Maths Post-Bac Ouvrir l'app

Exercices corrigés — Espaces euclidiens & isométries

Algèbre linéaire · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Espaces euclidiens & isométries Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Matrice orthogonale : reconnaître et vérifier

CalculDifficulté 3/5

On donne A=13(212221122)A=\dfrac13\begin{pmatrix}2&-1&2\\2&2&-1\\-1&2&2\end{pmatrix}, M=15(3443)M=\dfrac15\begin{pmatrix}3&4\\4&-3\end{pmatrix} et N=(1101)N=\begin{pmatrix}1&1\\0&1\end{pmatrix}. 1. Lesquelles sont orthogonales ? 2. Calculer leur déterminant et, pour les orthogonales, donner leur inverse sans aucun calcul. 3. Une matrice de déterminant ±1\pm1 est-elle toujours orthogonale ?

Indices (3)

Une matrice est orthogonale si et seulement si ses colonnes forment une base orthonormée : normes 11, produits scalaires 00.

Pour une matrice orthogonale, A1=ATA^{-1}=A^{\mathsf T} : l'inverse est la transposée.

Regarder la seconde colonne de NN : quelle est sa norme ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une matrice orthogonale est une matrice dont les colonnes forment une base orthonormée. C'est la définition à garder en tête, parce qu'elle se vérifie en quelques produits scalaires : chaque colonne a pour norme 11, deux colonnes distinctes sont orthogonales. La condition compacte ATA=IA^{\mathsf T}A=I dit exactement cela — le coefficient (i,j)(i,j) de ATAA^{\mathsf T}A est le produit scalaire des colonnes ii et jj.

👉 Et le déterminant vient après, comme conséquence : det(ATA)=(detA)2=1\det(A^{\mathsf T}A)=(\det A)^2=1 donc detA=±1\det A=\pm1. Mais il ne remonte pas : une matrice de déterminant 11 peut très bien étirer l'espace dans une direction et le comprimer dans une autre. C'est tout l'objet de la question 3.

La matrice A : trois colonnes orthonormées

Les colonnes de AA sont c1=13(2,2,1)c_1=\tfrac13(2,2,-1), c2=13(1,2,2)c_2=\tfrac13(-1,2,2), c3=13(2,1,2)c_3=\tfrac13(2,-1,2).

Normes. c12=4+4+19=1\lVert c_1\rVert^2=\dfrac{4+4+1}9=1, c22=1+4+49=1\lVert c_2\rVert^2=\dfrac{1+4+4}9=1, c32=4+1+49=1\lVert c_3\rVert^2=\dfrac{4+1+4}9=1.

Produits scalaires. c1,c2=2+429=0\langle c_1,c_2\rangle=\dfrac{-2+4-2}9=0, c1,c3=4229=0\langle c_1,c_3\rangle=\dfrac{4-2-2}9=0, c2,c3=22+49=0\langle c_2,c_3\rangle=\dfrac{-2-2+4}9=0.

Donc ATA=I3A^{\mathsf T}A=I_3 : AA est orthogonale. Son inverse est gratuit :

A1=AT=13(221122212).A^{-1}=A^{\mathsf T}=\frac13\begin{pmatrix}2&2&-1\\-1&2&2\\2&-1&2\end{pmatrix}.

Déterminant. On factorise 13\tfrac13 sur chacune des trois lignes : detA=127det(212221122)\det A=\dfrac1{27}\det\begin{pmatrix}2&-1&2\\2&2&-1\\-1&2&2\end{pmatrix}. Par développement selon la première ligne : 2(4+2)(1)(41)+2(4+2)=12+3+12=272(4+2)-(-1)(4-1)+2(4+2)=12+3+12=27. Donc

detA=1\boxed{\det A=1}
AA est une isométrie directe de R3\mathbb{R}^3 — une rotation, qu'on identifiera en B6.

La matrice M : orthogonale, de déterminant −1

Colonnes 15(3,4)\tfrac15(3,4) et 15(4,3)\tfrac15(4,-3) : normes 9+1625=1\dfrac{9+16}{25}=1 toutes deux, produit scalaire 121225=0\dfrac{12-12}{25}=0. MM est orthogonale, M1=MT=MM^{-1}=M^{\mathsf T}=M (elle est symétrique, donc égale à sa transposée : c'est une involution, M2=IM^2=I).

detM=125(3(3)44)=91625=1.\det M=\frac1{25}\bigl(3\cdot(-3)-4\cdot4\bigr)=\frac{-9-16}{25}=-1.
detM=1\boxed{\det M=-1}

Une isométrie indirecte du plan : d'après la classification de O(2)\mathrm{O}(2) (leçon, B), c'est une réflexion. Ses valeurs propres sont 11 et 1-1 ; l'axe est ker(MI)\ker(M-I) : 15(3x+4y)=x    4y=2x    y=x2\tfrac15(3x+4y)=x\iff 4y=2x\iff y=\tfrac x2, la droite dirigée par (2,1)(2,1). Contrôle : M(2,1)=15(6+4,83)=(2,1)M(2,1)=\tfrac15(6+4,8-3)=(2,1) ✓.

La matrice N : déterminant 1, et pourtant pas orthogonale

detN=1110=1\det N=1\cdot1-1\cdot0=1. Mais la seconde colonne (1,1)(1,1) a pour norme 21\sqrt2\neq1, et les deux colonnes ne sont pas orthogonales ((1,0),(1,1)=1\langle(1,0),(1,1)\rangle=1). Donc NTN=(1112)IN^{\mathsf T}N=\begin{pmatrix}1&1\\1&2\end{pmatrix}\neq I : NN n'est pas orthogonale.

Géométriquement, NN est un cisaillement : elle fixe e1e_1 et envoie e2e_2 sur e1+e2e_1+e_2. Elle conserve les aires (déterminant 11) mais pas les longueursNe2=2\lVert Ne_2\rVert=\sqrt2 — ni les angles : l'angle droit entre e1e_1 et e2e_2 devient π4\tfrac\pi4.

det=±1 est neˊcessaire, jamais suffisant\boxed{\det=\pm1\ \text{est nécessaire, jamais suffisant}}

C'est la réponse à la question 3 : non. L'orthogonalité est une condition sur les n(n+1)2\tfrac{n(n+1)}2 produits scalaires des colonnes ; le déterminant n'en résume qu'un seul nombre.

Rappel de cours

Matrice orthogonale. AMn(R)A\in M_n(\mathbb{R}) est orthogonale si ATA=IA^{\mathsf T}A=I, ce qui équivaut à : les colonnes de AA forment une BON ; ou A1=ATA^{-1}=A^{\mathsf T} ; ou AAT=IAA^{\mathsf T}=I (les lignes forment aussi une BON — inverse à gauche et à droite coïncident).

Déterminant. detA=±1\det A=\pm1. Le groupe des matrices orthogonales est O(n)\mathrm{O}(n) ; celles de déterminant 11 forment SO(n)\mathrm{SO}(n).

Ce qu'elle représente. Dans une BON, c'est la matrice d'une isométrie vectorielle : elle conserve les normes, les produits scalaires, les angles. Une matrice orthogonale symétrique est une symétrie orthogonale (A2=IA^2=I).

L'erreur classique

⚠️ Confondre « orthogonale » et « symétrique ». A=ATA=A^{\mathsf T} et ATA=IA^{\mathsf T}A=I sont deux conditions sans rapport : MM ci-dessus est les deux à la fois, AA est orthogonale sans être symétrique, et (1221)\begin{pmatrix}1&2\\2&1\end{pmatrix} est symétrique sans être orthogonale.

⚠️ Lire l'orthogonalité sur le déterminant. « detN=1\det N=1, donc NN est une rotation » est faux : NN n'est même pas une isométrie. Le déterminant se lit après avoir établi l'orthogonalité, pour trancher entre directe et indirecte.

⚠️ Oublier de vérifier les normes. Deux colonnes orthogonales ne suffisent pas : (2002)\begin{pmatrix}2&0\\0&2\end{pmatrix} a des colonnes orthogonales et n'est pas orthogonale (norme 22). Le mot « orthonormée » contient les deux conditions.

À retenir

Orthogonale = colonnes orthonormées = ATA=IA^{\mathsf T}A=I = inverse égale transposée. Quatre formulations d'une seule idée ; la première se vérifie, la dernière s'utilise.

Le déterminant vient après. Il vaut ±1\pm1 pour une orthogonale, et son signe dit si l'orientation est conservée. Il ne prouve rien tout seul — le cisaillement NN est là pour le rappeler.

Réponse. AA et MM sont orthogonales (A1=ATA^{-1}=A^{\mathsf T}, M1=MM^{-1}=M), avec detA=1\det A=1 (rotation) et detM=1\det M=-1 (réflexion d'axe dirigé par (2,1)(2,1)) ; NN a pour déterminant 11 mais n'est pas orthogonale (Ne2=2\lVert Ne_2\rVert=\sqrt2). det=±1\det=\pm1 est nécessaire, pas suffisant. (Recoupement : M(2,1)=(2,1)M(2,1)=(2,1) ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Compléter en base orthonormée directe

CalculDifficulté 3/5

Dans R3\mathbb{R}^3 orienté par sa base canonique, on pose u1=13(1,1,1)u_1=\dfrac1{\sqrt3}(1,1,1) et u2=12(1,1,0)u_2=\dfrac1{\sqrt2}(1,-1,0). 1. Vérifier que (u1,u2)(u_1,u_2) est orthonormée. 2. Trouver u3u_3 tel que (u1,u2,u3)(u_1,u_2,u_3) soit une base orthonormée directe. 3. Les bases (u2,u1,u3)(u_2,u_1,u_3) et (u1,u2,u3)(u_1,u_2,-u_3) sont-elles directes ?

Indices (3)

Le produit vectoriel u1u2u_1\wedge u_2 est orthogonal à u1u_1 et à u2u_2, et (u1,u2,u1u2)(u_1,u_2,u_1\wedge u_2) est directe.

Pour deux vecteurs unitaires orthogonaux, u1u2=1\lVert u_1\wedge u_2\rVert=1 : pas besoin de renormaliser.

Une base orthonormée est directe si et seulement si le déterminant de ses vecteurs vaut +1+1 ; échanger deux vecteurs change le signe.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Compléter une famille orthonormée de R3\mathbb{R}^3 en BON directe, c'est exactement ce que fait le produit vectoriel. Si u1u_1 et u2u_2 sont unitaires et orthogonaux, alors u3=u1u2u_3=u_1\wedge u_2 est unitaire (sa norme vaut u1u2sinπ2=1\lVert u_1\rVert\lVert u_2\rVert\sin\tfrac\pi2=1), orthogonal aux deux, et la base (u1,u2,u1u2)(u_1,u_2,u_1\wedge u_2) est directe par construction — c'est dans la définition même du produit vectoriel.

👉 Le seul autre candidat est u3-u_3 : il donne aussi une BON, mais indirecte. Une famille orthonormée de deux vecteurs se complète donc de deux façons, et l'orientation choisit.

Vérifier l'orthonormalité

u12=1+1+13=1\lVert u_1\rVert^2=\dfrac{1+1+1}3=1, u22=1+1+02=1\lVert u_2\rVert^2=\dfrac{1+1+0}2=1, et

u1,u2=132(11+1(1)+10)=0.\langle u_1,u_2\rangle=\frac1{\sqrt3\sqrt2}\bigl(1\cdot1+1\cdot(-1)+1\cdot0\bigr)=0.
La famille (u1,u2)(u_1,u_2) est orthonormée. Numériquement, 130,577\tfrac1{\sqrt3}\approx0{,}577 et 120,707\tfrac1{\sqrt2}\approx0{,}707 — mais on garde les radicaux : c'est ce qui rend les vérifications exactes.

Le troisième vecteur par le produit vectoriel

On calcule d'abord sur les vecteurs entiers, les coefficients 13\tfrac1{\sqrt3} et 12\tfrac1{\sqrt2} sortant en facteur :

(1,1,1)(1,1,0)=(101(1), 1110, 1(1)11)=(1,1,2).(1,1,1)\wedge(1,-1,0)=\bigl(1\cdot0-1\cdot(-1),\ 1\cdot1-1\cdot0,\ 1\cdot(-1)-1\cdot1\bigr)=(1,1,-2).
Donc u1u2=132(1,1,2)=16(1,1,2)u_1\wedge u_2=\dfrac1{\sqrt3\sqrt2}(1,1,-2)=\dfrac1{\sqrt6}(1,1,-2), et (1,1,2)=1+1+4=6\lVert(1,1,-2)\rVert=\sqrt{1+1+4}=\sqrt6 : le vecteur est déjà unitaire, comme annoncé.

u3=16(1,1,2)\boxed{u_3=\frac1{\sqrt6}\,(1,1,-2)}

Contrôles. u3,u11+12=0\langle u_3,u_1\rangle\propto1+1-2=0 ✓, u3,u211+0=0\langle u_3,u_2\rangle\propto1-1+0=0 ✓. Et le déterminant :

det(u1,u2,u3)=1326det(111111102)=16(121(3)+11)=66=1>0.\det(u_1,u_2,u_3)=\frac1{\sqrt3\sqrt2\sqrt6}\det\begin{pmatrix}1&1&1\\1&-1&1\\1&0&-2\end{pmatrix}=\frac16\bigl(1\cdot2-1\cdot(-3)+1\cdot1\bigr)=\frac66=1>0.
La base est directe. En coordonnées : 160,408\tfrac1{\sqrt6}\approx0{,}408 et 260,816\tfrac2{\sqrt6}\approx0{,}816.

Changer l'ordre ou un signe change l'orientation

Le déterminant est alterné : échanger deux colonnes le change de signe. Donc

det(u2,u1,u3)=det(u1,u2,u3)=1,det(u1,u2,u3)=det(u1,u2,u3)=1.\det(u_2,u_1,u_3)=-\det(u_1,u_2,u_3)=-1,\qquad\det(u_1,u_2,-u_3)=-\det(u_1,u_2,u_3)=-1.
Les deux bases sont orthonormées (les mêmes vecteurs, au signe et à l'ordre près) mais indirectes.

(u2,u1,u3) et (u1,u2,u3) sont indirectes\boxed{(u_2,u_1,u_3)\text{ et }(u_1,u_2,-u_3)\text{ sont indirectes}}

ℹ️ Les 66 ordres possibles des trois vecteurs se partagent en 33 bases directes (les permutations circulaires de (u1,u2,u3)(u_1,u_2,u_3)) et 33 indirectes (les transpositions). C'est la signature des permutations qui décide — le chapitre Groupes le formalise.

Rappel de cours

Orientation. Une base (u1,u2,u3)(u_1,u_2,u_3) de R3\mathbb{R}^3 est directe si det(u1,u2,u3)>0\det(u_1,u_2,u_3)>0 (déterminant dans la base canonique). Pour une BON, ce déterminant vaut exactement ±1\pm1.

Produit vectoriel. uvuu\wedge v\perp u, uvvu\wedge v\perp v, uv=uvsin(u,v)\lVert u\wedge v\rVert=\lVert u\rVert\lVert v\rVert\sin(u,v), et (u,v,uv)(u,v,u\wedge v) est directe dès que u∦vu\not\parallel v. Si (u,v)(u,v) est orthonormée, (u,v,uv)(u,v,u\wedge v) est une BON directe.

Deux complétions. Une famille orthonormée (u1,u2)(u_1,u_2) de R3\mathbb{R}^3 se complète en BON de deux façons exactement, ±u1u2\pm u_1\wedge u_2, une par orientation.

L'erreur classique

⚠️ Renormaliser un produit vectoriel de vecteurs unitaires orthogonaux. Il est déjà unitaire ; le diviser par sa norme ne change rien, mais le diviser par u1u2\lVert u_1\rVert\lVert u_2\rVert « pour faire bonne mesure » quand ils ne sont pas unitaires est faux — c'est sinθ\sin\theta qui entre dans la norme, pas 11.

⚠️ Prendre u2u1u_2\wedge u_1 en croyant obtenir la même chose. u2u1=(u1u2)u_2\wedge u_1=-(u_1\wedge u_2) : on obtient la BON indirecte. L'ordre des facteurs est l'orientation.

⚠️ Croire qu'une BON est forcément directe. Orthonormée est une propriété métrique ; directe est une propriété d'orientation. Les deux sont indépendantes — la base canonique réordonnée (e2,e1,e3)(e_2,e_1,e_3) est orthonormée et indirecte.

À retenir

u3=u1u2u_3=u_1\wedge u_2 complète une famille orthonormée en BON directe, et u3-u_3 en BON indirecte. Rien d'autre.

Le déterminant est le juge de l'orientation : +1+1 directe, 1-1 indirecte, et il change de signe à chaque échange de deux vecteurs ou changement de signe d'un vecteur. Cette base (u1,u2,u3)(u_1,u_2,u_3) reviendra en D3 comme base adaptée à une rotation d'axe (1,1,1)(1,1,1).

Réponse. (u1,u2)(u_1,u_2) orthonormée ; u3=u1u2=16(1,1,2)u_3=u_1\wedge u_2=\dfrac1{\sqrt6}(1,1,-2) donne det(u1,u2,u3)=1\det(u_1,u_2,u_3)=1, BON directe ; (u2,u1,u3)(u_2,u_1,u_3) et (u1,u2,u3)(u_1,u_2,-u_3) ont pour déterminant 1-1 : indirectes. (Recoupement : (1,1,2)2=6\lVert(1,1,-2)\rVert^2=6, et u3u1,u2u_3\perp u_1,u_2 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Angle orienté dans le plan et changement d'orientation

CalculDifficulté 3/5

Dans le plan orienté par la base canonique (e1,e2)(e_1,e_2), on donne u=(3,1)u=(3,1) et v=(1,2)v=(1,2). 1. Calculer u,v\langle u,v\rangle, u\lVert u\rVert, v\lVert v\rVert et det(u,v)\det(u,v). 2. En déduire l'angle orienté (u,v)(u,v), puis (v,u)(v,u). 3. Que devient (u,v)(u,v) si l'on oriente le plan par la base (e2,e1)(e_2,e_1) ? 4. Vérifier que la rotation d'angle (u,v)(u,v) envoie uu sur un vecteur colinéaire à vv, de même sens.

Indices (3)

cosθ=u,vuv\cos\theta=\dfrac{\langle u,v\rangle}{\lVert u\rVert\lVert v\rVert} donne θ\theta au signe près ; sinθ=det(u,v)uv\sin\theta=\dfrac{\det(u,v)}{\lVert u\rVert\lVert v\rVert} donne le signe.

Dans la base (e2,e1)(e_2,e_1), les coordonnées de uu et vv s'échangent : que fait cela au déterminant ?

Écrire Rπ/4uR_{\pi/4}u et comparer à vv.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un angle non orienté se lit sur le produit scalaire ; un angle orienté a besoin en plus d'un déterminant. Le cosinus ne distingue pas θ\theta de θ-\theta ; c'est le signe de det(u,v)\det(u,v) — l'aire orientée du parallélogramme construit sur uu et vv — qui dit si l'on tourne dans le sens direct ou indirect pour aller de uu à vv.

👉 Et ce signe dépend de l'orientation choisie : changer de base directe ne change rien, mais passer à une base indirecte renverse tous les angles orientés. C'est la question 3, et c'est ce qui rend la notion subtile : l'angle orienté n'est pas une propriété des deux vecteurs seuls, mais des deux vecteurs et d'une orientation du plan.

Les quatre nombres
u,v=31+12=5,u=9+1=10,v=1+4=5,\langle u,v\rangle=3\cdot1+1\cdot2=5,\qquad\lVert u\rVert=\sqrt{9+1}=\sqrt{10},\qquad\lVert v\rVert=\sqrt{1+4}=\sqrt5,
det(u,v)=3112=3211=5.\det(u,v)=\begin{vmatrix}3&1\\1&2\end{vmatrix}=3\cdot2-1\cdot1=5.

Contrôle de Cauchy-Schwarz : u,v=5105=507,07\lvert\langle u,v\rangle\rvert=5\leq\sqrt{10}\sqrt5=\sqrt{50}\approx7{,}07 ✓. Numériquement 103,162\sqrt{10}\approx3{,}162 et 52,236\sqrt5\approx2{,}236.

L'angle orienté
cosθ=u,vuv=550=552=12,sinθ=det(u,v)uv=550=12.\cos\theta=\frac{\langle u,v\rangle}{\lVert u\rVert\lVert v\rVert}=\frac5{\sqrt{50}}=\frac5{5\sqrt2}=\frac1{\sqrt2},\qquad\sin\theta=\frac{\det(u,v)}{\lVert u\rVert\lVert v\rVert}=\frac5{\sqrt{50}}=\frac1{\sqrt2}.

Cosinus et sinus tous deux égaux à 12\tfrac1{\sqrt2}, positifs : l'unique θ]π,π]\theta\in\,]-\pi,\pi] est

(u,v)=π40,785\boxed{(u,v)=\frac\pi4\approx0{,}785}
Pour (v,u)(v,u), le produit scalaire est le même mais det(v,u)=det(u,v)=5\det(v,u)=-\det(u,v)=-5 : le sinus change de signe,
(v,u)=π4\boxed{(v,u)=-\frac\pi4}
Un angle orienté est antisymétrique : (v,u)=(u,v)(v,u)=-(u,v), alors qu'un angle géométrique (non orienté) est le même dans les deux sens.

