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Exercices corrigés — Dénombrement de Burnside

Algèbre · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Dénombrement de Burnside Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Vérifier les axiomes d'une action

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que les rotations C4={id,r,r2,r3}C_4=\{\mathrm{id},r,r^2,r^3\} (où rr tourne d'un quart de tour) définissent une action de Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} sur les 44 sommets d'un carré. Préciser la permutation associée à rr.

Indices (3)

Numéroter les sommets 0,1,2,30,1,2,3 dans le sens direct ; rr envoie i↦i+1 mod 4i\mapsto i+1\bmod 4.

Vérifier les deux axiomes : e⋅x=xe\cdot x=x et g⋅(h⋅x)=(gh)⋅xg\cdot(h\cdot x)=(gh)\cdot x.

Une action == un morphisme Z/4Z→S4\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\to S_4.

Correction détaillée
Ce qu'il faut vérifier, et pourquoi c'est peu

Une action de GG sur XX est une application G×X→XG\times X\to X vérifiant deux axiomes, et deux seulement :

e⋅x=xetg⋅(h⋅x)=(gh)⋅x\boxed{e\cdot x=x\qquad\text{et}\qquad g\cdot(h\cdot x)=(gh)\cdot x}

Rien d'autre. Ni bijectivité, ni continuité — elles se déduisent, comme on le voit à l'étape 3.

Ici G=Z/4ZG=\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} agit sur X={0,1,2,3}X=\{0,1,2,3\}, les sommets du carré numérotés dans le sens direct, et kˉ\bar k agit par la rotation de kk quarts de tour :

kˉ⋅i=i+k  mod 4\bar k\cdot i=i+k\ \bmod 4
Étape 1 — L'axiome du neutre
0ˉ⋅i=i+0=i  mod 4 ✓\bar 0\cdot i=i+0=i\ \bmod 4\ \checkmark

L'identité ne bouge aucun sommet — c'est la rotation d'angle nul.

Étape 2 — L'axiome de composition
kˉ⋅(lˉ⋅i)=kˉ⋅(i+l)=(i+l)+k=i+(k+l)=(k+l)‾⋅i ✓\bar k\cdot(\bar l\cdot i)=\bar k\cdot(i+l)=(i+l)+k=i+(k+l)=\overline{(k+l)}\cdot i\ \checkmark

Tourner de ll puis de kk, c'est tourner de k+lk+l — et l'addition dans Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} est exactement ce dont on a besoin.

⚠️ Le calcul se fait modulo 44 des deux côtés, ce qui est cohérent : quatre quarts de tour ramènent à la position de départ.

c′est bien une action\boxed{c'est\ bien\ une\ action}
Étape 3 — Les permutations associées

Chaque élément de GG donne une PERMUTATION de XX — c'est une conséquence des axiomes, pas une hypothèse :

σg: x↦g⋅xadmet σg−1 pour inverse\sigma_g:\ x\mapsto g\cdot x\qquad\text{admet } \sigma_{g^{-1}}\ \text{pour inverse}

car σg−1∘σg=σg−1g=σe=id\sigma_{g^{-1}}\circ\sigma_g=\sigma_{g^{-1}g}=\sigma_e=\mathrm{id}.

0ˉid4 points fixes1ˉ(0 1 2 3)un 4-cycle2ˉ(0 2)(1 3)deux 2-cycles3ˉ(0 3 2 1)un 4-cycle\begin{array}{lll} \bar 0 & \mathrm{id} & \text{4 points fixes}\\ \bar 1 & (0\,1\,2\,3) & \text{un } 4\text{-cycle}\\ \bar 2 & (0\,2)(1\,3) & \text{deux } 2\text{-cycles}\\ \bar 3 & (0\,3\,2\,1) & \text{un } 4\text{-cycle} \end{array}

Vérification sur 2ˉ\bar 2 : 0↦20\mapsto 2, 1↦31\mapsto 3, 2↦02\mapsto 0, 3↦13\mapsto 1 — la rotation d'un demi-tour échange les sommets opposés ✓

Ce que cette action annonce
une action de G sur X = un morphisme G→SX\boxed{\text{une action de } G\ \text{sur } X\ =\ \text{un morphisme } G\to S_X}

C'est la définition équivalente, et c'est elle qui rend les actions calculables : ici Z/4Z→S4\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\to S_4, d'image le sous-groupe cyclique engendré par (0 1 2 3)(0\,1\,2\,3).

La colonne « nombre de cycles » est déjà l'outil du lot B : le lemme de Burnside comptera les points fixes, et le nombre de cycles donnera ∣Fix∣=qc\lvert\mathrm{Fix}\rvert=q^{c} pour un coloriage à qq couleurs.

gcycles∣Fix(g)∣ sur les coloriages aˋ 2 couleurs0ˉ424=161ˉ121=22ˉ222=43ˉ12\begin{array}{lll} g & \text{cycles} & \lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert\ \text{sur les coloriages \`a } 2\ \text{couleurs}\\\hline \bar 0 & 4 & 2^4=16\\ \bar 1 & 1 & 2^1=2\\ \bar 2 & 2 & 2^2=4\\ \bar 3 & 1 & 2 \end{array}

👉 Moyenne : (16+2+4+2)/4=6(16+2+4+2)/4=6 — c'est déjà la réponse de l'exercice B2, six colliers distincts. Tout le lot B n'est que l'exploitation de ce tableau.

Réponse. Action de Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} sur {0,1,2,3}\{0,1,2,3\} ; r=(0 1 2 3)r=(0\,1\,2\,3). (Vérifié machine : A1 ✓)
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Orbite et stabilisateur

CalculDifficulté 3/5

C4C_4 agit sur les 44 sommets du carré par rotation. Déterminer l'orbite et le stabilisateur du sommet 00, et vérifier le théorème orbite-stabilisateur.

Indices (3)

L'orbite : appliquer les 44 rotations à 00.

Le stabilisateur : quelles rotations fixent 00 ?

Vérifier ∣O(0)∣⋅∣Stab(0)∣=∣C4∣\lvert\mathcal O(0)\rvert\cdot\lvert\mathrm{Stab}(0)\rvert=\lvert C_4\rvert.

Correction détaillée
Les deux réponses, et le théorème qu'elles illustrent

C4C_4 agit sur les 44 sommets du carré par rotation.

O(0)={0,1,2,3} — TOUT X,Stab(0)={id}\boxed{\mathcal O(0)=\{0,1,2,3\}\ \text{— TOUT } X,\qquad \mathrm{Stab}(0)=\{\mathrm{id}\}}
∣O(0)∣⋅∣Stab(0)∣=4×1=4=∣C4∣ ✓\lvert\mathcal O(0)\rvert\cdot\lvert\mathrm{Stab}(0)\rvert=4\times 1=4=\lvert C_4\rvert\ \checkmark

L'action est donc TRANSITIVE (une seule orbite) et LIBRE (stabilisateurs triviaux) — c'est le cas le plus simple possible, et il vaut d'être vu avant les autres.

Étape 1 — L'orbite
O(0)={g⋅0 : g∈C4}\mathcal O(0)=\{g\cdot 0\ :\ g\in C_4\}
0ˉ⋅0=01ˉ⋅0=12ˉ⋅0=23ˉ⋅0=3\begin{array}{ll} \bar 0\cdot 0=0 & \\ \bar 1\cdot 0=1 & \\ \bar 2\cdot 0=2 & \\ \bar 3\cdot 0=3 & \end{array}
O(0)={0,1,2,3}=X\boxed{\mathcal O(0)=\{0,1,2,3\}=X}

Une rotation bien choisie amène le sommet 00 sur n'importe quel autre — géométriquement évident, et c'est ce qu'on appelle la transitivité.

Étape 2 — Le stabilisateur
Stab(0)={g∈C4 : g⋅0=0}\mathrm{Stab}(0)=\{g\in C_4\ :\ g\cdot 0=0\}
kˉ⋅0=k  mod 4=0  ⟺  k≡0(mod4)\bar k\cdot 0=k\ \bmod 4=0\iff k\equiv 0\pmod 4
Stab(0)={0ˉ}={id}\boxed{\mathrm{Stab}(0)=\{\bar 0\}=\{\mathrm{id}\}}

Seule la rotation nulle laisse un sommet en place : toute autre rotation déplace tous les sommets.

👉 C'est un SOUS-GROUPE, toujours — il contient ee, et il est stable par produit et inverse. C'est ce qui rend le théorème de l'exercice A3 possible.

Étape 3 — Le contrôle
∣O(0)∣×∣Stab(0)∣=4×1=4=∣C4∣ ✓\lvert\mathcal O(0)\rvert\times\lvert\mathrm{Stab}(0)\rvert=4\times 1=4=\lvert C_4\rvert\ \checkmark

Ce contrôle doit devenir un réflexe : dès qu'on calcule une orbite ou un stabilisateur, le produit doit rendre ∣G∣\lvert G\rvert. Une erreur de calcul se voit immédiatement.

Et il vaut pour TOUT sommet : par symétrie, O(i)=X\mathcal O(i)=X et Stab(i)={id}\mathrm{Stab}(i)=\{\mathrm{id}\} pour chaque ii.

une action transitive et libre : ∣X∣=∣G∣\boxed{\text{une action transitive et libre : } \lvert X\rvert=\lvert G\rvert}
Le contraste avec $D_4$, qui éclaire les deux notions

Le groupe diédral D4D_4 (rotations et réflexions, ∣D4∣=8\lvert D_4\rvert=8) agit sur les mêmes 44 sommets :

∣G∣∣O(0)∣∣Stab(0)∣C4441D4842\begin{array}{lccc} & \lvert G\rvert & \lvert\mathcal O(0)\rvert & \lvert\mathrm{Stab}(0)\rvert\\\hline C_4 & 4 & 4 & \mathbf{1}\\ D_4 & 8 & 4 & \mathbf{2} \end{array}

L'orbite ne change PAS — elle est déjà tout XX, elle ne peut pas grandir. C'est le STABILISATEUR qui double : la réflexion d'axe passant par 00 et 22 fixe le sommet 00.

StabD4(0)={id, s}avec s=(1 3)\mathrm{Stab}_{D_4}(0)=\{\mathrm{id},\ s\}\qquad\text{avec } s=(1\,3)
4×2=8=∣D4∣ ✓4\times 2=8=\lvert D_4\rvert\ \checkmark

👉 Un groupe plus gros agissant sur le même ensemble a des stabilisateurs plus gros, l'orbite étant bornée par ∣X∣\lvert X\rvert. C'est exactement ce que dit le théorème orbite-stabilisateur, lu comme une contrainte.

Réponse. O(0)={0,1,2,3}\mathcal O(0)=\{0,1,2,3\}, Stab(0)={id}\mathrm{Stab}(0)=\{\mathrm{id}\}, 4×1=44\times 1=4. (Vérifié machine : A2 ✓)
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Théorème orbite-stabilisateur

DémonstrationDifficulté 3/5

Démontrer le théorème orbite-stabilisateur : pour GG fini agissant sur XX et x∈Xx\in X, ∣O(x)∣⋅∣Stab(x)∣=∣G∣\lvert\mathcal O(x)\rvert\cdot\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert=\lvert G\rvert. Illustrer avec D4D_4 (symétries du carré) agissant sur les 44 sommets.

Indices (3)

Construire une application des classes à gauche g Stab(x)g\,\mathrm{Stab}(x) vers l'orbite.

g⋅x=h⋅x  ⟺  h−1g∈Stab(x)g\cdot x=h\cdot x\iff h^{-1}g\in\mathrm{Stab}(x).

Conclure par Lagrange (∣O(x)∣=[G:Stab(x)]\lvert\mathcal O(x)\rvert=[G:\mathrm{Stab}(x)]).

Correction détaillée
Le théorème, et pourquoi il est l'outil central
∣O(x)∣⋅∣Stab(x)∣=∣G∣\boxed{\lvert\mathcal O(x)\rvert\cdot\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert=\lvert G\rvert}

Ce qu'il apporte : il relie une donnée géométrique (combien de positions le point peut-il occuper ?) à une donnée algébrique (combien d'éléments le laissent en place ?), et il en fait des diviseurs de ∣G∣\lvert G\rvert.

∣O(x)∣ DIVISE ∣G∣\boxed{\lvert\mathcal O(x)\rvert\ \text{DIVISE}\ \lvert G\rvert}

👉 C'est cette divisibilité qui fait tout le lot C — équation des classes, centre d'un pp-groupe, Cauchy, Sylow. Tous en découlent.

Étape 1 — Construire la bijection

L'idée : deux éléments amènent xx au même endroit exactement quand ils diffèrent d'un élément du stabilisateur.

g⋅x=h⋅x  ⟺  h−1g⋅x=x  ⟺  h−1g∈Stab(x)  ⟺  gStab(x)=hStab(x)g\cdot x=h\cdot x\iff h^{-1}g\cdot x=x\iff h^{-1}g\in\mathrm{Stab}(x)\iff g\mathrm{Stab}(x)=h\mathrm{Stab}(x)

La première équivalence s'obtient en appliquant h−1h^{-1} aux deux membres, ce qui est licite puisque σh\sigma_{h} est bijective (exercice A1).

