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Exercices corrigés — Statistique inférentielle

Probabilités & Statistiques · 18 exercices-types du palier socle

BUTBTSL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Statistique inférentielle Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Estimateurs ponctuels : moyenne et variance corrigée

CalculDifficulté 3/5

On mesure une grandeur sur un échantillon de n=5n=5 unités : 18, 22, 20, 24, 1618,\ 22,\ 20,\ 24,\ 16. Donner l'estimation ponctuelle de la moyenne μ\mu, puis l'estimation sans biais de la variance σ2\sigma^2 et de l'écart-type. Comparer à la variance « divisée par nn ».

Indices (3)

x‾=1n∑xi\overline{x}=\frac1n\sum x_i.

Calculer d'abord la somme des carrés des écarts SCE=∑(xi−x‾)2\mathrm{SCE}=\sum (x_i-\overline{x})^2.

Estimateur sans biais : s2=SCEn−1s^2=\frac{\mathrm{SCE}}{n-1} (diviseur n−1n-1, pas nn).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le mot qui porte tout l'exercice est « sans biais », et il désigne une seule chose : on divise par n−1n-1, pas par nn.

Pourquoi ce n−1n-1, qui paraît arbitraire. On ne connaît pas la vraie moyenne μ\mu ; on la remplace par x‾\overline{x}, calculée sur les données elles-mêmes. Or x‾\overline{x} est, par construction, la valeur qui minimise la somme des carrés des écarts. Les écarts à x‾\overline{x} sont donc systématiquement plus petits que les écarts à μ\mu — la dispersion est sous-estimée.

Diviser par n−1n-1 au lieu de nn compense exactement cette sous-estimation.

Le n−1n-1 porte un nom : le degré de liberté. Une fois x‾\overline{x} fixée, les nn écarts ne sont plus indépendants — leur somme vaut 00, donc le dernier est déterminé par les autres. Il ne reste que n−1n-1 écarts libres.

Et l'effet est d'autant plus fort que nn est petit. Ici n=5n=5 : le rapport nn−1=54=1,25\dfrac{n}{n-1}=\dfrac54=1{,}25, soit 25 %25\ \% d'écart. À n=100n=100 il tomberait à 1 %1\ \%.

Étape 1 — la moyenne
x‾=18+22+20+24+165=1005=20\overline{x}=\frac{18+22+20+24+16}{5}=\frac{100}{5}=\boxed{20}

C'est l'estimation ponctuelle de μ\mu. Aucune correction ici : la moyenne empirique est déjà sans biais, E(X‾)=μE(\overline{X})=\mu exactement.

Contrôle : 2020 est bien à l'intérieur de l'étendue [16;24][16;24], et proche du milieu.

Étape 2 — la somme des carrés des écarts
xix_i 1818 2222 2020 2424 1616 total
xi−x‾x_i-\overline{x} −2-2 22 00 44 −4-4 0\mathbf{0}
(xi−x‾)2(x_i-\overline{x})^2 44 44 00 1616 1616 40\mathbf{40}

La ligne des écarts somme à 00 — toujours, par définition de la moyenne. C'est le contrôle gratuit à faire avant de passer aux carrés : une somme non nulle signale une erreur de moyenne ou de soustraction.

∑(xi−x‾)2=40\sum(x_i-\overline{x})^2=40
Étape 3 — les deux variances, et leur écart

Variance sans biais (celle qu'on demande) — division par n−1=4n-1=4 :

s2=404=10s=10≈3,162s^2=\frac{40}{4}=\boxed{10} \qquad s=\sqrt{10}\approx\boxed{3{,}162}

Variance « divisée par nn » — division par 55 :

405=88≈2,828\frac{40}{5}=8 \qquad \sqrt{8}\approx 2{,}828

Comparaison :

division par n−1n-1 division par nn
variance 1010 88
écart-type 3,1623{,}162 2,8282{,}828
108=54=1,25\frac{10}{8}=\frac{5}{4}=1{,}25

La version sans biais est 25 %25\ \% plus grande, et c'est exactement le rapport nn−1=54\dfrac{n}{n-1}=\dfrac54.

Ce que cela signifie concrètement. La version divisée par nn décrit la dispersion de l'échantillon lui-même — elle est exacte pour ces cinq nombres. La version divisée par n−1n-1 estime la dispersion de la population dont l'échantillon est tiré, et c'est celle-là qu'on veut dès qu'on cherche à généraliser.

⚠️ Sur un petit échantillon, l'écart n'est pas négligeable. Ici 25 %25\ \% sur la variance, 12 %12\ \% sur l'écart-type. Prendre la mauvaise fausserait tous les intervalles de confiance construits ensuite.

Rappel de cours

Les deux estimateurs ponctuels

μ^=x‾=1n∑xiσ2^=s2=1n−1∑(xi−x‾)2\widehat{\mu}=\overline{x}=\frac1n\sum x_i \qquad \widehat{\sigma^2}=s^2=\frac{1}{n-1}\sum(x_i-\overline{x})^2
La moyenne est sans biais telle quelle ; la variance exige le n−1n-1.

Pourquoi n−1n-1 — le degré de liberté Les nn écarts xi−x‾x_i-\overline{x} vérifient ∑(xi−x‾)=0\sum(x_i-\overline{x})=0 : le dernier est déterminé par les n−1n-1 autres. Il n'y a donc que n−1n-1 informations indépendantes sur la dispersion.

Conséquence formelle : E(s2)=σ2E(s^2)=\sigma^2 avec le n−1n-1, tandis que la version en nn vaut n−1nσ2\dfrac{n-1}{n}\sigma^2 — elle sous-estime systématiquement.

Le rapport entre les deux

s2variance en n=nn−1\frac{s^2}{\text{variance en } n}=\frac{n}{n-1}

nn écart
55 +25 %+25\ \%
1010 +11 %+11\ \%
3030 +3,4 %+3{,}4\ \%
100100 +1 %+1\ \%

C'est pourquoi la distinction est cruciale sur petit échantillon et devient anecdotique au-delà de 100100.

⚠️ ss n'est PAS sans biais, même quand s2s^2 l'est — la racine carrée d'un estimateur sans biais ne l'est pas. Le biais résiduel est faible, et on l'ignore en pratique ; mais dire « ss est sans biais » est faux.

Formule alternative

∑(xi−x‾)2=∑xi2−n x‾2\sum(x_i-\overline{x})^2=\sum x_i^2-n\,\overline{x}^2
Plus rapide sans tableau, mais plus sensible aux arrondis.

L'erreur classique

⚠️ Diviser par nn et répondre s2=8s^2=8. C'est l'erreur centrale de l'exercice, et l'énoncé dit explicitement « sans biais » pour l'écarter.

Le repère : dès qu'un énoncé parle d'estimer une population à partir d'un échantillon, c'est n−1n-1. La division par nn ne sert qu'à décrire l'échantillon lui-même.

⚠️ Diviser par n−1n-1 dans la MOYENNE : écrire 1004=25\dfrac{100}{4}=25. Le n−1n-1 ne concerne que la variance.

Le contrôle : 2525 est hors de l'étendue [16;24][16;24] — une moyenne ne peut pas dépasser le maximum.

⚠️ Oublier d'élever les écarts au carré : sommer −2+2+0+4−4=0-2+2+0+4-4=0 et conclure que la variance est nulle. Les écarts se compensent par construction ; ce sont leurs carrés qui mesurent la dispersion.

⚠️ Rendre la variance quand on demande l'écart-type (ou l'inverse). Ici 1010 et 3,1623{,}162 : ne pas les confondre. L'écart-type a la même unité que les données.

⚠️ Croire que n−1n-1 est une convention arbitraire. C'est une correction calculée : sans elle, l'estimateur sous-estime la variance de n−1n\dfrac{n-1}{n}, et l'exercice fait justement mesurer cet écart.

⚠️ Ne pas répondre à la comparaison demandée. L'énoncé dit « comparer » : il faut donner les deux valeurs et le rapport 54\dfrac54, pas seulement l'une des deux.

À retenir
s2=1n−1∑(xi−x‾)2et non 1ns^2=\frac{1}{n-1}\sum(x_i-\overline{x})^2 \qquad\text{et non } \frac1n

Le n−1n-1 compense le fait que x‾\overline{x} est calculée sur les données : les écarts à x‾\overline{x} sont trop petits, et le n−1n-1 les corrige exactement.

La somme des écarts vaut 00 — contrôle gratuit avant de passer aux carrés.

Le rapport entre les deux versions est nn−1\dfrac{n}{n-1} : 25 %25\ \% à n=5n=5, 1 %1\ \% à n=100n=100. La distinction compte surtout sur les petits échantillons.

n−1n-1 pour la variance, nn pour la moyenne. Ne pas transposer.

Réponse. x‾=20\overline{x}=20 ; s2=10s^2=10, s≈3,16s\approx 3{,}16 ; la variance biaisée vaudrait 88. (Recoupement machine : SCE=40\mathrm{SCE}=40, 40/4=1040/4=10 ✓)
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IC d'une moyenne, $\sigma$ inconnu : loi de Student

CalculDifficulté 3/5

Un échantillon de n=10n=10 pièces a une longueur moyenne x‾=50\overline{x}=50 mm et un écart-type corrigé s=4s=4 mm. La population est supposée normale, d'écart-type inconnu. Donner l'intervalle de confiance de la moyenne μ\mu au niveau 95 %95\,\%. On donne t9; 0,975=2,262t_{9;\,0{,}975}=2{,}262.

Indices (3)

σ\sigma inconnu et nn petit ⇒\Rightarrow loi de Student à n−1=9n-1=9 ddl.

Demi-largeur =tn−1; 0,975 sn=t_{n-1;\,0{,}975}\,\dfrac{s}{\sqrt n}.

L'estimation x‾\overline{x} est au centre de l'IC.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux mots de l'énoncé décident de tout : « σ\sigma inconnu » et « n=10n=10 ».

Quand σ\sigma est inconnu, on le remplace par son estimation ss — mais cela ajoute de l'incertitude, puisque ss fluctue lui aussi d'un échantillon à l'autre. La loi normale ne convient plus : il faut la loi de Student, dont les queues sont plus épaisses.

Concrètement : t9; 0,975=2,262t_{9;\,0{,}975}=2{,}262 au lieu de 1,961{,}96. L'intervalle est plus large de 15 %15\ \%, et cet élargissement est le prix de l'ignorance de σ\sigma.

Le degré de liberté est n−1=9n-1=9, pas n=10n=10 — pour la même raison qu'en A1 : ss est calculé à partir de x‾\overline{x}, ce qui consomme un degré.

⚠️ La notation t9; 0,975t_{9;\,0{,}975} se lit en deux temps : 99 est le degré de liberté, 0,9750{,}975 est le quantile — pas 0,950{,}95. Pour un intervalle bilatéral à 95 %95\ \%, chaque queue vaut 2,5 %2{,}5\ \%, donc on lit à 1−0,025=0,9751-0{,}025=0{,}975.

La résolution

Étape 1 — l'erreur type.

sn=410=43,1623=1,2649\frac{s}{\sqrt{n}}=\frac{4}{\sqrt{10}}=\frac{4}{3{,}1623}=1{,}2649

Étape 2 — la demi-largeur.

t×sn=2,262×1,2649=2,8612t\times\frac{s}{\sqrt{n}}=2{,}262\times 1{,}2649=2{,}8612

Étape 3 — l'intervalle.

IC95%=[50−2,8612 ; 50+2,8612]IC_{95\%}=[50-2{,}8612\ ;\ 50+2{,}8612]
IC95%=[47,14 ; 52,86] mm\boxed{IC_{95\%}=[47{,}14\ ;\ 52{,}86]\ \text{mm}}

Contrôles :

contrôle verdict
centre =47,14+52,862=50=\dfrac{47{,}14+52{,}86}{2}=50 ✓
t=2,262>1,96t=2{,}262>1{,}96 : l'IC est plus large qu'avec la normale ✓

Comparaison chiffrée avec la loi normale. Si l'on avait (à tort) utilisé 1,961{,}96 :

1,96×1,2649=2,479⟹[47,52 ; 52,48]1{,}96\times 1{,}2649=2{,}479 \quad\Longrightarrow\quad [47{,}52\ ;\ 52{,}48]

L'intervalle serait 13 %13\ \% plus étroit — donc faussement précis. C'est exactement l'erreur que la loi de Student existe pour éviter : sous-estimer son incertitude est plus grave que la surestimer.

Rappel de cours

IC d'une moyenne, σ\sigma INCONNU

IC1−α=[x‾±tn−1; 1−α/2 sn]IC_{1-\alpha}=\left[\overline{x}\pm t_{n-1;\,1-\alpha/2}\,\frac{s}{\sqrt{n}}\right]
Degré de liberté ν=n−1\nu=n-1.

Quelle loi selon ce qu'on connaît

σ\sigma nn loi coefficient
connu quelconque normale u=1,96u=1{,}96 à 95 %95\ \%
inconnu petit (<30<30) Student tn−1t_{n-1}
inconnu grand (≥30\geq 30) normale (approx.) u=1,96u=1{,}96

Pour n<30n<30, ces lois supposent la population normale ; pour n≥30n\geq 30, le théorème central limite dispense de cette hypothèse.

Student tend vers la normale quand ν\nu croît : t9=2,262t_{9}=2{,}262, t29=2,045t_{29}=2{,}045, t∞=1,96t_{\infty}=1{,}96.

Lire un quantile de Student tν; 1−α/2t_{\nu;\,1-\alpha/2} — deux indices, deux rôles :

  • ν=n−1\nu=n-1, le degré de liberté ;
  • 1−α/21-\alpha/2, le quantile. Pour un IC bilatéral à 95 %95\ \% : 0,9750{,}975, pas 0,950{,}95.

⚠️ Confondre 0,950{,}95 et 0,9750{,}975 donne t9; 0,95=1,833t_{9;\,0{,}95}=1{,}833 au lieu de 2,2622{,}262, soit un intervalle 19 %19\ \% trop étroit.

Pourquoi Student est plus large ss fluctue d'un échantillon à l'autre. Cette incertitude supplémentaire épaissit les queues, et d'autant plus que nn est petit.

L'erreur classique

⚠️ Utiliser 1,961{,}96 alors que σ\sigma est inconnu. L'intervalle serait [47,52 ; 52,48][47{,}52\,;\,52{,}48], soit 13 %13\ \% trop étroit — on annoncerait une précision qu'on n'a pas.

Le repère : σ\sigma donné →\to normale ; ss calculé sur l'échantillon →\to Student, tant que n<30n<30 (population supposée normale).

⚠️ Prendre ν=n=10\nu=n=10 au lieu de 99. Le degré de liberté est n−1n-1, comme pour la variance et pour la même raison.

⚠️ Lire tt à 0,950{,}95 au lieu de 0,9750{,}975 : on obtiendrait 1,8331{,}833, la valeur unilatérale. Un intervalle bilatéral a deux queues de 2,5 %2{,}5\ \%.

La question à se poser : combien de queues ? Deux pour un intervalle.

⚠️ Diviser par nn au lieu de n\sqrt{n} : 410=0,4\dfrac{4}{10}=0{,}4 donnerait un intervalle trois fois trop étroit.

Le contrôle : c'est la variance qui se divise par nn, donc l'écart-type par n\sqrt n.

⚠️ Écrire s/n=4/10s/\sqrt{n}=\sqrt{4/10}. La racine ne porte que sur nn : 410=1,265\dfrac{4}{\sqrt{10}}=1{,}265 et non 0,4=0,632\sqrt{0{,}4}=0{,}632.

⚠️ Oublier l'unité. L'intervalle porte sur des longueurs : [47,14 ; 52,86][47{,}14\,;\,52{,}86] mm.

À retenir
IC=[x‾±tn−1; 1−α/2 sn]IC=\left[\overline{x}\pm t_{n-1;\,1-\alpha/2}\,\frac{s}{\sqrt{n}}\right]

σ\sigma inconnu et nn petit ⟹\Longrightarrow Student (population normale), avec ν=n−1\nu=n-1 degrés de liberté.

Le second indice est 1−α/21-\alpha/2, pas 1−α1-\alpha : un intervalle bilatéral a deux queues. 0,9750{,}975 pour 95 %95\ \%.

Student donne toujours un intervalle PLUS LARGE que la normale — c'est le prix de l'ignorance de σ\sigma, et le sous-estimer est la vraie faute.

n\sqrt{n} au dénominateur, jamais nn, et la racine ne porte pas sur ss.

Réponse. IC95%(μ)≈[47,14 ; 52,86]IC_{95\%}(\mu)\approx[47{,}14\ ;\ 52{,}86] mm. (Recoupement machine : demi-largeur =2,861=2{,}861 ✓ ; comparé à la normale 1,961{,}96, Student élargit l'intervalle.)
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IC de Student à partir des données brutes

CalculDifficulté 3/5

On relève 88 valeurs : 12, 15, 14, 10, 13, 16, 11, 1312,\ 15,\ 14,\ 10,\ 13,\ 16,\ 11,\ 13. Construire l'intervalle de confiance de la moyenne au niveau 90 %90\,\% (population supposée normale, σ\sigma inconnu). On donne t7; 0,95=1,895t_{7;\,0{,}95}=1{,}895.

Indices (3)

Calculer x‾\overline{x} puis s2=1n−1∑(xi−x‾)2s^2=\frac1{n-1}\sum (x_i-\overline{x})^2.

Niveau 90 %90\,\% bilatéral ⇒\Rightarrow quantile d'ordre 0,950{,}95 de T7T_{7}.

Demi-largeur =t7; 0,95 s/8=t_{7;\,0{,}95}\,s/\sqrt 8.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Même construction qu'en A2, mais il faut d'abord fabriquer x‾\overline{x} et ss à partir des données brutes. L'exercice enchaîne donc A1 et A2.

Trois différences avec A2, toutes dans le coefficient :

A2 A3
niveau 95 %95\ \% 90 %90\ \%
queue de chaque côté 2,5 %2{,}5\ \% 5 %5\ \%
quantile lu 0,9750{,}975 0,950{,}95
ν\nu 99 77

Le quantile 0,950{,}95 ici n'est PAS une erreur — c'est bien la valeur correcte pour un IC bilatéral à 90 %90\ \%, dont chaque queue vaut 5 %5\ \%. La règle est toujours 1−α21-\dfrac{\alpha}{2}, avec α=0,10\alpha=0{,}10.

Un contrôle qui fait gagner du temps : les huit valeurs sont proches de 1313, et leur somme sera un multiple rond. Repérer la moyenne d'abord simplifie tous les écarts.

Étape 1 — moyenne et écart-type corrigé
x‾=12+15+14+10+13+16+11+138=1048=13\overline{x}=\frac{12+15+14+10+13+16+11+13}{8}=\frac{104}{8}=13
xix_i 1212 1515 1414 1010 1313 1616 1111 1313 total
xi−13x_i-13 −1-1 22 11 −3-3 00 33 −2-2 00 0\mathbf{0}
(xi−13)2(x_i-13)^2 11 44 11 99 00 99 44 00 28\mathbf{28}

La somme des écarts vaut 00 ✓ — le contrôle passe.

s2=288−1=287=4s=4=2s^2=\frac{28}{8-1}=\frac{28}{7}=4 \qquad s=\sqrt{4}=2

Des valeurs rondes, ce qui est rare et confortable.

Étape 2 — l'intervalle de confiance

Degré de liberté : ν=n−1=7\nu=n-1=7.

Erreur type :

sn=28=22,8284=0,7071\frac{s}{\sqrt{n}}=\frac{2}{\sqrt{8}}=\frac{2}{2{,}8284}=0{,}7071

Demi-largeur :

1,895×0,7071=1,3401{,}895\times 0{,}7071=1{,}340

Intervalle :

IC90%=[13−1,340 ; 13+1,340]IC_{90\%}=[13-1{,}340\ ;\ 13+1{,}340]
IC90%=[11,66 ; 14,34]\boxed{IC_{90\%}=[11{,}66\ ;\ 14{,}34]}

Contrôles :

contrôle verdict
centre =13=x‾=13=\overline{x} ✓
IC⊂[10;16]IC\subset[10;16], l'étendue des données ✓

Effet du niveau de confiance. À 95 %95\ \% il faudrait t7; 0,975=2,365t_{7;\,0{,}975}=2{,}365, d'où une demi-largeur de 1,6721{,}672 et l'intervalle [11,33 ; 14,67][11{,}33\,;\,14{,}67] — 25 %25\ \% plus large.

Un intervalle à 90 %90\ \% est donc plus précis, mais il se trompe deux fois plus souvent (10 %10\ \% contre 5 %5\ \%). Le choix du niveau est un arbitrage, pas une convention : on prend 90 %90\ \% quand la précision prime, 99 %99\ \% quand l'erreur coûte cher.

