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Exercices corrigés — Matrices & systèmes linéaires

Algèbre linéaire · 18 exercices-types du palier socle

BUTBTSL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Matrices & systèmes linéaires Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Produit & non-commutativité

CalculDifficulté 3/5

Soit A=(1−11−1)A=\begin{pmatrix}1&-1\\1&-1\end{pmatrix} et B=(0101)B=\begin{pmatrix}0&1\\0&1\end{pmatrix}. Calculer ABAB et BABA. Que conclure ?

Indices (3)

Coefficient (i,j)(i,j) de ABAB = ligne ii de AA × colonne jj de BB.

Calcule les deux produits séparément.

Compare : sont-ils égaux ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La question « que conclure ? » est la vraie question : ce calcul existe pour montrer que le produit matriciel ne se comporte pas comme celui des nombres.

Deux surprises attendent ici, et il faut les nommer toutes les deux : AB≠BAAB\neq BA, et surtout AB=0AB=0 alors qu'aucune des deux matrices n'est nulle.

Comment on multiplie deux matrices, concrètement

C'est la seule mécanique du chapitre qu'il faut vraiment installer, parce que tout en découle.

Le coefficient en position (i,j)(i,j) du produit se fabrique avec la ligne ii de la première matrice et la colonne jj de la seconde. On les fait glisser l'une contre l'autre, on multiplie les termes qui se correspondent, et on additionne :

(a1,  a2)⏟ligne i de A contre (b1b2)⏟colonne j de B ⟶ a1b1+a2b2\underbrace{(a_1,\;a_2)}_{\text{ligne }i\text{ de }A}\ \text{contre}\ \underbrace{\begin{pmatrix}b_1\\b_2\end{pmatrix}}_{\text{colonne }j\text{ de }B}\ \longrightarrow\ a_1b_1+a_2b_2

👉 Le geste : pose ton doigt gauche sur la ligne, ton doigt droit sur la colonne, et avance-les ensemble.

⚠️ C'est ce mécanisme asymétrique qui explique tout le reste. Dans ABAB, c'est AA qu'on lit en lignes ; dans BABA, c'est BB. Il n'y a donc aucune raison que les deux donnent la même chose — la surprise serait plutôt qu'ils coïncident.

⚠️ Et le produit n'existe que si les tailles s'emboîtent : le nombre de colonnes de la première doit égaler le nombre de lignes de la seconde. Ici tout est 2×22\times2, donc pas de problème.

Rappel de cours

Produit matriciel Le coefficient en position (i,j)(i,j) de ABAB est le produit de la ligne ii de AA par la colonne jj de BB :

(AB)ij=∑kaikbkj(AB)_{ij}=\sum_k a_{ik}b_{kj}
Ligne contre colonne — jamais coefficient contre coefficient.

Calcul de AB

Ligne 11 de AA : (1,−1)(1,-1).

  • contre la colonne 11 de BB, qui est (00)\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix} : 1×0+(−1)×0=01\times0+(-1)\times0=0
  • contre la colonne 22 de BB, qui est (11)\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} : 1×1+(−1)×1=1−1=01\times1+(-1)\times1=1-1=0

Ligne 22 de AA : c'est (1,−1)(1,-1) également — la même. Elle donne donc les mêmes résultats.

AB=(0000)AB=\begin{pmatrix}0&0\\0&0\end{pmatrix}
Calcul de BA

Ligne 11 de BB : (0,1)(0,1).

  • contre la colonne 11 de AA, (11)\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} : 0×1+1×1=10\times1+1\times1=1
  • contre la colonne 22 de AA, (−1−1)\begin{pmatrix}-1\\-1\end{pmatrix} : 0×(−1)+1×(−1)=−10\times(-1)+1\times(-1)=-1

Ligne 22 de BB : (0,1)(0,1) également, donc mêmes résultats.

BA=(1−11−1)BA=\begin{pmatrix}1&-1\\1&-1\end{pmatrix}

(On reconnaît AA elle-même — coïncidence de cet exemple, sans signification particulière.)

Conclure — deux faits, pas un

1. AB≠BAAB\neq BA : le produit matriciel n'est pas commutatif.

Ici c'est spectaculaire — l'un est la matrice nulle, l'autre non. Mais même sur deux matrices quelconques, l'égalité est l'exception.

2. AB=0AB=0 avec A≠0A\neq0 et B≠0B\neq0 : il existe des « diviseurs de zéro ».

C'est la différence la plus lourde de conséquences avec les nombres réels. Sur R\mathbb{R}, ab=0ab=0 force a=0a=0 ou b=0b=0 — c'est ce qui permet de résoudre (x−1)(x+2)=0(x-1)(x+2)=0. Sur les matrices, ce raisonnement est faux.

AB=(0000)BA=(1−11−1)AB≠BA\boxed{AB=\begin{pmatrix}0&0\\0&0\end{pmatrix}\qquad BA=\begin{pmatrix}1&-1\\1&-1\end{pmatrix}\qquad AB\neq BA}
Les trois règles des réels qui tombent
sur R\mathbb{R} sur les matrices
ab=baab=ba ❌ faux en général
ab=0⇒a=0ab=0\Rightarrow a=0 ou b=0b=0 ❌ faux — cet exercice
ab=acab=ac et a≠0a\neq0 ⇒b=c\Rightarrow b=c ❌ faux

La troisième découle de la deuxième : AB=ACAB=AC donne A(B−C)=0A(B-C)=0, mais on ne peut pas en conclure B=CB=C — il faudrait que AA soit inversible, ce qui est bien plus fort que « non nulle ».

👉 On ne simplifie donc JAMAIS une égalité matricielle, sauf si l'on a établi que le facteur est inversible. C'est l'erreur qui coûtera le plus de points dans les chapitres suivants.

L'erreur classique

⚠️ Multiplier coefficient par coefficient, comme pour l'addition. Ça donnerait (0−10−1)\begin{pmatrix}0&-1\\0&-1\end{pmatrix}, et ce n'est pas le produit matriciel. La confusion vient de l'addition, qui elle se fait bien terme à terme (exercice A2).

⚠️ Déduire de AB=0AB=0 que A=0A=0 ou B=0B=0. Cet exercice est précisément le contre-exemple.

⚠️ Croire que AB=0AB=0 et BA=0BA=0 vont ensemble. Ici AB=0AB=0 mais BA≠0BA\neq0 : les deux produits n'ont aucune raison de partager cette propriété.

⚠️ Écrire « AA et BB commutent » parce que les deux sont 2×22\times2. La taille garantit que les deux produits existent, pas qu'ils soient égaux.

À retenir

Trois règles des réels tombent d'un coup : le produit n'est pas commutatif, un produit nul n'impose pas un facteur nul, et on ne simplifie pas.

Retiens ce contre-exemple : il tient en deux matrices de quatre coefficients, et il resservira chaque fois qu'un raisonnement matriciel te semblera « évident » parce qu'il l'est sur les nombres.

Réponse. AB=0AB=0, BA=(1−11−1)BA=\begin{pmatrix}1&-1\\1&-1\end{pmatrix} ; non commutatif. (Recoupement machine ✓)
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Combinaison linéaire

CalculDifficulté 3/5

Soit A=(2103)A=\begin{pmatrix}2&1\\0&3\end{pmatrix}, B=(1−142)B=\begin{pmatrix}1&-1\\4&2\end{pmatrix}. Calculer 2A−3B2A-3B.

Indices (3)

Opérations terme à terme.

Multiplie chaque matrice par son scalaire d'abord.

Soustrais coefficient par coefficient.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Contrairement au produit, l'addition et la multiplication par un scalaire se font terme à terme. C'est la seule opération matricielle qui se comporte comme on l'attend.

Le calcul est donc mécanique ; le seul risque est un signe.

Deux mécaniques à ne jamais confondre

C'est l'erreur de fond du chapitre, et elle vient de ce que les deux opérations s'écrivent de la même façon.

opération comment condition sur les tailles
A+BA+B, αA\alpha A terme à terme tailles identiques
ABAB ligne contre colonne colonnes de AA = lignes de BB

👉 Le repère : une somme ne mélange rien — le coefficient (1,2)(1,2) du résultat ne dépend que des coefficients (1,2)(1,2) des deux matrices. Un produit, lui, mélange toute une ligne avec toute une colonne.

C'est pour ça que la somme est commutative (A+B=B+AA+B=B+A) alors que le produit ne l'est pas : additionner terme à terme ne privilégie aucun des deux opérandes.

Rappel de cours

Opérations terme à terme

(αA+βB)ij=α aij+β bij(\alpha A+\beta B)_{ij}=\alpha\,a_{ij}+\beta\,b_{ij}
Les deux matrices doivent avoir la même taille.

Calculer 2A

On multiplie chaque coefficient par 22 :

2A=2(2103)=(4206)2A=2\begin{pmatrix}2&1\\0&3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4&2\\0&6\end{pmatrix}

⚠️ Le 00 reste 00 : 2×0=02\times0=0. Ne l'oublie pas dans le tableau.

Calculer 3B
3B=3(1−142)=(3−3126)3B=3\begin{pmatrix}1&-1\\4&2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3&-3\\12&6\end{pmatrix}

Le coefficient −1-1 devient −3-3 : le scalaire multiplie le signe compris.

Soustraire
2A−3B=(4206)−(3−3126)2A-3B=\begin{pmatrix}4&2\\0&6\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}3&-3\\12&6\end{pmatrix}

Coefficient par coefficient :

position calcul résultat
(1,1)(1,1) 4−34-3 11
(1,2)(1,2) 2−(−3)=2+32-(-3)=2+3 5\mathbf{5}
(2,1)(2,1) 0−120-12 −12-12
(2,2)(2,2) 6−66-6 00
2A−3B=(15−120)\boxed{2A-3B=\begin{pmatrix}1&5\\-12&0\end{pmatrix}}
L'erreur classique

⚠️ Se tromper de signe sur le coefficient (1,2)(1,2) : 2×1−3×(−1)=2+3=52\times1-3\times(-1)=2+3=5, pas 2−3=−12-3=-1. Le −3-3 multiplie un coefficient déjà négatif, donc le résultat s'ajoute.

C'est de loin l'erreur la plus fréquente ici, et elle est invisible dans un tableau de quatre nombres.

Le contrôle : vérifie un seul coefficient en refaisant le calcul isolément, de préférence celui qui porte des signes. Ici (1,2)(1,2) : 2×1−3×(−1)=2+3=52\times 1-3\times(-1)=2+3=5 ✓. C'est plus rapide que de tout refaire, et ça attrape l'essentiel des erreurs.

⚠️ Multiplier ligne contre colonne par confusion avec le produit.

⚠️ Écrire 2A−3B=−(3B−2A)2A-3B=-(3B-2A) et se tromper en distribuant le moins. Ce n'est pas faux, c'est juste une occasion supplémentaire de perdre un signe : mieux vaut soustraire directement.

À retenir

Somme et scalaire : terme à terme, tailles identiques. Produit : ligne contre colonne, tailles compatibles.

Confondre les deux mécaniques est l'erreur de fond du chapitre. Et sur une soustraction, le coefficient qui porte deux signes est celui à recontrôler — c'est là que ça casse.

Réponse. (15−120)\begin{pmatrix}1&5\\-12&0\end{pmatrix}. (Recoupement : (1,2)=2⋅1−3⋅(−1)=5(1,2)=2\cdot1-3\cdot(-1)=5 ✓)
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Produit 3×3

CalculDifficulté 3/5

Calculer ABAB pour A=(102011110)A=\begin{pmatrix}1&0&2\\0&1&1\\1&1&0\end{pmatrix}, B=(110011101)B=\begin{pmatrix}1&1&0\\0&1&1\\1&0&1\end{pmatrix}.

Indices (3)

Chaque coefficient (i,j)(i,j) = ligne ii de AA × colonne jj de BB.

Procède ligne par ligne.

