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Exercices corrigés — Réels, suites & séries numériques

Analyse · 18 exercices-types du palier socle

BTSL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Réels, suites & séries numériques Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Prouver une limite avec la définition

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit un=2n+1n+3u_n=\dfrac{2n+1}{n+3} pour nNn\in\mathbb{N}. 1. Conjecturer la limite \ell de (un)(u_n) en calculant u10u_{10}, u100u_{100}, u1000u_{1000}. 2. Exprimer un\lvert u_n-\ell\rvert sous la forme d'une fraction simple. 3. Déterminer un rang NN à partir duquel un<102\lvert u_n-\ell\rvert<10^{-2}, puis démontrer que unu_n\to\ell avec la définition.

Indices (3)

Diviser numérateur et dénominateur par nn pour lire la limite.

un=2(n+3)(2n+1)n+3\ell-u_n=\dfrac{2(n+3)-(2n+1)}{n+3} : le numérateur est une constante.

Résoudre 5n+3<ε\dfrac{5}{n+3}<\varepsilon en nn ; le rang NN dépend de ε\varepsilon, c'est normal.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La définition de la limite n'est pas une formule à réciter : c'est un contrat. Quelqu'un te donne une marge ε\varepsilon, aussi petite qu'il veut ; tu dois lui rendre un rang NN à partir duquel tous les termes tiennent dans la marge. Si tu sais toujours répondre, la suite converge.

Sur un=2n+1n+3u_n=\dfrac{2n+1}{n+3}, trois valeurs suffisent pour deviner vers quoi elle va :

nn 1010 100100 10001000
unu_n 21131,615\tfrac{21}{13}\approx1{,}615 2011031,951\tfrac{201}{103}\approx1{,}951 200110031,995\tfrac{2001}{1003}\approx1{,}995

La suite monte vers 22 par en dessous, et de plus en plus lentement. La conjecture est =2\ell=2 : pour nn grand, 2n+12n2n+1\approx2n et n+3nn+3\approx n, donc un2nn=2u_n\approx\dfrac{2n}{n}=2.

👉 Mais « \approx » n'est pas une preuve. Ce que la définition exige, c'est de contrôler l'écart un2\lvert u_n-2\rvert — et la bonne nouvelle est qu'ici il se calcule exactement.

L'écart à la limite est une fraction simple
2un=2(n+3)(2n+1)n+3=2n+62n1n+3=5n+3.2-u_n=\frac{2(n+3)-(2n+1)}{n+3}=\frac{2n+6-2n-1}{n+3}=\frac{5}{n+3}.

Deux informations dans cette ligne :

  • 2un>02-u_n>0 pour tout nn : la suite est strictement inférieure à 22, elle ne l'atteint jamais — ce qui confirme la lecture du tableau ;
  • l'écart vaut 5n+3\dfrac5{n+3}, qui tend vers 00 : c'est exactement ce qu'il faut rendre plus petit que ε\varepsilon.
un2=5n+3\boxed{\lvert u_n-2\rvert=\frac{5}{n+3}}
Trouver le rang, puis écrire la preuve

Pour ε=102\varepsilon=10^{-2}. On veut 5n+3<1100\dfrac{5}{n+3}<\dfrac1{100}, c'est-à-dire n+3>500n+3>500, soit n>497n>497. Le rang N=498N=498 convient :

n498  un2=5n+35501<1100.n\geq498\ \Rightarrow\ \lvert u_n-2\rvert=\frac{5}{n+3}\leq\frac{5}{501}<\frac1{100}.

Et 497497 ne convient pas : 5500=1100\dfrac5{500}=\dfrac1{100} exactement, l'inégalité stricte échoue. Le rang N=498N=498 est le plus petit possible — la preuve n'en a pas besoin, mais le savoir montre qu'on a compris le mécanisme.

Pour ε\varepsilon quelconque. Même calcul : 5n+3<ε    n>5ε3\dfrac5{n+3}<\varepsilon\iff n>\dfrac5\varepsilon-3. On pose donc

N=5ε+1(ou n’importe quel entier>5ε3),N=\left\lfloor\frac5\varepsilon\right\rfloor+1\quad(\text{ou n'importe quel entier}>\tfrac5\varepsilon-3),

et pour nNn\geq N on a n+3>5εn+3>\dfrac5\varepsilon, donc un2=5n+3<ε\lvert u_n-2\rvert=\dfrac5{n+3}<\varepsilon. C'est toute la démonstration : un ε\varepsilon arbitraire, un NN explicite, une inégalité vérifiée. \blacksquare

Avec ε=103\varepsilon=10^{-3}, la même formule donne N=4998N=4998 : diviser la marge par 1010 multiplie le rang par 1010. C'est la signature d'une convergence lente, en 1n\tfrac1n.

Rappel de cours

Définition. unu_n\to\ell signifie : pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe NNN\in\mathbb{N} tel que pour tout nNn\geq N, un<ε\lvert u_n-\ell\rvert<\varepsilon.

L'ordre des quantificateurs porte tout le sens : ε\varepsilon est donné avant NN, et NN a le droit de dépendre de ε\varepsilon. Un rang qui marcherait pour tous les ε\varepsilon à la fois n'existe que pour une suite constante à partir d'un certain rang.

Unicité. Si unu_n\to\ell et unu_n\to\ell', alors =\ell=\ell' : pour nn grand, unu_n est à moins de ε\varepsilon de chacune, donc <2ε\lvert\ell-\ell'\rvert<2\varepsilon pour tout ε\varepsilon.

L'erreur classique

⚠️ Prendre NN avant ε\varepsilon, en écrivant « il existe NN tel que pour tout ε\varepsilon… ». Cette phrase dit que unu_n est égal à \ell pour nNn\geq N, ce qui est faux ici — un<2u_n<2 toujours. L'ordre « pour tout ε\varepsilon, il existe NN » est le seul qui décrive une convergence.

⚠️ Conclure du tableau. Trois valeurs qui s'approchent de 22 ne prouvent rien : un=25n+3+n106u_n=2-\dfrac5{n+3}+\dfrac{n}{10^6} donnerait le même tableau jusqu'à n=1000n=1000 et diverge. La preuve tient dans le contrôle de un\lvert u_n-\ell\rvert pour tout nNn\geq N, pas dans quelques valeurs.

À retenir

La preuve d'une limite par la définition suit toujours le même chemin : calculer un\lvert u_n-\ell\rvert, le majorer par une expression simple qui tend vers 00, puis résoudre « expression <ε<\varepsilon » en nn pour exhiber le rang.

Le rang N(ε)N(\varepsilon) mesure la vitesse. Ici N5εN\approx\dfrac5\varepsilon : une décimale de plus coûte dix fois plus de termes. Pour une suite géométrique, une décimale de plus ne coûte qu'un nombre fixe de termes — c'est ce qu'on compare dans l'exercice E5.

Réponse. =2\ell=2 ; un2=5n+3\lvert u_n-2\rvert=\dfrac{5}{n+3} ; N=498N=498 pour ε=102\varepsilon=10^{-2} (et N=4998N=4998 pour 10310^{-3}). (Recoupement : 55010,00998<0,01\tfrac5{501}\approx0{,}00998<0{,}01 ✓, 5500=0,01\tfrac5{500}=0{,}01 non ✓)
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Lever trois formes indéterminées

CalculDifficulté 3/5

Déterminer les limites des suites suivantes : 1. un=3n2n+12n2+5u_n=\dfrac{3n^2-n+1}{2n^2+5} ; 2. vn=n2+nnv_n=\sqrt{n^2+n}-n ; 3. wn=nsin ⁣(1n)w_n=n\sin\!\left(\dfrac1n\right).

Indices (3)

Forme \tfrac\infty\infty : factoriser le terme de plus haut degré en haut et en bas.

Forme \infty-\infty : multiplier par la quantité conjuguée n2+n+n\sqrt{n^2+n}+n.

Forme ×0\infty\times0 : poser h=1n0h=\tfrac1n\to0 et reconnaître sinhh\dfrac{\sin h}{h}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une forme indéterminée n'est pas une impasse : c'est un signal qu'il faut réécrire avant de passer à la limite. Les trois suites de l'énoncé sont les trois formes qu'on rencontre le plus, et chacune a son geste :

forme suite geste
\tfrac\infty\infty unu_n factoriser le dominant
\infty-\infty vnv_n quantité conjuguée
×0\infty\times0 wnw_n changement de variable h=1nh=\tfrac1n

👉 Dans les trois cas, l'idée est la même : mettre en évidence ce qui compte quand nn est grand, et faire tendre le reste vers 00.

Fraction rationnelle : le dominant décide
un=3n2n+12n2+5=n2(31n+1n2)n2(2+5n2)=31n+1n22+5n2n32.u_n=\frac{3n^2-n+1}{2n^2+5}=\frac{n^2\left(3-\frac1n+\frac1{n^2}\right)}{n^2\left(2+\frac5{n^2}\right)}=\frac{3-\frac1n+\frac1{n^2}}{2+\frac5{n^2}}\xrightarrow[n\to\infty]{}\frac32.

Chaque terme entre parenthèses tend vers sa constante (1n0\tfrac1n\to0, 1n20\tfrac1{n^2}\to0), et le quotient de deux limites non nulles est la limite du quotient.

Contrôle : u10=2912051,420u_{10}=\dfrac{291}{205}\approx1{,}420 et u100=29901200051,495u_{100}=\dfrac{29\,901}{20\,005}\approx1{,}495 — l'approche de 1,51{,}5 se voit, et l'écart décroît en 1n\tfrac1n (le terme 1n-\tfrac1n du numérateur).

un32\boxed{u_n\to\frac32}
Différence de racines : la quantité conjuguée

Écrire n2+nn\sqrt{n^2+n}\approx n ne suffit pas — la différence de deux quantités équivalentes peut tendre vers n'importe quoi. On multiplie et divise par le conjugué :

vn=(n2+nn)(n2+n+n)n2+n+n=n2+nn2n2+n+n=nn2+n+n.v_n=\frac{(\sqrt{n^2+n}-n)(\sqrt{n^2+n}+n)}{\sqrt{n^2+n}+n}=\frac{n^2+n-n^2}{\sqrt{n^2+n}+n}=\frac{n}{\sqrt{n^2+n}+n}.

La forme indéterminée a disparu au numérateur ; il reste un \tfrac\infty\infty qu'on traite comme en 1, en factorisant nn sous la racine :

vn=nn1+1n+n=11+1n+1n11+1=12.v_n=\frac{n}{n\sqrt{1+\frac1n}+n}=\frac{1}{\sqrt{1+\frac1n}+1}\xrightarrow[n\to\infty]{}\frac1{1+1}=\frac12.

Contrôle : v1=210,4142v_1=\sqrt2-1\approx0{,}4142, v100,4881v_{10}\approx0{,}4881, v1000,4988v_{100}\approx0{,}4988. Trois valeurs qui montent vers 0,50{,}5, à un écart qui se divise par 1010 quand nn est multiplié par 1010.

vn12\boxed{v_n\to\frac12}

ℹ️ Le même geste sur n+1n\sqrt{n+1}-\sqrt n donne 1n+1+n0\dfrac1{\sqrt{n+1}+\sqrt n}\to0 : même forme \infty-\infty, limite différente. C'est bien pour ça qu'il faut calculer.

Produit par un infiniment petit : changement de variable

On pose h=1nh=\dfrac1n, qui tend vers 0+0^+ quand nn\to\infty :

wn=nsin ⁣(1n)=sinhh.w_n=n\sin\!\left(\frac1n\right)=\frac{\sin h}{h}.

Or limh0sinhh=1\displaystyle\lim_{h\to0}\frac{\sin h}{h}=1 : c'est le taux d'accroissement de sin\sin en 00, c'est-à-dire sin(0)=cos0=1\sin'(0)=\cos0=1. Donc

wn1\boxed{w_n\to1}

Contrôle : w10=10sin(0,1)0,9983w_{10}=10\sin(0{,}1)\approx0{,}9983 — déjà à 2×1032\times10^{-3} de 11. La convergence est rapide parce que sinh=hh36+\sin h=h-\tfrac{h^3}6+\dots : l'écart à 11 vaut environ h26=16n2\tfrac{h^2}6=\tfrac1{6n^2}, soit 1600\tfrac1{600} pour n=10n=10 ✓.

Rappel de cours

Opérations sur les limites. Si unu_n\to\ell et vnv_n\to\ell' : un+vn+u_n+v_n\to\ell+\ell', unvnu_nv_n\to\ell\ell', et unvn\dfrac{u_n}{v_n}\to\dfrac\ell{\ell'} si 0\ell'\neq0.

Formes indéterminées : \infty-\infty, 0×0\times\infty, \tfrac\infty\infty, 00\tfrac00 (et 11^\infty, 000^0, 0\infty^0 pour les puissances). Elles ne se lisent pas, elles se transforment.

Réflexes : dominant en facteur (polynômes, racines), quantité conjuguée (différence de racines), h=1nh=\tfrac1n (fonction d'un infiniment petit), croissances comparées (exponentielle contre puissance).

L'erreur classique

⚠️ Remplacer par un équivalent dans une différence. « n2+nn\sqrt{n^2+n}\sim n, donc vnnn=0v_n\sim n-n=0 » est faux : on ne peut pas soustraire des équivalents. La limite est 12\tfrac12, pas 00. Les équivalents se multiplient et se divisent ; ils ne s'ajoutent pas.

⚠️ Lire nsin(1n)n\sin(\tfrac1n) comme « ×0=0\infty\times0=0 ». Le produit d'un infiniment grand par un infiniment petit n'a pas de valeur par défaut : ici 11, ailleurs 00 (nsin1n2n\sin\tfrac1{n^2}), ailleurs ++\infty (n2sin1nn^2\sin\tfrac1n).

À retenir

Trois formes, trois gestes, et le geste se choisit AVANT de calculer. Un \tfrac\infty\infty appelle la factorisation, un \infty-\infty avec racines appelle le conjugué, une fonction d'un infiniment petit appelle h=1nh=\tfrac1n.

Chaque résultat se contrôle par une valeur numérique. u1001,495u_{100}\approx1{,}495, v1000,4988v_{100}\approx0{,}4988, w100,9983w_{10}\approx0{,}9983 : ce sont ces trois nombres qui disent que 32\tfrac32, 12\tfrac12 et 11 ne sont pas des erreurs de signe ou de facteur 22.

Réponse. un32u_n\to\dfrac32, vn12v_n\to\dfrac12, wn1w_n\to1. (Recoupement : u1001,495u_{100}\approx1{,}495, v1000,4988v_{100}\approx0{,}4988, w100,9983w_{10}\approx0{,}9983 ✓)
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Le théorème des gendarmes

DémonstrationDifficulté 3/5

Déterminer la limite de chacune des suites : 1. un=cosnnu_n=\dfrac{\cos n}{n} ; 2. vn=k=1n1n2+kv_n=\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{n^2+k} ; 3. wn=n2nw_n=\dfrac{\lfloor n\sqrt2\rfloor}{n}, où \lfloor\cdot\rfloor est la partie entière.

Indices (3)

1cosn1-1\leq\cos n\leq1 : encadrer unu_n entre 1n-\tfrac1n et 1n\tfrac1n.

Chaque terme de la somme est entre 1n2+n\dfrac1{n^2+n} (le plus petit) et 1n2+1\dfrac1{n^2+1} (le plus grand), et il y a nn termes.

x1<xxx-1<\lfloor x\rfloor\leq x pour tout réel xx ; appliquer à x=n2x=n\sqrt2 puis diviser par nn.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le théorème des gendarmes sert quand on ne sait pas calculer unu_n — mais qu'on sait l'encadrer. Un cosn\cos n dont on ignore la valeur, une somme sans forme close, une partie entière : trois objets qu'on ne peut pas « simplifier », et trois cas où l'encadrement remplace le calcul.

La logique est toujours la même : trouver anunbna_n\leq u_n\leq b_n avec ana_n et bnb_n qui tendent vers la même limite. Coincé entre deux gendarmes qui vont au même endroit, unu_n y va aussi.

Un cosinus qu'on ne connaît pas

On ne sait rien de cosn\cos n — sauf qu'il est dans [1,1][-1,1]. C'est suffisant :

1ncosnn1n,et±1n0.-\frac1n\leq\frac{\cos n}{n}\leq\frac1n,\qquad\text{et}\qquad\pm\frac1n\to0.
un0\boxed{u_n\to0}

La forme à retenir est plus courte encore : un1n0\lvert u_n\rvert\leq\dfrac1n\to0, donc un0u_n\to0. Une suite majorée en valeur absolue par une suite qui tend vers 00 tend vers 00. Le signe de cosn\cos n, sa valeur exacte, ses oscillations : rien de tout cela ne compte.

Une somme qu'on ne sait pas calculer

vn=1n2+1+1n2+2++1n2+nv_n=\dfrac1{n^2+1}+\dfrac1{n^2+2}+\dots+\dfrac1{n^2+n} est une somme de nn termes, et aucune formule ne la simplifie. Mais ses termes sont rangés : le plus grand est le premier, 1n2+1\dfrac1{n^2+1}, le plus petit est le dernier, 1n2+n\dfrac1{n^2+n}. Donc

n1n2+nvnn1n2+1,soit1n+1vnnn2+1.n\cdot\frac1{n^2+n}\leq v_n\leq n\cdot\frac1{n^2+1},\qquad\text{soit}\qquad\frac{1}{n+1}\leq v_n\leq\frac{n}{n^2+1}.

Les deux gendarmes tendent vers 00 (1n+10\tfrac1{n+1}\to0, et nn2+1=1n+1/n0\tfrac{n}{n^2+1}=\tfrac1{n+1/n}\to0).

vn0\boxed{v_n\to0}

Contrôle numérique (n=10n=10) : v10=k=1101100+k0,0949v_{10}=\displaystyle\sum_{k=1}^{10}\frac1{100+k}\approx0{,}0949, encadré par 101100,0909\tfrac{10}{110}\approx0{,}0909 et 101010,0990\tfrac{10}{101}\approx0{,}0990 ✓. L'encadrement est serré : les deux bornes ne diffèrent que de 10%10\,\%, ce qui n'est pas nécessaire au théorème mais rassure sur le calcul.