Rappel de cours

La chaîne complète depuis les données brutes

x‾=1n∑xi → s2=∑(xi−x‾)2n−1 → IC=[x‾±tn−1; 1−α/2sn]\overline{x}=\frac1n\sum x_i \ \to\ s^2=\frac{\sum(x_i-\overline{x})^2}{n-1} \ \to\ IC=\left[\overline{x}\pm t_{n-1;\,1-\alpha/2}\frac{s}{\sqrt n}\right]

Le quantile selon le niveau — la règle unique

quantile=1−α2\text{quantile}=1-\frac{\alpha}{2}

niveau α\alpha quantile queue de chaque côté
90 %90\ \% 0,100{,}10 0,95\mathbf{0{,}95} 5 %5\ \%
95 %95\ \% 0,050{,}05 0,975\mathbf{0{,}975} 2,5 %2{,}5\ \%
99 %99\ \% 0,010{,}01 0,995\mathbf{0{,}995} 0,5 %0{,}5\ \%

⚠️ Le quantile 0,950{,}95 correspond donc à un IC à 90 %90\ \%, pas à 95 %95\ \%. C'est la confusion n°1 sur les tables de Student.

Quelques valeurs de tt

ν\nu tν; 0,95t_{\nu;\,0{,}95} tν; 0,975t_{\nu;\,0{,}975}
77 1,8951{,}895 2,3652{,}365
99 1,8331{,}833 2,2622{,}262
∞\infty 1,6451{,}645 1,9601{,}960

Contrôle systématique Le centre de l'IC est x‾\overline{x}, et l'intervalle doit rester dans un ordre de grandeur compatible avec les données.

L'erreur classique

⚠️ Croire que le quantile 0,950{,}95 est une erreur d'énoncé. Il est correct : le niveau est 90 %90\ \%, donc α=0,10\alpha=0{,}10 et le quantile vaut 1−0,05=0,951-0{,}05=0{,}95. La règle est toujours 1−α21-\dfrac\alpha2.

⚠️ Diviser par nn dans la variance : 288=3,5\dfrac{28}{8}=3{,}5 au lieu de 44. L'énoncé demande un IC, donc une estimation de la population : c'est n−1n-1.

⚠️ Prendre ν=8\nu=8 au lieu de 77. Le degré de liberté est n−1n-1.

⚠️ Se tromper dans la somme des carrés. Le contrôle est la ligne des écarts : elle doit sommer à 00. Si elle ne le fait pas, la moyenne ou une soustraction est fausse — et il est inutile de continuer.

⚠️ Écrire sn=28=0,25\dfrac{s}{\sqrt n}=\dfrac{2}{8}=0{,}25. C'est 8=2,828\sqrt{8}=2{,}828 au dénominateur, donc 0,7070{,}707.

Le contrôle : l'erreur type doit être du même ordre que ss divisé par 22 ou 33 pour un petit échantillon, pas dix fois plus petit.

⚠️ Utiliser la loi normale parce que les valeurs sont rondes. σ\sigma est inconnu et n=8<30n=8<30 : c'est Student.

⚠️ Oublier de conclure. Un IC est un intervalle : donner les deux bornes, pas seulement la demi-largeur.

À retenir
x‾ → s2=∑(xi−x‾)2n−1 → IC=[x‾±tn−1; 1−α/2sn]\overline{x} \ \to\ s^2=\frac{\sum(x_i-\overline{x})^2}{n-1} \ \to\ IC=\left[\overline{x}\pm t_{n-1;\,1-\alpha/2}\frac{s}{\sqrt n}\right]

Le quantile est 1−α21-\dfrac{\alpha}{2} : 0,950{,}95 pour un IC à 90 %90\ \%, 0,9750{,}975 pour 95 %95\ \%. Le lire au bon endroit est l'erreur la plus fréquente sur les tables.

La somme des écarts vaut 00 — à vérifier avant de passer aux carrés.

n−1n-1 pour la variance, ν=n−1\nu=n-1 pour Student. Même quantité, même raison.

Un niveau plus bas donne un intervalle plus étroit mais plus souvent faux. C'est un arbitrage, pas une convention.

Réponse. x‾=13\overline{x}=13, s=2s=2 ; IC90%(μ)≈[11,66 ; 14,34]IC_{90\%}(\mu)\approx[11{,}66\ ;\ 14{,}34]. (Recoupement machine : s2=4s^2=4, demi-largeur 1,3401{,}340 ✓)
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IC d'une variance par la loi du khi-deux

CalculDifficulté 3/5

Sur n=20n=20 mesures, l'écart-type corrigé vaut s=5s=5 (donc s2=25s^2=25). Donner l'intervalle de confiance de la variance σ2\sigma^2 au niveau 95 %95\,\%, puis de l'écart-type. On donne χ19; 0,0252=8,91\chi^2_{19;\,0{,}025}=8{,}91 et χ19; 0,9752=32,85\chi^2_{19;\,0{,}975}=32{,}85.

Indices (3)

(n−1)s2σ2∼χn−12\dfrac{(n-1)s^2}{\sigma^2}\sim\chi^2_{n-1} avec n−1=19n-1=19 ddl.

σ2\sigma^2 est au dénominateur ⇒\Rightarrow bornes croisées : le grand quantile va au dénominateur de la borne inférieure.

IC(σ2)=[(n−1)s2χ0,9752 ; (n−1)s2χ0,0252]IC(\sigma^2)=\big[\frac{(n-1)s^2}{\chi^2_{0{,}975}}\ ;\ \frac{(n-1)s^2}{\chi^2_{0{,}025}}\big].

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'intervalle de confiance d'une variance n'a rien à voir avec celui d'une moyenne, et il faut le savoir avant de commencer.

Trois différences, toutes structurelles :

moyenne variance
loi normale ou Student khi-deux
forme x‾±\overline{x}\pm demi-largeur quotient, pas une somme
symétrie symétrique autour de x‾\overline{x} dissymétrique

Pourquoi ce n'est pas symétrique. Une variance est positive, et sa loi est étalée vers la droite : une variance peut être beaucoup plus grande que prévu, jamais négative. L'intervalle hérite de cette dissymétrie.

La formule, et le piège qu'elle contient :

[(n−1)s2χsup2 ; (n−1)s2χinf2]\left[\frac{(n-1)s^2}{\chi^2_{\text{sup}}}\ ;\ \frac{(n-1)s^2}{\chi^2_{\text{inf}}}\right]

⚠️ Les quantiles sont CROISÉS : le grand quantile (32,8532{,}85) donne la borne inférieure, le petit (8,918{,}91) la borne supérieure. C'est logique — on divise, donc diviser par plus grand donne plus petit. Mais l'inversion est l'erreur n°1 de l'exercice, et le contrôle est immédiat : la borne basse doit être plus petite que la borne haute.

Étape 1 — l'intervalle de la variance

Numérateur commun : (n−1)s2=19×25=475(n-1)s^2=19\times 25=475.

Borne inférieure — on divise par le grand quantile :

47532,85=14,4597\frac{475}{32{,}85}=14{,}4597

Borne supérieure — on divise par le petit :

4758,91=53,3109\frac{475}{8{,}91}=53{,}3109
IC95%(σ2)=[14,46 ; 53,31]\boxed{IC_{95\%}(\sigma^2)=[14{,}46\ ;\ 53{,}31]}

Contrôles :

contrôle verdict
14,46<53,3114{,}46<53{,}31 : les bornes sont dans le bon ordre ✓
s2=25s^2=25 est dans l'intervalle ✓
l'intervalle est dissymétrique : 25−14,46=10,525-14{,}46=10{,}5 à gauche, 53,31−25=28,353{,}31-25=28{,}3 à droite ✓

La dissymétrie est frappante : le côté droit est près de trois fois plus long que le gauche. Ce n'est pas une anomalie, c'est la forme de la loi du khi-deux.

Étape 2 — l'intervalle de l'écart-type

On prend la racine carrée des deux bornes. C'est licite parce que la racine est une fonction croissante : elle conserve l'ordre.

14,4597=3,802653,3109=7,3014\sqrt{14{,}4597}=3{,}8026 \qquad \sqrt{53{,}3109}=7{,}3014
IC95%(σ)=[3,803 ; 7,301]\boxed{IC_{95\%}(\sigma)=[3{,}803\ ;\ 7{,}301]}

Contrôle : s=5s=5 est bien dans [3,803 ; 7,301][3{,}803\,;\,7{,}301] ✓

Ce que cet intervalle enseigne, et c'est le vrai enseignement de l'exercice. Sur 2020 mesures, l'écart-type réel peut valoir aussi bien 3,83{,}8 que 7,37{,}3 — un rapport de près de deux. Autrement dit :

Estimer une dispersion demande beaucoup plus de données qu'estimer une moyenne.

À titre de comparaison, un IC de moyenne sur les mêmes 2020 mesures aurait une demi-largeur d'environ 2,342{,}34, soit une précision relative bien meilleure. C'est pourquoi les cartes de contrôle industrielles exigent des échantillons importants avant de conclure quoi que ce soit sur une variabilité.

⚠️ Ne pas prendre la racine de la demi-largeur. L'intervalle de σ\sigma n'est pas [14,46±quelque chose][\sqrt{14{,}46}\pm\text{quelque chose}] : on transforme les bornes, une par une.

Rappel de cours

IC d'une variance (population normale)

IC1−α(σ2)=[(n−1)s2χn−1; 1−α/22 ; (n−1)s2χn−1; α/22]IC_{1-\alpha}(\sigma^2)=\left[\frac{(n-1)s^2}{\chi^2_{n-1;\,1-\alpha/2}}\ ;\ \frac{(n-1)s^2}{\chi^2_{n-1;\,\alpha/2}}\right]
⚠️ Quantiles croisés : le grand au dénominateur de la borne basse.

Pourquoi les quantiles sont croisés La quantité (n−1)s2σ2\dfrac{(n-1)s^2}{\sigma^2} suit une loi χn−12\chi^2_{n-1}. En isolant σ2\sigma^2, on inverse l'encadrement — et une inversion retourne les inégalités.

IC de l'écart-type

IC(σ)=[borne inf ; borne sup]IC(\sigma)=\left[\sqrt{\text{borne inf}}\ ;\ \sqrt{\text{borne sup}}\right]
La racine est croissante, donc elle conserve l'ordre. On transforme les bornes, pas la largeur.

Une loi dissymétrique Le khi-deux est étalé vers la droite, donc l'IC d'une variance l'est aussi : la borne haute est bien plus éloignée de s2s^2 que la borne basse. Ce n'est pas une erreur de calcul.

Condition d'application Cet IC suppose la population normale, et il y est sensible — bien plus que l'IC d'une moyenne, que le théorème central limite protège. À ne pas employer sur des données manifestement non normales.

Contrôles systématiques Bornes dans le bon ordre · s2s^2 dans l'intervalle · dissymétrie visible.

L'erreur classique

⚠️ Ne pas croiser les quantiles : diviser par 8,918{,}91 pour la borne basse et par 32,8532{,}85 pour la haute. On obtiendrait [53,31 ; 14,46][53{,}31\,;\,14{,}46] — un intervalle à l'envers.

Le contrôle : la borne basse doit être plus petite que la haute. Une inversion se voit immédiatement.

⚠️ Utiliser nn au lieu de n−1n-1 au numérateur et en degré de liberté : 20×25=50020\times 25=500 donnerait [15,22 ; 56,12][15{,}22\,;\,56{,}12]. C'est χ192\chi^2_{19}, pas χ202\chi^2_{20}, et (n−1)s2(n-1)s^2, pas ns2ns^2.

⚠️ Ajouter et retrancher une demi-largeur comme pour une moyenne. L'IC d'une variance est un quotient, et il est dissymétrique — la forme ±\pm ne s'y applique pas.

⚠️ Élever au carré au lieu de prendre la racine pour passer à σ\sigma. On part de σ2\sigma^2 et on va vers σ\sigma : c'est la racine.

Le contrôle : s=5s=5 doit être dans l'intervalle de σ\sigma. Avec des carrés on obtiendrait [209 ; 2842][209\,;\,2842], sans rapport.

⚠️ S'inquiéter de la dissymétrie et chercher une erreur. Elle est normale : le khi-deux est une loi asymétrique.

⚠️ Arrondir trop tôt. 4758,91=53,3109\dfrac{475}{8{,}91}=53{,}3109, qui s'arrondit à 53,3153{,}31 — pas 53,3353{,}33. Un centième d'écart sur une borne se propage à la racine.

À retenir
IC(σ2)=[(n−1)s2χgrand2 ; (n−1)s2χpetit2]IC(σ)=[  ;  ]IC(\sigma^2)=\left[\frac{(n-1)s^2}{\chi^2_{\text{grand}}}\ ;\ \frac{(n-1)s^2}{\chi^2_{\text{petit}}}\right] \qquad IC(\sigma)=\big[\sqrt{\ }\ ;\ \sqrt{\ }\big]

Les quantiles sont CROISÉS : le grand donne la borne basse. Le contrôle est l'ordre des bornes.

L'IC d'une variance est un QUOTIENT, dissymétrique. La forme ±\pm de la moyenne ne s'y applique pas, et la dissymétrie n'est pas une erreur.

Pour l'écart-type, on prend la racine DES BORNES — la racine est croissante, l'ordre est conservé.

Estimer une dispersion demande beaucoup de données : ici 2020 mesures ne suffisent qu'à situer σ\sigma entre 3,83{,}8 et 7,37{,}3.

Réponse. IC95%(σ2)≈[14,46 ; 53,31]IC_{95\%}(\sigma^2)\approx[14{,}46\ ;\ 53{,}31], soit IC95%(σ)≈[3,80 ; 7,30]IC_{95\%}(\sigma)\approx[3{,}80\ ;\ 7{,}30]. (Recoupement machine : bornes 14,46014{,}460 et 53,31153{,}311 avec les quantiles de l'énoncé, 14,45914{,}459 et 53,33153{,}331 avec les quantiles exacts ✓ ; noter l'asymétrie autour de s2=25s^2=25.)
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IC d'une proportion et conditions de validité

ApplicationDifficulté 3/5

Sur un échantillon de n=200n=200 clients, 5050 se déclarent satisfaits. Estimer la proportion pp de satisfaits et donner l'IC au niveau 95 %95\,\%. Les conditions d'application sont-elles réunies ?

Indices (3)

f=k/nf=k/n est l'estimation ponctuelle.

Demi-largeur =1,96f(1−f)/n=1{,}96\sqrt{f(1-f)/n}.

Conditions : n≥30n\geq 30, nf≥5nf\geq 5, n(1−f)≥5n(1-f)\geq 5.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Intervalle de confiance d'une proportion — la formule dont l'écart-type se calcule à partir des données, sans qu'aucun σ\sigma ne soit donné.

IC95%=[f±1,96f(1−f)n]IC_{95\%}=\left[f\pm 1{,}96\sqrt{\frac{f(1-f)}{n}}\right]

L'énoncé pose deux questions, pas une. La seconde — « les conditions sont-elles réunies ? » — vaut autant que le calcul : appliquer une formule sans vérifier son domaine de validité est une faute de méthode, pas un oubli.

Les trois conditions garantissent que la binomiale sous-jacente est assez proche d'une normale :

n≥30nf≥5n(1−f)≥5n\geq 30 \qquad nf\geq 5 \qquad n(1-f)\geq 5

Attention à ne pas les évaluer de mémoire : nfnf et n(1−f)n(1-f) sont les effectifs observés dans chaque catégorie — ici 5050 satisfaits et 150150 non satisfaits. Ce sont des nombres qu'on lit dans l'énoncé, pas des produits à recalculer.

Étape 1 — la fréquence et les conditions
f=50200=0,25soit 25 %f=\frac{50}{200}=0{,}25 \quad\text{soit } 25\ \%

Vérification des conditions :

condition valeur verdict
n≥30n\geq 30 200200 ✓
nf≥5nf\geq 5 200×0,25=50200\times 0{,}25=50 ✓
n(1−f)≥5n(1-f)\geq 5 200×0,75=150200\times 0{,}75=150 ✓

Les trois sont largement remplies : l'approximation normale est légitime.

ℹ️ nf=50nf=50 et n(1−f)=150n(1-f)=150 sont exactement les deux effectifs de l'énoncé — les satisfaits et les autres. C'est le sens concret de ces conditions : il faut au moins cinq individus dans chaque catégorie.

Étape 2 — l'intervalle
f(1−f)=0,25×0,75=0,1875f(1-f)=0{,}25\times 0{,}75=0{,}1875
f(1−f)n=0,1875200=0,0009375\frac{f(1-f)}{n}=\frac{0{,}1875}{200}=0{,}0009375
0,0009375=0,030619\sqrt{0{,}0009375}=0{,}030619

Demi-largeur :

1,96×0,030619=0,0600121{,}96\times 0{,}030619=0{,}060012
IC95%=[0,25−0,060 ; 0,25+0,060]IC_{95\%}=[0{,}25-0{,}060\ ;\ 0{,}25+0{,}060]
IC95%=[0,190 ; 0,310]\boxed{IC_{95\%}=[0{,}190\ ;\ 0{,}310]}

soit de 19,0 %19{,}0\ \% à 31,0 %31{,}0\ \% de clients satisfaits.

Contrôles :

contrôle verdict
centre =0,25=f=0{,}25=f ✓
bornes dans [0;1][0;1] ✓

Lecture. La marge est de ±6\pm 6 points pour 200200 personnes — c'est large. On sait que le taux de satisfaction est mauvais (bien en dessous de 50 %50\ \%), mais on ne peut pas distinguer 20 %20\ \% de 30 %30\ \%, ce qui change pourtant beaucoup pour une entreprise.

Vérification par la règle mentale : la marge vaut environ 1n=114,1=0,071\dfrac{1}{\sqrt{n}}=\dfrac{1}{14{,}1}=0{,}071 dans le pire des cas (f=0,5f=0{,}5). Ici f=0,25f=0{,}25 est plus favorable, d'où 0,060<0,0710{,}060<0{,}071 ✓

Rappel de cours

IC d'une proportion

IC1−α=[f±uf(1−f)n]u=1,96 aˋ 95 %IC_{1-\alpha}=\left[f\pm u\sqrt{\frac{f(1-f)}{n}}\right] \qquad u=1{,}96 \text{ à } 95\ \%

Les trois conditions, et leur sens

n≥30nf≥5n(1−f)≥5n\geq 30 \qquad nf\geq 5 \qquad n(1-f)\geq 5
nfnf et n(1−f)n(1-f) sont les effectifs des deux catégories. La règle dit donc : au moins cinq individus de chaque côté. Sans cela la binomiale est trop dissymétrique pour ressembler à une cloche, et c'est la loi de Poisson ou un calcul exact qu'il faut.

L'effet de ff sur la précision f(1−f)f(1-f) est maximal en 0,50{,}5 :

ff f(1−f)\sqrt{f(1-f)} marge relative
0,50{,}5 0,5000{,}500 maximale
0,250{,}25 ou 0,750{,}75 0,4330{,}433 −13 %-13\ \%
0,10{,}1 ou 0,90{,}9 0,3000{,}300 −40 %-40\ \%

Une proportion extrême s'estime plus précisément qu'une proportion proche de la moitié.

Règle mentale

marge≲1n\text{marge}\lesssim\frac{1}{\sqrt n}
(1,96×0,5≈11{,}96\times 0{,}5\approx 1). Pour n=200n=200 : au plus 77 points.

L'erreur classique

⚠️ Ne pas vérifier les conditions. L'énoncé les demande explicitement — c'est une question à part entière, et la réponse doit citer les trois inégalités avec leurs valeurs.

⚠️ Oublier le nn sous la racine : 0,1875=0,433\sqrt{0{,}1875}=0{,}433 donnerait [−0,60 ; 1,10][-0{,}60\,;\,1{,}10].

Le contrôle : une proportion est dans [0;1][0;1]. Des bornes hors de cet intervalle arrêtent le calcul immédiatement.

⚠️ Écrire f=50f=50. La fréquence est un rapport, ici 0,250{,}25. L'effectif est 5050.

⚠️ Calculer f(1−f)f(1-f) comme f2f^2 : 0,252=0,06250{,}25^2=0{,}0625 au lieu de 0,18750{,}1875. Le second facteur est le complément à 11, soit 0,750{,}75.

⚠️ Utiliser nf(1−f)=37,5=6,12\sqrt{nf(1-f)}=\sqrt{37{,}5}=6{,}12, qui est l'écart-type de l'effectif et non de la fréquence. Un écart-type de 6,126{,}12 à comparer à une fréquence de 0,250{,}25 : l'incohérence d'échelle est visible.

⚠️ Confondre marge et intervalle. La marge est 0,0600{,}060 ; l'intervalle est [0,190 ; 0,310][0{,}190\,;\,0{,}310]. L'énoncé demande l'intervalle.

⚠️ Conclure « donc 25 %25\ \% des clients sont satisfaits ». L'échantillon donne 25 %25\ \% ; la population est quelque part entre 19 %19\ \% et 31 %31\ \%. C'est toute la différence entre observer et estimer.

