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Exercices corrigés — Polynômes & corps finis

Algèbre · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Polynômes & corps finis Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Degré et opérations

DémonstrationDifficulté 3/5

Pour P=X2+1P=X^2+1 et Q=X3−XQ=X^3-X, donner deg⁡(PQ)\deg(PQ) et le coefficient dominant de PQPQ.

Indices (3)

deg⁡(PQ)=deg⁡P+deg⁡Q\deg(PQ)=\deg P+\deg Q.

deg⁡P=2\deg P=2, deg⁡Q=3\deg Q=3.

Le coefficient dominant d'un produit est le produit des coefficients dominants.

Correction détaillée
La regle du degre d'un produit
deg⁡(PQ)=deg⁡P+deg⁡Q\boxed{\deg(PQ)=\deg P+\deg Q}

👉 Cette règle vaut sur un ANNEAU INTÈGRE — c'est-à-dire sans diviseurs de zéro. Sur Q\mathbb{Q}, R\mathbb{R}, C\mathbb{C} ou Fp\mathbb{F}_p avec pp premier, elle est toujours vraie.

Pourquoi : si P=anXn+⋯P=a_nX^n+\cdots et Q=bmXm+⋯Q=b_mX^m+\cdots, le terme de plus haut degré de PQPQ est

anbm Xn+m,a_nb_m\,X^{n+m},

et anbm≠0a_nb_m\neq 0 précisément parce que l'anneau est intègre. Le degré est donc exactement n+mn+m.

⚠️⚠️ Sur Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}, la règle TOMBE : (2X)×(2X)=4X2=0(2X)\times(2X)=4X^2=0, produit de deux polynômes de degré 11 qui vaut 00. C'est pourquoi on travaille toujours sur un corps — ou au moins sur un anneau intègre.

👉 Corollaire immédiat : le coefficient dominant de PQPQ est le produit des coefficients dominants.

Le calcul
P=X2+1(deg⁡P=2),Q=X3−X(deg⁡Q=3).P=X^2+1\quad(\deg P=2),\qquad Q=X^3-X\quad(\deg Q=3).
deg⁡(PQ)=2+3=5\boxed{\deg(PQ)=2+3=5}

Coefficients dominants : celui de PP vaut 11, celui de QQ vaut 11, donc

coefficient dominant de PQ = 1×1=1\boxed{\text{coefficient dominant de }PQ\ =\ 1\times 1=1}

👉 Contrôle par le développement complet — et le résultat vaut la peine d'être vu :

PQ=(X2+1)(X3−X)=X5−X3+X3−X=X5−X.PQ=(X^2+1)(X^3-X)=X^5-X^3+X^3-X=X^5-X.

⚠️ Les termes en X3X^3 se SIMPLIFIENT (−X3+X3=0-X^3+X^3=0), et pourtant le degré reste 55. C'est ce qui rend la règle utile : elle ne dépend que des termes dominants, et ceux-là ne peuvent jamais s'annuler entre eux.

PQ=X5−X,deg⁡=5,dominant=1 ✓PQ=X^5-X,\qquad \deg=5,\qquad \text{dominant}=1\ \checkmark
⚠️ Ce qui se passe pour la SOMME

👉 Le degré d'une somme n'obéit PAS à la même règle, et c'est l'erreur classique :

deg⁡(P+Q) ≤ max⁡(deg⁡P,deg⁡Q)\boxed{\deg(P+Q)\ \leq\ \max(\deg P,\deg Q)}

avec une INÉGALITÉ, qui peut être stricte.

exemple degrés deg⁡(P+Q)\deg(P+Q)
P=X2+1P=X^2+1, Q=X3−XQ=X^3-X 22, 33 3\mathbf{3} — égalité
P=X3+1P=X^3+1, Q=−X3+XQ=-X^3+X 33, 33 1\mathbf{1} — chute de 2
P=X2P=X^2, Q=−X2Q=-X^2 22, 22 −∞-\infty (polynôme nul)

👉 L'égalité est garantie dès que deg⁡P≠deg⁡Q\deg P\neq\deg Q : les termes dominants ne peuvent alors pas se compenser.

ℹ️ Convention : deg⁡0=−∞\deg 0=-\infty, ce qui rend les deux formules valides sans exception — −∞+n=−∞-\infty+n=-\infty et max⁡(−∞,n)=n\max(-\infty,n)=n.

Ce que le degre permet de demontrer

👉 Le degré est l'outil de raisonnement principal sur les polynômes, parce qu'il décroît strictement dans l'algorithme d'Euclide (A3).

énoncé démonstration
les inversibles de K[X]K[X] sont les constantes non nulles PQ=1PQ=1 donne deg⁡P+deg⁡Q=0\deg P+\deg Q=0, donc deg⁡P=deg⁡Q=0\deg P=\deg Q=0
K[X]K[X] est intègre PQ=0PQ=0 avec P,Q≠0P,Q\neq 0 donnerait deg⁡(PQ)≥0\deg(PQ)\geq 0, contradiction
la division euclidienne termine le degré du reste décroît strictement (A2)
un polynôme de degré nn a au plus nn racines chaque racine factorise un (X−a)(X-a), qui coûte un degré

👉 La première ligne est celle qui surprend : dans Q[X]\mathbb{Q}[X], on ne peut inverser que les rationnels non nuls. XX n'a pas d'inverse — c'est pourquoi K[X]K[X] est un anneau et non un corps, et c'est ce qui rend intéressants les quotients K[X]/(P)K[X]/(P) (C1, C2).

👉 La dernière est la plus employée : c'est elle qui garantit qu'un polynôme de degré 22 a au plus 22 racines, et elle échoue sur un anneau non intègre — X2−1X^2-1 a quatre racines dans Z/8Z\mathbb{Z}/8\mathbb{Z}.

ℹ️ Le parallèle avec Z\mathbb{Z} est constant tout au long du chapitre : le degré y joue le rôle de la valeur absolue, et c'est pourquoi les deux anneaux sont euclidiens, donc principaux, donc factoriels.

Réponse. deg⁡(PQ)=5\deg(PQ)=5, coefficient dominant 11. (Recoupement : deg⁡\deg est additif sur un corps — vérifié machine ✓)
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Division euclidienne

DémonstrationDifficulté 3/5

Effectuer la division euclidienne de X4+1X^4+1 par X2+X+1X^2+X+1.

Indices (3)

Poser la division : abaisser le degré du dividende étape par étape.

Quotient de tête : X4/X2=X2X^4/X^2=X^2.

Le reste doit vérifier deg⁡R<2\deg R<2.

Correction détaillée
Le theoreme de la division euclidienne
A=BQ+Ravecdeg⁡R<deg⁡B\boxed{A=BQ+R\qquad\text{avec}\qquad \deg R<\deg B}

👉 C'est le calque exact de la division dans Z\mathbb{Z}, le degré remplaçant la valeur absolue :

Z\mathbb{Z} K[X]K[X]
condition sur le reste 0≤r<∣b∣0\leq r<\lvert b\rvert deg⁡R<deg⁡B\deg R<\deg B
ce qui décroît la valeur absolue le degré
unicité oui oui

⚠️ La condition sur le degré du reste est ce qui rend (Q,R)(Q,R) UNIQUE. Sans elle, on pourrait écrire X4+1=(X2+X+1)×0+(X4+1)X^4+1=(X^2+X+1)\times 0+(X^4+1), ce qui n'apprend rien.

👉 Elle exige que le coefficient dominant de BB soit inversible — automatique sur un corps, mais pas sur Z[X]\mathbb{Z}[X] : on ne peut pas diviser X2X^2 par 2X+12X+1 en restant à coefficients entiers.

Poser la division
X4+0X3+0X2+0X+1 ÷ (X2+X+1).X^4+0X^3+0X^2+0X+1\ \div\ (X^2+X+1).

👉 Écrire TOUS les termes, y compris ceux de coefficient nul — c'est ce qui évite les décalages.

Étape 1. X4X2=X2\dfrac{X^4}{X^2}=X^2. On soustrait X2(X2+X+1)=X4+X3+X2X^2(X^2+X+1)=X^4+X^3+X^2 :

X4+0X3+0X2 − (X4+X3+X2) = −X3−X2.X^4+0X^3+0X^2\ -\ (X^4+X^3+X^2)\ =\ -X^3-X^2.

Étape 2. −X3X2=−X\dfrac{-X^3}{X^2}=-X. On soustrait −X(X2+X+1)=−X3−X2−X-X(X^2+X+1)=-X^3-X^2-X :

−X3−X2+0X − (−X3−X2−X) = X.-X^3-X^2+0X\ -\ (-X^3-X^2-X)\ =\ X.

Étape 3. Le reste courant est X+1X+1, de degré 1<21<2 : on s'arrête.

X4+1=(X2+X+1)(X2−X)+(X+1)\boxed{X^4+1=(X^2+X+1)(X^2-X)+(X+1)}
Q=X2−X,R=X+1.Q=X^2-X,\qquad R=X+1.
Les deux controles

1. Redévelopper, ce qui vérifie l'égalité :

(X2+X+1)(X2−X)=X4−X3+X3−X2+X2−X=X4−X.(X^2+X+1)(X^2-X)=X^4-X^3+X^3-X^2+X^2-X=X^4-X.

👉 Les termes en X3X^3 et en X2X^2 se simplifient deux à deux. Puis

X4−X+(X+1)=X4+1 ✓X^4-X+(X+1)=X^4+1\ \checkmark

2. Vérifier le DEGRÉ du reste :

deg⁡R=deg⁡(X+1)=1 < 2=deg⁡B ✓\deg R=\deg(X+1)=1\ <\ 2=\deg B\ \checkmark

⚠️ C'est le contrôle qu'on oublie, et pourtant c'est lui qui distingue une vraie division euclidienne d'une simple égalité. Si l'on s'était arrêté une étape trop tôt, le reste aurait été −X3−X2-X^3-X^2, de degré 3≥23\geq 2 — l'égalité serait vraie, la division fausse.

👉 Contrôle supplémentaire, par les degrés : deg⁡Q\deg Q doit valoir deg⁡A−deg⁡B=4−2=2\deg A-\deg B=4-2=2 ✓

Ce que la division euclidienne rend possible

👉 C'est LE théorème fondateur du chapitre — tout le reste en découle :

conséquence où
algorithme d'Euclide pour le pgcd A3
identité de Bézout A4
théorème du reste : R=P(a)R=P(a) pour B=X−aB=X-a A6
K[X]K[X] est principal, donc factoriel A5
les quotients K[X]/(P)K[X]/(P) C1, C2, D4, D5

👉 Le mécanisme qui fait tout marcher : le degré du reste DÉCROÎT STRICTEMENT. C'est ce qui garantit qu'Euclide termine, exactement comme la décroissance des restes entiers dans Z\mathbb{Z}.

deg⁡B>deg⁡R1>deg⁡R2>⋯≥0.\deg B>\deg R_1>\deg R_2>\cdots\geq 0.

👉 Un anneau muni d'une telle division s'appelle EUCLIDIEN. Z\mathbb{Z} et K[X]K[X] en sont les deux exemples de base, et c'est pourquoi leurs théories se ressemblent tant.

⚠️ Mais Z[X]\mathbb{Z}[X] n'est PAS euclidien — on ne peut y diviser que par un polynôme de coefficient dominant ±1\pm 1. C'est ce qui rend l'arithmétique de Z[X]\mathbb{Z}[X] nettement plus délicate, et pourquoi B5 (Eisenstein) est un critère sur Z[X]\mathbb{Z}[X] qui conclut sur Q[X]\mathbb{Q}[X].

Réponse. Quotient X2−XX^2-X, reste X+1X+1. (Recoupement : (X2+X+1)(X2−X)+(X+1)=X4+1(X^2+X+1)(X^2-X)+(X+1)=X^4+1 — vérifié machine ✓)
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PGCD par l'algorithme d'Euclide

CalculDifficulté 3/5

Calculer pgcd⁡(X4−1, X3−1)\operatorname{pgcd}(X^4-1,\ X^3-1).

Indices (3)

pgcd⁡(A,B)=pgcd⁡(B,R)\operatorname{pgcd}(A,B)=\operatorname{pgcd}(B,R), RR = reste de AA par BB.

X4−1=X(X3−1)+(X−1)X^4-1=X(X^3-1)+(X-1).

Puis X3−1X^3-1 par X−1X-1.

Correction détaillée
L'algorithme, transpose des entiers
pgcd⁡(A,B)=pgcd⁡(B, A mod B)\boxed{\operatorname{pgcd}(A,B)=\operatorname{pgcd}(B,\ A\bmod B)}

👉 Même justification que pour les entiers : si A=BQ+RA=BQ+R, alors tout diviseur commun à AA et BB divise RR, et réciproquement.

👉 Et l'algorithme TERMINE parce que les degrés des restes forment une suite strictement décroissante d'entiers positifs :

deg⁡B>deg⁡R1>deg⁡R2>⋯\deg B>\deg R_1>\deg R_2>\cdots

⚠️ Le pgcd de deux polynômes n'est défini qu'à une CONSTANTE MULTIPLICATIVE près — les inversibles de K[X]K[X] étant les constantes non nulles (A1). Par convention on le prend unitaire, c'est-à-dire de coefficient dominant 11.

👉 Exemple : 2X−22X-2 et X−1X-1 sont deux pgcd valides de (X4−1,X3−1)(X^4-1,X^3-1) ; on retient X−1X-1.

Le calcul

Étape 1 — diviser X4−1X^4-1 par X3−1X^3-1 :

X4−1=(X3−1)⋅X+(X−1).X^4-1=(X^3-1)\cdot X+(X-1).

👉 Contrôle : X(X3−1)=X4−XX(X^3-1)=X^4-X, et X4−X+X−1=X4−1X^4-X+X-1=X^4-1 ✓

Étape 2 — diviser X3−1X^3-1 par X−1X-1 :

X3−1=(X−1)(X2+X+1)+0.X^3-1=(X-1)(X^2+X+1)+0.

