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Exercices corrigés — Représentations & caractères

Algèbre · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieur

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Représentations & caractères Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Représentation : définition et exemples

CalculDifficulté 3/5

Définir une représentation ρ:G→GL(V)\rho:G\to GL(V) et son degré. Donner le degré des représentations triviale, régulière, de permutation (action de GG sur un ensemble XX) et signature de SnS_n.

Indices (3)

Une représentation est un morphisme de groupes vers GL(V)GL(V).

La régulière agit sur C[G]\mathbb{C}[G] (base indexée par GG).

La permutation agit sur CX\mathbb{C}^X par ρ(g)ex=eg⋅x\rho(g)e_x=e_{g\cdot x}.

Correction détaillée
La définition, et pourquoi elle change tout
ρ: G⟶GL(V) morphisme de groupes,deg⁡ρ=dim⁡CV\boxed{\rho:\ G\longrightarrow GL(V)\ \text{morphisme de groupes},\qquad \deg\rho=\dim_{\mathbb{C}}V}

Une représentation, c'est faire agir un groupe abstrait par des MATRICES. On remplace des éléments dont on ne sait rien par des objets qu'on sait calculer : trace, déterminant, valeurs propres.

groupe abstrait ⟶ algeˋbre lineˊaire\text{groupe abstrait}\ \longrightarrow\ \text{alg\`ebre lin\'eaire}

👉 Tout le chapitre repose sur cet échange, et le caractère χ(g)=tr⁡ρ(g)\chi(g)=\operatorname{tr}\rho(g) en sera l'invariant central.

Étape 1 — Les quatre représentations fondamentales
nomespacedeg⁡trivialeC1signatureC1 (pour G=Sn)permutationCX∣X∣reˊgulieˋreC[G]∣G∣\begin{array}{lll} \text{nom} & \text{espace} & \deg\\\hline \textbf{triviale} & \mathbb{C} & \mathbf{1}\\ \textbf{signature} & \mathbb{C} & \mathbf{1}\ \text{(pour } G=S_n)\\ \textbf{permutation} & \mathbb{C}^{X} & \mathbf{\lvert X\rvert}\\ \textbf{r\'eguli\`ere} & \mathbb{C}[G] & \mathbf{\lvert G\rvert} \end{array}

Triviale : ρ(g)=1\rho(g)=1 pour tout gg. C'est un morphisme, et c'est le plus simple possible.

Signature : ρ(σ)=ε(σ)=±1\rho(\sigma)=\varepsilon(\sigma)=\pm 1, définie sur SnS_n uniquement.

Permutation : GG agit sur un ensemble XX, et l'on fait permuter la base (ex)x∈X(e_x)_{x\in X} de CX\mathbb{C}^X :

ρ(g) ex=eg⋅x\rho(g)\,e_x=e_{g\cdot x}

Régulière : le cas X=GX=G avec l'action par translation. C'est la plus grosse, et elle contient toutes les irréductibles (exercice C6).

Étape 2 — Vérifier que ce sont bien des morphismes

Pour la représentation de permutation, il faut ρ(gh)=ρ(g)ρ(h)\rho(gh)=\rho(g)\rho(h) :

ρ(g)ρ(h) ex=ρ(g) eh⋅x=eg⋅(h⋅x)=e(gh)⋅x=ρ(gh) ex\rho(g)\rho(h)\,e_x=\rho(g)\,e_{h\cdot x}=e_{g\cdot(h\cdot x)}=e_{(gh)\cdot x}=\rho(gh)\,e_x

C'est exactement l'axiome d'action g⋅(h⋅x)=(gh)⋅xg\cdot(h\cdot x)=(gh)\cdot x, transporté sur la base.

une ACTION sur X ⟷ une REPREˊSENTATION sur  CX\boxed{\text{une ACTION sur } X\ \longleftrightarrow\ \text{une REPR\'ESENTATION sur }\ \mathbb{C}^{X}}

👉 C'est le pont avec le chapitre précédent : toute action fournit une représentation, et le lemme de Burnside en deviendra un cas particulier des relations d'orthogonalité (exercice D5).

Les matrices obtenues sont des matrices de PERMUTATION : un seul 11 par ligne et par colonne, le reste nul.

Étape 3 — Les caractères, en avant-première
χρ(g)=tr⁡ρ(g)\chi_\rho(g)=\operatorname{tr}\rho(g)
repreˊsentationχ(e)χ(g), g≠etriviale11signature1ε(g)permutation∣X∣∣Fix(g)∣reˊgulieˋre∣G∣0\begin{array}{lll} \text{repr\'esentation} & \chi(e) & \chi(g),\ g\neq e\\\hline \text{triviale} & 1 & 1\\ \text{signature} & 1 & \varepsilon(g)\\ \text{permutation} & \lvert X\rvert & \mathbf{\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert}\\ \text{r\'eguli\`ere} & \lvert G\rvert & \mathbf{0} \end{array}

La troisième ligne est l'exercice A4 : la trace d'une matrice de permutation compte les points fixes, car un 11 n'apparaît sur la diagonale que si g⋅x=xg\cdot x=x.

La quatrième est l'exercice A5 : dans la régulière, g≠eg\neq e ne fixe aucun élément de GG (l'action par translation est libre), d'où une trace nulle.

χ(e)=deg⁡ρ toujours\boxed{\chi(e)=\deg\rho\ \text{toujours}}
Ce que la théorie va produire
Maschketoute repreˊsentation se DEˊCOMPOSE en irreˊductiblesSchurles irreˊductibles sont RIGIDESorthogonaliteˊles caracteˋres irreˊductibles sont ORTHONORMEˊSconseˊquence#{irreˊductibles}=#{classes de conjugaison}\begin{array}{ll} \text{Maschke} & \text{toute repr\'esentation se D\'ECOMPOSE en irr\'eductibles}\\ \text{Schur} & \text{les irr\'eductibles sont RIGIDES}\\ \text{orthogonalit\'e} & \text{les caract\`eres irr\'eductibles sont ORTHONORM\'ES}\\ \text{cons\'equence} & \#\{\text{irr\'eductibles}\}=\#\{\text{classes de conjugaison}\} \end{array}

Le résultat qui organise tout :

∑i(dim⁡Vi)2=∣G∣\boxed{\sum_i(\dim V_i)^2=\lvert G\rvert}

Sur S3S_3 : 12+12+22=61^2+1^2+2^2=6 ✓ — trois irréductibles, trois classes de conjugaison.

👉 Cette contrainte est si forte qu'elle DÉTERMINE souvent les degrés : pour ∣G∣=6\lvert G\rvert=6 avec 33 classes, la seule décomposition possible en carrés est 1+1+41+1+4. La table de caractères se construit alors presque sans calcul (exercice C1).

Réponse. ρ:G→GL(V)\rho:G\to GL(V) morphisme ; degrés : triviale 11, régulière ∣G∣\lvert G\rvert, permutation ∣X∣\lvert X\rvert, signature 11. (Vérifié machine — A ✓)
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Sous-représentation, irréductible, équivalence

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir une sous-représentation, une représentation irréductible, et l'équivalence de représentations. Montrer que l'équivalence préserve l'irréductibilité.

Indices (3)

Une sous-représentation est un sous-espace stable par tous les ρ(g)\rho(g).

ρ′∼ρ\rho'\sim\rho s'il existe PP inversible avec ρ′(g)=Pρ(g)P−1\rho'(g)=P\rho(g)P^{-1}.

PP envoie les sous-espaces stables de ρ\rho sur ceux de ρ′\rho'.

Correction détaillée
Les trois définitions
sous-repreˊsentationW⊆V sous-espace STABLE : ρ(g)W⊆W ∀girreˊductibleV≠0 et les seules sous-repreˊsentations sont 0 et Veˊquivalentes∃ T inversible avec Tρ(g)=ρ′(g)T ∀g\begin{array}{ll} \textbf{sous-repr\'esentation} & W\subseteq V\ \text{sous-espace STABLE : } \rho(g)W\subseteq W\ \forall g\\ \textbf{irr\'eductible} & V\neq 0\ \text{et les seules sous-repr\'esentations sont } 0\ \text{et}\ V\\ \textbf{\'equivalentes} & \exists\ T\ \text{inversible avec}\ T\rho(g)=\rho'(g)T\ \forall g \end{array}
l’eˊquivalence PREˊSERVE l’irreˊductibiliteˊ\boxed{\text{l'\'equivalence PR\'ESERVE l'irr\'eductibilit\'e}}

Les irréductibles sont les « atomes » : par Maschke (exercice B1), toute représentation en est une somme directe. Les classifier, c'est tout connaître.

Étape 1 — Ce que « équivalentes » signifie vraiment
Tρ(g)T−1=ρ′(g)pour tout gT\rho(g)T^{-1}=\rho'(g)\qquad\text{pour tout } g

C'est un CHANGEMENT DE BASE simultané pour tous les gg — et le « simultané » est le point : un seul TT doit convenir pour l'ensemble du groupe.

deux matrices semblablesun T pour UNE matricedeux repreˊsentations eˊquivalentesun T pour TOUTES\begin{array}{ll} \text{deux matrices semblables} & \text{un } T\ \text{pour UNE matrice}\\ \text{deux repr\'esentations \'equivalentes} & \text{un } T\ \text{pour TOUTES} \end{array}

👉 C'est beaucoup plus contraignant, et c'est ce qui rend la classification possible : il y a très peu de représentations à équivalence près.

Étape 2 — L'équivalence préserve l'irréductibilité

Supposons ρ\rho irréductible et ρ′=TρT−1\rho'=T\rho T^{-1}. Soit W′W' une sous-représentation de ρ′\rho'.

Posons W=T−1(W′)W=T^{-1}(W'). Alors pour tout gg :

ρ(g)W=ρ(g)T−1W′=T−1(Tρ(g)T−1)⏟ρ′(g)W′=T−1ρ′(g)W′⊆T−1W′=W\rho(g)W=\rho(g)T^{-1}W'=T^{-1}\underbrace{\big(T\rho(g)T^{-1}\big)}_{\rho'(g)}W'=T^{-1}\rho'(g)W'\subseteq T^{-1}W'=W

WW est donc stable par ρ\rho, donc vaut 00 ou VV par irréductibilité. Comme TT est bijective :

W′=T(W)∈{0, V}W'=T(W)\in\{0,\ V\}
ρ′ est irreˊductible\boxed{\rho'\ \text{est irr\'eductible}}

👉 Le geste est le transport de structure : on ramène une question sur ρ′\rho' à la même question sur ρ\rho, via TT. C'est ce qui rend l'irréductibilité un invariant de la classe d'équivalence — et donc une propriété du caractère (exercice E3).

Étape 3 — Des exemples, dans les deux sens
repreˊsentationirreˊductible ?pourquoitrivialeOUIdeg⁡1, aucun sous-espace propresignatureOUIdeg⁡1toute repreˊsentation de degreˊ 1OUIidempermutation de S3 sur C3NONcontient la droite C(1,1,1)standard de S3 (deg⁡2)OUIveˊrifieˊ par ⟨χ,χ⟩=1\begin{array}{lll} \text{repr\'esentation} & \text{irr\'eductible ?} & \text{pourquoi}\\\hline \text{triviale} & \textbf{OUI} & \deg 1,\ \text{aucun sous-espace propre}\\ \text{signature} & \textbf{OUI} & \deg 1\\ \text{toute repr\'esentation de degr\'e } 1 & \textbf{OUI} & \text{idem}\\ \text{permutation de } S_3\ \text{sur } \mathbb{C}^3 & \textbf{NON} & \text{contient la droite } \mathbb{C}(1,1,1)\\ \text{standard de } S_3\ (\deg 2) & \textbf{OUI} & \text{v\'erifi\'e par } \langle\chi,\chi\rangle=1 \end{array}

La quatrième ligne est le contre-exemple à retenir : la droite des vecteurs constants est toujours stable dans une représentation de permutation.

ρ(g)(1,1,1)=(1,1,1)— les coordonneˊes sont permuteˊes, la somme non\rho(g)(1,1,1)=(1,1,1)\qquad\text{— les coordonn\'ees sont permut\'ees, la somme non}

👉 Une représentation de permutation n'est JAMAIS irréductible dès que ∣X∣≥2\lvert X\rvert\geq 2 : elle contient toujours la triviale. C'est le point de départ de l'exercice A6.

Ce que « irréductible » achète
MaschkeV=⨁imiVi — tout se rameˋne aux irreˊductiblesSchurles morphismes entre irreˊductibles sont 0 ou des homotheˊtiesorthogonaliteˊ⟨χi,χj⟩=δijcriteˋre⟨χ,χ⟩=1  ⟺  irreˊductible\begin{array}{ll} \text{Maschke} & V=\bigoplus_i m_iV_i\ \text{— tout se ram\`ene aux irr\'eductibles}\\ \text{Schur} & \text{les morphismes entre irr\'eductibles sont } 0\ \text{ou des homoth\'eties}\\ \text{orthogonalit\'e} & \langle\chi_i,\chi_j\rangle=\delta_{ij}\\ \text{crit\`ere} & \langle\chi,\chi\rangle=1\iff\text{irr\'eductible} \end{array}

La dernière ligne est ce qui rend la théorie CALCULABLE : décider l'irréductibilité devient un calcul de somme finie, sans jamais chercher de sous-espace stable.

⟨χ,χ⟩=1∣G∣∑g∣χ(g)∣2=1\boxed{\langle\chi,\chi\rangle=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_g\lvert\chi(g)\rvert^2=1}

Sur le caractère standard de S3S_3, χ=(2,0,−1)\chi=(2,0,-1) avec les tailles (1,3,2)(1,3,2) :

1⋅4+3⋅0+2⋅16=66=1 ✓ irreˊductible\frac{1\cdot 4+3\cdot 0+2\cdot 1}{6}=\frac{6}{6}=1\ \checkmark\ \text{irr\'eductible}
Réponse. L'équivalence ρ′=PρP−1\rho'=P\rho P^{-1} met les sous-représentations en bijection ⇒ préserve l'irréductibilité. (Vérifié machine — A ✓)
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Représentations de degré 1 et de C_n

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que les représentations de degré 11 de GG sont exactement les morphismes G→C×G\to\mathbb{C}^\times. Décrire toutes les représentations irréductibles de Cn=⟨c⟩C_n=\langle c\rangle.

Indices (3)

GL1(C)=C×GL_1(\mathbb{C})=\mathbb{C}^\times.

