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Exercices corrigés — Modules & théorème de structure

Algèbre · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieur

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Modules & théorème de structure Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Sous-modules de ℤ, modules libres

CalculDifficulté 3/5

Décrire tous les sous-modules de Z\mathbb{Z} (vu comme Z\mathbb{Z}-module). Le Z\mathbb{Z}-module Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} est-il libre ?

Indices (3)

Un sous-module de Z\mathbb{Z} est un sous-groupe additif stable par multiplication entière.

Les sous-groupes de Z\mathbb{Z} sont les nZn\mathbb{Z}.

« Libre » = possède une base ; un élément de torsion ne peut faire partie d'une base.

Correction détaillée
Sous-modules de ℤ

Un sous-module de Z\mathbb{Z} est en particulier un sous-groupe de (Z,+)(\mathbb{Z},+), donc de la forme nZn\mathbb{Z} (n0n\geq0) ; réciproquement chaque nZn\mathbb{Z} est stable par multiplication entière. Les sous-modules de Z\mathbb{Z} sont donc exactement les idéaux nZn\mathbb{Z} (Z\mathbb{Z} principal).

ℤ/6 non libre

Dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, tout élément xˉ\bar x vérifie 6xˉ=0ˉ6\bar x=\bar 0 : aucune famille non vide n'est libre (la relation 6xˉ=06\bar x=0 est non triviale). Donc Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} n'a pas de base : il n'est pas libre (c'est un module de torsion).

Réponse. Sous-modules de Z\mathbb{Z} : les nZn\mathbb{Z} ; Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} n'est pas libre (torsion). (Vérifié machine — A ✓)
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Un ℤ-module est un groupe abélien

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer qu'un Z\mathbb{Z}-module n'est rien d'autre qu'un groupe abélien : la structure de module est entièrement déterminée par l'addition.

Indices (3)

Partir d'un groupe abélien (M,+)(M,+) et définir nxn\cdot x.

Pour n>0n>0, nx=x++xn\cdot x=x+\dots+x ; étendre à n0n\leq0.

Vérifier que c'est l'unique loi externe compatible avec les axiomes.

Correction détaillée
Forcée par les axiomes

Soit MM un Z\mathbb{Z}-module. L'axiome 1x=x1\cdot x=x et la distributivité (a+b)x=ax+bx(a+b)x=ax+bx donnent par récurrence nx=x++xnn\cdot x=\underbrace{x+\dots+x}_{n} pour n>0n>0, puis 0x=00\cdot x=0 et (n)x=(nx)(-n)\cdot x=-(n\cdot x). La loi externe est donc entièrement imposée par (M,+)(M,+).

Réciproque

Réciproquement, tout groupe abélien (M,+)(M,+) devient un Z\mathbb{Z}-module par cette formule (les axiomes se vérifient via les règles de calcul des multiples entiers). Conclusion : Z\mathbb{Z}-modules == groupes abéliens (et morphismes de modules == morphismes de groupes). C'est pourquoi le théorème de structure est la classification des groupes abéliens.

Réponse. Z\mathbb{Z}-module \equiv groupe abélien (loi externe imposée par ++). (Vérifié machine — A ✓ ; recoupe Groupes)
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Critère de sous-module, intersection

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit MM un AA-module. Montrer qu'une partie non vide NMN\subseteq M est un sous-module ssi a,bA, x,yN, ax+byN\forall a,b\in A,\ \forall x,y\in N,\ ax+by\in N. En déduire qu'une intersection de sous-modules est un sous-module.

Indices (3)

Le critère regroupe stabilité par ++ et par loi externe.

Prendre a=b=1a=b=1 pour l'addition, b=0b=0 pour la loi externe.

Une intersection vérifie le critère élément par élément.

