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Exercices corrigés — Équations différentielles

Analyse · 18 exercices-types du palier socle

BUTBTSL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Équations différentielles Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Vérifier qu'une fonction est solution

ApplicationDifficulté 2/5

On considère l'équation différentielle y′+3y=0y'+3y=0. 1) Vérifier que f(x)=5e−3xf(x)=5e^{-3x} est solution sur R\mathbb{R}. 2) La fonction g(x)=exg(x)=e^{x} est-elle solution ?

Indices (3)

Calcule f′(x)f'(x) (dérivée de eue^{u} : u′euu'e^{u}, vue au chapitre Dérivation).

Remplace f′f' et ff dans le membre de gauche : tu dois trouver 00 pour tout xx.

Pour gg : même démarche, l'égalité doit être vraie pour TOUT xx.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'énoncé ne demande pas de résoudre l'équation. Il demande de vérifier — et c'est une opération complètement différente, beaucoup plus simple.

Résoudre, c'est partir de l'équation et chercher qui la satisfait. Vérifier, c'est déjà tenir un candidat : on le remplace dans l'équation, on calcule, et on regarde si on tombe sur 0=00=0.

Il n'y a donc rien à inventer ici. Deux gestes suffisent : dériver, puis substituer.

Le point que beaucoup manquent : yy et y′y' dans l'équation ne sont pas deux inconnues indépendantes. Écrire y′+3y=0y'+3y=0, c'est dire « la dérivée de la fonction vaut −3-3 fois la fonction elle-même ». C'est une relation entre une fonction et sa propre dérivée, et c'est cette relation qu'on teste.

1) Tester $f(x)=5e^{-3x}$

Étape 1 — dériver. On dérive eue^{u} en u′euu'e^{u}, avec ici u(x)=−3xu(x)=-3x donc u′(x)=−3u'(x)=-3 :

f′(x)=5×(−3)e−3x=−15e−3xf'(x)=5\times(-3)e^{-3x}=-15e^{-3x}

Étape 2 — substituer dans le membre de gauche. On remplace yy par f(x)f(x) et y′y' par f′(x)f'(x) :

f′(x)+3f(x)=−15e−3x+3×5e−3xf'(x)+3f(x)=-15e^{-3x}+3\times 5e^{-3x}

Étape 3 — simplifier. Les deux termes ont le même facteur e−3xe^{-3x}, on le met en facteur :

=(−15+15) e−3x=0×e−3x=0=(-15+15)\,e^{-3x}=0\times e^{-3x}=0

On obtient bien 00, pour tout xx réel. Donc ff est solution sur R\mathbb{R} ✓

2) Tester $g(x)=e^{x}$

Même méthode, exactement.

g′(x)=exg'(x)=e^{x}
g′(x)+3g(x)=ex+3ex=4exg'(x)+3g(x)=e^{x}+3e^{x}=4e^{x}

Et là, ce n'est pas 00. Le facteur exe^{x} ne s'annule jamais, donc 4ex>04e^{x}>0 pour tout xx.

Conclusion : gg n'est pas solution ✗

⚠️ Attention à la rédaction. Il ne suffit pas d'écrire « 4ex≠04e^x\ne 0 donc ce n'est pas solution » sans avoir dit pourquoi exe^x ne s'annule pas : c'est une propriété de l'exponentielle, à citer. Une réponse du type « 4ex4e^x pourrait être nul si xx était bien choisi » serait fausse, et c'est le genre de doute qu'un correcteur veut voir levé.

Un mot sur ce que ce contre-exemple enseigne. exe^x ressemble beaucoup à 5e−3x5e^{-3x} : c'est une exponentielle. Mais le coefficient dans l'exposant n'est pas le bon. C'est lui, et lui seul, qui décide.

f(x)=5e−3x est solutiong(x)=ex ne l’est PAS\boxed{f(x)=5e^{-3x}\ \text{est solution}\qquad g(x)=e^{x}\ \text{ne l'est PAS}}
Rappel de cours

Ce que veut dire « être solution »

Une fonction ff, dérivable sur un intervalle II, est solution de l'équation différentielle y′+ay=by'+ay=b sur II lorsque

f′(x)+a f(x)=bpour tout x∈If'(x)+a\,f(x)=b \qquad \textbf{pour tout } x\in I

Les deux mots qui comptent :

  • pour tout — une égalité vraie en un seul point ne suffit pas ;
  • dérivable — sans dérivée, la question ne se pose même pas.

Dérivée d'une exponentielle composée

(eu(x))′=u′(x) eu(x)\big(e^{u(x)}\big)'=u'(x)\,e^{u(x)}
En particulier (ekx)′=k ekx\big(e^{kx}\big)'=k\,e^{kx} : dériver une exponentielle, c'est la multiplier par le coefficient de xx.

L'exponentielle ne s'annule jamais

eX>0pour tout reˊel Xe^{X}>0 \quad \text{pour tout réel } X
C'est ce qui permet de dire que 4ex4e^{x} n'est jamais nul, et aussi — plus loin dans le chapitre — de simplifier par ekxe^{kx} sans précaution.

L'erreur classique

⚠️ Vérifier en un seul point. Calculer f′(0)+3f(0)f'(0)+3f(0), trouver −15+15=0-15+15=0… et conclure. C'est insuffisant : une égalité en x=0x=0 ne dit rien de ce qui se passe ailleurs.

Le contrôle qui le montre : prenons h(x)=5cos⁡xh(x)=5\cos x. Alors h(0)=5h(0)=5 et h′(0)=0h'(0)=0, donc h′(0)+3h(0)=15≠0h'(0)+3h(0)=15\ne 0 — mais même si on avait trouvé 00 en un point, il faudrait le vérifier partout. La substitution doit produire une identité en xx, pas un nombre.

⚠️ Confondre vérifier et résoudre. Se lancer dans la résolution complète alors qu'on tient déjà le candidat. Ce n'est pas faux, c'est du travail perdu — et sur une copie, c'est du temps perdu.

⚠️ Se tromper de signe en dérivant. Écrire f′(x)=15e−3xf'(x)=15e^{-3x} au lieu de −15e−3x-15e^{-3x}. Le coefficient de xx vaut −3-3, il ressort tel quel, signe compris.

Le contrôle : avec la dérivée fautive on obtiendrait 15e−3x+15e−3x=30e−3x15e^{-3x}+15e^{-3x}=30e^{-3x}, qui n'est pas nul. On conclurait que ff n'est pas solution — donc une erreur de signe se traduit ici par une conclusion inversée, pas par un résultat approximatif.

À retenir

Vérifier qu'une fonction est solution = dériver puis substituer. Deux lignes, aucune méthode à connaître. Dès qu'un énoncé dit « vérifier que », c'est ce geste-là qu'il attend.

La substitution doit donner une identité valable pour tout xx, pas une égalité en un point. Le facteur exponentiel se met en facteur, et c'est le coefficient devant lui qui doit être nul.

Pour y′+ay=0y'+ay=0, la solution est e−axe^{-ax} — le signe s'inverse. Ici a=3a=3 et la solution est en e−3xe^{-3x}. C'est le point que le lot suivant va systématiser, et l'inversion du signe est la source d'erreur n°1 de tout le chapitre.

Réponse. f(x)=5e−3xf(x)=5e^{-3x} est solution ; g(x)=exg(x)=e^{x} ne l'est pas (g′+3g=4exg'+3g=4e^x). (Recoupement : ff est bien de la forme Ce−3xCe^{-3x}, la solution générale de y′+3y=0y'+3y=0 ✓)
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Résoudre une équation homogène du 1er ordre

CalculDifficulté 2/5

Résoudre sur R\mathbb{R} l'équation différentielle y′+4y=0y'+4y=0, puis donner la solution qui vaut 11 en x=0x=0.

Indices (3)

Équation de la forme y′+ay=0y'+ay=0 : solutions y=Ce−axy=Ce^{-ax}.

Ici a=4a=4.

Impose ensuite y(0)=1y(0)=1 pour trouver CC.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

C'est l'équation modèle du chapitre, celle dont tout le reste découle. Il faut la reconnaître au premier coup d'œil :

y′+ay=0y'+ay=0

Deux choses seulement à repérer : le second membre est nul (équation dite homogène), et le coefficient aa est une constante (ici 44). Dès que ces deux conditions sont réunies, la réponse est une formule, sans calcul.

Le piège est le signe, et il est là dès la première ligne du chapitre. L'équation porte +4+4 ; la solution porte −4-4 dans l'exposant. Ce n'est pas une convention arbitraire, on va voir d'où ça vient.

La question demande ensuite une solution précise parmi toutes celles trouvées : c'est la condition initiale y(0)=1y(0)=1 qui la sélectionne.

Étape 1 — la solution générale

Ici a=4a=4. La formule du cours donne directement

y(x)=C e−4x,C∈R\boxed{y(x)=C\,e^{-4x}, \qquad C\in\mathbb{R}}

D'où vient le signe moins ? Réécrivons l'équation en isolant y′y' :

y′=−4yy'=-4y

Elle dit : la dérivée vaut −4-4 fois la fonction. Or dériver ekxe^{kx} le multiplie par kk. Il faut donc k=−4k=-4, c'est-à-dire e−4xe^{-4x}.

Le contrôle, qui ne coûte rien — on substitue :

y′+4y=−4Ce−4x+4Ce−4x=0✓y'+4y=-4C e^{-4x}+4Ce^{-4x}=0 \quad \checkmark

Et une remarque sur la constante CC : il n'y a pas une solution mais une famille infinie, une par valeur de CC. La valeur C=0C=0 est incluse : la fonction nulle est bien solution, ce qui se vérifie en une seconde.

Étape 2 — utiliser la condition initiale

On veut la solution qui vaut 11 en x=0x=0. On écrit donc y(0)=1y(0)=1 dans la formule générale :

y(0)=C e−4×0=C e0=C×1=Cy(0)=C\,e^{-4\times 0}=C\,e^{0}=C\times 1=C

Donc C=1C=1, et la solution cherchée est

y(x)=e−4x\boxed{y(x)=e^{-4x}}

Pourquoi c'est toujours aussi simple en x=0x=0 : parce que e0=1e^{0}=1, la condition initiale en 00 donne directement C=y(0)C=y(0). Autrement dit, CC est la valeur de départ. C'est la lecture concrète de la constante, et elle sert dans tous les exercices de modélisation du chapitre.

⚠️ Si la condition était donnée ailleurs qu'en 00 — par exemple y(1)=1y(1)=1 — on aurait C e−4=1C\,e^{-4}=1 donc C=e4C=e^{4}. Le principe est le même, mais l'exponentielle ne disparaît plus.

Rappel de cours

Équation homogène du premier ordre à coefficient constant

Les solutions sur R\mathbb{R} de

y′+ay=0(a constante reˊelle)y'+ay=0 \qquad (a \text{ constante réelle})
sont exactement les fonctions
y(x)=C e−ax,C∈Ry(x)=C\,e^{-ax}, \qquad C\in\mathbb{R}

⚠️ Le signe s'inverse entre l'équation et l'exposant.

Deux écritures de la même équation

forme solution
y′+ay=0y'+ay=0 y=Ce−axy=Ce^{-ax}
y′=kyy'=ky y=Cekxy=Ce^{kx}

La seconde est celle où le signe ne s'inverse pas — parce que le coefficient a déjà changé de côté. Choisir une des deux et s'y tenir évite l'essentiel des erreurs.

Rôle de la condition initiale Elle sélectionne une seule solution dans la famille. Une équation du premier ordre a une constante, donc il faut une condition.

L'erreur classique

⚠️ Oublier d'inverser le signe : écrire y=Ce4xy=Ce^{4x} pour y′+4y=0y'+4y=0. C'est de loin l'erreur la plus fréquente du chapitre, et elle donne un résultat qualitativement opposé — une fonction qui explose au lieu d'une qui s'amortit.

Le contrôle, en deux lignes : substituer la version fautive.

(Ce4x)′+4 Ce4x=4Ce4x+4Ce4x=8Ce4x\big(Ce^{4x}\big)'+4\,Ce^{4x}=4Ce^{4x}+4Ce^{4x}=8Ce^{4x}

Ce n'est pas nul : la fonction proposée n'est pas solution ✗

Ce contrôle est disponible à chaque fois, en dix secondes. Pris systématiquement, il rend cette erreur impossible.

⚠️ Oublier la constante CC et répondre y=e−4xy=e^{-4x} à la première question. C'est une solution, pas les solutions. La question 1 demande l'ensemble, la question 2 en extrait un élément.

⚠️ Écrire y=e−4x+Cy=e^{-4x}+C. La constante est un facteur, jamais un terme additif ici. On le voit tout de suite en substituant : −4e−4x+4(e−4x+C)=4C-4e^{-4x}+4(e^{-4x}+C)=4C, qui n'est nul que si C=0C=0.

À retenir
y′+ay=0⟹y=C e−axy'+ay=0 \quad \Longrightarrow \quad y=C\,e^{-ax}

Le signe s'inverse. C'est l'unique difficulté de cette formule, et elle se contrôle en substituant.

CC est la valeur en 00 quand la condition initiale est donnée en 00, puisque e0=1e^{0}=1. Cette lecture rend le calcul instantané, et elle donne un sens physique à la constante : c'est l'état de départ.

Une équation du premier ordre = une constante = une condition initiale. Au second ordre il y en aura deux, et il faudra deux conditions.

Réponse. Solution générale : y=Ce−4xy=Ce^{-4x} (C∈RC\in\mathbb{R}) ; avec y(0)=1y(0)=1 : y=e−4xy=e^{-4x}. (Recoupement : y′=−4e−4xy'=-4e^{-4x} et y′+4y=−4e−4x+4e−4x=0y'+4y=-4e^{-4x}+4e^{-4x}=0 ✓)
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Forme y' = ay et condition initiale

CalculDifficulté 2/5

Résoudre y′=2yy'=2y avec la condition initiale y(0)=3y(0)=3.

Indices (3)

Sous la forme y′=ayy'=ay, les solutions sont y=Ceaxy=Ce^{ax} (ici a=2a=2, exposant positif).

Attention au signe : y′=2yy'=2y équivaut à y′−2y=0y'-2y=0.

y(0)=3y(0)=3 détermine CC.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'équation est écrite y′=2yy'=2y et non y′−2y=0y'-2y=0. C'est la même équation, mais présentée sous la forme qui pardonne : ici le coefficient est déjà du bon côté, et il n'y a aucun signe à inverser.

C'est la forme naturelle en sciences : le taux de variation est proportionnel à la quantité présente. Population qui croît, capital qui produit des intérêts, réaction en chaîne — tous ces modèles s'écrivent y′=kyy'=ky.

Et le signe de kk raconte l'histoire : k>0k>0, ça croît ; k<0k<0, ça décroît. Ici k=2>0k=2>0, donc on s'attend à une croissance exponentielle. Ce réflexe permet de valider la réponse avant même de l'avoir posée.

Étape 1 — la solution générale

L'équation y′=2yy'=2y est de la forme y′=kyy'=ky avec k=2k=2. Ses solutions sont

y(x)=C e2x,C∈Ry(x)=C\,e^{2x}, \qquad C\in\mathbb{R}

Pourquoi e2xe^{2x} et pas e−2xe^{-2x} ici ? Parce qu'on lit l'équation directement : dériver e2xe^{2x} le multiplie par 22, ce qui est exactement ce que demande y′=2yy'=2y.

Si l'on préfère passer par la forme y′+ay=0y'+ay=0, il faut d'abord tout mettre du même côté :

y′−2y=0donca=−2doncy=Ce−(−2)x=Ce2xy'-2y=0 \quad\text{donc}\quad a=-2 \quad\text{donc}\quad y=Ce^{-(-2)x}=Ce^{2x}

Les deux chemins donnent le même résultat, et c'est rassurant : ce sont deux lectures d'une seule formule. Mais la première est plus sûre, parce qu'elle n'a pas de signe à retourner.

Contrôle : y′=2Ce2xy'=2Ce^{2x} et 2y=2Ce2x2y=2Ce^{2x} — égaux ✓

Étape 2 — la condition initiale

On impose y(0)=3y(0)=3 :

y(0)=C e0=C=3y(0)=C\,e^{0}=C=3

D'où la solution unique

y(x)=3 e2x\boxed{y(x)=3\,e^{2x}}

Vérification complète, celle qu'on peut toujours faire en fin d'exercice :

à vérifier calcul verdict
l'équation y′=6e2xy'=6e^{2x} et 2y=6e2x2y=6e^{2x} ✓
la condition y(0)=3e0=3y(0)=3e^{0}=3 ✓

Les deux conditions sont satisfaites, la réponse est certaine.

Un ordre de grandeur pour finir : y(1)=3e2≈22,2y(1)=3e^{2}\approx 22{,}2. En une unité de temps, la quantité a été multipliée par e2≈7,4e^{2}\approx 7{,}4. La croissance annoncée par k=2>0k=2>0 est bien là, et elle est rapide.

Rappel de cours

Les deux formes, et laquelle utiliser

forme rencontrée solution signe
y′=kyy'=ky y=Cekxy=Ce^{kx} inchangé
y′+ay=0y'+ay=0 y=Ce−axy=Ce^{-ax} inversé

Ce sont les mêmes solutions, avec k=−ak=-a. Le conseil pratique : ramener systématiquement à y′=kyy'=ky en isolant y′y', puis recopier kk dans l'exposant. Plus rien à inverser.

Lecture du signe de kk

  • k>0k>0 : croissance exponentielle, y→+∞y\to+\infty (si C>0C>0)
  • k<0k<0 : y→0y\to 0, en décroissant si C>0C>0
  • k=0k=0 : yy constante

Ce réflexe donne un contrôle de plausibilité gratuit sur tout exercice de modélisation.