Pour CnC_n, ρ(c)\rho(c) détermine tout, et ρ(c)n=1\rho(c)^n=1.

ρ(c)\rho(c) est une racine nn-ième de l'unité.

Correction détaillée
Les deux résultats
repreˊsentations de degreˊ 1 de G = morphismes G→C×\boxed{\text{repr\'esentations de degr\'e } 1\ \text{de } G\ =\ \text{morphismes } G\to\mathbb{C}^{\times}}
Cn a exactement n irreˊductibles, toutes de degreˊ 1: χk(cj)=ζn kj\boxed{C_n\ \text{a exactement } n\ \text{irr\'eductibles, toutes de degr\'e } 1 : \ \chi_k(c^{j})=\zeta_n^{\,kj}}

où ζn=e2iπ/n\zeta_n=e^{2i\pi/n} et k=0,…,n−1k=0,\dots,n-1.

C'est le cas modèle : sur un groupe cyclique, tout est de degré 11 et tout se calcule explicitement.

Étape 1 — Degré 1 égale morphisme vers $\mathbb{C}^\times$

Une représentation de degré 11 agit sur V=CV=\mathbb{C}, et

GL1(C)=C×GL_1(\mathbb{C})=\mathbb{C}^{\times}

car une matrice 1×11\times 1 est inversible si et seulement si son unique coefficient est non nul.

ρ:G→C× morphisme\rho:G\to\mathbb{C}^{\times}\ \text{morphisme}

Et une telle représentation est TOUJOURS irréductible : C\mathbb{C} n'a pas de sous-espace propre non trivial.

χρ=ρ — le caracteˋre EST la repreˊsentation\boxed{\chi_\rho=\rho\ \text{— le caract\`ere EST la repr\'esentation}}

👉 C'est le seul cas où caractère et représentation coïncident ; en degré ≥2\geq 2, le caractère est une trace, donc une information strictement plus pauvre... et pourtant suffisante (exercice E3).

Étape 2 — Les irréductibles de $C_n$

Un morphisme ρ:Cn→C×\rho:C_n\to\mathbb{C}^\times est déterminé par ρ(c)\rho(c) — puisque cc engendre le groupe.

Et ρ(c)\rho(c) est contraint par cn=ec^{n}=e :

ρ(c)n=ρ(cn)=ρ(e)=1\rho(c)^{n}=\rho(c^{n})=\rho(e)=1
ρ(c) est une racine n-ieˋme de l’uniteˊ\boxed{\rho(c)\ \text{est une racine } n\text{-i\`eme de l'unit\'e}}

Il y en a exactement nn : 1,ζn,ζn2,…,ζn n−11,\zeta_n,\zeta_n^2,\dots,\zeta_n^{\,n-1}.

Réciproquement, chaque racine ζn k\zeta_n^{\,k} définit bien un morphisme :

χk(cj)=ζn kj\chi_k(c^{j})=\zeta_n^{\,kj}

et l'on vérifie : χk(cjcl)=ζnk(j+l)=χk(cj)χk(cl)\chi_k(c^{j}c^{l})=\zeta_n^{k(j+l)}=\chi_k(c^{j})\chi_k(c^{l}) ✓

Étape 3 — Les contrôles

Contrôle 1 — la somme des carrés des degrés :

12+12+⋯+12⏟n fois=n=∣Cn∣ ✓\underbrace{1^2+1^2+\dots+1^2}_{n\ \text{fois}}=n=\lvert C_n\rvert\ \checkmark

Contrôle 2 — le nombre de classes de conjugaison. CnC_n étant abélien, chaque élément forme sa propre classe :

n classes = n irreˊductibles ✓n\ \text{classes}\ =\ n\ \text{irr\'eductibles}\ \checkmark

conforme à l'exercice E4.

Contrôle 3 — l'orthogonalité. Pour k≠lk\neq l :

⟨χk,χl⟩=1n∑j=0n−1ζn kjζn lj‾=1n∑j=0n−1ζn (k−l)j=0\langle\chi_k,\chi_l\rangle=\frac1n\sum_{j=0}^{n-1}\zeta_n^{\,kj}\overline{\zeta_n^{\,lj}}=\frac1n\sum_{j=0}^{n-1}\zeta_n^{\,(k-l)j}=0

car c'est une somme géométrique de raison ζnk−l≠1\zeta_n^{k-l}\neq 1 :

∑j=0n−1qj=qn−1q−1=0puisque qn=1\sum_{j=0}^{n-1}q^{j}=\frac{q^{n}-1}{q-1}=0\qquad\text{puisque } q^{n}=1
et pour k=l : 1n∑j1=1 ✓\text{et pour } k=l\ :\ \frac1n\sum_j 1=1\ \checkmark
Ce que ce cas modèle annonce
la table de caracteˋres de Cn est la matrice DFT\boxed{\text{la table de caract\`eres de } C_n\ \text{est la matrice DFT}}
(ζn kj)0≤k,j≤n−1\big(\zeta_n^{\,kj}\big)_{0\leq k,j\leq n-1}

C'est exactement la matrice de la transformée de Fourier discrète, et les relations d'orthogonalité y sont les relations d'orthogonalité des exponentielles.

theˊorie des caracteˋres ⊃ analyse de Fourier sur Z/nZ\text{th\'eorie des caract\`eres}\ \supset\ \text{analyse de Fourier sur } \mathbb{Z}/n\mathbb{Z}

👉 La décomposition d'une représentation en irréductibles GÉNÉRALISE la décomposition d'une fonction en série de Fourier. C'est ce qui donne son nom à l'« analyse harmonique sur les groupes ».

Et le cas abélien général suit : par l'exercice B3, tout groupe abélien n'a que des irréductibles de degré 11, et sa table est celle du groupe dual G^≃G\hat G\simeq G.

Réponse. Degré 1 == morphismes G→C×G\to\mathbb{C}^\times ; CnC_n a nn irréductibles ρj(ck)=ζnjk\rho_j(c^k)=\zeta_n^{jk}. (Vérifié machine : C3/C4/C6C_3/C_4/C_6 orthonormés — ✓)
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Caractère de la représentation de permutation

DémonstrationDifficulté 3/5

Pour l'action de GG sur XX, soit ρ\rho la représentation de permutation sur CX\mathbb{C}^X. Montrer que son caractère est χ(g)=∣Fix(g)∣\chi(g)=\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert (nombre de points fixes de gg dans XX).

Indices (3)

ρ(g)\rho(g) est la matrice de permutation de l'action de gg.

La trace compte les 11 sur la diagonale.

Le coefficient diagonal (x,x)(x,x) vaut 11 ssi g⋅x=xg\cdot x=x.

Correction détaillée
Le résultat, et sa portée
χperm(g)=∣Fix(g)∣\boxed{\chi_{\text{perm}}(g)=\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert}

Le caractère de la représentation de permutation COMPTE LES POINTS FIXES.

👉 C'est le pont exact avec le lemme de Burnside : celui-ci calcule une moyenne de ∣Fix(g)∣\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert, c'est-à-dire — on le verra à l'exercice D5 — un produit scalaire ⟨χX,1⟩\langle\chi_X,\mathbf 1\rangle.

Burnside = multipliciteˊ de la repreˊsentation TRIVIALE\text{Burnside}\ =\ \text{multiplicit\'e de la repr\'esentation TRIVIALE}
Étape 1 — La matrice de $\rho(g)$

Dans la base (ex)x∈X(e_x)_{x\in X}, la représentation agit par

ρ(g) ex=eg⋅x\rho(g)\,e_x=e_{g\cdot x}

Les coefficients de la matrice :

ρ(g)y,x={1si y=g⋅x0sinon\rho(g)_{y,x}=\begin{cases}1 & \text{si } y=g\cdot x\\ 0 & \text{sinon}\end{cases}

C'est une MATRICE DE PERMUTATION : exactement un 11 par colonne (et par ligne).

Étape 2 — La trace compte les points fixes
χ(g)=tr⁡ρ(g)=∑x∈Xρ(g)x,x\chi(g)=\operatorname{tr}\rho(g)=\sum_{x\in X}\rho(g)_{x,x}

Chaque terme diagonal vaut :

ρ(g)x,x={1si g⋅x=x0sinon\rho(g)_{x,x}=\begin{cases}1 & \text{si } g\cdot x=x\\ 0 & \text{sinon}\end{cases}

On somme donc des 11, un par point fixe :

χ(g)=#{x∈X: g⋅x=x}=∣Fix(g)∣\boxed{\chi(g)=\#\{x\in X:\ g\cdot x=x\}=\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert}

Contrôle : χ(e)=∣Fix(e)∣=∣X∣=deg⁡ρ\chi(e)=\lvert\mathrm{Fix}(e)\rvert=\lvert X\rvert=\deg\rho ✓ — conforme à la règle générale χ(e)=deg⁡ρ\chi(e)=\deg\rho.

Étape 3 — Sur $S_3$ agissant sur $\{1,2,3\}$
classetaille∣Fix∣χe133transpositions3113-cycles200\begin{array}{lccl} \text{classe} & \text{taille} & \lvert\mathrm{Fix}\rvert & \chi\\\hline e & 1 & 3 & 3\\ \text{transpositions} & 3 & 1 & 1\\ 3\text{-cycles} & 2 & 0 & 0 \end{array}
χperm=(3, 1, 0)\boxed{\chi_{\text{perm}}=(3,\ 1,\ 0)}

Justification de chaque ligne : une transposition (1 2)(1\,2) fixe le point 33 — donc un point fixe ; un 33-cycle n'en fixe aucun.

Contrôle par l'irréductibilité :

⟨χ,χ⟩=1⋅9+3⋅1+2⋅06=126=2\langle\chi,\chi\rangle=\frac{1\cdot 9+3\cdot 1+2\cdot 0}{6}=\frac{12}{6}=2
2≠1 ⟹ NON irreˊductible, et exactement 2 composantes2\neq 1\ \Longrightarrow\ \text{NON irr\'eductible, et exactement } 2\ \text{composantes}

👉 Le 22 n'est pas qu'un « non » : il dit que la représentation est somme de deux irréductibles distinctes, chacune de multiplicité 11. C'est ce que l'exercice A6 va identifier.

Ce que ce caractère permet de calculer

La multiplicité de la triviale :

⟨χX,1⟩=1∣G∣∑g∣Fix(g)∣\langle\chi_X,\mathbf 1\rangle=\frac{1}{\lvert G\rvert}\sum_g\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert
c’est EXACTEMENT le lemme de Burnside\boxed{\text{c'est EXACTEMENT le lemme de Burnside}}

Sur S3S_3 : 1⋅3+3⋅1+2⋅06=66=1\frac{1\cdot 3+3\cdot 1+2\cdot 0}{6}=\frac{6}{6}=1 — une seule orbite, l'action étant transitive ✓

theˊorie des repreˊsentationsmultipliciteˊ de la trivialecombinatoirenombre d’ORBITES\begin{array}{ll} \text{th\'eorie des repr\'esentations} & \text{multiplicit\'e de la triviale}\\ \text{combinatoire} & \text{nombre d'ORBITES} \end{array}

👉 Deux langages, un seul calcul. Et la théorie des représentations en dit plus : le produit ⟨χX,χX⟩\langle\chi_X,\chi_X\rangle compte le nombre d'orbites de GG sur X×XX\times X, une information que Burnside seul ne donne pas.

Sur S3S_3 : ⟨χX,χX⟩=2\langle\chi_X,\chi_X\rangle=2, et S3S_3 a bien 22 orbites sur {1,2,3}2\{1,2,3\}^2 — la diagonale et son complémentaire ✓

Réponse. χperm(g)=∣Fix(g)∣\chi_{\mathrm{perm}}(g)=\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert. (Vérifié machine sur S3,S4S_3,S_4 — A ✓ ; recoupe Burnside)
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La représentation régulière

DémonstrationDifficulté 3/5

Décrire la représentation régulière de GG sur l'algèbre du groupe C[G]\mathbb{C}[G] et montrer que son caractère est χreg(e)=∣G∣\chi_{\mathrm{reg}}(e)=\lvert G\rvert et χreg(g)=0\chi_{\mathrm{reg}}(g)=0 pour g≠eg\neq e.

Indices (3)

GG agit sur C[G]\mathbb{C}[G] (base (eh)h∈G(e_h)_{h\in G}) par ρ(g)eh=egh\rho(g)e_h=e_{gh}.

C'est l'action de GG sur lui-même par translation à gauche.

Un point fixe : gh=h  ⟺  g=egh=h\iff g=e.

Correction détaillée
Le résultat
χreg(e)=∣G∣etχreg(g)=0 pour g≠e\boxed{\chi_{\mathrm{reg}}(e)=\lvert G\rvert\qquad\text{et}\qquad \chi_{\mathrm{reg}}(g)=0\ \text{pour } g\neq e}

Un caractère extrêmement simple, et pourtant le plus riche du chapitre : la régulière contient toutes les irréductibles, chacune avec multiplicité égale à son degré (exercice C6).

χreg=∑i(dim⁡Vi) χi\chi_{\mathrm{reg}}=\sum_i(\dim V_i)\,\chi_i
Étape 1 — L'algèbre du groupe
C[G]={∑h∈Gah eh : ah∈C}\mathbb{C}[G]=\Big\{\sum_{h\in G}a_h\,e_h\ :\ a_h\in\mathbb{C}\Big\}

un espace vectoriel de dimension ∣G∣\lvert G\rvert, de base (eh)h∈G(e_h)_{h\in G}.

L'action est la translation à gauche :

ρ(g) eh=egh\rho(g)\,e_h=e_{gh}

C'est la représentation de permutation associée à l'action de GG SUR LUI-MÊME — celle de l'exercice A4, avec X=GX=G.

deg⁡ρreg=∣G∣\deg\rho_{\mathrm{reg}}=\lvert G\rvert
Étape 2 — Le calcul du caractère

Par l'exercice A4, χreg(g)=∣Fix(g)∣\chi_{\mathrm{reg}}(g)=\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert pour l'action par translation.

