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Exercices corrigés — Fonctions d'une variable réelle

Analyse · 18 exercices-types du palier socle

L1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Fonctions d'une variable réelle Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Prouver une limite avec epsilon et delta

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Démontrer avec la définition que limx2(3x+1)=7\displaystyle\lim_{x\to2}(3x+1)=7. 2. Démontrer de même que limx1x2=1\displaystyle\lim_{x\to1}x^2=1 : on cherchera un δ\delta qui marche pour tout ε\varepsilon, en commençant par imposer x11\lvert x-1\rvert\leq1. 3. Pour ε=0,01\varepsilon=0{,}01, donner une valeur explicite de δ\delta dans la question 2, et vérifier que δ=ε\delta=\varepsilon ne convient pas.

Indices (3)

Calculer (3x+1)7\lvert(3x+1)-7\rvert : c'est un multiple de x2\lvert x-2\rvert.

Factoriser x21=(x1)(x+1)x^2-1=(x-1)(x+1) et majorer x+1\lvert x+1\rvert quand xx reste à distance au plus 11 de 11.

Un δ\delta qui doit satisfaire deux contraintes se prend comme le minimum des deux.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La définition d'une limite est un contrat, exactement comme pour les suites : on te donne une marge ε\varepsilon sur les valeurs, tu dois rendre une marge δ\delta sur la variable telle que rester à moins de δ\delta de aa garantisse rester à moins de ε\varepsilon de \ell. Si tu sais toujours répondre, la limite existe.

La différence avec les suites : au lieu d'un rang NN « à partir duquel », on a une distance δ\delta « en deçà de laquelle ». Et xx s'approche de aa des deux côtés — le contrat doit tenir pour x<ax<a comme pour x>ax>a.

👉 Dans les deux questions, la stratégie est la même : exprimer f(x)\lvert f(x)-\ell\rvert en fonction de xa\lvert x-a\rvert, puis résoudre « f(x)<ε\lvert f(x)-\ell\rvert<\varepsilon » en xa\lvert x-a\rvert. Pour la fonction affine c'est immédiat ; pour x2x^2 il faut d'abord borner un facteur parasite.

Une fonction affine : delta se lit directement
(3x+1)7=3x6=3x2.\lvert(3x+1)-7\rvert=\lvert3x-6\rvert=3\,\lvert x-2\rvert.

Donc (3x+1)7<ε\lvert(3x+1)-7\rvert<\varepsilon équivaut à x2<ε3\lvert x-2\rvert<\dfrac\varepsilon3. Soit ε>0\varepsilon>0 ; on pose δ=ε3\delta=\dfrac\varepsilon3. Alors

0<x2<δ  (3x+1)7=3x2<3δ=ε.0<\lvert x-2\rvert<\delta\ \Rightarrow\ \lvert(3x+1)-7\rvert=3\lvert x-2\rvert<3\delta=\varepsilon.

C'est toute la preuve : ε\varepsilon arbitraire, δ\delta explicite, l'implication vérifiée. \blacksquare

limx2(3x+1)=7,δ=ε3\boxed{\lim_{x\to2}(3x+1)=7,\quad\delta=\frac\varepsilon3}

ℹ️ Pour une fonction affine xmx+px\mapsto mx+p, le même calcul donne toujours δ=εm\delta=\dfrac\varepsilon{\lvert m\rvert} : une pente forte exige un δ\delta petit, ce qui est géométriquement évident — plus la droite est raide, moins on peut s'éloigner de aa sans que ff bouge beaucoup.

Le carré : borner d'abord, puis choisir delta
x21=x1x+1.\lvert x^2-1\rvert=\lvert x-1\rvert\cdot\lvert x+1\rvert.

Le facteur x+1\lvert x+1\rvert dépend de xx : on ne peut pas diviser ε\varepsilon par lui comme on a divisé par 33. L'idée est de le borner en s'obligeant d'abord à rester près de 11 :

x11  0x2  1x+13  x+13.\lvert x-1\rvert\leq1\ \Rightarrow\ 0\leq x\leq2\ \Rightarrow\ 1\leq x+1\leq3\ \Rightarrow\ \lvert x+1\rvert\leq3.

Sous cette contrainte, x213x1\lvert x^2-1\rvert\leq3\lvert x-1\rvert, et il suffit alors d'avoir x1<ε3\lvert x-1\rvert<\dfrac\varepsilon3. Les deux contraintes doivent tenir en même temps, d'où

δ=min ⁣(1,ε3).\delta=\min\!\left(1,\frac\varepsilon3\right).

Preuve. Soit ε>0\varepsilon>0 et δ=min(1,ε/3)\delta=\min(1,\varepsilon/3). Si 0<x1<δ0<\lvert x-1\rvert<\delta, alors x1<1\lvert x-1\rvert<1 donc x+13\lvert x+1\rvert\leq3, et

x21=x1x+1<δ3ε33=ε.\lvert x^2-1\rvert=\lvert x-1\rvert\,\lvert x+1\rvert<\delta\cdot3\leq\frac\varepsilon3\cdot3=\varepsilon.\qquad\blacksquare
limx1x2=1,δ=min ⁣(1,ε3)\boxed{\lim_{x\to1}x^2=1,\quad\delta=\min\!\left(1,\frac\varepsilon3\right)}
Une valeur numérique, et le delta naïf qui échoue

Pour ε=0,01\varepsilon=0{,}01. ε3=13000,0033<1\dfrac\varepsilon3=\dfrac1{300}\approx0{,}0033<1, donc δ=1300\delta=\dfrac1{300}. Contrôle au bord : pour x=1+1300x=1+\dfrac1{300},

x21=2300+13002=601900000,0067<0,01 x^2-1=\frac2{300}+\frac1{300^2}=\frac{601}{90\,000}\approx0{,}0067<0{,}01\ ✓

et il reste même de la marge — normal, on a majoré x+1\lvert x+1\rvert par 33 alors qu'il vaut à peine plus de 22 près de 11.

Pourquoi δ=ε\delta=\varepsilon ne marche pas. Prenons x=1,01x=1{,}01, qui vérifie x1=0,01=ε\lvert x-1\rvert=0{,}01=\varepsilon (à la limite) : x21=1,02011=0,0201>0,01x^2-1=1{,}0201-1=0{,}0201>0{,}01. Un xx à distance ε\varepsilon de 11 envoie x2x^2 à distance 2ε2\varepsilon de 11 — parce que la pente de x2x^2 en 11 vaut 22. Le δ\delta doit compenser la pente ; c'est ce que fait la division par 33 (majorant de la pente sur [0,2][0,2]).

Rappel de cours

Définition. limxaf(x)=\displaystyle\lim_{x\to a}f(x)=\ell signifie : pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe δ>0\delta>0 tel que pour tout xx du domaine, 0<xa<δf(x)<ε0<\lvert x-a\rvert<\delta\Rightarrow\lvert f(x)-\ell\rvert<\varepsilon.

Le δ\delta dépend de ε\varepsilon et de aa : pour x2x^2, le δ\delta trouvé en a=1a=1 ne conviendrait pas en a=100a=100, où la pente vaut 200200. Cette dépendance au point est exactement ce que la continuité uniforme (approfondissement) supprime.

Continuité. ff est continue en aa si limxaf(x)=f(a)\lim_{x\to a}f(x)=f(a). Les deux limites de cet exercice disent donc que x3x+1x\mapsto3x+1 est continue en 22 et xx2x\mapsto x^2 continue en 11.

L'erreur classique

⚠️ Diviser ε\varepsilon par un facteur qui dépend de xx. Écrire « δ=εx+1\delta=\dfrac\varepsilon{\lvert x+1\rvert} » n'a pas de sens : δ\delta doit être choisi avant xx, il ne peut pas en dépendre. C'est pour ça qu'on borne x+1\lvert x+1\rvert par une constante (33) en se restreignant à x11\lvert x-1\rvert\leq1.

⚠️ Oublier le minimum. Poser δ=ε3\delta=\dfrac\varepsilon3 seul est faux pour ε\varepsilon grand : avec ε=30\varepsilon=30, δ=10\delta=10 autoriserait x=11x=11, où x+1=12\lvert x+1\rvert=12 et x21=120>30x^2-1=120>30. Le min(1,)\min(1,\cdot) n'est pas une précaution de style, c'est ce qui garantit la borne sur x+1\lvert x+1\rvert.

À retenir

Une preuve en ε\varepsilonδ\delta suit toujours le même chemin : écrire f(x)\lvert f(x)-\ell\rvert en fonction de xa\lvert x-a\rvert, borner les facteurs parasites par une constante en se restreignant à un voisinage de aa, puis prendre δ\delta comme minimum des contraintes.

Le δ\delta mesure la pente. Fonction affine de pente mm : δ=ε/m\delta=\varepsilon/\lvert m\rvert. Fonction plus raide : δ\delta plus petit. C'est l'idée qui deviendra, avec les accroissements finis, f(x)f(a)Mxa\lvert f(x)-f(a)\rvert\leq M\lvert x-a\rvert.

Réponse. δ=ε3\delta=\dfrac\varepsilon3 pour la fonction affine ; δ=min ⁣(1,ε3)\delta=\min\!\left(1,\dfrac\varepsilon3\right) pour x2x^2 en 11 ; pour ε=0,01\varepsilon=0{,}01, δ=13000,0033\delta=\dfrac1{300}\approx0{,}0033, et δ=ε\delta=\varepsilon échoue (1,0121=0,0201>0,011{,}01^2-1=0{,}0201>0{,}01). (Recoupement : (1+1300)210,0067<0,01(1+\tfrac1{300})^2-1\approx0{,}0067<0{,}01 ✓)
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Caractérisation séquentielle : réfuter une limite

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit f(x)=sin ⁣(1x)f(x)=\sin\!\left(\dfrac1x\right) et g(x)=xsin ⁣(1x)g(x)=x\sin\!\left(\dfrac1x\right), définies sur R\mathbb{R}^*. 1. Montrer que ff n'a pas de limite en 00, en exhibant deux suites (xn)(x_n) et (yn)(y_n) de limite 00 telles que f(xn)f(x_n) et f(yn)f(y_n) ne tendent pas vers la même valeur. 2. Montrer que gg admet une limite en 00, et la donner. 3. Laquelle des deux fonctions se prolonge par continuité en 00 ?

Indices (3)

Chercher xnx_n tel que 1xn=nπ\dfrac1{x_n}=n\pi, puis yny_n tel que 1yn=π2+2nπ\dfrac1{y_n}=\dfrac\pi2+2n\pi.

sin()1\lvert\sin(\cdot)\rvert\leq1 : encadrer g(x)g(x) par ±x\pm\lvert x\rvert.

Se prolonger par continuité demande une limite finie en 00.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La caractérisation séquentielle transforme une question sur les fonctions en une question sur les suites — et c'est dans le sens « réfuter » qu'elle est la plus puissante. Si ff avait une limite \ell en 00, alors pour toute suite xn0x_n\to0 on aurait f(xn)f(x_n)\to\ell. Il suffit donc de trouver deux suites qui tendent vers 00 et dont les images tendent vers deux valeurs différentes pour prouver qu'aucun \ell ne convient.

Pour sin ⁣(1x)\sin\!\left(\tfrac1x\right), l'idée est de choisir xx pour que 1x\tfrac1x tombe pile sur des valeurs où sin\sin vaut toujours la même chose : les multiples de π\pi (où sin=0\sin=0) et les π2+2kπ\tfrac\pi2+2k\pi (où sin=1\sin=1).

👉 Le contraste avec g(x)=xsin ⁣(1x)g(x)=x\sin\!\left(\tfrac1x\right) est tout l'exercice : le même facteur oscillant, multiplié par x0x\to0, est écrasé. Une oscillation bornée fois un infiniment petit tend vers 00.

Deux suites, deux limites : pas de limite

On pose, pour n1n\geq1,

xn=1nπetyn=1π2+2nπ.x_n=\frac1{n\pi}\qquad\text{et}\qquad y_n=\frac1{\frac\pi2+2n\pi}.

Les deux tendent vers 00 (dénominateurs qui tendent vers ++\infty), et aucune ne s'annule. Leurs images sont constantes :

f(xn)=sin(nπ)=0pour tout n,f(yn)=sin ⁣(π2+2nπ)=1pour tout n.f(x_n)=\sin(n\pi)=0\quad\text{pour tout }n,\qquad f(y_n)=\sin\!\left(\frac\pi2+2n\pi\right)=1\quad\text{pour tout }n.

Donc f(xn)0f(x_n)\to0 et f(yn)1f(y_n)\to1. Si ff avait une limite \ell en 00, la caractérisation séquentielle imposerait =0\ell=0 (par la première suite) et =1\ell=1 (par la seconde) : contradiction. \blacksquare

sin ⁣(1x) n’a pas de limite en 0\boxed{\sin\!\left(\tfrac1x\right)\text{ n'a pas de limite en }0}

Contrôle : x1=1π0,318x_1=\dfrac1\pi\approx0{,}318, y1=25π0,127y_1=\dfrac2{5\pi}\approx0{,}127 ; les deux suites sont bien dans R\mathbb{R}^*, et pour n=1n=1 déjà f(x1)=0f(x_1)=0, f(y1)=1f(y_1)=1.

ℹ️ Géométriquement : quand x0+x\to0^+, 1x\tfrac1x parcourt [1,+[[1,+\infty[, donc sin ⁣(1x)\sin\!\left(\tfrac1x\right) fait une infinité d'oscillations complètes entre 1-1 et 11 dans tout voisinage de 00. Elle prend toutes les valeurs de [1,1][-1,1] aussi près de 00 qu'on veut : aucune ne peut être « la » limite.

Le facteur x écrase l'oscillation

Pour x0x\neq0, sin ⁣(1x)1\left\lvert\sin\!\left(\tfrac1x\right)\right\rvert\leq1, donc

g(x)=xsin ⁣(1x)x.\lvert g(x)\rvert=\lvert x\rvert\cdot\left\lvert\sin\!\left(\frac1x\right)\right\rvert\leq\lvert x\rvert.

Et x0\lvert x\rvert\to0 quand x0x\to0. Par le théorème des gendarmes (version fonctions) : g(x)0g(x)\to0. On n'a pas eu besoin de savoir ce que fait sin ⁣(1x)\sin\!\left(\tfrac1x\right) — seulement qu'il est borné. \blacksquare

limx0xsin ⁣(1x)=0\boxed{\lim_{x\to0}x\sin\!\left(\tfrac1x\right)=0}

Sur les mêmes suites qu'en 1 : g(xn)=xn0=0g(x_n)=x_n\cdot0=0 et g(yn)=yn1=yn0g(y_n)=y_n\cdot1=y_n\to0. Les deux images tendent vers 00, comme il se doit — mais ⚠️ deux suites qui donnent la même limite ne prouvent pas la limite (il faudrait toutes les suites). C'est l'encadrement par x\lvert x\rvert qui prouve ; les suites ne font que confirmer.

Prolongement par continuité

Se prolonger par continuité en 00, c'est admettre une limite finie en 00, qu'on prend comme valeur en 00.

  • gg admet la limite 00 : on pose g~(0)=0\tilde g(0)=0, et g~\tilde g est continue sur R\mathbb{R} (continue sur R\mathbb{R}^* comme produit et composée de fonctions continues, et en 00 par construction).
  • ff n'a pas de limite en 00 : aucune valeur f(0)f(0) ne la rendrait continue. Poser f(0)=0f(0)=0, ou 12\tfrac12, ou n'importe quoi, laisse une discontinuité.
g se prolonge par g~(0)=0 ; f ne se prolonge pas\boxed{g\text{ se prolonge par }\tilde g(0)=0\ ;\ f\text{ ne se prolonge pas}}

ℹ️ Ce prolongement g~\tilde g reviendra dans le lot E sous la forme x2sin ⁣(1x)x^2\sin\!\left(\tfrac1x\right) : avec un x2x^2 au lieu de xx, la fonction prolongée devient même dérivable en 00 — et sa dérivée, elle, n'a pas de limite en 00. La hiérarchie « oscillation écrasée par xx, puis par x2x^2 » est le fil rouge des contre-exemples du chapitre.

Rappel de cours

Caractérisation séquentielle. limxaf(x)=\displaystyle\lim_{x\to a}f(x)=\ell si et seulement si, pour toute suite (xn)(x_n) du domaine, xnax_n\neq a, xnax_n\to a, on a f(xn)f(x_n)\to\ell.

Sens « réfuter ». Deux suites xnax_n\to a, ynay_n\to a avec limf(xn)limf(yn)\lim f(x_n)\neq\lim f(y_n) (ou l'une sans limite) prouvent que ff n'a pas de limite en aa.

Sens « prouver ». Il faut toutes les suites — en pratique on ne l'utilise pas ainsi ; on prouve une limite par encadrement, opérations ou composition.

Gendarmes. Si f(x)h(x)\lvert f(x)\rvert\leq h(x) avec h(x)0h(x)\to0, alors f(x)0f(x)\to0.

L'erreur classique

⚠️ Conclure d'une seule suite. « f(xn)=0f(x_n)=0 pour xn=1nπx_n=\tfrac1{n\pi}, donc f0f\to0 » est faux : une suite ne prouve rien dans le sens direct. Il en faut deux pour réfuter, ou un encadrement pour prouver.

⚠️ Confondre « bornée » et « convergente ». sin ⁣(1x)\sin\!\left(\tfrac1x\right) est bornée près de 00 et n'a pas de limite ; c'est le pendant, pour les fonctions, de la suite (1)n(-1)^n. Bornée ne sert que multipliée par quelque chose qui tend vers 00.

⚠️ Écrire limx0sin ⁣(1x)=sin(+)\lim_{x\to0}\sin\!\left(\tfrac1x\right)=\sin(+\infty). sin(+)\sin(+\infty) n'existe pas : sin\sin n'a pas de limite en ++\infty (mêmes suites, nπn\pi et π2+2nπ\tfrac\pi2+2n\pi). La composition ne passe à la limite que si la fonction extérieure a une limite au point visé.

À retenir

Pour réfuter une limite, deux suites suffisent ; pour la prouver, il faut un encadrement ou les opérations sur les limites. Les suites qui réfutent se choisissent pour que la fonction y soit constante — multiples de π\pi pour sin\sin, entiers pour la partie entière, etc.

Borné fois infiniment petit tend vers 00. C'est la version « fonctions » du gendarme unbn0\lvert u_n\rvert\leq b_n\to0, et c'est ce qui sépare sin ⁣(1x)\sin\!\left(\tfrac1x\right) (pas de limite) de xsin ⁣(1x)x\sin\!\left(\tfrac1x\right) (limite 00, prolongeable).

Réponse. xn=1nπ0x_n=\dfrac1{n\pi}\to0 donne f(xn)=0f(x_n)=0 et yn=1π/2+2nπ0y_n=\dfrac1{\pi/2+2n\pi}\to0 donne f(yn)=1f(y_n)=1 : ff n'a pas de limite en 00 ; g(x)x\lvert g(x)\rvert\leq\lvert x\rvert donc g0g\to0 ; seule gg se prolonge, par g~(0)=0\tilde g(0)=0. (Recoupement : x10,318x_1\approx0{,}318, y10,127y_1\approx0{,}127 ✓)
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Limites à gauche et à droite

CalculDifficulté 3/5

Étudier l'existence d'une limite en le point indiqué, en calculant les limites à gauche et à droite : 1. f(x)=xxf(x)=\dfrac{\lvert x\rvert}{x} en 00 ; 2. g(x)=xg(x)=\lfloor x\rfloor (partie entière) en 22 ; 3. h(x)=x21x1h(x)=\dfrac{x^2-1}{x-1} en 11 ; 4. k(x)=1xk(x)=\dfrac1x en 00.

Indices (3)

x=x\lvert x\rvert=x si x>0x>0 et x-x si x<0x<0 : la fonction est constante de chaque côté.

Pour xx juste en dessous de 22 (par exemple 1,9991{,}999), x\lfloor x\rfloor vaut… ?

Factoriser le numérateur de hh ; simplifier est permis puisque x1x\neq1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une limite en aa existe si et seulement si les limites à gauche et à droite existent et sont égales. Quatre cas, quatre comportements différents, et c'est exactement le tableau qu'il faut avoir en tête :

fonction à gauche à droite limite en aa ?
xx\dfrac{\lvert x\rvert}{x} en 00 1-1 11 non (saut)
x\lfloor x\rfloor en 22 11 22 non (saut)
x21x1\dfrac{x^2-1}{x-1} en 11 22 22 oui, 22 (trou)
1x\dfrac1x en 00 -\infty ++\infty non (infini)

👉 Le cas 3 est le plus instructif : la fonction n'est pas définie en 11, et pourtant sa limite y existe. Un « trou » dans la courbe n'empêche pas la limite ; c'est un saut (cas 1 et 2) ou une explosion (cas 4) qui l'empêche.

Le signe de x : un saut de hauteur 2

Pour x>0x>0, x=x\lvert x\rvert=x donc f(x)=xx=1f(x)=\dfrac xx=1 ; pour x<0x<0, x=x\lvert x\rvert=-x donc f(x)=1f(x)=-1. La fonction est constante de chaque côté de 00 :

limx0f(x)=1,limx0+f(x)=1.\lim_{x\to0^-}f(x)=-1,\qquad\lim_{x\to0^+}f(x)=1.

Deux limites différentes : ff n'a pas de limite en 00. Sa courbe est faite de deux demi-droites horizontales, à hauteur 1-1 et 11, séparées par un saut de hauteur 22 au-dessus de 00.

f n’a pas de limite en 0\boxed{f\text{ n'a pas de limite en }0}

ℹ️ Aucun prolongement ne la rend continue : poser f(0)=0f(0)=0 (la valeur « médiane ») donne la fonction signe, discontinue en 00. C'est la même conclusion que pour sin ⁣(1x)\sin\!\left(\tfrac1x\right) dans l'exercice A2, obtenue autrement : ici pas besoin de suites, les deux limites unilatérales suffisent.

La partie entière en un entier

x\lfloor x\rfloor est le plus grand entier x\leq x. Pour x[1,2[x\in[1,2[, x=1\lfloor x\rfloor=1 ; pour x[2,3[x\in[2,3[, x=2\lfloor x\rfloor=2. Donc

limx2x=1(ex. 1,999=1),limx2+x=2(2,001=2).\lim_{x\to2^-}\lfloor x\rfloor=1\qquad(\text{ex. }\lfloor1{,}999\rfloor=1),\qquad\lim_{x\to2^+}\lfloor x\rfloor=2\qquad(\lfloor2{,}001\rfloor=2).

Pas de limite en 22 : saut de hauteur 11, et le même phénomène se produit en chaque entier. En revanche, en un point non entier (2,52{,}5 par exemple), la fonction est constante sur un voisinage et donc continue.

x n’a pas de limite en 2 (ni en aucun entier)\boxed{\lfloor x\rfloor\text{ n'a pas de limite en }2\ (\text{ni en aucun entier})}

ℹ️ Remarque utile : x\lfloor x\rfloor est continue à droite en tout point (limx2+=2=2\lim_{x\to2^+}=\lfloor2\rfloor=2), pas à gauche. Une fonction peut être continue d'un seul côté.

