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Exercices corrigés — Probabilités (mesure) et théorème central limite

Probabilités & Statistiques · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieur

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Probabilités (mesure) et théorème central limite Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Axiomes de Kolmogorov : la probabilité est une mesure

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer les axiomes de Kolmogorov d'un espace probabilisé (Ω,A,P)(\Omega,\mathcal{A},P). En déduire P()=0P(\varnothing)=0, P(Ac)=1P(A)P(A^c)=1-P(A) et la monotonie. Vérifier ces propriétés sur le dé équilibré Ω={1,,6}\Omega=\{1,\dots,6\}, P({ω})=16P(\{\omega\})=\tfrac16.

Indices (3)

PP est une mesure (σ-additive) avec P(Ω)=1P(\Omega)=1.

Ω=AAc\Omega=A\sqcup A^c et additivité finie.

ABB=A(BA)A\subseteq B\Rightarrow B=A\sqcup(B\setminus A).

Correction détaillée
Axiomes & conséquences

(Ω,A,P)(\Omega,\mathcal{A},P) est un espace probabilisé si A\mathcal{A} est une tribu et P:A[0,1]P:\mathcal{A}\to[0,1] vérifie P(Ω)=1P(\Omega)=1 et la σ\sigma-additivité : P ⁣(nAn)=nP(An)P\!\left(\bigsqcup_n A_n\right)=\sum_n P(A_n) pour des AnA_n deux à deux disjoints. Avec An=A_n=\varnothing (deux à deux disjoints) : P()=nP()P(\varnothing)=\sum_n P(\varnothing) ; comme P()[0,1]P(\varnothing)\in[0,1] est fini, la seule valeur possible est P()=0P(\varnothing)=0. Comme Ω=AAc\Omega=A\sqcup A^c : 1=P(Ω)=P(A)+P(Ac)1=P(\Omega)=P(A)+P(A^c), d'où P(Ac)=1P(A)P(A^c)=1-P(A). Monotonie : ABB=A(BA)A\subseteq B\Rightarrow B=A\sqcup(B\setminus A), donc P(B)=P(A)+P(BA)P(A)P(B)=P(A)+P(B\setminus A)\geq P(A) (et 0P(A)10\leq P(A)\leq1).

Vérification (dé)

P(Ω)=ω=1616=1P(\Omega)=\sum_{\omega=1}^6\tfrac16=1 ✓ ; pour A={A=\{pair}={2,4,6}\}=\{2,4,6\}, P(A)=36=12P(A)=\tfrac36=\tfrac12 et P(Ac)=12=112P(A^c)=\tfrac12=1-\tfrac12 ✓ ; {2}A\{2\}\subseteq A et 1612\tfrac16\leq\tfrac12 ✓. La probabilité est une mesure de masse 11 : on hérite de toute la théorie de la mesure (Lebesgue).

Réponse. Axiomes de Kolmogorov (PP mesure, P(Ω)=1P(\Omega)=1) ; P()=0P(\varnothing)=0, P(Ac)=1P(A)P(A^c)=1-P(A), monotonie. (Vérifié machine : P(ω)=1\sum P(\omega)=1, additivité, monotonie sur le dé — A ✓)
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Variable aléatoire, loi image, fonction de répartition

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir une variable aléatoire comme fonction mesurable et sa loi PXP_X comme mesure image. Montrer que FX(x)=P(Xx)F_X(x)=P(X\leq x) est croissante, de limites 00 et 11. Que vaut P(a<Xb)P(a<X\leq b) ?

Indices (3)

XX mesurable : {Xx}A\{X\leq x\}\in\mathcal{A}.

PX(B)=P(X1(B))P_X(B)=P(X^{-1}(B)).

{Xa}{Xb}\{X\leq a\}\subseteq\{X\leq b\} pour aba\leq b.

Correction détaillée
V.a. & loi image

Une v.a. réelle est X:(Ω,A)(R,B(R))X:(\Omega,\mathcal{A})\to(\mathbb{R},\mathcal{B}(\mathbb{R})) mesurable : X1(B)AX^{-1}(B)\in\mathcal{A} pour tout borélien BB (il suffit de {Xx}A\{X\leq x\}\in\mathcal{A} pour tout xx). Sa loi est la mesure image PX(B)=P(X1(B))=P(XB)P_X(B)=P(X^{-1}(B))=P(X\in B) : c'est une mesure de probabilité sur (R,B)(\mathbb{R},\mathcal{B}) qui contient toute l'information probabiliste de XX.

Fonction de répartition

FX(x)=P(Xx)=PX(],x])F_X(x)=P(X\leq x)=P_X(]-\infty,x]). Si aba\leq b, {Xa}{Xb}\{X\leq a\}\subseteq\{X\leq b\} donc FX(a)FX(b)F_X(a)\leq F_X(b) (croissante). Par continuité de la mesure : FX(x)0F_X(x)\to0 quand xx\to-\infty ({Xx}\{X\leq x\}\downarrow\varnothing) et 1\to1 quand x+x\to+\infty (Ω\uparrow\Omega) ; FXF_X est continue à droite. Enfin {a<Xb}={Xb}{Xa}\{a<X\leq b\}=\{X\leq b\}\setminus\{X\leq a\} donne P(a<Xb)=FX(b)FX(a)P(a<X\leq b)=F_X(b)-F_X(a).

Réponse. XX mesurable ; PXP_X mesure image ; FXF_X croissante 010\to1 ; P(a<Xb)=FX(b)FX(a)P(a<X\leq b)=F_X(b)-F_X(a). (Conclusion certifiée sur instances ; mesurabilité/loi image = relecture)
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Espérance = intégrale ∫X dP : linéarité, E[1_A]=P(A)

CalculDifficulté 3/5

Définir E[X]=ΩXdPE[X]=\int_\Omega X\,dP et rappeler la linéarité et E[1A]=P(A)E[\mathbf 1_A]=P(A). Sur le dé équilibré, calculer E[X]E[X], vérifier E[2X+3]=2E[X]+3E[2X+3]=2E[X]+3, et E[1A]=P(A)E[\mathbf 1_A]=P(A) pour A={A=\{pair}\}.

Indices (3)

E[X]=ωX(ω)P(ω)E[X]=\sum_\omega X(\omega)P(\omega) en fini.

