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Exercices corrigés — Transformée de Fourier

Analyse · 18 exercices-types du palier socle

BUTL2L3Maths ingénieur

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Transformée de Fourier Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Transformée de la porte

CalculDifficulté 3/5

Calculer la transformée de Fourier de la porte f(t)=1f(t)=1 pour ∣t∣<T\lvert t\rvert<T (et 00 sinon). Que vaut f^(0)\hat f(0) ?

Indices (3)

f^(ω)=∫−TTe−iωt dt\hat f(\omega)=\displaystyle\int_{-T}^{T}e^{-i\omega t}\,dt.

Primitive : e−iωt−iω\dfrac{e^{-i\omega t}}{-i\omega}.

eiωT−e−iωT=2isin⁡(ωT)e^{i\omega T}-e^{-i\omega T}=2i\sin(\omega T).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La première transformée du chapitre, et elle contient déjà tout le programme.

f(t)={1si ∣t∣<T0sinonf(t)=\begin{cases}1 & \text{si } \lvert t\rvert<T\\ 0 & \text{sinon}\end{cases}

La convention de ce chapitre, à fixer une fois pour toutes :

f^(ω)=∫−∞+∞f(t) e−iωt dt\boxed{\hat f(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt}

⚠️⚠️ Il existe PLUSIEURS conventions — en fréquence ν\nu avec e−2iπνte^{-2i\pi\nu t}, ou avec un facteur 12π\frac{1}{\sqrt{2\pi}} devant. Elles donnent des résultats différents à un facteur près.

TOUJOURS veˊrifier la convention avant de comparer aˋ une table\boxed{\text{TOUJOURS vérifier la convention avant de comparer à une table}}

ℹ️ Celle-ci — pulsation ω\omega, pas de facteur devant — est la plus répandue en sciences de l'ingénieur, et c'est celle des formulaires de BTS et de BUT.

Le calcul est immédiat, parce que ff vaut 11 sur un segment et 00 ailleurs :

f^(ω)=∫−TT1⋅e−iωt dt\hat f(\omega)=\int_{-T}^{T}1\cdot e^{-i\omega t}\,dt
une fonction NULLE hors d’un segment rameˋne l’inteˊgrale aˋ ce segment\boxed{\text{une fonction NULLE hors d'un segment ramène l'intégrale à ce segment}}

Le résultat, qu'il faut reconnaître au premier coup d'œil :

f^(ω)=2sin⁡(ωT)ω=2T sinc(ωT)\boxed{\hat f(\omega)=\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}=2T\,\mathrm{sinc}(\omega T)}

où sinc(x)=sin⁡xx\mathrm{sinc}(x)=\dfrac{\sin x}{x} est le sinus cardinal.

⚠️⚠️ LA VALEUR EN 00 EST LE POINT LE PLUS IMPORTANT DE L'EXERCICE :

f^(0)=∫−∞+∞f(t) dt=∫−TT1 dt=2T\hat f(0)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)\,dt=\int_{-T}^{T}1\,dt=2T
f^(0)=l’AIRE sous la courbe — toujours, pour toute f\boxed{\hat f(0)=\text{l'AIRE sous la courbe} \ — \ \text{toujours, pour toute } f}

ℹ️ Ce n'est pas propre à la porte : poser ω=0\omega=0 dans la définition annule l'exponentielle, et il reste ∫f\int f. C'est le contrôle le moins cher de tout le chapitre, et il servira sur chacune des cinq transformées suivantes.

Le calcul

1) Réduire l'intégrale au support.

f^(ω)=∫−∞+∞f(t)e−iωtdt=∫−TTe−iωtdt\hat f(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)e^{-i\omega t}dt=\int_{-T}^{T}e^{-i\omega t}dt

2) La primitive — pour ω≠0\omega\neq 0 :

∫e−iωtdt=e−iωt−iω\int e^{-i\omega t}dt=\dfrac{e^{-i\omega t}}{-i\omega}
f^(ω)=[e−iωt−iω]−TT=e−iωT−eiωT−iω=eiωT−e−iωTiω\hat f(\omega)=\left[\dfrac{e^{-i\omega t}}{-i\omega}\right]_{-T}^{T}=\dfrac{e^{-i\omega T}-e^{i\omega T}}{-i\omega}=\dfrac{e^{i\omega T}-e^{-i\omega T}}{i\omega}

3) La formule d'Euler — c'est elle qui fait apparaître le sinus :

eiθ−e−iθ=2isin⁡θ\boxed{e^{i\theta}-e^{-i\theta}=2i\sin\theta}
f^(ω)=2isin⁡(ωT)iω=2sin⁡(ωT)ω\hat f(\omega)=\dfrac{2i\sin(\omega T)}{i\omega}=\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}
f^(ω)=2sin⁡(ωT)ω=2T sinc(ωT)\boxed{\hat f(\omega)=\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}=2T\,\mathrm{sinc}(\omega T)}

⚠️ Le ii disparaît — et c'est heureux : ff est paire et réelle, donc sa transformée doit l'être aussi.

f REˊELLE et PAIRE ⟹ f^ REˊELLE et PAIRE\boxed{f \text{ RÉELLE et PAIRE} \ \Longrightarrow \ \hat f \text{ RÉELLE et PAIRE}}

ℹ️ C'est un contrôle structurel gratuit. Un ii résiduel dans la réponse signalerait une erreur de signe dans Euler.

4) La valeur en 00, à traiter séparément (la formule ci-dessus y est indéterminée) :

f^(0)=∫−TTe0 dt=∫−TT1 dt=2T\hat f(0)=\int_{-T}^{T}e^{0}\,dt=\int_{-T}^{T}1\,dt=2T

Et la formule s'y raccorde, par la limite classique sin⁡xx→1\dfrac{\sin x}{x}\to 1 :

lim⁡ω→02sin⁡(ωT)ω=lim⁡ω→02T⋅sin⁡(ωT)ωT=2T✓\lim_{\omega\to 0}\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}=\lim_{\omega\to 0}2T\cdot\dfrac{\sin(\omega T)}{\omega T}=2T \quad\checkmark
f^(0)=2T\boxed{\hat f(0)=2T}

Les contrôles.

a) L'aire. f^(0)\hat f(0) doit valoir ∫f=2T\int f=2T ✓ — c'est le contrôle universel, et il tombe juste.

b) La parité et la réalité ✓ — vérifiées ci-dessus.

c) Les ZÉROS de f^\hat f. Le sinus s'annule quand ωT=kπ\omega T=k\pi, soit

ωk=kπT,k∈Z∗\boxed{\omega_k=\dfrac{k\pi}{T}, \qquad k\in\mathbb Z^{*}}

⚠️⚠️ Et voici le fait le plus important du chapitre, visible dès maintenant :

plus T est GRAND, plus les zeˊros sont RAPPROCHEˊS\boxed{\text{plus } T \text{ est GRAND, plus les zéros sont RAPPROCHÉS}}
porte LARGE en temps ⟺ sinc EˊTROIT en freˊquence\boxed{\text{porte LARGE en temps} \ \Longleftrightarrow \ \text{sinc ÉTROIT en fréquence}}

ℹ️ C'est le principe d'incertitude temps-fréquence, et il sera illustré en B3 (changement d'échelle). Un signal bref occupe une large bande ; un signal long est spectralement étroit.

d) Le comportement à l'infini. ∣f^(ω)∣≤2∣ω∣→0\lvert\hat f(\omega)\rvert\leq\dfrac{2}{\lvert\omega\rvert}\to 0 ✓

ℹ️ La décroissance est LENTE — en 1ω\frac1\omega seulement. C'est la signature des discontinuités de ff : une fonction qui saute a un spectre qui traîne. Le triangle (A6), continu, décroîtra en 1ω2\frac{1}{\omega^2}, et la gaussienne (A4), infiniment dérivable, décroîtra plus vite que toute puissance.

plus f est REˊGULIEˋRE, plus f^ DEˊCROIˆT VITE\boxed{\text{plus } f \text{ est RÉGULIÈRE, plus } \hat f \text{ DÉCROÎT VITE}}

e) Le contrôle sur un cas particulier. Pour T=1T=1 et ω=π\omega=\pi :

f^(π)=2sin⁡ππ=0✓\hat f(\pi)=\dfrac{2\sin\pi}{\pi}=0 \quad\checkmark

Et pour ω=π2\omega=\frac{\pi}{2} : f^ ⁣(π2)=2×1π/2=4π≈1,27\hat f\!\left(\frac\pi2\right)=\dfrac{2\times 1}{\pi/2}=\dfrac{4}{\pi}\approx 1{,}27.

⚠️ Cette valeur est INFÉRIEURE à f^(0)=2\hat f(0)=2 ✓ — cohérent, le maximum du sinus cardinal est en 00.

Rappel de cours

⚠️⚠️ LA CONVENTION DE CE CHAPITRE

f^(ω)=∫−∞+∞f(t) e−iωt dt\boxed{\hat f(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt}
Pulsation ω\omega, aucun facteur devant. ⚠️ D'autres conventions existent (en ν\nu avec e−2iπνte^{-2i\pi\nu t}, ou avec 12π\frac{1}{\sqrt{2\pi}}) : toujours vérifier avant de comparer à une table.

LA TRANSFORMÉE DE LA PORTE

porte ∣t∣<T⟶2sin⁡(ωT)ω=2T sinc(ωT)\boxed{\text{porte } \lvert t\rvert<T \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}=2T\,\mathrm{sinc}(\omega T)}
sinc(x)=sin⁡xx\mathrm{sinc}(x)=\dfrac{\sin x}{x}

⚠️⚠️ LE CONTRÔLE UNIVERSEL DU CHAPITRE

f^(0)=∫−∞+∞f(t) dt=l’AIRE sous la courbe\boxed{\hat f(0)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)\,dt=\text{l'AIRE sous la courbe}}
Ici f^(0)=2T\hat f(0)=2T. Vrai pour TOUTE ff — poser ω=0\omega=0 annule l'exponentielle.

CONTRÔLE DE STRUCTURE

f REˊELLE et PAIRE ⟹ f^ REˊELLE et PAIRE\boxed{f \text{ RÉELLE et PAIRE} \ \Longrightarrow \ \hat f \text{ RÉELLE et PAIRE}}
Un ii résiduel signale une erreur de signe dans Euler (eiθ−e−iθ=2isin⁡θe^{i\theta}-e^{-i\theta}=2i\sin\theta).

LES ZÉROS : ωk=kπT\omega_k=\dfrac{k\pi}{T}, k≠0k\neq 0.

porte LARGE en temps ⟺ sinc EˊTROIT en freˊquence\boxed{\text{porte LARGE en temps} \ \Longleftrightarrow \ \text{sinc ÉTROIT en fréquence}}
ℹ️ Principe d'incertitude temps-fréquence — illustré en B3.

DÉCROISSANCE ET RÉGULARITÉ

plus f est REˊGULIEˋRE, plus f^ DEˊCROIˆT VITE\boxed{\text{plus } f \text{ est RÉGULIÈRE, plus } \hat f \text{ DÉCROÎT VITE}}
porte (discontinue) : 1ω\frac1\omega · triangle (continu, A6) : 1ω2\frac{1}{\omega^2} · gaussienne (C∞\mathcal C^\infty, A4) : plus vite que toute puissance.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Intégrer de −∞-\infty à +∞+\infty sans réduire au support. La porte est nulle hors de [−T,T][-T,T] : l'intégrale s'y ramène.

⚠️⚠️ Oublier de traiter ω=0\omega=0 séparément. La formule 2sin⁡(ωT)ω\frac{2\sin(\omega T)}{\omega} y est de la forme 00\frac00 — il faut passer à la limite, ou revenir à la définition.

Le contrôle : f^(0)\hat f(0) doit valoir l'aire, soit 2T2T.

⚠️ Se tromper de signe dans Euler. C'est eiθ−e−iθ=2isin⁡θe^{i\theta}-e^{-i\theta}=2i\sin\theta ; l'autre combinaison (++) donne 2cos⁡θ2\cos\theta.

Le contrôle : ff étant réelle et paire, f^\hat f doit l'être — un ii résiduel trahit l'erreur.

⚠️ Confondre sinc(ωT)\mathrm{sinc}(\omega T) et sinc(ω)\mathrm{sinc}(\omega). L'argument porte le TT, et c'est lui qui encode la largeur.

⚠️ Écrire f^(ω)=2Tsin⁡(ωT)\hat f(\omega)=2T\sin(\omega T) en oubliant de diviser. Il n'y aurait alors aucune décroissance, ce qui est impossible pour une fonction intégrable.

⚠️ Croire que f^\hat f est nulle hors d'un intervalle, par symétrie avec ff. Elle ne l'est pas : une porte a un spectre infiniment étendu. C'est précisément ce qui rend le filtrage parfait impossible.

⚠️ Oublier la convention. Comparer ce résultat à une table écrite en fréquence ν\nu donne un désaccord d'un facteur 2π2\pi.

⚠️ Ne pas vérifier l'aire. Une seconde, et cela attrape presque toute erreur de facteur.

À retenir
f^(ω)=∫−∞+∞f(t) e−iωt dt(convention du chapitre : pulsation, sans facteur)\boxed{\hat f(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt} \qquad\text{(convention du chapitre : pulsation, sans facteur)}
porte ∣t∣<T⟶2sin⁡(ωT)ω=2T sinc(ωT)\boxed{\text{porte } \lvert t\rvert<T \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}=2T\,\mathrm{sinc}(\omega T)}
f^(0)=∫f=2T=l’AIRE sous la courbe\boxed{\hat f(0)=\int f=2T=\text{l'AIRE sous la courbe}}

⚠️⚠️ Ce contrôle vaut pour TOUTE ff — poser ω=0\omega=0 annule l'exponentielle. C'est le contrôle le moins cher du chapitre, et il servira à chaque transformée.

Contrôle de structure : ff réelle et paire ⟹\Longrightarrow f^\hat f réelle et paire. Un ii résiduel trahit une erreur de signe dans Euler.

Zéros : ωk=kπT\omega_k=\frac{k\pi}{T}.

porte LARGE en temps ⟺ sinc EˊTROIT en freˊquence\boxed{\text{porte LARGE en temps} \ \Longleftrightarrow \ \text{sinc ÉTROIT en fréquence}}

ℹ️ Principe d'incertitude temps-fréquence — la formule qui l'illustre est en B3.

plus f est REˊGULIEˋRE, plus f^ DEˊCROIˆT VITE\boxed{\text{plus } f \text{ est RÉGULIÈRE, plus } \hat f \text{ DÉCROÎT VITE}}

porte (discontinue) : 1ω\frac1\omega · triangle (A6) : 1ω2\frac1{\omega^2} · gaussienne (A4) : plus vite que toute puissance.

⚠️ Une porte a un spectre INFINIMENT étendu — c'est ce qui rend le filtrage parfait impossible.

Réponse. f^(ω)=2sin⁡(ωT)ω\hat f(\omega)=\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega} (sinc), f^(0)=2T\hat f(0)=2T. (Recoupement : sympy integrate donne 2sin⁡(ωT)ω\tfrac{2\sin(\omega T)}\omega, limite 2T2T en 00 ✓)
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Exponentielle causale

CalculDifficulté 3/5

Calculer la transformée de Fourier de f(t)=e−atu(t)f(t)=e^{-at}u(t) (a>0a>0, uu = échelon). Faire le lien avec la transformée de Laplace.

Indices (3)

f^(ω)=∫0+∞e−ate−iωt dt\hat f(\omega)=\displaystyle\int_0^{+\infty}e^{-at}e^{-i\omega t}\,dt.

=∫0+∞e−(a+iω)t dt=\displaystyle\int_0^{+\infty}e^{-(a+i\omega)t}\,dt, et a>0a>0 assure la convergence.

Comparer à L{e−atu}(p)=1p+a\mathcal L\{e^{-at}u\}(p)=\tfrac1{p+a}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La transformée la plus utile de tout le chapitre — c'est celle du régime transitoire d'un circuit, et c'est elle qui reviendra en D5.

f(t)=e−atu(t)a>0f(t)=e^{-at}u(t) \qquad a>0

⚠️⚠️ uu est l'ÉCHELON de Heaviside : u(t)=1u(t)=1 pour t≥0t\geq 0, 00 sinon. Son rôle est de rendre le signal CAUSAL — nul avant l'instant 00.

u(t) rameˋne l’inteˊgrale aˋ [0,+∞[\boxed{u(t) \ \text{ramène l'intégrale à } [0,+\infty[}

ℹ️ Un signal causal est un signal qui n'existe pas avant qu'on l'allume — la réponse d'un circuit à une impulsion, par exemple. La quasi-totalité des signaux physiques le sont.

Le calcul :

f^(ω)=∫0+∞e−ate−iωt dt=∫0+∞e−(a+iω)t dt\hat f(\omega)=\int_{0}^{+\infty}e^{-at}e^{-i\omega t}\,dt=\int_{0}^{+\infty}e^{-(a+i\omega)t}\,dt
les deux exponentielles FUSIONNENT : e−ate−iωt=e−(a+iω)t\boxed{\text{les deux exponentielles FUSIONNENT} \ : \ e^{-at}e^{-i\omega t}=e^{-(a+i\omega)t}}

⚠️⚠️ C'est là que a>0a>0 devient indispensable : le module de l'intégrande vaut e−ate^{-at}, qui tend vers 00 seulement si a>0a>0.

∣e−(a+iω)t∣=e−at∣e−iωt∣⏟=1=e−at\lvert e^{-(a+i\omega)t}\rvert=e^{-at}\underbrace{\lvert e^{-i\omega t}\rvert}_{=1}=e^{-at}
la partie IMAGINAIRE ne change pas le module — seul a deˊcide de la convergence\boxed{\text{la partie IMAGINAIRE ne change pas le module} \ — \ \text{seul } a \text{ décide de la convergence}}

Le résultat :

f^(ω)=1a+iω\boxed{\hat f(\omega)=\dfrac{1}{a+i\omega}}

Le lien avec LAPLACE, que l'énoncé demande explicitement :

L[e−atu(t)](p)=1p+a\mathcal L\left[e^{-at}u(t)\right](p)=\dfrac{1}{p+a}
f^(ω)=L[f](p)∣p=iω\boxed{\hat f(\omega)=\mathcal L[f](p)\Big|_{p=i\omega}}

⚠️⚠️ La transformée de Fourier est la transformée de Laplace ÉVALUÉE SUR L'AXE IMAGINAIRE — pour un signal causal, et quand l'axe est dans le domaine de convergence.

ℹ️ C'est pourquoi les deux tables se ressemblent tant : ce sont les mêmes formules, lues sur deux ensembles différents. Laplace explore tout un demi-plan ; Fourier n'en regarde que la frontière.

Le calcul

1) L'échelon réduit le domaine.

f^(ω)=∫−∞+∞e−atu(t)e−iωtdt=∫0+∞e−ate−iωtdt\hat f(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-at}u(t)e^{-i\omega t}dt=\int_{0}^{+\infty}e^{-at}e^{-i\omega t}dt

2) Fusionner les exponentielles.

e−at×e−iωt=e−(a+iω)te^{-at}\times e^{-i\omega t}=e^{-(a+i\omega)t}

3) La primitive, comme pour une exponentielle réelle :

∫0+∞e−(a+iω)tdt=[e−(a+iω)t−(a+iω)]0+∞\int_{0}^{+\infty}e^{-(a+i\omega)t}dt=\left[\dfrac{e^{-(a+i\omega)t}}{-(a+i\omega)}\right]_{0}^{+\infty}

4) La limite en +∞+\infty — l'étape à justifier.

∣e−(a+iω)t∣=e−at→t→+∞0car a>0\lvert e^{-(a+i\omega)t}\rvert=e^{-at}\xrightarrow[t\to+\infty]{}0 \qquad\text{car } a>0

⚠️⚠️ Le terme oscillant e−iωte^{-i\omega t} ne tend vers RIEN, mais son module vaut 11 : c'est le facteur e−ate^{-at} qui écrase tout.

sans a>0, l’inteˊgrale DIVERGE et la transformeˊe n’existe pas\boxed{\text{sans } a>0, \ \text{l'intégrale DIVERGE et la transformée n'existe pas}}
f^(ω)=0−1−(a+iω)\hat f(\omega)=0-\dfrac{1}{-(a+i\omega)}
f^(ω)=1a+iω\boxed{\hat f(\omega)=\dfrac{1}{a+i\omega}}

5) Le lien avec Laplace.

L[f](p)=∫0+∞f(t)e−ptdtcontref^(ω)=∫−∞+∞f(t)e−iωtdt\mathcal L[f](p)=\int_{0}^{+\infty}f(t)e^{-pt}dt \qquad\text{contre}\qquad \hat f(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)e^{-i\omega t}dt

Pour un signal CAUSAL, la seconde intégrale démarre elle aussi à 00 : les deux formules coïncident dès qu'on pose p=iωp=i\omega.

L[f](p)=1p+a⟶p=iω⟶1iω+a✓\boxed{\mathcal L[f](p)=\dfrac{1}{p+a} \qquad\longrightarrow\qquad p=i\omega \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{1}{i\omega+a} \quad\checkmark}

Les contrôles.

a) Le contrôle de l'aire — le contrôle universel (A1) :

f^(0)=1aet∫0+∞e−atdt=1a✓\hat f(0)=\dfrac{1}{a} \qquad\text{et}\qquad \int_{0}^{+\infty}e^{-at}dt=\dfrac1a \quad\checkmark

b) f^\hat f est COMPLEXE, et ce n'est pas une erreur.

⚠️⚠️ Ici ff n'est ni paire ni impaire — elle est nulle à gauche et positive à droite. Sa transformée n'a donc aucune raison d'être réelle, contrairement à A1.

module: ∣f^(ω)∣=1a2+ω2phase: −arctan⁡ωa\boxed{\text{module} : \ \lvert\hat f(\omega)\rvert=\dfrac{1}{\sqrt{a^{2}+\omega^{2}}} \qquad\qquad \text{phase} : \ -\arctan\dfrac{\omega}{a}}

ℹ️ Le module est le GAIN du filtre, la phase son DÉPHASAGE — c'est exactement le diagramme de Bode d'un passe-bas du premier ordre, et D5 y reviendra.

c) La symétrie hermitienne. ff étant réelle :

f^(−ω)=f^(ω)‾\boxed{\hat f(-\omega)=\overline{\hat f(\omega)}}

Vérifions : f^(−ω)=1a−iω\hat f(-\omega)=\frac{1}{a-i\omega} et f^(ω)‾=(1a+iω)‾=1a−iω\overline{\hat f(\omega)}=\overline{\left(\frac{1}{a+i\omega}\right)}=\frac{1}{a-i\omega} ✓

⚠️ Cette propriété vaut pour TOUTE ff réelle, et c'est un contrôle systématique. Elle explique aussi pourquoi le spectre d'un signal réel est symétrique — fait qui reviendra en C3.

d) Le comportement à l'infini. ∣f^(ω)∣∼1∣ω∣\lvert\hat f(\omega)\rvert\sim\frac{1}{\lvert\omega\rvert} — décroissance lente, cohérente avec la discontinuité de ff en t=0t=0 (elle saute de 00 à 11). Même signature que la porte ✓

e) Le cas limite a→0+a\to 0^{+}. f^(ω)→1iω\hat f(\omega)\to\frac{1}{i\omega}, et f^(0)=1a→+∞\hat f(0)=\frac1a\to+\infty.

ℹ️ Cohérent : quand a→0a\to 0, le signal devient l'échelon u(t)u(t), dont l'aire est infinie. La transformée diverge en 00, ce qui est exactement ce qu'on attend.

Rappel de cours

LA TRANSFORMÉE DE L'EXPONENTIELLE CAUSALE

e−atu(t)⟶1a+iω(a>0)\boxed{e^{-at}u(t) \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{1}{a+i\omega}} \qquad (a>0)

⚠️⚠️ L'ÉCHELON u(t)u(t) RAMÈNE L'INTÉGRALE À [0,+∞[[0,+\infty[ — le signal est causal, nul avant t=0t=0.

⚠️⚠️ POURQUOI a>0a>0 EST INDISPENSABLE

∣e−(a+iω)t∣=e−at∣e−iωt∣⏟=1=e−at\lvert e^{-(a+i\omega)t}\rvert=e^{-at}\underbrace{\lvert e^{-i\omega t}\rvert}_{=1}=e^{-at}
La partie imaginaire ne change pas le module : seul aa décide de la convergence. Sans a>0a>0, l'intégrale diverge.

LE LIEN AVEC LAPLACE

f^(ω)=L[f](p)∣p=iω\boxed{\hat f(\omega)=\mathcal L[f](p)\Big|_{p=i\omega}}
L[e−atu]=1p+a⟶1iω+a\mathcal L\left[e^{-at}u\right]=\dfrac{1}{p+a} \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{1}{i\omega+a}
ℹ️ Fourier = Laplace sur l'axe imaginaire, pour un signal causal. Laplace explore un demi-plan, Fourier n'en regarde que la frontière.

CONTRÔLES · aire : f^(0)=1a=∫0∞e−atdt\hat f(0)=\frac1a=\int_{0}^{\infty}e^{-at}dt ✓ · ⚠️ f^\hat f est COMPLEXE — ff n'est ni paire ni impaire, contrairement à A1 :

∣f^∣=1a2+ω2arg⁡f^=−arctan⁡ωa\lvert\hat f\rvert=\dfrac{1}{\sqrt{a^{2}+\omega^{2}}} \qquad \arg\hat f=-\arctan\dfrac\omega a
ℹ️ Gain et déphasage d'un passe-bas du premier ordre — diagramme de Bode, cf. D5. · symétrie hermitienne (ff réelle) : f^(−ω)=f^(ω)‾\boxed{\hat f(-\omega)=\overline{\hat f(\omega)}} — contrôle systématique ; · décroissance en 1ω\frac1\omega : signature de la discontinuité en t=0t=0 ; · a→0+a\to 0^{+} : f^(0)→∞\hat f(0)\to\infty, cohérent — l'échelon a une aire infinie.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier l'échelon et intégrer de −∞-\infty à +∞+\infty. L'intégrale divergerait : e−at→+∞e^{-at}\to+\infty quand t→−∞t\to-\infty.

⚠️⚠️ Ne pas justifier la limite en +∞+\infty. C'est le point du calcul, et il repose sur a>0a>0 et sur le fait que ∣e−iωt∣=1\lvert e^{-i\omega t}\rvert=1.

⚠️ Croire que e−iωte^{-i\omega t} tend vers 00. Il oscille indéfiniment ; c'est e−ate^{-at} qui écrase.

⚠️ Écrire f^(ω)=1a−iω\hat f(\omega)=\frac{1}{a-i\omega}. Le signe vient de e−iωte^{-i\omega t} : la primitive fait apparaître −(a+iω)-(a+i\omega) au dénominateur, d'où +iω+i\omega après simplification.

Le contrôle : f^(0)=1a>0\hat f(0)=\frac1a>0 dans les deux cas — ce contrôle-là ne discrimine pas. La symétrie hermitienne non plus (les deux formes la vérifient) : c'est la phase qui tranche, arg⁡f^(ω)=−arctan⁡ωa<0\arg\hat f(\omega)=-\arctan\frac\omega a<0 pour ω>0\omega>0 (la forme fautive donne +arctan⁡ωa+\arctan\frac\omega a).

⚠️ S'inquiéter que f^\hat f soit complexe. C'est normal ici : ff n'a aucune symétrie.

⚠️ Confondre module et partie réelle. ∣f^∣=1a2+ω2\lvert\hat f\rvert=\frac{1}{\sqrt{a^2+\omega^2}}, alors que Re(f^)=aa2+ω2\mathrm{Re}(\hat f)=\frac{a}{a^2+\omega^2}.

⚠️ Croire que Fourier et Laplace sont sans rapport. L'un est la restriction de l'autre à l'axe imaginaire — c'est pourquoi les tables se ressemblent.

⚠️ Appliquer p=iωp=i\omega à un signal NON causal. L'équivalence suppose ff nulle pour t<0t<0.

⚠️ Ne pas vérifier l'aire. f^(0)=1a\hat f(0)=\frac1a, une seconde de contrôle.

À retenir
e−atu(t)⟶1a+iω(a>0)\boxed{e^{-at}u(t) \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{1}{a+i\omega}} \qquad (a>0)

⚠️⚠️ L'échelon rend le signal CAUSAL et ramène l'intégrale à [0,+∞[[0,+\infty[.

∣e−(a+iω)t∣=e−at : la partie imaginaire ne change pas le module\boxed{\lvert e^{-(a+i\omega)t}\rvert=e^{-at} \ : \ \text{la partie imaginaire ne change pas le module}}

Seul a>0a>0 décide de la convergence — sans lui l'intégrale diverge, et c'est le point du calcul.

f^(ω)=L[f](p)∣p=iω1p+a ⟶ 1iω+a\boxed{\hat f(\omega)=\mathcal L[f](p)\Big|_{p=i\omega}} \qquad \dfrac{1}{p+a} \ \longrightarrow \ \dfrac{1}{i\omega+a}

ℹ️ Fourier est Laplace sur l'axe imaginaire (signal causal). Laplace explore un demi-plan, Fourier n'en regarde que la frontière — d'où la ressemblance des tables.

⚠️ f^\hat f est COMPLEXE, et ce n'est pas une erreur : ff n'est ni paire ni impaire, contrairement à la porte.

∣f^∣=1a2+ω2arg⁡f^=−arctan⁡ωa\lvert\hat f\rvert=\dfrac{1}{\sqrt{a^{2}+\omega^{2}}} \qquad\qquad \arg\hat f=-\arctan\dfrac\omega a

ℹ️ Gain et déphasage d'un passe-bas du premier ordre — c'est le diagramme de Bode, repris en D5.

Contrôles : aire f^(0)=1a\hat f(0)=\frac1a ✓ · symétrie hermitienne f^(−ω)=f^(ω)‾\hat f(-\omega)=\overline{\hat f(\omega)} (toute ff réelle) · décroissance en 1ω\frac1\omega, signature de la discontinuité en 00.

Réponse. f^(ω)=1a+iω\hat f(\omega)=\dfrac1{a+i\omega} =L{f}(iω)=\mathcal L\{f\}(i\omega). (Recoupement : sympy confirme 1a+iω\tfrac1{a+i\omega} ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Exponentielle bilatérale

CalculDifficulté 3/5

Calculer la transformée de Fourier de f(t)=e−a∣t∣f(t)=e^{-a\lvert t\rvert} (a>0a>0).

Indices (3)

Couper l'intégrale en t<0t<0 et t>0t>0 : ∣t∣=−t\lvert t\rvert=-t puis +t+t.

∫−∞0eate−iωtdt+∫0+∞e−ate−iωtdt\displaystyle\int_{-\infty}^0 e^{at}e^{-i\omega t}dt+\int_0^{+\infty}e^{-at}e^{-i\omega t}dt.

1a−iω+1a+iω\dfrac1{a-i\omega}+\dfrac1{a+i\omega}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La version SYMÉTRIQUE de A2 — et la symétrie change tout.

f(t)=e−a∣t∣a>0f(t)=e^{-a\lvert t\rvert} \qquad a>0

⚠️⚠️ La valeur absolue interdit d'intégrer d'un seul tenant : ∣t∣\lvert t\rvert vaut −t-t à gauche et tt à droite.

COUPER en t=0 : ∫−∞0eat(⋯ )+∫0+∞e−at(⋯ )\boxed{\text{COUPER en } t=0 \ : \ \int_{-\infty}^{0}e^{at}(\cdots)+\int_{0}^{+\infty}e^{-at}(\cdots)}

⚠️ Attention au signe à gauche : pour t<0t<0, ∣t∣=−t\lvert t\rvert=-t, donc e−a∣t∣=e+ate^{-a\lvert t\rvert}=e^{+at} — et cette exponentielle CROÎT vers t=0t=0, ce qui est bien le comportement voulu (le pic est en 00).

Mais il existe un raccourci, et il vaut la peine d'être vu : ff est PAIRE.

f paire ⟹ f^(ω)=2∫0+∞f(t)cos⁡(ωt) dt\boxed{f \text{ paire} \ \Longrightarrow \ \hat f(\omega)=2\int_{0}^{+\infty}f(t)\cos(\omega t)\,dt}

ℹ️ Pourquoi : e−iωt=cos⁡(ωt)−isin⁡(ωt)e^{-i\omega t}=\cos(\omega t)-i\sin(\omega t), et sur un intervalle symétrique, le produit de ff paire par sin⁡\sin impaire est impair, donc d'intégrale nulle. Il ne reste que le cosinus, et le facteur 22 vient de la symétrie.

la partie IMAGINAIRE disparaıˆt PAR SYMEˊTRIE, sans calcul\boxed{\text{la partie IMAGINAIRE disparaît PAR SYMÉTRIE, sans calcul}}

Le résultat :

f^(ω)=2aa2+ω2\boxed{\hat f(\omega)=\dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}}}

⚠️⚠️ Cette fonction porte un nom : c'est une LORENTZIENNE. Elle apparaît partout où un phénomène s'amortit exponentiellement — largeur de raie spectrale, réponse d'un oscillateur amorti, désintégration d'un état excité.

Le rapprochement avec A2 est instructif :

signal transformée nature
e−atu(t)e^{-at}u(t) (A2) 1a+iω\dfrac{1}{a+i\omega} complexe
e−a∣t∣e^{-a\lvert t\rvert} (A3) 2aa2+ω2\dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}} réelle

⚠️ Et le lien est exact : 2aa2+ω2=1a+iω+1a−iω\dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}}=\dfrac{1}{a+i\omega}+\dfrac{1}{a-i\omega} — la somme de la transformée causale et de sa conjuguée, ce qui est précisément ce que fait la symétrisation.

Le calcul

Voie 1 — en coupant en deux (celle qu'on écrit en devoir).

f^(ω)=∫−∞0eate−iωtdt⏟I1+∫0+∞e−ate−iωtdt⏟I2\hat f(\omega)=\underbrace{\int_{-\infty}^{0}e^{at}e^{-i\omega t}dt}_{I_{1}}+\underbrace{\int_{0}^{+\infty}e^{-at}e^{-i\omega t}dt}_{I_{2}}

I2I_{2} est exactement A2 :

I2=1a+iωI_{2}=\dfrac{1}{a+i\omega}

I1I_{1}, par le même mécanisme :

I1=∫−∞0e(a−iω)tdt=[e(a−iω)ta−iω]−∞0=1a−iωI_{1}=\int_{-\infty}^{0}e^{(a-i\omega)t}dt=\left[\dfrac{e^{(a-i\omega)t}}{a-i\omega}\right]_{-\infty}^{0}=\dfrac{1}{a-i\omega}

⚠️ La limite en −∞-\infty est nulle car ∣e(a−iω)t∣=eat→0\lvert e^{(a-i\omega)t}\rvert=e^{at}\to 0 quand t→−∞t\to-\infty avec a>0a>0.

La somme — et c'est ici qu'il faut mettre au même dénominateur :

f^(ω)=1a+iω+1a−iω=(a−iω)+(a+iω)(a+iω)(a−iω)\hat f(\omega)=\dfrac{1}{a+i\omega}+\dfrac{1}{a-i\omega}=\dfrac{(a-i\omega)+(a+i\omega)}{(a+i\omega)(a-i\omega)}
(a+iω)(a−iω)=a2−(iω)2=a2+ω2\boxed{(a+i\omega)(a-i\omega)=a^{2}-(i\omega)^{2}=a^{2}+\omega^{2}}

⚠️⚠️ C'est l'identité (z)(zˉ)=∣z∣2(z)(\bar z)=\lvert z\rvert^{2}, et le ++ vient de −i2=+1-i^{2}=+1. Écrire a2−ω2a^{2}-\omega^{2} est l'erreur la plus fréquente ici.

f^(ω)=2aa2+ω2\hat f(\omega)=\dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}}

Voie 2 — par la parité (plus rapide).

f^(ω)=2∫0+∞e−atcos⁡(ωt) dt\hat f(\omega)=2\int_{0}^{+\infty}e^{-at}\cos(\omega t)\,dt

Cette intégrale est classique (double intégration par parties, ou partie réelle de A2) :

∫0+∞e−atcos⁡(ωt) dt=Re(1a+iω)=aa2+ω2\int_{0}^{+\infty}e^{-at}\cos(\omega t)\,dt=\mathrm{Re}\left(\dfrac{1}{a+i\omega}\right)=\dfrac{a}{a^{2}+\omega^{2}}
f^(ω)=2aa2+ω2✓\boxed{\hat f(\omega)=\dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}} \quad\checkmark}

Les contrôles.

a) L'aire — le contrôle universel :

f^(0)=2aa2=2a\hat f(0)=\dfrac{2a}{a^{2}}=\dfrac{2}{a}

Et directement : ∫−∞+∞e−a∣t∣dt=2∫0+∞e−atdt=2a\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-a\lvert t\rvert}dt=2\int_{0}^{+\infty}e^{-at}dt=\dfrac{2}{a} ✓

b) Réelle et paire ✓ — ff l'est, donc f^\hat f doit l'être, et 2aa2+ω2\frac{2a}{a^2+\omega^2} ne contient aucun ii et ne dépend que de ω2\omega^2.

un i reˊsiduel, ou un terme en ω impair, signalerait une erreur\boxed{\text{un } i \text{ résiduel, ou un terme en } \omega \text{ impair, signalerait une erreur}}

c) La positivité. f^(ω)>0\hat f(\omega)>0 pour tout ω\omega ✓

ℹ️ Cohérent : ff étant positive et paire, sa transformée est l'intégrale d'une quantité positive contre un cosinus — et ici elle reste positive partout. Ce n'est pas automatique (le sinc de A1 change de signe), mais c'est une propriété des lorentziennes.

d) La décroissance en 1ω2\frac{1}{\omega^{2}}.

