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Exercices corrigés — Courbes paramétrées

Analyse · 18 exercices-types du palier socle

BTSL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Courbes paramétrées Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Un même cercle, deux paramétrages

CalculDifficulté 2/5

On considère les deux courbes paramétrées C1:t(cost,sint)C_1 : t\mapsto(\cos t,\sin t), t[0,2π]t\in[0,2\pi], et C2:t(1t21+t2,2t1+t2)C_2 : t\mapsto\left(\dfrac{1-t^2}{1+t^2},\dfrac{2t}{1+t^2}\right), tRt\in\mathbb{R}. 1. Montrer que les deux courbes ont leur support sur le cercle unité. 2. Calculer le vecteur dérivé de chacune et sa norme. 3. Quel point du cercle la courbe C2C_2 n'atteint-elle jamais ? Comparer les deux parcours.

Indices (3)

Pour C2C_2, calculer x2+y2x^2+y^2 en mettant tout sur le dénominateur (1+t2)2(1+t^2)^2.

La norme de v\vec v pour C2C_2 se simplifie : le radicande est un carré parfait.

Résoudre x(t)=1x(t)=-1 pour C2C_2 ; regarder ce que devient M(t)M(t) quand t±t\to\pm\infty.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une courbe paramétrée, c'est une trajectoire : le support est le dessin, le paramètre est l'horloge. Deux mobiles peuvent parcourir la même route à des vitesses différentes, en partant d'endroits différents, et même sans passer partout. Cet exercice met côte à côte deux façons de parcourir le cercle unité — l'une régulière, l'autre non — pour séparer une fois pour toutes le support (ce qu'on voit) du paramétrage (comment on le parcourt).

Pour C1C_1, tout est familier : M(t)=(cost,sint)M(t)=(\cos t,\sin t) est le point du cercle d'angle tt, et le tour complet correspond à t[0,2π]t\in[0,2\pi].

Pour C2C_2, rien n'est évident à l'œil. Le premier réflexe est de vérifier que le point est bien sur le cercle, c'est-à-dire de calculer x2+y2x^2+y^2.

Les deux supports sont sur le cercle unité

Pour C1C_1 : cos2t+sin2t=1\cos^2t+\sin^2t=1, il n'y a rien à faire.

Pour C2C_2, on met les deux carrés sur le dénominateur commun (1+t2)2(1+t^2)^2 :

x2+y2=(1t2)2+(2t)2(1+t2)2=12t2+t4+4t2(1+t2)2=1+2t2+t4(1+t2)2=(1+t2)2(1+t2)2=1.x^2+y^2=\frac{(1-t^2)^2+(2t)^2}{(1+t^2)^2}=\frac{1-2t^2+t^4+4t^2}{(1+t^2)^2}=\frac{1+2t^2+t^4}{(1+t^2)^2}=\frac{(1+t^2)^2}{(1+t^2)^2}=1.

Le numérateur est exactement (1+t2)2(1+t^2)^2 : le point M(t)M(t) de C2C_2 est sur le cercle unité pour tout tt réel. Les deux courbes ont donc le même support — ou presque, comme la question 3 va le montrer.

x2+y2=1 pour les deux parameˊtrages\boxed{x^2+y^2=1\ \text{pour les deux paramétrages}}
Vecteurs dérivés et vitesses

Pour C1C_1 : v(t)=(sint,cost)\vec v(t)=(-\sin t,\cos t), de norme sin2t+cos2t=1\sqrt{\sin^2t+\cos^2t}=1. La vitesse est constante, égale à 11 : le point avance à allure régulière, et v(t)\vec v(t) est toujours perpendiculaire à OM\overrightarrow{OM} (produit scalaire costsint+sintcost=0-\cos t\sin t+\sin t\cos t=0).

Pour C2C_2, on dérive chaque quotient :

x(t)=2t(1+t2)(1t2)2t(1+t2)2=4t(1+t2)2,y(t)=2(1+t2)2t2t(1+t2)2=2(1t2)(1+t2)2.x'(t)=\frac{-2t(1+t^2)-(1-t^2)\cdot2t}{(1+t^2)^2}=\frac{-4t}{(1+t^2)^2},\qquad y'(t)=\frac{2(1+t^2)-2t\cdot2t}{(1+t^2)^2}=\frac{2(1-t^2)}{(1+t^2)^2}.

Puis la norme :

v(t)2=16t2+4(1t2)2(1+t2)4=4(4t2+12t2+t4)(1+t2)4=4(1+t2)2(1+t2)4,\|\vec v(t)\|^2=\frac{16t^2+4(1-t^2)^2}{(1+t^2)^4}=\frac{4\bigl(4t^2+1-2t^2+t^4\bigr)}{(1+t^2)^4}=\frac{4(1+t^2)^2}{(1+t^2)^4},

d'où

v(t)=21+t2.\boxed{\|\vec v(t)\|=\frac{2}{1+t^2}}.

La vitesse n'est pas constante : elle vaut 22 en t=0t=0 (au point (1,0)(1,0)), 11 en t=1t=1 (au point (0,1)(0,1)), et tend vers 00 quand t±t\to\pm\infty. Le mobile part vite de (1,0)(1,0) et ralentit indéfiniment.

Le point manquant, et la lecture des deux parcours

Où va M(t)M(t) quand t±t\to\pm\infty ? Le degré du numérateur et du dénominateur donne x(t)=1t21+t21x(t)=\dfrac{1-t^2}{1+t^2}\to-1 et y(t)=2t1+t20y(t)=\dfrac{2t}{1+t^2}\to0. Le point (1,0)(-1,0) est donc approché mais jamais atteint : l'équation x(t)=1x(t)=-1 s'écrit 1t2=1t21-t^2=-1-t^2, soit 1=11=-1, impossible.

C2 deˊcrit le cercle uniteˊ priveˊ du point (1,0)\boxed{C_2\ \text{décrit le cercle unité privé du point }(-1,0)}

Lecture des deux parcours. Sur [0,2π][0,2\pi], C1C_1 fait exactement un tour, à vitesse 11. Sur R\mathbb{R} tout entier, C2C_2 fait aussi un tour — dans le sens direct, puisque y>0y>0 pour t>0t>0 — mais en partant de (1,0)(1,0) en t=0t=0, en passant par (0,1)(0,1) en t=1t=1, et en ralentissant sans cesse en s'approchant de (1,0)(-1,0), qu'il n'atteint qu'« à l'infini ». Pour t<0t<0, il vient de (1,0)(-1,0) par le bas.

Ce paramétrage n'est pas une curiosité : c'est le changement de variable t=tanθ2t=\tan\dfrac\theta2. On vérifie que 1tan2(θ/2)1+tan2(θ/2)=cosθ\dfrac{1-\tan^2(\theta/2)}{1+\tan^2(\theta/2)}=\cos\theta et 2tan(θ/2)1+tan2(θ/2)=sinθ\dfrac{2\tan(\theta/2)}{1+\tan^2(\theta/2)}=\sin\theta : c'est le paramétrage rationnel du cercle, celui qu'on emploie pour intégrer les fractions en cosθ\cos\theta et sinθ\sin\theta. Le point θ=π\theta=\pi correspond à t=tanπ2t=\tan\tfrac\pi2, qui n'existe pas — exactement le point manquant.

Rappel de cours

Courbe paramétrée. Une application tM(t)=(x(t),y(t))t\mapsto M(t)=(x(t),y(t)) définie sur un intervalle. Le support est l'ensemble des points M(t)M(t) ; le paramètre est la variable, souvent lue comme un instant. Deux courbes paramétrées différentes peuvent avoir le même support.

Vecteur dérivé. v(t)=(x(t),y(t))\vec v(t)=(x'(t),y'(t)) : c'est la vitesse. Sa norme v(t)=x(t)2+y(t)2\|\vec v(t)\|=\sqrt{x'(t)^2+y'(t)^2} est la vitesse scalaire. Elle dépend du paramétrage, pas seulement du support.

L'erreur classique

⚠️ Confondre le paramètre et un point. Sur C2C_2, « t=1t=1 » n'est pas un point du plan : c'est l'instant où le mobile passe en M(1)=(0,1)M(1)=(0,1). Écrire « la courbe passe par t=1t=1 » n'a pas de sens.

⚠️ Croire que deux paramétrages du même support ont le même vecteur dérivé. En (0,1)(0,1), C1C_1 passe à la vitesse 11 (en t=π2t=\tfrac\pi2) et C2C_2 à la vitesse 11 aussi (en t=1t=1) — coïncidence ; en (1,0)(1,0), C1C_1 passe à la vitesse 11 et C2C_2 à la vitesse 22. La direction de la tangente ne dépend que du support ; la longueur de v\vec v dépend du paramétrage.

À retenir

Le support ne dit pas tout. Une courbe paramétrée porte trois informations : le dessin, le sens de parcours, et l'allure. Deux paramétrages du cercle peuvent différer par les trois, et même par le fait de passer ou non par un point donné.

La norme du vecteur dérivé se simplifie souvent parce que le radicande est un carré parfait — ici (1+t2)2(1+t^2)^2. Avant de laisser une racine dans un résultat, développer le radicande et chercher à le factoriser.

Réponse. x2+y2=1x^2+y^2=1 pour les deux ; v1=(sint,cost)\vec v_1=(-\sin t,\cos t) de norme 11 ; v2=(4t(1+t2)2,2(1t2)(1+t2)2)\vec v_2=\left(\dfrac{-4t}{(1+t^2)^2},\dfrac{2(1-t^2)}{(1+t^2)^2}\right) de norme 21+t2\dfrac2{1+t^2} ; C2C_2 n'atteint jamais (1,0)(-1,0) (limite en ±\pm\infty). (Recoupement : t=1t=1 donne (0,1)(0,1) et vitesse 11 ✓)
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Vecteur dérivé et tangente en un point

CalculDifficulté 2/5

Soit la courbe M(t)=(t2+1,  t33t)M(t)=(t^2+1,\;t^3-3t), tRt\in\mathbb{R}. 1. Calculer le vecteur dérivé v(t)\vec v(t) et vérifier qu'il n'est jamais nul. 2. Donner une équation de la tangente au point M(2)M(2). 3. Déterminer les points où la tangente est horizontale, puis ceux où elle est verticale.

Indices (3)

v(t)=(x(t),y(t))\vec v(t)=(x'(t),y'(t)) ; regarder si xx' et yy' peuvent s'annuler pour le même tt.

La tangente en M(t0)M(t_0) passe par M(t0)M(t_0) et est dirigée par v(t0)\vec v(t_0) : écrire y(t0)(xx0)x(t0)(yy0)=0y'(t_0)(x-x_0)-x'(t_0)(y-y_0)=0.

Horizontale : y=0y'=0 et x0x'\neq0. Verticale : x=0x'=0 et y0y'\neq0.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La tangente à une courbe paramétrée est dirigée par le vecteur vitesse. C'est la seule chose à retenir, et elle remplace la pente f(x0)f'(x_0) des graphes : ici il n'y a pas de fonction y=f(x)y=f(x) — la courbe repasse deux fois au-dessus de certaines abscisses — mais il y a toujours un vecteur dérivé, et il dirige la tangente dès qu'il n'est pas nul.

Sur M(t)=(t2+1,t33t)M(t)=(t^2+1,\,t^3-3t) :

  • x(t)=t2+1x(t)=t^2+1 est toujours 1\geq1 : la courbe vit à droite de la droite x=1x=1 ;
  • y(t)=t33ty(t)=t^3-3t est impaire : on devine une symétrie, qu'on exploitera au lot B.

On dérive coordonnée par coordonnée.

Le vecteur dérivé ne s'annule jamais
v(t)=(x(t),y(t))=(2t,  3t23).\vec v(t)=\bigl(x'(t),y'(t)\bigr)=\bigl(2t,\;3t^2-3\bigr).

Pour que v(t)=0\vec v(t)=\vec0, il faudrait à la fois 2t=02t=0, donc t=0t=0, et 3t23=03t^2-3=0, donc t=±1t=\pm1. Ces deux conditions sont incompatibles : aucun point de la courbe n'est stationnaire, tous sont réguliers, et la tangente existe partout, dirigée par v(t)\vec v(t).

v(t)=(2t,3t23)0 pour tout t\boxed{\vec v(t)=(2t,\,3t^2-3)\neq\vec0\ \text{pour tout }t}
La tangente en M(2)

En t=2t=2 : M(2)=(4+1,  86)=(5,2)M(2)=(4+1,\;8-6)=(5,2) et v(2)=(4,  123)=(4,9)\vec v(2)=(4,\;12-3)=(4,9).

La tangente passe par (5,2)(5,2) et est dirigée par (4,9)(4,9). Un point (x,y)(x,y) est dessus si le vecteur (x5,y2)(x-5,\,y-2) est colinéaire à (4,9)(4,9), c'est-à-dire si le déterminant est nul :

x54y29=9(x5)4(y2)=0    9x4y37=0.\begin{vmatrix}x-5&4\\y-2&9\end{vmatrix}=9(x-5)-4(y-2)=0\quad\iff\quad 9x-4y-37=0.

On peut aussi écrire la pente : y(2)x(2)=94\dfrac{y'(2)}{x'(2)}=\dfrac94, et la tangente y=2+94(x5)y=2+\dfrac94(x-5), ce qui est la même droite. Vérification : 9×54×237=45837=09\times5-4\times2-37=45-8-37=0 ✓.

tangente en M(2)=(5,2) : 9x4y37=0, pente 94\boxed{\text{tangente en }M(2)=(5,2)\ :\ 9x-4y-37=0,\ \text{pente }\tfrac94}
Tangentes horizontales et verticales

Horizontale : il faut y(t)=0y'(t)=0 avec x(t)0x'(t)\neq0. Or 3t23=0    t=±13t^2-3=0\iff t=\pm1, et en ces deux instants x(t)=±20x'(t)=\pm2\neq0. Les points sont

M(1)=(2,  13)=(2,2),M(1)=(2,  1+3)=(2,2).M(1)=(2,\;1-3)=(2,-2),\qquad M(-1)=(2,\;-1+3)=(2,2).
Deux points de même abscisse 22, symétriques par rapport à l'axe (Ox)(Ox), où la courbe passe à plat.

Verticale : il faut x(t)=0x'(t)=0 avec y(t)0y'(t)\neq0. Or 2t=0    t=02t=0\iff t=0, et y(0)=30y'(0)=-3\neq0. Le point est

M(0)=(1,0),M(0)=(1,0),
le point le plus à gauche de la courbe (x1x\geq1 partout), où la courbe est verticale : elle « rebondit » sur la droite x=1x=1.

horizontales en (2,2) et (2,2) ; verticale en (1,0)\boxed{\text{horizontales en }(2,-2)\text{ et }(2,2)\ ;\ \text{verticale en }(1,0)}
Rappel de cours

Tangente en un point régulier. Si v(t0)=(x(t0),y(t0))0\vec v(t_0)=(x'(t_0),y'(t_0))\neq\vec0, la tangente en M(t0)=(x0,y0)M(t_0)=(x_0,y_0) est la droite passant par M(t0)M(t_0) dirigée par v(t0)\vec v(t_0) :

y(t0)(xx0)x(t0)(yy0)=0.y'(t_0)\,(x-x_0)-x'(t_0)\,(y-y_0)=0.
Si x(t0)0x'(t_0)\neq0, sa pente est y(t0)x(t0)\dfrac{y'(t_0)}{x'(t_0)} ; si x(t0)=0x'(t_0)=0, elle est verticale.

Point stationnaire. Si v(t0)=0\vec v(t_0)=\vec0, cette formule ne dit rien : il faut regarder les dérivées suivantes (exercice A6, et l'approfondissement).

L'erreur classique

⚠️ Écrire la pente y(t)y'(t) au lieu de y(t)x(t)\dfrac{y'(t)}{x'(t)}. En t=2t=2, la pente n'est pas 99 mais 94\dfrac94 : c'est le rapport des deux dérivées, parce que xx bouge aussi. Le réflexe « pente == dérivée » vient des graphes y=f(x)y=f(x), où x(t)=1x'(t)=1.

⚠️ Conclure « tangente horizontale » dès que y=0y'=0, sans vérifier x0x'\neq0. Ici x(±1)=±2x'(\pm1)=\pm2, tout va bien ; mais sur (t2,t3)(t^2,t^3) en t=0t=0, y=0y'=0 et x=0x'=0, et la conclusion demande un autre argument.

À retenir

Une tangente, c'est un point et un vecteur. M(t0)M(t_0) et v(t0)\vec v(t_0) suffisent ; l'équation s'écrit par un déterminant nul, ou par la pente yx\dfrac{y'}{x'}.

Les tangentes horizontales et verticales se lisent sur les zéros de yy' et de xx' — et ce sont les premiers points qu'on place avant de tracer. Ici trois points, (1,0)(1,0), (2,2)(2,-2) et (2,2)(2,2), structurent déjà toute la courbe.

Réponse. v(t)=(2t,3t23)\vec v(t)=(2t,\,3t^2-3), jamais nul ; tangente en M(2)=(5,2)M(2)=(5,2) : 9x4y37=09x-4y-37=0 (pente 94\tfrac94) ; horizontales en (2,2)(2,\mp2) (t=±1t=\pm1), verticale en (1,0)(1,0) (t=0t=0). (Recoupement : 954237=09\cdot5-4\cdot2-37=0 ✓)
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Le projectile : sommet, portée, tangentes

ApplicationDifficulté 3/5

Un projectile est lancé du point OO avec la vitesse v0=20v_0=20 m/s et l'angle α=π6\alpha=\dfrac\pi6 par rapport au sol ; on prend g=10g=10 m/s². Sa position à l'instant tt est x(t)=v0tcosαx(t)=v_0t\cos\alpha, y(t)=v0tsinα12gt2y(t)=v_0t\sin\alpha-\dfrac12gt^2. 1. Expliciter x(t)x(t) et y(t)y(t), puis le vecteur vitesse. 2. À quel instant, et en quel point, le projectile est-il au sommet de sa trajectoire ? 3. Calculer la portée (abscisse du point de chute) et l'angle de la tangente à l'arrivée au sol. 4. Éliminer tt pour reconnaître la trajectoire.

Indices (3)

cosπ6=32\cos\tfrac\pi6=\tfrac{\sqrt3}2, sinπ6=12\sin\tfrac\pi6=\tfrac12.

Au sommet, la vitesse est horizontale : y(t)=0y'(t)=0.

Chute au sol : y(t)=0y(t)=0 avec t0t\neq0. La tangente à l'arrivée est dirigée par v\vec v à cet instant.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La courbe paramétrée est ici une vraie trajectoire, et le paramètre est le temps. Tout ce que la physique demande — où est le sommet, où tombe le projectile, sous quel angle — se lit sur M(t)M(t) et sur sa dérivée v(t)\vec v(t), qui est la vitesse au sens physique. C'est l'exemple du programme de BTS (« trajectoire d'un solide »), et il ne demande que des polynômes de degré 2\leq2.

Avec v0=20v_0=20, α=π6\alpha=\tfrac\pi6 et g=10g=10 :

x(t)=20tcosπ6=20t32=103t,y(t)=20t125t2=10t5t2.x(t)=20t\cos\tfrac\pi6=20t\cdot\tfrac{\sqrt3}2=10\sqrt3\,t,\qquad y(t)=20t\cdot\tfrac12-5t^2=10t-5t^2.

Le vecteur vitesse est

v(t)=(x(t),y(t))=(103,  1010t).\vec v(t)=(x'(t),y'(t))=\bigl(10\sqrt3,\;10-10t\bigr).
Sa composante horizontale est constante (rien ne freine horizontalement) ; sa composante verticale décroît linéairement (la pesanteur). Au départ, v(0)=(103,10)\vec v(0)=(10\sqrt3,10), de norme 300+100=20=v0\sqrt{300+100}=20=v_0 ✓, et de pente 10103=13=tanπ6\dfrac{10}{10\sqrt3}=\dfrac1{\sqrt3}=\tan\tfrac\pi6 : la tangente au départ fait bien l'angle α\alpha avec le sol.

Le sommet : là où la vitesse est horizontale

Le sommet est le point le plus haut, donc le maximum de y(t)y(t) : y(t)=1010t=0    t=1y'(t)=10-10t=0\iff t=1. À cet instant la vitesse est v(1)=(103,0)\vec v(1)=(10\sqrt3,0), horizontale — la tangente au sommet est horizontale, comme pour tout maximum.

M(1)=(103,  105)=(103,  5).M(1)=\bigl(10\sqrt3,\;10-5\bigr)=(10\sqrt3,\;5).

Le projectile monte à 55 m, à une distance horizontale de 10317,3210\sqrt3\approx17{,}32 m. Sa vitesse scalaire y est 10317,3210\sqrt3\approx17{,}32 m/s : c'est la vitesse minimale du vol — la composante verticale est nulle et la composante horizontale n'a pas changé.

sommet en t=1 s, M(1)=(103,5)(17,32 ; 5)\boxed{\text{sommet en }t=1\text{ s},\ M(1)=(10\sqrt3,\,5)\approx(17{,}32\ ;\ 5)}
Portée et angle d'arrivée

Chute au sol : y(t)=10t5t2=5t(2t)=0y(t)=10t-5t^2=5t(2-t)=0 donne t=0t=0 (le départ) ou t=2t=2. Le projectile touche le sol en t=2t=2 s, au point

M(2)=(203,  0),porteˊe=20334,64 m.M(2)=(20\sqrt3,\;0),\qquad\text{portée}=20\sqrt3\approx34{,}64\text{ m}.
La portée vaut le double de l'abscisse du sommet : la trajectoire est symétrique par rapport à la verticale du sommet.

Tangente à l'arrivée : elle est dirigée par v(2)=(103,  1020)=(103,10)\vec v(2)=(10\sqrt3,\;10-20)=(10\sqrt3,-10), de pente 10103=13\dfrac{-10}{10\sqrt3}=-\dfrac1{\sqrt3}. C'est tan(π6)\tan(-\tfrac\pi6) : le projectile arrive au sol avec un angle de 30°30° sous l'horizontale, symétrique de l'angle de départ. Et sa vitesse scalaire à l'arrivée est 300+100=20\sqrt{300+100}=20 m/s, égale à celle du départ.

porteˊ20334,64 m, angle d’arriveˊ30°\boxed{\text{portée }20\sqrt3\approx34{,}64\text{ m, angle d'arrivée }-30°}

En général, avec tchute=2v0sinαgt_{\text{chute}}=\dfrac{2v_0\sin\alpha}{g}, la portée est v02sin2αg\dfrac{v_0^2\sin2\alpha}{g} et la hauteur maximale v02sin2α2g\dfrac{v_0^2\sin^2\alpha}{2g}. Ici : 4003210=203\dfrac{400\cdot\frac{\sqrt3}2}{10}=20\sqrt3 et 4001420=5\dfrac{400\cdot\frac14}{20}=5 ✓. La portée est maximale pour α=π4\alpha=\tfrac\pi4 : elle vaudrait alors 4040 m.

Éliminer le paramètre : c'est une parabole

De x=103tx=10\sqrt3\,t on tire t=x103t=\dfrac{x}{10\sqrt3}, puis

y=10x1035x2300=x3x260.y=10\cdot\frac{x}{10\sqrt3}-5\cdot\frac{x^2}{300}=\frac{x}{\sqrt3}-\frac{x^2}{60}.
La trajectoire est la parabole y=x3x260y=\dfrac{x}{\sqrt3}-\dfrac{x^2}{60}, tournée vers le bas. On y retrouve tout : la pente à l'origine 13\dfrac1{\sqrt3} (tangente au départ), le sommet en x=6023=103x=\dfrac{60}{2\sqrt3}=10\sqrt3 (annulation de la dérivée 13x30\dfrac1{\sqrt3}-\dfrac{x}{30}), et les deux racines x=0x=0 et x=203x=20\sqrt3.

y=x3x260\boxed{y=\frac{x}{\sqrt3}-\frac{x^2}{60}}

Mais l'équation cartésienne a perdu l'information de temps : elle ne dit plus ni à quel instant on passe où, ni à quelle vitesse. C'est le paramétrage qui la porte.

Rappel de cours

Mouvement paramétré. Si M(t)M(t) est la position d'un mobile, v(t)=M(t)\vec v(t)=M'(t) est sa vitesse, v(t)\|\vec v(t)\| sa vitesse scalaire, et la tangente à la trajectoire est dirigée par v(t)\vec v(t).

Sommet. Le point le plus haut correspond à y(t)=0y'(t)=0 : la vitesse y est horizontale.

Élimination du paramètre. Quand une coordonnée est inversible (x=103tx=10\sqrt3\,t), on exprime tt et on le remplace dans l'autre : on obtient une équation cartésienne du support, sans le sens ni l'allure du parcours.

L'erreur classique

⚠️ Chercher le sommet en résolvant x(t)=0x'(t)=0. Ici x=103x'=10\sqrt3 ne s'annule jamais : le sommet est l'endroit où la hauteur est maximale, donc où y=0y'=0.

