\tfrac35+\tfrac65i) en ajoutant −8-8 et −3-3. Une fraction ne s'additionne pas à un entier terme à terme.

⚠️ Mélanger parties réelle et imaginaire dans l'addition finale : −8+30-8+30 au lieu de −8−15-8-15. Le contrôle terme à terme l'attrape en deux secondes.

À retenir

Réduire avant d'élever à une puissance — même résultat, moins d'occasions de se tromper.

(a+b)2(a+b)^2 a TROIS termes. Le double produit est ce qui porte l'information imaginaire.

On additionne réel avec réel, imaginaire avec imaginaire, jamais en travers.

L'inégalité triangulaire ∣z1+z2∣≤∣z1∣+∣z2∣|z_1+z_2|\leq|z_1|+|z_2| est un contrôle gratuit : elle refuse tout résultat trop grand, sans dire lequel des deux termes est fautif.

Réponse. −2325+3625i-\dfrac{23}{25}+\dfrac{36}{25}i. (Recoupement : −8−15=−23-8-15=-23, 6+30=366+30=36 ✓)
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Quotient avec racine de 3

ApplicationDifficulté 3/5

Mettre −21−i3\dfrac{-2}{1-i\sqrt3} sous forme algébrique.

Indices (3)

Conjugué de 1−i31-i\sqrt3 ?

Dénominateur : 12+(3)21^2+(\sqrt3)^2.

Simplifie.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Même méthode qu'en A1 — mais le numérateur est un réel, ce qui simplifie tout, et le dénominateur contient un radical, ce qui ne change rien du tout.

−21−i3\frac{-2}{1-i\sqrt3}

⚠️ Le 3\sqrt3 n'est pas une difficulté supplémentaire. Dans a−bia-bi, on a ici a=1a=1 et b=3b=\sqrt3 ; le conjugué est 1+i31+i\sqrt3 et le dénominateur deviendra 12+(3)2=1+3=41^2+(\sqrt3)^2=1+3=4. Un radical au carré redevient un entier — c'est même plus simple qu'avec un entier quelconque.

👉 Anticipons : le résultat sera de module 22=1\dfrac{2}{2}=1. Un complexe de module 11, donc un point du cercle unité — on verra que ce n'est pas un hasard.

Multiplier par le conjugué

Conjugué de 1−i31-i\sqrt3 : c'est 1+i31+i\sqrt3.

−21−i3=−2 (1+i3)(1−i3)(1+i3)\frac{-2}{1-i\sqrt3}=\frac{-2\,(1+i\sqrt3)}{(1-i\sqrt3)(1+i\sqrt3)}

Dénominateur :

(1−i3)(1+i3)=12+(3)2=1+3=4(1-i\sqrt3)(1+i\sqrt3)=1^2+(\sqrt3)^2=1+3=4

⚠️ Le carré de 3\sqrt3 vaut 33, pas 3\sqrt3 ni 99. C'est l'étourderie du chapitre sur les radicaux.

Simplifier
−2(1+i3)4=−(1+i3)2\frac{-2(1+i\sqrt3)}{4}=\frac{-(1+i\sqrt3)}{2}

On simplifie par 22 avant de distribuer — moins de fractions à écrire.

−21−i3=−12−32 i\boxed{\frac{-2}{1-i\sqrt3}=-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}\,i}

⚠️ Le signe moins porte sur les DEUX parties. −(1+i3)-(1+i\sqrt3) vaut −1−i3-1-i\sqrt3, pas −1+i3-1+i\sqrt3.

Ce nombre a un nom
−12−32i-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}i

Son module vaut 14+34=1\sqrt{\tfrac14+\tfrac34}=1, et son argument −2π3-\dfrac{2\pi}{3}.

C'est j2j^2, où j=e2iπ/3j=e^{2i\pi/3} est la racine cubique de l'unité qui reviendra tout au long du chapitre. On vérifie :

(j2)3=j6=(j3)2=12=1\big(j^2\big)^3=j^6=\big(j^3\big)^2=1^2=1

👉 Reconnaître jj et j2j^2 fait gagner du temps partout : ce sont les deux solutions non réelles de z3=1z^3=1, elles apparaissent dans les racines cubiques, les équations du troisième degré, et l'exercice B4 de ce chapitre.

j=−12+32ij2=jˉ=−12−32i1+j+j2=0j=-\frac12+\frac{\sqrt3}{2}i\qquad j^2=\bar j=-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}i\qquad 1+j+j^2=0
Rappel de cours

Module et conjugué avec des radicaux

∣a+bi∣=a2+b2donc∣1−i3∣=1+3=2|a+bi|=\sqrt{a^2+b^2}\qquad\text{donc}\qquad |1-i\sqrt3|=\sqrt{1+3}=2

⚠️ bb est le coefficient de ii, radical compris. Dans 1−i31-i\sqrt3, on a b=−3b=-\sqrt3 et b2=3b^2=3.

Le module d'un quotient est le quotient des modules :

∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣\left|\frac{z_1}{z_2}\right|=\frac{|z_1|}{|z_2|}

Ici ∣−2∣∣1−i3∣=22=1\dfrac{|-2|}{|1-i\sqrt3|}=\dfrac{2}{2}=1 — le résultat était prévisible avant tout calcul, et c'est le contrôle le plus rapide de l'exercice.

Le contrôle

Par le module, comme annoncé au premier pas :

∣−12−32i∣=14+34=1=1\left|-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}i\right|=\sqrt{\frac14+\frac34}=\sqrt1=1

et ∣−2∣∣1−i3∣=22=1\dfrac{|-2|}{|1-i\sqrt3|}=\dfrac22=1 ✓ — les deux voies concordent.

Par le produit inverse, plus complet :

(−12−32i)(1−i3)=−12+32i−32i+32i2=−12−32=−2\Big(-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}i\Big)(1-i\sqrt3)=-\frac12+\frac{\sqrt3}{2}i-\frac{\sqrt3}{2}i+\frac{3}{2}i^2=-\frac12-\frac32=-2

✓ on retrouve le numérateur. Noter que les deux termes en ii se détruisent — c'est ce qui rend le résultat réel, comme il doit l'être.

L'erreur classique

⚠️ Écrire le dénominateur 1−3=−21-3=-2, en appliquant (a−b)(a+b)=a2−b2(a-b)(a+b)=a^2-b^2 sans traiter le ii.

On trouverait −2(1+i3)−2=1+i3\dfrac{-2(1+i\sqrt3)}{-2}=1+i\sqrt3 — de module 22 au lieu de 11, et de signe opposé sur les deux parties.

Le contrôle par le module la refuse sans calcul : le résultat doit être de module 11 ✗

⚠️ Perdre le signe moins en simplifiant −2(1+i3)4\dfrac{-2(1+i\sqrt3)}{4}, et écrire 12+32i\tfrac12+\tfrac{\sqrt3}{2}i. Le module est correct, donc ce contrôle-là ne l'attrape pas — c'est le produit inverse qui tranche : (12+32i)(1−i3)=+2\big(\tfrac12+\tfrac{\sqrt3}2i\big)(1-i\sqrt3)=+2, pas −2-2 ✗

👉 Deux contrôles, deux portées. Le module attrape les erreurs de taille, le produit inverse attrape les erreurs de signe. Le module seul ne suffit pas — et c'est vrai partout dans ce chapitre.

⚠️ Écrire (3)2=3(\sqrt3)^2=\sqrt3 ou 99. Le contrôle par le module l'attrape aussi.

À retenir

Un radical au carré redevient un entier : (3)2=3(\sqrt3)^2=3. Aucune difficulté ajoutée.

Le module se calcule AVANT par ∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣\left|\tfrac{z_1}{z_2}\right|=\tfrac{|z_1|}{|z_2|} : on connaît la taille du résultat avant de l'avoir.

Module et produit inverse ont des portées différentes : l'un attrape la taille, l'autre le signe. Faire les deux.

j=−12+32ij=-\tfrac12+\tfrac{\sqrt3}{2}i et j2=jˉj^2=\bar j sont à reconnaître d'un coup d'œil : ∣j∣=1|j|=1, j3=1j^3=1, 1+j+j2=01+j+j^2=0.

Réponse. −12−32i-\dfrac12-\dfrac{\sqrt3}{2}i (c'est j2=e−2iπ/3j^2=e^{-2i\pi/3}). (Recoupement : produit par 1−i31-i\sqrt3 redonne −2-2 ✓)
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Produit au dénominateur

CalculDifficulté 3/5

Mettre 1(1+2i)(3−i)\dfrac{1}{(1+2i)(3-i)} sous forme algébrique.

Indices (3)

Développe le produit du dénominateur.

Tu obtiens 5+5i5+5i : factorise par 5.

Termine avec le conjugué de 1+i1+i.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le dénominateur est un produit, pas une somme. Deux chemins s'ouvrent, et les deux sont corrects — il faut le savoir pour ne pas croire qu'on s'est trompé.

1(1+2i)(3−i)\frac{1}{(1+2i)(3-i)}

Chemin 1 — développer d'abord. On calcule (1+2i)(3−i)(1+2i)(3-i), on obtient un seul complexe, et on applique la méthode du conjugué une fois.

Chemin 2 — conjuguer chaque facteur. On multiplie haut et bas par (1−2i)(3+i)(1-2i)(3+i), et le dénominateur devient ∣1+2i∣2×∣3−i∣2=5×10=50|1+2i|^2\times|3-i|^2=5\times10=50.

👉 Le chemin 1 est plus court ici, parce que le produit se simplifie joliment. Mais le chemin 2 vaut d'être connu : il devient meilleur dès que les facteurs sont nombreux, puisqu'il évite de développer.

Développer le dénominateur
(1+2i)(3−i)=3−i+6i−2i2=3+5i+2=5+5i(1+2i)(3-i)=3-i+6i-2i^2=3+5i+2=5+5i

⚠️ Le −2i2-2i^2 devient +2+2 : deux signes moins, celui du −i-i et celui de i2i^2.

1(1+2i)(3−i)=15+5i\frac{1}{(1+2i)(3-i)}=\frac{1}{5+5i}
Factoriser avant de conjuguer
15+5i=15(1+i)=15×11+i\frac{1}{5+5i}=\frac{1}{5(1+i)}=\frac15\times\frac{1}{1+i}

Sortir le 55 divise par cinq la taille des nombres à manipuler ensuite. C'est le geste qui distingue un calcul propre d'un calcul lourd.

11+i=1−i(1+i)(1−i)=1−i2\frac{1}{1+i}=\frac{1-i}{(1+i)(1-i)}=\frac{1-i}{2}
15+5i=15×1−i2=1−i10\frac{1}{5+5i}=\frac15\times\frac{1-i}{2}=\frac{1-i}{10}
1(1+2i)(3−i)=110−110i\boxed{\frac{1}{(1+2i)(3-i)}=\frac{1}{10}-\frac{1}{10}i}
Rappel de cours

Le module est multiplicatif

∣z1z2∣=∣z1∣ ∣z2∣∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣∣zn∣=∣z∣n|z_1z_2|=|z_1|\,|z_2|\qquad \left|\frac{z_1}{z_2}\right|=\frac{|z_1|}{|z_2|}\qquad |z^n|=|z|^n

C'est ce qui rend le chemin 2 possible : zzˉ=∣z∣2z\bar z=|z|^2 appliqué à chaque facteur.

⚠️ L'argument, lui, est ADDITIF :

arg⁡(z1z2)=arg⁡z1+arg⁡z2arg⁡ ⁣(z1z2)=arg⁡z1−arg⁡z2\arg(z_1z_2)=\arg z_1+\arg z_2\qquad \arg\!\left(\frac{z_1}{z_2}\right)=\arg z_1-\arg z_2

Module multiplicatif, argument additif — c'est la structure de tout le lot B, et elle commence ici.

Le contrôle, par les deux chemins

Chemin 2, qui n'emprunte rien au chemin 1 :

1(1+2i)(3−i)×(1−2i)(3+i)(1−2i)(3+i)=(1−2i)(3+i)5×10\frac{1}{(1+2i)(3-i)}\times\frac{(1-2i)(3+i)}{(1-2i)(3+i)}=\frac{(1-2i)(3+i)}{5\times10}
(1−2i)(3+i)=3+i−6i−2i2=3−5i+2=5−5i(1-2i)(3+i)=3+i-6i-2i^2=3-5i+2=5-5i
5−5i50=1−i10\frac{5-5i}{50}=\frac{1-i}{10}

✓ Même résultat, chemin indépendant. C'est le contrôle le plus fort de cet exercice : il ne rejoue pas le calcul, il en fait un autre.

Par le module : 1∣1+2i∣ ∣3−i∣=15×10=150=210≈0,1414\dfrac{1}{|1+2i|\,|3-i|}=\dfrac{1}{\sqrt5\times\sqrt{10}}=\dfrac{1}{\sqrt{50}}=\dfrac{\sqrt2}{10}\approx0{,}1414

et ∣110−110i∣=210\left|\tfrac1{10}-\tfrac1{10}i\right|=\tfrac{\sqrt2}{10} ✓

Par le produit inverse : (5+5i)×1−i10=5−5i+5i−5i210=1010=1(5+5i)\times\dfrac{1-i}{10}=\dfrac{5-5i+5i-5i^2}{10}=\dfrac{10}{10}=1 ✓

L'erreur classique

⚠️ Conjuguer le dénominateur SANS l'avoir développé : écrire (1−2i)(3+i)(1+2i)(3−i)\dfrac{(1-2i)(3+i)}{(1+2i)(3-i)} et croire le dénominateur réel.

Il ne l'est pas : (1+2i)(3−i)=5+5i(1+2i)(3-i)=5+5i, toujours complexe. Le conjugué d'un produit est le produit des conjugués — encore faut-il l'écrire au dénominateur aussi.

Le contrôle : un dénominateur réel après conjugaison, sinon la méthode n'a pas fonctionné ✗

⚠️ Oublier que −2i2=+2-2i^2=+2 et écrire (1+2i)(3−i)=3+5i−2=1+5i(1+2i)(3-i)=3+5i-2=1+5i.

Le contrôle par le module l'attrape : ∣1+5i∣=26≈5,10|1+5i|=\sqrt{26}\approx5{,}10, alors que ∣1+2i∣×∣3−i∣=5×10=50≈7,07|1+2i|\times|3-i|=\sqrt5\times\sqrt{10}=\sqrt{50}\approx7{,}07 ✗

👉 Le module multiplicatif est un contrôle systématique du produit : on connaît le module du résultat avant de développer, donc toute erreur de développement se voit.

⚠️ Ne pas simplifier 5−5i50\dfrac{5-5i}{50} et rendre la réponse sous cette forme. Ce n'est pas encore la forme algébrique : il faut lire aa et bb.

