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Exercices corrigés — Fonctions de plusieurs variables & intégrales doubles

Analyse · 18 exercices-types du palier socle

BUTL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Fonctions de plusieurs variables & intégrales doubles Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Domaine de définition et image d'un point

ApplicationDifficulté 2/5

On considère f(x;y)=4−x2−y2f(x;y)=\sqrt{4-x^2-y^2} et g(x;y)=ln⁡(y−x)g(x;y)=\ln(y-x). 1) Déterminer et décrire géométriquement le domaine de définition de ff. 2) Même question pour gg. 3) Calculer f(1;1)f(1;1).

Indices (3)

Pour ff : le radicande doit être positif ou nul, soit x2+y2≤4x^2+y^2\leq 4.

Pour gg : l'argument du logarithme doit être strictement positif.

Reconnais un disque pour ff et un demi-plan pour gg.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le domaine de définition d'une fonction de deux variables n'est plus un intervalle : c'est une région du plan. Et l'énoncé demande de la décrire géométriquement, pas seulement d'écrire une inégalité.

La méthode ne change pas — on cherche ce qui interdit un point :

obstacle condition
une racine carrée le contenu doit être ≥0\geq 0
un logarithme l'argument doit être strictement >0>0
une fraction le dénominateur ≠0\neq 0

Ce qui change, c'est la lecture du résultat. Une inégalité en xx et yy décrit une région :

forme région
x2+y2≤R2x^2+y^2\leq R^2 disque fermé de rayon RR
y>xy>x demi-plan ouvert au-dessus de la droite y=xy=x
x2+y2=kx^2+y^2=k cercle

⚠️ Le mot « strictement » décide du bord. Une racine autorise l'égalité (le disque contient son cercle) ; un logarithme ne l'autorise pas (le demi-plan exclut sa droite). C'est la différence entre fermé et ouvert, et elle fait partie de la réponse.

1) Le domaine de f
f(x;y)=4−x2−y2f(x;y)=\sqrt{4-x^2-y^2}

Une racine carrée exige un contenu positif ou nul :

4−x2−y2≥0⟺x2+y2≤44-x^2-y^2\geq 0 \quad\Longleftrightarrow\quad x^2+y^2\leq 4
Df={(x;y)∈R2 ∣ x2+y2≤4}\boxed{D_f=\{(x;y)\in\mathbb{R}^2 \ \mid\ x^2+y^2\leq 4\}}

Description géométrique : c'est le disque fermé de centre l'origine O(0;0)O(0;0) et de rayon 4=2\sqrt4=2. Il contient son bord, le cercle x2+y2=4x^2+y^2=4, puisque l'inégalité est large.

Contrôle sur trois points :

point x2+y2x^2+y^2 dans DfD_f ?
(0;0)(0;0) 00 ✓ (centre)
(2;0)(2;0) 44 ✓ (sur le bord)
(2;2)(2;2) 88 ✗

Une remarque sur la surface : z=4−x2−y2z=\sqrt{4-x^2-y^2} équivaut à x2+y2+z2=4x^2+y^2+z^2=4 avec z≥0z\geq 0 — c'est la demi-sphère supérieure de rayon 22. Le domaine est son ombre au sol.

2) Le domaine de g
g(x;y)=ln⁡(y−x)g(x;y)=\ln(y-x)

Un logarithme exige un argument strictement positif :

y−x>0⟺y>xy-x>0 \quad\Longleftrightarrow\quad y>x
Dg={(x;y)∈R2 ∣ y>x}\boxed{D_g=\{(x;y)\in\mathbb{R}^2 \ \mid\ y>x\}}

Description géométrique : c'est le demi-plan ouvert situé au-dessus de la droite y=xy=x (la première bissectrice). Il ne contient pas cette droite, l'inégalité étant stricte.

⚠️ « Au-dessus » se vérifie sur un point, jamais au jugé. Prenons (0;1)(0;1) : y−x=1>0y-x=1>0 ✓ Ce point est bien au-dessus de la bissectrice.

Contrôle sur trois points :

point y−xy-x dans DgD_g ?
(0;1)(0;1) 11 ✓
(1;1)(1;1) 00 ✗ (sur la droite, exclue)
(1;0)(1;0) −1-1 ✗
3) Calculer f(1;1)

Première étape, obligatoire : vérifier que le point appartient au domaine.

12+12=2≤4✓1^2+1^2=2\leq 4 \quad \checkmark

Puis calculer :

f(1;1)=4−1−1=2≈1,414f(1;1)=\sqrt{4-1-1}=\sqrt{2}\approx 1{,}414
f(1;1)=2≈1,41\boxed{f(1;1)=\sqrt{2}\approx 1{,}41}

Contrôle : ff vaut au plus 4=2\sqrt4=2 (atteint en OO) et au moins 00 (sur le bord du disque). On a bien 0≤1,41≤20\leq 1{,}41\leq 2 ✓

Sur une fonction de deux variables, ce contrôle d'encadrement est le plus utile : il ne coûte rien et attrape les erreurs de signe.

Rappel de cours

Domaine de définition dans R2\mathbb{R}^2 C'est l'ensemble des couples (x;y)(x;y) pour lesquels l'expression a un sens. C'est une région du plan, à décrire géométriquement.

Les trois obstacles usuels

expression condition bord
A\sqrt{A} A≥0A\geq 0 inclus
ln⁡A\ln A A>0A>0 exclu
1A\dfrac1A A≠0A\neq 0 exclu

Le dictionnaire inégalité →\to région

inégalité région
x2+y2≤R2x^2+y^2\leq R^2 disque fermé de rayon RR
x2+y2<R2x^2+y^2<R^2 disque ouvert
y>ax+by>ax+b demi-plan ouvert au-dessus de la droite
y<ax+by<ax+b demi-plan ouvert en dessous
x>0x>0 demi-plan de droite

Fermé ou ouvert Inégalité large (≤\leq) ⇒\Rightarrow le bord appartient au domaine, ensemble fermé. Inégalité stricte (<<) ⇒\Rightarrow le bord est exclu, ensemble ouvert.

Contrôle systématique Tester trois points : un à l'intérieur, un sur le bord, un à l'extérieur. Cela valide à la fois l'inégalité et son caractère strict ou large.

L'erreur classique

⚠️ Écrire DfD_f avec une inégalité stricte : x2+y2<4x^2+y^2<4. La racine carrée de zéro existe, donc le bord appartient au domaine. C'est le contraire pour le logarithme.

Le contrôle : f(2;0)=4−4=0=0f(2;0)=\sqrt{4-4}=\sqrt0=0 existe ✓ tandis que g(1;1)=ln⁡0g(1;1)=\ln 0 n'existe pas ✗

⚠️ Écrire DgD_g avec y≥xy\geq x. ln⁡0\ln 0 n'existe pas : l'inégalité est stricte, et la droite y=xy=x est exclue.

⚠️ Se tromper de sens : écrire y<xy<x ou « en dessous de la bissectrice ».

Le contrôle : tester (0;1)(0;1). On a y−x=1>0y-x=1>0, donc ce point est dans le domaine — et il est au-dessus de la droite. Un point testé vaut mieux qu'une intuition.

⚠️ Décrire le domaine comme un cercle au lieu d'un disque. Le cercle est la courbe x2+y2=4x^2+y^2=4 ; le disque est la surface pleine x2+y2≤4x^2+y^2\leq 4. C'est le disque qu'on demande.

⚠️ Oublier de préciser le rayon. x2+y2≤4x^2+y^2\leq 4 donne R=4=2R=\sqrt4=2, pas 44. C'est le rayon au carré qui figure dans l'équation.

⚠️ Calculer f(1;1)f(1;1) sans vérifier l'appartenance. Sur f(3;0)f(3;0) on obtiendrait −5\sqrt{-5} — et il vaut mieux avoir vu que le point est hors du domaine que de manipuler une racine négative.

⚠️ Ne pas décrire géométriquement. L'énoncé le demande explicitement : « disque fermé de centre OO et de rayon 22 » est la réponse attendue, pas seulement l'inégalité.

À retenir

Le domaine d'une fonction de deux variables est une RÉGION du plan, à décrire géométriquement — disque, demi-plan, bande.

Racine ⇒\Rightarrow contenu ≥0\geq 0, bord INCLUS. Logarithme ⇒\Rightarrow argument >0>0, bord EXCLU. C'est ce qui distingue fermé et ouvert.

x2+y2≤R2x^2+y^2\leq R^2 est un disque de rayon RR, pas R2R^2 — le rayon est la racine.

Tester trois points — intérieur, bord, extérieur — valide l'inégalité et son caractère strict ou large. Et vérifier l'appartenance avant d'évaluer.

Réponse. DfD_f : disque fermé de centre OO, rayon 22 ; DgD_g : demi-plan ouvert au-dessus de y=xy=x ; f(1;1)=2f(1;1)=\sqrt{2}. (Recoupement : (1;1)∈Df(1;1)\in D_f car 2≤42\leq 4 ✓)
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Courbes de niveau : cercles et droites

CalculDifficulté 2/5
  1. Décrire les courbes de niveau de f(x;y)=x2+y2f(x;y)=x^2+y^2 selon les valeurs du niveau kk. 2) Décrire les courbes de niveau de g(x;y)=2x+3yg(x;y)=2x+3y. 3) Donner l'équation de la courbe de niveau de ff passant par le point (1;2)(1;2).
Indices (3)

La courbe de niveau kk est l'ensemble des points vérifiant f(x;y)=kf(x;y)=k.

x2+y2=kx^2+y^2=k : distingue kk strictement positif, nul, strictement négatif.

Le niveau passant par (1;2)(1;2) est k=f(1;2)k=f(1;2).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une courbe de niveau est l'ensemble des points où la fonction prend une valeur donnée :

Ck={(x;y) ∣ f(x;y)=k}\mathcal{C}_k=\{(x;y) \ \mid\ f(x;y)=k\}

L'image concrète : ce sont les courbes de niveau d'une carte IGN. La surface z=f(x;y)z=f(x;y) est un relief ; on la coupe par le plan horizontal z=kz=k, et l'on projette l'intersection au sol.

C'est le seul moyen de « voir » une fonction de deux variables sur une feuille plane — d'où son importance.

La méthode est toujours la même : poser f(x;y)=kf(x;y)=k, puis reconnaître la courbe obtenue.

⚠️ Et discuter selon kk. Une même équation peut donner un cercle, un point ou l'ensemble vide selon le signe de kk. C'est cette discussion que l'énoncé attend, pas une réponse unique.

Un repère qui aide : plus les courbes de niveau sont resserrées, plus le relief est pentu. Ce sera confirmé par le gradient (exercice B2).

1) Les niveaux de f(x;y) = x² + y²
x2+y2=kx^2+y^2=k

Il faut discuter selon le signe de kk, car un carré est positif :

kk courbe de niveau
k>0k>0 cercle de centre OO et de rayon k\sqrt{k}
k=0k=0 un seul point : l'origine O(0;0)O(0;0)
k<0k<0 ensemble vide

Pourquoi k<0k<0 est impossible : x2+y2≥0x^2+y^2\geq 0 toujours, donc aucun point ne peut donner une valeur négative.

Pourquoi k=0k=0 donne un point : x2+y2=0x^2+y^2=0 impose x=0x=0 et y=0y=0 — une somme de carrés n'est nulle que si chaque terme l'est.

⚠️ Le rayon est k\sqrt{k}, pas kk. Le niveau 99 donne un cercle de rayon 33.

Lecture du relief. Les niveaux sont des cercles concentriques dont le rayon croît comme k\sqrt k : ils se resserrent quand on s'éloigne de l'origine. La surface est donc de plus en plus pentue — c'est le paraboloïde z=x2+y2z=x^2+y^2, en forme de coupe.

2) Les niveaux de g(x;y) = 2x + 3y
2x+3y=k2x+3y=k

C'est l'équation d'une droite, pour toute valeur de kk — aucune discussion nécessaire.

y=−23x+k3y=-\frac23x+\frac k3
droites de pente −23, paralleˋles entre elles\boxed{\text{droites de pente } -\frac23, \text{ parallèles entre elles}}

Toutes les courbes de niveau sont parallèles, et seule l'ordonnée à l'origine k3\dfrac k3 change.

Lecture du relief : la surface z=2x+3yz=2x+3y est un plan incliné. Ses niveaux sont équidistants — quand kk augmente de 11, la droite se translate toujours de la même quantité. Un relief à pente constante, toujours dans la même direction : c'est un plan.

Le contraste avec la question 1 est instructif :

f=x2+y2f=x^2+y^2 g=2x+3yg=2x+3y
niveaux cercles droites parallèles
espacement resserré loin de OO constant
surface paraboloïde plan incliné
3) Le niveau passant par (1;2)

On calcule d'abord la valeur du niveau — c'est-à-dire ff au point donné :

k=f(1;2)=12+22=1+4=5k=f(1;2)=1^2+2^2=1+4=5

Puis on écrit l'équation :

x2+y2=5\boxed{x^2+y^2=5}

C'est le cercle de centre OO et de rayon 5≈2,24\sqrt{5}\approx 2{,}24.

Contrôle : le point (1;2)(1;2) vérifie bien 1+4=51+4=5 ✓

La méthode en deux temps est générale :

niveau passant par un point ⇒\Rightarrow (1) évaluer ff en ce point pour obtenir kk, (2) écrire f(x;y)=kf(x;y)=k.

C'est exactement ce qui servira à l'exercice B2, où l'on montrera que le gradient en (1;2)(1;2) est perpendiculaire à ce cercle.

Rappel de cours

Courbe de niveau

Ck={(x;y) ∣ f(x;y)=k}\mathcal{C}_k=\{(x;y)\ \mid\ f(x;y)=k\}
C'est la projection sur le plan OxyOxy de l'intersection entre la surface z=f(x;y)z=f(x;y) et le plan horizontal z=kz=k.

Les niveaux usuels — à reconnaître d'emblée

f(x;y)f(x;y) niveaux
x2+y2x^2+y^2 cercles centrés en OO, rayon k\sqrt k
ax+byax+by droites parallèles de pente −ab-\dfrac ab
xyxy hyperboles y=kxy=\dfrac kx (k≠0k\neq0)
x2−y2x^2-y^2 hyperboles si k≠0k\neq0 (selle de cheval)
yx\dfrac yx droites passant par OO, privées de OO

Toujours discuter selon kk Une équation peut donner une courbe, un point ou l'ensemble vide. Pour x2+y2=kx^2+y^2=k : cercle si k>0k>0, point si k=0k=0, vide si k<0k<0.

Niveau passant par un point

  1. k=f(x0;y0)k=f(x_0;y_0) ;
  2. écrire f(x;y)=kf(x;y)=k.

Lire le relief Niveaux resserrés ⇒\Rightarrow pente forte. Niveaux équidistants ⇒\Rightarrow pente constante ; s'ils sont en plus des droites parallèles, la surface est un plan.

C'est la lecture d'une carte topographique, et elle sera confirmée par le gradient.

L'erreur classique

⚠️ Ne pas discuter selon kk et répondre « des cercles de rayon k\sqrt k » sans plus. Pour k<0k<0 il n'y a aucun point, et pour k=0k=0 il n'y en a qu'un. La discussion est la question.

⚠️ Annoncer un rayon kk au lieu de k\sqrt k. Le niveau 99 donne un cercle de rayon 33.

Le contrôle : (3;0)(3;0) vérifie 9+0=99+0=9 ✓ tandis que (9;0)(9;0) donnerait 8181 ✗

⚠️ Se tromper de pente pour 2x+3y=k2x+3y=k : annoncer 2/32/3 ou 3/23/2. En isolant yy on obtient y=−23x+k3y=-\dfrac23x+\dfrac k3, donc la pente est −23-\dfrac23.

Le contrôle : deux points du niveau k=0k=0 sont (0;0)(0;0) et (3;−2)(3;-2). La pente vaut −2−03−0=−23\dfrac{-2-0}{3-0}=-\dfrac23 ✓

⚠️ Écrire x2+y2=(1;2)x^2+y^2=(1;2) ou confondre le point et le niveau. Le niveau est un nombre, obtenu en évaluant ff.

⚠️ Répondre « k=5k=5 » sans donner l'équation. La question demande l'équation de la courbe : x2+y2=5x^2+y^2=5.

⚠️ Confondre courbe de niveau et surface. La courbe de niveau vit dans le plan OxyOxy ; la surface vit dans l'espace. On projette, on ne dessine pas le relief.

⚠️ Croire que les niveaux de x2+y2x^2+y^2 sont équidistants. Les rayons croissent comme k\sqrt k : de k=1k=1 à k=2k=2 le rayon gagne 0,410{,}41, mais de k=8k=8 à k=9k=9 il ne gagne que 0,170{,}17. Ils se resserrent.

À retenir
Ck: f(x;y)=k— on pose l’eˊgaliteˊ, puis on RECONNAIˆT la courbe\mathcal{C}_k:\ f(x;y)=k \qquad\text{— on pose l'égalité, puis on RECONNAÎT la courbe}

Toujours discuter selon kk : cercle, point ou vide selon le signe.

Le rayon est k\sqrt k, jamais kk.

Niveau passant par un point : évaluer ff pour obtenir kk, puis écrire l'équation.

Des niveaux resserrés signalent une pente forte, des niveaux équidistants une pente constante (un plan s'ils sont des droites parallèles). C'est la lecture d'une carte, et le gradient la confirmera.

Réponse. ff : cercles centrés en OO de rayon k\sqrt{k} (pour kk strictement positif) ; gg : droites parallèles ; par (1;2)(1;2) : x2+y2=5x^2+y^2=5. (Recoupement : (1;2)(1;2) vérifie 1+4=51+4=5 ✓)
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Dérivées partielles premières d'un polynôme

CalculDifficulté 2/5

Soit f(x;y)=x3+3x2y−2y3f(x;y)=x^3+3x^2y-2y^3. 1) Calculer ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} et ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y}. 2) Évaluer ces deux dérivées partielles au point (1;2)(1;2).

Indices (3)

Pour ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x}, dérive par rapport à xx en considérant yy comme une constante.

Le terme −2y3-2y^3 est constant vis-à-vis de xx : sa dérivée partielle en xx est nulle.

Remplace ensuite (x;y)(x;y) par (1;2)(1;2).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La dérivée partielle est la seule notion vraiment neuve du chapitre, et elle est plus simple qu'elle n'en a l'air.

∂f∂x: on deˊrive par rapport aˋ x en traitant y comme une CONSTANTE\frac{\partial f}{\partial x} \quad\text{: on dérive par rapport à } x \text{ en traitant } y \text{ comme une CONSTANTE}

Aucune règle nouvelle à apprendre. Toutes les règles de dérivation à une variable s'appliquent telles quelles — produit, quotient, composée. La seule chose à faire est de décider quelle lettre est la variable, et de geler l'autre.

Le geste mental qui rend cela évident : pour calculer ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} de 3x2y3x^2y, se dire « yy est un nombre, disons 77 ». On dérive alors 21x221x^2 en 42x42x, c'est-à-dire 6xy6xy. Le yy ressort comme un coefficient.

Le symbole ∂\partial (« d rond ») remplace le dd droit pour signaler qu'il y a d'autres variables gelées. Ce n'est pas une décoration : écrire dfdx\dfrac{df}{dx} pour une fonction de deux variables est une faute de notation.

Ici ff est un polynôme — le cas le plus simple : on dérive terme à terme.

1) Les deux dérivées partielles
f(x;y)=x3+3x2y−2y3f(x;y)=x^3+3x^2y-2y^3

Par rapport à xx — on gèle yy :

terme vu comme dérivée en xx
x3x^3 x3x^3 3x23x^2
3x2y3x^2y (3y)×x2(3y)\times x^2, avec 3y3y constant (3y)×2x=6xy(3y)\times 2x=6xy
−2y3-2y^3 une constante 00
∂f∂x=3x2+6xy\boxed{\frac{\partial f}{\partial x}=3x^2+6xy}

Par rapport à yy — on gèle xx :

terme vu comme dérivée en yy
x3x^3 une constante 00
3x2y3x^2y (3x2)×y(3x^2)\times y, avec 3x23x^2 constant 3x23x^2
−2y3-2y^3 −2y3-2y^3 −6y2-6y^2
∂f∂y=3x2−6y2\boxed{\frac{\partial f}{\partial y}=3x^2-6y^2}

⚠️ Les termes qui ne contiennent pas la variable de dérivation disparaissent. −2y3-2y^3 s'annule dans ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x}, x3x^3 s'annule dans ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y}. C'est le contrôle le plus rapide : chaque dérivée partielle doit avoir perdu les termes purs de l'autre variable.

Contrôle de degré : ff est de degré 33, ses dérivées partielles sont de degré 22 ✓

2) Évaluer au point (1;2)
∂f∂x(1;2)=3×12+6×1×2=3+12=15\frac{\partial f}{\partial x}(1;2)=3\times 1^2+6\times 1\times 2=3+12=\boxed{15}
∂f∂y(1;2)=3×12−6×22=3−24=−21\frac{\partial f}{\partial y}(1;2)=3\times 1^2-6\times 2^2=3-24=\boxed{-21}

⚠️ Attention à 6×226\times 2^2 : c'est 6×4=246\times 4=24, pas (6×2)2=144(6\times 2)^2=144. L'exposant porte sur yy seul, et il s'applique avant la multiplication.

Interprétation, qui donne du sens aux deux nombres :

dérivée valeur lecture
∂f∂x(1;2)=15\dfrac{\partial f}{\partial x}(1;2)=15 >0>0 en partant de (1;2)(1;2) et en augmentant xx à yy fixé, ff croît au taux de 1515
∂f∂y(1;2)=−21\dfrac{\partial f}{\partial y}(1;2)=-21 <0<0 en augmentant yy à xx fixé, ff décroît au taux de 2121

Une dérivée partielle est une pente le long d'une direction d'axe. Se déplacer de 0,10{,}1 vers l'est fait gagner environ 1,51{,}5 ; se déplacer de 0,10{,}1 vers le nord fait perdre environ 2,12{,}1.

Contrôle numérique de la première :

f(1;2)=1+6−16=−9f(1,1 ;2)=1,331+7,26−16=−7,409f(1;2)=1+6-16=-9 \qquad f(1{,}1\,;2)=1{,}331+7{,}26-16=-7{,}409
f(1,1 ;2)−f(1;2)0,1=−7,409−(−9)0,1=1,5910,1≈15,9\frac{f(1{,}1\,;2)-f(1;2)}{0{,}1}=\frac{-7{,}409-(-9)}{0{,}1}=\frac{1{,}591}{0{,}1}\approx 15{,}9

Proche de 1515 — l'écart vient de ce que le taux n'est pas constant. C'est un excellent contrôle, et il ne demande que deux évaluations.

Rappel de cours

Dérivée partielle

∂f∂x=lim⁡h→0f(x+h;y)−f(x;y)h\frac{\partial f}{\partial x}=\lim_{h\to 0}\frac{f(x+h;y)-f(x;y)}{h}
En pratique : on dérive en xx, l'autre variable étant traitée comme une constante.

Toutes les règles usuelles s'appliquent Produit, quotient, composée, puissance — rien de nouveau. Seule la question « quelle lettre est gelée ? » se pose en plus.

Les termes qui disparaissent

dans ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} dans ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y}
tout terme sans xx →0\to 0 tout terme sans yy →0\to 0

C'est le contrôle le plus rapide.

