Axiomes de Kolmogorov : la probabilité est une mesure
Énoncer les axiomes de Kolmogorov d'un espace probabilisé
Indices (3)
Correction détaillée
Un espace probabilisé est un triplet
👉 Tout le chapitre repose sur cette identification : les théorèmes de la théorie de la mesure — convergence dominée, Fubini, Radon-Nikodym — deviennent des outils probabilistes.
Une série de terme constant converge seulement si ce terme est nul :
MONOTONIE. Si
Sur un
👉 C'est pourquoi le dé est l'exemple de contrôle idéal : tout s'y calcule exactement, et les formules générales s'y vérifient à la main.
L'additivité FINIE ne suffit pas — elle ne permet pas de passer à la limite.
Cette continuité croissante est ÉQUIVALENTE à (K3) en présence de l'additivité finie, et c'est elle qu'on emploie constamment :
👉 Sans
Sur un
Ce chapitre est CALCULATOIRE-FIRST : il ancre chaque notion sur un cas fini où tout se vérifie, et étiquette honnêtement les théorèmes profonds qu'il admet.
👉 Le lecteur doit savoir où il se tient : ce qu'il peut refaire lui-même, et ce qu'il prend pour acquis. Les exercices C4, D2 et D5 portent explicitement cette distinction.
Variable aléatoire, loi image, fonction de répartition
Définir une variable aléatoire comme fonction mesurable et sa loi
Indices (3)
Correction détaillée
C'est exactement ce qu'il faut pour que
Il suffit de le vérifier sur les
C'est une PROBABILITÉ sur
et la
👉 Toute l'information probabiliste de
CROISSANTE : si
LIMITES : par continuité de la mesure le long des suites monotones,
CONTINUE À DROITE :
👉 La continuité à droite vient du choix de
Union disjointe, donc par additivité :
Sur le dé :
Contrôle direct :
⚠️ Les SAUTS de
Espérance = intégrale ∫X dP : linéarité, E[1_A]=P(A)
Définir
Indices (3)
Correction détaillée
L'espérance est une INTÉGRALE — au sens de Lebesgue, contre la mesure
👉 Une seule définition, deux formules — c'est tout le bénéfice de la théorie de la mesure. Avant Lebesgue, discret et continu demandaient deux théories séparées.
LINÉARITÉ — c'est celle de l'intégrale :
⚠️ Elle ne demande AUCUNE hypothèse d'indépendance — c'est ce qui la rend si commode, et c'est la différence essentielle avec la variance (exercice B2).
L'INDICATRICE :
👉 C'est le pont qui permet de traduire un énoncé ensembliste en énoncé d'espérance — et c'est ce qu'emploient Markov (exercice D4) et Borel-Cantelli (exercice D3).
⚠️
Vérification de la linéarité :
Le théorème de TRANSFERT est celui qu'on emploie sans y penser :
👉 Il permet de calculer avec la LOI, sans jamais revenir à
⚠️
Variance, écart-type, inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Définir
Indices (3)
Tchebychev :
Correction détaillée
La variance mesure la DISPERSION ; l'inégalité la transforme en majoration de probabilité, et c'est elle qui démontrera la loi faible des grands nombres.
Par linéarité (exercice A3) :
Et
👉 C'est un cas particulier de l'inégalité de Jensen (exercice D4), avec la fonction convexe
👉 La translation
Vérification de la transformation affine :
Démonstration, par Markov (exercice D4) appliqué à
Sur le dé, avec
Valeur RÉELLE :
👉 Tchebychev est grossière, et c'est assumé : elle ne suppose rien sur la loi, seulement l'existence de la variance. C'est cette universalité qui la rend précieuse — la loi faible des grands nombres (exercice B5) s'en déduit sans hypothèse de forme.
Lois usuelles : espérance et variance
Donner l'espérance et la variance des lois Bernoulli
Indices (3)
Espérance additive ; variance additive si indépendance.
Correction détaillée
La ligne de Poisson est remarquable : espérance et variance coïncident. C'est une signature de cette loi — nécessaire mais pas suffisante : la loi uniforme sur
Bernoulli :
👉
Binomiale :
⚠️ L'asymétrie est le point à retenir : l'espérance s'additionne toujours, la variance seulement sous indépendance (exercice B2).
Pour la variance, on passe par le moment FACTORIEL — plus simple que
👉 Le passage par
Uniforme
Exponentielle, densité
Contrôle dimensionnel :
👉 C'est le premier diagnostic d'un statisticien devant des données de comptage — et il ne coûte qu'une division.
