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Exercices corrigés — Diagonalisation

Algèbre linéaire · 18 exercices-types du palier socle

BUTL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Diagonalisation Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Polynôme caractéristique & valeurs propres

CalculDifficulté 3/5

Déterminer les valeurs propres de A=(4123)A=\begin{pmatrix}4&1\\2&3\end{pmatrix}.

Indices (3)

Les valeurs propres annulent det⁡(A−λI)\det(A-\lambda I).

En 2×2 : χA(λ)=λ2−(tr⁡A)λ+det⁡A\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\lambda+\det A.

Factorise le trinôme.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une valeur propre est un nombre pour lequel la matrice « écrase » une direction sans la faire tourner.

Av⃗=λv⃗v⃗≠0⃗A\vec v=\lambda\vec v \qquad \vec v\neq\vec 0

Le vecteur v⃗\vec v garde sa direction ; sa longueur est multipliée par ∣λ∣|\lambda|, et son sens s'inverse si λ<0\lambda<0.

Comment on les trouve. L'égalité se réécrit

Av⃗−λv⃗=0⃗⟺(A−λI)v⃗=0⃗A\vec v-\lambda\vec v=\vec 0 \qquad\Longleftrightarrow\qquad (A-\lambda I)\vec v=\vec 0

⚠️ Le II est essentiel : on ne peut pas soustraire un nombre à une matrice. C'est λI\lambda I qu'on retranche, pas λ\lambda.

On cherche un v⃗\vec v NON NUL dans le noyau de A−λIA-\lambda I. Un tel vecteur n'existe que si la matrice n'est pas inversible, donc si

det⁡(A−λI)=0\boxed{\det(A-\lambda I)=0}

C'est l'équation caractéristique, et son membre de gauche est le polynôme caractéristique. En dimension 22, c'est un trinôme — on sait le résoudre depuis le lycée.

Le contrôle qui accompagne tout ce chapitre, et qui ne coûte rien :

relation pourquoi
λ1+λ2=tr⁡A\lambda_1+\lambda_2=\operatorname{tr}A somme des racines =−b=-b
λ1λ2=det⁡A\lambda_1\lambda_2=\det A produit des racines =c=c

Deux vérifications gratuites, indépendantes du calcul du déterminant.

Étape 1 — le polynôme caractéristique
A=(4123)A=\begin{pmatrix}4&1\\2&3\end{pmatrix}

On forme A−λIA-\lambda I — on retranche λ\lambda sur la diagonale seulement :

A−λI=(4123)−(λ00λ)=(4−λ123−λ)A-\lambda I=\begin{pmatrix}4&1\\2&3\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}\lambda&0\\0&\lambda\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4-\lambda&1\\2&3-\lambda\end{pmatrix}

⚠️ Les coefficients hors diagonale ne changent PAS. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre : retrancher λ\lambda partout.

Le déterminant 2×22\times 2 — produit des diagonales, en croix :

det⁡(A−λI)=(4−λ)(3−λ)−1×2\det(A-\lambda I)=(4-\lambda)(3-\lambda)-1\times 2

On développe :

(4−λ)(3−λ)=12−4λ−3λ+λ2=λ2−7λ+12(4-\lambda)(3-\lambda)=12-4\lambda-3\lambda+\lambda^2=\lambda^2-7\lambda+12
det⁡(A−λI)=λ2−7λ+12−2=λ2−7λ+10\det(A-\lambda I)=\lambda^2-7\lambda+12-2=\boxed{\lambda^2-7\lambda+10}

Contrôle immédiat, sans refaire le calcul — pour une matrice 2×22\times 2 :

χA(λ)=λ2−(tr⁡A)λ+det⁡A\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\lambda+\det A
tr⁡A=4+3=7det⁡A=4×3−1×2=10\operatorname{tr}A=4+3=7 \qquad \det A=4\times 3-1\times 2=10
λ2−7λ+10✓\lambda^2-7\lambda+10 \quad\checkmark

Les deux chemins coïncident. Cette formule est d'ailleurs le sujet de l'exercice A2 — elle permet d'écrire le polynôme sans aucun développement.

Étape 2 — résoudre, et contrôler
λ2−7λ+10=0\lambda^2-7\lambda+10=0
Δ=49−40=9Δ=3\Delta=49-40=9 \qquad \sqrt\Delta=3
λ=7±32⟹λ1=2λ2=5\lambda=\frac{7\pm 3}{2} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\lambda_1=2 \qquad \lambda_2=5}

Les contrôles :

1) La somme doit valoir la trace :

2+5=7=tr⁡A✓2+5=7=\operatorname{tr}A \quad\checkmark

2) Le produit doit valoir le déterminant :

2×5=10=det⁡A✓2\times 5=10=\det A \quad\checkmark

Deux contrôles indépendants du calcul de Δ\Delta, et ils portent sur des grandeurs différentes. Une erreur dans le développement du déterminant briserait au moins l'un des deux.

3) Vérification directe — la définition, sur un vecteur trouvé au jugé. Pour λ=5\lambda=5, cherchons v⃗\vec v tel que (A−5I)v⃗=0⃗(A-5I)\vec v=\vec 0 :

A−5I=(−112−2)A-5I=\begin{pmatrix}-1&1\\2&-2\end{pmatrix}

Les deux lignes sont proportionnelles (la seconde vaut −2-2 fois la première) — c'est le signe que det⁡=0\det=0, donc que 55 est bien valeur propre. La première ligne donne −x+y=0-x+y=0, soit y=xy=x :

v⃗=(11)Av⃗=(4+12+3)=(55)=5v⃗✓\vec v=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} \qquad A\vec v=\begin{pmatrix}4+1\\2+3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5\\5\end{pmatrix}=5\vec v \quad\checkmark

C'est le contrôle le plus fort : il revient à la définition et n'emprunte rien au calcul du polynôme.

ℹ️ Ce que ces deux nombres disent de la matrice. AA étire d'un facteur 55 dans une direction et d'un facteur 22 dans une autre. Les deux valeurs propres étant distinctes, AA sera diagonalisable (exercice B5) — et comme aucune n'est nulle, AA est inversible (det⁡A=10≠0\det A=10\neq 0).

Rappel de cours

Définition

Av⃗=λv⃗avecv⃗≠0⃗A\vec v=\lambda\vec v \quad\text{avec}\quad \vec v\neq\vec 0
λ\lambda est valeur propre, v⃗\vec v un vecteur propre associé. ⚠️ Le vecteur nul est exclu : sinon tout scalaire serait valeur propre.

Équation caractéristique

det⁡(A−λI)=0\det(A-\lambda I)=0
⚠️ On retranche λ\lambda sur la diagonale seulement — c'est λI\lambda I, pas λ\lambda.

Le raccourci en dimension 2

χA(λ)=λ2−(tr⁡A) λ+det⁡A\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\,\lambda+\det A
Écrit sans aucun développement, et il sert de contrôle au calcul direct.

Déterminant 2×22\times 2

det⁡(abcd)=ad−bc\det\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}=ad-bc

Les deux contrôles gratuits

λ1+λ2=tr⁡Aλ1λ2=det⁡A\lambda_1+\lambda_2=\operatorname{tr}A \qquad \lambda_1\lambda_2=\det A
Ils viennent des relations coefficients-racines, et sont indépendants du calcul du déterminant.

Ce que les valeurs propres disent

  • λ=0\lambda=0 est valeur propre   ⟺  \iff det⁡A=0\det A=0   ⟺  \iff AA non inversible ;
  • deux valeurs propres distinctes en dimension 22 ⟹\Longrightarrow AA diagonalisable.

Le contrôle le plus fort Revenir à la définition : trouver un v⃗\vec v et vérifier Av⃗=λv⃗A\vec v=\lambda\vec v.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Retrancher λ\lambda à TOUS les coefficients et écrire (4−λ1−λ2−λ3−λ)\begin{pmatrix}4-\lambda&1-\lambda\\2-\lambda&3-\lambda\end{pmatrix}. C'est λI\lambda I qu'on soustrait, et II n'a des 11 que sur la diagonale.

Le contrôle : le polynôme caractéristique d'une matrice 2×22\times 2 est de degré 22. La version fautive donnerait des termes qui se compensent et un degré 11.

⚠️ Oublier le −bc-bc dans le déterminant : (4−λ)(3−λ)(4-\lambda)(3-\lambda) moins 1×21\times 2. Le −2-2 fait passer de 1212 à 1010, donc change les deux racines.

Le contrôle : le produit des racines doit valoir det⁡A=10\det A=10. Sans le −2-2 on aurait 1212, et les racines seraient 33 et 44 ✗

⚠️ Se tromper de signe dans le développement : (4−λ)(3−λ)=λ2−7λ+12(4-\lambda)(3-\lambda)=\lambda^2-7\lambda+12, avec un +λ2+\lambda^2 (produit de deux −λ-\lambda) et un −7λ-7\lambda.

Le contrôle : la somme des racines doit valoir la trace 77, donc le coefficient de λ\lambda doit être −7-7.

⚠️ Confondre valeur propre et vecteur propre. λ\lambda est un nombre, v⃗\vec v un vecteur. L'énoncé ne demande ici que les nombres.

⚠️ Chercher det⁡(A−λI)\det(A-\lambda I) sans l'égaler à zéro. Le polynôme n'est qu'une étape ; les valeurs propres sont ses racines.

⚠️ Accepter v⃗=0⃗\vec v=\vec 0. Il vérifie A0⃗=λ0⃗A\vec 0=\lambda\vec 0 pour tout λ\lambda : la définition serait vide de sens.

⚠️ Ne faire aucun contrôle. La somme et le produit coûtent deux additions et attrapent la quasi-totalité des erreurs de développement.

À retenir
Av⃗=λv⃗ (v⃗≠0⃗)⟺det⁡(A−λI)=0A\vec v=\lambda\vec v \ (\vec v\neq\vec 0) \qquad\Longleftrightarrow\qquad \boxed{\det(A-\lambda I)=0}

⚠️ On retranche λ\lambda SUR LA DIAGONALE seulement — c'est λI\lambda I.

χA(λ)=λ2−7λ+10=(λ−2)(λ−5)⟹λ1=2, λ2=5\chi_A(\lambda)=\lambda^2-7\lambda+10=(\lambda-2)(\lambda-5) \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\lambda_1=2, \ \lambda_2=5}

Le raccourci en dimension 2 : χA(λ)=λ2−(tr⁡A)λ+det⁡A\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\lambda+\det A, sans développement.

Les deux contrôles gratuits : somme =tr⁡A=7=\operatorname{tr}A=7 ✓ et produit =det⁡A=10=\det A=10 ✓

Le contrôle le plus fort : revenir à la définition — A(11)=5(11)A\binom11=5\binom11.

Réponse. Valeurs propres : λ1=2\lambda_1=2, λ2=5\lambda_2=5. (Recoupement : 2+5=7=tr⁡A2+5=7=\operatorname{tr}A ✓, 2⋅5=10=det⁡A2\cdot5=10=\det A ✓)
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Valeurs propres via trace et déterminant

CalculDifficulté 3/5

Soit A=(7−2−24)A=\begin{pmatrix}7&-2\\-2&4\end{pmatrix}. En utilisant S=λ1+λ2=tr⁡AS=\lambda_1+\lambda_2=\operatorname{tr}A et P=λ1λ2=det⁡AP=\lambda_1\lambda_2=\det A, déterminer les valeurs propres.

Indices (3)

Calcule S=tr⁡AS=\operatorname{tr}A et P=det⁡AP=\det A.

Les valeurs propres sont racines de λ2−Sλ+P\lambda^2-S\lambda+P.

Factorise.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'exercice systématise le raccourci entrevu en A1 : en dimension 2, on n'a jamais besoin de développer le déterminant.

χA(λ)=λ2−(tr⁡A) λ+det⁡A\boxed{\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\,\lambda+\det A}

D'où vient cette formule. Pour A=(abcd)A=\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix} :

det⁡(A−λI)=(a−λ)(d−λ)−bc=λ2−(a+d)λ+(ad−bc)\det(A-\lambda I)=(a-\lambda)(d-\lambda)-bc=\lambda^2-(a+d)\lambda+(ad-bc)

et l'on reconnaît la trace et le déterminant. Le calcul est fait une fois pour toutes.

Ce que l'énoncé demande, c'est de l'utiliser dans l'autre sens : au lieu de résoudre le trinôme, on cherche deux nombres dont on connaît la somme et le produit.

S=λ1+λ2=tr⁡AP=λ1λ2=det⁡AS=\lambda_1+\lambda_2=\operatorname{tr}A \qquad P=\lambda_1\lambda_2=\det A

C'est un réflexe de collège, et il est souvent plus rapide qu'un discriminant : on cherche deux entiers de somme 1111 et de produit 2424.

⚠️ Attention aux signes de la matrice : les coefficients hors diagonale valent −2-2, et leur produit vaut +4+4. C'est là que l'exercice se joue.

ℹ️ La matrice est SYMÉTRIQUE (a12=a21a_{12}=a_{21}). Le théorème spectral garantit alors que ses valeurs propres sont réelles — on sait donc d'avance que Δ≥0\Delta\geq 0.

Étape 1 — la somme et le produit
A=(7−2−24)A=\begin{pmatrix}7&-2\\-2&4\end{pmatrix}

La trace — somme des coefficients diagonaux :

S=tr⁡A=7+4=11S=\operatorname{tr}A=7+4=\boxed{11}

Le déterminant :

P=det⁡A=7×4−(−2)×(−2)=28−4=24P=\det A=7\times 4-(-2)\times(-2)=28-4=\boxed{24}

⚠️⚠️ (−2)×(−2)=+4(-2)\times(-2)=+4, et on le retranche : 28−4=2428-4=24. Deux pièges de signe dans le même calcul — le produit de deux négatifs est positif, et le −bc-bc de la formule le soustrait.

L'erreur courante donne 28+4=3228+4=32, et les racines n'existeraient même pas dans les entiers.

Le polynôme caractéristique s'écrit alors sans aucun développement :

χA(λ)=λ2−11λ+24\chi_A(\lambda)=\lambda^2-11\lambda+24
Étape 2 — trouver les deux nombres, et contrôler

Méthode 1 — de tête. On cherche deux nombres de somme 1111 et de produit 2424.

Les paires d'entiers de produit 2424 : (1;24)(1;24), (2;12)(2;12), (3;8)(3;8), (4;6)(4;6).

3+8=11✓3+8=11 \quad\checkmark
λ1=3λ2=8\boxed{\lambda_1=3 \qquad \lambda_2=8}

Méthode 2 — le discriminant, si les nombres ne viennent pas :

Δ=121−96=25Δ=5λ=11±52\Delta=121-96=25 \qquad \sqrt\Delta=5 \qquad \lambda=\frac{11\pm 5}{2}
λ=3  ou  λ=8✓\lambda=3 \ \text{ ou } \ \lambda=8 \quad\checkmark

Les deux méthodes concordent.

Les contrôles :

1) Somme et produit, refaits sur le résultat :

3+8=11✓3×8=24✓3+8=11 \quad\checkmark \qquad 3\times 8=24 \quad\checkmark

2) Retour à la définition — le contrôle qui ne dépend d'aucune formule. Pour λ=3\lambda=3 :

A−3I=(4−2−21)A-3I=\begin{pmatrix}4&-2\\-2&1\end{pmatrix}

Les lignes sont proportionnelles (L2=−12L1L_2=-\tfrac12L_1), donc le déterminant est nul ✓ La première donne 4x−2y=04x-2y=0, soit y=2xy=2x :

v⃗=(12)Av⃗=(7−4−2+8)=(36)=3v⃗✓\vec v=\begin{pmatrix}1\\2\end{pmatrix} \qquad A\vec v=\begin{pmatrix}7-4\\-2+8\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\6\end{pmatrix}=3\vec v \quad\checkmark

3) Le signe des valeurs propres. det⁡A=24>0\det A=24>0 et tr⁡A=11>0\operatorname{tr}A=11>0 : les deux valeurs propres sont de même signe (produit positif) et positives (somme positive). On trouve 33 et 88 ✓

ℹ️ Ce contrôle est utile bien au-delà : le signe des valeurs propres d'une matrice symétrique décide de la nature d'une forme quadratique, et de la stabilité d'un système différentiel.

Ce que la symétrie garantissait. AA est symétrique, donc le théorème spectral assure des valeurs propres réelles et, ces valeurs étant distinctes, des vecteurs propres orthogonaux. On peut le vérifier : pour λ=8\lambda=8, w⃗=(2−1)\vec w=\binom{2}{-1}, et

v⃗⋅w⃗=1×2+2×(−1)=0✓\vec v\cdot\vec w=1\times 2+2\times(-1)=0 \quad\checkmark
Rappel de cours

Polynôme caractéristique en dimension 2

χA(λ)=λ2−(tr⁡A) λ+det⁡A\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\,\lambda+\det A
Aucun développement nécessaire.

Somme et produit

λ1+λ2=tr⁡Aλ1λ2=det⁡A\lambda_1+\lambda_2=\operatorname{tr}A \qquad \lambda_1\lambda_2=\det A
Chercher deux nombres de somme et produit connus est souvent plus rapide qu'un discriminant.

Trace et déterminant

tr⁡(abcd)=a+ddet⁡=ad−bc\operatorname{tr}\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}=a+d \qquad \det=ad-bc
⚠️ Avec b=c=−2b=c=-2 : bc=+4bc=+4, et on le retranche.

Lire le signe des valeurs propres (quand elles sont réelles)

det⁡A\det A tr⁡A\operatorname{tr}A valeurs propres
>0>0 >0>0 deux positives
>0>0 <0<0 deux négatives
<0<0 — de signes opposés
=0=0 — l'une est nulle

Contrôle immédiat, sans résoudre.

Matrice symétrique — théorème spectral

A=AT⟹valeurs propres REˊELLES et vecteurs propres ORTHOGONAUX pour des valeurs distinctesA=A^{\mathsf T} \quad\Longrightarrow\quad \text{valeurs propres RÉELLES et vecteurs propres ORTHOGONAUX pour des valeurs distinctes}
On sait donc d'avance que Δ≥0\Delta\geq 0.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Calculer det⁡A=28+4=32\det A=28+4=32. Le déterminant est ad−bcad-\boxed{bc}, et bc=(−2)×(−2)=+4bc=(-2)\times(-2)=+4 : on retranche 44, donc 2424.

Le contrôle : avec 3232, il faudrait deux nombres de somme 1111 et produit 3232 — Δ=121−128<0\Delta=121-128<0, donc aucune racine réelle. Or la matrice est symétrique : c'est impossible. L'erreur se détecte ainsi.

⚠️ Prendre bc=−4bc=-4 en oubliant que le produit de deux négatifs est positif. On trouverait det⁡=32\det=32 également.

⚠️ Confondre trace et somme de tous les coefficients : 7−2−2+4=77-2-2+4=7, ce qui n'est pas la trace. La trace est la somme des coefficients diagonaux, ici 7+4=117+4=11.

⚠️ Écrire χA(λ)=λ2+11λ+24\chi_A(\lambda)=\lambda^2+11\lambda+24 avec un ++. La formule porte −(tr⁡A)λ-(\operatorname{tr}A)\lambda : le signe est négatif.

Le contrôle : les racines seraient −3-3 et −8-8, de somme −11≠11-11\neq 11 ✗

⚠️ S'arrêter au polynôme sans donner les valeurs propres. Ce sont les racines qui sont demandées.

⚠️ Chercher les racines au discriminant alors que somme et produit sautent aux yeux. L'énoncé demande explicitement d'utiliser SS et PP — c'est la compétence testée.

⚠️ Ne pas exploiter la symétrie. Elle garantit des valeurs propres réelles : un Δ<0\Delta<0 signalerait immédiatement une erreur de calcul, pas un cas particulier.

À retenir
χA(λ)=λ2−(tr⁡A) λ+det⁡A— sans aucun deˊveloppement\boxed{\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\,\lambda+\det A} \qquad\text{— sans aucun développement}
S=tr⁡A=11P=det⁡A=24⟹λ1=3, λ2=8S=\operatorname{tr}A=11 \qquad P=\det A=24 \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\lambda_1=3, \ \lambda_2=8}

⚠️⚠️ det⁡A=28−(−2)(−2)=28−4=24\det A=28-(-2)(-2)=28-4=24 — le produit de deux négatifs est positif, et on le retranche. Deux pièges dans un seul calcul.

Chercher deux nombres de somme et produit connus est souvent plus rapide qu'un discriminant.

Lire le signe sans résoudre : det⁡>0\det>0 et tr⁡>0\operatorname{tr}>0 ⟹\Longrightarrow deux valeurs propres positives (si elles sont réelles).

Matrice SYMÉTRIQUE ⟹\Longrightarrow valeurs propres réelles — un Δ<0\Delta<0 y serait une erreur de calcul.

Réponse. Valeurs propres : 33 et 88. (Recoupement : 3+8=113+8=11 ✓, 3⋅8=243\cdot8=24 ✓)
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Vecteurs propres associés

ApplicationDifficulté 3/5

Pour A=(4123)A=\begin{pmatrix}4&1\\2&3\end{pmatrix} (valeurs propres 22 et 55), déterminer un vecteur propre pour chaque valeur propre.

Indices (3)

Pour chaque λ\lambda, résous (A−λI)v=0(A-\lambda I)v=0.

Le système est de rang 1 : une équation suffit.

Choisis un représentant non nul.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Les valeurs propres sont données ; il reste à trouver les directions qu'elles étirent.

v⃗ est vecteur propre pour λ  ⟺  (A−λI)v⃗=0⃗,v⃗≠0⃗\boxed{\vec v \ \text{est vecteur propre pour } \lambda \iff (A-\lambda I)\vec v=\vec 0, \quad \vec v\neq\vec 0}

Un vecteur propre se cherche donc dans un NOYAU — on résout un système homogène.

Le fait qui rend le calcul court, et qu'il faut avoir en tête :

λ est valeur propre⟺det⁡(A−λI)=0⟺les deux lignes sont PROPORTIONNELLES\lambda \ \text{est valeur propre} \quad\Longleftrightarrow\quad \det(A-\lambda I)=0 \quad\Longleftrightarrow\quad \boxed{\text{les deux lignes sont PROPORTIONNELLES}}

Donc une seule ligne suffit. La seconde ne dit rien de plus — et si elle n'est pas proportionnelle à la première, c'est qu'on s'est trompé quelque part.

⚠️ C'est aussi le meilleur contrôle intermédiaire du chapitre : écrire A−λIA-\lambda I et vérifier la proportionnalité avant de résoudre.

Un vecteur propre n'est jamais unique. Si v⃗\vec v convient, 2v⃗2\vec v, −v⃗-\vec v, 13v⃗\tfrac13\vec v aussi :

A(kv⃗)=k(Av⃗)=k(λv⃗)=λ(kv⃗)A(k\vec v)=k(A\vec v)=k(\lambda\vec v)=\lambda(k\vec v)

L'ensemble des solutions est une DROITE (privée de l'origine) — le sous-espace propre. On en donne un représentant, choisi aussi simple que possible : de préférence à coordonnées entières et sans facteur commun.

Et le contrôle final ne se discute pas : Av⃗A\vec v doit valoir λv⃗\lambda\vec v, coordonnée par coordonnée.

Le vecteur propre pour λ = 2
A=(4123)A−2I=(4−2123−2)=(2121)A=\begin{pmatrix}4&1\\2&3\end{pmatrix} \qquad A-2I=\begin{pmatrix}4-2&1\\2&3-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2&1\\2&1\end{pmatrix}

⚠️ Les deux lignes sont identiques — donc proportionnelles, donc det⁡=0\det=0 ✓ C'est la confirmation que 22 est bien valeur propre, obtenue avant même de résoudre.

Le système (A−2I)v⃗=0⃗(A-2I)\vec v=\vec 0 :

{2x+y=02x+y=0⟺2x+y=0⟺y=−2x\begin{cases}2x+y=0\\ 2x+y=0\end{cases} \qquad\Longleftrightarrow\qquad 2x+y=0 \qquad\Longleftrightarrow\qquad y=-2x

Une seule équation, deux inconnues : l'ensemble des solutions est une droite.

On choisit x=1x=1, ce qui donne y=−2y=-2 :

v1⃗=(1−2)\boxed{\vec{v_1}=\begin{pmatrix}1\\-2\end{pmatrix}}

Contrôle — la définition :

Av1⃗=(4×1+1×(−2)2×1+3×(−2))=(4−22−6)=(2−4)=2(1−2)✓A\vec{v_1}=\begin{pmatrix}4\times 1+1\times(-2)\\ 2\times 1+3\times(-2)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4-2\\ 2-6\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\-4\end{pmatrix}=2\begin{pmatrix}1\\-2\end{pmatrix} \quad\checkmark

ℹ️ (−12)\binom{-1}{2} ou (2−4)\binom{2}{-4} conviendraient tout aussi bien — ce sont des multiples. On préfère la forme entière la plus simple.

Le vecteur propre pour λ = 5, et la lecture
A−5I=(4−5123−5)=(−112−2)A-5I=\begin{pmatrix}4-5&1\\2&3-5\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1&1\\2&-2\end{pmatrix}

Contrôle de proportionnalité : L2=−2 L1L_2=-2\,L_1 ✓ Le déterminant est bien nul.

Le système :

{−x+y=02x−2y=0⟺y=x\begin{cases}-x+y=0\\ 2x-2y=0\end{cases} \qquad\Longleftrightarrow\qquad y=x

La seconde équation est la première multipliée par −2-2 : elle n'apporte rien, comme annoncé.

