Maths Post-Bac Ouvrir l'app

Exercices corrigés — Modules & théorème de structure

Algèbre · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieur

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Modules & théorème de structure Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Sous-modules de ℤ, modules libres

CalculDifficulté 3/5

Décrire tous les sous-modules de Z\mathbb{Z} (vu comme Z\mathbb{Z}-module). Le Z\mathbb{Z}-module Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} est-il libre ?

Indices (3)

Un sous-module de Z\mathbb{Z} est un sous-groupe additif stable par multiplication entière.

Les sous-groupes de Z\mathbb{Z} sont les nZn\mathbb{Z}.

« Libre » = possède une base ; un élément de torsion ne peut faire partie d'une base.

Correction détaillée
Les deux réponses
les sous-modules de Z sont exactement les nZ, n≥0\boxed{\text{les sous-modules de }\mathbb{Z}\ \text{sont exactement les } n\mathbb{Z},\ n\geq 0}
Z/6Z n’est PAS libre\boxed{\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\ \text{n'est PAS libre}}

Pourquoi ces deux questions vont ensemble : la première montre que Z\mathbb{Z} se comporte comme un anneau très régulier — tous ses sous-modules sont engendrés par un seul élément. La seconde montre que ses quotients, eux, perdent cette régularité.

C'est déjà tout le programme du chapitre : ce qui distingue un module d'un espace vectoriel, c'est la torsion.

Étape 1 — Un sous-module de $\mathbb{Z}$ est un idéal

Un Z\mathbb{Z}-module est un groupe abélien (exercice A2), et un sous-module de Z\mathbb{Z} est donc un sous-groupe additif stable par multiplication par un entier — c'est-à-dire exactement un idéal de l'anneau Z\mathbb{Z}.

Soit N≠{0}N\neq\{0\} un tel sous-module, et nn le plus petit entier strictement positif de NN (il existe : NN contient un élément non nul, donc son opposé, donc un positif).

Division euclidienne. Pour m∈Nm\in N, écrivons

m=qn+r,0≤r<nm=qn+r,\qquad 0\leq r<n

Alors r=m−qn∈Nr=m-qn\in N (combinaison de deux éléments de NN). Mais nn est le plus petit strictement positif de NN, et 0≤r<n0\leq r<n :

r=0 ⟹ m=qn∈nZr=0\ \Longrightarrow\ m=qn\in n\mathbb{Z}
N=nZ\boxed{N=n\mathbb{Z}}

👉 C'est la division euclidienne qui fait tout, et c'est exactement ce qui définira un anneau principal : un anneau où tout idéal est engendré par un seul élément.

Étape 2 — Pourquoi $\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}$ n'est pas libre

Un module libre possède une base : une famille génératrice et libre (aucune relation non triviale).

L'obstruction est immédiate : dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, tout élément xx vérifie

6⋅x=06\cdot x=0

Donc aucune famille non vide ne peut être libre : la relation 6x=06x=0 est une relation non triviale (le coefficient 66 n'est pas nul dans Z\mathbb{Z}), quel que soit xx.

Et la famille vide ne convient pas non plus : elle engendre {0}\{0\}, pas Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}.

Z/6Z n’a aucune base\boxed{\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\ \text{n'a aucune base}}

⚠️ C'est une différence RADICALE avec les espaces vectoriels, où tout espace admet une base. Ici, Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} est un module de type fini — engendré par un seul élément — qui n'est pas libre. Le mot « dimension » n'y a aucun sens.

La notion qui explique tout : la torsion
T(M)={x∈M : ∃a≠0, ax=0}T(M)=\{x\in M\ :\ \exists a\neq 0,\ ax=0\}
ZT={0}sans torsion, LIBREZ/6ZT=toutpure torsion, non libreZ⊕Z/4ZT=Z/4Zni l’un ni l’autre\begin{array}{lcl} \mathbb{Z} & T=\{0\} & \text{sans torsion, LIBRE}\\ \mathbb{Z}/6\mathbb{Z} & T=\text{tout} & \text{pure torsion, non libre}\\ \mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} & T=\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} & \text{ni l'un ni l'autre} \end{array}

Un module libre est TOUJOURS sans torsion : si (ei)(e_i) est une base et ax=0ax=0 avec x=∑aieix=\sum a_ie_i, alors ∑aaiei=0\sum aa_ie_i=0, donc aai=0aa_i=0 pour tout ii par liberté, donc ai=0a_i=0 si AA est intègre — et x=0x=0.

libre ⟹ sans torsion\boxed{\text{libre}\ \Longrightarrow\ \text{sans torsion}}

⚠️ La réciproque est FAUSSE en général — Q\mathbb{Q} est un Z\mathbb{Z}-module sans torsion et non libre. Mais elle devient vraie pour un module de TYPE FINI sur un anneau PRINCIPAL, et c'est l'un des piliers du théorème de structure (exercice E1).

Ce que cet exercice annonce

Les deux résultats sont les deux extrémités du théorème de structure :

M ≃ Ar⏟libre ⊕ A/(d1)⊕⋯⊕A/(ds)⏟torsion\boxed{M\ \simeq\ \underbrace{A^r}_{\text{libre}}\ \oplus\ \underbrace{A/(d_1)\oplus\dots\oplus A/(d_s)}_{\text{torsion}}}
sous-modules de Z=nZfournit les A/(di)Z/6 non libremontre que la partie de torsion est neˊcessaire\begin{array}{ll} \text{sous-modules de }\mathbb{Z}=n\mathbb{Z} & \text{fournit les } A/(d_i)\\ \mathbb{Z}/6\ \text{non libre} & \text{montre que la partie de torsion est n\'ecessaire} \end{array}

👉 Et la clé technique est la principalité. Sur A=ZA=\mathbb{Z} ou A=K[X]A=K[X], tout idéal est engendré par un élément, et c'est ce qui rend la forme de Smith possible (exercice B1) — donc le théorème de structure lui-même.

Sur un anneau non principal, le théorème tel quel tombe : dans Z[X]\mathbb{Z}[X], l'idéal (2,X)(2,X) n'est engendré par aucun élément seul, et il n'y a pas de théorème de structure.

Réponse. Sous-modules de Z\mathbb{Z} : les nZn\mathbb{Z} ; Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} n'est pas libre (torsion). (Vérifié machine — A ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Un ℤ-module est un groupe abélien

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer qu'un Z\mathbb{Z}-module n'est rien d'autre qu'un groupe abélien : la structure de module est entièrement déterminée par l'addition.

Indices (3)

Partir d'un groupe abélien (M,+)(M,+) et définir n⋅xn\cdot x.

Pour n>0n>0, n⋅x=x+⋯+xn\cdot x=x+\dots+x ; étendre à n≤0n\leq0.

Vérifier que c'est l'unique loi externe compatible avec les axiomes.

Correction détaillée
L'énoncé, et ce qu'il faut vraiment montrer
{Z-modules} = {groupes abeˊliens}\boxed{\{\mathbb{Z}\text{-modules}\}\ =\ \{\text{groupes ab\'eliens}\}}

Ce n'est pas seulement « un Z\mathbb{Z}-module est un groupe abélien » — cela, c'est la définition. C'est la réciproque qui est le contenu : sur un groupe abélien, la structure de Z\mathbb{Z}-module existe et elle est UNIQUE.

Autrement dit : il n'y a rien à choisir. L'addition détermine entièrement la multiplication externe.

Étape 1 — La loi externe est FORCÉE

Soit MM un groupe abélien muni d'une structure de Z\mathbb{Z}-module. Les axiomes imposent 1⋅x=x1\cdot x=x, puis par distributivité

2⋅x=(1+1)⋅x=1⋅x+1⋅x=x+x2\cdot x=(1+1)\cdot x=1\cdot x+1\cdot x=x+x

et par récurrence, pour n≥1n\geq 1 :

n⋅x=x+x+⋯+x⏟n foisn\cdot x=\underbrace{x+x+\dots+x}_{n\ \text{fois}}

Pour n=0n=0 : 0⋅x=(0+0)⋅x=0⋅x+0⋅x0\cdot x=(0+0)\cdot x=0\cdot x+0\cdot x, d'où 0⋅x=00\cdot x=0 en simplifiant.

Pour n<0n<0 : 0=0⋅x=(n+(−n))⋅x=n⋅x+(−n)⋅x0=0\cdot x=(n+(-n))\cdot x=n\cdot x+(-n)\cdot x, donc n⋅x=−((−n)⋅x)n\cdot x=-\big((-n)\cdot x\big).

n⋅x est ENTIEˋREMENT deˊtermineˊ par l’addition\boxed{n\cdot x\ \text{est ENTI\`EREMENT d\'etermin\'e par l'addition}}

👉 Rien n'a été choisi : chaque égalité découle des axiomes. C'est ce qui prouve l'unicité.

Étape 2 — Et cette loi FONCTIONNE

Il reste à vérifier que la formule ci-dessus définit bien une structure de module. Les quatre axiomes se contrôlent, et c'est mécanique :

(m+n)x=mx+nxregrouper m+n copies de xn(x+y)=nx+nyutilise la COMMUTATIVITEˊ(mn)x=m(nx)associativiteˊ du comptage1⋅x=xpar construction\begin{array}{ll} (m+n)x=mx+nx & \text{regrouper } m+n\ \text{copies de } x\\ n(x+y)=nx+ny & \textbf{utilise la COMMUTATIVIT\'E}\\ (mn)x=m(nx) & \text{associativit\'e du comptage}\\ 1\cdot x=x & \text{par construction} \end{array}

⚠️ La deuxième ligne est le seul point non trivial, et c'est là que la commutativité entre en jeu :

n(x+y)=(x+y)+⋯+(x+y)=(x+⋯+x)⏟n+(y+⋯+y)⏟nn(x+y)=(x+y)+\dots+(x+y)=\underbrace{(x+\dots+x)}_{n}+\underbrace{(y+\dots+y)}_{n}

Le regroupement suppose de pouvoir permuter les termes. Sur un groupe non abélien, n(xy)≠xnynn(xy)\neq x^ny^n en général, et l'axiome tombe.

c’est la COMMUTATIVITEˊ qui rend l’eˊquivalence vraie\boxed{\text{c'est la COMMUTATIVIT\'E qui rend l'\'equivalence vraie}}
Pourquoi cette identification est utile

Elle transporte tout le théorème de structure sur les groupes abéliens finis, gratuitement.

theˊoreˋme de structure sur Z⟷classification des groupes abeˊliens finisfacteurs invariants d1∣⋯∣ds⟷Z/d1×⋯×Z/dspartie libre Zr⟷le groupe est infini si r>0\begin{array}{lcl} \text{th\'eor\`eme de structure sur } \mathbb{Z} & \longleftrightarrow & \text{classification des groupes ab\'eliens finis}\\ \text{facteurs invariants } d_1\mid\dots\mid d_s & \longleftrightarrow & \mathbb{Z}/d_1\times\dots\times\mathbb{Z}/d_s\\ \text{partie libre } \mathbb{Z}^r & \longleftrightarrow & \text{le groupe est infini si } r>0 \end{array}

C'est l'objet de l'exercice C3 : les deux théorèmes sont le même énoncé, dans deux langages.

Et le morphisme suit : une application Z\mathbb{Z}-linéaire est exactement un morphisme de groupes, puisque f(nx)=nf(x)f(nx)=nf(x) découle de f(x+y)=f(x)+f(y)f(x+y)=f(x)+f(y) par la même récurrence.

Hom⁡Z(M,N)=Hom⁡gr(M,N)\operatorname{Hom}_{\mathbb{Z}}(M,N)=\operatorname{Hom}_{\text{gr}}(M,N)
Le contraste avec les autres anneaux
AA-modulela structure est-elle forceˊe ?Zgroupe abeˊlienOUI, uniqueK corpsK-espace vectorielnon : plusieurs structures possiblesK[X](V,u) avec u endomorphismenon : une par choix de u\begin{array}{lll} A & A\text{-module} & \text{la structure est-elle forc\'ee ?}\\\hline \mathbb{Z} & \text{groupe ab\'elien} & \textbf{OUI, unique}\\ K\ \text{corps} & K\text{-espace vectoriel} & \text{non : plusieurs structures possibles}\\ K[X] & (V,u)\ \text{avec } u\ \text{endomorphisme} & \text{non : une par choix de } u \end{array}

La dernière ligne est le lot D tout entier : un K[X]K[X]-module, c'est un espace vectoriel plus un endomorphisme, et le choix de uu produit des structures différentes sur le même espace.

Z est le seul anneau ouˋ la structure ne se choisit pas\boxed{\mathbb{Z}\ \text{est le seul anneau o\`u la structure ne se choisit pas}}

👉 La raison est que Z\mathbb{Z} est INITIAL : il existe un unique morphisme d'anneaux Z→A\mathbb{Z}\to A pour tout anneau AA, à savoir n↦n⋅1An\mapsto n\cdot 1_A. Il n'y a donc aucune liberté, ni ici ni ailleurs.

Réponse. Z\mathbb{Z}-module ≡\equiv groupe abélien (loi externe imposée par ++). (Vérifié machine — A ✓ ; recoupe Groupes)
Faire cet exercice dans l'app →

Critère de sous-module, intersection

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit MM un AA-module. Montrer qu'une partie non vide N⊆MN\subseteq M est un sous-module ssi ∀a,b∈A, ∀x,y∈N, ax+by∈N\forall a,b\in A,\ \forall x,y\in N,\ ax+by\in N. En déduire qu'une intersection de sous-modules est un sous-module.

Indices (3)

Le critère regroupe stabilité par ++ et par loi externe.

