Soit J=J3(2)=200120012. Calculer l'indice de nilpotence de N=J−2I et la dimension du sous-espace propre E2.
Indices (3)
N=J−2I a des 1 sur la surdiagonale.
Calculer N2 puis N3.
E2=kerN ; sa dimension =3−rgN.
Correction détaillée
Nilpotence
N=000100010 : N2=000000100=0 et N3=0. Indice de nilpotence 3 (= taille du bloc).
Espace propre
rgN=2, donc dimE2=dimkerN=3−2=1 : un bloc de Jordan n'a qu'une seule droite propre (engendrée par e1). C'est la marque du défaut de diagonalisabilité.
Soit N un endomorphisme nilpotent(Nm=0). Montrer que sa seule valeur propre est 0 et que son polynôme minimal est Xp(p= indice de nilpotence).
Indices (3)
Si Nv=λv avec v=0, itérer N.
Nmv=λmv=0 force λ=0.
μN divise Xm et Np−1=0.
Correction détaillée
Seule valeur propre 0
Si Nv=λv, v=0, alors Nmv=λmv. Or Nm=0, donc λmv=0, d'où λm=0, i.e. λ=0. La seule valeur propre est 0 (et χN=XdimV).
Polynôme minimal
Nm=0 donne μN∣Xm, donc μN=Xp. Le degré p de μN et l'indice de nilpotence coïncident : tous deux sont le plus petit entier tel que Np=0(Np−1=0, sinon Xp−1 annulerait, contredisant la minimalité). Ex. J3(0) : μ=X3.
Pour A=310−1101−12, vérifier χA=(X−2)3, puis comparer les dimensions de E2=ker(A−2I) et du sous-espace caractéristique N2=ker(A−2I)3.
Indices (3)
Calculer χA=det(XI−A).
dimE2=3−rg(A−2I) (multiplicité géométrique).
dimN2= multiplicité algébrique =3.
Correction détaillée
Caractéristique
χA=(X−2)3 : 2 est valeur propre de multiplicité algébrique 3.
Géométrique vs caractéristique
rg(A−2I)=2, donc dimE2=1 (multiplicité géométrique1) : A n'est pas diagonalisable (1<3). En revanche dimN2=dimker(A−2I)3=3 (tout l'espace) : le sous-espace caractéristique récupère la multiplicité algébrique.
Montrer que pour toute valeur propre, 1≤gλ≤mλ (géométrique ≤ algébrique), et que u est diagonalisable ssi gλ=mλ pour tout λ.
Indices (3)
Compléter une base de Eλ en une base de V.
Dans cette base, A est triangulaire par blocs avec λIgλ en haut.
χA a alors (X−λ)gλ en facteur.
Correction détaillée
Inégalité
Soit g=gλ=dimEλ. On complète une base (e1,…,eg) de Eλ en base de V ; la matrice de u devient (λIg0∗B), donc χu=(X−λ)gχB : (X−λ)g∣χu, d'où gλ≤mλ (multiplicité de λ dans χu). Et gλ≥1 car λ est valeur propre.
Diagonalisabilité
∑λgλ≤∑λmλ=dimV, avec égalité ssi gλ=mλ pour tout λ ; or la somme ∑λEλ est toujours directe (vecteurs propres de valeurs propres distinctes indépendants, cf. diagonalisation), donc ⨁Eλ=V⟺∑gλ=dimV. Donc udiagonalisable⟺gλ=mλ∀λ (le défaut mλ−gλ mesure la non-diagonalisabilité).
Soit N=000100010. Déterminer son indice de nilpotence et le relier à la taille de bloc.
Indices (3)
Calculer N2, N3.
L'indice = plus petit p avec Np=0.
Pour un seul bloc Jp(0), indice =p.
Correction détaillée
Indice
N2=000000100=0, N3=0 : indice de nilpotence 3.
Lien blocs
N=J3(0) est un seul bloc de Jordan de taille 3 : l'indice de nilpotence d'un endomorphisme nilpotent est la taille du plus grand blocJk(0). C'est aussi le degré de μN=X3.
Montrer qu'un endomorphisme nilpotent N se décompose en blocs de Jordan Jki(0), et que les tailles ki sont déterminées par les dimensions des kerNj.
Indices (3)
N a 0 pour seule valeur propre : tout l'espace est caractéristique.
Construire une base de vecteurs Nk−1x,…,Nx,x (chaînes de Jordan).
Le nombre de chaînes de longueur ≥j est dimkerNj−dimkerNj−1.
