Extensions de corps, groupe de Galois et correspondance de Galois
Idée. Étudier une équation polynomiale via la symétrie de ses racines : à une extension de corps on associe un groupe (le groupe de Galois), et la correspondance de Galois traduit la structure des sous-corps en celle des sous-groupes. C'est le sommet de l'arc algèbre : il relie groupes, corps_finis, polynomes, anneaux et complexes.
Note (L2/L3, démonstratif). Exercices = preuves + calculs de groupes de Galois, vérifiés machine sur des extensions concrètes (_verif_galois.py : degrés, galois_group, correspondance sur Q(2,3)).
A. Extensions de corps & degrés
Une extensionL/K est une inclusion de corps K⊆L ; L est un K-espace vectoriel, de dimension le degré[L:K]. L'extension est finie si [L:K]<∞.
Tour des degreˊs : [M:K]=[M:L][L:K].
Un élément α∈L est algébrique sur K s'il annule un polynôme de K[X] ; son polynôme minimalμα (unitaire, irréductible) vérifie [K(α):K]=degμα. Toute extension finie est algébrique. Le corps de décomposition d'un P∈K[X] est le plus petit corps où P est scindé.
Le groupe de GaloisGal(L/K) est le groupe des K-automorphismes de L (les automorphismes de corps de L fixant K). Un tel automorphisme permute les racines d'un polynôme de K[X], d'où ∣Gal(L/K)∣≤[L:K].
L/K finie:galoisienne⟺∣Gal(L/K)∣=[L:K]⟺normale et seˊparable.
(En caractéristique 0, toute extension finie est séparable : galoisienne ⟺ normale, i.e. corps de décomposition d'un polynôme.) Le corps fixeLG={x:σ(x)=x∀σ∈G} vaut alors exactement K (lemme d'Artin).
Gal(Q(2)/Q)={id,2↦−2}≅C2,
Gal(Q(2,3)/Q)≅(Z/2)2 (Klein), ordre 4.
Q(32)/Qn'est pas galoisienne : un seul automorphisme (32 n'a pas d'autre conjugué réel), ∣Gal∣=1<3.
Corps finis : Gal(Fpn/Fp) est cyclique d'ordre n, engendré par le Frobeniusx↦xp.
E. Correspondance de Galois
Soit L/K galoisienne de groupe G. Il y a une bijection décroissante entre sous-groupes de G et corps intermédiaires :
H⟼LH,M⟼Gal(L/M),[L:LH]=∣H∣,[LH:K]=[G:H].
De plus : H◃G⟺LH/K galoisienne,et alors Gal(LH/K)≅G/H.
Correspondance de Galois pour Q(2,3)/Q. À gauche, le treillis des sous-groupes de G=(Z/2)2 ; à droite, le treillis (renversé) des corps intermédiaires. La bijection est décroissante : {id}↔L (en haut à droite), G↔Q (en bas à droite). [L:LH]=∣H∣ et [LH:Q]=[G:H]. G étant abélien, tous les sous-groupes sont normaux, donc tous les corps intermédiaires sont galoisiens sur Q.
Exemple — Q(2,3)/Q, G=(Z/2)2. Les 5 sous-groupes ↔ 5 corps intermédiaires :
sous-groupe H
∣H∣
corps fixe LH
[LH:Q]
G
4
Q
1
⟨σ⟩ (2↦−2)
2
Q(3)
2
⟨τ⟩ (3↦−3)
2
Q(2)
2
⟨στ⟩
2
Q(6)
2
{id}
1
Q(2,3)
4
(G abélien ⇒ tous les sous-groupes normaux ⇒ tous les corps intermédiaires galoisiens sur Q.)
Dans le palier approfondissement (Pro) : Élément primitif, cyclotomie, constructibilité (Gauss-Wantzel), résolubilité par radicaux (Abel-Ruffini)
C. Élément primitif, cyclotomie, constructibilité
D. Résolubilité par radicaux (Abel-Ruffini)
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