Une partie entière

L'outil est l'encadrement fondamental de la partie entière : pour tout réel xx,

x1<xx.x-1<\lfloor x\rfloor\leq x.

Avec x=n2x=n\sqrt2, puis en divisant par n>0n>0 :

n21n<wnn2n,soit21n<wn2.\frac{n\sqrt2-1}{n}<w_n\leq\frac{n\sqrt2}{n},\qquad\text{soit}\qquad\sqrt2-\frac1n<w_n\leq\sqrt2.

Le gendarme de gauche tend vers 2\sqrt2, celui de droite est 2\sqrt2.

wn2\boxed{w_n\to\sqrt2}

Contrôle : w10=14,1410=1410=1,4w_{10}=\dfrac{\lfloor14{,}14\rfloor}{10}=\dfrac{14}{10}=1{,}4 et w100=141100=1,41w_{100}=\dfrac{141}{100}=1{,}41. Ce sont les valeurs approchées décimales par défaut de 2\sqrt2 : la suite (w10k)(w_{10^k}) égrène les décimales de 2\sqrt2 une par une. C'est exactement le mécanisme de l'exercice E2.

Rappel de cours

Théorème des gendarmes. Si anunbna_n\leq u_n\leq b_n à partir d'un certain rang et si ana_n\to\ell et bnb_n\to\ell, alors unu_n\to\ell.

Corollaire (le plus utilisé) : si unbn\lvert u_n\rvert\leq b_n avec bn0b_n\to0, alors un0u_n\to0.

Variante infinie : si unanu_n\geq a_n et an+a_n\to+\infty, alors un+u_n\to+\infty — un seul gendarme suffit pour aller à l'infini.

Pour une somme de nn termes, l'encadrement standard est « nn fois le plus petit \leq somme \leq nn fois le plus grand ».

L'erreur classique

⚠️ Passer à la limite terme à terme dans une somme dont le nombre de termes grandit. « Chaque 1n2+k\dfrac1{n^2+k} tend vers 00, donc vn0v_n\to0 » n'est pas un argument : k=1n1n\displaystyle\sum_{k=1}^n\frac1n a aussi des termes qui tendent vers 00, et vaut 11 pour tout nn. Ce qui décide, c'est l'encadrement de la somme entière.

⚠️ Écrire n2n2\lfloor n\sqrt2\rfloor\approx n\sqrt2 sans borne. L'approximation est vraie, mais la preuve exige l'inégalité x1<xxx-1<\lfloor x\rfloor\leq x — c'est elle qui donne le gendarme de gauche.

À retenir

Les gendarmes remplacent un calcul impossible par deux calculs possibles. On n'a pas besoin de connaître unu_n, seulement de le coincer.

Trois encadrements à connaître par cœur : 1cos,sin1-1\leq\cos,\sin\leq1 ; x1<xxx-1<\lfloor x\rfloor\leq x ; et pour une somme, « nombre de termes fois le plus petit / le plus grand ».

Un encadrement se contrôle numériquement : si v10v_{10} n'était pas entre 0,09090{,}0909 et 0,09900{,}0990, c'est l'encadrement qui serait faux, pas le théorème.

Réponse. un0u_n\to0, vn0v_n\to0, wn2w_n\to\sqrt2. (Recoupement : v100,0949[0,0909;0,0990]v_{10}\approx0{,}0949\in[0{,}0909\,;\,0{,}0990] ✓ ; w100=1,41w_{100}=1{,}41 ✓)
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Croissante et majorée : la limite existe

DémonstrationDifficulté 3/5

On pose un=k=0n1k!=1+1+12+16++1n!u_n=\displaystyle\sum_{k=0}^{n}\frac1{k!}=1+1+\frac12+\frac16+\dots+\frac1{n!}. 1. Montrer que (un)(u_n) est croissante. 2. Montrer que k!2k1k!\geq2^{k-1} pour tout k1k\geq1, et en déduire que un<3u_n<3 pour tout nn. 3. Conclure que (un)(u_n) converge, et encadrer sa limite \ell par u5u_5 et 33.

Indices (3)

un+1unu_{n+1}-u_n est le terme ajouté : quel est son signe ?

k!=1×2×3××kk!=1\times2\times3\times\dots\times k : chacun des k1k-1 facteurs après le 11 vaut au moins 22.

Remplacer chaque 1k!\dfrac1{k!} par 12k1\dfrac1{2^{k-1}} et sommer la série géométrique obtenue.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

On va prouver qu'une suite converge sans savoir vers quoi. C'est le rôle du théorème de la limite monotone : il donne l'existence de la limite, jamais sa valeur. Et c'est très souvent tout ce qu'on peut faire — ici la limite est ee, mais rien dans l'exercice ne permet de le démontrer.

Le plan est celui de toutes les preuves de ce type :

  1. la suite monte (croissante) ;
  2. elle ne peut pas dépasser un plafond (majorée) ;
  3. donc elle converge — vers quelque chose sous le plafond.

La seule difficulté réelle est l'étape 2 : trouver un plafond. On y arrive en comparant 1k!\dfrac1{k!} à une suite géométrique, qu'on sait sommer.

Croissante : le terme ajouté est positif
un+1un=k=0n+11k!k=0n1k!=1(n+1)!>0.u_{n+1}-u_n=\sum_{k=0}^{n+1}\frac1{k!}-\sum_{k=0}^{n}\frac1{k!}=\frac{1}{(n+1)!}>0.

Passer de unu_n à un+1u_{n+1}, c'est ajouter 1(n+1)!\dfrac1{(n+1)!}, strictement positif. La suite est strictement croissante. \blacksquare

Les premières valeurs le confirment : u0=1u_0=1, u1=2u_1=2, u2=52=2,5u_2=\tfrac52=2{,}5, u3=832,6667u_3=\tfrac83\approx2{,}6667, u5=163602,7167u_5=\tfrac{163}{60}\approx2{,}7167. Elle monte, et chaque marche est plus petite que la précédente.

Majorée : comparer à une série géométrique

Le lemme. Pour k1k\geq1, k!=1×2×3××kk!=1\times2\times3\times\dots\times k contient k1k-1 facteurs supérieurs ou égaux à 22 (tous sauf le 11), donc

k!2×2××2k1 facteurs=2k1.k!\geq\underbrace{2\times2\times\dots\times2}_{k-1\text{ facteurs}}=2^{k-1}.

(Égalité pour k=1k=1 et k=2k=2, inégalité stricte dès k=3k=3 : 6>46>4.) Par passage à l'inverse, 1k!12k1\dfrac1{k!}\leq\dfrac1{2^{k-1}}.

Le plafond. On garde le terme k=0k=0 à part et on majore les autres :

un=1+k=1n1k!1+k=1n12k1=1+(1+12++12n1).u_n=1+\sum_{k=1}^{n}\frac1{k!}\leq1+\sum_{k=1}^{n}\frac1{2^{k-1}}=1+\left(1+\frac12+\dots+\frac1{2^{n-1}}\right).

La parenthèse est une somme géométrique de raison 12\tfrac12 : elle vaut 12n112=2(12n)=221n\dfrac{1-2^{-n}}{1-\frac12}=2\left(1-2^{-n}\right)=2-2^{1-n}. Donc

un321n<3.u_n\leq3-2^{1-n}<3.
pour tout n,un<3\boxed{\text{pour tout }n,\quad u_n<3}

Le majorant 33 est confortable : la vraie limite est e2,718e\approx2{,}718. Un majorant n'a pas besoin d'être serré, il a besoin d'être prouvé.

Conclure, et encadrer la limite

(un)(u_n) est croissante et majorée par 33 : par le théorème de la limite monotone, elle converge vers une limite \ell, et 3\ell\leq3.

Comme la suite est croissante, chaque terme est en dessous de la limite : u5u_5\leq\ell. D'où

163602,7167    3\boxed{\frac{163}{60}\approx2{,}7167\ \leq\ \ell\ \leq\ 3}

ℹ️ Cette limite est le nombre ee : u102,7182818u_{10}\approx2{,}7182818 en donne déjà sept décimales. L'exercice E2 montre comment contrôler l'erreur eune-u_n pour obtenir une précision voulue — mais l'identification =e\ell=e demande la définition de ee (par ln\ln ou par (1+1n)n\left(1+\tfrac1n\right)^n), qui n'est pas au programme de cet exercice. Ce qu'on a prouvé ici, c'est l'existence, et c'est déjà tout un théorème.

Rappel de cours

Théorème de la limite monotone. Une suite croissante et majorée converge ; une suite décroissante et minorée converge. Une suite croissante non majorée tend vers ++\infty.

Pourquoi c'est vrai (admis à ce palier) : la limite est la borne supérieure de l'ensemble des termes, qui existe par la propriété fondamentale de R\mathbb{R}. Sur Q\mathbb{Q}, l'énoncé serait faux — la suite de Héron (exercice B4) est croissante-décroissante-bornée dans Q\mathbb{Q} et n'y a pas de limite.

Ce qu'il donne et ne donne pas : l'existence de \ell, et l'encadrement unMu_n\leq\ell\leq M (croissante, majorant MM). Pas la valeur.

L'erreur classique

⚠️ « Les termes ajoutés tendent vers 00, donc la suite converge. » Faux : Hn=1+12++1nH_n=1+\tfrac12+\dots+\tfrac1n ajoute des termes qui tendent vers 00 et tend vers ++\infty (exercice E6). La croissance ne suffit jamais ; il faut le plafond.

⚠️ Confondre majorant et limite. un<3u_n<3 ne dit pas que la limite vaut 33 — elle vaut e2,718e\approx2{,}718. Le majorant borne, la limite est ce vers quoi on tend ; ils coïncident seulement quand le majorant est la borne supérieure.

À retenir

Existence d'abord, valeur ensuite — et parfois jamais. Le théorème de la limite monotone est l'outil des suites définies par une somme ou une récurrence, où la limite ne se calcule pas directement.

Un majorant se fabrique par comparaison : ici 1k!12k1\tfrac1{k!}\leq\tfrac1{2^{k-1}} ramène à une géométrique. C'est le même réflexe que pour les séries à termes positifs (approfondissement, lot C).

Croissante et majorée par MM donne un encadrement gratuit : unMu_n\leq\ell\leq M pour tout nn.

Réponse. (un)(u_n) croissante (un+1un=1(n+1)!>0u_{n+1}-u_n=\tfrac1{(n+1)!}>0), majorée par 33 (via k!2k1k!\geq2^{k-1} et un321nu_n\leq3-2^{1-n}), donc convergente ; 163602,71673\tfrac{163}{60}\approx2{,}7167\leq\ell\leq3. (Recoupement : =e2,71828\ell=e\approx2{,}71828 ✓ dans l'encadrement)
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Suites adjacentes et encadrement d'une limite

DémonstrationDifficulté 3/5

On pose an=k=1n1k2a_n=\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\frac1{k^2} et bn=an+1nb_n=a_n+\dfrac1n pour n1n\geq1. 1. Montrer que (an)(a_n) est croissante et (bn)(b_n) décroissante. 2. Montrer que (an)(a_n) et (bn)(b_n) sont adjacentes. 3. En déduire qu'elles convergent vers une même limite \ell, et donner un encadrement de \ell d'amplitude 10210^{-2}.

Indices (3)

bn+1bn=1(n+1)2+1n+11nb_{n+1}-b_n=\dfrac1{(n+1)^2}+\dfrac1{n+1}-\dfrac1n : réduire au même dénominateur n(n+1)2n(n+1)^2.

Adjacentes = l'une croît, l'autre décroît, leur différence tend vers 00. Ici bnan=1nb_n-a_n=\dfrac1n.

Pour tout nn, anbna_n\leq\ell\leq b_n : l'amplitude de l'encadrement est bnan=1nb_n-a_n=\tfrac1n.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux suites adjacentes, c'est un étau qui se resserre sur un nombre. L'une monte, l'autre descend, l'écart entre elles fond : elles ne peuvent que se rejoindre, et le point de rencontre est encadré par chaque couple (an,bn)(a_n,b_n).

C'est plus fort que le théorème de la limite monotone seul : celui-ci donne l'existence de la limite de (an)(a_n), mais aucun moyen de la situer. Avec la suite (bn)(b_n) qui descend dessus, on a une précision — et on la choisit.

Ici an=1+14+19++1n2a_n=1+\tfrac14+\tfrac19+\dots+\tfrac1{n^2} est une somme qu'on ne sait pas calculer (sa limite est π26\tfrac{\pi^2}6, un résultat d'Euler, admis ici et recoupé numériquement dans l'exercice D4). Mais on sait l'encadrer à 10210^{-2} près sans rien connaître de π\pi.

Monotonies

(an)(a_n) croît : an+1an=1(n+1)2>0a_{n+1}-a_n=\dfrac1{(n+1)^2}>0. Chaque terme ajoute une quantité positive.

(bn)(b_n) décroît : c'est la seule ligne de calcul de l'exercice.

bn+1bn=1(n+1)2+1n+11n.b_{n+1}-b_n=\frac1{(n+1)^2}+\frac1{n+1}-\frac1n.

Au dénominateur commun n(n+1)2n(n+1)^2 :

bn+1bn=n+n(n+1)(n+1)2n(n+1)2=n+n2+nn22n1n(n+1)2=1n(n+1)2<0.b_{n+1}-b_n=\frac{n+n(n+1)-(n+1)^2}{n(n+1)^2}=\frac{n+n^2+n-n^2-2n-1}{n(n+1)^2}=\frac{-1}{n(n+1)^2}<0.

Le numérateur se réduit à 1-1 : tout se simplifie sauf ce signe. (bn)(b_n) est strictement décroissante. \blacksquare

👉 L'idée derrière ce choix de bnb_n : en ajoutant 1n\tfrac1n à ana_n, on ajoute plus que ce que la somme gagnera jamais (1(n+1)2+1(n+2)2+<1n\tfrac1{(n+1)^2}+\tfrac1{(n+2)^2}+\dots<\tfrac1n), donc bnb_n est un majorant de la limite — et il descend.

Adjacentes, donc même limite

Il reste la troisième condition : bnan=1n0b_n-a_n=\dfrac1n\to0. Les trois conditions sont réunies :

condition vérifiée par
(an)(a_n) croissante an+1an=1(n+1)2>0a_{n+1}-a_n=\tfrac1{(n+1)^2}>0
(bn)(b_n) décroissante bn+1bn=1n(n+1)2<0b_{n+1}-b_n=-\tfrac1{n(n+1)^2}<0
bnan0b_n-a_n\to0 bnan=1nb_n-a_n=\tfrac1n

Théorème des suites adjacentes : (an)(a_n) et (bn)(b_n) convergent vers une même limite \ell, et pour tout nn,

anbn.a_n\leq\ell\leq b_n.

Pourquoi l'encadrement ? (an)(a_n) croît vers \ell donc ana_n\leq\ell ; (bn)(b_n) décroît vers \ell donc bnb_n\geq\ell. Et pourquoi la même limite ? Parce que ba=lim(bnan)=0\ell_b-\ell_a=\lim(b_n-a_n)=0.

L'encadrement demandé

L'amplitude de l'encadrement [an,bn][a_n,b_n] est bnan=1nb_n-a_n=\dfrac1n. Pour une amplitude 10210^{-2}, il suffit de prendre n=100n=100 :

nn ana_n bn=an+1nb_n=a_n+\tfrac1n
1010 1,5498\approx1{,}5498 1,6498\approx1{,}6498
100100 1,6350\approx1{,}6350 1,6450\approx1{,}6450
1,6350    1,6450\boxed{1{,}6350\ \leq\ \ell\ \leq\ 1{,}6450}

Contrôle : la valeur exacte est =π261,6449\ell=\dfrac{\pi^2}6\approx1{,}6449 (admis, cf. D4). Elle est bien dans l'intervalle — tout près de la borne haute. Ce n'est pas un hasard : bnb_n est un bien meilleur approximant que ana_n, parce que le « surplus » 1n\tfrac1n compense presque exactement le reste de la série (exercice C3 : le reste est entre 1n+1\tfrac1{n+1} et 1n\tfrac1n).

Rappel de cours

Suites adjacentes. (an)(a_n) croissante, (bn)(b_n) décroissante, bnan0b_n-a_n\to0. Alors elles convergent vers la même limite \ell, et anbna_n\leq\ell\leq b_n pour tout nn.

Preuve : bnanb_n-a_n est décroissante et tend vers 00, donc positive : anbnb0a_n\leq b_n\leq b_0. La suite (an)(a_n) est croissante et majorée par b0b_0, donc converge ; de même (bn)(b_n) décroît et est minorée par a0a_0. La différence des limites est lim(bnan)=0\lim(b_n-a_n)=0.

Usage : encadrer un nombre qu'on ne sait pas calculer (π\pi, ee, une somme de série), avec une précision choisie à l'avance.

L'erreur classique

⚠️ Oublier la troisième condition. an=1na_n=-\tfrac1n et bn=1+1nb_n=1+\tfrac1n sont l'une croissante, l'autre décroissante, et ne sont pas adjacentes : leur différence tend vers 11, elles convergent vers 00 et 11. Les deux monotonies ne font pas un étau ; c'est bnan0b_n-a_n\to0 qui le referme.

⚠️ Croire que bnb_n décroît « parce qu'on retire 1n\tfrac1n ». On n'a rien retiré : bn=an+1nb_n=a_n+\tfrac1n, on ajoute une quantité qui diminue. La décroissance est un fait de calcul, le signe de 1n(n+1)2-\tfrac1{n(n+1)^2}, pas une évidence.

À retenir

Adjacentes = encadrement à précision choisie. L'amplitude bnanb_n-a_n dit à quel rang s'arrêter : ici 1n102\tfrac1n\leq10^{-2} dès n=100n=100.

Le bon bnb_n s'obtient en ajoutant à ana_n un majorant du reste. C'est la recette générale pour encadrer la somme d'une série à termes positifs — le lot C la systématise avec la comparaison série-intégrale.

Vérifier le calcul de bn+1bnb_{n+1}-b_n jusqu'au bout : quand tout se simplifie en 1-1 au numérateur, c'est que le bnb_n était bien choisi.