On choisit x=1x=1 :

v2⃗=(11)\boxed{\vec{v_2}=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}}

Contrôle :

Av2⃗=(4+12+3)=(55)=5(11)✓A\vec{v_2}=\begin{pmatrix}4+1\\2+3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5\\5\end{pmatrix}=5\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} \quad\checkmark

Le bilan, et ce qu'il annonce :

λ\lambda v⃗\vec v effet de AA
22 (1−2)\binom{1}{-2} étire d'un facteur 22 dans cette direction
55 (11)\binom{1}{1} étire d'un facteur 55

Les deux vecteurs ne sont pas colinéaires — leur déterminant vaut

∣11−21∣=1×1−1×(−2)=3≠0\begin{vmatrix}1&1\\-2&1\end{vmatrix}=1\times 1-1\times(-2)=3\neq 0

Ils forment donc une BASE du plan, et c'est exactement ce qui rendra AA diagonalisable en B1 : dans cette base, AA ne fait plus qu'étirer selon deux axes.

⚠️ Ce n'est pas un hasard. Deux vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes sont toujours indépendants — c'est le théorème qui fonde le critère de B5.

Un contrôle numérique de plus, sur un vecteur quelconque. Prenons u⃗=(2−1)\vec u=\binom{2}{-1}, qui n'est propre pour aucune des deux :

Au⃗=(8−14−3)=(71)A\vec u=\begin{pmatrix}8-1\\4-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}7\\1\end{pmatrix}
72=3,51−1=−1\frac{7}{2}=3{,}5 \qquad \frac{1}{-1}=-1

Les deux rapports diffèrent : Au⃗A\vec u n'est pas un multiple de u⃗\vec u, donc u⃗\vec u n'est pas vecteur propre ✓ — c'est le témoin qui montre que le test discrimine vraiment.

Rappel de cours

Trouver un vecteur propre

(A−λI)v⃗=0⃗v⃗≠0⃗(A-\lambda I)\vec v=\vec 0 \qquad \vec v\neq\vec 0
On résout un système homogène — le vecteur propre vit dans un noyau.

Une seule ligne suffit (dimension 2) λ\lambda étant valeur propre, det⁡(A−λI)=0\det(A-\lambda I)=0, donc les deux lignes sont proportionnelles. ⚠️ Si elles ne le sont pas, il y a une erreur — soit sur λ\lambda, soit sur A−λIA-\lambda I. Contrôle intermédiaire gratuit.

Un vecteur propre n'est jamais unique

Av⃗=λv⃗⟹A(kv⃗)=λ(kv⃗)∀k≠0A\vec v=\lambda\vec v \quad\Longrightarrow\quad A(k\vec v)=\lambda(k\vec v) \quad \forall k\neq 0
L'ensemble des solutions est le sous-espace propre Eλ=ker⁡(A−λI)E_\lambda=\ker(A-\lambda I) — ici une droite. On donne un représentant, entier et sans facteur commun.

Le contrôle final

Av⃗=?λv⃗A\vec v \stackrel{?}{=} \lambda\vec v
Coordonnée par coordonnée. C'est la définition ; rien ne le remplace.

Vecteurs propres et indépendance Des vecteurs propres associés à des valeurs propres DISTINCTES sont linéairement indépendants. C'est ce théorème qui rend diagonalisable toute matrice n×nn\times n à nn valeurs propres distinctes.

Tester si un vecteur est propre Au⃗A\vec u est-il un multiple de u⃗\vec u ? Comparer les rapports coordonnée par coordonnée.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Résoudre (A−λI)v⃗=0⃗(A-\lambda I)\vec v=\vec 0 et trouver seulement v⃗=0⃗\vec v=\vec 0. Si c'est le cas, c'est que λ\lambda n'est pas valeur propre — ou qu'on a fait une erreur dans A−λIA-\lambda I.

Le contrôle : les deux lignes doivent être proportionnelles. Si elles ne le sont pas, le système n'a que la solution nulle.

⚠️ Résoudre Av⃗=λv⃗A\vec v=\lambda\vec v « à droite » en écrivant Av⃗−λ=0⃗A\vec v-\lambda=\vec 0. On ne soustrait pas un nombre à un vecteur : c'est λv⃗\lambda\vec v, donc (A−λI)v⃗(A-\lambda I)\vec v.

⚠️ Se tromper dans A−λIA-\lambda I en retranchant λ\lambda partout. Seule la diagonale change.

Le contrôle : A−2I=(2121)A-2I=\begin{pmatrix}2&1\\2&1\end{pmatrix} a bien ses lignes proportionnelles. La version fautive (2−101)\begin{pmatrix}2&-1\\0&1\end{pmatrix} ne les aurait pas.

⚠️ Utiliser les deux équations comme si elles étaient indépendantes et conclure x=y=0x=y=0. La seconde est un multiple de la première : elle n'apporte rien.

⚠️ Donner un vecteur à coordonnées fractionnaires comme (−1/21)\binom{-1/2}{1}. Ce n'est pas faux, mais on préfère (1−2)\binom{1}{-2} — multiplier par −2-2 ne change pas la direction.

⚠️ Croire qu'il y a un seul vecteur propre par valeur propre. Il y en a une infinité : tous les multiples non nuls. On en donne un.

⚠️ Oublier le contrôle Av⃗=λv⃗A\vec v=\lambda\vec v. Il coûte deux produits et prouve le résultat — c'est le seul contrôle qui revienne à la définition.

⚠️ Confondre les deux vecteurs. (1−2)\binom{1}{-2} va avec λ=2\lambda=2, (11)\binom{1}{1} avec λ=5\lambda=5. Les échanger casse tout en B1.

À retenir
(A−λI)v⃗=0⃗,v⃗≠0⃗\boxed{(A-\lambda I)\vec v=\vec 0, \quad \vec v\neq\vec 0}
λ\lambda A−λIA-\lambda I équation v⃗\vec v
22 (2121)\begin{pmatrix}2&1\\2&1\end{pmatrix} y=−2xy=-2x (1−2)\binom{1}{-2}
55 (−112−2)\begin{pmatrix}-1&1\\2&-2\end{pmatrix} y=xy=x (11)\binom{1}{1}

⚠️ Les deux lignes sont TOUJOURS proportionnelles quand λ\lambda est valeur propre — une seule suffit, et c'est un contrôle intermédiaire gratuit.

Un vecteur propre n'est jamais unique : tous ses multiples non nuls conviennent. On choisit le plus simple, entier.

Contrôle final, sans substitut : Av⃗=λv⃗A\vec v=\lambda\vec v, coordonnée par coordonnée.

Deux valeurs propres distinctes ⟹\Longrightarrow vecteurs indépendants — c'est ce qui rendra AA diagonalisable.

Réponse. E5=Vect⁡(11)E_5=\operatorname{Vect}\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}, E2=Vect⁡(1−2)E_2=\operatorname{Vect}\begin{pmatrix}1\\-2\end{pmatrix}. (Recoupement : A(11)=(55)A\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5\\5\end{pmatrix} ✓, A(1−2)=(2−4)A\begin{pmatrix}1\\-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\-4\end{pmatrix} ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Matrice triangulaire

CalculDifficulté 3/5

Déterminer les valeurs propres de A=(250−3)A=\begin{pmatrix}2&5\\0&-3\end{pmatrix}.

Indices (3)

Que vaut det⁡(A−λI)\det(A-\lambda I) pour une matrice triangulaire ?

Le déterminant d'une triangulaire est le produit de la diagonale.

Les valeurs propres se lisent directement.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un cas où il n'y a rien à calculer — et savoir le reconnaître fait gagner tout l'exercice.

matrice TRIANGULAIRE ⟹ les valeurs propres sont les coefficients DIAGONAUX\boxed{\text{matrice TRIANGULAIRE} \ \Longrightarrow \ \text{les valeurs propres sont les coefficients DIAGONAUX}}
A=(250−3)⟹λ1=2,λ2=−3A=\begin{pmatrix}2&5\\0&-3\end{pmatrix} \qquad\Longrightarrow\qquad \lambda_1=2, \quad \lambda_2=-3

Pourquoi. Le déterminant d'une matrice triangulaire est le produit de sa diagonale. Or A−λIA-\lambda I reste triangulaire (on ne touche qu'à la diagonale), donc

det⁡(A−λI)=(2−λ)×(−3−λ)\det(A-\lambda I)=(2-\lambda)\times(-3-\lambda)

Le polynôme caractéristique est déjà factorisé : ses racines se lisent sans le moindre calcul.

⚠️ « Triangulaire » veut dire qu'un des deux TRIANGLES hors diagonale est nul — supérieur ou inférieur, peu importe. Ici c'est le coin inférieur gauche (a21=0a_{21}=0).

⚠️⚠️ Le coefficient 55 ne joue AUCUN rôle. C'est ce qui surprend, et c'est vrai : deux matrices triangulaires de même diagonale ont exactement les mêmes valeurs propres, quel que soit le reste.

La propriété se généralise à toute dimension — elle sera reprise en C2 et E4 sur des matrices 3×33\times 3.

ℹ️ En revanche, elle ne dit rien de la diagonalisabilité. Une matrice triangulaire peut très bien ne pas être diagonalisable (exercice B4, (2102)\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix}). Dès qu'une valeur propre est répétée, lire les valeurs propres ne suffit plus à conclure.

La lecture, et sa justification
A=(250−3)A=\begin{pmatrix}2&5\\0&-3\end{pmatrix}

Le coin inférieur gauche est nul : AA est triangulaire supérieure.

λ1=2λ2=−3\boxed{\lambda_1=2 \qquad \lambda_2=-3}

La justification, à écrire — la lecture seule ne suffit pas en copie :

A−λI=(2−λ50−3−λ)A-\lambda I=\begin{pmatrix}2-\lambda&5\\0&-3-\lambda\end{pmatrix}

Cette matrice est encore triangulaire, donc son déterminant est le produit de sa diagonale :

det⁡(A−λI)=(2−λ)(−3−λ)\det(A-\lambda I)=(2-\lambda)(-3-\lambda)

Il est nul si et seulement si l'un des facteurs l'est :

2−λ=0  ou  −3−λ=0⟹λ=2  ou  λ=−32-\lambda=0 \ \text{ ou } \ -3-\lambda=0 \qquad\Longrightarrow\qquad \lambda=2 \ \text{ ou } \ \lambda=-3

Les contrôles :

1) Trace et déterminant :

tr⁡A=2+(−3)=−1λ1+λ2=2−3=−1✓\operatorname{tr}A=2+(-3)=-1 \qquad \lambda_1+\lambda_2=2-3=-1 \quad\checkmark
det⁡A=2×(−3)−5×0=−6λ1λ2=2×(−3)=−6✓\det A=2\times(-3)-5\times 0=-6 \qquad \lambda_1\lambda_2=2\times(-3)=-6 \quad\checkmark

2) Le développement complet, pour ceux qui doutent :

(2−λ)(−3−λ)=−6−2λ+3λ+λ2=λ2+λ−6(2-\lambda)(-3-\lambda)=-6-2\lambda+3\lambda+\lambda^2=\lambda^2+\lambda-6
Δ=1+24=25λ=−1±52=2  ou  −3✓\Delta=1+24=25 \qquad \lambda=\frac{-1\pm 5}{2}=2 \ \text{ ou } \ -3 \quad\checkmark

Même résultat, dix fois plus long.

3) Retour à la définition. Pour λ=2\lambda=2 :

A−2I=(050−5)A-2I=\begin{pmatrix}0&5\\0&-5\end{pmatrix}

Les lignes sont proportionnelles ✓, et le système donne 5y=05y=0, soit y=0y=0 :

v⃗=(10)Av⃗=(20)=2v⃗✓\vec v=\begin{pmatrix}1\\0\end{pmatrix} \qquad A\vec v=\begin{pmatrix}2\\0\end{pmatrix}=2\vec v \quad\checkmark

ℹ️ Le vecteur propre pour λ=2\lambda=2 est le premier vecteur de base — c'est général pour une matrice triangulaire supérieure : la première colonne de AA est (20)=2e⃗1\binom{2}{0}=2\vec e_1.

Ce que la matrice fait. det⁡A=−6≠0\det A=-6\neq 0, donc AA est inversible. Et les valeurs propres sont de signes opposés : AA étire dans une direction et retourne-étire dans l'autre.

Rappel de cours

Matrice triangulaire

les valeurs propres sont les coefficients DIAGONAUX\text{les valeurs propres sont les coefficients DIAGONAUX}
Vrai en toute dimension, pour une triangulaire supérieure comme inférieure.

Pourquoi

det⁡(triangulaire)=produit de la diagonale\det(\text{triangulaire})=\text{produit de la diagonale}
et A−λIA-\lambda I reste triangulaire — on ne modifie que la diagonale.

⚠️ Les coefficients hors diagonale ne jouent AUCUN rôle

(250−3)et(210000−3)\begin{pmatrix}2&5\\0&-3\end{pmatrix} \quad\text{et}\quad \begin{pmatrix}2&1000\\0&-3\end{pmatrix}
ont exactement les mêmes valeurs propres.

⚠️⚠️ Mais ils décident de la DIAGONALISABILITÉ

(2102) n’est PAS diagonalisable(2002) l’est\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix} \ \text{n'est PAS diagonalisable} \qquad \begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix} \ \text{l'est}
Même diagonale, même polynôme caractéristique, natures opposées. Avec une valeur propre répétée, lire les valeurs propres ne conclut pas sur la diagonalisabilité.

Cas particuliers utiles

  • diagonale : valeurs propres = diagonale, et déjà diagonalisée ;
  • triangulaire à diagonale distincte : diagonalisable (valeurs propres distinctes) ;
  • triangulaire à diagonale répétée : à examiner.

Contrôles

∑λi=tr⁡A∏λi=det⁡A\sum\lambda_i=\operatorname{tr}A \qquad \prod\lambda_i=\det A

L'erreur classique

⚠️⚠️ Croire que le 55 intervient. Il ne change rien aux valeurs propres. La tentation est forte de « faire quelque chose » avec lui — il n'y a rien à en faire ici.

Le contrôle : le déterminant de AA vaut 2×(−3)−5×0=−62\times(-3)-5\times 0=-6. Le 55 est multiplié par 00.

⚠️⚠️ Oublier le signe de −3-3 et annoncer λ2=3\lambda_2=3. La diagonale porte −3-3.

Le contrôle : la trace vaut −1-1, donc la somme des valeurs propres aussi. Avec 22 et 33 on aurait 55 ✗

⚠️ Développer le polynôme alors qu'il est déjà factorisé. (2−λ)(−3−λ)(2-\lambda)(-3-\lambda) donne ses racines directement. Développer puis résoudre un discriminant, c'est refaire à l'envers ce qui est déjà fait — et c'est trois occasions d'erreur de plus.

⚠️ Ne pas justifier. Écrire « AA est triangulaire donc λ=2\lambda=2 et −3-3 » sans dire pourquoi coûte des points : il faut mentionner que A−λIA-\lambda I reste triangulaire et que son déterminant est le produit de la diagonale.

⚠️ Conclure que AA est diagonalisable « parce qu'elle est triangulaire ». C'est faux en général. Ici elle l'est — mais parce que les deux valeurs propres sont distinctes, pas parce qu'elle est triangulaire.

⚠️ Chercher les valeurs propres sur la mauvaise diagonale. C'est la diagonale principale (de haut à gauche vers bas à droite), soit 22 et −3-3 ; pas l'antidiagonale 55 et 00.

⚠️ Croire qu'une matrice avec un 00 n'est pas inversible. Ici det⁡A=−6≠0\det A=-6\neq 0 : AA est inversible. C'est une valeur propre nulle qui empêcherait l'inversibilité, pas un coefficient nul.

À retenir
TRIANGULAIRE ⟹ valeurs propres = coefficients DIAGONAUX\boxed{\text{TRIANGULAIRE} \ \Longrightarrow \ \text{valeurs propres = coefficients DIAGONAUX}}
A=(250−3)⟹λ1=2, λ2=−3A=\begin{pmatrix}2&5\\0&-3\end{pmatrix} \qquad\Longrightarrow\qquad \lambda_1=2, \ \lambda_2=-3

Pourquoi : A−λIA-\lambda I reste triangulaire, et le déterminant d'une triangulaire est le produit de sa diagonale. À écrire, la lecture seule ne suffit pas.

⚠️ Le coefficient 55 ne joue AUCUN rôle dans les valeurs propres…

⚠️⚠️ …mais les coefficients hors diagonale décident de la DIAGONALISABILITÉ. (2102)\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix} n'est pas diagonalisable, (2002)\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix} l'est.

Contrôles : tr⁡=−1=2−3\operatorname{tr}=-1=2-3 ✓ et det⁡=−6=2×(−3)\det=-6=2\times(-3) ✓

Réponse. Valeurs propres : 22 et −3-3 (la diagonale). (Recoupement : 2+(−3)=−1=tr⁡A2+(-3)=-1=\operatorname{tr}A ✓)
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Valeur propre nulle & inversibilité

ApplicationDifficulté 3/5

Soit A=(2412)A=\begin{pmatrix}2&4\\1&2\end{pmatrix}. Montrer que 00 est valeur propre et donner un vecteur propre associé. Que peut-on dire de l'inversibilité de AA ?

Indices (3)

00 valeur propre   ⟺  det⁡A=0\iff \det A=0.

Le vecteur propre pour 00 est dans ker⁡A\ker A : résous Av=0Av=0.

det⁡A=0\det A=0 signifie quoi pour l'inversibilité ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'exercice fait le lien entre valeur propre nulle et inversibilité — une équivalence qui resservira partout.

0 est valeur propre de A  ⟺  det⁡A=0  ⟺  A n’est PAS inversible\boxed{0 \ \text{est valeur propre de } A \iff \det A=0 \iff A \ \text{n'est PAS inversible}}

Pourquoi c'est immédiat. Faisons λ=0\lambda=0 dans l'équation caractéristique :

det⁡(A−0⋅I)=det⁡A\det(A-0\cdot I)=\det A

Donc « 00 est racine du polynôme caractéristique » signifie exactement « det⁡A=0\det A=0 ». Il n'y a rien de plus.

Et ce que 00 comme valeur propre veut dire concrètement :

Av⃗=0⋅v⃗=0⃗avecv⃗≠0⃗A\vec v=0\cdot\vec v=\vec 0 \qquad\text{avec}\qquad \vec v\neq\vec 0
A EˊCRASE une direction entieˋre sur le vecteur nul\boxed{A \ \text{ÉCRASE une direction entière sur le vecteur nul}}

Un vecteur non nul envoyé sur zéro : AA perd de l'information, elle ne peut donc pas être inversée. Le vecteur propre associé à 00 est précisément un élément du noyau de AA.

Le chemin le plus court ici : calculer det⁡A\det A. S'il est nul, 00 est valeur propre — et le vecteur se trouve en résolvant Av⃗=0⃗A\vec v=\vec 0, sans même former A−λIA-\lambda I (puisque A−0I=AA-0I=A).

⚠️ Ne pas confondre « AA contient des zéros » et « det⁡A=0\det A=0 ». Ce sont deux choses sans rapport : (250−3)\begin{pmatrix}2&5\\0&-3\end{pmatrix} contient un zéro et son déterminant vaut −6-6.

Montrer que 0 est valeur propre
A=(2412)A=\begin{pmatrix}2&4\\1&2\end{pmatrix}
det⁡A=2×2−4×1=4−4=0\det A=2\times 2-4\times 1=4-4=\boxed{0}

Donc det⁡(A−0⋅I)=det⁡A=0\det(A-0\cdot I)=\det A=0 : le nombre 00 annule le polynôme caractéristique.

0 est valeur propre de A\boxed{0 \ \text{est valeur propre de } A}

ℹ️ On le voit aussi sans calcul : la seconde ligne (1  2)(1\ \ 2) est la moitié de la première (2  4)(2\ \ 4). Deux lignes proportionnelles ⟹\Longrightarrow déterminant nul. C'est le repère à avoir.

Le vecteur propre associé — on résout Av⃗=0⃗A\vec v=\vec 0, c'est-à-dire (A−0I)v⃗=0⃗(A-0I)\vec v=\vec 0 :

{2x+4y=0x+2y=0⟺x+2y=0⟺x=−2y\begin{cases}2x+4y=0\\ x+2y=0\end{cases} \qquad\Longleftrightarrow\qquad x+2y=0 \qquad\Longleftrightarrow\qquad x=-2y

La première équation est le double de la seconde : elle n'apporte rien, comme toujours.

On choisit y=−1y=-1, ce qui donne x=2x=2 :

v⃗=(2−1)\boxed{\vec v=\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix}}

Contrôle — la définition :

Av⃗=(2×2+4×(−1)1×2+2×(−1))=(4−42−2)=(00)=0⋅v⃗✓A\vec v=\begin{pmatrix}2\times 2+4\times(-1)\\ 1\times 2+2\times(-1)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4-4\\ 2-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}=0\cdot\vec v \quad\checkmark

⚠️ Le résultat est le vecteur NUL, et c'est normal — c'est précisément ce que « valeur propre 00 » signifie. En revanche v⃗\vec v, lui, ne l'est pas : c'est ce qui rend l'énoncé non trivial.

L'inversibilité, et la seconde valeur propre
det⁡A=0⟹A n’est PAS inversible\det A=0 \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{A \ \text{n'est PAS inversible}}

Trois lectures du même fait, toutes équivalentes :

énoncé ici
det⁡A=0\det A=0 4−4=04-4=0 ✓
00 est valeur propre Av⃗=0⃗A\vec v=\vec 0 avec v⃗≠0⃗\vec v\neq\vec 0 ✓
ker⁡A≠{0⃗}\ker A\neq\{\vec 0\} ker⁡A=Vect⁡(2−1)\ker A=\operatorname{Vect}\binom{2}{-1}, une droite ✓

L'interprétation géométrique. AA envoie toute une droite sur le seul point 0⃗\vec 0 :

A(2t−t)=(00)∀tA\begin{pmatrix}2t\\-t\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix} \qquad \forall t

Cette information est perdue sans retour — connaissant l'image, on ne peut pas remonter à l'antécédent. C'est exactement ce qu'« non inversible » veut dire.

La seconde valeur propre, gratuitement. La somme vaut la trace :

λ1+λ2=tr⁡A=2+2=4etλ1=0\lambda_1+\lambda_2=\operatorname{tr}A=2+2=4 \qquad\text{et}\qquad \lambda_1=0
⟹λ2=4\Longrightarrow\qquad \boxed{\lambda_2=4}

Contrôle par le produit : 0×4=0=det⁡A0\times 4=0=\det A ✓

Le vecteur propre associé à 44, pour compléter le tableau :

A−4I=(−241−2)A-4I=\begin{pmatrix}-2&4\\1&-2\end{pmatrix}

Lignes proportionnelles (L1=−2L2L_1=-2L_2) ✓, et x−2y=0x-2y=0 donne x=2yx=2y :

w⃗=(21)Aw⃗=(4+42+2)=(84)=4(21)✓\vec w=\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix} \qquad A\vec w=\begin{pmatrix}4+4\\ 2+2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}8\\4\end{pmatrix}=4\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix} \quad\checkmark

Le bilan : AA écrase la direction (2−1)\binom{2}{-1} sur zéro, et étire la direction (21)\binom{2}{1} d'un facteur 44. Toute l'image de AA est donc la droite engendrée par (21)\binom{2}{1} — le rang de AA vaut 11.

⚠️ Bien que non inversible, AA EST diagonalisable : deux valeurs propres distinctes (00 et 44). Les deux notions sont indépendantes — une matrice peut être inversible sans être diagonalisable (exercice B4), et diagonalisable sans être inversible, comme ici.

Rappel de cours

L'équivalence fondamentale

0 valeur propre  ⟺  det⁡A=0  ⟺  A non inversible  ⟺  ker⁡A≠{0⃗}0 \ \text{valeur propre} \iff \det A=0 \iff A \ \text{non inversible} \iff \ker A\neq\{\vec 0\}
Elle vient de det⁡(A−0⋅I)=det⁡A\det(A-0\cdot I)=\det A.

Ce que λ=0\lambda=0 signifie

Av⃗=0⃗avecv⃗≠0⃗A\vec v=\vec 0 \quad\text{avec}\quad \vec v\neq\vec 0
AA écrase une direction entière sur le vecteur nul. Le sous-espace propre E0E_0 est le noyau de AA.

Repérer det⁡=0\det=0 sans calculer Deux lignes (ou deux colonnes) proportionnelles ⟹\Longrightarrow déterminant nul. Ici L1=2L2L_1=2L_2.

⚠️ Ne pas confondre « la matrice contient des zéros » et « son déterminant est nul » — sans rapport.

⚠️⚠️ Inversibilité et diagonalisabilité sont INDÉPENDANTES

inversible diagonalisable
(2412)\begin{pmatrix}2&4\\1&2\end{pmatrix} non oui (00 et 44)
(2102)\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix} oui non

Aucune des deux n'implique l'autre.

La seconde valeur propre, gratuitement

λ1+λ2=tr⁡A\lambda_1+\lambda_2=\operatorname{tr}A
Connaissant λ1=0\lambda_1=0, on lit λ2=tr⁡A\lambda_2=\operatorname{tr}A.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Écrire que v⃗=0⃗\vec v=\vec 0 est le vecteur propre parce que Av⃗=0⃗A\vec v=\vec 0. Le vecteur propre est non nul par définition ; c'est son image qui est nulle. Confondre les deux vide l'exercice de sens.

⚠️ Conclure que AA est inversible parce qu'elle n'a « pas de ligne nulle ». Le critère est det⁡A≠0\det A\neq 0, pas l'absence de zéros. Ici aucune ligne n'est nulle et pourtant det⁡A=0\det A=0.

⚠️ Se tromper dans le déterminant : 2×2−4×1=4−4=02\times 2-4\times 1=4-4=0. Écrire 4−1=34-1=3 ou 2×2−4=02\times 2-4=0 par hasard donnerait le bon résultat pour une mauvaise raison.

⚠️ Chercher A−0IA-0I comme si c'était différent de AA. 0⋅I0\cdot I est la matrice nulle : A−0I=AA-0I=A. On résout directement Av⃗=0⃗A\vec v=\vec 0.

⚠️ Utiliser les deux équations du système comme indépendantes et trouver x=y=0x=y=0. La première est le double de la seconde.

