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Exercices corrigés — Intégrale de Lebesgue

Analyse · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieur

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Intégrale de Lebesgue Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Tribus, atomes, nombre de Bell

CalculDifficulté 3/5

Énoncer les axiomes d'une tribu. Lister toutes les tribus sur Ω={0,1,2}\Omega=\{0,1,2\} et vérifier qu'il y en a 55. Quel lien avec les partitions de Ω\Omega ?

Indices (3)

Tribu : contient \varnothing, stable par complémentaire et réunion dénombrable.

Sur un ensemble fini, une tribu est engendrée par ses atomes (une partition).

#partitions(3)=B3=5\#\text{partitions}(3)=B_3=5 (nombre de Bell).

Correction détaillée
Axiomes

AP(Ω)\mathcal{A}\subseteq\mathcal{P}(\Omega) est une tribu si : A\varnothing\in\mathcal{A} ; AAΩAAA\in\mathcal{A}\Rightarrow\Omega\setminus A\in\mathcal{A} ; et (An)nAnAnA(A_n)_n\subseteq\mathcal{A}\Rightarrow\bigcup_n A_n\in\mathcal{A} (réunion dénombrable). D'où aussi ΩA\Omega\in\mathcal{A} et stabilité par intersection dénombrable.

Les 5 tribus & lien partitions

Sur Ω={0,1,2}\Omega=\{0,1,2\}, chaque tribu est l'ensemble des réunions de blocs d'une partition (ses atomes). Les 55 partitions de {0,1,2}\{0,1,2\} donnent : {,Ω}\{\varnothing,\Omega\} (atome Ω\Omega) ; les trois tribus à un atome séparé, p.ex. {,{0},{1,2},Ω}\{\varnothing,\{0\},\{1,2\},\Omega\} ; et la tribu discrète P(Ω)\mathcal{P}(\Omega) (atomes {0},{1},{2}\{0\},\{1\},\{2\}). Soit 5=B35=B_3. Plus généralement #tribus(n)=Bn\#\text{tribus}(n)=B_n : 1,2,5,15,521,2,5,15,52.

Réponse. 55 tribus sur 33 points =B3=B_3 ; tribu finie \leftrightarrow partition (atomes). (Vérifié machine : énumération exhaustive #tribus=\#\text{tribus}= Bell, bijection tribu\leftrightarrowpartition — A ✓)
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Tribu engendrée, boréliens

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer qu'une intersection quelconque de tribus est une tribu, et définir la tribu engendrée σ(C)\sigma(\mathcal{C}) par une famille C\mathcal{C}. Qu'est-ce que la tribu borélienne de R\mathbb{R} ?

Indices (3)

Vérifier les trois axiomes sur iAi\bigcap_i\mathcal{A}_i.

σ(C)\sigma(\mathcal{C}) = plus petite tribu contenant C\mathcal{C} = intersection de toutes celles qui contiennent C\mathcal{C}.

Boréliens = σ(ouverts)\sigma(\text{ouverts}).

Correction détaillée
Intersection de tribus

Soit (Ai)iI(\mathcal{A}_i)_{i\in I} des tribus et A=iAi\mathcal{A}=\bigcap_i\mathcal{A}_i. Alors A\varnothing\in\mathcal{A} (dans chaque Ai\mathcal{A}_i) ; si AAA\in\mathcal{A}, ΩAAi\Omega\setminus A\in\mathcal{A}_i pour tout ii donc A\in\mathcal{A} ; si (An)A(A_n)\subseteq\mathcal{A}, nAnAi\bigcup_n A_n\in\mathcal{A}_i pour tout ii donc A\in\mathcal{A}. C'est une tribu.

Engendrée & boréliens

Comme P(Ω)\mathcal{P}(\Omega) est une tribu contenant C\mathcal{C}, l'intersection σ(C)\sigma(\mathcal{C}) de toutes les tribus contenant C\mathcal{C} est bien définie : c'est la plus petite tribu contenant C\mathcal{C}. La tribu borélienne B(R)=σ(ouverts)\mathcal{B}(\mathbb{R})=\sigma(\text{ouverts}) contient intervalles, fermés, Q\mathbb{Q}, les FσF_\sigma/GδG_\delta… (engendrée aussi par les ]a,+[]a,+\infty[).

Réponse. \bigcap tribus = tribu ; σ(C)\sigma(\mathcal{C}) = plus petite tribu C\supseteq\mathcal{C} ; B(R)=σ(ouverts)\mathcal{B}(\mathbb{R})=\sigma(\text{ouverts}). (Intersection de tribus certifiée sur instances ; existence de σ(C)\sigma(\mathcal{C}) = relecture)
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Mesure : additivité, monotonie, exemple de probabilité

CalculDifficulté 3/5

Sur Ω={0,1,2}\Omega=\{0,1,2\} discret, on pose μ({0})=12,μ({1})=13,μ({2})=16\mu(\{0\})=\tfrac12,\mu(\{1\})=\tfrac13,\mu(\{2\})=\tfrac16. Calculer μ({0,1})\mu(\{0,1\}), μ(Ω)\mu(\Omega), et vérifier additivité et monotonie. Énoncer la σ\sigma-additivité.