Réponse. (an)(a_n) croissante, (bn)(b_n) décroissante (bn+1bn=1n(n+1)2b_{n+1}-b_n=-\tfrac1{n(n+1)^2}), bnan=1n0b_n-a_n=\tfrac1n\to0 : adjacentes, limite commune \ell avec 1,63501,64501{,}6350\leq\ell\leq1{,}6450 (n=100n=100). (Recoupement : =π261,6449\ell=\tfrac{\pi^2}6\approx1{,}6449 ✓)
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Limites de référence et croissances comparées

CalculDifficulté 3/5

1. Donner la limite de qnq^n selon la valeur du réel qq. 2. Déterminer limn32n\displaystyle\lim\frac{n^3}{2^n}, lim2nn!\displaystyle\lim\frac{2^n}{n!} et limlnnn\displaystyle\lim\frac{\ln n}{\sqrt n}. 3. Montrer que (1+1n)ne\left(1+\dfrac1n\right)^n\to e en passant par le logarithme.

Indices (3)

Cinq cas pour qnq^n : q>1q>1, q=1q=1, 1<q<1-1<q<1, q=1q=-1, q<1q<-1.

Hiérarchie des croissances : lnnnαann!\ln n\ll n^\alpha\ll a^n\ll n!. Le quotient « petit sur grand » tend vers 00.

ln[(1+1n)n]=nln(1+1n)\ln\left[(1+\tfrac1n)^n\right]=n\ln(1+\tfrac1n), et ln(1+x)x\ln(1+x)\sim x en 00.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Quelques limites se retiennent ; toutes les autres s'y ramènent. Ce qu'il faut avoir en tête, ce n'est pas une liste, c'est une hiérarchie :

lnn  nα  an  n!  nn(α>0, a>1),\ln n\ \ll\ n^\alpha\ \ll\ a^n\ \ll\ n!\ \ll\ n^n\qquad(\alpha>0,\ a>1),

où « unvnu_n\ll v_n » signifie unvn0\dfrac{u_n}{v_n}\to0 : le terme de droite finit toujours par écraser celui de gauche, quelle que soit la puissance α\alpha, quelle que soit la base a>1a>1. Les trois limites de la question 2 sont trois lectures de cette hiérarchie.

Et la limite (1+1n)ne\left(1+\tfrac1n\right)^n\to e est à part : c'est une forme indéterminée 11^\infty, et elle définit ee autant qu'elle le calcule.

La suite géométrique, cas par cas
qq qnq^n pourquoi
q>1q>1 +\to+\infty q=1+hq=1+h, h>0h>0, et (1+h)n1+nh+(1+h)^n\geq1+nh\to+\infty (Bernoulli)
q=1q=1 1\to1 suite constante
1<q<1-1<q<1 0\to0 qn0\lvert q\rvert^n\to0 par le cas précédent appliqué à 1q>1\tfrac1{\lvert q\rvert}>1
q=1q=-1 diverge 1,1,1,1,1,-1,1,-1,\dots : deux extraites de limites 11 et 1-1
q<1q<-1 diverge qn+\lvert q\rvert^n\to+\infty avec alternance de signe

👉 La ligne qui compte est la troisième : c'est elle qui fait converger les suites arithmético-géométriques (B2), les séries géométriques (C1), et toutes les erreurs « divisées par une constante à chaque pas ».

⚠️ La condition est q<1\lvert q\rvert<1, pas q<1q<1 : q=2q=-2 vérifie q<1q<1 et (2)n(-2)^n diverge.

Trois croissances comparées

n32n0\dfrac{n^3}{2^n}\to0 — l'exponentielle bat la puissance. La suite commence pourtant par grandir : n3n^3 domine 2n2^n jusqu'à n=9n=9. Puis :

nn 1010 2020 3030
n32n\tfrac{n^3}{2^n} 0,977\approx0{,}977 0,00763\approx0{,}00763 2,51×105\approx2{,}51\times10^{-5}

Preuve possible : le quotient de deux termes consécutifs, (n+1)32n3=12(1+1n)312<1\dfrac{(n+1)^3}{2n^3}=\dfrac12\left(1+\tfrac1n\right)^3\to\dfrac12<1, donc la suite finit par décroître géométriquement.

2nn!0\dfrac{2^n}{n!}\to0 — la factorielle bat l'exponentielle. Le quotient de deux termes consécutifs vaut 2n+10\dfrac2{n+1}\to0 : dès n3n\geq3, chaque terme est moins de la moitié du précédent.

lnnn0\dfrac{\ln n}{\sqrt n}\to0 — le logarithme perd contre toute puissance, même n=n1/2\sqrt n=n^{1/2}. En posant n=etn=e^t : tet/20\dfrac{t}{e^{t/2}}\to0, c'est encore « exponentielle contre puissance ».

n32n0,2nn!0,lnnn0\boxed{\frac{n^3}{2^n}\to0,\qquad\frac{2^n}{n!}\to0,\qquad\frac{\ln n}{\sqrt n}\to0}
La limite qui définit e

(1+1n)n\left(1+\tfrac1n\right)^n est une forme 11^\infty : la base tend vers 11, l'exposant vers l'infini, et rien ne se lit directement. On passe au logarithme, qui transforme la puissance en produit :

ln[(1+1n)n]=nln(1+1n).\ln\left[\left(1+\frac1n\right)^n\right]=n\ln\left(1+\frac1n\right).

Or ln(1+x)x\ln(1+x)\sim x quand x0x\to0 (c'est ln(1)=1\ln'(1)=1, ou le premier terme du DL de ln(1+x)\ln(1+x)). Avec x=1nx=\tfrac1n :

nln(1+1n)n1n=1,doncnln(1+1n)1.n\ln\left(1+\frac1n\right)\sim n\cdot\frac1n=1,\qquad\text{donc}\qquad n\ln\left(1+\frac1n\right)\to1.

Par continuité de l'exponentielle, (1+1n)n=enln(1+1/n)e1\left(1+\tfrac1n\right)^n=e^{n\ln(1+1/n)}\to e^1.

(1+1n)ne2,71828\boxed{\left(1+\frac1n\right)^n\to e\approx2{,}71828}

Contrôle : n=10n=10 donne 2,594\approx2{,}594 ; n=100n=100, 2,705\approx2{,}705 ; n=1000n=1000, 2,717\approx2{,}717. La convergence est lente (l'écart à ee est en e2n\tfrac e{2n}), et elle se fait par en dessous — la suite est croissante et majorée par 33, ce qui est une autre preuve de son existence.

Rappel de cours

Limites de référence. qn0q^n\to0 si q<1\lvert q\rvert<1 ; nα+n^\alpha\to+\infty si α>0\alpha>0 ; (1+1n)ne\left(1+\tfrac1n\right)^n\to e ; nn1\sqrt[n]{n}\to1.

Croissances comparées. Pour α>0\alpha>0, a>1a>1 : lnnnα0\dfrac{\ln n}{n^\alpha}\to0, nαan0\dfrac{n^\alpha}{a^n}\to0, ann!0\dfrac{a^n}{n!}\to0, n!nn0\dfrac{n!}{n^n}\to0.

Outil de preuve : le quotient un+1un\dfrac{u_{n+1}}{u_n}. S'il tend vers L<1L<1, la suite (positive) finit par décroître plus vite qu'une géométrique de raison entre LL et 11, donc tend vers 00.

L'erreur classique

⚠️ Se fier aux premiers termes. n32n\dfrac{n^3}{2^n} vaut 729512>1\tfrac{729}{512}>1 en n=9n=9 et croît jusque-là : conclure « ça tend vers l'infini » sur dix valeurs est faux. La hiérarchie des croissances est asymptotique — elle dit ce qui se passe à la fin, pas au début.

⚠️ Écrire (1+1n)n1=1\left(1+\tfrac1n\right)^n\to1^\infty=1. La base tend vers 11, mais elle est multipliée par elle-même de plus en plus de fois ; les deux effets se compensent en ee. Un 11^\infty se traite toujours par le logarithme.

À retenir

La hiérarchie lnnnαann!\ln n\ll n^\alpha\ll a^n\ll n! règle presque toutes les limites de quotients. Repérer le terme dominant, et le quotient tend vers 00 ou ++\infty selon qu'il est en bas ou en haut.

q<1\lvert q\rvert<1, jamais q<1q<1. Le module, pas le signe.

Les formes 11^\infty passent par le logarithme, et ln(1+x)x\ln(1+x)\sim x fait le reste. C'est la méthode qui donnera toutes les limites de la forme (1+an)nea\left(1+\tfrac an\right)^n\to e^a.

Réponse. qn0q^n\to0 si q<1\lvert q\rvert<1, 1\to1 si q=1q=1, +\to+\infty si q>1q>1, diverge si q1q\leq-1 ; n32n0\tfrac{n^3}{2^n}\to0, 2nn!0\tfrac{2^n}{n!}\to0, lnnn0\tfrac{\ln n}{\sqrt n}\to0 ; (1+1n)ne\left(1+\tfrac1n\right)^n\to e car nln(1+1n)1n\ln(1+\tfrac1n)\to1. (Recoupement : n=1000n=1000 donne 2,717\approx2{,}717 ✓)
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Escalier vers un point fixe

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit (un)(u_n) définie par u0=0u_0=0 et un+1=2+unu_{n+1}=\sqrt{2+u_n}. 1. Déterminer les points fixes de f(x)=2+xf(x)=\sqrt{2+x}. 2. Montrer que 0un20\leq u_n\leq2 pour tout nn, puis que (un)(u_n) est croissante. 3. En déduire que (un)(u_n) converge et déterminer sa limite. 4. Montrer que 2un+12un32-u_{n+1}\leq\dfrac{2-u_n}{3} et commenter la vitesse de convergence.

Indices (3)

f()=f(\ell)=\ell avec 0\ell\geq0 : élever au carré et résoudre 22=0\ell^2-\ell-2=0.

ff est croissante sur [0,2][0,2] avec f(0)=2f(0)=\sqrt2 et f(2)=2f(2)=2 : l'intervalle [0,2][0,2] est stable. Récurrence.

22+x=2x2+2+x2-\sqrt{2+x}=\dfrac{2-x}{2+\sqrt{2+x}} (quantité conjuguée), et 2+x2>1\sqrt{2+x}\geq\sqrt2>1 rend le dénominateur supérieur à 33.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) ne se calcule pas, elle se domestique. On ne cherche pas une formule pour unu_n ; on cherche à prouver qu'elle converge, puis à reconnaître sa limite parmi les points fixes de ff — les solutions de f(x)=xf(x)=x.

Le plan est toujours le même, et il vaut d'être appris comme une procédure :

  1. points fixes : candidats pour la limite ;
  2. intervalle stable contenant u0u_0 : la suite y reste ;
  3. monotonie : par ff croissante, ou par le signe de f(x)xf(x)-x ;
  4. bornée + monotone : elle converge, et sa limite est un point fixe.

Sur la figure, la suite dessine un escalier qui monte vers 22 : chaque marche va de la courbe à la diagonale y=xy=x, puis remonte vers la courbe.

Toile d'araignee d'une suite recurrente : la courbe de f(x) = racine de 2 plus x, la diagonale y = x, et un escalier qui part de u0 = 0 et monte en marches de plus en plus courtes vers le point fixe 2, ou la courbe coupe la diagonale.
Toile d'araignée de un+1=2+unu_{n+1}=\sqrt{2+u_n}, u0=0u_0=0 : de la courbe à la diagonale y=xy=x, puis de la diagonale à la courbe. L'escalier monte vers le point fixe 22 parce que ff est croissante et que u1>u0u_1>u_0 ; les marches raccourcissent d'un facteur proche de f(2)=14f'(2)=\tfrac14 à chaque pas.

Points fixes et intervalle stable

Points fixes. 2+x=x\sqrt{2+x}=x impose x0x\geq0 ; en élevant au carré, x2x2=0x^2-x-2=0, soit (x2)(x+1)=0(x-2)(x+1)=0. Les racines sont 22 et 1-1, et seule 22 est positive :

unique point fixe : =2\boxed{\text{unique point fixe : }\ell=2}

Intervalle stable. f(x)=2+xf(x)=\sqrt{2+x} est croissante sur [0,2][0,2] (racine d'une fonction croissante), avec f(0)=21,414f(0)=\sqrt2\approx1{,}414 et f(2)=4=2f(2)=\sqrt4=2. Donc f([0,2])=[2,2][0,2]f([0,2])=[\sqrt2,2]\subset[0,2].

Récurrence. u0=0[0,2]u_0=0\in[0,2] ; si un[0,2]u_n\in[0,2], alors un+1=f(un)f([0,2])[0,2]u_{n+1}=f(u_n)\in f([0,2])\subset[0,2]. Donc 0un20\leq u_n\leq2 pour tout nn. \blacksquare

Croissante, donc convergente vers 2

Le premier pas monte : u1=2>0=u0u_1=\sqrt2>0=u_0.

Et ff croissante transmet l'ordre : si unun+1u_n\leq u_{n+1}, alors f(un)f(un+1)f(u_n)\leq f(u_{n+1}), c'est-à-dire un+1un+2u_{n+1}\leq u_{n+2}. Par récurrence, (un)(u_n) est croissante. \blacksquare

(un)(u_n) est croissante et majorée par 22 : elle converge vers une limite [0,2]\ell\in[0,2]. Comme ff est continue, on passe à la limite dans un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) : =f()\ell=f(\ell). Le seul point fixe dans [0,2][0,2] est 22.

un2\boxed{u_n\to2}

Les valeurs le montrent : u11,4142u_1\approx1{,}4142, u21,8478u_2\approx1{,}8478, u31,9616u_3\approx1{,}9616, u51,9976u_5\approx1{,}9976, u101,9999976u_{10}\approx1{,}9999976.

Vitesse : l'écart est divisé par plus de 3 à chaque pas

Par la quantité conjuguée,

2un+1=22+un=4(2+un)2+2+un=2un2+2+un.2-u_{n+1}=2-\sqrt{2+u_n}=\frac{4-(2+u_n)}{2+\sqrt{2+u_n}}=\frac{2-u_n}{2+\sqrt{2+u_n}}.

Comme un0u_n\geq0, on a 2+un2>1\sqrt{2+u_n}\geq\sqrt2>1, donc le dénominateur dépasse 33 :

02un+12un3\boxed{0\leq2-u_{n+1}\leq\frac{2-u_n}3}

Par récurrence, 2un23n2-u_n\leq\dfrac{2}{3^n} : la convergence est au moins géométrique de raison 13\tfrac13. En réalité elle est meilleure : près de 22, le dénominateur vaut 2+4=42+\sqrt4=4, et l'écart est divisé par 4=1f(2)4=\dfrac1{f'(2)} — le rapport 2un+12un\dfrac{2-u_{n+1}}{2-u_n} tend vers f(2)=124=14f'(2)=\dfrac1{2\sqrt4}=\dfrac14. Le point fixe est attractif (f(2)<1\lvert f'(2)\rvert<1), et c'est f()\lvert f'(\ell)\rvert qui donne la raison de la convergence.

ℹ️ Un recoupement inattendu : un=2cosπ2n+1u_n=2\cos\dfrac{\pi}{2^{n+1}} pour tout nn. En effet u0=2cosπ2=0u_0=2\cos\tfrac\pi2=0, et 2+2cosθ=2cosθ2\sqrt{2+2\cos\theta}=2\cos\tfrac\theta2 (formule de l'angle moitié, pour cosθ20\cos\tfrac\theta2\geq0) propage la formule. On retrouve un2cos0=2u_n\to2\cos0=2, et l'écart 2unπ24n+12-u_n\approx\dfrac{\pi^2}{4^{n+1}} : géométrique de raison 14\tfrac14 exactement.

Rappel de cours

Suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) avec ff croissante sur un intervalle stable Iu0I\ni u_0. La suite est monotone : croissante si u0u1u_0\leq u_1, décroissante si u0u1u_0\geq u_1. Bornée par les bords de II, elle converge vers un point fixe de ff dans II.

Si ff est continue et unu_n\to\ell, alors f()=f(\ell)=\ell. C'est ce qui identifie la limite. Sans convergence prouvée, un point fixe n'est qu'un candidat.

Vitesse. Si f()<1\lvert f'(\ell)\rvert<1, l'écart un\lvert u_n-\ell\rvert est asymptotiquement multiplié par f()\lvert f'(\ell)\rvert à chaque pas.

L'erreur classique

⚠️ Écrire « =f()\ell=f(\ell) donc =2\ell=2 » sans avoir prouvé la convergence. L'équation du point fixe ne dit rien sur l'existence de la limite : avec u0=3u_0=3, la même récurrence donne une suite décroissante vers 22 ; avec f(x)=x2f(x)=x^2 et u0=1,1u_0=1{,}1, le point fixe 11 existe et la suite part à l'infini (exercice B5 pour le cas attractif/répulsif). L'ordre est : convergence d'abord, identification ensuite.

⚠️ Oublier l'intervalle stable. Sans lui, « ff croissante donc suite monotone » n'a pas de sens : la monotonie de ff n'est utilisée que là où les termes se trouvent.

À retenir

Points fixes, intervalle stable, monotonie, convergence, identification : cinq étapes, dans cet ordre, pour toute suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) avec ff croissante.

Le signe de u1u0u_1-u_0 décide du sens de la monotonie quand ff est croissante.

La quantité conjuguée sur 2un+12-u_{n+1} donne la vitesse : ici l'écart est divisé par 33 au moins, par 44 à la limite — et 4=1f(2)4=\tfrac1{f'(2)} n'est pas une coïncidence.

Réponse. Point fixe 22 ; 0un20\leq u_n\leq2, (un)(u_n) croissante, donc un2u_n\to2 ; 2un+1=2un2+2+un2un32-u_{n+1}=\dfrac{2-u_n}{2+\sqrt{2+u_n}}\leq\dfrac{2-u_n}3. (Recoupement : un=2cosπ2n+1u_n=2\cos\tfrac\pi{2^{n+1}}, u101,9999976u_{10}\approx1{,}9999976 ✓)
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Suite arithmético-géométrique

CalculDifficulté 3/5

Soit (un)(u_n) définie par u0=10u_0=10 et un+1=12un+3u_{n+1}=\dfrac12u_n+3. 1. Calculer u1,u2,u3u_1,u_2,u_3 et déterminer le point fixe \ell de x12x+3x\mapsto\tfrac12x+3. 2. Montrer que vn=unv_n=u_n-\ell est géométrique ; en déduire une expression de unu_n en fonction de nn. 3. Déterminer la limite de (un)(u_n), puis le plus petit nn tel que un<103\lvert u_n-\ell\rvert<10^{-3}.