Or cette action est LIBRE :

g⋅h=h  ⟺  gh=h  ⟺  g=eg\cdot h=h\iff gh=h\iff g=e

(en multipliant à droite par h−1h^{-1})

g=eFix(e)=G, donc χ(e)=∣G∣g≠eFix(g)=∅, donc χ(g)=0\begin{array}{ll} g=e & \mathrm{Fix}(e)=G,\ \text{donc}\ \chi(e)=\lvert G\rvert\\ g\neq e & \mathrm{Fix}(g)=\emptyset,\ \text{donc}\ \chi(g)=0 \end{array}
χreg=(∣G∣, 0, 0,…,0)\boxed{\chi_{\mathrm{reg}}=(\lvert G\rvert,\ 0,\ 0,\dots,0)}

👉 C'est la LIBERTÉ de l'action qui donne les zéros — et c'est le même fait qui donnait le théorème de Cayley (chapitre burnside, exercice A4).

Étape 3 — La décomposition, et ce qu'elle donne

La multiplicité de ViV_i dans la régulière :

mi=⟨χreg,χi⟩=1∣G∣∑gχreg(g)χi(g)‾m_i=\langle\chi_{\mathrm{reg}},\chi_i\rangle=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_g \chi_{\mathrm{reg}}(g)\overline{\chi_i(g)}

Un seul terme est non nul, celui de g=eg=e :

mi=1∣G∣⋅∣G∣⋅χi(e)‾=dim⁡Vi‾=dim⁡Vim_i=\frac{1}{\lvert G\rvert}\cdot\lvert G\rvert\cdot\overline{\chi_i(e)}=\overline{\dim V_i}=\dim V_i
ρreg=⨁i(dim⁡Vi) Vi\boxed{\rho_{\mathrm{reg}}=\bigoplus_i(\dim V_i)\,V_i}

Et en prenant la dimension des deux côtés :

∣G∣=∑i(dim⁡Vi)⋅(dim⁡Vi)=∑i(dim⁡Vi)2\lvert G\rvert=\sum_i(\dim V_i)\cdot(\dim V_i)=\sum_i(\dim V_i)^2
∑i(dim⁡Vi)2=∣G∣\boxed{\sum_i(\dim V_i)^2=\lvert G\rvert}

👉 Le calcul le plus rentable du chapitre : un caractère à un seul terme non nul donne la contrainte qui détermine tous les degrés.

Vérification sur $S_3$, et ce que la contrainte impose
χreg=(6, 0, 0)\chi_{\mathrm{reg}}=(6,\ 0,\ 0)

Décomposition :

triviale(deg⁡1)m=1signature(deg⁡1)m=1standard(deg⁡2)m=2\begin{array}{ll} \text{triviale} (\deg 1) & m=1\\ \text{signature} (\deg 1) & m=1\\ \text{standard} (\deg 2) & m=2 \end{array}
χreg=1⋅(1,1,1)+1⋅(1,−1,1)+2⋅(2,0,−1)\chi_{\mathrm{reg}}=1\cdot(1,1,1)+1\cdot(1,-1,1)+2\cdot(2,0,-1)

Vérifions coordonnée par coordonnée :

e1+1+4=6✓transp1−1+0=0✓3-cycle1+1−2=0✓\begin{array}{lll} e & 1+1+4=6 & \checkmark\\ \text{transp} & 1-1+0=0 & \checkmark\\ 3\text{-cycle} & 1+1-2=0 & \checkmark \end{array}
12+12+22=6=∣S3∣ ✓1^2+1^2+2^2=6=\lvert S_3\rvert\ \checkmark

👉 La contrainte est très restrictive. Pour ∣G∣=6\lvert G\rvert=6 avec 3 classes, il faut écrire 66 comme somme de 33 carrés dont le premier est 11 (la triviale existe toujours) — la seule possibilité est 1+1+41+1+4. Les degrés sont donc forcés avant tout calcul.

Réponse. Régulière : ρ(g)eh=egh\rho(g)e_h=e_{gh} sur C[G]\mathbb{C}[G], χreg=(∣G∣,0,…,0)\chi_{\mathrm{reg}}=(\lvert G\rvert,0,\dots,0). (Vérifié machine sur S4S_4 — D ✓)
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Somme directe et complète réductibilité

CalculDifficulté 3/5

Soit ρ\rho la représentation de permutation de S3S_3 sur C3\mathbb{C}^3. Montrer qu'elle se décompose en triviale ⊕\oplus standard, et donner le caractère de chaque morceau.

Indices (3)

La droite ⟨e1+e2+e3⟩\langle e_1+e_2+e_3\rangle est stable : sous-représentation triviale.

L'hyperplan {x1+x2+x3=0}\{x_1+x_2+x_3=0\} est stable : la standard (degré 2).

χperm(g)=∣Fix(g)∣=χtriv+χstd\chi_{\mathrm{perm}}(g)=\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=\chi_{\mathrm{triv}}+\chi_{\mathrm{std}}.

Correction détaillée
Le résultat
C3 = triviale ⊕ standard\boxed{\mathbb{C}^3\ =\ \text{triviale}\ \oplus\ \text{standard}}
deg⁡χ sur (e, transp, 3-cycle)permutation3(3, 1, 0)reˊductibletriviale1(1, 1, 1)standard2(2, 0, −1)IRREˊDUCTIBLE\begin{array}{lccl} & \deg & \chi\ \text{sur } (e,\ \text{transp},\ 3\text{-cycle}) & \\\hline \text{permutation} & 3 & (3,\ 1,\ 0) & \text{r\'eductible}\\ \text{triviale} & 1 & (1,\ 1,\ 1) & \\ \textbf{standard} & 2 & (2,\ 0,\ -1) & \text{IRR\'EDUCTIBLE} \end{array}

Contrôle immédiat : (1,1,1)+(2,0,−1)=(3,1,0)(1,1,1)+(2,0,-1)=(3,1,0) ✓

Étape 1 — Trouver la sous-représentation triviale

La droite des vecteurs CONSTANTS est toujours stable :

W0=C (1,1,1)W_0=\mathbb{C}\,(1,1,1)
ρ(σ)(1,1,1)=(1,1,1)— permuter des 1 ne change rien\rho(\sigma)(1,1,1)=(1,1,1)\qquad\text{— permuter des } 1\ \text{ne change rien}

GG y agit trivialement, d'où le nom.

W0≃repreˊsentation triviale, χ=(1,1,1)\boxed{W_0\simeq\text{repr\'esentation triviale},\ \chi=(1,1,1)}
Étape 2 — Le supplémentaire stable
W1={(x1,x2,x3) : x1+x2+x3=0}W_1=\{(x_1,x_2,x_3)\ :\ x_1+x_2+x_3=0\}

Il est STABLE : permuter les coordonnées ne change pas leur somme.

∑ixσ(i)=∑ixi=0 ✓\sum_i x_{\sigma(i)}=\sum_i x_i=0\ \checkmark

Et C3=W0⊕W1\mathbb{C}^3=W_0\oplus W_1 :

dim⁡W0+dim⁡W1=1+2=3 ✓W0∩W1={0}\dim W_0+\dim W_1=1+2=3\ \checkmark\qquad W_0\cap W_1=\{0\}

(un vecteur constant de somme nulle est nul)

W1 est la repreˊsentation STANDARD, de degreˊ 2\boxed{W_1\ \text{est la repr\'esentation STANDARD, de degr\'e } 2}

👉 Ce supplémentaire n'est pas un hasard : le théorème de Maschke (exercice B1) garantit qu'un tel supplémentaire stable existe toujours. Ici on l'exhibe directement.

Étape 3 — Le caractère de la standard, par soustraction
χstd=χperm−χtriv\chi_{\text{std}}=\chi_{\text{perm}}-\chi_{\text{triv}}
etransp3-cycleχperm310χtriv111χstd20−1\begin{array}{lccl} & e & \text{transp} & 3\text{-cycle}\\\hline \chi_{\text{perm}} & 3 & 1 & 0\\ \chi_{\text{triv}} & 1 & 1 & 1\\\hline \chi_{\text{std}} & \mathbf{2} & \mathbf{0} & \mathbf{-1} \end{array}

Le caractère d'une somme directe est la SOMME des caractères — car la trace d'une matrice diagonale par blocs est la somme des traces.

χstd=(2, 0, −1)\boxed{\chi_{\text{std}}=(2,\ 0,\ -1)}

Contrôle : χstd(e)=2=deg⁡\chi_{\text{std}}(e)=2=\deg ✓

Étape 4 — Vérifier l'irréductibilité de la standard
⟨χstd,χstd⟩=1⋅22+3⋅02+2⋅(−1)26=4+0+26=66=1\langle\chi_{\text{std}},\chi_{\text{std}}\rangle=\frac{1\cdot 2^2+3\cdot 0^2+2\cdot(-1)^2}{6}=\frac{4+0+2}{6}=\frac{6}{6}=1
=1 ⟹ IRREˊDUCTIBLE\boxed{=1\ \Longrightarrow\ \text{IRR\'EDUCTIBLE}}

(critère de l'exercice E3)

Contrôle croisé — l'orthogonalité à la triviale :

⟨χstd,1⟩=1⋅2+3⋅0+2⋅(−1)6=2−26=0 ✓\langle\chi_{\text{std}},\mathbf 1\rangle=\frac{1\cdot 2+3\cdot 0+2\cdot(-1)}{6}=\frac{2-2}{6}=0\ \checkmark

La standard ne contient donc AUCUNE copie de la triviale — la décomposition est complète.

👉 Cette construction est GÉNÉRALE. Pour SnS_n agissant sur {1,…,n}\{1,\dots,n\} :

Cn=triviale⊕standard,deg⁡(std)=n−1\mathbb{C}^{n}=\text{triviale}\oplus\text{standard},\qquad \deg(\text{std})=n-1

et la standard est toujours irréductible, de caractère χ(σ)=∣Fix(σ)∣−1\chi(\sigma)=\lvert\mathrm{Fix}(\sigma)\rvert-1. Pour S4S_4, elle est de degré 33 — c'est le χ=(3,1,−1,0,−1)\chi=(3,1,-1,0,-1) de l'exercice D4.

Réponse. C3=triv⊕std\mathbb{C}^3=\text{triv}\oplus\text{std} ; χstd=(2,0,−1)\chi_{\mathrm{std}}=(2,0,-1). (Vérifié machine — S_3 ✓)
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Théorème de Maschke

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer et démontrer le théorème de Maschke : sur C\mathbb{C}, toute représentation d'un groupe fini est somme directe de représentations irréductibles.

Indices (3)

Partir d'un produit hermitien quelconque ⟨⋅,⋅⟩0\langle\cdot,\cdot\rangle_0 sur VV.

Le moyenner : ⟨u,v⟩=1∣G∣∑g⟨ρ(g)u,ρ(g)v⟩0\langle u,v\rangle=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_g\langle\rho(g)u,\rho(g)v\rangle_0.

Ce produit est GG-invariant ; l'orthogonal d'une sous-rep est une sous-rep.

Correction détaillée
Le théorème, et ce qu'il rend possible
sur C, toute repreˊsentation d’un groupe FINI est somme directe d’IRREˊDUCTIBLES\boxed{\text{sur } \mathbb{C},\ \text{toute repr\'esentation d'un groupe FINI est somme directe d'IRR\'EDUCTIBLES}}

C'est la « complète réductibilité », et c'est ce qui fonde tout le chapitre : classifier les irréductibles suffit à tout connaître.

V=⨁imiViV=\bigoplus_i m_iV_i

Sans Maschke, une représentation pourrait contenir une sous-représentation sans supplémentaire stable, et la décomposition n'existerait pas.

⚠️ Deux hypothèses, toutes deux nécessaires : le groupe fini, et la caractéristique du corps ne divisant pas ∣G∣\lvert G\rvert.

Étape 1 — L'idée : moyenner un projecteur

Soit W⊆VW\subseteq V une sous-représentation. On cherche un supplémentaire stable.

Partons d'un projecteur quelconque p:V→Wp:V\to W (il en existe, par algèbre linéaire), sans aucune raison d'être GG-équivariant.

Moyennons-le sur le groupe :

p0=1∣G∣∑g∈Gρ(g) p ρ(g)−1\boxed{p_0=\frac{1}{\lvert G\rvert}\sum_{g\in G}\rho(g)\,p\,\rho(g)^{-1}}

👉 C'est LE geste du chapitre : rendre équivariant en moyennant. Il reviendra pour l'unitarisation (exercice B5).

⚠️ La division par ∣G∣\lvert G\rvert exige que ∣G∣\lvert G\rvert soit INVERSIBLE dans le corps — c'est là que l'hypothèse de caractéristique mord.

Étape 2 — Vérifier les trois propriétés de $p_0$

(a) p0p_0 est à valeurs dans WW : chaque ρ(g)pρ(g)−1\rho(g)p\rho(g)^{-1} y est, car pp y est et WW est stable par ρ(g)\rho(g).

(b) p0p_0 est l'identité sur WW. Pour w∈Ww\in W : ρ(g)−1w∈W\rho(g)^{-1}w\in W, donc pρ(g)−1w=ρ(g)−1wp\rho(g)^{-1}w=\rho(g)^{-1}w, donc

ρ(g)pρ(g)−1w=ρ(g)ρ(g)−1w=w\rho(g)p\rho(g)^{-1}w=\rho(g)\rho(g)^{-1}w=w

et la moyenne de ∣G∣\lvert G\rvert copies de ww vaut ww ✓

(c) p0p_0 est GG-ÉQUIVARIANT. Pour h∈Gh\in G :

ρ(h)p0ρ(h)−1=1∣G∣∑gρ(hg)pρ(hg)−1=p0\rho(h)p_0\rho(h)^{-1}=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_g\rho(hg)p\rho(hg)^{-1}=p_0

car g↦hgg\mapsto hg est une BIJECTION de GG — la somme est simplement réindexée.

p0 est un projecteur eˊquivariant sur W\boxed{p_0\ \text{est un projecteur \'equivariant sur } W}
Étape 3 — Conclure

Posons W′=ker⁡p0W'=\ker p_0. Alors

V=W⊕W′V=W\oplus W'

(décomposition classique d'un projecteur : v=p0(v)+(v−p0(v))v=p_0(v)+(v-p_0(v)))

Et W′W' est STABLE : si p0(v)=0p_0(v)=0, alors par équivariance

p0(ρ(g)v)=ρ(g)p0(v)=0p_0\big(\rho(g)v\big)=\rho(g)p_0(v)=0
W′ est une sous-repreˊsentation\boxed{W'\ \text{est une sous-repr\'esentation}}

Puis on RÉCURRE sur dim⁡V\dim V : si VV n'est pas irréductible, il a une sous-représentation propre WW, et V=W⊕W′V=W\oplus W' avec dim⁡W,dim⁡W′<dim⁡V\dim W,\dim W'<\dim V. La récurrence s'arrête car les dimensions décroissent strictement.

