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Exercices corrigés — Analyse complexe

Analyse · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieur

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Analyse complexe Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Cauchy-Riemann sur z²

DémonstrationDifficulté 3/5

Écrire f(z)=z2f(z)=z^2 sous la forme P(x,y)+iQ(x,y)P(x,y)+iQ(x,y) (z=x+iyz=x+iy), vérifier les conditions de Cauchy-Riemann et en déduire f′(z)f'(z).

Indices (3)

Développer (x+iy)2(x+iy)^2 et séparer partie réelle / imaginaire.

Conditions : Px=QyP_x=Q_y et Py=−QxP_y=-Q_x.

f′(z)=Px+iQxf'(z)=P_x+iQ_x.

Correction détaillée
Séparer partie réelle et partie imaginaire

Poser z=x+iyz=x+iy et développer :

f(z)=z2=(x+iy)2=x2+2ixy+i2y2=(x2−y2)+i (2xy).f(z)=z^2=(x+iy)^2=x^2+2ixy+i^2y^2=(x^2-y^2)+i\,(2xy).

On lit donc

P(x,y)=x2−y2,Q(x,y)=2xy.P(x,y)=x^2-y^2,\qquad Q(x,y)=2xy.

⚠️ Le seul piège du calcul est i2=−1i^2=-1, qui fait passer y2y^2 de l'imaginaire au réel avec un signe moins. C'est lui qui produit le −y2-y^2 dans PP.

👉 Contrôle immédiat : en y=0y=0 (l'axe réel), on doit retrouver f(x)=x2f(x)=x^2. Ici P(x,0)=x2P(x,0)=x^2 et Q(x,0)=0Q(x,0)=0 ✓

Les conditions de Cauchy-Riemann

Ce qu'elles disent. Une fonction f=P+iQf=P+iQ dérivable au sens complexe doit avoir la même dérivée quelle que soit la direction d'approche. En comparant l'approche horizontale et l'approche verticale, on obtient deux égalités :

∂P∂x=∂Q∂yet∂P∂y=−∂Q∂x.\frac{\partial P}{\partial x}=\frac{\partial Q}{\partial y}\qquad\text{et}\qquad \frac{\partial P}{\partial y}=-\frac{\partial Q}{\partial x}.

👉 C'est là que réside toute la différence avec R2\mathbb{R}^2 : dans le plan réel, PP et QQ sont indépendantes. L'holomorphie les couple.

Les quatre dérivées partielles :

∂/∂x\partial/\partial x ∂/∂y\partial/\partial y
P=x2−y2P=x^2-y^2 2x2x −2y-2y
Q=2xyQ=2xy 2y2y 2x2x

Première condition : ∂P∂x=2x\dfrac{\partial P}{\partial x}=2x et ∂Q∂y=2x\dfrac{\partial Q}{\partial y}=2x — égales ✓

Seconde condition : ∂P∂y=−2y\dfrac{\partial P}{\partial y}=-2y et −∂Q∂x=−2y-\dfrac{\partial Q}{\partial x}=-2y — égales ✓

Les deux sont vérifiées pour tout (x,y)(x,y), sans restriction : ff est holomorphe sur C\mathbb{C} tout entier. On dit qu'elle est entière.

La dérivée

Quand Cauchy-Riemann est vérifiée, la dérivée se lit sur l'approche horizontale :

f′(z)=∂P∂x+i ∂Q∂x=2x+i (2y)=2(x+iy)=2z.f'(z)=\frac{\partial P}{\partial x}+i\,\frac{\partial Q}{\partial x}=2x+i\,(2y)=2(x+iy)=2z.
f′(z)=2z\boxed{f'(z)=2z}

ℹ️ On aurait pu prendre l'approche verticale, f′=∂Q∂y−i∂P∂y=2x−i(−2y)=2x+2iyf'=\dfrac{\partial Q}{\partial y}-i\dfrac{\partial P}{\partial y}=2x-i(-2y)=2x+2iy — le même résultat. C'est exactement ce que garantit Cauchy-Riemann, et c'est un bon contrôle : si les deux formules divergeaient, il y aurait une erreur de calcul quelque part.

👉 On retrouve la formule réelle (x2)′=2x(x^2)'=2x, transposée telle quelle. Ce n'est pas un hasard : toute fonction donnée par une formule polynomiale en zz (sans zˉ\bar z) se dérive comme dans R\mathbb{R}.

La règle qui dispense de tout ce calcul

👉 Une fonction s'exprimant uniquement à l'aide de zz — sans zˉ\bar z, sans ∣z∣\lvert z\rvert, sans Re⁡\operatorname{Re} ni Im⁡\operatorname{Im} — est automatiquement holomorphe là où elle est définie, et se dérive avec les règles usuelles.

Ici f(z)=z2f(z)=z^2 ne fait intervenir que zz : l'holomorphie était acquise d'avance, et f′=2zf'=2z aussi.

⚠️ Alors pourquoi faire le calcul ? Parce que Cauchy-Riemann est l'outil de détection : c'est lui qui tranche dans les cas douteux, où l'expression mélange zz et zˉ\bar z sans qu'on le voie. Les exercices A2 et A3 sont exactement ces cas — et là, la règle ci-dessus ne dit rien tant qu'on n'a pas réécrit l'expression.

ℹ️ Le dictionnaire à connaître : x=z+zˉ2x=\dfrac{z+\bar z}{2}, y=z−zˉ2iy=\dfrac{z-\bar z}{2i}, ∣z∣2=zzˉ\lvert z\rvert^2=z\bar z. Dès que zˉ\bar z subsiste après réécriture, il faut s'attendre à un défaut d'holomorphie.

Réponse. P=x2−y2P=x^2-y^2, Q=2xyQ=2xy ; Cauchy-Riemann vérifiées partout, f′(z)=2zf'(z)=2z. (Recoupement : f(z)=z2f(z)=z^2 est un polynôme, donc entier ; f′=2zf'=2z comme en réel ✓)
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Le conjugué n'est pas holomorphe

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que f(z)=z‾f(z)=\overline z n'est holomorphe en aucun point.

Indices (3)

z‾=x−iy\overline z=x-iy : identifier PP et QQ.

Tester la première condition Px=QyP_x=Q_y.

Si une condition est violée partout, ff n'est holomorphe nulle part.

Correction détaillée
Mettre sous la forme $P+iQ$
f(z)=zˉ=x+iy‾=x−iy.f(z)=\bar z=\overline{x+iy}=x-iy.

Donc

P(x,y)=x,Q(x,y)=−y.P(x,y)=x,\qquad Q(x,y)=-y.

Les deux fonctions sont on ne peut plus régulières — polynomiales, de classe C∞C^\infty. La régularité réelle n'est pas en cause, et c'est ce qui rend le résultat instructif.

La première condition de Cauchy-Riemann échoue
∂P∂x=1,∂Q∂y=−1.\frac{\partial P}{\partial x}=1,\qquad \frac{\partial Q}{\partial y}=-1.

La condition exige ∂P∂x=∂Q∂y\dfrac{\partial P}{\partial x}=\dfrac{\partial Q}{\partial y}, c'est-à-dire

1=−1,1=-1,

ce qui est faux, et faux partout : l'égalité ne dépend d'aucun point, il n'y a donc aucun (x,y)(x,y) où elle pourrait tenir.

zˉ n’est holomorphe en AUCUN point de C\boxed{\bar z\ \text{n'est holomorphe en AUCUN point de }\mathbb{C}}

ℹ️ La seconde condition, elle, est satisfaite : ∂P∂y=0\dfrac{\partial P}{\partial y}=0 et −∂Q∂x=0-\dfrac{\partial Q}{\partial x}=0. Cela ne sauve rien — il faut les deux.

👉 Comparez avec A3, où la première condition donne 2x=02x=0 : là, elle est fausse presque partout mais vraie sur toute la droite x=0x=0 — et c'est avec la seconde (2y=02y=0) qu'il ne reste qu'un point. Ici elle est fausse partout, parce qu'aucune variable n'y figure. C'est la différence entre « nulle part » et « en un seul point ».

Ce que le calcul de limite montre directement

Sans Cauchy-Riemann, on peut voir l'échec sur le taux d'accroissement. En z0z_0 :

f(z0+h)−f(z0)h=z0+h‾−z0‾h=hˉh.\frac{f(z_0+h)-f(z_0)}{h}=\frac{\overline{z_0+h}-\overline{z_0}}{h}=\frac{\bar h}{h}.

Faisons tendre hh vers 00 par deux chemins :

  • h=th=t réel, t→0t\to 0 : alors hˉ=t\bar h=t et le rapport vaut tt=1\dfrac{t}{t}=1 ;
  • h=ith=it imaginaire pur, t→0t\to 0 : alors hˉ=−it\bar h=-it et le rapport vaut −itit=−1\dfrac{-it}{it}=-1.
1≠−1,1\neq-1,

donc la limite n'existe pas : ff n'est dérivable en aucun point. ✓

👉 Les deux chemins donnent exactement les deux membres de la condition qui échoue. Ce n'est pas une coïncidence : Cauchy-Riemann n'est rien d'autre que l'écriture de cette comparaison, une fois pour toutes.

Pourquoi c'est le contre-exemple à retenir

zˉ\bar z est l'obstruction type à l'holomorphie. Toute la théorie s'organise autour de ce constat :

fonction holomorphe ? pourquoi
z2z^2, eze^z, sin⁡z\sin z oui, partout s'écrivent avec zz seul
zˉ\bar z nulle part c'est zˉ\bar z pur
∣z∣2=zzˉ\lvert z\rvert^2=z\bar z nulle part (dérivable en 00 seulement) zˉ\bar z multiplié par zz, qui s'annule
Re⁡z=z+zˉ2\operatorname{Re} z=\frac{z+\bar z}{2} nulle part zˉ\bar z avec un coefficient constant

👉 La règle pratique : réécrire la fonction en zz et zˉ\bar z, puis regarder où le zˉ\bar z « disparaît ». S'il ne disparaît nulle part, la fonction n'est holomorphe nulle part.

ℹ️ C'est aussi ce qui explique la rigidité des fonctions holomorphes — analyticité, principe du maximum, théorème de Liouville. Une contrainte forte sur PP et QQ a de fortes conséquences. Rien de tel n'existe pour les fonctions de R2\mathbb{R}^2 dans R2\mathbb{R}^2, où zˉ\bar z est parfaitement acceptable.

Réponse. z‾\overline z n'est holomorphe nulle part (Px=1≠Qy=−1P_x=1\neq Q_y=-1). (Recoupement : la limite du taux d'accroissement dépend de la direction — réelle donne +1+1, imaginaire donne −1-1 — donc pas de dérivée complexe ✓)
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Module au carré et partie réelle

ApplicationDifficulté 3/5

Les fonctions f(z)=∣z∣2f(z)=|z|^2 et g(z)=Re⁡(z)g(z)=\operatorname{Re}(z) sont-elles holomorphes ? Le cas échéant, où ?

Indices (3)

∣z∣2=x2+y2|z|^2=x^2+y^2 (réelle, donc Q=0Q=0) ; Re⁡(z)=x\operatorname{Re}(z)=x.

Tester Px=QyP_x=Q_y et Py=−QxP_y=-Q_x.

Une dérivabilité ponctuelle ne suffit pas : holomorphe = dérivable sur un OUVERT.

Correction détaillée
Le cas $f(z)=\lvert z\rvert^2$
∣z∣2=x2+y2(un reˊel),doncP=x2+y2,  Q=0.\lvert z\rvert^2=x^2+y^2\quad\text{(un réel)},\qquad\text{donc}\qquad P=x^2+y^2,\ \ Q=0.

Les conditions de Cauchy-Riemann :

∂P∂x=2x =? ∂Q∂y=0⟹x=0,\frac{\partial P}{\partial x}=2x\ \overset{?}{=}\ \frac{\partial Q}{\partial y}=0\qquad\Longrightarrow\qquad x=0,
∂P∂y=2y =? −∂Q∂x=0⟹y=0.\frac{\partial P}{\partial y}=2y\ \overset{?}{=}\ -\frac{\partial Q}{\partial x}=0\qquad\Longrightarrow\qquad y=0.

Les deux ne tiennent simultanément qu'en (0,0)(0,0).

∣z∣2 n’est deˊrivable qu’en z=0, avec f′(0)=0\boxed{\lvert z\rvert^2\ \text{n'est dérivable qu'en }z=0,\ \text{avec }f'(0)=0}
⚠️ « Dérivable en un point » n'est PAS « holomorphe en ce point »

C'est le piège de l'exercice, et il est de vocabulaire.

Holomorphe en z0z_0 signifie : dérivable en z0z_0 et dans tout un voisinage de z0z_0.

Or ici, tout disque centré en 00, si petit soit-il, contient des points ≠0\neq 0 où ff n'est pas dérivable. Donc

f est deˊrivable en 0,mais holomorphe NULLE PART.f\ \text{est dérivable en }0,\qquad\text{mais holomorphe NULLE PART.}

👉 La bonne réponse à « où ∣z∣2\lvert z\rvert^2 est-elle holomorphe ? » est donc nulle part, et la bonne réponse à « où est-elle dérivable ? » est en 00 seulement. Répondre « holomorphe en 00 » est l'erreur classique.