E[1A]=ωAP(ω)=P(A)E[\mathbf 1_A]=\sum_{\omega\in A}P(\omega)=P(A).

E[X]=16(1++6)E[X]=\tfrac16(1+\dots+6).

Correction détaillée
Définition & linéarité

L'espérance est l'intégrale E[X]=ΩXdPE[X]=\int_\Omega X\,dP (au sens de Lebesgue, pour PP mesure de masse 11) ; en fini E[X]=ωX(ω)P(ω)E[X]=\sum_\omega X(\omega)P(\omega). Comme l'intégrale, elle est linéaire : E[aX+bY]=aE[X]+bE[Y]E[aX+bY]=aE[X]+bE[Y] (sans aucune hypothèse d'indépendance). L'indicatrice donne E[1A]=1AdP=P(A)E[\mathbf 1_A]=\int\mathbf 1_A\,dP=P(A) : espérer une indicatrice, c'est mesurer (cf. Lebesgue B1).

Vérification (dé)

E[X]=16(1+2+3+4+5+6)=216=72E[X]=\tfrac16(1+2+3+4+5+6)=\tfrac{21}6=\tfrac72. Linéarité : E[2X+3]=ω(2ω+3)16=272+3=10=2E[X]+3E[2X+3]=\sum_\omega(2\omega+3)\tfrac16=2\cdot\tfrac72+3=10=2E[X]+3 ✓. Indicatrice : E[1{2,4,6}]=36=12=P({E[\mathbf 1_{\{2,4,6\}}]=\tfrac36=\tfrac12=P(\{pair})\}) ✓.

Réponse. E[X]=XdPE[X]=\int X\,dP, linéaire, E[1A]=P(A)E[\mathbf 1_A]=P(A) ; dé : E[X]=72E[X]=\tfrac72, E[2X+3]=10E[2X+3]=10. (Vérifié machine : E[X]=7/2E[X]=7/2, linéarité E[2X+3]=2E[X]+3E[2X+3]=2E[X]+3, E[1A]=P(A)=1/2E[\mathbf 1_A]=P(A)=1/2 — A ✓)
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Variance, écart-type, inégalité de Bienaymé-Tchebychev

CalculDifficulté 3/5

Définir Var(X)=E[X2]E[X]2\mathrm{Var}(X)=E[X^2]-E[X]^2 et Var(aX+b)=a2Var(X)\mathrm{Var}(aX+b)=a^2\mathrm{Var}(X). Calculer Var(X)\mathrm{Var}(X) pour le dé et vérifier Var(2X+5)=4Var(X)\mathrm{Var}(2X+5)=4\,\mathrm{Var}(X). Énoncer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.

Indices (3)

Var(X)=E[(Xμ)2]=E[X2]μ2\mathrm{Var}(X)=E[(X-\mu)^2]=E[X^2]-\mu^2.

E[X2]=16k=16k2E[X^2]=\tfrac16\sum_{k=1}^6 k^2.

Tchebychev : P(Xμkσ)1k2P(|X-\mu|\geq k\sigma)\leq\tfrac1{k^2}.

Correction détaillée
Variance (dé)

E[X2]=16(1+4+9+16+25+36)=916E[X^2]=\tfrac16(1+4+9+16+25+36)=\tfrac{91}6, donc Var(X)=916(72)2=916494=18214712=3512\mathrm{Var}(X)=\tfrac{91}6-\big(\tfrac72\big)^2=\tfrac{91}6-\tfrac{49}4=\tfrac{182-147}{12}=\tfrac{35}{12}, σ=35/121,71\sigma=\sqrt{35/12}\approx1{,}71. Effet d'une transformation affine : Var(2X+5)=22Var(X)=43512=353\mathrm{Var}(2X+5)=2^2\,\mathrm{Var}(X)=4\cdot\tfrac{35}{12}=\tfrac{35}3 (le +5+5 ne change pas la dispersion).

Bienaymé-Tchebychev

P(Xμkσ)1k2\boxed{P(|X-\mu|\geq k\sigma)\leq\dfrac1{k^2}} (équivalent : P(Xμa)Var(X)a2P(|X-\mu|\geq a)\leq\tfrac{\mathrm{Var}(X)}{a^2}). Inégalité universelle (toute v.a. de variance finie) : au plus 1k2\tfrac1{k^2} de la masse est à plus de kk écarts-types de la moyenne. C'est l'outil qui démontre la loi faible des grands nombres (B5). (Vérifié sur le dé pour k=45,1,32,2k=\tfrac45,1,\tfrac32,2.)

Réponse. Var(X)=3512\mathrm{Var}(X)=\tfrac{35}{12} (dé), Var(2X+5)=353\mathrm{Var}(2X+5)=\tfrac{35}3 ; Tchebychev P(Xμkσ)1k2P(|X-\mu|\geq k\sigma)\leq\tfrac1{k^2}. (Vérifié machine : Var=35/12\mathrm{Var}=35/12, Var(2X+5)=4Var\mathrm{Var}(2X+5)=4\mathrm{Var}, Tchebychev sur instances — A ✓)
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Lois usuelles : espérance et variance

CalculDifficulté 3/5

Donner l'espérance et la variance des lois Bernoulli B(p)\mathcal{B}(p), binomiale B(n,p)\mathcal{B}(n,p), Poisson P(λ)\mathcal{P}(\lambda), uniforme U[0,1]\mathcal{U}[0,1], exponentielle E(λ)\mathcal{E}(\lambda) et normale N(μ,σ2)\mathcal{N}(\mu,\sigma^2). Vérifier E,VarE,\mathrm{Var} de B(n,p)\mathcal{B}(n,p) par décomposition en somme de Bernoulli.

Indices (3)

B(n,p)=\mathcal{B}(n,p)= somme de nn Bernoulli indépendantes.

Espérance additive ; variance additive si indépendance.

P(λ)\mathcal{P}(\lambda) : E=Var=λE=\mathrm{Var}=\lambda.