Notation

∂f∂x = fx′ = ∂xf\frac{\partial f}{\partial x} \ = \ f'_x \ = \ \partial_x f
⚠️ Le ∂\partial rond, jamais dfdx\dfrac{df}{dx}, dès qu'il y a plusieurs variables.

Interprétation ∂f∂x(a;b)\dfrac{\partial f}{\partial x}(a;b) est la pente de la surface au point (a;b)(a;b) dans la direction de l'axe des xx — c'est-à-dire la pente de la courbe obtenue en coupant la surface par le plan y=by=b.

Contrôle numérique

∂f∂x(a;b)≈f(a+0,1 ;b)−f(a;b)0,1\frac{\partial f}{\partial x}(a;b)\approx\frac{f(a+0{,}1\,;b)-f(a;b)}{0{,}1}
Deux évaluations, et l'ordre de grandeur est validé.

L'erreur classique

⚠️ Dériver −2y3-2y^3 dans ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} et écrire −6y2-6y^2. À xx variable et yy gelé, ce terme est une constante : sa dérivée est 00.

Le contrôle : chaque dérivée partielle doit avoir perdu les termes purs de l'autre variable.

⚠️ Oublier de dériver 3x2y3x^2y par rapport à yy en le prenant pour une constante. Il contient yy à la puissance 11 : sa dérivée est 3x23x^2.

⚠️ Dériver les DEUX variables à la fois : écrire 3x2+6xy−6y23x^2+6xy-6y^2 pour ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x}. Une dérivée partielle ne dérive qu'une seule lettre.

⚠️ Calculer 6×226\times 2^2 comme 144144. L'exposant ne porte que sur 22 : 6×4=246\times 4=24.

Le contrôle : la priorité des opérations place la puissance avant la multiplication.

⚠️ Écrire dfdx\dfrac{df}{dx} avec un dd droit. La notation ∂\partial signale qu'il y a d'autres variables. Ce n'est pas une coquette­rie : dfdx\dfrac{df}{dx} désigne autre chose (la dérivée totale, qui tient compte de la variation de yy avec xx).

⚠️ Se tromper de signe sur 3−243-24. Le résultat est −21-21, et un signe perdu inverserait l'interprétation : « ff croît » au lieu de « ff décroît ».

⚠️ Ne pas interpréter. Sur une question qui demande d'évaluer, dire ce que le signe signifie est ce qui distingue un calcul d'une compréhension.

À retenir
∂f∂x : on deˊrive en x, y est une CONSTANTE\frac{\partial f}{\partial x} \ :\ \text{on dérive en } x, \ y \text{ est une CONSTANTE}

Aucune règle nouvelle — produit, quotient, composée s'appliquent telles quelles. Seule la question « quelle lettre est gelée ? » s'ajoute.

Les termes sans la variable de dérivation disparaissent : c'est le contrôle le plus rapide.

Une dérivée partielle est une pente dans une direction d'axe, et son signe dit si ff croît ou décroît dans cette direction.

Le contrôle numérique coûte deux évaluations et valide l'ordre de grandeur.

Réponse. ∂f∂x=3x2+6xy\dfrac{\partial f}{\partial x}=3x^2+6xy ; ∂f∂y=3x2−6y2\dfrac{\partial f}{\partial y}=3x^2-6y^2 ; en (1;2)(1;2) : 1515 et −21-21. (Recoupement machine : sympy ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Dérivées partielles avec produit et exponentielle

CalculDifficulté 2/5

Soit f(x;y)=x exyf(x;y)=x\,e^{xy}. 1) Calculer ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} (produit !) et ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y}. 2) Évaluer au point (1;0)(1;0).

Indices (3)

En xx : c'est un produit u(x) v(x)u(x)\,v(x) avec u=xu=x et v=exyv=e^{xy} (yy constant).

(exy)x′=y exy\big(e^{xy}\big)'_x=y\,e^{xy} et (exy)y′=x exy\big(e^{xy}\big)'_y=x\,e^{xy} (dérivée de eue^{u} : u′euu'e^{u}).

En yy, le facteur xx est une constante multiplicative.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'énoncé signale lui-même le piège : « produit ! ».

f(x;y)=x exyf(x;y)=x\,e^{xy}

Par rapport à xx, les DEUX facteurs contiennent xx :

x⏟deˊpend de x×exy⏟deˊpend de x aussi, via xy\underbrace{x}_{\text{dépend de } x} \times \underbrace{e^{xy}}_{\text{dépend de } x \text{ aussi, via } xy}

Il faut donc la formule du produit, et le second facteur demande en plus la dérivée d'une composée.

Par rapport à yy, en revanche, c'est beaucoup plus simple : xx est gelé, donc le facteur xx devant est une constante et il n'y a pas de produit à dériver — seulement l'exponentielle.

⚠️ L'asymétrie est le cœur de l'exercice. La même fonction demande la formule du produit dans un sens et pas dans l'autre. C'est ce qu'il faut repérer avant de calculer : le facteur constant sort-il, ou faut-il le dériver ?

La dérivée de l'exponentielle composée, à garder en tête :

∂∂x(eu)=∂u∂x eu\frac{\partial}{\partial x}\left(e^{u}\right)=\frac{\partial u}{\partial x}\,e^{u}

Ici u=xyu=xy, donc ∂u∂x=y\dfrac{\partial u}{\partial x}=y et ∂u∂y=x\dfrac{\partial u}{\partial y}=x.

1) Les deux dérivées partielles

Par rapport à xx — formule du produit. On pose u=xu=x et v=exyv=e^{xy} :

∂u∂x=1∂v∂x=y exy\frac{\partial u}{\partial x}=1 \qquad \frac{\partial v}{\partial x}=y\,e^{xy}

(dans vv, l'exposant est xyxy ; en gelant yy, sa dérivée en xx est yy.)

∂f∂x=1×exy⏟u′v+x×y exy⏟uv′=exy+xy exy\frac{\partial f}{\partial x}=\underbrace{1\times e^{xy}}_{u'v}+\underbrace{x\times y\,e^{xy}}_{uv'}=e^{xy}+xy\,e^{xy}
∂f∂x=(1+xy) exy\boxed{\frac{\partial f}{\partial x}=(1+xy)\,e^{xy}}

Par rapport à yy — pas de produit. Le facteur xx est une constante :

∂f∂y=x×∂∂y(exy)=x×x exy\frac{\partial f}{\partial y}=x\times\frac{\partial}{\partial y}\left(e^{xy}\right)=x\times x\,e^{xy}
∂f∂y=x2 exy\boxed{\frac{\partial f}{\partial y}=x^2\,e^{xy}}

⚠️ Le x2x^2 vient de deux sources différentes : le xx qui était devant, et le xx qui sort de l'exposant. C'est le point où l'on oublie facilement un facteur.

Contrôle de structure : ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y} ne peut contenir que des termes en exye^{xy} multipliés par des puissances de xx — puisque yy n'apparaît que dans l'exposant. C'est bien le cas ✓

2) Évaluer au point (1;0)

En (1;0)(1;0), l'exposant vaut xy=1×0=0xy=1\times 0=0, donc e0=1e^{0}=1. Les deux calculs deviennent immédiats.

∂f∂x(1;0)=(1+1×0)×e0=1×1=1\frac{\partial f}{\partial x}(1;0)=(1+1\times 0)\times e^{0}=1\times 1=\boxed{1}
∂f∂y(1;0)=12×e0=1×1=1\frac{\partial f}{\partial y}(1;0)=1^2\times e^{0}=1\times 1=\boxed{1}

Les deux valent 11 — une coïncidence de ce point particulier, à ne pas généraliser. En (1;1)(1;1) par exemple, ∂f∂x=2e\dfrac{\partial f}{\partial x}=2e et ∂f∂y=e\dfrac{\partial f}{\partial y}=e : elles diffèrent d'un facteur 22.

Contrôle numérique de la seconde, en (1;0)(1;0) :

f(1 ;0,1)−f(1;0)0,1=e0,1−10,1=1,10517−10,1≈1,05\frac{f(1\,;0{,}1)-f(1;0)}{0{,}1}=\frac{e^{0{,}1}-1}{0{,}1}=\frac{1{,}10517-1}{0{,}1}\approx 1{,}05

Proche de 11 ✓ — l'écart de 5 %5\ \% vient du pas de 0,10{,}1, qui n'est pas infinitésimal.

Interprétation : au point (1;0)(1;0), la surface monte à la même pente dans les deux directions d'axe. Les deux dérivées étant positives, ff croît vers l'est comme vers le nord.

Rappel de cours

Formule du produit

∂∂x(uv)=∂u∂x v+u ∂v∂x\frac{\partial}{\partial x}(uv)=\frac{\partial u}{\partial x}\,v+u\,\frac{\partial v}{\partial x}
Elle n'est utile que si les deux facteurs dépendent de la variable de dérivation. Sinon le facteur constant sort.

Exponentielle composée

∂∂x(eu)=∂u∂x eu\frac{\partial}{\partial x}\left(e^{u}\right)=\frac{\partial u}{\partial x}\,e^{u}
Pour u=xyu=xy : ∂u∂x=y\dfrac{\partial u}{\partial x}=y et ∂u∂y=x\dfrac{\partial u}{\partial y}=x.

Le réflexe à installer AVANT de calculer Combien de facteurs dépendent de la variable de dérivation ?

réponse méthode
un seul le facteur constant sort
deux formule du produit

C'est ce test qui explique l'asymétrie de cet exercice.

Dérivées de x exyx\,e^{xy}

∂f∂x=(1+xy)exy∂f∂y=x2exy\frac{\partial f}{\partial x}=(1+xy)e^{xy} \qquad \frac{\partial f}{\partial y}=x^2e^{xy}

Contrôle de structure Une variable qui n'apparaît que dans l'exposant ne peut ressortir que par l'exponentielle — sa dérivée partielle n'aura pas de terme polynomial isolé.

Contrôle numérique

f(a+h;b)−f(a;b)havec h=0,1\frac{f(a+h;b)-f(a;b)}{h} \quad\text{avec } h=0{,}1
Un écart de quelques pour cent est normal ; un écart d'ordre de grandeur signale une erreur.

L'erreur classique

⚠️ Oublier la formule du produit dans ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} : écrire xy exyxy\,e^{xy} seulement. Il manque le terme exye^{xy} issu de la dérivée du facteur xx.

Le contrôle en (1;0)(1;0) : la version fautive donnerait 00 au lieu de 11. Et le contrôle numérique (taux en xx, h=0,1h=0{,}1) rend exactement 11 ✓

⚠️ Appliquer la formule du produit dans ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y} en dérivant xx en 11 : écrire exy+x2exye^{xy}+x^2e^{xy}. Le facteur xx ne dépend pas de yy — c'est une constante, elle sort et ne se dérive pas.

⚠️ Oublier le facteur sortant de l'exposant dans ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y} : écrire x exyx\,e^{xy} au lieu de x2exyx^2e^{xy}. Il y a deux xx : celui de devant et celui issu de ∂∂y(xy)=x\dfrac{\partial}{\partial y}(xy)=x.

Le contrôle en (1;1)(1;1) : la version fautive donnerait ee au lieu de ee… identiques par coïncidence. En (2;0)(2;0) : 22 contre 44, l'écart apparaît.

⚠️ Dériver exye^{xy} en exye^{xy} tout court, sans facteur. C'est vrai pour exe^x, pas pour une composée : il faut multiplier par la dérivée de l'exposant.

⚠️ Écrire e0=0e^{0}=0. Toute exponentielle en 00 vaut 11 — et c'est ce qui rend l'évaluation en (1;0)(1;0) si simple.

⚠️ Conclure que les deux dérivées sont toujours égales parce qu'elles valent 11 ici. C'est propre au point (1;0)(1;0) ; en (1;1)(1;1) elles diffèrent d'un facteur 22.

À retenir
∂∂x(uv)=ux′v+uvx′∂∂x(eu)=ux′ eu\frac{\partial}{\partial x}(uv)=u'_xv+uv'_x \qquad \frac{\partial}{\partial x}\big(e^{u}\big)=u'_x\,e^{u}

Le test à faire AVANT de calculer : combien de facteurs dépendent de la variable ? Un seul →\to il sort. Deux →\to formule du produit.

La même fonction peut exiger le produit dans un sens et pas dans l'autre — c'est l'asymétrie que cet exercice existe pour montrer.

L'exposant fait sortir un facteur : ∂∂y(xexy)=x⋅x exy=x2exy\dfrac{\partial}{\partial y}\big(xe^{xy}\big)=x\cdot x\,e^{xy}=x^2e^{xy}, avec deux xx.

e0=1e^{0}=1 — et le contrôle numérique valide en deux évaluations.

Réponse. ∂f∂x=(1+xy)exy\dfrac{\partial f}{\partial x}=(1+xy)e^{xy} ; ∂f∂y=x2exy\dfrac{\partial f}{\partial y}=x^2e^{xy} ; en (1;0)(1;0) : 11 et 11. (Recoupement machine : sympy ✓)
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Dérivées partielles d'un logarithme et identité remarquable

CalculDifficulté 3/5

Soit f(x;y)=ln⁡(x2+y2)f(x;y)=\ln(x^2+y^2) (définie pour (x;y)≠(0;0)(x;y)\neq(0;0)). 1) Calculer ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} et ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y}. 2) Vérifier que, pour tout (x;y)(x;y) du domaine, x ∂f∂x+y ∂f∂y=2x\,\dfrac{\partial f}{\partial x}+y\,\dfrac{\partial f}{\partial y}=2.

Indices (3)

Dérivée de ln⁡(u)\ln(u) : u′u\dfrac{u'}{u}, avec u=x2+y2u=x^2+y^2.

ux′=2xu'_x=2x quand yy est gelé.

Pour la vérification, réduis au même dénominateur x2+y2x^2+y^2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux questions, et la seconde est de loin la plus instructive.

Question 1 : dérivée d'un logarithme composé, la formule à connaître étant

∂∂x(ln⁡u)=∂u/∂xu\frac{\partial}{\partial x}\big(\ln u\big)=\frac{\partial u/\partial x}{u}

Ici u=x2+y2u=x^2+y^2, donc ∂u∂x=2x\dfrac{\partial u}{\partial x}=2x et ∂u∂y=2y\dfrac{\partial u}{\partial y}=2y. Le dénominateur est le même dans les deux cas — seul le numérateur change.

Question 2 : vérifier une identité, c'est-à-dire une égalité vraie pour tout point du domaine. La démarche est celle de tout exercice de vérification : on substitue et on simplifie, on ne cherche rien.

x ∂f∂x+y ∂f∂y=2x\,\frac{\partial f}{\partial x}+y\,\frac{\partial f}{\partial y}=2

⚠️ Le résultat est une CONSTANTE, alors que les deux dérivées dépendent de (x;y)(x;y). C'est ce qui rend l'identité remarquable : la dépendance disparaît complètement à la simplification.

Ce n'est pas un hasard — la fonction ln⁡(x2+y2)\ln(x^2+y^2) a une propriété d'invariance que l'identité exprime, et on la nommera à la fin.

1) Les deux dérivées partielles
f(x;y)=ln⁡(x2+y2)f(x;y)=\ln(x^2+y^2)

Par rapport à xx — le dénominateur est uu, le numérateur est ∂u∂x\dfrac{\partial u}{\partial x} :

∂f∂x=2xx2+y2\boxed{\frac{\partial f}{\partial x}=\frac{2x}{x^2+y^2}}

Par rapport à yy, par symétrie du rôle des deux variables :

∂f∂y=2yx2+y2\boxed{\frac{\partial f}{\partial y}=\frac{2y}{x^2+y^2}}

Contrôle par symétrie : ff est symétrique en xx et yy (échanger les deux ne change pas la fonction). Ses deux dérivées partielles doivent donc s'échanger de la même façon — et c'est bien le cas ✓

Ce contrôle est gratuit et très efficace : dès qu'une fonction est symétrique, une asymétrie dans les dérivées signale une erreur.

Le domaine : (x;y)≠(0;0)(x;y)\neq(0;0), car ln⁡0\ln 0 n'existe pas — et le dénominateur s'annulerait aussi. Les deux obstacles coïncident.

2) Vérifier l'identité

On substitue les deux dérivées :

x ∂f∂x+y ∂f∂y=x×2xx2+y2+y×2yx2+y2x\,\frac{\partial f}{\partial x}+y\,\frac{\partial f}{\partial y}=x\times\frac{2x}{x^2+y^2}+y\times\frac{2y}{x^2+y^2}
=2x2x2+y2+2y2x2+y2=\frac{2x^2}{x^2+y^2}+\frac{2y^2}{x^2+y^2}

Même dénominateur — on regroupe les numérateurs :

=2x2+2y2x2+y2=2(x2+y2)x2+y2=\frac{2x^2+2y^2}{x^2+y^2}=\frac{2(x^2+y^2)}{x^2+y^2}

On simplifie, ce qui est licite car x2+y2≠0x^2+y^2\neq 0 sur le domaine :

=2=\boxed{2}

L'identité est vérifiée pour tout (x;y)≠(0;0)(x;y)\neq(0;0) ✓

⚠️ La simplification exige que le dénominateur soit non nul — et c'est exactement la condition du domaine. Le dire fait partie de la démonstration.

Contrôle numérique en deux points quelconques :

point x fx′x\,f'_x y fy′y\,f'_y somme
(1;1)(1;1) 22=1\dfrac{2}{2}=1 22=1\dfrac{2}{2}=1 2\mathbf{2} ✓
(3;4)(3;4) 1825=0,72\dfrac{18}{25}=0{,}72 3225=1,28\dfrac{32}{25}=1{,}28 2\mathbf{2} ✓

Les deux termes changent complètement, leur somme ne change pas. C'est ce que l'identité affirme, et le vérifier sur deux points est plus convaincant qu'un calcul symbolique isolé.

Ce que l'identité signifie. La relation x fx′+y fy′=constantex\,f'_x+y\,f'_y=\text{constante} traduit le comportement de ff quand on dilate le point : remplacer (x;y)(x;y) par (tx;ty)(tx;ty) donne

f(tx;ty)=ln⁡(t2(x2+y2))=2ln⁡t+f(x;y)f(tx;ty)=\ln\big(t^2(x^2+y^2)\big)=2\ln t+f(x;y)

ff augmente d'une quantité qui ne dépend que de tt — et le 22 de l'identité est exactement le coefficient de ln⁡t\ln t. Une fonction vérifiant xfx′+yfy′=nfx f'_x+y f'_y=nf est dite homogène de degré nn ; ici la version logarithmique donne une constante à la place.

Rappel de cours

Logarithme composé

∂∂x(ln⁡u)=ux′u\frac{\partial}{\partial x}\big(\ln u\big)=\frac{u'_x}{u}
Le dénominateur est uu lui-même, le numérateur est la dérivée partielle de uu.

Pour f=ln⁡(x2+y2)f=\ln(x^2+y^2)

∂f∂x=2xx2+y2∂f∂y=2yx2+y2\frac{\partial f}{\partial x}=\frac{2x}{x^2+y^2} \qquad \frac{\partial f}{\partial y}=\frac{2y}{x^2+y^2}
Même dénominateur, numérateurs symétriques.

Le contrôle par symétrie Si f(x;y)=f(y;x)f(x;y)=f(y;x), alors les deux dérivées partielles s'échangent quand on échange xx et yy. Une asymétrie signale une erreur — contrôle gratuit, à faire dès que la fonction est symétrique.

Vérifier une identité On substitue et l'on simplifie sans rien chercher. Le résultat attendu est donné : c'est un calcul dirigé, pas une recherche.

⚠️ Toute simplification par un dénominateur exige de dire qu'il est non nul — ici c'est la condition du domaine.

Relation d'Euler

x ∂f∂x+y ∂f∂y=n f⟺f(tx;ty)=tnf(x;y)x\,\frac{\partial f}{\partial x}+y\,\frac{\partial f}{\partial y}=n\,f \quad\Longleftrightarrow\quad f(tx;ty)=t^{n}f(x;y)
ff est alors homogène de degré nn. Pour un logarithme, la dilatation ajoute une constante au lieu de multiplier — d'où le membre de droite constant.

Contrôle numérique d'une identité La tester sur deux points distincts : si les termes changent et que la somme ne change pas, l'identité est crédible.

L'erreur classique

⚠️ Écrire ∂f∂x=1x2+y2\dfrac{\partial f}{\partial x}=\dfrac{1}{x^2+y^2} en oubliant le numérateur 2x2x. La dérivée de ln⁡u\ln u est u′u\dfrac{u'}{u}, pas 1u\dfrac1u.

Le contrôle : en (1;1)(1;1) on obtiendrait 12\dfrac12 au lieu de 11, et l'identité de la question 2 donnerait 11 au lieu de 22.

⚠️ Dériver le dénominateur aussi : appliquer la formule du quotient à 2xx2+y2\dfrac{2x}{x^2+y^2} comme si c'était le résultat à obtenir. Il n'y a qu'une dérivation à faire, celle du logarithme.

⚠️ Écrire ln⁡(x2+y2)=ln⁡x2+ln⁡y2\ln(x^2+y^2)=\ln x^2+\ln y^2. Le logarithme d'une somme ne se décompose pas — seul celui d'un produit le fait.

Le contrôle numérique : ln⁡(1+1)=ln⁡2≈0,693\ln(1+1)=\ln 2\approx 0{,}693 tandis que ln⁡1+ln⁡1=0\ln 1+\ln 1=0. Différents ✗

⚠️ Simplifier sans justifier. L'étape 2(x2+y2)x2+y2=2\dfrac{2(x^2+y^2)}{x^2+y^2}=2 suppose x2+y2≠0x^2+y^2\neq 0. C'est vrai sur le domaine, mais il faut le dire.

⚠️ Oublier de multiplier par xx et yy dans l'identité : sommer les deux dérivées telles quelles donne 2x+2yx2+y2\dfrac{2x+2y}{x^2+y^2}, qui n'est pas constant.

Le contrôle : en (1;1)(1;1) cela ferait 22, mais en (3;4)(3;4) cela ferait 1425=0,56\dfrac{14}{25}=0{,}56. Un seul point ne suffit donc pas à valider une identité.

⚠️ Vérifier sur un seul point. Le point (1;1)(1;1) est trop symétrique : plusieurs formules fausses y donnent la bonne valeur. Toujours en tester deux, dont un asymétrique comme (3;4)(3;4).

À retenir
∂∂x(ln⁡u)=ux′u⟹∂∂xln⁡(x2+y2)=2xx2+y2\frac{\partial}{\partial x}\big(\ln u\big)=\frac{u'_x}{u} \qquad\Longrightarrow\qquad \frac{\partial}{\partial x}\ln(x^2+y^2)=\frac{2x}{x^2+y^2}

Le numérateur est la dérivée de uu, pas 11.

Contrôle par symétrie : une fonction symétrique a des dérivées partielles qui s'échangent.

Une identité se vérifie en substituant et simplifiant — et toute simplification par un dénominateur se justifie par le domaine.

Tester sur DEUX points, dont un asymétrique. Le point (1;1)(1;1) valide trop de formules fausses ; (3;4)(3;4) discrimine.