On définit donc

Φ: G/Stab(x) ⟶ O(x),g Stab(x)⟼g⋅x\Phi:\ G/\mathrm{Stab}(x)\ \longrightarrow\ \mathcal O(x),\qquad g\,\mathrm{Stab}(x)\longmapsto g\cdot x

Bien définie ET injective — c'est la même chaîne d'équivalences, lue dans les deux sens. Surjective par définition de l'orbite.

Étape 2 — Conclure par Lagrange
∣O(x)∣=∣G/Stab(x)∣=[G:Stab(x)]=∣G∣∣Stab(x)∣\lvert\mathcal O(x)\rvert=\lvert G/\mathrm{Stab}(x)\rvert=[G:\mathrm{Stab}(x)]=\frac{\lvert G\rvert}{\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert}

la dernière égalité étant le théorème de Lagrange, applicable car Stab(x)\mathrm{Stab}(x) est un sous-groupe de GG.

∣O(x)∣⋅∣Stab(x)∣=∣G∣\boxed{\lvert\mathcal O(x)\rvert\cdot\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert=\lvert G\rvert}

⚠️ G/Stab(x)G/\mathrm{Stab}(x) est un ensemble de CLASSES, pas un groupe — le stabilisateur n'est pas normal en général. Cela ne gêne pas : on n'a besoin que du cardinal.

Étape 3 — L'illustration sur $D_4$

D4D_4 (ordre 88) agit sur les 44 sommets du carré.

O(0)={0,1,2,3}— transitive\mathcal O(0)=\{0,1,2,3\}\qquad\text{— transitive}

Le stabilisateur du sommet 00 contient l'identité et la réflexion d'axe la diagonale 00–22, qui échange 11 et 33 :

Stab(0)={id, (1 3)}\mathrm{Stab}(0)=\{\mathrm{id},\ (1\,3)\}
4×2=8=∣D4∣ ✓\boxed{4\times 2=8=\lvert D_4\rvert\ \checkmark}

Et sur les ARÊTES, même groupe, autre action :

∣O(a)∣=4,∣Stab(a)∣=2 (la reˊflexion d’axe meˊdiateur),4×2=8 ✓\lvert\mathcal O(a)\rvert=4,\qquad \lvert\mathrm{Stab}(a)\rvert=2\ \text{(la r\'eflexion d'axe m\'ediateur)},\qquad 4\times 2=8\ \checkmark

👉 Le même groupe, deux actions, deux stabilisateurs différents — mais toujours le même produit. C'est ce qui rend le théorème utile comme contrôle.

Les conséquences immédiates
∣O(x)∣ divise ∣G∣toujoursaction LIBRE  ⟺  tous les Stab={e}alors toutes les orbites ont ∣G∣ eˊleˊmentsaction TRANSITIVE  ⟺  une seule orbitealors ∣X∣ divise ∣G∣libre ET transitive∣X∣=∣G∣ (c’est CAYLEY, exercice A4)\begin{array}{ll} \lvert\mathcal O(x)\rvert\ \text{divise}\ \lvert G\rvert & \text{toujours}\\ \text{action LIBRE} \iff \text{tous les } \mathrm{Stab}=\{e\} & \text{alors toutes les orbites ont } \lvert G\rvert\ \text{\'el\'ements}\\ \text{action TRANSITIVE} \iff \text{une seule orbite} & \text{alors } \lvert X\rvert\ \text{divise}\ \lvert G\rvert\\ \text{libre ET transitive} & \lvert X\rvert=\lvert G\rvert\ \text{(c'est CAYLEY, exercice A4)} \end{array}

Application typique : un groupe d'ordre 1212 ne peut pas agir transitivement sur un ensemble à 55 éléments, car 5∤125\nmid 12.

le theˊoreˋme est un CRITEˋRE D’IMPOSSIBILITEˊ\boxed{\text{le th\'eor\`eme est un CRIT\`ERE D'IMPOSSIBILIT\'E}}

👉 Et appliqué à la conjugaison (exercice A5), il donne que la taille d'une classe de conjugaison divise ∣G∣\lvert G\rvert — d'où l'équation des classes, et toute la suite du lot C.

Réponse. ∣O(x)∣⋅∣Stab(x)∣=∣G∣\lvert\mathcal O(x)\rvert\cdot\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert=\lvert G\rvert ; pour D4D_4 sur les sommets : 4×2=84\times 2=8. (Vérifié machine : A3 ✓)
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Théorème de Cayley

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que la translation à gauche g⋅x=gxg\cdot x=gx définit une action de GG sur lui-même, libre et transitive. En déduire le théorème de Cayley : tout groupe fini d'ordre nn se plonge dans SnS_n.

Indices (3)

Vérifier les axiomes de l'action.

Libre : g⋅x=xg\cdot x=x entraîne g=eg=e. Transitive : passer de xx à yy.

Le morphisme associé G→SnG\to S_n a quel noyau ?

Correction détaillée
Ce qu'on démontre
la translation g⋅x=gx est une action LIBRE et TRANSITIVE de G sur lui-meˆme\boxed{\text{la translation } g\cdot x=gx\ \text{est une action LIBRE et TRANSITIVE de } G\ \text{sur lui-m\^eme}}
THEˊOREˋME DE CAYLEY: ∣G∣=n ⟹ G ↪ Sn\boxed{\text{TH\'EOR\`EME DE CAYLEY} : \ \lvert G\rvert=n\ \Longrightarrow\ G\ \hookrightarrow\ S_n}

Tout groupe fini est un groupe de permutations. C'est un énoncé remarquable : il dit que l'abstraction « groupe » n'ajoute rien à la notion concrète de permutation.

Étape 1 — C'est une action
e⋅x=ex=x ✓e\cdot x=ex=x\ \checkmark
g⋅(h⋅x)=g(hx)=(gh)x=(gh)⋅x ✓g\cdot(h\cdot x)=g(hx)=(gh)x=(gh)\cdot x\ \checkmark

Le second axiome est exactement l'ASSOCIATIVITÉ du groupe — rien de plus. C'est ce qui rend cette action « gratuite » : elle existe pour tout groupe, sans hypothèse.

Étape 2 — Libre et transitive

TRANSITIVE : pour x,y∈Gx,y\in G, l'élément g=yx−1g=yx^{-1} vérifie

g⋅x=yx−1x=yg\cdot x=yx^{-1}x=y
une seule orbite=G\boxed{\text{une seule orbite} = G}

LIBRE : si g⋅x=xg\cdot x=x, alors gx=xgx=x, donc en multipliant à droite par x−1x^{-1} :

g=eg=e
Stab(x)={e} pour tout x\boxed{\mathrm{Stab}(x)=\{e\}\ \text{pour tout } x}

Contrôle par le théorème orbite-stabilisateur :

∣O(x)∣⋅∣Stab(x)∣=∣G∣×1=∣G∣ ✓\lvert\mathcal O(x)\rvert\cdot\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert=\lvert G\rvert\times 1=\lvert G\rvert\ \checkmark

👉 L'existence de x−1x^{-1} est employée DEUX fois — c'est elle qui distingue un groupe d'un monoïde, et le théorème serait faux sans elle.

Étape 3 — Cayley

Une action, c'est un morphisme vers le groupe symétrique (exercice A1) :

φ: G⟶SG,φ(g)=(x↦gx)\varphi:\ G\longrightarrow S_G,\qquad \varphi(g)=\big(x\mapsto gx\big)

Son noyau est trivial, précisément parce que l'action est libre :

φ(g)=id  ⟺  gx=x ∀x  ⟺  g=e\varphi(g)=\mathrm{id}\iff gx=x\ \forall x\iff g=e

Donc φ\varphi est INJECTIF, et en identifiant GG à {1,…,n}\{1,\dots,n\} :

G ↪ Sn,n=∣G∣\boxed{G\ \hookrightarrow\ S_n,\qquad n=\lvert G\rvert}

👉 « Libre » est exactement ce qui donne l'injectivité. Sans elle, on aurait un morphisme mais pas un plongement.

Ce que Cayley dit, et ce qu'il ne dit pas

Exemple : Z/3Z↪S3\mathbb{Z}/3\mathbb{Z}\hookrightarrow S_3, l'image étant A3={id,(1 2 3),(1 3 2)}A_3=\{\mathrm{id},(1\,2\,3),(1\,3\,2)\}.

Gn=∣G∣se plonge dansZ/33S3 (ordre 6)Z/44S4 (ordre 24)D48S8 (ordre 40 320)\begin{array}{lll} G & n=\lvert G\rvert & \text{se plonge dans}\\\hline \mathbb{Z}/3 & 3 & S_3\ (\text{ordre } 6)\\ \mathbb{Z}/4 & 4 & S_4\ (\text{ordre } 24)\\ D_4 & 8 & S_8\ (\text{ordre } 40\,320) \end{array}

⚠️ Le plongement est très peu ÉCONOMIQUE : D4D_4 se plonge en réalité dans S4S_4 (il agit fidèlement sur les 44 sommets du carré), bien mieux que dans S8S_8.

Cayley donne UN plongement, jamais le plus petit\boxed{\text{Cayley donne UN plongement, jamais le plus petit}}

👉 Trouver le plus petit nn tel que G↪SnG\hookrightarrow S_n est un problème difficile, sans réponse générale. La force de Cayley est ailleurs : il vaut pour tout groupe, sans aucune hypothèse — et il transforme un énoncé sur les groupes abstraits en un énoncé sur les permutations, donc calculable.

Réponse. Translation à gauche : action libre et transitive ⇒ G↪SnG\hookrightarrow S_n (Cayley). (Vérifié machine : A4 ✓)
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Action par conjugaison

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que g⋅x=gxg−1g\cdot x=gxg^{-1} définit une action de GG sur lui-même, dont les orbites sont les classes de conjugaison et le stabilisateur de xx le centralisateur CG(x)C_G(x). Déterminer les classes de conjugaison de S3S_3.

Indices (3)

Vérifier e⋅x=xe\cdot x=x et g⋅(h⋅x)=(gh)⋅xg\cdot(h\cdot x)=(gh)\cdot x.

Stab(x)={g:gxg−1=x}={g:gx=xg}\mathrm{Stab}(x)=\{g:gxg^{-1}=x\}=\{g:gx=xg\}.

Dans S3S_3 : regrouper par type cyclique.

Correction détaillée
Les trois énoncés, et pourquoi cette action est la plus importante
g⋅x=gxg−1 est une action de G sur lui-meˆme\boxed{g\cdot x=gxg^{-1}\ \text{est une action de } G\ \text{sur lui-m\^eme}}
orbitesles CLASSES DE CONJUGAISONstabilisateursles CENTRALISATEURS CG(x)={g:gx=xg}points fixesle CENTRE Z(G)\begin{array}{ll} \text{orbites} & \text{les CLASSES DE CONJUGAISON}\\ \text{stabilisateurs} & \text{les CENTRALISATEURS } C_G(x)=\{g:gx=xg\}\\ \text{points fixes} & \text{le CENTRE } Z(G) \end{array}

C'est l'action qui fait tout le lot C. Le théorème orbite-stabilisateur y devient l'équation des classes, d'où le centre d'un pp-groupe, Cauchy et Sylow.

Étape 1 — C'est une action
e⋅x=exe−1=x ✓e\cdot x=exe^{-1}=x\ \checkmark
g⋅(h⋅x)=g(hxh−1)g−1=(gh)x(h−1g−1)=(gh)x(gh)−1=(gh)⋅x ✓g\cdot(h\cdot x)=g(hxh^{-1})g^{-1}=(gh)x(h^{-1}g^{-1})=(gh)x(gh)^{-1}=(gh)\cdot x\ \checkmark

Le point technique est (gh)−1=h−1g−1(gh)^{-1}=h^{-1}g^{-1} — l'inversion renverse l'ordre, et c'est exactement ce qu'il faut pour que les deux g−1g^{-1} et h−1h^{-1} se regroupent correctement.

👉 Sans le renversement, l'axiome tomberait. C'est la raison pour laquelle on écrit gxg−1gxg^{-1} et non g−1xgg^{-1}xg — ou plutôt, les deux marchent, mais donnent deux actions différentes (à gauche et à droite).

Étape 2 — Orbites et stabilisateurs
O(x)={gxg−1:g∈G}=cl(x)\mathcal O(x)=\{gxg^{-1}:g\in G\}=\mathrm{cl}(x)

C'est la définition même d'une classe de conjugaison : l'ensemble des conjugués de xx.

Stab(x)={g:gxg−1=x}={g:gx=xg}=CG(x)\mathrm{Stab}(x)=\{g:gxg^{-1}=x\}=\{g:gx=xg\}=C_G(x)

Le CENTRALISATEUR : les éléments qui commutent avec xx.

Et les points fixes de l'action tout entière :

x fixe  ⟺  gxg−1=x ∀g  ⟺  x∈Z(G)x\ \text{fixe}\iff gxg^{-1}=x\ \forall g\iff x\in Z(G)
cl(x)={x}  ⟺  x∈Z(G)\boxed{\mathrm{cl}(x)=\{x\}\iff x\in Z(G)}

👉 Une classe est un singleton exactement quand son élément est central. C'est ce qui sépare le centre du reste dans l'équation des classes (exercice C2).