Unicité Pour y′=kyy'=ky avec y(x0)=y0y(x_0)=y_0 donné, il existe une et une seule solution. C'est ce qui autorise à écrire « la » solution après avoir trouvé CC.

L'erreur classique

⚠️ Inverser le signe alors qu'il ne faut pas. Voir y′=2yy'=2y, penser « il faut mettre un moins » par automatisme, et écrire y=Ce−2xy=Ce^{-2x}. L'inversion appartient à la forme y′+ay=0y'+ay=0, pas à celle-ci.

Le contrôle : la version fautive donne y′=−2Ce−2xy'=-2Ce^{-2x} alors que 2y=2Ce−2x2y=2Ce^{-2x}. On aurait besoin de −2=2-2=2 ✗

Et le contrôle de bon sens, encore plus rapide : y′=2yy'=2y avec y>0y>0 donne y′>0y'>0, donc une fonction croissante. Or Ce−2xCe^{-2x} décroît. La réponse fautive contredit l'équation à vue d'œil.

⚠️ Écrire y=e2x+3y=e^{2x}+3 pour tenir compte de y(0)=3y(0)=3. L'ajustement se fait sur le facteur, pas en ajoutant une constante. On le voit en substituant : 2e2x≠2(e2x+3)2e^{2x}\ne 2(e^{2x}+3), il manque 66.

⚠️ Répondre y=3e2xy=3e^{2x} sans avoir donné la solution générale. Le raisonnement passe nécessairement par la famille Ce2xCe^{2x} ; sauter cette étape, c'est deviner. Sur une copie, c'est le point de méthode qui est noté.

À retenir
y′=ky⟹y=C ekxy'=ky \quad \Longrightarrow \quad y=C\,e^{kx}

Sous cette forme, aucun signe ne bouge. C'est la raison de toujours isoler y′y' avant d'appliquer la formule.

Le signe de kk donne le comportement : positif →\to explosion, négatif →\to amortissement. Un contrôle de plausibilité gratuit, à faire avant même de calculer.

Toujours conclure par la double vérification : la fonction satisfait-elle l'équation, et satisfait-elle la condition initiale ? Deux lignes, et le résultat n'est plus douteux.

Réponse. y(x)=3e2xy(x)=3e^{2x}. (Recoupement : y′=6e2x=2×3e2x=2yy'=6e^{2x}=2\times 3e^{2x}=2y ✓ et y(0)=3y(0)=3 ✓)
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Second membre constant

CalculDifficulté 3/5

Résoudre sur R\mathbb{R} l'équation y′+2y=6y'+2y=6. Préciser la limite des solutions quand x→+∞x\to+\infty.

Indices (3)

Structure : solution générale de l'homogène y′+2y=0y'+2y=0 plus une solution particulière.

Cherche une solution particulière constante yp=ky_p=k : sa dérivée est nulle.

2k=62k=6 donne kk.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Nouveauté : le second membre n'est plus 00, c'est 66. L'équation n'est plus homogène, et la formule Ce−axCe^{-ax} ne suffit plus.

La structure du chapitre commence ici, et elle vaut pour tout le reste :

solution geˊneˊrale  =  solutions de l’eˊquation sans second membre  +  une solution particulieˋre\text{solution générale} \;=\; \text{solutions de l'équation sans second membre} \;+\; \textbf{une} \text{ solution particulière}

On la note souvent y=yh+ypy=y_h+y_p. Deux calculs séparés, qu'on additionne à la fin.

Et pour trouver ypy_p ici, il y a une évidence à saisir : le second membre est une constante, donc on cherche une solution constante. Si y=ky=k est constante, alors y′=0y'=0, et l'équation devient une simple équation du premier degré. Aucune intégration.

Enfin, la question de la limite n'est pas décorative : elle révèle le sens physique de la décomposition.

Étape 1 — l'équation homogène

On met le second membre à zéro :

y′+2y=0⟹yh(x)=C e−2xy'+2y=0 \quad\Longrightarrow\quad y_h(x)=C\,e^{-2x}

(coefficient a=2a=2, donc exposant −2x-2x — le signe s'inverse).

Étape 2 — une solution particulière

Le second membre est la constante 66. On cherche donc une solution constante : posons yp(x)=ky_p(x)=k.

Alors yp′(x)=0y_p'(x)=0, et l'équation y′+2y=6y'+2y=6 devient

0+2k=6⟹k=30+2k=6 \quad\Longrightarrow\quad k=3

Donc yp(x)=3y_p(x)=3.

Contrôle immédiat : la fonction constante 33 a pour dérivée 00, et 0+2×3=60+2\times 3=6 ✓

Une remarque qui sert dans tout le chapitre : cette solution particulière porte un nom en sciences, c'est le régime permanent — l'état d'équilibre vers lequel le système tend. On la retrouvera au circuit RC (exercice D5) et au refroidissement (E6).

Étape 3 — assembler, puis la limite
y(x)=C e−2x+3,C∈R\boxed{y(x)=C\,e^{-2x}+3, \qquad C\in\mathbb{R}}

Vérification : y′=−2Ce−2xy'=-2Ce^{-2x}, donc

y′+2y=−2Ce−2x+2Ce−2x+6=6✓y'+2y=-2Ce^{-2x}+2Ce^{-2x}+6=6 \quad \checkmark

La limite en +∞+\infty. Quand x→+∞x\to+\infty, on a e−2x→0e^{-2x}\to 0, donc

lim⁡x→+∞y(x)=3\lim_{x\to+\infty}y(x)=3

et ce quelle que soit la valeur de CC.

C'est le fait important : le terme Ce−2xCe^{-2x} s'éteint, il ne reste que la solution particulière. Autrement dit

y=C e−2x⏟reˊgime transitoire  +  3⏟reˊgime permanenty = \underbrace{C\,e^{-2x}}_{\text{régime transitoire}} \;+\; \underbrace{3}_{\text{régime permanent}}

Toutes les solutions, quel que soit leur point de départ, finissent par se confondre avec 33. C'est exactement ce qu'on observe quand un système physique « oublie » ses conditions initiales.

Rappel de cours

Structure des solutions de y′+ay=by'+ay=b

y=C e−ax⏟yh+yp⏟une solution particulieˋrey=\underbrace{C\,e^{-ax}}_{y_h}+\underbrace{y_p}_{\text{une solution particulière}}

La solution générale de l'équation complète s'obtient en ajoutant la solution générale de l'équation homogène à une seule solution particulière — n'importe laquelle convient.

Second membre constant : la recette Si bb est constant et a≠0a\ne 0, chercher ypy_p constante : yp=bay_p=\dfrac{b}{a}.

Ici : yp=62=3y_p=\dfrac{6}{2}=3. On peut appliquer la formule directement, mais poser yp=ky_p=k et substituer est plus sûr — c'est le même geste que dans tout le reste du chapitre.

Comportement asymptotique Si a>0a>0, alors e−ax→0e^{-ax}\to 0 en +∞+\infty et toutes les solutions tendent vers ypy_p. Si a<0a<0, le terme exponentiel explose et il n'y a pas de limite finie, sauf pour C=0C=0 (y=ypy=y_p).

L'erreur classique

⚠️ Appliquer Ce−axCe^{-ax} à l'équation complète et répondre y=Ce−2xy=Ce^{-2x}. La formule ne vaut que pour le second membre nul ; ici on obtiendrait y′+2y=0≠6y'+2y=0\ne 6.

Le contrôle : substituer. C'est immédiat et sans appel.

⚠️ Se tromper de signe dans ypy_p : écrire 2k=62k=6 donc k=−3k=-3, ou bien −2k=6-2k=6. Le remède est de ne pas retenir de formule et de refaire la substitution : yp=ky_p=k, yp′=0y_p'=0, l'équation devient 2k=62k=6.

⚠️ Ajouter la constante CC au mauvais endroit : y=Ce−2x+3Cy=Ce^{-2x}+3C ou y=C(e−2x+3)y=C(e^{-2x}+3). Il n'y a qu'une constante et elle multiplie seulement l'exponentielle.

Le contrôle : avec y=C(e−2x+3)y=C(e^{-2x}+3), on trouve y′+2y=6Cy'+2y=6C, qui ne vaut 66 que si C=1C=1 ✗ — donc ce n'est pas une famille de solutions.

⚠️ Croire que la limite dépend de CC. Elle n'en dépend pas, précisément parce que e−2xe^{-2x} tend vers 00 : n'importe quelle constante multipliée par une quantité qui tend vers 00 tend vers 00.

À retenir
y′+ay=b⟹y=C e−ax+ypy'+ay=b \quad\Longrightarrow\quad y=C\,e^{-ax}+y_p

Deux calculs indépendants, puis une addition. Cette structure gouverne tout le chapitre, y compris le second ordre.

Second membre constant ⟹\Longrightarrow chercher ypy_p constante. Poser yp=ky_p=k, écrire yp′=0y_p'=0, résoudre l'équation du premier degré obtenue.

Quand a>0a>0, toutes les solutions convergent vers ypy_p : l'exponentielle est le transitoire, ypy_p est le permanent. C'est la lecture physique de la décomposition, et elle resservira à chaque exercice de modélisation.

Réponse. y(x)=Ce−2x+3y(x)=Ce^{-2x}+3 (C∈RC\in\mathbb{R}), et y→3y\to 3 quand x→+∞x\to+\infty. (Recoupement : y′+2y=−2Ce−2x+2Ce−2x+6=6y'+2y=-2Ce^{-2x}+2Ce^{-2x}+6=6 ✓)
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Second membre constant et condition initiale

CalculDifficulté 3/5

Résoudre y′−y=2y'-y=2 avec la condition initiale y(0)=0y(0)=0.

Indices (3)

Homogène : y′−y=0y'-y=0, donc yh=Cexy_h=Ce^{x} (coefficient −1-1 : exposant +x+x).

Solution particulière constante : −k=2-k=2.

Détermine CC avec y(0)=0y(0)=0 sur la solution complète.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Même structure qu'à l'exercice précédent — homogène plus particulière — mais deux différences qui piègent.

Première différence : le signe. L'équation est y′−y=2y'-y=2, donc a=−1a=-1 et non +1+1. L'exponentielle sera en e+xe^{+x}, croissante. La méthode ne change pas, mais le comportement du résultat, si : ici les solutions divergent au lieu de converger.

Seconde différence : la condition initiale. Elle vient après l'assemblage complet, jamais avant. C'est un ordre à respecter strictement : chercher CC avant d'avoir la solution particulière donne une valeur fausse.

Le second membre reste constant, donc on cherche encore une solution particulière constante.

Étape 1 — homogène et particulière

Homogène : y′−y=0y'-y=0, c'est-à-dire y′=yy'=y. La dérivée vaut la fonction : c'est exe^{x}.

yh(x)=C exy_h(x)=C\,e^{x}

⚠️ Ici a=−1a=-1 (le coefficient de yy dans y′+ayy'+ay), donc l'exposant est −a=+1-a=+1. Isoler y′y' évite ce retournement : y′=yy'=y se lit directement.

Particulière : le second membre est la constante 22. On pose yp=ky_p=k, donc yp′=0y_p'=0 :

0−k=2⟹k=−20-k=2 \quad\Longrightarrow\quad k=-2

Donc yp(x)=−2y_p(x)=-2.

Contrôle : 0−(−2)=20-(-2)=2 ✓ — le signe négatif est bien celui attendu.

Étape 2 — assembler puis appliquer la condition
y(x)=C ex−2y(x)=C\,e^{x}-2

Maintenant seulement, on impose y(0)=0y(0)=0 :

y(0)=C e0−2=C−2=0⟹C=2y(0)=C\,e^{0}-2=C-2=0 \quad\Longrightarrow\quad C=2
y(x)=2ex−2\boxed{y(x)=2e^{x}-2}

Double vérification, la seule qui ferme le sujet :

à vérifier calcul verdict
l'équation y′=2exy'=2e^{x}, donc y′−y=2ex−2ex+2=2y'-y=2e^{x}-2e^{x}+2=2 ✓
la condition y(0)=2−2=0y(0)=2-2=0 ✓

Comportement : comme a=−1<0a=-1<0, l'exponentielle croît et y→+∞y\to+\infty. Rien ne se stabilise ici — à comparer avec l'exercice précédent, où la limite était finie. C'est le signe de aa qui décide, et lui seul.

Lire la solution : le rôle de la particulière
y(x)=2ex−2c’est-aˋ-direy(x)+2=2exy(x)=2e^{x}-2 \qquad\text{c'est-à-dire}\qquad y(x)+2=2e^{x}

Ce n'est pas yy qui est une exponentielle, c'est y+2y+2 — l'écart entre yy et la solution particulière −2-2.

xx y(x)y(x) y(x)+2y(x)+2
00 00 22
11 3,443{,}44 5,445{,}44
22 12,7812{,}78 14,7814{,}78

La troisième colonne est multipliée par e≈2,718e\approx 2{,}718 à chaque pas de 11 : 2×2,718=5,442\times 2{,}718=5{,}44 ✓ puis 5,44×2,718=14,785{,}44\times 2{,}718=14{,}78 ✓

C'est un contrôle complet en deux multiplications : il valide le coefficient 22, l'exposant 11 et la constante −2-2 d'un seul coup, sans redériver quoi que ce soit.

La lecture générale : dans y=Ce−ax+ypy=Ce^{-ax}+y_p, la solution particulière est le niveau de référence autour duquel tout se joue. Quand a>0a>0 c'est la limite ; quand a<0a<0, comme ici, c'est le point dont on s'éloigne exponentiellement.

Rappel de cours

Ordre des opérations — non négociable

  1. résoudre l'homogène →\to yh=Ce−axy_h=Ce^{-ax}
  2. trouver une solution particulière →\to ypy_p
  3. additionner →\to y=yh+ypy=y_h+y_p
  4. seulement ensuite, appliquer la condition initiale pour fixer CC

⚠️ L'étape 4 est la dernière. Déterminer CC avant d'avoir ajouté ypy_p donne une valeur fausse — c'est l'erreur de méthode la plus coûteuse du chapitre.

Repérer aa sans se tromper La forme de référence est y′+ay=by'+ay=b. Dans y′−y=2y'-y=2 on lit a=−1a=-1 et b=2b=2. Le réflexe sûr : isoler y′y'. Ici y′=y+2y'=y+2, dont la partie homogène y′=yy'=y donne exe^{x} sans aucun retournement de signe.

Solution particulière constante yp=ky_p=k constante ⟹\Longrightarrow yp′=0y_p'=0. L'équation différentielle devient une équation du premier degré en kk.

L'erreur classique

⚠️ Appliquer la condition initiale trop tôt. Trouver yh=Cexy_h=Ce^{x}, écrire yh(0)=C=0y_h(0)=C=0, puis ajouter −2-2 et répondre y=−2y=-2.

Pourquoi c'est faux : la condition porte sur la solution complète, pas sur sa partie homogène. Et le contrôle le montre tout de suite — la fonction constante −2-2 vérifie bien l'équation, mais y(0)=−2≠0y(0)=-2\ne 0 ✗

⚠️ Se tromper de signe sur kk : écrire k=2k=2 au lieu de −2-2, en oubliant le −- devant yy.

Le contrôle : avec yp=2y_p=2, on aurait 0−2=−2≠20-2=-2\ne 2 ✗. La substitution tranche en une ligne.

⚠️ Écrire yh=Ce−xy_h=Ce^{-x} par application mécanique de « le signe s'inverse », sans regarder que aa vaut déjà −1-1. L'inversion s'applique au aa tel qu'il est, signe compris : −a=−(−1)=+1-a=-(-1)=+1.

Le contrôle de bon sens : y′=yy'=y dit que la fonction est égale à sa dérivée, donc croissante si elle est positive. Une exponentielle décroissante ne peut pas convenir.

À retenir

La condition initiale se pose EN DERNIER, sur yh+ypy_h+y_p assemblés. C'est un ordre de calcul, et le violer donne une réponse fausse sans que rien ne le signale.

Isoler y′y' avant de lire le coefficient. y′−y=2y'-y=2 devient y′=y+2y'=y+2 : la partie homogène y′=yy'=y donne exe^{x} directement, sans retournement de signe.

Le signe de aa décide du comportement. a>0a>0 : les solutions convergent vers ypy_p. a<0a<0 : elles divergent, sauf ypy_p (C=0C=0). Ici a=−1a=-1, donc divergence — et c'est cohérent avec le 2ex2e^{x} trouvé.

Réponse. y(x)=2ex−2y(x)=2e^{x}-2. (Recoupement : y′−y=2ex−(2ex−2)=2y'-y=2e^{x}-(2e^{x}-2)=2 ✓ et y(0)=2−2=0y(0)=2-2=0 ✓)
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Modélisation : décroissance radioactive

ApplicationDifficulté 3/5

Le nombre de noyaux N(t)N(t) d'un échantillon radioactif vérifie N′=−0,1 NN'=-0{,}1\,N (tt en jours), avec N(0)=N0N(0)=N_0. 1) Exprimer N(t)N(t). 2) Calculer la demi-vie t1/2t_{1/2} (instant où N=N0/2N=N_0/2), valeur exacte puis arrondie au dixième.

Indices (3)

N′=−0,1NN'=-0{,}1N est de la forme y′=ayy'=ay avec a=−0,1a=-0{,}1.

N(0)=N0N(0)=N_0 fixe la constante.