Indices (3)

μ(A)=\mu(A)=\sum des poids des atomes A\subseteq A.

μ({0,1})=μ({0})+μ({1})\mu(\{0,1\})=\mu(\{0\})+\mu(\{1\}).

σ\sigma-additivité : réunion disjointe dénombrable.

Correction détaillée
Calculs

μ({0,1})=12+13=56\mu(\{0,1\})=\tfrac12+\tfrac13=\tfrac56 ; μ(Ω)=12+13+16=1\mu(\Omega)=\tfrac12+\tfrac13+\tfrac16=1 : c'est une mesure de probabilité. Additivité : {0}{1}={0,1}\{0\}\sqcup\{1\}=\{0,1\} et μ({0,1})=μ({0})+μ({1})\mu(\{0,1\})=\mu(\{0\})+\mu(\{1\}). Monotonie : {0}{0,1}\{0\}\subseteq\{0,1\} et 1256\tfrac12\leq\tfrac56.

$\sigma$-additivité

μ ⁣(nAn)=nμ(An)\mu\!\left(\bigsqcup_{n}A_n\right)=\sum_n\mu(A_n) pour des AnA_n deux à deux disjoints (réunion dénombrable). C'est l'axiome clé (plus fort que l'additivité finie) ; il entraîne la continuité : AnAμ(An)μ(A)A_n\uparrow A\Rightarrow\mu(A_n)\uparrow\mu(A).

Réponse. μ({0,1})=56\mu(\{0,1\})=\tfrac56, μ(Ω)=1\mu(\Omega)=1 ; additivité & monotonie OK. (Vérifié machine : μ(AB)=μ(A)+μ(B)\mu(A\sqcup B)=\mu(A)+\mu(B), monotonie — A ✓)
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Négligeable, presque partout, λ(ℚ)=0

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir un ensemble négligeable et « presque partout ». Montrer que toute partie dénombrable de R\mathbb{R} est λ\lambda-négligeable, et en déduire λ(Q)=0\lambda(\mathbb{Q})=0.

Indices (3)

Négligeable : λ(N)=0\lambda(N)=0 (recouvrement par des intervalles de longueur totale <ε<\varepsilon).

λ({x})=0\lambda(\{x\})=0 ; recouvrir le nn-ième point par un intervalle de longueur ε/2n\varepsilon/2^n.

Q\mathbb{Q} est dénombrable.

Correction détaillée
Définitions & dénombrable

NN est négligeable si λ(N)=0\lambda(N)=0 ; une propriété vaut p.p. si elle est vraie sauf sur un négligeable. Soit D={x1,x2,}D=\{x_1,x_2,\dots\} dénombrable. Pour ε>0\varepsilon>0, recouvrons xnx_n par In=]xnε2n+1,xn+ε2n+1[I_n=\big]x_n-\tfrac{\varepsilon}{2^{n+1}},x_n+\tfrac{\varepsilon}{2^{n+1}}\big[, de longueur ε2n\tfrac{\varepsilon}{2^n}. Alors DnInD\subseteq\bigcup_n I_n et λ(D)nε2n=ε\lambda^\ast(D)\leq\sum_n\tfrac{\varepsilon}{2^n}=\varepsilon. Comme ε\varepsilon est arbitraire, λ(D)=0\lambda(D)=0.

λ(ℚ)=0

Q\mathbb{Q} est dénombrable, donc λ(Q)=0\boxed{\lambda(\mathbb{Q})=0} : « presque tout réel est irrationnel ». C'est l'ingrédient qui rend la fonction de Dirichlet 1Q\mathbf 1_{\mathbb{Q}} d'intégrale nulle (cf. B4). Noter λ(Q)=0\lambda(\mathbb{Q})=0 alors que Q=R\overline{\mathbb{Q}}=\mathbb{R} : négligeable mais dense.

Réponse. Dénombrable \Rightarrow négligeable ; λ(Q)=0\lambda(\mathbb{Q})=0. (Vérifié sur instances : recouvrement ε/2n\sum\varepsilon/2^n, Q\mathbb{Q} dénombrable — A ✓)
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Mesure de Lebesgue d'intervalles et de points

CalculDifficulté 3/5

Donner λ([2,5])\lambda([2,5]), λ({3})\lambda(\{3\}), λ(]2,5[)\lambda(]2,5[), λ([0,1]Q)\lambda([0,1]\cap\mathbb{Q}) et λ([0,1]Q)\lambda([0,1]\setminus\mathbb{Q}). Que vaut λ\lambda de l'ensemble triadique de Cantor ?

Indices (3)

λ([a,b])=ba\lambda([a,b])=b-a, indépendant des bornes ouvertes/fermées.

λ({x})=0\lambda(\{x\})=0, λ\lambda(dénombrable)=0=0.

Cantor : retirer 13\tfrac13 à chaque étape.

Correction détaillée
Intervalles & ℚ

λ([2,5])=3\lambda([2,5])=3 ; λ({3})=0\lambda(\{3\})=0 ; λ(]2,5[)=3\lambda(]2,5[)=3 (les points ne comptent pas). λ([0,1]Q)=0\lambda([0,1]\cap\mathbb{Q})=0 (dénombrable), donc λ([0,1]Q)=λ([0,1])0=1\lambda([0,1]\setminus\mathbb{Q})=\lambda([0,1])-0=1 : presque tout point de [0,1][0,1] est irrationnel.