Étape 3 — Les classes de $S_3$
S3={id, (1 2),(1 3),(2 3), (1 2 3),(1 3 2)}S_3=\{\mathrm{id},\ (1\,2),(1\,3),(2\,3),\ (1\,2\,3),(1\,3\,2)\}

La conjugaison PRÉSERVE le type cyclique (exercice C6) : conjuguer une transposition donne une transposition.

classetaille∣CG(x)∣{id}16{(1 2),(1 3),(2 3)}32{(1 2 3),(1 3 2)}23\begin{array}{lll} \text{classe} & \text{taille} & \lvert C_G(x)\rvert\\\hline \{\mathrm{id}\} & 1 & 6\\ \{(1\,2),(1\,3),(2\,3)\} & 3 & 2\\ \{(1\,2\,3),(1\,3\,2)\} & 2 & 3 \end{array}

Trois contrôles :

1+3+2=6=∣S3∣ ✓1+3+2=6=\lvert S_3\rvert\ \checkmark
1×6=3×2=2×3=6 ✓(orbite-stabilisateur)1\times 6=3\times 2=2\times 3=6\ \checkmark\quad\text{(orbite-stabilisateur)}
Z(S3)={id}— une seule classe singleton ✓Z(S_3)=\{\mathrm{id}\}\quad\text{— une seule classe singleton}\ \checkmark

Vérification du centralisateur d'une transposition : CS3((1 2))={id,(1 2)}C_{S_3}\big((1\,2)\big)=\{\mathrm{id},(1\,2)\}, d'ordre 22 ✓

Ce que cette action produit dans la suite
orbite-stabilisateur∣cl(x)∣=[G:CG(x)] (exercice C1)les orbites partitionnenteˊquation des classes (exercice C2)appliqueˊe aˋ un p-groupeZ(G)≠{e} (exercice C3)puistout groupe d’ordre p2 est abeˊlien (C4)\begin{array}{ll} \text{orbite-stabilisateur} & \lvert\mathrm{cl}(x)\rvert=[G:C_G(x)]\ \text{(exercice C1)}\\ \text{les orbites partitionnent} & \text{\'equation des classes (exercice C2)}\\ \text{appliqu\'ee \`a un } p\text{-groupe} & Z(G)\neq\{e\}\ \text{(exercice C3)}\\ \text{puis} & \text{tout groupe d'ordre } p^2\ \text{est ab\'elien (C4)} \end{array}

Une seule action, quatre théorèmes. C'est le meilleur exemple de ce que le point de vue « action » apporte : des énoncés qui semblaient demander des astuces deviennent des applications d'un même principe.

👉 Et le lemme de Burnside (lot B) est l'autre exploitation du même socle — cette fois pour compter des orbites plutôt que pour les décrire.

Réponse. Orbites == classes de conjugaison, stabilisateur == centralisateur ; S3S_3 : tailles 1,3,21,3,2. (Vérifié machine : A5 ✓)
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Les orbites partitionnent X

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que la relation x∼y  ⟺  ∃g∈G, y=g⋅xx\sim y\iff\exists g\in G,\ y=g\cdot x est une relation d'équivalence dont les classes sont les orbites — donc les orbites partitionnent XX. Que vaut Fix(id)\mathrm{Fix}(\mathrm{id}) ? Une rotation non triviale d'un collier a-t-elle un point fixe ?

Indices (3)

Réflexivité via ee, symétrie via g−1g^{-1}, transitivité via la composition.

La classe de xx pour ∼\sim est exactement O(x)\mathcal O(x).

Fix(id)={x:id⋅x=x}\mathrm{Fix}(\mathrm{id})=\{x:\mathrm{id}\cdot x=x\}.

Correction détaillée
Les deux réponses
x∼y  ⟺  ∃g, y=g⋅x est une relation d’eˊquivalence\boxed{x\sim y\iff\exists g,\ y=g\cdot x\ \text{est une relation d'\'equivalence}}
les orbites PARTITIONNENT X\boxed{\text{les orbites PARTITIONNENT } X}
Fix(id)=X tout entier\boxed{\mathrm{Fix}(\mathrm{id})=X\ \text{tout entier}}

La partition est ce qui rend le comptage possible : le lemme de Burnside compte les orbites, ce qui n'aurait aucun sens si elles pouvaient se chevaucher.

Étape 1 — Les trois propriétés

RÉFLEXIVE : x=e⋅xx=e\cdot x, donc x∼xx\sim x — c'est le premier axiome d'une action.

SYMÉTRIQUE : si y=g⋅xy=g\cdot x, appliquons g−1g^{-1} :

g−1⋅y=g−1⋅(g⋅x)=(g−1g)⋅x=e⋅x=xg^{-1}\cdot y=g^{-1}\cdot(g\cdot x)=(g^{-1}g)\cdot x=e\cdot x=x

donc y∼xy\sim x — c'est l'existence de l'inverse.

TRANSITIVE : si y=g⋅xy=g\cdot x et z=h⋅yz=h\cdot y, alors

z=h⋅(g⋅x)=(hg)⋅xz=h\cdot(g\cdot x)=(hg)\cdot x

donc x∼zx\sim z — c'est le second axiome, plus la stabilité par produit.

👉 Chaque propriété correspond à un axiome de groupe : neutre, inverse, produit. Ce n'est pas un hasard, et cela montre que la structure de groupe est exactement ce qu'il faut.

Étape 2 — Les classes sont les orbites
[x]={y : y∼x}={g⋅x : g∈G}=O(x)[x]=\{y\ :\ y\sim x\}=\{g\cdot x\ :\ g\in G\}=\mathcal O(x)

Par définition même de la relation.

Et les classes d'une relation d'équivalence forment une PARTITION :

X=⨆iO(xi)(union DISJOINTE)\boxed{X=\bigsqcup_{i}\mathcal O(x_i)\qquad\text{(union DISJOINTE)}}
∣X∣=∑i∣O(xi)∣\lvert X\rvert=\sum_i\lvert\mathcal O(x_i)\rvert

Deux orbites sont donc égales ou disjointes — jamais partiellement superposées. C'est ce qu'on utilise sans y penser, et c'est ce qui fonde le comptage.

Étape 3 — $\mathrm{Fix}(\mathrm{id})$
Fix(g)={x∈X : g⋅x=x}\mathrm{Fix}(g)=\{x\in X\ :\ g\cdot x=x\}

Pour g=eg=e, le premier axiome donne e⋅x=xe\cdot x=x pour tout xx :

Fix(id)=X,∣Fix(id)∣=∣X∣\boxed{\mathrm{Fix}(\mathrm{id})=X,\qquad \lvert\mathrm{Fix}(\mathrm{id})\rvert=\lvert X\rvert}

👉 C'est le terme DOMINANT du lemme de Burnside, et il faut savoir le reconnaître :

N=1∣G∣∑g∣Fix(g)∣ ≥ ∣X∣∣G∣N=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_{g}\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert\ \geq\ \frac{\lvert X\rvert}{\lvert G\rvert}

Contrôle systématique : dans toute somme de Burnside, le premier terme doit valoir ∣X∣\lvert X\rvert. S'il vaut autre chose, il y a une erreur.

Sur les colliers à 44 perles bicolores : ∣X∣=24=16\lvert X\rvert=2^4=16, et c'est bien le premier terme de la somme (16+2+4+2)/4=6(16+2+4+2)/4=6 ✓

Ce que la partition rend possible
orbites disjointescompter les orbites a un SENS+ orbite-stabilisateur∣X∣=∑i[G:Stab(xi)]appliqueˊ aˋ la conjugaisonEˊQUATION DES CLASSES+ double comptageLEMME DE BURNSIDE\begin{array}{ll} \text{orbites disjointes} & \text{compter les orbites a un SENS}\\ +\ \text{orbite-stabilisateur} & \lvert X\rvert=\sum_i[G:\mathrm{Stab}(x_i)]\\ \text{appliqu\'e \`a la conjugaison} & \text{\'EQUATION DES CLASSES}\\ +\ \text{double comptage} & \text{LEMME DE BURNSIDE} \end{array}

La troisième ligne est l'exercice C2, la quatrième l'exercice B1 — et toutes deux reposent sur la partition démontrée ici.

∣X∣=∑orbites∣G∣∣Stab∣\boxed{\lvert X\rvert=\sum_{\text{orbites}}\frac{\lvert G\rvert}{\lvert\mathrm{Stab}\rvert}}

👉 Cette formule est la « version orbite » de l'équation des classes, et elle vaut pour n'importe quelle action. L'équation des classes n'en est que le cas particulier où l'action est la conjugaison.

Réponse. ∼\sim est une équivalence ⇒ les orbites partitionnent XX ; Fix(id)=X\mathrm{Fix}(\mathrm{id})=X ; rotation non triviale : aucune perle (position) fixe, mais des coloriages fixes — au moins les monochromes (∣Fix(r)∣=2\lvert\mathrm{Fix}(r)\rvert=2 pour le quart de tour, 44 perles bicolores). (Vérifié machine : A6 ✓)
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Le lemme de Burnside

DémonstrationDifficulté 3/5

Démontrer le lemme de Burnside : pour GG fini agissant sur XX fini, le nombre d'orbites est N=1∣G∣∑g∈G∣Fix(g)∣N=\dfrac{1}{\lvert G\rvert}\displaystyle\sum_{g\in G}\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert.

Indices (3)

Compter de deux façons l'ensemble S={(g,x)∈G×X:g⋅x=x}S=\{(g,x)\in G\times X:g\cdot x=x\}.

Par gg : ∑g∣Fix(g)∣\sum_g\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert. Par xx : ∑x∣Stab(x)∣\sum_x\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert.

Utiliser orbite-stabilisateur puis sommer par orbite.

Correction détaillée
Le lemme, et ce qu'il change
N=1∣G∣∑g∈G∣Fix(g)∣\boxed{N=\frac{1}{\lvert G\rvert}\sum_{g\in G}\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert}

où NN est le nombre d'orbites.

Ce qu'il apporte : compter des orbites est difficile — il faudrait les construire une par une, en vérifiant qu'on ne compte pas deux fois. Compter des points fixes, en revanche, se fait élément par élément, et chaque calcul est local et facile.

difficile (global) ⟶ facile (local), puis MOYENNE\text{difficile (global)}\ \longrightarrow\ \text{facile (local), puis MOYENNE}

👉 Attribué à Burnside, mais dû à Cauchy et Frobenius — Burnside l'a rendu célèbre en le citant dans son traité, sans le revendiquer. On l'appelle parfois « le lemme qui n'est pas de Burnside ».

Étape 1 — Le double comptage

L'idée : compter de deux façons les couples (g,x)(g,x) tels que gg fixe xx.

S=#{(g,x)∈G×X : g⋅x=x}S=\#\{(g,x)\in G\times X\ :\ g\cdot x=x\}

Par gg d'abord — pour chaque gg, on compte les xx qu'il fixe :

S=∑g∈G∣Fix(g)∣S=\sum_{g\in G}\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert

Par xx d'abord — pour chaque xx, on compte les gg qui le fixent :

S=∑x∈X∣Stab(x)∣S=\sum_{x\in X}\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert
∑g∣Fix(g)∣=∑x∣Stab(x)∣\boxed{\sum_{g}\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=\sum_{x}\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert}

👉 Le double comptage est le geste central, et il ne coûte rien : c'est la même somme, regroupée dans les deux sens.

Étape 2 — Regrouper par orbite

Le théorème orbite-stabilisateur (exercice A3) donne

∣Stab(x)∣=∣G∣∣O(x)∣\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert=\frac{\lvert G\rvert}{\lvert\mathcal O(x)\rvert}

Les orbites partitionnant XX (exercice A6), on regroupe la somme :

∑x∈X∣Stab(x)∣=∑orbites O ∑x∈O∣G∣∣O∣\sum_{x\in X}\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert=\sum_{\text{orbites } \mathcal O}\ \sum_{x\in\mathcal O}\frac{\lvert G\rvert}{\lvert\mathcal O\rvert}

Or dans une orbite O\mathcal O, tous les termes sont ÉGAUX — chaque xx de O\mathcal O a la même orbite. La somme intérieure vaut donc

∣O∣×∣G∣∣O∣=∣G∣\lvert\mathcal O\rvert\times\frac{\lvert G\rvert}{\lvert\mathcal O\rvert}=\lvert G\rvert
∑x∈X∣Stab(x)∣=∑orbites∣G∣=N⋅∣G∣\sum_{x\in X}\lvert\mathrm{Stab}(x)\rvert=\sum_{\text{orbites}}\lvert G\rvert=N\cdot\lvert G\rvert

👉 Chaque orbite contribue exactement ∣G∣\lvert G\rvert — quelle que soit sa taille. C'est le fait remarquable qui fait apparaître NN.

Étape 3 — Conclure

En égalant les deux expressions de SS :

∑g∣Fix(g)∣=N⋅∣G∣\sum_{g}\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=N\cdot\lvert G\rvert
N=1∣G∣∑g∈G∣Fix(g)∣\boxed{N=\frac{1}{\lvert G\rvert}\sum_{g\in G}\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert}

Le nombre d'orbites est la MOYENNE du nombre de points fixes.

Deux contrôles à faire systématiquement :

le reˊsultat est un ENTIERla somme doit eˆtre divisible par ∣G∣le terme g=e vaut ∣X∣exercice A6\begin{array}{ll} \text{le r\'esultat est un ENTIER} & \text{la somme doit \^etre divisible par } \lvert G\rvert\\ \text{le terme } g=e\ \text{vaut } \lvert X\rvert & \text{exercice A6} \end{array}

Une division non entière signale une erreur de comptage — c'est le garde-fou le plus rapide.

