Prouver une limite avec epsilon et delta
1. Démontrer avec la définition que
Indices (3)
Calculer
Factoriser
Un
Correction détaillée
La définition d'une limite est un contrat, exactement comme pour les suites : on te donne une marge
La différence avec les suites : au lieu d'un rang
👉 Dans les deux questions, la stratégie est la même : exprimer
Donc
C'est toute la preuve :
ℹ️ Pour une fonction affine
Le facteur
Sous cette contrainte,
Preuve. Soit
Pour
et il reste même de la marge — normal, on a majoré
Pourquoi
Définition.
signifie : pour tout , il existe tel que pour tout du domaine, . Le
dépend de et de : pour , le trouvé en ne conviendrait pas en , où la pente vaut . Cette dépendance au point est exactement ce que la continuité uniforme (approfondissement) supprime. Continuité.
est continue en si . Les deux limites de cet exercice disent donc que est continue en et continue en .
⚠️ Diviser
⚠️ Oublier le minimum. Poser
Une preuve en
Le
Caractérisation séquentielle : réfuter une limite
Soit
Indices (3)
Chercher
Se prolonger par continuité demande une limite finie en
Correction détaillée
La caractérisation séquentielle transforme une question sur les fonctions en une question sur les suites — et c'est dans le sens « réfuter » qu'elle est la plus puissante. Si
Pour
👉 Le contraste avec
On pose, pour
Les deux tendent vers
Donc
Contrôle :
ℹ️ Géométriquement : quand
Pour
Et
Sur les mêmes suites qu'en 1 :
Se prolonger par continuité en
admet la limite : on pose , et est continue sur (continue sur comme produit et composée de fonctions continues, et en par construction). n'a pas de limite en : aucune valeur ne la rendrait continue. Poser , ou , ou n'importe quoi, laisse une discontinuité.
ℹ️ Ce prolongement
Caractérisation séquentielle.
si et seulement si, pour toute suite du domaine, , , on a . Sens « réfuter ». Deux suites
, avec (ou l'une sans limite) prouvent que n'a pas de limite en . Sens « prouver ». Il faut toutes les suites — en pratique on ne l'utilise pas ainsi ; on prouve une limite par encadrement, opérations ou composition.
Gendarmes. Si
avec , alors .
⚠️ Conclure d'une seule suite. «
⚠️ Confondre « bornée » et « convergente ».
⚠️ Écrire
Pour réfuter une limite, deux suites suffisent ; pour la prouver, il faut un encadrement ou les opérations sur les limites. Les suites qui réfutent se choisissent pour que la fonction y soit constante — multiples de
Borné fois infiniment petit tend vers
Limites à gauche et à droite
Étudier l'existence d'une limite en le point indiqué, en calculant les limites à gauche et à droite : 1.
Indices (3)
Pour
Factoriser le numérateur de
Correction détaillée
Une limite en
| fonction | à gauche | à droite | limite en |
|---|---|---|---|
| non (saut) | |||
| non (saut) | |||
| oui, |
|||
| non (infini) |
👉 Le cas 3 est le plus instructif : la fonction n'est pas définie en
Pour
Deux limites différentes :
ℹ️ Aucun prolongement ne la rend continue : poser
Pas de limite en
ℹ️ Remarque utile :
Pour
La fonction
La courbe de
Contrôle :
Il n'y a pas de limite en
Bilan des quatre cas : une limite manque pour trois raisons différentes — un saut (1 et 2), une explosion (4) — et existe malgré un trou (3). Seul le trou se répare.
Limites unilatérales.
signifie : pour tout , il existe tel que ; symétriquement à droite. Théorème.
admet une limite en si et seulement si admet une limite à gauche et une limite à droite en , égales. (Si est définie en , la limite ne fait pas intervenir .) Continuité à gauche / à droite :
, resp. à droite. Continue en = continue des deux côtés. Types de discontinuité : saut (limites unilatérales finies distinctes), infinie, ou essentielle (pas de limite unilatérale, comme
).