À retenir
IC=[f±1,96f(1−f)n]n≥30, nf≥5, n(1−f)≥5IC=\left[f\pm 1{,}96\sqrt{\frac{f(1-f)}{n}}\right] \qquad n\geq 30,\ nf\geq 5,\ n(1-f)\geq 5

Les conditions se vérifient et s'écrivent : nfnf et n(1−f)n(1-f) sont les effectifs des deux catégories, il en faut au moins cinq de chaque.

Le nn est SOUS la racine. Sans lui, les bornes sortent de [0;1][0;1] — contrôle immédiat.

f(1−f)f(1-f), pas f2f^2.

Une proportion extrême s'estime plus précisément qu'une proportion proche de 0,50{,}5 : f(1−f)f(1-f) y est plus petit.

Réponse. f=0,25f=0{,}25 ; IC95%(p)≈[0,190 ; 0,310]IC_{95\%}(p)\approx[0{,}190\ ;\ 0{,}310], conditions vérifiées. (Recoupement machine : SE =0,030619=0{,}030619, demi-largeur 0,0600{,}060 ✓)
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Taille d'échantillon pour une précision imposée

DémonstrationDifficulté 3/5

On veut estimer une proportion avec une marge d'erreur d'au plus 0,040{,}04 au niveau 95 %95\,\%. Quelle taille d'échantillon nn faut-il prévoir (au pire des cas) ?

Indices (3)

Demi-largeur =1,96f(1−f)/n≤d=1{,}96\sqrt{f(1-f)/n}\leq d.

Le cas le plus défavorable est f=0,5f=0{,}5 (qui maximise f(1−f)=0,25f(1-f)=0{,}25).

Isoler n≥(1,96×0,5d)2n\geq\big(\frac{1{,}96\times 0{,}5}{d}\big)^2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'inconnue est nn, sous une racine et au dénominateur. Il faut résoudre une inéquation, pas appliquer une formule.

1,96f(1−f)n⏟marge≤0,04\underbrace{1{,}96\sqrt{\frac{f(1-f)}{n}}}_{\text{marge}}\leq 0{,}04

Deux points de méthode, et le second est celui qui se rate.

(1) Pourquoi « au pire des cas ». On dimensionne avant de sonder, donc ff est inconnu. On prend la valeur qui maximise f(1−f)f(1-f), soit f=0,5f=0{,}5 où le produit vaut 0,250{,}25. Le nn obtenu convient alors quel que soit le ff réel : c'est une garantie, pas un pari.

(2) L'inégalité se RETOURNE. nn est au dénominateur : « marge petite » équivaut à « nn grand ». Et le résultat est un minimum, donc il s'arrondit par excès — arrondir vers le bas violerait la contrainte.

Un pronostic avant calcul : la règle mentale donne marge ≈1n\approx\dfrac{1}{\sqrt n}, donc 1n≈0,04\dfrac{1}{\sqrt n}\approx 0{,}04 mène à n≈25\sqrt n\approx 25, soit n≈625n\approx 625. On attend donc un résultat de cet ordre.

La résolution

Étape 1 — poser l'inéquation, avec f=0,5f=0{,}5 donc f(1−f)=0,25f(1-f)=0{,}25 :

1,960,25n≤0,041{,}96\sqrt{\frac{0{,}25}{n}}\leq 0{,}04

Étape 2 — simplifier, en utilisant 0,25=0,5\sqrt{0{,}25}=0{,}5 :

1,96×0,5n≤0,04⟺0,98n≤0,041{,}96\times\frac{0{,}5}{\sqrt n}\leq 0{,}04 \quad\Longleftrightarrow\quad \frac{0{,}98}{\sqrt n}\leq 0{,}04

Étape 3 — isoler n\sqrt n. On multiplie par n>0\sqrt n>0 puis on divise par 0,040{,}04 :

n≥0,980,04=24,5\sqrt{n}\geq\frac{0{,}98}{0{,}04}=24{,}5

⚠️ L'inégalité s'est retournée — c'est le passage du dénominateur au numérateur.

Étape 4 — élever au carré (les deux membres sont positifs) :

n≥24,52=600,25n\geq 24{,}5^{2}=600{,}25

Étape 5 — arrondir PAR EXCÈS, puisqu'il s'agit d'un minimum et que nn est entier :

nmin⁡=601\boxed{n_{\min}=601}

Le contrôle qui tranche — reporter la valeur dans la contrainte :

nn marge 1,960,25/n1{,}96\sqrt{0{,}25/n} ≤0,04\leq 0{,}04 ?
600600 0,0400080{,}040008 non ✗
601601 0,0399750{,}039975 oui ✓

601601 est bien le plus petit entier convenable, et 600600 ne convient pas — de justesse, mais il ne convient pas.

Le pronostic est confirmé : on attendait environ 625625, on trouve 601601.

Ordre de grandeur à retenir, à 95 %95\ \% et au pire des cas :

marge nn
±5\pm 5 points 385385
±4\pm 4 points 601601
±3\pm 3 points 10681068
±2\pm 2 points 24012401

Diviser la marge par 22 multiplie nn par 44 : la précision se paie au carré.

Rappel de cours

Taille d'échantillon pour une marge imposée

uf(1−f)n≤e⟺n≥u2f(1−f)e2u\sqrt{\frac{f(1-f)}{n}}\leq e \quad\Longleftrightarrow\quad n\geq\frac{u^{2}f(1-f)}{e^{2}}
Au pire des cas (f=0,5f=0{,}5) :
n≥(u2e)2\boxed{n\geq\left(\frac{u}{2e}\right)^{2}}
À 95 %95\ \% : n≥0,9604e2n\geq\dfrac{0{,}9604}{e^{2}}.

Pourquoi f=0,5f=0{,}5 f↦f(1−f)f\mapsto f(1-f) est une parabole maximale en 0,50{,}5, où elle vaut 0,250{,}25. S'y placer garantit la marge quelle que soit la proportion réelle — indispensable puisqu'on dimensionne avant de connaître ff.

Deux règles de sens à ne pas confondre

grandeur cherchée arrondi
un minimum (taille d'échantillon) par excès
un maximum (écart-type toléré) par défaut

Dans les deux cas, le contrôle est de reporter la valeur arrondie dans la contrainte.

La règle mentale

marge≈1n⟺n≈1e2\text{marge}\approx\frac{1}{\sqrt n} \quad\Longleftrightarrow\quad n\approx\frac{1}{e^{2}}
(1,96×0,5≈11{,}96\times 0{,}5\approx 1). Pour e=0,04e=0{,}04 : n≈625n\approx 625, à comparer aux 601601 exacts. Un pronostic à 4 %4\ \% près, en calcul mental.

Le coût de la précision

n∝1e2n\propto\frac{1}{e^{2}}

L'erreur classique

⚠️ Arrondir par défaut : répondre n=600n=600. C'est un minimum, et 600600 donne une marge de 0,040008>0,040{,}040008>0{,}04 — la contrainte est violée, de peu mais violée.

Le contrôle définitif : reporter la valeur dans l'inéquation. C'est la seule façon de trancher, et elle coûte un calcul.

⚠️ Ne pas retourner l'inégalité. Écrire n≤24,5\sqrt n\leq 24{,}5 puis n≤600n\leq 600, c'est-à-dire qu'un sondage de 1010 personnes conviendrait aussi.

Le contrôle de sens : plus l'échantillon est grand, plus la marge est petite. Une contrainte de précision impose donc nn grand.

⚠️ Oublier d'élever au carré : répondre n≥24,5n\geq 24{,}5, donc 2525.

Le contrôle : avec n=25n=25, la marge vaut 1,96×0,55=0,1961{,}96\times\dfrac{0{,}5}{5}=0{,}196, soit ±20\pm 20 points — cinq fois trop.

⚠️ Bloquer parce que ff est inconnu. L'expression « au pire des cas » de l'énoncé désigne f=0,5f=0{,}5 ; c'est l'indication qui débloque.

⚠️ Prendre f(1−f)=0,5f(1-f)=0{,}5 au lieu de 0,250{,}25. Le produit vaut 0,5×0,5=0,250{,}5\times 0{,}5=0{,}25.

Le contrôle : f(1−f)≤14f(1-f)\leq\dfrac14 toujours, donc 0,50{,}5 est impossible.

⚠️ Confondre marge et largeur. « Marge d'erreur 0,040{,}04 » est la demi-largeur ; la largeur totale vaut 0,080{,}08. Prendre 0,080{,}08 donnerait n≥151n\geq 151, quatre fois trop petit.

⚠️ Rendre un nn décimal. Un effectif est entier, et ici il s'arrondit vers le haut.

À retenir
n≥(u2e)2au pire des cas f=0,5n\geq\left(\frac{u}{2e}\right)^{2} \qquad\text{au pire des cas } f=0{,}5

f=0,5f=0{,}5 maximise f(1−f)f(1-f) : c'est le pire des cas, et il garantit la marge quel que soit le ff réel.

L'inégalité se retourne quand on isole nn, et le résultat s'arrondit par excès — c'est un minimum.

Reporter la valeur arrondie dans la contrainte est le seul contrôle qui tranche : 600600 échoue, 601601 passe.

n∝1e2n\propto\dfrac{1}{e^{2}}, et la règle mentale n≈1e2n\approx\dfrac{1}{e^{2}} donne le bon ordre de grandeur sans calculatrice.

Réponse. n=601n=601 individus. (Recoupement machine : (1,96⋅0,5/0,04)2=600,23⇒601(1{,}96\cdot 0{,}5/0{,}04)^2=600{,}23\Rightarrow 601 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Test de conformité d'une moyenne, $\sigma$ connu (bilatéral)

CalculDifficulté 3/5

Une machine doit remplir des sachets de masse cible μ0=500\mu_0=500 g, avec un écart-type connu σ=4\sigma=4 g. Sur n=16n=16 sachets (masses supposées de loi normale), on mesure x‾=502,5\overline{x}=502{,}5 g. Tester H0:μ=500H_0:\mu=500 contre H1:μ≠500H_1:\mu\neq 500 au risque 5 %5\,\%. Donner la pp-value. On donne Φ(2,5)=0,9938\Phi(2{,}5)=0{,}9938.

Indices (3)

σ\sigma connu ⇒\Rightarrow statistique z=x‾−μ0σ/nz=\dfrac{\overline{x}-\mu_0}{\sigma/\sqrt n} (loi normale).

Test bilatéral : région de rejet ∣z∣>1,96\lvert z\rvert>1{,}96.

pp-value bilatérale =2(1−Φ(∣z∣))=2\big(1-\Phi(\lvert z\rvert)\big).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Premier test d'hypothèse du chapitre. Le raisonnement est celui d'un procès, et il faut le comprendre une fois pour toutes.

On suppose H0H_0 vraie (la machine est bien réglée à 500500 g), puis on calcule : si c'était vrai, quelle serait la probabilité d'observer un écart au moins aussi grand que celui-ci ? Si cette probabilité est trop faible, on rejette H0H_0.

H0H_0 est l'hypothèse par défaut, celle qu'on conserve faute de preuve contraire — comme la présomption d'innocence. On ne la « démontre » jamais ; on la rejette, ou on ne la rejette pas.

Ici σ\sigma est CONNU (44 g), donc on utilise la loi normale, pas Student. C'est le mot « connu » de l'énoncé qui le décide.

Et le test est BILATÉRAL : H1:μ≠500H_1:\mu\neq 500. Un écart dans n'importe quel sens compte — trop plein comme trop peu —, donc le risque 5 %5\ \% se répartit en 2,5 %2{,}5\ \% de chaque côté, d'où la valeur critique 1,961{,}96.

Étape 1 — hypothèses et statistique de test
H0:μ=500contreH1:μ≠500H_0:\mu=500 \qquad\text{contre}\qquad H_1:\mu\neq 500

Erreur type :

σn=416=44=1\frac{\sigma}{\sqrt n}=\frac{4}{\sqrt{16}}=\frac{4}{4}=1

Statistique de test — c'est l'écart observé, compté en erreurs types :

z=x‾−μ0σ/n=502,5−5001=2,5z=\frac{\overline{x}-\mu_0}{\sigma/\sqrt n}=\frac{502{,}5-500}{1}=2{,}5

Lecture directe : la moyenne observée est à 2,52{,}5 erreurs types de la valeur cible. C'est beaucoup — le repère du cours dit que 95 %95\ \% des échantillons tombent à moins de 22.

Étape 2 — décision par la valeur critique

Valeur critique à 5 %5\ \% bilatéral : u0,975=1,96u_{0{,}975}=1{,}96.

∣z∣=2,5>1,96|z|=2{,}5>1{,}96
On REJETTE H0 au risque 5 %\boxed{\text{On REJETTE } H_0 \text{ au risque } 5\ \%}

La machine n'est pas réglée à 500500 g : elle remplit trop.

⚠️ La formulation compte. On dit « on rejette H0H_0 », pas « H1H_1 est vraie ». Le test contrôle le risque de rejeter à tort (5 %5\ \%), il ne démontre rien.

Étape 3 — la p-value

Définition : la pp-value est la probabilité d'observer un écart au moins aussi extrême que celui mesuré, si H0H_0 était vraie.

Le test étant bilatéral, les deux côtés comptent :

p=P(∣Z∣≥2,5)=2(1−Φ(2,5))=2(1−0,9938)=2×0,0062p=P(|Z|\geq 2{,}5)=2\big(1-\Phi(2{,}5)\big)=2(1-0{,}9938)=2\times 0{,}0062
p=0,0124soit 1,24 %\boxed{p=0{,}0124 \quad\text{soit } 1{,}24\ \%}

Décision par la pp-value — c'est la même que par la valeur critique, toujours :

p=0,0124<0,05⟹rejetp=0{,}0124<0{,}05 \quad\Longrightarrow\quad \text{rejet}

Ce que pp apporte de plus que le simple verdict. Elle gradue le résultat : 1,24 %1{,}24\ \% dit que l'observation serait très inhabituelle sous H0H_0. On voit du même coup que le rejet tiendrait encore à 2 %2\ \% de risque, mais pas à 1 %1\ \%.

La lecture concrète : si la machine était parfaitement réglée, on n'observerait un écart de cette taille que dans un échantillon sur 8080.

⚠️ Ce que pp n'est PAS. Ce n'est pas la probabilité que H0H_0 soit vraie. C'est une probabilité calculée sous H0H_0, ce qui est tout autre chose — H0H_0 n'a pas de probabilité, elle est vraie ou fausse.

Rappel de cours

Test de conformité d'une moyenne, σ\sigma connu

z=x‾−μ0σ/nz=\frac{\overline{x}-\mu_0}{\sigma/\sqrt n}

H1H_1 rejet si pp-value
μ≠μ0\mu\neq\mu_0 (bilatéral) ∣z∣>u1−α/2\lvert z\rvert>u_{1-\alpha/2} 2(1−Φ(∣z∣))2\big(1-\Phi(\lvert z\rvert)\big)
μ>μ0\mu>\mu_0 (unilatéral droite) z>u1−αz>u_{1-\alpha} 1−Φ(z)1-\Phi(z)
μ<μ0\mu<\mu_0 (unilatéral gauche) z<−u1−αz<-u_{1-\alpha} Φ(z)\Phi(z)

Valeurs critiques usuelles

α\alpha bilatéral unilatéral
10 %10\ \% 1,6451{,}645 1,2821{,}282
5 %5\ \% 1,96\mathbf{1{,}96} 1,645\mathbf{1{,}645}
1 %1\ \% 2,5762{,}576 2,3262{,}326

⚠️ 1,6451{,}645 apparaît deux fois, pour des usages différents : bilatéral à 10 %10\ \%, unilatéral à 5 %5\ \%.

Les deux méthodes de décision sont ÉQUIVALENTES

∣z∣>u1−α/2⟺p<α\lvert z\rvert>u_{1-\alpha/2} \quad\Longleftrightarrow\quad p<\alpha
Trouver deux conclusions opposées signale une erreur de calcul.

Ce que la pp-value est, et n'est pas ✓ probabilité d'un écart aussi extrême sous H0H_0 ✗ probabilité que H0H_0 soit vraie ✗ probabilité de se tromper en rejetant

Quelle loi σ\sigma connu →\to normale · σ\sigma inconnu et n<30n<30 →\to Student. Pour n<30n<30, ces lois supposent la population normale.

L'erreur classique

⚠️ Oublier de doubler pour la pp-value bilatérale : répondre p=0,0062p=0{,}0062. Un test bilatéral compte les deux queues.

Le contrôle : la pp-value bilatérale est toujours le double de l'unilatérale prise du côté de zz. Et ici la conclusion ne change pas, mais elle changerait pour un zz plus proche du seuil — c'est exactement l'objet de l'exercice B5.

⚠️ Utiliser 1,6451{,}645 comme valeur critique. C'est le seuil unilatéral à 5 %5\ \%. Ici H1:μ≠500H_1:\mu\neq 500 est bilatéral, donc 1,961{,}96.

La question à se poser : H1H_1 contient-il ≠\neq (deux côtés) ou << / >> (un seul) ?

⚠️ Diviser par nn au lieu de n\sqrt n : 416=0,25\dfrac{4}{16}=0{,}25 donnerait z=10z=10 — un écart de dix erreurs types, ce qui n'arrive jamais.

⚠️ Utiliser Student. σ\sigma est connu : c'est la loi normale. Student ne sert que quand on estime σ\sigma par ss.

⚠️ Écrire « on accepte H1H_1 » ou « μ≠500\mu\neq 500 est démontré ». On rejette H0H_0 au risque α=5 %\alpha=5\ \% — la probabilité de rejeter H0H_0 à tort si elle est vraie. Un test ne démontre rien.

⚠️ Interpréter p=0,0124p=0{,}0124 comme « il y a 1,24 %1{,}24\ \% de chances que la machine soit bien réglée ». C'est la faute d'interprétation la plus répandue en statistique. pp est calculée en supposant H0H_0 vraie : elle ne peut pas être la probabilité de H0H_0.

⚠️ Conclure sur le signe sans le dire. z>0z>0 signifie que la machine remplit trop. C'est l'information utile pour l'atelier.

À retenir
z=x‾−μ0σ/nrejet bilateˊral si ∣z∣>1,96⟺p<αz=\frac{\overline{x}-\mu_0}{\sigma/\sqrt n} \qquad\text{rejet bilatéral si } \lvert z\rvert>1{,}96 \quad\Longleftrightarrow\quad p<\alpha

H1H_1 décide du caractère bilatéral : ≠\neq donne deux queues et 1,961{,}96, << ou >> une seule et 1,6451{,}645.

La pp-value bilatérale se DOUBLE.

Les deux méthodes de décision sont équivalentes — obtenir deux conclusions opposées signale une erreur.

pp n'est pas la probabilité que H0H_0 soit vraie. C'est une probabilité calculée sous H0H_0.

Réponse. z=2,5z=2{,}5, ∣z∣>1,96\lvert z\rvert>1{,}96 : on rejette H0H_0 ; p≈0,0124p\approx 0{,}0124. (Recoupement machine : p=0,01242p=0{,}01242 ✓)
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Test d'une moyenne, $\sigma$ inconnu (unilatéral, Student)

CalculDifficulté 3/5

Un nouveau procédé est censé réduire le temps de cycle, dont la moyenne historique est μ0=30\mu_0=30 s. Sur n=10n=10 essais (temps supposés de loi normale) : x‾=28\overline{x}=28 s, s=3s=3 s. Tester H0:μ=30H_0:\mu=30 contre H1:μ<30H_1:\mu<30 au risque 5 %5\,\%. On donne t9; 0,95=1,833t_{9;\,0{,}95}=1{,}833.

Indices (3)

σ\sigma inconnu ⇒\Rightarrow statistique de Student t=x‾−μ0s/nt=\dfrac{\overline{x}-\mu_0}{s/\sqrt n} à 99 ddl.

Test unilatéral à gauche : on rejette si t<−t9; 0,95=−1,833t<-t_{9;\,0{,}95}=-1{,}833.

pp-value unilatérale =P(T9≤t)=P(T_9\leq t).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux différences avec B1, et chacune change un élément du calcul.

(1) σ\sigma est INCONNU — l'énoncé donne s=3s=3, calculé sur l'échantillon. Avec n=10<30n=10<30, c'est la loi de Student à ν=n−1=9\nu=n-1=9 degrés de liberté.

(2) Le test est UNILATÉRAL À GAUCHE. Le procédé est « censé réduire » le temps : on ne cherche pas un écart quelconque, on cherche une baisse.

H0:μ=30H1:μ<30H_0:\mu=30 \qquad H_1:\mu<30

Conséquence sur le seuil : tout le risque de 5 %5\ \% est concentré d'un seul côté, donc la valeur critique est t9; 0,95=1,833t_{9;\,0{,}95}=1{,}833 et non t9; 0,975=2,262t_{9;\,0{,}975}=2{,}262.

⚠️ Le sens du test se lit dans l'énoncé, pas dans les données. « Censé réduire » fixe H1:μ<30H_1:\mu<30 avant de regarder x‾\overline{x}. Choisir le sens après avoir vu que 28<3028<30 serait une faute méthodologique — cela reviendrait à truquer le risque.