⚠️ Prendre la vitesse horizontale 10310\sqrt3 pour la vitesse tout court. La vitesse scalaire est la norme de v\vec v : 2020 m/s au départ et à l'arrivée, 10317,3210\sqrt3\approx17{,}32 m/s au sommet seulement.

À retenir

Sur une trajectoire physique, le paramètre est le temps et v\vec v est la vitesse. Sommet : y=0y'=0. Chute : y=0y=0. Angle d'arrivée : direction de v\vec v à cet instant.

Éliminer le paramètre donne la forme, pas le mouvement. La parabole y=x3x260y=\dfrac{x}{\sqrt3}-\dfrac{x^2}{60} est la même pour tous les projectiles qui suivent cette route, quelle que soit leur vitesse.

Réponse. x=103tx=10\sqrt3\,t, y=10t5t2y=10t-5t^2, v=(103,1010t)\vec v=(10\sqrt3,\,10-10t) ; sommet en t=1t=1 : (103,5)(10\sqrt3,5), vitesse 10317,3210\sqrt3\approx17{,}32 m/s ; chute en t=2t=2, portée 20334,6420\sqrt3\approx34{,}64 m, angle d'arrivée 30°-30° ; parabole y=x3x260y=\dfrac x{\sqrt3}-\dfrac{x^2}{60}. (Recoupement : v02sin2αg=203\dfrac{v_0^2\sin2\alpha}g=20\sqrt3 ✓)
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Courbe de Bézier : la tangente vise le point de contrôle

ApplicationDifficulté 3/5

On donne trois points P0=(0,0)P_0=(0,0), P1=(2,4)P_1=(2,4), P2=(6,0)P_2=(6,0) et la courbe de Bézier quadratique M(t)=(1t)2P0+2t(1t)P1+t2P2M(t)=(1-t)^2P_0+2t(1-t)P_1+t^2P_2, t[0,1]t\in[0,1]. 1. Expliciter x(t)x(t) et y(t)y(t). 2. Calculer v(0)\vec v(0) et v(1)\vec v(1) et les comparer aux vecteurs P0P1\overrightarrow{P_0P_1} et P1P2\overrightarrow{P_1P_2}. 3. Déterminer le point de la courbe où la tangente est horizontale. 4. Vérifier que M ⁣(12)M\!\left(\tfrac12\right) est le milieu du segment joignant les milieux de [P0P1][P_0P_1] et [P1P2][P_1P_2].

Indices (3)

Développer les coefficients (1t)2(1-t)^2, 2t(1t)2t(1-t), t2t^2 et les appliquer coordonnée par coordonnée.

Dériver xx et yy, puis évaluer en 00 et en 11.

Horizontale : y(t)=0y'(t)=0 ; le point est-il unique ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une courbe de Bézier est une courbe paramétrée pilotée par des points, pas par des formules. C'est l'outil des logiciels de dessin et des polices de caractères : on déplace P0P_0, P1P_1, P2P_2 à la souris, et la courbe suit. Ce qui la rend maniable, c'est une propriété géométrique simple — aux extrémités, la tangente vise le point de contrôle — que cet exercice établit sur un cas concret puis en général.

Les trois coefficients de M(t)M(t) sont

(1t)2=12t+t2,2t(1t)=2t2t2,t2,(1-t)^2=1-2t+t^2,\qquad2t(1-t)=2t-2t^2,\qquad t^2,
et leur somme vaut 11 pour tout tt : M(t)M(t) est un barycentre de P0P_0, P1P_1, P2P_2, ce qui garantit qu'il reste dans le triangle qu'ils forment.

Les coordonnées de M(t)

On applique la formule coordonnée par coordonnée, avec P0=(0,0)P_0=(0,0), P1=(2,4)P_1=(2,4), P2=(6,0)P_2=(6,0) :

x(t)=(1t)20+2t(1t)2+t26=4t4t2+6t2=4t+2t2,x(t)=(1-t)^2\cdot0+2t(1-t)\cdot2+t^2\cdot6=4t-4t^2+6t^2=4t+2t^2,
y(t)=(1t)20+2t(1t)4+t20=8t8t2.y(t)=(1-t)^2\cdot0+2t(1-t)\cdot4+t^2\cdot0=8t-8t^2.
x(t)=4t+2t2,y(t)=8t8t2\boxed{x(t)=4t+2t^2,\qquad y(t)=8t-8t^2}

On vérifie les extrémités : M(0)=(0,0)=P0M(0)=(0,0)=P_0 et M(1)=(6,0)=P2M(1)=(6,0)=P_2. La courbe part du premier point de contrôle et arrive au dernier ; elle ne passe pas par P1P_1, qui « attire » la courbe sans être dessus.

Les tangentes aux extrémités visent P1

v(t)=(4+4t,  816t)\vec v(t)=(4+4t,\;8-16t), donc

v(0)=(4,8)=2(2,4)=2P0P1,v(1)=(8,8)=2(4,4)=2P1P2.\vec v(0)=(4,8)=2\,(2,4)=2\,\overrightarrow{P_0P_1},\qquad\vec v(1)=(8,-8)=2\,(4,-4)=2\,\overrightarrow{P_1P_2}.

En P0P_0, la tangente est dirigée par P0P1\overrightarrow{P_0P_1} ; en P2P_2, par P1P2\overrightarrow{P_1P_2}. La courbe démarre en visant P1P_1 et arrive en venant de P1P_1 : le polygone de contrôle P0P1P2P_0P_1P_2 est tangent à la courbe à ses deux bouts. C'est ce qui permet de raccorder deux arcs de Bézier sans cassure : il suffit d'aligner le dernier point de contrôle de l'un avec le premier de l'autre.

Ce n'est pas un hasard de l'exemple. En général, M(t)=2(1t)P0+(24t)P1+2tP2M'(t)=-2(1-t)P_0+(2-4t)P_1+2tP_2, d'où M(0)=2(P1P0)M'(0)=2(P_1-P_0) et M(1)=2(P2P1)M'(1)=2(P_2-P_1), quels que soient les trois points. Et M(t)=2(P02P1+P2)M''(t)=2(P_0-2P_1+P_2) est constant : la courbe est une parabole (ici, en éliminant tt grâce à x+y4=6tx+\tfrac y4=6t, on trouve y=4x+y3(4x+y)272y=\dfrac{4x+y}3-\dfrac{(4x+y)^2}{72}, une parabole d'axe oblique).

v(0)=2P0P1,v(1)=2P1P2\boxed{\vec v(0)=2\overrightarrow{P_0P_1},\quad\vec v(1)=2\overrightarrow{P_1P_2}}
Tangente horizontale et point médian

Horizontale : y(t)=816t=0    t=12y'(t)=8-16t=0\iff t=\tfrac12, et x(12)=60x'(\tfrac12)=6\neq0. Le point est

M ⁣(12)=(2+12,  42)=(52,  2),M\!\left(\tfrac12\right)=\Bigl(2+\tfrac12,\;4-2\Bigr)=\Bigl(\tfrac52,\;2\Bigr),
le sommet de l'arc, à mi-hauteur de P1P_1. Il n'y a pas de tangente verticale : x(t)=4+4t>0x'(t)=4+4t>0 sur [0,1][0,1], la courbe avance toujours vers la droite.

Construction de de Casteljau. Les milieux sont Q0=P0+P12=(1,2)Q_0=\dfrac{P_0+P_1}2=(1,2) et Q1=P1+P22=(4,2)Q_1=\dfrac{P_1+P_2}2=(4,2), et le milieu de [Q0Q1][Q_0Q_1] est (52,2)=M ⁣(12)\left(\dfrac52,\,2\right)=M\!\left(\tfrac12\right) ✓. De plus v(12)=(6,0)=P2P0=2Q0Q1\vec v(\tfrac12)=(6,0)=P_2-P_0=2\,\overrightarrow{Q_0Q_1} : la tangente au point médian est parallèle à [Q0Q1][Q_0Q_1] et à [P0P2][P_0P_2]. C'est l'algorithme que les logiciels emploient pour tracer la courbe point par point, sans jamais évaluer un polynôme.

M ⁣(12)=(52,2), tangente horizontale, milieu de [Q0Q1]\boxed{M\!\left(\tfrac12\right)=\Bigl(\tfrac52,2\Bigr),\ \text{tangente horizontale, milieu de }[Q_0Q_1]}
Rappel de cours

Courbe de Bézier quadratique. M(t)=(1t)2P0+2t(1t)P1+t2P2M(t)=(1-t)^2P_0+2t(1-t)P_1+t^2P_2, t[0,1]t\in[0,1]. Elle part de P0P_0, arrive en P2P_2, et P1P_1 est le point de contrôle.

Propriétés. M(0)=2P0P1M'(0)=2\overrightarrow{P_0P_1} et M(1)=2P1P2M'(1)=2\overrightarrow{P_1P_2} : les tangentes aux extrémités sont portées par le polygone de contrôle. MM'' est constant : le support est un arc de parabole. M(t)M(t) reste dans le triangle P0P1P2P_0P_1P_2.

L'erreur classique

⚠️ Croire que la courbe passe par P1P_1. Le point le plus proche de P1P_1 est M(12)=(52,2)M(\tfrac12)=(\tfrac52,2), à mi-hauteur : P1P_1 attire la courbe, il n'est pas dessus.

⚠️ Écrire v(0)=P0P1\vec v(0)=\overrightarrow{P_0P_1} sans le facteur 22. La direction est la bonne — c'est ce qui compte pour la tangente — mais la vitesse est le double. Le facteur vient de la dérivée de 2t(1t)2t(1-t) en 00, qui vaut 22.

À retenir

Une courbe paramétrée peut être définie par des points plutôt que par des formules, et ses propriétés se lisent alors sur ces points : ici, tangentes aux extrémités, sommet au milieu de la construction de de Casteljau.

La tangente aux extrémités vise le point de contrôle. C'est la raison d'être des courbes de Bézier : raccorder des arcs sans cassure en alignant des points, ce qu'un graphiste fait à la souris.

Réponse. x=4t+2t2x=4t+2t^2, y=8t8t2y=8t-8t^2 ; v(0)=(4,8)=2P0P1\vec v(0)=(4,8)=2\overrightarrow{P_0P_1}, v(1)=(8,8)=2P1P2\vec v(1)=(8,-8)=2\overrightarrow{P_1P_2} ; tangente horizontale en M(12)=(52,2)M(\tfrac12)=(\tfrac52,2) ; milieux Q0=(1,2)Q_0=(1,2), Q1=(4,2)Q_1=(4,2), milieu (52,2)(\tfrac52,2) ✓. (Recoupement : M(0)=P0M(0)=P_0, M(1)=P2M(1)=P_2 ✓)
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Tangentes de l'ellipse

CalculDifficulté 3/5

Soit l'ellipse paramétrée par M(t)=(3cost,2sint)M(t)=(3\cos t,\,2\sin t), t[0,2π[t\in[0,2\pi[. 1. Vérifier que x29+y24=1\dfrac{x^2}9+\dfrac{y^2}4=1 et calculer v(t)\vec v(t). 2. Donner une équation de la tangente en t=π4t=\dfrac\pi4. 3. Déterminer les points à tangente horizontale et ceux à tangente verticale. 4. Montrer que la tangente en M(t)M(t) a pour équation xcost3+ysint2=1\dfrac{x\cos t}3+\dfrac{y\sin t}2=1.

Indices (3)

cos2t+sin2t=1\cos^2t+\sin^2t=1 ; dériver chaque coordonnée.

En π4\tfrac\pi4, cos=sin=22\cos=\sin=\tfrac{\sqrt2}2 : calculer MM et v\vec v, puis la pente yx\tfrac{y'}{x'}.

Pour la question 4, vérifier que M(t)M(t) est sur la droite et que v(t)\vec v(t) la dirige (produit scalaire nul avec le vecteur normal (cost3,sint2)(\tfrac{\cos t}3,\tfrac{\sin t}2)).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'ellipse est le cercle « étiré » : (3cost,2sint)(3\cos t,2\sin t), c'est le cercle unité dont on a multiplié les abscisses par 33 et les ordonnées par 22. Tout ce qu'on sait faire sur le cercle se transporte, à condition de ne pas oublier les deux facteurs — et la tangente en est le premier exemple : elle n'est plus perpendiculaire au rayon.

Le support : x29+y24=9cos2t9+4sin2t4=cos2t+sin2t=1\dfrac{x^2}9+\dfrac{y^2}4=\dfrac{9\cos^2t}9+\dfrac{4\sin^2t}4=\cos^2t+\sin^2t=1. L'ellipse a pour demi-axes 33 (horizontal) et 22 (vertical), et t[0,2π[t\in[0,2\pi[ la parcourt une fois dans le sens direct.

Le vecteur dérivé : v(t)=(3sint,  2cost)\vec v(t)=(-3\sin t,\;2\cos t). Il n'est jamais nul (il faudrait sint=cost=0\sin t=\cos t=0), donc tous les points sont réguliers. Sa norme 9sin2t+4cos2t\sqrt{9\sin^2t+4\cos^2t} varie entre 22 (en t=0t=0, aux bouts du grand axe) et 33 (en t=π2t=\tfrac\pi2, aux bouts du petit axe) : on va plus vite là où l'ellipse est la plus plate.

La tangente en t = π/4

En t=π4t=\tfrac\pi4, cost=sint=22\cos t=\sin t=\dfrac{\sqrt2}2 :

M ⁣(π4)=(322,  2),v ⁣(π4)=(322,  2).M\!\left(\tfrac\pi4\right)=\Bigl(\tfrac{3\sqrt2}2,\;\sqrt2\Bigr),\qquad\vec v\!\left(\tfrac\pi4\right)=\Bigl(-\tfrac{3\sqrt2}2,\;\sqrt2\Bigr).

La pente est yx=232/2=23\dfrac{y'}{x'}=\dfrac{\sqrt2}{-3\sqrt2/2}=-\dfrac23. La tangente est donc

y2=23(x322)    y=23x+2+2=23x+22,y-\sqrt2=-\frac23\Bigl(x-\frac{3\sqrt2}2\Bigr)\iff y=-\frac23x+\sqrt2+\sqrt2=-\frac23x+2\sqrt2,
soit, en chassant le dénominateur, 2x+3y=622x+3y=6\sqrt2. Vérification : 2322+32=32+32=622\cdot\dfrac{3\sqrt2}2+3\sqrt2=3\sqrt2+3\sqrt2=6\sqrt2 ✓, et le vecteur v\vec v est bien dans la direction de la droite : 2(322)+32=02\cdot(-\tfrac{3\sqrt2}2)+3\sqrt2=0 ✓.

tangente en t=π4 : 2x+3y=62, pente 23\boxed{\text{tangente en }t=\tfrac\pi4\ :\ 2x+3y=6\sqrt2,\ \text{pente }-\tfrac23}

Sur le cercle, la tangente au point d'angle π4\tfrac\pi4 aurait la pente 1-1 ; ici c'est 23=1×23-\dfrac23=-1\times\dfrac23 : le rapport des deux facteurs d'étirement.

Tangentes horizontales et verticales

Horizontales : y(t)=2cost=0    t=π2y'(t)=2\cos t=0\iff t=\tfrac\pi2 ou 3π2\tfrac{3\pi}2 sur [0,2π[[0,2\pi[, et alors x=3sint=30x'=-3\sin t=\mp3\neq0. Points : M(π2)=(0,2)M(\tfrac\pi2)=(0,2) et M(3π2)=(0,2)M(\tfrac{3\pi}2)=(0,-2) — les bouts du petit axe.

Verticales : x(t)=3sint=0    t=0x'(t)=-3\sin t=0\iff t=0 ou π\pi, et alors y=2cost=±20y'=2\cos t=\pm2\neq0. Points : M(0)=(3,0)M(0)=(3,0) et M(π)=(3,0)M(\pi)=(-3,0) — les bouts du grand axe.

horizontales en (0,±2) ; verticales en (±3,0)\boxed{\text{horizontales en }(0,\pm2)\ ;\ \text{verticales en }(\pm3,0)}

Ce sont les quatre sommets de l'ellipse, et les quatre seuls points où la tangente est parallèle à un axe : partout ailleurs, xx' et yy' sont tous deux non nuls.

L'équation générale de la tangente

On montre que la droite Dt:xcost3+ysint2=1D_t : \dfrac{x\cos t}3+\dfrac{y\sin t}2=1 est la tangente en M(t)M(t), par deux vérifications.

M(t)M(t) est sur DtD_t : 3costcost3+2sintsint2=cos2t+sin2t=1\dfrac{3\cos t\cdot\cos t}3+\dfrac{2\sin t\cdot\sin t}2=\cos^2t+\sin^2t=1 ✓.

v(t)\vec v(t) dirige DtD_t : un vecteur normal à DtD_t est n=(cost3,sint2)\vec n=\left(\dfrac{\cos t}3,\dfrac{\sin t}2\right), et

v(t)n=3sintcost3+2costsint2=sintcost+sintcost=0 .\vec v(t)\cdot\vec n=-3\sin t\cdot\frac{\cos t}3+2\cos t\cdot\frac{\sin t}2=-\sin t\cos t+\sin t\cos t=0\ ✓.

Une droite qui passe par le point et qui est dirigée par le vecteur vitesse : c'est la tangente. En t=π4t=\tfrac\pi4 on retrouve x32+y22=1\dfrac{x}{3\sqrt2}+\dfrac{y}{2\sqrt2}=1, c'est-à-dire 2x+3y=622x+3y=6\sqrt2 ✓.

tangente en M(t) : xcost3+ysint2=1\boxed{\text{tangente en }M(t)\ :\ \frac{x\cos t}3+\frac{y\sin t}2=1}

C'est la règle du dédoublement : l'équation de l'ellipse x29+y24=1\dfrac{x^2}9+\dfrac{y^2}4=1 où l'on remplace x2x^2 par xx0x\cdot x_0 et y2y^2 par yy0y\cdot y_0, avec (x0,y0)=M(t)(x_0,y_0)=M(t).

Rappel de cours

Ellipse paramétrée. M(t)=(acost,bsint)M(t)=(a\cos t,b\sin t) décrit l'ellipse x2a2+y2b2=1\dfrac{x^2}{a^2}+\dfrac{y^2}{b^2}=1, une fois pour t[0,2π[t\in[0,2\pi[, dans le sens direct. v(t)=(asint,bcost)\vec v(t)=(-a\sin t,b\cos t) n'est jamais nul.

Vérifier qu'une droite est la tangente : elle passe par M(t0)M(t_0) et son vecteur normal est orthogonal à v(t0)\vec v(t_0) — ou, ce qui revient au même, son vecteur directeur est colinéaire à v(t0)\vec v(t_0).

L'erreur classique

⚠️ Prendre la tangente perpendiculaire au rayon OM\overrightarrow{OM}, comme sur le cercle. En t=π4t=\tfrac\pi4, OM=(322,2)\overrightarrow{OM}=(\tfrac{3\sqrt2}2,\sqrt2) et v=(322,2)\vec v=(-\tfrac{3\sqrt2}2,\sqrt2) : leur produit scalaire vaut 92+2=520-\tfrac92+2=-\tfrac52\neq0. L'étirement casse l'orthogonalité.

⚠️ Écrire la pente tant\tan t ou 1tant-\dfrac1{\tan t}. La pente est 2cost3sint=23cott\dfrac{2\cos t}{-3\sin t}=-\dfrac23\cot t : le rapport ba\dfrac ba des demi-axes s'invite, et le cercle (a=ba=b) est le seul cas où il vaut 11.

À retenir

Sur une courbe paramétrée, la tangente se vérifie en deux temps : le point est dessus, le vecteur vitesse la dirige. Cette méthode n'exige aucune formule de pente — utile quand x=0x'=0.

Les tangentes horizontales et verticales de l'ellipse sont ses sommets, et rien d'autre. Ce sont les premiers points à placer pour tracer n'importe quelle ellipse paramétrée.

Réponse. v(t)=(3sint,2cost)\vec v(t)=(-3\sin t,2\cos t) ; tangente en π4\tfrac\pi4 : 2x+3y=622x+3y=6\sqrt2 (pente 23-\tfrac23) ; horizontales en (0,±2)(0,\pm2), verticales en (±3,0)(\pm3,0) ; tangente en M(t)M(t) : xcost3+ysint2=1\dfrac{x\cos t}3+\dfrac{y\sin t}2=1. (Recoupement : M(π4)M(\tfrac\pi4) et v(π4)\vec v(\tfrac\pi4) vérifient la droite ✓)
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Quand le vecteur dérivé s'annule

CalculDifficulté 3/5

Soit la courbe M(t)=(t2,t3)M(t)=(t^2,\,t^3), tRt\in\mathbb{R}. 1. Calculer v(t)\vec v(t) et montrer que M(0)M(0) est le seul point stationnaire. 2. Calculer la pente y(t)x(t)\dfrac{y'(t)}{x'(t)} pour t0t\neq0 et sa limite en 00 ; qu'en déduire pour la tangente en OO ? 3. Montrer que la courbe est symétrique par rapport à l'axe (Ox)(Ox) et qu'elle vérifie y2=x3y^2=x^3. 4. Donner les tangentes en M(1)M(1) et M(1)M(-1), puis esquisser la courbe.

Indices (3)

v(t)=(2t,3t2)\vec v(t)=(2t,3t^2) : pour quel tt les deux composantes sont-elles nulles ensemble ?

Pour t0t\neq0, simplifier 3t22t\dfrac{3t^2}{2t}.

Comparer M(t)M(-t) et M(t)M(t) ; éliminer tt entre x=t2x=t^2 et y=t3y=t^3.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un vecteur dérivé nul ne signifie pas qu'il n'y a pas de tangente. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre, et cet exercice est construit pour la démonter sur l'exemple le plus simple : M(t)=(t2,t3)M(t)=(t^2,t^3), la parabole semi-cubique. En t=0t=0 la vitesse est nulle — le mobile s'arrête, fait demi-tour — et pourtant la courbe a une tangente parfaitement définie en OO.

v(t)=(2t,  3t2).\vec v(t)=(2t,\;3t^2).

Les deux composantes s'annulent ensemble si et seulement si t=0t=0 : M(0)=OM(0)=O est le seul point stationnaire. Partout ailleurs, la tangente est dirigée par v(t)\vec v(t).

La pente tend vers 0 : tangente horizontale en O

Pour t0t\neq0, la pente de la tangente en M(t)M(t) est

y(t)x(t)=3t22t=3t2t00.\frac{y'(t)}{x'(t)}=\frac{3t^2}{2t}=\frac{3t}2\xrightarrow[t\to0]{}0.

Quand tt s'approche de 00, les tangentes aux points voisins deviennent horizontales : la position limite de la tangente est l'axe (Ox)(Ox). On dit que la courbe admet en OO la tangente horizontale y=0y=0, bien que v(0)=0\vec v(0)=\vec0.

Autre façon de le voir : la direction de v(t)=(2t,3t2)=t(2,3t)\vec v(t)=(2t,3t^2)=t\,(2,3t) est celle de (2,3t)(2,3t), qui tend vers (2,0)(2,0). Ce vecteur (2,0)(2,0) est M(0)M''(0) : c'est le premier vecteur dérivé non nul en 00, et c'est lui qui dirige la tangente. L'approfondissement systématise cette idée.

tangente en O : y=0, bien que v(0)=0\boxed{\text{tangente en }O\ :\ y=0,\ \text{bien que }\vec v(0)=\vec0}
Symétrie et équation cartésienne

Symétrie : M(t)=((t)2,(t)3)=(t2,t3)M(-t)=\bigl((-t)^2,(-t)^3\bigr)=(t^2,-t^3), le symétrique de M(t)M(t) par rapport à l'axe (Ox)(Ox). La courbe est symétrique par rapport à (Ox)(Ox), et il suffit de l'étudier pour t0t\geq0.

Équation cartésienne : y2=(t3)2=t6=(t2)3=x3y^2=(t^3)^2=t^6=(t^2)^3=x^3. La courbe est contenue dans y2=x3y^2=x^3, et réciproquement tout point de cette courbe avec x0x\geq0 s'obtient avec t=±xt=\pm\sqrt x. C'est la parabole semi-cubique : y=±x3/2y=\pm x^{3/2}, définie pour x0x\geq0 seulement.

y2=x3, symeˊtrique par rapport aˋ (Ox)\boxed{y^2=x^3,\ \text{symétrique par rapport à }(Ox)}

Cette équation confirme la tangente en OO : près de 00, y=±x3/2y=\pm x^{3/2} est plus plat que toute droite y=mxy=mx (x3/2/x=x0x^{3/2}/x=\sqrt x\to0), donc la courbe est tangente à (Ox)(Ox). Et elle dit plus : les deux branches y=x3/2y=x^{3/2} et y=x3/2y=-x^{3/2} arrivent en OO de part et d'autre de la tangente, en pointe. C'est un rebroussement de première espèce, dont la nature exacte est expliquée en approfondissement.

