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Exercices corrigés — Transformation de Laplace

Analyse · 24 exercices-types du palier socle

BUTBTSL2L3Maths ingénieur

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Transformation de Laplace Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Transformée de l'échelon par la définition

DémonstrationDifficulté 3/5

En revenant à la définition F(p)=∫0+∞f(t)e−pt dtF(p)=\displaystyle\int_0^{+\infty}f(t)e^{-pt}\,dt, calculer la transformée de Laplace de l'échelon unité u(t)u(t) (pour p>0p>0).

Indices (3)

Sur [0;+∞[[0;+\infty[, u(t)=1u(t)=1 : F(p)=∫0+∞e−pt dtF(p)=\displaystyle\int_0^{+\infty}e^{-pt}\,dt.

Une primitive de e−pte^{-pt} est −1pe−pt-\dfrac1p e^{-pt}.

Quand t→+∞t\to+\infty, e−pt→0e^{-pt}\to0 (car p>0p>0).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'énoncé impose la définition : on ne peut pas répondre « 1p\frac1p, c'est dans la table ». C'est justement cette ligne de table qu'on établit.

Sur [0;+∞[[0;+\infty[ l'échelon vaut 11, donc l'intégrale à calculer est celle de e−pte^{-pt} — la plus simple du chapitre, et c'est elle qui fonde toutes les autres.

À quoi sert une transformée de Laplace

Avant de calculer, il faut savoir pourquoi on fait ça — sinon le chapitre reste une collection de formules.

Une équation différentielle est difficile parce qu'elle mêle une fonction et ses dérivées. La transformée de Laplace fait une chose remarquable : elle transforme la dérivation en multiplication.

L{f′}=p F(p)−f(0)\mathcal{L}\{f'\}=p\,F(p)-f(0)

👉 Conséquence : une équation différentielle en tt devient une équation algébrique en pp — donc un simple calcul de fractions. On résout, puis on revient en arrière.

eˊqua. diff. en t⏟difficile → L  eˊquation en p⏟facile ⟶ solution en p → L−1  solution en t\underbrace{\text{équa. diff. en }t}_{\text{difficile}}\ \xrightarrow{\ \mathcal{L}\ }\ \underbrace{\text{équation en }p}_{\text{facile}}\ \longrightarrow\ \text{solution en }p\ \xrightarrow{\ \mathcal{L}^{-1}\ }\ \text{solution en }t

C'est le même principe que le logarithme, qui transforme les produits en sommes : on change de monde pour que le problème y devienne facile, puis on revient.

⚠️ D'où l'importance de la table : tout le chapitre consiste à savoir passer d'un monde à l'autre dans les deux sens, et la table est le dictionnaire.

Rappel de cours

Définition de la transformée de Laplace

F(p)=∫0+∞f(t) e−pt dtF(p)=\int_0^{+\infty}f(t)\,e^{-pt}\,\mathrm{d}t
L'intégrale est impropre : on l'évalue comme une limite en +∞+\infty. La condition p>0p>0 n'est pas décorative — c'est elle qui fait converger l'intégrale.

Signal causal On ne travaille que sur t≥0t\geq0 : c'est la convention du chapitre, et c'est pourquoi l'intégrale part de 00. L'échelon u(t)u(t) vaut 00 avant et 11 après.

Poser l'intégrale

u(t)=1u(t)=1 sur [0;+∞[[0;+\infty[, donc l'intégrande se réduit à e−pte^{-pt} :

F(p)=∫0+∞e−pt dtF(p)=\int_0^{+\infty}e^{-pt}\,\mathrm{d}t

Une primitive de e−pte^{-pt} par rapport à tt est −1pe−pt-\dfrac1p e^{-pt} — le −1p-\frac1p vient de la dérivée de l'exposant.

F(p)=[−1pe−pt]0+∞F(p)=\left[-\frac1p e^{-pt}\right]_0^{+\infty}
Évaluer la limite

En +∞+\infty : e−pt→0e^{-pt}\to0 parce que p>0p>0 (l'exposant −pt-pt tend vers −∞-\infty). Le terme de bord supérieur est donc nul.

En t=0t=0 : −1pe0=−1p×1=−1p-\frac1p e^{0}=-\frac1p\times1=-\frac1p.

F(p)=0−(−1p)=1pF(p)=0-\left(-\frac1p\right)=\frac1p
L{u}=1ppour p>0\boxed{\mathcal{L}\{u\}=\frac1p\quad\text{pour }p>0}
Contrôle

Par dérivation de la primitive — le contrôle standard des intégrales :

(−1pe−pt)′=−1p×(−p) e−pt=e−pt\left(-\frac1p e^{-pt}\right)'=-\frac1p\times(-p)\,e^{-pt}=e^{-pt}

✓

Par le théorème de la valeur initiale : f(0+)=lim⁡p→+∞p F(p)f(0^+)=\lim_{p\to+\infty}p\,F(p). Ici p×1p=1p\times\frac1p=1, et l'échelon vaut bien 11 en 0+0^+ ✓.

Par ordre de grandeur : pour pp grand, e−pte^{-pt} s'écrase très vite, donc l'aire sous la courbe est petite — et 1p\frac1p tend bien vers 00 ✓. Pour pp petit, l'amortissement est lent, l'aire est grande — et 1p\frac1p explose ✓.

L'erreur classique

⚠️ Oublier la condition p>0p>0. Si p<0p<0, alors −pt→+∞-pt\to+\infty, donc e−pt→+∞e^{-pt}\to+\infty et l'intégrale diverge : la transformée n'existe pas.

👉 Toute transformée de Laplace vient avec un domaine de validité, et c'est lui qui justifie l'annulation du terme de bord. L'écrire n'est pas une formalité : c'est ce qui rend le calcul licite.

⚠️ Oublier le −1p-\frac1p dans la primitive. La dérivée de e−pte^{-pt} par rapport à tt vaut −p e−pt-p\,e^{-pt}, donc la primitive porte un −1p-\frac1p pour compenser.

⚠️ Dériver par rapport à pp au lieu de tt. Dans cette intégrale, pp est un paramètre fixé et tt la variable — c'est le dt\mathrm{d}t qui le dit.

⚠️ Évaluer le crochet dans le mauvais sens : c'est valeur en +∞+\infty moins valeur en 00.

À retenir

L{u}=1p\mathcal{L}\{u\}=\dfrac1p est la brique de base : toutes les autres lignes de la table s'en déduisent par les théorèmes (amortissement, intégration, dérivation).

Et retiens qu'une transformée n'existe que sur un domaine de pp — c'est ce domaine qui fait converger l'intégrale, et c'est lui qui autorise à annuler les termes de bord.

Réponse. L{u(t)}=1p\mathcal{L}\{u(t)\}=\dfrac1p. (Recoupement : ligne « échelon » de la table ✓)
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Transformée de la rampe

CalculDifficulté 3/5

Calculer L{t}\mathcal{L}\{t\} par intégration par parties (signal causal t u(t)t\,u(t), p>0p>0).

Indices (3)

F(p)=∫0+∞t e−pt dtF(p)=\displaystyle\int_0^{+\infty}t\,e^{-pt}\,dt : IPP avec u=tu=t, dv=e−ptdtdv=e^{-pt}dt.

Le crochet [−tpe−pt]0+∞\Big[-\dfrac t p e^{-pt}\Big]_0^{+\infty} est nul : en +∞+\infty par croissance comparée, en 00 car t=0t=0.

Les termes de bord en +∞+\infty tendent vers 00.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'intégrande t e−ptt\,e^{-pt} est un produit polynôme × exponentielle : c'est une intégration par parties, exactement comme au chapitre Intégrales.

La seule nouveauté est que les bornes vont jusqu'à +∞+\infty : il faudra justifier que le terme de bord s'y annule, et c'est une croissance comparée qui le donne.

Rappel de cours

IPP

∫u v′=[uv]−∫u′v\int u\,v'=\big[uv\big]-\int u'v

Croissance comparée — le fait qui fait tout marcher

lim⁡t→+∞tn e−pt=0pour tout n, deˋs que p>0\lim_{t\to+\infty}t^n\,e^{-pt}=0\qquad\text{pour tout }n\text{, dès que }p>0
L'exponentielle décroissante écrase toute puissance de tt.

👉 C'est ce résultat qui annule les termes de bord, et c'est lui qui garantit que L{tn}\mathcal{L}\{t^n\} existe pour tout nn. Sans lui, aucune transformée de polynôme n'aurait de sens.

Poser l'IPP

Le bon choix est celui du chapitre Intégrales : le polynôme en uu (il rétrécit quand on le dérive), l'exponentielle en v′v' (elle s'intègre sans effort).

u=tu=t donc u′=1u'=1 ; v′=e−ptv'=e^{-pt} donc v=−1pe−ptv=-\frac1p e^{-pt}.

∫0+∞t e−pt dt=[−tpe−pt]0+∞⏟[uv] + 1p∫0+∞e−pt dt⏟−∫u′v\int_0^{+\infty}t\,e^{-pt}\,\mathrm{d}t=\underbrace{\left[-\frac tp e^{-pt}\right]_0^{+\infty}}_{[uv]}\ \underbrace{+\ \frac1p\int_0^{+\infty}e^{-pt}\,\mathrm{d}t}_{-\int u'v}

⚠️ Le signe de la seconde intégrale est POSITIF. En effet

−∫u′v=−∫1×(−1pe−pt)=+1p∫e−pt-\int u'v=-\int 1\times\left(-\tfrac1p e^{-pt}\right)=+\tfrac1p\int e^{-pt}
Deux signes moins qui se compensent — celui de la formule d'IPP et celui de la primitive.

Annuler le terme de bord

En +∞+\infty : tpe−pt→0\dfrac tp e^{-pt}\to0 par croissance comparée (l'exponentielle l'emporte sur tt).

En 00 : le facteur tt vaut 00, donc le produit aussi.

Le crochet vaut donc 0−0=00-0=0.

⚠️ La première annulation n'est pas évidente : c'est un produit ∞×0\infty\times0, une forme indéterminée. Seule la croissance comparée la tranche, et il faut le dire.

Conclure

Il ne reste que la seconde intégrale, qui est celle de l'exercice A1 :

∫0+∞t e−pt dt=1p×∫0+∞e−pt dt⏟= 1/p=1p×1p\int_0^{+\infty}t\,e^{-pt}\,\mathrm{d}t=\frac1p\times\underbrace{\int_0^{+\infty}e^{-pt}\,\mathrm{d}t}_{=\,1/p}=\frac1p\times\frac1p
L{t}=1p2\boxed{\mathcal{L}\{t\}=\frac1{p^2}}
Contrôle

Par la formule générale : L{tn}=n!pn+1\mathcal{L}\{t^n\}=\dfrac{n!}{p^{n+1}} donne, pour n=1n=1, 1!p2=1p2\dfrac{1!}{p^2}=\dfrac1{p^2} ✓.

Par le signe : t u(t)t\,u(t) est un signal positif, et e−pte^{-pt} aussi, donc l'intégrale est positive. 1p2>0\frac{1}{p^2}>0 ✓ — ce contrôle élimine d'un coup l'erreur de signe la plus courante.

Par la valeur initiale : lim⁡p→+∞p×1p2=lim⁡1p=0\lim_{p\to+\infty}p\times\frac1{p^2}=\lim\frac1p=0, et la rampe vaut bien 00 en t=0t=0 ✓.

L'erreur classique

⚠️ Se tromper de signe sur la seconde intégrale. Le −- de la formule d'IPP et le −- de la primitive v=−1pe−ptv=-\frac1p e^{-pt} se compensent : le terme restant est positif.

Une erreur ici donne −1p2-\frac{1}{p^2} — une transformée négative pour un signal positif, ce qui est absurde. Le contrôle de signe l'attrape immédiatement.

⚠️ Ne pas justifier l'annulation du terme de bord. « t e−pt→0t\,e^{-pt}\to0 » est une forme ∞×0\infty\times0 : sans invoquer la croissance comparée, la justification manque.

⚠️ Choisir u=e−ptu=e^{-pt} et v′=tv'=t. On obtiendrait v=t22v=\frac{t^2}{2} et une intégrale plus difficile — c'est le test de validité du choix d'IPP, vu au chapitre Intégrales.

⚠️ Répondre 1p\frac1p en oubliant qu'il reste un facteur 1p\frac1p devant l'intégrale.

À retenir

Une transformée par la définition, c'est presque toujours une IPP plus une croissance comparée.

Et le signe du terme restant se contrôle en une seconde : une transformée de signal positif ne peut pas être négative. C'est le contrôle le moins cher du chapitre.

Réponse. L{t}=1p2\mathcal{L}\{t\}=\dfrac1{p^2}. (Recoupement : cas n=1n=1 de L{tn}=n!pn+1\mathcal{L}\{t^n\}=\tfrac{n!}{p^{n+1}} ✓)
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Transformée de l'exponentielle

DémonstrationDifficulté 3/5

Calculer L{e−at}\mathcal{L}\{e^{-at}\} par la définition (a>0a>0, p+a>0p+a>0).

Indices (3)

F(p)=∫0+∞e−ate−pt dt=∫0+∞e−(p+a)t dtF(p)=\displaystyle\int_0^{+\infty}e^{-at}e^{-pt}\,dt=\int_0^{+\infty}e^{-(p+a)t}\,dt.

C'est la même intégrale que l'échelon, avec pp remplacé par p+ap+a.

Résultat : 1p+a\dfrac1{p+a}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le produit e−at e−pte^{-at}\,e^{-pt} se regroupe en une seule exponentielle, e−(p+a)te^{-(p+a)t}.

On retombe alors exactement sur l'intégrale de l'exercice A1, avec pp remplacé par p+ap+a. Aucun calcul neuf : c'est une substitution.

Rappel de cours

Produit d'exponentielles

e−at e−pt=e−at−pt=e−(p+a)te^{-at}\,e^{-pt}=e^{-at-pt}=e^{-(p+a)t}
Les exposants s'additionnent — et ici les deux sont négatifs, donc ils s'accumulent.

L'intégrale de référence

∫0+∞e−kt dt=1kpour k>0\int_0^{+\infty}e^{-kt}\,\mathrm{d}t=\frac1k\qquad\text{pour }k>0
Ici k=p+ak=p+a, d'où la condition p+a>0p+a>0 que l'énoncé pose.

Regrouper
F(p)=∫0+∞e−at e−pt dt=∫0+∞e−(p+a)t dtF(p)=\int_0^{+\infty}e^{-at}\,e^{-pt}\,\mathrm{d}t=\int_0^{+\infty}e^{-(p+a)t}\,\mathrm{d}t

C'est littéralement l'intégrale de A1 avec p+ap+a à la place de pp.

Conclure
F(p)=[−1p+ae−(p+a)t]0+∞=0−(−1p+a)=1p+aF(p)=\left[-\frac1{p+a}e^{-(p+a)t}\right]_0^{+\infty}=0-\left(-\frac1{p+a}\right)=\frac1{p+a}
L{e−at}=1p+a\boxed{\mathcal{L}\{e^{-at}\}=\frac1{p+a}}
Ce que ce résultat annonce : le décalage du pôle

Compare les deux premières lignes de la table :

signal transformée pôle
u(t)u(t) 1p\dfrac1p 00
e−atu(t)e^{-at}u(t) 1p+a\dfrac1{p+a} −a-a

👉 Multiplier le signal par e−ate^{-at} a déplacé le pôle de 00 vers −a-a. Autrement dit : dans le monde des pp, l'amortissement est un décalage horizontal.

C'est la première apparition du théorème de l'amortissement, qui généralisera :

L{e−atf(t)}=F(p+a)\mathcal{L}\{e^{-at}f(t)\}=F(p+a)

⚠️ Et ce fait a une lecture physique : plus aa est grand, plus le signal s'amortit vite, et plus le pôle est loin à gauche. Un pôle à partie réelle négative signale un régime qui s'éteint ; un pôle à partie réelle positive, un régime qui diverge. C'est tout l'usage de Laplace en automatique.

Contrôle

Fais a=0a=0. Alors e−0⋅t=1=u(t)e^{-0\cdot t}=1=u(t), et la formule doit rendre 1p+0=1p\frac1{p+0}=\frac1p ✓ — c'est bien le résultat de A1.

👉 Ce test attrape immédiatement une erreur de signe : la formule fautive 1p−a\frac1{p-a} rendrait aussi 1p\frac1p en a=0a=0… donc il faut un second test.

Fais a=1a=1 et p=1p=1. L'intégrale ∫0+∞e−2tdt=12\int_0^{+\infty}e^{-2t}\mathrm{d}t=\frac12. La bonne formule donne 11+1=12\frac{1}{1+1}=\frac12 ✓ ; la fautive donnerait 11−1\frac{1}{1-1}, non défini ✗.

Par le signe : e−ate^{-at} est un signal positif, donc sa transformée doit l'être. 1p+a>0\frac1{p+a}>0 dès que p+a>0p+a>0 ✓.

L'erreur classique

⚠️ Additionner les exposants avec le mauvais signe et écrire e(a−p)te^{(a-p)t}. Les deux exposants sont négatifs : −at-at et −pt-pt s'additionnent en −(p+a)t-(p+a)t.

⚠️ Répondre 1p−a\frac1{p-a}, en confondant le sens de l'amortissement. Pour f(t)=e−atf(t)=e^{-at} (décroissante), le pôle est en −a-a, donc le dénominateur est p+ap+a.

Le contrôle à deux tests du pas 6 tranche.

⚠️ Oublier la condition p+a>0p+a>0. C'est elle qui fait converger l'intégrale, exactement comme p>0p>0 en A1.

⚠️ Croire que L{e+at}\mathcal{L}\{e^{+at}\} n'existe pas. Elle existe, et vaut 1p−a\frac{1}{p-a} — mais seulement pour p>ap>a : le domaine de validité se décale, lui aussi.

À retenir

L{e−at}=1p+a\mathcal{L}\{e^{-at}\}=\dfrac1{p+a} : un amortissement décale le pôle de 00 vers −a-a.

C'est la première apparition du théorème de l'amortissement — multiplier par e−ate^{-at} dans le monde des tt revient à remplacer pp par p+ap+a dans le monde des pp. Retiens le sens : signal qui décroît ⇒\Rightarrow pôle à gauche de l'origine.