Cantor

L'ensemble de Cantor KK s'obtient en retirant le tiers central à chaque étape : la longueur restante est 1(23)n01\cdot\big(\tfrac23\big)^n\to0, donc λ(K)=0\lambda(K)=0. Pourtant KK est non dénombrable (de cardinal 202^{\aleph_0}) : un négligeable peut être « gros » en cardinal — mesure et cardinal sont indépendants.

Réponse. λ([2,5])=3\lambda([2,5])=3, λ({3})=0\lambda(\{3\})=0, λ([0,1]Q)=1\lambda([0,1]\setminus\mathbb{Q})=1, λ(Cantor)=0\lambda(\text{Cantor})=0. (Vérifié sur instances : λ([2,5])=3\lambda([2,5])=3, λ\lambda(point/dénombrable)=0=0 — A ✓)
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Fonctions mesurables

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir une fonction mesurable. Montrer que sur (Ω,A)(\Omega,\mathcal{A}) fini, ff est mesurable     \iff ff est constante sur chaque atome. Les fonctions continues sont-elles boréliennes ?

Indices (3)

ff mesurable : f1(]a,+[)Af^{-1}(]a,+\infty[)\in\mathcal{A} pour tout aa.

Un atome est le plus petit ensemble mesurable non vide le contenant.

Continue : préimage d'ouvert ouverte \subseteq boréliens.

Correction détaillée
Définition & cas fini

f:(Ω,A)Rf:(\Omega,\mathcal{A})\to\mathbb{R} est mesurable si f1(]a,+[)Af^{-1}(]a,+\infty[)\in\mathcal{A} pour tout aRa\in\mathbb{R} (équivaut à f1(B)Af^{-1}(B)\in\mathcal{A} pour tout borélien BB). Sur Ω\Omega fini, soit AA un atome (plus petit mesurable non vide : aucun mesurable ne le coupe strictement) et x,yAx,y\in A. Si f(x)f(y)f(x)\neq f(y), supposons f(x)>f(y)f(x)>f(y) (quitte à échanger) et prenons a]f(y),f(x)[a\in\,]f(y),f(x)[ : alors xf1(]a,+[)x\in f^{-1}(]a,+\infty[) mais yy\notin. Or f1(]a,+[)Af^{-1}(]a,+\infty[)\in\mathcal{A} contiendrait un point de AA sans contenir AA tout entier — impossible par définition de l'atome. Donc ff est constante sur AA. La réciproque est claire (toute préimage est une réunion d'atomes, donc mesurable).

Continues ⊆ boréliennes

Si f:RRf:\mathbb{R}\to\mathbb{R} est continue, f1(]a,+[)f^{-1}(]a,+\infty[) est un ouvert, donc un borélien : ff est borélienne (mesurable pour B(R)\mathcal{B}(\mathbb{R})). De même limites simples, sup/inf\sup/\inf dénombrables de mesurables sont mesurables — la classe est très stable.

Réponse. Mesurable : f1(]a,[)Af^{-1}(]a,\infty[)\in\mathcal{A} ; en fini     \iff constante sur les atomes ; continue \Rightarrow borélienne. (Vérifié machine : mesurable == constante sur atomes — A ✓)
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Fonctions étagées et leur intégrale

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir une fonction étagée et son intégrale φdμ=iciμ(Ai)\int\varphi\,d\mu=\sum_i c_i\,\mu(A_i). Montrer que cette valeur ne dépend pas de l'écriture choisie, et que 1Adμ=μ(A)\int\mathbf 1_A\,d\mu=\mu(A).

Indices (3)

Étagée : φ=ici1Ai\varphi=\sum_i c_i\mathbf 1_{A_i}, valeurs en nombre fini.

Passer à l'écriture canonique (par les valeurs distinctes, atomes disjoints).

1A\mathbf 1_A : une seule valeur 11 sur AA.

Correction détaillée
Bonne définition

Une étagée φ0\varphi\geq0 prend un nombre fini de valeurs b1<<bkb_1<\dots<b_k ; l'écriture canonique est φ=jbj1Bj\varphi=\sum_j b_j\mathbf 1_{B_j} avec Bj=φ1(bj)B_j=\varphi^{-1}(b_j) disjoints. Pour une écriture quelconque φ=ici1Ai\varphi=\sum_i c_i\mathbf 1_{A_i}, on raffine en atomes communs : sur chaque atome la valeur est imposée, et l'additivité de μ\mu donne iciμ(Ai)=jbjμ(Bj)\sum_i c_i\mu(A_i)=\sum_j b_j\mu(B_j). L'intégrale est donc bien définie.

Indicatrice

1A\mathbf 1_A est étagée (valeurs 0,10,1) : 1Adμ=1μ(A)+0μ(ΩA)=μ(A)\int\mathbf 1_A\,d\mu=1\cdot\mu(A)+0\cdot\mu(\Omega\setminus A)=\mu(A). Intégrer une indicatrice, c'est mesurer. L'intégrale des étagées est linéaire et croissante (par additivité/monotonie de μ\mu).