La méthode de calcul, une fois pour toutes

Pour compter des COLORIAGES à qq couleurs, XX est l'ensemble des coloriages et le calcul des points fixes se fait par les cycles :

∣Fix(g)∣=q c(g)\boxed{\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=q^{\,c(g)}}

où c(g)c(g) est le nombre de cycles de la permutation gg.

Pourquoi : un coloriage est fixé par gg si et seulement s'il est constant sur chaque cycle — les positions d'un cycle échangent leurs couleurs, donc doivent porter la même. Il y a donc qq choix par cycle, indépendamment.

Sur C4C_4 agissant sur 44 perles, q=2q=2 :

gcyclesc(g)2c(g)id(0)(1)(2)(3)416r(0 1 2 3)12r2(0 2)(1 3)24r3(0 3 2 1)12\begin{array}{lccl} g & \text{cycles} & c(g) & 2^{c(g)}\\\hline \mathrm{id} & (0)(1)(2)(3) & 4 & 16\\ r & (0\,1\,2\,3) & 1 & 2\\ r^2 & (0\,2)(1\,3) & 2 & 4\\ r^3 & (0\,3\,2\,1) & 1 & 2 \end{array}
N=16+2+4+24=244=6N=\frac{16+2+4+2}{4}=\frac{24}{4}=\boxed{6}

👉 Tout le lot B est l'application de ce tableau à des groupes de plus en plus gros.

Réponse. ∑g∣Fix(g)∣=∣G∣⋅N\sum_g\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=\lvert G\rvert\cdot N (double comptage). (Vérifié machine : B1, recoupé par comptage direct des orbites ✓)
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Colliers à 4 perles, 2 couleurs

CalculDifficulté 3/5

Combien de colliers à 44 perles bicolores (noir/blanc) sont distincts à rotation près ? (On colorie 44 positions et G=C4G=C_4 agit par rotation.)

Indices (3)

∣Fix(g)∣=2c(g)\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=2^{c(g)} où c(g)c(g) est le nombre de cycles de gg.

Compter les cycles de id,r,r2,r3\mathrm{id},r,r^2,r^3.

Appliquer le lemme de Burnside.

Correction détaillée
Le résultat
6 colliers aˋ 4 perles bicolores, aˋ rotation preˋs\boxed{6\ \text{colliers \`a } 4\ \text{perles bicolores, \`a rotation pr\`es}}

Sans quotienter, il y aurait 24=162^4=16 coloriages. Les rotations les regroupent en six classes.

16 coloriages ⟶ 6 colliers16\ \text{coloriages}\ \longrightarrow\ 6\ \text{colliers}

Ce n'est PAS 16/4=416/4=4 — et c'est tout l'intérêt de l'exercice : diviser par ∣G∣\lvert G\rvert serait juste si l'action était libre, ce qu'elle n'est pas (certains coloriages sont invariants par rotation).

Étape 1 — Le tableau des points fixes

G=C4={id,r,r2,r3}G=C_4=\{\mathrm{id},r,r^2,r^3\}, X=X= les 24=162^4=16 coloriages des 44 positions.

gcycles sur les positionsc(g)∣Fix(g)∣=2c(g)id(0)(1)(2)(3)416r(0 1 2 3)12r2(0 2)(1 3)24r3(0 3 2 1)12\begin{array}{lccl} g & \text{cycles sur les positions} & c(g) & \lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=2^{c(g)}\\\hline \mathrm{id} & (0)(1)(2)(3) & 4 & \mathbf{16}\\ r & (0\,1\,2\,3) & 1 & 2\\ r^2 & (0\,2)(1\,3) & 2 & 4\\ r^3 & (0\,3\,2\,1) & 1 & 2 \end{array}

Contrôle immédiat : le terme de l'identité vaut bien ∣X∣=16\lvert X\rvert=16 ✓

Étape 2 — Justifier chaque ligne

Fix(r)=2\mathrm{Fix}(r)=2. Un coloriage invariant par la rotation d'un quart de tour doit avoir les 44 perles de la même couleur — la rotation les fait toutes circuler :

tout noir,tout blanc\text{tout noir},\qquad \text{tout blanc}

Fix(r2)=4\mathrm{Fix}(r^2)=4. La rotation d'un demi-tour identifie les perles opposées : 0↔20\leftrightarrow 2 et 1↔31\leftrightarrow 3. Il reste 22 choix libres, soit 22=42^2=4 :

NNNN,NBNB,BNBN,BBBBNNNN,\quad NBNB,\quad BNBN,\quad BBBB

Fix(r3)=2\mathrm{Fix}(r^3)=2, par le même argument que rr — c'est aussi un 44-cycle.

👉 La règle « une couleur par cycle » (exercice B1) évite tout dénombrement à la main.

Étape 3 — Appliquer le lemme
N=16+2+4+24=244=6N=\frac{16+2+4+2}{4}=\frac{24}{4}=\boxed{6}

Le résultat est ENTIER ✓ — premier contrôle.

Et la liste explicite des 66 colliers — second contrôle, indépendant :

nb de noirescollierscombien0BBBB11NBBB12NNBB (adjacentes), NBNB (opposeˊes)23NNNB14NNNN1\begin{array}{lll} \text{nb de noires} & \text{colliers} & \text{combien}\\\hline 0 & BBBB & 1\\ 1 & NBBB & 1\\ 2 & NNBB\ \text{(adjacentes)},\ NBNB\ \text{(oppos\'ees)} & \mathbf{2}\\ 3 & NNNB & 1\\ 4 & NNNN & 1 \end{array}
1+1+2+1+1=6 ✓1+1+2+1+1=6\ \checkmark

👉 La ligne « 2 noires » est la seule non triviale : deux perles noires peuvent être adjacentes ou opposées, et aucune rotation ne transforme l'une en l'autre. C'est exactement ce que l'exercice D2 retrouvera par la série génératrice.

Pourquoi $16/4$ serait faux
∣X∣∣G∣=164=4 ≠ 6\frac{\lvert X\rvert}{\lvert G\rvert}=\frac{16}{4}=4\ \neq\ 6

La division simple suppose que toutes les orbites ont ∣G∣\lvert G\rvert éléments, c'est-à-dire que l'action est libre. Ici elle ne l'est pas :

collier∣O∣∣Stab∣BBBB14 — fixe par TOUT C4NBNB22NNBB41\begin{array}{lll} \text{collier} & \lvert\mathcal O\rvert & \lvert\mathrm{Stab}\rvert\\\hline BBBB & 1 & \mathbf{4}\ \text{— fixe par TOUT } C_4\\ NBNB & 2 & 2\\ NNBB & 4 & 1 \end{array}

Les orbites n'ont pas toutes la même taille : 11, 22 ou 44. La moyenne pondérée est donc nécessaire.

Contrôle par la partition (exercice A6) :

1+1+4+2+4+4=16=∣X∣ ✓1+1+4+2+4+4=16=\lvert X\rvert\ \checkmark

(orbites de BBBBBBBB, NNNNNNNN, NBBBNBBB, NBNBNBNB, NNBBNNBB, NNNBNNNB.)

le lemme de Burnside EST la correction de cette division nai¨ve\boxed{\text{le lemme de Burnside EST la correction de cette division na\"ive}}
Réponse. N=16+2+4+24=6N=\dfrac{16+2+4+2}{4}=6 colliers. (Vérifié machine : B2 ✓)
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Formule générale des colliers

DémonstrationDifficulté 3/5

Établir que le nombre de colliers à nn perles et qq couleurs, à rotation près (G=CnG=C_n), vaut 1n∑k=0n−1qgcd⁡(k,n)=1n∑d∣nφ ⁣(nd)qd\dfrac1n\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1}q^{\gcd(k,n)}=\dfrac1n\sum_{d\mid n}\varphi\!\left(\tfrac nd\right)q^{d}. Appliquer à n=6, q=2n=6,\ q=2.

Indices (3)

La rotation rkr^k se décompose en gcd⁡(k,n)\gcd(k,n) cycles de longueur n/gcd⁡(k,n)n/\gcd(k,n).

Donc ∣Fix(rk)∣=qgcd⁡(k,n)\lvert\mathrm{Fix}(r^k)\rvert=q^{\gcd(k,n)}.

Regrouper les kk selon la valeur d=gcd⁡(k,n)d=\gcd(k,n) : il y en a φ(n/d)\varphi(n/d).

Correction détaillée
La formule, sous ses deux écritures
N=1n∑k=0n−1qgcd⁡(k,n)=1n∑d∣nφ ⁣(nd)qd\boxed{N=\frac1n\sum_{k=0}^{n-1}q^{\gcd(k,n)}=\frac1n\sum_{d\mid n}\varphi\!\left(\frac nd\right)q^{d}}

La première est directe — un terme par élément du groupe. La seconde est efficace — un terme par diviseur, donc beaucoup moins de calculs dès que nn grandit.

n=1001eˋre eˊcriture100 termes2nde9 termes (les diviseurs de 100)\begin{array}{lll} n=100 & \text{1\`ere \'ecriture} & 100\ \text{termes}\\ & \text{2nde} & 9\ \text{termes (les diviseurs de } 100) \end{array}
Étape 1 — Le nombre de cycles d'une rotation

La rotation rkr^k agit sur Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} par i↦i+ki\mapsto i+k. Ses cycles sont les classes modulo le sous-groupe engendré par kk, qui est

⟨k⟩=gcd⁡(k,n) Z/nZ,d’ordre ngcd⁡(k,n)\langle k\rangle=\gcd(k,n)\,\mathbb{Z}/n\mathbb{Z},\qquad\text{d'ordre } \frac{n}{\gcd(k,n)}

Donc chaque cycle a n/gcd⁡(k,n)n/\gcd(k,n) éléments, et le nombre de cycles est

c(rk)=gcd⁡(k,n)\boxed{c(r^k)=\gcd(k,n)}

Vérification sur n=4n=4 :

gcd⁡(0,4)=4,gcd⁡(1,4)=1,gcd⁡(2,4)=2,gcd⁡(3,4)=1\gcd(0,4)=4,\quad \gcd(1,4)=1,\quad \gcd(2,4)=2,\quad \gcd(3,4)=1

soit 4,1,2,14,1,2,1 cycles ✓ — exactement le tableau de l'exercice B2.

Par Burnside :

N=1n∑k=0n−1qgcd⁡(k,n)N=\frac1n\sum_{k=0}^{n-1}q^{\gcd(k,n)}
Étape 2 — Regrouper par valeur du pgcd

Combien de kk dans {0,…,n−1}\{0,\dots,n-1\} ont gcd⁡(k,n)=d\gcd(k,n)=d ?

Un tel kk s'écrit k=dmk=dm avec gcd⁡(m,n/d)=1\gcd(m,n/d)=1 et 0≤m<n/d0\leq m<n/d. Il y en a donc

φ ⁣(nd)\varphi\!\left(\frac nd\right)

En regroupant la somme :

∑k=0n−1qgcd⁡(k,n)=∑d∣nφ ⁣(nd)qd\sum_{k=0}^{n-1}q^{\gcd(k,n)}=\sum_{d\mid n}\varphi\!\left(\frac nd\right)q^{d}
N=1n∑d∣nφ ⁣(nd)qd\boxed{N=\frac1n\sum_{d\mid n}\varphi\!\left(\frac nd\right)q^{d}}

Contrôle de cohérence : la somme des φ(n/d)\varphi(n/d) sur les diviseurs vaut nn — c'est l'identité ∑e∣nφ(e)=n\sum_{e\mid n}\varphi(e)=n. On retrouve bien nn termes au total ✓

Étape 3 — Les valeurs, calculées des deux façons
nqpar gcd⁡par φ4224+2+22+24=6φ(4)2+φ(2)22+φ(1)244=2⋅2+1⋅4+1⋅164=65225+4⋅25=8φ(5)2+φ(1)255=8+325=862141463130130\begin{array}{lccl} n & q & \text{par } \gcd & \text{par } \varphi\\\hline 4 & 2 & \frac{2^4+2+2^2+2}{4}=6 & \frac{\varphi(4)2+\varphi(2)2^2+\varphi(1)2^4}{4}=\frac{2\cdot 2+1\cdot 4+1\cdot 16}{4}=6\\ 5 & 2 & \frac{2^5+4\cdot 2}{5}=8 & \frac{\varphi(5)2+\varphi(1)2^5}{5}=\frac{8+32}{5}=8\\ 6 & 2 & 14 & 14\\ 6 & 3 & 130 & 130 \end{array}

Détail de n=6n=6, q=2q=2 — par les diviseurs 1,2,3,61,2,3,6 :

N=φ(6)⋅2+φ(3)⋅4+φ(2)⋅8+φ(1)⋅646=2⋅2+2⋅4+1⋅8+1⋅646=846=14 ✓N=\frac{\varphi(6)\cdot 2+\varphi(3)\cdot 4+\varphi(2)\cdot 8+\varphi(1)\cdot 64}{6}=\frac{2\cdot 2+2\cdot 4+1\cdot 8+1\cdot 64}{6}=\frac{84}{6}=14\ \checkmark

Les deux écritures concordent sur les quatre cas — c'est le contrôle qui valide la démonstration de l'étape 2.