Indices (3)

Point fixe : résoudre =12+3\ell=\tfrac12\ell+3.

vn+1=un+1=12un+3v_{n+1}=u_{n+1}-\ell=\tfrac12u_n+3-\ell ; remplacer 33 par 12\ell-\tfrac12\ell.

un6=42n<103    2n>4000\lvert u_n-6\rvert=\dfrac{4}{2^n}<10^{-3}\iff2^n>4000 ; comparer aux puissances de 22.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une suite arithmético-géométrique est une suite géométrique qui a glissé. La récurrence un+1=aun+bu_{n+1}=au_n+b ressemble à un+1=aunu_{n+1}=au_n (géométrique), à la constante bb près — et cette constante ne fait que décaler la suite d'une valeur fixe, le point fixe \ell. Recentrée sur \ell, la suite redevient géométrique, et on sait tout d'une suite géométrique.

Les premiers termes montrent déjà la mécanique : u0=10u_0=10, u1=8u_1=8, u2=7u_2=7, u3=6,5u_3=6{,}5. Les écarts successifs valent 22, 11, 0,50{,}5 : divisés par 22 à chaque pas, ce qui est la raison a=12a=\tfrac12. Et la suite descend vers 66.

Le point fixe
=12+3    12=3    =6.\ell=\frac12\ell+3\iff\frac12\ell=3\iff\ell=6.

C'est la valeur que la suite « ne quitte pas » : si un=6u_n=6, alors un+1=3+3=6u_{n+1}=3+3=6. En général, pour un+1=aun+bu_{n+1}=au_n+b avec a1a\neq1 :

=b1a\boxed{\ell=\frac{b}{1-a}}

Ici 3112=6\dfrac{3}{1-\frac12}=6 ✓.

Recentrer : la suite auxiliaire est géométrique

On pose vn=un6v_n=u_n-6. Alors

vn+1=un+16=12un+36=12un3=12(un6)=12vn.v_{n+1}=u_{n+1}-6=\frac12u_n+3-6=\frac12u_n-3=\frac12(u_n-6)=\frac12v_n.

(vn)(v_n) est géométrique de raison 12\tfrac12, de premier terme v0=u06=4v_0=u_0-6=4. Donc vn=4(12)nv_n=4\cdot\left(\tfrac12\right)^n, et

un=6+42n\boxed{u_n=6+\frac{4}{2^n}}

Contrôle sur les valeurs calculées à la main : n=1n=1 : 6+2=86+2=8 ✓ ; n=2n=2 : 6+1=76+1=7 ✓ ; n=3n=3 : 6+12=6,56+\tfrac12=6{,}5 ✓ ; et la formule prédit u4=6,25u_4=6{,}25, u5=6,125u_5=6{,}125.

👉 Le passage « +36=3=12×(6)+3-6=-3=\tfrac12\times(-6) » est le cœur du calcul : la constante bb se réabsorbe exactement dans -\ell, parce que \ell a été choisi pour ça. Si ce n'était pas le cas, c'est que le point fixe est faux.

Limite et rang de précision

(12)n0\left(\tfrac12\right)^n\to0 car 12<1\lvert\tfrac12\rvert<1, donc

un6\boxed{u_n\to6}

Le rang. un6=42n<103    2n>4000\lvert u_n-6\rvert=\dfrac4{2^n}<10^{-3}\iff2^n>4000. Les puissances de 22 encadrent : 211=2048<4000<4096=2122^{11}=2048<4000<4096=2^{12}. Donc

n12(et n=11 ne suffit pas : 420481,95×103).\boxed{n\geq12}\qquad(\text{et }n=11\text{ ne suffit pas : }\tfrac4{2048}\approx1{,}95\times10^{-3}).

Douze termes pour trois décimales. Pour six décimales, il en faudrait 2222 (222>4×1062^{22}>4\times10^6) : chaque tranche de dix termes gagne trois décimales, quel que soit l'endroit où l'on est. C'est la signature d'une convergence géométrique — à comparer avec la suite de A1, où trois décimales de plus coûtaient mille fois plus de termes.

Rappel de cours

Suite arithmético-géométrique un+1=aun+bu_{n+1}=au_n+b, a1a\neq1. Point fixe =b1a\ell=\dfrac b{1-a} ; vn=unv_n=u_n-\ell est géométrique de raison aa ; forme close

un=+(u0)an.u_n=\ell+(u_0-\ell)\,a^n.
Convergence vers \ell si et seulement si a<1\lvert a\rvert<1 (ou u0=u_0=\ell). Si a>1\lvert a\rvert>1, la suite s'éloigne de \ell — le point fixe est répulsif.

Cas a=1a=1 : suite arithmétique, un=u0+nbu_n=u_0+nb, pas de point fixe (sauf b=0b=0).

L'erreur classique

⚠️ Croire qu'un point fixe est toujours la limite. Avec un+1=3un4u_{n+1}=3u_n-4 et u0=3u_0=3, le point fixe est =413=2\ell=\dfrac{-4}{1-3}=2, et pourtant un=2+3nu_n=2+3^n diverge : 33, 55, 1111, 2929… La raison a=3a=3 est plus grande que 11, chaque pas triple l'écart à \ell. Le point fixe est là ; la suite le fuit.

⚠️ Oublier de recentrer. Écrire « un=10(12)nu_n=10\cdot\left(\tfrac12\right)^n » traite la suite comme géométrique en oubliant le +3+3 : cette formule donne u1=5u_1=5, alors que u1=8u_1=8. Le recentrage n'est pas une astuce, c'est la structure.

À retenir

Point fixe, recentrage, forme close, limite : la procédure tient en quatre lignes et marche pour tout un+1=aun+bu_{n+1}=au_n+b.

La raison aa décide de tout : a<1\lvert a\rvert<1 converge, a>1\lvert a\rvert>1 diverge, et a\lvert a\rvert mesure la vitesse — les écarts sont multipliés par a\lvert a\rvert à chaque pas.

Le rang de précision se lit sur u0an\lvert u_0-\ell\rvert\cdot\lvert a\rvert^n : une inégalité en nn qui se résout avec les puissances de aa (ou un logarithme).

Réponse. =6\ell=6 ; vn=un6v_n=u_n-6 géométrique de raison 12\tfrac12, un=6+42nu_n=6+\dfrac4{2^n} ; un6u_n\to6 ; un6<103\lvert u_n-6\rvert<10^{-3} dès n=12n=12. (Recoupement : u3=6,5u_3=6{,}5 ✓ ; 212=4096>4000>20482^{12}=4096>4000>2048 ✓)
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Récurrence linéaire d'ordre 2

CalculDifficulté 3/5

Soit (un)(u_n) définie par u0=2u_0=2, u1=5u_1=5 et un+2=5un+16unu_{n+2}=5u_{n+1}-6u_n. 1. Calculer u2u_2 et u3u_3. 2. Résoudre l'équation caractéristique r2=5r6r^2=5r-6 et écrire la forme générale des suites vérifiant la récurrence. 3. Déterminer unu_n en fonction de nn, puis la limite de un3n\dfrac{u_n}{3^n}.

Indices (3)

Une suite rnr^n vérifie la récurrence si et seulement si r2=5r6r^2=5r-6.

Deux racines distinctes r1,r2r_1,r_2 donnent un=Ar1n+Br2nu_n=Ar_1^n+Br_2^n ; AA et BB se lisent sur u0u_0 et u1u_1.

Contrôler la formule obtenue sur u2u_2 et u3u_3 avant de conclure.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une récurrence linéaire d'ordre 2 se résout comme une équation différentielle linéaire : on cherche des solutions « exponentielles », ici des suites géométriques rnr^n. Si un=rnu_n=r^n vérifie un+2=5un+16unu_{n+2}=5u_{n+1}-6u_n, alors rn+2=5rn+16rnr^{n+2}=5r^{n+1}-6r^n, et en divisant par rnr^n : r2=5r6r^2=5r-6. C'est l'équation caractéristique.

Comme la récurrence est linéaire, toute combinaison de solutions est solution. Et comme une suite est déterminée par ses deux premiers termes, deux solutions indépendantes suffisent à les engendrer toutes.

Avant tout calcul, les valeurs : u2=5×56×2=13u_2=5\times5-6\times2=13 et u3=5×136×5=35u_3=5\times13-6\times5=35. Elles serviront de contrôle à la fin.

L'équation caractéristique
r25r+6=0    (r2)(r3)=0    r=2 ou r=3.r^2-5r+6=0\iff(r-2)(r-3)=0\iff r=2\ \text{ou}\ r=3.

Deux racines réelles distinctes. Les suites (2n)(2^n) et (3n)(3^n) vérifient donc la récurrence — on peut le contrôler sur 3n3^n : 53n+163n=153n63n=93n=3n+25\cdot3^{n+1}-6\cdot3^n=15\cdot3^n-6\cdot3^n=9\cdot3^n=3^{n+2} ✓.

Forme générale des suites vérifiant un+2=5un+16unu_{n+2}=5u_{n+1}-6u_n :

un=A2n+B3n(A,BR)\boxed{u_n=A\cdot2^n+B\cdot3^n\qquad(A,B\in\mathbb{R})}

C'est un espace de dimension 22, paramétré par (A,B)(A,B), exactement comme les conditions initiales (u0,u1)(u_0,u_1) le laissent prévoir.

Les constantes, et le contrôle

On impose u0=2u_0=2 et u1=5u_1=5 :

{A+B=22A+3B=5B=522=1,A=1.\begin{cases}A+B=2\\2A+3B=5\end{cases}\quad\Rightarrow\quad B=5-2\cdot2=1,\quad A=1.
un=2n+3n\boxed{u_n=2^n+3^n}

Contrôle sur les valeurs calculées à la main : u2=4+9=13u_2=4+9=13 ✓, u3=8+27=35u_3=8+27=35 ✓ — et la formule prédit u4=16+81=97u_4=16+81=97, qu'on peut confronter à 5×356×13=975\times35-6\times13=97 ✓. Deux contrôles indépendants sur deux termes qui n'ont pas servi à déterminer AA et BB : la formule est juste.

La limite du quotient. un3n=(23)n+10+1\dfrac{u_n}{3^n}=\left(\dfrac23\right)^n+1\to0+1 car 23<1\lvert\tfrac23\rvert<1 :

un3n1\boxed{\frac{u_n}{3^n}\to1}

Autrement dit, un3nu_n\sim3^n : à long terme, c'est la racine de plus grand module qui dicte le comportement. Le 2n2^n devient négligeable devant le 3n3^n — c'est la hiérarchie des croissances (A6) appliquée à deux exponentielles.

Rappel de cours

Récurrence linéaire d'ordre 2 à coefficients constants : un+2=pun+1+qunu_{n+2}=p\,u_{n+1}+q\,u_n. Équation caractéristique r2=pr+qr^2=pr+q.

racines forme générale
r1r2r_1\neq r_2 réelles un=Ar1n+Br2nu_n=Ar_1^n+Br_2^n
r0r_0 double un=(A+Bn)r0nu_n=(A+Bn)\,r_0^n
complexes conjuguées ρe±iθ\rho e^{\pm i\theta} un=ρn(Acosnθ+Bsinnθ)u_n=\rho^n(A\cos n\theta+B\sin n\theta)

Cas double, exemple : un+2=4un+14unu_{n+2}=4u_{n+1}-4u_n (r24r+4=(r2)2r^2-4r+4=(r-2)^2), u0=1u_0=1, u1=4u_1=4 donne un=(1+n)2nu_n=(1+n)2^n : 1,4,12,32,1,4,12,32,\dots — le facteur nn est indispensable, A2nA\cdot2^n seul ne peut pas satisfaire deux conditions initiales.

Fibonacci : Fn+2=Fn+1+FnF_{n+2}=F_{n+1}+F_n, racines φ=1+52\varphi=\tfrac{1+\sqrt5}2 et 152\tfrac{1-\sqrt5}2, d'où la formule de Binet (exercice B6).

L'erreur classique

⚠️ Prendre les coefficients 55 et 66 pour les racines. Les racines de r25r+6r^2-5r+6 sont 22 et 33 ; 55 est leur somme et 66 leur produit. Écrire un=A5n+B6nu_n=A\cdot5^n+B\cdot6^n donne u2=25A+36Bu_2=25A+36B, incompatible avec 1313.

⚠️ Poser A=B=1A=B=1 sans résoudre le système. Ici ça tombe juste, mais c'est un hasard des données : avec u0=2u_0=2, u1=4u_1=4 on aurait A=2A=2, B=0B=0. Les constantes se calculent, et le contrôle sur u2u_2 dit si on s'est trompé.

⚠️ Écrire A2n+B3nA\cdot2^n+B\cdot3^n avec une racine double. Si les deux racines coïncident, il manque une solution indépendante : c'est nr0nn\,r_0^n qui la fournit.

À retenir

Équation caractéristique, racines, forme générale, conditions initiales, contrôle — la même chaîne que pour y=py+qyy''=py'+qy, avec rnr^n à la place de erte^{rt}.

Le comportement asymptotique est celui de la plus grande racine en module. unBrmaxnu_n\sim B\,r_{\max}^n dès que B0B\neq0.

Toujours contrôler sur un terme non utilisé (u2u_2, u3u_3) : c'est le seul moyen de voir une erreur de racine ou de constante.

Réponse. u2=13u_2=13, u3=35u_3=35 ; racines 22 et 33, un=A2n+B3nu_n=A\cdot2^n+B\cdot3^n ; un=2n+3nu_n=2^n+3^n ; un3n1\dfrac{u_n}{3^n}\to1. (Recoupement : u4=97=535613u_4=97=5\cdot35-6\cdot13 ✓)
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La méthode de Héron : décroissante par le signe de f(x)−x

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit (un)(u_n) définie par u0=2u_0=2 et un+1=12(un+2un)u_{n+1}=\dfrac12\left(u_n+\dfrac2{u_n}\right). 1. Calculer u1u_1, u2u_2, u3u_3 sous forme de fractions. 2. Montrer que un2u_n\geq\sqrt2 pour tout n1n\geq1, puis que (un)(u_n) est décroissante à partir du rang 11. 3. En déduire que (un)(u_n) converge et déterminer sa limite. 4. Montrer que un+12=(un2)22unu_{n+1}-\sqrt2=\dfrac{(u_n-\sqrt2)^2}{2u_n} et commenter.

Indices (3)

f(x)2=x222x+22x=(x2)22x0f(x)-\sqrt2=\dfrac{x^2-2\sqrt2x+2}{2x}=\dfrac{(x-\sqrt2)^2}{2x}\geq0 pour x>0x>0.

f(x)x=2x22xf(x)-x=\dfrac{2-x^2}{2x} : négatif dès que x>2x>\sqrt2.

La limite \ell vérifie =12(+2)\ell=\tfrac12(\ell+\tfrac2\ell), soit 2=2\ell^2=2, avec 2>0\ell\geq\sqrt2>0.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Ici ff n'est pas monotone sur l'intervalle utile, donc le raisonnement de B1 ne s'applique pas tel quel. f(x)=12(x+2x)f(x)=\tfrac12\left(x+\tfrac2x\right) décroît puis croît. La monotonie de la suite va venir d'ailleurs : du signe de f(x)xf(x)-x. Si f(x)<xf(x)<x partout où vit la suite, alors un+1<unu_{n+1}<u_n à chaque pas — sans avoir besoin que ff soit croissante.

C'est la méthode de Héron (ou de Newton) pour calculer 2\sqrt2, connue depuis l'Antiquité, et elle a une propriété spectaculaire qu'on va mesurer : le nombre de décimales justes double à chaque étape.

Les premiers termes, en fractions : u1=12(2+1)=32u_1=\tfrac12\left(2+1\right)=\dfrac32, u2=12(32+43)=1712u_2=\tfrac12\left(\tfrac32+\tfrac43\right)=\dfrac{17}{12}, u3=12(1712+2417)=577408u_3=\tfrac12\left(\tfrac{17}{12}+\tfrac{24}{17}\right)=\dfrac{577}{408}. Déjà 5774081,4142157\tfrac{577}{408}\approx1{,}4142157 contre 21,41421356\sqrt2\approx1{,}41421356.

Minorée par √2 : une identité remarquable

Pour x>0x>0,

f(x)2=x2+22x2=x222x+22x=(x2)22x0.f(x)-\sqrt2=\frac{x^2+2}{2x}-\sqrt2=\frac{x^2-2\sqrt2\,x+2}{2x}=\frac{(x-\sqrt2)^2}{2x}\geq0.

Donc f(x)2f(x)\geq\sqrt2 pour tout x>0x>0 : dès le rang 11, tous les termes sont au-dessus de 2\sqrt2, quel que soit u0>0u_0>0. (Avec u0=2>0u_0=2>0, u1=32>0u_1=\tfrac32>0, et par récurrence un>0u_n>0, ce qui autorise la division.)

n1,un2\boxed{\forall n\geq1,\quad u_n\geq\sqrt2}

ℹ️ C'est l'inégalité arithmético-géométrique : la moyenne arithmétique de xx et 2x\tfrac2x dépasse leur moyenne géométrique x2x=2\sqrt{x\cdot\tfrac2x}=\sqrt2.

Décroissante : le signe de f(x) − x
f(x)x=x2+22xx=x2+22x22x=2x22x.f(x)-x=\frac{x^2+2}{2x}-x=\frac{x^2+2-2x^2}{2x}=\frac{2-x^2}{2x}.

Pour x2x\geq\sqrt2, le numérateur 2x202-x^2\leq0 et le dénominateur est positif : f(x)xf(x)\leq x. Appliqué à x=unx=u_n (qui est 2\geq\sqrt2 pour n1n\geq1) : un+1=f(un)unu_{n+1}=f(u_n)\leq u_n.

(un)n1 est deˊcroissante\boxed{(u_n)_{n\geq1}\text{ est décroissante}}

Décroissante et minorée par 2\sqrt2 : elle converge vers 2\ell\geq\sqrt2. Par continuité de ff sur ]0,+[]0,+\infty[, =f()\ell=f(\ell), soit 22=2+22\ell^2=\ell^2+2, soit 2=2\ell^2=2. Avec >0\ell>0 :

un2\boxed{u_n\to\sqrt2}

Les valeurs : u1=1,5u_1=1{,}5, u21,41667u_2\approx1{,}41667, u31,4142157u_3\approx1{,}4142157 — décroissantes, toutes au-dessus de 1,414213561{,}41421356.