Prendre a=b=1a=b=1 pour l'addition, b=0b=0 pour la loi externe.

Une intersection vérifie le critère élément par élément.

Correction détaillée
Le critère, et pourquoi une seule condition suffit
N sous-module  ⟺  N≠∅ et ∀a,b∈A, ∀x,y∈N, ax+by∈N\boxed{N\ \text{sous-module}\iff N\neq\emptyset\ \text{et}\ \forall a,b\in A,\ \forall x,y\in N,\ ax+by\in N}

L'intérêt est pratique : au lieu de vérifier trois choses (stabilité par ++, par l'opposé, par la loi externe), on n'en vérifie qu'une.

Le gain vient de ce que la combinaison ax+byax+by les contient toutes — il suffit de spécialiser aa et bb.

Étape 1 — Le sens facile

Si NN est un sous-module, il est stable par la loi externe (ax∈Nax\in N, by∈Nby\in N) puis par l'addition (ax+by∈Nax+by\in N). Et il est non vide, contenant 00. ✓

Étape 2 — Le sens utile : spécialiser

Supposons la condition, et N≠∅N\neq\emptyset. Tout s'obtient en choisissant aa et bb :

a=b=00⋅x+0⋅y=0∈Nle neutrea=b=1x+y∈Nstabiliteˊ par +a=−1, b=0−x∈Nl’opposeˊb=0ax∈Nloi externe\begin{array}{lll} a=b=0 & 0\cdot x+0\cdot y=0\in N & \text{le neutre}\\ a=b=1 & x+y\in N & \text{stabilit\'e par } +\\ a=-1,\ b=0 & -x\in N & \text{l'oppos\'e}\\ b=0 & ax\in N & \text{loi externe} \end{array}

La première ligne exige N≠∅N\neq\emptyset — il faut un xx pour écrire 0⋅x0\cdot x.

N est un sous-module\boxed{N\ \text{est un sous-module}}

⚠️ L'hypothèse « non vide » n'est PAS décorative : l'ensemble vide vérifie la condition de façon vacante (aucun x,yx,y à tester), et n'est pourtant pas un sous-module. C'est le piège classique du quantificateur universel sur un ensemble vide.

Étape 3 — L'intersection

Soit (Ni)i∈I(N_i)_{i\in I} une famille de sous-modules, et N=⋂iNiN=\bigcap_i N_i.

Non vide : chaque NiN_i contient 00, donc 0∈N0\in N.

Stable : si x,y∈Nx,y\in N, alors pour chaque ii on a x,y∈Nix,y\in N_i, donc ax+by∈Niax+by\in N_i. Ceci valant pour tout ii :

ax+by∈⋂iNi=Nax+by\in\bigcap_i N_i=N
une intersection QUELCONQUE de sous-modules est un sous-module\boxed{\text{une intersection QUELCONQUE de sous-modules est un sous-module}}

« Quelconque » compte : la famille peut être infinie, c'est ce qui rend la construction suivante possible.

À quoi sert vraiment l'intersection

Elle permet de définir le sous-module ENGENDRÉ, par le haut :

⟨S⟩=⋂N sous-moduleS⊆NN\langle S\rangle=\bigcap_{\substack{N\ \text{sous-module}\\ S\subseteq N}}N

C'est le plus petit sous-module contenant SS — et l'intersection est bien un sous-module grâce à l'étape 3.

Description par le bas, équivalente :

⟨S⟩={∑i=1naixi : n∈N, ai∈A, xi∈S}\langle S\rangle=\Big\{\textstyle\sum_{i=1}^{n}a_ix_i\ :\ n\in\mathbb{N},\ a_i\in A,\ x_i\in S\Big\}
par le HAUTexistence gratuite, description opaquepar le BASdescription explicite, il faut veˊrifier que c’est un sous-module\begin{array}{ll} \text{par le HAUT} & \text{existence gratuite, description opaque}\\ \text{par le BAS} & \text{description explicite, il faut v\'erifier que c'est un sous-module} \end{array}

👉 Les deux se valent, et l'on emploie l'une ou l'autre selon le besoin — c'est le même double point de vue que pour un sous-espace vectoriel engendré.

⚠️ Attention à la RÉUNION : elle n'est pas un sous-module en général. Dans Z\mathbb{Z}, 2Z∪3Z2\mathbb{Z}\cup 3\mathbb{Z} contient 22 et 33 mais pas 55. C'est précisément pourquoi le sous-module engendré se définit par intersection et non par réunion.

Réponse. Critère ax+by∈Nax+by\in N ; toute intersection de sous-modules est un sous-module. (Vérifié machine — A ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Modules libres, rang, ℤ/n non libre

CalculDifficulté 3/5

Qu'est-ce qu'un module libre de rang rr ? Donner un exemple et un contre-exemple. Pourquoi Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} (n≥2n\geq2) n'est-il pas libre, et Z2\mathbb{Z}^2 l'est-il ?

Indices (3)

Libre = isomorphe à ArA^r, possède une base.

Z2\mathbb{Z}^2 a la base canonique (1,0),(0,1)(1,0),(0,1).

Dans Z/n\mathbb{Z}/n, n⋅xˉ=0n\cdot\bar x=0 pour tout xˉ\bar x.

Correction détaillée
Les définitions, et le contraste central

MM est libre de rang rr s'il admet une base : une famille (e1,…,er)(e_1,\dots,e_r) à la fois génératrice et libre, c'est-à-dire

∑iaiei=0 ⟹ a1=⋯=ar=0\sum_i a_ie_i=0\ \Longrightarrow\ a_1=\dots=a_r=0
M libre de rang r  ⟺  M≃Ar\boxed{M\ \text{libre de rang } r\iff M\simeq A^r}
Z2LIBRE de rang 2Z/nZ (n≥2)PAS LIBRE\begin{array}{ll} \mathbb{Z}^2 & \textbf{LIBRE}\ \text{de rang } 2\\ \mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\ (n\geq 2) & \textbf{PAS LIBRE} \end{array}

Le contraste est le cœur du chapitre : sur un corps, tout module est libre ; sur Z\mathbb{Z}, non.

Étape 1 — $\mathbb{Z}^2$ est libre

La base canonique e1=(1,0)e_1=(1,0), e2=(0,1)e_2=(0,1) convient.

Génératrice : (m,n)=me1+ne2(m,n)=me_1+ne_2 ✓

Libre : si ae1+be2=(a,b)=(0,0)ae_1+be_2=(a,b)=(0,0), alors a=b=0a=b=0 ✓

Z2 est libre de rang 2\boxed{\mathbb{Z}^2\ \text{est libre de rang } 2}

Le rang est bien défini — c'est-à-dire que Z2≄Z3\mathbb{Z}^2\not\simeq\mathbb{Z}^3 — et ce n'est pas gratuit. La preuve la plus rapide : tensoriser par Q\mathbb{Q} ramène à une dimension d'espace vectoriel, qui est invariante (exercice E6).

Étape 2 — $\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}$ n'est pas libre

Pour tout x∈Z/nZx\in\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}, on a n⋅x=0n\cdot x=0 avec n≠0n\neq 0 dans Z\mathbb{Z}.

Toute famille non vide (x1,…,xk)(x_1,\dots,x_k) satisfait donc la relation

n⋅x1+0⋅x2+⋯+0⋅xk=0n\cdot x_1+0\cdot x_2+\dots+0\cdot x_k=0

avec un coefficient non nul : la famille n'est pas libre.

Et la famille vide engendre {0}≠Z/nZ\{0\}\neq\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} pour n≥2n\geq 2.

aucune base — Z/nZ n’est pas libre\boxed{\text{aucune base — } \mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\ \text{n'est pas libre}}

⚠️ Il est pourtant MONOGÈNE : engendré par le seul élément 1ˉ\bar 1. « Engendré par un élément » et « libre de rang 11 » sont donc deux choses différentes — la seconde exige en plus qu'il n'y ait aucune relation.

Ce que « libre » achète, et ce qu'on perd sans
module libremodule quelconquebaseouipeut ne pas existermatrice d’une applicationouinonsous-module libre ?oui SI A principalnoncompleˊment direct d’un sous-modulePAS TOUJOURSnon\begin{array}{lll} & \text{module libre} & \text{module quelconque}\\\hline \text{base} & \text{oui} & \text{peut ne pas exister}\\ \text{matrice d'une application} & \text{oui} & \text{non}\\ \text{sous-module libre ?} & \text{oui SI } A \text{ principal} & \text{non}\\ \text{compl\'ement direct d'un sous-module} & \textbf{PAS TOUJOURS} & \text{non} \end{array}

⚠️ La dernière ligne surprend, et c'est la vraie différence avec les espaces vectoriels. 2Z⊂Z2\mathbb{Z}\subset\mathbb{Z} est libre de rang 11, contenu dans un libre de rang 11, et n'a aucun supplémentaire : s'il existait NN avec Z=2Z⊕N\mathbb{Z}=2\mathbb{Z}\oplus N, alors N≃Z/2ZN\simeq\mathbb{Z}/2\mathbb{Z} serait un sous-module de Z\mathbb{Z} de torsion — or Z\mathbb{Z} est sans torsion.

eˆtre libre ne suffit pas aˋ retrouver l’algeˋbre lineˊaire\boxed{\text{\^etre libre ne suffit pas \`a retrouver l'alg\`ebre lin\'eaire}}

En revanche, la troisième ligne est vraie et précieuse : sur un principal, tout sous-module d'un libre de rang rr est libre de rang ≤r\leq r. C'est ce qui permet de présenter un module par une matrice de relations, donc d'appliquer la forme de Smith (exercice B1).

Le rang, et ce qu'il devient sans liberté

Pour un module libre, le rang est le cardinal d'une base — et il est bien défini.

Pour un module quelconque de type fini sur un principal, le théorème de structure donne

M≃Ar⊕T(M)M\simeq A^r\oplus T(M)

et l'on appelle rang l'entier rr, qui vaut le rang de M/T(M)M/T(M) — lui-même libre (exercice E6).

MrT(M)Z220Z/6Z0toutZ⊕Z/4Z1Z/4Z\begin{array}{lcl} M & r & T(M)\\\hline \mathbb{Z}^2 & 2 & 0\\ \mathbb{Z}/6\mathbb{Z} & \mathbf{0} & \text{tout}\\ \mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} & 1 & \mathbb{Z}/4\mathbb{Z} \end{array}

👉 Un groupe abélien FINI est toujours de rang 00 : sa partie libre est nulle, sinon il contiendrait une copie de Z\mathbb{Z}, donc serait infini. C'est ce qui rend la classification des groupes abéliens finis (lot C) purement affaire de torsion.

Réponse. Libre =Ar=A^r (base) ; Z2\mathbb{Z}^2 libre, Z/n\mathbb{Z}/n non (torsion). (Vérifié machine — A ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Le sous-module de torsion

DémonstrationDifficulté 3/5

Soit AA un anneau commutatif intègre et MM un AA-module. Montrer que la torsion T(M)={x∈M:∃a≠0, ax=0}T(M)=\{x\in M:\exists a\neq0,\ ax=0\} est un sous-module, et que M/T(M)M/T(M) est sans torsion.

Indices (3)

Pour x,yx,y de torsion, trouver un annulateur commun.

Utiliser l'intégrité : un produit d'annulateurs non nuls est non nul.

Si xˉ∈M/T(M)\bar x\in M/T(M) est de torsion, remonter à MM.

Correction détaillée
Les deux énoncés, et l'hypothèse qui les porte

AA commutatif INTÈGRE, MM un AA-module.

T(M)={x∈M : ∃a≠0, ax=0}T(M)=\{x\in M\ :\ \exists a\neq 0,\ ax=0\}
T(M) est un sous-module, et M/T(M) est SANS TORSION\boxed{T(M)\ \text{est un sous-module, et } M/T(M)\ \text{est SANS TORSION}}

L'intégrité n'est pas un confort : sans elle, le premier énoncé est faux — on le vérifie sur un contre-exemple à la fin.

Le second résultat est ce qui rend le théorème de structure possible : il permet de séparer la torsion du reste.

Étape 1 — $T(M)$ est un sous-module

Non vide : 1⋅0=01\cdot 0=0 avec 1≠01\neq 0, donc 0∈T(M)0\in T(M).

Stable — par le critère de l'exercice A3. Soient x,y∈T(M)x,y\in T(M), annulés par a≠0a\neq 0 et b≠0b\neq 0, et soient λ,μ∈A\lambda,\mu\in A. Posons c=abc=ab :

c(λx+μy)=abλx+abμy=λb(ax)⏟0+μa(by)⏟0=0c(\lambda x+\mu y)=ab\lambda x+ab\mu y=\lambda b\underbrace{(ax)}_{0}+\mu a\underbrace{(by)}_{0}=0

Il reste à savoir que c≠0c\neq 0 — et c'est ici, et seulement ici, qu'intervient l'intégrité :

a≠0, b≠0 ⟹inteˋgre ab≠0a\neq 0,\ b\neq 0\ \underset{\text{int\`egre}}{\Longrightarrow}\ ab\neq 0
λx+μy∈T(M)\boxed{\lambda x+\mu y\in T(M)}

👉 Nommer où l'hypothèse sert est le geste utile : ce n'est pas dans le calcul, c'est dans la conclusion « cc est un annulateur valide ».

Étape 2 — Le quotient est sans torsion

Soit xˉ∈M/T(M)\bar x\in M/T(M) tel que axˉ=0a\bar x=0 avec a≠0a\neq 0. Cela signifie

ax∈T(M)ax\in T(M)

Donc il existe b≠0b\neq 0 avec b(ax)=0b(ax)=0, soit

(ba)x=0(ba)x=0

Et ba≠0ba\neq 0 par intégrité, donc x∈T(M)x\in T(M) par définition, donc xˉ=0\bar x=0.

