Équation de transport
Montrer que toute fonction
Indices (3)
Calculer
Sommer
Correction détaillée
L'équation de transport est la plus simple des équations aux dérivées partielles, et c'est celle par laquelle il faut commencer : elle décrit un profil qui se déplace sans se déformer.
La solution annoncée,
Vérifier qu'une fonction résout une EDP est un exercice mécanique — on dérive et on remplace — mais l'important est ensuite de lire ce que la solution raconte.
Posons
D'où :
⚠️ Le signe
Les deux termes s'annulent exactement, quelle que soit
C'est un résultat remarquablement fort — l'équation de transport admet une infinité de solutions, une par fonction
Suivons un point du graphe. À l'instant
Chaque valeur voyage à la vitesse
Les droites
| comportement | |
|---|---|
| le profil se déplace vers la droite | |
| vers la gauche | |
| rien ne bouge : |
Prenons
Et le déplacement se lit dans les valeurs : le minimum de
| position du minimum | ||
|---|---|---|
La valeur en un point fixe change au cours du temps ; c'est la valeur portée par le profil qui, elle, ne change pas.
Elle est le modèle de tout ce qui advecte — un polluant emporté par un courant, une information le long d'une fibre, une densité de voitures sur une route.
Et elle éclaire par contraste les deux autres familles du chapitre :
| équation | ce qu'elle fait au profil |
|---|---|
| transport |
le déplace, sans le déformer |
| chaleur |
le lisse et l'aplatit (exercice B5) |
| ondes |
le scinde en deux moitiés qui partent en sens opposés (E2) |
Réponse :
Classification des EDP
Classer (elliptique / parabolique / hyperbolique) les équations de la chaleur
Indices (3)
Discriminant
Pour la chaleur, seul
Correction détaillée
Les EDP linéaires du second ordre se rangent en trois familles, et ce classement n'est pas une commodité de vocabulaire : chaque famille a son comportement propre, ses conditions aux limites adaptées et ses méthodes de résolution. Reconnaître le type d'une équation, c'est savoir d'avance à quoi s'attendre.
Le critère est exactement celui du trinôme du second degré, ce qui explique les noms empruntés aux coniques.
Pour une équation de la forme
on calcule le discriminant
| type | conique associée | |
|---|---|---|
| elliptique | ellipse | |
| parabolique | parabole | |
| hyperbolique | hyperbole |
⚠️ Le piège est de ne pas mettre l'équation sous cette forme d'abord. Il faut tout passer du même côté, et lire les coefficients des dérivées secondes uniquement — les termes d'ordre
1. La chaleur :
2. Les ondes :
3. Laplace :
Le signe de
C'est là tout l'intérêt du classement :
| type | exemple | temps ? | comportement | conditions |
|---|---|---|---|---|
| parabolique | chaleur | oui, irréversible | lisse tout, tend vers l'équilibre | une initiale + les bords |
| hyperbolique | ondes | oui, réversible | propage à vitesse finie, conserve les angles | deux initiales + les bords |
| elliptique | Laplace | non | régime permanent, solution très régulière | seulement les bords |
Trois conséquences concrètes, à retenir :
- La chaleur oublie. On ne peut pas remonter le temps : deux profils initiaux différents finissent indiscernables (ils tendent vers le même équilibre). C'est ce qui la rend irréversible.
- Les ondes se souviennent. Changer
en laisse inchangée ( ) : une onde filmée à l'envers reste une onde valide. - Laplace n'a pas de temps du tout. Il n'y a rien à faire évoluer, seulement un équilibre à trouver — d'où l'absence de condition initiale (exercice C6).
| équation | type | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| parabolique | |||||
| hyperbolique | |||||
| elliptique | |||||
| hyperbolique | |||||
| elliptique | |||||
| hyperbolique |
Deux enseignements se lisent dans ce tableau :
- le second membre ne change rien : Poisson (exercice C3) est elliptique comme Laplace ;
- une célérité
différente ne change rien non plus : reste hyperbolique, seule la vitesse de propagation diffère.
Réponse : la chaleur est parabolique (
Transport avec condition initiale
Résoudre l'équation de transport
Indices (3)
Solution générale
Correction détaillée
L'exercice A1 a montré que toute fonction
Ici
D'après A1, toute solution de
pour une fonction
On fait
Or l'énoncé impose
C'est là que se joue tout l'exercice, et le piège est de croire qu'il faut « résoudre » quelque chose :
On reporte
⚠️ L'erreur à ne pas commettre : écrire
On ne livre jamais une solution d'EDP sans la reporter dans l'équation. Avec
Et la condition initiale :
Les deux exigences sont vérifiées — l'équation et la condition. Ne jamais se contenter de l'une des deux.