Convergence quadratique : les décimales doublent

La même identité qu'à la question 2, appliquée à x=unx=u_n :

un+12=(un2)22un\boxed{u_{n+1}-\sqrt2=\frac{(u_n-\sqrt2)^2}{2u_n}}

Notons en=un20e_n=u_n-\sqrt2\geq0 l'erreur. Comme un2u_n\geq\sqrt2, 2un22>22u_n\geq2\sqrt2>2, donc en+1en22e_{n+1}\leq\dfrac{e_n^2}2 : l'erreur est élevée au carré à chaque pas. Si en10ke_n\approx10^{-k}, alors en+1102ke_{n+1}\approx10^{-2k}.

nn unu_n en=un2e_n=u_n-\sqrt2
11 32\tfrac32 8,6×102\approx8{,}6\times10^{-2}
22 1712\tfrac{17}{12} 2,5×103\approx2{,}5\times10^{-3}
33 577408\tfrac{577}{408} 2,1×106\approx2{,}1\times10^{-6}
44 665857470832\tfrac{665\,857}{470\,832} 1,6×1012\approx1{,}6\times10^{-12}

11, 22, 55, 1111 décimales justes : elles doublent. C'est la convergence quadratique, contre la convergence géométrique de B1 et B2 où chaque pas ne gagnait qu'un nombre fixe de décimales. Ici f(2)=12(122)=0f'(\sqrt2)=\tfrac12\left(1-\tfrac2{2}\right)=0 : le point fixe est super-attractif, et c'est ce zéro de ff' qui fait passer de « multiplié par une constante » à « élevé au carré ».

Rappel de cours

Monotonie par le signe de f(x)xf(x)-x. Si f(x)xf(x)\leq x sur un intervalle stable contenant les termes, la suite est décroissante ; si f(x)xf(x)\geq x, croissante. Aucune hypothèse de monotonie sur ff.

Méthode de Newton pour g(x)=x2ag(x)=x^2-a : xn+1=xng(xn)g(xn)=12(xn+axn)x_{n+1}=x_n-\dfrac{g(x_n)}{g'(x_n)}=\dfrac12\left(x_n+\dfrac a{x_n}\right). C'est exactement Héron. Convergence quadratique dès qu'on part d'un point raisonnable.

Lecture de f()f'(\ell) : f()<1\lvert f'(\ell)\rvert<1 géométrique de raison f()\lvert f'(\ell)\rvert ; f()=0f'(\ell)=0 quadratique.

L'erreur classique

⚠️ Chercher à montrer que ff est croissante. Elle ne l'est pas sur ]0,+[]0,+\infty[ (f(x)=12(12x2)f'(x)=\tfrac12\left(1-\tfrac2{x^2}\right), négative sur ]0,2[]0,\sqrt2[). Sur [2,+[[\sqrt2,+\infty[ elle l'est, et on pourrait s'en servir — mais le signe de f(x)xf(x)-x donne la monotonie directement, sans ce détour.

⚠️ Oublier de justifier un>0u_n>0 avant de diviser par unu_n. Une récurrence un>0un+1>0u_n>0\Rightarrow u_{n+1}>0 suffit, et elle est nécessaire : la formule n'a pas de sens sinon.

⚠️ Conclure =±2\ell=\pm\sqrt2. L'équation 2=2\ell^2=2 a deux solutions ; c'est la minoration un2>0u_n\geq\sqrt2>0 qui élimine 2-\sqrt2. Sans elle, l'identification est incomplète.

À retenir

Quand ff n'est pas monotone, le signe de f(x)xf(x)-x donne le sens de variation de la suite. C'est le second outil de monotonie, aussi important que le premier.

Une identité du type f(x)=(x)2f(x)-\ell=\dfrac{(x-\ell)^2}{\dots} dit deux choses : la suite est du bon côté de \ell, et la convergence est quadratique.

Héron en quatre pas donne douze décimales de 2\sqrt2. L'exercice E5 met ce chiffre en face de 1n\tfrac1n et 12n\tfrac1{2^n}.

Réponse. u1=32u_1=\tfrac32, u2=1712u_2=\tfrac{17}{12}, u3=577408u_3=\tfrac{577}{408} ; un2u_n\geq\sqrt2 (car f(x)2=(x2)22xf(x)-\sqrt2=\tfrac{(x-\sqrt2)^2}{2x}), décroissante (car f(x)x=2x22x0f(x)-x=\tfrac{2-x^2}{2x}\leq0), donc un2u_n\to\sqrt2 ; en+1=en22une_{n+1}=\tfrac{e_n^2}{2u_n} : convergence quadratique. (Recoupement : e32,1×106e_3\approx2{,}1\times10^{-6}, e41,6×1012e_4\approx1{,}6\times10^{-12} ✓)
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Spirale vers un point fixe : u(n+1) = cos u(n)

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit (un)(u_n) définie par u0=0u_0=0 et un+1=cos(un)u_{n+1}=\cos(u_n). 1. Calculer u1,u2,u3,u4u_1,u_2,u_3,u_4 à 10410^{-4} près et observer. 2. Montrer que l'équation cosx=x\cos x=x admet une unique solution \ell dans [0,1][0,1]. 3. Montrer que [0,1][0,1] est stable par cos\cos, puis que un+1sin(1)un\lvert u_{n+1}-\ell\rvert\leq\sin(1)\,\lvert u_n-\ell\rvert pour n1n\geq1 (on admettra l'inégalité des accroissements finis). 4. Conclure.

Indices (3)

g(x)=cosxxg(x)=\cos x-x est strictement décroissante sur [0,1][0,1] ; regarder g(0)g(0) et g(1)g(1).

Sur [0,1][0,1], cos\cos prend ses valeurs entre cos10,54\cos1\approx0{,}54 et 11.

Accroissements finis : cosacosbmaxsinab\lvert\cos a-\cos b\rvert\leq\max\lvert\sin\rvert\cdot\lvert a-b\rvert, et sur [0,1][0,1], sinsin1<1\lvert\sin\rvert\leq\sin1<1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Ni croissante, ni décroissante : cette suite oscille — et converge quand même. Les premières valeurs :

nn 00 11 22 33 44
unu_n 00 11 0,5403\approx0{,}5403 0,8576\approx0{,}8576 0,6543\approx0{,}6543

Elle monte, descend, remonte, redescend, et l'amplitude diminue : unu_n tourne autour d'une valeur proche de 0,740{,}74 en se rapprochant. Sur la figure de la toile d'araignée, ce n'est plus un escalier mais une spirale — parce que cos\cos est décroissante sur [0,1][0,1], chaque pas change de côté.

Les outils de B1 (monotonie) et B4 (signe de f(x)xf(x)-x) ne s'appliquent pas à une suite qui oscille. Il en faut un troisième : la contraction. Si chaque pas rapproche de \ell d'un facteur fixe k<1k<1, la suite converge, monotone ou pas.

Un unique point fixe dans [0,1]

Posons g(x)=cosxxg(x)=\cos x-x. Sur [0,1][0,1], g(x)=sinx11<0g'(x)=-\sin x-1\leq-1<0 : gg est strictement décroissante, donc s'annule au plus une fois. Et

g(0)=1>0,g(1)=cos110,46<0.g(0)=1>0,\qquad g(1)=\cos1-1\approx-0{,}46<0.

Par le théorème des valeurs intermédiaires, gg s'annule exactement une fois sur [0,1][0,1], en un point \ell :

cos=,0,7391\boxed{\cos\ell=\ell,\qquad\ell\approx0{,}7391}

(Ce nombre n'a pas d'expression fermée ; sa valeur 0,73908510{,}7390851\ldots ne s'obtient que numériquement — par exemple avec la suite elle-même.)

Stabilité et contraction

Stabilité. cos\cos est décroissante sur [0,1][0,1], donc cos([0,1])=[cos1,cos0]=[cos1,1][0,5403,1][0,1]\cos([0,1])=[\cos1,\cos0]=[\cos1,1]\approx[0{,}5403,1]\subset[0,1]. Comme u1=cos0=1[0,1]u_1=\cos0=1\in[0,1], tous les unu_n pour n1n\geq1 sont dans [0,1][0,1] — et \ell aussi.

Contraction. L'inégalité des accroissements finis appliquée à cos\cos sur [0,1][0,1] : pour a,b[0,1]a,b\in[0,1],

cosacosb(max[0,1]sin)ab=sin(1)ab,\lvert\cos a-\cos b\rvert\leq\left(\max_{[0,1]}\lvert\sin\rvert\right)\lvert a-b\rvert=\sin(1)\,\lvert a-b\rvert,

car sin\sin est croissante et positive sur [0,1][0,1], de maximum sin10,8415<1\sin1\approx0{,}8415<1. Avec a=una=u_n et b=b=\ell (et cos=\cos\ell=\ell) :

un+1sin(1)un(n1)\boxed{\lvert u_{n+1}-\ell\rvert\leq\sin(1)\,\lvert u_n-\ell\rvert\qquad(n\geq1)}

Chaque pas multiplie l'écart à \ell par au plus 0,84150{,}8415. Par récurrence, un(sin1)n1u1\lvert u_n-\ell\rvert\leq(\sin1)^{n-1}\lvert u_1-\ell\rvert, et (sin1)n10(\sin1)^{n-1}\to0 puisque 0<sin1<10<\sin1<1.

un0,7391\boxed{u_n\to\ell\approx0{,}7391}
Ce que dit la mesure

La borne théorique est prudente : sin10,84\sin1\approx0{,}84 est le pire cas sur tout [0,1][0,1]. Près de \ell, le facteur réel est cos()=sin0,6736\lvert\cos'(\ell)\rvert=\sin\ell\approx0{,}6736, et les écarts mesurés le confirment :

nn unu_n un\lvert u_n-\ell\rvert
1010 0,7314\approx0{,}7314 7,7×103\approx7{,}7\times10^{-3}
2020 0,7389\approx0{,}7389 1,5×104\approx1{,}5\times10^{-4}

D'un rang à l'autre, l'écart est divisé par environ 5050 en dix pas, soit 50101,48\sqrt[10]{50}\approx1{,}48 par pas — c'est 10,6736\tfrac1{0{,}6736}. L'erreur passe sous 10610^{-6} au rang 3333, là où la borne (sin1)324×103(\sin1)^{32}\approx4\times10^{-3} ne le garantissait pas encore.

👉 Le signe de f()f'(\ell) décide de la forme : f()>0f'(\ell)>0 (B1) donne un escalier monotone, f()<0f'(\ell)<0 (ici, sin-\sin\ell) donne une spirale alternée. Dans les deux cas f()<1\lvert f'(\ell)\rvert<1 suffit à converger.

Rappel de cours

Théorème du point fixe (contraction). Si ff envoie un intervalle fermé II dans lui-même et s'il existe k<1k<1 tel que f(a)f(b)kab\lvert f(a)-f(b)\rvert\leq k\lvert a-b\rvert sur II, alors ff a un unique point fixe I\ell\in I, et toute suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) partant de II converge vers \ell, avec unknu0\lvert u_n-\ell\rvert\leq k^n\lvert u_0-\ell\rvert.

Comment obtenir kk : par l'inégalité des accroissements finis, k=maxIfk=\max_I\lvert f'\rvert, à condition qu'il soit <1<1.

Trois outils de convergence pour un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) : ff croissante (monotonie), signe de f(x)xf(x)-x (monotonie), contraction (pas de monotonie requise).

L'erreur classique

⚠️ Conclure « pas monotone, donc ne converge pas ». La monotonie est un moyen de prouver la convergence, pas une condition nécessaire. (1)nn\tfrac{(-1)^n}n n'est pas monotone et converge ; cette suite non plus.

⚠️ Utiliser maxsin=1\max\lvert\sin\rvert=1 sur tout R\mathbb{R}. Avec k=1k=1, la contraction ne prouve rien : il faut k<1k<1 strictement, et c'est la restriction à [0,1][0,1] — où sin\sin ne dépasse pas sin1\sin1 — qui le fournit. L'intervalle stable n'est pas décoratif.

À retenir

La contraction est l'outil des suites qui oscillent : un facteur k<1k<1 sur l'écart à la limite, obtenu par maxf\max\lvert f'\rvert sur un intervalle stable.

Le signe de f()f'(\ell) dessine la figure : escalier si positif, spirale si négatif. Sa valeur absolue donne la vitesse.

Une borne théorique peut être très prudente : sin10,84\sin1\approx0{,}84 garantit, sin0,67\sin\ell\approx0{,}67 décrit. Les deux sont utiles, et ne disent pas la même chose.

Réponse. u1=1u_1=1, u20,5403u_2\approx0{,}5403, u30,8576u_3\approx0{,}8576, u40,6543u_4\approx0{,}6543 ; unique point fixe 0,7391\ell\approx0{,}7391 dans [0,1][0,1] ; [0,1][0,1] stable, un+1sin(1)un\lvert u_{n+1}-\ell\rvert\leq\sin(1)\lvert u_n-\ell\rvert avec sin10,8415<1\sin1\approx0{,}8415<1 ; unu_n\to\ell. (Recoupement : u200,7389u_{20}\approx0{,}7389, u201,5×104\lvert u_{20}-\ell\rvert\approx1{,}5\times10^{-4} ✓)
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Fibonacci caché : u(n+1) = 1/(1+u(n))

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit (un)(u_n) définie par u0=1u_0=1 et un+1=11+unu_{n+1}=\dfrac1{1+u_n}. 1. Calculer u1,,u5u_1,\dots,u_5 sous forme de fractions et reconnaître les nombres de Fibonacci F1=F2=1F_1=F_2=1, Fn+2=Fn+1+FnF_{n+2}=F_{n+1}+F_n. 2. Déterminer le point fixe positif \ell de f(x)=11+xf(x)=\dfrac1{1+x}. 3. Montrer que [12,1]\left[\tfrac12,1\right] est stable, que f(x)49\lvert f'(x)\rvert\leq\tfrac49 sur cet intervalle, et conclure. 4. Montrer que (u2n)(u_{2n}) est décroissante et (u2n+1)(u_{2n+1}) croissante.

Indices (4)

Conjecturer un=Fn+1Fn+2u_n=\dfrac{F_{n+1}}{F_{n+2}} et le vérifier par récurrence : 11+Fn+1/Fn+2=Fn+2Fn+2+Fn+1\dfrac1{1+F_{n+1}/F_{n+2}}=\dfrac{F_{n+2}}{F_{n+2}+F_{n+1}}.

=11+    2+1=0\ell=\dfrac1{1+\ell}\iff\ell^2+\ell-1=0.

f(x)=1(1+x)2f'(x)=-\dfrac1{(1+x)^2} : sa valeur absolue est maximale au bord gauche x=12x=\tfrac12.

fff\circ f est croissante (composée de deux décroissantes) : les suites extraites de rang pair et impair sont monotones.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une récurrence peut cacher une suite célèbre. Les premiers termes :

u0=1,u1=12,u2=11+12=23,u3=35,u4=58,u5=813.u_0=1,\quad u_1=\frac12,\quad u_2=\frac1{1+\frac12}=\frac23,\quad u_3=\frac35,\quad u_4=\frac58,\quad u_5=\frac8{13}.

Numérateurs 1,1,2,3,5,81,1,2,3,5,8 ; dénominateurs 1,2,3,5,8,131,2,3,5,8,13 : ce sont les nombres de Fibonacci 1,1,2,3,5,8,13,1,1,2,3,5,8,13,\dots, et un=Fn+1Fn+2u_n=\dfrac{F_{n+1}}{F_{n+2}}, le quotient de deux termes consécutifs. Preuve par récurrence : si un=Fn+1Fn+2u_n=\dfrac{F_{n+1}}{F_{n+2}}, alors

un+1=11+Fn+1Fn+2=Fn+2Fn+2+Fn+1=Fn+2Fn+3 u_{n+1}=\frac{1}{1+\frac{F_{n+1}}{F_{n+2}}}=\frac{F_{n+2}}{F_{n+2}+F_{n+1}}=\frac{F_{n+2}}{F_{n+3}}\ \checkmark

La suite est donc la suite des quotients de Fibonacci — dont la limite est le célèbre inverse du nombre d'or. Mais on va le prouver avec les outils du chapitre, sans rien connaître de Fibonacci.

Le point fixe : le nombre d'or renversé
=11+    (1+)=1    2+1=0    =1±52.\ell=\frac1{1+\ell}\iff\ell(1+\ell)=1\iff\ell^2+\ell-1=0\iff\ell=\frac{-1\pm\sqrt5}2.

La racine positive est

=5120,6180\boxed{\ell=\frac{\sqrt5-1}2\approx0{,}6180}

C'est 1φ\dfrac1\varphi, où φ=1+521,618\varphi=\dfrac{1+\sqrt5}2\approx1{,}618 est le nombre d'or — en effet φ512=514=1\varphi\cdot\dfrac{\sqrt5-1}2=\dfrac{5-1}4=1. L'autre racine, φ1,618-\varphi\approx-1{,}618, est négative : hors de portée d'une suite à termes positifs.

Stabilité, contraction, convergence

Stabilité. f(x)=11+xf(x)=\dfrac1{1+x} est décroissante sur [12,1]\left[\tfrac12,1\right], avec f ⁣(12)=23f\!\left(\tfrac12\right)=\tfrac23 et f(1)=12f(1)=\tfrac12. Donc f ⁣([12,1])=[12,23][12,1]f\!\left(\left[\tfrac12,1\right]\right)=\left[\tfrac12,\tfrac23\right]\subset\left[\tfrac12,1\right]. Avec u0=1u_0=1, tous les termes restent dans [12,1]\left[\tfrac12,1\right], et 0,618\ell\approx0{,}618 y est aussi.

