Réels et suites numériques — socle
Idée. Une suite
Note (périmètre de vérification). Tout ce qui se calcule ici est certifié machine (
_verif_suites_series.py) : limites, rangs, points fixes, monotonie et encadrements sur des dizaines de termes, valeurs affichées. Les deux énoncés qui reposent sur la construction de — la propriété de la borne supérieure et le théorème « toute suite monotone bornée converge » qui en découle — sont admis à ce palier ; l'approfondissement en esquisse la preuve.
A. Limite d'une suite et théorèmes d'existence
- Définition.
converge vers si, pour tout , il existe un rang tel que . Autrement dit : aussi petit que soit , tous les termes finissent par rester dans . La limite est unique. Une suite qui ne converge pas diverge (vers , ou sans limite). - Ce que la définition ne dit pas. Elle ne demande ni monotonie ni que
atteigne : converge vers en oscillant, sans jamais valoir . - Opérations. Somme, produit, quotient (dénominateur de limite non nulle) de suites convergentes convergent vers la somme, le produit, le quotient des limites. Les formes indéterminées
, , , se lèvent en factorisant le terme dominant ou par la quantité conjuguée : . - Gendarmes. Si
et , alors . Cas d'usage : avec . C'est le théorème qu'on emploie quand contient un , une partie entière, une somme qu'on ne sait pas calculer. - Théorème de la limite monotone (admis, repose sur la borne supérieure). Une suite croissante et majorée converge (vers sa borne supérieure) ; une suite croissante non majorée tend vers
. Même énoncé en décroissante/minorée. ⚠️ Il prouve l'existence de la limite sans la donner : pour l'identifier, on passe à la limite dans une relation vérifiée par . - Suites adjacentes. Si
est croissante, décroissante et , alors elles convergent vers une même limite , et pour tout : chaque couple est un encadrement de .
- Limites de référence.
si , si , diverge sans limite si ; pour ; . - Croissances comparées. Pour
et : , où signifie . Exemple : bien que domine jusqu'à .
B. Suites récurrentes
- Forme
. Si converge vers et est continue en , alors : la limite est un point fixe de . La méthode en quatre temps : (1) trouver un intervalle stable ( ) contenant ; (2) monotonie — si est croissante sur , est monotone, dans le sens donné par la comparaison de et ; sinon, lire le signe de ; (3) bornée par les bords de , donc convergente ; (4) identifier parmi les points fixes. - Attractif ou répulsif. Si
, les termes proches de s'en rapprochent (point fixe attractif, convergence géométrique de raison ) ; si ils s'en éloignent (répulsif). Un point fixe n'est donc pas automatiquement une limite.
- Arithmético-géométrique
( ). Point fixe ; la suite est géométrique de raison , d'où la forme close . Convergence vers si et seulement si (ou ). - Récurrence linéaire d'ordre 2
. On résout l'équation caractéristique : deux racines réelles distinctes donnent ; une racine double donne . Les constantes se lisent sur et .
E. Réels : bornes, décimaux, suites extraites
- Majorant, borne supérieure.
majore si pour tout . La borne supérieure est le plus petit des majorants ; elle est caractérisée par : pour tout , il existe avec . Elle n'est pas forcément atteinte : , jamais atteint. Quand elle l'est, c'est le maximum. - Propriété de la borne supérieure (axiome de
). Toute partie non vide et majorée de admet une borne supérieure. C'est ce qui distingue de : est majoré et n'a pas de borne supérieure rationnelle. C'est aussi ce qui fonde le théorème de la limite monotone. - Décimaux et valeurs approchées.
est la valeur approchée décimale par défaut de à près : . Les décimaux sont denses dans (entre deux réels distincts il y en a toujours un), et tout réel est limite de la suite de ses approximations décimales. - Suites extraites.
avec strictement croissante. Si converge vers , toute extraite converge vers . Conséquence utile dans l'autre sens : deux extraites de limites différentes prouvent la divergence. Et si et convergent vers la même limite, alors converge. - Vitesse de convergence. Pour atteindre
: demande un million de termes, en demande , la méthode de Héron pour en demande . Convergence géométrique (erreur divisée par une constante à chaque pas) contre quadratique (nombre de décimales justes doublé à chaque pas). - La série harmonique diverge.
est croissante et , donc n'est pas majorée : — très lentement ( ). L'encadrement par des rectangles sous et sur donne .