Le profil initial est une cloche gaussienne centrée en
| sommet en | |||
|---|---|---|---|
Deux lectures se complètent :
- en suivant le sommet : il est en
, il avance de par unité de temps ; - en un point fixe, disons
: la cloche arrive, passe (valeur à ) et repart.
À
Réponse :
Principe de superposition
Montrer que si
Indices (3)
L'équation est linéaire.
Dérivées partielles linéaires :
Idem pour
Correction détaillée
Si
et résolvent , alors la résout aussi, pour tous réels .
C'est le principe de superposition, et c'est la propriété la plus utile du chapitre — sans elle, la méthode de séparation des variables (lot B) ne servirait à rien.
Il vaut pour toute EDP linéaire homogène, et la démonstration ne repose que sur la linéarité de la dérivation.
Posons
Par hypothèse,
Trois lignes. Toute la force du résultat vient de ce qu'il n'exige rien de
La démonstration s'effondre si l'on change un détail. Deux contre-exemples à connaître, parce qu'ils délimitent exactement la portée du principe.
(a) Équation NON LINÉAIRE. Prenons
Les termes croisés ne disparaissent pas, et il n'y a aucune raison qu'ils s'annulent. La somme ne résout pas l'équation.
(b) Équation NON HOMOGÈNE. Prenons
La somme résout une autre équation. Ici la parade existe : les différences de solutions, elles, résolvent l'équation homogène — on écrit alors
Sans superposition, la méthode du chapitre entier ne fonctionne pas. Le raisonnement de la séparation des variables est en effet :
- on trouve des solutions élémentaires
, une par entier (exercices B1 et B3) ; - chacune vérifie l'équation et les conditions aux bords, mais pas la condition initiale voulue ;
- grâce à la superposition, on en forme une combinaison
, qui vérifie encore l'équation et les bords ; - il ne reste qu'à choisir les
pour ajuster la condition initiale — c'est un développement en série de Fourier (exercices B6 et D3).
L'étape 3 est celle qui tomberait. Sans elle, on disposerait d'une collection de solutions particulières sans aucun moyen de les assembler, et on ne saurait résoudre que les cas où la donnée initiale est exactement un mode.
Le mot-clé est que l'ensemble des solutions forme un espace vectoriel : c'est ce qui autorise à chercher une base (les modes propres) et à décomposer dessus.
Sur
La combinaison
Vérifions directement :
Elles sont identiques, donc
Réponse : par linéarité de la dérivation,
Conditions aux limites
Pour une barre
Indices (3)
Dirichlet : on impose la valeur
Neumann : on impose le flux
Compter selon l'ordre en temps.
Correction détaillée
Une EDP toute seule a une infinité de solutions — l'exercice A1 en a donné une par fonction
Il faut distinguer deux choses que le vocabulaire courant mélange :
| où | ce qu'elle fixe | |
|---|---|---|
| condition aux limites | aux bords |
ce qui se passe aux extrémités de la barre |
| condition initiale | à |
l'état de départ |
Et le nombre de chacune n'est pas une convention : il se lit sur l'ordre des dérivées de l'équation.
Condition de DIRICHLET — on impose la VALEUR :
Physiquement : les extrémités sont maintenues à une température fixée — plongées dans un thermostat, un bain de glace, une pièce climatisée. Ce qui se passe à l'intérieur de la barre n'y change rien.
Cas particulier omniprésent dans le chapitre :
Condition de NEUMANN — on impose la DÉRIVÉE :
Physiquement : les extrémités sont isolées. La loi de Fourier dit que le flux de chaleur vaut
Cette différence de nature a une conséquence spectaculaire : en Dirichlet homogène tout tend vers
On compte l'ordre des dérivées, variable par variable.
Pour la chaleur
| variable | ordre | nombre de conditions |
|---|---|---|
| 1 condition initiale : |
||
| 2 conditions aux limites |
Total : 1 initiale + 2 aux limites.
Pour les ondes
| variable | ordre | nombre de conditions |
|---|---|---|
| 2 conditions initiales : |
||
| 2 conditions aux limites |
Total : 2 initiales + 2 aux limites.