Pour la demi-vie : résous e−0,1t=12e^{-0{,}1t}=\dfrac12 avec le logarithme népérien.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un énoncé de physique, mais l'équation est celle de l'exercice A3 sous un autre habillage :

N′=−0,1 Nc’est-aˋ-direy′=ky  avec k=−0,1N'=-0{,}1\,N \qquad\text{c'est-à-dire}\qquad y'=ky \ \text{ avec } k=-0{,}1

Le vocabulaire change, pas les mathématiques. NN remplace yy, tt remplace xx, et N0N_0 est la valeur initiale.

Le signe de kk raconte déjà l'histoire : k<0k<0 donc décroissance, ce qui est bien ce qu'on attend d'un échantillon radioactif. Ce contrôle de plausibilité vaut d'être fait avant de calculer.

La demi-vie est le temps au bout duquel il reste la moitié des noyaux. C'est une durée caractéristique du noyau considéré, indépendante de la quantité de départ — et la question 2 va montrer pourquoi N0N_0 disparaît du résultat.

1) Exprimer $N(t)$

L'équation N′=−0,1 NN'=-0{,}1\,N est de la forme y′=kyy'=ky avec k=−0,1k=-0{,}1. Ses solutions sont

N(t)=C e−0,1 tN(t)=C\,e^{-0{,}1\,t}

La condition N(0)=N0N(0)=N_0 donne C e0=C=N0C\,e^{0}=C=N_0, d'où

N(t)=N0 e−0,1 t\boxed{N(t)=N_0\,e^{-0{,}1\,t}}

Contrôle : N′(t)=−0,1 N0e−0,1t=−0,1 N(t)N'(t)=-0{,}1\,N_0e^{-0{,}1t}=-0{,}1\,N(t) ✓ et N(0)=N0N(0)=N_0 ✓

Lecture : la fonction décroît de N0N_0 vers 00, sans jamais l'atteindre. Physiquement, le nombre de noyaux tend vers zéro mais le modèle continu ne prédit jamais une disparition à un instant précis.

2) Calculer la demi-vie

On cherche t1/2t_{1/2} tel que N(t1/2)=N02N(t_{1/2})=\dfrac{N_0}{2} :

N0 e−0,1 t1/2=N02N_0\,e^{-0{,}1\,t_{1/2}}=\frac{N_0}{2}

On divise les deux membres par N0N_0 — c'est licite car N0>0N_0>0, et c'est là que la quantité initiale disparaît :

e−0,1 t1/2=12e^{-0{,}1\,t_{1/2}}=\frac{1}{2}

On applique le logarithme népérien, qui est la fonction réciproque de l'exponentielle :

−0,1 t1/2=ln⁡ ⁣(12)=−ln⁡2-0{,}1\,t_{1/2}=\ln\!\left(\frac{1}{2}\right)=-\ln 2
t1/2=ln⁡20,1=10ln⁡2 jours\boxed{t_{1/2}=\frac{\ln 2}{0{,}1}=10\ln 2 \ \text{jours}}

Valeur approchée : ln⁡2≈0,6931\ln 2\approx 0{,}6931, donc t1/2≈6,931t_{1/2}\approx 6{,}931, soit

t1/2≈6,9 jours(au dixieˋme)t_{1/2}\approx 6{,}9 \ \text{jours} \quad\text{(au dixième)}

Le fait remarquable : N0N_0 s'est simplifié. La demi-vie ne dépend pas de la quantité de départ — elle ne dépend que de 0,10{,}1, c'est-à-dire du noyau lui-même. Un gramme et une tonne du même isotope ont la même demi-vie.

Contrôle numérique : e−0,1×6,9315=e−0,69315=0,5000e^{-0{,}1\times 6{,}9315}=e^{-0{,}69315}=0{,}5000 ✓

Rappel de cours

Décroissance exponentielle

N′=−λN,N(0)=N0⟹N(t)=N0 e−λtN'=-\lambda N,\quad N(0)=N_0 \qquad\Longrightarrow\qquad N(t)=N_0\,e^{-\lambda t}
λ>0\lambda>0 est la constante de désintégration (ici λ=0,1\lambda=0{,}1 par jour).

Demi-vie

t1/2=ln⁡2λt_{1/2}=\frac{\ln 2}{\lambda}
Elle est indépendante de N0N_0, et vaut toujours ln⁡2≈0,693\ln 2\approx 0{,}693 divisé par la constante.

Résoudre eX=Ae^{X}=A avec A>0A>0

eX=A  ⟺  X=ln⁡Ae^{X}=A \iff X=\ln A
Deux valeurs à connaître par cœur :
ln⁡ ⁣(12)=−ln⁡2≈−0,693ln⁡2≈0,693\ln\!\left(\tfrac12\right)=-\ln 2\approx -0{,}693 \qquad \ln 2\approx 0{,}693

Valeur exacte / valeur approchée 10ln⁡210\ln 2 est exacte ; 6,96{,}9 est approchée. Un énoncé qui demande les deux attend les deux, avec le symbole ≈\approx pour la seconde — jamais un signe ==.

L'erreur classique

⚠️ Croire qu'il faut connaître N0N_0. Chercher une valeur numérique, bloquer, ou inventer N0=100N_0=100. C'est inutile : N0N_0 se simplifie dès la première ligne, et c'est le résultat physique de l'exercice.

⚠️ Se tromper de signe avec le logarithme. Écrire −0,1 t=ln⁡2-0{,}1\,t=\ln 2 au lieu de −ln⁡2-\ln 2, ce qui donnerait t=−10ln⁡2≈−6,9t=-10\ln 2\approx -6{,}9 — un temps négatif.

Le contrôle : un temps négatif dans un problème de désintégration est absurde. Le signe est une alerte, pas un détail.

⚠️ Confondre demi-vie et durée de vie totale. Après t1/2t_{1/2} il reste la moitié ; après 2t1/22t_{1/2}, le quart ; après 3t1/23t_{1/2}, le huitième. Jamais zéro.

N(2t1/2)=N0e−2ln⁡2=N0×14N(2t_{1/2})=N_0e^{-2\ln 2}=N_0\times\tfrac14

⚠️ Écrire t1/2=6,9t_{1/2}=6{,}9 tout court. L'énoncé demande la valeur exacte puis l'arrondie. 10ln⁡210\ln 2 est la réponse exacte ; 6,96{,}9 ne l'est pas, et l'écrire avec un == est une faute.

⚠️ Arrondir au mauvais rang. 6,93156{,}9315 arrondi au dixième vaut 6,96{,}9, pas 6,936{,}93 (qui est le centième) ni 77 (l'unité).

À retenir
N′=−λN⟹N(t)=N0e−λt⟹t1/2=ln⁡2λN'=-\lambda N \quad\Longrightarrow\quad N(t)=N_0e^{-\lambda t} \quad\Longrightarrow\quad t_{1/2}=\frac{\ln 2}{\lambda}

La demi-vie ne dépend pas de la quantité initiale. C'est le point de l'exercice, et il se voit à la simplification par N0N_0.

Passer de l'exponentielle au temps se fait par ln⁡\ln. Isoler l'exponentielle seule d'un côté avant d'appliquer le logarithme : ln⁡\ln d'une somme ne se décompose pas.

Contrôle de plausibilité systématique : un temps doit être positif, une quantité de matière aussi. Un signe négatif signale une erreur, il ne s'ignore pas.

Réponse. N(t)=N0e−0,1tN(t)=N_0e^{-0{,}1t} et t1/2=10ln⁡2≈6,9t_{1/2}=10\ln 2\approx 6{,}9 jours. (Recoupement : N(10ln⁡2)=N0e−ln⁡2=N0/2N(10\ln 2)=N_0e^{-\ln 2}=N_0/2 ✓ ; la demi-vie ne dépend pas de N0N_0.)
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Second ordre : discriminant strictement positif

CalculDifficulté 3/5

Résoudre sur R\mathbb{R} l'équation y′′−3y′+2y=0y''-3y'+2y=0.

Indices (3)

Écris l'équation caractéristique : r2−3r+2=0r^2-3r+2=0.

Calcule le discriminant et les racines.

Δ>0\Delta>0 : solution générale C1er1x+C2er2xC_1e^{r_1x}+C_2e^{r_2x}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

On change d'ordre : il y a maintenant un y′′y''. La méthode change complètement de nature — on ne cherche plus une primitive, on résout une équation du second degré.

L'idée est courte et vaut la peine d'être comprise une fois pour toutes. On cherche des solutions de la forme y=erxy=e^{rx}. Alors y′=rerxy'=re^{rx} et y′′=r2erxy''=r^{2}e^{rx}, et l'équation devient

r2erx−3rerx+2erx=0⟺(r2−3r+2) erx=0r^{2}e^{rx}-3re^{rx}+2e^{rx}=0 \quad\Longleftrightarrow\quad (r^{2}-3r+2)\,e^{rx}=0

Comme erxe^{rx} ne s'annule jamais, on peut diviser par lui. Il reste

r2−3r+2=0r^{2}-3r+2=0

Une équation différentielle est devenue une équation du second degré ordinaire. C'est l'équation caractéristique, et tout le lot B consiste à la résoudre puis à lire la réponse dans un tableau à trois cas.

Étape 1 — l'équation caractéristique

On remplace y′′y'' par r2r^{2}, y′y' par rr, yy par 11 :

r2−3r+2=0r^{2}-3r+2=0

Discriminant :

Δ=(−3)2−4×1×2=9−8=1>0\Delta=(-3)^{2}-4\times 1\times 2=9-8=1>0

Δ>0\Delta>0 : deux racines réelles distinctes.

r1=3−12=1r2=3+12=2r_1=\frac{3-1}{2}=1 \qquad r_2=\frac{3+1}{2}=2

Contrôle par somme et produit — gratuit et efficace : la somme des racines doit valoir −ba=3-\dfrac{b}{a}=3 et le produit ca=2\dfrac{c}{a}=2.

1+2=3 ✓1×2=2 ✓1+2=3 \ \checkmark \qquad 1\times 2=2 \ \checkmark

(On aurait d'ailleurs pu factoriser à vue : r2−3r+2=(r−1)(r−2)r^{2}-3r+2=(r-1)(r-2).)

Étape 2 — écrire la solution générale

Δ>0\Delta>0 avec racines r1r_1 et r2r_2 donne

y(x)=C1ex+C2e2x,C1,C2∈R\boxed{y(x)=C_1e^{x}+C_2e^{2x}, \qquad C_1,C_2\in\mathbb{R}}

Deux constantes, et c'est normal : une équation du second ordre en demande deux. Il faudra donc deux conditions pour en fixer une seule solution — typiquement y(0)y(0) et y′(0)y'(0).

Vérification complète. Posons y=C1ex+C2e2xy=C_1e^{x}+C_2e^{2x} :

y′=C1ex+2C2e2xy′′=C1ex+4C2e2xy'=C_1e^{x}+2C_2e^{2x} \qquad y''=C_1e^{x}+4C_2e^{2x}
y′′−3y′+2y=(1−3+2)⏟=0C1ex+(4−6+2)⏟=0C2e2x=0✓y''-3y'+2y=\underbrace{(1-3+2)}_{=0}C_1e^{x}+\underbrace{(4-6+2)}_{=0}C_2e^{2x}=0 \quad \checkmark

Les parenthèses sont exactement r2−3r+2r^{2}-3r+2 évalué en r=1r=1 puis en r=2r=2 : elles sont nulles parce que 11 et 22 sont racines. C'est toute la mécanique du procédé, visible en une ligne.

Rappel de cours

Équation caractéristique Pour ay′′+by′+cy=0ay''+by'+cy=0 (coefficients constants, a≠0a\ne 0), on pose

ar2+br+c=0ar^{2}+br+c=0
Le dictionnaire est : y′′→r2y''\to r^{2}, y′→ry'\to r, y→1y\to 1.

Les trois cas — le tableau à connaître

Δ\Delta racines solution générale
Δ>0\Delta>0 r1≠r2r_1\ne r_2 réelles C1er1x+C2er2xC_1e^{r_1x}+C_2e^{r_2x}
Δ=0\Delta=0 r0r_0 double (C1+C2x) er0x(C_1+C_2x)\,e^{r_0x}
Δ<0\Delta<0 α±iβ\alpha\pm i\beta eαx(C1cos⁡βx+C2sin⁡βx)e^{\alpha x}\big(C_1\cos\beta x+C_2\sin\beta x\big)

Nombre de constantes Ordre 11 →\to une constante →\to une condition initiale. Ordre 22 →\to deux constantes →\to deux conditions, en général y(x0)y(x_0) et y′(x0)y'(x_0).

Somme et produit des racines

r1+r2=−bar1r2=car_1+r_2=-\frac{b}{a} \qquad r_1r_2=\frac{c}{a}
Un contrôle instantané, à faire systématiquement.

L'erreur classique

⚠️ Inverser les signes en écrivant l'équation caractéristique. Poser r2+3r+2=0r^{2}+3r+2=0 pour y′′−3y′+2y=0y''-3y'+2y=0. Les coefficients se recopient tels quels, signes compris : −3-3 reste −3-3.

Le contrôle : la version fautive donne r=−1r=-1 et r=−2r=-2, donc y=C1e−x+C2e−2xy=C_1e^{-x}+C_2e^{-2x}. Substituons e−xe^{-x} dans l'équation d'origine : 1+3+2=6≠01+3+2=6\ne 0 ✗

⚠️ Confondre avec le premier ordre et inverser le signe de l'exposant. Au second ordre, la racine passe telle quelle dans l'exposant : r1=1r_1=1 donne exe^{x}, pas e−xe^{-x}. L'inversion de signe du premier ordre n'a plus lieu d'être — elle venait de la forme y′+ay=0y'+ay=0, qui n'existe pas ici.

⚠️ N'écrire qu'une seule constante : répondre y=C(ex+e2x)y=C(e^{x}+e^{2x}). Les deux exponentielles ont des coefficients indépendants ; les lier ferait perdre la quasi-totalité des solutions. Par exemple y=exy=e^{x} seul est solution, et ne s'écrit pas sous cette forme.

⚠️ Oublier de vérifier Δ\Delta et appliquer la formule du cas Δ>0\Delta>0 par habitude. Les trois cas donnent des réponses structurellement différentes — polynôme en facteur, ou cosinus et sinus. Calculer Δ\Delta n'est pas une formalité, c'est ce qui choisit la ligne du tableau.

À retenir

y′′→r2y''\to r^{2}, y′→ry'\to r, y→1y\to 1 : l'équation différentielle devient une équation du second degré, dont on recopie les coefficients sans les toucher.

Δ\Delta choisit la forme de la réponse, et les trois formes n'ont rien à voir entre elles. Le calculer est la première chose à faire, avant même de chercher les racines.

Au second ordre, la racine passe telle quelle dans l'exposant — pas d'inversion de signe, contrairement au premier ordre. C'est la confusion la plus fréquente entre les deux lots.

Deux constantes, donc deux conditions. Une seule condition ne suffit jamais à déterminer une solution du second ordre.

Réponse. y(x)=C1ex+C2e2xy(x)=C_1e^{x}+C_2e^{2x} (C1,C2∈RC_1,C_2\in\mathbb{R}). (Recoupement : pour y=e2xy=e^{2x}, y′′−3y′+2y=(4−6+2)e2x=0y''-3y'+2y=(4-6+2)e^{2x}=0 ✓, idem pour exe^{x}.)
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Second ordre : discriminant nul

CalculDifficulté 3/5

Résoudre sur R\mathbb{R} l'équation y′′+4y′+4y=0y''+4y'+4y=0.

Indices (3)

Équation caractéristique : r2+4r+4=0r^2+4r+4=0.

Δ=0\Delta=0 : racine double r0r_0.

Solution générale : (C1+C2x)er0x(C_1+C_2x)e^{r_0x} — ne pas oublier le facteur xx.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Même démarche qu'en B1, mais le discriminant va être nul — et ce cas a une particularité qu'on ne peut pas deviner.

Quand Δ=0\Delta=0, il n'y a qu'une racine r0r_0. Elle ne fournit donc qu'une seule solution er0xe^{r_0x}… alors qu'il en faut deux pour engendrer toutes les solutions d'une équation du second ordre.

Le cours comble ce manque en multipliant par xx. La seconde solution est x er0xx\,e^{r_0x}, d'où la forme

(C1+C2x) er0x(C_1+C_2x)\,e^{r_0x}

Ce facteur xx n'est pas une astuce arbitraire, on va vérifier qu'il fonctionne. Et il réapparaîtra deux fois dans le chapitre — au cas résonant du premier ordre (C3) et à la résonance du second ordre (D4). C'est le même mécanisme à chaque fois : quand une solution manque, on la fabrique en multipliant par xx.

Étape 1 — l'équation caractéristique
r2+4r+4=0r^{2}+4r+4=0
Δ=42−4×1×4=16−16=0\Delta=4^{2}-4\times 1\times 4=16-16=0

Δ=0\Delta=0 : une racine double.

r0=−42×1=−2r_0=\frac{-4}{2\times 1}=-2

Contrôle par factorisation : r2+4r+4=(r+2)2r^{2}+4r+4=(r+2)^{2}, identité remarquable — la racine double −2-2 est visible directement, sans discriminant.

C'est d'ailleurs le meilleur réflexe : devant r2+4r+4r^{2}+4r+4, reconnaître (r+2)2(r+2)^{2} est plus rapide et plus sûr que calculer Δ\Delta.

Étape 2 — la solution générale
y(x)=(C1+C2x) e−2x,C1,C2∈R\boxed{y(x)=(C_1+C_2x)\,e^{-2x}, \qquad C_1,C_2\in\mathbb{R}}

Vérifions que xe−2xxe^{-2x} est bien solution — c'est la partie non évidente, et elle mérite d'être faite au moins une fois.