Réponse. ∂f∂x=2xx2+y2\dfrac{\partial f}{\partial x}=\dfrac{2x}{x^2+y^2} ; ∂f∂y=2yx2+y2\dfrac{\partial f}{\partial y}=\dfrac{2y}{x^2+y^2} ; x fx′+y fy′=2x\,f'_x+y\,f'_y=2 ✓. (Recoupement machine : sympy simplifie bien à 22 ✓)
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Sensibilité d'une surface de cylindre (application concrète)

ApplicationDifficulté 2/5

La surface totale d'une boîte cylindrique fermée de rayon rr et de hauteur hh (en cm) est S(r;h)=2πr2+2πrhS(r;h)=2\pi r^2+2\pi rh (en cm²). 1) Calculer ∂S∂r\dfrac{\partial S}{\partial r} et ∂S∂h\dfrac{\partial S}{\partial h}. 2) Évaluer ces dérivées pour r=2r=2 et h=5h=5, et interpréter : la surface est-elle plus sensible à une variation du rayon ou de la hauteur ?

Indices (3)

Dérive SS par rapport à rr en gelant hh, puis l'inverse.

∂S∂r=4πr+2πh\dfrac{\partial S}{\partial r}=4\pi r+2\pi h.

Compare les deux valeurs numériques obtenues en (2;5)(2;5).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Première application concrète : les dérivées partielles mesurent une sensibilité.

∂S∂r : de combien la surface change si l’on augmente le RAYON de 1 cm, la hauteur eˊtant fixeˊe\frac{\partial S}{\partial r} \ \text{: de combien la surface change si l'on augmente le RAYON de 1 cm, la hauteur étant fixée}

C'est exactement ce que « toutes choses égales par ailleurs » veut dire — et les dérivées partielles en sont la traduction mathématique.

La question posée — « la surface est-elle plus sensible au rayon ou à la hauteur ? » — se tranche en comparant les deux dérivées au même point. Celle qui est la plus grande en valeur absolue désigne le paramètre le plus influent.

⚠️ Attention aux constantes. Dans S=2πr2+2πrhS=2\pi r^2+2\pi rh, le π\pi est un nombre, pas une variable. Il ne se dérive pas et reste en facteur.

Un pronostic avant calcul : le terme 2πr22\pi r^2 ne dépend que de rr, et le terme 2πrh2\pi rh dépend des deux. Le rayon intervient donc deux fois — on s'attend à ce qu'il soit plus influent.

1) Les deux dérivées partielles
S(r;h)=2πr2+2πrhS(r;h)=2\pi r^2+2\pi rh

Par rapport à rr — hh est gelé, π\pi est un nombre :

terme dérivée en rr
2πr22\pi r^2 4πr4\pi r
2πrh2\pi rh 2πh2\pi h (le facteur 2πh2\pi h est constant)
∂S∂r=4πr+2πh\boxed{\frac{\partial S}{\partial r}=4\pi r+2\pi h}

Par rapport à hh — rr est gelé :

terme dérivée en hh
2πr22\pi r^2 00 (aucun hh)
2πrh2\pi rh 2πr2\pi r
∂S∂h=2πr\boxed{\frac{\partial S}{\partial h}=2\pi r}

Contrôle de cohérence physique : SS est une aire (cm²), et une dérivée par rapport à une longueur (cm) doit donc être en cm. Or 4πr4\pi r et 2πr2\pi r sont bien des longueurs ✓

Ce contrôle dimensionnel vaut d'être fait sur toute application concrète : il attrape un terme oublié ou une puissance de trop.

2) Évaluer en r = 2, h = 5 et interpréter
∂S∂r(2;5)=4π×2+2π×5=8π+10π=18π≈56,5 cm\frac{\partial S}{\partial r}(2;5)=4\pi\times 2+2\pi\times 5=8\pi+10\pi=18\pi\approx 56{,}5\ \text{cm}
∂S∂h(2;5)=2π×2=4π≈12,6 cm\frac{\partial S}{\partial h}(2;5)=2\pi\times 2=4\pi\approx 12{,}6\ \text{cm}

Comparaison :

18π4π=184=4,5\frac{18\pi}{4\pi}=\frac{18}{4}=\boxed{4{,}5}
La surface est 4,5 fois plus sensible au RAYON qu’aˋ la hauteur\boxed{\text{La surface est } 4{,}5 \text{ fois plus sensible au RAYON qu'à la hauteur}}

Interprétation concrète, et c'est ce que l'énoncé attend :

variation effet sur SS
+1+1 mm de rayon (0,10{,}1 cm) +56,5×0,1≈5,7+56{,}5\times 0{,}1\approx 5{,}7 cm²
+1+1 mm de hauteur +12,6×0,1≈1,3+12{,}6\times 0{,}1\approx 1{,}3 cm²

Pour économiser du matériau, il vaut donc bien mieux réduire le rayon que la hauteur — à condition, bien sûr, de conserver le volume voulu, ce qui est une autre contrainte.

Pourquoi le rayon domine — la formule le dit :

∂S∂r=4πr⏟les deux disques+2πh⏟la paroi lateˊrale∂S∂h=2πr⏟la paroi seule\frac{\partial S}{\partial r}=\underbrace{4\pi r}_{\text{les deux disques}}+\underbrace{2\pi h}_{\text{la paroi latérale}} \qquad \frac{\partial S}{\partial h}=\underbrace{2\pi r}_{\text{la paroi seule}}

Le rayon agit sur les deux disques ET sur la paroi ; la hauteur n'agit que sur la paroi. Le pronostic est confirmé, et l'explication est structurelle.

Ordre de grandeur : S(2;5)=8π+20π=28π≈88S(2;5)=8\pi+20\pi=28\pi\approx 88 cm². Une variation de 11 mm sur le rayon change donc la surface d'environ 6,4 %6{,}4\ \% — c'est considérable pour un si petit écart.

Rappel de cours

Dérivée partielle = sensibilité

∂f∂x(a;b) ≈ variation de f pour +1 uniteˊ de x, y FIXEˊ\frac{\partial f}{\partial x}(a;b) \ \approx \ \text{variation de } f \text{ pour } +1 \text{ unité de } x, \ y \text{ FIXÉ}
C'est la traduction mathématique de « toutes choses égales par ailleurs ».

Comparer deux sensibilités On évalue les deux dérivées au même point et l'on compare leurs valeurs absolues. La plus grande désigne le paramètre le plus influent.

⚠️ Cette comparaison n'a de sens que si les deux variables ont la même unité — ici des centimètres. Sinon il faut passer par les sensibilités relatives.

Le contrôle dimensionnel

[∂S∂r]=[S][r]=cm2cm=cm\left[\frac{\partial S}{\partial r}\right]=\frac{[S]}{[r]}=\frac{\text{cm}^2}{\text{cm}}=\text{cm}
Il attrape un terme oublié ou une puissance de trop, sans refaire le calcul.

Les constantes π\pi, 22, gg… sont des nombres : ils ne se dérivent pas et restent en facteur.

Formules du cylindre fermé

V=πr2hS=2πr2⏟deux disques+2πrh⏟paroiV=\pi r^2h \qquad S=\underbrace{2\pi r^2}_{\text{deux disques}}+\underbrace{2\pi rh}_{\text{paroi}}
Décomposer la formule en ses parties géométriques explique le résultat au lieu de seulement le calculer.

Approximation d'une petite variation

ΔS≈∂S∂rΔr+∂S∂hΔh\Delta S\approx\frac{\partial S}{\partial r}\Delta r+\frac{\partial S}{\partial h}\Delta h
C'est la différentielle, qui fera l'objet des exercices B4 et B5.

L'erreur classique

⚠️ Dériver π\pi. C'est une constante : ∂∂r(2πr2)=4πr\dfrac{\partial}{\partial r}(2\pi r^2)=4\pi r, et le π\pi reste.

⚠️ Oublier le terme 2πh2\pi h dans ∂S∂r\dfrac{\partial S}{\partial r} : écrire 4πr4\pi r seulement. Le terme 2πrh2\pi rh contient rr, donc il se dérive — c'est même lui qui fait la moitié du résultat (10π10\pi sur 18π18\pi).

Le contrôle : on obtiendrait 8π8\pi contre 4π4\pi, soit un rapport de 22 au lieu de 4,54{,}5. La conclusion resterait « le rayon domine », mais l'ampleur serait fausse.

⚠️ Dériver 2πr22\pi r^2 par rapport à hh et écrire quelque chose de non nul. Ce terme ne contient aucun hh : sa dérivée est 00.

⚠️ Confondre SS et ses dérivées. S(2;5)=28π≈88S(2;5)=28\pi\approx 88 cm² est une aire ; ∂S∂r(2;5)=18π≈56,5\dfrac{\partial S}{\partial r}(2;5)=18\pi\approx 56{,}5 cm est une longueur. Le contrôle dimensionnel les distingue.

⚠️ Comparer sans évaluer. Les expressions 4πr+2πh4\pi r+2\pi h et 2πr2\pi r ne se comparent pas en général — le verdict dépend du point. Ici c'est en (2;5)(2;5) qu'on tranche.

⚠️ Ne pas interpréter. L'énoncé demande explicitement « interpréter » : il faut dire ce que 4,54{,}5 signifie — la surface réagit 4,54{,}5 fois plus fort à une variation du rayon.

⚠️ Oublier les unités. Une dérivée de surface par rapport à une longueur s'exprime en cm, pas en cm².

À retenir

Une dérivée partielle est une SENSIBILITÉ : de combien ff change si une seule variable bouge d'une unité.

Comparer deux sensibilités = évaluer les deux dérivées au MÊME point et comparer leurs valeurs absolues. Ici 18π18\pi contre 4π4\pi, soit 4,54{,}5.

Le contrôle dimensionnel est gratuit : ∂S∂r\dfrac{\partial S}{\partial r} est en cm si SS est en cm² et rr en cm.

Décomposer la formule explique le résultat : le rayon agit sur les disques et la paroi, la hauteur sur la paroi seule.

π\pi est une constante — elle ne se dérive pas.

Réponse. ∂S∂r=4πr+2πh\dfrac{\partial S}{\partial r}=4\pi r+2\pi h ; ∂S∂h=2πr\dfrac{\partial S}{\partial h}=2\pi r ; en (2;5)(2;5) : 18π≈56,518\pi\approx 56{,}5 et 4π≈12,64\pi\approx 12{,}6 — sensibilité au rayon ≈4,5\approx 4{,}5 fois plus forte. (Recoupement : 18π/4π=4,518\pi/4\pi=4{,}5 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Dérivées secondes et théorème de Schwarz

CalculDifficulté 2/5

Soit f(x;y)=x3y2−3xy4f(x;y)=x^3y^2-3xy^4. 1) Calculer les dérivées partielles premières. 2) Calculer les quatre dérivées partielles secondes. 3) Vérifier le théorème de Schwarz.

Indices (3)

Commence par ∂f∂x=3x2y2−3y4\dfrac{\partial f}{\partial x}=3x^2y^2-3y^4 et ∂f∂y=2x3y−12xy3\dfrac{\partial f}{\partial y}=2x^3y-12xy^3.

Les croisées : dérive ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} par rapport à yy, puis ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y} par rapport à xx.

Schwarz prédit que les deux croisées coïncident.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une fonction de deux variables a deux dérivées premières, donc quatre dérivées secondes — chacune obtenue en dérivant l'une des deux premières par l'une des deux variables.

∂2f∂x2∂2f∂y2∂2f∂x ∂y⏟on deˊrive fy′ en x∂2f∂y ∂x⏟on deˊrive fx′ en y\frac{\partial^2 f}{\partial x^2} \qquad \frac{\partial^2 f}{\partial y^2} \qquad \underbrace{\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}}_{\text{on dérive } f'_y \text{ en } x} \qquad \underbrace{\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x}}_{\text{on dérive } f'_x \text{ en } y}

Le théorème de Schwarz affirme que les deux croisées sont ÉGALES — l'ordre de dérivation n'a pas d'importance :

∂2f∂x ∂y=∂2f∂y ∂x\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}=\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x}

C'est loin d'être évident : rien n'impose a priori que dériver « d'abord en xx puis en yy » donne la même chose que l'inverse. Le théorème dit que c'est le cas dès que les dérivées secondes sont continues — condition remplie par tous les polynômes, et par la quasi-totalité des fonctions rencontrées.

L'usage pratique : c'est un contrôle gratuit. On calcule les deux croisées par des chemins différents ; si elles diffèrent, il y a une erreur — nécessairement.

⚠️ Ici f=x3y2−3xy4f=x^3y^2-3xy^4 est un polynôme : Schwarz s'applique sans réserve.

1) Les dérivées premières
f(x;y)=x3y2−3xy4f(x;y)=x^3y^2-3xy^4

Par rapport à xx — yy gelé, donc y2y^2 et y4y^4 sont des coefficients :

∂f∂x=3x2y2−3y4\boxed{\frac{\partial f}{\partial x}=3x^2y^2-3y^4}

Par rapport à yy — xx gelé :

∂f∂y=2x3y−12xy3\boxed{\frac{\partial f}{\partial y}=2x^3y-12xy^3}

Contrôle de degré : ff est de degré total 55, ses dérivées premières sont de degré 44 ✓

2) Les quatre dérivées secondes

∂2f∂x2\dfrac{\partial^2 f}{\partial x^2} — on redérive fx′=3x2y2−3y4f'_x=3x^2y^2-3y^4 par rapport à xx :

∂2f∂x2=6xy2\boxed{\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}=6xy^2}

(le terme −3y4-3y^4 ne contient pas xx : il disparaît.)

∂2f∂y2\dfrac{\partial^2 f}{\partial y^2} — on redérive fy′=2x3y−12xy3f'_y=2x^3y-12xy^3 par rapport à yy :

∂2f∂y2=2x3−36xy2\boxed{\frac{\partial^2 f}{\partial y^2}=2x^3-36xy^2}

∂2f∂y ∂x\dfrac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x} — on dérive fx′=3x2y2−3y4f'_x=3x^2y^2-3y^4 par rapport à yy :

∂2f∂y ∂x=6x2y−12y3\boxed{\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x}=6x^2y-12y^3}

∂2f∂x ∂y\dfrac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y} — on dérive fy′=2x3y−12xy3f'_y=2x^3y-12xy^3 par rapport à xx :

∂2f∂x ∂y=6x2y−12y3\boxed{\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}=6x^2y-12y^3}

Le tableau récapitulatif :

dérivée seconde
fxx′′f''_{xx} 6xy26xy^2
fyy′′f''_{yy} 2x3−36xy22x^3-36xy^2
fxy′′f''_{xy} 6x2y−12y36x^2y-12y^3
fyx′′f''_{yx} 6x2y−12y36x^2y-12y^3
3) Vérifier le théorème de Schwarz
∂2f∂x ∂y=6x2y−12y3=∂2f∂y ∂x✓\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}=6x^2y-12y^3=\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x} \quad \checkmark

Les deux croisées coïncident, conformément au théorème de Schwarz.

Ce que la vérification prouve, et ce qu'elle ne prouve pas. Elle ne « démontre » pas le théorème — il est admis. Elle valide les calculs : les deux croisées ont été obtenues par des chemins entièrement différents

f → fx′ → fyx′′contref → fy′ → fxy′′f \ \to \ f'_x \ \to \ f''_{yx} \qquad\text{contre}\qquad f \ \to \ f'_y \ \to \ f''_{xy}

et elles tombent d'accord. Une erreur dans l'une des quatre dérivations aurait presque certainement rompu l'égalité.

C'est le meilleur contrôle disponible sur ce type d'exercice, et il ne coûte rien puisque les deux croisées sont demandées de toute façon.

⚠️ Attention à la notation, qui est trompeuse. Dans ∂2f∂x ∂y\dfrac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}, on lit les variables de droite à gauche : on dérive d'abord en yy, ensuite en xx. La notation fyx′′f''_{yx}, elle, se lit de gauche à droite. Les deux conventions coexistent, et comme les deux résultats sont égaux, la confusion est sans conséquence — mais seulement parce que Schwarz s'applique.

Contrôle numérique en (1;1)(1;1), par un chemin totalement indépendant :

fx′(1 ;1,1)−fx′(1;1)0,1=3(1,21)−3(1,4641)−00,1\frac{f'_x(1\,;1{,}1)-f'_x(1;1)}{0{,}1}=\frac{3(1{,}21)-3(1{,}4641)-0}{0{,}1}

Calculons : fx′(1;1)=3−3=0f'_x(1;1)=3-3=0 et fx′(1 ;1,1)=3(1,21)−3(1,4641)=3,63−4,3923=−0,7623f'_x(1\,;1{,}1)=3(1{,}21)-3(1{,}4641)=3{,}63-4{,}3923=-0{,}7623.

−0,7623−00,1=−7,62\frac{-0{,}7623-0}{0{,}1}=-7{,}62

à comparer à fyx′′(1;1)=6−12=−6f''_{yx}(1;1)=6-12=-6. Même signe, même ordre de grandeur ✓ — l'écart vient du pas de 0,10{,}1, qui est grossier pour une fonction de degré 55.

Rappel de cours

Les quatre dérivées secondes

∂2f∂x2=∂∂x ⁣(∂f∂x)∂2f∂y ∂x=∂∂y ⁣(∂f∂x)\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}=\frac{\partial}{\partial x}\!\left(\frac{\partial f}{\partial x}\right) \qquad \frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x}=\frac{\partial}{\partial y}\!\left(\frac{\partial f}{\partial x}\right)

Théorème de Schwarz Si les dérivées partielles secondes de ff sont continues au voisinage d'un point, alors

∂2f∂x ∂y=∂2f∂y ∂x\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}=\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x}
L'ordre de dérivation n'importe pas. La condition est remplie par tous les polynômes, les exponentielles, les fonctions trigonométriques et leurs composées usuelles.

Usage pratique : un contrôle gratuit Les deux croisées s'obtiennent par des chemins indépendants. Une divergence signale une erreur de calcul — c'est le meilleur contrôle du chapitre, et il vient sans surcoût.

Notation

∂2f∂x ∂y = fyx′′(on deˊrive d’abord en y)\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y} \ = \ f''_{yx} \qquad\text{(on dérive d'abord en } y)
⚠️ La notation ∂\partial se lit de droite à gauche, la notation « prime » de gauche à droite. Sans Schwarz, la confusion serait grave ; avec lui, elle est sans conséquence.

Notation matricielle

Hf=(fxx′′fxy′′fyx′′fyy′′)H_f=\begin{pmatrix} f''_{xx} & f''_{xy} \\ f''_{yx} & f''_{yy}\end{pmatrix}
C'est la matrice hessienne. Schwarz dit qu'elle est symétrique, et c'est elle qui servira au critère rt−s2rt-s^2 des exercices C1 à C3.

Contrôle de degré Chaque dérivation abaisse le degré total d'au moins une unité. Une dérivée seconde d'un polynôme de degré 55 est de degré au plus 33 — exactement 33 ici.

L'erreur classique

⚠️ Dériver deux fois par rapport à la même variable en croyant faire une croisée. ∂2f∂x ∂y\dfrac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y} demande une dérivation en xx et une en yy, pas deux en xx.

⚠️ Oublier que −3y4-3y^4 disparaît dans fxx′′f''_{xx}. Il n'a pas de xx, donc sa dérivée en xx est nulle — deux fois de suite.

⚠️ Se tromper de coefficient sur −12xy3-12xy^3 en le dérivant en yy : −36xy2-36xy^2, et non −12xy2-12xy^2 ni −36xy3-36xy^3. L'exposant descend en coefficient et diminue de 11.

Le contrôle de degré : fyy′′f''_{yy} doit être de degré 33. −36xy2-36xy^2 l'est ✓, −36xy3-36xy^3 serait de degré 44 ✗

⚠️ Conclure que Schwarz est « vérifié » sans avoir calculé les deux croisées séparément. Recopier l'une pour l'autre vide le contrôle de tout contenu — c'est précisément l'indépendance des deux chemins qui lui donne sa valeur.

⚠️ Croire que Schwarz est toujours vrai. Il exige la continuité des dérivées secondes. Il existe des contre-exemples classiques (fonctions définies par morceaux autour de l'origine) où les deux croisées diffèrent. Sur les fonctions usuelles la condition est remplie, mais l'énoncer fait partie du théorème.

⚠️ Confondre fyy′′f''_{yy} et (fy′)2(f'_y)^2. La première est une dérivée seconde, la seconde un carré. La notation fyy′′f''_{yy} ne signifie jamais une puissance.

⚠️ Oublier une des quatre. L'énoncé en demande quatre : fxx′′f''_{xx}, fyy′′f''_{yy}, et les deux croisées — même si elles sont égales.

À retenir

Quatre dérivées secondes : fxx′′f''_{xx}, fyy′′f''_{yy} et deux croisées.

∂2f∂x ∂y=∂2f∂y ∂x— theˊoreˋme de SCHWARZ\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}=\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x} \qquad\text{— théorème de SCHWARZ}

C'est un contrôle gratuit : les deux croisées viennent de chemins indépendants, une divergence signale une erreur.

Le calculer réellement des deux façons — recopier l'une pour l'autre annule tout l'intérêt.

La matrice hessienne est symétrique grâce à Schwarz, et c'est elle qui portera le critère rt−s2rt-s^2 de l'étude des extremums.

Réponse. fxx′′=6xy2f''_{xx}=6xy^2 ; fyy′′=2x3−36xy2f''_{yy}=2x^3-36xy^2 ; fxy′′=fyx′′=6x2y−12y3f''_{xy}=f''_{yx}=6x^2y-12y^3 (Schwarz ✓). (Recoupement machine : sympy ✓)
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Gradient et courbe de niveau

CalculDifficulté 2/5

Soit f(x;y)=x2+y2f(x;y)=x^2+y^2. 1) Calculer le gradient de ff au point (1;2)(1;2). 2) Donner l'équation de la courbe de niveau de ff passant par (1;2)(1;2). 3) Vérifier que le gradient est perpendiculaire à cette courbe au point (1;2)(1;2) et interpréter sa direction.

Indices (3)

∇→f=(2x ;2y)\overrightarrow{\nabla}f=(2x\,;2y).

La courbe de niveau passant par (1;2)(1;2) est le cercle x2+y2=5x^2+y^2=5.

Sur un cercle centré en OO, la tangente en MM est perpendiculaire au rayon OM→\overrightarrow{OM}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le gradient est le vecteur formé par les deux dérivées partielles :

∇→f=(∂f∂x∂f∂y)\overrightarrow{\nabla}f=\begin{pmatrix}\dfrac{\partial f}{\partial x}\\[8pt] \dfrac{\partial f}{\partial y}\end{pmatrix}

Ses deux propriétés fondamentales, que l'exercice fait vérifier :

  1. s'il est non nul, il est perpendiculaire à la courbe de niveau passant par le point ;
  2. il pointe dans la direction de plus forte croissance de ff.

Les deux se comprennent ensemble. Le long d'une courbe de niveau, ff ne change pas — c'est la direction où l'on ne monte ni ne descend. La direction de plus forte pente est donc, naturellement, celle qui lui est perpendiculaire.

L'image de la carte IGN : le gradient donne la direction dans laquelle un ruisseau descendrait (le ruisseau suit −∇→f-\overrightarrow{\nabla}f, en sens opposé) — perpendiculaire aux courbes de niveau, et c'est ce qu'on observe sur toute carte topographique.

La méthode de vérification : on montre que le gradient est perpendiculaire à un vecteur tangent à la courbe, en vérifiant que leur produit scalaire est nul.

Ici la courbe est un cercle, ce qui rend la tangente facile : elle est perpendiculaire au rayon.