⚠️ C'est la différence la plus importante du chapitre. Pour une corde, il ne suffit pas de dire d'où elle part : il faut aussi dire avec quelle vitesse. Une corde pincée (
L'analogie mécanique est exacte : une équation d'ordre
Le problème complet de l'exercice B4 s'écrit ainsi :
Trois conditions pour une équation parabolique — le compte est bon, et la solution est unique.
Le problème des ondes de l'exercice E5, lui, en porte quatre :
| erreur | conséquence |
|---|---|
| trop peu de conditions | une infinité de solutions — le problème est sous-déterminé |
| trop de conditions | en général aucune solution : les exigences se contredisent |
| conditions incompatibles | pas de solution régulière ; par exemple |
Un problème avec le bon nombre de conditions, dont la solution existe, est unique, et dépend continûment des données, est dit bien posé au sens de Hadamard. C'est la propriété qu'on cherche à établir — et l'exercice C6 la démontre pour le problème de Dirichlet.
Réponse : Dirichlet impose la valeur
Modéliser avec la bonne EDP
Associer chaque phénomène à son EDP et à son type : (a) refroidissement d'une barre, (b) vibration d'une corde, (c) potentiel électrostatique permanent.
Indices (3)
Diffusion
Propagation
Équilibre/permanent
Correction détaillée
Modéliser, c'est traduire une phrase de physique en une équation. Deux questions suffisent à choisir la bonne famille, et il faut les poser dans cet ordre :
- Y a-t-il un temps ? Si le phénomène est permanent, stationnaire, à l'équilibre, il n'y a pas de variable
: c'est Laplace, elliptique. - Sinon, le phénomène s'atténue-t-il ou se propage-t-il ?
- il s'atténue, s'étale, tend vers un équilibre
chaleur, ordre en temps, parabolique ; - il oscille, va et vient, se propage
ondes, ordre en temps, hyperbolique.
- il s'atténue, s'étale, tend vers un équilibre
Le critère décisif est l'ordre en temps, et il se devine physiquement : un phénomène réversible (qu'on peut filmer à l'envers) est d'ordre
Pourquoi ordre
Comportement : les irrégularités s'effacent, la température s'uniformise, tout tend vers l'équilibre (exercice B5).
Conditions : 1 initiale (le profil de départ) + 2 aux limites.
Pourquoi ordre
Réversibilité : changer
Comportement : ça oscille indéfiniment (sans amortissement), et le signal se propage à la vitesse finie
Conditions : 2 initiales (position et vitesse) + 2 aux limites.
Pourquoi pas de temps du tout. Le mot permanent de l'énoncé est le signal : rien n'évolue, on cherche un état d'équilibre. Il n'y a donc pas de condition initiale — seulement les valeurs au bord du domaine.
Le lien avec (a) est instructif : Laplace est exactement la chaleur à l'équilibre. Poser
⚠️ S'il y a des charges dans le domaine, le second membre n'est plus nul :
| phénomène | équation | ordre en |
type | comportement |
|---|---|---|---|---|
| (a) barre qui refroidit | parabolique | lisse, irréversible, tend vers l'équilibre | ||
| (b) corde qui vibre | hyperbolique | oscille, réversible, propage à vitesse |
||
| (c) potentiel permanent | — | elliptique | équilibre, très régulier |
Les discriminants correspondants ont été calculés à l'exercice A2 :
| phénomène | équation | type |
|---|---|---|
| diffusion d'un colorant dans l'eau immobile | chaleur | parabolique |
| polluant emporté par un courant | transport |
(ordre 1, cas à part) |
| vibration d'une membrane de tambour | ondes 2D |
hyperbolique |
| température d'établissement d'un mur, en régime établi | Laplace | elliptique |
| son dans l'air | ondes 3D | hyperbolique |
| écoulement d'un fluide parfait irrotationnel | Laplace | elliptique |
Les deux questions du début suffisent à trancher chaque ligne — le vocabulaire de l'énoncé (« permanent », « établi », « vibration », « diffusion ») porte presque toujours la réponse.
Réponse : (a) chaleur
Vérifier un mode de la chaleur
Vérifier que
Indices (3)
Correction détaillée
Avant de chercher les solutions (exercices B2 et B3), il faut savoir en vérifier une. C'est un geste purement mécanique — dériver, remplacer — mais il y a deux choses à vérifier, jamais une seule :
- la fonction résout l'équation ;
- elle satisfait les conditions aux limites.
