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Exercices corrigés — Théorie des groupes

Algèbre · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Théorie des groupes Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Vérifier les axiomes de groupe

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que (Z/6Z,+)(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z},+) est un groupe abélien, puis donner l'ordre de chacun de ses éléments.

Indices (3)

Vérifier loi interne, associativité, neutre, inverse, commutativité.

L'ordre de gg est le plus petit k≥1k\geq 1 tel que kg≡0(mod6)kg\equiv 0\pmod 6.

ord⁡(g)=6gcd⁡(g,6)\operatorname{ord}(g)=\dfrac{6}{\gcd(g,6)}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut vraiment vérifier, et pourquoi

Dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} les objets ne sont pas des nombres mais des classes : 2ˉ\bar 2 désigne « tous les entiers qui laissent 22 comme reste dans la division par 66 », c'est-à-dire {…,−4,2,8,14,… }\{\dots,-4,2,8,14,\dots\}. Poser aˉ+bˉ=a+b‾\bar a+\bar b=\overline{a+b} revient donc à choisir un représentant dans chaque classe, à les additionner, et à espérer que le résultat ne dépende pas du choix. C'est ça, le seul point non automatique.

Vérifions-le une fois. Si aˉ=a′ˉ\bar a=\bar{a'} et bˉ=b′ˉ\bar b=\bar{b'}, alors a′−aa'-a et b′−bb'-b sont des multiples de 66, disons a′=a+6ka'=a+6k et b′=b+6ℓb'=b+6\ell. Donc a′+b′=(a+b)+6(k+ℓ)a'+b'=(a+b)+6(k+\ell), qui est bien dans la classe de a+ba+b. La loi est bien définie : on dit qu'elle passe au quotient.

⚠️ Cette vérification est le vrai contenu de l'exercice. Tout le reste va se déduire sans effort de Z\mathbb{Z}.

Les quatre axiomes, un par un

Loi interne. a+b‾\overline{a+b} est une classe modulo 66 : on ne sort pas de l'ensemble. ✓

Associativité. Elle est héritée de Z\mathbb{Z}, et voici ce que ça veut dire concrètement :

(aˉ+bˉ)+cˉ=a+b‾+cˉ=(a+b)+c‾=a+(b+c)‾=aˉ+(bˉ+cˉ).(\bar a+\bar b)+\bar c=\overline{a+b}+\bar c=\overline{(a+b)+c}=\overline{a+(b+c)}=\bar a+(\bar b+\bar c).

Le seul pas non trivial est celui du milieu, et c'est l'associativité dans Z\mathbb{Z}. Le passage au quotient ne la crée pas, il la transporte. ✓

Neutre. 0ˉ\bar 0 convient : aˉ+0ˉ=a+0‾=aˉ\bar a+\bar 0=\overline{a+0}=\bar a. ✓

Inverse (on dit opposé en notation additive). Pour aˉ\bar a avec 1≤a≤51\leq a\leq 5, prenons 6−a‾\overline{6-a} : alors aˉ+6−a‾=6ˉ=0ˉ\bar a+\overline{6-a}=\bar 6=\bar 0. Et 0ˉ\bar 0 est son propre opposé. Chaque élément en a donc un. ✓

Commutativité. aˉ+bˉ=a+b‾=b+a‾=bˉ+aˉ\bar a+\bar b=\overline{a+b}=\overline{b+a}=\bar b+\bar a, de nouveau par transport depuis Z\mathbb{Z}. ✓

Conclusion : (Z/6Z,+)(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z},+) est un groupe abélien d'ordre 66.

L'ordre d'un élément : le calculer à la main d'abord

Définition. L'ordre de gg est le plus petit entier k≥1k\geq 1 tel que gg ajouté kk fois donne le neutre, soit kg≡0(mod6)kg\equiv 0\pmod 6.

⚠️ En notation additive, « gg à la puissance kk » s'écrit kgkg. Ce n'est pas une multiplication dans le groupe — c'est une abréviation pour g+g+⋯+gg+g+\dots+g (kk fois).

Prenons g=2g=2 et déroulons :

1⋅2=2≠0,2⋅2=4≠0,3⋅2=6≡0.1\cdot 2=2\neq 0,\qquad 2\cdot 2=4\neq 0,\qquad 3\cdot 2=6\equiv 0.

On s'arrête au premier kk qui annule : ord⁡(2)=3\operatorname{ord}(2)=3. Faire ce calcul une fois est indispensable — la formule qui suit n'a de sens que si l'on sait ce qu'elle abrège.

La formule $\operatorname{ord}(g)=6/\gcd(g,6)$, démontrée

Ne l'apprenez pas par cœur : elle se retrouve en une ligne. Posons d=gcd⁡(g,6)d=\gcd(g,6).

On cherche le plus petit k≥1k\geq 1 tel que 6∣kg6\mid kg. Écrivons g=d g′g=d\,g' et 6=d m6=d\,m avec gcd⁡(g′,m)=1\gcd(g',m)=1 (c'est la définition du pgcd : on a retiré tout le facteur commun). La condition 6∣kg6\mid kg devient dm∣k dg′dm\mid k\,dg', c'est-à-dire m∣kg′m\mid k g'.

Comme mm et g′g' n'ont plus aucun facteur commun, mm doit diviser kk (lemme de Gauss). Le plus petit k≥1k\geq 1 possible est donc k=m=6/dk=m=6/d.

ord⁡(g)=6gcd⁡(g,6)\boxed{\operatorname{ord}(g)=\frac{6}{\gcd(g,6)}}

Sur g=2g=2 : gcd⁡(2,6)=2\gcd(2,6)=2, donc ord⁡(2)=6/2=3\operatorname{ord}(2)=6/2=3 — c'est bien ce qu'on avait trouvé à la main.

Le tableau complet
gg 00 11 22 33 44 55
gcd⁡(g,6)\gcd(g,6) 66 11 22 33 22 11
ord⁡(g)\operatorname{ord}(g) 11 66 33 22 33 66

⚠️ Le cas g=0g=0 mérite un mot : gcd⁡(0,6)=6\gcd(0,6)=6 car tout entier divise 00, donc le plus grand diviseur commun de 00 et 66 est 66 lui-même. La formule donne 6/6=16/6=1, ce qui est juste — le neutre est le seul élément d'ordre 11.

Deux recoupements, pour vérifier sans refaire le calcul

(1) Tous les ordres divisent 66. On lit 1,6,3,2,3,61,6,3,2,3,6 : ce sont tous des diviseurs de 66. Ce n'est pas un hasard, c'est une conséquence du théorème de Lagrange (exercice B4). Si tu trouvais un ordre qui ne divise pas ∣G∣\lvert G\rvert, ce serait une erreur de calcul, sans discussion.

(2) Il y a exactement φ(6)=2\varphi(6)=2 générateurs. Les éléments d'ordre 66 — c'est-à-dire ceux qui engendrent tout le groupe à eux seuls — sont 11 et 55, soit exactement les gg premiers avec 66. On retrouvera ce fait en toute généralité en D1.

👉 Ces deux contrôles sont gratuits et attrapent l'essentiel des erreurs d'étourderie.

Réponse. Groupe abélien d'ordre 66 ; ordres (1,6,3,2,3,6)(1,6,3,2,3,6) pour (0,1,2,3,4,5)(0,1,2,3,4,5). (Énoncé vérifié machine : _verif_groupes.py A1 ✓)
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Critère du sous-groupe

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer le critère du sous-groupe, puis déterminer lesquels de {0,3}\{0,3\}, {0,2,4}\{0,2,4\}, {0,1,3}\{0,1,3\} sont des sous-groupes de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}.

Indices (3)

Critère : H≠∅H\neq\varnothing et ∀a,b∈H, a−b∈H\forall a,b\in H,\ a-b\in H (notation additive).

Tester la stabilité par différence sur chaque partie.

Un contre-exemple suffit à éliminer.

Correction détaillée
L'idée : un critère pour éviter de tout revérifier

Un sous-groupe, c'est une partie H⊆GH\subseteq G qui est elle-même un groupe pour la loi de GG. En principe il faudrait revérifier les quatre axiomes. Le critère dit qu'un seul test suffit, et ça vaut la peine de comprendre pourquoi.

Critère (notation additive). H≤GH\leq G si et seulement si :

H≠∅et∀a,b∈H, a−b∈H.H\neq\varnothing\qquad\text{et}\qquad \forall a,b\in H,\ a-b\in H.

En notation multiplicative, la même chose s'écrit ab−1∈Hab^{-1}\in H.

Pourquoi une seule condition suffit

Supposons HH non vide et stable par différence. Les trois axiomes manquants tombent en cascade :

Le neutre. HH est non vide, prenons donc a∈Ha\in H. En appliquant le test à la paire (a,a)(a,a) : a−a=0∈Ha-a=0\in H. ✓

Les opposés. On sait maintenant que 0∈H0\in H. Le test sur (0,a)(0,a) donne 0−a=−a∈H0-a=-a\in H. ✓

La somme. On sait que −b∈H-b\in H. Le test sur (a,−b)(a,-b) donne a−(−b)=a+b∈Ha-(-b)=a+b\in H. ✓

L'associativité n'est pas à vérifier : elle vaut déjà dans GG tout entier, donc a fortiori sur HH.

👉 L'ordre des trois pas compte : chacun réutilise le précédent. C'est ce chaînage qui fait tenir le critère, et c'est pour ça que la condition « H≠∅H\neq\varnothing » ne peut pas être omise.

$\{0,3\}$ : sous-groupe

HH est non vide. Les différences possibles :

0−0=0∈H,0−3=−3≡3∈H,3−0=3∈H,3−3=0∈H.0-0=0\in H,\quad 0-3=-3\equiv 3\in H,\quad 3-0=3\in H,\quad 3-3=0\in H.

Les quatre tombent dans HH : c'est un sous-groupe, d'ordre 22.

ℹ️ On le reconnaît : c'est ⟨3⟩\langle 3\rangle, le sous-groupe engendré par 33. Cohérent avec A1, où l'on a trouvé ord⁡(3)=2\operatorname{ord}(3)=2.

$\{0,2,4\}$ : sous-groupe

Il y a 99 différences à tester, mais la commodité de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} est qu'elles restent dans les multiples de 22 :

2−4=−2≡4,4−2=2,2−2=0,4−4=0,0−2=4,0−4=2, …2-4=-2\equiv 4,\quad 4-2=2,\quad 2-2=0,\quad 4-4=0,\quad 0-2=4,\quad 0-4=2,\ \dots

Toutes sont dans HH : sous-groupe, d'ordre 33. C'est ⟨2⟩\langle 2\rangle, et ord⁡(2)=3\operatorname{ord}(2)=3 (A1) confirme le cardinal.

👉 Raccourci qui évite les 99 tests : une différence de deux multiples de 22 est un multiple de 22, et modulo 66 les multiples de 22 sont exactement {0,2,4}\{0,2,4\}. La stabilité est immédiate.

$\{0,1,3\}$ : pas un sous-groupe

Un seul contre-exemple suffit à conclure, puisque le critère est une propriété universelle (« pour tous a,ba,b ») : la nier demande un unique couple fautif.

1−3=−2≡4∉{0,1,3}.1-3=-2\equiv 4\notin\{0,1,3\}.

Donc pas un sous-groupe. On peut aussi le voir par l'addition : 1+1=2∉H1+1=2\notin H.

⚠️ Le fait que 0∈H0\in H ne sauve rien : contenir le neutre est nécessaire, pas suffisant. C'est l'erreur la plus fréquente sur ce type de question.

Un contrôle qui ne coûte rien : Lagrange

Avant même de tester quoi que ce soit, comparez ∣H∣\lvert H\rvert à ∣G∣=6\lvert G\rvert=6 :

partie cardinal divise 66 ? verdict
{0,3}\{0,3\} 22 oui sous-groupe ✓
{0,2,4}\{0,2,4\} 33 oui sous-groupe ✓
{0,1,3}\{0,1,3\} 33 oui à tester

⚠️ Et voilà exactement la limite du raccourci : ∣{0,1,3}∣=3\lvert\{0,1,3\}\rvert=3 divise bien 66, et pourtant ce n'est pas un sous-groupe. Lagrange (B1) donne une condition nécessaire — un cardinal qui ne divise pas 66 élimine immédiatement — mais jamais suffisante. Un cardinal qui divise n'autorise aucune conclusion : il faut tester.

👉 Retenez le sens de l'implication. Utilisé à l'envers, ce critère fait valider des parties qui n'en sont pas.

Réponse. {0,3}\{0,3\} et {0,2,4}\{0,2,4\} sont des sous-groupes ; {0,1,3}\{0,1,3\} non (non clos). (Vérifié machine : A2 ✓)
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Le groupe (Z/8Z)× et Klein

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que (Z/8Z)×={1,3,5,7}(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z})^\times=\{1,3,5,7\} est un groupe d'ordre 44 dont tout élément non neutre est d'ordre 22. En déduire qu'il n'est pas cyclique.

Indices (3)

Les inversibles mod 88 sont les aa avec gcd⁡(a,8)=1\gcd(a,8)=1.

Calculer 32,52,723^2,5^2,7^2 modulo 88.

Un groupe d'ordre 44 est cyclique ssi il a un élément d'ordre 44.

