Prouver une limite avec la définition
Soit
Indices (3)
Diviser numérateur et dénominateur par
Résoudre
Correction détaillée
La définition de la limite n'est pas une formule à réciter : c'est un contrat. Quelqu'un te donne une marge
Sur
La suite monte vers
👉 Mais «
Deux informations dans cette ligne :
pour tout : la suite est strictement inférieure à , elle ne l'atteint jamais — ce qui confirme la lecture du tableau ; - l'écart vaut
, qui tend vers : c'est exactement ce qu'il faut rendre plus petit que .
Pour
Et
Pour
et pour
Avec
Définition.
signifie : pour tout , il existe tel que pour tout , . L'ordre des quantificateurs porte tout le sens :
est donné avant , et a le droit de dépendre de . Un rang qui marcherait pour tous les à la fois n'existe que pour une suite constante à partir d'un certain rang. Unicité. Si
et , alors : pour grand, est à moins de de chacune, donc pour tout .
⚠️ Prendre
⚠️ Conclure du tableau. Trois valeurs qui s'approchent de
La preuve d'une limite par la définition suit toujours le même chemin : calculer
Le rang
Lever trois formes indéterminées
Déterminer les limites des suites suivantes : 1.
Indices (3)
Forme
Forme
Forme
Correction détaillée
Une forme indéterminée n'est pas une impasse : c'est un signal qu'il faut réécrire avant de passer à la limite. Les trois suites de l'énoncé sont les trois formes qu'on rencontre le plus, et chacune a son geste :
| forme | suite | geste |
|---|---|---|
| factoriser le dominant | ||
| quantité conjuguée | ||
| changement de variable |
👉 Dans les trois cas, l'idée est la même : mettre en évidence ce qui compte quand
Chaque terme entre parenthèses tend vers sa constante (
Contrôle :
Écrire
La forme indéterminée a disparu au numérateur ; il reste un
Contrôle :
ℹ️ Le même geste sur
On pose
Or
Contrôle :
Opérations sur les limites. Si
et : , , et si . Formes indéterminées :
, , , (et , , pour les puissances). Elles ne se lisent pas, elles se transforment. Réflexes : dominant en facteur (polynômes, racines), quantité conjuguée (différence de racines),
(fonction d'un infiniment petit), croissances comparées (exponentielle contre puissance).
⚠️ Remplacer par un équivalent dans une différence. «
⚠️ Lire
Trois formes, trois gestes, et le geste se choisit AVANT de calculer. Un
Chaque résultat se contrôle par une valeur numérique.
Le théorème des gendarmes
Déterminer la limite de chacune des suites : 1.
Indices (3)
Chaque terme de la somme est entre
Correction détaillée
Le théorème des gendarmes sert quand on ne sait pas calculer
La logique est toujours la même : trouver
On ne sait rien de
La forme à retenir est plus courte encore :
Les deux gendarmes tendent vers
Contrôle numérique (
L'outil est l'encadrement fondamental de la partie entière : pour tout réel
Avec
Le gendarme de gauche tend vers
Contrôle :
Théorème des gendarmes. Si
à partir d'un certain rang et si et , alors . Corollaire (le plus utilisé) : si
avec , alors . Variante infinie : si
et , alors — un seul gendarme suffit pour aller à l'infini. Pour une somme de
termes, l'encadrement standard est « fois le plus petit somme fois le plus grand ».
⚠️ Passer à la limite terme à terme dans une somme dont le nombre de termes grandit. « Chaque
⚠️ Écrire
Les gendarmes remplacent un calcul impossible par deux calculs possibles. On n'a pas besoin de connaître
Trois encadrements à connaître par cœur :
Un encadrement se contrôle numériquement : si
Croissante et majorée : la limite existe
On pose
Indices (3)
Remplacer chaque
Correction détaillée
On va prouver qu'une suite converge sans savoir vers quoi. C'est le rôle du théorème de la limite monotone : il donne l'existence de la limite, jamais sa valeur. Et c'est très souvent tout ce qu'on peut faire — ici la limite est
Le plan est celui de toutes les preuves de ce type :
- la suite monte (croissante) ;
- elle ne peut pas dépasser un plafond (majorée) ;
- donc elle converge — vers quelque chose sous le plafond.