⚠️⚠️ C'est PLUS RAPIDE que A1 et A2, qui décroissaient en 1ω\frac1\omega — et la raison est structurelle :

e−a∣t∣ est CONTINUE partout (elle a juste un point anguleux en 0)\boxed{e^{-a\lvert t\rvert} \ \text{est CONTINUE partout} \ (\text{elle a juste un point anguleux en } 0)}

Alors que la porte SAUTE et que e−atu(t)e^{-at}u(t) SAUTE en 00.

saut→1ωpoint anguleux→1ω2C∞ (deˊriveˊes inteˊgrables)→plus vite que toute puissance\boxed{\text{saut} \to \frac1\omega \qquad \text{point anguleux} \to \frac1{\omega^{2}} \qquad \mathcal C^{\infty} \text{ (dérivées intégrables)} \to \text{plus vite que toute puissance}}

ℹ️ La règle du chapitre se confirme : chaque cran de régularité gagné en temps fait gagner une puissance de ω\omega en fréquence.

e) La largeur — le principe d'incertitude, encore. La lorentzienne vaut la moitié de son maximum quand

2aa2+ω2=12×2a⟺a2+ω2=2a2⟺ω=±a\dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}}=\dfrac{1}{2}\times\dfrac{2}{a} \qquad\Longleftrightarrow\qquad a^{2}+\omega^{2}=2a^{2} \qquad\Longleftrightarrow\qquad \omega=\pm a
largeur aˋ mi-hauteur=2a\boxed{\text{largeur à mi-hauteur} = 2a}

⚠️⚠️ Et 1a\frac1a est justement la durée caractéristique du signal en temps.

signal BREF (a grand) ⟺ spectre LARGE (2a grand)\boxed{\text{signal BREF} \ (a \text{ grand}) \ \Longleftrightarrow \ \text{spectre LARGE} \ (2a \text{ grand})}

ℹ️ Le produit « durée × largeur » est constant — c'est le principe d'incertitude, mesuré ici sur un cas concret. En physique atomique, c'est la relation entre durée de vie d'un état et largeur de sa raie.

f) Le lien avec A2, vérifié :

1a+iω+(1a+iω)‾=2 Re(1a+iω)=2aa2+ω2✓\dfrac{1}{a+i\omega}+\overline{\left(\dfrac{1}{a+i\omega}\right)}=2\,\mathrm{Re}\left(\dfrac{1}{a+i\omega}\right)=\dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}} \quad\checkmark
Rappel de cours

LA TRANSFORMÉE DE L'EXPONENTIELLE BILATÉRALE

e−a∣t∣⟶2aa2+ω2(a>0)\boxed{e^{-a\lvert t\rvert} \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}}} \qquad (a>0)
⚠️ Cette fonction porte un nom : c'est une LORENTZIENNE.

⚠️⚠️ LA VALEUR ABSOLUE OBLIGE À COUPER EN t=0t=0

t<0 : ∣t∣=−t ⟹ e−a∣t∣=e+att<0 \ : \ \lvert t\rvert=-t \ \Longrightarrow \ e^{-a\lvert t\rvert}=e^{+at}

LE RACCOURCI PAR LA PARITÉ

f paire ⟹ f^(ω)=2∫0+∞f(t)cos⁡(ωt) dt\boxed{f \text{ paire} \ \Longrightarrow \ \hat f(\omega)=2\int_{0}^{+\infty}f(t)\cos(\omega t)\,dt}
ℹ️ e−iωt=cos⁡−isin⁡e^{-i\omega t}=\cos-i\sin, et ff paire × sin⁡\sin impaire = impair, donc d'intégrale nulle sur un intervalle symétrique. La partie imaginaire disparaît sans calcul.

⚠️⚠️ L'IDENTITÉ QUI DÉCIDE DU SIGNE

(a+iω)(a−iω)=a2+ω2\boxed{(a+i\omega)(a-i\omega)=a^{2}+\omega^{2}}
Le ++ vient de −i2=+1-i^{2}=+1. Écrire a2−ω2a^{2}-\omega^{2} est l'erreur la plus fréquente ici.

CONTRÔLES · aire : f^(0)=2a=∫e−a∣t∣\hat f(0)=\frac2a=\int e^{-a\lvert t\rvert} ✓ · réelle et paire : aucun ii, et ne dépend que de ω2\omega^{2} ; · décroissance en 1ω2\frac1{\omega^{2}} — plus vite que A1 et A2 :

saut→1ωpoint anguleux→1ω2C∞ (deˊriveˊes inteˊgrables)→plus vite que toute puissance\boxed{\text{saut} \to \tfrac1\omega \qquad \text{point anguleux} \to \tfrac1{\omega^{2}} \qquad \mathcal C^{\infty} \text{ (dérivées intégrables)} \to \text{plus vite que toute puissance}}
· largeur à mi-hauteur =2a=2a, contre une durée caractéristique 1a\frac1a :
signal BREF ⟺ spectre LARGE\boxed{\text{signal BREF} \ \Longleftrightarrow \ \text{spectre LARGE}}

LIEN AVEC A2 : 2aa2+ω2=1a+iω+1a−iω=2 Re(1a+iω)\dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}}=\dfrac{1}{a+i\omega}+\dfrac{1}{a-i\omega}=2\,\mathrm{Re}\left(\dfrac{1}{a+i\omega}\right)

L'erreur classique

⚠️⚠️ Écrire a2−ω2a^{2}-\omega^{2} au dénominateur. (a+iω)(a−iω)=a2−i2ω2=a2+ω2(a+i\omega)(a-i\omega)=a^{2}-i^{2}\omega^{2}=a^{2}+\omega^{2} — le ++ vient de −i2-i^{2}.

Le contrôle : avec a2−ω2a^2-\omega^2, la transformée exploserait en ω=a\omega=a, ce qui est impossible pour une fonction intégrable.

⚠️⚠️ Oublier de couper en t=0t=0 et écrire ∫−∞+∞e−ate−iωtdt\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-at}e^{-i\omega t}dt — qui diverge.

⚠️ Se tromper de signe à gauche. Pour t<0t<0, ∣t∣=−t\lvert t\rvert=-t, donc e−a∣t∣=e+ate^{-a\lvert t\rvert}=e^{+at} — une exponentielle croissante, qui converge bien en −∞-\infty.

⚠️ Obtenir un résultat complexe. ff est paire et réelle : f^\hat f doit l'être. Un ii résiduel signale une erreur.

⚠️ Oublier le facteur 22 dans la formule de parité. Il vient de ce qu'on ne calcule que la moitié droite.

⚠️ Confondre avec A2. e−atu(t)e^{-at}u(t) donne 1a+iω\frac{1}{a+i\omega} ; e−a∣t∣e^{-a\lvert t\rvert} donne 2aa2+ω2\frac{2a}{a^2+\omega^2} — le second est le double de la partie réelle du premier.

⚠️ Croire que la décroissance est la même qu'en A1. Elle est en 1ω2\frac{1}{\omega^{2}}, plus rapide — parce que ff est continue.

⚠️ Ne pas vérifier l'aire. f^(0)=2a\hat f(0)=\frac2a, une seconde.

⚠️ Ne pas voir le principe d'incertitude. Largeur 2a2a contre durée 1a\frac1a : leur produit ne dépend pas de aa.

À retenir
e−a∣t∣⟶2aa2+ω2(une LORENTZIENNE)\boxed{e^{-a\lvert t\rvert} \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{2a}{a^{2}+\omega^{2}}} \qquad\text{(une LORENTZIENNE)}

⚠️⚠️ La valeur absolue oblige à COUPER en t=0t=0 : à gauche, e−a∣t∣=e+ate^{-a\lvert t\rvert}=e^{+at}.

f paire ⟹ f^(ω)=2∫0+∞f(t)cos⁡(ωt) dt\boxed{f \text{ paire} \ \Longrightarrow \ \hat f(\omega)=2\int_{0}^{+\infty}f(t)\cos(\omega t)\,dt}

ℹ️ La partie imaginaire disparaît par symétrie, sans calcul : ff paire × sin⁡\sin impaire est impair.

(a+iω)(a−iω)=a2+ω2le + vient de −i2\boxed{(a+i\omega)(a-i\omega)=a^{2}+\omega^{2}} \qquad\text{le } + \text{ vient de } -i^{2}

⚠️⚠️ Écrire a2−ω2a^{2}-\omega^{2} est l'erreur la plus fréquente ici — et elle ferait exploser f^\hat f en ω=a\omega=a.

Contrôles : aire f^(0)=2a\hat f(0)=\frac2a ✓ · réelle et paire (aucun ii, ne dépend que de ω2\omega^2) · décroissance en 1ω2\frac1{\omega^2}, plus vite que A1 et A2 parce que ff est continue.

saut→1ωpoint anguleux→1ω2C∞ (deˊriveˊes inteˊgrables)→plus vite que toute puissance\boxed{\text{saut} \to \tfrac1\omega \qquad \text{point anguleux} \to \tfrac1{\omega^{2}} \qquad \mathcal C^{\infty} \text{ (dérivées intégrables)} \to \text{plus vite que toute puissance}}

Largeur à mi-hauteur =2a=2a, contre une durée caractéristique 1a\frac1a :

signal BREF ⟺ spectre LARGE\boxed{\text{signal BREF} \ \Longleftrightarrow \ \text{spectre LARGE}}

ℹ️ Lien avec A2 : 2aa2+ω2=2 Re ⁣(1a+iω)\frac{2a}{a^2+\omega^2}=2\,\mathrm{Re}\!\left(\frac{1}{a+i\omega}\right) — symétriser un signal causal, c'est prendre deux fois sa partie réelle.

Réponse. f^(ω)=2aa2+ω2\hat f(\omega)=\dfrac{2a}{a^2+\omega^2} (lorentzienne). (Recoupement : sympy donne 2aa2+ω2\tfrac{2a}{a^2+\omega^2} ; ff paire ⇒ f^\hat f réelle paire ✓)
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Transformée de la gaussienne

CalculDifficulté 3/5

Admettant ∫−∞+∞e−t2/2 dt=2π\displaystyle\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-t^2/2}\,dt=\sqrt{2\pi}, montrer que la transformée de Fourier de f(t)=e−t2/2f(t)=e^{-t^2/2} est f^(ω)=2π e−ω2/2\hat f(\omega)=\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^2/2} : la gaussienne est autoréciproque.

Indices (3)

f^(ω)=∫e−t2/2e−iωtdt\hat f(\omega)=\displaystyle\int e^{-t^2/2}e^{-i\omega t}dt.

Compléter le carré : −t22−iωt=−12(t+iω)2−ω22-\tfrac{t^2}2-i\omega t=-\tfrac12(t+i\omega)^2-\tfrac{\omega^2}2.

Sortir e−ω2/2e^{-\omega^2/2} et utiliser l'intégrale de Gauss.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La transformée la plus remarquable du chapitre : la gaussienne est sa propre transformée.

f(t)=e−t2/2⟶f^(ω)=2π e−ω2/2f(t)=e^{-t^{2}/2} \qquad\longrightarrow\qquad \hat f(\omega)=\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}
MEˆME FORME, aˋ un facteur 2π preˋs : la gaussienne est AUTOREˊCIPROQUE\boxed{\text{MÊME FORME, à un facteur } \sqrt{2\pi} \text{ près} \ : \ \text{la gaussienne est AUTORÉCIPROQUE}}

⚠️⚠️ Aucune autre fonction du tableau des transformées usuelles n'a cette propriété. La porte devient un sinc, l'exponentielle devient une lorentzienne — parmi elles, seule la gaussienne se retrouve elle-même (ce n'est pas la seule fonction autoréciproque : sech(π/2 t)\mathrm{sech}(\sqrt{\pi/2}\,t) l'est aussi).

La méthode : l'ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE. On n'intègre pas directement — on montre que f^\hat f obéit à la même équation que ff.

Le point de départ : ff vérifie une équation différentielle d'une simplicité frappante.

f′(t)=−t e−t2/2=−t f(t)f'(t)=-t\,e^{-t^{2}/2}=-t\,f(t)
f′=−t f\boxed{f'=-t\,f}

⚠️⚠️ C'est CETTE équation qui porte tout le résultat, et c'est elle qu'il faut retenir : la gaussienne est la fonction dont la dérivée est proportionnelle à elle-même, avec un coefficient qui est −t-t.

Les deux propriétés qui vont la transporter (démontrées en B4 et B5) :

f′^=iω f^t f^=i f^ ′\boxed{\widehat{f'}=i\omega\,\hat f \qquad\qquad \widehat{t\,f}=i\,\hat f\,'}

⚠️ Remarquez la SYMÉTRIE de ces deux règles — dériver en temps devient multiplier en fréquence, et multiplier en temps devient dériver en fréquence. C'est l'échange des deux mondes, et c'est ce qui fait marcher la démonstration.

Transformons l'équation f′=−tff'=-t f :

f′^=−tf^⟹iω f^=−i f^ ′\widehat{f'}=\widehat{-t f} \qquad\Longrightarrow\qquad i\omega\,\hat f=-i\,\hat f\,'

En divisant par ii :

f^ ′=−ω f^\boxed{\hat f\,'=-\omega\,\hat f}

⚠️⚠️ C'EST LA MÊME ÉQUATION, avec ω\omega à la place de tt. La transformée obéit à la loi de son antécédent — d'où la même forme.

La solution est donc f^(ω)=C e−ω2/2\hat f(\omega)=C\,e^{-\omega^{2}/2}, et il ne reste qu'à trouver CC — par le contrôle universel du chapitre, l'aire :

C=f^(0)=∫−∞+∞e−t2/2dt=2πC=\hat f(0)=\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-t^{2}/2}dt=\sqrt{2\pi}
f^(ω)=2π e−ω2/2\boxed{\hat f(\omega)=\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}}
La démonstration

1) L'équation différentielle de ff.

f(t)=e−t2/2⟹f′(t)=(−2t2)⏟deˊriveˊe de l’exposante−t2/2=−t e−t2/2f(t)=e^{-t^{2}/2} \qquad\Longrightarrow\qquad f'(t)=\underbrace{\left(-\dfrac{2t}{2}\right)}_{\text{dérivée de l'exposant}}e^{-t^{2}/2}=-t\,e^{-t^{2}/2}
f′(t)=−t f(t)\boxed{f'(t)=-t\,f(t)}

2) Transformer les deux membres.

Membre de gauche, par la règle de dérivation (B4) :

f′^(ω)=iω f^(ω)\widehat{f'}(\omega)=i\omega\,\hat f(\omega)

Membre de droite, par la règle de multiplication par tt (B5) :

−t f^(ω)=−t f^(ω)=−i f^ ′(ω)\widehat{-t\,f}(\omega)=-\widehat{t\,f}(\omega)=-i\,\hat f\,'(\omega)

3) Égaler :

iω f^(ω)=−i f^ ′(ω)i\omega\,\hat f(\omega)=-i\,\hat f\,'(\omega)

On divise par ii (licite, i≠0i\neq 0) :

ω f^(ω)=−f^ ′(ω)\omega\,\hat f(\omega)=-\hat f\,'(\omega)
f^ ′(ω)=−ω f^(ω)\boxed{\hat f\,'(\omega)=-\omega\,\hat f(\omega)}

⚠️⚠️ La même équation que celle de ff, à la lettre près. C'est tout le contenu du résultat.

4) Résoudre. C'est une équation linéaire du premier ordre à variables séparables :

f^ ′f^=−ω⟹ln⁡∣f^∣=−ω22+K\dfrac{\hat f\,'}{\hat f}=-\omega \qquad\Longrightarrow\qquad \ln\lvert\hat f\rvert=-\dfrac{\omega^{2}}{2}+K
f^(ω)=C e−ω2/2\boxed{\hat f(\omega)=C\,e^{-\omega^{2}/2}}

5) Déterminer CC — par l'aire.

C=f^(0)=∫−∞+∞f(t) e0 dt=∫−∞+∞e−t2/2 dtC=\hat f(0)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)\,e^{0}\,dt=\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-t^{2}/2}\,dt

Et cette intégrale est celle que l'énoncé admet :

∫−∞+∞e−t2/2 dt=2π\boxed{\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-t^{2}/2}\,dt=\sqrt{2\pi}}
f^(ω)=2π e−ω2/2\boxed{\hat f(\omega)=\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}}

ℹ️ Cette intégrale — l'intégrale de Gauss — ne se calcule pas par primitive : e−t2/2e^{-t^2/2} n'en admet aucune élémentaire. On l'obtient par un passage en coordonnées polaires sur le carré de l'intégrale, ce qui est hors sujet ici et justifie qu'elle soit admise.

Les contrôles.

a) L'aire ✓ — c'est elle qui a servi à trouver CC, donc le contrôle est intégré à la démonstration.

b) Réelle et paire ✓ — ff l'est, f^\hat f aussi.

c) La décroissance. e−ω2/2e^{-\omega^{2}/2} décroît plus vite que toute puissance de 1ω\frac1\omega.

⚠️⚠️ C'est cohérent avec la règle du chapitre : ff est de classe C∞\mathcal C^{\infty}, donc f^\hat f doit décroître extrêmement vite.

la gaussienne est le cas EXTREˆME de la reˋgle reˊgulariteˊ↔deˊcroissance\boxed{\text{la gaussienne est le cas EXTRÊME de la règle régularité} \leftrightarrow \text{décroissance}}

d) Le contrôle par la transformée inverse. Appliquer la transformée deux fois doit redonner 2πf(−t)2\pi f(-t) (règle de dualité, B6).

Vérifions : f^=2πe−ω2/2\hat f=\sqrt{2\pi}e^{-\omega^2/2}, donc

f^^(ξ)=2π×2π e−ξ2/2=2π e−ξ2/2=2πf(ξ)=2πf(−ξ)✓\widehat{\hat f}(\xi)=\sqrt{2\pi}\times\sqrt{2\pi}\,e^{-\xi^{2}/2}=2\pi\,e^{-\xi^{2}/2}=2\pi f(\xi)=2\pi f(-\xi) \quad\checkmark

⚠️ La dernière égalité tient parce que ff est PAIRE — le contrôle boucle.

e) Le point d'équilibre du principe d'incertitude.

⚠️⚠️ La gaussienne réalise l'ÉGALITÉ dans l'inégalité d'incertitude — c'est la fonction la plus « concentrée à la fois » en temps et en fréquence.

ℹ️ Ce n'est pas un hasard si elle est autoréciproque : être identique à sa transformée, c'est être exactement à l'équilibre entre étalement temporel et étalement fréquentiel. En mécanique quantique, ce sont les états cohérents ; en traitement du signal, c'est la fenêtre de Gabor.

f) Le contrôle sur une gaussienne d'échelle différente. Pour g(t)=e−t2g(t)=e^{-t^{2}} (2\sqrt2 fois plus resserrée), on trouve

g^(ω)=π e−ω2/4\hat g(\omega)=\sqrt{\pi}\,e^{-\omega^{2}/4}

⚠️ Le spectre est 2\sqrt2 FOIS plus large (ω2/4\omega^2/4 au lieu de ω2/2\omega^2/2) — exactement ce que prédit B3. Cette valeur servira en E4.

Rappel de cours

⚠️⚠️ LA GAUSSIENNE EST AUTORÉCIPROQUE

e−t2/2⟶2π e−ω2/2\boxed{e^{-t^{2}/2} \qquad\longrightarrow\qquad \sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}}
Même forme, à un facteur 2π\sqrt{2\pi} près. Aucune autre fonction du tableau des transformées usuelles n'a cette propriété.

LA MÉTHODE : L'ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE

f′=−t f\boxed{f'=-t\,f}
On ne calcule PAS l'intégrale — on transporte l'équation.

LES DEUX RÈGLES QUI LA TRANSPORTENT (B4 et B5)

f′^=iω f^t f^=i f^ ′\boxed{\widehat{f'}=i\omega\,\hat f \qquad\qquad \widehat{t\,f}=i\,\hat f\,'}
⚠️ Elles sont SYMÉTRIQUES : dériver en temps = multiplier en fréquence, et réciproquement. C'est l'échange des deux mondes.

LE TRANSPORT

iω f^=−i f^ ′⟹f^ ′=−ω f^i\omega\,\hat f=-i\,\hat f\,' \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\hat f\,'=-\omega\,\hat f}
⚠️⚠️ LA MÊME ÉQUATION, avec ω\omega à la place de tt — d'où la même forme.

LA CONSTANTE, PAR L'AIRE

C=f^(0)=∫−∞+∞e−t2/2dt=2πC=\hat f(0)=\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-t^{2}/2}dt=\sqrt{2\pi}
ℹ️ L'intégrale de Gauss — pas de primitive élémentaire, d'où le fait qu'elle soit admise.

CONTRÔLES · décroissance plus rapide que toute puissance : cohérent, ff est C∞\mathcal C^{\infty} — cas extrême de la règle régularité ↔ décroissance ; · double transformée : f^^=2πf\widehat{\hat f}=2\pi f ✓ (dualité, B6 — l'égalité tient car ff est paire) ; · autre échelle : e−t2→π e−ω2/4e^{-t^{2}} \to \sqrt\pi\,e^{-\omega^{2}/4}, spectre 2\sqrt2 fois plus large, conforme à B3. Valeur reprise en E4.

ℹ️ La gaussienne réalise l'ÉGALITÉ dans l'inégalité d'incertitude — être identique à sa transformée, c'est être à l'équilibre exact entre étalement temporel et fréquentiel.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Chercher à intégrer ∫e−t2/2e−iωtdt\int e^{-t^{2}/2}e^{-i\omega t}dt directement. Il n'y a pas de primitive élémentaire ; la méthode est l'équation différentielle.

⚠️⚠️ Se tromper dans f′f'. La dérivée de e−t2/2e^{-t^2/2} est −t e−t2/2-t\,e^{-t^2/2}, pas −t22e−t2/2-\frac{t^2}{2}e^{-t^2/2} ni −2t e−t2/2-2t\,e^{-t^2/2}. Dériver l'EXPOSANT, puis multiplier.

⚠️ Oublier le ii dans l'une des deux règles. f′^=iωf^\widehat{f'}=i\omega\hat f et tf^=if^′\widehat{tf}=i\hat f' — les deux en portent un, et c'est leur rapport qui fait disparaître le ii de l'équation finale.

⚠️ Se tromper de signe en divisant. iωf^=−if^′i\omega\hat f=-i\hat f' donne f^′=−ωf^\hat f'=-\omega\hat f, pas +ωf^+\omega\hat f — qui donnerait une gaussienne inversée, donc non intégrable.

Le contrôle : le signe −- est celui qui rend f^\hat f décroissante.

⚠️ Oublier de déterminer CC. La résolution ne donne la forme qu'à une constante près, et c'est l'aire qui la fixe.

⚠️ Croire que C=1C=1. Il vaut 2π\sqrt{2\pi} — et c'est ce facteur qui fait de la propriété « autoréciproque » une égalité à un facteur près, et non une égalité stricte.

⚠️ Confondre e−t2/2e^{-t^2/2} et e−t2e^{-t^2}. Le second donne πe−ω2/4\sqrt\pi e^{-\omega^2/4} — ni le même facteur, ni la même largeur.

⚠️ Croire que toute fonction est autoréciproque. C'est exceptionnel, et c'est tout l'intérêt de l'exercice.

À retenir
e−t2/2⟶2π e−ω2/2la gaussienne est AUTOREˊCIPROQUE\boxed{e^{-t^{2}/2} \qquad\longrightarrow\qquad \sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}} \qquad\text{la gaussienne est AUTORÉCIPROQUE}

La méthode n'est pas l'intégration — c'est l'ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE :

f′=−t f→ f′^=iωf^  et  tf^=if^′ f^ ′=−ω f^f'=-t\,f \qquad\xrightarrow{\ \widehat{f'}=i\omega\hat f \ \text{ et } \ \widehat{tf}=i\hat f' \ }\qquad \boxed{\hat f\,'=-\omega\,\hat f}

⚠️⚠️ La même équation, avec ω\omega à la place de tt — d'où la même forme. La constante se fixe par l'aire : C=f^(0)=∫e−t2/2=2πC=\hat f(0)=\int e^{-t^2/2}=\sqrt{2\pi}.

⚠️ Les deux règles sont SYMÉTRIQUES : dériver en temps = multiplier en fréquence, multiplier en temps = dériver en fréquence. C'est l'échange des deux mondes.

Contrôles : décroissance plus rapide que toute puissance (cohérent, ff est C∞\mathcal C^\infty — cas extrême de la règle régularité ↔ décroissance) · double transformée f^^=2πf\widehat{\hat f}=2\pi f ✓ · autre échelle : e−t2→π e−ω2/4e^{-t^2}\to\sqrt\pi\,e^{-\omega^2/4}, spectre 2\sqrt2 fois plus large (B3, repris en E4).

la gaussienne reˊalise l’EˊGALITEˊ dans l’ineˊgaliteˊ d’incertitude\boxed{\text{la gaussienne réalise l'ÉGALITÉ dans l'inégalité d'incertitude}}

ℹ️ Être identique à sa transformée, c'est être à l'équilibre exact entre étalement temporel et fréquentiel.

Réponse. f^(ω)=2π e−ω2/2\hat f(\omega)=\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^2/2} : même forme que ff (autoréciproque). (Recoupement : sympy donne 2π e−ω2/2\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^2/2} ; cas particulier de e−at2→π/a e−ω2/4ae^{-at^2}\to\sqrt{\pi/a}\,e^{-\omega^2/4a} ✓)
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Impulsion de Dirac et retard

CalculDifficulté 3/5

Donner la transformée de Fourier de δ(t)\delta(t) puis de δ(t−t0)\delta(t-t_0). Que valent le module et la phase de cette dernière ?

Indices (3)

Propriété : ∫δ(t−t0) g(t) dt=g(t0)\displaystyle\int \delta(t-t_0)\,g(t)\,dt=g(t_0).

Appliquer à g(t)=e−iωtg(t)=e^{-i\omega t}.

∣e−iωt0∣=1\lvert e^{-i\omega t_0}\rvert=1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'impulsion de Dirac — l'objet le plus utile du chapitre, et celui qui n'est pas une fonction.

⚠️⚠️ δ\delta N'EST PAS UNE FONCTION. Aucune fonction ne vaut 00 partout sauf en un point tout en ayant une intégrale égale à 11 — l'intégrale d'une fonction nulle presque partout est nulle.

δ est une DISTRIBUTION, deˊfinie par ce qu’elle FAIT, pas par ses valeurs\boxed{\delta \ \text{est une DISTRIBUTION, définie par ce qu'elle FAIT, pas par ses valeurs}}

Ce qu'elle fait, c'est CUEILLIR une valeur :

∫−∞+∞φ(t) δ(t−t0) dt=φ(t0)\boxed{\int_{-\infty}^{+\infty}\varphi(t)\,\delta(t-t_{0})\,dt=\varphi(t_{0})}

ℹ️ C'est sa définition, et la seule chose à en savoir pour ce chapitre. On l'appelle propriété de filtrage : δ(t−t0)\delta(t-t_0) balaie tout sauf la valeur en t0t_0.

Première transformée — on applique la définition avec φ(t)=e−iωt\varphi(t)=e^{-i\omega t} et t0=0t_{0}=0 :

δ^(ω)=∫δ(t) e−iωt dt=e−iω×0=1\hat\delta(\omega)=\int\delta(t)\,e^{-i\omega t}\,dt=e^{-i\omega\times 0}=1
δ^(ω)=1pour TOUT ω\boxed{\hat\delta(\omega)=1 \qquad\text{pour TOUT } \omega}

⚠️⚠️ UNE IMPULSION CONTIENT TOUTES LES FRÉQUENCES, À ÉGALITÉ. C'est le cas extrême du principe d'incertitude : durée nulle, spectre infiniment large.

signal le plus BREF possible ⟺ spectre le plus LARGE possible\boxed{\text{signal le plus BREF possible} \ \Longleftrightarrow \ \text{spectre le plus LARGE possible}}

ℹ️ C'est exactement pourquoi on teste un système avec une impulsion : elle l'excite à toutes les fréquences en une fois, et la réponse obtenue — la réponse impulsionnelle — contient tout le comportement fréquentiel. E6 et D5 en vivent entièrement.

Seconde transformée, avec le retard :

δ(t−t0)^(ω)=∫δ(t−t0) e−iωt dt=e−iωt0\widehat{\delta(t-t_{0})}(\omega)=\int\delta(t-t_{0})\,e^{-i\omega t}\,dt=e^{-i\omega t_{0}}
δ(t−t0)^=e−iωt0\boxed{\widehat{\delta(t-t_{0})}=e^{-i\omega t_{0}}}

Module et phase — la question centrale de l'exercice :

∣e−iωt0∣=1arg⁡=−ωt0\boxed{\lvert e^{-i\omega t_{0}}\rvert=1 \qquad\qquad \arg=-\omega t_{0}}

⚠️⚠️ LE MODULE NE CHANGE PAS, SEULE LA PHASE BOUGE. Retarder un signal ne modifie rien à son contenu fréquentiel — cela ajoute seulement un déphasage proportionnel à ω\omega.

RETARDER = tourner la PHASE, jamais toucher au MODULE\boxed{\text{RETARDER} \ = \ \text{tourner la PHASE, jamais toucher au MODULE}}
Les deux transformées

1) La transformée de δ(t)\delta(t).

δ^(ω)=∫−∞+∞δ(t) e−iωt dt\hat\delta(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}\delta(t)\,e^{-i\omega t}\,dt

Par la propriété de filtrage avec φ(t)=e−iωt\varphi(t)=e^{-i\omega t} et t0=0t_{0}=0 :

δ^(ω)=φ(0)=e0=1\hat\delta(\omega)=\varphi(0)=e^{0}=1
δ^(ω)=1\boxed{\hat\delta(\omega)=1}

⚠️ Le résultat ne dépend pas de ω\omega — c'est un spectre plat.

2) La transformée de δ(t−t0)\delta(t-t_{0}).

δ(t−t0)^(ω)=∫δ(t−t0) e−iωt dt=φ(t0)=e−iωt0\widehat{\delta(t-t_{0})}(\omega)=\int\delta(t-t_{0})\,e^{-i\omega t}\,dt=\varphi(t_{0})=e^{-i\omega t_{0}}
δ(t−t0)^=e−iωt0\boxed{\widehat{\delta(t-t_{0})}=e^{-i\omega t_{0}}}

3) Module et phase.

∣e−iωt0∣=1\lvert e^{-i\omega t_{0}}\rvert=1

⚠️ Rappel : ∣eiθ∣=1\lvert e^{i\theta}\rvert=1 pour tout θ\theta réel — c'est le cercle unité.

arg⁡(e−iωt0)=−ωt0\arg\left(e^{-i\omega t_{0}}\right)=-\omega t_{0}
module=1 (constant)phase=−ωt0 (LINEˊAIRE en ω)\boxed{\text{module} = 1 \ \text{(constant)} \qquad\qquad \text{phase} = -\omega t_{0} \ \text{(LINÉAIRE en } \omega)}

Les contrôles.

a) L'aire — le contrôle universel. δ^(0)\hat\delta(0) doit valoir ∫δ=1\int\delta=1 ✓ — et c'est bien 11.

Et pour la version retardée : f^(0)=e0=1=∫δ(t−t0)dt\hat f(0)=e^{0}=1=\int\delta(t-t_{0})dt ✓ — l'aire ne dépend pas du retard, ce qui est évident géométriquement.

b) La cohérence avec la règle de retard (B1). La propriété générale s'écrit

f(t−t0)^=e−iωt0 f^(ω)\widehat{f(t-t_{0})}=e^{-i\omega t_{0}}\,\hat f(\omega)

Appliquée à f=δf=\delta, dont la transformée vaut 11 :

e−iωt0×1=e−iωt0✓e^{-i\omega t_{0}}\times 1=e^{-i\omega t_{0}} \quad\checkmark
le cas δ est le cas le plus SIMPLE de la reˋgle de retard\boxed{\text{le cas } \delta \text{ est le cas le plus SIMPLE de la règle de retard}}

ℹ️ Et c'est un bon moyen de retenir la règle : le facteur e−iωt0e^{-i\omega t_0} est la transformée de l'impulsion décalée.

c) La symétrie hermitienne. δ\delta est réelle, donc on doit avoir f^(−ω)=f^(ω)‾\hat f(-\omega)=\overline{\hat f(\omega)} :

e+iωt0=e−iωt0‾✓e^{+i\omega t_{0}}=\overline{e^{-i\omega t_{0}}} \quad\checkmark

d) La PHASE LINÉAIRE — et ce qu'elle signifie en pratique.

phase=−ωt0 : une DROITE de pente −t0\boxed{\text{phase} = -\omega t_{0} \ : \ \text{une DROITE de pente } -t_{0}}

⚠️⚠️ La pente de la phase EST le retard, au signe près. C'est ainsi qu'on mesure le retard d'un système sans chronomètre : on trace sa phase en fonction de ω\omega et on lit la pente.

ℹ️ Et un système à phase linéaire ne DÉFORME pas : il retarde toutes les fréquences du même temps. Une phase non linéaire, en revanche, retarde les fréquences différemment — c'est la distorsion de phase, celle qui étale un signal audio ou brouille un signal numérique.

phase LINEˊAIRE (module constant) ⟺ retard PUR, sans deˊformation\boxed{\text{phase LINÉAIRE (module constant)} \ \Longleftrightarrow \ \text{retard PUR, sans déformation}}

e) Le contrôle par t0=0t_{0}=0. On doit retrouver la première transformée :

e−iω×0=1✓e^{-i\omega\times 0}=1 \quad\checkmark

f) Le contrôle du sens du signe. Un retard (t0>0t_{0}>0) donne une phase négative pour ω>0\omega>0.

ℹ️ Cohérent : le signal arrive « en retard », donc la phase est « en arrière ». Un signe ++ décrirait une avance, c'est-à-dire un système non causal — physiquement impossible.

g) Ce que δ\delta n'est pas. Écrire « δ(0)=+∞\delta(0)=+\infty » n'a aucun sens dans ce cadre : δ\delta n'a pas de valeurs, elle n'a que des actions sous une intégrale.

ne JAMAIS manipuler δ hors d’une inteˊgrale\boxed{\text{ne JAMAIS manipuler } \delta \text{ hors d'une intégrale}}
Rappel de cours

⚠️⚠️ δ\delta N'EST PAS UNE FONCTION C'est une distribution, définie par ce qu'elle fait :

∫−∞+∞φ(t) δ(t−t0) dt=φ(t0)\boxed{\int_{-\infty}^{+\infty}\varphi(t)\,\delta(t-t_{0})\,dt=\varphi(t_{0})}
Propriété de filtrage : δ(t−t0)\delta(t-t_0) cueille la valeur en t0t_0. ⚠️ Ne jamais la manipuler hors d'une intégrale — « δ(0)=+∞\delta(0)=+\infty » n'a aucun sens ici.

LES DEUX TRANSFORMÉES

δ^(ω)=1δ(t−t0)^=e−iωt0\boxed{\hat\delta(\omega)=1 \qquad\qquad \widehat{\delta(t-t_{0})}=e^{-i\omega t_{0}}}

⚠️⚠️ UNE IMPULSION CONTIENT TOUTES LES FRÉQUENCES, À ÉGALITÉ

signal le plus BREF ⟺ spectre le plus LARGE\boxed{\text{signal le plus BREF} \ \Longleftrightarrow \ \text{spectre le plus LARGE}}
ℹ️ C'est pourquoi on teste un système par une impulsion : sa réponse impulsionnelle contient tout son comportement fréquentiel (D5, E6).

MODULE ET PHASE DU RETARD

∣e−iωt0∣=1arg⁡=−ωt0\boxed{\lvert e^{-i\omega t_{0}}\rvert=1 \qquad\qquad \arg=-\omega t_{0}}
⚠️⚠️ RETARDER = tourner la PHASE, jamais toucher au MODULE. Le contenu fréquentiel est inchangé.

LA PHASE EST LINÉAIRE — de pente −t0-t_{0}

phase LINEˊAIRE (module constant) ⟺ retard PUR, sans deˊformation\boxed{\text{phase LINÉAIRE (module constant)} \ \Longleftrightarrow \ \text{retard PUR, sans déformation}}
ℹ️ On mesure un retard en lisant la pente de la phase. Une phase non linéaire retarde les fréquences différemment : c'est la distorsion de phase.