À retenir

Développer le dénominateur d'abord quand c'est un produit — sauf s'il a beaucoup de facteurs, auquel cas conjuguer chacun devient plus rapide. Les deux chemins sont justes.

Factoriser avant de conjuguer : sortir le 55 de 5+5i5+5i divise par cinq les nombres manipulés.

Module multiplicatif, argument additif. Le module donne le contrôle du produit avant tout développement.

−2i2=+2-2i^2=+2 : deux signes moins. C'est l'étourderie qui coûte le plus dans ce lot.

Réponse. 110−110i\dfrac{1}{10}-\dfrac{1}{10}i. (Recoupement : (5+5i)⋅1−i10=1(5+5i)\cdot\tfrac{1-i}{10}=1 ✓)
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Forme algébrique + module

CalculDifficulté 3/5

Soit z=2+5i1−2iz=\dfrac{2+5i}{1-2i}. Donner la forme algébrique de zz, puis ∣z∣|z|.

Indices (3)

Forme algébrique par le conjugué.

Pour le module, utilise ∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣\left|\tfrac{z_1}{z_2}\right|=\tfrac{|z_1|}{|z_2|} (ne repasse pas par l'algébrique).

Vérifie la cohérence.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux questions, et la seconde ne doit pas se traiter comme une conséquence de la première.

z=2+5i1−2iz=\frac{2+5i}{1-2i}

La forme algébrique demande la méthode du conjugué — rien de neuf depuis A1.

Le module, lui, se calcule directement sur le quotient, sans attendre la forme algébrique :

∣z∣=∣2+5i1−2i∣=∣2+5i∣∣1−2i∣|z|=\left|\frac{2+5i}{1-2i}\right|=\frac{|2+5i|}{|1-2i|}

👉 C'est tout l'intérêt de l'exercice. Repasser par la forme algébrique pour calculer le module, c'est faire dépendre un résultat simple d'un calcul compliqué : si l'on s'est trompé sur aa et bb, le module sera faux aussi, et l'on ne pourra plus s'en servir comme contrôle.

Calculer le module par la propriété rend les deux résultats INDÉPENDANTS — donc mutuellement vérifiables.

La forme algébrique
z=(2+5i)(1+2i)(1−2i)(1+2i)z=\frac{(2+5i)(1+2i)}{(1-2i)(1+2i)}

Dénominateur : 12+22=51^2+2^2=5.

Numérateur : (2+5i)(1+2i)=2+4i+5i+10i2=2+9i−10=−8+9i(2+5i)(1+2i)=2+4i+5i+10i^2=2+9i-10=-8+9i.

z=−8+9i5=−85+95i\boxed{z=\frac{-8+9i}{5}=-\frac85+\frac95 i}
Le module, par la propriété
∣2+5i∣=4+25=29∣1−2i∣=1+4=5|2+5i|=\sqrt{4+25}=\sqrt{29}\qquad |1-2i|=\sqrt{1+4}=\sqrt5
∣z∣=295=295=29×55=1455|z|=\frac{\sqrt{29}}{\sqrt5}=\sqrt{\frac{29}{5}}=\frac{\sqrt{29}\times\sqrt5}{5}=\frac{\sqrt{145}}{5}
∣z∣=1455≈2,41\boxed{|z|=\frac{\sqrt{145}}{5}\approx2{,}41}

⚠️ La rationalisation 295=1455\dfrac{\sqrt{29}}{\sqrt5}=\dfrac{\sqrt{145}}{5} n'est pas obligatoire mathématiquement, mais c'est la forme attendue : pas de radical au dénominateur.

Aucune trace de −85-\tfrac85 ni de 95\tfrac95 dans ce calcul — c'est ce qui en fait un contrôle indépendant.

Le recoupement

Maintenant, et seulement maintenant, on peut confronter les deux résultats :

∣−85+95i∣=(−8)2+925=64+815=1455\left|-\frac85+\frac95i\right|=\frac{\sqrt{(-8)^2+9^2}}{5}=\frac{\sqrt{64+81}}{5}=\frac{\sqrt{145}}{5}

✓ Identiques. Deux calculs sans aucune étape commune donnent la même valeur.

👉 C'est la structure de tout bon contrôle : deux chemins qui ne se croisent pas. Si l'on avait calculé le module depuis la forme algébrique, on n'aurait rien vérifié du tout — une erreur sur −8-8 ou 99 se serait propagée sans se signaler.

Ordre de grandeur : 145≈12,04\sqrt{145}\approx12{,}04, donc ∣z∣≈2,41|z|\approx2{,}41. Et 29≈5,39\sqrt{29}\approx5{,}39, 5≈2,24\sqrt5\approx2{,}24 : leur quotient vaut bien 2,412{,}41 ✓

Rappel de cours

Module : définition et propriétés

∣a+bi∣=a2+b2∣z∣2=zzˉ∣z∣≥0|a+bi|=\sqrt{a^2+b^2}\qquad |z|^2=z\bar z\qquad |z|\geq0

∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣∣zn∣=∣z∣n∣zˉ∣=∣z∣|z_1z_2|=|z_1||z_2|\qquad \left|\frac{z_1}{z_2}\right|=\frac{|z_1|}{|z_2|}\qquad |z^n|=|z|^n\qquad |\bar z|=|z|

⚠️ Ce qui n'est PAS vrai :

∣z1+z2∣≠∣z1∣+∣z2∣en geˊneˊral|z_1+z_2|\neq|z_1|+|z_2|\quad\text{en général}
On a seulement l'inégalité triangulaire ∣z1+z2∣≤∣z1∣+∣z2∣|z_1+z_2|\leq|z_1|+|z_2|, avec égalité uniquement si les deux ont le même argument (ou si l'un d'eux est nul).

Le module se comporte bien avec ×, ÷ et les puissances ; mal avec + et −. C'est la règle qui décide quand on peut l'utiliser comme raccourci.

L'erreur classique

⚠️ Calculer le module en additionnant les parties : ∣z∣=−85+95=15|z|=-\tfrac85+\tfrac95=\tfrac15.

Un module est une distance à l'origine, donc une racine de somme de carrés — jamais une somme algébrique. La version fautive donne 0,20{,}2 au lieu de 2,412{,}41, et elle pourrait même donner un nombre négatif, ce qu'aucun module ne peut valoir ✗

⚠️ Croire que ∣z1+z2∣=∣z1∣+∣z2∣|z_1+z_2|=|z_1|+|z_2|. Faux dès que les deux complexes ne pointent pas dans la même direction. Contre-exemple d'une ligne : ∣1+(−1)∣=0|1+(-1)|=0 alors que ∣1∣+∣−1∣=2|1|+|-1|=2.

⚠️ Oublier de rationaliser et rendre 295\dfrac{\sqrt{29}}{\sqrt5}. Ce n'est pas faux, c'est incomplet — et cela masque que 29/5\sqrt{29}/\sqrt5 et 145/5\sqrt{145}/5 sont le même nombre, ce qui rend le recoupement moins lisible.

⚠️ Calculer le module DEPUIS la forme algébrique, puis annoncer qu'on a vérifié. On n'a rien vérifié : les deux calculs partagent alors leurs erreurs. Un contrôle qui repart du résultat à contrôler n'est pas un contrôle.

À retenir

Le module d'un quotient se calcule SANS passer par la forme algébrique. C'est plus rapide, et surtout cela rend les deux résultats indépendants.

Un bon contrôle emprunte un chemin disjoint. Recalculer le module depuis la forme algébrique ne vérifie rien.

∣z∣=a2+b2|z|=\sqrt{a^2+b^2}, jamais a+ba+b. Un module est positif ou nul, toujours.

Le module se comporte bien avec × et ÷, mal avec + et − — on n'a que l'inégalité triangulaire.

Réponse. z=−85+95iz=-\dfrac85+\dfrac95i, ∣z∣=1455≈2,41|z|=\dfrac{\sqrt{145}}{5}\approx2{,}41.
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Passage en forme exponentielle

CalculDifficulté 3/5

Mettre z=3+iz=\sqrt3+i sous forme exponentielle.

Indices (3)

Calcule d'abord le module r=∣z∣r=|z|.

Factorise zz par rr pour lire cos⁡θ\cos\theta et sin⁡θ\sin\theta.

Quel angle a cos⁡θ=32\cos\theta=\tfrac{\sqrt3}{2} et sin⁡θ=12\sin\theta=\tfrac12 ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La forme exponentielle ne remplace pas la forme algébrique : elle sert à autre chose.

z=a+bi  (algeˊbrique)z=r eiθ  (exponentielle)z=a+bi\ \text{ (algébrique)}\qquad z=r\,e^{i\theta}\ \text{ (exponentielle)}
pour... on prend
additionner, soustraire l'algébrique
multiplier, diviser, élever à une puissance l'exponentielle

👉 Savoir cela avant de commencer est ce qui rend le lot B rapide : dès qu'un exercice demande une grande puissance ou un quotient de puissances, on passe en exponentielle sans hésiter.

La méthode, en deux temps : d'abord le module rr, ensuite l'angle θ\theta — et jamais dans l'autre sens, parce que c'est en factorisant par rr qu'on fait apparaître le cosinus et le sinus.

Le module
r=∣z∣=(3)2+12=3+1=4=2r=|z|=\sqrt{(\sqrt3)^2+1^2}=\sqrt{3+1}=\sqrt4=2

⚠️ (3)2=3(\sqrt3)^2=3, pas 3\sqrt3. Et le module vaut 22, pas 44 : on prend la racine de la somme des carrés.

Factoriser par le module

C'est le geste qui fait apparaître l'angle. On met rr en facteur :

z=3+i=2(32+12 i)z=\sqrt3+i=2\left(\frac{\sqrt3}{2}+\frac12\,i\right)

Et l'on identifie avec r(cos⁡θ+isin⁡θ)r(\cos\theta+i\sin\theta) :

cos⁡θ=32sin⁡θ=12\cos\theta=\frac{\sqrt3}{2}\qquad \sin\theta=\frac12

👉 Il faut les DEUX. Le cosinus seul laisserait deux angles possibles (±π6\pm\tfrac\pi6), le sinus seul aussi. C'est leur conjonction qui détermine θ\theta sans ambiguïté — et c'est pour cette raison qu'on ne passe pas par arctan⁡\arctan.

Identifier l'angle

cos⁡θ>0\cos\theta>0 et sin⁡θ>0\sin\theta>0 : premier quadrant. Et les valeurs 32\tfrac{\sqrt3}{2} et 12\tfrac12 sont celles du triangle de référence :

θ=π6\theta=\frac{\pi}{6}
z=2 eiπ/6\boxed{z=2\,e^{i\pi/6}}

Le tableau des valeurs remarquables, à savoir de mémoire :

θ\theta 00 π6\tfrac\pi6 π4\tfrac\pi4 π3\tfrac\pi3 π2\tfrac\pi2
cos⁡\cos 11 32\tfrac{\sqrt3}2 22\tfrac{\sqrt2}2 12\tfrac12 00
sin⁡\sin 00 12\tfrac12 22\tfrac{\sqrt2}2 32\tfrac{\sqrt3}2 11

Le cosinus descend, le sinus monte — c'est le seul repère à retenir pour ne pas les intervertir.

Rappel de cours

Forme exponentielle

z=r eiθ=r(cos⁡θ+isin⁡θ)r=∣z∣>0,θ=arg⁡(z)z=r\,e^{i\theta}=r(\cos\theta+i\sin\theta)\qquad r=|z|>0,\quad \theta=\arg(z)

Formule d'Euler : eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta, d'où ∣eiθ∣=1\big|e^{i\theta}\big|=1 pour tout θ\theta réel.

⚠️ L'argument n'est défini qu'à 2π2\pi près. 2eiπ/62e^{i\pi/6} et 2ei13π/62e^{i13\pi/6} sont le même nombre. On écrit arg⁡z=π6 [2π]\arg z=\tfrac\pi6\ [2\pi], et l'on choisit d'ordinaire θ∈ ]−π;π]\theta\in\,]-\pi;\pi].

⚠️ rr est strictement positif. Une écriture −2eiπ/6-2e^{i\pi/6} n'est pas une forme exponentielle : il faut absorber le signe dans l'angle, −1=eiπ-1=e^{i\pi}, ce qui donne 2ei7π/62e^{i7\pi/6}.

Le complexe nul n'a pas d'argument — il est le seul.

Le contrôle

Revenir à l'algébrique — le contrôle direct, et il ne coûte qu'une ligne :

2 eiπ/6=2(cos⁡π6+isin⁡π6)=2(32+12i)=3+i2\,e^{i\pi/6}=2\left(\cos\frac\pi6+i\sin\frac\pi6\right)=2\left(\frac{\sqrt3}{2}+\frac12i\right)=\sqrt3+i

✓ on retrouve le nombre de départ.

Contrôle de plausibilité, encore plus rapide : 3≈1,73\sqrt3\approx1{,}73 et la partie imaginaire vaut 11. Le point est donc dans le premier quadrant, plus près de l'axe des abscisses que de celui des ordonnées — donc un angle entre 00 et π4\tfrac\pi4.

π6=30°\tfrac\pi6=30° ✓ tombe bien dans cet intervalle.

👉 Ce raisonnement de quadrant se refait en trois secondes et il élimine à lui seul les erreurs d'angle les plus grossières.

L'erreur classique

⚠️ Intervertir cosinus et sinus : lire cos⁡θ=12\cos\theta=\tfrac12, sin⁡θ=32\sin\theta=\tfrac{\sqrt3}{2}, et répondre θ=π3\theta=\tfrac\pi3.

Le contrôle par retour à l'algébrique la tue : 2eiπ/3=2(12+32i)=1+i32e^{i\pi/3}=2\big(\tfrac12+\tfrac{\sqrt3}2i\big)=1+i\sqrt3, alors qu'on partait de 3+i\sqrt3+i. Les deux parties sont échangées ✗

⚠️ Passer par arctan⁡ ⁣(ba)\arctan\!\big(\tfrac ba\big) sans regarder le quadrant. Ici cela donne arctan⁡13=π6\arctan\tfrac{1}{\sqrt3}=\tfrac\pi6, donc la bonne réponse — par chance, parce que le point est au premier quadrant.

👉 C'est une méthode qui tombe juste ici et faux ailleurs, et c'est précisément ce qui la rend dangereuse : on la reproduit. L'exercice B2 en donne le contre-exemple, avec un point du troisième quadrant où arctan⁡\arctan se trompe de π\pi. La factorisation par le module, elle, ne se trompe jamais — c'est pourquoi on l'enseigne.

⚠️ Écrire r=4r=4 en oubliant la racine, ou r=3+1r=\sqrt3+1 en additionnant. Le contrôle de retour à l'algébrique l'attrape immédiatement.