Correction détaillée
De quoi parle-t-on : les inversibles modulo $8$

(Z/8Z)×(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z})^\times désigne l'ensemble des classes inversibles pour la multiplication modulo 88 — celles pour lesquelles il existe bb avec ab≡1(mod8)ab\equiv 1\pmod 8.

Le critère est arithmétique : aa est inversible modulo nn si et seulement si gcd⁡(a,n)=1\gcd(a,n)=1. En effet, Bézout donne au+nv=1au+nv=1 dès que le pgcd vaut 11, et cette relation lue modulo nn dit exactement au≡1au\equiv 1. Réciproquement, si ab≡1(modn)ab\equiv 1\pmod n alors ab−1ab-1 est multiple de nn, donc tout diviseur commun de aa et nn divise 11.

Modulo 88, les a∈{0,…,7}a\in\{0,\dots,7\} premiers avec 88 sont 1,3,5,71,3,5,7 :

(Z/8Z)×={1,3,5,7},∣(Z/8Z)×∣=4=φ(8).(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z})^\times=\{1,3,5,7\},\qquad \lvert(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z})^\times\rvert=4=\varphi(8).
C'est bien un groupe

Loi interne. Si gcd⁡(a,8)=1\gcd(a,8)=1 et gcd⁡(b,8)=1\gcd(b,8)=1, alors gcd⁡(ab,8)=1\gcd(ab,8)=1 : un produit de deux nombres sans facteur commun avec 88 n'en acquiert pas. Le produit reste donc dans l'ensemble. ✓

Associativité et commutativité : héritées de la multiplication dans Z\mathbb{Z}, exactement comme en A1. ✓

Neutre : 11. ✓

Inverses : c'est la définition même de l'ensemble. ✓

On a donc un groupe abélien d'ordre 44.

Le fait remarquable : tout élément non neutre est d'ordre $2$

Il suffit d'élever au carré les trois éléments non neutres :

32=9=8+1≡1,52=25=24+1≡1,72=49=48+1≡1(mod8).3^2=9=8+1\equiv 1,\qquad 5^2=25=24+1\equiv 1,\qquad 7^2=49=48+1\equiv 1 \pmod 8.

Chacun vérifie g2=1g^2=1 avec g≠1g\neq 1, donc ord⁡(g)=2\operatorname{ord}(g)=2 (l'ordre ne peut être 11 que pour le neutre).

ℹ️ Ce n'est pas une coïncidence de calcul : tout entier impair s'écrit 2m+12m+1, et

(2m+1)2=4m2+4m+1=4m(m+1)+1.(2m+1)^2=4m^2+4m+1=4m(m+1)+1.

Or m(m+1)m(m+1) est un produit de deux entiers consécutifs, donc pair : 4m(m+1)4m(m+1) est divisible par 88. Le carré de tout impair vaut 11 modulo 88 — le calcul ci-dessus est un cas particulier d'un fait général.

Pourquoi il n'est donc pas cyclique

Un groupe est cyclique s'il possède un générateur, c'est-à-dire un élément gg tel que ⟨g⟩\langle g\rangle soit le groupe entier. Un tel gg devrait vérifier ord⁡(g)=∣G∣=4\operatorname{ord}(g)=\lvert G\rvert=4 (par A6, ∣⟨g⟩∣=ord⁡(g)\lvert\langle g\rangle\rvert=\operatorname{ord}(g)).

Or ici les ordres sont 1,2,2,21,2,2,2 : aucun élément d'ordre 44. Donc (Z/8Z)×(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z})^\times n'est pas cyclique.

👉 L'argument est un argument d'inventaire : on ne cherche pas un générateur en tâtonnant, on montre qu'il n'y en a aucun en listant tous les ordres. Sur un groupe fini, c'est la démarche la plus sûre.

Ce que c'est, alors : le groupe de Klein

Un groupe d'ordre 44 dont tous les éléments non neutres sont d'ordre 22 est le groupe de Klein, noté VV (de l'allemand Vierergruppe), isomorphe à Z/2Z×Z/2Z\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}\times\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}.

L'isomorphisme se lit sur la table : envoyez 1↦(0,0)1\mapsto(0,0), 3↦(1,0)3\mapsto(1,0), 5↦(0,1)5\mapsto(0,1), 7↦(1,1)7\mapsto(1,1). Chaque élément est son propre inverse des deux côtés, et le produit de deux éléments non neutres distincts donne le troisième :

3×5=15≡7,3×7=21≡5,5×7=35≡3(mod8).3\times 5=15\equiv 7,\qquad 3\times 7=21\equiv 5,\qquad 5\times 7=35\equiv 3\pmod 8.

⚠️ Retenez le contraste avec (Z/7Z)×(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times, qui est d'ordre 66 et cyclique (exercice E4). Le groupe (Z/nZ)×(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times n'est pas toujours cyclique : il l'est pour nn premier, pas pour n=8n=8.

👉 Conséquence à retenir : il existe deux groupes d'ordre 44 non isomorphes, Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} et VV. C'est le point de départ de la classification faite en D6.

Réponse. (Z/8Z)×(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z})^\times : ordre 44, tous les éléments ≠1\neq 1 d'ordre 22 ⇒\Rightarrow non cyclique (Klein). (Vérifié machine : A3 ✓)
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S_3 n'est pas abélien

DémonstrationDifficulté 3/5

Dans S3S_3, exhiber deux permutations qui ne commutent pas, et montrer que S3=⟨(1 2),(1 2 3)⟩S_3=\langle(1\,2),(1\,2\,3)\rangle.

Indices (3)

Composer la transposition (1 2)(1\,2) et le cycle (1 2 3)(1\,2\,3) dans les deux ordres.

Convention : (σ∘τ)(\sigma\circ\tau) applique τ\tau puis σ\sigma.

Engendrer : lister les produits jusqu'à obtenir 66 éléments.

Correction détaillée
⚠️ D'abord fixer la convention — sans elle, tout faux

Une permutation de {1,2,3}\{1,2,3\} est une bijection de cet ensemble sur lui-même, et la loi de S3S_3 est la composition. Toute la question est de savoir dans quel ordre on l'applique.

Convention retenue ici, la plus répandue : στ\sigma\tau signifie « τ\tau d'abord, puis σ\sigma ». C'est la convention des fonctions, où (f∘g)(x)=f(g(x))(f\circ g)(x)=f(g(x)) : on lit de droite à gauche.

⚠️ Certains ouvrages font l'inverse. Ce n'est pas un détail de style : les deux conventions donnent des résultats différents sur cet exercice précis, et c'est la source d'erreur numéro un du chapitre. Fixez-la, écrivez-la, ne changez pas en cours de route.

Rappel de notation. Le cycle (1 2 3)(1\,2\,3) envoie 1↦21\mapsto 2, 2↦32\mapsto 3, 3↦13\mapsto 1. La transposition (1 2)(1\,2) échange 11 et 22 et laisse 33 fixe.

Deux permutations qui ne commutent pas

Prenons τ=(1 2)\tau=(1\,2) et c=(1 2 3)c=(1\,2\,3), et calculons les deux composées élément par élément.

Calcul de τc\tau c (on applique cc, puis τ\tau) :

1 → c  2 → τ  1,2 → c  3 → τ  3,3 → c  1 → τ  2.1\ \xrightarrow{\ c\ }\ 2\ \xrightarrow{\ \tau\ }\ 1,\qquad 2\ \xrightarrow{\ c\ }\ 3\ \xrightarrow{\ \tau\ }\ 3,\qquad 3\ \xrightarrow{\ c\ }\ 1\ \xrightarrow{\ \tau\ }\ 2.

Bilan : 1↦11\mapsto 1, 2↦32\mapsto 3, 3↦23\mapsto 2, autrement dit τc=(2 3)\tau c=(2\,3).

Calcul de cτc\tau (on applique τ\tau, puis cc) :

1 → τ  2 → c  3,2 → τ  1 → c  2,3 → τ  3 → c  1.1\ \xrightarrow{\ \tau\ }\ 2\ \xrightarrow{\ c\ }\ 3,\qquad 2\ \xrightarrow{\ \tau\ }\ 1\ \xrightarrow{\ c\ }\ 2,\qquad 3\ \xrightarrow{\ \tau\ }\ 3\ \xrightarrow{\ c\ }\ 1.

Bilan : 1↦31\mapsto 3, 2↦22\mapsto 2, 3↦13\mapsto 1, autrement dit cτ=(1 3)c\tau=(1\,3).

τc=(2 3) ≠ (1 3)=cτ.\tau c=(2\,3)\ \neq\ (1\,3)=c\tau.

Les deux permutations ne commutent pas, donc S3S_3 n'est pas abélien.

ℹ️ Remarquez qu'il suffit d'un seul couple pour conclure : « abélien » est une propriété universelle, un contre-exemple la détruit.

$S_3$ est engendré par $(1\,2)$ et $(1\,2\,3)$

Il faut montrer que le plus petit sous-groupe contenant τ\tau et cc est S3S_3 tout entier. La méthode est constructive : on part de {e}\{e\} et on ferme par produits, jusqu'à ce que rien de nouveau n'apparaisse.

Les puissances de cc donnent déjà trois éléments :

e,c=(1 2 3),c2=(1 3 2).e,\qquad c=(1\,2\,3),\qquad c^2=(1\,3\,2).

En multipliant par τ\tau, on en obtient trois autres, et ce sont exactement les trois transpositions :

τ=(1 2),τc=(2 3),τc2=(1 3).\tau=(1\,2),\qquad \tau c=(2\,3),\qquad \tau c^2=(1\,3).

(La dernière se vérifie comme ci-dessus : 1→3→31\to 3\to 3, 2→1→22\to 1\to 2… soit τc2=(1 3)\tau c^2=(1\,3).)

Cela fait 66 éléments deux à deux distincts — trois de signature +1+1, trois de signature −1-1, donc aucune confusion possible entre les deux familles. Comme ∣S3∣=3!=6\lvert S_3\rvert=3!=6, on a tout :

⟨(1 2),(1 2 3)⟩=S3.\langle(1\,2),(1\,2\,3)\rangle=S_3.
Pourquoi l'argument de cardinal est le bon

On aurait pu vouloir vérifier « à la main » que toute permutation s'écrit comme produit de τ\tau et cc. C'est inutilement long. L'argument correct tient en deux temps :

  1. le sous-groupe engendré ⟨τ,c⟩\langle\tau,c\rangle est contenu dans S3S_3 (c'est un sous-groupe de S3S_3) ;
  2. on a exhibé 66 éléments distincts dedans, or ∣S3∣=6\lvert S_3\rvert=6.

Une partie d'un ensemble fini qui a autant d'éléments que lui est cet ensemble. D'où l'égalité.

👉 Ce raisonnement — inclusion + égalité des cardinaux — resservira constamment en théorie des groupes finis. Il évite de construire explicitement des décompositions.

Recoupement et portée

Contrôle par Lagrange. Les ordres des éléments de S3S_3 sont : 11 pour ee, 22 pour les trois transpositions, 33 pour les deux 33-cycles. Tous divisent 66 ✓ (cf. B4).

Contrôle par la signature. ε(τc)=ε(τ)ε(c)=(−1)(+1)=−1\varepsilon(\tau c)=\varepsilon(\tau)\varepsilon(c)=(-1)(+1)=-1, et (2 3)(2\,3) est bien une transposition, de signature −1-1 ✓. Ce contrôle est précieux : il valide le type du résultat sans refaire la composition.

Portée. Plus généralement, SnS_n est engendré par une transposition et un nn-cycle bien choisis, et il n'est pas abélien dès que n≥3n\geq 3. Pour n≤2n\leq 2 il l'est trivialement : S1S_1 et S2S_2 ont respectivement 11 et 22 éléments.

ℹ️ S3S_3 est donc le plus petit groupe non abélien. C'est le contre-exemple à garder en réserve : il servira encore en C1 (un sous-groupe non distingué), C5 (centre réduit au neutre) et C6.

Réponse. (1 2)(1\,2) et (1 2 3)(1\,2\,3) ne commutent pas (S3S_3 non abélien) ; S3=⟨(1 2),(1 2 3)⟩S_3=\langle(1\,2),(1\,2\,3)\rangle. (Vérifié machine : A4 ✓)
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Sous-groupes engendrés

CalculDifficulté 3/5

Dans Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}, déterminer les sous-groupes ⟨2⟩\langle 2\rangle et ⟨3⟩\langle 3\rangle et leurs ordres.

Indices (3)

⟨g⟩={0,g,2g,3g,… }\langle g\rangle=\{0,g,2g,3g,\dots\} jusqu'à revenir à 00.

∣⟨g⟩∣=ord⁡(g)=12/gcd⁡(g,12)\lvert\langle g\rangle\rvert=\operatorname{ord}(g)=12/\gcd(g,12).

Calculer les multiples successifs mod 1212.

Correction détaillée
Ce que veut dire « engendré »

Pour gg dans un groupe GG, le sous-groupe engendré ⟨g⟩\langle g\rangle est le plus petit sous-groupe contenant gg. En notation additive, il est fait de tous les multiples de gg :

⟨g⟩={kg : k∈Z}.\langle g\rangle=\{kg\ :\ k\in\mathbb{Z}\}.