1) Le gradient en (1;2)
f(x;y)=x2+y2∂f∂x=2x∂f∂y=2yf(x;y)=x^2+y^2 \qquad \frac{\partial f}{\partial x}=2x \qquad \frac{\partial f}{\partial y}=2y
∇→f(1;2)=(2×12×2)=(24)\overrightarrow{\nabla}f(1;2)=\begin{pmatrix}2\times 1\\ 2\times 2\end{pmatrix}=\boxed{\begin{pmatrix}2\\ 4\end{pmatrix}}

Sa norme :

∥∇→f(1;2)∥=22+42=20=25≈4,47\left\|\overrightarrow{\nabla}f(1;2)\right\|=\sqrt{2^2+4^2}=\sqrt{20}=2\sqrt5\approx 4{,}47

Cette norme est la pente maximale en ce point : en se déplaçant dans la direction du gradient, ff croît au taux de 4,474{,}47 par unité de longueur. Dans toute autre direction, la croissance est moindre.

Observation : le gradient (2;4)(2;4) est exactement le double du vecteur position (1;2)(1;2). Il est donc radial — dirigé de l'origine vers le point. C'est cohérent : pour f=x2+y2f=x^2+y^2, s'éloigner du centre fait croître ff le plus vite.

2) La courbe de niveau
k=f(1;2)=1+4=5k=f(1;2)=1+4=5
C5: x2+y2=5\boxed{\mathcal{C}_5:\ x^2+y^2=5}

C'est le cercle de centre OO et de rayon 5≈2,24\sqrt5\approx 2{,}24, qui passe bien par (1;2)(1;2) ✓

3) Vérifier la perpendicularité et interpréter

Trouver un vecteur tangent au cercle en (1;2)(1;2). La tangente à un cercle est perpendiculaire au rayon. Le rayon est OM→=(1;2)\overrightarrow{OM}=(1;2) ; un vecteur qui lui est perpendiculaire s'obtient en échangeant les coordonnées et en changeant un signe :

t⃗=(−21)\vec{t}=\begin{pmatrix}-2\\ 1\end{pmatrix}

Vérification que t⃗\vec t est bien tangent : OM→⋅t⃗=1×(−2)+2×1=0\overrightarrow{OM}\cdot\vec t=1\times(-2)+2\times 1=0 ✓

Le produit scalaire avec le gradient :

∇→f(1;2)⋅t⃗=2×(−2)+4×1=−4+4=0\overrightarrow{\nabla}f(1;2)\cdot\vec{t}=2\times(-2)+4\times 1=-4+4=\boxed{0}
Le gradient est PERPENDICULAIRE aˋ la courbe de niveau\boxed{\text{Le gradient est PERPENDICULAIRE à la courbe de niveau}}

Interprétation de sa direction. Le gradient (2;4)(2;4) est colinéaire à OM→=(1;2)\overrightarrow{OM}=(1;2) et de même sens (le coefficient 22 est positif) : il pointe de l'origine vers l'extérieur.

C'est exactement ce qu'on attend. La fonction f=x2+y2f=x^2+y^2 mesure le carré de la distance à l'origine :

pour la faire croître le plus vite, il faut s'éloigner radialement du centre.

Le tableau qui résume les deux propriétés :

direction depuis (1;2)(1;2) effet sur ff
celle du gradient (2;4)(2;4) croissance maximale, taux 4,474{,}47
celle de −∇→f-\overrightarrow{\nabla}f décroissance maximale
le long du cercle (tangente) ff ne change pas

Contrôle numérique de la troisième ligne : partons de (1;2)(1;2) dans la direction tangente, d'un pas de 0,10{,}1. Le vecteur unitaire tangent est 15(−2;1)\dfrac{1}{\sqrt5}(-2;1), donc on arrive en

(1−0,0894 ; 2+0,0447)=(0,9106 ; 2,0447)(1-0{,}0894\,;\,2+0{,}0447)=(0{,}9106\,;\,2{,}0447)
f=0,829+4,181=5,010f=0{,}829+4{,}181=5{,}010

à comparer à 55. L'écart est de 0,0100{,}010, soit 0,2 %0{,}2\ \% — il vient de ce qu'on se déplace en ligne droite alors que le niveau est un cercle. Le long du niveau exact, ff ne bougerait pas du tout.

À comparer avec un pas de 0,10{,}1 dans la direction du gradient : ff passerait à 5,4575{,}457, soit +0,457+0{,}457. Quarante-cinq fois plus. C'est la différence entre monter et longer.

Rappel de cours

Gradient

∇→f=(fx′fy′)∥∇→f∥=(fx′)2+(fy′)2\overrightarrow{\nabla}f=\begin{pmatrix}f'_x\\ f'_y\end{pmatrix} \qquad \left\|\overrightarrow{\nabla}f\right\|=\sqrt{(f'_x)^2+(f'_y)^2}

Les deux propriétés fondamentales

  1. ∇→f(a;b)\overrightarrow{\nabla}f(a;b), s'il est non nul, est perpendiculaire à la courbe de niveau passant par (a;b)(a;b) ;
  2. il indique la direction de plus forte croissance, et sa norme est la pente dans cette direction.

Les deux sont liées : le long d'un niveau ff ne varie pas, donc la direction de plus forte variation lui est orthogonale.

Produit scalaire et perpendicularité

u⃗⋅v⃗=u1v1+u2v2u⃗⊥v⃗  ⟺  u⃗⋅v⃗=0\vec u\cdot\vec v=u_1v_1+u_2v_2 \qquad \vec u\perp\vec v \iff \vec u\cdot\vec v=0

Trouver un vecteur perpendiculaire

u⃗=(ab)⟹u⃗⊥=(−ba)\vec u=\begin{pmatrix}a\\ b\end{pmatrix} \quad\Longrightarrow\quad \vec u^{\perp}=\begin{pmatrix}-b\\ a\end{pmatrix}
On échange les coordonnées et on change un seul signe.

Tangente à un cercle Elle est perpendiculaire au rayon. En un point MM d'un cercle centré en OO, un vecteur tangent est OM→⊥\overrightarrow{OM}^{\perp}.

Le cas f=x2+y2f=x^2+y^2

∇→f(x;y)=2(xy)=2 OM→\overrightarrow{\nabla}f(x;y)=2\begin{pmatrix}x\\ y\end{pmatrix}=2\,\overrightarrow{OM}
Le gradient est radial, dirigé vers l'extérieur — cohérent avec une fonction qui croît quand on s'éloigne du centre.

Dérivée directionnelle

Du⃗f=∇→f⋅u⃗(u⃗ unitaire)D_{\vec u}f=\overrightarrow{\nabla}f\cdot\vec u \qquad (\vec u \text{ unitaire})
Elle est maximale quand u⃗\vec u est colinéaire au gradient et de même sens, nulle quand u⃗\vec u lui est perpendiculaire — c'est-à-dire le long du niveau.

L'erreur classique

⚠️ Écrire le gradient comme un nombre : additionner 2+4=62+4=6. Le gradient est un vecteur — il a une direction, et c'est elle qui porte l'information.

⚠️ Prendre le vecteur (1;2)(1;2) comme tangent au cercle. C'est le rayon, donc il est perpendiculaire à la tangente. Le produit scalaire donnerait 2+8=10≠02+8=10\neq 0, et l'on conclurait à tort que le gradient n'est pas orthogonal.

Le contrôle : un vecteur tangent doit vérifier OM→⋅t⃗=0\overrightarrow{OM}\cdot\vec t=0.

⚠️ Échanger les coordonnées sans changer de signe : prendre (2;1)(2;1). Le produit scalaire avec (1;2)(1;2) donnerait 2+2=4≠02+2=4\neq 0 — ce n'est pas un vecteur tangent.

⚠️ Confondre la courbe de niveau et le graphe. Le niveau vit dans le plan OxyOxy ; le graphe est une surface dans l'espace. Le gradient est un vecteur du plan, à deux composantes.

⚠️ Croire que le gradient est tangent à la surface. Il est perpendiculaire au niveau, dans le plan. C'est une confusion fréquente, et le produit scalaire nul la lève.

⚠️ Oublier d'interpréter la direction. L'énoncé le demande : le gradient pointe de l'origine vers l'extérieur, ce qui correspond à la croissance de x2+y2x^2+y^2.

⚠️ Confondre norme du gradient et valeur de ff. Ici ∥∇→f∥=4,47\|\overrightarrow\nabla f\|=4{,}47 est une pente, tandis que f(1;2)=5f(1;2)=5 est une altitude. Deux grandeurs de natures différentes.

À retenir
∇→f=(fx′fy′)∇→f ⊥ courbe de niveau\overrightarrow{\nabla}f=\begin{pmatrix}f'_x\\ f'_y\end{pmatrix} \qquad \overrightarrow{\nabla}f \ \perp \ \text{courbe de niveau}

Le gradient pointe dans la direction de plus forte CROISSANCE, et sa norme est la pente dans cette direction.

Perpendicularité = produit scalaire nul. Et un vecteur perpendiculaire à (a;b)(a;b) est (−b;a)(-b;a) — on échange et on change un signe.

La tangente à un cercle est perpendiculaire au rayon : c'est ce qui fournit le vecteur tangent ici.

Pour f=x2+y2f=x^2+y^2, le gradient est radial — s'éloigner du centre fait croître ff le plus vite.

Réponse. ∇→f(1;2)=(2 ;4)\overrightarrow{\nabla}f(1;2)=(2\,;4) ; courbe de niveau : cercle x2+y2=5x^2+y^2=5 ; gradient porté par le rayon OM→\overrightarrow{OM}, perpendiculaire au cercle, vers les niveaux croissants. (Recoupement : (2;4)=2(1;2)(2;4)=2(1;2) ✓)
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Plan tangent à une surface

CalculDifficulté 2/5

Soit la surface d'équation z=f(x;y)=x2+y2z=f(x;y)=x^2+y^2 (paraboloïde). Déterminer l'équation du plan tangent à cette surface au point de coordonnées (1;2;5)(1;2;5).

Indices (3)

Vérifie d'abord que le point est sur la surface : f(1;2)=5f(1;2)=5.

Formule : z=f(a;b)+fx′(a;b)(x−a)+fy′(a;b)(y−b)z=f(a;b)+f'_x(a;b)(x-a)+f'_y(a;b)(y-b).

fx′=2xf'_x=2x et fy′=2yf'_y=2y, à évaluer en (1;2)(1;2).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le plan tangent est à une surface ce que la tangente est à une courbe : l'approximation affine au voisinage d'un point.

z=f(a;b)+∂f∂x(a;b) (x−a)+∂f∂y(a;b) (y−b)\boxed{z=f(a;b)+\frac{\partial f}{\partial x}(a;b)\,(x-a)+\frac{\partial f}{\partial y}(a;b)\,(y-b)}

La structure est exactement celle de la tangente à une courbe :

y=f(a)+f′(a)(x−a)devientz=f(a;b)+fx′(a;b)(x−a)+fy′(a;b)(y−b)y=f(a)+f'(a)(x-a) \qquad\text{devient}\qquad z=f(a;b)+f'_x(a;b)(x-a)+f'_y(a;b)(y-b)

Un terme par variable, et rien de plus. Le passage d'une à deux variables ajoute un terme, pas une difficulté.

Les trois ingrédients à identifier avant de calculer :

ingrédient ici
le point (a;b)(a;b) (1;2)(1;2)
la valeur f(a;b)f(a;b) 55
les deux dérivées en ce point à calculer

⚠️ Le point donné a TROIS coordonnées : (1;2;5)(1;2;5). Les deux premières sont (a;b)(a;b), la troisième est f(a;b)f(a;b) — et il faut vérifier qu'elle est cohérente, ce qui est un contrôle gratuit sur l'énoncé lui-même.

Étape 1 — vérifier le point et calculer les dérivées

Vérification du point. L'énoncé annonce (1;2;5)(1;2;5) :

f(1;2)=12+22=1+4=5✓f(1;2)=1^2+2^2=1+4=5 \quad \checkmark

Le point appartient bien à la surface. Sans cette vérification, tout le reste serait bâti sur une erreur possible d'énoncé.

Les dérivées partielles :

∂f∂x=2x⟹∂f∂x(1;2)=2\frac{\partial f}{\partial x}=2x \quad\Longrightarrow\quad \frac{\partial f}{\partial x}(1;2)=2
∂f∂y=2y⟹∂f∂y(1;2)=4\frac{\partial f}{\partial y}=2y \quad\Longrightarrow\quad \frac{\partial f}{\partial y}(1;2)=4

ℹ️ Ce sont les composantes du gradient de l'exercice B2 — le plan tangent et le gradient décrivent la même information sous deux formes.

Étape 2 — écrire et simplifier le plan
z=5+2(x−1)+4(y−2)z=5+2(x-1)+4(y-2)

On développe :

z=5+2x−2+4y−8z=5+2x-2+4y-8
z=2x+4y−5\boxed{z=2x+4y-5}

Contrôles :

contrôle calcul verdict
le plan passe par (1;2;5)(1;2;5) 2+8−5=52+8-5=5 ✓
sa pente en xx vaut fx′f'_x coefficient de xx : 22 ✓
sa pente en yy vaut fy′f'_y coefficient de yy : 44 ✓

Le second contrôle est le plus utile : dans la forme développée z=αx+βy+γz=\alpha x+\beta y+\gamma, les coefficients α\alpha et β\beta sont les deux dérivées partielles. Une divergence signale une erreur de développement.

Qualité de l'approximation. Comparons la surface et son plan tangent au voisinage de (1;2)(1;2) :

point surface x2+y2x^2+y^2 plan 2x+4y−52x+4y-5 écart
(1;2)(1;2) 55 55 00
(1,1 ;2)(1{,}1\,;2) 5,215{,}21 5,205{,}20 0,010{,}01
(1,5 ;2,5)(1{,}5\,;2{,}5) 8,508{,}50 8,008{,}00 0,500{,}50
(3;4)(3;4) 2525 1717 88

L'écart croît comme le CARRÉ de la distance au point de tangence : à 0,10{,}1 il vaut 0,010{,}01, à 0,50{,}5 il vaut 0,50{,}5 — cinquante fois plus pour cinq fois plus loin.

C'est ce qui rend l'approximation excellente de près et inutilisable de loin, et c'est le fondement de l'approximation linéaire des exercices B4 à B6.

Interprétation géométrique : la surface z=x2+y2z=x^2+y^2 est un paraboloïde (une coupe), et le plan tangent en (1;2;5)(1;2;5) s'appuie dessus en un seul point, en restant en dessous partout ailleurs — puisque la coupe est convexe. Les écarts du tableau sont d'ailleurs tous positifs ✓

Rappel de cours

Plan tangent à z=f(x;y)z=f(x;y) en (a;b)(a;b)

z=f(a;b)+fx′(a;b) (x−a)+fy′(a;b) (y−b)z=f(a;b)+f'_x(a;b)\,(x-a)+f'_y(a;b)\,(y-b)

Le parallèle avec une variable

tangente plan tangent
équation y=f(a)+f′(a)(x−a)y=f(a)+f'(a)(x-a) z=f(a;b)+fx′(x−a)+fy′(y−b)z=f(a;b)+f'_x(x-a)+f'_y(y-b)
nombre de termes 22 33

Un terme par variable — rien d'autre ne change.

Lire les dérivées dans la forme développée

z=αx+βy+γ⟹α=fx′(a;b),β=fy′(a;b)z=\alpha x+\beta y+\gamma \quad\Longrightarrow\quad \alpha=f'_x(a;b), \quad \beta=f'_y(a;b)
C'est le contrôle le plus rapide après développement.

Vecteur normal au plan

n⃗=(fx′fy′−1)\vec n=\begin{pmatrix}f'_x\\ f'_y\\ -1\end{pmatrix}
Les deux premières composantes sont celles du gradient.

Qualité de l'approximation L'écart entre la surface et son plan tangent est d'ordre quadratique :

∣f(x;y)−zplan∣=O(distance2)\big|f(x;y)-z_{\text{plan}}\big|=O\big(\text{distance}^2\big)
Excellente de près, mauvaise de loin. C'est le fondement de l'approximation linéaire.

Vérifier le point Un point donné avec trois coordonnées doit satisfaire z0=f(x0;y0)z_0=f(x_0;y_0). Le contrôler coûte une évaluation.

L'erreur classique

⚠️ Écrire z=f(a;b)+fx′ x+fy′ yz=f(a;b)+f'_x\,x+f'_y\,y en oubliant de recentrer. Il faut (x−a)(x-a) et (y−b)(y-b), pas xx et yy.

Le contrôle : le plan doit passer par le point. La version fautive donnerait z=5+2+8=15z=5+2+8=15 en (1;2)(1;2), au lieu de 55 ✗

⚠️ Utiliser fx′f'_x et fy′f'_y comme expressions au lieu de les évaluer au point : écrire z=5+2x(x−1)+2y(y−2)z=5+2x(x-1)+2y(y-2). Ce n'est plus un plan — c'est une surface de degré 22.

Le repère : un plan a une équation affine, sans x2x^2, sans xyxy.

⚠️ Se tromper de signe en développant : 5+2(x−1)+4(y−2)=5+2x−2+4y−85+2(x-1)+4(y-2)=5+2x-2+4y-8, donc 2x+4y−52x+4y-5. Une erreur de signe se voit au contrôle du passage par le point.

⚠️ Ne pas vérifier que (1;2;5)(1;2;5) est sur la surface. Si l'énoncé donnait (1;2;6)(1;2;6), il y aurait une incohérence à signaler — et le plan tangent n'existerait pas en ce point.

⚠️ Confondre plan tangent et courbe de niveau. Le niveau est une courbe du plan (x2+y2=5x^2+y^2=5) ; le plan tangent est un plan de l'espace (z=2x+4y−5z=2x+4y-5). Deux objets de dimensions différentes.

⚠️ Croire l'approximation valable partout. À (3;4)(3;4) l'écart atteint 88 pour une valeur de 2525, soit 32 %32\ \%. Le plan tangent n'est fiable qu'au voisinage du point de tangence.

⚠️ Oublier de développer quand l'énoncé demande « l'équation ». La forme factorisée est correcte, mais la forme z=2x+4y−5z=2x+4y-5 est celle qu'on attend — et c'est elle qui permet le contrôle des coefficients.

À retenir
z=f(a;b)+fx′(a;b) (x−a)+fy′(a;b) (y−b)z=f(a;b)+f'_x(a;b)\,(x-a)+f'_y(a;b)\,(y-b)

Recentrer en (x−a)(x-a) et (y−b)(y-b) — c'est ce qui garantit le passage par le point.

Évaluer les dérivées AU point : ce sont des nombres, pas des expressions. Un plan n'a pas de terme en x2x^2.

Dans la forme développée, les coefficients de xx et yy SONT les dérivées partielles — contrôle immédiat.

L'écart croît comme le carré de la distance : excellent de près, inutilisable de loin.

Réponse. Plan tangent : z=2x+4y−5z=2x+4y-5. (Recoupement : le plan passe par (1;2;5)(1;2;5) ✓ ; vérifié machine ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Différentielle et approximation linéaire

CalculDifficulté 3/5

Soit f(x;y)=x2y3f(x;y)=x^2y^3. 1) Donner la différentielle dfdf. 2) En déduire une valeur approchée de f(1,02 ;1,97)f(1{,}02\,;1{,}97) sans calculatrice, à partir du point (1;2)(1;2). 3) Comparer à la valeur exacte f(1,02 ;1,97)≈7,954f(1{,}02\,;1{,}97)\approx 7{,}954.

Indices (3)

df=fx′ dx+fy′ dydf=f'_x\,dx+f'_y\,dy avec fx′=2xy3f'_x=2xy^3 et fy′=3x2y2f'_y=3x^2y^2.

Au point (1;2)(1;2) : f=8f=8, puis dx=0,02dx=0{,}02 et dy=−0,03dy=-0{,}03.

f(1,02 ;1,97)≈f(1;2)+dff(1{,}02\,;1{,}97)\approx f(1;2)+df.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La différentielle est l'écriture compacte de l'approximation affine :

df=∂f∂x dx+∂f∂y dy\boxed{\mathrm{d}f=\frac{\partial f}{\partial x}\,\mathrm{d}x+\frac{\partial f}{\partial y}\,\mathrm{d}y}

Ce qu'elle dit en français : une petite variation de ff vaut la somme des contributions de chaque variable, chacune pesée par sa dérivée partielle.

Le passage au concret — on remplace les d\mathrm{d} par des Δ\Delta :

Δf≈∂f∂x(a;b) Δx+∂f∂y(a;b) Δy\Delta f\approx \frac{\partial f}{\partial x}(a;b)\,\Delta x+\frac{\partial f}{\partial y}(a;b)\,\Delta y
f(a+Δx ;b+Δy)≈f(a;b)+∂f∂x(a;b) Δx+∂f∂y(a;b) Δyf(a+\Delta x\,;b+\Delta y)\approx f(a;b)+\frac{\partial f}{\partial x}(a;b)\,\Delta x+\frac{\partial f}{\partial y}(a;b)\,\Delta y

C'est le plan tangent de l'exercice B3, réécrit sous forme de variations. Les deux formules sont la même chose : approcher la surface par son plan.

Pourquoi c'est utile. Calculer f(1,02 ;1,97)f(1{,}02\,;1{,}97) exactement demande une puissance cube d'un nombre à trois décimales. L'approximation ne demande que deux multiplications et une addition — et l'exercice fait mesurer ce que cela coûte en précision.

Ici les deux variations sont de SIGNES OPPOSÉS : xx augmente, yy diminue. Leurs contributions vont donc se compenser partiellement, et la variation totale sera petite — ce qui est précisément le régime où l'approximation excelle.

1) La différentielle
f(x;y)=x2y3f(x;y)=x^2y^3
∂f∂x=2xy3∂f∂y=3x2y2\frac{\partial f}{\partial x}=2xy^3 \qquad \frac{\partial f}{\partial y}=3x^2y^2
df=2xy3 dx+3x2y2 dy\boxed{\mathrm{d}f=2xy^3\,\mathrm{d}x+3x^2y^2\,\mathrm{d}y}

Contrôle de cohérence des exposants : dans df\mathrm{d}f, chaque terme doit être de degré total 44 (un de moins que ff, qui est de degré 55). 2xy32xy^3 ✓ et 3x2y23x^2y^2 ✓

2) Évaluer au point (1;2)
f(1;2)=12×23=8f(1;2)=1^2\times 2^3=8
∂f∂x(1;2)=2×1×8=16∂f∂y(1;2)=3×1×4=12\frac{\partial f}{\partial x}(1;2)=2\times 1\times 8=16 \qquad \frac{\partial f}{\partial y}(1;2)=3\times 1\times 4=12

Lecture de ces deux nombres. En (1;2)(1;2), une variation de xx pèse 1616 par unité, une variation de yy pèse 1212. La fonction est plus sensible à xx qu'à yy en ce point précis — ce qui n'a rien d'évident vu que yy intervient au cube et xx seulement au carré.

La raison : la sensibilité dépend du point, pas seulement de l'exposant. Ici y=2y=2 est grand devant x=1x=1, ce qui gonfle le facteur y3=8y^3=8 de la dérivée en xx.

3) L'approximation, et son écart au vrai

Les variations :

Δx=1,02−1=+0,02Δy=1,97−2=−0,03\Delta x=1{,}02-1=+0{,}02 \qquad \Delta y=1{,}97-2=-0{,}03

⚠️ Le signe de Δy\Delta y est négatif — yy diminue. C'est l'erreur la plus fréquente de l'exercice.