⚠️ Croire qu'une fonction non définie en
⚠️ Simplifier sans dire pourquoi c'est permis. Écrire
⚠️ Écrire
Toujours deux calculs en un point litigieux : à gauche, à droite. Valeur absolue, partie entière, fonctions définies par morceaux, dénominateurs qui s'annulent : ce sont les quatre signaux qui imposent de séparer les côtés.
Trou, saut, explosion. Un trou (forme
Prolonger par continuité
Pour chacune des fonctions suivantes, définie sur
Indices (3)
Quantité conjuguée pour la racine ; et pour
Correction détaillée
Prolonger par continuité, c'est boucher un trou : la fonction n'est pas définie en
Trois des cinq fonctions sont des taux d'accroissement déguisés —
👉 Reconnaître un taux d'accroissement est le réflexe qui économise tous les calculs :
1.
3.
4. Deux méthodes. Par le taux :
Prolongement par
ℹ️ Ces trois limites sont aussi les premiers termes des développements limités
En
par croissances comparées (
Contrôle :
Bilan : quatre trous qui se bouchent (
Prolongement par continuité. Si
est définie sur un voisinage de privé de et si , la fonction égale à hors de et à en est continue en ; c'est l'unique prolongement continu. Limites de référence en
: , , , , ( ), . Taux d'accroissement.
: la plupart des limites « » usuelles sont des nombres dérivés.
⚠️ Écrire
⚠️ Prolonger par la valeur qu'on veut. «
⚠️
Prolonger = limite finie, et rien d'autre. Une limite infinie ou absente interdit le prolongement, quelle que soit la valeur qu'on poserait.
Les taux d'accroissement sont des nombres dérivés.
Recoller deux morceaux, et les opérations qui conservent la continuité
1. Déterminer le réel
Indices (3)
Continuité en
Simplifier
Pour
Correction détaillée
Une fonction définie par morceaux est continue partout où chaque formule l'est, et il ne reste à vérifier que les points de recollement. En un tel point
La question 3 est d'une autre nature : elle établit que la continuité survit à trois opérations qu'on n'a pas dans la liste « somme, produit, quotient, composée » — valeur absolue, max, min. L'astuce est de les exprimer avec ces opérations-là.
Sur
- Limite à gauche (formule
) : . - Valeur :
(c'est la formule qui s'applique en ). - Limite à droite (formule
) : .
Continuité en
Contrôle : avec
ℹ️
Pour
C'est l'exercice A3 (cas du trou) et l'exercice A4 (prolongement) réunis : la seule valeur de
La formule du max. Soit
- Si
: et ✓. - Si
: et ✓.
Donc
Conclusion.
Contrôle sur un exemple :
Recollement. Une fonction définie par morceaux est continue en un point de jonction
si et seulement si . Opérations. Si
sont continues en : , , , (si ) sont continues en ; si est continue en et continue en , alors est continue en . Et donc :
, , , , sont continues. Toute fonction obtenue à partir des fonctions de référence par ces opérations est continue sur son domaine.
⚠️ Vérifier seulement les deux limites. «
⚠️ Croire que
⚠️ Écrire
Aux points de recollement : trois quantités, une égalité. Limite à gauche, valeur, limite à droite. Le paramètre se règle en résolvant cette équation.
Max et min ne sont pas de nouvelles opérations :
Parité, périodicité et limites à l'infini
1. Déterminer la parité de
Indices (3)
Parité : calculer
Deux suites qui tendent vers
Correction détaillée
Parité et périodicité sont des symétries de la courbe : une fonction paire se lit sur
Et la périodicité a une conséquence sur les limites à l'infini qu'il faut voir une fois pour toutes : une fonction périodique non constante n'a pas de limite en
(Numérateur impair, dénominateur pair : le quotient est impair.)