👉 C'est l'identité remarquable a3−b3=(a−b)(a2+ab+b2)a^3-b^3=(a-b)(a^2+ab+b^2) avec b=1b=1. Le reste est nul : on s'arrête.

pgcd⁡(X4−1, X3−1)=X−1\boxed{\operatorname{pgcd}(X^4-1,\ X^3-1)=X-1}

👉 Deux étapes seulement — le degré chute de 44 à 33 puis à 11, puis à −∞-\infty.

Le controle par la FACTORISATION

👉 Méthode indépendante d'Euclide (A5) :

X4−1=(X−1)(X+1)(X2+1),X^4-1=(X-1)(X+1)(X^2+1),
X3−1=(X−1)(X2+X+1).X^3-1=(X-1)(X^2+X+1).

Le seul facteur commun est X−1X-1 — les autres sont deux à deux distincts et irréductibles sur Q\mathbb{Q}.

pgcd⁡=X−1 ✓\operatorname{pgcd}=X-1\ \checkmark

👉 Et il y a une troisième voie, encore plus rapide, par les RACINES. Sur C\mathbb{C} :

polynôme racines
X4−1X^4-1 les racines 4es4^{\text{es}} de l'unité : 1, i, −1, −i1,\ i,\ -1,\ -i
X3−1X^3-1 les racines 3es3^{\text{es}} : 1, j, jˉ1,\ j,\ \bar j

👉 La seule racine commune est 11, d'où un pgcd de degré 11, à savoir X−1X-1.

⚠️ Ce raisonnement par les racines n'est valide que si les polynômes sont SANS RACINE MULTIPLE — sinon il faut aussi comparer les multiplicités (B3).

Le fait general derriere ce resultat
pgcd⁡(Xm−1, Xn−1)=Xpgcd⁡(m,n)−1\boxed{\operatorname{pgcd}(X^m-1,\ X^n-1)=X^{\operatorname{pgcd}(m,n)}-1}

👉 Vérifions ici : pgcd⁡(4,3)=1\operatorname{pgcd}(4,3)=1, donc le pgcd vaut X1−1=X−1X^1-1=X-1 ✓

Autres cas, pour voir la formule à l'œuvre :

m,nm,n pgcd⁡(m,n)\operatorname{pgcd}(m,n) pgcd⁡(Xm−1,Xn−1)\operatorname{pgcd}(X^m-1,X^n-1)
4,34,3 11 X−1X-1
6,46,4 22 X2−1X^2-1
12,812,8 44 X4−1X^4-1

👉 Pourquoi c'est vrai, par les racines : les racines de Xm−1X^m-1 sont les racines mesm^{\text{es}} de l'unité. Une racine est commune aux deux si et seulement si son ordre divise à la fois mm et nn, donc divise pgcd⁡(m,n)\operatorname{pgcd}(m,n).

👉 C'est un joli parallèle avec les entiers : la même formule vaut pour pgcd⁡(2m−1,2n−1)=2pgcd⁡(m,n)−1\operatorname{pgcd}(2^m-1,2^n-1)=2^{\operatorname{pgcd}(m,n)}-1, et elle sert dans l'étude des nombres de Mersenne.

ℹ️ Application concrète : dans GF(2n)\mathrm{GF}(2^n) (D5), les éléments non nuls vérifient x2n−1=1x^{2^n-1}=1. La formule dit alors exactement quels sous-corps GF(2m)\mathrm{GF}(2^m) sont contenus dans GF(2n)\mathrm{GF}(2^n) — ceux pour lesquels mm divise nn.

Réponse. pgcd⁡(X4−1,X3−1)=X−1\operatorname{pgcd}(X^4-1,X^3-1)=X-1. (Recoupement : X−1X-1 divise les deux ; X=1X=1 est leur seule racine commune — vérifié machine ✓)
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Bézout polynomial

DémonstrationDifficulté 3/5

Déterminer U,V∈Q[X]U,V\in\mathbb Q[X] tels que U(X4−1)+V(X3−1)=X−1U(X^4-1)+V(X^3-1)=X-1 (Euclide étendu).

Indices (3)

Reprendre l'étape d'Euclide de A3.

X−1=(X4−1)−X(X3−1)X-1=(X^4-1)-X(X^3-1) se lit directement.

Identifier U,VU,V.

Correction détaillée
Bezout polynomial
∃ U,V∈K[X] : AU+BV=pgcd⁡(A,B)\boxed{\exists\,U,V\in K[X]\ :\ AU+BV=\operatorname{pgcd}(A,B)}

👉 Même énoncé que pour les entiers, même démonstration — on remonte l'algorithme d'Euclide en isolant les restes.

Ici pgcd⁡(X4−1,X3−1)=X−1\operatorname{pgcd}(X^4-1,X^3-1)=X-1 (A3), donc on cherche U,VU,V avec

U(X4−1)+V(X3−1)=X−1.U(X^4-1)+V(X^3-1)=X-1.

👉 Le calcul est plus court que dans Z\mathbb{Z}, car Euclide n'a demandé que deux étapes, dont une seule à reste non nul.

La remontee

La seule division à reste non nul (A3) :

X4−1=(X3−1)⋅X+(X−1).X^4-1=(X^3-1)\cdot X+(X-1).

👉 Isolons le reste — et c'est déjà fini :

X−1=(X4−1)−X(X3−1).X-1=(X^4-1)-X(X^3-1).
U=1,V=−X\boxed{U=1,\qquad V=-X}

Contrôle par développement :

1⋅(X4−1)+(−X)(X3−1)=X4−1−X4+X=X−1 ✓1\cdot(X^4-1)+(-X)(X^3-1)=X^4-1-X^4+X=X-1\ \checkmark

👉 Il n'y avait qu'une seule remontée à faire, contre trois substitutions dans le cas de 252252 et 198198 (arithmétique, B1). La brièveté vient de ce que l'algorithme s'est terminé en deux divisions.

👉 Contrôle des degrés : deg⁡U+deg⁡A=0+4=4\deg U+\deg A=0+4=4 et deg⁡V+deg⁡B=1+3=4\deg V+\deg B=1+3=4 — les deux termes ont le même degré, et ils se compensent pour ne laisser que du degré 11. C'est le signe attendu.

Le couple n'est PAS unique

👉 Comme dans Z\mathbb{Z}, si (U,V)(U,V) convient, alors pour tout W∈K[X]W\in K[X] :

(U+W⋅BD)A+(V−W⋅AD)B=D,\left(U+W\cdot\frac{B}{D}\right)A+\left(V-W\cdot\frac{A}{D}\right)B=D,

où D=pgcd⁡(A,B)D=\operatorname{pgcd}(A,B).

Ici AD=X4−1X−1=X3+X2+X+1\dfrac{A}{D}=\dfrac{X^4-1}{X-1}=X^3+X^2+X+1 et BD=X3−1X−1=X2+X+1\dfrac{B}{D}=\dfrac{X^3-1}{X-1}=X^2+X+1, donc

U=1+W(X2+X+1),V=−X−W(X3+X2+X+1).U=1+W(X^2+X+1),\qquad V=-X-W(X^3+X^2+X+1).

Vérifions pour W=1W=1 : U=X2+X+2U=X^2+X+2 et V=−X3−X2−2X−1V=-X^3-X^2-2X-1.

(X2+X+2)(X4−1)+(−X3−X2−2X−1)(X3−1)(X^2+X+2)(X^4-1)+(-X^3-X^2-2X-1)(X^3-1)
=X6+X5+2X4−X2−X−2 − X6−X5−2X4−X3+X3+X2+2X+1=X−1 ✓=X^6+X^5+2X^4-X^2-X-2\ -\ X^6-X^5-2X^4-X^3+X^3+X^2+2X+1=X-1\ \checkmark

👉 Le couple de degré minimal est le nôtre, (1,−X)(1,-X) — c'est celui que produit naturellement l'algorithme, et celui qu'on retient.

A quoi sert Bezout polynomial

👉 Trois usages, tous repris plus loin dans le chapitre :

usage où
inverser dans K[X]/(P)K[X]/(P) C2, D4, D5
restes chinois polynomiaux C4
décomposition en éléments simples analyse

👉 Le premier est le plus important, et le mécanisme est exactement celui des entiers : si pgcd⁡(A,P)=1\operatorname{pgcd}(A,P)=1, Bézout donne AU+PV=1AU+PV=1, donc

AU≡1 (modP),AU\equiv 1\ \pmod P,

c'est-à-dire que UU est l'inverse de AA modulo PP.

A inversible dans K[X]/(P)  ⟺  pgcd⁡(A,P)=1\boxed{A\ \text{inversible dans}\ K[X]/(P)\iff \operatorname{pgcd}(A,P)=1}

👉 Et c'est ce qui décide si K[X]/(P)K[X]/(P) est un CORPS : c'est le cas exactement quand PP est irréductible, car alors tout AA non multiple de PP est premier avec lui (C2).

👉 La décomposition en éléments simples en découle aussi : pour écrire 1AB=uA+vB\dfrac{1}{AB}=\dfrac{u}{A}+\dfrac{v}{B} avec A,BA,B premiers entre eux, il suffit de prendre les coefficients de Bézout — uB+vA=1uB+vA=1 donne le résultat en divisant par ABAB.

ℹ️ C'est le même théorème qui fonde le calcul des primitives de fractions rationnelles, et la décomposition des transformées de Laplace.

Réponse. U=1U=1, V=−XV=-X. (Recoupement : c'est l'identité de Bézout, l'analogue polynomial de Bézout dans Z\mathbb Z — chapitre Arithmétique ✓ ; vérifié machine)
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Factorisation sur Q

ApplicationDifficulté 3/5

Factoriser X4−1X^4-1 et X3−1X^3-1 en produits d'irréductibles de Q[X]\mathbb Q[X].

Indices (3)

Identités remarquables et racines évidentes.

X4−1=(X2−1)(X2+1)X^4-1=(X^2-1)(X^2+1).

X3−1=(X−1)(X2+X+1)X^3-1=(X-1)(X^2+X+1) (11 racine évidente).

Correction détaillée
Ce que « irreductible » veut dire, et pourquoi le CORPS compte
P est IRREDUCTIBLE sur K  ⟺  deg⁡P≥1 et P ne se factorise pas en deux facteurs de degre≥1 dans K[X]\boxed{P\ \text{est IRREDUCTIBLE sur}\ K\iff \deg P\geq 1\ \text{et}\ P\ \text{ne se factorise pas en deux facteurs de degre}\geq 1\ \text{dans}\ K[X]}

⚠️⚠️ L'irréductibilité DÉPEND DU CORPS, et c'est le point central du chapitre. Le même polynôme peut être irréductible sur l'un et se factoriser sur l'autre :

polynôme Q\mathbb{Q} R\mathbb{R} C\mathbb{C}
X2+1X^2+1 irréductible irréductible (X−i)(X+i)(X-i)(X+i)
X2−2X^2-2 irréductible (X−2)(X+2)(X-\sqrt2)(X+\sqrt2) idem

👉 Toujours préciser SUR QUEL CORPS on factorise — une réponse sans cette précision est incomplète. D2 pousse cette idée jusqu'aux corps finis.

👉 Le critère le plus utile en petit degré : un polynôme de degré 22 ou 33 est irréductible sur KK si et seulement s'il n'a aucune racine dans KK. (Faux à partir du degré 44 : X4+X2+1X^4+X^2+1 n'a pas de racine rationnelle et se factorise pourtant — voir B4.)

Factoriser $X^4-1$

👉 Par identités remarquables successives :

X4−1=(X2)2−12=(X2−1)(X2+1),X^4-1=(X^2)^2-1^2=(X^2-1)(X^2+1),
X2−1=(X−1)(X+1).X^2-1=(X-1)(X+1).
X4−1=(X−1)(X+1)(X2+1)\boxed{X^4-1=(X-1)(X+1)(X^2+1)}

Vérifions que chaque facteur est irréductible sur Q\mathbb{Q} :

facteur degré irréductible sur Q\mathbb{Q} ?
X−1X-1 11 oui — tout polynôme de degré 11 l'est
X+1X+1 11 oui
X2+1X^2+1 22 oui — pas de racine rationnelle, car x2=−1x^2=-1 est impossible dans R\mathbb{R}

👉 Contrôle du degré : 1+1+2=41+1+2=4 ✓ — la somme des degrés des facteurs doit valoir celui du produit (A1).

Factoriser $X^3-1$

👉 Par l'identité a3−b3=(a−b)(a2+ab+b2)a^3-b^3=(a-b)(a^2+ab+b^2) avec b=1b=1 :

X3−1=(X−1)(X2+X+1)\boxed{X^3-1=(X-1)(X^2+X+1)}

Contrôle par développement :

(X−1)(X2+X+1)=X3+X2+X−X2−X−1=X3−1 ✓(X-1)(X^2+X+1)=X^3+X^2+X-X^2-X-1=X^3-1\ \checkmark

👉 Les termes en X2X^2 et en XX se simplifient deux à deux — c'est le télescopage caractéristique de cette identité.

X2+X+1X^2+X+1 est-il irréductible sur Q\mathbb{Q} ? Son discriminant vaut

Δ=12−4×1×1=−3<0,\Delta=1^2-4\times 1\times 1=-3<0,

donc il n'a aucune racine réelle, a fortiori aucune racine rationnelle. Étant de degré 22, il est irréductible sur Q\mathbb{Q} et sur R\mathbb{R} ✓

👉 Ses racines complexes sont j=e2iπ/3j=e^{2i\pi/3} et jˉ\bar j, les racines cubiques primitives de l'unité.