Le trou : une limite qui existe sans valeur

Pour x1x\neq1, x21=(x1)(x+1)x^2-1=(x-1)(x+1) et on peut simplifier par x10x-1\neq0 :

h(x)=(x1)(x+1)x1=x+1.h(x)=\frac{(x-1)(x+1)}{x-1}=x+1.

La fonction hh coïncide avec xx+1x\mapsto x+1 partout sauf en 11, où elle n'est pas définie. Les limites à gauche et à droite sont donc celles de x+1x+1 en 11 :

limx1h(x)=limx1+h(x)=2.\lim_{x\to1^-}h(x)=\lim_{x\to1^+}h(x)=2.
limx1h(x)=2\boxed{\lim_{x\to1}h(x)=2}

La courbe de hh est la droite y=x+1y=x+1 privée du point (1,2)(1,2) : un trou, pas un saut. Et le trou se bouche : h~(1)=2\tilde h(1)=2 définit un prolongement par continuité — c'est la situation de l'exercice A4.

Contrôle : h(0,99)=1,99h(0{,}99)=1{,}99, h(1,01)=2,01h(1{,}01)=2{,}01, les deux à 0,010{,}01 de 22 ✓.

L'inverse : limites infinies de signes opposés
limx01x=,limx0+1x=+.\lim_{x\to0^-}\frac1x=-\infty,\qquad\lim_{x\to0^+}\frac1x=+\infty.

Il n'y a pas de limite en 00 — et pas seulement parce que les deux côtés diffèrent : même si les deux tendaient vers ++\infty (comme 1x2\tfrac1{x^2}), on dirait « limite ++\infty », ce qui n'est pas une limite finie et n'autorise aucun prolongement par continuité. La droite x=0x=0 est une asymptote verticale.

1x n’a pas de limite en 0 (limites infinies opposeˊes)\boxed{\tfrac1x\text{ n'a pas de limite en }0\ (\text{limites infinies opposées})}

Bilan des quatre cas : une limite manque pour trois raisons différentes — un saut (1 et 2), une explosion (4) — et existe malgré un trou (3). Seul le trou se répare.

Rappel de cours

Limites unilatérales. limxaf=\lim_{x\to a^-}f=\ell signifie : pour tout ε\varepsilon, il existe δ\delta tel que aδ<x<af(x)<εa-\delta<x<a\Rightarrow\lvert f(x)-\ell\rvert<\varepsilon ; symétriquement à droite.

Théorème. ff admet une limite en aa si et seulement si ff admet une limite à gauche et une limite à droite en aa, égales. (Si ff est définie en aa, la limite ne fait pas intervenir f(a)f(a).)

Continuité à gauche / à droite : limxaf(x)=f(a)\lim_{x\to a^-}f(x)=f(a), resp. à droite. Continue en aa = continue des deux côtés.

Types de discontinuité : saut (limites unilatérales finies distinctes), infinie, ou essentielle (pas de limite unilatérale, comme sin1x\sin\tfrac1x).

L'erreur classique

⚠️ Croire qu'une fonction non définie en aa n'a pas de limite en aa. hh n'est pas définie en 11 et sa limite y vaut 22. La limite regarde les valeurs autour de aa, jamais en aa.

⚠️ Simplifier sans dire pourquoi c'est permis. Écrire h(x)=x+1h(x)=x+1 tout court est faux (les deux fonctions n'ont pas le même domaine) ; c'est « h(x)=x+1h(x)=x+1 pour x1x\neq1 » qui est vrai, et c'est précisément le régime où l'on calcule une limite en 11.

⚠️ Écrire limx01x=\lim_{x\to0}\tfrac1x=\infty sans signe. Les deux côtés donnent des infinis de signes opposés : il n'y a pas de limite, même infinie.

À retenir

Toujours deux calculs en un point litigieux : à gauche, à droite. Valeur absolue, partie entière, fonctions définies par morceaux, dénominateurs qui s'annulent : ce sont les quatre signaux qui imposent de séparer les côtés.

Trou, saut, explosion. Un trou (forme 00\tfrac00 qui se simplifie) laisse une limite et se rebouche ; un saut ou une explosion ne se réparent pas.

Réponse. 1. 1-1 à gauche, 11 à droite : pas de limite. 2. 11 et 22 : pas de limite. 3. 22 des deux côtés : limx1h=2\lim_{x\to1}h=2. 4. -\infty et ++\infty : pas de limite. (Recoupement : 1,999=1\lfloor1{,}999\rfloor=1, 2,001=2\lfloor2{,}001\rfloor=2, h(1,01)=2,01h(1{,}01)=2{,}01 ✓)
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Prolonger par continuité

CalculDifficulté 3/5

Pour chacune des fonctions suivantes, définie sur R\mathbb{R}^* (ou ]0,+[]0,+\infty[), dire si elle se prolonge par continuité en 00 et donner alors la valeur du prolongement : 1. sinxx\dfrac{\sin x}x ; 2. xlnxx\ln x ; 3. ex1x\dfrac{e^x-1}x ; 4. 1+x1x\dfrac{\sqrt{1+x}-1}x ; 5. 1x\dfrac1x.

Indices (3)

sinxx\dfrac{\sin x}x et ex1x\dfrac{e^x-1}x sont des taux d'accroissement en 00 : reconnaître une dérivée.

xlnxx\ln x : c'est une croissance comparée en 0+0^+, ou poser x=etx=e^{-t} avec t+t\to+\infty.

Quantité conjuguée pour la racine ; et pour 1x\tfrac1x, les limites unilatérales.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Prolonger par continuité, c'est boucher un trou : la fonction n'est pas définie en 00, mais si elle y admet une limite finie \ell, on décrète f~(0)=\tilde f(0)=\ell et la fonction prolongée est continue. Toute la question est donc : y a-t-il une limite finie en 00 ?

Trois des cinq fonctions sont des taux d'accroissement déguisés — sinxsin0x0\dfrac{\sin x-\sin0}{x-0}, exe0x0\dfrac{e^x-e^0}{x-0}, 1+x1x\dfrac{\sqrt{1+x}-\sqrt1}{x} — et leur limite en 00 est un nombre dérivé. La quatrième est la croissance comparée xlnx0x\ln x\to0. La cinquième explose.

👉 Reconnaître un taux d'accroissement est le réflexe qui économise tous les calculs : limx0f(x)f(0)x=f(0)\lim_{x\to0}\dfrac{f(x)-f(0)}{x}=f'(0) dès que ff est dérivable en 00.

Trois taux d'accroissement

1. sinxx=sinxsin0x0x0sin(0)=cos0=1\dfrac{\sin x}{x}=\dfrac{\sin x-\sin0}{x-0}\xrightarrow[x\to0]{}\sin'(0)=\cos0=1. Prolongement : f~(0)=1\tilde f(0)=1. Contrôle : sin0,10,10,9983\dfrac{\sin0{,}1}{0{,}1}\approx0{,}9983.

3. ex1x=exe0x0x0exp(0)=e0=1\dfrac{e^x-1}{x}=\dfrac{e^x-e^0}{x-0}\xrightarrow[x\to0]{}\exp'(0)=e^0=1. Prolongement par 11. Contrôle : e0,110,11,0517\dfrac{e^{0{,}1}-1}{0{,}1}\approx1{,}0517 — au-dessus de 11, parce que exe^x est convexe : ses cordes issues de 00 ont une pente qui croît avec xx.

4. Deux méthodes. Par le taux : 1+x1xddx1+xx=0=121+0=12\dfrac{\sqrt{1+x}-1}{x}\to\dfrac{d}{dx}\sqrt{1+x}\Big|_{x=0}=\dfrac1{2\sqrt{1+0}}=\dfrac12. Par la quantité conjuguée, sans dérivée :

1+x1x=(1+x)1x(1+x+1)=11+x+1x011+1=12.\frac{\sqrt{1+x}-1}{x}=\frac{(1+x)-1}{x\left(\sqrt{1+x}+1\right)}=\frac1{\sqrt{1+x}+1}\xrightarrow[x\to0]{}\frac1{1+1}=\frac12.

Prolongement par 12\tfrac12.

f~1(0)=1,f~3(0)=1,f~4(0)=12\boxed{\tilde f_1(0)=1,\quad\tilde f_3(0)=1,\quad\tilde f_4(0)=\tfrac12}

ℹ️ Ces trois limites sont aussi les premiers termes des développements limités sinxx\sin x\approx x, ex1+xe^x\approx1+x, 1+x1+x2\sqrt{1+x}\approx1+\tfrac x2 : le chapitre des DL les revoit avec les termes suivants.

x ln x : la puissance gagne contre le logarithme

En 0+0^+, x0x\to0 et lnx\ln x\to-\infty : forme indéterminée 0×0\times\infty. Posons x=etx=e^{-t} avec t+t\to+\infty :

xlnx=et(t)=tett+0x\ln x=e^{-t}\cdot(-t)=-\frac{t}{e^t}\xrightarrow[t\to+\infty]{}0

par croissances comparées (ete^t l'emporte sur tt). Donc xlnx0x\ln x\to0 en 0+0^+, et le prolongement est f~(0)=0\tilde f(0)=0.

f~2(0)=0\boxed{\tilde f_2(0)=0}

Contrôle : 0,1ln0,10,2300{,}1\ln0{,}1\approx-0{,}230, 0,01ln0,010,0460{,}01\ln0{,}01\approx-0{,}046. La convergence est lente — diviser xx par 1010 ne divise la valeur que par 55 — parce que lnx\ln x tire vers -\infty, mais elle a lieu. La fonction prolongée est continue sur [0,+[[0,+\infty[, négative sur ]0,1[]0,1[ et nulle en 00 et 11 : elle a un minimum en 1e\tfrac1e (dérivée lnx+1\ln x+1), qu'on retrouvera avec sa convexité dans l'approfondissement.

1/x : pas de limite finie, pas de prolongement

1x\dfrac1x\to-\infty à gauche de 00 et ++\infty à droite (exercice A3). Il n'y a pas de limite finie, donc aucune valeur en 00 ne rend la fonction continue : quelle que soit la valeur vv posée en 00, pour x=110kx=\tfrac1{10^k} on a f(x)=10kf(x)=10^k, qui s'éloigne de vv.

1x ne se prolonge pas par continuiteˊ en 0\boxed{\tfrac1x\text{ ne se prolonge pas par continuité en }0}

Bilan : quatre trous qui se bouchent (11, 00, 11, 12\tfrac12), un qui ne se bouche pas. Ce qui décide n'est jamais « la fonction est-elle définie en 00 » (aucune ne l'est) mais « la limite en 00 est-elle finie ».

Rappel de cours

Prolongement par continuité. Si ff est définie sur un voisinage de aa privé de aa et si limxaf(x)=R\lim_{x\to a}f(x)=\ell\in\mathbb{R}, la fonction f~\tilde f égale à ff hors de aa et à \ell en aa est continue en aa ; c'est l'unique prolongement continu.

Limites de référence en 00 : sinxx1\dfrac{\sin x}x\to1, ex1x1\dfrac{e^x-1}x\to1, ln(1+x)x1\dfrac{\ln(1+x)}x\to1, 1+x1x12\dfrac{\sqrt{1+x}-1}x\to\dfrac12, xlnx0x\ln x\to0 (0+0^+), 1cosxx212\dfrac{1-\cos x}{x^2}\to\dfrac12.

Taux d'accroissement. f(x)f(a)xaf(a)\dfrac{f(x)-f(a)}{x-a}\to f'(a) : la plupart des limites « 00\tfrac00 » usuelles sont des nombres dérivés.

L'erreur classique

⚠️ Écrire sin00=1\dfrac{\sin0}{0}=1. 00\dfrac00 n'est pas 11, ni rien d'autre ; c'est la limite qui vaut 11, et le prolongement est une décision qu'on prend parce que cette limite existe. La distinction est celle entre « f(0)f(0) » (n'existe pas) et « f~(0)\tilde f(0) » (défini par nous).

⚠️ Prolonger par la valeur qu'on veut. « 1x\tfrac1x se prolonge par 00 en 00 » définit bien une fonction sur R\mathbb{R}, mais elle est discontinue en 00 : ce n'est pas un prolongement par continuité. Le mot « continuité » n'est pas décoratif.

⚠️ 0×=00\times\infty=0. Pour xlnxx\ln x c'est vrai, pour lnxx\dfrac{\ln x}{x} en 0+0^+ c'est -\infty, pour x1xx\cdot\tfrac1x c'est 11. Le produit d'un infiniment petit et d'un infiniment grand se calcule à chaque fois.

À retenir

Prolonger = limite finie, et rien d'autre. Une limite infinie ou absente interdit le prolongement, quelle que soit la valeur qu'on poserait.

Les taux d'accroissement sont des nombres dérivés. sinxx\dfrac{\sin x}{x}, ex1x\dfrac{e^x-1}{x}, 1+x1x\dfrac{\sqrt{1+x}-1}{x} se lisent sin(0)\sin'(0), exp(0)\exp'(0), (1+)(0)(\sqrt{1+\cdot})'(0) — trois limites pour le prix d'une dérivée. C'est aussi l'idée qui fonde la dérivabilité en un point (lot E).

Réponse. sinxx1\dfrac{\sin x}x\to1, xlnx0x\ln x\to0, ex1x1\dfrac{e^x-1}x\to1, 1+x1x12\dfrac{\sqrt{1+x}-1}x\to\dfrac12 : prolongements par 11, 00, 11, 12\tfrac12. 1x\dfrac1x ne se prolonge pas (limites \mp\infty). (Recoupement : sin0,10,10,9983\tfrac{\sin0{,}1}{0{,}1}\approx0{,}9983, 0,1ln0,10,2300{,}1\ln0{,}1\approx-0{,}230, e0,110,11,0517\tfrac{e^{0{,}1}-1}{0{,}1}\approx1{,}0517 ✓)
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Recoller deux morceaux, et les opérations qui conservent la continuité

CalculDifficulté 3/5

1. Déterminer le réel aa pour que la fonction ff définie par f(x)=x2+af(x)=x^2+a si x1x\leq1 et f(x)=2x+3f(x)=2x+3 si x>1x>1 soit continue sur R\mathbb{R}. 2. Déterminer kk pour que g(x)=x24x2g(x)=\dfrac{x^2-4}{x-2} si x2x\neq2, g(2)=kg(2)=k, soit continue en 22. 3. Montrer que si uu et vv sont continues sur un intervalle II, alors u\lvert u\rvert, max(u,v)\max(u,v) et min(u,v)\min(u,v) le sont aussi. On pourra établir max(u,v)=u+v+uv2\max(u,v)=\dfrac{u+v+\lvert u-v\rvert}2.

Indices (3)

Continuité en 11 : limite à gauche (formule x1x\leq1) == limite à droite (formule x>1x>1) == valeur f(1)f(1).

Simplifier gg pour x2x\neq2, puis lire la limite.

Pour max(u,v)\max(u,v) : distinguer uvu\geq v et u<vu<v, et dans chaque cas calculer u+v+uv2\dfrac{u+v+\lvert u-v\rvert}2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une fonction définie par morceaux est continue partout où chaque formule l'est, et il ne reste à vérifier que les points de recollement. En un tel point aa, trois quantités doivent coïncider : la limite à gauche (donnée par la formule de gauche), la limite à droite (formule de droite), et la valeur f(a)f(a) (donnée par la formule qui contient aa). Le paramètre se règle en écrivant cette égalité.

La question 3 est d'une autre nature : elle établit que la continuité survit à trois opérations qu'on n'a pas dans la liste « somme, produit, quotient, composée » — valeur absolue, max, min. L'astuce est de les exprimer avec ces opérations-là.

Régler le paramètre au point de recollement

Sur ],1[]-\infty,1[, f(x)=x2+af(x)=x^2+a est un polynôme : continue. Sur ]1,+[]1,+\infty[, f(x)=2x+3f(x)=2x+3 : continue. Seul le point 11 est à examiner.

  • Limite à gauche (formule x1x\leq1) : limx1(x2+a)=1+a\lim_{x\to1^-}(x^2+a)=1+a.
  • Valeur : f(1)=12+a=1+af(1)=1^2+a=1+a (c'est la formule x1x\leq1 qui s'applique en 11).
  • Limite à droite (formule x>1x>1) : limx1+(2x+3)=5\lim_{x\to1^+}(2x+3)=5.

Continuité en 11     \iff 1+a=51+a=5     \iff a=4a=4.

a=4\boxed{a=4}

Contrôle : avec a=4a=4, f(0,99)=0,9801+4=4,9801f(0{,}99)=0{,}9801+4=4{,}9801 et f(1,01)=5,02f(1{,}01)=5{,}02, tous deux à 0,020{,}02 de f(1)=5f(1)=5 ✓. Pour toute autre valeur de aa, la courbe présente un saut de hauteur 5(1+a)\lvert5-(1+a)\rvert au-dessus de 11.

ℹ️ ff est alors continue mais pas dérivable en 11 : pente 22 à gauche (2x2x en 11), pente 22 à droite… tiens, ici les deux pentes coïncident, et ff est même dérivable en 11. C'est une coïncidence de l'énoncé, pas une règle : avec 2x+32x+3 remplacé par 3x+23x+2, on aurait encore a=4a=4 et un point anguleux.

Un trou qui se rebouche

Pour x2x\neq2, g(x)=(x2)(x+2)x2=x+2g(x)=\dfrac{(x-2)(x+2)}{x-2}=x+2. Donc limx2g(x)=4\lim_{x\to2}g(x)=4 (des deux côtés — c'est la limite de x+2x+2). Continuité en 22     \iff g(2)=4g(2)=4.

k=4\boxed{k=4}

C'est l'exercice A3 (cas du trou) et l'exercice A4 (prolongement) réunis : la seule valeur de kk qui bouche le trou est la limite. Tout autre kk laisse un point isolé au-dessus ou au-dessous de la droite y=x+2y=x+2.

Valeur absolue, max et min : des composées et des sommes

u\lvert u\rvert. C'est la composée xux\mapsto\lvert\cdot\rvert\circ u, et la fonction valeur absolue est continue sur R\mathbb{R} (en 00 : x0\lvert x\rvert\to0 des deux côtés ; ailleurs elle coïncide avec xx ou x-x). Composée de fonctions continues : u\lvert u\rvert est continue. Directement, par la seconde inégalité triangulaire : u(x)u(a)u(x)u(a)0\bigl\lvert\,\lvert u(x)\rvert-\lvert u(a)\rvert\,\bigr\rvert\leq\lvert u(x)-u(a)\rvert\to0.

La formule du max. Soit xIx\in I.

  • Si u(x)v(x)u(x)\geq v(x) : uv=uv\lvert u-v\rvert=u-v et u+v+(uv)2=u=max(u,v)\dfrac{u+v+(u-v)}2=u=\max(u,v) ✓.
  • Si u(x)<v(x)u(x)<v(x) : uv=vu\lvert u-v\rvert=v-u et u+v+(vu)2=v=max(u,v)\dfrac{u+v+(v-u)}2=v=\max(u,v) ✓.

Donc max(u,v)=u+v+uv2\max(u,v)=\dfrac{u+v+\lvert u-v\rvert}2 en tout point, et de même min(u,v)=u+vuv2\min(u,v)=\dfrac{u+v-\lvert u-v\rvert}2.

Conclusion. u+vu+v est continue (somme), uvu-v aussi, uv\lvert u-v\rvert par ce qui précède, et un quotient par 22 ne change rien : max(u,v)\max(u,v) et min(u,v)\min(u,v) sont continues. \blacksquare

u,v continuesu, max(u,v), min(u,v) continues\boxed{u,v\text{ continues}\Rightarrow\lvert u\rvert,\ \max(u,v),\ \min(u,v)\text{ continues}}

Contrôle sur un exemple : max(x,x2)\max(x,x^2) vaut x2x^2 sur ],0][1,+[]-\infty,0]\cup[1,+\infty[ et xx sur [0,1][0,1] ; en 00 et 11 les deux formules coïncident, la fonction est continue — avec deux points anguleux. Continuité oui, dérivabilité non : c'est la règle générale pour un max.

Rappel de cours

Recollement. Une fonction définie par morceaux est continue en un point de jonction aa si et seulement si limxaf(x)=f(a)=limxa+f(x)\lim_{x\to a^-}f(x)=f(a)=\lim_{x\to a^+}f(x).

Opérations. Si u,vu,v sont continues en aa : u+vu+v, uvuv, λu\lambda u, uv\dfrac uv (si v(a)0v(a)\neq0) sont continues en aa ; si uu est continue en aa et ww continue en u(a)u(a), alors wuw\circ u est continue en aa.

Et donc : u\lvert u\rvert, max(u,v)\max(u,v), min(u,v)\min(u,v), u+=max(u,0)u^+=\max(u,0), u=max(u,0)u^-=\max(-u,0) sont continues. Toute fonction obtenue à partir des fonctions de référence par ces opérations est continue sur son domaine.

L'erreur classique

⚠️ Vérifier seulement les deux limites. « lim1=lim1+\lim_{1^-}=\lim_{1^+} » ne suffit pas : il faut aussi que la valeur f(1)f(1) soit égale à cette limite commune. Ici la valeur vient de la formule x1x\leq1, donc elle coïncide automatiquement avec la limite à gauche — mais avec une définition comme « f(1)=7f(1)=7 » à part, l'égalité des limites laisserait une discontinuité.

⚠️ Croire que max(u,v)\max(u,v) est dérivable dès que uu et vv le sont. Faux : max(x,x)=x\max(x,-x)=\lvert x\rvert. La continuité passe au max, la dérivabilité non — les points où u=vu=v sont en général anguleux.

⚠️ Écrire uv=uv\lvert u-v\rvert=u-v. Ce n'est vrai que là où uvu\geq v ; la preuve de la formule du max distingue les deux cas, c'est tout son contenu.

À retenir

Aux points de recollement : trois quantités, une égalité. Limite à gauche, valeur, limite à droite. Le paramètre se règle en résolvant cette équation.

Max et min ne sont pas de nouvelles opérations : max(u,v)=u+v+uv2\max(u,v)=\dfrac{u+v+\lvert u-v\rvert}2 les ramène à une somme et une valeur absolue. Cette formule sert bien au-delà de la continuité — elle prouve par exemple que le max de deux fonctions convexes est convexe (lot C).