Le cas $n$ premier, et ce qu'il éclaire

Si n=pn=p est premier, seuls d=1d=1 et d=pd=p divisent nn :

N=φ(p) q+φ(1) qpp=(p−1)q+qppN=\frac{\varphi(p)\,q+\varphi(1)\,q^{p}}{p}=\frac{(p-1)q+q^{p}}{p}
N=qp−qp+q\boxed{N=\frac{q^{p}-q}{p}+q}

Et cette formule DÉMONTRE le petit théorème de Fermat : NN étant un entier, la fraction l'est aussi, donc

p ∣ qp−qpour tout entier qp\ \big\vert\ q^{p}-q\qquad\text{pour tout entier } q

👉 Un théorème d'arithmétique obtenu par un comptage de colliers. C'est l'un des plus beaux exemples de démonstration combinatoire — les colliers de pp perles non monochromes se regroupent en orbites de taille exactement pp, puisque pp est premier.

Vérification, p=5p=5, q=2q=2 : 32−25+2=6+2=8\frac{32-2}{5}+2=6+2=8 ✓ conforme au tableau.

Vérification arithmétique : 25−2=302^5-2=30, divisible par 55 ✓

Réponse. N=1n∑kqgcd⁡(k,n)N=\dfrac1n\sum_{k}q^{\gcd(k,n)} ; pour n=6,q=2n=6,q=2 : 84/6=1484/6=14. (Vérifié machine : B3, forme par diviseurs identique ✓)
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Sommets d'un carré sous le groupe diédral

CalculDifficulté 3/5

Combien de coloriages des 44 sommets d'un carré, à 22 couleurs, sont distincts sous le groupe diédral D4D_4 (rotations + réflexions, ∣D4∣=8\lvert D_4\rvert=8) ?

Indices (3)

Réutiliser les 44 rotations (cf. B2).

Une réflexion d'axe une diagonale fixe 22 sommets et échange les 22 autres.

Une réflexion d'axe les milieux d'arêtes échange les sommets deux à deux.

Correction détaillée
Le résultat, et la surprise
6 coloriages des sommets du carreˊ aˋ 2 couleurs, sous D4\boxed{6\ \text{coloriages des sommets du carr\'e \`a } 2\ \text{couleurs, sous } D_4}

⚠️ C'est le MÊME nombre que sous C4C_4 (exercice B2), alors que le groupe est deux fois plus gros.

∣G∣NC446D486\begin{array}{lcc} & \lvert G\rvert & N\\\hline C_4 & 4 & 6\\ D_4 & 8 & \mathbf{6} \end{array}

Ce n'est pas une erreur : ajouter les réflexions ne fusionne, ici, aucune paire de colliers — l'exercice E1 explique pourquoi.

Étape 1 — Les huit éléments de $D_4$
D4={id, r, r2, r3, s1, s2, d1, d2}D_4=\{\mathrm{id},\ r,\ r^2,\ r^3,\ s_1,\ s_2,\ d_1,\ d_2\}
4 rotationsid,r,r2,r3comme dans C42 reˊflexions d’axe MEˊDIANs1,s2eˊchangent deux paires de sommets2 reˊflexions d’axe DIAGONALd1,d2fixent DEUX sommets\begin{array}{lll} \text{4 rotations} & \mathrm{id},r,r^2,r^3 & \text{comme dans } C_4\\ \text{2 r\'eflexions d'axe M\'EDIAN} & s_1,s_2 & \text{\'echangent deux paires de sommets}\\ \text{2 r\'eflexions d'axe DIAGONAL} & d_1,d_2 & \text{fixent DEUX sommets} \end{array}

👉 La distinction entre les deux types de réflexions est essentielle, et c'est l'erreur la plus fréquente : elles n'ont pas le même nombre de cycles, donc pas le même nombre de points fixes.

Étape 2 — Le tableau des points fixes
gcyclesc(g)2c(g)id(0)(1)(2)(3)416r(0 1 2 3)12r2(0 2)(1 3)24r3(0 3 2 1)12s1(0 1)(2 3)24s2(0 3)(1 2)24d1(0)(2)(1 3)38d2(1)(3)(0 2)38\begin{array}{lccl} g & \text{cycles} & c(g) & 2^{c(g)}\\\hline \mathrm{id} & (0)(1)(2)(3) & 4 & \mathbf{16}\\ r & (0\,1\,2\,3) & 1 & 2\\ r^2 & (0\,2)(1\,3) & 2 & 4\\ r^3 & (0\,3\,2\,1) & 1 & 2\\ s_1 & (0\,1)(2\,3) & 2 & 4\\ s_2 & (0\,3)(1\,2) & 2 & 4\\ d_1 & (0)(2)(1\,3) & \mathbf{3} & \mathbf{8}\\ d_2 & (1)(3)(0\,2) & \mathbf{3} & \mathbf{8} \end{array}

Les deux dernières lignes sont les diagonales : elles fixent deux sommets, d'où trois cycles et 23=82^3=8 points fixes — le double des réflexions médianes.

Contrôle : le terme de l'identité vaut 24=16=∣X∣2^4=16=\lvert X\rvert ✓

Étape 3 — Appliquer le lemme
N=16+2+4+2+4+4+8+88=488=6N=\frac{16+2+4+2+4+4+8+8}{8}=\frac{48}{8}=\boxed{6}

Entier ✓

Contrôle par la liste explicite — la même que sous C4C_4 :

BBBB,NBBB,NNBB,NBNB,NNNB,NNNNBBBB,\quad NBBB,\quad NNBB,\quad NBNB,\quad NNNB,\quad NNNN
6 ✓6\ \checkmark

👉 Aucun de ces six ne fusionne avec un autre sous les réflexions, ce qui explique l'égalité — et c'est le sujet de l'exercice E1.

Pourquoi l'égalité, et quand elle cesse

Une réflexion peut fusionner deux colliers qui étaient distincts sous C4C_4 — mais ici il n'y a aucune paire chirale à fusionner.

avec 2 couleurs et 4 perles, chaque collier est son propre mirroir\boxed{\text{avec } 2\ \text{couleurs et } 4\ \text{perles, chaque collier est son propre mirroir}}

Le phénomène apparaît dès qu'on grossit :

nqCnDn4266 — eˊgaliteˊ5288 — eˊgaliteˊ621413 — une paire fusionne432421\begin{array}{lccl} n & q & C_n & D_n\\\hline 4 & 2 & 6 & 6\ \text{— \'egalit\'e}\\ 5 & 2 & 8 & 8\ \text{— \'egalit\'e}\\ 6 & 2 & 14 & \mathbf{13}\ \text{— une paire fusionne}\\ 4 & 3 & 24 & 21 \end{array}

👉 La troisième ligne est le premier cas où les réflexions servent : à 66 perles bicolores, il existe exactement une paire de colliers image l'un de l'autre dans un miroir sans être superposables par rotation — et D6D_6 les identifie. C'est l'exercice E3.

Réponse. N=24+248=6N=\dfrac{24+24}{8}=6. (Vérifié machine : B4, multiset des ∣Fix∣=[2,2,4,4,4,8,8,16]\lvert\mathrm{Fix}\rvert=[2,2,4,4,4,8,8,16] ✓)
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Triangle équilatéral

CalculDifficulté 3/5

Coloriages des 33 sommets d'un triangle équilatéral, à 22 couleurs, à symétrie près (G=D3=S3G=D_3=S_3). Donner aussi la formule pour qq couleurs.

Indices (3)

D3D_3 a 11 identité, 22 rotations, 33 réflexions.

Une rotation non triviale est un 33-cycle ; une réflexion fixe un sommet.

∣Fix(g)∣=qc(g)\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=q^{c(g)}.

Correction détaillée
Les deux résultats
4 coloriages du triangle aˋ 2 couleurs, sous D3=S3\boxed{4\ \text{coloriages du triangle \`a } 2\ \text{couleurs, sous } D_3=S_3}
N(q)=q3+3q2+2q6=q(q+1)(q+2)6=(q+23)\boxed{N(q)=\frac{q^3+3q^2+2q}{6}=\frac{q(q+1)(q+2)}{6}=\binom{q+2}{3}}

La forme factorisée est remarquable : c'est un coefficient binomial, donc le nombre de multiensembles de taille 33 dans qq couleurs.

👉 Et cela s'explique : D3=S3D_3=S_3 agit sur 33 sommets par toutes les permutations, donc un coloriage à permutation près n'est rien d'autre que le multiensemble des couleurs employées.

Étape 1 — Les six éléments de $D_3$
D3=S3={id, r, r2, s0, s1, s2}D_3=S_3=\{\mathrm{id},\ r,\ r^2,\ s_0,\ s_1,\ s_2\}
id(0)(1)(2)3 cyclesr, r2les deux 3-cycles1 cycles0,s1,s2les trois transpositions2 cycles\begin{array}{lll} \mathrm{id} & (0)(1)(2) & 3\ \text{cycles}\\ r,\ r^2 & \text{les deux } 3\text{-cycles} & 1\ \text{cycle}\\ s_0,s_1,s_2 & \text{les trois transpositions} & 2\ \text{cycles} \end{array}

Chaque réflexion fixe UN sommet et échange les deux autres : (0)(1 2)(0)(1\,2), d'où deux cycles.

👉 En degré 33, D3D_3 et S3S_3 COÏNCIDENT — les 66 symétries du triangle réalisent toutes les permutations des sommets. C'est le seul nn pour lequel c'est vrai.

Étape 2 — Le calcul, à $2$ couleurs
gc(g)2c(g)combienid3813-cycles122transpositions243\begin{array}{lccl} g & c(g) & 2^{c(g)} & \text{combien}\\\hline \mathrm{id} & 3 & 8 & 1\\ 3\text{-cycles} & 1 & 2 & 2\\ \text{transpositions} & 2 & 4 & 3 \end{array}
N=8+2×2+3×46=8+4+126=246=4N=\frac{8+2\times 2+3\times 4}{6}=\frac{8+4+12}{6}=\frac{24}{6}=\boxed{4}

Contrôle par la liste :

BBB,NBB,NNB,NNNBBB,\quad NBB,\quad NNB,\quad NNN

Quatre coloriages, un par nombre de sommets noirs ✓ — et c'est cohérent avec le fait que seul ce nombre compte, les positions étant toutes échangeables.

Étape 3 — La formule générale
N(q)=q3+2q+3q26=q3+3q2+2q6N(q)=\frac{q^3+2q+3q^2}{6}=\frac{q^3+3q^2+2q}{6}

Factorisons :

q3+3q2+2q=q(q2+3q+2)=q(q+1)(q+2)q^3+3q^2+2q=q(q^2+3q+2)=q(q+1)(q+2)
N(q)=q(q+1)(q+2)6=(q+23)\boxed{N(q)=\frac{q(q+1)(q+2)}{6}=\binom{q+2}{3}}
qformule(q+23)veˊrification22⋅3⋅46=4(43)=4✓33⋅4⋅56=10(53)=10✓44⋅5⋅66=20(63)=20✓\begin{array}{lccl} q & \text{formule} & \binom{q+2}{3} & \text{v\'erification}\\\hline 2 & \frac{2\cdot 3\cdot 4}{6}=4 & \binom43=4 & \checkmark\\ 3 & \frac{3\cdot 4\cdot 5}{6}=10 & \binom53=10 & \checkmark\\ 4 & \frac{4\cdot 5\cdot 6}{6}=20 & \binom63=20 & \checkmark \end{array}
Pourquoi un coefficient binomial
(q+23)=#{multiensembles de taille 3 parmi q couleurs}\boxed{\binom{q+2}{3}=\#\{\text{multiensembles de taille } 3\ \text{parmi } q\ \text{couleurs}\}}

La formule des combinaisons avec répétition : (q+k−1k)\binom{q+k-1}{k} pour kk objets parmi qq types, ici k=3k=3.

Et c'est exactement ce qu'on compte : S3S_3 permutant librement les 33 sommets, deux coloriages sont équivalents si et seulement s'ils emploient les mêmes couleurs avec les mêmes multiplicités. La position ne compte plus du tout.

q=3{N,N,N},{N,N,B},{N,N,R},{N,B,B},{N,B,R},…\begin{array}{ll} q=3 & \{N,N,N\},\{N,N,B\},\{N,N,R\},\{N,B,B\},\{N,B,R\},\dots \end{array}

dix multiensembles ✓

⚠️ Cette simplification ne vaut QUE pour n=3n=3. Dès n=4n=4, D4D_4 (ordre 88) est strictement plus petit que S4S_4 (ordre 2424), et la position redevient significative — c'est pourquoi NNBBNNBB et NBNBNBNB sont distincts dans l'exercice B4, alors qu'ils ont les mêmes couleurs.

n=3 est le dernier cas ouˋ la position ne compte pas\boxed{n=3\ \text{est le dernier cas o\`u la position ne compte pas}}
Réponse. N=q3+3q2+2q6N=\dfrac{q^3+3q^2+2q}{6} ; q=2⇒4q=2\Rightarrow 4, q=3⇒10q=3\Rightarrow 10. (Vérifié machine : B5 ✓)
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Faces d'un cube

DémonstrationDifficulté 3/5

Le groupe des rotations du cube a 2424 éléments. Décrire ses types de rotations et leur action sur les 66 faces, puis compter les coloriages des faces à 22 couleurs.