Et le signe de tt va compter : on rejette si tt est suffisamment négatif.

Étape 1 — hypothèses et statistique
H0:μ=30contreH1:μ<30(unilateˊral aˋ gauche)H_0:\mu=30 \qquad\text{contre}\qquad H_1:\mu<30 \qquad (\text{unilatéral à gauche})

Erreur type — avec ss, puisque σ\sigma est inconnu :

sn=310=33,16228=0,94868\frac{s}{\sqrt n}=\frac{3}{\sqrt{10}}=\frac{3}{3{,}16228}=0{,}94868

Statistique de test :

t=x‾−μ0s/n=28−300,94868=−20,94868=−2,1082t=\frac{\overline{x}-\mu_0}{s/\sqrt n}=\frac{28-30}{0{,}94868}=\frac{-2}{0{,}94868}=-2{,}1082

⚠️ Garder les décimales de l'erreur type. Avec 0,9490{,}949 arrondi on trouverait −2,1075-2{,}1075, dont le dernier chiffre affiché diffère. Sur un test proche du seuil, ce genre d'arrondi peut inverser la conclusion.

Étape 2 — décision

Région de rejet — unilatérale à gauche :

t<−t9; 0,95=−1,833t<-t_{9;\,0{,}95}=-1{,}833

Comparaison :

t=−2,108<−1,833✓t=-2{,}108<-1{,}833 \quad \checkmark
On REJETTE H0 au risque 5 %\boxed{\text{On REJETTE } H_0 \text{ au risque } 5\ \%}

Le nouveau procédé réduit significativement le temps de cycle.

Contrôle de cohérence en deux temps :

contrôle verdict
le signe de tt est négatif, comme H1H_1 le prévoit ✓
∣t∣=2,108>1,833\lvert t\rvert=2{,}108>1{,}833 ✓

Le premier contrôle n'est pas cosmétique. Si tt avait été positif, on n'aurait pas pu rejeter quelle que soit sa valeur : un temps plus long ne prouve pas une réduction. Sur un test unilatéral, un écart dans le mauvais sens conduit toujours à conserver H0H_0.

Ce que le test bilatéral aurait donné. Avec t9; 0,975=2,262t_{9;\,0{,}975}=2{,}262 :

∣t∣=2,108<2,262⟹on ne rejette PAS\lvert t\rvert=2{,}108<2{,}262 \quad\Longrightarrow\quad \text{on ne rejette PAS}

Conclusion opposée, mêmes données. C'est le prix du choix unilatéral : il est plus puissant, mais il ne se justifie que si le sens était fixé a priori — ce qui est le cas ici, l'énoncé disant « censé réduire ».

Rappel de cours

Test d'une moyenne, σ\sigma inconnu

t=x‾−μ0s/n∼Tn−1 sous H0t=\frac{\overline{x}-\mu_0}{s/\sqrt n} \sim \mathcal{T}_{n-1} \text{ sous } H_0

H1H_1 région de rejet seuil (α=5 %\alpha=5\ \%, ν=9\nu=9)
μ<μ0\mu<\mu_0 t<−tν; 1−αt<-t_{\nu;\,1-\alpha} −1,833-1{,}833
μ>μ0\mu>\mu_0 t>tν; 1−αt>t_{\nu;\,1-\alpha} +1,833+1{,}833
μ≠μ0\mu\neq\mu_0 ∣t∣>tν; 1−α/2\lvert t\rvert>t_{\nu;\,1-\alpha/2} 2,2622{,}262

Le sens du test se fixe AVANT de voir les données Il vient de la question posée, jamais du résultat observé. Choisir le sens après coup double le risque réel sans qu'on le voie — c'est une faute méthodologique, pas une astuce.

Unilatéral ou bilatéral : que gagne-t-on Le seuil unilatéral est plus bas (1,8331{,}833 contre 2,2622{,}262), donc le test est plus puissant — il détecte des écarts plus petits. En contrepartie, il est aveugle au sens opposé : un écart dans l'autre direction, si grand soit-il, ne peut jamais mener au rejet.

Sur un test unilatéral, le signe compte d'abord Si le signe de la statistique contredit H1H_1, on conserve H0H_0 sans même comparer au seuil.

Quelle loi σ\sigma connu →\to normale · σ\sigma inconnu, n<30n<30 →\to Studentn−1_{n-1} · σ\sigma inconnu, n≥30n\geq 30 →\to normale en approximation. Pour n<30n<30, ces lois supposent la population normale.

L'erreur classique

⚠️ Utiliser le seuil bilatéral 2,2622{,}262 alors que le test est unilatéral. On conclurait à l'absence d'effet — la conclusion opposée, sur les mêmes données.

Le repère : H1H_1 contient <<, donc un seul côté, donc le quantile 1−α=0,951-\alpha=0{,}95.

⚠️ Choisir le sens du test après avoir vu x‾=28\overline{x}=28. Le sens vient de la question (« censé réduire »), pas des données. L'inverser après coup fausse le risque réel.

⚠️ Utiliser 1,961{,}96 ou un seuil de loi normale. σ\sigma est inconnu et n=10<30n=10<30 : c'est Student.

L'écart n'est pas négligeable : 1,8331{,}833 contre 1,6451{,}645, soit 11 %11\ \% de plus.

⚠️ Ignorer le signe et comparer ∣t∣\lvert t\rvert à 1,8331{,}833 sans regarder la direction. Sur un test unilatéral à gauche, un tt positif conduit à conserver H0H_0 quoi qu'il arrive.

⚠️ Prendre ν=10\nu=10 au lieu de 99. Le degré de liberté est n−1n-1.

⚠️ Arrondir l'erreur type à 0,9490{,}949 avant de calculer tt : on obtient −2,1075-2{,}1075 au lieu de −2,1082-2{,}1082. Ici sans conséquence, mais sur un test proche du seuil un tel écart peut inverser la décision. Garder les décimales jusqu'au bout.

⚠️ Conclure « le procédé est meilleur ». On rejette H0H_0 : les données sont incompatibles avec l'absence d'effet, au risque 5 %5\ \%. C'est plus faible qu'une démonstration.

À retenir
t=x‾−μ0s/nunilateˊral gauche : rejet si t<−tn−1; 1−αt=\frac{\overline{x}-\mu_0}{s/\sqrt n} \qquad\text{unilatéral gauche : rejet si } t<-t_{n-1;\,1-\alpha}

H1H_1 décide du seuil : 1,8331{,}833 (unilatéral) contre 2,2622{,}262 (bilatéral) pour ν=9\nu=9 à 5 %5\ \%. Le choix change ici la conclusion.

Le sens du test se fixe AVANT de voir les données, d'après la question posée.

Sur un test unilatéral, vérifier le SIGNE en premier : un écart dans le mauvais sens interdit le rejet, quelle que soit son ampleur.

σ\sigma inconnu et n<30n<30 ⟹\Longrightarrow Student, ν=n−1\nu=n-1 (population normale). Et ne pas arrondir l'erreur type avant de diviser.

Réponse. t≈−2,108<−1,833t\approx -2{,}108<-1{,}833 : on rejette H0H_0, μ<30\mu<30 ; p≈0,032p\approx 0{,}032. (Recoupement machine ttest_1samp : t=−2,108t=-2{,}108, p=0,0321p=0{,}0321 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Test d'une proportion (bilatéral)

CalculDifficulté 3/5

On suspecte qu'une pièce est truquée : sur n=100n=100 lancers, on obtient 5858 « pile ». Tester H0:p=0,5H_0:p=0{,}5 contre H1:p≠0,5H_1:p\neq 0{,}5 au risque 5 %5\,\%. On donne Φ(1,6)=0,9452\Phi(1{,}6)=0{,}9452.

Indices (3)

Statistique z=f−p0p0(1−p0)/nz=\dfrac{f-p_0}{\sqrt{p_0(1-p_0)/n}} (on utilise p0p_0, pas ff, au dénominateur).

Test bilatéral : rejet si ∣z∣>1,96\lvert z\rvert>1{,}96.

pp-value =2(1−Φ(∣z∣))=2(1-\Phi(\lvert z\rvert)).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Test d'une proportion, et il contient un piège que l'exercice A5 n'avait pas.

Sous H0H_0, on connaît p0=0,5p_0=0{,}5. L'écart-type se calcule donc avec p0p_0, pas avec la fréquence observée f=0,58f=0{,}58 :

σ0=p0(1−p0)n\sigma_0=\sqrt{\frac{p_0(1-p_0)}{n}}

⚠️ C'est la différence avec l'intervalle de confiance. Dans un IC, pp est inconnu, on n'a que ff. Dans un test, H0H_0 fournit p0p_0 — et raisonner sous H0H_0 signifie utiliser tout ce que H0H_0 donne.

Ici la différence est faible (0,050{,}05 contre 0,04940{,}0494), mais le principe est celui qui compte : la statistique de test se calcule sous H0H_0.

Le test est bilatéral : « truquée » ne dit pas dans quel sens. H1:p≠0,5H_1:p\neq 0{,}5, seuil 1,961{,}96.

Un pronostic avant calcul : 5858 piles sur 100100, c'est 88 de plus que prévu, pour un écart-type de 55 — donc environ 1,61{,}6 erreur type. En dessous de 1,961{,}96 : on ne devrait pas rejeter.

Étape 1 — hypothèses et statistique
H0:p=0,5contreH1:p≠0,5H_0:p=0{,}5 \qquad\text{contre}\qquad H_1:p\neq 0{,}5

Fréquence observée :

f=58100=0,58f=\frac{58}{100}=0{,}58

Écart-type sous H0H_0 — avec p0=0,5p_0=0{,}5 :

σ0=0,5×0,5100=0,25100=0,0025=0,05\sigma_0=\sqrt{\frac{0{,}5\times 0{,}5}{100}}=\sqrt{\frac{0{,}25}{100}}=\sqrt{0{,}0025}=0{,}05

Statistique de test :

z=f−p0σ0=0,58−0,50,05=0,080,05=1,6z=\frac{f-p_0}{\sigma_0}=\frac{0{,}58-0{,}5}{0{,}05}=\frac{0{,}08}{0{,}05}=1{,}6

Contrôle : 1,61{,}6 est bien l'ordre annoncé par le pronostic.

Étape 2 — décision et p-value

Valeur critique bilatérale à 5 %5\ \% : 1,961{,}96.

∣z∣=1,6<1,96|z|=1{,}6<1{,}96
On NE REJETTE PAS H0\boxed{\text{On NE REJETTE PAS } H_0}

pp-value :

p=2(1−Φ(1,6))=2(1−0,9452)=2×0,0548p=2\big(1-\Phi(1{,}6)\big)=2(1-0{,}9452)=2\times 0{,}0548
p=0,1096soit 11 %\boxed{p=0{,}1096 \quad\text{soit } 11\ \%}

p=0,110>0,05p=0{,}110>0{,}05 ✓ — les deux méthodes concordent, comme toujours.

Rédaction attendue. Au risque 5 %5\ \%, rien ne permet d'affirmer que la pièce est truquée. Obtenir un écart d'au moins 88 piles à 5050, dans un sens ou dans l'autre, avec une pièce parfaitement équilibrée arrive dans environ 11 %11\ \% des séries : c'est banal.

⚠️ Ne pas conclure « la pièce est équilibrée ». On ne rejette pas H0H_0, ce qui n'est pas la même chose que la démontrer. Ne pas pouvoir conclure n'est pas conclure le contraire — c'est la distinction centrale de toute la statistique inférentielle.

Que faudrait-il pour trancher ? Avec la même fréquence 0,580{,}58 mais n=200n=200 :

σ0=0,25200=0,0354z=0,080,0354=2,26>1,96\sigma_0=\sqrt{\frac{0{,}25}{200}}=0{,}0354 \qquad z=\frac{0{,}08}{0{,}0354}=2{,}26>1{,}96

on rejetterait. Le même écart devient significatif quand l'échantillon grandit — parce que l'erreur type diminue en 1n\dfrac{1}{\sqrt n}. C'est pourquoi « non significatif » veut souvent dire « pas assez de données », et non « pas d'effet ».

Rappel de cours

Test d'une proportion

z=f−p0p0(1−p0)nz=\frac{f-p_0}{\sqrt{\dfrac{p_0(1-p_0)}{n}}}
⚠️ L'écart-type se calcule avec p0p_0, la valeur de H0H_0 — pas avec ff.

Test ou intervalle : quel écart-type

écart-type
test (p0p_0 donné par H0H_0) p0(1−p0)n\sqrt{\dfrac{p_0(1-p_0)}{n}}
intervalle de confiance (pp inconnu) f(1−f)n\sqrt{\dfrac{f(1-f)}{n}}

Dans un test on raisonne sous H0H_0, donc on utilise tout ce que H0H_0 fournit.

Conditions d'application

n≥30np0≥5n(1−p0)≥5n\geq 30 \qquad np_0\geq 5 \qquad n(1-p_0)\geq 5
Ici 5050 et 5050 : largement remplies.

Décision

bilateˊral : rejet si ∣z∣>1,96⟺p=2(1−Φ(∣z∣))<α\text{bilatéral : rejet si } \lvert z\rvert>1{,}96 \quad\Longleftrightarrow\quad p=2\big(1-\Phi(\lvert z\rvert)\big)<\alpha

Le lien entre significativité et taille d'échantillon

z=f−p0p0(1−p0)×nz=\frac{f-p_0}{\sqrt{p_0(1-p_0)}}\times\sqrt{n}
zz croît comme n\sqrt n : un écart fixé finit toujours par devenir significatif si l'on collecte assez de données. « Non significatif » signifie donc souvent « échantillon trop petit », pas « effet nul ».

L'erreur classique

⚠️ Utiliser f=0,58f=0{,}58 dans l'écart-type : 0,58×0,42100=0,0494\sqrt{\dfrac{0{,}58\times 0{,}42}{100}}=0{,}0494, d'où z=1,62z=1{,}62. La conclusion ne change pas ici, mais ce n'est pas le test du cours : dans un test, on raisonne sous H0H_0, et H0H_0 donne p0=0,5p_0=0{,}5.

⚠️ Utiliser le seuil unilatéral 1,6451{,}645. « Truquée » ne précise aucun sens : le test est bilatéral, donc 1,961{,}96.

Le piège est réel : 1,6<1,6451{,}6<1{,}645 aussi, donc la conclusion resterait la même — mais elle deviendrait fausse pour un zz entre 1,6451{,}645 et 1,961{,}96.

⚠️ Oublier de doubler la pp-value : donner 0,05480{,}0548. Le test est bilatéral.

⚠️ Écrire z=58−500,05=160z=\dfrac{58-50}{0{,}05}=160 en mélangeant effectifs et fréquences. Les deux membres doivent être dans la même unité : soit des fréquences (0,580{,}58 et 0,50{,}5), soit des effectifs (5858 et 5050, avec σ=np0(1−p0)=5\sigma=\sqrt{np_0(1-p_0)}=5, ce qui redonne z=1,6z=1{,}6).

⚠️ Conclure « la pièce est équilibrée ». On ne rejette pas H0H_0 — c'est une absence de preuve, pas une preuve d'absence.

⚠️ Conclure « la pièce est truquée » parce que 58>5058>50. Sans le test, cette observation ne dit rien : un écart d'au moins 88 piles à 5050, comme ici, arrive dans environ 11 %11\ \% des séries avec une pièce saine.

⚠️ Ne pas interpréter la pp-value. 11 %11\ \% signifie « banal sous H0H_0 » — c'est la phrase que le correcteur attend.

À retenir
z=f−p0p0(1−p0)/nrejet bilateˊral si ∣z∣>1,96z=\frac{f-p_0}{\sqrt{p_0(1-p_0)/n}} \qquad\text{rejet bilatéral si } \lvert z\rvert>1{,}96

Dans un TEST, l'écart-type se calcule avec p0p_0 ; dans un intervalle de confiance, avec ff. C'est la différence à retenir entre les deux situations.

« Truquée » ne dit pas dans quel sens ⟹\Longrightarrow test bilatéral, seuil 1,961{,}96, pp-value doublée.

Ne pas rejeter H0H_0 n'est pas la démontrer.

zz croît comme n\sqrt n : un écart non significatif sur 100100 tirages peut le devenir sur 200200.

Réponse. z=1,6<1,96z=1{,}6<1{,}96 : on ne rejette pas H0H_0 ; p≈0,110p\approx 0{,}110. (Recoupement machine : p=0,1096p=0{,}1096 ✓)
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p-value, risque et erreurs de 1ʳᵉ/2ᵈᵉ espèce

ApplicationDifficulté 3/5

Un test bilatéral conduit à une statistique z=2,1z=2{,}1. Calculer la pp-value et conclure aux risques α=5 %\alpha=5\,\% puis α=1 %\alpha=1\,\%. Rappeler ce que sont les erreurs de 1re1^{\text{re}} et 2de2^{\text{de}} espèce. On donne Φ(2,1)=0,9821\Phi(2{,}1)=0{,}9821.

Indices (3)

p=2(1−Φ(2,1))p=2(1-\Phi(2{,}1)).

On rejette H0  ⟺  p≤αH_0\iff p\leq\alpha : comparer pp aux deux seuils.

Erreur de 1re1^{\text{re}} espèce : rejeter H0H_0 vraie (proba α\alpha).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'exercice n'a plus de contexte concret : il porte sur la mécanique de la décision elle-même. C'est un exercice de cours, et il faut le traiter comme tel.

Deux choses à produire :

(1) La pp-value et deux conclusions. Le même z=2,1z=2{,}1 mène à des décisions opposées selon le risque consenti — et c'est précisément le point. Le seuil α\alpha n'est pas une propriété des données : c'est un choix, fait avant de regarder.

(2) Les deux erreurs. Un test peut se tromper de deux façons, et elles ne coûtent pas la même chose :

on rejette H0H_0 on conserve H0H_0
H0H_0 vraie erreur de 1ʳᵉ espèce (α\alpha) ✓
H0H_0 fausse ✓ erreur de 2ᵈᵉ espèce (β\beta)

Le point à comprendre : α\alpha est choisi, β\beta est subi. Et les deux varient en sens inverse — abaisser α\alpha rend le rejet plus difficile, donc augmente β\beta.

1) La p-value

Test bilatéral, donc les deux queues :

p=P(∣Z∣≥2,1)=2(1−Φ(2,1))=2(1−0,9821)=2×0,0179p=P(|Z|\geq 2{,}1)=2\big(1-\Phi(2{,}1)\big)=2(1-0{,}9821)=2\times 0{,}0179
p=0,0358soit 3,58 %\boxed{p=0{,}0358 \quad\text{soit } 3{,}58\ \%}

Lecture : si H0H_0 était vraie, on observerait un écart au moins aussi grand dans 3,58 %3{,}58\ \% des cas — environ un échantillon sur 2828.

2) Les deux conclusions

La règle est unique : on rejette H0H_0 si p<αp<\alpha.

risque α\alpha comparaison décision
5 %5\ \% 0,0358<0,050{,}0358<0{,}05 on rejette H0H_0
1 %1\ \% 0,0358>0,010{,}0358>0{,}01 on ne rejette pas H0H_0

Vérification par les valeurs critiques — elles doivent donner la même chose :

α\alpha seuil bilatéral ∣z∣=2,1\lvert z\rvert=2{,}1 décision
5 %5\ \% 1,961{,}96 2,1>1,962{,}1>1{,}96 rejet ✓
1 %1\ \% 2,5762{,}576 2,1<2,5762{,}1<2{,}576 non-rejet ✓

Les deux méthodes concordent, comme toujours.

Ce que ce contraste enseigne, et c'est le cœur de l'exercice. Les données n'ont pas changé — seul le risque consenti a changé. Un résultat « significatif à 5 %5\ \% » et « non significatif à 1 %1\ \% » n'est pas contradictoire : il dit simplement que la preuve est modérée.

C'est pourquoi on publie la pp-value plutôt que le seul verdict : 0,03580{,}0358 porte plus d'information que « rejeté à 5 %5\ \% », et laisse chaque lecteur appliquer son propre seuil.

⚠️ Le seuil se fixe AVANT de voir les données. Choisir α=5 %\alpha=5\ \% après avoir constaté p=0,0358p=0{,}0358 — pour obtenir un rejet — vide le test de son sens.

3) Les erreurs de 1ʳᵉ et 2ᵈᵉ espèce

Erreur de 1ʳᵉ espèce : rejeter H0H_0 alors qu'elle est vraie.

α=P(rejeter H0∣H0 vraie)\alpha=P(\text{rejeter } H_0 \mid H_0 \text{ vraie})

C'est le faux positif : on crie à la panne alors que la machine va bien. α\alpha est CHOISI — c'est le risque qu'on accepte de courir, et il est fixé d'avance.

Erreur de 2ᵈᵉ espèce : conserver H0H_0 alors qu'elle est fausse.