M/T(M) est sans torsion\boxed{M/T(M)\ \text{est sans torsion}}

👉 Le mécanisme est le même qu'à l'étape 1 — composer deux annulateurs — mais employé dans l'autre sens : là il fallait produire un annulateur, ici il faut en remonter un.

Le contre-exemple qui justifie l'hypothèse

Prenons A=Z/6ZA=\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, non intègre (2⋅3=02\cdot 3=0), et M=AM=A vu comme module sur lui-même.

2ˉ∈T(M)3⋅2ˉ=6ˉ=0ˉ, et 3ˉ≠03ˉ∈T(M)2⋅3ˉ=6ˉ=0ˉ, et 2ˉ≠0\begin{array}{ll} \bar 2\in T(M) & 3\cdot\bar 2=\bar 6=\bar 0,\ \text{et}\ \bar 3\neq 0\\ \bar 3\in T(M) & 2\cdot\bar 3=\bar 6=\bar 0,\ \text{et}\ \bar 2\neq 0 \end{array}

Mais leur somme 2ˉ+3ˉ=5ˉ\bar 2+\bar 3=\bar 5 n'est PAS de torsion : 5ˉ\bar 5 est inversible dans Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} (son inverse est 5ˉ\bar 5, car 25≡125\equiv 1), donc a5ˉ=0a\bar 5=0 entraîne a=0a=0.

T(M) n’est PAS un sous-module ici\boxed{T(M)\ \text{n'est PAS un sous-module ici}}

👉 C'est le contrôle qui prouve que l'hypothèse mord. Une hypothèse dont on ne sait pas exhiber l'échec est une hypothèse qu'on ne comprend pas — et ici, l'échec se produit exactement à l'endroit repéré à l'étape 1 : abab pouvait être nul.

La décomposition qui en découle

Sur un anneau PRINCIPAL et pour MM de type fini, le résultat se renforce en une décomposition :

M ≃ M/T(M)⏟libre, de rang r ⊕ T(M)⏟torsion\boxed{M\ \simeq\ \underbrace{M/T(M)}_{\text{libre, de rang } r}\ \oplus\ \underbrace{T(M)}_{\text{torsion}}}

Deux ingrédients, tous deux non triviaux :

M/T(M) est sans torsionc’est l’eˊtape 2sans torsion+type fini+principal⇒LIBREc’est le pilier du theˊoreˋme\begin{array}{ll} M/T(M)\ \text{est sans torsion} & \text{c'est l'\'etape 2}\\ \text{sans torsion} + \text{type fini} + \text{principal} \Rightarrow \text{LIBRE} & \text{c'est le pilier du th\'eor\`eme} \end{array}

Une fois M/T(M)M/T(M) libre, la surjection M→M/T(M)M\to M/T(M) se scinde (on relève une base), d'où la somme directe.

⚠️ Les trois hypothèses sont nécessaires. Q\mathbb{Q} est sans torsion sur Z\mathbb{Z}, qui est principal, et n'est pas libre — il n'est simplement pas de type fini.

👉 C'est cette décomposition que les lots B et E rendent calculable, via la forme de Smith.

Réponse. T(M)T(M) sous-module ; M/T(M)M/T(M) sans torsion. (Vérifié machine — A ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Calcul de torsion et morphismes

CalculDifficulté 3/5

Déterminer la torsion de M=Z⊕Z/4ZM=\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}. Combien y a-t-il de morphismes de Z\mathbb{Z}-modules Z/4Z→Z/6Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\to\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} ?

Indices (3)

(a,bˉ)(a,\bar b) est de torsion ssi aa l'est dans Z\mathbb{Z}.

Z\mathbb{Z} est sans torsion : a=0a=0.

Un morphisme Z/4→Z/6\mathbb{Z}/4\to\mathbb{Z}/6 envoie 1ˉ\bar1 sur un élément annulé par 44.

Correction détaillée
Les deux réponses
T(Z⊕Z/4Z)={0}⊕Z/4Z ≃ Z/4Z\boxed{T\big(\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\big)=\{0\}\oplus\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\ \simeq\ \mathbb{Z}/4\mathbb{Z}}
∣Hom⁡(Z/4Z,Z/6Z)∣=gcd⁡(4,6)=2\boxed{\lvert\operatorname{Hom}(\mathbb{Z}/4\mathbb{Z},\mathbb{Z}/6\mathbb{Z})\rvert=\gcd(4,6)=2}

Deux calculs concrets, et le second donne une formule qu'il faut connaître : le nombre de morphismes entre deux groupes cycliques est le pgcd de leurs ordres.

Étape 1 — La torsion se calcule composante par composante

Soit (m,nˉ)∈Z⊕Z/4Z(m,\bar n)\in\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} et a≠0a\neq 0 tel que

a⋅(m,nˉ)=(am, anˉ)=(0,0ˉ)a\cdot(m,\bar n)=(am,\ a\bar n)=(0,\bar 0)

La première composante force tout : am=0am=0 dans Z\mathbb{Z} avec a≠0a\neq 0 donne m=0m=0, car Z\mathbb{Z} est intègre.

La seconde ne contraint rien : tout nˉ\bar n vérifie 4nˉ=0ˉ4\bar n=\bar 0, avec 4≠04\neq 0.

T(M)={0}⊕Z/4ZT(M)=\{0\}\oplus\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}
T(⨁iMi)=⨁iT(Mi)\boxed{T\Big(\bigoplus_i M_i\Big)=\bigoplus_i T(M_i)}

👉 Cette règle générale est ce qui rend le calcul immédiat : la torsion d'une somme directe est la somme des torsions.

Contrôle : M/T(M)≃ZM/T(M)\simeq\mathbb{Z}, qui est libre de rang 11 ✓ conforme à l'exercice A5.

Étape 2 — Compter les morphismes $\mathbb{Z}/4\to\mathbb{Z}/6$

Un morphisme ff est déterminé par f(1ˉ)f(\bar 1), puisque 1ˉ\bar 1 engendre Z/4Z\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} : f(kˉ)=k f(1ˉ)f(\bar k)=k\,f(\bar 1).

La seule contrainte est de respecter la relation 41ˉ=0ˉ4\bar 1=\bar 0 :

0=f(0ˉ)=f(4⋅1ˉ)=4 f(1ˉ)0=f(\bar 0)=f(4\cdot\bar 1)=4\,f(\bar 1)

Il faut donc 4y≡0(mod6)4y\equiv 0\pmod 6, où y=f(1ˉ)∈Z/6Zy=f(\bar 1)\in\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} :

6∣4y  ⟺  3∣2y  ⟺  3∣y6\mid 4y\iff 3\mid 2y\iff 3\mid y
y∈{0ˉ, 3ˉ}y\in\{\bar 0,\ \bar 3\}
2 morphismes\boxed{2\ \text{morphismes}}

Contrôle exhaustif : on teste les 66 valeurs de yy, et 4y mod 64y\bmod 6 vaut 00 pour y=0y=0 et y=3y=3 seulement ✓

La formule générale, et sa démonstration
∣Hom⁡(Z/m,Z/n)∣=gcd⁡(m,n)\boxed{\lvert\operatorname{Hom}(\mathbb{Z}/m,\mathbb{Z}/n)\rvert=\gcd(m,n)}

Preuve : yy doit vérifier n∣myn\mid my. Posons d=gcd⁡(m,n)d=\gcd(m,n), m=dm′m=dm', n=dn′n=dn' avec gcd⁡(m′,n′)=1\gcd(m',n')=1. Alors

dn′∣dm′y  ⟺  n′∣m′y  ⟺  n′∣ydn'\mid dm'y\iff n'\mid m'y\iff n'\mid y

(par Gauss, n′n' étant premier avec m′m'). Les yy convenables sont les multiples de n′n' dans Z/n\mathbb{Z}/n, il y en a n/n′=dn/n'=d ✓

mngcd⁡462491 — seul le morphisme NUL666 — tous les y conviennent\begin{array}{lll} m & n & \gcd\\\hline 4 & 6 & \mathbf{2}\\ 4 & 9 & 1\ \text{— seul le morphisme NUL}\\ 6 & 6 & 6\ \text{— tous les } y\ \text{conviennent} \end{array}

👉 La deuxième ligne est instructive : entre deux groupes d'ordres premiers entre eux, le seul morphisme est nul. L'image de Z/4\mathbb{Z}/4 serait un sous-groupe d'ordre divisant à la fois 44 et 99, donc trivial.

Ce que ces calculs préparent

La torsion est le seul objet à classifier. La partie libre est déterminée par un seul entier — son rang — tandis que la torsion demande toute la machinerie des facteurs invariants (lots B et E).

M≃Zr⊕Z/d1⊕⋯⊕Z/ds⏟T(M), d1∣⋯∣dsM\simeq\mathbb{Z}^{r}\oplus\underbrace{\mathbb{Z}/d_1\oplus\dots\oplus\mathbb{Z}/d_s}_{T(M),\ d_1\mid\dots\mid d_s}

Sur notre exemple : r=1r=1, s=1s=1, d1=4d_1=4.

Et le comptage de morphismes sert à démontrer l'UNICITÉ de cette décomposition (exercice E4). L'idée : le nombre de morphismes Z/p→M\mathbb{Z}/p\to M vaut pkp^{k} où kk est le nombre de facteurs Z/pa\mathbb{Z}/p^{a} de MM — un invariant de MM, indépendant de toute présentation.

compter les morphismes est un moyen d’extraire des INVARIANTS\boxed{\text{compter les morphismes est un moyen d'extraire des INVARIANTS}}
Réponse. T(Z⊕Z/4)={0}⊕Z/4T(\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/4)=\{0\}\oplus\mathbb{Z}/4 (ordre 44) ; #Hom(Z/4,Z/6)=gcd⁡(4,6)=2\#\mathrm{Hom}(\mathbb{Z}/4,\mathbb{Z}/6)=\gcd(4,6)=2. (Vérifié machine — A ✓ ; recoupe Arithmétique)
Faire cet exercice dans l'app →

Opérations élémentaires et forme de Smith

DémonstrationDifficulté 3/5

Expliquer pourquoi, sur un anneau euclidien AA (comme Z\mathbb{Z} ou K[X]K[X]), les opérations élémentaires sur lignes et colonnes permettent de mettre toute matrice sous forme diagonale diag⁡(d1,…,dr,0,… )\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_r,0,\dots) avec d1∣d2∣⋯∣drd_1\mid d_2\mid\dots\mid d_r (existence de la forme de Smith).

Indices (3)

Une opération élémentaire = multiplication par une matrice inversible sur AA.

Amener en position (1,1)(1,1) un élément de norme (ou degré) minimale.

La division euclidienne / Bézout annule sa ligne et sa colonne ; récurrence.

Correction détaillée
Le théorème, et pourquoi il rend tout calculable

Sur un anneau principal AA, toute matrice M∈Mn,m(A)M\in\mathcal{M}_{n,m}(A) s'écrit

M=U D Vavec D=diag⁡(d1,…,dr,0,…,0), d1∣d2∣⋯∣dr\boxed{M=U\,D\,V\qquad\text{avec } D=\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_r,0,\dots,0),\ d_1\mid d_2\mid\dots\mid d_r}

où UU et VV sont inversibles sur AA. C'est la forme de Smith, et les did_i sont les facteurs invariants.

Ce qu'elle permet : MM étant la matrice des relations d'un module présenté par générateurs, la forme diagonale lit directement la structure :

An/im⁡M ≃ A/(d1)⊕⋯⊕A/(dr)⊕A n−rA^n/\operatorname{im}M\ \simeq\ A/(d_1)\oplus\dots\oplus A/(d_r)\oplus A^{\,n-r}

👉 Le théorème de structure devient un ALGORITHME. C'est là toute la différence entre savoir qu'une décomposition existe et savoir la calculer.

Étape 1 — Les opérations autorisées, et pourquoi elles ne changent rien
Li↔Lj, Ci↔CjeˊchangerLi←uLi (u inversible)multiplier par une UNITEˊLi←Li+aLjtransvection\begin{array}{ll} L_i\leftrightarrow L_j,\ C_i\leftrightarrow C_j & \text{\'echanger}\\ L_i\leftarrow uL_i\ (u\ \text{inversible}) & \text{multiplier par une UNIT\'E}\\ L_i\leftarrow L_i+aL_j & \text{transvection} \end{array}

Chacune revient à multiplier par une matrice inversible — à gauche pour les lignes, à droite pour les colonnes. Le module quotient est donc inchangé : on ne fait que changer de base au départ et à l'arrivée.

⚠️ La deuxième ligne est plus restrictive que sur un corps. Sur Q\mathbb{Q}, on divise une ligne par 33 ; sur Z\mathbb{Z}, c'est interdit — les seules unités sont ±1\pm 1. C'est cette restriction qui empêche d'obtenir des 11 partout, et qui fait apparaître les did_i.

sur un corps, la forme de Smith est diag⁡(1,…,1,0,… ) — le RANG\boxed{\text{sur un corps, la forme de Smith est } \operatorname{diag}(1,\dots,1,0,\dots)\ \text{— le RANG}}

Les facteurs invariants sont donc l'analogue, sur un anneau, de la notion de rang.

Étape 2 — L'algorithme : descente sur le pgcd

Le geste central est la division euclidienne, et c'est elle qui exige un anneau euclidien — comme Z\mathbb{Z} et K[X]K[X].