Posons y=xe−2xy=xe^{-2x}. Avec la dérivée d'un produit :

y′=e−2x+x(−2e−2x)=(1−2x)e−2xy'=e^{-2x}+x(-2e^{-2x})=(1-2x)e^{-2x}
y′′=−2e−2x+(1−2x)(−2e−2x)=(−2−2+4x)e−2x=(4x−4)e−2xy''=-2e^{-2x}+(1-2x)(-2e^{-2x})=(-2-2+4x)e^{-2x}=(4x-4)e^{-2x}

On substitue :

y′′+4y′+4y=[(4x−4)+4(1−2x)+4x]e−2xy''+4y'+4y=\big[(4x-4)+4(1-2x)+4x\big]e^{-2x}
=[4x−4+4−8x+4x]e−2x=0×e−2x=0✓=\big[4x-4+4-8x+4x\big]e^{-2x}=0\times e^{-2x}=0 \quad \checkmark

Tout se compense. Le facteur xx fonctionne — précisément parce que la racine est double, et pour aucune autre raison.

Rappel de cours

Cas Δ=0\Delta=0 Racine double r0=−b2ar_0=-\dfrac{b}{2a}, et

y(x)=(C1+C2x) er0xy(x)=(C_1+C_2x)\,e^{r_0x}
Deux solutions de base : er0xe^{r_0x} et x er0xx\,e^{r_0x}.

Pourquoi un facteur xx ? Une équation du second ordre a un espace de solutions de dimension 22. Avec une seule racine, er0xe^{r_0x} n'en engendre qu'une dimension : il manque une direction. Multiplier par xx la fournit — et ce n'est pas un hasard, c'est un fait général qui vaut chaque fois qu'une solution est « déjà prise ».

Reconnaître un carré parfait

r2+4r+4=(r+2)2r2−6r+9=(r−3)2r^{2}+4r+4=(r+2)^{2} \qquad r^{2}-6r+9=(r-3)^{2}
Un trinôme de la forme r2±2kr+k2r^{2}\pm 2kr+k^{2} a toujours Δ=0\Delta=0 et pour racine double ∓k\mp k. Le repérer dispense du calcul du discriminant.

Dérivée d'un produit

(uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv'
Indispensable dès qu'un xx multiplie une exponentielle.

L'erreur classique

⚠️ Écrire y=C1e−2x+C2e−2xy=C_1e^{-2x}+C_2e^{-2x}, c'est-à-dire répéter la même exponentielle. Cela se simplifie en (C1+C2)e−2x(C_1+C_2)e^{-2x}, donc en Ke−2xKe^{-2x} : on perd une constante, et avec elle la moitié des solutions.

Le contrôle : cette forme ne peut pas satisfaire deux conditions initiales indépendantes. Avec y(0)=0y(0)=0 on obtient K=0K=0, donc y≡0y\equiv 0 — impossible d'imposer en plus y′(0)=1y'(0)=1.

⚠️ Mettre le xx au mauvais endroit : écrire C1+C2xe−2xC_1+C_2xe^{-2x} (sans parenthèses) au lieu de (C1+C2x)e−2x(C_1+C_2x)e^{-2x}. Le C1C_1 doit aussi être multiplié par l'exponentielle. La fonction constante C1C_1 n'est pas solution : 0+0+4C1=4C1≠00+0+4C_1=4C_1\ne 0 ✗

⚠️ Se tromper de signe sur la racine double : écrire r0=+2r_0=+2 au lieu de −2-2. La formule est r0=−b2ar_0=-\dfrac{b}{2a}, avec b=+4b=+4, donc r0=−2r_0=-2.

Le contrôle : (r−2)2=r2−4r+4(r-2)^{2}=r^{2}-4r+4, qui n'est pas notre trinôme ✗

⚠️ Multiplier par xx dans le cas Δ>0\Delta>0. Le facteur xx est réservé à Δ=0\Delta=0. En B1 il n'a rien à faire là — les deux exponentielles y sont déjà distinctes.

À retenir
Δ=0⟹y=(C1+C2x) er0x,r0=−b2a\Delta=0 \quad\Longrightarrow\quad y=(C_1+C_2x)\,e^{r_0x}, \qquad r_0=-\frac{b}{2a}

Les parenthèses ne sont pas optionnelles : les deux termes sont multipliés par l'exponentielle.

Le facteur xx apparaît exactement quand une solution manque. Ici parce que la racine est double ; plus loin (C3, D4) parce que le second membre est déjà solution de l'homogène. Même symptôme, même remède — c'est l'un des fils conducteurs du chapitre.

Reconnaître un carré parfait dispense du discriminant et supprime un risque d'erreur de calcul.

Réponse. y(x)=(C1+C2x)e−2xy(x)=(C_1+C_2x)e^{-2x}. (Recoupement : pour y=xe−2xy=xe^{-2x}, y′=(1−2x)e−2xy'=(1-2x)e^{-2x}, y′′=(−4+4x)e−2xy''=(-4+4x)e^{-2x} et y′′+4y′+4y=(−4+4x+4−8x+4x)e−2x=0y''+4y'+4y=(-4+4x+4-8x+4x)e^{-2x}=0 ✓)
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Second ordre : discriminant négatif (racines complexes)

CalculDifficulté 3/5

Résoudre sur R\mathbb{R} l'équation y′′+2y′+5y=0y''+2y'+5y=0.

Indices (3)

Équation caractéristique : r2+2r+5=0r^2+2r+5=0, calcule Δ\Delta.

Δ<0\Delta<0 : racines complexes conjuguées α±iβ\alpha\pm i\beta (chapitre Nombres complexes).

Solution générale : eαx(C1cos⁡βx+C2sin⁡βx)e^{\alpha x}(C_1\cos\beta x+C_2\sin\beta x).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Troisième et dernier cas : Δ<0\Delta<0. Les racines sont complexes conjuguées, et pourtant la réponse est une fonction réelle — elle fait apparaître un cosinus et un sinus.

C'est le cas le plus riche en sens physique. La forme obtenue,

eαx(C1cos⁡βx+C2sin⁡βx)e^{\alpha x}\big(C_1\cos\beta x+C_2\sin\beta x\big)

décrit une oscillation (le crochet) modulée par une exponentielle (le facteur devant). Selon le signe de α\alpha : oscillation qui s'amortit, qui s'amplifie, ou qui se maintient.

Ce qu'il faut savoir lire dans les racines α±iβ\alpha\pm i\beta :

  • la partie réelle α\alpha donne l'exponentielle eαxe^{\alpha x} — l'enveloppe ;
  • la partie imaginaire β\beta donne la pulsation des oscillations.

Ici on trouvera α=−1\alpha=-1 (amortissement) et β=2\beta=2 (pulsation).

Étape 1 — l'équation caractéristique
r2+2r+5=0r^{2}+2r+5=0
Δ=22−4×1×5=4−20=−16<0\Delta=2^{2}-4\times 1\times 5=4-20=-16<0

Δ<0\Delta<0 : deux racines complexes conjuguées. On écrit −16=4i\sqrt{-16}=4i :

r=−2±4i2=−1±2ir=\frac{-2\pm 4i}{2}=-1\pm 2i

Donc α=−1\alpha=-1 et β=2\beta=2.

Contrôle par somme et produit, valable aussi sur les complexes :

(−1+2i)+(−1−2i)=−2=−ba ✓(-1+2i)+(-1-2i)=-2=-\frac{b}{a} \ \checkmark
(−1+2i)(−1−2i)=1+4=5=ca ✓(-1+2i)(-1-2i)=1+4=5=\frac{c}{a} \ \checkmark

(le produit utilise (a+ib)(a−ib)=a2+b2(a+ib)(a-ib)=a^{2}+b^{2}).

⚠️ Ne prendre que la racine à partie imaginaire positive pour lire α\alpha et β\beta. La conjuguée donnerait β=−2\beta=-2, ce qui ne change rien au résultat final mais embrouille l'écriture.

Étape 2 — la solution générale
y(x)=e−x(C1cos⁡2x+C2sin⁡2x),C1,C2∈R\boxed{y(x)=e^{-x}\big(C_1\cos 2x+C_2\sin 2x\big), \qquad C_1,C_2\in\mathbb{R}}

Vérification sur e−xcos⁡2xe^{-x}\cos 2x, pour voir la mécanique :

y′=−e−xcos⁡2x−2e−xsin⁡2x=−e−x(cos⁡2x+2sin⁡2x)y'=-e^{-x}\cos 2x-2e^{-x}\sin 2x=-e^{-x}(\cos 2x+2\sin 2x)
y′′=e−x(cos⁡2x+2sin⁡2x)−e−x(−2sin⁡2x+4cos⁡2x)=e−x(4sin⁡2x−3cos⁡2x)y''=e^{-x}(\cos 2x+2\sin 2x)-e^{-x}(-2\sin 2x+4\cos 2x)=e^{-x}(4\sin 2x-3\cos 2x)
y′′+2y′+5y=e−x[(4sin⁡2x−3cos⁡2x)−2(cos⁡2x+2sin⁡2x)+5cos⁡2x]y''+2y'+5y=e^{-x}\big[(4\sin 2x-3\cos 2x)-2(\cos 2x+2\sin 2x)+5\cos 2x\big]
=e−x[(4−4)sin⁡2x+(−3−2+5)cos⁡2x]=0✓=e^{-x}\big[(4-4)\sin 2x+(-3-2+5)\cos 2x\big]=0 \quad \checkmark

Lecture du résultat : e−xe^{-x} décroît vers 00, donc les oscillations s'amortissent. La fonction oscille de plus en plus faiblement, avec une pseudo-période 2π2=π\dfrac{2\pi}{2}=\pi. C'est le comportement d'un ressort avec frottement — on le retrouvera tel quel à l'exercice D6.

Rappel de cours

Cas Δ<0\Delta<0 Racines r=α±iβr=\alpha\pm i\beta avec β>0\beta>0, alors

y(x)=eαx(C1cos⁡βx+C2sin⁡βx)y(x)=e^{\alpha x}\big(C_1\cos\beta x+C_2\sin\beta x\big)

Attention : α\alpha va dans l'exponentielle, β\beta dans les fonctions trigonométriques. Les échanger produit une réponse sans rapport.

Racine carrée d'un nombre négatif

−16=4i−Δ avec Δ<0 → i∣Δ∣\sqrt{-16}=4i \qquad \sqrt{-\Delta}\ \text{avec}\ \Delta<0 \ \to\ i\sqrt{\lvert\Delta\rvert}
Les racines sont alors r=−b±i∣Δ∣2ar=\dfrac{-b\pm i\sqrt{\lvert\Delta\rvert}}{2a}.

Interprétation des deux paramètres

paramètre rôle signe
α\alpha enveloppe eαxe^{\alpha x} <0<0 amorti, >0>0 divergent, =0=0 entretenu
β\beta pulsation pseudo-période T=2πβT=\dfrac{2\pi}{\beta}

Autre écriture C1cos⁡βx+C2sin⁡βxC_1\cos\beta x+C_2\sin\beta x peut s'écrire Acos⁡(βx−φ)A\cos(\beta x-\varphi) avec A=C12+C22A=\sqrt{C_1^{2}+C_2^{2}}. AA est l'amplitude, φ\varphi la phase.

L'erreur classique

⚠️ Échanger α\alpha et β\beta : écrire e2x(C1cos⁡x+C2sin⁡x)e^{2x}(C_1\cos x+C_2\sin x). C'est l'erreur la plus fréquente du cas Δ<0\Delta<0, et elle change complètement le comportement — divergence au lieu d'amortissement.

Le moyen de ne plus se tromper : la partie réelle de la racine va dans l'exponentielle, qui est une fonction réelle ; la partie imaginaire va dans le trigonométrique, et c'est cohérent avec eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta.

⚠️ Garder les complexes dans la réponse : écrire y=C1e(−1+2i)x+C2e(−1−2i)xy=C_1e^{(-1+2i)x}+C_2e^{(-1-2i)x} et s'arrêter là. Ce n'est pas faux mathématiquement, mais l'énoncé demande de résoudre sur R\mathbb{R} : la réponse attendue est réelle.

⚠️ Oublier le facteur exponentiel quand α≠0\alpha\ne 0 : répondre C1cos⁡2x+C2sin⁡2xC_1\cos 2x+C_2\sin 2x. Cette forme ne convient que si α=0\alpha=0, c'est-à-dire si le terme en y′y' est absent (cas de B4 et B6).

Le contrôle : substituer cos⁡2x\cos 2x seul donne −4cos⁡2x−4sin⁡2x+5cos⁡2x=cos⁡2x−4sin⁡2x≠0-4\cos 2x-4\sin 2x+5\cos 2x=\cos 2x-4\sin 2x\ne 0 ✗

⚠️ Se tromper sur −16\sqrt{-16} en écrivant −4-4. La racine d'un nombre négatif est imaginaire pure : −16=4i\sqrt{-16}=4i, et (4i)2=−16(4i)^{2}=-16 ✓ tandis que (−4)2=+16(-4)^{2}=+16 ✗

À retenir
Δ<0, r=α±iβ⟹y=eαx(C1cos⁡βx+C2sin⁡βx)\Delta<0,\ r=\alpha\pm i\beta \quad\Longrightarrow\quad y=e^{\alpha x}\big(C_1\cos\beta x+C_2\sin\beta x\big)

Partie réelle dans l'exponentielle, partie imaginaire dans le trigonométrique. C'est l'unique chose à ne pas confondre, et le moyen mnémotechnique est que l'exponentielle réelle reçoit ce qui est réel.

Le signe de α\alpha décide du régime : négatif →\to oscillations amorties, nul →\to oscillations entretenues, positif →\to oscillations divergentes.

La pseudo-période vaut 2πβ\dfrac{2\pi}{\beta} — elle ne dépend pas de α\alpha. Mais β\beta dépend lui-même de l'amortissement : pour y′′+2λy′+ω02y=0y''+2\lambda y'+\omega_0^{2}y=0, β=ω02−λ2\beta=\sqrt{\omega_0^{2}-\lambda^{2}}.

Réponse. y(x)=e−x(C1cos⁡2x+C2sin⁡2x)y(x)=e^{-x}(C_1\cos 2x+C_2\sin 2x). (Recoupement : pour y=e−xcos⁡2xy=e^{-x}\cos 2x, la substitution donne 00 — vérifié machine ✓ ; (−1+2i)2+2(−1+2i)+5=0(-1+2i)^2+2(-1+2i)+5=0 ✓)
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Oscillateur harmonique

ApplicationDifficulté 3/5

Une masse accrochée à un ressort vérifie x′′+9x=0x''+9x=0 (tt en secondes). 1) Résoudre l'équation. 2) Quelle est la pulsation propre ω0\omega_0 et la période TT des oscillations ?

Indices (3)

Équation caractéristique : r2+9=0r^2+9=0, racines imaginaires pures.

r=±3ir=\pm 3i : α=0\alpha=0, β=3\beta=3.

La période d'une oscillation en cos⁡ω0t\cos\omega_0 t est T=2πω0T=\dfrac{2\pi}{\omega_0}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'équation x′′+9x=0x''+9x=0 est le cas Δ<0\Delta<0 le plus simple qui soit : il n'y a pas de terme en x′x'.

Or ce terme en x′x' est celui du frottement. Son absence signifie qu'aucune énergie n'est dissipée : les oscillations ne s'amortissent jamais. Mathématiquement, cela se traduira par α=0\alpha=0, donc par un facteur e0⋅t=1e^{0\cdot t}=1 qui disparaît.

C'est l'oscillateur harmonique, le modèle de référence de toute la physique ondulatoire — ressort idéal, pendule à petites oscillations, circuit LC.

⚠️ Attention à la notation : ici la fonction inconnue s'appelle xx et la variable tt. Ce n'est pas le xx des exercices précédents, qui était la variable. Repérer qui est la fonction et qui est la variable avant de dériver quoi que ce soit.

1) Résoudre l'équation

Équation caractéristique :

r2+9=0⟺r2=−9r^{2}+9=0 \quad\Longleftrightarrow\quad r^{2}=-9
Δ=02−4×1×9=−36<0\Delta=0^{2}-4\times 1\times 9=-36<0

Les racines sont r=±3ir=\pm 3i, donc α=0\alpha=0 et β=3\beta=3.

Le facteur exponentiel vaut e0×t=1e^{0\times t}=1 : il disparaît. Il reste

x(t)=C1cos⁡3t+C2sin⁡3t,C1,C2∈R\boxed{x(t)=C_1\cos 3t+C_2\sin 3t, \qquad C_1,C_2\in\mathbb{R}}

Contrôle : x′=−3C1sin⁡3t+3C2cos⁡3tx'=-3C_1\sin 3t+3C_2\cos 3t puis

x′′=−9C1cos⁡3t−9C2sin⁡3t=−9xx''=-9C_1\cos 3t-9C_2\sin 3t=-9x

donc x′′+9x=0x''+9x=0 ✓

Le fait à retenir de ce calcul : dériver deux fois cos⁡3t\cos 3t le multiplie par −9=−32-9=-3^{2}. C'est ce qui fait apparaître le 99, et c'est pourquoi la pulsation est 9=3\sqrt{9}=3 et non 99.

2) Pulsation propre et période

Pulsation propre. Elle se lit dans l'argument des fonctions trigonométriques :

ω0=3 rad⋅s−1\omega_0=3 \ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}

Elle vaut 9\sqrt{9}, où 99 est le coefficient de xx dans l'équation. En général, pour x′′+ω02x=0x''+\omega_0^{2}x=0, on lit ω0=coefficient\omega_0=\sqrt{\text{coefficient}}.