La seule difficulté réelle est l'étape 2 : trouver un plafond. On y arrive en comparant
Passer de
Les premières valeurs le confirment :
Le lemme. Pour
(Égalité pour
Le plafond. On garde le terme
La parenthèse est une somme géométrique de raison
Le majorant
Comme la suite est croissante, chaque terme est en dessous de la limite :
ℹ️ Cette limite est le nombre
Théorème de la limite monotone. Une suite croissante et majorée converge ; une suite décroissante et minorée converge. Une suite croissante non majorée tend vers
. Pourquoi c'est vrai (admis à ce palier) : la limite est la borne supérieure de l'ensemble des termes, qui existe par la propriété fondamentale de
. Sur , l'énoncé serait faux — la suite de Héron (exercice B4) est croissante-décroissante-bornée dans et n'y a pas de limite. Ce qu'il donne et ne donne pas : l'existence de
, et l'encadrement (croissante, majorant ). Pas la valeur.
⚠️ « Les termes ajoutés tendent vers
⚠️ Confondre majorant et limite.
Existence d'abord, valeur ensuite — et parfois jamais. Le théorème de la limite monotone est l'outil des suites définies par une somme ou une récurrence, où la limite ne se calcule pas directement.
Un majorant se fabrique par comparaison : ici
Croissante et majorée par
Suites adjacentes et encadrement d'une limite
On pose
Indices (3)
Adjacentes = l'une croît, l'autre décroît, leur différence tend vers
Pour tout
Correction détaillée
Deux suites adjacentes, c'est un étau qui se resserre sur un nombre. L'une monte, l'autre descend, l'écart entre elles fond : elles ne peuvent que se rejoindre, et le point de rencontre est encadré par chaque couple
C'est plus fort que le théorème de la limite monotone seul : celui-ci donne l'existence de la limite de
Ici
Au dénominateur commun
Le numérateur se réduit à
👉 L'idée derrière ce choix de
Il reste la troisième condition :
| condition | vérifiée par |
|---|---|
Théorème des suites adjacentes :
Pourquoi l'encadrement ?
L'amplitude de l'encadrement
Contrôle : la valeur exacte est
Suites adjacentes.
croissante, décroissante, . Alors elles convergent vers la même limite , et pour tout . Preuve :
est décroissante et tend vers , donc positive : . La suite est croissante et majorée par , donc converge ; de même décroît et est minorée par . La différence des limites est . Usage : encadrer un nombre qu'on ne sait pas calculer (
, , une somme de série), avec une précision choisie à l'avance.
⚠️ Oublier la troisième condition.
⚠️ Croire que
Adjacentes = encadrement à précision choisie. L'amplitude
Le bon
Vérifier le calcul de
Limites de référence et croissances comparées
1. Donner la limite de
Indices (3)
Cinq cas pour
Hiérarchie des croissances :
Correction détaillée
Quelques limites se retiennent ; toutes les autres s'y ramènent. Ce qu'il faut avoir en tête, ce n'est pas une liste, c'est une hiérarchie :
où «
Et la limite
| pourquoi | ||
|---|---|---|
| suite constante | ||
| diverge | ||
| diverge |
👉 La ligne qui compte est la troisième : c'est elle qui fait converger les suites arithmético-géométriques (B2), les séries géométriques (C1), et toutes les erreurs « divisées par une constante à chaque pas ».
⚠️ La condition est
Preuve possible : le quotient de deux termes consécutifs,
Or
Par continuité de l'exponentielle,
Contrôle :
Limites de référence.
si ; si ; ; . Croissances comparées. Pour
, : , , , . Outil de preuve : le quotient
. S'il tend vers , la suite (positive) finit par décroître plus vite qu'une géométrique de raison entre et , donc tend vers .
⚠️ Se fier aux premiers termes.
⚠️ Écrire
La hiérarchie
Les formes
Escalier vers un point fixe
Soit
Indices (3)
Correction détaillée
Une suite récurrente
Le plan est toujours le même, et il vaut d'être appris comme une procédure :
- points fixes : candidats pour la limite ;
- intervalle stable contenant
: la suite y reste ; - monotonie : par
croissante, ou par le signe de ; - bornée + monotone : elle converge, et sa limite est un point fixe.
Sur la figure, la suite dessine un escalier qui monte vers
Points fixes.
Intervalle stable.
Récurrence.