Deux tangentes et l'esquisse

En t=1t=1 : M(1)=(1,1)M(1)=(1,1), v(1)=(2,3)\vec v(1)=(2,3), pente 32\tfrac32, tangente y1=32(x1)y-1=\tfrac32(x-1), soit y=32x12y=\tfrac32x-\tfrac12.

En t=1t=-1 : M(1)=(1,1)M(-1)=(1,-1), v(1)=(2,3)\vec v(-1)=(-2,3), pente 32-\tfrac32, tangente y=32x+12y=-\tfrac32x+\tfrac12 — la symétrique de la précédente, comme il se doit.

Esquisse. Pour t0t\geq0 : x=2t0x'=2t\geq0 et y=3t20y'=3t^2\geq0, la branche part de OO vers le haut à droite, d'abord très plate (tangente horizontale), puis de plus en plus raide (la pente 3t2\tfrac{3t}2 croît). Un point intermédiaire : M(12)=(14,18)M(\tfrac12)=(\tfrac14,\tfrac18). La branche t0t\leq0 est son image par (Ox)(Ox) : elle arrive en OO par en dessous, et le mobile, qui vient du bas (t<0t<0, y<0y<0), s'arrête en OO puis repart vers le haut : c'est le demi-tour qui fait la pointe.

tangentes en (1,±1) : y=±(32x12) ; pointe en O\boxed{\text{tangentes en }(1,\pm1)\ :\ y=\pm\Bigl(\tfrac32x-\tfrac12\Bigr)\ ;\ \text{pointe en }O}
Rappel de cours

Point stationnaire. M(t0)M(t_0) est stationnaire si v(t0)=0\vec v(t_0)=\vec0. La tangente peut néanmoins exister : c'est la direction limite de v(t)\vec v(t) quand tt0t\to t_0, ou celle du premier vecteur dérivé non nul M(p)(t0)M^{(p)}(t_0).

Sur un graphe y=f(x)y=f(x), la même idée donne : f(a)=0f'(a)=0 signifie tangente horizontale, pas absence de tangente. Un vecteur dérivé nul est l'analogue paramétrique, et il dit encore moins : il faut descendre jusqu'au premier vecteur dérivé non nul — la dérivée seconde ici, plus loin ailleurs.

L'erreur classique

⚠️ « v(0)=0\vec v(0)=\vec0, donc pas de tangente en OO ». Faux : la tangente est y=0y=0, et la courbe y forme une pointe bien nette. Le vecteur nul dit seulement que la formule de la tangente (dirigée par v\vec v) ne s'applique pas ; il faut passer à la limite ou à la dérivée seconde.

⚠️ Écrire y=x3/2y=x^{3/2} et oublier la moitié inférieure. La courbe paramétrée est y2=x3y^2=x^3 tout entière, avec ses deux branches ; le paramétrage tRt\in\mathbb{R} les parcourt toutes les deux, t<0t<0 pour celle du bas.

À retenir

Vecteur dérivé nul ne veut pas dire pas de tangente. La tangente en un point stationnaire est la position limite des tangentes voisines — ici horizontale — et se lit sur le premier vecteur dérivé non nul.

Une pointe, c'est un demi-tour. Le mobile s'arrête et repart dans la direction opposée, de l'autre côté de la tangente : c'est le rebroussement, dont la cycloïde et l'astroïde du lot B montrent les versions célèbres.

Réponse. v(t)=(2t,3t2)\vec v(t)=(2t,3t^2), nul en t=0t=0 seulement ; pente 3t20\tfrac{3t}2\to0 : tangente y=0y=0 en OO ; M(t)M(-t) symétrique de M(t)M(t) par (Ox)(Ox), y2=x3y^2=x^3 ; tangentes y=±(32x12)y=\pm(\tfrac32x-\tfrac12) en (1,±1)(1,\pm1) ; rebroussement en OO. (Recoupement : M(0)=(2,0)M''(0)=(2,0) dirige bien (Ox)(Ox) ✓)
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La cubique nodale : étude complète

CalculDifficulté 3/5

Soit la courbe M(t)=(t21,  t3t)M(t)=(t^2-1,\;t^3-t), tRt\in\mathbb{R}. 1. Étudier la parité de xx et de yy, réduire l'intervalle d'étude et préciser la transformation qui complète le tracé. 2. Calculer v(t)\vec v(t), dresser le tableau de variations conjointes sur [0,+[[0,+\infty[ et donner les points à tangente horizontale ou verticale. 3. Étudier la branche infinie. 4. Montrer que OO est le seul point double et déterminer les deux tangentes en ce point. 5. Vérifier que la courbe est contenue dans y2=x2(x+1)y^2=x^2(x+1), puis la tracer.

Indices (3)

Comparer x(t)x(-t) à x(t)x(t) et y(t)y(-t) à y(t)y(t) : quelle transformation du plan envoie M(t)M(t) sur M(t)M(-t) ?

Pour la branche infinie, simplifier y(t)x(t)\dfrac{y(t)}{x(t)} : le numérateur se factorise.

Point double : écrire x(u)=x(w)x(u)=x(w) avec uwu\neq w, factoriser par uwu-w, puis reporter dans y(u)=y(w)y(u)=y(w).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le plan d'étude d'une courbe paramétrée est toujours le même, et son ordre n'est pas décoratif : chaque étape allège la suivante. Domaine, symétries, variations conjointes, points remarquables, branches infinies, points doubles, tracé. On le déroule ici sur la cubique nodale, la courbe la plus économique qui ait à la fois une boucle, un point double et une branche infinie.

Le domaine est R\mathbb{R}, et une observation est gratuite : x(t)=t211x(t)=t^2-1\geq-1, la courbe vit à droite de x=1x=-1, qu'elle touche en t=0t=0. Enfin v(t)=(2t,  3t21)\vec v(t)=\bigl(2t,\;3t^2-1\bigr) n'est jamais nul (2t=02t=0 force t=0t=0, où 3t21=13t^2-1=-1) : tous les points sont réguliers.

La symétrie, et ce qu'elle autorise

xx est paire, yy est impaire :

M(t)=((t)21,  (t)3+t)=(x(t),  y(t)).M(-t)=\bigl((-t)^2-1,\;(-t)^3+t\bigr)=\bigl(x(t),\;-y(t)\bigr).

M(t)M(-t) est donc le symétrique de M(t)M(t) par rapport à l'axe (Ox)(Ox). On étudie la courbe sur [0,+[[0,+\infty[, et on complète le tracé par la symétrie d'axe (Ox)(Ox) : réduire l'intervalle sans nommer cette transformation, c'est perdre la moitié du dessin.

eˊtude sur [0,+[, traceˊ compleˊteˊ par la symeˊtrie d’axe (Ox)\boxed{\text{étude sur }[0,+\infty[,\ \text{tracé complété par la symétrie d'axe }(Ox)}
Le tableau de variations conjointes sur les t positifs

Sur [0,+[[0,+\infty[ : x=2t0x'=2t\geq0, nul seulement en 00 ; et y=3t21y'=3t^2-1 s'annule en t=130,577t=\dfrac1{\sqrt3}\approx0{,}577, négatif avant, positif après.

tt xx' xx yy' yy ce qui se passe
00 00 1-1 1-1 00 tangente verticale en (1,0)(-1,0)
]0,13[\bigl]0,\tfrac1{\sqrt3}\bigr[ ++ croît - décroît vers la droite, en descendant
13\tfrac1{\sqrt3} ++ 23-\tfrac23 00 239-\tfrac{2\sqrt3}9 tangente horizontale
]13,+[\bigl]\tfrac1{\sqrt3},+\infty\bigr[ ++ croît ++ croît vers la droite, en montant

Le point bas est M ⁣(13)=(23,239)M\!\left(\tfrac1{\sqrt3}\right)=\left(-\tfrac23,\,-\tfrac{2\sqrt3}9\right), avec 2390,385-\tfrac{2\sqrt3}9\approx-0{,}385.

verticale en (1,0) ; horizontale en (23,239)\boxed{\text{verticale en }(-1,0)\ ;\ \text{horizontale en }\left(-\tfrac23,-\tfrac{2\sqrt3}9\right)}
La branche infinie

Quand t+t\to+\infty, x+x\to+\infty et y+y\to+\infty : c'est le rapport yx\dfrac yx qu'il faut regarder, et il se simplifie entièrement :

y(t)x(t)=t3tt21=t(t21)t21=t(t±1).\frac{y(t)}{x(t)}=\frac{t^3-t}{t^2-1}=\frac{t\,(t^2-1)}{t^2-1}=t\qquad(t\neq\pm1).

Il ne tend vers aucune limite finie : yx=t+\dfrac yx=t\to+\infty. Donc ni asymptote oblique, ni direction asymptotique de pente finie, mais une branche parabolique de direction (Oy)(Oy) : la courbe monte de plus en plus verticalement sans s'approcher d'aucune droite. Du côté tt\to-\infty, la symétrie conclut sans calcul — même nature.

Recoupement : M ⁣(32)=(54,158)M\!\left(\tfrac32\right)=\left(\tfrac54,\tfrac{15}8\right) et M(2)=(3,6)M(2)=(3,6) donnent yx=32\dfrac yx=\tfrac32 puis 22 : c'est bien tt ✓.

Le point double, et il est unique

On cherche uwu\neq w avec M(u)=M(w)M(u)=M(w), en factorisant par uwu-w, qu'on simplifie puisqu'il est non nul.

x(u)=x(w)x(u)=x(w) donne u2w2=(uw)(u+w)=0u^2-w^2=(u-w)(u+w)=0, donc w=uw=-u ; au passage u0u\neq0, sinon w=uw=u. On reporte dans y(u)=y(w)y(u)=y(w) :

y(u)y(u)=(u3u)(u3+u)=2u32u=2u(u1)(u+1)=0.y(u)-y(-u)=(u^3-u)-(-u^3+u)=2u^3-2u=2u\,(u-1)(u+1)=0.

Comme u0u\neq0, il reste u=±1u=\pm1, qui donnent la même paire. Chaque étape étant une équivalence sous l'hypothèse uwu\neq w, il n'y a pas d'autre solution.

{u,w}={1,1},M(1)=M(1)=O est le seul point double\boxed{\{u,w\}=\{1,-1\},\qquad M(1)=M(-1)=O\ \text{est le seul point double}}

Les deux tangentes : v(1)=(2,2)\vec v(1)=(2,2) de pente 11, et v(1)=(2,2)\vec v(-1)=(-2,2) de pente 22=1\dfrac2{-2}=-1. La courbe se traverse en OO selon y=xy=x et y=xy=-x, perpendiculaires.

L'équation cartésienne, et le tracé

De x=t21x=t^2-1 on tire t2=x+1t^2=x+1, et y=t(t21)=txy=t\,(t^2-1)=t\,x ; en élevant au carré, le tt restant disparaît : y2=t2x2=(x+1)x2y^2=t^2x^2=(x+1)x^2.

y2=x2(x+1)\boxed{y^2=x^2(x+1)}

Elle recoupe tout ce qui précède : y20y^2\geq0 impose x1x\geq-1 ✓ ; près de OO le facteur x+1x+1 vaut presque 11, donc y±xy\approx\pm x, les deux tangentes de pentes ±1\pm1 ✓ ; et x0x\leq0 équivaut à t1\lvert t\rvert\leq1, donc la boucle est décrite pour t[1,1]t\in[-1,1].

Le tracé, en suivant les flèches. Pour t0t\geq0 : départ en (1,0)(-1,0) tangente verticale, descente par M ⁣(12)=(34,38)M\!\left(\tfrac12\right)=\left(-\tfrac34,-\tfrac38\right), point bas (23,239)\left(-\tfrac23,-\tfrac{2\sqrt3}9\right), remontée, passage en OO à t=1t=1 avec la pente 11, puis fuite par (54,158)\left(\tfrac54,\tfrac{15}8\right) et (3,6)(3,6). La symétrie d'axe (Ox)(Ox) referme la boucle par le haut et ajoute la branche descendante.

Rappel de cours

Plan d'étude. Domaine, réduction par symétrie avec la transformation qui complète, variations conjointes, tangentes horizontales (y=0y'=0, x0x'\neq0) et verticales (x=0x'=0, y0y'\neq0), branches infinies, points doubles, tracé.

Branches infinies. Si xx et yy partent tous deux à l'infini : yx\dfrac yx de limite finie a0a\neq0, puis yaxy-ax de limite finie bb, donne l'asymptote oblique y=ax+by=ax+b ; si yxa\dfrac yx\to a mais yax±y-ax\to\pm\infty, c'est une branche parabolique de direction y=axy=ax ; et si yx±\dfrac yx\to\pm\infty, une branche parabolique de direction (Oy)(Oy).

Point double. M(u)=M(w)M(u)=M(w) avec uwu\neq w : factoriser par uwu-w et simplifier. Les deux tangentes y sont dirigées par v(u)\vec v(u) et v(w)\vec v(w).

L'erreur classique

⚠️ Prendre la symétrie pour un point double. « M(t)M(-t) est le symétrique de M(t)M(t), donc la courbe se recoupe » : non. La symétrie vaut pour tout tt, et il n'y a pourtant qu'un point double. Un point double se résout, il ne se lit pas sur une symétrie.

⚠️ Annoncer une asymptote dès qu'une coordonnée part à l'infini. Ici yx±\dfrac yx\to\pm\infty : c'est une branche parabolique. Et surtout pas « asymptote verticale » — celle-ci demanderait xx0x\to x_0 fini avec yy\to\infty, ce qui n'arrive nulle part.

À retenir

Réduire l'intervalle, c'est promettre de compléter. Une symétrie fait gagner la moitié du travail à condition d'écrire la transformation qui reconstruit l'autre moitié — ici la symétrie d'axe (Ox)(Ox).

L'équation cartésienne est le meilleur contrôle du tracé. y2=x2(x+1)y^2=x^2(x+1) redonne le domaine, les deux tangentes en OO et l'étendue de la boucle. Éliminer le paramètre sert à vérifier, jamais à remplacer l'étude.

Réponse. Symétrie d'axe (Ox)(Ox), étude sur [0,+[[0,+\infty[ ; v(t)=(2t,3t21)\vec v(t)=(2t,\,3t^2-1) jamais nul ; tangente verticale en (1,0)(-1,0), horizontale en (23,239)\left(-\tfrac23,-\tfrac{2\sqrt3}9\right) avec 2390,385-\tfrac{2\sqrt3}9\approx-0{,}385 ; yx=t\dfrac yx=t : branche parabolique de direction (Oy)(Oy) ; point double unique OO en t=±1t=\pm1, tangentes y=xy=x et y=xy=-x ; y2=x2(x+1)y^2=x^2(x+1). (Recoupement : près de OO, y2x2y^2\approx x^2 redonne les pentes ±1\pm1 ✓)
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Une courbe de Lissajous : trois symétries

CalculDifficulté 3/5

Soit la courbe de Lissajous M(t)=(sin2t,  sin3t)M(t)=(\sin2t,\;\sin3t), tRt\in\mathbb{R}. 1. Montrer que MM est 2π2\pi-périodique, puis établir M(t)=M(t)M(-t)=-M(t), M(πt)=(x(t),y(t))M(\pi-t)=(-x(t),y(t)) et M(t+π)=(x(t),y(t))M(t+\pi)=(x(t),-y(t)). En déduire un intervalle d'étude de longueur π2\dfrac\pi2 et les transformations qui complètent le tracé. 2. Calculer v(t)\vec v(t) et dresser le tableau de variations conjointes sur [0,π2]\left[0,\dfrac\pi2\right], avec les tangentes horizontales et verticales. 3. Montrer que OO est un point double et donner les deux tangentes qui s'y croisent. 4. Tracer la courbe.

Indices (3)

Pour les symétries, utiliser sin(2πθ)=sinθ\sin(2\pi-\theta)=-\sin\theta, sin(πθ)=sinθ\sin(\pi-\theta)=\sin\theta et sin(θ+π)=sinθ\sin(\theta+\pi)=-\sin\theta.

Sur [0,π2]\left[0,\tfrac\pi2\right] : où cos2t\cos2t s'annule-t-il ? et cos3t\cos3t ?

Point double en OO : résoudre sin2t=0\sin2t=0 et sin3t=0\sin3t=0 ensemble sur une période.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une courbe de Lissajous est ce que dessine un point dont les deux coordonnées oscillent à des fréquences différentes — la figure qu'on lit sur un oscilloscope en branchant deux signaux sinusoïdaux. Deux conséquences avant tout calcul : elle est bornée (x1\lvert x\rvert\leq1, y1\lvert y\rvert\leq1 : tout tient dans le carré [1,1]2[-1,1]^2) et fermée, donc il n'y a aucune branche infinie à étudier.

Le travail est ailleurs : dans les symétries, qui divisent l'intervalle par quatre, et dans les points doubles que ces mêmes symétries fabriquent. Le vecteur dérivé est

v(t)=(2cos2t,  3cos3t).\vec v(t)=\bigl(2\cos2t,\;3\cos3t\bigr).
Période et symétries : de deux pi à un quart de pi

Période. sin(2(t+2π))=sin(2t+4π)=sin2t\sin\bigl(2(t+2\pi)\bigr)=\sin(2t+4\pi)=\sin2t, et de même pour 3t3t : M(t+2π)=M(t)M(t+2\pi)=M(t). La courbe est fermée ; on part de [π,π][-\pi,\pi].

Centre OO. M(t)=(sin2t,sin3t)=M(t)M(-t)=(-\sin2t,-\sin3t)=-M(t) : on se ramène à [0,π][0,\pi], à compléter par la symétrie de centre OO.

Axe (Oy)(Oy). sin(2π2t)=sin2t\sin(2\pi-2t)=-\sin2t et sin(3π3t)=sin(π3t)=sin3t\sin(3\pi-3t)=\sin(\pi-3t)=\sin3t, donc M(πt)=(x,y)M(\pi-t)=(-x,y). Comme tπtt\mapsto\pi-t échange [0,π2]\left[0,\tfrac\pi2\right] et [π2,π]\left[\tfrac\pi2,\pi\right], on se ramène à [0,π2]\left[0,\tfrac\pi2\right], à compléter par la symétrie d'axe (Oy)(Oy).

Axe (Ox)(Ox). sin(3t+3π)=sin3t\sin(3t+3\pi)=-\sin3t donne M(t+π)=(x,y)M(t+\pi)=(x,-y). Celle-ci est la composée des deux précédentes : elle ne réduit plus rien, mais elle confirme la symétrie par rapport aux deux axes et à l'origine.

eˊtude sur [0,π2], compleˊteˊe par les symeˊtries d’axe (Oy), d’axe (Ox) et de centre O\boxed{\text{étude sur }\left[0,\tfrac\pi2\right],\ \text{complétée par les symétries d'axe }(Oy),\ \text{d'axe }(Ox)\ \text{et de centre }O}

Quatre copies de cet arc, et la courbe est entière.

Le tableau de variations conjointes

Sur [0,π2]\left[0,\tfrac\pi2\right], x=2cos2tx'=2\cos2t s'annule en π4\tfrac\pi4 (positif avant, négatif après) et y=3cos3ty'=3\cos3t en π6\tfrac\pi6 et π2\tfrac\pi2 (positif avant π6\tfrac\pi6, négatif ensuite).

tt xx' yy' point ce qui se passe
00 ++ ++ OO départ, pente 32\tfrac32
]0,π6[\bigl]0,\tfrac\pi6\bigr[ ++ ++ vers le haut à droite
π6\tfrac\pi6 ++ 00 (32,1)\left(\tfrac{\sqrt3}2,1\right) tangente horizontale, v=(1,0)\vec v=(1,0)
]π6,π4[\bigl]\tfrac\pi6,\tfrac\pi4\bigr[ ++ - vers le bas à droite
π4\tfrac\pi4 00 - (1,22)\left(1,\tfrac{\sqrt2}2\right) tangente verticale, v=(0,322)\vec v=\left(0,-\tfrac{3\sqrt2}2\right)
]π4,π2[\bigl]\tfrac\pi4,\tfrac\pi2\bigr[ - - vers le bas à gauche
π2\tfrac\pi2 - 00 (0,1)(0,-1) tangente horizontale

L'arc coupe au passage l'axe (Ox)(Ox) en t=π3t=\tfrac\pi3, au point M ⁣(π3)=(32,0)M\!\left(\tfrac\pi3\right)=\left(\tfrac{\sqrt3}2,0\right). Valeurs utiles au tracé : 320,866\tfrac{\sqrt3}2\approx0{,}866 et 220,707\tfrac{\sqrt2}2\approx0{,}707.

Le point double à l'origine

M(t)=OM(t)=O demande sin2t=0\sin2t=0 et sin3t=0\sin3t=0 ensemble. Sur [0,2π[[0,2\pi[ :

sin2t=0    t{0,π2,π,3π2},sin3t=0    t{0,π3,2π3,π,4π3,5π3}.\sin2t=0\iff t\in\left\{0,\tfrac\pi2,\pi,\tfrac{3\pi}2\right\},\qquad\sin3t=0\iff t\in\left\{0,\tfrac\pi3,\tfrac{2\pi}3,\pi,\tfrac{4\pi}3,\tfrac{5\pi}3\right\}.

L'intersection est {0,π}\{0,\pi\} : la courbe passe exactement deux fois par OO sur une période. Les deux tangentes sont dirigées par v(0)=(2,3)\vec v(0)=(2,3), de pente 32\tfrac32, et par v(π)=(2cos2π,3cos3π)=(2,3)\vec v(\pi)=(2\cos2\pi,\,3\cos3\pi)=(2,-3), de pente 32-\tfrac32.

O atteint en t=0 et t=π, tangentes de pentes ±32\boxed{O\ \text{atteint en }t=0\ \text{et }t=\pi,\ \text{tangentes de pentes }\pm\tfrac32}

⚠️ OO n'est pas le seul point double, et ce sont les symétries qui fabriquent les autres. On sait que M ⁣(π3)=(32,0)M\!\left(\tfrac\pi3\right)=\left(\tfrac{\sqrt3}2,0\right) ; la périodicité, puis la symétrie centrale, donnent alors

M ⁣(4π3)=M ⁣(2π3)=M ⁣(2π3)=(32,  0)=(32,  0).M\!\left(\tfrac{4\pi}3\right)=M\!\left(-\tfrac{2\pi}3\right)=-M\!\left(\tfrac{2\pi}3\right)=-\left(-\tfrac{\sqrt3}2,\;0\right)=\left(\tfrac{\sqrt3}2,\;0\right).

La courbe se recoupe donc aussi en ce point ✓.

Le tracé

L'arc de [0,π2]\left[0,\tfrac\pi2\right], en suivant les flèches : départ de OO à la pente 32\tfrac32, montée à droite jusqu'au sommet (32,1)\left(\tfrac{\sqrt3}2,1\right) tangente horizontale, descente à droite jusqu'à (1,22)\left(1,\tfrac{\sqrt2}2\right) tangente verticale, puis retour vers le bas à gauche en traversant (Ox)(Ox), et arrivée en (0,1)(0,-1) tangente horizontale.

Les trois symétries complètent : l'axe (Oy)(Oy) donne l'arc t[π2,π]t\in\left[\tfrac\pi2,\pi\right], l'axe (Ox)(Ox) l'arc t[π,3π2]t\in\left[\pi,\tfrac{3\pi}2\right], le centre OO le dernier quart. La courbe fermée obtenue tient dans le carré [1,1]2[-1,1]^2 et se recoupe : c'est la figure en nœud d'un rapport de fréquences 2:32:3.

Rappel de cours

Réduire par les symétries. On cherche une transformation du paramètre dont l'effet sur le point est simple : M(t)=M(t)M(-t)=-M(t) donne la symétrie de centre OO ; M(πt)=(x,y)M(\pi-t)=(-x,y) celle d'axe (Oy)(Oy) ; M(t+π)=(x,y)M(t+\pi)=(x,-y) celle d'axe (Ox)(Ox) ; M(t+T)=M(t)M(t+T)=M(t) dit que la courbe est fermée.

⚠️ Deux symétries indépendantes divisent l'intervalle par quatre ; une troisième qui est leur composée n'apporte rien de plus.

Point double. Résoudre M(t1)=M(t2)M(t_1)=M(t_2), t1t2t_1\neq t_2, sur une période ; tangentes dirigées par v(t1)\vec v(t_1) et v(t2)\vec v(t_2).

L'erreur classique

⚠️ Croire qu'une symétrie donne un point double. La symétrie d'axe (Oy)(Oy) envoie M ⁣(π3)=(32,0)M\!\left(\tfrac\pi3\right)=\left(\tfrac{\sqrt3}2,0\right) sur M ⁣(2π3)=(32,0)M\!\left(\tfrac{2\pi}3\right)=\left(-\tfrac{\sqrt3}2,0\right) : deux points différents, symétriques l'un de l'autre. Le vrai partenaire de π3\tfrac\pi3 est 4π3\tfrac{4\pi}3, et il ne se devine pas — il se calcule.

