Montrer que la caractéristique d'un corps fini K est un nombre premierp.
Indices (3)
La caractéristique existe (finitude) : c'est le plus petit m>0 avec m⋅1=0.
Supposer m=ab avec 1<a,b<m et utiliser que K est intègre.
Un corps n'a pas de diviseur de zéro.
Correction détaillée
Existence
Les multiples 1,2⋅1,3⋅1,… ne peuvent être tous distincts (K fini) : il existe un plus petit m>0 avec m⋅1=0. C'est la caractéristique.
Primalité
D'abord m≥2 : dans un corps 1=0, donc 1⋅1=1=0. Ensuite, si m=ab avec 1<a,b<m, alors (a⋅1)(b⋅1)=(ab)⋅1=m⋅1=0 ; mais par minimalité de m on a a⋅1=0 et b⋅1=0 (car 0<a,b<m), ce qui contredit l'intégrité du corps. m n'a donc pas de factorisation non triviale : m=p est premier.
Réponse. La caractéristique d'un corps fini est un premier p. (Énoncé vérifié machine : char(GF(4))=2, char(GF(9))=3, char(GF(25))=5 — _verif_corps_finis.py A2 ✓)
Soit K un corps fini de caractéristique p. Montrer que ∣K∣=pn pour un certain n≥1.
Indices (3)
Le sous-corps premier Fp s'injecte dans K.
K est un espace vectoriel sur Fp.
Un Fp-espace vectoriel de dimension n a pn éléments.
Correction détaillée
Structure de F_p-espace vectoriel
K contient le sous-corps premier Fp={0,1,…,(p−1)⋅1}. K est alors un espace vectoriel sur Fp (l'addition de K, la multiplication externe par Fp). Étant fini, il est de dimension finie n.
Cardinal
Une base (e1,…,en) donne une bijection K≅Fpn (coordonnées) : chaque vecteur ∑λiei a p choix par coordonnée, soit ∣K∣=pn.
Réponse.∣K∣=pn (dimension n sur Fp). (Vérifié machine : cardinaux 4,8,9,16,25,27,64=pn — A1 ✓)
Montrer qu'en caractéristique p, (a+b)p=ap+bp pour tous a,b (« freshman's dream »).
Indices (3)
Développer par la formule du binôme.
Étudier la divisibilité de (kp) par p pour 0<k<p.
En caractéristique p, p⋅c=0.
Correction détaillée
Binôme
(a+b)p=∑k=0p(kp)akbp−k.
Coefficients intermédiaires
Pour 0<k<p, (kp)=k!(p−k)!p! est un entier ; or p∣p! tandis que p∤k! et p∤(p−k)!(p premier, 0<k,p−k<p). Donc p∣(kp), et en caractéristique p ces termes sont nuls.
Conclusion
Il ne reste que k=0 et k=p : (a+b)p=ap+bp. (Par récurrence, (a+b)pn=apn+bpn.)
Réponse.(a+b)p=ap+bp en caractéristique p. (Base du Frobenius — vérifié machine : φ additif sur GF(8)/GF(9)/GF(27) — C1 ✓)
Montrer que Fq× est un groupe cyclique (théorème de l'élément primitif).
Indices (3)
Dans un corps, Xd−1 a au plus d racines.
En déduire que #{x∈Fq×:xd=1}≤d pour tout d.
Un groupe abélien fini d'ordre N vérifiant cette borne pour tout d∣N est cyclique.
Correction détaillée
Borne par les racines
Fq× est abélien d'ordre N=q−1. Pour d∣N, les éléments d'ordre divisant d sont des racines de Xd−1 ; dans un corps, ce polynôme a au plus d racines, donc #{x:xd=1}≤d.
Critère de cyclicité
Notons ψ(d) le nombre d'éléments d'ordre exactementd(d∣N). Si ψ(d)>0, prenons x d'ordre d : ⟨x⟩ a d éléments, tous racines de Xd−1 ; comme il y en a au plus d, ⟨x⟩ contient tous les éléments d'ordre divisant d, et ceux d'ordre exactement d sont ses φ(d) générateurs. Donc ψ(d)∈{0,φ(d)}, en particulier ψ(d)≤φ(d). Or ∑d∣Nψ(d)=N=∑d∣Nφ(d) : l'inégalité terme à terme jointe à l'égalité des sommes force ψ(d)=φ(d) pour toutd — en particulier ψ(N)=φ(N)≥1.
Conclusion
Donc Fq× possède un élément d'ordre q−1 : c'est un élément primitif, et Fq×=⟨g⟩ est cyclique.
Réponse.Fq× est cyclique. (Vérifié machine : élément d'ordre q−1 trouvé dans GF(8),GF(16),GF(9),GF(25) — B1 ✓ ; recoupe Théorie des groupes)
Dans Fq(q=pn≥3), calculer le produit ∏x∈Fq×x de tous les éléments non nuls (généralisation du théorème de Wilson).
Indices (3)
Apparier chaque x avec son inverse x−1 (produit 1).
Les éléments égaux à leur inverse vérifient x2=1, soit (x−1)(x+1)=0.