β=P(conserver H0∣H0 fausse)\beta=P(\text{conserver } H_0 \mid H_0 \text{ fausse})

C'est le faux négatif : on ne détecte pas la panne. β\beta est SUBI — il dépend de l'écart réel, de nn, et de α\alpha, et on ne le contrôle pas directement.

La puissance du test est 1−β1-\beta : la probabilité de détecter un écart qui existe.

L'arbitrage, qui est le vrai contenu du chapitre :

action effet sur α\alpha effet sur β\beta
abaisser le seuil (5 %→1 %5\ \%\to 1\ \%) ↘\searrow ↗\nearrow
augmenter nn →\to ↘\searrow

Les deux erreurs varient en sens inverse à nn fixé. On ne peut pas les réduire ensemble en jouant sur α\alpha : exiger plus de preuves pour rejeter, c'est mécaniquement rater plus de vrais effets.

Le seul moyen d'améliorer les deux est d'augmenter nn. C'est exactement la même conclusion que pour les intervalles de confiance, où seul nn permettait de gagner à la fois en confiance et en précision.

Le choix de α\alpha dépend du coût relatif. En contrôle de sécurité aéronautique, rater un défaut (β\beta) coûte infiniment plus qu'une fausse alerte (α\alpha) : on prend α\alpha grand. En justice pénale, condamner un innocent (α\alpha) est jugé pire qu'acquitter un coupable (β\beta) : on prend α\alpha petit.

Rappel de cours

La règle de décision, sous ses deux formes équivalentes

p<α⟺∣z∣>u1−α/2⟹rejet de H0p<\alpha \quad\Longleftrightarrow\quad \lvert z\rvert>u_{1-\alpha/2} \quad\Longrightarrow\quad \text{rejet de } H_0

Valeurs critiques bilatérales

α\alpha u1−α/2u_{1-\alpha/2}
10 %10\ \% 1,6451{,}645
5 %5\ \% 1,961{,}96
1 %1\ \% 2,5762{,}576
0,1 %0{,}1\ \% 3,2913{,}291

Le tableau des quatre cas

rejet non-rejet
H0H_0 vraie erreur 1ʳᵉ espèce, proba α\alpha décision correcte, 1−α1-\alpha
H0H_0 fausse décision correcte, puissance 1−β1-\beta erreur 2ᵈᵉ espèce, proba β\beta

α\alpha choisi, β\beta subi α\alpha est fixé avant l'expérience. β\beta dépend de l'écart réel (inconnu), de nn et de α\alpha — il ne se choisit pas.

L'arbitrage À nn fixé, α↘\alpha\searrow entraîne β↗\beta\nearrow. Seule une augmentation de nn réduit les deux.

Interprétation d'une pp-value

pp lecture usuelle
>0,10>0{,}10 aucune indication contre H0H_0
0,010{,}01 à 0,050{,}05 indication modérée
<0,01<0{,}01 indication forte

⚠️ Ces seuils sont des conventions, pas des lois de la nature.

L'erreur classique

⚠️ Oublier de doubler la pp-value : donner 0,01790{,}0179. Elle serait alors inférieure à 0,050{,}05 et proche de 0,010{,}01 — ici aucune des deux conclusions ne change (0,0179>0,010{,}0179>0{,}01), mais pour un zz entre 2,3262{,}326 et 2,5762{,}576 l'erreur ferait rejeter à tort au seuil 1 %1\ \%.

⚠️ Utiliser 1,961{,}96 pour α=1 %\alpha=1\ \%. Le seuil bilatéral à 1 %1\ \% est 2,5762{,}576. Chaque risque a son seuil.

⚠️ S'étonner des conclusions opposées et chercher une erreur. Elles sont cohérentes : p=0,0358p=0{,}0358 se situe entre 0,010{,}01 et 0,050{,}05, donc le verdict dépend du seuil. C'est le contenu même de l'exercice.

⚠️ Intervertir les deux erreurs. Le moyen sûr : la 1ʳᵉ espèce concerne le REJET (on agit à tort), la 2ᵈᵉ le NON-REJET (on n'agit pas alors qu'il fallait). Le numéro suit l'ordre des colonnes du tableau.

⚠️ Écrire « pp est la probabilité que H0H_0 soit vraie ». pp est calculée en supposant H0H_0 vraie — elle ne peut pas mesurer la probabilité de H0H_0.

⚠️ Croire qu'on peut réduire α\alpha et β\beta ensemble en choisissant mieux le seuil. À nn fixé, c'est impossible : ils varient en sens inverse. Seul nn les améliore tous les deux.

⚠️ Choisir α\alpha après avoir vu pp. Le seuil se fixe avant, sans quoi le risque annoncé n'est plus celui qu'on court.

À retenir
p=2(1−Φ(∣z∣))rejet  ⟺  p<αp=2\big(1-\Phi(\lvert z\rvert)\big) \qquad \text{rejet} \iff p<\alpha

Le même zz peut mener à deux conclusions opposées selon α\alpha. Ce n'est pas une contradiction : c'est le signe d'une preuve modérée, et c'est pourquoi on publie pp plutôt qu'un verdict.

1ʳᵉ espèce = rejeter à tort (α\alpha, choisi). 2ᵈᵉ espèce = ne pas rejeter à tort (β\beta, subi).

α\alpha et β\beta varient en sens inverse à nn fixé. Seule une augmentation de nn réduit les deux.

α\alpha se fixe AVANT de voir les données.

Réponse. p≈0,0358p\approx 0{,}0358 : rejet à 5 %5\,\%, pas de rejet à 1 %1\,\%. (Recoupement machine : p=0,0357p=0{,}0357 ✓)
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Unilatéral ou bilatéral : la conclusion change

ApplicationDifficulté 3/5

Une même expérience donne une statistique z=1,8z=1{,}8. Comparer la décision et la pp-value selon que le test est bilatéral (H1:μ≠μ0H_1:\mu\neq\mu_0) ou unilatéral à droite (H1:μ>μ0H_1:\mu>\mu_0), au risque 5 %5\,\%. On donne Φ(1,8)=0,9641\Phi(1{,}8)=0{,}9641.

Indices (3)

Bilatéral : seuil 1,961{,}96, p=2(1−Φ(z))p=2(1-\Phi(z)).

Unilatéral à droite : seuil 1,6451{,}645, p=1−Φ(z)p=1-\Phi(z).

Le choix de H1H_1 se fait AVANT de voir les données.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'exercice isole une seule variable : le caractère uni- ou bilatéral. Mêmes données, même z=1,8z=1{,}8, deux conclusions opposées.

Pourquoi z=1,8z=1{,}8 est la valeur intéressante. Elle tombe pile entre les deux seuils :

1,645 < 1,8 < 1,961{,}645 \ < \ 1{,}8 \ < \ 1{,}96
↑unilateˊral↑bilateˊral\uparrow\text{unilatéral} \qquad\qquad \uparrow\text{bilatéral}

Elle dépasse le seuil unilatéral et pas le bilatéral : c'est exactement la zone où le choix du test décide du verdict. Pour z=2,5z=2{,}5 ou z=1,2z=1{,}2, les deux tests concorderaient.

La raison de fond : à risque total α\alpha égal, le test bilatéral doit partager 5 %5\ \% entre deux queues (2,5 %2{,}5\ \% chacune), tandis que l'unilatéral concentre tout d'un côté. Le seuil unilatéral est donc plus bas, et le test plus puissant.

⚠️ Ce n'est pas un choix libre. Le sens se fixe d'après la question posée, avant de voir les données. Choisir l'unilatéral après avoir constaté z=1,8z=1{,}8 — parce que cela donne un rejet — double le risque réel sans qu'aucun chiffre ne le signale.

Les deux tests, côte à côte

Test BILATÉRAL — H1:μ≠μ0H_1:\mu\neq\mu_0, les deux queues comptent :

pbil=2(1−Φ(1,8))=2(1−0,9641)=2×0,0359=0,0718p_{\text{bil}}=2\big(1-\Phi(1{,}8)\big)=2(1-0{,}9641)=2\times 0{,}0359=0{,}0718
0,0718>0,05⟹on NE rejette PAS H00{,}0718>0{,}05 \quad\Longrightarrow\quad \textbf{on NE rejette PAS } H_0

Contrôle par la valeur critique : 1,8<1,961{,}8<1{,}96 ✓ — même verdict.

Test UNILATÉRAL À DROITE — H1:μ>μ0H_1:\mu>\mu_0, une seule queue :

puni=1−Φ(1,8)=1−0,9641=0,0359p_{\text{uni}}=1-\Phi(1{,}8)=1-0{,}9641=0{,}0359
0,0359<0,05⟹on REJETTE H00{,}0359<0{,}05 \quad\Longrightarrow\quad \textbf{on REJETTE } H_0

Contrôle : 1,8>1,6451{,}8>1{,}645 ✓ — même verdict.

Le tableau qui résume tout :

bilatéral unilatéral droite
H1H_1 μ≠μ0\mu\neq\mu_0 μ>μ0\mu>\mu_0
queues 22 11
seuil à 5 %5\ \% 1,961{,}96 1,6451{,}645
pp-value 0,07180{,}0718 0,03590{,}0359
décision non-rejet rejet

La pp-value unilatérale est exactement la moitié de la bilatérale — c'est la définition même, et c'est le contrôle : 0,0718=2×0,03590{,}0718=2\times 0{,}0359 ✓

⚠️ Cette moitié n'est valable que si zz est du côté prévu par H1H_1. Ici z=+1,8z=+1{,}8 et H1:μ>μ0H_1:\mu>\mu_0 : cohérent. Si zz était −1,8-1{,}8, la pp-value unilatérale à droite vaudrait 1−Φ(−1,8)=0,9641-\Phi(-1{,}8)=0{,}964 — et non 0,03590{,}0359. Un écart dans le mauvais sens ne peut jamais mener au rejet.

Ce que ce contraste enseigne

L'unilatéral est plus puissant, mais il est aveugle d'un côté.

Il détecte des écarts plus petits, parce qu'il n'a pas à réserver de risque pour l'autre direction. Mais il est incapable de détecter un écart de sens opposé, si grand soit-il — un z=−10z=-10 ne mènerait à aucun rejet sur un test unilatéral à droite.

Quand chacun est légitime :

usage
bilatéral on cherche une différence, sans idée de sens (conformité, pièce truquée)
unilatéral le sens est imposé par la question (« améliore-t-il ? », « dépasse-t-on le seuil ? »)

En cas de doute, prendre le bilatéral. Il est plus prudent, et c'est la convention par défaut en recherche.

⚠️ La faute méthodologique à connaître, parce qu'elle se rencontre partout. Faire l'expérience, constater z=1,8z=1{,}8, puis déclarer le test unilatéral pour obtenir un rejet, c'est doubler le risque réel de première espèce — on annonce 5 %5\ \% alors qu'on court 10 %10\ \% — et rien dans le calcul ne le signale. Le seul garde-fou est de fixer le sens avant l'expérience, et de l'écrire.

Rappel de cours

Les deux pp-values

pbil=2(1−Φ(∣z∣))puni=1−Φ(z) (aˋ droite)p_{\text{bil}}=2\big(1-\Phi(\lvert z\rvert)\big) \qquad p_{\text{uni}}=1-\Phi(z) \ \text{(à droite)}
puni=pbil2— aˋ condition que z soit du coˆteˊ de H1p_{\text{uni}}=\frac{p_{\text{bil}}}{2} \quad\text{— à condition que } z \text{ soit du côté de } H_1

Les seuils à 5 %5\ \%

test seuil risque par queue
bilatéral 1,961{,}96 2,5 %2{,}5\ \% + 2,5 %2{,}5\ \%
unilatéral 1,6451{,}645 5 %5\ \% d'un seul côté

La zone où le choix décide

1,645<∣z∣<1,961{,}645<\lvert z\rvert<1{,}96
En dehors, les deux tests concordent — le tout pour zz du côté de H1H_1. C'est pourquoi z=1,8z=1{,}8 a été choisi.

Si zz est du mauvais côté Sur un test unilatéral à droite avec z<0z<0 : puni=1−Φ(z)>0,5p_{\text{uni}}=1-\Phi(z)>0{,}5. On conserve H0H_0 sans comparer.

Fixer le sens AVANT Le choisir après coup double le risque réel de 1ʳᵉ espèce, et aucun calcul ne le révèle. C'est une faute de méthode, pas d'arithmétique.

Par défaut : bilatéral Plus prudent, et convention usuelle en recherche.

L'erreur classique

⚠️ Choisir le sens du test après avoir vu les données. C'est la faute centrale que l'exercice existe pour montrer. Le risque annoncé (5 %5\ \%) n'est alors plus celui qu'on court (10 %10\ \%), et rien dans le calcul ne le trahit.

⚠️ Comparer la pp-value unilatérale au seuil bilatéral (ou l'inverse). Chaque version a son seuil : 0,03590{,}0359 contre 1,6451{,}645, 0,07180{,}0718 contre 1,961{,}96. Mélanger les deux donne un verdict au hasard.

⚠️ Croire que le test unilatéral est « meilleur » parce qu'il rejette plus souvent. Il est plus puissant, ce qui n'est un avantage que si le sens était fixé d'avance. Sinon c'est simplement un test dont le risque réel est doublé.

⚠️ Diviser par 22 sans vérifier le signe. puni=pbil2p_{\text{uni}}=\dfrac{p_{\text{bil}}}{2} ne vaut que si zz est du côté de H1H_1. Sinon puni=1−pbil2p_{\text{uni}}=1-\dfrac{p_{\text{bil}}}{2}, une valeur supérieure à 0,50{,}5.

⚠️ Conclure « les données sont contradictoires ». Elles ne le sont pas : elles fournissent une indication modérée, que le test bilatéral juge insuffisante et l'unilatéral suffisante. C'est le seuil qui diffère, pas les données.

⚠️ Oublier de vérifier la cohérence des deux méthodes. Valeur critique et pp-value doivent toujours concorder. Ici 1,8<1,961{,}8<1{,}96 et 0,0718>0,050{,}0718>0{,}05 ✓ ; 1,8>1,6451{,}8>1{,}645 et 0,0359<0,050{,}0359<0{,}05 ✓

À retenir
puni=pbil2  (z du coˆteˊ de H1)seuils : 1,645 (uni)  contre  1,96 (bil)p_{\text{uni}}=\frac{p_{\text{bil}}}{2}\ \ (z \text{ du côté de } H_1) \qquad\text{seuils : } 1{,}645 \text{ (uni)} \ \text{ contre } \ 1{,}96 \text{ (bil)}

Entre 1,6451{,}645 et 1,961{,}96, le choix du test décide du verdict. Ailleurs les deux concordent, si zz est du côté de H1H_1.

L'unilatéral est plus puissant mais aveugle d'un côté : un écart de sens opposé ne peut jamais mener au rejet.

Le sens se fixe AVANT l'expérience. Le choisir après double le risque réel sans qu'aucun calcul ne le signale — c'est la faute de méthode que cet exercice illustre.

En cas de doute : bilatéral.

unilateˊral:p=0,0359<0,05 REJETbilateˊral:p=0,0719>0,05 non-rejet\boxed{\text{unilatéral} : p=0{,}0359<0{,}05\ \text{REJET}\qquad\text{bilatéral} : p=0{,}0719>0{,}05\ \text{non-rejet}}
Réponse. Bilatéral : p≈0,072p\approx 0{,}072, pas de rejet ; unilatéral droite : p≈0,036p\approx 0{,}036, rejet. (Recoupement machine : 0,07190{,}0719 et 0,03590{,}0359 ✓)
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Problème complet : contrôle de conformité

DémonstrationDifficulté 3/5

Un fournisseur garantit une résistance moyenne de μ0=250\mu_0=250 N. Un laboratoire teste n=25n=25 pièces et obtient x‾=248\overline{x}=248 N, s=5s=5 N (σ\sigma inconnu, résistance supposée de loi normale). La production est-elle conforme au risque 5 %5\,\% (test bilatéral) ? On donne t24; 0,975=2,064t_{24;\,0{,}975}=2{,}064.

Indices (3)

Poser H0:μ=250H_0:\mu=250 contre H1:μ≠250H_1:\mu\neq 250.

Statistique de Student t=x‾−μ0s/nt=\dfrac{\overline{x}-\mu_0}{s/\sqrt n} à 2424 ddl.

Comparer ∣t∣\lvert t\rvert à 2,0642{,}064.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Problème complet, et il faut d'abord traduire l'énoncé en hypothèses.

« La production est-elle conforme ? » — l'énoncé précise « test bilatéral », donc

H0:μ=250H1:μ≠250H_0:\mu=250 \qquad H_1:\mu\neq 250

⚠️ On aurait pu croire à un test unilatéral à gauche, puisqu'un fournisseur garantit un minimum et qu'on craint une résistance insuffisante. L'énoncé tranche explicitement — mais il faut noter que ce choix n'est pas neutre, et on verra à la fin qu'il change la conclusion.

σ\sigma est INCONNU (s=5s=5 estimé sur l'échantillon) et n=25<30n=25<30 : c'est Student à ν=24\nu=24 degrés de liberté.

Un pronostic avant calcul : l'erreur type vaut 525=1\dfrac{5}{\sqrt{25}}=1, et l'écart est de 22 N. On est donc à 22 erreurs types — juste en dessous du seuil bilatéral 2,0642{,}064. On s'attend à ne pas rejeter, de peu.

Étape 1 — hypothèses et statistique
H0:μ=250contreH1:μ≠250(bilateˊral, α=5 %)H_0:\mu=250 \qquad\text{contre}\qquad H_1:\mu\neq 250 \qquad (\text{bilatéral, } \alpha=5\ \%)

Erreur type :

sn=525=55=1\frac{s}{\sqrt n}=\frac{5}{\sqrt{25}}=\frac{5}{5}=1

Statistique de test :

t=x‾−μ0s/n=248−2501=−2t=\frac{\overline{x}-\mu_0}{s/\sqrt n}=\frac{248-250}{1}=-2

L'échantillon est à deux erreurs types en dessous de la valeur garantie.

Étape 2 — décision

Valeur critique : t24; 0,975=2,064t_{24;\,0{,}975}=2{,}064 (bilatéral, ν=n−1=24\nu=n-1=24).

∣t∣=2<2,064|t|=2<2{,}064
On NE REJETTE PAS H0 — la production est deˊclareˊe conforme au risque 5 %\boxed{\text{On NE REJETTE PAS } H_0 \text{ — la production est déclarée conforme au risque } 5\ \%}

Rédaction attendue. Au risque 5 %5\ \%, l'écart observé (−2-2 N sur une garantie de 250250 N) n'est pas significatif : il est compatible avec les fluctuations d'échantillonnage. Rien ne permet de mettre en cause le fournisseur.

⚠️ Mais la marge est mince. 22 contre 2,0642{,}064 : le test passe de très peu. Deux remarques s'imposent, et un correcteur les attend.

(a) Avec un test unilatéral à gauche, le seuil serait t24; 0,95=1,711t_{24;\,0{,}95}=1{,}711 :

∣t∣=2>1,711⟹on REJETTERAIT|t|=2>1{,}711 \quad\Longrightarrow\quad \text{on REJETTERAIT}

Conclusion inverse. Et l'unilatéral serait défendable ici, puisqu'on craint spécifiquement une résistance insuffisante. C'est le choix de l'énoncé qui décide, et il doit être posé avant.

(b) Avec un échantillon plus grand, à moyenne et dispersion identiques :

nn erreur type ∣t∣\lvert t\rvert seuil bilatéral décision
2525 11 2,002{,}00 2,0642{,}064 non-rejet
5050 0,7070{,}707 2,832{,}83 2,0102{,}010 rejet

Le même écart de 22 N deviendrait significatif sur 5050 pièces. « Non significatif » ne veut donc pas dire « pas d'écart » — cela peut vouloir dire « pas assez de pièces testées ».

Ce qu'un laboratoire ferait en pratique : devant un tt aussi proche du seuil, on ne conclut pas — on augmente l'échantillon.

Rappel de cours

Test de conformité d'une moyenne, σ\sigma inconnu

t=x‾−μ0s/n∼Tn−1 sous H0t=\frac{\overline{x}-\mu_0}{s/\sqrt n}\sim\mathcal{T}_{n-1} \text{ sous } H_0
Rejet bilatéral si ∣t∣>tn−1; 1−α/2\lvert t\rvert>t_{n-1;\,1-\alpha/2}.

Quelques quantiles de Student à ν=24\nu=24

quantile valeur usage
t24; 0,95t_{24;\,0{,}95} 1,7111{,}711 unilatéral à 5 %5\ \%
t24; 0,975t_{24;\,0{,}975} 2,064\mathbf{2{,}064} bilatéral à 5 %5\ \%
t24; 0,995t_{24;\,0{,}995} 2,7972{,}797 bilatéral à 1 %1\ \%

Test et intervalle de confiance sont deux faces d'une même chose

ne pas rejeter H0:μ=μ0 (bilateˊral, α)  ⟺  μ0∈IC1−α\text{ne pas rejeter } H_0:\mu=\mu_0 \text{ (bilatéral, } \alpha) \iff \mu_0\in IC_{1-\alpha}
Ici IC95%=[248±2,064]=[245,94 ; 250,06]IC_{95\%}=[248\pm 2{,}064]=[245{,}94\,;\,250{,}06], qui contient bien 250250 — cohérent avec le non-rejet, et de justesse là aussi.