Placer en position (1,1)(1,1) un élément non nul de valuation minimale (pour Z\mathbb{Z} : de plus petite valeur absolue ; pour K[X]K[X] : de plus petit degré).

Nettoyer la première ligne et la première colonne. Si a11a_{11} ne divise pas a1ja_{1j}, écrire

a1j=q a11+r,r≠0 de valuation STRICTEMENT plus petitea_{1j}=q\,a_{11}+r,\qquad r\neq 0\ \text{de valuation STRICTEMENT plus petite}

puis Cj←Cj−qC1C_j\leftarrow C_j-qC_1 met rr en position (1,j)(1,j), et l'on échange les colonnes. La valuation en (1,1)(1,1) a strictement diminué.

la descente TERMINE : une valuation entieˋre positive ne deˊcroiˆt qu’un nombre fini de fois\boxed{\text{la descente TERMINE : une valuation enti\`ere positive ne d\'ecro\^it qu'un nombre fini de fois}}

Quand plus aucune division ne rate, a11a_{11} divise toute la ligne et toute la colonne : on les annule, et on recommence sur la sous-matrice (n−1)×(m−1)(n-1)\times(m-1).

Étape 3 — Forcer la divisibilité $d_1\mid d_2$

L'algorithme ci-dessus donne une diagonale, mais PAS forcément la chaîne de divisibilité. C'est l'étape qu'on oublie.

Exemple : diag⁡(2,3)\operatorname{diag}(2,3) est diagonale, et pourtant 2∤32\nmid 3.

Le geste qui répare — sur le bloc diag⁡(a,b)\operatorname{diag}(a,b) avec a∤ba\nmid b :

(a00b) → L1←L1+L2  (ab0b) ⟶ (gcd⁡(a,b)00lcm⁡(a,b))\begin{pmatrix}a&0\\0&b\end{pmatrix}\ \xrightarrow{\ L_1\leftarrow L_1+L_2\ }\ \begin{pmatrix}a&b\\0&b\end{pmatrix}\ \longrightarrow\ \begin{pmatrix}\gcd(a,b)&0\\0&\operatorname{lcm}(a,b)\end{pmatrix}

Le déterminant est préservé : gcd⁡(a,b)⋅lcm⁡(a,b)=ab\gcd(a,b)\cdot\operatorname{lcm}(a,b)=ab ✓ et maintenant gcd⁡∣lcm⁡\gcd\mid\operatorname{lcm}.

Sur diag⁡(2,3)\operatorname{diag}(2,3) : gcd⁡=1\gcd=1, lcm⁡=6\operatorname{lcm}=6, d'où diag⁡(1,6)\operatorname{diag}(1,6) — ce que confirme le calcul de l'exercice B2.

👉 C'est le CRT en action : Z/2⊕Z/3≃Z/6\mathbb{Z}/2\oplus\mathbb{Z}/3\simeq\mathbb{Z}/6.

Pourquoi la principalité est indispensable

Deux endroits exactement où l'anneau intervient, et il faut savoir les nommer :

la division euclidiennefait DEˊCROIˆTRE la valuation, donc l’algorithme termineBeˊzoutgcd⁡(a,b)=ua+vb s’obtient par une matrice inversible 2×2 (par des opeˊrations eˊleˊmentaires si A est euclidien)\begin{array}{ll} \text{la division euclidienne} & \text{fait D\'ECRO\^ITRE la valuation, donc l'algorithme termine}\\ \text{B\'ezout} & \gcd(a,b)=ua+vb\ \text{s'obtient par une matrice inversible } 2\times 2\ \text{(par des op\'erations \'el\'ementaires si } A\ \text{est euclidien)} \end{array}

⚠️ Sur Z[X]\mathbb{Z}[X], non principal, tout tombe. L'idéal (2,X)(2,X) n'est engendré par aucun élément, donc la matrice (2X)\begin{pmatrix}2&X\end{pmatrix} ne se diagonalise pas : il n'existe aucun dd tel que (2,X)=(d)(2,X)=(d).

pas de forme de Smith, donc pas de theˊoreˋme de structure\boxed{\text{pas de forme de Smith, donc pas de th\'eor\`eme de structure}}

Les deux anneaux qui nous intéressent sont principaux, et ce sont les seuls dont le chapitre a besoin :

A=Zgroupes abeˊliens de type fini (lot C)A=K[X]endomorphismes, reˊduction de Jordan (lot D)\begin{array}{ll} A=\mathbb{Z} & \text{groupes ab\'eliens de type fini (lot C)}\\ A=K[X] & \text{endomorphismes, r\'eduction de Jordan (lot D)} \end{array}

👉 Un seul algorithme, deux théorèmes : la classification des groupes abéliens finis et la réduction de Jordan sont la MÊME chose, appliquée à deux anneaux principaux.

Réponse. Existence de la forme de Smith diag⁡(d1,…,dr,0,… )\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_r,0,\dots), d1∣⋯∣drd_1\mid\dots\mid d_r. (Vérifié machine : smith_normal_form — B ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Forme de Smith d'une matrice 2×2

CalculDifficulté 3/5

Calculer la forme de Smith sur Z\mathbb{Z} de (2003)\begin{pmatrix}2&0\\0&3\end{pmatrix} et de (6004)\begin{pmatrix}6&0\\0&4\end{pmatrix}, et en déduire le groupe abélien Z2/im⁡\mathbb{Z}^2/\operatorname{im} correspondant.

Indices (3)

Δ1=\Delta_1= pgcd des entrées, Δ2=∣det⁡∣\Delta_2=\lvert\det\rvert.

d1=Δ1d_1=\Delta_1, d2=Δ2/Δ1d_2=\Delta_2/\Delta_1.

Z2/im⁡diag⁡(d1,d2)≅Z/d1×Z/d2\mathbb{Z}^2/\operatorname{im}\operatorname{diag}(d_1,d_2)\cong\mathbb{Z}/d_1\times\mathbb{Z}/d_2.

Correction détaillée
Les deux résultats
(2003) ⟶ (1006)(6004) ⟶ (20012)\boxed{\begin{pmatrix}2&0\\0&3\end{pmatrix}\ \longrightarrow\ \begin{pmatrix}1&0\\0&6\end{pmatrix}}\qquad \boxed{\begin{pmatrix}6&0\\0&4\end{pmatrix}\ \longrightarrow\ \begin{pmatrix}2&0\\0&12\end{pmatrix}}

Deux matrices déjà diagonales, et pourtant deux formes de Smith différentes d'elles-mêmes — parce que la condition d1∣d2d_1\mid d_2 n'était vérifiée ni dans un cas ni dans l'autre.

matriceSmithZ2/im⁡diag⁡(2,3)diag⁡(1,6)Z/6Zdiag⁡(6,4)diag⁡(2,12)Z/2×Z/12\begin{array}{lll} \text{matrice} & \text{Smith} & \mathbb{Z}^2/\operatorname{im}\\\hline \operatorname{diag}(2,3) & \operatorname{diag}(1,6) & \mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\\ \operatorname{diag}(6,4) & \operatorname{diag}(2,12) & \mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12 \end{array}
Étape 1 — $\operatorname{diag}(2,3)$, le cas premier entre eux

2∤32\nmid 3 : il faut appliquer le geste de l'exercice B1.

(2003)→L1←L1+L2(2303)→C2←C2−C1(2103)\begin{pmatrix}2&0\\0&3\end{pmatrix}\xrightarrow{L_1\leftarrow L_1+L_2}\begin{pmatrix}2&3\\0&3\end{pmatrix}\xrightarrow{C_2\leftarrow C_2-C_1}\begin{pmatrix}2&1\\0&3\end{pmatrix}
→C1↔C2(1230)→C2←C2−2C1(103−6)→L2←L2−3L1(100−6)\xrightarrow{C_1\leftrightarrow C_2}\begin{pmatrix}1&2\\3&0\end{pmatrix}\xrightarrow{C_2\leftarrow C_2-2C_1}\begin{pmatrix}1&0\\3&-6\end{pmatrix}\xrightarrow{L_2\leftarrow L_2-3L_1}\begin{pmatrix}1&0\\0&-6\end{pmatrix}

Le signe se corrige par L2←−L2L_2\leftarrow -L_2 (−1-1 est une unité de Z\mathbb{Z}) :

diag⁡(1,6)\boxed{\operatorname{diag}(1,6)}

Contrôle par le déterminant : ∣2×3∣=6=∣1×6∣\lvert 2\times 3\rvert=6=\lvert 1\times 6\rvert ✓ — il est préservé au signe près, les U,VU,V étant inversibles sur Z\mathbb{Z} donc de déterminant ±1\pm 1.

Étape 2 — $\operatorname{diag}(6,4)$, le cas non premier entre eux

6∤46\nmid 4 : même geste, mais le pgcd n'est plus 11.

gcd⁡(6,4)=2,lcm⁡(6,4)=12\gcd(6,4)=2,\qquad \operatorname{lcm}(6,4)=12
diag⁡(2,12)\boxed{\operatorname{diag}(2,12)}

Contrôle : 2∣122\mid 12 ✓ et 2×12=24=6×42\times 12=24=6\times 4 ✓

Et le résultat ne peut PAS être diag⁡(1,24)\operatorname{diag}(1,24) : le pgcd de tous les coefficients de la matrice de départ vaut 22, et c'est un invariant (exercice B5). Donc d1=2d_1=2, forcément.

👉 C'est le contrôle qui distingue les deux cas : dans le premier Δ1=gcd⁡(2,3)=1\Delta_1=\gcd(2,3)=1, dans le second Δ1=gcd⁡(6,4)=2\Delta_1=\gcd(6,4)=2.

Étape 3 — Lire les groupes quotients
Z2/im⁡diag⁡(d1,d2) ≃ Z/d1×Z/d2\mathbb{Z}^2/\operatorname{im}\operatorname{diag}(d_1,d_2)\ \simeq\ \mathbb{Z}/d_1\times\mathbb{Z}/d_2

Premier cas : Z/1×Z/6={0}×Z/6\mathbb{Z}/1\times\mathbb{Z}/6=\{0\}\times\mathbb{Z}/6

Z2/⟨(2,0),(0,3)⟩≃Z/6Z\boxed{\mathbb{Z}^2/\langle(2,0),(0,3)\rangle\simeq\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}}

Vérification directe, sans Smith : le quotient est Z/2×Z/3\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3, et le théorème chinois donne ≃Z/6\simeq\mathbb{Z}/6 puisque gcd⁡(2,3)=1\gcd(2,3)=1 ✓

Second cas : Z/2×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12, d'ordre 2424.

Vérification : le quotient est Z/6×Z/4\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4. Le chinois ne s'applique pas (gcd⁡(6,4)=2≠1\gcd(6,4)=2\neq 1), mais on décompose chaque facteur en primaires :

Z/6×Z/4≃(Z/2×Z/3)×Z/4≃Z/2×Z/12\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4\simeq(\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3)\times\mathbb{Z}/4\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12

la dernière étape regroupant Z/3×Z/4≃Z/12\mathbb{Z}/3\times\mathbb{Z}/4\simeq\mathbb{Z}/12 ✓

Ce que ces deux exemples enseignent

Une matrice diagonale n'est PAS sous forme de Smith tant que la chaîne de divisibilité n'est pas vérifiée. C'est l'erreur la plus fréquente.

diag⁡(a,b) ⟶ diag⁡(gcd⁡(a,b),lcm⁡(a,b))\boxed{\operatorname{diag}(a,b)\ \longrightarrow\ \operatorname{diag}\big(\gcd(a,b),\operatorname{lcm}(a,b)\big)}

Deux lectures d'un même groupe — et c'est tout l'objet de l'exercice E2 :

diviseurs eˊleˊmentairesZ/2×Z/3×Z/4 — puissances de premiersfacteurs invariantsZ/2×Z/12 — chaiˆne de divisibiliteˊ\begin{array}{ll} \text{diviseurs \'el\'ementaires} & \mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3\times\mathbb{Z}/4\ \text{— puissances de premiers}\\ \text{facteurs invariants} & \mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12\ \text{— cha\^ine de divisibilit\'e} \end{array}

Le même groupe, deux écritures canoniques. Les diviseurs élémentaires se lisent premier par premier ; les facteurs invariants sortent directement de la forme de Smith.

👉 Le nombre de facteurs invariants est le nombre MINIMAL de générateurs : ici 22 pour Z/2×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12, alors que Z/6\mathbb{Z}/6 n'en demande qu'un — c'est un invariant qui distingue les deux groupes au premier coup d'œil.

Réponse. diag⁡(2,3)→(1,6)\operatorname{diag}(2,3)\to(1,6), groupe Z/6\mathbb{Z}/6 ; diag⁡(6,4)→(2,12)\operatorname{diag}(6,4)\to(2,12), groupe Z/2×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12. (Vérifié machine — B ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Forme de Smith d'une matrice 3×3

CalculDifficulté 3/5

Calculer la forme de Smith sur Z\mathbb{Z} de M=(244−661210−4−16)M=\begin{pmatrix}2&4&4\\-6&6&12\\10&-4&-16\end{pmatrix} par les facteurs déterminantiels.

Indices (3)

Δ1=\Delta_1= pgcd de toutes les entrées.

Δ2=\Delta_2= pgcd des mineurs 2×22\times2 ; Δ3=∣det⁡M∣\Delta_3=\lvert\det M\rvert.

dk=Δk/Δk−1d_k=\Delta_k/\Delta_{k-1}.