ℹ️ Cette distinction n'a pas d'équivalent en analyse réelle, où l'on parle librement de dérivabilité ponctuelle. En complexe, presque tous les théorèmes (Cauchy, analyticité, résidus) demandent l'holomorphie sur un ouvert — la dérivabilité en un point isolé n'en active aucun.

Le cas $g(z)=\operatorname{Re}(z)$
Re⁡(z)=x(un reˊel),doncP=x,  Q=0.\operatorname{Re}(z)=x\quad\text{(un réel)},\qquad\text{donc}\qquad P=x,\ \ Q=0.
∂P∂x=1 =? ∂Q∂y=0.\frac{\partial P}{\partial x}=1\ \overset{?}{=}\ \frac{\partial Q}{\partial y}=0.

C'est 1=01=0 : faux partout, comme pour zˉ\bar z en A2. Aucune variable n'y figure, donc aucun point ne peut la satisfaire.

Re⁡(z) n’est deˊrivable en aucun point\boxed{\operatorname{Re}(z)\ \text{n'est dérivable en aucun point}}
La lecture en $z$ et $\bar z$ explique les deux d'un coup

Réécrivons avec le dictionnaire x=z+zˉ2x=\dfrac{z+\bar z}{2} et ∣z∣2=zzˉ\lvert z\rvert^2=z\bar z :

fonction en z,zˉz,\bar z dérivable où ?
∣z∣2\lvert z\rvert^2 zzˉz\bar z là où le facteur devant zˉ\bar z s'annule, soit z=0z=0
Re⁡(z)\operatorname{Re}(z) z+zˉ2\dfrac{z+\bar z}{2} le facteur devant zˉ\bar z vaut 12\tfrac12, jamais nul : nulle part

👉 La règle, formulée proprement : écrire ff en fonction de zz et zˉ\bar z, puis calculer ∂f∂zˉ\dfrac{\partial f}{\partial\bar z}. La fonction est dérivable exactement là où cette dérivée s'annule.

∂∂zˉ(zzˉ)=z(nul en 0),∂∂zˉ(z+zˉ2)=12(jamais nul).\frac{\partial}{\partial\bar z}(z\bar z)=z\quad\text{(nul en }0),\qquad \frac{\partial}{\partial\bar z}\Big(\frac{z+\bar z}{2}\Big)=\frac12\quad\text{(jamais nul)}.

ℹ️ Cet opérateur ∂/∂zˉ\partial/\partial\bar z est celui de Wirtinger, et « ∂f/∂zˉ=0\partial f/\partial\bar z=0 » est exactement Cauchy-Riemann sous forme condensée. Une fonction holomorphe est donc, littéralement, une fonction qui ne dépend pas de zˉ\bar z.

Réponse. Aucune des deux n'est holomorphe : ∣z∣2|z|^2 n'est dérivable qu'au point 00, Re⁡(z)\operatorname{Re}(z) nulle part. (Recoupement : ni ∣z∣2|z|^2 ni Re⁡(z)\operatorname{Re}(z) ne s'expriment à l'aide de zz seul — elles font intervenir z‾\overline z ✓)
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Cauchy-Riemann sur z³

CalculDifficulté 3/5

Écrire f(z)=z3f(z)=z^3 sous forme P+iQP+iQ, vérifier Cauchy-Riemann et retrouver f′(z)=3z2f'(z)=3z^2.

Indices (3)

(x+iy)3=x3+3x2(iy)+3x(iy)2+(iy)3(x+iy)^3=x^3+3x^2(iy)+3x(iy)^2+(iy)^3.

i2=−1i^2=-1, i3=−ii^3=-i.

f′(z)=Px+iQxf'(z)=P_x+iQ_x.

Correction détaillée
Développer $z^3$
z3=(x+iy)3=x3+3x2(iy)+3x(iy)2+(iy)3.z^3=(x+iy)^3=x^3+3x^2(iy)+3x(iy)^2+(iy)^3.

Traitons les puissances de ii une par une : i2=−1i^2=-1 et i3=−ii^3=-i. Donc

z3=x3+3ix2y−3xy2−iy3=(x3−3xy2)+i (3x2y−y3).z^3=x^3+3ix^2y-3xy^2-iy^3=(x^3-3xy^2)+i\,(3x^2y-y^3).
P=x3−3xy2,Q=3x2y−y3.P=x^3-3xy^2,\qquad Q=3x^2y-y^3.

👉 Deux contrôles gratuits : en y=0y=0 on doit retrouver x3x^3 — c'est le cas, P(x,0)=x3P(x,0)=x^3 et Q(x,0)=0Q(x,0)=0 ✓ ; et en x=0x=0, z=iyz=iy donne z3=−iy3z^3=-iy^3, soit P=0P=0 et Q=−y3Q=-y^3 ✓

Cauchy-Riemann
∂/∂x\partial/\partial x ∂/∂y\partial/\partial y
P=x3−3xy2P=x^3-3xy^2 3x2−3y23x^2-3y^2 −6xy-6xy
Q=3x2y−y3Q=3x^2y-y^3 6xy6xy 3x2−3y23x^2-3y^2

Première condition : ∂P∂x=3x2−3y2\dfrac{\partial P}{\partial x}=3x^2-3y^2 et ∂Q∂y=3x2−3y2\dfrac{\partial Q}{\partial y}=3x^2-3y^2 — égales ✓

Seconde condition : ∂P∂y=−6xy\dfrac{\partial P}{\partial y}=-6xy et −∂Q∂x=−6xy-\dfrac{\partial Q}{\partial x}=-6xy — égales ✓

Vraies pour tout (x,y)(x,y) : z3z^3 est entière.

La dérivée, et le recoupement
f′(z)=∂P∂x+i∂Q∂x=(3x2−3y2)+i (6xy).f'(z)=\frac{\partial P}{\partial x}+i\frac{\partial Q}{\partial x}=(3x^2-3y^2)+i\,(6xy).

Reste à reconnaître 3z23z^2. Développons de l'autre côté :

3z2=3(x+iy)2=3(x2−y2)+i (6xy)=(3x2−3y2)+i (6xy).3z^2=3(x+iy)^2=3(x^2-y^2)+i\,(6xy)=(3x^2-3y^2)+i\,(6xy).
f′(z)=3z2✓\boxed{f'(z)=3z^2}\qquad\checkmark

👉 Ce recoupement — développer les deux côtés et comparer terme à terme — est le contrôle à faire systématiquement. Il attrape les erreurs de signe sur i2i^2 et i3i^3, qui sont les plus fréquentes de tout le chapitre.

ℹ️ On voit se dessiner la règle générale (zn)′=nzn−1(z^n)'=nz^{n-1}, identique au cas réel. La vérifier par Cauchy-Riemann sur n=2n=2 et n=3n=3 n'est pas inutile : c'est ce qui justifie de l'employer ensuite sans y revenir.

Le lien avec les fonctions harmoniques

Un fait remarquable, qu'on exploitera en A5 : la partie réelle et la partie imaginaire d'une fonction holomorphe sont toujours harmoniques, c'est-à-dire de laplacien nul.

Vérifions sur P=x3−3xy2P=x^3-3xy^2 :

∂2P∂x2=6x,∂2P∂y2=−6x,ΔP=6x−6x=0 ✓\frac{\partial^2P}{\partial x^2}=6x,\qquad \frac{\partial^2P}{\partial y^2}=-6x,\qquad \Delta P=6x-6x=0\ \checkmark

Et sur Q=3x2y−y3Q=3x^2y-y^3 :

∂2Q∂x2=6y,∂2Q∂y2=−6y,ΔQ=0 ✓\frac{\partial^2Q}{\partial x^2}=6y,\qquad \frac{\partial^2Q}{\partial y^2}=-6y,\qquad \Delta Q=0\ \checkmark

👉 La raison tient en deux lignes, à partir de Cauchy-Riemann : ∂2P∂x2=∂∂x∂Q∂y\dfrac{\partial^2P}{\partial x^2}=\dfrac{\partial}{\partial x}\dfrac{\partial Q}{\partial y} et ∂2P∂y2=−∂∂y∂Q∂x\dfrac{\partial^2P}{\partial y^2}=-\dfrac{\partial}{\partial y}\dfrac{\partial Q}{\partial x}. Les deux se compensent par égalité des dérivées croisées (Schwarz).

⚠️ La réciproque demande une précaution : une fonction harmonique est la partie réelle d'une fonction holomorphe, mais ce n'est garanti que sur un domaine simplement connexe. Sur une couronne, ln⁡∣z∣\ln\lvert z\rvert est harmonique sans avoir de conjuguée globale — l'argument y est multiforme.

Réponse. P=x3−3xy2P=x^3-3xy^2, Q=3x2y−y3Q=3x^2y-y^3 ; Cauchy-Riemann vérifiées, f′(z)=3z2f'(z)=3z^2. (Recoupement : x2−y2+2ixy=(x+iy)2=z2x^2-y^2+2ixy=(x+iy)^2=z^2, d'où f′=3z2f'=3z^2 ✓)
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Conjuguée harmonique

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que u(x,y)=x2−y2u(x,y)=x^2-y^2 est harmonique, puis déterminer une fonction vv telle que f=u+ivf=u+iv soit holomorphe. Reconnaître ff.

Indices (3)

Harmonique : Δu=uxx+uyy=0\Delta u=u_{xx}+u_{yy}=0.

Cauchy-Riemann : vy=uxv_y=u_x et vx=−uyv_x=-u_y.

Intégrer pour reconstituer vv, puis identifier u+ivu+iv.

Correction détaillée
Vérifier que $u$ est harmonique
u(x,y)=x2−y2.u(x,y)=x^2-y^2.

Le laplacien est la somme des deux dérivées secondes :

∂2u∂x2=2,∂2u∂y2=−2,Δu=2+(−2)=0.\frac{\partial^2u}{\partial x^2}=2,\qquad \frac{\partial^2u}{\partial y^2}=-2,\qquad \Delta u=2+(-2)=0.

uu est harmonique ✓

👉 Cette vérification n'est pas une formalité : c'est une condition nécessaire pour qu'une conjuguée existe. Si Δu≠0\Delta u\neq 0, la recherche de vv échouerait — et échouerait de façon détectable, par une incompatibilité entre les deux équations du pas suivant.

Construire $v$ par les deux équations de Cauchy-Riemann

On cherche vv telle que f=u+ivf=u+iv soit holomorphe. Cauchy-Riemann donne deux équations, et la méthode consiste à les intégrer l'une après l'autre.

Première équation :

∂v∂y=∂u∂x=2x.\frac{\partial v}{\partial y}=\frac{\partial u}{\partial x}=2x.

On intègre en yy, xx étant traité comme une constante :

v(x,y)=2xy+φ(x),v(x,y)=2xy+\varphi(x),

où φ\varphi est une fonction de xx seul — c'est la « constante » d'intégration, qui n'est constante que vis-à-vis de yy.

⚠️ Écrire +C+C au lieu de +φ(x)+\varphi(x) est l'erreur classique : on perdrait toute une famille de solutions, et la seconde équation n'aurait plus rien à déterminer.

Seconde équation :

∂v∂x=−∂u∂y=−(−2y)=2y.\frac{\partial v}{\partial x}=-\frac{\partial u}{\partial y}=-(-2y)=2y.

Or en dérivant l'expression trouvée : ∂v∂x=2y+φ′(x)\dfrac{\partial v}{\partial x}=2y+\varphi'(x). En comparant :

2y+φ′(x)=2y⟹φ′(x)=0⟹φ=C.2y+\varphi'(x)=2y\qquad\Longrightarrow\qquad \varphi'(x)=0\qquad\Longrightarrow\qquad \varphi=C.
v(x,y)=2xy+C\boxed{v(x,y)=2xy+C}
Reconnaître $f$
f=u+iv=(x2−y2)+i (2xy)+iC.f=u+iv=(x^2-y^2)+i\,(2xy)+iC.

Le début est exactement le développement de z2z^2 obtenu en A1 :

f(z)=z2+iC.f(z)=z^2+iC.

En choisissant C=0C=0 :

f(z)=z2\boxed{f(z)=z^2}

👉 Comment reconnaître une fonction à partir de P+iQP+iQ ? Le réflexe est de poser y=0y=0, ce qui donne z=xz=x réel :

f(x)=x2+i⋅0=x2.f(x)=x^2+i\cdot 0=x^2.

Sur l'axe réel, ff coïncide donc avec x↦x2x\mapsto x^2. Comme deux fonctions holomorphes qui coïncident sur une droite coïncident partout (principe des zéros isolés), f(z)=z2f(z)=z^2 — sans avoir à deviner.

ℹ️ Cette astuce marche à tous les coups sur ce type d'exercice : remplacer xx par zz et yy par 00, puis identifier la fonction réelle obtenue.

La constante, et ce qu'elle signifie

⚠️ CC n'est pas une négligence : la conjuguée harmonique n'est déterminée qu'à une constante réelle près. Toutes les f(z)=z2+iCf(z)=z^2+iC sont holomorphes de partie réelle uu.