Réponse. φ=ciμ(Ai)\int\varphi=\sum c_i\mu(A_i) bien définie ; 1A=μ(A)\int\mathbf 1_A=\mu(A). (Vérifié machine : 1A=μ(A)\int\mathbf 1_A=\mu(A), valeur indépendante de l'écriture sur instances — A/B ✓)
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Intégrale d'une fonction positive : linéarité, monotonie

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir fdμ\int f\,d\mu pour f0f\geq0 mesurable par approximation étagée, et montrer la monotonie (fgfgf\leq g\Rightarrow\int f\leq\int g) et la linéarité. Vérifier sur l'exemple fini f=(4,9,0)f=(4,9,0), g=(1,1,7)g=(1,1,7) avec μ=(12,13,16)\mu=(\tfrac12,\tfrac13,\tfrac16) que (2f+3g)=2f+3g\int(2f+3g)=2\int f+3\int g.

Indices (3)

f=sup{φ:0φf, φ eˊtageˊe}\int f=\sup\{\int\varphi:0\leq\varphi\leq f,\ \varphi\text{ étagée}\}.

Monotonie : tout φf\varphi\leq f vérifie φg\varphi\leq g.

En fini : f=f(atome)μ(atome)\int f=\sum f(\text{atome})\,\mu(\text{atome}).

Correction détaillée
Définition & monotonie

Pour f0f\geq0 mesurable, fdμ=sup{φdμ:0φf, φ eˊtageˊe}\int f\,d\mu=\sup\big\{\int\varphi\,d\mu:0\leq\varphi\leq f,\ \varphi\text{ étagée}\big\}. Monotonie : si fgf\leq g, toute étagée φf\varphi\leq f vérifie φg\varphi\leq g, donc le sup de gauche est \leq celui de droite : fg\int f\leq\int g. Pour la linéarité, l'additivité (φ+ψ)=φ+ψ\int(\varphi+\psi)=\int\varphi+\int\psi est d'abord acquise pour les étagées (B1, raffinement en atomes communs) ; le cas f,g0f,g\geq0 mesurables ((af+bg)=af+bg\int(af+bg)=a\int f+b\int g, a,b0a,b\geq0) s'en déduit via la convergence monotone (E1) appliquée à des suites étagées φnf\varphi_n\uparrow f, ψng\psi_n\uparrow g.

Vérification finie

Ici f=af(a)μ(a)=412+913+016=2+3+0=5\int f=\sum_a f(a)\mu(a)=4\cdot\tfrac12+9\cdot\tfrac13+0\cdot\tfrac16=2+3+0=5 et g=112+113+716=12+13+76=2\int g=1\cdot\tfrac12+1\cdot\tfrac13+7\cdot\tfrac16=\tfrac12+\tfrac13+\tfrac76=2. Alors (2f+3g)=25+32=16\int(2f+3g)=2\cdot5+3\cdot2=16, qui coïncide bien avec le calcul direct a(2f+3g)(a)μ(a)\sum_a(2f+3g)(a)\mu(a).

Réponse. Monotonie & linéarité ; f=5,g=2,(2f+3g)=16\int f=5,\int g=2,\int(2f+3g)=16. (Vérifié machine : f=f(at)μ(at)\int f=\sum f(\text{at})\mu(\text{at}), linéarité (2f+3g)=16\int(2f+3g)=16 — A/B ✓)
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Fonctions intégrables L¹

DémonstrationDifficulté 3/5

Définir fL1f\in L^1 via f=f+ff=f^+-f^- et f=f+f\int f=\int f^+-\int f^-. Montrer ff\big|\int f\big|\leq\int|f|. Pourquoi exige-t-on f<\int|f|<\infty (et non seulement que f+f\int f^+-\int f^- « ait un sens ») ?

Indices (3)

f+=max(f,0)f^+=\max(f,0), f=max(f,0)f^-=\max(-f,0), f=f++f|f|=f^++f^-.

Inégalité triangulaire à partir de f+,f0f^+,f^-\geq0.

Éviter la forme indéterminée \infty-\infty.

Correction détaillée
Définition & inégalité

f+=max(f,0)0f^+=\max(f,0)\geq0 et f=max(f,0)0f^-=\max(-f,0)\geq0 sont mesurables, f=f+ff=f^+-f^-, f=f++f|f|=f^++f^-. On dit fL1f\in L^1 si f=f++f<\int|f|=\int f^++\int f^-<\infty ; alors f:=f+f\int f:=\int f^+-\int f^- est fini. Inégalité : f=f+ff++f=f\big|\int f\big|=\big|\int f^+-\int f^-\big|\leq\int f^++\int f^-=\int|f|.

Pourquoi |f| intégrable

Si f+=f=+\int f^+=\int f^-=+\infty, la différence f+f\int f^+-\int f^- est la forme indéterminée \infty-\infty : l'intégrale n'aurait pas de sens. La condition f<\int|f|<\infty garantit f+,f<\int f^+,\int f^-<\infty : l'intégrale de Lebesgue est absolument convergente par construction (contraste avec l'intégrale semi-convergente de Riemann, type 0sinxx\int_0^\infty\tfrac{\sin x}{x}, qui n'est pas Lebesgue-intégrable).