Le premier pas monte :
Et
Les valeurs le montrent :
Par la quantité conjuguée,
Comme
Par récurrence,
ℹ️ Un recoupement inattendu :
Suite
avec croissante sur un intervalle stable . La suite est monotone : croissante si , décroissante si . Bornée par les bords de , elle converge vers un point fixe de dans . Si
est continue et , alors . C'est ce qui identifie la limite. Sans convergence prouvée, un point fixe n'est qu'un candidat. Vitesse. Si
, l'écart est asymptotiquement multiplié par à chaque pas.
⚠️ Écrire «
⚠️ Oublier l'intervalle stable. Sans lui, «
Points fixes, intervalle stable, monotonie, convergence, identification : cinq étapes, dans cet ordre, pour toute suite
Le signe de
La quantité conjuguée sur
Suite arithmético-géométrique
Soit
Indices (3)
Point fixe : résoudre
Correction détaillée
Une suite arithmético-géométrique est une suite géométrique qui a glissé. La récurrence
Les premiers termes montrent déjà la mécanique :
C'est la valeur que la suite « ne quitte pas » : si
Ici
On pose
Contrôle sur les valeurs calculées à la main :
👉 Le passage «
Le rang.
Douze termes pour trois décimales. Pour six décimales, il en faudrait
Suite arithmético-géométrique
, . Point fixe ; est géométrique de raison ; forme close Convergence vers si et seulement si (ou ). Si , la suite s'éloigne de — le point fixe est répulsif. Cas
: suite arithmétique, , pas de point fixe (sauf ).
⚠️ Croire qu'un point fixe est toujours la limite. Avec
⚠️ Oublier de recentrer. Écrire «
Point fixe, recentrage, forme close, limite : la procédure tient en quatre lignes et marche pour tout
La raison
Le rang de précision se lit sur
Récurrence linéaire d'ordre 2
Soit
Indices (3)
Une suite
Deux racines distinctes
Contrôler la formule obtenue sur
Correction détaillée
Une récurrence linéaire d'ordre 2 se résout comme une équation différentielle linéaire : on cherche des solutions « exponentielles », ici des suites géométriques
Comme la récurrence est linéaire, toute combinaison de solutions est solution. Et comme une suite est déterminée par ses deux premiers termes, deux solutions indépendantes suffisent à les engendrer toutes.
Avant tout calcul, les valeurs :
Deux racines réelles distinctes. Les suites
Forme générale des suites vérifiant
C'est un espace de dimension
On impose
Contrôle sur les valeurs calculées à la main :
La limite du quotient.
Autrement dit,
Récurrence linéaire d'ordre 2 à coefficients constants :
. Équation caractéristique .
racines forme générale réelles double complexes conjuguées Cas double, exemple :
( ), , donne : — le facteur est indispensable, seul ne peut pas satisfaire deux conditions initiales. Fibonacci :
, racines et , d'où la formule de Binet (exercice B6).
⚠️ Prendre les coefficients
⚠️ Poser
⚠️ Écrire
Équation caractéristique, racines, forme générale, conditions initiales, contrôle — la même chaîne que pour
Le comportement asymptotique est celui de la plus grande racine en module.
Toujours contrôler sur un terme non utilisé (
La méthode de Héron : décroissante par le signe de f(x)−x
Soit
Indices (3)
La limite
Correction détaillée
Ici
C'est la méthode de Héron (ou de Newton) pour calculer
Les premiers termes, en fractions :
Pour
Donc
ℹ️ C'est l'inégalité arithmético-géométrique : la moyenne arithmétique de
Pour
Décroissante et minorée par
Les valeurs :
La même identité qu'à la question 2, appliquée à
Notons
Monotonie par le signe de
. Si sur un intervalle stable contenant les termes, la suite est décroissante ; si , croissante. Aucune hypothèse de monotonie sur . Méthode de Newton pour
: . C'est exactement Héron. Convergence quadratique dès qu'on part d'un point raisonnable. Lecture de
: géométrique de raison ; quadratique.
⚠️ Chercher à montrer que
⚠️ Oublier de justifier
⚠️ Conclure
Quand
Une identité du type
Héron en quatre pas donne douze décimales de
Spirale vers un point fixe : u(n+1) = cos u(n)
Soit
Indices (3)
Sur
Accroissements finis :
Correction détaillée
Ni croissante, ni décroissante : cette suite oscille — et converge quand même. Les premières valeurs :
Elle monte, descend, remonte, redescend, et l'amplitude diminue :
Les outils de B1 (monotonie) et B4 (signe de
Posons
Par le théorème des valeurs intermédiaires,
(Ce nombre n'a pas d'expression fermée ; sa valeur
Stabilité.