CONTRÔLES · aire : δ^(0)=1=∫δ\hat\delta(0)=1=\int\delta ✓, et le retard ne la change pas ; · règle de retard (B1) : e−iωt0×δ^=e−iωt0e^{-i\omega t_0}\times\hat\delta=e^{-i\omega t_0} ✓ — le cas δ\delta est le cas le plus simple de la règle ; · symétrie hermitienne : e+iωt0=e−iωt0‾e^{+i\omega t_0}=\overline{e^{-i\omega t_0}} ✓ · signe : t0>0t_0>0 donne une phase négative — une avance serait non causale.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Traiter δ\delta comme une fonction et chercher à l'évaluer en un point. Elle n'a pas de valeurs — seulement une action sous l'intégrale.

⚠️⚠️ Croire que le module change avec le retard. ∣e−iωt0∣=1\lvert e^{-i\omega t_{0}}\rvert=1 pour tout ω\omega et tout t0t_{0} : un retard ne modifie rien au contenu fréquentiel.

Le contrôle : ∣eiθ∣=1\lvert e^{i\theta}\rvert=1 dès que θ\theta est réel.

⚠️ Se tromper de signe dans la phase. Un retard t0>0t_0>0 donne −ωt0-\omega t_0, donc une phase négative pour ω>0\omega>0. Un signe ++ décrirait une avance (l'impulsion en −t0-t_0), pas un retard.

⚠️ Écrire δ^(ω)=δ(ω)\hat\delta(\omega)=\delta(\omega). Non : la transformée de l'impulsion est la constante 11. (C'est l'inverse qui est vrai : la transformée de la constante 11 est 2πδ2\pi\delta.)

⚠️ Croire que la phase est constante. Elle est linéaire en ω\omega — et c'est sa pente qui porte l'information.

⚠️ Confondre phase linéaire et absence de phase. Une phase linéaire n'est pas nulle ; à module constant, elle correspond à un retard pur, qui ne déforme pas.

⚠️ Oublier que φ\varphi doit être continue en t0t_0 pour que la propriété de filtrage s'applique proprement. Ici e−iωte^{-i\omega t} l'est partout.

⚠️ Ne pas rapprocher de B1. Le facteur e−iωt0e^{-i\omega t_0} de la règle de retard est la transformée de l'impulsion décalée — c'est le meilleur moyen de retenir la règle.

À retenir
∫φ(t) δ(t−t0) dt=φ(t0)la proprieˊteˊ de FILTRAGE — la deˊfinition de δ\boxed{\int\varphi(t)\,\delta(t-t_{0})\,dt=\varphi(t_{0})} \qquad\text{la propriété de FILTRAGE — la définition de } \delta
δ^(ω)=1δ(t−t0)^=e−iωt0\boxed{\hat\delta(\omega)=1 \qquad\qquad \widehat{\delta(t-t_{0})}=e^{-i\omega t_{0}}}

⚠️⚠️ δ\delta n'est PAS une fonction mais une distribution — à ne jamais manipuler hors d'une intégrale.

une impulsion contient TOUTES les freˊquences, aˋ eˊgaliteˊ\boxed{\text{une impulsion contient TOUTES les fréquences, à égalité}}
signal le plus BREF ⟺ spectre le plus LARGE\boxed{\text{signal le plus BREF} \ \Longleftrightarrow \ \text{spectre le plus LARGE}}

ℹ️ C'est pourquoi on teste un système par une impulsion : sa réponse impulsionnelle contient tout son comportement fréquentiel (D5, E6).

∣e−iωt0∣=1arg⁡=−ωt0\boxed{\lvert e^{-i\omega t_{0}}\rvert=1 \qquad\qquad \arg=-\omega t_{0}}

⚠️⚠️ RETARDER = tourner la PHASE, jamais toucher au MODULE.

phase LINEˊAIRE, de pente −t0 (module constant) ⟺ retard PUR, sans deˊformation\boxed{\text{phase LINÉAIRE, de pente } -t_{0} \text{ (module constant)} \ \Longleftrightarrow \ \text{retard PUR, sans déformation}}

ℹ️ On mesure un retard en lisant la pente de la phase ; une phase non linéaire produit de la distorsion.

Contrôles : aire δ^(0)=1\hat\delta(0)=1 ✓ · règle de retard B1 appliquée à δ\delta ✓ (c'en est le cas le plus simple) · symétrie hermitienne ✓ · un retard donne une phase négative — une avance serait non causale.

Réponse. δ^=1\widehat\delta=1 ; δ(t−t0)^=e−iωt0\widehat{\delta(t-t_0)}=e^{-i\omega t_0} (module 11, phase −ωt0-\omega t_0). (Recoupement : sympy integrate(DiracDelta(t-t0)·e^{-iωt}) =e−iωt0=e^{-i\omega t_0} ✓)
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Transformée du triangle

CalculDifficulté 3/5

Calculer la transformée de Fourier du triangle f(t)=1−∣t∣f(t)=1-\lvert t\rvert pour ∣t∣<1\lvert t\rvert<1 (et 00 sinon), et reconnaître un sinc2\mathrm{sinc}^2.

Indices (3)

Couper en [−1,0][-1,0] (f=1+tf=1+t) et [0,1][0,1] (f=1−tf=1-t).

Intégrer par parties ou exploiter la parité.

2−2cos⁡ω=4sin⁡2(ω/2)2-2\cos\omega=4\sin^2(\omega/2).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le triangle — et il ferme le lot en confirmant les deux règles du chapitre.

f(t)={1−∣t∣si ∣t∣<10sinonf(t)=\begin{cases}1-\lvert t\rvert & \text{si } \lvert t\rvert<1\\ 0 & \text{sinon}\end{cases}

⚠️ La valeur absolue oblige à couper en t=0t=0, comme en A3 :

t∈[−1,0] : f(t)=1+tt∈[0,1] : f(t)=1−t\boxed{t\in[-1,0] \ : \ f(t)=1+t \qquad\qquad t\in[0,1] \ : \ f(t)=1-t}

Mais la parité offre le raccourci — ff est paire, donc (A3) :

f^(ω)=2∫01(1−t)cos⁡(ωt) dt\hat f(\omega)=2\int_{0}^{1}(1-t)\cos(\omega t)\,dt
une inteˊgration par parties, et c’est fini\boxed{\text{une intégration par parties, et c'est fini}}

Le résultat, sous ses deux formes :

f^(ω)=2−2cos⁡ωω2=(sin⁡(ω/2)ω/2)2=sinc2 ⁣(ω2)\boxed{\hat f(\omega)=\dfrac{2-2\cos\omega}{\omega^{2}}=\left(\dfrac{\sin(\omega/2)}{\omega/2}\right)^{2}=\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac{\omega}{2}\right)}

⚠️⚠️ Le passage d'une forme à l'autre est l'identité de l'ANGLE MOITIÉ :

1−cos⁡ω=2sin⁡2 ⁣(ω2)⟹2−2cos⁡ω=4sin⁡2 ⁣(ω2)\boxed{1-\cos\omega=2\sin^{2}\!\left(\dfrac{\omega}{2}\right) \qquad\Longrightarrow\qquad 2-2\cos\omega=4\sin^{2}\!\left(\dfrac{\omega}{2}\right)}
4sin⁡2(ω/2)ω2=sin⁡2(ω/2)(ω/2)2=sinc2 ⁣(ω2)✓\dfrac{4\sin^{2}(\omega/2)}{\omega^{2}}=\dfrac{\sin^{2}(\omega/2)}{(\omega/2)^{2}}=\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac{\omega}{2}\right) \quad\checkmark

ℹ️ Sans cette identité, on obtient un résultat juste mais méconnaissable — et l'énoncé demande précisément de reconnaître le sinc2\mathrm{sinc}^{2}.

Les deux faits qui font l'intérêt de l'exercice :

1) f^(ω)≥0 PARTOUT — c’est un carreˊ\boxed{1) \ \hat f(\omega)\geq 0 \ \text{PARTOUT} \ — \ \text{c'est un carré}}

⚠️ Alors que le sinc de la porte (A1) CHANGE DE SIGNE. Le triangle a un spectre positif, la porte non.

2) deˊcroissance en 1ω2 contre 1ω pour la porte\boxed{2) \ \text{décroissance en } \dfrac{1}{\omega^{2}} \ \text{contre } \dfrac{1}{\omega} \ \text{pour la porte}}

⚠️⚠️ Le triangle est CONTINU (il ne saute pas, il a seulement un point anguleux), la porte SAUTE — d'où un cran de décroissance gagné. La règle du chapitre se vérifie une fois de plus.

ℹ️ Et ces deux faits ne sont pas indépendants : E2 montrera que le triangle est la convolution de deux portes, donc que son spectre est le carré de celui de la porte. Positivité et décroissance doublée s'expliquent alors d'un coup.

Le calcul

1) Par la parité.

f^(ω)=2∫01(1−t)cos⁡(ωt) dt\hat f(\omega)=2\int_{0}^{1}(1-t)\cos(\omega t)\,dt

2) L'intégration par parties. On pose

u=1−t⟹u′=−1v′=cos⁡(ωt)⟹v=sin⁡(ωt)ωu=1-t \quad\Longrightarrow\quad u'=-1 \qquad\qquad v'=\cos(\omega t) \quad\Longrightarrow\quad v=\dfrac{\sin(\omega t)}{\omega}

⚠️ Dériver le POLYNÔME et intégrer le cosinus — c'est le sens qui fait disparaître le tt.

∫01(1−t)cos⁡(ωt) dt=[(1−t)sin⁡(ωt)ω]01⏟terme tout inteˊgreˊ+1ω∫01sin⁡(ωt) dt\int_{0}^{1}(1-t)\cos(\omega t)\,dt=\underbrace{\left[(1-t)\dfrac{\sin(\omega t)}{\omega}\right]_{0}^{1}}_{\text{terme tout intégré}}+\dfrac{1}{\omega}\int_{0}^{1}\sin(\omega t)\,dt

Le terme tout intégré s'annule aux DEUX bornes :

  • en t=1t=1 : le facteur (1−t)(1-t) vaut 00 ;
  • en t=0t=0 : le facteur sin⁡(ω×0)\sin(\omega\times 0) vaut 00.
terme tout inteˊgreˊ=0\boxed{\text{terme tout intégré} = 0}

⚠️ Les deux bornes s'annulent pour des raisons DIFFÉRENTES — vérifier les deux, ne pas supposer.

3) L'intégrale restante :

1ω∫01sin⁡(ωt) dt=1ω[−cos⁡(ωt)ω]01=1−cos⁡ωω2\dfrac{1}{\omega}\int_{0}^{1}\sin(\omega t)\,dt=\dfrac{1}{\omega}\left[-\dfrac{\cos(\omega t)}{\omega}\right]_{0}^{1}=\dfrac{1-\cos\omega}{\omega^{2}}

4) Le facteur 22 de la parité :

f^(ω)=2(1−cos⁡ω)ω2=2−2cos⁡ωω2\boxed{\hat f(\omega)=\dfrac{2(1-\cos\omega)}{\omega^{2}}=\dfrac{2-2\cos\omega}{\omega^{2}}}

5) Reconnaître le sinc2\mathrm{sinc}^{2} — par l'angle moitié :

1−cos⁡ω=2sin⁡2 ⁣(ω2)1-\cos\omega=2\sin^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)
f^(ω)=4sin⁡2(ω/2)ω2=sin⁡2(ω/2)(ω/2)2\hat f(\omega)=\dfrac{4\sin^{2}(\omega/2)}{\omega^{2}}=\dfrac{\sin^{2}(\omega/2)}{(\omega/2)^{2}}
f^(ω)=sinc2 ⁣(ω2)\boxed{\hat f(\omega)=\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac{\omega}{2}\right)}

Les contrôles.

a) L'aire — le contrôle universel.

f^(0)=∫−11(1−∣t∣) dt=2∫01(1−t) dt=2×12=1\hat f(0)=\int_{-1}^{1}(1-\lvert t\rvert)\,dt=2\int_{0}^{1}(1-t)\,dt=2\times\dfrac12=1

Et par la formule, en passant à la limite :

lim⁡ω→0sinc2 ⁣(ω2)=12=1✓\lim_{\omega\to 0}\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)=1^{2}=1 \quad\checkmark

ℹ️ Géométriquement, ∫f\int f est l'aire du triangle : base 22, hauteur 11, donc 2×12=1\frac{2\times 1}{2}=1 ✓ — trois voies vers le même nombre.

b) Réelle, paire, et POSITIVE. ff étant réelle et paire, f^\hat f doit l'être ✓ — et elle est en plus positive, étant un carré.

⚠️ Contraste avec A1 : le sinc de la porte s'annule et change de signe. Ici sinc2\mathrm{sinc}^2 s'annule (aux mêmes endroits) mais reste positif.

c) Les zéros. sin⁡(ω/2)=0\sin(\omega/2)=0 pour ω=2kπ\omega=2k\pi, k≠0k\neq 0.

⚠️ Ce sont les mêmes zéros que ceux de la porte de demi-largeur T=12T=\frac12 (ωk=kπT=2kπ\omega_k=\frac{k\pi}{T}=2k\pi) — et E2 expliquera pourquoi : le triangle de base 22 est la convolution de deux portes de largeur 11.

d) La décroissance.

∣f^(ω)∣≤4ω2\lvert\hat f(\omega)\rvert\leq\dfrac{4}{\omega^{2}}
1ω2 contre 1ω pour la porte\boxed{\dfrac{1}{\omega^{2}} \ \text{contre } \dfrac1\omega \ \text{pour la porte}}

⚠️⚠️ Le triangle est CONTINU, la porte SAUTE — un cran de régularité, un cran de décroissance. La règle du chapitre, vérifiée pour la troisième fois (porte 1ω\frac1\omega, exponentielle bilatérale 1ω2\frac1{\omega^2}, gaussienne plus vite que tout).

e) Le contrôle numérique. En ω=π\omega=\pi :

f^(π)=2−2cos⁡ππ2=2+2π2=4π2≈0,405\hat f(\pi)=\dfrac{2-2\cos\pi}{\pi^{2}}=\dfrac{2+2}{\pi^{2}}=\dfrac{4}{\pi^{2}}\approx 0{,}405

Et par l'autre forme : sinc2 ⁣(π2)=(1π/2)2=4π2\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\frac\pi2\right)=\left(\frac{1}{\pi/2}\right)^{2}=\frac{4}{\pi^{2}} ✓

les deux formes concordent — le controˆle qui valide l’angle moitieˊ\boxed{\text{les deux formes concordent — le contrôle qui valide l'angle moitié}}

f) Le contrôle par E2 (annonce). Si f^porte=sinc\hat f_{\text{porte}}=\mathrm{sinc}, alors la convolution de deux portes a pour transformée sinc2\mathrm{sinc}^{2} — exactement ce qu'on vient de trouver. ✓

Rappel de cours

LA TRANSFORMÉE DU TRIANGLE

1−∣t∣ sur ∣t∣<1⟶2−2cos⁡ωω2=sinc2 ⁣(ω2)\boxed{1-\lvert t\rvert \text{ sur } \lvert t\rvert<1 \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{2-2\cos\omega}{\omega^{2}}=\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)}

⚠️⚠️ L'IDENTITÉ QUI FAIT RECONNAÎTRE LE sinc2\mathrm{sinc}^{2}

1−cos⁡ω=2sin⁡2 ⁣(ω2)\boxed{1-\cos\omega=2\sin^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)}
Sans elle, le résultat est juste mais méconnaissable — et l'énoncé demande de le reconnaître.

LA MÉTHODE ff paire ⟹\Longrightarrow f^(ω)=2∫01(1−t)cos⁡(ωt) dt\hat f(\omega)=2\int_{0}^{1}(1-t)\cos(\omega t)\,dt, puis une IPP. ⚠️ Dériver le polynôme, intégrer le cosinus. ⚠️ Le terme tout intégré s'annule aux deux bornes, pour des raisons différentes : (1−t)=0(1-t)=0 en 11, sin⁡(0)=0\sin(0)=0 en 00. Vérifier les deux.

CONTRÔLES · aire : f^(0)=1\hat f(0)=1 — c'est l'aire du triangle (base 22, hauteur 11) ✓, retrouvée aussi par lim⁡sinc2=1\lim\mathrm{sinc}^2=1 ; · ⚠️ POSITIVE partout (c'est un carré) — contraste avec A1, où le sinc change de signe ; · zéros en ω=2kπ\omega=2k\pi — les mêmes que ceux d'une porte de demi-largeur 12\frac12 ; · numérique : f^(π)=4π2≈0,405\hat f(\pi)=\frac{4}{\pi^2}\approx 0{,}405 par les deux formes — le contrôle qui valide l'angle moitié.

⚠️⚠️ DÉCROISSANCE EN 1ω2\frac1{\omega^{2}}, contre 1ω\frac1\omega pour la porte Le triangle est continu (point anguleux seulement), la porte saute. Un cran de régularité, un cran de décroissance.

ℹ️ E2 expliquera tout d'un coup : le triangle est la convolution de deux portes, donc son spectre est le carré de celui de la porte — d'où la positivité ET la décroissance doublée.

L'erreur classique

⚠️⚠️ S'arrêter à 2−2cos⁡ωω2\frac{2-2\cos\omega}{\omega^{2}}. Le résultat est juste, mais l'énoncé demande de reconnaître le sinc2\mathrm{sinc}^{2} — il faut l'identité de l'angle moitié.

⚠️⚠️ Écrire sinc2(ω)\mathrm{sinc}^{2}(\omega) au lieu de sinc2 ⁣(ω2)\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\frac\omega2\right). L'argument est la moitié, et c'est ce que dit l'identité.

Le contrôle : en ω=π\omega=\pi, sinc2(π)=0\mathrm{sinc}^2(\pi)=0 alors que f^(π)=4π2≠0\hat f(\pi)=\frac{4}{\pi^2}\neq 0. Le contrôle numérique tranche immédiatement.

⚠️ Oublier le facteur 22 de la parité, et trouver la moitié du résultat.

Le contrôle : l'aire vaut 11, pas 12\frac12.

⚠️ Intégrer par parties dans le mauvais sens (dériver le cosinus) : le tt ne disparaît jamais et l'on tourne en rond.

⚠️ Ne vérifier qu'une borne du terme tout intégré. Les deux s'annulent, mais pour des raisons différentes — supposer sans vérifier est une erreur qui passe souvent.

⚠️ Croire que f^\hat f change de signe comme le sinc de la porte. C'est un carré : elle s'annule mais reste positive.

⚠️ Croire que la décroissance est la même qu'en A1. Elle est en 1ω2\frac1{\omega^2} — le triangle est continu.

⚠️ Se tromper dans l'identité en écrivant 1−cos⁡ω=sin⁡2(ω/2)1-\cos\omega=\sin^2(\omega/2) sans le facteur 22. Le contrôle en ω=π\omega=\pi l'attrape (1−cos⁡π=21-\cos\pi=2, et 2sin⁡2(π/2)=22\sin^2(\pi/2)=2 ✓).

À retenir
1−∣t∣ sur ∣t∣<1⟶2−2cos⁡ωω2=sinc2 ⁣(ω2)\boxed{1-\lvert t\rvert \text{ sur } \lvert t\rvert<1 \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{2-2\cos\omega}{\omega^{2}}=\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)}
1−cos⁡ω=2sin⁡2 ⁣(ω2)l’identiteˊ de l’ANGLE MOITIEˊ\boxed{1-\cos\omega=2\sin^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)} \qquad\text{l'identité de l'ANGLE MOITIÉ}

⚠️⚠️ Sans elle, le résultat est juste mais méconnaissable — et l'énoncé demande de reconnaître le sinc2\mathrm{sinc}^2. ⚠️ L'argument est ω2\frac\omega2, pas ω\omega.

Méthode : parité ⟹\Longrightarrow 2∫01(1−t)cos⁡(ωt)dt2\int_0^1(1-t)\cos(\omega t)dt, puis une IPP en dérivant le polynôme. Le terme tout intégré s'annule aux deux bornes, pour des raisons différentes — vérifier les deux.

Contrôles : aire f^(0)=1\hat f(0)=1, qui est l'aire du triangle (base 2, hauteur 1) · positive partout (c'est un carré), contrairement au sinc de la porte qui change de signe · zéros en 2kπ2k\pi · numérique en ω=π\omega=\pi : 4π2\frac{4}{\pi^2} par les deux formes — c'est lui qui valide l'angle moitié.

deˊcroissance en 1ω2 contre 1ω pour la porte\boxed{\text{décroissance en } \tfrac1{\omega^{2}} \ \text{contre } \tfrac1\omega \ \text{pour la porte}}

⚠️ Le triangle est CONTINU, la porte SAUTE : un cran de régularité, un cran de décroissance.

ℹ️ E2 expliquera les deux faits d'un coup : le triangle est la convolution de deux portes, donc son spectre est le carré de celui de la porte.

Réponse. f^(ω)=2(1−cos⁡ω)ω2=(2sin⁡(ω/2)ω)2\hat f(\omega)=\dfrac{2(1-\cos\omega)}{\omega^2}=\Big(\dfrac{2\sin(\omega/2)}\omega\Big)^2. (Recoupement : sympy confirme 2(1−cos⁡ω)ω2\tfrac{2(1-\cos\omega)}{\omega^2} ; spectre positif = ∣\lvertsinc∣2\rvert^2, annonce le théorème de convolution ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Propriété de retard

CalculDifficulté 3/5

Démontrer que f(t−t0)^(ω)=e−iωt0 f^(ω)\widehat{f(t-t_0)}(\omega)=e^{-i\omega t_0}\,\hat f(\omega), et l'illustrer sur la porte décalée.

Indices (3)

Poser s=t−t0s=t-t_0 dans l'intégrale.

e−iωt=e−iω(s+t0)e^{-i\omega t}=e^{-i\omega(s+t_0)}.

Le facteur e−iωt0e^{-i\omega t_0} sort de l'intégrale.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La première des six propriétés — et la plus simple à démontrer, ce qui en fait le bon modèle pour les cinq autres.

f(t−t0)^(ω)=e−iωt0 f^(ω)\boxed{\widehat{f(t-t_{0})}(\omega)=e^{-i\omega t_{0}}\,\hat f(\omega)}

La démonstration tient en UN changement de variable, et c'est le schéma de toutes les propriétés du lot :

poser s=t−t0, c’est-aˋ-dire t=s+t0\boxed{\text{poser } s=t-t_{0}, \ \text{c'est-à-dire } t=s+t_{0}}

⚠️⚠️ Le point qui fait tout : en substituant, l'exponentielle se casse en deux facteurs, dont l'un ne dépend plus de la variable d'intégration.

e−iωt=e−iω(s+t0)=e−iωs⏟reste dans l’inteˊgrale×e−iωt0⏟SORTe^{-i\omega t}=e^{-i\omega(s+t_{0})}=\underbrace{e^{-i\omega s}}_{\text{reste dans l'intégrale}}\times\underbrace{e^{-i\omega t_{0}}}_{\text{SORT}}
une CONSTANTE (vis-aˋ-vis de s) sort de l’inteˊgrale\boxed{\text{une CONSTANTE (vis-à-vis de } s) \text{ sort de l'intégrale}}

ℹ️ C'est la propriété fondamentale de l'exponentielle — ea+b=eaebe^{a+b}=e^{a}e^{b} — qui rend toute la théorie possible. Aucune autre fonction ne transformerait une translation en un simple facteur.

Ce que la propriété dit, physiquement :

∣e−iωt0∣=1 ⟹ le MODULE de f^ est INCHANGEˊ\boxed{\lvert e^{-i\omega t_{0}}\rvert=1 \ \Longrightarrow \ \text{le MODULE de } \hat f \text{ est INCHANGÉ}}
RETARDER un signal ne change pas son CONTENU FREˊQUENTIEL\boxed{\text{RETARDER un signal ne change pas son CONTENU FRÉQUENTIEL}}

⚠️ Seule la PHASE bouge, et d'une quantité proportionnelle à ω\omega :

arg⁡g^(ω)=arg⁡f^(ω)−ωt0\arg\hat g(\omega)=\arg\hat f(\omega)-\omega t_{0}

ℹ️ C'est exactement ce qu'on a vu en A5 sur l'impulsion — et ce n'en est pas une coïncidence : A5 est le cas f=δf=\delta de cette règle, puisque δ^=1\hat\delta=1.

A5 est le CAS PARTICULIER le plus simple de B1\boxed{\text{A5 est le CAS PARTICULIER le plus simple de B1}}

L'illustration demandée : la porte décalée. Une porte de [0,2T][0,2T] est la porte de A1 retardée de TT :

g^(ω)=e−iωT×2sin⁡(ωT)ω\hat g(\omega)=e^{-i\omega T}\times\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}

⚠️⚠️ La porte de A1 était PAIRE, donc à transformée RÉELLE. Décalée, elle ne l'est plus — et sa transformée devient complexe. Le module, lui, est identique.

La démonstration

Posons g(t)=f(t−t0)g(t)=f(t-t_{0}).

g^(ω)=∫−∞+∞f(t−t0) e−iωt dt\hat g(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t-t_{0})\,e^{-i\omega t}\,dt

1) Le changement de variable.

s=t−t0⟹t=s+t0⟹dt=dss=t-t_{0} \qquad\Longrightarrow\qquad t=s+t_{0} \qquad\Longrightarrow\qquad dt=ds

⚠️ Les bornes ne changent pas : quand tt parcourt R\mathbb R, ss aussi. Une translation ne déforme pas la droite réelle — c'est ce qui rend ce changement de variable si simple.

g^(ω)=∫−∞+∞f(s) e−iω(s+t0) ds\hat g(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(s)\,e^{-i\omega(s+t_{0})}\,ds

2) Casser l'exponentielle.

e−iω(s+t0)=e−iωs×e−iωt0e^{-i\omega(s+t_{0})}=e^{-i\omega s}\times e^{-i\omega t_{0}}

3) Sortir le facteur constant. Le facteur e−iωt0e^{-i\omega t_{0}} ne dépend pas de ss :

g^(ω)=e−iωt0∫−∞+∞f(s) e−iωs ds\hat g(\omega)=e^{-i\omega t_{0}}\int_{-\infty}^{+\infty}f(s)\,e^{-i\omega s}\,ds

Et l'intégrale restante est exactement f^(ω)\hat f(\omega) — la variable d'intégration est muette.

f(t−t0)^(ω)=e−iωt0 f^(ω)\boxed{\widehat{f(t-t_{0})}(\omega)=e^{-i\omega t_{0}}\,\hat f(\omega)}

⚠️ La variable muette est le dernier point à ne pas rater : ∫f(s)e−iωsds\int f(s)e^{-i\omega s}ds et ∫f(t)e−iωtdt\int f(t)e^{-i\omega t}dt sont le même nombre. Le nom de la variable n'a aucune importance.

L'illustration : la porte décalée.

Soit pp la porte de A1 (p=1p=1 sur [−T,T][-T,T]), de transformée 2sin⁡(ωT)ω\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}.

La porte de [0,2T][0,2T] est p(t−T)p(t-T) — on l'a décalée vers la droite de TT.

p(t−T)^(ω)=e−iωT×2sin⁡(ωT)ω\boxed{\widehat{p(t-T)}(\omega)=e^{-i\omega T}\times\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}}

Vérifions-le par le calcul direct :

∫02Te−iωtdt=[e−iωt−iω]02T=1−e−2iωTiω\int_{0}^{2T}e^{-i\omega t}dt=\left[\dfrac{e^{-i\omega t}}{-i\omega}\right]_{0}^{2T}=\dfrac{1-e^{-2i\omega T}}{i\omega}

Et on retrouve bien la forme annoncée en factorisant par e−iωTe^{-i\omega T} :

1−e−2iωTiω=e−iωT⋅eiωT−e−iωTiω=e−iωT⋅2isin⁡(ωT)iω=e−iωT⋅2sin⁡(ωT)ω✓\dfrac{1-e^{-2i\omega T}}{i\omega}=e^{-i\omega T}\cdot\dfrac{e^{i\omega T}-e^{-i\omega T}}{i\omega}=e^{-i\omega T}\cdot\dfrac{2i\sin(\omega T)}{i\omega}=e^{-i\omega T}\cdot\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega} \quad\checkmark
la factorisation par e−iωT FAIT APPARAIˆTRE le sinus — c’est le geste aˋ retenir\boxed{\text{la factorisation par } e^{-i\omega T} \text{ FAIT APPARAÎTRE le sinus} \ — \ \text{c'est le geste à retenir}}

Les contrôles.

a) L'aire. g^(0)=e0f^(0)=f^(0)\hat g(0)=e^{0}\hat f(0)=\hat f(0) ✓

ℹ️ Cohérent : décaler une courbe ne change pas l'aire sous elle.

b) Le module inchangé.

∣g^(ω)∣=∣e−iωt0∣⏟=1×∣f^(ω)∣=∣f^(ω)∣✓\lvert\hat g(\omega)\rvert=\underbrace{\lvert e^{-i\omega t_{0}}\rvert}_{=1}\times\lvert\hat f(\omega)\rvert=\lvert\hat f(\omega)\rvert \quad\checkmark
le SPECTRE D’AMPLITUDE est invariant par translation\boxed{\text{le SPECTRE D'AMPLITUDE est invariant par translation}}

⚠️⚠️ C'est un fait lourd de conséquences : un enregistrement et le même enregistrement décalé d'une seconde ont exactement le même spectre d'amplitude. Toute l'information de position est dans la PHASE.

ℹ️ C'est pourquoi on ne peut pas reconstruire un signal à partir de son seul module — et c'est un problème central en cristallographie (le problème des phases).

c) Le cas t0=0t_{0}=0. e0=1e^{0}=1, la propriété devient triviale ✓

d) La composition de deux retards. Retarder de t1t_{1} puis de t2t_{2} doit revenir à retarder de t1+t2t_{1}+t_{2} :

e−iωt1×e−iωt2=e−iω(t1+t2)✓e^{-i\omega t_{1}}\times e^{-i\omega t_{2}}=e^{-i\omega(t_{1}+t_{2})} \quad\checkmark
les facteurs de phase se MULTIPLIENT, les retards s’ADDITIONNENT\boxed{\text{les facteurs de phase se MULTIPLIENT, les retards s'ADDITIONNENT}}

e) Le contrôle de cohérence avec A5. Pour f=δf=\delta, f^=1\hat f=1 :

δ(t−t0)^=e−iωt0×1=e−iωt0✓\widehat{\delta(t-t_{0})}=e^{-i\omega t_{0}}\times 1=e^{-i\omega t_{0}} \quad\checkmark

f) Le sens du signe. Un retard (t0>0t_{0}>0) donne le facteur e−iωt0e^{-i\omega t_{0}}, de phase négative.

⚠️ Une AVANCE (t0<0t_{0}<0) donnerait e+iω∣t0∣e^{+i\omega\lvert t_{0}\rvert} — mathématiquement licite, mais physiquement irréalisable en temps réel : cela reviendrait à connaître le signal avant qu'il n'arrive.

Rappel de cours

PROPRIÉTÉ DE RETARD

f(t−t0)^(ω)=e−iωt0 f^(ω)\boxed{\widehat{f(t-t_{0})}(\omega)=e^{-i\omega t_{0}}\,\hat f(\omega)}

LA DÉMONSTRATION — un changement de variable, et c'est le modèle du lot

s=t−t0 ⟹ e−iωt=e−iωs⏟reste×e−iωt0⏟SORTs=t-t_{0} \ \Longrightarrow \ e^{-i\omega t}=\underbrace{e^{-i\omega s}}_{\text{reste}}\times\underbrace{e^{-i\omega t_{0}}}_{\text{SORT}}
⚠️ Les bornes ne changent pas (une translation ne déforme pas R\mathbb R), et la variable d'intégration est MUETTE. ℹ️ Tout repose sur ea+b=eaebe^{a+b}=e^ae^b : aucune autre fonction ne transformerait une translation en un simple facteur.

⚠️⚠️ CE QUE LA PROPRIÉTÉ SIGNIFIE

∣e−iωt0∣=1 ⟹ le MODULE est INCHANGEˊ\boxed{\lvert e^{-i\omega t_{0}}\rvert=1 \ \Longrightarrow \ \text{le MODULE est INCHANGÉ}}
RETARDER ne change pas le CONTENU FREˊQUENTIEL — seule la PHASE tourne\boxed{\text{RETARDER ne change pas le CONTENU FRÉQUENTIEL — seule la PHASE tourne}}
arg⁡g^=arg⁡f^−ωt0\arg\hat g=\arg\hat f-\omega t_{0}

⚠️⚠️ TOUTE L'INFORMATION DE POSITION EST DANS LA PHASE Un enregistrement et le même décalé d'une seconde ont exactement le même spectre d'amplitude. ℹ️ D'où l'impossibilité de reconstruire un signal depuis son seul module — le problème des phases en cristallographie.

L'ILLUSTRATION : la porte de [0,2T][0,2T] est p(t−T)p(t-T)

p(t−T)^=e−iωT 2sin⁡(ωT)ω\widehat{p(t-T)}=e^{-i\omega T}\,\dfrac{2\sin(\omega T)}{\omega}
⚠️ Le geste à retenir : factoriser 1−e−2iωTiω\frac{1-e^{-2i\omega T}}{i\omega} par e−iωTe^{-i\omega T} fait apparaître le sinus. ⚠️ La porte de A1 était paire (transformée réelle) ; décalée, elle ne l'est plus — sa transformée devient complexe, à module identique.

CONTRÔLES : aire inchangée · module inchangé · t0=0t_0=0 trivial · retards qui s'additionnent = facteurs de phase qui se multiplient · A5 est le cas f=δf=\delta (δ^=1\hat\delta=1).

L'erreur classique

⚠️⚠️ Se tromper de signe et écrire e+iωt0e^{+i\omega t_{0}}. Le changement t=s+t0t=s+t_{0} met t0t_0 dans l'exposant négatif : e−iω(s+t0)e^{-i\omega(s+t_0)}.

Le contrôle : un retard doit donner une phase négative — une avance serait non causale.

⚠️⚠️ Croire que le module change. ∣e−iωt0∣=1\lvert e^{-i\omega t_0}\rvert=1 : le spectre d'amplitude est invariant par translation.

⚠️ Changer les bornes lors de la substitution. Une translation envoie R\mathbb R sur R\mathbb R : les bornes restent ±∞\pm\infty.

⚠️ Croire que ∫f(s)e−iωsds≠f^(ω)\int f(s)e^{-i\omega s}ds \neq \hat f(\omega) parce que la lettre a changé. La variable d'intégration est muette.

⚠️ Appliquer la règle à f(t0−t)f(t_0-t). Ce n'est pas une translation mais un retournement suivi d'une translation — la règle ne s'y applique pas telle quelle.

⚠️ Décaler dans le mauvais sens. f(t−t0)f(t-t_{0}) avec t0>0t_0>0 décale vers la droite (retard), pas vers la gauche.

Le contrôle : la porte de [0,2T][0,2T] est bien p(t−T)p(t-T), à droite de celle de [−T,T][-T,T].

⚠️ Oublier que la transformée devient complexe. La porte centrée avait une transformée réelle ; décalée, non — et ce n'est pas une erreur.

⚠️ Ne pas voir que A5 en est le cas δ\delta. C'est le meilleur moyen de retenir la règle.

À retenir
f(t−t0)^(ω)=e−iωt0 f^(ω)\boxed{\widehat{f(t-t_{0})}(\omega)=e^{-i\omega t_{0}}\,\hat f(\omega)}

La démonstration : s=t−t0s=t-t_0, puis e−iωt=e−iωs⋅e−iωt0e^{-i\omega t}=e^{-i\omega s}\cdot e^{-i\omega t_0} — le second facteur sort, ne dépendant plus de ss.

⚠️ Les bornes ne changent pas, et la variable d'intégration est muette.

ℹ️ Tout repose sur ea+b=eaebe^{a+b}=e^ae^b : aucune autre fonction ne transformerait une translation en un simple facteur.

∣e−iωt0∣=1 ⟹ RETARDER ne change pas le MODULE\boxed{\lvert e^{-i\omega t_{0}}\rvert=1 \ \Longrightarrow \ \text{RETARDER ne change pas le MODULE}}
seule la PHASE tourne, de −ωt0\boxed{\text{seule la PHASE tourne, de } -\omega t_{0}}

⚠️⚠️ Toute l'information de POSITION est dans la phase. Un enregistrement et le même décalé d'une seconde ont exactement le même spectre d'amplitude — d'où l'impossibilité de reconstruire un signal depuis son seul module.

L'illustration : la porte de [0,2T][0,2T] vaut p(t−T)p(t-T), donc e−iωT2sin⁡(ωT)ωe^{-i\omega T}\frac{2\sin(\omega T)}{\omega}. ⚠️ Le geste : factoriser par e−iωTe^{-i\omega T} fait apparaître le sinus.

Contrôles : aire inchangée · module inchangé · retards qui s'additionnent = phases qui se multiplient · A5 est le cas f=δf=\delta de cette règle.

Réponse. f(t−t0)^=e−iωt0f^(ω)\widehat{f(t-t_0)}=e^{-i\omega t_0}\hat f(\omega) (module inchangé, phase −ωt0-\omega t_0). (Recoupement : sympy sur la porte décalée donne e−iωt02sin⁡ωTωe^{-i\omega t_0}\tfrac{2\sin\omega T}\omega ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Modulation

ApplicationDifficulté 3/5

Démontrer que eiω0tf(t)^=f^(ω−ω0)\widehat{e^{i\omega_0 t}f(t)}=\hat f(\omega-\omega_0), puis en déduire la transformée de f(t)cos⁡(ω0t)f(t)\cos(\omega_0 t) (modulation d'amplitude).