Réponse. a=4a=4 ; k=4k=4 ; max(u,v)=u+v+uv2\max(u,v)=\dfrac{u+v+\lvert u-v\rvert}2 et min(u,v)=u+vuv2\min(u,v)=\dfrac{u+v-\lvert u-v\rvert}2, donc u\lvert u\rvert, max\max, min\min sont continues comme sommes et composées de fonctions continues. (Recoupement : f(1,01)=5,02f(1{,}01)=5{,}02 et f(0,99)=4,9801f(0{,}99)=4{,}9801 encadrent f(1)=5f(1)=5 ✓)
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Parité, périodicité et limites à l'infini

CalculDifficulté 3/5

1. Déterminer la parité de f(x)=x31+x2f(x)=\dfrac{x^3}{1+x^2}, de g(x)=xsinxg(x)=x\sin x, et vérifier que tan\tan est impaire et π\pi-périodique. 2. Montrer que cos\cos n'a pas de limite en ++\infty. 3. Déterminer limx+sinxx\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\frac{\sin x}x et limx+2x2+1x23\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\frac{2x^2+1}{x^2-3}. 4. La fonction h(x)=xxh(x)=x-\lfloor x\rfloor est-elle périodique ? A-t-elle une limite en ++\infty ?

Indices (3)

Parité : calculer f(x)f(-x) et comparer à f(x)f(x) et f(x)-f(x).

Deux suites qui tendent vers ++\infty et sur lesquelles cos\cos est constant : 2nπ2n\pi et (2n+1)π(2n+1)\pi.

h(x)h(x) est la partie fractionnaire de xx ; que vaut h(n)h(n) pour nn entier, et h(n+12)h(n+\tfrac12) ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Parité et périodicité sont des symétries de la courbe : une fonction paire se lit sur [0,+[[0,+\infty[ et se complète par symétrie d'axe (Oy)(Oy) ; une impaire par symétrie de centre OO ; une TT-périodique se lit sur un intervalle de longueur TT et se répète par translation. Ce sont les premières choses à établir dans une étude, parce qu'elles divisent le travail.

Et la périodicité a une conséquence sur les limites à l'infini qu'il faut voir une fois pour toutes : une fonction périodique non constante n'a pas de limite en ++\infty, puisqu'elle reprend indéfiniment les mêmes valeurs. C'est la caractérisation séquentielle de l'exercice A2, appliquée à l'infini.

Parité : deux calculs, une vérification

f(x)=x31+x2f(x)=\dfrac{x^3}{1+x^2}. Le domaine R\mathbb{R} est symétrique, et

f(x)=(x)31+(x)2=x31+x2=f(x):f est impaire.f(-x)=\frac{(-x)^3}{1+(-x)^2}=\frac{-x^3}{1+x^2}=-f(x)\,:\quad f\text{ est \textbf{impaire}}.

(Numérateur impair, dénominateur pair : le quotient est impair.)

g(x)=xsinxg(x)=x\sin x. g(x)=(x)sin(x)=(x)(sinx)=xsinx=g(x)g(-x)=(-x)\sin(-x)=(-x)(-\sin x)=x\sin x=g(x) : gg est paire — produit de deux fonctions impaires.

tan\tan. Domaine R{π2+kπ}\mathbb{R}\setminus\{\tfrac\pi2+k\pi\}, symétrique. tan(x)=sin(x)cos(x)=sinxcosx=tanx\tan(-x)=\dfrac{\sin(-x)}{\cos(-x)}=\dfrac{-\sin x}{\cos x}=-\tan x : impaire. Et tan(x+π)=sin(x+π)cos(x+π)=sinxcosx=tanx\tan(x+\pi)=\dfrac{\sin(x+\pi)}{\cos(x+\pi)}=\dfrac{-\sin x}{-\cos x}=\tan x : π\pi-périodique — alors que sin\sin et cos\cos sont 2π2\pi-périodiques, le quotient des deux signes « - » raccourcit la période.

f impaire, g paire, tan impaire et π-peˊriodique\boxed{f\text{ impaire},\ g\text{ paire},\ \tan\text{ impaire et }\pi\text{-périodique}}
cos n'a pas de limite à l'infini

Posons xn=2nπx_n=2n\pi et yn=(2n+1)πy_n=(2n+1)\pi. Les deux suites tendent vers ++\infty, et

cos(xn)=cos(2nπ)=1,cos(yn)=cos((2n+1)π)=1pour tout n.\cos(x_n)=\cos(2n\pi)=1,\qquad\cos(y_n)=\cos\bigl((2n+1)\pi\bigr)=-1\qquad\text{pour tout }n.

Si cos\cos avait une limite \ell en ++\infty, la caractérisation séquentielle (version « à l'infini ») donnerait =1\ell=1 et =1\ell=-1 : contradiction. \blacksquare

cos n’a pas de limite en +\boxed{\cos\text{ n'a pas de limite en }+\infty}

Même preuve pour sin\sin (suites π2+2nπ\tfrac\pi2+2n\pi et π2+2nπ-\tfrac\pi2+2n\pi), et pour toute fonction périodique non constante : si f(a)f(b)f(a)\neq f(b), les suites a+nTa+nT et b+nTb+nT tendent vers ++\infty avec ff constante sur chacune.

ℹ️ On écrit pourtant « cos\cos est bornée » sans hésiter — bornée n'est pas convergente, ni pour les fonctions ni pour les suites. C'est (1)n(-1)^n, encore.

Deux limites à l'infini

sinxx\dfrac{\sin x}{x}. Pour x>0x>0, sinxx1x0\left\lvert\dfrac{\sin x}x\right\rvert\leq\dfrac1x\to0 : par les gendarmes,

limx+sinxx=0\boxed{\lim_{x\to+\infty}\frac{\sin x}x=0}

⚠️ Ne pas confondre avec limx0sinxx=1\lim_{x\to0}\dfrac{\sin x}{x}=1 (exercice A4) : même fonction, deux points, deux limites, deux mécanismes — un taux d'accroissement en 00, un « borné sur infiniment grand » en ++\infty.

2x2+1x23\dfrac{2x^2+1}{x^2-3}. Factoriser le terme dominant en haut et en bas :

2x2+1x23=x2(2+1x2)x2(13x2)=2+1x213x2x+21=2.\frac{2x^2+1}{x^2-3}=\frac{x^2\left(2+\frac1{x^2}\right)}{x^2\left(1-\frac3{x^2}\right)}=\frac{2+\frac1{x^2}}{1-\frac3{x^2}}\xrightarrow[x\to+\infty]{}\frac21=2.
limx+2x2+1x23=2\boxed{\lim_{x\to+\infty}\frac{2x^2+1}{x^2-3}=2}

Contrôle : en x=100x=100, 2000199972,0007\dfrac{20\,001}{9\,997}\approx2{,}0007 — à 7×1047\times10^{-4} de 22, écart qui décroît en 7x2\tfrac7{x^2} (le numérateur de 2x2+1x232=7x23\tfrac{2x^2+1}{x^2-3}-2=\tfrac7{x^2-3}). La droite y=2y=2 est asymptote horizontale.

La partie fractionnaire : périodique, sans limite

h(x)=xx[0,1[h(x)=x-\lfloor x\rfloor\in[0,1[ est la partie fractionnaire de xx : h(3,7)=0,7h(3{,}7)=0{,}7. Comme x+1=x+1\lfloor x+1\rfloor=\lfloor x\rfloor+1,

h(x+1)=(x+1)(x+1)=xx=h(x):h est 1-peˊriodique.h(x+1)=(x+1)-(\lfloor x\rfloor+1)=x-\lfloor x\rfloor=h(x)\,:\quad h\text{ est }1\text{-périodique}.

Sa courbe est une « dent de scie » : sur chaque [n,n+1[[n,n+1[, c'est le segment de (n,0)(n,0) à (n+1,1)(n+1,1) exclu, puis retombée à 00.

Pas de limite en ++\infty, par la règle établie en 2 : h(n)=0h(n)=0 pour tout entier nn, et h(n+12)=12h(n+\tfrac12)=\tfrac12 pour tout entier nn — deux suites vers ++\infty, deux limites différentes. On peut aussi remarquer que hh n'a pas de limite en chaque entier (limnh=1\lim_{n^-}h=1, limn+h=0\lim_{n^+}h=0), comme x\lfloor x\rfloor à l'exercice A3.

h est 1-peˊriodique et n’a pas de limite en +\boxed{h\text{ est }1\text{-périodique et n'a pas de limite en }+\infty}
Rappel de cours

Parité. Sur un domaine symétrique, ff est paire si f(x)=f(x)f(-x)=f(x) (courbe symétrique par rapport à (Oy)(Oy)), impaire si f(x)=f(x)f(-x)=-f(x) (symétrique par rapport à OO). Produit de deux impaires : paire ; paire fois impaire : impaire.

Périodicité. ff est TT-périodique si f(x+T)=f(x)f(x+T)=f(x) pour tout xx du domaine. sin\sin, cos\cos : 2π2\pi ; tan\tan : π\pi ; xxx-\lfloor x\rfloor : 11.

Conséquence. Une fonction périodique non constante n'a de limite ni en ++\infty ni en -\infty.

Limite à l'infini d'une fraction rationnelle : celle du quotient des termes dominants.

L'erreur classique

⚠️ « cos\cos est bornée, donc converge à l'infini ». Non : bornée et oscillante. La seule chose que la borne donne est cosxx0\dfrac{\cos x}x\to0.

⚠️ Conclure « paire » d'un calcul en un point. f(1)=f(1)f(1)=f(-1) ne prouve rien ; la parité est une identité pour tout xx. Et un domaine non symétrique (ln\ln, x\sqrt{x}) interdit même de poser la question.

⚠️ Confondre les deux limites de sinxx\dfrac{\sin x}x. En 00 elle vaut 11, en ++\infty elle vaut 00. Écrire « sinxx1\dfrac{\sin x}{x}\to1 » sans dire où est une erreur fréquente.

À retenir

Parité et périodicité se prouvent par une identité, pas par un dessin — et elles réduisent l'étude d'une fonction à un demi-axe ou à une période.

Périodique non constante \Rightarrow pas de limite à l'infini. Deux suites a+nTa+nT, b+nTb+nT le montrent, exactement comme deux suites vers 00 réfutaient la limite de sin1x\sin\tfrac1x. Borné fois infiniment petit 0\to0 reste vrai à l'infini : cosxx\dfrac{\cos x}{x}, sinxx\dfrac{\sin x}{x}, xx2\dfrac{\lfloor x\rfloor}{x^2} tendent tous vers 00.

Réponse. ff impaire, gg paire, tan\tan impaire et π\pi-périodique ; cos\cos n'a pas de limite en ++\infty (suites 2nπ2n\pi et (2n+1)π(2n+1)\pi) ; sinxx0\dfrac{\sin x}x\to0 et 2x2+1x232\dfrac{2x^2+1}{x^2-3}\to2 ; hh est 11-périodique et sans limite (h(n)=0h(n)=0, h(n+12)=12h(n+\tfrac12)=\tfrac12). (Recoupement : 2000199972,0007\tfrac{20\,001}{9\,997}\approx2{,}0007 ✓)
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Le théorème des valeurs intermédiaires, démontré par dichotomie

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit f(x)=x32f(x)=x^3-2. 1. Vérifier que ff change de signe entre 11 et 22, et dérouler trois étapes de dichotomie sur [1,2][1,2] (à chaque étape on garde la moitié où ff change de signe). 2. Après 1010 étapes, quelle est la largeur de l'intervalle obtenu ? Combien d'étapes faut-il pour une précision 10610^{-6} ? 3. Démontrer le TVI dans le cas général : si ff est continue sur [a,b][a,b] avec f(a)<0<f(b)f(a)<0<f(b), il existe c]a,b[c\in]a,b[ tel que f(c)=0f(c)=0. On utilisera les suites adjacentes.

Indices (3)

Milieu m=32m=\tfrac32 : calculer m3m^3 et comparer à 22 pour savoir quelle moitié garder.

Chaque étape divise la largeur par 22 : après nn étapes elle vaut 2n2^{-n}.

Les bornes (an)(a_n) et (bn)(b_n) sont adjacentes ; en leur limite commune cc, passer à la limite dans f(an)0f(bn)f(a_n)\leq0\leq f(b_n) grâce à la continuité.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le TVI n'est pas seulement un théorème d'existence : sa preuve est un algorithme. La dichotomie coupe l'intervalle en deux, regarde le signe au milieu, garde la moitié où le signe change, et recommence. À chaque étape, la largeur est divisée par 22 ; les bornes se resserrent sur un point cc ; et la continuité est exactement ce qui permet de conclure f(c)=0f(c)=0 à la limite.

Sur f(x)=x32f(x)=x^3-2, l'algorithme fabrique des encadrements de 23\sqrt[3]2 par des rationnels — c'est la même mécanique que les suites adjacentes du chapitre sur les suites, appliquée à un zéro de fonction.

Trois étapes à la main

f(1)=12=1<0f(1)=1-2=-1<0 et f(2)=82=6>0f(2)=8-2=6>0 : changement de signe sur [1,2][1,2]. ff est continue (polynôme), le TVI garantit un zéro dans ]1,2[]1,2[ — c'est 23\sqrt[3]2. Dichotomie :

étape intervalle milieu mm m3m^3 signe de f(m)f(m) on garde
1 [1,2][1,2] 32\tfrac32 278=3,375>2\tfrac{27}8=3{,}375>2 ++ [1,32][1,\tfrac32]
2 [1,32][1,\tfrac32] 54\tfrac54 125641,953<2\tfrac{125}{64}\approx1{,}953<2 - [54,32][\tfrac54,\tfrac32]
3 [54,32][\tfrac54,\tfrac32] 118\tfrac{11}8 13315122,600>2\tfrac{1331}{512}\approx2{,}600>2 ++ [54,118][\tfrac54,\tfrac{11}8]

Après trois étapes, 23[1,25;1,375]\sqrt[3]2\in[1{,}25\,;\,1{,}375] — largeur 18\tfrac18. La quatrième étape garde [54,2116][\tfrac54,\tfrac{21}{16}], et ainsi de suite.

apreˋs 3 eˊtapes : 23[54,118]\boxed{\text{après 3 étapes : }\sqrt[3]2\in\left[\tfrac54,\tfrac{11}8\right]}
Précision : chaque étape gagne un bit

La largeur initiale vaut 11, et chaque étape la divise par 22 : après nn étapes, elle vaut 2n2^{-n}. Après 1010 étapes :

largeur=210=11024<103,23[645512,12911024][1,2598;1,2607].\text{largeur}=2^{-10}=\frac1{1024}<10^{-3},\qquad\sqrt[3]2\in\left[\tfrac{645}{512},\tfrac{1291}{1024}\right]\approx[1{,}2598\,;\,1{,}2607].

Vérification : 231,2599\sqrt[3]2\approx1{,}2599 est bien dedans, à moins de 10310^{-3} de chaque borne.

Pour une précision 10610^{-6}, il faut 2n<1062^{-n}<10^{-6}, soit 2n>1062^n>10^6 : comme 220=1048576>1062^{20}=1\,048\,576>10^6 et 219=524288<1062^{19}=524\,288<10^6, il faut n=20n=20 étapes.

210<103 ; 20 eˊtapes pour 106\boxed{2^{-10}<10^{-3}\ ;\ 20\text{ étapes pour }10^{-6}}

ℹ️ Vingt étapes pour six décimales, c'est une convergence géométrique de raison 12\tfrac12 : une décimale coûte environ 3,33{,}3 étapes. La méthode de Héron (chapitre suites) fait mieux — quadratique — mais la dichotomie a un avantage décisif : elle ne demande rien d'autre que la continuité et un changement de signe.

La preuve du théorème

Soit ff continue sur [a,b][a,b], f(a)<0<f(b)f(a)<0<f(b). On construit deux suites par récurrence : a0=aa_0=a, b0=bb_0=b, et, mn=an+bn2m_n=\dfrac{a_n+b_n}2 étant le milieu,

  • si f(mn)0f(m_n)\leq0, on pose an+1=mna_{n+1}=m_n, bn+1=bnb_{n+1}=b_n ;
  • sinon (f(mn)>0f(m_n)>0), on pose an+1=ana_{n+1}=a_n, bn+1=mnb_{n+1}=m_n.

Invariant : à chaque étape, f(an)0f(a_n)\leq0 et f(bn)>0f(b_n)>0 (vrai au départ, conservé par construction), et bnan=ba2nb_n-a_n=\dfrac{b-a}{2^n}.

Convergence. (an)(a_n) est croissante, (bn)(b_n) décroissante (on ne fait qu'avancer ana_n ou reculer bnb_n), et bnan0b_n-a_n\to0 : elles sont adjacentes, donc convergent vers une même limite c[a,b]c\in[a,b].

Le zéro. Par continuité de ff en cc : f(an)f(c)f(a_n)\to f(c) et f(bn)f(c)f(b_n)\to f(c). Or f(an)0f(a_n)\leq0 pour tout nn, donc à la limite f(c)0f(c)\leq0 ; et f(bn)>0f(b_n)>0 donne f(c)0f(c)\geq0 (une inégalité stricte devient large à la limite). Donc f(c)=0f(c)=0. Enfin cac\neq a et cbc\neq b puisque f(a)<0f(a)<0 et f(b)>0f(b)>0 : c]a,b[c\in]a,b[. \blacksquare

f continue, f(a)<0<f(b)  c]a,b[, f(c)=0\boxed{f\text{ continue, }f(a)<0<f(b)\ \Rightarrow\ \exists\,c\in]a,b[,\ f(c)=0}

Le cas général « yy entre f(a)f(a) et f(b)f(b) » s'y ramène en appliquant ceci à fyf-y (ou à yfy-f).

Rappel de cours

TVI. Si ff est continue sur [a,b][a,b] et yy est compris entre f(a)f(a) et f(b)f(b), il existe c[a,b]c\in[a,b] tel que f(c)=yf(c)=y.

Forme « signe ». ff continue sur [a,b][a,b] avec f(a)f(b)<0f(a)f(b)<0 \Rightarrow ff s'annule sur ]a,b[]a,b[.

Ce qu'il donne et ce qu'il ne donne pas : l'existence d'un cc, pas son unicité (ajouter la stricte monotonie pour l'avoir), pas sa valeur (la dichotomie l'approche).

Où sert la continuité : au passage à la limite f(an)f(c)f(a_n)\to f(c). Sans elle, la fonction x1x\mapsto-1 sur [0,1[[0,1[, 11 sur [1,2][1,2] change de signe sans s'annuler.

L'erreur classique

⚠️ Oublier la continuité. La partie entière x12\lfloor x\rfloor-\tfrac12 vaut 12-\tfrac12 en 00 et 12\tfrac12 en 11, et ne s'annule jamais. Le changement de signe sans continuité ne prouve rien : c'est l'hypothèse qui fait passer à la limite.

⚠️ Passer une inégalité stricte à la limite en la gardant stricte. f(bn)>0f(b_n)>0 pour tout nn donne f(c)0f(c)\geq0, pas f(c)>0f(c)>0 — heureusement, puisque f(c)=0f(c)=0. Les limites transforment << en \leq.

⚠️ Croire que cc est unique. x33xx^3-3x s'annule trois fois sur [2,2][-2,2]. Le TVI dit « au moins un ».

À retenir

La dichotomie EST la preuve du TVI, et c'est aussi une méthode numérique : nn étapes donnent 2n2^{-n} de précision, sans autre hypothèse que la continuité.

Les trois ingrédients de la preuve : un invariant de signe, deux suites adjacentes, et la continuité pour passer à la limite. Le théorème des bornes atteintes (exercice B3) reprend exactement cette structure, avec Bolzano-Weierstrass à la place des suites adjacentes.

Réponse. [1,32][1,\tfrac32], [54,32][\tfrac54,\tfrac32], [54,118][\tfrac54,\tfrac{11}8] ; après 1010 étapes la largeur vaut 210=11024<1032^{-10}=\tfrac1{1024}<10^{-3} et 23[645512,12911024]\sqrt[3]2\in[\tfrac{645}{512},\tfrac{1291}{1024}] ; 2020 étapes pour 10610^{-6} (220=10485762^{20}=1\,048\,576). Preuve par suites adjacentes + continuité. (Recoupement : 231,2599[1,2598;1,2607]\sqrt[3]2\approx1{,}2599\in[1{,}2598\,;\,1{,}2607] ✓)
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Trois applications du TVI

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Montrer que P(x)=x53x+1P(x)=x^5-3x+1 admet au moins trois racines réelles, en les localisant chacune dans un intervalle de longueur au plus 22. 2. Démontrer que tout polynôme de degré impair admet au moins une racine réelle. 3. Montrer que l'équation cosx=x\cos x=x admet une unique solution réelle, et la localiser dans ]0,1[]0,1[. 4. Démontrer que toute fonction continue f:[a,b][a,b]f:[a,b]\to[a,b] admet un point fixe (f(c)=cf(c)=c).

Indices (3)

Calculer P(2)P(-2), P(0)P(0), P(1)P(1), P(2)P(2) et regarder les signes.

Un polynôme de degré impair a des limites de signes opposés en -\infty et ++\infty.

Pour l'unicité de cosx=x\cos x=x, étudier la monotonie de g(x)=cosxxg(x)=\cos x-x ; pour le point fixe, appliquer le TVI à xf(x)xx\mapsto f(x)-x.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le TVI se met en œuvre en trois temps : (1) exhiber une fonction continue ; (2) trouver deux points où elle prend des signes opposés ; (3) conclure qu'elle s'annule entre eux. Les quatre questions sont quatre habillages de ce schéma :

question fonction continue signes opposés conclusion
1 PP P(2)<0<P(0)P(-2)<0<P(0), etc. trois racines
2 PP de degré impair limites -\infty et ++\infty une racine
3 g(x)=cosxxg(x)=\cos x-x g(0)>0>g(1)g(0)>0>g(1) une solution
4 h(x)=f(x)xh(x)=f(x)-x h(a)0h(b)h(a)\geq0\geq h(b) un point fixe

👉 La question 3 ajoute l'unicité, qui n'est jamais fournie par le TVI : il faut la stricte monotonie, c'est-à-dire un argument de dérivée.

Trois racines localisées

PP est un polynôme, donc continu sur R\mathbb{R}. On calcule :

P(2)=32+6+1=25,P(0)=1,P(1)=13+1=1,P(2)=326+1=27.P(-2)=-32+6+1=-25,\quad P(0)=1,\quad P(1)=1-3+1=-1,\quad P(2)=32-6+1=27.

Trois changements de signe : P(2)<0<P(0)P(-2)<0<P(0), P(0)>0>P(1)P(0)>0>P(1), P(1)<0<P(2)P(1)<0<P(2). Le TVI donne une racine dans chacun des intervalles ]2,0[]-2,0[, ]0,1[]0,1[, ]1,2[]1,2[ — trois racines distinctes puisque les intervalles sont disjoints.

P a une racine dans ]2,0[, une dans ]0,1[, une dans ]1,2[\boxed{P\text{ a une racine dans }]-2,0[,\ \text{une dans }]0,1[,\ \text{une dans }]1,2[}

Contrôle numérique : les racines valent environ 1,389-1{,}389, 0,3350{,}335 et 1,2151{,}215 — chacune dans son intervalle ✓. PP étant de degré 55, il ne peut en avoir plus de 55 ; les deux autres sont complexes non réelles (on peut le vérifier : P=5x43P'=5x^4-3 n'a que deux racines réelles, donc PP n'a que deux extremums et au plus trois racines réelles).