En pratique, dans Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}, on ajoute gg à répétition et on s'arrête dès qu'on retombe sur 00 : la liste obtenue est le sous-groupe.

$\langle 2\rangle$ dans $\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}$

On empile les multiples de 22 modulo 1212 :

0, 2, 4, 6, 8, 10, 12≡0⏟on referme.0,\ 2,\ 4,\ 6,\ 8,\ 10,\ \underbrace{12\equiv 0}_{\text{on referme}}.
⟨2⟩={0,2,4,6,8,10},∣⟨2⟩∣=6.\langle 2\rangle=\{0,2,4,6,8,10\},\qquad \lvert\langle 2\rangle\rvert=6.

Ce sont exactement les éléments pairs de Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}. Le sous-groupe se referme au bout de 66 pas, et 66 est justement l'ordre de 22.

$\langle 3\rangle$ dans $\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}$

Même méthode avec 33 :

0, 3, 6, 9, 12≡0⏟on referme.0,\ 3,\ 6,\ 9,\ \underbrace{12\equiv 0}_{\text{on referme}}.
⟨3⟩={0,3,6,9},∣⟨3⟩∣=4.\langle 3\rangle=\{0,3,6,9\},\qquad \lvert\langle 3\rangle\rvert=4.

Ce sont les multiples de 33 modulo 1212.

La formule, et pourquoi elle marche

Dans les deux cas, le cardinal obtenu est l'ordre de l'élément, donné par la formule démontrée en A1 :

∣⟨g⟩∣=ord⁡(g)=ngcd⁡(g,n).\lvert\langle g\rangle\rvert=\operatorname{ord}(g)=\frac{n}{\gcd(g,n)}.

Vérifions :

gg gcd⁡(g,12)\gcd(g,12) 12/gcd⁡12/\gcd ∣⟨g⟩∣\lvert\langle g\rangle\rvert trouvé
22 22 66 66 ✓
33 33 44 44 ✓

L'égalité ∣⟨g⟩∣=ord⁡(g)\lvert\langle g\rangle\rvert=\operatorname{ord}(g) n'est pas une observation : c'est le résultat démontré en A6, et il vaut dans tout groupe, pas seulement dans Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}.

ℹ️ Description alternative, souvent plus rapide : ⟨g⟩\langle g\rangle est l'ensemble des multiples de d=gcd⁡(g,n)d=\gcd(g,n) dans Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}, soit ⟨g⟩=⟨d⟩\langle g\rangle=\langle d\rangle. Ici ⟨2⟩=⟨gcd⁡(2,12)⟩=⟨2⟩\langle 2\rangle=\langle\gcd(2,12)\rangle=\langle 2\rangle et ⟨3⟩=⟨3⟩\langle 3\rangle=\langle 3\rangle — la formule est plus parlante sur un exemple comme ⟨8⟩\langle 8\rangle dans Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}, qui vaut ⟨4⟩={0,4,8}\langle 4\rangle=\{0,4,8\}.

Contrôle et conséquence

Contrôle par Lagrange. 66 et 44 divisent bien 1212 ✓. Si tu trouvais un sous-groupe de cardinal 55 ou 88 dans Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}, ce serait faux sans avoir besoin de vérifier quoi que ce soit d'autre.

Ce qu'on peut en déduire. Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z} est cyclique, et un fait général (que D1 précise) dit qu'un groupe cyclique d'ordre nn possède exactement un sous-groupe pour chaque diviseur de nn. Les diviseurs de 1212 étant 1,2,3,4,6,121,2,3,4,6,12, il y a exactement six sous-groupes :

{0},⟨6⟩,⟨4⟩,⟨3⟩,⟨2⟩,Z/12Z\{0\},\quad \langle 6\rangle,\quad \langle 4\rangle,\quad \langle 3\rangle,\quad \langle 2\rangle,\quad \mathbb{Z}/12\mathbb{Z}

d'ordres respectifs 1,2,3,4,6,121,2,3,4,6,12. Les deux calculés ici en font partie.

⚠️ Cette unicité par diviseur est une propriété des groupes cycliques. Elle est fausse en général : le groupe de Klein (A3) est d'ordre 44 et possède trois sous-groupes d'ordre 22.

⟨2⟩={0,2,4,6,8,10} d’ordre 6⟨3⟩={0,3,6,9} d’ordre 4\boxed{\langle2\rangle=\{0,2,4,6,8,10\}\ \text{d'ordre }6\qquad\langle3\rangle=\{0,3,6,9\}\ \text{d'ordre }4}
Réponse. ⟨2⟩={0,2,4,6,8,10}\langle 2\rangle=\{0,2,4,6,8,10\} (ordre 66) ; ⟨3⟩={0,3,6,9}\langle 3\rangle=\{0,3,6,9\} (ordre 44). (Vérifié machine : A5 ✓)
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Le sous-groupe engendré par g

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit gg un élément d'ordre fini ord⁡(g)=n\operatorname{ord}(g)=n d'un groupe GG. Montrer que ⟨g⟩={e,g,…,gn−1}\langle g\rangle=\{e,g,\dots,g^{n-1}\} est un sous-groupe de GG de cardinal exactement nn.

Indices (3)

Réduire tout exposant modulo nn par division euclidienne (avec gn=eg^n=e).

En déduire que l'ensemble des puissances de gg est exactement {e,g,…,gn−1}\{e,g,\dots,g^{n-1}\}, stable par produit et inverse.

Montrer enfin que e,g,…,gn−1e,g,\dots,g^{n-1} sont deux à deux distincts.

Correction détaillée
Ce qu'il y a à démontrer, et ce qui n'est pas gratuit

On se donne gg d'ordre fini nn, c'est-à-dire que nn est le plus petit entier ≥1\geq 1 tel que gn=eg^n=e. Il y a deux choses à établir, et la seconde est la seule qui demande du travail :

  1. l'ensemble ⟨g⟩={e,g,g2,…,gn−1}\langle g\rangle=\{e,g,g^2,\dots,g^{n-1}\} est un sous-groupe ;
  2. il a exactement nn éléments.

⚠️ Le point 2 n'est pas une évidence de notation. La liste écrite comporte nn symboles, mais rien ne dit a priori que deux d'entre eux ne désignent pas le même élément. C'est précisément là que la minimalité de nn va servir — et c'est le seul endroit de la preuve où elle sert.

La division euclidienne ramène toute puissance dans la liste

Montrons d'abord que gkg^k appartient à la liste pour tout k∈Zk\in\mathbb{Z}, y compris négatif. Division euclidienne de kk par nn :

k=qn+r,0≤r<n.k=qn+r,\qquad 0\leq r<n.

Alors

gk=gqn+r=(gn)q gr=eq gr=gr,g^k=g^{qn+r}=(g^n)^q\,g^r=e^q\,g^r=g^r,

et grg^r est bien l'un des nn éléments listés puisque 0≤r≤n−10\leq r\leq n-1.

👉 C'est le cœur technique : toute puissance de gg, aussi grande ou négative soit-elle, se replie sur l'une des nn premières. La liste est donc close par produit et par inverse — car g−kg^{-k} est aussi une puissance entière.

C'est un sous-groupe

On applique le critère de A2, version multiplicative : H≠∅H\neq\varnothing et ∀a,b∈H, ab−1∈H\forall a,b\in H,\ ab^{-1}\in H.

HH contient e=g0e=g^0, donc il est non vide. Et si a=gia=g^i, b=gjb=g^j sont dans la liste, alors

ab−1=gig−j=gi−j,ab^{-1}=g^i g^{-j}=g^{i-j},

qui est une puissance entière de gg, donc dans la liste par le point précédent. ✓

⟨g⟩\langle g\rangle est un sous-groupe de GG, et c'est le plus petit contenant gg : tout sous-groupe contenant gg doit contenir ses puissances.

Le cardinal est exactement $n$ — ici sert la minimalité

Supposons deux éléments égaux dans la liste :

gi=gjavec0≤i≤j≤n−1.g^i=g^j\quad\text{avec}\quad 0\leq i\leq j\leq n-1.

En multipliant par g−ig^{-i} : g j−i=eg^{\,j-i}=e. Or l'écart j−ij-i vérifie

0≤j−i≤n−1<n.0\leq j-i\leq n-1<n.

Si l'on avait j−i≥1j-i\geq 1, on tiendrait un entier strictement compris entre 11 et n−1n-1 annulant gg — ce qui contredirait le fait que nn est le plus petit tel entier. Donc j−i=0j-i=0, c'est-à-dire i=ji=j.

Les nn éléments listés sont donc deux à deux distincts :

∣⟨g⟩∣=ord⁡(g)=n\boxed{\lvert\langle g\rangle\rvert=\operatorname{ord}(g)=n}

⚠️ Sans l'hypothèse de minimalité, la conclusion tombe. Si l'on savait seulement « gn=eg^n=e » sans que nn soit le plus petit, la liste pourrait contenir des répétitions : prenons Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} et g=2g=2, qui vérifie bien 6g=06g=0. La liste des six multiples 0g,1g,…,5g0g,1g,\dots,5g vaut 0,2,4,0,2,40,2,4,0,2,4 : elle ne contient que trois éléments distincts, car le plus petit entier qui annule 22 est 33, pas 66.

Pourquoi ce résultat est central

L'égalité ∣⟨g⟩∣=ord⁡(g)\lvert\langle g\rangle\rvert=\operatorname{ord}(g) est le pont entre deux notions qui n'ont pas la même nature : un nombre attaché à un élément d'un côté, un cardinal de sous-groupe de l'autre.

C'est ce pont qui rend possible l'enchaînement du lot B :

ord⁡(g)=∣⟨g⟩∣⏟ici, A6et∣⟨g⟩∣ divise ∣G∣⏟Lagrange, B1⟹ord⁡(g) divise ∣G∣.\underbrace{\operatorname{ord}(g)=\lvert\langle g\rangle\rvert}_{\text{ici, A6}}\quad\text{et}\quad\underbrace{\lvert\langle g\rangle\rvert\ \text{divise}\ \lvert G\rvert}_{\text{Lagrange, B1}}\quad\Longrightarrow\quad \operatorname{ord}(g)\ \text{divise}\ \lvert G\rvert.

Sans A6, Lagrange ne dirait rien sur les ordres des éléments — il ne parle que de sous-groupes. C'est cette combinaison qui donne B4, puis le petit théorème de Fermat en B5.

ℹ️ Vérification sur un cas connu : dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, ord⁡(2)=3\operatorname{ord}(2)=3 (A1) et ⟨2⟩={0,2,4}\langle 2\rangle=\{0,2,4\} a bien 33 éléments (A2). Les deux calculs, menés indépendamment, concordent.

Réponse. ⟨g⟩\langle g\rangle est un sous-groupe de cardinal ord⁡(g)=n\operatorname{ord}(g)=n. (Lien Lagrange : B4 en déduit ord⁡(g)∣∣G∣\operatorname{ord}(g)\mid\lvert G\rvert ; énoncés d'ordre vérifiés machine A1/A5 ✓)
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Théorème de Lagrange

DémonstrationDifficulté 3/5

Démontrer le théorème de Lagrange : si GG est fini et H≤GH\leq G, alors ∣H∣\lvert H\rvert divise ∣G∣\lvert G\rvert. Illustrer sur les sous-groupes de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}.

Indices (3)

Introduire les classes à gauche gH={gh:h∈H}gH=\{gh:h\in H\}.

Montrer qu'elles partitionnent GG (relation d'équivalence).

Montrer que chaque classe a exactement ∣H∣\lvert H\rvert éléments.

Correction détaillée
L'idée en une phrase, avant toute technique

On veut montrer que ∣H∣\lvert H\rvert divise ∣G∣\lvert G\rvert. Diviser, c'est découper en parts égales. Toute la preuve consiste donc à découper GG en morceaux qui ont tous exactement ∣H∣\lvert H\rvert éléments.

Si l'on y parvient, avec mm morceaux, alors ∣G∣=m⋅∣H∣\lvert G\rvert=m\cdot\lvert H\rvert et c'est fini.

Deux choses restent à trouver : quels morceaux, et pourquoi ils ont tous la même taille. C'est le plan de la preuve, et il n'y a rien d'autre dedans.

Les morceaux : d'où sort la relation $a^{-1}b\in H$

Le geste qui surprend toujours, c'est l'apparition de la relation

a∼b  ⟺  a−1b∈H.a\sim b\iff a^{-1}b\in H.

Elle ne tombe pas du ciel — elle est fabriquée pour donner les morceaux qu'on veut. Voici le raisonnement à l'envers.

On cherche des morceaux de taille ∣H∣\lvert H\rvert. Le candidat naturel est HH lui-même, puis ses translatés gH={gh:h∈H}gH=\{gh:h\in H\} : translater ne change pas la taille, exactement comme translater un segment ne change pas sa longueur.

Reste à savoir quand deux translatés coïncident. Or

b∈aH  ⟺  ∃h∈H, b=ah  ⟺  a−1b∈H.b\in aH\iff \exists h\in H,\ b=ah\iff a^{-1}b\in H.

👉 La relation a∼b  ⟺  a−1b∈Ha\sim b\iff a^{-1}b\in H est la traduction de « bb est dans le translaté aHaH ». Elle n'est pas astucieuse, elle est la seule possible.

Vérifier que c'est bien une relation d'équivalence

Trois points, et chacun correspond exactement à un axiome de sous-groupe — ce n'est pas un hasard.