Vérifie au moins un coefficient par un second calcul.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Même mécanique qu'en 2×22\times2, mais neuf coefficients à produire : le risque n'est plus la méthode, c'est l'endurance et l'organisation.

On procède donc ligne par ligne — une ligne de AA contre les trois colonnes de BB — et on ne passe à la suivante qu'une fois la première finie.

Rappel de cours

Produit et compatibilité des tailles (AB)ij(AB)_{ij} = ligne ii de AA contre colonne jj de BB. Le produit An×p Bp×mA_{n\times p}\,B_{p\times m} n'existe que si le nombre de colonnes de AA égale le nombre de lignes de BB, et le résultat est n×mn\times m.

👉 Moyen de vérifier avant de calculer : écris les tailles côte à côte, (3×3)(3×3)(3\times 3)(3\times 3). Les deux nombres du milieu doivent coïncider ; les deux extérieurs donnent la taille du résultat.

Ligne 1

Ligne 11 de AA : (1, 0, 2)(1,\,0,\,2). On la fait glisser contre chaque colonne de BB.

colonne de BB calcul résultat
(1,0,1)(1,0,1) 1⋅1+0⋅0+2⋅11\cdot1+0\cdot0+2\cdot1 33
(1,1,0)(1,1,0) 1⋅1+0⋅1+2⋅01\cdot1+0\cdot1+2\cdot0 11
(0,1,1)(0,1,1) 1⋅0+0⋅1+2⋅11\cdot0+0\cdot1+2\cdot1 22

Première ligne du produit : (3, 1, 2)(3,\,1,\,2).

⚠️ Les colonnes de BB se lisent verticalement : la première est (101)\begin{pmatrix}1\\0\\1\end{pmatrix}, pas la première ligne (1,1,0)(1,1,0).

Lignes 2 et 3

Ligne 22 de AA : (0, 1, 1)(0,\,1,\,1).

  • 0⋅1+1⋅0+1⋅1=10\cdot1+1\cdot0+1\cdot1=1
  • 0⋅1+1⋅1+1⋅0=10\cdot1+1\cdot1+1\cdot0=1
  • 0⋅0+1⋅1+1⋅1=20\cdot0+1\cdot1+1\cdot1=2

→ (1, 1, 2)(1,\,1,\,2)

Ligne 33 de AA : (1, 1, 0)(1,\,1,\,0).

  • 1⋅1+1⋅0+0⋅1=11\cdot1+1\cdot0+0\cdot1=1
  • 1⋅1+1⋅1+0⋅0=21\cdot1+1\cdot1+0\cdot0=2
  • 1⋅0+1⋅1+0⋅1=11\cdot0+1\cdot1+0\cdot1=1

→ (1, 2, 1)(1,\,2,\,1)

Assembler
AB=(312112121)\boxed{AB=\begin{pmatrix}3&1&2\\1&1&2\\1&2&1\end{pmatrix}}
Contrôle

Recalcule un seul coefficient, de préférence loin du début — c'est là que les décalages s'accumulent.

Prenons (3,2)(3,2) : ligne 33 de AA, soit (1,1,0)(1,1,0), contre colonne 22 de BB, soit (110)\begin{pmatrix}1\\1\\0\end{pmatrix} :

1×1+1×1+0×0=21\times1+1\times1+0\times0=2

C'est bien le coefficient trouvé ✓.

Contrôle de taille : (3×3)(3×3)(3\times3)(3\times3) donne 3×33\times3 ✓ — neuf coefficients, et on en a bien neuf.

Contrôle par une somme : la somme de tous les coefficients de ABAB vaut 3+1+2+1+1+2+1+2+1=143+1+2+1+1+2+1+2+1=14. Or elle doit aussi valoir la somme, pour chaque ligne de AA, du produit de ses coefficients par les sommes des lignes de BB — ici toutes les lignes de BB somment à 22, et les lignes de AA somment à 33, 22, 22, donc 2×(3+2+2)=142\times(3+2+2)=14 ✓. Un contrôle global qui ne recalcule aucun coefficient.

L'erreur classique

⚠️ Prendre une colonne de AA contre une ligne de BB — l'inversion des rôles. Le repère mnémotechnique : on lit AA horizontalement et BB verticalement, dans l'ordre où on les écrit.

⚠️ Se décaler d'un cran en cours de route sur une matrice 3×33\times3 : c'est l'erreur la plus fréquente, et elle ne se voit pas — le résultat reste une matrice plausible. D'où l'intérêt du contrôle global du pas 6.

⚠️ Oublier un terme dans une somme à trois produits, en particulier quand l'un des coefficients est 00 : 0⋅10\cdot1 compte comme terme, même s'il vaut 00.

⚠️ Croire que AB=BAAB=BA et ne calculer qu'un seul produit. Ici BA=(113121212)BA=\begin{pmatrix}1&1&3\\1&2&1\\2&1&2\end{pmatrix}, différent — comme au A1.

À retenir

Sur un produit 3×33\times3, l'organisation vaut la méthode : une ligne à la fois, terminée avant de passer à la suivante.

Et un coefficient recalculé au hasard suffit presque toujours à détecter un décalage — c'est neuf fois moins de travail qu'une vérification complète, pour l'essentiel du bénéfice.

Réponse. AB=(312112121)AB=\begin{pmatrix}3&1&2\\1&1&2\\1&2&1\end{pmatrix}. (Recoupement machine ✓)
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Système 2×2 par Gauss

ApplicationDifficulté 3/5

Résoudre par pivot : {2x+y=5x−3y=−1\begin{cases}2x+y=5\\x-3y=-1\end{cases}

Indices (3)

Élimine une inconnue en combinant les lignes.

Multiplie une ligne pour aligner les coefficients.

Une inconnue trouvée, remonte (substitution).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le pivot de Gauss consiste à éliminer une inconnue en combinant les lignes, pour se ramener à une équation à une seule inconnue — puis à remonter.

Sur un système 2×22\times2 c'est presque de la substitution, mais la méthode est celle qui s'étendra aux systèmes 3×33\times3 et au-delà, où la substitution devient impraticable. Apprends-la ici, où elle est facile.

Pourquoi on a le droit de combiner les lignes

Ce n'est pas une manipulation magique : chaque opération autorisée transforme le système en un système équivalent, c'est-à-dire qui a exactement les mêmes solutions.

Prends deux équations vraies simultanément. Si (x,y)(x,y) vérifie L1L_1 et L2L_2, alors il vérifie aussi L1−2L2L_1-2L_2 — puisqu'on ne fait qu'additionner deux égalités vraies. Réciproquement, on peut revenir en arrière (en ajoutant 2L22L_2), donc aucune solution n'est perdue ni ajoutée.

⚠️ C'est la réciproque qui impose la condition « multiplier par un réel NON NUL » : multiplier une ligne par 00 la transforme en « 0=00=0 », et on ne peut plus revenir en arrière. On aurait perdu de l'information, et gagné des solutions parasites.

Rappel de cours

Opérations qui ne changent pas les solutions

  • échanger deux lignes ;
  • multiplier une ligne par un réel non nul ;
  • ajouter à une ligne un multiple d'une autre.

Ces trois opérations produisent un système équivalent, donc de mêmes solutions.

Éliminer x

L1L_1 porte 2x2x, L2L_2 porte xx. Pour que les xx s'annulent, on calcule L1−2L2L_1-2L_2 :

(2x+y)⏟L1−2(x−3y)⏟L2=5⏟L1−2×(−1)⏟L2\underbrace{(2x+y)}_{L_1}-2\underbrace{(x-3y)}_{L_2}=\underbrace{5}_{L_1}-2\times\underbrace{(-1)}_{L_2}

À gauche : 2x+y−2x+6y=7y2x+y-2x+6y=7y. À droite : 5−2×(−1)=5+2=75-2\times(-1)=5+2=7.

7y=77y=7

⚠️ L'opération porte sur l'équation entière, second membre compris. C'est le piège n°1.

Trouver y puis remonter
7y=7⟹y=17y=7\quad\Longrightarrow\quad y=1

On reporte dans L2L_2 (la plus simple des deux) :

x−3×1=−1⟹x−3=−1⟹x=2x-3\times1=-1\quad\Longrightarrow\quad x-3=-1\quad\Longrightarrow\quad x=2
(x,y)=(2, 1)\boxed{(x,y)=(2,\,1)}
Contrôle — obligatoire, et gratuit

Reporte la solution dans les deux équations de départ :

équation calcul vérifié ?
2x+y=52x+y=5 2×2+1=52\times2+1=5 ✓
x−3y=−1x-3y=-1 2−3×1=−12-3\times1=-1 ✓

👉 Un système résolu se vérifie toujours — c'est le seul chapitre du programme où la vérification est aussi facile que le calcul. Il n'y a donc aucune raison de s'en passer.

⚠️ Et il faut vérifier dans les deux, pas une seule : une erreur de remontée peut satisfaire l'équation utilisée pour remonter tout en violant l'autre.

L'erreur classique

⚠️ Oublier d'appliquer l'opération au second membre. Si l'on fait L1−2L2L_1-2L_2 à gauche mais qu'on laisse 55 à droite, on trouve 7y=57y=5 donc y=57y=\frac57, et tout le reste est faux.

⚠️ Se tromper de signe : −2×(−1)=+2-2\times(-1)=+2, donc le second membre vaut 5+2=75+2=7, pas 33. Deux signes négatifs qui se rencontrent, c'est le moment de ralentir.

⚠️ Se tromper de multiplicateur et faire L1−L2L_1-L_2, qui ne fait pas disparaître les xx (2x−x=x2x-x=x). Le multiplicateur se choisit pour que les coefficients s'annulent.

⚠️ Remonter dans l'équation combinée au lieu d'une équation d'origine. Ce n'est pas faux, mais on perd le bénéfice du contrôle : mieux vaut revenir aux données de l'énoncé.

À retenir

Éliminer, résoudre, remonter, puis vérifier dans le système de départ.

Et retiens que l'opération sur une ligne porte sur l'équation complète, second membre compris — c'est ce qu'on oublie quand on écrit trop vite, et ça fausse tout ce qui suit.

Réponse. (x,y)=(2,1)(x,y)=(2,1). (Recoupement : 2(2)+1=52(2)+1=5 ✓, 2−3=−12-3=-1 ✓)
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Système 3×3 par Gauss

ApplicationDifficulté 3/5

Résoudre {−x+y−z=12x−y+2z=2x+y+2z=−1\begin{cases}-x+y-z=1\\2x-y+2z=2\\x+y+2z=-1\end{cases}

Indices (3)

Utilise L1L_1 comme pivot pour éliminer xx dans L2,L3L_2,L_3.

Tu obtiens un système 2×2 en y,zy,z.

Résous, puis remonte pour xx.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Trois inconnues : la substitution deviendrait vite illisible, le pivot s'impose.

La stratégie est en escalier : éliminer xx des deux dernières lignes grâce à L1L_1, ce qui laisse un système 2×22\times2 en yy et zz. Ici on a de la chance — l'élimination donne directement yy.

Rappel de cours

Méthode du pivot, en escalier On élimine la première inconnue de toutes les lignes sauf une, puis la deuxième de toutes sauf deux, et ainsi de suite. Le système devient triangulaire, et se résout en remontant.

👉 L'idée est toujours la même : transformer un système où tout dépend de tout en un système où la dernière ligne ne contient qu'une inconnue. On la résout, on la remplace dans l'avant-dernière, et ainsi de suite.

Éliminer x

L1L_1 porte −x-x. Pour annuler le 2x2x de L2L_2 il faut ajouter 2L12L_1 ; pour annuler le xx de L3L_3 il faut ajouter L1L_1.