Posons
Si
Même preuve pour
ℹ️ On écrit pourtant «
⚠️ Ne pas confondre avec
Contrôle : en
Sa courbe est une « dent de scie » : sur chaque
Pas de limite en
Parité. Sur un domaine symétrique,
est paire si (courbe symétrique par rapport à ), impaire si (symétrique par rapport à ). Produit de deux impaires : paire ; paire fois impaire : impaire. Périodicité.
est -périodique si pour tout du domaine. , : ; : ; : . Conséquence. Une fonction périodique non constante n'a de limite ni en
ni en . Limite à l'infini d'une fraction rationnelle : celle du quotient des termes dominants.
⚠️ «
⚠️ Conclure « paire » d'un calcul en un point.
⚠️ Confondre les deux limites de
Parité et périodicité se prouvent par une identité, pas par un dessin — et elles réduisent l'étude d'une fonction à un demi-axe ou à une période.
Périodique non constante
Le théorème des valeurs intermédiaires, démontré par dichotomie
Soit
Indices (3)
Milieu
Chaque étape divise la largeur par
Les bornes
Correction détaillée
Le TVI n'est pas seulement un théorème d'existence : sa preuve est un algorithme. La dichotomie coupe l'intervalle en deux, regarde le signe au milieu, garde la moitié où le signe change, et recommence. À chaque étape, la largeur est divisée par
Sur
| étape | intervalle | milieu |
signe de |
on garde | |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | |||||
| 2 | |||||
| 3 |
Après trois étapes,
La largeur initiale vaut
Vérification :
Pour une précision
ℹ️ Vingt étapes pour six décimales, c'est une convergence géométrique de raison
Soit
- si
, on pose , ; - sinon (
), on pose , .
Invariant : à chaque étape,
Convergence.
Le zéro. Par continuité de
Le cas général «
TVI. Si
est continue sur et est compris entre et , il existe tel que . Forme « signe ».
continue sur avec s'annule sur . Ce qu'il donne et ce qu'il ne donne pas : l'existence d'un
, pas son unicité (ajouter la stricte monotonie pour l'avoir), pas sa valeur (la dichotomie l'approche). Où sert la continuité : au passage à la limite
. Sans elle, la fonction sur , sur change de signe sans s'annuler.
⚠️ Oublier la continuité. La partie entière
⚠️ Passer une inégalité stricte à la limite en la gardant stricte.
⚠️ Croire que
La dichotomie EST la preuve du TVI, et c'est aussi une méthode numérique :
Les trois ingrédients de la preuve : un invariant de signe, deux suites adjacentes, et la continuité pour passer à la limite. Le théorème des bornes atteintes (exercice B3) reprend exactement cette structure, avec Bolzano-Weierstrass à la place des suites adjacentes.
Trois applications du TVI
1. Montrer que
Indices (3)
Calculer
Un polynôme de degré impair a des limites de signes opposés en
Pour l'unicité de
Correction détaillée
Le TVI se met en œuvre en trois temps : (1) exhiber une fonction continue ; (2) trouver deux points où elle prend des signes opposés ; (3) conclure qu'elle s'annule entre eux. Les quatre questions sont quatre habillages de ce schéma :
| question | fonction continue | signes opposés | conclusion |
|---|---|---|---|
| 1 | trois racines | ||
| 2 | limites |
une racine | |
| 3 | une solution | ||
| 4 | un point fixe |
👉 La question 3 ajoute l'unicité, qui n'est jamais fournie par le TVI : il faut la stricte monotonie, c'est-à-dire un argument de dérivée.
Trois changements de signe :
Contrôle numérique : les racines valent environ
Soit
Donc il existe
ℹ️ En degré pair c'est faux :
Posons
Unicité.
Contrôle : elle vaut environ
Soit
donc , soit ; donc , soit .
Si
C'est le cas de
⚠️ Aucune unicité :
TVI, forme pratique. Continuité + changement de signe
un zéro. Pour un point fixe, une intersection de courbes, une équation : appliquer à la différence. Unicité : stricte monotonie (signe strict de la dérivée, ou dérivée nulle seulement en des points isolés).
Localisation : chaque changement de signe entre deux points donne une racine entre eux ; des intervalles disjoints donnent des racines distinctes.
Bornes du nombre de racines : un polynôme de degré
en a au plus ; entre deux racines de il y a une racine de (théorème de Rolle, lot E).