À retenir

Algébrique pour additionner, exponentielle pour multiplier et élever à une puissance. C'est le critère de choix, à poser avant de calculer.

Module d'abord, angle ensuite. C'est en factorisant par rr qu'apparaissent cos⁡θ\cos\theta et sin⁡θ\sin\theta.

Il faut le cosinus ET le sinus pour déterminer l'angle. arctan⁡\arctan seul ignore le quadrant, et se trompe une fois sur deux.

r>0r>0 toujours : un signe moins devant l'exponentielle s'absorbe dans l'angle, par −1=eiπ-1=e^{i\pi}.

Réponse. z=2 eiπ/6z=2\,e^{i\pi/6}. (Recoupement : 2(cos⁡π6+isin⁡π6)=3+i2(\cos\tfrac\pi6+i\sin\tfrac\pi6)=\sqrt3+i ✓)
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Argument et quadrant

CalculDifficulté 3/5

Déterminer le module et un argument de z=−1−i3z=-1-i\sqrt3.

Indices (3)

Module d'abord.

cos⁡θ\cos\theta et sin⁡θ\sin\theta tous deux négatifs : quel quadrant ?

La calculatrice donnerait π3\tfrac{\pi}{3} : ajuste au quadrant.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir
z=−1−i3z=-1-i\sqrt3

Les deux parties sont négatives : le point est dans le troisième quadrant, donc son argument est entre π\pi et 3π2\tfrac{3\pi}{2} (ou, en angle principal, entre −π-\pi et −π2-\tfrac\pi2).

👉 C'est l'exercice qui montre pourquoi arctan⁡\arctan ne suffit pas. La calculatrice, à qui l'on demande arctan⁡(−3−1)=arctan⁡(3)\arctan\big(\tfrac{-\sqrt3}{-1}\big)=\arctan(\sqrt3), répond π3\tfrac\pi3 — un angle du premier quadrant. Elle a simplifié les deux signes moins et perdu l'information de position.

Repérer le quadrant AVANT de calculer l'angle est donc la première chose à faire, et elle ne coûte rien : il suffit de regarder les signes de aa et de bb.

Le module
r=∣z∣=(−1)2+(−3)2=1+3=2r=|z|=\sqrt{(-1)^2+(-\sqrt3)^2}=\sqrt{1+3}=2

Les carrés effacent les signes : le module ne dit rien du quadrant, il ne dit que la distance à l'origine. C'est bien pour cela qu'il faut l'angle en plus.

Cosinus et sinus
z=2(−12−32 i)donccos⁡θ=−12,sin⁡θ=−32z=2\left(-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}\,i\right)\qquad\text{donc}\qquad \cos\theta=-\frac12,\quad \sin\theta=-\frac{\sqrt3}{2}

Les deux sont négatifs : troisième quadrant, comme annoncé ✓

Le tableau des quadrants, qui résume tout :

cos⁡θ\cos\theta sin⁡θ\sin\theta quadrant θ\theta dans
++ ++ 1ᵉʳ ]0;π2[\left]0;\tfrac\pi2\right[
−- ++ 2ᵉ ]π2;π[\left]\tfrac\pi2;\pi\right[
−- −- 3ᵉ ]π;3π2[\left]\pi;\tfrac{3\pi}2\right[
++ −- 4ᵉ ]3π2;2π[\left]\tfrac{3\pi}2;2\pi\right[
Trouver l'angle

L'angle de référence — celui dont le cosinus vaut 12\tfrac12 et le sinus 32\tfrac{\sqrt3}{2} en valeur absolue — est π3\tfrac\pi3.

Dans le troisième quadrant, on l'ajoute à π\pi :

θ=π+π3=3π+π3=4π3\theta=\pi+\frac{\pi}{3}=\frac{3\pi+\pi}{3}=\frac{4\pi}{3}
r=2,arg⁡(z)=4π3 [2π]\boxed{r=2,\qquad \arg(z)=\frac{4\pi}{3}\ [2\pi]}
z=2 ei 4π/3z=2\,e^{i\,4\pi/3}

ℹ️ En argument principal (dans ]−π;π]]-\pi;\pi]), on écrirait −2π3-\tfrac{2\pi}{3} : c'est le même angle, à 2π2\pi près. Les deux réponses sont correctes — 4π3−2π=−2π3\tfrac{4\pi}{3}-2\pi=-\tfrac{2\pi}{3}.

Rappel de cours

De l'angle de référence à l'argument

Soit α\alpha l'angle aigu tel que cos⁡α=∣a∣/r\cos\alpha=|a|/r et sin⁡α=∣b∣/r\sin\alpha=|b|/r. Alors :

quadrant argument
1ᵉʳ (a>0,b>0a>0,b>0) α\alpha
2ᵉ (a<0,b>0a<0,b>0) π−α\pi-\alpha
3ᵉ (a<0,b<0a<0,b<0) π+α\pi+\alpha
4ᵉ (a>0,b<0a>0,b<0) −α-\alpha ou 2π−α2\pi-\alpha

⚠️ Les axes sont des cas à part : a=0a=0 donne ±π2\pm\tfrac\pi2, b=0b=0 donne 00 ou π\pi. Le tableau ne les couvre pas, et arctan⁡ba\arctan\frac ba est indéfini sur l'axe imaginaire (a=0a=0).

Cas particuliers utiles : arg⁡(1)=0\arg(1)=0, arg⁡(i)=π2\arg(i)=\tfrac\pi2, arg⁡(−1)=π\arg(-1)=\pi, arg⁡(−i)=−π2\arg(-i)=-\tfrac\pi2.

Le contrôle

Revenir à l'algébrique :

2(cos⁡4π3+isin⁡4π3)=2(−12−32i)=−1−i32\left(\cos\frac{4\pi}{3}+i\sin\frac{4\pi}{3}\right)=2\left(-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}i\right)=-1-i\sqrt3

✓ exactement le nombre de départ.

Et le contrôle décisif, celui qui distingue cet exercice de B1 : que donnerait la réponse fautive π3\tfrac\pi3 ?

2 eiπ/3=2(12+32i)=1+i32\,e^{i\pi/3}=2\left(\frac12+\frac{\sqrt3}{2}i\right)=1+i\sqrt3

C'est l'OPPOSÉ du nombre cherché — les deux signes sont inversés. arctan⁡\arctan s'est trompé d'exactement π\pi, ce qui est sa faute caractéristique.

👉 Un argument faux de π\pi donne l'opposé, et l'opposé a le même module. Un contrôle par le seul module ne le verrait donc pas : ici, il faut revenir à l'algébrique.

L'erreur classique

⚠️ Répondre π3\tfrac\pi3, la valeur rendue par arctan⁡\arctan.

C'est l'erreur centrale du chapitre, et elle est systématique aux 2ᵉ et 3ᵉ quadrants : arctan⁡\arctan ne rend jamais qu'un angle de ]−π2;π2[]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2[, donc il ne peut structurellement pas désigner un point de gauche.

Le contrôle : le retour à l'algébrique donne l'opposé ✗

⚠️ Répondre −π3-\tfrac\pi3 en gardant les signes de arctan⁡(−3−1)\arctan\big(\tfrac{-\sqrt3}{-1}\big) sans simplifier. Quatrième quadrant — encore faux.

⚠️ Confondre l'angle de référence et l'argument. π3\tfrac\pi3 est l'angle du triangle, pas celui du point. Il faut le placer : π+π3\pi+\tfrac\pi3 ici.

👉 La parade, une fois pour toutes : écrire les signes de cos⁡θ\cos\theta et sin⁡θ\sin\theta avant de chercher la valeur de l'angle. Deux caractères, (−,−)(-,-), et le quadrant est fixé — plus aucune ambiguïté ne subsiste.

⚠️ Écrire arg⁡z=4π3\arg z=\tfrac{4\pi}{3} sans le [2π][2\pi]. L'argument est une classe d'angles, pas un nombre. L'omission est tolérée en pratique, mais elle masque que −2π3-\tfrac{2\pi}3 est tout aussi juste.

À retenir

Repérer le quadrant AVANT de chercher l'angle — deux signes suffisent, et cela lève toute ambiguïté.

arctan⁡\arctan ne rend que des angles de ]−π2;π2[]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2[ : il est structurellement incapable de désigner un point des 2ᵉ et 3ᵉ quadrants.

Un argument faux de π\pi donne l'OPPOSÉ, de même module. Le contrôle par le module ne le voit pas ; le retour à l'algébrique, si.

L'argument est défini à 2π2\pi près : 4π3\tfrac{4\pi}3 et −2π3-\tfrac{2\pi}3 sont la même réponse.

Réponse. r=2r=2, arg⁡(z)=4π3  [2π]\arg(z)=\tfrac{4\pi}{3}\;[2\pi]. (Recoupement : 2(cos⁡4π3+isin⁡4π3)=−1−i32(\cos\tfrac{4\pi}{3}+i\sin\tfrac{4\pi}{3})=-1-i\sqrt3 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Argument d'un quotient + puissance

CalculDifficulté 3/5

Déterminer module et argument de z=1+i1−iz=\dfrac{1+i}{1-i}, puis calculer z32z^{32}.

Indices (3)

Numérateur et dénominateur en forme expo.

Module = quotient des modules ; argument = différence des arguments.

Pour z32z^{32} : de Moivre, puis réduis modulo 2π2\pi.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un quotient et une puissance 3232 : c'est la configuration où la forme exponentielle est indispensable. En algébrique, z32z^{32} demanderait trente-deux multiplications ; en exponentielle, une addition d'angles.

z=1+i1−iz=\frac{1+i}{1-i}

👉 Anticipons. 1−i1-i est le conjugué de 1+i1+i, donc les deux ont le même module : le quotient sera de module 11. Et leurs arguments sont opposés, donc l'argument du quotient sera le double de celui du numérateur.

arg⁡z=π4−(−π4)=π2\arg z=\frac\pi4-\left(-\frac\pi4\right)=\frac\pi2

On connaît la réponse avant de calculer : z=eiπ/2=iz=e^{i\pi/2}=i.

Les deux formes exponentielles
∣1+i∣=1+1=21+i=2(22+22i)=2 eiπ/4|1+i|=\sqrt{1+1}=\sqrt2\qquad 1+i=\sqrt2\left(\frac{\sqrt2}{2}+\frac{\sqrt2}{2}i\right)=\sqrt2\,e^{i\pi/4}
∣1−i∣=21−i=2(22−22i)=2 e−iπ/4|1-i|=\sqrt2\qquad 1-i=\sqrt2\left(\frac{\sqrt2}{2}-\frac{\sqrt2}{2}i\right)=\sqrt2\,e^{-i\pi/4}

⚠️ Le signe de l'argument du dénominateur compte double, puisqu'on va le soustraire. C'est là que se perdent les points de cet exercice.

Le quotient

Module : quotient des modules. Argument : différence des arguments.

z=22  ei(π4−(−π4))=1⋅eiπ2z=\frac{\sqrt2}{\sqrt2}\;e^{i\left(\frac\pi4-\left(-\frac\pi4\right)\right)}=1\cdot e^{i\frac\pi2}
z=eiπ/2=i∣z∣=1,arg⁡z=π2\boxed{z=e^{i\pi/2}=i\qquad |z|=1,\quad \arg z=\frac\pi2}

Contrôle immédiat par l'algébrique :

1+i1−i=(1+i)2(1−i)(1+i)=1+2i−12=2i2=i\frac{1+i}{1-i}=\frac{(1+i)^2}{(1-i)(1+i)}=\frac{1+2i-1}{2}=\frac{2i}{2}=i

✓ même valeur, par un chemin qui n'emploie ni module ni argument

La puissance

Formule de de Moivre : (r eiθ)n=rn einθ\big(r\,e^{i\theta}\big)^n=r^n\,e^{in\theta}.

z32=(eiπ/2)32=ei 32×π2=ei 16πz^{32}=\big(e^{i\pi/2}\big)^{32}=e^{i\,32\times\frac\pi2}=e^{i\,16\pi}

Réduire l'angle modulo 2π2\pi — c'est l'étape qu'on oublie :

16π=8×2πdonc16π≡0 [2π]16\pi=8\times2\pi\qquad\text{donc}\qquad 16\pi\equiv0\ [2\pi]
z32=e0=1\boxed{z^{32}=e^{0}=1}

Vérification par les puissances de ii : le cycle est de période 44, et 32=4×832=4\times8, donc i32=(i4)8=18=1i^{32}=\big(i^4\big)^8=1^8=1 ✓ — deux chemins, même réponse.

Rappel de cours

Formule de de Moivre

(r eiθ)n=rn einθsoit(cos⁡θ+isin⁡θ)n=cos⁡(nθ)+isin⁡(nθ)\big(r\,e^{i\theta}\big)^n=r^n\,e^{in\theta}\qquad\text{soit}\qquad \big(\cos\theta+i\sin\theta\big)^n=\cos(n\theta)+i\sin(n\theta)

Valable pour tout n∈Zn\in\mathbb{Z} — y compris négatif, ce qui donne les inverses.

Module et argument d'un produit / quotient :

∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣arg⁡(z1z2)=arg⁡z1+arg⁡z2|z_1z_2|=|z_1||z_2|\qquad \arg(z_1z_2)=\arg z_1+\arg z_2
∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣arg⁡ ⁣(z1z2)=arg⁡z1−arg⁡z2\left|\frac{z_1}{z_2}\right|=\frac{|z_1|}{|z_2|}\qquad \arg\!\left(\frac{z_1}{z_2}\right)=\arg z_1-\arg z_2

⚠️ Réduire l'angle final modulo 2π2\pi fait partie de la réponse : ei16πe^{i16\pi} n'est pas une écriture aboutie.

Le cycle de ii, à connaître : ini^n ne dépend que de nn modulo 44.

Le contrôle

Trois chemins indépendants, tous à 11 :

  1. par l'exponentielle : ei16πe^{i16\pi}, et 16π16\pi est un multiple de 2π2\pi → 11
  2. par le cycle de ii : 32≡0 [4]32\equiv0\ [4] → i32=1i^{32}=1
  3. par le module : ∣z32∣=∣z∣32=132=1|z^{32}|=|z|^{32}=1^{32}=1, donc le résultat est sur le cercle unité — cohérent avec 11

👉 Le troisième ne donne pas la réponse, mais il élimine toute réponse de module différent de 11. C'est un contrôle partiel, et c'est déjà beaucoup : il refuse 22, 3232, i2i\sqrt2…

Contrôle de plausibilité : z=iz=i tourne d'un quart de tour à chaque élévation. Quatre élévations font un tour complet, donc z32=z4×8z^{32}=z^{4\times8} fait exactement huit tours et revient au point de départ, 11 ✓

L'erreur classique

⚠️ Additionner les arguments au lieu de les soustraire.