L2+2L1L_2+2L_1 :

(2x−y+2z)+2(−x+y−z)=2+2×1(2x-y+2z)+2(-x+y-z)=2+2\times1
2x−y+2z−2x+2y−2z=4⟹y=42x-y+2z-2x+2y-2z=4\quad\Longrightarrow\quad y=4

L3+L1L_3+L_1 :

(x+y+2z)+(−x+y−z)=−1+1(x+y+2z)+(-x+y-z)=-1+1
x+y+2z−x+y−z=0⟹2y+z=0x+y+2z-x+y-z=0\quad\Longrightarrow\quad 2y+z=0

👉 La première combinaison a fait disparaître xx ET zz d'un coup : c'est une aubaine de cet énoncé, et elle donne yy immédiatement.

Exploiter y = 4

On reporte dans 2y+z=02y+z=0 :

2×4+z=0⟹8+z=0⟹z=−82\times4+z=0\quad\Longrightarrow\quad 8+z=0\quad\Longrightarrow\quad z=-8
Remonter

On revient à L1L_1 : −x+y−z=1-x+y-z=1, avec y=4y=4 et z=−8z=-8 :

−x+4−(−8)=1⟹−x+4+8=1⟹−x+12=1-x+4-(-8)=1\quad\Longrightarrow\quad -x+4+8=1\quad\Longrightarrow\quad -x+12=1
−x=−11⟹x=11-x=-11\quad\Longrightarrow\quad x=11
(x,y,z)=(11, 4, −8)\boxed{(x,y,z)=(11,\,4,\,-8)}

⚠️ Le passage −(−8)=+8-(-8)=+8 est exactement l'endroit où l'on perd un signe.

Contrôle — dans les TROIS équations
équation calcul vérifié ?
−x+y−z=1-x+y-z=1 −11+4−(−8)=−11+4+8=1-11+4-(-8)=-11+4+8=1 ✓
2x−y+2z=22x-y+2z=2 22−4−16=222-4-16=2 ✓
x+y+2z=−1x+y+2z=-1 11+4−16=−111+4-16=-1 ✓

⚠️ Vérifier une seule équation ne suffit pas. Une erreur de remontée satisfait typiquement l'équation qui a servi à remonter, et viole les autres. Ici c'est L1L_1 qui a servi : ce sont donc L2L_2 et L3L_3 qui portent l'information de contrôle.

👉 Le contrôle prend trente secondes et transforme une réponse incertaine en réponse sûre. Sur un système, il n'y a aucune excuse pour ne pas le faire.

L'erreur classique

⚠️ Se tromper de multiplicateur : pour éliminer xx entre −x-x et 2x2x, il faut L2+2L1L_2+2L_1, pas L2−2L1L_2-2L_1. Le repère : les coefficients de xx doivent s'annuler, donc être opposés après multiplication. Ici 2x2x et 2×(−x)=−2x2\times(-x)=-2x ✓.

⚠️ Perdre un signe en remontant : −z=−(−8)=+8-z=-(-8)=+8, d'où 1212 et non −4-4. C'est de loin l'erreur la plus fréquente de cet exercice.

⚠️ Oublier le second membre dans une combinaison. Ici L2+2L1L_2+2L_1 donne 2+2×1=42+2\times1=4 à droite, pas 22.

⚠️ Croire qu'on s'est trompé parce que les solutions sont « grandes ». x=11x=11 et z=−8z=-8 sur un système à coefficients ±1,±2\pm1,\pm2 peut surprendre, mais c'est parfaitement normal — et le contrôle le confirme.

À retenir

Éliminer en escalier, puis remonter. La méthode ne change pas avec la taille ; seul le nombre d'étapes augmente.

Et sur un système 3×33\times3, vérifier dans les trois équations : c'est le seul contrôle qui attrape une erreur de remontée, parce qu'une telle erreur se cache justement dans l'équation qui a servi.

Réponse. (x,y,z)=(11,4,−8)(x,y,z)=(11,4,-8). (Recoupement machine dans les 3 équations ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Système dégénéré

ApplicationDifficulté 3/5

Discuter et résoudre {x+2y=32x+4y=6\begin{cases}x+2y=3\\2x+4y=6\end{cases}

Indices (3)

L'une des équations est-elle un multiple de l'autre ?

Si oui, le système est dégénéré.

Combien de solutions : aucune, une, ou une infinité ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Avant de se lancer dans un pivot, regarder les équations. Ici L2L_2 est exactement le double de L1L_1 : elle n'apporte aucune information nouvelle.

Le système se réduit donc à une seule équation pour deux inconnues — il y aura une infinité de solutions, qu'il faudra paramétrer.

Les trois cas, et pourquoi il n'y en a que trois

Un système linéaire a soit AUCUNE solution, soit UNE SEULE, soit une INFINITÉ. Jamais deux, jamais trois.

C'est une propriété structurelle, et elle se comprend géométriquement. Chaque équation à deux inconnues est une droite du plan. Deux droites peuvent :

configuration solutions
se croiser en un point une seule
être parallèles distinctes aucune
être confondues une infinité

Il n'y a pas de quatrième cas — deux droites distinctes ne peuvent pas se croiser deux fois.

👉 C'est un contrôle de sortie très puissant : si ta réponse est « deux solutions », elle est fausse avant même qu'on regarde le calcul.

Ici les deux équations décrivent la même droite : troisième cas.

Rappel de cours

Systèmes équivalents et redondance Une équation qui est multiple d'une autre et dont le second membre suit le même facteur est redondante : on peut la supprimer sans changer les solutions. Si le second membre ne suit pas, les deux équations se contredisent et le système n'a aucune solution.

Comparer les équations
L2:  2x+4y=6et2×L1:  2(x+2y)=2×3   soit   2x+4y=6L_2:\;2x+4y=6\qquad\text{et}\qquad 2\times L_1:\;2(x+2y)=2\times3\;\text{ soit }\;2x+4y=6

Les deux membres sont proportionnels du MÊME facteur 22 : à gauche 2x+4y=2(x+2y)2x+4y=2(x+2y) ✓, à droite 6=2×36=2\times3 ✓.

L2L_2 est donc redondante, et le système équivaut à la seule équation x+2y=3x+2y=3.

⚠️ C'est ce même facteur qui distingue ce cas du système incompatible. Si l'énoncé avait porté 2x+4y=72x+4y=7, on aurait 2×3=6≠72\times3=6\neq7 : les deux équations se contrediraient, et il n'y aurait aucune solution.

Nombre de solutions

Il reste une équation pour deux inconnues : une inconnue reste libre, donc une infinité de solutions.

👉 La règle générale : nombre de solutions lié au nombre d'équations indépendantes. Deux inconnues et une seule équation indépendante ⇒\Rightarrow une droite de solutions, décrite par un paramètre.

Paramétrer

On choisit yy comme paramètre, en posant y=ty=t avec tt réel quelconque. L'équation x+2y=3x+2y=3 donne alors

x=3−2tx=3-2t
(x,y)=(3−2t,  t),t∈R\boxed{(x,y)=(3-2t,\;t),\qquad t\in\mathbb{R}}

ℹ️ On aurait tout aussi bien pu poser x=sx=s, d'où y=3−s2y=\frac{3-s}{2} : c'est le même ensemble de solutions, décrit autrement. Aucun des deux n'est plus juste que l'autre.

Contrôle

Prends deux valeurs du paramètre et vérifie dans l'équation de départ :

tt (x,y)(x,y) x+2yx+2y vérifié ?
00 (3, 0)(3,\,0) 3+0=33+0=3 ✓
11 (1, 1)(1,\,1) 1+2=31+2=3 ✓
−2-2 (7, −2)(7,\,-2) 7−4=37-4=3 ✓

Et dans L2L_2 aussi : 2×3+4×0=62\times3+4\times0=6 ✓ pour le premier.

👉 Vérifier deux valeurs distinctes est ce qui prouve qu'on a bien une infinité de solutions, et pas un point isolé mal écrit.

L'erreur classique

⚠️ Répondre « deux solutions » après avoir trouvé deux points particuliers. Un système linéaire n'a jamais exactement deux solutions — si tu en trouves deux, il y en a une infinité, et il faut paramétrer.

⚠️ Confondre avec le système incompatible. C'est la proportionnalité du second membre qui décide — voir le pas 4.

⚠️ Se lancer dans le pivot sans regarder. Ici L2−2L1L_2-2L_1 donne « 0=00=0 », ce qui est juste mais déroutant si on ne s'y attendait pas. Un instant d'observation évite la surprise.

⚠️ Oublier de dire que tt parcourt R\mathbb{R}. Sans cette précision, (3−2t,t)(3-2t,t) n'est pas un ensemble de solutions, c'est une expression.

À retenir

Regarder avant de calculer : une équation multiple d'une autre est un système dégénéré, et ça se voit en trois secondes.

Et retiens la trichotomie — aucune, une, ou une infinité. Toute autre réponse est fausse par construction, ce qui en fait le contrôle de sortie le moins cher du chapitre.

Réponse. Infinité : (x,y)=(3−2t,t)(x,y)=(3-2t,t). (Recoupement : t=0→(3,0)t=0\to(3,0), t=1→(1,1)t=1\to(1,1), les deux vérifient ✓)
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Déterminant 2×2

CalculDifficulté 3/5

Calculer le déterminant de A=(3524)A=\begin{pmatrix}3&5\\2&4\end{pmatrix} et dire si AA est inversible.

Indices (3)

Pour (abcd)\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}, déterminant =ad−bc=ad-bc.

Calcule.

Inversible   ⟺  det⁡≠0\iff \det\neq0.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le déterminant répond à une question précise : la matrice est-elle inversible ? En dimension 22, il se calcule en une ligne.

Et le lien avec l'inversibilité n'est pas une coïncidence : le déterminant mesure si les deux colonnes sont indépendantes ou proportionnelles.

Ce que mesure vraiment un déterminant

Le calcul ad−bcad-bc a l'air arbitraire. Il ne l'est pas — il mesure une aire.

Vois les deux colonnes (ac)\begin{pmatrix}a\\c\end{pmatrix} et (bd)\begin{pmatrix}b\\d\end{pmatrix} comme deux vecteurs du plan. Ils déterminent un parallélogramme, et

∣det⁡∣=aire de ce paralleˊlogramme\lvert\det\rvert=\text{aire de ce parallélogramme}

👉 D'où l'équivalence avec l'inversibilité : si les deux vecteurs sont proportionnels (colinéaires), ils sont alignés, le parallélogramme est plat, son aire est nulle — et la matrice écrase le plan sur une droite. Une telle transformation ne peut pas se défaire : on ne retrouve pas ce qu'on a aplati. Donc pas d'inverse.

Si l'aire est non nulle, la matrice déforme le plan sans l'aplatir, et on peut revenir en arrière.

⚠️ Le signe du déterminant a lui aussi un sens : il dit si la transformation conserve ou inverse l'orientation. Pour la question de l'inversibilité, seul le fait d'être nul ou non compte.

Rappel de cours

Déterminant 2×22\times2 et inversibilité

det⁡(abcd)=ad−bc\det\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}=ad-bc
AA est inversible si et seulement si det⁡A≠0\det A\neq0. C'est une équivalence : le déterminant décide dans les deux sens.

Le schéma : diagonale principale (du haut-gauche vers le bas-droite) moins anti-diagonale.

Calculer
det⁡A=3×4⏟diagonale−5×2⏟anti-diagonale=12−10=2\det A=\underbrace{3\times4}_{\text{diagonale}}-\underbrace{5\times2}_{\text{anti-diagonale}}=12-10=2
Conclure

2≠02\neq0, donc AA est inversible.

(Et l'aire du parallélogramme construit sur (32)\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix} et (54)\begin{pmatrix}5\\4\end{pmatrix} vaut 22 — petite, mais non nulle : les deux vecteurs sont presque alignés sans l'être.)

det⁡A=2≠0 ⟹ A est inversible\boxed{\det A=2\neq0\ \Longrightarrow\ A\ \text{est inversible}}
Contrôle

Contrôle qualitatif : det⁡=0\det=0 signifie colonnes proportionnelles. Ici (32)\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix} et (54)\begin{pmatrix}5\\4\end{pmatrix} le sont-elles ? Il faudrait 35=24\frac{3}{5}=\frac{2}{4}, soit 0,6=0,50{,}6=0{,}5 — faux.