Un ∣t∣\lvert t\rvert proche du seuil La conclusion est fragile : elle dépend du choix uni/bilatéral, du risque, et de nn. Le bon réflexe n'est pas de trancher mais de collecter davantage.

Significativité et taille d'échantillon

t∝nt\propto\sqrt n
Un écart fixé finit toujours par devenir significatif. « Non significatif » signifie souvent « échantillon trop petit ».

L'erreur classique

⚠️ Utiliser le seuil unilatéral 1,7111{,}711 alors que l'énoncé impose le bilatéral. On conclurait au rejet — la conclusion opposée.

Le repère : l'énoncé dit « test bilatéral », donc quantile 1−α2=0,9751-\dfrac{\alpha}{2}=0{,}975.

⚠️ Utiliser 1,961{,}96. σ\sigma est inconnu et n=25<30n=25<30 : c'est Student, donc 2,0642{,}064. L'écart avec 1,961{,}96 est de 5 %5\ \% — assez pour changer la décision quand ∣t∣\lvert t\rvert vaut justement 22.

⚠️ Prendre ν=25\nu=25 au lieu de 2424. Le degré de liberté est n−1n-1.

⚠️ Conclure « la production est conforme » comme un fait établi. On ne rejette pas H0H_0 : les données sont compatibles avec la garantie, ce qui ne la démontre pas. Formulation attendue : « rien ne permet de mettre en cause la conformité au risque 5 %5\ \% ».

⚠️ Ignorer le signe. t=−2t=-2 signifie une résistance inférieure à la garantie. Sur un test bilatéral cela ne change pas le verdict, mais l'information est capitale pour l'industriel — et elle est ce qui rendrait un test unilatéral pertinent.

⚠️ Ne pas signaler la marge. 22 contre 2,0642{,}064 : un correcteur attend qu'on note la fragilité de la conclusion. Un test qui passe de 3 %3\ \% n'a pas la même valeur qu'un test qui passe de loin.

⚠️ Diviser par nn au lieu de n\sqrt n : 525=0,2\dfrac{5}{25}=0{,}2 donnerait t=−10t=-10, un écart de dix erreurs types — invraisemblable sur une production sous contrôle.

À retenir
t=x‾−μ0s/nrejet bilateˊral si ∣t∣>tn−1; 1−α/2t=\frac{\overline{x}-\mu_0}{s/\sqrt n} \qquad\text{rejet bilatéral si } \lvert t\rvert>t_{n-1;\,1-\alpha/2}

σ\sigma inconnu et n<30n<30 ⟹\Longrightarrow Student (population normale), ν=n−1\nu=n-1, quantile 0,9750{,}975 pour un bilatéral à 5 %5\ \%.

Ne pas rejeter n'est pas démontrer. La production est déclarée conforme au sens où rien ne permet de la mettre en cause.

Signaler une conclusion fragile : ∣t∣=2\lvert t\rvert=2 contre 2,0642{,}064, cela passe de justesse. Un test unilatéral, ou 5050 pièces au lieu de 2525, donnerait le rejet.

Test et intervalle de confiance disent la même chose : ne pas rejeter μ0\mu_0 équivaut à trouver μ0\mu_0 dans l'IC.

Réponse. t=−2,0t=-2{,}0, ∣t∣<2,064\lvert t\rvert<2{,}064 : conformité non rejetée ; p≈0,057p\approx 0{,}057. (Recoupement machine : t24;0,975=2,0639t_{24;0{,}975}=2{,}0639, p=0,0569p=0{,}0569 ✓)
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Test du khi-deux d'ajustement : dé équilibré ?

CalculDifficulté 3/5

On lance un dé n=60n=60 fois et on relève les effectifs des faces 11 à 66 : 8, 12, 9, 11, 14, 68,\ 12,\ 9,\ 11,\ 14,\ 6. Le dé est-il équilibré (risque 5 %5\,\%) ? On donne χ5; 0,952=11,07\chi^2_{5;\,0{,}95}=11{,}07.

Indices (3)

Sous H0H_0 (équirépartition), l'effectif attendu par face est n/6n/6.

χ2=∑(O−E)2E\chi^2=\sum\dfrac{(O-E)^2}{E}.

Degrés de liberté ν=k−1=5\nu=k-1=5 ; rejet si χ2>11,07\chi^2>11{,}07.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Premier test du khi-deux d'ajustement : on compare une répartition observée à une répartition théorique.

L'hypothèse nulle est toujours « le modèle colle » :

H0: le deˊ est eˊquilibreˊ, c’est-aˋ-dire p1=⋯=p6=16H_0:\ \text{le dé est équilibré, c'est-à-dire } p_1=\dots=p_6=\tfrac16

La statistique compare, case par case, l'observé au théorique :

χ2=∑i(Oi−Ei)2Ei\chi^2=\sum_{i}\frac{(O_i-E_i)^2}{E_i}

Pourquoi cette forme, et pas simplement ∑(Oi−Ei)2\sum(O_i-E_i)^2. Parce qu'un écart de 22 n'a pas le même poids selon qu'on l'attendait sur 1010 ou sur 10001000. Diviser par EiE_i relativise l'écart à l'effectif attendu — c'est ce qui rend les six termes comparables entre eux.

Le test est toujours UNILATÉRAL À DROITE. Un χ2\chi^2 grand signale un désaccord ; un χ2\chi^2 petit signale un accord parfait. On ne rejette donc que par le haut.

⚠️ Le degré de liberté est k−1=5k-1=5, pas 66. Les six effectifs somment à 6060, donc le sixième est déterminé par les cinq autres.

Étape 1 — les effectifs théoriques

Sous H0H_0, chaque face a la probabilité 16\dfrac16, donc l'effectif attendu est

Ei=n×16=606=10pour chaque faceE_i=n\times\frac16=\frac{60}{6}=10 \qquad\text{pour chaque face}
face 11 22 33 44 55 66 total
observé OiO_i 88 1212 99 1111 1414 66 60\mathbf{60}
théorique EiE_i 1010 1010 1010 1010 1010 1010 60\mathbf{60}
Oi−EiO_i-E_i −2-2 22 −1-1 11 44 −4-4 0\mathbf{0}

Deux contrôles, tous deux gratuits :

  • les deux totaux valent 6060 ✓ — sinon les effectifs théoriques sont faux ;
  • la ligne des écarts somme à 00 ✓ — c'est automatique quand les totaux coïncident.

Condition d'application : tous les Ei≥5E_i\geq 5. Ici Ei=10E_i=10 partout ✓

Étape 2 — la statistique et la décision
χ2=(−2)2+22+(−1)2+12+42+(−4)210=4+4+1+1+16+1610=4210\chi^2=\frac{(-2)^2+2^2+(-1)^2+1^2+4^2+(-4)^2}{10}=\frac{4+4+1+1+16+16}{10}=\frac{42}{10}
χ2=4,2\boxed{\chi^2=4{,}2}

(la mise en facteur de 110\dfrac{1}{10} est possible ici parce que tous les EiE_i sont égaux — elle ne l'est pas dans le cas général.)

Degré de liberté : ν=k−1=6−1=5\nu=k-1=6-1=5.

Décision — unilatérale à droite :

χ2=4,2<11,07\chi^2=4{,}2<11{,}07
On NE REJETTE PAS H0 — rien ne permet de dire que le deˊ est truqueˊ\boxed{\text{On NE REJETTE PAS } H_0 \text{ — rien ne permet de dire que le dé est truqué}}

Rédaction attendue. Au risque 5 %5\ \%, les écarts observés sont compatibles avec un dé équilibré. Sur 6060 lancers, obtenir entre 66 et 1414 pour une face dont on attend 1010 n'a rien d'anormal.

Contrôle de plausibilité, très utile sur ce test : l'espérance d'un χ2\chi^2 à ν\nu degrés de liberté vaut ν\nu. Ici on attend donc environ 55 sous H0H_0, et l'on trouve 4,24{,}2 — parfaitement banal. Un χ2\chi^2 très inférieur à ν\nu serait d'ailleurs suspect dans l'autre sens : des données trop belles pour être vraies.

⚠️ Ne pas conclure « le dé est équilibré ». Avec seulement 6060 lancers, le test manque de puissance : un dé légèrement biaisé passerait inaperçu. On dit « rien ne permet d'affirmer qu'il est truqué ».

Rappel de cours

Test du khi-deux d'ajustement

χ2=∑i=1k(Oi−Ei)2EiEi=n pitheˊorique\chi^2=\sum_{i=1}^{k}\frac{(O_i-E_i)^2}{E_i} \qquad E_i=n\,p_i^{\text{théorique}}
Sous H0H_0, χ2\chi^2 suit approximativement une loi χk−12\chi^2_{k-1}.

Degré de liberté

ν=k−1\nu=k-1
kk est le nombre de catégories, pas l'effectif. Le −1-1 vient de la contrainte ∑Oi=n\sum O_i=n.

⚠️ Si le modèle exige d'estimer des paramètres sur les données, on retire un degré par paramètre estimé : ν=k−1−r\nu=k-1-r.

Le test est TOUJOURS unilatéral à droite Rejet si χ2>χν; 1−α2\chi^2>\chi^2_{\nu;\,1-\alpha}. Un petit χ2\chi^2 signifie un bon accord — jamais un motif de rejet.

Condition d'application Tous les Ei≥5E_i\geq 5. Sinon, regrouper des catégories.

Contrôles gratuits

  • ∑Oi=∑Ei\sum O_i=\sum E_i ;
  • ∑(Oi−Ei)=0\sum(O_i-E_i)=0 ;
  • E(χ2)=νE(\chi^2)=\nu sous H0H_0 : un résultat proche de ν\nu est banal, très supérieur suspect.

Quelques quantiles à 5 %5\ \%

ν\nu 11 22 33 55 1010
χν; 0,952\chi^2_{\nu;\,0{,}95} 3,843{,}84 5,995{,}99 7,817{,}81 11,0711{,}07 18,3118{,}31
L'erreur classique

⚠️ Oublier de diviser par EiE_i : calculer ∑(Oi−Ei)2=42\sum(O_i-E_i)^2=42 et comparer à 11,0711{,}07. On rejetterait à tort.

Le rôle du EiE_i : relativiser l'écart à l'effectif attendu. Sans lui, la statistique dépend de nn et n'a plus de loi connue.

⚠️ Prendre ν=6\nu=6 au lieu de 55. Le degré de liberté est k−1k-1, avec kk le nombre de catégories.

⚠️ Prendre ν=n−1=59\nu=n-1=59. Le nn n'intervient pas dans le degré de liberté d'un test d'ajustement — seul le nombre de catégories compte.

⚠️ Faire un test bilatéral et chercher une borne inférieure. Le khi-deux est toujours unilatéral à droite : seul un grand écart est un motif de rejet.

⚠️ Oublier d'élever au carré : ∑(Oi−Ei)=0\sum(O_i-E_i)=0 toujours, par construction — et ici, les EiE_i étant égaux, ∑Oi−EiEi=0\sum\dfrac{O_i-E_i}{E_i}=0 aussi. C'est le carré qui empêche la compensation.

⚠️ Ne pas vérifier Ei≥5E_i\geq 5. C'est la condition de validité de l'approximation, et un correcteur l'attend — même quand elle est manifestement remplie.

⚠️ Conclure « le dé est équilibré ». On ne rejette pas H0H_0, ce qui n'est pas la démontrer. Avec 6060 lancers, un biais modéré resterait indétectable.

À retenir
χ2=∑(Oi−Ei)2Eiν=k−1rejet si χ2>χν; 1−α2\chi^2=\sum\frac{(O_i-E_i)^2}{E_i} \qquad \nu=k-1 \qquad \text{rejet si } \chi^2>\chi^2_{\nu;\,1-\alpha}

Diviser par EiE_i — c'est ce qui rend les écarts comparables entre catégories d'effectifs différents.

ν=k−1\nu=k-1 où kk est le nombre de CATÉGORIES, jamais l'effectif total.

Le khi-deux est toujours unilatéral à droite. Un petit χ2\chi^2 n'est jamais un motif de rejet.

Contrôles gratuits : les totaux coïncident, les écarts somment à 00, et E(χ2)=νE(\chi^2)=\nu sous H0H_0.

Réponse. χ2=4,2<11,07\chi^2=4{,}2<11{,}07 : dé compatible avec l'équilibre (p≈0,52p\approx 0{,}52). (Recoupement machine chisquare : χ2=4,2\chi^2=4{,}2, p=0,521p=0{,}521 ✓)
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Khi-deux d'ajustement à des proportions théoriques

CalculDifficulté 3/5

Un modèle prévoit la répartition d'une clientèle en trois segments selon les proportions 0,5 ; 0,3 ; 0,20{,}5\,;\,0{,}3\,;\,0{,}2. Sur n=200n=200 clients on observe 90, 70, 4090,\ 70,\ 40. Les données sont-elles compatibles avec le modèle (risque 5 %5\,\%) ? On donne χ2; 0,952=5,99\chi^2_{2;\,0{,}95}=5{,}99.

Indices (3)

Effectifs attendus =n×pi=n\times p_i.

χ2=∑(O−E)2E\chi^2=\sum\dfrac{(O-E)^2}{E}, ν=k−1=2\nu=k-1=2.

Comparer à 5,995{,}99.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Même test qu'en E1, mais les proportions théoriques ne sont plus égales : 0,50{,}5 ; 0,30{,}3 ; 0,20{,}2.

Conséquence pratique : les effectifs théoriques diffèrent d'une catégorie à l'autre, et on ne peut plus mettre 1E\dfrac{1}{E} en facteur. Chaque terme se calcule séparément.

C'est là que la division par EiE_i prend tout son sens. Regardons les deux écarts non nuls :

segment écart ∣O−E∣\lvert O-E\rvert EE contribution
1 1010 100100 1,001{,}00
2 1010 6060 1,671{,}67

Le même écart brut de 1010 pèse 67 %67\ \% de plus sur le petit segment. C'est exactement ce que la division par EiE_i exprime : s'écarter de 1010 clients sur 6060 attendus est plus surprenant que sur 100100.

Degré de liberté : k−1=2k-1=2, avec k=3k=3 segments.

Étape 1 — les effectifs théoriques
Ei=n×piavec n=200E_i=n\times p_i \qquad\text{avec } n=200
segment 11 22 33 total
pip_i théorique 0,50{,}5 0,30{,}3 0,20{,}2 1\mathbf{1}
Ei=200 piE_i=200\,p_i 100100 6060 4040 200\mathbf{200}
observé OiO_i 9090 7070 4040 200\mathbf{200}
Oi−EiO_i-E_i −10-10 +10+10 00 0\mathbf{0}

Contrôles :

contrôle verdict
∑pi=1\sum p_i=1 ✓
∑Ei=∑Oi=200\sum E_i=\sum O_i=200 ✓
∑(Oi−Ei)=0\sum(O_i-E_i)=0 ✓
tous les Ei≥5E_i\geq 5 ✓ (4040 au minimum)
Étape 2 — la statistique et la décision

Chaque terme séparément, puisque les EiE_i diffèrent :

χ2=(−10)2100+(+10)260+0240\chi^2=\frac{(-10)^2}{100}+\frac{(+10)^2}{60}+\frac{0^2}{40}
=100100+10060+0=1+1,6667+0=\frac{100}{100}+\frac{100}{60}+0=1+1{,}6667+0
χ2≈2,667\boxed{\chi^2\approx 2{,}667}

Degré de liberté : ν=3−1=2\nu=3-1=2.

Décision :

χ2=2,667<5,99\chi^2=2{,}667<5{,}99
On NE REJETTE PAS H0 — les donneˊes sont compatibles avec le modeˋle\boxed{\text{On NE REJETTE PAS } H_0 \text{ — les données sont compatibles avec le modèle}}

Rédaction attendue. Au risque 5 %5\ \%, la répartition observée (90,70,40)(90,70,40) est compatible avec le modèle (0,5 ; 0,3 ; 0,2)(0{,}5\,;\,0{,}3\,;\,0{,}2). Les écarts relevés relèvent des fluctuations d'échantillonnage.

Contrôle : E(χ2)=ν=2E(\chi^2)=\nu=2 sous H0H_0, et l'on trouve 2,672{,}67 — tout à fait ordinaire.

Ce que la décomposition apprend, et c'est ce qu'on regarde en pratique quand on rejette : la contribution du segment 2 (1,671{,}67) est la plus forte, celle du segment 3 est nulle. Si le test avait rejeté, c'est le segment 2 qu'il faudrait examiner. Le χ2\chi^2 dit qu'il y a un désaccord ; ce sont les contributions qui disent où.

Rappel de cours

Khi-deux d'ajustement à des proportions théoriques

Ei=n piχ2=∑(Oi−Ei)2Eiν=k−1E_i=n\,p_i \qquad \chi^2=\sum\frac{(O_i-E_i)^2}{E_i} \qquad \nu=k-1

Ne mettre 1E\dfrac1E en facteur QUE si tous les EiE_i sont égaux Sinon chaque terme se calcule séparément — c'est le cas le plus fréquent.

Lire les contributions Chaque terme (Oi−Ei)2Ei\dfrac{(O_i-E_i)^2}{E_i} mesure la part de désaccord due à sa catégorie. En cas de rejet, c'est là qu'on regarde pour savoir où le modèle échoue.

Le rôle du dénominateur Un écart de 1010 sur 100100 attendus contribue pour 11 ; le même écart sur 6060 contribue pour 1,671{,}67. Un écart pèse d'autant plus que l'effectif attendu est petit.

Condition d'application Tous les Ei≥5E_i\geq 5. Sinon, regrouper les catégories peu peuplées — ce qui diminue kk, donc ν\nu.

Contrôles ∑pi=1\sum p_i=1 · ∑Ei=n\sum E_i=n · ∑(Oi−Ei)=0\sum(O_i-E_i)=0 · E(χ2)=νE(\chi^2)=\nu sous H0H_0.

Quantiles à 5 %5\ \%

ν\nu 11 22 33 44 55
χν; 0,952\chi^2_{\nu;\,0{,}95} 3,843{,}84 5,99\mathbf{5{,}99} 7,817{,}81 9,499{,}49 11,0711{,}07
L'erreur classique

⚠️ Diviser par nn au lieu de EiE_i : écrire ∑(Oi−Ei)2200=1\dfrac{\sum(O_i-E_i)^2}{200}=1. Le dénominateur est l'effectif théorique de la catégorie, différent pour chacune.

⚠️ Mettre 1E\dfrac1E en facteur comme en E1 : 100+100+0100=2\dfrac{100+100+0}{100}=2. Cela ne vaut que si tous les EiE_i sont égaux, ce qui n'est pas le cas ici.

Le contrôle : le résultat 22 diffère du vrai 2,6672{,}667 — et l'écart vient entièrement du segment 2, dont l'effectif théorique est 6060 et non 100100.

⚠️ Confondre proportions et effectifs : comparer 9090 à 0,50{,}5. Il faut d'abord convertir : Ei=n piE_i=n\,p_i.

⚠️ Prendre ν=k=3\nu=k=3 ou ν=n−1=199\nu=n-1=199. C'est k−1=2k-1=2.

⚠️ Oublier le terme nul. Le segment 3 contribue pour 00 — il faut l'écrire, ne serait-ce que pour montrer qu'on ne l'a pas oublié.

⚠️ Ne pas vérifier que ∑pi=1\sum p_i=1. Si les proportions théoriques ne sommaient pas à 11, les EiE_i ne sommeraient pas à nn et tout le calcul serait faux.

⚠️ Conclure « le modèle est validé ». On ne rejette pas H0H_0 : les données sont compatibles avec le modèle. D'autres modèles le seraient aussi.

À retenir
Ei=n piχ2=∑(Oi−Ei)2Eiν=k−1E_i=n\,p_i \qquad \chi^2=\sum\frac{(O_i-E_i)^2}{E_i} \qquad \nu=k-1

Quand les EiE_i diffèrent, chaque terme se calcule séparément. La mise en facteur n'est possible que sur des effectifs théoriques égaux.

Un écart pèse d'autant plus que EiE_i est petit — c'est tout le rôle du dénominateur.

Les contributions individuelles disent OÙ le modèle échoue, quand le test rejette.

Contrôles : ∑pi=1\sum p_i=1, ∑Ei=n\sum E_i=n, et χ2\chi^2 de l'ordre de ν\nu sous H0H_0.