Période. Le cosinus a pour période 2π2\pi ; cos⁡(3t)\cos(3t) reprend la même valeur quand 3t3t augmente de 2π2\pi, c'est-à-dire quand tt augmente de 2π3\dfrac{2\pi}{3} :

T=2πω0=2π3≈2,09 sT=\frac{2\pi}{\omega_0}=\frac{2\pi}{3}\approx 2{,}09 \ \text{s}

Contrôle : x(t+T)=C1cos⁡(3t+2π)+C2sin⁡(3t+2π)=x(t)x(t+T)=C_1\cos(3t+2\pi)+C_2\sin(3t+2\pi)=x(t) ✓

Fréquence, si on la demande : f=1T=32π≈0,48f=\dfrac{1}{T}=\dfrac{3}{2\pi}\approx 0{,}48 Hz — soit environ une oscillation toutes les deux secondes, ce qui est cohérent avec T≈2,09T\approx 2{,}09 s.

Ordre de grandeur : 2π≈6,282\pi\approx 6{,}28, donc T≈6,28/3≈2,09T\approx 6{,}28/3\approx 2{,}09. Une période de deux secondes environ pour un ressort de laboratoire : plausible.

Rappel de cours

Oscillateur harmonique

x′′+ω02 x=0⟹x(t)=C1cos⁡ω0t+C2sin⁡ω0tx''+\omega_0^{2}\,x=0 \qquad\Longrightarrow\qquad x(t)=C_1\cos\omega_0 t+C_2\sin\omega_0 t

⚠️ Le coefficient de l'équation est ω02\omega_0^{2}, pas ω0\omega_0. Ici 9=329=3^{2} donc ω0=3\omega_0=3. Oublier la racine carrée est l'erreur n°1 de cet exercice.

Les trois grandeurs et leurs liens

grandeur formule unité
pulsation ω0\omega_0 coef de x\sqrt{\text{coef de }x} rad⋅\cdots−1^{-1}
période TT 2πω0\dfrac{2\pi}{\omega_0} s
fréquence ff 1T=ω02π\dfrac{1}{T}=\dfrac{\omega_0}{2\pi} Hz

Écriture en amplitude et phase

C1cos⁡ω0t+C2sin⁡ω0t=Acos⁡(ω0t−φ)C_1\cos\omega_0 t+C_2\sin\omega_0 t=A\cos(\omega_0 t-\varphi)
avec A=C12+C22A=\sqrt{C_1^{2}+C_2^{2}} l'amplitude et φ\varphi la phase à l'origine. Cette forme rend l'amplitude lisible d'un coup d'œil.

Absence de terme en x′x' α=0\alpha=0 : pas d'amortissement, l'amplitude reste constante indéfiniment. Un terme en x′x' apparaîtra en D6, et changera tout.

L'erreur classique

⚠️ Confondre ω0\omega_0 et ω02\omega_0^{2} : annoncer ω0=9\omega_0=9 au lieu de 33. C'est l'erreur dominante, et elle contamine tout — la période deviendrait 2π9≈0,70\dfrac{2\pi}{9}\approx 0{,}70 s, soit trois fois trop petite.

Le contrôle : la solution trouvée est cos⁡3t\cos 3t, pas cos⁡9t\cos 9t. La pulsation se lit dans la solution, pas dans l'équation.

⚠️ Écrire T=2πω0T=2\pi\omega_0 au lieu de 2πω0\dfrac{2\pi}{\omega_0}.

Le contrôle par bon sens physique : plus la pulsation est grande, plus ça oscille vite, donc plus la période est courte. La formule doit donc être une division. Avec ω0=3\omega_0=3 on trouve T≈2,09T\approx 2{,}09 s, alors que la formule fautive donnerait 18,818{,}8 s.

⚠️ Garder un facteur exponentiel : écrire e0(C1cos⁡3t+C2sin⁡3t)e^{0}(C_1\cos 3t+C_2\sin 3t) sans simplifier, ou pire e3t(… )e^{3t}(\dots). Ici α=0\alpha=0 donc l'exponentielle vaut 11.

⚠️ Oublier les unités. Une pulsation est en rad⋅\cdots−1^{-1}, une période en s, une fréquence en Hz. Sur un exercice de physique, l'unité fait partie de la réponse.

⚠️ Confondre pulsation et fréquence. ω0=3\omega_0=3 rad⋅\cdots−1^{-1} mais f≈0,48f\approx 0{,}48 Hz : ce ne sont pas les mêmes nombres, et le facteur 2π2\pi les sépare.

À retenir
x′′+ω02x=0⟹x=C1cos⁡ω0t+C2sin⁡ω0t,T=2πω0x''+\omega_0^{2}x=0 \quad\Longrightarrow\quad x=C_1\cos\omega_0 t+C_2\sin\omega_0 t, \qquad T=\frac{2\pi}{\omega_0}

Le coefficient de l'équation est le CARRÉ de la pulsation. Prendre la racine carrée : 9→39\to 3. Le contrôle est de relire la solution, où ω0\omega_0 apparaît tel quel.

Pas de terme en x′x' = pas d'amortissement. L'amplitude ne décroît jamais, le facteur exponentiel vaut 11.

Plus ω0\omega_0 est grand, plus TT est petit. Ce lien inverse permet de retrouver la formule sans l'apprendre, et de détecter immédiatement une inversion.

Réponse. x(t)=C1cos⁡3t+C2sin⁡3tx(t)=C_1\cos 3t+C_2\sin 3t ; ω0=3\omega_0=3 rad/s, T=2π3T=\dfrac{2\pi}{3} s. (Recoupement : (cos⁡3t)′′=−9cos⁡3t(\cos 3t)''=-9\cos 3t donc x′′+9x=0x''+9x=0 ✓)
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Second ordre avec conditions initiales (Δ positif)

CalculDifficulté 3/5

Résoudre y′′−y=0y''-y=0 avec y(0)=2y(0)=2 et y′(0)=0y'(0)=0.

Indices (3)

Équation caractéristique r2−1=0r^2-1=0 : racines ±1\pm 1.

Écris y=C1ex+C2e−xy=C_1e^{x}+C_2e^{-x} et y′y', puis impose les deux conditions.

Tu obtiens un système 2×22\times 2 en C1,C2C_1,C_2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une équation du second ordre avec deux conditions initiales : y(0)y(0) et y′(0)y'(0). C'est le format standard, et il faut se rappeler pourquoi il en faut deux — parce que la solution générale contient deux constantes.

La méthode se déroule en trois temps, toujours dans cet ordre :

  1. résoudre l'équation caractéristique et écrire la solution générale ;
  2. dériver cette solution générale ;
  3. écrire les deux conditions, ce qui donne un système de deux équations à deux inconnues C1C_1 et C2C_2.

L'étape 2 est celle qu'on oublie. On ne peut pas exploiter y′(0)=0y'(0)=0 sans avoir l'expression de y′y'.

L'équation y′′−y=0y''-y=0 dit : la dérivée seconde égale la fonction. On devine exe^{x} — et aussi e−xe^{-x}, puisque dériver deux fois ramène le signe moins au carré.

Étape 1 — solution générale et sa dérivée
r2−1=0⟹r=±1r^{2}-1=0 \quad\Longrightarrow\quad r=\pm 1

Δ=0−4×1×(−1)=4>0\Delta=0-4\times 1\times(-1)=4>0, deux racines réelles distinctes :

y(x)=C1ex+C2e−xy(x)=C_1e^{x}+C_2e^{-x}

On dérive tout de suite, avant même de regarder les conditions :

y′(x)=C1ex−C2e−xy'(x)=C_1e^{x}-C_2e^{-x}

⚠️ Le signe moins vient de la dérivée de e−xe^{-x}, qui vaut −e−x-e^{-x}. C'est lui qui rend le système résoluble ; l'oublier donnerait deux équations identiques.

Étape 2 — résoudre le système

On évalue en x=0x=0, où e0=1e^{0}=1 :

{y(0)=C1+C2=2y′(0)=C1−C2=0\begin{cases} y(0)=C_1+C_2=2\\[4pt] y'(0)=C_1-C_2=0 \end{cases}

Résolution. La seconde équation donne C1=C2C_1=C_2. En reportant dans la première :

2C1=2⟹C1=1etC2=12C_1=2 \quad\Longrightarrow\quad C_1=1 \quad\text{et}\quad C_2=1

(On peut aussi additionner les deux lignes : 2C1=22C_1=2, puis les soustraire : 2C2=22C_2=2.)

y(x)=ex+e−x\boxed{y(x)=e^{x}+e^{-x}}

Double vérification :

à vérifier calcul verdict
l'équation y′′=ex+e−x=yy''=e^{x}+e^{-x}=y, donc y′′−y=0y''-y=0 ✓
y(0)=2y(0)=2 1+1=21+1=2 ✓
y′(0)=0y'(0)=0 y′=ex−e−xy'=e^{x}-e^{-x}, donc y′(0)=1−1=0y'(0)=1-1=0 ✓

Remarque : cette fonction est 2cosh⁡x2\cosh x, le cosinus hyperbolique. C'est la forme de la chaînette — la courbe que prend un câble suspendu par ses deux extrémités. Elle est paire, ce qui est cohérent avec y′(0)=0y'(0)=0 : la tangente au point le plus bas est horizontale.

Rappel de cours

Problème de Cauchy au second ordre

ay′′+by′+cy=0,y(x0)=α,y′(x0)=βay''+by'+cy=0,\qquad y(x_0)=\alpha,\qquad y'(x_0)=\beta
admet une unique solution. Deux conditions sont nécessaires, et elles suffisent.

La méthode, dans l'ordre

  1. équation caractéristique →\to solution générale avec C1,C2C_1,C_2
  2. dériver la solution générale
  3. évaluer yy et y′y' en x0x_0
  4. résoudre le système 2×22\times 2

⚠️ L'étape 2 précède l'étape 3. Vouloir utiliser y′(0)y'(0) sans avoir écrit y′y' est le blocage le plus courant.

Un système symétrique se résout par somme et différence

{C1+C2=αC1−C2=β⟹C1=α+β2,C2=α−β2\begin{cases}C_1+C_2=\alpha\\ C_1-C_2=\beta\end{cases} \quad\Longrightarrow\quad C_1=\frac{\alpha+\beta}{2},\quad C_2=\frac{\alpha-\beta}{2}

Fonctions hyperboliques

cosh⁡x=ex+e−x2sinh⁡x=ex−e−x2\cosh x=\frac{e^{x}+e^{-x}}{2} \qquad \sinh x=\frac{e^{x}-e^{-x}}{2}
Ce sont les solutions naturelles de y′′−y=0y''-y=0, comme cos⁡\cos et sin⁡\sin le sont de y′′+y=0y''+y=0.

L'erreur classique

⚠️ Utiliser y(0)y(0) deux fois. Écrire C1+C2=2C_1+C_2=2 et C1+C2=0C_1+C_2=0, système sans solution. La seconde condition porte sur y′y', pas sur yy : il faut d'abord dériver.

⚠️ Oublier le signe moins dans y′y' : écrire y′=C1ex+C2e−xy'=C_1e^{x}+C_2e^{-x}. Le système devient alors C1+C2=2C_1+C_2=2 et C1+C2=0C_1+C_2=0 — incompatible.

Le contrôle : un système 2×22\times 2 qui n'a pas de solution alors que le problème est bien posé signale toujours une erreur — de dérivation, ou de lecture des conditions. Ne pas conclure « il n'y a pas de solution » ; relire y′y'.

⚠️ Confondre y′′−y=0y''-y=0 et y′′+y=0y''+y=0. La première donne des exponentielles (Δ>0\Delta>0), la seconde des fonctions trigonométriques (Δ<0\Delta<0). Un seul signe sépare deux mondes.

Le contrôle : r2−1=0r^{2}-1=0 a des racines réelles ; r2+1=0r^{2}+1=0 n'en a pas.

⚠️ Écrire ex+e−x=e0=1e^{x}+e^{-x}=e^{0}=1. Les exponentielles ne s'additionnent pas ainsi — cette règle vaut pour le produit : ex×e−x=1e^{x}\times e^{-x}=1.

Le contrôle numérique : en x=1x=1, e+e−1≈2,718+0,368=3,086e+e^{-1}\approx 2{,}718+0{,}368=3{,}086, pas 11.

À retenir

Dériver la solution générale AVANT d'écrire les conditions. C'est l'étape sautée dans la majorité des copies bloquées.

Deux constantes, deux conditions, un système 2×22\times 2. Rien de plus, et la structure est toujours la même quelle que soit la forme de la solution générale.

Terminer par la triple vérification : l'équation, puis chacune des deux conditions. Trois lignes de calcul, et la réponse devient certaine.

y′′−y=0y''-y=0 donne des exponentielles, y′′+y=0y''+y=0 des sinusoïdes. Un signe, deux comportements opposés — vérifier lequel on a avant de se lancer.

Réponse. y(x)=ex+e−xy(x)=e^{x}+e^{-x}. (Recoupement : y′′=ex+e−x=yy''=e^{x}+e^{-x}=y ✓ ; y(0)=2y(0)=2 ✓ ; y′(0)=1−1=0y'(0)=1-1=0 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Second ordre avec conditions initiales (Δ négatif)

CalculDifficulté 3/5

Résoudre y′′+4y=0y''+4y=0 avec y(0)=1y(0)=1 et y′(0)=2y'(0)=2.

Indices (3)

Équation caractéristique r2+4=0r^2+4=0 : racines ±2i\pm 2i.

y=C1cos⁡2x+C2sin⁡2xy=C_1\cos 2x+C_2\sin 2x ; calcule y′y' avant d'imposer y′(0)y'(0).

y(0)y(0) donne C1C_1 directement, y′(0)y'(0) donne C2C_2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Même exercice que le précédent, mais dans le cas Δ<0\Delta<0 : la solution générale sera trigonométrique.

La différence pratique est dans la dérivation. Dériver cos⁡2x\cos 2x ne donne pas −cos⁡2x-\cos 2x mais −2sin⁡2x-2\sin 2x : il apparaît un facteur 22, et un changement de fonction. C'est exactement là que se produit l'erreur.

L'équation y′′+4y=0y''+4y=0 est celle d'un oscillateur de pulsation ω0=4=2\omega_0=\sqrt{4}=2. Les conditions y(0)=1y(0)=1 et y′(0)=2y'(0)=2 fixent la position et la vitesse initiales.

Un raccourci utile à connaître : évaluées en 00, ces fonctions sont très simples — cos⁡0=1\cos 0=1 et sin⁡0=0\sin 0=0. Le système sera donc quasiment résolu d'avance.

Étape 1 — solution générale et sa dérivée
r2+4=0⟹r=±2ir^{2}+4=0 \quad\Longrightarrow\quad r=\pm 2i

Δ=−16<0\Delta=-16<0, avec α=0\alpha=0 et β=2\beta=2 :

y(x)=C1cos⁡2x+C2sin⁡2xy(x)=C_1\cos 2x+C_2\sin 2x

Dérivation — on applique (cos⁡ax)′=−asin⁡ax(\cos ax)'=-a\sin ax et (sin⁡ax)′=acos⁡ax(\sin ax)'=a\cos ax :

y′(x)=−2C1sin⁡2x+2C2cos⁡2xy'(x)=-2C_1\sin 2x+2C_2\cos 2x

⚠️ Deux choses changent en dérivant : le facteur 22 sort, et le signe moins apparaît uniquement sur le cosinus. Ces deux effets sont indépendants et s'oublient séparément.

Étape 2 — les conditions initiales

On évalue en x=0x=0, sachant cos⁡0=1\cos 0=1 et sin⁡0=0\sin 0=0 :

y(0)=C1×1+C2×0=C1=1y(0)=C_1\times 1+C_2\times 0=C_1=1
y′(0)=−2C1×0+2C2×1=2C2=2⟹C2=1y'(0)=-2C_1\times 0+2C_2\times 1=2C_2=2 \quad\Longrightarrow\quad C_2=1

Le système est découplé : chaque condition donne directement une constante, sans résolution.

y(x)=cos⁡2x+sin⁡2x\boxed{y(x)=\cos 2x+\sin 2x}

Triple vérification :

à vérifier calcul verdict
l'équation y′′=−4cos⁡2x−4sin⁡2x=−4yy''=-4\cos 2x-4\sin 2x=-4y, donc y′′+4y=0y''+4y=0 ✓
y(0)=1y(0)=1 cos⁡0+sin⁡0=1+0=1\cos 0+\sin 0=1+0=1 ✓
y′(0)=2y'(0)=2 y′=−2sin⁡2x+2cos⁡2xy'=-2\sin 2x+2\cos 2x, donc y′(0)=0+2=2y'(0)=0+2=2 ✓

Forme amplitude-phase. On peut regrouper :

y(x)=2 cos⁡ ⁣(2x−π4)y(x)=\sqrt{2}\,\cos\!\left(2x-\frac{\pi}{4}\right)

avec A=12+12=2≈1,41A=\sqrt{1^{2}+1^{2}}=\sqrt{2}\approx 1{,}41. Cette écriture rend l'amplitude visible — l'oscillation reste comprise entre −2-\sqrt2 et 2\sqrt2, information qu'on ne lit pas sur la somme.

Rappel de cours

Dérivées trigonométriques composées

(cos⁡ax)′=−asin⁡ax(sin⁡ax)′=acos⁡ax(\cos ax)'=-a\sin ax \qquad (\sin ax)'=a\cos ax
Deux effets simultanés : le coefficient aa sort, et cos⁡\cos et sin⁡\sin s'échangent — avec un signe moins dans un seul sens.