⚠️ «
⚠️ Appliquer le TVI à
⚠️ Conclure à l'unicité sans monotonie.
Le TVI s'applique à la bonne fonction :
Existence par le TVI, unicité par la monotonie, valeur par la dichotomie : trois outils, trois questions. Les confondre est l'erreur la plus fréquente sur ce chapitre.
Bornes atteintes : le théorème et ses trois hypothèses
1. Déterminer le maximum et le minimum de
Indices (3)
Sur un segment, le max est atteint soit en un point critique intérieur (
Segment = fermé ET borné ; regarder laquelle des deux propriétés manque à chaque intervalle.
Supposer
Correction détaillée
Le théorème des bornes atteintes dit qu'une fonction continue sur un segment a un plus grand et un plus petit point — pas seulement une borne supérieure, mais un maximum, atteint quelque part. C'est ce qui autorise à écrire « soit
Ses trois hypothèses — continue, sur un intervalle fermé et borné — se testent chacune par un contre-exemple, et c'est la question 2. La question 3 démontre le théorème à partir de Bolzano-Weierstrass, admis au chapitre sur les suites : « toute suite bornée a une sous-suite convergente ».
Deux points pour chaque borne : le théorème dit « atteint », pas « atteint une seule fois ». Et le tableau de variations confirme — croissante sur
| fonction | intervalle | bornée ? | bornes atteintes ? | ce qui manque |
|---|---|---|---|---|
| oui, |
non : |
intervalle non fermé | ||
| non : |
— | non fermé (en |
||
| oui, |
non : limite |
intervalle non borné |
Dans les trois cas la fonction est continue : c'est la forme de l'intervalle qui casse le théorème. Sur
Et pour l'hypothèse de continuité :
Soit
Étape 1 —
Étape 2 — le sup est atteint. Soit
Où chaque hypothèse a servi : borné pour appliquer Bolzano-Weierstrass, fermé pour que la limite reste dans le domaine, continue pour faire passer
Théorème des bornes atteintes. Toute fonction continue sur un segment
est bornée et atteint ses bornes : il existe tels que pour tout . Corollaire (avec le TVI). L'image d'un segment par une fonction continue est un segment :
. Bolzano-Weierstrass (admis). Toute suite bornée de réels admet une sous-suite convergente.
Pratique. Sur un segment, le max et le min se cherchent parmi : les points intérieurs où
(ou où n'est pas dérivable), et les deux bornes.
⚠️ Confondre borne supérieure et maximum.
⚠️ Chercher le max seulement où
⚠️ Croire qu'une fonction bornée atteint ses bornes.
Continue sur un segment
La preuve suit celle du TVI : une suite bien choisie, une extraction (Bolzano-Weierstrass ici, suites adjacentes là), et la continuité pour conclure à la limite. Deux théorèmes, une seule méthode.
Théorème de la bijection et dérivée de la réciproque
Soit
Indices (3)
Que vaut
Correction détaillée
Le théorème de la bijection est le TVI plus la stricte monotonie : le TVI donne que toute valeur intermédiaire est atteinte (surjectivité sur l'image), la stricte monotonie qu'elle l'est une seule fois (injectivité). Et il vient avec deux bonus : la réciproque est continue, et dérivable là où
Cette formule se lit sur la figure : les courbes de
👉 La question 3 est le contre-exemple à garder sous la main : sans intervalle au départ, la réciproque d'une bijection continue peut sauter.
Par le théorème de la bijection,
Concrètement : pour tout réel
Valeurs.
Dérivées.
Lecture. Près de
ℹ️ Pour vérifier autrement : la tangente à
- Continue : sur
c'est , sur c'est ; chaque morceau est continu, et il n'y a pas de point de recollement puisque les deux morceaux sont séparés par . - Strictement croissante : sur chaque morceau oui ; et si
, alors . - Image :
et , donc , un intervalle. est bijective de sur . - La réciproque :
si , si . En : limite à gauche , valeur . Saut de hauteur : n'est pas continue.