Réponse. χ2≈2,67<5,99\chi^2\approx 2{,}67<5{,}99 : modèle non rejeté (p≈0,26p\approx 0{,}26). (Recoupement machine chisquare : χ2=2,667\chi^2=2{,}667, p=0,264p=0{,}264 ✓)
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Test du khi-deux d'indépendance (table 2×2)

CalculDifficulté 3/5

On croise deux groupes et une réponse binaire (oui/non). Groupe 1 : 3030 « oui », 2020 « non ». Groupe 2 : 2020 « oui », 3030 « non ». (Les marges valent toutes 5050, total 100100.) Le groupe et la réponse sont-ils indépendants (risque 5 %5\,\%) ? On donne χ1; 0,952=3,84\chi^2_{1;\,0{,}95}=3{,}84 et on n'applique pas la correction de continuité.

Indices (3)

Effectif attendu d'une case =total ligne×total colonnetotal=\dfrac{\text{total ligne}\times\text{total colonne}}{\text{total}}.

χ2=∑(O−E)2E\chi^2=\sum\dfrac{(O-E)^2}{E} sur les 44 cases.

ν=(r−1)(c−1)=1\nu=(r-1)(c-1)=1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Changement de nature : ce n'est plus un test d'ajustement (comparer à un modèle donné) mais un test d'indépendance (deux caractères sont-ils liés ?).

L'hypothèse nulle :

H0: le groupe et la reˊponse sont indeˊpendantsH_0:\ \text{le groupe et la réponse sont indépendants}

Ce qui change fondamentalement : les effectifs théoriques ne sont plus fournis par un modèle extérieur — on les calcule à partir des marges du tableau, sous l'hypothèse d'indépendance.

Eij=(total ligne i)×(total colonne j)NE_{ij}=\frac{(\text{total ligne } i)\times(\text{total colonne } j)}{N}

D'où vient cette formule. Si les deux caractères sont indépendants, alors P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B). En effectifs :

Eij=N×LiN×CjN=Li CjNE_{ij}=N\times\frac{L_i}{N}\times\frac{C_j}{N}=\frac{L_i\,C_j}{N}

Le degré de liberté change aussi :

ν=(lignes−1)×(colonnes−1)=(2−1)(2−1)=1\nu=(\text{lignes}-1)\times(\text{colonnes}-1)=(2-1)(2-1)=1

Un tableau 2×22\times 2 n'a qu'un degré de liberté : une fois les marges fixées, une seule case détermine les trois autres. Le seuil est donc 3,843{,}84, le plus petit du tableau.

Étape 1 — le tableau et les effectifs théoriques

Effectifs observés :

oui non total
groupe 1 3030 2020 5050
groupe 2 2020 3030 5050
total 5050 5050 100\mathbf{100}

Effectifs théoriques. Toutes les marges valant 5050 et N=100N=100 :

Eij=50×50100=25pour les quatre casesE_{ij}=\frac{50\times 50}{100}=25 \qquad\text{pour les quatre cases}
oui non total
groupe 1 2525 2525 5050
groupe 2 2525 2525 5050
total 5050 5050 100\mathbf{100}

Contrôles :

contrôle verdict
les marges du tableau théorique sont identiques à celles de l'observé ✓
tous les Eij≥5E_{ij}\geq 5 ✓ (2525)

La conservation des marges est le contrôle décisif de ce type de test : par construction, les effectifs théoriques ont exactement les mêmes totaux que les observés. Si ce n'est pas le cas, le calcul de EijE_{ij} est faux.

Les écarts valent tous ±5\pm 5 en valeur absolue :

oui non
groupe 1 +5+5 −5-5
groupe 2 −5-5 +5+5

Ils se compensent ligne par ligne et colonne par colonne — c'est la traduction du degré de liberté unique.

Étape 2 — la statistique et la décision

Les quatre écarts valant ±5\pm 5 et tous les EijE_{ij} valant 2525 :

χ2=4×5225=4×1=4\chi^2=4\times\frac{5^2}{25}=4\times 1=\boxed{4}

Degré de liberté : ν=(2−1)(2−1)=1\nu=(2-1)(2-1)=1.

Décision :

χ2=4>3,84\chi^2=4>3{,}84
On REJETTE H0 — le groupe et la reˊponse ne sont PAS indeˊpendants\boxed{\text{On REJETTE } H_0 \text{ — le groupe et la réponse ne sont PAS indépendants}}

Rédaction attendue. Au risque 5 %5\ \%, il existe un lien entre le groupe et la réponse. Le groupe 1 répond « oui » plus souvent qu'attendu (3030 contre 2525), le groupe 2 moins souvent (2020 contre 2525).

⚠️ La marge est étroite : 44 contre 3,843{,}84. La conclusion est fragile — un seul individu changé de case ferait basculer le test :

tableau χ2\chi^2 décision
30/2030/20 et 20/3020/30 4,004{,}00 rejet
29/2129/21 et 21/2921/29 2,562{,}56 non-rejet

Une différence d'un individu sur 100100 inverse le verdict. C'est le genre de fragilité qu'un compte rendu doit signaler.

⚠️ L'énoncé précise « sans correction de continuité ». Sur un tableau 2×22\times 2, la correction de Yates retrancherait 0,50{,}5 à chaque écart :

χYates2=4×(5−0,5)225=4×20,2525=3,24<3,84\chi^2_{\text{Yates}}=4\times\frac{(5-0{,}5)^2}{25}=4\times\frac{20{,}25}{25}=3{,}24<3{,}84

Elle inverserait la conclusion. L'énoncé la dispense explicitement — mais il faut savoir qu'elle existe et qu'elle est conservatrice.

⚠️ Rejeter l'indépendance ne dit rien de la CAUSE. Le lien est statistique ; rien n'indique que l'appartenance au groupe produit la réponse. C'est la distinction corrélation/causalité, sur laquelle l'exercice C5 reviendra.

Rappel de cours

Test du khi-deux d'indépendance

Eij=Li×CjNχ2=∑i,j(Oij−Eij)2EijE_{ij}=\frac{L_i\times C_j}{N} \qquad \chi^2=\sum_{i,j}\frac{(O_{ij}-E_{ij})^2}{E_{ij}}
ν=(ℓ−1)(c−1)\nu=(\ell-1)(c-1)
ℓ\ell lignes, cc colonnes.

D'où vient EijE_{ij} Sous indépendance, P(Li∩Cj)=P(Li)P(Cj)P(L_i\cap C_j)=P(L_i)P(C_j), donc

Eij=N⋅LiN⋅CjN=LiCjNE_{ij}=N\cdot\frac{L_i}{N}\cdot\frac{C_j}{N}=\frac{L_iC_j}{N}

Le contrôle décisif : les marges se conservent

∑jEij=Li∑iEij=Cj\sum_j E_{ij}=L_i \qquad \sum_i E_{ij}=C_j
Par construction. Si les marges du tableau théorique diffèrent de celles de l'observé, le calcul est faux.

Degrés de liberté usuels

tableau ν\nu seuil à 5 %5\ \%
2×22\times 2 11 3,843{,}84
2×32\times 3 22 5,995{,}99
3×33\times 3 44 9,499{,}49

Correction de continuité (Yates), pour 2×22\times 2 seulement

χc2=∑(∣O−E∣−0,5)2E\chi^2_c=\sum\frac{\big(\lvert O-E\rvert-0{,}5\big)^2}{E}
Elle est conservatrice : elle diminue χ2\chi^2, donc rend le rejet plus difficile. Ne l'appliquer que si l'énoncé le demande.

Condition d'application Tous les Eij≥5E_{ij}\geq 5.

⚠️ Dépendance ≠\neq causalité. Le test détecte un lien statistique, jamais un mécanisme.

L'erreur classique

⚠️ Prendre ν=3\nu=3 (le nombre de cases moins un) ou ν=4\nu=4. La formule est (ℓ−1)(c−1)=1(\ell-1)(c-1)=1 pour un tableau 2×22\times 2.

Le sens du 11 : les marges étant fixées, une seule case est libre — les trois autres s'en déduisent par soustraction.

⚠️ Calculer EijE_{ij} en divisant par le mauvais total : 50×5050=50\dfrac{50\times 50}{50}=50 au lieu de 50×50100=25\dfrac{50\times 50}{100}=25. Le dénominateur est l'effectif total NN.

Le contrôle : la somme des EijE_{ij} doit valoir N=100N=100. Avec 5050 partout on obtiendrait 200200.

⚠️ Utiliser des effectifs théoriques « égaux à 2525 » sans les calculer. Ici ils le sont parce que toutes les marges valent 5050 — c'est une coïncidence de cet énoncé. Dès que les marges diffèrent, les quatre valeurs diffèrent aussi.

⚠️ Appliquer la correction de Yates alors que l'énoncé la dispense. On trouverait 3,243{,}24 et la conclusion inverse.

⚠️ Conclure « le groupe cause la réponse ». Le test établit une dépendance statistique, pas un lien de cause à effet.

⚠️ Ne pas signaler la fragilité. 44 contre 3,843{,}84 : le rejet passe de justesse, et un seul individu déplacé l'annulerait. Un correcteur attend cette remarque.

⚠️ Oublier de vérifier Eij≥5E_{ij}\geq 5. C'est la condition de validité, et elle est particulièrement importante sur un 2×22\times 2, où les effectifs sont souvent petits.

À retenir
Eij=Li CjNν=(ℓ−1)(c−1)rejet si χ2>χν; 1−α2E_{ij}=\frac{L_i\,C_j}{N} \qquad \nu=(\ell-1)(c-1) \qquad \text{rejet si } \chi^2>\chi^2_{\nu;\,1-\alpha}

Les effectifs théoriques se calculent à partir des MARGES, sous l'hypothèse d'indépendance — ils ne sont pas donnés par un modèle extérieur.

Le contrôle décisif : les marges se conservent. Si les totaux du tableau théorique diffèrent de ceux de l'observé, le calcul est faux.

ν=1\nu=1 pour un 2×22\times 2, seuil 3,843{,}84.

Rejeter l'indépendance ne prouve aucune causalité, et une conclusion proche du seuil doit être signalée comme fragile.

Réponse. χ2=4,0>3,84\chi^2=4{,}0>3{,}84 : dépendance significative (p≈0,045p\approx 0{,}045). (Recoupement machine chi2_contingency(correction=False) : χ2=4,0\chi^2=4{,}0, p=0,0455p=0{,}0455 ; avec correction de Yates on tomberait à 3,243{,}24 — d'où la convention « sans Yates ».)
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Comparaison de deux moyennes

CalculDifficulté 3/5

Deux ateliers produisent la même pièce. Atelier 1 : n1=50n_1=50, x‾1=52\overline{x}_1=52, s1=6s_1=6. Atelier 2 : n2=50n_2=50, x‾2=49\overline{x}_2=49, s2=8s_2=8. Les moyennes diffèrent-elles (risque 5 %5\,\%, test bilatéral) ?

Indices (3)

Statistique z=x‾1−x‾2s12/n1+s22/n2z=\dfrac{\overline{x}_1-\overline{x}_2}{\sqrt{s_1^2/n_1+s_2^2/n_2}} (grands échantillons).

Les variances des deux moyennes s'ajoutent au dénominateur.

Rejet si ∣z∣>1,96\lvert z\rvert>1{,}96.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

On ne compare plus une moyenne à une valeur cible, mais deux moyennes entre elles. L'hypothèse nulle devient

H0:μ1=μ2c’est-aˋ-direμ1−μ2=0H_0:\mu_1=\mu_2 \qquad\text{c'est-à-dire}\qquad \mu_1-\mu_2=0

La seule nouveauté est l'écart-type de la différence, et c'est là que se joue l'exercice :

σX‾1−X‾2=s12n1+s22n2\sigma_{\overline{X}_1-\overline{X}_2}=\sqrt{\frac{s_1^2}{n_1}+\frac{s_2^2}{n_2}}

Les variances s'AJOUTENT — même quand on soustrait les moyennes. Cela surprend, et c'est pourtant l'une des propriétés les plus utiles du chapitre :

V(X−Y)=V(X)+V(Y)pour X,Y indeˊpendantesV(X-Y)=V(X)+V(Y) \qquad\text{pour } X,Y \text{ indépendantes}

L'intuition : les deux ateliers fluctuent chacun de leur côté, et leurs fluctuations s'additionnent dans la différence — elles ne se compensent pas. Deux sources d'incertitude en font une plus grande, jamais une plus petite.

⚠️ Ce sont les VARIANCES qui s'ajoutent, pas les écarts-types. Ici 0,72+1,28=2=1,414\sqrt{0{,}72+1{,}28}=\sqrt2=1{,}414, et non 0,72+1,28=1,98\sqrt{0{,}72}+\sqrt{1{,}28}=1{,}98.

Les échantillons sont grands (n1=n2=50≥30n_1=n_2=50\geq 30) : on peut utiliser la loi normale malgré les σ\sigma inconnus.

Étape 1 — hypothèses et écart-type de la différence
H0:μ1=μ2contreH1:μ1≠μ2(bilateˊral, α=5 %)H_0:\mu_1=\mu_2 \qquad\text{contre}\qquad H_1:\mu_1\neq\mu_2 \qquad(\text{bilatéral, } \alpha=5\ \%)

Les deux variances d'échantillonnage :

s12n1=3650=0,72s22n2=6450=1,28\frac{s_1^2}{n_1}=\frac{36}{50}=0{,}72 \qquad \frac{s_2^2}{n_2}=\frac{64}{50}=1{,}28

Leur somme, puis la racine :

0,72+1,28=2=1,41421\sqrt{0{,}72+1{,}28}=\sqrt{2}=1{,}41421

Contrôle : le résultat doit être plus grand que chacune des deux erreurs types prises isolément (0,72=0,849\sqrt{0{,}72}=0{,}849 et 1,28=1,131\sqrt{1{,}28}=1{,}131) — c'est la traduction du fait que les incertitudes s'ajoutent. On a bien 1,414>1,1311{,}414>1{,}131 ✓

Étape 2 — statistique et décision
z=x‾1−x‾2s12n1+s22n2=52−491,41421=31,41421=2,1213z=\frac{\overline{x}_1-\overline{x}_2}{\sqrt{\dfrac{s_1^2}{n_1}+\dfrac{s_2^2}{n_2}}}=\frac{52-49}{1{,}41421}=\frac{3}{1{,}41421}=2{,}1213

Décision — bilatérale à 5 %5\ \% :

∣z∣=2,121>1,96|z|=2{,}121>1{,}96
On REJETTE H0 — les moyennes des deux ateliers DIFFEˋRENT\boxed{\text{On REJETTE } H_0 \text{ — les moyennes des deux ateliers DIFFÈRENT}}

pp-value : p=2(1−Φ(2,121))≈0,034p=2\big(1-\Phi(2{,}121)\big)\approx 0{,}034, soit 3,4 %3{,}4\ \%.

Rédaction attendue. Au risque 5 %5\ \%, la différence de 33 unités entre les deux ateliers est significative : elle est trop grande pour s'expliquer par les seules fluctuations d'échantillonnage. L'atelier 1 produit en moyenne plus que l'atelier 2.

⚠️ Le rejet passe de peu (2,122{,}12 contre 1,961{,}96, p=3,4 %p=3{,}4\ \%). À 1 %1\ \% de risque on ne rejetterait pas.

Ce que la décomposition montre. L'atelier 2 est plus dispersé (s2=8s_2=8 contre s1=6s_1=6), et il contribue pour 1,281{,}28 des 22 de variance totale — soit 64 %64\ \%. C'est lui qui limite la précision de la comparaison : réduire sa variabilité aiderait davantage que d'agrandir les deux échantillons.

Un contrôle croisé, par l'intervalle de confiance de la différence :

IC95%(μ1−μ2)=[3±1,96×1,414]=[0,23 ; 5,77]IC_{95\%}(\mu_1-\mu_2)=[3\pm 1{,}96\times 1{,}414]=[0{,}23\ ;\ 5{,}77]

Cet intervalle ne contient pas 00 — cohérent avec le rejet, comme toujours. Et il donne une information que le test seul ne donne pas : l'écart réel est quelque part entre 0,20{,}2 et 5,85{,}8, ce qui reste très imprécis.

Rappel de cours

Comparaison de deux moyennes, grands échantillons

z=x‾1−x‾2s12n1+s22n2z=\frac{\overline{x}_1-\overline{x}_2}{\sqrt{\dfrac{s_1^2}{n_1}+\dfrac{s_2^2}{n_2}}}
Valable si n1,n2≥30n_1,n_2\geq 30. Rejet bilatéral si ∣z∣>1,96\lvert z\rvert>1{,}96.

Les variances s'ajoutent, même pour une différence

V(X−Y)=V(X)+V(Y)(X,Y indeˊpendantes)V(X-Y)=V(X)+V(Y) \qquad (X,Y \text{ indépendantes})
Ce sont les variances, jamais les écarts-types :
a+b≠a+b\sqrt{a+b}\neq\sqrt a+\sqrt b

Contrôle immédiat L'écart-type de la différence est plus grand que chacun des deux pris isolément — mais plus petit que leur somme.

Petits échantillons Si n<30n<30, il faut des populations normales et la loi de Student, avec deux variantes :

  • variances supposées égales : variance commune pondérée, ν=n1+n2−2\nu=n_1+n_2-2 ;
  • variances inégales (Welch) : même statistique, ν\nu approché par la formule de Welch.

Ici n=50n=50 dispense de ce choix.

Test et intervalle de confiance

rejet de μ1=μ2  ⟺  0∉IC(μ1−μ2)\text{rejet de } \mu_1=\mu_2 \iff 0\notin IC(\mu_1-\mu_2)
L'intervalle apporte en plus une estimation de l'écart, que le test ne donne pas.

Lire les contributions Le terme si2ni\dfrac{s_i^2}{n_i} le plus grand désigne l'échantillon qui limite la précision.

L'erreur classique

⚠️ Additionner les écarts-types : 650+850=1,98\dfrac{6}{\sqrt{50}}+\dfrac{8}{\sqrt{50}}=1{,}98, d'où z=1,52z=1{,}52 et la conclusion inverse.

La règle : ce sont les variances qui s'ajoutent. On somme s12n1\dfrac{s_1^2}{n_1} et s22n2\dfrac{s_2^2}{n_2}, puis on prend la racine.

⚠️ Soustraire les variances parce qu'on soustrait les moyennes : 1,28−0,72=0,75\sqrt{1{,}28-0{,}72}=0{,}75. Les incertitudes ne se compensent jamais — V(X−Y)=V(X)+V(Y)V(X-Y)=V(X)+V(Y), avec un plus.

Le contrôle de sens : comparer deux quantités mal connues est plus incertain que d'en connaître une seule, pas moins.

⚠️ Oublier de diviser par nin_i : 36+64=10\sqrt{36+64}=10, d'où z=0,3z=0{,}3. Les nin_i sont au dénominateur de chaque variance.

⚠️ Utiliser un seuil de Student. Avec n1=n2=50≥30n_1=n_2=50\geq 30, la loi normale suffit et 1,961{,}96 est le bon seuil.

⚠️ Conclure « l'atelier 1 est meilleur ». Le test dit que les moyennes diffèrent. Qu'une moyenne plus élevée soit « meilleure » dépend de ce qu'on mesure — l'énoncé ne le dit pas.

⚠️ Ne pas signaler la fragilité. z=2,12z=2{,}12 contre 1,961{,}96 et p=3,4 %p=3{,}4\ \% : le rejet ne tiendrait pas à 1 %1\ \%.

⚠️ Se tromper de signe et prendre z=−2,12z=-2{,}12. Sur un test bilatéral cela ne change rien au verdict, mais le signe indique quel atelier produit le plus — et c'est l'information utile.

À retenir
z=x‾1−x‾2s12n1+s22n2z=\frac{\overline{x}_1-\overline{x}_2}{\sqrt{\dfrac{s_1^2}{n_1}+\dfrac{s_2^2}{n_2}}}

Les VARIANCES s'ajoutent, même pour une différence. Additionner les écarts-types ou soustraire les variances change ici la conclusion.

Contrôle : l'écart-type de la différence est plus grand que chacun des deux, plus petit que leur somme.

n1,n2≥30n_1,n_2\geq 30 autorise la loi normale, donc le seuil 1,961{,}96.

Le terme si2ni\dfrac{s_i^2}{n_i} le plus grand désigne l'échantillon qui limite la précision — ici l'atelier 2, pour 64 %64\ \% de la variance totale.

Réponse. z≈2,121>1,96z\approx 2{,}121>1{,}96 : moyennes différentes (p≈0,034p\approx 0{,}034). (Recoupement machine : SE=2\mathrm{SE}=\sqrt2, et le tt de Welch ttest_ind égale zz ✓)
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Comparaison de deux proportions

CalculDifficulté 3/5

Un traitement A guérit 4545 patients sur 150150, un traitement B en guérit 3030 sur 150150. Les taux de guérison diffèrent-ils (risque 5 %5\,\%) ?

Indices (3)

Sous H0:pA=pBH_0:p_A=p_B, estimer la proportion groupée p^=kA+kBnA+nB\widehat p=\dfrac{k_A+k_B}{n_A+n_B}.

z=fA−fBp^(1−p^)(1/nA+1/nB)z=\dfrac{f_A-f_B}{\sqrt{\widehat p(1-\widehat p)(1/n_A+1/n_B)}}.