Correction détaillée
Tableau des lois

B(p)\mathcal{B}(p) : E=pE=p, Var=pq\mathrm{Var}=pq (q=1pq=1-p). B(n,p)\mathcal{B}(n,p) : npnp, npqnpq. P(λ)\mathcal{P}(\lambda) : λ\lambda, λ\lambda. U[0,1]\mathcal{U}[0,1] : 12\tfrac12, 112\tfrac1{12}. E(λ)\mathcal{E}(\lambda) : 1λ\tfrac1\lambda, 1λ2\tfrac1{\lambda^2}. N(μ,σ2)\mathcal{N}(\mu,\sigma^2) : μ\mu, σ2\sigma^2. (Tous certifiés via les fonctions caractéristiques — lot C.)

Binomiale par décomposition

XB(n,p)X\sim\mathcal{B}(n,p) s'écrit X=i=1nYiX=\sum_{i=1}^n Y_i avec YiB(p)Y_i\sim\mathcal{B}(p) indépendantes. Par linéarité E[X]=E[Yi]=npE[X]=\sum E[Y_i]=np. Les YiY_i étant indépendantes, les variances s'ajoutent : Var(X)=Var(Yi)=npq=npq\mathrm{Var}(X)=\sum\mathrm{Var}(Y_i)=n\,pq=npq. C'est exactement ce que confirme φB(n,p)=(q+peit)n=(φB(p))n\varphi_{\mathcal{B}(n,p)}=(q+pe^{it})^n=\big(\varphi_{\mathcal{B}(p)}\big)^n (C2).

Réponse. Tableau E,VarE,\mathrm{Var} des 6 lois ; B(n,p)\mathcal{B}(n,p) : E=npE=np, Var=npq\mathrm{Var}=npq (somme de Bernoulli). (Vérifié machine : E,VarE,\mathrm{Var} dérivés de φ\varphi pour les 6 lois — A/C ✓)
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Variable à densité, ∫f=1, espérance par intégrale

CalculDifficulté 3/5

Définir une v.a. à densité ff et la condition Rfdλ=1\int_\mathbb{R}f\,d\lambda=1. Pour la loi exponentielle f(x)=λeλx1x0f(x)=\lambda e^{-\lambda x}\mathbf 1_{x\geq0}, vérifier f=1\int f=1 et calculer E[X]=1λE[X]=\tfrac1\lambda, Var(X)=1λ2\mathrm{Var}(X)=\tfrac1{\lambda^2}. Quel est le lien FXfF_X\leftrightarrow f ?

Indices (3)

P(XB)=BfdλP(X\in B)=\int_B f\,d\lambda, f0f\geq0.

E[X]=xf(x)dxE[X]=\int x f(x)\,dx, E[X2]=x2fE[X^2]=\int x^2 f.

FX=fF_X'=f p.p. (Radon-Nikodym par rapport à λ\lambda).

Correction détaillée
Densité & normalisation

XX est à densité f0f\geq0 si P(XB)=BfdλP(X\in B)=\int_B f\,d\lambda ; en particulier Rfdλ=P(XR)=1\int_\mathbb{R}f\,d\lambda=P(X\in\mathbb{R})=1. Pour E(λ)\mathcal{E}(\lambda) : 0+λeλxdx=[eλx]0+=1\int_0^{+\infty}\lambda e^{-\lambda x}\,dx=\big[-e^{-\lambda x}\big]_0^{+\infty}=1 ✓. La densité est la dérivée de Radon-Nikodym f=dPXdλf=\tfrac{dP_X}{d\lambda} ; et FX(x)=xfF_X(x)=\int_{-\infty}^x f, donc FX=fF_X'=f p.p.

Espérance & variance

E[X]=0+xλeλxdx=1λE[X]=\int_0^{+\infty}x\,\lambda e^{-\lambda x}\,dx=\tfrac1\lambda (IPP) ; E[X2]=0+x2λeλxdx=2λ2E[X^2]=\int_0^{+\infty}x^2\lambda e^{-\lambda x}\,dx=\tfrac2{\lambda^2}, d'où Var(X)=2λ21λ2=1λ2\mathrm{Var}(X)=\tfrac2{\lambda^2}-\tfrac1{\lambda^2}=\tfrac1{\lambda^2}. Conforme au tableau A5 et à φE(λ)=λλit\varphi_{\mathcal{E}(\lambda)}=\tfrac\lambda{\lambda-it} (C2). L'exponentielle est sans mémoire : P(X>s+tX>s)=P(X>t)P(X>s+t\mid X>s)=P(X>t).

Réponse. Densité f=1\int f=1, FX=fF_X'=f ; exponentielle : f=1\int f=1, E=1λE=\tfrac1\lambda, Var=1λ2\mathrm{Var}=\tfrac1{\lambda^2}. (Vérifié machine : E=1/λE=1/\lambda, Var=1/λ2\mathrm{Var}=1/\lambda^2 via φ\varphi — A/C ✓)
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Indépendance d'événements et de variables

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir l'indépendance de deux événements puis de deux v.a. Sur deux dés (espace produit {1,,6}2\{1,\dots,6\}^2, équiprobable), vérifier que A={1erA=\{1^{\text{er}} dé pair}\} et B={2eB=\{2^{\text{e}}2}\leq2\} sont indépendants : P(AB)=P(A)P(B)=16P(A\cap B)=P(A)P(B)=\tfrac16.

Indices (3)

ABA\perp B : P(AB)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)P(B).

XYX\perp Y : la loi jointe se factorise pour tous les boréliens.

P(A)=12P(A)=\tfrac12, P(B)=13P(B)=\tfrac13.

Correction détaillée
Définitions

Deux événements sont indépendants si P(AB)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)\,P(B). Deux v.a. X,YX,Y sont indépendantes (XYX\perp Y) si pour tous boréliens B,CB,C : P(XB,YC)=P(XB)P(YC)P(X\in B,\,Y\in C)=P(X\in B)\,P(Y\in C), c.-à-d. la loi jointe P(X,Y)P_{(X,Y)} est le produit PXPYP_X\otimes P_Y. C'est strictement plus fort que la décorrélation.

Vérification (2 dés)

Espace produit Ω={1,,6}2\Omega=\{1,\dots,6\}^2, P=136P=\tfrac1{36} uniforme. A={1er pair}A=\{1\text{er pair}\} : P(A)=1836=12P(A)=\tfrac{18}{36}=\tfrac12. B={2e2}B=\{2\text{e}\leq2\} : P(B)=1236=13P(B)=\tfrac{12}{36}=\tfrac13. AB={1er pair et 2e2}A\cap B=\{1\text{er pair \textbf{et} }2\text{e}\leq2\} : 3×2=63\times2=6 issues, P(AB)=636=16=1213P(A\cap B)=\tfrac6{36}=\tfrac16=\tfrac12\cdot\tfrac13 ✓. Les deux dés n'interagissent pas : indépendance.