Réponse. L{e−at}=1p+a\mathcal{L}\{e^{-at}\}=\dfrac1{p+a}. (Recoupement : amortissement appliqué à u(t)u(t), F(p+a)F(p+a) avec F=1/pF=1/p ✓)
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Transformées du sinus et du cosinus

ApplicationDifficulté 3/5

Donner L{sin⁡(ωt)}\mathcal{L}\{\sin(\omega t)\} et L{cos⁡(ωt)}\mathcal{L}\{\cos(\omega t)\}, puis en déduire L{sin⁡(3t)}\mathcal{L}\{\sin(3t)\} et L{cos⁡(3t)}\mathcal{L}\{\cos(3t)\}.

Indices (3)

Lire la table : sin⁡→ωp2+ω2\sin\to\dfrac{\omega}{p^2+\omega^2}, cos⁡→pp2+ω2\cos\to\dfrac{p}{p^2+\omega^2}.

Ici ω=3\omega=3 donc ω2=9\omega^2=9.

Remplacer.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux lignes de table à connaître, et surtout à distinguer : elles ne diffèrent que par leur numérateur.

sin⁡ ⟶ ωp2+ω2cos⁡ ⟶ pp2+ω2\sin\ \longrightarrow\ \frac{\omega}{p^2+\omega^2}\qquad\qquad \cos\ \longrightarrow\ \frac{p}{p^2+\omega^2}

Le dénominateur est le même ; c'est le numérateur qui identifie le signal.

Rappel de cours

Sinus et cosinus

L{sin⁡ωt}=ωp2+ω2L{cos⁡ωt}=pp2+ω2\mathcal{L}\{\sin\omega t\}=\frac{\omega}{p^2+\omega^2}\qquad\qquad\mathcal{L}\{\cos\omega t\}=\frac{p}{p^2+\omega^2}

Moyen mnémotechnique : le cosinus vaut 11 en t=0t=0 — c'est lui qui « démarre haut » — et c'est lui qui porte le pp au numérateur, le plus gros terme quand pp est grand.

ℹ️ Le dénominateur p2+ω2p^2+\omega^2 s'annule pour p=±iωp=\pm i\omega : les pôles sont imaginaires purs. C'est la signature d'une oscillation non amortie — elle ne s'éteint jamais, ce qui est cohérent avec sin⁡\sin et cos⁡\cos, qui oscillent indéfiniment.

Appliquer avec ω = 3

ω=3\omega=3, donc ω2=9\omega^2=9 :

L{sin⁡3t}=3p2+9L{cos⁡3t}=pp2+9\boxed{\mathcal{L}\{\sin 3t\}=\frac{3}{p^2+9}\qquad\qquad \mathcal{L}\{\cos 3t\}=\frac{p}{p^2+9}}

⚠️ Au numérateur du sinus, c'est ω=3\omega=3 (et non ω2\omega^2) ; au dénominateur, c'est ω2=9\omega^2=9 (et non ω\omega). Les deux ne sont pas à la même puissance.

Le contrôle qui départage les deux formules

C'est le contrôle le plus utile du chapitre, parce qu'il dispense de mémoriser.

Théorème de la valeur initiale

f(0+)=lim⁡p→+∞p F(p)f(0^+)=\lim_{p\to+\infty}p\,F(p)

Pour le cosinus : p×pp2+9=p2p2+9→p→+∞1p\times\dfrac{p}{p^2+9}=\dfrac{p^2}{p^2+9}\xrightarrow[p\to+\infty]{}1.

Et cos⁡(0)=1\cos(0)=1 ✓.

Pour le sinus : p×3p2+9=3pp2+9→p→+∞0p\times\dfrac{3}{p^2+9}=\dfrac{3p}{p^2+9}\xrightarrow[p\to+\infty]{}0.

Et sin⁡(0)=0\sin(0)=0 ✓.

👉 Les deux formules sont donc départagées sans rien retenir : celle dont le numérateur porte un pp correspond au signal qui vaut 11 en 00, c'est-à-dire le cosinus. Si tu hésites en contrôle, refais ce test en dix secondes.

L'erreur classique

⚠️ Intervertir les deux numérateurs. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre, et elle se propage dans tous les exercices d'inversion — une transformée mal identifiée donne un signal entièrement faux.

Le test du pas 4 la tue.

⚠️ Écrire ω\omega au lieu de ω2\omega^2 au dénominateur : c'est p2+9p^2+9, pas p2+3p^2+3.

Contrôle d'homogénéité : pp et ω\omega sont de même nature (des « fréquences »), donc p2p^2 ne peut s'ajouter qu'à ω2\omega^2 — un p2+ωp^2+\omega additionnerait des choses incomparables.

⚠️ Écrire ω2\omega^2 au numérateur du sinus. C'est ω\omega tout seul. Même contrôle d'homogénéité : ωp2+ω2\frac{\omega}{p^2+\omega^2} a la même « dimension » que pp2+ω2\frac{p}{p^2+\omega^2}, ce qui ne serait pas le cas avec ω2\omega^2.

⚠️ Confondre p2+ω2p^2+\omega^2 et p2−ω2p^2-\omega^2. Le second correspond aux fonctions hyperboliques cosh⁡\cosh et sinh⁡\sinh — des exponentielles, pas des oscillations.

À retenir

Même dénominateur, numérateurs différents : pp pour le cosinus, ω\omega pour le sinus.

Et en cas de doute, le théorème de la valeur initiale tranche : cos⁡0=1\cos 0=1, sin⁡0=0\sin 0=0. C'est une vérification de dix secondes qui remplace la mémorisation — et elle marche sur toutes les lignes de la table.

Réponse. L{sin⁡3t}=3p2+9\mathcal{L}\{\sin3t\}=\dfrac3{p^2+9}, L{cos⁡3t}=pp2+9\mathcal{L}\{\cos3t\}=\dfrac p{p^2+9}. (Recoupement : L{cos⁡}\mathcal{L}\{\cos\} a un pp au numérateur, L{sin⁡}\mathcal{L}\{\sin\} un ω\omega ✓)
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Linéarité sur un signal composé

CalculDifficulté 3/5

Calculer la transformée de Laplace de f(t)=3u(t)+2t−5e−4tf(t)=3u(t)+2t-5e^{-4t}.

Indices (3)

Appliquer la linéarité : transformer chaque terme.

L{u}=1p\mathcal{L}\{u\}=\tfrac1p, L{t}=1p2\mathcal{L}\{t\}=\tfrac1{p^2}, L{e−4t}=1p+4\mathcal{L}\{e^{-4t}\}=\tfrac1{p+4}.

Multiplier par les coefficients et additionner.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La transformation de Laplace est linéaire : elle traverse les sommes et sort les constantes. Un signal composé se traite donc terme par terme, chacun par sa ligne de table.

C'est ce qui rend la méthode utilisable en pratique : tout signal usuel se décompose en briques connues.

Rappel de cours

Linéarité

L{αf+βg}=αF+βG\mathcal{L}\{\alpha f+\beta g\}=\alpha F+\beta G

Les trois briques employées ici

L{u}=1pL{t}=1p2L{e−at}=1p+a\mathcal{L}\{u\}=\frac1p\qquad \mathcal{L}\{t\}=\frac1{p^2}\qquad \mathcal{L}\{e^{-at}\}=\frac1{p+a}

👉 Pourquoi la linéarité est vraie : elle vient directement de celle de l'intégrale (chapitre Intégrales, B1). ∫(αf+βg)e−pt=α∫fe−pt+β∫ge−pt\int(\alpha f+\beta g)e^{-pt}=\alpha\int f e^{-pt}+\beta\int g e^{-pt} — rien de plus.

⚠️ Et elle en hérite aussi les limites : la linéarité ne traverse ni les produits ni les quotients.

Décomposer
F(p)=L{3u(t)+2t−5e−4t}=3 L{u}+2 L{t}−5 L{e−4t}F(p)=\mathcal{L}\{3u(t)+2t-5e^{-4t}\}=3\,\mathcal{L}\{u\}+2\,\mathcal{L}\{t\}-5\,\mathcal{L}\{e^{-4t}\}

Trois termes, trois lignes de table. Les coefficients 33, 22, −5-5 sortent inchangés.

Appliquer la table
terme du signal ligne de table contribution
3 u(t)3\,u(t) L{u}=1p\mathcal{L}\{u\}=\frac1p 3p\dfrac3p
2t2t L{t}=1p2\mathcal{L}\{t\}=\frac1{p^2} 2p2\dfrac2{p^2}
−5e−4t-5e^{-4t} L{e−at}=1p+a\mathcal{L}\{e^{-at}\}=\frac1{p+a} avec a=4a=4 −5p+4-\dfrac5{p+4}
F(p)=3p+2p2−5p+4\boxed{F(p)=\frac3p+\frac2{p^2}-\frac5{p+4}}

⚠️ Pour e−4te^{-4t}, on a a=4a=4 donc le dénominateur est p+4p+4 — pas p−4p-4. Le signe s'inverse entre l'exposant et le pôle.

Contrôle par les pôles

C'est le contrôle spécifique de ce chapitre, et il ne coûte aucun calcul.

Chaque brique du signal laisse une trace identifiable dans FF :

dans le signal trace attendue dans FF présente ?
un échelon un pôle en p=0p=0 ✓ (3p\frac3p)
une rampe tt le pôle en 00 devient double ✓ (2p2\frac{2}{p^2})
e−4te^{-4t} un pôle en p=−4p=-4 ✓ (−5p+4\frac{-5}{p+4})

Trois briques, trois traces ✓.

👉 Et le contrôle sert dans l'autre sens : devant une F(p)F(p) donnée, lire ses pôles dit immédiatement quelles briques composent le signal. C'est ce qui rend l'inversion possible (lots B et C).

Contrôle de la valeur initiale : lim⁡p→+∞pF(p)=3+0−5×pp+4→3−5=−2\lim_{p\to+\infty}pF(p)=3+0-5\times\frac{p}{p+4}\to3-5=-2. Et f(0+)=3×1+0−5×1=−2f(0^+)=3\times1+0-5\times1=-2 ✓.

L'erreur classique

⚠️ Perdre un coefficient en cours de route, ou oublier le signe moins du troisième terme. Trois termes, trois occasions.

⚠️ Croire que la linéarité s'étend aux produits. L{fg}≠F×G\mathcal{L}\{fg\}\neq F\times G — c'est la convolution qui correspond au produit des transformées, et c'est un tout autre objet (exercice D5).

C'est l'erreur de fond, la même qu'au chapitre Intégrales : linéaire veut dire « sommes et constantes », rien de plus.

⚠️ Écrire 5p−4\frac{5}{p-4} en confondant le signe du pôle. Pour e−4te^{-4t}, le pôle est en −4-4.

⚠️ Mettre tout au même dénominateur sans qu'on le demande. La forme décomposée est préférable : c'est elle qui laisse lire les pôles, donc le signal d'origine.

À retenir

Linéarité ⇒\Rightarrow terme par terme, chacun par sa ligne de table.

Et lis les pôles pour contrôler : chaque exponentielle e−ate^{-at} du signal donne un pôle en −a-a, chaque puissance de tt augmente la multiplicité du pôle en 00. Ce contrôle est gratuit, et c'est le même mécanisme qui servira à faire le chemin inverse.

Réponse. F(p)=3p+2p2−5p+4F(p)=\dfrac3p+\dfrac2{p^2}-\dfrac5{p+4}. (Recoupement : trois pôles attendus en 00 (double) et −4-4 ✓)
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Transformée d'un monôme t^n

ApplicationDifficulté 3/5

Rappeler L{tn}\mathcal{L}\{t^n\} puis calculer L{t2}\mathcal{L}\{t^2\} et L{2t3−t2}\mathcal{L}\{2t^3-t^2\}.

Indices (3)

L{tn}=n!pn+1\mathcal{L}\{t^n\}=\dfrac{n!}{p^{n+1}}.

2!=22!=2, 3!=63!=6.

Linéarité pour la combinaison.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Une seule formule couvre toutes les puissances, et le point qui piège est la factorielle au numérateur.

L{tn}=n!pn+1\mathcal{L}\{t^n\}=\frac{n!}{p^{n+1}}

L'exposant du dénominateur est n+1n+1, pas nn : la transformée d'une puissance nn « descend » d'un cran de plus.

Rappel de cours

Monômes

L{tn}=n!pn+1\mathcal{L}\{t^n\}=\frac{n!}{p^{n+1}}
avec n!=1×2×⋯×nn!=1\times2\times\cdots\times n et la convention 0!=10!=1.

Contrôles de cohérence intégrés : la formule doit redonner ce qu'on sait déjà.

nn formule déjà établi ?
00 0!p1=1p\frac{0!}{p^{1}}=\frac1p ✓ l'échelon (A1)
11 1!p2=1p2\frac{1!}{p^{2}}=\frac1{p^2} ✓ la rampe (A2)

👉 D'où vient la factorielle : chaque IPP fait descendre l'exposant de tt d'un cran et laisse un facteur devant. En partant de tnt^n, on enchaîne nn IPP qui produisent n×(n−1)×⋯×1=n!n\times(n-1)\times\cdots\times1=n!, et nn divisions par pp qui s'ajoutent à celle de L{u}\mathcal{L}\{u\}.

Cas n = 2

2!=1×2=22!=1\times2=2, et n+1=3n+1=3 :

L{t2}=2p3\mathcal{L}\{t^2\}=\frac{2}{p^3}
Combinaison linéaire

Pour t3t^3 : 3!=1×2×3=63!=1\times2\times3=6 et n+1=4n+1=4, donc L{t3}=6p4\mathcal{L}\{t^3\}=\dfrac{6}{p^4}.

Par linéarité (A5) :

L{2t3−t2}=2×6p4−1×2p3=12p4−2p3\boxed{\mathcal{L}\{2t^3-t^2\}=2\times\frac{6}{p^4}-1\times\frac{2}{p^3}=\frac{12}{p^4}-\frac{2}{p^3}}

⚠️ Deux nombres se rencontrent dans le premier terme et il ne faut pas les confondre : le 22 vient du coefficient du signal, le 66 de la factorielle. Leur produit vaut 1212.

Contrôle

Sur les petits cas. La formule doit redonner 1p\frac1p pour n=0n=0 et 1p2\frac1{p^2} pour n=1n=1 — deux valeurs déjà établies par le calcul direct ✓ (tableau du pas 2).

Par les pôles. 12p4−2p3\frac{12}{p^4}-\frac{2}{p^3} n'a qu'un pôle, en p=0p=0, d'ordre 44. Cohérent : le signal 2t3−t22t^3-t^2 est un polynôme de degré 33, et l'ordre du pôle vaut deg⁡+1\deg+1 ✓.

Par la valeur initiale : lim⁡p→+∞p(12p4−2p3)=lim⁡(12p3−2p2)=0\lim_{p\to+\infty}p\left(\frac{12}{p^4}-\frac{2}{p^3}\right)=\lim\left(\frac{12}{p^3}-\frac{2}{p^2}\right)=0. Et le signal 2t3−t22t^3-t^2 vaut bien 00 en t=0t=0 ✓.

L'erreur classique

⚠️ Oublier la factorielle et écrire 1p3\frac{1}{p^3} pour t2t^2. Le numérateur est n!n!, et il croît très vite : L{t5}=120p6\mathcal{L}\{t^5\}=\frac{120}{p^6}.

⚠️ Se tromper d'exposant : pour t2t^2 le dénominateur est p3p^3, pas p2p^2. Le repère : L{tn}\mathcal{L}\{t^n\} a un pôle d'ordre n+1n+1, pas nn.

⚠️ Confondre le coefficient du signal et la factorielle. Dans 2t32t^3, le 22 multiplie et le 3!3! vient de la puissance — d'où 2×6=122\times6=12, et non 2!×3=62!\times3=6 ni 66 tout seul.

⚠️ Écrire n!n! au dénominateur. Il est au numérateur : L{tn}=n!pn+1\mathcal{L}\{t^n\}=\dfrac{n!}{p^{n+1}}, et non 1n! pn+1\dfrac{1}{n!\,p^{n+1}}.

⚠️ Croire que 0!=00!=0. C'est 11, par convention — et c'est ce qui rend la formule valable pour l'échelon.

À retenir
L{tn}=n!pn+1\mathcal{L}\{t^n\}=\frac{n!}{p^{n+1}}

Factorielle au numérateur, exposant n+1n+1 au dénominateur.

Et vérifie toujours une formule générale sur les petits cas que tu connais déjà : ici n=0n=0 et n=1n=1 redonnent l'échelon et la rampe. Une formule qui échoue sur ses cas particuliers est fausse, et le test coûte cinq secondes.

Réponse. L{t2}=2p3\mathcal{L}\{t^2\}=\dfrac2{p^3} ; L{2t3−t2}=12p4−2p3\mathcal{L}\{2t^3-t^2\}=\dfrac{12}{p^4}-\dfrac2{p^3}. (Recoupement : 3!=63!=6 donc L{t3}=6/p4\mathcal{L}\{t^3\}=6/p^4 ✓)
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Théorème de la dérivation

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer le théorème de la dérivation, puis l'appliquer pour retrouver L{cos⁡ωt}\mathcal{L}\{\cos\omega t\} à partir de L{sin⁡ωt}=ωp2+ω2\mathcal{L}\{\sin\omega t\}=\dfrac{\omega}{p^2+\omega^2}, sachant que (sin⁡ωt)′=ωcos⁡ωt(\sin\omega t)'=\omega\cos\omega t.

Indices (3)

L{f′}=pF(p)−f(0+)\mathcal{L}\{f'\}=pF(p)-f(0^+).

Ici f(t)=sin⁡ωtf(t)=\sin\omega t, donc f(0)=0f(0)=0 et f′(t)=ωcos⁡ωtf'(t)=\omega\cos\omega t.

Isoler L{cos⁡ωt}\mathcal{L}\{\cos\omega t\}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le théorème de la dérivation est LE théorème du chapitre : c'est lui qui transforme une équation différentielle en équation algébrique, et donc lui qui justifie l'existence de tout le reste.

Ici on l'emploie dans l'autre sens, comme outil de calcul : dériver sin⁡\sin donne cos⁡\cos, donc connaître L{sin⁡}\mathcal{L}\{\sin\} suffit à obtenir L{cos⁡}\mathcal{L}\{\cos\}.