Correction détaillée
Critère

Si NN est un sous-module, ax,byNax,by\in N et ax+byNax+by\in N. Réciproquement, si a,b,x,y: ax+byN\forall a,b,x,y:\ ax+by\in N : avec a=b=1a=b=1 on a x+yNx+y\in N ; avec a=1,b=0a=1,b=0, x=0x=0 : 0N0\in N ; avec b=0b=0 : axNax\in N ; avec a=1,b=0a=-1,b=0 : xN-x\in N. Donc NN est stable par ++, opposé et loi externe : c'est un sous-module.

Intersection

Soit (Ni)(N_i) des sous-modules et N=iNiN=\bigcap_i N_i. Si x,yNx,y\in N et a,bAa,b\in A, alors ax+byNiax+by\in N_i pour chaque ii (chacun est un sous-module), donc ax+byNax+by\in N. Par le critère, NN est un sous-module.

Réponse. Critère ax+byNax+by\in N ; toute intersection de sous-modules est un sous-module. (Vérifié machine — A ✓)
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Modules libres, rang, ℤ/n non libre

CalculDifficulté 3/5

Qu'est-ce qu'un module libre de rang rr ? Donner un exemple et un contre-exemple. Pourquoi Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} (n2n\geq2) n'est-il pas libre, et Z2\mathbb{Z}^2 l'est-il ?

Indices (3)

Libre = isomorphe à ArA^r, possède une base.

Z2\mathbb{Z}^2 a la base canonique (1,0),(0,1)(1,0),(0,1).

Dans Z/n\mathbb{Z}/n, nxˉ=0n\cdot\bar x=0 pour tout xˉ\bar x.

Correction détaillée
Définition et exemple

Un AA-module MM est libre de rang rr s'il possède une base (famille génératrice libre) de cardinal rr, i.e. MArM\cong A^r. Ex. Z2\mathbb{Z}^2 est libre de rang 22, base {(1,0),(0,1)}\{(1,0),(0,1)\}.

Contre-exemple

Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} (n2n\geq2) : tout xˉ\bar x vérifie la relation non triviale nxˉ=0ˉn\cdot\bar x=\bar0, donc aucune partie n'est libre → pas de base → non libre. Un module libre est sans torsion ; Z/n\mathbb{Z}/n est entièrement de torsion.

Réponse. Libre =Ar=A^r (base) ; Z2\mathbb{Z}^2 libre, Z/n\mathbb{Z}/n non (torsion). (Vérifié machine — A ✓)
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Le sous-module de torsion

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit AA un anneau commutatif intègre et MM un AA-module. Montrer que la torsion T(M)={xM:a0, ax=0}T(M)=\{x\in M:\exists a\neq0,\ ax=0\} est un sous-module, et que M/T(M)M/T(M) est sans torsion.

Indices (3)

Pour x,yx,y de torsion, trouver un annulateur commun.

Utiliser l'intégrité : un produit d'annulateurs non nuls est non nul.

Si xˉM/T(M)\bar x\in M/T(M) est de torsion, remonter à MM.

Correction détaillée
Sous-module

Soient x,yT(M)x,y\in T(M) avec ax=0ax=0, by=0by=0 (a,b0a,b\neq0). Comme AA est intègre, ab0ab\neq0, et ab(x+y)=b(ax)+a(by)=0ab(x+y)=b(ax)+a(by)=0 : x+yT(M)x+y\in T(M). De plus a(cx)=c(ax)=0a(cx)=c(ax)=0 pour cAc\in A, donc cxT(M)cx\in T(M). Par le critère, T(M)T(M) est un sous-module.

Quotient sans torsion

Soit xˉM/T(M)\bar x\in M/T(M) avec axˉ=0ˉa\bar x=\bar0, a0a\neq0 : alors axT(M)ax\in T(M), donc b(ax)=0b(ax)=0 pour un b0b\neq0. Comme (ba)x=0(ba)x=0 et ba0ba\neq0 (intégrité), xT(M)x\in T(M), i.e. xˉ=0ˉ\bar x=\bar0. Donc M/T(M)M/T(M) est sans torsion.