Rejet si ∣z∣>1,96\lvert z\rvert>1{,}96.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Comparaison de deux proportions, et elle contient une subtilité que l'exercice E4 n'avait pas.

Sous H0H_0, les deux proportions sont ÉGALES :

H0:pA=pBH_0:p_A=p_B

Il existe donc une proportion commune pp, inconnue — et la meilleure façon de l'estimer est de regrouper les deux échantillons :

p^=total des succeˋstotal des effectifs=45+30150+150=75300=0,25\widehat{p}=\frac{\text{total des succès}}{\text{total des effectifs}}=\frac{45+30}{150+150}=\frac{75}{300}=0{,}25

C'est cette proportion groupée qui sert à calculer l'écart-type, et non fAf_A et fBf_B séparément :

σ0=p^(1−p^)(1nA+1nB)\sigma_0=\sqrt{\widehat{p}(1-\widehat{p})\left(\frac{1}{n_A}+\frac{1}{n_B}\right)}

Pourquoi. Dans un test, on raisonne sous H0H_0, et H0H_0 affirme qu'il n'y a qu'une seule proportion. Utiliser fAf_A et fBf_B séparément reviendrait à supposer qu'elles diffèrent — c'est-à-dire à supposer H1H_1, ce qu'on cherche justement à établir.

⚠️ C'est exactement la même logique qu'en B3, où l'écart-type se calculait avec p0p_0 et non avec ff. Un test se calcule sous H0H_0.

ℹ️ Pour un intervalle de confiance de pA−pBp_A-p_B, en revanche, on n'a plus H0H_0 : on utilise fAf_A et fBf_B séparément.

Étape 1 — les fréquences et la proportion groupée
fA=45150=0,30fB=30150=0,20f_A=\frac{45}{150}=0{,}30 \qquad f_B=\frac{30}{150}=0{,}20

Écart observé : fA−fB=0,10f_A-f_B=0{,}10, soit 1010 points.

Proportion groupée, sous H0H_0 :

p^=45+30150+150=75300=0,25\widehat{p}=\frac{45+30}{150+150}=\frac{75}{300}=0{,}25

Contrôle : p^\widehat{p} doit se situer entre fAf_A et fBf_B. Ici 0,20<0,25<0,300{,}20<0{,}25<0{,}30 ✓ — et comme les deux effectifs sont égaux, elle tombe exactement au milieu.

Conditions d'application : nAp^=37,5n_A\widehat p=37{,}5, nA(1−p^)=112,5n_A(1-\widehat p)=112{,}5, idem pour B. Tous ≥5\geq 5 ✓

Étape 2 — statistique et décision
p^(1−p^)=0,25×0,75=0,1875\widehat{p}(1-\widehat{p})=0{,}25\times 0{,}75=0{,}1875
1nA+1nB=1150+1150=2150=0,013333\frac{1}{n_A}+\frac{1}{n_B}=\frac{1}{150}+\frac{1}{150}=\frac{2}{150}=0{,}013333
σ0=0,1875×0,013333=0,0025=0,05\sigma_0=\sqrt{0{,}1875\times 0{,}013333}=\sqrt{0{,}0025}=0{,}05

Statistique :

z=fA−fBσ0=0,30−0,200,05=0,100,05=2z=\frac{f_A-f_B}{\sigma_0}=\frac{0{,}30-0{,}20}{0{,}05}=\frac{0{,}10}{0{,}05}=2

Décision — bilatérale à 5 %5\ \% :

∣z∣=2>1,96|z|=2>1{,}96
On REJETTE H0 — les taux de gueˊrison DIFFEˋRENT\boxed{\text{On REJETTE } H_0 \text{ — les taux de guérison DIFFÈRENT}}

pp-value : p=2(1−Φ(2))=2×0,0228=0,0456p=2\big(1-\Phi(2)\big)=2\times 0{,}0228=0{,}0456, soit 4,6 %4{,}6\ \%.

Rédaction attendue. Au risque 5 %5\ \%, la différence de 1010 points entre les deux traitements est significative : le traitement A guérit plus souvent que le traitement B.

⚠️ Le rejet est très serré : z=2,00z=2{,}00 contre 1,961{,}96, et p=4,56 %p=4{,}56\ \% contre 5 %5\ \%. On rejette de justesse, et à 1 %1\ \% on ne rejetterait pas du tout.

Ce que le test ne dit pas, et qui compte en médecine. Il établit que la différence n'est pas due au hasard ; il ne dit rien de son ampleur clinique. L'intervalle de confiance de pA−pBp_A-p_B le donne — et c'est lui qu'on publie :

IC95%=[0,10±1,96×0,04967]=[0,10±0,0973]=[0,003 ; 0,197]IC_{95\%}=\left[0{,}10\pm 1{,}96\times 0{,}04967\right]=[0{,}10\pm 0{,}0973]=[0{,}003\ ;\ 0{,}197]

La vraie différence est entre 0,30{,}3 point et 19,719{,}7 points. Autrement dit : elle existe, mais on ne sait presque rien de sa taille. C'est le genre de résultat qui appelle un essai plus large, pas une décision thérapeutique.

⚠️ Noter que cet intervalle utilise fAf_A et fBf_B séparément — parce qu'on n'est plus sous H0H_0.

Rappel de cours

Comparaison de deux proportions — test

p^=xA+xBnA+nBz=fA−fBp^(1−p^)(1nA+1nB)\widehat p=\frac{x_A+x_B}{n_A+n_B} \qquad z=\frac{f_A-f_B}{\sqrt{\widehat p(1-\widehat p)\left(\dfrac{1}{n_A}+\dfrac{1}{n_B}\right)}}
⚠️ La proportion groupée p^\widehat p, parce qu'on raisonne sous H0H_0.

Test ou intervalle : quelle proportion

proportion utilisée
test de pA=pBp_A=p_B p^\widehat p groupée
IC de pA−pBp_A-p_B fAf_A et fBf_B séparées

Dans un test on suppose H0H_0 vraie, donc une seule proportion. Dans un IC on ne suppose rien.

Conditions d'application nAp^n_A\widehat p, nA(1−p^)n_A(1-\widehat p), nBp^n_B\widehat p, nB(1−p^)n_B(1-\widehat p) tous ≥5\geq 5.

Contrôle sur p^\widehat p Elle est comprise entre fAf_A et fBf_B — c'est une moyenne pondérée par les effectifs. Si nA=nBn_A=n_B, elle tombe au milieu.

Le test et l'intervalle ne répondent pas à la même question Le test dit si une différence existe ; l'intervalle dit combien elle vaut. En pratique on donne les deux — un écart significatif mais d'ampleur inconnue n'autorise aucune décision.

Lien

rejet  ⟺  0∉IC(pA−pB)\text{rejet} \iff 0\notin IC(p_A-p_B)

L'erreur classique

⚠️ Utiliser fAf_A et fBf_B séparément dans l'écart-type du test :

0,3×0,7150+0,2×0,8150=0,04967\sqrt{\frac{0{,}3\times 0{,}7}{150}+\frac{0{,}2\times 0{,}8}{150}}=0{,}04967

On obtiendrait z=2,01z=2{,}01 — au-dessus de 1,961{,}96, donc la même conclusion par chance. Ce n'est pas pour autant le test du cours : un test se calcule sous H0H_0, qui affirme une proportion unique.

⚠️ Calculer p^\widehat p comme la moyenne des fréquences : 0,30+0,202=0,25\dfrac{0{,}30+0{,}20}{2}=0{,}25. Ici c'est correct parce que nA=nBn_A=n_B. Avec des effectifs différents il faudrait la moyenne pondérée, c'est-à-dire le rapport des totaux.

⚠️ Oublier le facteur (1nA+1nB)\left(\dfrac{1}{n_A}+\dfrac{1}{n_B}\right) ou le remplacer par 1nA+nB=1300\dfrac{1}{n_A+n_B}=\dfrac{1}{300}. Ce sont deux quantités différentes : 0,013330{,}01333 contre 0,003330{,}00333, soit un facteur 44 sur la variance et 22 sur zz.

⚠️ Comparer les effectifs bruts : 4545 contre 3030 sans passer par les fréquences. Cela ne vaudrait que si les effectifs totaux étaient égaux — ce qui est le cas ici, mais le raisonnement doit passer par les proportions.

⚠️ Conclure « le traitement A est meilleur » sans nuance. Le test établit une différence statistique ; l'intervalle montre qu'elle peut être aussi bien de 0,30{,}3 point que de près de 2020. En médecine, l'ampleur compte autant que l'existence.

⚠️ Ne pas signaler que le rejet est serré. p=4,56 %p=4{,}56\ \% : il ne tiendrait pas à 1 %1\ \%.

À retenir
z=fA−fBp^(1−p^)(1nA+1nB)p^=xA+xBnA+nBz=\frac{f_A-f_B}{\sqrt{\widehat p(1-\widehat p)\left(\frac{1}{n_A}+\frac{1}{n_B}\right)}} \qquad \widehat p=\frac{x_A+x_B}{n_A+n_B}

La proportion GROUPÉE dans un test (on est sous H0H_0, donc une seule proportion) ; les fréquences séparées dans un intervalle de confiance.

1nA+1nB\dfrac{1}{n_A}+\dfrac{1}{n_B}, pas 1nA+nB\dfrac{1}{n_A+n_B} — un facteur 44 sur la variance.

Contrôle : p^\widehat p est entre fAf_A et fBf_B.

Le test dit SI, l'intervalle dit COMBIEN. Une différence significative dont l'ampleur va de 0,30{,}3 à près de 2020 points n'autorise aucune décision pratique.

Réponse. z=2,0>1,96z=2{,}0>1{,}96 : taux de guérison différents (p≈0,046p\approx 0{,}046). (Recoupement machine : p^=0,25\widehat p=0{,}25, SE=0,05\mathrm{SE}=0{,}05 ; et z2=χ2z^2=\chi^2 de la table 2×2 sans Yates ✓)
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Problème complet : khi-deux d'indépendance (table 2×3)

DémonstrationDifficulté 3/5

On étudie le lien entre le poste occupé et la préférence pour trois options. Poste A : 20, 30, 1020,\ 30,\ 10 (total 6060). Poste B : 30, 30, 3030,\ 30,\ 30 (total 9090). Totaux par colonne : 50, 60, 4050,\ 60,\ 40 (total 150150). Tester l'indépendance au risque 5 %5\,\%. On donne χ2; 0,952=5,99\chi^2_{2;\,0{,}95}=5{,}99.

Indices (3)

Effectif attendu =total ligne×total colonne150=\dfrac{\text{total ligne}\times\text{total colonne}}{150}.

χ2=∑(O−E)2E\chi^2=\sum\dfrac{(O-E)^2}{E} sur les 66 cases.

ν=(2−1)(3−1)=2\nu=(2-1)(3-1)=2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Problème complet de khi-deux d'indépendance, sur un tableau 2×32\times 3. Même méthode qu'en E3, mais les marges ne sont plus égales — les six effectifs théoriques ne seront donc plus tous égaux, et il faut les calculer un par un.

Eij=Li×CjNE_{ij}=\frac{L_i\times C_j}{N}

Le degré de liberté :

ν=(2−1)×(3−1)=2seuil 5,99\nu=(2-1)\times(3-1)=2 \qquad\text{seuil } 5{,}99

Comprendre le 22 : les marges étant fixées, il suffit de connaître deux cases pour reconstituer tout le tableau. C'est ce que « degré de liberté » veut dire, littéralement.

Un pronostic avant calcul : le poste B répartit ses 9090 agents en trois tiers égaux (30/30/3030/30/30), le poste A très inégalement (20/30/1020/30/10). Les deux profils ne se ressemblent pas — on s'attend à un χ2\chi^2 élevé.

⚠️ Le contrôle décisif reste le même : les marges du tableau théorique doivent être identiques à celles de l'observé. Sur un tableau 2×32\times 3 cela fait cinq totaux à vérifier, et c'est le meilleur moyen d'attraper une erreur de calcul.

Étape 1 — le tableau observé
option 1 option 2 option 3 total
poste A 2020 3030 1010 60\mathbf{60}
poste B 3030 3030 3030 90\mathbf{90}
total 50\mathbf{50} 60\mathbf{60} 40\mathbf{40} 150\mathbf{150}

Contrôle : 60+90=15060+90=150 et 50+60+40=15050+60+40=150 ✓

Lecture des profils, avant tout calcul :

option 1 option 2 option 3
poste A 33 %33\ \% 50 %50\ \% 17 %17\ \%
poste B 33 %33\ \% 33 %33\ \% 33 %33\ \%

Les deux postes s'accordent sur l'option 1 et divergent nettement sur les options 2 et 3. C'est là que le χ2\chi^2 va se concentrer.

Étape 2 — les effectifs théoriques
Eij=Li×Cj150E_{ij}=\frac{L_i\times C_j}{150}

Poste A (L1=60L_1=60) :

E11=60×50150=20E12=60×60150=24E13=60×40150=16E_{11}=\frac{60\times 50}{150}=20 \qquad E_{12}=\frac{60\times 60}{150}=24 \qquad E_{13}=\frac{60\times 40}{150}=16

Poste B (L2=90L_2=90) :

E21=90×50150=30E22=90×60150=36E23=90×40150=24E_{21}=\frac{90\times 50}{150}=30 \qquad E_{22}=\frac{90\times 60}{150}=36 \qquad E_{23}=\frac{90\times 40}{150}=24
théoriques option 1 option 2 option 3 total
poste A 2020 2424 1616 60\mathbf{60}
poste B 3030 3636 2424 90\mathbf{90}
total 50\mathbf{50} 60\mathbf{60} 40\mathbf{40} 150\mathbf{150}

Le contrôle des marges passe : les cinq totaux sont identiques à ceux du tableau observé ✓ C'est la vérification la plus rentable du calcul.

Condition d'application : tous les Eij≥5E_{ij}\geq 5 ✓ (minimum 1616).

Les écarts :

O−EO-E option 1 option 2 option 3 total
poste A 00 +6+6 −6-6 0\mathbf{0}
poste B 00 −6-6 +6+6 0\mathbf{0}
total 0\mathbf{0} 0\mathbf{0} 0\mathbf{0}

Tous les écarts se compensent par ligne et par colonne — conforme au pronostic : l'option 1 ne contribue pas du tout.

Étape 3 — la statistique et la décision
χ2=∑i,j(Oij−Eij)2Eij\chi^2=\sum_{i,j}\frac{(O_{ij}-E_{ij})^2}{E_{ij}}
case (O−E)2(O-E)^2 EE contribution
A – option 1 00 2020 00
A – option 2 3636 2424 1,501{,}50
A – option 3 3636 1616 2,25\mathbf{2{,}25}
B – option 1 00 3030 00
B – option 2 3636 3636 1,001{,}00
B – option 3 3636 2424 1,501{,}50
total 6,25\mathbf{6{,}25}
χ2=6,25\boxed{\chi^2=6{,}25}

Décision, avec ν=2\nu=2 :

χ2=6,25>5,99\chi^2=6{,}25>5{,}99
On REJETTE H0 — le poste et la preˊfeˊrence NE sont PAS indeˊpendants\boxed{\text{On REJETTE } H_0 \text{ — le poste et la préférence NE sont PAS indépendants}}

Rédaction attendue. Au risque 5 %5\ \%, il existe un lien entre le poste occupé et la préférence exprimée. Le poste A choisit l'option 2 plus souvent qu'attendu et l'option 3 nettement moins.

Où se situe le désaccord — c'est la lecture des contributions :

2,25⏟A – option 3 > 1,50⏟×2 > 1,00⏟B – option 2 > 0⏟option 1\underbrace{2{,}25}_{\text{A – option 3}} \ > \ \underbrace{1{,}50}_{\times 2} \ > \ \underbrace{1{,}00}_{\text{B – option 2}} \ > \ \underbrace{0}_{\text{option 1}}

L'option 3 du poste A porte 36 %36\ \% du χ2\chi^2 à elle seule, alors que les six écarts bruts valent tous 66. La différence vient du dénominateur : 1616 est le plus petit effectif théorique, donc l'écart y pèse le plus. L'option 1 ne contribue pour rien — sur elle, les deux postes s'accordent parfaitement.

⚠️ Le rejet passe de peu : 6,256{,}25 contre 5,995{,}99, soit 4 %4\ \% de marge. À 1 %1\ \% (seuil 9,219{,}21) on ne rejetterait pas. Conclusion à présenter comme indicative, pas comme établie.

⚠️ Dépendance n'est pas causalité. Le poste n'« explique » pas la préférence : les deux peuvent dépendre d'un troisième facteur — l'ancienneté, la formation, l'âge. Le test détecte un lien, jamais un mécanisme.

Rappel de cours

Khi-deux d'indépendance

Eij=Li CjNχ2=∑i,j(Oij−Eij)2Eijν=(ℓ−1)(c−1)E_{ij}=\frac{L_i\,C_j}{N} \qquad \chi^2=\sum_{i,j}\frac{(O_{ij}-E_{ij})^2}{E_{ij}} \qquad \nu=(\ell-1)(c-1)

Le contrôle des marges Les totaux du tableau théorique sont identiques à ceux de l'observé, ligne par ligne et colonne par colonne. C'est automatique — donc une divergence signale une erreur de calcul, et c'est la vérification la plus rentable.

Degrés de liberté et seuils à 5 %5\ \%

tableau ν\nu seuil 5 %5\ \% seuil 1 %1\ \%
2×22\times 2 11 3,843{,}84 6,636{,}63
2×32\times 3 22 5,99\mathbf{5{,}99} 9,219{,}21
3×33\times 3 44 9,499{,}49 13,2813{,}28

Lire les contributions Chaque terme mesure la part de désaccord due à sa case. Un même écart brut pèse d'autant plus que EijE_{ij} est petit — d'où l'intérêt de regarder les contributions plutôt que les écarts.

Condition d'application Tous les Eij≥5E_{ij}\geq 5. Sinon, regrouper des modalités (ce qui réduit ν\nu).

Ce que le test établit, et ce qu'il n'établit pas ✓ un lien statistique entre les deux caractères ✗ une relation de cause à effet ✗ l'intensité du lien (il faudrait un coefficient comme le VV de Cramér)

L'erreur classique

⚠️ Prendre ν=5\nu=5 (le nombre de cases moins un) ou ν=6\nu=6. La formule est (ℓ−1)(c−1)=1×2=2(\ell-1)(c-1)=1\times 2=2.

⚠️ Diviser par le mauvais total en calculant EijE_{ij} : utiliser 6060 ou 9090 au dénominateur au lieu de N=150N=150.

Le contrôle : les marges du tableau théorique doivent coïncider avec celles de l'observé. Un mauvais dénominateur les fait diverger immédiatement.

⚠️ Prendre les mêmes EijE_{ij} partout, comme en E3. Ici les marges diffèrent, donc les six valeurs ne sont plus toutes égales : 2020, 2424, 1616, 3030, 3636, 2424.

⚠️ Diviser tous les écarts par le même EE : 4×3624=6\dfrac{4\times 36}{24}=6 au lieu de 6,256{,}25. Chaque terme a son propre dénominateur.

⚠️ Oublier les cases d'écart nul. Elles contribuent pour 00, mais il faut les écrire — c'est ce qui montre que le tableau a été parcouru en entier.

⚠️ Conclure « le poste détermine la préférence ». Le test établit une dépendance statistique. Un facteur commun aux deux (ancienneté, formation) l'expliquerait tout aussi bien.

⚠️ Présenter la conclusion comme établie. 6,256{,}25 contre 5,995{,}99 : le rejet passe à 4 %4\ \% près, et tomberait à 1 %1\ \% de risque. Le signaler fait partie de la réponse.

⚠️ Ne pas exploiter les contributions. Une fois H0H_0 rejetée, l'information utile est où se situe le désaccord — ici l'option 3 du poste A, pour 36 %36\ \% du total.

À retenir
Eij=Li CjNν=(ℓ−1)(c−1)χ2=∑(Oij−Eij)2EijE_{ij}=\frac{L_i\,C_j}{N} \qquad \nu=(\ell-1)(c-1) \qquad \chi^2=\sum\frac{(O_{ij}-E_{ij})^2}{E_{ij}}

Chaque case a SON effectif théorique et SON dénominateur dès que les marges diffèrent.

Le contrôle des marges est le plus rentable : les totaux du tableau théorique sont identiques à ceux de l'observé, sinon le calcul est faux.

Les contributions disent OÙ est le désaccord — et un même écart brut pèse d'autant plus que EijE_{ij} est petit.

Dépendance ≠\neq causalité, et un rejet à 4 %4\ \% de marge se présente comme indicatif.

Réponse. χ2=6,25>5,99\chi^2=6{,}25>5{,}99 : dépendance significative (p≈0,044p\approx 0{,}044). (Recoupement machine chi2_contingency(correction=False) : χ2=6,25\chi^2=6{,}25, ν=2\nu=2, p=0,0439p=0{,}0439 ✓)
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