Contraction. L'inégalité des accroissements finis appliquée à
car
Chaque pas multiplie l'écart à
La borne théorique est prudente :
D'un rang à l'autre, l'écart est divisé par environ
👉 Le signe de
Théorème du point fixe (contraction). Si
envoie un intervalle fermé dans lui-même et s'il existe tel que sur , alors a un unique point fixe , et toute suite partant de converge vers , avec . Comment obtenir
: par l'inégalité des accroissements finis, , à condition qu'il soit . Trois outils de convergence pour
: croissante (monotonie), signe de (monotonie), contraction (pas de monotonie requise).
⚠️ Conclure « pas monotone, donc ne converge pas ». La monotonie est un moyen de prouver la convergence, pas une condition nécessaire.
⚠️ Utiliser
La contraction est l'outil des suites qui oscillent : un facteur
Le signe de
Une borne théorique peut être très prudente :
Fibonacci caché : u(n+1) = 1/(1+u(n))
Soit
Indices (4)
Conjecturer
Correction détaillée
Une récurrence peut cacher une suite célèbre. Les premiers termes :
Numérateurs
La suite est donc la suite des quotients de Fibonacci — dont la limite est le célèbre inverse du nombre d'or. Mais on va le prouver avec les outils du chapitre, sans rien connaître de Fibonacci.
La racine positive est
C'est
Stabilité.
Contraction.
et donc
Contrôle :
: est décroissante ; : est croissante.
Et comme
deux suites adjacentes (leur écart tend vers
ℹ️ Pour Fibonacci lui-même, c'est la formule de Binet
décroissante sur un intervalle stable : la suite n'est pas monotone, mais et le sont (récurrence pour , croissante), de sens opposés. Si elles ont la même limite, converge (E3). Contraction :
sur l'intervalle stable donne la convergence sans passer par les extraites. Nombre d'or
: , .
⚠️ Prendre
⚠️ Déduire la monotonie de
Fonction décroissante = suite qui alterne, extraites monotones, contraction pour conclure. C'est le troisième scénario type, après «
Les extraites paire et impaire forment un étau quand
Reconnaître une suite célèbre (Fibonacci, Héron) ne dispense pas de la preuve — mais donne un contrôle indépendant : Binet redonne la limite
Bornes supérieure et inférieure d'ensembles concrets
Pour chacun des ensembles suivants, dire s'il est majoré, minoré, et déterminer sa borne supérieure et sa borne inférieure en précisant si elles sont atteintes :
Indices (3)
Lister les premiers éléments de chaque ensemble, séparément pour
Une borne non atteinte se reconnaît à une suite d'éléments qui s'en approche sans la toucher.
Pour
Correction détaillée
La borne supérieure est le plus petit des majorants ; elle n'est pas forcément un élément de l'ensemble. C'est toute la différence avec le maximum. Un ensemble peut avoir une borne supérieure sans avoir de plus grand élément — et c'est le cas le plus intéressant, celui où les éléments s'approchent d'une valeur sans l'atteindre.
Le test pratique, pour un ensemble décrit par une suite : la borne est-elle un terme de la suite (atteinte) ou une limite de la suite (non atteinte) ?
Et le quatrième ensemble,
, atteint (c'est ) : c'est un maximum ; , non atteint : aucun n'est nul, mais , donc aucun minorant ne peut dépasser (si minorait , on aurait pour tout , faux dès ).
, atteint ( ) : minimum ; , non atteint : toujours, et .
- Le plus grand élément est
( ) : , atteint. - Les éléments impairs descendent vers
sans l'atteindre ( ), et rien n'est en dessous : , non atteint.
👉 Deux valeurs d'adhérence (
Dans
Dans
C'est la propriété qui distingue
Majorant de
: un réel avec pour tout . Borne supérieure : le plus petit majorant. Maximum : une borne supérieure qui appartient à . Caractérisation :
si et seulement si majore et pour tout il existe avec . Pour un ensemble décrit par une suite : = max des termes s'il existe, sinon la plus grande limite d'extraite. Propriété de la borne supérieure (axiome de
) : toute partie non vide majorée de admet une borne supérieure. Fausse dans .
⚠️ Écrire «
⚠️ Confondre borne supérieure et limite. Pour
⚠️ Croire que « majoré ⇒ borne supérieure » est évident. C'est un axiome de
Sup et inf se cherchent en listant les éléments : le plus grand terme s'il existe, sinon la limite vers laquelle ils montent.