Réponse. ABA\perp B : P(AB)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)P(B) ; 2 dés : 16=1213\tfrac16=\tfrac12\cdot\tfrac13. (Vérifié machine : P(AB)=P(A)P(B)=1/6P(A\cap B)=P(A)P(B)=1/6 — B ✓)
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E[XY]=E[X]E[Y] et Var(X+Y)=Var X+Var Y si indépendance

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que XYE[XY]=E[X]E[Y]X\perp Y\Rightarrow E[XY]=E[X]E[Y], puis Var(X+Y)=Var(X)+Var(Y)\mathrm{Var}(X+Y)=\mathrm{Var}(X)+\mathrm{Var}(Y). Vérifier sur deux dés : E[XY]=494E[XY]=\tfrac{49}4, Var(X+Y)=356\mathrm{Var}(X+Y)=\tfrac{35}6.

Indices (3)

Factorisation de la loi jointe (Fubini) E[XY]=E[X]E[Y]\Rightarrow E[XY]=E[X]E[Y].

Var(X+Y)=VarX+VarY+2Cov(X,Y)\mathrm{Var}(X+Y)=\mathrm{Var}X+\mathrm{Var}Y+2\,\mathrm{Cov}(X,Y).

Cov(X,Y)=E[XY]E[X]E[Y]=0\mathrm{Cov}(X,Y)=E[XY]-E[X]E[Y]=0 si \perp.

Correction détaillée
Produit & variance d'une somme

Si XYX\perp Y, la loi jointe se factorise, donc par Fubini E[XY]=xydPXdPY=(xdPX)(ydPY)=E[X]E[Y]E[XY]=\iint xy\,dP_X\,dP_Y=\big(\int x\,dP_X\big)\big(\int y\,dP_Y\big)=E[X]E[Y]. En général Var(X+Y)=Var(X)+Var(Y)+2Cov(X,Y)\mathrm{Var}(X+Y)=\mathrm{Var}(X)+\mathrm{Var}(Y)+2\,\mathrm{Cov}(X,Y) ; or Cov(X,Y)=E[XY]E[X]E[Y]=0\mathrm{Cov}(X,Y)=E[XY]-E[X]E[Y]=0 sous indépendance, d'où Var(X+Y)=Var(X)+Var(Y)\boxed{\mathrm{Var}(X+Y)=\mathrm{Var}(X)+\mathrm{Var}(Y)}. (Les variances s'ajoutent — clé du facteur n\sqrt n du TCL.)

Vérification (2 dés)

E[X]=E[Y]=72E[X]=E[Y]=\tfrac72, indépendants : E[XY]=7272=494E[XY]=\tfrac72\cdot\tfrac72=\tfrac{49}4 ✓ (calcul direct i,jij136=494\sum_{i,j}ij\tfrac1{36}=\tfrac{49}4). Var(X)=Var(Y)=3512\mathrm{Var}(X)=\mathrm{Var}(Y)=\tfrac{35}{12}, donc Var(X+Y)=3512+3512=356\mathrm{Var}(X+Y)=\tfrac{35}{12}+\tfrac{35}{12}=\tfrac{35}6 ✓ (et E[X+Y]=7E[X+Y]=7).

Réponse. XYE[XY]=E[X]E[Y]X\perp Y\Rightarrow E[XY]=E[X]E[Y], Var(X+Y)=VarX+VarY\mathrm{Var}(X+Y)=\mathrm{Var}X+\mathrm{Var}Y ; 2 dés : 494\tfrac{49}4, 356\tfrac{35}6. (Vérifié machine : E[XY]=49/4E[XY]=49/4, Var(X+Y)=35/6\mathrm{Var}(X+Y)=35/6, Cov=0\mathrm{Cov}=0 — B ✓)
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Covariance, corrélation, décorrélation n'est pas indépendance

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir Cov(X,Y)\mathrm{Cov}(X,Y) et ρ(X,Y)[1,1]\rho(X,Y)\in[-1,1]. Montrer ρ(X,7X)=1\rho(X,7-X)=-1 (deux dés). Donner un contre-exemple de v.a. décorrélées mais dépendantes.

Indices (3)

ρ=Cov(X,Y)σXσY\rho=\tfrac{\mathrm{Cov}(X,Y)}{\sigma_X\sigma_Y}, ρ1|\rho|\leq1 (Cauchy-Schwarz).

Y=7XY=7-X est affine décroissante de XX.

Prendre Y=X2Y=X^2 avec XX symétrique.

Correction détaillée
Covariance & corrélation

Cov(X,Y)=E[(XEX)(YEY)]=E[XY]E[X]E[Y]\mathrm{Cov}(X,Y)=E[(X-EX)(Y-EY)]=E[XY]-E[X]E[Y] ; le coefficient de corrélation ρ(X,Y)=Cov(X,Y)σXσY\rho(X,Y)=\tfrac{\mathrm{Cov}(X,Y)}{\sigma_X\sigma_Y} vérifie ρ1|\rho|\leq1 (Cauchy-Schwarz), avec ρ=1|\rho|=1 ssi YY est une fonction affine de XX. Pour Z=7XZ=7-X : Cov(X,7X)=Var(X)\mathrm{Cov}(X,7-X)=-\mathrm{Var}(X) et σZ=σX\sigma_Z=\sigma_X, donc ρ=Var(X)σX2=1\rho=\tfrac{-\mathrm{Var}(X)}{\sigma_X^2}=-1 (anticorrélation parfaite, ZZ affine décroissante de XX).

Décorrélé ≠ indépendant

Soit XX uniforme sur {1,0,1}\{-1,0,1\} et Y=X2Y=X^2. Alors E[XY]=E[X3]=0=E[X]E[Y]E[XY]=E[X^3]=0=E[X]E[Y] (car E[X]=0E[X]=0) : Cov(X,Y)=0\mathrm{Cov}(X,Y)=0, décorrélées. Pourtant YY est fonction de XX (donc très dépendantes) : P(Y=0X=0)=1P(Y=0)=13P(Y=0\mid X=0)=1\neq P(Y=0)=\tfrac13. La corrélation ne mesure que la dépendance linéaire : ρ=0⇏\rho=0\not\Rightarrow indépendance (la réciproque ne vaut que pour les vecteurs gaussiens).