Indices (3)

eiω0te−iωt=e−i(ω−ω0)te^{i\omega_0 t}e^{-i\omega t}=e^{-i(\omega-\omega_0)t}.

cos⁡(ω0t)=12(eiω0t+e−iω0t)\cos(\omega_0 t)=\tfrac12(e^{i\omega_0 t}+e^{-i\omega_0 t}).

Appliquer la linéarité.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La propriété SYMÉTRIQUE de B1 — et c'est cette symétrie qui structure tout le lot.

eiω0tf(t)^(ω)=f^(ω−ω0)\boxed{\widehat{e^{i\omega_{0}t}f(t)}(\omega)=\hat f(\omega-\omega_{0})}

⚠️⚠️ Comparez les deux règles côte à côte :

en TEMPS en FRÉQUENCE
translater de t0t_{0} (B1) multiplier par e−iωt0e^{-i\omega t_{0}}
multiplier par eiω0te^{i\omega_{0}t} (B2) translater de ω0\omega_{0}
TRANSLATION ⟷ MULTIPLICATION PAR UNE EXPONENTIELLE\boxed{\text{TRANSLATION} \ \longleftrightarrow \ \text{MULTIPLICATION PAR UNE EXPONENTIELLE}}

ℹ️ Les deux mondes se répondent exactement, et ce sera vrai de toutes les propriétés du lot : dériver ↔ multiplier (B4/B5), étaler ↔ resserrer (B3). C'est le fil rouge du chapitre.

La démonstration est encore plus courte que celle de B1 — il n'y a même pas de changement de variable :

∫eiω0tf(t) e−iωt dt=∫f(t) e−i(ω−ω0)t dt\int e^{i\omega_{0}t}f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt=\int f(t)\,e^{-i(\omega-\omega_{0})t}\,dt
les deux exponentielles FUSIONNENT, et ω devient ω−ω0\boxed{\text{les deux exponentielles FUSIONNENT, et } \omega \text{ devient } \omega-\omega_{0}}

L'application demandée : la MODULATION D'AMPLITUDE.

⚠️⚠️ On ne module pas par eiω0te^{i\omega_{0}t} en pratique — ce signal est COMPLEXE. On module par un cosinus, qui est réel, et c'est là qu'intervient Euler :

cos⁡(ω0t)=eiω0t+e−iω0t2\boxed{\cos(\omega_{0}t)=\dfrac{e^{i\omega_{0}t}+e^{-i\omega_{0}t}}{2}}

Par linéarité de la transformée, chacun des deux termes translate :

f(t)cos⁡(ω0t)^=12[f^(ω−ω0)+f^(ω+ω0)]\boxed{\widehat{f(t)\cos(\omega_{0}t)}=\dfrac{1}{2}\left[\hat f(\omega-\omega_{0})+\hat f(\omega+\omega_{0})\right]}

⚠️⚠️ LE SPECTRE SE DÉDOUBLE ET SE DÉPLACE, une copie de chaque côté, chacune de moitié d'amplitude.

moduler = TRANSPORTER le spectre autour de la porteuse\boxed{\text{moduler} \ = \ \text{TRANSPORTER le spectre autour de la porteuse}}

ℹ️ C'est le principe même de la radio. Un signal audio occupe [0,20][0,20] kHz ; le multiplier par une porteuse à 100 MHz place son spectre autour de 100 MHz. Chaque station occupe ainsi sa propre bande, et l'on peut les séparer par filtrage.

⚠️ Le facteur 12\frac12 n'est pas décoratif : moduler DIVISE l'amplitude par deux dans chaque bande — c'est le prix du dédoublement, et il se paie en puissance d'émission.

La démonstration

1) La propriété de base.

eiω0tf(t)^(ω)=∫−∞+∞eiω0tf(t) e−iωt dt\widehat{e^{i\omega_{0}t}f(t)}(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}e^{i\omega_{0}t}f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt

Fusionner les deux exponentielles :

eiω0t×e−iωt=ei(ω0−ω)t=e−i(ω−ω0)te^{i\omega_{0}t}\times e^{-i\omega t}=e^{i(\omega_{0}-\omega)t}=e^{-i(\omega-\omega_{0})t}
eiω0tf(t)^(ω)=∫f(t) e−i(ω−ω0)t dt\widehat{e^{i\omega_{0}t}f(t)}(\omega)=\int f(t)\,e^{-i(\omega-\omega_{0})t}\,dt

⚠️⚠️ Reconnaître la définition de f^\hat f, évaluée en ω−ω0\omega-\omega_{0} :

eiω0tf(t)^(ω)=f^(ω−ω0)\boxed{\widehat{e^{i\omega_{0}t}f(t)}(\omega)=\hat f(\omega-\omega_{0})}

ℹ️ Aucun changement de variable, aucune intégration par parties — juste une lecture. C'est la propriété la plus économique du lot.

2) L'application au cosinus.

Euler :

cos⁡(ω0t)=eiω0t+e−iω0t2\cos(\omega_{0}t)=\dfrac{e^{i\omega_{0}t}+e^{-i\omega_{0}t}}{2}
f(t)cos⁡(ω0t)=12eiω0tf(t)+12e−iω0tf(t)f(t)\cos(\omega_{0}t)=\dfrac{1}{2}e^{i\omega_{0}t}f(t)+\dfrac{1}{2}e^{-i\omega_{0}t}f(t)

La transformée est LINÉAIRE — c'est une intégrale :

fcos⁡(ω0t)^=12eiω0tf^+12e−iω0tf^\widehat{f\cos(\omega_{0}t)}=\dfrac12\widehat{e^{i\omega_{0}t}f}+\dfrac12\widehat{e^{-i\omega_{0}t}f}

Le premier terme translate de +ω0+\omega_{0}, le second de −ω0-\omega_{0} (c'est la même règle avec −ω0-\omega_0 à la place de ω0\omega_0) :

f(t)cos⁡(ω0t)^=12[f^(ω−ω0)+f^(ω+ω0)]\boxed{\widehat{f(t)\cos(\omega_{0}t)}=\dfrac{1}{2}\left[\hat f(\omega-\omega_{0})+\hat f(\omega+\omega_{0})\right]}

Les contrôles.

a) La linéarité, à ne pas passer sous silence. Elle vaut parce que la transformée est une intégrale, et que l'intégrale d'une somme est la somme des intégrales.

αf+βg^=αf^+βg^\boxed{\widehat{\alpha f+\beta g}=\alpha\hat f+\beta\hat g}

⚠️ Toutes les démonstrations du lot s'en servent — c'est l'outil le plus employé et le moins cité.

b) L'aire. Pour la modulation :

fcos⁡^(0)=12[f^(−ω0)+f^(ω0)]\widehat{f\cos}(0)=\dfrac12\left[\hat f(-\omega_{0})+\hat f(\omega_{0})\right]

Et directement : ∫f(t)cos⁡(ω0t)dt\int f(t)\cos(\omega_0 t)dt, qui n'a aucune raison de valoir ∫f\int f — cohérent, le cosinus oscille et compense.

ℹ️ Ce contrôle-là ne « tombe pas rond », et c'est normal : moduler change fondamentalement le signal.

c) La réalité du résultat. Si ff est réelle et paire, f^\hat f l'est aussi (A1), donc

12[f^(ω−ω0)+f^(ω+ω0)] est REˊELLE et PAIRE✓\dfrac12\left[\hat f(\omega-\omega_{0})+\hat f(\omega+\omega_{0})\right] \ \text{est RÉELLE et PAIRE} \quad\checkmark

⚠️ Cohérent : fcos⁡(ω0t)f\cos(\omega_0 t) est alors réelle et paire. La symétrie est préservée.

d) Le cas ω0=0\omega_{0}=0. Le cosinus vaut 11, et la formule donne

12[f^(ω)+f^(ω)]=f^(ω)✓\dfrac12\left[\hat f(\omega)+\hat f(\omega)\right]=\hat f(\omega) \quad\checkmark
le facteur 12 et le deˊdoublement se compensent exactement\boxed{\text{le facteur } \tfrac12 \text{ et le dédoublement se compensent exactement}}

⚠️ Ce contrôle vaut de l'or : il valide à la fois le facteur 12\frac12 et les deux signes de translation. Une seule erreur des trois le ferait échouer.

e) Le contrôle sur un cas concret. Prenons f=δf=\delta, dont f^=1\hat f=1 :

δ(t)cos⁡(ω0t)^=12[1+1]=1\widehat{\delta(t)\cos(\omega_{0}t)}=\dfrac12\left[1+1\right]=1

Et directement : δ(t)cos⁡(ω0t)=δ(t)cos⁡0=δ(t)\delta(t)\cos(\omega_0 t)=\delta(t)\cos 0=\delta(t), dont la transformée est 11 ✓

ℹ️ La propriété de filtrage rend δ(t)g(t)=g(0)δ(t)\delta(t)g(t)=g(0)\delta(t) — un contrôle qui ne coûte rien.

f) Le contrôle par la largeur de bande.

⚠️⚠️ Si f^\hat f est concentrée sur [−B,B][-B,B], le signal modulé occupe [ω0−B, ω0+B][\omega_{0}-B,\ \omega_{0}+B] ET [−ω0−B, −ω0+B][-\omega_{0}-B,\ -\omega_{0}+B].

largeur de bande TOTALE=2B autour de chaque porteuse\boxed{\text{largeur de bande TOTALE} = 2B \ \text{autour de chaque porteuse}}

ℹ️ C'est ce qui détermine l'espacement des stations radio : en FM, chaque station a 200 kHz de canal. Un chevauchement, et deux stations se brouillent.

⚠️ Et il faut ω0>B\omega_{0}>B pour que les deux copies ne se recouvrent pas — c'est la condition de démodulation possible, et c'est déjà Shannon (D1), rencontré ici sous un autre jour.

Rappel de cours

MODULATION

eiω0tf(t)^(ω)=f^(ω−ω0)\boxed{\widehat{e^{i\omega_{0}t}f(t)}(\omega)=\hat f(\omega-\omega_{0})}
La démonstration : les exponentielles fusionnent, eiω0te−iωt=e−i(ω−ω0)te^{i\omega_0 t}e^{-i\omega t}=e^{-i(\omega-\omega_0)t}. Aucun changement de variable.

⚠️⚠️ LA SYMÉTRIE AVEC B1 — le fil rouge du chapitre

en TEMPS en FRÉQUENCE
translater (B1) multiplier par une exponentielle
multiplier par une exponentielle (B2) translater

ℹ️ Et il en ira de même pour dériver ↔ multiplier (B4/B5), étaler ↔ resserrer (B3).

LE CAS RÉEL — la modulation d'amplitude ⚠️ On ne module pas par eiω0te^{i\omega_0t}, qui est complexe. On module par un cosinus :

cos⁡(ω0t)=eiω0t+e−iω0t2\cos(\omega_{0}t)=\dfrac{e^{i\omega_{0}t}+e^{-i\omega_{0}t}}{2}
f(t)cos⁡(ω0t)^=12[f^(ω−ω0)+f^(ω+ω0)]\boxed{\widehat{f(t)\cos(\omega_{0}t)}=\dfrac{1}{2}\left[\hat f(\omega-\omega_{0})+\hat f(\omega+\omega_{0})\right]}

MODULER=TRANSPORTER le spectre autour de la porteuse\boxed{\text{MODULER} = \text{TRANSPORTER le spectre autour de la porteuse}}

ℹ️ C'est le principe de la radio : un signal audio [0,20][0,20] kHz placé autour de 100 MHz. Chaque station occupe sa bande. ⚠️ Le facteur 12\frac12 se paie en puissance d'émission — moduler divise l'amplitude par deux dans chaque bande.

CONTRÔLES · ⚠️ LINÉARITÉ — l'outil le plus employé et le moins cité du lot : αf+βg^=αf^+βg^\widehat{\alpha f+\beta g}=\alpha\hat f+\beta\hat g ; · ⚠️⚠️ ω0=0\omega_{0}=0 : 12[f^+f^]=f^\frac12[\hat f+\hat f]=\hat f ✓ — valide le 12\frac12 (pas les signes : en ω0=0\omega_0=0 ils coïncident ; le signe se contrôle sur f=1f=1, dont la transformée 2πδ(ω−ω0)2\pi\delta(\omega-\omega_0) met la raie en +ω0+\omega_0) ; · f=δf=\delta : 12[1+1]=1=δ^\frac12[1+1]=1=\hat\delta ✓ ; · largeur de bande 2B2B autour de chaque porteuse, et il faut ω0>B\omega_0>B pour que les copies ne se recouvrent pas — c'est déjà Shannon (D1).

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier le facteur 12\frac12. Il vient d'Euler, et moduler divise bien l'amplitude par deux dans chaque bande.

Le contrôle : ω0=0\omega_0=0 doit redonner f^\hat f, pas 2f^2\hat f.

⚠️⚠️ Ne garder qu'une seule copie translatée. Le cosinus est une somme de deux exponentielles : le spectre se dédouble.

⚠️ Se tromper de signe dans la translation. e+iω0te^{+i\omega_0 t} translate de +ω0+\omega_0 (vers la droite) — le signe suit celui de l'exponentielle.

Le contrôle : sur f=1f=1, dont la transformée 2πδ(ω−ω0)2\pi\delta(\omega-\omega_0) place la raie en +ω0+\omega_0 — ω0=0\omega_0=0 ne le voit pas, les deux signes y coïncidant.

⚠️ Confondre avec B1. B1 multiplie la transformée par une exponentielle ; B2 la translate. Les deux règles sont miroir l'une de l'autre.

⚠️ Moduler par eiω0te^{i\omega_0 t} en croyant décrire un signal physique. Ce signal est complexe : le signal réel est le cosinus.

⚠️ Oublier de citer la linéarité. C'est elle qui autorise à transformer les deux termes séparément.

⚠️ Croire que ω0\omega_0 peut être quelconque. Il faut ω0>B\omega_0>B, sinon les deux copies se recouvrent et la démodulation devient impossible — c'est déjà du repliement.

⚠️ Croire que l'aire est conservée. Elle ne l'est pas, et c'est normal : moduler change le signal.

À retenir
eiω0tf(t)^(ω)=f^(ω−ω0)fcos⁡(ω0t)^=12[f^(ω−ω0)+f^(ω+ω0)]\boxed{\widehat{e^{i\omega_{0}t}f(t)}(\omega)=\hat f(\omega-\omega_{0})} \qquad\qquad \boxed{\widehat{f\cos(\omega_{0}t)}=\dfrac{1}{2}\left[\hat f(\omega-\omega_{0})+\hat f(\omega+\omega_{0})\right]}
TRANSLATION ⟷ MULTIPLICATION PAR UNE EXPONENTIELLE\boxed{\text{TRANSLATION} \ \longleftrightarrow \ \text{MULTIPLICATION PAR UNE EXPONENTIELLE}}

⚠️⚠️ B2 est exactement le MIROIR de B1 : translater en temps = multiplier en fréquence, multiplier en temps = translater en fréquence. C'est le fil rouge du chapitre, qui vaudra aussi pour B3, B4, B5.

La démonstration : les exponentielles fusionnent, sans changement de variable. Puis Euler pour passer au cosinus, et la linéarité — l'outil le plus employé et le moins cité.

MODULER=TRANSPORTER le spectre autour de la porteuse\boxed{\text{MODULER} = \text{TRANSPORTER le spectre autour de la porteuse}}

ℹ️ C'est le principe de la radio. ⚠️ Le facteur 12\frac12 n'est pas décoratif : il se paie en puissance d'émission.

LE CONTROˆLE QUI VAUT DE L’OR: ω0=0 ⟹ 12[f^+f^]=f^\boxed{\text{LE CONTRÔLE QUI VAUT DE L'OR} : \ \omega_{0}=0 \ \Longrightarrow \ \tfrac12[\hat f+\hat f]=\hat f}

Il valide le facteur 12\frac12 — pas les signes de translation, qui coïncident en ω0=0\omega_0=0 (les contrôler sur f=1f=1 : raie en +ω0+\omega_0).

⚠️ Il faut ω0>B\omega_0>B pour que les deux copies ne se recouvrent pas : c'est déjà Shannon (D1), rencontré sous un autre jour.

Réponse. eiω0tf^=f^(ω−ω0)\widehat{e^{i\omega_0 t}f}=\hat f(\omega-\omega_0) ; fcos⁡ω0t^=12[f^(ω−ω0)+f^(ω+ω0)]\widehat{f\cos\omega_0 t}=\tfrac12[\hat f(\omega-\omega_0)+\hat f(\omega+\omega_0)]. (Recoupement : sympy sur l'exponentielle causale donne 1a+i(ω−ω0)\tfrac1{a+i(\omega-\omega_0)} ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Changement d'échelle

DémonstrationDifficulté 3/5

Démontrer que f(at)^(ω)=1∣a∣ f^ ⁣(ωa)\widehat{f(at)}(\omega)=\dfrac1{\lvert a\rvert}\,\hat f\!\left(\dfrac\omega a\right) (a≠0a\neq0), et interpréter.

Indices (3)

Poser s=ats=at (pour a>0a>0), ds=a dtds=a\,dt.

e−iωt=e−iωs/ae^{-i\omega t}=e^{-i\omega s/a}.

Pour a<0a<0, les bornes s'inversent d'où ∣a∣\lvert a\rvert.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La propriété qui DÉMONTRE ce que les exercices A1, A3 et A5 laissaient seulement entrevoir.

f(at)^(ω)=1∣a∣ f^ ⁣(ωa)(a≠0)\boxed{\widehat{f(at)}(\omega)=\dfrac{1}{\lvert a\rvert}\,\hat f\!\left(\dfrac{\omega}{a}\right) \qquad (a\neq 0)}

⚠️⚠️ DEUX effets, et il faut les distinguer :

1) l’ARGUMENT est diviseˊ par a : le spectre change de LARGEUR\boxed{1) \ \text{l'ARGUMENT est divisé par } a \ : \ \text{le spectre change de LARGEUR}}
2) un FACTEUR 1∣a∣ apparaıˆt : le spectre change de HAUTEUR\boxed{2) \ \text{un FACTEUR } \tfrac{1}{\lvert a\rvert} \text{ apparaît} \ : \ \text{le spectre change de HAUTEUR}}

Prenons a=2a=2, c'est-à-dire un signal deux fois plus rapide (donc deux fois plus bref) :

f(2t)^(ω)=12 f^ ⁣(ω2)\widehat{f(2t)}(\omega)=\dfrac12\,\hat f\!\left(\dfrac\omega2\right)

⚠️ f^(ω/2)\hat f(\omega/2) est le spectre ÉTIRÉ d'un facteur 22 — pour atteindre une valeur donnée de f^\hat f, il faut maintenant un ω\omega deux fois plus grand.

signal COMPRIMEˊ en temps ⟹ spectre EˊTIREˊ en freˊquence\boxed{\text{signal COMPRIMÉ en temps} \ \Longrightarrow \ \text{spectre ÉTIRÉ en fréquence}}
ON NE PEUT PAS EˆTRE BREF ET DE BANDE EˊTROITE Aˋ LA FOIS\boxed{\text{ON NE PEUT PAS ÊTRE BREF ET DE BANDE ÉTROITE À LA FOIS}}

ℹ️ C'est le principe d'incertitude temps-fréquence, et cette formule en donne l'image : comprimer d'un facteur aa étire le spectre du même facteur (l'énoncé exact est l'inégalité d'incertitude, dont la gaussienne réalise l'égalité — A4). Toutes les observations du lot A en découlent :

exercice observation explication par B3
A1 porte large → sinc étroit aa petit
A3 signal bref → lorentzienne large aa grand
A5 impulsion → spectre plat a→∞a\to\infty, cas limite
A4 gaussienne autoréciproque le point d'équilibre

Et le facteur 1∣a∣\frac{1}{\lvert a\rvert} n'est pas un détail technique : c'est lui qui respecte la règle de l'aire : la transformée en 00 vaut l'aire du signal comprimé.

f(at)^(0)=1∣a∣f^(0)=1∣a∣∫f\widehat{f(at)}(0)=\dfrac{1}{\lvert a\rvert}\hat f(0)=\dfrac{1}{\lvert a\rvert}\int f

⚠️ Et c'est exact : comprimer horizontalement d'un facteur aa divise l'aire par ∣a∣\lvert a\rvert. Le facteur ne fait que refléter cette division.

⚠️⚠️ POURQUOI LA VALEUR ABSOLUE ? Parce que pour a<0a<0, le changement de variable retourne les bornes, et les remettre dans l'ordre produit un signe −- qui compense exactement. Une transformée ne peut pas dépendre du sens dans lequel on parcourt l'axe.

La démonstration

Posons g(t)=f(at)g(t)=f(at), et traitons d'abord a>0a>0.

g^(ω)=∫−∞+∞f(at) e−iωt dt\hat g(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(at)\,e^{-i\omega t}\,dt

1) Le changement de variable.

s=at⟹t=sa⟹dt=dsas=at \qquad\Longrightarrow\qquad t=\dfrac{s}{a} \qquad\Longrightarrow\qquad dt=\dfrac{ds}{a}

⚠️ Pour a>0a>0, les bornes sont préservées : t→−∞t\to-\infty donne s→−∞s\to-\infty.

g^(ω)=∫−∞+∞f(s) e−iωs/a dsa=1a∫f(s) e−i(ω/a)s ds\hat g(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(s)\,e^{-i\omega s/a}\,\dfrac{ds}{a}=\dfrac{1}{a}\int f(s)\,e^{-i(\omega/a)s}\,ds

2) Reconnaître f^\hat f évaluée en ωa\frac\omega a :

g^(ω)=1a f^ ⁣(ωa)(a>0)\boxed{\hat g(\omega)=\dfrac{1}{a}\,\hat f\!\left(\dfrac\omega a\right) \qquad (a>0)}

3) Le cas a<0a<0 — celui qui produit la valeur absolue.

Quand a<0a<0, le changement s=ats=at RETOURNE l'axe : t→−∞t\to-\infty donne s→+∞s\to+\infty.

∫t=−∞+∞⟶∫s=+∞−∞\int_{t=-\infty}^{+\infty}\quad\longrightarrow\quad \int_{s=+\infty}^{-\infty}

Remettre les bornes dans l'ordre coûte un signe −- :

∫+∞−∞=−∫−∞+∞\int_{+\infty}^{-\infty}=-\int_{-\infty}^{+\infty}
g^(ω)=−1a∫f(s)e−i(ω/a)sds=1−a f^ ⁣(ωa)\hat g(\omega)=-\dfrac{1}{a}\int f(s)e^{-i(\omega/a)s}ds=\dfrac{1}{-a}\,\hat f\!\left(\dfrac\omega a\right)

Et pour a<0a<0, −a=∣a∣-a=\lvert a\rvert :

f(at)^(ω)=1∣a∣ f^ ⁣(ωa)dans les DEUX cas\boxed{\widehat{f(at)}(\omega)=\dfrac{1}{\lvert a\rvert}\,\hat f\!\left(\dfrac\omega a\right) \qquad\text{dans les DEUX cas}}

⚠️⚠️ La valeur absolue N'EST PAS une précaution cosmétique : elle est le résultat exact du retournement des bornes. L'écrire 1a\frac1a donnerait une transformée négative pour a<0a<0, ce qui est absurde — l'aire d'un signal retourné reste positive si celle du signal l'est.

Les contrôles.

a) Le cas a=1a=1. La formule donne f^(ω)\hat f(\omega) ✓ — trivial, et il ne valide ni le facteur ni l'argument : un simple contrôle de cohérence (l'aire et la gaussienne, plus bas, les valident).

b) L'aire.

g^(0)=1∣a∣f^(0)=1∣a∣∫f\hat g(0)=\dfrac{1}{\lvert a\rvert}\hat f(0)=\dfrac{1}{\lvert a\rvert}\int f

Et directement : ∫f(at) dt=1∣a∣∫f(s) ds\int f(at)\,dt=\frac{1}{\lvert a\rvert}\int f(s)\,ds ✓

le facteur 1∣a∣ EST la reˋgle de l’aire g^(0)=∫g\boxed{\text{le facteur } \tfrac1{\lvert a\rvert} \text{ EST la règle de l'aire } \hat g(0)=\int g}

c) Le cas a=−1a=-1 — le retournement pur.

f(−t)^(ω)=f^(−ω)\widehat{f(-t)}(\omega)=\hat f(-\omega)

⚠️ Retourner le temps retourne la fréquence, sans facteur (∣−1∣=1\lvert-1\rvert=1) ✓

ℹ️ Cohérent avec A1 : la porte, étant paire, est invariante par retournement — et sa transformée l'est aussi.

d) La composition. Appliquer aa puis bb doit revenir à appliquer abab :

1∣a∣×1∣b∣=1∣ab∣etω/ab=ωab✓\dfrac{1}{\lvert a\rvert}\times\dfrac{1}{\lvert b\rvert}=\dfrac{1}{\lvert ab\rvert} \qquad\text{et}\qquad \dfrac{\omega/a}{b}=\dfrac{\omega}{ab} \quad\checkmark

e) LE CONTRÔLE DÉCISIF : sur la gaussienne.

On sait (A4) que e−t2/2→2πe−ω2/2e^{-t^{2}/2}\to\sqrt{2\pi}e^{-\omega^{2}/2}. Que donne e−t2e^{-t^{2}} ?

e−t2=e−(2 t)2/2=f(2 t)avec f(t)=e−t2/2e^{-t^{2}}=e^{-(\sqrt2\,t)^{2}/2}=f(\sqrt2\,t) \qquad\text{avec } f(t)=e^{-t^{2}/2}

Par B3 avec a=2a=\sqrt2 :

e−t2^(ω)=12×2π e−(ω/2)2/2=π e−ω2/4\widehat{e^{-t^{2}}}(\omega)=\dfrac{1}{\sqrt2}\times\sqrt{2\pi}\,e^{-(\omega/\sqrt2)^{2}/2}=\sqrt{\pi}\,e^{-\omega^{2}/4}
e−t2^=π e−ω2/4✓\boxed{\widehat{e^{-t^{2}}}=\sqrt\pi\,e^{-\omega^{2}/4} \quad\checkmark}

⚠️⚠️ C'est exactement la valeur annoncée en A4 et employée en E4 — obtenue ici par une voie complètement différente. Deux chemins, un résultat.

ℹ️ Et l'on voit les deux effets à l'œuvre : le signal est plus resserré (e−t2e^{-t^2} décroît plus vite que e−t2/2e^{-t^2/2}), et son spectre est plus large (ω2/4\omega^2/4 au lieu de ω2/2\omega^2/2) et plus bas (π\sqrt\pi au lieu de 2π\sqrt{2\pi}).

f) Le contrôle par la durée × largeur. Pour la lorentzienne (A3), largeur 2a2a contre durée 1a\frac1a :

dureˊe×largeur=1a×2a=2INDEˊPENDANT de a\text{durée}\times\text{largeur}=\dfrac1a\times 2a=2 \qquad\text{INDÉPENDANT de } a
le PRODUIT est invariant — une illustration du principe d’incertitude\boxed{\text{le PRODUIT est invariant — une illustration du principe d'incertitude}}
Rappel de cours

CHANGEMENT D'ÉCHELLE

f(at)^(ω)=1∣a∣ f^ ⁣(ωa)(a≠0)\boxed{\widehat{f(at)}(\omega)=\dfrac{1}{\lvert a\rvert}\,\hat f\!\left(\dfrac{\omega}{a}\right) \qquad (a\neq 0)}

⚠️⚠️ DEUX EFFETS DISTINCTS · l'argument divisé par aa → le spectre change de LARGEUR ; · le facteur 1∣a∣\frac1{\lvert a\rvert} → le spectre change de HAUTEUR.

signal COMPRIMEˊ en temps ⟹ spectre EˊTIREˊ en freˊquence\boxed{\text{signal COMPRIMÉ en temps} \ \Longrightarrow \ \text{spectre ÉTIRÉ en fréquence}}
ON NE PEUT PAS EˆTRE BREF ET DE BANDE EˊTROITE Aˋ LA FOIS\boxed{\text{ON NE PEUT PAS ÊTRE BREF ET DE BANDE ÉTROITE À LA FOIS}}

ℹ️ C'est le principe d'incertitude, et cette formule en donne l'image (l'énoncé exact est l'inégalité d'incertitude, A4) — elle explique A1, A3, A5 et A4 d'un coup.

⚠️⚠️ D'OÙ VIENT LA VALEUR ABSOLUE Pour a<0a<0, le changement s=ats=at retourne les bornes ; les remettre dans l'ordre coûte un signe −-, qui transforme 1a\frac1a en 1∣a∣\frac1{\lvert a\rvert}. Ce n'est PAS une précaution cosmétique : sans elle, la transformée serait négative pour a<0a<0, ce qui est absurde.

CONTRÔLES · a=1a=1 : formule triviale ✓ (simple contrôle de cohérence : il ne voit ni le facteur ni l'argument — l'aire valide le facteur, la gaussienne les deux) ; · aire : 1∣a∣∫f\frac1{\lvert a\rvert}\int f — le facteur EST la règle de l'aire (transformée en 00 = aire du signal comprimé) ; · a=−1a=-1 : f(−t)^=f^(−ω)\widehat{f(-t)}=\hat f(-\omega), sans facteur ; · composition : 1∣a∣1∣b∣=1∣ab∣\frac1{\lvert a\rvert}\frac1{\lvert b\rvert}=\frac1{\lvert ab\rvert} ✓

⚠️⚠️ LE CONTRÔLE DÉCISIF — sur la gaussienne

e−t2=f(2 t)avec f=e−t2/2⟹e−t2^=2π2e−ω2/4=π e−ω2/4e^{-t^{2}}=f(\sqrt2\,t) \quad\text{avec } f=e^{-t^{2}/2} \qquad\Longrightarrow\qquad \widehat{e^{-t^{2}}}=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{\sqrt2}e^{-\omega^{2}/4}=\sqrt\pi\,e^{-\omega^{2}/4}
C'est la valeur d'A4 et d'E4, retrouvée par une voie tout autre.

LE PRODUIT durée × largeur EST INVARIANT — lorentzienne (A3) : 1a×2a=2\frac1a\times 2a=2, indépendant de aa.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier le facteur 1∣a∣\frac{1}{\lvert a\rvert}. Il n'est pas décoratif : c'est la règle de l'aire, g^(0)=∫g\hat g(0)=\int g.

Le contrôle : g^(0)\hat g(0) doit valoir ∫f(at)dt=1∣a∣∫f\int f(at)dt=\frac{1}{\lvert a\rvert}\int f.

⚠️⚠️ Écrire 1a\frac1a au lieu de 1∣a∣\frac1{\lvert a\rvert}. Pour a<0a<0, on obtiendrait une transformée négative — absurde.

L'origine de la valeur absolue : le retournement des bornes, qu'il faut expliciter dans la démonstration.

⚠️ Multiplier l'argument par aa au lieu de le diviser. C'est f^ ⁣(ωa)\hat f\!\left(\frac\omega a\right) : comprimer en temps étire en fréquence, pas l'inverse.

Le contrôle : a=2a=2 doit élargir le spectre — c'est l'intuition physique.

⚠️ Croire que seule la largeur change. La hauteur aussi, par le facteur.

⚠️ Oublier de traiter a<0a<0. La démonstration est incomplète sans lui, et c'est là qu'est la valeur absolue.

⚠️ Croire qu'on peut avoir un signal bref ET de bande étroite. L'inégalité d'incertitude l'interdit (A4) — la formule en montre le mécanisme : comprimer en temps étire le spectre.

⚠️ Ne pas s'en servir pour retrouver A4. Le passage e−t2/2→e−t2e^{-t^2/2}\to e^{-t^2} est le meilleur contrôle de la formule, et il ne coûte rien.

À retenir
f(at)^(ω)=1∣a∣ f^ ⁣(ωa)\boxed{\widehat{f(at)}(\omega)=\dfrac{1}{\lvert a\rvert}\,\hat f\!\left(\dfrac{\omega}{a}\right)}

⚠️⚠️ DEUX effets : l'argument divisé par aa change la LARGEUR, le facteur 1∣a∣\frac1{\lvert a\rvert} change la HAUTEUR.

signal COMPRIMEˊ en temps ⟹ spectre EˊTIREˊ en freˊquence\boxed{\text{signal COMPRIMÉ en temps} \ \Longrightarrow \ \text{spectre ÉTIRÉ en fréquence}}
ON NE PEUT PAS EˆTRE BREF ET DE BANDE EˊTROITE Aˋ LA FOIS\boxed{\text{ON NE PEUT PAS ÊTRE BREF ET DE BANDE ÉTROITE À LA FOIS}}

ℹ️ C'est le principe d'incertitude, et cette formule en donne l'image (l'énoncé exact est l'inégalité d'incertitude, A4) : elle explique A1 (porte/sinc), A3 (durée/largeur), A5 (impulsion/spectre plat) et A4 (le point d'équilibre) d'un seul coup.

⚠️⚠️ La valeur absolue vient du RETOURNEMENT DES BORNES quand a<0a<0 — pas d'une précaution cosmétique. Sans elle, la transformée serait négative, ce qui est absurde.

Le facteur 1∣a∣\frac1{\lvert a\rvert} EST la règle de l'aire : ∫f(at)dt=1∣a∣∫f\int f(at)dt=\frac{1}{\lvert a\rvert}\int f.

CONTROˆLE DEˊCISIF: e−t2=f(2 t) ⟹ e−t2^=π e−ω2/4\boxed{\text{CONTRÔLE DÉCISIF} : \ e^{-t^{2}}=f(\sqrt2\,t) \ \Longrightarrow \ \widehat{e^{-t^{2}}}=\sqrt\pi\,e^{-\omega^{2}/4}}

C'est la valeur d'A4 et d'E4, retrouvée par une voie tout autre.

Le produit durée × largeur est INVARIANT — lorentzienne : 1a×2a=2\frac1a\times 2a=2, quel que soit aa.

Réponse. f(at)^=1∣a∣f^(ω/a)\widehat{f(at)}=\dfrac1{\lvert a\rvert}\hat f(\omega/a). (Recoupement : sympy sur la porte f(at)f(at) donne 1a⋅2sin⁡((ω/a)T)ω/a\tfrac1a\cdot\tfrac{2\sin((\omega/a)T)}{\omega/a} ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Dérivation et équations différentielles

ApplicationDifficulté 3/5

Montrer que f′(t)^=iω f^(ω)\widehat{f'(t)}=i\omega\,\hat f(\omega) (intégration par parties), et expliquer pourquoi la TF algébrise les équations différentielles.

Indices (3)

IPP : ∫f′(t)e−iωtdt=[fe−iωt]−∫f⋅(−iω)e−iωtdt\displaystyle\int f'(t)e^{-i\omega t}dt=[f e^{-i\omega t}]-\int f\cdot(-i\omega)e^{-i\omega t}dt.

f→0f\to0 à ±∞\pm\infty (terme de bord nul).

Dans une ODE, remplacer ddt\tfrac{d}{dt} par iωi\omega.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La propriété qui donne à la transformée de Fourier son utilité en ingénierie.

f′(t)^(ω)=iω f^(ω)\boxed{\widehat{f'(t)}(\omega)=i\omega\,\hat f(\omega)}
DEˊRIVER en temps ⟷ MULTIPLIER par iω en freˊquence\boxed{\text{DÉRIVER en temps} \ \longleftrightarrow \ \text{MULTIPLIER par } i\omega \text{ en fréquence}}

⚠️⚠️ C'est la propriété la plus lourde de conséquences du chapitre, et il faut voir pourquoi : elle transforme une opération d'analyse (dériver) en une opération d'algèbre (multiplier).

la TF ALGEˊBRISE les eˊquations diffeˊrentielles\boxed{\text{la TF ALGÉBRISE les équations différentielles}}

Concrètement. Prenons une équation différentielle linéaire à coefficients constants :

a y′′+b y′+c y=x(t)a\,y''+b\,y'+c\,y=x(t)

En transformant chaque terme — la dérivée seconde donnant (iω)2(i\omega)^{2} :

a(iω)2y^+b(iω)y^+c y^=x^a(i\omega)^{2}\hat y+b(i\omega)\hat y+c\,\hat y=\hat x
[a(iω)2+b(iω)+c]y^=x^\left[a(i\omega)^{2}+b(i\omega)+c\right]\hat y=\hat x
y^(ω)=x^(ω)a(iω)2+b(iω)+c\boxed{\hat y(\omega)=\dfrac{\hat x(\omega)}{a(i\omega)^{2}+b(i\omega)+c}}

⚠️⚠️ L'ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE EST DEVENUE UNE DIVISION. Plus de solution homogène à chercher, plus de solution particulière à deviner : une fraction, à condition que a(iω)2+b(iω)+ca(i\omega)^{2}+b(i\omega)+c ne s'annule pas sur R\mathbb R — elle donne alors l'unique solution d'énergie finie (un problème à conditions initiales relève de Laplace).