Atteinte ou non : c'est la question qui distingue
L'ensemble
Valeurs approchées décimales et contrôle de l'erreur
1. Justifier l'encadrement
Indices (3)
Élever au carré :
Chercher le premier
Un décimal est un
Correction détaillée
« Valeur approchée » n'a de sens qu'avec une précision, et une précision n'a de sens qu'avec une preuve. Écrire
Cet exercice traite les trois situations qu'on rencontre : une racine (on encadre par des carrés), une somme de série (on majore le reste), et la nature même des décimaux (ce qu'ils sont, ce qu'ils ne sont pas, et pourquoi ils suffisent quand même).
Donc
Pour
On veut
et
👉 Pourquoi
Un décimal est un nombre de la forme
De même
Et pourtant les décimaux suffisent : pour tout réel
ℹ️ Un cas limite instructif :
Valeur approchée à
près de : un nombre avec . Par défaut : ; par excès : . L'approximation décimale par défaut est . Prouver une précision = exhiber un encadrement
avec . Pour une racine : comparer des carrés. Pour une somme de série : majorer le reste (lot C pour la méthode générale). Densité : entre deux réels distincts il y a toujours un décimal, un rationnel, et un irrationnel.
⚠️ Arrondir la borne d'une majoration. Si le reste est majoré par
⚠️ Confondre « approximation décimale » et « nombre décimal ».
Une précision se prouve par un encadrement, jamais par une calculatrice : carrés pour une racine, majoration du reste pour une série.
Le rang de précision d'une série se lit sur la majoration du reste — ici
Les décimaux ne remplissent pas
Suites extraites : prouver une divergence
1. Montrer que
Indices (3)
Si
Correction détaillée
Une suite extraite, c'est la même suite lue en sautant des termes.
Et c'est la contraposée qui sert le plus : deux extraites qui vont à deux endroits différents prouvent que la suite entière ne va nulle part. C'est l'outil standard pour démontrer une divergence sans limite infinie — quand la suite oscille.
Dans l'autre sens, une réciproque partielle existe : si les rangs pairs et les rangs impairs convergent vers la même chose, la suite converge. C'est la question 3.
Si
Elle ne tend pas non plus vers
- Une extraite convergente :
pour tout — suite constante nulle, convergente vers . Et , sont aussi convergentes (constantes). - Deux extraites de limites différentes :
et .
👉 Divergente ne veut pas dire « sans extraite convergente ». Toute suite bornée a des extraites convergentes (théorème de Bolzano-Weierstrass, approfondissement D5). Ce qui fait diverger
Les deux extraites convergent vers la même limite
Théorème. Si
(Ici les gendarmes auraient suffi :
Extraite :
avec strictement croissante (donc ). Théorème : si
(fini ou infini), alors . Contraposée : deux extraites de limites différentes ⇒ divergence. Réciproque partielle :
et convergent vers le même ⇒ converge vers . Se généralise à tout découpage fini des indices (rangs modulo , modulo …). Bolzano-Weierstrass (D5) : toute suite bornée admet une extraite convergente.
⚠️ «
⚠️ Croire que
⚠️ Oublier de justifier « strictement croissante » pour
Pour prouver qu'une suite oscillante diverge : deux extraites, deux limites. Pairs et impairs suffisent le plus souvent.
Pour prouver qu'une suite converge à partir de ses extraites : pairs et impairs vers la même limite. C'est le complément naturel des suites récurrentes avec
Une extraite convergente n'est pas une limite : toute suite bornée en a, y compris les divergentes.
Étude type DS : la suite n/2ⁿ
Soit
Indices (3)
Si
Correction détaillée
C'est l'exercice de DS par excellence : monotonie par le quotient, convergence par le théorème de la limite monotone, identification par passage à la limite. Trois techniques, dans l'ordre où elles s'enchaînent toujours.
La suite :
Et la limite se devine (
Pour une suite à termes strictement positifs, comparer
avec égalité pour
👉 Le quotient plutôt que la différence : c'est le bon outil dès qu'il y a des puissances ou des factorielles, parce qu'elles se simplifient en quotient et pas en différence.
Identifier
Contrôle :
ℹ️ Le même raisonnement donne
Monotonie par le quotient (
) : ⇒ décroissante. Adapté aux puissances et factorielles. Passage à la limite dans une relation de récurrence : si
avec et , alors ; si , . Lien avec les séries : cette suite est le terme général de
, qui converge (règle de d'Alembert, ) et vaut — lot D.