Réflexive. a−1a=e∈Ha^{-1}a=e\in H, car un sous-groupe contient le neutre. ✓

Symétrique. Si a−1b∈Ha^{-1}b\in H, alors son inverse (a−1b)−1=b−1a(a^{-1}b)^{-1}=b^{-1}a est aussi dans HH, car un sous-groupe est stable par inverse. ✓

Transitive. Si a−1b∈Ha^{-1}b\in H et b−1c∈Hb^{-1}c\in H, leur produit (a−1b)(b−1c)=a−1c(a^{-1}b)(b^{-1}c)=a^{-1}c est dans HH, car un sous-groupe est stable par produit. ✓

⚠️ Les trois axiomes de sous-groupe servent, un pour chaque propriété. Si HH n'était qu'une partie quelconque, la relation ne serait pas une équivalence et toute la preuve s'effondrerait.

Le fait de cours à ne pas sauter : une relation d'équivalence sur GG partitionne GG — ses classes sont non vides, deux à deux disjointes, et leur réunion est GG. C'est ce théorème, et lui seul, qui transforme « relation » en « découpage ». La classe de aa est exactement aHaH.

Tous les morceaux ont la même taille

C'est le second point du plan. Fixons g∈Gg\in G et considérons l'application de translation

λg:H⟶gH,h⟼gh.\lambda_g:H\longrightarrow gH,\qquad h\longmapsto gh.

Surjective : par définition, gHgH est exactement l'ensemble des ghgh. ✓

Injective : si gh=gh′gh=gh', on multiplie à gauche par g−1g^{-1} et il vient h=h′h=h'. ✓

C'est donc une bijection, d'où ∣gH∣=∣H∣\lvert gH\rvert=\lvert H\rvert pour tout gg.

⚠️ L'injectivité utilise l'existence de g−1g^{-1}, c'est-à-dire le fait que GG soit un groupe. Dans un simple monoïde, la simplification est fausse et le théorème aussi.

Conclusion

Le groupe GG est réunion disjointe de ses classes (partition), chacune de cardinal ∣H∣\lvert H\rvert (bijection). En notant [G:H][G:H] le nombre de classes — l'indice de HH dans GG :

∣G∣=[G:H]⋅∣H∣\boxed{\lvert G\rvert=[G:H]\cdot\lvert H\rvert}

Comme [G:H][G:H] est un entier, ∣H∣\lvert H\rvert divise ∣G∣\lvert G\rvert. ■\blacksquare

ℹ️ La formule dit davantage que l'énoncé : elle identifie le quotient ∣G∣/∣H∣\lvert G\rvert/\lvert H\rvert comme étant le nombre de classes. C'est cette lecture qui servira en B4, C4 et D5.

Le voir tourner : $H=\{0,3\}$ dans $\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}$

En notation additive, gHgH s'écrit g+Hg+H. Déroulons les six translatés :

gg g+Hg+H classe
00 {0,3}\{0,3\} C0C_0
11 {1,4}\{1,4\} C1C_1
22 {2,5}\{2,5\} C2C_2
33 {3,0}\{3,0\} C0C_0 à nouveau
44 {4,1}\{4,1\} C1C_1 à nouveau
55 {5,2}\{5,2\} C2C_2 à nouveau

Il n'y a que trois classes distinctes, et on lit la partition à l'œil :

Z/6Z={0,3}⏟2 ⊔ {1,4}⏟2 ⊔ {2,5}⏟2,6=3×2.\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}=\underbrace{\{0,3\}}_{2}\ \sqcup\ \underbrace{\{1,4\}}_{2}\ \sqcup\ \underbrace{\{2,5\}}_{2},\qquad 6=3\times 2.

Chaque classe a bien ∣H∣=2\lvert H\rvert=2 éléments, aucune ne se chevauche, et [G:H]=3[G:H]=3.

👉 Notez que chaque classe apparaît deux fois dans le tableau — une fois par élément qu'elle contient. C'est normal et c'est instructif : un translaté ne « connaît » pas le gg qui l'a produit, seulement l'ensemble obtenu. Les sous-groupes de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} ont pour ordres 1,2,3,61,2,3,6 : tous diviseurs de 66 ✓

Un ensemble de six éléments découpé en trois blocs de deux, chaque bloc représentant une classe à gauche d'un sous-groupe d'ordre deux ; illustration de la partition en classes du théorème de Lagrange.
Théorème de Lagrange. Les classes à gauche gHgH d'un sous-groupe HH partitionnent le groupe GG en parts de même taille ∣H∣\lvert H\rvert. Ici H={0,3}H=\{0,3\} dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} : 33 classes de 22 éléments, d'où ∣G∣=[G:H]⋅∣H∣=3×2=6\lvert G\rvert=[G:H]\cdot\lvert H\rvert=3\times 2=6 et ∣H∣∣∣G∣\lvert H\rvert\mid\lvert G\rvert.

⚠️ La réciproque est FAUSSE — le piège classique

Lagrange dit : « H≤GH\leq G ⟹\Longrightarrow ∣H∣\lvert H\rvert divise ∣G∣\lvert G\rvert ». Il ne dit pas l'inverse.

d divise ∣G∣⟹̸G posseˋde un sous-groupe d’ordre d.d\ \text{divise}\ \lvert G\rvert\qquad\not\Longrightarrow\qquad G\ \text{possède un sous-groupe d'ordre}\ d.

Le contre-exemple de référence est A4A_4, le groupe alterné sur 44 lettres, d'ordre 1212. L'entier 66 divise 1212, et pourtant A4A_4 n'a aucun sous-groupe d'ordre 66.

👉 Lagrange sert donc à éliminer des candidats, jamais à en produire. En A2, on a vu la même asymétrie : ∣{0,1,3}∣=3\lvert\{0,1,3\}\rvert=3 divise 66, et ce n'est pourtant pas un sous-groupe.

ℹ️ Il existe des réciproques partielles, qu'il faut savoir distinguer : le théorème de Cauchy (utilisé en D6) garantit un sous-groupe d'ordre pp pour tout premier pp divisant ∣G∣\lvert G\rvert, et les théorèmes de Sylow font de même pour les puissances de premiers. Pour un diviseur quelconque, aucune garantie.

Réponse. ∣G∣=[G:H] ∣H∣\lvert G\rvert=[G:H]\,\lvert H\rvert, donc ∣H∣∣∣G∣\lvert H\rvert\mid\lvert G\rvert ; ordres des sous-groupes de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} : {1,2,3,6}\{1,2,3,6\}. (Vérifié machine : B1 ✓)
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Classes à gauche & indice

CalculDifficulté 3/5

Déterminer les classes à gauche du sous-groupe H={0,3}H=\{0,3\} dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} et l'indice [Z/6Z:H][\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}:H].

Indices (3)

Classe de gg : g+H={g,g+3}g+H=\{g,g+3\} (notation additive).

Énumérer en évitant les répétitions.

L'indice est le nombre de classes.

Correction détaillée
Ce qu'on cherche

Les classes à gauche de HH dans GG sont les ensembles gH={gh:h∈H}gH=\{gh:h\in H\}, pour gg parcourant GG. En notation additive — celle de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} — cela s'écrit g+Hg+H.

L'indice [G:H][G:H] est le nombre de classes distinctes.

⚠️ Piège de vocabulaire : les classes ne sont pas des sous-groupes. Une seule l'est, celle de g=eg=e, qui vaut HH lui-même — les autres ne contiennent même pas le neutre.

Calcul des six translatés

Avec H={0,3}H=\{0,3\} dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, on ajoute gg aux deux éléments de HH :

0+H={0,3},1+H={1,4},2+H={2,5},0+H=\{0,3\},\qquad 1+H=\{1,4\},\qquad 2+H=\{2,5\},
3+H={3,6≡0}={0,3},4+H={4,7≡1}={1,4},5+H={5,8≡2}={2,5}.3+H=\{3,6\equiv 0\}=\{0,3\},\qquad 4+H=\{4,7\equiv 1\}=\{1,4\},\qquad 5+H=\{5,8\equiv 2\}=\{2,5\}.

Les trois dernières répètent les trois premières. Il y a donc exactement trois classes distinctes :

{0,3},{1,4},{2,5}.\{0,3\},\qquad \{1,4\},\qquad \{2,5\}.
Pourquoi les répétitions, et quand elles arrivent

Ce n'est pas un accident de calcul. g+H=g′+Hg+H=g'+H si et seulement si g−g′∈Hg-g'\in H.

Ici 3−0=3∈H3-0=3\in H, donc 3+H=0+H3+H=0+H. De même 4−1=3∈H4-1=3\in H et 5−2=3∈H5-2=3\in H.

👉 Chaque classe est donc rencontrée exactement ∣H∣=2\lvert H\rvert=2 fois quand gg parcourt les 66 éléments — une fois par élément qu'elle contient. C'est la traduction concrète du fait que les classes partitionnent GG en parts égales.

ℹ️ Un raccourci utile : dès qu'on a trouvé [G:H][G:H] classes couvrant tout GG, inutile de continuer à translater. Ici, après 0+H0+H, 1+H1+H et 2+H2+H on a déjà 66 éléments distincts — c'est fini.

L'indice, et la vérification par Lagrange
[Z/6Z:H]=3.[\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}:H]=3.

Contrôle immédiat par la formule de Lagrange (B1) :

∣G∣=[G:H]⋅∣H∣⟹6=3×2 ✓\lvert G\rvert=[G:H]\cdot\lvert H\rvert\quad\Longrightarrow\quad 6=3\times 2\ \checkmark

👉 Ce contrôle est gratuit et il faut le faire systématiquement : si le produit ne retombe pas sur ∣G∣\lvert G\rvert, c'est qu'on a oublié une classe ou compté deux fois la même. C'est l'erreur la plus fréquente sur ce type d'exercice.

ℹ️ Ici GG est abélien, donc g+H=H+gg+H=H+g : classes à gauche et à droite coïncident. C'est précisément la condition qui rendra HH distingué et permettra de former le quotient G/HG/H en C2 — où l'on retrouvera ces trois classes, cette fois vues comme les trois éléments de Z/3Z\mathbb{Z}/3\mathbb{Z}.

⚠️ Gauche et droite : pourquoi la distinction existe

On a parlé de classes à gauche, et cette précision n'est pas une coquetterie. Il existe aussi les classes à droite Hg={hg:h∈H}Hg=\{hg:h\in H\}, et dans un groupe non commutatif elles diffèrent en général.

Sur Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} on ne peut pas le voir : le groupe est abélien, donc g+H=H+gg+H=H+g pour tout gg, et les deux familles coïncident. Il faut un exemple non commutatif.

Prenons H=⟨(1 2)⟩={e,(1 2)}H=\langle(1\,2)\rangle=\{e,(1\,2)\} dans S3S_3, et g=(1 3)g=(1\,3). En composant de droite à gauche :

gH={(1 3), (1 3)(1 2)}={(1 3), (1 2 3)},gH=\{(1\,3),\ (1\,3)(1\,2)\}=\{(1\,3),\ (1\,2\,3)\},
Hg={(1 3), (1 2)(1 3)}={(1 3), (1 3 2)}.Hg=\{(1\,3),\ (1\,2)(1\,3)\}=\{(1\,3),\ (1\,3\,2)\}.

Les deux ensembles diffèrent : l'un contient (1 2 3)(1\,2\,3), l'autre (1 3 2)(1\,3\,2).

👉 C'est exactement ce qui empêchera de quotienter par ce HH (C1) — et c'est la raison d'être de la notion de sous-groupe distingué, définie par gH=HggH=Hg pour tout gg.

Ce que le comptage garde de vrai dans tous les cas

Même quand les deux familles diffèrent, elles ont toujours le même nombre d'éléments :

#{classes aˋ gauche}=#{classes aˋ droite}=[G:H].\#\{\text{classes à gauche}\}=\#\{\text{classes à droite}\}=[G:H].

La raison est une bijection explicite : gH↦Hg−1gH\mapsto Hg^{-1} est bien définie et bijective entre les deux familles.

(Bien définie : si gH=g′HgH=g'H alors g′−1g∈Hg'^{-1}g\in H, donc Hg−1=Hg′−1Hg^{-1}=Hg'^{-1}.)

👉 C'est pour cela que l'indice [G:H][G:H] se note sans préciser de côté, et que le théorème de Lagrange (B1) vaut indifféremment avec l'une ou l'autre famille. Ce qui dépend du côté, c'est quelles classes on obtient — pas combien.

ℹ️ Sur l'exemple de S3S_3 ci-dessus : [S3:H]=6/2=3[S_3:H]=6/2=3 des deux côtés, alors que les partitions obtenues ne sont pas les mêmes.

{0,3}, {1,4}, {2,5}[Z/6Z:H]=3\boxed{\{0,3\},\ \{1,4\},\ \{2,5\}\qquad [\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}:H]=3}
Réponse. Classes {0,3},{1,4},{2,5}\{0,3\},\{1,4\},\{2,5\} ; indice 33 ; partition de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}. (Vérifié machine : B2 ✓)
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Tout groupe d'ordre premier est cyclique

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit GG un groupe d'ordre premier pp. Montrer que GG est cyclique, engendré par n'importe quel élément ≠e\neq e.