L'approximation :

f(1,02 ;1,97)≈8+16×0,02+12×(−0,03)f(1{,}02\,;1{,}97)\approx 8+16\times 0{,}02+12\times(-0{,}03)
≈8+0,32−0,36\approx 8+0{,}32-0{,}36
≈7,96\boxed{\approx 7{,}96}

Lecture : la contribution de xx (+0,32+0{,}32) est presque annulée par celle de yy (−0,36-0{,}36). Le résultat net est une légère baisse, de 0,040{,}04.

La valeur exacte :

f(1,02 ;1,97)=1,022×1,973=1,0404×7,645373=7,954246f(1{,}02\,;1{,}97)=1{,}02^2\times 1{,}97^3=1{,}0404\times 7{,}645373=7{,}954246

L'écart :

7,96−7,954246=+0,0057547{,}96-7{,}954246=+0{,}005754

soit une erreur relative de

0,0057547,954≈0,072 %\frac{0{,}005754}{7{,}954}\approx 0{,}072\ \%

Sept centièmes de pour cent. Pour trois multiplications, c'est un rapport qualité-prix remarquable.

Le tableau qui montre pourquoi l'approximation marche si bien :

grandeur valeur ordre
f(1;2)f(1;2) 88 —
variation linéaire df\mathrm{d}f −0,04-0{,}04 O(Δ)O(\Delta)
écart de l'approximation +0,0058+0{,}0058 O(Δ2)O(\Delta^2)

L'écart est de l'ordre du CARRÉ des variations — Δ≈0,03\Delta\approx 0{,}03 donc Δ2≈0,001\Delta^2\approx 0{,}001, multiplié par les dérivées secondes qui valent quelques dizaines. On retrouve bien l'ordre de grandeur de 0,0060{,}006.

C'est la même loi qu'en B3 : diviser les variations par 1010 divise l'erreur par 100100.

Rappel de cours

Différentielle

df=∂f∂x dx+∂f∂y dy\mathrm{d}f=\frac{\partial f}{\partial x}\,\mathrm{d}x+\frac{\partial f}{\partial y}\,\mathrm{d}y
Une contribution par variable, pesée par sa dérivée partielle.

Approximation affine

f(a+Δx ;b+Δy)≈f(a;b)+fx′(a;b) Δx+fy′(a;b) Δyf(a+\Delta x\,;b+\Delta y)\approx f(a;b)+f'_x(a;b)\,\Delta x+f'_y(a;b)\,\Delta y
C'est le plan tangent, écrit en variations. Les deux formules sont identiques.

La méthode en trois temps

  1. calculer f(a;b)f(a;b) et les deux dérivées au point ;
  2. calculer Δx\Delta x et Δy\Delta y avec leurs signes ;
  3. sommer.

Ordre de l'erreur

eˊcart=O(Δx2+Δy2)\text{écart}=O\big(\Delta x^2+\Delta y^2\big)
Variations divisées par 1010 ⟹\Longrightarrow erreur divisée par 100100.

Ce que mesure chaque dérivée partielle fx′(a;b)f'_x(a;b) est la sensibilité de ff à xx au point (a;b)(a;b) : de combien ff varie quand xx augmente d'une unité, yy figé. Elle dépend du point, pas seulement de la forme de ff.

Notation df\mathrm{d}f (différentielle, exacte, infinitésimale) et Δf\Delta f (variation finie, réelle) ne sont pas la même chose :

Δf≈dfavec eˊgaliteˊ seulement aˋ la limite\Delta f\approx \mathrm{d}f \qquad\text{avec égalité seulement à la limite}

L'erreur classique

⚠️⚠️ Prendre Δy=+0,03\Delta y=+0{,}03 au lieu de −0,03-0{,}03. C'est l'erreur numéro un de cet exercice. 1,97<21{,}97<2 donc yy diminue.

Le contrôle : toujours écrire Δy=yfinal−yinitial\Delta y=y_{\text{final}}-y_{\text{initial}} explicitement, jamais de tête. Avec le signe fautif on trouverait 8,688{,}68 au lieu de 7,967{,}96 — une erreur de 9 %9\ \%, sans commune mesure avec les 0,07 %0{,}07\ \% de l'approximation légitime.

⚠️ Oublier d'évaluer les dérivées au point et laisser 2xy32xy^3 dans le calcul numérique. Ce sont des nombres qu'il faut : 1616 et 1212.

⚠️ Évaluer les dérivées au point d'ARRIVÉE (1,02 ;1,97)(1{,}02\,;1{,}97) au lieu du point de départ. La formule s'appuie sur le point où l'on connaît ff — sinon on aurait besoin de la valeur qu'on cherche justement à approcher.

⚠️ Ajouter f(a;b)f(a;b) deux fois, ou l'oublier. La formule est f(a;b)+…f(a;b)+\ldots, et f(a;b)=8f(a;b)=8 ici.

⚠️ Confondre df\mathrm{d}f et ff. df=−0,04\mathrm{d}f=-0{,}04 est la variation ; f≈7,96f\approx 7{,}96 est la valeur. L'énoncé demande la valeur, donc il faut ajouter les 88 de départ.

⚠️ Croire que l'approximation est exacte. Elle ne l'est pas en général — sauf si ff est elle-même affine. L'écart de 0,00580{,}0058 est structurel, pas une erreur de calcul.

⚠️ Négliger de comparer à l'exact quand l'énoncé le demande. L'intérêt pédagogique de l'exercice est précisément là : mesurer ce que coûte l'approximation, pour savoir quand s'y fier.

À retenir
df=fx′ dx+fy′ dyf(a+Δx ;b+Δy)≈f(a;b)+fx′Δx+fy′Δy\mathrm{d}f=f'_x\,\mathrm{d}x+f'_y\,\mathrm{d}y \qquad f(a+\Delta x\,;b+\Delta y)\approx f(a;b)+f'_x\Delta x+f'_y\Delta y

Les dérivées s'évaluent AU POINT de départ — ce sont des nombres.

⚠️ Le signe de Δ\Delta est l'erreur numéro un. Δy=yfinal−yinitial\Delta y=y_{\text{final}}-y_{\text{initial}}, toujours écrit explicitement.

L'erreur de l'approximation est d'ordre Δ2\Delta^2 : ici 0,07 %0{,}07\ \% pour des variations de 22 à 3 %3\ \%.

C'est le plan tangent, écrit en variations — même formule, même géométrie.

Réponse. df=2xy3 dx+3x2y2 dydf=2xy^3\,dx+3x^2y^2\,dy ; f(1,02 ;1,97)≈7,96f(1{,}02\,;1{,}97)\approx 7{,}96 (exact : ≈7,954\approx 7{,}954). (Recoupement machine : écart 6⋅10−36\cdot 10^{-3} ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Calcul d'incertitude : loi d'Ohm

ApplicationDifficulté 2/5

On mesure U=50U=50 V à ΔU=0,5\Delta U=0{,}5 V près et I=2I=2 A à ΔI=0,02\Delta I=0{,}02 A près, puis on calcule R=UIR=\dfrac{U}{I}. 1) Calculer RR. 2) Estimer l'incertitude ΔR\Delta R par la différentielle. 3) Vérifier que l'incertitude relative ΔRR\dfrac{\Delta R}{R} est la somme des incertitudes relatives sur UU et II.

Indices (3)

∂R∂U=1I\dfrac{\partial R}{\partial U}=\dfrac{1}{I} et ∂R∂I=−UI2\dfrac{\partial R}{\partial I}=-\dfrac{U}{I^2}.

ΔR≈∣∂R∂U∣ΔU+∣∂R∂I∣ΔI\Delta R\approx\Big|\dfrac{\partial R}{\partial U}\Big|\Delta U+\Big|\dfrac{\partial R}{\partial I}\Big|\Delta I (valeurs absolues : on majore).

Divise par R=U/IR=U/I pour passer en relatif.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

C'est l'application la plus utile de la différentielle : propager une incertitude de mesure.

Le principe. Aucune mesure physique n'est exacte. Si UU et II sont connues à quelques pour cent près, quelle confiance accorder à R=U/IR=U/I ?

La réponse tient en une ligne — on majore la différentielle en valeur absolue :

ΔR ≲ ∣∂R∂U∣ΔU+∣∂R∂I∣ΔI\boxed{\Delta R\ \lesssim\ \left|\frac{\partial R}{\partial U}\right|\Delta U+\left|\frac{\partial R}{\partial I}\right|\Delta I}

⚠️ Les valeurs absolues sont essentielles. On cherche le pire cas : les erreurs pourraient se compenser, mais rien ne le garantit. On les additionne donc toutes, sans espérer de compensation.

Ce qui rend cet exercice remarquable : pour un quotient (comme pour un produit), il existe une formule beaucoup plus simple, en incertitudes relatives :

ΔRR ≲ ΔUU+ΔII\frac{\Delta R}{R}\ \lesssim\ \frac{\Delta U}{U}+\frac{\Delta I}{I}

Les pourcentages s'additionnent. L'exercice fait découvrir cette règle par les deux chemins — et le second est celui qu'un physicien utilise réellement.

1) La valeur nominale et les dérivées
R=UI=502=25 ΩR=\frac{U}{I}=\frac{50}{2}=\boxed{25\ \Omega}

Les dérivées partielles — on écrit R=U×I−1R=U\times I^{-1} pour dériver plus sûrement :

∂R∂U=1I∂R∂I=−UI2\frac{\partial R}{\partial U}=\frac{1}{I} \qquad \frac{\partial R}{\partial I}=-\frac{U}{I^2}

Aux valeurs nominales U=50U=50, I=2I=2 :

∂R∂U=12=0,5∂R∂I=−504=−12,5\frac{\partial R}{\partial U}=\frac{1}{2}=0{,}5 \qquad \frac{\partial R}{\partial I}=-\frac{50}{4}=-12{,}5

Lecture physique de ces deux nombres :

grandeur sensibilité signification
UU +0,5+0{,}5 +1+1 V ⟹\Longrightarrow RR gagne 0,5 Ω0{,}5\ \Omega
II −12,5-12{,}5 +1+1 A ⟹\Longrightarrow RR perd 12,5 Ω12{,}5\ \Omega

Le signe négatif est attendu : à tension fixée, plus le courant passe, plus la résistance est faible. C'est la loi d'Ohm.

Et le rapport 2525 entre les deux sensibilités est frappant — RR est bien plus sensible à II qu'à UU, parce que II est un petit nombre au dénominateur.

2) L'incertitude absolue
ΔR ≲ ∣1I∣ΔU+∣−UI2∣ΔI\Delta R\ \lesssim\ \left|\frac{1}{I}\right|\Delta U+\left|-\frac{U}{I^2}\right|\Delta I
ΔR ≲ 0,5×0,5+12,5×0,02\Delta R\ \lesssim\ 0{,}5\times 0{,}5+12{,}5\times 0{,}02
ΔR ≲ 0,25+0,25=0,5 Ω\Delta R\ \lesssim\ 0{,}25+0{,}25=\boxed{0{,}5\ \Omega}

Le résultat s'énonce :

R=25,0±0,5 ΩR=25{,}0\pm 0{,}5\ \Omega

Une observation qui n'est pas un hasard : les deux contributions valent exactement 0,250{,}25 chacune. Les deux mesures sont donc aussi précises l'une que l'autre en relatif — et l'on va le vérifier au point 3.

Aucune des deux n'est le maillon faible : améliorer le voltmètre seul ne gagnerait que la moitié de l'incertitude.

3) L'incertitude relative, et la règle générale
ΔRR=0,525=0,02=2 %\frac{\Delta R}{R}=\frac{0{,}5}{25}=0{,}02=\boxed{2\ \%}

Vérifions la formule des incertitudes relatives :

ΔUU=0,550=0,01=1 %ΔII=0,022=0,01=1 %\frac{\Delta U}{U}=\frac{0{,}5}{50}=0{,}01=1\ \% \qquad \frac{\Delta I}{I}=\frac{0{,}02}{2}=0{,}01=1\ \%
ΔUU+ΔII=1 %+1 %=2 %✓\frac{\Delta U}{U}+\frac{\Delta I}{I}=1\ \%+1\ \%=2\ \% \quad \checkmark

Les deux méthodes donnent le même résultat, et la seconde n'a demandé aucune dérivée.

D'où vient cette formule. Pour R=U/IR=U/I, la différentielle divisée par RR donne

dRR=dUU−dII\frac{\mathrm{d}R}{R}=\frac{\mathrm{d}U}{U}-\frac{\mathrm{d}I}{I}

et en majorant en valeur absolue, le signe moins devient un plus.

La règle générale, à connaître :

forme de ff ce qui s'additionne
produit f=uvf=uv les incertitudes relatives
quotient f=u/vf=u/v les incertitudes relatives
somme f=u+vf=u+v les incertitudes absolues
puissance f=unf=u^n Δff=∣n∣Δuu\dfrac{\Delta f}{f}=\lvert n\rvert\dfrac{\Delta u}{u}

C'est la ligne « puissance » qui surprend le plus : un cube triple l'incertitude relative. Mesurer un rayon à 1 %1\ \% donne un volume à 3 %3\ \%.

Pourquoi cette double lecture compte. L'incertitude absolue (0,5 Ω0{,}5\ \Omega) dit combien de chiffres écrire : R=25,0 ΩR=25{,}0\ \Omega, la première décimale étant déjà douteuse. L'incertitude relative (2 %2\ \%) dit si la mesure est bonne, indépendamment de l'unité — et permet de comparer deux protocoles.

Application pratique : pour descendre à 1 %1\ \% sur RR, il faudrait diviser les deux incertitudes relatives par deux. Améliorer une seule des deux mesures plafonnerait à 1,5 %1{,}5\ \%.

Rappel de cours

Propagation des incertitudes

Δf ≲ ∣∂f∂x∣Δx+∣∂f∂y∣Δy\Delta f\ \lesssim\ \left|\frac{\partial f}{\partial x}\right|\Delta x+\left|\frac{\partial f}{\partial y}\right|\Delta y
⚠️ Valeurs absolues obligatoires : on majore le pire cas, sans espérer que les erreurs se compensent.

Les règles pratiques

opération règle
f=u+vf=u+v ou u−vu-v Δf≲Δu+Δv\Delta f\lesssim\Delta u+\Delta v — les absolues s'ajoutent
f=uvf=uv ou u/vu/v Δff≲Δuu+Δvv\dfrac{\Delta f}{f}\lesssim\dfrac{\Delta u}{u}+\dfrac{\Delta v}{v} — les relatives s'ajoutent
f=unf=u^n Δff≲∣n∣ Δuu\dfrac{\Delta f}{f}\lesssim \lvert n\rvert\,\dfrac{\Delta u}{u}

⚠️ Même pour une différence, les incertitudes s'ajoutent : une soustraction ne compense jamais l'imprécision.

Absolue et relative

Δf (meˆme uniteˊ que f)Δff (sans uniteˊ, souvent en %)\Delta f \ \text{(même unité que } f) \qquad \frac{\Delta f}{f} \ \text{(sans unité, souvent en \%)}
L'absolue fixe le nombre de chiffres à écrire ; la relative juge la qualité de la mesure.

Écriture d'un résultat

R=25,0±0,5 ΩouR=25 Ω aˋ 2 %R=25{,}0\pm 0{,}5\ \Omega \qquad\text{ou}\qquad R=25\ \Omega\ \text{à } 2\ \%
On n'écrit jamais plus de décimales que l'incertitude n'en autorise.

Identifier le maillon faible Comparer les contributions ∣∂f∂x∣Δx\left|\dfrac{\partial f}{\partial x}\right|\Delta x entre elles : la plus grande désigne la mesure à améliorer en priorité. Ici elles sont égales, donc aucune n'est prioritaire.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier les valeurs absolues et écrire ΔR≲0,25−0,25=0\Delta R\lesssim 0{,}25-0{,}25=0. On conclurait à une mesure parfaite — absurde. Les erreurs pourraient se compenser, mais rien ne l'assure : on majore.

⚠️ Additionner les incertitudes ABSOLUES pour un quotient : 0,5+0,02=0,520{,}5+0{,}02=0{,}52. Cela n'a même pas de sens dimensionnel — on ajouterait des volts à des ampères.

Le contrôle : dans une somme d'incertitudes, tous les termes doivent avoir la même unité.

⚠️ Confondre incertitude absolue et relative. ΔR=0,5 Ω\Delta R=0{,}5\ \Omega et ΔR/R=2 %\Delta R/R=2\ \% décrivent la même chose dans deux langages. Écrire « ΔR=2 %\Delta R=2\ \% » mélange les deux.

⚠️ Oublier le carré dans ∂R/∂I=−U/I2\partial R/\partial I=-U/I^2. Avec −U/I=−25-U/I=-25 on trouverait ΔR≲0,75\Delta R\lesssim 0{,}75, soit 3 %3\ \% — faux de moitié.

Le contrôle dimensionnel : ∂R/∂I\partial R/\partial I s'exprime en Ω/A\Omega/\text{A}, donc en V/A2\text{V}/\text{A}^2. Il faut bien I2I^2 au dénominateur.

⚠️ Évaluer les dérivées ailleurs qu'aux valeurs nominales. On les prend en U=50U=50, I=2I=2 — les valeurs mesurées.

⚠️ Écrire R=25,00±0,5R=25{,}00\pm 0{,}5. Deux décimales quand la première est déjà incertaine : l'écriture ment sur la précision. Le dernier chiffre écrit doit être celui que l'incertitude entame.

⚠️ Croire que le signe négatif de ∂R/∂I\partial R/\partial I pose un problème. Il porte une information physique réelle, et disparaît dans la valeur absolue. Il ne réduit jamais l'incertitude.

À retenir
Δf ≲ ∣∂f∂x∣Δx+∣∂f∂y∣Δy— VALEURS ABSOLUES\Delta f\ \lesssim\ \left|\frac{\partial f}{\partial x}\right|\Delta x+\left|\frac{\partial f}{\partial y}\right|\Delta y \qquad\text{— VALEURS ABSOLUES}

Pour un produit ou un quotient, les incertitudes RELATIVES s'additionnent :

R=UI⟹ΔRR≲ΔUU+ΔII=1 %+1 %=2 %R=\frac{U}{I} \quad\Longrightarrow\quad \frac{\Delta R}{R}\lesssim\frac{\Delta U}{U}+\frac{\Delta I}{I}=1\ \%+1\ \%=2\ \%

Pour une somme, ce sont les ABSOLUES — et même pour une différence.

Pour une puissance unu^n, l'incertitude relative est multipliée par ∣n∣\lvert n\rvert.

Comparer les contributions identifie la mesure à améliorer. Ici elles sont égales : améliorer une seule ne gagnerait que la moitié.

Réponse. R=25 ΩR=25\ \Omega ; ΔR≈0,5 Ω\Delta R\approx 0{,}5\ \Omega (R=25,0±0,5 ΩR=25{,}0\pm 0{,}5\ \Omega) ; ΔRR=2 %=ΔUU+ΔII\dfrac{\Delta R}{R}=2\,\%=\dfrac{\Delta U}{U}+\dfrac{\Delta I}{I}. (Recoupement : les deux contributions valent chacune 0,25 Ω0{,}25\ \Omega ✓)
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Coût de production : problème complet

ApplicationDifficulté 3/5

Le coût de fabrication (en €) de xx pièces du produit A et yy pièces du produit B est modélisé par C(x;y)=x2+3xy+2y2C(x;y)=x^2+3xy+2y^2. 1) Calculer C(10;5)C(10;5) et les deux dérivées partielles en (10;5)(10;5) ; interpréter ∂C∂x(10;5)\dfrac{\partial C}{\partial x}(10;5) (coût marginal). 2) Estimer C(10,5 ;4,8)C(10{,}5\,;4{,}8) par l'approximation linéaire. 3) Comparer à la valeur exacte.

Indices (3)

∂C∂x=2x+3y\dfrac{\partial C}{\partial x}=2x+3y et ∂C∂y=3x+4y\dfrac{\partial C}{\partial y}=3x+4y.

Approximation : C(10,5 ;4,8)≈C(10;5)+Cx′(10;5)×0,5+Cy′(10;5)×(−0,2)C(10{,}5\,;4{,}8)\approx C(10;5)+C'_x(10;5)\times 0{,}5+C'_y(10;5)\times(-0{,}2).

Valeur exacte : 10,52+3×10,5×4,8+2×4,8210{,}5^2+3\times 10{,}5\times 4{,}8+2\times 4{,}8^2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un problème de coût de production à deux facteurs, où toute la question est : que se passe-t-il si l'on modifie légèrement les quantités ?

C(x;y)=x2+3xy+2y2C(x;y)=x^2+3xy+2y^2

La structure du problème :

question outil
coût actuel évaluer C(10;5)C(10;5)
effet d'une petite variation différentielle
valeur approchée du nouveau coût approximation affine

Le terme 3xy3xy est celui qui porte tout l'intérêt économique. Sans lui, les deux produits seraient indépendants ; avec lui, le coût marginal de chacun dépend de la quantité de l'autre — c'est un coût de couplage, typique d'une chaîne de production partagée.

Ce que l'exercice fait mesurer : les deux variations sont de signes opposés (on produit plus de xx, moins de yy), et il s'agit de savoir si le coût monte ou descend au total. La réponse n'est pas évidente à l'œil : il faut comparer les deux coûts marginaux.

1) Le coût actuel
C(10;5)=102+3×10×5+2×52C(10;5)=10^2+3\times 10\times 5+2\times 5^2
=100+150+50=300=100+150+50=\boxed{300}

Décomposition, utile pour la suite :

terme valeur part
x2x^2 100100 33 %33\ \%
3xy3xy (couplage) 150150 50 %50\ \%
2y22y^2 5050 17 %17\ \%

Le terme de couplage représente la moitié du coût — ce n'est pas un détail correctif, c'est le poste principal.

2) La différentielle et les coûts marginaux
∂C∂x=2x+3y∂C∂y=3x+4y\frac{\partial C}{\partial x}=2x+3y \qquad \frac{\partial C}{\partial y}=3x+4y
dC=(2x+3y) dx+(3x+4y) dy\boxed{\mathrm{d}C=(2x+3y)\,\mathrm{d}x+(3x+4y)\,\mathrm{d}y}

Au point (10;5)(10;5) :

∂C∂x(10;5)=20+15=35∂C∂y(10;5)=30+20=50\frac{\partial C}{\partial x}(10;5)=20+15=35 \qquad \frac{\partial C}{\partial y}(10;5)=30+20=50

Ce sont les COÛTS MARGINAUX, et c'est le cœur économique de l'exercice :

produire une unité de plus du produit xx coûte 3535 ; une unité de plus du produit yy coûte 5050.

Le produit yy est donc le plus cher à la marge, alors même qu'on en produit deux fois moins et qu'il ne représente que 17 %17\ \% du coût en 2y22y^2.

Pourquoi ? Parce que le terme de couplage 3xy3xy pèse dans le coût marginal de yy à hauteur de 3x=303x=30, et xx est grand. Le couplage renchérit le produit qu'on fabrique le moins, dès lors que l'autre est produit en quantité.

⚠️ On ne peut pas lire les coûts marginaux dans la décomposition du coût total. Ce sont deux informations différentes : le premier tableau dit d'où vient le coût, celui-ci dit ce que coûte le prochain exemplaire.