Le point de vue par les RACINES DE L'UNITE

👉 Ces deux factorisations sont des cas particuliers d'un phénomène général :

Xn−1=∏d∣nΦd(X),X^n-1=\prod_{d\mid n}\Phi_d(X),

où Φd\Phi_d est le dd-ième polynôme cyclotomique — celui dont les racines sont les racines dd-ièmes primitives de l'unité.

dd Φd\Phi_d racines
11 X−1X-1 11
22 X+1X+1 −1-1
33 X2+X+1X^2+X+1 j, jˉj,\ \bar j
44 X2+1X^2+1 i, −ii,\ -i

Vérifions sur nos deux cas :

X4−1=Φ1Φ2Φ4=(X−1)(X+1)(X2+1) ✓X^4-1=\Phi_1\Phi_2\Phi_4=(X-1)(X+1)(X^2+1)\ \checkmark
X3−1=Φ1Φ3=(X−1)(X2+X+1) ✓X^3-1=\Phi_1\Phi_3=(X-1)(X^2+X+1)\ \checkmark

👉 Et le pgcd de A3 se relit immédiatement : les diviseurs communs de 44 et 33 se réduisent à 11, donc le seul facteur cyclotomique commun est Φ1=X−1\Phi_1=X-1 ✓

⚠️ Les Φd\Phi_d sont TOUS irréductibles sur Q\mathbb{Q} — c'est un théorème non trivial (Gauss), et il donne d'un coup la factorisation complète de Xn−1X^n-1 sur Q\mathbb{Q}.

ℹ️ Leurs coefficients sont entiers, et longtemps on a cru qu'ils valaient toujours 00 ou ±1\pm 1 — c'est vrai jusqu'à n=104n=104, et faux pour n=105n=105, où apparaît un −2-2.

Réponse. X4−1=(X−1)(X+1)(X2+1)X^4-1=(X-1)(X+1)(X^2+1) ; X3−1=(X−1)(X2+X+1)X^3-1=(X-1)(X^2+X+1). (Recoupement : vérifié machine ✓)
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Théorème du reste (Horner)

CalculDifficulté 3/5

Pour P=X3−2X2+3X−4P=X^3-2X^2+3X-4, calculer P(2)P(2) et en déduire le reste et le quotient de PP par (X−2)(X-2).

Indices (3)

Théorème du reste : le reste de PP par (X−a)(X-a) est P(a)P(a).

Calculer P(2)P(2).

Le quotient s'obtient par schéma de Horner.

Correction détaillée
Le theoreme du reste
Le reste de la division de P par (X−a) est P(a)\boxed{\text{Le reste de la division de }P\ \text{par}\ (X-a)\ \text{est}\ P(a)}

👉 La démonstration tient en deux lignes. La division euclidienne (A2) donne

P=(X−a)Q+Ravecdeg⁡R<deg⁡(X−a)=1,P=(X-a)Q+R\qquad\text{avec}\qquad \deg R<\deg(X-a)=1,

donc RR est une constante. En évaluant en X=aX=a :

P(a)=(a−a)Q(a)+R=0+R=R.P(a)=(a-a)Q(a)+R=0+R=R.
R=P(a)■\boxed{R=P(a)}\qquad\blacksquare

👉 Corollaire immédiat, et il sert partout :

a est racine de P  ⟺  (X−a) divise P\boxed{a\ \text{est racine de}\ P\iff (X-a)\ \text{divise}\ P}

C'est ce qui relie les racines (analyse) et la divisibilité (algèbre), et c'est le pont sur lequel repose tout le chapitre.

Calculer $P(2)$ par Horner
P=X3−2X2+3X−4.P=X^3-2X^2+3X-4.

👉 Le schéma de Horner réécrit PP en emboîtant les multiplications :

P(X)=((X−2)X+3)X−4.P(X)=\big((X-2)X+3\big)X-4.

On part du coefficient dominant, on multiplie par 22, on ajoute le suivant :

coefficient 11 −2-2 33 −4-4
calcul — 1×2+(−2)1\times 2+(-2) 0×2+30\times 2+3 3×2+(−4)3\times 2+(-4)
résultat 1\mathbf{1} 0\mathbf{0} 3\mathbf{3} 2\mathbf{2}
P(2)=2\boxed{P(2)=2}

Contrôle par le calcul direct :

P(2)=8−2×4+3×2−4=8−8+6−4=2 ✓P(2)=8-2\times 4+3\times 2-4=8-8+6-4=2\ \checkmark

👉 Horner coûte 33 multiplications ; le calcul direct en coûte 66 (X2X^2, X3X^3, puis chaque produit). Sur un polynôme de degré nn, c'est nn contre 2n−12n-1 — et c'est l'algorithme employé par toutes les machines.

Le quotient est DEJA calcule

👉 C'est le second service de Horner, et le plus souvent ignoré : les valeurs intermédiaires SONT les coefficients du quotient.

ligne de Horner 11 00 33 2\mathbf{2}
rôle \multicolumn{3}{c}{coefficients de QQ} reste
Q=X2+0⋅X+3=X2+3,R=2\boxed{Q=X^2+0\cdot X+3=X^2+3,\qquad R=2}
P=(X−2)(X2+3)+2.P=(X-2)(X^2+3)+2.

Contrôle par développement :

(X−2)(X2+3)=X3+3X−2X2−6=X3−2X2+3X−6,(X-2)(X^2+3)=X^3+3X-2X^2-6=X^3-2X^2+3X-6,
X3−2X2+3X−6+2=X3−2X2+3X−4 ✓X^3-2X^2+3X-6+2=X^3-2X^2+3X-4\ \checkmark

👉 Une seule passe de Horner donne donc le quotient ET le reste — là où la division posée demande de dérouler trois étapes. C'est pourquoi on l'appelle aussi « division synthétique ».

⚠️ Le 00 intermédiaire ne doit pas être oublié : il est le coefficient de XX dans QQ. L'omettre donnerait Q=X+3Q=X+3, de degré 11 au lieu de 22 — et le contrôle des degrés (deg⁡Q=deg⁡P−1=2\deg Q=\deg P-1=2) l'attraperait.

Ce que le theoreme du reste debloque

👉 Chercher une racine évidente devient la première chose à faire devant un polynôme à factoriser (B1, E1, E6).

Ici P(2)=2≠0P(2)=2\neq 0, donc 22 n'est pas racine et (X−2)(X-2) ne divise pas PP.

👉 Le théorème des racines rationnelles restreint drastiquement les candidats : si pq\dfrac pq, écrite sous forme irréductible, est racine d'un polynôme à coefficients entiers, alors

p∣terme constant,q∣coefficient dominant.p\mid \text{terme constant},\qquad q\mid \text{coefficient dominant}.

Pour P=X3−2X2+3X−4P=X^3-2X^2+3X-4, unitaire de terme constant −4-4 : les seules racines rationnelles possibles sont

±1, ±2, ±4.\pm 1,\ \pm 2,\ \pm 4.
aa 11 −1-1 22 −2-2 44 −4-4
P(a)P(a) −2-2 −10-10 2\mathbf{2} −26-26 4040 −112-112

👉 Aucune racine rationnelle — et comme PP est de degré 33, cela suffit à conclure qu'il est irréductible sur Q\mathbb{Q} (A5).

ℹ️ Attention à la limite du critère : « pas de racine ⟹\Longrightarrow irréductible » ne vaut qu'en degré 22 ou 33. En degré 44, un polynôme peut se factoriser en deux facteurs quadratiques sans avoir la moindre racine — c'est exactement le cas de X4+X2+1X^4+X^2+1 (B4).

Réponse. P(2)=2P(2)=2 ; P=(X−2)(X2+3)+2P=(X-2)(X^2+3)+2. (Recoupement : 2≠02\neq0 ⟹\Longrightarrow (X−2)∤P(X-2)\nmid P — vérifié machine ✓)
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Multiplicité d'une racine

DémonstrationDifficulté 3/5

Factoriser P=X3−3X+2P=X^3-3X+2 et préciser la multiplicité de chaque racine.

Indices (3)

Chercher une racine évidente : P(1)=0P(1)=0.

Diviser par (X−1)(X-1), puis recommencer.

Tester si 11 est racine du quotient.

Correction détaillée
Chercher une racine EVIDENTE
P=X3−3X+2.P=X^3-3X+2.

👉 Premier réflexe devant un polynôme à factoriser : tester les racines rationnelles possibles. PP étant unitaire de terme constant 22, elles se limitent à

±1, ±2.\pm 1,\ \pm 2.
aa P(a)P(a)
11 1−3+2=01-3+2=\mathbf{0} ✓
−1-1 −1+3+2=4-1+3+2=4
22 8−6+2=48-6+2=4
−2-2 −8+6+2=0-8+6+2=\mathbf{0} ✓

👉 Deux racines trouvées : 11 et −2-2. Par le théorème du reste (A6), (X−1)(X-1) et (X+2)(X+2) divisent donc PP.

⚠️ Mais PP est de degré 33 et n'a que deux racines distinctes. Il en manque une — ou bien l'une est multiple.

Diviser, et decouvrir la multiplicite

Divisons par (X−1)(X-1), par Horner (A6) :

coefficient 11 00 −3-3 22
Horner en 11 1\mathbf{1} 1\mathbf{1} −2\mathbf{-2} 0\mathbf{0}
P=(X−1)(X2+X−2).P=(X-1)(X^2+X-2).

👉 Le reste 00 confirme que 11 est racine ✓

Factorisons le trinôme X2+X−2X^2+X-2 : somme des racines =−1=-1, produit =−2=-2, donc les racines sont 11 et −2-2.

X2+X−2=(X−1)(X+2).X^2+X-2=(X-1)(X+2).

👉 11 réapparaît ! C'est la signature d'une racine multiple.

P=X3−3X+2=(X−1)2(X+2)\boxed{P=X^3-3X+2=(X-1)^2(X+2)}

Contrôle par développement :

(X−1)2=X2−2X+1,(X2−2X+1)(X+2)=X3+2X2−2X2−4X+X+2=X3−3X+2 ✓(X-1)^2=X^2-2X+1,\qquad (X^2-2X+1)(X+2)=X^3+2X^2-2X^2-4X+X+2=X^3-3X+2\ \checkmark
Les multiplicites
racine 1 : multiplicite 2racine −2 : multiplicite 1\boxed{\text{racine }1\ :\ \text{multiplicite }\mathbf{2}\qquad\text{racine }-2\ :\ \text{multiplicite }\mathbf{1}}

👉 La multiplicité de aa est le plus grand mm tel que (X−a)m(X-a)^m divise PP.

Contrôle par le comptage des degrés :

2+1=3=deg⁡P ✓2+1=3=\deg P\ \checkmark

👉 C'est un contrôle systématique : la somme des multiplicités doit valoir le degré — à condition de compter toutes les racines, y compris complexes. Ici les deux sont réelles, donc le compte tombe juste sur R\mathbb{R}.

👉 Comment se voit une racine double sur la COURBE : en x=1x=1, la courbe touche l'axe des abscisses sans le traverser, tandis qu'en x=−2x=-2 elle le traverse.

racine multiplicité comportement en ce point
−2-2 11 (impaire) la courbe traverse l'axe
11 22 (paire) la courbe touche l'axe, c'est un extremum

⚠️ La règle générale : multiplicité impaire ⟹\Longrightarrow traversée, paire ⟹\Longrightarrow tangence. Ce n'est pas une image, c'est une conséquence du signe de (x−a)m(x-a)^m au voisinage de aa.

Le critere par la DERIVEE
a est racine de multiplicite ≥m  ⟺  P(a)=P′(a)=⋯=P(m−1)(a)=0\boxed{a\ \text{est racine de multiplicite}\ \geq m\iff P(a)=P'(a)=\cdots=P^{(m-1)}(a)=0}

Vérifions sur a=1a=1 :

P′=3X2−3,P′(1)=3−3=0 ✓P'=3X^2-3,\qquad P'(1)=3-3=0\ \checkmark

👉 P(1)=0P(1)=0 ET P′(1)=0P'(1)=0 : la multiplicité est donc au moins 22.

P′′=6X,P′′(1)=6≠0⟹la multiplicite vaut EXACTEMENT 2.P''=6X,\qquad P''(1)=6\neq 0\qquad\Longrightarrow\qquad \text{la multiplicite vaut EXACTEMENT }2.

Et pour a=−2a=-2 : P′(−2)=3×4−3=9≠0P'(-2)=3\times 4-3=9\neq 0, donc la multiplicité vaut exactement 11 ✓

👉 Ce critère est ce qui permet de détecter une racine multiple SANS l'avoir trouvée — c'est tout l'objet de B3, qui calcule pgcd⁡(P,P′)\operatorname{pgcd}(P,P') et y lit directement les racines multiples.

⚠️⚠️ En caractéristique pp, ce critère peut TROMPER. Sur Fp\mathbb{F}_p, la dérivée de XpX^p vaut pXp−1=0pX^{p-1}=0 : le polynôme Xp−aX^p-a (a∈Fpa\in\mathbb{F}_p) a une dérivée identiquement nulle, et le critère lui attribue une racine aa de multiplicité aussi grande qu'on veut, alors que Xp−a=(X−a)pX^p-a=(X-a)^p : elle vaut exactement pp. Le critère d'ordre 11 (racine multiple   ⟺  P(a)=P′(a)=0\iff P(a)=P'(a)=0) reste valide ; c'est pour m>pm>p que l'équivalence encadrée tombe (sur F2\mathbb{F}_2, X2X^2 a toutes ses dérivées nulles en 00, racine seulement double). C'est un phénomène propre à la caractéristique finie, à connaître avant de manipuler D3, D4 et D5.

ℹ️ Sur Q\mathbb{Q}, R\mathbb{R} ou C\mathbb{C} — caractéristique 00 — le critère est toujours valide.

Réponse. P=(X−1)2(X+2)P=(X-1)^2(X+2) : 11 double, −2-2 simple. (Recoupement : confirmé par pgcd⁡(P,P′)\operatorname{pgcd}(P,P') en B3 ✓ ; vérifié machine)
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Relations de Viète

ApplicationDifficulté 3/5

Le polynôme X3−6X2+11X−6X^3-6X^2+11X-6 a pour racines 1,2,31,2,3. Vérifier les relations de Viète.