Contraction. f(x)=1(1+x)2f'(x)=-\dfrac1{(1+x)^2}, donc f(x)=1(1+x)2\lvert f'(x)\rvert=\dfrac1{(1+x)^2}, décroissante en xx : son maximum sur [12,1]\left[\tfrac12,1\right] est atteint en x=12x=\tfrac12 et vaut 1(3/2)2=49\dfrac1{(3/2)^2}=\dfrac49. Par l'inégalité des accroissements finis (comme en B5) :

un+149un\boxed{\lvert u_{n+1}-\ell\rvert\leq\frac49\,\lvert u_n-\ell\rvert}

et donc un(49)nu00\lvert u_n-\ell\rvert\leq\left(\tfrac49\right)^n\lvert u_0-\ell\rvert\to0.

un512\boxed{u_n\to\frac{\sqrt5-1}2}

Contrôle : u5=8130,6154u_5=\tfrac8{13}\approx0{,}6154, u10=891440,61806u_{10}=\tfrac{89}{144}\approx0{,}61806, contre 0,6180340\ell\approx0{,}6180340. Convergence géométrique, raison réelle f()=1(1+)2=20,38\lvert f'(\ell)\rvert=\dfrac1{(1+\ell)^2}=\ell^2\approx0{,}38 — encore une fois plus rapide que la borne 49\tfrac49.

Deux extraites monotones et adjacentes

ff est décroissante, donc fff\circ f est croissante (composée de deux fonctions décroissantes). Or un+2=f(f(un))u_{n+2}=f(f(u_n)) : les extraites (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) sont des suites récurrentes pour la fonction croissante fff\circ f, donc monotones (cf. B1). Le sens se lit sur les premiers termes :

  • u0=1>u2=23u_0=1>u_2=\tfrac23 : (u2n)(u_{2n}) est décroissante ;
  • u1=12<u3=35u_1=\tfrac12<u_3=\tfrac35 : (u2n+1)(u_{2n+1}) est croissante.

Et comme ff décroissante renverse l'ordre par rapport à \ell (un>un+1=f(un)<f()=u_n>\ell\Rightarrow u_{n+1}=f(u_n)<f(\ell)=\ell), les termes alternent de part et d'autre de \ell : les pairs au-dessus, les impairs en dessous. On a donc un étau :

u1<u3<u5<<<<u4<u2<u0,u_1<u_3<u_5<\dots<\ell<\dots<u_4<u_2<u_0,

deux suites adjacentes (leur écart tend vers 00 par la contraction) qui encadrent \ell à chaque rang : 813<<58\tfrac8{13}<\ell<\tfrac58, soit 0,615<<0,6250{,}615<\ell<0{,}625 ✓.

ℹ️ Pour Fibonacci lui-même, c'est la formule de Binet Fn=φnψn5F_n=\dfrac{\varphi^n-\psi^n}{\sqrt5} (avec ψ=1φ\psi=1-\varphi, obtenue par la méthode de B3 sur r2=r+1r^2=r+1) qui donne la limite : Fn+1Fn+21φ\dfrac{F_{n+1}}{F_{n+2}}\to\dfrac1\varphi parce que ψ<1\lvert\psi\rvert<1 éteint le second terme.

Rappel de cours

ff décroissante sur un intervalle stable : la suite (un)(u_n) n'est pas monotone, mais (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) le sont (récurrence pour fff\circ f, croissante), de sens opposés. Si elles ont la même limite, (un)(u_n) converge (E3).

Contraction : k=maxf<1k=\max\lvert f'\rvert<1 sur l'intervalle stable donne la convergence sans passer par les extraites.

Nombre d'or φ=1+52\varphi=\tfrac{1+\sqrt5}2 : φ2=φ+1\varphi^2=\varphi+1, 1φ=φ1=512\tfrac1\varphi=\varphi-1=\tfrac{\sqrt5-1}2.

L'erreur classique

⚠️ Prendre maxf\max\lvert f'\rvert au mauvais bord. f(x)=1(1+x)2\lvert f'(x)\rvert=\dfrac1{(1+x)^2} décroît : le maximum est en x=12x=\tfrac12 (valeur 49\tfrac49), pas en x=1x=1 (valeur 14\tfrac14). Se tromper de bord donne une constante trop petite — une « preuve » fausse qui tombe juste par chance.

⚠️ Déduire la monotonie de (un)(u_n) de celle de ff. Une ff décroissante ne donne jamais une suite monotone : elle fait alterner. La monotonie passe aux extraites paires et impaires, pas à la suite entière.

À retenir

Fonction décroissante = suite qui alterne, extraites monotones, contraction pour conclure. C'est le troisième scénario type, après « ff croissante » (B1) et « signe de f(x)xf(x)-x » (B4).

Les extraites paire et impaire forment un étau quand ff est décroissante et contractante : u2n+1<<u2nu_{2n+1}<\ell<u_{2n} à chaque rang.

Reconnaître une suite célèbre (Fibonacci, Héron) ne dispense pas de la preuve — mais donne un contrôle indépendant : Binet redonne la limite 1φ\tfrac1\varphi.

Réponse. un=Fn+1Fn+2u_n=\dfrac{F_{n+1}}{F_{n+2}} (1,12,23,35,58,8131,\tfrac12,\tfrac23,\tfrac35,\tfrac58,\tfrac8{13}) ; =5120,6180\ell=\dfrac{\sqrt5-1}2\approx0{,}6180 ; [12,1]\left[\tfrac12,1\right] stable, f49\lvert f'\rvert\leq\tfrac49, donc unu_n\to\ell ; (u2n)(u_{2n}) décroissante, (u2n+1)(u_{2n+1}) croissante, adjacentes. (Recoupement : u10=891440,61806u_{10}=\tfrac{89}{144}\approx0{,}61806 ✓)
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Bornes supérieure et inférieure d'ensembles concrets

CalculDifficulté 3/5

Pour chacun des ensembles suivants, dire s'il est majoré, minoré, et déterminer sa borne supérieure et sa borne inférieure en précisant si elles sont atteintes : A={1n:n1}A=\left\{\tfrac1n : n\geq1\right\} ; B={(1)n+1n:n1}B=\left\{(-1)^n+\tfrac1n : n\geq1\right\} ; D={nn+1:n1}D=\left\{\tfrac n{n+1} : n\geq1\right\} ; C={xQ:x2<2}C=\{x\in\mathbb{Q} : x^2<2\}.

Indices (3)

Lister les premiers éléments de chaque ensemble, séparément pour nn pair et nn impair dans BB.

Une borne non atteinte se reconnaît à une suite d'éléments qui s'en approche sans la toucher.

Pour CC : 1,41{,}4, 1,411{,}41, 1,4141{,}414 sont dans CC et 1,51{,}5 n'y est pas. Où est la borne supérieure ? Est-elle dans Q\mathbb{Q} ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La borne supérieure est le plus petit des majorants ; elle n'est pas forcément un élément de l'ensemble. C'est toute la différence avec le maximum. Un ensemble peut avoir une borne supérieure sans avoir de plus grand élément — et c'est le cas le plus intéressant, celui où les éléments s'approchent d'une valeur sans l'atteindre.

Le test pratique, pour un ensemble décrit par une suite : la borne est-elle un terme de la suite (atteinte) ou une limite de la suite (non atteinte) ?

Et le quatrième ensemble, CC, est là pour une raison plus profonde : il montre ce qui manque à Q\mathbb{Q}.

A et D : une borne atteinte, l'autre non

A={1,12,13,14,}A=\{1,\tfrac12,\tfrac13,\tfrac14,\dots\}. Tous les éléments sont dans ]0,1]]0,1] : AA est majoré et minoré.

  • supA=1\sup A=1, atteint (c'est 11\tfrac11) : c'est un maximum ;
  • infA=0\inf A=0, non atteint : aucun 1n\tfrac1n n'est nul, mais 1n0\tfrac1n\to0, donc aucun minorant ne peut dépasser 00 (si m>0m>0 minorait AA, on aurait 1nm\tfrac1n\geq m pour tout nn, faux dès n>1mn>\tfrac1m).

D={12,23,34,}D=\{\tfrac12,\tfrac23,\tfrac34,\dots\}. La suite nn+1=11n+1\tfrac n{n+1}=1-\tfrac1{n+1} est croissante, de 12\tfrac12 vers 11 :

  • infD=12\inf D=\tfrac12, atteint (n=1n=1) : minimum ;
  • supD=1\sup D=1, non atteint : nn+1<1\tfrac n{n+1}<1 toujours, et nn+11\tfrac n{n+1}\to1.
supA=1 (max), infA=0 ;infD=12 (min), supD=1\boxed{\sup A=1\ (\max),\ \inf A=0\ ;\qquad\inf D=\tfrac12\ (\min),\ \sup D=1}
B : séparer les pairs et les impairs

B={(1)n+1n}B=\{(-1)^n+\tfrac1n\} mélange deux comportements :

nn pair 1+1n1+\tfrac1n : 32, 54, 76,\tfrac32,\ \tfrac54,\ \tfrac76,\dots décroît vers 11
nn impair 1+1n-1+\tfrac1n : 0, 23, 45,0,\ -\tfrac23,\ -\tfrac45,\dots décroît vers 1-1
  • Le plus grand élément est 32\tfrac32 (n=2n=2) : supB=32\sup B=\tfrac32, atteint.
  • Les éléments impairs descendent vers 1-1 sans l'atteindre (1+1n>1-1+\tfrac1n>-1), et rien n'est en dessous : infB=1\inf B=-1, non atteint.
supB=32 (max),infB=1 (non atteint)\boxed{\sup B=\tfrac32\ (\max),\qquad\inf B=-1\ (\text{non atteint})}

👉 Deux valeurs d'adhérence (11 et 1-1), mais une seule borne de chaque côté : la borne supérieure ne s'intéresse qu'au plus grand, et 32\tfrac32 dépasse tout ce qui approche 11.

C : la borne supérieure qui n'existe pas dans Q

C={xQ:x2<2}C=\{x\in\mathbb{Q} : x^2<2\} est l'ensemble des rationnels de ]2,2[]-\sqrt2,\sqrt2[. Il est majoré (par 22, par 32\tfrac32 puisque 94>2\tfrac94>2). Ses éléments 1,41{,}4 ; 1,411{,}41 ; 1,4141{,}414 ; 1,41421{,}4142montent vers 2\sqrt2 — et 2\sqrt2 n'est pas rationnel.

Dans R\mathbb{R} : supC=2\sup C=\sqrt2, non atteint (ni même dans l'ensemble, puisque 2Q\sqrt2\notin\mathbb{Q}).

Dans Q\mathbb{Q} : CC est majoré et n'a pas de borne supérieure. Tout majorant rationnel MM vérifie M>2M>\sqrt2 (sinon M22M^2\leq2 et un rationnel entre MM et 2\sqrt2 le dépasserait), et entre 2\sqrt2 et MM il y a un autre rationnel, majorant plus petit. Il n'y a pas de plus petit majorant : 1,4151{,}415 majore, 1,41431{,}4143 majore mieux, et ça ne s'arrête jamais.

dans R: supC=2 ;dans Q: pas de borne supeˊrieure\boxed{\text{dans }\mathbb{R}:\ \sup C=\sqrt2\ ;\qquad\text{dans }\mathbb{Q}:\ \text{pas de borne supérieure}}

C'est la propriété qui distingue R\mathbb{R} : toute partie non vide majorée y a une borne supérieure. Q\mathbb{Q} a des « trous », et 2\sqrt2 en est un.

Rappel de cours

Majorant de AA : un réel MM avec aMa\leq M pour tout aAa\in A. Borne supérieure supA\sup A : le plus petit majorant. Maximum : une borne supérieure qui appartient à AA.

Caractérisation : s=supAs=\sup A si et seulement si ss majore AA et pour tout ε>0\varepsilon>0 il existe aAa\in A avec a>sεa>s-\varepsilon. Pour un ensemble décrit par une suite : sup\sup = max des termes s'il existe, sinon la plus grande limite d'extraite.

Propriété de la borne supérieure (axiome de R\mathbb{R}) : toute partie non vide majorée de R\mathbb{R} admet une borne supérieure. Fausse dans Q\mathbb{Q}.

L'erreur classique

⚠️ Écrire « infA=0\inf A=0 n'existe pas puisque 0A0\notin A ». La borne inférieure n'a pas à être dans l'ensemble. Ce qui n'existe pas ici, c'est le minimum ; la borne inférieure existe, c'est 00.

⚠️ Confondre borne supérieure et limite. Pour BB, les termes pairs tendent vers 11 — mais supB=32\sup B=\tfrac32, atteint au premier terme pair. La limite n'est la borne que pour une suite monotone.

⚠️ Croire que « majoré ⇒ borne supérieure » est évident. C'est un axiome de R\mathbb{R}, et l'ensemble CC montre qu'il est faux dans Q\mathbb{Q}.

À retenir

Sup et inf se cherchent en listant les éléments : le plus grand terme s'il existe, sinon la limite vers laquelle ils montent.

Atteinte ou non : c'est la question qui distingue sup\sup de max\max, et la réponse se lit sur une inégalité stricte (nn+1<1\tfrac n{n+1}<1).

L'ensemble {xQ:x2<2}\{x\in\mathbb{Q} : x^2<2\} est l'exemple à garder : majoré, sans borne supérieure rationnelle. Il dit pourquoi on travaille dans R\mathbb{R}.

Réponse. supA=1\sup A=1 (max), infA=0\inf A=0 (non atteint) ; supB=32\sup B=\tfrac32 (max, n=2n=2), infB=1\inf B=-1 (non atteint) ; infD=12\inf D=\tfrac12 (min), supD=1\sup D=1 (non atteint) ; supC=2\sup C=\sqrt2 dans R\mathbb{R}, pas de borne supérieure dans Q\mathbb{Q}. (Recoupement : 1,4142<2<1,41521{,}414^2<2<1{,}415^2 ✓)
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Valeurs approchées décimales et contrôle de l'erreur

CalculDifficulté 3/5

1. Justifier l'encadrement 1,414<2<1,4151{,}414<\sqrt2<1{,}415 par un calcul exact, et donner la valeur approchée décimale par défaut de π\pi à 10310^{-3} près. 2. On admet que la suite un=k=0n1k!u_n=\displaystyle\sum_{k=0}^n\frac1{k!} converge vers ee avec 0<eun1n!n0<e-u_n\leq\dfrac1{n!\,n} pour n1n\geq1. Déterminer le plus petit nn tel que unu_n soit une valeur approchée de ee à 10610^{-6} près, et donner cette valeur. 3. Expliquer pourquoi 13\tfrac13 n'est pas un nombre décimal, et pourquoi tout réel est limite d'une suite de décimaux.

Indices (3)

Élever au carré : 1,41421{,}414^2 et 1,41521{,}415^2 se calculent exactement.

Chercher le premier nn tel que n!n>106n!\cdot n>10^6 : tester n=8n=8 et n=9n=9.

Un décimal est un a10k\dfrac{a}{10^k} ; 13=a10k\dfrac13=\dfrac{a}{10^k} imposerait 3a=10k3a=10^k.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

« Valeur approchée » n'a de sens qu'avec une précision, et une précision n'a de sens qu'avec une preuve. Écrire 21,414\sqrt2\approx1{,}414 ne dit rien tant qu'on n'a pas établi que l'erreur est inférieure à 10310^{-3} — et pour cela, il faut un encadrement par deux nombres qu'on sait comparer à 2\sqrt2.

Cet exercice traite les trois situations qu'on rencontre : une racine (on encadre par des carrés), une somme de série (on majore le reste), et la nature même des décimaux (ce qu'ils sont, ce qu'ils ne sont pas, et pourquoi ils suffisent quand même).

√2 : encadrer par des carrés

2\sqrt2 est le réel positif dont le carré vaut 22 ; la fonction carré étant croissante sur [0,+[[0,+\infty[, comparer à 2\sqrt2 revient à comparer les carrés à 22 :

1,4142=1,999396<2<2,002225=1,4152.1{,}414^2=1{,}999\,396<2<2{,}002\,225=1{,}415^2.

Donc 1,414<2<1,4151{,}414<\sqrt2<1{,}415, et 1,4141{,}414 est la valeur approchée décimale par défaut à 10310^{-3} près (l'erreur est inférieure à la largeur de l'intervalle, 10310^{-3}).

1,414<2<1,415\boxed{1{,}414<\sqrt2<1{,}415}

Pour π\pi, la valeur approchée par défaut à 10310^{-3} est d3=1000π1000=31411000=3,141d_3=\dfrac{\lfloor1000\pi\rfloor}{1000}=\dfrac{3141}{1000}=3{,}141 — on tronque, on n'arrondit pas (3,1423{,}142 serait la valeur approchée par excès). En général dn=10nx10nd_n=\dfrac{\lfloor10^nx\rfloor}{10^n} vérifie dnx<dn+10nd_n\leq x<d_n+10^{-n} : c'est l'encadrement de la partie entière (A3) divisé par 10n10^n.

e : majorer le reste pour choisir le rang

On veut eun106e-u_n\leq10^{-6}. La majoration admise donne une condition suffisante : 1n!n106\dfrac1{n!\,n}\leq10^{-6}, c'est-à-dire n!n106n!\cdot n\geq10^6.

nn n!nn!\cdot n 1n!n\tfrac1{n!\,n}
88 40320×8=32256040\,320\times8=322\,560 3,10×106\approx3{,}10\times10^{-6} — insuffisant
99 362880×9=3265920362\,880\times9=3\,265\,920 3,06×107\approx3{,}06\times10^{-7} — suffit
n=9 :u9=k=091k!2,7182815\boxed{n=9\ :\quad u_9=\sum_{k=0}^{9}\frac1{k!}\approx2{,}718\,281\,5}

et e2,7182818e\approx2{,}718\,281\,8 : l'erreur réelle est eu93,03×107e-u_9\approx3{,}03\times10^{-7}, bien sous 10610^{-6} et proche de la borne 3,06×1073{,}06\times10^{-7} — la majoration du reste est serrée.

👉 Pourquoi 1n!n\tfrac1{n!\,n} majore le reste : eun=1(n+1)!+1(n+2)!+e-u_n=\dfrac1{(n+1)!}+\dfrac1{(n+2)!}+\dots, et chaque terme est au plus le précédent divisé par n+1n+1, donc le reste est majoré par la série géométrique 1(n+1)!(1+1n+1+1(n+1)2+)=1(n+1)!n+1n=1n!n\dfrac1{(n+1)!}\left(1+\tfrac1{n+1}+\tfrac1{(n+1)^2}+\dots\right)=\dfrac1{(n+1)!}\cdot\dfrac{n+1}{n}=\dfrac1{n!\,n}. C'est le même geste qu'en A4, avec une raison 1n+1\tfrac1{n+1} au lieu de 12\tfrac12.