3) La variation approchée et le nouveau coût

Les variations :

Δx=10,5−10=+0,5Δy=4,8−5=−0,2\Delta x=10{,}5-10=+0{,}5 \qquad \Delta y=4{,}8-5=-0{,}2

La variation approchée du coût :

ΔC≈35×0,5+50×(−0,2)\Delta C\approx 35\times 0{,}5+50\times(-0{,}2)
≈17,5−10=+7,5\approx 17{,}5-10=\boxed{+7{,}5}

Le nouveau coût :

C(10,5 ;4,8)≈300+7,5=307,5C(10{,}5\,;4{,}8)\approx 300+7{,}5=\boxed{307{,}5}

Lecture économique. On produit un demi-exemplaire de plus de xx et deux dixièmes de moins de yy — donc moins d'unités au total (15,315{,}3 contre 1515… en fait un peu plus). Et pourtant le coût augmente de 7,57{,}5.

Pourquoi : le gain sur yy (−10-10) ne compense pas la dépense sur xx (+17,5+17{,}5), parce qu'on augmente xx de 0,50{,}5 contre une baisse de yy de seulement 0,20{,}2.

Vérification par le calcul exact :

C(10,5 ;4,8)=110,25+3×10,5×4,8+2×23,04C(10{,}5\,;4{,}8)=110{,}25+3\times 10{,}5\times 4{,}8+2\times 23{,}04
=110,25+151,2+46,08=307,53=110{,}25+151{,}2+46{,}08=307{,}53

L'écart avec l'approximation :

307,53−307,5=0,03307{,}53-307{,}5=0{,}03

soit 0,01 %0{,}01\ \%. L'approximation affine est excellente ici, et c'est attendu : les variations relatives sont de 5 %5\ \% et 4 %4\ \%, donc leurs carrés sont de l'ordre du pour mille.

Le tableau qui résume la décision :

grandeur valeur
coût marginal de xx 3535
coût marginal de yy 5050
effet de +0,5+0{,}5 sur xx +17,5+17{,}5
effet de −0,2-0{,}2 sur yy −10-10
variation nette +7,5\mathbf{+7{,}5}

Ce que l'entreprise en retient : à ce point de production, réduire yy est un levier plus efficace qu'augmenter xx n'est coûteux — mais il faut réduire davantage pour compenser.

Rappel de cours

Différentielle et coûts marginaux

dC=∂C∂x dx+∂C∂y dy\mathrm{d}C=\frac{\partial C}{\partial x}\,\mathrm{d}x+\frac{\partial C}{\partial y}\,\mathrm{d}y
∂C∂x(a;b)\dfrac{\partial C}{\partial x}(a;b) est le coût marginal du produit xx au point (a;b)(a;b) : le coût d'une unité supplémentaire, l'autre quantité restant fixe.

Variation approchée

ΔC≈∂C∂x(a;b) Δx+∂C∂y(a;b) Δy\Delta C\approx \frac{\partial C}{\partial x}(a;b)\,\Delta x+\frac{\partial C}{\partial y}(a;b)\,\Delta y
Cnouveau≈C(a;b)+ΔCC_{\text{nouveau}}\approx C(a;b)+\Delta C

Le terme de couplage Dans C=x2+3xy+2y2C=x^2+3xy+2y^2, le terme 3xy3xy fait que

∂C∂x=2x+3y⏟couplage\frac{\partial C}{\partial x}=2x+\underbrace{3y}_{\text{couplage}}
Le coût marginal de chaque produit dépend de la quantité de l'autre. Sans ce terme, les deux productions seraient économiquement indépendantes.

Deux lectures distinctes, à ne pas confondre

tableau ce qu'il dit
décomposition de CC d'où vient le coût actuel
dérivées partielles ce que coûte l'unité suivante

Un poste faible dans le premier peut être cher dans le second — c'est le cas de yy ici.

Qualité de l'approximation L'écart est d'ordre Δ2\Delta^2. Ici 0,030{,}03 sur 307,53307{,}53, soit 0,01 %0{,}01\ \%.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Prendre Δy=+0,2\Delta y=+0{,}2. 4,8<54{,}8<5 donc yy diminue : Δy=−0,2\Delta y=-0{,}2. Avec le signe fautif on trouverait 327,5327{,}5 au lieu de 307,5307{,}5 — une erreur de 2020, soit six cents fois l'écart de l'approximation.

⚠️ Se tromper en dérivant 3xy3xy. Par rapport à xx : 3y3y. Par rapport à yy : 3x3x. Le facteur restant est l'AUTRE variable, jamais la même.

⚠️ Dériver 2y22y^2 en 2y2y au lieu de 4y4y. Le coefficient 22 multiplie la dérivée 2y2y.

Le contrôle : ∂C/∂y=3x+4y=30+20=50\partial C/\partial y=3x+4y=30+20=50. Avec l'erreur on aurait 4040, et le résultat final serait 309,5309{,}5.

⚠️ Confondre coût moyen et coût marginal. Le coût moyen est 300/15=20300/15=20 par unité ; les coûts marginaux sont 3535 et 5050. Ce sont trois nombres différents, et c'est le marginal qui gouverne la décision.

⚠️ Lire les coûts marginaux dans la décomposition du coût. Le terme 2y2=502y^2=50 ne dit rien du coût marginal de yy, qui vaut aussi 5050 — pure coïncidence numérique, à ne surtout pas ériger en méthode.

⚠️ Oublier d'ajouter le coût de départ. ΔC=+7,5\Delta C=+7{,}5 est la variation ; le coût demandé est 300+7,5300+7{,}5.

⚠️ Conclure que le coût baisse parce que yy diminue. Les deux effets sont opposés et il faut les sommer avant de conclure : le résultat net est une hausse.

À retenir
dC=∂C∂x dx+∂C∂y dyCnouveau≈C(a;b)+ΔC\mathrm{d}C=\frac{\partial C}{\partial x}\,\mathrm{d}x+\frac{\partial C}{\partial y}\,\mathrm{d}y \qquad C_{\text{nouveau}}\approx C(a;b)+\Delta C

Les dérivées partielles SONT les coûts marginaux — ce que coûte l'unité suivante de chaque produit.

Ici 3535 pour xx et 5050 pour yy : le produit fabriqué en plus petite quantité est le plus cher à la marge, à cause du terme de couplage 3xy3xy.

⚠️ Le signe de Δy\Delta y décide du résultat. 4,8<54{,}8<5 ⟹\Longrightarrow Δy=−0,2\Delta y=-0{,}2.

Sommer avant de conclure : +17,5+17{,}5 et −10-10 donnent une hausse de 7,57{,}5, alors que l'intuition pourrait dire l'inverse.

Réponse. C(10;5)=300C(10;5)=300 € ; coûts marginaux 3535 € (A) et 5050 € (B) ; C(10,5 ;4,8)≈307,5C(10{,}5\,;4{,}8)\approx 307{,}5 € (exact : 307,53307{,}53 €). (Recoupement machine : écart 0,030{,}03 ✓)
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Dérivées partielles : routine type DS

CalculDifficulté 2/5

Soit f(x;y)=x2y+3xy−5f(x;y)=x^2y+3xy-5. 1) Donner le domaine de définition de ff. 2) Calculer ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} et ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y}. 3) Évaluer ces dérivées au point (2;1)(2;1).

Indices (3)

ff est polynomiale : aucune contrainte.

En xx : yy est un coefficient constant.

Remplace (x;y)(x;y) par (2;1)(2;1) à la fin seulement.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un exercice de routine, court, mais qui contient les trois gestes que tout DS de ce chapitre demande :

domaine → deˊriveˊes partielles → eˊvaluation en un point\text{domaine} \ \to \ \text{dérivées partielles} \ \to \ \text{évaluation en un point}

Le principe qui commande tout le reste :

pour dériver par rapport à xx, on GÈLE yy — on le traite comme un nombre.

Et symétriquement. Il n'y a rien d'autre dans le calcul d'une dérivée partielle : ce sont les règles de dérivation de première année, appliquées à une variable pendant que l'autre attend.

Le piège de cet exercice, et il est réel : le terme 3xy3xy. Sa dérivée en xx est 3y3y, sa dérivée en yy est 3x3x — le facteur qui reste est l'AUTRE variable. C'est la source d'erreur numéro un du chapitre.

Le troisième geste — évaluer — produit des nombres. Une dérivée partielle évaluée en un point n'est plus une expression : elle mesure une sensibilité, et c'est cette valeur numérique qui servira partout ailleurs (plan tangent, gradient, différentielle, points critiques).

1) Le domaine de définition
f(x;y)=x2y+3xy−5f(x;y)=x^2y+3xy-5

C'est un polynôme en xx et yy. Aucune division, aucune racine, aucun logarithme :

Df=R2\boxed{D_f=\mathbb{R}^2}

La question n'est pas décorative. Le réflexe à installer est de balayer les trois causes de restriction :

cause à chercher présent ici ?
division dénominateur ≠0\neq 0 non
racine carrée radicande ≥0\geq 0 non
logarithme argument >0>0 non

Aucune n'est présente, donc le domaine est le plan tout entier. Une réponse en une ligne, mais qui doit être justifiée — « c'est un polynôme » suffit.

2) Les dérivées partielles

Par rapport à xx — on gèle yy, qui devient un simple coefficient :

f(x;y)=y⏟cst⋅x2+3y⏟cst⋅x−5f(x;y)=\underbrace{y}_{\text{cst}}\cdot x^2+\underbrace{3y}_{\text{cst}}\cdot x-5
∂f∂x=2xy+3y\boxed{\frac{\partial f}{\partial x}=2xy+3y}

Détail terme par terme :

terme dérivée en xx pourquoi
x2yx^2y 2xy2xy yy est un coefficient, on dérive x2x^2
3xy3xy 3y3y 3y3y est le coefficient de xx
−5-5 00 constante

Par rapport à yy — on gèle xx. La fonction devient affine en yy :

f(x;y)=(x2+3x)⏟cst⋅y−5f(x;y)=\underbrace{(x^2+3x)}_{\text{cst}}\cdot y-5
∂f∂y=x2+3x\boxed{\frac{\partial f}{\partial y}=x^2+3x}

Remarque importante : ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y} ne dépend pas de yy. C'est normal — ff est de degré 11 en yy, donc sa dérivée en yy est constante par rapport à yy. Ce n'est pas une erreur, c'est une information : la sensibilité de ff à yy ne dépend que de xx.

3) Évaluation en (2;1)
∂f∂x(2;1)=2×2×1+3×1=4+3=7\frac{\partial f}{\partial x}(2;1)=2\times 2\times 1+3\times 1=4+3=\boxed{7}
∂f∂y(2;1)=22+3×2=4+6=10\frac{\partial f}{\partial y}(2;1)=2^2+3\times 2=4+6=\boxed{10}

Ce que ces deux nombres signifient, en (2;1)(2;1) :

si xx augmente d'une unité (yy figé), ff augmente d'environ 77 ; si yy augmente d'une unité (xx figé), ff augmente d'environ 1010.

La fonction est donc plus sensible à yy qu'à xx en ce point.

Contrôle numérique, par un chemin indépendant :

f(2;1)=4×1+6×1−5=5f(2;1)=4\times 1+6\times 1-5=5
f(2,1 ;1)=4,41+6,3−5=5,71⟹5,71−50,1=7,1f(2{,}1\,;1)=4{,}41+6{,}3-5=5{,}71 \quad\Longrightarrow\quad \frac{5{,}71-5}{0{,}1}=7{,}1

à comparer à 77 ✓ — l'écart de 0,10{,}1 vient du pas fini.

f(2 ;1,1)=4,4+6,6−5=6⟹6−50,1=10f(2\,;1{,}1)=4{,}4+6{,}6-5=6 \quad\Longrightarrow\quad \frac{6-5}{0{,}1}=10

à comparer à 1010 ✓ — égalité exacte, parce que ff est affine en yy : le taux d'accroissement est la dérivée, sans erreur d'ordre supérieur.

Ce contraste entre les deux contrôles est instructif : le pas fini n'introduit d'erreur que là où la fonction est courbée.

Rappel de cours

Dérivée partielle

∂f∂x:on deˊrive en x, y GELEˊ (traiteˊ comme un nombre)\frac{\partial f}{\partial x}: \text{on dérive en } x, \ y \text{ GELÉ (traité comme un nombre)}
Les règles de dérivation sont exactement celles d'une variable.

Le terme croisé — la source d'erreur numéro un

∂∂x(3xy)=3y∂∂y(3xy)=3x\frac{\partial}{\partial x}(3xy)=3y \qquad \frac{\partial}{\partial y}(3xy)=3x
Le facteur qui subsiste est l'AUTRE variable.

Domaine de définition : les trois causes

cause condition
division dénominateur ≠0\neq 0
racine radicande ≥0\geq 0
logarithme argument >0>0

Aucune des trois (ni aucune autre fonction à domaine restreint, comme tan⁡\tan) ⟹\Longrightarrow Df=R2D_f=\mathbb{R}^2. Un polynôme est toujours dans ce cas.

Évaluer ∂f∂x(a;b)\dfrac{\partial f}{\partial x}(a;b) est un nombre, pas une expression. Il mesure la sensibilité de ff à xx au point (a;b)(a;b).

Contrôle par taux d'accroissement

f(a+h;b)−f(a;b)h≈∂f∂x(a;b)(h petit)\frac{f(a+h;b)-f(a;b)}{h}\approx \frac{\partial f}{\partial x}(a;b) \qquad (h \text{ petit})
⚠️ L'égalité est exacte si ff est affine en cette variable, approchée sinon.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Dériver 3xy3xy en 3x3x par rapport à xx. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre. Par rapport à xx, on obtient 3y3y : le xx disparaît, le yy reste.

Le contrôle : après dérivation en xx, le résultat contient une puissance de xx en moins. 3xy→3y3xy \to 3y ✓, tandis que 3x3x serait de même degré en xx ✗

⚠️ Dériver x2yx^2y en 2x2x en oubliant le facteur yy. Il est gelé, pas supprimé : 2xy2xy.

⚠️ Oublier que −5-5 disparaît. Une constante a une dérivée nulle par rapport aux deux variables.

⚠️ Trouver ∂f/∂y=x2+3x+…\partial f/\partial y=x^2+3x+\ldots avec un terme en yy. Impossible : ff est de degré 11 en yy, donc sa dérivée en yy n'en contient pas.

Le contrôle de degré : ff est de degré 11 en yy ⟹\Longrightarrow ∂f/∂y\partial f/\partial y est de degré 00 en yy.

⚠️ Répondre « Df=RD_f=\mathbb{R} ». Le domaine d'une fonction de deux variables est une partie du plan : R2\mathbb{R}^2, pas R\mathbb{R}.

⚠️ Ne pas justifier le domaine. « C'est un polynôme, donc défini partout » est la phrase attendue — pas seulement le résultat.

⚠️ Oublier d'évaluer. L'énoncé demande trois choses ; s'arrêter aux expressions coûte la troisième question.

⚠️ Confondre f(2;1)=5f(2;1)=5 et les dérivées. La valeur de ff et ses sensibilités sont trois nombres distincts : 55, 77 et 1010.

À retenir

Dériver en xx : on GÈLE yy et on applique les règles habituelles.

∂∂x(3xy)=3y∂∂y(3xy)=3x— le facteur restant est l’AUTRE variable\frac{\partial}{\partial x}(3xy)=3y \qquad \frac{\partial}{\partial y}(3xy)=3x \qquad\text{— le facteur restant est l'AUTRE variable}

Un polynôme est défini sur R2\mathbb{R}^2 — le plan tout entier, à justifier en une phrase.

Évaluer produit des NOMBRES : ici 77 et 1010, les sensibilités de ff à chaque variable en (2;1)(2;1).

Contrôle de degré : dériver en xx abaisse d'un le degré en xx, et ne peut pas augmenter le degré en yy.

Réponse. Df=R2D_f=\mathbb{R}^2 ; ∂f∂x=2xy+3y\dfrac{\partial f}{\partial x}=2xy+3y, ∂f∂y=x2+3x\dfrac{\partial f}{\partial y}=x^2+3x ; en (2;1)(2;1) : 77 et 1010. (Recoupement machine : sympy ✓)
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Exponentielle composée et Schwarz : type DS

CalculDifficulté 2/5

Soit f(x;y)=ex2+yf(x;y)=e^{x^2+y}. 1) Calculer ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} et ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y}, puis les évaluer en (0;0)(0;0). 2) Calculer les deux dérivées croisées et vérifier le théorème de Schwarz.

Indices (3)

Dérivée de eue^u : u′ euu'\,e^u, avec u=x2+yu=x^2+y.

ux′=2xu'_x=2x et uy′=1u'_y=1.

Pour les croisées : dérive 2x ex2+y2x\,e^{x^2+y} en yy, puis ex2+ye^{x^2+y} en xx.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une exponentielle composée : f=euf=e^{u} avec u=x2+yu=x^2+y.

La règle est celle d'une variable, appliquée partiellement :

∂∂x(eu)=∂u∂x⋅eu\boxed{\frac{\partial}{\partial x}\left(e^{u}\right)=\frac{\partial u}{\partial x}\cdot e^{u}}

L'exponentielle ne change jamais — elle se reproduit à l'identique. Ce qui apparaît devant, c'est la dérivée partielle de l'exposant.

C'est ce qui rend l'exercice piégeux et instructif à la fois : on croit dériver une exponentielle, alors qu'on dérive surtout un exposant.

Les deux dérivées ont des allures très différentes :

variable dérivée de l'exposant résultat
xx 2x2x 2x ex2+y2x\,e^{x^2+y}
yy 11 ex2+ye^{x^2+y}

En yy, le facteur vaut 11 : la dérivée est ff elle-même. C'est la signature d'un exposant linéaire en yy.

La seconde partie vérifie Schwarz — et ici les deux croisées demandent des chemins de calcul franchement différents, ce qui donne au contrôle une vraie valeur.

1) Les dérivées premières et leur valeur en (0;0)
f(x;y)=ex2+yf(x;y)=e^{x^2+y}

Par rapport à xx — l'exposant u=x2+yu=x^2+y se dérive en 2x2x (yy gelé) :

∂f∂x=2x ex2+y\boxed{\frac{\partial f}{\partial x}=2x\,e^{x^2+y}}

Par rapport à yy — l'exposant se dérive en 11 (xx gelé) :

∂f∂y=ex2+y=f(x;y)\boxed{\frac{\partial f}{\partial y}=e^{x^2+y}=f(x;y)}

En (0;0)(0;0), avec e0+0=e0=1e^{0+0}=e^0=1 :

∂f∂x(0;0)=2×0×1=0\frac{\partial f}{\partial x}(0;0)=2\times 0\times 1=\boxed{0}
∂f∂y(0;0)=1=1\frac{\partial f}{\partial y}(0;0)=1=\boxed{1}

Lecture géométrique. La dérivée en xx est nulle en (0;0)(0;0) : la surface y est horizontale dans la direction xx. C'est cohérent — l'exposant x2x^2 passe par un minimum en x=0x=0, donc la pente y est plate.

En revanche la pente en yy vaut 11 : la surface monte dans cette direction. Le point (0;0)(0;0) n'est donc pas un point critique — il faudrait que les deux dérivées s'annulent.

2) Les dérivées croisées

∂2f∂y ∂x\dfrac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x} — on dérive fx′=2x ex2+yf'_x=2x\,e^{x^2+y} par rapport à yy.

Le facteur 2x2x est gelé ; seule l'exponentielle bouge, et sa dérivée en yy est elle-même :

∂2f∂y ∂x=2x ex2+y\boxed{\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x}=2x\,e^{x^2+y}}

∂2f∂x ∂y\dfrac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y} — on dérive fy′=ex2+yf'_y=e^{x^2+y} par rapport à xx.

C'est une composée : le facteur qui sort est la dérivée de l'exposant en xx, soit 2x2x :

∂2f∂x ∂y=2x ex2+y\boxed{\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}=2x\,e^{x^2+y}}
∂2f∂x ∂y=∂2f∂y ∂x✓— theˊoreˋme de SCHWARZ veˊrifieˊ\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}=\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x} \quad \checkmark \qquad\text{— théorème de SCHWARZ vérifié}

Pourquoi ce contrôle a de la valeur ici. Les deux chemins n'ont rien en commun :

chemin 1ʳᵉ dérivation 2ᵉ dérivation
f→fx′→fyx′′f\to f'_x\to f''_{yx} composée en xx (fait sortir 2x2x) simple en yy (facteur gelé)
f→fy′→fxy′′f\to f'_y\to f''_{xy} simple en yy (facteur 11) composée en xx (fait sortir 2x2x)

Dans un cas le facteur 2x2x apparaît d'abord puis reste inerte ; dans l'autre il apparaît en dernier. Que les deux tombent d'accord n'a rien d'automatique dans la conduite du calcul — c'est ce qui fait du contrôle un vrai contrôle.

Contrôle en (0;0)(0;0) : les deux croisées valent 2×0×1=02\times 0\times 1=0 ✓

Contrôle en (1;0)(1;0), pour ne pas se contenter d'un point où tout s'annule :

∂2f∂x ∂y(1;0)=2×1×e1=2e≈5,44\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}(1;0)=2\times 1\times e^{1}=2e\approx 5{,}44

et le même par l'autre chemin ✓ — un contrôle en un point où le résultat est nul ne prouve pas grand-chose : deux expressions fausses peuvent y coïncider.

Rappel de cours

Dérivée partielle d'une exponentielle composée

∂∂x(eu(x;y))=∂u∂x⋅eu(x;y)\frac{\partial}{\partial x}\left(e^{u(x;y)}\right)=\frac{\partial u}{\partial x}\cdot e^{u(x;y)}
L'exponentielle se reproduit ; c'est la dérivée de l'EXPOSANT qui apparaît devant.

Les composées usuelles, en dérivation partielle

fonction dérivée en xx
eue^{u} ux′ euu'_x\,e^{u}
ln⁡u\ln u ux′u\dfrac{u'_x}{u}
sin⁡u\sin u ux′cos⁡uu'_x\cos u
unu^n n ux′ un−1n\,u'_x\,u^{n-1}

La structure est toujours la même : dérivée intérieure ×\times dérivée extérieure.

Théorème de Schwarz

∂2f∂x ∂y=∂2f∂y ∂x\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}=\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x}
Valable dès que les dérivées secondes sont continues — le cas de toute exponentielle de polynôme.

Point critique

∂f∂x=0ET∂f∂y=0\frac{\partial f}{\partial x}=0 \quad\textbf{ET}\quad \frac{\partial f}{\partial y}=0
Les deux doivent s'annuler. Ici fx′(0;0)=0f'_x(0;0)=0 mais fy′(0;0)=1f'_y(0;0)=1 : (0;0)(0;0) n'est pas critique.

Vérifier une identité en un bon point Un contrôle en un point où tout vaut 00 est faible : deux expressions différentes peuvent y coïncider. Choisir un point où le résultat est non nul.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Écrire ∂f∂x=e2x\dfrac{\partial f}{\partial x}=e^{2x} ou e2x+ye^{2x+y} : dériver l'exposant à la place de la fonction. L'exponentielle reste entière, et 2x2x arrive en facteur :

∂f∂x=2x ex2+yet none2x\frac{\partial f}{\partial x}=2x\,e^{x^2+y} \qquad\text{et non}\qquad e^{2x}

⚠️ Oublier le facteur 2x2x et écrire ∂f/∂x=ex2+y\partial f/\partial x=e^{x^2+y}. C'est la dérivée en yy, pas en xx — les deux sont alors confondues.

⚠️ Croire que ∂f/∂y\partial f/\partial y demande un facteur. L'exposant est linéaire en yy : sa dérivée vaut 11, donc le facteur est 11 et n'apparaît pas.