Indices (3)

Prendre g≠eg\neq e et considérer ⟨g⟩\langle g\rangle.

Appliquer Lagrange à ⟨g⟩\langle g\rangle.

Utiliser la primalité de pp.

Correction détaillée
Ce que l'énoncé promet, et pourquoi c'est fort

Soit GG un groupe d'ordre pp, avec pp premier. L'énoncé affirme que GG est cyclique — et mieux : que n'importe quel élément ≠e\neq e l'engendre.

C'est un résultat étonnamment puissant : il ne suppose rien sur GG à part son cardinal. On ne sait pas si GG est abélien, on ne connaît pas sa loi — et pourtant sa structure est entièrement déterminée.

👉 Autrement dit : à isomorphisme près, il n'existe qu'un seul groupe d'ordre pp, à savoir Z/pZ\mathbb{Z}/p\mathbb{Z}.

La preuve, en trois pas

Pas 1 — choisir un élément. Comme p≥2p\geq 2, le groupe a au moins deux éléments : il existe g∈Gg\in G avec g≠eg\neq e.

Pas 2 — regarder le sous-groupe qu'il engendre. Posons H=⟨g⟩H=\langle g\rangle. C'est un sous-groupe de GG, donc par Lagrange (B1) son cardinal divise pp. Or pp est premier : ses seuls diviseurs positifs sont 11 et pp.

∣H∣∈{1,p}.\lvert H\rvert\in\{1,p\}.

Pas 3 — éliminer le cas 11. Si ∣H∣=1\lvert H\rvert=1, alors H={e}H=\{e\}, donc g=eg=e — ce qui contredit le choix du pas 1. Donc ∣H∣=p\lvert H\rvert=p.

Un sous-groupe de GG ayant autant d'éléments que GG est GG (partie d'un ensemble fini de même cardinal). Donc

⟨g⟩=G,\langle g\rangle=G,

c'est-à-dire que GG est cyclique, engendré par gg. ■\blacksquare

Où la primalité intervient exactement

Elle sert à un seul endroit : au pas 2, pour que « ∣H∣\lvert H\rvert divise pp » ne laisse que deux possibilités.

Si pp n'était pas premier, il y aurait des diviseurs intermédiaires et le sous-groupe ⟨g⟩\langle g\rangle pourrait être un sous-groupe strict non trivial. C'est exactement ce qui se passe dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} : l'élément 22 n'est pas neutre, et pourtant ⟨2⟩={0,2,4}≠G\langle 2\rangle=\{0,2,4\}\neq G.

👉 Toute la force du résultat tient donc à cette absence de diviseurs intermédiaires. C'est un schéma de raisonnement à retenir : Lagrange + primalité = pas de choix possible.

Conséquences immédiates

GG est abélien. Un groupe cyclique l'est toujours : gigj=gi+j=gjgig^i g^j=g^{i+j}=g^j g^i. Donc il n'existe aucun groupe non abélien d'ordre premier.

Tout élément ≠e\neq e est d'ordre pp. Par A6, ord⁡(g)=∣⟨g⟩∣=p\operatorname{ord}(g)=\lvert\langle g\rangle\rvert=p.

Les seuls sous-groupes sont {e}\{e\} et GG. Lagrange ne laisse pas d'autre cardinal possible. On dit que GG est simple.

ℹ️ Vérifiez sur Z/5Z\mathbb{Z}/5\mathbb{Z} : les éléments 1,2,3,41,2,3,4 sont tous d'ordre 55, et chacun engendre le groupe entier. Sur Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} en revanche (ordre non premier), seuls 11 et 55 engendrent — cf. A1.

⚠️ La réciproque est fausse : Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} est cyclique et 44 n'est pas premier. C'est l'objet de B6.

Réponse. GG d'ordre premier ⇒\Rightarrow cyclique (tout g≠eg\neq e engendre). (Vérifié machine : B3, Z/5Z\mathbb{Z}/5\mathbb{Z} ✓)
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L'ordre d'un élément divise |G|

DémonstrationDifficulté 3/5

Déduire de Lagrange que pour tout gg d'un groupe fini GG, ord⁡(g)\operatorname{ord}(g) divise ∣G∣\lvert G\rvert, puis que g∣G∣=eg^{\lvert G\rvert}=e. Vérifier sur (Z/7Z)×(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times.

Indices (3)

Relier ord⁡(g)\operatorname{ord}(g) au cardinal de ⟨g⟩\langle g\rangle.

Appliquer Lagrange à ⟨g⟩\langle g\rangle.

Écrire ∣G∣=ord⁡(g)⋅k\lvert G\rvert=\operatorname{ord}(g)\cdot k.

Correction détaillée
Le pont entre deux notions de nature différente

Lagrange (B1) parle de sous-groupes ; la question porte sur l'ordre d'un élément. Ce sont deux choses différentes, et le résultat de A6 est exactement ce qui les relie :

ord⁡(g)=∣⟨g⟩∣.\operatorname{ord}(g)=\lvert\langle g\rangle\rvert.

Autrement dit, l'ordre d'un élément est le cardinal d'un sous-groupe — celui qu'il engendre. Une fois cette égalité en main, la déduction est immédiate.

$\operatorname{ord}(g)$ divise $\lvert G\rvert$

Soit g∈Gg\in G, avec GG fini. Le sous-groupe ⟨g⟩\langle g\rangle est un sous-groupe de GG, donc Lagrange s'applique :

∣⟨g⟩∣ divise ∣G∣.\lvert\langle g\rangle\rvert\ \text{divise}\ \lvert G\rvert.

Et par A6, ∣⟨g⟩∣=ord⁡(g)\lvert\langle g\rangle\rvert=\operatorname{ord}(g). D'où

ord⁡(g) divise ∣G∣\boxed{\operatorname{ord}(g)\ \text{divise}\ \lvert G\rvert}

ℹ️ Remarquez qu'on n'a rien démontré de neuf : on a traduit Lagrange à travers A6. C'est souvent ainsi que fonctionne l'algèbre — la difficulté est de disposer du bon dictionnaire, pas de faire un calcul.

$g^{\lvert G\rvert}=e$ pour tout $g$

Notons n=ord⁡(g)n=\operatorname{ord}(g) et N=∣G∣N=\lvert G\rvert. On vient de voir que nn divise NN : écrivons N=nqN=nq avec qq entier. Alors

gN=gnq=(gn)q=eq=e.g^{N}=g^{nq}=(g^{n})^{q}=e^{q}=e.
∀g∈G,g∣G∣=e\boxed{\forall g\in G,\quad g^{\lvert G\rvert}=e}

⚠️ Attention au sens de l'énoncé : il dit que ∣G∣\lvert G\rvert annule tout élément, pas que ∣G∣\lvert G\rvert soit l'ordre de chacun. Beaucoup d'éléments peuvent avoir un ordre strictement plus petit — seuls les générateurs, quand il y en a, atteignent ∣G∣\lvert G\rvert.

ℹ️ Le plus petit entier qui annule tous les éléments s'appelle l'exposant du groupe. Il divise ∣G∣\lvert G\rvert mais lui est souvent strictement inférieur : dans le groupe de Klein (A3), l'exposant vaut 22 alors que l'ordre vaut 44.

Vérification sur $(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times$

Ce groupe est formé des classes inversibles modulo 77. Comme 77 est premier, toutes les classes non nulles conviennent :

(Z/7Z)×={1,2,3,4,5,6},∣(Z/7Z)×∣=6.(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times=\{1,2,3,4,5,6\},\qquad \lvert(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times\rvert=6.

Calculons l'ordre de chacun, c'est-à-dire le plus petit k≥1k\geq 1 avec gk≡1(mod7)g^k\equiv 1\pmod 7 :

gg puissances successives ord⁡(g)\operatorname{ord}(g) divise 66 ?
11 11 11 ✓
22 2,4,12,4,1 33 ✓
33 3,2,6,4,5,13,2,6,4,5,1 66 ✓
44 4,2,14,2,1 33 ✓
55 5,4,6,2,3,15,4,6,2,3,1 66 ✓
66 6,16,1 22 ✓

Les ordres obtenus sont 1,3,6,3,6,21,3,6,3,6,2 : tous divisent 66 ✓

Et l'on vérifie la seconde conclusion sur un cas, par exemple g=2g=2 :

26=64=63+1=9×7+1≡1(mod7) ✓2^{6}=64=63+1=9\times 7+1\equiv 1\pmod 7\ \checkmark
Ce que ce tableau annonce pour la suite

Deux générateurs. Les éléments 33 et 55 sont d'ordre 6=∣G∣6=\lvert G\rvert : ils engendrent le groupe entier, qui est donc cyclique. On construira explicitement l'isomorphisme Z/6Z→(Z/7Z)×\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\to(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times en E4.

Leur nombre n'est pas un hasard. Il y en a exactement φ(6)=2\varphi(6)=2, conformément au résultat général de D1.

Le petit théorème de Fermat est déjà là. L'égalité g6≡1(mod7)g^6\equiv 1\pmod 7 valable pour tout g∈{1,…,6}g\in\{1,\dots,6\} est précisément l'énoncé de Fermat pour p=7p=7. C'est l'objet de B5 : il ne restera qu'à écrire la même chose pour un pp quelconque.

⚠️ Contraste à garder en tête : (Z/8Z)×(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z})^\times est d'ordre 44, comme (Z/5Z)×(\mathbb{Z}/5\mathbb{Z})^\times (cyclique, engendré par 22)… mais ses ordres sont 1,2,2,21,2,2,2 et il n'est pas cyclique (A3). L'existence d'un générateur dépend de nn, pas seulement du cardinal.

Réponse. ord⁡(g)∣∣G∣\operatorname{ord}(g)\mid\lvert G\rvert et g∣G∣=eg^{\lvert G\rvert}=e ; ordres dans (Z/7Z)×(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times : {1,2,3,3,6,6}\{1,2,3,3,6,6\}. (Vérifié machine : B4 ✓)
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Petit théorème de Fermat par Lagrange

DémonstrationDifficulté 3/5

Démontrer le petit théorème de Fermat — pour pp premier et aa non divisible par pp, ap−1≡1(modp)a^{p-1}\equiv 1\pmod p — à l'aide du théorème de Lagrange.

Indices (3)

Considérer le groupe (Z/pZ)×(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^\times.

Quel est son ordre ?

Appliquer g∣G∣=eg^{\lvert G\rvert}=e.

Correction détaillée
L'énoncé, et l'idée de la preuve

Petit théorème de Fermat. Si pp est premier et aa n'est pas divisible par pp, alors

ap−1≡1(modp).a^{p-1}\equiv 1\pmod p.

L'idée tient en une phrase : ce résultat d'arithmétique est le cas particulier de g∣G∣=eg^{\lvert G\rvert}=e (B4), appliqué au bon groupe. Tout le travail consiste à identifier ce groupe et à vérifier son cardinal.

👉 C'est un exemple typique de ce que la théorie des groupes apporte : un énoncé qui semble arithmétique devient une conséquence de la structure, sans aucun calcul sur les entiers.

Le bon groupe : $(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^\times$

Considérons l'ensemble des classes inversibles modulo pp :

G=(Z/pZ)×={xˉ : gcd⁡(x,p)=1}.G=(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^\times=\{\bar x\ :\ \gcd(x,p)=1\}.

C'est un groupe pour la multiplication : le produit de deux inversibles est inversible (d'inverse le produit des inverses), la multiplication est associative, 1ˉ\bar 1 est neutre, et chaque élément a un inverse par définition.

Son cardinal est p−1p-1. Comme pp est premier, gcd⁡(x,p)=1\gcd(x,p)=1 pour tout x∈{1,2,…,p−1}x\in\{1,2,\dots,p-1\}, et seule la classe 0ˉ\bar 0 est exclue. Il reste donc exactement p−1p-1 classes :

∣G∣=p−1.\lvert G\rvert=p-1.

⚠️ C'est ici que la primalité de pp sert, et nulle part ailleurs. Pour nn non premier, ∣(Z/nZ)×∣=φ(n)<n−1\lvert(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times\rvert=\varphi(n)<n-1, et l'exposant p−1p-1 de l'énoncé n'aurait plus de sens.

La conclusion, en une ligne

L'hypothèse « aa n'est pas divisible par pp » signifie exactement gcd⁡(a,p)=1\gcd(a,p)=1, c'est-à-dire aˉ∈G\bar a\in G.

Appliquons B4 à l'élément aˉ\bar a du groupe fini GG :

aˉ ∣G∣=1ˉsoitaˉ p−1=1ˉ.\bar a^{\,\lvert G\rvert}=\bar 1\qquad\text{soit}\qquad \bar a^{\,p-1}=\bar 1.

En repassant aux entiers :

ap−1≡1(modp)■\boxed{a^{p-1}\equiv 1\pmod p}\qquad\blacksquare

ℹ️ La preuve tient en trois lignes une fois B4 acquis. Historiquement, c'est l'inverse qui s'est produit : Fermat a énoncé ce résultat en 1640, et la théorie des groupes ne l'a expliqué que deux siècles plus tard.

Deux vérifications, et un piège

Sur p=7p=7, a=2a=2 : 26=64=9×7+1≡1(mod7)2^6=64=9\times 7+1\equiv 1\pmod 7 ✓ (déjà vu en B4).