Pourquoi ce théorème change tout
L{f′}=p F(p)−f(0+)\mathcal{L}\{f'\}=p\,F(p)-f(0^+)

Lis ce que ça dit : la dérivation est devenue une multiplication par pp, à un terme constant près.

Applique-le deux fois et tu obtiens L{f′′}=p2F−p f(0)−f′(0)\mathcal{L}\{f''\}=p^2F-p\,f(0)-f'(0). Donc une équation comme

y′′+3y′+2y=e−ty''+3y'+2y=e^{-t}

devient, dans le monde des pp, une équation sans aucune dérivée :

(p2+3p+2)Y(p)−(termes de conditions initiales)=1p+1\big(p^2+3p+2\big)Y(p)-(\text{termes de conditions initiales})=\frac{1}{p+1}

👉 On isole Y(p)Y(p) par une simple division, puis on revient en arrière par la table. Une équation différentielle devient une fraction rationnelle à décomposer.

⚠️ Et remarque ce que fait le terme −f(0+)-f(0^+) : il fait entrer les conditions initiales dans l'équation elle-même. C'est ce qui distingue cette méthode de la résolution classique, où l'on trouve d'abord une solution générale puis on ajuste les constantes. Ici tout est fait d'un coup.

Rappel de cours

Théorème de la dérivation

L{f′}=p F(p)−f(0+)\mathcal{L}\{f'\}=p\,F(p)-f(0^+)
Le terme −f(0+)-f(0^+) est ce qui fait entrer la condition initiale dans le calcul.

ℹ️ On note f(0+)f(0^+) et non f(0)f(0) parce qu'on travaille sur des signaux causaux, souvent discontinus en 00 : c'est la limite à droite qui compte.

Appliquer à f = sin ωt

f(t)=sin⁡ωtf(t)=\sin\omega t donne :

  • f(0)=sin⁡0=0f(0)=\sin 0=0 ;
  • f′(t)=ωcos⁡ωtf'(t)=\omega\cos\omega t (dérivée composée, le ω\omega sort en facteur).

Le théorème s'écrit alors :

L{ωcos⁡ωt}=p×ωp2+ω2−0=ωpp2+ω2\mathcal{L}\{\omega\cos\omega t\}=p\times\frac{\omega}{p^2+\omega^2}-0=\frac{\omega p}{p^2+\omega^2}
Isoler

Le membre de gauche est ω\omega fois ce qu'on cherche. Par linéarité, on divise par ω\omega (non nul) :

L{cos⁡ωt}=1ω×ωpp2+ω2=pp2+ω2\boxed{\mathcal{L}\{\cos\omega t\}=\frac{1}{\omega}\times\frac{\omega p}{p^2+\omega^2}=\frac{p}{p^2+\omega^2}}
Contrôle

Par la table : le résultat coïncide exactement avec la ligne établie à l'exercice A4 ✓. Deux chemins indépendants vers la même formule — l'un par la définition, l'autre par le théorème de dérivation.

Par la valeur initiale : p×pp2+ω2→1p\times\frac{p}{p^2+\omega^2}\to1 quand p→+∞p\to+\infty, et cos⁡0=1\cos 0=1 ✓.

En sens inverse : applique le théorème à f=cos⁡f=\cos, où f(0)=1f(0)=1. On obtient

L{−ωsin⁡ωt}=p×pp2+ω2−1=p2−p2−ω2p2+ω2=−ω2p2+ω2\mathcal{L}\{-\omega\sin\omega t\}=p\times\frac{p}{p^2+\omega^2}-1=\frac{p^2-p^2-\omega^2}{p^2+\omega^2}=\frac{-\omega^2}{p^2+\omega^2}
donc L{sin⁡ωt}=ωp2+ω2\mathcal{L}\{\sin\omega t\}=\frac{\omega}{p^2+\omega^2} ✓ — la boucle est bouclée, et cette fois le terme −f(0)-f(0) a servi.

L'erreur classique

⚠️ Oublier le terme −f(0+)-f(0^+). Ici il est nul (sin⁡0=0\sin 0=0) donc l'oubli est invisible — c'est précisément pour ça que la mauvaise habitude se prend.

Le contre-test du pas 6 le montre : avec f=cos⁡f=\cos, on a f(0)=1f(0)=1, et l'oublier donne p2p2+ω2\frac{p^2}{p^2+\omega^2} au lieu de −ω2p2+ω2\frac{-\omega^2}{p^2+\omega^2} — un résultat entièrement faux.

👉 Écris le terme même quand il est nul. C'est ce qui évite de l'omettre le jour où il compte, c'est-à-dire dans toutes les équations différentielles à conditions initiales non nulles.

⚠️ Oublier de diviser par ω\omega. Le théorème donne la transformée de ωcos⁡ωt\omega\cos\omega t, pas de cos⁡ωt\cos\omega t.

⚠️ Écrire L{f′}=F′(p)\mathcal{L}\{f'\}=F'(p). Non : dériver dans le temps multiplie par pp ; dériver en pp correspond à multiplier par −t-t (exercice B4). Les deux opérations sont différentes et vont dans des sens opposés.

À retenir
L{f′}=pF−f(0+)\mathcal{L}\{f'\}=pF-f(0^+)

et le terme f(0+)f(0^+) ne s'oublie que quand il est nul. Prends l'habitude de l'écrire dans tous les cas : c'est le seul moyen de ne pas l'omettre quand il décide du résultat.

C'est ce théorème qui fait de Laplace un outil de résolution d'équations différentielles, et pas seulement une table de correspondances.

Réponse. L{cos⁡ωt}=pp2+ω2\mathcal{L}\{\cos\omega t\}=\dfrac p{p^2+\omega^2}. (Recoupement : valeur de la table retrouvée par dérivation ✓)
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Amortissement (translation en p)

ApplicationDifficulté 3/5

À l'aide du théorème de l'amortissement L{e−atf(t)}=F(p+a)\mathcal{L}\{e^{-at}f(t)\}=F(p+a), calculer L{e−2tcos⁡(3t)}\mathcal{L}\{e^{-2t}\cos(3t)\}.

Indices (3)

Ici f(t)=cos⁡3tf(t)=\cos3t, donc F(p)=pp2+9F(p)=\dfrac{p}{p^2+9}, et a=2a=2.

Remplacer pp par p+2p+2 dans FF.

Ne pas oublier de translater AUSSI le pp du numérateur.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le théorème de l'amortissement dit qu'un facteur e−ate^{-at} dans le temps devient une translation dans le domaine de pp : partout où il y avait pp, on écrit p+ap+a.

Le mot « partout » est le piège : le numérateur du cosinus contient un pp, et il se translate lui aussi.

Rappel de cours

Théorème de l'amortissement

L{e−atf(t)}=F(p+a)\mathcal{L}\{e^{-at}f(t)\}=F(p+a)
On substitue p↦p+ap\mapsto p+a dans toute l'expression de FF — numérateur compris.

👉 La preuve tient en une ligne, et elle explique le « partout » :

∫0+∞e−atf(t)e−pt dt=∫0+∞f(t) e−(p+a)t dt=F(p+a)\int_0^{+\infty}e^{-at}f(t)e^{-pt}\,\mathrm{d}t=\int_0^{+\infty}f(t)\,e^{-(p+a)t}\,\mathrm{d}t=F(p+a)
On n'a rien fait d'autre que regrouper les exponentielles. C'est la même variable pp qui devient p+ap+a dans la définition, donc dans le résultat — sans exception.

Transformée de base
F(p)=L{cos⁡3t}=pp2+9F(p)=\mathcal{L}\{\cos 3t\}=\frac{p}{p^2+9}

Note bien : il y a un pp au numérateur. C'est ce qui distingue cet exercice du B6, où le signal est un sinus.

Translater

On remplace chaque pp par p+2p+2 :

L{e−2tcos⁡3t}=F(p+2)=p+2(p+2)2+9\mathcal{L}\{e^{-2t}\cos 3t\}=F(p+2)=\frac{\boxed{p+2}}{(p+2)^2+9}

Le numérateur pp est devenu p+2p+2, exactement comme le pp du dénominateur.

Contrôle

Par la valeur initiale : p×p+2(p+2)2+9→p→+∞1p\times\dfrac{p+2}{(p+2)^2+9}\xrightarrow[p\to+\infty]{}1, et e0cos⁡0=1×1=1e^{0}\cos 0=1\times1=1 ✓.

⚠️ Ce test ne suffit PAS ici : la version fautive p(p+2)2+9\frac{p}{(p+2)^2+9} donne aussi 11. Un contrôle qui ne distingue pas les deux candidates ne contrôle rien — c'est le même piège que le point de contrôle mal choisi au chapitre Dérivation.

Le contrôle qui discrimine : le pôle. La forme (p+2)2+9(p+2)^2+9 place les pôles en p=−2±3ip=-2\pm3i — partie réelle −2-2 (l'amortissement), partie imaginaire ±3\pm3 (la pulsation). Or le numérateur d'un cosinus amorti doit s'annuler au même endroit que la partie réelle du pôle, c'est-à-dire en p=−2p=-2. La bonne forme le fait (p+2=0p+2=0), la fautive non (p=0p=0).

Par une valeur : en p=0p=0, la bonne donne 213≈0,154\frac{2}{13}\approx0{,}154 ; la fautive donne 00. Or F(0)=∫0+∞e−2tcos⁡3t dtF(0)=\int_0^{+\infty}e^{-2t}\cos 3t\,\mathrm{d}t est l'aire d'une oscillation amortie qui commence à 11 — elle ne peut pas être nulle. La fautive est éliminée.

L'erreur classique

⚠️ Ne translater que le dénominateur et écrire p(p+2)2+9\frac{p}{(p+2)^2+9}. C'est l'erreur emblématique du théorème : la substitution porte sur toute la fraction.

Le pas 2 explique pourquoi : c'est la variable de la définition qui change, pas une partie de la formule.

⚠️ Développer (p+2)2+9(p+2)^2+9 en p2+4p+13p^2+4p+13. Ce n'est pas faux, mais on perd la forme canonique — donc la lisibilité du pôle, et surtout la possibilité de reconnaître la ligne de table quand il faudra revenir en arrière.

👉 Sur ce chapitre, on garde toujours la forme (p+a)2+ω2(p+a)^2+\omega^2 non développée.

⚠️ Se tromper de signe et écrire F(p−2)F(p-2). Pour e−ate^{-at} avec a>0a>0, la substitution est p↦p+ap\mapsto p+a — le signe s'inverse entre l'exposant et la translation, exactement comme au A3.

⚠️ Croire que le théorème s'applique à t cos⁡3tt\,\cos 3t. Non : là c'est la multiplication par tt (exercice B4), une règle différente.

À retenir

Amortissement = substitution p↦p+ap\mapsto p+a PARTOUT, y compris au numérateur.

Et garde la forme (p+a)2+ω2(p+a)^2+\omega^2 non développée : c'est elle qui se relit dans la table, et c'est elle qui laisse voir le pôle −a±iω-a\pm i\omega — donc l'amortissement et la pulsation d'un coup d'œil.

Réponse. L{e−2tcos⁡3t}=p+2(p+2)2+9\mathcal{L}\{e^{-2t}\cos3t\}=\dfrac{p+2}{(p+2)^2+9}. (Recoupement : ligne e−atcos⁡ωte^{-at}\cos\omega t de la table avec a=2, ω=3a=2,\ \omega=3 ✓)
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Retard (translation en t)

ApplicationDifficulté 3/5

Soit le retard L{f(t−τ)u(t−τ)}=e−τpF(p)\mathcal{L}\{f(t-\tau)u(t-\tau)\}=e^{-\tau p}F(p). Calculer la transformée de l'échelon retardé u(t−2)u(t-2), puis celle de la « porte » g(t)=u(t)−u(t−2)g(t)=u(t)-u(t-2) (créneau valant 11 sur [0;2[[0;2[, 00 ensuite).

Indices (3)

Pour u(t−2)u(t-2) : f=uf=u, F=1pF=\tfrac1p, τ=2\tau=2.

L{u(t−2)}=e−2p⋅1p\mathcal{L}\{u(t-2)\}=e^{-2p}\cdot\tfrac1p.

La porte est une différence de deux échelons : utiliser la linéarité.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Symétrique du précédent : un retard dans le temps devient un facteur exponentiel en pp.

Et la seconde question montre à quoi ça sert vraiment : toute impulsion rectangulaire de durée finie s'écrit comme une différence de deux échelons décalés. C'est le mécanisme qui permet de transformer n'importe quel signal en escalier.

Rappel de cours

Théorème du retard

L{f(t−τ) u(t−τ)}=e−τp F(p)\mathcal{L}\{f(t-\tau)\,u(t-\tau)\}=e^{-\tau p}\,F(p)

⚠️ Le facteur u(t−τ)u(t-\tau) est indispensable : il exprime que le signal est nul avant τ\tau. Sans lui, la formule ne s'applique pas — la transformée ne « voit » que t≥0t\geq0, et un signal décalé sans être coupé n'a pas la même transformée.

👉 Retard et amortissement sont les deux faces d'une même symétrie :

dans le temps dans le domaine de pp
retard de τ\tau facteur e−τpe^{-\tau p}
facteur e−ate^{-at} translation p↦p+ap\mapsto p+a

Ce qui est un décalage d'un côté est un facteur exponentiel de l'autre, et réciproquement.

Échelon retardé

Avec f=uf=u (donc F=1pF=\frac1p) et τ=2\tau=2 :

L{u(t−2)}=e−2p×1p=e−2pp\mathcal{L}\{u(t-2)\}=e^{-2p}\times\frac1p=\frac{e^{-2p}}{p}

u(t−2)u(t-2) est le signal qui vaut 00 jusqu'à t=2t=2, puis 11 ensuite : un interrupteur qui s'allume à l'instant 22.

La porte

g(t)=u(t)−u(t−2)g(t)=u(t)-u(t-2) : le premier échelon allume à t=0t=0, le second éteint à t=2t=2.

intervalle u(t)u(t) u(t−2)u(t-2) g(t)g(t)
[0;2[[0;2[ 11 00 1\mathbf{1}
[2;+∞[[2;+\infty[ 11 11 0\mathbf{0}

C'est bien un créneau de durée 22. Par linéarité :

L{g}=1p−e−2pp=1−e−2pp\boxed{\mathcal{L}\{g\}=\frac1p-\frac{e^{-2p}}{p}=\frac{1-e^{-2p}}{p}}
Contrôle

Quand τ→0\tau\to0, le facteur e−τp→1e^{-\tau p}\to1 et on retrouve F(p)F(p) — cohérent, un retard nul ne change rien ✓.

Sur la porte : quand la durée tend vers 00, 1−e−τpp→0\frac{1-e^{-\tau p}}{p}\to0 — une porte de durée nulle ne transporte rien ✓.

Par le comportement en pp petit : F(0)F(0) devrait valoir ∫0+∞g=2\int_0^{+\infty}g=2 (l'aire du créneau). Or 1−e−2pp\frac{1-e^{-2p}}{p} en p→0p\to0 : le numérateur 1−e−2p≈2p1-e^{-2p}\approx 2p (développement limité !), donc le quotient →2\to2 ✓.

👉 C'est un joli recoupement avec le chapitre Développements limités : e−2p≈1−2pe^{-2p}\approx1-2p près de 00.

L'erreur classique

⚠️ Confondre retard et amortissement. Un retard donne un facteur e−τpe^{-\tau p} ; un amortissement donne une substitution p↦p+ap\mapsto p+a. Les deux font apparaître une exponentielle, mais à des places opposées — devant la fraction dans un cas, dans la variable dans l'autre.

Le tableau du pas 2 fixe la distinction.

⚠️ Oublier le u(t−τ)u(t-\tau) et croire que L{f(t−τ)}=e−τpF(p)\mathcal{L}\{f(t-\tau)\}=e^{-\tau p}F(p) tout court. Le théorème décrit un signal nul avant τ\tau — c'est une hypothèse, pas une décoration.

⚠️ Écrire la porte comme u(t)+u(t−2)u(t)+u(t-2). C'est une différence : le second échelon doit éteindre le premier, donc il se soustrait.

⚠️ Factoriser en 1p(1−e−2p)\frac1p(1-e^{-2p}) puis « simplifier » 1−e−2p1-e^{-2p}. Il n'y a rien à simplifier : ce n'est pas un produit.

À retenir

Retard →\to facteur e−τpe^{-\tau p} ; amortissement →\to substitution p↦p+ap\mapsto p+a. Deux règles symétriques, à ne jamais échanger.

Et retiens le procédé de construction : toute impulsion rectangulaire de durée finie est une différence d'échelons décalés. C'est ainsi qu'on transforme les signaux en escalier, qui sont partout en électronique et en automatique.

Réponse. L{u(t−2)}=e−2pp\mathcal{L}\{u(t-2)\}=\dfrac{e^{-2p}}p ; L{g}=1−e−2pp\mathcal{L}\{g\}=\dfrac{1-e^{-2p}}p. (Recoupement : un retard τ\tau ⟹\Longrightarrow facteur e−τpe^{-\tau p} ✓)
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Multiplication par t

CalculDifficulté 3/5

À l'aide de L{t f(t)}=−F′(p)\mathcal{L}\{t\,f(t)\}=-F'(p), calculer L{t e−at}\mathcal{L}\{t\,e^{-at}\}.

Indices (3)

Ici f(t)=e−atf(t)=e^{-at}, donc F(p)=1p+aF(p)=\dfrac1{p+a}.

Dériver FF par rapport à pp : F′(p)=−1(p+a)2F'(p)=-\dfrac1{(p+a)^2}.

Appliquer −F′(p)-F'(p).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Multiplier par tt dans le temps revient à dériver dans le domaine de pp, au signe près.

C'est une règle d'échange de plus entre les deux mondes — et elle donne ici en trois lignes une ligne de table qu'on obtiendrait sinon par intégration par parties.

Rappel de cours

Multiplication par tt

L{t f(t)}=−F′(p)\mathcal{L}\{t\,f(t)\}=-F'(p)
La dérivation porte sur la variable pp, et le signe moins fait partie de la formule.

👉 D'où vient le signe moins : dérive la définition par rapport à pp.