Correction détaillée
Le résultat, et la méthode qui l'obtient sans calcul matriciel
M=(244−661210−4−16) ⟶ diag⁡(2, 6, 12)M=\begin{pmatrix}2&4&4\\-6&6&12\\10&-4&-16\end{pmatrix}\ \longrightarrow\ \boxed{\operatorname{diag}(2,\,6,\,12)}

La méthode des facteurs déterminantiels évite entièrement le pivot. On calcule trois pgcd de mineurs, et les did_i s'en déduisent par quotients :

dk=ΔkΔk−1,Δk=gcd⁡{mineurs k×k}d_k=\frac{\Delta_k}{\Delta_{k-1}},\qquad \Delta_k=\gcd\{\text{mineurs } k\times k\}

👉 C'est plus sûr que l'algorithme : aucune suite d'opérations à mener sans erreur, et le résultat est canonique par construction (exercice B5).

Étape 1 — $\Delta_1$ : le pgcd des coefficients
Δ1=gcd⁡(2,4,4,−6,6,12,10,−4,−16)\Delta_1=\gcd(2,4,4,-6,6,12,10,-4,-16)

Tous sont pairs, et 22 figure dans la liste :

Δ1=2\boxed{\Delta_1=2}
d1=Δ1Δ0=21=2d_1=\frac{\Delta_1}{\Delta_0}=\frac21=2

(par convention Δ0=1\Delta_0=1.)

Étape 2 — $\Delta_2$ : les mineurs $2\times 2$

Il y en a neuf (33 choix de lignes ×\times 33 de colonnes). Calculons-en quelques-uns :

∣24−66∣=12+24=36,∣24−612∣=24+24=48\begin{vmatrix}2&4\\-6&6\end{vmatrix}=12+24=36,\qquad \begin{vmatrix}2&4\\-6&12\end{vmatrix}=24+24=48
∣44612∣=48−24=24,∣2410−4∣=−8−40=−48\begin{vmatrix}4&4\\6&12\end{vmatrix}=48-24=24,\qquad \begin{vmatrix}2&4\\10&-4\end{vmatrix}=-8-40=-48
∣−6610−4∣=24−60=−36,∣612−4−16∣=−96+48=−48\begin{vmatrix}-6&6\\10&-4\end{vmatrix}=24-60=-36,\qquad \begin{vmatrix}6&12\\-4&-16\end{vmatrix}=-96+48=-48
Δ2=gcd⁡(36,48,24,48,36,48,… )=12\Delta_2=\gcd(36,48,24,48,36,48,\dots)=\boxed{12}
d2=Δ2Δ1=122=6d_2=\frac{\Delta_2}{\Delta_1}=\frac{12}{2}=6

Contrôle de cohérence : d1∣d2d_1\mid d_2, soit 2∣62\mid 6 ✓ — la divisibilité est automatique avec cette méthode, elle n'est pas à forcer.

Étape 3 — $\Delta_3$ : le déterminant
det⁡M=2∣612−4−16∣−4∣−61210−16∣+4∣−6610−4∣\det M=2\begin{vmatrix}6&12\\-4&-16\end{vmatrix}-4\begin{vmatrix}-6&12\\10&-16\end{vmatrix}+4\begin{vmatrix}-6&6\\10&-4\end{vmatrix}
=2(−96+48)−4(96−120)+4(24−60)=2(-96+48)-4(96-120)+4(24-60)
=2(−48)−4(−24)+4(−36)=−96+96−144=−144=2(-48)-4(-24)+4(-36)=-96+96-144=-144
Δ3=∣−144∣=144\Delta_3=\lvert-144\rvert=\boxed{144}
d3=Δ3Δ2=14412=12d_3=\frac{\Delta_3}{\Delta_2}=\frac{144}{12}=12
Smith=diag⁡(2,6,12)\boxed{\text{Smith} = \operatorname{diag}(2,6,12)}
Les contrôles, et ce que le résultat signifie

Trois contrôles indépendants :

divisibiliteˊ2∣6∣12 ✓deˊterminant2×6×12=144=∣det⁡M∣ ✓rang3 facteurs non nuls=rg⁡M ✓\begin{array}{ll} \text{divisibilit\'e} & 2\mid 6\mid 12\ \checkmark\\ \text{d\'eterminant} & 2\times 6\times 12=144=\lvert\det M\rvert\ \checkmark\\ \text{rang} & 3\ \text{facteurs non nuls} = \operatorname{rg}M\ \checkmark \end{array}

Le groupe quotient :

Z3/im⁡M ≃ Z/2×Z/6×Z/12\mathbb{Z}^3/\operatorname{im}M\ \simeq\ \mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/12
ordre=2×6×12=144=∣det⁡M∣\text{ordre} = 2\times 6\times 12=144=\lvert\det M\rvert

👉 Le déterminant EST l'ordre du quotient — quand il est non nul. C'est le contrôle le plus rapide, et il vaut d'être retenu : det⁡=0\det=0 signifierait une partie libre non nulle, donc un quotient infini.

En diviseurs élémentaires : 2=22=2, 6=2×36=2\times 3, 12=4×312=4\times 3, d'où

{2, 2, 4} pour p=2{3, 3} pour p=3\{2,\ 2,\ 4\}\ \text{pour } p=2\qquad \{3,\ 3\}\ \text{pour } p=3

Contrôle : 2⋅2⋅4⋅3⋅3=1442\cdot 2\cdot 4\cdot 3\cdot 3=144 ✓

Réponse. Forme de Smith diag⁡(2,6,12)\operatorname{diag}(2,6,12), groupe Z/2×Z/6×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/12. (Vérifié machine : smith_normal_form = diag(2,6,12) — B ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Groupe présenté par générateurs et relations

CalculDifficulté 3/5

Soit GG le groupe abélien engendré par x,yx,y avec les relations 6x=06x=0 et 4y=04y=0. Donner sa décomposition en facteurs invariants.

Indices (3)

La matrice de relations est diag⁡(6,4)\operatorname{diag}(6,4) sur la base (x,y)(x,y).

Calculer sa forme de Smith.

Lire G≅Z/d1×Z/d2G\cong\mathbb{Z}/d_1\times\mathbb{Z}/d_2.

Correction détaillée
Le résultat, et pourquoi la réponse n'est pas celle qu'on écrit d'abord

GG engendré par x,yx,y avec 6x=06x=0 et 4y=04y=0 :

G ≃ Z/6×Z/4 ≃ Z/2×Z/12G\ \simeq\ \mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4\ \simeq\ \boxed{\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12}

La première écriture est la présentation, la seconde est la forme canonique. Elles désignent le même groupe, mais seule la seconde permet de comparer GG à un autre groupe — c'est tout l'intérêt des facteurs invariants.

6∤4 : la premieˋre eˊcriture n’est PAS une chaiˆne de divisibiliteˊ6\nmid 4\ :\ \text{la premi\`ere \'ecriture n'est PAS une cha\^ine de divisibilit\'e}
Étape 1 — De la présentation à la matrice

Une présentation par générateurs et relations se lit comme un quotient :

G=Z2/im⁡R,R=(6004)G=\mathbb{Z}^2/\operatorname{im}R,\qquad R=\begin{pmatrix}6&0\\0&4\end{pmatrix}

Chaque COLONNE de RR est une relation, exprimée dans la base (x,y)(x,y) : la première dit 6x+0y=06x+0y=0, la seconde 0x+4y=00x+4y=0.

👉 C'est le pont entre l'algèbre et le calcul matriciel, et il vaut d'être fait explicitement : toute la suite n'est plus que de la manipulation de matrices.

Étape 2 — La forme de Smith

C'est exactement le second cas de l'exercice B2 :

diag⁡(6,4) ⟶ diag⁡(gcd⁡(6,4),lcm⁡(6,4))=diag⁡(2,12)\operatorname{diag}(6,4)\ \longrightarrow\ \operatorname{diag}\big(\gcd(6,4),\operatorname{lcm}(6,4)\big)=\operatorname{diag}(2,12)
G≃Z/2×Z/12\boxed{G\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12}

Contrôles :

divisibiliteˊ2∣12 ✓ordre2×12=24=6×4 ✓\begin{array}{ll} \text{divisibilit\'e} & 2\mid 12\ \checkmark\\ \text{ordre} & 2\times 12=24=6\times 4\ \checkmark \end{array}
Étape 3 — Retrouver le résultat sans Smith

Il faut savoir refaire le calcul à la main, ne serait-ce que pour contrôler.

Décomposer chaque facteur en composantes primaires, par le théorème chinois :

Z/6≃Z/2×Z/3(gcd⁡(2,3)=1)\mathbb{Z}/6\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3\qquad(\gcd(2,3)=1)
G≃Z/2×Z/3×Z/4G\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3\times\mathbb{Z}/4

Ce sont les DIVISEURS ÉLÉMENTAIRES : {2,4}\{2,4\} pour p=2p=2, {3}\{3\} pour p=3p=3.

Recombiner en prenant à chaque fois les plus GRANDS — c'est la règle de l'exercice E2 :

p=24, 2trieˊs deˊcroissantsp=33, 1compleˊteˊ par des 1\begin{array}{lll} p=2 & 4,\ 2 & \text{tri\'es d\'ecroissants}\\ p=3 & 3,\ 1 & \text{compl\'et\'e par des } 1 \end{array}
dmax⁡=4×3=12,dsuivant=2×1=2d_{\max}=4\times 3=12,\qquad d_{\text{suivant}}=2\times 1=2
G≃Z/2×Z/12 ✓\boxed{G\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12}\ \checkmark

Les deux méthodes concordent, et c'est ce qui valide le calcul.

Ce que la forme canonique permet de décider

GG est-il cyclique ? Non : il faudrait G≃Z/24G\simeq\mathbb{Z}/24, donc un seul facteur invariant. Ici il y en a deux.

nombre de facteurs invariants=nombre MINIMAL de geˊneˊrateurs\boxed{\text{nombre de facteurs invariants} = \text{nombre MINIMAL de g\'en\'erateurs}}

Vérification directe : un élément d'ordre 2424 devrait exister, or l'ordre maximal est

lcm⁡(2,12)=12 < 24\operatorname{lcm}(2,12)=12\ <\ 24

L'exposant du groupe — l'ordre maximal d'un élément — est le plus grand facteur invariant, ici 1212. C'est un invariant simple et très discriminant.

groupefacteurs invariantsexposantZ/24(24)24 — cycliqueZ/2×Z/12(2,12)12Z/2×Z/2×Z/6(2,2,6)6\begin{array}{lll} \text{groupe} & \text{facteurs invariants} & \text{exposant}\\\hline \mathbb{Z}/24 & (24) & 24\ \text{— cyclique}\\ \mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12 & (2,12) & 12\\ \mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/6 & (2,2,6) & 6 \end{array}

👉 Trois groupes d'ordre 2424, deux à deux non isomorphes, et la forme canonique les distingue immédiatement — là où les présentations pouvaient se ressembler.

Réponse. G≅Z/2×Z/12G\cong\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12 (ordre 2424). (Vérifié machine — B/C ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Facteurs déterminantiels et unicité des d_i

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que Δk=\Delta_k= pgcd des mineurs k×kk\times k est invariant par opérations élémentaires, et en déduire l'unicité des facteurs invariants dk=Δk/Δk−1d_k=\Delta_k/\Delta_{k-1}.

Indices (3)

Une opération élémentaire multiplie par une matrice inversible sur AA.

Un mineur de UMVUMV est combinaison AA-linéaire de mineurs de MM (formule de Cauchy-Binet).

Donc Δk(UMV)\Delta_k(UMV) est multiple de Δk(M)\Delta_k(M), et réciproquement par inversibilité.

Correction détaillée
Ce qu'on démontre, et pourquoi c'est le socle
Δk(M)=gcd⁡{mineurs k×k de M}\Delta_k(M)=\gcd\{\text{mineurs } k\times k\ \text{de } M\}
Δk est INVARIANT par opeˊrations eˊleˊmentaires\boxed{\Delta_k\ \text{est INVARIANT par op\'erations \'el\'ementaires}}

Conséquence immédiate : les dk=Δk/Δk−1d_k=\Delta_k/\Delta_{k-1} ne dépendent que de la matrice, pas de la suite d'opérations choisie.

👉 Sans ce résultat, la forme de Smith ne serait pas CANONIQUE — deux personnes suivant deux chemins de calcul pourraient obtenir deux diagonales différentes, et la notion de « facteurs invariants » n'aurait aucun sens.

Étape 1 — L'invariance, opération par opération
eˊchange Li↔Ljpermute les mineurs et change des signes — le pgcd est inchangeˊLi←uLi (u uniteˊ)multiplie certains mineurs par u, inversible — pgcd inchangeˊLi←Li+aLjle cas inteˊressant\begin{array}{ll} \text{\'echange } L_i\leftrightarrow L_j & \text{permute les mineurs et change des signes — le pgcd est inchang\'e}\\ L_i\leftarrow uL_i\ (u\ \text{unit\'e}) & \text{multiplie certains mineurs par } u, \ \text{inversible — pgcd inchang\'e}\\ L_i\leftarrow L_i+aL_j & \textbf{le cas int\'eressant} \end{array}

Pour la transvection, par multilinéarité du déterminant, chaque mineur devient

μ′=μ+a ν\mu'=\mu+a\,\nu

où ν\nu est un autre mineur k×kk\times k de MM (celui obtenu en remplaçant la ligne ii par la ligne jj) — ou bien ν=0\nu=0 si la ligne jj figure déjà dans le mineur, le déterminant ayant alors deux lignes égales.