Réponse. ρ[1,1]\rho\in[-1,1] ; ρ(X,7X)=1\rho(X,7-X)=-1 ; décorrélé ⇏\not\Rightarrow indépendant (Y=X2Y=X^2). (Vérifié machine : ρ(X,7X)=1\rho(X,7-X)=-1, ρ1|\rho|\leq1 Cauchy-Schwarz — B ✓)
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Modes de convergence d'une suite de variables aléatoires

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir les convergences presque sûre, en probabilité, en loi et en moyenne quadratique (L2L^2). Donner les implications entre elles. Laquelle intervient dans la loi des grands nombres ? dans le TCL ?

Indices (3)

p.s. : P(XnX)=1P(X_n\to X)=1 ; proba : P(XnX>ε)0P(|X_n-X|>\varepsilon)\to0.

L2L^2 : E[(XnX)2]0E[(X_n-X)^2]\to0 ; loi : FXnFXF_{X_n}\to F_X aux points de continuité.

p.s. ou L2L^2 \Rightarrow proba \Rightarrow loi.

Correction détaillée
Quatre modes

XnXX_n\to X presque sûrement si P({ω:Xn(ω)X(ω)})=1P(\{\omega:X_n(\omega)\to X(\omega)\})=1 ; en probabilité si ε, P(XnX>ε)0\forall\varepsilon,\ P(|X_n-X|>\varepsilon)\to0 ; dans L2L^2 si E[(XnX)2]0E[(X_n-X)^2]\to0 ; en loi si FXn(x)FX(x)F_{X_n}(x)\to F_X(x) en tout point de continuité de FXF_X (de façon équivalente φXnφX\varphi_{X_n}\to\varphi_X, Lévy).

Hiérarchie & emploi

p.s.probaloi\boxed{\text{p.s.}\Rightarrow\text{proba}\Rightarrow\text{loi}} et L2proba\boxed{L^2\Rightarrow\text{proba}} (Markov : P(XnX>ε)ε2E[(XnX)2]P(|X_n-X|>\varepsilon)\leq\varepsilon^{-2}E[(X_n-X)^2]). Les réciproques sont fausses (la convergence en loi vers une constante équivaut à celle en probabilité ; sinon « bosse glissante », cf. Lebesgue D6). La loi faible des grands nombres est une convergence en probabilité, la loi forte une convergence presque sûre ; le TCL est une convergence en loi (la plus faible — c'est la forme de la fluctuation qui converge, pas les valeurs).

Réponse. p.s. \Rightarrow proba \Rightarrow loi ; L2L^2\Rightarrow proba ; LGN faible/forte = proba/p.s., TCL = loi. (Conclusion certifiée sur instances ; hiérarchie générale = relecture)
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Loi faible des grands nombres par Bienaymé-Tchebychev

DémonstrationDifficulté 3/5

Démontrer la loi FAIBLE des grands nombres : pour XiX_i i.i.d. de moyenne μ\mu et variance σ2<\sigma^2<\infty, Xn=1nXiμ\overline{X}_n=\tfrac1n\sum X_i\to\mu en probabilité. Préciser la vitesse fournie par Tchebychev.

Indices (3)

E[Xn]=μE[\overline{X}_n]=\mu, Var(Xn)=σ2n\mathrm{Var}(\overline{X}_n)=\tfrac{\sigma^2}n.

Appliquer Tchebychev à Xn\overline{X}_n.

P(Xnμε)σ2nε2P(|\overline{X}_n-\mu|\geq\varepsilon)\leq\tfrac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}.

Correction détaillée
Espérance et variance de la moyenne

Par linéarité E[Xn]=1nE[Xi]=μE[\overline{X}_n]=\tfrac1n\sum E[X_i]=\mu. Les XiX_i étant indépendantes, les variances s'ajoutent : Var(Xn)=1n2Var(Xi)=nσ2n2=σ2n\mathrm{Var}(\overline{X}_n)=\tfrac1{n^2}\sum\mathrm{Var}(X_i)=\tfrac{n\sigma^2}{n^2}=\tfrac{\sigma^2}n. La dispersion de la moyenne décroît comme 1n\tfrac1n.

Conclusion (Tchebychev)

Bienaymé-Tchebychev appliqué à Xn\overline{X}_n (moyenne μ\mu, variance σ2n\tfrac{\sigma^2}n) : P(Xnμε)σ2nε2n0\boxed{P(|\overline{X}_n-\mu|\geq\varepsilon)\leq\dfrac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}\xrightarrow[n\to\infty]{}0} pour tout ε>0\varepsilon>0. C'est la convergence en probabilité Xnμ\overline{X}_n\to\mu : la loi faible. Vitesse en 1n\tfrac1n sur la probabilité (grossière ; le TCL affine en 1n\tfrac1{\sqrt n} sur l'échelle des fluctuations). La loi forte (convergence p.s.) est plus profonde et admise (B6).

Réponse. Var(Xn)=σ2n\mathrm{Var}(\overline{X}_n)=\tfrac{\sigma^2}n ; P(Xnμε)σ2nε20P(|\overline{X}_n-\mu|\geq\varepsilon)\leq\tfrac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}\to0 (loi faible). (Vérifié sur instances : Tchebychev, Var(Xn)1/n\mathrm{Var}(\overline{X}_n)\propto1/n ; Monte-Carlo — B ✓)
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Loi forte (ADMIS) et méthode de Monte-Carlo

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer la loi FORTE des grands nombres (Kolmogorov). Expliquer comment elle justifie la méthode de Monte-Carlo et estimer π\pi par tirage de points dans le carré. Quelle est la vitesse de l'erreur ?

Indices (3)

Xnμ\overline{X}_n\to\mu presque sûrement (si EX<E|X|<\infty).

Monte-Carlo : E[g(U)]1Ng(Ui)E[g(U)]\approx\tfrac1N\sum g(U_i).

Erreur σN\sim\tfrac{\sigma}{\sqrt N} (TCL).

