Équations différentielles — 1er ordre et 2nd ordre à coefficients constants (socle)
Équation différentielle. Relation entre une fonction inconnue y (de variable x ou t) et ses dérivées. L'ordre est celui de la dérivée la plus élevée : y′+2y=0 est d'ordre 1, y′′+4y=0 d'ordre 2. Résoudre (ou intégrer) l'équation, c'est trouver toutes les fonctions y qui la vérifient sur un intervalle.
Vérifier une solution. On remplace y et ses dérivées dans l'équation : si l'égalité est vraie pour tout x, la fonction est solution. C'est le réflexe de contrôle systématique du chapitre.
Exemple.f(x)=5e−3x vérifie f′(x)=−15e−3x, donc f′+3f=−15e−3x+15e−3x=0 : f est solution de y′+3y=0.
Ce qu'est une équation différentielle avant toute résolution : en chaque point du plan, l'équation impose une pente (ici y′=x−y), et une solution n'est rien d'autre qu'une courbe qui suit ces petits segments. Toutes les solutions y=x−1+Ce−x rejoignent la même droite y=x−1 : le terme en C est le régime transitoire, il s'efface.
A. Premier ordre homogène : y′+ay=0 avec a constante
Les solutions sont exactement les fonctions
y(x)=Ce−ax,C∈R.
Sous la forme y′=ay, les solutions sont y(x)=Ceax (attention au signe : on lit le coefficient une fois l'équation mise sous forme normalisée).
Exemple.y′+4y=0⇒y=Ce−4x ; y′=2y⇒y=Ce2x.
B. Second membre constant : y′+ay=b avec a=0
Structure fondamentale : solution générale = solution générale de l'équation homogène +une solution particulière. Ici la fonction constante yp=ab convient (sa dérivée est nulle), d'où
y(x)=Ce−ax+ab.
Exemple.y′+2y=6 : yp=3 et y=Ce−2x+3. Quand x→+∞, y→3 : c'est la valeur d'équilibre (régime permanent), Ce−2x est le régime transitoire.
C. Condition initiale
La solution générale contient une constante C : imposer y(x0)=y0 détermine C de façon unique. Une équation d'ordre 1 + une condition initiale = une seule solution.
Exemple.y′=2y, y(0)=3 : y=Ce2x et y(0)=C=3, donc y=3e2x.
D. Second ordre homogène à coefficients constants : y′′+ay′+by=0
On lui associe son équation caractéristiquer2+ar+b=0, de discriminant Δ=a2−4b :
Δ>0 — deux racines réelles distinctes r1=r2 :
y=C1er1x+C2er2x;
Δ=0 — racine double r0 :
y=(C1+C2x)er0x;
Δ<0 — racines complexes conjuguées α±iβ :
y=eαx(C1cosβx+C2sinβx).
Le cas Δ<0 mobilise les racines complexes d'un trinôme (chapitre Nombres complexes) : les solutions sont des oscillations d'amplitude pilotée par eαx.
Exemple (Δ>0).y′′−3y′+2y=0 : r2−3r+2=0, racines 1 et 2, donc y=C1ex+C2e2x.
Exemple (Δ=0).y′′+4y′+4y=0 : racine double −2, donc y=(C1+C2x)e−2x.
Exemple (Δ<0).y′′+2y′+5y=0 : Δ=4−20=−16, racines −1±2i, donc y=e−x(C1cos2x+C2sin2x).
Conditions initiales d'ordre 2. Deux constantes C1,C2 : il faut deux conditions, en général y(0) et y′(0), qui donnent un système linéaire 2×2.
Contrôle systématique. Toujours re-substituer la solution trouvée dans l'équation (et vérifier les conditions initiales).
Dans le palier approfondissement (Pro) : Équations différentielles — coefficients variables, seconds membres & applications physiques
A. Premier ordre à coefficient variable : y′+a(x)y=0
B. Variation de la constante : y′+a(x)y=g(x)
C. Seconds membres usuels : forme de la solution particulière
D. Second ordre avec second membre et conditions initiales
E. Applications physiques
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