Réponse. T(M)T(M) sous-module ; M/T(M)M/T(M) sans torsion. (Vérifié machine — A ✓)
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Calcul de torsion et morphismes

CalculDifficulté 3/5

Déterminer la torsion de M=ZZ/4ZM=\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}. Combien y a-t-il de morphismes de Z\mathbb{Z}-modules Z/4ZZ/6Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\to\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} ?

Indices (3)

(a,bˉ)(a,\bar b) est de torsion ssi aa l'est dans Z\mathbb{Z}.

Z\mathbb{Z} est sans torsion : a=0a=0.

Un morphisme Z/4Z/6\mathbb{Z}/4\to\mathbb{Z}/6 envoie 1ˉ\bar1 sur un élément annulé par 44.

Correction détaillée
Torsion de M

(a,bˉ)(a,\bar b) est de torsion ssi n>0: na=0\exists n>0:\ na=0 et nbˉ=0ˉn\bar b=\bar0. Dans Z\mathbb{Z}, na=0a=0na=0\Rightarrow a=0 ; bˉ\bar b est toujours de torsion (4bˉ=04\bar b=0). Donc T(M)={0}Z/4ZT(M)=\{0\}\oplus\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}, d'ordre 44.

Morphismes ℤ/4→ℤ/6

Un tel ff est déterminé par f(1ˉ)=cˉf(\bar1)=\bar c, soumis à 4cˉ=0ˉ4\bar c=\bar0 dans Z/6\mathbb{Z}/6, i.e. 64c6\mid 4c, i.e. 32c3\mid 2c, i.e. 3c3\mid c. Donc c{0,3}c\in\{0,3\} : il y a 2 morphismes (l'image est {0,3}Z/2\{0,3\}\cong\mathbb{Z}/2, =gcd(4,6)=\gcd(4,6)).

Réponse. T(ZZ/4)={0}Z/4T(\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/4)=\{0\}\oplus\mathbb{Z}/4 (ordre 44) ; #Hom(Z/4,Z/6)=gcd(4,6)=2\#\mathrm{Hom}(\mathbb{Z}/4,\mathbb{Z}/6)=\gcd(4,6)=2. (Vérifié machine — A ✓ ; recoupe Arithmétique)
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Opérations élémentaires et forme de Smith

DémonstrationDifficulté 3/5

Expliquer pourquoi, sur un anneau principal AA, les opérations élémentaires sur lignes et colonnes permettent de mettre toute matrice sous forme diagonale diag(d1,,dr,0,)\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_r,0,\dots) avec d1d2drd_1\mid d_2\mid\dots\mid d_r (existence de la forme de Smith).

Indices (3)

Une opération élémentaire = multiplication par une matrice inversible sur AA.

Amener en position (1,1)(1,1) un élément de norme (ou degré) minimale.

La division euclidienne / Bézout annule sa ligne et sa colonne ; récurrence.

Correction détaillée
Réduction au pivot

Sur un anneau euclidien (cas de Z\mathbb{Z}, K[X]K[X]), on amène en (1,1)(1,1) un élément δ\delta de stathme minimal non nul. Pour toute entrée aa de sa ligne/colonne, la division a=qδ+ra=q\delta+r (rr de stathme <δ<\delta ou nul) suivie d'une opération élémentaire diminue le stathme du pivot ; le procédé s'arrête quand δ\delta divise toute sa ligne et sa colonne, qu'on annule alors. (Sur un principal général, on remplace la division par Bézout.)

Divisibilité et récurrence

Quitte à un échange, on assure de plus que δ=d1\delta=d_1 divise toutes les autres entrées de la matrice (sinon on ajoute la ligne fautive et on recommence, le stathme rediminuant). On obtient diag(d1, M)\operatorname{diag}(d_1,\ M') avec d1d_1\mid entrées de MM' ; par récurrence sur MM', on aboutit à diag(d1,,dr,0,)\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_r,0,\dots) avec d1drd_1\mid\dots\mid d_r. (Sur un principal non euclidien, on remplace la division par une matrice de Bézout de GL2(A)GL_2(A) et la terminaison vient de la noethérianité : la suite des idéaux engendrés par les pivots est strictement croissante, donc stationnaire.)