Correction détaillée
Loi forte (ADMIS) & Monte-Carlo

LFGN (Kolmogorov, ADMIS). Xi i.i.d., EX<XnE[X] presque suˆrement.\boxed{\textbf{LFGN (Kolmogorov, ADMIS).}\ X_i\ \text{i.i.d.},\ E|X|<\infty\Rightarrow\overline{X}_n\to E[X]\ \text{presque sûrement.}} Pour estimer I=E[g(U)]=gI=E[g(U)]=\int g : on tire U1,,UNU_1,\dots,U_N i.i.d. et on pose I^N=1Nig(Ui)\widehat I_N=\tfrac1N\sum_i g(U_i) ; la loi forte garantit I^NI\widehat I_N\to I p.s. Estimation de π\pi : tirer (x,y)(x,y) uniformes dans [0,1]2[0,1]^2 ; la proportion tombant dans le quart de disque x2+y2<1x^2+y^2<1 tend vers son aire π4\tfrac\pi4, donc 4×(proportion)π4\times(\text{proportion})\to\pi. (Vérifié sur instances, graine fixe : π3,1377\pi\approx3{,}1377 pour N=106N=10^6.)

Vitesse

L'erreur I^NI\widehat I_N-I a un écart-type σN\tfrac{\sigma}{\sqrt N} : la précision ne gagne qu'un facteur 1010 pour 100×100\times plus de tirages (lent, mais indépendant de la dimension — d'où l'usage en grande dimension). Le TCL précise la loi de cette erreur : N(I^NI)N(0,σ2)\sqrt N(\widehat I_N-I)\to\mathcal{N}(0,\sigma^2), ce qui donne des intervalles de confiance (E5). Vérifié : doubler... quadrupler NN divise l'écart-type par 22 (1N\propto\tfrac1{\sqrt N}).

Réponse. LFGN (p.s., ADMIS) justifie Monte-Carlo ; π3,14\pi\approx3{,}14 ; erreur σN\sim\tfrac\sigma{\sqrt N}. (LFGN ADMIS ; Monte-Carlo vérifié sur instances : π3,1377\pi\approx3{,}1377, erreur 1/N\propto1/\sqrt N — B ✓)
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Énoncé du théorème central limite

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer précisément le théorème central limite (hypothèses comprises). Que signifie la convergence ? Pourquoi le facteur de normalisation est-il σn\sigma\sqrt n ? Préciser le statut de vérification.

Indices (3)

XiX_i i.i.d., E[X]=μE[X]=\mu, 0<Var(X)=σ2<0<\mathrm{Var}(X)=\sigma^2<\infty.

Sn=SnnμσnN(0,1)S_n^\ast=\tfrac{S_n-n\mu}{\sigma\sqrt n}\to\mathcal{N}(0,1) en loi.

Var(Sn)=nσ2\mathrm{Var}(S_n)=n\sigma^2 donne l'échelle n\sqrt n.

Correction détaillée
Énoncé (ADMIS)

TCL (ADMIS). X1,X2, i.i.d., μ=E[X], σ2=Var(X)]0,[  Sn=SnnμσnnloiN(0,1)\boxed{\textbf{TCL (ADMIS).}\ X_1,X_2,\dots\ \text{i.i.d.},\ \mu=E[X],\ \sigma^2=\mathrm{Var}(X)\in\,]0,\infty[\ \Rightarrow\ S_n^\ast=\dfrac{S_n-n\mu}{\sigma\sqrt n}\xrightarrow[n\to\infty]{\text{loi}}\mathcal{N}(0,1)}Sn=X1++XnS_n=X_1+\dots+X_n. Convergence en loi : P(Snx)Φ(x)P(S_n^\ast\leq x)\to\Phi(x) pour tout xx (Φ\Phi = répartition de N(0,1)\mathcal{N}(0,1)). De façon équivalente n(Xnμ)N(0,σ2)\sqrt n\,(\overline{X}_n-\mu)\to\mathcal{N}(0,\sigma^2).

Échelle √n & universalité

Var(Sn)=nσ2\mathrm{Var}(S_n)=n\sigma^2 (variances additives), donc σ(Sn)=σn\sigma(S_n)=\sigma\sqrt n : c'est la bonne échelle pour stabiliser la fluctuation (avec nμn\mu pour centrer). Le fait remarquable : la loi limite est toujours N(0,1)\mathcal{N}(0,1), quelle que soit la loi des XiX_i (variance finie) — la cloche de Gauss est un attracteur universel. La preuve se fait par les fonctions caractéristiques (φSnet2/2\varphi_{S_n^\ast}\to e^{-t^2/2}, lot C5) et le théorème de continuité de Lévy (ADMIS).

Réponse. TCL : Sn=SnnμσnN(0,1)S_n^\ast=\tfrac{S_n-n\mu}{\sigma\sqrt n}\to\mathcal{N}(0,1) en loi (i.i.d., variance finie). (TCL ADMIS — preuve par φ\varphi certifiée jusqu'à Lévy ; convergence KS vérifiée sur instances — E)
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Approximation normale : de Moivre-Laplace, Poisson, continuité

CalculDifficulté 3/5

Déduire du TCL l'approximation B(n,p)N(np,npq)\mathcal{B}(n,p)\approx\mathcal{N}(np,npq). L'appliquer à XB(100;0,5)X\sim\mathcal{B}(100;0{,}5) pour estimer P(40X60)P(40\leq X\leq60) avec correction de continuité. Quand l'approximation est-elle valable ?

Indices (3)

B(n,p)\mathcal{B}(n,p) = somme de nn Bernoulli i.i.d.

Centrer-réduire : Z=XnpnpqZ=\tfrac{X-np}{\sqrt{npq}}.

Correction ±12\pm\tfrac12 pour une loi entière ; lire Φ\Phi.

Correction détaillée
De Moivre-Laplace

B(n,p)\mathcal{B}(n,p) est une somme de nn Bernoulli i.i.d. : par le TCL, XnpnpqN(0,1)\tfrac{X-np}{\sqrt{npq}}\to\mathcal{N}(0,1), soit B(n,p)N(np,npq)\mathcal{B}(n,p)\approx\mathcal{N}(np,npq) (de Moivre-Laplace). De même P(λ)N(λ,λ)\mathcal{P}(\lambda)\approx\mathcal{N}(\lambda,\lambda) pour λ\lambda grand (somme de Poisson). Validité usuelle : np5np\geq5 et nq5nq\geq5.