F′(p)=ddp∫0+∞f(t)e−pt dt=∫0+∞f(t)×(−t)e−pt⏟∂pe−pt dt=−L{tf}F'(p)=\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}p}\int_0^{+\infty}f(t)e^{-pt}\,\mathrm{d}t=\int_0^{+\infty}f(t)\times\underbrace{(-t)e^{-pt}}_{\partial_p e^{-pt}}\,\mathrm{d}t=-\mathcal{L}\{tf\}
Le −t-t vient de la dérivée de e−pte^{-pt} par rapport à pp. Le signe n'est donc pas une convention : il est produit par le calcul.

ℹ️ Et le tableau des correspondances s'enrichit : dériver en tt multiplie par pp ; multiplier par tt dérive en pp (au signe près). Les deux mondes s'échangent les rôles.

Transformée de base
F(p)=L{e−at}=1p+a=(p+a)−1F(p)=\mathcal{L}\{e^{-at}\}=\frac1{p+a}=(p+a)^{-1}

L'écriture en puissance négative rend la dérivation immédiate.

Dériver par rapport à p
F′(p)=−1×(p+a)−2×1⏟(p+a)′=−1(p+a)2F'(p)=-1\times(p+a)^{-2}\times\underbrace{1}_{(p+a)'}=-\frac1{(p+a)^2}

(règle (un)′=n u′ un−1(u^n)'=n\,u'\,u^{n-1} avec n=−1n=-1 et u=p+au=p+a, donc u′=1u'=1)

Conclure
L{t e−at}=−F′(p)=−(−1(p+a)2)=1(p+a)2\boxed{\mathcal{L}\{t\,e^{-at}\}=-F'(p)=-\left(-\frac1{(p+a)^2}\right)=\frac1{(p+a)^2}}
Contrôle — par une seconde voie

Par l'amortissement. On sait que L{t}=1p2\mathcal{L}\{t\}=\frac1{p^2} (A2). Le théorème de l'amortissement (B2) appliqué à f(t)=tf(t)=t donne directement

L{e−at t}=F(p+a)=1(p+a)2\mathcal{L}\{e^{-at}\,t\}=F(p+a)=\frac{1}{(p+a)^2}

✓

Deux théorèmes différents, un seul résultat. C'est le meilleur contrôle possible : les deux chemins ne partagent aucune étape.

Par le signe : t e−att\,e^{-at} est positif pour t>0t>0, donc sa transformée doit l'être. 1(p+a)2>0\frac1{(p+a)^2}>0 ✓ — un carré au dénominateur.

Par la valeur initiale : p×1(p+a)2→0p\times\frac{1}{(p+a)^2}\to0, et 0×e0=00\times e^0=0 ✓.

Vérification numérique (a=3a=3, p=1p=1) : la formule donne 116=0,0625\frac{1}{16}=0{,}0625, et le calcul direct de ∫0+∞t e−4tdt\int_0^{+\infty}t\,e^{-4t}\mathrm{d}t donne 116\frac{1}{16} ✓.

L'erreur classique

⚠️ Oublier le signe moins de la formule et répondre −1(p+a)2-\frac1{(p+a)^2}.

Le signal te−atte^{-at} est positif pour t>0t>0, donc sa transformée ne peut pas être négative : le contrôle de signe suffit à écarter cette réponse, sans refaire le calcul.

⚠️ Dériver par rapport à tt au lieu de pp. La variable de FF est pp ; tt a disparu à la transformation — il n'y a plus rien à dériver en tt.

⚠️ Se tromper de puissance en dérivant : (p+a)−1(p+a)^{-1} donne −(p+a)−2-(p+a)^{-2}, donc un carré au dénominateur. Écrire (p+a)−1(p+a)^{-1} ou (p+a)−3(p+a)^{-3} est l'erreur classique de la règle des puissances négatives.

⚠️ Appliquer la formule à t2ft^2 f en une seule fois. Il faut dériver deux fois : L{t2f}=F′′(p)\mathcal{L}\{t^2f\}=F''(p) — et cette fois le signe est ++, les deux moins se compensant.

À retenir
L{t f}=−F′(p)\mathcal{L}\{t\,f\}=-F'(p)

Multiplier par tt ↔\leftrightarrow dériver en pp. Et plus généralement L{tnf}=(−1)nF(n)(p)\mathcal{L}\{t^n f\}=(-1)^nF^{(n)}(p) — le signe alterne.

Et retiens le principe de méthode : quand deux théorèmes mènent au même résultat, sers-t'en. C'est un contrôle gratuit, et sur ce chapitre les théorèmes se recoupent constamment.

Réponse. L{t e−at}=1(p+a)2\mathcal{L}\{t\,e^{-at}\}=\dfrac1{(p+a)^2}. (Recoupement : aussi obtenu par amortissement de L{t}=1/p2\mathcal{L}\{t\}=1/p^2, soit 1/(p+a)21/(p+a)^2 ✓)
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Théorème de l'intégration

ApplicationDifficulté 3/5

Sachant L{∫0tf}=F(p)p\mathcal{L}\Big\{\displaystyle\int_0^t f\Big\}=\dfrac{F(p)}{p}, retrouver L{t}\mathcal{L}\{t\} à partir de L{u}=1p\mathcal{L}\{u\}=\dfrac1p (car ∫0tu dτ=t\displaystyle\int_0^t u\,d\tau=t), puis calculer L{∫0te−3τ dτ}\mathcal{L}\Big\{\displaystyle\int_0^t e^{-3\tau}\,d\tau\Big\}.

Indices (3)

∫0t1 dτ=t\displaystyle\int_0^t 1\,d\tau=t : diviser L{u}\mathcal{L}\{u\} par pp.

Pour la seconde, f=e−3tf=e^{-3t} donc F=1p+3F=\dfrac1{p+3}.

Diviser par pp.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le pendant du théorème de dérivation : intégrer dans le temps revient à diviser par pp.

Cohérent avec le reste — dériver multiplie par pp (aux conditions initiales près), intégrer divise. C'est ce qui rend le domaine de Laplace si commode : les opérations d'analyse deviennent algébriques.

Rappel de cours

Théorème de l'intégration

L{∫0tf(τ) dτ}=F(p)p\mathcal{L}\left\{\int_0^t f(\tau)\,\mathrm{d}\tau\right\}=\frac{F(p)}{p}

⚠️ Pas de terme correctif ici, contrairement à la dérivation. C'est logique : l'intégrale part de 00, donc sa valeur initiale est nulle — il n'y a aucune condition initiale à faire entrer.

👉 Le tableau complet des correspondances, qui est tout le chapitre en quatre lignes :

dans le temps dans le domaine de pp
f′f' pF−f(0+)pF-f(0^+)
∫0tf\int_0^t f Fp\dfrac Fp
e−atfe^{-at}f F(p+a)F(p+a)
t ft\,f −F′(p)-F'(p)

Les deux premières lignes sont inverses l'une de l'autre — comme dérivation et intégration le sont dans le monde des tt.

Retrouver la rampe

∫0t1 dτ=[τ]0t=t\displaystyle\int_0^t 1\,\mathrm{d}\tau=\big[\tau\big]_0^t=t, donc la rampe est l'intégrale de l'échelon.

Le théorème donne alors L{t}\mathcal{L}\{t\} en divisant L{u}\mathcal{L}\{u\} par pp :

L{t}=L{u}p=1/pp=1p2\boxed{\mathcal{L}\{t\}=\frac{\mathcal{L}\{u\}}{p}=\frac{1/p}{p}=\frac1{p^2}}

✓ C'est bien le résultat de l'exercice A2, obtenu là-bas par une intégration par parties. Le théorème remplace ici tout un calcul.

Seconde intégrale

Avec f(t)=e−3tf(t)=e^{-3t}, donc F(p)=1p+3F(p)=\dfrac1{p+3} (exercice A3) :

L{∫0te−3τ dτ}=1p×1p+3=1p(p+3)\mathcal{L}\left\{\int_0^t e^{-3\tau}\,\mathrm{d}\tau\right\}=\frac1p\times\frac1{p+3}=\frac1{p(p+3)}
Contrôle par le calcul direct

On calcule d'abord l'intégrale, puis on transforme — chemin totalement indépendant.

∫0te−3τ dτ=[−13e−3τ]0t=−13e−3t+13=13(1−e−3t)\int_0^t e^{-3\tau}\,\mathrm{d}\tau=\left[-\frac13e^{-3\tau}\right]_0^t=-\frac13e^{-3t}+\frac13=\frac13\big(1-e^{-3t}\big)

Puis, par linéarité et la table :

L{13(1−e−3t)}=13(1p−1p+3)=13×(p+3)−pp(p+3)=13×3p(p+3)=1p(p+3)\mathcal{L}\left\{\tfrac13(1-e^{-3t})\right\}=\frac13\left(\frac1p-\frac1{p+3}\right)=\frac13\times\frac{(p+3)-p}{p(p+3)}=\frac13\times\frac{3}{p(p+3)}=\frac1{p(p+3)}

✓ Même résultat, aucune étape partagée.

Contrôle des pôles : 1p(p+3)\frac{1}{p(p+3)} a un pôle en 00 et un en −3-3. Cohérent avec la forme 13(1−e−3t)\frac13(1-e^{-3t}), qui contient une constante (pôle en 00) et une exponentielle en e−3te^{-3t} (pôle en −3-3) ✓.

L'erreur classique

⚠️ Multiplier par pp au lieu de diviser, par confusion avec le théorème de dérivation.

Le repère physique : intégrer LISSE le signal, donc atténue les variations rapides — la transformée doit donc décroître plus vite en pp, ce que fait une division. Dériver, au contraire, accentue les variations rapides et multiplie par pp.

⚠️ Ajouter un terme de condition initiale. Il n'y en a pas ici, et le pas 2 dit pourquoi.

⚠️ Confondre la variable d'intégration et la borne. Dans ∫0tf(τ)dτ\int_0^t f(\tau)\mathrm{d}\tau, le τ\tau est muet et le tt est la variable du résultat. Écrire ∫0tf(t)dt\int_0^t f(t)\mathrm{d}t n'a pas de sens.

⚠️ Développer 1p(p+3)\frac{1}{p(p+3)} en éléments simples sans qu'on le demande. C'est ce qu'on fera pour revenir en arrière (lot C), pas ici.

À retenir

Dériver →\to multiplier par pp (moins la condition initiale) ; intégrer →\to diviser par pp.

Ces deux règles sont ce qui transforme une équation différentielle en équation algébrique — et le tableau du pas 2 les réunit avec les deux autres. Si tu ne retiens qu'une chose du chapitre, retiens ce tableau.

Réponse. L{t}=1p2\mathcal{L}\{t\}=\dfrac1{p^2} ; L{∫0te−3τdτ}=1p(p+3)\mathcal{L}\Big\{\int_0^t e^{-3\tau}d\tau\Big\}=\dfrac1{p(p+3)}. (Recoupement : ∫0te−3τdτ=13(1−e−3t)\int_0^t e^{-3\tau}d\tau=\tfrac13(1-e^{-3t}), de transformée 13(1p−1p+3)=1p(p+3)\tfrac13(\tfrac1p-\tfrac1{p+3})=\tfrac1{p(p+3)} ✓)
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Amortissement d'un sinus

CalculDifficulté 3/5

Calculer L{e−tsin⁡(2t)}\mathcal{L}\{e^{-t}\sin(2t)\} par le théorème de l'amortissement, et vérifier la cohérence avec la table.

Indices (3)

f(t)=sin⁡2tf(t)=\sin2t, F(p)=2p2+4F(p)=\dfrac{2}{p^2+4}, a=1a=1.

Remplacer pp par p+1p+1.

Comparer à la ligne e−atsin⁡ωte^{-at}\sin\omega t avec a=1, ω=2a=1,\ \omega=2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Application directe de l'amortissement, sur un sinus cette fois — et l'exercice demande explicitement de vérifier la cohérence avec la table.

C'est le bon réflexe : la table contient une ligne e−atsin⁡ωte^{-at}\sin\omega t, et retrouver cette ligne par le théorème confirme les deux d'un coup.

Rappel de cours

Amortissement, et la ligne correspondante

L{e−atf(t)}=F(p+a)\mathcal{L}\{e^{-at}f(t)\}=F(p+a)
⟹L{e−atsin⁡ωt}=ω(p+a)2+ω2L{e−atcos⁡ωt}=p+a(p+a)2+ω2\Longrightarrow\qquad \mathcal{L}\{e^{-at}\sin\omega t\}=\frac{\omega}{(p+a)^2+\omega^2}\qquad \mathcal{L}\{e^{-at}\cos\omega t\}=\frac{p+a}{(p+a)^2+\omega^2}

👉 Compare les deux lignes : le dénominateur est le même, et c'est le numérateur qui distingue — ω\omega pour le sinus (constante, elle ne bouge pas), p+ap+a pour le cosinus (il se translate). C'est exactement la distinction du A4, transportée par le théorème.

Transformée de base
F(p)=L{sin⁡2t}=2p2+4F(p)=\mathcal{L}\{\sin 2t\}=\frac{2}{p^2+4}

Note : le numérateur ne contient pas de pp — c'est la constante ω=2\omega=2.

Translater

On substitue p↦p+1p\mapsto p+1 partout où il y a un pp. Ici il n'y en a qu'au dénominateur :

L{e−tsin⁡2t}=F(p+1)=2(p+1)2+4\boxed{\mathcal{L}\{e^{-t}\sin 2t\}=F(p+1)=\frac{2}{(p+1)^2+4}}

Le 22 du numérateur est une constante : il reste 22.

Vérifier avec la table

La ligne générale donne

L{e−atsin⁡ωt}=ω(p+a)2+ω2\mathcal{L}\{e^{-at}\sin\omega t\}=\frac{\omega}{(p+a)^2+\omega^2}

avec a=1a=1 et ω=2\omega=2, soit 2(p+1)2+4\dfrac{2}{(p+1)^2+4} ✓.

Les deux voies coïncident — le théorème et la table disent la même chose, comme il se doit puisque la ligne de table a été obtenue par le théorème.

Contrôle

Par la valeur initiale : p×2(p+1)2+4→p→+∞0p\times\dfrac{2}{(p+1)^2+4}\xrightarrow[p\to+\infty]{}0 (le dénominateur est de degré 22, le numérateur de degré 11), et e0sin⁡0=1×0=0e^{0}\sin 0=1\times0=0 ✓.

Par les pôles : (p+1)2+4=0(p+1)^2+4=0 donne p=−1±2ip=-1\pm2i. Partie réelle −1-1 = l'amortissement e−te^{-t} ✓ ; partie imaginaire ±2\pm2 = la pulsation sin⁡2t\sin 2t ✓. Le pôle contient toute l'information du signal.

Par le signe en p=0p=0 : F(0)=21+4=25=0,4F(0)=\frac{2}{1+4}=\frac25=0{,}4. C'est ∫0+∞e−tsin⁡2t dt\int_0^{+\infty}e^{-t}\sin 2t\,\mathrm{d}t — une oscillation amortie qui commence par une arche positive, donc une aire positive ✓.

L'erreur classique

⚠️ Translater aussi le numérateur et écrire p+1(p+1)2+4\frac{p+1}{(p+1)^2+4}. Ici il n'y a pas de pp au numérateur — c'est un ω\omega constant, il ne bouge pas.

👉 C'est la différence exacte avec l'exercice B2, où le numérateur pp du cosinus se translatait. La règle est unique (« substituer partout ») ; ce qui change est ce qu'il y a à substituer.

⚠️ Et note que la version fautive n'est pas absurde : c'est la transformée de e−tcos⁡2te^{-t}\cos 2t. Une erreur qui produit un résultat parfaitement licite — donc invisible sans contrôle. Le test de la valeur initiale la tue : elle donnerait 11 au lieu de 00.

⚠️ Écrire (p+1)2+2(p+1)^2+2 au lieu de +4+4 : le dénominateur porte ω2\omega^2, pas ω\omega.

⚠️ Développer (p+1)2+4(p+1)^2+4 en p2+2p+5p^2+2p+5. On perd la lecture directe du pôle et de la ligne de table.

À retenir

La substitution p↦p+ap\mapsto p+a porte sur toute l'expression — ce qui, en pratique, ne change le numérateur que s'il contient un pp.

  • Sinus : rien ne bouge en haut (ω\omega est constant).
  • Cosinus : le pp devient p+ap+a.

Et retiens la lecture du pôle −a±iω-a\pm i\omega : partie réelle = amortissement, partie imaginaire = pulsation. C'est le contrôle le plus rapide et le plus parlant du chapitre.

Réponse. L{e−tsin⁡2t}=2(p+1)2+4\mathcal{L}\{e^{-t}\sin2t\}=\dfrac2{(p+1)^2+4}. (Recoupement : ligne e−atsin⁡ωt=ω(p+a)2+ω2e^{-at}\sin\omega t=\tfrac{\omega}{(p+a)^2+\omega^2}, a=1,ω=2a=1,\omega=2 ✓)
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Inverse par lecture de table

ApplicationDifficulté 3/5

Déterminer L−1\mathcal{L}^{-1} de : (a) 5p+3\dfrac5{p+3} ; (b) 4p2+4\dfrac4{p^2+4} ; (c) pp2+9\dfrac{p}{p^2+9}.

Indices (3)

(a) ligne e−ate^{-at} avec a=3a=3, coefficient 55.

(b) ligne sin⁡ωt=ωp2+ω2\sin\omega t=\tfrac{\omega}{p^2+\omega^2} : ici ω=2\omega=2, et 4p2+4=2⋅2p2+4\tfrac4{p^2+4}=2\cdot\tfrac2{p^2+4}.

(c) ligne cos⁡ωt\cos\omega t avec ω=3\omega=3.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Inverser, c'est lire la table à l'envers : on part de F(p)F(p) et on cherche quel signal la produit.

La difficulté n'est jamais la lecture elle-même, mais l'ajustement du numérateur : la table impose une forme exacte, et il faut souvent sortir un coefficient pour l'y ramener.

Pourquoi l'inversion est légitime

Une question qu'on se pose rarement, et qui vaut la peine : comment sait-on qu'il n'y a qu'un seul signal dont la transformée soit F(p)F(p) ?