⚠️ Réduire sans nommer les transformations qui complètent. L'arc de [0,π2]\left[0,\tfrac\pi2\right] n'est qu'un quart de la courbe : le rendre comme réponse, c'est rendre une réponse fausse.

À retenir

Sur une courbe bornée et périodique, tout le travail est dans les symétries. Ni branche infinie ni domaine à discuter : on cherche les transformations du paramètre, on réduit, et on note celle qui reconstruit ce qu'on a laissé.

Les symétries fabriquent les points doubles, mais ne les désignent pas. Un point double se résout en cherchant deux valeurs du paramètre qui donnent le même point — jamais deux points échangés par une symétrie.

Réponse. 2π2\pi-périodique ; M(t)=M(t)M(-t)=-M(t) (centre OO), M(πt)=(x,y)M(\pi-t)=(-x,y) (axe (Oy)(Oy)), M(t+π)=(x,y)M(t+\pi)=(x,-y) (axe (Ox)(Ox), composée des deux) : étude sur [0,π2]\left[0,\tfrac\pi2\right] ; tangente horizontale en (32,1)\left(\tfrac{\sqrt3}2,1\right) et (0,1)(0,-1), verticale en (1,22)\left(1,\tfrac{\sqrt2}2\right) ; OO atteint en t=0t=0 et t=πt=\pi, tangentes de pentes ±32\pm\tfrac32. (Recoupement : M ⁣(2π3)=(32,0)M\!\left(\tfrac{2\pi}3\right)=\left(-\tfrac{\sqrt3}2,0\right), différent de M ⁣(π3)M\!\left(\tfrac\pi3\right) : une symétrie ne crée pas un point double ✓)
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Le folium de Descartes : la boucle et l'asymptote

CalculDifficulté 4/5

Soit le folium de Descartes M(t)=(3t1+t3,  3t21+t3)M(t)=\left(\dfrac{3t}{1+t^3},\;\dfrac{3t^2}{1+t^3}\right). 1. Donner le domaine, vérifier que x3+y3=3xyx^3+y^3=3xy et interpréter le paramètre. 2. Montrer que M ⁣(1t)=(y(t),x(t))M\!\left(\dfrac1t\right)=(y(t),x(t)) et en déduire une symétrie. 3. Calculer xx' et yy', dresser le tableau de variations conjointes sur [0,+[[0,+\infty[ et donner les tangentes horizontale et verticale. 4. Étudier les deux branches infinies en t1t\to-1 : asymptote et position de la courbe. 5. Montrer que M(t)=OM(t)=O pour la seule valeur t=0t=0, mais que M(t)M(t) tend vers OO quand t±t\to\pm\infty ; en déduire les deux tangentes en OO et le fait que la boucle s'y referme, puis tracer.

Indices (3)

Poser y=txy=tx dans x3+y3=3xyx^3+y^3=3xy : que devient tt géométriquement ?

Le dénominateur (1+t3)2(1+t^3)^2 de xx' et yy' est toujours strictement positif : seuls les numérateurs portent le signe.

Pour l'asymptote, calculer x+yx+y : le facteur 1+t1+t se simplifie.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le folium est la cubique x3+y3=3xyx^3+y^3=3xy, et son paramétrage vient d'une idée simple : la couper par les droites y=txy=tx. En reportant y=txy=tx dans l'équation, on obtient x3(1+t3)=3tx2x^3(1+t^3)=3tx^2, d'où, pour x0x\neq0,

x=3t1+t3,y=tx=3t21+t3.x=\frac{3t}{1+t^3},\qquad y=tx=\frac{3t^2}{1+t^3}.

Le paramètre tt est donc la pente de la droite issue de OO qui coupe la courbe : yx=t\dfrac yx=t. Chaque valeur de tt est une direction vue depuis l'origine, et c'est ce qui rend l'étude lisible.

Le domaine est R{1}\mathbb{R}\setminus\{-1\} : le dénominateur s'annule en t=1t=-1, et c'est là que se logeront les branches infinies. On vérifie que le paramétrage retombe bien sur l'équation : x3+y33xy=0x^3+y^3-3xy=0 partout.

La symétrie par rapport à la première bissectrice

En remplaçant tt par 1t\dfrac1t (pour t0t\neq0), on multiplie haut et bas par t3t^3 :

x ⁣(1t)=3/t1+1/t3=3t2t3+1=y(t),y ⁣(1t)=3/t21+1/t3=3tt3+1=x(t).x\!\left(\tfrac1t\right)=\frac{3/t}{1+1/t^3}=\frac{3t^2}{t^3+1}=y(t),\qquad y\!\left(\tfrac1t\right)=\frac{3/t^2}{1+1/t^3}=\frac{3t}{t^3+1}=x(t).

Donc M ⁣(1t)=(y(t),x(t))M\!\left(\dfrac1t\right)=(y(t),x(t)) : c'est le symétrique de M(t)M(t) par rapport à la droite y=xy=x. Rien d'étonnant — l'équation x3+y3=3xyx^3+y^3=3xy est inchangée quand on échange xx et yy.

Comme t1tt\mapsto\dfrac1t échange ]0,1]]0,1] avec [1,+[[1,+\infty[ et ]1,0[]-1,0[ avec ],1[]-\infty,-1[, on pourrait se limiter à t1\lvert t\rvert\leq1 et compléter par la symétrie d'axe y=xy=x. Le tableau ci-dessous couvre tout [0,+[[0,+\infty[, pour lire la boucle d'un seul tenant : la symétrie sert alors de contrôle.

M ⁣(1t)=(y(t),x(t)) : symeˊtrie d’axe y=x\boxed{M\!\left(\tfrac1t\right)=(y(t),x(t))\ :\ \text{symétrie d'axe }y=x}
Le tableau de variations conjointes sur les t positifs

En dérivant chaque quotient :

x(t)=3(12t3)(1+t3)2,y(t)=3t(2t3)(1+t3)2.x'(t)=\frac{3\,(1-2t^3)}{(1+t^3)^2},\qquad y'(t)=\frac{3t\,(2-t^3)}{(1+t^3)^2}.

Le dénominateur (1+t3)2(1+t^3)^2 est strictement positif : seuls les numérateurs portent le signe. Donc x=0x'=0 en t=123t=\dfrac1{\sqrt[3]2}, et y=0y'=0 en t=0t=0 et t=23t=\sqrt[3]2 — deux valeurs inverses l'une de l'autre, que la symétrie échange ✓.

tt xx' yy' point ce qui se passe
00 ++ 00 OO tangente horizontale, v(0)=(3,0)\vec v(0)=(3,0)
]0,123[\bigl]0,\tfrac1{\sqrt[3]2}\bigr[ ++ ++ vers le haut à droite
123\tfrac1{\sqrt[3]2} 00 ++ (43,23)\left(\sqrt[3]4,\sqrt[3]2\right) tangente verticale
]123,23[\bigl]\tfrac1{\sqrt[3]2},\sqrt[3]2\bigr[ - ++ M(1)=(32,32)M(1)=\left(\tfrac32,\tfrac32\right) vers le haut à gauche
23\sqrt[3]2 - 00 (23,43)\left(\sqrt[3]2,\sqrt[3]4\right) tangente horizontale
]23,+[\bigl]\sqrt[3]2,+\infty\bigr[ - - vers le bas à gauche, retour vers OO

Les deux points remarquables sont bien échangés ✓, et M(1)=(32,32)M(1)=\left(\tfrac32,\tfrac32\right), sur l'axe y=xy=x, y a pour pente 1-1 : la tangente y est perpendiculaire à l'axe de symétrie. Avec 231,26\sqrt[3]2\approx1{,}26 et 431,587\sqrt[3]4\approx1{,}587.

Les deux branches infinies, et l'asymptote

En t=1t=-1 le dénominateur s'annule sans que les numérateurs s'annulent : les deux coordonnées partent à l'infini. Il faut regarder chaque côté séparément, car 1+t31+t^3 change de signe :

  • t<1t<-1 : 1+t3<01+t^3<0 et 3t<03t<0 donnent x>0x>0, tandis que 3t2>03t^2>0 donne y<0y<0. En t1t\to-1^- : x+x\to+\infty, yy\to-\infty ;
  • 1<t<0-1<t<0 : 1+t3>01+t^3>0, donc x<0x<0 et y>0y>0. En t1+t\to-1^+ : xx\to-\infty, y+y\to+\infty.

Direction asymptotique : yx=t1\dfrac yx=t\to-1 des deux côtés. On calcule alors y(1)x=x+yy-(-1)x=x+y, en simplifiant par 1+t1+t :

x+y=3t+3t21+t3=3t(1+t)(1+t)(t2t+1)=3tt2t+1   t1   33=1.x+y=\frac{3t+3t^2}{1+t^3}=\frac{3t\,(1+t)}{(1+t)(t^2-t+1)}=\frac{3t}{t^2-t+1}\ \xrightarrow[\;t\to-1\;]{}\ \frac{-3}{3}=-1.
asymptote x+y+1=0, la meˆme des deux coˆteˊs\boxed{\text{asymptote }x+y+1=0,\ \text{la même des deux côtés}}

Position. Une asymptote ne se termine qu'avec le signe de x+y+1x+y+1 :

x+y+1=3t+t2t+1t2t+1=(t+1)2t2t+10,x+y+1=\frac{3t+t^2-t+1}{t^2-t+1}=\frac{(t+1)^2}{t^2-t+1}\geq0,

car t2t+1t^2-t+1, de discriminant 3<0-3<0, est toujours positif. La courbe est au-dessus de son asymptote des deux côtés, et ne la traverse jamais.

Le double passage en O, et le tracé

Premier passage : t=0t=0 donne M(0)=OM(0)=O avec v(0)=(3,0)\vec v(0)=(3,0), donc une tangente horizontale — l'axe (Ox)(Ox).

Second passage : quand t±t\to\pm\infty, x3t2x\sim\dfrac3{t^2} et y3ty\sim\dfrac3t tendent vers 00, la courbe revient en OO ; et yx=t±\dfrac yx=t\to\pm\infty donne une tangente verticale — l'axe (Oy)(Oy).

en O : tangente (Ox) pour t=0, tangente (Oy) aˋ la limite t±\boxed{\text{en }O\ :\ \text{tangente }(Ox)\ \text{pour }t=0,\ \text{tangente }(Oy)\ \text{à la limite }t\to\pm\infty}

Recoupement sur l'équation : dans x3+y3=3xyx^3+y^3=3xy, les termes de plus bas degré sont ceux de 3xy3xy, donc près de OO la courbe ressemble à 3xy=03xy=0 — les deux axes ✓.

Le tracé. Pour t0t\geq0, la boucle : de OO tangente à (Ox)(Ox), elle monte à droite jusqu'à (43,23)\left(\sqrt[3]4,\sqrt[3]2\right) (tangente verticale), passe par le sommet (32,32)\left(\tfrac32,\tfrac32\right) sur l'axe de symétrie, atteint (23,43)\left(\sqrt[3]2,\sqrt[3]4\right) (tangente horizontale) et redescend vers OO tangente à (Oy)(Oy). Repères : M(2)=(23,43)M(2)=\left(\tfrac23,\tfrac43\right) et M ⁣(12)=(43,23)M\!\left(\tfrac12\right)=\left(\tfrac43,\tfrac23\right), échangés ✓.

Pour t<0t<0, les deux branches infinies restent collées par au-dessus à l'asymptote, l'une par M(2)=(67,127)M(-2)=\left(\tfrac67,-\tfrac{12}7\right), l'autre par M ⁣(12)=(127,67)M\!\left(-\tfrac12\right)=\left(-\tfrac{12}7,\tfrac67\right) — échangées elles aussi ✓.

Rappel de cours

Asymptote oblique. Si xx\to\infty et yy\to\infty : on cherche a=limyxa=\lim\dfrac yx ; si aa est fini et non nul, on cherche b=lim(yax)b=\lim(y-ax) ; si bb est fini, la droite y=ax+by=ax+b est asymptote. Le signe de y(ax+b)y-(ax+b) dit de quel côté la courbe passe.

⚠️ Une branche infinie se traite côté par côté : les limites à gauche et à droite d'une valeur interdite peuvent être opposées, comme ici en t=1t=-1.

Symétrie d'axe y=xy=x. Elle se lit sur M(t)=(y(t),x(t))M(t')=(y(t),x(t)) pour un changement de paramètre — ici t=1tt'=\dfrac1t — ou sur une équation cartésienne symétrique en xx et yy.

L'erreur classique

⚠️ Prendre une seule limite en t=1t=-1. Écrire « x+x\to+\infty en 1-1 » n'a pas de sens : à gauche x+x\to+\infty, à droite xx\to-\infty, et ce sont deux branches infinies distinctes. Ce qu'elles partagent, c'est l'asymptote — pas le quart de plan.

⚠️ S'arrêter à l'asymptote sans étudier la position. L'écriture x+y+1=(t+1)2t2t+1x+y+1=\dfrac{(t+1)^2}{t^2-t+1} transforme « la courbe s'approche de la droite » en « elle s'en approche par au-dessus ». Sans elle, le tracé part du mauvais côté.

À retenir

Un bon paramétrage vient d'une idée géométrique. Couper la cubique par y=txy=tx donne d'un coup le paramétrage, la relation yx=t\dfrac yx=t, et la lecture de tt comme une direction vue de OO.

Une asymptote se termine toujours par le signe. Limite de yx\dfrac yx, puis limite de yaxy-ax, puis signe de yaxby-ax-b : les trois étapes, dans cet ordre. Ici le carré (t+1)2(t+1)^2 au numérateur règle la question d'un coup.

Réponse. Domaine R{1}\mathbb{R}\setminus\{-1\}, x3+y3=3xyx^3+y^3=3xy, yx=t\tfrac yx=t ; M ⁣(1t)=(y,x)M\!\left(\tfrac1t\right)=(y,x) : symétrie d'axe y=xy=x ; tangente verticale en (43,23)\left(\sqrt[3]4,\sqrt[3]2\right), horizontale en (23,43)\left(\sqrt[3]2,\sqrt[3]4\right) avec 231,26\sqrt[3]2\approx1{,}26 et 431,587\sqrt[3]4\approx1{,}587 ; asymptote x+y+1=0x+y+1=0 des deux côtés, courbe au-dessus car x+y+1=(t+1)2t2t+10x+y+1=\tfrac{(t+1)^2}{t^2-t+1}\geq0 ; OO atteint pour le seul t=0t=0 et retrouvé à la limite t±t\to\pm\infty, tangentes (Ox)(Ox) puis (Oy)(Oy) ; boucle pour t0t\geq0. (Recoupement : 23\sqrt[3]2 et 123\tfrac1{\sqrt[3]2} sont échangés par la symétrie, comme les points M(2)M(2) et M ⁣(12)M\!\left(\tfrac12\right) ✓)
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La cycloïde : la roue qui roule

ApplicationDifficulté 3/5

Une roue de rayon a>0a>0 roule sans glisser sur l'axe (Ox)(Ox) ; un point de sa jante décrit la cycloïde M(t)=(a(tsint),  a(1cost))M(t)=\bigl(a(t-\sin t),\;a(1-\cos t)\bigr). 1. Calculer v(t)\vec v(t), dire où il s'annule, et montrer que v(t)=2asint2\lVert\vec v(t)\rVert=2a\sin\dfrac t2 sur [0,2π][0,2\pi]. 2. Établir M(t+2π)=M(t)+(2πa,0)M(t+2\pi)=M(t)+(2\pi a,0) et montrer que M(2πt)M(2\pi-t) est le symétrique de M(t)M(t) par rapport à la droite x=πax=\pi a ; en déduire l'intervalle d'étude. 3. Dresser le tableau de variations conjointes sur [0,2π][0,2\pi], donner le sommet et les tangentes en M ⁣(π3)M\!\left(\dfrac\pi3\right), M ⁣(π2)M\!\left(\dfrac\pi2\right) et M ⁣(3π2)M\!\left(\dfrac{3\pi}2\right). 4. Quelle est la tangente aux instants où v(t)=0\vec v(t)=\vec 0 ? 5. Tracer une arche.

Indices (3)

1cost=2sin2t21-\cos t=2\sin^2\dfrac t2 et sint=2sint2cost2\sin t=2\sin\dfrac t2\cos\dfrac t2 : la pente et la norme s'en déduisent.

Une norme est positive : attention au signe de sint2\sin\dfrac t2 hors de [0,2π][0,2\pi].

Aux instants où v=0\vec v=\vec0, passer à la limite sur la pente yx\dfrac{y'}{x'}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La cycloïde est la trace d'un point de la jante d'une roue qui roule sans glisser : le point avance avec la roue, mais il touche le sol une fois par tour, et à cet instant précis il est immobile. C'est le premier exemple du chapitre où le vecteur dérivé s'annule pour de bon — et où la courbe forme une pointe dont la tangente est verticale, ce qui surprend toujours.

v(t)=(a(1cost),  asint).\vec v(t)=\bigl(a(1-\cos t),\;a\sin t\bigr).

Deux remarques structurent l'étude : x=a(1cost)0x'=a(1-\cos t)\geq0, donc la roue avance toujours ; et y=a(1cost)y=a(1-\cos t) est exactement xx', ce qui n'est pas un hasard — le point est le plus lent quand il est le plus bas.

La vitesse s'annule au sol, et sa norme vaut 2a sin(t/2)

v(t)=0\vec v(t)=\vec0 demande 1cost=01-\cos t=0 et sint=0\sin t=0, donc t2πZt\in2\pi\mathbb{Z} — et y=a(1cost)y=a(1-\cos t) y est nul aussi : la vitesse s'annule exactement quand le point touche le sol ✓.

Pour la norme, on développe puis on emploie 1cost=2sin2t21-\cos t=2\sin^2\dfrac t2 :

v2=a2((1cost)2+sin2t)=a2(12cost+cos2t+sin2t)=2a2(1cost)=4a2sin2t2.\lVert\vec v\rVert^2=a^2\bigl((1-\cos t)^2+\sin^2t\bigr)=a^2\bigl(1-2\cos t+\cos^2t+\sin^2t\bigr)=2a^2(1-\cos t)=4a^2\sin^2\tfrac t2.

Sur [0,2π][0,2\pi] on a t2[0,π]\dfrac t2\in[0,\pi], donc sint20\sin\dfrac t2\geq0 et la racine se prend sans valeur absolue :

v(t)=2asint2  sur [0,2π]\boxed{\lVert\vec v(t)\rVert=2a\sin\tfrac t2\ \ \text{sur }[0,2\pi]}

⚠️ Hors de cet intervalle c'est 2asint22a\left\lvert\sin\dfrac t2\right\rvert : une norme ne peut pas être négative. Contrôles : v\lVert\vec v\rVert vaut aa en π3\dfrac\pi3, a2a\sqrt2 en π2\dfrac\pi2, et son maximum 2a2a en t=πt=\pi — au sommet, là où le point est le plus haut ✓.

Une seule arche à étudier, et même une demi-arche

Translation. x(t+2π)=a(t+2πsint)=x(t)+2πax(t+2\pi)=a(t+2\pi-\sin t)=x(t)+2\pi a et y(t+2π)=y(t)y(t+2\pi)=y(t), donc

M(t+2π)=M(t)+(2πa,  0).M(t+2\pi)=M(t)+(2\pi a,\;0).

La courbe est invariante par la translation de vecteur (2πa,0)(2\pi a,0) — et 2πa2\pi a est précisément la circonférence de la roue : c'est le « roule sans glisser » traduit en formule. Il suffit donc d'étudier une arche, t[0,2π]t\in[0,2\pi], puis de la translater indéfiniment.

Symétrie. x(2πt)=a(2πtsin(2πt))=a(2πt+sint)=2πax(t)x(2\pi-t)=a\bigl(2\pi-t-\sin(2\pi-t)\bigr)=a(2\pi-t+\sin t)=2\pi a-x(t), tandis que y(2πt)=a(1cost)=y(t)y(2\pi-t)=a(1-\cos t)=y(t). Donc M(2πt)=(2πax(t),  y(t))M(2\pi-t)=\bigl(2\pi a-x(t),\;y(t)\bigr) : c'est le symétrique par rapport à la droite verticale x=πax=\pi a. On peut donc n'étudier que [0,π][0,\pi] et compléter par cette symétrie.

une arche sur [0,2π], translation de (2πa,0) ; demi-arche sur [0,π], symeˊtrie d’axe x=πa\boxed{\text{une arche sur }[0,2\pi],\ \text{translation de }(2\pi a,0)\ ;\ \text{demi-arche sur }[0,\pi],\ \text{symétrie d'axe }x=\pi a}
Variations conjointes, sommet et pentes

x=a(1cost)0x'=a(1-\cos t)\geq0 (nul en 00 et 2π2\pi) : xx croît sur toute l'arche. Et y=asinty'=a\sin t est positif sur ]0,π[]0,\pi[, nul en π\pi, négatif sur ]π,2π[]\pi,2\pi[. La pente se simplifie avec les mêmes formules de duplication :

yx=sint1cost=2sint2cost22sin2t2=cott2(t2πZ).\frac{y'}{x'}=\frac{\sin t}{1-\cos t}=\frac{2\sin\frac t2\cos\frac t2}{2\sin^2\frac t2}=\cot\frac t2\qquad(t\notin2\pi\mathbb{Z}).
tt xx' yy' point pente cott2\cot\dfrac t2
00 00 00 OO vitesse nulle, pointe
π3\tfrac\pi3 ++ ++ a(π332,  12)a\left(\tfrac\pi3-\tfrac{\sqrt3}2,\;\tfrac12\right) 3\sqrt3
π2\tfrac\pi2 ++ ++ a(π21,  1)a\left(\tfrac\pi2-1,\;1\right) 11
π\pi ++ 00 (πa,2a)(\pi a,\,2a) 00 : sommet, tangente horizontale
3π2\tfrac{3\pi}2 ++ - a(3π2+1,  1)a\left(\tfrac{3\pi}2+1,\;1\right) 1-1
2π2\pi 00 00 (2πa,0)(2\pi a,\,0) vitesse nulle, pointe

Valeurs numériques du tracé : π3320,181\tfrac\pi3-\tfrac{\sqrt3}2\approx0{,}181, π210,571\tfrac\pi2-1\approx0{,}571, 3π2+15,712\tfrac{3\pi}2+1\approx5{,}712, 2π6,2832\pi\approx6{,}283. Les pentes 11 et 1-1 en π2\tfrac\pi2 et 3π2\tfrac{3\pi}2 sont opposées, et les deux points sont à la même hauteur aa : c'est la symétrie d'axe x=πax=\pi a qui se voit ✓.

La tangente là où la vitesse est nulle

En t=0t=0, v(0)=0\vec v(0)=\vec0 : la formule « tangente dirigée par v\vec v » ne dit rien. On passe donc à la limite sur la pente, comme dans l'exercice A6 :

yx=cott2=cost2sint2   t0+   +,\frac{y'}{x'}=\cot\frac t2=\frac{\cos\frac t2}{\sin\frac t2}\ \xrightarrow[\;t\to0^+\;]{}\ +\infty,

puisque le numérateur tend vers 11 et le dénominateur vers 0+0^+. La position limite des tangentes est donc verticale : la cycloïde a en OO une tangente verticale, et le point y forme une pointe — il arrive par la gauche, s'arrête, et repart vers la droite.

tangente verticale aux points de contact avec le sol\boxed{\text{tangente verticale aux points de contact avec le sol}}

Deux recoupements. Par la symétrie : la tangente en t=2πt=2\pi est l'image de celle de t=0t=0 par la symétrie d'axe x=πax=\pi a, donc verticale elle aussi ✓. Par les équivalents : tsintt36t-\sin t\sim\dfrac{t^3}6 et 1costt221-\cos t\sim\dfrac{t^2}2, donc yx3t+\dfrac yx\sim\dfrac3t\to+\infty — la courbe monte infiniment plus vite qu'elle n'avance ✓.

Le tracé. Une arche : départ en pointe à l'origine, tangente verticale ; montée vers la droite, de plus en plus penchée (la pente cott2\cot\frac t2 décroît de ++\infty à 00) ; sommet (πa,2a)(\pi a,2a) à tangente horizontale, où la vitesse est maximale ; descente symétrique ; arrivée en pointe en (2πa,0)(2\pi a,0). Puis on translate.

Rappel de cours

Point stationnaire. Si v(t0)=0\vec v(t_0)=\vec0, la tangente est la position limite de yx\dfrac{y'}{x'} quand tt0t\to t_0 (ou la direction du premier vecteur dérivé non nul). Elle existe presque toujours — ici elle est verticale.

Norme et valeur absolue. u2=u\sqrt{u^2}=\lvert u\rvert. Une simplification comme 4a2sin2t2=2asint2\sqrt{4a^2\sin^2\frac t2}=2a\sin\frac t2 n'est licite que sur un intervalle où sint20\sin\frac t2\geq0, et il faut le dire.