Une fonction qui résout l'équation sans respecter les bords ne sert à rien pour le problème physique posé. Les deux contrôles sont indépendants et tous deux obligatoires.
Cette structure « produit d'une fonction de
Posons
Dérivée en temps (le facteur
Dérivées en espace (le facteur exponentiel sort) :
On retrouve ici que
Les deux expressions sont identiques :
Noter la mécanique : le facteur
En
En
⚠️ C'est ici que le facteur
C'est ce mécanisme qui quantifie le problème : seules certaines valeurs de
Prenons
Elles coïncident ✓. Et
Quelques valeurs, au point
L'amplitude décroît exponentiellement sans que la forme change : le profil
Le taux de décroissance est
Avec
| taux | temps pour tomber à |
|
|---|---|---|
Le mode
C'est l'explication mathématique du lissage : la chaleur ne détruit pas tout au même rythme, elle efface d'abord les aspérités et ne laisse survivre que la forme d'ensemble. L'exercice B5 y revient.
Réponse :
Séparation des variables
Par séparation
Indices (3)
Injecter
Diviser par
Un membre dépend de
Correction détaillée
La séparation des variables est la méthode centrale du chapitre. Son pari est le suivant :
chercher les solutions sous la forme d'un produit
.
Pourquoi ce pari est-il raisonnable ? Parce qu'il transforme une équation aux dérivées partielles — difficile — en deux équations différentielles ordinaires — connues depuis le lycée. On échange un problème inconnu contre deux problèmes familiers.
⚠️ Ce n'est pas une hypothèse innocente : la plupart des solutions ne sont pas des produits. Mais on trouvera ainsi une famille de solutions élémentaires, et le principe de superposition (exercice A4) permettra ensuite de les combiner pour atteindre les autres. C'est le plan d'ensemble de la méthode.
On pose
On reporte dans
On divise les deux membres par
Regardons bien cette égalité, c'est tout l'argument. Le membre de gauche ne dépend que de
Fixons
On la note
L'égalité se scinde en deux, et il n'y a plus la moindre dérivée partielle :
Détail du passage :
Le second se résout immédiatement — c'est l'équation de la décroissance exponentielle :
Le premier est plus riche : c'est lui qui porte les conditions aux limites, et qui va sélectionner les valeurs admissibles de
Reprenons les résultats admis de B3 :
et le produit
est exactement la fonction vérifiée à l'exercice B1. La méthode produit donc ce qu'on avait constaté à la main — c'est le contrôle de cohérence qui valide toute la démarche.
Elle se transpose telle quelle aux autres équations, seul le problème temporel change :
| équation | problème spatial | problème temporel |
|---|---|---|
| chaleur |
||
| ondes |
||
| Laplace |
Le problème spatial est le même dans les trois cas — c'est lui qui porte la géométrie et les conditions aux limites. C'est pourquoi on le résout une fois pour toutes (exercice B3) et qu'on le réutilise partout.
Deux conséquences visibles :
- pour les ondes,
donne des oscillations en et au lieu d'une décroissance (exercice E1) ; - pour Laplace, le changement de signe donne des sinus hyperboliques au lieu de sinus (exercice C4).
Réponse : en posant
Modes propres spatiaux
Résoudre le problème spatial
Indices (3)
Pour
Correction détaillée
Ce problème est le cœur de tout le chapitre :
C'est un problème aux valeurs propres. La question n'est pas seulement « quelles sont les solutions ? » mais « pour quelles valeurs de
Il faut bien voir ce qui le distingue d'une équation différentielle ordinaire ordinaire : les conditions ne sont pas données au même point (
⚠️ La solution nulle
La forme des solutions de
Posons
Appliquons les conditions :
Or
Aucune valeur propre négative. La raison profonde :
L'équation devient
Donc
⚠️ Retenir ce cas : il change en conditions de Neumann, où
Posons
Première condition :
Seconde condition :
Pourquoi seulement
Avec
| mode | zéros dans |
||
|---|---|---|---|
| aucun | |||
Vérifions le mode
Le mode
Cette famille
- elle sert pour la chaleur (B4) et pour les ondes (E5) — c'est le même problème spatial dans les deux cas (exercice B2) ;
- ses membres sont orthogonaux deux à deux (exercice D2), ce qui permet d'y projeter n'importe quelle donnée initiale ;
- c'est très exactement le développement en série de Fourier en sinus — les
sont les valeurs propres de avec conditions de Dirichlet, et l'exercice D5 explique pourquoi ce vocabulaire de diagonalisation est le bon.