Parce que la transformation de Laplace est injective sur les signaux causaux continus : deux signaux différents ne peuvent pas avoir la même transformée. C'est ce qui donne un sens à la notation L−1\mathcal{L}^{-1}, et ce qui autorise à répondre « le » signal plutôt que « un » signal.

👉 Conséquence pratique : si tu reconnais une ligne de table, tu as la réponse — inutile de chercher s'il y en aurait d'autres.

⚠️ Et la conséquence méthodologique est celle du chapitre entier : il n'y a pas de formule d'inversion à apprendre. On inverse en reconnaissant, donc en ramenant l'expression à une forme connue. Tout le travail est là.

Rappel de cours

Les trois lignes employées

1p+a→e−atωp2+ω2→sin⁡ωtpp2+ω2→cos⁡ωt\frac{1}{p+a}\to e^{-at}\qquad \frac{\omega}{p^2+\omega^2}\to\sin\omega t\qquad \frac{p}{p^2+\omega^2}\to\cos\omega t

⚠️ Pour le sinus, le numérateur doit être exactement ω\omega — celui-là même qui apparaît, au carré, dans p2+ω2p^2+\omega^2. C'est le point qui piège.

(a) Exponentielle

5p+3=5×1p+3\dfrac{5}{p+3}=5\times\dfrac{1}{p+3}, et la table donne 1p+3→e−3t\dfrac{1}{p+3}\to e^{-3t} (avec a=3a=3).

Par linéarité, le coefficient 55 passe :

L−1{5p+3}=5 e−3t\boxed{\mathcal{L}^{-1}\left\{\frac{5}{p+3}\right\}=5\,e^{-3t}}

⚠️ Le pôle est en p=−3p=-3, et l'exponentielle est e−3te^{-3t} : le signe s'inverse entre le pôle et l'exposant.

(b) Sinus — ajuster le numérateur

Le dénominateur p2+4p^2+4 impose ω2=4\omega^2=4, donc ω=2\omega=2.

La table demande donc un 22 au numérateur, or on a un 44. On le fait apparaître :

4p2+4=2×2p2+4=2×2p2+4⏟→ sin⁡2t\frac{4}{p^2+4}=\frac{2\times 2}{p^2+4}=2\times\underbrace{\frac{2}{p^2+4}}_{\to\,\sin 2t}
L−1{4p2+4}=2sin⁡(2t)\boxed{\mathcal{L}^{-1}\left\{\frac{4}{p^2+4}\right\}=2\sin(2t)}

👉 Le coefficient de la réponse est 22, pas 44 : le 44 contenait déjà le ω=2\omega=2 de la table.

(c) Cosinus

pp2+9\dfrac{p}{p^2+9} est exactement la ligne du cosinus, avec ω2=9\omega^2=9 donc ω=3\omega=3. Aucun ajustement :

L−1{pp2+9}=cos⁡(3t)\boxed{\mathcal{L}^{-1}\left\{\frac{p}{p^2+9}\right\}=\cos(3t)}
Contrôle

Retransforme chaque réponse — c'est le contrôle universel de l'inversion, et il boucle sur le point de départ.

réponse sa transformée égale à FF ?
5e−3t5e^{-3t} 5×1p+3=5p+35\times\frac{1}{p+3}=\frac{5}{p+3} ✓
2sin⁡2t2\sin 2t 2×2p2+4=4p2+42\times\frac{2}{p^2+4}=\frac{4}{p^2+4} ✓
cos⁡3t\cos 3t pp2+9\frac{p}{p^2+9} ✓

Par la valeur initiale, pour (b) et (c) : p×4p2+4→0p\times\frac{4}{p^2+4}\to0 et 2sin⁡0=02\sin 0=0 ✓ ; p×pp2+9→1p\times\frac{p}{p^2+9}\to1 et cos⁡0=1\cos 0=1 ✓.

L'erreur classique

⚠️ Répondre 4sin⁡(2t)4\sin(2t) au (b), en prenant le numérateur pour le coefficient. Il faut d'abord reconstituer le ω\omega de la table : 4=2×24=2\times2, donc le coefficient est 22.

Le contrôle par retransformation le refuse : L{4sin⁡2t}=8p2+4≠4p2+4\mathcal{L}\{4\sin 2t\}=\frac{8}{p^2+4}\neq\frac{4}{p^2+4}.

⚠️ Lire ω\omega au lieu de ω2\omega^2 dans le dénominateur : p2+9p^2+9 donne ω=3\omega=3, pas 99.

⚠️ Confondre sinus et cosinus — la distinction est au numérateur : une constante donne un sinus, un pp donne un cosinus (A4).

⚠️ Écrire e3te^{3t} au lieu de e−3te^{-3t} au (a). Le pôle −3-3 donne l'exponentielle e−3te^{-3t} : un pôle à gauche correspond à un signal qui décroît.

À retenir

Inverser = ramener à la forme exacte de la table, en sortant les coefficients — jamais en recopiant le numérateur tel quel.

Et le contrôle est toujours disponible et sans excuse : retransformer la réponse doit redonner F(p)F(p). Trois secondes, et l'ajustement du numérateur est certifié.

Réponse. (a) 5e−3t5e^{-3t} ; (b) 2sin⁡2t2\sin2t ; (c) cos⁡3t\cos3t. (Recoupement : ajuster le numérateur pour faire apparaître ω\omega exactement, ici 4=2×24=2\times2 ✓)
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Inverse par éléments simples (pôles réels)

DémonstrationDifficulté 3/5

Déterminer L−1{1p(p+1)}\mathcal{L}^{-1}\Big\{\dfrac1{p(p+1)}\Big\} en décomposant d'abord en éléments simples.

Indices (3)

Écrire 1p(p+1)=Ap+Bp+1\dfrac1{p(p+1)}=\dfrac Ap+\dfrac B{p+1}.

Identifier : A=1A=1, B=−1B=-1.

Lire la table : 1p→u\tfrac1p\to u, 1p+1→e−t\tfrac1{p+1}\to e^{-t}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

1p(p+1)\dfrac{1}{p(p+1)} n'est dans aucune table : il faut d'abord la casser en morceaux qui, eux, y sont.

C'est la décomposition en éléments simples du chapitre Fractions rationnelles, réemployée telle quelle. Chaque pôle donnera une brique élémentaire, et chaque brique un terme du signal.

Rappel de cours

Décomposition en éléments simples

1p(p+1)=Ap+Bp+1\frac{1}{p(p+1)}=\frac{A}{p}+\frac{B}{p+1}
Un pôle simple ⇒\Rightarrow un terme, de dénominateur ce pôle.

La méthode du cache Pour obtenir AA, on masque le facteur pp dans la fraction d'origine et on évalue le reste en p=0p=0 (la valeur qui annule le facteur masqué).

👉 Pourquoi ça marche : multiplie l'identité par pp, ce qui donne

1p+1=A+Bpp+1\frac{1}{p+1}=A+\frac{Bp}{p+1}
puis fais p=0p=0 : le second terme s'annule, et il reste A=10+1=1A=\frac{1}{0+1}=1. Le « cache » n'est que cette manipulation, faite mentalement.

Décomposer

Pour AA : on masque pp, il reste 1p+1\frac{1}{p+1}, qu'on évalue en p=0p=0 :

A=10+1=1A=\frac{1}{0+1}=1

Pour BB : on masque p+1p+1, il reste 1p\frac{1}{p}, qu'on évalue en p=−1p=-1 :

B=1−1=−1B=\frac{1}{-1}=-1

1p(p+1)=1p−1p+1\frac{1}{p(p+1)}=\frac1p-\frac1{p+1}

Contrôle immédiat : recombinons. 1p−1p+1=(p+1)−pp(p+1)=1p(p+1)\frac1p-\frac1{p+1}=\frac{(p+1)-p}{p(p+1)}=\frac{1}{p(p+1)} ✓.

Inverser chaque morceau

1p→u(t)\dfrac1p\to u(t), c'est-à-dire 11 pour t≥0t\geq0 ; 1p+1→e−t\dfrac1{p+1}\to e^{-t}.

f(t)=1−e−t(t≥0)\boxed{f(t)=1-e^{-t}\qquad(t\geq0)}

C'est le signal classique de la charge d'un condensateur : il part de 00 et monte vers 11 en s'y collant exponentiellement.

Deux contrôles aux deux bouts

Théorème de la valeur initiale : f(0+)=lim⁡p→+∞p F(p)f(0^+)=\lim_{p\to+\infty}p\,F(p) Théorème de la valeur finale : lim⁡t→+∞f(t)=lim⁡p→0p F(p)\lim_{t\to+\infty}f(t)=\lim_{p\to0}p\,F(p)

En 00 : p F(p)=1p+1→p→+∞0p\,F(p)=\dfrac{1}{p+1}\xrightarrow[p\to+\infty]{}0, et f(0)=1−e0=1−1=0f(0)=1-e^{0}=1-1=0 ✓.

En +∞+\infty : p F(p)=1p+1→p→01p\,F(p)=\dfrac{1}{p+1}\xrightarrow[p\to0]{}1, et f(t)=1−e−t→1f(t)=1-e^{-t}\to1 ✓.

👉 Ces deux théorèmes testent le signal aux deux bouts SANS l'avoir calculé. C'est le contrôle le plus rentable du chapitre : il valide une inversion en dix secondes, et il discrimine — une erreur de signe ou de coefficient les fait échouer.

⚠️ La valeur finale n'est valable que si le signal converge (tous les pôles de FF à partie réelle <0<0, sauf un éventuel pôle simple en 00 — autrement dit, les pôles de pFpF à partie réelle strictement négative, D4). Ici c'est le cas.

L'erreur classique

⚠️ Inverser terme à terme sans décomposer, en écrivant quelque chose comme u(t)×e−tu(t)\times e^{-t}. L'inverse d'un produit de transformées n'est pas le produit des signaux — c'est leur convolution (exercice D5).

C'est l'erreur de fond de tout le chapitre : la transformation est linéaire, elle n'est pas multiplicative.

⚠️ Se tromper de signe sur BB : le cache en p=−1p=-1 donne 1−1=−1\frac{1}{-1}=-1. On trouverait 1+e−t1+e^{-t}, que la valeur initiale refuse (f(0)=2≠0f(0)=2\neq0).

⚠️ Évaluer le cache au mauvais point. Pour le facteur p+1p+1, la valeur qui l'annule est p=−1p=-1, pas +1+1.

⚠️ Oublier que 1p\frac1p donne l'échelon et non 00. L−1{1p}=u(t)=1\mathcal{L}^{-1}\{\frac1p\}=u(t)=1 pour t≥0t\geq0.

À retenir

Inversion d'une fraction rationnelle : décomposer d'abord, lire la table ensuite. Jamais l'inverse.

Et les théorèmes des valeurs initiale et finale donnent deux contrôles gratuits — ils testent le signal aux deux bouts sans le calculer. Prends l'habitude de les appliquer à chaque inversion — la valeur finale seulement si les pôles de pFpF sont à partie réelle strictement négative (D4).

Réponse. L−1{1p(p+1)}=1−e−t\mathcal{L}^{-1}\Big\{\dfrac1{p(p+1)}\Big\}=1-e^{-t}. (Recoupement : à t=0t=0, 1−1=01-1=0 ✓ ; quand t→+∞t\to+\infty, tend vers 1=lim⁡p→0pF1=\lim_{p\to0}pF ✓)
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Inverse, deux pôles réels distincts

CalculDifficulté 3/5

Déterminer L−1{p+3(p+1)(p+2)}\mathcal{L}^{-1}\Big\{\dfrac{p+3}{(p+1)(p+2)}\Big\}.

Indices (3)

p+3(p+1)(p+2)=Ap+1+Bp+2\dfrac{p+3}{(p+1)(p+2)}=\dfrac A{p+1}+\dfrac B{p+2}.

Méthode du cache : A=−1+3−1+2=2A=\dfrac{-1+3}{-1+2}=2, B=−2+3−2+1=−1B=\dfrac{-2+3}{-2+1}=-1.

Lire la table.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux pôles réels distincts, donc deux exponentielles. La méthode du cache donne les coefficients sans poser de système.

C'est la situation la plus fréquente en pratique : un système du second ordre suramorti se ramène toujours à cette forme.

Rappel de cours

Méthode du cache (pôles simples) Pour N(p)(p−p1)(p−p2)=Ap−p1+Bp−p2\dfrac{N(p)}{(p-p_1)(p-p_2)}=\dfrac{A}{p-p_1}+\dfrac{B}{p-p_2} :

A=[N(p)p−p2]p=p1B=[N(p)p−p1]p=p2A=\left[\frac{N(p)}{p-p_2}\right]_{p=p_1}\qquad B=\left[\frac{N(p)}{p-p_1}\right]_{p=p_2}
On masque le facteur correspondant et on évalue le reste au pôle.

⚠️ Attention au signe du pôle : le facteur p+1p+1 s'annule en p=−1p=-1. C'est cette valeur −1-1 qu'on utilise, pas +1+1. C'est là que se perdent la plupart des points.

Calculer A et B

AA — coefficient de 1p+1\frac{1}{p+1}, donc on masque p+1p+1 et on évalue en p=−1p=-1 :

A=[p+3p+2]p=−1=−1+3−1+2=21=2A=\left[\frac{p+3}{p+2}\right]_{p=-1}=\frac{-1+3}{-1+2}=\frac{2}{1}=2

BB — coefficient de 1p+2\frac{1}{p+2}, donc on masque p+2p+2 et on évalue en p=−2p=-2 :

B=[p+3p+1]p=−2=−2+3−2+1=1−1=−1B=\left[\frac{p+3}{p+1}\right]_{p=-2}=\frac{-2+3}{-2+1}=\frac{1}{-1}=-1
Écrire et inverser
p+3(p+1)(p+2)=2p+1−1p+2\frac{p+3}{(p+1)(p+2)}=\frac{2}{p+1}-\frac{1}{p+2}

Chaque terme est une ligne de table (1p+a→e−at\frac{1}{p+a}\to e^{-at}) :

f(t)=2e−t−e−2t\boxed{f(t)=2e^{-t}-e^{-2t}}
Contrôle

Par recombinaison — on refait le chemin en sens inverse :

2p+1−1p+2=2(p+2)−(p+1)(p+1)(p+2)=2p+4−p−1(p+1)(p+2)=p+3(p+1)(p+2)\frac{2}{p+1}-\frac{1}{p+2}=\frac{2(p+2)-(p+1)}{(p+1)(p+2)}=\frac{2p+4-p-1}{(p+1)(p+2)}=\frac{p+3}{(p+1)(p+2)}

✓

Par la valeur initiale : f(0)=2−1=1f(0)=2-1=1. Et lim⁡p→+∞pF(p)\lim_{p\to+\infty}pF(p) : le numérateur p(p+3)p(p+3) est de degré 22, le dénominateur aussi, donc la limite est le rapport des coefficients dominants, soit 11 ✓.

Par la valeur finale : lim⁡p→0pF(p)=0\lim_{p\to0}pF(p)=0, et f(t)=2e−t−e−2t→0f(t)=2e^{-t}-e^{-2t}\to0 ✓ — les deux exponentielles s'éteignent.

Par le comportement : 2e−t2e^{-t} décroît moins vite que e−2te^{-2t}, donc pour tt grand le premier terme domine et f>0f>0. Vérifions : f(1)=2e−1−e−2≈0,736−0,135≈0,60>0f(1)=2e^{-1}-e^{-2}\approx0{,}736-0{,}135\approx0{,}60>0 ✓.

L'erreur classique

⚠️ Évaluer au mauvais pôle. Pour AA (le coefficient de 1p+1\frac{1}{p+1}), on évalue en p=−1p=-1 — la valeur qui annule p+1p+1. C'est le signe qui trompe : le pôle du facteur p+1p+1 est −1-1.

Si l'on évaluait en p=+1p=+1, on trouverait A=43A=\frac{4}{3}, et la recombinaison du pas 5 le refuserait.

⚠️ Oublier de masquer et évaluer la fraction entière au pôle — on diviserait par zéro. Le cache existe précisément pour éviter ça.

⚠️ Se tromper de facteur à masquer : pour AA on masque p+1p+1 (celui du dénominateur de AA), pas p+2p+2.

⚠️ Répondre 2e−t−e2t2e^{-t}-e^{2t}, en perdant le signe de l'exposant. Le pôle −2-2 donne e−2te^{-2t} ; e+2te^{+2t} diverge, ce qui est incompatible avec la valeur finale nulle.

À retenir

Pôles simples ⇒\Rightarrow méthode du cache, évaluée à la valeur qui annule le facteur masqué.

Et recombiner la décomposition est le contrôle le plus sûr : il refait le chemin en sens inverse, ne partage aucune étape avec le calcul des coefficients, et attrape aussi bien une erreur de signe qu'une erreur de valeur.

Réponse. f(t)=2e−t−e−2tf(t)=2e^{-t}-e^{-2t}. (Recoupement : à t=0t=0, 2−1=12-1=1, et le numérateur p+3p+3 a pour degré 1<21<2 donc f(0+)=lim⁡pF=1f(0^+)=\lim pF=1 ✓)
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Inverse avec pôle double

CalculDifficulté 3/5

Déterminer L−1{1p2(p+1)}\mathcal{L}^{-1}\Big\{\dfrac1{p^2(p+1)}\Big\}.

Indices (3)

1p2(p+1)=Ap+Bp2+Cp+1\dfrac1{p^2(p+1)}=\dfrac Ap+\dfrac B{p^2}+\dfrac C{p+1}.

On trouve A=−1A=-1, B=1B=1, C=1C=1.

1p2→t\tfrac1{p^2}\to t, 1p→1\tfrac1p\to1, 1p+1→e−t\tfrac1{p+1}\to e^{-t}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le pôle p=0p=0 est double (p2p^2 au dénominateur) : la décomposition demande deux termes pour lui, Ap\frac{A}{p} et Bp2\frac{B}{p^2}.

C'est la règle générale : un pôle de multiplicité nn produit nn termes, d'exposants 11 à nn. En oublier un rend la décomposition impossible dès que son coefficient n'est pas nul (c'est le cas ici) — aucun choix de coefficients ne recompose alors la fraction de départ.