Δk∣μ et Δk∣ν ⟹ Δk∣μ′\Delta_k\mid\mu\ \text{et}\ \Delta_k\mid\nu\ \Longrightarrow\ \Delta_k\mid\mu'

donc Δk(M)∣Δk(M′)\Delta_k(M)\mid\Delta_k(M'). Et l'opération inverse (Li←Li−aLjL_i\leftarrow L_i-aL_j) donne l'autre divisibilité :

Δk(M)=Δk(M′)\boxed{\Delta_k(M)=\Delta_k(M')}

👉 C'est la réversibilité qui referme l'argument — une seule divisibilité ne suffirait pas. Le geste vaut au-delà : toute quantité qui ne peut que croître sous une opération et son inverse est constante.

Étape 2 — Calculer $\Delta_k$ sur la forme diagonale

Sur D=diag⁡(d1,…,dr,0,… )D=\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_r,0,\dots) avec d1∣⋯∣drd_1\mid\dots\mid d_r, les mineurs k×kk\times k non nuls sont exactement les produits

di1di2⋯dik,i1<⋯<ikd_{i_1}d_{i_2}\cdots d_{i_k},\qquad i_1<\dots<i_k

(un mineur qui n'est pas « diagonal » a une ligne nulle, donc est nul.)

Le plus petit au sens de la divisibilité est celui des kk PREMIERS — puisque d1∣d2∣…d_1\mid d_2\mid\dots, chaque autre produit en est un multiple :

Δk(D)=d1d2⋯dk\boxed{\Delta_k(D)=d_1d_2\cdots d_k}

D'où, par quotient :

ΔkΔk−1=d1⋯dkd1⋯dk−1=dk ✓\frac{\Delta_k}{\Delta_{k-1}}=\frac{d_1\cdots d_k}{d_1\cdots d_{k-1}}=d_k\ \checkmark

⚠️ La chaîne de divisibilité est ESSENTIELLE ici. Sur diag⁡(6,4)\operatorname{diag}(6,4), où elle échoue, Δ1=gcd⁡(6,4)=2≠6\Delta_1=\gcd(6,4)=2\neq 6 — la formule tomberait.

Étape 3 — L'unicité

Soient deux formes de Smith DD et D′D' de la même matrice MM. Par l'étape 1 :

Δk(D)=Δk(M)=Δk(D′)pour tout k\Delta_k(D)=\Delta_k(M)=\Delta_k(D')\qquad\text{pour tout } k

Par l'étape 2, Δk(D)=d1⋯dk\Delta_k(D)=d_1\cdots d_k et Δk(D′)=d1′⋯dk′\Delta_k(D')=d'_1\cdots d'_k. Par récurrence sur kk :

d1=Δ1=d1′,dk=ΔkΔk−1=dk′d_1=\Delta_1=d'_1,\qquad d_k=\frac{\Delta_k}{\Delta_{k-1}}=d'_k
les facteurs invariants sont UNIQUES (aux uniteˊs preˋs)\boxed{\text{les facteurs invariants sont UNIQUES (aux unit\'es pr\`es)}}

« Aux unités près » n'est pas une réserve creuse : sur Z\mathbb{Z}, dd et −d-d donnent le même module, d'où la convention di>0d_i>0. Sur K[X]K[X], les unités sont les scalaires non nuls, d'où la convention unitaire.

Ce que l'unicité rend possible
deux modules sont isomorphes  ⟺  ils ont les MEˆMES facteurs invariants\boxed{\text{deux modules sont isomorphes}\iff\text{ils ont les M\^EMES facteurs invariants}}

C'est un critère de décision effectif, et c'est rare :

questionreˊponseZ/12×Z/18≃Z/6×Z/36 ?calculer les di des deux (exercice C6)deux matrices semblables ?comparer les di de XI−A sur K[X]\begin{array}{ll} \text{question} & \text{r\'eponse}\\\hline \mathbb{Z}/12\times\mathbb{Z}/18\simeq\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/36\ ? & \text{calculer les } d_i\ \text{des deux (exercice C6)}\\ \text{deux matrices semblables ?} & \text{comparer les } d_i\ \text{de } XI-A\ \text{sur } K[X] \end{array}

👉 La seconde ligne est le résultat le plus fort du chapitre : deux matrices sont semblables si et seulement si XI−AXI-A et XI−BXI-B ont les mêmes facteurs invariants sur K[X]K[X].

C'est un algorithme complet de similitude, valable sur tout corps — y compris ceux où le polynôme caractéristique n'est pas scindé, donc là où la forme de Jordan n'existe pas. La forme de Frobenius, elle, existe toujours (exercice D5).

comparer χA et μA NE SUFFIT PAS en geˊneˊral — les di si.\text{comparer } \chi_A\ \text{et}\ \mu_A\ \text{NE SUFFIT PAS en g\'en\'eral — les } d_i\ \text{si.}
Réponse. Δk\Delta_k invariant ⇒dk=Δk/Δk−1\Rightarrow d_k=\Delta_k/\Delta_{k-1} uniques. (Vérifié machine : invariants reproductibles — B ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Partie libre et partie de torsion

CalculDifficulté 3/5

Soit M=Z3/im⁡RM=\mathbb{Z}^3/\operatorname{im}R avec R=(200030)R=\begin{pmatrix}2&0&0\\0&3&0\end{pmatrix} (deux relations sur trois générateurs). Déterminer le rang libre et la torsion de MM.

Indices (3)

Rang libre == (nombre de générateurs) −- (rang de RR).

La forme de Smith de RR donne les facteurs invariants de torsion.

diag⁡(2,3)\operatorname{diag}(2,3) donne Z/6\mathbb{Z}/6.

Correction détaillée
Le résultat

M=Z3/im⁡RM=\mathbb{Z}^3/\operatorname{im}R avec R=(200030)R=\begin{pmatrix}2&0&0\\0&3&0\end{pmatrix} — deux relations sur trois générateurs.

M ≃ Z/6Z ⊕ Z\boxed{M\ \simeq\ \mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\ \oplus\ \mathbb{Z}}
rang libre1torsionT(M)≃Z/6Z, d’ordre 6\begin{array}{ll} \text{rang libre} & \mathbf{1}\\ \text{torsion} & T(M)\simeq\mathbb{Z}/6\mathbb{Z},\ \text{d'ordre } 6 \end{array}

Le point à comprendre : il y a trois générateurs et seulement deux relations. Le troisième générateur n'est contraint par rien — d'où la partie libre.

Étape 1 — Lire la matrice

RR est 2×32\times 3 : deux lignes (les relations) et trois colonnes (les générateurs x,y,zx,y,z).

L12x=0L23y=0\begin{array}{ll} L_1 & 2x=0\\ L_2 & 3y=0 \end{array}

Aucune relation ne porte sur zz — sa colonne est nulle.

👉 C'est déjà la réponse, avant tout calcul : zz engendre un Z\mathbb{Z} libre, et x,yx,y engendrent de la torsion. Le calcul qui suit ne fait que le confirmer et le mettre en forme canonique.

Étape 2 — La forme de Smith
R=(200030)R=\begin{pmatrix}2&0&0\\0&3&0\end{pmatrix}

Le bloc diag⁡(2,3)\operatorname{diag}(2,3) n'est pas en forme de Smith (2∤32\nmid 3). Par l'exercice B2 :

diag⁡(2,3)⟶diag⁡(1,6)\operatorname{diag}(2,3)\longrightarrow\operatorname{diag}(1,6)
Smith(R)=(100060)\boxed{\text{Smith}(R)=\begin{pmatrix}1&0&0\\0&6&0\end{pmatrix}}

Rang de RR : 22 facteurs non nuls, sur 33 colonnes.

Étape 3 — Lire le quotient
Z3/im⁡R ≃ Z/d1⊕Z/d2⊕Z 3−2\mathbb{Z}^{3}/\operatorname{im}R\ \simeq\ \mathbb{Z}/d_1\oplus\mathbb{Z}/d_2\oplus\mathbb{Z}^{\,3-2}
= Z/1⏟{0} ⊕ Z/6 ⊕ Z=\ \underbrace{\mathbb{Z}/1}_{\{0\}}\ \oplus\ \mathbb{Z}/6\ \oplus\ \mathbb{Z}
M≃Z/6Z⊕Z\boxed{M\simeq\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}}

La règle générale, à retenir :

rang libre=(nb de geˊneˊrateurs)−(rang de la matrice de relations)\text{rang libre}=(\text{nb de g\'en\'erateurs})-(\text{rang de la matrice de relations})
3−2=1 ✓3-2=1\ \checkmark

Et le d1=1d_1=1 n'apporte rien : Z/1={0}\mathbb{Z}/1=\{0\} disparaît. C'est normal, et il ne faut pas le compter dans les facteurs invariants du module.

Les contrôles, et la lecture directe

Contrôle 1 — sans passer par Smith. Le quotient se lit composante par composante :

Z3/⟨(2,0,0),(0,3,0)⟩≃Z/2⊕Z/3⊕Z\mathbb{Z}^3/\langle(2,0,0),(0,3,0)\rangle\simeq\mathbb{Z}/2\oplus\mathbb{Z}/3\oplus\mathbb{Z}

et le théorème chinois regroupe : Z/2⊕Z/3≃Z/6\mathbb{Z}/2\oplus\mathbb{Z}/3\simeq\mathbb{Z}/6 ✓ Les deux méthodes concordent.

Contrôle 2 — la torsion. Par l'exercice A6, la torsion d'une somme directe est la somme des torsions :

T(M)=T(Z/6)⊕T(Z)=Z/6⊕{0} ✓T(M)=T(\mathbb{Z}/6)\oplus T(\mathbb{Z})=\mathbb{Z}/6\oplus\{0\}\ \checkmark
M/T(M)≃Z — libre de rang 1 ✓M/T(M)\simeq\mathbb{Z}\ \text{— libre de rang } 1\ \checkmark

conforme à l'exercice A5.

Contrôle 3 — le module est INFINI, puisque sa partie libre est non nulle. Un calcul qui aurait rendu un groupe fini serait donc faux d'emblée.

👉 Le signe qui prévient : dès que la matrice de relations a moins de lignes que de colonnes, son rang est strictement inférieur au nombre de générateurs, et le module est infini. Ici 2<32<3, la conclusion était acquise avant tout calcul.

Réponse. M≅Z⊕Z/6M\cong\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/6 : rang libre 11, torsion Z/6\mathbb{Z}/6. (Vérifié machine : rang libre =1=1, torsion [6][6] — B ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Théorème de structure (facteurs invariants)

DémonstrationDifficulté 3/5

Énoncer le théorème de structure des modules de type fini sur un anneau principal AA (forme par facteurs invariants), en précisant le rôle de la partie libre et de la partie de torsion.

Indices (3)

MM est présenté par une matrice de relations RR : M≅An/im⁡RM\cong A^n/\operatorname{im}R.

La forme de Smith de RR donne les did_i.

Partie libre =Ar=A^r (r=n−rg⁡Rr=n-\operatorname{rg}R), torsion =⨁A/(di)=\bigoplus A/(d_i).

Correction détaillée
L'énoncé, et pourquoi c'est le sommet du chapitre

Soit AA principal et MM un AA-module de type fini. Alors

M ≃ A r⏟partie libre ⊕ A/(d1)⊕⋯⊕A/(ds)⏟partie de torsion\boxed{M\ \simeq\ \underbrace{A^{\,r}}_{\text{partie libre}}\ \oplus\ \underbrace{A/(d_1)\oplus\dots\oplus A/(d_s)}_{\text{partie de torsion}}}

avec d1∣d2∣⋯∣dsd_1\mid d_2\mid\dots\mid d_s, tous non inversibles.

Et cette écriture est UNIQUE : rr et les did_i sont déterminés par MM (exercice E4).

👉 C'est un théorème de CLASSIFICATION : il ne dit pas seulement qu'une décomposition existe, il fournit une liste complète d'invariants qui décide de l'isomorphisme.

Étape 1 — Séparer la torsion
M ≃ M/T(M) ⊕ T(M)M\ \simeq\ M/T(M)\ \oplus\ T(M)

Deux ingrédients, tous deux démontrés ailleurs :

M/T(M) est sans torsionexercice A5sans torsion+type fini+principal⇒LIBREpilier admis\begin{array}{ll} M/T(M)\ \text{est sans torsion} & \text{exercice A5}\\ \text{sans torsion} + \text{type fini} + \text{principal} \Rightarrow \text{LIBRE} & \text{pilier admis} \end{array}

Une fois M/T(M)M/T(M) libre, la surjection M↠M/T(M)M\twoheadrightarrow M/T(M) se scinde : on relève une base, ce qui définit une section, d'où la somme directe.

M/T(M)≃A rM/T(M)\simeq A^{\,r}

Il reste à décomposer T(M)T(M), et c'est là qu'intervient la forme de Smith.

Étape 2 — Décomposer la torsion par la forme de Smith

MM étant de type fini, il admet une présentation :

A m → R  A n ↠ M,M≃A n/im⁡RA^{\,m}\ \xrightarrow{\ R\ }\ A^{\,n}\ \twoheadrightarrow\ M,\qquad M\simeq A^{\,n}/\operatorname{im}R

Et le noyau est libre : sur un principal, tout sous-module d'un module libre de rang fini est libre — c'est ce qui garantit que RR existe comme matrice.

La forme de Smith (exercice B1) donne R=UDVR=UDV avec D=diag⁡(d1,…,dk,0,… )D=\operatorname{diag}(d_1,\dots,d_k,0,\dots), donc

M≃A/(d1)⊕⋯⊕A/(dk)⊕A n−k\boxed{M\simeq A/(d_1)\oplus\dots\oplus A/(d_k)\oplus A^{\,n-k}}

On écarte les did_i inversibles (A/(u)={0}A/(u)=\{0\}), et il reste la forme annoncée avec r=n−kr=n-k.