⚠️⚠️ Dériver le facteur 2x2x par rapport à yy dans le calcul de fyx′′f''_{yx}. 2x2x est une constante vis-à-vis de yy : il reste tel quel. L'erreur donnerait 00, et Schwarz serait mis en défaut à tort.

⚠️ Oublier la composée dans fxy′′f''_{xy} et écrire ex2+ye^{x^2+y} sans le 2x2x. Les deux croisées différeraient, et l'on soupçonnerait le théorème plutôt que son propre calcul.

Le bon réflexe devant deux croisées différentes : c'est un calcul qui est faux, jamais Schwarz.

⚠️ Évaluer e0e^{0} à 00. e0=1e^{0}=1. L'erreur ferait tout s'annuler et masquerait la pente en yy.

⚠️ Conclure que (0;0)(0;0) est un point critique parce que fx′f'_x s'y annule. Il faut les deux dérivées nulles ; ici fy′=1≠0f'_y=1\neq 0.

⚠️ Se contenter du contrôle en (0;0)(0;0) pour Schwarz. Les deux croisées y valent 00 : c'est le point le moins discriminant du plan.

À retenir
∂∂x(eu)=ux′ eu— l’exponentielle RESTE, l’exposant sort en facteur\frac{\partial}{\partial x}\left(e^{u}\right)=u'_x\,e^{u} \qquad\text{— l'exponentielle RESTE, l'exposant sort en facteur}

Ici : ∂f∂x=2x ex2+y\dfrac{\partial f}{\partial x}=2x\,e^{x^2+y} et ∂f∂y=ex2+y=f\dfrac{\partial f}{\partial y}=e^{x^2+y}=f.

En (0;0)(0;0) : fx′=0f'_x=0 et fy′=1f'_y=1. ⚠️ Ce n'est PAS un point critique — il faut les deux nulles.

Les deux croisées valent 2x ex2+y2x\,e^{x^2+y}, obtenues par des chemins de calcul opposés : c'est ce qui donne sa valeur au contrôle de Schwarz.

Deux croisées différentes pour une fonction usuelle (C2\mathcal C^2) ⟹\Longrightarrow erreur de calcul, jamais un contre-exemple au théorème.

Réponse. fx′=2x ex2+yf'_x=2x\,e^{x^2+y}, fy′=ex2+yf'_y=e^{x^2+y} ; en (0;0)(0;0) : 00 et 11 ; croisées égales à 2x ex2+y2x\,e^{x^2+y} (Schwarz ✓). (Recoupement machine : sympy ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Gradient et niveau : type DS

CalculDifficulté 2/5

Soit f(x;y)=xyf(x;y)=xy. 1) Calculer le gradient de ff au point (2;3)(2;3). 2) Donner l'équation de la courbe de niveau de ff passant par (2;3)(2;3) et préciser sa nature géométrique.

Indices (3)

∇→f=(y ;x)\overrightarrow{\nabla}f=(y\,;x) — attention à l'ordre.

Le niveau passant par (2;3)(2;3) est k=f(2;3)k=f(2;3).

xy=kxy=k avec kk non nul est une courbe classique.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux notions du chapitre, sur la fonction la plus simple qui les rende intéressantes : f(x;y)=xyf(x;y)=xy.

∇→f=(fx′fy′)etCk: f(x;y)=k\overrightarrow{\nabla}f=\begin{pmatrix}f'_x\\ f'_y\end{pmatrix} \qquad\text{et}\qquad \mathcal{C}_k:\ f(x;y)=k

Le trait remarquable de f=xyf=xy — et toute la raison d'être de l'exercice :

∂f∂x=y∂f∂y=x\frac{\partial f}{\partial x}=y \qquad \frac{\partial f}{\partial y}=x

Les dérivées sont ÉCHANGÉES. La sensibilité de ff à xx est mesurée par… yy. C'est parfaitement logique — dans un produit, ce qui pèse sur l'effet d'un facteur, c'est l'autre facteur — mais c'est contre-intuitif à la première rencontre, et c'est la source d'erreur de l'exercice.

Une conséquence économique concrète : si ff est une surface longueur×largeur\text{longueur}\times\text{largeur}, agrandir la longueur d'un mètre gagne d'autant plus de surface que la largeur est grande. Le gain dépend de l'autre dimension.

Le niveau xy=kxy=k est une hyperbole — la courbe « à produit constant », qu'on rencontre partout : isoquantes en économie, loi de Boyle-Mariotte (PV=cstPV=\text{cst}) en physique.

1) Le gradient en (2;3)
∂f∂x=y∂f∂y=x\frac{\partial f}{\partial x}=y \qquad \frac{\partial f}{\partial y}=x
∇→f(2;3)=(32)\overrightarrow{\nabla}f(2;3)=\begin{pmatrix}3\\ 2\end{pmatrix}

⚠️ Bien lire ce résultat : au point (2;3)(2;3), le gradient est (3;2)(3;2) — les coordonnées sont inversées par rapport au point. Ce n'est pas une faute de recopie, c'est la structure de f=xyf=xy.

Sa norme :

∥∇→f(2;3)∥=9+4=13≈3,61\left\|\overrightarrow{\nabla}f(2;3)\right\|=\sqrt{9+4}=\sqrt{13}\approx 3{,}61

C'est la pente maximale en ce point.

Lecture : la première composante (33) dépasse la seconde (22). ff est donc plus sensible à xx qu'à yy en ce point — parce que le coefficient qui pèse sur xx est y=3y=3, le plus grand des deux.

Contrôle numérique, chemin indépendant :

f(2;3)=6f(2,1 ;3)=6,3⟹6,3−60,1=3✓f(2;3)=6 \qquad f(2{,}1\,;3)=6{,}3 \quad\Longrightarrow\quad \frac{6{,}3-6}{0{,}1}=3 \quad\checkmark

Égalité exacte — ff est affine en xx à yy fixé, donc le taux d'accroissement est la dérivée.

2) La courbe de niveau
k=f(2;3)=2×3=6k=f(2;3)=2\times 3=6
C6: xy=6\boxed{\mathcal{C}_6:\ xy=6}

Sa nature géométrique. En isolant yy :

y=6x(x≠0)y=\frac{6}{x} \qquad (x\neq 0)

C'est une hyperbole équilatère, d'asymptotes les deux axes.

⚠️ Elle a DEUX branches : celle du premier quadrant (x>0x>0, y>0y>0) et celle du troisième (x<0x<0, y<0y<0) — dans les deux cas le produit est positif. Notre point (2;3)(2;3) est sur la branche du premier quadrant.

Vérification que le point y est : 2×3=62\times 3=6 ✓

Le tableau des niveaux, qui donne la carte de la surface :

kk courbe xy=kxy=k position
k>0k>0 hyperbole quadrants 1 et 3
k=0k=0 les deux axes (x=0x=0 ou y=0y=0) croix
k<0k<0 hyperbole quadrants 2 et 4

Le niveau 00 est particulier : ce n'est pas une hyperbole mais une paire de droites — le seul niveau où la courbe est dégénérée. C'est la signature du point selle de la surface z=xyz=xy à l'origine.

Vérification de la perpendicularité du gradient au niveau. Un vecteur tangent à y=6/xy=6/x en x=2x=2 : la pente y vaut y′=−6/x2=−6/4=−1,5y'=-6/x^2=-6/4=-1{,}5, donc t⃗=(1;−1,5)\vec t=(1;-1{,}5), ou (2;−3)(2;-3) pour éviter les décimales.

∇→f(2;3)⋅t⃗=3×2+2×(−3)=6−6=0✓\overrightarrow{\nabla}f(2;3)\cdot\vec t=3\times 2+2\times(-3)=6-6=0 \quad\checkmark

Le gradient est bien perpendiculaire à la courbe de niveau — la propriété générale du chapitre, vérifiée ici sur un cas où elle n'a rien d'évident visuellement.

Rappel de cours

Gradient

∇→f=(fx′fy′)\overrightarrow{\nabla}f=\begin{pmatrix}f'_x\\ f'_y\end{pmatrix}
S'il est non nul, il est perpendiculaire à la courbe de niveau et pointe dans la direction de plus forte croissance.

Le cas f=xyf=xy — à connaître

∂f∂x=y∂f∂y=x∇→f(a;b)=(ba)\frac{\partial f}{\partial x}=y \qquad \frac{\partial f}{\partial y}=x \qquad \overrightarrow{\nabla}f(a;b)=\begin{pmatrix}b\\ a\end{pmatrix}
Les coordonnées sont ÉCHANGÉES. Dans un produit, ce qui pèse sur un facteur est l'autre facteur.

Courbe de niveau

Ck: f(x;y)=kavec k=f(a;b) pour passer par (a;b)\mathcal{C}_k:\ f(x;y)=k \qquad\text{avec } k=f(a;b) \text{ pour passer par } (a;b)

L'hyperbole xy=kxy=k

  • k≠0k\neq 0 : hyperbole équilatère, asymptotes les axes, deux branches ;
  • k>0k>0 : quadrants 1 et 3 · k<0k<0 : quadrants 2 et 4 ;
  • k=0k=0 : cas dégénéré, la réunion des deux axes.

Où on la rencontre Toute relation « à produit constant » : PV=cstPV=\text{cst} à température fixée (Boyle-Mariotte), isoquantes de production, UI=PUI=P à puissance fixée.

La surface z=xyz=xy C'est un paraboloïde hyperbolique — une selle de cheval. L'origine est un point selle : ff y croît dans une direction et décroît dans l'autre.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Écrire ∇→f(2;3)=(2;3)\overrightarrow{\nabla}f(2;3)=(2;3). C'est l'erreur de l'exercice. Les dérivées de xyxy sont échangées : fx′=y=3f'_x=y=3 et fy′=x=2f'_y=x=2, donc le gradient est (3;2)(3;2).

Le contrôle : dériver xyxy par rapport à xx élimine le xx et laisse le yy. Un gradient qui reproduit les coordonnées du point signale l'erreur.

⚠️ Dériver xyxy en 11 par rapport à xx, comme si yy valait 11. Le facteur yy est gelé, pas effacé.

⚠️ Calculer le niveau avec la mauvaise constante. kk est la valeur de ff au point : k=6k=6, pas k=5k=5 (la somme) ni k=0k=0.

⚠️ Répondre « une parabole » ou « une droite ». xy=6xy=6 s'écrit y=6/xy=6/x : c'est une hyperbole. Une parabole serait y=x2y=x^2, une droite ax+by=cax+by=c.

⚠️ Oublier la seconde branche. xy=6xy=6 a deux branches ; seule celle du premier quadrant contient (2;3)(2;3), mais la courbe complète en a deux.

⚠️ Écrire y=6/xy=6/x sans préciser x≠0x\neq 0. L'hyperbole n'a pas de point sur les axes.

⚠️ Croire que le gradient est tangent au niveau. Il lui est perpendiculaire — le produit scalaire 3×2+2×(−3)=03\times 2+2\times(-3)=0 le confirme.

⚠️ Oublier de préciser la nature géométrique. L'énoncé la demande explicitement : « hyperbole équilatère d'asymptotes les axes » est la réponse attendue, pas seulement l'équation.

À retenir
f=xy⟹∂f∂x=y,∂f∂y=x— les deˊriveˊes sont EˊCHANGEˊESf=xy \quad\Longrightarrow\quad \frac{\partial f}{\partial x}=y, \quad \frac{\partial f}{\partial y}=x \qquad\text{— les dérivées sont ÉCHANGÉES}
∇→f(2;3)=(32)C6: xy=6\overrightarrow{\nabla}f(2;3)=\begin{pmatrix}3\\ 2\end{pmatrix} \qquad \mathcal{C}_6:\ xy=6

Le niveau xy=kxy=k est une HYPERBOLE équilatère, d'asymptotes les axes, à deux branches.

Le cas k=0k=0 dégénère en deux droites — signature du point selle de z=xyz=xy à l'origine.

Le gradient est perpendiculaire au niveau : produit scalaire nul, vérifié ici.

Réponse. ∇→f(2;3)=(3 ;2)\overrightarrow{\nabla}f(2;3)=(3\,;2) ; courbe de niveau : l'hyperbole xy=6xy=6. (Recoupement : (2;3)(2;3) vérifie 2×3=62\times 3=6 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Plan tangent : type DS

CalculDifficulté 2/5

Déterminer l'équation du plan tangent à la surface z=x2−y2z=x^2-y^2 (selle de cheval) au point (2;1;3)(2;1;3).

Indices (3)

Vérifie que f(2;1)=3f(2;1)=3.

fx′=2xf'_x=2x et fy′=−2yf'_y=-2y.

z=f(a;b)+fx′(a;b)(x−a)+fy′(a;b)(y−b)z=f(a;b)+f'_x(a;b)(x-a)+f'_y(a;b)(y-b).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le plan tangent, appliqué à la surface la plus instructive du chapitre : la selle de cheval z=x2−y2z=x^2-y^2.

z=f(a;b)+∂f∂x(a;b) (x−a)+∂f∂y(a;b) (y−b)\boxed{z=f(a;b)+\frac{\partial f}{\partial x}(a;b)\,(x-a)+\frac{\partial f}{\partial y}(a;b)\,(y-b)}

La méthode est mécanique — trois nombres à calculer, puis une substitution :

ingrédient ici
f(a;b)f(a;b) 33, à vérifier
fx′(a;b)f'_x(a;b) à calculer
fy′(a;b)f'_y(a;b) à calculer

Ce qui rend cette surface particulière : le signe moins devant y2y^2. La fonction monte dans la direction xx et descend dans la direction yy — d'où le nom de selle de cheval, où le cavalier monte vers l'avant et l'arrière, descend vers la gauche et la droite.

Conséquence directe sur le calcul : fy′=−2yf'_y=-2y est négatif pour y>0y>0. Le signe moins doit traverser tout le calcul sans se perdre, et c'est là que l'exercice se joue.

⚠️ L'origine de cette surface est un point selle — les deux dérivées s'y annulent sans qu'il y ait ni maximum ni minimum. C'est l'objet du critère rt−s2rt-s^2 du lot C.

Étape 1 — vérifier le point et calculer les dérivées

Vérification du point (2;1;3)(2;1;3) :

f(2;1)=22−12=4−1=3✓f(2;1)=2^2-1^2=4-1=3 \quad\checkmark

Le point est bien sur la surface. Ce contrôle coûte une évaluation et valide l'énoncé — sans lui, tout le reste reposerait sur une donnée non vérifiée.

Les dérivées partielles :

∂f∂x=2x∂f∂y=−2y\frac{\partial f}{\partial x}=2x \qquad \frac{\partial f}{\partial y}=-2y

⚠️ Le signe moins de fy′f'_y vient du −y2-y^2 de la fonction. C'est lui qu'il faut suivre jusqu'au bout.

Au point (2;1)(2;1) :

∂f∂x(2;1)=4∂f∂y(2;1)=−2\frac{\partial f}{\partial x}(2;1)=4 \qquad \frac{\partial f}{\partial y}(2;1)=-2

Lecture géométrique. En ce point, la surface monte avec une pente 44 dans la direction xx, et descend avec une pente 22 dans la direction yy. Les deux comportements opposés coexistent en un même point — c'est exactement ce qu'est une selle.

Étape 2 — le plan tangent
z=3+4(x−2)+(−2)(y−1)z=3+4(x-2)+(-2)(y-1)

Attention au double signe : +(−2)(y−1)+(-2)(y-1), qu'on écrit −2(y−1)-2(y-1).

z=3+4x−8−2y+2z=3+4x-8-2y+2
z=4x−2y−3\boxed{z=4x-2y-3}

Les trois contrôles :

contrôle calcul verdict
passe par (2;1;3)(2;1;3) 8−2−3=38-2-3=3 ✓
coefficient de xx = fx′f'_x 44 ✓
coefficient de yy = fy′f'_y −2-2 ✓

Le troisième est le plus important ici : le coefficient de yy doit être négatif. Un +2+2 signalerait la perte du signe moins.

Ce que la selle fait à l'approximation — et c'est ce qui distingue cette surface de z=x2+y2z=x^2+y^2 :

point surface x2−y2x^2-y^2 plan 4x−2y−34x-2y-3 écart
(2;1)(2;1) 33 33 00
(2,1 ;1)(2{,}1\,;1) 3,413{,}41 3,403{,}40 +0,01+0{,}01
(2 ;1,1)(2\,;1{,}1) 2,792{,}79 2,802{,}80 −0,01-0{,}01
(2,5 ;1,5)(2{,}5\,;1{,}5) 44 44 0\mathbf{0}

Les écarts changent de SIGNE selon la direction : la surface passe au-dessus du plan dans la direction xx, en dessous dans la direction yy.

La dernière ligne est spectaculaire : en (2,5 ;1,5)(2{,}5\,;1{,}5), pourtant loin du point de tangence, l'écart est exactement nul — les deux courbures se compensent parfaitement. La surface traverse son plan tangent.

C'est la signature d'un point selle, et cela contraste avec le paraboloïde z=x2+y2z=x^2+y^2 de l'exercice B3, qui reste toujours au-dessus de ses plans tangents. Ici la surface les coupe.

Rappel de cours

Plan tangent

z=f(a;b)+fx′(a;b) (x−a)+fy′(a;b) (y−b)z=f(a;b)+f'_x(a;b)\,(x-a)+f'_y(a;b)\,(y-b)

La méthode en trois temps

  1. vérifier que le point est sur la surface : z0=f(x0;y0)z_0=f(x_0;y_0) ;
  2. calculer les deux dérivées et les évaluer au point ;
  3. substituer, puis développer.

Contrôle après développement

z=αx+βy+γ⟹α=fx′(a;b),β=fy′(a;b)z=\alpha x+\beta y+\gamma \quad\Longrightarrow\quad \alpha=f'_x(a;b), \quad \beta=f'_y(a;b)

La selle de cheval z=x2−y2z=x^2-y^2

  • fx′=2xf'_x=2x (monte en xx), fy′=−2yf'_y=-2y (descend en yy) ;
  • l'origine est un point selle : les deux dérivées s'y annulent sans extremum ;
  • la surface traverse ses plans tangents, contrairement à un paraboloïde.

Convexe, concave, selle

surface position vs plan tangent
z=x2+y2z=x^2+y^2 (convexe) toujours au-dessus
z=−x2−y2z=-x^2-y^2 (concave) toujours en dessous
z=x2−y2z=x^2-y^2 (selle) traverse

C'est exactement ce que classera le critère rt−s2rt-s^2.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Perdre le signe moins et écrire fy′=2yf'_y=2y, donc z=4x+2y−7z=4x+2y-7. C'est l'erreur de l'exercice.

Le contrôle : le plan devrait passer par (2;1;3)(2;1;3). La version fautive donne 8+2−7=38+2-7=3 — elle passe aussi par le point ! Ce contrôle-là ne discrimine pas, et c'est précisément pourquoi il faut le second : le coefficient de yy doit valoir fy′=−2f'_y=-2, pas +2+2.

Retenir la leçon de méthode : un contrôle qui laisse passer l'erreur qu'on cherche n'est pas un contrôle. Il en faut un second, indépendant.

⚠️ Se tromper de signe en développant −2(y−1)-2(y-1). Cela donne −2y+2-2y+2, et non −2y−2-2y-2.

Le contrôle du passage par le point attrape cette erreur-là, lui : on trouverait 8−2−7=−1≠38-2-7=-1\neq 3 ✗

⚠️ Ne pas vérifier que (2;1;3)(2;1;3) est sur la surface. Si l'énoncé disait (2;1;4)(2;1;4), il faudrait le signaler.

⚠️ Oublier de recentrer : écrire z=3+4x−2yz=3+4x-2y. Le plan ne passerait pas par le point (3+8−2=9≠33+8-2=9\neq 3).

⚠️ Écrire z=3+2x(x−2)−2y(y−1)z=3+2x(x-2)-2y(y-1), sans évaluer les dérivées. Ce n'est plus un plan : un plan n'a pas de terme en x2x^2.

⚠️ Croire que (2;1)(2;1) est un point selle parce que la surface en est une. Le point selle est en (0;0)(0;0) — le seul où les deux dérivées s'annulent. En (2;1)(2;1) elles valent 44 et −2-2.

⚠️ Conclure que la surface est toujours au-dessus ou en dessous du plan. Pour une selle, elle traverse — les écarts changent de signe.

À retenir
z=f(a;b)+fx′(a;b) (x−a)+fy′(a;b) (y−b)⟹z=4x−2y−3z=f(a;b)+f'_x(a;b)\,(x-a)+f'_y(a;b)\,(y-b) \qquad\Longrightarrow\qquad z=4x-2y-3

⚠️ Le signe moins de fy′=−2yf'_y=-2y est ce qui se perd. Le coefficient de yy dans la réponse doit être négatif.

⚠️ Le contrôle « passe par le point » ne suffit PAS ici — l'erreur de signe y survit. Vérifier aussi les coefficients contre les dérivées : c'est le contrôle qui discrimine.

Vérifier d'abord que le point est sur la surface : f(2;1)=3f(2;1)=3 ✓

Une selle TRAVERSE son plan tangent — la surface passe au-dessus dans une direction, en dessous dans l'autre.

Réponse. Plan tangent : z=4x−2y−3z=4x-2y-3. (Recoupement : passe par (2;1;3)(2;1;3) ✓ ; vérifié machine ✓)
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Incertitude sur un volume de cylindre : type DS

ApplicationDifficulté 2/5

Le volume d'un cylindre est V=πr2hV=\pi r^2h. On mesure r=10,0r=10{,}0 cm à 0,10{,}1 cm près et h=20,0h=20{,}0 cm à 0,20{,}2 cm près. 1) Calculer VV (au cm³ près). 2) Estimer ΔV\Delta V par la différentielle (au cm³ près). 3) Donner l'incertitude relative et vérifier la règle ΔVV≈2Δrr+Δhh\dfrac{\Delta V}{V}\approx 2\dfrac{\Delta r}{r}+\dfrac{\Delta h}{h}.

Indices (3)

∂V∂r=2πrh\dfrac{\partial V}{\partial r}=2\pi rh et ∂V∂h=πr2\dfrac{\partial V}{\partial h}=\pi r^2.

ΔV≈2πrh Δr+πr2 Δh\Delta V\approx 2\pi rh\,\Delta r+\pi r^2\,\Delta h.

Divise par V=πr2hV=\pi r^2h pour le relatif : le carré sur rr double sa contribution.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'incertitude sur un volume de cylindre — l'exercice de propagation le plus fréquent en DS, et celui qui révèle la règle la plus utile du chapitre :

V=πr2h⟹ΔVV ≲ 2 Δrr+ΔhhV=\pi r^2h \qquad\Longrightarrow\qquad \frac{\Delta V}{V}\ \lesssim\ \boxed{2}\,\frac{\Delta r}{r}+\frac{\Delta h}{h}

Le facteur 22 devant Δr/r\Delta r/r est tout l'enjeu. Le rayon intervient au carré, donc son incertitude relative compte double.

La conséquence pratique, à retenir bien au-delà de cet exercice :

mesurer un rayon à 1 %1\ \% près donne un volume à 2 %2\ \% près. Pour une sphère (r3r^3), ce serait 3 %3\ \%.

C'est contre-intuitif et lourd de conséquences : dans un cylindre, le rayon est deux fois plus critique que la hauteur. Investir dans un meilleur pied à coulisse rapporte plus que dans un meilleur réglet — alors même que les deux mesures paraissent de même nature.

L'exercice fait suivre les deux chemins — la différentielle complète, puis la règle des relatives — et vérifier qu'ils coïncident.