Correction détaillée
Décomposition en chaînes
Comme N est nilpotent, V=kerNp(p indice). On construit une base adaptée par chaînes de Jordan : pour un vecteur x∈/kerNk−1 mais ∈kerNk, la famille (Nk−1x,…,Nx,x) engendre un sous-espace stable où N agit comme Jk(0) (envoie chaque vecteur sur le précédent, et Nk−1x↦0). En épuisant V, on obtient N=⨁iJki(0).
Tailles par les rangs
Le nombre de chaînes de longueur ≥j (= blocs de taille ≥j) vaut dimkerNj−dimkerNj−1 ; le nombre de blocs de taille exactementj est rj−1−2rj+rj+1(rj=rgNj). Les tailles sont donc déterminées par N.
Réponse.N=⨁Jki(0), tailles lues sur dimkerNj. (Vérifié machine : tailles par les rangs — A6/E3 ✓)
Montrer que μu∣χu et que μu, χu ont les mêmes racines (les valeurs propres).
Indices (3)
Cayley-Hamilton : χu(u)=0, donc μu∣χu.
Toute racine de μu est valeur propre.
Toute valeur propre annule μu.
Correction détaillée
Divisibilité
Par Cayley-Hamilton, χu(u)=0 ; comme μu est le polynôme minimal (engendre l'idéal annulateur), μu∣χu.
Mêmes racines
Si λ est valeur propre, u−λid non injectif : prenons v=0 propre, μu(u)v=μu(λ)v=0 donne μu(λ)=0. Réciproquement, une racine λ de μu est racine de χu (car μu∣χu), donc valeur propre. Ainsi μu et χu ont exactement les valeurs propres pour racines.
Pour E=200120002=J2(2)⊕J1(2), donner χE et μE, et expliquer pourquoi ils diffèrent.
Indices (3)
χE=(X−2)3 (multiplicité algébrique 3).
μE=(X−2)c, c= taille du plus grand bloc.
Vérifier (E−2I)2=0 mais E−2I=0.
Correction détaillée
Caractéristique
χE=(X−2)3 : une seule valeur propre 2, multiplicité 3.
Minimal
Le plus grand bloc de 2 a taille 2(J2(2)), donc μE=(X−2)2. On vérifie : (E−2I)2=0 (annule) mais E−2I=0 (degré 1 insuffisant). Donc μE=(X−2)2=χE=(X−2)3 : le minimal est strictement plus petit dès qu'il y a plusieurs blocs.
Énoncer et démontrer le lemme des noyaux : si P=P1⋯Pr avec les Pi premiers entre eux deux à deux et P(u)=0, alors V=⨁ikerPi(u).
Indices (3)
Pour r=2 : Bézout UP1+VP2=1.
Évaluer en u et appliquer à x.
Récurrence sur r.
Correction détaillée
Cas r=2 (Bézout)
P1,P2 premiers entre eux : ∃U,V, UP1+VP2=1. En u : U(u)P1(u)+V(u)P2(u)=id. Pour x∈V : x=∈kerP1(u)V(u)P2(u)x+∈kerP2(u)U(u)P1(u)x (car P1(u)⋅V(u)P2(u)x=V(u)P(u)x=0). Donc V=kerP1(u)+kerP2(u). La somme est directe : si y∈kerP1(u)∩kerP2(u), y=U(u)P1(u)y+V(u)P2(u)y=0.
Récurrence
Pour r facteurs : P1 est premier avec P2⋯Pr (lemme de Gauss : premier avec chaque facteur), et P2,…,Pr restent premiers entre eux deux à deux ; d'où V=kerP1(u)⊕ker(P2⋯Pr)(u), puis on applique l'hypothèse de récurrence à P2⋯Pr. Appliqué à μu=∏λ(X−λ)cλ : V=⨁λker(u−λ)cλ=⨁λNλ.
Esquisser la preuve d'existence de la forme de Jordan pour χu scindé : décomposer par le lemme des noyaux puis réduire chaque partie nilpotente.
Indices (3)
Lemme des noyaux : V=⨁λNλ.
Sur Nλ, u−λid est nilpotent.
Réduire un nilpotent en blocs Jk(0).
Correction détaillée
Décomposition caractéristique
χu scindé : μu=∏λ(X−λ)cλ. Le lemme des noyaux donne V=⨁λNλ avec Nλ=ker(u−λ)cλ, sous-espaces stables par u.