Changer l'orientation du plan

Dans la base (e2,e1)(e_2,e_1), le vecteur u=3e1+e2u=3e_1+e_2 a pour coordonnées (1,3)(1,3) et vv a pour coordonnées (2,1)(2,1). Le produit scalaire ne bouge pas (la base est encore orthonormée) : 12+31=51\cdot2+3\cdot1=5. Mais

det(e2,e1)(u,v)=1231=16=5.\det{}_{(e_2,e_1)}(u,v)=\begin{vmatrix}1&2\\3&1\end{vmatrix}=1-6=-5.
Le déterminant a changé de signe, donc sinθ\sin\theta aussi : dans le plan orienté par (e2,e1)(e_2,e_1),
(u,v)=π4\boxed{(u,v)=-\frac\pi4}
Rien n'a bougé dans le plan — seule la convention « quel sens est le sens direct » a été inversée, et tous les angles orientés changent de signe. C'est cohérent avec det(e2,e1)=1\det(e_2,e_1)=-1 : la base (e2,e1)(e_2,e_1) est indirecte pour l'orientation canonique.

La rotation qui envoie u sur v
Rπ/4u=(12121212)(31)=12(24)=2(12)=2v.R_{\pi/4}\,u=\begin{pmatrix}\frac1{\sqrt2}&-\frac1{\sqrt2}\\ \frac1{\sqrt2}&\frac1{\sqrt2}\end{pmatrix}\begin{pmatrix}3\\1\end{pmatrix}=\frac1{\sqrt2}\begin{pmatrix}2\\4\end{pmatrix}=\sqrt2\begin{pmatrix}1\\2\end{pmatrix}=\sqrt2\,v.

On trouve 2v\sqrt2\,v et non vv : normal, une rotation conserve la norme, et u=10=25=2v\lVert u\rVert=\sqrt{10}=\sqrt2\cdot\sqrt5=\sqrt2\,\lVert v\rVert. L'image de uu est colinéaire à vv, de même sens (coefficient 2>0\sqrt2>0) — c'est exactement ce que signifie « l'angle orienté (u,v)(u,v) est l'angle de la rotation qui envoie uu\tfrac u{\lVert u\rVert} sur vv\tfrac v{\lVert v\rVert} ».

Rπ/4u=2v\boxed{R_{\pi/4}\,u=\sqrt2\,v}
Rappel de cours

Angle orienté de u,v0u,v\neq0 dans le plan orienté : l'unique θ]π,π]\theta\in\,]-\pi,\pi] tel que

cosθ=u,vuv,sinθ=det(u,v)uv,\cos\theta=\frac{\langle u,v\rangle}{\lVert u\rVert\lVert v\rVert},\qquad\sin\theta=\frac{\det(u,v)}{\lVert u\rVert\lVert v\rVert},
le déterminant étant pris dans une BON directe. Propriétés : (v,u)=(u,v)(v,u)=-(u,v) ; (u,w)=(u,v)+(v,w)(u,w)=(u,v)+(v,w) (relation de Chasles, modulo 2π2\pi) ; (λu,μv)=(u,v)(\lambda u,\mu v)=(u,v) pour λ,μ>0\lambda,\mu>0.

Changement d'orientation : tous les angles orientés changent de signe. Angle géométrique : θ[0,π]\lvert\theta\rvert\in[0,\pi], lu sur le seul cosinus, indépendant de l'orientation.

L'erreur classique

⚠️ Conclure du seul cosinus. cosθ=12\cos\theta=\tfrac1{\sqrt2} donne θ=±π4\theta=\pm\tfrac\pi4 : sans le déterminant, l'angle orienté n'est pas déterminé. Le réflexe « θ=arccos()\theta=\arccos(\ldots) » rend toujours une valeur dans [0,π][0,\pi], c'est-à-dire l'angle géométrique, pas l'angle orienté.

⚠️ Croire que (u,v)=(v,u)(u,v)=(v,u). C'est vrai pour l'angle géométrique, faux pour l'angle orienté : π4\tfrac\pi4 contre π4-\tfrac\pi4.

⚠️ Calculer le déterminant dans une base indirecte sans le savoir. Le signe obtenu est alors celui de l'orientation opposée. Dans R2\mathbb{R}^2, on prend la base canonique, et la question ne se pose que si l'énoncé impose une autre orientation — ce que fait la question 3.

À retenir

Cosinus par le produit scalaire, signe par le déterminant. Les deux ensemble déterminent l'angle orienté dans ]π,π]]-\pi,\pi].

L'angle orienté dépend de l'orientation du plan, et change de signe avec elle. Il est antisymétrique, et c'est l'angle de la rotation qui amène la direction de uu sur celle de vv. Cette dépendance à l'orientation reviendra, plus difficile à voir, pour l'angle d'une rotation de l'espace (lot B).

Réponse. u,v=5\langle u,v\rangle=5, u=10\lVert u\rVert=\sqrt{10}, v=5\lVert v\rVert=\sqrt5, det(u,v)=5\det(u,v)=5 ; cosθ=sinθ=12\cos\theta=\sin\theta=\tfrac1{\sqrt2} donc (u,v)=π4(u,v)=\tfrac\pi4 et (v,u)=π4(v,u)=-\tfrac\pi4 ; dans l'orientation (e2,e1)(e_2,e_1), (u,v)=π4(u,v)=-\tfrac\pi4 ; Rπ/4u=2vR_{\pi/4}u=\sqrt2\,v. (Recoupement : u=2v\lVert u\rVert=\sqrt2\lVert v\rVert ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Produit vectoriel : orthogonalité, sinus et aire

CalculDifficulté 3/5

Dans R3\mathbb{R}^3 orienté, u=(1,2,2)u=(1,2,2) et v=(1,0,1)v=(1,0,1). 1. Calculer uvu\wedge v et vérifier qu'il est orthogonal à uu et à vv. 2. Calculer u\lVert u\rVert, v\lVert v\rVert, u,v\langle u,v\rangle, et en déduire l'angle θ\theta entre uu et vv de deux façons (par le cosinus, puis par uv\lVert u\wedge v\rVert). 3. Donner l'aire du parallélogramme et du triangle construits sur uu et vv. 4. Que vaut vuv\wedge u ?

Indices (3)

uv=(u2v3u3v2, u3v1u1v3, u1v2u2v1)u\wedge v=(u_2v_3-u_3v_2,\ u_3v_1-u_1v_3,\ u_1v_2-u_2v_1).

uv=uvsinθ\lVert u\wedge v\rVert=\lVert u\rVert\lVert v\rVert\sin\theta : deux formules, un seul θ\theta, c'est un contrôle.

L'aire du triangle est la moitié de celle du parallélogramme.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le produit vectoriel fabrique un vecteur orthogonal aux deux autres, dont la norme mesure l'aire. C'est un objet de dimension 33, sans équivalent en dimension 22 ni 44, et il porte deux informations : une direction (la normale au plan de uu et vv, orientée pour que (u,v,uv)(u,v,u\wedge v) soit directe) et une norme (uvsinθ\lVert u\rVert\lVert v\rVert\sin\theta, l'aire du parallélogramme).

👉 Le produit scalaire porte cosθ\cos\theta, le produit vectoriel porte sinθ\sin\theta : les deux ensemble reconstituent l'angle, et l'identité de Lagrange uv2+u,v2=u2v2\lVert u\wedge v\rVert^2+\langle u,v\rangle^2=\lVert u\rVert^2\lVert v\rVert^2 n'est que cos2+sin2=1\cos^2+\sin^2=1.

Le produit vectoriel et ses orthogonalités
uv=(2120, 2111, 1021)=(2,1,2).u\wedge v=\bigl(2\cdot1-2\cdot0,\ 2\cdot1-1\cdot1,\ 1\cdot0-2\cdot1\bigr)=(2,1,-2).
uv,u=2+24=0 ,uv,v=2+02=0 .\langle u\wedge v,u\rangle=2+2-4=0\ ✓,\qquad\langle u\wedge v,v\rangle=2+0-2=0\ ✓.
uv=(2,1,2)\boxed{u\wedge v=(2,1,-2)}

C'est le contrôle à faire systématiquement : un produit vectoriel qui n'est pas orthogonal à ses facteurs est faux, sans exception. Ici on peut aussi vérifier l'orientation : det(u,v,uv)=uv2=9>0\det(u,v,u\wedge v)=\lVert u\wedge v\rVert^2=9>0, la base (u,v,uv)(u,v,u\wedge v) est directe.

L'angle, par le cosinus puis par le sinus
u=1+4+4=3,v=1+0+1=21,414,u,v=1+0+2=3.\lVert u\rVert=\sqrt{1+4+4}=3,\qquad\lVert v\rVert=\sqrt{1+0+1}=\sqrt2\approx1{,}414,\qquad\langle u,v\rangle=1+0+2=3.

Par le cosinus. cosθ=332=12\cos\theta=\dfrac{3}{3\sqrt2}=\dfrac1{\sqrt2}, donc θ=π4\theta=\dfrac\pi4 (angle géométrique, dans [0,π][0,\pi]).

Par le produit vectoriel. uv=4+1+4=3\lVert u\wedge v\rVert=\sqrt{4+1+4}=3, et uv=324,243\lVert u\rVert\lVert v\rVert=3\sqrt2\approx4{,}243, d'où sinθ=332=12\sin\theta=\dfrac3{3\sqrt2}=\dfrac1{\sqrt2}. Avec θ[0,π]\theta\in[0,\pi] et cosθ>0\cos\theta>0, c'est bien θ=π4\theta=\dfrac\pi4 : les deux méthodes concordent.

θ=π4\boxed{\theta=\frac\pi4}

Identité de Lagrange en guise de contrôle : uv2+u,v2=9+9=18=92=u2v2\lVert u\wedge v\rVert^2+\langle u,v\rangle^2=9+9=18=9\cdot2=\lVert u\rVert^2\lVert v\rVert^2 ✓.

Aires

L'aire du parallélogramme construit sur uu et vv est uv=3\lVert u\wedge v\rVert=3 ; celle du triangle (0,u,v)(0,u,v) en est la moitié, 32=1,5\dfrac32=1{,}5.

paralleˊlogramme : 3 ;triangle : 32\boxed{\text{parallélogramme : }3\ ;\quad\text{triangle : }\frac32}

Recoupement par la formule « base ×\times hauteur » : base u=3\lVert u\rVert=3, hauteur vsinθ=212=1\lVert v\rVert\sin\theta=\sqrt2\cdot\tfrac1{\sqrt2}=1, aire 31=33\cdot1=3 ✓. C'est la version tridimensionnelle du fait que le déterminant est un facteur d'aire (chapitre Matrices).

Anticommutativité
vu=(0212, 1112, 1201)=(2,1,2)=(uv).v\wedge u=\bigl(0\cdot2-1\cdot2,\ 1\cdot1-1\cdot2,\ 1\cdot2-0\cdot1\bigr)=(-2,-1,2)=-(u\wedge v).
vu=(uv)\boxed{v\wedge u=-(u\wedge v)}

Même direction, même norme, sens opposé : (v,u,vu)(v,u,v\wedge u) est directe elle aussi, et c'est précisément pour cela que vuv\wedge u doit pointer de l'autre côté. Conséquence : uu=(uu)u\wedge u=-(u\wedge u), donc uu=0u\wedge u=0 — le produit vectoriel de deux vecteurs colinéaires est nul.

Rappel de cours

Produit vectoriel (dans R3\mathbb{R}^3 orienté, BON directe) : uv=(u2v3u3v2, u3v1u1v3, u1v2u2v1)u\wedge v=(u_2v_3-u_3v_2,\ u_3v_1-u_1v_3,\ u_1v_2-u_2v_1). Bilinéaire, anticommutatif, nul si et seulement si u,vu,v colinéaires.

Propriétés. uvu,vu\wedge v\perp u,v ; uv=uvsinθ\lVert u\wedge v\rVert=\lVert u\rVert\lVert v\rVert\sin\theta = aire du parallélogramme ; (u,v,uv)(u,v,u\wedge v) directe si u∦vu\not\parallel v ; uv2+u,v2=u2v2\lVert u\wedge v\rVert^2+\langle u,v\rangle^2=\lVert u\rVert^2\lVert v\rVert^2 (Lagrange).

Non associatif : (e1e2)e2=e3e2=e1(e_1\wedge e_2)\wedge e_2=e_3\wedge e_2=-e_1 alors que e1(e2e2)=0e_1\wedge(e_2\wedge e_2)=0.

L'erreur classique

⚠️ Le signe de la coordonnée du milieu. u3v1u1v3u_3v_1-u_1v_3, et non u1v3u3v1u_1v_3-u_3v_1 : c'est la coordonnée qu'on se trompe le plus souvent. Le contrôle d'orthogonalité l'attrape à coup sûr — le faire.

⚠️ Confondre produit scalaire et produit vectoriel. L'un est un nombre (cos\cos), l'autre un vecteur (de norme en sin\sin). Écrire « uv=3u\wedge v=3 » n'a pas de sens.

⚠️ Oublier que sinθ\sin\theta ne détermine pas θ\theta. sinθ=12\sin\theta=\tfrac1{\sqrt2} donne θ=π4\theta=\tfrac\pi4 ou 3π4\tfrac{3\pi}4 ; c'est le signe du cosinus (ici ++) qui tranche. Le produit vectoriel seul ne suffit pas à retrouver l'angle géométrique.

À retenir

uvu\wedge v : orthogonal aux deux, norme = aire, orientation directe. Trois propriétés, trois contrôles possibles.

Produit scalaire pour le cosinus, produit vectoriel pour le sinus — et l'identité de Lagrange qui les relie. Le produit mixte (A5) combine les deux : [u,v,w]=uv,w[u,v,w]=\langle u\wedge v,w\rangle.

Réponse. uv=(2,1,2)u\wedge v=(2,1,-2), orthogonal à uu et vv ; u=3\lVert u\rVert=3, v=2\lVert v\rVert=\sqrt2, u,v=3\langle u,v\rangle=3, cosθ=sinθ=12\cos\theta=\sin\theta=\tfrac1{\sqrt2} donc θ=π4\theta=\tfrac\pi4 ; aire du parallélogramme 33, du triangle 32\tfrac32 ; vu=(2,1,2)v\wedge u=(-2,-1,2). (Recoupement : Lagrange 9+9=18=929+9=18=9\cdot2 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Produit mixte : volume, orientation, coplanarité

CalculDifficulté 3/5

Avec u=(1,2,2)u=(1,2,2), v=(1,0,1)v=(1,0,1) et w=(0,1,1)w=(0,1,1) dans R3\mathbb{R}^3 orienté : 1. Calculer le produit mixte [u,v,w][u,v,w] par un déterminant, puis retrouver sa valeur par uv,w\langle u\wedge v,w\rangle. 2. Le triplet (u,v,w)(u,v,w) est-il une base ? Directe ou indirecte ? 3. Donner le volume du parallélépipède et du tétraèdre construits sur u,v,wu,v,w. 4. Que vaut [v,u,w][v,u,w] ? Et [u,v,u+v][u,v,u+v] ?

Indices (3)

[u,v,w]=det(u,v,w)[u,v,w]=\det(u,v,w), colonnes u,v,wu,v,w ; règle de Sarrus ou développement.

Le produit vectoriel uv=(2,1,2)u\wedge v=(2,1,-2) a été calculé en A4.

Le produit mixte est alterné (échanger deux vecteurs change le signe) et nul sur trois vecteurs coplanaires.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le produit mixte est un déterminant 3×33\times3 qui se lit géométriquement. Sa valeur absolue est le volume du parallélépipède construit sur les trois vecteurs ; son signe dit si (u,v,w)(u,v,w) est directe ; sa nullité dit que les trois vecteurs sont coplanaires. Et il se calcule de deux façons — un déterminant, ou uv,w\langle u\wedge v,w\rangle — ce qui donne un contrôle gratuit.

👉 C'est l'outil le plus économique du chapitre pour décider une orientation : en B4 et B6, c'est un produit mixte [u,Au,a][u,Au,a] qui donnera le signe de l'angle d'une rotation de l'espace.

Le déterminant
[u,v,w]=det(u,v,w)=110201211.[u,v,w]=\det(u,v,w)=\begin{vmatrix}1&1&0\\2&0&1\\2&1&1\end{vmatrix}.

Développement selon la première ligne : 1(0111)1(2112)+0=1(1)10=11\cdot(0\cdot1-1\cdot1)-1\cdot(2\cdot1-1\cdot2)+0=1\cdot(-1)-1\cdot0=-1.

Par le produit vectoriel de A4 : uv=(2,1,2)u\wedge v=(2,1,-2), donc uv,w=20+11+(2)1=1\langle u\wedge v,w\rangle=2\cdot0+1\cdot1+(-2)\cdot1=-1 ✓. Les deux calculs concordent :

[u,v,w]=1\boxed{[u,v,w]=-1}

Base, et orientation

Le déterminant est non nul : les trois vecteurs sont linéairement indépendants, (u,v,w)(u,v,w) est une base de R3\mathbb{R}^3. Il est négatif : la base est indirecte — pour l'orientation définie par la base canonique.

(u,v,w) est une base indirecte\boxed{(u,v,w)\text{ est une base indirecte}}

Autrement dit, ww est « du mauvais côté » du plan de uu et vv : uv,w<0\langle u\wedge v,w\rangle<0 signifie que ww pointe dans le demi-espace opposé à uvu\wedge v. Remplacer ww par w-w, ou échanger uu et vv, rendrait la base directe.

Volumes

Le volume du parallélépipède est [u,v,w]=1\lvert[u,v,w]\rvert=1 ; celui du tétraèdre de sommets 0,u,v,w0,u,v,w en est le sixième :

Vparalleˊleˊpipeˋde=1,Vteˊtraeˋdre=160,167\boxed{V_{\text{parallélépipède}}=1,\qquad V_{\text{tétraèdre}}=\frac16\approx0{,}167}
Recoupement : « base ×\times hauteur ». La base est le parallélogramme sur u,vu,v, d'aire uv=3\lVert u\wedge v\rVert=3 (A4) ; la hauteur est la distance de ww au plan de uu et vv, soit uv,wuv=13\dfrac{\lvert\langle u\wedge v,w\rangle\rvert}{\lVert u\wedge v\rVert}=\dfrac13 ; volume 313=13\cdot\tfrac13=1 ✓. Un volume 11 pour trois vecteurs de normes 33, 2\sqrt2, 2\sqrt2 : le parallélépipède est très aplati, ce que confirme un déterminant petit devant le produit des normes.

Alterné, et nul sur des coplanaires

Échanger deux vecteurs change le signe : [v,u,w]=[u,v,w]=+1[v,u,w]=-[u,v,w]=+1. On peut le vérifier : vu=(uv)v\wedge u=-(u\wedge v), donc vu,w=+1\langle v\wedge u,w\rangle=+1 ✓.

Trois vecteurs coplanaires ont un produit mixte nul : u+v=(2,2,3)u+v=(2,2,3) est dans le plan de uu et vv, donc [u,v,u+v]=[u,v,u]+[u,v,v]=0+0=0[u,v,u+v]=[u,v,u]+[u,v,v]=0+0=0 (un déterminant avec deux colonnes égales est nul). Directement : uv,u+v=uv,u+uv,v=0\langle u\wedge v,u+v\rangle=\langle u\wedge v,u\rangle+\langle u\wedge v,v\rangle=0, puisque uvu\wedge v est orthogonal à uu et à vv.

[v,u,w]=1,[u,v,u+v]=0\boxed{[v,u,w]=1,\qquad[u,v,u+v]=0}

Et la permutation circulaire ne change rien : [u,v,w]=[v,w,u]=[w,u,v]=1[u,v,w]=[v,w,u]=[w,u,v]=-1 (deux échanges = deux changements de signe).

Rappel de cours

Produit mixte : [u,v,w]=det(u,v,w)=uv,w[u,v,w]=\det(u,v,w)=\langle u\wedge v,w\rangle (dans une BON directe). Trilinéaire, alterné (change de signe à chaque échange, donc nul si deux vecteurs sont égaux), invariant par permutation circulaire.

Lecture géométrique. [u,v,w]\lvert[u,v,w]\rvert = volume du parallélépipède ; 16\tfrac16 de cela pour le tétraèdre. [u,v,w]=0    u,v,w[u,v,w]=0\iff u,v,w coplanaires. [u,v,w]>0    (u,v,w)[u,v,w]>0\iff(u,v,w) base directe.

Ne dépend pas de la BON directe dans laquelle on calcule : changer de BON directe multiplie le déterminant par detP=+1\det P=+1.

L'erreur classique

⚠️ Oublier le signe. Un produit mixte est un volume orienté ; « volume =1=-1 » est un abus qui cache l'information d'orientation. Écrire [u,v,w]=1[u,v,w]=-1 et volume =1=1.

⚠️ Le sixième du tétraèdre. Le tétraèdre (0,u,v,w)(0,u,v,w) a pour volume 16det\tfrac16\lvert\det\rvert, pas 13\tfrac13 (ce serait « base ×\times hauteur /3/3 » avec la base triangle, d'aire moitié : 133213=16\tfrac13\cdot\tfrac32\cdot\tfrac13=\tfrac16, on y revient).

⚠️ Croire qu'une permutation quelconque conserve le signe. Seules les permutations circulaires (paires) le conservent ; une transposition le change. C'est la signature du chapitre Groupes.

À retenir

[u,v,w]=det(u,v,w)=uv,w[u,v,w]=\det(u,v,w)=\langle u\wedge v,w\rangle : volume orienté, base directe si positif, coplanaires si nul.