Indices (3)

Classer les rotations par axe : faces, sommets opposés, milieux d'arêtes opposées.

Pour chaque type, compter les cycles induits sur les 66 faces.

∣Fix(g)∣=2c(g)\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=2^{c(g)}, puis Burnside.

Correction détaillée
Le résultat, et la classification des rotations
10 coloriages des faces d’un cube aˋ 2 couleurs\boxed{10\ \text{coloriages des faces d'un cube \`a } 2\ \text{couleurs}}

Sans quotienter, il y aurait 26=642^6=64 coloriages ; les 2424 rotations les regroupent en 1010.

type de rotationcombiencycles sur les 6 facesc(g)identiteˊ11+1+1+1+1+16±90∘, axe de FACES64+1+13180∘, axe de FACES32+2+1+14±120∘, axe DIAGONAL83+32180∘, axe d’AREˆTES62+2+23total24\begin{array}{llll} \text{type de rotation} & \text{combien} & \text{cycles sur les 6 faces} & c(g)\\\hline \text{identit\'e} & 1 & 1{+}1{+}1{+}1{+}1{+}1 & 6\\ \pm 90^\circ,\ \text{axe de FACES} & 6 & 4{+}1{+}1 & 3\\ 180^\circ,\ \text{axe de FACES} & 3 & 2{+}2{+}1{+}1 & 4\\ \pm 120^\circ,\ \text{axe DIAGONAL} & 8 & 3{+}3 & 2\\ 180^\circ,\ \text{axe d'AR\^ETES} & 6 & 2{+}2{+}2 & 3\\\hline \textbf{total} & \mathbf{24} & & \end{array}

Le contrôle 1+6+3+8+6=241+6+3+8+6=24 est le premier à faire — une erreur dans la classification se voit là.

Étape 1 — Justifier la classification

Les axes de rotation du cube sont de trois sortes :

3 axes de FACESjoignent 2 faces opposeˊes3 rotations:90∘,180∘,270∘4 axes DIAGONAUXjoignent 2 sommets opposeˊs2 rotations:120∘,240∘6 axes d’AREˆTESjoignent 2 milieux d’areˆtes1 rotation:180∘\begin{array}{lll} \textbf{3 axes de FACES} & \text{joignent 2 faces oppos\'ees} & 3\ \text{rotations} : 90^\circ,180^\circ,270^\circ\\ \textbf{4 axes DIAGONAUX} & \text{joignent 2 sommets oppos\'es} & 2\ \text{rotations} : 120^\circ,240^\circ\\ \textbf{6 axes d'AR\^ETES} & \text{joignent 2 milieux d'ar\^etes} & 1\ \text{rotation} : 180^\circ \end{array}
1+3×3+4×2+6×1=1+9+8+6=24 ✓1+3\times 3+4\times 2+6\times 1=1+9+8+6=\boxed{24}\ \checkmark

👉 Le comptage se fait par AXE, jamais élément par élément. C'est la seule façon de ne rien oublier.

Étape 2 — Compter les cycles sur les FACES

⚠️ On agit sur les 66 FACES, pas sur les sommets ni les arêtes. C'est l'erreur la plus coûteuse de l'exercice.

Rotation de 90∘90^\circ autour d'un axe de faces : les 22 faces de l'axe sont fixes, les 44 autres tournent en un 44-cycle :

c=1+1+1=3c=1+1+1=3

Rotation de 180∘180^\circ autour d'un axe de faces : les 22 faces de l'axe restent fixes, les 44 autres s'échangent deux à deux :

c=1+1+2=4c=1+1+2=4

Rotation de 120∘120^\circ autour d'une diagonale : aucune face n'est fixe, les 66 faces forment deux 33-cycles (les trois faces autour de chaque sommet de l'axe) :

c=2c=2

Rotation de 180∘180^\circ autour d'un axe d'arêtes : les 66 faces s'échangent deux à deux :

c=3c=3
Étape 3 — Appliquer le lemme
N=124(1⋅26+6⋅23+3⋅24+8⋅22+6⋅23)N=\frac{1}{24}\Big(1\cdot 2^{6}+6\cdot 2^{3}+3\cdot 2^{4}+8\cdot 2^{2}+6\cdot 2^{3}\Big)
=64+48+48+32+4824=24024=10=\frac{64+48+48+32+48}{24}=\frac{240}{24}=\boxed{10}

Contrôles :

le terme id26=64=∣X∣ ✓reˊsultat entier240/24=10 ✓\begin{array}{ll} \text{le terme } \mathrm{id} & 2^6=64=\lvert X\rvert\ \checkmark\\ \text{r\'esultat entier} & 240/24=10\ \checkmark \end{array}

Et la liste explicite, par nombre de faces noires (exercice D3) :

0:11:12:23:24:25:16:1\begin{array}{llll} 0:1 & 1:1 & 2:\mathbf{2} & 3:\mathbf{2}\\ 4:2 & 5:1 & 6:1 & \end{array}
1+1+2+2+2+1+1=10 ✓1+1+2+2+2+1+1=10\ \checkmark
Les deux lignes qui méritent d'être comprises

« 22 faces noires : 2 » — les deux faces peuvent être opposées ou adjacentes, et aucune rotation ne transforme l'une en l'autre.

« 33 faces noires : 2 » — les trois faces peuvent se rencontrer en un sommet (comme un coin) ou former une bande autour du cube.

c’est la GEˊOMEˊTRIE, pas le nombre, qui distingue\boxed{\text{c'est la G\'EOM\'ETRIE, pas le nombre, qui distingue}}

👉 La symétrie du tableau (1,1,2,2,2,1,11,1,2,2,2,1,1) vient de l'échange noir/blanc : colorier kk faces en noir ou 6−k6-k revient au même, à la couleur près.

Et la formule générale, pour qq couleurs (exercice E2) :

N(q)=q6+3q4+12q3+8q224N(q)=\frac{q^6+3q^4+12q^3+8q^2}{24}

Vérification q=2q=2 : 64+48+96+3224=24024=10\frac{64+48+96+32}{24}=\frac{240}{24}=10 ✓

⚠️ Les deux familles à 33 cycles (66 rotations de 90∘90^\circ et 66 d'arêtes) se regroupent en 12q312q^3 — ne pas les compter séparément dans la formule finale, mais bien les distinguer dans le tableau des cycles.

Réponse. N=24024=10N=\dfrac{240}{24}=10 coloriages. (Vérifié machine : B6, distribution des cycles {6:1,4:3,3:12,2:8}\{6{:}1,4{:}3,3{:}12,2{:}8\} ✓)
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Rotations seules vs symétries complètes

ApplicationDifficulté 3/5

Pour les 44 sommets d'un carré (22 couleurs), comparer le nombre de coloriages distincts sous le groupe des rotations C4C_4 puis sous le groupe diédral D4D_4. Commenter le rôle des réflexions.

Indices (3)

Reprendre B2 (rotations) et B4 (diédral).

Ajouter des symétries ne peut que fusionner des orbites.

Comparer pour n=4n=4 puis renvoyer au cas n=6n=6 (E3).

Correction détaillée
La comparaison, et son résultat surprenant
groupe∣G∣NC4 (rotations)46D4 (+ reˊflexions)86IDENTIQUE\begin{array}{lccl} \text{groupe} & \lvert G\rvert & N & \\\hline C_4\ \text{(rotations)} & 4 & 6 & \\ D_4\ \text{(+ r\'eflexions)} & 8 & \mathbf{6} & \text{IDENTIQUE} \end{array}
doubler le groupe ne change RIEN ici\boxed{\text{doubler le groupe ne change RIEN ici}}

Ce n'est pas une erreur de calcul, et l'explication est instructive : les réflexions ne fusionnent aucune paire, parce qu'il n'existe aucun collier chiral à 44 perles bicolores.

Étape 1 — Les deux calculs, côte à côte
NC4=16+2+4+24=244=6N_{C_4}=\frac{16+2+4+2}{4}=\frac{24}{4}=6
ND4=16+2+4+2+4+4+8+88=488=6N_{D_4}=\frac{16+2+4+2+4+4+8+8}{8}=\frac{48}{8}=6

La somme double exactement (24→4824\to 48), et le groupe aussi (4→84\to 8) : le quotient est inchangé.

les 4 reˊflexions apportent 4+4+8+8=24=la somme des rotations\text{les 4 r\'eflexions apportent}\ 4+4+8+8=24=\text{la somme des rotations}

👉 C'est une coïncidence numérique qui traduit un fait géométrique, expliqué à l'étape 3.

Étape 2 — La liste, identique dans les deux cas
nb de noiressous C4sous D40BBBBBBBB1NBBBNBBB2NNBB, NBNBNNBB, NBNB3NNNBNNNB4NNNNNNNN\begin{array}{lll} \text{nb de noires} & \text{sous } C_4 & \text{sous } D_4\\\hline 0 & BBBB & BBBB\\ 1 & NBBB & NBBB\\ 2 & NNBB,\ NBNB & NNBB,\ NBNB\\ 3 & NNNB & NNNB\\ 4 & NNNN & NNNN \end{array}

Six des deux côtés, et ce sont LES MÊMES.

Vérifions que les réflexions ne fusionnent rien : NNBBNNBB (noires adjacentes) et NBNBNBNB (noires opposées) sont distincts sous C4C_4. Une réflexion transforme-t-elle l'un en l'autre ?

Non : une réflexion préserve la relation d'adjacence entre les perles noires. Deux perles adjacentes le restent, deux perles opposées aussi.

aucune fusion possible\boxed{\text{aucune fusion possible}}
Étape 3 — Ce que les réflexions font vraiment

Une réflexion identifie un collier à son IMAGE MIROIR. Elle ne sert donc que s'il existe des colliers chiraux — c'est-à-dire différents de leur miroir.

NCn−NDn=#{paires chirales}\boxed{N_{C_n}-N_{D_n}=\#\{\text{paires chirales}\}}

À 44 perles bicolores, il n'y en a aucune : chaque collier est achiral, il coïncide avec son propre miroir.

Vérification sur NNBBNNBB : son miroir est BBNNBBNN, qui est le même collier après rotation de deux crans ✓

nqCnDn4266 — 0 paire chirale5288 — 0621413 — UNE paire432421 — trois paires\begin{array}{lccl} n & q & C_n & D_n\\\hline 4 & 2 & 6 & 6\ \text{— 0 paire chirale}\\ 5 & 2 & 8 & 8\ \text{— 0}\\ 6 & 2 & 14 & \mathbf{13}\ \text{— UNE paire}\\ 4 & 3 & 24 & 21\ \text{— trois paires} \end{array}

👉 Il faut assez de perles OU assez de couleurs pour qu'un motif puisse être asymétrique. 44 perles et 22 couleurs, c'est trop peu.

Le contraste physique, et quand choisir quel groupe
objetgroupeune ROUE monteˊe sur un axeCn — elle ne peut que tournerun COLLIER qu’on peut retournerDn — on peut le voir de l’autre coˆteˊun motif peint sur un mur{id} — rien ne bouge\begin{array}{ll} \text{objet} & \text{groupe}\\\hline \text{une ROUE mont\'ee sur un axe} & C_n\ \text{— elle ne peut que tourner}\\ \text{un COLLIER qu'on peut retourner} & D_n\ \text{— on peut le voir de l'autre c\^ot\'e}\\ \text{un motif peint sur un mur} & \{\mathrm{id}\}\ \text{— rien ne bouge} \end{array}

Le choix du groupe EST la modélisation du problème, et c'est là que se joue la justesse de la réponse — le calcul, lui, est mécanique.

une erreur de groupe est une erreur de modeˋle, pas de calcul\boxed{\text{une erreur de groupe est une erreur de mod\`ele, pas de calcul}}

👉 Le cas du cube l'illustre bien : on prend les 2424 rotations et non les 4848 isométries, parce qu'un cube physique ne se retourne pas « à travers le miroir ». Prendre 4848 identifierait un dé à son image miroir — or les dés existent en deux chiralités, et ce sont des objets différents (exercice E6).

Réponse. C4→6C_4\to 6 et D4→6D_4\to 6 (ici égaux) ; en général NDn≤NCnN_{D_n}\leq N_{C_n} (cf. E3 : 1414 vs 1313). (Vérifié machine : E1 ✓)
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Cube à q couleurs

CalculDifficulté 3/5

Donner le nombre de coloriages des faces d'un cube à qq couleurs (groupe des rotations), puis l'évaluer pour q=1,2,3,4q=1,2,3,4.

Indices (3)

Réutiliser la distribution des cycles de B6.

N=124∑gqc(g)N=\dfrac1{24}\sum_g q^{c(g)}.

Regrouper par nombre de cycles : {6,4,3,2}\{6,4,3,2\} avec multiplicités {1,3,12,8}\{1,3,12,8\}.

Correction détaillée
La formule et ses valeurs
N(q)=q6+3q4+12q3+8q224\boxed{N(q)=\frac{q^6+3q^4+12q^3+8q^2}{24}}
qN(q)calcul111+3+12+824=242421064+48+96+3224=24024357729+243+324+7224=13682442404096+768+768+12824=576024\begin{array}{lcl} q & N(q) & \text{calcul}\\\hline 1 & 1 & \frac{1+3+12+8}{24}=\frac{24}{24}\\ 2 & 10 & \frac{64+48+96+32}{24}=\frac{240}{24}\\ 3 & 57 & \frac{729+243+324+72}{24}=\frac{1368}{24}\\ 4 & 240 & \frac{4096+768+768+128}{24}=\frac{5760}{24} \end{array}

Les quatre sont entiers ✓ — le contrôle qui valide la formule.