Ici cela donne π4+π4=π2\tfrac\pi4+\tfrac\pi4=\tfrac\pi2 — la bonne réponse. Et c'est exactement ce qui rend l'erreur dangereuse : elle passe inaperçue, parce que les deux arguments sont opposés et que θ−(−θ)=θ+θ\theta-(-\theta)=\theta+\theta.

👉 Une méthode qui tombe juste par coïncidence est pire qu'une méthode fausse, parce qu'on la reproduit. Sur 1+i3+i\dfrac{1+i}{\sqrt3+i}, la même faute donnerait π4+π6=5π12\tfrac\pi4+\tfrac\pi6=\tfrac{5\pi}{12} au lieu de π4−π6=π12\tfrac\pi4-\tfrac\pi6=\tfrac{\pi}{12} — deux angles très différents. Tester sa règle sur un second exemple est le réflexe qui sauve.

⚠️ Oublier de réduire 16π16\pi modulo 2π2\pi et rendre ei16πe^{i16\pi}. Ce n'est pas faux, c'est inachevé — et cela masque que le résultat est le réel 11.

⚠️ Mal compter le cycle de ii : croire i32=ii^{32}=i parce que « 3232 est pair ». Le cycle est de période 44, pas 22 : 32=4×832=4\times8, donc i32=1i^{32}=1.

Le contrôle par le module ne discrimine pas ces trois-là (toutes donnent un module 11) — c'est le retour à l'algébrique et le cycle de ii qui tranchent.

À retenir

Quotient et puissance ⟹\Longrightarrow forme exponentielle. Module divisé, arguments soustraits, puis de Moivre.

Réduire l'angle modulo 2π2\pi fait partie de la réponse.

ini^n ne dépend que de nn modulo 4. Contrôle indépendant, gratuit.

Une méthode qui tombe juste par coïncidence se teste sur un second exemple. Ici, additionner au lieu de soustraire donne la bonne réponse — et serait faux partout ailleurs.

Réponse. z=iz=i ; z32=1z^{32}=1. (Recoupement : i32=(i4)8=1i^{32}=(i^4)^8=1 ✓)
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Grande puissance (de Moivre)

CalculDifficulté 3/5

Calculer (1+i32)2000\left(\dfrac{1+i\sqrt3}{2}\right)^{2000}.

Indices (3)

Reconnais la base : module ? argument ?

Module 1 — c'est un eiθe^{i\theta} pur.

Après de Moivre, réduis 2000θ2000\theta modulo 2π2\pi.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir
(1+i32)2000\left(\frac{1+i\sqrt3}{2}\right)^{2000}

Un exposant de 2000 rend l'algébrique impensable. L'exercice n'est pas un calcul, c'est une reconnaissance : quel est ce nombre ?

👉 Regardons son module :

∣1+i32∣=1+32=22=1\left|\frac{1+i\sqrt3}{2}\right|=\frac{\sqrt{1+3}}{2}=\frac{2}{2}=1

Module 11 — la base est un eiθe^{i\theta} pur, un point du cercle unité. Donc toutes ses puissances resteront sur le cercle unité, et l'élévation à la puissance n'est qu'une rotation répétée.

On sait déjà que le résultat aura un module de 11. Reste à savoir où il atterrit sur le cercle, ce qui est une question d'arithmétique et non de calcul complexe.

La forme exponentielle de la base
1+i32=12+32i\frac{1+i\sqrt3}{2}=\frac12+\frac{\sqrt3}{2}i
cos⁡θ=12sin⁡θ=32\cos\theta=\frac12\qquad \sin\theta=\frac{\sqrt3}{2}

Les deux sont positifs — premier quadrant — et ces valeurs sont celles de π3\tfrac\pi3 :

1+i32=eiπ/3\frac{1+i\sqrt3}{2}=e^{i\pi/3}

⚠️ Ne pas confondre avec π6\tfrac\pi6, dont le cosinus vaut 32\tfrac{\sqrt3}2 et le sinus 12\tfrac12 — c'est-à-dire l'inverse. Ici le sinus est le grand.

De Moivre
(eiπ/3)2000=ei 2000π3\left(e^{i\pi/3}\right)^{2000}=e^{i\,\frac{2000\pi}{3}}

Il reste à réduire 2000π3\dfrac{2000\pi}{3} modulo 2π2\pi — c'est là qu'est tout l'exercice.

Division euclidienne de 20002000 par 33 :

2000=3×666+22000=3\times666+2
2000π3=(3×666+2)π3=666π+2π3\frac{2000\pi}{3}=\frac{(3\times666+2)\pi}{3}=666\pi+\frac{2\pi}{3}
Réduire l'angle
666π=333×2π666\pi=333\times2\pi

666666 est PAIR, donc 666π666\pi est un multiple entier de 2π2\pi : il correspond à 333333 tours complets, et disparaît.

2000π3≡2π3 [2π]\frac{2000\pi}{3}\equiv\frac{2\pi}{3}\ [2\pi]
(1+i32)2000=ei 2π/3=cos⁡2π3+isin⁡2π3\left(\frac{1+i\sqrt3}{2}\right)^{2000}=e^{i\,2\pi/3}=\cos\frac{2\pi}{3}+i\sin\frac{2\pi}{3}
(1+i32)2000=−12+32 i\boxed{\left(\frac{1+i\sqrt3}{2}\right)^{2000}=-\frac12+\frac{\sqrt3}{2}\,i}

C'est jj, la racine cubique de l'unité rencontrée à l'exercice A4 (où l'on avait obtenu son conjugué j2j^2).

Rappel de cours

Réduction d'un angle modulo 2π2\pi

Pour nπq\dfrac{n\pi}{q} : faire la division euclidienne de nn par qq, puis regarder la parité du quotient.

n=q k+r⟹nπq=kπ+rπqn=q\,k+r\quad\Longrightarrow\quad \frac{n\pi}{q}=k\pi+\frac{r\pi}{q}
kk kπk\pi modulo 2π2\pi effet
pair 00 rien
impair π\pi change le signe (eiπ=−1e^{i\pi}=-1)

⚠️ C'est la parité de kk qui décide, et l'oublier donne l'opposé du bon résultat.

Les racines cubiques de l'unité : 11, j=e2iπ/3j=e^{2i\pi/3}, j2=e−2iπ/3=jˉj^2=e^{-2i\pi/3}=\bar j, avec j3=1j^3=1 et 1+j+j2=01+j+j^2=0.

Le contrôle

Par le module : le résultat doit être de module 11.

∣−12+32i∣=14+34=1\left|-\frac12+\frac{\sqrt3}{2}i\right|=\sqrt{\frac14+\frac34}=1

✓ bien sur le cercle unité

Par la périodicité : la base est eiπ/3e^{i\pi/3}, donc six élévations font un tour complet (6×π3=2π6\times\tfrac\pi3=2\pi). L'exposant se réduit donc modulo 66 :

2000=6×333+2doncz2000=z2=(eiπ/3)2=e2iπ/32000=6\times333+2\qquad\text{donc}\qquad z^{2000}=z^2=\left(e^{i\pi/3}\right)^2=e^{2i\pi/3}

✓ Même réponse, par un chemin entièrement différent — celui-ci ne manipule que des entiers, et il est plus court.

👉 C'est le meilleur contrôle de l'exercice : la division par 66 remplace la division par 33 suivie d'une discussion de parité. Les deux doivent concorder, et si elles divergent, c'est la parité qu'on a ratée.

L'erreur classique

⚠️ Se tromper sur la parité de 666666 et traiter 666π666\pi comme ≡π\equiv\pi.

On obtiendrait ei(π+2π3)=ei5π3=12−32ie^{i(\pi+\frac{2\pi}{3})}=e^{i\frac{5\pi}{3}}=\tfrac12-\tfrac{\sqrt3}{2}i — l'opposé du bon résultat.

Le contrôle par la périodicité modulo 66 la refuse : il donne e2iπ/3e^{2i\pi/3} sans jamais parler de parité ✗

⚠️ Confondre π3\tfrac\pi3 et π6\tfrac\pi6 dans la forme exponentielle de la base. Le résultat deviendrait ei2000π6=ei1000π3e^{i\frac{2000\pi}{6}}=e^{i\frac{1000\pi}{3}}, tout autre chose.

Le repère : ici sin⁡θ=32\sin\theta=\tfrac{\sqrt3}{2} est le grand, donc l'angle est le grand des deux, π3\tfrac\pi3.

⚠️ Élever le module à la puissance 2000 sans vérifier qu'il vaut 1. Si la base avait eu un module ≠1\neq1, r2000r^{2000} serait astronomique ou nul. Regarder le module en premier dit si l'exercice est faisable — et ici il dit que oui.

⚠️ Vouloir développer (1+i3)2000(1+i\sqrt3)^{2000} par le binôme. Techniquement possible, humainement non. Le choix de la forme fait l'exercice.

À retenir

Module 11 ⟹\Longrightarrow la puissance est une rotation. Le regarder en premier dit si l'exercice est faisable.

Réduire l'angle par division euclidienne, puis discuter la parité du quotient : pair ⟹\Longrightarrow rien, impair ⟹\Longrightarrow signe opposé.

Le contrôle par la périodicité de la base (ici modulo 66) est plus court et n'utilise que des entiers. Deux chemins, même réponse.

j=e2iπ/3=−12+32ij=e^{2i\pi/3}=-\tfrac12+\tfrac{\sqrt3}2i et j2=jˉj^2=\bar j : à reconnaître d'un coup d'œil.

Réponse. −12+32i-\dfrac12+\dfrac{\sqrt3}{2}i (c'est jj). (Recoupement : 666π666\pi = 333 tours ✓)
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Quotient de puissances

CalculDifficulté 3/5

Mettre z=(1+i)9(1−i)7z=\dfrac{(1+i)^9}{(1-i)^7} sous forme algébrique.

Indices (3)

Forme expo de chaque facteur avant les puissances.

1+i=2 eiπ/41+i=\sqrt2\,e^{i\pi/4}, 1−i=2 e−iπ/41-i=\sqrt2\,e^{-i\pi/4}.

Sépare modules et arguments.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir
z=(1+i)9(1−i)7z=\frac{(1+i)^9}{(1-i)^7}

Deux puissances, un quotient : exponentielle obligatoire. Mais il y a mieux à voir d'abord.

👉 1−i1-i est le conjugué de 1+i1+i. Ils ont donc le même module 2\sqrt2, et des arguments opposés ±π4\pm\tfrac\pi4.

Conséquence : le module du résultat ne dépend que de la différence des exposants,

(2)9(2)7=(2)9−7=(2)2=2\frac{(\sqrt2)^9}{(\sqrt2)^7}=(\sqrt2)^{9-7}=(\sqrt2)^2=2

et l'argument est une somme, pas une différence — parce qu'on soustrait un angle négatif :

9π4−(−7π4)=9π+7π4=16π4=4π\frac{9\pi}{4}-\left(-\frac{7\pi}{4}\right)=\frac{9\pi+7\pi}{4}=\frac{16\pi}{4}=4\pi

4π4\pi est un multiple de 2π2\pi : l'argument est nul, donc le résultat est un réel positif. On sait déjà que la réponse est 22.

Les formes exponentielles
1+i=2 eiπ/41−i=2 e−iπ/41+i=\sqrt2\,e^{i\pi/4}\qquad 1-i=\sqrt2\,e^{-i\pi/4}
(1+i)9=(2)9 ei 9π/4(1−i)7=(2)7 e−i 7π/4(1+i)^9=(\sqrt2)^9\,e^{i\,9\pi/4}\qquad (1-i)^7=(\sqrt2)^7\,e^{-i\,7\pi/4}

⚠️ Le signe moins de l'argument du dénominateur passe la puissance : (e−iπ/4)7=e−i7π/4\big(e^{-i\pi/4}\big)^7=e^{-i7\pi/4}, et non e+i7π/4e^{+i7\pi/4}. C'est l'étourderie qui coûte cet exercice.

Le quotient des modules
(2)9(2)7=(2)9−7=(2)2=2\frac{(\sqrt2)^9}{(\sqrt2)^7}=(\sqrt2)^{9-7}=(\sqrt2)^2=2

On soustrait les exposants, on ne divise pas les puissances terme à terme.

⚠️ Écrire (2)9/7(\sqrt2)^{9/7} serait confondre aman=am−n\dfrac{a^m}{a^n}=a^{m-n} avec une division d'exposants. Numériquement, (2)9/7≈1,56(\sqrt2)^{9/7}\approx1{,}56 au lieu de 22 — l'écart se voit.

La différence des arguments
arg⁡z=9π4−(−7π4)=9π4+7π4=16π4=4π\arg z=\frac{9\pi}{4}-\left(-\frac{7\pi}{4}\right)=\frac{9\pi}{4}+\frac{7\pi}{4}=\frac{16\pi}{4}=4\pi
4π=2×2πdonc4π≡0 [2π]4\pi=2\times2\pi\qquad\text{donc}\qquad 4\pi\equiv0\ [2\pi]
z=2 ei⋅0=2z=2\,e^{i\cdot0}=2
(1+i)9(1−i)7=2\boxed{\frac{(1+i)^9}{(1-i)^7}=2}

Le résultat est un réel — et positif, puisque l'argument est 00 et non π\pi.

Rappel de cours

Règles des exposants, valables dans C\mathbb{C}

aman=am−n(am)n=amn(ab)n=anbn\frac{a^m}{a^n}=a^{m-n}\qquad (a^m)^n=a^{mn}\qquad (ab)^n=a^nb^n

Conjugué et argument :

z‾=r e−iθsiz=r eiθ\overline{z}=r\,e^{-i\theta}\quad\text{si}\quad z=r\,e^{i\theta}

Donc ∣zˉ∣=∣z∣|\bar z|=|z| et arg⁡zˉ=−arg⁡z\arg\bar z=-\arg z. Un conjugué est le symétrique par rapport à l'axe des réels.

⚠️ Soustraire un angle négatif revient à l'ajouter — c'est de là que vient le 4π4\pi de cet exercice, et c'est le point où l'on se trompe.