Alterné : échanger deux vecteurs change le signe, ce qui rend le produit mixte nul dès que deux vecteurs coïncident — et qui en fait l'instrument de mesure de l'orientation. En B4, [u,Au,a][u,Au,a] dira le sens d'une rotation autour de l'axe aa.

Réponse. [u,v,w]=1[u,v,w]=-1 (déterminant, et uv,w=0+12=1\langle u\wedge v,w\rangle=0+1-2=-1) ; base indirecte ; volume 11 (parallélépipède) et 16\tfrac16 (tétraèdre) ; [v,u,w]=1[v,u,w]=1, [u,v,u+v]=0[u,v,u+v]=0. (Recoupement : hauteur 13\tfrac13 sur une base d'aire 33 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Projection orthogonale sur un plan et distance (rappel)

CalculDifficulté 3/5

Dans R3\mathbb{R}^3, soit PP le plan d'équation xy+2z=0x-y+2z=0 et b=(1,2,3)b=(1,2,3). 1. Donner un vecteur normal nn à PP et calculer le projeté orthogonal de bb sur la droite Rn\mathbb{R}n. 2. En déduire le projeté orthogonal pP(b)p_P(b) de bb sur PP, et vérifier qu'il est dans PP. 3. Calculer la distance de bb à PP de deux façons. 4. Vérifier la relation de Pythagore b2=pP(b)2+d(b,P)2\lVert b\rVert^2=\lVert p_P(b)\rVert^2+d(b,P)^2.

Indices (3)

Les coefficients de l'équation du plan sont les coordonnées d'un vecteur normal.

pRn(b)=b,nn2np_{\mathbb{R}n}(b)=\dfrac{\langle b,n\rangle}{\lVert n\rVert^2}n, et pP(b)=bpRn(b)p_P(b)=b-p_{\mathbb{R}n}(b).

d(b,P)=bpP(b)=b,nnd(b,P)=\lVert b-p_P(b)\rVert=\dfrac{\lvert\langle b,n\rangle\rvert}{\lVert n\rVert}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Projeter sur un plan de R3\mathbb{R}^3, c'est retirer la composante normale. Le plan PP et sa droite normale D=RnD=\mathbb{R}n sont supplémentaires orthogonaux : b=pP(b)+pD(b)b=p_P(b)+p_D(b), et la composante sur la droite est la plus facile à calculer — un seul produit scalaire. C'est pour cela qu'on passe par la normale, et pas par une base du plan (qu'il faudrait d'abord orthonormaliser).

👉 Ce rappel du chapitre Formes quadratiques (approfondissement C) est ici parce que la distance à un plan est le calcul le plus fréquent du chapitre : il resservira pour les projecteurs (D1) et pour la décomposition d'un vecteur de translation (E1).

La normale et la projection sur la droite

L'équation xy+2z=0x-y+2z=0 s'écrit (x,y,z),n=0\langle(x,y,z),n\rangle=0 avec

n=(1,1,2)\boxed{n=(1,-1,2)}
Ce vecteur est orthogonal à tout vecteur du plan : c'est un vecteur normal. On a n2=1+1+4=6\lVert n\rVert^2=1+1+4=6 et b,n=12+6=5\langle b,n\rangle=1-2+6=5. Le projeté de bb sur la droite D=RnD=\mathbb{R}n est
pD(b)=b,nn2n=56(1,1,2).p_D(b)=\frac{\langle b,n\rangle}{\lVert n\rVert^2}\,n=\frac56\,(1,-1,2).
Contrôle : bpD(b)b-p_D(b) doit être orthogonal à nn — c'est la question suivante.

La projection sur le plan
pP(b)=bpD(b)=(1,2,3)56(1,1,2)=(156, 2+56, 3106)=(16, 176, 43).p_P(b)=b-p_D(b)=(1,2,3)-\frac56(1,-1,2)=\Bigl(1-\frac56,\ 2+\frac56,\ 3-\frac{10}6\Bigr)=\Bigl(\frac16,\ \frac{17}6,\ \frac43\Bigr).

Vérification qu'il est dans PP : 16176+243=117+166=0\dfrac16-\dfrac{17}6+2\cdot\dfrac43=\dfrac{1-17+16}6=0 ✓.

pP(b)=(16,176,43)\boxed{p_P(b)=\Bigl(\frac16,\frac{17}6,\frac43\Bigr)}

Et bpP(b)=pD(b)=56nb-p_P(b)=p_D(b)=\tfrac56n est bien orthogonal au plan (colinéaire à la normale). Numériquement 1762,833\dfrac{17}6\approx2{,}833 : le déplacement bpP(b)=56(1,1,2)b-p_P(b)=\tfrac56(1,-1,2) est deux fois plus grand en zz (53\tfrac53) qu'en xx et en yy (56\tfrac56 chacune) — il est proportionnel à la normale, dont la composante zz vaut 22.

La distance, de deux façons

Par la formule. d(b,P)=b,nn=562,041d(b,P)=\dfrac{\lvert\langle b,n\rangle\rvert}{\lVert n\rVert}=\dfrac5{\sqrt6}\approx2{,}041.

Par le projeté. d(b,P)=bpP(b)=56n=566=566=56d(b,P)=\lVert b-p_P(b)\rVert=\lVert\tfrac56n\rVert=\tfrac56\sqrt6=\dfrac{5\sqrt6}6=\dfrac5{\sqrt6} ✓.

d(b,P)=56\boxed{d(b,P)=\frac5{\sqrt6}}

C'est la plus courte distance de bb à un point du plan : pour tout fPf\in P, bf2=bpP(b)2+pP(b)f2d(b,P)2\lVert b-f\rVert^2=\lVert b-p_P(b)\rVert^2+\lVert p_P(b)-f\rVert^2\geq d(b,P)^2, par Pythagore (bpP(b)Pb-p_P(b)\perp P et pP(b)fPp_P(b)-f\in P). Le minimum est atteint en f=pP(b)f=p_P(b) seulement.

Pythagore
b2=1+4+9=14,pP(b)2=136+28936+169=1+289+6436=35436=596,d(b,P)2=256.\lVert b\rVert^2=1+4+9=14,\qquad\lVert p_P(b)\rVert^2=\frac1{36}+\frac{289}{36}+\frac{16}9=\frac{1+289+64}{36}=\frac{354}{36}=\frac{59}6,\qquad d(b,P)^2=\frac{25}6.
596+256=846=14 \frac{59}6+\frac{25}6=\frac{84}6=14\ ✓
b2=pP(b)2+d(b,P)2\boxed{\lVert b\rVert^2=\lVert p_P(b)\rVert^2+d(b,P)^2}

Numériquement 143,742\sqrt{14}\approx3{,}742 et 5963,136\sqrt{\tfrac{59}6}\approx3{,}136 : le projeté est un peu plus court que bb, comme tout projeté orthogonal (pP(b)b\lVert p_P(b)\rVert\leq\lVert b\rVert, égalité si et seulement si bPb\in P).

Rappel de cours

Projection orthogonale sur un plan P=nP=n^\perp de R3\mathbb{R}^3 : pP(x)=xx,nn2np_P(x)=x-\dfrac{\langle x,n\rangle}{\lVert n\rVert^2}n. Sur une droite D=RuD=\mathbb{R}u : pD(x)=x,uu2up_D(x)=\dfrac{\langle x,u\rangle}{\lVert u\rVert^2}u. Toujours : xpF(x)Fx-p_F(x)\perp F.

Distance : d(x,F)=xpF(x)=minfFxfd(x,F)=\lVert x-p_F(x)\rVert=\min_{f\in F}\lVert x-f\rVert ; pour un plan de R3\mathbb{R}^3, d(x,P)=x,nnd(x,P)=\dfrac{\lvert\langle x,n\rangle\rvert}{\lVert n\rVert} — pour un plan affine x,n=c\langle x,n\rangle=c, remplacer x,n\langle x,n\rangle par x,nc\langle x,n\rangle-c.

Pythagore : x2=pF(x)2+d(x,F)2\lVert x\rVert^2=\lVert p_F(x)\rVert^2+d(x,F)^2.

L'erreur classique

⚠️ Diviser par n\lVert n\rVert au lieu de n2\lVert n\rVert^2 dans la projection. b,nn\dfrac{\langle b,n\rangle}{\lVert n\rVert} est une longueur (la distance signée), pas un coefficient de vecteur. Le projeté est b,nn2n\dfrac{\langle b,n\rangle}{\lVert n\rVert^2}n — on peut le retenir comme b,nnnn\langle b,\tfrac n{\lVert n\rVert}\rangle\tfrac n{\lVert n\rVert}.

⚠️ Prendre la projection pour la distance. La distance est ce qui reste une fois la projection retirée : bpP(b)\lVert b-p_P(b)\rVert, pas pP(b)\lVert p_P(b)\rVert.

⚠️ Mesurer la distance à l'origine. b=14\lVert b\rVert=\sqrt{14} n'est pas la distance de bb au plan : le plan passe par l'origine mais ne s'y réduit pas.

À retenir

Sur un plan de R3\mathbb{R}^3 : projeter, c'est retirer la composante normale, et la distance est la norme de cette composante, b,nn\dfrac{\lvert\langle b,n\rangle\rvert}{\lVert n\rVert}.

Pythagore contrôle tout : la norme de bb se partage entre le projeté et la distance. Le chapitre Formes quadratiques traite le cas général (sous-espace quelconque, Gram-Schmidt) ; l'approfondissement D reprend la même projection sous forme matricielle, P=InnTn2P=I-\dfrac{nn^{\mathsf T}}{\lVert n\rVert^2}.

Réponse. n=(1,1,2)n=(1,-1,2), pRn(b)=56(1,1,2)p_{\mathbb{R}n}(b)=\tfrac56(1,-1,2), pP(b)=(16,176,43)p_P(b)=\bigl(\tfrac16,\tfrac{17}6,\tfrac43\bigr) (dans PP : 16176+83=0\tfrac16-\tfrac{17}6+\tfrac83=0) ; d(b,P)=562,041d(b,P)=\tfrac5{\sqrt6}\approx2{,}041 ; Pythagore : 596+256=14=b2\tfrac{59}6+\tfrac{25}6=14=\lVert b\rVert^2 ✓.
Faire cet exercice dans l'app →

Rotations et réflexions du plan : lire la matrice

CalculDifficulté 3/5

On donne R=(12323212)R=\begin{pmatrix}\frac12&-\frac{\sqrt3}2\\ \frac{\sqrt3}2&\frac12\end{pmatrix} et S=(12323212)S=\begin{pmatrix}\frac12&\frac{\sqrt3}2\\ \frac{\sqrt3}2&-\frac12\end{pmatrix}. 1. Vérifier que RR et SS sont orthogonales et calculer leurs déterminants. 2. Identifier RR (angle) et SS (axe de la réflexion, en donnant un vecteur directeur). 3. Calculer R(1,0)R(1,0), S2S^2 et le plus petit k1k\geq1 tel que Rk=IR^k=I.

Indices (3)

Comparer RR à Rθ=(cosθsinθsinθcosθ)R_\theta=\begin{pmatrix}\cos\theta&-\sin\theta\\ \sin\theta&\cos\theta\end{pmatrix} et SS à Sθ=(cosθsinθsinθcosθ)S_\theta=\begin{pmatrix}\cos\theta&\sin\theta\\ \sin\theta&-\cos\theta\end{pmatrix}.

L'axe d'une réflexion est ker(SI)\ker(S-I) : les vecteurs fixes.

Rθk=RkθR_\theta^k=R_{k\theta} : chercher le premier kk tel que kθk\theta soit un multiple de 2π2\pi.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Dans O(2)\mathrm{O}(2) il n'y a que deux formes de matrices, et elles se reconnaissent d'un coup d'œil. Une rotation a ses deux coefficients diagonaux égaux et ses deux coefficients antidiagonaux opposés (cos,sin\cos,-\sin sur la première ligne). Une réflexion a ses coefficients diagonaux opposés et ses antidiagonaux égaux — elle est symétrique. Le déterminant confirme : +1+1 pour la première, 1-1 pour la seconde.

👉 Puis chaque forme se lit : θ\theta pour la rotation ; pour la réflexion, l'axe est la droite d'angle θ2\tfrac\theta2, ce qui se retrouve toujours par ker(SI)\ker(S-I) si l'on a oublié la formule.

Orthogonalité et déterminants

Colonnes de RR : (12,32)\bigl(\tfrac12,\tfrac{\sqrt3}2\bigr) et (32,12)\bigl(-\tfrac{\sqrt3}2,\tfrac12\bigr), de normes 14+34=1\tfrac14+\tfrac34=1 et de produit scalaire 34+34=0-\tfrac{\sqrt3}4+\tfrac{\sqrt3}4=0 : RR est orthogonale. Colonnes de SS : (12,32)\bigl(\tfrac12,\tfrac{\sqrt3}2\bigr) et (32,12)\bigl(\tfrac{\sqrt3}2,-\tfrac12\bigr), normes 11, produit scalaire 3434=0\tfrac{\sqrt3}4-\tfrac{\sqrt3}4=0 : SS est orthogonale.

detR=14+34=1,detS=1434=1.\det R=\frac14+\frac34=1,\qquad\det S=-\frac14-\frac34=-1.
detR=1,detS=1\boxed{\det R=1,\quad\det S=-1}
RR est une isométrie directe, SS une isométrie indirecte du plan.

R est la rotation d'angle π/3

RR a la forme (cosθsinθsinθcosθ)\begin{pmatrix}\cos\theta&-\sin\theta\\ \sin\theta&\cos\theta\end{pmatrix} avec cosθ=12\cos\theta=\tfrac12 et sinθ=320,866\sin\theta=\tfrac{\sqrt3}2\approx0{,}866 : l'unique θ]π,π]\theta\in\,]-\pi,\pi] est θ=π3\theta=\tfrac\pi3.

R=Rπ/3\boxed{R=R_{\pi/3}}
Image de e1e_1 : R(1,0)=(12,32)(0,5;0,866)R(1,0)=\bigl(\tfrac12,\tfrac{\sqrt3}2\bigr)\approx(0{,}5\,;\,0{,}866) — c'est la première colonne, le point du cercle unité d'angle π3\tfrac\pi3. Une rotation d'angle θ≢0 [2π]\theta\not\equiv0\ [2\pi] n'a aucun vecteur fixe non nul : ker(RI)={0}\ker(R-I)=\{0\}, ce qu'on voit sur det(RI)=(cosθ1)2+sin2θ=22cosθ=10\det(R-I)=(\cos\theta-1)^2+\sin^2\theta=2-2\cos\theta=1\neq0.

Ordre. Rk=Rkπ/3R^k=R_{k\pi/3}, et Rkπ/3=IR_{k\pi/3}=I si et seulement si kπ32πZ\tfrac{k\pi}3\in2\pi\mathbb{Z}, c'est-à-dire 6k6\mid k. Le plus petit k1k\geq1 est

k=6\boxed{k=6}
Contrôle : R3=Rπ=IR^3=R_\pi=-I, puis R6=(I)2=IR^6=(-I)^2=I ✓ (certifié : RkIR^k\neq I pour k=1,,5k=1,\dots,5).

S est la réflexion d'axe d'angle π/6

SS a la forme (cosθsinθsinθcosθ)\begin{pmatrix}\cos\theta&\sin\theta\\ \sin\theta&-\cos\theta\end{pmatrix} avec le même θ=π3\theta=\tfrac\pi3 : c'est Sπ/3S_{\pi/3}, réflexion par rapport à la droite d'angle θ2=π6\tfrac\theta2=\tfrac\pi6, dirigée par (cosπ6,sinπ6)=(32,12)\bigl(\cos\tfrac\pi6,\sin\tfrac\pi6\bigr)=\bigl(\tfrac{\sqrt3}2,\tfrac12\bigr), ou plus simplement par (3,1)(\sqrt3,1).

Vérification par les vecteurs fixes : S(31)=(32+323212)=(31)S\begin{pmatrix}\sqrt3\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}\frac{\sqrt3}2+\frac{\sqrt3}2\\ \frac32-\frac12\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}\sqrt3\\1\end{pmatrix} ✓. Et le vecteur normal (1,3)(-1,\sqrt3) est renversé : S(1,3)=(12+32, 3232)=(1,3)=(1,3)S(-1,\sqrt3)=\bigl(-\tfrac12+\tfrac32,\ -\tfrac{\sqrt3}2-\tfrac{\sqrt3}2\bigr)=(1,-\sqrt3)=-(-1,\sqrt3) ✓.

S=Sπ/3: reˊflexion d’axe dirigeˊ par (3,1)\boxed{S=S_{\pi/3}:\ \text{réflexion d'axe dirigé par }(\sqrt3,1)}
S2=IS^2=I (certifié) : une réflexion est involutive, ses valeurs propres sont 11 (sur l'axe) et 1-1 (sur la normale).

Rappel de cours

SO(2)\mathrm{SO}(2) : rotations Rθ=(cosθsinθsinθcosθ)R_\theta=\begin{pmatrix}\cos\theta&-\sin\theta\\ \sin\theta&\cos\theta\end{pmatrix}, RθRφ=Rθ+φR_\theta R_\varphi=R_{\theta+\varphi}, Rθ1=Rθ=RθTR_\theta^{-1}=R_{-\theta}=R_\theta^{\mathsf T}. Aucun vecteur fixe si θ≢0\theta\not\equiv0.

O(2)SO(2)\mathrm{O}(2)\setminus\mathrm{SO}(2) : réflexions Sθ=(cosθsinθsinθcosθ)S_\theta=\begin{pmatrix}\cos\theta&\sin\theta\\ \sin\theta&-\cos\theta\end{pmatrix}, symétriques, involutives, d'axe la droite d'angle θ2\tfrac\theta2 ; detSθ=1\det S_\theta=-1, valeurs propres ±1\pm1.

Lecture : diagonale égale et antidiagonale opposée → rotation ; diagonale opposée et antidiagonale égale → réflexion.

L'erreur classique

⚠️ Lire l'axe de SθS_\theta à l'angle θ\theta. L'axe fait l'angle θ2\tfrac\theta2 : Sπ/3S_{\pi/3} a pour axe la droite d'angle π6\tfrac\pi6, pas π3\tfrac\pi3. Le contrôle ker(SI)\ker(S-I) l'attrape.

⚠️ Prendre arccos12=π3\arccos\tfrac12=\tfrac\pi3 sans regarder le sinus. cosθ=12\cos\theta=\tfrac12 laisse θ=±π3\theta=\pm\tfrac\pi3 ; c'est le signe de sinθ\sin\theta (coefficient (2,1)(2,1)) qui tranche. Ici +32+\tfrac{\sqrt3}2, donc +π3+\tfrac\pi3.

⚠️ Croire qu'une réflexion et une rotation de même θ\theta sont « la même chose au signe près ». Sθ=RθS0S_\theta=R_\theta S_0 : la réflexion est une rotation suivie d'une réflexion fixe. Elles n'ont ni les mêmes points fixes, ni le même déterminant, ni le même ordre (S2=IS^2=I, R6=IR^6=I).

À retenir

Deux formes seulement dans O(2)\mathrm{O}(2), et la forme dit tout : RθR_\theta (angle θ\theta, ordre égal au dénominateur de θ2π\tfrac\theta{2\pi} quand ce quotient est rationnel) ou SθS_\theta (axe d'angle θ2\tfrac\theta2, involutive).

ker(SI)\ker(S-I) donne l'axe sans formule : chercher les vecteurs fixes marche toujours, en dimension 22 comme en dimension 33 (lot B, suite).

Réponse. RR et SS orthogonales, detR=1\det R=1, detS=1\det S=-1 ; R=Rπ/3R=R_{\pi/3}, S=Sπ/3S=S_{\pi/3} = réflexion d'axe dirigé par (3,1)(\sqrt3,1) ; R(1,0)=(12,32)R(1,0)=\bigl(\tfrac12,\tfrac{\sqrt3}2\bigr), S2=IS^2=I, R6=IR^6=I avec k=6k=6 minimal. (Recoupement : S(3,1)=(3,1)S(\sqrt3,1)=(\sqrt3,1) ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Composée de deux réflexions du plan : l'angle double

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Montrer que SβSα=RβαS_\beta S_\alpha=R_{\beta-\alpha} pour tous α,β\alpha,\beta (matrices de la leçon), et interpréter : la composée de deux réflexions d'axes faisant l'angle φ\varphi est la rotation d'angle 2φ2\varphi. Que donne l'ordre inverse ? 2. Vérifier sur les axes OxOx et y=xy=x : calculer sy=xsOxs_{y=x}\circ s_{Ox} et sOxsy=xs_{Ox}\circ s_{y=x}. 3. Montrer que toute rotation du plan est composée de deux réflexions, dont l'une peut être choisie arbitrairement, puis que toute isométrie du plan est composée d'au plus deux réflexions.

Indices (3)

Faire le produit matriciel et reconnaître cos(βα)\cos(\beta-\alpha) et sin(βα)\sin(\beta-\alpha) dans les coefficients (formules d'addition).

sOx=S0=diag(1,1)s_{Ox}=S_0=\operatorname{diag}(1,-1) et sy=x=Sπ/2=(0110)s_{y=x}=S_{\pi/2}=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix} (axe d'angle π4\tfrac\pi4, paramètre π2\tfrac\pi2).

Écrire Rθ=Sθ+αSαR_\theta=S_{\theta+\alpha}S_\alpha ; pour une réflexion, une seule suffit.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux réflexions font une rotation, et l'angle de la rotation est le double de l'angle des axes. C'est le théorème le plus utile du chapitre : il dit que les réflexions engendrent tout O(2)\mathrm{O}(2), et il explique pourquoi une rotation « n'a pas de mémoire » de l'axe choisi — seule la différence des angles compte.