V=⨁iViavec les Vi irreˊductiblesV=\bigoplus_i V_i\qquad\text{avec les } V_i\ \text{irr\'eductibles}
Pourquoi les hypothèses, et ce qui rate sans elles
G FINIsinon la somme ∑g n’a pas de senscar⁡K∤∣G∣sinon on ne peut pas diviser par ∣G∣\begin{array}{ll} G\ \textbf{FINI} & \text{sinon la somme } \sum_g\ \text{n'a pas de sens}\\ \operatorname{car}K\nmid\lvert G\rvert & \text{sinon on ne peut pas diviser par } \lvert G\rvert \end{array}

Contre-exemple en caractéristique pp : soit G=Z/pG=\mathbb{Z}/p sur K=FpK=\mathbb{F}_p, agissant sur K2K^2 par

ρ(1)=(1101)\rho(1)=\begin{pmatrix}1&1\\0&1\end{pmatrix}

La droite W=K e1W=K\,e_1 est stable, et c'est la seule droite stable : un vecteur (a,b)(a,b) avec b≠0b\neq 0 est envoyé sur (a+b,b)≠λ(a,b)(a+b,b)\neq\lambda(a,b).

aucun suppleˊmentaire stable — Maschke est FAUX\boxed{\text{aucun suppl\'ementaire stable — Maschke est FAUX}}

👉 C'est tout l'objet de la théorie des représentations MODULAIRE, bien plus difficile, et qui n'est pas au programme ici.

Sur C\mathbb{C} et GG fini, tout va bien — et c'est ce cadre qui permet la table de caractères, l'orthogonalité, et la classification.

Réponse. Maschke : moyennage →\to produit GG-invariant →\to W⊥W^\perp stable →\to complète réductibilité. (Vérifié machine : tous les ρ\rho construits sont sommes d'irréd — ✓)
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Lemme de Schur

DémonstrationDifficulté 3/5

Démontrer le lemme de Schur : si V,WV,W sont irréductibles et f:V→Wf:V\to W est GG-équivariante (fρV(g)=ρW(g)ff\rho_V(g)=\rho_W(g)f), alors f=0f=0 si V≇WV\not\cong W, et ff est une homothétie si V=WV=W.

Indices (3)

ker⁡f\ker f et im⁡f\operatorname{im} f sont des sous-représentations.

L'irréductibilité force f=0f=0 ou ff isomorphisme.

Si V=WV=W, prendre une valeur propre λ\lambda de ff et considérer f−λ idf-\lambda\,\mathrm{id}.

Correction détaillée
Le lemme, et pourquoi il est si contraignant

Soient V,WV,W irréductibles et f:V→Wf:V\to W équivariante (fρV(g)=ρW(g)ff\rho_V(g)=\rho_W(g)f).

V≇W ⟹ f=0etV=W ⟹ f=λ id\boxed{V\not\cong W\ \Longrightarrow\ f=0\qquad\text{et}\qquad V=W\ \Longrightarrow\ f=\lambda\,\mathrm{id}}

Les irréductibles sont donc RIGIDES : il n'y a presque aucun morphisme entre elles. C'est cette rigidité qui produira les relations d'orthogonalité.

dim⁡Hom⁡G(V,W)={1si V≅W0sinon\dim\operatorname{Hom}_G(V,W)=\begin{cases}1 & \text{si } V\cong W\\ 0 & \text{sinon}\end{cases}
Étape 1 — Noyau et image sont des sous-représentations

Le noyau : si f(v)=0f(v)=0, alors

f(ρV(g)v)=ρW(g)f(v)=0f\big(\rho_V(g)v\big)=\rho_W(g)f(v)=0

donc ρV(g)v∈ker⁡f\rho_V(g)v\in\ker f — le noyau est stable.

L'image : pour w=f(v)w=f(v),

ρW(g)w=ρW(g)f(v)=f(ρV(g)v)∈im⁡f\rho_W(g)w=\rho_W(g)f(v)=f\big(\rho_V(g)v\big)\in\operatorname{im}f

l'image est stable ✓

👉 C'est l'équivariance, et elle seule, qui donne ces deux stabilités. Une application linéaire quelconque n'a aucune raison d'avoir un noyau stable.

Étape 2 — Le premier cas : $V\not\cong W$

VV est irréductible, donc ker⁡f∈{0, V}\ker f\in\{0,\ V\}.

WW est irréductible, donc im⁡f∈{0, W}\operatorname{im}f\in\{0,\ W\}.

Si f≠0f\neq 0 : alors ker⁡f≠V\ker f\neq V, donc ker⁡f=0\ker f=0 (injective) ; et im⁡f≠0\operatorname{im}f\neq 0, donc im⁡f=W\operatorname{im}f=W (surjective).

f est un ISOMORPHISME eˊquivariant ⟹ V≅Wf\ \text{est un ISOMORPHISME \'equivariant}\ \Longrightarrow\ V\cong W

Par contraposée :

V≇W ⟹ f=0\boxed{V\not\cong W\ \Longrightarrow\ f=0}
Étape 3 — Le second cas, et où $\mathbb{C}$ intervient

Supposons V=WV=W, donc f:V→Vf:V\to V équivariante.

ff a une valeur propre λ\lambda — c'est ici, et seulement ici, qu'on utilise que le corps est algébriquement clos : le polynôme caractéristique de ff a une racine dans C\mathbb{C}.

Posons f′=f−λ idf'=f-\lambda\,\mathrm{id}. Alors f′f' est encore équivariante (l'identité l'est), et

ker⁡f′≠0(il contient un vecteur propre)\ker f'\neq 0\qquad\text{(il contient un vecteur propre)}

Or ker⁡f′\ker f' est une sous-représentation de VV irréductible, donc

ker⁡f′=V ⟹ f′=0 ⟹ f=λ id\ker f'=V\ \Longrightarrow\ f'=0\ \Longrightarrow\ f=\lambda\,\mathrm{id}
f est une HOMOTHEˊTIE\boxed{f\ \text{est une HOMOTH\'ETIE}}

⚠️ Sur R\mathbb{R}, c'est FAUX. La rotation d'angle 2π/32\pi/3 engendre une représentation irréductible de Z/3\mathbb{Z}/3 sur R2\mathbb{R}^2, et elle commute avec elle-même sans être une homothétie. Le corps algébriquement clos est indispensable.

Les conséquences, immédiates et lointaines
conseˊquenceexercicegroupe abeˊlien⇒irreˊductibles de degreˊ 1B3dim⁡Hom⁡G(Vi,Vj)=δijfondement de l’orthogonaliteˊ (E2)multipliciteˊs bien deˊfiniesE6\begin{array}{ll} \text{cons\'equence} & \text{exercice}\\\hline \text{groupe ab\'elien} \Rightarrow \text{irr\'eductibles de degr\'e } 1 & \text{B3}\\ \dim\operatorname{Hom}_G(V_i,V_j)=\delta_{ij} & \text{fondement de l'orthogonalit\'e (E2)}\\ \text{multiplicit\'es bien d\'efinies} & \text{E6} \end{array}

La deuxième ligne EST l'orthogonalité, une fois traduite en caractères :

⟨χi,χj⟩=dim⁡Hom⁡G(Vi,Vj)=δij\langle\chi_i,\chi_j\rangle=\dim\operatorname{Hom}_G(V_i,V_j)=\delta_{ij}

👉 Schur est donc la version « morphismes » de l'orthogonalité, et l'orthogonalité en est la version « caractères ». Les deux énoncent le même fait.

Et l'unicité de la décomposition suit : les multiplicités mim_i ne dépendent pas de la décomposition choisie, puisqu'elles se lisent comme dim⁡Hom⁡G(Vi,V)\dim\operatorname{Hom}_G(V_i,V).

Réponse. Schur : Hom⁡G(V,W)=0\operatorname{Hom}_G(V,W)=0 si V≇WV\not\cong W, =C id=\mathbb{C}\,\mathrm{id} si V=WV=W. (Vérifié machine via l'orthogonalité — ✓)
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Groupe abélien : irréductibles de degré 1

DémonstrationDifficulté 3/5

Déduire de Schur que toutes les représentations irréductibles d'un groupe abélien GG sont de degré 1.

Indices (3)

Si GG abélien, chaque ρ(h)\rho(h) commute à tous les ρ(g)\rho(g).

ρ(h)\rho(h) est donc un endomorphisme GG-équivariant de VV.

Appliquer Schur (V=VV=V irréductible).

Correction détaillée
Le résultat
G abeˊlien ⟹ toutes ses irreˊductibles sont de DEGREˊ 1\boxed{G\ \text{ab\'elien}\ \Longrightarrow\ \text{toutes ses irr\'eductibles sont de DEGR\'E } 1}

Conséquence immédiate : GG abélien a exactement ∣G∣\lvert G\rvert irréductibles, toutes de degré 11 — et l'on retrouve

∑i12=∣G∣ ✓\sum_i 1^2=\lvert G\rvert\ \checkmark

Le cas CnC_n de l'exercice A3 n'était donc pas un accident : c'est le comportement de tous les groupes abéliens.

Étape 1 — Chaque $\rho(h)$ est équivariant

Soit ρ\rho irréductible et h∈Gh\in G fixé. Posons f=ρ(h)f=\rho(h).

ff est ÉQUIVARIANTE, précisément parce que GG est abélien :

fρ(g)=ρ(h)ρ(g)=ρ(hg)=abeˊlienρ(gh)=ρ(g)ρ(h)=ρ(g)ff\rho(g)=\rho(h)\rho(g)=\rho(hg)\underset{\text{ab\'elien}}{=}\rho(gh)=\rho(g)\rho(h)=\rho(g)f
la commutativiteˊ de G donne l’eˊquivariance de ρ(h)\boxed{\text{la commutativit\'e de } G\ \text{donne l'\'equivariance de } \rho(h)}

👉 C'est le seul endroit où l'hypothèse sert, et elle sert de façon décisive.

Étape 2 — Schur force l'homothétie

Par le lemme de Schur (exercice B2, second cas), f=ρ(h)f=\rho(h) est une homothétie :

ρ(h)=λh idpour un λh∈C×\rho(h)=\lambda_h\,\mathrm{id}\qquad\text{pour un } \lambda_h\in\mathbb{C}^{\times}

et ceci pour TOUT h∈Gh\in G.

Conséquence : tout sous-espace de VV est stable, puisqu'une homothétie préserve toutes les droites.

si dim⁡V≥2, toute droite est une sous-repreˊsentation PROPRE\text{si } \dim V\geq 2,\ \text{toute droite est une sous-repr\'esentation PROPRE}
contradiction avec l’irreˊductibiliteˊ ⟹ dim⁡V=1\boxed{\text{contradiction avec l'irr\'eductibilit\'e}\ \Longrightarrow\ \dim V=1}
Étape 3 — Les contrôles

Contrôle 1 — le comptage. GG abélien a ∣G∣\lvert G\rvert classes de conjugaison (chaque élément est seul dans la sienne), donc ∣G∣\lvert G\rvert irréductibles (exercice E4).

∑i=1∣G∣12=∣G∣ ✓\sum_{i=1}^{\lvert G\rvert}1^2=\lvert G\rvert\ \checkmark

Contrôle 2 — sur C4C_4 : quatre caractères χk(cj)=i kj\chi_k(c^j)=i^{\,kj}, tous de degré 11 ✓

Contrôle 3 — la réciproque. Si toutes les irréductibles sont de degré 11, alors

#{irreˊductibles}=∣G∣=#{classes}\#\{\text{irr\'eductibles}\}=\lvert G\rvert=\#\{\text{classes}\}

donc chaque classe est un singleton, donc GG est abélien ✓

G abeˊlien  ⟺  toutes les irreˊductibles sont de degreˊ 1\boxed{G\ \text{ab\'elien}\iff\text{toutes les irr\'eductibles sont de degr\'e } 1}
Ce que le résultat dit, et le contraste
G∣G∣degreˊsabeˊlien ?C441,1,1,1oui(Z/2)241,1,1,1ouiS361,1,2nonD481,1,1,1,2nonA4121,1,1,3non\begin{array}{lccl} G & \lvert G\rvert & \text{degr\'es} & \text{ab\'elien ?}\\\hline C_4 & 4 & 1,1,1,1 & \textbf{oui}\\ (\mathbb{Z}/2)^2 & 4 & 1,1,1,1 & \textbf{oui}\\ S_3 & 6 & 1,1,\mathbf{2} & \text{non}\\ D_4 & 8 & 1,1,1,1,\mathbf{2} & \text{non}\\ A_4 & 12 & 1,1,1,\mathbf{3} & \text{non} \end{array}

Un degré ≥2\geq 2 est donc le SIGNAL de la non-commutativité — et sa taille mesure « combien » le groupe est non abélien.

#{repreˊsentations de degreˊ 1}=∣G/[G,G]∣\boxed{\#\{\text{repr\'esentations de degr\'e } 1\}=\lvert G/[G,G]\rvert}

(exercice B4) — c'est-à-dire l'ordre de l'abélianisé. Sur S3S_3 : ∣S3/A3∣=2\lvert S_3/A_3\rvert=2, et il y a bien 22 caractères de degré 11 ✓

👉 Les deux premières lignes du tableau ont la même liste de degrés et ne sont pas isomorphes : la liste des degrés ne suffit pas à déterminer le groupe (leurs tables diffèrent : ±i\pm i n'apparaît que dans celle de C4C_4). La table elle-même ne suffit pas toujours : c'est l'objet de l'exercice C4, avec D4D_4 et Q8Q_8.

Réponse. GG abélien ⇒\Rightarrow irréductibles de degré 1 (Schur ⇒ ρ(h)\rho(h) scalaire). (Vérifié machine : CnC_n a nn irréd de degré 1 — ✓)
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Nombre de représentations de degré 1

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que le nombre de représentations de degré 11 de GG est ∣G/[G,G]∣\lvert G/[G,G]\rvert ([G,G][G,G] = sous-groupe dérivé). L'illustrer sur S3S_3 et S4S_4 (où [G,G]=An[G,G]=A_n).

Indices (3)

Un morphisme G→C×G\to\mathbb{C}^\times est trivial sur les commutateurs (image abélienne).

Il se factorise donc par l'abélianisé G/[G,G]G/[G,G].

G/[G,G]G/[G,G] est abélien fini : il a ∣G/[G,G]∣\lvert G/[G,G]\rvert caractères.