C'est cohérent avec le fait qu'ajouter une constante ne change pas les dérivées partielles, donc ne change rien à Cauchy-Riemann.

👉 Contrôle final, toujours à faire : revérifier Cauchy-Riemann sur le couple obtenu.

∂u∂x=2x=∂v∂y ✓∂u∂y=−2y=−∂v∂x ✓\frac{\partial u}{\partial x}=2x=\frac{\partial v}{\partial y}\ \checkmark\qquad \frac{\partial u}{\partial y}=-2y=-\frac{\partial v}{\partial x}\ \checkmark

ℹ️ Interprétation géométrique. Les courbes de niveau de uu et celles de vv se coupent à angle droit là où f′≠0f'\neq0 — ici les hyperboles x2−y2=ax^2-y^2=a et xy=bxy=b. C'est une conséquence directe de Cauchy-Riemann : les gradients ∇u\nabla u et ∇v\nabla v sont orthogonaux et de même norme. Cette propriété est ce qui rend les fonctions holomorphes utiles en électrostatique et en mécanique des fluides, où uu et vv sont potentiel et lignes de champ.

Réponse. uu est harmonique, sa conjuguée est v=2xyv=2xy, et f=z2f=z^2. (Recoupement : on retrouve exactement le P,QP,Q de l'exercice A1 ✓)
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Holomorphie de l'exponentielle

DémonstrationDifficulté 3/5

À partir de ez=ex(cos⁡y+isin⁡y)e^z=e^{x}(\cos y+i\sin y), vérifier que eze^z est entière et que (ez)′=ez(e^z)'=e^z.

Indices (3)

P=excos⁡yP=e^x\cos y, Q=exsin⁡yQ=e^x\sin y.

Vérifier Px=QyP_x=Q_y et Py=−QxP_y=-Q_x.

(ez)′=Px+iQx(e^z)'=P_x+iQ_x.

Correction détaillée
La définition, et pourquoi celle-là
ez=ex(cos⁡y+isin⁡y),z=x+iy.e^z=e^{x}(\cos y+i\sin y),\qquad z=x+iy.

👉 D'où sort cette formule ? On veut prolonger l'exponentielle réelle en conservant ea+b=eaebe^{a+b}=e^ae^b. Alors ex+iy=ex⋅eiye^{x+iy}=e^x\cdot e^{iy}, et la formule d'Euler donne eiy=cos⁡y+isin⁡ye^{iy}=\cos y+i\sin y. Le reste suit.

On lit donc

P=excos⁡y,Q=exsin⁡y.P=e^x\cos y,\qquad Q=e^x\sin y.

Contrôle : en y=0y=0, P=exP=e^x et Q=0Q=0 — on retrouve bien l'exponentielle réelle ✓

Cauchy-Riemann
∂/∂x\partial/\partial x ∂/∂y\partial/\partial y
P=excos⁡yP=e^x\cos y excos⁡ye^x\cos y −exsin⁡y-e^x\sin y
Q=exsin⁡yQ=e^x\sin y exsin⁡ye^x\sin y excos⁡ye^x\cos y

Première condition : ∂P∂x=excos⁡y=∂Q∂y\dfrac{\partial P}{\partial x}=e^x\cos y=\dfrac{\partial Q}{\partial y} ✓

Seconde condition : ∂P∂y=−exsin⁡y\dfrac{\partial P}{\partial y}=-e^x\sin y et −∂Q∂x=−exsin⁡y-\dfrac{\partial Q}{\partial x}=-e^x\sin y ✓

Vraies partout, et les dérivées partielles sont continues : eze^z est entière.

👉 Remarquez la mécanique : dériver en xx laisse exe^x inchangé, dériver en yy fait tourner le couple (cos⁡,sin⁡)(\cos,\sin). Les deux conditions expriment que ces deux effets se correspondent exactement — c'est la même raison qui fait que eiye^{iy} parcourt le cercle à vitesse constante.

La dérivée
(ez)′=∂P∂x+i∂Q∂x=excos⁡y+i exsin⁡y=ex(cos⁡y+isin⁡y)=ez.(e^z)'=\frac{\partial P}{\partial x}+i\frac{\partial Q}{\partial x}=e^x\cos y+i\,e^x\sin y=e^x(\cos y+i\sin y)=e^z.
(ez)′=ez\boxed{(e^z)'=e^z}

L'exponentielle complexe est donc, comme la réelle, sa propre dérivée. ✓

⚠️ Trois propriétés que l'exponentielle réelle n'a pas

1. Elle est périodique, de période 2iπ2i\pi :

ez+2iπ=ez e2iπ=ez⋅1=ez.e^{z+2i\pi}=e^z\,e^{2i\pi}=e^z\cdot 1=e^z.

C'est la différence la plus lourde de conséquences : elle interdit toute inverse globale, et c'est pour cela que le logarithme complexe doit être découpé en branches (exercice B1).

2. Elle n'est pas injective. Conséquence directe de la périodicité : e0=e2iπ=1e^0=e^{2i\pi}=1.

3. Elle ne s'annule jamais, mais prend toute autre valeur complexe :

∣ez∣=ex>0toujours,etez=w a une solution pour tout w≠0.\lvert e^z\rvert=e^x>0\quad\text{toujours},\qquad\text{et}\qquad e^z=w\ \text{a une solution pour tout }w\neq 0.

👉 Sur R\mathbb{R}, l'exponentielle ne prend que des valeurs positives. Sur C\mathbb{C} elle atteint tout le plan privé de l'origine — un exemple frappant du théorème de Picard, selon lequel une fonction entière non polynomiale prend toute valeur complexe, à une exception près au plus.

ℹ️ En particulier eiπ=−1e^{i\pi}=-1 : une exponentielle négative, ce qui est impossible dans le monde réel.

La forme polaire, et ce qu'elle rend visible

Écrire ez=ex eiye^z=e^x\,e^{iy} sépare les deux rôles :

∣ez∣=ex=eRe⁡z,arg⁡(ez)=y=Im⁡z.\lvert e^z\rvert=e^{x}=e^{\operatorname{Re}z},\qquad \arg(e^z)=y=\operatorname{Im}z.

👉 La partie réelle de zz pilote le module, la partie imaginaire pilote l'angle. Une fois cela en tête, la plupart des calculs du chapitre se font sans formule.

zz eze^z pourquoi
iπi\pi −1-1 module 11, demi-tour
2iπ2i\pi 11 module 11, tour complet
1+iπ/21+i\pi/2 ieie module ee, quart de tour
−∞-\infty (réel) →0\to 0 le module s'effondre

⚠️ La dernière ligne est la seule façon dont eze^z « approche » 00, et elle demande x→−∞x\to-\infty. Sur toute bande verticale bornée, ∣ez∣\lvert e^z\rvert reste minoré : l'exponentielle ne s'annule jamais, ce qui garantit que eze^z n'efface aucun pôle quand elle apparaît au numérateur (elle ne peut compenser aucun zéro du dénominateur) — fait qu'on utilisera sans cesse dans les lots C et D.

Réponse. eze^z est entière et (ez)′=ez(e^z)'=e^z. (Recoupement : eze^z est 2iπ2i\pi-périodique car cos⁡,sin⁡\cos,\sin le sont en yy — ez+2iπ=eze^{z+2i\pi}=e^z ✓)
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Logarithme complexe principal

ApplicationDifficulté 3/5

Calculer le logarithme principal Log⁡z=ln⁡∣z∣+iarg⁡z\operatorname{Log} z=\ln|z|+i\arg z de : (a) −1-1 ; (b) ii ; (c) 1+i1+i.

Indices (3)

Log⁡z=ln⁡∣z∣+iarg⁡z\operatorname{Log} z=\ln|z|+i\arg z avec arg⁡z∈ ]−π,π]\arg z\in\,]-\pi,\pi].

∣−1∣=1|-1|=1, arg⁡(−1)=π\arg(-1)=\pi ; ∣i∣=1|i|=1, arg⁡(i)=π2\arg(i)=\tfrac\pi2.

∣1+i∣=2|1+i|=\sqrt2, arg⁡(1+i)=π4\arg(1+i)=\tfrac\pi4.

Correction détaillée
Pourquoi il faut un logarithme « principal »

On voudrait poser log⁡w=z\log w=z dès que ez=we^z=w. Le problème est que eze^z est 2iπ2i\pi-périodique (A6) : si zz convient, alors z+2ikπz+2ik\pi convient aussi, pour tout k∈Zk\in\mathbb{Z}.

Le logarithme complexe est donc multiforme — une infinité de valeurs pour un même ww. Pour en faire une fonction, on choisit une valeur, et le choix standard est de prendre l'argument dans ]−π,π]]-\pi,\pi] :

Log⁡z=ln⁡∣z∣+iarg⁡z,arg⁡z∈ ]−π,π]\boxed{\operatorname{Log} z=\ln\lvert z\rvert+i\arg z,\qquad \arg z\in\ ]-\pi,\pi]}

⚠️ Deux logarithmes cohabitent dans la formule et il ne faut pas les confondre : ln⁡∣z∣\ln\lvert z\rvert est le logarithme réel du module (un nombre réel), arg⁡z\arg z est l'angle. Le résultat est complexe.

👉 La méthode est donc toujours la même en deux temps : le module, puis l'argument.

(a) $\operatorname{Log}(-1)$

Module : ∣−1∣=1\lvert-1\rvert=1, donc ln⁡∣−1∣=ln⁡1=0\ln\lvert-1\rvert=\ln 1=0.

Argument : −1-1 est sur l'axe réel négatif, donc arg⁡(−1)=π\arg(-1)=\pi. C'est bien dans ]−π,π]]-\pi,\pi] — la borne π\pi est incluse, c'est précisément ce cas qu'elle sert à couvrir.

Log⁡(−1)=iπ\boxed{\operatorname{Log}(-1)=i\pi}

👉 Un nombre négatif a donc un logarithme, ce qui est impossible sur R\mathbb{R}. C'est le gain de l'extension complexe.

Contrôle : eiπ=cos⁡π+isin⁡π=−1e^{i\pi}=\cos\pi+i\sin\pi=-1 ✓

(b) $\operatorname{Log}(i)$

Module : ∣i∣=1\lvert i\rvert=1, donc ln⁡1=0\ln 1=0.

Argument : ii est sur l'axe imaginaire positif, arg⁡i=π2\arg i=\dfrac{\pi}{2}.

Log⁡(i)=iπ2\boxed{\operatorname{Log}(i)=\frac{i\pi}{2}}

Contrôle : eiπ/2=cos⁡π2+isin⁡π2=ie^{i\pi/2}=\cos\frac\pi2+i\sin\frac\pi2=i ✓

(c) $\operatorname{Log}(1+i)$

Module : ∣1+i∣=12+12=2\lvert 1+i\rvert=\sqrt{1^2+1^2}=\sqrt2, donc

ln⁡2=12ln⁡2≈0,3466.\ln\sqrt2=\frac{1}{2}\ln 2\approx 0{,}3466.

Argument : 1+i1+i est dans le premier quadrant avec parties réelle et imaginaire égales, donc sur la bissectrice : arg⁡(1+i)=π4\arg(1+i)=\dfrac{\pi}{4}.

Log⁡(1+i)=12ln⁡2+iπ4\boxed{\operatorname{Log}(1+i)=\frac{1}{2}\ln 2+\frac{i\pi}{4}}

Contrôle : e12ln⁡2(cos⁡π4+isin⁡π4)=2(22+i22)=1+ie^{\frac12\ln 2}\big(\cos\frac\pi4+i\sin\frac\pi4\big)=\sqrt2\Big(\frac{\sqrt2}{2}+i\frac{\sqrt2}{2}\Big)=1+i ✓

ℹ️ Le contrôle par eLog⁡z=ze^{\operatorname{Log} z}=z doit être fait à chaque fois : il coûte trois lignes et attrape aussi bien une erreur de module qu'une erreur de quadrant.

⚠️ Les deux pièges

1. L'argument dépend du QUADRANT, pas seulement du quotient. La formule arctan⁡(y/x)\arctan(y/x) ne suffit pas : arctan⁡\arctan rend une valeur dans ]−π2,π2[]-\frac\pi2,\frac\pi2[ et ne distingue pas 1+i1+i de −1−i-1-i, qui ont le même quotient y/x=1y/x=1.

zz quadrant arg⁡z\arg z
1+i1+i 1ᵉʳ π/4\pi/4
−1−i-1-i 3ᵉ −3π/4-3\pi/4

👉 Toujours placer le point dans le plan avant de conclure.

2. Log⁡\operatorname{Log} n'est PAS continu sur R−\mathbb{R}^-. En approchant −1-1 par en haut, l'argument tend vers π\pi ; par en bas, vers −π-\pi. Il y a un saut de 2π2\pi.

Log⁡ est holomorphe sur C∖R−, avec (Log⁡z)′=1z.\operatorname{Log}\ \text{est holomorphe sur }\mathbb{C}\setminus\mathbb{R}^-,\ \text{avec }(\operatorname{Log} z)'=\frac1z.