Repère de lecture du résultat :

argument nature
0 [2π]0\ [2\pi] réel positif
π [2π]\pi\ [2\pi] réel négatif
±π2 [2π]\pm\tfrac\pi2\ [2\pi] imaginaire pur
Le contrôle

Par les carrés — un chemin totalement différent, et le plus élégant :

(1+i)2=1+2i+i2=2i(1−i)2=1−2i+i2=−2i(1+i)^2=1+2i+i^2=2i\qquad (1-i)^2=1-2i+i^2=-2i
(1+i)9=[(1+i)2]4×(1+i)=(2i)4(1+i)=16 i4(1+i)=16(1+i)(1+i)^9=\big[(1+i)^2\big]^4\times(1+i)=(2i)^4(1+i)=16\,i^4(1+i)=16(1+i)
(1−i)7=[(1−i)2]3×(1−i)=(−2i)3(1−i)=−8 i3(1−i)=8i(1−i)(1-i)^7=\big[(1-i)^2\big]^3\times(1-i)=(-2i)^3(1-i)=-8\,i^3(1-i)=8i(1-i)
z=16(1+i)8i(1−i)=2(1+i)i(1−i)=2(1+i)i−i2=2(1+i)1+i=2z=\frac{16(1+i)}{8i(1-i)}=\frac{2(1+i)}{i(1-i)}=\frac{2(1+i)}{i-i^2}=\frac{2(1+i)}{1+i}=2

✓ Même résultat, sans aucun argument. Ce contrôle n'emprunte rien à la méthode exponentielle — il ne peut donc pas partager ses erreurs.

Contrôle de nature : l'argument valant 00, le résultat doit être un réel positif. C'est le cas ✓

L'erreur classique

⚠️ Soustraire les arguments en oubliant le signe du dénominateur : écrire 9π4−7π4=2π4=π2\tfrac{9\pi}{4}-\tfrac{7\pi}{4}=\tfrac{2\pi}{4}=\tfrac\pi2.

On obtiendrait z=2eiπ/2=2iz=2e^{i\pi/2}=2i — un imaginaire pur au lieu d'un réel.

Le contrôle par les carrés la réfute : il donne 22, sans passer par les arguments ✗ Et le contrôle de nature aussi : arg⁡z=π2\arg z=\tfrac\pi2 annoncerait un imaginaire pur, alors que le calcul direct donne un réel.

⚠️ Diviser les exposants : (2)9/7(\sqrt2)^{9/7} au lieu de (2)9−7(\sqrt2)^{9-7}. Numériquement 1,561{,}56 contre 22.

⚠️ Ne pas réduire 4π4\pi et rendre 2e4iπ2e^{4i\pi}. Ce n'est pas faux, mais cela cache que la réponse est le réel 22 — et l'énoncé demande la forme algébrique.

👉 Le contrôle de NATURE est celui à retenir de cet exercice : avant même de calculer, la structure (conjugués, exposants 99 et 77) annonçait un argument multiple de 2π2\pi, donc un réel positif. Un résultat complexe aurait été refusé sans qu'on ait à chercher où était la faute.

À retenir

Soustraire un argument NÉGATIF revient à l'ajouter. C'est l'erreur dominante des quotients de conjugués.

aman=am−n\dfrac{a^m}{a^n}=a^{m-n} : les exposants se soustraient, ils ne se divisent pas.

L'argument final donne la NATURE du résultat : 00 ⟹\Longrightarrow réel positif, π\pi ⟹\Longrightarrow réel négatif, ±π2\pm\tfrac\pi2 ⟹\Longrightarrow imaginaire pur. Contrôle instantané.

(1+i)2=2i(1+i)^2=2i et (1−i)2=−2i(1-i)^2=-2i : à connaître, elles court-circuitent la moitié des exercices sur ces deux nombres.

Réponse. z=2z=2 (réel). (Recoupement via (1+i)2=2i(1+i)^2=2i, (1−i)2=−2i(1-i)^2=-2i ✓)
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cos(π/12) par identification

CalculDifficulté 3/5

Mettre a1=1+i3a_1=1+i\sqrt3 et a2=1+ia_2=1+i sous forme exponentielle, puis en déduire cos⁡π12\cos\tfrac{\pi}{12} et sin⁡π12\sin\tfrac{\pi}{12}.

Indices (3)

Forme expo de chacun.

a1a2\tfrac{a_1}{a_2} fait apparaître l'argument π3−π4=π12\tfrac{\pi}{3}-\tfrac{\pi}{4}=\tfrac{\pi}{12}.

Calcule a1a2\tfrac{a_1}{a_2} aussi en algébrique, puis identifie.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

π12\tfrac{\pi}{12} n'est pas dans le tableau des valeurs remarquables — mais c'est une différence de deux angles qui y sont :

π12=4π−3π12=π3−π4\frac{\pi}{12}=\frac{4\pi-3\pi}{12}=\frac{\pi}{3}-\frac{\pi}{4}

👉 Et un argument de quotient est une différence d'arguments. Donc si l'on trouve deux complexes d'arguments π3\tfrac\pi3 et π4\tfrac\pi4, leur quotient aura pour argument π12\tfrac{\pi}{12} — et l'on pourra lire son cosinus et son sinus.

C'est exactement ce que l'énoncé fournit : a1=1+i3a_1=1+i\sqrt3 a pour argument π3\tfrac\pi3, et a2=1+ia_2=1+i a pour argument π4\tfrac\pi4.

La stratégie tient en une phrase : calculer a1a2\dfrac{a_1}{a_2} de deux façons — en exponentiel, ce qui donne l'angle ; en algébrique, ce qui donne les valeurs — puis identifier.

Les deux formes exponentielles
∣a1∣=1+3=2a1=2(12+32i)=2 eiπ/3|a_1|=\sqrt{1+3}=2\qquad a_1=2\left(\frac12+\frac{\sqrt3}{2}i\right)=2\,e^{i\pi/3}
∣a2∣=1+1=2a2=2(22+22i)=2 eiπ/4|a_2|=\sqrt{1+1}=\sqrt2\qquad a_2=\sqrt2\left(\frac{\sqrt2}{2}+\frac{\sqrt2}{2}i\right)=\sqrt2\,e^{i\pi/4}
Le quotient, en exponentiel
a1a2=22  ei(π3−π4)=2  eiπ/12\frac{a_1}{a_2}=\frac{2}{\sqrt2}\;e^{i\left(\frac\pi3-\frac\pi4\right)}=\sqrt2\;e^{i\pi/12}

⚠️ 22=2\dfrac{2}{\sqrt2}=\sqrt2 — on rationalise : 22=222=2\dfrac{2}{\sqrt2}=\dfrac{2\sqrt2}{2}=\sqrt2.

En développant l'exponentielle :

a1a2=2(cos⁡π12+isin⁡π12)\frac{a_1}{a_2}=\sqrt2\left(\cos\frac{\pi}{12}+i\sin\frac{\pi}{12}\right)

Voilà l'inconnue installée. Il ne reste qu'à calculer le même quotient autrement.

Le même quotient, en algébrique
1+i31+i=(1+i3)(1−i)(1+i)(1−i)\frac{1+i\sqrt3}{1+i}=\frac{(1+i\sqrt3)(1-i)}{(1+i)(1-i)}

Dénominateur : 12+12=21^2+1^2=2.

Numérateur : (1+i3)(1−i)=1−i+i3−i23=1+3+i(3−1)(1+i\sqrt3)(1-i)=1-i+i\sqrt3-i^2\sqrt3=1+\sqrt3+i(\sqrt3-1)

a1a2=(1+3)+i(3−1)2\frac{a_1}{a_2}=\frac{(1+\sqrt3)+i(\sqrt3-1)}{2}

⚠️ Le −i23-i^2\sqrt3 devient +3+\sqrt3 et rejoint la partie réelle. C'est l'étape où l'on perd le résultat.

Identifier

Deux écritures du même nombre : leurs parties réelles sont égales, leurs parties imaginaires aussi.

2cos⁡π12=1+322sin⁡π12=3−12\sqrt2\cos\frac{\pi}{12}=\frac{1+\sqrt3}{2}\qquad \sqrt2\sin\frac{\pi}{12}=\frac{\sqrt3-1}{2}

On divise par 2\sqrt2, puis on rationalise en multipliant par 22\dfrac{\sqrt2}{\sqrt2} :

cos⁡π12=1+322=(1+3)24=2+64\cos\frac{\pi}{12}=\frac{1+\sqrt3}{2\sqrt2}=\frac{(1+\sqrt3)\sqrt2}{4}=\frac{\sqrt2+\sqrt6}{4}
cos⁡π12=6+24sin⁡π12=6−24\boxed{\cos\frac{\pi}{12}=\frac{\sqrt6+\sqrt2}{4}\qquad \sin\frac{\pi}{12}=\frac{\sqrt6-\sqrt2}{4}}

Numériquement : cos⁡π12≈0,9659\cos\tfrac\pi{12}\approx0{,}9659 et sin⁡π12≈0,2588\sin\tfrac\pi{12}\approx0{,}2588.

Rappel de cours

La méthode d'identification

Elle vaut chaque fois qu'un angle non remarquable est somme ou différence de deux angles qui le sont :

π12=π3−π45π12=π6+π47π12=π3+π4\frac{\pi}{12}=\frac\pi3-\frac\pi4\qquad \frac{5\pi}{12}=\frac\pi6+\frac\pi4\qquad \frac{7\pi}{12}=\frac\pi3+\frac\pi4

Le schéma, toujours le même :

  1. écrire l'angle comme somme ou différence d'angles remarquables ;
  2. former le produit (pour une somme) ou le quotient (pour une différence) des complexes correspondants ;
  3. calculer ce produit ou quotient des deux façons — exponentielle et algébrique ;
  4. identifier partie réelle avec partie réelle, partie imaginaire avec partie imaginaire.

ℹ️ C'est une démonstration des formules d'addition cos⁡(a−b)=cos⁡acos⁡b+sin⁡asin⁡b\cos(a-b)=\cos a\cos b+\sin a\sin b — mais on ne les récite pas, on les redémontre, ce qui est plus sûr que de se rappeler un signe.

Le contrôle

Par l'identité fondamentale — le contrôle propre à cet exercice :

cos⁡2π12+sin⁡2π12=(6+2)2+(6−2)216\cos^2\frac{\pi}{12}+\sin^2\frac{\pi}{12}=\frac{(\sqrt6+\sqrt2)^2+(\sqrt6-\sqrt2)^2}{16}
=(6+212+2)+(6−212+2)16=8+816=1=\frac{(6+2\sqrt{12}+2)+(6-2\sqrt{12}+2)}{16}=\frac{8+8}{16}=1

✓ Les termes croisés se détruisent — et c'est ce qui rend le contrôle discriminant : une faute de signe dans l'un des deux résultats laisserait un 12\sqrt{12} résiduel, donc une somme différente de 11.

Contrôle de plausibilité : π12=15°\tfrac{\pi}{12}=15° est un petit angle, donc son cosinus doit être proche de 11 et son sinus proche de 00.

cos⁡π12≈0,966sin⁡π12≈0,259\cos\frac{\pi}{12}\approx0{,}966\qquad \sin\frac{\pi}{12}\approx0{,}259

✓ le cosinus est proche de 11, le sinus proche de 00 — cohérent avec un angle de 15°15°

👉 Ce second contrôle attrape l'interversion, que le premier ne verrait pas : cos⁡2+sin⁡2=1\cos^2+\sin^2=1 reste vraie si l'on échange les deux.

L'erreur classique

⚠️ Intervertir cosinus et sinus : annoncer cos⁡π12=6−24\cos\tfrac\pi{12}=\tfrac{\sqrt6-\sqrt2}{4}.

L'identité fondamentale ne l'attrape pas — elle est symétrique. C'est le contrôle de plausibilité qui tranche : 6−24≈0,259\tfrac{\sqrt6-\sqrt2}{4}\approx0{,}259, ce qui ferait un angle de 75°75° et non de 15°15° ✗

👉 Deux contrôles, deux portées — encore une fois. L'un vérifie la cohérence interne, l'autre l'ordre de grandeur. Aucun des deux ne remplace l'autre.

⚠️ Oublier que −i23=+3-i^2\sqrt3=+\sqrt3 au numérateur, et écrire 1+i(3−1)1+i(\sqrt3-1). On trouverait cos⁡π12=24≈0,354\cos\tfrac\pi{12}=\tfrac{\sqrt2}{4}\approx0{,}354 — bien trop petit pour un angle de 15°15° ✗

⚠️ Diviser par 22 au lieu de 2\sqrt2 en identifiant. Le facteur 2\sqrt2 est le module du quotient ; l'oublier fait perdre un 2\sqrt2 partout.

Le contrôle : cos⁡2+sin⁡2\cos^2+\sin^2 vaudrait alors 12\tfrac12 et non 11 ✗

⚠️ Additionner les angles au lieu de les soustraire, et calculer a1a2a_1a_2 : on obtiendrait 7π12\tfrac{7\pi}{12}, un angle obtus, dont le cosinus est négatif. Le signe du résultat le signale immédiatement.

À retenir

Un angle non remarquable qui est somme ou différence d'angles remarquables se traite par identification — produit pour une somme, quotient pour une différence.

Calculer le même nombre de DEUX façons, puis identifier : c'est le schéma, et il redémontre les formules d'addition au lieu de les réciter.

cos⁡π12=6+24\cos\tfrac\pi{12}=\tfrac{\sqrt6+\sqrt2}{4}, sin⁡π12=6−24\sin\tfrac\pi{12}=\tfrac{\sqrt6-\sqrt2}{4} — le cosinus est le grand, parce que l'angle est petit.

cos⁡2+sin⁡2=1\cos^2+\sin^2=1 ne détecte pas une interversion. Il faut le doubler d'un contrôle d'ordre de grandeur.

Réponse. cos⁡π12=6+24\cos\tfrac{\pi}{12}=\dfrac{\sqrt6+\sqrt2}{4}, sin⁡π12=6−24\sin\tfrac{\pi}{12}=\dfrac{\sqrt6-\sqrt2}{4}. (Recoupement : cos⁡2+sin⁡2=1\cos^2+\sin^2=1 ✓)
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Quotient au conjugué (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Mettre 4+3i2+i\dfrac{4+3i}{2+i} sous forme algébrique.

Indices (3)

Multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur.

Conjugué de 2+i2+i ?

Au dénominateur, (2+i)(2−i)=22+12(2+i)(2-i)=2^2+1^2 (réel).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir
4+3i2+i\frac{4+3i}{2+i}

Un quotient : le ii est au dénominateur, donc ce n'est pas une forme algébrique. La méthode est celle de A1, sans variante — multiplier haut et bas par le conjugué du dénominateur.

⚠️ Une seule vigilance ici : le dénominateur est 2+i2+i, avec un signe plus. Son conjugué est donc 2−i2-i. On change le signe du dénominateur tel qu'il est, sans se laisser guider par une habitude prise sur les a−bia-bi.

👉 Anticipons la taille du résultat : ∣4+3i∣=5|4+3i|=5 et ∣2+i∣=5|2+i|=\sqrt5, donc ∣z∣=55=5≈2,24|z|=\dfrac{5}{\sqrt5}=\sqrt5\approx2{,}24. Un module de cet ordre — pas 0,50{,}5, pas 1010.