Sur p=5p=5, a=3a=3 : 34=81=16×5+1≡1(mod5)3^4=81=16\times 5+1\equiv 1\pmod 5 ✓

⚠️ L'hypothèse p∤ap\nmid a est indispensable. Prenons p=5p=5 et a=5a=5 : alors a4=625≡0(mod5)a^{4}=625\equiv 0\pmod 5, et non 11. La raison est structurelle et pas accidentelle : 5ˉ=0ˉ\bar 5=\bar 0 n'appartient pas à (Z/5Z)×(\mathbb{Z}/5\mathbb{Z})^\times, donc B4 ne s'applique tout simplement pas à lui.

👉 Quand un théorème échoue sur un exemple, la bonne question n'est pas « où est l'erreur de calcul » mais « quelle hypothèse ai-je violée ». Ici, l'élément n'était pas dans le groupe.

Les deux généralisations à connaître

Forme sans hypothèse. En multipliant par aa, on obtient ap≡a(modp)a^{p}\equiv a\pmod p, valable pour tout entier aa — y compris les multiples de pp, où les deux membres valent 00. Cette version est plus commode car elle n'a pas de cas d'exclusion.

Théorème d'Euler. Le même raisonnement appliqué à (Z/nZ)×(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times, qui est d'ordre φ(n)\varphi(n), donne pour tout n≥1n\geq 1 :

gcd⁡(a,n)=1 ⟹ aφ(n)≡1(modn).\gcd(a,n)=1\ \Longrightarrow\ a^{\varphi(n)}\equiv 1\pmod n.

Fermat en est le cas n=pn=p premier, puisqu'alors φ(p)=p−1\varphi(p)=p-1. La preuve est identique — seul le cardinal du groupe change.

ℹ️ C'est ce résultat qui fait fonctionner le chiffrement RSA : on y choisit les exposants de sorte que aed≡aa^{ed}\equiv a, en s'appuyant précisément sur l'ordre du groupe des inversibles.

Réponse. ap−1≡1(modp)a^{p-1}\equiv 1\pmod p car ∣(Z/pZ)×∣=p−1\lvert(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^\times\rvert=p-1 (Lagrange). (Vérifié machine : B5, p=7p=7 ✓ ; recoupe le chapitre Arithmétique)
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Ordre premier et réciproque

DémonstrationDifficulté 3/5

« Tout groupe d'ordre premier est cyclique » : la réciproque « tout groupe cyclique est d'ordre premier » est-elle vraie ? Un groupe d'ordre 44 est-il forcément cyclique ?

Indices (3)

Chercher un groupe cyclique d'ordre non premier.

Chercher un groupe d'ordre 44 non cyclique.

Les ordres 44 ne sont pas premiers.

Correction détaillée
Deux questions distinctes, à ne pas mélanger

L'énoncé en pose deux, et elles n'ont pas la même réponse pour la même raison :

  1. « Tout groupe cyclique est-il d'ordre premier ? » — c'est la réciproque littérale de B3 ;
  2. « Tout groupe d'ordre 44 est-il cyclique ? »

👉 Dans les deux cas la réponse est non, et dans les deux cas un contre-exemple suffit. Mais les contre-exemples éclairent des choses différentes.

Question 1 : non, et c'est facile

Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} est cyclique — il est engendré par 11, puisque

1,1+1=2,1+1+1=3,1+1+1+1=01,\quad 1+1=2,\quad 1+1+1=3,\quad 1+1+1+1=0

parcourt les quatre éléments. Et pourtant 4=224=2^2 n'est pas premier.

La réciproque est donc fausse. En réalité, Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} est cyclique pour tout n≥1n\geq 1 : la classe 11 l'engendre toujours.

👉 Il y a donc une infinité de contre-exemples, un par entier non premier. L'implication de B3 va strictement dans un sens : ordre premier ⟹\Longrightarrow cyclique, et rien de plus.

ℹ️ La bonne façon de retenir B3 : la primalité n'est pas une caractérisation des groupes cycliques, c'est une hypothèse qui force la structure faute d'alternative — il n'y a pas de diviseur intermédiaire où loger un sous-groupe strict.

Question 2 : non, et c'est plus instructif

Il existe un groupe d'ordre 44 qui n'est pas cyclique : le groupe de Klein VV, rencontré en A3 sous la forme (Z/8Z)×={1,3,5,7}(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z})^\times=\{1,3,5,7\}.

Ses ordres sont 1,2,2,21,2,2,2 : aucun élément d'ordre 44, donc aucun générateur, donc pas cyclique.

On a ainsi deux groupes d'ordre 44 non isomorphes :

Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} VV (Klein)
ordres des éléments 1,4,2,41,4,2,4 1,2,2,21,2,2,2
cyclique ? oui non
sous-groupes d'ordre 22 un seul trois

⚠️ Ils ne peuvent pas être isomorphes : un isomorphisme préserve les ordres des éléments, or l'un possède un élément d'ordre 44 et l'autre non. C'est l'argument standard pour distinguer deux groupes de même cardinal — chercher un invariant qui diffère.

Ce que ça dit du rôle de la primalité

Comparons les deux situations :

∣G∣=p premier ⟹ un seul groupe possible(Z/pZ).\lvert G\rvert=p\ \text{premier}\ \Longrightarrow\ \text{un seul groupe possible}\quad(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z}).
∣G∣=4 ⟹ deux groupes possibles(Z/4Z et V).\lvert G\rvert=4\ \Longrightarrow\ \text{deux groupes possibles}\quad(\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\ \text{et}\ V).

👉 La primalité ne rend pas les groupes cycliques par magie : elle supprime la place où une autre structure pourrait se loger. Dès que ∣G∣\lvert G\rvert admet un diviseur intermédiaire, plusieurs structures peuvent devenir possibles — c'est le cas de l'ordre 44, pas de l'ordre 1515, dont le seul groupe est Z/15Z\mathbb{Z}/15\mathbb{Z} — et il faut alors les départager.

ℹ️ C'est exactement le programme de D6, où l'on démontre — à l'aide du théorème de Cauchy — que ces deux groupes sont bien les seuls d'ordre 44, et où l'on traite de même l'ordre 66 (qui donne Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} et S3S_3).

Réponse. Réciproque fausse (Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} cyclique, ordre 44 non premier) ; ordre 44 pas toujours cyclique (Klein). (Vérifié machine : B6 ✓)
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Morphisme de réduction & noyau

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que f:Z/12Z→Z/6Z, x↦x mod 6f:\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\to\mathbb{Z}/6\mathbb{Z},\ x\mapsto x\bmod 6 est un homomorphisme surjectif, et déterminer son noyau.

Indices (3)

Vérifier f(x+y)=f(x)+f(y)f(x+y)=f(x)+f(y) (bien défini).

Le noyau : les xx tels que x≡0(mod6)x\equiv 0\pmod 6.

Surjectif : toute classe mod 66 est atteinte.

Correction détaillée
⚠️ Le point qu'on saute toujours : $f$ est-elle bien définie ?

Avant de vérifier quoi que ce soit sur ff, il faut s'assurer qu'elle existe. Le problème est le même qu'en A1 : un élément de Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z} est une classe, et la formule f(xˉ)=xˉ mod 6f(\bar x)=\bar x\bmod 6 passe par un représentant.

Si xˉ=x′ˉ\bar x=\bar{x'} dans Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}, alors x′−x=12kx'-x=12k. Donc

x′−x=12k=6⋅(2k),x'-x=12k=6\cdot(2k),

et x′≡x(mod6)x'\equiv x\pmod 6 : les deux représentants donnent la même image. ✓

👉 Ce qui fait marcher l'argument, c'est que 66 divise 1212. Sans cela, ff ne serait pas définie : par exemple Z/12Z→Z/5Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\to\mathbb{Z}/5\mathbb{Z}, xˉ↦xˉ mod 5\bar x\mapsto\bar x\bmod 5, n'a aucun sens — les représentants 00 et 1212 de la même classe donneraient 00 et 22.

⚠️ Ne jamais négliger ce contrôle sur une application définie sur un quotient. C'est la première question à se poser, et la seule qui puisse invalider tout le reste.

C'est un homomorphisme

Un homomorphisme de groupes est une application qui transporte la loi : f(a+b)=f(a)+f(b)f(a+b)=f(a)+f(b), l'addition de gauche ayant lieu dans Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z} et celle de droite dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}.

f(xˉ+yˉ)=x+y‾ mod 6=(xˉ mod 6)+(yˉ mod 6)=f(xˉ)+f(yˉ).f(\bar x+\bar y)=\overline{x+y}\bmod 6=(\bar x\bmod 6)+(\bar y\bmod 6)=f(\bar x)+f(\bar y).

L'égalité du milieu est simplement le fait que la réduction modulo 66 commute avec l'addition — ce qui est vrai dans Z\mathbb{Z} et se transporte. ✓

ℹ️ Deux conséquences automatiques, valables pour tout homomorphisme et bonnes à connaître : f(e)=ef(e)=e et f(a−1)=f(a)−1f(a^{-1})=f(a)^{-1}. Elles ne sont pas à vérifier séparément, elles se déduisent de la propriété de transport.

Surjectivité

Il faut montrer que tout élément de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} est atteint. C'est immédiat : pour yˉ∈Z/6Z\bar y\in\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} avec 0≤y≤50\leq y\leq 5, l'élément yˉ\bar y vu dans Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z} a pour image

f(yˉ)=y mod 6=yˉ.f(\bar y)=y\bmod 6=\bar y.

Donc im⁡f=Z/6Z\operatorname{im} f=\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} tout entier : ff est surjective. ✓

Explicitement, les douze images sont

0,1,2,3,4,5, 0,1,2,3,4,50,1,2,3,4,5,\ 0,1,2,3,4,5

pour x=0,1,…,11x=0,1,\dots,11 : chaque valeur de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} est atteinte exactement deux fois. Ce 22 n'est pas un hasard, on le retrouve juste en dessous.

Le noyau

Par définition, ker⁡f={xˉ∈Z/12Z : f(xˉ)=0ˉ}\ker f=\{\bar x\in\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\ :\ f(\bar x)=\bar 0\}, c'est-à-dire les xx tels que x≡0(mod6)x\equiv 0\pmod 6.

Parmi 0,1,…,110,1,\dots,11, ce sont x=0x=0 et x=6x=6 :

ker⁡f={0,6}=⟨6⟩,∣ker⁡f∣=2.\boxed{\ker f=\{0,6\}=\langle 6\rangle},\qquad \lvert\ker f\rvert=2.

C'est bien un sous-groupe de Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z} (E3 le démontrera en général), d'ordre 22 — et 22 divise 1212, conformément à Lagrange ✓

Le contrôle qui vérifie tout d'un coup

Le premier théorème d'isomorphisme (C3) donne la relation

∣G∣=∣ker⁡f∣⋅∣im⁡f∣.\lvert G\rvert=\lvert\ker f\rvert\cdot\lvert\operatorname{im} f\rvert.

Ici :

12=2×6 ✓12=2\times 6\ \checkmark

👉 Ce contrôle est le meilleur réflexe du lot E : il croise les deux résultats en une seule multiplication. Si le produit ne retombe pas sur ∣G∣\lvert G\rvert, c'est qu'au moins un des deux calculs est faux — et souvent, c'est le noyau qu'on a sous-estimé en oubliant un élément.

ℹ️ On peut le lire autrement : les 1212 éléments se répartissent en 66 fibres de 22 éléments chacune, une par valeur atteinte. Les fibres sont exactement les classes de ker⁡f\ker f — c'est le contenu du théorème d'isomorphisme, qu'on démontrera en C3.

Réponse. ff homomorphisme surjectif, ker⁡f={0,6}\ker f=\{0,6\}. (Vérifié machine : E1 ✓)
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La signature est un morphisme

DémonstrationDifficulté 3/5

Admettant que la signature ε:Sn→{−1,+1}\varepsilon:S_n\to\{-1,+1\} vérifie ε(στ)=ε(σ)ε(τ)\varepsilon(\sigma\tau)=\varepsilon(\sigma)\varepsilon(\tau), montrer que c'est un homomorphisme de groupes et calculer ε\varepsilon sur (1 2)(1\,2) et (1 2 3)(1\,2\,3).

Indices (3)

{−1,+1}\{-1,+1\} est un groupe pour la multiplication.

La relation ε(στ)=ε(σ)ε(τ)\varepsilon(\sigma\tau)=\varepsilon(\sigma)\varepsilon(\tau) est exactement la définition d'un morphisme.

Une transposition est impaire ; un 33-cycle == deux transpositions.

Correction détaillée
Ce qui est admis, et ce qui reste à faire

L'énoncé admet la propriété multiplicative de la signature :

ε(στ)=ε(σ) ε(τ).\varepsilon(\sigma\tau)=\varepsilon(\sigma)\,\varepsilon(\tau).

C'est le résultat difficile, et le démontrer demanderait de construire proprement la signature (par le nombre d'inversions, ou par l'action sur le polynôme de Vandermonde).

Ce qui reste à faire est modeste, mais pas vide : vérifier que les deux ensembles en jeu sont des groupes, et que la propriété admise est exactement la définition d'un homomorphisme entre eux.