Correction détaillée
Le résultat
#{repreˊsentations de degreˊ 1 de G}=∣G/[G,G]∣\boxed{\#\{\text{repr\'esentations de degr\'e } 1\ \text{de } G\}=\lvert G/[G,G]\rvert}

où [G,G][G,G] est le groupe dérivé, engendré par les commutateurs xyx−1y−1xyx^{-1}y^{-1}.

G[G,G]∣G/[G,G]∣degreˊ 1S3A32triviale, signatureS4A42triviale, signatureA4V43trois, avec ω=e2iπ/3\begin{array}{lccl} G & [G,G] & \lvert G/[G,G]\rvert & \text{degr\'e } 1\\\hline S_3 & A_3 & 2 & \text{triviale, signature}\\ S_4 & A_4 & 2 & \text{triviale, signature}\\ A_4 & V_4 & 3 & \text{trois, avec } \omega=e^{2i\pi/3} \end{array}
Étape 1 — Un caractère de degré 1 tue les commutateurs

Soit χ:G→C×\chi:G\to\mathbb{C}^\times un morphisme. Le but d'arrivée est ABÉLIEN, donc

χ(xyx−1y−1)=χ(x)χ(y)χ(x)−1χ(y)−1=1\chi(xyx^{-1}y^{-1})=\chi(x)\chi(y)\chi(x)^{-1}\chi(y)^{-1}=1
[G,G]⊆ker⁡χ\boxed{[G,G]\subseteq\ker\chi}

χ\chi se FACTORISE donc par le quotient :

χ: G ↠ G/[G,G] ⟶ C×\chi:\ G\ \twoheadrightarrow\ G/[G,G]\ \longrightarrow\ \mathbb{C}^{\times}

👉 Le groupe dérivé est exactement ce que tout morphisme vers un abélien doit écraser — c'est sa raison d'être.

Étape 2 — La bijection

Réciproquement, tout morphisme G/[G,G]→C×G/[G,G]\to\mathbb{C}^\times remonte en un morphisme G→C×G\to\mathbb{C}^\times par composition avec la projection.

{degreˊ 1 de G} ⟷ {degreˊ 1 de G/[G,G]}\boxed{\{\text{degr\'e } 1\ \text{de } G\}\ \longleftrightarrow\ \{\text{degr\'e } 1\ \text{de } G/[G,G]\}}

Or Gab=G/[G,G]G^{\mathrm{ab}}=G/[G,G] est ABÉLIEN (c'est sa définition : le plus gros quotient abélien), donc par l'exercice B3 toutes ses irréductibles sont de degré 11, et il y en a ∣Gab∣\lvert G^{\mathrm{ab}}\rvert.

#{degreˊ 1}=∣G/[G,G]∣\#\{\text{degr\'e } 1\}=\lvert G/[G,G]\rvert
Étape 3 — Sur $S_3$ et $S_4$

Le groupe dérivé de SnS_n est AnA_n pour n≥2n\geq 2 :

[Sn,Sn]=An[S_n,S_n]=A_n

Pourquoi : un commutateur est toujours pair (sa signature vaut ε(x)ε(y)ε(x)−1ε(y)−1=1\varepsilon(x)\varepsilon(y)\varepsilon(x)^{-1}\varepsilon(y)^{-1}=1), donc [Sn,Sn]⊆An[S_n,S_n]\subseteq A_n. Et l'inclusion inverse s'obtient en écrivant tout 33-cycle comme un commutateur.

∣Sn/An∣=2\lvert S_n/A_n\rvert=2
S3 et S4 ont exactement DEUX caracteˋres de degreˊ 1\boxed{S_3\ \text{et}\ S_4\ \text{ont exactement DEUX caract\`eres de degr\'e } 1}
trivialeχ(σ)=1signatureχ(σ)=ε(σ)\begin{array}{ll} \text{triviale} & \chi(\sigma)=1\\ \text{signature} & \chi(\sigma)=\varepsilon(\sigma) \end{array}

Contrôle par la somme des carrés :

S3 : 1+1+4=6 ✓S4 : 1+1+4+9+9=24 ✓S_3\ :\ 1+1+4=6\ \checkmark\qquad S_4\ :\ 1+1+4+9+9=24\ \checkmark
Ce que le résultat permet de prédire

Avant de construire une table, on connaît déjà le nombre de degrés 11 :

G∣G∣#{deg⁡1}degreˊs restantsS3626−2=4=22D4848−4=4=22A412312−3=9=32S424224−2=22=22+32+32\begin{array}{llll} G & \lvert G\rvert & \#\{\deg 1\} & \text{degr\'es restants}\\\hline S_3 & 6 & 2 & 6-2=4=2^2\\ D_4 & 8 & 4 & 8-4=4=2^2\\ A_4 & 12 & 3 & 12-3=9=3^2\\ S_4 & 24 & 2 & 24-2=22=2^2+3^2+3^2 \end{array}

👉 La méthode de construction d'une table (exercices C1, C3, D1, D2) :

1.compter les CLASSES→nombre d’irreˊductibles2.calculer ∣Gab∣→nombre de degreˊs 13.eˊcrire ∣G∣−∣Gab∣ en somme de carreˊs→les autres degreˊs\begin{array}{ll} 1. & \text{compter les CLASSES} \to \text{nombre d'irr\'eductibles}\\ 2. & \text{calculer } \lvert G^{\mathrm{ab}}\rvert \to \text{nombre de degr\'es } 1\\ 3. & \text{\'ecrire } \lvert G\rvert-\lvert G^{\mathrm{ab}}\rvert\ \text{en somme de carr\'es} \to \text{les autres degr\'es} \end{array}

Sur A4A_4 : 44 classes, 33 degrés 11, il reste une irréductible de degré 9=3\sqrt 9=3 ✓ — les degrés sont entièrement déterminés sans aucun calcul de trace.

Réponse. #{deg⁡1}=∣G/[G,G]∣\#\{\deg 1\}=\lvert G/[G,G]\rvert ; S3,S4S_3,S_4 : 22 (triviale, signature). (Vérifié machine : tables S_3/S_4 — ✓)
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Unitarisation et diagonalisabilité

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que toute représentation d'un groupe fini est équivalente à une représentation unitaire, et en déduire que chaque ρ(g)\rho(g) est diagonalisable à valeurs propres des racines de l'unité.

Indices (3)

Reprendre le produit GG-invariant de Maschke.

Dans une base orthonormée, les ρ(g)\rho(g) sont unitaires.

ρ(g)∣G∣=ρ(g∣G∣)=id\rho(g)^{\lvert G\rvert}=\rho(g^{\lvert G\rvert})=\mathrm{id} : ρ(g)\rho(g) annule Xm−1X^{m}-1.

Correction détaillée
Les deux résultats
toute repreˊsentation d’un groupe fini est eˊquivalente aˋ une repreˊsentation UNITAIRE\boxed{\text{toute repr\'esentation d'un groupe fini est \'equivalente \`a une repr\'esentation UNITAIRE}}
chaque ρ(g) est DIAGONALISABLE, aˋ valeurs propres des racines de l’uniteˊ\boxed{\text{chaque } \rho(g)\ \text{est DIAGONALISABLE, \`a valeurs propres des racines de l'unit\'e}}

Le second découle du premier, et il donne au passage une majoration très utile :

∣χ(g)∣≤χ(e)=deg⁡ρ\lvert\chi(g)\rvert\leq\chi(e)=\deg\rho
Étape 1 — Moyenner un produit scalaire

Partons d'un produit scalaire hermitien quelconque ⟨⋅,⋅⟩0\langle\cdot,\cdot\rangle_0 sur VV — il en existe toujours.

Moyennons-le :

⟨u,v⟩=1∣G∣∑g∈G⟨ρ(g)u,ρ(g)v⟩0\boxed{\langle u,v\rangle=\frac{1}{\lvert G\rvert}\sum_{g\in G}\big\langle\rho(g)u,\rho(g)v\big\rangle_0}

C'est encore un produit scalaire hermitien : sesquilinéaire par somme, et défini positif car chaque terme l'est (ρ(g)u≠0\rho(g)u\neq 0 dès que u≠0u\neq 0).

👉 C'est le même geste qu'à l'exercice B1 — moyenner sur le groupe pour rendre équivariant. Et c'est encore la finitude de GG qui le permet.

Étape 2 — La représentation devient unitaire

Pour h∈Gh\in G :

⟨ρ(h)u,ρ(h)v⟩=1∣G∣∑g⟨ρ(gh)u,ρ(gh)v⟩0=⟨u,v⟩\big\langle\rho(h)u,\rho(h)v\big\rangle=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_g\big\langle\rho(gh)u,\rho(gh)v\big\rangle_0=\langle u,v\rangle

car g↦ghg\mapsto gh est une bijection de GG — la somme est réindexée.

ρ(h) est UNITAIRE pour ⟨⋅,⋅⟩\boxed{\rho(h)\ \text{est UNITAIRE pour } \langle\cdot,\cdot\rangle}

En choisissant une base orthonormée pour ce produit scalaire, les matrices ρ(g)\rho(g) deviennent des matrices unitaires — c'est-à-dire que ρ\rho est équivalente à une représentation unitaire.

Étape 3 — Diagonalisabilité et racines de l'unité

Une matrice unitaire est diagonalisable (théorème spectral), à valeurs propres de module 11.

Et gg étant d'ordre fini nn :

ρ(g)n=ρ(gn)=ρ(e)=id\rho(g)^{n}=\rho(g^{n})=\rho(e)=\mathrm{id}

donc Xn−1X^{n}-1 annule ρ(g)\rho(g). Ce polynôme étant scindé à racines simples sur C\mathbb{C} :

ρ(g) est diagonalisable, valeurs propres=racines n-ieˋmes de l’uniteˊ\boxed{\rho(g)\ \text{est diagonalisable, valeurs propres} = \text{racines } n\text{-i\`emes de l'unit\'e}}

👉 Ce second argument se suffit à lui-même — il n'a même pas besoin de l'unitarisation. Mais l'unitarisation donne en plus l'orthogonalité des sous-espaces propres, ce qui sert ailleurs.

Les conséquences sur les caractères
χ(g)=tr⁡ρ(g)=λ1+⋯+λdavec ∣λi∣=1\chi(g)=\operatorname{tr}\rho(g)=\lambda_1+\dots+\lambda_d\qquad\text{avec }\lvert\lambda_i\rvert=1
∣χ(g)∣≤d=χ(e)ineˊgaliteˊ triangulaireχ(g−1)=χ(g)‾car λ−1=λˉ (exercice B6)χ(g) est un entier ALGEˊBRIQUEsomme de racines de l’uniteˊ\begin{array}{ll} \lvert\chi(g)\rvert\leq d=\chi(e) & \text{in\'egalit\'e triangulaire}\\ \chi(g^{-1})=\overline{\chi(g)} & \text{car } \lambda^{-1}=\bar\lambda\ \text{(exercice B6)}\\ \chi(g)\ \text{est un entier ALG\'EBRIQUE} & \text{somme de racines de l'unit\'e} \end{array}

Le cas d'égalité est instructif :

∣χ(g)∣=χ(e)  ⟺  tous les λi sont eˊgaux  ⟺  ρ(g) est une homotheˊtie\lvert\chi(g)\rvert=\chi(e)\iff\text{tous les } \lambda_i\ \text{sont \'egaux}\iff\rho(g)\ \text{est une homoth\'etie}
χ(g)=χ(e)  ⟺  g∈ker⁡ρ\boxed{\chi(g)=\chi(e)\iff g\in\ker\rho}

👉 Le noyau se LIT sur le caractère — sans jamais calculer de matrice. Et la troisième ligne est ce qui permettra de démontrer que le degré divise ∣G∣\lvert G\rvert (exercice D6), par un argument d'entiers algébriques.

Réponse. ρ\rho unitarisable ; chaque ρ(g)\rho(g) diagonalisable à vp racines de l'unité. (Vérifié machine — ✓)
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Caractère de l'inverse

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que pour toute représentation, χ(g−1)=χ(g)‾\chi(g^{-1})=\overline{\chi(g)}. En déduire que χ(g)∈R\chi(g)\in\mathbb{R} si gg est conjugué à g−1g^{-1}.

Indices (3)

Les valeurs propres λi\lambda_i de ρ(g)\rho(g) sont de module 11 (B5).

χ(g)=∑λi\chi(g)=\sum\lambda_i et χ(g−1)=∑λi−1\chi(g^{-1})=\sum\lambda_i^{-1}.

λi−1=λi‾\lambda_i^{-1}=\overline{\lambda_i} car ∣λi∣=1\lvert\lambda_i\rvert=1.

Correction détaillée
Les deux résultats
χ(g−1)=χ(g)‾\boxed{\chi(g^{-1})=\overline{\chi(g)}}
g conjugueˊ aˋ g−1 ⟹ χ(g)∈R\boxed{g\ \text{conjugu\'e \`a}\ g^{-1}\ \Longrightarrow\ \chi(g)\in\mathbb{R}}

Conséquence pratique : dans SnS_n, toute permutation est conjuguée à son inverse (même type cyclique), donc tous les caractères de SnS_n sont RÉELS — et ce sont même des entiers.

C'est pourquoi les tables de S3S_3 et S4S_4 n'ont aucun nombre complexe, alors que celle de A4A_4 en a.

Étape 1 — Le calcul, par les valeurs propres

Par l'exercice B5, ρ(g)\rho(g) est diagonalisable à valeurs propres λ1,…,λd\lambda_1,\dots,\lambda_d, toutes de module 11.

Les valeurs propres de ρ(g)−1=ρ(g−1)\rho(g)^{-1}=\rho(g^{-1}) sont les λi−1\lambda_i^{-1} :

χ(g−1)=∑iλi−1\chi(g^{-1})=\sum_i\lambda_i^{-1}

Et pour un nombre de module 11 :

λ−1=1λ=λˉλλˉ=λˉ∣λ∣2=λˉ\lambda^{-1}=\frac{1}{\lambda}=\frac{\bar\lambda}{\lambda\bar\lambda}=\frac{\bar\lambda}{\lvert\lambda\rvert^2}=\bar\lambda
χ(g−1)=∑iλˉi=∑iλi‾=χ(g)‾\chi(g^{-1})=\sum_i\bar\lambda_i=\overline{\sum_i\lambda_i}=\overline{\chi(g)}
χ(g−1)=χ(g)‾\boxed{\chi(g^{-1})=\overline{\chi(g)}}

👉 C'est le module 11 qui fait tout — et il vient de l'unitarisation. Sans elle, l'inverse d'une valeur propre n'aurait aucune raison d'être son conjugué.