⚠️ Et la propriété log⁡(ab)=log⁡a+log⁡b\log(ab)=\log a+\log b n'est plus toujours vraie. Contre-exemple : Log⁡(−1)+Log⁡(−1)=2iπ\operatorname{Log}(-1)+\operatorname{Log}(-1)=2i\pi, alors que Log⁡((−1)2)=Log⁡(1)=0\operatorname{Log}\big((-1)^2\big)=\operatorname{Log}(1)=0. L'égalité n'est vraie qu'à 2ikπ2ik\pi près.

Réponse. Log⁡(−1)=iπ\operatorname{Log}(-1)=i\pi ; Log⁡(i)=iπ2\operatorname{Log}(i)=i\tfrac\pi2 ; Log⁡(1+i)=12ln⁡2+iπ4\operatorname{Log}(1+i)=\tfrac12\ln2+i\tfrac\pi4. (Recoupement : eiπ=−1e^{i\pi}=-1 ✓, eiπ/2=ie^{i\pi/2}=i ✓)
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Puissances complexes — i puissance i

DémonstrationDifficulté 3/5

À l'aide de za=eaLog⁡zz^a=e^{a\operatorname{Log} z}, montrer que i i=e−π/2i^{\,i}=e^{-\pi/2} (réel), puis calculer (1+i)2(1+i)^2 et (1+i)3(1+i)^3.

Indices (3)

i i=eiLog⁡ii^{\,i}=e^{i\operatorname{Log} i} avec Log⁡i=iπ2\operatorname{Log} i=i\tfrac\pi2.

i⋅iπ2=−π2i\cdot i\tfrac\pi2=-\tfrac\pi2.

(1+i)2(1+i)^2 et (1+i)3(1+i)^3 par calcul direct (i2=−1i^2=-1).

Correction détaillée
La définition, et ce qu'elle suppose
za=eaLog⁡z.z^a=e^{a\operatorname{Log} z}.

👉 C'est une définition, pas un théorème : sur C\mathbb{C}, « élever à la puissance » n'a pas de sens élémentaire quand l'exposant n'est pas entier. On la fabrique à partir de l'exponentielle et du logarithme, seuls objets déjà définis.

⚠️ Elle hérite donc de l'ambiguïté du logarithme : avec une autre branche, zaz^a change de valeur. C'est pour cela qu'on précise « valeur principale » — celle obtenue avec Log⁡\operatorname{Log}.

$i^{\,i}$ est un nombre RÉEL

Appliquons la définition avec z=iz=i et a=ia=i. On a besoin de Log⁡(i)=iπ2\operatorname{Log}(i)=\dfrac{i\pi}{2}, calculé en B1(b).

i i=e iLog⁡i=e i⋅iπ2=e i2π/2=e−π/2.i^{\,i}=e^{\,i\operatorname{Log} i}=e^{\,i\cdot\frac{i\pi}{2}}=e^{\,i^2\pi/2}=e^{-\pi/2}.
i i=e−π/2≈0,2079\boxed{i^{\,i}=e^{-\pi/2}\approx 0{,}2079}

👉 Le pas décisif est i⋅i=i2=−1i\cdot i=i^2=-1, qui transforme un exposant imaginaire pur en exposant réel négatif. C'est ce qui rend le résultat réel — un nombre imaginaire élevé à une puissance imaginaire donne un réel, ce qui est le genre de résultat pour lequel on fait de l'analyse complexe.

ℹ️ « Le » n'est pas tout à fait exact : avec la branche arg⁡i=π2+2kπ\arg i=\frac\pi2+2k\pi, on obtiendrait e−π/2−2kπe^{-\pi/2-2k\pi}. Il y a donc une infinité de valeurs, toutes réelles positives. e−π/2e^{-\pi/2} est la valeur principale.

$(1+i)^2$ et $(1+i)^3$ : ne pas passer par le logarithme

⚠️ Pour un exposant entier, la définition par le logarithme est un détour inutile et risqué. On développe directement.

(1+i)2=1+2i+i2=1+2i−1=2i.(1+i)^2=1+2i+i^2=1+2i-1=2i.
(1+i)3=(1+i)2(1+i)=2i(1+i)=2i+2i2=−2+2i.(1+i)^3=(1+i)^2(1+i)=2i(1+i)=2i+2i^2=-2+2i.
(1+i)2=2i,(1+i)3=−2+2i\boxed{(1+i)^2=2i,\qquad (1+i)^3=-2+2i}

👉 Contrôle par le module, qui est multiplicatif et donc très fiable : ∣1+i∣=2\lvert 1+i\rvert=\sqrt2, donc ∣(1+i)2∣=2\lvert(1+i)^2\rvert=2 et ∣(1+i)3∣=22≈2,83\lvert(1+i)^3\rvert=2\sqrt2\approx 2{,}83.

Vérifions : ∣2i∣=2\lvert 2i\rvert=2 ✓ et ∣−2+2i∣=4+4=22\lvert-2+2i\rvert=\sqrt{4+4}=2\sqrt2 ✓

La forme exponentielle, quand elle est plus rapide

Pour de grandes puissances, la forme polaire l'emporte. Ici 1+i=2 eiπ/41+i=\sqrt2\,e^{i\pi/4}, donc

(1+i)n=2n/2 einπ/4.(1+i)^n=2^{n/2}\,e^{in\pi/4}.
nn 2n/22^{n/2} angle résultat
22 22 π/2\pi/2 2i2i ✓
33 222\sqrt2 3π/43\pi/4 22(−22+i22)=−2+2i2\sqrt2\big(-\tfrac{\sqrt2}2+i\tfrac{\sqrt2}2\big)=-2+2i ✓
88 1616 2π2\pi 1616

👉 Le critère de choix : exposant petit et forme algébrique déjà là ⟹\Longrightarrow développer ; exposant grand, ou racine, ou exposant non entier ⟹\Longrightarrow forme polaire.

ℹ️ (1+i)8=16(1+i)^8=16 est réel : l'angle 8×π4=2π8\times\frac\pi4=2\pi ramène sur l'axe réel positif. Le voir en développant huit fois serait pénible et sujet à erreur.

⚠️ Pourquoi $z^a$ est multiforme, et ce que ça coûte

Avec la branche arg⁡z∈ ]−π,π]+2kπ\arg z\in\ ]-\pi,\pi]+2k\pi, on obtient

i i=e−π/2−2kπ,k∈Z.i^{\,i}=e^{-\pi/2-2k\pi},\qquad k\in\mathbb{Z}.

Il y a donc une infinité de valeurs, toutes réelles positives, formant une suite géométrique de raison e−2π≈0,0019e^{-2\pi}\approx 0{,}0019.

👉 On appelle valeur principale celle obtenue avec Log⁡\operatorname{Log}, ici e−π/2e^{-\pi/2}. C'est elle qu'on donne sans autre précision.

⚠️ Les règles usuelles des puissances tombent. Contre-exemple :

((−1)2)1/2=11/2=1,mais((−1)1/2)2=i2=−1.\big((-1)^2\big)^{1/2}=1^{1/2}=1,\qquad\text{mais}\qquad\big((-1)^{1/2}\big)^2=i^2=-1.

L'identité (za)b=zab(z^a)^b=z^{ab} n'est pas valable en général sur C\mathbb{C} — elle l'est seulement quand bb est entier.

ℹ️ La règle de conduite : dès qu'un exposant n'est pas entier, revenir à eaLog⁡ze^{a\operatorname{Log}z} et ne jamais manipuler la puissance comme dans R\mathbb{R}.

Réponse. i i=e−π/2i^{\,i}=e^{-\pi/2} (réel) ; (1+i)2=2i(1+i)^2=2i ; (1+i)3=−2+2i(1+i)^3=-2+2i. (Recoupement : ∣1+i∣=2|1+i|=\sqrt2, arg⁡=π4\arg=\tfrac\pi4 ⟹\Longrightarrow (1+i)3=(2)3ei3π/4=22 ei3π/4=−2+2i(1+i)^3=(\sqrt2)^3 e^{i3\pi/4}=2\sqrt2\,e^{i3\pi/4}=-2+2i ✓)
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Intégrale fondamentale sur le cercle

DémonstrationDifficulté 3/5

Par le paramétrage z=eiθz=e^{i\theta}, θ∈[0,2π]\theta\in[0,2\pi], calculer ∮∣z∣=1z n dz\displaystyle\oint_{|z|=1} z^{\,n}\,dz pour n∈Zn\in\mathbb Z. En déduire ∮∣z∣=1dzz\displaystyle\oint_{|z|=1}\frac{dz}z et ∮∣z∣=1z2 dz\displaystyle\oint_{|z|=1} z^2\,dz.

Indices (3)

z=eiθz=e^{i\theta} ⟹\Longrightarrow dz=i eiθ dθdz=i\,e^{i\theta}\,d\theta.

∮zndz=∫02πeinθ i eiθ dθ=i∫02πei(n+1)θ dθ\displaystyle\oint z^n dz=\int_0^{2\pi} e^{in\theta}\,i\,e^{i\theta}\,d\theta=i\int_0^{2\pi} e^{i(n+1)\theta}\,d\theta.

∫02πeikθdθ=0\int_0^{2\pi}e^{ik\theta}d\theta=0 si k≠0k\neq0, =2π=2\pi si k=0k=0.

Correction détaillée
Mettre en place le paramétrage

Sur le cercle unité parcouru une fois dans le sens direct :

z=eiθ,θ de 0 aˋ 2π,dz=i eiθ dθ.z=e^{i\theta},\qquad \theta\ \text{de }0\ \text{à}\ 2\pi,\qquad dz=i\,e^{i\theta}\,d\theta.

⚠️ Le dzdz est le point à ne pas escamoter. Une intégrale curviligne complexe n'est pas une intégrale de θ\theta : il faut transporter l'élément différentiel, et la dérivée de eiθe^{i\theta} apporte le facteur i eiθi\,e^{i\theta}. L'oublier fait perdre exactement le 2iπ2i\pi final.

L'intégrale devient

∮∣z∣=1zn dz=∫02πeinθ⋅i eiθ dθ=i∫02πei(n+1)θ dθ.\oint_{\lvert z\rvert=1}z^n\,dz=\int_0^{2\pi}e^{in\theta}\cdot i\,e^{i\theta}\,d\theta=i\int_0^{2\pi}e^{i(n+1)\theta}\,d\theta.
Deux cas, et un seul survit

Tout se joue sur l'exposant n+1n+1.

Cas n≠−1n\neq-1. Alors n+1≠0n+1\neq 0 et l'on peut primitiver :

i∫02πei(n+1)θ dθ=i[ei(n+1)θi(n+1)]02π=e2iπ(n+1)−1n+1.i\int_0^{2\pi}e^{i(n+1)\theta}\,d\theta=i\left[\frac{e^{i(n+1)\theta}}{i(n+1)}\right]_0^{2\pi}=\frac{e^{2i\pi(n+1)}-1}{n+1}.

Or n+1n+1 est un entier, donc e2iπ(n+1)=1e^{2i\pi(n+1)}=1 et le numérateur s'annule :

∮zn dz=0.\oint z^n\,dz=0.

Cas n=−1n=-1. L'exposant s'annule, l'intégrande devient constant et la primitive change de nature :

i∫02πe0 dθ=i∫02πdθ=2iπ.i\int_0^{2\pi}e^{0}\,d\theta=i\int_0^{2\pi}d\theta=2i\pi.
∮∣z∣=1zn dz={2iπsi n=−10sinon\boxed{\oint_{\lvert z\rvert=1}z^n\,dz=\begin{cases}2i\pi & \text{si }n=-1\\[2pt] 0 & \text{sinon}\end{cases}}

👉 C'est le résultat le plus important de tout le chapitre. Toute la théorie des résidus en découle : dans un développement de Laurent, un seul terme survit à l'intégration, celui en z−1z^{-1}. Le résidu est le coefficient de ce terme.

Pourquoi $n=-1$ est à part

La raison de fond est que z−1z^{-1} n'a pas de primitive holomorphe sur une couronne autour de 00.

Pour n≠−1n\neq-1, la primitive zn+1n+1\dfrac{z^{n+1}}{n+1} est holomorphe et uniforme : elle reprend la même valeur après un tour, donc l'intégrale sur un chemin fermé est nulle.

Pour n=−1n=-1, la primitive serait Log⁡z\operatorname{Log} z — mais Log⁡\operatorname{Log} saute de 2iπ2i\pi en traversant la coupure (B1). Après un tour complet, on ne revient pas au point de départ, et ce saut est exactement la valeur de l'intégrale.

👉 Le 2iπ2i\pi n'est donc pas un artefact de calcul : c'est la multiformité du logarithme, mesurée.

ℹ️ On peut le lire dans l'autre sens : le nombre de tours du chemin autour de l'origine — l'indice — se calcule par 12iπ∮dzz\dfrac{1}{2i\pi}\oint\dfrac{dz}{z}. Sur un cercle parcouru kk fois, l'intégrale vaut 2ikπ2ik\pi.

Les conséquences immédiates

∮∣z∣=1dzz=2iπ\displaystyle\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{dz}{z}=2i\pi — c'est le cas n=−1n=-1.