ℹ️ Le dénominateur porte un nom — c'est la FONCTION DE TRANSFERT du système, à un inverse près, et c'est l'objet central de l'automatique et du traitement du signal. D5 en calculera une, E6 en donnera la théorie.

La démonstration : une INTÉGRATION PAR PARTIES.

f′^(ω)=∫−∞+∞f′(t) e−iωt dt\widehat{f'}(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f'(t)\,e^{-i\omega t}\,dt
u=e−iωtv′=f′(t)\boxed{u=e^{-i\omega t} \qquad v'=f'(t)}

⚠️ On dérive l'EXPONENTIELLE et on intègre f′f' — c'est le sens qui fait apparaître ff et le facteur −iω-i\omega.

Le terme tout intégré [f(t)e−iωt]−∞+∞\left[f(t)e^{-i\omega t}\right]_{-\infty}^{+\infty} doit s'ANNULER, et cela suppose :

f(t)→t→±∞0\boxed{f(t)\xrightarrow[t\to\pm\infty]{}0}

⚠️⚠️ C'est l'HYPOTHÈSE, et elle n'est pas gratuite. Elle est vérifiée dès que ff est intégrable et suffisamment régulière — par exemple dès que f′f' l'est aussi (l'énergie finie seule ne suffit pas). Mais elle doit être énoncée : la propriété est fausse sans elle.

La démonstration

1) L'intégration par parties.

f′^(ω)=∫−∞+∞f′(t) e−iωt dt\widehat{f'}(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f'(t)\,e^{-i\omega t}\,dt

On pose :

u(t)=e−iωt⟹u′(t)=−iω e−iωtu(t)=e^{-i\omega t} \quad\Longrightarrow\quad u'(t)=-i\omega\,e^{-i\omega t}
v′(t)=f′(t)⟹v(t)=f(t)v'(t)=f'(t) \quad\Longrightarrow\quad v(t)=f(t)
∫−∞+∞f′(t)e−iωtdt=[f(t) e−iωt]−∞+∞⏟terme tout inteˊgreˊ−∫−∞+∞f(t)×(−iω e−iωt)dt\int_{-\infty}^{+\infty}f'(t)e^{-i\omega t}dt=\underbrace{\left[f(t)\,e^{-i\omega t}\right]_{-\infty}^{+\infty}}_{\text{terme tout intégré}}-\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)\times\left(-i\omega\,e^{-i\omega t}\right)dt

2) Le terme tout intégré.

∣f(t)e−iωt∣=∣f(t)∣×∣e−iωt∣⏟=1=∣f(t)∣\left\lvert f(t)e^{-i\omega t}\right\rvert=\lvert f(t)\rvert\times\underbrace{\lvert e^{-i\omega t}\rvert}_{=1}=\lvert f(t)\rvert

⚠️⚠️ L'exponentielle ne fait RIEN au module — c'est ff seule qui décide. Donc si f(t)→0f(t)\to 0 aux deux bornes, le terme s'annule.

terme tout inteˊgreˊ=0SOUS L’HYPOTHEˋSE f→0\boxed{\text{terme tout intégré} = 0 \qquad\text{SOUS L'HYPOTHÈSE } f\to 0}

3) Le terme restant.

−∫f(t)(−iω e−iωt)dt=+iω∫f(t) e−iωt dt=iω f^(ω)-\int f(t)\left(-i\omega\,e^{-i\omega t}\right)dt=+i\omega\int f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt=i\omega\,\hat f(\omega)

⚠️ Deux signes moins se compensent : celui de la formule d'IPP et celui de la dérivée de l'exponentielle.

f′(t)^(ω)=iω f^(ω)\boxed{\widehat{f'(t)}(\omega)=i\omega\,\hat f(\omega)}

4) L'itération — les dérivées supérieures.

En réappliquant la règle :

f(n)^(ω)=(iω)n f^(ω)\boxed{\widehat{f^{(n)}}(\omega)=(i\omega)^{n}\,\hat f(\omega)}

⚠️ Chaque dérivation coûte un facteur iωi\omega, et (iω)2=−ω2(i\omega)^{2}=-\omega^{2} — le i2=−1i^2=-1 étant la source du signe moins qui apparaît dans toutes les équations d'ordre 2.

Les contrôles.

a) Le contrôle de cohérence sur la décroissance.

f′^=iωf^ ⟹ f^(ω)=f′^(ω)iω\boxed{\widehat{f'}=i\omega\hat f \ \Longrightarrow \ \hat f(\omega)=\dfrac{\widehat{f'}(\omega)}{i\omega}}

⚠️⚠️ Si f′f' existe et est intégrable, alors f′^\widehat{f'} est bornée, donc f^\hat f décroît au moins comme 1ω\frac1\omega.

VOICI la deˊmonstration de la reˋgle  reˊgulariteˊ↔deˊcroissance\boxed{\text{VOICI la démonstration de la règle } \ \text{régularité} \leftrightarrow \text{décroissance}}

ℹ️ Chaque dérivée supplémentaire fait gagner une puissance de 1ω\frac1\omega — c'est exactement ce qu'on observait empiriquement depuis A1 : porte discontinue (1ω\frac1\omega), triangle continu (1ω2\frac1{\omega^2}), gaussienne C∞\mathcal C^\infty (plus vite que tout). La règle n'était pas une coïncidence : c'est cette propriété.

b) Le contrôle sur la gaussienne — un cas où tout est connu :

f=e−t2/2f′=−t e−t2/2f=e^{-t^{2}/2} \qquad f'=-t\,e^{-t^{2}/2}

Membre de gauche : f′^=−te−t2/2^=+iω2πe−ω2/2\widehat{f'}=\widehat{-te^{-t^2/2}}=+i\omega\sqrt{2\pi}e^{-\omega^2/2} (calculé en B5).

Membre de droite : iωf^=iω2πe−ω2/2i\omega\hat f=i\omega\sqrt{2\pi}e^{-\omega^{2}/2} ✓

c) Le contrôle sur l'exponentielle causale — et il RÉVÈLE l'hypothèse.

Pour f=e−atu(t)f=e^{-at}u(t), f^=1a+iω\hat f=\frac{1}{a+i\omega}. Mais ff SAUTE en t=0t=0 : sa dérivée au sens des fonctions n'est définie que par morceaux.

⚠️⚠️ Appliquer la règle naïvement donnerait f′^=iωa+iω\widehat{f'}=\frac{i\omega}{a+i\omega}, qui ne tend PAS vers 00 à l'infini — impossible pour une transformée de fonction intégrable.

le SAUT en 0 fait apparaıˆtre un δ dans la deˊriveˊe\boxed{\text{le SAUT en } 0 \text{ fait apparaître un } \delta \text{ dans la dérivée}}

ℹ️ Au sens des distributions, f′=−ae−atu(t)+δ(t)f'=-ae^{-at}u(t)+\delta(t), et le δ\delta apporte le 11 manquant. La règle reste vraie, mais il faut la lire au bon niveau.

⚠️ C'est pourquoi l'hypothèse compte : sur une fonction qui saute, l'IPP naïve est fausse.

d) Le contrôle par les unités. Si ff est en volts et tt en secondes, f′f' est en V/s. Et iωf^i\omega\hat f : ω\omega est en s−1^{-1}, f^\hat f en V·s, donc le produit est en V — soit l'unité de f′^\widehat{f'} (∫f′dt\int f' dt) ✓

e) Le cas ω=0\omega=0. La règle donne f′^(0)=0\widehat{f'}(0)=0.

Et directement : f′^(0)=∫f′(t)dt=[f]−∞+∞=0−0=0\widehat{f'}(0)=\int f'(t)dt=\left[f\right]_{-\infty}^{+\infty}=0-0=0 ✓

coheˊrent — et c’est EXACTEMENT l’hypotheˋse f→0 qui le garantit\boxed{\text{cohérent — et c'est EXACTEMENT l'hypothèse } f\to 0 \text{ qui le garantit}}
Rappel de cours

DÉRIVATION

f′(t)^(ω)=iω f^(ω)f(n)^=(iω)nf^\boxed{\widehat{f'(t)}(\omega)=i\omega\,\hat f(\omega)} \qquad\qquad \boxed{\widehat{f^{(n)}}=(i\omega)^{n}\hat f}

DEˊRIVER en temps ⟷ MULTIPLIER par iω en freˊquence\boxed{\text{DÉRIVER en temps} \ \longleftrightarrow \ \text{MULTIPLIER par } i\omega \text{ en fréquence}}

⚠️⚠️ CE QUE ÇA CHANGE : LA TF ALGÉBRISE LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES

a y′′+b y′+c y=x⟶y^=x^a(iω)2+b(iω)+ca\,y''+b\,y'+c\,y=x \qquad\longrightarrow\qquad \boxed{\hat y=\dfrac{\hat x}{a(i\omega)^{2}+b(i\omega)+c}}
Plus de solution homogène, plus de solution particulière : une DIVISION, si a(iω)2+b(iω)+ca(i\omega)^{2}+b(i\omega)+c ne s'annule pas sur R\mathbb R — elle donne l'unique solution d'énergie finie (des conditions initiales relèvent de Laplace). ℹ️ L'inverse du dénominateur est la fonction de transfert du système — l'objet central de l'automatique (D5, E6).

LA DÉMONSTRATION — une IPP

u=e−iωt (on DEˊRIVE l’exponentielle)v′=f′ (on l’inteˋgre)u=e^{-i\omega t} \ (\text{on DÉRIVE l'exponentielle}) \qquad v'=f' \ (\text{on l'intègre})
⚠️ Deux signes moins se compensent : celui de l'IPP et celui de la dérivée de l'exponentielle.

⚠️⚠️ L'HYPOTHÈSE, qui doit être ÉNONCÉE

f(t)→t→±∞0sinon le terme tout inteˊgreˊ ne s’annule pas\boxed{f(t)\xrightarrow[t\to\pm\infty]{}0} \qquad\text{sinon le terme tout intégré ne s'annule pas}
ℹ️ ∣f(t)e−iωt∣=∣f(t)∣\lvert f(t)e^{-i\omega t}\rvert=\lvert f(t)\rvert : l'exponentielle ne fait rien au module, ff seule décide.

⚠️⚠️ LA RÈGLE RÉGULARITÉ ↔ DÉCROISSANCE EST DÉMONTRÉE ICI

f^=f′^iω ⟹ chaque deˊriveˊe fait gagner une puissance de 1ω\hat f=\dfrac{\widehat{f'}}{i\omega} \ \Longrightarrow \ \text{chaque dérivée fait gagner une puissance de } \tfrac1\omega
Ce qu'on observait depuis A1 n'était pas une coïncidence : c'est cette propriété.

CONTRÔLES : ω=0\omega=0 donne ∫f′=[f]=0\int f'=[f]=0 ✓ (c'est l'hypothèse même) · unités cohérentes · gaussienne ✓ ⚠️ Sur e−atu(t)e^{-at}u(t), qui SAUTE en 00, l'IPP naïve est fausse : au sens des distributions f′=−ae−atu+δf'=-ae^{-at}u+\delta, et le δ\delta apporte le terme manquant.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier le ii et écrire f′^=ωf^\widehat{f'}=\omega\hat f. Le facteur est iωi\omega, et c'est lui qui rend (iω)2=−ω2(i\omega)^2=-\omega^2 en ordre 2.

⚠️⚠️ Ne pas énoncer l'hypothèse f→0f\to 0. Sans elle, le terme tout intégré ne s'annule pas et la propriété est fausse.

⚠️ Se tromper de sens dans l'IPP. Il faut dériver l'exponentielle et intégrer f′f' — l'inverse ne mène nulle part.

⚠️ Perdre un signe. Il y en a deux qui se compensent : celui de la formule d'IPP et celui de ddte−iωt=−iωe−iωt\frac{d}{dt}e^{-i\omega t}=-i\omega e^{-i\omega t}.

Le contrôle : ω=0\omega=0 doit donner 00, et le signe n'y change rien — ce contrôle ne discrimine pas. C'est la gaussienne qui tranche.

⚠️ Écrire (iω)2=ω2(i\omega)^{2}=\omega^{2}. C'est −ω2-\omega^{2}, et ce signe change tout dans une équation d'ordre 2.

⚠️ Appliquer la règle à une fonction qui SAUTE, comme e−atu(t)e^{-at}u(t), sans passer aux distributions. Le saut fait apparaître un δ\delta.

Le contrôle : la transformée obtenue doit tendre vers 00 à l'infini. iωa+iω\frac{i\omega}{a+i\omega} ne le fait pas — l'erreur se voit.

⚠️ Croire que la règle sert seulement à calculer des transformées. Sa vraie fonction est d'algébriser les équations différentielles.

⚠️ Ne pas voir qu'elle démontre la règle régularité ↔ décroissance observée depuis A1.

À retenir
f′(t)^=iω f^(ω)f(n)^=(iω)nf^\boxed{\widehat{f'(t)}=i\omega\,\hat f(\omega)} \qquad\qquad \boxed{\widehat{f^{(n)}}=(i\omega)^{n}\hat f}
DEˊRIVER en temps ⟷ MULTIPLIER par iω en freˊquence\boxed{\text{DÉRIVER en temps} \ \longleftrightarrow \ \text{MULTIPLIER par } i\omega \text{ en fréquence}}

⚠️⚠️ C'est ce qui rend la TF utile en ingénierie :

a y′′+b y′+c y=x⟶y^=x^a(iω)2+b(iω)+ca\,y''+b\,y'+c\,y=x \qquad\longrightarrow\qquad \boxed{\hat y=\dfrac{\hat x}{a(i\omega)^{2}+b(i\omega)+c}}

L'équation différentielle est devenue une DIVISION — si a(iω)2+b(iω)+ca(i\omega)^{2}+b(i\omega)+c ne s'annule pas sur R\mathbb R : plus de solution homogène, on obtient l'unique solution d'énergie finie (des conditions initiales relèvent de Laplace). ℹ️ L'inverse du dénominateur est la fonction de transfert (D5, E6).

La démonstration : une IPP en dérivant l'exponentielle. ⚠️ Deux signes moins se compensent.

HYPOTHEˋSE Aˋ EˊNONCER: f(t)→0 en ±∞\boxed{\text{HYPOTHÈSE À ÉNONCER} : \ f(t)\to 0 \text{ en } \pm\infty}

ℹ️ ∣f(t)e−iωt∣=∣f(t)∣\lvert f(t)e^{-i\omega t}\rvert=\lvert f(t)\rvert — l'exponentielle ne fait rien au module, ff seule décide.

f^=f′^iω : VOICI la deˊmonstration de reˊgulariteˊ↔deˊcroissance\boxed{\hat f=\dfrac{\widehat{f'}}{i\omega} \ : \ \text{VOICI la démonstration de régularité} \leftrightarrow \text{décroissance}}

Ce qu'on observait depuis A1 n'était pas une coïncidence.

⚠️ Sur une fonction qui SAUTE (e−atu(t)e^{-at}u(t)), l'IPP naïve est fausse : le saut fait apparaître un δ\delta dans la dérivée. Le contrôle qui l'attrape : la transformée obtenue doit tendre vers 00.

Réponse. f′^=iωf^\widehat{f'}=i\omega\hat f ; une ODE devient une équation algébrique en ω\omega. (Recoupement : sympy sur la gaussienne vérifie f′^=iω f^\widehat{f'}=i\omega\,\hat f ✓ ; lien direct avec le RC passe-bas H=1a+iωH=\tfrac1{a+i\omega})
Faire cet exercice dans l'app →

Multiplication par t

CalculDifficulté 3/5

Montrer que t f(t)^=i f^′(ω)\widehat{t\,f(t)}=i\,\hat f'(\omega), et l'appliquer à f(t)=e−t2/2f(t)=e^{-t^2/2} pour transformer t e−t2/2t\,e^{-t^2/2}.

Indices (3)

Dériver f^(ω)=∫f(t)e−iωtdt\hat f(\omega)=\int f(t)e^{-i\omega t}dt par rapport à ω\omega.

∂ωe−iωt=−it e−iωt\partial_\omega e^{-i\omega t}=-it\,e^{-i\omega t}.

f^\hat f de e−t2/2e^{-t^2/2} vaut 2πe−ω2/2\sqrt{2\pi}e^{-\omega^2/2}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le MIROIR exact de B4 — et c'est la paire qui a fait marcher A4.

t f(t)^(ω)=i f^ ′(ω)\boxed{\widehat{t\,f(t)}(\omega)=i\,\hat f\,'(\omega)}

⚠️⚠️ Mettez les deux règles côte à côte, c'est là qu'est la leçon :

en TEMPS en FRÉQUENCE
dériver (B4) multiplier par iωi\omega
multiplier par tt (B5) dériver, puis × i\times\,i
DEˊRIVER ⟷ MULTIPLIER PAR LA VARIABLE\boxed{\text{DÉRIVER} \ \longleftrightarrow \ \text{MULTIPLIER PAR LA VARIABLE}}

ℹ️ C'est la troisième paire miroir du lot — après translation ↔ modulation (B1/B2) et compression ↔ dilatation (B3). Le chapitre entier tient dans cette idée : chaque opération d'un monde a son image dans l'autre.

La démonstration est d'une nature différente de toutes les précédentes : on ne manipule pas l'intégrale, on la dérive.

f^(ω)=∫f(t) e−iωt dt\hat f(\omega)=\int f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt

Dérivons les deux membres par rapport à ω\omega — la variable tt étant celle d'intégration, seule l'exponentielle en dépend :

f^ ′(ω)=∫f(t)×∂∂ω(e−iωt)dt=∫f(t)×(−it) e−iωt dt\hat f\,'(\omega)=\int f(t)\times\dfrac{\partial}{\partial\omega}\left(e^{-i\omega t}\right)dt=\int f(t)\times(-it)\,e^{-i\omega t}\,dt
f^ ′(ω)=−i∫t f(t) e−iωt dt=−i t f^(ω)\boxed{\hat f\,'(\omega)=-i\int t\,f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt=-i\,\widehat{t\,f}(\omega)}

Et en multipliant par ii (puisque i×(−i)=1i\times(-i)=1) :

t f^(ω)=i f^ ′(ω)\boxed{\widehat{t\,f}(\omega)=i\,\hat f\,'(\omega)}

⚠️⚠️ L'ÉTAPE À JUSTIFIER : on a DÉRIVÉ SOUS LE SIGNE INTÉGRAL. Ce n'est pas gratuit — il faut que t f(t)t\,f(t) soit intégrable.

hypotheˋse: ∫∣t f(t)∣ dt<+∞\boxed{\text{hypothèse} : \ \int\lvert t\,f(t)\rvert\,dt<+\infty}

ℹ️ C'est un peu plus fort que « ff intégrable » : il faut que ff décroisse assez vite pour que la multiplication par tt ne casse pas l'intégrabilité. Vrai pour la gaussienne, vrai pour toute fonction à support borné, faux pour une fonction qui décroîtrait en 1t2\frac{1}{t^2} tout juste.

L'application demandée — et c'est un exercice de lecture directe :

f(t)=e−t2/2⟹f^(ω)=2π e−ω2/2f(t)=e^{-t^{2}/2} \qquad\Longrightarrow\qquad \hat f(\omega)=\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}
f^ ′(ω)=−ω2π e−ω2/2\hat f\,'(\omega)=-\omega\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}
t e−t2/2^=i×(−ω2πe−ω2/2)=−i ω2π e−ω2/2\boxed{\widehat{t\,e^{-t^{2}/2}}=i\times\left(-\omega\sqrt{2\pi}e^{-\omega^{2}/2}\right)=-i\,\omega\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}}
La démonstration et l'application

1) Dériver sous le signe intégral.

f^(ω)=∫−∞+∞f(t) e−iωt dt\hat f(\omega)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt

⚠️ Ici tt est la variable d'INTÉGRATION et ω\omega le PARAMÈTRE. On dérive par rapport au paramètre, ce qui ne touche que l'exponentielle :

∂∂ω(e−iωt)=−it e−iωt\dfrac{\partial}{\partial\omega}\left(e^{-i\omega t}\right)=-it\,e^{-i\omega t}

⚠️⚠️ Le tt SORT de l'exponentielle — c'est lui qui va se coller à ff et produire t f(t)t\,f(t).

f^ ′(ω)=∫f(t) (−it) e−iωt dt=−i∫t f(t) e−iωt dt\hat f\,'(\omega)=\int f(t)\,(-it)\,e^{-i\omega t}\,dt=-i\int t\,f(t)\,e^{-i\omega t}\,dt

2) Reconnaître la transformée de t f(t)t\,f(t) :

f^ ′(ω)=−i t f^(ω)\hat f\,'(\omega)=-i\,\widehat{t\,f}(\omega)

3) Isoler. On multiplie par ii, et i×(−i)=−i2=1i\times(-i)=-i^{2}=1 :

t f^(ω)=i f^ ′(ω)\boxed{\widehat{t\,f}(\omega)=i\,\hat f\,'(\omega)}

4) L'hypothèse. La dérivation sous l'intégrale exige une domination :

∣f(t) (−it) e−iωt∣=∣t f(t)∣\left\lvert f(t)\,(-it)\,e^{-i\omega t}\right\rvert=\lvert t\,f(t)\rvert
il faut ∫∣t f(t)∣ dt<+∞\boxed{\text{il faut } \int\lvert t\,f(t)\rvert\,dt<+\infty}

⚠️ Ne pas passer cette étape sous silence — c'est l'analogue exact de l'hypothèse f→0f\to 0 de B4.

5) L'application à la gaussienne.

f^(ω)=2π e−ω2/2\hat f(\omega)=\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}

Sa dérivée — dériver l'exposant, puis multiplier :

f^ ′(ω)=2π×(−2ω2)e−ω2/2=−ω2π e−ω2/2\hat f\,'(\omega)=\sqrt{2\pi}\times\left(-\dfrac{2\omega}{2}\right)e^{-\omega^{2}/2}=-\omega\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}
t e−t2/2^(ω)=i×(−ω2π e−ω2/2)\widehat{t\,e^{-t^{2}/2}}(\omega)=i\times\left(-\omega\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}\right)
t e−t2/2^=−i ω2π e−ω2/2\boxed{\widehat{t\,e^{-t^{2}/2}}=-i\,\omega\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}}

Les contrôles.

a) L'IMAGINAIRE PUR — le contrôle structurel décisif.

⚠️⚠️ g(t)=t e−t2/2g(t)=t\,e^{-t^{2}/2} est RÉELLE et IMPAIRE (produit d'une impaire par une paire). Sa transformée doit donc être IMAGINAIRE PURE et impaire.

−i ω2π e−ω2/2 : imaginaire pure ✓impaire (en ω) ✓-i\,\omega\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2} \ : \ \text{imaginaire pure} \ \checkmark \qquad \text{impaire (en } \omega) \ \checkmark
f reˊelle IMPAIRE ⟹ f^ IMAGINAIRE PURE et impaire\boxed{f \text{ réelle IMPAIRE} \ \Longrightarrow \ \hat f \text{ IMAGINAIRE PURE et impaire}}

ℹ️ La table complète des symétries, à connaître :

ff f^\hat f
réelle paire réelle paire
réelle impaire imaginaire pure impaire
réelle quelconque f^(−ω)=f^(ω)‾\hat f(-\omega)=\overline{\hat f(\omega)}

⚠️ Un résultat réel ici signalerait une erreur — c'est le contrôle le plus rapide de l'exercice.

b) L'aire.

g^(0)=0et∫t e−t2/2 dt=0\hat g(0)=0 \qquad\text{et}\qquad \int t\,e^{-t^{2}/2}\,dt=0

✓ — l'intégrale d'une fonction impaire sur R\mathbb R est nulle. Le contrôle universel tombe juste.

c) LE CONTRÔLE QUI BOUCLE : retrouver A4.

Rappelons l'équation de la gaussienne : f′=−t ff'=-t\,f. Transformons avec les deux règles :

iωf^⏟B4=−i f^ ′⏟B5⟹f^ ′=−ωf^\underbrace{i\omega\hat f}_{\text{B4}}=\underbrace{-i\,\hat f\,'}_{\text{B5}} \qquad\Longrightarrow\qquad \hat f\,'=-\omega\hat f

Et l'on vient de vérifier que f^ ′=−ω2πe−ω2/2=−ωf^\hat f\,'=-\omega\sqrt{2\pi}e^{-\omega^2/2}=-\omega\hat f ✓

A4 et B5 se reˊpondent — chacun controˆle l’autre\boxed{\text{A4 et B5 se répondent — chacun contrôle l'autre}}

⚠️ C'est la démonstration d'A4, relue à l'envers. On y avait supposé les deux règles ; on vient de les démontrer, et le résultat concorde.

d) Le contrôle d'itération. En réappliquant :

tnf^=in f^(n)\boxed{\widehat{t^{n}f}=i^{n}\,\hat f^{(n)}}

Vérifions sur n=2n=2 : t2e−t2/2^=i2f^′′=−f^′′\widehat{t^{2}e^{-t^{2}/2}}=i^{2}\hat f''=-\hat f''.

f^′′=2π(ω2−1)e−ω2/2⟹t2f^=2π(1−ω2)e−ω2/2\hat f''=\sqrt{2\pi}\left(\omega^{2}-1\right)e^{-\omega^{2}/2} \qquad\Longrightarrow\qquad \widehat{t^{2}f}=\sqrt{2\pi}\left(1-\omega^{2}\right)e^{-\omega^{2}/2}

Contrôle par l'aire : t2f^(0)=2π\widehat{t^2f}(0)=\sqrt{2\pi}, et ∫t2e−t2/2dt=2π\int t^{2}e^{-t^{2}/2}dt=\sqrt{2\pi} ✓ (c'est la variance de la loi normale centrée réduite, qui vaut 11, fois 2π\sqrt{2\pi}).

ℹ️ Ce contrôle-là est joli : il fait rencontrer la statistique. 12π∫t2e−t2/2dt=1\frac{1}{\sqrt{2\pi}}\int t^2e^{-t^2/2}dt=1 est exactement V(X)=1\mathbb V(X)=1 pour X∼N(0,1)X\sim\mathcal N(0,1).

e) Le contrôle du signe. Le −i-i vient du produit i×(−ω)i\times(-\omega). Un +i+i décrirait la transformée de −t f(t)-t\,f(t) — c'est-à-dire le signal retourné.

Rappel de cours

MULTIPLICATION PAR tt

t f(t)^(ω)=i f^ ′(ω)tnf^=in f^(n)\boxed{\widehat{t\,f(t)}(\omega)=i\,\hat f\,'(\omega)} \qquad\qquad \boxed{\widehat{t^{n}f}=i^{n}\,\hat f^{(n)}}

⚠️⚠️ LE MIROIR EXACT DE B4

en TEMPS en FRÉQUENCE
dériver (B4) multiplier par iωi\omega
multiplier par tt (B5) dériver, puis ×i\times i
DEˊRIVER ⟷ MULTIPLIER PAR LA VARIABLE\boxed{\text{DÉRIVER} \ \longleftrightarrow \ \text{MULTIPLIER PAR LA VARIABLE}}

ℹ️ Troisième paire miroir du lot — après B1/B2 et B3. Le chapitre tient dans cette idée.

LA DÉMONSTRATION — d'une nature NOUVELLE : on DÉRIVE l'intégrale

∂∂ωe−iωt=−it e−iωt⟹f^ ′=−i tf^\dfrac{\partial}{\partial\omega}e^{-i\omega t}=-it\,e^{-i\omega t} \qquad\Longrightarrow\qquad \hat f\,'=-i\,\widehat{t f}
⚠️ Le tt SORT de l'exponentielle et vient se coller à ff. ⚠️⚠️ HYPOTHÈSE : ∫∣tf(t)∣dt<+∞\int\lvert t f(t)\rvert dt<+\infty — un peu plus fort que « ff intégrable ». L'analogue exact du f→0f\to 0 de B4.

L'APPLICATION

t e−t2/2^=−i ω2π e−ω2/2\boxed{\widehat{t\,e^{-t^{2}/2}}=-i\,\omega\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}}

⚠️⚠️ LE CONTRÔLE STRUCTUREL — la table des symétries

ff f^\hat f
réelle paire réelle paire
réelle impaire IMAGINAIRE PURE impaire
réelle quelconque f^(−ω)=f^(ω)‾\hat f(-\omega)=\overline{\hat f(\omega)}

t e−t2/2t\,e^{-t^2/2} est réelle impaire ⟹\Longrightarrow sa transformée doit être imaginaire pure ✓ Un résultat réel signalerait une erreur.

CONTRÔLES : aire =0=0 (fonction impaire) ✓ · A4 et B5 se répondent — l'équation f′=−tff'=-tf transformée par B4 et B5 redonne f^′=−ωf^\hat f'=-\omega\hat f ✓ · n=2n=2 : t2f^(0)=2π\widehat{t^2f}(0)=\sqrt{2\pi}, soit V(X)=1\mathbb V(X)=1 pour X∼N(0,1)X\sim\mathcal N(0,1).

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier le ii et écrire tf^=f^′\widehat{tf}=\hat f'. Le facteur est ii, et sans lui le résultat serait réel au lieu d'imaginaire pur.

Le contrôle : t e−t2/2t\,e^{-t^2/2} étant réelle impaire, sa transformée doit être imaginaire pure.

⚠️⚠️ Se tromper de signe en écrivant −if^′-i\hat f'. On a f^′=−itf^\hat f'=-i\widehat{tf}, donc tf^=if^′\widehat{tf}=i\hat f' — multiplier par ii, pas par −i-i.

⚠️ Ne pas justifier la dérivation sous l'intégrale. C'est l'étape de la démonstration, et elle a une hypothèse.

⚠️ Dériver par rapport à tt au lieu de ω\omega. tt est la variable d'intégration ; c'est ω\omega le paramètre.

⚠️ Se tromper dans f^′\hat f'. La dérivée de e−ω2/2e^{-\omega^2/2} est −ωe−ω2/2-\omega e^{-\omega^2/2} — dériver l'exposant, puis multiplier.

⚠️ S'inquiéter d'un résultat imaginaire pur. C'est attendu : la fonction est réelle et impaire.

⚠️ Confondre avec B4. B4 dérive en temps, B5 multiplie par tt en temps. Les deux règles sont miroir.

⚠️ Écrire tnf^=i f^(n)\widehat{t^n f}=i\,\hat f^{(n)} en oubliant la puissance. C'est ini^{n}.

⚠️ Ne pas voir que B4 et B5 ensemble démontrent A4. C'est le contrôle qui boucle le chapitre.

À retenir
t f(t)^(ω)=i f^ ′(ω)tnf^=in f^(n)\boxed{\widehat{t\,f(t)}(\omega)=i\,\hat f\,'(\omega)} \qquad\qquad \boxed{\widehat{t^{n}f}=i^{n}\,\hat f^{(n)}}
DEˊRIVER ⟷ MULTIPLIER PAR LA VARIABLE\boxed{\text{DÉRIVER} \ \longleftrightarrow \ \text{MULTIPLIER PAR LA VARIABLE}}

⚠️⚠️ Miroir exact de B4 — et troisième paire miroir du lot, après B1/B2 (translation ↔ modulation) et B3 (compression ↔ dilatation). Le chapitre entier tient dans cette idée.

La démonstration est d'une nature nouvelle : on DÉRIVE l'intégrale, et le tt sort de l'exponentielle. ⚠️ Hypothèse à énoncer : ∫∣tf(t)∣dt<+∞\int\lvert t f(t)\rvert dt<+\infty — l'analogue exact du f→0f\to 0 de B4.

t e−t2/2^=−i ω2π e−ω2/2\boxed{\widehat{t\,e^{-t^{2}/2}}=-i\,\omega\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^{2}/2}}

⚠️⚠️ LE CONTRÔLE LE PLUS RAPIDE — la table des symétries :

ff f^\hat f
réelle paire réelle paire
réelle impaire IMAGINAIRE PURE impaire
réelle quelconque f^(−ω)=f^(ω)‾\hat f(-\omega)=\overline{\hat f(\omega)}

Ici t e−t2/2t\,e^{-t^2/2} est réelle impaire : un résultat réel signalerait une erreur.

A4 et B5 se reˊpondent: f′=−tf →B4, B5 f^ ′=−ωf^\boxed{\text{A4 et B5 se répondent} : \ f'=-tf \ \xrightarrow{\text{B4, B5}} \ \hat f\,'=-\omega\hat f}

A4 avait supposé ces deux règles ; B4 et B5 les démontrent, et le résultat concorde.

Réponse. tf^=if^′(ω)\widehat{t f}=i\hat f'(\omega) ; te−t2/2^=−iω2π e−ω2/2\widehat{t e^{-t^2/2}}=-i\omega\sqrt{2\pi}\,e^{-\omega^2/2}. (Recoupement : sympy vérifie tf^=if^′\widehat{t f}=i\hat f' sur la gaussienne ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Dualité

DémonstrationDifficulté 3/5

On sait que la transformée de e−∣t∣e^{-\lvert t\rvert} est 21+ω2\dfrac2{1+\omega^2}. En déduire, par dualité, la transformée de 21+t2\dfrac2{1+t^2}.

Indices (3)

Dualité : si f^=g\hat f=g, alors g^(t→ω)=2πf(−ω)\widehat{g}(t\to\omega)=2\pi f(-\omega).

Ici g(t)=21+t2g(t)=\dfrac2{1+t^2} et f(ω)=e−∣ω∣f(\omega)=e^{-\lvert\omega\rvert} (paire).

ff paire ⇒ f(−ω)=f(ω)f(-\omega)=f(\omega).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La propriété qui donne DEUX transformées pour le prix d'une.

si f^=g,alors g^(ω)=2π f(−ω)\boxed{\text{si } \hat f=g, \qquad\text{alors } \hat g(\omega)=2\pi\,f(-\omega)}

⚠️⚠️ Autrement dit : transformer DEUX FOIS redonne le signal RETOURNÉ, multiplié par 2π2\pi.

f^^(ω)=2π f(−ω)\boxed{\widehat{\widehat{f}}(\omega)=2\pi\,f(-\omega)}

ℹ️ La transformée est donc « presque » une involution : quatre applications successives redonnent exactement 4π2f4\pi^{2}f. C'est ce qui explique que la gaussienne (A4) puisse être son propre point fixe.

Ici, on part d'un résultat CONNU (A3 avec a=1a=1) :

e−∣t∣⟶21+ω2e^{-\lvert t\rvert} \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{2}{1+\omega^{2}}

Et l'on veut la transformée de 21+t2\dfrac{2}{1+t^{2}} — c'est-à-dire de la même fonction, lue en temps.

la dualiteˊ eˊchange les roˆles des deux axes\boxed{\text{la dualité échange les rôles des deux axes}}

Appliquons la règle avec f(t)=e−∣t∣f(t)=e^{-\lvert t\rvert} et g(t)=21+t2g(t)=\dfrac{2}{1+t^{2}} :

g^(ω)=2π f(−ω)=2π e−∣−ω∣\hat g(\omega)=2\pi\,f(-\omega)=2\pi\,e^{-\lvert-\omega\rvert}
21+t2^=2π e−∣ω∣\boxed{\widehat{\dfrac{2}{1+t^{2}}}=2\pi\,e^{-\lvert\omega\rvert}}

⚠️ Le −ω-\omega disparaît parce que ff est PAIRE : ∣−ω∣=∣ω∣\lvert-\omega\rvert=\lvert\omega\rvert. Sur une fonction non paire, il faudrait le garder.

Pourquoi c'est précieux. Calculer ∫21+t2e−iωtdt\displaystyle\int\dfrac{2}{1+t^{2}}e^{-i\omega t}dt directement demande le théorème des résidus — de l'analyse complexe, hors de portée à ce niveau.

la dualiteˊ donne le reˊsultat SANS calculer l’inteˊgrale\boxed{\text{la dualité donne le résultat SANS calculer l'intégrale}}

ℹ️ C'est le meilleur rapport résultat/effort du chapitre, et c'est la raison d'être de la propriété : chaque transformée connue en donne une seconde gratuitement.

Le raisonnement

1) L'énoncé de la dualité.

f^=g⟹g^(ω)=2π f(−ω)\boxed{\hat f=g \qquad\Longrightarrow\qquad \hat g(\omega)=2\pi\,f(-\omega)}

D'où vient-elle ? De la formule d'inversion :

f(t)=12π∫f^(ω) e+iωt dωf(t)=\dfrac{1}{2\pi}\int\hat f(\omega)\,e^{+i\omega t}\,d\omega

⚠️⚠️ Comparez-la à la définition :

g^(ξ)=∫g(ω) e−iξω dω\hat g(\xi)=\int g(\omega)\,e^{-i\xi\omega}\,d\omega

Les deux intégrales sont les MÊMES, à deux différences près : le signe dans l'exponentielle, et le facteur 12π\frac1{2\pi}.

le signe → le f(−ω)le facteur → le 2π\boxed{\text{le signe} \ \to \ \text{le } f(-\omega) \qquad\qquad \text{le facteur} \ \to \ \text{le } 2\pi}

ℹ️ Toute la propriété est là : la transformée directe et la transformée inverse ne diffèrent que par ces deux détails, et la dualité est la traduction exacte de cet écart.