Les deux groupes

Au départ, SnS_n : l'ensemble des permutations de {1,…,n}\{1,\dots,n\}, muni de la composition. C'est un groupe — la composée de deux bijections est une bijection, l'identité est neutre, et toute bijection admet une réciproque. Son ordre est n!n!.

À l'arrivée, {−1,+1}\{-1,+1\} muni de la multiplication. C'est un groupe d'ordre 22 : le produit de deux éléments y reste, +1+1 est neutre, et chacun est son propre inverse ((−1)×(−1)=+1(-1)\times(-1)=+1).

⚠️ Le groupe d'arrivée est multiplicatif alors que SnS_n est composé : le mot « homomorphisme » ne présuppose aucune notation commune, seulement que la structure soit transportée.

ℹ️ {−1,+1}\{-1,+1\} est isomorphe à Z/2Z\mathbb{Z}/2\mathbb{Z} — l'isomorphisme envoie +1↦0+1\mapsto 0 et −1↦1-1\mapsto 1, et transforme la multiplication en addition modulo 22.

C'est un homomorphisme, et il est surjectif

La condition à vérifier est exactement celle qu'on admet :

ε(στ)=ε(σ)ε(τ).\varepsilon(\sigma\tau)=\varepsilon(\sigma)\varepsilon(\tau).

Donc ε:Sn→{−1,+1}\varepsilon:S_n\to\{-1,+1\} est un homomorphisme de groupes. ✓

Il est surjectif dès que n≥2n\geq 2 : l'identité donne +1+1, et n'importe quelle transposition donne −1-1. Pour n=1n=1 il n'y a qu'une permutation, et ε\varepsilon n'atteint que +1+1.

ℹ️ Cette surjectivité, banale en apparence, est ce qui donnera ∣An∣=n!/2\lvert A_n\rvert=n!/2 en D4 : sans elle, l'image pourrait être réduite à {+1}\{+1\} et le quotient serait trivial.

Calcul sur $(1\,2)$ et $(1\,2\,3)$

La règle pratique : la signature d'un cycle de longueur ℓ\ell vaut (−1)ℓ−1(-1)^{\ell-1}. Elle vient de ce qu'un ℓ\ell-cycle se décompose en ℓ−1\ell-1 transpositions.

ε((1 2))\varepsilon\big((1\,2)\big). C'est une transposition, soit un 22-cycle : ε=(−1)2−1=−1\varepsilon=(-1)^{2-1}=-1.

ε((1 2))=−1.\varepsilon\big((1\,2)\big)=-1.

ε((1 2 3))\varepsilon\big((1\,2\,3)\big). C'est un 33-cycle : ε=(−1)3−1=+1\varepsilon=(-1)^{3-1}=+1.

On peut le retrouver sans formule, en décomposant :

(1 2 3)=(1 3)(1 2)⟹ε=(−1)×(−1)=+1.(1\,2\,3)=(1\,3)(1\,2)\qquad\Longrightarrow\qquad \varepsilon=(-1)\times(-1)=+1.
ε((1 2 3))=+1.\varepsilon\big((1\,2\,3)\big)=+1.

(Vérification de la décomposition, en composant de droite à gauche : 1→2→21\to 2\to 2, 2→1→32\to 1\to 3, 3→3→13\to 3\to 1 — c'est bien 1↦21\mapsto 2, 2↦32\mapsto 3, 3↦13\mapsto 1.)

La signature sur tout $S_3$, et ce qu'elle sépare
σ\sigma ee (1 2)(1\,2) (1 3)(1\,3) (2 3)(2\,3) (1 2 3)(1\,2\,3) (1 3 2)(1\,3\,2)
ε(σ)\varepsilon(\sigma) +1+1 −1-1 −1-1 −1-1 +1+1 +1+1

Le groupe se coupe en deux moitiés de même taille : trois permutations paires, trois impaires.

⚠️ Une décomposition en transpositions n'est pas unique — (1 2 3)(1\,2\,3) s'écrit aussi (2 3)(1 3)(2\,3)(1\,3), ou avec cinq transpositions si l'on complique. Ce qui est invariant, c'est la parité de leur nombre. C'est exactement ce que la propriété admise garantit, et c'est pour ça qu'elle est le vrai contenu du sujet.

👉 Les trois permutations de signature +1+1 forment ker⁡ε=A3\ker\varepsilon=A_3, un sous-groupe d'ordre 33. Les trois autres n'en forment pas un : elles ne contiennent pas ee. C'est le sujet de E3, puis de D4.

Réponse. ε\varepsilon est un morphisme ; ε((1 2))=−1\varepsilon\big((1\,2)\big)=-1, ε((1 2 3))=+1\varepsilon\big((1\,2\,3)\big)=+1. (Vérifié machine : E2 ✓)
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Noyau et image sont des sous-groupes

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit f:G→Hf:G\to H un homomorphisme. Montrer que ker⁡f\ker f est un sous-groupe de GG et im⁡f\operatorname{im} f un sous-groupe de HH. (On vérifiera sur ε:S3→{±1}\varepsilon:S_3\to\{\pm1\}.)

Indices (3)

Utiliser f(eG)=eHf(e_G)=e_H et f(a−1)=f(a)−1f(a^{-1})=f(a)^{-1}.

Critère du sous-groupe sur ker⁡f\ker f et im⁡f\operatorname{im} f.

Pour ker⁡\ker : f(ab−1)=f(a)f(b)−1f(ab^{-1})=f(a)f(b)^{-1}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut démontrer

Soit f:G→Hf:G\to H un homomorphisme. Deux ensembles sont en jeu :

ker⁡f={g∈G : f(g)=eH} ⊆G,im⁡f={f(g) : g∈G} ⊆H.\ker f=\{g\in G\ :\ f(g)=e_H\}\ \subseteq G,\qquad \operatorname{im} f=\{f(g)\ :\ g\in G\}\ \subseteq H.

⚠️ Ils ne vivent pas dans le même groupe : le noyau est une partie du groupe de départ, l'image une partie du groupe d'arrivée. C'est la confusion la plus fréquente, et elle rend les énoncés incompréhensibles.

Dans les deux cas on utilisera le critère de A2 : non vide, et stable par (a,b)↦ab−1(a,b)\mapsto ab^{-1}.

Préliminaire utile. Tout homomorphisme vérifie f(eG)=eHf(e_G)=e_H. En effet f(eG)=f(eG eG)=f(eG)f(eG)f(e_G)=f(e_G\,e_G)=f(e_G)f(e_G), et en simplifiant par f(eG)f(e_G) — licite puisqu'on est dans un groupe — il reste eH=f(eG)e_H=f(e_G). On en déduit aussi f(a−1)=f(a)−1f(a^{-1})=f(a)^{-1}, car f(a)f(a−1)=f(aa−1)=f(eG)=eHf(a)f(a^{-1})=f(aa^{-1})=f(e_G)=e_H.

$\ker f$ est un sous-groupe de $G$

Non vide. f(eG)=eHf(e_G)=e_H par le préliminaire, donc eG∈ker⁡fe_G\in\ker f. ✓

Stable par ab−1ab^{-1}. Soient a,b∈ker⁡fa,b\in\ker f, c'est-à-dire f(a)=f(b)=eHf(a)=f(b)=e_H. Alors

f(ab−1)=f(a) f(b)−1=eH eH−1=eH,f(ab^{-1})=f(a)\,f(b)^{-1}=e_H\,e_H^{-1}=e_H,

donc ab−1∈ker⁡fab^{-1}\in\ker f. ✓

ker⁡f≤G\ker f\leq G. ■\blacksquare

ℹ️ Le noyau a en fait une propriété plus forte qu'être un sous-groupe : il est distingué. Pour g∈Gg\in G et k∈ker⁡fk\in\ker f : f(gkg−1)=f(g)eHf(g)−1=eHf(gkg^{-1})=f(g)e_Hf(g)^{-1}=e_H. On y reviendra en C1 — c'est ce qui permettra de former le quotient G/ker⁡fG/\ker f.

$\operatorname{im} f$ est un sous-groupe de $H$

Non vide. eH=f(eG)∈im⁡fe_H=f(e_G)\in\operatorname{im} f. ✓

Stable par ab−1ab^{-1}. Un élément de l'image s'écrit f(x)f(x). Prenons donc deux éléments f(x)f(x) et f(y)f(y) :

f(x) f(y)−1=f(x) f(y−1)=f(xy−1),f(x)\,f(y)^{-1}=f(x)\,f(y^{-1})=f(xy^{-1}),

qui est bien l'image de l'élément xy−1∈Gxy^{-1}\in G, donc dans im⁡f\operatorname{im} f. ✓

im⁡f≤H\operatorname{im} f\leq H. ■\blacksquare

👉 Le mécanisme est le même dans les deux preuves : on fait passer l'opération à travers ff. C'est tout ce qu'un homomorphisme sait faire, et c'est suffisant.

Vérification sur $\varepsilon:S_3\to\{\pm1\}$

Le noyau. Ce sont les permutations de signature +1+1, lues dans le tableau de E2 :

ker⁡ε={e, (1 2 3), (1 3 2)}=A3,∣A3∣=3.\ker\varepsilon=\{e,\ (1\,2\,3),\ (1\,3\,2)\}=A_3,\qquad \lvert A_3\rvert=3.

C'est bien un sous-groupe : il contient ee, et le produit de deux 33-cycles de ce type y reste — par exemple (1 2 3)(1 2 3)=(1 3 2)(1\,2\,3)(1\,2\,3)=(1\,3\,2) et (1 2 3)(1 3 2)=e(1\,2\,3)(1\,3\,2)=e. On reconnaît ⟨(1 2 3)⟩\langle(1\,2\,3)\rangle, cyclique d'ordre 33.

L'image. ε\varepsilon atteint +1+1 (sur ee) et −1-1 (sur (1 2)(1\,2)), donc

im⁡ε={−1,+1},∣im⁡ε∣=2.\operatorname{im}\varepsilon=\{-1,+1\},\qquad \lvert\operatorname{im}\varepsilon\rvert=2.

Contrôle par les cardinaux :

∣S3∣=∣ker⁡ε∣⋅∣im⁡ε∣⟹6=3×2 ✓\lvert S_3\rvert=\lvert\ker\varepsilon\rvert\cdot\lvert\operatorname{im}\varepsilon\rvert\quad\Longrightarrow\quad 6=3\times 2\ \checkmark

⚠️ Contre-épreuve instructive : l'ensemble des permutations impaires {(1 2),(1 3),(2 3)}\{(1\,2),(1\,3),(2\,3)\} n'est pas un sous-groupe. Il ne contient pas ee, et le produit de deux transpositions est pair — par exemple (1 2)(1 3)=(1 3 2)(1\,2)(1\,3)=(1\,3\,2), qui n'y est pas. Seul le noyau, c'est-à-dire la fibre du neutre, a une structure de groupe.

Réponse. ker⁡f≤G\ker f\leq G et im⁡f≤H\operatorname{im} f\leq H ; ker⁡ε=A3\ker\varepsilon=A_3 (ordre 33). (Vérifié machine : E3 ✓)
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Un isomorphisme explicite

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que (Z/7Z)×(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times est cyclique d'ordre 66, et construire un isomorphisme Z/6Z→(Z/7Z)×\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\to(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times.

Indices (3)

Chercher un générateur (racine primitive mod 77).

Tester les puissances de 33 modulo 77.

Poser φ(k)=3k\varphi(k)=3^k et vérifier morphisme + bijection.

Correction détaillée
Le programme

Deux choses à faire, dans cet ordre :

  1. montrer que (Z/7Z)×(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times est cyclique d'ordre 66 — donc exhiber un générateur ;
  2. en déduire un isomorphisme explicite depuis Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}.

👉 Le second point est presque gratuit une fois le premier acquis : c'est le mécanisme général qui transforme « cyclique d'ordre nn » en « isomorphe à Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} ».

Le groupe et son ordre

77 étant premier, toutes les classes non nulles sont inversibles :

(Z/7Z)×={1,2,3,4,5,6},∣(Z/7Z)×∣=6.(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times=\{1,2,3,4,5,6\},\qquad \lvert(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times\rvert=6.

Par B4, l'ordre de chaque élément divise 66, donc appartient à {1,2,3,6}\{1,2,3,6\}. Chercher un générateur revient à chercher un élément d'ordre exactement 66.

$3$ est un générateur

Calculons ses puissances successives modulo 77, sans sauter d'étape :

30=1,31=3,32=9≡2,33=3⋅2=6,34=3⋅6=18≡4,35=3⋅4=12≡5.3^0=1,\quad 3^1=3,\quad 3^2=9\equiv 2,\quad 3^3=3\cdot 2=6,\quad 3^4=3\cdot 6=18\equiv 4,\quad 3^5=3\cdot 4=12\equiv 5.

(Astuce de calcul : on multiplie chaque fois le résultat précédent par 33 et on réduit — inutile de calculer 35=2433^5=243.)

La liste obtenue est

1, 3, 2, 6, 4, 51,\ 3,\ 2,\ 6,\ 4,\ 5

soit les six éléments du groupe, dans un ordre différent de l'ordre naturel. Et 36=3⋅5=15≡13^6=3\cdot 5=15\equiv 1 referme le cycle.

Donc ord⁡(3)=6=∣G∣\operatorname{ord}(3)=6=\lvert G\rvert : le groupe est cyclique, engendré par 33.