Degré impair : une racine, toujours

Soit P(x)=anxn++a0P(x)=a_nx^n+\dots+a_0 avec nn impair et an0a_n\neq0. Quitte à diviser par ana_n, on suppose an=1a_n=1. Alors P(x)=xn(1+an1x++a0xn)P(x)=x^n\left(1+\dfrac{a_{n-1}}x+\dots+\dfrac{a_0}{x^n}\right), et la parenthèse tend vers 11 quand x±x\to\pm\infty. Comme nn est impair, xnx^n\to-\infty en -\infty et ++\infty en ++\infty :

limxP(x)=,limx+P(x)=+.\lim_{x\to-\infty}P(x)=-\infty,\qquad\lim_{x\to+\infty}P(x)=+\infty.

Donc il existe A<0A<0 avec P(A)<0P(A)<0 et B>0B>0 avec P(B)>0P(B)>0. PP est continue sur [A,B][A,B] : le TVI fournit c]A,B[c\in]A,B[ avec P(c)=0P(c)=0. \blacksquare

tout polynoˆme reˊel de degreˊ impair a une racine reˊelle\boxed{\text{tout polynôme réel de degré impair a une racine réelle}}

ℹ️ En degré pair c'est faux : x2+1x^2+1 n'a aucune racine réelle — ses deux limites sont ++\infty, aucun changement de signe n'est garanti.

cos x = x : existence par le TVI, unicité par la monotonie

Posons g(x)=cosxxg(x)=\cos x-x, continue sur R\mathbb{R}. g(0)=1>0g(0)=1>0 et g(1)=cos110,460<0g(1)=\cos1-1\approx-0{,}460<0 : le TVI donne une solution dans ]0,1[]0,1[.

Unicité. g(x)=sinx10g'(x)=-\sin x-1\leq0, avec égalité seulement aux points isolés x=π2+2kπx=-\tfrac\pi2+2k\pi : gg est strictement décroissante sur R\mathbb{R}, donc injective, donc s'annule au plus une fois. (Sur ]0,1[]0,1[ c'est encore plus direct : sinx>0\sin x>0 donc g<1<0g'<-1<0.)

cosx=x a une unique solution, situeˊe dans ]0,1[\boxed{\cos x=x\text{ a une unique solution, située dans }]0,1[}

Contrôle : elle vaut environ 0,73910{,}7391 — c'est la limite de la suite un+1=cosunu_{n+1}=\cos u_n étudiée au chapitre sur les suites (exercice B5). Le TVI dit où elle est ; la suite récurrente la calcule.

Point fixe d'une fonction continue de [a,b] dans [a,b]

Soit f:[a,b][a,b]f:[a,b]\to[a,b] continue, et h(x)=f(x)xh(x)=f(x)-x, continue sur [a,b][a,b].

  • f(a)[a,b]f(a)\in[a,b] donc f(a)af(a)\geq a, soit h(a)0h(a)\geq0 ;
  • f(b)[a,b]f(b)\in[a,b] donc f(b)bf(b)\leq b, soit h(b)0h(b)\leq0.

Si h(a)=0h(a)=0 ou h(b)=0h(b)=0, c'est fini (aa ou bb est un point fixe). Sinon h(a)>0>h(b)h(a)>0>h(b) et le TVI donne c]a,b[c\in]a,b[ avec h(c)=0h(c)=0, c'est-à-dire f(c)=cf(c)=c. \blacksquare

f:[a,b][a,b] continue  c, f(c)=c\boxed{f:[a,b]\to[a,b]\text{ continue}\ \Rightarrow\ \exists\,c,\ f(c)=c}

C'est le cas de cos:[0,1][cos1,1][0,1]\cos:[0,1]\to[\cos1,1]\subset[0,1] — la question 3 en est un exemple. Géométriquement : le graphe de ff part de la droite x=ax=a au-dessus de la diagonale (ou dessus) et arrive sur x=bx=b au-dessous (ou dessus) ; continu, il la traverse.

⚠️ Aucune unicité : f(x)=xf(x)=x a tous ses points fixes. Et l'hypothèse « à valeurs dans [a,b][a,b] » est essentielle — f(x)=x+1f(x)=x+1 sur [0,1][0,1] n'a pas de point fixe.

Rappel de cours

TVI, forme pratique. Continuité + changement de signe \Rightarrow un zéro. Pour un point fixe, une intersection de courbes, une équation f(x)=g(x)f(x)=g(x) : appliquer à la différence.

Unicité : stricte monotonie (signe strict de la dérivée, ou dérivée nulle seulement en des points isolés).

Localisation : chaque changement de signe entre deux points donne une racine entre eux ; des intervalles disjoints donnent des racines distinctes.

Bornes du nombre de racines : un polynôme de degré nn en a au plus nn ; entre deux racines de PP il y a une racine de PP' (théorème de Rolle, lot E).

L'erreur classique

⚠️ « P(0)>0P(0)>0 et P(1)<0P(1)<0, donc la racine est 0,50{,}5. » Le TVI localise, il ne calcule pas ; la racine vaut 0,335\approx0{,}335. Pour une valeur, il faut la dichotomie (B1) ou une méthode plus rapide.

⚠️ Appliquer le TVI à ff au lieu de fxf-x pour un point fixe. Un point fixe est un zéro de f(x)xf(x)-x, pas de ff.

⚠️ Conclure à l'unicité sans monotonie. cosx=x\cos x=x a une solution parce que gg est strictement décroissante ; cosx=x10\cos x=\tfrac x{10} en a plusieurs. Le TVI seul ne distingue pas ces deux cas.

À retenir

Le TVI s'applique à la bonne fonction : PP pour une racine, fgf-g pour une intersection, fxf-x pour un point fixe. Continuité, deux signes, conclusion.

Existence par le TVI, unicité par la monotonie, valeur par la dichotomie : trois outils, trois questions. Les confondre est l'erreur la plus fréquente sur ce chapitre.

Réponse. 1. P(2)=25P(-2)=-25, P(0)=1P(0)=1, P(1)=1P(1)=-1, P(2)=27P(2)=27 : racines dans ]2,0[]-2,0[, ]0,1[]0,1[, ]1,2[]1,2[ (env. 1,389-1{,}389, 0,3350{,}335, 1,2151{,}215). 2. Limites \mp\infty + TVI. 3. g=cosxxg=\cos x-x, g(0)=1g(0)=1, g(1)0,460g(1)\approx-0{,}460, g<0g'<0 : unique solution, 0,7391\approx0{,}7391. 4. TVI sur f(x)xf(x)-x. (Recoupement : cos(0,7391)0,7391\cos(0{,}7391)\approx0{,}7391 ✓)
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Bornes atteintes : le théorème et ses trois hypothèses

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Déterminer le maximum et le minimum de f(x)=x33xf(x)=x^3-3x sur [2,2][-2,2], et les points où ils sont atteints. 2. Donner trois fonctions continues qui n'atteignent pas leurs bornes ou ne sont pas bornées : xxx\mapsto x sur ]0,1[]0,1[, x1xx\mapsto\dfrac1x sur ]0,1]]0,1], arctan\arctan sur R\mathbb{R}. Quelle hypothèse du théorème manque à chaque fois ? 3. Démontrer le théorème des bornes atteintes : une fonction continue sur un segment [a,b][a,b] est bornée et atteint ses bornes. On admettra le théorème de Bolzano-Weierstrass.

Indices (3)

Sur un segment, le max est atteint soit en un point critique intérieur (f=0f'=0), soit en une borne : comparer les valeurs candidates.

Segment = fermé ET borné ; regarder laquelle des deux propriétés manque à chaque intervalle.

Supposer ff non majorée, prendre xnx_n avec f(xn)>nf(x_n)>n, extraire une sous-suite convergente.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le théorème des bornes atteintes dit qu'une fonction continue sur un segment a un plus grand et un plus petit point — pas seulement une borne supérieure, mais un maximum, atteint quelque part. C'est ce qui autorise à écrire « soit x0x_0 le point où ff est maximale » dans mille démonstrations, à commencer par celle du théorème de Rolle.

Ses trois hypothèses — continue, sur un intervalle fermé et borné — se testent chacune par un contre-exemple, et c'est la question 2. La question 3 démontre le théorème à partir de Bolzano-Weierstrass, admis au chapitre sur les suites : « toute suite bornée a une sous-suite convergente ».

Max et min sur un segment : candidats et comparaison

f(x)=x33xf(x)=x^3-3x est continue sur [2,2][-2,2] : le théorème garantit un maximum et un minimum. Pour les trouver, on cherche où ils peuvent être : en un point intérieur où f=0f'=0 (théorème de Fermat, lot E), ou aux bornes.

f(x)=3x23=3(x1)(x+1)f'(x)=3x^2-3=3(x-1)(x+1) s'annule en ±1\pm1. Les candidats sont donc 2,1,1,2-2,-1,1,2 :

f(2)=8+6=2,f(1)=1+3=2,f(1)=13=2,f(2)=86=2.f(-2)=-8+6=-2,\quad f(-1)=-1+3=2,\quad f(1)=1-3=-2,\quad f(2)=8-6=2.
max[2,2]f=2 atteint en 1 et 2 ;min[2,2]f=2 atteint en 2 et 1\boxed{\max_{[-2,2]}f=2\text{ atteint en }-1\text{ et }2\ ;\quad\min_{[-2,2]}f=-2\text{ atteint en }-2\text{ et }1}

Deux points pour chaque borne : le théorème dit « atteint », pas « atteint une seule fois ». Et le tableau de variations confirme — croissante sur [2,1][-2,-1], décroissante sur [1,1][-1,1], croissante sur [1,2][1,2] — une courbe en « S » dont les deux bosses ont exactement la hauteur des bornes.

Trois contre-exemples, trois hypothèses
fonction intervalle bornée ? bornes atteintes ? ce qui manque
xxx\mapsto x ]0,1[]0,1[ oui, sup=1\sup=1, inf=0\inf=0 non : x<1x<1 toujours intervalle non fermé
x1xx\mapsto\dfrac1x ]0,1]]0,1] non : 110k=10k\dfrac1{10^{-k}}=10^k non fermé (en 00)
arctan\arctan R\mathbb{R} oui, arctan<π2\lvert\arctan\rvert<\dfrac\pi2 non : limite π2\dfrac\pi2 jamais atteinte intervalle non borné

Dans les trois cas la fonction est continue : c'est la forme de l'intervalle qui casse le théorème. Sur ]0,1[]0,1[, la valeur 11 est approchée sans être prise ; sur ]0,1]]0,1], 1x\tfrac1x explose près du bord ouvert ; sur R\mathbb{R}, arctan\arctan monte vers π2\tfrac\pi2 sans jamais y arriver.

Et pour l'hypothèse de continuité : g(x)=xg(x)=x sur [0,1[[0,1[, g(1)=0g(1)=0, définie sur le segment [0,1][0,1], bornée, de borne supérieure 11 jamais atteinte.

continue+fermeˊ+borneˊ:aucunedestroisneseretire\boxed{\text{continue} + \text{fermé} + \text{borné} : aucune des trois ne se retire}
La preuve : Bolzano-Weierstrass et continuité

Soit ff continue sur [a,b][a,b].

Étape 1 — ff est majorée. Sinon, pour tout nn il existe xn[a,b]x_n\in[a,b] avec f(xn)>nf(x_n)>n. La suite (xn)(x_n) est bornée (dans [a,b][a,b]) : par Bolzano-Weierstrass (ADMIS), elle admet une sous-suite (xφ(n))(x_{\varphi(n)}) convergente, vers un c[a,b]c\in[a,b] (les inégalités axφ(n)ba\leq x_{\varphi(n)}\leq b passent à la limite — c'est ici que sert le fermé). Par continuité, f(xφ(n))f(c)f(x_{\varphi(n)})\to f(c), valeur finie. Mais f(xφ(n))>φ(n)n+f(x_{\varphi(n)})>\varphi(n)\geq n\to+\infty : contradiction. Donc ff est majorée ; de même minorée.

Étape 2 — le sup est atteint. Soit M=sup[a,b]fM=\sup_{[a,b]}f (existe : ff majorée, [a,b][a,b] non vide). Par caractérisation de la borne supérieure, pour tout nn il existe yn[a,b]y_n\in[a,b] avec M1n<f(yn)MM-\tfrac1n<f(y_n)\leq M, donc f(yn)Mf(y_n)\to M. Bolzano-Weierstrass extrait (yφ(n))d[a,b](y_{\varphi(n)})\to d\in[a,b]. Par continuité f(yφ(n))f(d)f(y_{\varphi(n)})\to f(d) ; par unicité de la limite, f(d)=Mf(d)=M. Le sup est un max. Idem pour le min avec f-f. \blacksquare

f continue sur [a,b]  f borneˊe, d, f(d)=maxf\boxed{f\text{ continue sur }[a,b]\ \Rightarrow\ f\text{ bornée, }\exists\,d,\ f(d)=\max f}

Où chaque hypothèse a servi : borné pour appliquer Bolzano-Weierstrass, fermé pour que la limite reste dans le domaine, continue pour faire passer ff à la limite.

Rappel de cours

Théorème des bornes atteintes. Toute fonction continue sur un segment [a,b][a,b] est bornée et atteint ses bornes : il existe x1,x2[a,b]x_1,x_2\in[a,b] tels que f(x1)f(x)f(x2)f(x_1)\leq f(x)\leq f(x_2) pour tout xx.

Corollaire (avec le TVI). L'image d'un segment par une fonction continue est un segment : f([a,b])=[minf,maxf]f([a,b])=[\min f,\max f].

Bolzano-Weierstrass (admis). Toute suite bornée de réels admet une sous-suite convergente.

Pratique. Sur un segment, le max et le min se cherchent parmi : les points intérieurs où f=0f'=0 (ou où ff n'est pas dérivable), et les deux bornes.

L'erreur classique

⚠️ Confondre borne supérieure et maximum. xxx\mapsto x sur ]0,1[]0,1[ a une borne supérieure (11) et pas de maximum. Le théorème dit précisément que sur un segment, avec la continuité, les deux coïncident.

⚠️ Chercher le max seulement où f=0f'=0. Sur [2,2][-2,2], le max 22 est atteint en 22 (une borne, où f(2)=90f'(2)=9\neq0) autant qu'en 1-1. Les bornes sont toujours candidates.

⚠️ Croire qu'une fonction bornée atteint ses bornes. arctan\arctan est bornée sur R\mathbb{R} ; le sup π2\tfrac\pi2 n'est atteint nulle part.

À retenir

Continue sur un segment \Rightarrow max et min existent. C'est le théorème qu'on invoque chaque fois qu'on écrit « prenons le point où ff est maximale » — Rolle en dépend, donc tout le lot E.

La preuve suit celle du TVI : une suite bien choisie, une extraction (Bolzano-Weierstrass ici, suites adjacentes là), et la continuité pour conclure à la limite. Deux théorèmes, une seule méthode.

Réponse. 1. max=2\max=2 en 1-1 et 22, min=2\min=-2 en 2-2 et 11. 2. ]0,1[]0,1[ non fermé (sup 11 non atteint) ; ]0,1]]0,1] non fermé (1x\tfrac1x non bornée) ; R\mathbb{R} non borné (arctan<π2\arctan<\tfrac\pi2). 3. Bolzano-Weierstrass (ADMIS) + continuité : ff majorée, puis le sup est atteint. (Recoupement : f(1)=f(2)=2f(-1)=f(2)=2, f(2)=f(1)=2f(-2)=f(1)=-2 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Théorème de la bijection et dérivée de la réciproque

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit f(x)=x3+xf(x)=x^3+x. 1. Montrer que ff réalise une bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R}. 2. Calculer f1(2)f^{-1}(2) et f1(10)f^{-1}(10), puis (f1)(2)\bigl(f^{-1}\bigr)'(2) et (f1)(10)\bigl(f^{-1}\bigr)'(10) sans expliciter f1f^{-1}. 3. On considère gg définie sur [0,1[[2,3][0,1[\,\cup\,[2,3] par g(x)=xg(x)=x si x<1x<1 et g(x)=x1g(x)=x-1 si x2x\geq2. Montrer que gg est continue, strictement croissante, bijective sur [0,2][0,2], et que sa réciproque n'est pas continue. Quelle hypothèse du théorème de la bijection manque ? 4. Pourquoi 3\sqrt[3]{\cdot}, réciproque de x3x^3, n'est-elle pas dérivable en 00 ?

Indices (3)

f=3x2+1>0f'=3x^2+1>0 : stricte croissance ; limites en ±\pm\infty pour l'image.

f(1)=2f(1)=2 et f(2)=10f(2)=10 ; la formule (f1)(y)=1f(f1(y))(f^{-1})'(y)=\dfrac1{f'(f^{-1}(y))} ne demande pas f1f^{-1} explicitement.

Que vaut g1(y)g^{-1}(y) pour y<1y<1 ? Pour y1y\geq1 ? Regarder en y=1y=1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le théorème de la bijection est le TVI plus la stricte monotonie : le TVI donne que toute valeur intermédiaire est atteinte (surjectivité sur l'image), la stricte monotonie qu'elle l'est une seule fois (injectivité). Et il vient avec deux bonus : la réciproque est continue, et dérivable là où f0f'\neq0, avec

(f1)(y)=1f(f1(y)).\bigl(f^{-1}\bigr)'(y)=\frac1{f'\bigl(f^{-1}(y)\bigr)}.

Cette formule se lit sur la figure : les courbes de ff et f1f^{-1} sont symétriques par rapport à y=xy=x, et la symétrie transforme une pente pp en pente 1p\tfrac1p. Une pente nulle (tangente horizontale) devient une tangente verticale — d'où la non-dérivabilité de 3\sqrt[3]{\cdot} en 00.

👉 La question 3 est le contre-exemple à garder sous la main : sans intervalle au départ, la réciproque d'une bijection continue peut sauter.

x³ + x : une bijection de R sur R

ff est dérivable sur R\mathbb{R} avec f(x)=3x2+11>0f'(x)=3x^2+1\geq1>0 : strictement croissante. Elle est continue (polynôme). Ses limites : f(x)=x3(1+1x2)±f(x)=x^3\left(1+\tfrac1{x^2}\right)\to\pm\infty en ±\pm\infty.

Par le théorème de la bijection, ff réalise une bijection de R\mathbb{R} sur f(R)f(\mathbb{R}), intervalle dont les bornes sont les limites : f(R)=],+[=Rf(\mathbb{R})=]-\infty,+\infty[=\mathbb{R}.

f:RR est une bijection, f1 continue et strictement croissante\boxed{f:\mathbb{R}\to\mathbb{R}\text{ est une bijection, }f^{-1}\text{ continue et strictement croissante}}

Concrètement : pour tout réel yy, l'équation x3+x=yx^3+x=y a exactement une solution réelle. On ne sait pas l'écrire simplement (elle demande la formule de Cardan), mais on sait qu'elle existe et qu'elle dépend continûment de yy. C'est souvent tout ce dont on a besoin.

Dériver la réciproque sans la connaître

Valeurs. f(1)=1+1=2f(1)=1+1=2 donc f1(2)=1f^{-1}(2)=1 ; f(2)=8+2=10f(2)=8+2=10 donc f1(10)=2f^{-1}(10)=2. (Par injectivité, ce sont les seules solutions.)

Dérivées. ff' ne s'annule jamais, donc f1f^{-1} est dérivable partout et

(f1)(2)=1f(1)=13+1=14,(f1)(10)=1f(2)=112+1=113.\bigl(f^{-1}\bigr)'(2)=\frac1{f'(1)}=\frac1{3+1}=\frac14,\qquad\bigl(f^{-1}\bigr)'(10)=\frac1{f'(2)}=\frac1{12+1}=\frac1{13}.
f1(2)=1, f1(10)=2, (f1)(2)=14, (f1)(10)=113\boxed{f^{-1}(2)=1,\ f^{-1}(10)=2,\ \bigl(f^{-1}\bigr)'(2)=\tfrac14,\ \bigl(f^{-1}\bigr)'(10)=\tfrac1{13}}

Lecture. Près de y=2y=2, f1f^{-1} varie quatre fois moins vite que yy ; près de 1010, treize fois moins. Normal : ff est de plus en plus raide, donc sa réciproque de plus en plus plate. D'où vient la formule : f(f1(y))=yf\bigl(f^{-1}(y)\bigr)=y, et en dérivant la composée, f(f1(y))(f1)(y)=1f'\bigl(f^{-1}(y)\bigr)\cdot\bigl(f^{-1}\bigr)'(y)=1.

ℹ️ Pour vérifier autrement : la tangente à ff en (1,2)(1,2) a pour pente 44 ; sa symétrique par rapport à y=xy=x est la tangente à f1f^{-1} en (2,1)(2,1), de pente 14\tfrac14 ✓.

Sans intervalle, la réciproque peut sauter

gg est définie sur D=[0,1[[2,3]D=[0,1[\,\cup\,[2,3], qui n'est pas un intervalle.

  • Continue : sur [0,1[[0,1[ c'est xx, sur [2,3][2,3] c'est x1x-1 ; chaque morceau est continu, et il n'y a pas de point de recollement puisque les deux morceaux sont séparés par ]1,2[]1,2[.
  • Strictement croissante : sur chaque morceau oui ; et si x<12xx<1\leq2\leq x', alors g(x)=x<1x1=g(x)g(x)=x<1\leq x'-1=g(x').
  • Image : g([0,1[)=[0,1[g([0,1[)=[0,1[ et g([2,3])=[1,2]g([2,3])=[1,2], donc g(D)=[0,2]g(D)=[0,2], un intervalle. gg est bijective de DD sur [0,2][0,2].
  • La réciproque : g1(y)=yg^{-1}(y)=y si y<1y<1, g1(y)=y+1g^{-1}(y)=y+1 si y1y\geq1. En y=1y=1 : limite à gauche 11, valeur g1(1)=2g^{-1}(1)=2. Saut de hauteur 11 : g1g^{-1} n'est pas continue.
g continue, strictement croissante, bijective — et g1 discontinue en 1\boxed{g\text{ continue, strictement croissante, bijective — et }g^{-1}\text{ discontinue en }1}

Ce qui manque : le théorème suppose ff définie sur un intervalle. C'est cette hypothèse qui garantit que l'image est un intervalle et que la réciproque est continue — les deux à la fois. Ici l'image est bien un intervalle par accident, mais la réciproque doit « sauter » le trou ]1,2[]1,2[ du domaine.

Pente nulle, tangente verticale

xx3x\mapsto x^3 est continue, strictement croissante sur R\mathbb{R}, d'image R\mathbb{R} : bijection, de réciproque 3\sqrt[3]{\cdot}, continue et strictement croissante. Mais f(0)=302=0f'(0)=3\cdot0^2=0 : la formule 1f\tfrac1{f'} n'a pas de sens en y=0y=0, et effectivement

h303h=h1/3h=h2/3h0++.\frac{\sqrt[3]{h}-\sqrt[3]{0}}{h}=\frac{h^{1/3}}{h}=h^{-2/3}\xrightarrow[h\to0^+]{}+\infty.