Réponse :
Solution complète de la chaleur
Résoudre
Indices (3)
La CI est déjà une somme de modes propres (
Chaque mode
Superposer.
Correction détaillée
C'est le premier problème complet du chapitre : équation, conditions aux limites et condition initiale. Tous les ingrédients des exercices précédents s'assemblent ici.
Ici
La donnée initiale est déjà une combinaison de modes — c'est ce qui rend l'exercice court. Il n'y aura aucune intégrale à calculer : on lira les coefficients directement. Le cas général, où il faut projeter, fait l'objet des exercices B6 et D3.
D'après les exercices B2 et B3, les solutions élémentaires de
Par superposition (exercice A4), toute combinaison en est une :
Cette forme respecte déjà l'équation et les deux conditions aux limites, quels que soient les
On fait
Or l'énoncé impose
Par identification terme à terme — les modes
⚠️ Ne pas se lancer dans le calcul d'intégrales. La formule
On reporte, en n'oubliant pas que chaque mode a son propre taux de décroissance
Le mode
L'équation.
(pour le second terme :
Les deux sont identiques :
Les conditions aux limites.
La condition initiale.
Suivons la température au point
Au point
| total | |||
|---|---|---|---|
Le second mode est déjà presque éteint à
Réponse :
Régime permanent et lissage
Pour la chaleur en Dirichlet homogène, montrer que
Indices (3)
Chaque mode décroît comme
Le taux croît avec
Limite de la série.
Correction détaillée
(1) Pour la chaleur en Dirichlet homogène,
quand . (2) Un profil initial irrégulier devient lisse.
Ces deux propriétés sont les signatures de l'équation parabolique, et elles ont la même cause : le facteur
La solution s'écrit (exercices B2, B3, A4)
Chaque terme porte un facteur
Toutes les valeurs propres sont strictement positives — c'est précisément ce qu'a établi l'exercice B3 en écartant les cas
⚠️ Le point décisif est
Interprétation physique : les extrémités sont maintenues à
Tous les modes ne meurent pas au même rythme. Comme
et le premier mode survit à tous les autres. Aux grands temps,
Quelle que soit la complication du profil de départ, la barre finit par ressembler à une simple bosse qui s'affaisse. C'est le régime asymptotique, et il ne dépend que de
Sur l'exemple de l'exercice B4 (
| poids du mode 1 | poids du mode 2 | rapport | |
|---|---|---|---|
À
C'est la même mécanique, lue autrement, et c'est l'idée à retenir du chapitre.
Ce que porte chaque mode. Le mode
Ce que la chaleur leur fait. Le taux de décroissance
| taux relatif | il faut, pour tomber à |
|
|---|---|---|
Un détail de « fréquence
Conclusion : l'équation de la chaleur agit comme un filtre passe-bas. Elle rabote les hautes fréquences en premier et ne laisse survivre que les basses. Le profil devient donc lisse, et il le devient très vite — au bout d'un temps arbitrairement petit, la solution est même de classe
Partons d'un profil volontairement irrégulier sur
soit une bosse douce plus une ondulation rapide de petite amplitude. La solution est
| amplitude de l'ondulation | amplitude de la bosse | |
|---|---|---|
À
Ce lissage a un prix, et c'est ce qui fait de la chaleur une équation irréversible (exercice A2).
Remonter le temps demanderait de multiplier par
Conséquence pratique : on ne peut pas reconstituer le profil initial d'une barre à partir de sa température actuelle. L'information sur les détails fins n'est pas seulement difficile à retrouver — elle a été détruite.
Réponse :
Coefficients de Fourier de la donnée
Calculer les coefficients
Indices (3)
Intégration par parties :
Correction détaillée
Quand la donnée initiale n'est pas déjà une combinaison de modes — contrairement à l'exercice B4 — il faut l'y décomposer. Les coefficients se calculent par la formule de projection
que l'exercice D3 justifiera par l'orthogonalité. Ici on l'applique à
Le calcul se fait par intégration par parties : c'est le geste standard dès qu'un polynôme multiplie une fonction trigonométrique.