Elles ne sont donc pas proportionnelles, et le déterminant doit être non nul ✓.

Ce contrôle ne donne pas la valeur, mais il valide la conclusion — et c'est elle qu'on rend.

L'erreur classique

⚠️ Calculer ad+bcad+bc au lieu de ad−bcad-bc : on trouverait 12+10=2212+10=22, également non nul, donc la conclusion serait juste par hasard.

👉 C'est le pire cas possible : rien ne signale l'erreur, et l'habitude est prise. Elle se paiera au premier exercice où ad+bcad+bc et ad−bcad-bc n'ont pas le même statut vis-à-vis de zéro — ou dès qu'on aura besoin de la valeur (formule de l'inverse, exercice B3).

⚠️ Croiser dans le mauvais sens (ac−bdac-bd), en confondant lignes et colonnes.

⚠️ Conclure « non inversible » parce que le déterminant est petit. 22 est petit mais non nul : l'inversibilité est une question de nullité, pas de taille.

À retenir

ad−bcad-bc : diagonale principale moins anti-diagonale.

Et retiens que ces trois énoncés disent la même chose :

det⁡A=0   ⟺   colonnes proportionnelles   ⟺   A non inversible\det A=0\ \iff\ \text{colonnes proportionnelles}\ \iff\ A\text{ non inversible}
Trois formulations, trois façons de contrôler — la deuxième se lit à l'œil, sans calcul.

Réponse. det⁡A=2\det A=2, inversible. (Recoupement : colonnes non proportionnelles ✓)
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Déterminant 3×3

CalculDifficulté 3/5

Calculer det⁡A\det A pour A=(123230301)A=\begin{pmatrix}1&2&3\\2&3&0\\3&0&1\end{pmatrix}.

Indices (3)

Développe selon une ligne/colonne (en choisir une avec des zéros).

Développement 1ʳᵉ ligne : signes +,−,++,-,+.

Chaque mineur est un déterminant 2×2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

En dimension 33, on développe : on ramène le calcul à trois déterminants 2×22\times2, qu'on sait faire.

Le développement se fait selon n'importe quelle ligne ou colonne — et on choisit toujours la plus creuse, car chaque zéro supprime un mineur à calculer. Ici aucune ne l'est vraiment, on prend la première.

Rappel de cours

Développement selon une ligne

det⁡A=∑j(−1)i+j aij Mij\det A=\sum_j (-1)^{i+j}\,a_{ij}\,M_{ij}
où MijM_{ij} est le déterminant obtenu en supprimant la ligne ii et la colonne jj (on l'appelle un mineur).

Le damier des signes

(+−+−+−+−+)\begin{pmatrix}+&-&+\\-&+&-\\+&-&+\end{pmatrix}
Il commence par ++ en haut à gauche et alterne dans les deux directions. Sur la première ligne : + − ++\,-\,+.

Développer selon la 1ʳᵉ ligne

Les coefficients sont 11, 22, 33, avec les signes ++, −-, ++ :

det⁡A=+1∣3001∣−2∣2031∣+3∣2330∣\det A=+1\begin{vmatrix}3&0\\0&1\end{vmatrix}-2\begin{vmatrix}2&0\\3&1\end{vmatrix}+3\begin{vmatrix}2&3\\3&0\end{vmatrix}

Comment se forme chaque mineur — on barre la ligne 11 et la colonne du coefficient :

  • pour a11=1a_{11}=1 : on barre ligne 11, colonne 11 → il reste (3001)\begin{pmatrix}3&0\\0&1\end{pmatrix} ;
  • pour a12=2a_{12}=2 : on barre ligne 11, colonne 22 → il reste (2031)\begin{pmatrix}2&0\\3&1\end{pmatrix} ;
  • pour a13=3a_{13}=3 : on barre ligne 11, colonne 33 → il reste (2330)\begin{pmatrix}2&3\\3&0\end{pmatrix}.
Calculer les mineurs
∣3001∣=3×1−0×0=3\begin{vmatrix}3&0\\0&1\end{vmatrix}=3\times1-0\times0=3
∣2031∣=2×1−0×3=2\begin{vmatrix}2&0\\3&1\end{vmatrix}=2\times1-0\times3=2
∣2330∣=2×0−3×3=−9\begin{vmatrix}2&3\\3&0\end{vmatrix}=2\times0-3\times3=-9
Assembler
det⁡A=1×3−2×2+3×(−9)=3−4−27=−28\boxed{\det A=1\times3-2\times2+3\times(-9)=3-4-27=-28}
Contrôle par une autre voie

Règle de Sarrus (valable en 3×33\times3 seulement) : on somme les trois diagonales descendantes et on retranche les trois montantes.

1⋅3⋅1+2⋅0⋅3+3⋅2⋅0⏟descendantes−(3⋅3⋅3+0⋅0⋅1+1⋅2⋅2)⏟montantes\underbrace{1\cdot3\cdot1+2\cdot0\cdot3+3\cdot2\cdot0}_{\text{descendantes}}-\underbrace{(3\cdot3\cdot3+0\cdot0\cdot1+1\cdot2\cdot2)}_{\text{montantes}}
=(3+0+0)−(27+0+4)=3−31=−28=(3+0+0)-(27+0+4)=3-31=-28

✓

Même résultat par un chemin totalement différent.

👉 Développer selon une autre ligne est un contrôle tout aussi valable, et c'est celui qu'il faut préférer au-delà de la dimension 33, où Sarrus ne s'applique plus.

L'erreur classique

⚠️ Oublier l'alternance des signes et sommer les trois termes : on trouverait 3+4−27=−203+4-27=-20. Le signe du milieu est négatif, toujours, sur une première ligne.

⚠️ Mal former un mineur : pour le coefficient (1,2)(1,2), on supprime la ligne 11 et la colonne 22 ; il reste (2031)\begin{pmatrix}2&0\\3&1\end{pmatrix}. L'erreur fréquente est de garder la colonne 22 et de supprimer la 11.

⚠️ Appliquer Sarrus en dimension 4. La règle ne vaut que pour les matrices 3×33\times3 ; au-delà, elle donne un résultat faux.

⚠️ Croire qu'un déterminant est toujours positif. Ici il vaut −28-28 : c'est parfaitement normal, et le signe porte une information (l'orientation).

À retenir

Développer selon la ligne ou la colonne la plus creuse — chaque zéro économise un mineur 2×22\times2.

Et surveille le damier de signes. Le contrôle le plus sûr est de recalculer selon une autre ligne : les deux doivent coïncider, et un désaccord désigne immédiatement l'erreur.

Réponse. det⁡A=−28\det A=-28. (Recoupement par Sarrus : 3−31=−283-31=-28 ✓, vérifié machine)
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Inverse 2×2

CalculDifficulté 3/5

Déterminer l'inverse de A=(4332)A=\begin{pmatrix}4&3\\3&2\end{pmatrix}.

Indices (3)

Vérifie d'abord det⁡A≠0\det A\neq0.

A−1=1det⁡A(d−b−ca)A^{-1}=\dfrac{1}{\det A}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}.

N'oublie pas le facteur 1det⁡A\tfrac{1}{\det A}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

En dimension 22, l'inverse a une formule directe : inutile de passer par Gauss-Jordan.

Mais elle commence par le déterminant, et pour une bonne raison : si det⁡A=0\det A=0, l'inverse n'existe pas et la formule n'a aucun sens — on diviserait par zéro.

Rappel de cours

Inverse d'une matrice 2×22\times2

A−1=1det⁡A(d−b−ca)si det⁡A≠0A^{-1}=\frac{1}{\det A}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}\qquad\text{si }\det A\neq0
On échange les deux termes diagonaux, on change le signe des deux autres (sans les bouger), puis on divise par le déterminant.

Ce qu'est un inverse A−1A^{-1} est l'unique matrice telle que AA−1=A−1A=IAA^{-1}=A^{-1}A=I, où I=(1001)I=\begin{pmatrix}1&0\\0&1\end{pmatrix} est l'identité — la matrice qui ne fait rien.

Déterminant
det⁡A=4×2−3×3=8−9=−1\det A=4\times2-3\times3=8-9=-1

−1≠0-1\neq0, donc AA est inversible et la formule s'applique.

Appliquer la formule

On construit d'abord la matrice « échangée et signée » :

(d−b−ca)=(2−3−34)\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2&-3\\-3&4\end{pmatrix}

(les 44 et 22 ont échangé leurs places ; les deux 33 sont restés en place et ont changé de signe)

Puis on divise par det⁡A=−1\det A=-1 — ce qui, ici, change tous les signes :

A−1=1−1(2−3−34)=(−233−4)\boxed{A^{-1}=\frac{1}{-1}\begin{pmatrix}2&-3\\-3&4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2&3\\3&-4\end{pmatrix}}
Contrôle — incontournable

AA−1AA^{-1} doit valoir I2I_2. On calcule les quatre coefficients :

(4332)(−233−4)\begin{pmatrix}4&3\\3&2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}-2&3\\3&-4\end{pmatrix}
position calcul résultat
(1,1)(1,1) 4×(−2)+3×3=−8+94\times(-2)+3\times3=-8+9 11
(1,2)(1,2) 4×3+3×(−4)=12−124\times3+3\times(-4)=12-12 00
(2,1)(2,1) 3×(−2)+2×3=−6+63\times(-2)+2\times3=-6+6 00
(2,2)(2,2) 3×3+2×(−4)=9−83\times3+2\times(-4)=9-8 11
AA−1=(1001)=I2AA^{-1}=\begin{pmatrix}1&0\\0&1\end{pmatrix}=I_2

✓

👉 C'est le seul contrôle du chapitre qui ne laisse passer aucune erreur. Quatre produits, et la réponse est certifiée.

L'erreur classique

⚠️ Oublier de diviser par le déterminant. C'est l'erreur la plus fréquente, et ici elle est particulièrement traître : det⁡A=−1\det A=-1, donc la division change tous les signes — l'oublier donne exactement l'opposé de la bonne réponse.

Le contrôle AA−1=IAA^{-1}=I le détecte : on obtiendrait −I2-I_2, pas I2I_2.

⚠️ Échanger aa et dd en oubliant les signes de bb et cc. La formule fait deux choses différentes : une permutation sur la diagonale, un changement de signe hors diagonale.

⚠️ Échanger bb et cc au lieu de changer leurs signes. Ici b=c=3b=c=3, donc l'erreur est invisible — raison de plus pour connaître la formule exactement.

⚠️ Écrire A−1=1AA^{-1}=\frac1A. La notation 1A\frac1A n'a aucun sens pour une matrice : on ne divise pas par une matrice.

À retenir

Déterminant d'abord, formule ensuite, et contrôle par AA−1=IAA^{-1}=I toujours.

Ce contrôle est la seule vérification du chapitre qui ne laisse passer aucune erreur — ni de signe, ni de placement, ni de division oubliée. Sur un exercice d'inversion, ne le saute jamais.

Réponse. A−1=(−233−4)A^{-1}=\begin{pmatrix}-2&3\\3&-4\end{pmatrix}. (Recoupement : AA−1=IA A^{-1}=I vérifié ✓)
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Inverse 3×3 par Gauss-Jordan

DémonstrationDifficulté 3/5

Déterminer l'inverse de A=(10−1201113)A=\begin{pmatrix}1&0&-1\\2&0&1\\1&1&3\end{pmatrix} par Gauss-Jordan.

Indices (3)

Accole l'identité [A ∣ I][A\,|\,I] et transforme jusqu'à [I ∣ A−1][I\,|\,A^{-1}].

Tu rencontreras un pivot nul en (2,2)(2,2) : permute deux lignes.

Vérifie par AA−1=IA A^{-1}=I.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

En dimension 33, il n'y a plus de formule simple : on emploie Gauss-Jordan, c'est-à-dire les mêmes opérations que pour résoudre un système, appliquées à [A ∣ I][A\,|\,I] jusqu'à obtenir [I ∣ A−1][I\,|\,A^{-1}].