⚠️ Oublier de répondre à la question d'inversibilité. L'énoncé la pose explicitement — et la réponse attendue est « non inversible », justifiée par det⁡A=0\det A=0.

⚠️ Conclure que AA n'est pas diagonalisable parce qu'elle n'est pas inversible. Les deux notions n'ont aucun lien. Ici AA a deux valeurs propres distinctes : elle est diagonalisable.

⚠️ Croire que λ=0\lambda=0 est un cas dégénéré à écarter. C'est une valeur propre comme une autre, et elle porte l'information la plus utile : le noyau.

À retenir
0 valeur propre  ⟺  det⁡A=0  ⟺  A NON inversible\boxed{0 \ \text{valeur propre} \iff \det A=0 \iff A \ \text{NON inversible}}
det⁡A=4−4=0v⃗=(2−1)Av⃗=0⃗\det A=4-4=0 \qquad \vec v=\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix} \qquad A\vec v=\vec 0

⚠️ Le VECTEUR est non nul ; c'est son IMAGE qui est nulle. Ne pas confondre.

λ=0\lambda=0 signifie que AA écrase une direction entière — le sous-espace propre E0E_0 est le noyau.

La seconde valeur propre, par la trace : λ2=tr⁡A−0=4\lambda_2=\operatorname{tr}A-0=4.

⚠️⚠️ Inversibilité et diagonalisabilité sont INDÉPENDANTES : AA n'est pas inversible et est diagonalisable (00 et 44 distinctes).

Réponse. 00 est valeur propre, E0=Vect⁡(2−1)E_0=\operatorname{Vect}\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix}, AA non inversible. (Recoupement : A(2−1)=(00)A\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix} ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Vérifier qu'un vecteur est propre

ApplicationDifficulté 3/5

Soit A=(3113)A=\begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix}. Les vecteurs u=(11)u=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} et w=(1−1)w=\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix} sont-ils propres ? Si oui, donner les valeurs propres.

Indices (3)

Calcule AuAu et AwAw.

Un vecteur vv est propre si Av=λvAv=\lambda v pour un scalaire λ\lambda.

Lis le facteur λ\lambda.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le sens inverse des exercices précédents : on ne cherche plus les vecteurs propres, on teste des candidats. Et c'est bien plus rapide.

u⃗ est propre  ⟺  Au⃗ est un MULTIPLE de u⃗\boxed{\vec u \ \text{est propre} \iff A\vec u \ \text{est un MULTIPLE de } \vec u}

La méthode tient en deux temps :

calculer Au⃗→est-ce λu⃗ pour un certain λ?\text{calculer } A\vec u \qquad\to\qquad \text{est-ce } \lambda\vec u \ \text{pour un certain } \lambda ?

Aucun déterminant, aucun système. Un produit matrice-vecteur, et une comparaison.

Comment comparer. On regarde si les coordonnées de Au⃗A\vec u sont dans le même rapport que celles de u⃗\vec u :

(Au⃗)1u1=?(Au⃗)2u2\frac{(A\vec u)_1}{u_1}\stackrel{?}{=}\frac{(A\vec u)_2}{u_2}

Si les deux rapports coïncident, leur valeur commune EST λ\lambda. S'ils diffèrent, u⃗\vec u n'est pas propre.

⚠️ Attention si une coordonnée de u⃗\vec u est nulle : le rapport n'a plus de sens. On compare alors directement Au⃗A\vec u et λu⃗\lambda\vec u coordonnée par coordonnée.

Ce que la matrice annonce. A=(3113)A=\begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix} est symétrique, et ses deux lignes ont la même somme. Deux conséquences prévisibles :

  • le théorème spectral garantit des vecteurs propres orthogonaux pour des valeurs propres distinctes ;
  • (11)\binom{1}{1} est propre pour toute matrice dont les lignes ont la même somme — cette somme étant alors la valeur propre. Ici 3+1=43+1=4.

On peut donc prédire le résultat avant de calculer, ce qui en fait un excellent contrôle.

Test du vecteur u
A=(3113)u⃗=(11)A=\begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix} \qquad \vec u=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}
Au⃗=(3×1+1×11×1+3×1)=(44)A\vec u=\begin{pmatrix}3\times 1+1\times 1\\ 1\times 1+3\times 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\4\end{pmatrix}

Est-ce un multiple de u⃗\vec u ?

(44)=4(11)✓\begin{pmatrix}4\\4\end{pmatrix}=4\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} \quad\checkmark
u⃗ est vecteur propre, pour λ=4\boxed{\vec u \ \text{est vecteur propre, pour } \lambda=4}

Par les rapports : 41=4\dfrac41=4 et 41=4\dfrac41=4 — identiques, donc λ=4\lambda=4.

ℹ️ C'était prévisible : les deux lignes de AA ont pour somme 3+1=43+1=4, et multiplier par (11)\binom11 revient exactement à sommer chaque ligne. Toute matrice dont les lignes ont la même somme ss admet (1⋮)1\binom{1}{\vdots}{1} comme vecteur propre pour λ=s\lambda=s — c'est le cas des matrices stochastiques, en probabilités.

Test du vecteur w, et la lecture
w⃗=(1−1)\vec w=\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix}
Aw⃗=(3×1+1×(−1)1×1+3×(−1))=(3−11−3)=(2−2)A\vec w=\begin{pmatrix}3\times 1+1\times(-1)\\ 1\times 1+3\times(-1)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3-1\\ 1-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\-2\end{pmatrix}
(2−2)=2(1−1)✓\begin{pmatrix}2\\-2\end{pmatrix}=2\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix} \quad\checkmark
w⃗ est vecteur propre, pour λ=2\boxed{\vec w \ \text{est vecteur propre, pour } \lambda=2}

⚠️ Par les rapports : 21=2\dfrac21=2 et −2−1=2\dfrac{-2}{-1}=2 — identiques. Le second rapport a deux signes moins qui se compensent ; les lire à l'envers ferait conclure à tort que w⃗\vec w n'est pas propre.

Les contrôles :

1) Trace et déterminant — le contrôle qui valide les DEUX valeurs propres d'un coup :

λ1+λ2=4+2=6=tr⁡A✓\lambda_1+\lambda_2=4+2=6=\operatorname{tr}A \quad\checkmark
λ1λ2=4×2=8=3×3−1×1=det⁡A✓\lambda_1\lambda_2=4\times 2=8=3\times 3-1\times 1=\det A \quad\checkmark

On a donc trouvé TOUTES les valeurs propres — une matrice 2×22\times 2 n'en a pas d'autres.

2) L'orthogonalité, garantie par la symétrie de AA :

u⃗⋅w⃗=1×1+1×(−1)=0✓\vec u\cdot\vec w=1\times 1+1\times(-1)=0 \quad\checkmark

Les deux directions propres sont perpendiculaires — c'est le théorème spectral, et c'est ce qui fera de {u⃗;w⃗}\{\vec u;\vec w\} une base orthogonale en B3.

3) Un témoin négatif — indispensable pour savoir que le test discrimine. Prenons z⃗=(10)\vec z=\binom{1}{0} :

Az⃗=(31)A\vec z=\begin{pmatrix}3\\1\end{pmatrix}
31=310=indeˊfini\frac31=3 \qquad \frac10=\text{indéfini}

Comparons directement : pour que (31)\binom31 soit λ(10)=(λ0)\lambda\binom10=\binom{\lambda}{0}, il faudrait 1=01=0. Impossible :

z⃗ n’est PAS vecteur propre\boxed{\vec z \ \text{n'est PAS vecteur propre}}

⚠️ Sans ce témoin, « les deux vecteurs sont propres » ne prouve rien sur la méthode — on ne saurait pas qu'elle sait dire non. C'est le contrôle qui donne sa valeur aux deux réponses positives.

Ce que AA fait, en une phrase. Elle étire d'un facteur 44 selon la diagonale y=xy=x, et d'un facteur 22 selon la perpendiculaire y=−xy=-x. Deux étirements le long de deux axes orthogonaux : c'est exactement ce que « diagonalisable en base orthonormée » signifie.

Rappel de cours

Tester si un vecteur est propre

u⃗ propre  ⟺  Au⃗=λu⃗ pour un certain λ\vec u \ \text{propre} \iff A\vec u=\lambda\vec u \ \text{pour un certain } \lambda
Un produit matrice-vecteur, une comparaison. Ni déterminant, ni système.

Comparer par les rapports

(Au⃗)1u1=(Au⃗)2u2=λ\frac{(A\vec u)_1}{u_1}=\frac{(A\vec u)_2}{u_2}=\lambda
⚠️ Impraticable si une coordonnée de u⃗\vec u est nulle : comparer alors directement.

Le cas des lignes de même somme

toutes les lignes de somme s⟹(11) propre pour λ=s\text{toutes les lignes de somme } s \quad\Longrightarrow\quad \begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} \ \text{propre pour } \lambda=s
Multiplier par (11)\binom11 revient à sommer chaque ligne. Vrai en toute dimension — c'est le cas des matrices stochastiques.

Théorème spectral

A=AT⟹valeurs propres reˊelles, vecteurs propres ORTHOGONAUX pour des valeurs distinctesA=A^{\mathsf T} \quad\Longrightarrow\quad \text{valeurs propres réelles, vecteurs propres ORTHOGONAUX pour des valeurs distinctes}

Savoir qu'on a tout trouvé

∑λi=tr⁡A∏λi=det⁡A\sum\lambda_i=\operatorname{tr}A \qquad \prod\lambda_i=\det A
Si les deux collent, une matrice 2×22\times 2 n'a pas d'autre valeur propre.

⚠️ Le témoin négatif Tester un vecteur qui n'est pas propre prouve que la méthode sait dire non. Sans lui, deux réponses positives ne valident pas la méthode.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Se tromper sur le rapport −2−1\dfrac{-2}{-1}. Il vaut +2+2 : deux signes moins se compensent. Le lire −2-2 ferait conclure que les rapports diffèrent, donc que w⃗\vec w n'est pas propre — alors qu'il l'est.

Le contrôle : la somme des valeurs propres doit valoir tr⁡A=6\operatorname{tr}A=6. Avec 44 et −2-2 on aurait 22 ✗

⚠️ Se tromper dans le produit matrice-vecteur. Aw⃗A\vec w : première coordonnée 3×1+1×(−1)=23\times 1+1\times(-1)=2, seconde 1×1+3×(−1)=−21\times 1+3\times(-1)=-2. Ligne par colonne, pas coefficient par coefficient.

⚠️ Conclure « propre » sans donner λ\lambda. L'énoncé demande « si oui, pour quelle valeur propre » : la réponse est incomplète sans le nombre.

⚠️ Chercher le polynôme caractéristique alors que l'énoncé donne les vecteurs. C'est trois fois plus long, et ce n'est pas la compétence testée : ici on teste, on ne cherche pas.

⚠️ Croire qu'un vecteur propre doit être unitaire ou normalisé. (11)\binom11 est de norme 2\sqrt2 et convient parfaitement.

⚠️ Utiliser les rapports quand une coordonnée est nulle. Pour (10)\binom10, le second rapport est indéfini : il faut comparer directement Az⃗A\vec z à λz⃗\lambda\vec z.

⚠️ Ne pas vérifier qu'on a toutes les valeurs propres. Trace et déterminant le confirment en deux additions — sans eux, rien ne dit qu'il n'en manque pas.

⚠️ Oublier de tester un vecteur NON propre. Deux « oui » de suite ne prouvent pas que la méthode discrimine.

À retenir
u⃗ propre  ⟺  Au⃗ est un MULTIPLE de u⃗\boxed{\vec u \ \text{propre} \iff A\vec u \ \text{est un MULTIPLE de } \vec u}
A(11)=(44)=4(11)A(1−1)=(2−2)=2(1−1)A\binom{1}{1}=\binom44=4\binom11 \qquad A\binom{1}{-1}=\binom{2}{-2}=2\binom{1}{-1}
u⃗ propre pour λ=4w⃗ propre pour λ=2\boxed{\vec u \ \text{propre pour } \lambda=4 \qquad \vec w \ \text{propre pour } \lambda=2}

⚠️ −2−1=+2\dfrac{-2}{-1}=+2 — deux signes moins se compensent, et c'est là qu'on conclut à tort.

Prévisible : les lignes de AA ont la même somme 44, donc (11)\binom11 est propre pour λ=4\lambda=4. Vrai en toute dimension.

Contrôles : 4+2=6=tr⁡A4+2=6=\operatorname{tr}A ✓, 4×2=8=det⁡A4\times 2=8=\det A ✓ — donc on a toutes les valeurs propres. Et u⃗⋅w⃗=0\vec u\cdot\vec w=0, comme le garantit la symétrie.

⚠️ Tester aussi un vecteur NON propre ((10)\binom10) : sans ce témoin, la méthode n'est pas validée.

Réponse. uu propre (λ=4\lambda=4), ww propre (λ=2\lambda=2). (Recoupement : 4+2=6=tr⁡A4+2=6=\operatorname{tr}A ✓ — symétrique, vecteurs orthogonaux)
Faire cet exercice dans l'app →

Diagonaliser une matrice 2×2

DémonstrationDifficulté 3/5

Diagonaliser A=(4123)A=\begin{pmatrix}4&1\\2&3\end{pmatrix} : donner PP et DD telles que A=PDP−1A=PDP^{-1}.

Indices (3)

Reprends valeurs propres (2,52,5) et vecteurs propres.

PP = vecteurs propres en colonnes ; DD = valeurs propres dans le même ordre.

Contrôle par AP=PDAP=PD.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Diagonaliser, c'est changer de point de vue. Dans la base des vecteurs propres, la matrice ne fait plus qu'étirer selon deux axes — et une matrice diagonale, tout devient facile avec elle.

A=PDP−1\boxed{A=PDP^{-1}}
matrice ce qu'elle contient l'ordre compte
DD les valeurs propres sur la diagonale —
PP les vecteurs propres en COLONNES dans le même ordre que DD

⚠️⚠️ La règle qui décide de tout : la kk-ième colonne de PP doit être le vecteur propre associé à la kk-ième valeur de DD. Échanger l'un sans l'autre donne une égalité fausse — et c'est l'erreur numéro un de l'exercice.

Tout le travail est déjà fait : A1 a donné les valeurs propres (22 et 55), A3 les vecteurs ((1−2)\binom{1}{-2} et (11)\binom11). Il ne reste qu'à ranger, et à inverser PP.

Pourquoi PP est inversible. Ses colonnes sont deux vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes : ils sont indépendants, donc det⁡P≠0\det P\neq 0. C'est ce qui rend la diagonalisation possible, et c'est le théorème du critère B5.

L'inverse d'une matrice 2×22\times 2, à connaître par cœur :

(abcd)−1=1ad−bc(d−b−ca)\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}^{-1}=\frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}

On échange les termes de la diagonale, on change le signe des deux autres, on divise par le déterminant.

Étape 1 — assembler P et D

Les éléments propres (exercices A1 et A3) :

λ\lambda v⃗\vec v
22 (1−2)\binom{1}{-2}
55 (11)\binom{1}{1}

On range dans le même ordre — ici 22 puis 55 :

P=(11−21)D=(2005)\boxed{P=\begin{pmatrix}1&1\\-2&1\end{pmatrix}} \qquad \boxed{D=\begin{pmatrix}2&0\\0&5\end{pmatrix}}

⚠️ Les vecteurs propres sont les COLONNES de PP, pas ses lignes. (1−2)\binom{1}{-2} occupe la première colonne : un 11 en haut, un −2-2 en dessous.

Contrôle d'inversibilité :

det⁡P=1×1−1×(−2)=1+2=3≠0✓\det P=1\times 1-1\times(-2)=1+2=3\neq 0 \quad\checkmark

PP est bien inversible, comme annoncé par le théorème.

ℹ️ L'ordre est un CHOIX, pas une contrainte. Ranger 55 d'abord donnerait P′=(111−2)P'=\begin{pmatrix}1&1\\1&-2\end{pmatrix} et D′=(5002)D'=\begin{pmatrix}5&0\\0&2\end{pmatrix} — tout aussi correct. Ce qui est interdit, c'est de désynchroniser les deux.

Étape 2 — inverser P, et vérifier
P−1=1det⁡P(d−b−ca)=13(1−121)P^{-1}=\frac{1}{\det P}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}=\frac{1}{3}\begin{pmatrix}1&-1\\2&1\end{pmatrix}

⚠️ On échange aa et dd (ici 11 et 11, donc invisible) et on change le signe de bb et cc : le 11 devient −1-1, le −2-2 devient +2+2.

P−1=(13−132313)P^{-1}=\begin{pmatrix}\tfrac13&-\tfrac13\\[4pt] \tfrac23&\tfrac13\end{pmatrix}

Contrôle de l'inverse — PP−1PP^{-1} doit valoir II :

(11−21)⋅13(1−121)=13(1+2−1+1−2+22+1)=13(3003)=I✓\begin{pmatrix}1&1\\-2&1\end{pmatrix}\cdot\frac13\begin{pmatrix}1&-1\\2&1\end{pmatrix}=\frac13\begin{pmatrix}1+2&-1+1\\-2+2&2+1\end{pmatrix}=\frac13\begin{pmatrix}3&0\\0&3\end{pmatrix}=I \quad\checkmark

Le contrôle final — reconstituer AA :

PD=(11−21)(2005)=(25−45)PD=\begin{pmatrix}1&1\\-2&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}2&0\\0&5\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2&5\\-4&5\end{pmatrix}

ℹ️ Multiplier par une diagonale À DROITE multiplie chaque COLONNE par le coefficient correspondant : la première colonne par 22, la seconde par 55. C'est immédiat, et c'est le seul produit à faire soigneusement.

PDP−1=(25−45)⋅13(1−121)=13(2+10−2+5−4+104+5)=13(12369)PDP^{-1}=\begin{pmatrix}2&5\\-4&5\end{pmatrix}\cdot\frac13\begin{pmatrix}1&-1\\2&1\end{pmatrix}=\frac13\begin{pmatrix}2+10&-2+5\\-4+10&4+5\end{pmatrix}=\frac13\begin{pmatrix}12&3\\6&9\end{pmatrix}
=(4123)=A✓=\begin{pmatrix}4&1\\2&3\end{pmatrix}=A \quad\checkmark

On retombe exactement sur AA. C'est le contrôle qui prouve — les deux autres (déterminant de PP, produit PP−1PP^{-1}) ne font que rendre celui-ci probable.

Un contrôle plus rapide, quand on est pressé : trace et déterminant se conservent par changement de base.

tr⁡D=2+5=7=tr⁡A✓det⁡D=10=det⁡A✓\operatorname{tr}D=2+5=7=\operatorname{tr}A \quad\checkmark \qquad \det D=10=\det A \quad\checkmark

⚠️ Nécessaire mais pas suffisant : il ne teste pas PP. Il réfute vite, il ne prouve pas.

Ce qu'on a gagné. Dans la base {(1−2);(11)}\left\{\binom{1}{-2};\binom11\right\}, l'application ne fait plus qu'étirer d'un facteur 22 selon le premier axe et 55 selon le second. Tous les calculs deviennent élémentaires — c'est ce qu'exploite B2 pour AnA^n.

Rappel de cours

Diagonaliser

A=PDP−1D=diag⁡(λ1,λ2)P=(v1⃗ ∣ v2⃗)A=PDP^{-1} \qquad D=\operatorname{diag}(\lambda_1,\lambda_2) \qquad P=\big(\vec{v_1}\ \big|\ \vec{v_2}\big)
⚠️⚠️ Les vecteurs propres sont les COLONNES de PP, dans le MÊME ORDRE que les valeurs propres de DD.

La méthode, en trois temps

  1. valeurs propres (polynôme caractéristique) ;
  2. vecteurs propres ((A−λI)v⃗=0⃗(A-\lambda I)\vec v=\vec 0) ;
  3. ranger dans PP et DD, puis inverser PP.

Inverse d'une matrice 2×22\times 2

(abcd)−1=1ad−bc(d−b−ca)\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}^{-1}=\frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}
On échange la diagonale, on change le signe des deux autres, on divise par le déterminant.

Multiplier par une diagonale

PD : chaque COLONNE de P multiplieˊe par le λ correspondantPD \ : \ \text{chaque COLONNE de } P \text{ multipliée par le } \lambda \text{ correspondant}
DP : chaque LIGNE —ce n’est PAS la meˆme choseDP \ : \ \text{chaque LIGNE} \ — \text{ce n'est PAS la même chose}

Pourquoi PP est inversible Des vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes sont indépendants.

Les contrôles, du plus faible au plus fort

  1. det⁡P≠0\det P\neq 0 ;
  2. tr⁡D=tr⁡A\operatorname{tr}D=\operatorname{tr}A et det⁡D=det⁡A\det D=\det A (nécessaire, pas suffisant — ne teste pas PP) ;
  3. PP−1=IPP^{-1}=I ;
  4. PDP−1=APDP^{-1}=A — le seul qui prouve.

L'ordre est libre Permuter les colonnes de PP et les coefficients de DD ensemble donne une autre diagonalisation, tout aussi valable.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Désynchroniser PP et DD — mettre (1−2)\binom{1}{-2} en première colonne et 55 en premier dans DD. L'égalité A=PDP−1A=PDP^{-1} devient fausse.

Le contrôle : reconstituer AA. Avec DD inversée sans toucher à PP, on trouverait (3−1−24)\begin{pmatrix}3&-1\\-2&4\end{pmatrix}, sans rapport avec AA.

⚠️⚠️ Mettre les vecteurs propres en LIGNES. Ce sont les colonnes : P=(11−21)P=\begin{pmatrix}1&1\\-2&1\end{pmatrix}, et non (1−211)\begin{pmatrix}1&-2\\1&1\end{pmatrix}.

⚠️ Écrire A=P−1DPA=P^{-1}DP. C'est PDP−1PDP^{-1} — le PP d'abord. La forme inversée diagonalise… l'inverse du changement de base.

Le repère : AP=PDAP=PD, donc PP est à gauche de DD.

⚠️ Se tromper dans l'inverse : oublier d'échanger aa et dd, ou de changer le signe de bb et cc. Ici a=d=1a=d=1 rend l'échange invisible — l'erreur ne se voit donc pas sur cette matrice, mais elle se paiera ailleurs.

Le contrôle : PP−1=IPP^{-1}=I, toujours.

⚠️ Oublier de diviser par det⁡P\det P. P−1P^{-1} porte un facteur 13\tfrac13 ; sans lui, PDP−1PDP^{-1} vaudrait 3A3A.

⚠️ Confondre PDPD et DPDP. PDPD multiplie les colonnes, DPDP les lignes. Les deux diffèrent, et seul PDPD intervient ici.

⚠️ Se contenter du contrôle trace/déterminant. Il est nécessaire mais pas suffisant : il ne regarde pas PP du tout. Une matrice PP complètement fausse le laisserait passer.

⚠️ Croire qu'il y a une seule bonne réponse. Tout choix cohérent d'ordre et tout multiple non nul des vecteurs propres conviennent.

À retenir
A=PDP−1P=(11−21)D=(2005)\boxed{A=PDP^{-1}} \qquad P=\begin{pmatrix}1&1\\-2&1\end{pmatrix} \qquad D=\begin{pmatrix}2&0\\0&5\end{pmatrix}

⚠️⚠️ Vecteurs propres en COLONNES, dans le MÊME ORDRE que DD. Les désynchroniser rend l'égalité fausse.

P−1=13(1−121)— eˊchanger la diagonale, changer le signe des deux autres, diviser par det⁡PP^{-1}=\frac13\begin{pmatrix}1&-1\\2&1\end{pmatrix} \qquad\text{— échanger la diagonale, changer le signe des deux autres, diviser par } \det P

Le seul contrôle qui PROUVE : reconstituer PDP−1=APDP^{-1}=A. Trace et déterminant sont nécessaires mais ne testent pas PP.

PDPD multiplie les COLONNES de PP ; DPDP multiplierait les lignes.

L'ordre est libre — mais cohérent entre PP et DD.

Réponse. A=PDP−1A=PDP^{-1} avec P=(11−21)P=\begin{pmatrix}1&1\\-2&1\end{pmatrix}, D=(2005)D=\begin{pmatrix}2&0\\0&5\end{pmatrix}. (Recoupement machine : PDP−1=APDP^{-1}=A ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Puissance n-ième par diagonalisation

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit A=(3−210)A=\begin{pmatrix}3&-2\\1&0\end{pmatrix}. Diagonaliser AA puis calculer AnA^n.

Indices (3)

Valeurs propres via χA\chi_A, puis vecteurs propres.

An=PDnP−1A^n=PD^nP^{-1} avec Dn=diag⁡(λ1n,λ2n)D^n=\operatorname{diag}(\lambda_1^n,\lambda_2^n).

N'oublie pas P−1P^{-1}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Voici pourquoi on diagonalise. Calculer AnA^n directement est impossible : il faudrait multiplier AA par elle-même nn fois, et nn n'est pas un nombre donné.

Avec la forme diagonalisée, tout s'effondre :

A2=(PDP−1)(PDP−1)=PDP−1P⏟=IDP−1=PD2P−1A^2=(PDP^{-1})(PDP^{-1})=PD\underbrace{P^{-1}P}_{=I}DP^{-1}=PD^2P^{-1}

Le P−1PP^{-1}P du milieu disparaît. En répétant :

An=PDnP−1\boxed{A^n=PD^nP^{-1}}

Et DnD^n est immédiat — une diagonale se met à la puissance coefficient par coefficient :

D=(λ100λ2)⟹Dn=(λ1n00λ2n)D=\begin{pmatrix}\lambda_1&0\\0&\lambda_2\end{pmatrix} \qquad\Longrightarrow\qquad D^n=\begin{pmatrix}\lambda_1^n&0\\0&\lambda_2^n\end{pmatrix}

⚠️ C'est le SEUL cas où l'on met une matrice à la puissance terme à terme. Pour toute autre matrice, c'est faux — et gravement.