1) Le volume
V=πr2h=π×10,02×20,0=π×100×20=2000πV=\pi r^2h=\pi\times 10{,}0^2\times 20{,}0=\pi\times 100\times 20=2000\pi
V≈6283,19⟹V≈6283 cm3V\approx 6283{,}19 \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{V\approx 6283\ \text{cm}^3}

ℹ️ Garder 2000π2000\pi sous forme exacte le plus longtemps possible : la suite du calcul devient beaucoup plus simple, et l'on évite d'accumuler des arrondis.

2) L'incertitude absolue par la différentielle

Les dérivées partielles :

∂V∂r=2πrh∂V∂h=πr2\frac{\partial V}{\partial r}=2\pi rh \qquad \frac{\partial V}{\partial h}=\pi r^2

Aux valeurs mesurées :

∂V∂r=2π×10×20=400π∂V∂h=π×100=100π\frac{\partial V}{\partial r}=2\pi\times 10\times 20=400\pi \qquad \frac{\partial V}{\partial h}=\pi\times 100=100\pi

La majoration — valeurs absolues, les deux dérivées étant ici positives :

ΔV ≲ 400π×0,1+100π×0,2\Delta V\ \lesssim\ 400\pi\times 0{,}1+100\pi\times 0{,}2
ΔV ≲ 40π+20π=60π\Delta V\ \lesssim\ 40\pi+20\pi=60\pi
ΔV≈188,50⟹ΔV≈188 cm3\Delta V\approx 188{,}50 \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\Delta V\approx 188\ \text{cm}^3}

Le résultat s'énonce :

V=6283±188 cm3V=6283\pm 188\ \text{cm}^3

Analyse des deux contributions — c'est elle qui porte l'enseignement :

source contribution part
le rayon 40π≈12640\pi\approx 126 67 %\mathbf{67\ \%}
la hauteur 20π≈6320\pi\approx 63 33 %33\ \%

Les deux tiers de l'incertitude viennent du rayon, alors que son incertitude absolue (0,10{,}1 cm) est deux fois plus petite que celle de la hauteur (0,20{,}2 cm).

C'est le facteur 22 du carré qui inverse le classement. Pour améliorer la mesure du volume, c'est le rayon qu'il faut mesurer mieux.

3) L'incertitude relative et la règle
ΔVV=60π2000π=602000=0,03=3 %\frac{\Delta V}{V}=\frac{60\pi}{2000\pi}=\frac{60}{2000}=0{,}03=\boxed{3\ \%}

ℹ️ Les π\pi se simplifient — c'est le bénéfice d'avoir gardé la forme exacte.

Vérification par la règle des incertitudes relatives :

Δrr=0,110=0,01=1 %Δhh=0,220=0,01=1 %\frac{\Delta r}{r}=\frac{0{,}1}{10}=0{,}01=1\ \% \qquad \frac{\Delta h}{h}=\frac{0{,}2}{20}=0{,}01=1\ \%
2×Δrr+Δhh=2×1 %+1 %=3 %✓2\times\frac{\Delta r}{r}+\frac{\Delta h}{h}=2\times 1\ \%+1\ \%=\boxed{3\ \%} \quad \checkmark

Les deux méthodes coïncident, et la seconde n'a demandé aucune dérivée.

⚠️ Le fait remarquable de cet exercice : les deux mesures ont la même précision relative (1 %1\ \% chacune), et pourtant le rayon contribue deux fois plus. Ce n'est pas la qualité de la mesure qui diffère, c'est l'exposant.

D'où vient la règle. On prend le logarithme avant de différentier :

ln⁡V=ln⁡π+2ln⁡r+ln⁡h\ln V=\ln\pi+2\ln r+\ln h
dVV=2 drr+dhh\frac{\mathrm{d}V}{V}=2\,\frac{\mathrm{d}r}{r}+\frac{\mathrm{d}h}{h}

Les exposants descendent en coefficients — c'est la propriété du logarithme, et c'est ce qui rend la méthode si rapide.

La table à retenir :

forme incertitude relative
unu^n ∣n∣ Δuu\lvert n\rvert\,\dfrac{\Delta u}{u}
uvuv ou u/vu/v Δuu+Δvv\dfrac{\Delta u}{u}+\dfrac{\Delta v}{v}
πr2h\pi r^2h 2Δrr+Δhh2\dfrac{\Delta r}{r}+\dfrac{\Delta h}{h}
sphère 43πr3\frac43\pi r^3 3Δrr\mathbf{3}\dfrac{\Delta r}{r}

La dernière ligne mérite d'être connue : sur une sphère, tout se joue sur le rayon, et son incertitude est triplée.

Rappel de cours

Propagation par la différentielle

ΔV ≲ ∣∂V∂r∣Δr+∣∂V∂h∣Δh\Delta V\ \lesssim\ \left|\frac{\partial V}{\partial r}\right|\Delta r+\left|\frac{\partial V}{\partial h}\right|\Delta h

La méthode logarithmique — beaucoup plus rapide

ln⁡V=ln⁡π+2ln⁡r+ln⁡h⟹ΔVV≲2Δrr+Δhh\ln V=\ln\pi+2\ln r+\ln h \quad\Longrightarrow\quad \frac{\Delta V}{V}\lesssim 2\frac{\Delta r}{r}+\frac{\Delta h}{h}
Les exposants deviennent des coefficients. Applicable à tout produit de puissances.

La règle générale

f=k xαyβ⟹Δff ≲ ∣α∣Δxx+∣β∣Δyyf=k\,x^{\alpha}y^{\beta} \quad\Longrightarrow\quad \frac{\Delta f}{f}\ \lesssim\ \lvert\alpha\rvert\frac{\Delta x}{x}+\lvert\beta\rvert\frac{\Delta y}{y}
⚠️ Valeurs absolues sur les exposants : un exposant négatif ne diminue jamais l'incertitude.

Les volumes usuels

solide volume incertitude relative
cylindre πr2h\pi r^2h 2Δrr+Δhh2\dfrac{\Delta r}{r}+\dfrac{\Delta h}{h}
cône 13πr2h\dfrac13\pi r^2h idem
sphère 43πr3\dfrac43\pi r^3 3Δrr3\dfrac{\Delta r}{r}

Identifier le maillon faible Comparer les contributions ∣∂V∂x∣Δx\left|\dfrac{\partial V}{\partial x}\right|\Delta x. La plus grande désigne la mesure à améliorer — ici le rayon, à 67 %67\ \%.

Garder les formes exactes Travailler en 2000π2000\pi et 60π60\pi : les π\pi se simplifient dans le rapport, et les arrondis ne s'accumulent pas.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Oublier le facteur 22 et écrire ΔV/V≈1 %+1 %=2 %\Delta V/V\approx 1\ \%+1\ \%=2\ \%. C'est l'erreur de l'exercice : le rayon est au carré, son incertitude relative compte double.

Le contrôle : les deux méthodes doivent coïncider. La différentielle donne 3 %3\ \% ; un 2 %2\ \% signale l'oubli.

⚠️ Écrire ∂V/∂r=πr2\partial V/\partial r=\pi r^2 — c'est ∂V/∂h\partial V/\partial h. En dérivant πr2h\pi r^2h par rapport à rr : 2πrh2\pi rh.

Le contrôle dimensionnel : ∂V/∂r\partial V/\partial r s'exprime en cm³/cm == cm², donc 2πrh2\pi rh ✓ (πr2\pi r^2 est aussi en cm², donc ce contrôle-là ne discrimine pas — il faut relire la dérivation).

⚠️ Additionner les incertitudes ABSOLUES : 0,1+0,2=0,30{,}1+0{,}2=0{,}3. Cela n'a aucun sens pour un produit, et le résultat serait en cm, pas en cm³.

⚠️ Croire que la hauteur est la mesure critique parce que son incertitude absolue est plus grande (0,20{,}2 contre 0,10{,}1). En relatif les deux valent 1 %1\ \%, et c'est le rayon qui domine à cause du carré.

⚠️ Écrire V=6283,19±188V=6283{,}19\pm 188. Deux décimales quand l'incertitude porte sur les centaines : l'écriture ment sur la précision. V=6283±188V=6283\pm 188 cm³, voire V≈6,3×103V\approx 6{,}3\times 10^3 cm³.

⚠️ Passer en décimal trop tôt. En gardant 2000π2000\pi et 60π60\pi, le rapport se simplifie en 60/200060/2000 — exact, immédiat, sans arrondi.

⚠️ Oublier de vérifier la règle quand l'énoncé le demande explicitement. La question 3 vaut des points, et c'est elle qui porte la leçon du chapitre.

À retenir
V=πr2h⟹ΔVV ≲ 2 Δrr+ΔhhV=\pi r^2h \quad\Longrightarrow\quad \frac{\Delta V}{V}\ \lesssim\ \mathbf{2}\,\frac{\Delta r}{r}+\frac{\Delta h}{h}

⚠️ Le facteur 22 vient du carré. Un rayon mesuré à 1 %1\ \% donne un volume à 2 %2\ \% — et à 3 %3\ \% pour une sphère.

Ici : V=6283±188V=6283\pm 188 cm³, soit 3 %3\ \%.

Le rayon pèse 67 %67\ \% de l'incertitude, alors que son incertitude absolue est la plus petite. C'est l'exposant qui décide, pas la qualité de la mesure.

Méthode rapide : prendre le ln⁡\ln avant de différentier — les exposants descendent en coefficients.

Garder les π\pi : ils se simplifient dans le rapport.

Réponse. V=2000π≈6283V=2000\pi\approx 6283 cm³ ; ΔV≈60π≈188\Delta V\approx 60\pi\approx 188 cm³ ; ΔVV=3 %=2×1 %+1 %\dfrac{\Delta V}{V}=3\,\%=2\times 1\,\%+1\,\%. (Recoupement : contributions 40π40\pi et 20π20\pi ✓)
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Fonction harmonique : vérification type DS

CalculDifficulté 3/5

Soit f(x;y)=ln⁡(x2+y2)f(x;y)=\ln(x^2+y^2), définie pour (x;y)≠(0;0)(x;y)\neq(0;0). Vérifier que ff satisfait l'équation de Laplace ∂2f∂x2+∂2f∂y2=0\dfrac{\partial^2 f}{\partial x^2}+\dfrac{\partial^2 f}{\partial y^2}=0 (on dit que ff est harmonique).

Indices (3)

Repars de ∂f∂x=2xx2+y2\dfrac{\partial f}{\partial x}=\dfrac{2x}{x^2+y^2} (quotient à dériver encore en xx).

Dérivée d'un quotient : (uv)′=u′v−uv′v2\Big(\dfrac{u}{v}\Big)'=\dfrac{u'v-uv'}{v^2}.

La dérivée seconde en yy s'obtient par symétrie (échange de xx et yy).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une vérification : montrer que f=ln⁡(x2+y2)f=\ln(x^2+y^2) satisfait l'équation de Laplace

Δf=∂2f∂x2+∂2f∂y2=0\boxed{\Delta f=\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}+\frac{\partial^2 f}{\partial y^2}=0}

Une telle fonction est dite HARMONIQUE, et ce n'est pas une curiosité d'exercice. Les fonctions harmoniques décrivent :

domaine ce qu'elles modélisent
thermique températures à l'équilibre (régime stationnaire)
électrostatique potentiel dans le vide, sans charge
mécanique des fluides écoulement irrotationnel et incompressible
élasticité membrane tendue au repos

Le sens physique de Δf=0\Delta f=0 : en tout point, la valeur de ff est la moyenne de ses valeurs alentour. Rien ne s'accumule, rien ne se creuse — c'est l'état d'équilibre.

La stratégie de calcul. Il n'y a rien à « trouver » : on calcule les deux dérivées secondes et on ajoute. Toute la difficulté est technique — il faut dériver un quotient, et le faire deux fois sans erreur.

Le levier qui économise la moitié du travail : ff est symétrique en xx et yy. Une fois fxx′′f''_{xx} obtenue, fyy′′f''_{yy} s'en déduit en échangeant les lettres.

1) Les dérivées premières
f(x;y)=ln⁡(x2+y2)(x;y)≠(0;0)f(x;y)=\ln(x^2+y^2) \qquad (x;y)\neq(0;0)

Composée logarithmique : ∂∂xln⁡u=ux′u\dfrac{\partial}{\partial x}\ln u=\dfrac{u'_x}{u}, avec u=x2+y2u=x^2+y^2 et ux′=2xu'_x=2x.

∂f∂x=2xx2+y2\boxed{\frac{\partial f}{\partial x}=\frac{2x}{x^2+y^2}}

Par symétrie — échanger xx et yy laisse ff inchangée :

∂f∂y=2yx2+y2\boxed{\frac{\partial f}{\partial y}=\frac{2y}{x^2+y^2}}

ℹ️ Le domaine exclut l'origine : ln⁡0\ln 0 n'existe pas. C'est en (0;0)(0;0) que la fonction diverge — physiquement, c'est là que serait la charge ponctuelle dont ce potentiel est le champ.

2) La dérivée seconde en x

On dérive 2xx2+y2\dfrac{2x}{x^2+y^2} par rapport à xx, yy gelé, par la règle du quotient :

(uv)′=u′v−uv′v2u=2x, v=x2+y2\left(\frac{u}{v}\right)'=\frac{u'v-uv'}{v^2} \qquad u=2x,\ v=x^2+y^2
ux′=2vx′=2xu'_x=2 \qquad v'_x=2x
∂2f∂x2=2(x2+y2)−2x⋅2x(x2+y2)2\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}=\frac{2(x^2+y^2)-2x\cdot 2x}{(x^2+y^2)^2}

On développe le numérateur :

2x2+2y2−4x2=2y2−2x22x^2+2y^2-4x^2=2y^2-2x^2
∂2f∂x2=2y2−2x2(x2+y2)2\boxed{\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}=\frac{2y^2-2x^2}{(x^2+y^2)^2}}

⚠️ Le numérateur a changé de « camp » : on dérivait par rapport à xx, et c'est y2y^2 qui se retrouve avec le signe ++. Ce n'est pas une erreur — c'est le −4x2-4x^2 du terme −uv′-uv' qui domine le +2x2+2x^2.

Contrôle en un point simple, (1;0)(1;0) :

∂2f∂x2(1;0)=0−21=−2\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}(1;0)=\frac{0-2}{1}=-2

Cohérent ? Sur l'axe des xx, f(x;0)=ln⁡(x2)=2ln⁡∣x∣f(x;0)=\ln(x^2)=2\ln\lvert x\rvert, dont la dérivée seconde est −2/x2-2/x^2, soit −2-2 en x=1x=1 ✓ — un contrôle par un chemin totalement indépendant.

3) La dérivée seconde en y, et la conclusion

Par symétrie — on échange xx et yy dans le résultat précédent :

∂2f∂y2=2x2−2y2(x2+y2)2\boxed{\frac{\partial^2 f}{\partial y^2}=\frac{2x^2-2y^2}{(x^2+y^2)^2}}

ℹ️ Cet argument est légitime et il faut savoir l'invoquer : f(x;y)=f(y;x)f(x;y)=f(y;x), donc échanger les rôles des variables échange les dérivées. Cela évite de refaire un calcul de quotient — et donc d'y introduire une erreur.

La somme :

Δf=2y2−2x2(x2+y2)2+2x2−2y2(x2+y2)2\Delta f=\frac{2y^2-2x^2}{(x^2+y^2)^2}+\frac{2x^2-2y^2}{(x^2+y^2)^2}

Même dénominateur, numérateurs OPPOSÉS :

Δf=(2y2−2x2)+(2x2−2y2)(x2+y2)2=0(x2+y2)2=0\Delta f=\frac{(2y^2-2x^2)+(2x^2-2y^2)}{(x^2+y^2)^2}=\frac{0}{(x^2+y^2)^2}=\boxed{0}
f est HARMONIQUE sur R2∖{(0;0)}\boxed{f \text{ est HARMONIQUE sur } \mathbb{R}^2\setminus\{(0;0)\}}

Ce qui rend la conclusion belle : les deux numérateurs sont exactement opposés. La courbure de la surface dans la direction xx compense point par point celle dans la direction yy.

Interprétation physique. Là où fxx′′<0f''_{xx}<0 (creusé en xx), on a fyy′′>0f''_{yy}>0 (bombé en yy), et dans la même mesure. La surface est en selle partout — c'est le cas typique d'une fonction harmonique, et cela éclaire un résultat majeur :

une fonction harmonique non constante n'a AUCUN extremum local à l'intérieur de son domaine.

L'intuition : un maximum demanderait deux courbures négatives, donc Δf<0\Delta f<0 (la preuve rigoureuse est plus fine, car en un maximum les courbures peuvent être nulles). C'est le principe du maximum : les extremums sont toujours au bord. Physiquement, une plaque à l'équilibre thermique n'a ni point chaud ni point froid en son intérieur — les températures extrêmes sont imposées par les bords.

Contrôle numérique en (1;2)(1;2), chemin indépendant :

∂2f∂x2(1;2)=8−225=625=0,24∂2f∂y2(1;2)=2−825=−625=−0,24\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}(1;2)=\frac{8-2}{25}=\frac{6}{25}=0{,}24 \qquad \frac{\partial^2 f}{\partial y^2}(1;2)=\frac{2-8}{25}=-\frac{6}{25}=-0{,}24
0,24−0,24=0✓0{,}24-0{,}24=0 \quad\checkmark

Et l'on voit bien la selle : bombée dans une direction, creusée dans l'autre, à la même hauteur de courbure.

Rappel de cours

Équation de Laplace — fonction harmonique

Δf=∂2f∂x2+∂2f∂y2=0\Delta f=\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}+\frac{\partial^2 f}{\partial y^2}=0
Δ\Delta est le laplacien. Une solution est dite harmonique.

Où on les rencontre Température à l'équilibre, potentiel électrostatique dans le vide, écoulement irrotationnel, membrane tendue. Toujours un état d'équilibre, où rien ne s'accumule.

Principe du maximum Une fonction harmonique non constante (sur un domaine d'un seul tenant) n'a pas d'extremum local à l'intérieur de son domaine : ils sont tous au bord. La preuve demande plus que le signe des dérivées secondes : en un maximum, on sait seulement fxx′′≤0f''_{xx}\leq0 et fyy′′≤0f''_{yy}\leq0, ce qui ne contredit pas Δf=0\Delta f=0.

Dérivée d'un logarithme composé

∂∂xln⁡u=ux′u\frac{\partial}{\partial x}\ln u=\frac{u'_x}{u}

Règle du quotient

(uv)′=u′v−uv′v2\left(\frac{u}{v}\right)'=\frac{u'v-uv'}{v^2}
⚠️ Le signe moins est au numérateur, et l'ordre u′vu'v puis −uv′-uv' n'est pas commutatif.

Exploiter une symétrie Si f(x;y)=f(y;x)f(x;y)=f(y;x), alors fyy′′f''_{yy} s'obtient à partir de fxx′′f''_{xx} en échangeant les lettres. C'est un argument recevable en copie, et il divise le travail par deux.

Trois harmoniques classiques

ln⁡(x2+y2)x2−y2excos⁡y\ln(x^2+y^2) \qquad x^2-y^2 \qquad e^{x}\cos y
Toutes sont, au moins localement, la partie réelle d'une fonction holomorphe — le lien avec le chapitre d'analyse complexe.

L'erreur classique

⚠️⚠️ Se tromper de signe dans la règle du quotient. Avec u′v+uv′v2\dfrac{u'v+uv'}{v^2} on trouverait 6x2+2y2(x2+y2)2\dfrac{6x^2+2y^2}{(x^2+y^2)^2}, et la somme ne serait pas nulle — l'exercice échouerait sans qu'on sache pourquoi.

Le contrôle : fxx′′(1;0)=−2f''_{xx}(1;0)=-2, à confronter à la dérivée seconde de 2ln⁡∣x∣2\ln\lvert x\rvert, qui vaut −2/x2-2/x^2. Le chemin est indépendant.

⚠️ Oublier de dériver le dénominateur (vx′=2xv'_x=2x) et n'écrire que 2x2+y2\dfrac{2}{x^2+y^2}. Le terme −uv′-uv' est celui qui fait tout basculer.

⚠️ Croire que fxx′′f''_{xx} ne doit contenir que des xx. Elle contient 2y2−2x22y^2-2x^2 — les deux variables restent présentes, et c'est même le y2y^2 qui porte le signe ++.

⚠️ Oublier le carré au dénominateur. La règle du quotient donne v2=(x2+y2)2v^2=(x^2+y^2)^2, pas x2+y2x^2+y^2.

Le contrôle de degré : ff est « d'ordre ln⁡\ln », ses dérivées premières sont en 1/r1/r, les secondes en 1/r21/r^2. Un dénominateur de degré 44 avec un numérateur de degré 22 donne bien 1/r21/r^2 ✓

⚠️ Refaire tout le calcul pour fyy′′f''_{yy} au lieu d'invoquer la symétrie, et y introduire une erreur. L'argument f(x;y)=f(y;x)f(x;y)=f(y;x) est valide et attendu.

⚠️ Oublier d'exclure l'origine. ff n'y est pas définie (ln⁡0\ln 0), et le résultat s'énonce sur R2∖{(0;0)}\mathbb{R}^2\setminus\{(0;0)\}. Omettre cette précision coûte des points.

⚠️ Écrire « Δf=0\Delta f=0 donc ff est constante ». Faux — ff varie beaucoup. Δf=0\Delta f=0 signifie que les deux courbures se compensent, pas que la fonction ne bouge pas.

⚠️ Conclure trop vite sans écrire la somme. La beauté du résultat est que les numérateurs sont opposés : il faut le montrer, pas l'affirmer.

À retenir
Δf=∂2f∂x2+∂2f∂y2=0⟹f est HARMONIQUE\Delta f=\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}+\frac{\partial^2 f}{\partial y^2}=0 \qquad\Longrightarrow\qquad f \text{ est HARMONIQUE}
f=ln⁡(x2+y2):∂2f∂x2=2y2−2x2(x2+y2)2,∂2f∂y2=2x2−2y2(x2+y2)2f=\ln(x^2+y^2): \quad \frac{\partial^2 f}{\partial x^2}=\frac{2y^2-2x^2}{(x^2+y^2)^2}, \quad \frac{\partial^2 f}{\partial y^2}=\frac{2x^2-2y^2}{(x^2+y^2)^2}

Les numérateurs sont OPPOSÉS : la somme est nulle, point par point.

Exploiter la symétrie f(x;y)=f(y;x)f(x;y)=f(y;x) — argument valide, qui évite de refaire un calcul de quotient.

⚠️ Exclure l'origine : ln⁡0\ln 0 n'existe pas.

Une fonction harmonique non constante n'a aucun extremum intérieur — ici la surface est en selle partout, les extremums sont au bord.

Réponse. ∂2f∂x2=2(y2−x2)(x2+y2)2\dfrac{\partial^2 f}{\partial x^2}=\dfrac{2(y^2-x^2)}{(x^2+y^2)^2}, ∂2f∂y2=2(x2−y2)(x2+y2)2\dfrac{\partial^2 f}{\partial y^2}=\dfrac{2(x^2-y^2)}{(x^2+y^2)^2}, somme nulle : ff harmonique ✓. (Recoupement machine : sympy ✓)
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S'entraîner davantage sur fonctions de plusieurs variables & intégrales doubles

12 exercices d'entraînement supplémentaires sur ce chapitre, plus le palier approfondissement, les quiz, le tuteur IA et les PDF à imprimer — dans l'app Maths Post-Bac.