Indices (3)

∑ri=−a2\sum r_i=-a_2, ∑i<jrirj=a1\sum_{i<j}r_ir_j=a_1, ∏ri=−a0\prod r_i=-a_0 (unitaire).

Calculer les fonctions symétriques des racines.

Comparer aux coefficients −6,11,−6-6,11,-6.

Correction détaillée
Les relations de Viete

Pour P=X3+aX2+bX+cP=X^3+aX^2+bX+c de racines r1,r2,r3r_1,r_2,r_3 (comptées avec multiplicité) :

σ1=r1+r2+r3=−a,σ2=∑i<jrirj=b,σ3=r1r2r3=−c\boxed{\sigma_1=r_1+r_2+r_3=-a,\qquad \sigma_2=\sum_{i<j}r_ir_j=b,\qquad \sigma_3=r_1r_2r_3=-c}

👉 D'où viennent les signes. En développant la forme factorisée :

(X−r1)(X−r2)(X−r3)=X3−σ1X2+σ2X−σ3,(X-r_1)(X-r_2)(X-r_3)=X^3-\sigma_1X^2+\sigma_2X-\sigma_3,

et l'identification avec X3+aX2+bX+cX^3+aX^2+bX+c donne a=−σ1a=-\sigma_1, b=σ2b=\sigma_2, c=−σ3c=-\sigma_3.

👉 Les signes ALTERNENT, en commençant par un moins. C'est la règle générale, valable en tout degré :

σk=(−1)k×(coefficient de Xn−k),pour un polynome UNITAIRE.\sigma_k=(-1)^k\times(\text{coefficient de }X^{n-k}),\qquad \text{pour un polynome UNITAIRE}.

⚠️ Pour un polynôme non unitaire, diviser d'abord par le coefficient dominant.

Verification sur $X^3-6X^2+11X-6$

Ici a=−6a=-6, b=11b=11, c=−6c=-6, et les racines sont 11, 22, 33.

relation calcul par les racines valeur attendue
σ1\sigma_1 1+2+3=61+2+3=\mathbf{6} −a=−(−6)=6-a=-(-6)=\mathbf{6} ✓
σ2\sigma_2 1 ⁣⋅ ⁣2+1 ⁣⋅ ⁣3+2 ⁣⋅ ⁣3=2+3+6=111\!\cdot\!2+1\!\cdot\!3+2\!\cdot\!3=2+3+6=\mathbf{11} b=11b=\mathbf{11} ✓
σ3\sigma_3 1×2×3=61\times 2\times 3=\mathbf{6} −c=−(−6)=6-c=-(-6)=\mathbf{6} ✓
les trois relations sont verifiees\boxed{\text{les trois relations sont verifiees}}

👉 Contrôle indépendant, par la factorisation :

(X−1)(X−2)(X−3)=(X−1)(X2−5X+6)=X3−5X2+6X−X2+5X−6=X3−6X2+11X−6 ✓(X-1)(X-2)(X-3)=(X-1)(X^2-5X+6)=X^3-5X^2+6X-X^2+5X-6=X^3-6X^2+11X-6\ \checkmark

⚠️ σ2\sigma_2 est celle qu'on rate : il faut toutes les paires, soit (32)=3\binom32=3 termes. En oublier un donnerait 99 ou 88 au lieu de 1111.

A quoi Viete sert vraiment

👉 Son intérêt est de donner des informations sur les racines SANS LES CALCULER.

Exemple — pour X3−6X2+11X−6X^3-6X^2+11X-6, calculer 1r1+1r2+1r3\dfrac1{r_1}+\dfrac1{r_2}+\dfrac1{r_3} :

1r1+1r2+1r3=r2r3+r1r3+r1r2r1r2r3=σ2σ3=116.\frac1{r_1}+\frac1{r_2}+\frac1{r_3}=\frac{r_2r_3+r_1r_3+r_1r_2}{r_1r_2r_3}=\frac{\sigma_2}{\sigma_3}=\frac{11}{6}.

Contrôle : 1+12+13=6+3+26=1161+\tfrac12+\tfrac13=\tfrac{6+3+2}{6}=\tfrac{11}{6} ✓

👉 Et la somme des CARRÉS, qui est l'objet de C6 :

∑ri2=σ12−2σ2=36−22=14.\sum r_i^2=\sigma_1^2-2\sigma_2=36-22=14.

Contrôle : 1+4+9=141+4+9=14 ✓

👉 Ces identités marchent même quand les racines sont irrationnelles ou complexes — c'est là tout leur intérêt. Pour X3−X−1X^3-X-1, dont l'unique racine réelle n'a pas d'expression simple, on obtient quand même ∑ri=0\sum r_i=0 et ∑ri2=02−2(−1)=2\sum r_i^2=0^2-2(-1)=2.

ℹ️ Toute expression symétrique des racines s'exprime en fonction des σk\sigma_k : c'est le théorème fondamental des polynômes symétriques, et il est au cœur de la théorie de Galois.

⚠️ Les deux pieges de Viete

Piège 1 — il faut compter TOUTES les racines, avec multiplicité, sur C\mathbb{C}.

Pour P=X3−3X+2=(X−1)2(X+2)P=X^3-3X+2=(X-1)^2(X+2) (B1), les racines sont 11, 11, −2-2 :

σ1=1+1−2=0=−a ✓(a=0),\sigma_1=1+1-2=0=-a\ \checkmark\quad(a=0),
σ2=1 ⁣⋅ ⁣1+1 ⁣⋅ ⁣(−2)+1 ⁣⋅ ⁣(−2)=1−2−2=−3=b ✓,\sigma_2=1\!\cdot\!1+1\!\cdot\!(-2)+1\!\cdot\!(-2)=1-2-2=-3=b\ \checkmark,
σ3=1×1×(−2)=−2=−c ✓(c=2).\sigma_3=1\times 1\times(-2)=-2=-c\ \checkmark\quad(c=2).

⚠️ Compter 11 une seule fois donnerait σ1=−1\sigma_1=-1 — faux. La racine double compte deux fois.

Piège 2 — sur R\mathbb{R}, les relations restent vraies mais les racines peuvent être COMPLEXES.

Pour X3−1X^3-1, les racines sont 11, jj, jˉ\bar j :

σ1=1+j+jˉ=1+(−1)=0 ✓\sigma_1=1+j+\bar j=1+(-1)=0\ \checkmark

👉 puisque 1+j+j2=01+j+j^2=0. Les relations tiennent, mais deux des trois racines ne sont pas réelles.

Viete se lit TOUJOURS sur C, ou tout polynome de degre n a exactement n racines\boxed{\text{Viete se lit TOUJOURS sur}\ \mathbb{C},\ \text{ou tout polynome de degre } n \text{ a exactement } n \text{ racines}}

ℹ️ C'est le théorème de d'Alembert-Gauss qui le garantit, et c'est ce qui rend C\mathbb{C} algébriquement clos — la propriété qui manque à R\mathbb{R} et à Q\mathbb{Q}.

Réponse. σ1=6\sigma_1=6, σ2=11\sigma_2=11, σ3=6\sigma_3=6 — conformes aux coefficients. (Recoupement : vérifié machine ✓)
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Dérivée formelle & racines multiples

DémonstrationDifficulté 3/5

À l'aide de pgcd⁡(P,P′)\operatorname{pgcd}(P,P'), montrer que P=X3−3X+2P=X^3-3X+2 a une racine multiple et l'identifier.

Indices (3)

aa racine multiple   ⟺  P(a)=P′(a)=0  ⟺  (X−a)∣pgcd⁡(P,P′)\iff P(a)=P'(a)=0\iff (X-a)\mid\operatorname{pgcd}(P,P').

P′=3X2−3P'=3X^2-3.

Calculer pgcd⁡(P,P′)\operatorname{pgcd}(P,P').

Correction détaillée
Le critere : $\operatorname{pgcd}(P,P')$ detecte les racines multiples
a est racine MULTIPLE de P  ⟺  P(a)=0 et P′(a)=0  ⟺  a est racine de pgcd⁡(P,P′)\boxed{a\ \text{est racine MULTIPLE de}\ P\iff P(a)=0\ \text{et}\ P'(a)=0\iff a\ \text{est racine de}\ \operatorname{pgcd}(P,P')}

👉 Pourquoi. Si P=(X−a)mQP=(X-a)^mQ avec m≥2m\geq 2 et Q(a)≠0Q(a)\neq 0, alors

P′=m(X−a)m−1Q+(X−a)mQ′=(X−a)m−1[mQ+(X−a)Q′],P'=m(X-a)^{m-1}Q+(X-a)^mQ'=(X-a)^{m-1}\big[mQ+(X-a)Q'\big],

donc (X−a)m−1(X-a)^{m-1} divise P′P' — et aa est racine de P′P' dès que m≥2m\geq 2.

si a est de multiplicite m dans P, elle est de multiplicite m−1 dans pgcd⁡(P,P′)\boxed{\text{si }a\ \text{est de multiplicite}\ m\ \text{dans}\ P,\ \text{elle est de multiplicite}\ m-1\ \text{dans}\ \operatorname{pgcd}(P,P')}

👉 L'immense intérêt : ce critère détecte les racines multiples SANS LES CALCULER. On n'a besoin d'aucune racine, seulement d'un pgcd — donc de l'algorithme d'Euclide (A3), qui est purement mécanique.

⚠️ Il est donc utilisable même quand les racines sont inconnues, irrationnelles ou complexes.

Le calcul sur $P=X^3-3X+2$
P=X3−3X+2,P′=3X2−3=3(X2−1)=3(X−1)(X+1).P=X^3-3X+2,\qquad P'=3X^2-3=3(X^2-1)=3(X-1)(X+1).

👉 Le facteur 33 est un inversible de Q[X]\mathbb{Q}[X] : il ne change pas le pgcd (A3). On peut travailler avec X2−1X^2-1.

Algorithme d'Euclide :

X3−3X+2=(X2−1)⋅X+(−2X+2).X^3-3X+2=(X^2-1)\cdot X+(-2X+2).

👉 Contrôle : X(X2−1)=X3−XX(X^2-1)=X^3-X, et X3−X−2X+2=X3−3X+2X^3-X-2X+2=X^3-3X+2 ✓

Puis, en simplifiant −2X+2=−2(X−1)-2X+2=-2(X-1) par l'inversible −2-2 :

X2−1=(X−1)(X+1)+0.X^2-1=(X-1)(X+1)+0.
pgcd⁡(P,P′)=X−1\boxed{\operatorname{pgcd}(P,P')=X-1}

👉 Le pgcd est de degré 11 et a pour racine 11.

Lire le resultat

👉 Le pgcd vaut X−1X-1, donc :

lecture conclusion
pgcd⁡≠\operatorname{pgcd}\neq constante PP A une racine multiple
sa racine est 11 la racine multiple est 11
(X−1)(X-1) y figure à la puissance 11 sa multiplicité dans PP vaut 1+1=21+1=\mathbf{2}
1 est racine DOUBLE de P\boxed{1\ \text{est racine DOUBLE de}\ P}

Contrôle par la factorisation (B1) : P=(X−1)2(X+2)P=(X-1)^2(X+2) ✓ — la multiplicité est bien 22.

👉 Et −2-2 n'apparaît PAS dans le pgcd, ce qui confirme qu'elle est de multiplicité 11 : une racine simple n'est pas racine de P′P'.

Vérification directe : P′(−2)=3×4−3=9≠0P'(-2)=3\times 4-3=9\neq 0 ✓

👉 La méthode a donc donné la racine multiple ET sa multiplicité, sans qu'on ait eu à chercher aucune racine au départ.

La partie SANS FACTEUR CARRE, et les limites du critere

👉 Corollaire immédiat, exploité en C5 :

Ppgcd⁡(P,P′) a les MEMES racines que P, toutes SIMPLES\boxed{\frac{P}{\operatorname{pgcd}(P,P')}\ \text{a les MEMES racines que}\ P,\ \text{toutes SIMPLES}}

Ici :

X3−3X+2X−1=X2+X−2=(X−1)(X+2).\frac{X^3-3X+2}{X-1}=X^2+X-2=(X-1)(X+2).

👉 Les deux racines 11 et −2-2 sont conservées, mais chacune une seule fois — c'est la partie sans facteur carré, très utilisée en calcul formel pour se ramener à des racines simples.

👉 Autre conséquence pratique :

P est SANS RACINE MULTIPLE (sur C)  ⟺  pgcd⁡(P,P′)=1.P\ \text{est SANS RACINE MULTIPLE (sur}\ \mathbb{C})\iff \operatorname{pgcd}(P,P')=1.

⚠️⚠️ La partie sans facteur carré ÉCHOUE en caractéristique pp. Sur Fp\mathbb{F}_p, la dérivée de Xp−aX^p-a vaut

pXp−1=0,pX^{p-1}=0,

donc pgcd⁡(P,P′)=pgcd⁡(P,0)=P\operatorname{pgcd}(P,P')=\operatorname{pgcd}(P,0)=P — ce qui fait conclure, à juste titre, que toutes les racines sont multiples.

👉 Et c'est vrai : sur Fp\mathbb{F}_p, Xp−a=(X−b)pX^p-a=(X-b)^p où bp=ab^p=a, par le « rêve du première année » (x+y)p=xp+yp(x+y)^p=x^p+y^p. Ce qui tombe, c'est le corollaire encadré : Ppgcd⁡(P,P′)=PP=1\dfrac{P}{\operatorname{pgcd}(P,P')}=\dfrac PP=1 n'a plus aucune racine, alors que PP en a une.

ℹ️ En caractéristique 00 — Q\mathbb{Q}, R\mathbb{R}, C\mathbb{C} — la dérivée d'un polynôme non constant n'est jamais nulle, et le critère est toujours valide.