Invariance par translation. M(t+T)=M(t)+uM(t+T)=M(t)+\vec u ne veut pas dire que la courbe est fermée : elle se répète décalée. On étudie un motif, puis on translate.

L'erreur classique

⚠️ Écrire v=2asint2\lVert\vec v\rVert=2a\sin\dfrac t2 sans dire où. Sur [2π,4π][2\pi,4\pi] ce serait négatif, donc faux. Le réflexe est de sortir la valeur absolue, puis de la lever sur un intervalle nommé — c'est exactement ce piège qui fausse les calculs de longueur d'arc en approfondissement.

⚠️ Conclure « il n'y a pas de tangente » aux points de rebroussement. La vitesse s'annule, la tangente existe, et elle est verticale. Confondre les deux revient à confondre « le mobile s'arrête » et « la courbe n'a pas de direction ».

À retenir

Une cycloïde ne se répète pas : elle se translate. M(t+2π)=M(t)+(2πa,0)M(t+2\pi)=M(t)+(2\pi a,0) — et ce vecteur est la circonférence de la roue. Une courbe fermée aurait M(t+T)=M(t)M(t+T)=M(t) ; ici l'arche recommence plus loin.

Là où la vitesse s'annule, la tangente se lit sur la limite de la pente. Sur la cycloïde, cott2+\cot\dfrac t2\to+\infty : tangente verticale et pointe. L'approfondissement nommera cette pointe un rebroussement de première espèce ; le tracé, lui, la constate déjà.

Réponse. v(t)=a(1cost,  sint)\vec v(t)=a(1-\cos t,\;\sin t), nul pour t2πZt\in2\pi\mathbb{Z} ; v=2asint2\lVert\vec v\rVert=2a\sin\tfrac t2 sur [0,2π][0,2\pi], maximale 2a2a au sommet ; M(t+2π)=M(t)+(2πa,0)M(t+2\pi)=M(t)+(2\pi a,0) et symétrie d'axe x=πax=\pi a ; sommet (πa,2a)(\pi a,2a) à tangente horizontale ; pentes 3\sqrt3, 11 et 1-1 en π3\tfrac\pi3, π2\tfrac\pi2, 3π2\tfrac{3\pi}2 ; tangente verticale aux pointes. (Recoupement : v=a2\lVert\vec v\rVert=a\sqrt2 en π2\tfrac\pi2, et la symétrie donne la seconde pointe ✓)
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Chercher un point double, et l'angle des deux tangentes

DémonstrationDifficulté 3/5

On reprend la courbe de l'exercice A2 : M(t)=(t2+1,  t33t)M(t)=(t^2+1,\;t^3-3t), tRt\in\mathbb{R}. 1. Montrer que si M(u)=M(w)M(u)=M(w) avec uwu\neq w, alors w=uw=-u et u0u\neq0. 2. En déduire l'unique point double de la courbe et les deux valeurs du paramètre qui y conduisent. 3. Déterminer les deux tangentes en ce point, puis l'angle qu'elles forment. 4. Vérifier que la courbe est contenue dans y2=(x1)(x4)2y^2=(x-1)(x-4)^2, et retrouver sur cette équation le point double ainsi que les points à tangente horizontale ou verticale obtenus en A2.

Indices (3)

Écrire x(u)x(w)x(u)-x(w) et le factoriser : le facteur uwu-w se simplifie puisqu'il est non nul.

Reporter w=uw=-u dans y(u)=y(w)y(u)=y(w) et factoriser le polynôme obtenu.

Pour l'angle, utiliser le produit scalaire des deux vecteurs vitesse, normalisé par leurs normes.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un point double ne se voit sur aucun tableau de variations. La courbe y repasse, sans que xx ni yy n'y fasse quoi que ce soit de remarquable : ni extremum, ni tangente particulière. Il faut donc le résoudre, et la méthode tient en une règle — écrire M(u)=M(w)M(u)=M(w), factoriser par uwu-w, puis simplifier, ce qui est licite précisément parce que uwu\neq w.

On reprend la courbe de l'exercice A2, dont on connaît déjà

v(t)=(2t,  3t23),\vec v(t)=(2t,\;3t^2-3),

les tangentes horizontales en (2,2)(2,-2) et (2,2)(2,2), et la tangente verticale en (1,0)(1,0). Il manquait le point double : le voici.

La première équation impose deux instants opposés

L'égalité des abscisses s'écrit u2+1=w2+1u^2+1=w^2+1, c'est-à-dire

x(u)x(w)=u2w2=(uw)(u+w)=0.x(u)-x(w)=u^2-w^2=(u-w)(u+w)=0.

Le facteur uwu-w est non nul par hypothèse : on le simplifie, et il reste u+w=0u+w=0, soit

w=u\boxed{w=-u}

Et u0u\neq0 : si uu était nul, alors w=u=0=uw=-u=0=u, ce qui contredit uwu\neq w. Cette précision n'est pas un ornement — c'est elle qui écartera tout à l'heure une racine parasite.

Géométriquement, la raison est claire : x(t)=t2+1x(t)=t^2+1 est paire, donc deux instants opposés donnent toujours la même abscisse. La courbe est donc « repliée » sur elle-même horizontalement, et il ne reste qu'à trouver où les ordonnées se rejoignent aussi.

La seconde équation donne les deux instants

On reporte w=uw=-u dans y(u)=y(w)y(u)=y(w) :

y(u)y(u)=(u33u)(u3+3u)=2u36u=2u(u3)(u+3)=0.y(u)-y(-u)=(u^3-3u)-\bigl(-u^3+3u\bigr)=2u^3-6u=2u\,(u-\sqrt3)(u+\sqrt3)=0.

Comme u0u\neq0, il reste u=3u=\sqrt3 ou u=3u=-\sqrt3 : les deux valeurs donnent la même paire {u,w}={3,3}\{u,w\}=\{\sqrt3,-\sqrt3\}. Chaque étape étant une équivalence sous l'hypothèse uwu\neq w, la solution est unique.

Le point lui-même :

M(3)=(3+1,  3333)=(4,0),M(3)=(3+1,  33+33)=(4,0).M(\sqrt3)=\bigl(3+1,\;3\sqrt3-3\sqrt3\bigr)=(4,0),\qquad M(-\sqrt3)=\bigl(3+1,\;-3\sqrt3+3\sqrt3\bigr)=(4,0).
point double (4,0), atteint en t=±3±1,732\boxed{\text{point double }(4,0),\ \text{atteint en }t=\pm\sqrt3\approx\pm1{,}732}

⚠️ La racine u=0u=0 qu'on vient d'écarter n'était pas un point double : elle redonne M(0)=(1,0)M(0)=(1,0), un point simple — celui à tangente verticale de A2. Oublier la condition u0u\neq0, c'est annoncer un point double là où la courbe ne passe qu'une fois.

Les deux tangentes, et l'angle entre elles

En chacun des deux instants, la tangente est dirigée par le vecteur vitesse :

v(3)=(23,  333)=(23,  6),v(3)=(23,  6).\vec v(\sqrt3)=\bigl(2\sqrt3,\;3\cdot3-3\bigr)=(2\sqrt3,\;6),\qquad\vec v(-\sqrt3)=(-2\sqrt3,\;6).

Leurs pentes sont 623=33=3\dfrac6{2\sqrt3}=\dfrac3{\sqrt3}=\sqrt3 et 3-\sqrt3. Les deux tangentes en (4,0)(4,0) sont donc

y=3(x4)ety=3(x4)\boxed{y=\sqrt3\,(x-4)\qquad\text{et}\qquad y=-\sqrt3\,(x-4)}

L'angle. Produit scalaire : v(3)v(3)=12+36=24\vec v(\sqrt3)\cdot\vec v(-\sqrt3)=-12+36=24. Normes : 12+36=48=43\sqrt{12+36}=\sqrt{48}=4\sqrt3 pour chacune. Donc

cosθ=2443×43=2448=12,θ=60°.\cos\theta=\frac{24}{4\sqrt3\times4\sqrt3}=\frac{24}{48}=\frac12,\qquad\theta=60°.

Recoupement par les pentes : ±3=±tan60°\pm\sqrt3=\pm\tan60°, donc les deux droites font +60°+60° et 60°-60° avec l'axe (Ox)(Ox). Elles s'écartent de 120°120°, dont l'angle aigu est 180°120°=60°180°-120°=60° ✓ — le même résultat, obtenu sans produit scalaire.

L'équation cartésienne redit tout

De x=t2+1x=t^2+1 on tire t2=x1t^2=x-1, et y=t33t=t(t23)=t(x4)y=t^3-3t=t\,(t^2-3)=t\,(x-4). En élevant au carré :

y2=t2(x4)2=(x1)(x4)2.y^2=t^2(x-4)^2=(x-1)(x-4)^2.
y2=(x1)(x4)2\boxed{y^2=(x-1)(x-4)^2}

Quatre lectures, qui recoupent tout ce qui précède :

  • en x=4x=4 : y2=3×0=0y^2=3\times0=0, et le facteur (x4)(x-4) est au carré — cette racine double est la signature du point double ✓ ;
  • près de (4,0)(4,0), en posant x=4+hx=4+h : y2=(3+h)h23h2y^2=(3+h)h^2\approx3h^2, donc y±3hy\approx\pm\sqrt3\,h, ce sont bien les deux tangentes de pentes ±3\pm\sqrt3 ✓ ;
  • en x=1x=1 : y2=0y^2=0, un seul point (1,0)(1,0) — celui à tangente verticale de A2 ✓ ;
  • en x=2x=2 : y2=1×4=4y^2=1\times4=4, donc y=±2y=\pm2 : les deux points (2,±2)(2,\pm2) à tangente horizontale de A2 ✓.

Enfin y20y^2\geq0 impose x1x\geq1, ce qui redonne x=t2+11x=t^2+1\geq1 ✓.

Rappel de cours

Point double. Ce sont deux instants t1t2t_1\neq t_2 tels que M(t1)=M(t2)M(t_1)=M(t_2). On résout le système x(t1)=x(t2)x(t_1)=x(t_2), y(t1)=y(t2)y(t_1)=y(t_2) en factorisant par t1t2t_1-t_2, qu'on simplifie ; il faut ensuite écarter les solutions parasites où t1=t2t_1=t_2.

Tangentes en un point double. Il y en a deux, dirigées par v(t1)\vec v(t_1) et v(t2)\vec v(t_2).

Angle de deux droites. cosθ=uwuw\cos\theta=\dfrac{\vec u\cdot\vec w}{\lVert\vec u\rVert\,\lVert\vec w\rVert} pour les vecteurs directeurs ; pour les droites, on retient l'angle aigu, quitte à prendre le supplémentaire.

L'erreur classique

⚠️ Simplifier par uwu-w sans dire qu'il est non nul. C'est l'hypothèse même de l'énoncé, et c'est ce qui rend la simplification légitime : sans elle on divise par zéro. Le dire prend trois mots, et c'est ce que le correcteur cherche.

⚠️ Garder la racine u=0u=0. Elle sort du calcul, elle est mathématiquement là, et elle ne donne pas un point double : elle donne w=uw=u, donc un point simple. Une solution d'un système n'est une réponse que si elle respecte les contraintes qu'on a posées en chemin.

À retenir

Un point double se résout, il ne s'observe pas. Aucun tableau de variations ne le signale : c'est le système M(u)=M(w)M(u)=M(w), factorisé par uwu-w, qui le donne — et les contraintes accumulées (uwu\neq w, puis u0u\neq0) font partie de la réponse.

Une racine double dans l'équation cartésienne marque le point double. y2=(x1)(x4)2y^2=(x-1)(x-4)^2 : le carré est en x=4x=4, et le développement local y±3(x4)y\approx\pm\sqrt3(x-4) redonne les deux tangentes. Quand on a les deux formes, elles se contrôlent l'une l'autre.

Réponse. x(u)=x(w)x(u)=x(w) avec uwu\neq w donne w=uw=-u et u0u\neq0 ; puis 2u(u3)(u+3)=02u(u-\sqrt3)(u+\sqrt3)=0 donne {u,w}={3,3}\{u,w\}=\{\sqrt3,-\sqrt3\}, 31,732\sqrt3\approx1{,}732 ; point double (4,0)(4,0), tangentes y=±3(x4)y=\pm\sqrt3(x-4) de pentes ±3\pm\sqrt3, formant un angle de 60°60° (cosθ=12\cos\theta=\tfrac12) ; y2=(x1)(x4)2y^2=(x-1)(x-4)^2. (Recoupement : x=1x=1 redonne (1,0)(1,0) et x=2x=2 redonne (2,±2)(2,\pm2), les points remarquables de A2 ✓)
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L'astroïde, ses quatre pointes et l'échelle qui glisse

ApplicationDifficulté 4/5

Soit l'astroïde M(t)=(acos3t,  asin3t)M(t)=\bigl(a\cos^3t,\;a\sin^3t\bigr), avec a>0a>0 et tRt\in\mathbb{R}. 1. Calculer v(t)\vec v(t), le factoriser, et déterminer les points où il s'annule. 2. Établir les trois symétries données par M(t)M(-t), M(πt)M(\pi-t) et M ⁣(π2t)M\!\left(\dfrac\pi2-t\right), puis réduire l'intervalle d'étude à [0,π4]\left[0,\dfrac\pi4\right]. 3. Étudier les variations sur cet intervalle, donner la pente de la tangente en M(t)M(t), les points M ⁣(π6)M\!\left(\dfrac\pi6\right) et M ⁣(π4)M\!\left(\dfrac\pi4\right), et la tangente aux points stationnaires. 4. Montrer que la tangente en M(t)M(t) a pour équation xsint+ycost=asintcostx\sin t+y\cos t=a\sin t\cos t, et que le segment qu'elle découpe entre les deux axes a une longueur constante. 5. Vérifier que x2/3+y2/3=a2/3x^{2/3}+y^{2/3}=a^{2/3} sur le quart de plan positif.

Indices (3)

Factoriser v(t)\vec v(t) par 3asintcost3a\sin t\cos t : le vecteur restant est unitaire.

Trois symétries, donc trois réductions successives : 2π2\pi, puis π\pi, puis π2\dfrac\pi2, puis π4\dfrac\pi4.

Pour la tangente, un vecteur normal se lit sur le vecteur directeur ; puis chercher les intersections avec y=0y=0 et x=0x=0.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'astroïde est la courbe aux quatre pointes, et c'est l'exemple le plus économique de tout ce que le chapitre sait faire : des symétries en cascade, des points stationnaires, et une propriété de la tangente qui ne se devine pas.

Le calcul de départ gagne à être factorisé :

v(t)=(3acos2tsint,  3asin2tcost)=3asintcost(cost,  sint).\vec v(t)=\bigl(-3a\cos^2t\sin t,\;3a\sin^2t\cos t\bigr)=3a\sin t\cos t\,\bigl(-\cos t,\;\sin t\bigr).

Cette écriture sépare deux informations de nature différente : le scalaire 3asintcost3a\sin t\cos t, qui porte la vitesse et s'annule aux points stationnaires ; et le vecteur unitaire (cost,sint)(-\cos t,\sin t), qui porte la direction de la tangente et ne s'annule jamais. Tout l'exercice découle de cette séparation.

Les quatre points stationnaires

v(t)=0\vec v(t)=\vec0 équivaut à sintcost=0\sin t\cos t=0, soit, sur [0,2π[[0,2\pi[ :

t{0,  π2,  π,  3π2}.t\in\left\{0,\;\tfrac\pi2,\;\pi,\;\tfrac{3\pi}2\right\}.

Les quatre points correspondants sont

M(0)=(a,0),M ⁣(π2)=(0,a),M(π)=(a,0),M ⁣(3π2)=(0,a).M(0)=(a,0),\quad M\!\left(\tfrac\pi2\right)=(0,a),\quad M(\pi)=(-a,0),\quad M\!\left(\tfrac{3\pi}2\right)=(0,-a).
quatre points stationnaires : (±a,0) et (0,±a)\boxed{\text{quatre points stationnaires : }(\pm a,0)\ \text{et }(0,\pm a)}

Ce sont les quatre pointes, et elles sont sur les axes. Partout ailleurs le facteur 3asintcost3a\sin t\cos t est non nul, donc le point est régulier et la tangente est dirigée par (cost,sint)(-\cos t,\sin t).

Trois symétries, un huitième à étudier

La courbe est 2π2\pi-périodique, et les trois symétries se lisent directement sur les cubes :

  • M(t)=(acos3t,  asin3t)=(x,y)M(-t)=\bigl(a\cos^3t,\;-a\sin^3t\bigr)=(x,-y) : symétrie d'axe (Ox)(Ox), qui ramène l'étude à [0,π][0,\pi] ;
  • M(πt)=(a(cost)3,  asin3t)=(x,y)M(\pi-t)=\bigl(a(-\cos t)^3,\;a\sin^3t\bigr)=(-x,y) : symétrie d'axe (Oy)(Oy), qui ramène à [0,π2]\left[0,\tfrac\pi2\right] ;
  • M ⁣(π2t)=(asin3t,  acos3t)=(y,x)M\!\left(\tfrac\pi2-t\right)=\bigl(a\sin^3t,\;a\cos^3t\bigr)=(y,x) : symétrie d'axe y=xy=x, qui ramène à [0,π4]\left[0,\tfrac\pi4\right].
eˊtude sur [0,π4], compleˊteˊe par les symeˊtries d’axes y=x, (Oy) et (Ox)\boxed{\text{étude sur }\left[0,\tfrac\pi4\right],\ \text{complétée par les symétries d'axes }y=x,\ (Oy)\ \text{et }(Ox)}

Chaque symétrie divise l'intervalle par deux : l'arc étudié est un huitième de la courbe, et il faut les trois transformations pour la reconstituer entièrement.

Variations, pente, et la tangente aux pointes

Sur ]0,π4]\left]0,\tfrac\pi4\right] on a sint>0\sin t>0 et cost>0\cos t>0, donc x=3acos2tsint<0x'=-3a\cos^2t\sin t<0 et y=3asin2tcost>0y'=3a\sin^2t\cos t>0 : xx décroît, yy croît, l'arc est monotone d'un bout à l'autre. La pente vient du vecteur directeur :

yx=sintcost=tant(sintcost0).\frac{y'}{x'}=\frac{\sin t}{-\cos t}=-\tan t\qquad(\sin t\cos t\neq0).
tt xx yy pente tant-\tan t
00 aa 00 vitesse nulle : pointe
π6\tfrac\pi6 33a8\tfrac{3\sqrt3\,a}8 a8\tfrac a8 13-\tfrac1{\sqrt3}
π4\tfrac\pi4 a24\tfrac{a\sqrt2}4 a24\tfrac{a\sqrt2}4 1-1

avec 3380,650\tfrac{3\sqrt3}8\approx0{,}650 et 240,354\tfrac{\sqrt2}4\approx0{,}354. Le point M ⁣(π4)M\!\left(\tfrac\pi4\right) est sur l'axe y=xy=x et sa tangente y a la pente 1-1 : elle est perpendiculaire à l'axe de symétrie ✓.

La tangente aux pointes. En t=0t=0, v(0)=0\vec v(0)=\vec 0 et le quotient yx\dfrac{y'}{x'} est indéterminé ; on passe à la limite : tant0-\tan t\to0, donc la tangente en (a,0)(a,0) est horizontale, portée par l'axe (Ox)(Ox). Recoupement par la dérivée seconde : M(0)=(3a,0)M''(0)=(-3a,0), vecteur horizontal, qui dirige bien cette tangente ✓. Par les symétries, la tangente en (0,a)(0,a) est portée par (Oy)(Oy), et ainsi de suite : les tangentes aux quatre pointes sont portées par les axes.

La tangente découpe un segment de longueur constante

En un point régulier, la tangente passe par M(t)M(t) et est dirigée par (cost,sint)(-\cos t,\sin t) ; un vecteur normal est donc (sint,cost)(\sin t,\cos t), et l'équation s'écrit

sint(xacos3t)+cost(yasin3t)=0.\sin t\,\bigl(x-a\cos^3t\bigr)+\cos t\,\bigl(y-a\sin^3t\bigr)=0.

Le second membre se regroupe : acos3tsint+asin3tcost=asintcost(cos2t+sin2t)=asintcosta\cos^3t\sin t+a\sin^3t\cos t=a\sin t\cos t\,(\cos^2t+\sin^2t)=a\sin t\cos t, d'où

xsint+ycost=asintcost\boxed{x\sin t+y\cos t=a\sin t\cos t}

Les deux intersections. En un point régulier, sint\sin t et cost\cos t sont non nuls, on peut donc diviser. Avec (Ox)(Ox), on fait y=0y=0 : xsint=asintcostx\sin t=a\sin t\cos t, donc A=(acost,0)A=(a\cos t,\,0) ; avec (Oy)(Oy), on fait x=0x=0 : B=(0,asint)B=(0,\,a\sin t). La longueur du segment est alors

AB=a2cos2t+a2sin2t=a,constante.AB=\sqrt{a^2\cos^2t+a^2\sin^2t}=a,\qquad\textbf{constante.}

C'est l'échelle qui glisse le long d'un mur : une échelle de longueur aa, appuyée au mur (Oy)(Oy) et posée au sol (Ox)(Ox), occupe successivement toutes ces droites — et l'astroïde est la courbe qu'elles dessinent en enveloppe.

L'équation cartésienne. Sur le quart x0x\geq0, y0y\geq0, c'est-à-dire t[0,π2]t\in\left[0,\tfrac\pi2\right] : x2/3=a2/3cos2tx^{2/3}=a^{2/3}\cos^2t et y2/3=a2/3sin2ty^{2/3}=a^{2/3}\sin^2t, donc x2/3+y2/3=a2/3x^{2/3}+y^{2/3}=a^{2/3} ✓ ; les trois symétries donnent les trois autres quarts.

Rappel de cours

Factoriser le vecteur dérivé. Quand v(t)=λ(t)u(t)\vec v(t)=\lambda(t)\,\vec u(t) avec u\vec u unitaire, les points stationnaires sont les zéros de λ\lambda, la direction de la tangente est u\vec u, et v=λ\lVert\vec v\rVert=\lvert\lambda\rvert.

Symétries en cascade. Chaque symétrie indépendante divise l'intervalle d'étude par deux. Il faut à la fin nommer toutes les transformations qui complètent le tracé.

Tangente par un vecteur normal. Si u=(α,β)\vec u=(\alpha,\beta) dirige la tangente, alors (β,α)(-\beta,\alpha) lui est normal — à un facteur non nul près, le signe compris — et l'équation de la tangente en (x0,y0)(x_0,y_0) s'écrit β(xx0)+α(yy0)=0-\beta(x-x_0)+\alpha(y-y_0)=0.

L'erreur classique

⚠️ Appliquer la pente tant-\tan t aux quatre pointes. En t=0t=0, le quotient yx\dfrac{y'}{x'} vaut 00\dfrac00 : la formule n'y a pas de sens. Ce qui vaut, c'est la limite de tant-\tan t, qui donne la tangente horizontale — ou la dérivée seconde M(0)=(3a,0)M''(0)=(-3a,0).

⚠️ Rendre l'arc de [0,π4]\left[0,\tfrac\pi4\right] comme réponse. Ce n'est qu'un huitième de la courbe. Trois symétries ont servi à réduire, il faut les trois pour reconstruire : une réduction non rendue est une réponse fausse.

À retenir

Factoriser v\vec v sépare la vitesse de la direction. Sur l'astroïde, v=3asintcost(cost,sint)\vec v=3a\sin t\cos t\,(-\cos t,\sin t) donne d'un coup les quatre points stationnaires (zéros du scalaire), la pente tant-\tan t, et la norme 3asintcost3a\lvert\sin t\cos t\rvert dont l'approfondissement se servira pour la longueur.

Une tangente peut porter une propriété globale. Ici elle découpe entre les axes un segment de longueur constante aa : la courbe est l'enveloppe des positions d'une échelle qui glisse. Le calcul d'une tangente n'est pas toujours une fin en soi.

