Formes quadratiques — matrice, réduction de Gauss, signature
Idée. Une forme quadratiqueq sur Rn est un polynôme homogène de degré 2 : q(x)=∑i≤jcijxixj. Toute l'information tient dans une matrice symétriqueA, et l'objet du chapitre est de réduireq en une somme de carrés indépendants pour lire sa signature — qui dit si q est positive, négative, ou « mixte ».
A. Forme quadratique ⟷ matrice symétrique
Toute forme quadratique s'écrit de façon uniqueq(x)=xTAx,A=AT(symeˊtrique).Règle de lecture : Aii= coefficient de xi2 ; Aij=Aji=21× (coefficient de xixj) — on partage le terme rectangle entre les deux cases symétriques.
Exemple.q(x,y)=x2+4xy+3y2 : A=(1223) (la case 2 est la moitié du 4).
B. Forme polaire
La forme polaireb de q est la forme bilinéaire symétrique telle que b(x,x)=q(x) :
b(x,y)=xTAy=21(q(x+y)−q(x)−q(y)).
On passe ainsi de q (une variable) à b (deux variables) et réciproquement.
C. Réduction de Gauss
But : écrire q comme combinaison de carrés de formes linéaires indépendantes, q=∑kαkℓk(x)2.
S'il y a un terme carréxi2 : on regroupe tous les termes en xi dans un carré (mise sous forme canonique), puis on recommence sur les variables restantes.
x2+4xy+3y2=(x+2y)2−4y2+3y2=(x+2y)2−y2.
S'il n'y a aucun terme carré (que des xixj) : on utilise l'identitéxixj=41[(xi+xj)2−(xi−xj)2].Ex. xy=41(x+y)2−41(x−y)2.
D. Signature & rang — loi d'inertie de Sylvester
Une fois q=∑αkℓk2 avec les ℓkindépendantes, on compte :
p = nombre de coefficients αk>0,
r = nombre de coefficients αk<0.
La signature est sgn(q)=(p,r) ; le rang est rg(q)=p+r (nombre de carrés non nuls).
Loi d'inertie de Sylvester. La signature (p,r)ne dépend pas de la réduction choisie : c'est un invariant de q. (On peut aussi la lire sur les signes des valeurs propres de A.)
E. Nature d'une forme quadratique
Signature
Nature
(n,0)
définie positive : q(x)>0 pour tout x=0
(0,n)
définie négative : q(x)<0 pour tout x=0
(p,0) avec p<n
positive dégénérée (q≥0, nulle hors de 0)
(p,r) avec p,r≥1
non définie (indéfinie : change de signe)
q est non dégénérée⟺rg(q)=n⟺detA=0. Le noyau (radical) kerA donne les directions où q « disparaît ».
Lignes de niveau q(x,y)=1 d'une forme quadratique selon sa signature : pour une forme définie positive (signature (2,0), ex. x2+xy+y2), les niveaux sont des ellipses ; pour une forme non définie (signature (1,1), ex. x2−y2), ce sont des hyperboles dont les asymptotes sont les directions où q=0.
Dans le palier approfondissement (Pro) : Espaces euclidiens — Gram-Schmidt, diagonalisation orthogonale
A. Produit scalaire, norme, orthogonalité
B. Procédé de Gram-Schmidt
C. Projection orthogonale & distance
D. Théorème spectral & diagonalisation orthogonale
E. Critère de Sylvester
F. Applications
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