Étape 1 — Bâtir la formule

Le tableau des cycles (exercice B6), regroupé par nombre de cycles :

typecombienc(g)contributionid16q6180∘ faces343q4±90∘ faces636q3180∘ areˆtes636q3±120∘ diagonales828q2\begin{array}{llcl} \text{type} & \text{combien} & c(g) & \text{contribution}\\\hline \mathrm{id} & 1 & 6 & q^6\\ 180^\circ\ \text{faces} & 3 & 4 & 3q^4\\ \pm 90^\circ\ \text{faces} & 6 & 3 & 6q^3\\ 180^\circ\ \text{ar\^etes} & 6 & 3 & 6q^3\\ \pm 120^\circ\ \text{diagonales} & 8 & 2 & 8q^2 \end{array}

Les deux familles à 33 cycles se regroupent en 12q312q^3 :

N(q)=q6+3q4+12q3+8q224N(q)=\frac{q^6+3q^4+12q^3+8q^2}{24}

⚠️ Regrouper est légitime pour la formule, mais il ne faut PAS les confondre dans le tableau — ce sont des rotations géométriquement très différentes, et l'exercice D3 aura besoin de les distinguer pour la version pondérée.

Étape 2 — Vérifier chaque valeur

q=1q=1 : une seule couleur, donc un seul coloriage. La formule doit rendre 11 :

1+3+12+824=2424=1 ✓\frac{1+3+12+8}{24}=\frac{24}{24}=1\ \checkmark

👉 C'est le meilleur contrôle de la formule : 1+3+12+824=1\frac{1+3+12+8}{24}=1 signifie exactement que les coefficients somment à ∣G∣\lvert G\rvert. Une erreur dans le décompte des rotations se voit immédiatement là.

q=2q=2 : 64+48+96+3224=24024=10\frac{64+48+96+32}{24}=\frac{240}{24}=10 ✓ — conforme à l'exercice B6.

q=3q=3 : 729+243+324+7224=136824=57\frac{729+243+324+72}{24}=\frac{1368}{24}=57

q=4q=4 : 4096+768+768+12824=576024=240\frac{4096+768+768+128}{24}=\frac{5760}{24}=240

Étape 3 — Le comportement asymptotique
N(q) ∼ q624quand q→∞N(q)\ \sim\ \frac{q^6}{24}\qquad\text{quand } q\to\infty
qN(q)q6/24eˊcart relatif2102,67×3,735730,4×1,94240170,7×1,41041 83541 667×1,004\begin{array}{lccl} q & N(q) & q^6/24 & \text{\'ecart relatif}\\\hline 2 & 10 & 2{,}67 & \times 3{,}7\\ 3 & 57 & 30{,}4 & \times 1{,}9\\ 4 & 240 & 170{,}7 & \times 1{,}4\\ 10 & 41\,835 & 41\,667 & \times 1{,}004 \end{array}

Le rapport tend vers 11, et c'est logique : quand les couleurs sont nombreuses, presque tout coloriage a un stabilisateur trivial, donc une orbite de taille 2424 — la division naïve devient asymptotiquement exacte.

aˋ q grand, presque tous les coloriages sont geˊneˊriques\boxed{\text{\`a } q\ \text{grand, presque tous les coloriages sont g\'en\'eriques}}

👉 C'est un phénomène général : le lemme de Burnside corrige une division naïve, et la correction devient négligeable quand l'ensemble grossit. À q=2q=2 l'écart est d'un facteur 3,73{,}7 ; à q=10q=10, de 0,4%0{,}4\%.

Ce que la formule permet de faire
questionreˊponsecoloriages aˋ q couleursN(q), d’un coupcombien avec k faces noires ?Poˊlya pondeˊreˊ (exercice D3)deˊs numeˊroteˊs 1..6?action libre, 6!/24=30 (exercice E6)\begin{array}{ll} \text{question} & \text{r\'eponse}\\\hline \text{coloriages \`a } q\ \text{couleurs} & N(q),\ \text{d'un coup}\\ \text{combien avec } k\ \text{faces noires ?} & \text{P\'olya pond\'er\'e (exercice D3)}\\ \text{d\'es num\'erot\'es } 1..6 ? & \text{action libre, } 6!/24=30\ \text{(exercice E6)} \end{array}

La deuxième ligne est ce que la formule NE dit pas : elle donne un total, pas une répartition. Pour distinguer « 22 faces noires » de « 33 faces noires », il faut remplacer qq par une somme de variables — c'est le théorème de Pólya.

La troisième est un cas dégénéré instructif : les coloriages bijectifs (chaque chiffre une fois) ne sont pas couverts par la formule, car XX n'y est plus l'ensemble de tous les coloriages. L'action y est libre, donc la division naïve redevient exacte.

N(q) compte les coloriages LIBRES, pas les bijectifs\boxed{N(q)\ \text{compte les coloriages LIBRES, pas les bijectifs}}
Réponse. N=q6+3q4+12q3+8q224N=\dfrac{q^6+3q^4+12q^3+8q^2}{24} ; 1, 10, 57, 2401,\ 10,\ 57,\ 240. (Vérifié machine : E2 ✓)
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Bracelet (collier retournable)

CalculDifficulté 3/5

Un bracelet peut être retourné : son groupe de symétrie est le diédral DnD_n. Compter les bracelets à 66 perles bicolores et comparer au collier (C6C_6). Pourquoi y a-t-il égalité pour n=5n=5 ?

Indices (3)

Les 66 rotations donnent la même somme qu'en B3.

Pour n=6n=6 (pair) : 33 réflexions par sommets opposés, 33 par milieux d'arêtes.

Pour n=5n=5 (impair) : chaque réflexion passe par un sommet et le milieu de l'arête opposée.

Correction détaillée
Les deux résultats, et l'égalité pour $n=5$
ncollier Cnbracelet Dneˊcart5880614131\begin{array}{lccl} n & \text{collier } C_n & \text{bracelet } D_n & \text{\'ecart}\\\hline 5 & 8 & \mathbf{8} & 0\\ 6 & 14 & \mathbf{13} & \mathbf{1} \end{array}
aˋ 6 perles, UNE paire chirale fusionne\boxed{\text{\`a } 6\ \text{perles, UNE paire chirale fusionne}}

Un bracelet peut être retourné, un collier posé à plat non — d'où le groupe diédral d'un côté, cyclique de l'autre.

Étape 1 — Le collier à $6$ perles

Par la formule de l'exercice B3, avec n=6n=6, q=2q=2, sur les diviseurs 1,2,3,61,2,3,6 :

N=φ(6)⋅21+φ(3)⋅22+φ(2)⋅23+φ(1)⋅266N=\frac{\varphi(6)\cdot 2^1+\varphi(3)\cdot 2^2+\varphi(2)\cdot 2^3+\varphi(1)\cdot 2^6}{6}
=2⋅2+2⋅4+1⋅8+1⋅646=4+8+8+646=846=14=\frac{2\cdot 2+2\cdot 4+1\cdot 8+1\cdot 64}{6}=\frac{4+8+8+64}{6}=\frac{84}{6}=\boxed{14}
Étape 2 — Le bracelet : ajouter les réflexions

D6D_6 a 1212 éléments : 66 rotations et 66 réflexions. Pour nn PAIR, les réflexions sont de deux sortes :

3 axes par deux PERLES opposeˊes2 points fixesc=2+2=4 cycles3 axes par deux AREˆTES opposeˊes0 point fixec=3 cycles\begin{array}{lll} \text{3 axes par deux PERLES oppos\'ees} & 2\ \text{points fixes} & c=2+2=4\ \text{cycles}\\ \text{3 axes par deux AR\^ETES oppos\'ees} & 0\ \text{point fixe} & c=3\ \text{cycles} \end{array}

Contribution des réflexions :

3×24+3×23=48+24=723\times 2^4+3\times 2^3=48+24=72

Total :

N=84+7212=15612=13N=\frac{84+72}{12}=\frac{156}{12}=\boxed{13}

Entier ✓ et 14−13=114-13=1 : exactement une paire chirale a fusionné.

Étape 3 — Identifier la paire chirale

Le collier chiral est celui à 22 perles noires... non, il faut chercher plus loin. À 66 perles et 22 couleurs, la paire est celle des colliers à 3 noires disposées en

NNBNBBet son miroirNNBBNBNNBNBB\qquad\text{et son miroir}\qquad NNBBNB

Aucune rotation ne transforme l'un en l'autre — ils sont distincts sous C6C_6. Une réflexion, si — ils sont identifiés sous D6D_6.

14−13=1 paire chirale\boxed{14-13=1\ \text{paire chirale}}

👉 C'est le plus petit cas de chiralité bicolore, et c'est ce qui rend l'exercice intéressant : à n≤5n\leq 5, il n'y en a aucune.

Pourquoi l'égalité pour $n=5$, et la règle générale

Pour nn IMPAIR, chaque axe de réflexion passe par UNE perle et le MILIEU de l'arête opposée — il n'y a qu'un seul type de réflexion :

c=1+n−12=n+12c=1+\frac{n-1}{2}=\frac{n+1}{2}

Pour n=5n=5 : c=3c=3, et il y a 55 réflexions :

ND5=(25+4⋅2)⏞rotations+5⋅23⏞reˊflexions10=40+4010=8N_{D_5}=\frac{\overbrace{(2^5+4\cdot 2)}^{\text{rotations}}+\overbrace{5\cdot 2^3}^{\text{r\'eflexions}}}{10}=\frac{40+40}{10}=\boxed{8}
NC5=32+85=405=8 ✓N_{C_5}=\frac{32+8}{5}=\frac{40}{5}=8\ \checkmark

Égalité. La raison est combinatoire, pas arithmétique : à 55 perles bicolores, tout collier est achiral — il n'y a pas assez de perles pour construire un motif asymétrique.

nCnDnpaires chirales3,4,54,6,84,6,80614131720182836306\begin{array}{lccl} n & C_n & D_n & \text{paires chirales}\\\hline 3,4,5 & 4,6,8 & 4,6,8 & \mathbf{0}\\ 6 & 14 & 13 & 1\\ 7 & 20 & 18 & 2\\ 8 & 36 & 30 & 6 \end{array}

👉 L'écart croît vite ensuite : plus il y a de perles, plus il y a de motifs asymétriques.

Réponse. Bracelets 66 perles =13=13 (vs 1414 colliers) ; n=5n=5 : 8=88=8 (colliers achiraux). (Vérifié machine : E3 ✓)
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Roue / carré 2×2 tournant

CalculDifficulté 3/5

Une roue à 44 secteurs (ou un carré 2×22\times 2 de cases) ne tourne que par rotations (G=C4G=C_4). Combien de coloriages à 33 couleurs sont distincts ?

Indices (3)

Mêmes cycles qu'en B2 (un 44-cycle, etc.).

∣Fix(g)∣=3c(g)\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=3^{c(g)}.

Appliquer Burnside avec q=3q=3.

Correction détaillée
Le résultat
24 coloriages d’une roue aˋ 4 secteurs, aˋ 3 couleurs\boxed{24\ \text{coloriages d'une roue \`a } 4\ \text{secteurs, \`a } 3\ \text{couleurs}}

Sans quotienter : 34=813^4=81 coloriages. Les 44 rotations les regroupent en 2424.

⚠️ Le groupe est C4C_4, PAS D4D_4 : une roue montée sur un axe ne peut que tourner. On ne peut pas la retourner sans la démonter.

le choix du groupe est la modeˊlisation, et il deˊcide de la reˊponse\boxed{\text{le choix du groupe est la mod\'elisation, et il d\'ecide de la r\'eponse}}
Étape 1 — Le calcul
gc(g)3c(g)id481r13r229r313\begin{array}{lccl} g & c(g) & 3^{c(g)}\\\hline \mathrm{id} & 4 & \mathbf{81}\\ r & 1 & 3\\ r^2 & 2 & 9\\ r^3 & 1 & 3 \end{array}
N=81+3+9+34=964=24N=\frac{81+3+9+3}{4}=\frac{96}{4}=\boxed{24}

Contrôles : le terme de l'identité vaut 34=81=∣X∣3^4=81=\lvert X\rvert ✓ et le résultat est entier ✓

Par la formule générale (exercice B3), avec n=4n=4, q=3q=3 :

N=φ(4)⋅3+φ(2)⋅32+φ(1)⋅344=2⋅3+9+814=964=24 ✓N=\frac{\varphi(4)\cdot 3+\varphi(2)\cdot 3^2+\varphi(1)\cdot 3^4}{4}=\frac{2\cdot 3+9+81}{4}=\frac{96}{4}=24\ \checkmark
Étape 2 — Le contraste avec $D_4$

Si la roue pouvait être retournée (groupe D4D_4, ordre 88) :

2 reˊflexions meˊdianesc=232=92 reˊflexions diagonalesc=333=27\begin{array}{lcl} \text{2 r\'eflexions m\'edianes} & c=2 & 3^2=9\\ \text{2 r\'eflexions diagonales} & c=3 & 3^3=27 \end{array}
ND4=96+2⋅9+2⋅278=96+18+548=1688=21N_{D_4}=\frac{96+2\cdot 9+2\cdot 27}{8}=\frac{96+18+54}{8}=\frac{168}{8}=\boxed{21}
24−21=3 paires chirales24-21=\mathbf{3}\ \text{paires chirales}

👉 À 33 couleurs, la chiralité apparaît dès 44 positions — alors qu'à 22 couleurs il n'y en avait aucune (exercice E1). Plus de couleurs permet plus d'asymétries.