Réponse. pgcd⁡(P,P′)=X−1\operatorname{pgcd}(P,P')=X-1 ⟹\Longrightarrow 11 est racine multiple. (Recoupement : cohérent avec P=(X−1)2(X+2)P=(X-1)^2(X+2) de B1 ✓ ; vérifié machine)
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Factorisation sur R et sur C

DémonstrationDifficulté 3/5

Factoriser X4+X2+1X^4+X^2+1 sur R\mathbb R, puis sur C\mathbb C.

Indices (3)

Astuce : X4+X2+1=(X2+1)2−X2X^4+X^2+1=(X^2+1)^2-X^2 (différence de carrés).

Sur R\mathbb R : facteurs de degré ≤2\le2.

Sur C\mathbb C : chaque trinôme se scinde.

Correction détaillée
⚠️ Pas de racine ne veut PAS dire irreductible
P=X4+X2+1.P=X^4+X^2+1.

👉 Cherchons d'abord ses racines réelles. En posant t=X2≥0t=X^2\geq 0 :

t2+t+1=0,Δ=1−4=−3<0.t^2+t+1=0,\qquad \Delta=1-4=-3<0.

Aucune solution réelle en tt, donc aucune racine réelle pour PP.

⚠️⚠️ Et pourtant PP SE FACTORISE sur R\mathbb{R}. C'est exactement le piège annoncé en A5 : le critère « pas de racine ⟹\Longrightarrow irréductible » ne vaut qu'en degré 22 ou 33.

👉 En degré 44, un polynôme peut se factoriser en deux facteurs QUADRATIQUES sans avoir la moindre racine. C'est le cas ici, et c'est le cas général pour tout polynôme réel de degré 44 sans racine réelle.

degre ≥4 : tester les racines ne suffit PLUS\boxed{\text{degre}\ \geq 4\ :\ \text{tester les racines ne suffit PLUS}}
La factorisation sur $\mathbb{R}$ : la ruse du carre

👉 L'astuce : faire apparaître une identité a2−b2a^2-b^2 en ajoutant et retranchant X2X^2.

X4+X2+1=X4+2X2+1−X2=(X2+1)2−X2.X^4+X^2+1=X^4+2X^2+1-X^2=(X^2+1)^2-X^2.

👉 On reconnaît a2−b2a^2-b^2 avec a=X2+1a=X^2+1 et b=Xb=X :

(X2+1)2−X2=(X2+1−X)(X2+1+X).(X^2+1)^2-X^2=(X^2+1-X)(X^2+1+X).
X4+X2+1=(X2−X+1)(X2+X+1)\boxed{X^4+X^2+1=(X^2-X+1)(X^2+X+1)}

Contrôle par développement :

(X2−X+1)(X2+X+1)=X4+X3+X2−X3−X2−X+X2+X+1=X4+X2+1 ✓(X^2-X+1)(X^2+X+1)=X^4+X^3+X^2-X^3-X^2-X+X^2+X+1=X^4+X^2+1\ \checkmark

👉 Six termes se simplifient deux à deux — les X3X^3, les XX, et deux des trois X2X^2.

Les deux facteurs sont irréductibles sur R\mathbb{R}, leurs discriminants valant tous deux 1−4=−3<01-4=-3<0.

⚠️ Cette factorisation vaut AUSSI sur Q\mathbb{Q} — les coefficients sont entiers. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Q\mathbb{Q} et R\mathbb{R} donnent ici la même décomposition.

La factorisation sur $\mathbb{C}$

👉 Sur C\mathbb{C}, tout polynôme se factorise en facteurs de degré 11 (d'Alembert-Gauss). Résolvons chaque trinôme.

Pour X2+X+1X^2+X+1, Δ=−3\Delta=-3 donc Δ=i3\sqrt\Delta=i\sqrt3 :

X=−1±i32=j et jˉ,les racines cubiques primitives de l’unite.X=\frac{-1\pm i\sqrt3}{2}=j\ \text{et}\ \bar j,\qquad\text{les racines cubiques primitives de l'unite.}

Pour X2−X+1X^2-X+1, Δ=−3\Delta=-3 également :

X=1±i32=−j2 et −jˉ2=e±iπ/3.X=\frac{1\pm i\sqrt3}{2}=-j^2\ \text{et}\ -\bar j^2=e^{\pm i\pi/3}.
X4+X2+1=(X−1+i32)(X−1−i32)(X+1−i32)(X+1+i32)\boxed{X^4+X^2+1=\left(X-\tfrac{1+i\sqrt3}{2}\right)\left(X-\tfrac{1-i\sqrt3}{2}\right)\left(X+\tfrac{1-i\sqrt3}{2}\right)\left(X+\tfrac{1+i\sqrt3}{2}\right)}

👉 Les quatre racines sont de module 11 : ∣1±i32∣=121+3=1\left\lvert\tfrac{1\pm i\sqrt3}{2}\right\rvert=\tfrac12\sqrt{1+3}=1 ✓

👉 Elles forment deux paires CONJUGUÉES — c'est ce qui explique que la factorisation réelle ait exactement deux facteurs quadratiques : chaque paire conjuguée se recolle en un trinôme à coefficients réels.

Pourquoi ces racines : $X^4+X^2+1$ est CYCLOTOMIQUE

👉 La clé se voit en une ligne :

X4+X2+1=X6−1X2−1.X^4+X^2+1=\frac{X^6-1}{X^2-1}.

Vérification : (X2−1)(X4+X2+1)=X6+X4+X2−X4−X2−1=X6−1(X^2-1)(X^4+X^2+1)=X^6+X^4+X^2-X^4-X^2-1=X^6-1 ✓

👉 Donc ses racines sont les racines 6es6^{\text{es}} de l'unité qui ne sont pas racines carrées de 11 :

eiπ/3,e2iπ/3,e4iπ/3,e5iπ/3.e^{i\pi/3},\quad e^{2i\pi/3},\quad e^{4i\pi/3},\quad e^{5i\pi/3}.
racine argument appartient à
e±iπ/3e^{\pm i\pi/3} ±60∘\pm 60^\circ X2−X+1=Φ6X^2-X+1=\Phi_6
e±2iπ/3e^{\pm 2i\pi/3} ±120∘\pm 120^\circ X2+X+1=Φ3X^2+X+1=\Phi_3
X4+X2+1=Φ3(X) Φ6(X)\boxed{X^4+X^2+1=\Phi_3(X)\,\Phi_6(X)}

👉 Cette lecture explique TOUT d'un coup : pourquoi il n'y a pas de racine réelle (aucune racine 6e6^{\text{e}} de l'unité autre que ±1\pm 1 n'est réelle), pourquoi la factorisation réelle a deux facteurs quadratiques, et pourquoi ils sont irréductibles sur Q\mathbb{Q} (les cyclotomiques le sont toujours, A5).

Le tableau des trois corps :

corps factorisation nombre de facteurs
Q\mathbb{Q} (X2−X+1)(X2+X+1)(X^2-X+1)(X^2+X+1) 22
R\mathbb{R} idem 22
C\mathbb{C} 44 facteurs de degré 11 44

ℹ️ Sur R\mathbb{R}, les irréductibles sont exactement les degrés 11 et les degrés 22 à discriminant négatif — jamais plus. C'est une conséquence directe de d'Alembert-Gauss et du fait que les racines non réelles vont par paires conjuguées.

Réponse. Sur R\mathbb R : (X2+X+1)(X2−X+1)(X^2+X+1)(X^2-X+1) ; sur C\mathbb C, tout se scinde en degré 11. (Recoupement : racines complexes conjuguées ⟹\Longrightarrow irréductibles réels de degré ≤2\le2, cf. chapitre Complexes ✓ ; vérifié machine)
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Irréductibilité sur Q (Eisenstein)

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que X3+2X+2X^3+2X+2 est irréductible sur Q\mathbb Q.

Indices (3)

Critère d'Eisenstein avec un premier pp.

Tester p=2p=2 : pp divise tous les coefficients sauf le dominant ?

Et p2∤a0p^2\nmid a_0 ?

Correction détaillée
Le critere d'Eisenstein
S’il existe un premier p tel que {p∤an(dominant)p∣ai pour i<n(tous les autres)p2∤a0(terme constant) alors P est IRREDUCTIBLE sur Q\boxed{\text{S'il existe un premier }p\ \text{tel que}\ \begin{cases}p\nmid a_n & \text{(dominant)}\\ p\mid a_i\ \text{pour}\ i<n & \text{(tous les autres)}\\ p^2\nmid a_0 & \text{(terme constant)}\end{cases}\ \text{alors}\ P\ \text{est IRREDUCTIBLE sur}\ \mathbb{Q}}

👉 Les trois conditions sont indispensables, et chacune joue un rôle précis :

condition ce qu'elle empêche
p∤anp\nmid a_n que le degré chute modulo pp
p∣aip\mid a_i pour i<ni<n c'est le cœur : modulo pp, PP devient anXna_nX^n
p2∤a0p^2\nmid a_0 c'est elle qui interdit la factorisation

👉 L'idée de la démonstration. Modulo pp, P≡anXnP\equiv a_nX^n. Si P=QRP=QR était une factorisation non triviale sur Z\mathbb{Z}, alors modulo pp on aurait QˉRˉ=anXn\bar Q\bar R=a_nX^n, donc Qˉ\bar Q et Rˉ\bar R seraient tous deux des monômes en XX — donc leurs termes constants seraient tous deux divisibles par pp, donc a0=Q(0)R(0)a_0=Q(0)R(0) serait divisible par p2p^2. Contradiction.

⚠️ Le critère est suffisant, pas nécessaire : X2+1X^2+1 est irréductible sur Q\mathbb{Q} sans qu'aucun pp ne convienne.

Application a $X^3+2X+2$
P=X3+0⋅X2+2X+2,coefficients (a3,a2,a1,a0)=(1, 0, 2, 2).P=X^3+0\cdot X^2+2X+2,\qquad\text{coefficients}\ (a_3,a_2,a_1,a_0)=(1,\ 0,\ 2,\ 2).

👉 Essayons p=2p=2, le seul candidat plausible puisqu'il doit diviser a0=2a_0=2.

condition vérification
2∤a3=12\nmid a_3=1 11 est impair ✓
2∣a2=02\mid a_2=0 0=2×00=2\times 0 ✓
2∣a1=22\mid a_1=2 ✓
2∣a0=22\mid a_0=2 ✓
22=4∤a0=22^2=4\nmid a_0=2 2/42/4 n'est pas entier ✓
Les cinq conditions sont remplies : X3+2X+2 est IRREDUCTIBLE sur Q\boxed{\text{Les cinq conditions sont remplies : } X^3+2X+2\ \text{est IRREDUCTIBLE sur}\ \mathbb{Q}}

⚠️ La dernière ligne est celle qu'on oublie, et c'est celle qui fait tout le travail. Si le terme constant avait été 44, le critère ne s'appliquerait plus avec p=2p=2.

Le controle par les racines rationnelles

👉 PP est de degré 33, donc il est irréductible sur Q\mathbb{Q} si et seulement s'il n'a aucune racine rationnelle (A5). Vérifions-le indépendamment d'Eisenstein.

PP est unitaire de terme constant 22 : les racines rationnelles possibles sont ±1\pm 1, ±2\pm 2.

aa P(a)=a3+2a+2P(a)=a^3+2a+2
11 1+2+2=51+2+2=5
−1-1 −1−2+2=−1-1-2+2=-1
22 8+4+2=148+4+2=14
−2-2 −8−4+2=−10-8-4+2=-10

👉 Aucune racine rationnelle : PP est bien irréductible sur Q\mathbb{Q} ✓

Deux methodes independantes, meme conclusion\boxed{\text{Deux methodes independantes, meme conclusion}}

⚠️ Mais les deux méthodes n'ont pas la même portée : le test des racines n'aurait rien conclu en degré ≥4\geq 4, alors qu'Eisenstein fonctionne en tout degré. C'est ce qui en fait un critère si utile.

👉 PP a bien une racine réelle (tout polynôme réel de degré impair en a une, par le TVI) — elle vaut environ −0,77-0{,}77, et elle est irrationnelle.

Eisenstein en action, et la ruse du DECALAGE

👉 L'exemple le plus célèbre : le polynôme cyclotomique Φp\Phi_p.

Φp(X)=Xp−1+Xp−2+⋯+X+1=Xp−1X−1.\Phi_p(X)=X^{p-1}+X^{p-2}+\cdots+X+1=\frac{X^p-1}{X-1}.

⚠️ Eisenstein ne s'y applique PAS directement : tous ses coefficients valent 11, donc aucun premier ne divise les aia_i.

👉 La ruse : substituer X↦X+1X\mapsto X+1. L'irréductibilité est préservée par ce changement de variable, puisqu'une factorisation de l'un donnerait une factorisation de l'autre.

Φp(X+1)=(X+1)p−1X=Xp−1+(p1)Xp−2+⋯+(pp−1).\Phi_p(X+1)=\frac{(X+1)^p-1}{X}=X^{p-1}+\binom{p}{1}X^{p-2}+\cdots+\binom{p}{p-1}.

👉 Et là, Eisenstein s'applique avec ce même pp : les coefficients binomiaux (pk)\binom pk pour 1≤k≤p−11\leq k\leq p-1 sont tous divisibles par pp (puisque pp est premier et n'apparaît pas au dénominateur), tandis que le terme constant vaut (pp−1)=p\binom{p}{p-1}=p, non divisible par p2p^2.

Exemple, p=5p=5 :

Φ5(X+1)=X4+5X3+10X2+10X+5,\Phi_5(X+1)=X^4+5X^3+10X^2+10X+5,

et 55 divise 5,10,10,55,10,10,5 mais pas 11, et 25∤525\nmid 5 ✓

Φp est irreductible sur Q pour tout premier p\boxed{\Phi_p\ \text{est irreductible sur}\ \mathbb{Q}\ \text{pour tout premier}\ p}

ℹ️ Le réflexe à retenir : si Eisenstein échoue directement, essayer X↦X+cX\mapsto X+c pour quelques petites valeurs de cc. C'est souvent ce qui débloque.