Étape 2 — Le cas réel

Le caractère est constant sur les classes (exercice E1). Donc si gg et g−1g^{-1} sont conjugués :

χ(g)=χ(g−1)=χ(g)‾\chi(g)=\chi(g^{-1})=\overline{\chi(g)}
χ(g)∈R\boxed{\chi(g)\in\mathbb{R}}

Un nombre égal à son conjugué est réel — c'est tout.

Étape 3 — Dans $S_n$, tout est réel

Dans SnS_n, σ\sigma et σ−1\sigma^{-1} ont TOUJOURS le même type cyclique — inverser un cycle donne un cycle de même longueur :

(a1 a2 … ak)−1=(ak … a2 a1)(a_1\,a_2\,\dots\,a_k)^{-1}=(a_k\,\dots\,a_2\,a_1)

Par le critère de conjugaison (chapitre burnside, exercice C6), ils sont donc conjugués.

tous les caracteˋres de Sn sont REˊELS\boxed{\text{tous les caract\`eres de } S_n\ \text{sont R\'EELS}}

Vérification sur S3S_3 :

etransp3-cycletriviale111signature1−11standard20−1\begin{array}{lccc} & e & \text{transp} & 3\text{-cycle}\\\hline \text{triviale} & 1 & 1 & 1\\ \text{signature} & 1 & -1 & 1\\ \text{standard} & 2 & 0 & -1 \end{array}

Tous réels, et même ENTIERS ✓ (c'est un fait plus fort, propre aux SnS_n.)

Le contre-exemple qui montre la limite

Dans A4A_4, les deux classes de 33-cycles ne sont PAS stables par inversion : (1 2 3)(1\,2\,3) et (1 3 2)(1\,3\,2) sont dans des classes différentes.

les caracteˋres de A4 ne sont pas tous reˊels\boxed{\text{les caract\`eres de } A_4\ \text{ne sont pas tous r\'eels}}
e(2,2)(3,1)a(3,1)btriviale1111χω11ωω2χω211ω2ωstd3−100\begin{array}{lcccc} & e & (2,2) & (3,1)_a & (3,1)_b\\\hline \text{triviale} & 1 & 1 & 1 & 1\\ \chi_\omega & 1 & 1 & \omega & \omega^2\\ \chi_{\omega^2} & 1 & 1 & \omega^2 & \omega\\ \text{std} & 3 & -1 & 0 & 0 \end{array}

avec ω=e2iπ/3\omega=e^{2i\pi/3} — deux caractères complexes, et ils sont conjugués l'un de l'autre.

χω(g−1)=χω(g)‾=χω2(g) ✓\chi_\omega\big(g^{-1}\big)=\overline{\chi_\omega(g)}=\chi_{\omega^2}(g)\ \checkmark

👉 La règle générale : les caractères non réels vont par paires conjuguées, et ils apparaissent exactement quand une classe n'est pas stable par inversion. C'est un contrôle utile lors de la construction d'une table.

Réponse. χ(g−1)=χ(g)‾\chi(g^{-1})=\overline{\chi(g)} ; g∼g−1⇒χ(g)∈Rg\sim g^{-1}\Rightarrow\chi(g)\in\mathbb{R}. (Vérifié machine — ✓)
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Le caractère est une fonction de classe

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que le caractère χ(g)=tr⁡ρ(g)\chi(g)=\operatorname{tr}\rho(g) vérifie χ(e)=deg⁡ρ\chi(e)=\deg\rho et est constant sur les classes de conjugaison.

Indices (3)

tr⁡(AB)=tr⁡(BA)\operatorname{tr}(AB)=\operatorname{tr}(BA).

χ(hgh−1)=tr⁡(ρ(h)ρ(g)ρ(h)−1)\chi(hgh^{-1})=\operatorname{tr}(\rho(h)\rho(g)\rho(h)^{-1}).

χ(e)=tr⁡(Id)\chi(e)=\operatorname{tr}(I_d).

Correction détaillée
Les deux propriétés
χ(e)=deg⁡ρetχ(hgh−1)=χ(g)\boxed{\chi(e)=\deg\rho\qquad\text{et}\qquad \chi(hgh^{-1})=\chi(g)}

Le caractère est une FONCTION DE CLASSE : il ne dépend que de la classe de conjugaison.

👉 C'est ce qui rend la table de caractères FINIE et petite : une colonne par classe, pas une par élément. Pour S4S_4, cela fait 55 colonnes au lieu de 2424.

fonctions de classe ≃ C#classes\text{fonctions de classe}\ \simeq\ \mathbb{C}^{\#\text{classes}}
Étape 1 — La valeur en $e$
ρ(e)=idV\rho(e)=\mathrm{id}_V

car ρ\rho est un morphisme. Donc

χ(e)=tr⁡(idV)=dim⁡V=deg⁡ρ\chi(e)=\operatorname{tr}(\mathrm{id}_V)=\dim V=\deg\rho
χ(e)=deg⁡ρ\boxed{\chi(e)=\deg\rho}

👉 C'est le premier contrôle de toute table de caractères : la colonne de ee donne les degrés, et la somme de leurs carrés doit valoir ∣G∣\lvert G\rvert.

Étape 2 — L'invariance par conjugaison

La propriété clé de la trace :

tr⁡(AB)=tr⁡(BA)\operatorname{tr}(AB)=\operatorname{tr}(BA)

d'où l'invariance par similitude :

tr⁡(PAP−1)=tr⁡(AP−1P)=tr⁡(A)\operatorname{tr}(PAP^{-1})=\operatorname{tr}(AP^{-1}P)=\operatorname{tr}(A)

Appliquons-la :

χ(hgh−1)=tr⁡ρ(hgh−1)=tr⁡(ρ(h)ρ(g)ρ(h)−1)=tr⁡ρ(g)=χ(g)\chi(hgh^{-1})=\operatorname{tr}\rho(hgh^{-1})=\operatorname{tr}\big(\rho(h)\rho(g)\rho(h)^{-1}\big)=\operatorname{tr}\rho(g)=\chi(g)
χ est constante sur les classes de conjugaison\boxed{\chi\ \text{est constante sur les classes de conjugaison}}

👉 La trace était le bon invariant à choisir, précisément pour cette raison. Le déterminant l'est aussi, mais il perd trop d'information ; les valeurs propres, elles, sont invariantes mais forment un multiensemble, moins commode qu'un nombre.

Étape 3 — Les autres propriétés du caractère
χV⊕W=χV+χWtrace d’une matrice diagonale par blocsχV⊗W=χV⋅χWexercice D3χ(g−1)=χ(g)‾exercice B6∣χ(g)∣≤χ(e)exercice B5repreˊsentations eˊquivalentes⇒meˆme χinvariance par similitude\begin{array}{ll} \chi_{V\oplus W}=\chi_V+\chi_W & \text{trace d'une matrice diagonale par blocs}\\ \chi_{V\otimes W}=\chi_V\cdot\chi_W & \text{exercice D3}\\ \chi(g^{-1})=\overline{\chi(g)} & \text{exercice B6}\\ \lvert\chi(g)\rvert\leq\chi(e) & \text{exercice B5}\\ \text{repr\'esentations \'equivalentes} \Rightarrow \text{m\^eme } \chi & \text{invariance par similitude} \end{array}

La dernière ligne appelle une réciproque, et elle est VRAIE :

χV=χW  ⟺  V≅W\boxed{\chi_V=\chi_W\iff V\cong W}

👉 C'est le théorème le plus surprenant du chapitre. Le caractère n'est qu'une trace — il oublie presque tout de la matrice — et pourtant il détermine entièrement la représentation à équivalence près.

La raison : par Maschke, V=⨁miViV=\bigoplus m_iV_i, et les multiplicités se lisent sur le caractère par mi=⟨χV,χi⟩m_i=\langle\chi_V,\chi_i\rangle (exercice E6).

Ce que la table de caractères encode
S3e (1)transp (3)3-cycle (2)triviale111signature1−11standard20−1\begin{array}{lccc} S_3 & e\ (1) & \text{transp}\ (3) & 3\text{-cycle}\ (2)\\\hline \text{triviale} & 1 & 1 & 1\\ \text{signature} & 1 & -1 & 1\\ \text{standard} & 2 & 0 & -1 \end{array}

Une table CARRÉE : autant de lignes (irréductibles) que de colonnes (classes) — c'est l'exercice E4.

lignes orthonormeˊesexercice E2colonnes orthogonalesexercice C51eˋre colonneles degreˊs, de somme des carreˊs ∣G∣1eˋre lignela triviale, toujours (1,1,…,1)\begin{array}{ll} \text{lignes orthonorm\'ees} & \text{exercice E2}\\ \text{colonnes orthogonales} & \text{exercice C5}\\ \text{1\`ere colonne} & \text{les degr\'es, de somme des carr\'es } \lvert G\rvert\\ \text{1\`ere ligne} & \text{la triviale, toujours } (1,1,\dots,1) \end{array}

👉 Ces quatre contraintes suffisent souvent à REMPLIR la table sans construire aucune représentation — c'est la méthode des exercices C1, C3, D1 et D2.

Réponse. χ(e)=deg⁡ρ\chi(e)=\deg\rho et χ\chi constante sur les classes (invariance de la trace par conjugaison). (Vérifié machine — ✓)
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Relations d'orthogonalité des caractères

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer les relations d'orthogonalité ⟨χi,χj⟩=δij\langle\chi_i,\chi_j\rangle=\delta_{ij} pour les caractères irréductibles (avec ⟨χ,ψ⟩=1∣G∣∑gχ(g)ψ(g)‾\langle\chi,\psi\rangle=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_g\chi(g)\overline{\psi(g)}). Expliquer le rôle du lemme de Schur dans leur preuve.

Indices (3)

Schur donne dim⁡Hom⁡G(Vi,Vj)=δij\dim\operatorname{Hom}_G(V_i,V_j)=\delta_{ij}.

dim⁡Hom⁡G(Vi,Vj)=⟨χi,χj⟩\dim\operatorname{Hom}_G(V_i,V_j)=\langle\chi_i,\chi_j\rangle (via l'opérateur de moyennage).

Combiner les deux.

Correction détaillée
Les relations, et ce qu'elles disent
⟨χi,χj⟩=δijavec⟨χ,ψ⟩=1∣G∣∑g∈Gχ(g)ψ(g)‾\boxed{\langle\chi_i,\chi_j\rangle=\delta_{ij}\qquad\text{avec}\qquad \langle\chi,\psi\rangle=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_{g\in G}\chi(g)\overline{\psi(g)}}

Les caractères irréductibles forment une famille ORTHONORMÉE pour ce produit scalaire.

👉 C'est le théorème central du chapitre. Tout le reste en découle : le critère d'irréductibilité, le calcul des multiplicités, le nombre d'irréductibles, la construction des tables.

orthonormeˊe ⟹ libre ⟹ au plus #classes irreˊductibles\text{orthonorm\'ee}\ \Longrightarrow\ \text{libre}\ \Longrightarrow\ \text{au plus } \#\text{classes}\ \text{irr\'eductibles}
Étape 1 — Le lien avec les morphismes équivariants

Le fait qui porte tout — admis ici, il repose sur un calcul de projecteur :

⟨χV,χW⟩=dim⁡Hom⁡G(V,W)\boxed{\langle\chi_V,\chi_W\rangle=\dim\operatorname{Hom}_G(V,W)}

L'idée : l'espace Hom⁡(V,W)\operatorname{Hom}(V,W) est lui-même une représentation, et la moyenne

1∣G∣∑gρW(g) f ρV(g)−1\frac1{\lvert G\rvert}\sum_g\rho_W(g)\,f\,\rho_V(g)^{-1}

est le projecteur sur le sous-espace des morphismes équivariants. Sa trace vaut donc dim⁡Hom⁡G(V,W)\dim\operatorname{Hom}_G(V,W), et le calcul de cette trace donne exactement ⟨χV,χW⟩\langle\chi_V,\chi_W\rangle.

👉 C'est encore le geste « moyenner sur le groupe », pour la troisième fois du chapitre (après Maschke et l'unitarisation).

Étape 2 — Appliquer Schur

Pour Vi,VjV_i,V_j irréductibles, le lemme de Schur (exercice B2) donne

dim⁡Hom⁡G(Vi,Vj)={1si i=j (les homotheˊties)0sinon\dim\operatorname{Hom}_G(V_i,V_j)=\begin{cases}1 & \text{si } i=j\ (\text{les homoth\'eties})\\ 0 & \text{sinon}\end{cases}
⟨χi,χj⟩=δij\boxed{\langle\chi_i,\chi_j\rangle=\delta_{ij}}

La dimension 11 du cas i=ji=j est exactement l'espace des homothéties λ id\lambda\,\mathrm{id} — c'est là que le second cas de Schur intervient, et donc que l'algébriquement clos de C\mathbb{C} est employé.

Étape 3 — Le calcul en pratique

Le caractère étant une fonction de classe (exercice E1), on regroupe la somme :

⟨χ,ψ⟩=1∣G∣∑classes C∣C∣ χ(C)ψ(C)‾\boxed{\langle\chi,\psi\rangle=\frac{1}{\lvert G\rvert}\sum_{\text{classes } C}\lvert C\rvert\ \chi(C)\overline{\psi(C)}}

C'est une somme sur les CLASSES, pas sur les éléments — pondérée par les tailles.

Vérification sur S3S_3, tailles (1,3,2)(1,3,2) :

⟨triv,sgn⟩=1⋅1⋅1+3⋅1⋅(−1)+2⋅1⋅16=1−3+26=0 ✓\langle\text{triv},\text{sgn}\rangle=\frac{1\cdot 1\cdot 1+3\cdot 1\cdot(-1)+2\cdot 1\cdot 1}{6}=\frac{1-3+2}{6}=0\ \checkmark
⟨std,std⟩=1⋅4+3⋅0+2⋅16=66=1 ✓\langle\text{std},\text{std}\rangle=\frac{1\cdot 4+3\cdot 0+2\cdot 1}{6}=\frac{6}{6}=1\ \checkmark
⟨triv,std⟩=1⋅2+3⋅0+2⋅(−1)6=0 ✓\langle\text{triv},\text{std}\rangle=\frac{1\cdot 2+3\cdot 0+2\cdot(-1)}{6}=0\ \checkmark

Les six relations de S3S_3 sont vérifiées — c'est le contrôle qui valide la table.