∮∣z∣=1z3 dz=0\displaystyle\oint_{\lvert z\rvert=1}z^3\,dz=0 — cas n=3n=3.

⚠️ Le résultat vaut aussi pour les exposants négatifs autres que −1-1 : ∮z−2 dz=0\displaystyle\oint z^{-2}\,dz=0, alors que z−2z^{-2} a pourtant une singularité en 00. Une singularité ne suffit donc pas à rendre l'intégrale non nulle — il faut un terme en z−1z^{-1} dans le développement.

👉 Le rayon du cercle n'intervient nulle part. Sur ∣z∣=R\lvert z\rvert=R le calcul est identique, les RR se simplifiant. C'est un cas particulier du théorème de Cauchy : déformer le contour sans franchir de singularité ne change pas l'intégrale.

ℹ️ Ce fait est ce qui permettra, en D3 et D4, de remplacer un contour compliqué par un cercle commode.

Réponse. ∮∣z∣=1zn dz=2iπ\displaystyle\oint_{|z|=1}z^n\,dz=2i\pi si n=−1n=-1, 00 sinon ; en particulier ∮dzz=2iπ\oint\frac{dz}z=2i\pi et ∮z2 dz=0\oint z^2\,dz=0. (Recoupement : seul 1z\frac1z (sans primitive holomorphe sur la couronne) laisse une trace — c'est la graine du résidu ✓)
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Primitive et indépendance du chemin

ApplicationDifficulté 3/5

Calculer ∫γz2 dz\displaystyle\int_\gamma z^2\,dz pour un chemin γ\gamma allant de 00 à 1+i1+i. Justifier que le résultat ne dépend pas du chemin.

Indices (3)

z2z^2 admet la primitive holomorphe F(z)=z33F(z)=\tfrac{z^3}3 sur C\mathbb C.

∫γf dz=F(fin)−F(deˊbut)\displaystyle\int_\gamma f\,dz=F(\text{fin})-F(\text{début}).

(1+i)3=−2+2i(1+i)^3=-2+2i (cf. B2).

Correction détaillée
Le théorème qui rend le calcul immédiat

Si ff admet une primitive holomorphe FF sur un ouvert, alors pour tout chemin γ\gamma allant de aa à bb dans cet ouvert :

∫γf(z) dz=F(b)−F(a).\int_\gamma f(z)\,dz=F(b)-F(a).

👉 C'est mot pour mot le théorème fondamental de l'analyse, transposé. La conséquence est spectaculaire : le chemin n'intervient plus, seuls comptent ses extrémités.

Ici f(z)=z2f(z)=z^2 est entière et admet F(z)=z33F(z)=\dfrac{z^3}{3} comme primitive sur C\mathbb{C} tout entier.

Le calcul
∫γz2 dz=[z33]01+i=(1+i)33−0.\int_\gamma z^2\,dz=\left[\frac{z^3}{3}\right]_0^{1+i}=\frac{(1+i)^3}{3}-0.

On a calculé (1+i)3=−2+2i(1+i)^3=-2+2i en B2, donc

∫γz2 dz=−2+2i3=−23+2i3\boxed{\int_\gamma z^2\,dz=\frac{-2+2i}{3}=-\frac23+\frac{2i}{3}}

Contrôle par le module : ∣(1+i)3∣=(2)3=22≈2,83\lvert(1+i)^3\rvert=(\sqrt2)^3=2\sqrt2\approx 2{,}83, donc le résultat doit avoir pour module 223≈0,943\dfrac{2\sqrt2}{3}\approx 0{,}943.

Vérifions : ∣−23+2i3∣=232≈0,943\left\lvert-\frac23+\frac{2i}{3}\right\rvert=\frac23\sqrt{2}\approx 0{,}943 ✓

Vérifier sur un chemin explicite

Prenons le segment de 00 à 1+i1+i, paramétré par z=t(1+i)z=t(1+i) avec t∈[0,1]t\in[0,1], d'où dz=(1+i) dtdz=(1+i)\,dt :

∫01t2(1+i)2⋅(1+i) dt=(1+i)3∫01t2 dt=(1+i)3⋅13.\int_0^1 t^2(1+i)^2\cdot(1+i)\,dt=(1+i)^3\int_0^1 t^2\,dt=(1+i)^3\cdot\frac13.

Même résultat ✓

👉 Et l'on voit pourquoi le chemin n'importe pas : le facteur géométrique (1+i)3(1+i)^3 sort de l'intégrale, et il ne reste qu'une intégrale réelle qui ne dépend que du paramétrage — dont l'effet se compense.

ℹ️ Sur un autre chemin, par exemple les deux côtés 0→1→1+i0\to 1\to 1+i, le calcul serait plus long mais donnerait la même valeur. Autant utiliser la primitive.

⚠️ La condition à ne pas oublier

L'indépendance du chemin n'est pas automatique. Elle exige que ff admette une primitive sur un ouvert contenant tous les chemins considérés.

Le contre-exemple est celui de B3 :

f(z)=1zn’a pas de primitive uniforme autour de 0.f(z)=\frac1z\qquad\text{n'a pas de primitive uniforme autour de }0.

C'est bien pour cela que ∮∣z∣=1dzz=2iπ≠0\displaystyle\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{dz}{z}=2i\pi\neq 0 : deux chemins de 11 à 11, l'un trivial et l'autre faisant le tour, donnent des valeurs différentes.

ff primitive chemin indifférent ?
z2z^2, eze^z, cos⁡z\cos z oui, sur C\mathbb{C} oui
1/z1/z non, sur une couronne non — cf. B3
1/z21/z^2 oui : −1/z-1/z oui, sur C∗\mathbb{C}^*

👉 La troisième ligne mérite attention : 1/z21/z^2 a une singularité en 00 et pourtant son intégrale sur un lacet est nulle, parce qu'une primitive uniforme existe. Une singularité n'implique pas une intégrale non nulle — c'est le terme en z−1z^{-1} qui décide, et lui seul.

Comment reconnaître qu'une primitive existe

👉 Critère pratique, suffisant dans tous les exercices de ce chapitre :

f holomorphe sur un ouvert SIMPLEMENT CONNEXE ⟹ f y admet une primitive.f\ \text{holomorphe sur un ouvert SIMPLEMENT CONNEXE}\ \Longrightarrow\ f\ \text{y admet une primitive.}

« Simplement connexe » signifie sans trou : un disque, un demi-plan, C\mathbb{C} entier. Une couronne n'en est pas un, et c'est exactement là que 1/z1/z pose problème.

ff ouvert simplement connexe ? primitive
z2z^2 C\mathbb{C} oui z3/3z^3/3
1/z1/z C∗\mathbb{C}^* non (trou en 00) aucune uniforme
1/z1/z C∖R−\mathbb{C}\setminus\mathbb{R}^- oui Log⁡z\operatorname{Log}z

👉 La troisième ligne est instructive : la même fonction admet une primitive dès qu'on retire assez de plan pour supprimer le trou. C'est le rôle de la coupure du logarithme (B1).

ℹ️ Conséquence pour le calcul : ∫1idzz\displaystyle\int_1^{i}\frac{dz}{z} a un sens si le chemin évite R−\mathbb{R}^-, et vaut Log⁡(i)−Log⁡(1)=iπ2\operatorname{Log}(i)-\operatorname{Log}(1)=\frac{i\pi}{2}. C'est en tournant autour de 00 que l'ambiguïté apparaît.

Réponse. ∫γz2 dz=(1+i)33=−2+2i3\displaystyle\int_\gamma z^2\,dz=\dfrac{(1+i)^3}3=\dfrac{-2+2i}3, indépendant du chemin. (Recoupement : l'existence d'une primitive ⟹\Longrightarrow ∮z2 dz=0\oint z^2\,dz=0 sur tout fermé, cohérent avec B3 ✓)
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Formule intégrale de Cauchy

ApplicationDifficulté 3/5

À l'aide de la formule de Cauchy, calculer ∮∣z∣=2ezz−1 dz\displaystyle\oint_{|z|=2}\frac{e^z}{z-1}\,dz.

Indices (3)

∮γf(z)z−a dz=2iπ f(a)\displaystyle\oint_\gamma\frac{f(z)}{z-a}\,dz=2i\pi\,f(a) si aa est à l'intérieur de γ\gamma.

Ici f(z)=ezf(z)=e^z (holomorphe partout) et a=1a=1.

a=1a=1 est bien dans le disque ∣z∣<2|z|<2.

Correction détaillée
La formule, et les hypothèses qui la conditionnent

Formule intégrale de Cauchy. Si ff est holomorphe sur un ouvert contenant le contour γ\gamma et son intérieur, et si aa est à l'intérieur de γ\gamma :

∮γf(z)z−a dz=2iπ f(a).\oint_\gamma\frac{f(z)}{z-a}\,dz=2i\pi\,f(a).

👉 Ce résultat est stupéfiant : la valeur de ff en un point est déterminée par ses valeurs sur un contour qui l'entoure. Rien de tel n'existe en analyse réelle.

⚠️ Deux hypothèses à vérifier avant d'appliquer, et dans cet ordre :

  1. ff (le numérateur, une fois le facteur 1z−a\frac{1}{z-a} mis à part) est holomorphe partout à l'intérieur ;
  2. le pôle aa est bien dedans.
Identifier $f$ et $a$
∮∣z∣=2ezz−1 dz.\oint_{\lvert z\rvert=2}\frac{e^z}{z-1}\,dz.

On reconnaît la forme f(z)z−a\dfrac{f(z)}{z-a} avec

f(z)=ez,a=1.f(z)=e^z,\qquad a=1.

Hypothèse 1 : eze^z est entière (A6), donc holomorphe partout à l'intérieur du disque ✓

Hypothèse 2 : ∣a∣=∣1∣=1<2\lvert a\rvert=\lvert 1\rvert=1<2, donc a=1a=1 est bien à l'intérieur du cercle de rayon 22 ✓

👉 Vérifier la position du pôle est le geste que l'on saute et qu'il ne faut pas sauter : c'est lui qui décide entre 2iπf(a)2i\pi f(a) et 00.

Le calcul
∮∣z∣=2ezz−1 dz=2iπ f(1)=2iπ e1.\oint_{\lvert z\rvert=2}\frac{e^z}{z-1}\,dz=2i\pi\,f(1)=2i\pi\,e^1.
∮∣z∣=2ezz−1 dz=2iπe≈17,08 i\boxed{\oint_{\lvert z\rvert=2}\frac{e^z}{z-1}\,dz=2i\pi e\approx 17{,}08\,i}

ℹ️ Le résultat est imaginaire pur, ce qui est fréquent mais pas systématique — cela tient ici à ce que f(1)=ef(1)=e soit réel.

Ce qui change si le pôle sort du contour

Sur ∣z∣=12\lvert z\rvert=\frac12, le point a=1a=1 est à l'extérieur. L'intégrande ezz−1\dfrac{e^z}{z-1} est alors holomorphe partout à l'intérieur, et le théorème de Cauchy donne

∮∣z∣=1/2ezz−1 dz=0.\oint_{\lvert z\rvert=1/2}\frac{e^z}{z-1}\,dz=0.

👉 Même intégrande, contour différent, résultat différent. C'est la position du pôle relativement au contour qui décide de tout — jamais l'expression seule.

contour a=1a=1 est… résultat
∣z∣=2\lvert z\rvert=2 dedans 2iπe2i\pi e
∣z∣=1/2\lvert z\rvert=1/2 dehors 00
∣z−1∣=3\lvert z-1\rvert=3 dedans 2iπe2i\pi e

ℹ️ La formule de Cauchy est le cas le plus simple du théorème des résidus (D1, D2) : ici il n'y a qu'un pôle, simple, de résidu f(a)f(a). Quand il y en a plusieurs, on somme.

Ce que la formule annonce pour la suite

La formule de Cauchy est le cas le plus simple du théorème des résidus, celui d'un unique pôle simple :

∮f(z)z−a dz=2iπ f(a)ouˋf(a)=Res⁡(f(z)z−a,a).\oint\frac{f(z)}{z-a}\,dz=2i\pi\,f(a)\qquad\text{où}\qquad f(a)=\operatorname{Res}\Big(\frac{f(z)}{z-a},a\Big).

👉 On peut donc relire tout le lot B comme des cas particuliers de D1 :

exercice pôles enfermés résidu intégrale
B3 (n=−1n=-1) 00 11 2iπ2i\pi
B5 11 e1e^1 2iπe2i\pi e
B6 00 (double) 11 2iπ2i\pi

⚠️ L'intérêt de garder la formule de Cauchy à part est qu'elle donne directement f(a)f(a), sans calcul de résidu. Sur un pôle simple avec numérateur holomorphe, c'est le chemin le plus court.

ℹ️ Et elle a une conséquence que le théorème des résidus n'exprime pas : la propriété de la moyenne. En paramétrant le cercle ∣z−a∣=r\lvert z-a\rvert=r, la formule devient

f(a)=12π∫02πf(a+reiθ) dθf(a)=\frac{1}{2\pi}\int_0^{2\pi}f\big(a+re^{i\theta}\big)\,d\theta

— la valeur au centre est la moyenne des valeurs sur le cercle. De là découle le principe du maximum : une fonction holomorphe non constante n'atteint jamais son maximum de module à l'intérieur d'un domaine.