Réponse. Irréductible sur Q\mathbb Q par Eisenstein (p=2p=2). (Recoupement : aucune racine rationnelle non plus — vérifié machine ✓)
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Décomposition sur Q, R, C

CalculDifficulté 3/5

Décomposer X4−1X^4-1 en irréductibles sur Q\mathbb Q, R\mathbb R puis C\mathbb C.

Indices (3)

X4−1=(X2−1)(X2+1)X^4-1=(X^2-1)(X^2+1).

X2+1X^2+1 : irréductible sur Q\mathbb Q et R\mathbb R, scindé sur C\mathbb C.

Sur C\mathbb C : X2+1=(X−i)(X+i)X^2+1=(X-i)(X+i).

Correction détaillée
Sur $\mathbb{Q}$

👉 Par identités remarquables successives (A5) :

X4−1=(X2−1)(X2+1)=(X−1)(X+1)(X2+1).X^4-1=(X^2-1)(X^2+1)=(X-1)(X+1)(X^2+1).
sur Q : X4−1=(X−1)(X+1)(X2+1)\boxed{\text{sur}\ \mathbb{Q}\ :\ X^4-1=(X-1)(X+1)(X^2+1)}

X2+1X^2+1 est irréductible sur Q\mathbb{Q} : il est de degré 22 et n'a aucune racine rationnelle, puisque x2=−1x^2=-1 n'a même pas de solution réelle.

👉 Contrôle du degré : 1+1+2=41+1+2=4 ✓ · Contrôle par les cyclotomiques : X4−1=Φ1Φ2Φ4X^4-1=\Phi_1\Phi_2\Phi_4 (A5) ✓

👉 Trois facteurs irréductibles, dont deux de degré 11 et un de degré 22.

Sur $\mathbb{R}$ : RIEN NE CHANGE
sur R : X4−1=(X−1)(X+1)(X2+1)— la MEME factorisation\boxed{\text{sur}\ \mathbb{R}\ :\ X^4-1=(X-1)(X+1)(X^2+1)\qquad\text{— la MEME factorisation}}

👉 X2+1X^2+1 reste irréductible sur R\mathbb{R}, puisque son discriminant vaut −4<0-4<0.

⚠️ C'est un point qu'on croit souvent faux : passer de Q\mathbb{Q} à R\mathbb{R} n'apporte rien ici. Ce n'est pas toujours le cas — X2−2X^2-2 est irréductible sur Q\mathbb{Q} et se factorise en (X−2)(X+2)(X-\sqrt2)(X+\sqrt2) sur R\mathbb{R}.

👉 La règle générale sur R\mathbb{R} : les irréductibles sont exactement

type condition
degré 11 toujours
degré 22 Δ<0\Delta<0
degré ≥3\geq 3 jamais

👉 Donc tout polynôme réel se factorise en produit de facteurs de degré 11 et 22 — c'est ce qui rend possible la décomposition en éléments simples de toute fraction rationnelle réelle.

La raison : les racines complexes d'un polynôme réel vont par paires conjuguées, et (X−z)(X−zˉ)=X2−2Re⁡(z)X+∣z∣2(X-z)(X-\bar z)=X^2-2\operatorname{Re}(z)X+\lvert z\rvert^2 est réel.

Sur $\mathbb{C}$ : quatre facteurs de degre $1$

👉 Il ne reste qu'à factoriser X2+1X^2+1, dont les racines sont ±i\pm i :

X2+1=(X−i)(X+i).X^2+1=(X-i)(X+i).
sur C : X4−1=(X−1)(X+1)(X−i)(X+i)\boxed{\text{sur}\ \mathbb{C}\ :\ X^4-1=(X-1)(X+1)(X-i)(X+i)}

Contrôle par développement :

(X−i)(X+i)=X2−i2=X2+1 ✓(X-i)(X+i)=X^2-i^2=X^2+1\ \checkmark

👉 Les quatre racines sont les racines 4es4^{\text{es}} de l'unité :

1,i,−1,−ic’est-a-diree2ikπ/4, k=0,1,2,3.1,\quad i,\quad -1,\quad -i\qquad\text{c'est-a-dire}\qquad e^{2ik\pi/4},\ k=0,1,2,3.

👉 Elles forment un carré inscrit dans le cercle unité, régulièrement espacées de 90∘90^\circ. C'est la lecture géométrique de Xn−1X^n-1 : ses racines sont les sommets du nn-gone régulier inscrit dans le cercle unité.

👉 Contrôle par Viète (B2) : la somme des racines vaut 1+i−1−i=01+i-1-i=0, ce qui doit être l'opposé du coefficient de X3X^3 — qui est bien 00 ✓

Le tableau, et ce qu'il enseigne
corps factorisation nombre de facteurs
Q\mathbb{Q} (X−1)(X+1)(X2+1)(X-1)(X+1)(X^2+1) 3\mathbf{3}
R\mathbb{R} (X−1)(X+1)(X2+1)(X-1)(X+1)(X^2+1) 3\mathbf{3} — identique
C\mathbb{C} (X−1)(X+1)(X−i)(X+i)(X-1)(X+1)(X-i)(X+i) 4\mathbf{4}

👉 Trois leçons :

1. La factorisation ne peut que s'AFFINER quand le corps grandit. Un facteur ne se recolle jamais ; il se coupe éventuellement en plusieurs.

Q⊂R⊂C⟹de plus en plus de facteurs.\mathbb{Q}\subset\mathbb{R}\subset\mathbb{C}\qquad\Longrightarrow\qquad \text{de plus en plus de facteurs.}

2. Sur C\mathbb{C}, on atteint toujours des facteurs de degré 11, et il y en a exactement deg⁡P\deg P — c'est le théorème de d'Alembert-Gauss, et c'est ce qui fait de C\mathbb{C} un corps algébriquement clos.

3. Le passage de Q\mathbb{Q} à R\mathbb{R} peut ne rien apporter, comme ici. La vraie rupture est entre R\mathbb{R} et C\mathbb{C}.

⚠️ Et sur un corps FINI, tout change encore (D2) : X2+1X^2+1, irréductible sur Q\mathbb{Q} et R\mathbb{R}, se factorise en (X+1)2(X+1)^2 sur F2\mathbb{F}_2 et en (X−2)(X+2)(X-2)(X+2) sur F5\mathbb{F}_5. Il n'y a pas de hiérarchie unique des corps — chacun a sa propre arithmétique.

ℹ️ C'est ce qui rend possible la construction de GF(4)\mathrm{GF}(4) et GF(8)\mathrm{GF}(8) (D4, D5) : on y choisit un polynôme irréductible sur F2\mathbb{F}_2, et le quotient devient un corps.

Réponse. Sur Q/R\mathbb Q/\mathbb R : (X−1)(X+1)(X2+1)(X-1)(X+1)(X^2+1) ; sur C\mathbb C : (X−1)(X+1)(X−i)(X+i)(X-1)(X+1)(X-i)(X+i). (Recoupement : racines 44-ièmes de l'unité, chapitre Complexes ✓ ; vérifié machine)
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Division exacte (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Diviser X3+1X^3+1 par X+1X+1.

Indices (3)

−1-1 est-il racine de X3+1X^3+1 ?

(−1)3+1=0(-1)^3+1=0 donc (X+1)∣X3+1(X+1)\mid X^3+1.

Identité : X3+1=(X+1)(X2−X+1)X^3+1=(X+1)(X^2-X+1).

Correction détaillée
Deviner le resultat AVANT de diviser

👉 Premier réflexe : tester si −1-1 est racine, par le théorème du reste (A6).

P(−1)=(−1)3+1=−1+1=0.P(-1)=(-1)^3+1=-1+1=0.
−1 est racine, donc (X+1) divise X3+1 : la division sera EXACTE\boxed{-1\ \text{est racine, donc}\ (X+1)\ \text{divise}\ X^3+1\ :\ \text{la division sera EXACTE}}

👉 On sait donc, avant tout calcul, que le reste vaudra 00 — et cela sert de contrôle : si la division donnait un reste non nul, il y aurait une erreur.

👉 On peut même deviner le quotient, par l'identité remarquable

a3+b3=(a+b)(a2−ab+b2)avecb=1.a^3+b^3=(a+b)(a^2-ab+b^2)\qquad\text{avec}\qquad b=1.
X3+1=(X+1)(X2−X+1).X^3+1=(X+1)(X^2-X+1).

⚠️ Attention aux signes : c'est X2−X+1X^2-X+1, avec un moins au milieu. Pour a3−b3a^3-b^3, ce serait X2+X+1X^2+X+1. Les deux se confondent facilement.

La division, par Horner
X3+0X2+0X+1 ÷ (X+1),soit Horner en a=−1.X^3+0X^2+0X+1\ \div\ (X+1),\qquad\text{soit Horner en }a=-1.
coefficient 11 00 00 11
calcul — 1×(−1)+01\times(-1)+0 (−1)×(−1)+0(-1)\times(-1)+0 1×(−1)+11\times(-1)+1
résultat 1\mathbf{1} −1\mathbf{-1} 1\mathbf{1} 0\mathbf{0}

👉 Les trois premières valeurs sont les coefficients du quotient, la dernière est le reste (A6) :

X3+1=(X+1)(X2−X+1),Q=X2−X+1,R=0\boxed{X^3+1=(X+1)(X^2-X+1),\qquad Q=X^2-X+1,\quad R=0}

Contrôle par développement :

(X+1)(X2−X+1)=X3−X2+X+X2−X+1=X3+1 ✓(X+1)(X^2-X+1)=X^3-X^2+X+X^2-X+1=X^3+1\ \checkmark

👉 Quatre termes se simplifient deux à deux — les X2X^2 et les XX. C'est le télescopage caractéristique de cette identité.

⚠️ Écrire les coefficients nuls (0X20X^2 et 0X0X) est indispensable : les omettre décale toute la ligne de Horner.

Le quotient est-il irreductible ?

👉 Sur R\mathbb{R}, le discriminant de X2−X+1X^2-X+1 vaut

Δ=(−1)2−4×1×1=1−4=−3<0.\Delta=(-1)^2-4\times 1\times 1=1-4=-3<0.
X2−X+1 est IRREDUCTIBLE sur Q et sur R\boxed{X^2-X+1\ \text{est IRREDUCTIBLE sur}\ \mathbb{Q}\ \text{et sur}\ \mathbb{R}}

La factorisation en irréductibles réels est donc complète :

X3+1=(X+1)(X2−X+1).X^3+1=(X+1)(X^2-X+1).

👉 Sur C\mathbb{C}, il se factorise encore. Ses racines sont

X=1±i32=e±iπ/3,X=\frac{1\pm i\sqrt3}{2}=e^{\pm i\pi/3},

donc

X3+1=(X+1)(X−eiπ/3)(X−e−iπ/3).X^3+1=(X+1)\left(X-e^{i\pi/3}\right)\left(X-e^{-i\pi/3}\right).

👉 Les trois racines sont les racines cubiques de −1-1, c'est-à-dire eiπe^{i\pi}, eiπ/3e^{i\pi/3} et e−iπ/3e^{-i\pi/3} — trois points régulièrement espacés de 120∘120^\circ sur le cercle unité.

Contrôle par Viète (B2) : leur somme vaut −1+12+12=0-1+\tfrac12+\tfrac12=0, soit l'opposé du coefficient de X2X^2, qui est bien 00 ✓

Le lien avec $X^4+X^2+1$ et les cyclotomiques

👉 X2−X+1X^2-X+1 est le polynôme cyclotomique Φ6\Phi_6 — celui dont les racines sont les racines 6es6^{\text{es}} primitives de l'unité, e±iπ/3e^{\pm i\pi/3}.

👉 C'est exactement l'un des deux facteurs de X4+X2+1X^4+X^2+1 (B4), qui vaut Φ3Φ6\Phi_3\Phi_6. Les deux exercices touchent donc le même objet.

Les décompositions cyclotomiques à connaître :

polynôme décomposition racines
X2−1X^2-1 Φ1Φ2\Phi_1\Phi_2 1, −11,\ -1
X3−1X^3-1 Φ1Φ3\Phi_1\Phi_3 1, j, jˉ1,\ j,\ \bar j
X3+1X^3+1 Φ2Φ6\Phi_2\Phi_6 −1, e±iπ/3-1,\ e^{\pm i\pi/3}
X4−1X^4-1 Φ1Φ2Φ4\Phi_1\Phi_2\Phi_4 les 4es4^{\text{es}} de l'unité

👉 Et l'on peut le vérifier directement :

X3+1=X6−1X3−1=Φ1Φ2Φ3Φ6Φ1Φ3=Φ2Φ6=(X+1)(X2−X+1) ✓X^3+1=\frac{X^6-1}{X^3-1}=\frac{\Phi_1\Phi_2\Phi_3\Phi_6}{\Phi_1\Phi_3}=\Phi_2\Phi_6=(X+1)(X^2-X+1)\ \checkmark

ℹ️ Le réflexe utile : devant Xn±1X^n\pm 1, penser aux racines de l'unité plutôt qu'aux identités remarquables. C'est plus court et cela donne la factorisation complète d'un coup.

Réponse. Quotient X2−X+1X^2-X+1, reste 00. (Recoupement : vérifié machine ✓)
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PGCD (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Calculer pgcd⁡(X2−1, X2−X)\operatorname{pgcd}(X^2-1,\ X^2-X).

Indices (3)

Factoriser chacun.

X2−1=(X−1)(X+1)X^2-1=(X-1)(X+1), X2−X=X(X−1)X^2-X=X(X-1).

Facteur commun.

Correction détaillée
Factoriser d'abord — c'est le plus rapide ici
A=X2−1,B=X2−X.A=X^2-1,\qquad B=X^2-X.

👉 Les deux se factorisent d'un coup d'œil :

X2−1=(X−1)(X+1)(identite remarquable),X^2-1=(X-1)(X+1)\qquad\text{(identite remarquable)},
X2−X=X(X−1)(factorisation par X).X^2-X=X(X-1)\qquad\text{(factorisation par }X).