Multiplier par le conjugué
4+3i2+i=(4+3i)(2−i)(2+i)(2−i)\frac{4+3i}{2+i}=\frac{(4+3i)(2-i)}{(2+i)(2-i)}

Dénominateur : (2+i)(2−i)=22+12=4+1=5(2+i)(2-i)=2^2+1^2=4+1=5.

Numérateur :

(4+3i)(2−i)=8−4i+6i−3i2=8+2i+3=11+2i(4+3i)(2-i)=8-4i+6i-3i^2=8+2i+3=11+2i

⚠️ Le −3i2-3i^2 devient +3+3 et rejoint la partie réelle : 8+3=118+3=11. C'est l'étape où la partie réelle change de valeur sans qu'on y prenne garde.

Conclure
4+3i2+i=11+2i5\frac{4+3i}{2+i}=\frac{11+2i}{5}

On sépare :

4+3i2+i=115+25 i\boxed{\frac{4+3i}{2+i}=\frac{11}{5}+\frac{2}{5}\,i}

Anticipation confirmée : ∣115+25i∣=121+45=1255=555=5≈2,24\left|\tfrac{11}5+\tfrac25i\right|=\dfrac{\sqrt{121+4}}{5}=\dfrac{\sqrt{125}}{5}=\dfrac{5\sqrt5}{5}=\sqrt5\approx2{,}24 ✓

Rappel de cours

La méthode du conjugué, en une ligne

z1z2=z1 z2‾∣z2∣2\frac{z_1}{z_2}=\frac{z_1\,\overline{z_2}}{|z_2|^2}

Le dénominateur ∣z2∣2|z_2|^2 est réel et positif — c'est tout l'objet de l'opération.

⚠️ Le conjugué s'obtient en changeant le signe de la partie IMAGINAIRE, quel que soit le signe de départ :

zz zˉ\bar z
2+i2+i 2−i2-i
2−i2-i 2+i2+i
−3+4i-3+4i −3−4i-3-4i
55 (réel) 55
2i2i (imaginaire pur) −2i-2i

Un réel est son propre conjugué ; un imaginaire pur a pour conjugué son opposé.

Le contrôle

Par le produit inverse — le plus direct, et il vérifie tout d'un coup :

(115+25i)(2+i)=225+115i+45i+25i2=225−25+155i=205+3i=4+3i\left(\frac{11}{5}+\frac{2}{5}i\right)(2+i)=\frac{22}{5}+\frac{11}{5}i+\frac45 i+\frac25 i^2=\frac{22}{5}-\frac25+\frac{15}{5}i=\frac{20}{5}+3i=4+3i

✓ le numérateur de départ.

Par le module, plus rapide :

∣4+3i∣∣2+i∣=55=5≈2,236\frac{|4+3i|}{|2+i|}=\frac{5}{\sqrt5}=\sqrt5\approx2{,}236

et ∣115+25i∣=5\left|\tfrac{11}5+\tfrac25i\right|=\sqrt5 ✓

ℹ️ ∣4+3i∣=5|4+3i|=5 sans calcul : (3,4,5)(3,4,5) est le triangle rectangle le plus connu. Reconnaître ces triplets — (3,4,5)(3,4,5), (5,12,13)(5,12,13), (8,15,17)(8,15,17) — fait gagner du temps sur tout le chapitre.

L'erreur classique

⚠️ Prendre 2+i2+i comme conjugué de 2+i2+i, par réflexe d'écrire « a+bia+bi ».

Le dénominateur deviendrait (2+i)2=3+4i(2+i)^2=3+4i — toujours complexe, donc la méthode n'aurait rien produit.

Le contrôle : après multiplication, le dénominateur doit être réel. S'il ne l'est pas, on s'est trompé de conjugué ✗

⚠️ Oublier que −3i2=+3-3i^2=+3 et écrire le numérateur 8+2i8+2i. On trouverait 85+25i\tfrac85+\tfrac25i, de module 685≈1,65\tfrac{\sqrt{68}}{5}\approx1{,}65 au lieu de 2,242{,}24.

Le contrôle par le module l'attrape ✗

⚠️ Ne pas séparer et rendre 11+2i5\dfrac{11+2i}{5}. La forme algébrique est a+bia+bi avec aa et bb explicites — ici 115\tfrac{11}5 et 25\tfrac25.

👉 Ces trois fautes ont le même remède : poser le dénominateur AVANT le numérateur. On voit tout de suite s'il est réel, donc si le conjugué était le bon.

À retenir

Le conjugué change le signe de la partie imaginaire, quel que soit son signe de départ. 2+i‾=2−i\overline{2+i}=2-i.

Poser le dénominateur d'abord : réel ⟹\Longrightarrow on est sur la bonne voie ; complexe ⟹\Longrightarrow mauvais conjugué.

−3i2=+3-3i^2=+3 rejoint la partie réelle. L'oubli est silencieux : le résultat reste plausible.

Anticiper le module avant de calculer, par ∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣\left|\tfrac{z_1}{z_2}\right|=\tfrac{|z_1|}{|z_2|} — et reconnaître (3,4,5)(3,4,5) au passage.

Réponse. 115+25i\dfrac{11}{5}+\dfrac{2}{5}i. (Recoupement : (115+25i)(2+i)=4+3i\left(\tfrac{11}{5}+\tfrac25i\right)(2+i)=4+3i ✓)
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Forme algébrique et module (DS)

CalculDifficulté 3/5

Soit z=5−i2−3iz=\dfrac{5-i}{2-3i}. Donner la forme algébrique de zz, puis ∣z∣|z|.

Indices (3)

Forme algébrique par le conjugué du dénominateur.

Pour le module, utilise ∣z1z2∣=∣z1∣∣z2∣\left|\tfrac{z_1}{z_2}\right|=\tfrac{|z_1|}{|z_2|} (sans repasser par l'algébrique).

Compare les deux résultats.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir
z=5−i2−3iz=\frac{5-i}{2-3i}

Même méthode qu'en E1 — mais l'énoncé demande aussi le module, et c'est là qu'il y a un choix à faire.

👉 Calculer le module par la propriété, PAS depuis la forme algébrique.

∣z∣=∣5−i∣∣2−3i∣=2613=2613=2|z|=\frac{|5-i|}{|2-3i|}=\frac{\sqrt{26}}{\sqrt{13}}=\sqrt{\frac{26}{13}}=\sqrt2

Trois lignes, aucune dépendance au calcul précédent. Si l'on repassait par la forme algébrique, une erreur sur aa ou bb contaminerait le module — et l'on perdrait le seul contrôle indépendant dont on dispose.

Et le résultat est joli : 2\sqrt2. Cela laisse présager une forme algébrique simple.

La forme algébrique
z=(5−i)(2+3i)(2−3i)(2+3i)z=\frac{(5-i)(2+3i)}{(2-3i)(2+3i)}

Dénominateur : 22+32=4+9=132^2+3^2=4+9=13.

Numérateur :

(5−i)(2+3i)=10+15i−2i−3i2=10+13i+3=13+13i(5-i)(2+3i)=10+15i-2i-3i^2=10+13i+3=13+13i
z=13+13i13=13(1+i)13z=\frac{13+13i}{13}=\frac{13(1+i)}{13}
z=1+i\boxed{z=1+i}

Le 1313 se simplifie entièrement — un signe que le calcul est juste, et qui explique le 2\sqrt2 annoncé.

Le module, par la propriété
∣5−i∣=25+1=26∣2−3i∣=4+9=13|5-i|=\sqrt{25+1}=\sqrt{26}\qquad |2-3i|=\sqrt{4+9}=\sqrt{13}
∣z∣=2613=2613=2|z|=\frac{\sqrt{26}}{\sqrt{13}}=\sqrt{\frac{26}{13}}=\sqrt2
∣z∣=2≈1,414\boxed{|z|=\sqrt2\approx1{,}414}

⚠️ 2613=2613\dfrac{\sqrt{26}}{\sqrt{13}}=\sqrt{\dfrac{26}{13}} — on regroupe sous une seule racine avant de simplifier, plutôt que de calculer 26≈5,10\sqrt{26}\approx5{,}10 et 13≈3,61\sqrt{13}\approx3{,}61 à la calculatrice. La forme exacte sort toute seule.

Le recoupement

Maintenant on peut confronter les deux résultats, obtenus sans étape commune :

∣1+i∣=12+12=2|1+i|=\sqrt{1^2+1^2}=\sqrt2

✓ Identiques.

👉 C'est ce qui fait la valeur du contrôle : le module a été calculé depuis 5−i5-i et 2−3i2-3i, la forme algébrique depuis leur quotient développé. Une faute dans le développement du numérateur aurait donné un module différent de 2\sqrt2, et se serait signalée.

Contrôle supplémentaire, par le produit inverse :

(1+i)(2−3i)=2−3i+2i−3i2=2−i+3=5−i(1+i)(2-3i)=2-3i+2i-3i^2=2-i+3=5-i

✓ le numérateur de départ.

Rappel de cours

Deux façons de calculer un module — et quand choisir laquelle

situation méthode
zz donné en a+bia+bi a2+b2\sqrt{a^2+b^2}
zz donné comme quotient ou produit ∣z1∣∣z2∣\dfrac{\lvert z_1\rvert}{\lvert z_2\rvert} ou ∣z1∣∣z2∣\lvert z_1\rvert\lvert z_2\rvert
zz donné en r eiθr\,e^{i\theta} c'est rr, rien à calculer

⚠️ Quand les deux sont possibles, les faire TOUTES LES DEUX : elles se contrôlent l'une l'autre, à condition de ne pas dériver la seconde de la première.

Regroupement des radicaux :

ab=abab=ab(a,b≥0)\frac{\sqrt a}{\sqrt b}=\sqrt{\frac ab}\qquad \sqrt a\sqrt b=\sqrt{ab}\qquad (a,b\geq0)

L'erreur classique

⚠️ Calculer ∣z∣|z| à partir de 1+i1+i et annoncer qu'on a vérifié.

On n'a rien vérifié : si le numérateur avait été mal développé, disons 12+13i12+13i au lieu de 13+13i13+13i, on aurait trouvé z=1213+iz=\tfrac{12}{13}+i et un module de 144169+1≈1,36\sqrt{\tfrac{144}{169}+1}\approx1{,}36 — les deux faux, et concordants entre eux.

👉 Un contrôle qui repart du résultat à contrôler ne contrôle rien. C'est la faute de méthode centrale de cet exercice, et elle est invisible : le calcul est juste, c'est sa valeur de preuve qui est nulle.

⚠️ Oublier que −3i2=+3-3i^2=+3 au numérateur : on trouverait 10+13i13\tfrac{10+13i}{13}, qui ne se simplifie pas — et c'est déjà un signal. Un 1313 au dénominateur qui ne disparaît pas, face à un module 2\sqrt2 annoncé, ne colle pas.

⚠️ Écrire ∣z∣=26−13|z|=\sqrt{26}-\sqrt{13} ou 26−13\sqrt{26-13}. Le module d'un quotient est un quotient de modules, pas une différence, et la racine ne traverse pas la soustraction.

Le contrôle : 13≈3,61\sqrt{13}\approx3{,}61, ce qui est très loin de 1,4141{,}414 ✗

À retenir

Calculer le module par la propriété, indépendamment de la forme algébrique. C'est plus rapide, et cela crée un vrai contrôle.

Un contrôle qui repart du résultat n'en est pas un. Deux calculs qui partagent une étape partagent ses erreurs.

ab=ab\dfrac{\sqrt a}{\sqrt b}=\sqrt{\dfrac ab} : regrouper sous une racine avant de simplifier donne la forme exacte sans calculatrice.

Une simplification qui tombe juste (13/1313/13) est un indice de justesse — pas une preuve, mais un signal à écouter.

Réponse. z=1+iz=1+i, ∣z∣=2|z|=\sqrt2. (Recoupement : ∣1+i∣=12+12=2|1+i|=\sqrt{1^2+1^2}=\sqrt2 ✓)
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Forme exponentielle (2e quadrant)

CalculDifficulté 2/5

Mettre z=−2+2iz=-2+2i sous forme exponentielle.

Indices (3)

Calcule d'abord le module r=∣z∣r=|z|.

Factorise zz par rr pour lire cos⁡θ\cos\theta et sin⁡θ\sin\theta.

cos⁡θ\cos\theta négatif et sin⁡θ\sin\theta positif : quel quadrant ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir
z=−2+2iz=-2+2i

Partie réelle négative, partie imaginaire positive : deuxième quadrant. L'argument est donc entre π2\tfrac\pi2 et π\pi.

👉 C'est le second cas où arctan⁡\arctan se trompe — comme au troisième quadrant de l'exercice B2. La calculatrice, à qui l'on demanderait arctan⁡(2−2)=arctan⁡(−1)\arctan\big(\tfrac{2}{-2}\big)=\arctan(-1), répondrait −π4-\tfrac\pi4 : un angle du quatrième quadrant, diamétralement opposé au bon.

Repérer le quadrant d'abord, ensuite chercher l'angle. Deux signes, (−,+)(-,+), et l'ambiguïté est levée avant tout calcul.

Anticipons aussi le module : ∣−2+2i∣=2∣−1+i∣=22≈2,83|-2+2i|=2|{-1+i}|=2\sqrt2\approx2{,}83. Factoriser le 22 commun simplifie tout.

Le module
r=(−2)2+22=4+4=8=22r=\sqrt{(-2)^2+2^2}=\sqrt{4+4}=\sqrt8=2\sqrt2

⚠️ 8=22\sqrt8=2\sqrt2, pas 44 ni 88. On extrait le carré parfait : 8=4×28=4\times2.

r=22≈2,83r=2\sqrt2\approx2{,}83
Factoriser par le module
z=22(−222+222 i)=22(−12+12 i)z=2\sqrt2\left(\frac{-2}{2\sqrt2}+\frac{2}{2\sqrt2}\,i\right)=2\sqrt2\left(-\frac{1}{\sqrt2}+\frac{1}{\sqrt2}\,i\right)

En rationalisant 12=22\dfrac1{\sqrt2}=\dfrac{\sqrt2}{2} :

z=22(−22+22 i)z=2\sqrt2\left(-\frac{\sqrt2}{2}+\frac{\sqrt2}{2}\,i\right)
cos⁡θ=−22sin⁡θ=22\cos\theta=-\frac{\sqrt2}{2}\qquad \sin\theta=\frac{\sqrt2}{2}

Signes (−,+)(-,+) : deuxième quadrant, comme annoncé ✓

Identifier l'angle

L'angle de référence, dont le cosinus et le sinus valent 22\tfrac{\sqrt2}{2} en valeur absolue, est π4\tfrac\pi4.