Réponse. v(t)=3asintcost(cost,sint)\vec v(t)=3a\sin t\cos t\,(-\cos t,\sin t), nul en t{0,π2,π,3π2}t\in\left\{0,\tfrac\pi2,\pi,\tfrac{3\pi}2\right\} : quatre pointes en (±a,0)(\pm a,0) et (0,±a)(0,\pm a), tangentes portées par les axes (M(0)=(3a,0)M''(0)=(-3a,0)) ; symétries d'axes (Ox)(Ox), (Oy)(Oy) et y=xy=x : étude sur [0,π4]\left[0,\tfrac\pi4\right] ; pente tant-\tan t ; M ⁣(π6)=(33a8,a8)M\!\left(\tfrac\pi6\right)=\left(\tfrac{3\sqrt3a}8,\tfrac a8\right) avec 3380,650\tfrac{3\sqrt3}8\approx0{,}650, M ⁣(π4)=(a24,a24)M\!\left(\tfrac\pi4\right)=\left(\tfrac{a\sqrt2}4,\tfrac{a\sqrt2}4\right) avec 240,354\tfrac{\sqrt2}4\approx0{,}354 ; tangente xsint+ycost=asintcostx\sin t+y\cos t=a\sin t\cos t, segment de longueur aa entre les axes ; x2/3+y2/3=a2/3x^{2/3}+y^{2/3}=a^{2/3}. (Recoupement : la pente en π4\tfrac\pi4 vaut 1-1, perpendiculaire à l'axe de symétrie y=xy=x ✓)
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Étude complète : asymptote oblique et branches paraboliques

DémonstrationDifficulté 4/5

Étudier et tracer la courbe paramétrée M(t)=(t+1t,  t+1t2)M(t)=\left(t+\dfrac1t,\;t+\dfrac1{t^2}\right), tRt\in\mathbb{R}^*. 1. Calculer x(t)x'(t) et y(t)y'(t), puis dresser le tableau de variations conjointes. 2. Donner les points à tangente verticale et à tangente horizontale. 3. Étudier les branches infinies en 00 et en ±\pm\infty, et préciser la position de la courbe par rapport à son asymptote. 4. Montrer que la courbe n'a aucun point double. 5. Placer M(±2)M(\pm2) et M ⁣(±12)M\!\left(\pm\tfrac12\right), puis tracer.

Indices (3)

Mettre xx' et yy' au même dénominateur : x=t21t2x'=\dfrac{t^2-1}{t^2} et y=t32t3y'=\dfrac{t^3-2}{t^3}.

Pour la branche en ±\pm\infty, calculer yxy-x : la fraction obtenue est très simple, et son signe donne la position.

Points doubles : factoriser x(u)x(w)x(u)-x(w) par uwu-w ; il reste la condition uw=1uw=1, donc w=1uw=\dfrac1u.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le plan d'étude du socle joué en entier, sur une courbe où tous les cas se présentent : deux tangentes verticales, une horizontale, deux branches paraboliques, une asymptote oblique, aucun point double.

Le domaine est R\mathbb{R}^* : deux morceaux séparés. Symétrie ? On a bien x(t)=x(t)x(-t)=-x(t), mais y(t)=t+1t2y(-t)=-t+\dfrac1{t^2} n'est ni y(t)y(t) ni y(t)-y(t) : aucune ne réduit l'intervalle. En revanche t1tt\mapsto\dfrac1t laisse xx invariant, puisque x ⁣(1t)=1t+t=x(t)x\!\left(\tfrac1t\right)=\tfrac1t+t=x(t) : sans donner de symétrie du tracé, c'est ce qui réglera la question 4.

Un encadrement gratuit, en réduisant au même dénominateur :

x2=(t1)2t,x+2=(t+1)2t.x-2=\frac{(t-1)^2}{t},\qquad x+2=\frac{(t+1)^2}{t}.
Les numérateurs sont des carrés : x2x\geq2 pour t>0t>0, x2x\leq-2 pour t<0t<0. La courbe évite la bande 2<x<2-2<x<2, et les valeurs extrêmes sont atteintes en t=±1t=\pm1 — ce seront les tangentes verticales.

Les deux dérivées et le tableau de variations conjointes
x(t)=11t2=t21t2,y(t)=12t3=t32t3.x'(t)=1-\frac1{t^2}=\frac{t^2-1}{t^2},\qquad y'(t)=1-\frac2{t^3}=\frac{t^3-2}{t^3}.

Signe de xx' : le dénominateur t2t^2 est positif, donc xx' a le signe de t21t^2-1, positif pour t>1\lvert t\rvert>1.

Signe de yy' : ici numérateur et dénominateur changent tous deux de signe. Pour t>0t>0, yy' a le signe de t32t^3-2, négatif sur ]0,23[\left]0,\sqrt[3]{2}\right[ ; pour t<0t<0, t3<0t^3<0 et t32<0t^3-2<0, le quotient est positif. Donc y>0y'>0 partout sauf sur ]0,23[\left]0,\sqrt[3]{2}\right[, et il ne s'annule qu'en t=231,26t=\sqrt[3]{2}\approx1{,}26.

intervalle xx' xx va de … à yy' yy va de … à
],1[]-\infty,-1[ ++ -\infty à 2-2 ++ -\infty à 00
]1,0[]-1,0[ - 2-2 à -\infty ++ 00 à ++\infty
]0,1[]0,1[ - ++\infty à 22 - ++\infty à 22
]1,23[]1,\sqrt[3]{2}[ ++ 22 à 2,0542{,}054 - 22 à 1,8901{,}890
]23,+[]\sqrt[3]{2},+\infty[ ++ 2,0542{,}054 à ++\infty ++ 1,8901{,}890 à ++\infty
x(t)=t21t2,y(t)=t32t3\boxed{x'(t)=\frac{t^2-1}{t^2},\qquad y'(t)=\frac{t^3-2}{t^3}}

Le tableau recoupe l'encadrement du premier bloc : x2\lvert x\rvert\geq2 partout ✓

Tangentes verticales et tangente horizontale

Verticales : x=0x'=0 en t=±1t=\pm1, avec y(1)=12=1y'(1)=1-2=-1 et y(1)=1+2=3y'(-1)=1+2=3, non nuls. Les points sont

M(1)=(2,2),M(1)=(2,0).M(1)=(2,2),\qquad M(-1)=(-2,0).

Horizontale : y=0y'=0 pour la seule valeur réelle t=23t=\sqrt[3]{2}, et comme 23>1\sqrt[3]{2}>1 on a t2>1t^2>1, donc x>0x'>0. Le point est

M ⁣(23)=(23+123,  23+143)(2,054  ;  1,890).M\!\left(\sqrt[3]{2}\right)=\left(\sqrt[3]{2}+\frac1{\sqrt[3]{2}},\;\sqrt[3]{2}+\frac1{\sqrt[3]{4}}\right)\approx(2{,}054\;;\;1{,}890).

Aucun point stationnaire : les zéros de xx' sont {1,1}\{-1,1\}, celui de yy' est {23}\{\sqrt[3]{2}\} — disjoints, donc v(t)0\vec v(t)\neq\vec0 partout et il n'y aura pas de pointe.

verticales en (2,2) et (2,0) ; horizontale en M ⁣(23)\boxed{\text{verticales en }(2,2)\text{ et }(-2,0)\ ;\ \text{horizontale en }M\!\left(\sqrt[3]{2}\right)}
Les branches infinies : deux paraboliques et une asymptote

En 00, le terme dominant de xx est 1t\dfrac1t et celui de yy est 1t2\dfrac1{t^2} :

t0+: x+, y+ ;t0: x, y+.t\to0^+ :\ x\to+\infty,\ y\to+\infty\ ;\qquad t\to0^- :\ x\to-\infty,\ y\to+\infty.
Le quotient yx\dfrac yx se comporte comme 1t\dfrac1t, donc yx+\left\lvert\dfrac yx\right\rvert\to+\infty des deux côtés : branche parabolique de direction (Oy)(Oy).

En ±\pm\infty, cette fois yx1\dfrac yx\to1 : la direction asymptotique est celle de y=xy=x. Reste l'écart :

yx=1t21t=1tt2t±0,y-x=\frac1{t^2}-\frac1t=\frac{1-t}{t^2}\xrightarrow[t\to\pm\infty]{}0,
donc y=xy=x est asymptote oblique aux deux branches.

Position : le signe de yxy-x est celui de 1t1-t, puisque t2>0t^2>0. La courbe est sous l'asymptote pour t>1t>1, dessus pour t<1t<1, et yxy-x ne s'annule qu'en t=1t=1 : elle coupe son asymptote au seul point M(1)=(2,2)M(1)=(2,2), qu'elle traverse verticalement.

Recoupement : M(2)=(52,94)M(2)=\left(\tfrac52,\tfrac94\right) donne yx=14<0y-x=-\tfrac14<0, dessous ✓ ; M(2)=(52,74)M(-2)=\left(-\tfrac52,-\tfrac74\right) donne 34>0\tfrac34>0, dessus ✓ — valeurs que rend aussi 1tt2\dfrac{1-t}{t^2}.

branches paraboliques (Oy) en 0± ; asymptote y=x en ±\boxed{\text{branches paraboliques }(Oy)\text{ en }0^\pm\ ;\ \text{asymptote }y=x\text{ en }\pm\infty}
La courbe n'a aucun point double

On cherche uwu\neq w avec M(u)=M(w)M(u)=M(w), en commençant par la coordonnée la plus simple et en factorisant par uwu-w, qu'on simplifie puisqu'il est non nul :

x(u)x(w)=(uw)uwuw=(uw)(11uw).x(u)-x(w)=(u-w)-\frac{u-w}{uw}=(u-w)\left(1-\frac1{uw}\right).
Donc x(u)=x(w)x(u)=x(w) équivaut à uw=1uw=1, soit w=1uw=\dfrac1u. Reste à voir si yy suit :
y(u)y ⁣(1u)=(u+1u2)(1u+u2)=(u1u)(1u1u).y(u)-y\!\left(\frac1u\right)=\left(u+\frac1{u^2}\right)-\left(\frac1u+u^2\right)=\left(u-\frac1u\right)\left(1-u-\frac1u\right).

  • u1u=0u-\dfrac1u=0 donne u=±1u=\pm1, mais alors w=1u=uw=\dfrac1u=u : exclu.
  • 1u1u=01-u-\dfrac1u=0 donne, en multipliant par u0u\neq0, l'équation u2u+1=0u^2-u+1=0, de discriminant 14=3<01-4=-3<0 : aucune racine réelle.
aucun point double\boxed{\text{aucun point double}}

Recoupement parlant : t=2t=2 et t=12t=\tfrac12 vérifient uw=1uw=1, donc donnent la même abscisse 52\tfrac52 — mais des ordonnées différentes, 94\tfrac94 contre 92\tfrac92 ✓ La courbe repasse sur la même verticale, jamais sur le même point.

Les points demandés et le tracé
M(2)=(52,94),M ⁣(12)=(52,92),M(2)=(52,74),M ⁣(12)=(52,72).M(2)=\left(\frac52,\frac94\right),\quad M\!\left(\frac12\right)=\left(\frac52,\frac92\right),\quad M(-2)=\left(-\frac52,-\frac74\right),\quad M\!\left(-\frac12\right)=\left(-\frac52,\frac72\right).

À gauche (x2x\leq-2) : de -\infty à 1-1, le point monte le long de y=xy=x par au-dessus, par M(2)M(-2), jusqu'à M(1)=(2,0)M(-1)=(-2,0) où il est vertical ; de 1-1 à 00^-, il fait demi-tour, xx redescendant vers -\infty et yy montant vers ++\infty par M ⁣(12)M\!\left(-\tfrac12\right).

À droite (x2x\geq2) : de 0+0^+ à 11, il descend du haut, xx et yy décroissant ensemble, par M ⁣(12)M\!\left(\tfrac12\right), jusqu'à M(1)=(2,2)M(1)=(2,2) — point le plus à gauche, tangente verticale, sur l'asymptote ; puis il repart à droite jusqu'au point à tangente horizontale (2,054  ;  1,890)(2{,}054\;;\;1{,}890), passe par M(2)M(2), et remonte en se collant à y=xy=x par en dessous.

Rappel de cours

Plan d'étude. Domaine, symétries, variations conjointes, tangentes horizontales et verticales, branches infinies, points doubles, tracé — en concluant chaque étape, même négativement.

Branches infinies. Si xx et yy tendent vers l'infini, on calcule yx\dfrac yx. Limite aa finie non nulle : on calcule yaxy-ax, dont la limite finie bb donne l'asymptote y=ax+by=ax+b, la limite infinie une branche parabolique. Si yx±\dfrac yx\to\pm\infty, branche parabolique de direction (Oy)(Oy).

Points doubles. On résout x(u)=x(w)x(u)=x(w), y(u)=y(w)y(u)=y(w) avec uwu\neq w, en factorisant par uwu-w ; la condition trouvée sur une coordonnée se reporte dans l'autre.

L'erreur classique

⚠️ Conclure « asymptote y=xy=x » dès que yx1\dfrac yx\to1. La limite du quotient ne donne que la direction ; sans le calcul de yxy-x, on ne sait pas si la courbe s'approche d'une droite ou part en branche parabolique. Ici c'est yx=1tt20y-x=\dfrac{1-t}{t^2}\to0, et lui seul, qui fait l'asymptote.

⚠️ Oublier de reporter la condition dans la seconde coordonnée. S'arrêter à « uw=1uw=1 » ferait conclure à une infinité de points doubles : cette condition ne fait qu'aligner les abscisses. Le report dans yy mène à u2u+1=0u^2-u+1=0, sans solution réelle.

À retenir

Le signe d'une dérivée en quotient se lit numérateur et dénominateur séparément. Pour y=t32t3y'=\dfrac{t^3-2}{t^3}, le réflexe « signe du numérateur » donnerait un tableau faux sur t<0t<0, où les deux facteurs sont négatifs.

Deux paramètres qui donnent la même abscisse ne donnent pas un point double. Il faut l'égalité des deux coordonnées : la première condition paramètre les candidats, la seconde les élimine.

Réponse. x=t21t2x'=\dfrac{t^2-1}{t^2}, y=t32t3y'=\dfrac{t^3-2}{t^3} ; verticales en M(1)=(2,2)M(1)=(2,2) et M(1)=(2,0)M(-1)=(-2,0), horizontale en M ⁣(23)(2,054  ;  1,890)M\!\left(\sqrt[3]{2}\right)\approx(2{,}054\;;\;1{,}890) ; branches paraboliques de direction (Oy)(Oy) en 0±0^\pm, asymptote y=xy=x en ±\pm\infty (dessous pour t+t\to+\infty, dessus pour tt\to-\infty, croisée en (2,2)(2,2)) ; aucun point double, car u2u+1=0u^2-u+1=0 n'a pas de racine réelle. (Recoupement : M(2)=(52,94)M(2)=\left(\tfrac52,\tfrac94\right) et M ⁣(12)=(52,92)M\!\left(\tfrac12\right)=\left(\tfrac52,\tfrac92\right) ont même abscisse et des ordonnées distinctes ✓)
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Un mobile : vitesse, accélération, distance parcourue

ApplicationDifficulté 3/5

Un mobile a pour position à l'instant tt le point M(t)=(t2,  t33t)M(t)=\left(t^2,\;\dfrac{t^3}3-t\right), tRt\in\mathbb{R}. 1. Calculer v(t)\vec v(t) et montrer que v(t)=t2+1\|\vec v(t)\|=t^2+1. 2. À quel instant la vitesse est-elle minimale ? Où est alors le mobile, et quelle est la tangente ? 3. Calculer l'accélération a(t)\vec a(t) et vérifier qu'en t=0t=0 elle est orthogonale à la vitesse. 4. Calculer la distance parcourue entre t=0t=0 et t=2t=2, puis la vitesse et l'accélération à l'instant t=2t=2. 5. Décomposer a\vec a en une composante tangentielle et une composante normale. 6. Donner les tangentes horizontales et le point double de la trajectoire.

Indices (4)

Développer 4t2+(t21)24t^2+(t^2-1)^2 avant de prendre la racine : le radicande est un carré parfait.

La distance parcourue est 02v(t)dt\displaystyle\int_0^2\|\vec v(t)\|\,dt, et v\|\vec v\| est ici un polynôme.

Composante tangentielle : aT=dvdta_T=\dfrac{d\|\vec v\|}{dt}. Composante normale : a2=aT2+aN2\|\vec a\|^2=a_T^2+a_N^2.

Point double : l'égalité x(u)=x(w)x(u)=x(w) impose w=uw=-u ; reporter dans yy.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Quand le paramètre est le temps, tout le vocabulaire de la cinématique se lit sur MM, v\vec v et a\vec a : v=M\vec v=M' est la vitesse, v\|\vec v\| la vitesse scalaire, a=M\vec a=M'' l'accélération, et v\displaystyle\int\|\vec v\| la distance parcourue — qui n'est pas la distance à vol d'oiseau du départ à l'arrivée.

Ici x=t20x=t^2\geq0 est paire (tout se passe à droite de (Oy)(Oy)) et yy est impaire, donc M(t)=(x(t),y(t))M(-t)=(x(t),-y(t)) : la trajectoire est symétrique par rapport à (Ox)(Ox), ce qui annonce déjà un point double possible sur cet axe.

La vitesse : un radicande qui est un carré parfait
v(t)=(2t,  t21).\vec v(t)=\bigl(2t,\;t^2-1\bigr).

Pour la norme, on développe avant de prendre la racine :

v(t)2=4t2+(t21)2=t4+2t2+1=(t2+1)2.\|\vec v(t)\|^2=4t^2+\bigl(t^2-1\bigr)^2=t^4+2t^2+1=\bigl(t^2+1\bigr)^2.
Le radicande est un carré parfait, et t2+1>0t^2+1>0 : la racine se prend sans valeur absolue.

v(t)=t2+1\boxed{\|\vec v(t)\|=t^2+1}

C'est un polynôme, ce qui rendra l'intégrale de la question 4 immédiate. Contrôle en t=2t=2 : v(2)=(4,3)\vec v(2)=(4,3), de norme 16+9=5\sqrt{16+9}=5, et la formule donne 4+1=54+1=5

Le minimum de vitesse : en O, avec une tangente verticale

La vitesse scalaire tt2+1t\mapsto t^2+1 a pour dérivée 2t2t, qui s'annule en changeant de signe : le minimum vaut 11, atteint en t=0t=0. Le mobile est alors en

M(0)=(0,0)=O,v(0)=(0,1).M(0)=(0,0)=O,\qquad\vec v(0)=(0,-1).
La vitesse n'est pas nulle : le point est régulier, et la tangente, dirigée par (0,1)(0,-1), est verticale — le mobile traverse l'origine en descendant, à son allure la plus lente.

vitesse minimale 1 en t=0, en O, tangente verticale\boxed{\text{vitesse minimale }1\text{ en }t=0,\ \text{en }O,\ \text{tangente verticale}}

⚠️ Ne pas confondre avec un point stationnaire : la vitesse est minimale, pas nulle. Ni arrêt, ni demi-tour, ni pointe.

Accélération, orthogonalité en O, distance parcourue
a(t)=(2,  2t).\vec a(t)=\bigl(2,\;2t\bigr).

En t=0t=0 : a(0)=(2,0)\vec a(0)=(2,0) et v(0)=(0,1)\vec v(0)=(0,-1) ont pour produit scalaire 00 : ils sont orthogonaux ✓ Ce n'est pas un hasard — au minimum de la vitesse scalaire, l'accélération n'a plus de composante le long du mouvement, elle est entièrement tournée vers l'intérieur du virage.

Distance parcourue de t=0t=0 à t=2t=2 :

02(t2+1)dt=[t33+t]02=83+2=143.\int_0^2\bigl(t^2+1\bigr)\,dt=\left[\frac{t^3}3+t\right]_0^2=\frac83+2=\frac{14}3.

d=143 uniteˊs de longueur\boxed{d=\frac{14}3\ \text{unités de longueur}}

Recoupement par encadrement : sur [0,2][0,2] la vitesse scalaire va de 11 à 55, donc la distance est entre 22 et 1010, et 143\tfrac{14}3 y est bien ✓

À l'instant t=2t=2 : vitesse scalaire 55, accélération a(2)=(2,4)\vec a(2)=(2,4), de norme 4+16=254,472\sqrt{4+16}=2\sqrt5\approx4{,}472.

Les deux composantes de l'accélération

La composante tangentielle mesure la variation de la vitesse scalaire ; la normale se tire de Pythagore, les deux directions étant orthogonales :

aT=dvdt=2t,a2=4+4t2,aN2=a2aT2=4.a_T=\frac{d\|\vec v\|}{dt}=2t,\qquad\|\vec a\|^2=4+4t^2,\qquad a_N^2=\|\vec a\|^2-a_T^2=4.

aT=2t,aN=2 (constante)\boxed{a_T=2t,\qquad a_N=2\ \text{(constante)}}

La composante normale est constante : quelle que soit l'allure du mobile, ce qui le fait tourner garde la même intensité. En t=0t=0 on retrouve aT=0a_T=0 et aN=2a_N=2, accélération purement normale — l'orthogonalité du bloc précédent, sous une autre forme ✓

Recoupement par un second chemin, le produit scalaire avec la vitesse :

av=2×2t+2t(t21)=2t(t2+1),aT=avv=2t.\vec a\cdot\vec v=2\times2t+2t\bigl(t^2-1\bigr)=2t\bigl(t^2+1\bigr),\qquad a_T=\frac{\vec a\cdot\vec v}{\|\vec v\|}=2t.
On retrouve bien aT=2ta_T=2t ✓ Et en t=2t=2 : aT2+aN2=16+4=20=a(2)2a_T^2+a_N^2=16+4=20=\|\vec a(2)\|^2

Tangentes horizontales et point double

Horizontales : y(t)=t21=0y'(t)=t^2-1=0 donne t=±1t=\pm1, avec x(±1)=±20x'(\pm1)=\pm2\neq0. Les points M(1)=(1,23)M(1)=\left(1,-\tfrac23\right) et M(1)=(1,23)M(-1)=\left(1,\tfrac23\right) sont symétriques par rapport à (Ox)(Ox), comme annoncé.

Point double : x(u)=x(w)x(u)=x(w) s'écrit u2=w2u^2=w^2, donc w=uw=-u. On reporte :

y(u)y(u)=2u332u=23u(u23).y(u)-y(-u)=\frac{2u^3}3-2u=\frac23\,u\bigl(u^2-3\bigr).
La valeur u=0u=0 redonnerait w=uw=u, exclue ; restent u=±3u=\pm\sqrt3, et M ⁣(3)=(3,33)=(3,0)=M ⁣(3)M\!\left(\sqrt3\right)=\bigl(3,\sqrt3-\sqrt3\bigr)=(3,0)=M\!\left(-\sqrt3\right).

point double (3,0) aux instants t=±3\boxed{\text{point double }(3,0)\text{ aux instants }t=\pm\sqrt3}

Les deux tangentes y sont dirigées par v ⁣(3)=(23,2)\vec v\!\left(\sqrt3\right)=\left(2\sqrt3,2\right) et v ⁣(3)=(23,2)\vec v\!\left(-\sqrt3\right)=\left(-2\sqrt3,2\right), de pentes 330,577\dfrac{\sqrt3}3\approx0{,}577 et 33-\dfrac{\sqrt3}3 : la trajectoire forme une boucle symétrique par rapport à (Ox)(Ox).

Rappel de cours

Cinématique d'une courbe paramétrée. v(t)=M(t)\vec v(t)=M'(t), v(t)\|\vec v(t)\| la vitesse scalaire, a(t)=M(t)\vec a(t)=M''(t). La distance parcourue entre t0t_0 et t1t_1 est t0t1v(t)dt\displaystyle\int_{t_0}^{t_1}\|\vec v(t)\|\,dt.

Décomposition de l'accélération. a=aTT+aNN\vec a=a_T\vec T+a_N\vec N, avec aT=dvdta_T=\dfrac{d\|\vec v\|}{dt} (elle fait varier l'allure) et aNa_N (elle fait tourner). Comme T\vec T et N\vec N sont orthogonaux et unitaires, a2=aT2+aN2\|\vec a\|^2=a_T^2+a_N^2. Un mouvement à vitesse scalaire constante a donc aT=0a_T=0 : son accélération est entièrement normale, sans être nulle.

L'erreur classique

⚠️ Prendre a\|\vec a\| pour la dérivée de v\|\vec v\|. En t=2t=2, a(2)=254,472\|\vec a(2)\|=2\sqrt5\approx4{,}472 alors que dvdt=4\dfrac{d\|\vec v\|}{dt}=4 : deux nombres proches et pourtant différents. La dérivée de la norme n'est pas la norme de la dérivée — l'écart est exactement la composante normale.

⚠️ Confondre distance parcourue et déplacement. De t=0t=0 à t=2t=2, le mobile va de OO à M(2)=(4,23)M(2)=\left(4,\tfrac23\right) : le déplacement est un vecteur de norme 16+49\sqrt{16+\tfrac49}, bien plus petite que le chemin 143\tfrac{14}3. La distance parcourue est une intégrale, jamais une différence de positions.

À retenir

Une norme de vitesse se calcule en développant le radicande avant de prendre la racine. Ici 4t2+(t21)2=(t2+1)24t^2+(t^2-1)^2=(t^2+1)^2 : la racine disparaît, et c'est ce qui rend la distance calculable à la main.

L'accélération a deux rôles séparés. aTa_T change l'allure, aNa_N change la direction. En un minimum de vitesse scalaire, aT=0a_T=0 et il ne reste que le virage : c'est pourquoi a(0)\vec a(0) est orthogonale à v(0)\vec v(0).