Le taux d'accroissement tend vers ++\infty : 3\sqrt[3]{\cdot} n'est pas dérivable en 00, sa courbe y a une tangente verticale — symétrique de la tangente horizontale de x3x^3 en 00.

f(0)=0  f1 non deˊrivable en f(0) (tangente verticale)\boxed{f'(0)=0\ \Rightarrow\ f^{-1}\text{ non dérivable en }f(0)\text{ (tangente verticale)}}

La réciproque hérite de la monotonie et de la continuité ; elle n'hérite de la dérivabilité que là où f0f'\neq0. C'est exactement ce que dit la légende de la figure du cours.

Rappel de cours

Théorème de la bijection. ff continue et strictement monotone sur un intervalle II \Rightarrow ff est une bijection de II sur l'intervalle f(I)f(I), dont les bornes sont les limites de ff aux bornes de II ; f1f^{-1} est continue et strictement monotone, de même sens.

Dérivée de la réciproque. Si de plus ff est dérivable en x0x_0 avec f(x0)0f'(x_0)\neq0, alors f1f^{-1} est dérivable en y0=f(x0)y_0=f(x_0) et (f1)(y0)=1f(x0)(f^{-1})'(y_0)=\dfrac1{f'(x_0)}. Si f(x0)=0f'(x_0)=0 : tangente verticale, pas de dérivée.

Symétrie. Les courbes de ff et f1f^{-1} sont symétriques par rapport à la droite y=xy=x.

L'erreur classique

⚠️ Écrire (f1)(y)=1f(y)(f^{-1})'(y)=\dfrac1{f'(y)}. Il faut évaluer ff' en f1(y)f^{-1}(y), pas en yy : (f1)(2)=1f(1)(f^{-1})'(2)=\dfrac1{f'(1)}, et non 1f(2)=113\dfrac1{f'(2)}=\dfrac1{13}. Les deux erreurs donnent des nombres plausibles ; seul le calcul en x0=f1(y0)x_0=f^{-1}(y_0) est juste.

⚠️ Croire que « bijective et continue » suffit pour une réciproque continue. L'exemple de gg montre que non : il faut un intervalle de départ.

⚠️ Confondre f1f^{-1} et 1f\dfrac1f. f1(2)=1f^{-1}(2)=1 alors que 1f(2)=110\dfrac1{f(2)}=\dfrac1{10}. La notation est traître ; arctan1tan\arctan\neq\dfrac1{\tan} en est l'exemple le plus fréquent.

À retenir

Continue + strictement monotone sur un intervalle \Rightarrow bijection, réciproque continue. Les limites aux bornes donnent l'image. Sans intervalle, tout peut arriver.

(f1)(y)=1f(f1(y))(f^{-1})'(y)=\dfrac1{f'(f^{-1}(y))} : on dérive une réciproque sans la connaître, en évaluant ff' au point de départ. Là où f=0f'=0, la réciproque a une tangente verticale — c'est le cas de 3\sqrt[3]{\cdot}, de \sqrt{\cdot}, et d'arcsin\arcsin en ±1\pm1 (exercice B6).

Réponse. 1. f=3x2+1>0f'=3x^2+1>0, limites ±\pm\infty : bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R}. 2. f1(2)=1f^{-1}(2)=1, f1(10)=2f^{-1}(10)=2, (f1)(2)=14(f^{-1})'(2)=\tfrac14, (f1)(10)=113(f^{-1})'(10)=\tfrac1{13}. 3. g1g^{-1} saute de 11 à 22 en y=1y=1 : il manque l'hypothèse intervalle. 4. f(0)=0f'(0)=0 pour x3x^3 : taux de 3\sqrt[3]{\cdot} en 00 infini, tangente verticale.
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Arctangente : construction, dérivée et une identité

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Montrer que tan\tan réalise une bijection de ]π2,π2[\left]-\dfrac\pi2,\dfrac\pi2\right[ sur R\mathbb{R}. On note arctan\arctan sa réciproque. 2. Montrer que arctan\arctan est impaire, strictement croissante, et calculer arctan0\arctan0, arctan1\arctan1, arctan3\arctan\sqrt3, limx+arctanx\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\arctan x. 3. Montrer que arctan\arctan est dérivable sur R\mathbb{R} et que arctan(x)=11+x2\arctan'(x)=\dfrac1{1+x^2}. 4. Démontrer que pour tout x>0x>0, arctanx+arctan1x=π2\arctan x+\arctan\dfrac1x=\dfrac\pi2, et en déduire une valeur approchée de π2arctan1000\dfrac\pi2-\arctan1000.

Indices (3)

tan=1+tan2>0\tan'=1+\tan^2>0 et les limites aux bornes sont \mp\infty.

arctan(tanθ)=θ\arctan(\tan\theta)=\theta sur ]π2,π2[\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[ : arctan1=θ\arctan1=\theta avec tanθ=1\tan\theta=1.

Dériver φ(x)=arctanx+arctan1x\varphi(x)=\arctan x+\arctan\tfrac1x sur ]0,+[]0,+\infty[ : φ=0\varphi'=0, donc φ\varphi est constante ; évaluer en x=1x=1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

arctan\arctan est le théorème de la bijection appliqué à tan\tan — rien de plus, et c'est déjà beaucoup. Toutes ses propriétés se déduisent de celles de tan\tan sur ]π2,π2[\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[ : croissance, continuité, imparité, valeurs particulières, et même la dérivée par la formule de la réciproque. Il n'y a aucune formule explicite pour arctan\arctan ; il faut apprendre à travailler avec une fonction définie par une propriété (« l'angle dont la tangente vaut xx »).

👉 La question 4 est la méthode reine pour prouver une identité entre fonctions : montrer que la différence a une dérivée nulle sur un intervalle, donc qu'elle est constante, et évaluer la constante en un point commode. C'est une conséquence des accroissements finis (lot E) — et elle sert des dizaines de fois.

tan est une bijection de ]−π/2, π/2[ sur R

Sur I=]π2,π2[I=\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[, cos>0\cos>0 donc tan=sincos\tan=\dfrac{\sin}{\cos} est définie et continue. Sa dérivée est tan=cos2+sin2cos2=1cos2=1+tan2>0\tan'=\dfrac{\cos^2+\sin^2}{\cos^2}=\dfrac1{\cos^2}=1+\tan^2>0 : tan\tan est strictement croissante sur II.

Limites aux bornes : quand x(π2)x\to\left(\tfrac\pi2\right)^-, sinx1\sin x\to1 et cosx0+\cos x\to0^+, donc tanx+\tan x\to+\infty ; par imparité, tanx\tan x\to-\infty en (π2)+\left(-\tfrac\pi2\right)^+.

Par le théorème de la bijection, tan\tan est une bijection de II sur ],+[=R]-\infty,+\infty[=\mathbb{R}.

tan:]π2,π2[R bijective ; arctan=tan1:R]π2,π2[\boxed{\tan:\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[\to\mathbb{R}\text{ bijective}\ ;\ \arctan=\tan^{-1}:\mathbb{R}\to\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[}

⚠️ tan\tan n'est pas injective sur R\mathbb{R} (elle est π\pi-périodique) : arctan\arctan est la réciproque de la restriction à II. Ainsi arctan(tanx)=x\arctan(\tan x)=x seulement pour xIx\in I — par exemple arctan(tanπ)=arctan0=0π\arctan(\tan\pi)=\arctan0=0\neq\pi.

Propriétés héritées et valeurs particulières

Monotonie, continuité : héritées de tan\tan par le théorème — arctan\arctan est continue et strictement croissante sur R\mathbb{R}.

Imparité : pour xRx\in\mathbb{R}, posons θ=arctanxI\theta=\arctan x\in I. Alors tan(θ)=tanθ=x\tan(-\theta)=-\tan\theta=-x et θI-\theta\in I, donc arctan(x)=θ=arctanx\arctan(-x)=-\theta=-\arctan x.

Valeurs : tan0=0\tan0=0 donc arctan0=0\arctan0=0 ; tanπ4=1\tan\tfrac\pi4=1 donc arctan1=π4\arctan1=\tfrac\pi4 ; tanπ3=3\tan\tfrac\pi3=\sqrt3 donc arctan3=π3\arctan\sqrt3=\tfrac\pi3 (et arctan13=π6\arctan\tfrac1{\sqrt3}=\tfrac\pi6).

Limite : arctan\arctan est croissante et majorée par π2\tfrac\pi2, donc a une limite π2\ell\leq\tfrac\pi2 en ++\infty. Si <π2\ell<\tfrac\pi2, on aurait arctanx<\arctan x<\ell pour tout xx, donc x=tan(arctanx)<tanx=\tan(\arctan x)<\tan\ell (croissance de tan\tan) pour tout xx : absurde. Donc

arctan0=0, arctan1=π4, arctan3=π3, lim+arctan=π2\boxed{\arctan0=0,\ \arctan1=\tfrac\pi4,\ \arctan\sqrt3=\tfrac\pi3,\ \lim_{+\infty}\arctan=\tfrac\pi2}

Les droites y=±π2y=\pm\tfrac\pi2 sont asymptotes horizontales — images par la symétrie y=xy=x des asymptotes verticales de tan\tan.

La dérivée par la formule de la réciproque

tan\tan est dérivable sur II et tan=1+tan2\tan'=1+\tan^2 ne s'annule jamais. Donc arctan\arctan est dérivable en tout yRy\in\mathbb{R}, et avec x=arctanyx=\arctan y (donc tanx=y\tan x=y) :

arctan(y)=1tan(x)=11+tan2x=11+y2.\arctan'(y)=\frac1{\tan'(x)}=\frac1{1+\tan^2x}=\frac1{1+y^2}.
arctan(x)=11+x2pour tout xR\boxed{\arctan'(x)=\frac1{1+x^2}\quad\text{pour tout }x\in\mathbb{R}}

C'est une dérivée rationnelle pour une fonction qui ne l'est pas — d'où l'importance d'arctan\arctan en calcul de primitives : dx1+x2=arctanx\displaystyle\int\frac{dx}{1+x^2}=\arctan x. On remarque que arctan(0)=1\arctan'(0)=1 (tangente y=xy=x à l'origine, comme tan\tan), et arctan(x)0\arctan'(x)\to0 à l'infini (la courbe s'aplatit vers ses asymptotes).

Une identité par dérivée nulle

Soit φ(x)=arctanx+arctan1x\varphi(x)=\arctan x+\arctan\dfrac1x pour x>0x>0. Elle est dérivable sur l'intervalle ]0,+[]0,+\infty[ et

φ(x)=11+x2+1/x21+1/x2=11+x21x2+1=0.\varphi'(x)=\frac1{1+x^2}+\frac{-1/x^2}{1+1/x^2}=\frac1{1+x^2}-\frac1{x^2+1}=0.

Une fonction de dérivée nulle sur un intervalle est constante (conséquence des accroissements finis). Or φ(1)=arctan1+arctan1=π2\varphi(1)=\arctan1+\arctan1=\tfrac\pi2. Donc

x>0,arctanx+arctan1x=π2\boxed{\forall x>0,\quad\arctan x+\arctan\frac1x=\frac\pi2}

Contrôle : arctan21,107\arctan2\approx1{,}107 et arctan120,464\arctan\tfrac12\approx0{,}464, somme 1,571π2\approx1{,}571\approx\tfrac\pi2 ✓.

Application. π2arctan1000=arctan11000\dfrac\pi2-\arctan1000=\arctan\dfrac1{1000}. Or pour tt petit, arctantt\arctan t\approx t (tangente en 00 de pente 11, et arctantt\arctan t\leq t pour t0t\geq0 par concavité sur R+\mathbb{R}_+). Donc

π2arctan100011000=0,0010.\frac\pi2-\arctan1000\approx\frac1{1000}=0{,}0010.

La valeur exacte est 0,00099999967\approx0{,}00099999967 : l'approximation est bonne à 3×10103\times10^{-10} près. ⚠️ Pour x<0x<0, l'identité devient arctanx+arctan1x=π2\arctan x+\arctan\tfrac1x=-\tfrac\pi2 (par imparité) : ],0[]-\infty,0[ et ]0,+[]0,+\infty[ sont deux intervalles, la constante n'a aucune raison d'être la même.

Rappel de cours

arctan\arctan : bijection réciproque de tan:]π2,π2[R\tan:\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[\to\mathbb{R}. Impaire, continue, strictement croissante, arctan(x)=11+x2\arctan'(x)=\dfrac1{1+x^2}, limites ±π2\pm\tfrac\pi2 en ±\pm\infty.

Valeurs : arctan0=0\arctan0=0, arctan13=π6\arctan\tfrac1{\sqrt3}=\tfrac\pi6, arctan1=π4\arctan1=\tfrac\pi4, arctan3=π3\arctan\sqrt3=\tfrac\pi3.

Identité : arctanx+arctan1x=±π2\arctan x+\arctan\tfrac1x=\pm\tfrac\pi2 selon le signe de xx.

Méthode « dérivée nulle » : pour prouver F=GF=G sur un intervalle, montrer (FG)=0(F-G)'=0 et F(x0)=G(x0)F(x_0)=G(x_0) en un point.

L'erreur classique

⚠️ arctanxπ2\arctan x\to\tfrac\pi2 « donc arctan1000=π2\arctan1000=\tfrac\pi2 ». C'est une limite, jamais atteinte : arctan10001,5698<π21,5708\arctan1000\approx1{,}5698<\tfrac\pi2\approx1{,}5708. Confondre la valeur en un point et la limite à l'infini est la méprise typique sur cette fonction.

⚠️ arctan(tanx)=x\arctan(\tan x)=x partout. Faux hors de ]π2,π2[\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[ : arctan(tan3π4)=arctan(1)=π4\arctan(\tan\tfrac{3\pi}4)=\arctan(-1)=-\tfrac\pi4.

⚠️ Étendre l'identité de la question 4 à x<0x<0 avec la même constante. La dérivée est nulle sur chacun des deux intervalles ],0[]-\infty,0[ et ]0,+[]0,+\infty[, mais 00 n'est pas dans le domaine : deux intervalles, deux constantes (π2-\tfrac\pi2 et π2\tfrac\pi2).

À retenir

arctan\arctan se manipule par ses propriétés, pas par une formule : « l'angle de ]π2,π2[\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[ dont la tangente vaut xx ». Toute question sur arctan\arctan se ramène à une question sur tan\tan par θ=arctanx\theta=\arctan x.

Dérivée nulle sur un intervalle \Rightarrow constante : la méthode pour prouver une identité, à condition de vérifier qu'on est bien sur un intervalle — sinon il y a une constante par morceau.

Réponse. tan=1+tan2>0\tan'=1+\tan^2>0, limites \mp\infty : bijection sur R\mathbb{R}. arctan\arctan impaire, croissante, arctan0=0\arctan0=0, arctan1=π4\arctan1=\tfrac\pi4, arctan3=π3\arctan\sqrt3=\tfrac\pi3, limite π2\tfrac\pi2 ; arctan=11+x2\arctan'=\dfrac1{1+x^2} ; arctanx+arctan1x=π2\arctan x+\arctan\tfrac1x=\tfrac\pi2 (x>0x>0, dérivée nulle + valeur en 11), d'où π2arctan1000=arctan110000,0010\tfrac\pi2-\arctan1000=\arctan\tfrac1{1000}\approx0{,}0010. (Recoupement : arctan2+arctan121,107+0,464π2\arctan2+\arctan\tfrac12\approx1{,}107+0{,}464\approx\tfrac\pi2 ✓)
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Arcsinus et arccosinus : domaines, dérivées, pièges

CalculDifficulté 3/5

1. Définir arcsin\arcsin et arccos\arccos comme réciproques de restrictions de sin\sin et cos\cos, en précisant les intervalles. 2. Calculer arcsin12\arcsin\dfrac12, arccos12\arccos\dfrac12, arccos(12)\arccos\left(-\dfrac12\right), et arcsin(sin2π3)\arcsin\left(\sin\dfrac{2\pi}3\right). 3. Montrer que arcsin\arcsin est dérivable sur ]1,1[]-1,1[, avec arcsin(x)=11x2\arcsin'(x)=\dfrac1{\sqrt{1-x^2}}, et qu'elle n'est pas dérivable en 11. 4. Démontrer que arcsinx+arccosx=π2\arcsin x+\arccos x=\dfrac\pi2 pour tout x[1,1]x\in[-1,1], puis simplifier cos(arcsinx)\cos(\arcsin x).

Indices (3)

sin\sin est strictement croissante sur [π2,π2]\left[-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right] ; cos\cos strictement décroissante sur [0,π][0,\pi].

arcsin(sinθ)=θ\arcsin(\sin\theta)=\theta seulement si θ[π2,π2]\theta\in\left[-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right] ; sinon, chercher l'angle de cet intervalle qui a le même sinus.

Dérivée de la réciproque : 1cos(arcsinx)\dfrac1{\cos(\arcsin x)}, et cosθ=1sin2θ\cos\theta=\sqrt{1-\sin^2\theta} quand cosθ0\cos\theta\geq0.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Même recette que pour arctan\arctan, avec un piège de plus : le choix de l'intervalle. sin\sin et cos\cos ne sont injectives sur aucun intervalle de longueur supérieure à π\pi ; on les restreint à un intervalle où elles sont strictement monotones et prennent toutes leurs valeurs — [π2,π2]\left[-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right] pour sin\sin, [0,π][0,\pi] pour cos\cos. Ces intervalles sont fermés, et les réciproques sont définies sur le segment [1,1][-1,1].

Deux conséquences que arctan\arctan n'avait pas : aux bornes ±1\pm1, sin=cos\sin'=\cos s'annule, donc arcsin\arcsin a des tangentes verticales ; et « arcsin(sinθ)=θ\arcsin(\sin\theta)=\theta » n'est vrai que pour θ\theta dans l'intervalle choisi — c'est le piège de la question 2.

Définitions par restriction

Sur J=[π2,π2]J=\left[-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right], sin\sin est continue, strictement croissante (sin=cos>0\sin'=\cos>0 sur l'intérieur), et sinJ=[1,1]\sin J=[-1,1]. Par le théorème de la bijection, sinJ\sin|_J est une bijection de JJ sur [1,1][-1,1] ; sa réciproque est

arcsin:[1,1][π2,π2],continue, strictement croissante, impaire.\arcsin:[-1,1]\to\left[-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right],\quad\text{continue, strictement croissante, impaire.}

Sur K=[0,π]K=[0,\pi], cos\cos est continue, strictement décroissante (cos=sin<0\cos'=-\sin<0 sur l'intérieur), cosK=[1,1]\cos K=[-1,1] :

arccos:[1,1][0,π],continue, strictement deˊcroissante.\arccos:[-1,1]\to[0,\pi],\quad\text{continue, strictement décroissante.}
arcsinx=l’angle de [π2,π2] de sinus x ; arccosx=l’angle de [0,π] de cosinus x\boxed{\arcsin x=\text{l'angle de }\left[-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right]\text{ de sinus }x\ ;\ \arccos x=\text{l'angle de }[0,\pi]\text{ de cosinus }x}

⚠️ arccos\arccos n'est pas impaire (son image [0,π][0,\pi] n'est pas symétrique) : arccos(x)=πarccosx\arccos(-x)=\pi-\arccos x.

Valeurs particulières, et le piège de sin(2π/3)
  • sinπ6=12\sin\tfrac\pi6=\tfrac12 et π6J\tfrac\pi6\in J : arcsin12=π6\arcsin\tfrac12=\tfrac\pi6.
  • cosπ3=12\cos\tfrac\pi3=\tfrac12 et π3K\tfrac\pi3\in K : arccos12=π3\arccos\tfrac12=\tfrac\pi3.
  • cos2π3=12\cos\tfrac{2\pi}3=-\tfrac12 et 2π3K\tfrac{2\pi}3\in K : arccos(12)=2π3\arccos\left(-\tfrac12\right)=\tfrac{2\pi}3 (et on vérifie πarccos12=ππ3=2π3\pi-\arccos\tfrac12=\pi-\tfrac\pi3=\tfrac{2\pi}3 ✓).
  • arcsin(sin2π3)\arcsin\left(\sin\tfrac{2\pi}3\right) : 2π3J\tfrac{2\pi}3\notin J, donc la réponse n'est pas 2π3\tfrac{2\pi}3. Or sin2π3=sin(π2π3)=sinπ3=32\sin\tfrac{2\pi}3=\sin\left(\pi-\tfrac{2\pi}3\right)=\sin\tfrac\pi3=\tfrac{\sqrt3}2, et π3J\tfrac\pi3\in J : arcsin(sin2π3)=π3\arcsin\left(\sin\tfrac{2\pi}3\right)=\tfrac\pi3.
arcsin12=π6,arccos12=π3,arccos(12)=2π3,arcsin(sin2π3)=π3\boxed{\arcsin\tfrac12=\tfrac\pi6,\quad\arccos\tfrac12=\tfrac\pi3,\quad\arccos\left(-\tfrac12\right)=\tfrac{2\pi}3,\quad\arcsin\left(\sin\tfrac{2\pi}3\right)=\tfrac\pi3}

Un exemple plus loin de l'intervalle : arcsin(sin4)=π40,858\arcsin(\sin4)=\pi-4\approx-0{,}858 — car sin4=sin(π4)\sin4=\sin(\pi-4) et π4J\pi-4\in J. La fonction θarcsin(sinθ)\theta\mapsto\arcsin(\sin\theta) est une « dent de scie » 2π2\pi-périodique, de pente ±1\pm1, qui ne coïncide avec θ\theta que sur JJ.

Dérivée, et tangentes verticales en ±1

Sur ]π2,π2[\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[, sin=cos\sin'=\cos ne s'annule pas ; donc arcsin\arcsin est dérivable sur sin(]π2,π2[)=]1,1[\sin\left(\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[\right)=]-1,1[ et, avec θ=arcsinx\theta=\arcsin x :

arcsin(x)=1cosθ.\arcsin'(x)=\frac1{\cos\theta}.

Or cosθ0\cos\theta\geq0 sur JJ et cos2θ=1sin2θ=1x2\cos^2\theta=1-\sin^2\theta=1-x^2, donc cosθ=1x2\cos\theta=\sqrt{1-x^2} :

arcsin(x)=11x2(1<x<1),arccos(x)=11x2\boxed{\arcsin'(x)=\frac1{\sqrt{1-x^2}}\quad(-1<x<1),\qquad\arccos'(x)=-\frac1{\sqrt{1-x^2}}}

(même calcul pour arccos\arccos, avec sinθ0\sin\theta\geq0 sur [0,π][0,\pi], et un signe - venant de cos=sin\cos'=-\sin.)