Réduction des nilpotents
Sur Nλ, u−λid est nilpotent ; par la structure des nilpotents (chaînes de Jordan, A6) il se décompose en blocs Jk(0), donc u∣Nλ en blocs Jk(λ)=λI+Jk(0). En recollant sur tous les λ : A=PJP−1, J bloc-diagonale de blocs de Jordan. Existence acquise (scindage requis).
Réponse. Jordan = lemme des noyaux + réduction des nilpotents par blocs. (Vérifié machine : jordan_form — B4 ✓)
Réduire A=(1−113) : trouver J et P avec A=PJP−1.
Indices (3)
χA=(X−2)2, une seule valeur propre 2.
dimker(A−2I)=1 → un seul bloc J2(2).
Trouver v propre puis w avec (A−2I)w=v.
Correction détaillée
Forme de Jordan
χA=(X−2)2 et A=2I, donc A n'est pas diagonalisable : J=J2(2)=(2012).
Base de Jordan
A−2I=(−1−111) : vecteur propre v=(11). Vecteur propre généralisé w avec (A−2I)w=v : −w1+w2=1 → w=(01) convient ? (A−2I)(01)=(−1−1)=−v. On prend plutôt la base (vimage,anteˊceˊdent) : avec P=(−1−110) (colonnes : −v et (01)), on a A=PJP−1.
Montrer que le nombre de blocs de taille exactement j pour la valeur propre λ vaut rj−1−2rj+rj+1(rj=rg(A−λI)j), et en déduire l'unicité de la forme de Jordan à l'ordre près.
Indices (3)
Un bloc Jk(λ) contribue à rg(A−λI)j par max(k−j,0).
Sommer sur tous les blocs.
Différences secondes isolent les tailles.
Correction détaillée
Contribution d'un bloc
Sur un bloc Jk(λ), (Jk(λ)−λI)j a rang max(k−j,0). Donc rj=rg(A−λI)j=∑blocs kmax(k−j,0). La différence rj−1−rj=#{blocs de taille≥j}.
Unicité
Le nombre de blocs de taille exactementj est (rj−1−rj)−(rj−rj+1)=rj−1−2rj+rj+1 : il ne dépend que de A et λ (via les rangs, invariants par conjugaison). Les tailles de blocs sont donc déterminées par A : la forme de Jordan est unique à l'ordre des blocs près.
Réponse.#blocs taille j=rj−1−2rj+rj+1 → unicité. (Vérifié machine : tailles par les rangs — E3 ✓)
Un endomorphisme de R3 a χu=(X−2)3 et μu=(X−2)2. Déterminer sa forme de Jordan. Et si μu=(X−2)3 ? Si μu=(X−2) ?
Indices (3)
dimV=degχ=3.
Plus grand bloc =deg du facteur dans μ.
Sommer les tailles = multiplicité algébrique.
Correction détaillée
μ=(X−2)²
Plus grand bloc de taille 2, tailles sommant à 3 : seule possibilité [2,1] → J=J2(2)⊕J1(2).
Les autres cas
μ=(X−2)3 : plus grand bloc taille 3, somme 3 → [3], un seul J3(2). μ=(X−2) : plus grand bloc taille 1 → tous de taille 1, J=2I3 (diagonalisable). Ici χ et μsuffisent car dimV=3 (en dimension ≥7, χ et μ ne suffisent plus).
Réponse.[2,1] ; [3] ; 2I3 selon μ. (Vérifié machine : tailles ⟷ exposant de μ — D4/E ✓)
Expliquer en quoi la forme de Jordan est unique « à l'ordre des blocs près », et pourquoi deux matrices semblables ont la même forme de Jordan.
Indices (3)
Les rangs rg(A−λI)j sont invariants par conjugaison.
Ils déterminent les tailles de blocs (E3).
L'ordre des blocs est un choix de base.
Correction détaillée
Invariance par similitude
Si A′=QAQ−1, alors (A′−λI)j=Q(A−λI)jQ−1 a même rang : les multiset de tailles de blocs (déterminés par les rangs, E3) coïncident. Donc deux matrices semblables ont la même forme de Jordan.
À l'ordre près
La forme de Jordan est unique comme multiset de blocs : permuter les blocs revient à permuter les vecteurs de base, ce qui donne une matrice semblable. On fixe en général une convention d'ordre (valeurs propres croissantes, tailles décroissantes). C'est un invariant complet de similitude pour χ scindé.
Réponse. Unique comme multiset de blocs ; invariant complet de similitude. (Vérifié machine : rangs invariants — E3/E6 ✓)
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