Les décimaux : ce qu'ils sont, et pourquoi ils suffisent

Un décimal est un nombre de la forme a10k\dfrac{a}{10^k} avec aZa\in\mathbb{Z}, kNk\in\mathbb{N} — un nombre dont l'écriture décimale s'arrête. Si 13\tfrac13 en était un, on aurait 3a=10k3a=10^k ; or 33 ne divise aucune puissance de 10=2×510=2\times5 (unicité de la décomposition en facteurs premiers). Donc

13D(13=0,333 ne s’arreˆte jamais)\boxed{\tfrac13\notin\mathbb{D}\qquad(\tfrac13=0{,}333\ldots\text{ ne s'arrête jamais})}

De même 17=0,142857\tfrac17=0{,}\overline{142857} (période 66) n'est pas décimal — un rationnel est décimal si et seulement si son dénominateur réduit n'a que des facteurs 22 et 55.

Et pourtant les décimaux suffisent : pour tout réel xx, la suite dn=10nx10nd_n=\dfrac{\lfloor10^nx\rfloor}{10^n} vérifie 0xdn<10n00\leq x-d_n<10^{-n}\to0, donc dnxd_n\to x. Tout réel est limite de décimaux — c'est ce qu'on appelle la densité de D\mathbb{D} dans R\mathbb{R}, et c'est pourquoi une calculatrice, qui ne connaît que des décimaux, peut approcher n'importe quoi.

ℹ️ Un cas limite instructif : 0,999=k1910k=9/1011/10=10{,}999\ldots=\displaystyle\sum_{k\geq1}\frac9{10^k}=\frac{9/10}{1-1/10}=1. Deux écritures décimales infinies pour le même nombre — la seule ambiguïté du système décimal.

Rappel de cours

Valeur approchée à 10n10^{-n} près de xx : un nombre aa avec xa10n\lvert x-a\rvert\leq10^{-n}. Par défaut : axa\leq x ; par excès : axa\geq x. L'approximation décimale par défaut est dn=10nx10nd_n=\dfrac{\lfloor10^nx\rfloor}{10^n}.

Prouver une précision = exhiber un encadrement axba\leq x\leq b avec ba10nb-a\leq10^{-n}. Pour une racine : comparer des carrés. Pour une somme de série : majorer le reste (lot C pour la méthode générale).

Densité : entre deux réels distincts il y a toujours un décimal, un rationnel, et un irrationnel.

L'erreur classique

⚠️ Arrondir la borne d'une majoration. Si le reste est majoré par 3,10×1063{,}10\times10^{-6}, écrire « 3×106\approx3\times10^{-6}, ça passe pour 10610^{-6} » est faux : 3,1×106>1063{,}1\times10^{-6}>10^{-6}, il faut n=9n=9. Les inégalités se vérifient sur les valeurs exactes.

⚠️ Confondre « approximation décimale » et « nombre décimal ». 2\sqrt2 a des approximations décimales à toute précision et n'est pas décimal (il n'est même pas rationnel). L'approximation est une suite, le nombre est sa limite.

À retenir

Une précision se prouve par un encadrement, jamais par une calculatrice : carrés pour une racine, majoration du reste pour une série.

Le rang de précision d'une série se lit sur la majoration du reste — ici 1n!n106\tfrac1{n!\,n}\leq10^{-6} donne n=9n=9.

Les décimaux ne remplissent pas R\mathbb{R} mais l'approchent partout : c'est la densité, et c'est elle qui rend le calcul numérique possible.

Réponse. 1,4142=1,999396<2<2,002225=1,41521{,}414^2=1{,}999396<2<2{,}002225=1{,}415^2 ; d3(π)=3,141d_3(\pi)=3{,}141 ; n=9n=9 (car 19!93,06×107<106\tfrac1{9!\cdot9}\approx3{,}06\times10^{-7}<10^{-6}, et 18!83,10×106\tfrac1{8!\cdot8}\approx3{,}10\times10^{-6} non), u92,7182815u_9\approx2{,}7182815 ; 13D\tfrac13\notin\mathbb{D} car 310k3\nmid10^k ; dnxd_n\to x par 0xdn<10n0\leq x-d_n<10^{-n}. (Recoupement : eu93,03×107e-u_9\approx3{,}03\times10^{-7} ✓)
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Suites extraites : prouver une divergence

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Montrer que un=(1)nnn+1u_n=(-1)^n\dfrac n{n+1} diverge, à l'aide de deux suites extraites. 2. Que dire de vn=cos ⁣(nπ2)v_n=\cos\!\left(\dfrac{n\pi}2\right) ? Donner une extraite convergente et deux extraites de limites différentes. 3. Montrer que wn=1n+(1)nn2w_n=\dfrac1n+\dfrac{(-1)^n}{n^2} converge, en étudiant (w2n)(w_{2n}) et (w2n+1)(w_{2n+1}), puis en invoquant le théorème adéquat.

Indices (3)

u2n=2n2n+1u_{2n}=\dfrac{2n}{2n+1} et u2n+1=2n+12n+2u_{2n+1}=-\dfrac{2n+1}{2n+2} : deux limites différentes.

vnv_n prend périodiquement les valeurs 1,0,1,01,0,-1,0 : regarder v4nv_{4n}, v4n+2v_{4n+2}, v2n+1v_{2n+1}.

Si (w2n)(w_{2n}) et (w2n+1)(w_{2n+1}) convergent vers la même limite, alors (wn)(w_n) converge vers cette limite.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une suite extraite, c'est la même suite lue en sautant des termes. (u2n)(u_{2n}) ne garde que les rangs pairs, (u2n+1)(u_{2n+1}) les impairs, (u4n)(u_{4n}) un terme sur quatre. Le théorème de base : si (un)(u_n) converge vers \ell, toute extraite converge vers \ell — on ne peut pas changer de destination en sautant des étapes.

Et c'est la contraposée qui sert le plus : deux extraites qui vont à deux endroits différents prouvent que la suite entière ne va nulle part. C'est l'outil standard pour démontrer une divergence sans limite infinie — quand la suite oscille.

Dans l'autre sens, une réciproque partielle existe : si les rangs pairs et les rangs impairs convergent vers la même chose, la suite converge. C'est la question 3.

Prouver que u(n) diverge
u2n=(1)2n2n2n+1=2n2n+1n1,u2n+1=2n+12n+2n1.u_{2n}=(-1)^{2n}\frac{2n}{2n+1}=\frac{2n}{2n+1}\xrightarrow[n\to\infty]{}1,\qquad u_{2n+1}=-\frac{2n+1}{2n+2}\xrightarrow[n\to\infty]{}-1.

Si (un)(u_n) convergeait vers un réel \ell, ses deux extraites convergeraient vers ce même \ell ; on aurait =1\ell=1 et =1\ell=-1, absurde. Donc

(un) diverge\boxed{(u_n)\text{ diverge}}

Elle ne tend pas non plus vers ±\pm\infty (elle est bornée par 11 en valeur absolue) : c'est une divergence par oscillation. Concrètement, u10=10110,909u_{10}=\tfrac{10}{11}\approx0{,}909 et u11=11120,917u_{11}=-\tfrac{11}{12}\approx-0{,}917 : les termes s'approchent alternativement de 11 et de 1-1, jamais d'une seule valeur.

v(n) : une suite périodique

vn=cos ⁣(nπ2)v_n=\cos\!\left(\tfrac{n\pi}2\right) prend les valeurs 1,0,1,01,0,-1,0 puis recommence : elle est périodique de période 44.

  • Une extraite convergente : v2n+1=cos ⁣((2n+1)π2)=0v_{2n+1}=\cos\!\left(\tfrac{(2n+1)\pi}2\right)=0 pour tout nn — suite constante nulle, convergente vers 00. Et v4n=1v_{4n}=1, v4n+2=1v_{4n+2}=-1 sont aussi convergentes (constantes).
  • Deux extraites de limites différentes : v4n1v_{4n}\to1 et v4n+21v_{4n+2}\to-1.
(vn) diverge — mais posseˋde des extraites convergentes\boxed{(v_n)\text{ diverge — mais possède des extraites convergentes}}

👉 Divergente ne veut pas dire « sans extraite convergente ». Toute suite bornée a des extraites convergentes (théorème de Bolzano-Weierstrass, approfondissement D5). Ce qui fait diverger (vn)(v_n), c'est que ces extraites n'ont pas toutes la même limite.

w(n) : la réciproque partielle
w2n=12n+14n20,w2n+1=12n+11(2n+1)20.w_{2n}=\frac1{2n}+\frac1{4n^2}\to0,\qquad w_{2n+1}=\frac1{2n+1}-\frac1{(2n+1)^2}\to0.

Les deux extraites convergent vers la même limite 00.

Théorème. Si (w2n)(w_{2n}) et (w2n+1)(w_{2n+1}) convergent vers \ell, alors (wn)(w_n) converge vers \ell. Preuve : soit ε>0\varepsilon>0 ; il existe N1N_1 tel que w2n<ε\lvert w_{2n}-\ell\rvert<\varepsilon pour nN1n\geq N_1, et N2N_2 de même pour les impairs. Pour nN=max(2N1,2N2+1)n\geq N=\max(2N_1,2N_2+1), le terme wnw_n est soit un pair de rang N1\geq N_1, soit un impair de rang N2\geq N_2 : dans les deux cas wn<ε\lvert w_n-\ell\rvert<\varepsilon. \blacksquare

wn0\boxed{w_n\to0}

(Ici les gendarmes auraient suffi : wn1n+1n2\lvert w_n\rvert\leq\tfrac1n+\tfrac1{n^2}. Mais le théorème des deux extraites est l'outil qui marche quand les rangs pairs et impairs ont des comportements différents — comme dans B6, où (u2n)(u_{2n}) décroît et (u2n+1)(u_{2n+1}) croît vers la même limite.)

Rappel de cours

Extraite : (uφ(n))(u_{\varphi(n)}) avec φ:NN\varphi:\mathbb{N}\to\mathbb{N} strictement croissante (donc φ(n)n\varphi(n)\geq n).

Théorème : si unu_n\to\ell (fini ou infini), alors uφ(n)u_{\varphi(n)}\to\ell. Contraposée : deux extraites de limites différentes ⇒ divergence.

Réciproque partielle : (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) convergent vers le même \ell(un)(u_n) converge vers \ell. Se généralise à tout découpage fini des indices (rangs modulo 33, modulo 44…).

Bolzano-Weierstrass (D5) : toute suite bornée admet une extraite convergente.

L'erreur classique

⚠️ « unu_n n'a pas de limite car (1)n(-1)^n n'en a pas. » L'argument n'est pas une preuve : (1)n1n(-1)^n\cdot\tfrac1n converge, bien que (1)n(-1)^n diverge. Ce qui prouve la divergence, ce sont les deux limites d'extraites, explicitement calculées.

⚠️ Croire que (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) convergentes suffit. Elles convergent toutes les deux pour un=(1)nu_n=(-1)^n, qui diverge. Il faut la même limite.

⚠️ Oublier de justifier « strictement croissante » pour φ\varphi. Sans elle, (uφ(n))(u_{\varphi(n)}) n'est pas une extraite : φ(n)=0\varphi(n)=0 donnerait une suite constante égale à u0u_0, qui converge quoi que fasse (un)(u_n).

À retenir

Pour prouver qu'une suite oscillante diverge : deux extraites, deux limites. Pairs et impairs suffisent le plus souvent.

Pour prouver qu'une suite converge à partir de ses extraites : pairs et impairs vers la même limite. C'est le complément naturel des suites récurrentes avec ff décroissante.

Une extraite convergente n'est pas une limite : toute suite bornée en a, y compris les divergentes.

Réponse. u2n1u_{2n}\to1, u2n+11u_{2n+1}\to-1 : (un)(u_n) diverge ; v2n+1=0v_{2n+1}=0 converge, v4n=1v_{4n}=1 et v4n+2=1v_{4n+2}=-1 : (vn)(v_n) diverge ; w2n0w_{2n}\to0 et w2n+10w_{2n+1}\to0 donc wn0w_n\to0. (Recoupement : u100,909u_{10}\approx0{,}909, u110,917u_{11}\approx-0{,}917 ✓)
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Étude type DS : la suite n/2ⁿ

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit un=n2nu_n=\dfrac n{2^n} pour n1n\geq1. 1. Calculer u1,,u5u_1,\dots,u_5. 2. Exprimer un+1un\dfrac{u_{n+1}}{u_n} et en déduire que (un)(u_n) est décroissante à partir d'un rang à préciser. 3. Montrer que (un)(u_n) converge, puis déterminer sa limite \ell en passant à la limite dans la relation un+1=n+12nunu_{n+1}=\dfrac{n+1}{2n}\,u_n.

Indices (3)

un+1un=n+12n+12nn=n+12n\dfrac{u_{n+1}}{u_n}=\dfrac{n+1}{2^{n+1}}\cdot\dfrac{2^n}n=\dfrac{n+1}{2n}.

n+12n1    n+12n    n1\dfrac{n+1}{2n}\leq1\iff n+1\leq2n\iff n\geq1, avec égalité seulement pour n=1n=1.

Si unu_n\to\ell alors un+1u_{n+1}\to\ell et n+12n12\dfrac{n+1}{2n}\to\dfrac12 : donc =12\ell=\dfrac12\ell.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

C'est l'exercice de DS par excellence : monotonie par le quotient, convergence par le théorème de la limite monotone, identification par passage à la limite. Trois techniques, dans l'ordre où elles s'enchaînent toujours.

La suite : u1=12u_1=\tfrac12, u2=24=12u_2=\tfrac24=\tfrac12, u3=38=0,375u_3=\tfrac38=0{,}375, u4=416=0,25u_4=\tfrac4{16}=0{,}25, u5=532=0,15625u_5=\tfrac5{32}=0{,}15625. Elle stagne entre n=1n=1 et n=2n=2, puis décroît. Ce petit accident au départ est exactement ce que l'énoncé demande de repérer : « à partir d'un rang à préciser ».

Et la limite se devine (00, l'exponentielle bat la puissance, A6) — mais l'exercice demande de la prouver par une méthode qui marche même quand on ne la devine pas.

Le quotient de deux termes consécutifs

Pour une suite à termes strictement positifs, comparer un+1u_{n+1} à unu_n revient à comparer leur quotient à 11 :

un+1un=n+12n+12nn=n+12n.\frac{u_{n+1}}{u_n}=\frac{n+1}{2^{n+1}}\cdot\frac{2^n}{n}=\frac{n+1}{2n}.
n+12n1    n+12n    1n,\frac{n+1}{2n}\leq1\iff n+1\leq2n\iff1\leq n,

avec égalité pour n=1n=1 (22=1\tfrac22=1, d'où u2=u1u_2=u_1) et inégalité stricte pour n2n\geq2. Donc

(un) est deˊcroissante aˋ partir du rang 1, strictement aˋ partir du rang 2\boxed{(u_n)\text{ est décroissante à partir du rang }1\text{, strictement à partir du rang }2}

👉 Le quotient plutôt que la différence : c'est le bon outil dès qu'il y a des puissances ou des factorielles, parce qu'elles se simplifient en quotient et pas en différence.

Convergence, puis identification

(un)(u_n) est décroissante (dès n=1n=1) et minorée par 00 (tous ses termes sont positifs). Par le théorème de la limite monotone, elle converge vers un réel 0\ell\geq0.

Identifier \ell. On a la relation exacte un+1=n+12nunu_{n+1}=\dfrac{n+1}{2n}\,u_n. Quand nn\to\infty : un+1u_{n+1}\to\ell (même suite, décalée), unu_n\to\ell, et n+12n=12+12n12\dfrac{n+1}{2n}=\dfrac12+\dfrac1{2n}\to\dfrac12. Par produit de limites,

=1212=0=0\ell=\frac12\,\ell\quad\Rightarrow\quad\frac12\ell=0\quad\Rightarrow\quad\boxed{\ell=0}

Contrôle : u10=1010240,00977u_{10}=\tfrac{10}{1024}\approx0{,}00977, et la décroissance est quasi géométrique de raison 12\tfrac12 à long terme — précisément la limite du quotient.

ℹ️ Le même raisonnement donne nkan0\dfrac{n^k}{a^n}\to0 pour tout kk et tout a>1a>1 : le quotient tend vers 1a<1\tfrac1a<1. C'est une preuve de la croissance comparée « exponentielle contre puissance » de A6.

Rappel de cours

Monotonie par le quotient (un>0u_n>0) : un+1un1\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\leq1 ⇒ décroissante. Adapté aux puissances et factorielles.

Passage à la limite dans une relation de récurrence : si un+1=g(n)unu_{n+1}=g(n)\,u_n avec g(n)Lg(n)\to L et unu_n\to\ell, alors =L\ell=L\ell ; si L1L\neq1, =0\ell=0.

Lien avec les séries : cette suite est le terme général de n2n\sum\tfrac n{2^n}, qui converge (règle de d'Alembert, L=12L=\tfrac12) et vaut 22 — lot D.

L'erreur classique

⚠️ Dire « décroissante » sans préciser le rang. u1=u2u_1=u_2 : la suite n'est pas strictement décroissante dès le début. Un énoncé qui demande « à partir d'un rang » attend n=1n=1 (large) ou n=2n=2 (stricte), avec la justification.

⚠️ Passer à la limite sans avoir prouvé la convergence. « =12\ell=\tfrac12\ell donc =0\ell=0 » suppose que \ell existe. La relation seule ne le garantit pas — c'est le théorème de la limite monotone qui le fait, avant.

⚠️ Simplifier n+12n\tfrac{n+1}{2n} en 12\tfrac12. Ce n'est vrai qu'à la limite. Pour la monotonie, il faut l'inégalité exacte n+12n1\tfrac{n+1}{2n}\leq1, pas sa limite.

À retenir

Quotient → monotonie → limite monotone → passage à la limite : la chaîne complète d'une étude de suite, sans jamais deviner.

Préciser le rang : la monotonie peut ne commencer qu'au bout de quelques termes, et l'énoncé le sait.

Le passage à la limite dans un+1=g(n)unu_{n+1}=g(n)u_n identifie \ell — à condition d'avoir prouvé qu'il existe.