Réponse. ∮∣z∣=2ezz−1 dz=2iπe\displaystyle\oint_{|z|=2}\frac{e^z}{z-1}\,dz=2i\pi e. (Recoupement : le résidu de ezz−1\tfrac{e^z}{z-1} en 11 est e1e^1 — le théorème des résidus donnera le même 2iπe2i\pi e ✓)
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Formule de Cauchy pour les dérivées

CalculDifficulté 3/5

À l'aide de ∮γf(z)(z−a)n+1 dz=2iπn!f(n)(a)\displaystyle\oint_\gamma\frac{f(z)}{(z-a)^{n+1}}\,dz=\frac{2i\pi}{n!}f^{(n)}(a), calculer ∮∣z∣=1ezz2 dz\displaystyle\oint_{|z|=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz et ∮∣z∣=1cos⁡zz3 dz\displaystyle\oint_{|z|=1}\frac{\cos z}{z^3}\,dz.

Indices (3)

Pour ezz2\tfrac{e^z}{z^2} : a=0a=0, n+1=2n+1=2 donc n=1n=1, f=ezf=e^z.

Pour cos⁡zz3\tfrac{\cos z}{z^3} : a=0a=0, n+1=3n+1=3 donc n=2n=2, f=cos⁡zf=\cos z.

f′(0)f'(0) puis f′′(0)f''(0).

Correction détaillée
La formule pour les dérivées
∮γf(z)(z−a)n+1 dz=2iπn! f(n)(a).\oint_\gamma\frac{f(z)}{(z-a)^{n+1}}\,dz=\frac{2i\pi}{n!}\,f^{(n)}(a).

👉 C'est la généralisation de B5, qui en est le cas n=0n=0 (avec 0!=10!=1 et f(0)=ff^{(0)}=f).

⚠️ Le piège est l'exposant. Au dénominateur figure (z−a)n+1(z-a)^{n+1}, pas (z−a)n(z-a)^n. Un exposant 22 correspond donc à n=1n=1, c'est-à-dire à la dérivée première. Se tromper d'un cran est l'erreur la plus fréquente sur cette formule.

Appliquer à l'intégrale demandée
∮∣z∣=1ezz2 dz.\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz.

Écrivons le dénominateur sous la forme voulue : z2=(z−0)1+1z^2=(z-0)^{1+1}, donc

f(z)=ez,a=0,n+1=2 ⟹ n=1.f(z)=e^z,\qquad a=0,\qquad n+1=2\ \Longrightarrow\ n=1.

Vérifications : eze^z est entière ✓ et a=0a=0 est à l'intérieur de ∣z∣=1\lvert z\rvert=1 ✓

Il faut la dérivée première de ff en 00 :

f′(z)=ez(A6),f′(0)=e0=1.f'(z)=e^z\quad\text{(A6)},\qquad f'(0)=e^0=1.
∮∣z∣=1ezz2 dz=2iπ1!⋅1=2iπ.\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz=\frac{2i\pi}{1!}\cdot 1=2i\pi.
∮∣z∣=1ezz2 dz=2iπ\boxed{\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz=2i\pi}
Le même résultat par le développement en série

Ce second chemin est plus long, mais il explique d'où vient le résultat — et il préfigure la méthode des résidus.

Développons eze^z et divisons par z2z^2 :

ezz2=1z2(1+z+z22+z36+⋯)=1z2+1z+12+z6+⋯\frac{e^z}{z^2}=\frac{1}{z^2}\Big(1+z+\frac{z^2}{2}+\frac{z^3}{6}+\cdots\Big)=\frac{1}{z^2}+\frac{1}{z}+\frac12+\frac{z}{6}+\cdots

Intégrons terme à terme sur le cercle. D'après B3, tout s'annule sauf le terme en z−1z^{-1} :

∮dzz2=0,∮dzz=2iπ,∮dz2=0, …\oint\frac{dz}{z^2}=0,\qquad \oint\frac{dz}{z}=2i\pi,\qquad \oint\frac{dz}{2}=0,\ \dots

Il reste 1×2iπ=2iπ1\times 2i\pi=2i\pi ✓

👉 Le coefficient de 1z\dfrac1z vaut 11 : c'est le résidu en 00. On retrouvera ce nombre en C4, où il sera calculé par la formule des pôles doubles — trois méthodes, un seul résultat.

Deux conséquences théoriques majeures

1. Une fonction holomorphe est indéfiniment dérivable. La formule exprime f(n)(a)f^{(n)}(a) par une intégrale qui a un sens pour tout nn — donc toutes les dérivées existent, dès lors que la première existe.

⚠️ C'est une différence radicale avec le réel, où ff peut être dérivable une fois sans l'être deux (x↦x2sin⁡(1/x)x\mapsto x^2\sin(1/x) prolongée par 00).

2. Les inégalités de Cauchy. En majorant l'intégrale sur ∣z−a∣=R\lvert z-a\rvert=R par M=sup⁡∣f∣M=\sup\lvert f\rvert :

∣f(n)(a)∣≤n! MRn.\lvert f^{(n)}(a)\rvert\leq\frac{n!\,M}{R^{n}}.

👉 C'est de là que sort le théorème de Liouville : une fonction entière et bornée a toutes ses dérivées nulles (faire R→∞R\to\infty), donc elle est constante. Et de Liouville découle le théorème fondamental de l'algèbre.

ℹ️ Une chaîne courte relie donc une formule de calcul d'intégrale au fait que tout polynôme complexe non constant a une racine.

Réponse. ∮∣z∣=1ezz2 dz=2iπ\displaystyle\oint_{|z|=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz=2i\pi ; ∮∣z∣=1cos⁡zz3 dz=−iπ\displaystyle\oint_{|z|=1}\frac{\cos z}{z^3}\,dz=-i\pi. (Recoupement : par les séries, ezz2=1z2+1z+⋯\tfrac{e^z}{z^2}=\tfrac1{z^2}+\tfrac1z+\cdots a pour résidu 11 ⟹\Longrightarrow 2iπ2i\pi ✓ ; cos⁡zz3=1z3−12z+⋯\tfrac{\cos z}{z^3}=\tfrac1{z^3}-\tfrac1{2z}+\cdots a pour résidu −12-\tfrac12 ⟹\Longrightarrow −iπ-i\pi ✓)
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Reconnaître une fonction holomorphe (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Soit f(z)=(x2−y2)+i 2xyf(z)=(x^2-y^2)+i\,2xy avec z=x+iyz=x+iy. Vérifier Cauchy-Riemann, reconnaître ff et donner f′f'.

Indices (3)

Identifier P=x2−y2P=x^2-y^2, Q=2xyQ=2xy.

Vérifier Px=QyP_x=Q_y et Py=−QxP_y=-Q_x.

P+iQP+iQ se reconnaît comme une puissance de zz.

Correction détaillée
Identifier $P$ et $Q$
f(z)=(x2−y2)+i (2xy)⟹P=x2−y2,Q=2xy.f(z)=(x^2-y^2)+i\,(2xy)\qquad\Longrightarrow\qquad P=x^2-y^2,\quad Q=2xy.

Rien à développer ici : l'énoncé donne déjà la séparation.

Cauchy-Riemann
∂/∂x\partial/\partial x ∂/∂y\partial/\partial y
PP 2x2x −2y-2y
QQ 2y2y 2x2x
∂P∂x=2x=∂Q∂y ✓∂P∂y=−2y=−∂Q∂x ✓\frac{\partial P}{\partial x}=2x=\frac{\partial Q}{\partial y}\ \checkmark\qquad \frac{\partial P}{\partial y}=-2y=-\frac{\partial Q}{\partial x}\ \checkmark

Vraies partout : ff est entière.

Reconnaître $f$ — la méthode sûre

👉 Poser y=0y=0, ce qui revient à se placer sur l'axe réel où z=xz=x :

f(x)=x2+i⋅0=x2.f(x)=x^2+i\cdot 0=x^2.

Sur l'axe réel, ff coïncide donc avec x↦x2x\mapsto x^2. Deux fonctions holomorphes qui coïncident sur une droite coïncident partout, donc

f(z)=z2\boxed{f(z)=z^2}

Vérification directe : z2=(x+iy)2=(x2−y2)+i(2xy)z^2=(x+iy)^2=(x^2-y^2)+i(2xy) ✓ (c'est le calcul de A1).

ℹ️ Cette astuce du y=0y=0 est plus fiable que de reconnaître la forme à l'œil : elle transforme un problème complexe en une identification réelle, où l'on ne se trompe pas.

La dérivée
f′(z)=∂P∂x+i∂Q∂x=2x+2iy=2(x+iy)=2z.f'(z)=\frac{\partial P}{\partial x}+i\frac{\partial Q}{\partial x}=2x+2iy=2(x+iy)=2z.
f′(z)=2z\boxed{f'(z)=2z}

Contrôle croisé par l'autre formule, celle de l'approche verticale :

f′=∂Q∂y−i∂P∂y=2x−i(−2y)=2x+2iy ✓f'=\frac{\partial Q}{\partial y}-i\frac{\partial P}{\partial y}=2x-i(-2y)=2x+2iy\ \checkmark

👉 Que les deux formules concordent n'est pas une coïncidence : c'est exactement ce qu'affirme Cauchy-Riemann. Les vérifier toutes les deux est donc un contrôle gratuit des dérivées partielles.

⏱️ En DS : les réflexes qui font gagner du temps

1. Reconnaître avant de calculer. Devant P+iQP+iQ, pose y=0y=0 : tu lis la fonction réelle, donc la fonction complexe. Ici f(x)=x2f(x)=x^2, donc f(z)=z2f(z)=z^2, donc f′=2zf'=2z — en trois secondes, sans dérivée partielle.

Cauchy-Riemann sert alors de vérification, pas de méthode.

2. Les deux formules de f′f' se contrôlent l'une l'autre.

f′=∂P∂x+i∂Q∂x=∂Q∂y−i∂P∂y.f'=\frac{\partial P}{\partial x}+i\frac{\partial Q}{\partial x}=\frac{\partial Q}{\partial y}-i\frac{\partial P}{\partial y}.

Si elles divergent, il y a une erreur de signe — le plus souvent sur −∂P∂y-\dfrac{\partial P}{\partial y}.

3. Le barème. Vérifier les DEUX conditions rapporte les points ; en vérifier une seule et conclure « holomorphe » n'en rapporte aucun. C'est le piège de A3, où la seconde condition passe et la première non.

👉 Le tableau à quatre cases (PP et QQ en lignes, ∂x\partial_x et ∂y\partial_y en colonnes) est la présentation la plus rapide et la plus lisible. Prenez-en l'habitude.

Le lien avec la conjuguée harmonique

Cet exercice est l'exact inverse de A5 :

on donne on cherche
A5 u=x2−y2u=x^2-y^2 seule la conjuguée vv, puis ff
E1 (ici) uu et vv vérifier, puis reconnaître ff

👉 En DS, savoir dans quel sens on va évite de refaire un travail déjà donné. Ici v=2xyv=2xy est fourni — il n'y a rien à intégrer, seulement à vérifier Cauchy-Riemann.

Contrôle supplémentaire gratuit : les deux fonctions doivent être harmoniques.

Δu=2+(−2)=0 ✓Δv=0+0=0 ✓\Delta u=2+(-2)=0\ \checkmark\qquad \Delta v=0+0=0\ \checkmark

ℹ️ Si l'une ne l'était pas, aucune fonction holomorphe ne pourrait avoir ce couple pour parties réelle et imaginaire — l'énoncé serait fautif. C'est un contrôle de cohérence à dix secondes.

Réponse. f(z)=z2f(z)=z^2, holomorphe partout, f′(z)=2zf'(z)=2z. (Recoupement : identique à A1 ✓)
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Exponentielle et logarithme complexes (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Calculer e1+iπ/2e^{1+i\pi/2} et Log⁡(−e)\operatorname{Log}(-e).

Indices (3)

ea+ib=ea(cos⁡b+isin⁡b)e^{a+ib}=e^a(\cos b+i\sin b).

cos⁡π2=0\cos\tfrac\pi2=0, sin⁡π2=1\sin\tfrac\pi2=1.

Log⁡z=ln⁡∣z∣+iarg⁡z\operatorname{Log} z=\ln|z|+i\arg z ; ∣−e∣=e|-e|=e, arg⁡(−e)=π\arg(-e)=\pi.

Correction détaillée
$e^{1+i\pi/2}$ — séparer module et argument

On applique ex+iy=ex(cos⁡y+isin⁡y)e^{x+iy}=e^x(\cos y+i\sin y) avec x=1x=1 et y=π2y=\dfrac{\pi}{2} :

e1+iπ/2=e1(cos⁡π2+isin⁡π2)=e (0+i⋅1)=ie.e^{1+i\pi/2}=e^1\Big(\cos\frac\pi2+i\sin\frac\pi2\Big)=e\,(0+i\cdot 1)=ie.
e1+iπ/2=ie≈2,718 i\boxed{e^{1+i\pi/2}=ie\approx 2{,}718\,i}

👉 Lecture géométrique : la partie réelle de l'exposant fixe le module (e1=ee^1=e), la partie imaginaire fixe l'argument (π/2\pi/2, soit un quart de tour). Le résultat est donc de module ee sur l'axe imaginaire positif.