Réponse. Existence de la forme de Smith diag(d1,,dr,0,)\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_r,0,\dots), d1drd_1\mid\dots\mid d_r. (Vérifié machine : smith_normal_form — B ✓)
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Forme de Smith d'une matrice 2×2

CalculDifficulté 3/5

Calculer la forme de Smith sur Z\mathbb{Z} de (2003)\begin{pmatrix}2&0\\0&3\end{pmatrix} et de (6004)\begin{pmatrix}6&0\\0&4\end{pmatrix}, et en déduire le groupe abélien Z2/im\mathbb{Z}^2/\operatorname{im} correspondant.

Indices (3)

Δ1=\Delta_1= pgcd des entrées, Δ2=det\Delta_2=\lvert\det\rvert.

d1=Δ1d_1=\Delta_1, d2=Δ2/Δ1d_2=\Delta_2/\Delta_1.

Z2/imdiag(d1,d2)Z/d1×Z/d2\mathbb{Z}^2/\operatorname{im}\operatorname{diag}(d_1,d_2)\cong\mathbb{Z}/d_1\times\mathbb{Z}/d_2.

Correction détaillée
diag(2,3)

Δ1=gcd(2,3)=1\Delta_1=\gcd(2,3)=1, Δ2=det=6\Delta_2=\lvert\det\rvert=6 : (d1,d2)=(1,6)(d_1,d_2)=(1,6). Forme de Smith diag(1,6)\operatorname{diag}(1,6). Quotient Z/1×Z/6Z/6\mathbb{Z}/1\times\mathbb{Z}/6\cong\mathbb{Z}/6 (c'est le théorème chinois Z/2×Z/3Z/6\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3\cong\mathbb{Z}/6).

diag(6,4)

Δ1=gcd(6,4)=2\Delta_1=\gcd(6,4)=2, Δ2=24\Delta_2=24 : (d1,d2)=(2,12)(d_1,d_2)=(2,12). Forme de Smith diag(2,12)\operatorname{diag}(2,12). Quotient Z/2×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12 (et pas Z/6×Z/4\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4 tel quel : c'est le même groupe, réécrit en facteurs invariants).

Réponse. diag(2,3)(1,6)\operatorname{diag}(2,3)\to(1,6), groupe Z/6\mathbb{Z}/6 ; diag(6,4)(2,12)\operatorname{diag}(6,4)\to(2,12), groupe Z/2×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12. (Vérifié machine — B ✓)
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Forme de Smith d'une matrice 3×3

CalculDifficulté 3/5

Calculer la forme de Smith sur Z\mathbb{Z} de M=(244661210416)M=\begin{pmatrix}2&4&4\\-6&6&12\\10&-4&-16\end{pmatrix} par les facteurs déterminantiels.

Indices (3)

Δ1=\Delta_1= pgcd de toutes les entrées.

Δ2=\Delta_2= pgcd des mineurs 2×22\times2 ; Δ3=detM\Delta_3=\lvert\det M\rvert.

dk=Δk/Δk1d_k=\Delta_k/\Delta_{k-1}.

Correction détaillée
Facteurs déterminantiels

Δ1=gcd(2,4,4,6,6,12,10,4,16)=2\Delta_1=\gcd(2,4,4,6,6,12,10,4,16)=2. On calcule detM=144\det M=-144, donc Δ3=144\Delta_3=144. Le pgcd des mineurs 2×22\times2 vaut Δ2=12\Delta_2=12 (les mineurs sont tous multiples de 1212, et 1212 est atteint).