👉 Le théorème est donc CONSTRUCTIF : la preuve est un algorithme, et c'est ce qui le distingue de la plupart des théorèmes de structure.

Ce que chaque hypothèse achète
hypotheˋsece qu’elle donnecontre-exemple si on l’oˆteA principalforme de Smith, sous-module libreZ[X]: (2,X) non principalM de type finiune preˊsentation FINIEQ sur Z: sans torsion, non libred1∣⋯∣dsl’UNICITEˊsans elle, plusieurs eˊcritures\begin{array}{lll} \text{hypoth\`ese} & \text{ce qu'elle donne} & \text{contre-exemple si on l'\^ote}\\\hline A\ \text{principal} & \text{forme de Smith, sous-module libre} & \mathbb{Z}[X]:\ (2,X)\ \text{non principal}\\ M\ \text{de type fini} & \text{une pr\'esentation FINIE} & \mathbb{Q}\ \text{sur } \mathbb{Z}:\ \text{sans torsion, non libre}\\ d_1\mid\dots\mid d_s & \text{l'UNICIT\'E} & \text{sans elle, plusieurs \'ecritures} \end{array}

⚠️ La deuxième ligne mérite un regard. Q\mathbb{Q} est un Z\mathbb{Z}-module sans torsion sur un anneau principal, et il n'est pas libre — il n'est simplement pas de type fini. L'hypothèse n'est donc pas technique, elle porte le théorème.

⚠️ Et la troisième : sans la chaîne de divisibilité, Z/2×Z/3\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3 et Z/6\mathbb{Z}/6 seraient deux « décompositions » du même groupe. La chaîne est ce qui sélectionne une écriture canonique.

Les deux instances qui font tout le reste du cours
AMle theˊoreˋme devientZgroupe abeˊlien de type finiclassification des groupes abeˊliensK[X](V,u), V de dim finiereˊduction de Frobenius / Jordan\begin{array}{lll} A & M & \text{le th\'eor\`eme devient}\\\hline \mathbb{Z} & \text{groupe ab\'elien de type fini} & \textbf{classification des groupes ab\'eliens}\\ K[X] & (V,u),\ V\ \text{de dim finie} & \textbf{r\'eduction de Frobenius / Jordan} \end{array}

Premier cas (lot C) : un groupe abélien fini est de rang 00, donc pure torsion :

G≃Z/d1×⋯×Z/ds,d1∣⋯∣dsG\simeq\mathbb{Z}/d_1\times\dots\times\mathbb{Z}/d_s,\qquad d_1\mid\dots\mid d_s

Second cas (lot D) : VV est de dimension finie donc de torsion sur K[X]K[X] (annulé par χu\chi_u), d'où r=0r=0 :

V≃K[X]/(P1)⊕⋯⊕K[X]/(Ps),P1∣⋯∣PsV\simeq K[X]/(P_1)\oplus\dots\oplus K[X]/(P_s),\qquad P_1\mid\dots\mid P_s
μu=Ps,χu=P1⋯Ps\mu_u=P_s,\qquad \chi_u=P_1\cdots P_s

👉 Deux théorèmes majeurs, une seule démonstration. C'est ce qui justifie le détour par les modules plutôt que de traiter chaque cas séparément — et c'est le sens de l'exercice C3.

Réponse. M≅Ar⊕⨁iA/(di)M\cong A^r\oplus\bigoplus_i A/(d_i), d1∣⋯∣dsd_1\mid\dots\mid d_s (libre + torsion). (Vérifié machine — E ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Facteurs invariants $\longleftrightarrow$ diviseurs élémentaires

DémonstrationDifficulté 3/5

Expliquer le passage entre la forme par facteurs invariants (d1∣⋯∣dsd_1\mid\dots\mid d_s) et la forme par diviseurs élémentaires (⨁A/(pk)\bigoplus A/(p^k)), et pourquoi les deux sont équivalentes.

Indices (3)

Théorème chinois : A/(d)≅∏pA/(pvp(d))A/(d)\cong\prod_p A/(p^{v_p(d)}) pour d=∏pvp(d)d=\prod p^{v_p(d)}.

Décomposer chaque A/(di)A/(d_i) en p-parts.

Inversement, aligner les partitions par premier reconstruit les did_i.

Correction détaillée
Les deux formes, et pourquoi les deux existent
facteurs invariantsA/(d1)⊕⋯⊕A/(ds),d1∣⋯∣dsdiviseurs eˊleˊmentaires⨁A/(pk),p irreˊductibles\begin{array}{ll} \textbf{facteurs invariants} & A/(d_1)\oplus\dots\oplus A/(d_s),\quad d_1\mid\dots\mid d_s\\ \textbf{diviseurs \'el\'ementaires} & \bigoplus A/(p^{k}),\quad p\ \text{irr\'eductibles} \end{array}

Le pont est le théorème chinois, appliqué dans les deux sens.

facteurs invariantssortent directement de la forme de Smithdiviseurs eˊleˊmentairesse lisent premier par premier — plus fins\begin{array}{ll} \text{facteurs invariants} & \text{sortent directement de la forme de Smith}\\ \text{diviseurs \'el\'ementaires} & \text{se lisent premier par premier — plus fins} \end{array}

👉 Aucune des deux ne remplace l'autre : la première est calculable, la seconde est celle qui donne les blocs de Jordan (exercice D5).

Sens 1 — Facteurs invariants vers diviseurs élémentaires : ÉCLATER

Le théorème chinois : si d=p1a1⋯ptatd=p_1^{a_1}\cdots p_t^{a_t} avec les pip_i distincts, alors

A/(d) ≃ A/(p1a1)⊕⋯⊕A/(ptat)A/(d)\ \simeq\ A/(p_1^{a_1})\oplus\dots\oplus A/(p_t^{a_t})

On éclate chaque did_i, et l'on rassemble tous les pkp^k obtenus.

Exemple : Z/2×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12

d1=2→ 2d2=12=22⋅3→ 4, 3\begin{array}{ll} d_1=2 & \to\ 2\\ d_2=12=2^2\cdot 3 & \to\ 4,\ 3 \end{array}
diviseurs eˊleˊmentaires={2, 4, 3}\boxed{\text{diviseurs \'el\'ementaires} = \{2,\ 4,\ 3\}}

Contrôle : 2×4×3=24=2×122\times 4\times 3=24=2\times 12 ✓

Sens 2 — Diviseurs élémentaires vers facteurs invariants : APPARIER

La règle est un tri décroissant, premier par premier, puis un produit colonne par colonne.

p=24, 2trieˊs deˊcroissantsp=33, 1compleˊteˊ par des 1\begin{array}{lll} p=2 & 4,\ 2 & \text{tri\'es d\'ecroissants}\\ p=3 & 3,\ \mathbf{1} & \text{compl\'et\'e par des } 1 \end{array}

La complétion par des 11 est le geste qu'on oublie : chaque premier doit fournir autant de termes que le plus long.

ds=4×3=12,ds−1=2×1=2d_{s}=4\times 3=12,\qquad d_{s-1}=2\times 1=2
facteurs invariants=(2, 12)\boxed{\text{facteurs invariants} = (2,\ 12)}

Pourquoi ce tri produit bien la chaîne de divisibilité : chaque colonne prend, pour chaque premier, un exposant au moins aussi grand que la colonne précédente. Donc ds−1∣dsd_{s-1}\mid d_s terme à terme, donc globalement.

👉 Le plus grand facteur invariant est le produit des plus grandes puissances — c'est-à-dire l'exposant du module.

Un exemple complet, à trois premiers

Diviseurs élémentaires {4,4,2,9,3}\{4,4,2,9,3\} (c'est l'exercice E5) :

p=24, 4, 2p=39, 3, 1compleˊteˊ\begin{array}{lll} p=2 & 4,\ 4,\ 2 & \\ p=3 & 9,\ 3,\ \mathbf{1} & \text{compl\'et\'e} \end{array}

Colonne par colonne, de la plus grande à la plus petite :

4×9=36,4×3=12,2×1=24\times 9=36,\qquad 4\times 3=12,\qquad 2\times 1=2
(d1,d2,d3)=(2, 12, 36)\boxed{(d_1,d_2,d_3)=(2,\ 12,\ 36)}

Contrôles :

2∣12∣36 ✓2×12×36=864=4⋅4⋅2⋅9⋅3 ✓2\mid 12\mid 36\ \checkmark\qquad 2\times 12\times 36=864=4\cdot 4\cdot 2\cdot 9\cdot 3\ \checkmark
Ce que chaque forme rend visible
questionforme aˋ employerlecturedeux modules isomorphes ?l’une ou l’autrecomparer les listesnb minimal de geˊneˊrateursinvariants=sexposant du groupeinvariants=dsblocs de Jordaneˊleˊmentairesun bloc par (X−λ)kcompter les groupes d’ordre neˊleˊmentairespartitions de chaque ap\begin{array}{lll} \text{question} & \text{forme \`a employer} & \text{lecture}\\\hline \text{deux modules isomorphes ?} & \text{l'une ou l'autre} & \text{comparer les listes}\\ \text{nb minimal de g\'en\'erateurs} & \textbf{invariants} & = s\\ \text{exposant du groupe} & \textbf{invariants} & = d_s\\ \text{blocs de Jordan} & \textbf{\'el\'ementaires} & \text{un bloc par } (X-\lambda)^k\\ \text{compter les groupes d'ordre } n & \textbf{\'el\'ementaires} & \text{partitions de chaque } a_p \end{array}

Les deux dernières lignes justifient à elles seules l'existence des diviseurs élémentaires : le comptage par partitions (exercice C5) et la réduction de Jordan (exercice D5) ne se lisent directement que sur les diviseurs élémentaires.

👉 Et l'inverse est vrai : le nombre minimal de générateurs ne se lit pas sur les diviseurs élémentaires sans les réapparier. C'est pourquoi il faut savoir passer de l'une à l'autre dans les deux sens, et pas seulement en connaître une.

Réponse. Théorème chinois : facteurs invariants ↔\leftrightarrow diviseurs élémentaires (alignement de partitions). (Vérifié machine : moteur diviseurs↔invariants — E/C ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Les deux formes pour ℤ/6 × ℤ/4

CalculDifficulté 3/5

Écrire le groupe Z/6×Z/4\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4 sous forme par diviseurs élémentaires PUIS par facteurs invariants.

Indices (3)

Décomposer 6=2⋅36=2\cdot3 et 4=224=2^2.

Diviseurs élémentaires : regrouper par premier.

Facteurs invariants : aligner les partitions de chaque premier.

Correction détaillée
Les deux écritures
G=Z/6×Z/4,∣G∣=24G=\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4,\qquad \lvert G\rvert=24
diviseurs eˊleˊmentaires: Z/2×Z/4×Z/3\boxed{\text{diviseurs \'el\'ementaires} : \ \mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/4\times\mathbb{Z}/3}
facteurs invariants: Z/2×Z/12\boxed{\text{facteurs invariants} : \ \mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12}

Trois écritures du même groupe — la présentation de départ, et les deux formes canoniques. Seules les deux dernières permettent de comparer GG à un autre groupe.

Étape 1 — Éclater en composantes primaires

Théorème chinois sur chaque facteur :

Z/6≃Z/2×Z/3(gcd⁡(2,3)=1 ✓)\mathbb{Z}/6\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3\qquad(\gcd(2,3)=1\ \checkmark)
Z/4 est deˊjaˋ primaire(4=22)\mathbb{Z}/4\ \text{est d\'ej\`a primaire}\qquad(4=2^2)
G≃Z/2×Z/3×Z/4G\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/3\times\mathbb{Z}/4

Réorganisé par premier :

p=2{2, 4}p=3{3}\begin{array}{ll} p=2 & \{2,\ 4\}\\ p=3 & \{3\} \end{array}
diviseurs eˊleˊmentaires={2, 4, 3}\boxed{\text{diviseurs \'el\'ementaires} = \{2,\ 4,\ 3\}}

⚠️ On n'éclate PAS Z/4\mathbb{Z}/4 en Z/2×Z/2\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/2 — ce serait faux, gcd⁡(2,2)=2≠1\gcd(2,2)=2\neq 1. Les deux groupes ne sont pas isomorphes : Z/4\mathbb{Z}/4 a un élément d'ordre 44, l'autre non.

Étape 2 — Réapparier en facteurs invariants

Trier chaque premier par ordre décroissant, compléter par des 11 :

p=24, 2p=33, 1compleˊteˊ\begin{array}{lll} p=2 & 4,\ 2 & \\ p=3 & 3,\ \mathbf{1} & \text{compl\'et\'e} \end{array}

Multiplier colonne par colonne :

d2=4×3=12,d1=2×1=2d_2=4\times 3=12,\qquad d_1=2\times 1=2
G≃Z/2×Z/12\boxed{G\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12}

Contrôles : 2∣122\mid 12 ✓ et 2×12=242\times 12=24 ✓

Contrôle indépendant — par la forme de Smith

La présentation G=Z2/im⁡diag⁡(6,4)G=\mathbb{Z}^2/\operatorname{im}\operatorname{diag}(6,4) donne, par l'exercice B2 :

diag⁡(6,4)⟶diag⁡(gcd⁡(6,4),lcm⁡(6,4))=diag⁡(2,12)\operatorname{diag}(6,4)\longrightarrow\operatorname{diag}\big(\gcd(6,4),\operatorname{lcm}(6,4)\big)=\operatorname{diag}(2,12)
G≃Z/2×Z/12 ✓G\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12\ \checkmark

👉 Deux chemins indépendants, même résultat. L'un passe par le chinois et le réappariement, l'autre par le pivot matriciel — et c'est leur accord qui valide le calcul.