⚠️ Dire « décroissante » sans préciser le rang.
⚠️ Passer à la limite sans avoir prouvé la convergence. «
⚠️ Simplifier
Quotient → monotonie → limite monotone → passage à la limite : la chaîne complète d'une étude de suite, sans jamais deviner.
Préciser le rang : la monotonie peut ne commencer qu'au bout de quelques termes, et l'énoncé le sait.
Le passage à la limite dans
Trois vitesses de convergence
Trois suites tendent vers leur limite :
Indices (3)
Pour Héron, reprendre les écarts mesurés en B4 :
Gagner une décimale = diviser l'erreur par
Correction détaillée
Toutes les convergences ne se valent pas, et l'écart est vertigineux. Pour la même précision
| suite | rang nécessaire |
|---|---|
| Héron |
Un million, vingt, quatre. Ce tableau est le résultat de l'exercice, et il vaut d'être compris avant d'être démontré : il y a trois régimes, et c'est le comportement de l'erreur d'un rang au suivant qui les distingue — divisée par un facteur qui tend vers
Héron : les écarts mesurés en B4 sont
- Pour
, l'erreur est multipliée par , un facteur qui tend vers : chaque pas gagne de moins en moins. Convergence lente (on dit aussi sous-géométrique). - Pour
, l'erreur est multipliée par à chaque pas, indéfiniment. Convergence géométrique (ou linéaire) de raison : c'est le régime des suites arithmético-géométriques (B2) et des points fixes attractifs (B1, B5, B6). - Pour Héron, il n'y a pas de facteur :
, l'erreur est élevée au carré. Le quotient . Convergence quadratique.
👉 La limite du quotient des écarts est le bon indicateur :
Gagner une décimale, c'est diviser l'erreur par
: il faut multiplier par . De à , puis à … Le coût croît : la dixième décimale coûte milliards de termes de plus que la neuvième. Chaque décimale est dix fois plus chère que la précédente. : il faut , soit termes (ou, en moyenne, termes, puisque : chaque terme apporte décimale). Le coût est constant : la dixième décimale coûte autant que la première. - Héron : le nombre de décimales justes double à chaque terme (
décimales aux rangs ). La dixième décimale est déjà là au rang ; le rang en donne . Le coût par décimale décroît.
Ordre de convergence. Si
avec : linéaire (géométrique) de raison . Si : quadratique. Si le rapport tend vers : sous-linéaire. Pour
: raison si elle est non nulle ; quadratique si (c'est le cas de la méthode de Newton). Pour une série : la vitesse se lit sur le reste
(lot C) — pour , géométrique pour .
⚠️ Confondre « converge vers
⚠️ Lire la vitesse sur les premiers termes.
Trois régimes : lent, géométrique, quadratique — reconnaissables au quotient des écarts (
Le coût d'une décimale : croissant, constant, décroissant. C'est ce qui décide de l'algorithme qu'on emploie pour calculer une racine, une somme, un point fixe.
La série harmonique tend vers l'infini
On pose
Indices (3)
Pour
Correction détaillée
Une suite dont les termes ajoutés tendent vers
Deux idées, et chacune vaut un théorème :
- grouper les termes par paquets de taille doublante, chaque paquet pesant au moins
: la somme dépasse au bout de termes ; - comparer à une intégrale :
est l'aire d'un rectangle, et les rectangles encadrent l'aire sous la courbe , qui vaut .
La seconde idée est la comparaison série-intégrale, dont l'approfondissement (lot C) fait l'outil central des séries de Riemann.
Il y a
Contrôle :
Empiler les tranches.
Ainsi
Sur
C'est la figure : le rectangle de hauteur
Majoration. Pour
Minoration. Pour
Ordre de grandeur.
ℹ️ L'écart
Série harmonique :
, à la vitesse de . C'est l'exemple fondamental de divergence à termes tendant vers . Comparaison série-intégrale : pour
décroissante positive sur , . En sommant, est encadrée par des intégrales de — de même nature qu'elles. Corollaire :
converge si et seulement si (séries de Riemann, exercice C3), parce que converge si et seulement si .
⚠️ «
⚠️ Se fier au calcul numérique.
La série harmonique diverge, et lentement :
Deux preuves, deux outils : les paquets doublants (élémentaire, donne
Un terme qui tend vers