Réponse. L1L^1 : f<\int|f|<\infty ; ff|\int f|\leq\int|f| ; absolue convergence. (Conclusion certifiée sur instances ; preuve = relecture)
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Dirichlet : Lebesgue oui, Riemann non

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que la fonction de Dirichlet 1Q\mathbf 1_{\mathbb{Q}} sur [0,1][0,1] est Lebesgue-intégrable d'intégrale 00, mais n'est pas Riemann-intégrable.

Indices (3)

Lebesgue : 1Qdλ=λ(Q[0,1])\int\mathbf 1_{\mathbb{Q}}\,d\lambda=\lambda(\mathbb{Q}\cap[0,1]).

λ(Q)=0\lambda(\mathbb{Q})=0.

Riemann : comparer sommes inférieures et supérieures de Darboux.

Correction détaillée
Lebesgue

1Q\mathbf 1_{\mathbb{Q}} est étagée (mesurable, valeurs 0,10,1) : [0,1]1Qdλ=λ(Q[0,1])=0\int_{[0,1]}\mathbf 1_{\mathbb{Q}}\,d\lambda=\lambda(\mathbb{Q}\cap[0,1])=0 (B1 + A4 : Q\mathbb{Q} dénombrable, négligeable). Donc 1QL1\mathbf 1_{\mathbb{Q}}\in L^1 et son intégrale vaut 0\boxed{0}.

Pas Riemann

Sur toute subdivision de [0,1][0,1], chaque sous-intervalle contient à la fois un rationnel et un irrationnel (densités), donc sup=1\sup=1 et inf=0\inf=0 : la somme supérieure de Darboux vaut 11, la somme inférieure vaut 00, pour toute subdivision. Elles ne coïncident pas : 1Q\mathbf 1_{\mathbb{Q}} n'est pas Riemann-intégrable. C'est l'exemple-phare où Lebesgue strictement plus puissant que Riemann.

Réponse. 1Qdλ=0\int\mathbf 1_{\mathbb{Q}}\,d\lambda=0 (Lebesgue) ; non Riemann (inf 00\neq sup 11). (Vérifié sur instances : λ(Q)=0\lambda(\mathbb{Q})=0, Darboux inf=0=0\neqsup=1=1 — B ✓)
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Calculs concrets d'intégrales

CalculDifficulté 3/5

Calculer 01x2dλ\int_0^1 x^2\,d\lambda, 0+exdλ\int_0^{+\infty} e^{-x}\,d\lambda et 01xndλ\int_0^1 x^n\,d\lambda. Rappeler pourquoi, sur une fonction continue, Lebesgue == Riemann.

Indices (3)

Sur une fonction réglée, l'intégrale de Lebesgue redonne celle de Riemann.

01xn=1n+1\int_0^1 x^n=\tfrac1{n+1}.

0ex=1\int_0^\infty e^{-x}=1.

Correction détaillée
Calculs

01x2dλ=13\int_0^1 x^2\,d\lambda=\tfrac13 ; 0+exdλ=1\int_0^{+\infty}e^{-x}\,d\lambda=1 ; 01xndλ=1n+1\int_0^1 x^n\,d\lambda=\tfrac1{n+1} (en particulier 14\tfrac14 pour n=3n=3).

Lebesgue = Riemann (continues)

Une fonction continue sur [a,b][a,b] est Riemann-intégrable, donc Lebesgue-intégrable avec la même valeur (l'intégrale de Lebesgue prolonge celle de Riemann sur les réglées). Sur [0,+[[0,+\infty[, l'intégrale généralisée de Riemann d'une fonction 0\geq0 coïncide aussi avec celle de Lebesgue (convergence monotone). On calcule donc ces intégrales avec les primitives habituelles.

Réponse. 01x2=13\int_0^1x^2=\tfrac13, 0ex=1\int_0^\infty e^{-x}=1, 01xn=1n+1\int_0^1x^n=\tfrac1{n+1}. (Vérifié machine : sympy — B ✓)
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Égalité presque partout et intégrale

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que si f=gf=g presque partout alors f=g\int f=\int g. En déduire que modifier une fonction sur Q\mathbb{Q} ne change pas son intégrale, et que h=0    h=0\int|h|=0\iff h=0 p.p.

Indices (3)

fg=0f-g=0 hors d'un négligeable NN.

Nfgdμ=0\int_N|f-g|\,d\mu=0 car μ(N)=0\mu(N)=0.

h=0\int|h|=0 force {h>1/n}\{|h|>1/n\} négligeable.

Correction détaillée
f=g p.p. ⇒ ∫f=∫g

Soit NN négligeable avec f=gf=g sur ΩN\Omega\setminus N, donc {fg>0}N\{|f-g|>0\}\subseteq N. Toute étagée 0φfg0\leq\varphi\leq|f-g| est alors nulle hors de NN : ses atomes de valeur >0>0 sont N\subseteq N, de mesure nulle, donc φdμ=0\int\varphi\,d\mu=0. Par définition fgdμ=supφ=0\int|f-g|\,d\mu=\sup\int\varphi=0 (on évite ainsi la forme 0\infty\cdot0), donc f=g\int f=\int g. Conséquence : remplacer ff par f+1Qf+\mathbf 1_{\mathbb{Q}} ne change pas f\int f (λ(Q)=0\lambda(\mathbb{Q})=0). L'intégrale ne distingue pas deux fonctions égales p.p. — d'où L1L^1 défini modulo l'égalité p.p.