2) L'application.

f(t)=e−∣t∣⟹f^(ω)=21+ω2(A3 avec a=1)f(t)=e^{-\lvert t\rvert} \qquad\Longrightarrow\qquad \hat f(\omega)=\dfrac{2}{1+\omega^{2}} \qquad\text{(A3 avec } a=1)

Posons g(t)=21+t2g(t)=\dfrac{2}{1+t^{2}} — la même expression, mais en tant que fonction du temps.

g^(ω)=2π f(−ω)=2π e−∣−ω∣=2π e−∣ω∣\hat g(\omega)=2\pi\,f(-\omega)=2\pi\,e^{-\lvert-\omega\rvert}=2\pi\,e^{-\lvert\omega\rvert}
21+t2^(ω)=2π e−∣ω∣\boxed{\widehat{\dfrac{2}{1+t^{2}}}(\omega)=2\pi\,e^{-\lvert\omega\rvert}}

Et pour la lorentzienne sans le facteur 22, par linéarité :

11+t2^=π e−∣ω∣\boxed{\widehat{\dfrac{1}{1+t^{2}}}=\pi\,e^{-\lvert\omega\rvert}}

Les contrôles.

a) L'aire — le contrôle universel, et il est ici particulièrement parlant.

g^(0)=2π e0=2π\hat g(0)=2\pi\,e^{0}=2\pi

Et directement :

∫−∞+∞21+t2 dt=2[arctan⁡t]−∞+∞=2(π2−(−π2))=2π✓\int_{-\infty}^{+\infty}\dfrac{2}{1+t^{2}}\,dt=2\left[\arctan t\right]_{-\infty}^{+\infty}=2\left(\dfrac\pi2-\left(-\dfrac\pi2\right)\right)=2\pi \quad\checkmark
le 2π de la dualiteˊ et celui de l’arctangente COI¨NCIDENT\boxed{\text{le } 2\pi \text{ de la dualité et celui de l'arctangente COÏNCIDENT}}

⚠️⚠️ Ce contrôle est excellent : il valide à la fois le facteur 2π2\pi et l'ensemble du raisonnement, par une intégrale élémentaire que tout le monde sait calculer.

b) Réelle et paire. gg l'est, donc g^\hat g doit l'être — et 2πe−∣ω∣2\pi e^{-\lvert\omega\rvert} ne contient aucun ii et dépend de ∣ω∣\lvert\omega\rvert ✓

c) La décroissance — et elle est SPECTACULAIRE.

⚠️⚠️ gg décroît lentement (en 1t2\frac{1}{t^{2}}), et pourtant g^\hat g décroît EXPONENTIELLEMENT.

ℹ️ Est-ce contradictoire avec la règle régularité ↔ décroissance ? Non — c'est elle, appliquée dans l'autre sens. g=21+t2g=\frac{2}{1+t^2} est de classe C∞\mathcal C^{\infty} : elle est infiniment régulière, ce qui impose une décroissance très rapide de g^\hat g.

la reˋgle porte sur la REˊGULARITEˊ de g, pas sur sa deˊcroissance\boxed{\text{la règle porte sur la RÉGULARITÉ de } g, \ \text{pas sur sa décroissance}}

⚠️ C'est un piège de lecture fréquent, et cet exemple le dissipe : décroître lentement et être très régulier sont compatibles.

d) Le contrôle par la double application. Appliquons la dualité à gg :

g^^(ξ)=2π g(−ξ)=2π×21+ξ2\widehat{\hat g}(\xi)=2\pi\,g(-\xi)=2\pi\times\dfrac{2}{1+\xi^{2}}

Et par la formule directe : g^=2πe−∣ω∣\hat g=2\pi e^{-\lvert\omega\rvert}, donc

2πe−∣ω∣^=2π×21+ξ2✓\widehat{2\pi e^{-\lvert\omega\rvert}}=2\pi\times\dfrac{2}{1+\xi^{2}} \quad\checkmark

⚠️ C'est cohérent avec A3 (e−∣t∣^=21+ω2\widehat{e^{-\lvert t\rvert}}=\frac{2}{1+\omega^2}), multiplié par 2π2\pi ✓ La boucle se referme.

e) Le contrôle sur la gaussienne — le cas où la dualité est triviale :

f=e−t2/2,f^=2πe−ω2/2⟹f^^=2π×2π e−ξ2/2=2πf(ξ)✓f=e^{-t^{2}/2}, \quad \hat f=\sqrt{2\pi}e^{-\omega^{2}/2} \qquad\Longrightarrow\qquad \widehat{\hat f}=\sqrt{2\pi}\times\sqrt{2\pi}\,e^{-\xi^{2}/2}=2\pi f(\xi) \quad\checkmark
la gaussienne est autoreˊciproque PARCE QUE la dualiteˊ la rameˋne aˋ elle-meˆme\boxed{\text{la gaussienne est autoréciproque PARCE QUE la dualité la ramène à elle-même}}

f) La règle des quatre applications.

f^^^^(t)=(2π)2f(t)\widehat{\widehat{\widehat{\widehat{f}}}}(t)=(2\pi)^{2}f(t)

ℹ️ Deux retournements se compensent : f(−(−t))=f(t)f(-(-t))=f(t). La transformée est donc d'« ordre 4 » à un facteur près, ce qui est une propriété remarquable et rare.

Rappel de cours

DUALITÉ

f^=g⟹g^(ω)=2π f(−ω)f^^(ω)=2πf(−ω)\boxed{\hat f=g \qquad\Longrightarrow\qquad \hat g(\omega)=2\pi\,f(-\omega)} \qquad\qquad \boxed{\widehat{\widehat f}(\omega)=2\pi f(-\omega)}

D'OÙ ELLE VIENT — la formule d'inversion

f(t)=12π∫f^(ω)e+iωtdωcontreg^(ξ)=∫g(ω)e−iξωdωf(t)=\dfrac{1}{2\pi}\int\hat f(\omega)e^{+i\omega t}d\omega \qquad\text{contre}\qquad \hat g(\xi)=\int g(\omega)e^{-i\xi\omega}d\omega
Mêmes intégrales, à deux différences près :
le SIGNE → le f(−ω)le FACTEUR → le 2π\boxed{\text{le SIGNE} \ \to \ \text{le } f(-\omega) \qquad\qquad \text{le FACTEUR} \ \to \ \text{le } 2\pi}

L'APPLICATION

e−∣t∣→21+ω2⟹21+t2^=2π e−∣ω∣e^{-\lvert t\rvert}\to\dfrac{2}{1+\omega^{2}} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\widehat{\dfrac{2}{1+t^{2}}}=2\pi\,e^{-\lvert\omega\rvert}}
et par lineˊariteˊ11+t2^=π e−∣ω∣\text{et par linéarité} \qquad \boxed{\widehat{\dfrac{1}{1+t^{2}}}=\pi\,e^{-\lvert\omega\rvert}}
⚠️ Le −ω-\omega disparaît parce que ff est PAIRE. Sur une fonction non paire, il faut le garder.

⚠️⚠️ POURQUOI C'EST PRÉCIEUX Calculer ∫21+t2e−iωtdt\int\frac{2}{1+t^2}e^{-i\omega t}dt directement exige le théorème des résidus. La dualité donne le résultat sans calculer l'intégrale : chaque transformée connue en offre une seconde.

CONTRÔLES · ⚠️⚠️ aire : g^(0)=2π\hat g(0)=2\pi, et ∫21+t2dt=2[arctan⁡]=2π\int\frac{2}{1+t^2}dt=2[\arctan]=2\pi ✓ — valide le facteur 2π2\pi, par une intégrale élémentaire (pas la forme : 2πe−2∣ω∣2\pi e^{-2\lvert\omega\rvert} passerait aussi) ; · réelle et paire ✓ ; · double application : redonne A3 multiplié par 2π2\pi ✓ ; · quatre applications : (2π)2f(2\pi)^2 f — deux retournements se compensent.

⚠️⚠️ LE PIÈGE DE LECTURE À DISSIPER g=21+t2g=\frac{2}{1+t^2} décroît lentement (1t2\frac1{t^2}) et pourtant g^\hat g décroît exponentiellement.

la reˋgle porte sur la REˊGULARITEˊ de g, pas sur sa deˊcroissance\boxed{\text{la règle porte sur la RÉGULARITÉ de } g, \text{ pas sur sa décroissance}}
gg est C∞\mathcal C^\infty : décroître lentement et être très régulier sont compatibles.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier le facteur 2π2\pi. Il vient du 12π\frac1{2\pi} de la formule d'inversion.

Le contrôle : ∫21+t2dt=2π\int\frac{2}{1+t^2}dt=2\pi par l'arctangente — une intégrale élémentaire qui valide le facteur 2π2\pi.

⚠️⚠️ Oublier le retournement f(−ω)f(-\omega). Ici il est invisible (ff est paire), mais sur une fonction non paire il change le résultat.

⚠️ Croire que f^^=f\widehat{\hat f}=f. Il y a deux écarts : le facteur 2π2\pi et le retournement.

⚠️ Confondre les rôles. On part de f^=g\hat f=g connue, et l'on cherche g^\hat g — c'est la transformée de la transformée.

⚠️ Croire que g^\hat g devrait décroître lentement parce que gg décroît lentement. La règle porte sur la RÉGULARITÉ, et 21+t2\frac{2}{1+t^2} est C∞\mathcal C^\infty.

⚠️ Se lancer dans le calcul direct. Il exige le théorème des résidus — c'est précisément ce que la dualité évite.

⚠️ Oublier la linéarité pour passer de 21+t2\frac{2}{1+t^2} à 11+t2\frac{1}{1+t^2} : diviser par 22 des deux côtés.

⚠️ Se tromper de convention. Le 2π2\pi dépend de la convention choisie : en convention symétrique (12π\frac{1}{\sqrt{2\pi}} des deux côtés), il disparaît. Toujours vérifier.

À retenir
f^=g⟹g^(ω)=2π f(−ω)f^^=2π f(− ⋅ )\boxed{\hat f=g \qquad\Longrightarrow\qquad \hat g(\omega)=2\pi\,f(-\omega)} \qquad\qquad \boxed{\widehat{\widehat f}=2\pi\,f(-\,\cdot\,)}
e−∣t∣→21+ω2⟹21+t2^=2π e−∣ω∣11+t2^=π e−∣ω∣e^{-\lvert t\rvert}\to\dfrac{2}{1+\omega^{2}} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\widehat{\dfrac{2}{1+t^{2}}}=2\pi\,e^{-\lvert\omega\rvert}} \qquad \boxed{\widehat{\dfrac{1}{1+t^{2}}}=\pi\,e^{-\lvert\omega\rvert}}

Elle vient de la formule d'inversion : direct et inverse ne diffèrent que par le signe (→ le retournement) et le facteur 12π\frac1{2\pi} (→ le 2π2\pi).

⚠️ Le −ω-\omega disparaît ici parce que ff est paire — sur une fonction non paire, il faut le garder.

la dualiteˊ donne le reˊsultat SANS calculer l’inteˊgrale\boxed{\text{la dualité donne le résultat SANS calculer l'intégrale}}

ℹ️ Le calcul direct exigerait le théorème des résidus : c'est le meilleur rapport résultat/effort du chapitre. Chaque transformée connue en offre une seconde.

CONTROˆLE: g^(0)=2π  et ∫21+t2dt=2[arctan⁡]−∞+∞=2π\boxed{\text{CONTRÔLE} : \ \hat g(0)=2\pi \ \text{ et } \int\dfrac{2}{1+t^{2}}dt=2[\arctan]_{-\infty}^{+\infty}=2\pi}

Il valide le facteur 2π2\pi, par une intégrale élémentaire.

⚠️⚠️ Piège de lecture : 21+t2\frac{2}{1+t^2} décroît lentement et son spectre décroît exponentiellement. La règle porte sur la RÉGULARITÉ, et cette fonction est C∞\mathcal C^\infty.

ℹ️ La gaussienne est autoréciproque parce que la dualité la ramène à elle-même.

Réponse. 21+t2^=2π e−∣ω∣\widehat{\dfrac2{1+t^2}}=2\pi\,e^{-\lvert\omega\rvert}. (Recoupement : sympy integrate (branche ω>0\omega>0) donne 2πe−ω2\pi e^{-\omega} ; fonction paire ⇒ 2πe−∣ω∣2\pi e^{-\lvert\omega\rvert} ✓)
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Théorème de convolution

ApplicationDifficulté 3/5

Vérifier le théorème de convolution sur f=g=e−atu(t)f=g=e^{-at}u(t) : calculer (f∗g)(t)(f*g)(t), sa transformée, et comparer à f^(ω)g^(ω)\hat f(\omega)\hat g(\omega).

Indices (3)

(f∗g)(t)=∫0te−aτe−a(t−τ)dτ(f*g)(t)=\displaystyle\int_0^t e^{-a\tau}e^{-a(t-\tau)}d\tau pour t>0t>0.

=e−at∫0tdτ=t e−at=e^{-at}\int_0^t d\tau=t\,e^{-at}.

TF de t e−atut\,e^{-at}u et (1a+iω)2\big(\tfrac1{a+i\omega}\big)^2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

LE théorème du chapitre — celui qui justifie à lui seul l'existence de la transformée de Fourier en ingénierie.

f∗g^=f^×g^\boxed{\widehat{f*g}=\hat f\times\hat g}
la CONVOLUTION devient un PRODUIT\boxed{\text{la CONVOLUTION devient un PRODUIT}}

⚠️⚠️ Mesurez ce que cela change. La convolution est définie par

(f∗g)(t)=∫−∞+∞f(u) g(t−u) du(f*g)(t)=\int_{-\infty}^{+\infty}f(u)\,g(t-u)\,du

Une intégrale, à recalculer pour CHAQUE valeur de tt. Le théorème la remplace par une multiplication point par point.

une INTEˊGRALE par point ⟶ une MULTIPLICATION par point\boxed{\text{une INTÉGRALE par point} \ \longrightarrow \ \text{une MULTIPLICATION par point}}

ℹ️ Combiné à la FFT (C5), c'est ce qui rend le filtrage numérique possible : on transforme, on multiplie, on retransforme — et c'est plus rapide que de convoluer directement, dès que les signaux dépassent quelques dizaines de points.

La vérification demandée : f=g=e−atu(t)f=g=e^{-at}u(t).

1) La convolution. Les deux échelons imposent u≥0u\geq 0 et t−u≥0t-u\geq 0, donc 0≤u≤t0\leq u\leq t :

(f∗g)(t)=∫0te−au e−a(t−u) du(f*g)(t)=\int_{0}^{t}e^{-au}\,e^{-a(t-u)}\,du

⚠️⚠️ L'ASTUCE EST DANS L'EXPOSANT : les deux exponentielles se combinent en

e−au×e−a(t−u)=e−au−at+au=e−ate^{-au}\times e^{-a(t-u)}=e^{-au-at+au}=e^{-at}
le u DISPARAIˆT — l’inteˊgrande est CONSTANT en u\boxed{\text{le } u \text{ DISPARAÎT} \ — \ \text{l'intégrande est CONSTANT en } u}
(f∗g)(t)=e−at∫0tdu=t e−at(f*g)(t)=e^{-at}\int_{0}^{t}du=t\,e^{-at}
(f∗g)(t)=t e−at u(t)\boxed{(f*g)(t)=t\,e^{-at}\,u(t)}

2) Sa transformée, par B5 ou par calcul direct :

t e−atu(t)^=1(a+iω)2\widehat{t\,e^{-at}u(t)}=\dfrac{1}{(a+i\omega)^{2}}

3) Le produit des transformées :

f^(ω) g^(ω)=1a+iω×1a+iω=1(a+iω)2✓\hat f(\omega)\,\hat g(\omega)=\dfrac{1}{a+i\omega}\times\dfrac{1}{a+i\omega}=\dfrac{1}{(a+i\omega)^{2}} \quad\checkmark
LE THEˊOREˋME EST VEˊRIFIEˊ\boxed{\text{LE THÉORÈME EST VÉRIFIÉ}}

⚠️ Et le résultat t e−att\,e^{-at} est physiquement parlant : c'est la réponse d'un système du second ordre à pôle double — deux filtres RC en cascade. Convoluer deux réponses, c'est mettre deux systèmes en série.

La vérification

1) Les bornes de la convolution.

(f∗g)(t)=∫−∞+∞e−auu(u)⋅e−a(t−u)u(t−u) du(f*g)(t)=\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-au}u(u)\cdot e^{-a(t-u)}u(t-u)\,du

⚠️⚠️ DEUX échelons, DEUX contraintes :

u(u)≠0⟺u≥0u(t−u)≠0⟺u≤tu(u)\neq 0 \Longleftrightarrow u\geq 0 \qquad\qquad u(t-u)\neq 0 \Longleftrightarrow u\leq t
0≤u≤t\boxed{0\leq u\leq t}

⚠️ Et cela suppose t≥0t\geq 0 : pour t<0t<0, l'intervalle est vide et la convolution vaut 00. C'est ce qui justifie le u(t)u(t) dans le résultat.

la convolution de deux signaux CAUSAUX est CAUSALE\boxed{\text{la convolution de deux signaux CAUSAUX est CAUSALE}}

2) Le calcul.

(f∗g)(t)=∫0te−aue−a(t−u)du(f*g)(t)=\int_{0}^{t}e^{-au}e^{-a(t-u)}du

Combinons les exposants :

−au−a(t−u)=−au−at+au=−at-au-a(t-u)=-au-at+au=-at
l’inteˊgrande vaut e−at, CONSTANT en u\boxed{\text{l'intégrande vaut } e^{-at}, \ \text{CONSTANT en } u}
(f∗g)(t)=e−at∫0tdu=e−at×t(f*g)(t)=e^{-at}\int_{0}^{t}du=e^{-at}\times t
(f∗g)(t)=t e−at u(t)\boxed{(f*g)(t)=t\,e^{-at}\,u(t)}

3) La transformée du résultat. Par B5 avec e−atu^=1a+iω\widehat{e^{-at}u}=\frac{1}{a+i\omega} :

t f^=i f^ ′etddω(1a+iω)=−i(a+iω)2\widehat{t\,f}=i\,\hat f\,' \qquad\text{et}\qquad \dfrac{d}{d\omega}\left(\dfrac{1}{a+i\omega}\right)=\dfrac{-i}{(a+i\omega)^{2}}
t e−atu^=i×−i(a+iω)2=1(a+iω)2\widehat{t\,e^{-at}u}=i\times\dfrac{-i}{(a+i\omega)^{2}}=\dfrac{1}{(a+i\omega)^{2}}

⚠️ i×(−i)=1i\times(-i)=1 — les deux ii se compensent, et le résultat est bien celui d'une fonction causale (donc sans symétrie particulière).

4) La confrontation.

f^×g^=(1a+iω)2=1(a+iω)2✓\hat f\times\hat g=\left(\dfrac{1}{a+i\omega}\right)^{2}=\dfrac{1}{(a+i\omega)^{2}} \quad\checkmark
f∗g^=f^ g^\boxed{\widehat{f*g}=\hat f\,\hat g}

Les contrôles.

a) L'aire — le contrôle universel, et il donne un fait général.

f∗g^(0)=f^(0)g^(0)=1a×1a=1a2\widehat{f*g}(0)=\hat f(0)\hat g(0)=\dfrac1a\times\dfrac1a=\dfrac{1}{a^{2}}

Et directement : ∫0∞te−atdt=1a2\int_{0}^{\infty}te^{-at}dt=\frac{1}{a^{2}} ✓

∫(f∗g)=(∫f)(∫g)\boxed{\int (f*g)=\left(\int f\right)\left(\int g\right)}

⚠️⚠️ L'aire d'une convolution est le PRODUIT des aires — un fait à retenir, et qui découle immédiatement du théorème en ω=0\omega=0.

b) Le contrôle de la forme du résultat. te−atte^{-at} s'annule en t=0t=0, croît, puis décroît.

maximum en t=1a(deˊriveˊe (1−at)e−at)\text{maximum en } t=\dfrac1a \qquad\text{(dérivée } (1-at)e^{-at}\text{)}

⚠️ Cohérent physiquement : convoluer deux réponses en cascade produit une réponse qui démarre plus doucement. Un RC seul démarre à pleine amplitude ; deux RC en série démarrent à zéro.

convoluer LISSE — c’est l’effet meˊcanique de l’opeˊration\boxed{\text{convoluer LISSE} \ — \ \text{c'est l'effet mécanique de l'opération}}

c) Le contrôle par la décroissance en fréquence.

∣1(a+iω)2∣∼1ω2\left\lvert\dfrac{1}{(a+i\omega)^{2}}\right\rvert\sim\dfrac{1}{\omega^{2}}

⚠️ Contre 1ω\frac1\omega pour f^\hat f seule — la convolution a fait gagner un cran de décroissance, donc un cran de régularité (B4).

ℹ️ Et c'est visible en temps : e−atu(t)e^{-at}u(t) saute en 00, tandis que te−atu(t)te^{-at}u(t) est continue. La convolution régularise, et le spectre le dit.

d) Le contrôle de la commutativité. f∗g=g∗ff*g=g*f — évident ici, puisque f=gf=g, mais le théorème le rend évident en général :

f^g^=g^f^car la multiplication est commutative\hat f\hat g=\hat g\hat f \qquad\text{car la multiplication est commutative}
la convolution heˊrite de la commutativiteˊ du PRODUIT\boxed{\text{la convolution hérite de la commutativité du PRODUIT}}

ℹ️ Démontrer f∗g=g∗ff*g=g*f directement demande un changement de variable ; par la transformée, c'est immédiat. C'est un bon exemple de ce que le théorème fait gagner.

e) Le contrôle par l'élément neutre.

f∗δ=f\boxed{f*\delta=f}

Vérifions par le théorème : δ^=1\hat\delta=1 (A5), donc f∗δ^=f^×1=f^\widehat{f*\delta}=\hat f\times 1=\hat f ✓

⚠️⚠️ δ\delta est l'élément NEUTRE de la convolution — et c'est pourquoi on l'appelle « réponse impulsionnelle » : la réponse à l'élément neutre caractérise entièrement le système (E6).

Rappel de cours

⚠️⚠️ THÉORÈME DE CONVOLUTION

f∗g^=f^×g^(f∗g)(t)=∫f(u)g(t−u) du\boxed{\widehat{f*g}=\hat f\times\hat g} \qquad\qquad (f*g)(t)=\int f(u)g(t-u)\,du
une INTEˊGRALE par point ⟶ une MULTIPLICATION par point\boxed{\text{une INTÉGRALE par point} \ \longrightarrow \ \text{une MULTIPLICATION par point}}
ℹ️ Combiné à la FFT (C5), c'est ce qui rend le filtrage numérique possible.

LA VÉRIFICATION ⚠️ Deux échelons, deux contraintes : u≥0u\geq 0 et u≤tu\leq t, donc 0≤u≤t\boxed{0\leq u\leq t} — et l'intervalle est vide si t<0t<0.

la convolution de deux signaux CAUSAUX est CAUSALE\boxed{\text{la convolution de deux signaux CAUSAUX est CAUSALE}}
⚠️⚠️ L'astuce est dans l'exposant : e−aue−a(t−u)=e−ate^{-au}e^{-a(t-u)}=e^{-at} — le uu DISPARAÎT, l'intégrande est constant.
(f∗g)(t)=t e−atu(t)⟶1(a+iω)2=f^ g^✓(f*g)(t)=t\,e^{-at}u(t) \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{1}{(a+i\omega)^{2}}=\hat f\,\hat g \quad\checkmark

CONTRÔLES · ⚠️⚠️ l'aire d'une convolution est le PRODUIT des aires : ∫(f∗g)=(∫f)(∫g)\int(f*g)=\left(\int f\right)\left(\int g\right) — le théorème en ω=0\omega=0 ; · forme : te−atte^{-at} s'annule en 00, culmine en t=1at=\frac1a — convoluer LISSE ; · décroissance : 1ω2\frac1{\omega^2} contre 1ω\frac1\omega — un cran de régularité gagné (B4), et de fait te−atute^{-at}u est continue là où e−atue^{-at}u saute ; · commutativité : f^g^=g^f^\hat f\hat g=\hat g\hat f — la convolution hérite de celle du produit, ce qui est immédiat par la transformée et laborieux directement.

⚠️⚠️ L'ÉLÉMENT NEUTRE

f∗δ=fcar δ^=1\boxed{f*\delta=f} \qquad\text{car } \hat\delta=1
C'est pourquoi la « réponse impulsionnelle » caractérise entièrement un système (E6).

ℹ️ te−atte^{-at} est la réponse d'un second ordre à pôle double — deux RC en cascade. Convoluer, c'est mettre en série.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier une des deux contraintes d'échelon. Il faut u≥0u\geq 0 et u≤tu\leq t — d'où les bornes 00 et tt.

Le contrôle : pour t<0t<0, l'intervalle est vide, donc la convolution est nulle — c'est le u(t)u(t) du résultat.

⚠️⚠️ Ne pas voir que l'intégrande est constant. e−aue−a(t−u)=e−ate^{-au}e^{-a(t-u)}=e^{-at} : le uu disparaît, et l'intégrale devient triviale.

⚠️ Écrire f∗g^=f^+g^\widehat{f*g}=\hat f+\hat g. C'est un produit — c'est tout le contenu du théorème.

⚠️ Confondre convolution et produit ordinaire. (fg)(t)=f(t)g(t)(fg)(t)=f(t)g(t) n'a rien à voir avec (f∗g)(t)(f*g)(t).

Le contrôle : leurs transformées diffèrent — le produit en temps donne une convolution en fréquence (à 12π\frac1{2\pi} près).

⚠️ Se tromper dans la dérivée de 1a+iω\frac{1}{a+i\omega} : elle vaut −i(a+iω)2\frac{-i}{(a+i\omega)^2}, le ii venant de la dérivation de a+iωa+i\omega.

⚠️ Croire que le résultat est e−ate^{-at}. Le facteur tt vient de ∫0tdu=t\int_0^t du=t.

⚠️ Croire que convoluer « rend plus irrégulier ». C'est l'inverse : la convolution lisse, et le spectre le dit (1ω2\frac1{\omega^2} au lieu de 1ω\frac1\omega).

⚠️ Ne pas contrôler l'aire. Le produit des aires est un fait général et gratuit.

À retenir
f∗g^=f^×g^la CONVOLUTION devient un PRODUIT\boxed{\widehat{f*g}=\hat f\times\hat g} \qquad\qquad \boxed{\text{la CONVOLUTION devient un PRODUIT}}
f=g=e−atu(t) :(f∗g)(t)=t e−atu(t)⟶1(a+iω)2=f^ g^✓f=g=e^{-at}u(t) \ : \quad (f*g)(t)=t\,e^{-at}u(t) \qquad\longrightarrow\qquad \dfrac{1}{(a+i\omega)^{2}}=\hat f\,\hat g \quad\checkmark

⚠️⚠️ Deux échelons, deux contraintes : 0≤u≤t0\leq u\leq t — et l'intervalle est vide si t<0t<0, d'où la causalité du résultat.

⚠️⚠️ L'astuce est dans l'exposant : e−aue−a(t−u)=e−ate^{-au}e^{-a(t-u)}=e^{-at}, le uu disparaît et l'intégrande est constant.

une INTEˊGRALE par point ⟶ une MULTIPLICATION par point\boxed{\text{une INTÉGRALE par point} \ \longrightarrow \ \text{une MULTIPLICATION par point}}

ℹ️ Avec la FFT (C5), c'est ce qui rend le filtrage numérique possible.

Contrôles : ⚠️ l'aire d'une convolution est le PRODUIT des aires · convoluer LISSE — décroissance en 1ω2\frac1{\omega^2} au lieu de 1ω\frac1\omega, soit un cran de régularité (B4), et te−atute^{-at}u est continue là où e−atue^{-at}u saute · la commutativité est immédiate par la transformée, laborieuse directement.

f∗δ=f : δ est l’eˊleˊment NEUTRE de la convolution\boxed{f*\delta=f \ : \ \delta \text{ est l'élément NEUTRE de la convolution}}

C'est pourquoi la réponse impulsionnelle caractérise entièrement un système (E6).

ℹ️ te−atte^{-at} est la réponse de deux RC en cascade — convoluer, c'est mettre en série.

Réponse. f∗g=t e−atuf*g=t\,e^{-at}u, f∗g^=1(a+iω)2=f^ g^\widehat{f*g}=\dfrac1{(a+i\omega)^2}=\hat f\,\hat g. (Recoupement : sympy donne 1(a+iω)2\tfrac1{(a+i\omega)^2} des deux côtés — convolution ⟷\longleftrightarrow produit ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Porte ∗ porte = triangle

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer, via le théorème de convolution, que la convolution de deux portes est un triangle, en comparant les transformées (sinc et sinc²).

Indices (3)

TF de la porte [−12,12][-\tfrac12,\tfrac12] : 2sin⁡(ω/2)ω\dfrac{2\sin(\omega/2)}\omega.

Convolution ⟹\Longrightarrow produit des TF.

(2sin⁡(ω/2)ω)2=2(1−cos⁡ω)ω2\big(\tfrac{2\sin(\omega/2)}\omega\big)^2=\dfrac{2(1-\cos\omega)}{\omega^2} = TF du triangle (A6).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le théorème de convolution employé À L'ENVERS — on ne calcule pas la convolution, on la DEVINE par les spectres.

porte∗porte=triangle\boxed{\text{porte} * \text{porte} = \text{triangle}}

La stratégie, et c'est elle qu'il faut comprendre :

1) transformer les deux portes2) multiplier3) RECONNAIˆTRE le reˊsultat\boxed{\text{1) transformer les deux portes} \quad 2) \text{ multiplier} \quad 3) \text{ RECONNAÎTRE le résultat}}

⚠️⚠️ On ne calcule aucune intégrale de convolution. On reconnaît un spectre déjà rencontré — celui du triangle (A6) — et l'on conclut par injectivité de la transformée.

1) La porte. Prenons la porte pp de largeur 11, soit ∣t∣<12\lvert t\rvert<\frac12. Par A1 avec T=12T=\frac12 :

p^(ω)=2sin⁡(ω/2)ω=sinc ⁣(ω2)\hat p(\omega)=\dfrac{2\sin(\omega/2)}{\omega}=\mathrm{sinc}\!\left(\dfrac\omega2\right)

⚠️ Vérification par l'aire : p^(0)=1\hat p(0)=1, et l'aire de cette porte vaut 1×1=11\times 1=1 ✓

2) Le produit.

p∗p^=p^×p^=sinc2 ⁣(ω2)\widehat{p*p}=\hat p\times\hat p=\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)
sinc×sinc=sinc2\boxed{\text{sinc} \times \text{sinc} = \text{sinc}^{2}}

3) La reconnaissance. A6 a établi que le triangle 1−∣t∣1-\lvert t\rvert sur ∣t∣<1\lvert t\rvert<1 a pour transformée

sinc2 ⁣(ω2)\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)
c’est EXACTEMENT le meˆme spectre\boxed{\text{c'est EXACTEMENT le même spectre}}

Donc, par injectivité :

p∗p=le triangle 1−∣t∣ sur ∣t∣<1\boxed{p*p=\text{le triangle } 1-\lvert t\rvert \text{ sur } \lvert t\rvert<1}

⚠️⚠️ L'ARGUMENT D'INJECTIVITÉ DOIT ÊTRE DIT. « Deux fonctions ont le même spectre, donc elles sont égales » suppose que la transformée est injective — ce qui est vrai (deux fonctions continues de même transformée coïncident), mais ce n'est pas une évidence.

sans l’injectiviteˊ, on n’a montreˊ qu’une COI¨NCIDENCE de spectres\boxed{\text{sans l'injectivité, on n'a montré qu'une COÏNCIDENCE de spectres}}

Ce que cela explique, rétrospectivement. A6 relevait deux faits sans les justifier :

fait observé en A6 expliqué maintenant
le spectre est positif partout c'est un carré
il décroît en 1ω2\frac1{\omega^2}, pas 1ω\frac1\omega c'est le carré de 1ω\frac1\omega
les deux tenaient aˋ la meˆme cause, et E2 la nomme\boxed{\text{les deux tenaient à la même cause, et E2 la nomme}}
La démonstration

1) La transformée de la porte de largeur 11.

p(t)=1 pour ∣t∣<12,0 sinonp(t)=1 \text{ pour } \lvert t\rvert<\dfrac12, \qquad 0 \text{ sinon}

Par A1 avec T=12T=\frac12 :

p^(ω)=2sin⁡(ω×12)ω=2sin⁡(ω/2)ω\hat p(\omega)=\dfrac{2\sin\left(\omega\times\frac12\right)}{\omega}=\dfrac{2\sin(\omega/2)}{\omega}

Et en faisant apparaître le sinus cardinal — on divise haut et bas par 22 :

p^(ω)=sin⁡(ω/2)ω/2=sinc ⁣(ω2)\hat p(\omega)=\dfrac{\sin(\omega/2)}{\omega/2}=\mathrm{sinc}\!\left(\dfrac\omega2\right)
p^(ω)=sinc ⁣(ω2)\boxed{\hat p(\omega)=\mathrm{sinc}\!\left(\dfrac\omega2\right)}

⚠️ Contrôle : p^(0)=1\hat p(0)=1, et ∫p=1\int p=1 ✓

2) Le théorème de convolution.

p∗p^(ω)=p^(ω)×p^(ω)=[sinc ⁣(ω2)]2=sinc2 ⁣(ω2)\widehat{p*p}(\omega)=\hat p(\omega)\times\hat p(\omega)=\left[\mathrm{sinc}\!\left(\dfrac\omega2\right)\right]^{2}=\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)

3) La reconnaissance et la conclusion.

A6 : le triangle Λ(t)=1−∣t∣\Lambda(t)=1-\lvert t\rvert sur ∣t∣<1\lvert t\rvert<1 a pour transformée sinc2 ⁣(ω2)\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\frac\omega2\right).

p∗p^=Λ^\widehat{p*p}=\hat\Lambda

Par injectivité de la transformée de Fourier sur les fonctions continues :

p∗p=Λ\boxed{p*p=\Lambda}

Le contrôle DIRECT — indispensable, parce qu'il rend le résultat concret.

⚠️ Calculons (p∗p)(t)(p*p)(t) à la main pour t=0t=0 :

(p∗p)(0)=∫p(u)p(−u) du=∫−1/21/21×1 du=1(p*p)(0)=\int p(u)p(-u)\,du=\int_{-1/2}^{1/2}1\times 1\,du=1

Et Λ(0)=1−0=1\Lambda(0)=1-0=1 ✓

Pour t=12t=\frac12 : les deux portes se chevauchent sur [0,12]\left[0,\frac12\right], de longueur 12\frac12 :

(p∗p) ⁣(12)=12etΛ ⁣(12)=1−12=12✓(p*p)\!\left(\dfrac12\right)=\dfrac12 \qquad\text{et}\qquad \Lambda\!\left(\dfrac12\right)=1-\dfrac12=\dfrac12 \quad\checkmark

Pour t=1t=1 : les portes ne se chevauchent plus :

(p∗p)(1)=0etΛ(1)=0✓(p*p)(1)=0 \qquad\text{et}\qquad \Lambda(1)=0 \quad\checkmark
la convolution de deux portes MESURE leur CHEVAUCHEMENT\boxed{\text{la convolution de deux portes MESURE leur CHEVAUCHEMENT}}

⚠️⚠️ C'est l'image géométrique à retenir : on glisse une porte sur l'autre, et l'on mesure la longueur commune. Elle vaut 11 quand elles coïncident, décroît linéairement, s'annule quand elles se séparent — d'où le triangle.

le triangle n’est pas une coı¨ncidence : c’est la forme du chevauchement\boxed{\text{le triangle n'est pas une coïncidence : c'est la forme du chevauchement}}

Les contrôles.

a) L'aire. ∫(p∗p)=(∫p)2=1\int(p*p)=\left(\int p\right)^{2}=1 (E1), et ∫Λ=2×12=1\int\Lambda=\frac{2\times 1}{2}=1 ✓

b) Le support. pp a un support de largeur 11, donc p∗pp*p a un support de largeur 22.

les SUPPORTS s’ADDITIONNENT dans une convolution\boxed{\text{les SUPPORTS s'ADDITIONNENT dans une convolution}}

Et le triangle 1−∣t∣1-\lvert t\rvert est bien de support [−1,1][-1,1], de largeur 22 ✓

⚠️ C'est un contrôle très efficace et souvent oublié — il attrape immédiatement une erreur d'échelle.

c) La régularité. pp est discontinue ; p∗pp*p est continue (le triangle).

la convolution GAGNE un cran de reˊgulariteˊ\boxed{\text{la convolution GAGNE un cran de régularité}}

ℹ️ Cohérent avec E1 (e−atue^{-at}u discontinue → te−atute^{-at}u continue) et avec les décroissances : 1ω\frac1\omega pour la porte, 1ω2\frac1{\omega^2} pour le triangle.

d) La positivité du spectre. sinc2≥0\mathrm{sinc}^{2}\geq 0 ✓ — et c'est un fait général :

f∗f^=(f^)2 est positif quand f^ est REˊEL\boxed{\widehat{f*f}=\left(\hat f\right)^{2} \ \text{est positif quand } \hat f \text{ est RÉEL}}

⚠️ A6 le constatait sans l'expliquer. Ici la cause est nommée : c'est un carré.

e) Le contrôle par une troisième convolution. p∗p∗pp*p*p aurait pour spectre sinc3\mathrm{sinc}^{3}, donc une décroissance en 1ω3\frac1{\omega^{3}} — et en temps, une courbe dérivable (des morceaux de paraboles).

chaque convolution suppleˊmentaire LISSE davantage\boxed{\text{chaque convolution supplémentaire LISSE davantage}}

ℹ️ En itérant, on tend vers une GAUSSIENNE — c'est le théorème central limite, dont c'est ici la version « signal ». Convoluer une distribution avec elle-même, encore et encore, la rend gaussienne.