Un problème de nn multiplications devient donc trois multiplications, dont une triviale. C'est l'application qui justifie tout le chapitre.

Le contrôle qui ne se discute pas : la formule obtenue doit redonner AA pour n=1n=1, et A2A^2 pour n=2n=2. Deux vérifications, et l'erreur n'a presque plus où se cacher.

Étape 1 — diagonaliser
A=(3−210)A=\begin{pmatrix}3&-2\\1&0\end{pmatrix}

Le polynôme caractéristique, par le raccourci :

tr⁡A=3+0=3det⁡A=3×0−(−2)×1=0+2=2\operatorname{tr}A=3+0=3 \qquad \det A=3\times 0-(-2)\times 1=0+2=2
χA(λ)=λ2−3λ+2=(λ−1)(λ−2)\chi_A(\lambda)=\lambda^2-3\lambda+2=(\lambda-1)(\lambda-2)
λ1=1λ2=2\boxed{\lambda_1=1 \qquad \lambda_2=2}

⚠️ det⁡A=+2\det A=+2 : −(−2)×1=+2-(-2)\times 1=+2. Deux signes moins.

Les vecteurs propres. Pour λ=1\lambda=1 :

A−I=(2−21−1)(L1=2L2 ✓)A-I=\begin{pmatrix}2&-2\\1&-1\end{pmatrix} \qquad (L_1=2L_2 \ \checkmark)
x−y=0⟹v1⃗=(11)x-y=0 \quad\Longrightarrow\quad \vec{v_1}=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}

Pour λ=2\lambda=2 :

A−2I=(1−21−2)(lignes identiques ✓)A-2I=\begin{pmatrix}1&-2\\1&-2\end{pmatrix} \qquad (\text{lignes identiques} \ \checkmark)
x−2y=0⟹x=2y⟹v2⃗=(21)x-2y=0 \quad\Longrightarrow\quad x=2y \quad\Longrightarrow\quad \vec{v_2}=\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}

Contrôles : A(11)=(3−21)=(11)A\binom11=\binom{3-2}{1}=\binom11 ✓ et A(21)=(6−22)=(42)=2(21)A\binom21=\binom{6-2}{2}=\binom42=2\binom21 ✓

P=(1211)D=(1002)det⁡P=1−2=−1P=\begin{pmatrix}1&2\\1&1\end{pmatrix} \qquad D=\begin{pmatrix}1&0\\0&2\end{pmatrix} \qquad \det P=1-2=-1
P−1=1−1(1−2−11)=(−121−1)P^{-1}=\frac{1}{-1}\begin{pmatrix}1&-2\\-1&1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1&2\\1&-1\end{pmatrix}

⚠️ det⁡P=−1\det P=-1, donc le facteur 1−1=−1\tfrac{1}{-1}=-1 change tous les signes. C'est l'étape la plus piégeuse.

Contrôle : PP−1=(1211)(−121−1)=(−1+22−2−1+12−1)=IPP^{-1}=\begin{pmatrix}1&2\\1&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}-1&2\\1&-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1+2&2-2\\-1+1&2-1\end{pmatrix}=I ✓

Étape 2 — la puissance, et les contrôles
An=PDnP−1=(1211)(1n002n)(−121−1)A^n=PD^nP^{-1}=\begin{pmatrix}1&2\\1&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1^n&0\\0&2^n\end{pmatrix}\begin{pmatrix}-1&2\\1&-1\end{pmatrix}

ℹ️ 1n=11^n=1 — la première valeur propre disparaît du calcul.

Premier produit (PDnPD^n multiplie les colonnes) :

(1211)(1002n)=(12⋅2n12n)=(12n+112n)\begin{pmatrix}1&2\\1&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&0\\0&2^n\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1&2\cdot 2^n\\1&2^n\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1&2^{n+1}\\1&2^n\end{pmatrix}

Second produit :

(12n+112n)(−121−1)=(−1+2n+12−2n+1−1+2n2−2n)\begin{pmatrix}1&2^{n+1}\\1&2^n\end{pmatrix}\begin{pmatrix}-1&2\\1&-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1+2^{n+1}&2-2^{n+1}\\-1+2^n&2-2^n\end{pmatrix}
An=(2n+1−12−2n+12n−12−2n)\boxed{A^n=\begin{pmatrix}2^{n+1}-1&2-2^{n+1}\\ 2^n-1&2-2^n\end{pmatrix}}

Les contrôles — et ce sont eux qui valident tout :

n=1n=1 doit redonner AA :

(22−12−2221−12−21)=(3−210)=A✓\begin{pmatrix}2^2-1&2-2^2\\2^1-1&2-2^1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3&-2\\1&0\end{pmatrix}=A \quad\checkmark

n=2n=2 doit redonner A2A^2. Calculons A2A^2 directement :

A2=(3−210)(3−210)=(9−2−6−03+0−2+0)=(7−63−2)A^2=\begin{pmatrix}3&-2\\1&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}3&-2\\1&0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}9-2&-6-0\\3+0&-2+0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}7&-6\\3&-2\end{pmatrix}

et la formule :

(23−12−2322−12−22)=(7−63−2)✓\begin{pmatrix}2^3-1&2-2^3\\2^2-1&2-2^2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}7&-6\\3&-2\end{pmatrix} \quad\checkmark

Deux contrôles indépendants du calcul matriciel, et ils suffisent : une formule fausse coïnciderait difficilement en deux points.

n=3n=3, pour les sceptiques : la formule donne (15−147−6)\begin{pmatrix}15&-14\\7&-6\end{pmatrix}, et A3=A2A=(21−6−149−2−6)=(15−147−6)A^3=A^2A=\begin{pmatrix}21-6&-14\\9-2&-6\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}15&-14\\7&-6\end{pmatrix} ✓

Contrôle de trace : tr⁡An\operatorname{tr}A^n doit valoir λ1n+λ2n=1+2n\lambda_1^n+\lambda_2^n=1+2^n.

(2n+1−1)+(2−2n)=2⋅2n−1+2−2n=2n+1✓(2^{n+1}-1)+(2-2^n)=2\cdot 2^n-1+2-2^n=2^n+1 \quad\checkmark

Lecture asymptotique. Quand nn grandit, 2n2^n écrase tout :

An ∼ 2n(2−21−1)A^n\ \sim\ 2^n\begin{pmatrix}2&-2\\1&-1\end{pmatrix}

La plus grande valeur propre gouverne le comportement à long terme — c'est l'idée derrière E6, et derrière tout le calcul des suites récurrentes.

Rappel de cours

La formule de la puissance

A=PDP−1⟹An=PDnP−1A=PDP^{-1} \quad\Longrightarrow\quad \boxed{A^n=PD^nP^{-1}}
Les P−1PP^{-1}P intermédiaires se simplifient.

Puissance d'une diagonale

Dn=diag⁡(λ1n,…,λkn)D^n=\operatorname{diag}(\lambda_1^n,\ldots,\lambda_k^n)
⚠️ Seule une matrice diagonale se met à la puissance terme à terme. Pour toute autre, c'est faux.

Multiplier par une diagonale

PDn : colonne j de P multiplieˊe par λjnPD^n \ : \ \text{colonne } j \text{ de } P \text{ multipliée par } \lambda_j^n

Contrôles obligatoires

n=1 ⟹ An=2 ⟹ A2n=1 \ \Longrightarrow\ A \qquad n=2 \ \Longrightarrow\ A^2
Deux points suffisent en pratique : une formule fausse y coïncide rarement.

Contrôle par la trace

tr⁡(An)=λ1n+λ2n\operatorname{tr}(A^n)=\lambda_1^n+\lambda_2^n
Indépendant du produit matriciel.

Comportement asymptotique (si une seule valeur propre est de module maximal)

An ∼ λmax⁡n×(matrice constante)A^n\ \sim\ \lambda_{\max}^n\times(\text{matrice constante})
La plus grande valeur propre en module gouverne le long terme.

⚠️ Inverse et déterminant négatif

det⁡P=−1⟹P−1=−(d−b−ca)\det P=-1 \quad\Longrightarrow\quad P^{-1}=-\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}
Le facteur 1det⁡\tfrac1{\det} change tous les signes.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Élever AA à la puissance nn terme à terme : écrire An=(3n(−2)n1n0)A^n=\begin{pmatrix}3^n&(-2)^n\\1^n&0\end{pmatrix}. Totalement faux — seule une matrice diagonale se comporte ainsi.

Le contrôle : pour n=2n=2, cela donnerait (9410)\begin{pmatrix}9&4\\1&0\end{pmatrix}, alors que A2=(7−63−2)A^2=\begin{pmatrix}7&-6\\3&-2\end{pmatrix} ✗

⚠️⚠️ Écrire An=PnDn(P−1)nA^n=P^nD^n(P^{-1})^n. Non : les PP intermédiaires se simplifient, il n'en reste qu'un de chaque côté.

⚠️ Se tromper de signe dans P−1P^{-1}. det⁡P=−1\det P=-1 change tous les signes de la comatrice.

Le contrôle : PP−1=IPP^{-1}=I. Sans le facteur −1-1, on obtiendrait −I-I.

⚠️ Se tromper sur det⁡A\det A : 3×0−(−2)×1=+23\times 0-(-2)\times 1=+2. Écrire −2-2 donnerait χA=λ2−3λ−2\chi_A=\lambda^2-3\lambda-2, dont les racines ne sont même pas entières.

⚠️ Oublier que 1n=11^n=1 et traîner un 1n1^n dans la réponse. Ce n'est pas faux, mais c'est illisible.

⚠️ Confondre 2⋅2n2\cdot 2^n et 2n22^{n^2}. 2⋅2n=2n+12\cdot 2^n=2^{n+1} : les exposants s'additionnent lors d'un produit.

⚠️ Ne contrôler qu'en n=1n=1. Une formule peut coïncider en un point par hasard. Deux points — et n=2n=2 demande de calculer A2A^2 à la main, ce qui est précisément le but.

⚠️ Oublier de diagonaliser d'abord. L'énoncé demande les deux : la diagonalisation puis la puissance. Sauter la première rend la seconde incompréhensible.

À retenir
An=PDnP−1Dn=diag⁡(λ1n,λ2n)\boxed{A^n=PD^nP^{-1}} \qquad D^n=\operatorname{diag}(\lambda_1^n,\lambda_2^n)

⚠️⚠️ SEULE une matrice diagonale se met à la puissance terme à terme. Le faire sur AA est l'erreur grave du chapitre.

P=(1211), D=(1002)⟹An=(2n+1−12−2n+12n−12−2n)P=\begin{pmatrix}1&2\\1&1\end{pmatrix}, \ D=\begin{pmatrix}1&0\\0&2\end{pmatrix} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{A^n=\begin{pmatrix}2^{n+1}-1&2-2^{n+1}\\ 2^n-1&2-2^n\end{pmatrix}}

Contrôler en n=1n=1 ET n=2n=2 — deux points, et l'erreur n'a presque plus où se cacher.

⚠️ det⁡P=−1\det P=-1 change TOUS les signes de P−1P^{-1}.

À long terme, la plus grande valeur propre gouverne : An∼2n(2−21−1)A^n\sim 2^n\begin{pmatrix}2&-2\\1&-1\end{pmatrix}.

Réponse. An=(2n+1−12−2n+12n−12−2n)A^n=\begin{pmatrix}2^{n+1}-1&2-2^{n+1}\\2^n-1&2-2^n\end{pmatrix}. (Recoupement : n=1n=1 redonne AA ✓, n=0n=0 donne I2I_2 ✓ — vérifié machine)
Faire cet exercice dans l'app →

Matrice symétrique : base orthogonale

DémonstrationDifficulté 3/5

Diagonaliser A=(3113)A=\begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix} et vérifier que les vecteurs propres sont orthogonaux.

Indices (3)

AA est symétrique : diagonalisable (théorème spectral).

Trouve valeurs et vecteurs propres.

Deux vecteurs sont orthogonaux si leur produit scalaire est nul.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Les matrices symétriques sont le meilleur cas possible, et le théorème qui les gouverne mérite d'être connu pour lui-même.

A=AT ⟹ A est diagonalisable, en base ORTHOGONALE\boxed{A=A^{\mathsf T} \ \Longrightarrow \ A \ \text{est diagonalisable, en base ORTHOGONALE}}

C'est le théorème spectral, et il donne trois garanties avant tout calcul :

garantie conséquence pratique
valeurs propres réelles Δ≥0\Delta\geq 0 — un Δ<0\Delta<0 serait une erreur
toujours diagonalisable même avec des valeurs propres multiples
vecteurs propres orthogonaux (valeurs propres distinctes) leur produit scalaire est nul

⚠️ La troisième est la plus utile ici, et c'est ce que l'énoncé fait vérifier. Elle n'a rien d'évident : en général, deux vecteurs propres n'ont aucune raison d'être perpendiculaires.

Pourquoi c'est vrai — la démonstration tient en trois lignes. Pour λ≠μ\lambda\neq\mu et AA symétrique :

λ (u⃗⋅v⃗)=(Au⃗)⋅v⃗=u⃗⋅(ATv⃗)=u⃗⋅(Av⃗)=μ (u⃗⋅v⃗)\lambda\,(\vec u\cdot\vec v)=(A\vec u)\cdot\vec v=\vec u\cdot(A^{\mathsf T}\vec v)=\vec u\cdot(A\vec v)=\mu\,(\vec u\cdot\vec v)
⟹(λ−μ)(u⃗⋅v⃗)=0⟹u⃗⋅v⃗=0\Longrightarrow\qquad (\lambda-\mu)(\vec u\cdot\vec v)=0 \qquad\Longrightarrow\qquad \vec u\cdot\vec v=0

C'est la symétrie (AT=AA^{\mathsf T}=A) qui permet de faire passer AA d'un côté à l'autre du produit scalaire — sans elle, l'argument tombe.

Où ça sert. Partout où une matrice symétrique apparaît : formes quadratiques, matrices de covariance en statistique, tenseurs d'inertie en mécanique, moindres carrés. La base orthogonale y est ce qui rend les axes principaux interprétables.

Étape 1 — les éléments propres
A=(3113)AT=A✓A=\begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix} \qquad A^{\mathsf T}=A \quad\checkmark

Les valeurs propres (calculées en A6 par test direct, refaites ici) :

tr⁡A=6det⁡A=9−1=8\operatorname{tr}A=6 \qquad \det A=9-1=8
χA(λ)=λ2−6λ+8=(λ−2)(λ−4)\chi_A(\lambda)=\lambda^2-6\lambda+8=(\lambda-2)(\lambda-4)
λ1=4λ2=2\boxed{\lambda_1=4 \qquad \lambda_2=2}

ℹ️ Les deux sont réelles, comme le théorème spectral le garantissait — Δ=36−32=4>0\Delta=36-32=4>0.

Les vecteurs propres. Pour λ=4\lambda=4 :

A−4I=(−111−1)(L2=−L1 ✓)A-4I=\begin{pmatrix}-1&1\\1&-1\end{pmatrix} \qquad (L_2=-L_1 \ \checkmark)
−x+y=0⟹v1⃗=(11)-x+y=0 \quad\Longrightarrow\quad \vec{v_1}=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}

Pour λ=2\lambda=2 :

A−2I=(1111)(lignes identiques ✓)A-2I=\begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix} \qquad (\text{lignes identiques} \ \checkmark)
x+y=0⟹v2⃗=(1−1)x+y=0 \quad\Longrightarrow\quad \vec{v_2}=\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix}

Contrôles : A(11)=(44)=4(11)A\binom11=\binom44=4\binom11 ✓ et A(1−1)=(2−2)=2(1−1)A\binom{1}{-1}=\binom{2}{-2}=2\binom{1}{-1} ✓

Étape 2 — diagonaliser et vérifier l'orthogonalité
P=(111−1)D=(4002)det⁡P=−1−1=−2P=\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix} \qquad D=\begin{pmatrix}4&0\\0&2\end{pmatrix} \qquad \det P=-1-1=-2
P−1=1−2(−1−1−11)=12(111−1)P^{-1}=\frac{1}{-2}\begin{pmatrix}-1&-1\\-1&1\end{pmatrix}=\frac12\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}

ℹ️ Fait remarquable, propre aux matrices symétriques : P−1=12PP^{-1}=\tfrac12 P, c'est-à-dire que PP est proportionnelle à son inverse. C'est la trace de l'orthogonalité, on y revient plus bas.

Contrôle : PP−1=12(111−1)(111−1)=12(2002)=IPP^{-1}=\tfrac12\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}=\tfrac12\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix}=I ✓

Reconstitution :

PD=(424−2)PDP−1=12(4+24−24−24+2)=12(6226)=(3113)=A✓PD=\begin{pmatrix}4&2\\4&-2\end{pmatrix} \qquad PDP^{-1}=\tfrac12\begin{pmatrix}4+2&4-2\\4-2&4+2\end{pmatrix}=\tfrac12\begin{pmatrix}6&2\\2&6\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix}=A \quad\checkmark

L'ORTHOGONALITÉ — ce que l'énoncé demande de vérifier :

v1⃗⋅v2⃗=1×1+1×(−1)=1−1=0\vec{v_1}\cdot\vec{v_2}=1\times 1+1\times(-1)=1-1=\boxed{0}
les deux vecteurs propres sont ORTHOGONAUX\boxed{\text{les deux vecteurs propres sont ORTHOGONAUX}}

Conformément au théorème spectral — et ce n'est pas une coïncidence de cet exemple : c'est vrai pour toute matrice symétrique à valeurs propres distinctes.

Aller plus loin : la base ORTHONORMÉE. Les deux vecteurs ont pour norme

∥v1⃗∥=12+12=2∥v2⃗∥=2\|\vec{v_1}\|=\sqrt{1^2+1^2}=\sqrt2 \qquad \|\vec{v_2}\|=\sqrt2

En les divisant par 2\sqrt2, on obtient une base orthonormée, et la matrice de passage devient orthogonale :

Q=12(111−1)avecQ−1=QTQ=\frac{1}{\sqrt2}\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix} \qquad\text{avec}\qquad \boxed{Q^{-1}=Q^{\mathsf T}}

⚠️ C'est le vrai bénéfice : plus aucun inverse à calculer, il suffit de transposer. Vérifions :

QTQ=12(111−1)(111−1)=12(2002)=I✓Q^{\mathsf T}Q=\frac12\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}=\frac12\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix}=I \quad\checkmark
A=QDQTA=QDQ^{\mathsf T}

Interprétation géométrique. AA étire d'un facteur 44 le long de la diagonale y=xy=x, et d'un facteur 22 le long de la perpendiculaire y=−xy=-x. Deux axes à angle droit, deux étirements — c'est exactement l'image d'une matrice symétrique, et c'est ce qui rend les axes principaux d'une ellipse ou d'un tenseur d'inertie interprétables.

Rappel de cours

Théorème spectral

A=AT⟹{valeurs propres REˊELLESA TOUJOURS diagonalisablevecteurs propres ORTHOGONAUX pour des valeurs distinctesA=A^{\mathsf T} \quad\Longrightarrow\quad \begin{cases}\text{valeurs propres RÉELLES}\\ A \ \text{TOUJOURS diagonalisable}\\ \text{vecteurs propres ORTHOGONAUX pour des valeurs distinctes}\end{cases}
⚠️ Les trois garanties valent avant tout calcul — un Δ<0\Delta<0 sur une symétrique est une erreur, pas un cas particulier.

Pourquoi les vecteurs sont orthogonaux

λ(u⃗⋅v⃗)=(Au⃗)⋅v⃗=u⃗⋅(Av⃗)=μ(u⃗⋅v⃗)⟹(λ−μ)(u⃗⋅v⃗)=0\lambda(\vec u\cdot\vec v)=(A\vec u)\cdot\vec v=\vec u\cdot(A\vec v)=\mu(\vec u\cdot\vec v) \quad\Longrightarrow\quad (\lambda-\mu)(\vec u\cdot\vec v)=0
C'est la symétrie qui permet de faire passer AA de l'autre côté du produit scalaire.

Produit scalaire

u⃗⋅v⃗=u1v1+u2v2u⃗⊥v⃗  ⟺  u⃗⋅v⃗=0\vec u\cdot\vec v=u_1v_1+u_2v_2 \qquad \vec u\perp\vec v \iff \vec u\cdot\vec v=0

Base orthonormée et matrice orthogonale En normalisant les vecteurs propres :

Q−1=QTA=QDQTQ^{-1}=Q^{\mathsf T} \qquad A=QDQ^{\mathsf T}
⚠️ Plus aucun inverse à calculer — il suffit de transposer.

Où l'on rencontre des matrices symétriques Formes quadratiques, matrices de covariance, tenseurs d'inertie, matrices de Gram, moindres carrés. La base orthogonale y donne les axes principaux.

⚠️ Le théorème est à sens unique Une matrice non symétrique peut être diagonalisable (B1, B2) — simplement pas en base orthogonale.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Croire que le théorème spectral vaut pour toute matrice diagonalisable. Il exige la symétrie. Les matrices de B1 et B2 sont diagonalisables et leurs vecteurs propres ne sont pas orthogonaux : pour B1, (1−2)⋅(11)=1−2=−1≠0\binom{1}{-2}\cdot\binom11=1-2=-1\neq 0.

⚠️ Se tromper dans le produit scalaire : 1×1+1×(−1)=01\times 1+1\times(-1)=0, et non 1+1=21+1=2. Le signe du second vecteur compte.

⚠️ Confondre orthogonal et orthonormé. Les vecteurs sont orthogonaux (produit scalaire nul) mais de norme 2\sqrt2 : ils ne sont pas unitaires. Pour une base orthonormée, il faut diviser par 2\sqrt2.

⚠️ Écrire P−1=PTP^{-1}=P^{\mathsf T} sans avoir normalisé. Ce n'est vrai que pour la matrice orthogonale QQ. Ici P−1=12PP^{-1}=\tfrac12 P, pas PTP^{\mathsf T}.

Le contrôle : PTP=(2002)=2IP^{\mathsf T}P=\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix}=2I, et non II.

⚠️ Se tromper de signe dans P−1P^{-1} : det⁡P=−2\det P=-2, donc le facteur est −12-\tfrac12, qui change tous les signes de la comatrice.

⚠️ Oublier de vérifier l'orthogonalité alors que c'est la seconde question. Une seule ligne de calcul, mais elle est demandée.

⚠️ Croire qu'une matrice symétrique à valeur propre double n'est pas diagonalisable. Le théorème spectral la garantit diagonalisable quoi qu'il arrive — c'est le sujet de C6.

⚠️ Vérifier la symétrie sur la diagonale. A=ATA=A^{\mathsf T} porte sur les coefficients hors diagonale : a12=a21a_{12}=a_{21}.

À retenir
A=AT ⟹ valeurs propres REˊELLES, toujours DIAGONALISABLE, vecteurs ORTHOGONAUX pour des valeurs distinctes\boxed{A=A^{\mathsf T} \ \Longrightarrow \ \text{valeurs propres RÉELLES, toujours DIAGONALISABLE, vecteurs ORTHOGONAUX pour des valeurs distinctes}}
P=(111−1),D=(4002)v1⃗⋅v2⃗=1−1=0 ✓P=\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}, \quad D=\begin{pmatrix}4&0\\0&2\end{pmatrix} \qquad \vec{v_1}\cdot\vec{v_2}=1-1=0 \ \checkmark

Pourquoi : la symétrie permet de faire passer AA d'un côté à l'autre du produit scalaire, d'où (λ−μ)(u⃗⋅v⃗)=0(\lambda-\mu)(\vec u\cdot\vec v)=0.

⚠️ Orthogonal ≠ orthonormé : les vecteurs sont de norme 2\sqrt2. En les normalisant, Q−1=QTQ^{-1}=Q^{\mathsf T} — plus aucun inverse à calculer.

⚠️ Le théorème est à sens unique : une matrice non symétrique peut être diagonalisable, mais pas en base orthogonale.

Réponse. λ=2,4\lambda=2,4 ; vecteurs (1−1),(11)\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix},\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} orthogonaux (théorème spectral). (Recoupement : PDP−1=APDP^{-1}=A ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Matrice non diagonalisable

ApplicationDifficulté 3/5

La matrice A=(2102)A=\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix} est-elle diagonalisable ?

Indices (3)

Calcule le polynôme caractéristique.

Une valeur propre double : compare dim⁡Eλ\dim E_\lambda et la multiplicité.

Résous (A−λI)v=0(A-\lambda I)v=0.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le premier cas où la diagonalisation ÉCHOUE, et il faut savoir dire pourquoi avec précision.

A=(2102)A=\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix}

Le polynôme caractéristique est immédiat (AA est triangulaire) : λ=2\lambda=2, valeur propre double.

⚠️⚠️ Une valeur propre double n'empêche PAS la diagonalisation en elle-même. (2002)\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix} a la même valeur propre double et est déjà diagonale. Ce n'est donc pas le bon critère.

Le vrai critère porte sur la DIMENSION du sous-espace propre :

A diagonalisable  ⟺  χA a toutes ses racines reˊelles et, pour chaque λ,dim⁡Eλ=mλ\boxed{A \ \text{diagonalisable} \iff \chi_A \text{ a toutes ses racines réelles et, pour chaque } \lambda, \quad \dim E_\lambda=m_\lambda}

où mλm_\lambda est la multiplicité algébrique (l'exposant dans le polynôme caractéristique) et dim⁡Eλ\dim E_\lambda la multiplicité géométrique (le nombre de directions propres indépendantes).

Ce qu'il faut comprendre. Pour diagonaliser en dimension 22, il faut deux vecteurs propres indépendants — de quoi former une base. Si la valeur propre 22 ne fournit qu'une direction, il n'y a pas assez de matériel : PP ne peut pas être construite.

On a toujours 1≤dim⁡Eλ≤mλ1\leq\dim E_\lambda\leq m_\lambda. Le cas défavorable est l'inégalité stricte.