Calcul avec correction

Ici np=50np=50, npq=25=5\sqrt{npq}=\sqrt{25}=5. Correction de continuité (loi entière approchée par une densité) : P(40X60)P(39,5Y60,5)P(40\leq X\leq60)\approx P(39{,}5\leq Y\leq60{,}5) avec YN(50,25)Y\sim\mathcal{N}(50,25). Bornes réduites : 60,5505=2,1\tfrac{60{,}5-50}5=2{,}1 et 39,5505=2,1\tfrac{39{,}5-50}5=-2{,}1, d'où Φ(2,1)Φ(2,1)=2Φ(2,1)12(0,9821)1=0,9642\Phi(2{,}1)-\Phi(-2{,}1)=2\Phi(2{,}1)-1\approx2(0{,}9821)-1=0{,}9642. Sans correction (±2,0\pm2{,}0) on aurait 2Φ(2)10,95452\Phi(2)-1\approx0{,}9545 : la correction de continuité affine l'estimation d'une loi discrète.

Réponse. B(n,p)N(np,npq)\mathcal{B}(n,p)\approx\mathcal{N}(np,npq) ; P(40X60)0,96P(40\leq X\leq60)\approx0{,}96 (correction de continuité). (TCL ADMIS ; mécanisme φB(n,p)=(q+peit)n\varphi_{\mathcal{B}(n,p)}=(q+pe^{it})^n certifié — A/C ✓ ; valeurs de Φ\Phi = table)
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Vitesse de convergence : inégalité de Berry-Esseen

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer l'inégalité de Berry-Esseen quantifiant l'erreur du TCL. Sur la somme de nn variables de Rademacher (±1\pm1), donner l'ordre de supxFSn(x)Φ(x)\sup_x|F_{S_n^\ast}(x)-\Phi(x)| pour n=10,100n=10,100.

Indices (3)

supxFnΦCρσ3n\sup_x|F_n-\Phi|\leq\tfrac{C\rho}{\sigma^3\sqrt n}, ρ=EXμ3\rho=E|X-\mu|^3.

C0,4748C\leq0{,}4748 (constante optimale ADMIS).

Rademacher : σ=1\sigma=1, ρ=1\rho=1 \Rightarrow borne 0,4748/n0{,}4748/\sqrt n.

Correction détaillée
Énoncé (constante ADMIS)

Berry-Esseen. supxFSn(x)Φ(x)Cρσ3n,ρ=EXμ3.\boxed{\textbf{Berry-Esseen.}\ \sup_x|F_{S_n^\ast}(x)-\Phi(x)|\leq\dfrac{C\,\rho}{\sigma^3\sqrt n},\quad\rho=E|X-\mu|^3.} L'erreur uniforme du TCL décroît en 1n\tfrac1{\sqrt n} ; la constante optimale C0,4748C\leq0{,}4748 est admise (sa valeur exacte est un problème d'analyse fine).

Rademacher

Pour X=±1X=\pm1 équiprobable : μ=0\mu=0, σ=1\sigma=1, ρ=EX3=1\rho=E|X|^3=1, donc la borne vaut 0,4748n\tfrac{0{,}4748}{\sqrt n}. On calcule Sn=XiS_n=\sum X_i exactement par convolution (loi ±\pm, masses binomiales) : supxFSnΦ0,123\sup_x|F_{S_n^\ast}-\Phi|\approx0{,}123 pour n=10n=10 et 0,040\approx0{,}040 pour n=100n=100, toujours sous la borne (0,1500{,}150 et 0,0470{,}047). La convergence est lente — d'où l'intérêt de la quantifier. (Vérifié sur instance exacte n=10,20,50,100n=10,20,50,100.)

Réponse. Berry-Esseen : supFnΦ0,4748ρσ3n\sup|F_n-\Phi|\leq\tfrac{0{,}4748\,\rho}{\sigma^3\sqrt n} ; Rademacher 0,12\approx0{,}12 (n=10n{=}10), 0,040{,}04 (n=100n{=}100). (Constante optimale ADMIS ; bornes vérifiées sur convolution exacte — E ✓)
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Intervalle de confiance et fluctuation par le TCL

CalculDifficulté 3/5

Construire, par le TCL, un intervalle de confiance asymptotique à 95%95\% pour une proportion pp estimée par p^=Snn\widehat p=\tfrac{S_n}n (SnB(n,p)S_n\sim\mathcal{B}(n,p)). Application : sondage p^=0,52\widehat p=0{,}52 sur n=1000n=1000. Quel lien avec l'intervalle de fluctuation ?

Indices (3)

p^pp(1p)/nN(0,1)\tfrac{\widehat p-p}{\sqrt{p(1-p)/n}}\to\mathcal{N}(0,1).

1,961{,}96 = quantile à 97,5%97{,}5\% de N(0,1)\mathcal{N}(0,1).

Marge 1n\approx\tfrac1{\sqrt n} (majorant p(1p)14p(1-p)\leq\tfrac14).

Correction détaillée
IC par le TCL

Par de Moivre-Laplace, p^pp(1p)/nN(0,1)\tfrac{\widehat p-p}{\sqrt{p(1-p)/n}}\approx\mathcal{N}(0,1). Comme P(Z1,96)=0,95P(|Z|\leq1{,}96)=0{,}95, on obtient l'IC asymptotique à 95%95\% p^±1,96p^(1p^)n\boxed{\widehat p\pm1{,}96\sqrt{\tfrac{\widehat p(1-\widehat p)}n}} (on remplace pp par p^\widehat p — justifié par Slutsky). La majoration p(1p)14p(1-p)\leq\tfrac14 donne l'IC simplifié p^±0,98np^±1n\widehat p\pm\tfrac{0{,}98}{\sqrt n}\approx\widehat p\pm\tfrac1{\sqrt n}.