ℹ️ On dit que 33 est une racine primitive modulo 77. Le second générateur est 55 (cf. B4) ; ils sont au nombre de φ(6)=2\varphi(6)=2.

L'isomorphisme, et pourquoi il est bien défini

L'idée est de faire correspondre « ajouter 11 » et « multiplier par 33 ». Posons

ϕ:Z/6Z⟶(Z/7Z)×,ϕ(kˉ)=3k mod 7.\phi:\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\longrightarrow(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times,\qquad \phi(\bar k)=3^k\bmod 7.

Bien définie. C'est le point à ne pas escamoter, exactement comme en E1. Si kˉ=k′ˉ\bar k=\bar{k'} dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, alors k′=k+6mk'=k+6m, donc

3k′=3k (36)m=3k⋅1m=3k.3^{k'}=3^{k}\,(3^{6})^{m}=3^k\cdot 1^m=3^k.

C'est précisément parce que ord⁡(3)=6\operatorname{ord}(3)=6 que l'exposant peut être pris modulo 66. ✓

Homomorphisme. ϕ(kˉ+ℓˉ)=3k+ℓ=3k⋅3ℓ=ϕ(kˉ) ϕ(ℓˉ)\phi(\bar k+\bar\ell)=3^{k+\ell}=3^k\cdot 3^\ell=\phi(\bar k)\,\phi(\bar\ell). La loi additive de départ devient la loi multiplicative d'arrivée. ✓

Bijective. La liste ci-dessus montre que les six images sont deux à deux distinctes ; une application injective entre ensembles finis de même cardinal est bijective. ✓

Z/6Z ≅ (Z/7Z)×\boxed{\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\ \cong\ (\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times}
La table de correspondance
k∈Z/6Zk\in\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} 00 11 22 33 44 55
ϕ(k)=3k\phi(k)=3^k 11 33 22 66 44 55

Contrôle sur un cas : ϕ(2+3)=ϕ(5)=5\phi(2+3)=\phi(5)=5, et ϕ(2)ϕ(3)=2×6=12≡5(mod7)\phi(2)\phi(3)=2\times 6=12\equiv 5\pmod 7 ✓

Contrôle par les ordres, plus révélateur : un isomorphisme préserve les ordres. Or ord⁡(1)=6\operatorname{ord}(1)=6 dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} et ord⁡(3)=6\operatorname{ord}(3)=6 dans (Z/7Z)×(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times ✓ ; ord⁡(3)=2\operatorname{ord}(3)=2 à gauche et ord⁡(ϕ(3))=ord⁡(6)=2\operatorname{ord}(\phi(3))=\operatorname{ord}(6)=2 à droite ✓

👉 Cette préservation des ordres est le meilleur test d'un isomorphisme candidat : si les profils d'ordres diffèrent, aucune bijection ne peut être un isomorphisme. C'est exactement l'argument qui sépare Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} de Klein en B6.

Ce que ce mécanisme dit en général

Rien ici n'est propre à 77. Le même raisonnement montre :

tout groupe cyclique d’ordre n  est isomorphe aˋ  Z/nZ,\text{tout groupe cyclique d'ordre } n\ \text{ est isomorphe à }\ \mathbb{Z}/n\mathbb{Z},

l'isomorphisme étant kˉ↦gk\bar k\mapsto g^k pour n'importe quel générateur gg. Il n'y a donc, à isomorphisme près, qu'un seul groupe cyclique par cardinal.

⚠️ En revanche, l'existence d'un générateur n'a rien d'automatique. (Z/7Z)×(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times est cyclique, (Z/8Z)×(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z})^\times ne l'est pas (A3) — pourtant les deux sont des groupes d'inversibles. Le résultat général est que (Z/nZ)×(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times est cyclique exactement pour n=1,2,4,pk,2pkn=1,2,4,p^k,2p^k avec pp premier impair.

ℹ️ Le choix du générateur n'est pas unique et l'isomorphisme non plus : prendre 55 au lieu de 33 donne un autre isomorphisme, tout aussi valable. Un isomorphisme n'est pas canonique — il dépend d'un choix.

Réponse. (Z/7Z)×=⟨3⟩(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times=\langle 3\rangle cyclique d'ordre 66 ; k↦3kk\mapsto 3^k est un isomorphisme. (Vérifié machine : E4 ✓ ; recoupe les racines primitives du chapitre Arithmétique)
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Injectivité par le noyau

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer qu'un homomorphisme de groupes f:G→Hf:G\to H est injectif si et seulement si ker⁡f={eG}\ker f=\{e_G\}.

Indices (3)

Sens direct : injectif ⇒\Rightarrow seul eGe_G s'envoie sur eHe_H.

Réciproque : f(a)=f(b)⇒f(ab−1)=eHf(a)=f(b)\Rightarrow f(ab^{-1})=e_H.

Utiliser que ff est un morphisme.

Correction détaillée
Pourquoi ce critère est utile

Tester l'injectivité d'une application quelconque demande de comparer toutes les paires : f(a)=f(b)⇒a=bf(a)=f(b)\Rightarrow a=b. Sur un groupe de 6060 éléments, cela fait des centaines de vérifications.

Le critère qu'on démontre remplace ce test par un calcul unique : il suffit de regarder ce qui s'envoie sur le neutre.

f injectif  ⟺  ker⁡f={eG}.f\ \text{injectif}\iff \ker f=\{e_G\}.

👉 C'est le gain typique qu'apporte la structure de groupe : une propriété globale se lit en un seul point. La raison profonde est que le groupe est homogène — tous les points s'y ressemblent, par translation.

Sens direct : injectif $\Rightarrow$ noyau trivial

Supposons ff injectif et prenons a∈ker⁡fa\in\ker f, c'est-à-dire f(a)=eHf(a)=e_H.

On sait par ailleurs que f(eG)=eHf(e_G)=e_H (préliminaire de E3). Donc

f(a)=f(eG).f(a)=f(e_G).

L'injectivité donne alors a=eGa=e_G. Le noyau ne contient donc que eGe_G.

ker⁡f={eG}.✓\ker f=\{e_G\}.\quad\checkmark

ℹ️ Ce sens est presque une reformulation. Le contenu réel est dans l'autre.

Sens réciproque : noyau trivial $\Rightarrow$ injectif

Supposons ker⁡f={eG}\ker f=\{e_G\} et prenons a,b∈Ga,b\in G avec f(a)=f(b)f(a)=f(b). Il faut en déduire a=ba=b.

L'astuce, et c'est la seule de la preuve : ramener l'égalité au neutre. Multiplions par f(b)−1f(b)^{-1} :

f(a)f(b)−1=eH.f(a)f(b)^{-1}=e_H.

Or ff est un homomorphisme, donc le membre de gauche se regroupe :

f(a)f(b)−1=f(a)f(b−1)=f(ab−1).f(a)f(b)^{-1}=f(a)f(b^{-1})=f(ab^{-1}).

Ainsi f(ab−1)=eHf(ab^{-1})=e_H, c'est-à-dire ab−1∈ker⁡f={eG}ab^{-1}\in\ker f=\{e_G\}. Donc ab−1=eGab^{-1}=e_G, et en multipliant par bb à droite :

a=b.✓■a=b.\quad\checkmark\qquad\blacksquare

👉 Le geste « comparer deux éléments en regardant ab−1ab^{-1} » est le même que celui du critère de sous-groupe (A2) et que celui des classes de Lagrange (B1). C'est le réflexe de la théorie des groupes : on ne compare jamais deux éléments directement, on ramène la comparaison au neutre.

Ce que le critère ne dit pas, et trois vérifications

⚠️ Il caractérise l'injectivité seule. La surjectivité, elle, se lit sur l'image, et les deux sont indépendantes.

ff ker⁡f\ker f injectif ? surjectif ?
ε:S3→{±1}\varepsilon:S_3\to\{\pm1\} A3A_3, d'ordre 33 non oui
Z/12Z→Z/6Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\to\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, x↦x mod 6x\mapsto x\bmod 6 {0,6}\{0,6\}, d'ordre 22 non oui
ϕ:Z/6Z→(Z/7Z)×\phi:\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\to(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z})^\times, k↦3kk\mapsto 3^k {0}\{0\} oui oui

Le troisième cas est celui de E4 : noyau trivial, donc injectif, et comme les deux groupes ont 66 éléments, bijectif — c'est un isomorphisme.

ℹ️ Combiné au théorème d'isomorphisme (C3), le critère prend une forme quantitative très pratique :

∣im⁡f∣=∣G∣∣ker⁡f∣.\lvert\operatorname{im} f\rvert=\frac{\lvert G\rvert}{\lvert\ker f\rvert}.

Un noyau trivial donne ∣im⁡f∣=∣G∣\lvert\operatorname{im} f\rvert=\lvert G\rvert : l'image est aussi grosse que le départ, rien n'a été écrasé. Un gros noyau, au contraire, mesure exactement ce que ff perd.

Réponse. ff injectif   ⟺  ker⁡f={eG}\iff\ker f=\{e_G\}. (Critère central ; recoupe E1/E4 — noyau trivial ⇒\Rightarrow iso)
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Décider injectivité et surjectivité

ApplicationDifficulté 3/5

Le morphisme f:Z/12Z→Z/6Zf:\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\to\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, x↦x mod 6x\mapsto x\bmod 6, est-il injectif ? surjectif ? Justifier via noyau et image.

Indices (3)

Reprendre le noyau et l'image calculés en E1.

Injectif   ⟺  \iff noyau trivial.

Comparer les ordres.

Correction détaillée
La méthode : deux questions, deux outils

On ne teste jamais l'injectivité et la surjectivité en comparant des paires ou en énumérant des antécédents. Pour un homomorphisme, chacune se lit sur un objet :

question objet à calculer critère
injectif ? ker⁡f\ker f trivial ? (E5)
surjectif ? im⁡f\operatorname{im} f égale au groupe d'arrivée ?

Ces deux ensembles sont des sous-groupes (E3), donc leurs cardinaux divisent ceux des groupes concernés — ce qui donne déjà de bons contrôles.

Le noyau : $f$ n'est pas injectif
ker⁡f={xˉ∈Z/12Z : x≡0(mod6)}={0,6}.\ker f=\{\bar x\in\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\ :\ x\equiv 0\pmod 6\}=\{0,6\}.

Ce noyau a deux éléments, il n'est pas réduit à {0}\{0\} : par le critère de E5, ff n'est pas injectif.

On peut le voir directement, ce qui est toujours rassurant :

f(0)=0etf(6)=6 mod 6=0,f(0)=0\quad\text{et}\quad f(6)=6\bmod 6=0,

avec 0≠60\neq 6 dans Z/12Z\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}. Deux éléments distincts ont la même image. ✓

ℹ️ Plus généralement, chaque valeur de Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} a exactement deux antécédents : yˉ\bar y et y+6‾\overline{y+6}. Le noyau mesure précisément cette redondance — sa taille est le nombre d'antécédents de chaque élément atteint.

L'image : $f$ est surjective
im⁡f={x mod 6 : x=0,…,11}={0,1,2,3,4,5}=Z/6Z.\operatorname{im} f=\{x\bmod 6\ :\ x=0,\dots,11\}=\{0,1,2,3,4,5\}=\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}.

L'image est le groupe d'arrivée tout entier : ff est surjective. ✓

👉 Argument plus rapide, et qui se généralise : f(1ˉ)=1ˉf(\bar 1)=\bar 1, et 1ˉ\bar 1 engendre Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}. Or l'image d'un homomorphisme contient toutes les puissances des images, donc im⁡f⊇⟨1ˉ⟩=Z/6Z\operatorname{im} f\supseteq\langle\bar 1\rangle=\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}.

ℹ️ Règle utile : pour montrer qu'un homomorphisme est surjectif, il suffit de vérifier que son image contient un générateur du groupe d'arrivée — pas besoin d'atteindre chaque élément.

Le contrôle final

Le premier théorème d'isomorphisme (C3) impose

∣ker⁡f∣⋅∣im⁡f∣=∣Z/12Z∣.\lvert\ker f\rvert\cdot\lvert\operatorname{im} f\rvert=\lvert\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\rvert.
2×6=12 ✓2\times 6=12\ \checkmark

Conclusion : ff est surjective, non injective. Et le théorème dit mieux qu'un simple compte — il identifie le quotient :

Z/12Z{0,6} ≅ Z/6Z.\frac{\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}}{\{0,6\}}\ \cong\ \mathbb{Z}/6\mathbb{Z}.

⚠️ Une dernière remarque de méthode, utile pour repérer une erreur avant même de calculer : ici ∣G∣=12>6=∣H∣\lvert G\rvert=12>6=\lvert H\rvert. Une application d'un ensemble fini vers un strictement plus petit ne peut jamais être injective, quel qu'en soit le détail — c'est le principe des tiroirs. L'injectivité était donc exclue d'avance ; le noyau nous dit en plus de combien on s'en écarte.

f SURJECTIFNON injectif:ker⁡f={0,6}\boxed{f\ \text{SURJECTIF}\qquad\text{NON injectif} : \ker f=\{0,6\}}
Réponse. Non injectif (ker⁡={0,6}\ker=\{0,6\}), surjectif (im⁡=Z/6Z\operatorname{im}=\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}). (Vérifié machine : E6, noyau de taille 22 ✓)
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