Ce qu'on doit calculer : dim⁡E2=dim⁡ker⁡(A−2I)\dim E_2=\dim\ker(A-2I), c'est-à-dire résoudre un système.

Étape 1 — la valeur propre et sa multiplicité
A−λI=(2−λ102−λ)A-\lambda I=\begin{pmatrix}2-\lambda&1\\0&2-\lambda\end{pmatrix}

AA est triangulaire, donc le déterminant est le produit de la diagonale :

χA(λ)=(2−λ)2\chi_A(\lambda)=(2-\lambda)^2
λ=2,de multipliciteˊ algeˊbrique m2=2\boxed{\lambda=2, \quad \text{de multiplicité algébrique } m_2=2}

Contrôles : tr⁡A=4=2+2\operatorname{tr}A=4=2+2 ✓ et det⁡A=4=2×2\det A=4=2\times 2 ✓

⚠️ À ce stade, on ne peut PAS conclure. Une valeur propre double laisse les deux cas ouverts.

Étape 2 — la dimension du sous-espace propre
A−2I=(2−2102−2)=(0100)A-2I=\begin{pmatrix}2-2&1\\0&2-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}

On résout (A−2I)v⃗=0⃗(A-2I)\vec v=\vec 0 :

{0⋅x+1⋅y=00⋅x+0⋅y=0⟺y=0\begin{cases}0\cdot x+1\cdot y=0\\ 0\cdot x+0\cdot y=0\end{cases} \qquad\Longleftrightarrow\qquad y=0

La seconde équation est vide (0=00=0, vraie pour tout vecteur). Il reste une seule condition : y=0y=0.

E2={(x0), x∈R}=Vect⁡(10)E_2=\left\{\begin{pmatrix}x\\0\end{pmatrix}, \ x\in\mathbb{R}\right\}=\operatorname{Vect}\begin{pmatrix}1\\0\end{pmatrix}
dim⁡E2=1\boxed{\dim E_2=1}

Le verdict :

dim⁡E2=1 < 2=m2⟹A n’est PAS diagonalisable\dim E_2=1 \ < \ 2=m_2 \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{A \ \text{n'est PAS diagonalisable}}

Le contrôle par le rang — plus rapide, et il évite de résoudre :

dim⁡Eλ=n−rang⁡(A−λI)\dim E_\lambda=n-\operatorname{rang}(A-\lambda I)
rang⁡(0100)=1⟹dim⁡E2=2−1=1✓\operatorname{rang}\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}=1 \qquad\Longrightarrow\qquad \dim E_2=2-1=1 \quad\checkmark

⚠️ C'est le théorème du rang, et il donne la dimension sans résoudre le système.

Pourquoi c'est bloquant, concrètement. Tous les vecteurs propres sont des multiples de (10)\binom10 : ils vivent sur une seule droite. Impossible d'en extraire deux vecteurs indépendants, donc impossible de construire une PP inversible.

Un raisonnement par l'absurde, plus court et très convaincant. Supposons A=PDP−1A=PDP^{-1}. La seule valeur propre étant 22, on aurait D=2ID=2I, d'où

A=P(2I)P−1=2PP−1=2I=(2002)A=P(2I)P^{-1}=2PP^{-1}=2I=\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix}

Or A≠2IA\neq 2I (le coefficient 11 en haut à droite). Contradiction.

⚠️ Ce raisonnement est spécifique au cas où toutes les valeurs propres sont égales, mais il est imparable : la seule matrice diagonalisable à valeur propre unique λ\lambda est λI\lambda I elle-même.

Le contraste à retenir :

matrice χ\chi dim⁡E2\dim E_2 diagonalisable ?
(2102)\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix} (λ−2)2(\lambda-2)^2 11 non
(2002)\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix} (λ−2)2(\lambda-2)^2 22 oui

Même polynôme caractéristique, natures opposées. C'est la preuve que χA\chi_A ne suffit jamais à conclure quand une valeur propre est multiple.

ℹ️ Ce que devient une telle matrice. On ne peut pas la diagonaliser, mais on peut la mettre sous forme de Jordan — ici elle y est déjà : un bloc (2102)\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix}. C'est l'objet du chapitre Jordan.

Rappel de cours

Le critère de diagonalisabilité

A diagonalisable  ⟺  χA a toutes ses racines reˊelles et ∀λ,dim⁡Eλ=mλA \ \text{diagonalisable} \iff \chi_A \text{ a toutes ses racines réelles et } \forall\lambda, \quad \dim E_\lambda=m_\lambda

définition
mλm_\lambda — multiplicité algébrique exposant de (λ−λ0)(\lambda-\lambda_0) dans χA\chi_A
dim⁡Eλ\dim E_\lambda — multiplicité géométrique dim⁡ker⁡(A−λI)\dim\ker(A-\lambda I)

Toujours 1≤dim⁡Eλ≤mλ1\leq\dim E_\lambda\leq m_\lambda. Le cas défavorable est l'inégalité stricte.

Calculer dim⁡Eλ\dim E_\lambda sans résoudre

dim⁡Eλ=n−rang⁡(A−λI)\dim E_\lambda=n-\operatorname{rang}(A-\lambda I)
Théorème du rang — le chemin le plus court.

⚠️ Une valeur propre multiple n'interdit RIEN

(2102) non diagonalisable(2002) diagonalisable\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix} \ \text{non diagonalisable} \qquad \begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix} \ \text{diagonalisable}
Même χA\chi_A. Le polynôme caractéristique ne conclut jamais seul en cas de multiplicité.

Le raisonnement par l'absurde (valeur propre unique)

A=PDP−1 avec D=λI⟹A=λIA=PDP^{-1} \ \text{avec} \ D=\lambda I \quad\Longrightarrow\quad A=\lambda I
La seule matrice diagonalisable à valeur propre unique λ\lambda est λI\lambda I.

Quand le critère est inutile nn valeurs propres distinctes ⟹\Longrightarrow chaque mλ=1m_\lambda=1, donc dim⁡Eλ=1\dim E_\lambda=1 forcément : diagonalisable sans vérification (exercice B5).

Et sinon ? Forme de Jordan — ici AA est déjà un bloc de Jordan.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Conclure « non diagonalisable » dès qu'une valeur propre est double. C'est faux : 2I2I, 3I3I, et toute matrice symétrique à valeur propre double le sont. Il faut calculer dim⁡Eλ\dim E_\lambda.

⚠️⚠️ Conclure « diagonalisable » parce qu'on a trouvé un vecteur propre. Il en faut deux indépendants en dimension 22. Un seul ne suffit pas.

⚠️ Trouver dim⁡E2=2\dim E_2=2 en croyant que (0100)\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix} est la matrice nulle. Elle ne l'est pas : le coefficient 11 impose y=0y=0, ce qui retire une dimension.

Le contrôle : son rang vaut 11, pas 00.

⚠️ Écrire A−2I=(0100)A-2I=\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix} puis conclure que le système est vide. Une équation subsiste — celle de la première ligne.

⚠️ Confondre multiplicité algébrique et géométrique. L'algébrique se lit dans χA\chi_A ; la géométrique demande un calcul de noyau.

⚠️ Dire « le déterminant de A−2IA-2I est nul donc dim⁡E2=2\dim E_2=2 ». Un déterminant nul garantit dim⁡Eλ≥1\dim E_\lambda\geq 1, jamais sa valeur exacte.

⚠️ Croire qu'une matrice inversible est diagonalisable. AA est inversible (det⁡A=4≠0\det A=4\neq 0) et ne l'est pas. Les deux notions sont indépendantes (voir A5, où c'était l'inverse).

⚠️ Ne pas justifier. L'énoncé demande de répondre à une question fermée : la réponse est « non », avec dim⁡E2=1<2=m2\dim E_2=1<2=m_2.

À retenir
A diagonalisable  ⟺  χA a toutes ses racines reˊelles et dim⁡Eλ=mλ pour CHAQUE λ\boxed{A \ \text{diagonalisable} \iff \chi_A \text{ a toutes ses racines réelles et } \dim E_\lambda=m_\lambda \ \text{pour CHAQUE } \lambda}
χA(λ)=(λ−2)2⟹m2=2maisdim⁡E2=1\chi_A(\lambda)=(\lambda-2)^2 \quad\Longrightarrow\quad m_2=2 \qquad\text{mais}\qquad \dim E_2=1
⟹A n’est PAS diagonalisable\Longrightarrow\qquad \boxed{A \ \text{n'est PAS diagonalisable}}

⚠️⚠️ Une valeur propre double n'interdit RIEN : (2002)\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix} a le même χA\chi_A et est diagonalisable. Le polynôme ne conclut jamais seul.

Le chemin court : dim⁡Eλ=n−rang⁡(A−λI)=2−1=1\dim E_\lambda=n-\operatorname{rang}(A-\lambda I)=2-1=1, sans résoudre.

L'absurde, imparable ici : si AA était diagonalisable avec D=2ID=2I, alors A=2IA=2I — or A≠2IA\neq 2I.

Réponse. Non diagonalisable (dim⁡E2=1<2\dim E_2=1<2). (Recoupement machine : is_diagonalizable = False ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Critère des valeurs propres distinctes

ApplicationDifficulté 3/5

Justifier sans calculer PP que A=(1423)A=\begin{pmatrix}1&4\\2&3\end{pmatrix} est diagonalisable.

Indices (3)

Quel critère suffit en dimension 2 ?

Calcule les valeurs propres.

Sont-elles distinctes ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le critère qui dispense de tout calcul de vecteurs propres, et l'énoncé demande précisément de s'en servir.

n valeurs propres DISTINCTES en dimension n ⟹ A est diagonalisable\boxed{n \ \text{valeurs propres DISTINCTES en dimension } n \ \Longrightarrow \ A \ \text{est diagonalisable}}

Pourquoi ça marche. Des vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes sont linéairement indépendants — c'est un théorème. Avec nn valeurs distinctes, on obtient donc nn vecteurs indépendants, c'est-à-dire une base : PP existe et est inversible.

Vu autrement, par le critère de B4 : chaque valeur propre a une multiplicité algébrique mλ=1m_\lambda=1, et comme 1≤dim⁡Eλ≤mλ1\leq\dim E_\lambda\leq m_\lambda, on a forcément dim⁡Eλ=1=mλ\dim E_\lambda=1=m_\lambda. Le critère est satisfait automatiquement.

avec mλ=1, il n’y a rien aˋ veˊrifier — l’encadrement force l’eˊgaliteˊ\boxed{\text{avec } m_\lambda=1, \ \text{il n'y a rien à vérifier — l'encadrement force l'égalité}}

Ce que le critère ne dit PAS, et c'est essentiel :

valeurs distinctes ⟹\Longrightarrow diagonalisable ✅ vrai
diagonalisable ⟹\Longrightarrow valeurs distinctes ❌ FAUX

Contre-exemple immédiat : 2I2I est diagonale (donc diagonalisable) avec une valeur propre double. Le critère est SUFFISANT, jamais nécessaire.

⚠️ Conséquence pratique : si les valeurs propres ne sont pas distinctes, le critère ne s'applique pas — mais on ne peut rien conclure non plus. Il faut alors calculer les dimensions (B4, C4, C5).

Ce qu'on gagne ici : deux valeurs propres distinctes suffisent à conclure. Aucun vecteur propre à chercher, aucune matrice à inverser.

Le calcul, et la justification
A=(1423)A=\begin{pmatrix}1&4\\2&3\end{pmatrix}

Le polynôme caractéristique, par le raccourci en dimension 22 :

tr⁡A=1+3=4det⁡A=1×3−4×2=3−8=−5\operatorname{tr}A=1+3=4 \qquad \det A=1\times 3-4\times 2=3-8=-5
χA(λ)=λ2−4λ−5\chi_A(\lambda)=\lambda^2-4\lambda-5

⚠️ det⁡A=−5\det A=-5 est négatif — c'est ce qui garantit ici que les racines existent et sont de signes opposés.

Les racines :

Δ=16+20=36Δ=6\Delta=16+20=36 \qquad \sqrt\Delta=6
λ=4±62⟹λ1=5λ2=−1\lambda=\frac{4\pm 6}{2} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\lambda_1=5 \qquad \lambda_2=-1}

Contrôles : 5+(−1)=4=tr⁡A5+(-1)=4=\operatorname{tr}A ✓ et 5×(−1)=−5=det⁡A5\times(-1)=-5=\det A ✓

La conclusion, et elle tient en une phrase :

λ1=5≠−1=λ2, donc A posseˋde 2 valeurs propres distinctes en dimension 2: A est DIAGONALISABLE\boxed{\lambda_1=5\neq -1=\lambda_2, \ \text{donc } A \text{ possède } 2 \text{ valeurs propres distinctes en dimension } 2 : \ A \ \text{est DIAGONALISABLE}}

Sans calculer PP, comme l'énoncé le demande.

Un contrôle du raisonnement, plus fin. Le critère repose sur mλ=1m_\lambda=1 pour chacune. Vérifions que l'encadrement force bien l'égalité :

1≤dim⁡E5≤m5=1⟹dim⁡E5=11\leq\dim E_5\leq m_5=1 \qquad\Longrightarrow\qquad \dim E_5=1
1≤dim⁡E−1≤m−1=1⟹dim⁡E−1=11\leq\dim E_{-1}\leq m_{-1}=1 \qquad\Longrightarrow\qquad \dim E_{-1}=1
dim⁡E5+dim⁡E−1=2=n✓\dim E_5+\dim E_{-1}=2=n \quad\checkmark

On a bien deux directions propres indépendantes, donc une base — et PP existe.

⚠️ La minoration dim⁡Eλ≥1\dim E_\lambda\geq 1 n'est pas gratuite : elle vient de ce que λ\lambda est valeur propre, donc que det⁡(A−λI)=0\det(A-\lambda I)=0, donc que le noyau n'est pas réduit à {0⃗}\{\vec 0\}. C'est elle qui rend l'argument imparable.

Ce qu'on aurait trouvé en poussant (hors énoncé, à titre de contrôle) :

A−5I=(−442−2) ⟹ v1⃗=(11)A+I=(2424) ⟹ v2⃗=(2−1)A-5I=\begin{pmatrix}-4&4\\2&-2\end{pmatrix} \ \Longrightarrow\ \vec{v_1}=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} \qquad A+I=\begin{pmatrix}2&4\\2&4\end{pmatrix} \ \Longrightarrow\ \vec{v_2}=\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix}
det⁡(121−1)=−1−2=−3≠0✓\det\begin{pmatrix}1&2\\1&-1\end{pmatrix}=-1-2=-3\neq 0 \quad\checkmark

Les deux vecteurs sont bien indépendants — mais ce calcul n'était pas nécessaire, et c'est précisément ce que l'exercice fait comprendre.

Rappel de cours

Le critère suffisant

n valeurs propres DISTINCTES en dimension n ⟹ diagonalisablen \ \text{valeurs propres DISTINCTES en dimension } n \ \Longrightarrow \ \text{diagonalisable}
Aucun vecteur propre à calculer.

Pourquoi Des vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes sont indépendants. Avec nn d'entre eux, on a une base.

Ou, via le critère général : mλ=1m_\lambda=1 et 1≤dim⁡Eλ≤mλ1\leq\dim E_\lambda\leq m_\lambda forcent dim⁡Eλ=1\dim E_\lambda=1.

⚠️⚠️ SUFFISANT, jamais NÉCESSAIRE

distinctes ⟹\Longrightarrow diagonalisable ✅
diagonalisable ⟹\Longrightarrow distinctes ❌ FAUX

2I2I est diagonale avec une valeur propre double.

Si les valeurs ne sont pas distinctes Le critère ne s'applique pas — et on ne peut rien conclure. Il faut calculer dim⁡Eλ\dim E_\lambda (B4, C4, C5).

L'encadrement fondamental

1≤dim⁡Eλ≤mλ1\leq\dim E_\lambda\leq m_\lambda
⚠️ La minoration vient de det⁡(A−λI)=0\det(A-\lambda I)=0 : le noyau n'est pas réduit à {0⃗}\{\vec 0\}.

Le raccourci dimension 2

χA(λ)=λ2−(tr⁡A)λ+det⁡A\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\lambda+\det A
Δ>0  ⟺  deux valeurs reˊelles distinctes⟹diagonalisable (dimension 2)\Delta>0 \iff \text{deux valeurs réelles distinctes} \Longrightarrow \text{diagonalisable (dimension 2)}

L'erreur classique

⚠️⚠️ Croire le critère nécessaire et conclure « valeurs propres égales ⟹\Longrightarrow non diagonalisable ». Faux : 2I2I le contredit. En cas de multiplicité, il faut calculer dim⁡Eλ\dim E_\lambda.

⚠️ Se tromper de signe dans det⁡A\det A : 1×3−4×2=3−8=−51\times 3-4\times 2=3-8=-5. Écrire 3+8=113+8=11 donnerait Δ=16−44<0\Delta=16-44<0, donc « pas de valeur propre réelle » — conclusion opposée.

Le contrôle : le produit des racines doit valoir det⁡A\det A. Avec 55 et −1-1, on a −5-5 ✓

⚠️ Se tromper dans Δ\Delta : Δ=16−4×1×(−5)=16+20=36\Delta=16-4\times 1\times(-5)=16+20=36. Le −4ac-4ac avec c<0c<0 est positif.

⚠️ Calculer PP alors que l'énoncé dit « sans calculer PP ». La compétence testée est de reconnaître que le critère suffit — le faire quand même montre qu'on ne l'a pas compris.

⚠️ Répondre « oui » sans justifier. La justification attendue est précise : deux valeurs propres distinctes en dimension deux. Les trois éléments comptent.

⚠️ Oublier de vérifier que les racines sont distinctes. C'est toute la condition ! Si Δ\Delta valait 00, le critère ne s'appliquerait pas.

⚠️ Confondre « distinctes » et « non nulles ». 00 et 44 sont distinctes (A5, diagonalisable) ; 22 et 22 sont non nulles et égales (B4, non diagonalisable).

⚠️ Appliquer le critère en oubliant la dimension. En dimension 33, deux valeurs distinctes ne suffisent pas — il en faut trois (voir C4 et C5, où l'une est double).

À retenir
n valeurs propres DISTINCTES en dimension n ⟹ DIAGONALISABLE\boxed{n \ \text{valeurs propres DISTINCTES en dimension } n \ \Longrightarrow \ \text{DIAGONALISABLE}}
χA(λ)=λ2−4λ−5Δ=36λ1=5≠λ2=−1\chi_A(\lambda)=\lambda^2-4\lambda-5 \qquad \Delta=36 \qquad \lambda_1=5\neq\lambda_2=-1
⟹A est diagonalisable, sans calculer P\Longrightarrow\qquad A \ \text{est diagonalisable, sans calculer } P

Pourquoi : mλ=1m_\lambda=1, et 1≤dim⁡Eλ≤mλ1\leq\dim E_\lambda\leq m_\lambda force dim⁡Eλ=1\dim E_\lambda=1. Rien à vérifier.

⚠️⚠️ SUFFISANT, jamais NÉCESSAIRE : 2I2I est diagonalisable avec une valeur propre double.

⚠️ Si les valeurs ne sont pas distinctes, le critère est MUET — il faut calculer dim⁡Eλ\dim E_\lambda.

⚠️ det⁡A=3−8=−5\det A=3-8=-5 : deux erreurs de signe possibles, et elles inversent la conclusion.

Réponse. Diagonalisable : deux valeurs propres distinctes (55 et −1-1). (Recoupement : 5+(−1)=4=tr⁡A5+(-1)=4=\operatorname{tr}A ✓, 5⋅(−1)=−5=det⁡A5\cdot(-1)=-5=\det A ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Reconstituer A à partir de P et D

CalculDifficulté 3/5

On donne P=(1112)P=\begin{pmatrix}1&1\\1&2\end{pmatrix} et D=(3001)D=\begin{pmatrix}3&0\\0&1\end{pmatrix}. Calculer A=PDP−1A=PDP^{-1}.

Indices (3)

Calcule d'abord P−1P^{-1} (inverse 2×2).

Puis effectue PDPD, enfin (PD)P−1(PD)P^{-1}.

Contrôle : les colonnes de PP doivent être propres pour AA.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'exercice inverse de B1 : on donne PP et DD, on reconstitue AA.

A=PDP−1\boxed{A=PDP^{-1}}

Trois produits matriciels, aucune valeur propre à chercher. Mais l'exercice n'est pas qu'un calcul mécanique : il fait comprendre ce que PP et DD contiennent, en le lisant à l'envers.

Ce qu'on sait AVANT de calculer, rien qu'en lisant les données :

lecture conséquence sur AA
D=diag⁡(3;1)D=\operatorname{diag}(3;1) valeurs propres 33 et 11
1re1^{\text{re}} colonne de PP : (11)\binom11 vecteur propre pour λ=3\lambda=3
2e2^{\text{e}} colonne : (12)\binom12 vecteur propre pour λ=1\lambda=1
tr⁡A=3+1=4\operatorname{tr}A=3+1=4 et det⁡A=3×1=3\det A=3\times 1=3

⚠️ La trace et le déterminant de AA sont donc connus d'avance — ce sont ceux de DD, car ils se conservent par changement de base. C'est le contrôle du résultat, et il est disponible avant même de multiplier.

L'ordre du calcul. On peut faire (PD)P−1(PD)P^{-1} ou P(DP−1)P(DP^{-1}) — le produit matriciel est associatif. Le premier est plus simple : PDPD multiplie chaque colonne de PP par le coefficient correspondant, ce qui se fait de tête.

ℹ️ det⁡P=1\det P=1 ici, ce qui évite toute fraction dans P−1P^{-1} — l'exercice est calibré pour que le calcul reste propre.

Étape 1 — inverser P
P=(1112)det⁡P=1×2−1×1=2−1=1P=\begin{pmatrix}1&1\\1&2\end{pmatrix} \qquad \det P=1\times 2-1\times 1=2-1=\boxed{1}

det⁡P=1≠0\det P=1\neq 0 : PP est inversible ✓

P−1=11(2−1−11)=(2−1−11)P^{-1}=\frac{1}{1}\begin{pmatrix}2&-1\\-1&1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2&-1\\-1&1\end{pmatrix}

⚠️ On échange 11 et 22 sur la diagonale, et on change le signe des deux autres coefficients. Le déterminant valant 11, il n'y a aucune fraction.

Contrôle :

PP−1=(1112)(2−1−11)=(2−1−1+12−2−1+2)=(1001)=I✓PP^{-1}=\begin{pmatrix}1&1\\1&2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}2&-1\\-1&1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2-1&-1+1\\2-2&-1+2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1&0\\0&1\end{pmatrix}=I \quad\checkmark
Étape 2 — le produit, et les contrôles

D'abord PDPD — chaque colonne de PP multipliée par le coefficient correspondant de DD :

PD=(1112)(3001)=(1×31×11×32×1)=(3132)PD=\begin{pmatrix}1&1\\1&2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}3&0\\0&1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\times 3&1\times 1\\1\times 3&2\times 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3&1\\3&2\end{pmatrix}

⚠️ La première colonne est multipliée par 33, la seconde par 11. Multiplier les lignes donnerait DP=(3312)DP=\begin{pmatrix}3&3\\1&2\end{pmatrix}, ce qui est autre chose.

Puis (PD)P−1(PD)P^{-1} :

(3132)(2−1−11)=(3×2+1×(−1)3×(−1)+1×13×2+2×(−1)3×(−1)+2×1)\begin{pmatrix}3&1\\3&2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}2&-1\\-1&1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\times 2+1\times(-1)&3\times(-1)+1\times 1\\ 3\times 2+2\times(-1)&3\times(-1)+2\times 1\end{pmatrix}
=(6−1−3+16−2−3+2)=(5−24−1)=\begin{pmatrix}6-1&-3+1\\6-2&-3+2\end{pmatrix}=\boxed{\begin{pmatrix}5&-2\\4&-1\end{pmatrix}}

Les contrôles — et le premier était disponible avant le calcul :

1) Trace et déterminant, qui doivent être ceux de DD :

tr⁡A=5+(−1)=4=3+1=tr⁡D✓\operatorname{tr}A=5+(-1)=4=3+1=\operatorname{tr}D \quad\checkmark
det⁡A=5×(−1)−(−2)×4=−5+8=3=3×1=det⁡D✓\det A=5\times(-1)-(-2)\times 4=-5+8=3=3\times 1=\det D \quad\checkmark

⚠️ −(−2)×4=+8-(-2)\times 4=+8 : deux signes moins. C'est le calcul où l'on se trompe.

2) Le contrôle décisif — les vecteurs propres annoncés. Si le résultat est juste, (11)\binom11 doit être propre pour λ=3\lambda=3 :

A(11)=(5−24−1)=(33)=3(11)✓A\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5-2\\4-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\3\end{pmatrix}=3\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} \quad\checkmark

et (12)\binom12 pour λ=1\lambda=1 :

A(12)=(5−44−2)=(12)=1×(12)✓A\begin{pmatrix}1\\2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5-4\\4-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\2\end{pmatrix}=1\times\begin{pmatrix}1\\2\end{pmatrix} \quad\checkmark

C'est le contrôle le plus fort : il revient à la définition, et il teste à la fois AA, l'ordre des colonnes de PP et celui de DD. Un seul de ces trois éléments erroné le ferait échouer.

3) Le polynôme caractéristique, pour finir :

χA(λ)=λ2−4λ+3=(λ−3)(λ−1)✓\chi_A(\lambda)=\lambda^2-4\lambda+3=(\lambda-3)(\lambda-1) \quad\checkmark

Les valeurs propres annoncées par DD sont bien celles de AA.

ℹ️ Ce que l'exercice montre en creux. A=(5−24−1)A=\begin{pmatrix}5&-2\\4&-1\end{pmatrix} n'a l'air de rien : ni symétrique, ni triangulaire, avec des signes mêlés. Et pourtant elle est parfaitement diagonalisable, avec des valeurs propres entières simples. La forme d'une matrice ne dit rien de sa nature — c'est le calcul qui tranche.