Rappel de cours

Pôle multiple

1p2(p+1)=Ap+Bp2+Cp+1\frac{1}{p^2(p+1)}=\frac{A}{p}+\frac{B}{p^2}+\frac{C}{p+1}

Les inverses correspondants

1p→11p2→t1pn+1→tnn!1p+a→e−at\frac1p\to1\qquad \frac1{p^2}\to t\qquad \frac{1}{p^{n+1}}\to\frac{t^n}{n!}\qquad \frac1{p+a}\to e^{-at}

👉 Pourquoi nn termes : compte les degrés de liberté. Le dénominateur est de degré 33, donc le numérateur d'une fraction rationnelle propre a 33 coefficients à décrire. Avec seulement deux termes, on n'aurait que deux inconnues pour trois contraintes — le système serait insoluble.

Décomposer

BB et CC par le cache.

BB — coefficient de 1p2\frac{1}{p^2} : on masque p2p^2 et on évalue en p=0p=0.

B=[1p+1]p=0=11=1B=\left[\frac{1}{p+1}\right]_{p=0}=\frac{1}{1}=1

CC — on masque p+1p+1 et on évalue en p=−1p=-1.

C=[1p2]p=−1=11=1C=\left[\frac{1}{p^2}\right]_{p=-1}=\frac{1}{1}=1

AA ne s'obtient pas par le cache (le cache ne donne que le coefficient de plus haut exposant d'un pôle multiple). On évalue l'identité en un point quelconque, par exemple p=1p=1 :

11×2=A1+11+12⟹12=A+32⟹A=−1\frac{1}{1\times2}=\frac{A}{1}+\frac{1}{1}+\frac{1}{2}\quad\Longrightarrow\quad \frac12=A+\frac32\quad\Longrightarrow\quad A=-1
1p2(p+1)=−1p+1p2+1p+1\frac{1}{p^2(p+1)}=-\frac1p+\frac1{p^2}+\frac1{p+1}
Inverser
f(t)=−1+t+e−t=t−1+e−t\boxed{f(t)=-1+t+e^{-t}=t-1+e^{-t}}
Contrôle

Par recombinaison :

−1p+1p2+1p+1=−p(p+1)+(p+1)+p2p2(p+1)=−p2−p+p+1+p2p2(p+1)=1p2(p+1)-\frac1p+\frac1{p^2}+\frac1{p+1}=\frac{-p(p+1)+(p+1)+p^2}{p^2(p+1)}=\frac{-p^2-p+p+1+p^2}{p^2(p+1)}=\frac{1}{p^2(p+1)}

✓

Par la valeur initiale : f(0)=0−1+1=0f(0)=0-1+1=0 ✓, cohérent avec lim⁡p→+∞pF=lim⁡1p(p+1)=0\lim_{p\to+\infty}pF=\lim\frac{1}{p(p+1)}=0.

Par la DÉRIVÉE en 00 — un contrôle de plus, et il est instructif : f′(t)=1−e−tf'(t)=1-e^{-t}, donc f′(0)=1−1=0f'(0)=1-1=0. Le signal démarre donc à tangente horizontale.

👉 C'est ce que signale le comportement de FF en +∞+\infty (grand pp = petit tt, D4) : F∼1p3F\sim\frac{1}{p^3}, donc pF→0pF\to0 et p2F→0p^2F\to0, d'où f(0)=f′(0)=0f(0)=f'(0)=0 — le signal démarre « doublement plat ». Au C2, F∼1p2F\sim\frac{1}{p^2} donnait f′(0)=1≠0f'(0)=1\neq0. Le pôle double en 00, lui, gouverne l'autre bout : la rampe en +∞+\infty, ci-dessous.

Par le comportement en +∞+\infty : f(t)=t−1+e−t≈t−1f(t)=t-1+e^{-t}\approx t-1 pour tt grand — une rampe, cohérente avec le terme 1p2\frac{1}{p^2} de la décomposition ✓.

L'erreur classique

⚠️ N'écrire qu'un seul terme pour le pôle double, Ap2\frac{A}{p^2} seul. La décomposition devient alors impossible : aucun choix de coefficients ne recompose la fraction de départ, et le système d'identification est incompatible.

Le pas 2 explique pourquoi : il manque un degré de liberté.

⚠️ Confondre les inverses : 1p2→t\frac{1}{p^2}\to t et non t2t^2. La formule est L{tn}=n!pn+1\mathcal{L}\{t^n\}=\frac{n!}{p^{n+1}}, donc 1p2\frac{1}{p^2} correspond à n=1n=1 — l'exposant du dénominateur est n+1n+1.

⚠️ Chercher AA par le cache. Le cache sur p2p^2 ne donne que BB (le coefficient de plus haut exposant). Pour AA, il faut évaluer en un point, ou dériver, ou identifier.

⚠️ Se tromper de signe sur AA. On trouve A=−1A=-1 : le contrôle par recombinaison est indispensable ici, parce que rien d'autre ne le signale.

À retenir

Un pôle de multiplicité nn demande nn termes, d'exposants 11 à nn. L'oubli d'un terme rend la décomposition insoluble (sauf si son coefficient est nul) — c'est le premier symptôme à reconnaître.

Et 1pn+1→tnn!\dfrac{1}{p^{n+1}}\to\dfrac{t^n}{n!} : c'est la table des monômes (A6), lue à l'envers.

Réponse. f(t)=t−1+e−tf(t)=t-1+e^{-t}. (Recoupement : à t=0t=0, 0−1+1=00-1+1=0 ✓ ; dérivée en 00 : 1−1=01-1=0, cohérent avec F∼1p3F\sim\frac{1}{p^3} en +∞+\infty ✓)
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Inverse, dénominateur irréductible

DémonstrationDifficulté 3/5

Déterminer L−1{p+1p2+2p+5}\mathcal{L}^{-1}\Big\{\dfrac{p+1}{p^2+2p+5}\Big\} en complétant le carré au dénominateur.

Indices (3)

p2+2p+5=(p+1)2+4p^2+2p+5=(p+1)^2+4.

Le numérateur p+1p+1 est exactement le p+ap+a de la ligne e−atcos⁡ωte^{-at}\cos\omega t, avec a=1a=1, ω=2\omega=2.

Reconnaître directement la table.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le dénominateur p2+2p+5p^2+2p+5 a un discriminant négatif : il ne se factorise pas sur R\mathbb{R}, donc pas de décomposition en pôles réels.

On le met alors sous forme canonique (p+a)2+ω2(p+a)^2+\omega^2, qui est exactement la forme des lignes « sinusoïde amortie » de la table. Ici, en prime, le numérateur tombe juste.

Rappel de cours

Sinusoïdes amorties

p+a(p+a)2+ω2→e−atcos⁡ωtω(p+a)2+ω2→e−atsin⁡ωt\frac{p+a}{(p+a)^2+\omega^2}\to e^{-at}\cos\omega t\qquad\frac{\omega}{(p+a)^2+\omega^2}\to e^{-at}\sin\omega t

Forme canonique

p2+2ap+c=(p+a)2+(c−a2)p^2+2ap+c=(p+a)^2+(c-a^2)
On lit aa sur la moitié du coefficient de pp, puis on compense.

👉 Le réflexe de tri, devant un dénominateur du second degré :

  • Δ>0\Delta>0 ⇒\Rightarrow deux pôles réels ⇒\Rightarrow décomposition (C3) ;
  • Δ=0\Delta=0 ⇒\Rightarrow pôle double ⇒\Rightarrow décomposition avec deux termes (C4) ;
  • Δ<0\Delta<0 ⇒\Rightarrow pas de racine réelle ⇒\Rightarrow forme canonique et sinusoïde amortie.

Calculer Δ\Delta d'abord évite de s'acharner dans la mauvaise direction.

Forme canonique

Vérifions d'abord le discriminant : Δ=22−4×1×5=4−20=−16<0\Delta=2^2-4\times1\times5=4-20=-16<0 ✓ — pas de racine réelle, on est dans le troisième cas.

p2+2p+5=(p+1)2⏟= p2+2p+1−1+5=(p+1)2+4=(p+1)2+22p^2+2p+5=\underbrace{(p+1)^2}_{=\,p^2+2p+1}-1+5=(p+1)^2+4=(p+1)^2+2^2

Donc a=1a=1 et ω=2\omega=2.

⚠️ Le −1-1 compense le +1+1 que le carré a introduit. C'est l'étape où l'on se trompe : (p+1)2(p+1)^2 vaut p2+2p+1p^2+2p+\mathbf{1}, il faut donc ajouter 44 pour retrouver le 55.

Reconnaître

Le numérateur est p+1p+1, c'est-à-dire exactement p+ap+a avec a=1a=1 :

p+1(p+1)2+22\frac{p+1}{(p+1)^2+2^2}

C'est la ligne du cosinus amorti, sans aucun ajustement.

f(t)=e−tcos⁡(2t)\boxed{f(t)=e^{-t}\cos(2t)}
Contrôle — la lecture physique des pôles

Les pôles annulent (p+1)2+4(p+1)^2+4, soit (p+1)2=−4(p+1)^2=-4, donc p+1=±2ip+1=\pm2i :

p=−1±2ip=-1\pm 2i
ce qu'on lit sur le pôle ce qu'on retrouve dans le signal
partie réelle −1-1 l'amortissement e−te^{-t} ✓
partie imaginaire ±2\pm2 la pulsation cos⁡2t\cos 2t ✓
partie réelle négative le régime s'éteint ✓

👉 Le pôle contient tout le signal. C'est ce qui rend Laplace si utile en automatique : on lit la stabilité et la fréquence d'oscillation d'un système sans jamais calculer sa réponse temporelle.

Contrôles numériques : f(0)=e0cos⁡0=1f(0)=e^0\cos0=1, et lim⁡p→+∞pF=lim⁡p(p+1)p2+2p+5=1\lim_{p\to+\infty}pF=\lim\frac{p(p+1)}{p^2+2p+5}=1 ✓. Valeur finale : lim⁡p→0pF=0\lim_{p\to0}pF=0, et f(t)→0f(t)\to0 ✓.

L'erreur classique

⚠️ Chercher à factoriser un dénominateur de discriminant négatif. Δ=−16<0\Delta=-16<0 : il n'y a pas de racine réelle, et insister mène à une impasse. Le réflexe est de calculer Δ\Delta avant de choisir la méthode.

⚠️ Se tromper dans la complétion du carré : (p+1)2=p2+2p+1(p+1)^2=p^2+2p+1, il faut donc ajouter 4\mathbf{4} pour retrouver 55, pas 55. Écrire (p+1)2+5(p+1)^2+5 donnerait ω=5\omega=\sqrt5 et une réponse fausse.

⚠️ Prendre ω=4\omega=4 au lieu de 22. Le dénominateur porte ω2\omega^2 : (p+1)2+4(p+1)^2+4 donne ω=2\omega=2.

⚠️ Confondre avec le sinus parce qu'il y a un pp au numérateur. Un p+ap+a au numérateur ⇒\Rightarrow cosinus ; une constante ⇒\Rightarrow sinus. C'est la distinction du A4, transportée aux formes amorties.

À retenir

Calcule Δ\Delta d'abord. Discriminant négatif ⇒\Rightarrow forme canonique, jamais de factorisation forcée.

Et retiens la lecture physique des pôles : partie réelle = amortissement, partie imaginaire = pulsation. Un pôle à partie réelle négative signale un régime qui s'éteint ; positive, un régime qui diverge. C'est tout l'usage industriel de ce chapitre.

Réponse. f(t)=e−tcos⁡(2t)f(t)=e^{-t}\cos(2t). (Recoupement : c'est une sinusoïde amortie, pôles complexes −1±2i-1\pm2i à partie réelle −1<0-1<0 → régime amorti ✓)
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Inverse mixte (échelon + amortie)

CalculDifficulté 3/5

Déterminer L−1{1p((p+1)2+1)}\mathcal{L}^{-1}\Big\{\dfrac1{p\big((p+1)^2+1\big)}\Big\}.

Indices (3)

DES : 1p((p+1)2+1)=Ap+Bp+C(p+1)2+1\dfrac1{p((p+1)^2+1)}=\dfrac Ap+\dfrac{Bp+C}{(p+1)^2+1}.

On trouve A=12A=\tfrac12, et Bp+C(p+1)2+1=−12⋅p+2(p+1)2+1\dfrac{Bp+C}{(p+1)^2+1}=-\dfrac12\cdot\dfrac{p+2}{(p+1)^2+1}.

Écrire p+2=(p+1)+1p+2=(p+1)+1 pour séparer cos⁡\cos et sin⁡\sin amortis.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un pôle réel et une paire de pôles complexes : la décomposition mélange les deux formes du chapitre.

Et il y a une étape que rien n'annonce : une fois le terme complexe isolé, son numérateur p+2p+2 ne correspond à aucune ligne de table. Il faudra l'écrire (p+1)+1(p+1)+1 pour faire apparaître séparément le cosinus et le sinus amortis.

Rappel de cours

Deux briques, un seul dénominateur

p+a(p+a)2+ω2→e−atcos⁡ωtω(p+a)2+ω2→e−atsin⁡ωt\frac{p+a}{(p+a)^2+\omega^2}\to e^{-at}\cos\omega t\qquad\frac{\omega}{(p+a)^2+\omega^2}\to e^{-at}\sin\omega t

👉 Tout numérateur de degré 11 se répartit entre ces deux formes. C'est la clé de l'exercice : les lignes de table n'acceptent que p+ap+a (le même aa qu'au dénominateur) ou une constante. Tout autre numérateur doit être réécrit comme une combinaison des deux.

numeˊrateur=α (p+a)⏟→ cos⁡+β⏟→ sin⁡\text{numérateur} = \underbrace{\alpha\,(p+a)}_{\to\ \cos}+\underbrace{\beta}_{\to\ \sin}
Décomposer
1p((p+1)2+1)=Ap+Bp+C(p+1)2+1\frac{1}{p\big((p+1)^2+1\big)}=\frac{A}{p}+\frac{Bp+C}{(p+1)^2+1}

⚠️ Sur un facteur irréductible du second degré, le numérateur est de degré 11 — donc Bp+CBp+C, pas une simple constante.

Le cache donne AA : on masque pp et on évalue en p=0p=0 :

A=[1(p+1)2+1]p=0=11+1=12A=\left[\frac{1}{(p+1)^2+1}\right]_{p=0}=\frac{1}{1+1}=\frac12

En identifiant le reste, la partie complexe vaut

−12⋅p+2(p+1)2+1-\frac12\cdot\frac{p+2}{(p+1)^2+1}
Séparer cos et sin

Le numérateur p+2p+2 ne correspond à aucune ligne : la table veut p+1p+1 (le même aa que le dénominateur) ou une constante.

On l'écrit donc comme une somme des deux :

p+2=(p+1)+1p+2=(p+1)+1
p+2(p+1)2+1=p+1(p+1)2+1⏟→  e−tcos⁡t+1(p+1)2+1⏟→  e−tsin⁡t\frac{p+2}{(p+1)^2+1}=\underbrace{\frac{p+1}{(p+1)^2+1}}_{\to\;e^{-t}\cos t}+\underbrace{\frac{1}{(p+1)^2+1}}_{\to\;e^{-t}\sin t}

👉 Ici ω=1\omega=1, donc le numérateur du sinus est 11 — aucun ajustement à faire. Avec ω=3\omega=3, il aurait fallu écrire 13×3(p+1)2+9\frac{1}{3}\times\frac{3}{(p+1)^2+9}.

Conclure
f(t)=12−12e−tcos⁡t−12e−tsin⁡tf(t)=\frac12-\frac12e^{-t}\cos t-\frac12e^{-t}\sin t
f(t)=12−12e−t(cos⁡t+sin⁡t)\boxed{f(t)=\frac12-\frac12e^{-t}\big(\cos t+\sin t\big)}

⚠️ Le facteur −12-\frac12 se distribue sur les deux termes.

Contrôle — le signal encadré aux deux bouts

Valeur finale : lim⁡p→0pF(p)=1(0+1)2+1=12\lim_{p\to0}pF(p)=\dfrac{1}{(0+1)^2+1}=\dfrac12.

Et f(t)→12f(t)\to\frac12 quand t→+∞t\to+\infty, puisque e−t(cos⁡t+sin⁡t)→0e^{-t}(\cos t+\sin t)\to0 ✓.

Valeur initiale : lim⁡p→+∞pF(p)=0\lim_{p\to+\infty}pF(p)=0 (degré 11 en haut, degré 33 en bas).

Et f(0)=12−12(1+0)=12−12=0f(0)=\frac12-\frac12(1+0)=\frac12-\frac12=0 ✓.

👉 Les deux contrôles encadrent le signal : il part de 00 et monte vers 12\frac12, en oscillant au passage (les cos⁡\cos et sin⁡\sin amortis). C'est la réponse indicielle d'un système du second ordre sous-amorti — un profil qu'on reconnaît en automatique.

Contrôle des pôles : p=0p=0 (l'échelon final 12\frac12) et p=−1±ip=-1\pm i (l'oscillation amortie) ✓ — trois pôles, trois termes.

L'erreur classique

⚠️ Chercher p+2p+2 dans la table. Il n'y est pas, et il n'y sera jamais : les lignes n'admettent que p+ap+a (le même aa qu'au dénominateur) ou une constante.

Décomposer le numérateur est obligatoire, et c'est l'étape qu'on oublie — parce que rien dans l'énoncé ne la réclame.

⚠️ Écrire B(p+1)2+1\frac{B}{(p+1)^2+1} au lieu de Bp+C…\frac{Bp+C}{\ldots} dans la décomposition. Sur un facteur irréductible de degré 22, le numérateur est de degré 11 : deux coefficients, pas un.

⚠️ Oublier le facteur −12-\frac12 en distribuant sur les deux termes. On trouverait f(0)=12−1=−12≠0f(0)=\frac12-1=-\frac12\neq0, que la valeur initiale refuse.

⚠️ Se tromper de signe sur la partie complexe. Elle est négative (−12-\frac12), ce qui est cohérent : le signal part de 00 et monte vers 12\frac12, donc le terme transitoire doit retrancher au départ.

À retenir

Face à un numérateur de degré 11 sur un dénominateur irréductible, écris-le (p+a)+k(p+a)+k : le premier morceau donne le cosinus amorti, le second le sinus.

C'est l'étape qui manque le plus souvent, et elle est mécanique — il suffit de faire apparaître le aa du dénominateur. Une fois ce réflexe pris, toutes les inversions du chapitre se ramènent à trois formes.