Ce qui manque : le théorème suppose
Le taux d'accroissement tend vers
La réciproque hérite de la monotonie et de la continuité ; elle n'hérite de la dérivabilité que là où
Théorème de la bijection.
continue et strictement monotone sur un intervalle est une bijection de sur l'intervalle , dont les bornes sont les limites de aux bornes de ; est continue et strictement monotone, de même sens. Dérivée de la réciproque. Si de plus
est dérivable en avec , alors est dérivable en et . Si : tangente verticale, pas de dérivée. Symétrie. Les courbes de
et sont symétriques par rapport à la droite .
⚠️ Écrire
⚠️ Croire que « bijective et continue » suffit pour une réciproque continue. L'exemple de
⚠️ Confondre
Continue + strictement monotone sur un intervalle
Arctangente : construction, dérivée et une identité
1. Montrer que
Indices (3)
Dériver
Correction détaillée
👉 La question 4 est la méthode reine pour prouver une identité entre fonctions : montrer que la différence a une dérivée nulle sur un intervalle, donc qu'elle est constante, et évaluer la constante en un point commode. C'est une conséquence des accroissements finis (lot E) — et elle sert des dizaines de fois.
Sur
Limites aux bornes : quand
Par le théorème de la bijection,
⚠️
Monotonie, continuité : héritées de
Imparité : pour
Valeurs :
Limite :
Les droites
C'est une dérivée rationnelle pour une fonction qui ne l'est pas — d'où l'importance d'
Soit
Une fonction de dérivée nulle sur un intervalle est constante (conséquence des accroissements finis). Or
Contrôle :
Application.
La valeur exacte est
: bijection réciproque de . Impaire, continue, strictement croissante, , limites en . Valeurs :
, , , . Identité :
selon le signe de . Méthode « dérivée nulle » : pour prouver
sur un intervalle, montrer et en un point.
⚠️
⚠️
⚠️ Étendre l'identité de la question 4 à
Dérivée nulle sur un intervalle
Arcsinus et arccosinus : domaines, dérivées, pièges
1. Définir
Indices (3)
Dérivée de la réciproque :
Correction détaillée
Même recette que pour
Deux conséquences que
Sur
Sur
⚠️
et : . et : . et : (et on vérifie ✓). : , donc la réponse n'est pas . Or , et : .
Un exemple plus loin de l'intervalle :
Sur
Or
(même calcul pour
En
Preuve directe, sans dérivée :
, impaire, croissante, sur , tangentes verticales en .
, décroissante, , . Identités :
; ; toujours, seulement pour .
⚠️
⚠️ Écrire
⚠️ Oublier le signe de la racine.
Une fonction réciproque est définie par une restriction, et cette restriction décide de tout : image, parité, et surtout la validité de
Là où la fonction de départ a une tangente horizontale, la réciproque en a une verticale :
Dérivable ou pas : quatre points litigieux
Étudier la continuité et la dérivabilité en
Indices (3)
Calculer le taux d'accroissement
Pour
Correction détaillée
La dérivabilité en un point se lit sur le taux d'accroissement, et en un point litigieux il faut regarder les deux côtés. Les quatre fonctions de l'énoncé forment une échelle :
| fonction | continue en |
dérivable en |
|
|---|---|---|---|
| oui | non (taux |
— | |
| oui | non (taux |
— | |
| oui | oui, |
oui | |
| oui | oui, |
non |
Deux façons d'échouer (un point anguleux, une tangente verticale) et deux façons de réussir — dont une, la dernière, où la fonction est dérivable partout sans que sa dérivée soit continue. C'est ce dernier exemple qui montre que « dérivable » et « de classe
Limite à droite
C'est le contre-exemple à « continue
La limite existe mais est infinie : pas de dérivabilité. Géométriquement, la courbe de
Hors de
Donc
Le « V » de
Continuité :
Donc
La dérivée hors de
La dérivée existe en
Dérivabilité en
: le taux a une limite finie quand . Dérivable continue ; réciproque fausse. Dérivées à gauche / à droite : limites unilatérales du taux.
est dérivable en ssi les deux existent, sont finies et égales. Distinctes : point anguleux. Infinie : tangente verticale. Classe
: dérivable et continue. Strictement plus fort que dérivable ( ). Bornée fois infiniment petit :
, … — l'outil qui règle tous les « ».