Facteurs invariants

d1=Δ1=2d_1=\Delta_1=2, d2=Δ2/Δ1=12/2=6d_2=\Delta_2/\Delta_1=12/2=6, d3=Δ3/Δ2=144/12=12d_3=\Delta_3/\Delta_2=144/12=12. Forme de Smith diag(2,6,12)\operatorname{diag}(2,6,12) (et bien 26122\mid6\mid12, produit =144=det=144=\lvert\det\rvert). Quotient Z/2×Z/6×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/12.

Réponse. Forme de Smith diag(2,6,12)\operatorname{diag}(2,6,12), groupe Z/2×Z/6×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/12. (Vérifié machine : smith_normal_form = diag(2,6,12) — B ✓)
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Groupe présenté par générateurs et relations

CalculDifficulté 3/5

Soit GG le groupe abélien engendré par x,yx,y avec les relations 6x=06x=0 et 4y=04y=0. Donner sa décomposition en facteurs invariants.

Indices (3)

La matrice de relations est diag(6,4)\operatorname{diag}(6,4) sur la base (x,y)(x,y).

Calculer sa forme de Smith.

Lire GZ/d1×Z/d2G\cong\mathbb{Z}/d_1\times\mathbb{Z}/d_2.

Correction détaillée
Présentation

GZ2/imRG\cong\mathbb{Z}^2/\operatorname{im}R avec R=diag(6,4)R=\operatorname{diag}(6,4) (chaque colonne = une relation). On calcule la forme de Smith : Δ1=gcd(6,4)=2\Delta_1=\gcd(6,4)=2, Δ2=24\Delta_2=24, d'où (d1,d2)=(2,12)(d_1,d_2)=(2,12).

Décomposition

GZ/2×Z/12G\cong\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12 (ordre 2424). C'est la forme par facteurs invariants (2122\mid12). En diviseurs élémentaires : Z/2×Z/4×Z/3\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/4\times\mathbb{Z}/3.

Réponse. GZ/2×Z/12G\cong\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12 (ordre 2424). (Vérifié machine — B/C ✓)
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Facteurs déterminantiels et unicité des d_i

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que Δk=\Delta_k= pgcd des mineurs k×kk\times k est invariant par opérations élémentaires, et en déduire l'unicité des facteurs invariants dk=Δk/Δk1d_k=\Delta_k/\Delta_{k-1}.

Indices (3)

Une opération élémentaire multiplie par une matrice inversible sur AA.

Un mineur de UMVUMV est combinaison AA-linéaire de mineurs de MM (formule de Cauchy-Binet).

Donc Δk(UMV)\Delta_k(UMV) est multiple de Δk(M)\Delta_k(M), et réciproquement par inversibilité.

Correction détaillée
Invariance de Δ_k

Par Cauchy-Binet, tout mineur k×kk\times k de UMUM (resp. MVMV) est une combinaison AA-linéaire de mineurs k×kk\times k de MM. Donc Δk(M)Δk(UMV)\Delta_k(M)\mid\Delta_k(UMV). En appliquant à U1(UMV)V1=MU^{-1}(UMV)V^{-1}=M, on a aussi Δk(UMV)Δk(M)\Delta_k(UMV)\mid\Delta_k(M). Ainsi Δk\Delta_k est inchangé (à unité près) par opérations élémentaires.

Unicité

Sur la forme de Smith diag(d1,,dr)\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_r), Δk=d1d2dk\Delta_k=d_1d_2\cdots d_k (pgcd des mineurs : le mineur principal d1dkd_1\cdots d_k divise tous les autres car d1drd_1\mid\dots\mid d_r). Comme les Δk\Delta_k ne dépendent que de la classe d'équivalence de MM, les dk=Δk/Δk1d_k=\Delta_k/\Delta_{k-1} sont uniques : les facteurs invariants caractérisent MM.