Distinguer q impair (1=−1) et q pair (caractéristique 2, −1=1).
Correction détaillée
Éléments auto-inverses
x=x−1⟺x2=1⟺(x−1)(x+1)=0⟺x∈{1,−1} (corps). Si q est impair(1=−1), ce sont 2 éléments distincts ; si q est pair (caractéristique 2), −1=1 et seul 1 convient.
Appariement & résultat
Tous les autres éléments se regroupent en paires {x,x−1} de produit 1. Il reste donc le produit des auto-inverses : q impair⇒1⋅(−1)=−1 ; q pair⇒1. Pour q=p premier impair, on retrouve Wilson : (p−1)!≡−1(modp).
Réponse.∏x=0x=−1 si q impair, =1 si q pair — Wilson généralisé. (Recoupe Wilson (Arithmétique) ; Fq× cyclique vérifié machine B1)
Montrer que Fp[X]/(m) est un corps si et seulement si m est irréductible sur Fp.
Indices (3)
Sens réciproque : si m=ab non trivial, exhiber des diviseurs de zéro.
Sens direct : si m irréductible et a≡0, alors gcd(a,m)=1.
Utiliser Bézout pour l'inverse.
Correction détaillée
Si m réductible
Si m=ab avec 0<dega,degb<degm, alors aˉbˉ=mˉ=0ˉ ; et aˉ,bˉ=0ˉ car m∤a et m∤b (degrés non nuls <degm). Ce sont des diviseurs de zéro : pas un corps.
Si m irréductible
Soit aˉ=0ˉ (donc m∤a). m étant irréductible, gcd(a,m)=1 : par Bézout, au+mv=1, d'où aˉuˉ=1ˉ. Tout élément non nul est inversible : c'est un corps.
Réponse.Fp[X]/(m) corps ⟺m irréductible. (Vérifié machine : F_2[X]/(X²) a des diviseurs de zéro — E5 ; recoupe Polynômes (K[X]/(P) corps ⟺ P irréductible))
Déterminer si X2+X+1, X2+1 (sur F2 puis F3), X2+2 (sur F5) sont irréductibles.
Indices (3)
Un polynôme de degré 2 ou 3 est irréductible ⟺ il n'a pas de racine.
Évaluer le polynôme en chaque élément du corps de base.
Une racine ⇒ un facteur de degré 1.
Correction détaillée
Sur F_2
X2+X+1 : f(0)=1, f(1)=1 — pas de racine, irréductible. X2+1 : f(1)=1+1=0 — racine 1, donc X2+1=(X+1)2, réductible.
Sur F_3 et F_5
X2+1 sur F3 : f(0)=1,f(1)=2,f(2)=5=2 — pas de racine, irréductible(−1 n'est pas un carré mod 3). X2+2 sur F5 : les carrés sont {0,1,4}, et −2=3∈/{1,4} — pas de racine, irréductible.
Montrer qu'il existe un corps à pn éléments, pour tout premier p et tout n≥1.
Indices (3)
Considérer un corps de décomposition de Xq−X(q=pn) sur Fp (existence admise).
Vérifier que Xq−X est séparable (sa dérivée vaut −1 en caractéristique p).
Montrer que l'ensemble de ses racines est un sous-corps à q éléments.
Correction détaillée
Corps de décomposition
Soit q=pn et L un corps de décomposition de f=Xq−X sur Fp (existence admise, comme en E5). En caractéristique p, q⋅1=0, donc f′=qXq−1−1=−1 : f est séparable et possède q racines distinctes dans L.
Le corps à q éléments
Soit F={x∈L:xq=x} (les q racines de f). F est l'ensemble des points fixes de φn (où φ:x↦xp) ; φn étant un morphisme de corps (rêve du débutant itéré, A6), F est stable par +,× et passage à l'inverse : c'est un sous-corps de L, de cardinal exactement q=pn.
Réponse. Il existe un corps à pn éléments (les racines de Xq−X dans son corps de décomposition). (La formule Np(n)>0 de D4 confirme a posteriori qu'un irréductible de degré n existe ; recoupe Polynômes.)
Montrer que deux corps à q=pn éléments sont isomorphes. (On admettra l'unicité du corps de décomposition.)
Indices (3)
Montrer que tout corps à q éléments est corps de décomposition de Xq−X sur Fp.
Utiliser que tout élément vérifie xq=x (lot A).
Invoquer l'unicité du corps de décomposition.
Correction détaillée
Corps de décomposition
Soit K un corps à q éléments. Tout x∈K vérifie xq=x (A5), donc Xq−X=∏x∈K(X−x) se scinde dans K ; comme ses q racines sont exactement les q éléments de K, on a K=Fp(racines) : K est le corps de décomposition de Xq−X sur Fp.
Unicité
Deux corps de décomposition d'un même polynôme sur Fp sont isomorphes (résultat admis). Donc deux corps à q éléments sont isomorphes : on note Fq.
Réponse. Deux corps à q éléments sont isomorphes (= corps de décomposition de Xq−X). (Vérifié machine : Xq−X=∏(X−a) — C6 ✓)
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