L'idée : ce qui transforme AA en II transforme II en A−1A^{-1}. On vérifie d'abord que det⁡A≠0\det A\neq0, sinon le calcul échouera de toute façon.

Pourquoi accoler l'identité fonctionne

C'est le point qui rend la méthode compréhensible plutôt que magique.

Chaque opération sur les lignes revient à multiplier à gauche par une matrice élémentaire EE. Enchaîner les opérations revient donc à multiplier par un produit P=Ek⋯E1P=E_k\cdots E_1.

Si ces opérations transforment AA en II, cela signifie exactement

PA=IdoncP=A−1PA=I\qquad\text{donc}\qquad P=A^{-1}

Or ces mêmes opérations, appliquées au bloc de droite qui contenait II, le transforment en P×I=P=A−1P\times I=P=A^{-1}.

👉 D'où la recette : on écrit les deux blocs côte à côte, on ne s'occupe que de rendre le gauche égal à II, et le droit devient l'inverse tout seul.

⚠️ Et voilà pourquoi seules les opérations sur les LIGNES sont autorisées : une opération sur les colonnes reviendrait à multiplier à droite, ce qui casse l'identité PA=IPA=I.

Rappel de cours

Gauss-Jordan On accole l'identité : [A ∣ I][A\,|\,I], et on applique des opérations sur les lignes jusqu'à obtenir [I ∣ A−1][I\,|\,A^{-1}]. ⚠️ Uniquement des opérations sur les lignes.

Vérifier l'inversibilité

On développe selon la deuxième colonne, qui ne porte qu'un seul coefficient non nul — le 11 en position (3,2)(3,2), de signe (−1)3+2=−1(-1)^{3+2}=-1 :

det⁡A=−1×∣1−121∣=−1×(1×1−(−1)×2)=−1×3=−3\det A=-1\times\begin{vmatrix}1&-1\\2&1\end{vmatrix}=-1\times\big(1\times1-(-1)\times2\big)=-1\times3=-3

−3≠0-3\neq0 : AA est inversible, le calcul aboutira.

👉 Choisir la colonne la plus creuse a réduit trois mineurs à un seul.

Descente

On part de [A ∣ I][A\,|\,I] et on élimine sous le premier pivot :

L2←L2−2L1etL3←L3−L1L_2\leftarrow L_2-2L_1\qquad\text{et}\qquad L_3\leftarrow L_3-L_1

⚠️ Un pivot nul apparaît alors en position (2,2)(2,2) — la deuxième colonne de AA commence par deux zéros.

Ce n'est pas un échec. Il suffit de permuter L2L_2 et L3L_3 et de poursuivre : une permutation de lignes est l'une des trois opérations autorisées, et elle ne change rien au résultat final.

Puis on remonte pour annuler aussi ce qui est au-dessus des pivots (c'est ce qui distingue Gauss-Jordan de Gauss simple), et on normalise chaque pivot à 11.

Résultat
A−1=13(1105−43−210)\boxed{A^{-1}=\frac{1}{3}\begin{pmatrix}1&1&0\\5&-4&3\\-2&1&0\end{pmatrix}}

(soit, coefficient par coefficient, (1/31/305/3−4/31−2/31/30)\begin{pmatrix}1/3&1/3&0\\5/3&-4/3&1\\-2/3&1/3&0\end{pmatrix})

Contrôle

AA−1=I3AA^{-1}=I_3. Vérifions la première ligne du produit — ligne 11 de AA, soit (1,0,−1)(1,0,-1), contre les colonnes de A−1A^{-1} :

13(1×1+0×5+(−1)×(−2))=13(1+0+2)=1\tfrac13\big(1\times1+0\times5+(-1)\times(-2)\big)=\tfrac13(1+0+2)=1

✓

13(1×1+0×(−4)+(−1)×1)=13(1−1)=0\tfrac13\big(1\times1+0\times(-4)+(-1)\times1\big)=\tfrac13(1-1)=0

✓

13(1×0+0×3+(−1)×0)=0\tfrac13\big(1\times0+0\times3+(-1)\times0\big)=0

✓

Première ligne : (1,0,0)(1,0,0) ✓ — c'est bien celle de I3I_3.

👉 Sur une inversion 3×33\times3, ce produit n'est pas une formalité : c'est le seul moyen raisonnable de valider neuf coefficients. Vérifier une ligne complète est un bon compromis si le temps manque.

L'erreur classique

⚠️ S'arrêter devant un pivot nul en concluant que la matrice n'est pas inversible. C'est faux : un pivot nul se contourne par une permutation. Seule une ligne entièrement nulle dans le bloc de gauche signale la non-inversibilité.

⚠️ Mélanger opérations sur les lignes et sur les colonnes. Le pas 2 explique pourquoi c'est fatal : les colonnes multiplient à droite.

⚠️ Oublier d'appliquer chaque opération AUX DEUX BLOCS. C'est l'erreur mécanique la plus fréquente : on transforme AA correctement et on oublie de faire la même chose à droite. Le résultat est alors sans rapport.

⚠️ S'arrêter à la forme triangulaire (Gauss simple) au lieu de poursuivre jusqu'à l'identité. Pour un inverse, il faut aller jusqu'au bout.

À retenir

[A ∣ I]→[I ∣ A−1][A\,|\,I]\to[I\,|\,A^{-1}], par lignes seulement, et chaque opération sur les deux blocs.

Un pivot nul se permute, il n'arrête rien. Et on contrôle par AA−1=I3AA^{-1}=I_3, systématiquement — neuf coefficients ne se vérifient pas à l'œil.

Réponse. A−1=13(1105−43−210)A^{-1}=\dfrac{1}{3}\begin{pmatrix}1&1&0\\5&-4&3\\-2&1&0\end{pmatrix}. (Recoupement : AA−1=I3A A^{-1}=I_3 vérifié machine ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Déterminant paramétrique

ApplicationDifficulté 3/5

Soit A=(10a0a1a10)A=\begin{pmatrix}1&0&a\\0&a&1\\a&1&0\end{pmatrix}. Calculer det⁡A\det A et déterminer pour quels aa la matrice est inversible.

Indices (3)

Développe selon la 1ʳᵉ ligne.

Tu obtiens un polynôme en aa.

Inversible   ⟺  det⁡A≠0\iff \det A\neq0.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le déterminant se calcule comme d'habitude, mais le résultat sera un polynôme en aa au lieu d'un nombre.

La question d'inversibilité devient alors une équation à résoudre : pour quelles valeurs de aa ce polynôme s'annule-t-il ? Ce sont les valeurs à exclure.

Rappel de cours

Développement, et le cas paramétrique

det⁡A=∑j(−1)1+ja1jM1j\det A=\sum_j(-1)^{1+j}a_{1j}M_{1j}
exactement comme pour une matrice numérique — le paramètre se traite comme n'importe quel coefficient.

Conclusion avec paramètre AA inversible   ⟺  det⁡A≠0\iff\det A\neq0. Avec un paramètre, cela devient : « inversible pour tout aa sauf les racines du déterminant ».

Développer selon la 1ʳᵉ ligne

La première ligne est (1, 0, a)(1,\,0,\,a) : le 00 central supprime un mineur entier — c'est pour ça qu'on développe selon cette ligne.

det⁡A=+1∣a110∣⏟position (1,1), signe+ − 0×(…)⏟disparaıˆt + a∣0aa1∣⏟position (1,3), signe+\det A=\underbrace{+1\begin{vmatrix}a&1\\1&0\end{vmatrix}}_{\text{position }(1,1),\ \text{signe}+}\ \underbrace{-\,0\times(\ldots)}_{\text{disparaît}}\ \underbrace{+\,a\begin{vmatrix}0&a\\a&1\end{vmatrix}}_{\text{position }(1,3),\ \text{signe}+}

⚠️ Le troisième terme porte le signe (−1)1+3=(−1)4=+(-1)^{1+3}=(-1)^4=+. C'est le damier : + − ++\,-\,+.

Calculer les mineurs
∣a110∣=a×0−1×1=−1\begin{vmatrix}a&1\\1&0\end{vmatrix}=a\times0-1\times1=-1
∣0aa1∣=0×1−a×a=−a2\begin{vmatrix}0&a\\a&1\end{vmatrix}=0\times1-a\times a=-a^2

⚠️ Le second mineur vaut −a2-a^2, négatif pour tout a≠0a\neq0 : un carré précédé d'un moins reste négatif.

Assembler et conclure
det⁡A=1×(−1)+a×(−a2)=−1−a3\det A=1\times(-1)+a\times(-a^2)=-1-a^3

AA est inversible si et seulement si

−1−a3≠0  ⟺  a3≠−1  ⟺  a≠−1-1-a^3\neq0\iff a^3\neq-1\iff \boxed{a\neq-1}

AA est donc inversible pour tout réel aa différent de −1-1.

Contrôle

Sur une valeur simple du paramètre. Prends a=0a=0 : la matrice devient

(100001010)\begin{pmatrix}1&0&0\\0&0&1\\0&1&0\end{pmatrix}

C'est une matrice de permutation (elle échange les deux dernières coordonnées), dont le déterminant vaut −1-1 — une transposition inverse l'orientation.

La formule donne −1−03=−1-1-0^3=-1 ✓.

Sur une seconde valeur, a=1a=1 : la formule prédit −1−1=−2-1-1=-2. Et le développement direct de (101011110)\begin{pmatrix}1&0&1\\0&1&1\\1&1&0\end{pmatrix} donne 1(0−1)+1(0−1)=−21(0-1)+1(0-1)=-2 ✓.

👉 Deux valeurs suffisent à écarter la plupart des erreurs de signe ou de coefficient. C'est le contrôle le moins cher sur un calcul paramétrique.

L'erreur classique

⚠️ Croire que a3=−1a^3=-1 a trois solutions. Sur R\mathbb{R}, la fonction cube est strictement croissante : chaque valeur est atteinte une fois et une seule. a3=−1a^3=-1 n'a donc qu'une racine réelle, a=−1a=-1.

(Sur C\mathbb{C} il y en aurait trois, mais l'énoncé pose aa réel.)

⚠️ Se tromper de signe sur le troisième terme du développement : la position (1,3)(1,3) porte un ++, pas un −-. Le damier alterne, il ne suit pas l'ordre des termes.

⚠️ Répondre « inversible si a≠−1a\neq-1 » sans avoir résolu. Il faut écrire l'équation −1−a3=0-1-a^3=0 et sa résolution : c'est la question posée.

⚠️ Confondre −a2-a^2 et (−a)2(-a)^2. Le second vaudrait +a2+a^2. Ici c'est bien −a2-a^2.

À retenir

Un déterminant paramétrique se calcule comme les autres ; c'est la conclusion qui change — elle devient une équation à résoudre.

Et teste toujours ta formule sur une ou deux valeurs simples du paramètre (a=0a=0, a=1a=1) : c'est le contrôle le moins cher, et il attrape les erreurs de signe que rien d'autre ne voit.

Réponse. det⁡A=−1−a3\det A=-1-a^3 ; inversible   ⟺  a≠−1\iff a\neq-1. (Recoupement : a=0→det⁡=−1≠0a=0\to\det=-1\neq0, matrice de permutation ✓)
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Système : critère du déterminant

ApplicationDifficulté 3/5

Sans le résoudre, déterminer si {2x+y=34x+2y=1\begin{cases}2x+y=3\\4x+2y=1\end{cases} admet une unique solution.

Indices (3)

Solution unique   ⟺  \iff déterminant de la matrice du système non nul.

Calcule det⁡(2142)\det\begin{pmatrix}2&1\\4&2\end{pmatrix}.

Conclus.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

« Sans le résoudre » est l'indication : on ne cherche pas les solutions, on cherche à savoir s'il y en a une seule. C'est exactement ce que dit le déterminant de la matrice du système.