On pose, pour faire descendre le degré du polynôme :
⚠️ Le choix n'est pas libre : c'est le facteur
Le terme tout intégré. En
L'intégrale restante.
car
Or
En multipliant par
Le
| valeur | |||
|---|---|---|---|
Les signes alternent et les amplitudes décroissent en
Évaluons la série en
| nombre de termes | somme partielle |
|---|---|
Elle converge vers
⚠️ On voit aussi que la convergence est lente : il faut 50 termes pour trois décimales. C'est la contrepartie du
En
Conséquence pour l'exercice suivant : si l'on injecte
Réponse :
integrate donne Vérifier un mode des ondes
Vérifier que
Indices (3)
Comparer.
Correction détaillée
On passe de la chaleur aux ondes, et une seule chose change dans l'équation :
Une dérivée temporelle de plus. Mais cette différence d'ordre change tout le comportement : là où la chaleur amortissait, les ondes oscillent.
Le mécanisme se voit dans le facteur temporel. Le problème temporel devient
⚠️ Le problème SPATIAL, lui, est identique — c'est le même
Posons
En temps (le facteur
En espace (le facteur
Deux dérivations d'un cosinus redonnent
Identiques :
Où est passé le
C'est la relation de dispersion, et elle fixe les pulsations propres (exercice E6).
Elles ne portent que sur le facteur spatial, inchangé depuis l'exercice B1 :
Physiquement : la corde est fixée aux deux extrémités. C'est le cas d'une corde de guitare ou de violon, pincée entre le sillet et le chevalet.
Prenons
| ondes |
chaleur |
|
|---|---|---|
Trois différences, toutes visibles dans ce tableau :
- l'amplitude ne décroît jamais : elle vaut
en valeur absolue à chaque demi-période. Sans frottement, une corde vibre indéfiniment ; - le signe change : la corde passe de part et d'autre de sa position d'équilibre. La chaleur, elle, reste du même côté ;
- c'est périodique : à
, on retrouve exactement l'état initial. L'équation des ondes est réversible (exercice A2), la chaleur ne l'est pas.
Ce mode-ci a une propriété qu'il faut relever :
La vitesse initiale est nulle : c'est le mode d'une corde pincée — écartée de sa position d'équilibre puis lâchée sans élan. C'est la situation de l'exercice E5.
Le mode
Les deux résolvent la même équation avec les mêmes bords ; ce sont les deux conditions initiales de l'exercice A5 qui les départagent.
Réponse :
Formule de d'Alembert
Montrer que
Indices (3)
Évaluer
Correction détaillée
La formule de d'Alembert est l'autre façon de voir les ondes, et elle est plus parlante que les modes propres :
On y reconnaît deux ondes de transport (exercice A1) :
Le profil initial se coupe en deux moitiés qui s'éloignent en sens opposés.
C'est physiquement exact : on le voit sur une corde de saut qu'on secoue en son milieu.
Notons
En temps. Attention aux signes, qui sont opposés :
Le second signe moins vient de
En espace. Les dérivées valent
Ce sont exactement les mêmes expressions :
Et cela vaut pour toute
L'équation des ondes en réclame deux (exercice A5), et il faut les vérifier toutes les deux.
Position. À
Vitesse. À
La vitesse initiale est nulle, et c'est automatique : les deux moitiés partent en sens opposés à la même vitesse, donc leurs contributions au mouvement vertical s'annulent exactement à l'instant initial. La formule décrit donc une corde pincée.
Pour une vitesse initiale non nulle, il faut ajouter un second terme — c'est l'objet de l'exercice E3.
Prenons
| ce qu'on voit | |
|---|---|
| une bosse de hauteur |
|
| deux bosses de hauteur |
|
| deux bosses de hauteur |
Quelques valeurs, avec
Au centre, la bosse s'en va : les deux moitiés se séparent et abandonnent le point de départ. Mais rien ne s'est perdu — l'amplitude est intacte, elle s'est simplement dédoublée et déplacée.
Contraste avec la chaleur : là-bas, la bosse resterait sur place en s'aplatissant. Ici elle garde sa forme et voyage.
Les deux descriptions — modes propres (E1) et d'Alembert — résolvent la même équation, mais elles ne montrent pas la même chose :
| modes propres | d'Alembert | |
|---|---|---|
| ce qu'on voit | les fréquences, les harmoniques | la propagation, la vitesse finie |
| domaine naturel | borné (corde fixée) | infini ou très grand |
| question à laquelle il répond | « quel son entend-on ? » | « quand le signal arrive-t-il ? » |
D'Alembert rend immédiate une propriété fondamentale que les modes cachent : la vitesse de propagation finie. La valeur
C'est l'opposé exact de la chaleur, où une perturbation en un point modifie instantanément la température partout (avec une amplitude infinitésimale, mais non nulle).