⚠️ La loi de CAUCHY n'a ni espérance ni variance :
Variable à densité, ∫f=1, espérance par intégrale
Définir une v.a. à densité
Indices (3)
Correction détaillée
La seconde condition n'est pas décorative : c'est
Conséquence immédiate :
Positive ✓ (produit de deux quantités positives)
D'intégrale
La fonction de répartition :
Contrôles :
IPP avec
Le crochet est NUL :
Et de même :
Démonstration, avec
👉 L'exponentielle « oublie » son passé — une ampoule qui a déjà duré
Son analogue discret est la loi GÉOMÉTRIQUE — même propriété, même caractérisation.
Une seule définition —
👉 Le théorème de RADON-NIKODYM (admis) dit exactement quand une loi a une densité : quand elle est absolument continue par rapport à Lebesgue, c'est-à-dire quand tout ensemble de mesure nulle est de probabilité nulle.
Et il existe des lois d'AUCUN des deux types : la loi de l'escalier de Cantor est continue — sans atome — et pourtant sans densité. Elle est portée par un ensemble de mesure de Lebesgue nulle.
Indépendance d'événements et de variables
Définir l'indépendance de deux événements puis de deux v.a. Sur deux dés (espace produit
Indices (3)
Correction détaillée
La seconde est bien plus forte : elle exige l'indépendance de tous les événements construits sur
👉 La raison de fond :
Sur le MÊME dé (un seul lancer) :
Ils sont INDÉPENDANTS, alors qu'ils portent sur le même lancer !
👉 C'est le malentendu le plus fréquent : deux événements peuvent être indépendants sans être « sans rapport », et l'inverse aussi. Seul le calcul tranche.
Un vrai contre-exemple :
⚠️ La seconde est STRICTEMENT plus forte, et le contre-exemple de Bernstein le montre. Sur deux pièces équilibrées :
Deux à deux indépendants : chaque paire donne
Mais pas mutuellement :
👉
E[XY]=E[X]E[Y] et Var(X+Y)=Var X+Var Y si indépendance
Montrer que
Indices (3)
Factorisation de la loi jointe (Fubini)
Correction détaillée
⚠️ Contraste avec l'espérance :
Par le théorème de Fubini (exercice D1), l'indépendance signifie
Dans le cas discret, c'est un calcul direct :
👉 C'est la factorisation de la loi jointe qui permet de séparer la somme double.
Développons les deux termes :
En soustrayant :
Sous indépendance, l'étape 1 donne
👉 La formule générale est plus utile que le cas indépendant : elle montre exactement ce que coûte la dépendance, et elle vaut toujours.
Contrôle EXHAUSTIF sur les
Et la variance de la somme :
Contrôle exhaustif : le calcul direct sur les
Pour
Pour la MOYENNE :
👉 C'est la formule la plus utilisée de toute la statistique : l'incertitude d'une moyenne décroît en
Et le prix à payer : diviser l'erreur par
Covariance, corrélation, décorrélation n'est pas indépendance
Définir
Indices (3)
Prendre
Correction détaillée
Le dernier point est le piège central de tout le chapitre :
Par Cauchy-Schwarz (exercice D4), appliqué aux variables centrées :
Et le cas d'ÉGALITÉ est instructif :
La covariance :
Sur
👉 Cohérent avec le cas d'égalité :
Interprétation : sur un dé, la face opposée est
Décorrélées :
Mais DÉPENDANTES, et de la façon la plus forte possible :
👉 La raison : la dépendance est quadratique, et
Les deux lignes du milieu ont le même
⚠️ Exception importante : pour un vecteur GAUSSIEN, décorrélation et indépendance coïncident (exercice D6) — comme, plus modestement, pour deux variables de Bernoulli. C'est une propriété remarquable de la loi normale, et elle explique pourquoi la confusion est si répandue en statistique — là où l'on travaille précisément sous hypothèse gaussienne.
👉 Pour le TCL, seule la DÉCORRÉLATION serait nécessaire à l'additivité des variances (exercice B2). Mais l'indépendance est requise pour la fonction caractéristique de la somme (exercice C3) — c'est là qu'elle devient indispensable.
Modes de convergence d'une suite de variables aléatoires
Définir les convergences presque sûre, en probabilité, en loi et en moyenne quadratique (
Indices (3)
p.s. :
p.s. ou
Correction détaillée
Aucune réciproque n'est vraie — et chaque contre-exemple est instructif.
p.s.