∫|h|=0 $\iff$ h=0 p.p.

Si h=0h=0 p.p., alors h=0\int|h|=0. Réciproquement si h=0\int|h|=0 : pour tout nn, 1nμ({h>1n})h=0\tfrac1n\mu(\{|h|>\tfrac1n\})\leq\int|h|=0 donc μ({h>1n})=0\mu(\{|h|>\tfrac1n\})=0 ; or {h0}=n{h>1n}\{h\neq0\}=\bigcup_n\{|h|>\tfrac1n\} est réunion dénombrable de négligeables, donc négligeable : h=0h=0 p.p.

Réponse. f=gf=g p.p. f=g\Rightarrow\int f=\int g ; h=0    h=0\int|h|=0\iff h=0 p.p. (Vérifié sur instances : modifier sur Q\mathbb{Q} négligeable n'altère pas \int — B ✓)
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Convergence monotone (Beppo Levi)

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer le théorème de convergence monotone. L'illustrer sur fn=1[0,11/n]f_n=\mathbf 1_{[0,1-1/n]}. En déduire l'interversion /\sum/\int pour des fonctions 0\geq0.

Indices (3)

0fnf0\leq f_n\uparrow f (croissance p.p.) fnf\Rightarrow\int f_n\uparrow\int f.

fn=λ([0,11/n])=11/n\int f_n=\lambda([0,1-1/n])=1-1/n.

Sommes partielles \uparrow d'une série à termes positifs.

Correction détaillée
Énoncé & exemple

MCT : 0fnf p.p.fndμfdμ.\boxed{\textbf{MCT : }0\leq f_n\uparrow f\ \text{p.p.}\Rightarrow\int f_n\,d\mu\uparrow\int f\,d\mu.} Avec fn=1[0,11/n]1[0,1[f_n=\mathbf 1_{[0,1-1/n]}\uparrow\mathbf 1_{[0,1[} : fn=λ([0,11n])=11n1=1[0,1[\int f_n=\lambda([0,1-\tfrac1n])=1-\tfrac1n\uparrow1=\int\mathbf 1_{[0,1[}. La monotonie est essentielle (sans elle : Fatou strict, E2).

Interversion ∑/∫

Pour uk0u_k\geq0 mesurables, les sommes partielles SN=k=0NukS_N=\sum_{k=0}^N u_k croissent vers kuk\sum_k u_k : par MCT, kuk=kuk\boxed{\int\sum_k u_k=\sum_k\int u_k} (Beppo Levi) — toujours valable pour des termes 0\geq0 (les deux membres pouvant valoir ++\infty). Ex. 01k0xkdλ=k01k+1=+\int_0^1\sum_{k\geq0}x^k\,d\lambda=\sum_{k\geq0}\tfrac1{k+1}=+\infty (série harmonique) ; cohérent avec 0111xdλ=+\int_0^{1}\tfrac1{1-x}\,d\lambda=+\infty.

Réponse. MCT : fnffnff_n\uparrow f\Rightarrow\int f_n\uparrow\int f ; uk=uk\int\sum u_k=\sum\int u_k (uk0u_k\geq0). (Vérifié sur instances : fn=11n1\int f_n=1-\tfrac1n\uparrow1, 1k+1=+\sum\tfrac1{k+1}=+\infty — E ✓)
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Lemme de Fatou et masse fuyante

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer le lemme de Fatou. Montrer sur fn=n1(0,1/n)f_n=n\,\mathbf 1_{(0,1/n)} que l'inégalité lim inffnlim inffn\int\liminf f_n\leq\liminf\int f_n peut être stricte.

Indices (3)

fn0lim inffnlim inffnf_n\geq0\Rightarrow\int\liminf f_n\leq\liminf\int f_n.

fn=n1n=1\int f_n=n\cdot\tfrac1n=1 pour tout nn.

fn(x)0f_n(x)\to0 pour tout x>0x>0.

Correction détaillée
Énoncé

Fatou : fn0 mesurableslim infnfndμlim infnfndμ.\boxed{\textbf{Fatou : }f_n\geq0\ \text{mesurables}\Rightarrow\int\liminf_n f_n\,d\mu\leq\liminf_n\int f_n\,d\mu.} (Conséquence du MCT appliqué à gn=infknfklim inffng_n=\inf_{k\geq n}f_k\uparrow\liminf f_n : comme gnfkg_n\leq f_k pour tout knk\geq n, la monotonie donne gninfknfk\int g_n\leq\inf_{k\geq n}\int f_k, et l'on passe au lim inf\liminf.) C'est une inégalité de semi-continuité : la limite ne peut que « perdre » de la masse.

Masse fuyante (strict)

fn=n1(0,1/n)f_n=n\,\mathbf 1_{(0,1/n)} : fn=nλ((0,1n))=n1n=1\int f_n=n\cdot\lambda((0,\tfrac1n))=n\cdot\tfrac1n=1 pour tout nn, donc lim inffn=1\liminf\int f_n=1. Mais pour tout x>0x>0 fixé, x(0,1n)x\notin(0,\tfrac1n) dès que n>1xn>\tfrac1x, donc fn(x)0f_n(x)\to0 : lim inffn=0\liminf f_n=0 p.p. et lim inffn=0\int\liminf f_n=0. Ainsi 0=lim inffn<lim inffn=10=\int\liminf f_n<\liminf\int f_n=1 : inégalité stricte. La masse 11 « s'échappe » en se concentrant en 00.