Réponse. f(t)=12−12e−t(cos⁡t+sin⁡t)f(t)=\dfrac12-\dfrac12 e^{-t}(\cos t+\sin t). (Recoupement : valeur finale lim⁡p→0pF=12\lim_{p\to0}pF=\tfrac12 ✓ ; à t=0t=0, 12−12=0\tfrac12-\tfrac12=0 ✓)
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Transformée d'un signal composé (DS)

CalculDifficulté 2/5

Calculer la transformée de Laplace de f(t)=2−3e−t+sin⁡(2t)f(t)=2-3e^{-t}+\sin(2t).

Indices (3)

Linéarité, terme par terme.

L{2u}=2p\mathcal{L}\{2u\}=\tfrac2p, L{e−t}=1p+1\mathcal{L}\{e^{-t}\}=\tfrac1{p+1}, L{sin⁡2t}=2p2+4\mathcal{L}\{\sin2t\}=\tfrac2{p^2+4}.

Additionner avec les bons signes.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Trois briques de la table, reliées par la linéarité. Le seul travail est de reconnaître chaque terme et de ne pas perdre les coefficients.

⚠️ Le premier terme est la constante 22, c'est-à-dire le signal 2 u(t)2\,u(t) : sa transformée est 2p\frac2p, pas 22. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Rappel de cours

Linéarité

L{αf+βg}=αF+βG\mathcal{L}\{\alpha f+\beta g\}=\alpha F+\beta G

Les trois lignes employées

L{u}=1pL{e−at}=1p+aL{sin⁡ωt}=ωp2+ω2\mathcal{L}\{u\}=\frac1p\qquad \mathcal{L}\{e^{-at}\}=\frac1{p+a}\qquad\mathcal{L}\{\sin\omega t\}=\frac{\omega}{p^2+\omega^2}

👉 Pourquoi une constante n'est pas une constante ici : on travaille sur des signaux causaux, nuls avant t=0t=0. Le « 22 » de l'énoncé est donc le signal qui vaut 00 avant 00 et 22 après — c'est-à-dire 2 u(t)2\,u(t), un échelon d'amplitude 22. Sa transformée est 2p\frac2p.

Décomposer
F(p)=L{2}−3 L{e−t}+L{sin⁡2t}F(p)=\mathcal{L}\{2\}-3\,\mathcal{L}\{e^{-t}\}+\mathcal{L}\{\sin 2t\}

Trois termes, trois lignes de table. Les coefficients 22, −3-3 et 11 sortent inchangés.

Appliquer la table
terme ligne contribution
22 (échelon) 1p\frac1p 2p\dfrac2p
−3e−t-3e^{-t} 1p+a\frac{1}{p+a}, a=1a=1 −3p+1-\dfrac3{p+1}
sin⁡2t\sin 2t ωp2+ω2\frac{\omega}{p^2+\omega^2}, ω=2\omega=2 2p2+4\dfrac2{p^2+4}
F(p)=2p−3p+1+2p2+4\boxed{F(p)=\frac2p-\frac3{p+1}+\frac2{p^2+4}}

⚠️ Le 22 du dernier numérateur n'est PAS un coefficient du signal : c'est le ω\omega de sin⁡2t\sin 2t. Le signal, lui, a un coefficient 11. Deux 22 d'origines différentes dans la même expression.

Contrôle par les pôles

Chaque brique du signal laisse une trace identifiable :

brique du signal pôle attendu présent ?
échelon 22 p=0p=0 ✓ (2p\frac2p)
e−te^{-t} p=−1p=-1 ✓ (−3p+1\frac{-3}{p+1})
sin⁡2t\sin 2t p=±2ip=\pm 2i ✓ (p2+4=0p^2+4=0)

Trois briques, trois traces ✓.

Par la valeur initiale : lim⁡p→+∞pF=2−3+0=−1\lim_{p\to+\infty}pF=2-3+0=-1, et f(0)=2−3+0=−1f(0)=2-3+0=-1 ✓.

Lire F(p) dans l'AUTRE sens

Le contrôle du pas précédent se retourne, et c'est ce qui rend le chapitre praticable.

Devant une F(p)F(p) qu'on ne connaît pas, ses pôles disent quelles briques composent le signal — avant toute décomposition :

ce qu'on lit dans F(p)F(p) ce qu'il y a dans le signal
un pôle en p=0p=0 une constante (échelon)
un pôle double en 00 une rampe tt
un pôle réel en p=−ap=-a une exponentielle e−ate^{-at}
une paire p=±iωp=\pm i\omega une oscillation sin⁡ωt\sin\omega t ou cos⁡ωt\cos\omega t
une paire p=−a±iωp=-a\pm i\omega une oscillation amortie e−atsin⁡ωte^{-at}\sin\omega t

👉 On sait donc à quoi ressemblera le signal avant de l'avoir calculé. C'est exactement ce qu'on fait en automatique : on regarde les pôles d'un système, et on en déduit s'il oscille, s'il diverge, et à quelle vitesse il se stabilise.

⚠️ Et le signe de la partie réelle décide de tout : négative ⟹\Longrightarrow le régime s'éteint ; nulle ⟹\Longrightarrow il oscille sans fin ; positive ⟹\Longrightarrow il diverge.

L'erreur classique

⚠️ Transformer la constante 22 en 22. Une constante est un échelon d'amplitude 2 : L{2}=2p\mathcal{L}\{2\}=\frac2p. Le pas 2 explique pourquoi.

Le contrôle structurel l'attrape : toute transformée de Laplace d'une fonction tend vers 00 quand p→+∞p\to+\infty, et un terme constant ne le fait pas.

⚠️ Écrire 1p2+4\frac{1}{p^2+4} pour sin⁡2t\sin 2t, en oubliant que le numérateur du sinus est ω=2\omega=2.

⚠️ Écrire 2p2+2\frac{2}{p^2+2}, en confondant ω\omega et ω2\omega^2 au dénominateur.

⚠️ Perdre le signe moins du terme en e−te^{-t}.

⚠️ Écrire 3p−1\frac{3}{p-1} : pour e−te^{-t}, le pôle est en −1-1, donc le dénominateur est p+1p+1.

À retenir

Une constante est un échelon : sa transformée porte un 1p\frac1p. C'est la faute n°1 sur les signaux composés.

Et distingue le coefficient du signal (33 pour 3e−t3e^{-t}) du paramètre de la ligne (ω=2\omega=2 pour sin⁡2t\sin 2t) — les deux apparaissent au numérateur mais ne jouent pas le même rôle, et confondre les deux fausse le coefficient de la réponse.

Réponse. F(p)=2p−3p+1+2p2+4F(p)=\dfrac2p-\dfrac3{p+1}+\dfrac2{p^2+4}. (Recoupement : trois briques de la table, pôles 00, −1-1, ±2i\pm2i ✓)
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Dérivation et condition initiale (DS)

ApplicationDifficulté 3/5

Soit ff telle que f(0)=2f(0)=2 et F(p)=L{f}F(p)=\mathcal{L}\{f\}. Exprimer L{f′}\mathcal{L}\{f'\}, puis l'évaluer si f(t)=2cos⁡(3t)f(t)=2\cos(3t).

Indices (3)

L{f′}=pF−f(0)\mathcal{L}\{f'\}=pF-f(0).

Si f=2cos⁡3tf=2\cos3t : F=2pp2+9F=\dfrac{2p}{p^2+9} et f(0)=2f(0)=2.

Remplacer.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux questions : l'une formelle (exprimer L{f′}\mathcal{L}\{f'\} avec FF et f(0)f(0)), l'autre numérique.

C'est le cas où le terme −f(0+)-f(0^+) ne s'oublie pas impunément : ici f(0)=2f(0)=2, donc il pèse dans le résultat. C'est précisément l'intérêt de l'exercice — tous les précédents avaient f(0)=0f(0)=0.

Rappel de cours

Théorème de la dérivation

L{f′}=p F(p)−f(0+)\mathcal{L}\{f'\}=p\,F(p)-f(0^+)

Cosinus

L{cos⁡ωt}=pp2+ω2\mathcal{L}\{\cos\omega t\}=\frac{p}{p^2+\omega^2}

👉 Le contrôle structurel à connaître : toute transformée de Laplace d'une fonction tend vers 00 quand p→+∞p\to+\infty.

C'est une conséquence de la définition : F(p)=∫0+∞f(t)e−ptdtF(p)=\int_0^{+\infty}f(t)e^{-pt}\mathrm{d}t, et pour pp grand l'exponentielle écrase tout. Une expression qui ne tend pas vers 00 n'est pas la transformée de Laplace d'une fonction — et ce test va servir au pas 6.

Expression formelle

f(0)=2f(0)=2, donc

L{f′}=p F(p)−2\mathcal{L}\{f'\}=p\,F(p)-2
Cas f = 2cos(3t)
F(p)=2×pp2+9=2pp2+9F(p)=2\times\frac{p}{p^2+9}=\frac{2p}{p^2+9}

Vérifions la cohérence : f(0)=2cos⁡0=2×1=2f(0)=2\cos 0=2\times1=2 ✓ — conforme à l'énoncé.

L{f′}=p×2pp2+9−2=2p2p2+9−2\mathcal{L}\{f'\}=p\times\frac{2p}{p^2+9}-2=\frac{2p^2}{p^2+9}-2

On réduit au même dénominateur :

=2p2−2(p2+9)p2+9=2p2−2p2−18p2+9=−18p2+9\boxed{=\frac{2p^2-2(p^2+9)}{p^2+9}=\frac{2p^2-2p^2-18}{p^2+9}=\frac{-18}{p^2+9}}
Contrôle par le calcul direct

On dérive d'abord, on transforme ensuite — chemin totalement indépendant.

f(t)=2cos⁡3t⟹f′(t)=2×(−3sin⁡3t)=−6sin⁡3tf(t)=2\cos 3t\quad\Longrightarrow\quad f'(t)=2\times(-3\sin 3t)=-6\sin 3t
L{−6sin⁡3t}=−6×3p2+9=−18p2+9\mathcal{L}\{-6\sin 3t\}=-6\times\frac{3}{p^2+9}=\frac{-18}{p^2+9}

✓

Même résultat, aucune étape partagée.

Contrôle de signe : f′(t)=−6sin⁡3tf'(t)=-6\sin 3t est négative juste après 00 (le cosinus commence par descendre), et sa transformée est bien négative ✓.

À quoi sert ce terme, en pratique

Le −f(0+)-f(0^+) n'est pas une complication gratuite : c'est par lui que les conditions initiales entrent dans une équation différentielle.

Reprends la méthode du lot D. Transformer y′+ay=xy'+ay=x donne

pY−y(0)⏟L{y′}+aY=X⟹(p+a) Y=X+y(0)⏟condition initiale\underbrace{pY-y(0)}_{\mathcal{L}\{y'\}}+aY=X\quad\Longrightarrow\quad (p+a)\,Y=X+\underbrace{y(0)}_{\text{condition initiale}}

👉 La condition initiale se retrouve au second membre, au même titre que l'excitation XX. Autrement dit : dans le monde de Laplace, partir d'un état non nul revient à recevoir une entrée supplémentaire.

C'est une lecture physique utile : un système chargé au départ se comporte comme un système au repos qu'on aurait excité par une impulsion.

⚠️ Et c'est pourquoi l'oublier ne produit pas une petite erreur, mais change l'équation : on résout un autre problème, avec d'autres conditions.

L'erreur classique

⚠️ Oublier le −2-2 et répondre 2p2p2+9\frac{2p^2}{p^2+9}.

Le contrôle structurel du pas 2 l'élimine sans rien recalculer : cette fraction tend vers 22 quand p→+∞p\to+\infty, alors que toute transformée de Laplace d'une fonction tend vers 00. Elle n'est donc la transformée d'aucune fonction.

👉 C'est un contrôle très rentable : il se fait à l'œil, sur la forme de la réponse.

⚠️ Mal réduire au même dénominateur : 2p2−2(p2+9)=2p2−2p2−18=−182p^2-2(p^2+9)=2p^2-2p^2-18=-18. La parenthèse ne s'oublie pas.

⚠️ Répondre +18p2+9+\frac{18}{p^2+9}. Le signe est négatif, et le contrôle du pas 5 le confirme.

⚠️ Confondre L{f′}\mathcal{L}\{f'\} et F′(p)F'(p). Dériver dans le temps multiplie par pp ; dériver en pp correspond à multiplier par −t-t (B4).

À retenir

Le terme −f(0+)-f(0^+) compte dès que le signal ne part pas de zéro — et c'est le cas général dans les vraies équations différentielles.

Et retiens le contrôle structurel : la transformée de Laplace d'une fonction tend toujours vers 00 quand p→+∞p\to+\infty. Une réponse qui ne le fait pas est fausse, et ça se voit sans calcul.

Réponse. L{f′}=pF−2\mathcal{L}\{f'\}=pF-2 ; pour 2cos⁡3t2\cos3t : −18p2+9\dfrac{-18}{p^2+9}. (Recoupement : f′=−6sin⁡3tf'=-6\sin3t et L{−6sin⁡3t}=−6⋅3p2+9=−18p2+9\mathcal{L}\{-6\sin3t\}=-6\cdot\tfrac3{p^2+9}=\tfrac{-18}{p^2+9} ✓)
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Signal retardé (DS)

ApplicationDifficulté 3/5

Calculer la transformée de Laplace de la rampe retardée f(t)=(t−1) u(t−1)f(t)=(t-1)\,u(t-1), puis du signal g(t)=t u(t)−(t−1)u(t−1)g(t)=t\,u(t)-(t-1)u(t-1).

Indices (3)

Pour ff : c'est t u(t)t\,u(t) retardée de τ=1\tau=1.

L{t}=1p2\mathcal{L}\{t\}=\tfrac1{p^2}, donc L{f}=e−p⋅1p2\mathcal{L}\{f\}=e^{-p}\cdot\tfrac1{p^2}.

gg est une différence : linéarité.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le signal (t−1)u(t−1)(t-1)u(t-1) est la rampe retardée de 11 : elle vaut 00 jusqu'à t=1t=1, puis croît.

Le facteur u(t−1)u(t-1) n'est pas décoratif — c'est lui qui rend le théorème du retard applicable, et son absence changerait le signal.

Rappel de cours

Théorème du retard

L{f(t−τ) u(t−τ)}=e−τp F(p)\mathcal{L}\{f(t-\tau)\,u(t-\tau)\}=e^{-\tau p}\,F(p)
Un retard de τ\tau dans le temps ⇒\Rightarrow un facteur e−τpe^{-\tau p}.

⚠️ La forme exige les deux décalages : la fonction et l'échelon, du même τ\tau. Comparons trois signaux voisins :

signal description théorème applicable ?
(t−1)u(t−1)(t-1)u(t-1) rampe translatée : 00 puis croît depuis 00 ✓
t u(t−1)t\,u(t-1) rampe qui démarre déjà à la valeur 1 ✗ (il faut réécrire)
(t−1)u(t)(t-1)u(t) droite qui part de −1-1 ✗

👉 Les trois sont différents à l'écran, et un seul relève du théorème.

Rampe retardée

Avec f(t)=tf(t)=t (donc F(p)=1p2F(p)=\frac1{p^2}, exercice A2) et τ=1\tau=1 :

L{(t−1)u(t−1)}=e−p×1p2=e−pp2\mathcal{L}\{(t-1)u(t-1)\}=e^{-p}\times\frac{1}{p^2}=\frac{e^{-p}}{p^2}

⚠️ C'est e−pe^{-p} et non e−pte^{-pt} : dans le domaine de Laplace, la variable est pp ; le tt a disparu à la transformation.

Le signal g

g(t)=t u(t)−(t−1)u(t−1)g(t)=t\,u(t)-(t-1)u(t-1). Par linéarité :

L{g}=1p2−e−pp2=1−e−pp2\boxed{\mathcal{L}\{g\}=\frac1{p^2}-\frac{e^{-p}}{p^2}=\frac{1-e^{-p}}{p^2}}

Ce que fait ce signal, concrètement :

intervalle t u(t)t\,u(t) (t−1)u(t−1)(t-1)u(t-1) g(t)g(t)
[0;1[[0;1[ tt 00 tt (croît)
[1;+∞[[1;+\infty[ tt t−1t-1 t−(t−1)=1t-(t-1)=\mathbf{1}

👉 La seconde rampe annule la croissance de la première : gg monte de 00 à 11, puis reste constante. C'est une rampe qui s'arrête — un signal très courant en commande de moteur.

Contrôle

Par la valeur finale : lim⁡p→0p×1−e−pp2=lim⁡p→01−e−pp\lim_{p\to0}p\times\frac{1-e^{-p}}{p^2}=\lim_{p\to0}\frac{1-e^{-p}}{p}.

Le développement limité donne e−p≈1−pe^{-p}\approx1-p, donc 1−e−p≈p1-e^{-p}\approx p, et le quotient →1\to1 ✓ — c'est bien la valeur constante de gg après t=1t=1.

(Joli recoupement avec le chapitre Développements limités.)

Par la valeur initiale : lim⁡p→+∞1−e−pp=0\lim_{p\to+\infty}\frac{1-e^{-p}}{p}=0, et g(0)=0g(0)=0 ✓.

Quand τ→0\tau\to0 : e−τp→1e^{-\tau p}\to1 et L{g}→0\mathcal{L}\{g\}\to0 — cohérent, car gg deviendrait identiquement nulle ✓.

L'erreur classique

⚠️ Écrire L{t u(t−1)}\mathcal{L}\{t\,u(t-1)\} au lieu de L{(t−1)u(t−1)}\mathcal{L}\{(t-1)u(t-1)\}. Ce sont deux signaux différents — voir le tableau du pas 2 — et le théorème ne s'applique qu'au second.

Pour transformer t u(t−1)t\,u(t-1), il faudrait d'abord écrire t=(t−1)+1t=(t-1)+1, donc t u(t−1)=(t−1)u(t−1)+u(t−1)t\,u(t-1)=(t-1)u(t-1)+u(t-1) : deux termes, deux applications du théorème.

⚠️ Confondre e−pe^{-p} et e−pte^{-pt}. Dans le domaine de Laplace, tt n'existe plus.