En 11 : sin(π2)=cosπ2=0\sin'\left(\tfrac\pi2\right)=\cos\tfrac\pi2=0 — tangente horizontale de sin\sin au sommet. Par symétrie, arcsin\arcsin a une tangente verticale en 11 : le taux arcsin1arcsin(1h)h+\dfrac{\arcsin1-\arcsin(1-h)}h\to+\infty quand h0+h\to0^+, et arcsin(x)=11x2+\arcsin'(x)=\dfrac1{\sqrt{1-x^2}}\to+\infty quand x1x\to1^-. Continue en 11, pas dérivable en 11. Même chose en 1-1, et pour arccos\arccos.

Deux identités

arcsin+arccos=π2\arcsin+\arccos=\tfrac\pi2. Sur l'intervalle ]1,1[]-1,1[, (arcsin+arccos)=11x211x2=0(\arcsin+\arccos)'=\dfrac1{\sqrt{1-x^2}}-\dfrac1{\sqrt{1-x^2}}=0 : la somme est constante, et en 00 elle vaut arcsin0+arccos0=0+π2\arcsin0+\arccos0=0+\tfrac\pi2. Par continuité, l'identité s'étend aux bornes ±1\pm1.

Preuve directe, sans dérivée : θ=arcsinxJ\theta=\arcsin x\in J, alors π2θ[0,π]=K\tfrac\pi2-\theta\in[0,\pi]=K et cos(π2θ)=sinθ=x\cos\left(\tfrac\pi2-\theta\right)=\sin\theta=x, donc arccosx=π2θ\arccos x=\tfrac\pi2-\theta.

x[1,1],arcsinx+arccosx=π2\boxed{\forall x\in[-1,1],\quad\arcsin x+\arccos x=\frac\pi2}

cos(arcsinx)\cos(\arcsin x). Déjà vu dans la dérivée : cos(arcsinx)=1x2\cos(\arcsin x)=\sqrt{1-x^2}, le signe ++ venant de arcsinxJ\arcsin x\in Jcos0\cos\geq0. Contrôle : arcsin35\arcsin\tfrac35 est l'angle du triangle 33-44-55, de cosinus 45=1925\tfrac45=\sqrt{1-\tfrac9{25}} ✓. De même sin(arccosx)=1x2\sin(\arccos x)=\sqrt{1-x^2} ; en revanche sin(arctanx)=x1+x2\sin(\arctan x)=\dfrac x{\sqrt{1+x^2}} et cos(arctanx)=11+x2\cos(\arctan x)=\dfrac1{\sqrt{1+x^2}}.

Rappel de cours

arcsin:[1,1][π2,π2]\arcsin:[-1,1]\to\left[-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right], impaire, croissante, arcsin(x)=11x2\arcsin'(x)=\dfrac1{\sqrt{1-x^2}} sur ]1,1[]-1,1[, tangentes verticales en ±1\pm1.

arccos:[1,1][0,π]\arccos:[-1,1]\to[0,\pi], décroissante, arccos(x)=11x2\arccos'(x)=-\dfrac1{\sqrt{1-x^2}}, arccos(x)=πarccosx\arccos(-x)=\pi-\arccos x.

Identités : arcsinx+arccosx=π2\arcsin x+\arccos x=\tfrac\pi2 ; cos(arcsinx)=sin(arccosx)=1x2\cos(\arcsin x)=\sin(\arccos x)=\sqrt{1-x^2} ; sin(arcsinx)=x\sin(\arcsin x)=x toujours, arcsin(sinθ)=θ\arcsin(\sin\theta)=\theta seulement pour θ[π2,π2]\theta\in\left[-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right].

L'erreur classique

⚠️ arcsin(sinθ)=θ\arcsin(\sin\theta)=\theta pour tout θ\theta. La composée sinarcsin\sin\circ\arcsin est l'identité sur [1,1][-1,1] ; l'autre, arcsinsin\arcsin\circ\sin, ne l'est que sur JJ. Vérifier que l'angle est dans l'intervalle avant de simplifier.

⚠️ Écrire arccos(12)=π3\arccos\left(-\tfrac12\right)=-\tfrac\pi3. L'image d'arccos\arccos est [0,π][0,\pi] : une valeur négative est impossible. C'est 2π3\tfrac{2\pi}3.

⚠️ Oublier le signe de la racine. cosθ=±1sin2θ\cos\theta=\pm\sqrt{1-\sin^2\theta} en général ; c'est l'appartenance de θ\theta à JJ qui impose le ++. Sans cet argument, la dérivée d'arcsin\arcsin n'est pas justifiée.

À retenir

Une fonction réciproque est définie par une restriction, et cette restriction décide de tout : image, parité, et surtout la validité de f1(f(x))=xf^{-1}(f(x))=x. Pour arcsin\arcsin : [π2,π2]\left[-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right] ; pour arccos\arccos : [0,π][0,\pi] ; pour arctan\arctan : ]π2,π2[\left]-\tfrac\pi2,\tfrac\pi2\right[.

Là où la fonction de départ a une tangente horizontale, la réciproque en a une verticale : ±1\pm1 pour arcsin\arcsin et arccos\arccos, 00 pour 3\sqrt[3]{\cdot}. Continuité oui, dérivabilité non — c'est le théorème de la bijection, lu jusqu'au bout.

Réponse. arcsin12=π6\arcsin\tfrac12=\tfrac\pi6, arccos12=π3\arccos\tfrac12=\tfrac\pi3, arccos(12)=2π3\arccos(-\tfrac12)=\tfrac{2\pi}3, arcsin(sin2π3)=π3\arcsin(\sin\tfrac{2\pi}3)=\tfrac\pi3 ; arcsin=11x2\arcsin'=\dfrac1{\sqrt{1-x^2}} sur ]1,1[]-1,1[, tangente verticale en ±1\pm1 ; arcsinx+arccosx=π2\arcsin x+\arccos x=\tfrac\pi2 ; cos(arcsinx)=1x2\cos(\arcsin x)=\sqrt{1-x^2}. (Recoupement : cos(arcsin35)=45\cos(\arcsin\tfrac35)=\tfrac45, arcsin(sin4)=π40,858\arcsin(\sin4)=\pi-4\approx-0{,}858 ✓)
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Dérivable ou pas : quatre points litigieux

DémonstrationDifficulté 3/5

Étudier la continuité et la dérivabilité en 00 de : 1. f1(x)=xf_1(x)=\lvert x\rvert ; 2. f2(x)=xxf_2(x)=x\lvert x\rvert ; 3. f3(x)=xf_3(x)=\sqrt{x} (sur [0,+[[0,+\infty[) ; 4. f4(x)=x2sin1xf_4(x)=x^2\sin\dfrac1x pour x0x\neq0, f4(0)=0f_4(0)=0. Pour f2f_2 et f4f_4, dire si la dérivée est continue en 00.

Indices (3)

Calculer le taux d'accroissement f(h)f(0)h\dfrac{f(h)-f(0)}h et sa limite à gauche et à droite.

f2(h)/h=hf_2(h)/h=\lvert h\rvert ; et pour h0h\neq0, f2(h)f_2'(h) se calcule séparément sur chaque demi-droite.

Pour f4f_4 : f4(x)=2xsin1xcos1xf_4'(x)=2x\sin\tfrac1x-\cos\tfrac1x pour x0x\neq0 ; a-t-il une limite en 00 ?

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La dérivabilité en un point se lit sur le taux d'accroissement, et en un point litigieux il faut regarder les deux côtés. Les quatre fonctions de l'énoncé forment une échelle :

fonction continue en 00 dérivable en 00 ff' continue en 00
x\lvert x\rvert oui non (taux 1\mp1)
x\sqrt{x} oui non (taux +\to+\infty)
xxx\lvert x\rvert oui oui, f(0)=0f'(0)=0 oui
x2sin1xx^2\sin\tfrac1x oui oui, f(0)=0f'(0)=0 non

Deux façons d'échouer (un point anguleux, une tangente verticale) et deux façons de réussir — dont une, la dernière, où la fonction est dérivable partout sans que sa dérivée soit continue. C'est ce dernier exemple qui montre que « dérivable » et « de classe C1\mathcal C^1 » sont deux choses.

Valeur absolue : deux demi-tangentes

f1f_1 est continue en 00 : h0\lvert h\rvert\to0. Taux d'accroissement :

f1(h)f1(0)h=hh={1si h>01si h<0\frac{f_1(h)-f_1(0)}h=\frac{\lvert h\rvert}h=\begin{cases}1&\text{si }h>0\\-1&\text{si }h<0\end{cases}

Limite à droite 11, limite à gauche 1-1 : pas de limite, pas de dérivabilité en 00. La courbe a un point anguleux : deux demi-tangentes de pentes 11 et 1-1 (le « V »).

x continue et non deˊrivable en 0\boxed{\lvert x\rvert\text{ continue et non dérivable en }0}

C'est le contre-exemple à « continue \Rightarrow dérivable ». Il en existe de bien pires (continues nulle part dérivables), mais celui-ci suffit, et il est visible à l'œil nu. Hors de 00, f1(x)=xxf_1'(x)=\dfrac{\lvert x\rvert}x (le signe de xx).

Racine carrée : une tangente verticale

f3f_3 est continue en 00 (h0\sqrt{h}\to0). Taux, pour h>0h>0 (seul côté disponible) :

h0h=1hh0++.\frac{\sqrt{h}-0}h=\frac1{\sqrt h}\xrightarrow[h\to0^+]{}+\infty.

La limite existe mais est infinie : pas de dérivabilité. Géométriquement, la courbe de x\sqrt{x} part de l'origine verticalement — c'est la symétrique de x2x^2, dont la tangente en 00 est horizontale (théorème de la bijection, exercice B4).

x continue et non deˊrivable en 0 (tangente verticale)\boxed{\sqrt{x}\text{ continue et non dérivable en }0\ (\text{tangente verticale})}

Hors de 00, f3(x)=12xf_3'(x)=\dfrac1{2\sqrt x}, qui tend vers ++\infty en 0+0^+ : ici la dérivée « annonce » la tangente verticale.

x|x| : dérivable, et même C¹

f2(x)=xxf_2(x)=x\lvert x\rvert vaut x2x^2 si x0x\geq0 et x2-x^2 si x0x\leq0. Taux en 00 :

f2(h)0h=hhh=hh00(des deux coˆteˊs).\frac{f_2(h)-0}h=\frac{h\lvert h\rvert}h=\lvert h\rvert\xrightarrow[h\to0]{}0\quad\text{(des deux côtés).}

Donc f2f_2 est dérivable en 00 et f2(0)=0f_2'(0)=0. Hors de 00 : f2(x)=2xf_2'(x)=2x pour x>0x>0, f2(x)=2xf_2'(x)=-2x pour x<0x<0, soit f2(x)=2xf_2'(x)=2\lvert x\rvert — formule qui vaut aussi en 00. Et 2x2\lvert x\rvert est continue : f2f_2 est de classe C1\mathcal C^1 sur R\mathbb{R}.

xx deˊrivable partout, f2(x)=2x, C1\boxed{x\lvert x\rvert\text{ dérivable partout, }f_2'(x)=2\lvert x\rvert,\ \mathcal C^1}

Le « V » de x\lvert x\rvert a été lissé par le facteur xx : en 00 les deux paraboles x2x^2 et x2-x^2 se raccordent avec la même tangente horizontale. Mais f2=2xf_2'=2\lvert x\rvert a elle-même un point anguleux en 00 : f2f_2 est C1\mathcal C^1 sans être deux fois dérivable en 00.

x² sin(1/x) : dérivable, mais la dérivée n'a pas de limite

Continuité : f4(x)x20=f4(0)\lvert f_4(x)\rvert\leq x^2\to0=f_4(0) ✓. Taux en 00 :

f4(h)0h=hsin1h,hsin1hh0.\frac{f_4(h)-0}h=h\sin\frac1h,\qquad\left\lvert h\sin\frac1h\right\rvert\leq\lvert h\rvert\to0.

Donc f4f_4 est dérivable en 00 et f4(0)=0f_4'(0)=0 — c'est exactement la limite de l'exercice A2, xsin1x0x\sin\tfrac1x\to0.

La dérivée hors de 00 : f4(x)=2xsin1xcos1xf_4'(x)=2x\sin\dfrac1x-\cos\dfrac1x. Le premier terme tend vers 00 ; le second, cos1x\cos\dfrac1x, n'a pas de limite en 00 : sur xn=12nπx_n=\dfrac1{2n\pi} il vaut 11, donc f4(xn)=1f_4'(x_n)=-1 (au terme 2xnsin(2nπ)=02x_n\sin(2n\pi)=0 près), et sur yn=1(2n+1)πy_n=\dfrac1{(2n+1)\pi} il vaut 1-1, donc f4(yn)=+1f_4'(y_n)=+1. Deux suites vers 00, deux limites : f4f_4' n'a pas de limite en 00, alors que f4(0)=0f_4'(0)=0 existe.

x2sin1x (prolongeˊe) deˊrivable sur R, f4(0)=0, f4 discontinue en 0\boxed{x^2\sin\tfrac1x\text{ (prolongée) dérivable sur }\mathbb{R},\ f_4'(0)=0,\ f_4'\text{ discontinue en }0}

La dérivée existe en 00 mais oscille entre 1-1 et 11 tout près de 00. Ce n'est pas une pathologie exotique : c'est la raison pour laquelle le théorème de la limite de la dérivée (exercice E6) est une implication et pas une équivalence.

Rappel de cours

Dérivabilité en aa : le taux f(a+h)f(a)h\dfrac{f(a+h)-f(a)}h a une limite finie quand h0h\to0. Dérivable \Rightarrow continue ; réciproque fausse.

Dérivées à gauche / à droite : limites unilatérales du taux. ff est dérivable en aa ssi les deux existent, sont finies et égales. Distinctes : point anguleux. Infinie : tangente verticale.

Classe C1\mathcal C^1 : dérivable et ff' continue. Strictement plus fort que dérivable (x2sin1xx^2\sin\tfrac1x).

Bornée fois infiniment petit : xsin1x0x\sin\tfrac1x\to0, x2sin1x0x^2\sin\tfrac1x\to0… — l'outil qui règle tous les « sin1x\sin\tfrac1x ».

L'erreur classique

⚠️ Dériver x\lvert x\rvert « par la formule » et écrire f(0)=0f'(0)=0. Il n'y a pas de formule en 00 : les deux morceaux xx et x-x ont des dérivées différentes, et c'est le taux qui tranche.

⚠️ Conclure « ff' n'a pas de limite en 00, donc ff n'est pas dérivable en 00 ». Faux pour x2sin1xx^2\sin\tfrac1x : la dérivabilité en 00 se lit sur le taux, pas sur ff'. Le théorème de la limite de la dérivée (E6) ne marche que dans un sens.

⚠️ Confondre « taux infini » et « pas de limite ». Pour x\sqrt{x} la limite du taux existe (++\infty) et la courbe a une vraie tangente, verticale ; pour x\lvert x\rvert il n'y a pas de limite du tout. Les deux refusent la dérivabilité, mais pas pour la même raison.

À retenir

En un point litigieux, le taux d'accroissement des deux côtés est le seul juge. Valeur absolue, racine, morceaux, oscillation : ce sont les signaux qui l'imposent.

Continue ⇏\not\Rightarrow dérivable (x\lvert x\rvert), dérivable ⇏\not\Rightarrow C1\mathcal C^1 (x2sin1xx^2\sin\tfrac1x). Chaque cran de régularité est strictement plus exigeant que le précédent, et chaque contre-exemple tient en une ligne.

Réponse. x\lvert x\rvert : continue, non dérivable (taux 1\mp1). x\sqrt{x} : continue, non dérivable (taux +\to+\infty). xxx\lvert x\rvert : dérivable, f(0)=0f'(0)=0, f=2xf'=2\lvert x\rvert continue (C1\mathcal C^1). x2sin1xx^2\sin\tfrac1x : dérivable, f(0)=0f'(0)=0, mais f(x)=2xsin1xcos1xf'(x)=2x\sin\tfrac1x-\cos\tfrac1x sans limite en 00 (vaut 1-1 en 12nπ\tfrac1{2n\pi}, +1+1 en 1(2n+1)π\tfrac1{(2n+1)\pi}).
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Fermat et Rolle : démonstrations et contre-exemples

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Démontrer le théorème de Fermat : si ff est dérivable en un point cc intérieur à son intervalle de définition et admet un extremum local en cc, alors f(c)=0f'(c)=0. Donner un exemple où f(c)=0f'(c)=0 sans extremum. 2. Démontrer le théorème de Rolle. 3. L'appliquer à f(x)=x(x1)(x2)f(x)=x(x-1)(x-2) sur [0,2][0,2] et déterminer explicitement les points cc. 4. Montrer par deux exemples que les hypothèses « dérivable sur ]a,b[]a,b[ » et « continue sur [a,b][a,b] » ne peuvent pas être retirées.

Indices (3)

Pour Fermat : le taux d'accroissement est 0\leq0 d'un côté et 0\geq0 de l'autre ; sa limite est donc à la fois 0\leq0 et 0\geq0.

Pour Rolle : bornes atteintes (B3), puis Fermat au point où l'extremum est atteint — sauf si les deux extremums sont aux bornes.

Pour 3, f(x)=3x26x+2f'(x)=3x^2-6x+2 : résoudre. Pour 4, penser à x\lvert x\rvert et à une fonction avec un saut.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Rolle est le premier théorème qui relie la fonction à sa dérivée dans le sens « fonction \Rightarrow dérivée » : de deux valeurs égales, on déduit un point où la pente est nulle. Tout le reste du lot en découle — les accroissements finis, la monotonie par le signe de ff', les inégalités.

Sa preuve est courte parce qu'elle s'appuie sur deux résultats déjà établis : le théorème des bornes atteintes (il y a un max et un min) et le théorème de Fermat (en un extremum intérieur, la dérivée est nulle). Fermat lui-même tient en trois lignes sur le signe du taux d'accroissement.

👉 Et les hypothèses sont trois, aucune n'est de trop : continue sur [a,b][a,b], dérivable sur ]a,b[]a,b[, f(a)=f(b)f(a)=f(b). La question 4 les teste.

Fermat : le taux change de signe

Soit ff dérivable en cc, intérieur, avec un maximum local en cc : f(x)f(c)f(x)\leq f(c) pour xx proche de cc. Alors pour hh petit,

h>0 : f(c+h)f(c)h0eth<0 : f(c+h)f(c)h0h>0\ :\ \frac{f(c+h)-f(c)}h\leq0\qquad\text{et}\qquad h<0\ :\ \frac{f(c+h)-f(c)}h\geq0

(numérateur 0\leq0 dans les deux cas, dénominateur de signe variable). Le taux tend vers f(c)f'(c) des deux côtés : à droite f(c)0f'(c)\leq0, à gauche f(c)0f'(c)\geq0. Donc f(c)=0f'(c)=0. Pour un minimum, appliquer à f-f. \blacksquare

extremum local en un point inteˊrieur ouˋ f est deˊrivable  f(c)=0\boxed{\text{extremum local en un point intérieur où }f\text{ est dérivable}\ \Rightarrow\ f'(c)=0}

La réciproque est fausse : f(x)=x3f(x)=x^3 a f(0)=0f'(0)=0, et n'a pas d'extremum en 00 (x3<0x^3<0 pour x<0x<0, >0>0 pour x>0x>0 : la courbe traverse sa tangente). Un point où f=0f'=0 est un point critique ; c'est un candidat à l'extremum, pas un extremum.

« Intérieur » compte : xxx\mapsto x sur [0,1][0,1] a son maximum en 11, et f(1)=10f'(1)=1\neq0. Aux bornes, on ne peut regarder le taux que d'un côté.

Rolle : bornes atteintes, puis Fermat

Soit ff continue sur [a,b][a,b], dérivable sur ]a,b[]a,b[, avec f(a)=f(b)f(a)=f(b). Par le théorème des bornes atteintes, ff admet un maximum MM et un minimum mm sur [a,b][a,b].

  • Cas 1 : M=mM=m. Alors ff est constante, et f(c)=0f'(c)=0 pour tout c]a,b[c\in]a,b[.
  • Cas 2 : M>mM>m. Comme f(a)=f(b)f(a)=f(b), les deux valeurs MM et mm ne peuvent pas être toutes deux prises aux bornes (elles y prendraient la même valeur). Donc l'une d'elles est atteinte en un point c]a,b[c\in]a,b[intérieur. ff est dérivable en cc, et Fermat donne f(c)=0f'(c)=0. \blacksquare
f continue sur [a,b], deˊrivable sur ]a,b[, f(a)=f(b)  c]a,b[, f(c)=0\boxed{f\text{ continue sur }[a,b],\text{ dérivable sur }]a,b[,\ f(a)=f(b)\ \Rightarrow\ \exists\,c\in]a,b[,\ f'(c)=0}

Chaque hypothèse a servi : la continuité sur [a,b][a,b] pour les bornes atteintes, la dérivabilité sur ]a,b[]a,b[ pour Fermat au point cc, et f(a)=f(b)f(a)=f(b) pour forcer un extremum à l'intérieur.

ℹ️ Géométriquement : une courbe qui part et revient à la même hauteur a quelque part une tangente horizontale. Une conséquence immédiate : entre deux racines consécutives de ff, il y a une racine de ff' — un polynôme de degré nn ayant nn racines réelles a une dérivée à n1n-1 racines réelles.

Un exemple où les c se calculent

f(x)=x(x1)(x2)=x33x2+2xf(x)=x(x-1)(x-2)=x^3-3x^2+2x : polynôme, donc continue sur [0,2][0,2] et dérivable partout ; f(0)=0=f(2)f(0)=0=f(2). Rolle garantit au moins un c]0,2[c\in]0,2[ avec f(c)=0f'(c)=0. Calculons :

f(x)=3x26x+2=0    x=6±36246=1±33.f'(x)=3x^2-6x+2=0\iff x=\frac{6\pm\sqrt{36-24}}6=1\pm\frac{\sqrt3}3.
c1=1330,4226,c2=1+331,5774\boxed{c_1=1-\frac{\sqrt3}3\approx0{,}4226,\qquad c_2=1+\frac{\sqrt3}3\approx1{,}5774}

Les deux sont dans ]0,2[]0,2[ : Rolle promettait un point, il y en a deux — un par « bosse », puisque ff a trois racines 0,1,20,1,2 et que ff' s'annule entre 00 et 11, puis entre 11 et 22. Les valeurs : f(c1)=2390,385f(c_1)=\dfrac{2\sqrt3}9\approx0{,}385 (maximum local) et f(c2)=239f(c_2)=-\dfrac{2\sqrt3}9 (minimum local), symétriques parce que ff est impaire autour de 11 (f(2x)=f(x)f(2-x)=-f(x)).

Contrôle : f(c1)=3c126c1+2f'(c_1)=3c_1^2-6c_1+2 avec c12=43233c_1^2=\tfrac43-\tfrac{2\sqrt3}3 donne 4236+23+2=04-2\sqrt3-6+2\sqrt3+2=0 ✓.