Réponse. Fatou : lim inflim inf\int\liminf\leq\liminf\int ; strict pour n1(0,1/n)n\mathbf 1_{(0,1/n)} (0<10<1). (Vérifié sur instances : fn=1\int f_n=1, lim inf=0\int\liminf=0 — E ✓)
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Convergence dominée (Lebesgue)

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer le théorème de convergence dominée. L'appliquer à fn=xnf_n=x^n sur [0,1][0,1] pour justifier 01xndλ0\int_0^1 x^n\,d\lambda\to0.

Indices (3)

fnff_n\to f p.p. et fngL1|f_n|\leq g\in L^1 (dominante).

Conclusion fnf\int f_n\to\int f.

xn0x^n\to0 pour x<1x<1, dominée par g=1g=1.

Correction détaillée
Énoncé

DCT : fnf p.p., fng avec gL1fL1 et fnf.\boxed{\textbf{DCT : }f_n\to f\ \text{p.p.},\ |f_n|\leq g\ \text{avec}\ g\in L^1\Rightarrow f\in L^1\ \text{et}\ \int f_n\to\int f.} La dominante intégrable gg est l'hypothèse cruciale (preuve par Fatou appliqué à g±fn0g\pm f_n\geq0).

Application $x^n$

Sur [0,1][0,1] : fn(x)=xn0f_n(x)=x^n\to0 pour tout x[0,1[x\in[0,1[, donc p.p. (le point x=1x=1 est négligeable). De plus fn1=g|f_n|\leq1=g et gL1([0,1])g\in L^1([0,1]) (011=1<\int_0^1 1=1<\infty). Par DCT : 01xndλ010=0\int_0^1 x^n\,d\lambda\to\int_0^1 0=0. On retrouve directement 01xn=1n+10\int_0^1 x^n=\tfrac1{n+1}\to0. Ici, échanger limite et intégrale est légitimé par la domination.

Réponse. DCT : fnff_n\to f p.p. + dominée fnf\Rightarrow\int f_n\to\int f ; 01xn0\int_0^1 x^n\to0. (Vérifié sur instances : xn0x^n\to0 p.p., xn1|x^n|\leq1, 1n+10\tfrac1{n+1}\to0 — E ✓)
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Échec sans domination

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer par un contre-exemple que, sans dominante intégrable, fnff_n\to f p.p. n'entraîne pas fnf\int f_n\to\int f. Quelle dominante manque-t-il pour la masse fuyante fn=n1(0,1/n)f_n=n\mathbf 1_{(0,1/n)} ?

Indices (3)

Reprendre la masse fuyante de Fatou.

fn0f_n\to0 p.p. mais fn=1\int f_n=1.

Une dominante gsupnfng\geq\sup_n f_n aurait g=+\int g=+\infty.

Correction détaillée
Contre-exemple

fn=n1(0,1/n)0f_n=n\,\mathbf 1_{(0,1/n)}\to0 p.p. (E2), donc (limfn)=0\int(\lim f_n)=0. Mais fn=1\int f_n=1 pour tout nn, donc fn=1↛0\int f_n=1\not\to0 : l'échange limite/intégrale échoue. La conclusion de la DCT est donc fausse ici — c'est que son hypothèse manque.

Dominante manquante

Une dominante devrait vérifier g(x)supnfn(x)g(x)\geq\sup_n f_n(x). Or supnn1(0,1/n)(x)1x\sup_n n\,\mathbf 1_{(0,1/n)}(x)\sim\tfrac1x près de 00, et 011xdλ=+\int_0^1\tfrac1x\,d\lambda=+\infty : aucune dominante intégrable n'existe. C'est exactement ce qui interdit d'appliquer la DCT, et ce qui rend l'inégalité de Fatou stricte.

Réponse. Sans domination, fn=1↛0=lim\int f_n=1\not\to0=\int\lim ; supnfn1xL1\sup_n f_n\sim\tfrac1x\notin L^1. (Vérifié sur instances : fn=1\int f_n=1, lim=0\int\lim=0 — E ✓)
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Intégrale à paramètre : continuité, dérivation sous ∫

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer les théorèmes de continuité et de dérivation sous le signe \int (via la DCT). Les appliquer à F(t)=0+etxdλ(x)F(t)=\int_0^{+\infty}e^{-tx}\,d\lambda(x) pour t>0t>0.

Indices (3)

Continuité : xf(t,x)x\mapsto f(t,x) continue en tt, domination locale uniforme.

Dérivation : tf\partial_t f existe et est dominée par gL1g\in L^1 indépendante de tt.

F(t)=1/tF(t)=1/t, F(t)=1/t2F'(t)=-1/t^2.