Réponse :
D'Alembert avec vitesse initiale
Donner la solution de
Indices (3)
Terme de vitesse :
Dériver par rapport à
Évaluer en
Correction détaillée
L'exercice E2 traitait la corde pincée : on la lâche d'une position écartée, sans élan. Voici l'autre situation initiale possible — la corde frappée :
La corde part droite, mais on lui communique une vitesse : c'est ce que fait le marteau d'un piano, ou une baguette sur une membrane.
L'équation des ondes réclamant deux conditions initiales (exercice A5), ces deux problèmes sont bien distincts, et leurs solutions n'ont pas la même forme.
Au lieu d'une demi-somme de valeurs, c'est une moyenne intégrale de la vitesse initiale, prise sur l'intervalle
Cet intervalle porte un nom : c'est le domaine de dépendance du point
La formule complète de d'Alembert réunit les deux cas :
À
Une intégrale sur un intervalle réduit à un point est nulle : c'est immédiat, et c'est déjà la moitié du travail.
C'est le calcul intéressant. Il faut dériver une intégrale dont les deux bornes dépendent de
Soit
On dérive par rapport à
⚠️ Le double signe moins sur la seconde borne — celui de la soustraction et celui de
À
On continue à dériver :
Côté espace, à partir de
Donc
Prenons
Au centre, en
| intervalle | intersection | longueur | ||
|---|---|---|---|---|
| tout entier | ||||
| tout entier | ||||
Le déplacement au centre CROÎT puis se STABILISE à
⚠️ Noter aussi que
| corde pincée (E2) | corde frappée (E3) | |
|---|---|---|
| position initiale | ||
| vitesse initiale | ||
| solution | ||
| régularité | même que |
un cran de plus que |
| instrument | guitare, clavecin | piano, tambour |
Les deux se superposent librement (exercice A4) : une corde à la fois écartée et lancée est décrite par la somme des deux formules.
Réponse :
Stationnaire = deux ondes voyageuses
Montrer que l'onde stationnaire
Indices (3)
Formule produit→somme :
Avec
Identifier les ondes
Correction détaillée
L'onde stationnaire
est la somme de deux ondes voyageuses de sens opposés.
C'est le pont entre les deux descriptions du chapitre : les modes propres (exercice E1) et la formule de d'Alembert (exercice E2). Ce sont deux lectures d'un même objet, et cet exercice montre qu'elles coïncident.
Le calcul tient en une formule de trigonométrie, mais l'interprétation vaut d'être détaillée : elle explique ce qu'est vraiment une onde stationnaire.
On part de l'identité d'addition, écrite deux fois :
En les additionnant, les termes en
d'où
Appliquons avec
Chaque terme est de la forme
Le membre de gauche est une onde stationnaire : sa forme spatiale
Les deux points de vue sont donc rigoureusement équivalents. Une onde stationnaire n'est pas un objet d'une autre nature : c'est ce qu'on obtient quand deux ondes identiques se croisent en sens contraires.
L'identité doit tenir pour toutes valeurs, testons-la sur trois jeux pris au hasard :
Égalité à toutes les décimales affichées — c'est bien une identité, pas une approximation.
L'onde stationnaire s'annule en permanence aux points où
Comment deux ondes qui se déplacent peuvent-elles produire des points immobiles ? Parce qu'en un nœud, les deux contributions sont en opposition de phase permanente :
Elles s'annulent exactement, à chaque instant. Le nœud n'est pas un endroit où il ne se passe rien : c'est un endroit où deux choses se passent et se compensent en permanence.
À mi-chemin, aux ventres (
| rôle | ||
|---|---|---|
| nœud — immobile | ||
| ventre — amplitude maximale | ||
| nœud |
C'est précisément ce qui permet à une corde de guitare fixée aux deux bouts de vibrer : ses extrémités doivent être des nœuds, et l'exercice B3 a montré que cela ne laisse que les modes
La lecture inverse s'obtient par la même identité et éclaire une expérience courante : deux ondes identiques qui se croisent en sens contraires produisent une onde stationnaire.
C'est ce qui se passe quand une onde se réfléchit sur un obstacle fixe : l'onde incidente et l'onde réfléchie, de sens opposés, s'additionnent en un régime stationnaire avec des nœuds fixes. On l'observe dans un tuyau d'orgue, une cavité laser, une cuve à ondes.