Rappel de cours

LA STRATÉGIE — le théorème employé À L'ENVERS

transformer → multiplier → RECONNAIˆTRE\boxed{\text{transformer} \ \to \ \text{multiplier} \ \to \ \text{RECONNAÎTRE}}
On ne calcule AUCUNE intégrale de convolution.

LE CALCUL

p^(ω)=sinc ⁣(ω2)⟹p∗p^=sinc2 ⁣(ω2)=Λ^⟹p∗p=Λ\hat p(\omega)=\mathrm{sinc}\!\left(\dfrac\omega2\right) \quad\Longrightarrow\quad \widehat{p*p}=\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)=\hat\Lambda \quad\Longrightarrow\quad \boxed{p*p=\Lambda}

⚠️⚠️ L'ARGUMENT D'INJECTIVITÉ DOIT ÊTRE DIT « Même spectre donc mêmes fonctions » suppose la transformée injective. Sans lui, on n'a montré qu'une coïncidence de spectres.

⚠️⚠️ L'IMAGE GÉOMÉTRIQUE — à retenir

la convolution de deux portes MESURE leur CHEVAUCHEMENT\boxed{\text{la convolution de deux portes MESURE leur CHEVAUCHEMENT}}
On glisse une porte sur l'autre : longueur commune =1=1 quand elles coïncident, décroissance linéaire, nulle quand elles se séparent. Le triangle est la forme du chevauchement. Contrôles directs : (p∗p)(0)=1(p*p)(0)=1, (p∗p)(12)=12(p*p)(\frac12)=\frac12, (p∗p)(1)=0(p*p)(1)=0 ✓

CE QUE E2 EXPLIQUE DE A6

observé en A6 cause
spectre positif partout c'est un carré
décroissance 1ω2\frac1{\omega^2} carré de 1ω\frac1\omega

CONTRÔLES · aire : ∫(p∗p)=(∫p)2=1=∫Λ\int(p*p)=\left(\int p\right)^2=1=\int\Lambda ✓ ; · ⚠️ LES SUPPORTS S'ADDITIONNENT : largeur 1+1=21+1=2, et Λ\Lambda a bien un support de largeur 22 — contrôle efficace et souvent oublié ; · régularité : pp discontinue, p∗pp*p continue — la convolution gagne un cran.

ℹ️ p∗p∗pp*p*p donnerait sinc3\mathrm{sinc}^3, une courbe dérivable. En itérant, on tend vers une GAUSSIENNE — c'est le théorème central limite, version signal.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Se lancer dans le calcul de l'intégrale de convolution. L'énoncé demande explicitement de passer par les transformées.

⚠️⚠️ Omettre l'argument d'injectivité. Sans lui, on a montré que deux fonctions ont le même spectre — pas qu'elles sont égales.

⚠️ Se tromper dans p^\hat p. Pour une porte de largeur 1 (∣t∣<12\lvert t\rvert<\frac12), c'est sinc ⁣(ω2)\mathrm{sinc}\!\left(\frac\omega2\right) ; pour ∣t∣<1\lvert t\rvert<1, ce serait 2 sinc(ω)2\,\mathrm{sinc}(\omega).

Le contrôle : p^(0)\hat p(0) doit valoir l'aire de la porte.

⚠️ Écrire sinc2(ω)\mathrm{sinc}^2(\omega) au lieu de sinc2 ⁣(ω2)\mathrm{sinc}^2\!\left(\frac\omega2\right). L'argument est la moitié — même piège qu'en A6.

⚠️ Croire que le triangle a la même largeur que la porte. Les supports s'additionnent : 1+1=21+1=2.

⚠️ Croire que convoluer deux fonctions discontinues donne une fonction discontinue. La convolution régularise.

⚠️ Oublier de vérifier sur quelques points. (p∗p)(0)=1(p*p)(0)=1, (p∗p)(1)=0(p*p)(1)=0 : trois secondes, et cela rend le résultat concret.

⚠️ Ne pas voir que E2 explique A6. Positivité et décroissance doublée tenaient à la même cause — et A6 ne pouvait pas la nommer.

À retenir
p^(ω)=sinc ⁣(ω2) ⟹ p∗p^=sinc2 ⁣(ω2)=Λ^ ⟹ p∗p=Λ  (le triangle)\hat p(\omega)=\mathrm{sinc}\!\left(\dfrac\omega2\right) \ \Longrightarrow \ \widehat{p*p}=\mathrm{sinc}^{2}\!\left(\dfrac\omega2\right)=\hat\Lambda \ \Longrightarrow \ \boxed{p*p=\Lambda \ \text{ (le triangle)}}
transformer → multiplier → RECONNAIˆTRE\boxed{\text{transformer} \ \to \ \text{multiplier} \ \to \ \text{RECONNAÎTRE}}

⚠️⚠️ L'argument d'INJECTIVITÉ doit être dit — sinon on n'a montré qu'une coïncidence de spectres, pas une égalité de fonctions.

la convolution de deux portes MESURE leur CHEVAUCHEMENT\boxed{\text{la convolution de deux portes MESURE leur CHEVAUCHEMENT}}

On glisse une porte sur l'autre : 11 quand elles coïncident, décroissance linéaire, 00 quand elles se séparent. Le triangle est la forme du chevauchement — ce n'est pas une coïncidence.

Ce que E2 explique de A6 : le spectre est positif parce que c'est un carré, et il décroît en 1ω2\frac1{\omega^2} parce que c'est le carré de 1ω\frac1\omega. A6 constatait les deux sans pouvoir les nommer.

Contrôles : aire (produit des aires) · ⚠️ LES SUPPORTS S'ADDITIONNENT (1+1=21+1=2) — contrôle efficace et souvent oublié · (p∗p)(0)=1(p*p)(0)=1, (p∗p)(1)=0(p*p)(1)=0 · la convolution gagne un cran de régularité.

ℹ️ En itérant les convolutions, on tend vers une GAUSSIENNE — le théorème central limite, version signal.

Réponse. porte ∗* porte == triangle (sinc ×\times sinc == sinc²). (Recoupement : sympy vérifie (2sin⁡(ω/2)ω)2=2(1−cos⁡ω)ω2\big(\tfrac{2\sin(\omega/2)}\omega\big)^2=\tfrac{2(1-\cos\omega)}{\omega^2} ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Identité de Parseval

CalculDifficulté 3/5

Vérifier l'identité de Parseval-Plancherel sur f(t)=e−atu(t)f(t)=e^{-at}u(t) : calculer l'énergie dans le temps et en fréquence.

Indices (3)

Temps : ∫0+∞e−2atdt\displaystyle\int_0^{+\infty}e^{-2at}dt.

Fréquence : ∣f^∣2=1a2+ω2\lvert\hat f\rvert^2=\dfrac1{a^2+\omega^2}, puis 12π∫dωa2+ω2\dfrac1{2\pi}\displaystyle\int\dfrac{d\omega}{a^2+\omega^2}.

∫dωa2+ω2=πa\displaystyle\int\dfrac{d\omega}{a^2+\omega^2}=\dfrac\pi a.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'identité qui dit que la transformée de Fourier CONSERVE L'ÉNERGIE.

∫−∞+∞∣f(t)∣2 dt=12π∫−∞+∞∣f^(ω)∣2 dω\boxed{\int_{-\infty}^{+\infty}\lvert f(t)\rvert^{2}\,dt=\dfrac{1}{2\pi}\int_{-\infty}^{+\infty}\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2}\,d\omega}
l’eˊnergie se calcule INDIFFEˊREMMENT en temps ou en freˊquence\boxed{\text{l'énergie se calcule INDIFFÉREMMENT en temps ou en fréquence}}

⚠️⚠️ NE PAS OUBLIER LE 12π\frac{1}{2\pi}. Il est la conséquence de la convention choisie (A1) — dans une convention symétrique il disparaîtrait.

ℹ️ Ce que l'identité signifie physiquement : décomposer un signal en fréquences ne crée ni ne détruit d'énergie. Chaque fréquence en emporte une part, et la somme des parts fait le tout.

∣f^(ω)∣2 est la DENSITEˊ SPECTRALE D’EˊNERGIE\boxed{\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2} \ \text{est la DENSITÉ SPECTRALE D'ÉNERGIE}}

La vérification sur f(t)=e−atu(t)f(t)=e^{-at}u(t).

Côté TEMPS — direct :

∫0+∞(e−at)2dt=∫0+∞e−2at dt=[e−2at−2a]0∞=12a\int_{0}^{+\infty}\left(e^{-at}\right)^{2}dt=\int_{0}^{+\infty}e^{-2at}\,dt=\left[\dfrac{e^{-2at}}{-2a}\right]_{0}^{\infty}=\dfrac{1}{2a}

⚠️ L'exposant DOUBLE : ∣f∣2=e−2at\lvert f\rvert^{2}=e^{-2at}, donc l'intégrale vaut 12a\frac{1}{2a} et non 1a\frac1a.

Etemps=12a\boxed{E_{\text{temps}}=\dfrac{1}{2a}}

Côté FRÉQUENCE. On sait (A2) que f^=1a+iω\hat f=\frac{1}{a+i\omega}, donc

∣f^(ω)∣2=1a2+ω2\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2}=\dfrac{1}{a^{2}+\omega^{2}}

⚠️⚠️ Le module au carré d'un quotient : ∣1z∣2=1∣z∣2\left\lvert\frac1z\right\rvert^2=\frac{1}{\lvert z\rvert^2}, et ∣a+iω∣2=a2+ω2\lvert a+i\omega\rvert^{2}=a^{2}+\omega^{2}. Ne pas écrire (a+iω)2(a+i\omega)^2 — ce serait le carré, pas le module au carré.

12π∫−∞+∞dωa2+ω2=12π×πa=12a✓\dfrac{1}{2\pi}\int_{-\infty}^{+\infty}\dfrac{d\omega}{a^{2}+\omega^{2}}=\dfrac{1}{2\pi}\times\dfrac{\pi}{a}=\dfrac{1}{2a} \quad\checkmark

⚠️ L'intégrale ∫dωa2+ω2=πa\int\frac{d\omega}{a^2+\omega^2}=\frac\pi a est la primitive d'arctangente — à connaître, elle revient constamment.

Etemps=Efreˊquence=12a\boxed{E_{\text{temps}}=E_{\text{fréquence}}=\dfrac{1}{2a}}
La vérification

1) L'énergie dans le domaine temporel.

E=∫−∞+∞∣f(t)∣2dt=∫0+∞e−2at dtE=\int_{-\infty}^{+\infty}\lvert f(t)\rvert^{2}dt=\int_{0}^{+\infty}e^{-2at}\,dt

⚠️ L'échelon ramène à [0,+∞[[0,+\infty[, et le carré DOUBLE l'exposant.

E=[e−2at−2a]0+∞=0−(−12a)=12aE=\left[\dfrac{e^{-2at}}{-2a}\right]_{0}^{+\infty}=0-\left(-\dfrac{1}{2a}\right)=\dfrac{1}{2a}
Etemps=12a\boxed{E_{\text{temps}}=\dfrac{1}{2a}}

2) La densité spectrale.

f^(ω)=1a+iω(A2)\hat f(\omega)=\dfrac{1}{a+i\omega} \qquad\text{(A2)}
∣f^(ω)∣2=f^×f^‾=1a+iω×1a−iω=1(a+iω)(a−iω)\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2}=\hat f\times\overline{\hat f}=\dfrac{1}{a+i\omega}\times\dfrac{1}{a-i\omega}=\dfrac{1}{(a+i\omega)(a-i\omega)}
(a+iω)(a−iω)=a2+ω2\boxed{(a+i\omega)(a-i\omega)=a^{2}+\omega^{2}}

⚠️⚠️ Le ++ vient de −i2-i^{2} — c'est exactement l'identité d'A3, et écrire a2−ω2a^{2}-\omega^{2} est l'erreur récurrente du chapitre.

∣f^(ω)∣2=1a2+ω2\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2}=\dfrac{1}{a^{2}+\omega^{2}}

3) L'intégrale en fréquence.

12π∫−∞+∞dωa2+ω2\dfrac{1}{2\pi}\int_{-\infty}^{+\infty}\dfrac{d\omega}{a^{2}+\omega^{2}}

La primitive : ∫dωa2+ω2=1aarctan⁡ωa\displaystyle\int\dfrac{d\omega}{a^{2}+\omega^{2}}=\dfrac1a\arctan\dfrac\omega a

∫−∞+∞dωa2+ω2=1a[arctan⁡ωa]−∞+∞=1a(π2+π2)=πa\int_{-\infty}^{+\infty}\dfrac{d\omega}{a^{2}+\omega^{2}}=\dfrac1a\left[\arctan\dfrac\omega a\right]_{-\infty}^{+\infty}=\dfrac1a\left(\dfrac\pi2+\dfrac\pi2\right)=\dfrac{\pi}{a}
12π×πa=12a✓\dfrac{1}{2\pi}\times\dfrac{\pi}{a}=\dfrac{1}{2a} \quad\checkmark
PARSEVAL EST VEˊRIFIEˊ : 12a=12a\boxed{\text{PARSEVAL EST VÉRIFIÉ} \ : \ \dfrac{1}{2a}=\dfrac{1}{2a}}

Les contrôles.

a) Les deux voies n'ont RIEN en commun. L'une intègre une exponentielle sur [0,∞[[0,\infty[, l'autre une fraction rationnelle sur R\mathbb R — et les deux donnent 12a\frac{1}{2a}.

c’est le controˆle le plus fort qui soit : aucune hypotheˋse partageˊe\boxed{\text{c'est le contrôle le plus fort qui soit} \ : \ \text{aucune hypothèse partagée}}

b) Le contrôle dimensionnel. Si ff est en volts et tt en secondes :

  • ∫∣f∣2dt\int\lvert f\rvert^{2}dt est en V²·s ;
  • f^\hat f est en V·s, donc ∣f^∣2\lvert\hat f\rvert^{2} en V²·s², et ∫∣f^∣2dω\int\lvert\hat f\rvert^{2}d\omega en V²·s²·s−1=^{-1}= V²·s ✓
les deux membres sont bien une EˊNERGIE\boxed{\text{les deux membres sont bien une ÉNERGIE}}

⚠️ Ce contrôle ne voit pas le 12π\frac1{2\pi}, qui est sans dimension : c'est l'égalité des deux nombres (a) qui le valide.

c) Le contrôle par le comportement en aa.

E=12adeˊcroıˆt quand a croıˆtE=\dfrac{1}{2a} \qquad\text{décroît quand } a \text{ croît}

ℹ️ Cohérent : un aa grand donne un signal qui s'éteint vite, donc de faible énergie. ✓

d) Le contrôle par la répartition de l'énergie. Quelle fraction de l'énergie est en dessous de ω=a\omega=a ?

12π∫−aadωa2+ω2=12π×1a×2arctan⁡1=12πa×π2=14a\dfrac{1}{2\pi}\int_{-a}^{a}\dfrac{d\omega}{a^{2}+\omega^{2}}=\dfrac{1}{2\pi}\times\dfrac1a\times 2\arctan 1=\dfrac{1}{2\pi a}\times\dfrac{\pi}{2}=\dfrac{1}{4a}
1/(4a)1/(2a)=12\boxed{\dfrac{1/(4a)}{1/(2a)}=\dfrac12}

⚠️⚠️ La MOITIÉ de l'énergie est en dessous de ω=a\omega=a — c'est-à-dire en dessous de la fréquence de coupure du filtre RC correspondant (D5). Un fait remarquable, et un excellent contrôle.

e) Le lien avec la version discrète. C1 employait

∑n∣xn∣2=1N∑k∣Xk∣2\sum_{n}\lvert x_{n}\rvert^{2}=\dfrac1N\sum_{k}\lvert X_{k}\rvert^{2}
meˆme identiteˊ, 1N jouant le roˆle de 12π\boxed{\text{même identité, } \tfrac1N \text{ jouant le rôle de } \tfrac1{2\pi}}

ℹ️ Les deux facteurs ont la même origine : ils compensent l'absence de normalisation dans la transformée directe.

f) Ce que Parseval permet, et qui est son usage principal.

calculer une inteˊgrale DIFFICILE par la voie facile\boxed{\text{calculer une intégrale DIFFICILE par la voie facile}}

Exemple : ∫−∞+∞dωa2+ω2\displaystyle\int_{-\infty}^{+\infty}\dfrac{d\omega}{a^{2}+\omega^{2}} se calcule ici sans arctangente, en partant du côté temporel :

∫dωa2+ω2=2π×12a=πa\int\dfrac{d\omega}{a^{2}+\omega^{2}}=2\pi\times\dfrac{1}{2a}=\dfrac{\pi}{a}

⚠️ On a retrouvé la valeur de l'intégrale par une exponentielle — c'est l'usage le plus courant de Parseval en exercice, et E4 le refera sur une gaussienne.

Rappel de cours

⚠️⚠️ IDENTITÉ DE PARSEVAL-PLANCHEREL

∫∣f(t)∣2dt=12π∫∣f^(ω)∣2dω\boxed{\int\lvert f(t)\rvert^{2}dt=\dfrac{1}{2\pi}\int\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2}d\omega}
L'énergie se calcule indifféremment en temps ou en fréquence. ⚠️ NE PAS OUBLIER LE 12π\frac1{2\pi} — conséquence de la convention (A1).

∣f^(ω)∣2 est la DENSITEˊ SPECTRALE D’EˊNERGIE\boxed{\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2} \ \text{est la DENSITÉ SPECTRALE D'ÉNERGIE}}

LA VÉRIFICATION sur e−atu(t)e^{-at}u(t)

temps: ∫0∞e−2atdt=12afreˊquence: 12π×πa=12a✓\text{temps} : \ \int_{0}^{\infty}e^{-2at}dt=\dfrac{1}{2a} \qquad\qquad \text{fréquence} : \ \dfrac1{2\pi}\times\dfrac\pi a=\dfrac{1}{2a} \quad\checkmark
⚠️ Le carré DOUBLE l'exposant : 12a\frac1{2a}, pas 1a\frac1a. ⚠️⚠️ ∣f^∣2=1a2+ω2\lvert\hat f\rvert^{2}=\dfrac{1}{a^{2}+\omega^{2}} — le ++ vient de (a+iω)(a−iω)(a+i\omega)(a-i\omega). Ne pas écrire (a+iω)2(a+i\omega)^2 : c'est le carré, pas le module au carré. ℹ️ ∫dωa2+ω2=πa\int\frac{d\omega}{a^2+\omega^2}=\frac\pi a — primitive d'arctangente, à connaître.

CONTRÔLES · ⚠️ les deux voies n'ont RIEN en commun (exponentielle sur [0,∞[[0,\infty[ / fraction rationnelle sur R\mathbb R) — le contrôle le plus fort possible ; · dimension : les deux membres sont en V²·s ✓ — mais ne voit pas le 12π\frac1{2\pi}, sans dimension ; · E=12aE=\frac1{2a} décroît avec aa : un signal qui s'éteint vite a peu d'énergie ; · ⚠️⚠️ la MOITIÉ de l'énergie est sous ω=a\omega=a — la coupure du RC correspondant (D5).

LIEN AVEC LA VERSION DISCRÈTE (C1)

∑n∣xn∣2=1N∑k∣Xk∣21N joue le roˆle de 12π\sum_{n}\lvert x_n\rvert^2=\dfrac1N\sum_k\lvert X_k\rvert^2 \qquad \tfrac1N \text{ joue le rôle de } \tfrac1{2\pi}

USAGE PRINCIPAL: calculer une inteˊgrale DIFFICILE par la voie facile\boxed{\text{USAGE PRINCIPAL} : \ \text{calculer une intégrale DIFFICILE par la voie facile}}

Ici ∫dωa2+ω2=2π×12a=πa\int\frac{d\omega}{a^2+\omega^2}=2\pi\times\frac1{2a}=\frac\pi a, sans arctangente.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier le 12π\frac{1}{2\pi}. Le résultat serait faux d'un facteur 2π2\pi — et le contrôle dimensionnel ne l'attrape pas (il est sans dimension).

Le contrôle : les deux voies doivent donner le même nombre.

⚠️⚠️ Écrire ∣f^∣2=1(a+iω)2\lvert\hat f\rvert^{2}=\frac{1}{(a+i\omega)^{2}}. C'est le carré, pas le module au carré : il faut f^×f^‾=1a2+ω2\hat f\times\overline{\hat f}=\frac{1}{a^2+\omega^2}.

⚠️ Écrire a2−ω2a^{2}-\omega^{2}. Le ++ vient de −i2-i^2 — erreur récurrente du chapitre (A3).

⚠️ Oublier que le carré double l'exposant. (e−at)2=e−2at\left(e^{-at}\right)^2=e^{-2at}, donc 12a\frac1{2a} et non 1a\frac1a.

Le contrôle : f^(0)=1a\hat f(0)=\frac1a est l'aire, pas l'énergie. Ce sont deux quantités différentes.

⚠️ Confondre ∫f\int f et ∫∣f∣2\int\lvert f\rvert^{2}. La première est l'aire (le contrôle universel), la seconde l'énergie.

⚠️ Oublier l'échelon et intégrer de −∞-\infty à +∞+\infty : l'intégrale divergerait.

⚠️ Ne pas connaître ∫dωa2+ω2=πa\int\frac{d\omega}{a^2+\omega^2}=\frac\pi a. Elle revient constamment.

⚠️ Ne pas voir l'usage pratique : Parseval sert surtout à calculer des intégrales difficiles, pas seulement à les vérifier.

À retenir
∫∣f(t)∣2dt=12π∫∣f^(ω)∣2dω∣f^∣2=densiteˊ spectrale d’eˊnergie\boxed{\int\lvert f(t)\rvert^{2}dt=\dfrac{1}{2\pi}\int\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2}d\omega} \qquad\qquad \boxed{\lvert\hat f\rvert^{2} = \text{densité spectrale d'énergie}}
f=e−atu(t) :∫0∞e−2atdt⏟temps=12a=12π×πa⏟freˊquence=12a✓f=e^{-at}u(t) \ : \quad \underbrace{\int_{0}^{\infty}e^{-2at}dt}_{\text{temps}}=\dfrac{1}{2a} \qquad = \qquad \underbrace{\dfrac1{2\pi}\times\dfrac\pi a}_{\text{fréquence}}=\dfrac{1}{2a} \quad\checkmark

⚠️⚠️ Ne pas oublier le 12π\frac1{2\pi} — et le contrôle dimensionnel ne l'attrape pas.

⚠️⚠️ ∣f^∣2=f^f^‾=1a2+ω2\lvert\hat f\rvert^{2}=\hat f\overline{\hat f}=\frac{1}{a^{2}+\omega^{2}} — c'est le module au carré, pas le carré. Le ++ vient de −i2-i^2.

⚠️ Le carré DOUBLE l'exposant : 12a\frac1{2a}, pas 1a\frac1a. Et f^(0)=1a\hat f(0)=\frac1a est l'aire, pas l'énergie — deux quantités différentes.

Contrôles : ⚠️ les deux voies n'ont rien en commun — c'est le contrôle le plus fort possible · dimension (V²·s des deux côtés) · EE décroît avec aa · ⚠️⚠️ la MOITIÉ de l'énergie est sous ω=a\omega=a, la coupure du RC (D5).

Version discrète (C1) : ∑∣xn∣2=1N∑∣Xk∣2\sum\lvert x_n\rvert^2=\frac1N\sum\lvert X_k\rvert^2 — 1N\frac1N joue le rôle de 12π\frac1{2\pi}.

USAGE PRINCIPAL: calculer une inteˊgrale DIFFICILE par la voie facile\boxed{\text{USAGE PRINCIPAL} : \ \text{calculer une intégrale DIFFICILE par la voie facile}}

Ici ∫dωa2+ω2=2π×12a=πa\int\frac{d\omega}{a^2+\omega^2}=2\pi\times\frac1{2a}=\frac\pi a, sans arctangente.

Réponse. Les deux énergies valent 12a\dfrac1{2a} (Parseval vérifié). (Recoupement : sympy donne 12a\tfrac1{2a} dans le temps ET en fréquence ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Densité spectrale d'énergie

ApplicationDifficulté 3/5

Pour f(t)=e−t2f(t)=e^{-t^2} (transformée f^(ω)=π e−ω2/4\hat f(\omega)=\sqrt\pi\,e^{-\omega^2/4}), calculer l'énergie totale ∫∣f∣2\int\lvert f\rvert^2 et vérifier Parseval.

Indices (3)

∫e−2t2dt=π/2\displaystyle\int e^{-2t^2}dt=\sqrt{\pi/2} (Gauss).

∣f^∣2=πe−ω2/2\lvert\hat f\rvert^2=\pi e^{-\omega^2/2}.

12π∫πe−ω2/2dω\dfrac1{2\pi}\displaystyle\int\pi e^{-\omega^2/2}d\omega.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Parseval sur une gaussienne — et c'est le cas où les deux voies sont d'égale difficulté, ce qui rend la vérification particulièrement propre.

f(t)=e−t2f^(ω)=π e−ω2/4f(t)=e^{-t^{2}} \qquad\qquad \hat f(\omega)=\sqrt\pi\,e^{-\omega^{2}/4}

⚠️ Cette transformée a été obtenue DEUX FOIS : annoncée en A4, puis retrouvée en B3 par changement d'échelle depuis e−t2/2e^{-t^2/2}. Elle n'est donc pas à recalculer.

Côté TEMPS.

E=∫−∞+∞(e−t2)2dt=∫−∞+∞e−2t2 dtE=\int_{-\infty}^{+\infty}\left(e^{-t^{2}}\right)^{2}dt=\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-2t^{2}}\,dt

⚠️⚠️ Le carré double l'exposant : e−2t2e^{-2t^2}, pas e−t2e^{-t^2} ni e−t4e^{-t^4}.

On se ramène à l'intégrale de Gauss admise en A4 :

∫−∞+∞e−t2/2 dt=2π\boxed{\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-t^{2}/2}\,dt=\sqrt{2\pi}}

Par changement de variable — il faut faire apparaître s22\frac{s^2}{2} à l'exposant, donc poser s=2ts=2t :

2t2=(2t)22=s22dt=ds22t^{2}=\dfrac{(2t)^{2}}{2}=\dfrac{s^{2}}{2} \qquad\qquad dt=\dfrac{ds}{2}
E=∫e−s2/2ds2=2π2E=\int e^{-s^{2}/2}\dfrac{ds}{2}=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}
Etemps=2π2=π2≈1,2533\boxed{E_{\text{temps}}=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}=\sqrt{\dfrac{\pi}{2}}\approx 1{,}2533}

⚠️ Les deux écritures sont égales : 2π2=2π2=π2=π2\frac{\sqrt{2\pi}}{2}=\frac{\sqrt{2}\sqrt\pi}{2}=\frac{\sqrt\pi}{\sqrt2}=\sqrt{\frac\pi2} ✓

Côté FRÉQUENCE.

∣f^(ω)∣2=(π e−ω2/4)2=π e−ω2/2\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2}=\left(\sqrt\pi\,e^{-\omega^{2}/4}\right)^{2}=\pi\,e^{-\omega^{2}/2}

⚠️⚠️ DEUX carrés à ne pas rater : celui du π\sqrt\pi (qui donne π\pi) et celui de l'exponentielle (qui double l'exposant : ω24→ω22\frac{\omega^2}{4}\to\frac{\omega^2}{2}).

12π∫π e−ω2/2dω=π2π×2π=2π2\dfrac{1}{2\pi}\int\pi\,e^{-\omega^{2}/2}d\omega=\dfrac{\pi}{2\pi}\times\sqrt{2\pi}=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}
Efreˊquence=2π2✓\boxed{E_{\text{fréquence}}=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2} \quad\checkmark}

ℹ️ Ici l'intégrale de Gauss tombe DIRECTEMENT, sans changement de variable — parce que l'exposant est déjà ω22\frac{\omega^2}{2}. C'est ce qui rend la voie fréquentielle légèrement plus courte.

La vérification

1) L'énergie en temps.

E=∫−∞+∞e−2t2 dtE=\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-2t^{2}}\,dt

Changement de variable s=2ts=2t, soit t=s2t=\frac s2 et dt=ds2dt=\frac{ds}{2} :

⚠️ Vérifions l'exposant : −2t2=−2(s2)2=−2×s24=−s22-2t^{2}=-2\left(\frac s2\right)^{2}=-2\times\frac{s^{2}}{4}=-\dfrac{s^{2}}{2} ✓

E=∫−∞+∞e−s2/2 ds2=12∫e−s2/2ds=2π2E=\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-s^{2}/2}\,\dfrac{ds}{2}=\dfrac12\int e^{-s^{2}/2}ds=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}
Etemps=2π2≈1,2533\boxed{E_{\text{temps}}=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}\approx 1{,}2533}

⚠️ Les bornes sont inchangées : s=2ts=2t est croissante, donc t→±∞t\to\pm\infty donne s→±∞s\to\pm\infty. Pas de retournement, contrairement à B3 où aa pouvait être négatif.

2) L'énergie en fréquence.

∣f^(ω)∣2=π e−ω2/2\lvert\hat f(\omega)\rvert^{2}=\pi\,e^{-\omega^{2}/2}

⚠️ f^\hat f est RÉELLE (la gaussienne est paire), donc ∣f^∣2=f^2\lvert\hat f\rvert^{2}=\hat f^{2} — pas besoin de conjuguer ici, contrairement à E3.

12π∫−∞+∞π e−ω2/2 dω=π2π∫e−ω2/2dω=12×2π\dfrac{1}{2\pi}\int_{-\infty}^{+\infty}\pi\,e^{-\omega^{2}/2}\,d\omega=\dfrac{\pi}{2\pi}\int e^{-\omega^{2}/2}d\omega=\dfrac12\times\sqrt{2\pi}
Efreˊquence=2π2✓\boxed{E_{\text{fréquence}}=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2} \quad\checkmark}
PARSEVAL EST VEˊRIFIEˊ\boxed{\text{PARSEVAL EST VÉRIFIÉ}}

Les contrôles.

a) La forme simplifiée.

2π2=2π4=π2≈1,2533\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}=\sqrt{\dfrac{2\pi}{4}}=\sqrt{\dfrac\pi2}\approx 1{,}2533

⚠️ Les deux écritures sont équivalentes ; il vaut mieux savoir passer de l'une à l'autre, les tables employant tantôt l'une, tantôt l'autre.

b) Le contrôle par l'encadrement. La fonction e−2t2e^{-2t^{2}} vaut 11 en 00 et décroît vite. Son intégrale doit être de l'ordre de l'unité — et 1,25331{,}2533 l'est ✓

ℹ️ Plus précisément : e−2t2≤e−t2e^{-2t^2}\leq e^{-t^2} pour ∣t∣≥1\lvert t\rvert\geq 1… mais aussi pour tout t≠0t\neq 0. Donc E<∫e−t2dt=π≈1,7725E<\int e^{-t^2}dt=\sqrt\pi\approx 1{,}7725 ✓

1,2533<1,7725✓\boxed{1{,}2533<1{,}7725 \quad\checkmark}

c) Le contrôle par la formule générale. Pour f=e−αt2f=e^{-\alpha t^{2}} :

∫e−2αt2dt=π2α\int e^{-2\alpha t^{2}}dt=\sqrt{\dfrac{\pi}{2\alpha}}

Pour α=1\alpha=1 : π2\sqrt{\frac\pi2} ✓

⚠️ Ce contrôle en α\alpha vérifie l'EXPOSANT, ce qu'un cas particulier ne fait pas — c'est le réflexe de B3 et de C4 du chapitre précédent.

d) Le contrôle de cohérence avec A4. Pour g=e−t2/2g=e^{-t^{2}/2}, dont g^=2πe−ω2/2\hat g=\sqrt{2\pi}e^{-\omega^2/2} :

Etemps=∫e−t2dt=πE_{\text{temps}}=\int e^{-t^{2}}dt=\sqrt\pi
Efreˊq=12π∫2π e−ω2dω=∫e−ω2dω=π✓E_{\text{fréq}}=\dfrac{1}{2\pi}\int 2\pi\,e^{-\omega^{2}}d\omega=\int e^{-\omega^2}d\omega=\sqrt\pi \quad\checkmark
Parseval tient aussi sur l’autre gaussienne\boxed{\text{Parseval tient aussi sur l'autre gaussienne}}

ℹ️ Et c'est particulièrement net ici : la gaussienne étant autoréciproque, les deux intégrales sont littéralement la même, à 12π\frac{1}{2\pi} et 2π2\pi près qui se compensent.

e) Le contrôle par la largeur spectrale.

⚠️⚠️ f=e−t2f=e^{-t^{2}} a une « largeur » de l'ordre de 11 en temps ; f^=πe−ω2/4\hat f=\sqrt\pi e^{-\omega^{2}/4} a une largeur de l'ordre de 22 en ω\omega.

signal RESSERREˊ ⟺ spectre EˊLARGI — B3, encore\boxed{\text{signal RESSERRÉ} \ \Longleftrightarrow \ \text{spectre ÉLARGI} \ — \ \text{B3, encore}}

Comparons à e−t2/2e^{-t^2/2}, 2\sqrt2 fois plus étalée en temps : son spectre en e−ω2/2e^{-\omega^2/2} est 2\sqrt2 fois plus étroit ✓

f) L'usage de Parseval, comme en E3. L'identité permet de calculer ∫e−ω2/2dω\int e^{-\omega^{2}/2}d\omega en partant du temps :

∫e−ω2/2dω=2ππ×2π2=2π\int e^{-\omega^{2}/2}d\omega=\dfrac{2\pi}{\pi}\times\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}=\sqrt{2\pi}

⚠️ On retombe sur l'intégrale de Gauss — cohérent, mais circulaire ici, puisqu'on s'en était servi pour l'obtenir.

sur une gaussienne, les deux voies utilisent la MEˆME inteˊgrale de Gauss\boxed{\text{sur une gaussienne, les deux voies utilisent la MÊME intégrale de Gauss}}

ℹ️ C'est une limite honnête de cette vérification, et il faut la dire : contrairement à E3, où les deux voies étaient indépendantes (exponentielle contre arctangente), ici elles partagent leur ingrédient. La vérification est correcte, mais moins probante que celle d'E3.

Rappel de cours

PARSEVAL SUR LA GAUSSIENNE

f=e−t2f^=π e−ω2/4(A4, retrouveˊe en B3)f=e^{-t^{2}} \qquad \hat f=\sqrt\pi\,e^{-\omega^{2}/4} \qquad\text{(A4, retrouvée en B3)}
E=2π2=π2≈1,2533des DEUX coˆteˊs\boxed{E=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}=\sqrt{\dfrac\pi2}\approx 1{,}2533 \quad\text{des DEUX côtés}}

CÔTÉ TEMPS

∫e−2t2dt → s=2t  12∫e−s2/2ds=2π2\int e^{-2t^{2}}dt \ \xrightarrow{\ s=2t\ } \ \dfrac12\int e^{-s^{2}/2}ds=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}
⚠️ Le carré DOUBLE l'exposant. Vérifier : −2(s2)2=−s22-2\left(\frac s2\right)^2=-\frac{s^2}{2} ✓

CÔTÉ FRÉQUENCE

∣f^∣2=π e−ω2/2⟹12π×π×2π=2π2\lvert\hat f\rvert^{2}=\pi\,e^{-\omega^{2}/2} \qquad\Longrightarrow\qquad \dfrac{1}{2\pi}\times\pi\times\sqrt{2\pi}=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}
⚠️⚠️ DEUX carrés : celui du π\sqrt\pi et celui de l'exponentielle (ω24→ω22\frac{\omega^2}{4}\to\frac{\omega^2}{2}). ⚠️ f^\hat f est réelle (gaussienne paire) : pas besoin de conjuguer, contrairement à E3.

CONTRÔLES · 2π2=π2\frac{\sqrt{2\pi}}{2}=\sqrt{\frac\pi2} — savoir passer d'une écriture à l'autre ; · encadrement : E<∫e−t2=π≈1,7725E<\int e^{-t^2}=\sqrt\pi\approx 1{,}7725 ✓ ; · formule générale ∫e−2αt2dt=π2α\int e^{-2\alpha t^2}dt=\sqrt{\frac{\pi}{2\alpha}} — vérifie l'EXPOSANT, ce qu'un cas particulier ne fait pas ; · largeur : temps ≈1\approx 1, spectre ≈2\approx 2 — B3, encore.