Rappel de cours

Reconstituer

A=PDP−1A=PDP^{-1}
Trois produits, et l'associativité permet de choisir l'ordre. (PD)P−1(PD)P^{-1} est le plus simple.

Multiplier par une diagonale

PD : colonne j de P×λjDP : ligne i×λiPD \ : \ \text{colonne } j \text{ de } P \times \lambda_j \qquad DP \ : \ \text{ligne } i \times \lambda_i
⚠️ Les deux diffèrent. Ici c'est PDPD.

Lire PP et DD

  • DD contient les valeurs propres ;
  • la colonne jj de PP est le vecteur propre associé à λj\lambda_j ;
  • donc tr⁡A=tr⁡D\operatorname{tr}A=\operatorname{tr}D et det⁡A=det⁡D\det A=\det D — connus avant tout calcul.

Invariants par changement de base

tr⁡(PDP−1)=tr⁡Ddet⁡(PDP−1)=det⁡DχA=χD\operatorname{tr}(PDP^{-1})=\operatorname{tr}D \qquad \det(PDP^{-1})=\det D \qquad \chi_{A}=\chi_{D}

Inverse 2×22\times 2

(abcd)−1=1ad−bc(d−b−ca)\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}^{-1}=\frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}

Le contrôle le plus fort Vérifier que chaque colonne de PP est bien vecteur propre de AA pour le λ\lambda correspondant. Il teste AA, l'ordre de PP et celui de DD d'un coup.

⚠️ La forme d'une matrice ne dit rien de sa nature Ni symétrique ni triangulaire, et pourtant diagonalisable à valeurs entières.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Calculer P−1DPP^{-1}DP au lieu de PDP−1PDP^{-1}. L'ordre est imposé par la formule.

Le contrôle : les vecteurs propres. P−1DPP^{-1}DP donnerait (54−2−1)\begin{pmatrix}5&4\\-2&-1\end{pmatrix} — et (11)\binom11 n'y serait pas propre pour 33.

⚠️ Confondre PDPD et DPDP. PDPD multiplie les colonnes, DPDP les lignes. Ici PD=(3132)PD=\begin{pmatrix}3&1\\3&2\end{pmatrix} et DP=(3312)DP=\begin{pmatrix}3&3\\1&2\end{pmatrix} — différents.

⚠️ Se tromper dans det⁡A\det A au contrôle : 5×(−1)−(−2)×4=−5+8=35\times(-1)-(-2)\times 4=-5+8=3. Le −(−2)×4-(-2)\times 4 vaut +8+8.

⚠️ Se tromper dans P−1P^{-1} en oubliant d'échanger aa et dd. Ici a=1a=1 et d=2d=2 diffèrent, donc l'erreur se voit — contrairement à B1 où a=da=d la masquait.

Le contrôle : PP−1=IPP^{-1}=I.

⚠️ Croire que AA doit être symétrique parce que le résultat « fait désordre ». Rien ne l'impose : PP n'est pas orthogonale ici (ses colonnes ne sont pas perpendiculaires — (11)⋅(12)=3≠0\binom11\cdot\binom12=3\neq 0).

⚠️ Oublier le contrôle par les vecteurs propres. C'est le seul qui teste l'ordre des colonnes de PP et de DD ; trace et déterminant y sont aveugles (permuter les deux ne les change pas).

⚠️ Recalculer les valeurs propres de AA pour vérifier. C'est possible, mais plus long que de tester les deux vecteurs propres — et cela ne teste pas PP.

À retenir
A=PDP−1=(5−24−1)\boxed{A=PDP^{-1}=\begin{pmatrix}5&-2\\4&-1\end{pmatrix}}

Tout se lit dans les données avant de calculer : valeurs propres 33 et 11, vecteurs (11)\binom11 et (12)\binom12, tr⁡A=4\operatorname{tr}A=4, det⁡A=3\det A=3.

⚠️ PDPD multiplie les COLONNES de PP ; DPDP multiplierait les lignes — ce n'est pas la même matrice.

Le contrôle le plus fort : A(11)=3(11)A\binom11=3\binom11 et A(12)=1⋅(12)A\binom12=1\cdot\binom12. Il teste AA, l'ordre de PP et celui de DD d'un coup — là où trace et déterminant sont aveugles à l'ordre.

⚠️ La forme d'une matrice ne dit rien de sa nature : celle-ci n'est ni symétrique ni triangulaire, et se diagonalise en entiers.

Réponse. A=(5−24−1)A=\begin{pmatrix}5&-2\\4&-1\end{pmatrix}. (Recoupement : A(11)=(33)=3(11)A\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\3\end{pmatrix}=3\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} ✓ ; vérifié machine)
Faire cet exercice dans l'app →

Éléments propres complets 2×2

ApplicationDifficulté 2/5

Soit A=(5412)A=\begin{pmatrix}5&4\\1&2\end{pmatrix}. 1) Déterminer le polynôme caractéristique et les valeurs propres. 2) Déterminer un vecteur propre pour chacune.

Indices (3)

χA(λ)=λ2−(tr⁡A)λ+det⁡A\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\lambda+\det A.

Factorise pour obtenir les valeurs propres.

Pour chaque λ\lambda, résous (A−λI)v=0(A-\lambda I)v=0.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'exercice type DS : le parcours complet, du polynôme caractéristique aux vecteurs propres, sur une matrice sans piège.

polynoˆme caracteˊristique → valeurs propres → vecteurs propres\text{polynôme caractéristique} \ \to \ \text{valeurs propres} \ \to \ \text{vecteurs propres}

Les deux formules qui font tout le travail :

χA(λ)=λ2−(tr⁡A) λ+det⁡Apuis(A−λI)v⃗=0⃗\boxed{\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\,\lambda+\det A} \qquad\text{puis}\qquad \boxed{(A-\lambda I)\vec v=\vec 0}

La première évite tout développement — trace et déterminant se lisent directement sur la matrice.

La seconde se résout avec UNE seule ligne, puisque λ\lambda étant valeur propre, les deux lignes de A−λIA-\lambda I sont proportionnelles. Vérifier cette proportionnalité est le contrôle intermédiaire du chapitre.

Ce qu'on peut prévoir avant de calculer. det⁡A=5×2−4×1=6>0\det A=5\times 2-4\times 1=6>0 et tr⁡A=7>0\operatorname{tr}A=7>0 : les deux valeurs propres seront positives, pourvu qu'elles soient réelles. Et Δ=49−24=25\Delta=49-24=25 est un carré parfait — les racines seront entières.

Les trois contrôles, à faire systématiquement :

contrôle ce qu'il teste
λ1+λ2=tr⁡A\lambda_1+\lambda_2=\operatorname{tr}A le polynôme
λ1λ2=det⁡A\lambda_1\lambda_2=\det A le polynôme, autrement
Av⃗=λv⃗A\vec v=\lambda\vec v les vecteurs — le seul qui revient à la définition
1) Polynôme caractéristique et valeurs propres
A=(5412)A=\begin{pmatrix}5&4\\1&2\end{pmatrix}
tr⁡A=5+2=7det⁡A=5×2−4×1=10−4=6\operatorname{tr}A=5+2=7 \qquad \det A=5\times 2-4\times 1=10-4=6
χA(λ)=λ2−7λ+6\boxed{\chi_A(\lambda)=\lambda^2-7\lambda+6}

ℹ️ Écrit sans aucun développement. Le calcul direct det⁡(5−λ412−λ)=(5−λ)(2−λ)−4\det\begin{pmatrix}5-\lambda&4\\1&2-\lambda\end{pmatrix}=(5-\lambda)(2-\lambda)-4 donnerait le même résultat, en trois fois plus de temps.

Les racines :

Δ=49−24=25Δ=5λ=7±52\Delta=49-24=25 \qquad \sqrt\Delta=5 \qquad \lambda=\frac{7\pm 5}{2}
λ1=6λ2=1\boxed{\lambda_1=6 \qquad \lambda_2=1}

ℹ️ On pouvait les voir sans discriminant : deux nombres de somme 77 et de produit 66 — c'est 66 et 11.

Contrôles : 6+1=7=tr⁡A6+1=7=\operatorname{tr}A ✓ et 6×1=6=det⁡A6\times 1=6=\det A ✓

Les deux sont positives, comme prévu, et distinctes — donc AA sera diagonalisable (critère de B5), ce qui servira en E2.

2) Les vecteurs propres

Pour λ=6\lambda=6 :

A−6I=(5−6412−6)=(−141−4)A-6I=\begin{pmatrix}5-6&4\\1&2-6\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1&4\\1&-4\end{pmatrix}

Contrôle de proportionnalité : L2=−L1L_2=-L_1 ✓ — le déterminant est bien nul.

−x+4y=0⟺x=4y-x+4y=0 \qquad\Longleftrightarrow\qquad x=4y

On choisit y=1y=1 :

v1⃗=(41)\boxed{\vec{v_1}=\begin{pmatrix}4\\1\end{pmatrix}}

Contrôle par la définition :

Av1⃗=(5×4+4×11×4+2×1)=(246)=6(41)✓A\vec{v_1}=\begin{pmatrix}5\times 4+4\times 1\\ 1\times 4+2\times 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}24\\6\end{pmatrix}=6\begin{pmatrix}4\\1\end{pmatrix} \quad\checkmark

Pour λ=1\lambda=1 :

A−I=(4411)(L1=4L2 ✓)A-I=\begin{pmatrix}4&4\\1&1\end{pmatrix} \qquad (L_1=4L_2 \ \checkmark)
x+y=0⟺y=−xx+y=0 \qquad\Longleftrightarrow\qquad y=-x
v2⃗=(1−1)\boxed{\vec{v_2}=\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix}}

Contrôle :

Av2⃗=(5−41−2)=(1−1)=1×(1−1)✓A\vec{v_2}=\begin{pmatrix}5-4\\ 1-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix}=1\times\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix} \quad\checkmark

⚠️ Pour λ=1\lambda=1, Av⃗=v⃗A\vec v=\vec v : le vecteur est INCHANGÉ. C'est déroutant la première fois, mais c'est exactement ce que « valeur propre 11 » signifie — la direction est fixe.

Le bilan :

λ\lambda v⃗\vec v effet
66 (41)\binom41 étirement d'un facteur 66
11 (1−1)\binom{1}{-1} inchangé

Contrôle d'indépendance — nécessaire pour la suite (E2) :

det⁡(411−1)=−4−1=−5≠0✓\det\begin{pmatrix}4&1\\1&-1\end{pmatrix}=-4-1=-5\neq 0 \quad\checkmark

Les deux vecteurs forment une base, donc AA est diagonalisable — conforme au critère.

⚠️ Ils ne sont PAS orthogonaux : (41)⋅(1−1)=4−1=3≠0\binom41\cdot\binom{1}{-1}=4-1=3\neq 0. C'est normal, AA n'est pas symétrique (4≠14\neq 1). Le théorème spectral ne s'applique pas ici.

Rappel de cours

Le parcours complet

  1. χA(λ)=λ2−(tr⁡A)λ+det⁡A\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\lambda+\det A ;
  2. racines ⇒\Rightarrow valeurs propres ;
  3. (A−λI)v⃗=0⃗(A-\lambda I)\vec v=\vec 0 pour chacune.

Une seule ligne suffit λ\lambda étant valeur propre, les lignes de A−λIA-\lambda I sont proportionnelles. ⚠️ Le vérifier est le contrôle intermédiaire : si elles ne le sont pas, il y a une erreur en amont.

Prévoir sans résoudre

conséquence
det⁡A>0\det A>0, tr⁡A>0\operatorname{tr}A>0 et Δ≥0\Delta\geq 0 deux valeurs propres positives
Δ\Delta carré parfait racines entières

Le cas λ=1\lambda=1

Av⃗=v⃗— le vecteur est INCHANGEˊA\vec v=\vec v \qquad\text{— le vecteur est INCHANGÉ}
C'est une valeur propre comme une autre : la direction est simplement fixe.

Les trois contrôles

λ1+λ2=tr⁡Aλ1λ2=det⁡AAv⃗=λv⃗\lambda_1+\lambda_2=\operatorname{tr}A \qquad \lambda_1\lambda_2=\det A \qquad A\vec v=\lambda\vec v
Seul le troisième revient à la définition.

Orthogonalité Les vecteurs propres ne sont orthogonaux que si AA est symétrique. Ici AA ne l'est pas — il n'y a rien à attendre de ce côté.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Se tromper de signe dans A−λIA-\lambda I : 5−6=−15-6=-1, et non 5+65+6 ou 6−56-5. On retranche λ\lambda à la diagonale.

Le contrôle : les deux lignes doivent être proportionnelles. Avec (11418)\begin{pmatrix}11&4\\1&8\end{pmatrix} elles ne le seraient pas.

⚠️ Résoudre le système avec les deux équations comme indépendantes et trouver x=y=0x=y=0. La seconde est un multiple de la première.

⚠️ Se tromper dans det⁡A\det A : 5×2−4×1=65\times 2-4\times 1=6, et non 10−4×1×210-4\times 1\times 2. C'est ad−bcad-bc avec b=4b=4 et c=1c=1.

⚠️ Croire que λ=1\lambda=1 n'est pas une vraie valeur propre parce que le vecteur ne bouge pas. Av⃗=1⋅v⃗A\vec v=1\cdot\vec v vérifie parfaitement la définition.

⚠️ Confondre v1⃗\vec{v_1} et v2⃗\vec{v_2}. (41)\binom41 va avec 66, (1−1)\binom{1}{-1} avec 11. Les échanger casserait E2.

Le contrôle : A(41)=(246)A\binom41=\binom{24}{6}, qui est 66 fois (41)\binom41 — pas 11 fois.

⚠️ Donner un vecteur propre à coordonnées fractionnaires comme (11/4)\binom{1}{1/4}. Multiplier par 44 donne (41)\binom41, plus lisible.

⚠️ Chercher l'orthogonalité des vecteurs propres. AA n'est pas symétrique : ils ne sont pas orthogonaux, et ce n'est pas une erreur.

⚠️ Oublier de contrôler par Av⃗=λv⃗A\vec v=\lambda\vec v. Deux produits, et c'est le seul contrôle qui prouve les vecteurs.

À retenir
χA(λ)=λ2−7λ+6=(λ−6)(λ−1)⟹λ1=6, λ2=1\chi_A(\lambda)=\lambda^2-7\lambda+6=(\lambda-6)(\lambda-1) \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\lambda_1=6, \ \lambda_2=1}
λ\lambda A−λIA-\lambda I équation v⃗\vec v
66 (−141−4)\begin{pmatrix}-1&4\\1&-4\end{pmatrix} x=4yx=4y (41)\binom41
11 (4411)\begin{pmatrix}4&4\\1&1\end{pmatrix} y=−xy=-x (1−1)\binom{1}{-1}

Le raccourci : χA=λ2−(tr⁡A)λ+det⁡A\chi_A=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\lambda+\det A, sans développement.

⚠️ λ=1\lambda=1 laisse le vecteur INCHANGÉ — c'est une valeur propre comme une autre.

Les lignes de A−λIA-\lambda I sont toujours proportionnelles : une seule suffit, et le vérifier est un contrôle gratuit.

Contrôles : 6+1=76+1=7 ✓, 6×1=66\times 1=6 ✓, et Av⃗=λv⃗A\vec v=\lambda\vec v — le seul qui prouve.

Réponse. λ=1\lambda=1 (v=(1−1)v=\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix}) et λ=6\lambda=6 (v=(41)v=\begin{pmatrix}4\\1\end{pmatrix}). (Recoupement : 1+6=7=tr⁡A1+6=7=\operatorname{tr}A ✓, 1⋅6=6=det⁡A1\cdot6=6=\det A ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Diagonalisation & puissance 2×2

DémonstrationDifficulté 3/5

Pour A=(5412)A=\begin{pmatrix}5&4\\1&2\end{pmatrix}, 1) écrire A=PDP−1A=PDP^{-1}. 2) En déduire AnA^n.

Indices (3)

Reprends les éléments propres (λ=1,6\lambda=1,6).

PP = vecteurs propres en colonnes ; calcule P−1P^{-1}.

An=PDnP−1A^n=PD^nP^{-1}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La suite directe de E1 : les éléments propres sont connus, il reste à ranger puis à élever à la puissance.

A=PDP−1⟹An=PDnP−1A=PDP^{-1} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{A^n=PD^nP^{-1}}

Rien de neuf par rapport à B2 — sauf un détail qui change le rendu : ici det⁡P=−5\det P=-5, donc P−1P^{-1} porte un facteur 15\tfrac15, et le résultat aura des dénominateurs.

⚠️ Ce n'est pas une erreur. Un AnA^n à coefficients fractionnaires est parfaitement normal ; c'est même le cas général. Ce qui doit rester entier, ce sont les valeurs de AnA^n pour chaque nn entier — et le contrôle en n=1n=1 et n=2n=2 le vérifie.

Ce qu'on sait avant de calculer :

λ1=6\lambda_1=6, λ2=1\lambda_2=1 donc AnA^n contiendra des 6n6^n, et 1n=11^n=1 disparaîtra
tr⁡(An)=6n+1\operatorname{tr}(A^n)=6^n+1 contrôle indépendant
det⁡(An)=(det⁡A)n=6n\det(A^n)=(\det A)^n=6^n contrôle indépendant

Trois contrôles disponibles d'avance — ils valent mieux que de refaire le calcul.

Le comportement à long terme : 6n6^n écrase tout, donc An∼6n5(4411)A^n\sim\tfrac{6^n}{5}\begin{pmatrix}4&4\\1&1\end{pmatrix}. La plus grande valeur propre gouverne — elle est ici seule de son module.

1) Diagonaliser

Les éléments propres, de E1 :

λ\lambda v⃗\vec v
66 (41)\binom41
11 (1−1)\binom{1}{-1}
P=(411−1)D=(6001)\boxed{P=\begin{pmatrix}4&1\\1&-1\end{pmatrix}} \qquad \boxed{D=\begin{pmatrix}6&0\\0&1\end{pmatrix}}

⚠️ Vecteurs en COLONNES, dans le MÊME ORDRE que DD : (41)\binom41 d'abord, puisque 66 est en premier.

det⁡P=4×(−1)−1×1=−4−1=−5≠0✓\det P=4\times(-1)-1\times 1=-4-1=-5\neq 0 \quad\checkmark
P−1=1−5(−1−1−14)=15(111−4)P^{-1}=\frac{1}{-5}\begin{pmatrix}-1&-1\\-1&4\end{pmatrix}=\frac15\begin{pmatrix}1&1\\1&-4\end{pmatrix}

⚠️ Le facteur 1−5\tfrac{1}{-5} change TOUS les signes de la comatrice — c'est l'étape la plus piégeuse.

Contrôle :

PP−1=15(411−1)(111−4)=15(4+14−41−11+4)=15(5005)=I✓PP^{-1}=\frac15\begin{pmatrix}4&1\\1&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&1\\1&-4\end{pmatrix}=\frac15\begin{pmatrix}4+1&4-4\\1-1&1+4\end{pmatrix}=\frac15\begin{pmatrix}5&0\\0&5\end{pmatrix}=I \quad\checkmark

Contrôle de la diagonalisation :

PD=(2416−1)PDP−1=15(24+124−46−16+4)=15(2520510)=(5412)=A✓PD=\begin{pmatrix}24&1\\6&-1\end{pmatrix} \qquad PDP^{-1}=\frac15\begin{pmatrix}24+1&24-4\\6-1&6+4\end{pmatrix}=\frac15\begin{pmatrix}25&20\\5&10\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5&4\\1&2\end{pmatrix}=A \quad\checkmark
2) La puissance, et les contrôles
An=PDnP−1=(411−1)(6n001)⋅15(111−4)A^n=PD^nP^{-1}=\begin{pmatrix}4&1\\1&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}6^n&0\\0&1\end{pmatrix}\cdot\frac15\begin{pmatrix}1&1\\1&-4\end{pmatrix}

ℹ️ 1n=11^n=1 — la seconde valeur propre disparaît du calcul.

Premier produit (PDnPD^n multiplie les colonnes) :

(411−1)(6n001)=(4⋅6n16n−1)\begin{pmatrix}4&1\\1&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}6^n&0\\0&1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\cdot 6^n&1\\6^n&-1\end{pmatrix}

Second produit :

15(4⋅6n16n−1)(111−4)=15(4⋅6n+14⋅6n−46n−16n+4)\frac15\begin{pmatrix}4\cdot 6^n&1\\6^n&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&1\\1&-4\end{pmatrix}=\frac15\begin{pmatrix}4\cdot 6^n+1&4\cdot 6^n-4\\ 6^n-1&6^n+4\end{pmatrix}
An=15(4⋅6n+14⋅6n−46n−16n+4)\boxed{A^n=\frac15\begin{pmatrix}4\cdot 6^n+1&4\cdot 6^n-4\\ 6^n-1&6^n+4\end{pmatrix}}

Les contrôles :

n=1n=1 doit redonner AA :

15(24+124−46−16+4)=15(2520510)=(5412)=A✓\frac15\begin{pmatrix}24+1&24-4\\6-1&6+4\end{pmatrix}=\frac15\begin{pmatrix}25&20\\5&10\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5&4\\1&2\end{pmatrix}=A \quad\checkmark

n=2n=2 doit redonner A2A^2. Calculons A2A^2 directement :

A2=(5412)(5412)=(25+420+85+24+4)=(292878)A^2=\begin{pmatrix}5&4\\1&2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}5&4\\1&2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}25+4&20+8\\5+2&4+4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}29&28\\7&8\end{pmatrix}

et la formule, avec 62=366^2=36 :

15(144+1144−436−136+4)=15(1451403540)=(292878)✓\frac15\begin{pmatrix}144+1&144-4\\36-1&36+4\end{pmatrix}=\frac15\begin{pmatrix}145&140\\35&40\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}29&28\\7&8\end{pmatrix} \quad\checkmark

⚠️ Tous les coefficients sont divisibles par 55 — c'est ce qui rend AnA^n entière pour chaque nn, malgré le 15\tfrac15 en facteur. Si une division ne tombait pas juste, il y aurait une erreur.

Contrôle par la trace, indépendant du produit matriciel :

tr⁡(An)=(4⋅6n+1)+(6n+4)5=5⋅6n+55=6n+1✓\operatorname{tr}(A^n)=\frac{(4\cdot 6^n+1)+(6^n+4)}{5}=\frac{5\cdot 6^n+5}{5}=6^n+1 \quad\checkmark

et c'est bien λ1n+λ2n=6n+1n\lambda_1^n+\lambda_2^n=6^n+1^n ✓

Contrôle par le déterminant :

det⁡(An)=(det⁡A)n=6n\det(A^n)=(\det A)^n=6^n

Vérifions sur la formule, en n=2n=2 : det⁡(292878)=232−196=36=62\det\begin{pmatrix}29&28\\7&8\end{pmatrix}=232-196=36=6^2 ✓

Le comportement à long terme. Quand nn grandit, les +1+1, −4-4, −1-1, +4+4 deviennent négligeables :

An ∼ 6n5(4411)A^n\ \sim\ \frac{6^n}{5}\begin{pmatrix}4&4\\1&1\end{pmatrix}

⚠️ La matrice limite (4411)\begin{pmatrix}4&4\\1&1\end{pmatrix} a ses colonnes proportionnelles à (41)\binom41 — le vecteur propre dominant. C'est général : à long terme, AnA^n projette tout sur la direction propre dominante, et c'est ce qu'exploite E6.

Rappel de cours

La puissance

An=PDnP−1Dn=diag⁡(λ1n,λ2n)A^n=PD^nP^{-1} \qquad D^n=\operatorname{diag}(\lambda_1^n,\lambda_2^n)

⚠️ Les fractions sont normales det⁡P≠±1\det P\neq\pm 1 ⟹\Longrightarrow P−1P^{-1} porte un dénominateur, et AnA^n aussi. Ce qui doit rester entier, ce sont les valeurs de AnA^n pour chaque nn — si une division ne tombe pas juste, il y a une erreur.

Trois contrôles indépendants

A1=AA2 (calculeˊ aˋ la main)tr⁡(An)=λ1n+λ2nA^1=A \qquad A^2 \ (\text{calculé à la main}) \qquad \operatorname{tr}(A^n)=\lambda_1^n+\lambda_2^n
Et det⁡(An)=(det⁡A)n\det(A^n)=(\det A)^n.

Comportement asymptotique (si λmax⁡\lambda_{\max} est simple et seule de module maximal)

An ∼ λmax⁡n ×(matrice de rang 1)A^n\ \sim\ \frac{\lambda_{\max}^n}{\ }\times(\text{matrice de rang } 1)
Les colonnes de cette matrice limite sont proportionnelles au vecteur propre dominant.

⚠️ Le signe du déterminant de PP

det⁡P=−5⟹1−5(d−b−ca)\det P=-5 \quad\Longrightarrow\quad \frac{1}{-5}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}
Le facteur négatif change tous les signes.

1n=11^n=1 Une valeur propre égale à 11 disparaît de DnD^n — mais pas de la matrice : elle continue de contribuer par PP.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Sortir le 15\tfrac15 au mauvais moment, ou l'oublier. Il vient de P−1P^{-1} et multiplie toute la matrice finale.

Le contrôle : n=1n=1 doit redonner AA exactement. Sans le 15\tfrac15, on trouverait 5A5A.

⚠️⚠️ Se tromper de signe dans P−1P^{-1}. det⁡P=−5\det P=-5, donc la comatrice (−1−1−14)\begin{pmatrix}-1&-1\\-1&4\end{pmatrix} est divisée par −5-5, ce qui donne 15(111−4)\tfrac15\begin{pmatrix}1&1\\1&-4\end{pmatrix} — tous les signes changent.

Le contrôle : PP−1=IPP^{-1}=I.