Valeurs en 00 — à connaître par cœur

cos⁡0=1sin⁡0=0\cos 0=1 \qquad \sin 0=0
C'est ce qui rend le système découplé : C1C_1 vient de y(0)y(0), C2C_2 vient de y′(0)y'(0).

Cas particulier de y′′+ω2y=0y''+\omega^{2}y=0

y(0)=C1y′(0)=ω C2y(0)=C_1 \qquad y'(0)=\omega\,C_2
Donc C1=y(0)C_1=y(0) et C2=y′(0)ωC_2=\dfrac{y'(0)}{\omega} — directement, sans système. ⚠️ Le ω\omega au dénominateur s'oublie facilement.

Regroupement amplitude-phase

C1cos⁡ωx+C2sin⁡ωx=Acos⁡(ωx−φ)C_1\cos\omega x+C_2\sin\omega x=A\cos(\omega x-\varphi)
A=C12+C22,tan⁡φ=C2C1A=\sqrt{C_1^{2}+C_2^{2}}, \qquad \tan\varphi=\frac{C_2}{C_1}

L'erreur classique

⚠️ Oublier le facteur 22 en dérivant : écrire y′=−C1sin⁡2x+C2cos⁡2xy'=-C_1\sin 2x+C_2\cos 2x. On trouverait alors C2=2C_2=2 au lieu de 11.

Le contrôle : reprendre la solution obtenue et la dériver. Avec y=cos⁡2x+2sin⁡2xy=\cos 2x+2\sin 2x on aurait y′(0)=4≠2y'(0)=4\ne 2 ✗

⚠️ Se tromper de sens sur le signe moins : écrire (cos⁡2x)′=2sin⁡2x(\cos 2x)'=2\sin 2x ou (sin⁡2x)′=−2cos⁡2x(\sin 2x)'=-2\cos 2x.

Le moyen de vérifier : en x=0x=0, cos⁡\cos est à son maximum donc sa dérivée est nulle et sur le point de décroître — d'où le signe moins sur le sinus. Le sinus, lui, est croissant en 00, donc sa dérivée y est positive : pas de signe moins.

⚠️ Croire que C2=y′(0)C_2=y'(0), sans diviser par ω\omega. Ici ω=2\omega=2, donc C2=22=1C_2=\dfrac{2}{2}=1. L'erreur donnerait C2=2C_2=2, que le contrôle de y′(0)y'(0) détecte : y=cos⁡2x+2sin⁡2xy=\cos 2x+2\sin 2x donne y′(0)=4≠2y'(0)=4\ne 2 ✗

⚠️ Ajouter un facteur exponentiel parce que le cas Δ<0\Delta<0 en comporte un « normalement ». Ici α=0\alpha=0 donc e0=1e^{0}=1 : rien à écrire.

⚠️ Annoncer une amplitude de 11 parce que les deux coefficients valent 11. Les amplitudes ne s'additionnent pas linéairement : A=1+1=2≈1,41A=\sqrt{1+1}=\sqrt{2}\approx 1{,}41, et le maximum de cos⁡2x+sin⁡2x\cos 2x+\sin 2x vaut bien 1,411{,}41, pas 11 ni 22.

À retenir

Dériver un cos⁡ωx\cos\omega x fait sortir ω\omega ET change de fonction. Deux effets, deux oublis possibles — les traiter séparément.

En 00, tout se simplifie : C1=y(0)C_1=y(0) et C2=y′(0)ωC_2=\dfrac{y'(0)}{\omega}. Le système est découplé, il n'y a rien à résoudre. ⚠️ Ne pas oublier la division par ω\omega.

L'amplitude vaut C12+C22\sqrt{C_1^{2}+C_2^{2}}, pas C1+C2C_1+C_2. Elle donne l'encadrement de la solution, information que la somme de deux fonctions ne montre pas.

Terminer par la triple vérification — équation, y(0)y(0), y′(0)y'(0). Elle attrape toutes les erreurs de dérivation d'un coup.

Réponse. y(x)=cos⁡2x+sin⁡2xy(x)=\cos 2x+\sin 2x. (Recoupement : y′′=−4cos⁡2x−4sin⁡2x=−4yy''=-4\cos 2x-4\sin 2x=-4y ✓ ; y(0)=1y(0)=1, y′(0)=2y'(0)=2 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Premier ordre homogène avec condition initiale

CalculDifficulté 2/5

Résoudre l'équation différentielle y′+5y=0y'+5y=0 avec la condition initiale y(0)=2y(0)=2.

Indices (3)

Forme y′+ay=0y'+ay=0 avec a=5a=5 : solutions Ce−5xCe^{-5x}.

y(0)=2y(0)=2 donne CC.

Contrôle : re-substitue ta solution dans l'équation.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'exercice le plus court du chapitre — et donc le meilleur test de méthode, parce qu'il ne laisse nulle part où se cacher.

Deux choses à repérer, dans cet ordre :

  1. le second membre est nul : c'est une équation homogène, la formule s'applique directement ;
  2. le coefficient est +5+5, donc l'exposant sera −5-5. Le signe s'inverse.

Puis la condition initiale en x=0x=0, qui donne CC immédiatement puisque e0=1e^{0}=1.

Le contrôle de plausibilité avant tout calcul : y′=−5yy'=-5y avec y>0y>0 donne y′<0y'<0, donc une fonction décroissante. La réponse doit contenir une exponentielle décroissante — si elle croît, c'est faux.

La résolution

Solution générale. L'équation y′+5y=0y'+5y=0 est de la forme y′+ay=0y'+ay=0 avec a=5a=5 :

y(x)=C e−5x,C∈Ry(x)=C\,e^{-5x}, \qquad C\in\mathbb{R}

Condition initiale. On impose y(0)=2y(0)=2 :

y(0)=C e0=C=2y(0)=C\,e^{0}=C=2
y(x)=2e−5x\boxed{y(x)=2e^{-5x}}

Double vérification :

à vérifier calcul verdict
l'équation y′=−10e−5xy'=-10e^{-5x}, donc y′+5y=−10e−5x+10e−5x=0y'+5y=-10e^{-5x}+10e^{-5x}=0 ✓
la condition y(0)=2e0=2y(0)=2e^{0}=2 ✓

Lecture : la fonction part de 22 et décroît vers 00. À x=1x=1, y=2e−5≈0,013y=2e^{-5}\approx 0{,}013 — l'amortissement est très rapide, ce qui est cohérent avec un coefficient de 55.

Lire la solution : ce que vaut le coefficient

Une réponse n'est pas seulement une formule — elle décrit un comportement, et savoir le lire permet de la contrôler.

y(x)=2e−5xy(x)=2e^{-5x}
xx y(x)y(x) fraction de la valeur initiale
00 22 100 %100\ \%
0,20{,}2 0,7360{,}736 37 %37\ \%
0,50{,}5 0,1640{,}164 8 %8\ \%
11 0,0130{,}013 0,7 %0{,}7\ \%

Le coefficient 55 fixe la vitesse. Plus il est grand, plus la décroissance est brutale — et la grandeur qui le mesure est le temps de demi-vie, c'est-à-dire l'abscisse où yy vaut la moitié de sa valeur de départ :

2e−5x=1⟹e−5x=12⟹x=ln⁡25≈0,1392e^{-5x}=1 \quad\Longrightarrow\quad e^{-5x}=\frac12 \quad\Longrightarrow\quad x=\frac{\ln 2}{5}\approx 0{,}139

Tous les 0,1390{,}139 environ, la quantité est divisée par deux. C'est exactement le calcul de l'exercice A6 sur la radioactivité, avec 55 au lieu de 0,10{,}1 — la même formule ln⁡2a\dfrac{\ln 2}{a}.

Ce que ça donne comme contrôle : un coefficient de 55 doit produire une décroissance rapide. Si une réponse trouvée décroissait lentement, ou pire croissait, l'erreur serait visible sans calcul.

Rappel de cours

La formule fondamentale du chapitre

y′+ay=0⟹y=C e−axy'+ay=0 \qquad\Longrightarrow\qquad y=C\,e^{-ax}
Le signe s'inverse entre l'équation et l'exposant.

La forme qui ne piège pas

y′=ky⟹y=C ekxy'=ky \qquad\Longrightarrow\qquad y=C\,e^{kx}
Ici le coefficient passe tel quel. Isoler y′y' avant d'appliquer la formule supprime le risque d'inversion.

Condition initiale en 00

e0=1⟹C=y(0)e^{0}=1 \quad\Longrightarrow\quad C=y(0)
La constante est la valeur de départ.

Le contrôle par substitution Il coûte deux lignes et tranche toujours. À faire systématiquement, surtout en début de chapitre où les automatismes ne sont pas encore installés.

L'erreur classique

⚠️ Écrire y=2e5xy=2e^{5x}, sans inverser le signe. C'est l'erreur n°1 du chapitre.

Le contrôle : (2e5x)′+5×2e5x=10e5x+10e5x=20e5x≠0\big(2e^{5x}\big)'+5\times 2e^{5x}=10e^{5x}+10e^{5x}=20e^{5x}\ne 0 ✗

Et le contrôle de bon sens est encore plus rapide : y′=−5yy'=-5y impose une décroissance, or e5xe^{5x} croît. Contradiction visible sans calcul.

⚠️ Écrire y=e−5x+2y=e^{-5x}+2 pour « tenir compte » de y(0)=2y(0)=2. La constante est un facteur multiplicatif, pas un terme ajouté.

Le contrôle : −5e−5x+5(e−5x+2)=10≠0-5e^{-5x}+5(e^{-5x}+2)=10\ne 0 ✗

⚠️ Oublier la constante à l'étape de la solution générale et écrire directement y=e−5xy=e^{-5x}, puis ne plus savoir comment imposer y(0)=2y(0)=2. La constante est indispensable — c'est elle qui donne la liberté d'ajuster.

⚠️ Écrire C=y(0)C=y(0) sans le justifier quand la condition n'est pas en 00. Cette simplification vient de e0=1e^{0}=1 ; ailleurs elle est fausse. Avec y(1)=2y(1)=2 on aurait Ce−5=2Ce^{-5}=2 donc C=2e5C=2e^{5}.

À retenir
y′+ay=0⟹y=Ce−axpuisC=y(0)y'+ay=0 \quad\Longrightarrow\quad y=Ce^{-ax} \quad\text{puis}\quad C=y(0)

Le signe s'inverse, et c'est la seule difficulté. Le contrôle par substitution la rend impossible.

La constante multiplie l'exponentielle, elle ne s'y ajoute pas.

Le signe du coefficient annonce le comportement : a>0a>0 donne une décroissance vers 00 (pour C>0C>0, comme ici). Vérifier que la réponse trouvée décroît bien est un contrôle gratuit, et il attrape l'erreur de signe à coup sûr.

Réponse. y(x)=2e−5xy(x)=2e^{-5x}. (Recoupement : y′=−10e−5xy'=-10e^{-5x} et y′+5y=−10e−5x+10e−5x=0y'+5y=-10e^{-5x}+10e^{-5x}=0 ✓ ; y(0)=2y(0)=2 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Second membre constant avec condition initiale

CalculDifficulté 2/5

Résoudre l'équation différentielle y′−2y=6y'-2y=6 avec la condition initiale y(0)=0y(0)=0.

Indices (3)

Homogène : y′−2y=0y'-2y=0 donne Ce2xCe^{2x}.

Solution particulière constante : −2k=6-2k=6.

Impose y(0)=0y(0)=0 à la solution complète Ce2x+kCe^{2x}+k.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Second membre non nul : la formule directe ne suffit plus. Il faut la décomposition en deux morceaux

y=yh+ypy=y_h+y_p

et deux pièges de signe guettent, indépendants l'un de l'autre.

Premier piège : l'équation est y′−2y=6y'-2y=6, donc a=−2a=-2. L'exposant de l'homogène sera −a=+2-a=+2, donc e2xe^{2x} croissante. Le réflexe « il y a toujours un moins » est faux ici.

Second piège : dans la recherche de la constante yp=ky_p=k, l'équation devient −2k=6-2k=6, donc k=−3k=-3. Le signe négatif du coefficient se reporte sur kk.

Et l'ordre : la condition initiale se pose après l'assemblage, jamais avant.

Étape 1 — homogène et particulière

Homogène : y′−2y=0y'-2y=0, c'est-à-dire y′=2yy'=2y. La forme y′=kyy'=ky avec k=2k=2 donne

yh(x)=C e2xy_h(x)=C\,e^{2x}

Particulière : le second membre est la constante 66, on cherche yp=ky_p=k constante. Alors yp′=0y_p'=0 et l'équation devient

0−2k=6⟹k=−30-2k=6 \quad\Longrightarrow\quad k=-3
yp(x)=−3y_p(x)=-3

Contrôle : 0−2×(−3)=60-2\times(-3)=6 ✓

Assemblage :

y(x)=C e2x−3y(x)=C\,e^{2x}-3
Étape 2 — la condition initiale

Maintenant seulement, on impose y(0)=0y(0)=0 :

y(0)=C e0−3=C−3=0⟹C=3y(0)=C\,e^{0}-3=C-3=0 \quad\Longrightarrow\quad C=3
y(x)=3e2x−3=3(e2x−1)\boxed{y(x)=3e^{2x}-3=3\big(e^{2x}-1\big)}

Double vérification :

à vérifier calcul verdict
l'équation y′=6e2xy'=6e^{2x}, donc y′−2y=6e2x−6e2x+6=6y'-2y=6e^{2x}-6e^{2x}+6=6 ✓
la condition y(0)=3−3=0y(0)=3-3=0 ✓

Comportement : ici a=−2<0a=-2<0, donc l'exponentielle croît et y→+∞y\to+\infty. Aucune stabilisation — à l'inverse des exercices où a>0a>0, où toutes les solutions convergeaient vers ypy_p.

⚠️ Ce contraste vaut d'être noté : le signe de aa décide seul du fait qu'un système se stabilise ou diverge, et il se lit dans l'équation avant tout calcul.

Lire la solution : une exponentielle décalée
y(x)=3(e2x−1)y(x)=3\big(e^{2x}-1\big)

La bonne façon de lire cette forme est de la retourner :

y(x)+3=3e2xy(x)+3=3e^{2x}

Ce n'est pas yy qui est une exponentielle pure, c'est y+3y+3 — autrement dit l'écart entre yy et la valeur −3-3 de la solution particulière.

C'est le même mécanisme que le refroidissement de l'exercice E6, où c'était l'écart θ−20\theta-20 à la température ambiante qui décroissait exponentiellement. Ici la particulière vaut −3-3 et l'écart croît, parce que le coefficient est négatif.

xx y(x)y(x) y(x)+3y(x)+3
00 00 33
0,50{,}5 5,155{,}15 8,158{,}15
11 19,1719{,}17 22,1722{,}17

La troisième colonne est bien multipliée par e2×0,5=e≈2,72e^{2\times 0{,}5}=e\approx 2{,}72 à chaque demi-unité ✓ — contrôle qui valide d'un coup le coefficient 33 et l'exposant 22.

Retenir la lecture générale : dans y=Ce−ax+ypy=Ce^{-ax}+y_p, c'est toujours y−ypy-y_p qui est l'exponentielle pure. La solution particulière est le niveau de référence, pas un terme accessoire.

Rappel de cours

Structure y=yh+ypy=y_h+y_p

y′+ay=b⟹y=Ce−ax⏟homogeˋne+yp⏟particulieˋrey'+ay=b \quad\Longrightarrow\quad y=\underbrace{Ce^{-ax}}_{\text{homogène}}+\underbrace{y_p}_{\text{particulière}}

Second membre constant Chercher yp=ky_p=k constante ⟹\Longrightarrow yp′=0y_p'=0 ⟹\Longrightarrow l'équation devient ak=bak=b, soit k=bak=\dfrac{b}{a}. Ici a=−2a=-2 et b=6b=6 donnent k=−3k=-3. ⚠️ Refaire la substitution plutôt que d'appliquer la formule : elle porte son propre signe.

Repérer aa correctement La référence est y′+ay=by'+ay=b. Dans y′−2y=6y'-2y=6 : a=−2a=-2, b=6b=6. Le geste sûr : isoler y′y'. Ici y′=2y+6y'=2y+6, dont la partie homogène y′=2yy'=2y donne e2xe^{2x} sans retournement.

Ordre des opérations homogène →\to particulière →\to somme →\to puis seulement condition initiale.

L'erreur classique

⚠️ Écrire yh=Ce−2xy_h=Ce^{-2x} par application mécanique du « signe qui s'inverse », sans voir que aa vaut déjà −2-2.

Le contrôle : −2Ce−2x−2Ce−2x=−4Ce−2x≠0-2Ce^{-2x}-2Ce^{-2x}=-4Ce^{-2x}\ne 0 ✗ — la version fautive ne résout même pas l'homogène.

⚠️ Trouver k=3k=3 au lieu de −3-3, en oubliant le signe du coefficient.

Le contrôle : avec yp=3y_p=3, on aurait 0−2×3=−6≠60-2\times 3=-6\ne 6 ✗. Une substitution, et c'est réglé.

⚠️ Appliquer la condition initiale sur yhy_h seul : écrire C=0C=0 puis répondre y=−3y=-3. La fonction constante −3-3 vérifie bien l'équation, mais y(0)=−3≠0y(0)=-3\ne 0 ✗ — la condition porte sur la solution complète.

⚠️ Écrire y=3e2xy=3e^{2x} en oubliant −3-3 à la fin. Alors y′−2y=6e2x−6e2x=0≠6y'-2y=6e^{2x}-6e^{2x}=0\ne 6 ✗

⚠️ Factoriser de travers : 3e2x−3=3(e2x−1)3e^{2x}-3=3(e^{2x}-1), et non 3e2x−13e^{2x-1} ni 3(e2x−3)3(e^{2x}-3). La factorisation est facultative ; si elle est faite, elle doit être juste.