⚠️ Ne pas écrire e1+iπ/2=e⋅eiπ/2e^{1+i\pi/2}=e\cdot e^{i\pi/2} puis s'arrêter là : il faut évaluer eiπ/2=ie^{i\pi/2}=i.

$\operatorname{Log}(-e)$ — module puis argument

Même méthode qu'en B1, en deux temps.

Module : ∣−e∣=e\lvert-e\rvert=e, donc ln⁡∣−e∣=ln⁡e=1\ln\lvert-e\rvert=\ln e=1.

Argument : −e-e est un réel négatif, donc sur l'axe réel négatif : arg⁡(−e)=π\arg(-e)=\pi.

Log⁡(−e)=1+iπ\boxed{\operatorname{Log}(-e)=1+i\pi}

Contrôle : e1+iπ=e⋅eiπ=e⋅(−1)=−ee^{1+i\pi}=e\cdot e^{i\pi}=e\cdot(-1)=-e ✓

⚠️ Le module est ee, pas −e-e : un module est toujours positif. Écrire ln⁡(−e)\ln(-e) n'aurait aucun sens — c'est ln⁡\ln du module qui intervient.

Ce que ces deux calculs mettent en regard

Les deux questions sont l'aller et le retour d'un même mécanisme :

on part de on obtient
e1+iπ/2e^{1+i\pi/2} l'exposant 1+iπ21+i\frac\pi2 module ee, argument π2\frac\pi2
Log⁡(−e)\operatorname{Log}(-e) module ee, argument π\pi l'exposant 1+iπ1+i\pi

👉 La partie réelle est le logarithme du module, la partie imaginaire est l'argument. Une fois cela en tête, les deux sens se font sans formule à retenir.

ℹ️ Rappel de B1 : Log⁡\operatorname{Log} n'est qu'une branche — Log⁡(−e)+2ikπ\operatorname{Log}(-e)+2ik\pi conviendrait aussi comme logarithme de −e-e. La branche principale impose arg⁡∈ ]−π,π]\arg\in\ ]-\pi,\pi], d'où le choix de π\pi et non −π-\pi.

⏱️ En DS : module puis argument, jamais l'inverse

La méthode en deux temps est mécanique, et elle évite toutes les erreurs :

(1) calculer ∣z∣ puis ln⁡∣z∣(2) placer le point et lire arg⁡z.\text{(1) calculer }\lvert z\rvert\ \text{puis }\ln\lvert z\rvert\qquad\text{(2) placer le point et lire }\arg z.

Les trois pièges à éviter, dans l'ordre de fréquence :

piège exemple ce qu'il faut faire
prendre ln⁡\ln d'un négatif ln⁡(−e)\ln(-e) c'est ln⁡∣−e∣=ln⁡e=1\ln\lvert-e\rvert=\ln e=1
se tromper de quadrant −1−i-1-i placer le point, pas arctan⁡(y/x)\arctan(y/x)
oublier la branche arg⁡=−π\arg=-\pi la convention est ]−π,π]]-\pi,\pi], donc π\pi

👉 Le contrôle qui coûte trois lignes et sauve une question : recalculer ereˊsultate^{\text{résultat}} et vérifier qu'on retombe sur le point de départ. Il attrape une erreur de module comme une erreur d'argument.

ℹ️ Et pour l'exponentielle, le même réflexe dans l'autre sens : partie réelle de l'exposant →\to module, partie imaginaire →\to argument.

Réponse. e1+iπ/2=eie^{1+i\pi/2}=ei ; Log⁡(−e)=1+iπ\operatorname{Log}(-e)=1+i\pi. (Recoupement : eLog⁡(−e)=e1+iπ=e⋅(−1)=−ee^{\operatorname{Log}(-e)}=e^{1+i\pi}=e\cdot(-1)=-e ✓)
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Intégrales sur le cercle unité (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Calculer ∮∣z∣=1dzz\displaystyle\oint_{|z|=1}\frac{dz}z et ∮∣z∣=1z3 dz\displaystyle\oint_{|z|=1} z^3\,dz.

Indices (3)

Résultat fondamental : ∮∣z∣=1zn dz=2iπ\oint_{|z|=1}z^n\,dz=2i\pi si n=−1n=-1, 00 sinon.

1z=z−1\tfrac1z=z^{-1} ⟹\Longrightarrow n=−1n=-1.

z3z^3 ⟹\Longrightarrow n=3≠−1n=3\neq-1.

Correction détaillée
Le résultat de référence

Les deux intégrales sont des cas particuliers du calcul fondamental de B3 :

∮∣z∣=1zn dz={2iπsi n=−10sinon\oint_{\lvert z\rvert=1}z^n\,dz=\begin{cases}2i\pi & \text{si }n=-1\\[2pt] 0 & \text{sinon}\end{cases}

Il n'y a donc rien à recalculer — seulement à identifier nn.

$\displaystyle\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{dz}{z}$

Ici 1z=z−1\dfrac1z=z^{-1}, donc n=−1n=-1 : c'est le cas non nul.

∮∣z∣=1dzz=2iπ\boxed{\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{dz}{z}=2i\pi}

Par la formule de Cauchy, on retrouve la même chose : 1z=f(z)z−0\dfrac1z=\dfrac{f(z)}{z-0} avec f≡1f\equiv 1, holomorphe, et 00 à l'intérieur. Donc l'intégrale vaut 2iπf(0)=2iπ2i\pi f(0)=2i\pi ✓

👉 Deux méthodes indépendantes, même résultat : c'est le genre de recoupement à faire quand on doute.

$\displaystyle\oint_{\lvert z\rvert=1}z^3\,dz$

Ici n=3≠−1n=3\neq-1 :

∮∣z∣=1z3 dz=0\boxed{\oint_{\lvert z\rvert=1}z^3\,dz=0}

Par la primitive, qui donne la raison de fond : z3z^3 est entière et admet z44\dfrac{z^4}{4} pour primitive uniforme. Sur un chemin fermé, le point d'arrivée est le point de départ, donc

∮z3 dz=[z44]deˊpartdeˊpart=0.\oint z^3\,dz=\left[\frac{z^4}{4}\right]_{\text{départ}}^{\text{départ}}=0.

👉 Cet argument vaut pour toute fonction entière : ∮ez dz=0\oint e^z\,dz=0, ∮cos⁡z dz=0\oint\cos z\,dz=0, etc.

Ce qu'il faut retenir de la comparaison

⚠️ La différence entre les deux ne tient ni au contour ni au degré, mais à l'existence d'une primitive uniforme.

intégrande primitive sur la couronne intégrale
z3z^3 z4/4z^4/4, uniforme 00
z−2z^{-2} −1/z-1/z, uniforme 00
z−1z^{-1} Log⁡z\operatorname{Log} z, multiforme 2iπ2i\pi

👉 Notez la deuxième ligne : z−2z^{-2} a bien une singularité en 00, et son intégrale est pourtant nulle. Singularité et intégrale non nulle sont deux choses différentes — seul le terme en z−1z^{-1} contribue.

ℹ️ C'est exactement ce que formalisera la notion de résidu : le coefficient de z−1z^{-1} dans le développement de Laurent, et rien d'autre.

⏱️ En DS : la question à se poser en premier

Devant une intégrale sur un contour fermé, une seule question compte :

y a-t-il un terme en 1z−a avec a Aˋ L’INTEˊRIEUR du contour ?\text{y a-t-il un terme en }\frac{1}{z-a}\ \text{avec }a\ \text{À L'INTÉRIEUR du contour ?}
  • non ⟹\Longrightarrow l'intégrale vaut 00 (primitive uniforme, ou théorème de Cauchy) ;
  • oui ⟹\Longrightarrow elle vaut 2iπ2i\pi fois le résidu.

Le tri se fait en trois secondes :

intégrande sur ∣z∣=1\lvert z\rvert=1 terme en z−1z^{-1} ? résultat
z3z^3, z10z^{10}, eze^z, cos⁡z\cos z non 00
z−2z^{-2}, z−5z^{-5} non 00
z−1z^{-1} oui, coefficient 11 2iπ2i\pi
ez/z2e^z/z^2 oui, coefficient 11 2iπ2i\pi

⚠️ L'erreur classique est de croire qu'une singularité suffit. z−2z^{-2} en a une et donne pourtant 00. Ce n'est pas la singularité qui compte, c'est le coefficient de z−1z^{-1}.

👉 Et vérifiez toujours que le pôle est dedans : hors du contour, il ne contribue pas.

Réponse. ∮∣z∣=1dzz=2iπ\displaystyle\oint_{|z|=1}\frac{dz}z=2i\pi ; ∮∣z∣=1z3 dz=0\displaystyle\oint_{|z|=1} z^3\,dz=0. (Recoupement : seul z−1z^{-1} contribue ✓ ; recoupé numériquement)
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Primitive d'une fonction entière (DS)

CalculDifficulté 2/5

Calculer ∫0icos⁡z  dz\displaystyle\int_0^{i}\cos z\,\,dz (le long de n'importe quel chemin de 00 à ii).

Indices (3)

cos⁡z\cos z est entière, primitive sin⁡z\sin z.

∫0icos⁡z dz=[sin⁡z]0i=sin⁡i\displaystyle\int_0^i\cos z\,dz=[\sin z]_0^i=\sin i.

sin⁡i=ei⋅i−e−i⋅i2i=e−1−e2i=isinh⁡1\sin i=\dfrac{e^{i\cdot i}-e^{-i\cdot i}}{2i}=\dfrac{e^{-1}-e}{2i}=i\sinh1.

Correction détaillée
Une fonction entière : le chemin n'importe pas

cos⁡z\cos z est entière — elle s'écrit avec zz seul, et l'on peut aussi le voir par cos⁡z=eiz+e−iz2\cos z=\dfrac{e^{iz}+e^{-iz}}{2}, combinaison d'exponentielles entières (A6).

Elle admet donc une primitive holomorphe sur C\mathbb{C} tout entier, à savoir sin⁡z\sin z. Par le théorème de B4 :

∫0icos⁡z dz=[sin⁡z]0i=sin⁡(i)−sin⁡(0)=sin⁡(i).\int_0^{i}\cos z\,dz=\big[\sin z\big]_0^{i}=\sin(i)-\sin(0)=\sin(i).

👉 C'est pour cela que l'énoncé précise « le long de n'importe quel chemin » : la valeur ne dépend que des extrémités.

Calculer $\sin(i)$

La définition du sinus complexe se lit sur les exponentielles :

sin⁡z=eiz−e−iz2i.\sin z=\frac{e^{iz}-e^{-iz}}{2i}.

En z=iz=i, les exposants deviennent réels : i⋅i=−1i\cdot i=-1 et −i⋅i=1-i\cdot i=1.

sin⁡(i)=e−1−e12i=−(e−e−1)2i.\sin(i)=\frac{e^{-1}-e^{1}}{2i}=\frac{-(e-e^{-1})}{2i}.

Il reste à faire disparaître le ii du dénominateur, en multipliant haut et bas par ii (donc en utilisant 1i=−i\frac1i=-i) :

sin⁡(i)=−e−e−12⋅1i=−e−e−12⋅(−i)=i e−e−12=isinh⁡1.\sin(i)=-\frac{e-e^{-1}}{2}\cdot\frac1i=-\frac{e-e^{-1}}{2}\cdot(-i)=i\,\frac{e-e^{-1}}{2}=i\sinh 1.
∫0icos⁡z dz=isinh⁡1≈1,1752 i\boxed{\int_0^{i}\cos z\,dz=i\sinh 1\approx 1{,}1752\,i}
⚠️ Le sinus complexe n'est PAS borné

∣sin⁡(i)∣=sinh⁡1≈1,175>1\lvert\sin(i)\rvert=\sinh 1\approx 1{,}175>1.

👉 Sur R\mathbb{R}, ∣sin⁡x∣≤1\lvert\sin x\rvert\leq 1 toujours. Sur C\mathbb{C}, c'est faux : le long de l'axe imaginaire, sin⁡(iy)=isinh⁡y\sin(iy)=i\sinh y croît exponentiellement.

∣sin⁡(10i)∣=sinh⁡10≈11 013.\lvert\sin(10i)\rvert=\sinh 10\approx 11\,013.

⚠️ C'est une erreur d'intuition classique : on transporte la borne réelle sans y penser. Aucune fonction entière non constante n'est bornée — c'est le théorème de Liouville (B6). Si sin⁡\sin restait borné sur C\mathbb{C}, il serait constant.

ℹ️ Les liens à connaître : sin⁡(iy)=isinh⁡y\sin(iy)=i\sinh y et cos⁡(iy)=cosh⁡y\cos(iy)=\cosh y. Les fonctions trigonométriques et hyperboliques sont la même chose, vue sur deux axes perpendiculaires.