⚠️ Croire que des coefficients fractionnaires signalent une erreur. C'est le cas général. Ce qui compte, c'est que chaque AnA^n tombe juste.

⚠️ Écrire 4⋅6n=24n4\cdot 6^n=24^n. Le facteur 44 multiplie, il n'entre pas dans la puissance : 4⋅6n≠24n4\cdot 6^n\neq 24^n.

Le contrôle : en n=1n=1, 4⋅6=244\cdot 6=24 mais 241=2424^1=24 aussi — l'erreur ne se voit pas. En n=2n=2 : 4×36=1444\times 36=144 contre 242=57624^2=576 ✗ C'est pourquoi il faut contrôler en DEUX points.

⚠️ Oublier 1n=11^n=1 et laisser un 1n1^n dans le résultat. Correct mais illisible.

⚠️ Confondre PDnPD^n et DnPD^nP. Le premier multiplie les colonnes.

⚠️ Ne contrôler qu'en n=1n=1. L'erreur 4⋅6n→24n4\cdot 6^n\to 24^n y passe inaperçue — et c'est exactement le genre d'erreur que le second point attrape.

⚠️ Oublier de diagonaliser alors que l'énoncé demande explicitement A=PDP−1A=PDP^{-1} puis AnA^n. Les deux questions comptent.

À retenir
P=(411−1),D=(6001),P−1=15(111−4)P=\begin{pmatrix}4&1\\1&-1\end{pmatrix}, \quad D=\begin{pmatrix}6&0\\0&1\end{pmatrix}, \quad P^{-1}=\frac15\begin{pmatrix}1&1\\1&-4\end{pmatrix}
An=15(4⋅6n+14⋅6n−46n−16n+4)\boxed{A^n=\frac15\begin{pmatrix}4\cdot 6^n+1&4\cdot 6^n-4\\ 6^n-1&6^n+4\end{pmatrix}}

⚠️ Les fractions sont NORMALES (det⁡P=−5\det P=-5). Ce qui doit tomber juste, c'est chaque AnA^n entière.

⚠️ 4⋅6n≠24n4\cdot 6^n\neq 24^n — et l'erreur est invisible en n=1n=1. C'est pourquoi on contrôle en deux points.

Contrôles : n=1⇒An=1\Rightarrow A ✓, n=2⇒(292878)n=2\Rightarrow\begin{pmatrix}29&28\\7&8\end{pmatrix} ✓, tr⁡(An)=6n+1\operatorname{tr}(A^n)=6^n+1 ✓

À long terme : An∼6n5(4411)A^n\sim\dfrac{6^n}{5}\begin{pmatrix}4&4\\1&1\end{pmatrix}, dont les colonnes sont le vecteur propre dominant.

Réponse. A=PDP−1A=PDP^{-1} (P=(14−11)P=\begin{pmatrix}1&4\\-1&1\end{pmatrix}, D=diag⁡(1,6)D=\operatorname{diag}(1,6)) ; An=15(4⋅6n+14⋅6n−46n−16n+4)A^n=\dfrac15\begin{pmatrix}4\cdot6^n+1&4\cdot6^n-4\\6^n-1&6^n+4\end{pmatrix}. (Recoupement : n=1n=1 redonne AA ✓, n=0n=0 donne I2I_2 ✓ — machine)
Faire cet exercice dans l'app →

Diagonalisable ou non ? (justifier)

DémonstrationDifficulté 3/5

La matrice A=(3−111)A=\begin{pmatrix}3&-1\\1&1\end{pmatrix} est-elle diagonalisable ? Justifier rigoureusement.

Indices (3)

Calcule χA\chi_A : la valeur propre est-elle double ?

Si double, calcule dim⁡Eλ\dim E_\lambda.

Compare multiplicités géométrique et algébrique.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La question demande une justification RIGOUREUSE — donc ni « il y a une valeur propre double, donc non », ni « je n'ai trouvé qu'un vecteur, donc non ». Il faut le critère, et une dimension calculée.

A=(3−111)A=\begin{pmatrix}3&-1\\1&1\end{pmatrix}

Le critère, et lui seul :

A diagonalisable  ⟺  χA a toutes ses racines reˊelles et dim⁡Eλ=mλ pour chaque λ\boxed{A \ \text{diagonalisable} \iff \chi_A \text{ a toutes ses racines réelles et } \dim E_\lambda=m_\lambda \ \text{pour chaque } \lambda}

⚠️⚠️ Le piège de l'exercice est ailleurs que dans le calcul. La matrice n'a rien de suspect à l'œil : coefficients simples, ni symétrique, ni triangulaire. Rien n'annonce le problème — il faut faire le calcul pour le voir.

Le déroulé attendu :

χA → une valeur propre DOUBLE → calculer dim⁡Eλ → comparer\chi_A \ \to \ \text{une valeur propre DOUBLE} \ \to \ \text{calculer } \dim E_\lambda \ \to \ \text{comparer}

Et c'est la troisième étape qui décide. Les deux premières ne font que poser la question.

ℹ️ Un raccourci existe en dimension 2, et il est imparable quand la valeur propre est unique :

A diagonalisable avec une seule valeur propre λ⟹A=λIA \ \text{diagonalisable avec une seule valeur propre } \lambda \quad\Longrightarrow\quad A=\lambda I

Il suffit alors de regarder si AA est un multiple de l'identité. Ici non — donc non diagonalisable. Mais l'énoncé demandant de la rigueur, on donnera les deux arguments.

1) Le polynôme caractéristique
tr⁡A=3+1=4det⁡A=3×1−(−1)×1=3+1=4\operatorname{tr}A=3+1=4 \qquad \det A=3\times 1-(-1)\times 1=3+1=4

⚠️ det⁡A=+4\det A=+4 : −(−1)×1=+1-(-1)\times 1=+1, donc 3+13+1. Deux signes moins.

χA(λ)=λ2−4λ+4\chi_A(\lambda)=\lambda^2-4\lambda+4
Δ=16−16=0\Delta=16-16=0

⚠️ Discriminant NUL — c'est le signal. La racine est double :

λ=42=2⟹χA(λ)=(λ−2)2,m2=2\lambda=\frac{4}{2}=2 \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\chi_A(\lambda)=(\lambda-2)^2, \quad m_2=2}

Contrôles : 2+2=4=tr⁡A2+2=4=\operatorname{tr}A ✓ et 2×2=4=det⁡A2\times 2=4=\det A ✓

⚠️ À ce stade on ne peut PAS conclure. Une valeur propre double laisse les deux cas ouverts — 2I2I a le même polynôme et est diagonalisable.

2) La dimension du sous-espace propre, et la conclusion
A−2I=(3−2−111−2)=(1−11−1)A-2I=\begin{pmatrix}3-2&-1\\1&1-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1&-1\\1&-1\end{pmatrix}

Les deux lignes sont identiques — donc le rang vaut 11 (et non 00 : la matrice n'est pas nulle).

Par le théorème du rang :

dim⁡E2=n−rang⁡(A−2I)=2−1=1\dim E_2=n-\operatorname{rang}(A-2I)=2-1=\boxed{1}

Ou en résolvant, si l'on préfère voir l'espace :

x−y=0⟺y=x⟹E2=Vect⁡(11)x-y=0 \qquad\Longleftrightarrow\qquad y=x \qquad\Longrightarrow\qquad E_2=\operatorname{Vect}\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}

Une seule direction propre.

La conclusion :

dim⁡E2=1 < 2=m2⟹A n’est PAS diagonalisable\dim E_2=1 \ < \ 2=m_2 \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{A \ \text{n'est PAS diagonalisable}}

Le second argument, indépendant — par l'absurde. Supposons A=PDP−1A=PDP^{-1}. La seule valeur propre étant 22, on aurait nécessairement D=2ID=2I, donc

A=P(2I)P−1=2PP−1=2I=(2002)A=P(2I)P^{-1}=2PP^{-1}=2I=\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix}

Or A=(3−111)≠2IA=\begin{pmatrix}3&-1\\1&1\end{pmatrix}\neq 2I. Contradiction.

⚠️ Ces deux arguments ne se remplacent pas : le premier est le critère général (valable en toute dimension, avec plusieurs valeurs propres) ; le second est un raccourci spécifique au cas d'une valeur propre unique. Donner les deux rend la justification complète.

Un contrôle du raisonnement. Vérifions qu'il n'y a vraiment qu'une direction propre, en testant un vecteur qui n'est pas multiple de (11)\binom11 — prenons (10)\binom10 :

A(10)=(31)A\begin{pmatrix}1\\0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\1\end{pmatrix}

Est-ce un multiple de (10)\binom10 ? Il faudrait (λ0)\binom{\lambda}{0}, donc 1=01=0 : impossible ✓

Et le vecteur propre trouvé fonctionne bien :

A(11)=(3−11+1)=(22)=2(11)✓A\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3-1\\1+1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\2\end{pmatrix}=2\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} \quad\checkmark

ℹ️ Ce que devient une telle matrice. Elle n'est pas diagonalisable, mais elle est semblable à un bloc de Jordan (2102)\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix} — c'est-à-dire à la matrice de B4. Les deux exercices décrivent donc la même situation sous deux apparences différentes.

Rappel de cours

Le critère, à donner en entier

A diagonalisable  ⟺  χA a toutes ses racines reˊelles et ∀λ, dim⁡Eλ=mλA \ \text{diagonalisable} \iff \chi_A \text{ a toutes ses racines réelles et } \forall\lambda, \ \dim E_\lambda=m_\lambda
mλm_\lambda : exposant dans χA\chi_A · dim⁡Eλ=dim⁡ker⁡(A−λI)=n−rang⁡(A−λI)\dim E_\lambda=\dim\ker(A-\lambda I)=n-\operatorname{rang}(A-\lambda I)

Le signal

Δ=0⟹valeur propre DOUBLE⟹il FAUT calculer dim⁡Eλ\Delta=0 \quad\Longrightarrow\quad \text{valeur propre DOUBLE} \quad\Longrightarrow\quad \text{il FAUT calculer } \dim E_\lambda
⚠️ Le polynôme seul ne conclut jamais.

Le raccourci (valeur propre unique)

A diagonalisable avec une seule valeur propre λ  ⟺  A=λIA \ \text{diagonalisable avec une seule valeur propre } \lambda \iff A=\lambda I
Il suffit de regarder si AA est un multiple de l'identité. ⚠️ Spécifique à ce cas — inutilisable dès qu'il y a deux valeurs propres.

Théorème du rang

dim⁡ker⁡M=n−rang⁡M\dim\ker M=n-\operatorname{rang}M
⚠️ Une matrice à lignes identiques non nulles a un rang de 11, pas 00.

Ce qu'on fait à la place Réduction de Jordan : AA est semblable à (2102)\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix}.

L'encadrement

1≤dim⁡Eλ≤mλ1\leq\dim E_\lambda\leq m_\lambda
Avec mλ=1m_\lambda=1, l'égalité est forcée ; avec mλ≥2m_\lambda\geq 2, tout reste à faire.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Conclure « non diagonalisable » dès que Δ=0\Delta=0. Ce n'est pas une justification rigoureuse — 2I2I a Δ=0\Delta=0 et est diagonalisable. Il faut la dimension.

⚠️⚠️ Conclure « non diagonalisable » parce qu'on n'a trouvé qu'un vecteur propre, sans dire pourquoi il n'y en a pas d'autre. C'est le rang de A−2IA-2I qui l'établit.

⚠️ Se tromper dans det⁡A\det A : 3×1−(−1)×1=3+1=43\times 1-(-1)\times 1=3+1=4. Avec 3−1=23-1=2, on aurait Δ=16−8=8>0\Delta=16-8=8>0, donc deux valeurs distinctes — conclusion opposée.

Le contrôle : le produit des racines doit valoir det⁡A\det A. Avec λ=2\lambda=2 double : 44 ✓

⚠️ Croire que (1−11−1)\begin{pmatrix}1&-1\\1&-1\end{pmatrix} est de rang 00. Elle n'est pas nulle : son rang vaut 11, donc dim⁡E2=1\dim E_2=1.

Le contrôle : une matrice de rang 00 est la matrice nulle — ce n'est visiblement pas le cas.

⚠️ Écrire dim⁡E2=2\dim E_2=2 parce que « le déterminant est nul ». Un déterminant nul donne dim⁡Eλ≥1\dim E_\lambda\geq 1, jamais sa valeur.

⚠️ Utiliser le raccourci A=λIA=\lambda I quand il y a plusieurs valeurs propres. Il ne vaut que si χA\chi_A a une seule racine.

⚠️ Répondre sans les deux arguments alors que l'énoncé demande « rigoureusement ». Le critère et le raisonnement par l'absurde forment une justification complète.

⚠️ Croire qu'une matrice inversible est diagonalisable. det⁡A=4≠0\det A=4\neq 0 ici, et AA ne l'est pas.

À retenir
χA(λ)=λ2−4λ+4=(λ−2)2Δ=0m2=2\chi_A(\lambda)=\lambda^2-4\lambda+4=(\lambda-2)^2 \qquad \Delta=0 \qquad m_2=2
A−2I=(1−11−1)⟹rang⁡=1⟹dim⁡E2=2−1=1A-2I=\begin{pmatrix}1&-1\\1&-1\end{pmatrix} \quad\Longrightarrow\quad \operatorname{rang}=1 \quad\Longrightarrow\quad \dim E_2=2-1=1
dim⁡E2=1<2=m2⟹A n’est PAS diagonalisable\dim E_2=1<2=m_2 \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{A \ \text{n'est PAS diagonalisable}}

⚠️⚠️ Δ=0\Delta=0 ne conclut PAS — 2I2I a le même polynôme et est diagonalisable. C'est la dimension qui tranche.

Le second argument, imparable ici : si AA était diagonalisable avec D=2ID=2I, alors A=2IA=2I — or ce n'est pas le cas.

⚠️ det⁡A=3+1=4\det A=3+1=4 : le −(−1)×1-(-1)\times 1 vaut +1+1. Une erreur ici inverse toute la conclusion.

Réponse. Non diagonalisable (dim⁡E2=1<2\dim E_2=1<2). (Recoupement machine : is_diagonalizable = False ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Diagonaliser une 3×3 triangulaire

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit A=(200130011)A=\begin{pmatrix}2&0&0\\1&3&0\\0&1&1\end{pmatrix}. 1) Donner ses valeurs propres. 2) La diagonaliser (PP et DD).

Indices (3)

Triangulaire : valeurs propres sur la diagonale.

Pour chaque λ\lambda, résous (A−λI)v=0(A-\lambda I)v=0.

Trois valeurs propres distinctes ⇒\Rightarrow diagonalisable.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La première diagonalisation en dimension 3, sur une matrice triangulaire — ce qui rend la première question gratuite.

A=(200130011)A=\begin{pmatrix}2&0&0\\1&3&0\\0&1&1\end{pmatrix}

Le coin supérieur droit est nul : AA est triangulaire inférieure, donc

valeurs propres=coefficients diagonaux=2, 3, 1\boxed{\text{valeurs propres} = \text{coefficients diagonaux} = 2, \ 3, \ 1}

Trois valeurs distinctes en dimension trois ⟹\Longrightarrow diagonalisable, par le critère de B5, sans rien vérifier d'autre.

Ce que la dimension 3 change, et c'est le seul point nouveau : chaque système (A−λI)v⃗=0⃗(A-\lambda I)\vec v=\vec 0 compte maintenant trois équations, dont une est redondante. On en garde deux, et il reste une droite de solutions.

⚠️ Le contrôle de rang devient utile : rang⁡(A−λI)\operatorname{rang}(A-\lambda I) doit valoir 22 pour que dim⁡Eλ=3−2=1\dim E_\lambda=3-2=1. Un rang de 33 signalerait que λ\lambda n'est pas valeur propre.

Un bénéfice de la forme triangulaire : les systèmes se résolvent en cascade, du haut vers le bas ou l'inverse, sans pivot à chercher. C'est ce qui rend cet exercice abordable malgré la dimension.

ℹ️ On n'a PAS besoin de P−1P^{-1} ici — l'énoncé ne demande que PP et DD. Inverser une 3×33\times 3 serait long et inutile ; le contrôle se fera par AP=PDAP=PD, qui évite l'inverse.

1) Les valeurs propres
A−λI=(2−λ0013−λ0011−λ)A-\lambda I=\begin{pmatrix}2-\lambda&0&0\\1&3-\lambda&0\\0&1&1-\lambda\end{pmatrix}

Cette matrice reste triangulaire inférieure, donc son déterminant est le produit de sa diagonale :

χA(λ)=(2−λ)(3−λ)(1−λ)\chi_A(\lambda)=(2-\lambda)(3-\lambda)(1-\lambda)
λ1=1,λ2=2,λ3=3\boxed{\lambda_1=1, \quad \lambda_2=2, \quad \lambda_3=3}

Contrôles :

tr⁡A=2+3+1=61+2+3=6✓\operatorname{tr}A=2+3+1=6 \qquad 1+2+3=6 \quad\checkmark
det⁡A=2×3×1=61×2×3=6✓\det A=2\times 3\times 1=6 \qquad 1\times 2\times 3=6 \quad\checkmark

Trois valeurs distinctes en dimension 33 ⟹\Longrightarrow AA est diagonalisable, et aucune dimension de sous-espace propre n'est à vérifier.

2) Les vecteurs propres et la matrice P

Pour λ=1\lambda=1 :

A−I=(100120010)⟹{x=0x+2y=0y=0A-I=\begin{pmatrix}1&0&0\\1&2&0\\0&1&0\end{pmatrix} \qquad\Longrightarrow\qquad \begin{cases}x=0\\ x+2y=0\\ y=0\end{cases}

La première donne x=0x=0, la troisième y=0y=0 ; la deuxième est alors automatiquement vérifiée. zz reste libre :

v1⃗=(001)\vec{v_1}=\begin{pmatrix}0\\0\\1\end{pmatrix}

Contrôle : Av1⃗=(001)A\vec{v_1}=\begin{pmatrix}0\\0\\1\end{pmatrix} (troisième colonne de AA) =1⋅v1⃗=1\cdot\vec{v_1} ✓

Pour λ=2\lambda=2 :

A−2I=(00011001−1)⟹{0=0x+y=0y−z=0A-2I=\begin{pmatrix}0&0&0\\1&1&0\\0&1&-1\end{pmatrix} \qquad\Longrightarrow\qquad \begin{cases}0=0\\ x+y=0\\ y-z=0\end{cases}

⚠️ La première ligne est nulle — c'est elle, la redondante. Restent deux équations : y=−xy=-x et z=yz=y.

On choisit x=−1x=-1, d'où y=1y=1 et z=1z=1 :

v2⃗=(−111)\vec{v_2}=\begin{pmatrix}-1\\1\\1\end{pmatrix}

Contrôle : Av2⃗=(2×(−1)−1+31+1)=(−222)=2v2⃗A\vec{v_2}=\begin{pmatrix}2\times(-1)\\ -1+3\\ 1+1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2\\2\\2\end{pmatrix}=2\vec{v_2} ✓

Pour λ=3\lambda=3 :

A−3I=(−10010001−2)⟹{−x=0x=0y−2z=0A-3I=\begin{pmatrix}-1&0&0\\1&0&0\\0&1&-2\end{pmatrix} \qquad\Longrightarrow\qquad \begin{cases}-x=0\\ x=0\\ y-2z=0\end{cases}

Les deux premières donnent x=0x=0 (redondantes entre elles), la troisième y=2zy=2z.

On choisit z=1z=1 :

v3⃗=(021)\vec{v_3}=\begin{pmatrix}0\\2\\1\end{pmatrix}

Contrôle : Av3⃗=(00+62+1)=(063)=3v3⃗A\vec{v_3}=\begin{pmatrix}0\\ 0+6\\ 2+1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\6\\3\end{pmatrix}=3\vec{v_3} ✓

La réponse :

P=(0−10012111)D=(100020003)\boxed{P=\begin{pmatrix}0&-1&0\\0&1&2\\1&1&1\end{pmatrix} \qquad D=\begin{pmatrix}1&0&0\\0&2&0\\0&0&3\end{pmatrix}}

Les contrôles finaux :

1) det⁡P≠0\det P\neq 0 — développons selon la première colonne, qui n'a qu'un terme non nul :

det⁡P=1×∣−1012∣=1×(−2−0)=−2≠0✓\det P=1\times\begin{vmatrix}-1&0\\1&2\end{vmatrix}=1\times(-2-0)=-2\neq 0 \quad\checkmark

ℹ️ Le signe : le coefficient 11 est en position (3;1)(3;1), de signe (−1)3+1=+1(-1)^{3+1}=+1.

2) AP=PDAP=PD — le contrôle qui évite d'inverser PP :

AP=(Av1⃗ ∣ Av2⃗ ∣ Av3⃗)=(0−20026123)AP=\big(A\vec{v_1}\ \big|\ A\vec{v_2}\ \big|\ A\vec{v_3}\big)=\begin{pmatrix}0&-2&0\\0&2&6\\1&2&3\end{pmatrix}
PD=(1⋅v1⃗ ∣ 2⋅v2⃗ ∣ 3⋅v3⃗)=(0−20026123)✓PD=\big(1\cdot\vec{v_1}\ \big|\ 2\cdot\vec{v_2}\ \big|\ 3\cdot\vec{v_3}\big)=\begin{pmatrix}0&-2&0\\0&2&6\\1&2&3\end{pmatrix} \quad\checkmark

⚠️ AP=PDAP=PD est équivalent à A=PDP−1A=PDP^{-1} dès que PP est inversible, et il n'exige aucun inverse. C'est le contrôle à privilégier en dimension 33.

Rappel de cours

Matrice triangulaire, en toute dimension

valeurs propres=coefficients diagonaux\text{valeurs propres} = \text{coefficients diagonaux}
Car A−λIA-\lambda I reste triangulaire, et det⁡(triangulaire)=\det(\text{triangulaire})= produit de la diagonale.

Le critère suffisant

n valeurs distinctes en dimension n ⟹ diagonalisablen \ \text{valeurs distinctes en dimension } n \ \Longrightarrow \ \text{diagonalisable}
Aucune dimension à vérifier.

Systèmes en dimension 3

dim⁡Eλ=3−rang⁡(A−λI)\dim E_\lambda=3-\operatorname{rang}(A-\lambda I)
Pour une valeur propre simple, le rang vaut 22 : une équation est redondante, il reste une droite.

Le contrôle sans inverse

AP=PD  ⟺  A=PDP−1(P inversible)AP=PD \iff A=PDP^{-1} \quad (P \ \text{inversible})
⚠️ En dimension 33, toujours préférer AP=PDAP=PD — inverser une 3×33\times 3 est long et inutile ici.

Colonne par colonne, cela dit exactement : Avj⃗=λjvj⃗A\vec{v_j}=\lambda_j\vec{v_j}.

Déterminant 3×33\times 3 par développement Choisir la ligne ou la colonne qui contient le plus de zéros. Signe du cofacteur : (−1)i+j(-1)^{i+j}.

Systèmes triangulaires Ils se résolvent en cascade, sans chercher de pivot.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Lire les valeurs propres sur la mauvaise diagonale. Ce sont 22, 33, 11 — la diagonale principale. Les coefficients 11 hors diagonale n'y sont pour rien.

⚠️ Croire qu'une matrice triangulaire inférieure ne compte pas. La propriété vaut pour les deux sens.

⚠️⚠️ Désynchroniser PP et DD. L'ordre choisi ici est 11, 22, 33 ; les colonnes de PP doivent suivre : v1⃗\vec{v_1} (pour λ=1\lambda=1) en premier.

Le contrôle : AP=PDAP=PD échoue immédiatement si l'ordre est faux.

⚠️ Oublier qu'une équation est redondante et conclure que le système n'a que la solution nulle. En dimension 33 avec une valeur propre simple, le rang vaut 22 : il reste une direction.

⚠️ Se tromper de signe dans le développement du déterminant. Le coefficient en position (3;1)(3;1) a le signe (−1)3+1=+(-1)^{3+1}=+.

⚠️ Calculer P−1P^{-1} alors que l'énoncé ne le demande pas. Long, inutile, et une source d'erreurs de plus. AP=PDAP=PD suffit.

⚠️ Vérifier seulement det⁡P≠0\det P\neq 0. Cela prouve que PP est inversible, pas que la diagonalisation est correcte. Il faut AP=PDAP=PD.

⚠️ Choisir des vecteurs à coordonnées fractionnaires. En prenant la variable libre égale à 11 (ou à un dénominateur commun), on obtient des entiers.

À retenir
TRIANGULAIRE (les deux sens) ⟹ valeurs propres=diagonale2, 3, 1\boxed{\text{TRIANGULAIRE (les deux sens)} \ \Longrightarrow \ \text{valeurs propres} = \text{diagonale}} \qquad 2, \ 3, \ 1

Trois valeurs distinctes en dimension 3 ⟹\Longrightarrow diagonalisable, sans vérifier aucune dimension.

P=(0−10012111)D=(100020003)P=\begin{pmatrix}0&-1&0\\0&1&2\\1&1&1\end{pmatrix} \qquad D=\begin{pmatrix}1&0&0\\0&2&0\\0&0&3\end{pmatrix}

⚠️ En dimension 3, une équation du système est REDONDANTE — le rang de A−λIA-\lambda I vaut 22 pour une valeur propre simple.

⚠️ Contrôler par AP=PDAP=PD, jamais par P−1P^{-1} : c'est équivalent, et cela évite d'inverser une 3×33\times 3. Colonne par colonne, c'est exactement Avj⃗=λjvj⃗A\vec{v_j}=\lambda_j\vec{v_j}.

Réponse. Valeurs propres 1,2,31,2,3 ; A=PDP−1A=PDP^{-1} avec P=(0−10012111)P=\begin{pmatrix}0&-1&0\\0&1&2\\1&1&1\end{pmatrix}, D=diag⁡(1,2,3)D=\operatorname{diag}(1,2,3). (Recoupement machine : PDP−1=APDP^{-1}=A ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Matrice symétrique 3×3 : racine évidente

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit A=(122212221)A=\begin{pmatrix}1&2&2\\2&1&2\\2&2&1\end{pmatrix}. 1) Vérifier que (111)\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix} est propre. 2) Déterminer toutes les valeurs propres et conclure sur la diagonalisabilité.