Les quatre conséquences
⟨χV,χV⟩=1  ⟺  V irreˊductibleexercice E3mi=⟨χV,χi⟩exercice E6#{irreˊductibles}=#{classes}exercice E4χV=χW  ⟺  V≅Wles mi deˊterminent V\begin{array}{ll} \langle\chi_V,\chi_V\rangle=1\iff V\ \text{irr\'eductible} & \text{exercice E3}\\ m_i=\langle\chi_V,\chi_i\rangle & \text{exercice E6}\\ \#\{\text{irr\'eductibles}\}=\#\{\text{classes}\} & \text{exercice E4}\\ \chi_V=\chi_W\iff V\cong W & \text{les } m_i\ \text{d\'eterminent } V \end{array}

Démonstration de la première, en une ligne. Si V=⨁miViV=\bigoplus m_iV_i alors

⟨χV,χV⟩=⟨∑imiχi,∑jmjχj⟩=∑imi2\langle\chi_V,\chi_V\rangle=\Big\langle\sum_i m_i\chi_i,\sum_j m_j\chi_j\Big\rangle=\sum_i m_i^2
∑imi2=1  ⟺  un seul mi=1, les autres nuls  ⟺  V irreˊductible\sum_i m_i^2=1\iff\text{un seul } m_i=1,\ \text{les autres nuls}\iff V\ \text{irr\'eductible}

👉 Et le nombre ⟨χV,χV⟩\langle\chi_V,\chi_V\rangle dit combien de composantes il y a, pas seulement s'il y en a une : c'est ∑mi2\sum m_i^2. Un 22 signifie deux composantes distinctes de multiplicité 11 ; un 44 pourrait signifier une composante de multiplicité 22, ou quatre distinctes.

Réponse. ⟨χi,χj⟩=dim⁡Hom⁡G(Vi,Vj)=δij\langle\chi_i,\chi_j\rangle=\dim\operatorname{Hom}_G(V_i,V_j)=\delta_{ij} (Schur). (Vérifié machine sur tous les groupes — ✓)
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Critère d'irréductibilité

CalculDifficulté 3/5

Montrer (admettre l'orthogonalité) que χV\chi_V est irréductible   ⟺  ⟨χV,χV⟩=1\iff\langle\chi_V,\chi_V\rangle=1. Vérifier que le caractère standard de S3S_3, χ=(2,0,−1)\chi=(2,0,-1) sur ({e},transpos.,3-cycles)(\{e\},\text{transpos.},3\text{-cycles}) de tailles (1,3,2)(1,3,2), est irréductible.

Indices (3)

Écrire V=⨁miViV=\bigoplus m_iV_i ; alors ⟨χV,χV⟩=∑mi2\langle\chi_V,\chi_V\rangle=\sum m_i^2.

∑mi2=1\sum m_i^2=1 avec mi∈N  ⟺  m_i\in\mathbb{N}\iff un seul mi=1m_i=1.

⟨χ,χ⟩=1∣G∣∑classes∣classe∣ ∣χ∣2\langle\chi,\chi\rangle=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_{\text{classes}}\lvert\text{classe}\rvert\,\lvert\chi\rvert^2.

Correction détaillée
Le critère, et pourquoi il est décisif
V irreˊductible  ⟺  ⟨χV,χV⟩=1\boxed{V\ \text{irr\'eductible}\iff\langle\chi_V,\chi_V\rangle=1}

C'est un critère CALCULABLE : une somme finie sur les classes, sans jamais chercher de sous-espace stable.

question geˊomeˊtrique ⟶ calcul arithmeˊtique\text{question g\'eom\'etrique}\ \longrightarrow\ \text{calcul arithm\'etique}

Sur le caractère standard de S3S_3, χ=(2,0,−1)\chi=(2,0,-1) :

⟨χ,χ⟩=1⋅4+3⋅0+2⋅16=1 ⟹ IRREˊDUCTIBLE\langle\chi,\chi\rangle=\frac{1\cdot 4+3\cdot 0+2\cdot 1}{6}=1\ \Longrightarrow\ \text{IRR\'EDUCTIBLE}
Étape 1 — La démonstration

Par Maschke (exercice B1), V=⨁imiViV=\bigoplus_i m_iV_i avec les ViV_i irréductibles deux à deux non isomorphes.

χV=∑imiχi\chi_V=\sum_i m_i\chi_i

Par bilinéarité et orthonormalité (exercice E2) :

⟨χV,χV⟩=∑i,jmimj⟨χi,χj⟩⏟δij=∑imi2\langle\chi_V,\chi_V\rangle=\sum_{i,j}m_im_j\underbrace{\langle\chi_i,\chi_j\rangle}_{\delta_{ij}}=\sum_i m_i^{2}
⟨χV,χV⟩=∑imi2\boxed{\langle\chi_V,\chi_V\rangle=\sum_i m_i^{2}}

Les mim_i étant des entiers ≥0\geq 0 :

∑imi2=1  ⟺  exactement un mi vaut 1, le reste 0\sum_i m_i^2=1\iff\text{exactement un } m_i\ \text{vaut } 1,\ \text{le reste } 0
  ⟺  V≅Vi irreˊductible\iff V\cong V_i\ \text{irr\'eductible}
Étape 2 — La vérification sur la standard de $S_3$
χ=(2, 0, −1)sur ({e}, transpositions, 3-cycles)\chi=(2,\ 0,\ -1)\qquad\text{sur}\ (\{e\},\ \text{transpositions},\ 3\text{-cycles})
tailles=(1, 3, 2)\text{tailles} = (1,\ 3,\ 2)
⟨χ,χ⟩=16(1⋅∣2∣2+3⋅∣0∣2+2⋅∣−1∣2)\langle\chi,\chi\rangle=\frac{1}{6}\Big(1\cdot\lvert 2\rvert^2+3\cdot\lvert 0\rvert^2+2\cdot\lvert-1\rvert^2\Big)
=1⋅4+3⋅0+2⋅16=4+0+26=66=1=\frac{1\cdot 4+3\cdot 0+2\cdot 1}{6}=\frac{4+0+2}{6}=\frac{6}{6}=\boxed{1}
⟹ la standard est IRREˊDUCTIBLE ✓\Longrightarrow\ \text{la standard est IRR\'EDUCTIBLE}\ \checkmark

Contrôles annexes :

χ(e)=2=deg⁡✓∣χ(g)∣≤2 partout✓ (exercice B5)valeurs reˊelles✓ (exercice B6, dans Sn)\begin{array}{ll} \chi(e)=2=\deg & \checkmark\\ \lvert\chi(g)\rvert\leq 2\ \text{partout} & \checkmark\ \text{(exercice B5)}\\ \text{valeurs r\'eelles} & \checkmark\ \text{(exercice B6, dans } S_n) \end{array}
Étape 3 — Le contre-exemple, et ce que le nombre signifie

Le caractère de permutation χperm=(3,1,0)\chi_{\text{perm}}=(3,1,0) :

⟨χ,χ⟩=1⋅9+3⋅1+2⋅06=126=2\langle\chi,\chi\rangle=\frac{1\cdot 9+3\cdot 1+2\cdot 0}{6}=\frac{12}{6}=\mathbf{2}
2≠1 ⟹ NON irreˊductible2\neq 1\ \Longrightarrow\ \text{NON irr\'eductible}

Et le 22 dit exactement combien : ∑mi2=2\sum m_i^2=2 avec des entiers force

mi=1 pour DEUX indices, 0 ailleursm_i=1\ \text{pour DEUX indices},\ 0\ \text{ailleurs}
V=Va⊕Vb avec Va≇Vb\boxed{V=V_a\oplus V_b\ \text{avec } V_a\not\cong V_b}

Conforme à l'exercice A6 : triviale ⊕\oplus standard ✓

⟨χ,χ⟩deˊcomposition possible1irreˊductible2Va⊕Vbdeux distinctes3Va⊕Vb⊕Vctrois distinctes42Va ou Va⊕Vb⊕Vc⊕VdAMBIGU\begin{array}{lll} \langle\chi,\chi\rangle & \text{d\'ecomposition possible} & \\\hline 1 & \text{irr\'eductible} & \\ 2 & V_a\oplus V_b & \text{deux distinctes}\\ 3 & V_a\oplus V_b\oplus V_c & \text{trois distinctes}\\ 4 & 2V_a\ \text{ou}\ V_a\oplus V_b\oplus V_c\oplus V_d & \textbf{AMBIGU} \end{array}

👉 À partir de 44, le nombre seul ne tranche plus : il faut calculer les ⟨χ,χi⟩\langle\chi,\chi_i\rangle un par un.

Le mode d'emploi
1.calculer ⟨χ,χ⟩2.=1 ? — c’est fini, irreˊductible3.sinon, calculer mi=⟨χ,χi⟩ pour chaque i4.CONTROˆLER:∑miχi(e)=χ(e) et ∑mi2=⟨χ,χ⟩\begin{array}{ll} 1. & \text{calculer } \langle\chi,\chi\rangle\\ 2. & =1\ ?\ \text{— c'est fini, irr\'eductible}\\ 3. & \text{sinon, calculer } m_i=\langle\chi,\chi_i\rangle\ \text{pour chaque } i\\ 4. & \text{CONTR\^OLER} : \sum m_i\chi_i(e)=\chi(e)\ \text{et}\ \sum m_i^2=\langle\chi,\chi\rangle \end{array}

Le double contrôle de l'étape 4 est ce qui rend la décomposition sûre — l'un porte sur les degrés, l'autre sur les multiplicités, et ils échouent pour des raisons différentes.

Sur χperm\chi_{\text{perm}} de S3S_3 :

mtriv=1,msgn=0,mstd=1m_{\text{triv}}=1,\quad m_{\text{sgn}}=0,\quad m_{\text{std}}=1
1⋅1+0⋅1+1⋅2=3=χ(e) ✓12+02+12=2 ✓1\cdot 1+0\cdot 1+1\cdot 2=3=\chi(e)\ \checkmark\qquad 1^2+0^2+1^2=2\ \checkmark
Réponse. VV irréductible   ⟺  ⟨χV,χV⟩=1\iff\langle\chi_V,\chi_V\rangle=1 ; pour S3S_3 standard, ⟨χ,χ⟩=1\langle\chi,\chi\rangle=1. (Vérifié machine — ✓)
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Le nombre d'irréductibles

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que le nombre de représentations irréductibles (à équivalence près) égale le nombre de classes de conjugaison de GG.

Indices (3)

Les caractères irréductibles sont des fonctions de classe orthonormées.

L'espace des fonctions de classe a pour dimension le nombre de classes.

Le point clé (admis ici) : les χi\chi_i ENGENDRENT cet espace.

Correction détaillée
Le théorème
#{irreˊductibles aˋ eˊquivalence preˋs}=#{classes de conjugaison de G}\boxed{\#\{\text{irr\'eductibles \`a \'equivalence pr\`es}\}=\#\{\text{classes de conjugaison de } G\}}

La table de caractères est donc CARRÉE — et c'est ce qui la rend si contraignante : lignes et colonnes vérifient chacune des relations d'orthogonalité.

GclassesirreˊductiblesS333D455A444S455Cnnn\begin{array}{lcc} G & \text{classes} & \text{irr\'eductibles}\\\hline S_3 & 3 & 3\\ D_4 & 5 & 5\\ A_4 & 4 & 4\\ S_4 & 5 & 5\\ C_n & n & n \end{array}
Étape 1 — Le cadre : l'espace des fonctions de classe
F={f:G→C constantes sur les classes}\mathcal{F}=\{f:G\to\mathbb{C}\ \text{constantes sur les classes}\}

Sa dimension est le nombre de classes : une base évidente est formée des indicatrices 1C\mathbf 1_C, une par classe.

dim⁡F=#{classes}\dim\mathcal{F}=\#\{\text{classes}\}

Les caractères irréductibles appartiennent à F\mathcal{F} (exercice E1), et ils y sont orthonormés (exercice E2), donc libres.

#{irreˊductibles}≤#{classes}\boxed{\#\{\text{irr\'eductibles}\}\leq\#\{\text{classes}\}}

👉 La majoration est facile — c'est l'égalité qui demande du travail.

Étape 2 — La famille est GÉNÉRATRICE

C'est le point difficile. Supposons f∈Ff\in\mathcal{F} orthogonale à tous les χi\chi_i, et montrons f=0f=0.

L'idée : construire l'opérateur

Tf=∑g∈Gf(g)‾ ρ(g)T_f=\sum_{g\in G}\overline{f(g)}\,\rho(g)

sur une irréductible VV. TfT_f est ÉQUIVARIANT — c'est le calcul de réindexation habituel, et il emploie le fait que ff est une fonction de classe.

Par Schur, Tf=λ idT_f=\lambda\,\mathrm{id}, et en prenant la trace :

λdim⁡V=∑gf(g)‾χV(g)=∣G∣ ⟨f,χV⟩‾=0\lambda\dim V=\sum_g\overline{f(g)}\chi_V(g)=\lvert G\rvert\,\overline{\langle f,\chi_V\rangle}=0

Donc Tf=0T_f=0 sur toute irréductible, donc sur la régulière (qui les contient toutes), et en évaluant en eee_e on obtient f=0f=0.

la famille est une BASE ORTHONORMEˊE de F\boxed{\text{la famille est une BASE ORTHONORM\'EE de } \mathcal{F}}
Étape 3 — Les contrôles

Sur S3S_3 : 33 classes (e,transp,3-cycle)(e,\text{transp},3\text{-cycle}), et 33 irréductibles (triviale, signature, standard) ✓

Sur un groupe ABÉLIEN : ∣G∣\lvert G\rvert classes (chaque élément est seul), donc ∣G∣\lvert G\rvert irréductibles. Et par l'exercice B3 elles sont toutes de degré 11 :

∑12=∣G∣ ✓\sum 1^2=\lvert G\rvert\ \checkmark

Sur A4A_4 : 44 classes (ee, les 33 doubles transpositions, deux classes de 44 33-cycles), donc 44 irréductibles, de degrés 1,1,1,31,1,1,3 :

1+1+1+9=12=∣A4∣ ✓1+1+1+9=12=\lvert A_4\rvert\ \checkmark

👉 Deux contraintes indépendantes — le nombre d'irréductibles et la somme des carrés — et leur conjonction détermine souvent les degrés à elle seule.