👉 La preuve est un produit de matrices et deux formules d'addition. Sa lecture demande un soin : dans SθS_\theta, le paramètre θ\theta est le double de l'angle de l'axe ; donc SβSα=RβαS_\beta S_\alpha=R_{\beta-\alpha} se lit « les axes font l'angle βα2\tfrac{\beta-\alpha}2 et la rotation vaut βα\beta-\alpha » — bien le double.

Le produit S_β S_α
SβSα=(cosβsinβsinβcosβ)(cosαsinαsinαcosα)=(cosβcosα+sinβsinαcosβsinαsinβcosαsinβcosαcosβsinαsinβsinα+cosβcosα).S_\beta S_\alpha=\begin{pmatrix}\cos\beta&\sin\beta\\ \sin\beta&-\cos\beta\end{pmatrix}\begin{pmatrix}\cos\alpha&\sin\alpha\\ \sin\alpha&-\cos\alpha\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}\cos\beta\cos\alpha+\sin\beta\sin\alpha&\cos\beta\sin\alpha-\sin\beta\cos\alpha\\ \sin\beta\cos\alpha-\cos\beta\sin\alpha&\sin\beta\sin\alpha+\cos\beta\cos\alpha\end{pmatrix}.

Formules d'addition : cosβcosα+sinβsinα=cos(βα)\cos\beta\cos\alpha+\sin\beta\sin\alpha=\cos(\beta-\alpha) et sinβcosαcosβsinα=sin(βα)\sin\beta\cos\alpha-\cos\beta\sin\alpha=\sin(\beta-\alpha). Donc

SβSα=(cos(βα)sin(βα)sin(βα)cos(βα))=Rβα.S_\beta S_\alpha=\begin{pmatrix}\cos(\beta-\alpha)&-\sin(\beta-\alpha)\\ \sin(\beta-\alpha)&\cos(\beta-\alpha)\end{pmatrix}=R_{\beta-\alpha}.\qquad\blacksquare
Interprétation. L'axe de SαS_\alpha a pour angle α2\tfrac\alpha2, celui de SβS_\beta l'angle β2\tfrac\beta2 ; l'angle des axes est φ=βα2\varphi=\tfrac{\beta-\alpha}2, et la composée est la rotation d'angle βα=2φ\beta-\alpha=2\varphi.

Ordre inverse. En échangeant les rôles : SαSβ=Rαβ=R2φS_\alpha S_\beta=R_{\alpha-\beta}=R_{-2\varphi} — la rotation d'angle opposé. Deux réflexions ne commutent donc jamais, sauf si 2φ2φ2\varphi\equiv-2\varphi, c'est-à-dire axes égaux (la composée vaut alors II) ou perpendiculaires (elle vaut Rπ=IR_\pi=-I, dans les deux ordres).

SβSα=Rβα,SαSβ=Rαβ\boxed{S_\beta S_\alpha=R_{\beta-\alpha},\qquad S_\alpha S_\beta=R_{\alpha-\beta}}

Sur les axes Ox et y = x

sOx=(1001)s_{Ox}=\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix} (S0S_0) et sy=x=(0110)s_{y=x}=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix} (Sπ/2S_{\pi/2}, axe d'angle π4\tfrac\pi4).

sy=xsOx=(0110)(1001)=(0110)=Rπ/2,s_{y=x}\circ s_{Ox}=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}=R_{\pi/2},
sOxsy=x=(1001)(0110)=(0110)=Rπ/2.s_{Ox}\circ s_{y=x}=\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0&1\\-1&0\end{pmatrix}=R_{-\pi/2}.
Les axes font l'angle π4\tfrac\pi4, la rotation vaut π2\tfrac\pi2 : le double, et le sens dépend de l'ordre. Sur un point : (1,0)sOx(1,0)sy=x(0,1)(1,0)\xrightarrow{s_{Ox}}(1,0)\xrightarrow{s_{y=x}}(0,1), c'est bien un quart de tour direct.
sy=xsOx=Rπ/2,sOxsy=x=Rπ/2\boxed{s_{y=x}\circ s_{Ox}=R_{\pi/2},\qquad s_{Ox}\circ s_{y=x}=R_{-\pi/2}}

Toute isométrie du plan est composée d'au plus deux réflexions

Rotation. Soit RθR_\theta et α\alpha quelconque. D'après la question 1, Sθ+αSα=R(θ+α)α=RθS_{\theta+\alpha}S_\alpha=R_{(\theta+\alpha)-\alpha}=R_\theta. Toute rotation est donc composée de deux réflexions, et la première (SαS_\alpha) est arbitraire : on choisit l'axe qu'on veut, l'autre est alors imposé (axe d'angle α2+θ2\tfrac\alpha2+\tfrac\theta2). En particulier Rθ=SθS0R_\theta=S_\theta S_0.

Réflexion. Elle est déjà une réflexion : une seule suffit (et Sθ=SθIS_\theta=S_\theta\,I n'en demande pas deux).

Identité. I=SαSαI=S_\alpha S_\alpha pour n'importe quel α\alpha : deux fois la même réflexion.

Comme O(2)\mathrm{O}(2) ne contient que des rotations et des réflexions (classification, B3), toute isométrie vectorielle du plan est composée d'au plus deux réflexions. \blacksquare ℹ️ La classification de O(2)\mathrm{O}(2) est admise ici et démontrée à l'exercice suivant (B3), dont la preuve n'utilise pas la présente question : il n'y a pas de cercle.

une isomeˊtrie du plan = au plus deux reˊflexions\boxed{\text{une isométrie du plan = au plus deux réflexions}}
ℹ️ C'est le cas n=2n=2 du théorème de Cartan-Dieudonné (approfondissement C2), qui dit « au plus nn » en dimension nn.

Rappel de cours

Composée de deux réflexions d'axes faisant l'angle orienté φ\varphi (du premier axe vers le second) : la rotation d'angle 2φ2\varphi. Matriciellement SβSα=RβαS_\beta S_\alpha=R_{\beta-\alpha}. L'ordre inverse donne R2φR_{-2\varphi}.

Réciproque : Rθ=Sθ+αSαR_\theta=S_{\theta+\alpha}S_\alpha pour tout α\alpha — une rotation se décompose d'une infinité de façons, en choisissant librement la première réflexion.

Rotation puis réflexion : SβRθ=SβθS_\beta R_\theta=S_{\beta-\theta} et RθSα=Sθ+αR_\theta S_\alpha=S_{\theta+\alpha} : une réflexion.

L'erreur classique

⚠️ Oublier le facteur 22. Des axes à π4\tfrac\pi4 composent une rotation de π2\tfrac\pi2, pas de π4\tfrac\pi4. Le contrôle sur (1,0)(1,0) le montre en deux lignes.

⚠️ Croire que la composée de deux réflexions est une réflexion. det(SβSα)=(1)(1)=+1\det(S_\beta S_\alpha)=(-1)(-1)=+1 : c'est forcément une isométrie directe, donc une rotation. Une réflexion est indirecte.

⚠️ Croire que les réflexions commutent. sy=xsOx=Rπ/2Rπ/2=sOxsy=xs_{y=x}\circ s_{Ox}=R_{\pi/2}\neq R_{-\pi/2}=s_{Ox}\circ s_{y=x}. Elles ne commutent que si leurs axes sont égaux ou perpendiculaires.

À retenir

Deux réflexions = une rotation d'angle double, dans le sens qui va du premier axe au second. Une rotation = deux réflexions, la première au choix.

Les réflexions engendrent O(2)\mathrm{O}(2), avec au plus deux facteurs. Ce sont les briques élémentaires des isométries — en dimension 33 il en faut jusqu'à trois (C2), en dimension nn jusqu'à nn (Cartan-Dieudonné, admis).

Réponse. SβSα=RβαS_\beta S_\alpha=R_{\beta-\alpha} (formules d'addition) : axes à φ=βα2\varphi=\tfrac{\beta-\alpha}2, rotation d'angle 2φ2\varphi ; l'ordre inverse donne R2φR_{-2\varphi} ; sy=xsOx=Rπ/2s_{y=x}\circ s_{Ox}=R_{\pi/2} et sOxsy=x=Rπ/2s_{Ox}\circ s_{y=x}=R_{-\pi/2} ; Rθ=Sθ+αSαR_\theta=S_{\theta+\alpha}S_\alpha pour tout α\alpha, donc toute isométrie du plan est composée d'au plus deux réflexions. (Recoupement : (1,0)(1,0)(0,1)(1,0)\mapsto(1,0)\mapsto(0,1), quart de tour ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Classification de O(2) : démonstration

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Soit A=(abcd)O(2)A=\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}\in\mathrm{O}(2). Montrer qu'il existe θ\theta tel que (a,c)=(cosθ,sinθ)(a,c)=(\cos\theta,\sin\theta), puis que (b,d)=±(sinθ,cosθ)(b,d)=\pm(-\sin\theta,\cos\theta). En déduire que A=RθA=R_\theta ou A=SθA=S_\theta, selon le signe de detA\det A. 2. Montrer que SO(2)\mathrm{SO}(2) est abélien. 3. Montrer que O(2)\mathrm{O}(2) n'est pas abélien, en calculant Rπ/2S0R_{\pi/2}S_0 et S0Rπ/2S_0R_{\pi/2}. 4. Montrer que S0RθS0=RθS_0R_\theta S_0=R_{-\theta} : que fait une réflexion à une rotation ?

Indices (3)

La première colonne est un vecteur unitaire du plan : elle s'écrit (cosθ,sinθ)(\cos\theta,\sin\theta).

La seconde colonne est unitaire et orthogonale à la première : dans le plan, il n'y a que deux tels vecteurs.

RθRφ=Rθ+φ=Rφ+θR_\theta R_\varphi=R_{\theta+\varphi}=R_{\varphi+\theta} : les angles s'ajoutent, et l'addition est commutative.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une matrice orthogonale 2×22\times2 est entièrement déterminée par sa première colonne et un signe. La première colonne est un vecteur unitaire, donc un point du cercle : un angle θ\theta. La seconde doit être unitaire et orthogonale à la première — et dans le plan, il n'y a que deux vecteurs unitaires orthogonaux à un vecteur donné, opposés l'un de l'autre. Ce signe est exactement le déterminant.

👉 Voilà pourquoi O(2)\mathrm{O}(2) est si simple : un cercle de rotations, un cercle de réflexions, et rien d'autre. En dimension 33 la même idée (compléter une colonne en BON) laisse beaucoup plus de liberté, d'où la classification plus riche du lot B suivant.

Première colonne : un angle

Les colonnes de AA forment une BON. La première, (a,c)(a,c), est unitaire : a2+c2=1a^2+c^2=1. Un point du cercle unité s'écrit de façon unique (cosθ,sinθ)(\cos\theta,\sin\theta) avec θ]π,π]\theta\in\,]-\pi,\pi] : il existe donc θ\theta tel que a=cosθa=\cos\theta, c=sinθc=\sin\theta.

Seconde colonne : un signe. (b,d)(b,d) est unitaire et (a,c),(b,d)=0\langle(a,c),(b,d)\rangle=0, soit bcosθ+dsinθ=0b\cos\theta+d\sin\theta=0. Le vecteur (b,d)(b,d) est donc orthogonal à (cosθ,sinθ)(\cos\theta,\sin\theta) ; l'orthogonal d'une droite du plan est une droite, dirigée par (sinθ,cosθ)(-\sin\theta,\cos\theta) ; un vecteur unitaire de cette droite est ±(sinθ,cosθ)\pm(-\sin\theta,\cos\theta). Donc

A=(cosθεsinθsinθεcosθ),ε=±1,A=\begin{pmatrix}\cos\theta&-\varepsilon\sin\theta\\ \sin\theta&\varepsilon\cos\theta\end{pmatrix},\qquad\varepsilon=\pm1,
et detA=ε(cos2θ+sin2θ)=ε\det A=\varepsilon(\cos^2\theta+\sin^2\theta)=\varepsilon. Si detA=1\det A=1, A=RθA=R_\theta ; si detA=1\det A=-1, A=(cosθsinθsinθcosθ)=SθA=\begin{pmatrix}\cos\theta&\sin\theta\\ \sin\theta&-\cos\theta\end{pmatrix}=S_\theta. \blacksquare
O(2)={Rθ}{Sθ}\boxed{\mathrm{O}(2)=\{R_\theta\}\sqcup\{S_\theta\}}

SO(2) est abélien

Les formules d'addition donnent directement

RθRφ=(cosθsinθsinθcosθ)(cosφsinφsinφcosφ)=(cos(θ+φ)sin(θ+φ)sin(θ+φ)cos(θ+φ))=Rθ+φ.R_\theta R_\varphi=\begin{pmatrix}\cos\theta&-\sin\theta\\ \sin\theta&\cos\theta\end{pmatrix}\begin{pmatrix}\cos\varphi&-\sin\varphi\\ \sin\varphi&\cos\varphi\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}\cos(\theta+\varphi)&-\sin(\theta+\varphi)\\ \sin(\theta+\varphi)&\cos(\theta+\varphi)\end{pmatrix}=R_{\theta+\varphi}.
Comme θ+φ=φ+θ\theta+\varphi=\varphi+\theta,
RθRφ=Rθ+φ=Rφ+θ=RφRθ.R_\theta R_\varphi=R_{\theta+\varphi}=R_{\varphi+\theta}=R_\varphi R_\theta.
Deux rotations quelconques du plan commutent : SO(2)\mathrm{SO}(2) est abélien. \blacksquare

Mieux : θRθ\theta\mapsto R_\theta est un morphisme surjectif de (R,+)(\mathbb{R},+) sur SO(2)\mathrm{SO}(2), de noyau 2πZ2\pi\mathbb{Z}, donc SO(2)R/2πZU\mathrm{SO}(2)\simeq\mathbb{R}/2\pi\mathbb{Z}\simeq\mathbb{U} (les complexes de module 11, par RθeiθR_\theta\mapsto e^{i\theta}). C'est le groupe des angles.

SO(2) abeˊlien, U\boxed{\mathrm{SO}(2)\text{ abélien, }\simeq\mathbb{U}}

O(2) n'est pas abélien
Rπ/2S0=(0110)(1001)=(0110),S0Rπ/2=(1001)(0110)=(0110).R_{\pi/2}S_0=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix},\qquad S_0R_{\pi/2}=\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0&-1\\-1&0\end{pmatrix}.

Les deux produits diffèrent (ce sont les réflexions d'axes y=xy=x et y=xy=-x) : O(2)\mathrm{O}(2) n'est pas abélien. \blacksquare

Rπ/2S0=Sπ/2Sπ/2=S0Rπ/2\boxed{R_{\pi/2}S_0=S_{\pi/2}\neq S_{-\pi/2}=S_0R_{\pi/2}}
En général RθS0=SθR_\theta S_0=S_\theta (réflexion puis rotation) et S0Rθ=SθS_0R_\theta=S_{-\theta} (rotation puis réflexion) : composer une rotation et une réflexion donne une réflexion, mais laquelle dépend de l'ordre.

Une réflexion conjugue une rotation en son inverse
S0RθS0=(S0Rθ)S0=SθS0=Rθ0=RθS_0R_\theta S_0=(S_0R_\theta)S_0=S_{-\theta}S_0=R_{-\theta-0}=R_{-\theta}

(par la formule SβSα=RβαS_\beta S_\alpha=R_{\beta-\alpha} de B2). Donc

S0RθS0=Rθ=Rθ1\boxed{S_0R_\theta S_0=R_{-\theta}=R_\theta^{-1}}
Interprétation. Regarder une rotation « dans un miroir » la fait tourner dans l'autre sens : conjuguer par une réflexion renverse les angles. C'est la trace algébrique du fait qu'une réflexion change l'orientation. Dans le langage du chapitre Groupes : SO(2)\mathrm{SO}(2) est distingué dans O(2)\mathrm{O}(2) (le conjugué d'une rotation est une rotation), mais la conjugaison n'y est pas triviale — elle agit par θθ\theta\mapsto-\theta. C'est exactement la structure du groupe diédral infini.

Rappel de cours

Classification de O(2)\mathrm{O}(2). Toute matrice orthogonale 2×22\times2 est une rotation RθR_\theta (det=1\det=1) ou une réflexion SθS_\theta (det=1\det=-1). Il n'y a pas d'autre cas.

Structure. SO(2)U\mathrm{SO}(2)\simeq\mathbb{U} est abélien ; O(2)\mathrm{O}(2) ne l'est pas ; RθSα=Sθ+αR_\theta S_\alpha=S_{\theta+\alpha}, SαRθ=SαθS_\alpha R_\theta=S_{\alpha-\theta}, SαRθSα=RθS_\alpha R_\theta S_\alpha=R_{-\theta}.

Méthode de preuve : compléter une colonne unitaire en BON — la seule liberté est un signe.

L'erreur classique

⚠️ Oublier le cas ε=1\varepsilon=-1. « La première colonne est (cosθ,sinθ)(\cos\theta,\sin\theta), donc A=RθA=R_\theta » saute la moitié des matrices orthogonales. La seconde colonne est déterminée au signe près, et ce signe est le déterminant.

⚠️ Généraliser « abélien » de SO(2)\mathrm{SO}(2) à O(2)\mathrm{O}(2), ou à SO(3)\mathrm{SO}(3). SO(2)\mathrm{SO}(2) est le seul cas abélien : dès qu'on ajoute les réflexions, ou qu'on passe en dimension 33, deux isométries ne commutent plus en général (C3 : deux rotations de l'espace d'axes distincts).

⚠️ Lire S0RθS0=RθS_0R_\theta S_0=R_\theta « parce que S02=IS_0^2=I ». Conjuguer n'est pas simplifier : S0RθS0RθS0S0S_0R_\theta S_0\neq R_\theta S_0S_0, les matrices ne commutent pas.

À retenir

O(2)\mathrm{O}(2) = rotations \sqcup réflexions, par « colonne unitaire + signe ». C'est la classification la plus simple du chapitre, et le modèle de celle de O(3)\mathrm{O}(3).

SO(2)\mathrm{SO}(2) est abélien, O(2)\mathrm{O}(2) non, et une réflexion conjugue RθR_\theta en RθR_{-\theta} — la version algébrique de « un miroir inverse le sens de rotation ».

Réponse. Première colonne (cosθ,sinθ)(\cos\theta,\sin\theta), seconde ±(sinθ,cosθ)\pm(-\sin\theta,\cos\theta), le signe étant detA\det A : A=RθA=R_\theta ou SθS_\theta ; RθRφ=Rθ+φR_\theta R_\varphi=R_{\theta+\varphi} donc SO(2)\mathrm{SO}(2) abélien ; Rπ/2S0=(0110)(0110)=S0Rπ/2R_{\pi/2}S_0=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}\neq\begin{pmatrix}0&-1\\-1&0\end{pmatrix}=S_0R_{\pi/2} ; S0RθS0=RθS_0R_\theta S_0=R_{-\theta}. (Recoupement : det(Rπ/2S0)=1\det(R_{\pi/2}S_0)=-1, une réflexion ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Rotation de l'espace : axe, angle et signe de l'angle

CalculDifficulté 3/5

Soit P=(001100010)P=\begin{pmatrix}0&0&1\\1&0&0\\0&1&0\end{pmatrix} (elle envoie e1e2e3e1e_1\mapsto e_2\mapsto e_3\mapsto e_1). 1. Vérifier que PSO(3)P\in\mathrm{SO}(3). 2. Déterminer son axe ker(PI)\ker(P-I). 3. Calculer cosθ\cos\theta par la trace. 4. Orienter l'axe par a=(1,1,1)a=(1,1,1) et déterminer le signe de θ\theta par le produit mixte [e1,Pe1,a][e_1,Pe_1,a]. Que devient θ\theta si l'on oriente l'axe par a-a ? 5. Vérifier la cohérence avec P3=IP^3=I.

Indices (3)

Les colonnes de PP sont e2,e3,e1e_2,e_3,e_1 : une permutation de la base canonique est orthonormée.

ker(PI)\ker(P-I) : résoudre Px=xPx=x, soit z=xz=x, x=yx=y, y=zy=z.

cosθ=trP12\cos\theta=\dfrac{\operatorname{tr}P-1}2, et le signe de θ\theta est celui de det(u,Pu,a)\det(u,Pu,a) pour uu hors de l'axe.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une rotation de l'espace est déterminée par un axe et un angle, mais l'angle n'a de signe qu'une fois l'axe orienté. Le cosinus se lit sur la trace — un invariant, indépendant de tout choix. Le signe, lui, dépend du sens choisi sur l'axe : la même rotation est « +θ+\theta autour de aa » et « θ-\theta autour de a-a ». C'est le piège du chapitre, et le produit mixte est l'instrument qui le règle : [u,Pu,a]>0[u,Pu,a]>0 signifie que uu tourne vers PuPu dans le sens direct vu depuis la pointe de aa.

👉 La permutation circulaire est l'exemple à connaître : elle tourne les trois axes de coordonnées les uns sur les autres, donc elle fixe la diagonale (1,1,1)(1,1,1) et tourne d'un tiers de tour autour d'elle.