Indices (3)

Calcule A(111)A\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix} (somme des lignes).

Utilise la trace : tr⁡A=λ1+λ2+λ3\operatorname{tr}A=\lambda_1+\lambda_2+\lambda_3.

AA symétrique : théorème spectral.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une matrice symétrique 3×33\times 3, et l'exercice est construit pour éviter tout polynôme de degré 33 à résoudre à l'aveugle.

A=(122212221)A=\begin{pmatrix}1&2&2\\2&1&2\\2&2&1\end{pmatrix}

Deux propriétés se lisent avant tout calcul :

1) AA est SYMÉTRIQUE ⟹\Longrightarrow théorème spectral : valeurs propres réelles, diagonalisable quoi qu'il arrive, sous-espaces propres deux à deux orthogonaux.

2) Toutes les lignes ont la même somme 1+2+2=51+2+2=5 ⟹\Longrightarrow (11)1\binom{1}{1}{1} est vecteur propre pour λ=5\lambda=5 — c'est la question 1, et elle est immédiate.

lignes de somme s ⟹ (111) propre pour λ=s\boxed{\text{lignes de somme } s \ \Longrightarrow \ \begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix} \ \text{propre pour } \lambda=s}

Multiplier par (11)1\binom111 revient exactement à sommer chaque ligne.

Comment obtenir les autres SANS résoudre un degré 3. Une fois λ=5\lambda=5 connue, la trace donne le reste :

λ1+λ2+λ3=tr⁡A=3λ1λ2λ3=det⁡A\lambda_1+\lambda_2+\lambda_3=\operatorname{tr}A=3 \qquad \lambda_1\lambda_2\lambda_3=\det A

Deux relations, deux inconnues — c'est un système 2×22\times 2, largement plus abordable qu'un polynôme cubique.

⚠️ Et le théorème spectral garantit la diagonalisabilité même si une valeur propre est double — ce qui va être le cas. C'est là tout l'intérêt de la symétrie : elle dispense du calcul de dim⁡Eλ\dim E_\lambda que C4 et C5 imposent.

1) Vérifier le vecteur, et trouver λ = 5
A(111)=(1+2+22+1+22+2+1)=(555)=5(111)A\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1+2+2\\ 2+1+2\\ 2+2+1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5\\5\\5\end{pmatrix}=5\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}
(111) est vecteur propre, pour λ=5\boxed{\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix} \ \text{est vecteur propre, pour } \lambda=5}

ℹ️ Chaque coordonnée du résultat est la somme d'une ligne de AA — et les trois lignes ont la même somme 55. C'est le mécanisme, et il vaut en toute dimension.

2) Toutes les valeurs propres

Par la trace et le déterminant, sans polynôme cubique.

tr⁡A=1+1+1=3⟹5+λ2+λ3=3⟹λ2+λ3=−2\operatorname{tr}A=1+1+1=3 \qquad\Longrightarrow\qquad 5+\lambda_2+\lambda_3=3 \qquad\Longrightarrow\qquad \lambda_2+\lambda_3=-2

Le déterminant — développons selon la première ligne :

det⁡A=1∣1221∣−2∣2221∣+2∣2122∣\det A=1\begin{vmatrix}1&2\\2&1\end{vmatrix}-2\begin{vmatrix}2&2\\2&1\end{vmatrix}+2\begin{vmatrix}2&1\\2&2\end{vmatrix}
=1(1−4)−2(2−4)+2(4−2)=−3+4+4=5=1(1-4)-2(2-4)+2(4-2)=-3+4+4=5
5 λ2λ3=5⟹λ2λ3=15\,\lambda_2\lambda_3=5 \qquad\Longrightarrow\qquad \lambda_2\lambda_3=1

Le système :

{λ2+λ3=−2λ2λ3=1\begin{cases}\lambda_2+\lambda_3=-2\\ \lambda_2\lambda_3=1\end{cases}

Deux nombres de somme −2-2 et de produit 11 : ce sont les racines de X2+2X+1=(X+1)2X^2+2X+1=(X+1)^2, donc

λ2=λ3=−1\boxed{\lambda_2=\lambda_3=-1}
valeurs propres: 5 (simple)et−1 (DOUBLE)\boxed{\text{valeurs propres} : \ 5 \ \text{(simple)} \quad\text{et}\quad -1 \ \text{(DOUBLE)}}

Contrôle par le polynôme caractéristique, pour ceux qui veulent la certitude :

χA(λ)=(λ−5)(λ+1)2\chi_A(\lambda)=(\lambda-5)(\lambda+1)^2

En développant : λ3−3λ2−9λ−5\lambda^3-3\lambda^2-9\lambda-5… et la trace 33 ✓, le déterminant 55 ✓ (au signe de convention près).

La diagonalisabilité :

A est SYMEˊTRIQUE, donc DIAGONALISABLE — theˊoreˋme spectral\boxed{A \ \text{est SYMÉTRIQUE, donc DIAGONALISABLE — théorème spectral}}

Et c'est suffisant. Aucun calcul de dim⁡E−1\dim E_{-1} n'est nécessaire : le théorème le garantit.

Vérifions-le tout de même, pour voir ce que la symétrie a évité :

A+I=(222222222)A+I=\begin{pmatrix}2&2&2\\2&2&2\\2&2&2\end{pmatrix}

Les trois lignes sont identiques : rang⁡(A+I)=1\operatorname{rang}(A+I)=1, donc

dim⁡E−1=3−1=2=m−1✓\dim E_{-1}=3-1=2=m_{-1} \quad\checkmark

Le critère est bien satisfait — mais on n'avait pas besoin de le vérifier.

⚠️ C'est exactement là que le théorème spectral fait gagner. Sur une matrice non symétrique ayant le même polynôme caractéristique, ce calcul serait obligatoire — et pourrait donner dim⁡E−1=1\dim E_{-1}=1, donc non diagonalisable (c'est le cas de D4).

Les vecteurs propres pour λ=−1\lambda=-1, en prime : (A+I)v⃗=0⃗(A+I)\vec v=\vec 0 se réduit à x+y+z=0x+y+z=0, un plan. Deux vecteurs indépendants :

(−110)(−101)\begin{pmatrix}-1\\1\\0\end{pmatrix} \qquad \begin{pmatrix}-1\\0\\1\end{pmatrix}

Contrôle d'orthogonalité avec (11)1\binom111, garantie par la symétrie :

(111)⋅(−110)=−1+1+0=0✓\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}\cdot\begin{pmatrix}-1\\1\\0\end{pmatrix}=-1+1+0=0 \quad\checkmark

⚠️ Les deux vecteurs du plan ne sont PAS orthogonaux entre eux (1+0+0=1≠01+0+0=1\neq 0) — et ce n'est pas une contradiction. Le théorème spectral garantit l'orthogonalité entre sous-espaces propres distincts ; à l'intérieur d'un même sous-espace, on peut toujours orthogonaliser (Gram-Schmidt), mais ce n'est pas automatique.

Rappel de cours

Lignes de même somme

toutes les lignes de somme s⟹(1⋮1) propre pour λ=s\text{toutes les lignes de somme } s \quad\Longrightarrow\quad \begin{pmatrix}1\\ \vdots\\ 1\end{pmatrix} \ \text{propre pour } \lambda=s
Multiplier par ce vecteur somme chaque ligne. Vrai en toute dimension.

Trouver les autres sans polynôme cubique

∑λi=tr⁡A∏λi=det⁡A\sum\lambda_i=\operatorname{tr}A \qquad \prod\lambda_i=\det A
Une valeur propre connue ⟹\Longrightarrow système 2×22\times 2 sur les deux autres.

Théorème spectral

A=AT⟹DIAGONALISABLE, quoi qu’il arriveA=A^{\mathsf T} \quad\Longrightarrow\quad \text{DIAGONALISABLE, quoi qu'il arrive}
⚠️ Même avec une valeur propre multiple. C'est ce qui dispense de calculer dim⁡Eλ\dim E_\lambda.

Orthogonalité — la portée exacte Le théorème garantit l'orthogonalité entre sous-espaces propres DISTINCTS. ⚠️ À l'intérieur d'un même sous-espace de dimension ≥2\geq 2, les vecteurs choisis ne sont pas orthogonaux automatiquement — on peut les orthogonaliser (Gram-Schmidt).

Déterminant 3×33\times 3 Développement selon une ligne : det⁡=a11C11−a12C12+a13C13\det=a_{11}C_{11}-a_{12}C_{12}+a_{13}C_{13}, avec alternance des signes.

Le contraste avec le non-symétrique Même χA\chi_A, matrice non symétrique ⟹\Longrightarrow il FAUT calculer dim⁡Eλ\dim E_\lambda, et le résultat peut être négatif (voir D4, sur un autre χA\chi_A).

L'erreur classique

⚠️⚠️ Se lancer dans le polynôme caractéristique de degré 3. L'énoncé donne un vecteur propre exprès : la trace et le déterminant suffisent ensuite.

⚠️⚠️ Calculer dim⁡E−1\dim E_{-1} pour conclure à la diagonalisabilité. C'est du travail inutile : la symétrie la garantit. La justification attendue est le théorème spectral.

⚠️ Se tromper dans le déterminant 3×33\times 3 — l'alternance des signes est +,−,++,-,+. Ici : −3−2(−2)+2(2)=−3+4+4=5-3-2(-2)+2(2)=-3+4+4=5.

Le contrôle : det⁡A\det A doit valoir ∏λi=5×(−1)×(−1)=5\prod\lambda_i=5\times(-1)\times(-1)=5 ✓

⚠️ Oublier que −1-1 est DOUBLE. Le système donne λ2=λ3=−1\lambda_2=\lambda_3=-1 : c'est une valeur propre de multiplicité 22, pas deux valeurs distinctes.

Le contrôle : la somme 5−1−1=3=tr⁡A5-1-1=3=\operatorname{tr}A ✓ — trois termes, pas deux.

⚠️ Croire que le théorème spectral rend TOUS les vecteurs propres orthogonaux. Il ne le garantit qu'entre sous-espaces distincts. Les deux vecteurs de E−1E_{-1} ne le sont pas ici, et c'est normal.

⚠️ Conclure « non diagonalisable » à cause de la valeur propre double. C'est précisément ce que la symétrie interdit.

⚠️ Vérifier la symétrie sur la diagonale. A=ATA=A^{\mathsf T} porte sur les coefficients hors diagonale : ici tous valent 22 ✓

⚠️ Ne pas justifier la diagonalisabilité. L'énoncé demande de la « justifier » : citer le théorème spectral, et dire que AA est symétrique.

À retenir
A(111)=(555)=5(111)— les lignes ont toutes pour somme 5A\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5\\5\\5\end{pmatrix}=5\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix} \qquad\text{— les lignes ont toutes pour somme } 5

Les autres, sans polynôme cubique : tr⁡A=3\operatorname{tr}A=3 et det⁡A=5\det A=5 donnent λ2+λ3=−2\lambda_2+\lambda_3=-2, λ2λ3=1\lambda_2\lambda_3=1, donc

λ=5 (simple),λ=−1 (DOUBLE)\boxed{\lambda=5 \ \text{(simple)}, \quad \lambda=-1 \ \text{(DOUBLE)}}
A SYMEˊTRIQUE ⟹ DIAGONALISABLE — theˊoreˋme spectral\boxed{A \ \text{SYMÉTRIQUE} \ \Longrightarrow \ \text{DIAGONALISABLE — théorème spectral}}

⚠️ C'est suffisant : aucun dim⁡E−1\dim E_{-1} à calculer, même avec une valeur propre double. Sur une matrice non symétrique de même χA\chi_A, ce calcul serait obligatoire (comme en D4, sur un autre χA\chi_A).

⚠️ L'orthogonalité vaut entre sous-espaces DISTINCTS — pas à l'intérieur d'un même sous-espace de dimension 22.

Réponse. Valeurs propres 55 et −1-1 (double) ; diagonalisable (symétrique). (Recoupement : tr⁡A=3=5−1−1\operatorname{tr}A=3=5-1-1 ✓ ; machine ✓)
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Puissance & comportement asymptotique

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit A=(2112)A=\begin{pmatrix}2&1\\1&2\end{pmatrix}. 1) Diagonaliser AA. 2) Donner AnA^n. 3) Vers quoi tend 13nAn\dfrac{1}{3^n}A^n quand n→+∞n\to+\infty ?

Indices (3)

AA symétrique, valeurs propres 11 et 33.

An=PDnP−1A^n=PD^nP^{-1}.

Dans 13nAn\frac{1}{3^n}A^n, (13)n→0\big(\frac13\big)^n\to0 : ne reste que le terme dominant.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'exercice qui va au bout de la puissance : après AnA^n, on regarde ce qu'elle devient quand n→+∞n\to+\infty.

A=(2112)A=\begin{pmatrix}2&1\\1&2\end{pmatrix}

La matrice est symétrique, et ses lignes ont même somme 33 — donc (11)\binom11 est propre pour λ=3\lambda=3, et le vecteur orthogonal (1−1)\binom{1}{-1} le sera pour l'autre valeur.

Le point nouveau est la question 3 :

lim⁡n→+∞An3n=?\lim_{n\to+\infty}\frac{A^n}{3^n}=?

Diviser par 3n3^n, c'est-à-dire par λmax⁡n\lambda_{\max}^n, neutralise la croissance — il reste alors la structure.

Anλmax⁡n ⟶ la PROJECTION sur la direction propre dominante\boxed{\frac{A^n}{\lambda_{\max}^n}\ \longrightarrow\ \text{la PROJECTION sur la direction propre dominante}}

Pourquoi. En écrivant An=PDnP−1A^n=PD^nP^{-1} et en divisant :

Dn3n=(100(13)n) ⟶ (1000)\frac{D^n}{3^n}=\begin{pmatrix}1&0\\0&\left(\tfrac13\right)^n\end{pmatrix}\ \longrightarrow\ \begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}

La valeur propre dominante devient 11, l'autre s'écrase à 00 — car ∣λ2λ1∣<1\left|\tfrac{\lambda_2}{\lambda_1}\right|<1.

Ce que ça dit concrètement : à long terme, AnA^n « oublie » la seconde direction propre. Toute information portée par (1−1)\binom{1}{-1} disparaît, et il ne reste que (11)\binom11.

ℹ️ C'est le mécanisme derrière les chaînes de Markov (convergence vers l'état stationnaire), la méthode de la puissance en calcul numérique, et le comportement asymptotique de toute suite récurrente linéaire.

1) Diagonaliser
tr⁡A=4det⁡A=4−1=3χA(λ)=λ2−4λ+3=(λ−3)(λ−1)\operatorname{tr}A=4 \qquad \det A=4-1=3 \qquad \chi_A(\lambda)=\lambda^2-4\lambda+3=(\lambda-3)(\lambda-1)
λ1=3λ2=1\boxed{\lambda_1=3 \qquad \lambda_2=1}

Les vecteurs propres. Pour λ=3\lambda=3 :

A−3I=(−111−1)⟹y=x⟹v1⃗=(11)A-3I=\begin{pmatrix}-1&1\\1&-1\end{pmatrix} \quad\Longrightarrow\quad y=x \quad\Longrightarrow\quad \vec{v_1}=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}

Pour λ=1\lambda=1 :

A−I=(1111)⟹y=−x⟹v2⃗=(1−1)A-I=\begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix} \quad\Longrightarrow\quad y=-x \quad\Longrightarrow\quad \vec{v_2}=\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix}

Contrôles : A(11)=(33)=3(11)A\binom11=\binom33=3\binom11 ✓ et A(1−1)=(1−1)A\binom{1}{-1}=\binom{1}{-1} ✓ Et l'orthogonalité : 1−1=01-1=0 ✓, comme le garantit la symétrie.

P=(111−1)D=(3001)det⁡P=−2P=\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix} \qquad D=\begin{pmatrix}3&0\\0&1\end{pmatrix} \qquad \det P=-2
P−1=1−2(−1−1−11)=12(111−1)P^{-1}=\frac{1}{-2}\begin{pmatrix}-1&-1\\-1&1\end{pmatrix}=\frac12\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}

ℹ️ P−1=12PP^{-1}=\tfrac12 P — signature de l'orthogonalité des colonnes, comme en B3.

2 et 3) La puissance, et sa limite
An=PDnP−1=(111−1)(3n001)⋅12(111−1)A^n=PD^nP^{-1}=\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}3^n&0\\0&1\end{pmatrix}\cdot\frac12\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}
PDn=(3n13n−1)PD^n=\begin{pmatrix}3^n&1\\3^n&-1\end{pmatrix}
An=12(3n13n−1)(111−1)=12(3n+13n−13n−13n+1)A^n=\frac12\begin{pmatrix}3^n&1\\3^n&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}=\frac12\begin{pmatrix}3^n+1&3^n-1\\ 3^n-1&3^n+1\end{pmatrix}
An=12(3n+13n−13n−13n+1)\boxed{A^n=\frac12\begin{pmatrix}3^n+1&3^n-1\\ 3^n-1&3^n+1\end{pmatrix}}

Contrôles :

n=1 : 12(4224)=(2112)=A✓n=1 \ : \ \frac12\begin{pmatrix}4&2\\2&4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2&1\\1&2\end{pmatrix}=A \quad\checkmark
n=2 : 12(108810)=(5445)etA2=(4+12+22+21+4)=(5445)✓n=2 \ : \ \frac12\begin{pmatrix}10&8\\8&10\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5&4\\4&5\end{pmatrix} \qquad\text{et}\qquad A^2=\begin{pmatrix}4+1&2+2\\2+2&1+4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5&4\\4&5\end{pmatrix} \quad\checkmark

⚠️ AnA^n reste SYMÉTRIQUE pour tout nn — c'est attendu, une puissance de matrice symétrique l'est aussi. Un AnA^n non symétrique signalerait une erreur.

La limite. On divise chaque coefficient par 3n3^n :

An3n=12(1+(13)n1−(13)n1−(13)n1+(13)n)\frac{A^n}{3^n}=\frac12\begin{pmatrix}1+\left(\tfrac13\right)^n&1-\left(\tfrac13\right)^n\\[4pt] 1-\left(\tfrac13\right)^n&1+\left(\tfrac13\right)^n\end{pmatrix}

ℹ️ 3n+13n=1+13n=1+(13)n\dfrac{3^n+1}{3^n}=1+\dfrac{1}{3^n}=1+\left(\tfrac13\right)^n — on sépare le quotient.

Comme ∣13∣<1\left|\tfrac13\right|<1, on a (13)n→0\left(\tfrac13\right)^n\to 0 :

lim⁡n→+∞An3n=12(1111)=(12121212)\boxed{\lim_{n\to+\infty}\frac{A^n}{3^n}=\frac12\begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}\tfrac12&\tfrac12\\[3pt] \tfrac12&\tfrac12\end{pmatrix}}

Les contrôles de la limite :

1) La matrice limite LL est de RANG 1 — ses deux lignes sont identiques. C'est attendu : elle projette sur une seule direction, celle de (11)\binom11.

2) Elle est IDEMPOTENTE (L2=LL^2=L), signature d'une projection :

L2=14(1111)(1111)=14(2222)=12(1111)=L✓L^2=\frac14\begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix}=\frac14\begin{pmatrix}2&2\\2&2\end{pmatrix}=\frac12\begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix}=L \quad\checkmark

3) Elle fixe la direction dominante et tue l'autre :

L(11)=(11)L(1−1)=(00)L\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} \qquad L\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}
L est la projection ORTHOGONALE sur la droite y=x\boxed{L \ \text{est la projection ORTHOGONALE sur la droite } y=x}

Numériquement, pour se convaincre :

nn An3n\dfrac{A^n}{3^n} (coefficient diagonal)
11 12(1+0,333)=0,667\tfrac12(1+0{,}333)=0{,}667
33 12(1+0,037)=0,519\tfrac12(1+0{,}037)=0{,}519
66 12(1+0,0014)=0,5007\tfrac12(1+0{,}0014)=0{,}5007

La convergence vers 0,50{,}5 est géométrique, de raison 13=λ2λ1\tfrac13=\dfrac{\lambda_2}{\lambda_1} — c'est le rapport des deux valeurs propres qui fixe la vitesse.

Rappel de cours

Puissance et limite (si ∣λ2∣<∣λ1∣\lvert\lambda_2\rvert<\lvert\lambda_1\rvert)

An=PDnP−1Anλmax⁡n=P(100(λ2λ1)n)P−1 ⟶ P(1000)P−1A^n=PD^nP^{-1} \qquad \frac{A^n}{\lambda_{\max}^n}=P\begin{pmatrix}1&0\\0&\left(\tfrac{\lambda_2}{\lambda_1}\right)^n\end{pmatrix}P^{-1}\ \longrightarrow\ P\begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}P^{-1}

La limite est une PROJECTION

L=lim⁡Anλmax⁡nL2=L,rang⁡L=1L=\lim\frac{A^n}{\lambda_{\max}^n} \qquad L^2=L, \qquad \operatorname{rang}L=1
Elle fixe la direction propre dominante et annule les autres.

Vitesse de convergence

∣λ2λ1∣n— geˊomeˊtrique, de raison le RAPPORT des valeurs propres\left|\frac{\lambda_2}{\lambda_1}\right|^n \qquad\text{— géométrique, de raison le RAPPORT des valeurs propres}
Plus le rapport ∣λ2/λ1∣\left|\lambda_2/\lambda_1\right| est petit, plus la convergence est rapide.

Séparer un quotient

3n+13n=1+13n=1+(13)n ⟶ 1\frac{3^n+1}{3^n}=1+\frac{1}{3^n}=1+\left(\frac13\right)^n \ \longrightarrow\ 1

Limite d'une suite géométrique

∣q∣<1 ⟹ qn→0∣q∣>1 ⟹ ∣qn∣→+∞|q|<1 \ \Longrightarrow\ q^n\to 0 \qquad |q|>1 \ \Longrightarrow\ |q^n|\to+\infty

Contrôles

  • AnA^n symétrique si AA l'est ;
  • la limite est idempotente et de rang 1 ;
  • elle fixe v1⃗\vec{v_1} et annule v2⃗\vec{v_2}.

Où ça sert Chaînes de Markov (état stationnaire), méthode de la puissance, comportement asymptotique des suites récurrentes linéaires.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Écrire 3n+13n=3n+1−3n\dfrac{3^n+1}{3^n}=3^n+1-3^n ou toute autre simplification fautive. C'est 1+13n1+\dfrac{1}{3^n} — on divise chaque terme.

⚠️⚠️ Croire que la limite est la matrice nulle. Le terme dominant 3n3n=1\dfrac{3^n}{3^n}=1 ne disparaît pas — c'est précisément ce qui reste.

Le contrôle : la limite doit être idempotente et de rang 11. La matrice nulle est idempotente mais de rang 00 ✗

⚠️ Croire que la limite est l'identité. Elle est de rang 1 : ses lignes sont identiques, ce que l'identité n'est pas.

⚠️ Diviser par λ2n=1\lambda_2^n=1 au lieu de λmax⁡n=3n\lambda_{\max}^n=3^n. C'est la plus grande valeur propre qui normalise ; diviser par 11 ne change rien et AnA^n diverge.

⚠️ Oublier le facteur 12\tfrac12. La limite est 12(1111)\tfrac12\begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix}, dont les coefficients valent 0,50{,}5 — pas 11.

Le contrôle : L2=LL^2=L n'est vrai qu'avec le 12\tfrac12. Sans lui, (1111)2=(2222)≠L\begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix}^2=\begin{pmatrix}2&2\\2&2\end{pmatrix}\neq L ✗

⚠️ Se tromper de signe dans P−1P^{-1} : det⁡P=−2\det P=-2, donc le facteur −12-\tfrac12 change tous les signes de la comatrice.

⚠️ Ne contrôler AnA^n qu'en n=1n=1. Deux points, toujours.

⚠️ Oublier de vérifier que AnA^n est symétrique. C'est un contrôle gratuit, et une puissance non symétrique d'une matrice symétrique est nécessairement fausse.

À retenir
An=12(3n+13n−13n−13n+1)An3n ⟶ (12121212)\boxed{A^n=\frac12\begin{pmatrix}3^n+1&3^n-1\\ 3^n-1&3^n+1\end{pmatrix}} \qquad \boxed{\frac{A^n}{3^n}\ \longrightarrow\ \begin{pmatrix}\tfrac12&\tfrac12\\[3pt]\tfrac12&\tfrac12\end{pmatrix}}

Diviser par λmax⁡n\lambda_{\max}^n neutralise la croissance : il reste la PROJECTION sur la direction propre dominante.

⚠️ La limite n'est ni nulle ni l'identité : elle est idempotente (L2=LL^2=L) et de rang 1 — deux contrôles gratuits.

⚠️ 3n+13n=1+(13)n\dfrac{3^n+1}{3^n}=1+\left(\tfrac13\right)^n — on divise chaque terme.

La vitesse de convergence est ∣λ2λ1∣n=(13)n\left|\dfrac{\lambda_2}{\lambda_1}\right|^n=\left(\tfrac13\right)^n — le rapport des valeurs propres.

AnA^n reste symétrique si AA l'est : contrôle gratuit.

Réponse. An=12(3n+13n−13n−13n+1)A^n=\dfrac12\begin{pmatrix}3^n+1&3^n-1\\3^n-1&3^n+1\end{pmatrix} ; 13nAn→12(1111)\dfrac{1}{3^n}A^n\to\dfrac12\begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix}. (Recoupement : n=1n=1 redonne AA ✓ ; machine)
Faire cet exercice dans l'app →

S'entraîner davantage sur diagonalisation

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