Retirer une hypothèse : deux contre-exemples

Sans dérivabilité sur ]a,b[]a,b[ : f(x)=xf(x)=\lvert x\rvert sur [1,1][-1,1]. Continue, f(1)=f(1)=1f(-1)=f(1)=1, mais f(x)=±1f'(x)=\pm1 pour x0x\neq0 et ff n'est pas dérivable en 00 : aucun point où f=0f'=0. Le maximum est aux bornes, le minimum en 00 où Fermat ne s'applique pas — précisément le point qu'on a retiré de l'hypothèse.

Sans continuité sur [a,b][a,b] : g(x)=xg(x)=x sur [0,1[[0,1[ et g(1)=0g(1)=0. Dérivable sur ]0,1[]0,1[ avec g=1g'=1, g(0)=g(1)=0g(0)=g(1)=0, mais discontinue en 11 : gg' ne s'annule jamais. Le « sup » de gg vaut 11 et n'est pas atteint — c'est le théorème des bornes atteintes qui tombe, et Rolle avec lui.

x sur [1,1] ; xx sur [0,1[ prolongeˊe par g(1)=0\boxed{\lvert x\rvert\text{ sur }[-1,1]\ ;\ x\mapsto x\text{ sur }[0,1[\text{ prolongée par }g(1)=0}

Et la troisième hypothèse : f(x)=xf(x)=x sur [0,1][0,1] vérifie tout sauf f(0)=f(1)f(0)=f(1), et f=1f'=1. Trois hypothèses, trois contre-exemples.

Rappel de cours

Fermat. ff dérivable en cc intérieur, extremum local en cc \Rightarrow f(c)=0f'(c)=0. Réciproque fausse (x3x^3).

Rolle. ff continue sur [a,b][a,b], dérivable sur ]a,b[]a,b[, f(a)=f(b)f(a)=f(b) \Rightarrow il existe c]a,b[c\in]a,b[ avec f(c)=0f'(c)=0.

Corollaire. Entre deux zéros de ff il y a un zéro de ff'. Si ff' ne s'annule pas sur un intervalle, ff y a au plus un zéro (utile pour l'unicité d'une solution).

Points candidats à l'extremum sur un segment : points critiques intérieurs, points de non-dérivabilité, bornes.

L'erreur classique

⚠️ « f(c)=0f'(c)=0 donc ff a un extremum en cc. » C'est x3x^3 en 00. Le point critique est un candidat ; il faut ensuite un changement de signe de ff' (ou le signe de ff'') pour conclure.

⚠️ Appliquer Rolle sans vérifier f(a)=f(b)f(a)=f(b), ou sur une fonction non dérivable en un point intérieur (x\lvert x\rvert). Le théorème a trois hypothèses et se cite avec les trois.

⚠️ Croire que Rolle donne un seul cc. Sur x(x1)(x2)x(x-1)(x-2) il y en a deux. « Il existe » veut dire « au moins un ».

À retenir

Fermat en trois lignes : le taux est 0\leq0 d'un côté, 0\geq0 de l'autre, sa limite est nulle. Rolle en deux cas : bornes atteintes, puis Fermat à l'extremum intérieur.

Trois hypothèses, trois contre-exemples : x\lvert x\rvert (dérivabilité), un saut (continuité), xx sur [0,1][0,1] (f(a)=f(b)f(a)=f(b)). Les connaître est ce qui empêche d'invoquer le théorème de travers.

Réponse. Fermat : le taux est 0\leq0 à droite, 0\geq0 à gauche, donc f(c)=0f'(c)=0 ; contre-exemple x3x^3. Rolle : bornes atteintes + Fermat. Sur x(x1)(x2)x(x-1)(x-2), c=1±330,4226c=1\pm\tfrac{\sqrt3}3\approx0{,}4226 et 1,57741{,}5774, f(c1)=2390,385f(c_1)=\tfrac{2\sqrt3}9\approx0{,}385. Contre-exemples : x\lvert x\rvert sur [1,1][-1,1] ; xx sur [0,1[[0,1[ prolongée par 00 en 11.
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Les accroissements finis : démonstration et points c

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Démontrer l'égalité des accroissements finis : si ff est continue sur [a,b][a,b] et dérivable sur ]a,b[]a,b[, il existe c]a,b[c\in]a,b[ tel que f(b)f(a)=f(c)(ba)f(b)-f(a)=f'(c)(b-a). 2. Déterminer le (ou les) point(s) cc pour ln\ln sur [1,e][1,e], pour x\sqrt{x} sur [1,4][1,4], pour x2x^2 sur [a,b][a,b] quelconque, pour x3x^3 sur [0,1][0,1]. 3. En déduire l'inégalité des accroissements finis : si fM\lvert f'\rvert\leq M sur ]a,b[]a,b[, alors f(b)f(a)Mba\lvert f(b)-f(a)\rvert\leq M\lvert b-a\rvert.

Indices (3)

Poser g(x)=f(x)f(a)f(b)f(a)ba(xa)g(x)=f(x)-f(a)-\dfrac{f(b)-f(a)}{b-a}(x-a) : elle vérifie g(a)=g(b)=0g(a)=g(b)=0.

Pour ln\ln sur [1,e][1,e] : la pente de la corde vaut lneln1e1\dfrac{\ln e-\ln1}{e-1}, et ln(c)=1c\ln'(c)=\dfrac1c.

Pour x2x^2 : b2a2ba=a+b\dfrac{b^2-a^2}{b-a}=a+b, à comparer à 2c2c.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'égalité des accroissements finis dit que la corde a la pente d'une tangente : entre aa et bb, il existe un point cc où la courbe est parallèle à la corde. C'est Rolle, « penché » : Rolle traite le cas d'une corde horizontale (f(a)=f(b)f(a)=f(b)), et on s'y ramène en retranchant la corde à la fonction.

Le théorème sert de deux façons. Sous forme d'égalité, il donne parfois le point cc exactement (question 2 — et c'est la figure du cours pour ln\ln). Sous forme d'inégalité (question 3), il ne demande qu'une borne sur ff' et devient l'outil universel de majoration : erreurs d'approximation, vitesse de convergence, fonctions lipschitziennes.

La preuve : retrancher la corde, appliquer Rolle

Soit p=f(b)f(a)bap=\dfrac{f(b)-f(a)}{b-a} la pente de la corde, et

g(x)=f(x)f(a)p(xa).g(x)=f(x)-f(a)-p\,(x-a).

gg est continue sur [a,b][a,b], dérivable sur ]a,b[]a,b[ (différence de ff et d'une fonction affine), et

g(a)=f(a)f(a)0=0,g(b)=f(b)f(a)p(ba)=f(b)f(a)(f(b)f(a))=0.g(a)=f(a)-f(a)-0=0,\qquad g(b)=f(b)-f(a)-p(b-a)=f(b)-f(a)-\bigl(f(b)-f(a)\bigr)=0.

Rolle s'applique : il existe c]a,b[c\in]a,b[ avec g(c)=0g'(c)=0. Or g(x)=f(x)pg'(x)=f'(x)-p, donc f(c)=p=f(b)f(a)baf'(c)=p=\dfrac{f(b)-f(a)}{b-a}. \blacksquare

c]a,b[,f(b)f(a)=f(c)(ba)\boxed{\exists\,c\in]a,b[,\quad f(b)-f(a)=f'(c)\,(b-a)}

Géométriquement, gg mesure l'écart vertical entre la courbe et la corde ; il est nul aux deux bouts, donc extrémal quelque part entre, et là sa dérivée s'annule — c'est-à-dire que la tangente est parallèle à la corde.

Quatre points c explicites

ln\ln sur [1,e][1,e]. Pente de la corde : lneln1e1=1e1\dfrac{\ln e-\ln1}{e-1}=\dfrac1{e-1}. Condition ln(c)=1c=1e1\ln'(c)=\dfrac1c=\dfrac1{e-1}, d'où c=e11,718c=e-1\approx1{,}718, bien dans ]1,e[]1,e[. C'est la figure du cours : la tangente en e1e-1 est parallèle à la corde de (1,0)(1,0) à (e,1)(e,1). Unique, car 1x\tfrac1x est injective.

x\sqrt{x} sur [1,4][1,4]. Pente 2141=13\dfrac{2-1}{4-1}=\dfrac13 ; 12c=13    c=32    c=94\dfrac1{2\sqrt c}=\dfrac13\iff\sqrt c=\dfrac32\iff c=\dfrac94, dans ]1,4[]1,4[ ✓.

x2x^2 sur [a,b][a,b]. Pente b2a2ba=a+b\dfrac{b^2-a^2}{b-a}=a+b ; 2c=a+b    c=a+b22c=a+b\iff c=\dfrac{a+b}2 : pour une parabole, le point cc est toujours le milieu. (C'est propre au degré 22 ; voir x3x^3.)

x3x^3 sur [0,1][0,1]. Pente 11 ; 3c2=1    c=130,57743c^2=1\iff c=\dfrac1{\sqrt3}\approx0{,}5774 (la racine négative est hors de ]0,1[]0,1[). Pas le milieu : pour x3x^3, le point cc dépend de l'intervalle autrement.

c=e1 ; c=94 ; c=a+b2 ; c=13\boxed{c=e-1\ ;\ c=\tfrac94\ ;\ c=\tfrac{a+b}2\ ;\ c=\tfrac1{\sqrt3}}

Contrôle pour ln\ln : la tangente en e1e-1 a pour équation y=ln(e1)+x(e1)e1y=\ln(e-1)+\dfrac{x-(e-1)}{e-1} avec ln(e1)0,541\ln(e-1)\approx0{,}541 ; en x=ex=e elle vaut 0,541+1e11,123>1=lne\approx0{,}541+\dfrac1{e-1}\approx1{,}123>1=\ln e — la tangente est au-dessus de la courbe, comme il se doit pour une fonction concave (lot C).

L'inégalité : une borne sur f' suffit

Si f(x)M\lvert f'(x)\rvert\leq M pour tout x]a,b[x\in]a,b[, l'égalité donne, en valeur absolue,

f(b)f(a)=f(c)baMba.\lvert f(b)-f(a)\rvert=\lvert f'(c)\rvert\cdot\lvert b-a\rvert\leq M\lvert b-a\rvert.
fM sur ]a,b[  f(b)f(a)Mba\boxed{\lvert f'\rvert\leq M\text{ sur }]a,b[\ \Rightarrow\ \lvert f(b)-f(a)\rvert\leq M\lvert b-a\rvert}

Ce qui change de régime : on n'a plus besoin de connaître cc — seulement un majorant de la dérivée. C'est ce qu'on utilise en pratique, parce que cc est presque toujours inconnu.

Trois lectures immédiates :

  • sinbsinaba\lvert\sin b-\sin a\rvert\leq\lvert b-a\rvert (car cos1\lvert\cos\rvert\leq1) — sin\sin est 11-lipschitzienne ;
  • si f=0f'=0 sur un intervalle, alors f(b)=f(a)f(b)=f(a) pour tous a,ba,b : ff est constante (c'est ce qui a servi pour arctanx+arctan1x\arctan x+\arctan\tfrac1x en B5) ;
  • si f0f'\geq0, alors f(b)f(a)=f(c)(ba)0f(b)-f(a)=f'(c)(b-a)\geq0 pour a<ba<b : ff est croissante. La règle « signe de ff' \Rightarrow sens de variation » est un corollaire des accroissements finis, pas un axiome.
Rappel de cours

Égalité des accroissements finis (EAF). ff continue sur [a,b][a,b], dérivable sur ]a,b[]a,b[ \Rightarrow c]a,b[\exists\,c\in]a,b[, f(b)f(a)=f(c)(ba)f(b)-f(a)=f'(c)(b-a).

Inégalité (IAF). Si fM\lvert f'\rvert\leq M sur ]a,b[]a,b[ : f(b)f(a)Mba\lvert f(b)-f(a)\rvert\leq M\lvert b-a\rvert. Plus généralement, mfMm\leq f'\leq M donne m(ba)f(b)f(a)M(ba)m(b-a)\leq f(b)-f(a)\leq M(b-a).

Conséquences (sur un intervalle) : f=0ff'=0\Rightarrow f constante ; f0ff'\geq0\Rightarrow f croissante ; f>0ff'>0\Rightarrow f strictement croissante ; fkf\lvert f'\rvert\leq k\Rightarrow f kk-lipschitzienne.

Rolle est le cas f(a)=f(b)f(a)=f(b) de l'EAF, et l'EAF se déduit de Rolle en retranchant la corde.

L'erreur classique

⚠️ Écrire f(b)f(a)=f(a)(ba)f(b)-f(a)=f'(a)(b-a). Le cc est quelque part entre aa et bb, pas en aa : avec f=x2f=x^2 sur [0,1][0,1], f(0)1=01f'(0)\cdot1=0\neq1. Prendre c=ac=a est l'approximation affine (exercice E6), avec une erreur.

⚠️ Utiliser une borne de ff' valable ailleurs. Pour f(b)f(a)Mba\lvert f(b)-f(a)\rvert\leq M\lvert b-a\rvert, il faut fM\lvert f'\rvert\leq M sur tout ]a,b[]a,b[. lnblnaba\lvert\ln b-\ln a\rvert\leq\lvert b-a\rvert est vrai sur [1,+[[1,+\infty[ (où 1x1\tfrac1x\leq1) et faux sur [110,1][\tfrac1{10},1].

⚠️ Croire que cc est le milieu. C'est vrai pour les paraboles seulement.

À retenir

EAF : la corde a la pente d'une tangente. Preuve : retrancher la corde, appliquer Rolle. Le cc se calcule parfois (fonctions simples), et c'est le milieu pour une parabole.

IAF : une borne sur ff' donne une borne sur les accroissements. C'est la forme qu'on utilise dans 90 % des cas — et elle contient la monotonie, la constance des fonctions à dérivée nulle, et toutes les inégalités de l'exercice suivant.

Réponse. Preuve : Rolle sur g(x)=f(x)f(a)f(b)f(a)ba(xa)g(x)=f(x)-f(a)-\tfrac{f(b)-f(a)}{b-a}(x-a). Points cc : e11,718e-1\approx1{,}718 pour ln\ln ; 94\tfrac94 pour x\sqrt{x} ; a+b2\tfrac{a+b}2 pour x2x^2 ; 130,5774\tfrac1{\sqrt3}\approx0{,}5774 pour x3x^3. IAF : f(b)f(a)=f(c)baMba\lvert f(b)-f(a)\rvert=\lvert f'(c)\rvert\lvert b-a\rvert\leq M\lvert b-a\rvert. (Recoupement : ln(e1)0,541\ln(e-1)\approx0{,}541, tangente en ee 1,123>1\approx1{,}123>1 ✓)
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Inégalités classiques par le signe d'une dérivée

DémonstrationDifficulté 3/5

Démontrer les inégalités suivantes, en précisant à chaque fois l'outil utilisé : 1. sinxx\sin x\leq x pour tout x0x\geq0. 2. ln(1+x)x\ln(1+x)\leq x pour tout x>1x>-1. 3. ex1+xe^x\geq1+x pour tout réel xx. 4. sinasinbab\lvert\sin a-\sin b\rvert\leq\lvert a-b\rvert pour tous réels a,ba,b. Contrôler chaque inégalité par une valeur numérique.

Indices (3)

Étudier le signe de g(x)=xsinxg(x)=x-\sin x à partir de gg' et de g(0)g(0).

Pour ln\ln et exp\exp : la différence a un minimum en 00, où elle vaut 00.

Pour 4 : inégalité des accroissements finis avec cos1\lvert\cos\rvert\leq1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une inégalité entre fonctions se prouve en étudiant le signe de leur différence, et le signe se lit sur la dérivée. La méthode est toujours la même : poser g=g= (grand membre) - (petit membre), calculer gg', en déduire les variations de gg, et constater que gg reste du bon signe — en général parce qu'elle vaut 00 en un point et croît ou décroît de la bonne façon autour.

Pourquoi ça marche : « g0g'\geq0 sur un intervalle \Rightarrow gg croissante » est une conséquence des accroissements finis (exercice E3). Chaque inégalité de cet exercice est donc, en dernière analyse, une application du théorème de Rolle.

👉 La question 4 emploie directement l'inégalité des accroissements finis — c'est la même idée, avec une borne sur la dérivée au lieu d'un signe.

sin x ≤ x : une dérivée positive

Soit g(x)=xsinxg(x)=x-\sin x sur [0,+[[0,+\infty[. g(x)=1cosx0g'(x)=1-\cos x\geq0 (car cosx1\cos x\leq1), donc gg est croissante sur [0,+[[0,+\infty[. Et g(0)=00=0g(0)=0-0=0. Donc pour x0x\geq0, g(x)g(0)=0g(x)\geq g(0)=0, soit sinxx\sin x\leq x. \blacksquare

x0,sinxx\boxed{\forall x\geq0,\quad\sin x\leq x}

Contrôle : sin0,50,4794<0,5\sin0{,}5\approx0{,}4794<0{,}5 ✓ ; sinπ2=1<π2\sin\tfrac\pi2=1<\tfrac\pi2 ✓ ; et pour x1x\geq1 c'est évident puisque sinx1x\sin x\leq1\leq x.

ℹ️ Par imparité, sinxx\sin x\geq x pour x0x\leq0 ; les deux se résument en sinxx\lvert\sin x\rvert\leq\lvert x\rvert. L'égalité n'a lieu qu'en 00 : gg' ne s'annule qu'aux points 2kπ2k\pi, isolés, donc gg est même strictement croissante. Cette inégalité est le point de départ de sinxx1\dfrac{\sin x}{x}\to1 et de l'encadrement xx36sinxxx-\tfrac{x^3}6\leq\sin x\leq x (Taylor-Lagrange, approfondissement).

ln(1+x) ≤ x et e^x ≥ 1+x : un minimum en 0

Logarithme. Sur ]1,+[]-1,+\infty[, soit g(x)=xln(1+x)g(x)=x-\ln(1+x). g(x)=111+x=x1+xg'(x)=1-\dfrac1{1+x}=\dfrac x{1+x}, du signe de xx (dénominateur >0>0). Donc gg décroît sur ]1,0]]-1,0], croît sur [0,+[[0,+\infty[ : minimum en 00, où g(0)=0g(0)=0. D'où g0g\geq0 partout, soit ln(1+x)x\ln(1+x)\leq x, avec égalité seulement en 00. \blacksquare

Exponentielle. Soit g(x)=ex1xg(x)=e^x-1-x sur R\mathbb{R}. g(x)=ex1g'(x)=e^x-1, négatif pour x<0x<0, positif pour x>0x>0 : minimum en 00, g(0)=110=0g(0)=1-1-0=0. Donc ex1+xe^x\geq1+x, égalité seulement en 00. \blacksquare

ln(1+x)x (x>1),ex1+x (xR)\boxed{\ln(1+x)\leq x\ (x>-1),\qquad e^x\geq1+x\ (x\in\mathbb{R})}

Contrôle : ln1,10,0953<0,1\ln1{,}1\approx0{,}0953<0{,}1 ✓ ; e0,11,1052>1,1e^{0{,}1}\approx1{,}1052>1{,}1 ✓ ; et en x=0,5x=-0{,}5, ln0,50,693<0,5\ln0{,}5\approx-0{,}693<-0{,}5 ✓, e0,50,607>0,5e^{-0{,}5}\approx0{,}607>0{,}5 ✓.

ℹ️ Les deux inégalités sont la même, lue dans les deux sens : poser y=exy=e^x dans la seconde donne y1+lnyy\geq1+\ln y, soit lnyy1\ln y\leq y-1, soit ln(1+x)x\ln(1+x)\leq x avec x=y1x=y-1. Géométriquement : y=1+xy=1+x est la tangente en 00 à exe^x (courbe au-dessus, convexe) et la tangente en 00 à ln(1+x)\ln(1+x) (courbe au-dessous, concave). Le lot C en fait une règle générale.

|sin a − sin b| ≤ |a − b| : l'inégalité des accroissements finis

sin\sin est dérivable sur R\mathbb{R}, de dérivée cos\cos, et cos1\lvert\cos\rvert\leq1 partout. L'inégalité des accroissements finis sur l'intervalle d'extrémités aa et bb donne directement

sinbsina1ba.\lvert\sin b-\sin a\rvert\leq1\cdot\lvert b-a\rvert.\qquad\blacksquare
a,bR,sinasinbab\boxed{\forall a,b\in\mathbb{R},\quad\lvert\sin a-\sin b\rvert\leq\lvert a-b\rvert}

On dit que sin\sin est 11-lipschitzienne : elle ne peut pas varier plus vite que la fonction identité. Même chose pour cos\cos (dérivée sin-\sin), et pour arctan\arctan (dérivée 11+x21\tfrac1{1+x^2}\leq1).

Contrôle : a=0,5a=0{,}5, b=0b=0 redonne sin0,50,5\sin0{,}5\leq0{,}5 — la question 1 est le cas particulier b=0b=0, a0a\geq0. Et a=πa=\pi, b=0b=0 : 00=0π\lvert0-0\rvert=0\leq\pi, très lâche ; l'inégalité est serrée près de 00 et grossière loin de 00, parce que cos\cos n'est proche de 11 que près de 00.

Rappel de cours

Méthode « signe de la différence ». Pour prouver uvu\leq v sur II : poser g=vug=v-u, étudier gg', en déduire les variations de gg, conclure g0g\geq0 — typiquement via un minimum où g=0g=0.

Ce qui justifie la méthode : sur un intervalle, g0gg'\geq0\Rightarrow g croissante (accroissements finis).

Inégalités à connaître : sinxx\sin x\leq x (x0x\geq0), sinxx\lvert\sin x\rvert\leq\lvert x\rvert, ln(1+x)x\ln(1+x)\leq x, ex1+xe^x\geq1+x, lnxx1\ln x\leq x-1, sinasinbab\lvert\sin a-\sin b\rvert\leq\lvert a-b\rvert, arctanxx\arctan x\leq x (x0x\geq0).

Égalité : uniquement en 00 (ou en 11 pour lnxx1\ln x\leq x-1), là où gg atteint son minimum.

L'erreur classique

⚠️ Déduire le signe de gg du seul signe de gg'. « g0g'\geq0 donc g0g\geq0 » est faux : g0g'\geq0 dit que gg croît, et il faut une valeur de départ (g(0)=0g(0)=0) pour conclure au signe. Sans le point d'ancrage, gg pourrait croître depuis 10-10.

⚠️ Oublier le domaine. sinxx\sin x\leq x est faux pour x<0x<0 (sin(1)0,84>1\sin(-1)\approx-0{,}84>-1). L'inégalité se démontre sur [0,+[[0,+\infty[ parce que gg y est croissante depuis g(0)=0g(0)=0 ; à gauche de 00 elle décroît, ce qui renverse l'inégalité.

