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Arithmétique & structures

Algèbre · leçon socle (gratuite)

L2L3Maths ingénieurCAPES

Arithmétique des entiers — division, PGCD, Bézout, congruences

Idée. L'arithmétique étudie la divisibilité dans Z\mathbb Z. Deux outils structurent tout : la division euclidienne (qui engendre l'algorithme d'Euclide et le PGCD) et les congruences (l'arithmétique « modulo nn », où l'on calcule sur les restes).

A. Division euclidienne

Pour a∈Za\in\mathbb Z et b∈N∗b\in\mathbb N^*, il existe un unique couple (q,r)(q,r) tel que

a=bq+r,0≤r<b.a=bq+r,\qquad 0\le r<b.
qq est le quotient, rr le reste. On dit que bb divise aa (noté b∣ab\mid a) lorsque r=0r=0.

Exemple. 2024=17×119+12024=17\times119+1 : quotient 119119, reste 11. Attention au signe : −47=6×(−8)+1-47=6\times(-8)+1 (le reste reste dans [0,b[[0,b[, donc 11, pas −5-5).

B. PGCD, algorithme d'Euclide, PPCM

Le PGCD pgcd⁡(a,b)\operatorname{pgcd}(a,b) est le plus grand diviseur commun. Algorithme d'Euclide : pgcd⁡(a,b)=pgcd⁡(b,r)\operatorname{pgcd}(a,b)=\operatorname{pgcd}(b,r), on itère jusqu'au reste nul.

Exemple. pgcd⁡(252,198)\operatorname{pgcd}(252,198) : 252=198⋅1+54252=198\cdot1+54, 198=54⋅3+36198=54\cdot3+36, 54=36⋅1+1854=36\cdot1+18, 36=18⋅2+036=18\cdot2+0. Donc pgcd⁡=18\operatorname{pgcd}=18.

Le PPCM vérifie la relation fondamentale

pgcd⁡(a,b)×ppcm⁡(a,b)=∣ab∣.\operatorname{pgcd}(a,b)\times\operatorname{ppcm}(a,b)=|ab|.
aa et bb sont premiers entre eux lorsque pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1.

Rectangle de trente sur dix-huit decoupe en carres emboites de cotes dix-huit, douze, six et six, chaque carre correspondant a une etape des divisions successives ; le cote du plus petit carre vaut le plus grand commun diviseur des deux dimensions.
L'algorithme d'Euclide est un pavage. Découper un rectangle 30×1830\times18 en carrés aussi grands que possible reproduit exactement les divisions successives : 30=1×18+1230=1\times18+12, puis 18=1×12+618=1\times12+6, puis 12=2×6+012=2\times6+0 — et le côté du dernier carré est le pgcd, ici 66. C'est la raison géométrique pour laquelle l'algorithme s'arrête et pour laquelle il rend bien le pgcd. Contrôle : 182+122+62+62=540=30×1818^2+12^2+6^2+6^2=540=30\times18, le pavage est exact.

C. Nombres premiers & factorisation

Un entier p≥2p\ge2 est premier s'il n'a pas d'autre diviseur que 11 et pp. Théorème fondamental de l'arithmétique : tout entier ≥2\ge2 s'écrit de façon unique n=p1α1⋯pkαkn=p_1^{\alpha_1}\cdots p_k^{\alpha_k}.

De la factorisation on lit : le nombre de diviseurs ∏(αi+1)\prod(\alpha_i+1), le PGCD (min⁡\min des exposants), le PPCM (max⁡\max des exposants).

Exemple. 360=23⋅32⋅5360=2^3\cdot3^2\cdot5 : (3+1)(2+1)(1+1)=24(3{+}1)(2{+}1)(1{+}1)=24 diviseurs.

D. Théorème de Bézout & théorème de Gauss

Bézout. Si d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b), il existe u,v∈Zu,v\in\mathbb Z tels que au+bv=dau+bv=d. Plus précisément, les entiers de la forme au+bvau+bv sont exactement les multiples de dd ; en particulier a,ba,b premiers entre eux   ⟺  ∃ u,v, au+bv=1\iff \exists\,u,v,\ au+bv=1. Hors du cas 11, la réciproque est fausse : 2⋅1+4⋅1=62\cdot1+4\cdot1=6, alors que pgcd⁡(2,4)=2\operatorname{pgcd}(2,4)=2. Pour conclure d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b) d'une égalité au+bv=dau+bv=d, il faut de plus que l'entier d≥1d\geq1 divise aa et bb. Les coefficients (u,v)(u,v) s'obtiennent en remontant l'algorithme d'Euclide.

Théorème de Gauss. Si a∣bca\mid bc et pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1, alors a∣ca\mid c.

E. Congruences

a≡b(modn)a\equiv b\pmod n signifie n∣(a−b)n\mid(a-b) (même reste modulo nn). Les congruences sont compatibles avec ++ et ×\times : on peut remplacer chaque entier par son reste avant de calculer.

Exemple. 123⋅456(mod7)123\cdot456\pmod 7 : 123≡4123\equiv4, 456≡1456\equiv1, donc 123⋅456≡4⋅1=4(mod7)123\cdot456\equiv4\cdot1=4\pmod 7.

Critères de divisibilité. 10≡1(mod9)10\equiv1\pmod 9 ⟹\Longrightarrow n≡n\equiv (somme de ses chiffres) (mod9)\pmod 9. 10≡−1(mod11)10\equiv-1\pmod{11} ⟹\Longrightarrow n≡n\equiv (somme alternée des chiffres, en partant des unités avec le signe ++) (mod11)\pmod{11}.

Cadran circulaire portant les douze classes de zero a onze regulierement reparties ; une fleche en spirale part de zero, fait un tour complet puis avance de cinq crans pour aboutir a la position cinq, illustrant que dix-sept est congru a cinq modulo douze.
Arithmétique modulaire sur le cercle : les entiers s'enroulent autour d'un cadran à n=12n=12 positions (Z/12Z\mathbb Z/12\mathbb Z). Réduire modulo 1212 revient à compter le reste après un ou plusieurs tours : 17≡5(mod12)17\equiv5\pmod{12} (un tour complet +5+5). C'est aussi le groupe cyclique (Z/12Z,+)(\mathbb Z/12\mathbb Z,+), analogue des racines 1212-ièmes de l'unité.

F. Équations diophantiennes & congruences linéaires

L'équation ax+by=cax+by=c a des solutions entières   ⟺  pgcd⁡(a,b)∣c\iff \operatorname{pgcd}(a,b)\mid c. On trouve une solution particulière par Bézout, puis la solution générale x=x0+bdt, y=y0−adtx=x_0+\frac{b}{d}t,\ y=y_0-\frac{a}{d}t.

Une congruence linéaire ax≡b(modn)ax\equiv b\pmod n se résout, lorsque pgcd⁡(a,n)=1\operatorname{pgcd}(a,n)=1, en multipliant par l'inverse de aa modulo nn.

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Dans le palier approfondissement (Pro) : Congruences avancées & structures — Fermat, Euler, restes chinois, groupes

  • A. Inverse modulaire
  • B. Petit théorème de Fermat
  • C. Indicatrice & théorème d'Euler
  • D. Exponentiation modulaire rapide
  • E. Théorème des restes chinois (CRT)
  • F. Structures : groupes, anneaux, corps
  • G. Application : RSA

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