Au deuxième quadrant, on le retranche de π\pi :

θ=π−π4=4π−π4=3π4\theta=\pi-\frac\pi4=\frac{4\pi-\pi}{4}=\frac{3\pi}{4}
z=22 ei 3π/4\boxed{z=2\sqrt2\,e^{i\,3\pi/4}}

Le repère géométrique : −2+2i-2+2i a des parties réelle et imaginaire de même valeur absolue, donc il est sur la bissectrice — à 45°45° d'un axe. Au deuxième quadrant, cela ne peut être que 135°=3π4135°=\tfrac{3\pi}{4}.

Rappel de cours

Les quatre bissectrices, à reconnaître d'un coup d'œil

Quand ∣a∣=∣b∣|a|=|b|, le point est sur une bissectrice et l'angle est un multiple impair de π4\tfrac\pi4 :

signe de (a,b)(a,b) argument
(+,+)(+,+) π4\tfrac\pi4
(−,+)(-,+) 3π4\tfrac{3\pi}4
(−,−)(-,-) −3π4-\tfrac{3\pi}4 ou 5π4\tfrac{5\pi}4
(+,−)(+,-) −π4-\tfrac\pi4

Et les quatre axes : (+,0)→0(+,0)\to0, (0,+)→π2(0,+)\to\tfrac\pi2, (−,0)→π(-,0)\to\pi, (0,−)→−π2(0,-)\to-\tfrac\pi2.

⚠️ 8=22\sqrt8=2\sqrt2 : extraire le carré parfait fait partie de la réponse. rr doit être écrit sous forme simplifiée.

Le contrôle

Retour à l'algébrique :

22(cos⁡3π4+isin⁡3π4)=22(−22+22i)=−2+2i2\sqrt2\left(\cos\frac{3\pi}{4}+i\sin\frac{3\pi}{4}\right)=2\sqrt2\left(-\frac{\sqrt2}{2}+\frac{\sqrt2}{2}i\right)=-2+2i

✓ car 22×22=2×22=22\sqrt2\times\dfrac{\sqrt2}{2}=\dfrac{2\times2}{2}=2.

Ce que donnerait la réponse fautive −π4-\tfrac\pi4 :

22(22−22i)=2−2i2\sqrt2\left(\frac{\sqrt2}{2}-\frac{\sqrt2}{2}i\right)=2-2i

C'est l'OPPOSÉ — et de même module, donc un contrôle par le seul module ne le verrait pas. Il faut revenir à l'algébrique.

👉 C'est la même leçon qu'en B2, et elle vaut d'être vue deux fois : une erreur d'argument de π\pi conserve le module. Le module contrôle la taille, jamais la direction.

L'erreur classique

⚠️ Répondre −π4-\tfrac\pi4, valeur de arctan⁡(−1)\arctan(-1).

arctan⁡\arctan ne rend que des angles de ]−π2;π2[\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[ : il ne peut pas désigner un point de gauche. Ici il se trompe de π\pi, et donne l'opposé ✗

⚠️ Répondre π4\tfrac\pi4 en ignorant les signes. Bon angle de référence, mauvais quadrant.

⚠️ Écrire r=8r=\sqrt8 sans simplifier. Ce n'est pas faux, c'est inachevé — et cela empêche de reconnaître 222\sqrt2, donc de faire le contrôle mentalement.

⚠️ Écrire z=−22 eiθz=-2\sqrt2\,e^{i\theta} en gardant un signe devant le module. Un module est positif par définition ; le signe doit être absorbé dans l'angle par −1=eiπ-1=e^{i\pi}.

👉 La parade unique aux deux premières : écrire les signes de cos⁡θ\cos\theta et sin⁡θ\sin\theta avant de nommer l'angle. (−,+)(-,+) ne laisse qu'un quadrant possible, et l'angle de référence fait le reste.

À retenir

Deux signes suffisent à fixer le quadrant — les écrire avant de chercher l'angle.

arctan⁡\arctan est aveugle aux 2ᵉ et 3ᵉ quadrants : il se trompe alors exactement de π\pi, donc il donne l'opposé.

Une erreur d'argument de π\pi conserve le module : seul le retour à l'algébrique la voit.

∣a∣=∣b∣|a|=|b| ⟹\Longrightarrow le point est sur une bissectrice, et l'argument est un multiple impair de π4\tfrac\pi4. Reconnaissance immédiate.

Réponse. z=22 ei 3π/4z=2\sqrt2\,e^{i\,3\pi/4}. (Recoupement : 22(cos⁡3π4+isin⁡3π4)=−2+2i2\sqrt2(\cos\tfrac{3\pi}{4}+i\sin\tfrac{3\pi}{4})=-2+2i ✓)
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Module, argument et puissance

CalculDifficulté 3/5

Déterminer le module et un argument de z=−1+i3z=-1+i\sqrt3, puis mettre z5z^5 sous forme algébrique.

Indices (3)

Module d'abord, puis quadrant pour l'argument.

cos⁡θ\cos\theta négatif, sin⁡θ\sin\theta positif : 2e quadrant.

Pour z5z^5 : de Moivre, puis réduis l'argument modulo 2π2\pi.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir
z=−1+i3puisz5z=-1+i\sqrt3\qquad\text{puis}\qquad z^5

Deuxième quadrant (a<0a<0, b>0b>0), et une puissance 55 : exponentielle, sans hésiter. En algébrique, z5z^5 demanderait quatre multiplications successives.

👉 Anticipons les deux résultats.

Le module : ∣z∣=1+3=2|z|=\sqrt{1+3}=2, donc ∣z5∣=25=32|z^5|=2^5=32. On connaît la taille de la réponse avant de la calculer.

L'angle : le point est au deuxième quadrant, avec ∣b∣>∣a∣|b|>|a| — donc plus proche de l'axe vertical. L'angle sera entre π2\tfrac\pi2 et 3π4\tfrac{3\pi}{4}, et les valeurs 12,32\tfrac12,\tfrac{\sqrt3}2 désignent 2π3\tfrac{2\pi}{3}.

Module et argument de z
r=(−1)2+(3)2=1+3=2r=\sqrt{(-1)^2+(\sqrt3)^2}=\sqrt{1+3}=2
z=2(−12+32i)⟹cos⁡θ=−12,sin⁡θ=32z=2\left(-\frac12+\frac{\sqrt3}{2}i\right)\qquad\Longrightarrow\qquad \cos\theta=-\frac12,\quad \sin\theta=\frac{\sqrt3}{2}

Signes (−,+)(-,+) : deuxième quadrant. L'angle de référence est π3\tfrac\pi3, donc

θ=π−π3=2π3\theta=\pi-\frac\pi3=\frac{2\pi}{3}
r=2,arg⁡z=2π3 [2π]\boxed{r=2,\qquad \arg z=\frac{2\pi}{3}\ [2\pi]}

ℹ️ C'est 2j2j, où j=e2iπ/3j=e^{2i\pi/3} — le nombre déjà rencontré en A4 et B4.

La puissance cinquième
z5=25 ei 5×2π3=32 ei 10π3z^5=2^5\,e^{i\,5\times\frac{2\pi}{3}}=32\,e^{i\,\frac{10\pi}{3}}

Réduire l'angle :

10π3=6π+4π3=2π+4π3⟹10π3≡4π3 [2π]\frac{10\pi}{3}=\frac{6\pi+4\pi}{3}=2\pi+\frac{4\pi}{3}\qquad\Longrightarrow\qquad \frac{10\pi}{3}\equiv\frac{4\pi}{3}\ [2\pi]
z5=32 ei 4π/3=32(cos⁡4π3+isin⁡4π3)=32(−12−32i)z^5=32\,e^{i\,4\pi/3}=32\left(\cos\frac{4\pi}{3}+i\sin\frac{4\pi}{3}\right)=32\left(-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}i\right)
z5=−16−163 i\boxed{z^5=-16-16\sqrt3\,i}
Rappel de cours

De Moivre, et la réduction qui va avec

z=r eiθ⟹zn=rn einθz=r\,e^{i\theta}\quad\Longrightarrow\quad z^n=r^n\,e^{in\theta}

Deux opérations distinctes :

  • le module est élevé à la puissance nn ;
  • l'argument est multiplié par nn, puis réduit modulo 2π2\pi.

⚠️ Ne pas élever l'argument à la puissance nn. (2π3)5\left(\tfrac{2\pi}3\right)^5 n'a aucun sens ici.

Réduction : écrire nθ=k⋅2π+ρn\theta=k\cdot2\pi+\rho avec ρ∈[0;2π[\rho\in[0;2\pi[. Ici 10π3=2π+4π3\tfrac{10\pi}{3}=2\pi+\tfrac{4\pi}3, donc k=1k=1 et ρ=4π3\rho=\tfrac{4\pi}3.

Contrôle systématique : ∣zn∣=∣z∣n|z^n|=|z|^n — le module de la réponse est connu d'avance.

Le contrôle

Par le module — l'anticipation du premier pas :

∣−16−163 i∣=162+(163)2=256+768=1024=32\left|-16-16\sqrt3\,i\right|=\sqrt{16^2+(16\sqrt3)^2}=\sqrt{256+768}=\sqrt{1024}=32

et ∣z∣5=25=32|z|^5=2^5=32 ✓ Les deux concordent.

Par jj — un chemin totalement différent. On a vu que z=2jz=2j, donc

z5=32 j5=32 j3+2=32 j3 j2=32×1×j2=32 j2z^5=32\,j^5=32\,j^{3+2}=32\,j^3\,j^2=32\times1\times j^2=32\,j^2
j2=−12−32i⟹z5=32(−12−32i)=−16−163 ij^2=-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}i\qquad\Longrightarrow\qquad z^5=32\left(-\frac12-\frac{\sqrt3}{2}i\right)=-16-16\sqrt3\,i

✓ Même résultat, en n'utilisant que j3=1j^3=1. Ce contrôle ne manipule aucun angle — il ne peut donc pas partager une erreur de réduction.

👉 Reconnaître jj transforme un calcul en arithmétique : 55 modulo 33 vaut 22, et tout est dit.

L'erreur classique

⚠️ Oublier de réduire 10π3\tfrac{10\pi}{3} et calculer cos⁡10π3\cos\tfrac{10\pi}{3} à la calculatrice. Cela marche, mais la valeur exacte se perd — on obtient −0,5-0{,}5 au lieu de −12-\tfrac12, et la réponse n'est plus exacte.

⚠️ Mal réduire : écrire 10π3≡π3\tfrac{10\pi}{3}\equiv\tfrac{\pi}{3} en soustrayant 3π3\pi au lieu de 2π2\pi. On obtiendrait 16+163 i16+16\sqrt3\,i — l'opposé.

Le contrôle par le module ne le voit pas (3232 dans les deux cas) ; le contrôle par jj, si ✗

⚠️ Élever le module à la puissance et oublier l'argument, ou l'inverse. Le module donne 3232, l'argument donne la direction : il faut les deux.

⚠️ Utiliser arctan⁡\arctan pour l'argument de −1+i3-1+i\sqrt3 : il donnerait −π3-\tfrac\pi3, un angle du quatrième quadrant. On calculerait z5=32e−5iπ/3=32eiπ/3=16+163 iz^5=32e^{-5i\pi/3}=32e^{i\pi/3}=16+16\sqrt3\,i — encore l'opposé.

👉 Trois fautes différentes, un même symptôme : le signe. Et un même remède : le contrôle par jj, qui ne passe par aucun angle.

À retenir

∣zn∣=∣z∣n|z^n|=|z|^n donne la taille de la réponse avant tout calcul. Contrôle systématique, gratuit.

Le module est élevé à la puissance, l'argument est MULTIPLIÉ puis réduit modulo 2π2\pi.

Reconnaître jj change la nature du problème : z=2jz=2j ramène z5z^5 à 55 modulo 33, sans aucun angle.

Une erreur de réduction donne l'opposé, de même module. Il faut un contrôle qui ne passe pas par les angles.

Réponse. r=2r=2, arg⁡(z)=2π3  [2π]\arg(z)=\tfrac{2\pi}{3}\;[2\pi] ; z5=−16−163 iz^5=-16-16\sqrt3\,i. (Recoupement : ∣z5∣=162+(163)2=32=25|z^5|=\sqrt{16^2+(16\sqrt3)^2}=32=2^5 ✓)
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Puissance via forme exponentielle

CalculDifficulté 3/5

Mettre z=(2−2i)6z=(2-2i)^6 sous forme algébrique.

Indices (3)

Mets d'abord 2−2i2-2i en forme exponentielle.

2−2i=22 e−iπ/42-2i=2\sqrt2\,e^{-i\pi/4}.

De Moivre, puis réduis l'argument modulo 2π2\pi.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir
z=(2−2i)6z=(2-2i)^6

Une puissance 66 : exponentielle. Mais avant, une factorisation qui allège tout :

2−2i=2(1−i)2-2i=2(1-i)

Or 1−i1-i est l'un des complexes les mieux connus du chapitre : module 2\sqrt2, argument −π4-\tfrac\pi4.

👉 Anticipons le module : ∣2−2i∣=22|2-2i|=2\sqrt2, donc

∣z∣=(22)6=26×(2)6=64×8=512|z|=(2\sqrt2)^6=2^6\times(\sqrt2)^6=64\times8=512

On sait que la réponse aura pour module 512512. Reste sa direction.

Et l'angle : 6×(−π4)=−3π26\times\left(-\tfrac\pi4\right)=-\tfrac{3\pi}{2}, qui vaut +π2+\tfrac\pi2 modulo 2π2\pi — donc un imaginaire pur, à partie imaginaire positive. La réponse sera 512i512i.

Module et argument de la base
∣2−2i∣=4+4=8=22|2-2i|=\sqrt{4+4}=\sqrt8=2\sqrt2
2−2i=22(222−222i)=22(22−22i)2-2i=2\sqrt2\left(\frac{2}{2\sqrt2}-\frac{2}{2\sqrt2}i\right)=2\sqrt2\left(\frac{\sqrt2}{2}-\frac{\sqrt2}{2}i\right)
cos⁡θ=22,sin⁡θ=−22⟹θ=−π4\cos\theta=\frac{\sqrt2}{2},\quad \sin\theta=-\frac{\sqrt2}{2}\qquad\Longrightarrow\qquad \theta=-\frac\pi4

Signes (+,−)(+,-) : quatrième quadrant, et ∣a∣=∣b∣|a|=|b| donc bissectrice — −π4-\tfrac\pi4 sans hésitation.