Le seul facteur commun est (X−1)(X-1) :

pgcd⁡(X2−1, X2−X)=X−1\boxed{\operatorname{pgcd}(X^2-1,\ X^2-X)=X-1}

👉 Contrôle : les quotients doivent être premiers entre eux.

X2−1X−1=X+1,X2−XX−1=X,\frac{X^2-1}{X-1}=X+1,\qquad \frac{X^2-X}{X-1}=X,

et X+1X+1 et XX n'ont aucun facteur commun ✓ — c'est bien le plus grand diviseur commun.

Le controle par Euclide

👉 Méthode indépendante (A3), pour vérifier sans se fier à la factorisation.

Étape 1 :

X2−1=(X2−X)⋅1+(X−1).X^2-1=(X^2-X)\cdot 1+(X-1).

👉 Contrôle : (X2−X)+(X−1)=X2−1(X^2-X)+(X-1)=X^2-1 ✓

Étape 2 :

X2−X=(X−1)⋅X+0.X^2-X=(X-1)\cdot X+0.

👉 Contrôle : X(X−1)=X2−XX(X-1)=X^2-X ✓ — le reste est nul, on s'arrête.

dernier reste non nul=X−1 ✓\text{dernier reste non nul}=X-1\ \checkmark

👉 Deux étapes seulement. Le degré chute de 22 à 11, puis le reste s'annule.

👉 Troisième voie, par les RACINES :

polynôme racines
X2−1X^2-1 1, −11,\ -1
X2−XX^2-X 0, 10,\ 1

La seule racine commune est 11, et les deux polynômes n'ont que des racines simples, donc le pgcd vaut (X−1)(X-1) ✓

👉 Trois méthodes, même réponse.

Le ppcm au passage

👉 La relation fondamentale vaut aussi pour les polynômes, à une constante près :

pgcd⁡(A,B)×ppcm⁡(A,B)=AB(a un inversible pres).\operatorname{pgcd}(A,B)\times\operatorname{ppcm}(A,B)=AB\qquad\text{(a un inversible pres)}.
ppcm⁡=(X2−1)(X2−X)X−1=(X2−1)⋅X=X3−X.\operatorname{ppcm}=\frac{(X^2-1)(X^2-X)}{X-1}=(X^2-1)\cdot X=X^3-X.
ppcm⁡(X2−1, X2−X)=X3−X=X(X−1)(X+1)\boxed{\operatorname{ppcm}(X^2-1,\ X^2-X)=X^3-X=X(X-1)(X+1)}

Contrôles :

contrôle vérification
multiple de X2−1X^2-1 X3−X=(X2−1)⋅XX^3-X=(X^2-1)\cdot X ✓
multiple de X2−XX^2-X X3−X=(X2−X)(X+1)X^3-X=(X^2-X)(X+1) ✓
relation fondamentale (X−1)(X3−X)=X4−X3−X2+X(X-1)(X^3-X)=X^4-X^3-X^2+X et (X2−1)(X2−X)(X^2-1)(X^2-X) = idem ✓

👉 Lecture par les racines : le ppcm réunit toutes les racines des deux polynômes — 00, 11 et −1-1 — chacune une fois. Le pgcd ne garde que les communes.

👉 C'est exactement le mécanisme min/max des exposants de l'arithmétique (A4), transposé aux facteurs irréductibles.

La lecon : trois methodes, trois usages
méthode quand la préférer
factorisation petits degrés, polynômes reconnaissables
Euclide grands degrés, ou coefficients quelconques — toujours applicable
racines quand elles sont connues et simples

⚠️⚠️ La méthode par les racines a un PIÈGE : elle ignore les multiplicités. Sur

A=(X−1)2,B=(X−1)3,A=(X-1)^2,\qquad B=(X-1)^3,

les deux ont la même unique racine 11 — mais le pgcd vaut (X−1)2(X-1)^2, pas (X−1)(X-1).

👉 Il faut donc prendre, pour chaque racine commune, le MINIMUM des deux multiplicités — exactement comme on prend le min des exposants sur les facteurs premiers en arithmétique.

👉 Euclide, lui, n'a pas ce défaut : il donne directement le bon résultat, multiplicités comprises, sans qu'on ait à y penser.

En cas de doute sur les multiplicites : EUCLIDE\boxed{\text{En cas de doute sur les multiplicites : EUCLIDE}}

ℹ️ C'est pour la même raison qu'Euclide est le seul praticable sur de grands polynômes : factoriser est difficile, diviser ne l'est pas.

Réponse. pgcd⁡=X−1\operatorname{pgcd}=X-1. (Recoupement : seule racine commune X=1X=1 — vérifié machine ✓)
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Factorisation (DS)

CalculDifficulté 2/5

Factoriser X4−16X^4-16 sur R\mathbb R.

Indices (3)

Différence de carrés : X4−16=(X2−4)(X2+4)X^4-16=(X^2-4)(X^2+4).

X2−4=(X−2)(X+2)X^2-4=(X-2)(X+2).

X2+4X^2+4 irréductible sur R\mathbb R.

Correction détaillée
Deux differences de carres successives

👉 Reconnaître 16=4216=4^2, puis appliquer a2−b2=(a−b)(a+b)a^2-b^2=(a-b)(a+b) deux fois.

Premier passage, avec a=X2a=X^2 et b=4b=4 :

X4−16=(X2)2−42=(X2−4)(X2+4).X^4-16=(X^2)^2-4^2=(X^2-4)(X^2+4).

Second passage, sur X2−4X^2-4 seulement, avec a=Xa=X et b=2b=2 :

X2−4=(X−2)(X+2).X^2-4=(X-2)(X+2).
X4−16=(X−2)(X+2)(X2+4)\boxed{X^4-16=(X-2)(X+2)(X^2+4)}

⚠️⚠️ X2+4X^2+4 ne se factorise PAS sur R\mathbb{R} — c'est une somme de carrés, pas une différence. Son discriminant vaut 0−16=−16<00-16=-16<0.

👉 C'est l'erreur classique : appliquer l'identité au second facteur par symétrie. Il n'y a pas d'identité a2+b2a^2+b^2 sur R\mathbb{R}.

La factorisation sur $\mathbb{R}$ est COMPLETE
sur R : X4−16=(X−2)(X+2)(X2+4)\boxed{\text{sur}\ \mathbb{R}\ :\ X^4-16=(X-2)(X+2)(X^2+4)}

Vérifions que chaque facteur est irréductible sur R\mathbb{R} :

facteur degré irréductible ?
X−2X-2 11 oui — toujours
X+2X+2 11 oui
X2+4X^2+4 22 oui — Δ=−16<0\Delta=-16<0

Contrôle par développement :

(X−2)(X+2)=X2−4,(X2−4)(X2+4)=X4+4X2−4X2−16=X4−16 ✓(X-2)(X+2)=X^2-4,\qquad (X^2-4)(X^2+4)=X^4+4X^2-4X^2-16=X^4-16\ \checkmark

👉 Les termes en X2X^2 se simplifient — la signature de la différence de carrés.

Contrôle du degré : 1+1+2=41+1+2=4 ✓

👉 Contrôle par les racines réelles : x4=16x^4=16 donne x2=4x^2=4 (car x2=−4x^2=-4 est impossible), donc x=±2x=\pm 2. Deux racines réelles seulement, ce qui est cohérent avec deux facteurs de degré 11.

Sur $\mathbb{C}$ : quatre racines

👉 Il ne reste qu'à factoriser X2+4X^2+4, dont les racines sont ±2i\pm 2i :

X2+4=(X−2i)(X+2i).X^2+4=(X-2i)(X+2i).
sur C : X4−16=(X−2)(X+2)(X−2i)(X+2i)\boxed{\text{sur}\ \mathbb{C}\ :\ X^4-16=(X-2)(X+2)(X-2i)(X+2i)}

Contrôle : (X−2i)(X+2i)=X2−(2i)2=X2−4i2=X2+4(X-2i)(X+2i)=X^2-(2i)^2=X^2-4i^2=X^2+4 ✓

👉 Les quatre racines sont les racines 4es4^{\text{es}} de 1616 :

2,2i,−2,−2ic’est-a-dire2 e2ikπ/4, k=0,1,2,3.2,\quad 2i,\quad -2,\quad -2i\qquad\text{c'est-a-dire}\qquad 2\,e^{2ik\pi/4},\ k=0,1,2,3.

👉 Elles forment un carré de « rayon » 22 — les mêmes directions que les racines 4es4^{\text{es}} de l'unité (B6), dilatées d'un facteur 164=2\sqrt[4]{16}=2.

👉 C'est le cas général : les racines nesn^{\text{es}} de r>0r>0 sont rn⋅e2ikπ/n\sqrt[n]{r}\cdot e^{2ik\pi/n}, réparties régulièrement sur un cercle de rayon rn\sqrt[n]{r}.

Contrôle par Viète : leur somme vaut 2+2i−2−2i=02+2i-2-2i=0, l'opposé du coefficient de X3X^3, qui est nul ✓

Le tableau des trois corps, et le cas de $\mathbb{Q}$
corps factorisation facteurs
Q\mathbb{Q} (X−2)(X+2)(X2+4)(X-2)(X+2)(X^2+4) 33
R\mathbb{R} idem 33
C\mathbb{C} (X−2)(X+2)(X−2i)(X+2i)(X-2)(X+2)(X-2i)(X+2i) 44

👉 Comme pour X4−1X^4-1 (B6), Q\mathbb{Q} et R\mathbb{R} donnent la même décomposition — la rupture est entre R\mathbb{R} et C\mathbb{C}.

👉 Généralisation utile — X4−a4X^4-a^4 pour a>0a>0 :

X4−a4=(X−a)(X+a)(X2+a2).X^4-a^4=(X-a)(X+a)(X^2+a^2).

⚠️ Mais X4+a4X^4+a^4 se factorise AUSSI sur R\mathbb{R}, ce qui surprend — par la même ruse qu'en B4 :

X4+4=X4+4X2+4−4X2=(X2+2)2−(2X)2=(X2−2X+2)(X2+2X+2).X^4+4=X^4+4X^2+4-4X^2=(X^2+2)^2-(2X)^2=(X^2-2X+2)(X^2+2X+2).

Contrôle : (X2−2X+2)(X2+2X+2)=X4+2X3+2X2−2X3−4X2−4X+2X2+4X+4=X4+4(X^2-2X+2)(X^2+2X+2)=X^4+2X^3+2X^2-2X^3-4X^2-4X+2X^2+4X+4=X^4+4 ✓

👉 C'est l'identité de Sophie Germain, et elle rappelle que « pas de racine réelle » n'implique jamais « irréductible » au-delà du degré 33.

ℹ️ Sur R\mathbb{R}, aucun polynôme de degré 44 n'est irréductible : il se factorise toujours en deux trinômes, puisque ses racines complexes vont par paires conjuguées.

Réponse. X4−16=(X−2)(X+2)(X2+4)X^4-16=(X-2)(X+2)(X^2+4). (Recoupement : X2+4X^2+4 a un discriminant <0<0 — vérifié machine ✓)
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Théorème du reste (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Quel est le reste de 2X3−3X+52X^3-3X+5 par (X+1)(X+1) ?

Indices (3)

Reste = P(−1)P(-1).

P(−1)=2(−1)3−3(−1)+5P(-1)=2(-1)^3-3(-1)+5.

Calculer.

Correction détaillée
Le theoreme du reste
Le reste de P par (X−a) est P(a)\boxed{\text{Le reste de }P\ \text{par}\ (X-a)\ \text{est}\ P(a)}

⚠️ Ici le diviseur est (X+1)(X+1), donc a=−1a=-1 et non +1+1. C'est l'erreur la plus fréquente :

X+1=X−(−1).X+1=X-(-1).

👉 Le réflexe : chercher la valeur qui ANNULE le diviseur. X+1=0X+1=0 donne X=−1X=-1.

P=2X3−3X+5⟹reste=P(−1).P=2X^3-3X+5\qquad\Longrightarrow\qquad \text{reste}=P(-1).

👉 Aucune division n'est nécessaire : une seule évaluation suffit.

Le calcul
P(−1)=2×(−1)3−3×(−1)+5.P(-1)=2\times(-1)^3-3\times(-1)+5.

Terme par terme, en surveillant les signes :

terme calcul valeur
2X32X^3 2×(−1)3=2×(−1)2\times(-1)^3=2\times(-1) −2\mathbf{-2}
−3X-3X −3×(−1)-3\times(-1) +3\mathbf{+3}
+5+5 — +5\mathbf{+5}
P(−1)=−2+3+5=6.P(-1)=-2+3+5=6.
le reste vaut 6\boxed{\text{le reste vaut }6}

⚠️ Le piège du double signe : −3X-3X évalué en −1-1 donne +3+3, pas −3-3. Deux moins font un plus.

👉 Contrôle par Horner, qui refait le calcul autrement — coefficients (2,0,−3,5)(2,0,-3,5), évaluation en −1-1 :

22 00 −3-3 55
Horner 2\mathbf{2} −2\mathbf{-2} −1\mathbf{-1} 6\mathbf{6}
2×(−1)+0=−2,(−2)×(−1)+(−3)=−1,(−1)×(−1)+5=6 ✓2\times(-1)+0=-2,\qquad (-2)\times(-1)+(-3)=-1,\qquad (-1)\times(-1)+5=6\ \checkmark
Le quotient, gratuitement

👉 Les valeurs intermédiaires de Horner SONT les coefficients du quotient (A6) :

Q=2X2−2X−1,R=6.Q=2X^2-2X-1,\qquad R=6.
2X3−3X+5=(X+1)(2X2−2X−1)+6\boxed{2X^3-3X+5=(X+1)(2X^2-2X-1)+6}

Contrôle par développement :

(X+1)(2X2−2X−1)=2X3−2X2−X+2X2−2X−1=2X3−3X−1,(X+1)(2X^2-2X-1)=2X^3-2X^2-X+2X^2-2X-1=2X^3-3X-1,

puis

2X3−3X−1+6=2X3−3X+5 ✓2X^3-3X-1+6=2X^3-3X+5\ \checkmark

👉 Les termes en X2X^2 se simplifient, et les deux termes en XX s'additionnent en −3X-3X.