Correction détaillée
Théorèmes (via DCT)

Soit f(t,x)f(t,x) avec xf(t,x)L1x\mapsto f(t,x)\in L^1. Continuité : si tf(t,x)t\mapsto f(t,x) est continue et f(t,x)g(x)|f(t,x)|\leq g(x) (gL1g\in L^1, domination indépendante de tt) au voisinage de t0t_0, alors F(t)=f(t,x)dμF(t)=\int f(t,x)\,d\mu est continue en t0t_0. Dérivation : si tf\partial_t f existe et tf(t,x)h(x)|\partial_t f(t,x)|\leq h(x) (hL1h\in L^1), alors FF est dérivable et F(t)=tf(t,x)dμF'(t)=\int\partial_t f(t,x)\,d\mu. (Preuves : appliquer la DCT au taux d'accroissement / à une suite tnt0t_n\to t_0.)

Application

F(t)=0+etxdλ(x)=[1tetx]0+=1tF(t)=\int_0^{+\infty}e^{-tx}\,d\lambda(x)=\big[-\tfrac1t e^{-tx}\big]_0^{+\infty}=\tfrac1t pour t>0t>0. Domination locale : sur ta>0t\geq a>0, etxeaxL1e^{-tx}\leq e^{-ax}\in L^1 ; et tetx=xetxxeaxL1|\partial_t e^{-tx}|=x e^{-tx}\leq x e^{-ax}\in L^1. Donc FF est dérivable avec F(t)=0+(x)etxdλ=1t2F'(t)=\int_0^{+\infty}(-x)e^{-tx}\,d\lambda=-\tfrac1{t^2}, ce qui est bien (1t)\big(\tfrac1t\big)'. La domination par une gL1g\in L^1 indépendante de tt (sur un voisinage) est l'hypothèse à ne jamais oublier.

Réponse. Continuité/dérivation sous \int par domination L1L^1 ; F(t)=1tF(t)=\tfrac1t, F(t)=1t2F'(t)=-\tfrac1{t^2}. (Conclusion certifiée sur instances ; preuve par DCT = relecture)
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Interversion somme-intégrale

DémonstrationDifficulté 3/5

Donner les deux théorèmes d'interversion k=k\sum_k\int=\int\sum_k : (i) termes 0\geq0 (Beppo Levi), (ii) convergence normale kuk<\sum_k\int|u_k|<\infty (DCT). Justifier 01k0xkdλ\int_0^1\sum_{k\geq0}x^k\,d\lambda puis 01k0(1)kxkdλ=ln2\int_0^1\sum_{k\geq0}(-1)^k x^k\,d\lambda=\ln 2.

Indices (3)

(i) uk0u_k\geq0 : toujours valable (Beppo Levi).

(ii) kuk<\sum_k\int|u_k|<\infty : appliquer la DCT aux sommes partielles.

(1)kxk=11+x\sum(-1)^k x^k=\tfrac1{1+x}, 01dx1+x=ln2\int_0^1\tfrac{dx}{1+x}=\ln2.

Correction détaillée
Deux régimes

(i) Beppo Levi : si uk0u_k\geq0, kuk=kuk\int\sum_k u_k=\sum_k\int u_k (E1), même si la valeur est ++\infty. (ii) Domination L1L^1 : si kukdμ<\sum_k\int|u_k|\,d\mu<\infty, alors kuk\sum_k u_k converge p.p. vers une fonction L1L^1 et kuk=kuk\int\sum_k u_k=\sum_k\int u_k (DCT appliquée aux sommes partielles, dominées par kukL1\sum_k|u_k|\in L^1).

Les deux exemples

Termes 0\geq0 : 01k0xkdλ=k001xk=k01k+1=+\int_0^1\sum_{k\geq0}x^k\,d\lambda=\sum_{k\geq0}\int_0^1 x^k=\sum_{k\geq0}\tfrac1{k+1}=+\infty (harmonique) — légitime par Beppo Levi même si divergent. Convergence normale : pour uk=(1)kxku_k=(-1)^k x^k, k01uk=k1k+1=+\sum_k\int_0^1|u_k|=\sum_k\tfrac1{k+1}=+\infty : (ii) ne s'applique pas tel quel sur [0,1][0,1]. On intègre la somme : k(1)kxk=11+x\sum_k(-1)^k x^k=\tfrac1{1+x}, d'où 01dλ1+x=ln2\int_0^1\tfrac{d\lambda}{1+x}=\ln2 (et la série numérique k(1)kk+1=ln2\sum_k\tfrac{(-1)^k}{k+1}=\ln2 s'obtient en intégrant terme à terme sur [0,1ε][0,1-\varepsilon] — où la convergence est normale — puis en faisant ε0\varepsilon\to0 : le passage à la limite côté série relève du théorème d'Abel (la série alternée k(1)kk+1\sum_k\tfrac{(-1)^k}{k+1} converge, et la somme de la série entière est continue à gauche en x=1x=1). C'est la somme de Leibniz-Mercator.

Réponse. uk=uk\int\sum u_k=\sum\int u_k (termes 0\geq0 ou domination L1L^1) ; 01dλ1+x=ln2\int_0^1\tfrac{d\lambda}{1+x}=\ln2. (Vérifié sur instances : 1k+1=+\sum\tfrac1{k+1}=+\infty ; ln2\ln2 — E ✓)
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S'entraîner davantage sur intégrale de lebesgue

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