2−2i=22  e−iπ/42-2i=2\sqrt2\;e^{-i\pi/4}
De Moivre
z=(22  e−iπ/4)6=(22)6  e−i 6π4z=\left(2\sqrt2\;e^{-i\pi/4}\right)^6=(2\sqrt2)^6\;e^{-i\,\frac{6\pi}{4}}

Le module :

(22)6=26×(2)6=64×23=64×8=512(2\sqrt2)^6=2^6\times(\sqrt2)^6=64\times2^3=64\times8=512

L'angle :

−6π4=−3π2et−3π2+2π=π2-\frac{6\pi}{4}=-\frac{3\pi}{2}\qquad\text{et}\qquad -\frac{3\pi}{2}+2\pi=\frac{\pi}{2}
z=512 eiπ/2z=512\,e^{i\pi/2}
(2−2i)6=512 i\boxed{(2-2i)^6=512\,i}
Rappel de cours

Puissances de 2\sqrt2 — à savoir de tête

(2)2=2(2)4=4(2)6=8(2)2k=2k(\sqrt2)^2=2\quad (\sqrt2)^4=4\quad (\sqrt2)^6=8\quad (\sqrt2)^{2k}=2^k

Et les quatre complexes de référence, qui reviennent partout :

zz module argument
1+i1+i 2\sqrt2 π4\tfrac\pi4
1−i1-i 2\sqrt2 −π4-\tfrac\pi4
1+i31+i\sqrt3 22 π3\tfrac\pi3
3+i\sqrt3+i 22 π6\tfrac\pi6

⚠️ Distinguer 1+i31+i\sqrt3 et 3+i\sqrt3+i : c'est le 3\sqrt3 qui porte l'angle. Sur la partie imaginaire, l'angle est le grand (π3\tfrac\pi3) ; sur la partie réelle, le petit (π6\tfrac\pi6).

Carrés utiles : (1+i)2=2i(1+i)^2=2i et (1−i)2=−2i(1-i)^2=-2i.

Le contrôle

Par les carrés successifs — un chemin qui n'emploie ni module ni argument :

(2−2i)2=4−8i+4i2=4−8i−4=−8i(2-2i)^2=4-8i+4i^2=4-8i-4=-8i
(2−2i)6=[(2−2i)2]3=(−8i)3=−512 i3=−512×(−i)=512 i(2-2i)^6=\left[(2-2i)^2\right]^3=(-8i)^3=-512\,i^3=-512\times(-i)=512\,i

✓ Même résultat, en trois lignes d'algèbre pure.

👉 Ce contrôle est le plus fort de l'exercice : il ne partage aucune étape avec la voie exponentielle. Une erreur de réduction d'angle, la plus fréquente ici, ne peut pas s'y propager.

Et par le module : ∣512i∣=512|512i|=512 ✓ comme annoncé au premier pas.

ℹ️ i3=−ii^3=-i : c'est le cycle i,−1,−i,1i,-1,-i,1. Le signe moins devant 512512 et celui de i3i^3 se compensent.

L'erreur classique

⚠️ Se tromper en réduisant −3π2-\tfrac{3\pi}{2}. Écrire −3π2≡−π2-\tfrac{3\pi}{2}\equiv-\tfrac{\pi}{2} (en ajoutant π\pi au lieu de 2π2\pi) donnerait −512i-512i — l'opposé.

Le contrôle par les carrés le refuse ✗ Et un repère géométrique aussi : −3π2-\tfrac{3\pi}2 est un tour et demi en arrière, ce qui ramène en haut, pas en bas.

⚠️ Calculer (22)6(2\sqrt2)^6 comme 2×(2)6=162\times(\sqrt2)^6=16 en oubliant d'élever le 22. Le module vaudrait 1616 au lieu de 512512 — un facteur 3232.

Le contrôle : (ab)n=anbn(ab)^n=a^nb^n, les deux facteurs sont élevés.

⚠️ Confondre 2−2i2-2i et 1−i1-i en factorisant, et oublier de remettre le 262^6. Même erreur, même remède.

⚠️ Développer (2−2i)6(2-2i)^6 par le binôme de Newton. C'est faisable — sept termes — mais long et fautif. Élever au carré d'abord ((2−2i)2=−8i(2-2i)^2=-8i) réduit l'exercice à un cube. Le choix de la décomposition fait l'exercice.

À retenir

Factoriser avant d'élever à la puissance : 2−2i=2(1−i)2-2i=2(1-i) ramène à un complexe de référence.

(ab)n=anbn(ab)^n=a^nb^n — les DEUX facteurs sont élevés. (22)6=26(2)6(2\sqrt2)^6=2^6(\sqrt2)^6.

(1±i)2=±2i(1\pm i)^2=\pm2i : ces deux carrés court-circuitent la moitié des exercices du chapitre.

Réduire un angle NÉGATIF se fait en ajoutant 2π2\pi, pas π\pi. L'erreur donne l'opposé, de même module.

Réponse. z=512 iz=512\,i. (Recoupement : (2−2i)2=−8i(2-2i)^2=-8i, puis (−8i)3=512 i(-8i)^3=512\,i ✓)
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cos(5π/12) par identification

CalculDifficulté 3/5

Mettre b1=1+ib_1=1+i et b2=3+ib_2=\sqrt3+i sous forme exponentielle, puis en déduire cos⁡5π12\cos\tfrac{5\pi}{12} et sin⁡5π12\sin\tfrac{5\pi}{12}.

Indices (3)

Forme expo de chacun.

Le produit b1b2b_1b_2 fait apparaître l'argument π4+π6=5π12\tfrac{\pi}{4}+\tfrac{\pi}{6}=\tfrac{5\pi}{12}.

Calcule b1b2b_1b_2 aussi en algébrique, puis identifie parties réelle et imaginaire.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Même méthode qu'en B6, avec une différence qui change tout le signe du résultat :

5π12=3π+2π12=π4+π6\frac{5\pi}{12}=\frac{3\pi+2\pi}{12}=\frac{\pi}{4}+\frac{\pi}{6}

C'est une SOMME, là où π12\tfrac{\pi}{12} était une différence. Or un argument de produit est une somme d'arguments.

👉 Donc on multiplie, on ne divise pas. b1=1+ib_1=1+i d'argument π4\tfrac\pi4, b2=3+ib_2=\sqrt3+i d'argument π6\tfrac\pi6 : leur produit aura pour argument 5π12\tfrac{5\pi}{12}.

Anticipons le résultat : 5π12=75°\tfrac{5\pi}{12}=75° est un grand angle (proche de 90°90°), donc son cosinus sera petit et son sinus grand — l'inverse exact de B6, où l'angle valait 15°15°.

Les deux formes exponentielles
∣b1∣=1+1=2b1=1+i=2  eiπ/4|b_1|=\sqrt{1+1}=\sqrt2\qquad b_1=1+i=\sqrt2\;e^{i\pi/4}
∣b2∣=3+1=2b2=3+i=2(32+12i)=2  eiπ/6|b_2|=\sqrt{3+1}=2\qquad b_2=\sqrt3+i=2\left(\frac{\sqrt3}{2}+\frac12i\right)=2\;e^{i\pi/6}

⚠️ 3+i\sqrt3+i a pour argument π6\tfrac\pi6, pas π3\tfrac\pi3 : c'est la partie réelle qui porte le 3\sqrt3, donc le cosinus est le grand, donc l'angle est le petit.

Le produit, en exponentiel

Module : produit des modules. Argument : somme des arguments.

b1b2=2×2  ei(π4+π6)=22  ei 5π12b_1b_2=\sqrt2\times2\;e^{i\left(\frac\pi4+\frac\pi6\right)}=2\sqrt2\;e^{i\,\frac{5\pi}{12}}

car π4+π6=3π+2π12=5π12\dfrac\pi4+\dfrac\pi6=\dfrac{3\pi+2\pi}{12}=\dfrac{5\pi}{12}.

En développant :

b1b2=22(cos⁡5π12+isin⁡5π12)b_1b_2=2\sqrt2\left(\cos\frac{5\pi}{12}+i\sin\frac{5\pi}{12}\right)
Le même produit, en algébrique
(1+i)(3+i)=3+i+i3+i2=3+i+i3−1(1+i)(\sqrt3+i)=\sqrt3+i+i\sqrt3+i^2=\sqrt3+i+i\sqrt3-1

En regroupant :

b1b2=(3−1)+i(1+3)b_1b_2=(\sqrt3-1)+i(1+\sqrt3)

⚠️ Le i2=−1i^2=-1 rejoint la partie réelle : 3−1\sqrt3-1, et non 3+1\sqrt3+1. C'est là que se joue le signe du résultat final.

Identifier
22cos⁡5π12=3−122sin⁡5π12=1+32\sqrt2\cos\frac{5\pi}{12}=\sqrt3-1\qquad 2\sqrt2\sin\frac{5\pi}{12}=1+\sqrt3
cos⁡5π12=3−122=(3−1)24=6−24\cos\frac{5\pi}{12}=\frac{\sqrt3-1}{2\sqrt2}=\frac{(\sqrt3-1)\sqrt2}{4}=\frac{\sqrt6-\sqrt2}{4}
cos⁡5π12=6−24sin⁡5π12=6+24\boxed{\cos\frac{5\pi}{12}=\frac{\sqrt6-\sqrt2}{4}\qquad \sin\frac{5\pi}{12}=\frac{\sqrt6+\sqrt2}{4}}

Numériquement : cos⁡5π12≈0,2588\cos\tfrac{5\pi}{12}\approx0{,}2588 et sin⁡5π12≈0,9659\sin\tfrac{5\pi}{12}\approx0{,}9659.

👉 Ce sont exactement les valeurs de B6, ÉCHANGÉES. Et ce n'est pas une coïncidence : 5π12=π2−π12\tfrac{5\pi}{12}=\tfrac\pi2-\tfrac{\pi}{12}, donc les deux angles sont complémentaires, et cos⁡(π2−x)=sin⁡x\cos\left(\tfrac\pi2-x\right)=\sin x.

Rappel de cours

Somme ou différence : produit ou quotient

l'angle cherché est... on forme...
une somme α+β\alpha+\beta le produit zαzβz_\alpha z_\beta
une différence α−β\alpha-\beta le quotient zα/zβz_\alpha/z_\beta

Angles complémentaires : si α+β=π2\alpha+\beta=\tfrac\pi2, alors

cos⁡α=sin⁡βsin⁡α=cos⁡β\cos\alpha=\sin\beta\qquad \sin\alpha=\cos\beta

C'est ce qui relie cet exercice à B6 : π12+5π12=6π12=π2\tfrac{\pi}{12}+\tfrac{5\pi}{12}=\tfrac{6\pi}{12}=\tfrac\pi2.

⚠️ Le produit est plus simple que le quotient — pas de conjugué à introduire. Quand les deux sont possibles, préférer la somme.

Le contrôle

Par l'identité fondamentale :

cos⁡2+sin⁡2=(6−2)2+(6+2)216=(8−212)+(8+212)16=1616=1\cos^2+\sin^2=\frac{(\sqrt6-\sqrt2)^2+(\sqrt6+\sqrt2)^2}{16}=\frac{(8-2\sqrt{12})+(8+2\sqrt{12})}{16}=\frac{16}{16}=1

✓ Les termes en 12\sqrt{12} se détruisent — c'est ce qui rend le contrôle discriminant.

Par la complémentarité avec B6 — un chemin totalement indépendant :

cos⁡5π12=cos⁡(π2−π12)=sin⁡π12=6−24\cos\frac{5\pi}{12}=\cos\left(\frac\pi2-\frac{\pi}{12}\right)=\sin\frac{\pi}{12}=\frac{\sqrt6-\sqrt2}{4}

✓ Même valeur, sans refaire aucun calcul complexe. On réutilise le résultat de B6.

Par l'ordre de grandeur : 75°75° est proche de 90°90°, donc cos⁡\cos petit et sin⁡\sin grand. On a 0,2590{,}259 et 0,9660{,}966 ✓ — et c'est ce contrôle qui attrape une interversion, que l'identité fondamentale laisse passer.

L'erreur classique

⚠️ Diviser au lieu de multiplier, par imitation de l'exercice B6.

On obtiendrait l'argument π4−π6=π12\tfrac\pi4-\tfrac\pi6=\tfrac{\pi}{12} — c'est-à-dire l'exercice B6, pas celui-ci.

👉 Le repère qui décide : lire l'angle cherché comme somme ou différence, et en déduire produit ou quotient. Ici 5π12>π4\tfrac{5\pi}{12}>\tfrac\pi4 et >π6>\tfrac\pi6 : un angle plus grand que chacun ne peut venir que d'une somme.

⚠️ Oublier que i2=−1i^2=-1 rejoint la partie réelle et écrire (3+1)+i(1+3)(\sqrt3+1)+i(1+\sqrt3). Les deux parties seraient égales, donc l'angle vaudrait π4\tfrac\pi4 — et non 5π12\tfrac{5\pi}{12}.

Le contrôle d'ordre de grandeur le refuse : cos⁡\cos et sin⁡\sin égaux signifieraient 45°45°, pas 75°75° ✗

⚠️ Intervertir les deux résultats. L'identité fondamentale ne l'attrape pas ; l'ordre de grandeur, si — le cosinus d'un grand angle est petit.

⚠️ Donner π3\tfrac\pi3 comme argument de 3+i\sqrt3+i. Le résultat porterait sur 7π12\tfrac{7\pi}{12}, un angle obtus dont le cosinus est négatif — ce qui se voit immédiatement.

À retenir

Somme d'angles ⟹\Longrightarrow produit ; différence ⟹\Longrightarrow quotient. Un angle plus grand que chacun de ses composants vient forcément d'une somme.

cos⁡5π12=6−24\cos\tfrac{5\pi}{12}=\tfrac{\sqrt6-\sqrt2}{4} et sin⁡5π12=6+24\sin\tfrac{5\pi}{12}=\tfrac{\sqrt6+\sqrt2}{4} — l'échange exact des valeurs de π12\tfrac{\pi}{12}, par complémentarité.

3+i\sqrt3+i a pour argument π6\tfrac\pi6, 1+i31+i\sqrt3 a pour argument π3\tfrac\pi3. Le 3\sqrt3 porte l'angle : sur le réel, angle petit ; sur l'imaginaire, angle grand.

cos⁡2+sin⁡2=1\cos^2+\sin^2=1 ne détecte pas une interversion — le doubler d'un contrôle d'ordre de grandeur.

Réponse. cos⁡5π12=6−24\cos\tfrac{5\pi}{12}=\dfrac{\sqrt6-\sqrt2}{4}, sin⁡5π12=6+24\sin\tfrac{5\pi}{12}=\dfrac{\sqrt6+\sqrt2}{4}. (Recoupement : cos⁡2+sin⁡2=8−212+8+21216=1\cos^2+\sin^2=\tfrac{8-2\sqrt{12}+8+2\sqrt{12}}{16}=1 ✓)
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