Réponse. Δk\Delta_k invariant dk=Δk/Δk1\Rightarrow d_k=\Delta_k/\Delta_{k-1} uniques. (Vérifié machine : invariants reproductibles — B ✓)
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Partie libre et partie de torsion

CalculDifficulté 3/5

Soit M=Z3/imRM=\mathbb{Z}^3/\operatorname{im}R avec R=(200030)R=\begin{pmatrix}2&0&0\\0&3&0\end{pmatrix} (deux relations sur trois générateurs). Déterminer le rang libre et la torsion de MM.

Indices (3)

Rang libre == (nombre de générateurs) - (rang de RR).

La forme de Smith de RR donne les facteurs invariants de torsion.

diag(2,3)\operatorname{diag}(2,3) donne Z/6\mathbb{Z}/6.

Correction détaillée
Rang libre

RR est 2×32\times3 de rang 22 (lignes indépendantes). Le rang libre de MM est r=3rgR=32=1r=3-\operatorname{rg}R=3-2=1 : il reste un Z\mathbb{Z} libre (le troisième générateur, non contraint).

Torsion

Le bloc diag(2,3)\operatorname{diag}(2,3) a pour forme de Smith diag(1,6)\operatorname{diag}(1,6), d'où la torsion Z/6\mathbb{Z}/6. Conclusion : MZZ/6M\cong\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/6 (partie libre de rang 11, torsion Z/6\mathbb{Z}/6).

Réponse. MZZ/6M\cong\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/6 : rang libre 11, torsion Z/6\mathbb{Z}/6. (Vérifié machine : rang libre =1=1, torsion [6][6] — B ✓)
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Théorème de structure (facteurs invariants)

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer le théorème de structure des modules de type fini sur un anneau principal AA (forme par facteurs invariants), en précisant le rôle de la partie libre et de la partie de torsion.

Indices (3)

MM est présenté par une matrice de relations RR : MAn/imRM\cong A^n/\operatorname{im}R.

La forme de Smith de RR donne les did_i.

Partie libre =Ar=A^r (r=nrgRr=n-\operatorname{rg}R), torsion =A/(di)=\bigoplus A/(d_i).

Correction détaillée
Énoncé

Tout AA-module de type fini MM (sur AA principal) se décompose

MArA/(d1)A/(ds),d1d2ds (non inversibles).M\cong A^{r}\oplus A/(d_1)\oplus\dots\oplus A/(d_s),\qquad d_1\mid d_2\mid\dots\mid d_s\ (\text{non inversibles}).
ArA^r est la partie libre (rang rr), A/(di)\bigoplus A/(d_i) la partie de torsion T(M)T(M).

Preuve (esquisse)

MM est engendré par nn éléments, d'où une surjection AnMA^n\twoheadrightarrow M de noyau KK ; un lemme-clé (le seul point réellement non trivial : sur un anneau principal, tout sous-module d'un libre de rang fini est libre de rang n\leq n — récurrence sur nn en projetant sur une coordonnée) donne KAkK\cong A^k (knk\leq n), de type fini, présenté par une matrice RR. La forme de Smith diag(d1,,dr,0,)\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_r,0,\dots) de RR change les bases de AnA^n et de KK pour rendre les relations diagonales : MiA/(di)  AnrM\cong\bigoplus_i A/(d_i)\ \oplus\ A^{n-r}, d'où le résultat (les di=1d_i=1 donnent des facteurs nuls, A/(1)=0A/(1)=0).

Réponse. MAriA/(di)M\cong A^r\oplus\bigoplus_i A/(d_i), d1dsd_1\mid\dots\mid d_s (libre + torsion). (Vérifié machine — E ✓)
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Facteurs invariants $\longleftrightarrow$ diviseurs élémentaires

DémonstrationDifficulté 3/5

Expliquer le passage entre la forme par facteurs invariants (d1dsd_1\mid\dots\mid d_s) et la forme par diviseurs élémentaires (A/(pk)\bigoplus A/(p^k)), et pourquoi les deux sont équivalentes.

