Statistique descriptive — série à une variable (socle)
Idée. Une série statistique est une liste de valeurs mesurées sur une population : les notes d'une classe, les temps d'attente de
Note (périmètre de vérification). Chaque moyenne, médiane, quartile, variance et proportion de ce chapitre est certifiée machine (
_verif_statistique_descriptive.py, calcul exact en fractions, recoupé parnumpy). Les conventions employées sont écrites ci-dessous et employées partout : elles ne sont pas les seules possibles — l'approfondissement (C5) explique pourquoi deux manuels donnent parfois deux premiers quartiles pour la même série.
A. Série, effectifs, caractéristiques de position
- Vocabulaire. La population est l'ensemble étudié ; chaque individu porte une valeur du caractère. Un caractère est qualitatif (une couleur, une filière), quantitatif discret (un nombre de pièces défectueuses, une note entière) ou quantitatif continu (une masse, une durée) — les valeurs d'un caractère continu se regroupent en classes.
- Tableau d'effectifs. Pour chaque valeur
, l'effectif est le nombre d'individus qui la portent ; est l'effectif total ; la fréquence est (les fréquences totalisent , soit ) ; la fréquence cumulée croissante est la proportion des valeurs inférieures ou égales à . C'est elle qui sert à lire médiane et quartiles. - Moyenne.
— une moyenne pondérée par les effectifs, ce qui est la même chose que la moyenne de la liste où chaque valeur est répétée fois. C'est le barycentre des valeurs. Elle vaut pour un caractère quantitatif seulement. - Médiane. On range les
valeurs par ordre croissant. Si est impair, la médiane est la valeur du milieu (la -ième) ; si est pair, c'est la demi-somme des deux valeurs centrales (la -ième et la suivante). Au moins la moitié des valeurs sont , au moins la moitié sont . - Mode. La valeur (ou la classe) d'effectif maximal. Il peut y en avoir plusieurs, et c'est le seul résumé qui ait un sens pour un caractère qualitatif.
- Moyenne ou médiane ? La moyenne bouge dès qu'une valeur bouge : un seul salaire très élevé la tire vers le haut. La médiane, elle, ne dépend que du rang des valeurs : la même valeur extrême ne la déplace pas. On dit que la médiane est robuste. Sur une série symétrique les deux coïncident ; sur une série étalée à droite (salaires, temps d'attente), la moyenne est au-dessus de la médiane.
- Série regroupée en classes. Pour un caractère continu on regroupe les valeurs en intervalles
d'effectifs . Faute de connaître les valeurs exactes, on estime la moyenne en remplaçant chaque classe par son centre : . Ce n'est plus la moyenne de la série brute, c'est une estimation — et elle dépend du découpage. - Histogramme. Chaque classe est un rectangle dont l'aire est proportionnelle à l'effectif. Si les classes ont la même largeur, la hauteur suffit. Si elles sont inégales, la hauteur est la densité de fréquence
(ou l'effectif par unité de largeur) : une classe deux fois plus large et de même effectif est deux fois moins haute. Tracer les effectifs en hauteur avec des classes inégales est le contresens le plus courant du chapitre.
- Médiane d'une série groupée. On ne connaît pas les valeurs : on cherche la classe médiane (celle où
franchit ) et on y interpole linéairement — on suppose les valeurs uniformément réparties dans la classe. Si sur la classe , alors Même formule pouret avec et . Graphiquement : on trace le polygone des fréquences cumulées (les points reliés par des segments) et on lit l'abscisse où il coupe l'horizontale .
- Changement d'unité ou de barème. Si
avec , alors et : une transformation affine croissante se transporte sur les caractéristiques de position (les rangs ne changent pas, et la moyenne est linéaire).
B. Caractéristiques de dispersion
- Étendue.