P est dans SO(3)

Les colonnes de PP sont e2e_2, e3e_3, e1e_1 : trois vecteurs de la base canonique, donc une famille orthonormée. PP est orthogonale, et P1=PTP^{-1}=P^{\mathsf T} (qui envoie e2e1e_2\mapsto e_1, etc. : la permutation inverse).

detP\det P : la permutation e1e2e3e1e_1\to e_2\to e_3\to e_1 est un 33-cycle, de signature +1+1 (deux transpositions). Par développement : detP=0()0()+1(1100)=1\det P=0\cdot(\ldots)-0\cdot(\ldots)+1\cdot(1\cdot1-0\cdot0)=1.

PSO(3)\boxed{P\in\mathrm{SO}(3)}
C'est une isométrie directe de R3\mathbb{R}^3 différente de II : d'après la classification, une rotation.

L'axe

Px=xPx=x s'écrit (z,x,y)=(x,y,z)(z,x,y)=(x,y,z), soit z=xz=x, x=yx=y, y=zy=z : x=y=zx=y=z. Donc

ker(PI)=R(1,1,1)\boxed{\ker(P-I)=\mathbb{R}\,(1,1,1)}
de dimension 11, comme il se doit pour une rotation. Contrôle : P(1,1,1)=(1,1,1)P(1,1,1)=(1,1,1) ✓ — évidemment, la permutation des coordonnées d'un vecteur dont les trois coordonnées sont égales ne le change pas. Le plan (1,1,1)(1,1,1)^\perp, d'équation x+y+z=0x+y+z=0, est stable et c'est là que la rotation « tourne ».

Le cosinus par la trace

trP=0+0+0=0\operatorname{tr}P=0+0+0=0, donc

cosθ=trP12=012=12.\cos\theta=\frac{\operatorname{tr}P-1}2=\frac{0-1}2=-\frac12.
D'où θ=±2π3\theta=\pm\dfrac{2\pi}3, soit ±120\pm120^\circ — le tiers de tour attendu. Numériquement 2π32,094\dfrac{2\pi}3\approx2{,}094 radians. La trace ne dit pas lequel des deux : c'est la question suivante.
cosθ=12\boxed{\cos\theta=-\frac12}

Le signe par le produit mixte, axe orienté

On oriente l'axe par a=(1,1,1)a=(1,1,1) et on prend u=e1u=e_1, qui n'est pas sur l'axe. Alors Pu=e2Pu=e_2, et

[e1,Pe1,a]=det(101011001)=1>0.[e_1,Pe_1,a]=\det\begin{pmatrix}1&0&1\\0&1&1\\0&0&1\end{pmatrix}=1>0.
La base (e1,e2,a)(e_1,e_2,a) est directe : vu depuis la pointe de aa, e1e_1 tourne vers e2e_2 dans le sens direct. Donc θ>0\theta>0 :
P=rotation d’axe orienteˊ par (1,1,1) et d’angle +2π3\boxed{P=\text{rotation d'axe orienté par }(1,1,1)\text{ et d'angle }+\frac{2\pi}3}
Si l'on oriente par a-a : le produit mixte [e1,Pe1,a]=1<0[e_1,Pe_1,-a]=-1<0, et la même rotation est d'angle 2π3-\dfrac{2\pi}3 autour de (1,1,1)-(1,1,1). Ce n'est pas une contradiction : « tourner de +120+120^\circ vu d'un côté » est « tourner de 120-120^\circ vu de l'autre côté ». Une correction qui écrit « θ=2π3\theta=\tfrac{2\pi}3 » sans dire quelle orientation de l'axe est incomplète.

Cohérence avec P³ = I

Trois fois la permutation circulaire ramène chaque vecteur à sa place : P3=IP^3=I (certifié), et P2IP^2\neq I (c'est la permutation inverse). L'angle d'une rotation composée trois fois est 3θ=32π3=2π03\theta=3\cdot\tfrac{2\pi}3=2\pi\equiv0 : cohérent. Réciproquement, une rotation d'ordre 33 a pour angle ±2π3\pm\tfrac{2\pi}3 — la trace confirme.

P3=I,32π3=2π\boxed{P^3=I,\quad 3\cdot\frac{2\pi}3=2\pi}

ℹ️ PP engendre un sous-groupe cyclique d'ordre 33 de SO(3)\mathrm{SO}(3) : c'est le groupe des rotations d'un triangle équilatéral, ici vu dans l'espace — les sommets e1,e2,e3e_1,e_2,e_3 forment un tel triangle, dans le plan x+y+z=1x+y+z=1.

Rappel de cours

Rotation de R3\mathbb{R}^3 : ASO(3)A\in\mathrm{SO}(3), AIA\neq I. Axe =ker(AI)=\ker(A-I) (dimension 11). Angle : cosθ=trA12\cos\theta=\dfrac{\operatorname{tr}A-1}2.

Signe de l'angle : il faut d'abord orienter l'axe par un vecteur aa. Pour uRau\notin\mathbb{R}a, le signe de θ\theta est celui du produit mixte [u,Au,a]=det(u,Au,a)[u,Au,a]=\det(u,Au,a). Changer aa en a-a change θ\theta en θ-\theta.

Ordre : Ak=IA^k=I si et seulement si kθ2πZk\theta\in2\pi\mathbb{Z}.

L'erreur classique

⚠️ Donner un signe à θ\theta sans avoir orienté l'axe. « θ=arccos(12)=2π3\theta=\arccos(-\tfrac12)=\tfrac{2\pi}3 » est un angle géométrique ; le signe n'existe que relativement à un aa. Toujours écrire « autour de aa orienté par… ».

⚠️ Chercher l'axe par eigenvects. Les valeurs propres d'une rotation sont 11 et deux complexes conjugués e±iθe^{\pm i\theta} ; l'axe est le sous-espace propre réel de 11, c'est-à-dire ker(AI)\ker(A-I). Chercher « les vecteurs propres » sans préciser lesquels égare.

⚠️ Prendre uu sur l'axe pour le produit mixte : Au=uAu=u et [u,u,a]=0[u,u,a]=0, aucune information. Il faut uu hors de l'axe — e1e_1 convient dès que l'axe n'est pas Re1\mathbb{R}e_1.

À retenir

Axe = ker(AI)\ker(A-I), cosinus = trA12\dfrac{\operatorname{tr}A-1}2, signe = produit mixte [u,Au,a][u,Au,a] après avoir orienté l'axe par aa. Trois gestes, dans cet ordre.

Le signe de l'angle est relatif à l'orientation de l'axe : +θ+\theta autour de aa et θ-\theta autour de a-a décrivent la même rotation. La permutation circulaire : axe (1,1,1)(1,1,1), angle 2π3\tfrac{2\pi}3, ordre 33.

Réponse. PP orthogonale de déterminant 11 ; axe R(1,1,1)\mathbb{R}(1,1,1) ; trP=0\operatorname{tr}P=0 donc cosθ=12\cos\theta=-\tfrac12 ; [e1,Pe1,(1,1,1)]=1>0[e_1,Pe_1,(1,1,1)]=1>0 donc θ=+2π3\theta=+\tfrac{2\pi}3 pour l'axe orienté par (1,1,1)(1,1,1), et 2π3-\tfrac{2\pi}3 pour (1,1,1)-(1,1,1) ; P3=IP^3=I et 32π3=2π3\cdot\tfrac{2\pi}3=2\pi. (Recoupement : P(1,1,1)=(1,1,1)P(1,1,1)=(1,1,1) ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Réflexion, symétrie centrale, antirotation : det = −1 ne suffit pas

CalculDifficulté 3/5

On considère S=I23nnTS=I-\dfrac23\,nn^{\mathsf T} avec n=(1,1,1)n=(1,1,1), la matrice I-I, et B=(010100001)B=\begin{pmatrix}0&-1&0\\1&0&0\\0&0&-1\end{pmatrix}. 1. Écrire SS explicitement et vérifier que c'est la réflexion par rapport au plan x+y+z=0x+y+z=0. 2. Calculer les déterminants de SS, I-I et BB. 3. Pour chacune, calculer dimker(AI)\dim\ker(A-I) et dimker(A+I)\dim\ker(A+I), puis identifier la nature de l'isométrie. 4. Décrire BB comme composée d'une rotation et d'une réflexion.

Indices (3)

nnTnn^{\mathsf T} est la matrice 3×33\times3 dont tous les coefficients valent 11 ; n2=3\lVert n\rVert^2=3.

Une réflexion fixe un plan (dimker(AI)=2\dim\ker(A-I)=2) ; une antirotation ne fixe que 00.

Écrire B=diag(1,1,1)RB=\operatorname{diag}(1,1,-1)\cdot R et reconnaître RR.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

En dimension 33, detA=1\det A=-1 ne veut pas dire « réflexion ». Trois matrices de déterminant 1-1, trois natures différentes : une réflexion fixe un plan, la symétrie centrale I-I ne fixe que l'origine, et l'antirotation BB non plus — mais BB n'est pas I-I. Ce qui les distingue est la dimension des vecteurs fixes ker(AI)\ker(A-I), et accessoirement celle de ker(A+I)\ker(A+I).

👉 Le cas « antirotation » est celui qu'on oublie : rotation autour d'un axe suivie de la réflexion par rapport au plan orthogonal à cet axe. Elle renverse l'orientation (déterminant 1-1) sans fixer aucun plan. I-I en est le cas particulier d'angle π\pi.

S, la réflexion par rapport au plan x + y + z = 0

nnT=(111111111)nn^{\mathsf T}=\begin{pmatrix}1&1&1\\1&1&1\\1&1&1\end{pmatrix}, donc

S=I23(111111111)=13(122212221).S=I-\frac23\begin{pmatrix}1&1&1\\1&1&1\\1&1&1\end{pmatrix}=\frac13\begin{pmatrix}1&-2&-2\\-2&1&-2\\-2&-2&1\end{pmatrix}.
Elle renverse la normale : Sn=n23n(nTn)=n233n=nSn=n-\tfrac23\,n\,(n^{\mathsf T}n)=n-\tfrac23\cdot3\,n=-n ✓. Elle fixe le plan : si xnx\perp n, alors nTx=0n^{\mathsf T}x=0 et Sx=xSx=x ✓ — par exemple S(1,1,0)=(1,1,0)S(1,-1,0)=(1,-1,0). C'est la définition de la réflexion par rapport au plan nn^\perp, d'équation x+y+z=0x+y+z=0. On vérifie STS=IS^{\mathsf T}S=I (colonnes de norme 1+4+49=1\tfrac{1+4+4}9=1, orthogonales : 22+49=0\tfrac{-2-2+4}9=0) et S2=IS^2=I.
S=13(122212221), reˊflexion par rapport aˋ x+y+z=0\boxed{S=\frac13\begin{pmatrix}1&-2&-2\\-2&1&-2\\-2&-2&1\end{pmatrix}\text{, réflexion par rapport à }x+y+z=0}

Trois déterminants égaux à −1
  • detS=1\det S=-1 : une réflexion renverse une direction (la normale) et en fixe deux ; ses valeurs propres sont 1,1,11,1,-1, de produit 1-1.
  • det(I)=(1)3=1\det(-I)=(-1)^3=-1 : trois directions renversées.
  • detB\det B : développement selon la troisième ligne, detB=(1)det(0110)=(1)(0+1)=1\det B=(-1)\cdot\det\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}=(-1)\cdot(0+1)=-1.
    detS=det(I)=detB=1\boxed{\det S=\det(-I)=\det B=-1}
    Trois isométries indirectes — et pourtant elles n'ont pas la même nature, ce que le déterminant ne peut pas voir.
Les noyaux tranchent
matrice dimker(AI)\dim\ker(A-I) dimker(A+I)\dim\ker(A+I) nature
SS 22 (le plan x+y+z=0x+y+z=0) 11 (la normale) réflexion
I-I 00 33 symétrie centrale = antirotation d'angle π\pi
BB 00 11 (l'axe e3e_3) antirotation

Pour BB : Bx=xBx=x donne y=x-y=x, x=yx=y, z=z-z=z, donc x=y=0x=y=0 et z=0z=0 — aucun vecteur fixe non nul. Bx=xBx=-x donne y=x-y=-x, x=yx=-y, z=z-z=-z, donc x=y=0x=y=0 et zz libre : ker(B+I)=Re3\ker(B+I)=\mathbb{R}e_3.

S reˊflexion,I symeˊtrie centrale,B antirotation d’axe e3\boxed{S\text{ réflexion},\quad-I\text{ symétrie centrale},\quad B\text{ antirotation d'axe }e_3}

La règle : det=1\det=-1 et un plan de vecteurs fixes = réflexion ; det=1\det=-1 et aucun vecteur fixe = antirotation, dont l'axe est ker(A+I)\ker(A+I) — sauf pour A=IA=-I, où ker(A+I)=R3\ker(A+I)=\mathbb{R}^3 et tout axe convient.

B, rotation puis réflexion
B=(100010001)(010100001)=sOxyRe3,π/2.B=\begin{pmatrix}1&0&0\\0&1&0\\0&0&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&-1&0\\1&0&0\\0&0&1\end{pmatrix}=s_{Oxy}\circ R_{e_3,\pi/2}.

La seconde matrice est la rotation d'angle π2\tfrac\pi2 autour de e3e_3 (le bloc Rπ/2R_{\pi/2} en haut à gauche, 11 sur e3e_3) ; la première est la réflexion par rapport au plan Oxy=e3Oxy=e_3^\perp. Donc BB tourne d'un quart de tour autour de e3e_3, puis retourne l'espace à travers le plan orthogonal à l'axe : c'est exactement une antirotation d'axe e3e_3 et d'angle π2\tfrac\pi2 (au signe près, selon l'orientation de e3e_3). Les deux facteurs commutent ici (la réflexion et la rotation ont le même axe).

Contrôle par la trace : pour une antirotation, cosθ=trB+12=1+12=0\cos\theta=\dfrac{\operatorname{tr}B+1}2=\dfrac{-1+1}2=0, soit θ=±π2\theta=\pm\tfrac\pi2 ✓. Et B2=diag(1,1,1)=Re3,πB^2=\operatorname{diag}(-1,-1,1)=R_{e_3,\pi} : deux antirotations font une rotation (déterminant +1+1).

B=sOxyRe3,π/2 : antirotation d’axe e3, angle π2\boxed{B=s_{Oxy}\circ R_{e_3,\pi/2}\ :\ \text{antirotation d'axe }e_3\text{, angle }\tfrac\pi2}
Pour I-I : I=diag(1,1,1)diag(1,1,1)=sOxyRe3,π-I=\operatorname{diag}(1,1,-1)\cdot\operatorname{diag}(-1,-1,1)=s_{Oxy}\circ R_{e_3,\pi}, antirotation d'angle π\pi — et n'importe quel axe convient, ce qui explique dimker(I+I)=3\dim\ker(-I+I)=3.

Rappel de cours

Classification de O(3)\mathrm{O}(3) par (detA,dimker(AI))(\det A,\dim\ker(A-I)) : (1,3)(1,3) identité ; (1,1)(1,1) rotation d'axe ker(AI)\ker(A-I) ; (1,2)(-1,2) réflexion par rapport au plan ker(AI)\ker(A-I) ; (1,0)(-1,0) antirotation, d'axe ker(A+I)\ker(A+I) (sauf I-I, où tout axe convient), avec cosθ=trA+12\cos\theta=\dfrac{\operatorname{tr}A+1}2.

Réflexion par rapport à nn^\perp : S=I2nnTn2S=I-2\dfrac{nn^{\mathsf T}}{\lVert n\rVert^2}, symétrique, S2=IS^2=I, valeurs propres 1,1,11,1,-1.

Antirotation =sDRD,θ=RD,θsD=s_{D^\perp}\circ R_{D,\theta}=R_{D,\theta}\circ s_{D^\perp} (ils commutent). Cas θ=π\theta=\pi : I-I.

L'erreur classique

⚠️ « det=1\det=-1 donc réflexion ». Faux en dimension 33 : I-I et BB le réfutent. Calculer ker(AI)\ker(A-I) avant de conclure.

⚠️ Prendre dimker(A+I)=1\dim\ker(A+I)=1 pour la signature d'une réflexion. C'est vrai pour une réflexion et pour une antirotation (BB) : ce qui les sépare est ker(AI)\ker(A-I), de dimension 22 contre 00.

⚠️ Utiliser cosθ=trA12\cos\theta=\dfrac{\operatorname{tr}A-1}2 sur une antirotation. La formule change de signe : cosθ=trA+12\cos\theta=\dfrac{\operatorname{tr}A+1}2, parce que la matrice réduite est diag(1)Rθ\operatorname{diag}(-1)\oplus R_\theta et non diag(1)Rθ\operatorname{diag}(1)\oplus R_\theta.

À retenir

Trois natures pour det=1\det=-1 en dimension 33 : réflexion (fixe un plan), antirotation (ne fixe rien, axe =ker(A+I)=\ker(A+I)), et son cas particulier I-I. Le déterminant ne classe pas ; les noyaux classent.

Antirotation = rotation autour de DD puis réflexion à travers DD^\perp — deux opérations qui commutent, et dont le produit renverse l'orientation sans laisser de plan fixe.

Réponse. S=13(122212221)S=\tfrac13\begin{pmatrix}1&-2&-2\\-2&1&-2\\-2&-2&1\end{pmatrix} fixe x+y+z=0x+y+z=0 et renverse (1,1,1)(1,1,1) ; detS=det(I)=detB=1\det S=\det(-I)=\det B=-1 ; dimker(AI)\dim\ker(A-I) vaut 22, 00, 00 et dimker(A+I)\dim\ker(A+I) vaut 11, 33, 11 : réflexion, symétrie centrale, antirotation d'axe e3e_3 ; B=sOxyRe3,π/2B=s_{Oxy}\circ R_{e_3,\pi/2}. (Recoupement : cosθ=trB+12=0\cos\theta=\tfrac{\operatorname{tr}B+1}2=0 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Reconnaître une isométrie sur sa matrice : la méthode complète

CalculDifficulté 3/5

On reprend A=13(212221122)A=\dfrac13\begin{pmatrix}2&-1&2\\2&2&-1\\-1&2&2\end{pmatrix} (A1) et l'on donne C=13(122212221)C=\dfrac13\begin{pmatrix}1&2&2\\2&1&-2\\2&-2&1\end{pmatrix}. Pour chacune : 1. vérifier l'orthogonalité et calculer le déterminant ; 2. calculer ker(AI)\ker(A-I) ; 3. identifier la nature, et pour la rotation donner l'axe orienté et l'angle (cosinus par la trace, signe par un produit mixte) ; 4. pour la réflexion, donner le plan et vérifier C=I2nnTn2C=I-2\dfrac{nn^{\mathsf T}}{\lVert n\rVert^2}.

Indices (3)

Suivre l'ordre : orthogonalité, déterminant, ker(AI)\ker(A-I), puis seulement la trace.

Pour AA : ker(AI)\ker(A-I) se résout sur xy+2z=0-x-y+2z=0 et 2xyz=02x-y-z=0.

Pour CC : CIC-I est de rang 11 ; son noyau est un plan, de normale à lire sur une ligne de CIC-I.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Reconnaître une isométrie de R3\mathbb{R}^3 est une procédure en quatre gestes, toujours dans le même ordre. (1) Orthogonalité — sinon ce n'est pas une isométrie et rien de ce qui suit n'a de sens. (2) Déterminant — directe ou indirecte. (3) ker(AI)\ker(A-I) — la dimension des vecteurs fixes classe. (4) Pour une rotation seulement, la trace donne cosθ\cos\theta, et un produit mixte le signe, après avoir orienté l'axe.

👉 Les deux matrices de cet exercice sont les deux cas les plus fréquents : une rotation d'axe « oblique » (1,1,1)(1,1,1), et une réflexion par rapport à un plan oblique. Elles se ressemblent (mêmes coefficients ±13,±23\pm\tfrac13,\pm\tfrac23), et seule la procédure les distingue.

A : orthogonale, directe, un axe

L'orthogonalité et detA=1\det A=1 ont été établis en A1. Vecteurs fixes : AI=13(112211121)A-I=\dfrac13\begin{pmatrix}-1&-1&2\\2&-1&-1\\-1&2&-1\end{pmatrix}, et (AI)x=0(A-I)x=0 donne xy+2z=0-x-y+2z=0 et 2xyz=02x-y-z=0 (la troisième ligne est l'opposée de la somme des deux autres). De la seconde, y=2xzy=2x-z ; dans la première, x2x+z+2z=0-x-2x+z+2z=0, soit z=xz=x, puis y=xy=x. Donc

ker(AI)=R(1,1,1),dim=1.\ker(A-I)=\mathbb{R}\,(1,1,1),\qquad\dim=1.
Directe, un axe : AA est une rotation d'axe R(1,1,1)\mathbb{R}(1,1,1). Contrôle : A(1,1,1)=13(3,3,3)=(1,1,1)A(1,1,1)=\tfrac13(3,3,3)=(1,1,1) ✓.

A : l'angle, cosinus puis signe

trA=2+2+23=2\operatorname{tr}A=\dfrac{2+2+2}3=2, donc cosθ=trA12=12\cos\theta=\dfrac{\operatorname{tr}A-1}2=\dfrac12 : θ=±π3\theta=\pm\dfrac\pi3, soit ±60\pm60^\circ (π31,047\tfrac\pi3\approx1{,}047 rad).