Indices (3)

Théorème chinois : A/(d)pA/(pvp(d))A/(d)\cong\prod_p A/(p^{v_p(d)}) pour d=pvp(d)d=\prod p^{v_p(d)}.

Décomposer chaque A/(di)A/(d_i) en p-parts.

Inversement, aligner les partitions par premier reconstruit les did_i.

Correction détaillée
Décomposition (→)

Chaque di=ppei,pd_i=\prod_p p^{e_{i,p}} ; le théorème chinois (pep^{e} deux à deux comaximaux) donne A/(di)pA/(pei,p)A/(d_i)\cong\prod_p A/(p^{e_{i,p}}). En regroupant sur tous les ii, on obtient les diviseurs élémentaires pei,pp^{e_{i,p}} (les A/(pk)A/(p^k)).

Reconstruction (←)

Inversement, pour chaque premier pp on a une partition (e1,pe2,p)(e_{1,p}\geq e_{2,p}\geq\dots) ; on aligne ces partitions (en complétant par des 00 à droite) : le plus grand facteur invariant ds=pp(plus grand exposant)d_s=\prod_p p^{(\text{plus grand exposant})}, etc. Les deux formes portent la même information : elles sont équivalentes.

Réponse. Théorème chinois : facteurs invariants \leftrightarrow diviseurs élémentaires (alignement de partitions). (Vérifié machine : moteur diviseurs↔invariants — E/C ✓)
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Les deux formes pour ℤ/6 × ℤ/4

CalculDifficulté 3/5

Écrire le groupe Z/6×Z/4\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4 sous forme par diviseurs élémentaires PUIS par facteurs invariants.

Indices (3)

Décomposer 6=236=2\cdot3 et 4=224=2^2.

Diviseurs élémentaires : regrouper par premier.

Facteurs invariants : aligner les partitions de chaque premier.

Correction détaillée
Diviseurs élémentaires

Z/6Z/2×Z/3\mathbb{Z}/6\cong\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3, Z/4=Z/22\mathbb{Z}/4=\mathbb{Z}/2^2. Donc Z/6×Z/4Z/2×Z/4×Z/3\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4\cong\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/4\times\mathbb{Z}/3 (diviseurs élémentaires {2,4,3}\{2,4,3\} ; pour p=2p=2 : exposants [2,1][2,1] ; pour p=3p=3 : [1][1]).

Facteurs invariants

On aligne : p=2p=2 donne [2,1][2,1], p=3p=3 donne [1,0][1,0]. Plus grand facteur invariant d2=2231=12d_2=2^2\cdot3^1=12 ; suivant d1=2130=2d_1=2^1\cdot3^0=2. Donc Z/6×Z/4Z/2×Z/12\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4\cong\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12 (2122\mid12).

Réponse. Z/2×Z/4×Z/3\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/4\times\mathbb{Z}/3 (élémentaires) =Z/2×Z/12=\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12 (invariants). (Vérifié machine — C/E ✓)
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Unicité de la décomposition

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que deux présentations d'un même groupe abélien fini donnent les mêmes facteurs invariants : la décomposition est unique. (Indication : caractériser les did_i intrinsèquement.)

Indices (3)

Le rang libre =dimQ(MQ)=\dim_{\mathbb{Q}}(M\otimes\mathbb{Q}), intrinsèque.

Pour la torsion, compter pM[p]\lvert pM[p]\rvert ou utiliser les facteurs déterminantiels.

Les Δk\Delta_k ne dépendent que de MM.

Correction détaillée
Invariants intrinsèques

Le rang rr est dimFracA(MFracA)\dim_{\operatorname{Frac}A}(M\otimes\operatorname{Frac}A) : intrinsèque. Pour la torsion, on travaille sur la composante pp-primaire Tp(M)T_p(M) : pour chaque premier pp, le nombre de facteurs Z/pk\mathbb{Z}/p^k d'exposant j\geq j vaut dimFp(pj1Tp(M)/pjTp(M))\dim_{\mathbb{F}_p}\big(p^{j-1}T_p(M)/p^{j}T_p(M)\big) (la partie libre et les autres premiers n'y contribuent pas), qui ne dépend que de MM.