Réponse : par
Corde pincée (superposition)
Une corde
Indices (3)
Chaque mode
Superposer avec les coefficients de la CI.
Correction détaillée
C'est le pendant de l'exercice B4, côté ondes. Même structure de résolution, une seule différence — mais elle est essentielle :
Le facteur temporel oscille au lieu de décroître. Rien ne s'amortit.
Ici
D'après l'exercice E1, avec
⚠️ Bien noter la pulsation. Elle vaut
Par superposition :
Cette forme vérifie déjà l'équation, les deux conditions aux limites, et la vitesse initiale nulle (chaque
On fait
Par identification :
Comme en B4, la donnée est déjà écrite dans la base : aucune intégrale à calculer.
L'équation.
Identiques ✓ (le facteur
Les bords.
Les deux conditions initiales.
Suivons le point
| mode 1 | mode 2 | ||
|---|---|---|---|
Deux observations décisives :
- rien ne s'amortit — à
on retrouve exactement l'état initial. Sans frottement, la corde vibre indéfiniment ; - le mouvement est périodique de période
, parce que les deux pulsations et sont dans un rapport entier. Le mode fait deux allers-retours pendant que le mode en fait un, et les deux se retrouvent en phase.
C'est la raison pour laquelle une corde produit une note et non un bruit — voir l'exercice E6.
Comparons les deux solutions des exercices B4 et E5, sur le même intervalle avec la même famille de modes :
| chaleur (B4) | ondes (E5) | |
|---|---|---|
| facteur temporel | ||
| exposant / pulsation | en |
en |
| aux grands temps | tend vers |
oscille indéfiniment |
| réversible ? | non | oui |
| les modes fins | meurent les premiers | survivent autant que les autres |
La dernière ligne est celle qui compte le plus : les ondes ne lissent pas. Un profil anguleux le reste, ses coins se contentent de voyager. C'est ce qui permet à un signal sonore de traverser une pièce sans se déformer — et ce qu'une équation parabolique ne pourrait jamais faire.
Réponse :
Harmoniques d'une corde
Une corde de longueur
Indices (3)
Mode
Fondamental =
Les
Correction détaillée
Cet exercice fait le lien entre l'équation des ondes et ce qu'on entend. Deux questions :
- quelles sont les pulsations propres
? - pourquoi le son est-il périodique, c'est-à-dire perçu comme une note et non comme un bruit ?
La seconde réponse est la plus intéressante, et elle repose sur une propriété arithmétique très particulière de la corde vibrante.
Les modes de l'exercice E1 sont
et le facteur temporel oscille à la pulsation
D'où la fréquence (en hertz), qui est ce qu'on mesure :
Le fondamental est le mode
et la période correspondante vaut
C'est la question de fond, et la réponse tient en une observation arithmétique :
Toutes les pulsations propres sont des multiples ENTIERS du fondamental. Les modes s'appellent d'ailleurs les harmoniques pour cette raison.
Conséquence directe : au bout d'une durée
puisque
Le mouvement est périodique de période
Il faut mesurer à quel point cette propriété est particulière. Comparons avec une membrane de tambour circulaire, dont les pulsations propres sont proportionnelles aux zéros des fonctions de Bessel
| corde | membrane circulaire |
|---|---|
| rapports entiers | rapports non entiers |
| son périodique : une note | son non périodique : un bruit percussif |
Les rapports de la membrane n'étant pas entiers, les modes ne se retrouvent pas tous en phase au bout d'une période du fondamental : le mouvement ne se répète pas avec elle. C'est exactement pourquoi un tambour ne joue pas de mélodie alors qu'une corde le fait.
La périodicité du son d'une corde est donc une conséquence de sa géométrie unidimensionnelle et de son homogénéité (célérité
Une corde de guitare, corde de La (
Les harmoniques suivants :
| note | ||
|---|---|---|
| La (fondamental) | ||
| La, une octave au-dessus | ||
| Mi, une quinte encore au-dessus | ||
| La, deux octaves | ||
| Do dièse |
On reconnaît la série harmonique de la musique : octave, quinte, quarte… Les intervalles consonants de la gamme occidentale sont exactement les rapports simples de cette suite —
La formule
| pour monter le son, on peut | effet sur |
|---|---|
| raccourcir la corde ( |
|
| tendre davantage ( |
|
| prendre une corde plus fine ( |
Diviser
Et les coefficients
Réponse :