Réponse. v=(2t,t21)\vec v=(2t,\,t^2-1), v=t2+1\|\vec v\|=t^2+1 ; minimum 11 en t=0t=0, en OO, tangente verticale ; a=(2,2t)\vec a=(2,2t), orthogonale à v\vec v en t=0t=0 ; distance 143\tfrac{14}3 sur [0,2][0,2] ; en t=2t=2 : vitesse 55, a(2)=(2,4)\vec a(2)=(2,4) de norme 254,4722\sqrt5\approx4{,}472 ; aT=2ta_T=2t, aN=2a_N=2 constante ; tangentes horizontales en (1,23)\left(1,\mp\tfrac23\right) et point double (3,0)(3,0) en t=±3t=\pm\sqrt3. (Recoupement : aT2+aN2=16+4=20=a(2)2a_T^2+a_N^2=16+4=20=\|\vec a(2)\|^2 ✓)
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Intersections avec des droites

CalculDifficulté 3/5

Soit la courbe M(t)=(t2,  t3t)M(t)=\bigl(t^2,\;t^3-t\bigr), tRt\in\mathbb{R}. 1. Déterminer les points d'intersection avec les axes (Ox)(Ox) et (Oy)(Oy), en précisant les tangentes. 2. Vérifier que tout point de la courbe satisfait y2=x(x1)2y^2=x(x-1)^2. 3. Déterminer les points communs avec la droite y=xy=x, puis avec la droite y=2xy=2x. 4. Montrer que la droite y=x2y=x-2 ne rencontre la courbe qu'en un seul point, et localiser ce point.

Indices (3)

Intersection avec une droite y=mx+py=mx+p : résoudre y(t)=mx(t)+py(t)=m\,x(t)+p en tt, puis calculer les points.

Pour y=xy=x : l'équation se factorise par tt et laisse un trinôme bien connu.

Pour y=x2y=x-2 : étudier P(t)=t3t2t+2P(t)=t^3-t^2-t+2 par son tableau de variations, puis encadrer la racine par changements de signe.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Chercher l'intersection d'une courbe paramétrée avec une droite, c'est résoudre une équation en tt, pas en xx. On écrit y(t)=mx(t)+py(t)=m\,x(t)+p, on résout, et on calcule ensuite les points — le nombre de solutions en tt n'étant pas toujours le nombre de points.

La courbe est la cubique nodale du lot B translatée d'une unité vers la droite (t2=(t21)+1t^2=\bigl(t^2-1\bigr)+1, ordonnée inchangée) : une boucle et deux branches, avec le point double en (1,0)(1,0). Le vecteur dérivé est v(t)=(2t,  3t21)\vec v(t)=\bigl(2t,\;3t^2-1\bigr).

Les axes : l'origine et le point double

Avec (Ox)(Ox) : y(t)=t(t1)(t+1)=0y(t)=t(t-1)(t+1)=0 donne t{1,0,1}t\in\{-1,0,1\}. Trois valeurs de tt, mais deux points :

M(0)=(0,0)=O,M(1)=M(1)=(1,0).M(0)=(0,0)=O,\qquad M(1)=M(-1)=(1,0).
Le point (1,0)(1,0) est atteint deux fois : c'est un point double, donc deux tangentes, dirigées par v(1)=(2,2)\vec v(1)=(2,2) et v(1)=(2,2)\vec v(-1)=(-2,2), de pentes 11 et 1-1. Elles sont perpendiculaires : la boucle se referme à angle droit.

Avec (Oy)(Oy) : x(t)=t2=0x(t)=t^2=0 donne t=0t=0, donc le seul point OO, où la tangente, dirigée par v(0)=(0,1)\vec v(0)=(0,-1), est verticale — portée par (Oy)(Oy) lui-même.

(Ox) : O et le point double (1,0) ;(Oy) : O, tangente verticale\boxed{(Ox)\ :\ O\text{ et le point double }(1,0)\ ;\quad(Oy)\ :\ O,\ \text{tangente verticale}}
L'équation cartésienne, et ce qu'elle confirme

De x=t2x=t^2 on tire t2=xt^2=x, et y2=(t3t)2=t2(t21)2y^2=\bigl(t^3-t\bigr)^2=t^2\bigl(t^2-1\bigr)^2, soit

y2=x(x1)2\boxed{y^2=x(x-1)^2}

Elle relit les résultats précédents sans aucune dérivée. Près de OO, (x1)21(x-1)^2\approx1 donc y2xy^2\approx x : une parabole couchée, tangente à (Oy)(Oy) ✓ Près de (1,0)(1,0), en posant x=1+hx=1+h, il vient y2=(1+h)h2y^2=(1+h)h^2, donc y±hy\approx\pm h : les deux branches ont bien pour pentes +1+1 et 1-1 ✓ Elle dit aussi que la courbe vit dans x0x\geq0 et qu'elle est symétrique par rapport à (Ox)(Ox).

La droite y = x : le nombre d'or apparaît
t3t=t2    t(t2t1)=0.t^3-t=t^2\iff t\bigl(t^2-t-1\bigr)=0.

Le facteur tt donne OO, qui est bien sur y=xy=x. Le trinôme t2t1=0t^2-t-1=0 est l'équation du nombre d'or : φ=1+521,618\varphi=\dfrac{1+\sqrt5}2\approx1{,}618 et 152\dfrac{1-\sqrt5}2.

Pour les abscisses, on gagne du temps : toute racine vérifie t2=t+1t^2=t+1, donc x=t2=t+1x=t^2=t+1, d'où

x1=φ+1=φ2=3+522,618,x2=3520,382,x_1=\varphi+1=\varphi^2=\frac{3+\sqrt5}2\approx2{,}618,\qquad x_2=\frac{3-\sqrt5}2\approx0{,}382,
et les points (x1,x1)(x_1,x_1), (x2,x2)(x_2,x_2) sont sur la première bissectrice.

y=x coupe la courbe en O, en (2,618;2,618) et en (0,382;0,382)\boxed{y=x\ \text{coupe la courbe en }O,\ \text{en }\approx(2{,}618\,;2{,}618)\ \text{et en }\approx(0{,}382\,;0{,}382)}

Recoupement : les racines du trinôme ont pour produit 1-1, donc x1x2=(t1t2)2=1x_1x_2=\bigl(t_1t_2\bigr)^2=1. On vérifie : 3+52×352=954=1\dfrac{3+\sqrt5}2\times\dfrac{3-\sqrt5}2=\dfrac{9-5}4=1

La droite y = 2x, puis la droite y = x − 2

Avec y=2xy=2x : t3t=2t2t^3-t=2t^2, soit t(t22t1)=0t\bigl(t^2-2t-1\bigr)=0. Outre OO, les racines sont t=1±2t=1\pm\sqrt2, et les abscisses leurs carrés :

x=(1+2)2=3+225,828,x=(12)2=3220,172.x=\bigl(1+\sqrt2\bigr)^2=3+2\sqrt2\approx5{,}828,\qquad x=\bigl(1-\sqrt2\bigr)^2=3-2\sqrt2\approx0{,}172.
Le produit des racines vaut encore 1-1, puisque (1+2)(12)=1\bigl(1+\sqrt2\bigr)\bigl(1-\sqrt2\bigr)=-1, donc le produit des abscisses vaut de nouveau 11 : (3+22)(322)=98=1\bigl(3+2\sqrt2\bigr)\bigl(3-2\sqrt2\bigr)=9-8=1 ✓ Ce n'est pas une coïncidence : toute droite y=mxy=mx donne t(t2mt1)=0t\bigl(t^2-mt-1\bigr)=0.

Avec y=x2y=x-2 : P(t)=t3t2t+2=0P(t)=t^3-t^2-t+2=0. Aucune racine simple ne sort (P(1)=1P(1)=1, P(1)=1P(-1)=1, P(2)=8P(-2)=-8), on étudie donc PP comme une fonction :

P(t)=3t22t1=(3t+1)(t1),P'(t)=3t^2-2t-1=(3t+1)(t-1),
donc PP croît sur ],13]\left]-\infty,-\tfrac13\right], décroît sur [13,1]\left[-\tfrac13,1\right], croît sur [1,+[[1,+\infty[. Sur [13,+[\left[-\tfrac13,+\infty\right[ son minimum est P(1)=1>0P(1)=1>0 : aucune racine. Sur ],13]\left]-\infty,-\tfrac13\right] elle croît strictement de -\infty à une valeur positive : elle s'annule une fois et une seule.

une seule racine reˊelle, donc un seul point d’intersection\boxed{\text{une seule racine réelle, donc un seul point d'intersection}}
Localiser la racine qu'on ne sait pas écrire

On l'encadre par changements de signe. P(2)=8<0P(-2)=-8<0 et P(1)=1>0P(-1)=1>0 : elle est dans ]2,1[]-2,-1[. On resserre par dichotomie :

P ⁣(32)=178<0,P ⁣(54)=1764<0,P ⁣(65)=4125>0.P\!\left(-\tfrac32\right)=-\tfrac{17}8<0,\qquad P\!\left(-\tfrac54\right)=-\tfrac{17}{64}<0,\qquad P\!\left(-\tfrac65\right)=\tfrac4{125}>0.
La racine est donc dans ]54,65[\left]-\tfrac54,-\tfrac65\right[, entre 1,25-1{,}25 et 1,2-1{,}2 ; en poursuivant, t1,206t\approx-1{,}206. Le point a pour abscisse x=t21,453x=t^2\approx1{,}453 et pour ordonnée x20,547x-2\approx-0{,}547.

t1,206, point(1,453  ;  0,547)\boxed{t\approx-1{,}206,\ \text{point}\approx(1{,}453\;;\;-0{,}547)}

Recoupement de cohérence : tt est négatif avec t>1\lvert t\rvert>1, donc le point est sur la branche extérieure, sous l'axe des abscisses — c'est bien là que la droite y=x2y=x-2, qui passe sous OO, doit couper la courbe ✓

Rappel de cours

Intersection avec une droite. M(t)M(t) appartient à y=mx+py=mx+p si et seulement si y(t)=mx(t)+py(t)=m\,x(t)+p. On résout en tt, puis on calcule les points. Avec (Ox)(Ox) : y(t)=0y(t)=0 ; avec (Oy)(Oy) : x(t)=0x(t)=0.

Deux paramètres, un seul point. Si deux valeurs de tt donnent le même point, c'est un point double, et il y a deux tangentes, une par valeur de tt.

Racine qu'on ne sait pas écrire. Un polynôme de degré 33 sans racine évidente s'étudie comme une fonction : le tableau de variations donne le nombre de racines, les changements de signe leur position, la dichotomie une valeur approchée.

L'erreur classique

⚠️ Compter trois points d'intersection avec (Ox)(Ox) parce qu'il y a trois valeurs de tt. Les instants t=±1t=\pm1 donnent le même point (1,0)(1,0) : calculer les points avant de les compter, tt est un instant, pas un point.

⚠️ Résoudre en xx au lieu de tt. Chercher y=xy=x sur l'équation cartésienne reviendrait à résoudre x2=x(x1)2x^2=x(x-1)^2 : faisable, mais on perd les valeurs de tt, donc les tangentes, et on récupère des solutions parasites faute d'avoir choisi la branche.

À retenir

Une intersection se cherche en tt, et les points se calculent après. C'est ce qui fait apparaître les points doubles et donne les tangentes gratuitement.

Quand la racine n'est pas exprimable, on ne renonce pas : on compte, puis on encadre. Le tableau de variations donne le nombre de solutions, deux changements de signe leur position, et la dichotomie autant de décimales qu'on veut.

Réponse. (Ox)(Ox) : OO (tangente verticale) et le point double (1,0)(1,0) (t=±1t=\pm1, tangentes de pentes 11 et 1-1) ; (Oy)(Oy) : OO seul. Équation cartésienne y2=x(x1)2y^2=x(x-1)^2. Avec y=xy=x : OO et les abscisses 3+522,618\tfrac{3+\sqrt5}2\approx2{,}618 et 3520,382\tfrac{3-\sqrt5}2\approx0{,}382 ; avec y=2xy=2x : OO et 3+225,8283+2\sqrt2\approx5{,}828, 3220,1723-2\sqrt2\approx0{,}172 ; avec y=x2y=x-2 : un seul point, t1,206t\approx-1{,}206, x1,453x\approx1{,}453, y0,547y\approx-0{,}547. (Recoupement : 3+52×352=954=1\tfrac{3+\sqrt5}2\times\tfrac{3-\sqrt5}2=\tfrac{9-5}4=1 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Un arc de parabole : le cadre du BTS

ApplicationDifficulté 2/5

Un point mobile décrit la courbe x(t)=t2tx(t)=t^2-t, y(t)=2tt2y(t)=2t-t^2, pour t[0,2]t\in[0,2]. 1. Calculer v(t)\vec v(t) et donner les tangentes en M(0)M(0) et en M(2)M(2). 2. Dresser le tableau de variations conjointes, et donner les points à tangente verticale et à tangente horizontale. 3. Placer M ⁣(14)M\!\left(\tfrac14\right) et M ⁣(32)M\!\left(\tfrac32\right), puis tracer l'arc. 4. Montrer que x+y=tx+y=t, en déduire une équation cartésienne du support, et reconnaître la courbe. 5. Montrer que l'arc n'a aucun point double.

Indices (3)

xx' et yy' sont deux fonctions affines : leurs signes se lisent d'un coup d'œil.

Additionner x(t)x(t) et y(t)y(t) : les termes en t2t^2 se compensent exactement.

Points doubles : x(u)x(w)x(u)-x(w) se factorise en (uw)(u+w1)(u-w)(u+w-1), donc w=1uw=1-u ; reporter dans yy.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

C'est le cadre exact du programme de BTS : xx et yy sont des polynômes de degré 2\leq2 en tt, et la leçon annonce le résultat — un tel support est un arc de parabole dès que les vecteurs des termes en tt et en t2t^2 ne sont pas colinéaires, ce qui se vérifie ici.

Écrivons M(t)=t(1,2)+t2(1,1)M(t)=t\,(-1,2)+t^2\,(1,-1) : deux conséquences immédiates.

  • M(t)=(2,2)M''(t)=(2,-2) est constant et non nul, et il n'est pas colinéaire à M(0)=(1,2)M'(0)=(-1,2) : le support est une parabole, d'axe parallèle à (1,1)(1,-1).
  • Le vecteur (1,1)(1,-1) du terme en t2t^2 a une somme de coordonnées nulle : en additionnant xx et yy le terme quadratique disparaît, et x+yx+y est affine en tt. C'est toute la question 4, vue avant tout calcul.

Sur un intervalle fermé, on donne en plus les tangentes aux extrémités, et il n'y a aucune branche infinie à chercher.

Le vecteur dérivé et les tangentes aux extrémités
v(t)=(2t1,  22t).\vec v(t)=\bigl(2t-1,\;2-2t\bigr).

Les deux composantes s'annulent en t=12t=\tfrac12 et t=1t=1, jamais ensemble : v(t)0\vec v(t)\neq\vec0 sur [0,2][0,2], tous les points sont réguliers.

En t=0t=0 : M(0)=(0,0)=OM(0)=(0,0)=O et v(0)=(1,2)\vec v(0)=(-1,2), de pente 21=2\dfrac2{-1}=-2 — l'arc démarre en montant vers la gauche. En t=2t=2 : M(2)=(2,0)M(2)=(2,0) et v(2)=(3,2)\vec v(2)=(3,-2), de pente 23-\dfrac23 — il se termine sur l'axe des abscisses en descendant vers la droite.

v(t)=(2t1,22t) ; pente 2 en O, 23 en (2,0)\boxed{\vec v(t)=(2t-1,\,2-2t)\ ;\ \text{pente }-2\text{ en }O,\ -\tfrac23\text{ en }(2,0)}

Les deux pentes sont négatives : l'arc part vers le haut à gauche et arrive vers le bas à droite. Il faudra donc qu'il tourne, et le tableau va dire où.

Le tableau de variations conjointes

x(t)=2t1x'(t)=2t-1 est négatif sur [0,12[\left[0,\tfrac12\right[ et positif ensuite ; y(t)=22ty'(t)=2-2t est positif sur [0,1[[0,1[ et négatif ensuite. Trois intervalles.

intervalle xx' xx va de … à yy' yy va de … à sens du parcours
[0,12]\left[0,\tfrac12\right] - 00 à 14-\tfrac14 ++ 00 à 34\tfrac34 vers le haut à gauche
[12,1]\left[\tfrac12,1\right] ++ 14-\tfrac14 à 00 ++ 34\tfrac34 à 11 vers le haut à droite
[1,2][1,2] ++ 00 à 22 - 11 à 00 vers le bas à droite

Verticale en t=12t=\tfrac12, où x=0x'=0 et y=10y'=1\neq0 : M ⁣(12)=(14,34)M\!\left(\tfrac12\right)=\left(-\tfrac14,\tfrac34\right). Horizontale en t=1t=1, où y=0y'=0 et x=10x'=1\neq0 : M(1)=(0,1)M(1)=(0,1).

verticale en (14,34) ; horizontale en (0,1)\boxed{\text{verticale en }\left(-\tfrac14,\tfrac34\right)\ ;\ \text{horizontale en }(0,1)}

Les formes canoniques confirment : x=(t12)214x=\left(t-\tfrac12\right)^2-\tfrac14 a pour minimum 14-\tfrac14 ✓ et y=1(t1)2y=1-(t-1)^2 pour maximum 11

Deux points de plus, et le tracé
M ⁣(14)=(316,  716),M ⁣(32)=(34,  34).M\!\left(\tfrac14\right)=\left(-\tfrac3{16},\;\tfrac7{16}\right),\qquad M\!\left(\tfrac32\right)=\left(\tfrac34,\;\tfrac34\right).

Le tracé. L'arc part de OO vers le haut à gauche, atteint son point le plus à gauche (14,34)\left(-\tfrac14,\tfrac34\right) où il est vertical, remonte jusqu'à son sommet (0,1)(0,1) où il est horizontal, puis redescend jusqu'à (2,0)(2,0) par (34,34)\left(\tfrac34,\tfrac34\right) : une arche penchée qui déborde un peu dans les abscisses négatives. Tout l'arc est dans y0y\geq0, puisque y=t(2t)0y=t(2-t)\geq0 sur [0,2][0,2].

Recoupement, qui prépare la question suivante : la somme des coordonnées vaut 316+716=14-\tfrac3{16}+\tfrac7{16}=\tfrac14 ✓ et 34+34=32\tfrac34+\tfrac34=\tfrac32 ✓ — exactement la valeur de tt à chaque fois.

L'élimination du paramètre : un arc de parabole

On additionne les deux coordonnées, et les termes en t2t^2 se compensent :

x(t)+y(t)=(t2t)+(2tt2)=t.x(t)+y(t)=\bigl(t^2-t\bigr)+\bigl(2t-t^2\bigr)=t.

x+y=t\boxed{x+y=t}

Le paramètre est donc lisible sur le point. On le reporte dans y=2tt2y=2t-t^2 :

y=2(x+y)(x+y)2,c’est-aˋ-dire(x+y)2=2x+y.y=2(x+y)-(x+y)^2,\qquad\text{c'est-à-dire}\qquad(x+y)^2=2x+y.

C'est une équation du second degré : le support est une conique, et comme MM'' est constant non nul, une parabole. On le voit directement en posant u=x+yu=x+y et v=yv=y — changement de repère linéaire inversible, puisque x=uvx=u-v : l'équation devient v=2uu2v=2u-u^2.

L'arc décrit correspond à t[0,2]t\in[0,2], donc à u[0,2]u\in[0,2] : c'est exactement la portion comprise entre les deux points d'ordonnée nulle, OO et (2,0)(2,0). Son sommet est en u=1u=1, soit t=1t=1, soit le point (0,1)(0,1) — celui à tangente horizontale ✓

L'arc n'a aucun point double

On cherche uwu\neq w dans [0,2][0,2] avec M(u)=M(w)M(u)=M(w), en commençant par xx :

x(u)x(w)=(u2w2)(uw)=(uw)(u+w1).x(u)-x(w)=\bigl(u^2-w^2\bigr)-(u-w)=(u-w)(u+w-1).
Comme uw0u-w\neq0, il reste u+w=1u+w=1, soit w=1uw=1-u. On reporte dans yy :
y(u)y(1u)=(2uu2)(1u2)=2u1,y(u)-y(1-u)=\bigl(2u-u^2\bigr)-\bigl(1-u^2\bigr)=2u-1,
qui ne s'annule que pour u=12u=\tfrac12 — mais alors w=12=uw=\tfrac12=u, ce que l'on a exclu.

aucun point double : l’arc ne se recoupe pas\boxed{\text{aucun point double : l'arc ne se recoupe pas}}

Le contrôle qui va plus vite. Puisque x+y=tx+y=t, deux instants distincts donnent des points de sommes de coordonnées distinctes : ils ne peuvent pas être le même point. La relation x+y=tx+y=t est donc à elle seule la preuve de l'injectivité, et les deux raisonnements se recoupent ✓

Rappel de cours

Le cadre du BTS. Si xx et yy sont des polynômes de degré 2\leq2 en tt, on écrit M(t)=A+tB+t2CM(t)=A+t\vec B+t^2\vec C. Si B\vec B et C\vec C ne sont pas colinéaires, le support est un arc de parabole, d'axe parallèle à C\vec C ; s'ils le sont — C=0\vec C=\vec0 compris —, il est contenu dans une droite.

Tangentes aux extrémités. Sur un intervalle fermé, l'étude se termine aux bornes : on y donne le point et le vecteur dérivé, comme partout ailleurs.

Élimination du paramètre. On cherche une combinaison de xx et yy affine en tt : elle donne tt en fonction du point, et le report dans l'autre coordonnée donne l'équation cartésienne.

L'erreur classique

⚠️ Éliminer tt comme si t=xt=x. On serait tenté d'écrire « y=2tt2y=2t-t^2 donc y=2xx2y=2x-x^2 ». C'est faux : ici x=t2tx=t^2-t, pas tt. Le point M ⁣(32)=(34,34)M\!\left(\tfrac32\right)=\left(\tfrac34,\tfrac34\right) le montre — la relation y=2xx2y=2x-x^2 donnerait 2×34916=15162\times\tfrac34-\tfrac9{16}=\tfrac{15}{16}, et non 34\tfrac34.

⚠️ Chercher la tangente verticale en annulant yy'. C'est l'inversion la plus fréquente du chapitre. Verticale veut dire « xx ne bouge plus », donc x=0x'=0 : ici en t=12t=\tfrac12, au point (14,34)\left(-\tfrac14,\tfrac34\right), et non en t=1t=1.

À retenir

Une courbe paramétrée par des polynômes de degré 2\leq2 dont les vecteurs B\vec B et C\vec C ne sont pas colinéaires est un arc de parabole — le cadre du BTS —, et cela se lit sur le vecteur C\vec C du terme en t2t^2, qui donne aussi la direction de l'axe.

Chercher une combinaison affine de xx et yy est la bonne façon d'éliminer le paramètre. Ici x+y=tx+y=t tombe tout seul parce que C=(1,1)\vec C=(1,-1) a une somme de coordonnées nulle, et cette relation donne l'équation cartésienne et l'absence de point double.

Réponse. v=(2t1,22t)\vec v=(2t-1,\,2-2t) ; tangentes de pentes 2-2 en M(0)=OM(0)=O et 23-\tfrac23 en M(2)=(2,0)M(2)=(2,0) ; verticale en M ⁣(12)=(14,34)M\!\left(\tfrac12\right)=\left(-\tfrac14,\tfrac34\right), horizontale en M(1)=(0,1)M(1)=(0,1) ; M ⁣(14)=(316,716)M\!\left(\tfrac14\right)=\left(-\tfrac3{16},\tfrac7{16}\right), M ⁣(32)=(34,34)M\!\left(\tfrac32\right)=\left(\tfrac34,\tfrac34\right) ; x+y=tx+y=t donc y=2(x+y)(x+y)2y=2(x+y)-(x+y)^2 : arc de parabole ; aucun point double. (Recoupement : 316+716=14-\tfrac3{16}+\tfrac7{16}=\tfrac14 et 34+34=32\tfrac34+\tfrac34=\tfrac32, les deux valeurs de tt ✓)
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Reconnaître une conique en éliminant le paramètre

CalculDifficulté 3/5

Pour chacune des courbes ci-dessous, éliminer le paramètre, reconnaître le support, et préciser quelle partie de la courbe cartésienne est réellement décrite. 1. M(t)=(2+3cost,  1+2sint)M(t)=(2+3\cos t,\;-1+2\sin t), t[0,2π[t\in[0,2\pi[ : donner le centre, les demi-axes, les sommets et les foyers. 2. M(t)=(1cost,  tant)M(t)=\left(\dfrac1{\cos t},\;\tan t\right), t]π2,π2[t\in\left]-\dfrac\pi2,\dfrac\pi2\right[ ; calculer M ⁣(π3)M\!\left(\dfrac\pi3\right). 3. M(t)=(cosht,  sinht)M(t)=(\cosh t,\;\sinh t), tRt\in\mathbb{R} : comparer avec la précédente. 4. M(t)=(t2,  2t)M(t)=(t^2,\;2t), tRt\in\mathbb{R} : donner le foyer, la directrice, et la tangente en OO.