Un calcul de déterminant 2×22\times2 remplace donc toute une résolution.

Rappel de cours

Critère du déterminant Un système AX=BAX=B admet une unique solution   ⟺  det⁡A≠0\iff\det A\neq0.

Si det⁡A=0\det A=0, il y a soit aucune solution, soit une infinité — et le déterminant seul ne tranche pas entre les deux. Il faut regarder le second membre.

👉 C'est cohérent avec le sens géométrique du déterminant (B1) : det⁡=0\det=0 signifie que les deux droites sont parallèles. Elles sont alors soit confondues (infinité), soit distinctes (aucune) — et c'est le second membre qui dit laquelle.

Matrice du système

On isole les coefficients des inconnues :

M=(2142)M=\begin{pmatrix}2&1\\4&2\end{pmatrix}

(le second membre (31)\begin{pmatrix}3\\1\end{pmatrix} n'entre pas dans MM — il servira au pas 5)

Déterminant
det⁡M=2×2−1×4=4−4=0\det M=2\times2-1\times4=4-4=0
Conclure — et aller jusqu'au bout

det⁡M=0\det M=0 : le système n'a pas de solution unique.

Pour trancher entre « aucune » et « une infinité », on regarde le second membre. L2L_2 a des coefficients qui sont le double de ceux de L1L_1 ; pour que les deux équations soient compatibles, il faudrait que le second membre suive :

il faudrait2×3=6or l’eˊquation impose1\text{il faudrait}\quad 2\times3=6\qquad\text{or l'équation impose}\quad 1

6≠16\neq1 : les deux équations sont incompatibles. Il n'y a aucune solution.

(Géométriquement : deux droites parallèles distinctes.)

det⁡M=0 et second membre incompatible ⟹ aucune solution\boxed{\det M=0\ \text{et second membre incompatible}\ \Longrightarrow\ \text{aucune solution}}
Contrôle

Par la contradiction explicite. Si (x,y)(x,y) vérifiait L1L_1, alors 2x+y=32x+y=3, donc en multipliant par 22 :

4x+2y=64x+2y=6

Mais L2L_2 exige 4x+2y=14x+2y=1. On aurait 6=16=1 — absurde. Aucun couple ne peut vérifier les deux ✓.

Par le cas voisin : si l'énoncé avait porté 4x+2y=64x+2y=6, le même déterminant nul donnerait cette fois une infinité de solutions (les deux droites seraient confondues). Le déterminant est identique dans les deux cas — ce qui montre bien qu'il ne suffit pas.

L'erreur classique

⚠️ Conclure « infinité de solutions » dès que det⁡=0\det=0. C'est l'erreur de fond de cet exercice : det⁡=0\det=0 élimine l'unicité, il ne dit pas laquelle des deux autres possibilités s'applique. Le contrôle du pas 6 montre que les deux cas partagent exactement le même déterminant.

⚠️ Se lancer dans une résolution malgré la consigne. Elle échouerait de toute façon (le pivot donnerait 0=−50=-5), et on perdrait le bénéfice du critère.

⚠️ Inclure le second membre dans la matrice MM. MM est la matrice des coefficients ; le second membre forme le vecteur BB.

⚠️ Répondre seulement « pas de solution unique » et s'arrêter là. La question demande si le système admet une unique solution : répondre « non, et voici pourquoi » est plus complet — et ici on peut aller jusqu'à « aucune ».

À retenir

det⁡≠0 ⇒\det\neq0\ \Rightarrow une solution. det⁡=0 ⇒\det=0\ \Rightarrow aucune ou une infinité, et c'est le second membre qui départage.

Ne jamais conclure « infinité » sur le seul déterminant : c'est l'erreur que cet exercice existe pour prévenir.

Réponse. det⁡M=0\det M=0, pas de solution unique (aucune). (Recoupement : L2L_2 donnerait 6≠16\neq1, incompatible ✓)
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Produit et combinaison linéaire

CalculDifficulté 2/5

Soit A=(2−113)A=\begin{pmatrix}2&-1\\1&3\end{pmatrix} et B=(120−1)B=\begin{pmatrix}1&2\\0&-1\end{pmatrix}. Calculer ABAB puis 3A−2B3A-2B.

Indices (3)

Coefficient (i,j)(i,j) de ABAB = ligne ii de AA × colonne jj de BB.

Pour 3A−2B3A-2B : multiplie chaque matrice par son scalaire, puis soustrais terme à terme.

Vérifie au moins un coefficient de chaque résultat par un second calcul.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux opérations de natures différentes dans le même exercice, et c'est tout l'objet : le produit se fait ligne contre colonne, la combinaison linéaire terme à terme.

Les confondre est l'erreur de fond du chapitre — d'où l'intérêt de les enchaîner sur les mêmes matrices, où la différence saute aux yeux.

Rappel de cours

Deux mécaniques à ne pas mélanger

(AB)ij=∑kaikbkjmais(αA+βB)ij=αaij+βbij(AB)_{ij}=\sum_k a_{ik}b_{kj}\qquad\text{mais}\qquad(\alpha A+\beta B)_{ij}=\alpha a_{ij}+\beta b_{ij}

👉 Le repère décisif : dans ABAB, le coefficient (1,2)(1,2) dépend de toute la ligne 1 de AA et de toute la colonne 2 de BB. Dans 3A−2B3A-2B, il ne dépend que des coefficients (1,2)(1,2) des deux matrices — rien ne se mélange.

Produit AB

Ligne 11 de AA : (2,−1)(2,-1).

  • contre colonne 11 de BB, (10)\begin{pmatrix}1\\0\end{pmatrix} : 2×1+(−1)×0=22\times1+(-1)\times0=2
  • contre colonne 22 de BB, (2−1)\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix} : 2×2+(−1)×(−1)=4+1=52\times2+(-1)\times(-1)=4+1=5

Ligne 22 de AA : (1,3)(1,3).

  • 1×1+3×0=11\times1+3\times0=1
  • 1×2+3×(−1)=2−3=−11\times2+3\times(-1)=2-3=-1
AB=(251−1)AB=\begin{pmatrix}2&5\\1&-1\end{pmatrix}

⚠️ Le coefficient (1,2)(1,2) vaut 55 : deux nombres négatifs se multiplient en positif, (−1)×(−1)=+1(-1)\times(-1)=+1.

Combinaison linéaire
3A=(6−339)2B=(240−2)3A=\begin{pmatrix}6&-3\\3&9\end{pmatrix}\qquad 2B=\begin{pmatrix}2&4\\0&-2\end{pmatrix}

On soustrait position par position :

position calcul résultat
(1,1)(1,1) 6−26-2 44
(1,2)(1,2) −3−4-3-4 −7-7
(2,1)(2,1) 3−03-0 33
(2,2)(2,2) 9−(−2)=9+29-(-2)=9+2 11\mathbf{11}
3A−2B=(4−7311)\boxed{3A-2B=\begin{pmatrix}4&-7\\3&11\end{pmatrix}}
Contrôle

Recalcule un coefficient de chaque résultat, isolément.

Pour ABAB, position (1,2)(1,2) : ligne 11 de AA contre colonne 22 de BB, soit 2×2+(−1)×(−1)=4+1=52\times2+(-1)\times(-1)=4+1=5 ✓.

Pour la combinaison, position (1,2)(1,2) : 3×(−1)−2×2=−3−4=−73\times(-1)-2\times2=-3-4=-7 ✓.

👉 Note qu'on a recalculé la même position dans les deux, et que les deux méthodes n'ont rien à voir : c'est exactement ce que l'exercice veut faire sentir.

L'erreur classique

⚠️ Appliquer la mécanique du produit à la combinaison linéaire, ou l'inverse. Le repère est au pas 2 : ABAB mélange, 3A−2B3A-2B ne mélange jamais.

⚠️ Se tromper de signe sur 9−(−2)9-(-2) dans le coefficient (2,2)(2,2). C'est 1111, pas 77. Deux signes moins qui se rencontrent.

⚠️ Se tromper de signe sur (−1)×(−1)(-1)\times(-1) dans le produit. C'est +1+1, donc le coefficient vaut 55 et non 33.

⚠️ Croire que AB=BAAB=BA et ne calculer qu'un produit. Ici BA=(45−1−3)BA=\begin{pmatrix}4&5\\-1&-3\end{pmatrix}, différent.

À retenir

Produit et combinaison linéaire n'ont rien en commun mécaniquement.

Un coefficient de ABAB dépend de toute une ligne et de toute une colonne ; un coefficient de 3A−2B3A-2B ne dépend que de la même position dans AA et BB. Si tu hésites, demande-toi : « ce coefficient a-t-il le droit de dépendre d'un voisin ? »

Réponse. AB=(251−1)AB=\begin{pmatrix}2&5\\1&-1\end{pmatrix} ; 3A−2B=(4−7311)3A-2B=\begin{pmatrix}4&-7\\3&11\end{pmatrix}. (Recoupement : coefficient (1,2)(1,2) de ABAB : 2⋅2+(−1)⋅(−1)=52\cdot2+(-1)\cdot(-1)=5 ✓)
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Système 2×2 : écriture matricielle et résolution

ApplicationDifficulté 2/5

On considère le système {3x+2y=7x−y=4\begin{cases}3x+2y=7\\x-y=4\end{cases} 1) L'écrire sous la forme AX=BAX=B. 2) Calculer det⁡A\det A et justifier que le système admet une unique solution. 3) Résoudre par pivot de Gauss.

Indices (3)

AA est la matrice des coefficients, X=(xy)X=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}, BB le second membre.

Solution unique   ⟺  det⁡A≠0\iff \det A\neq0.

Combine les lignes pour éliminer xx, puis remonte.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Trois questions qui suivent la démarche complète : écrire le système matriciellement, décider s'il a une solution unique, puis résoudre.

L'écriture AX=BAX=B n'est pas cosmétique : c'est elle qui donne accès au déterminant, donc à la question d'unicité — qu'on tranche avant de calculer quoi que ce soit.

Rappel de cours

Écriture matricielle

AX=BAX=B
où AA est la matrice des coefficients, XX le vecteur des inconnues, BB le second membre.

Critère d'unicité Le système admet une solution unique   ⟺  det⁡A≠0\iff\det A\neq0.

👉 L'intérêt de cette écriture : elle transforme un système en une équation, formellement analogue à ax=bax=b. Et de même que ax=bax=b a une solution unique si a≠0a\neq0, le système en a une si det⁡A≠0\det A\neq0 — le déterminant joue le rôle du « aa non nul ».

Écriture matricielle
(321−1)⏟A(xy)⏟X=(74)⏟B\underbrace{\begin{pmatrix}3&2\\1&-1\end{pmatrix}}_{A}\underbrace{\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}}_{X}=\underbrace{\begin{pmatrix}7\\4\end{pmatrix}}_{B}

Contrôle : en effectuant le produit à gauche, on doit retrouver le système. Ligne 11 : 3x+2y3x+2y, et à droite 77 ✓. Ligne 22 : x−yx-y, et à droite 44 ✓.

Déterminant
det⁡A=3×(−1)−2×1=−3−2=−5\det A=3\times(-1)-2\times1=-3-2=-5

−5≠0-5\neq0, donc le système admet une unique solution.

⚠️ Attention au calcul : 3×(−1)=−33\times(-1)=-3, puis on soustrait 2×1=22\times1=2. On enchaîne deux quantités négatives, d'où −5-5 — et non −1-1.

Résoudre par pivot

L1L_1 porte 3x3x, L2L_2 porte xx. On calcule L1−3L2L_1-3L_2 pour éliminer xx :

(3x+2y)−3(x−y)=7−3×4(3x+2y)-3(x-y)=7-3\times4

À gauche : 3x+2y−3x+3y=5y3x+2y-3x+3y=5y. À droite : 7−12=−57-12=-5.