Application & fluctuation

n=1000n=1000, p^=0,52\widehat p=0{,}52 : 1,960,520,4810001,960,01580,0311{,}96\sqrt{\tfrac{0{,}52\cdot0{,}48}{1000}}\approx1{,}96\cdot0{,}0158\approx0{,}031, IC [0,489;0,551]\approx[0{,}489\,;\,0{,}551] (le seuil 0,50{,}5 est dedans : on ne peut conclure à une majorité). L'intervalle de fluctuation est le dual : à pp connu, p^[p±1,96p(1p)n]\widehat p\in\big[p\pm1{,}96\sqrt{\tfrac{p(1-p)}n}\big] avec probabilité 0,95\approx0{,}95 — l'IC inverse ce raisonnement pour encadrer pp à partir de p^\widehat p.

Réponse. IC à 95%95\% : p^±1,96p^(1p^)/n\widehat p\pm1{,}96\sqrt{\widehat p(1-\widehat p)/n} ; 0,52±0,0310{,}52\pm0{,}031. (TCL ADMIS ; mécanisme certifié ; quantile 1,961{,}96 = table — E)
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Erreur de Monte-Carlo en 1/√N (c'est le TCL)

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que l'erreur d'une estimation de Monte-Carlo I^N=1Ng(Ui)\widehat I_N=\tfrac1N\sum g(U_i) est de l'ordre de σN\tfrac{\sigma}{\sqrt N}, et que sa loi est gaussienne (TCL). En déduire un IC pour I^N\widehat I_N et expliquer pourquoi « quadrupler NN divise l'erreur par 22 ».

Indices (3)

Var(I^N)=σ2N\mathrm{Var}(\widehat I_N)=\tfrac{\sigma^2}N (σ2=Var(g(U))\sigma^2=\mathrm{Var}(g(U))).

TCL : N(I^NI)N(0,σ2)\sqrt N(\widehat I_N-I)\to\mathcal{N}(0,\sigma^2).

14N=121N\tfrac1{\sqrt{4N}}=\tfrac12\tfrac1{\sqrt N}.

Correction détaillée
Loi de l'erreur

Les g(Ui)g(U_i) sont i.i.d. de moyenne II et variance σ2\sigma^2 ; donc E[I^N]=IE[\widehat I_N]=I et Var(I^N)=σ2N\mathrm{Var}(\widehat I_N)=\tfrac{\sigma^2}N, soit un écart-type σN\tfrac{\sigma}{\sqrt N}. Le TCL donne la forme : N(I^NI)loiN(0,σ2)\sqrt N(\widehat I_N-I)\xrightarrow{\text{loi}}\mathcal{N}(0,\sigma^2). On estime σ\sigma par l'écart-type empirique σ^\widehat\sigma (Slutsky), d'où l'IC à 95%95\% I^N±1,96σ^N\widehat I_N\pm1{,}96\,\tfrac{\widehat\sigma}{\sqrt N} — c'est ainsi qu'un calcul Monte-Carlo rapporte une barre d'erreur.

Vitesse en 1/√N

σ4N=12σN\tfrac{\sigma}{\sqrt{4N}}=\tfrac12\cdot\tfrac{\sigma}{\sqrt N} : quadrupler le nombre de tirages ne divise l'erreur que par 22. Vérifié sur instances (graine fixe) : l'écart-type des moyennes pour NN et 4N4N est dans un rapport 2\approx2. Convergence lente (un chiffre significatif coûte ×100\times100), mais insensible à la dimension : c'est l'atout de Monte-Carlo en intégration de grande dimension.

Réponse. Erreur Monte-Carlo σN\sim\tfrac\sigma{\sqrt N}, gaussienne (TCL) ; IC I^N±1,96σ^N\widehat I_N\pm1{,}96\tfrac{\widehat\sigma}{\sqrt N} ; ×4\times4 tirages \Rightarrow erreur ÷2\div2. (Vérifié sur instances : erreur 1/N\propto1/\sqrt N, sd(N)/sd(4N)2\mathrm{sd}(N)/\mathrm{sd}(4N)\approx2 — E ✓)
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Convergence empirique vers Φ : distance de Kolmogorov-Smirnov

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir la distance de Kolmogorov-Smirnov Dn=supxFn(x)Φ(x)D_n=\sup_x|F_n(x)-\Phi(x)| entre la répartition empirique de sommes standardisées et Φ\Phi. Sur des sommes de 3030 uniformes standardisées, donner l'ordre de DD et interpréter.

Indices (3)

FnF_n = répartition empirique (escalier) de MM tirages.

Dn=supxFn(x)Φ(x)D_n=\sup_x|F_n(x)-\Phi(x)| (écart uniforme).

Petit DD \Rightarrow l'histogramme épouse la cloche.

Correction détaillée
Distance KS

Pour MM réalisations indépendantes de la somme standardisée S=i=130Ui301230/12S^\ast=\tfrac{\sum_{i=1}^{30}U_i-30\cdot\frac12}{\sqrt{30/12}}, la répartition empirique FM(x)=1M#{j:Sjx}F_M(x)=\tfrac1M\#\{j:S_j^\ast\leq x\} approche Φ\Phi. La distance de Kolmogorov-Smirnov D=supxFM(x)Φ(x)D=\sup_x|F_M(x)-\Phi(x)| mesure l'écart uniforme : c'est la statistique du test d'adéquation à la loi normale.

Instance & interprétation

Pour M=20000M=20\,000 sommes de n=30n=30 uniformes, on trouve (graine fixe) D0,0102D\approx0{,}0102, bien sous 0,030{,}03 : dès n=30n=30, la somme standardisée est visuellement N(0,1)\mathcal{N}(0,1) — c'est la règle empirique « n30n\geq30 » des statisticiens, et une illustration directe du TCL (la loi des UiU_i, pourtant plate, devient gaussienne après sommation/standardisation). (Le théorème de Glivenko-Cantelli garantit FMΦF_M\to\Phi uniformément p.s. à nn fixé, MM\to\infty ; ici on combine avec la proximité SN(0,1)S^\ast\approx\mathcal{N}(0,1) du TCL.)

Réponse. D=supxFMΦD=\sup_x|F_M-\Phi| ; somme de 3030 uniformes : D0,01<0,03D\approx0{,}01<0{,}03 (TCL visible dès n=30n=30). (Vérifié sur instances : KS =0,0102=0{,}0102 — E ✓)
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S'entraîner davantage sur probabilités (mesure) et théorème central limite

18 exercices d'entraînement supplémentaires sur ce chapitre, plus le palier approfondissement, les quiz, le tuteur IA et les PDF à imprimer — dans l'app Maths Post-Bac.