⚠️ Dériver
⚠️ Conclure «
⚠️ Confondre « taux infini » et « pas de limite ». Pour
En un point litigieux, le taux d'accroissement des deux côtés est le seul juge. Valeur absolue, racine, morceaux, oscillation : ce sont les signaux qui l'imposent.
Continue
Fermat et Rolle : démonstrations et contre-exemples
1. Démontrer le théorème de Fermat : si
Indices (3)
Pour Fermat : le taux d'accroissement est
Pour Rolle : bornes atteintes (B3), puis Fermat au point où l'extremum est atteint — sauf si les deux extremums sont aux bornes.
Pour 3,
Correction détaillée
Rolle est le premier théorème qui relie la fonction à sa dérivée dans le sens « fonction
Sa preuve est courte parce qu'elle s'appuie sur deux résultats déjà établis : le théorème des bornes atteintes (il y a un max et un min) et le théorème de Fermat (en un extremum intérieur, la dérivée est nulle). Fermat lui-même tient en trois lignes sur le signe du taux d'accroissement.
👉 Et les hypothèses sont trois, aucune n'est de trop : continue sur
Soit
(numérateur
La réciproque est fausse :
« Intérieur » compte :
Soit
- Cas 1 :
. Alors est constante, et pour tout . - Cas 2 :
. Comme , les deux valeurs et ne peuvent pas être toutes deux prises aux bornes (elles y prendraient la même valeur). Donc l'une d'elles est atteinte en un point — intérieur. est dérivable en , et Fermat donne .
Chaque hypothèse a servi : la continuité sur
ℹ️ Géométriquement : une courbe qui part et revient à la même hauteur a quelque part une tangente horizontale. Une conséquence immédiate : entre deux racines consécutives de
Les deux sont dans
Contrôle :
Sans dérivabilité sur
Sans continuité sur
Et la troisième hypothèse :
Fermat.
dérivable en intérieur, extremum local en . Réciproque fausse ( ). Rolle.
continue sur , dérivable sur , il existe avec . Corollaire. Entre deux zéros de
il y a un zéro de . Si ne s'annule pas sur un intervalle, y a au plus un zéro (utile pour l'unicité d'une solution). Points candidats à l'extremum sur un segment : points critiques intérieurs, points de non-dérivabilité, bornes.
⚠️ «
⚠️ Appliquer Rolle sans vérifier
⚠️ Croire que Rolle donne un seul
Fermat en trois lignes : le taux est
Trois hypothèses, trois contre-exemples :
Les accroissements finis : démonstration et points c
1. Démontrer l'égalité des accroissements finis : si
Indices (3)
Poser
Pour
Pour
Correction détaillée
L'égalité des accroissements finis dit que la corde a la pente d'une tangente : entre
Le théorème sert de deux façons. Sous forme d'égalité, il donne parfois le point
Soit
Rolle s'applique : il existe
Géométriquement,
Contrôle pour
Si
Ce qui change de régime : on n'a plus besoin de connaître
Trois lectures immédiates :
(car ) — est -lipschitzienne ; - si
sur un intervalle, alors pour tous : est constante (c'est ce qui a servi pour en B5) ; - si
, alors pour : est croissante. La règle « signe de sens de variation » est un corollaire des accroissements finis, pas un axiome.
Égalité des accroissements finis (EAF).
continue sur , dérivable sur , . Inégalité (IAF). Si
sur : . Plus généralement, donne . Conséquences (sur un intervalle) :
constante ; croissante ; strictement croissante ; -lipschitzienne. Rolle est le cas
de l'EAF, et l'EAF se déduit de Rolle en retranchant la corde.