⚠️ Confondre retard et amortissement. Retard ⇒\Rightarrow facteur e−τpe^{-\tau p} ; amortissement ⇒\Rightarrow substitution p↦p+ap\mapsto p+a (B3).

⚠️ Écrire 1+e−pp2\frac{1+e^{-p}}{p^2} en additionnant au lieu de soustraire. Le contrôle de la valeur finale le refuse : p×1+e−pp2=1+e−pp→+∞p\times\frac{1+e^{-p}}{p^2}=\frac{1+e^{-p}}{p}\to+\infty quand p→0p\to0, au lieu de 11.

À retenir

Le théorème du retard exige la forme f(t−τ) u(t−τ)f(t-\tau)\,u(t-\tau) : la fonction ET l'échelon décalés du même τ\tau.

Et une différence de deux signaux décalés est la façon standard de construire un signal qui s'arrête — porte (B3), rampe saturée (ici). C'est le procédé de base pour décrire tout signal en escalier.

Réponse. L{f}=e−pp2\mathcal{L}\{f\}=\dfrac{e^{-p}}{p^2} ; L{g}=1−e−pp2\mathcal{L}\{g\}=\dfrac{1-e^{-p}}{p^2}. (Recoupement : retard τ=1\tau=1 ⟹\Longrightarrow facteur e−pe^{-p} sur 1p2\tfrac1{p^2} ✓)
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Transformée inverse (DS)

CalculDifficulté 2/5

Déterminer L−1{2p+1p(p+1)}\mathcal{L}^{-1}\Big\{\dfrac{2p+1}{p(p+1)}\Big\}.

Indices (3)

DES : 2p+1p(p+1)=Ap+Bp+1\dfrac{2p+1}{p(p+1)}=\dfrac Ap+\dfrac B{p+1}.

A=1A=1 (cache en p=0p=0), B=1B=1 (cache en p=−1p=-1).

Lire la table.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux pôles réels simples : décomposition par la méthode du cache, puis lecture de la table.

Le numérateur est de degré 11 et le dénominateur de degré 22 : la fraction est propre, donc pas de partie entière à extraire. C'est ce qu'on vérifie d'un coup d'œil avant de commencer.

Rappel de cours

Méthode du cache Pour N(p)p(p+1)=Ap+Bp+1\dfrac{N(p)}{p(p+1)}=\dfrac Ap+\dfrac B{p+1} :

A=[N(p)p+1]p=0B=[N(p)p]p=−1A=\left[\frac{N(p)}{p+1}\right]_{p=0}\qquad B=\left[\frac{N(p)}{p}\right]_{p=-1}

Les deux lignes de table

1p→u(t)=11p+1→e−t\frac1p\to u(t)=1\qquad\frac{1}{p+1}\to e^{-t}

👉 Pourquoi vérifier que la fraction est propre : si le degré du numérateur atteignait celui du dénominateur, il faudrait d'abord extraire une partie entière — qui correspondrait à une impulsion de Dirac, hors programme. Ici deg⁡N=1<2=deg⁡D\deg N=1<2=\deg D : rien à extraire.

Décomposer

AA : on masque pp et on évalue en p=0p=0.

A=[2p+1p+1]p=0=2×0+10+1=11=1A=\left[\frac{2p+1}{p+1}\right]_{p=0}=\frac{2\times0+1}{0+1}=\frac{1}{1}=1

BB : on masque p+1p+1 et on évalue en p=−1p=-1.

B=[2p+1p]p=−1=2×(−1)+1−1=−2+1−1=−1−1=1B=\left[\frac{2p+1}{p}\right]_{p=-1}=\frac{2\times(-1)+1}{-1}=\frac{-2+1}{-1}=\frac{-1}{-1}=1

⚠️ Deux signes négatifs qui se compensent : B=+1B=+1, pas −1-1.

Écrire et inverser
2p+1p(p+1)=1p+1p+1\frac{2p+1}{p(p+1)}=\frac1p+\frac1{p+1}

Contrôle immédiat par recombinaison : 1p+1p+1=(p+1)+pp(p+1)=2p+1p(p+1)\frac1p+\frac1{p+1}=\frac{(p+1)+p}{p(p+1)}=\frac{2p+1}{p(p+1)} ✓.

f(t)=1+e−t\boxed{f(t)=1+e^{-t}}
Contrôle aux deux bouts

Valeur initiale : lim⁡p→+∞p F(p)=lim⁡p→+∞2p+1p+1=2\lim_{p\to+\infty}p\,F(p)=\lim_{p\to+\infty}\dfrac{2p+1}{p+1}=2 (rapport des coefficients dominants).

Et f(0)=1+e0=1+1=2f(0)=1+e^0=1+1=2 ✓.

Valeur finale : lim⁡p→0p F(p)=2×0+10+1=1\lim_{p\to0}p\,F(p)=\dfrac{2\times0+1}{0+1}=1.

Et f(t)=1+e−t→1f(t)=1+e^{-t}\to1 ✓.

👉 Ces deux tests auraient immédiatement écarté la réponse fautive 1−e−t1-e^{-t}, qui donne f(0)=0≠2f(0)=0\neq2. Ils se calculent sur FF sans inverser, en dix secondes — c'est le contrôle le plus rentable du chapitre.

Profil du signal : il part de 22 et redescend vers 11. Cohérent avec un terme transitoire e−te^{-t} positif qui s'éteint.

L'erreur classique

⚠️ Se tromper de signe sur BB : le cache donne −1−1=+1\frac{-1}{-1}=+1, deux négatifs qui se compensent. Répondre B=−1B=-1 donnerait f(t)=1−e−tf(t)=1-e^{-t}, un signal qui part de 00 au lieu de 22 — et le contrôle du pas 5 le refuse.

⚠️ Évaluer BB en p=+1p=+1 au lieu de p=−1p=-1. Le pôle du facteur p+1p+1 est −1-1 : c'est la valeur qui annule le facteur masqué.

⚠️ Oublier de masquer et évaluer la fraction entière au pôle — division par zéro.

⚠️ Répondre 2+e−t2+e^{-t}, en prenant le 22 du numérateur pour un coefficient. Les coefficients de la décomposition sont AA et BB, à calculer — jamais lus directement sur N(p)N(p).

À retenir

Cache, table, puis contrôle aux deux bouts par les valeurs initiale et finale.

Ces deux limites se calculent sur FF sans inverser : elles valident la réponse en dix secondes, et elles attrapent précisément les erreurs de signe qui produisent un signal d'allure plausible.

Réponse. f(t)=1+e−tf(t)=1+e^{-t}. (Recoupement : à t=0t=0, 1+1=2=lim⁡p→+∞pF1+1=2=\lim_{p\to+\infty}pF ✓ ; valeur finale 1=lim⁡p→0pF1=\lim_{p\to0}pF ✓)
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Équa diff d'ordre 1 (DS)

ApplicationDifficulté 2/5

Résoudre y′+3y=6y'+3y=6 avec y(0)=0y(0)=0 par Laplace.

Indices (3)

pY+3Y=6ppY+3Y=\dfrac6p.

Y=6p(p+3)=2p−2p+3Y=\dfrac6{p(p+3)}=\dfrac2p-\dfrac2{p+3}.

Inverser.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Équation du premier ordre avec condition initiale nulle : la méthode complète en trois temps.

Le second membre est la constante 66, donc L{6}=6p\mathcal{L}\{6\}=\frac6p — c'est le point sur lequel on trébuche le plus souvent (E1).

Rappel de cours

Méthode

L{y′}=pY−y(0)L{k}=kp\mathcal{L}\{y'\}=pY-y(0)\qquad\qquad\mathcal{L}\{k\}=\frac{k}{p}
Transformer, isoler YY, décomposer, inverser.

👉 Un contrôle qu'on peut préparer AVANT de calculer : en régime permanent (quand tout s'est stabilisé), y′=0y'=0, et l'équation devient 3y=63y=6, donc y∞=2y_\infty=2.

La racine caractéristique −3-3 étant négative, le régime permanent existe : on sait donc avant de commencer que la réponse doit tendre vers 22. Ce raisonnement ne coûte rien et il est totalement indépendant de la méthode de Laplace.

Transformer

y(0)=0y(0)=0, donc L{y′}=pY−0=pY\mathcal{L}\{y'\}=pY-0=pY :

pY+3Y=6p⟹(p+3) Y=6p⟹Y=6p(p+3)pY+3Y=\frac6p\quad\Longrightarrow\quad (p+3)\,Y=\frac6p\quad\Longrightarrow\quad Y=\frac{6}{p(p+3)}
Décomposer

Cache en p=0p=0 : [6p+3]p=0=63=2\left[\dfrac{6}{p+3}\right]_{p=0}=\dfrac63=2.

Cache en p=−3p=-3 : [6p]p=−3=6−3=−2\left[\dfrac{6}{p}\right]_{p=-3}=\dfrac{6}{-3}=-2.

Y=2p−2p+3=2(1p−1p+3)Y=\frac2p-\frac2{p+3}=2\left(\frac1p-\frac1{p+3}\right)

⚠️ Les coefficients sont 22 et −2-2, pas 11 et −1-1 : le facteur 66 du numérateur se propage dans les deux.

Inverser
y(t)=2(1−e−3t)\boxed{y(t)=2\big(1-e^{-3t}\big)}
Contrôle

Par le régime permanent (préparé au pas 2) : y∞y_\infty doit valoir 22.

Or y(t)=2(1−e−3t)→2×(1−0)=2y(t)=2(1-e^{-3t})\to2\times(1-0)=2 ✓. Et par le théorème de la valeur finale : lim⁡p→0pY=60+3=2\lim_{p\to0}pY=\frac{6}{0+3}=2 ✓.

👉 Trois voies concordantes — l'équation en régime établi, la solution explicite, et le théorème.

Par substitution : y′=2×3e−3t=6e−3ty'=2\times3e^{-3t}=6e^{-3t}, donc

y′+3y=6e−3t+6(1−e−3t)=6e−3t+6−6e−3t=6y'+3y=6e^{-3t}+6\big(1-e^{-3t}\big)=6e^{-3t}+6-6e^{-3t}=6

✓

Condition initiale : y(0)=2(1−1)=0y(0)=2(1-1)=0 ✓.

L'erreur classique

⚠️ Transformer 66 en 66 au lieu de 6p\frac6p. Une constante est un échelon d'amplitude 66.

Symptôme : on trouverait Y=6p+3Y=\frac{6}{p+3} donc y=6e−3ty=6e^{-3t} — un signal qui part de 66 et tend vers 00, exactement l'inverse du comportement attendu. Le contrôle du régime permanent le refuse.

⚠️ Oublier de propager le facteur 66 dans la décomposition : les coefficients sont 22 et −2-2.

⚠️ Oublier −y(0)-y(0) dans la transformation de y′y'. Ici il est nul, mais écris-le quand même (D1).

⚠️ Se tromper de signe sur le second coefficient : le cache en p=−3p=-3 donne 6−3=−2\frac{6}{-3}=-2, négatif.

À retenir

Une constante au second membre devient kp\frac{k}{p} — c'est la faute la plus fréquente des équations différentielles par Laplace.

Et, pour un système stable (ici la racine caractéristique −3-3 est négative), le régime permanent se lit directement sur l'équation en annulant les dérivées : 3y=63y=6 donne y∞=2y_\infty=2. C'est un contrôle indépendant de tout le calcul, et il se prépare avant de commencer.

Réponse. y(t)=2(1−e−3t)y(t)=2(1-e^{-3t}). (Recoupement : régime permanent y∞=6/3=2=lim⁡p→0pYy_\infty=6/3=2=\lim_{p\to0}pY ✓)
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Sinusoïde amortie (DS)

CalculDifficulté 3/5

Calculer L{e−3tsin⁡(t)}\mathcal{L}\{e^{-3t}\sin(t)\} puis L{e−3tcos⁡(t)}\mathcal{L}\{e^{-3t}\cos(t)\} par le théorème de l'amortissement.

Indices (3)

Fsin⁡(p)=1p2+1F_{\sin}(p)=\dfrac1{p^2+1}, Fcos⁡(p)=pp2+1F_{\cos}(p)=\dfrac p{p^2+1} (ici ω=1\omega=1).

Remplacer pp par p+3p+3.

Translater aussi le numérateur du cosinus.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux amortissements sur la même paire sinus/cosinus, et la différence est celle de l'exercice B2 contre B6 :

  • le numérateur du sinus est la constante ω\omega — elle ne bouge pas ;
  • celui du cosinus est pp — il se translate en p+ap+a.

C'est le seul point à surveiller, et l'exercice existe pour le fixer.

Rappel de cours

Sinusoïdes amorties

L{e−atsin⁡ωt}=ω(p+a)2+ω2\mathcal{L}\{e^{-at}\sin\omega t\}=\frac{\omega}{(p+a)^2+\omega^2}
L{e−atcos⁡ωt}=p+a(p+a)2+ω2\mathcal{L}\{e^{-at}\cos\omega t\}=\frac{p+a}{(p+a)^2+\omega^2}

Le théorème derrière

L{e−atf(t)}=F(p+a)\mathcal{L}\{e^{-at}f(t)\}=F(p+a)
La substitution p↦p+ap\mapsto p+a est globale. Elle ne change visiblement que ce qui contient un pp — d'où la différence entre les deux lignes.

Sinus amorti

F(p)=L{sin⁡t}=1p2+1F(p)=\mathcal{L}\{\sin t\}=\dfrac{1}{p^2+1} (ici ω=1\omega=1, donc le numérateur est 11).

On substitue p↦p+3p\mapsto p+3 :

L{e−3tsin⁡t}=F(p+3)=1(p+3)2+1\mathcal{L}\{e^{-3t}\sin t\}=F(p+3)=\frac{1}{(p+3)^2+1}

Le numérateur ω=1\omega=1 est constant : il ne contient pas de pp, donc il ne change pas.

Cosinus amorti

F(p)=pp2+1F(p)=\dfrac{p}{p^2+1} — et cette fois le numérateur contient un pp.

On substitue p↦p+3p\mapsto p+3 partout :

L{e−3tcos⁡t}=F(p+3)=p+3(p+3)2+1\boxed{\mathcal{L}\{e^{-3t}\cos t\}=F(p+3)=\frac{p+3}{(p+3)^2+1}}
Contrôle — le test qui départage

Par le théorème de la valeur initiale :

Sinus : p×1(p+3)2+1→p→+∞0p\times\dfrac{1}{(p+3)^2+1}\xrightarrow[p\to+\infty]{}0 (degré 11 en haut, degré 22 en bas).

Et e0sin⁡0=1×0=0e^{0}\sin 0=1\times0=0 ✓.

Cosinus : p×p+3(p+3)2+1→p→+∞1p\times\dfrac{p+3}{(p+3)^2+1}\xrightarrow[p\to+\infty]{}1 (degrés 22 et 22, coefficients dominants 11 et 11).

Et e0cos⁡0=1×1=1e^{0}\cos 0=1\times1=1 ✓.

👉 Ce test départage les deux formules, et c'est le meilleur garde-fou du chapitre : sin⁡0=0\sin 0=0, cos⁡0=1\cos 0=1. Il ne demande de mémoriser aucune ligne de table.

Par les pôles : (p+3)2+1=0(p+3)^2+1=0 donne p=−3±ip=-3\pm i. Partie réelle −3-3 = l'amortissement e−3te^{-3t} ✓, partie imaginaire ±1\pm1 = la pulsation ω=1\omega=1 ✓ — les deux transformées partagent le même dénominateur, donc les mêmes pôles, ce qui est normal : c'est le même système, excité différemment.

L'erreur classique

⚠️ Laisser pp au numérateur du cosinus et écrire p(p+3)2+1\frac{p}{(p+3)^2+1}. La substitution p↦p+3p\mapsto p+3 porte sur toute l'expression.

⚠️ Translater le numérateur du sinus et écrire p+3(p+3)2+1\frac{p+3}{(p+3)^2+1} pour le sinus — on obtiendrait exactement la transformée du cosinus.

👉 La seconde erreur produit exactement la transformée de l'autre signal ; la première, celle de e−3t(cos⁡t−3sin⁡t)e^{-3t}(\cos t-3\sin t). Les deux résultats sont parfaitement licites, donc invisibles sans contrôle. La valeur initiale attrape la seconde (11 au lieu de 00), pas la première : p×p(p+3)2+1→1p\times\frac{p}{(p+3)^2+1}\to1, comme pour le bon cosinus. Pour elle, contrôler la dérivée en 00, valeur initiale de f′f' dont la transformée est pF−f(0)=pF−1pF-f(0)=pF-1 : lim⁡p→+∞p (pF−1)\lim_{p\to+\infty}p\,(pF-1) vaut −3-3 pour le bon cosinus, et −6-6 pour l'erreur.

⚠️ Écrire (p+3)2+3(p+3)^2+3 au lieu de +1+1 : le dénominateur porte ω2\omega^2, et ω=1\omega=1 ici — pas le a=3a=3 de l'amortissement.

⚠️ Développer (p+3)2+1(p+3)^2+1 en p2+6p+10p^2+6p+10. On perd la lecture du pôle et la reconnaissance de la ligne de table.

À retenir

La substitution p↦p+ap\mapsto p+a est globale, mais elle ne change visiblement que ce qui contient un pp :

  • sinus : numérateur constant, il ne bouge pas ;
  • cosinus : numérateur translaté en p+ap+a.

Et la valeur initiale départage sinus et cosinus — sin⁡0=0\sin 0=0, cos⁡0=1\cos 0=1 — mais elle ne voit pas un pp laissé non translaté au numérateur du cosinus : pour lui, la dérivée en 00. C'est un test de dix secondes, et il vaut pour toutes les lignes de la table.

Réponse. L{e−3tsin⁡t}=1(p+3)2+1\mathcal{L}\{e^{-3t}\sin t\}=\dfrac1{(p+3)^2+1} ; L{e−3tcos⁡t}=p+3(p+3)2+1\mathcal{L}\{e^{-3t}\cos t\}=\dfrac{p+3}{(p+3)^2+1}. (Recoupement : lignes e−atsin⁡/cos⁡ωte^{-at}\sin/\cos\omega t avec a=3, ω=1a=3,\ \omega=1 ✓)
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S'entraîner davantage sur transformation de laplace

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