Réponse. u1=u2=12u_1=u_2=\tfrac12, u3=38u_3=\tfrac38, u4=14u_4=\tfrac14, u5=532u_5=\tfrac5{32} ; un+1un=n+12n1\dfrac{u_{n+1}}{u_n}=\dfrac{n+1}{2n}\leq1 dès n=1n=1 (strict dès n=2n=2) ; décroissante minorée par 00, donc converge ; =12\ell=\tfrac12\ell=0\ell=0. (Recoupement : u100,00977u_{10}\approx0{,}00977 ✓)
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Trois vitesses de convergence

CalculDifficulté 3/5

Trois suites tendent vers leur limite : an=1n0a_n=\dfrac1n\to0, bn=12n0b_n=\dfrac1{2^n}\to0, et la suite de Héron hnh_n de l'exercice B4, avec hn2(hn12)22h_n-\sqrt2\leq\dfrac{(h_{n-1}-\sqrt2)^2}2. 1. Pour chacune, déterminer le plus petit rang nn tel que l'écart à la limite soit inférieur à 10610^{-6}. 2. Étudier le quotient an+1an\dfrac{a_{n+1}}{a_n} et bn+1bn\dfrac{b_{n+1}}{b_n} ; que traduisent leurs limites ? 3. Combien de termes supplémentaires faut-il, dans chaque cas, pour gagner une décimale de précision ?

Indices (3)

1n<106    n>106\tfrac1n<10^{-6}\iff n>10^6 ; 12n<106    2n>106\tfrac1{2^n}<10^{-6}\iff2^n>10^6, et 220=10485762^{20}=1\,048\,576.

Pour Héron, reprendre les écarts mesurés en B4 : e32,1×106e_3\approx2{,}1\times10^{-6}, e41,6×1012e_4\approx1{,}6\times10^{-12}.

Gagner une décimale = diviser l'erreur par 1010. Pour 12n\tfrac1{2^n} : 2k102^k\geq10 dès k=4k=4 ; plus finement log1020,301\log_{10}2\approx0{,}301.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Toutes les convergences ne se valent pas, et l'écart est vertigineux. Pour la même précision 10610^{-6} :

suite rang nécessaire
1n\tfrac1n 10000011\,000\,001
12n\tfrac1{2^n} 2020
Héron 44

Un million, vingt, quatre. Ce tableau est le résultat de l'exercice, et il vaut d'être compris avant d'être démontré : il y a trois régimes, et c'est le comportement de l'erreur d'un rang au suivant qui les distingue — divisée par un facteur qui tend vers 11, par un facteur constant, ou élevée au carré.

Les rangs pour 10⁻⁶

an=1na_n=\tfrac1n : 1n<106    n>106\tfrac1n<10^{-6}\iff n>10^6. Le plus petit rang est n=1000001n=1\,000\,001 (et n=106n=10^6 donne exactement 10610^{-6}, pas strictement moins).

bn=12nb_n=\tfrac1{2^n} : 12n<106    2n>106\tfrac1{2^n}<10^{-6}\iff2^n>10^6. Or 219=524288<106<1048576=2202^{19}=524\,288<10^6<1\,048\,576=2^{20}, donc n=20n=20.

Héron : les écarts mesurés en B4 sont e18,6×102e_1\approx8{,}6\times10^{-2}, e22,5×103e_2\approx2{,}5\times10^{-3}, e32,1×106e_3\approx2{,}1\times10^{-6} — encore au-dessus de 10610^{-6} — et e41,6×1012e_4\approx1{,}6\times10^{-12}. Donc n=4n=4.

n=1000001;n=20;n=4\boxed{n=1\,000\,001\quad;\quad n=20\quad;\quad n=4}
Ce que dit le quotient des écarts
an+1an=nn+11,bn+1bn=12.\frac{a_{n+1}}{a_n}=\frac{n}{n+1}\to1,\qquad\frac{b_{n+1}}{b_n}=\frac12.
  • Pour 1n\tfrac1n, l'erreur est multipliée par nn+1\tfrac n{n+1}, un facteur qui tend vers 11 : chaque pas gagne de moins en moins. Convergence lente (on dit aussi sous-géométrique).
  • Pour 12n\tfrac1{2^n}, l'erreur est multipliée par 12\tfrac12 à chaque pas, indéfiniment. Convergence géométrique (ou linéaire) de raison 12\tfrac12 : c'est le régime des suites arithmético-géométriques (B2) et des points fixes attractifs (B1, B5, B6).
  • Pour Héron, il n'y a pas de facteur : en+1en22e_{n+1}\leq\tfrac{e_n^2}2, l'erreur est élevée au carré. Le quotient en+1enen20\tfrac{e_{n+1}}{e_n}\leq\tfrac{e_n}2\to0. Convergence quadratique.

👉 La limite du quotient des écarts est le bon indicateur : 11 (lent), L]0,1[L\in\,]0,1[ (géométrique), 00 (super-géométrique, dont quadratique).

Le prix d'une décimale

Gagner une décimale, c'est diviser l'erreur par 1010.

  • 1n\tfrac1n : il faut multiplier nn par 1010. De n=10n=10 à n=100n=100, puis à 10001000… Le coût croît : la dixième décimale coûte 99 milliards de termes de plus que la neuvième. Chaque décimale est dix fois plus chère que la précédente.
  • 12n\tfrac1{2^n} : il faut 2k102^k\geq10, soit k=4k=4 termes (ou, en moyenne, 1log1023,32\tfrac1{\log_{10}2}\approx3{,}32 termes, puisque log1020,301\log_{10}2\approx0{,}301 : chaque terme apporte 0,3010{,}301 décimale). Le coût est constant : la dixième décimale coûte autant que la première.
  • Héron : le nombre de décimales justes double à chaque terme (1,2,5,111,2,5,11 décimales aux rangs 1,2,3,41,2,3,4). La dixième décimale est déjà là au rang 44 ; le rang 55 en donne 2323. Le coût par décimale décroît.
lent : ×10 termes par deˊcimale;geˊomeˊtrique : 3,3 termes;quadratique : les deˊcimales doublent\boxed{\text{lent : }\times10\text{ termes par décimale}\quad;\quad\text{géométrique : }\approx3{,}3\text{ termes}\quad;\quad\text{quadratique : les décimales doublent}}
Rappel de cours

Ordre de convergence. Si un+1Cun\lvert u_{n+1}-\ell\rvert\approx C\lvert u_n-\ell\rvert avec C<1C<1 : linéaire (géométrique) de raison CC. Si un+1Cun2\lvert u_{n+1}-\ell\rvert\approx C\lvert u_n-\ell\rvert^2 : quadratique. Si le rapport tend vers 11 : sous-linéaire.

Pour un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) : raison C=f()C=\lvert f'(\ell)\rvert si elle est non nulle ; quadratique si f()=0f'(\ell)=0 (c'est le cas de la méthode de Newton).

Pour une série : la vitesse se lit sur le reste RNR_N (lot C) — 1N\tfrac1N pour 1n2\sum\tfrac1{n^2}, géométrique pour qn\sum q^n.

L'erreur classique

⚠️ Confondre « converge vers 00 » et « converge vite ». Les trois suites tendent vers leur limite ; ce qui les sépare n'est pas la limite mais le rang qu'il faut pour l'approcher. En calcul numérique, une suite lente est inutilisable.

⚠️ Lire la vitesse sur les premiers termes. 1n\tfrac1n et 12n\tfrac1{2^n} valent toutes deux 12\tfrac12 en n=1n=1 et 14\tfrac14 contre 12\tfrac12 en n=2n=2 : indistinguables au départ. C'est le quotient des écarts qui les distingue, pas les valeurs.

À retenir

Trois régimes : lent, géométrique, quadratique — reconnaissables au quotient des écarts (1\to1, constant <1<1, 0\to0).

Le coût d'une décimale : croissant, constant, décroissant. C'est ce qui décide de l'algorithme qu'on emploie pour calculer une racine, une somme, un point fixe.

1n\tfrac1n n'est pas « petit » : un million de termes pour six décimales. Les séries de Riemann 1nα\sum\tfrac1{n^\alpha} avec α\alpha proche de 11 ont ce défaut, et le lot C montre comment l'accélérer par un encadrement du reste.

Réponse. n=1000001n=1\,000\,001 ; n=20n=20 (220=10485762^{20}=1\,048\,576) ; n=4n=4 (e32,1×106e_3\approx2{,}1\times10^{-6}, e41,6×1012e_4\approx1{,}6\times10^{-12}). Quotients : nn+11\tfrac n{n+1}\to1 (lent), 12\tfrac12 (géométrique), 0\to0 (quadratique). Une décimale coûte : ×10\times10 termes, 3,3\approx3{,}3 termes (log1020,301\log_{10}2\approx0{,}301), ou les décimales doublent. (Recoupement : B4 et A1 ✓)
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La série harmonique tend vers l'infini

DémonstrationDifficulté 3/5

On pose Hn=1+12+13++1nH_n=1+\dfrac12+\dfrac13+\dots+\dfrac1n. 1. Montrer que H2nHn12H_{2n}-H_n\geq\dfrac12 pour tout n1n\geq1. 2. En déduire H2k1+k2H_{2^k}\geq1+\dfrac k2, puis que Hn+H_n\to+\infty. 3. En comparant 1k\dfrac1k à des intégrales de 1x\dfrac1x, montrer que ln(n+1)Hn1+lnn\ln(n+1)\leq H_n\leq1+\ln n, et donner un ordre de grandeur de H1000H_{1000}.

Indices (3)

H2nHn=1n+1++12nH_{2n}-H_n=\dfrac1{n+1}+\dots+\dfrac1{2n} : nn termes, chacun 12n\geq\dfrac1{2n}.

H2k=H1+(H2H1)+(H4H2)+H_{2^k}=H_1+(H_2-H_1)+(H_4-H_2)+\dots : kk tranches, chacune 12\geq\tfrac12.

Pour k1k\geq1, kk+1dxx1k\displaystyle\int_k^{k+1}\frac{dx}x\leq\frac1k ; pour k2k\geq2, 1kk1kdxx\dfrac1k\leq\displaystyle\int_{k-1}^k\frac{dx}x. Sommer.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une suite dont les termes ajoutés tendent vers 00 peut quand même partir à l'infini. HnH_n ajoute 1n\tfrac1n, de plus en plus petit — et pourtant HnH_n dépasse toute borne. C'est le contre-exemple qui empêche de croire que « croissante + termes ajoutés qui tendent vers 00 » suffit à converger (cf. A4, où c'est le majorant qui faisait tout).

Deux idées, et chacune vaut un théorème :

  • grouper les termes par paquets de taille doublante, chaque paquet pesant au moins 12\tfrac12 : la somme dépasse 1+k21+\tfrac k2 au bout de 2k2^k termes ;
  • comparer à une intégrale : 1k\tfrac1k est l'aire d'un rectangle, et les rectangles encadrent l'aire sous la courbe 1x\tfrac1x, qui vaut ln\ln.

La seconde idée est la comparaison série-intégrale, dont l'approfondissement (lot C) fait l'outil central des séries de Riemann.

Courbe decroissante de 1 sur x avec, sous elle et au-dessus d'elle, des rectangles de largeur 1 dont les hauteurs sont 1, un demi, un tiers... L'aire des rectangles hauts depasse l'aire sous la courbe, celle des rectangles bas lui est inferieure.
Comparaison série-intégrale sur f(x)=1xf(x)=\tfrac1x : chaque terme 1k\tfrac1k est l'aire d'un rectangle de largeur 11. Les rectangles sur la courbe (hauteur 1k\tfrac1k sur [k,k+1][k,k+1]) majorent l'aire ln\ln ; les rectangles sous la courbe la minorent. D'où ln(n+1)Hn1+lnn\ln(n+1)\leq H_n\leq1+\ln n, et la même idée donne les séries de Riemann.

Les paquets : chaque tranche pèse au moins 1/2
H2nHn=1n+1+1n+2++12n.H_{2n}-H_n=\frac1{n+1}+\frac1{n+2}+\dots+\frac1{2n}.

Il y a nn termes, et le plus petit est le dernier, 12n\tfrac1{2n}. Donc

H2nHnn12n=12\boxed{H_{2n}-H_n\geq n\cdot\frac1{2n}=\frac12}

Contrôle : H20H100,6688H_{20}-H_{10}\approx0{,}6688 et H2000H10000,6929H_{2000}-H_{1000}\approx0{,}6929 — toujours au-dessus de 12\tfrac12, et la valeur tend vers ln20,6931\ln2\approx0{,}6931 (question 3).

Empiler les tranches. H2k=H1+(H2H1)+(H4H2)++(H2kH2k1)H_{2^k}=H_1+(H_2-H_1)+(H_4-H_2)+\dots+(H_{2^k}-H_{2^{k-1}}) : kk tranches de la forme H2nHnH_{2n}-H_n, chacune 12\geq\tfrac12, et H1=1H_1=1. D'où

H2k1+k2\boxed{H_{2^k}\geq1+\frac k2}

Ainsi H1024=H2106H_{1024}=H_{2^{10}}\geq6 (valeur réelle 7,509\approx7{,}509). Comme (Hn)(H_n) est croissante et prend des valeurs arbitrairement grandes (dépasse 1+k21+\tfrac k2 pour tout kk), elle n'est pas majorée :

Hn+\boxed{H_n\to+\infty}
L'encadrement par le logarithme

Sur [k,k+1][k,k+1], la fonction 1x\tfrac1x est décroissante, donc comprise entre 1k+1\tfrac1{k+1} et 1k\tfrac1k ; son intégrale sur cet intervalle de longueur 11 vérifie

1k+1kk+1dxx1k.\frac1{k+1}\leq\int_k^{k+1}\frac{dx}x\leq\frac1k.

C'est la figure : le rectangle de hauteur 1k\tfrac1k contient l'aire sous la courbe, celui de hauteur 1k+1\tfrac1{k+1} est contenu dedans.

Majoration. Pour k2k\geq2, 1kk1kdxx\tfrac1k\leq\displaystyle\int_{k-1}^k\frac{dx}x (rectangle sous la courbe sur [k1,k][k-1,k]). En sommant de k=2k=2 à nn et en ajoutant le terme 11 :

Hn1+1ndxx=1+lnn.H_n\leq1+\int_1^n\frac{dx}x=1+\ln n.

Minoration. Pour k1k\geq1, 1kkk+1dxx\tfrac1k\geq\displaystyle\int_k^{k+1}\frac{dx}x. En sommant de 11 à nn :

Hn1n+1dxx=ln(n+1).H_n\geq\int_1^{n+1}\frac{dx}x=\ln(n+1).
ln(n+1)Hn1+lnn\boxed{\ln(n+1)\leq H_n\leq1+\ln n}

Ordre de grandeur. H1000H_{1000} est entre ln10016,91\ln1001\approx6{,}91 et 1+ln10007,911+\ln1000\approx7{,}91 ; valeur réelle H10007,485H_{1000}\approx7{,}485. Et H102,929H_{10}\approx2{,}929 entre ln112,398\ln11\approx2{,}398 et 1+ln103,3031+\ln10\approx3{,}303 ✓, H1005,187H_{100}\approx5{,}187.

ℹ️ L'écart HnlnnH_n-\ln n est décroissant et minoré par 00 : il converge, vers la constante d'Euler γ0,5772\gamma\approx0{,}5772 (admis ; H1000ln10000,5777H_{1000}-\ln1000\approx0{,}5777). Donc Hnlnn+0,577H_n\approx\ln n+0{,}577 : la série harmonique croît comme un logarithme — il faut e100e^{100} termes pour dépasser 100100.

Rappel de cours

Série harmonique : Hn+H_n\to+\infty, à la vitesse de lnn\ln n. C'est l'exemple fondamental de divergence à termes tendant vers 00.

Comparaison série-intégrale : pour ff décroissante positive sur [1,+[[1,+\infty[, kk+1ff(k)k1kf\displaystyle\int_k^{k+1}f\leq f(k)\leq\int_{k-1}^kf. En sommant, k=1nf(k)\sum_{k=1}^nf(k) est encadrée par des intégrales de ff — de même nature qu'elles.

Corollaire : 1nα\sum\tfrac1{n^\alpha} converge si et seulement si α>1\alpha>1 (séries de Riemann, exercice C3), parce que 1dxxα\displaystyle\int_1^{\infty}\frac{dx}{x^\alpha} converge si et seulement si α>1\alpha>1.

L'erreur classique

⚠️ « 1n0\tfrac1n\to0, donc HnH_n converge. » C'est l'erreur que tout ce chapitre combat. Le terme ajouté tend vers 00, mais pas assez vite : la somme des 1n\tfrac1n diverge, celle des 1n2\tfrac1{n^2} converge (A5). Ce qui tranche, c'est la vitesse à laquelle le terme tend vers 00.

⚠️ Se fier au calcul numérique. HnH_n croît si lentement (H10007,5H_{1000}\approx7{,}5, H10614,4H_{10^6}\approx14{,}4) qu'aucune calculatrice ne suggère la divergence. Seule la preuve — paquets ou intégrale — la donne.

À retenir

La série harmonique diverge, et lentement : HnlnnH_n\sim\ln n.

Deux preuves, deux outils : les paquets doublants (élémentaire, donne H2k1+k2H_{2^k}\geq1+\tfrac k2) et la comparaison à dxx\displaystyle\int\frac{dx}x (précise, donne ln(n+1)Hn1+lnn\ln(n+1)\leq H_n\leq1+\ln n).

Un terme qui tend vers 00 ne fait pas une somme finie. C'est la première chose à savoir avant d'aborder les séries.

Réponse. H2nHnn12n=12H_{2n}-H_n\geq n\cdot\tfrac1{2n}=\tfrac12 ; H2k1+k2H_{2^k}\geq1+\tfrac k2, donc (Hn)(H_n) croissante non majorée, Hn+H_n\to+\infty ; ln(n+1)Hn1+lnn\ln(n+1)\leq H_n\leq1+\ln n, H10007,485[6,91;7,91]H_{1000}\approx7{,}485\in[6{,}91\,;\,7{,}91]. (Recoupement : H10247,5096H_{1024}\approx7{,}509\geq6 ✓ ; Hnlnnγ0,5772H_n-\ln n\to\gamma\approx0{,}5772, admis)
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