⏱️ En DS : la question à se poser en premier

Devant une intégrale sur un contour fermé, une seule question compte :

y a-t-il un terme en 1z−a avec a Aˋ L’INTEˊRIEUR du contour ?\text{y a-t-il un terme en }\frac{1}{z-a}\ \text{avec }a\ \text{À L'INTÉRIEUR du contour ?}
  • non ⟹\Longrightarrow l'intégrale vaut 00 (primitive uniforme, ou théorème de Cauchy) ;
  • oui ⟹\Longrightarrow elle vaut 2iπ2i\pi fois le résidu.

Le tri se fait en trois secondes :

intégrande sur ∣z∣=1\lvert z\rvert=1 terme en z−1z^{-1} ? résultat
z3z^3, z10z^{10}, eze^z, cos⁡z\cos z non 00
z−2z^{-2}, z−5z^{-5} non 00
z−1z^{-1} oui, coefficient 11 2iπ2i\pi
ez/z2e^z/z^2 oui, coefficient 11 2iπ2i\pi

⚠️ L'erreur classique est de croire qu'une singularité suffit. z−2z^{-2} en a une et donne pourtant 00. Ce n'est pas la singularité qui compte, c'est le coefficient de z−1z^{-1}.

👉 Et vérifiez toujours que le pôle est dedans : hors du contour, il ne contribue pas.

Réponse. ∫0icos⁡z dz=sin⁡i=isinh⁡1≈1,175 i\displaystyle\int_0^i\cos z\,dz=\sin i=i\sinh1\approx1{,}175\,i. (Recoupement : sin⁡(iy)=isinh⁡y\sin(iy)=i\sinh y, indépendance du chemin car cos⁡z\cos z a une primitive ✓)
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Formule de Cauchy (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Calculer ∮∣z∣=3zz−2 dz\displaystyle\oint_{|z|=3}\frac{z}{z-2}\,dz.

Indices (3)

Formule de Cauchy : ∮γf(z)z−adz=2iπf(a)\oint_\gamma\tfrac{f(z)}{z-a}dz=2i\pi f(a) si aa enfermé.

f(z)=zf(z)=z, a=2a=2, et ∣2∣=2<3|2|=2<3.

f(2)=2f(2)=2.

Correction détaillée
Reconnaître la forme de Cauchy
∮∣z∣=3zz−2 dz.\oint_{\lvert z\rvert=3}\frac{z}{z-2}\,dz.

C'est f(z)z−a\dfrac{f(z)}{z-a} avec

f(z)=z,a=2.f(z)=z,\qquad a=2.

Vérification 1 : f(z)=zf(z)=z est entière ✓

Vérification 2 : ∣a∣=2<3\lvert a\rvert=2<3, donc le pôle est à l'intérieur du cercle ∣z∣=3\lvert z\rvert=3 ✓

⚠️ Ne pas se laisser piéger par le zz du numérateur : c'est bien lui, la fonction ff, et il faut l'évaluer en aa, pas le laisser tel quel.

Le calcul
∮∣z∣=3zz−2 dz=2iπ f(2)=2iπ⋅2.\oint_{\lvert z\rvert=3}\frac{z}{z-2}\,dz=2i\pi\,f(2)=2i\pi\cdot 2.
∮∣z∣=3zz−2 dz=4iπ\boxed{\oint_{\lvert z\rvert=3}\frac{z}{z-2}\,dz=4i\pi}
Contrôle par la décomposition

Ce second chemin est instructif car il montre où le résultat se fabrique. Écrivons

zz−2=(z−2)+2z−2=1+2z−2.\frac{z}{z-2}=\frac{(z-2)+2}{z-2}=1+\frac{2}{z-2}.

Intégrons les deux morceaux séparément :

∮1 dz=0(fonction entieˋre, primitive z uniforme),\oint 1\,dz=0\qquad\text{(fonction entière, primitive }z\text{ uniforme)},
∮2z−2 dz=2⋅2iπ=4iπ(cas fondamental de B3, translateˊ en 2).\oint\frac{2}{z-2}\,dz=2\cdot 2i\pi=4i\pi\qquad\text{(cas fondamental de B3, translaté en }2).

Total : 0+4iπ=4iπ0+4i\pi=4i\pi ✓

👉 Tout vient du coefficient devant 1z−2\dfrac{1}{z-2}, qui vaut 22. C'est le résidu en 22 — et l'on retrouve f(a)=2f(a)=2. Les deux méthodes calculent la même chose par deux chemins.

Ce qui changerait si le contour était plus petit
contour a=2a=2 est… résultat
∣z∣=3\lvert z\rvert=3 dedans 4iπ4i\pi
∣z∣=1\lvert z\rvert=1 dehors 00
∣z−2∣=12\lvert z-2\rvert=\frac12 dedans 4iπ4i\pi

👉 Sur ∣z∣=1\lvert z\rvert=1, l'intégrande est holomorphe partout à l'intérieur : théorème de Cauchy, l'intégrale est nulle.

👉 Sur le petit cercle centré en 22, le pôle est de nouveau enfermé et l'on retrouve 4iπ4i\pi — le rayon n'intervient pas, seule compte la position du pôle.

⚠️ Toujours faire un croquis : placer le pôle, tracer le contour, décider s'il est dedans. C'est un dessin de dix secondes qui évite la faute la plus coûteuse du chapitre.

⏱️ En DS : le tri en trois secondes

👉 Devant ∮quelque chosez−a dz\displaystyle\oint\frac{\text{quelque chose}}{z-a}\,dz, une seule question :

∣a∣ vs le rayon du contour.\lvert a\rvert\ \text{vs le rayon du contour.}
  • dedans ⟹\Longrightarrow 2iπf(a)2i\pi f(a) ;
  • dehors ⟹\Longrightarrow 00.

Le barème récompense le tri, pas le calcul. Sur cet exercice, écrire « 2=∣a∣<32=\lvert a\rvert<3, donc le pôle est intérieur » vaut autant que la valeur finale — et l'omettre coûte des points même avec le bon résultat.

erreur fréquente ce qu'elle donne ce qu'il fallait
ne pas évaluer ff en aa 2iπz2i\pi z 2iπ⋅22i\pi\cdot 2
oublier de vérifier la position risque de 00 ou 4iπ4i\pi au hasard le croquis
confondre ff et l'intégrande f=zz−2f=\frac{z}{z-2} f=zf=z

👉 La troisième est la plus coûteuse. ff est ce qui reste une fois 1z−a\dfrac{1}{z-a} mis à part — jamais l'intégrande entier.

Réponse. ∮∣z∣=3zz−2 dz=4iπ\displaystyle\oint_{|z|=3}\frac{z}{z-2}\,dz=4i\pi. (Recoupement : Res⁡(zz−2,2)=2\operatorname{Res}\big(\tfrac z{z-2},2\big)=2, le théorème des résidus donne 2iπ⋅2=4iπ2i\pi\cdot2=4i\pi ✓ ; recoupé numériquement)
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Cauchy pour une dérivée (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Calculer ∮∣z∣=1ezz2 dz\displaystyle\oint_{|z|=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz.

Indices (3)

∮γf(z)(z−a)n+1dz=2iπn!f(n)(a)\oint_\gamma\tfrac{f(z)}{(z-a)^{n+1}}dz=\tfrac{2i\pi}{n!}f^{(n)}(a).

Ici a=0a=0, n+1=2n+1=2 ⟹\Longrightarrow n=1n=1, f=ezf=e^z.

f′(0)=e0=1f'(0)=e^0=1.

Correction détaillée
Identifier l'ordre du pôle
∮∣z∣=1ezz2 dz.\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz.

Le dénominateur est z2z^2, donc le pôle en 00 est double — ce n'est pas la formule de Cauchy simple, mais celle des dérivées (B6) :

∮γf(z)(z−a)n+1 dz=2iπn!f(n)(a).\oint_\gamma\frac{f(z)}{(z-a)^{n+1}}\,dz=\frac{2i\pi}{n!}f^{(n)}(a).

⚠️ Le décalage d'indice est le piège. L'exposant du dénominateur est n+1n+1, donc

z2=(z−0)n+1 ⟹ n+1=2 ⟹ n=1.z^2=(z-0)^{n+1}\ \Longrightarrow\ n+1=2\ \Longrightarrow\ n=1.

On aura donc besoin de la dérivée première, pas de la seconde.

Le calcul

Avec f(z)=ezf(z)=e^z, a=0a=0, n=1n=1 :

f′(z)=ez(A6),f′(0)=1.f'(z)=e^z\quad\text{(A6)},\qquad f'(0)=1.
∮∣z∣=1ezz2 dz=2iπ1! f′(0)=2iπ.\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz=\frac{2i\pi}{1!}\,f'(0)=2i\pi.
∮∣z∣=1ezz2 dz=2iπ\boxed{\oint_{\lvert z\rvert=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz=2i\pi}

Vérifications : eze^z est entière ✓, a=0a=0 est à l'intérieur ✓

Le contrôle par la série — plus sûr que la formule

Développons eze^z puis divisons :

ezz2=1z2(1+z+z22+⋯)=1z2⏟→0+1z⏟→2iπ+12+z6+⋯⏟→0\frac{e^z}{z^2}=\frac{1}{z^2}\Big(1+z+\frac{z^2}{2}+\cdots\Big)=\underbrace{\frac{1}{z^2}}_{\to 0}+\underbrace{\frac{1}{z}}_{\to 2i\pi}+\underbrace{\frac12+\frac z6+\cdots}_{\to 0}

D'après B3, seul le terme en z−1z^{-1} survit à l'intégration, et son coefficient vaut 11 :

∮ezz2 dz=1×2iπ=2iπ ✓\oint\frac{e^z}{z^2}\,dz=1\times 2i\pi=2i\pi\ \checkmark

👉 Cette méthode est plus robuste que la formule, parce qu'elle ne demande pas de se souvenir du décalage n+1n+1. On développe, on lit le coefficient de 1z\dfrac1z, on multiplie par 2iπ2i\pi.

ℹ️ C'est déjà la méthode des résidus, appliquée sans le nom. Elle sera formalisée en C4 et systématisée en D1.

⏱️ En DS : la question à se poser en premier

Devant une intégrale sur un contour fermé, une seule question compte :

y a-t-il un terme en 1z−a avec a Aˋ L’INTEˊRIEUR du contour ?\text{y a-t-il un terme en }\frac{1}{z-a}\ \text{avec }a\ \text{À L'INTÉRIEUR du contour ?}
  • non ⟹\Longrightarrow l'intégrale vaut 00 (primitive uniforme, ou théorème de Cauchy) ;
  • oui ⟹\Longrightarrow elle vaut 2iπ2i\pi fois le résidu.

Le tri se fait en trois secondes :

intégrande sur ∣z∣=1\lvert z\rvert=1 terme en z−1z^{-1} ? résultat
z3z^3, z10z^{10}, eze^z, cos⁡z\cos z non 00
z−2z^{-2}, z−5z^{-5} non 00
z−1z^{-1} oui, coefficient 11 2iπ2i\pi
ez/z2e^z/z^2 oui, coefficient 11 2iπ2i\pi

⚠️ L'erreur classique est de croire qu'une singularité suffit. z−2z^{-2} en a une et donne pourtant 00. Ce n'est pas la singularité qui compte, c'est le coefficient de z−1z^{-1}.

👉 Et vérifiez toujours que le pôle est dedans : hors du contour, il ne contribue pas.

Les trois méthodes, et laquelle choisir

Cette intégrale se traite de trois façons, toutes vues dans le chapitre :

méthode ce qu'il faut savoir risque
Cauchy pour les dérivées (B6) le décalage n+1n+1 se tromper de nn
développement en série ez=1+z+⋯e^z=1+z+\cdots aucun
théorème des résidus (C4) formule du pôle double dériver de trop

👉 En DS, préférez la série. Elle ne demande aucune formule à retenir : on développe, on lit le coefficient de 1z\dfrac1z, on multiplie par 2iπ2i\pi. Les deux autres exigent un indice qu'on peut décaler.

ezz2=1z2+1z⏟coefficient 1+12+⋯⟹2iπ⋅1=2iπ.\frac{e^z}{z^2}=\frac{1}{z^2}+\underbrace{\frac{1}{z}}_{\text{coefficient }1}+\frac12+\cdots\qquad\Longrightarrow\qquad 2i\pi\cdot 1=2i\pi.

ℹ️ Et si le numérateur était e2ze^{2z} ? Le développement donnerait 1z2+2z+⋯\dfrac{1}{z^2}+\dfrac{2}{z}+\cdots, donc 4iπ4i\pi. La formule de B6 donnerait 2iπ⋅(e2z)′(0)=2iπ⋅22i\pi\cdot(e^{2z})'(0)=2i\pi\cdot 2 — même chose, mais il fallait penser à dériver l'exponentielle composée.

Réponse. ∮∣z∣=1ezz2 dz=2iπ\displaystyle\oint_{|z|=1}\frac{e^z}{z^2}\,dz=2i\pi. (Recoupement : Res⁡(ezz2,0)=1\operatorname{Res}\big(\tfrac{e^z}{z^2},0\big)=1 (cf. C4) ⟹\Longrightarrow 2iπ2i\pi ✓ ; recoupé numériquement)
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