⚠️ Croire que ex1+xe^x\geq1+x est « à peu près ex1+xe^x\approx1+x ». L'inégalité est vraie pour tout xx, y compris x=10x=10e102202611e^{10}\approx22\,026\gg11 ; l'approximation, elle, ne vaut que près de 00.

À retenir

Inégalité \Rightarrow différence \Rightarrow dérivée \Rightarrow variations \Rightarrow signe. Cinq mots, une méthode, et elle prouve toutes les inégalités usuelles. Le point d'ancrage (une valeur où la différence est nulle) fait partie de la preuve.

Une borne sur la dérivée est une borne sur les accroissements : fMf(a)f(b)Mab\lvert f'\rvert\leq M\Rightarrow\lvert f(a)-f(b)\rvert\leq M\lvert a-b\rvert. C'est ce qui rend sin\sin, cos\cos, arctan\arctan lipschitziennes — notion développée dans l'approfondissement.

Réponse. g=xsinxg=x-\sin x, g=1cosx0g'=1-\cos x\geq0, g(0)=0g(0)=0 ; g=xln(1+x)g=x-\ln(1+x) et g=ex1xg=e^x-1-x ont un minimum nul en 00 ; sinasinbab\lvert\sin a-\sin b\rvert\leq\lvert a-b\rvert par l'IAF avec cos1\lvert\cos\rvert\leq1. (Recoupement : sin0,50,4794<0,5\sin0{,}5\approx0{,}4794<0{,}5, ln1,10,0953<0,1\ln1{,}1\approx0{,}0953<0{,}1, e0,11,1052>1,1e^{0{,}1}\approx1{,}1052>1{,}1 ✓)
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Suite contractante et vitesse géométrique

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit f(x)=1+11+xf(x)=1+\dfrac1{1+x} et la suite définie par u0=1u_0=1, un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n). 1. Montrer que [1,2][1,2] est stable par ff, et que ff y a un unique point fixe \ell, que l'on calculera. 2. Montrer que f(x)14\lvert f'(x)\rvert\leq\dfrac14 sur [1,2][1,2], et en déduire un+114un\lvert u_{n+1}-\ell\rvert\leq\dfrac14\lvert u_n-\ell\rvert, puis un14n(21)\lvert u_n-\ell\rvert\leq\dfrac1{4^n}(\sqrt2-1). 3. Calculer u1,,u5u_1,\dots,u_5 sous forme de fractions. À partir de quel rang la majoration garantit-elle un<106\lvert u_n-\ell\rvert<10^{-6} ?

Indices (3)

ff est décroissante : f([1,2])=[f(2),f(1)]f([1,2])=[f(2),f(1)].

Inégalité des accroissements finis entre unu_n et \ell, tous deux dans [1,2][1,2], avec f()=f(\ell)=\ell.

14n(21)<106\dfrac1{4^n}(\sqrt2-1)<10^{-6} se résout en cherchant le premier nn tel que 4n>106(21)4^n>10^6(\sqrt2-1).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'inégalité des accroissements finis transforme une suite récurrente en suite géométrique — pour l'erreur. Si fk<1\lvert f'\rvert\leq k<1 sur un intervalle stable contenant le point fixe \ell, alors chaque itération divise l'écart à \ell par au moins 1k\tfrac1k :

un+1=f(un)f()kun.\lvert u_{n+1}-\ell\rvert=\lvert f(u_n)-f(\ell)\rvert\leq k\,\lvert u_n-\ell\rvert.

C'est une preuve de convergence qui ne demande ni monotonie ni encadrement de la suite, seulement une borne sur la dérivée. Et elle vient avec une vitesse : knk^n fois l'erreur initiale. Ici k=14k=\tfrac14, donc la suite gagne un peu plus d'une décimale toutes les deux itérations — vers 2\sqrt2, par des fractions qui sont exactement les réduites de la fraction continue de 2\sqrt2.

Intervalle stable et point fixe

f(x)=1+11+xf(x)=1+\dfrac1{1+x} est définie et continue sur [1,2][1,2], et décroissante (car x11+xx\mapsto\tfrac1{1+x} l'est). Donc f([1,2])=[f(2),f(1)]=[1+13,1+12]=[43,32][1,2]f([1,2])=[f(2),f(1)]=\left[1+\tfrac13,1+\tfrac12\right]=\left[\tfrac43,\tfrac32\right]\subset[1,2] : l'intervalle est stable, et comme u0=1[1,2]u_0=1\in[1,2], tous les unu_n y restent.

Point fixe. f(x)=x    1+11+x=x    (1+x)+1=x(1+x)    x2=2f(x)=x\iff1+\dfrac1{1+x}=x\iff(1+x)+1=x(1+x)\iff x^2=2. Dans [1,2][1,2], l'unique solution est =21,4142\ell=\sqrt2\approx1{,}4142.

f([1,2])[1,2],=2\boxed{f([1,2])\subset[1,2],\qquad\ell=\sqrt2}

Si (un)(u_n) converge, c'est donc vers 2\sqrt2 (ff continue). Reste à prouver qu'elle converge — et la décroissance de ff interdit la méthode « suite monotone » : u0=1u_0=1, u1=32u_1=\tfrac32, u2=75<u1u_2=\tfrac75<u_1… la suite oscille autour de 2\sqrt2. C'est l'IAF qui va conclure.

La contraction : chaque pas divise l'erreur par 4

f(x)=1(1+x)2f'(x)=-\dfrac1{(1+x)^2}. Sur [1,2][1,2], (1+x)24(1+x)^2\geq4, donc f(x)14\lvert f'(x)\rvert\leq\dfrac14.

Pour tout nn, unu_n et \ell sont dans [1,2][1,2] ; l'IAF entre ces deux points donne

un+1=f(un)f()14un.\lvert u_{n+1}-\ell\rvert=\lvert f(u_n)-f(\ell)\rvert\leq\frac14\lvert u_n-\ell\rvert.

Par récurrence immédiate,

un14nu0=214n0,41424nn0.\lvert u_n-\ell\rvert\leq\frac1{4^n}\lvert u_0-\ell\rvert=\frac{\sqrt2-1}{4^n}\approx\frac{0{,}4142}{4^n}\xrightarrow[n\to\infty]{}0.
un2,un2214n\boxed{u_n\to\sqrt2,\qquad\lvert u_n-\sqrt2\rvert\leq\frac{\sqrt2-1}{4^n}}

La suite converge, et on sait à quelle vitesse : géométrique de raison 14\leq\tfrac14. La majoration est même un peu pessimiste — f(2)=1(1+2)20,172<0,25\lvert f'(\sqrt2)\rvert=\dfrac1{(1+\sqrt2)^2}\approx0{,}172<0{,}25, donc asymptotiquement l'erreur est divisée par 5,8\approx5{,}8 à chaque pas.

Les termes, et le rang de précision
u0=1,u1=1+12=32,u2=1+15/2=75,u3=1+112/5=1712,u4=4129,u5=9970.u_0=1,\quad u_1=1+\frac12=\frac32,\quad u_2=1+\frac1{5/2}=\frac75,\quad u_3=1+\frac1{12/5}=\frac{17}{12},\quad u_4=\frac{41}{29},\quad u_5=\frac{99}{70}.

Ce sont les réduites de la fraction continue 2=1+12+12+\sqrt2=1+\cfrac1{2+\cfrac1{2+\cdots}}, et l'on retrouve 1712\tfrac{17}{12} — qui est aussi u2u_2 de la méthode de Héron (chapitre suites, B4) ; Héron fait ensuite un bond à 577408\tfrac{577}{408}, là où notre suite passe par 4129\tfrac{41}{29} et 9970\tfrac{99}{70}. Contrôle : u5=99701,4142857u_5=\tfrac{99}{70}\approx1{,}4142857, à 7×1057\times10^{-5} de 21,4142136\sqrt2\approx1{,}4142136.

Rang pour 10610^{-6}. On veut 214n<106\dfrac{\sqrt2-1}{4^n}<10^{-6} :

nn 214n\dfrac{\sqrt2-1}{4^n} verdict
99 1,58×106\approx1{,}58\times10^{-6} insuffisant
1010 3,95×107\approx3{,}95\times10^{-7}
n=10 garantit un2<106\boxed{n=10\text{ garantit }\lvert u_n-\sqrt2\rvert<10^{-6}}

L'erreur réelle en n=10n=10 vaut 1,07×108\approx1{,}07\times10^{-8} — trente fois mieux que la garantie, cohérent avec la raison asymptotique 0,1720{,}172 plutôt que 0,250{,}25. La majoration est une garantie, pas une mesure.

Rappel de cours

Suite contractante. Si II est un intervalle stable par ff (f(I)If(I)\subset I), si I\ell\in I est un point fixe, et si fk<1\lvert f'\rvert\leq k<1 sur II, alors pour tout u0Iu_0\in I la suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) converge vers \ell, avec unknu0\lvert u_n-\ell\rvert\leq k^n\lvert u_0-\ell\rvert.

Point fixe attractif : f()<1\lvert f'(\ell)\rvert<1 — la convergence est alors géométrique de raison f()\approx\lvert f'(\ell)\rvert pour un u0u_0 assez proche. Répulsif : f()>1\lvert f'(\ell)\rvert>1.

Outil : l'inégalité des accroissements finis entre unu_n et \ell — qui exige que les deux soient dans l'intervalle où l'on a borné ff'.

L'erreur classique

⚠️ Oublier l'intervalle stable. La borne f14\lvert f'\rvert\leq\tfrac14 n'est vraie que sur [1,2][1,2] ; si un unu_n en sortait, l'IAF ne s'appliquerait plus. La stabilité (question 1) n'est pas une formalité, c'est ce qui autorise la question 2.

⚠️ Chercher une monotonie. La suite oscille (u0<u2<2<u3<u1u_0<u_2<\sqrt2<u_3<u_1) : « croissante et majorée » ne mène nulle part ici. La contraction est la méthode quand ff est décroissante.

⚠️ Lire le rang sur l'erreur réelle. u82\lvert u_8-\sqrt2\rvert est déjà inférieur à 10610^{-6} en réalité, mais on ne le sait qu'en connaissant 2\sqrt2 — ce qu'on cherche. La garantie utilisable est n=10n=10.

À retenir

fk<1\lvert f'\rvert\leq k<1 sur un intervalle stable \Rightarrow convergence géométrique vers le point fixe. C'est l'IAF appliquée à unu_n et \ell, et elle donne à la fois la limite et la vitesse.

Le rang de précision se lit sur la majoration (knu0<εk^n\lvert u_0-\ell\rvert<\varepsilon), pas sur les valeurs — parce qu'en pratique on ne connaît pas \ell. Une raison 14\tfrac14 vaut environ 0,60{,}6 décimale par itération ; Héron, quadratique, en double le nombre à chaque pas.

Réponse. f([1,2])=[43,32]f([1,2])=[\tfrac43,\tfrac32], =2\ell=\sqrt2 ; f=1(1+x)214\lvert f'\rvert=\tfrac1{(1+x)^2}\leq\tfrac14, donc un2214n\lvert u_n-\sqrt2\rvert\leq\tfrac{\sqrt2-1}{4^n} ; u1=32u_1=\tfrac32, u2=75u_2=\tfrac75, u3=1712u_3=\tfrac{17}{12}, u4=4129u_4=\tfrac{41}{29}, u5=9970u_5=\tfrac{99}{70} ; n=10n=10 (214103,95×107\tfrac{\sqrt2-1}{4^{10}}\approx3{,}95\times10^{-7}, et n=9n=9 donne 1,58×106\approx1{,}58\times10^{-6}). (Recoupement : u1021,07×108\lvert u_{10}-\sqrt2\rvert\approx1{,}07\times10^{-8} ✓)
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Limite de la dérivée et approximation affine

DémonstrationDifficulté 3/5

1. Énoncer et démontrer le théorème de la limite de la dérivée : si ff est continue sur [a,b][a,b], dérivable sur ]a,b]]a,b], et si f(x)f'(x)\to\ell quand xa+x\to a^+, alors ff est dérivable en aa et f(a)=f'(a)=\ell. 2. L'appliquer à f(x)=x2lnxf(x)=x^2\ln x prolongée par f(0)=0f(0)=0 : montrer que ff est de classe C1\mathcal C^1 sur [0,+[[0,+\infty[. Pourquoi ne s'applique-t-il pas à x2sin1xx^2\sin\tfrac1x ? 3. Donner une valeur approchée de 4,1\sqrt{4{,}1} par la tangente à x\sqrt{x} en 44, et majorer l'erreur commise à l'aide de l'inégalité des accroissements finis appliquée à ff'.

Indices (3)

Accroissements finis sur [a,x][a,x] : f(x)f(a)xa=f(cx)\dfrac{f(x)-f(a)}{x-a}=f'(c_x) avec a<cx<xa<c_x<x, puis faire tendre xx vers aa.

f(x)=2xlnx+xf'(x)=2x\ln x+x pour x>0x>0 : sa limite en 0+0^+ est une croissance comparée.

4,12+0,14\sqrt{4{,}1}\approx2+\tfrac{0{,}1}4 ; l'erreur f(a+h)f(a)hf(a)f(a+h)-f(a)-hf'(a) vaut h(f(c)f(a))h\bigl(f'(c)-f'(a)\bigr), et f(c)f(a)M2ca\lvert f'(c)-f'(a)\rvert\leq M_2\lvert c-a\rvert.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le théorème de la limite de la dérivée est le moyen commode d'établir qu'un prolongement est C1\mathcal C^1 : au lieu de calculer un taux d'accroissement en aa, on calcule ff' ailleurs et on regarde si elle a une limite en aa. Si oui, cette limite est f(a)f'(a), et ff' est continue en aa par construction.

Sa preuve est un usage direct des accroissements finis. Et son sens unique est la leçon de l'exercice E1 : x2sin1xx^2\sin\tfrac1x est dérivable en 00 sans que ff' ait de limite — le théorème donne une condition suffisante de dérivabilité, jamais nécessaire.

👉 La question 3 change de sujet en apparence — approcher 4,1\sqrt{4{,}1} — mais c'est le même outil : les accroissements finis, appliqués cette fois à ff', donnent une majoration de l'erreur de l'approximation par la tangente.

La preuve : un taux d'accroissement est une dérivée quelque part

Soit x]a,b]x\in]a,b]. Sur [a,x][a,x], ff est continue et dérivable sur ]a,x[]a,x[ : l'égalité des accroissements finis fournit cx]a,x[c_x\in]a,x[ tel que

f(x)f(a)xa=f(cx).\frac{f(x)-f(a)}{x-a}=f'(c_x).

Quand xa+x\to a^+, on a a<cx<xa<c_x<x donc cxa+c_x\to a^+ (gendarmes), et par hypothèse f(cx)f'(c_x)\to\ell. Donc le taux d'accroissement de ff en aa tend vers \ell : ff est dérivable en aa, f(a)=f'(a)=\ell. Et comme f(x)=f(a)f'(x)\to\ell=f'(a), ff' est continue en aa. \blacksquare

f continue en a, f en a+  f(a)= et f continue en a\boxed{f\text{ continue en }a,\ f'\to\ell\text{ en }a^+\ \Rightarrow\ f'(a)=\ell\text{ et }f'\text{ continue en }a}

⚠️ La continuité de ff en aa est indispensable : sans elle, x\lfloor x\rfloor sur [0,1][0,1] aurait f0f'\to0 en 11^- sans être dérivable en 11 (elle n'y est même pas continue).

x² ln x prolongée est C¹ ; x² sin(1/x) ne relève pas du théorème

f(x)=x2lnxf(x)=x^2\ln x, f(0)=0f(0)=0. Continuité en 00 : x2lnx=x(xlnx)00=0x^2\ln x=x\cdot(x\ln x)\to0\cdot0=0 ✓ (exercice A4). Sur ]0,+[]0,+\infty[, f(x)=2xlnx+xf'(x)=2x\ln x+x, et

f(x)=2(xlnx)+xx0+20+0=0.f'(x)=2\,(x\ln x)+x\xrightarrow[x\to0^+]{}2\cdot0+0=0.

Le théorème s'applique : ff est dérivable en 00, f(0)=0f'(0)=0, et ff' est continue en 00. Comme ff' est aussi continue sur ]0,+[]0,+\infty[, ff est de classe C1\mathcal C^1 sur [0,+[[0,+\infty[.

x2lnx prolongeˊe par 0 est C1, f(0)=0\boxed{x^2\ln x\text{ prolongée par }0\text{ est }\mathcal C^1,\ f'(0)=0}

(Contrôle direct : le taux x2lnxx=xlnx0\dfrac{x^2\ln x}{x}=x\ln x\to0 — cohérent.)

g(x)=x2sin1xg(x)=x^2\sin\tfrac1x, g(0)=0g(0)=0. g(x)=2xsin1xcos1xg'(x)=2x\sin\tfrac1x-\cos\tfrac1x n'a pas de limite en 00 (exercice E1). L'hypothèse du théorème n'est pas satisfaite : il ne dit rien. Et pourtant gg est dérivable en 00 (g(0)=0g'(0)=0 par le taux). Le théorème n'a pas été mis en défaut — il n'a pas été appliqué. C'est la différence entre « le théorème ne s'applique pas » et « la conclusion est fausse » : ici la conclusion « dérivable » est vraie, la conclusion « C1\mathcal C^1 » est fausse, et le théorème ne se prononce sur aucune des deux.

√4,1 par la tangente, avec une erreur garantie

f(x)=xf(x)=\sqrt x, a=4a=4, h=0,1h=0{,}1. Tangente en 44 : f(4)=2f(4)=2, f(4)=124=14f'(4)=\dfrac1{2\sqrt4}=\dfrac14, donc

4,1f(4)+hf(4)=2+0,14=2,025.\sqrt{4{,}1}\approx f(4)+h\,f'(4)=2+\frac{0{,}1}4=2{,}025.

Majorer l'erreur. Par les accroissements finis sur [4,4,1][4,4{,}1] : f(4,1)f(4)=hf(c)f(4{,}1)-f(4)=h\,f'(c) pour un c]4,4,1[c\in]4,4{,}1[. Donc l'erreur vaut

f(4,1)(f(4)+hf(4))=h(f(c)f(4)).f(4{,}1)-\bigl(f(4)+hf'(4)\bigr)=h\bigl(f'(c)-f'(4)\bigr).

On applique une seconde fois les accroissements finis, à ff' cette fois, sur [4,c][4,c] : f(c)f(4)M2c4M2h\lvert f'(c)-f'(4)\rvert\leq M_2\lvert c-4\rvert\leq M_2hM2M_2 majore f\lvert f''\rvert sur [4,4,1][4,4{,}1]. Or f(x)=14x3/2f''(x)=-\dfrac1{4x^{3/2}}, décroissante en valeur absolue, donc ff(4)=148=132\lvert f''\rvert\leq\lvert f''(4)\rvert=\dfrac1{4\cdot8}=\dfrac1{32}. D'où

erreurM2h2=132×0,01=3,125×104.\lvert\text{erreur}\rvert\leq M_2h^2=\frac1{32}\times0{,}01=3{,}125\times10^{-4}.
4,12,025,erreur3,1×104\boxed{\sqrt{4{,}1}\approx2{,}025,\quad\text{erreur}\leq3{,}1\times10^{-4}}

Contrôle : 4,12,02485\sqrt{4{,}1}\approx2{,}02485, erreur réelle 1,5×104\approx1{,}5\times10^{-4} — sous la garantie, et par excès : la tangente est au-dessus de la courbe, \sqrt{\cdot} étant concave (lot C). Le facteur 22 entre garantie et réalité est le prix de la double IAF ; Taylor-Lagrange (approfondissement) donnera la borne M22h2\tfrac{M_2}2h^2, deux fois plus fine.

Rappel de cours

Théorème de la limite de la dérivée. ff continue sur [a,b][a,b], dérivable sur ]a,b]]a,b], f(x)f'(x)\to\ell en a+a^+ \Rightarrow ff dérivable en aa, f(a)=f'(a)=\ell, ff' continue en aa. Idem à gauche, et en un point intérieur des deux côtés. Sens unique.

Usage : prouver qu'un prolongement par continuité est C1\mathcal C^1 ; prouver qu'une fonction définie par morceaux est dérivable au recollement.

Approximation affine. f(a+h)f(a)+hf(a)f(a+h)\approx f(a)+hf'(a), avec erreurM2h2\lvert\text{erreur}\rvert\leq M_2h^2 si fM2\lvert f''\rvert\leq M_2 (deux IAF). Le chapitre des DL écrit f(a+h)=f(a)+hf(a)+o(h)f(a+h)=f(a)+hf'(a)+o(h) ; Taylor-Lagrange précise en M22h2\tfrac{M_2}2h^2.

L'erreur classique

⚠️ Utiliser le théorème dans le mauvais sens : « ff' n'a pas de limite en 00, donc ff n'est pas dérivable en 00 ». Faux, c'est x2sin1xx^2\sin\tfrac1x. Le théorème conclut de « ff' a une limite » à « ff est dérivable », jamais l'inverse.

⚠️ Calculer f(0)f'(0) en dérivant la formule : f(x)=x2lnxf(x)=x^2\ln x n'a pas de sens en 00, donc 2xlnx+x2x\ln x+x non plus. Ce qui a un sens, c'est la limite de ff' ou le taux d'accroissement.

⚠️ Prendre M2=f(4,1)M_2=\lvert f''(4{,}1)\rvert parce que « c'est le point d'arrivée ». Il faut le maximum de f\lvert f''\rvert sur tout l'intervalle [4,4,1][4,4{,}1] ; pour \sqrt{\cdot} il est en 44, où f\lvert f''\rvert est la plus grande.

À retenir

Pour prouver C1\mathcal C^1 en un point de prolongement : calculer ff' ailleurs et sa limite. C'est le théorème de la limite de la dérivée, une application des accroissements finis — condition suffisante, pas nécessaire.

Approximation par la tangente : erreur M2h2\leq M_2h^2. Deux applications successives des accroissements finis (à ff, puis à ff') suffisent ; Taylor-Lagrange divisera la borne par 22. L'important est d'avoir une garantie, pas seulement une valeur.

Réponse. Preuve : EAF sur [a,x][a,x] puis cxac_x\to a. x2lnxx^2\ln x prolongée : f=2xlnx+x0f'=2x\ln x+x\to0, donc C1\mathcal C^1 avec f(0)=0f'(0)=0 ; pour x2sin1xx^2\sin\tfrac1x, ff' n'a pas de limite, le théorème ne s'applique pas (et ff est pourtant dérivable). 4,12+0,14=2,025\sqrt{4{,}1}\approx2+\tfrac{0{,}1}4=2{,}025, erreur 132×0,01=3,125×104\leq\tfrac1{32}\times0{,}01=3{,}125\times10^{-4}. (Recoupement : 4,12,02485\sqrt{4{,}1}\approx2{,}02485, erreur réelle 1,5×104\approx1{,}5\times10^{-4} ✓)
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S'entraîner davantage sur fonctions d'une variable réelle

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