Probabilité
👉 La convergence en loi est la PLUS FAIBLE — elle ne porte que sur les lois, pas sur les variables. Elle peut avoir lieu entre variables définies sur des espaces différents.
Probabilité sans p.s. — la « bosse glissante » : sur
Mais pour CHAQUE
Loi sans probabilité :
Mais
👉 C'est le contre-exemple à retenir : la convergence en loi ne dit rien sur le lien entre
👉 C'est là toute la différence entre « faible » et « forte » : le même énoncé, deux modes de convergence, et la forte implique la faible.
⚠️ Le TCL ne converge QU'EN LOI, et c'est essentiel :
Ce qu'on veut calculer en pratique :
et c'est exactement ce que la convergence en loi donne — pas besoin de plus.
👉 Le théorème de PORTEMANTEAU donne les formulations équivalentes de la convergence en loi, dont celle-ci, la plus commode :
Et le théorème de LÉVY (exercice C4) la caractérise par les fonctions caractéristiques — c'est ce qui rendra la preuve du TCL possible.
Loi faible des grands nombres par Bienaymé-Tchebychev
Démontrer la loi FAIBLE des grands nombres : pour
Indices (3)
Appliquer Tchebychev à
Correction détaillée
La démonstration tient en deux calculs et une application de Tchebychev.
Espérance, par linéarité (aucune hypothèse nécessaire) :
Variance, qui exige l'indépendance (exercice B2) :
👉 La variance TEND VERS ZÉRO — c'est tout le contenu du théorème : la moyenne se concentre.
L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev (exercice A4) appliquée à
Et ce majorant tend vers
👉 Trois lignes, aucune astuce — c'est le rendement de l'inégalité de Tchebychev, grossière mais universelle.
Sur le dé :
⚠️ Elle est très grossière : à
Comparaison à
👉 Le TCL est cinq fois plus précis ici — mais il n'est qu'asymptotique, alors que Tchebychev vaut pour tout
⚠️ La forte demande MOINS que la preuve ci-dessus : l'espérance finie suffit, la variance n'est pas requise (la faible aussi, d'ailleurs, vaut sous
👉 Interprétation de la différence :
La faible autorise des écarts qui reviennent infiniment souvent, pourvu qu'ils soient de plus en plus rares. La forte les interdit — c'est exactement la « bosse glissante » de l'exercice B4.
Loi forte (ADMIS) et méthode de Monte-Carlo
Énoncer la loi FORTE des grands nombres (Kolmogorov). Expliquer comment elle justifie la méthode de Monte-Carlo et estimer
Indices (3)
Monte-Carlo :
Erreur
Correction détaillée
⚠️ Statut : ADMIS. Sa démonstration dépasse ce chapitre — elle demande les inégalités maximales de Kolmogorov, ou la théorie des martingales.
Ce qu'on vérifie ici : la loi FAIBLE (exercice B5, démontrée), et les conséquences numériques de la forte sur Monte-Carlo — que l'on peut mesurer.
La forte porte sur les TRAJECTOIRES : pour presque tout
👉 C'est ce qui justifie qu'on puisse lancer UNE simulation et lui faire confiance. La faible ne garantirait que « la plupart des simulations sont bonnes pour
Pour estimer
Estimation de
Contrôle :
Les indicatrices suivent une Bernoulli(
⚠️ Une décimale de plus coûte
👉 C'est la seule méthode dont la vitesse ne dépend PAS de la dimension — d'où son emploi en finance, en physique statistique et en apprentissage, où
Et le TCL apporte ce que la loi forte ne donne pas : la LOI de l'erreur (exercice E5). La forte dit que l'erreur tend vers
Énoncé du théorème central limite
Énoncer précisément le théorème central limite (hypothèses comprises). Que signifie la convergence ? Pourquoi le facteur de normalisation est-il
Indices (3)
Correction détaillée
Soient
La convergence est EN LOI (exercice B4) : pour tout
Statut de vérification : la preuve est faite à l'exercice C5, modulo le théorème de Lévy (exercice C4), qui est ADMIS.
Le facteur est IMPOSÉ par le calcul de la variance (exercice B2) :
Standardiser, c'est diviser par l'écart-type :
👉
👉 Et c'est bien assez : en pratique, on veut approcher des probabilités, et la convergence en loi les donne (exercice B4).