Indices (4)

Pour l'ellipse, isoler cost\cos t et sint\sin t, puis utiliser cos2t+sin2t=1\cos^2t+\sin^2t=1.

Pour l'hyperbole, calculer 1cos2ttan2t\dfrac1{\cos^2t}-\tan^2t en mettant sur le dénominateur cos2t\cos^2t.

Pour la parabole, tt se tire de y=2ty=2t ; pour y2=2pxy^2=2px, le foyer est (p2,0)\left(\tfrac p2,0\right) et la directrice x=p2x=-\tfrac p2.

À chaque fois, se demander quelles valeurs xx et yy peuvent prendre : c'est cela qui dit si tout le support cartésien est atteint.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Éliminer le paramètre répond à une seule question : quelle est la forme ? Rien sur le sens de parcours, rien sur la vitesse — et, ce qu'on oublie le plus souvent, l'équation obtenue peut décrire plus que la courbe. Les quatre exemples couvrent les trois coniques et montrent, sur l'hyperbole, que l'écart vaut parfois la moitié du dessin.

La méthode est toujours la même : isoler dans xx et yy deux quantités liées par une identité, puis appliquer l'identité.

courbe identité employée
(acost,bsint)(a\cos t,\,b\sin t), translatée cos2t+sin2t=1\cos^2t+\sin^2t=1
(1cost,tant)\left(\dfrac1{\cos t},\,\tan t\right) 1+tan2t=1cos2t1+\tan^2t=\dfrac1{\cos^2t}
(cosht,sinht)(\cosh t,\,\sinh t) cosh2tsinh2t=1\cosh^2t-\sinh^2t=1
(t2,2t)(t^2,\,2t) aucune : tt s'exprime directement
L'ellipse translatée

De x=2+3costx=2+3\cos t et y=1+2sinty=-1+2\sin t on tire cost=x23\cos t=\dfrac{x-2}3, sint=y+12\sin t=\dfrac{y+1}2, puis

(x2)29+(y+1)24=cos2t+sin2t=1.\frac{(x-2)^2}9+\frac{(y+1)^2}4=\cos^2t+\sin^2t=1.

(x2)29+(y+1)24=1\boxed{\frac{(x-2)^2}9+\frac{(y+1)^2}4=1}

Ellipse de centre (2,1)(2,-1), de demi-axes a=3a=3 (horizontal, le grand puisque 3>23>2) et b=2b=2. Ses quatre sommets s'obtiennent aux valeurs remarquables du paramètre :

M(0)=(5,1),M(π)=(1,1),M ⁣(π2)=(2,1),M ⁣(3π2)=(2,3).M(0)=(5,-1),\quad M(\pi)=(-1,-1),\quad M\!\left(\tfrac\pi2\right)=(2,1),\quad M\!\left(\tfrac{3\pi}2\right)=(2,-3).
Le vecteur dérivé v(t)=(3sint,2cost)\vec v(t)=(-3\sin t,\,2\cos t) vaut (0,2)(0,2) en t=0t=0 et (3,0)(-3,0) en t=π2t=\tfrac\pi2 : tangente verticale aux bouts du grand axe, horizontale aux bouts du petit ✓ — ce sont bien les sommets.

Les foyers sont sur le grand axe, à la distance cc du centre avec c2=a2b2c^2=a^2-b^2 :

c=94=52,236,F=(2±5,  1).c=\sqrt{9-4}=\sqrt5\approx2{,}236,\qquad F=\bigl(2\pm\sqrt5,\;-1\bigr).

Sur [0,2π[[0,2\pi[ l'ellipse est parcourue une fois exactement, dans le sens direct, en partant de (5,1)(5,-1) : l'équation ne perd ici que le mouvement.

Deux paramétrages de la même branche d'hyperbole

Avec (1cost,tant)\left(\dfrac1{\cos t},\tan t\right), on met sur le dénominateur cos2t\cos^2t :

x2y2=1cos2tsin2tcos2t=1sin2tcos2t=1.x^2-y^2=\frac1{\cos^2t}-\frac{\sin^2t}{\cos^2t}=\frac{1-\sin^2t}{\cos^2t}=1.
Le support est dans l'hyperbole équilatère x2y2=1x^2-y^2=1, d'asymptotes y=±xy=\pm x. Contrôle : cosπ3=12\cos\dfrac\pi3=\dfrac12 et tanπ3=3\tan\dfrac\pi3=\sqrt3, donc M ⁣(π3)=(2,3)M\!\left(\tfrac\pi3\right)=\bigl(2,\sqrt3\bigr), et 43=14-3=1

Mais une seule branche. Sur ]π2,π2[\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[ on a cost]0,1]\cos t\in\,]0,1], donc x=1cost1x=\dfrac1{\cos t}\geq1. Comme y=tanty=\tan t décrit R\mathbb{R} de façon strictement croissante et que x=1+y2x=\sqrt{1+y^2} s'en déduit, la branche droite est décrite exactement une fois, et la branche gauche x1x\leq-1 ne l'est jamais.

Avec (cosht,sinht)(\cosh t,\sinh t), l'identité cosh2tsinh2t=1\cosh^2t-\sinh^2t=1 donne x2y2=1x^2-y^2=1 ; et cosht1\cosh t\geq1 tandis que sinht\sinh t décrit R\mathbb{R} : c'est la même branche droite, décrite une fois.

les deux parameˊtrages ont le meˆme support : la branche droite de x2y2=1\boxed{\text{les deux paramétrages ont le même support : la branche droite de }x^2-y^2=1}

C'est la situation du premier exercice du chapitre, où deux paramétrages dessinaient le même cercle ; ici sinhu=tant\sinh u=\tan t fait passer de l'un à l'autre. Les asymptotes se lisent mieux sur le second : sinhtcosht=et0\sinh t-\cosh t=-e^{-t}\to0 en ++\infty, sinht+cosht=et0\sinh t+\cosh t=e^{t}\to0 en -\infty.

La parabole, et ce que l'élimination perd

Ici y=2ty=2t donne t=y2t=\dfrac y2 sans effort, et x=t2=y24x=t^2=\dfrac{y^2}4, soit y2=4xy^2=4x : la parabole y2=2pxy^2=2px avec p=2p=2, de foyer (p2,0)=(1,0)\left(\tfrac p2,0\right)=(1,0), de directrice x=1x=-1 et de sommet OO. Le vecteur dérivé v(t)=(2t,2)\vec v(t)=(2t,2) n'est jamais nul, et v(0)=(0,2)\vec v(0)=(0,2) : la tangente en OO est verticale. L'application ty=2tt\mapsto y=2t étant bijective, toute la parabole est décrite, une fois.

y2=4x, foyer (1,0), directrice x=1\boxed{y^2=4x,\ \text{foyer }(1,0),\ \text{directrice }x=-1}
courbe paramétrée équation obtenue ce que l'équation ne dit pas
(2+3cost,1+2sint)(2+3\cos t,\,-1+2\sin t) (x2)29+(y+1)24=1\dfrac{(x-2)^2}9+\dfrac{(y+1)^2}4=1 le sens direct, le départ en (5,1)(5,-1), la vitesse
(1cost,tant)\left(\dfrac1{\cos t},\,\tan t\right) x2y2=1x^2-y^2=1 que la branche x1x\leq-1 n'est jamais atteinte
(cosht,sinht)(\cosh t,\,\sinh t) x2y2=1x^2-y^2=1 la même chose, et que c'est le même support que ci-dessus
(t2,2t)(t^2,\,2t) y2=4xy^2=4x rien du support ; seulement le mouvement

Trois pertes de nature différente : le mouvement, toujours ; une portion du support, parfois — la seule qui change le dessin, donc la seule qui rende une réponse fausse ; l'identité du paramétrage. Le contrôle qui évite l'erreur tient en une question : quelles valeurs xx et yy peuvent-elles prendre ?

Rappel de cours

Éliminer le paramètre. On isole dans xx et yy deux quantités liées par une identité (cos2+sin2=1\cos^2+\sin^2=1, cosh2sinh2=1\cosh^2-\sinh^2=1, 1+tan2=1cos21+\tan^2=\tfrac1{\cos^2}), puis on applique l'identité. Quand une coordonnée est inversible, on exprime tt et on le reporte.

Ellipse (xx0)2a2+(yy0)2b2=1\dfrac{(x-x_0)^2}{a^2}+\dfrac{(y-y_0)^2}{b^2}=1 avec a>ba>b : centre (x0,y0)(x_0,y_0), grand axe horizontal de demi-longueur aa, foyers sur le grand axe à la distance c=a2b2c=\sqrt{a^2-b^2} du centre.

Parabole y2=2pxy^2=2px : sommet OO, foyer (p2,0)\left(\tfrac p2,0\right), directrice x=p2x=-\tfrac p2, tangente verticale au sommet.

Le support est CONTENU dans la courbe d'équation obtenue — il ne lui est égal que si l'on a vérifié que toutes ses valeurs sont atteintes.

L'erreur classique

⚠️ Écrire « la courbe est l'hyperbole x2y2=1x^2-y^2=1 ». Elle n'en est que la branche droite : la moitié du dessin manque. L'élimination donne une inclusion, pas une égalité ; il faut regarder l'ensemble des valeurs prises par xx et par yy avant de conclure. C'est le même défaut que « (t2,t3)\left(t^2,t^3\right) est la courbe y=x3/2y=x^{3/2} », qui oublie la branche du bas.

⚠️ Placer les foyers avec c2=a2+b2c^2=a^2+b^2, ou sur le petit axe. La relation est une soustraction, c2=a2b2c^2=a^2-b^2 (l'addition, c'est pour l'hyperbole), et les foyers sont sur le grand axe. Ici c=52,236<3c=\sqrt5\approx2{,}236<3 : ils sont bien à l'intérieur de l'ellipse, sur l'horizontale y=1y=-1.

À retenir

Éliminer le paramètre donne une équation qui CONTIENT le support. L'égalité demande une vérification supplémentaire : quelles valeurs xx et yy prennent-elles réellement ? Sans elle, on annonce une hyperbole entière là où il n'y a qu'une branche.

Trois identités couvrent presque tous les cas : cos2+sin2=1\cos^2+\sin^2=1 pour l'ellipse, cosh2sinh2=1\cosh^2-\sinh^2=1 ou 1+tan2=1cos21+\tan^2=\tfrac1{\cos^2} pour l'hyperbole, et l'inversion directe d'une coordonnée pour la parabole.

Réponse. Ellipse (x2)29+(y+1)24=1\dfrac{(x-2)^2}9+\dfrac{(y+1)^2}4=1, centre (2,1)(2,-1), demi-axes 33 et 22, sommets (5,1)(5,-1), (1,1)(-1,-1), (2,1)(2,1), (2,3)(2,-3), foyers (2±5,1)\bigl(2\pm\sqrt5,-1\bigr) avec 52,236\sqrt5\approx2{,}236 ; (1cost,tant)\left(\tfrac1{\cos t},\tan t\right) et (cosht,sinht)(\cosh t,\sinh t) décrivent la même branche droite de x2y2=1x^2-y^2=1, avec M ⁣(π3)=(2,3)M\!\left(\tfrac\pi3\right)=\bigl(2,\sqrt3\bigr) ; (t2,2t)(t^2,2t) décrit toute la parabole y2=4xy^2=4x, de foyer (1,0)(1,0) et de directrice x=1x=-1, tangente verticale en OO. (Recoupement : 22(3)2=12^2-\bigl(\sqrt3\bigr)^2=1 ✓)
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Aires par la formule de Green

CalculDifficulté 4/5

La formule de Green donne l'aire enfermée par une courbe fermée et simple parcourue dans le sens direct : A=12(xdyydx)\mathcal A=\dfrac12\displaystyle\oint\bigl(x\,dy-y\,dx\bigr). 1. Calculer l'aire sous une arche de cycloïde M(t)=(a(tsint),  a(1cost))M(t)=\bigl(a(t-\sin t),\;a(1-\cos t)\bigr), t[0,2π]t\in[0,2\pi], d'abord par ydx\displaystyle\int y\,dx, puis par la formule de Green sur le contour fermé — en justifiant le sens de parcours. 2. Calculer l'aire de la boucle du folium de Descartes M(t)=(3t1+t3,  3t21+t3)M(t)=\left(\dfrac{3t}{1+t^3},\;\dfrac{3t^2}{1+t^3}\right), t[0,+[t\in[0,+\infty[. 3. Retrouver l'aire de l'ellipse (acost,  bsint)(a\cos t,\;b\sin t), avec a>0a>0 et b>0b>0. 4. Calculer l'aire délimitée par l'astroïde (acos3t,  asin3t)(a\cos^3t,\;a\sin^3t), avec a>0a>0.

Indices (4)

Pour la cycloïde, ydx=a2(1cost)2dty\,dx=a^2(1-\cos t)^2\,dt, et 02πcos2tdt=π\displaystyle\int_0^{2\pi}\cos^2t\,dt=\pi.

Sur le segment de retour posé sur l'axe, y=0y=0 et dy=0dy=0 : sa contribution est nulle.

Pour le folium, xyyxx\,y'-y\,x' se simplifie beaucoup ; chercher une primitive de la forme c1+t3\dfrac{c}{1+t^3}.

Pour l'astroïde, sin2tcos2t=sin2(2t)4\sin^2t\cos^2t=\dfrac{\sin^2(2t)}4.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La formule de Green transforme une aire en une intégrale sur le bord, et le bord se décrit par un paramétrage. Elle rend calculables des aires qu'aucune intégrale f(x)dx\displaystyle\int f(x)\,dx n'atteindrait, la frontière n'étant pas un graphe : la boucle du folium repasse au-dessus des mêmes abscisses, l'astroïde a quatre pointes.

A=12(xdyydx)=12t0t1(x(t)y(t)y(t)x(t))dt.\mathcal A=\frac12\oint\bigl(x\,dy-y\,dx\bigr)=\frac12\int_{t_0}^{t_1}\bigl(x(t)\,y'(t)-y(t)\,x'(t)\bigr)\,dt.

C'est la formule de Green-Riemann du chapitre Analyse vectorielle, où elle est démontrée et appliquée (exercice « Aire par la formule de Green ») ; on l'emploie ici sans la redémontrer. Deux conditions, et ce sont elles que l'exercice travaille : le contour doit être fermé — sinon on le ferme et l'on compte la contribution du morceau ajouté — et parcouru dans le sens direct, celui qui laisse l'intérieur à gauche ; dans l'autre sens, l'intégrale rend l'opposé.

La quantité xyyxx\,y'-y\,x' est le déterminant de OM\overrightarrow{OM} et de v\vec v : le double de l'aire balayée par le rayon vecteur en un temps dtdt, et son signe est celui du sens de rotation.

L'arche de cycloïde, par l'intégrale de y dx

Sur l'arche, x(t)=a(1cost)0x'(t)=a(1-\cos t)\geq0 : l'abscisse croît, l'arche se parcourt de gauche à droite, et y0y\geq0. On est dans la situation d'une aire sous une courbe, et le changement de variable x=x(t)x=x(t) donne

A=ydx=02πa(1cost)a(1cost)dt=a202π(1cost)2dt.\mathcal A=\int y\,dx=\int_0^{2\pi}a(1-\cos t)\cdot a(1-\cos t)\,dt=a^2\int_0^{2\pi}(1-\cos t)^2\,dt.
On développe (1cost)2=12cost+cos2t(1-\cos t)^2=1-2\cos t+\cos^2t, et sur une période complète
02π1dt=2π,02πcostdt=0,02πcos2tdt=π,\int_0^{2\pi}1\,dt=2\pi,\qquad\int_0^{2\pi}\cos t\,dt=0,\qquad\int_0^{2\pi}\cos^2t\,dt=\pi,
la dernière par linéarisation, cos2t=1+cos2t2\cos^2t=\dfrac{1+\cos2t}2. Au total 2π0+π=3π2\pi-0+\pi=3\pi :

A=3πa2\boxed{\mathcal A=3\pi a^2}

Le résultat est remarquable : 3πa2=3×πa23\pi a^2=3\times\pi a^2, soit trois fois l'aire du disque qui roule (3π9,4253\pi\approx9{,}425), et cela ne dépend que du rayon.

La même aire par le contour fermé : tout se joue sur le sens

L'arche seule n'est pas un contour fermé : elle va de (0,0)(0,0) à (2πa,0)(2\pi a,0) sans revenir. On la ferme par le segment de l'axe joignant ces deux points ; le contour est alors le bord de la région située sous l'arche.

Contribution du segment : nulle, puisque y=0y=0 et dy=0dy=0 dessus, donc xdyydx=0x\,dy-y\,dx=0. Tout viendra de l'arche.

Le sens. L'intérieur est sous l'arche. En parcourant le segment de gauche à droite, on laisse cet intérieur au-dessus, donc à gauche : c'est le sens direct. Le contour se referme en revenant par l'arche de la droite vers la gauche, avec tt décroissant de 2π2\pi à 00 :

A=122π0(xyyx)dt=3πa2.\mathcal A=\frac12\int_{2\pi}^{0}\bigl(x\,y'-y\,x'\bigr)\,dt=3\pi a^2.

C'est la même valeur qu'au bloc précédent ✓ obtenue par un chemin entièrement différent.

⚠️ Et si l'on garde l'orientation naturelle du paramétrage ? L'intégrale de 00 à 2π2\pi rend 3πa2-3\pi a^2 : le paramétrage de l'arche parcourt le contour dans le sens indirect. Le signe négatif n'est pas une faute de calcul, c'est l'information « tu as tourné à l'envers ».

La boucle du folium de Descartes

La boucle correspond à t[0,+[t\in[0,+\infty[ : elle part de M(0)=OM(0)=O, s'éloigne, et revient à l'origine puisque xx et yy tendent vers 00 quand t+t\to+\infty. Le contour se referme à la limite t+t\to+\infty, sans rien ajouter : l'intégrale est impropre en ++\infty, et la primitive ci-dessous montre qu'elle converge. Le déterminant se simplifie de façon spectaculaire :

xyyx=9t2(1+t3)2,x\,y'-y\,x'=\frac{9t^2}{\bigl(1+t^3\bigr)^2},
et cette fraction saute aux yeux comme une dérivée :
ddt(31+t3)=3×(3t2)(1+t3)2=9t2(1+t3)2.\frac{d}{dt}\left(\frac{-3}{1+t^3}\right)=\frac{-3\times\bigl(-3t^2\bigr)}{\bigl(1+t^3\bigr)^2}=\frac{9t^2}{\bigl(1+t^3\bigr)^2}.
La dérivation redonne exactement l'intégrande ✓ On dispose donc d'une primitive :
A=12[31+t3]0+=12(0(3))=32.\mathcal A=\frac12\left[\frac{-3}{1+t^3}\right]_0^{+\infty}=\frac12\Bigl(0-(-3)\Bigr)=\frac32.

A=32\boxed{\mathcal A=\frac32}

Le sens est le bon d'emblée : xyyx>0x\,y'-y\,x'>0 pour t>0t>0, donc l'intégrale est positive et la boucle est parcourue dans le sens direct.

Recoupement par un ordre de grandeur. Sur la boucle, l'abscisse maximale et l'ordonnée maximale valent toutes deux 431,587\sqrt[3]{4}\approx1{,}587, atteintes aux points à tangente verticale et horizontale du lot B. La boucle tient donc dans le carré [0,43]2\left[0,\sqrt[3]{4}\right]^2, d'aire (43)2=2232,520\left(\sqrt[3]{4}\right)^2=2\sqrt[3]{2}\approx2{,}520 ; et 32<2,520\tfrac32<2{,}520

L'ellipse et l'astroïde

L'ellipse (acost,bsint)(a\cos t,\,b\sin t), parcourue une fois sur [0,2π][0,2\pi] dans le sens direct :

xyyx=acostbcostbsint(asint)=ab(cos2t+sin2t)=ab,x\,y'-y\,x'=a\cos t\cdot b\cos t-b\sin t\cdot(-a\sin t)=ab\bigl(\cos^2t+\sin^2t\bigr)=ab,
une constante, d'où A=12ab2π\mathcal A=\dfrac12\cdot ab\cdot2\pi :

Aellipse=πab\boxed{\mathcal A_{\text{ellipse}}=\pi ab}

Contrôle : pour a=b=Ra=b=R l'ellipse est le cercle de rayon RR, et la formule rend πR2\pi R^2 ✓ La constance de xyyxx\,y'-y\,x' dit au passage que le rayon vecteur balaie des aires égales en des temps égaux — la loi des aires.

L'astroïde (acos3t,asin3t)(a\cos^3t,\,a\sin^3t), avec x=3acos2tsintx'=-3a\cos^2t\sin t et y=3asin2tcosty'=3a\sin^2t\cos t :

xyyx=3a2sin2tcos2t(cos2t+sin2t)=3a2sin2tcos2t.x\,y'-y\,x'=3a^2\sin^2t\cos^2t\bigl(\cos^2t+\sin^2t\bigr)=3a^2\sin^2t\cos^2t.
On linéarise par sin2tcos2t=sin2(2t)4\sin^2t\cos^2t=\dfrac{\sin^2(2t)}4, dont l'intégrale sur [0,2π][0,2\pi] vaut π4\dfrac\pi4 :
A=123a2π4=3πa28.\mathcal A=\frac12\cdot3a^2\cdot\frac\pi4=\frac{3\pi a^2}8.

Aastroı¨de=3πa28\boxed{\mathcal A_{\text{astroïde}}=\frac{3\pi a^2}8}

Recoupement géométrique : l'astroïde est inscrite dans le disque de rayon aa, qu'elle touche par ses quatre pointes, et le rapport des aires vaut 3πa2/8πa2=38\dfrac{3\pi a^2/8}{\pi a^2}=\dfrac38

Rappel de cours

Aire par la formule de Green. Pour une courbe fermée et simple parcourue dans le sens direct,

A=12(xdyydx)=xdy=ydx.\mathcal A=\frac12\oint\bigl(x\,dy-y\,dx\bigr)=\oint x\,dy=-\oint y\,dx.
Les trois formes sont équivalentes ; la forme symétrique en 12\tfrac12 est la plus commode quand ni xx ni yy ne se prête au calcul. Démonstration : Green-Riemann, chapitre Analyse vectorielle.

Sens direct = l'intérieur reste à gauche. Le sens indirect donne A-\mathcal A : le signe du résultat est un diagnostic, pas une erreur.

Contour non fermé : on le ferme par un chemin simple, souvent un segment, et l'on ajoute sa contribution — nulle seulement si l'on a vérifié qu'elle l'est.

Aires classiques : arche de cycloïde 3πa23\pi a^2, boucle du folium 32\tfrac32, ellipse πab\pi ab, astroïde 3πa28\tfrac{3\pi a^2}8.

L'erreur classique

⚠️ Appliquer la formule à un arc qui ne se referme pas. L'arche seule n'est pas un contour : il faut la fermer par le segment de l'axe. Ici ce segment ne contribue pas, mais uniquement parce que y=0y=0 dessus, et cela se vérifie : fermé par un segment vertical, le contour aurait une contribution non nulle.

⚠️ Prendre une aire négative pour une erreur de calcul. L'intégrale de 00 à 2π2\pi rend 3πa2-3\pi a^2 : le nombre est juste, c'est le sens de parcours qui était l'inverse du sens direct. On lit le signe et on le corrige.

À retenir

Green ramène une aire à une intégrale sur le bord, et le bord est paramétré. C'est ce qui permet de calculer l'aire d'une boucle qui se recoupe ou d'une courbe à pointes, là où l'intégrale d'une fonction ne s'applique pas.

Deux vérifications avant tout calcul : le contour est-il fermé, et dans quel sens le parcourt-on ? Le premier point s'obtient en fermant par un chemin dont on calcule la contribution ; le second se lit sur le signe de xyyxx\,y'-y\,x', ou sur celui du résultat final.

Réponse. Arche de cycloïde : 3πa23\pi a^2, trois fois l'aire πa2\pi a^2 du disque roulant (3π9,4253\pi\approx9{,}425), obtenue par ydx\displaystyle\int y\,dx et par le contour fermé parcouru dans le sens direct (arche de t=2πt=2\pi à t=0t=0, segment de retour de contribution nulle) ; boucle du folium : 32\tfrac32, avec la primitive 31+t3\dfrac{-3}{1+t^3} ; ellipse : πab\pi ab, car xyyx=abx\,y'-y\,x'=ab est constant ; astroïde : 3πa28\dfrac{3\pi a^2}8, soit 38\tfrac38 du disque de rayon aa. (Recoupement : les deux méthodes donnent 3πa23\pi a^2 sur l'arche, et le sens indirect rend 3πa2-3\pi a^2 ✓)
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S'entraîner davantage sur courbes paramétrées

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