Exemple de paire chirale : ABACABAC et ACABACAB — même multiensemble de couleurs, dispositions images l'une de l'autre, non superposables par rotation.

Étape 3 — La croissance en $q$
NC4(q)=q4+q2+2q4N_{C_4}(q)=\frac{q^4+q^2+2q}{4}
qNC4ND4chirales26603242134705515516512045\begin{array}{lccl} q & N_{C_4} & N_{D_4} & \text{chirales}\\\hline 2 & 6 & 6 & 0\\ 3 & 24 & 21 & 3\\ 4 & 70 & 55 & 15\\ 5 & 165 & 120 & 45 \end{array}

Vérification pour q=4q=4 : 256+16+84=2804=70\frac{256+16+8}{4}=\frac{280}{4}=70 ✓

👉 L'écart croît rapidement : à 22 couleurs il est nul, à 55 couleurs il représente plus d'un quart du total. La chiralité devient le cas générique dès que le nombre de couleurs dépasse le nombre de positions.

La modélisation, cas par cas
objetgroupeN (q=3)roue sur un axeC424carreˊ de tissu retournableD421motif peint sur un mur{id}81eˊtiquettes interchangeablesS415\begin{array}{lll} \text{objet} & \text{groupe} & N\ (q=3)\\\hline \text{roue sur un axe} & C_4 & \mathbf{24}\\ \text{carr\'e de tissu retournable} & D_4 & 21\\ \text{motif peint sur un mur} & \{\mathrm{id}\} & 81\\ \text{\'etiquettes interchangeables} & S_4 & 15 \end{array}

Quatre réponses pour le même objet coloré — c'est le groupe qui décide, pas le calcul.

La dernière ligne : si les 44 positions étaient totalement interchangeables (S4S_4, ordre 2424), on compterait les multiensembles, soit (3+4−14)=(64)=15\binom{3+4-1}{4}=\binom64=15.

{id}⊂C4⊂D4⊂S4 ⟹ 81≥24≥21≥15\boxed{\{\mathrm{id}\}\subset C_4\subset D_4\subset S_4\ \Longrightarrow\ 81\geq 24\geq 21\geq 15}

👉 Plus le groupe est gros, moins il y a d'orbites — c'est monotone, et c'est un contrôle de cohérence utile : un calcul qui donnerait plus d'orbites avec un groupe plus gros serait nécessairement faux.

Réponse. N=964=24N=\dfrac{96}{4}=24. (Vérifié machine : E4 ✓)
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Colliers multicolores

CalculDifficulté 3/5

Combien de colliers (rotations CnC_n) à 44 perles et 33 couleurs ? puis à 66 perles et 33 couleurs ?

Indices (3)

Réutiliser la formule des colliers de B3 avec q=3q=3.

n=4n=4 : gcd⁡(k,4)\gcd(k,4) pour k=0,1,2,3k=0,1,2,3.

n=6n=6 : gcd⁡(k,6)\gcd(k,6) pour k=0,…,5k=0,\dots,5.

Correction détaillée
Les deux résultats
n=4, q=3 : 24 colliersn=6, q=3 : 130 colliers\boxed{n=4,\ q=3\ :\ 24\ \text{colliers}\qquad n=6,\ q=3\ :\ 130\ \text{colliers}}

Groupe CnC_n (rotations seules), formule de l'exercice B3 :

N=1n∑d∣nφ ⁣(nd)qdN=\frac1n\sum_{d\mid n}\varphi\!\left(\frac nd\right)q^{d}

Les deux calculs se font par les diviseurs, ce qui est bien plus rapide que d'énumérer les nn rotations.

Étape 1 — $n=4$, $q=3$

Diviseurs de 44 : 11, 22, 44.

dn/dφ(n/d)φ(n/d) qd1422×3=62211×9=94111×81=81\begin{array}{lccl} d & n/d & \varphi(n/d) & \varphi(n/d)\,q^{d}\\\hline 1 & 4 & 2 & 2\times 3=6\\ 2 & 2 & 1 & 1\times 9=9\\ 4 & 1 & 1 & 1\times 81=81 \end{array}
N=6+9+814=964=24N=\frac{6+9+81}{4}=\frac{96}{4}=\boxed{24}

Contrôle de la somme des φ\varphi : 2+1+1=4=n2+1+1=4=n ✓ — c'est l'identité ∑e∣nφ(e)=n\sum_{e\mid n}\varphi(e)=n, et elle garantit qu'aucun diviseur n'a été oublié.

Étape 2 — $n=6$, $q=3$

Diviseurs de 66 : 11, 22, 33, 66.

dn/dφ(n/d)φ(n/d) 3d1622×3=62322×9=183211×27=276111×729=729\begin{array}{lccl} d & n/d & \varphi(n/d) & \varphi(n/d)\,3^{d}\\\hline 1 & 6 & 2 & 2\times 3=6\\ 2 & 3 & 2 & 2\times 9=18\\ 3 & 2 & 1 & 1\times 27=27\\ 6 & 1 & 1 & 1\times 729=729 \end{array}
N=6+18+27+7296=7806=130N=\frac{6+18+27+729}{6}=\frac{780}{6}=\boxed{130}

Contrôles : 2+2+1+1=6=n2+2+1+1=6=n ✓ et le résultat est entier ✓

Étape 3 — L'ordre de grandeur
N ≈ qnnN\ \approx\ \frac{q^{n}}{n}
nqqn/nN4320,252463121,51306210,6714\begin{array}{lccl} n & q & q^n/n & N\\\hline 4 & 3 & 20{,}25 & 24\\ 6 & 3 & 121{,}5 & 130\\ 6 & 2 & 10{,}67 & 14 \end{array}

Le terme dominant est toujours qn/nq^n/n — celui de l'identité — et les autres apportent une correction de l'ordre de qn/2/nq^{n/2}/n.

N=qnn+O ⁣(qn/2n)\boxed{N=\frac{q^n}{n}+O\!\left(\frac{q^{n/2}}{n}\right)}

👉 Utile comme contrôle d'ordre de grandeur : un résultat très éloigné de qn/nq^n/n signale une erreur. Ici 2424 contre 20,2520{,}25, et 130130 contre 121,5121{,}5 — les deux sont légèrement au-dessus, ce qui est normal (tous les autres termes sont positifs).

Le tableau complet, et ce qu'il montre
n\q23453411244546247016558512086296141307002 635\begin{array}{lcccc} n\backslash q & 2 & 3 & 4 & 5\\\hline 3 & 4 & 11 & 24 & 45\\ 4 & 6 & 24 & 70 & 165\\ 5 & 8 & 51 & 208 & 629\\ 6 & 14 & 130 & 700 & 2\,635 \end{array}

La croissance est polynomiale en qq (de degré nn) et exponentielle en nn — c'est du qn/nq^n/n ; sur ce petit tableau (n≤6n\leq 6), c'est pourtant en qq que les valeurs grimpent le plus vite.

Vérification de la ligne n=5n=5, q=3q=3 (55 premier, formule de l'exercice B3) :

N=35−35+3=2405+3=48+3=51 ✓N=\frac{3^5-3}{5}+3=\frac{240}{5}+3=48+3=51\ \checkmark

Et le petit théorème de Fermat au passage : 5∣35−3=2405\mid 3^5-3=240 ✓

👉 C'est le même contrôle arithmétique qu'à l'exercice B3 : dès que nn est premier, l'entièreté du résultat équivaut au petit théorème de Fermat. Un comptage de colliers démontre un théorème d'arithmétique.

Réponse. 2424 (pour n=4n=4) et 130130 (pour n=6n=6). (Vérifié machine : E5 ✓)
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Combien de dés différents ?

DémonstrationDifficulté 3/5

On attribue les 66 chiffres 1,…,61,\dots,6 aux 66 faces d'un cube (chaque chiffre une fois). Deux dés sont identiques s'ils se déduisent par une rotation. Combien de dés différents ?

Indices (3)

On colorie avec 66 couleurs toutes distinctes (coloration injective).

Une rotation ≠id\neq\mathrm{id} peut-elle fixer une coloration où toutes les faces diffèrent ?

En déduire la taille des orbites, puis le compte.

Correction détaillée
Le résultat, et pourquoi ce n'est pas du Burnside
30 deˊs diffeˊrents\boxed{30\ \text{d\'es diff\'erents}}
6!24=72024=30\frac{6!}{24}=\frac{720}{24}=30

⚠️ La division simple est ici EXACTE, contrairement à tous les exercices précédents. La raison : l'action est LIBRE sur les étiquetages bijectifs.

action libre⟹toutes les orbites ont ∣G∣ eˊleˊments⟹N=∣X∣/∣G∣\boxed{\text{action libre} \Longrightarrow \text{toutes les orbites ont } \lvert G\rvert \ \text{\'el\'ements} \Longrightarrow N=\lvert X\rvert/\lvert G\rvert}
Étape 1 — Pourquoi l'action est libre

XX = les bijections {faces}→{1,…,6}\{\text{faces}\}\to\{1,\dots,6\}, soit ∣X∣=6!=720\lvert X\rvert=6!=720.

Une rotation non triviale ne peut fixer aucun étiquetage bijectif. En effet, si gg fixe un étiquetage ff, alors

f(g⋅face)=f(face)pour toute facef(g\cdot \text{face})=f(\text{face})\qquad\text{pour toute face}

et ff étant INJECTIVE, cela force g⋅face=faceg\cdot\text{face}=\text{face} pour toute face, c'est-à-dire g=idg=\mathrm{id}.

Fix(g)=∅ pour g≠id\boxed{\mathrm{Fix}(g)=\emptyset\ \text{pour } g\neq\mathrm{id}}

👉 C'est l'INJECTIVITÉ qui fait tout — et c'est exactement ce qui manque dans un coloriage ordinaire, où plusieurs faces peuvent porter la même couleur.

Étape 2 — Le calcul, par Burnside ou directement

Par Burnside :

N=124(720⏟id+0+⋯+0⏟23 termes)=72024=30N=\frac{1}{24}\Big(\underbrace{720}_{\mathrm{id}}+\underbrace{0+\dots+0}_{23\ \text{termes}}\Big)=\frac{720}{24}=\boxed{30}

La somme se réduit à un seul terme — c'est la signature d'une action libre.

Directement : les 720720 étiquetages se répartissent en orbites de taille 2424 chacune, d'où 720/24=30720/24=30 orbites.

les deux meˊthodes coi¨ncident, et c’est le controˆle\boxed{\text{les deux m\'ethodes co\"incident, et c'est le contr\^ole}}
Étape 3 — Une construction directe, qui confirme

Construisons un dé, face par face, en fixant les libertés par rotation :

1. Placer le 11 — par rotation, on peut toujours l'amener en haut. Aucun choix : 11 possibilité.

2. Placer le 22 — il reste 55 faces, mais une rotation autour de l'axe vertical peut l'amener en face de nous s'il est sur le côté. Deux cas : soit 22 est en bas (11 façon), soit il est sur le côté et se ramène à une position unique. Donc 55 choix distincts.

3. Une fois 11 et 22 placés, il ne reste aucune rotation libre (sauf si 22 est en bas, cas qu'on traite dans le même compte). Les 44 chiffres restants se placent de 4!=244!=24 façons... mais la rotation résiduelle divise.

Le comptage propre reste 6!/24=306!/24=30 — la construction pas à pas est plus délicate qu'il n'y paraît, et le comptage par orbites est plus sûr.

👉 Leçon de méthode : quand un comptage direct demande une analyse de cas, préférer l'argument d'orbite, qui ne demande que de vérifier la liberté.

Les dés RÉELS, et la contrainte qu'on ajoute

Un dé usuel vérifie la règle des faces opposées :

1+6=2+5=3+4=71+6=2+5=3+4=7

Combien de tels dés ? Les trois paires {1,6},{2,5},{3,4}\{1,6\},\{2,5\},\{3,4\} doivent occuper les trois paires de faces opposées :

3! affectations×23 orientations=6×8=483!\ \text{affectations}\times 2^3\ \text{orientations}=6\times 8=48
4824=2 deˊs\frac{48}{24}=\boxed{2\ \text{d\'es}}

Et ces deux dés sont IMAGES MIROIR l'un de l'autre : le dé dextrogyre (occidental) et le dé lévogyre. Sur le premier, 11, 22, 33 tournent dans le sens direct autour de leur sommet commun ; sur le second, dans le sens inverse.

les deux existent reˊellement, et on ne peut pas les superposer\boxed{\text{les deux existent r\'eellement, et on ne peut pas les superposer}}

👉 C'est pourquoi on prend les 2424 ROTATIONS et non les 4848 isométries (exercice E1) : avec les 4848, les deux dés seraient identifiés, et l'on compterait 11 — ce qui contredirait l'expérience.

Réponse. N=6!24=30N=\dfrac{6!}{24}=30 dés. (Vérifié machine : E6, action libre sur les colorations injectives ✓)
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