Orientation de l'axe : a=(1,1,1)a=(1,1,1). On prend u=e1u=e_1 (hors de l'axe) : Ae1=13(2,2,1)Ae_1=\tfrac13(2,2,-1), la première colonne. Produit mixte :

[e1,Ae1,a]=det(123102310131)=1(2311(13))=23+13=1>0.[e_1,Ae_1,a]=\det\begin{pmatrix}1&\frac23&1\\0&\frac23&1\\0&-\frac13&1\end{pmatrix}=1\cdot\Bigl(\frac23\cdot1-1\cdot\Bigl(-\frac13\Bigr)\Bigr)=\frac23+\frac13=1>0.
Donc θ>0\theta>0 pour l'axe orienté par (1,1,1)(1,1,1) :
A=rotation d’axe orienteˊ par (1,1,1), d’angle +π3\boxed{A=\text{rotation d'axe orienté par }(1,1,1)\text{, d'angle }+\frac\pi3}
Orienté par (1,1,1)-(1,1,1), l'angle serait π3-\tfrac\pi3. Cohérence : A6=IA^6=I (certifié), puisque 6π3=2π6\cdot\tfrac\pi3=2\pi. Et A2A^2 est la rotation d'angle 2π3=2π32\cdot\tfrac\pi3=\tfrac{2\pi}3 autour du même axe orienté (1,1,1)(1,1,1) : c'est exactement la permutation circulaire PP de B4, et en effet A2=PA^2=P (certifié). Vérification directe : A2e1=A(23,23,13)=19(422, 4+4+1, 2+42)=(0,1,0)=e2=Pe1A^2e_1=A\bigl(\tfrac23,\tfrac23,-\tfrac13\bigr)=\tfrac19\bigl(4-2-2,\ 4+4+1,\ -2+4-2\bigr)=(0,1,0)=e_2=Pe_1. Deux rotations de même axe orienté et de même angle sont égales — une rotation est déterminée par ce couple.

C : orthogonale, indirecte, un plan fixe

Colonnes de CC : 13(1,2,2)\tfrac13(1,2,2), 13(2,1,2)\tfrac13(2,1,-2), 13(2,2,1)\tfrac13(2,-2,1), de normes 1+4+49=1\tfrac{1+4+4}9=1 et de produits scalaires 2+249=0\tfrac{2+2-4}9=0, 24+29=0\tfrac{2-4+2}9=0, 4229=0\tfrac{4-2-2}9=0 : orthogonale. Déterminant (développement selon la première ligne de 3C3C, puis ÷27\div27) : 1(14)2(2+4)+2(42)=31212=271(1-4)-2(2+4)+2(-4-2)=-3-12-12=-27, donc detC=1\det C=-1 : indirecte.

Vecteurs fixes : CI=13(222222222)C-I=\dfrac13\begin{pmatrix}-2&2&2\\2&-2&-2\\2&-2&-2\end{pmatrix} est de rang 11 (les trois lignes sont proportionnelles à (1,1,1)(1,-1,-1)). Son noyau est le plan xyz=0x-y-z=0, de dimension 22 :

C=reˊflexion par rapport au plan xyz=0\boxed{C=\text{réflexion par rapport au plan }x-y-z=0}
Ce n'est pas une antirotation, précisément parce qu'il y a un plan de vecteurs fixes. Un piège : si l'on appliquait à CC la formule de la rotation, trC12=0\dfrac{\operatorname{tr}C-1}2=0 ferait croire à un angle π2\tfrac\pi2 — mais CC n'est pas une rotation, la formule ne s'applique pas.

C = I − 2nnᵀ/‖n‖²

La normale au plan xyz=0x-y-z=0 est n=(1,1,1)n=(1,-1,-1), n2=3\lVert n\rVert^2=3, et

nnT=(111111111),I23nnT=(123232323123232323123)=13(122212221)=C nn^{\mathsf T}=\begin{pmatrix}1&-1&-1\\-1&1&1\\-1&1&1\end{pmatrix},\qquad I-\frac23nn^{\mathsf T}=\begin{pmatrix}1-\frac23&\frac23&\frac23\\ \frac23&1-\frac23&-\frac23\\ \frac23&-\frac23&1-\frac23\end{pmatrix}=\frac13\begin{pmatrix}1&2&2\\2&1&-2\\2&-2&1\end{pmatrix}=C\ ✓
C=I2nnTn2,n=(1,1,1)\boxed{C=I-2\frac{nn^{\mathsf T}}{\lVert n\rVert^2},\quad n=(1,-1,-1)}
Contrôles : Cn=nCn=-n (la normale est renversée), C(1,1,0)=13(3,3,0)=(1,1,0)C(1,1,0)=\tfrac13(3,3,0)=(1,1,0) (un vecteur du plan est fixe), C2=IC^2=I.

Rappel de cours

La méthode. (1) ATA=IA^{\mathsf T}A=I ? (2) detA=±1\det A=\pm1. (3) ker(AI)\ker(A-I) et sa dimension : 33 identité, 11 rotation, 22 réflexion, 00 antirotation (alors ker(A+I)\ker(A+I) est l'axe, sauf pour I-I où tout axe convient). (4) Rotation : cosθ=trA12\cos\theta=\dfrac{\operatorname{tr}A-1}2, signe par [u,Au,a][u,Au,a] avec aa orientant l'axe. Antirotation : cosθ=trA+12\cos\theta=\dfrac{\operatorname{tr}A+1}2.

Réflexion par rapport à nn^\perp : I2nnTn2I-2\dfrac{nn^{\mathsf T}}{\lVert n\rVert^2}. Rotation d'axe aa et d'angle θ\theta : unique une fois (a,θ)(a,\theta) donné avec aa orienté.

L'erreur classique

⚠️ Appliquer la formule de la trace avant d'avoir classé. Sur CC, trC12=0\dfrac{\operatorname{tr}C-1}2=0 suggère « rotation d'angle π2\tfrac\pi2 » — faux, CC est une réflexion. La trace ne se lit qu'après le déterminant et le noyau.

⚠️ Donner l'angle sans l'orientation de l'axe. « AA est la rotation d'angle π3\tfrac\pi3 » est incomplet ; « d'angle π3\tfrac\pi3 autour de (1,1,1)(1,1,1) » ne l'est pas. Le même AA est la rotation d'angle π3-\tfrac\pi3 autour de (1,1,1)(-1,-1,-1).

⚠️ Résoudre ker(AI)\ker(A-I) avec une erreur de signe sur II. AIA-I retire 11 sur la diagonale seulement ; avec les fractions 13\tfrac13, écrire 231=13\tfrac23-1=-\tfrac13 et non 23-\tfrac23.

À retenir

Orthogonalité, déterminant, noyau, trace — dans cet ordre. AA : rotation d'angle π3\tfrac\pi3 autour de (1,1,1)(1,1,1) orienté. CC : réflexion par rapport au plan xyz=0x-y-z=0, soit I2nnTn2I-2\dfrac{nn^{\mathsf T}}{\lVert n\rVert^2}.

Une rotation est déterminée par (axe orienté, angle) ; deux descriptions de la même rotation diffèrent par le signe simultané de l'axe et de l'angle. C'est ce qui rend A2=PA^2=P (B4) : même axe orienté, même angle 2π3\tfrac{2\pi}3.

Réponse. AA : orthogonale, det=1\det=1, ker(AI)=R(1,1,1)\ker(A-I)=\mathbb{R}(1,1,1), cosθ=12\cos\theta=\tfrac12 et [e1,Ae1,(1,1,1)]=1>0[e_1,Ae_1,(1,1,1)]=1>0 : rotation d'angle +π3+\tfrac\pi3 autour de (1,1,1)(1,1,1) orienté. CC : orthogonale, det=1\det=-1, ker(CI)\ker(C-I) = plan xyz=0x-y-z=0 : réflexion, C=I2nnT3C=I-2\tfrac{nn^{\mathsf T}}{3} avec n=(1,1,1)n=(1,-1,-1). (Recoupement : A2e1=e2A^2e_1=e_2, Cn=nCn=-n ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Classer une isométrie affine par ses points fixes

DémonstrationDifficulté 3/5

Dans le plan, on donne f1(x,y)=(y+2, x)f_1(x,y)=(-y+2,\ x), f2(x,y)=(y+1, x+1)f_2(x,y)=(y+1,\ x+1), f3(x,y)=(x+3, y1)f_3(x,y)=(x+3,\ y-1) et f4(x,y)=(x+4, y)f_4(x,y)=(-x+4,\ y). 1. Écrire chacune sous la forme XLX+bX\mapsto LX+b et identifier sa partie linéaire LL (rotation ou réflexion, déterminant). 2. Déterminer les points fixes en résolvant (LI)X=b(L-I)X=-b. 3. En déduire la nature de chaque fif_i ; pour f2f_2, écrire la décomposition « réflexion puis translation le long de l'axe ». 4. Démontrer la classification : une isométrie affine du plan est une translation, une rotation, une réflexion ou une réflexion glissée.

Indices (3)

b=f(0,0)b=f(0,0) ; la matrice LL se lit sur les coefficients de xx et yy.

Une rotation d'angle θ≢0 [2π]\theta\not\equiv0\ [2\pi] a toujours un unique point fixe, parce que LIL-I est inversible.

Pour une partie linéaire SθS_\theta, décomposer b=b+bb=b_\parallel+b_\perp selon l'axe de SθS_\theta et sa normale.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La partie linéaire dit « déplacement ou antidéplacement » ; les points fixes disent lequel. Une isométrie affine est XLX+bX\mapsto LX+b avec LO(2)L\in\mathrm{O}(2) ; or O(2)\mathrm{O}(2) ne contient que des rotations et des réflexions (B3). Il reste à voir ce que la translation bb fait à chacune — et la réponse tient dans le système linéaire (LI)X=b(L-I)X=-b : une solution unique, une droite de solutions, ou aucune.

👉 Le cas piège est f2f_2 : sa partie linéaire est une réflexion, et pourtant elle n'a aucun point fixe. Ce n'est pas une réflexion, c'est une réflexion glissée — le quatrième type, que la matrice seule ne peut pas révéler.

Parties linéaires et vecteurs de translation
f1: L1=(0110)=Rπ/2, b1=(20);f2: L2=(0110)=Sπ/2, b2=(11);f_1:\ L_1=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}=R_{\pi/2},\ b_1=\begin{pmatrix}2\\0\end{pmatrix};\qquad f_2:\ L_2=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}=S_{\pi/2},\ b_2=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix};
f3: L3=I, b3=(31);f4: L4=(1001)=Sπ, b4=(40).f_3:\ L_3=I,\ b_3=\begin{pmatrix}3\\-1\end{pmatrix};\qquad f_4:\ L_4=\begin{pmatrix}-1&0\\0&1\end{pmatrix}=S_\pi,\ b_4=\begin{pmatrix}4\\0\end{pmatrix}.

Déterminants : 11, 1-1, 11, 1-1. Donc f1f_1 et f3f_3 sont des déplacements, f2f_2 et f4f_4 des antidéplacements. L2L_2 est la réflexion d'axe y=xy=x (paramètre π2\tfrac\pi2, axe d'angle π4\tfrac\pi4), L4L_4 la réflexion d'axe OyOy (paramètre π\pi, axe d'angle π2\tfrac\pi2).

Les points fixes, un système par isométrie

f1f_1 : (y+2,x)=(x,y)(-y+2,x)=(x,y) donne x=y+2x=-y+2 et y=xy=x, soit x=y=1x=y=1. Un point fixe unique, Ω=(1,1)\Omega=(1,1) : rotation de centre (1,1)(1,1), d'angle π2\tfrac\pi2.

f2f_2 : (y+1,x+1)=(x,y)(y+1,x+1)=(x,y) donne xy=1x-y=1 et yx=1y-x=1, dont la somme est 0=20=2 : aucun point fixe (certifié, linsolve rend l'ensemble vide).

f3f_3 : (x+3,y1)=(x,y)(x+3,y-1)=(x,y) impossible : aucun point fixe, partie linéaire IItranslation de vecteur (3,1)(3,-1).

f4f_4 : (x+4,y)=(x,y)(-x+4,y)=(x,y) donne x=2x=2, yy libre : une droite de points fixes, x=2x=2réflexion d'axe la droite x=2x=2.

f1 rotation ((1,1),π2),f3 translation (3,1),f4 reˊflexion d’axe x=2\boxed{f_1\text{ rotation}\ \bigl((1,1),\tfrac\pi2\bigr),\quad f_3\text{ translation }(3,-1),\quad f_4\text{ réflexion d'axe }x=2}

f₂, la réflexion glissée

L'axe de L2=Sπ/2L_2=S_{\pi/2} est la droite y=xy=x, dirigée par d=12(1,1)d=\tfrac1{\sqrt2}(1,1). On décompose b2=(1,1)b_2=(1,1) : b=b2,dd=2212(1,1)=(1,1)b_\parallel=\langle b_2,d\rangle d=\tfrac2{\sqrt2}\cdot\tfrac1{\sqrt2}(1,1)=(1,1) et b=b2b=0b_\perp=b_2-b_\parallel=0. Le vecteur de translation est entièrement parallèle à l'axe : f2=t(1,1)sf_2=t_{(1,1)}\circ s, où s(x,y)=(y,x)s(x,y)=(y,x) est la réflexion d'axe y=xy=x.

f2=t(1,1)sy=x : reˊflexion glisseˊe d’axe y=x et de vecteur (1,1)\boxed{f_2=t_{(1,1)}\circ s_{y=x}\ :\ \text{réflexion glissée d'axe }y=x\text{ et de vecteur }(1,1)}
On vérifie : ss puis translation donne (x,y)(y,x)(y+1,x+1)(x,y)\mapsto(y,x)\mapsto(y+1,x+1) ✓. Et f2f2(x,y)=f2(y+1,x+1)=(x+2,y+2)f_2\circ f_2(x,y)=f_2(y+1,x+1)=(x+2,y+2) : deux réflexions glissées font la translation 2b2b_\parallel, ce qui est cohérent — la partie réflexion s'annule, les glissements s'ajoutent. Aucun point fixe, et pourtant detL2=1\det L_2=-1 : la matrice ne suffisait pas.

La classification, démontrée

Soit f(X)=LX+bf(X)=LX+b avec LO(2)L\in\mathrm{O}(2).

Cas L=IL=I : ff est la translation tbt_b (identité si b=0b=0).

Cas L=RθL=R_\theta, θ0\theta\neq0 : 11 n'est pas valeur propre de RθR_\theta (det(RθI)=22cosθ0\det(R_\theta-I)=2-2\cos\theta\neq0), donc RθIR_\theta-I est inversible et (LI)X=b(L-I)X=-b a une unique solution Ω\Omega. Alors f(X)Ω=L(XΩ)f(X)-\Omega=L(X-\Omega) : ff est la rotation de centre Ω\Omega et d'angle θ\theta.

Cas L=SθL=S_\theta (réflexion d'axe vectoriel DD). On décompose b=b+bb=b_\parallel+b_\perp avec bDb_\parallel\in D, bDb_\perp\in D^\perp. Comme SθS_\theta fixe DD et renverse DD^\perp, l'équation XSθX=bX-S_\theta X=b n'a de solution que si b=0b_\parallel=0 (la composante sur DD de XSθXX-S_\theta X est toujours nulle). Si b=0b_\parallel=0 : les solutions forment une droite Δ\Delta parallèle à DD (passant par 12b\tfrac12b_\perp), et ff est la réflexion d'axe Δ\Delta. Si b0b_\parallel\neq0 : aucun point fixe ; on écrit f=tb(XSθX+b)f=t_{b_\parallel}\circ(X\mapsto S_\theta X+b_\perp), composée de la réflexion d'axe Δ\Delta et d'une translation le long de Δ\Delta : c'est la réflexion glissée, et ces deux facteurs commutent.

Comme O(2)={Rθ}{Sθ}\mathrm{O}(2)=\{R_\theta\}\sqcup\{S_\theta\} (B3), il n'y a pas d'autre cas. \blacksquare

translation, rotation, reˊflexion, reˊflexion glisseˊe : rien d’autre\boxed{\text{translation, rotation, réflexion, réflexion glissée : rien d'autre}}

Rappel de cours

Isométrie affine du plan : f(X)=LX+bf(X)=LX+b, LO(2)L\in\mathrm{O}(2) (partie linéaire f\vec f), b=f(O)b=f(O). Déplacement si detL=1\det L=1, antidéplacement sinon.

Classification par les points fixes (solutions de (LI)X=b(L-I)X=-b) : L=IL=I → translation ; L=RθL=R_\theta → un point fixe, rotation ; L=SθL=S_\theta et une droite de points fixes → réflexion ; L=SθL=S_\theta et aucun point fixe → réflexion glissée tbsΔt_{b_\parallel}\circ s_\Delta.

Réflexion glissée : gg=t2bg\circ g=t_{2b_\parallel} ; aucun point fixe ; sa matrice est celle d'une réflexion.

L'erreur classique

⚠️ Conclure « réflexion » sur detL=1\det L=-1. f2f_2 a la même matrice qu'une réflexion et n'en est pas une. C'est l'absence de point fixe qui dit « glissée ». Toujours résoudre (LI)X=b(L-I)X=-b.

⚠️ Prendre bb pour le vecteur de glissement. Le glissement est la composante bb_\parallel de bb sur l'axe ; la composante bb_\perp ne fait que déplacer l'axe (de 12b\tfrac12b_\perp). Ici b=0b_\perp=0, c'est un cas particulier.

⚠️ Croire qu'une rotation affine peut ne pas avoir de centre. Dès que θ0\theta\neq0, RθIR_\theta-I est inversible : il y a toujours exactement un point fixe. Les seuls déplacements sans point fixe sont les translations.

À retenir

Partie linéaire puis points fixes : LL trie déplacement/antidéplacement, le système (LI)X=b(L-I)X=-b trie le reste. Quatre natures, pas cinq.

La réflexion glissée se reconnaît à ce qu'elle n'a pas : aucun point fixe malgré une matrice de réflexion. Sa décomposition tbsΔt_{b_\parallel}\circ s_\Delta est unique, et ses deux facteurs commutent.

Réponse. L1=Rπ/2L_1=R_{\pi/2}, L2=Sπ/2L_2=S_{\pi/2} (axe y=xy=x), L3=IL_3=I, L4=SπL_4=S_\pi (axe OyOy) ; points fixes : (1,1)(1,1) pour f1f_1 (rotation de centre (1,1)(1,1), angle π2\tfrac\pi2), aucun pour f2f_2 (réflexion glissée t(1,1)sy=xt_{(1,1)}\circ s_{y=x}) et f3f_3 (translation (3,1)(3,-1)), la droite x=2x=2 pour f4f_4 (réflexion). Classification : L{Rθ,Sθ}L\in\{R_\theta,S_\theta\} et (LI)X=b(L-I)X=-b a 11, une droite ou 00 solution. (Recoupement : f2f2=t(2,2)f_2\circ f_2=t_{(2,2)} ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Composées de réflexions affines : axes parallèles, axes sécants

CalculDifficulté 3/5

Soient s1s_1 la réflexion d'axe la droite x=0x=0, s2s_2 celle d'axe x=2x=2, sxs_x celle d'axe OxOx et sds_d celle d'axe y=xy=x. 1. Écrire s1s_1, s2s_2 et calculer s2s1s_2\circ s_1 et s1s2s_1\circ s_2 ; conclure. 2. Calculer sdsxs_d\circ s_x et sxsds_x\circ s_d ; identifier (centre, angle) et comparer à l'angle des axes. 3. Énoncer et justifier les deux règles générales.

Indices (3)

sx=x0(x,y)=(2x0x, y)s_{x=x_0}(x,y)=(2x_0-x,\ y) : le symétrique par rapport à la droite verticale x=x0x=x_0.

sx(x,y)=(x,y)s_x(x,y)=(x,-y) et sd(x,y)=(y,x)s_d(x,y)=(y,x) sont linéaires : leur composée est la composée des matrices (B2).

Les axes OxOx et y=xy=x font l'angle π4\tfrac\pi4 ; les axes x=0x=0 et x=2x=2 sont distants de 22.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le théorème « deux réflexions = une rotation d'angle double » (B2) a un jumeau affine : « deux réflexions d'axes parallèles = une translation de longueur double ». Dans les deux cas, la composée est un déplacement (det=(1)2=1\det=(-1)^2=1), donc une rotation ou une translation ; ce qui décide, c'est si les axes se coupent (rotation autour du point d'intersection) ou non (translation perpendiculaire aux axes).

👉 Et dans les deux cas l'ordre compte : il renverse le sens de la rotation, ou le sens de la translation.

Axes parallèles : une translation

s1(x,y)=(x,y)s_1(x,y)=(-x,y) et s2(x,y)=(4x,y)s_2(x,y)=(4-x,y) (le symétrique de xx par rapport à 22 est 22x2\cdot2-x). Alors

s2s1(x,y)=s2(x,y)=(4+x, y),s1s2(x,y)=s1(4x,y)=(x4, y).s_2\circ s_1(x,y)=s_2(-x,y)=(4+x,\ y),\qquad s_1\circ s_2(x,y)=s_1(4-x,y)=(x-4,\ y).
s2s1=t(4,0),s1s2=t(4,0)\boxed{s_2\circ s_1=t_{(4,0)},\qquad s_1\circ s_2=t_{(-4,0)}}
Les axes sont distants de 22, la translation est de longueur 44le double —, dans la direction perpendiculaire aux axes, et son sens va du premier axe vers le second (s2s1s_2\circ s_1 : on réfléchit d'abord par x=0x=0, puis par x=2x=2, donc on translate de x=0x=0 vers x=2x=2, vers la droite). Aucun point fixe, partie linéaire II : une translation, conformément à E1.