⚠️ Écrire
⚠️ Utiliser une borne de
⚠️ Croire que
EAF : la corde a la pente d'une tangente. Preuve : retrancher la corde, appliquer Rolle. Le
IAF : une borne sur
Inégalités classiques par le signe d'une dérivée
Démontrer les inégalités suivantes, en précisant à chaque fois l'outil utilisé : 1.
Indices (3)
Étudier le signe de
Pour
Pour 4 : inégalité des accroissements finis avec
Correction détaillée
Une inégalité entre fonctions se prouve en étudiant le signe de leur différence, et le signe se lit sur la dérivée. La méthode est toujours la même : poser
Pourquoi ça marche : «
👉 La question 4 emploie directement l'inégalité des accroissements finis — c'est la même idée, avec une borne sur la dérivée au lieu d'un signe.
Soit
Contrôle :
ℹ️ Par imparité,
Logarithme. Sur
Exponentielle. Soit
Contrôle :
ℹ️ Les deux inégalités sont la même, lue dans les deux sens : poser
On dit que
Contrôle :
Méthode « signe de la différence ». Pour prouver
sur : poser , étudier , en déduire les variations de , conclure — typiquement via un minimum où . Ce qui justifie la méthode : sur un intervalle,
croissante (accroissements finis). Inégalités à connaître :
( ), , , , , , ( ). Égalité : uniquement en
(ou en pour ), là où atteint son minimum.
⚠️ Déduire le signe de
⚠️ Oublier le domaine.
⚠️ Croire que
Inégalité
Une borne sur la dérivée est une borne sur les accroissements :
Suite contractante et vitesse géométrique
Soit
Indices (3)
Inégalité des accroissements finis entre
Correction détaillée
L'inégalité des accroissements finis transforme une suite récurrente en suite géométrique — pour l'erreur. Si
C'est une preuve de convergence qui ne demande ni monotonie ni encadrement de la suite, seulement une borne sur la dérivée. Et elle vient avec une vitesse :
Point fixe.
Si
Pour tout
Par récurrence immédiate,
La suite converge, et on sait à quelle vitesse : géométrique de raison
Ce sont les réduites de la fraction continue
Rang pour
| verdict | ||
|---|---|---|
| insuffisant | ||
| ✓ |
L'erreur réelle en
Suite contractante. Si
est un intervalle stable par ( ), si est un point fixe, et si sur , alors pour tout la suite converge vers , avec . Point fixe attractif :
— la convergence est alors géométrique de raison pour un assez proche. Répulsif : . Outil : l'inégalité des accroissements finis entre
et — qui exige que les deux soient dans l'intervalle où l'on a borné .
⚠️ Oublier l'intervalle stable. La borne
⚠️ Chercher une monotonie. La suite oscille (
⚠️ Lire le rang sur l'erreur réelle.
Le rang de précision se lit sur la majoration (
Limite de la dérivée et approximation affine
1. Énoncer et démontrer le théorème de la limite de la dérivée : si
Indices (3)
Accroissements finis sur
Correction détaillée
Le théorème de la limite de la dérivée est le moyen commode d'établir qu'un prolongement est
Sa preuve est un usage direct des accroissements finis. Et son sens unique est la leçon de l'exercice E1 :
👉 La question 3 change de sujet en apparence — approcher
Soit
Quand
⚠️ La continuité de
Le théorème s'applique :
(Contrôle direct : le taux
Majorer l'erreur. Par les accroissements finis sur
On applique une seconde fois les accroissements finis, à
Contrôle :
Théorème de la limite de la dérivée.
continue sur , dérivable sur , en dérivable en , , continue en . Idem à gauche, et en un point intérieur des deux côtés. Sens unique. Usage : prouver qu'un prolongement par continuité est
; prouver qu'une fonction définie par morceaux est dérivable au recollement. Approximation affine.
, avec si (deux IAF). Le chapitre des DL écrit ; Taylor-Lagrange précise en .
⚠️ Utiliser le théorème dans le mauvais sens : «
⚠️ Calculer
⚠️ Prendre
Pour prouver
Approximation par la tangente : erreur