Ce que le théorème permet, et ce qu'il ne dit pas
savoir combien d’irreˊductibles cherchercompter les classesla table est carreˊeorthogonaliteˊ des COLONNES (exercice C5)deˊterminer les degreˊspar ∑di2=∣G∣\begin{array}{ll} \text{savoir combien d'irr\'eductibles chercher} & \text{compter les classes}\\ \text{la table est carr\'ee} & \text{orthogonalit\'e des COLONNES (exercice C5)}\\ \text{d\'eterminer les degr\'es} & \text{par } \sum d_i^2=\lvert G\rvert \end{array}

⚠️ Ce que le théorème NE donne PAS : une BIJECTION naturelle entre irréductibles et classes. Les deux ensembles ont le même cardinal, sans qu'aucune correspondance canonique ne les relie.

meˆme cardinal, aucune bijection canonique\boxed{\text{m\^eme cardinal, aucune bijection canonique}}

👉 Sauf pour SnS_n, où il en existe une remarquable : les irréductibles comme les classes sont indexées par les partitions de nn — les classes par le type cyclique, les irréductibles par les tableaux de Young. C'est une théorie à part entière, et elle explique pourquoi SnS_n est le cas le mieux compris.

Réponse. #\#irréd =#=\#classes (base orthonormée de l'espace des fonctions de classe). (Vérifié machine : S_3→3, D_4/Q_8→5, A_4→4, S_4→5 — ✓)
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Somme des carrés des degrés

CalculDifficulté 3/5

En décomposant la représentation régulière, établir ∑i(dim⁡Vi)2=∣G∣\sum_i(\dim V_i)^2=\lvert G\rvert. Vérifier sur S3S_3 (degrés 1,1,21,1,2) et donner sa table de caractères.

Indices (3)

Régulière : χreg=∑i(dim⁡Vi)χi\chi_{\mathrm{reg}}=\sum_i(\dim V_i)\chi_i et χreg(e)=∣G∣\chi_{\mathrm{reg}}(e)=\lvert G\rvert.

Évaluer en ee : χi(e)=dim⁡Vi\chi_i(e)=\dim V_i.

Pour S3S_3 : 12+12+221^2+1^2+2^2.

Correction détaillée
Le résultat
∑i(dim⁡Vi)2=∣G∣\boxed{\sum_i(\dim V_i)^2=\lvert G\rvert}

Sur S3S_3 : 12+12+22=61^2+1^2+2^2=6 ✓

S3e (1)transp (3)3-cycle (2)triviale111signature1−11standard20−1\begin{array}{lcccc} S_3 & e\ (1) & \text{transp}\ (3) & 3\text{-cycle}\ (2)\\\hline \text{triviale} & 1 & 1 & 1\\ \text{signature} & 1 & -1 & 1\\ \text{standard} & 2 & 0 & -1 \end{array}

Cette contrainte est si forte qu'elle détermine souvent les degrés sans aucun calcul de trace — c'est le point de départ de toute construction de table.

Étape 1 — Décomposer la régulière

Le caractère de la régulière (exercice A5) :

χreg(e)=∣G∣,χreg(g)=0 pour g≠e\chi_{\mathrm{reg}}(e)=\lvert G\rvert,\qquad \chi_{\mathrm{reg}}(g)=0\ \text{pour } g\neq e

Sa multiplicité en ViV_i :

mi=⟨χreg,χi⟩=1∣G∣∑gχreg(g)χi(g)‾m_i=\langle\chi_{\mathrm{reg}},\chi_i\rangle=\frac1{\lvert G\rvert}\sum_g\chi_{\mathrm{reg}}(g)\overline{\chi_i(g)}

Un seul terme survit, celui de g=eg=e :

mi=1∣G∣⋅∣G∣⋅χi(e)‾=dim⁡Vim_i=\frac{1}{\lvert G\rvert}\cdot\lvert G\rvert\cdot\overline{\chi_i(e)}=\dim V_i
ρreg=⨁i(dim⁡Vi) Vi\boxed{\rho_{\mathrm{reg}}=\bigoplus_i(\dim V_i)\,V_i}
Étape 2 — Prendre la dimension
∣G∣=dim⁡ρreg=∑imidim⁡Vi=∑i(dim⁡Vi)2\lvert G\rvert=\dim\rho_{\mathrm{reg}}=\sum_i m_i\dim V_i=\sum_i(\dim V_i)^2
∑i(dim⁡Vi)2=∣G∣\boxed{\sum_i(\dim V_i)^2=\lvert G\rvert}

👉 Une seule ligne, à partir d'un caractère à un seul terme non nul. C'est le calcul le plus rentable du chapitre.

Étape 3 — Construire la table de $S_3$

1. Compter les classes : 33 (ee de taille 11, transpositions de taille 33, 33-cycles de taille 22). Donc 33 irréductibles.

2. Les degrés : d12+d22+d32=6d_1^2+d_2^2+d_3^2=6 avec d1=1d_1=1 (la triviale existe toujours) :

1+d22+d32=6 ⟹ d22+d32=5 ⟹ {d2,d3}={1,2}1+d_2^2+d_3^2=6\ \Longrightarrow\ d_2^2+d_3^2=5\ \Longrightarrow\ \{d_2,d_3\}=\{1,2\}
degreˊs 1, 1, 2 — FORCEˊS\boxed{\text{degr\'es } 1,\ 1,\ 2\ \text{— FORC\'ES}}

3. Les deux degrés 11 : ce sont les morphismes S3→C×S_3\to\mathbb{C}^\times, au nombre de ∣S3/A3∣=2\lvert S_3/A_3\rvert=2 (exercice B4) — la triviale et la signature.

4. Le degré 22 : on l'obtient par soustraction, à partir du caractère de permutation (3,1,0)(3,1,0) :

χstd=(3,1,0)−(1,1,1)=(2,0,−1)\chi_{\text{std}}=(3,1,0)-(1,1,1)=(2,0,-1)
Étape 4 — Vérifier la table

Les six relations d'orthogonalité :

⟨triv,triv⟩=1+3+26=1✓⟨sgn,sgn⟩=1+3+26=1✓⟨std,std⟩=4+0+26=1✓⟨triv,sgn⟩=1−3+26=0✓⟨triv,std⟩=2+0−26=0✓⟨sgn,std⟩=2+0−26=0✓\begin{array}{ll} \langle\text{triv},\text{triv}\rangle=\frac{1+3+2}{6}=1 & \checkmark\\ \langle\text{sgn},\text{sgn}\rangle=\frac{1+3+2}{6}=1 & \checkmark\\ \langle\text{std},\text{std}\rangle=\frac{4+0+2}{6}=1 & \checkmark\\ \langle\text{triv},\text{sgn}\rangle=\frac{1-3+2}{6}=0 & \checkmark\\ \langle\text{triv},\text{std}\rangle=\frac{2+0-2}{6}=0 & \checkmark\\ \langle\text{sgn},\text{std}\rangle=\frac{2+0-2}{6}=0 & \checkmark \end{array}

Et la régulière :

1⋅(1,1,1)+1⋅(1,−1,1)+2⋅(2,0,−1)=(6, 0, 0)=χreg ✓1\cdot(1,1,1)+1\cdot(1,-1,1)+2\cdot(2,0,-1)=(6,\ 0,\ 0)=\chi_{\mathrm{reg}}\ \checkmark

👉 Trois contrôles indépendants — orthogonalité des lignes, somme des carrés, reconstitution de la régulière. Leur accord est ce qui rend la table sûre.

Réponse. ∑(dim⁡Vi)2=∣G∣\sum(\dim V_i)^2=\lvert G\rvert ; S3S_3 : 1+1+4=61+1+4=6. (Vérifié machine — ✓)
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Décomposition d'une représentation

CalculDifficulté 3/5

Montrer que toute représentation VV se décompose V=⨁imiViV=\bigoplus_i m_iV_i avec mi=⟨χV,χi⟩m_i=\langle\chi_V,\chi_i\rangle. Décomposer la représentation de permutation de S3S_3 sur C3\mathbb{C}^3 (χ=(3,1,0)\chi=(3,1,0)).

Indices (3)

Maschke : V=⨁miViV=\bigoplus m_iV_i ; prendre le produit scalaire avec χj\chi_j.

⟨χV,χj⟩=∑imi⟨χi,χj⟩=mj\langle\chi_V,\chi_j\rangle=\sum_i m_i\langle\chi_i,\chi_j\rangle=m_j.

Calculer ⟨χperm,χtriv⟩\langle\chi_{\mathrm{perm}},\chi_{\mathrm{triv}}\rangle et ⟨χperm,χstd⟩\langle\chi_{\mathrm{perm}},\chi_{\mathrm{std}}\rangle.

Correction détaillée
Le résultat, et son mode d'emploi
V=⨁imiViavecmi=⟨χV,χi⟩\boxed{V=\bigoplus_i m_iV_i\qquad\text{avec}\qquad m_i=\langle\chi_V,\chi_i\rangle}

Les multiplicités se CALCULENT, sans jamais construire de sous-espace : un produit scalaire par irréductible, et c'est tout.

Sur la permutation de S3S_3, χ=(3,1,0)\chi=(3,1,0) :

C3=triviale⊕standard\boxed{\mathbb{C}^3=\text{triviale}\oplus\text{standard}}
Étape 1 — La formule

Par Maschke, V=⨁jmjVjV=\bigoplus_j m_jV_j, donc χV=∑jmjχj\chi_V=\sum_j m_j\chi_j.

Par orthonormalité (exercice E2) :

⟨χV,χi⟩=⟨∑jmjχj, χi⟩=∑jmj⟨χj,χi⟩⏟δij=mi\langle\chi_V,\chi_i\rangle=\Big\langle\sum_j m_j\chi_j,\ \chi_i\Big\rangle=\sum_j m_j\underbrace{\langle\chi_j,\chi_i\rangle}_{\delta_{ij}}=m_i
mi=⟨χV,χi⟩\boxed{m_i=\langle\chi_V,\chi_i\rangle}

👉 C'est exactement le calcul d'un coefficient de Fourier : projeter sur un vecteur d'une base orthonormée. Et cela confirme l'unicité de la décomposition — les mim_i ne dépendent que de χV\chi_V.

Étape 2 — Le calcul sur $\mathbb{C}^3$
χperm=(3, 1, 0),tailles (1,3,2)\chi_{\text{perm}}=(3,\ 1,\ 0),\qquad\text{tailles } (1,3,2)
mtriv=1⋅3⋅1+3⋅1⋅1+2⋅0⋅16=3+3+06=1m_{\text{triv}}=\frac{1\cdot 3\cdot 1+3\cdot 1\cdot 1+2\cdot 0\cdot 1}{6}=\frac{3+3+0}{6}=\mathbf{1}
msgn=1⋅3⋅1+3⋅1⋅(−1)+2⋅0⋅16=3−3+06=0m_{\text{sgn}}=\frac{1\cdot 3\cdot 1+3\cdot 1\cdot(-1)+2\cdot 0\cdot 1}{6}=\frac{3-3+0}{6}=\mathbf{0}
mstd=1⋅3⋅2+3⋅1⋅0+2⋅0⋅(−1)6=6+0+06=1m_{\text{std}}=\frac{1\cdot 3\cdot 2+3\cdot 1\cdot 0+2\cdot 0\cdot(-1)}{6}=\frac{6+0+0}{6}=\mathbf{1}
C3=1⋅triviale⊕0⋅signature⊕1⋅standard\boxed{\mathbb{C}^3=1\cdot\text{triviale}\oplus 0\cdot\text{signature}\oplus 1\cdot\text{standard}}
Étape 3 — Les deux contrôles

Contrôle des DEGRÉS :

∑imidim⁡Vi=1⋅1+0⋅1+1⋅2=3=dim⁡C3 ✓\sum_i m_i\dim V_i=1\cdot 1+0\cdot 1+1\cdot 2=3=\dim\mathbb{C}^3\ \checkmark

Contrôle des MULTIPLICITÉS :

∑imi2=1+0+1=2=⟨χperm,χperm⟩ ✓\sum_i m_i^2=1+0+1=2=\langle\chi_{\text{perm}},\chi_{\text{perm}}\rangle\ \checkmark

Contrôle par reconstitution, coordonnée par coordonnée :

(1,1,1)+(2,0,−1)=(3,1,0) ✓(1,1,1)+(2,0,-1)=(3,1,0)\ \checkmark

👉 Trois contrôles indépendants, qui échouent pour des raisons différentes — c'est ce qui rend le résultat sûr. Un seul aurait pu passer par hasard.

Ce que la méthode permet, au-delà de cet exemple
deˊcomposer une repreˊsentationun produit scalaire par irreˊductibledeˊcider l’isomorphismeχV=χW  ⟺  V≅Wdeˊcomposer un produit tensorielexercice D4compter des orbitesexercice D5 — c’est BURNSIDE\begin{array}{ll} \text{d\'ecomposer une repr\'esentation} & \text{un produit scalaire par irr\'eductible}\\ \text{d\'ecider l'isomorphisme} & \chi_V=\chi_W\iff V\cong W\\ \text{d\'ecomposer un produit tensoriel} & \text{exercice D4}\\ \text{compter des orbites} & \text{exercice D5 — c'est BURNSIDE} \end{array}

La dernière ligne mérite d'être vue : pour une représentation de permutation,

mtriv=⟨χX,1⟩=1∣G∣∑g∣Fix(g)∣=#{orbites}m_{\text{triv}}=\langle\chi_X,\mathbf 1\rangle=\frac{1}{\lvert G\rvert}\sum_g\lvert\mathrm{Fix}(g)\rvert=\#\{\text{orbites}\}
la multipliciteˊ de la TRIVIALE compte les ORBITES\boxed{\text{la multiplicit\'e de la TRIVIALE compte les ORBITES}}

Sur notre exemple : mtriv=1m_{\text{triv}}=1, et S3S_3 agit bien transitivement sur {1,2,3}\{1,2,3\} — une seule orbite ✓

👉 Le lemme de Burnside est donc un cas particulier de la décomposition en irréductibles. C'est ce que l'exercice D5 établit en toute généralité.

Réponse. mi=⟨χV,χi⟩m_i=\langle\chi_V,\chi_i\rangle ; C3=triv⊕std\mathbb{C}^3=\text{triv}\oplus\text{std} pour S3S_3. (Vérifié machine — D ✓)
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