Axes sécants : une rotation

sx(x,y)=(x,y)s_x(x,y)=(x,-y) et sd(x,y)=(y,x)s_d(x,y)=(y,x) sont linéaires, de matrices diag(1,1)\operatorname{diag}(1,-1) et (0110)\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}.

sdsx(x,y)=sd(x,y)=(y, x)=Rπ/2(x,y),sxsd(x,y)=sx(y,x)=(y, x)=Rπ/2(x,y).s_d\circ s_x(x,y)=s_d(x,-y)=(-y,\ x)=R_{\pi/2}(x,y),\qquad s_x\circ s_d(x,y)=s_x(y,x)=(y,\ -x)=R_{-\pi/2}(x,y).
sdsx=rotation de centre O, angle +π2 ;sxsd=angle π2\boxed{s_d\circ s_x=\text{rotation de centre }O\text{, angle }+\tfrac\pi2\ ;\quad s_x\circ s_d=\text{angle }-\tfrac\pi2}
Les axes se coupent en OO et font l'angle π4\tfrac\pi4 ; la rotation a pour centre OO et pour angle 2π4=π22\cdot\tfrac\pi4=\tfrac\pi2le double —, dans le sens qui va du premier axe (OxOx) vers le second (y=xy=x), c'est-à-dire le sens direct. Le point fixe est unique, OO (certifié : linsolve rend {(0,0)}\{(0,0)\}).

Les deux règles, et leur justification

Règle 1 (axes sécants en Ω\Omega, angle orienté φ\varphi du premier vers le second). s2s1s_2\circ s_1 est la rotation de centre Ω\Omega et d'angle 2φ2\varphi. Justification : les deux réflexions fixent Ω\Omega, donc leur composée aussi ; en prenant Ω\Omega pour origine, les deux sont linéaires et B2 donne SβSα=RβαS_\beta S_\alpha=R_{\beta-\alpha} avec βα2=φ\tfrac{\beta-\alpha}2=\varphi.

Règle 2 (axes parallèles, distants de dd). s2s1s_2\circ s_1 est la translation de vecteur 2v2\vec v, où v\vec v est le vecteur perpendiculaire aux axes qui va du premier au second (longueur dd). Justification : la partie linéaire est Sθ2=IS_\theta^2=I, donc c'est une translation twt_w ; pour trouver ww il suffit d'un point : un point MM du premier axe est fixé par s1s_1, puis envoyé par s2s_2 sur son symétrique, à distance 2d2d de l'autre côté du second axe. Donc w=2vw=2\vec v.

Réciproques. Toute rotation de centre Ω\Omega est composée de deux réflexions d'axes passant par Ω\Omega (le premier au choix) ; toute translation est composée de deux réflexions d'axes parallèles perpendiculaires à w\vec w (le premier au choix). C'est le théorème « au plus deux réflexions » de B2, transporté au plan affine — où un antidéplacement peut demander trois réflexions (la réflexion glissée : une réflexion pour la partie linéaire, deux pour la translation).

Rappel de cours

Composée de deux réflexions affines : axes sécants en Ω\Omega d'angle φ\varphi → rotation (Ω,2φ)(\Omega,2\varphi) ; axes parallèles distants de dd → translation perpendiculaire de longueur 2d2d. Dans les deux cas, du premier axe vers le second, et l'ordre inverse renverse le sens.

Déplacements du plan : translations et rotations, tous composés de deux réflexions. Antidéplacements : réflexions (une) et réflexions glissées (trois).

Composer deux rotations (Ω1,θ1)(\Omega_1,\theta_1) et (Ω2,θ2)(\Omega_2,\theta_2) : rotation d'angle θ1+θ2\theta_1+\theta_2 si ce n'est pas un multiple de 2π2\pi, translation sinon (E3).

L'erreur classique

⚠️ Translater de dd au lieu de 2d2d. Un point du premier axe ne bouge pas à la première réflexion, puis saute de 2d2d à la seconde : la translation vaut le double de l'écart.

⚠️ Oublier que l'ordre change le sens. s2s1=t(4,0)s_2\circ s_1=t_{(4,0)} et s1s2=t(4,0)s_1\circ s_2=t_{(-4,0)} : inverses l'une de l'autre, comme Rπ/2R_{\pi/2} et Rπ/2R_{-\pi/2}.

⚠️ Confondre « se lit sur les matrices » et « se lit sur les applications ». Pour des réflexions affines dont les axes ne passent pas par l'origine, les matrices des parties linéaires donnent la partie linéaire de la composée — pas son centre ni son vecteur. Il faut composer les applications entières, comme en question 1.

À retenir

Sécants → rotation d'angle double, parallèles → translation de longueur double, du premier axe vers le second. Deux règles, une seule idée : la composée de deux réflexions est un déplacement, et un déplacement est une rotation ou une translation.

Toute isométrie affine du plan est composée d'au plus trois réflexions : deux pour un déplacement, une ou trois pour un antidéplacement.

Réponse. s2s1=t(4,0)s_2\circ s_1=t_{(4,0)}, s1s2=t(4,0)s_1\circ s_2=t_{(-4,0)} (axes distants de 22, translation de 44) ; sdsx=Rπ/2s_d\circ s_x=R_{\pi/2} et sxsd=Rπ/2s_x\circ s_d=R_{-\pi/2} de centre OO (axes à π4\tfrac\pi4, angle π2\tfrac\pi2). Règles : sécants → rotation d'angle double, parallèles → translation de longueur double. (Recoupement : (1,0)(1,0)(0,1)(1,0)\mapsto(1,0)\mapsto(0,1) ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Composée de deux rotations de centres distincts

CalculDifficulté 3/5

Soit r1r_1 la rotation de centre OO et d'angle π2\tfrac\pi2, r2r_2 la rotation de centre Ω=(2,0)\Omega=(2,0) et d'angle π2\tfrac\pi2, et r3r_3 la rotation de centre (2,0)(2,0) et d'angle π2-\tfrac\pi2. 1. Écrire r2(x,y)r_2(x,y) et r3(x,y)r_3(x,y). 2. Calculer r2r1r_2\circ r_1 : partie linéaire, points fixes, nature. 3. Calculer r3r1r_3\circ r_1 et conclure. 4. Calculer le centre de r1r2r_1\circ r_2 et le comparer à celui de r2r1r_2\circ r_1.

Indices (3)

Une rotation de centre Ω\Omega et d'angle θ\theta s'écrit XRθ(XΩ)+ΩX\mapsto R_\theta(X-\Omega)+\Omega.

La partie linéaire d'une composée est le produit des parties linéaires : Rπ/2Rπ/2=Rπ=IR_{\pi/2}R_{\pi/2}=R_\pi=-I.

Si la partie linéaire est II, c'est une translation ; sinon, chercher l'unique point fixe.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Composer deux rotations, c'est ajouter les angles — mais le centre, lui, ne s'additionne pas. La partie linéaire de r2r1r_2\circ r_1 est Rθ2Rθ1=Rθ1+θ2R_{\theta_2}R_{\theta_1}=R_{\theta_1+\theta_2} : l'angle total est la somme. Si cette somme n'est pas un multiple de 2π2\pi, la composée est une rotation, dont le centre est un troisième point, à chercher comme point fixe. Si la somme vaut 00 modulo 2π2\pi, la partie linéaire est II et la composée est une translation — sans centre du tout.

👉 C'est exactement la situation de E2 (deux réflexions), un cran plus haut : la partie linéaire décide de la nature, et les points fixes achèvent l'identification.

Les rotations de centre (2,0)

Pour une rotation de centre Ω\Omega et d'angle θ\theta : r(X)=Rθ(XΩ)+Ωr(X)=R_\theta(X-\Omega)+\Omega. Avec Ω=(2,0)\Omega=(2,0) et Rπ/2(u,v)=(v,u)R_{\pi/2}(u,v)=(-v,u) :

r2(x,y)=Rπ/2(x2, y)+(2,0)=(y+2, x2).r_2(x,y)=R_{\pi/2}(x-2,\ y)+(2,0)=(-y+2,\ x-2).
Avec Rπ/2(u,v)=(v,u)R_{-\pi/2}(u,v)=(v,-u) :
r3(x,y)=Rπ/2(x2, y)+(2,0)=(y+2, 2x).r_3(x,y)=R_{-\pi/2}(x-2,\ y)+(2,0)=(y+2,\ 2-x).
r2(x,y)=(2y, x2),r3(x,y)=(2+y, 2x)\boxed{r_2(x,y)=(2-y,\ x-2),\qquad r_3(x,y)=(2+y,\ 2-x)}
Contrôles : r2(2,0)=(2,0)r_2(2,0)=(2,0) et r3(2,0)=(2,0)r_3(2,0)=(2,0) (le centre est fixe) ; r2(3,0)=(2,1)r_2(3,0)=(2,1), un quart de tour direct autour de (2,0)(2,0) ✓ ; r3(3,0)=(2,1)r_3(3,0)=(2,-1), quart de tour indirect ✓. Et r1(x,y)=(y,x)r_1(x,y)=(-y,x).

r₂ ∘ r₁ : une rotation d'angle π
r2r1(x,y)=r2(y, x)=(2x, y2).r_2\circ r_1(x,y)=r_2(-y,\ x)=\bigl(2-x,\ -y-2\bigr).

Partie linéaire (1001)=I=Rπ\begin{pmatrix}-1&0\\0&-1\end{pmatrix}=-I=R_\pi : l'angle total est π2+π2=π\tfrac\pi2+\tfrac\pi2=\pi. Point fixe : 2x=x2-x=x et y2=y-y-2=y, soit x=1x=1, y=1y=-1.

r2r1=rotation de centre (1,1) et d’angle π (symeˊtrie centrale)\boxed{r_2\circ r_1=\text{rotation de centre }(1,-1)\text{ et d'angle }\pi\ (\text{symétrie centrale})}
Le centre (1,1)(1,-1) n'est ni OO ni (2,0)(2,0) : c'est un troisième point, en dessous du segment qui joint les deux centres. Contrôle géométrique : r2r1(O)=r2(O)=(2,2)r_2\circ r_1(O)=r_2(O)=(2,-2), et le milieu de OO et (2,2)(2,-2) est bien (1,1)(1,-1) — la symétrie centrale envoie chaque point sur son symétrique par rapport au centre ✓.

r₃ ∘ r₁ : une translation
r3r1(x,y)=r3(y, x)=(2+x, 2+y).r_3\circ r_1(x,y)=r_3(-y,\ x)=\bigl(2+x,\ 2+y\bigr).

Partie linéaire II (l'angle total est π2π2=0\tfrac\pi2-\tfrac\pi2=0), aucun point fixe : c'est la translation de vecteur (2,2)(2,2).

r3r1=t(2,2)\boxed{r_3\circ r_1=t_{(2,2)}}
Deux rotations d'angles opposés et de centres distincts composent une translation, jamais une rotation : la partie linéaire est II, et elle n'a pas de point fixe puisque r3r1(O)=r3(O)=(2,2)Or_3\circ r_1(O)=r_3(O)=(2,2)\neq O. Le vecteur de translation dépend des deux centres et de l'angle : ici (2,2)(2,2), de longueur 222\sqrt2, alors que les centres sont distants de 22.

L'ordre change le centre
r1r2(x,y)=r1(2y, x2)=(2x, 2y).r_1\circ r_2(x,y)=r_1(2-y,\ x-2)=\bigl(2-x,\ 2-y\bigr).

Même partie linéaire I-I, même angle π\pi, mais le point fixe est x=1x=1, y=1y=1 : le centre est (1,1)(1,1), symétrique de (1,1)(1,-1) par rapport à la droite des centres OxOx.

r1r2 a pour centre (1,1)(1,1)\boxed{r_1\circ r_2\text{ a pour centre }(1,1)\neq(1,-1)}
Les deux composées ont le même angle (l'addition est commutative) mais pas le même centre : les rotations affines de centres distincts ne commutent pas, alors que les rotations vectorielles (SO(2)\mathrm{SO}(2)) commutent toujours (B3). Ce qui ne commute pas, c'est le décalage des centres.

Rappel de cours

Rotation affine de centre Ω\Omega, angle θ\theta : r(X)=Rθ(XΩ)+Ωr(X)=R_\theta(X-\Omega)+\Omega. Composée de (Ω1,θ1)(\Omega_1,\theta_1) puis (Ω2,θ2)(\Omega_2,\theta_2) : partie linéaire Rθ1+θ2R_{\theta_1+\theta_2} ; si θ1+θ2≢0\theta_1+\theta_2\not\equiv0, rotation d'angle θ1+θ2\theta_1+\theta_2 dont le centre est l'unique point fixe ; si θ1+θ20 [2π]\theta_1+\theta_2\equiv0\ [2\pi], translation.

Construction du centre (pour mémoire) : décomposer chaque rotation en deux réflexions dont la commune est l'axe (Ω1Ω2)(\Omega_1\Omega_2) ; les deux réflexions restantes se coupent au nouveau centre.

Non-commutativité : r2r1r_2\circ r_1 et r1r2r_1\circ r_2 ont le même angle et des centres différents, symétriques par rapport à (Ω1Ω2)(\Omega_1\Omega_2).

L'erreur classique

⚠️ Prendre pour centre l'un des deux centres, ou leur milieu. Le centre de la composée est un point nouveau ; ici (1,1)(1,-1), qui n'est même pas sur la droite des centres.

⚠️ Oublier le cas « angles opposés ». Quand θ1+θ20\theta_1+\theta_2\equiv0, il n'y a pas de centre : c'est une translation. Chercher un point fixe donne un système impossible, ce qui est la bonne réponse.

⚠️ Écrire r(X)=RθX+Ωr(X)=R_\theta X+\Omega. Ce n'est pas la rotation de centre Ω\Omega (elle ne fixe pas Ω\Omega : RθΩ+ΩΩR_\theta\Omega+\Omega\neq\Omega). La bonne forme est Rθ(XΩ)+ΩR_\theta(X-\Omega)+\Omega, soit b=ΩRθΩb=\Omega-R_\theta\Omega.

À retenir

Les angles s'ajoutent, le centre se cherche. Angle total non nul → rotation d'un nouveau centre ; angle total nul → translation.

L'ordre change le centre, pas l'angle — les rotations affines ne commutent pas, à la différence de SO(2)\mathrm{SO}(2). Même mécanisme qu'en E2 : la partie linéaire classe, le point fixe identifie.

Réponse. r2(x,y)=(2y,x2)r_2(x,y)=(2-y,x-2), r3(x,y)=(2+y,2x)r_3(x,y)=(2+y,2-x) ; r2r1(x,y)=(2x,y2)r_2\circ r_1(x,y)=(2-x,-y-2) : rotation d'angle π\pi de centre (1,1)(1,-1) ; r3r1=t(2,2)r_3\circ r_1=t_{(2,2)} (angle total 00) ; r1r2r_1\circ r_2 a pour centre (1,1)(1,1). (Recoupement : milieu de OO et r2r1(O)=(2,2)r_2\circ r_1(O)=(2,-2) est (1,1)(1,-1) ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Similitude directe : centre, rapport, angle

CalculDifficulté 3/5

Soit f:z(1+i)z+2f:z\mapsto(1+i)z+2. 1. Donner le rapport et l'angle de ff. 2. Déterminer son centre ω\omega et vérifier f(ω)=ωf(\omega)=\omega. 3. Calculer f(0)f(0) et f(1)f(1), puis vérifier que f(1)f(0)=210\lvert f(1)-f(0)\rvert=\sqrt2\,\lvert1-0\rvert. 4. Écrire fff\circ f sous la forme zaz+bz\mapsto a'z+b' ; donner son centre, son rapport, son angle.

Indices (3)

Écrire a=1+ia=1+i sous forme exponentielle : a\lvert a\rvert est le rapport, arga\arg a l'angle.

Le centre est l'unique point fixe : ω=aω+b\omega=a\omega+b, soit ω=b1a\omega=\dfrac b{1-a}.

ff(z)=a(az+b)+b=a2z+ab+bf\circ f(z)=a(az+b)+b=a^2z+ab+b.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une similitude directe zaz+bz\mapsto az+b est une rotation ET une homothétie de même centre. Tout se lit sur aa : son module est le rapport (ce par quoi les longueurs sont multipliées), son argument l'angle (ce dont les directions tournent). Et le centre est le seul point qui ne bouge pas, ω=b1a\omega=\dfrac b{1-a} — la forme réduite f(z)ω=a(zω)f(z)-\omega=a(z-\omega) dit tout : « on part du centre, on tourne, on dilate ».

👉 C'est le chapitre Nombres complexes qui donne le sens géométrique de aa (multiplier par reiθre^{i\theta} = tourner de θ\theta et dilater de rr). Ce qui est nouveau ici : la translation bb ne fait que déplacer le centre, elle ne change ni le rapport ni l'angle.

Rapport et angle

a=1+i=2eiπ/4a=1+i=\sqrt2\,e^{i\pi/4} : module 1+1=21,414\sqrt{1+1}=\sqrt2\approx1{,}414, argument π4\tfrac\pi4 (cosinus et sinus égaux et positifs).

rapport 2,angle π4\boxed{\text{rapport }\sqrt2,\quad\text{angle }\frac\pi4}
ff multiplie toutes les distances par 2\sqrt2 et fait tourner toutes les directions de 4545^\circ dans le sens direct. Ce n'est pas une isométrie (rapport 1\neq1).

Le centre

ω=aω+b    ω(1a)=b    ω=b1a=21(1+i)=2i=2i\omega=a\omega+b\iff\omega(1-a)=b\iff\omega=\dfrac b{1-a}=\dfrac2{1-(1+i)}=\dfrac2{-i}=2i (car 1i=i\tfrac1{-i}=i).

ω=2i\boxed{\omega=2i}
Vérification : f(2i)=(1+i)2i+2=2i+2i2+2=2i2+2=2if(2i)=(1+i)\cdot2i+2=2i+2i^2+2=2i-2+2=2i ✓. Forme réduite : f(z)2i=(1+i)(z2i)f(z)-2i=(1+i)(z-2i) — on peut la développer pour contrôler : (1+i)z2i(1+i)+2i=(1+i)z2i+2+2i=(1+i)z+2(1+i)z-2i(1+i)+2i=(1+i)z-2i+2+2i=(1+i)z+2 ✓.

Images de deux points et conservation des rapports

f(0)=2f(0)=2 et f(1)=(1+i)+2=3+if(1)=(1+i)+2=3+i.

f(1)f(0)=(3+i)2=1+i=2=210 \lvert f(1)-f(0)\rvert=\lvert(3+i)-2\rvert=\lvert1+i\rvert=\sqrt2=\sqrt2\cdot\lvert1-0\rvert\ ✓
f(0)=2,f(1)=3+i,f(1)f(0)=2\boxed{f(0)=2,\quad f(1)=3+i,\quad\lvert f(1)-f(0)\rvert=\sqrt2}
C'est général : f(z)f(w)=a(zw)f(z)-f(w)=a(z-w), donc f(z)f(w)=azw\lvert f(z)-f(w)\rvert=\lvert a\rvert\,\lvert z-w\rvert pour tous z,wz,w. Une similitude multiplie toutes les distances par le même facteur, et conserve donc les rapports de longueurs — un triangle est envoyé sur un triangle semblable. Les angles orientés sont conservés aussi : arg(f(z)f(w))=arga+arg(zw)\arg\bigl(f(z)-f(w)\bigr)=\arg a+\arg(z-w), tous les arguments sont décalés du même π4\tfrac\pi4.

f ∘ f
ff(z)=(1+i)((1+i)z+2)+2=(1+i)2z+2(1+i)+2=2iz+4+2i.f\circ f(z)=(1+i)\bigl((1+i)z+2\bigr)+2=(1+i)^2z+2(1+i)+2=2i\,z+4+2i.

(car (1+i)2=1+2i+i2=2i(1+i)^2=1+2i+i^2=2i.) Donc a=2ia'=2i et b=4+2ib'=4+2i :

  • rapport 2i=2=(2)2\lvert2i\rvert=2=(\sqrt2)^2, angle arg(2i)=π2=2π4\arg(2i)=\tfrac\pi2=2\cdot\tfrac\pi4 — les rapports se multiplient, les angles s'ajoutent ;
  • centre b1a=4+2i12i=(4+2i)(1+2i)1+4=4+8i+2i45=10i5=2i\dfrac{b'}{1-a'}=\dfrac{4+2i}{1-2i}=\dfrac{(4+2i)(1+2i)}{1+4}=\dfrac{4+8i+2i-4}5=\dfrac{10i}5=2i : le même centre.
    ff:z2iz+4+2i ; centre 2i, rapport 2, angle π2\boxed{f\circ f:z\mapsto2iz+4+2i\ ;\ \text{centre }2i,\ \text{rapport }2,\ \text{angle }\tfrac\pi2}
    C'est évident sur la forme réduite : ff(z)ω=a(f(z)ω)=a2(zω)f\circ f(z)-\omega=a\bigl(f(z)-\omega\bigr)=a^2(z-\omega). Les itérés fn(z)f^n(z) s'enroulent en spirale autour de ω\omega — vers l'extérieur ici (a>1\lvert a\rvert>1), vers le centre pour a<1\lvert a\rvert<1, comme sur la figure de la leçon.
Rappel de cours

Similitude directe f(z)=az+bf(z)=az+b, a0a\neq0 : rapport a\lvert a\rvert, angle arga\arg a. Si a1a\neq1 : centre ω=b1a\omega=\dfrac b{1-a}, et f(z)ω=a(zω)f(z)-\omega=a(z-\omega). Si a=1a=1 : translation. Si a=1\lvert a\rvert=1 : rotation (ou translation).