À retenir
y′+ay=b⟹y=Ce−ax+bay'+ay=b \quad\Longrightarrow\quad y=Ce^{-ax}+\frac{b}{a}

Deux signes à surveiller, indépendants : celui de l'exposant, et celui de la constante particulière. Refaire la substitution à chaque fois vaut mieux qu'appliquer une formule.

Isoler y′y' avant de lire le coefficient. y′−2y=6y'-2y=6 devient y′=2y+6y'=2y+6 : plus rien à inverser.

La condition initiale vient en dernier, sur yh+ypy_h+y_p assemblés.

Le signe de aa annonce le comportement : a<0a<0 ici, donc divergence — cohérent avec le 3e2x3e^{2x} trouvé.

Réponse. y(x)=3e2x−3y(x)=3e^{2x}-3. (Recoupement : y′−2y=6e2x−6e2x+6=6y'-2y=6e^{2x}-6e^{2x}+6=6 ✓ ; y(0)=0y(0)=0 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Vérifier une solution particulière puis conclure

ApplicationDifficulté 2/5

On considère l'équation y′+y=xy'+y=x. 1) Vérifier que yp(x)=x−1y_p(x)=x-1 est une solution particulière. 2) En déduire la solution générale. 3) Déterminer la solution vérifiant y(0)=1y(0)=1.

Indices (3)

Pour 1) : calcule yp′+ypy_p'+y_p et compare à xx.

Solution générale == solution homogène Ce−xCe^{-x} ++ ypy_p.

y(0)=C−1y(0)=C-1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'énoncé fait tout le travail difficile : il fournit la solution particulière. Il ne reste qu'à la vérifier, puis à assembler.

C'est une structure d'énoncé très fréquente aux examens, et il faut la reconnaître : quand on te donne ypy_p, c'est que la trouver seul serait long ou hors programme. On ne cherche pas à la retrouver — on la teste.

Les trois questions correspondent exactement aux trois étapes de la méthode :

question étape
1) vérifier ypy_p la solution particulière
2) en déduire la générale ajouter l'homogène
3) déterminer avec y(0)=1y(0)=1 fixer la constante

L'expression « en déduire » de la question 2 est le signal : il faut réutiliser la question 1, pas recommencer.

1) Vérifier que $y_p(x)=x-1$ convient

On dérive, puis on substitue :

yp′(x)=1y_p'(x)=1
yp′(x)+yp(x)=1+(x−1)=xy_p'(x)+y_p(x)=1+(x-1)=x

C'est bien le second membre demandé. Donc ypy_p est une solution particulière ✓

Remarquer au passage la mécanique : la dérivée 11 compense exactement le −1-1 de la fonction. C'est ce qui rend x−1x-1 solution plutôt que xx tout court — avec yp=xy_p=x on aurait obtenu 1+x1+x, pas xx.

2) La solution générale

Homogène : y′+y=0y'+y=0, donc a=1a=1 et

yh(x)=C e−xy_h(x)=C\,e^{-x}

Somme :

y(x)=C e−x+x−1,C∈R\boxed{y(x)=C\,e^{-x}+x-1, \qquad C\in\mathbb{R}}

Contrôle : y′=−Ce−x+1y'=-Ce^{-x}+1, donc

y′+y=−Ce−x+1+Ce−x+x−1=x✓y'+y=-Ce^{-x}+1+Ce^{-x}+x-1=x \quad \checkmark

Pourquoi cette structure fonctionne, en une phrase : si yy et ypy_p sont toutes deux solutions de y′+y=xy'+y=x, alors leur différence y−ypy-y_p vérifie (y−yp)′+(y−yp)=x−x=0(y-y_p)'+(y-y_p)=x-x=0 — elle est solution de l'homogène. Donc y−yp=Ce−xy-y_p=Ce^{-x}, c'est-à-dire y=Ce−x+ypy=Ce^{-x}+y_p.

Toutes les solutions sont de cette forme : il n'en manque aucune.

3) La solution vérifiant $y(0)=1$
y(0)=C e0+0−1=C−1=1⟹C=2y(0)=C\,e^{0}+0-1=C-1=1 \quad\Longrightarrow\quad C=2
y(x)=2e−x+x−1\boxed{y(x)=2e^{-x}+x-1}

Double vérification :

à vérifier calcul verdict
l'équation y′=−2e−x+1y'=-2e^{-x}+1, donc y′+y=−2e−x+1+2e−x+x−1=xy'+y=-2e^{-x}+1+2e^{-x}+x-1=x ✓
la condition y(0)=2+0−1=1y(0)=2+0-1=1 ✓

Comportement en +∞+\infty : 2e−x→02e^{-x}\to 0, donc y(x)≈x−1y(x)\approx x-1 pour xx grand. La courbe s'approche de la droite d'équation y=x−1y=x-1, qui en est asymptote oblique. C'est la lecture géométrique de la décomposition : le transitoire s'éteint, la particulière reste.

Rappel de cours

Le théorème de structure Si ypy_p est une solution de y′+ay=f(x)y'+ay=f(x), alors toutes les solutions sont

y=Ce−ax+ypy=Ce^{-ax}+y_p
Peu importe laquelle on prend comme ypy_p : changer de solution particulière ne fait que décaler la valeur de CC.

Pourquoi c'est vrai Si yy et ypy_p sont solutions, leur différence vérifie l'équation homogène. Donc y−yp=Ce−axy-y_p=Ce^{-ax}. Cet argument vaut aussi au second ordre, avec deux constantes.

« Vérifier que » ≠\ne « déterminer » Vérifier = dériver et substituer, deux lignes. Déterminer = chercher la forme, poser des coefficients, les identifier. Quand l'énoncé fournit la réponse, il attend la première.

Asymptote Si y=Ce−ax+P(x)y=Ce^{-ax}+P(x) avec a>0a>0, la courbe de yy admet celle de PP comme asymptote en +∞+\infty.

L'erreur classique

⚠️ Répondre y=x−1y=x-1 à la question 2. C'est une solution, pas la solution générale. Il manque toute la famille homogène, donc une infinité de solutions — et notamment celle que demande la question 3.

Le signal dans l'énoncé : le mot « générale » impose la présence d'une constante arbitraire.

⚠️ Multiplier ypy_p par la constante : écrire y=C(e−x+x−1)y=C(e^{-x}+x-1) ou y=Cx−Cy=Cx-C. La constante ne porte que sur la partie homogène.

Le contrôle : avec y=C(e−x+x−1)y=C(e^{-x}+x-1), on obtient y′+y=Cxy'+y=Cx, qui ne vaut xx que si C=1C=1 ✗ — ce n'est donc pas une famille de solutions.

⚠️ Chercher ypy_p alors qu'elle est donnée. Perte de temps, et risque d'en trouver une autre puis de s'inquiéter de la différence. Rappel : deux solutions particulières différentes donnent la même famille finale.

⚠️ Se tromper de signe sur l'homogène : écrire CexCe^{x}. Ici a=+1a=+1 donc l'exposant est −x-x.

Le contrôle : (Cex)′+Cex=2Cex≠0\big(Ce^{x}\big)'+Ce^{x}=2Ce^{x}\ne 0 ✗

⚠️ Oublier le x−1x-1 en appliquant la condition initiale : écrire y(0)=C=1y(0)=C=1. Il faut évaluer toute l'expression en 00, y compris la partie polynomiale : y(0)=C+0−1y(0)=C+0-1.

À retenir
y=Ce−ax⏟toutes les solutions de l’homogeˋne+yp⏟une solution particulieˋrey=\underbrace{Ce^{-ax}}_{\text{toutes les solutions de l'homogène}}+\underbrace{y_p}_{\textbf{une} \text{ solution particulière}}

La constante ne multiplie QUE l'homogène. C'est la faute de structure la plus coûteuse, parce qu'elle produit une réponse qui ressemble à une famille de solutions sans en être une.

« Vérifier que » = dériver et substituer. Quand l'énoncé donne ypy_p, il ne faut pas la chercher.

« En déduire » signale un réemploi : la question suivante s'appuie sur la précédente, elle ne recommence pas.

En +∞+\infty, il ne reste que ypy_p quand a>0a>0 — ce qui donne ici une asymptote oblique.

Réponse. y(x)=2e−x+x−1y(x)=2e^{-x}+x-1. (Recoupement : y′+y=(−2e−x+1)+(2e−x+x−1)=xy'+y=(-2e^{-x}+1)+(2e^{-x}+x-1)=x ✓ ; y(0)=2−1=1y(0)=2-1=1 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Second ordre Δ positif avec conditions initiales

CalculDifficulté 3/5

Résoudre l'équation y′′−5y′+6y=0y''-5y'+6y=0 avec y(0)=0y(0)=0 et y′(0)=1y'(0)=1.

Indices (3)

Équation caractéristique r2−5r+6=0r^2-5r+6=0 : Δ=1\Delta=1, racines 22 et 33.

y=C1e2x+C2e3xy=C_1e^{2x}+C_2e^{3x} ; écris le système donné par y(0)y(0) et y′(0)y'(0).

C1+C2=0C_1+C_2=0 et 2C1+3C2=12C_1+3C_2=1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Second ordre, Δ>0\Delta>0, deux conditions initiales : c'est la synthèse du lot B, et le format le plus fréquent en devoir.

La condition y(0)=0y(0)=0 mérite un mot. Elle ne signifie pas que la fonction est nulle — seulement qu'elle part de zéro. Avec y′(0)=1y'(0)=1, la fonction démarre à zéro en montant. On s'attend donc à une fonction qui croît à partir de l'origine, ce qui donnera un contrôle de plausibilité.

Le déroulé, dans l'ordre :

  1. équation caractéristique →\to deux racines ;
  2. écrire yy, puis dériver ;
  3. évaluer en 00 →\to système 2×22\times 2 ;
  4. résoudre, puis vérifier les trois choses.

L'étape 2 est celle qui bloque les copies : on ne peut pas exploiter y′(0)y'(0) sans avoir écrit y′y'.

Étape 1 — solution générale et dérivée
r2−5r+6=0r^{2}-5r+6=0
Δ=25−24=1>0\Delta=25-24=1>0
r1=5−12=2r2=5+12=3r_1=\frac{5-1}{2}=2 \qquad r_2=\frac{5+1}{2}=3

Contrôle : somme 2+3=5=−ba2+3=5=-\dfrac{b}{a} ✓ et produit 2×3=6=ca2\times 3=6=\dfrac{c}{a} ✓ (On peut d'ailleurs factoriser à vue : r2−5r+6=(r−2)(r−3)r^{2}-5r+6=(r-2)(r-3).)

y(x)=C1e2x+C2e3xy(x)=C_1e^{2x}+C_2e^{3x}

Dérivée — chaque exponentielle est multipliée par son propre coefficient :

y′(x)=2C1e2x+3C2e3xy'(x)=2C_1e^{2x}+3C_2e^{3x}

⚠️ Les facteurs 22 et 33 sont différents : c'est ce qui rend le système inversible. Les oublier donnerait deux équations identiques, donc insoluble.

Étape 2 — le système

En x=0x=0, toutes les exponentielles valent 11 :

{y(0)=C1+C2=0y′(0)=2C1+3C2=1\begin{cases} y(0)=C_1+C_2=0\\[4pt] y'(0)=2C_1+3C_2=1 \end{cases}

Résolution par substitution. La première ligne donne C1=−C2C_1=-C_2. On reporte dans la seconde :

2(−C2)+3C2=C2=12(-C_2)+3C_2=C_2=1

Donc C2=1C_2=1 et C1=−1C_1=-1.

y(x)=−e2x+e3x=e3x−e2x\boxed{y(x)=-e^{2x}+e^{3x}=e^{3x}-e^{2x}}

Triple vérification :

à vérifier calcul verdict
y(0)=0y(0)=0 1−1=01-1=0 ✓
y′(0)=1y'(0)=1 y′=3e3x−2e2xy'=3e^{3x}-2e^{2x}, donc 3−2=13-2=1 ✓
l'équation y′′=9e3x−4e2xy''=9e^{3x}-4e^{2x} ; 9−15+6=09-15+6=0 et −4+10−6=0-4+10-6=0 ✓

Dans la dernière ligne, les deux parenthèses sont r2−5r+6r^{2}-5r+6 évalué en r=3r=3 puis r=2r=2 : elles sont nulles parce que ce sont les racines.

Plausibilité : y(x)=e2x(ex−1)y(x)=e^{2x}(e^{x}-1), positif pour x>0x>0 et croissant depuis 00 — conforme à ce qu'annonçaient les conditions.

Rappel de cours

Méthode complète, cas Δ>0\Delta>0

ay′′+by′+cy=0 → ar2+br+c=0 → y=C1er1x+C2er2xay''+by'+cy=0 \ \to\ ar^{2}+br+c=0 \ \to\ y=C_1e^{r_1x}+C_2e^{r_2x}
puis
y′=r1C1er1x+r2C2er2xy'=r_1C_1e^{r_1x}+r_2C_2e^{r_2x}

Le système en 00

{C1+C2=y(0)r1C1+r2C2=y′(0)\begin{cases}C_1+C_2=y(0)\\ r_1C_1+r_2C_2=y'(0)\end{cases}
Il est toujours inversible quand r1≠r2r_1\ne r_2 — son déterminant vaut r2−r1≠0r_2-r_1\ne 0. Autrement dit, il y a toujours une solution et une seule.

Contrôle des racines

r1+r2=−bar1r2=car_1+r_2=-\frac{b}{a} \qquad r_1r_2=\frac{c}{a}
Deux additions, et une erreur de discriminant est écartée.

Factorisation à vue r2−5r+6r^{2}-5r+6 : chercher deux nombres de somme 55 et de produit 66 — ce sont 22 et 33. Plus rapide et plus sûr que le discriminant sur les petits trinômes.

L'erreur classique

⚠️ Oublier les coefficients dans y′y' : écrire y′=C1e2x+C2e3xy'=C_1e^{2x}+C_2e^{3x}. Le système devient alors C1+C2=0C_1+C_2=0 et C1+C2=1C_1+C_2=1 — incompatible.

Le contrôle : un système sans solution sur un problème bien posé n'annonce jamais « pas de solution », il annonce une erreur — de dérivation, ou de lecture des conditions. Relire y′y'.

⚠️ Conclure y=0y=0 à cause de y(0)=0y(0)=0. La condition dit que la fonction passe par 00 en x=0x=0, pas qu'elle est nulle. Ici y(1)=e3−e2≈12,7y(1)=e^{3}-e^{2}\approx 12{,}7, très loin de zéro.

⚠️ Se tromper de signe sur C1C_1 et écrire y=e2x−e3xy=e^{2x}-e^{3x}. Cette fonction vérifie y(0)=0y(0)=0 mais y′(0)=2−3=−1≠1y'(0)=2-3=-1\ne 1 ✗

Le contrôle : les deux conditions doivent être vérifiées, pas une seule. C'est exactement ce que la vérification en trois lignes attrape.

⚠️ Ne vérifier que les conditions initiales, sans revérifier l'équation. Les trois contrôles sont indépendants : une erreur sur les racines passe les conditions initiales et échoue sur l'équation.

⚠️ Se tromper de racines en écrivant r=−2r=-2 et r=−3r=-3, par contamination du signe −5-5. Le contrôle par somme le voit immédiatement : −2−3=−5≠+5-2-3=-5\ne +5 ✗

À retenir

Dériver la solution générale AVANT d'écrire les conditions. Chaque exponentielle sort son propre coefficient — c'est ce qui rend le système résoluble.

Deux conditions, un système 2×22\times 2. Il a toujours une solution unique quand les racines sont distinctes.

y(0)=0y(0)=0 ne veut pas dire y≡0y\equiv 0. Une condition initiale est une valeur en un point, rien de plus.

Trois vérifications à la fin : l'équation, y(0)y(0), y′(0)y'(0). Elles sont indépendantes et attrapent des erreurs différentes.

Réponse. y(x)=e3x−e2xy(x)=e^{3x}-e^{2x}. (Recoupement : y′′−5y′+6y=(9−15+6)e3x−(4−10+6)e2x=0y''-5y'+6y=(9-15+6)e^{3x}-(4-10+6)e^{2x}=0 ✓ ; y(0)=0y(0)=0, y′(0)=3−2=1y'(0)=3-2=1 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Second ordre Δ nul avec conditions initiales

CalculDifficulté 3/5

Résoudre l'équation y′′+2y′+y=0y''+2y'+y=0 avec y(0)=1y(0)=1 et y′(0)=0y'(0)=0.

Indices (3)

Équation caractéristique r2+2r+1=(r+1)2r^2+2r+1=(r+1)^2 : racine double −1-1.

y=(C1+C2x)e−xy=(C_1+C_2x)e^{-x} : dérive ce produit avant d'imposer y′(0)y'(0).

y′(0)=C2−C1y'(0)=C_2-C_1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Cas Δ=0\Delta=0 avec conditions initiales — la combinaison qui demande le plus d'attention, pour une raison précise.

La solution générale est (C1+C2x)e−x(C_1+C_2x)e^{-x} : c'est un produit. Sa dérivée demande donc la formule (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv', et le résultat mélange C1C_1 et C2C_2 :

y′=(C2−C1−C2x) e−xy'=(C_2-C_1-C_2x)\,e^{-x}

Ce mélange est ce qui distingue le cas Δ=0\Delta=0 des deux autres. En Δ>0\Delta>0 chaque constante restait dans son terme ; ici la condition sur y′(0)y'(0) fait intervenir C1C_1 et C2C_2.