5y=−5⟹y=−15y=-5\quad\Longrightarrow\quad y=-1

On remonte dans L2L_2 : x−(−1)=4x-(-1)=4, soit x+1=4x+1=4, donc x=3x=3.

(x,y)=(3, −1)\boxed{(x,y)=(3,\,-1)}
Contrôle

Dans les deux équations de départ :

équation calcul vérifié ?
3x+2y=73x+2y=7 3×3+2×(−1)=9−2=73\times3+2\times(-1)=9-2=7 ✓
x−y=4x-y=4 3−(−1)=3+1=43-(-1)=3+1=4 ✓

👉 Et un contrôle de cohérence avec la question 2 : on a bien trouvé une solution, comme le déterminant non nul l'annonçait. Si le pivot avait donné « 0=50=5 » ou « 0=00=0 », il y aurait contradiction avec det⁡A≠0\det A\neq0 — donc une erreur quelque part.

L'erreur classique

⚠️ Se tromper de signe sur det⁡A\det A : écrire −3+2=−1-3+2=-1 au lieu de −3−2=−5-3-2=-5. La conclusion resterait juste (non nul), pour une valeur fausse — donc rien ne le signalerait. C'est le cas dangereux, et il faut donc être attentif au calcul même quand la conclusion ne dépend pas de la valeur exacte.

⚠️ Oublier le second membre dans L1−3L2L_1-3L_2 : c'est 7−12=−57-12=-5, pas 77.

⚠️ Mettre le second membre dans AA. AA ne contient que les coefficients des inconnues.

⚠️ Se tromper sur x−(−1)x-(-1) en remontant : c'est x+1=4x+1=4, donc x=3x=3 et non x=5x=5.

À retenir

Écrire AX=BAX=B, décider par le déterminant, puis résoudre. L'ordre compte : savoir qu'il y a une solution unique avant de la chercher évite de s'acharner sur un système qui n'en a pas.

Et vérifier dans toutes les équations de départ : c'est le seul contrôle qui ne laisse rien passer.

Réponse. det⁡A=−5≠0\det A=-5\neq0 ; (x,y)=(3,−1)(x,y)=(3,-1). (Recoupement : 3(3)+2(−1)=73(3)+2(-1)=7 ✓ et 3−(−1)=43-(-1)=4 ✓)
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Déterminant puis inverse 2×2

CalculDifficulté 2/5

Soit A=(5273)A=\begin{pmatrix}5&2\\7&3\end{pmatrix}. 1) Calculer det⁡A\det A. 2) En déduire que AA est inversible et déterminer A−1A^{-1}.

Indices (3)

det⁡(abcd)=ad−bc\det\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}=ad-bc.

A−1=1det⁡A(d−b−ca)A^{-1}=\dfrac{1}{\det A}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}.

Contrôle final : AA−1A A^{-1} doit donner I2I_2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'ordre des questions est la méthode : le déterminant d'abord, parce qu'il conditionne l'existence de l'inverse et apparaît dans sa formule.

Ici il vaut 11, ce qui rend le calcul particulièrement propre — mais c'est une chance de l'énoncé, pas une règle.

Rappel de cours

Inverse d'une matrice 2×22\times2

A−1=1det⁡A(d−b−ca)A^{-1}=\frac{1}{\det A}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}
Termes diagonaux échangés, termes croisés changés de signe (sans bouger), le tout divisé par le déterminant.

Définition de l'inverse A−1A^{-1} est l'unique matrice vérifiant AA−1=A−1A=I2AA^{-1}=A^{-1}A=I_2.

Déterminant
det⁡A=5×3−2×7=15−14=1\det A=5\times3-2\times7=15-14=1

1≠01\neq0 : AA est inversible.

Appliquer la formule

On construit la matrice « échangée et signée » :

(d−b−ca)=(3−2−75)\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3&-2\\-7&5\end{pmatrix}

(les 55 et 33 ont échangé leurs places ; les 22 et 77 sont restés en place et ont changé de signe)

Puis on divise par det⁡A=1\det A=1, ce qui ne change rien :

A−1=11(3−2−75)=(3−2−75)\boxed{A^{-1}=\frac{1}{1}\begin{pmatrix}3&-2\\-7&5\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3&-2\\-7&5\end{pmatrix}}
Contrôler
AA−1=(5273)(3−2−75)AA^{-1}=\begin{pmatrix}5&2\\7&3\end{pmatrix}\begin{pmatrix}3&-2\\-7&5\end{pmatrix}
position calcul résultat
(1,1)(1,1) 5×3+2×(−7)=15−145\times3+2\times(-7)=15-14 11
(1,2)(1,2) 5×(−2)+2×5=−10+105\times(-2)+2\times5=-10+10 00
(2,1)(2,1) 7×3+3×(−7)=21−217\times3+3\times(-7)=21-21 00
(2,2)(2,2) 7×(−2)+3×5=−14+157\times(-2)+3\times5=-14+15 11
AA−1=I2AA^{-1}=I_2

✓

👉 On peut aussi vérifier A−1A=I2A^{-1}A=I_2 — c'est automatique en dimension finie, mais le faire ne coûte rien si l'on doute.

L'erreur classique

⚠️ Croire que le 1det⁡A\frac{1}{\det A} est inutile parce qu'il vaut 11. Il l'est ici, mais l'omettre comme habitude se paie au premier déterminant différent de 11 — et c'est le cas le plus fréquent (voir B3, où det⁡=−1\det=-1 change tous les signes).

Garde le facteur dans ta rédaction, même quand il vaut 11 : c'est ce qui montre que tu appliques la formule, pas une recette approximative.

⚠️ Échanger bb et cc au lieu de changer leurs signes. La formule fait deux choses distinctes : elle échange aa et dd, elle change le signe de bb et cc sans les déplacer.

⚠️ Changer aussi le signe de aa et dd. Non : eux ne changent que de place.

⚠️ Oublier le contrôle parce que le calcul « a l'air simple ». Quatre produits scalaires valident tout.

À retenir

Déterminant, formule, contrôle par AA−1=IAA^{-1}=I. Trois étapes, toujours les mêmes.

Un déterminant égal à 11 est une commodité de l'énoncé, pas une propriété générale : garde le facteur 1det⁡A\frac{1}{\det A} dans ta rédaction pour que l'habitude tienne quand il vaudra −3-3 ou 77.

Réponse. det⁡A=1\det A=1 ; A−1=(3−2−75)A^{-1}=\begin{pmatrix}3&-2\\-7&5\end{pmatrix}. (Recoupement : AA−1=I2A A^{-1}=I_2 vérifié ✓)
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Système 3×3 par pivot de Gauss

ApplicationDifficulté 3/5

Résoudre par pivot de Gauss : {x+y+z=62x−y+z=3x+2y−z=2\begin{cases}x+y+z=6\\2x-y+z=3\\x+2y-z=2\end{cases}

Indices (3)

Utilise L1L_1 comme pivot pour éliminer xx dans L2L_2 et L3L_3.

Tu obtiens un système 2×2 en y,zy,z : résous-le.

Remonte dans L1L_1 pour trouver xx, puis vérifie dans les 3 équations.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Système 3×33\times3 : le pivot en escalier, comme à l'exercice A5.

On élimine xx des deux dernières lignes, ce qui laisse un système 2×22\times2 en yy et zz ; on le résout, puis on remonte. La difficulté n'est pas la méthode mais la tenue des signes sur trois lignes.

Rappel de cours

Pivot de Gauss Ajouter à une ligne un multiple d'une autre ne change pas les solutions. On élimine en cascade jusqu'à un système triangulaire, puis on remonte.

👉 La discipline qui évite les erreurs : à chaque combinaison, écris l'opération (L2−2L1L_2-2L_1) avant de calculer, et applique-la à la ligne entière, second membre compris.

Éliminer x

L1L_1 porte xx avec le coefficient 11 : c'est un pivot commode.

L2−2L1L_2-2L_1 :

(2x−y+z)−2(x+y+z)=3−2×6(2x-y+z)-2(x+y+z)=3-2\times6
2x−y+z−2x−2y−2z=3−12⟹−3y−z=−92x-y+z-2x-2y-2z=3-12\quad\Longrightarrow\quad -3y-z=-9

L3−L1L_3-L_1 :

(x+2y−z)−(x+y+z)=2−6(x+2y-z)-(x+y+z)=2-6
x+2y−z−x−y−z=−4⟹y−2z=−4x+2y-z-x-y-z=-4\quad\Longrightarrow\quad y-2z=-4

⚠️ Dans la première, z−2z=−zz-2z=-z ; dans la seconde, −z−z=−2z-z-z=-2z. Deux soustractions différentes, deux résultats différents.

Résoudre le système 2×2

De −3y−z=−9-3y-z=-9, on isole zz :

z=−3y+9=9−3yz=-3y+9=9-3y

On reporte dans y−2z=−4y-2z=-4 :

y−2(9−3y)=−4y-2(9-3y)=-4
y−18+6y=−4y-18+6y=-4
7y=−4+18=14⟹y=27y=-4+18=14\quad\Longrightarrow\quad y=2

Puis z=9−3×2=9−6=3z=9-3\times2=9-6=3.

⚠️ Le point critique : −2×(−3y)=+6y-2\times(-3y)=+6y. Distribuer un −2-2 sur une parenthèse contenant déjà un moins est exactement l'endroit où l'exercice se perd.

Remonter

On revient à L1L_1 : x+y+z=6x+y+z=6, avec y=2y=2 et z=3z=3 :

x=6−2−3=1x=6-2-3=1
(x,y,z)=(1, 2, 3)\boxed{(x,y,z)=(1,\,2,\,3)}
Contrôle — dans les trois équations
équation calcul vérifié ?
x+y+z=6x+y+z=6 1+2+3=61+2+3=6 ✓
2x−y+z=32x-y+z=3 2−2+3=32-2+3=3 ✓
x+2y−z=2x+2y-z=2 1+4−3=21+4-3=2 ✓

⚠️ Sur un 3×33\times3, vérifier une seule équation ne prouve rien : L1L_1 a servi à remonter, elle est donc satisfaite par construction. Ce sont L2L_2 et L3L_3 qui portent l'information.

👉 La solution (1,2,3)(1,2,3) est « jolie » — c'est fréquent sur les énoncés construits, mais ce n'est pas un contrôle : une solution laide peut être juste.

L'erreur classique

⚠️ Oublier d'appliquer l'opération au second membre : L2−2L1L_2-2L_1 donne 3−2×6=−93-2\times6=-9, pas 33.

⚠️ Se tromper de signe en distribuant : −2(9−3y)=−18+6y-2(9-3y)=-18+6y, et non −18−6y-18-6y. C'est l'erreur qui produit un yy faux, donc tout le reste faux — et le contrôle final la révèle sans dire où elle est.

⚠️ Se tromper de multiplicateur : pour éliminer 2x2x à partir de xx, il faut soustraire 2L12L_1, pas L1L_1.

⚠️ Remonter dans une ligne déjà transformée. On remonte dans une équation d'origine — ici L1L_1, qui n'a pas bougé. Sinon on perd le bénéfice du contrôle indépendant.

À retenir

Éliminer, résoudre le 2×22\times2, remonter, vérifier partout.

Et applique chaque opération à la ligne entière, second membre compris. Sur un 3×33\times3, l'erreur ne vient presque jamais de la méthode — elle vient d'un signe, et c'est le contrôle final qui la révèle.

Réponse. (x,y,z)=(1,2,3)(x,y,z)=(1,2,3). (Recoupement : 1+2+3=61+2+3=6 ✓, 2−2+3=32-2+3=3 ✓, 1+4−3=21+4-3=2 ✓)
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Inverse 3×3 par Gauss-Jordan

CalculDifficulté 3/5

Soit A=(120011101)A=\begin{pmatrix}1&2&0\\0&1&1\\1&0&1\end{pmatrix}. 1) Calculer det⁡A\det A et justifier que AA est inversible. 2) Déterminer A−1A^{-1} par la méthode de Gauss-Jordan.