⚠️⚠️ LA LIMITE HONNÊTE DE CETTE VÉRIFICATION

sur une gaussienne, les DEUX voies utilisent la MEˆME inteˊgrale de Gauss\boxed{\text{sur une gaussienne, les DEUX voies utilisent la MÊME intégrale de Gauss}}
Contrairement à E3, où elles étaient indépendantes (exponentielle contre arctangente). La vérification est correcte, mais moins probante.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier de doubler l'exposant. (e−t2)2=e−2t2\left(e^{-t^2}\right)^2=e^{-2t^2}, et non e−t2e^{-t^2} ni e−t4e^{-t^4}.

⚠️⚠️ Oublier de mettre le π\sqrt\pi au carré. ∣f^∣2=π e−ω2/2\lvert\hat f\rvert^2=\pi\,e^{-\omega^2/2} — le facteur devient π\pi, pas π\sqrt\pi.

Le contrôle : sans lui, les deux voies ne concordent pas.

⚠️ Se tromper dans le changement de variable. Avec s=2ts=2t, il faut vérifier que −2t2-2t^2 devient bien −s22-\frac{s^2}{2}.

⚠️ Oublier le ds2\frac{ds}{2}. dt=ds2dt=\frac{ds}{2}, et ce facteur donne la moitié du résultat.

⚠️ Oublier le 12π\frac{1}{2\pi} de Parseval.

⚠️ Conjuguer inutilement. Ici f^\hat f est réelle ; ∣f^∣2=f^2\lvert\hat f\rvert^2=\hat f^2 suffit.

⚠️ Croire que 2π2\frac{\sqrt{2\pi}}{2} et π2\sqrt{\frac\pi2} diffèrent. Ce sont le même nombre.

⚠️ Présenter cette vérification comme aussi forte que celle d'E3. Elle ne l'est pas : les deux voies partagent l'intégrale de Gauss. Le dire est plus honnête que de le taire.

À retenir
f=e−t2,f^=π e−ω2/4⟹E=2π2=π2≈1,2533  des deux coˆteˊsf=e^{-t^{2}}, \quad \hat f=\sqrt\pi\,e^{-\omega^{2}/4} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{E=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}=\sqrt{\dfrac\pi2}\approx 1{,}2533 \ \text{ des deux côtés}}
temps: ∫e−2t2dt→s=2t2π2freˊq.: 12π∫πe−ω2/2dω=2π2\text{temps} : \ \int e^{-2t^{2}}dt \xrightarrow{s=2t} \dfrac{\sqrt{2\pi}}{2} \qquad\qquad \text{fréq.} : \ \dfrac{1}{2\pi}\int\pi e^{-\omega^{2}/2}d\omega=\dfrac{\sqrt{2\pi}}{2}

⚠️⚠️ Le carré DOUBLE l'exposant, et côté fréquence il y a DEUX carrés : celui du π\sqrt\pi (qui donne π\pi) et celui de l'exponentielle (ω24→ω22\frac{\omega^2}{4}\to\frac{\omega^2}{2}).

⚠️ f^\hat f est RÉELLE (gaussienne paire) : pas besoin de conjuguer, contrairement à E3.

Contrôles : 2π2=π2\frac{\sqrt{2\pi}}{2}=\sqrt{\frac\pi2} — le même nombre · encadrement E<πE<\sqrt\pi · formule générale ∫e−2αt2dt=π2α\int e^{-2\alpha t^2}dt=\sqrt{\frac{\pi}{2\alpha}}, qui vérifie l'exposant · largeur temps ≈1\approx 1 contre spectre ≈2\approx 2 (B3).

LA LIMITE HONNEˆTE: les deux voies utilisent la MEˆME inteˊgrale de Gauss\boxed{\text{LA LIMITE HONNÊTE} : \ \text{les deux voies utilisent la MÊME intégrale de Gauss}}

⚠️⚠️ Contrairement à E3, où elles étaient indépendantes (exponentielle contre arctangente). La vérification est correcte, mais moins probante — et le dire vaut mieux que le taire.

Réponse. E=π/2E=\sqrt{\pi/2} dans les deux domaines (Parseval). (Recoupement : sympy confirme π/2\sqrt{\pi/2} des deux côtés ; ∣f^∣2\lvert\hat f\rvert^2 = densité spectrale d'énergie ✓)
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Du signal périodique au spectre continu

DémonstrationDifficulté 3/5

Expliquer le lien entre série de Fourier (signal périodique) et transformée (signal quelconque) : que devient le spectre d'un signal TT-périodique ?

Indices (3)

Un signal TT-périodique se décompose en harmoniques nω0n\omega_0, ω0=2πT\omega_0=\tfrac{2\pi}T.

Son spectre est donc discret (des raies).

La TF d'une seule période donne les coefficients.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La question qui relie les deux chapitres de Fourier — et la réponse tient en une image : le spectre passe du DISCRET au CONTINU.

signal T-PEˊRIODIQUE ⟶ SEˊRIE de Fourier ⟶ spectre de RAIES\boxed{\text{signal } T\text{-PÉRIODIQUE} \ \longrightarrow \ \text{SÉRIE de Fourier} \ \longrightarrow \ \text{spectre de RAIES}}
signal QUELCONQUE ⟶ TRANSFORMEˊE ⟶ spectre CONTINU\boxed{\text{signal QUELCONQUE} \ \longrightarrow \ \text{TRANSFORMÉE} \ \longrightarrow \ \text{spectre CONTINU}}

Le tableau complet, qui est la réponse à l'énoncé :

série de Fourier transformée de Fourier
signal TT-périodique quelconque (intégrable)
spectre raies en nω0n\omega_{0} fonction continue de ω\omega
indice n∈Zn\in\mathbb Z (discret) ω∈R\omega\in\mathbb R (continu)
coefficients cn=1T∫Tf(t)e−inω0tdtc_{n}=\frac1T\int_{T}f(t)e^{-in\omega_{0}t}dt f^(ω)=∫Rf(t)e−iωtdt\hat f(\omega)=\int_{\mathbb R}f(t)e^{-i\omega t}dt
reconstruction f=∑ncneinω0tf=\sum_{n}c_{n}e^{in\omega_{0}t} f=12π∫f^ eiωtdωf=\frac{1}{2\pi}\int\hat f\,e^{i\omega t}d\omega
ω0=2πT : la pulsation FONDAMENTALE\boxed{\omega_{0}=\dfrac{2\pi}{T} \ : \ \text{la pulsation FONDAMENTALE}}

⚠️⚠️ Le passage de l'un à l'autre se fait en faisant TENDRE TT VERS L'INFINI, et c'est cela qu'il faut savoir raconter.

l’eˊcart entre deux raies vaut Δω=ω0=2πT\boxed{\text{l'écart entre deux raies vaut } \Delta\omega=\omega_{0}=\dfrac{2\pi}{T}}

Quand TT grandit :

  • les raies se RAPPROCHENT (Δω→0\Delta\omega\to 0) ;
  • elles finissent par former un CONTINUUM ;
  • la somme ∑n\sum_{n} devient une intégrale ∫dω\int d\omega.
un signal non peˊriodique est un signal de peˊriode INFINIE\boxed{\text{un signal non périodique est un signal de période INFINIE}}

ℹ️ C'est la meilleure façon de retenir le lien : la transformée n'est pas un autre outil, c'est la série de Fourier à la limite T→∞T\to\infty.

⚠️ Et l'on retrouve exactement la situation de C6 : là, Δf=1Tobs\Delta f=\frac{1}{T_{\text{obs}}} était la résolution ; ici Δω=2πT\Delta\omega=\frac{2\pi}{T} est l'écart entre raies. C'est la même quantité, et le même principe d'incertitude.

Le lien, en détail

1) Ce qu'est le spectre d'un signal périodique.

Un signal TT-périodique se décompose en série de Fourier :

f(t)=∑n=−∞+∞cn einω0tavec ω0=2πTf(t)=\sum_{n=-\infty}^{+\infty}c_{n}\,e^{in\omega_{0}t} \qquad\text{avec } \omega_{0}=\dfrac{2\pi}{T}
il ne contient QUE les multiples de ω0\boxed{\text{il ne contient QUE les multiples de } \omega_{0}}

⚠️⚠️ Rien entre les harmoniques. Le spectre est une suite de raies, espacées de ω0\omega_{0}, et d'amplitudes cnc_{n}.

ℹ️ C'est pourquoi une note de musique a un timbre : la fondamentale et ses harmoniques, en proportions caractéristiques de l'instrument.

2) Ce que devient ce spectre quand TT grandit.

TT ω0=2πT\omega_{0}=\frac{2\pi}{T} spectre
11 s 2π2\pi rad/s raies très espacées
1010 s 0,2π0{,}2\pi raies dix fois plus serrées
→∞\to\infty →0\to 0 continuum
les raies se DENSIFIENT jusqu’aˋ se fondre en une courbe\boxed{\text{les raies se DENSIFIENT jusqu'à se fondre en une courbe}}

3) Le lien quantitatif — celui qu'il faut savoir écrire.

Si ff est nulle hors d'une période, on a

cn=1T∫−T/2T/2f(t)e−inω0tdt=1T f^ ⁣(nω0)c_{n}=\dfrac1T\int_{-T/2}^{T/2}f(t)e^{-in\omega_{0}t}dt=\dfrac1T\,\hat f\!\left(n\omega_{0}\right)
cn=f^(nω0)T\boxed{c_{n}=\dfrac{\hat f(n\omega_{0})}{T}}

⚠️⚠️ LES COEFFICIENTS DE FOURIER SONT DES ÉCHANTILLONS DE LA TRANSFORMÉE, pris tous les ω0\omega_{0}, divisés par TT.

ℹ️ C'est le fait central du lien, et il éclaire tout : périodiser un signal en temps revient à échantillonner son spectre en fréquence.

PEˊRIODISER en temps ⟺ EˊCHANTILLONNER en freˊquence\boxed{\text{PÉRIODISER en temps} \ \Longleftrightarrow \ \text{ÉCHANTILLONNER en fréquence}}

⚠️⚠️ C'est le MIROIR exact de D1, qui disait : échantillonner en temps ⟺\Longleftrightarrow périodiser en fréquence.

les deux eˊnonceˊs sont DUAUX l’un de l’autre (B6)\boxed{\text{les deux énoncés sont DUAUX l'un de l'autre (B6)}}

4) Pourquoi la somme devient une intégrale.

Écrivons la reconstruction :

f(t)=∑ncneinω0t=∑nf^(nω0)Teinω0tf(t)=\sum_{n}c_{n}e^{in\omega_{0}t}=\sum_{n}\dfrac{\hat f(n\omega_{0})}{T}e^{in\omega_{0}t}

Et remplaçons 1T\frac1T par ω02π\frac{\omega_{0}}{2\pi} :

f(t)=12π∑nf^(nω0) einω0t ω0⏟=Δωf(t)=\dfrac{1}{2\pi}\sum_{n}\hat f(n\omega_{0})\,e^{in\omega_{0}t}\,\underbrace{\omega_{0}}_{=\Delta\omega}
c’est une SOMME DE RIEMANN de pas Δω\boxed{\text{c'est une SOMME DE RIEMANN de pas } \Delta\omega}

Quand T→∞T\to\infty, Δω→0\Delta\omega\to 0 et la somme converge vers l'intégrale :

f(t)=12π∫−∞+∞f^(ω) eiωt dωf(t)=\dfrac{1}{2\pi}\int_{-\infty}^{+\infty}\hat f(\omega)\,e^{i\omega t}\,d\omega
on retrouve EXACTEMENT la formule d’inversion\boxed{\text{on retrouve EXACTEMENT la formule d'inversion}}

⚠️⚠️ Et le 12π\frac{1}{2\pi} apparaît naturellement, comme le 1T\frac1T des coefficients — sa présence n'est donc pas une convention arbitraire, mais le vestige du 1T\frac1T de la série — sa place (ici tout entier dans l'inverse) en est une : en convention symétrique, 12π\frac1{\sqrt{2\pi}} de chaque côté.

Les contrôles.

a) Le contrôle par les unités du spectre.

  • cnc_{n} est sans dimension (si ff l'est) : c'est une amplitude ;
  • f^(ω)\hat f(\omega) est en f×f\times temps : c'est une densité.
les cn sont des AMPLITUDES, f^ est une DENSITEˊ\boxed{\text{les } c_{n} \text{ sont des AMPLITUDES, } \hat f \text{ est une DENSITÉ}}

⚠️ C'est pourquoi on ne peut pas les comparer directement — il faut le facteur 1T\frac1T.

b) Le contrôle par le cas de la sinusoïde pure. Un cos⁡(ω0t)\cos(\omega_{0}t) exactement périodique a deux raies. Sa transformée de Fourier est π[δ(ω−ω0)+δ(ω+ω0)]\pi\left[\delta(\omega-\omega_{0})+\delta(\omega+\omega_{0})\right] :

les raies deviennent des IMPULSIONS de Dirac\boxed{\text{les raies deviennent des IMPULSIONS de Dirac}}

ℹ️ Cohérent : une raie est infiniment fine, donc de densité infinie mais d'aire finie — c'est exactement la définition de δ\delta (A5). Le formalisme des distributions réunit les deux mondes.

c) Le contrôle par C6. Une FFT sur NN points observe pendant Tobs=NfeT_{\text{obs}}=\frac{N}{f_e} et traite implicitement le signal comme TobsT_{\text{obs}}-périodique :

Δf=1Tobs\Delta f=\dfrac{1}{T_{\text{obs}}}
la TFD est la SEˊRIE de Fourier du signal supposeˊ peˊriodiseˊ\boxed{\text{la TFD est la SÉRIE de Fourier du signal supposé périodisé}}

⚠️⚠️ C'est ce qui explique la « fuite spectrale » de C6 : si le signal n'est pas exactement périodique sur la fenêtre, la périodisation crée une discontinuité aux bords — et une discontinuité a un spectre qui traîne en 1ω\frac1\omega (A1). Tout se tient.

d) Le contrôle par Parseval. La série a sa propre identité :

1T∫T∣f∣2=∑n∣cn∣2\dfrac1T\int_{T}\lvert f\rvert^{2}=\sum_{n}\lvert c_{n}\rvert^{2}

Et la transformée : ∫∣f∣2=12π∫∣f^∣2\int\lvert f\rvert^{2}=\frac{1}{2\pi}\int\lvert\hat f\rvert^{2} (E3).

meˆme identiteˊ, une somme d’un coˆteˊ, une inteˊgrale de l’autre\boxed{\text{même identité, une somme d'un côté, une intégrale de l'autre}}
Rappel de cours

LE TABLEAU — c'est la réponse

SÉRIE TRANSFORMÉE
signal TT-périodique quelconque
spectre RAIES en nω0n\omega_0 CONTINU
coefficients cn=1T∫Tfe−inω0tdtc_n=\frac1T\int_T f e^{-in\omega_0 t}dt f^=∫Rfe−iωtdt\hat f=\int_{\mathbb R}f e^{-i\omega t}dt
reconstruction ∑ncneinω0t\sum_n c_n e^{in\omega_0 t} 12π∫f^eiωtdω\frac1{2\pi}\int\hat f e^{i\omega t}d\omega
ω0=2πT\omega_{0}=\dfrac{2\pi}{T}

⚠️⚠️ LE PASSAGE : FAIRE TENDRE TT VERS L'INFINI L'écart entre raies Δω=ω0=2πT\Delta\omega=\omega_0=\frac{2\pi}{T} tend vers 0 : les raies se densifient jusqu'à former un continuum.

un signal non peˊriodique est un signal de peˊriode INFINIE\boxed{\text{un signal non périodique est un signal de période INFINIE}}

LE LIEN QUANTITATIF

cn=f^(nω0)T\boxed{c_{n}=\dfrac{\hat f(n\omega_{0})}{T}}
⚠️⚠️ Les coefficients de Fourier sont des ÉCHANTILLONS de la transformée, pris tous les ω0\omega_0.
PEˊRIODISER en temps⟺EˊCHANTILLONNER en freˊquence\boxed{\text{PÉRIODISER en temps} \Longleftrightarrow \text{ÉCHANTILLONNER en fréquence}}
C'est le MIROIR exact de D1 (échantillonner en temps ⟺\Longleftrightarrow périodiser en fréquence) — les deux sont duaux (B6).

POURQUOI LA SOMME DEVIENT UNE INTÉGRALE

f(t)=12π∑nf^(nω0)einω0tω0⏟Δω : une SOMME DE RIEMANNf(t)=\dfrac{1}{2\pi}\sum_n \hat f(n\omega_0)e^{in\omega_0 t}\underbrace{\omega_0}_{\Delta\omega} \ : \ \text{une SOMME DE RIEMANN}
⚠️ Le 12π\frac1{2\pi} de l'inversion est le vestige du 1T\frac1T de la série — sa présence n'est pas arbitraire ; sa place, si (convention symétrique : 12π\frac1{\sqrt{2\pi}} de chaque côté, B6).

CONTRÔLES · les cnc_n sont des AMPLITUDES, f^\hat f une DENSITÉ — d'où le facteur 1T\frac1T ; · sinusoïde pure : les raies deviennent des Dirac (π[δ(ω−ω0)+δ(ω+ω0)]\pi[\delta(\omega-\omega_0)+\delta(\omega+\omega_0)]) — infiniment fines, d'aire finie ; · ⚠️⚠️ la TFD est la SÉRIE du signal supposé périodisé — d'où la fuite spectrale (C6) : la périodisation crée une discontinuité aux bords, dont le spectre traîne en 1ω\frac1\omega (A1).

L'erreur classique

⚠️⚠️ Croire que ce sont deux outils sans rapport. La transformée est la série à la limite T→∞T\to\infty.

⚠️⚠️ Confondre cnc_{n} et f^(nω0)\hat f(n\omega_{0}). Il y a un facteur 1T\frac1T : les premiers sont des amplitudes, la seconde une densité.

⚠️ Croire qu'un signal périodique n'a pas de transformée. Il en a une — faite de Dirac, dans le formalisme des distributions.

⚠️ Oublier que ω0=2πT\omega_0=\frac{2\pi}{T}. Un TT grand donne un ω0\omega_0 petit, donc des raies serrées.

⚠️ Croire que le 12π\frac{1}{2\pi} de l'inversion est arbitraire. C'est le vestige du 1T\frac1T de la série — seule sa répartition entre directe et inverse relève de la convention.

⚠️ Dire « la somme devient une intégrale » sans expliquer. C'est une somme de Riemann de pas Δω=ω0\Delta\omega=\omega_0 — et c'est cela qui fait la démonstration.

⚠️ Ne pas voir la dualité avec D1. Périodiser ⟺\Longleftrightarrow échantillonner, dans les deux sens : c'est la même structure vue de deux côtés (B6).

⚠️ Ne pas relier à C6. La TFD périodise implicitement le signal — c'est l'origine de la fuite spectrale.

À retenir
SÉRIE (TT-périodique) TRANSFORMÉE (quelconque)
spectre RAIES en nω0n\omega_0 CONTINU
reconstruction ∑ncneinω0t\sum_n c_n e^{in\omega_0 t} 12π∫f^eiωtdω\frac1{2\pi}\int\hat f e^{i\omega t}d\omega
ω0=2πTetT→∞ ⟹ Δω→0 ⟹ continuum\boxed{\omega_{0}=\dfrac{2\pi}{T} \qquad\text{et}\qquad T\to\infty \ \Longrightarrow \ \Delta\omega\to 0 \ \Longrightarrow \ \text{continuum}}
un signal non peˊriodique est un signal de peˊriode INFINIE\boxed{\text{un signal non périodique est un signal de période INFINIE}}
cn=f^(nω0)T : les cn sont des EˊCHANTILLONS de f^\boxed{c_{n}=\dfrac{\hat f(n\omega_{0})}{T} \ : \ \text{les } c_n \text{ sont des ÉCHANTILLONS de } \hat f}
PEˊRIODISER en temps ⟺ EˊCHANTILLONNER en freˊquence\boxed{\text{PÉRIODISER en temps} \ \Longleftrightarrow \ \text{ÉCHANTILLONNER en fréquence}}

⚠️⚠️ Miroir exact de D1 (échantillonner en temps ⟺\Longleftrightarrow périodiser en fréquence) — les deux sont duaux (B6).

La somme devient une intégrale parce que c'est une SOMME DE RIEMANN de pas Δω=ω0\Delta\omega=\omega_0 — et le 12π\frac1{2\pi} de l'inversion est le vestige du 1T\frac1T de la série.

Contrôles : les cnc_n sont des amplitudes, f^\hat f une densité · une sinusoïde pure a pour spectre des Dirac (infiniment fins, d'aire finie).

⚠️⚠️ La TFD est la SÉRIE du signal supposé périodisé — d'où la fuite spectrale (C6) : la périodisation crée une discontinuité aux bords, dont le spectre traîne en 1ω\frac1\omega (A1).

Réponse. Spectre périodique = raies en nω0n\omega_0 (poids 2πcn2\pi c_n) ; T→∞T\to\infty ⟹\Longrightarrow spectre continu = transformée. (Recoupement : sympy — TF d'une période d'un signal constant, prise en ω0\omega_0, vaut 0=Tc10=T c_1 ✓ ; prolonge series_fourier)
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Filtrage = convolution

ApplicationDifficulté 3/5

Un filtre linéaire de réponse impulsionnelle h(t)h(t) transforme l'entrée x(t)x(t) en y=h∗xy=h*x. Exprimer la sortie dans le domaine fréquentiel et nommer HH.

Indices (3)

Théorème de convolution : h∗x^=h^ x^\widehat{h*x}=\hat h\,\hat x.

h^=H\hat h=H est la fonction de transfert.

Le spectre d'entrée est multiplié par HH.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'exercice qui referme le chapitre — et il tient en une ligne, parce que tout a été construit pour.

y=h∗x⟹y^(ω)=H(ω) x^(ω)y=h*x \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\hat y(\omega)=H(\omega)\,\hat x(\omega)}
H s’appelle la FONCTION DE TRANSFERT du filtre\boxed{H \ \text{s'appelle la FONCTION DE TRANSFERT du filtre}}

⚠️ C'est le théorème de convolution (E1), appliqué au cas où l'un des deux facteurs est la réponse d'un système.

Ce que cela dit, et c'est considérable :

un filtre MULTIPLIE chaque freˊquence par un nombre\boxed{\text{un filtre MULTIPLIE chaque fréquence par un nombre}}

ℹ️ Chaque fréquence est traitée INDÉPENDAMMENT des autres. C'est ce qui rend le domaine fréquentiel si commode : là où le filtre mélange les instants (convolution), il sépare les fréquences (produit).

convolution en temps = produit en freˊquence\boxed{\text{convolution en temps} \ = \ \text{produit en fréquence}}

Le module et l'argument, qui se lisent séparément :

∣y^∣=∣H∣×∣x^∣arg⁡y^=arg⁡H+arg⁡x^\lvert\hat y\rvert=\lvert H\rvert\times\lvert\hat x\rvert \qquad\qquad \arg\hat y=\arg H+\arg\hat x
∣H∣ est le GAINarg⁡H est le DEˊPHASAGE\boxed{\lvert H\rvert \ \text{est le GAIN} \qquad\qquad \arg H \ \text{est le DÉPHASAGE}}

⚠️⚠️ Les deux effets sont indépendants : un filtre peut atténuer sans déphaser, ou déphaser sans atténuer (un retard pur, A5). C'est le diagramme de Bode qui les affiche séparément.

Pourquoi HH s'appelle « réponse en fréquence » — et c'est le point à comprendre :

Envoyons une impulsion x=δx=\delta. Alors x^=1\hat x=1 (A5), donc

y^=H×1=Hety=h\hat y=H\times 1=H \qquad\text{et}\qquad y=h
h est la reˊponse aˋ l’IMPULSION, et H est sa transformeˊe\boxed{h \ \text{est la réponse à l'IMPULSION, et } H \text{ est sa transformée}}

⚠️⚠️ UNE SEULE MESURE SUFFIT À CARACTÉRISER LE FILTRE. Envoyer une impulsion, enregistrer la sortie, transformer : on connaît alors le comportement à TOUTES les fréquences.

ℹ️ C'est A5 qui l'explique : une impulsion contient toutes les fréquences à égalité, donc la réponse les contient toutes aussi. C'est la méthode standard de caractérisation d'un système, de l'acoustique d'une salle au canal de transmission d'un modem.

Le raisonnement

1) L'expression en fréquence.

y(t)=(h∗x)(t)=∫h(u) x(t−u) duy(t)=(h*x)(t)=\int h(u)\,x(t-u)\,du

Par le théorème de convolution (E1) :

y^(ω)=h^(ω) x^(ω)=H(ω) x^(ω)\boxed{\hat y(\omega)=\hat h(\omega)\,\hat x(\omega)=H(\omega)\,\hat x(\omega)}

⚠️ On note H=h^H=\hat h — c'est un simple changement de nom, mais il souligne le rôle : HH n'est pas un signal, c'est un OPÉRATEUR de multiplication.

2) Ce que HH fait, fréquence par fréquence.

Envoyons une sinusoïde pure x(t)=eiω0tx(t)=e^{i\omega_{0}t}. Elle ne contient qu'une fréquence, et la sortie est

y(t)=H(ω0) eiω0ty(t)=H(\omega_{0})\,e^{i\omega_{0}t}
la sortie est la MEˆME sinusoı¨de, multiplieˊe par H(ω0)\boxed{\text{la sortie est la MÊME sinusoïde, multipliée par } H(\omega_{0})}

⚠️⚠️ UNE SINUSOÏDE RESSORT TOUJOURS SINUSOÏDE, à la même fréquence. Seules son amplitude et sa phase changent.

les exponentielles sont les VECTEURS PROPRES d’un filtre lineˊaire\boxed{\text{les exponentielles sont les VECTEURS PROPRES d'un filtre linéaire}}

ℹ️ C'est la raison profonde de tout le chapitre. Si l'on cherche une base dans laquelle un filtre agit simplement, la réponse est : les exponentielles complexes. Et décomposer un signal dessus, c'est exactement ce que fait la transformée de Fourier.

la TF DIAGONALISE les filtres lineˊaires\boxed{\text{la TF DIAGONALISE les filtres linéaires}}

3) L'usage pratique.

filtrer = transformer, MULTIPLIER, retransformer\boxed{\text{filtrer} \ = \ \text{transformer, MULTIPLIER, retransformer}}

Et avec la FFT (C5), c'est plus rapide que la convolution directe dès que les signaux dépassent quelques dizaines de points.

Les contrôles.

a) Le contrôle par le gain continu.

H(0)=h^(0)=∫h(t) dtH(0)=\hat h(0)=\int h(t)\,dt
le gain en continu est l’AIRE de la reˊponse impulsionnelle\boxed{\text{le gain en continu est l'AIRE de la réponse impulsionnelle}}

⚠️ C'est le contrôle universel du chapitre, appliqué au filtre. Pour le RC de D5, ∫h=1\int h=1, donc gain unité en continu ✓

b) Le contrôle par la mise en cascade. Deux filtres en série :

y^=H2(H1x^)=(H2H1)x^\hat y=H_{2}\left(H_{1}\hat x\right)=\left(H_{2}H_{1}\right)\hat x
les fonctions de transfert se MULTIPLIENT\boxed{\text{les fonctions de transfert se MULTIPLIENT}}

⚠️ En temps, cela reviendrait à convoluer h1∗h2h_{1}*h_{2} — bien plus lourd. C'est E1 qui le disait : deux RC en cascade donnent te−atte^{-at}.

ℹ️ Et l'ordre n'importe pas, puisque la multiplication est commutative : mettre le filtre A avant le B donne le même résultat que l'inverse. (Vrai pour les filtres linéaires invariants — pas en général.)

c) Le contrôle de causalité.

le filtre est CAUSAL ⟺ h(t)=0 pour t<0\boxed{\text{le filtre est CAUSAL} \ \Longleftrightarrow \ h(t)=0 \text{ pour } t<0}

⚠️⚠️ Un filtre non causal utiliserait le futur de l'entrée — irréalisable en temps réel. Le filtre idéal de D4 était dans ce cas : son hh est un sinc, non nul pour t<0t<0.

c’est la raison PROFONDE pour laquelle le filtre parfait n’existe pas\boxed{\text{c'est la raison PROFONDE pour laquelle le filtre parfait n'existe pas}}

d) Le contrôle par les cas extrêmes.

HH filtre
H≡1H\equiv 1 passe-tout (h=δh=\delta, l'élément neutre — E1)
H≡0H\equiv 0 tout bloque
H=e−iωt0H=e^{-i\omega t_{0}} retard pur (A5) — gain 1, phase linéaire
H=iωH=i\omega dérivateur (B4)

⚠️ Le dernier est joli : un filtre de fonction de transfert iωi\omega dérive l'entrée. Et son gain croît avec ω\omega — c'est pourquoi dériver amplifie le bruit haute fréquence, fait bien connu en instrumentation.

e) Le contrôle par le RC de D5.

H(ω)=11+iωRCH(\omega)=\dfrac{1}{1+i\omega RC}
  • ∣H(0)∣=1\lvert H(0)\rvert=1 : le continu passe ✓
  • ∣H∣→0\lvert H\rvert\to 0 : le haut est coupé ✓
  • arg⁡H→−90°\arg H\to-90° : déphasage maximal ✓
gain ET phase se lisent sur la MEˆME fonction H\boxed{\text{gain ET phase se lisent sur la MÊME fonction } H}

f) Le contrôle par ce que HH ne peut PAS faire.

⚠️⚠️ Un filtre linéaire invariant ne CRÉE jamais de fréquence. Si x^(ω1)=0\hat x(\omega_{1})=0, alors y^(ω1)=H(ω1)×0=0\hat y(\omega_{1})=H(\omega_1)\times 0=0.

un filtre ATTEˊNUE ou AMPLIFIE, il n’INVENTE pas\boxed{\text{un filtre ATTÉNUE ou AMPLIFIE, il n'INVENTE pas}}

ℹ️ C'est ce qui distingue un filtre d'un système non linéaire : une distorsion (saturation d'un ampli) crée des harmoniques qui n'étaient pas dans l'entrée. La formule y^=Hx^\hat y=H\hat x l'interdit formellement, et c'est un bon test conceptuel.

Rappel de cours

FILTRAGE EN FRÉQUENCE

y=h∗x⟹y^(ω)=H(ω) x^(ω)H=h^y=h*x \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\hat y(\omega)=H(\omega)\,\hat x(\omega)} \qquad H=\hat h
H est la FONCTION DE TRANSFERT : ∣H∣ le GAIN, arg⁡H le DEˊPHASAGE\boxed{H \ \text{est la FONCTION DE TRANSFERT} \ : \ \lvert H\rvert \text{ le GAIN}, \ \arg H \text{ le DÉPHASAGE}}

⚠️⚠️ UN FILTRE MULTIPLIE CHAQUE FRÉQUENCE PAR UN NOMBRE Là où il mélange les instants (convolution), il sépare les fréquences (produit).

POURQUOI « RÉPONSE EN FRÉQUENCE » x=δ⟹x^=1⟹y^=Hx=\delta \Longrightarrow \hat x=1 \Longrightarrow \hat y=H et y=hy=h.

UNE SEULE MESURE — une impulsion — caracteˊrise TOUT le filtre\boxed{\text{UNE SEULE MESURE — une impulsion — caractérise TOUT le filtre}}
ℹ️ C'est A5 : une impulsion contient toutes les fréquences à égalité. Méthode standard, de l'acoustique d'une salle au canal d'un modem.

⚠️⚠️ LES EXPONENTIELLES SONT LES VECTEURS PROPRES D'UN FILTRE

x=eiω0t⟹y=H(ω0)eiω0tx=e^{i\omega_0 t} \Longrightarrow y=H(\omega_0)e^{i\omega_0 t}
Une sinusoïde ressort sinusoïde, à la même fréquence — seules amplitude et phase changent.
la TF DIAGONALISE les filtres lineˊaires — la raison profonde du chapitre\boxed{\text{la TF DIAGONALISE les filtres linéaires} \ — \ \text{la raison profonde du chapitre}}

CONTRÔLES · gain continu H(0)=∫hH(0)=\int h — le contrôle universel, appliqué au filtre ; · cascade : les HH se multiplient (et l'ordre n'importe pas) ; en temps il faudrait convoluer ; · ⚠️⚠️ causalité : h(t)=0h(t)=0 pour t<0t<0. Le filtre idéal de D4 y échoue — son hh est un sinc. C'est la raison profonde de son inexistence.

CAS EXTRÊMES : H≡1H\equiv1 passe-tout (h=δh=\delta) · H=e−iωt0H=e^{-i\omega t_0} retard pur (A5) · H=iωH=i\omega dérivateur (B4) — et son gain croît avec ω\omega, d'où l'amplification du bruit.

⚠️⚠️ UN FILTRE N'INVENTE PAS DE FRÉQUENCE : x^(ω1)=0⇒y^(ω1)=0\hat x(\omega_1)=0 \Rightarrow \hat y(\omega_1)=0. Une saturation, elle, en crée — c'est ce qui distingue un filtre linéaire invariant d'un système non linéaire (la modulation de B2, linéaire mais non invariante, en crée aussi).

L'erreur classique

⚠️⚠️ Écrire y=Hxy=Hx en temps. La relation est un produit en FRÉQUENCE et une convolution en TEMPS.

⚠️⚠️ Croire qu'un filtre peut créer des fréquences. x^(ω1)=0\hat x(\omega_1)=0 entraîne y^(ω1)=0\hat y(\omega_1)=0 — c'est formellement interdit.

⚠️ Confondre hh et HH. hh est la réponse impulsionnelle (en temps), HH sa transformée (en fréquence).

⚠️ Oublier que ∣H∣\lvert H\rvert et arg⁡H\arg H décrivent des effets indépendants. Un retard pur a un gain de 11 et une phase non nulle.

⚠️ Croire qu'il faut mesurer le filtre à chaque fréquence. Une impulsion suffit — c'est A5 qui l'explique.

⚠️ Croire que tout HH est réalisable. Il faut que hh soit causal — c'est ce qui interdit le filtre idéal (D4).

⚠️ Convoluer là où l'on pourrait multiplier. Transformer, multiplier, retransformer est plus rapide dès quelques dizaines de points (C5).

⚠️ Croire que l'ordre des filtres en cascade compte. Il ne compte pas pour des filtres linéaires invariants — la multiplication est commutative.

⚠️ Oublier le contrôle H(0)=∫hH(0)=\int h. Il vaut une seconde et valide la normalisation.

À retenir
y=h∗x⟹y^(ω)=H(ω) x^(ω)H=h^  : la FONCTION DE TRANSFERTy=h*x \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\hat y(\omega)=H(\omega)\,\hat x(\omega)} \qquad \boxed{H=\hat h \ \text{ : la FONCTION DE TRANSFERT}}
∣H∣=le GAINarg⁡H=le DEˊPHASAGE(effets INDEˊPENDANTS)\lvert H\rvert = \text{le GAIN} \qquad\qquad \arg H = \text{le DÉPHASAGE} \qquad\text{(effets INDÉPENDANTS)}
un filtre MULTIPLIE chaque freˊquence par un nombre\boxed{\text{un filtre MULTIPLIE chaque fréquence par un nombre}}

Là où il mélange les instants (convolution), il sépare les fréquences (produit).

x=δ ⟹ x^=1 ⟹ y^=H : UNE SEULE mesure caracteˊrise tout le filtre\boxed{x=\delta \ \Longrightarrow \ \hat x=1 \ \Longrightarrow \ \hat y=H \ : \ \text{UNE SEULE mesure caractérise tout le filtre}}

ℹ️ C'est A5 : une impulsion contient toutes les fréquences à égalité.

les exponentielles sont les VECTEURS PROPRES d’un filtre : la TF le DIAGONALISE\boxed{\text{les exponentielles sont les VECTEURS PROPRES d'un filtre} \ : \ \text{la TF le DIAGONALISE}}

C'est la raison profonde de tout le chapitre. Une sinusoïde ressort sinusoïde, à la même fréquence.

Contrôles : H(0)=∫hH(0)=\int h (gain continu = aire) · cascade : les HH se multiplient, et l'ordre n'importe pas · ⚠️⚠️ causalité h(t)=0h(t)=0 pour t<0t<0 — le filtre idéal de D4 y échoue, et c'est la raison profonde de son inexistence.

⚠️⚠️ Un filtre n'INVENTE pas de fréquence : x^(ω1)=0⇒y^(ω1)=0\hat x(\omega_1)=0\Rightarrow\hat y(\omega_1)=0. Une saturation, elle, en crée — c'est ce qui sépare un filtre linéaire invariant d'un système non linéaire (la modulation de B2, linéaire mais non invariante, en crée aussi).

ℹ️ H=iωH=i\omega est un dérivateur, dont le gain croît avec ω\omega : dériver amplifie le bruit.

Réponse. y^(ω)=H(ω)x^(ω)\hat y(\omega)=H(\omega)\hat x(\omega), H=h^H=\hat h (fonction de transfert). (Recoupement : convolution temporelle ⟷\longleftrightarrow produit fréquentiel ; le RC passe-bas donne H=11+iωRCH=\tfrac1{1+i\omega RC} — cf. D5 ✓)
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