Propriétés : f(z)f(w)=azw\lvert f(z)-f(w)\rvert=\lvert a\rvert\,\lvert z-w\rvert ; conservation des angles orientés et des rapports de longueurs ; les similitudes directes forment un groupe ; composée : rapports multipliés, angles ajoutés.

Similitude indirecte zazˉ+bz\mapsto a\bar z+b : même rapport a\lvert a\rvert, angles orientés renversés (E5).

L'erreur classique

⚠️ Prendre bb pour le centre. Le centre est b1a\dfrac b{1-a}, ici 2i2i et non 22. Le test f(ω)=ωf(\omega)=\omega tranche en une ligne.

⚠️ Oublier le module dans la forme exponentielle : 1+i=eiπ/41+i=e^{i\pi/4} est faux, c'est 2eiπ/4\sqrt2\,e^{i\pi/4}. Sans le module, on croit à une rotation.

⚠️ Additionner les rapports en composant. Le rapport de fff\circ f est 22=2\sqrt2\cdot\sqrt2=2, pas 222\sqrt2 : ce sont les angles qui s'ajoutent, les rapports se multiplient.

À retenir

zaz+bz\mapsto az+b : rapport a\lvert a\rvert, angle arga\arg a, centre b1a\dfrac b{1-a}, et la forme réduite f(z)ω=a(zω)f(z)-\omega=a(z-\omega) qui rend tout évident.

Composer, c'est multiplier les aa : le centre ne bouge pas quand on itère, les rapports se multiplient, les angles s'ajoutent. Les distances sont toutes multipliées par a\lvert a\rvert — c'est ce que « semblable » veut dire.

Réponse. Rapport 2\sqrt2, angle π4\tfrac\pi4 ; centre ω=21(1+i)=2i\omega=\tfrac2{1-(1+i)}=2i, f(2i)=2if(2i)=2i ; f(0)=2f(0)=2, f(1)=3+if(1)=3+i, f(1)f(0)=1+i=2\lvert f(1)-f(0)\rvert=\lvert1+i\rvert=\sqrt2 ; ff(z)=2iz+4+2if\circ f(z)=2iz+4+2i, centre 2i2i, rapport 22, angle π2\tfrac\pi2. (Recoupement : 4+2i12i=2i\tfrac{4+2i}{1-2i}=2i ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Similitude déterminée par deux points, directe ou indirecte

CalculDifficulté 3/5

1. Déterminer la similitude directe f(z)=az+bf(z)=az+b telle que f(0)=1f(0)=1 et f(1)=if(1)=i ; donner son rapport, son angle, son centre. 2. Déterminer la similitude indirecte g(z)=azˉ+bg(z)=a\bar z+b vérifiant les mêmes conditions. 3. Calculer f(i)f(i) et g(i)g(i), et vérifier sur le triangle (0,1,i)(0,1,i) que les longueurs sont multipliées par le même facteur. 4. Déterminer le point fixe de gg.

Indices (3)

f(0)=bf(0)=b et f(1)=a+bf(1)=a+b : deux équations, deux inconnues.

Pour gg, 0ˉ=0\bar0=0 et 1ˉ=1\bar1=1 : les mêmes équations donnent le même aa et le même bb — les deux applications diffèrent ailleurs.

Point fixe de gg : écrire z=x+iyz=x+iy et séparer parties réelle et imaginaire.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux points suffisent à déterminer une similitude — une directe et une indirecte. Les deux équations f(z1)=w1f(z_1)=w_1, f(z2)=w2f(z_2)=w_2 fixent aa et bb ; la seule liberté restante est le choix « directe ou indirecte », c'est-à-dire si l'on conjugue zz ou non. Sur les points 00 et 11, qui sont réels, les deux similitudes coïncident ; elles se séparent dès qu'on regarde un point non réel — ici ii.

👉 Les deux ont le même rapport, mais l'une conserve l'orientation du triangle (0,1,i)(0,1,i) et l'autre la renverse : c'est la différence entre déplacer une figure et la retourner, et elle se voit sur le signe d'un angle orienté.

La similitude directe

f(0)=b=1f(0)=b=1, puis f(1)=a+b=if(1)=a+b=i donne a=i1=1+ia=i-1=-1+i.

f(z)=(1+i)z+1\boxed{f(z)=(-1+i)\,z+1}
Rapport : 1+i=21,414\lvert-1+i\rvert=\sqrt2\approx1{,}414. Angle : 1+i-1+i a pour cosinus 12-\tfrac1{\sqrt2} et sinus 12\tfrac1{\sqrt2}, donc arga=3π42,356\arg a=\tfrac{3\pi}4\approx2{,}356 (deuxième quadrant — attention à ne pas répondre π4-\tfrac\pi4 ni π4\tfrac\pi4). Centre :
ω=b1a=11(1+i)=12i=2+i(2i)(2+i)=2+i5,\omega=\frac b{1-a}=\frac1{1-(-1+i)}=\frac1{2-i}=\frac{2+i}{(2-i)(2+i)}=\frac{2+i}5,
soit ω=0,4+0,2i\omega=0{,}4+0{,}2\,i. Contrôle : f(ω)=(1+i)2+i5+1=2i+2i15+1=3+i5+1=2+i5=ωf(\omega)=(-1+i)\tfrac{2+i}5+1=\tfrac{-2-i+2i-1}5+1=\tfrac{-3+i}5+1=\tfrac{2+i}5=\omega ✓.

La similitude indirecte

g(0)=a0ˉ+b=b=1g(0)=a\bar0+b=b=1 et g(1)=a1ˉ+b=a+1=ig(1)=a\bar1+b=a+1=i : le même a=1+ia=-1+i et le même b=1b=1, parce que 00 et 11 sont réels.

g(z)=(1+i)zˉ+1\boxed{g(z)=(-1+i)\,\bar z+1}
gg est la composée de la réflexion zzˉz\mapsto\bar z (axe réel) et de la similitude directe ff : g=f()g=f\circ\overline{(\cdot)}. Même rapport 2\sqrt2, mais indirecte : elle renverse les angles orientés.

Le point i sépare les deux
f(i)=(1+i)i+1=i+i2+1=i1+1=i,g(i)=(1+i)iˉ+1=(1+i)(i)+1=ii2+1=i+1+1=2+i.f(i)=(-1+i)i+1=-i+i^2+1=-i-1+1=-i,\qquad g(i)=(-1+i)\bar i+1=(-1+i)(-i)+1=i-i^2+1=i+1+1=2+i.
f(i)=i,g(i)=2+i\boxed{f(i)=-i,\qquad g(i)=2+i}

Longueurs du triangle (0,1,i)(0,1,i) : côtés 10=1\lvert1-0\rvert=1, i0=1\lvert i-0\rvert=1, i1=2\lvert i-1\rvert=\sqrt2. Images par ff : (1, i, i)(1,\ i,\ -i), côtés i1=2\lvert i-1\rvert=\sqrt2, i1=2\lvert-i-1\rvert=\sqrt2, ii=2\lvert-i-i\rvert=2 — chacun est 2\sqrt2 fois l'original ✓. Images par gg : (1, i, 2+i)(1,\ i,\ 2+i), côtés 2\sqrt2, 2+i1=2\lvert2+i-1\rvert=\sqrt2, 2+ii=2\lvert2+i-i\rvert=2 — les mêmes longueurs ✓. Les deux triangles images sont isométriques entre eux, mais l'un est l'image de l'autre par une réflexion. Regardons l'angle orienté en 00 : dans le triangle de départ, (10, i0)=(1,i)(1-0,\ i-0)=(1,i) vaut +π2+\tfrac\pi2. Chez ff : les vecteurs images sont f(1)f(0)=i1=(1,1)f(1)-f(0)=i-1=(-1,1) et f(i)f(0)=i1=(1,1)f(i)-f(0)=-i-1=(-1,-1), de produit scalaire 11=01-1=0 et de déterminant (1)(1)(1)(1)=2>0(-1)(-1)-(1)(-1)=2>0 : angle +π2+\tfrac\pi2, conservé. Chez gg : g(1)g(0)=(1,1)g(1)-g(0)=(-1,1) et g(i)g(0)=1+i=(1,1)g(i)-g(0)=1+i=(1,1), produit scalaire 1+1=0-1+1=0, déterminant (1)(1)(1)(1)=2<0(-1)(1)-(1)(1)=-2<0 : angle π2-\tfrac\pi2, renversé. C'est exactement ce qui distingue directe et indirecte — et le signe d'un déterminant le mesure.

Le point fixe de g

On pose z=x+iyz=x+iy : g(z)=(1+i)(xiy)+1=x+iy+ix+y+1=(x+y+1)+i(x+y)g(z)=(-1+i)(x-iy)+1=-x+iy+ix+y+1=(-x+y+1)+i(x+y). L'équation g(z)=zg(z)=z donne x+y+1=x-x+y+1=x et x+y=yx+y=y, soit x=0x=0 puis y=1y=-1 :

g a un unique point fixe, i\boxed{g\text{ a un unique point fixe, }-i}
Contrôle : g(i)=(1+i)(i)+1=(1+i)i+1=i1+1=ig(-i)=(-1+i)\overline{(-i)}+1=(-1+i)\,i+1=-i-1+1=-i ✓. Une similitude indirecte de rapport 1\neq1 a toujours un unique point fixe (certifié ici par résolution du système). Ce n'est pas le centre de ff : ff et gg coïncident sur 00 et 11, pas sur leurs points fixes.

Rappel de cours

Détermination par deux points. La similitude directe envoyant z1w1z_1\mapsto w_1 et z2w2z_2\mapsto w_2 (z1z2z_1\neq z_2) est unique : a=w2w1z2z1a=\dfrac{w_2-w_1}{z_2-z_1}, b=w1az1b=w_1-az_1. L'indirecte aussi, avec a=w2w1zˉ2zˉ1a=\dfrac{w_2-w_1}{\bar z_2-\bar z_1}.

Directe / indirecte : même rapport a\lvert a\rvert ; la directe conserve les angles orientés, l'indirecte les change de signe. Une figure et son image par une indirecte sont retournées l'une par rapport à l'autre.

Point fixe d'une indirecte de rapport 1\neq1 : unique, obtenu en séparant partie réelle et imaginaire.

L'erreur classique

⚠️ Se tromper de quadrant pour arg(1+i)\arg(-1+i). Le point (1,1)(-1,1) est au deuxième quadrant : 3π4\tfrac{3\pi}4, pas π4\tfrac\pi4 (celui de 1+i1+i) ni π4-\tfrac\pi4 (celui de 1i1-i). Écrire cosinus et sinus avant de conclure.

⚠️ Croire que ff et gg sont égales parce qu'elles coïncident sur deux points. Une similitude est déterminée par deux points à orientation fixée ; sans fixer « directe » ou « indirecte », il y en a deux. Le troisième point ii les sépare.

⚠️ Chercher le point fixe de gg par b1a\dfrac b{1-a}. Cette formule vaut pour az+baz+b ; avec azˉ+ba\bar z+b l'équation n'est pas C\mathbb{C}-linéaire, il faut passer en (x,y)(x,y).

À retenir

Deux points déterminent une similitude directe et une indirecte, de même rapport, qui coïncident sur ces deux points et se séparent sur un troisième.

Directe conserve, indirecte renverse les angles orientés — c'est la différence entre « déplacer » et « retourner ». Le déterminant de deux vecteurs images en donne le signe.

Réponse. f(z)=(1+i)z+1f(z)=(-1+i)z+1 : rapport 2\sqrt2, angle 3π4\tfrac{3\pi}4, centre 2+i5\tfrac{2+i}5 ; g(z)=(1+i)zˉ+1g(z)=(-1+i)\bar z+1 ; f(i)=if(i)=-i, g(i)=2+ig(i)=2+i, côtés du triangle image 2,2,2\sqrt2,\sqrt2,2 = 2×(1,1,2)\sqrt2\times(1,1,\sqrt2) dans les deux cas ; point fixe de gg : i-i. (Recoupement : g(i)=ig(-i)=-i ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Le groupe des isométries du carré : D₄ explicité

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit le carré de sommets (1,1)(1,1), (1,1)(-1,1), (1,1)(-1,-1), (1,1)(1,-1). 1. Montrer qu'une isométrie affine qui conserve le carré fixe son centre OO, donc est linéaire. 2. Montrer qu'elle est déterminée par l'image de deux sommets adjacents, et en déduire qu'il y a au plus 88 isométries. 3. Les expliciter (matrices) et vérifier qu'il y en a exactement 88 : quatre rotations et quatre réflexions. 4. Calculer rsrs et srsr pour r=Rπ/2r=R_{\pi/2} et s=diag(1,1)s=\operatorname{diag}(1,-1) : le groupe est-il abélien ? Quel est le groupe des isométries du triangle équilatéral ?

Indices (3)

L'isobarycentre des sommets est conservé par une isométrie affine (elle conserve les barycentres).

Une isométrie linéaire du plan est déterminée par l'image d'une base ; deux sommets adjacents forment une base.

Les réflexions du carré ont pour axes les deux médianes et les deux diagonales.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le groupe diédral D4D_4 du chapitre Groupes est un groupe de matrices 2×22\times2, et on peut l'écrire en entier. Ce qui rend le comptage possible : une isométrie qui conserve le carré conserve son centre, donc c'est une isométrie vectorielle ; et une isométrie vectorielle du plan est déterminée par l'image d'un vecteur non nul et un signe (B3). Le premier sommet a 44 images possibles, le second — adjacent — en a alors 22 : au plus 88, et on les exhibe toutes.

👉 Le triangle équilatéral donne D3D_3 à 66 éléments, qui réalise toutes les permutations de ses trois sommets : D3S3D_3\simeq S_3. Pour le carré, 8<24=4!8<24=4! : toutes les permutations des sommets ne sont pas des isométries.

Le centre est fixe, l'isométrie est linéaire

Soit ff une isométrie affine du plan qui conserve le carré (elle envoie l'ensemble des sommets sur lui-même). Une isométrie affine est une application affine ; elle conserve les barycentres. L'isobarycentre des quatre sommets est O=14((1,1)+(1,1)+(1,1)+(1,1))=(0,0)O=\tfrac14\bigl((1,1)+(-1,1)+(-1,-1)+(1,-1)\bigr)=(0,0) ; son image est l'isobarycentre des images des sommets, qui sont les mêmes quatre points dans un autre ordre : f(O)=Of(O)=O.

Donc f(X)=LX+f(O)=LXf(X)=LX+f(O)=LX : ff est linéaire, de matrice LO(2)L\in\mathrm{O}(2). \blacksquare

Autrement dit : les isométries du carré sont les LO(2)L\in\mathrm{O}(2) qui permutent les quatre sommets.

Au plus 8

Les sommets A=(1,1)A=(1,1) et B=(1,1)B=(-1,1) sont adjacents et forment une base de R2\mathbb{R}^2 (non colinéaires). Une application linéaire est déterminée par l'image d'une base : LL est déterminée par (L(A),L(B))(L(A),L(B)). Or L(A)L(A) est un sommet (44 choix), et L(B)L(B) est un sommet à distance AB=2\lVert A-B\rVert=2 de L(A)L(A) (une isométrie conserve les distances) : les deux sommets adjacents à L(A)L(A), soit 22 choix — les diagonales mesurent 2222\sqrt2\neq2. Au plus 4×2=84\times2=8 isométries. \blacksquare

Isom(carreˊ)8\boxed{\lvert\text{Isom}(\text{carré})\rvert\leq8}

Exactement 8 : les matrices

Les quatre rotations R0=IR_0=I, Rπ/2=(0110)R_{\pi/2}=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}, Rπ=IR_\pi=-I, R3π/2=(0110)R_{3\pi/2}=\begin{pmatrix}0&1\\-1&0\end{pmatrix} envoient (1,1)(1,1) sur (1,1)(1,1), (1,1)(-1,1), (1,1)(-1,-1), (1,1)(1,-1) : chacune permute circulairement les sommets. Les quatre réflexions :

axe matrice action sur (1,1)(1,1)
OxOx (médiane) diag(1,1)\operatorname{diag}(1,-1) (1,1)(1,-1)
OyOy (médiane) diag(1,1)\operatorname{diag}(-1,1) (1,1)(-1,1)
y=xy=x (diagonale) (0110)\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix} (1,1)(1,1) fixe
y=xy=-x (diagonale) (0110)\begin{pmatrix}0&-1\\-1&0\end{pmatrix} (1,1)(-1,-1)

Chacune conserve l'ensemble des sommets (certifié pour les 88, avec le contre-témoin Rπ/3R_{\pi/3} qui ne le conserve pas). Elles sont deux à deux distinctes, donc on atteint la borne :

exactement 8 isomeˊtries : 4 rotations (det=1), 4 reˊflexions (det=1)\boxed{\text{exactement }8\text{ isométries : }4\text{ rotations (}\det=1\text{), }4\text{ réflexions (}\det=-1\text{)}}
C'est le groupe diédral D4D_4 ; la fermeture par produit est certifiée (6464 produits, tous dans la liste).

Non abélien, et le triangle
rs=(0110)(1001)=(0110),sr=(1001)(0110)=(0110).rs=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix},\qquad sr=\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0&-1\\-1&0\end{pmatrix}.

rsrs est la réflexion d'axe y=xy=x, srsr celle d'axe y=xy=-x : rssrrs\neq sr, D4D_4 n'est pas abélien. Plus précisément srs=r1srs=r^{-1} (une réflexion conjugue une rotation en son inverse, B3) : c'est la relation qui définit tout groupe diédral, Dn=r,srn=s2=1, srs=r1D_n=\langle r,s\mid r^n=s^2=1,\ srs=r^{-1}\rangle.

Triangle équilatéral (sommets e2ikπ/3e^{2ik\pi/3}) : le même argument donne au plus 3×2=63\times2=6 isométries, et on les a toutes — 33 rotations d'angles 0,2π3,4π30,\tfrac{2\pi}3,\tfrac{4\pi}3 et 33 réflexions d'axes passant par un sommet et le milieu du côté opposé (certifié : les 66 conservent les sommets, 3636 produits fermés). C'est D3D_3, d'ordre 6=3!6=3! : toute permutation des 33 sommets est réalisée, donc D3S3D_3\simeq S_3. Pour le carré, 8<4!=248<4!=24 — la permutation qui échange deux sommets adjacents en fixant les deux autres n'est pas une isométrie : elle enverrait une paire de sommets à distance 222\sqrt2 sur une paire à distance 22. (Échanger deux sommets opposés en fixant les deux autres, en revanche, est une isométrie : c'est la réflexion d'axe l'autre diagonale.)

D4 non abeˊlien (rssr),Isom(triangle)=D3S3\boxed{D_4\text{ non abélien}\ (rs\neq sr),\qquad\text{Isom(triangle)}=D_3\simeq S_3}

Rappel de cours

Groupe des isométries d'une figure : sous-groupe des isométries affines qui conservent la figure. Si la figure a un isobarycentre GG, il est fixe, et le groupe s'identifie à un sous-groupe de O(2)\mathrm{O}(2) (origine en GG).

Polygone régulier à nn côtés : DnD_n, d'ordre 2n2nnn rotations d'angles 2kπn\tfrac{2k\pi}n et nn réflexions. Relation : srs=r1srs=r^{-1}. Non abélien pour n3n\geq3.

Dénombrement : une isométrie est déterminée par l'image de deux sommets adjacents (nn choix, puis 22).

L'erreur classique

⚠️ Compter les permutations des sommets. 4!=244!=24 permutations, mais seulement 88 isométries : une isométrie conserve les distances, donc envoie deux sommets adjacents sur deux sommets adjacents.

⚠️ Oublier les réflexions, ou n'en compter que deux. Les axes de symétrie du carré sont les deux médianes et les deux diagonales — quatre. Le triangle équilatéral, lui, n'a que trois axes (sommet-milieu du côté opposé), parce que médianes et « diagonales » y coïncident.

⚠️ Croire D4D_4 abélien parce que ses rotations le sont. Les rotations forment un sous-groupe cyclique abélien ; c'est avec les réflexions que la commutativité tombe (srs=r1rsrs=r^{-1}\neq r).

À retenir

D4D_4 = 44 rotations + 44 réflexions, écrites comme matrices 2×22\times2, fermé par produit, non abélien, engendré par r=Rπ/2r=R_{\pi/2} et une réflexion ss avec srs=r1srs=r^{-1}.

La méthode de comptage — centre fixe, donc linéaire ; image de deux sommets adjacents — vaut pour tout polygone régulier et donne Dn=2n\lvert D_n\rvert=2n. Elle est le point de départ du chapitre Burnside, où ces groupes agissent pour compter des coloriages.

Réponse. Le centre (isobarycentre) est fixe donc l'isométrie est linéaire ; déterminée par l'image de deux sommets adjacents (4×24\times2) : au plus 88 ; les 44 rotations Rkπ/2R_{k\pi/2} et les 44 réflexions (axes OxOx, OyOy, y=xy=x, y=xy=-x) conviennent : exactement 88, c'est D4D_4 ; rs=(0110)(0110)=srrs=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}\neq\begin{pmatrix}0&-1\\-1&0\end{pmatrix}=sr, non abélien ; triangle : D3S3D_3\simeq S_3, 66 éléments. (Recoupement : Rπ/3R_{\pi/3} ne conserve pas le carré ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

S'entraîner davantage sur espaces euclidiens & isométries

18 exercices d'entraînement supplémentaires sur ce chapitre, plus le palier approfondissement, les quiz, le tuteur IA et les PDF à imprimer — dans l'app Maths Post-Bac.