Indices (3)

Développe le déterminant selon la 1ʳᵉ colonne (deux coefficients non nuls seulement).

Accole l'identité : [A ∣ I3]→[I3 ∣ A−1][A\,|\,I_3]\to[I_3\,|\,A^{-1}] par opérations sur les lignes.

Vérifie par AA−1=I3A A^{-1}=I_3.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux questions enchaînées : le déterminant justifie l'inversibilité, Gauss-Jordan produit l'inverse.

Pour le déterminant, on choisit la première colonne (1,0,1)(1,0,1) : son zéro supprime un mineur, donc un tiers du travail.

Rappel de cours

Gauss-Jordan [A ∣ I3]⟶[I3 ∣ A−1][A\,|\,I_3]\longrightarrow[I_3\,|\,A^{-1}] par opérations sur les lignes uniquement. On descend (pour trianguler), puis on remonte (pour diagonaliser), puis on normalise les pivots à 11.

Développement selon une colonne Même formule que selon une ligne, avec le même damier de signes : det⁡A=∑i(−1)i+jaijMij\det A=\sum_i(-1)^{i+j}a_{ij}M_{ij} à jj fixé.

Déterminant

Développement selon la première colonne, dont les coefficients sont (1, 0, 1)(1,\,0,\,1) et les signes +, −, ++,\,-,\,+ :

det⁡A=+1∣1101∣ − 0×(…)⏟disparaıˆt +1∣2011∣\det A=+1\begin{vmatrix}1&1\\0&1\end{vmatrix}\ \underbrace{-\ 0\times(\ldots)}_{\text{disparaît}}\ +1\begin{vmatrix}2&0\\1&1\end{vmatrix}
=1×(1×1−1×0)+1×(2×1−0×1)=1+2=3=1\times(1\times1-1\times0)+1\times(2\times1-0\times1)=1+2=3

3≠03\neq0 : AA est inversible.

⚠️ Le mineur du bas se forme en barrant la ligne 33 et la colonne 11 : il reste (2011)\begin{pmatrix}2&0\\1&1\end{pmatrix}, pris sur les deux premières lignes.

Descente

On part de [A ∣ I3][A\,|\,I_3] et on élimine sous les pivots.

L3←L3−L1donne(0, −2, 1)L_3\leftarrow L_3-L_1\quad\text{donne}\quad(0,\,-2,\,1)
L3←L3+2L2donne(0, 0, 3)L_3\leftarrow L_3+2L_2\quad\text{donne}\quad(0,\,0,\,3)
L3←13L3normalise le pivot aˋ 1L_3\leftarrow\tfrac13L_3\quad\text{normalise le pivot à }1

À chaque étape, la même opération est appliquée au bloc de droite.

ℹ️ Le 33 qui apparaît au pivot n'est pas une coïncidence : c'est le déterminant, qui se retrouve en facteur — voir le pas 7.

Remontée et résultat
L2←L2−L3,puisL1←L1−2L2L_2\leftarrow L_2-L_3,\qquad\text{puis}\qquad L_1\leftarrow L_1-2L_2

La partie gauche devient I3I_3, et la droite livre l'inverse :

A−1=13(1−2211−1−121)\boxed{A^{-1}=\frac{1}{3}\begin{pmatrix}1&-2&2\\1&1&-1\\-1&2&1\end{pmatrix}}
Contrôle

Par AA−1=I3AA^{-1}=I_3. Vérifions la première ligne : ligne 11 de AA, soit (1,2,0)(1,2,0), contre les colonnes de A−1A^{-1} :

13(1×1+2×1+0×(−1))=13(1+2)=1\tfrac13\big(1\times1+2\times1+0\times(-1)\big)=\tfrac13(1+2)=1

✓

13(1×(−2)+2×1+0×2)=13(−2+2)=0\tfrac13\big(1\times(-2)+2\times1+0\times2\big)=\tfrac13(-2+2)=0

✓

13(1×2+2×(−1)+0×1)=13(2−2)=0\tfrac13\big(1\times2+2\times(-1)+0\times1\big)=\tfrac13(2-2)=0

✓

Première ligne : (1,0,0)(1,0,0) ✓.

Par le déterminant. Le facteur 13\frac13 devant l'inverse est cohérent avec det⁡A=3\det A=3 — et ce n'est pas un hasard : on montre en général que, si AA est à coefficients entiers, les dénominateurs de A−1A^{-1} divisent det⁡A\det A. C'est un contrôle de plus, gratuit, à faire systématiquement sur un inverse 3×33\times3.

L'erreur classique

⚠️ Appliquer une opération à gauche sans la répercuter à droite. Les deux blocs de [A ∣ I][A\,|\,I] subissent exactement les mêmes opérations, à chaque étape. C'est l'erreur qui ruine le plus souvent un Gauss-Jordan, et elle ne se voit qu'au contrôle final.

⚠️ Oublier de normaliser un pivot : la partie gauche doit devenir I3I_3 exactement, pas une matrice diagonale quelconque. Si tu obtiens (100010003)\begin{pmatrix}1&0&0\\0&1&0\\0&0&3\end{pmatrix}, tu n'as pas fini.

⚠️ S'arrêter à la forme triangulaire. Gauss simple triangule ; Gauss-Jordan va jusqu'à la diagonale.

⚠️ Développer le déterminant selon une ligne pleine alors qu'une colonne porte un zéro. Ce n'est pas faux, c'est un tiers de travail en plus.

À retenir

Gauss-Jordan : les mêmes opérations des deux côtés, jusqu'à I3I_3 à gauche.

Et retiens le contrôle croisé : les dénominateurs de A−1A^{-1} doivent diviser det⁡A\det A (si AA est à coefficients entiers). Ici 13\frac13 pour det⁡A=3\det A=3 ✓ — un recoupement entre les deux questions de l'énoncé, qui ne coûte rien.

Réponse. det⁡A=3\det A=3 ; A−1=13(1−2211−1−121)A^{-1}=\dfrac{1}{3}\begin{pmatrix}1&-2&2\\1&1&-1\\-1&2&1\end{pmatrix}. (Recoupement : AA−1=I3A A^{-1}=I_3 vérifié machine ✓)
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Déterminant 3×3 paramétrique et inversibilité

ApplicationDifficulté 3/5

Soit A=(1111a111a)A=\begin{pmatrix}1&1&1\\1&a&1\\1&1&a\end{pmatrix} avec a∈Ra\in\mathbb{R}. 1) Calculer det⁡A\det A et le factoriser. 2) Pour quelles valeurs de aa la matrice AA est-elle inversible ?

Indices (3)

Simplifie d'abord : L2←L2−L1L_2\leftarrow L_2-L_1 et L3←L3−L1L_3\leftarrow L_3-L_1 ne changent pas le déterminant.

La matrice obtenue est triangulaire : produit de la diagonale.

Inversible   ⟺  det⁡A≠0\iff \det A\neq0.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un déterminant paramétrique dont on demande la forme factorisée : c'est le signe qu'il faut simplifier avant de développer, pas après.

Les trois lignes se ressemblent beaucoup. En soustrayant L1L_1 aux deux autres, on obtient directement une matrice triangulaire — et le déterminant se lit alors sur la diagonale.

Rappel de cours

Deux propriétés qui se combinent

  1. Ajouter à une ligne un multiple d'une autre ne change pas le déterminant.
  2. Le déterminant d'une matrice triangulaire est le produit de sa diagonale.

D'où la stratégie : trianguler d'abord, lire ensuite.

⚠️ Attention : la propriété 1 vaut pour « ajouter un multiple d'une autre ligne ». Multiplier une ligne par kk, en revanche, multiplie le déterminant par kk — et échanger deux lignes change son signe. Trois opérations, trois effets différents.

Simplifier les lignes
L2←L2−L1:(1, a, 1)−(1, 1, 1)=(0,  a−1,  0)L_2\leftarrow L_2-L_1:\qquad(1,\,a,\,1)-(1,\,1,\,1)=(0,\;a-1,\;0)
L3←L3−L1:(1, 1, a)−(1, 1, 1)=(0,  0,  a−1)L_3\leftarrow L_3-L_1:\qquad(1,\,1,\,a)-(1,\,1,\,1)=(0,\;0,\;a-1)

Le déterminant est inchangé par ces deux opérations (propriété 1).

det⁡A=det⁡(1110a−1000a−1)\det A=\det\begin{pmatrix}1&1&1\\0&a-1&0\\0&0&a-1\end{pmatrix}
Lire le déterminant

La matrice obtenue est triangulaire supérieure (tout est nul sous la diagonale). Son déterminant est le produit des coefficients diagonaux :

det⁡A=1×(a−1)×(a−1)=(a−1)2\det A=1\times(a-1)\times(a-1)=(a-1)^2

👉 La forme factorisée est obtenue directement — on n'a jamais développé, donc jamais eu à factoriser un polynôme.

Inversibilité
A inversible  ⟺  (a−1)2≠0  ⟺  a−1≠0  ⟺  a≠1A\ \text{inversible}\iff (a-1)^2\neq0\iff a-1\neq0\iff \boxed{a\neq1}

Pour a=1a=1, la matrice devient (111111111)\begin{pmatrix}1&1&1\\1&1&1\\1&1&1\end{pmatrix} : les trois lignes sont identiques, donc le déterminant est nul. Cohérent ✓.

Contrôle par une autre voie

Par Sarrus, sur la matrice d'origine :

1⋅a⋅a+1⋅1⋅1+1⋅1⋅1⏟descendantes−(1⋅a⋅1+1⋅1⋅a+1⋅1⋅1)⏟montantes\underbrace{1\cdot a\cdot a+1\cdot1\cdot1+1\cdot1\cdot1}_{\text{descendantes}}-\underbrace{(1\cdot a\cdot1+1\cdot1\cdot a+1\cdot1\cdot1)}_{\text{montantes}}
=(a2+1+1)−(a+a+1)=a2+2−2a−1=a2−2a+1=(a−1)2=(a^2+1+1)-(a+a+1)=a^2+2-2a-1=a^2-2a+1=(a-1)^2

✓

Même résultat, développement complet à l'appui.

Par une valeur : a=0a=0 donne (0−1)2=1(0-1)^2=1 par la formule ; et la matrice (111101110)\begin{pmatrix}1&1&1\\1&0&1\\1&1&0\end{pmatrix} a bien pour déterminant 11 ✓.

L'erreur classique

⚠️ Développer directement puis peiner à factoriser le polynôme obtenu. Ce n'est pas faux, mais l'énoncé demande une forme factorisée : la triangulation la donne gratuitement, et sans risque d'erreur de factorisation.

⚠️ Conclure « inversible si a≠1a\neq1 et a≠−1a\neq-1 » en croyant que (a−1)2(a-1)^2 a deux racines. C'est un carré : sa seule racine est 11, double. Une racine double reste une valeur à exclure.

⚠️ Croire qu'une opération sur les lignes change le déterminant. Ajouter un multiple d'une autre ligne ne le change pas — c'est ce qui rend la méthode valable. (Multiplier une ligne, si.)

⚠️ Lire la diagonale d'une matrice non triangulaire. Le produit des coefficients diagonaux n'est garanti égal au déterminant que si tout ce qui est d'un côté est nul.

À retenir

« Factoriser le déterminant » est une invitation à simplifier les lignes d'abord. Trianguler puis lire la diagonale évite le développement et la factorisation — deux étapes, deux occasions d'erreur en moins.

Et garde la hiérarchie des trois opérations : ajouter un multiple ne change rien, multiplier une ligne multiplie, échanger deux lignes change le signe.

Réponse. det⁡A=(a−1)2\det A=(a-1)^2 ; inversible   ⟺  a≠1\iff a\neq1. (Recoupement par Sarrus : a2+2−2a−1=a2−2a+1=(a−1)2a^2+2-2a-1=a^2-2a+1=(a-1)^2 ✓)
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S'entraîner davantage sur matrices & systèmes linéaires

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