. Un seul nombre, très sensible aux extrêmes : il décrit l'intervalle occupé, pas la façon dont les valeurs s'y répartissent. - Quartiles — la convention de ce chapitre.
est la plus petite valeur de la série telle que la fréquence cumulée soit ; est la plus petite valeur telle que . En pratique : au moins des valeurs sont , au moins sont . Sur une série de valeurs rangées, est la (car ) et la ; sur , est la (car ) et la . ⚠️ Les tableurs et les calculatrices emploient souvent une autre convention (interpolation) et donnent des quartiles légèrement différents : l'approfondissement compare les trois. - Écart interquartile.
: la largeur de l'intervalle qui contient la moitié centrale des valeurs. Insensible aux extrêmes, comme la médiane. - Boîte à moustaches. Une boîte de
à , coupée par la médiane, prolongée par des moustaches jusqu'au minimum et au maximum. Deux séries se comparent d'un coup d'œil : position (médiane), dispersion (longueur de la boîte), asymétrie (la médiane n'est pas au milieu de la boîte). Variante fréquente : moustaches limitées à au-delà de la boîte, les valeurs plus lointaines étant marquées comme isolées — dire la convention qu'on emploie.
- Variance et écart-type. La variance est la moyenne des carrés des écarts à la moyenne :
L'écart-typea l'unité de la série (des minutes, des grammes), la variance a le carré de cette unité. Plus est grand, plus les valeurs s'éloignent de la moyenne. Dans ce chapitre la variance est toujours divisée par : c'est la variance de la série. La calculatrice affiche aussi une valeur divisée par ( , la « variance corrigée ») ; elle sert à estimer la variance d'une population à partir d'un échantillon, ce qui est une autre question (approfondissement D3). - Formule de Koenig-Huygens.
: la moyenne des carrés moins le carré de la moyenne. Plus rapide à la main (pas d'écarts à calculer), et un excellent recoupement de la définition — les deux doivent coïncider exactement. - Transformation affine. Si
: et . Ajouter ne change pas la dispersion (translation) ; multiplier par la multiplie par . Cas important : la valeur centrée réduite a pour moyenne et pour écart-type , et dit à combien d'écarts-types de la moyenne se trouve — c'est ce qui permet de comparer une note sur et une note sur . - Série groupée. Variance et écart-type s'estiment par les centres des classes, comme la moyenne.
- ⚠️ «
des valeurs dans » est une propriété de la loi normale, pas des séries : une série peut en avoir , ou . Ce qui est vrai pour toute série est bien plus faible et se démontre (approfondissement C2) : au plus des valeurs sont à plus de de la moyenne.
E. Choisir un résumé, comparer deux séries
- Quel résumé ? Position : la moyenne quand les valeurs se compensent (une moyenne de production, un panier moyen) ; la médiane quand la série est asymétrique ou contient des extrêmes (salaires, délais). Dispersion : l'écart-type accompagne la moyenne, l'écart interquartile accompagne la médiane. Donner les deux familles quand on peut, avec le graphique qui va avec.
- Comparer deux séries d'unités ou de niveaux différents. L'écart-type seul ne compare pas
grammes à millimètre. Le coefficient de variation (sans unité, souvent en ) mesure la dispersion relative : g sur une moyenne de g, c'est ; mm sur mm, c'est — la seconde machine est relativement moins régulière. - Moyenne de moyennes. La moyenne d'une population réunissant deux sous-populations est la moyenne pondérée par les effectifs des deux moyennes :
. La moyenne simple est fausse dès que . - Quel graphique ? Diagramme en bâtons pour un caractère discret (une barre par valeur, séparées), en secteurs pour un qualitatif (des parts de
), histogramme pour un continu regroupé en classes (rectangles accolés, aire proportionnelle à l'effectif), boîte à moustaches pour comparer plusieurs séries, polygone des fréquences cumulées pour lire médiane et quartiles. - Lire un problème type BTS. Compléter le tableau (effectifs, fréquences, cumulées), calculer les résumés à la calculatrice en sachant lesquels (moyenne,
et non ), lire graphiquement médiane et quartiles sur le polygone, puis interpréter : « au moins des ampoules durent moins de… ». Un résultat sans interprétation n'est pas une réponse.