Le trinôme est un carré parfait : r2+2r+1=(r+1)2r^{2}+2r+1=(r+1)^{2}. Le repérer dispense de calculer Δ\Delta et donne la racine double directement.

Étape 1 — solution générale
r2+2r+1=0⟺(r+1)2=0r^{2}+2r+1=0 \quad\Longleftrightarrow\quad (r+1)^{2}=0
Δ=4−4=0r0=−22=−1 (racine double)\Delta=4-4=0 \qquad r_0=-\frac{2}{2}=-1 \ \text{(racine double)}
y(x)=(C1+C2x) e−xy(x)=(C_1+C_2x)\,e^{-x}
Étape 2 — dériver le produit

C'est l'étape délicate. On pose u=C1+C2xu=C_1+C_2x et v=e−xv=e^{-x}, donc u′=C2u'=C_2 et v′=−e−xv'=-e^{-x} :

y′=u′v+uv′=C2e−x−(C1+C2x)e−xy'=u'v+uv'=C_2e^{-x}-(C_1+C_2x)e^{-x}

On met e−xe^{-x} en facteur :

y′(x)=(C2−C1−C2x) e−xy'(x)=\big(C_2-C_1-C_2x\big)\,e^{-x}

Contrôle sur un cas simple : avec C1=1C_1=1 et C2=0C_2=0, on a y=e−xy=e^{-x} et la formule donne y′=(0−1−0)e−x=−e−xy'=(0-1-0)e^{-x}=-e^{-x} ✓

⚠️ L'erreur à éviter absolument : écrire y′=C2e−xy'=C_2e^{-x}, en dérivant uu et en oubliant de dériver vv. C'est la formule du produit à moitié appliquée.

Étape 3 — les conditions initiales

En x=0x=0, avec e0=1e^{0}=1 :

y(0)=C1=1y(0)=C_1=1
y′(0)=C2−C1=0⟹C2=C1=1y'(0)=C_2-C_1=0 \quad\Longrightarrow\quad C_2=C_1=1
y(x)=(1+x) e−x\boxed{y(x)=(1+x)\,e^{-x}}

Triple vérification. Calculons les dérivées :

y′=(1−1−x)e−x=−x e−xy'=(1-1-x)e^{-x}=-x\,e^{-x}
y′′=−e−x+xe−x=(x−1)e−xy''=-e^{-x}+xe^{-x}=(x-1)e^{-x}
à vérifier calcul verdict
l'équation (x−1)+2(−x)+(1+x)=x−1−2x+1+x=0(x-1)+2(-x)+(1+x)=x-1-2x+1+x=0 ✓
y(0)=1y(0)=1 (1+0)×1=1(1+0)\times 1=1 ✓
y′(0)=0y'(0)=0 −0×e0=0-0\times e^{0}=0 ✓

Lecture : y′=−xe−xy'=-xe^{-x} est nulle en 00 puis négative — la fonction part avec une tangente horizontale depuis son maximum y(0)=1y(0)=1, puis décroît vers 00. C'est le régime critique d'un amortisseur : le retour à l'équilibre le plus rapide possible sans oscillation.

Rappel de cours

Cas Δ=0\Delta=0 avec conditions initiales

y=(C1+C2x)er0xy′=(C2+r0C1+r0C2x)er0xy=(C_1+C_2x)e^{r_0x} \qquad y'=\big(C_2+r_0C_1+r_0C_2x\big)e^{r_0x}
En x=0x=0 :
y(0)=C1y′(0)=C2+r0C1y(0)=C_1 \qquad y'(0)=C_2+r_0C_1
Donc C1=y(0)C_1=y(0) et C2=y′(0)−r0 y(0)C_2=y'(0)-r_0\,y(0). ⚠️ C2C_2 dépend des deux données — c'est la spécificité de ce cas.

Dérivée d'un produit

(uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv'
Les deux termes, toujours. En oublier un est l'erreur dominante ici.

Carré parfait

r2+2r+1=(r+1)2r2−2r+1=(r−1)2r^{2}+2r+1=(r+1)^{2} \qquad r^{2}-2r+1=(r-1)^{2}
Le reconnaître donne Δ=0\Delta=0 et la racine double sans calcul.

Régime critique En physique, Δ=0\Delta=0 est la frontière entre le régime oscillant (Δ<0\Delta<0) et le régime apériodique (Δ>0\Delta>0). C'est le réglage des amortisseurs et des ferme-portes : retour rapide, sans rebond.

L'erreur classique

⚠️ Dériver à moitié : écrire y′=C2e−xy'=C_2e^{-x} (on dérive le polynôme, on oublie l'exponentielle) ou y′=−(C1+C2x)e−xy'=-(C_1+C_2x)e^{-x} (l'inverse). La formule du produit a deux termes.

Le contrôle : avec C1=1,C2=0C_1=1,C_2=0, la fonction est e−xe^{-x} dont la dérivée est −e−x-e^{-x}. La première version fautive donnerait 00 ✗

⚠️ Croire que C2=y′(0)C_2=y'(0). Ici y′(0)=C2−C1y'(0)=C_2-C_1, donc C2=y′(0)+C1C_2=y'(0)+C_1. L'erreur donnerait C2=0C_2=0, donc y=e−xy=e^{-x}, dont la dérivée en 00 vaut −1≠0-1\ne 0 ✗ : le contrôle de y′(0)y'(0) la détecte.

⚠️ Écrire y=C1e−x+C2xe−xy=C_1e^{-x}+C_2xe^{-x} puis dériver chaque terme séparément. Ce n'est pas faux — c'est même une bonne stratégie —, mais il faut alors appliquer la formule du produit au second terme aussi : (xe−x)′=e−x−xe−x(xe^{-x})'=e^{-x}-xe^{-x}.

⚠️ Oublier que C1C_1 est aussi multiplié par l'exponentielle : écrire y=C1+C2xe−xy=C_1+C_2xe^{-x}. La fonction constante C1C_1 n'est pas solution, on le voit en substituant : 0+0+C1=C1≠00+0+C_1=C_1\ne 0 ✗

⚠️ Se tromper de signe sur la racine double : écrire r0=+1r_0=+1. La formule est r0=−b2a=−22=−1r_0=-\dfrac{b}{2a}=-\dfrac{2}{2}=-1, et le contrôle est (r+1)2=r2+2r+1(r+1)^{2}=r^{2}+2r+1 ✓ tandis que (r−1)2=r2−2r+1(r-1)^{2}=r^{2}-2r+1 ✗

À retenir
Δ=0⟹y=(C1+C2x)er0x\Delta=0 \quad\Longrightarrow\quad y=(C_1+C_2x)e^{r_0x}

La dérivée exige la formule du produit, avec ses deux termes. C'est la seule difficulté technique de ce cas, et elle vaut la peine d'être écrite en toutes lettres avant de conclure.

C1=y(0)C_1=y(0), mais C2C_2 dépend des deux conditions : C2=y′(0)−r0y(0)C_2=y'(0)-r_0y(0). Ne pas transposer le réflexe du cas Δ>0\Delta>0.

Contrôler sa formule de dérivée sur un cas simple (C1=1C_1=1, C2=0C_2=0) coûte trois secondes et attrape l'oubli d'un terme.

Δ=0\Delta=0 est le régime critique : décroissance sans oscillation, la plus rapide possible.

Réponse. y(x)=(1+x)e−xy(x)=(1+x)e^{-x}. (Recoupement machine : substitution dans y′′+2y′+yy''+2y'+y donne 00 ✓ ; y(0)=1y(0)=1, y′(0)=0y'(0)=0 ✓)
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Loi de refroidissement (problème complet)

ApplicationDifficulté 3/5

Un café à 80 ∘ ⁣C80\ ^{\circ}\!\text{C} est posé dans une pièce à 20 ∘ ⁣C20\ ^{\circ}\!\text{C}. Sa température θ(t)\theta(t) (en ∘ ⁣C^{\circ}\!\text{C}, tt en minutes) vérifie θ′=−0,1 (θ−20)\theta'=-0{,}1\,(\theta-20). 1) Résoudre l'équation avec θ(0)=80\theta(0)=80. 2) Au bout de combien de temps le café atteint-il 50 ∘ ⁣C50\ ^{\circ}\!\text{C} (valeur exacte puis arrondie au dixième) ?

Indices (3)

Développe : θ′+0,1θ=2\theta'+0{,}1\theta=2 — second membre constant, équilibre θ=20\theta=20.

Solution de la forme θ=20+Ke−0,1t\theta=20+Ke^{-0{,}1t} ; θ(0)=80\theta(0)=80 donne KK.

Résous 60e−0,1t=3060e^{-0{,}1t}=30 avec le logarithme.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un problème complet, et la difficulté est avant le calcul : l'équation n'est pas sous la forme du cours.

θ′=−0,1 (θ−20)\theta'=-0{,}1\,(\theta-20)

Ce n'est pas θ′=kθ\theta'=k\theta — il y a ce −20-20 à l'intérieur. Deux façons de s'en sortir, également valables :

  • développer pour retrouver θ′+0,1θ=2\theta'+0{,}1\theta=2, une équation avec second membre constant ;
  • changer d'inconnue en posant u=θ−20u=\theta-20, ce qui donne u′=−0,1uu'=-0{,}1u, l'équation du cours.

Les deux mènent au même résultat. La seconde est plus rapide et plus parlante : uu est l'écart à la température ambiante, et c'est lui qui décroît exponentiellement.

Le sens physique : le café ne tend pas vers 0 ∘0\ ^{\circ}C mais vers 20 ∘20\ ^{\circ}C, la température de la pièce. C'est l'écart qui s'annule, pas la température.

1) Résoudre l'équation

Méthode par changement d'inconnue. Posons u(t)=θ(t)−20u(t)=\theta(t)-20. Comme 2020 est constant, u′=θ′u'=\theta', et l'équation devient

u′=−0,1 u⟹u(t)=C e−0,1 tu'=-0{,}1\,u \quad\Longrightarrow\quad u(t)=C\,e^{-0{,}1\,t}

Donc θ(t)=20+C e−0,1 t\theta(t)=20+C\,e^{-0{,}1\,t}.

Condition initiale θ(0)=80\theta(0)=80 :

20+C=80⟹C=6020+C=80 \quad\Longrightarrow\quad C=60
θ(t)=20+60 e−0,1 t\boxed{\theta(t)=20+60\,e^{-0{,}1\,t}}

Contrôle par la seconde méthode. En développant, θ′+0,1θ=2\theta'+0{,}1\theta=2. L'homogène donne Ce−0,1tCe^{-0{,}1t} ; la particulière constante kk vérifie 0,1k=20{,}1k=2, donc k=20k=20 — la température ambiante, comme attendu. Même résultat ✓

Vérification directe : θ′=−6e−0,1t\theta'=-6e^{-0{,}1t} et −0,1(θ−20)=−0,1×60e−0,1t=−6e−0,1t-0{,}1(\theta-20)=-0{,}1\times 60e^{-0{,}1t}=-6e^{-0{,}1t} ✓

Lecture des deux termes : 6060 est l'écart initial (80−2080-20), et 2020 est la limite. La forme générale d'un refroidissement est toujours

θ=θambiante+(θinitiale−θambiante)e−kt\theta=\theta_{\text{ambiante}}+\big(\theta_{\text{initiale}}-\theta_{\text{ambiante}}\big)e^{-kt}
2) Quand le café atteint-il 50 °C ?

On résout θ(t)=50\theta(t)=50 :

20+60e−0,1t=5020+60e^{-0{,}1t}=50

On isole l'exponentielle — étape obligatoire avant tout logarithme :

60e−0,1t=30⟹e−0,1t=3060=1260e^{-0{,}1t}=30 \quad\Longrightarrow\quad e^{-0{,}1t}=\frac{30}{60}=\frac{1}{2}

On applique ln⁡\ln :

−0,1 t=ln⁡ ⁣(12)=−ln⁡2-0{,}1\,t=\ln\!\left(\frac12\right)=-\ln 2
t=ln⁡20,1=10ln⁡2 minutes\boxed{t=\frac{\ln 2}{0{,}1}=10\ln 2 \ \text{minutes}}

Valeur approchée : ln⁡2≈0,6931\ln 2\approx 0{,}6931, donc t≈6,931t\approx 6{,}931, soit

t≈6,9 minutes(au dixieˋme)t\approx 6{,}9 \ \text{minutes} \quad\text{(au dixième)}

Contrôle numérique : θ(6,9315)=20+60e−0,69315=20+60×0,5=50\theta(6{,}9315)=20+60e^{-0{,}69315}=20+60\times 0{,}5=50 ✓

Contrôle de plausibilité : 50 ∘50\ ^{\circ}C est exactement à mi-chemin entre 8080 et 2020. On tombe donc sur la « demi-vie » de l'écart, 10ln⁡210\ln 2 — le même nombre qu'à l'exercice A6, et pour la même raison. Sept minutes pour qu'un café perde la moitié de son excès de chaleur : plausible.

Rappel de cours

Loi de refroidissement de Newton

θ′=−k (θ−θa)⟹θ(t)=θa+(θ0−θa)e−kt\theta'=-k\,(\theta-\theta_a) \qquad\Longrightarrow\qquad \theta(t)=\theta_a+\big(\theta_0-\theta_a\big)e^{-kt}
θa\theta_a est la température ambiante, θ0\theta_0 la température initiale. C'est l'écart θ−θa\theta-\theta_a qui décroît exponentiellement, pas θ\theta.

Changement d'inconnue affine Si u=y−λu=y-\lambda avec λ\lambda constante, alors u′=y′u'=y'. On ramène ainsi y′=k(y−λ)y'=k(y-\lambda) à u′=kuu'=ku. C'est la technique générale pour absorber une constante dans l'inconnue.

Résoudre une équation avec exponentielle

  1. isoler l'exponentielle seule d'un côté
  2. appliquer ln⁡\ln
  3. résoudre l'équation obtenue

⚠️ L'étape 1 est obligatoire : ln⁡(a+b)≠ln⁡a+ln⁡b\ln(a+b)\ne\ln a+\ln b.

Valeur exacte / approchée 10ln⁡210\ln 2 est exacte, 6,96{,}9 est approchée. Le symbole ≈\approx est obligatoire pour la seconde.

L'erreur classique

⚠️ Traiter l'équation comme θ′=−0,1θ\theta'=-0{,}1\theta en ignorant le −20-20, et répondre θ=80e−0,1t\theta=80e^{-0{,}1t}.

Le contrôle physique est immédiat : cette fonction tend vers 0 ∘0\ ^{\circ}C. Un café ne refroidit pas jusqu'à zéro dans une pièce à 20 ∘20\ ^{\circ}C. Le contrôle de plausibilité attrape l'erreur sans calcul.

⚠️ Appliquer ln⁡\ln sans isoler l'exponentielle : écrire ln⁡(20+60e−0,1t)=ln⁡50\ln(20+60e^{-0{,}1t})=\ln 50 puis « simplifier » en ln⁡20+ln⁡60−0,1t=ln⁡50\ln 20+\ln 60-0{,}1t=\ln 50. Le logarithme d'une somme ne se décompose pas.

Le contrôle numérique : ln⁡(2+3)=ln⁡5≈1,609\ln(2+3)=\ln 5\approx 1{,}609 alors que ln⁡2+ln⁡3≈1,792\ln 2+\ln 3\approx 1{,}792. Différents ✗

⚠️ Se tromper dans la constante : écrire C=80C=80 au lieu de 6060. La condition est θ(0)=20+C=80\theta(0)=20+C=80, donc C=60C=60. Le contrôle est que CC doit être l'écart initial, pas la température initiale.

⚠️ Oublier les unités, ou confondre minutes et secondes. L'énoncé dit « tt en minutes » : la réponse est 6,96{,}9 minutes.

⚠️ Arrondir au mauvais rang : 6,93156{,}9315 au dixième vaut 6,96{,}9, pas 6,936{,}93 (centième) ni 77 (unité).

⚠️ Donner uniquement l'arrondi. L'énoncé demande la valeur exacte puis l'approchée : 10ln⁡210\ln 2 doit apparaître.

À retenir
θ′=−k(θ−θa)⟹θ=θa+(θ0−θa)e−kt\theta'=-k(\theta-\theta_a) \quad\Longrightarrow\quad \theta=\theta_a+(\theta_0-\theta_a)e^{-kt}

C'est l'écart à l'ambiante qui décroît, pas la température. Le changement d'inconnue u=θ−θau=\theta-\theta_a rend cela évident et ramène au cours.

Isoler l'exponentielle AVANT d'appliquer ln⁡\ln. Le logarithme d'une somme ne se décompose pas — c'est l'erreur de calcul la plus fréquente sur ce type de question.

Le contrôle de plausibilité est gratuit : vers quelle valeur la solution doit-elle tendre ? Ici 20 ∘20\ ^{\circ}C. Une réponse qui tend vers 00 est fausse, et on le voit sans calculer.

Valeur exacte ET valeur approchée quand l'énoncé demande les deux, avec ≈\approx pour la seconde.

Réponse. θ(t)=20+60e−0,1t\theta(t)=20+60e^{-0{,}1t} ; le café atteint 50 ∘ ⁣C50\ ^{\circ}\!\text{C} à t=10ln⁡2≈6,9t=10\ln 2\approx 6{,}9 min. (Recoupement : θ(10ln⁡2)=20+60×12=50\theta(10\ln2)=20+60\times\tfrac12=50 ✓ ; θ→20\theta\to 20 en +∞+\infty, cohérent avec la pièce ✓)
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