Nuance sur les points de continuité : la convergence des
La loi de CAUCHY est le contre-exemple canonique : de densité
👉 La troisième ligne est importante en pratique : la condition de Lindeberg remplace « identiquement distribuées » par « aucun terme ne domine ». C'est elle qui justifie le TCL sur des données réelles, jamais parfaitement i.i.d.
👉 Le TCL dit que la FORME de la limite ne dépend pas de la loi de départ — seuls
⚠️ Mais l'universalité a une limite : si la variance est infinie, la limite peut être une loi stable de Lévy, à queues lourdes — ou encore gaussienne, avec une normalisation plus forte que
Approximation normale : de Moivre-Laplace, Poisson, continuité
Déduire du TCL l'approximation
Indices (3)
Centrer-réduire :
Correction
Correction détaillée
Sur
Une binomiale EST une somme :
Le TCL s'applique directement :
👉 Historiquement, c'est le PREMIER cas du TCL — de Moivre l'a établi en 1733 pour
⚠️ La correction de continuité :
Sans correction, on prendrait
Avec, l'écart tombe à
👉 La raison géométrique : la loi binomiale est un histogramme de barres de largeur
⚠️ La correction compte surtout quand l'intervalle est ÉTROIT — pour
Ici :
L'approximation de POISSON couvre le cas des événements rares :
👉 Les deux régimes se distinguent : la normale exige que la binomiale soit symétrique et étalée, Poisson qu'elle soit concentrée près de
Vitesse de convergence : inégalité de Berry-Esseen
Énoncer l'inégalité de Berry-Esseen quantifiant l'erreur du TCL. Sur la somme de
Indices (3)
Rademacher :
Correction détaillée
où
👉 Le TCL dit que l'erreur tend vers
Le rapport
⚠️ La borne n'est jamais nulle, même pour une loi normale — elle est majorante, pas exacte. Dans ce cas l'erreur réelle vaut
L'erreur RÉELLE pour Rademacher est à peine plus petite que la borne — d'un facteur
👉 Mais la VITESSE
Sauf hypothèse supplémentaire : si
où
Pour Rademacher à
👉 C'est une garantie NON ASYMPTOTIQUE, valable pour ce
Et la règle empirique «
Intervalle de confiance et fluctuation par le TCL
Construire, par le TCL, un intervalle de confiance asymptotique à
Indices (3)
Marge
Correction détaillée
Sondage
⚠️
Par le TCL (exercice E2) :
Donc, avec
En isolant
⚠️ La borne dépend de
Pourquoi :
👉 Sans Slutsky, ce remplacement serait une approximation non justifiée — c'est le théorème qui rend la statistique inférentielle possible.
Contrôle par la MAJORATION universelle :
👉 C'est la « marge d'erreur en
Le sondage est compatible avec une minorité.
⚠️ L'interprétation correcte de « 95 % » :
👉
Combien faudrait-il de sondés pour trancher ? Il faudrait que
Erreur de Monte-Carlo en 1/√N (c'est le TCL)
Montrer que l'erreur d'une estimation de Monte-Carlo
Indices (3)
TCL :
Correction détaillée
Deux informations, et la seconde est celle qui compte :
👉 C'est la loi qui permet de construire un intervalle de confiance, donc de dire quelque chose de quantifié. La taille seule ne donnerait qu'un ordre de grandeur.
avec
Les
où
👉 Le remplacement de
On ne peut pas améliorer le
👉 Toutes ces méthodes gardent la vitesse
⚠️ Sauf à changer de méthode : les suites à discrépance faible (quasi-Monte-Carlo) atteignent
Convergence empirique vers Φ : distance de Kolmogorov-Smirnov
Définir la distance de Kolmogorov-Smirnov
Indices (3)
Petit
Correction détaillée
où
Elle mesure l'écart MAXIMAL à la gaussienne, uniformément sur
👉 Les deux se contrôlent séparément, et c'est essentiel : augmenter
Le premier terme est régi par le théorème de GLIVENKO-CANTELLI (
Erreur du TCL, par Berry-Esseen — pour
⚠️ C'est une MAJORATION très large : l'erreur réelle est de l'ordre de
👉 La raison : l'uniforme est symétrique et à support borné — deux propriétés que Berry-Esseen ne sait pas exploiter. La convergence y est exceptionnellement rapide.
Avec
👉 Il faut
⚠️ L'étape 4 est celle qu'on oublie, et sans elle le résultat n'est pas interprétable : un
Et le contraste
👉 Si