Conclusion

Ces dimensions déterminent toutes les partitions (ei,p)(e_{i,p}), donc les diviseurs élémentaires, donc (par alignement) les facteurs invariants did_i. Deux présentations du même MM donnent les mêmes did_i : unicité. (Au niveau matriciel : les Δk=\Delta_k= pgcd des mineurs sont invariants, cf. B5.)

Réponse. Facteurs invariants déterminés par MM (dimensions pj1M/pjMp^{j-1}M/p^jM) : décomposition unique. (Vérifié machine : deux présentations \to mêmes invariants — E ✓)
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Application du théorème de structure

CalculDifficulté 3/5

Un groupe abélien fini GG a pour diviseurs élémentaires {4,4,2,9,3}\{4,4,2,9,3\}. Donner son ordre, sa forme par facteurs invariants, et son rang (== nombre minimal de générateurs).

Indices (3)

Ordre == produit des diviseurs élémentaires.

Aligner les partitions : p=2p=2 exposants [2,2,1][2,2,1], p=3p=3 : [2,1][2,1].

Nombre de générateurs == nombre de facteurs invariants.

Correction détaillée
Ordre et alignement

Ordre =44293=864=4\cdot4\cdot2\cdot9\cdot3=864. Partitions : p=2p=2 : [2,2,1][2,2,1] ; p=3p=3 : [2,1,0][2,1,0] (complété). Colonnes (du plus grand) : d3=2232=36d_3=2^2\cdot3^2=36, d2=2231=12d_2=2^2\cdot3^1=12, d1=2130=2d_1=2^1\cdot3^0=2.

Facteurs invariants

GZ/2×Z/12×Z/36G\cong\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12\times\mathbb{Z}/36 (212362\mid12\mid36, produit =864=864). Le rang (nombre minimal de générateurs) est 33 = nombre de facteurs invariants = plus grand nombre de parts (p=2p=2 en a 33).

Réponse. Ordre 864864 ; GZ/2×Z/12×Z/36G\cong\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12\times\mathbb{Z}/36 ; rang 33. (Vérifié machine : alignement de partitions — C/E ✓)
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Invariance du rang, partie libre = M/T(M)

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que la partie libre d'un module de type fini sur un principal est isomorphe à M/T(M)M/T(M), et que son rang est un invariant.

Indices (3)

Dans MArT(M)M\cong A^r\oplus T(M), quotienter par T(M)T(M).

M/T(M)ArM/T(M)\cong A^r est libre.

Le rang =dim=\dim après tensorisation par le corps des fractions.

Correction détaillée
M/T(M) libre

Écrivons MArTM\cong A^r\oplus T avec T=T(M)T=T(M) (toute la torsion est dans le second facteur, ArA^r étant sans torsion). Alors M/T(M)ArM/T(M)\cong A^r : la partie libre est M/T(M)M/T(M), un module libre.

Invariance du rang

Le rang rr se lit comme dimF(MAF)\dim_{F}(M\otimes_A F)F=Frac(A)F=\operatorname{Frac}(A) : la torsion s'annule après tensorisation par FF (un élément de torsion xx vérifie ax=0ax=0, donc x1=xaa1=(ax)a1=0x\otimes1=x\otimes a a^{-1}=(ax)\otimes a^{-1}=0), et ArFFrA^r\otimes F\cong F^r. Ainsi rr ne dépend que de MM : c'est un invariant.

Réponse. Partie libre M/T(M)\cong M/T(M), rang =dimF(MF)=\dim_F(M\otimes F) invariant. (Vérifié machine — E ✓)
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