Contrôle des degrés : deg⁡Q=deg⁡P−1=2\deg Q=\deg P-1=2 ✓ et deg⁡R=0<1=deg⁡(X+1)\deg R=0<1=\deg(X+1) ✓

👉 Une seule passe de Horner a donc donné le reste ET le quotient, là où la division posée demanderait trois étapes.

Ce que le reste apprend

👉 P(−1)=6≠0P(-1)=6\neq 0, donc :

conclusion justification
−1-1 n'est pas racine de PP P(−1)≠0P(-1)\neq 0
(X+1)(X+1) ne divise pas PP théorème du reste

👉 Cherchons les autres racines rationnelles. P=2X3−3X+5P=2X^3-3X+5 a pour coefficient dominant 22 et terme constant 55, donc les candidats pq\dfrac pq (sous forme irréductible) vérifient p∣5p\mid 5 et q∣2q\mid 2 :

±1,±5,±12,±52.\pm 1,\quad \pm 5,\quad \pm\tfrac12,\quad \pm\tfrac52.
aa 11 −1-1 55 −5-5 12\tfrac12 −12-\tfrac12 52\tfrac52 −52-\tfrac52
P(a)P(a) 44 66 240240 −230-230 154\tfrac{15}{4} 254\tfrac{25}{4} 1154\tfrac{115}{4} −754-\tfrac{75}{4}

👉 Aucune racine rationnelle — et comme PP est de degré 33, il est donc irréductible sur Q\mathbb{Q} (A5).

⚠️ Ne pas oublier les candidats FRACTIONNAIRES quand le coefficient dominant n'est pas 11. Se limiter à ±1,±5\pm 1,\pm 5 serait un test incomplet.

ℹ️ PP a bien une racine réelle — tout polynôme réel de degré impair en a une, par le théorème des valeurs intermédiaires — mais elle est irrationnelle, aux environs de −1,72-1{,}72.

Réponse. Reste =6=6. (Recoupement : vérifié machine ✓)
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Viète (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Sans calculer les racines, donner leur somme et leur produit pour X2−5X+6X^2-5X+6.

Indices (3)

Pour X2−sX+pX^2-sX+p, somme =s=s, produit =p=p.

Ici s=5s=5, p=6p=6.

(Racines 22 et 33.)

Correction détaillée
Viete en degre 2

Pour X2+bX+cX^2+bX+c de racines r1,r2r_1,r_2 :

r1+r2=−b,r1r2=c\boxed{r_1+r_2=-b,\qquad r_1r_2=c}

👉 D'où cela vient — en développant la forme factorisée :

(X−r1)(X−r2)=X2−(r1+r2)X+r1r2,(X-r_1)(X-r_2)=X^2-(r_1+r_2)X+r_1r_2,

et l'identification donne b=−(r1+r2)b=-(r_1+r_2) et c=r1r2c=r_1r_2.

⚠️ Le signe est sur la SOMME, pas sur le produit. C'est l'erreur classique : la somme vaut −b-b, le produit vaut cc sans changement de signe.

👉 Mnémonique : les signes alternent en partant de −-, donc somme →−b\to -b, produit →+c\to +c. La même alternance qu'en degré 33 (B2).

Application a $X^2-5X+6$

Ici b=−5b=-5 et c=6c=6.

r1+r2=−(−5)=5,r1r2=6\boxed{r_1+r_2=-(-5)=5,\qquad r_1r_2=6}

👉 Aucune racine n'a été calculée — c'est tout l'intérêt de Viète.

👉 Mais ici on peut les deviner, et cela sert de contrôle : quels sont les deux nombres de somme 55 et de produit 66 ?

2 et 3\boxed{2\ \text{et}\ 3}

Contrôles : 2+3=52+3=5 ✓ et 2×3=62\times 3=6 ✓

Contrôle par le discriminant :

Δ=25−24=1,X=5±12=3 ou 2 ✓\Delta=25-24=1,\qquad X=\frac{5\pm 1}{2}=3\ \text{ou}\ 2\ \checkmark

👉 La factorisation est donc X2−5X+6=(X−2)(X−3)X^2-5X+6=(X-2)(X-3), ce qui se vérifie en développant : X2−3X−2X+6=X2−5X+6X^2-3X-2X+6=X^2-5X+6 ✓

👉 Cette lecture « somme et produit » est la méthode la plus rapide pour factoriser un trinôme à racines entières — plus rapide que le discriminant.

Ce que Viete donne SANS les racines

👉 Son vrai intérêt apparaît quand les racines ne sont pas calculables. Prenons X2−5X+6X^2-5X+6 pour illustrer, mais les formules valent en général.

quantité formule en b,cb,c valeur ici contrôle
r1+r2r_1+r_2 −b-b 55 2+32+3 ✓
r1r2r_1r_2 cc 66 2×32\times 3 ✓
r12+r22r_1^2+r_2^2 b2−2cb^2-2c 25−12=1325-12=13 4+94+9 ✓
1r1+1r2\tfrac1{r_1}+\tfrac1{r_2} −b/c-b/c 5/65/6 12+13\tfrac12+\tfrac13 ✓
(r1−r2)2(r_1-r_2)^2 b2−4c=Δb^2-4c=\Delta 11 (3−2)2(3-2)^2 ✓

👉 La troisième ligne se démontre en une identité :

r12+r22=(r1+r2)2−2r1r2=b2−2c.r_1^2+r_2^2=(r_1+r_2)^2-2r_1r_2=b^2-2c.

👉 Et la dernière est remarquable : (r1−r2)2=Δ(r_1-r_2)^2=\Delta. Le discriminant est le carré de l'écart entre les racines — ce qui explique pourquoi Δ=0\Delta=0 signifie racine double, et Δ<0\Delta<0 racines non réelles.

⚠️ Ces formules marchent même sur X2−X−1X^2-X-1, dont les racines sont le nombre d'or et son conjugué : r1+r2=1r_1+r_2=1, r1r2=−1r_1r_2=-1, r12+r22=1+2=3r_1^2+r_2^2=1+2=3 — sans jamais écrire 1±52\tfrac{1\pm\sqrt5}{2}.

Le probleme INVERSE : fabriquer un polynome

👉 Viète se lit aussi dans l'autre sens, et c'est un usage très fréquent.

Deux nombres de somme S et de produit P sont racines de X2−SX+P\boxed{\text{Deux nombres de somme}\ S\ \text{et de produit}\ P\ \text{sont racines de}\ X^2-SX+P}

Exemple. Trouver deux nombres de somme 55 et de produit 66 : ils sont racines de X2−5X+6X^2-5X+6, donc valent 22 et 33 ✓

Autre exemple. Somme 1010, produit 4040 :

X2−10X+40,Δ=100−160=−60<0.X^2-10X+40,\qquad \Delta=100-160=-60<0.

👉 Aucun couple RÉEL ne convient — les deux nombres sont 5±i155\pm i\sqrt{15}.

⚠️ Le discriminant répond donc à la question « ce couple existe-t-il ? » avant même de chercher. C'est un test préalable très efficace.

👉 Une contrainte à connaître : deux réels de somme SS ont un produit au plus S2/4S^2/4, atteint quand ils sont égaux. Ici 102/4=25<4010^2/4=25<40, ce qui confirme l'impossibilité sans calculer Δ\Delta.

ℹ️ Application classique : chercher deux entiers de somme et produit donnés est exactement ce qu'on fait pour factoriser un trinôme « à vue » — et c'est aussi le cœur de la méthode de factorisation de Fermat.

Réponse. Somme 55, produit 66 (racines 22 et 33). (Recoupement : vérifié machine ✓)
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Racines multiples (DS)

CalculDifficulté 2/5

Factoriser X4−2X2+1X^4-2X^2+1 et donner les multiplicités.

Indices (3)

X4−2X2+1=(X2−1)2X^4-2X^2+1=(X^2-1)^2.

X2−1=(X−1)(X+1)X^2-1=(X-1)(X+1).

Élever au carré.

Correction détaillée
Reconnaitre un carre deguise
P=X4−2X2+1.P=X^4-2X^2+1.

👉 Poser t=X2t=X^2 fait apparaître une identité remarquable :

t2−2t+1=(t−1)2.t^2-2t+1=(t-1)^2.

Donc

P=(X2−1)2.P=(X^2-1)^2.

👉 Et X2−1X^2-1 se factorise encore :

X2−1=(X−1)(X+1).X^2-1=(X-1)(X+1).
X4−2X2+1=(X−1)2(X+1)2\boxed{X^4-2X^2+1=(X-1)^2(X+1)^2}

Contrôle par développement :

[(X−1)(X+1)]2=(X2−1)2=X4−2X2+1 ✓\big[(X-1)(X+1)\big]^2=(X^2-1)^2=X^4-2X^2+1\ \checkmark

👉 Le carré se distribue sur le produit — inutile de développer les deux facteurs séparément.

Les multiplicites
racine 1 : multiplicite 2racine −1 : multiplicite 2\boxed{\text{racine }1\ :\ \text{multiplicite }\mathbf{2}\qquad\text{racine }-1\ :\ \text{multiplicite }\mathbf{2}}

Contrôle par le comptage des degrés :

2+2=4=deg⁡P ✓2+2=4=\deg P\ \checkmark

👉 Deux racines seulement, mais chacune double : PP est de degré 44 et n'a que deux racines distinctes.

👉 Contrôle par la dérivée (B1) :

P′=4X3−4X=4X(X2−1)=4X(X−1)(X+1).P'=4X^3-4X=4X(X^2-1)=4X(X-1)(X+1).
point PP P′P' conclusion
11 1−2+1=01-2+1=0 4−4=04-4=0 multiplicité ≥2\geq 2 ✓
−1-1 1−2+1=01-2+1=0 −4+4=0-4+4=0 multiplicité ≥2\geq 2 ✓
00 1≠01\neq 0 00 pas racine de PP — P′P' s'annule sans que PP le fasse

⚠️ La dernière ligne est instructive : P′(0)=0P'(0)=0 mais P(0)=1≠0P(0)=1\neq 0, donc 00 n'est pas racine multiple — c'est simplement un extremum local de PP. Il faut que les DEUX s'annulent.

Le controle par $\operatorname{pgcd}(P,P')$

👉 Méthode indépendante (B3), qui trouve les racines multiples sans les chercher.

P=X4−2X2+1,P′=4X3−4X.P=X^4-2X^2+1,\qquad P'=4X^3-4X.

En simplifiant par l'inversible 44, calculons pgcd⁡(P, X3−X)\operatorname{pgcd}(P,\ X^3-X) :

X4−2X2+1=(X3−X)⋅X+(−X2+1).X^4-2X^2+1=(X^3-X)\cdot X+(-X^2+1).

👉 Contrôle : X(X3−X)=X4−X2X(X^3-X)=X^4-X^2, et X4−X2−X2+1=X4−2X2+1X^4-X^2-X^2+1=X^4-2X^2+1 ✓

Puis, en simplifiant −X2+1=−(X2−1)-X^2+1=-(X^2-1) :

X3−X=(X2−1)⋅X+0.X^3-X=(X^2-1)\cdot X+0.
pgcd⁡(P,P′)=X2−1=(X−1)(X+1)\boxed{\operatorname{pgcd}(P,P')=X^2-1=(X-1)(X+1)}

👉 Lecture : les deux racines 11 et −1-1 apparaissent dans le pgcd à la puissance 11, donc leur multiplicité dans PP vaut 1+1=21+1=2 ✓ — conforme à la factorisation.

👉 Et la partie sans facteur carré (C5) vaut

Ppgcd⁡(P,P′)=(X2−1)2X2−1=X2−1,\frac{P}{\operatorname{pgcd}(P,P')}=\frac{(X^2-1)^2}{X^2-1}=X^2-1,

qui a les mêmes racines que PP, toutes simples.

Le graphe, et une generalisation

👉 Les deux racines étant de multiplicité PAIRE, la courbe TOUCHE l'axe sans le traverser en x=1x=1 et x=−1x=-1 (B1).

P(x)=(x2−1)2 ≥ 0pour tout x∈R.P(x)=(x^2-1)^2\ \geq\ 0\qquad\text{pour tout }x\in\mathbb{R}.

👉 PP est un carré, donc positif ou nul partout — et il ne s'annule qu'en ±1\pm 1. C'est la traduction analytique de « toutes les multiplicités sont paires ».

Les valeurs particulières :

xx −2-2 −1-1 00 11 22
P(x)P(x) 99 0\mathbf{0} 11 0\mathbf{0} 99

👉 En x=0x=0, PP vaut 11 : c'est un maximum LOCAL entre les deux racines, ce qui explique le P′(0)=0P'(0)=0 du bloc 2.

👉 Généralisation utile : X4−2aX2+a2=(X2−a)2X^4-2aX^2+a^2=(X^2-a)^2, et la factorisation dépend du signe de aa :

aa factorisation sur R\mathbb{R}
a>0a>0 (X−a)2(X+a)2(X-\sqrt a)^2(X+\sqrt a)^2
a=0a=0 X4X^4 — racine quadruple
a<0a<0 (X2−a)2(X^2-a)^2, carré de l'irréductible X2−aX^2-a, pas de racine réelle

ℹ️ Un polynôme réel positif ou nul partout est toujours une somme de deux carrés de polynômes (ici, un seul suffit). C'est propre à une variable (on factorise sur C\mathbb{C}) : en plusieurs variables, il faut des sommes de carrés de fractions rationnelles — c'est le théorème d'Artin, qui a résolu le 17ᵉ problème de Hilbert.

Réponse. (X−1)2(X+1)2(X-1)^2(X+1)^2 : 11 et −1-1 doubles. (Recoupement : vérifié machine ✓)
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