Contrôle supplémentaire par l'exposant : l'ordre maximal d'un élément vaut

lcm⁡(6,4)=12=d2 ✓\operatorname{lcm}(6,4)=12=d_2\ \checkmark

Donc GG n'est PAS cyclique — il faudrait un élément d'ordre 2424.

Ce que l'exemple enseigne
eˊcriturevisible immeˊdiatementinvisibleZ/6×Z/4la preˊsentationtout le reste{2,4,3}la structure p par ple nb de geˊneˊrateurs(2,12)2 geˊneˊrateurs, exposant 12la structure p-primaire\begin{array}{lll} \text{\'ecriture} & \text{visible imm\'ediatement} & \text{invisible}\\\hline \mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4 & \text{la pr\'esentation} & \text{tout le reste}\\ \{2,4,3\} & \text{la structure } p\text{ par } p & \text{le nb de g\'en\'erateurs}\\ (2,12) & \text{2 g\'en\'erateurs, exposant } 12 & \text{la structure } p\text{-primaire} \end{array}

L'écriture de départ ne dit rien : Z/6×Z/4\mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4 ressemble à un produit de deux cycliques d'ordres 66 et 44, et c'en est un — mais rien n'y indique que ce n'est pas la forme canonique, ni comment le comparer à Z/2×Z/12\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12.

le reˊflexe : TOUJOURS ramener aˋ une forme canonique avant de comparer\boxed{\text{le r\'eflexe : TOUJOURS ramener \`a une forme canonique avant de comparer}}

👉 C'est ce qui rend l'exercice C6 possible : deux groupes d'apparence très différente y sont isomorphes, et seule la forme canonique le révèle.

Réponse. Z/2×Z/4×Z/3\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/4\times\mathbb{Z}/3 (élémentaires) =Z/2×Z/12=\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12 (invariants). (Vérifié machine — C/E ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Unicité de la décomposition

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que deux présentations d'un même groupe abélien fini donnent les mêmes facteurs invariants : la décomposition est unique. (Indication : caractériser les did_i intrinsèquement.)

Indices (3)

Le rang libre =dim⁡Q(M⊗Q)=\dim_{\mathbb{Q}}(M\otimes\mathbb{Q}), intrinsèque.

Pour la torsion, compter ∣pM[p]∣\lvert pM[p]\rvert ou utiliser les facteurs déterminantiels.

Les Δk\Delta_k ne dépendent que de MM.

Correction détaillée
Ce qu'on démontre
deux deˊcompositions du meˆme module ont les MEˆMES facteurs invariants\boxed{\text{deux d\'ecompositions du m\^eme module ont les M\^EMES facteurs invariants}}

Sans ce résultat, le théorème de structure serait inutilisable : on saurait qu'une décomposition existe, sans pouvoir s'en servir pour décider si deux modules sont isomorphes.

La stratégie : caractériser les did_i intrinsèquement, c'est-à-dire par une propriété de MM qui ne mentionne aucune décomposition. Deux décompositions donneront alors nécessairement les mêmes valeurs.

Étape 1 — Le rang $r$ est intrinsèque
M≃A r⊕T(M)M\simeq A^{\,r}\oplus T(M)

La partie de torsion est intrinsèque : T(M)T(M) est défini directement à partir de MM (exercice A5), sans référence à une décomposition. Donc

M/T(M)≃A rM/T(M)\simeq A^{\,r}

et rr est le rang de ce module libre — invariant par l'exercice E6.

r ne deˊpend que de M\boxed{r\ \text{ne d\'epend que de } M}

Argument court pour l'invariance du rang : tensoriser par le corps des fractions KK de AA donne un KK-espace vectoriel de dimension rr, et la dimension est invariante.

Étape 2 — Compter les morphismes pour isoler les $d_i$

L'idée : pour pp irréductible, le nombre d'éléments annulés par pp est un invariant, et il compte les facteurs.

M[p]={x∈M : px=0}M[p]=\{x\in M\ :\ px=0\}

Sur un facteur A/(d)A/(d) :

(A/(d))[p] ≃ {A/(p)si p∣d{0}sinon\big(A/(d)\big)[p]\ \simeq\ \begin{cases}A/(p) & \text{si } p\mid d\\ \{0\} & \text{sinon}\end{cases}

Donc, sur une décomposition M≃Ar⊕⨁iA/(di)M\simeq A^r\oplus\bigoplus_i A/(d_i) avec AA principal et MM de torsion (r=0r=0) :

∣M[p]∣=∣A/(p)∣ #{i : p∣di}\boxed{\lvert M[p]\rvert=\lvert A/(p)\rvert^{\,\#\{i\,:\,p\mid d_i\}}}

Le membre de gauche ne dépend que de MM — c'est un sous-module défini intrinsèquement. Donc le nombre de did_i divisibles par pp est un invariant.

👉 On a extrait une information de la décomposition sans regarder la décomposition. C'est tout le mécanisme.

Étape 3 — Remonter tous les $d_i$

On itère avec les puissances de pp. Le nombre de did_i divisibles par pkp^k vaut

nk(p)=log⁡∣A/(p)∣∣pk−1M[pk]∣…n_k(p)=\log_{\lvert A/(p)\rvert}\frac{\lvert p^{k-1}M[p^{k}]\rvert}{\dots}

— et plus simplement, les cardinaux ∣M[pk]∣\lvert M[p^k]\rvert pour k=1,2,…k=1,2,\dots déterminent les exposants de pp dans les did_i.

Sur un exemple : G=Z/2×Z/12G=\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12, avec p=2p=2.

∣G[2]∣=2×2=4=22 ⟹ 2 facteurs divisibles par 2\lvert G[2]\rvert=2\times 2=4=2^2\ \Longrightarrow\ \mathbf{2}\ \text{facteurs divisibles par } 2
∣G[4]∣=2×4=8=23 ⟹ un facteur porte 22\lvert G[4]\rvert=2\times 4=8=2^3\ \Longrightarrow\ \text{un facteur porte } 2^2

Ces cardinaux se calculent sur GG directement, sans décomposition. Donc les exposants sont forcés.

La chaîne de divisibilité fait le reste : elle impose l'ordre des did_i, donc leur détermination complète.

les di sont UNIQUES\boxed{\text{les } d_i\ \text{sont UNIQUES}}
La formulation matricielle, et ce que l'unicité permet

Il y a une seconde preuve, entièrement différente : les did_i sont les facteurs invariants de la matrice de relations, et ceux-ci s'expriment par les Δk\Delta_k (exercice B5), qui sont invariants par opérations élémentaires — à condition d'établir aussi que deux présentations du même module ont les mêmes facteurs non inversibles (idéaux de Fitting).

dk=ΔkΔk−1d_k=\frac{\Delta_k}{\Delta_{k-1}}

👉 Deux preuves indépendantes du même fait — l'une par comptage dans le module, l'autre par les mineurs de la matrice. Leur accord est une garantie de plus.

Ce que l'unicité rend possible :

deˊcider l’isomorphismecomparer deux listes finies d’entierscompter les groupes d’ordre ncompter les listes possibles (exercice C5)deˊcider la similitude de matricescomparer les di de XI−A\begin{array}{ll} \text{d\'ecider l'isomorphisme} & \text{comparer deux listes finies d'entiers}\\ \text{compter les groupes d'ordre } n & \text{compter les listes possibles (exercice C5)}\\ \text{d\'ecider la similitude de matrices} & \text{comparer les } d_i\ \text{de } XI-A \end{array}

Sans unicité, aucune de ces trois questions n'aurait de réponse effective. Un théorème d'existence seul ne classifie rien : c'est l'unicité qui transforme une décomposition en invariant.

Réponse. Facteurs invariants déterminés par MM (dimensions pj−1M/pjMp^{j-1}M/p^jM) : décomposition unique. (Vérifié machine : deux présentations →\to mêmes invariants — E ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Application du théorème de structure

CalculDifficulté 3/5

Un groupe abélien fini GG a pour diviseurs élémentaires {4,4,2,9,3}\{4,4,2,9,3\}. Donner son ordre, sa forme par facteurs invariants, et son rang (== nombre minimal de générateurs).

Indices (3)

Ordre == produit des diviseurs élémentaires.

Aligner les partitions : p=2p=2 exposants [2,2,1][2,2,1], p=3p=3 : [2,1][2,1].

Nombre de générateurs == nombre de facteurs invariants.

Correction détaillée
Les trois réponses

Diviseurs élémentaires {4,4,2,9,3}\{4,4,2,9,3\} :

∣G∣=4⋅4⋅2⋅9⋅3=864=25⋅33\boxed{\lvert G\rvert=4\cdot 4\cdot 2\cdot 9\cdot 3=864=2^5\cdot 3^3}
G≃Z/2×Z/12×Z/36\boxed{G\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12\times\mathbb{Z}/36}
rang=3 geˊneˊrateurs minimum\boxed{\text{rang} = 3\ \text{g\'en\'erateurs minimum}}

Les trois se lisent sur la même liste, par trois opérations différentes : produit, réappariement, comptage.

Étape 1 — L'ordre

L'ordre est le produit des diviseurs élémentaires — c'est immédiat, le groupe étant un produit direct :

∣G∣=4×4×2×9×3\lvert G\rvert=4\times 4\times 2\times 9\times 3
=32×27=864=32\times 27=864

Contrôle par les premiers :

p=24⋅4⋅2=22⋅22⋅2=25=32p=39⋅3=32⋅3=33=27\begin{array}{ll} p=2 & 4\cdot 4\cdot 2=2^2\cdot 2^2\cdot 2=2^5=32\\ p=3 & 9\cdot 3=3^2\cdot 3=3^3=27 \end{array}
32×27=864 ✓32\times 27=864\ \checkmark
Étape 2 — Les facteurs invariants

Trier par premier, décroissant, compléter par des 11 :

p=24, 4, 2p=39, 3, 1compleˊteˊ\begin{array}{llll} p=2 & 4,\ 4,\ 2 & & \\ p=3 & 9,\ 3,\ \mathbf{1} & & \text{compl\'et\'e} \end{array}

Multiplier colonne par colonne, de la plus grande à la plus petite :

d3=4×9=36,d2=4×3=12,d1=2×1=2d_3=4\times 9=36,\qquad d_2=4\times 3=12,\qquad d_1=2\times 1=2
G≃Z/2×Z/12×Z/36\boxed{G\simeq\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12\times\mathbb{Z}/36}

Deux contrôles :

2∣12∣36 ✓2×12×36=864 ✓2\mid 12\mid 36\ \checkmark\qquad 2\times 12\times 36=864\ \checkmark

👉 Le nombre de colonnes est imposé par le premier le plus « long » : ici p=2p=2 fournit trois diviseurs élémentaires, p=3p=3 seulement deux — d'où la complétion.

Étape 3 — Le rang
rang=nombre de facteurs invariants=3\boxed{\text{rang}=\text{nombre de facteurs invariants}=3}

Pourquoi c'est le nombre MINIMAL de générateurs. Un groupe abélien engendré par kk éléments est un quotient de Zk\mathbb{Z}^k, donc admet au plus kk facteurs invariants. Réciproquement, la décomposition en fournit 33 générateurs explicites.

Et l'on peut le lire autrement : le rang est

max⁡p #{diviseurs eˊleˊmentaires en p}=max⁡(3,2)=3\max_p\ \#\{\text{diviseurs \'el\'ementaires en } p\}=\max(3,2)=3

Contrôle par G[2]G[2] :

∣G[2]∣=23=8\lvert G[2]\rvert=2^{3}=8

car les trois facteurs de la décomposition sont d'ordre pair. Le 33 dans l'exposant EST le rang — c'est le comptage de l'exercice E4, employé comme contrôle.

Ce que ce groupe permet de dire
cyclique ?NON—il faudrait 1 seul facteur invariantexposantd3=36 (<864)eˊleˊment d’ordre 36 ?OUI—le geˊneˊrateur de Z/36eˊleˊment d’ordre 8 ?NON—8∤36, et 23∤di\begin{array}{ll} \text{cyclique ?} & \textbf{NON} — \text{il faudrait 1 seul facteur invariant}\\ \text{exposant} & d_3=36\ (<864)\\ \text{\'el\'ement d'ordre } 36\ ? & \textbf{OUI} — \text{le g\'en\'erateur de } \mathbb{Z}/36\\ \text{\'el\'ement d'ordre } 8\ ? & \textbf{NON} — 8\nmid 36,\ \text{et } 2^3\nmid d_i \end{array}

La dernière ligne est le genre de question que seule la forme canonique tranche : ∣G∣=864\lvert G\rvert=864 est divisible par 88, et pourtant GG n'a aucun élément d'ordre 88 — les diviseurs élémentaires en 22 sont {4,4,2}\{4,4,2\}, tous ≤4\leq 4.

l’ordre du groupe ne dit rien des ordres de ses eˊleˊments\boxed{\text{l'ordre du groupe ne dit rien des ordres de ses \'el\'ements}}

👉 C'est exactement ce que la classification apporte : une information que le seul cardinal ne peut pas donner. Vingt et un groupes abéliens différents ont l'ordre 864864 (c'est p(5)×p(3)=7×3=21p(5)\times p(3)=7\times 3=21), et ils diffèrent précisément par là.

Réponse. Ordre 864864 ; G≅Z/2×Z/12×Z/36G\cong\mathbb{Z}/2\times\mathbb{Z}/12\times\mathbb{Z}/36 ; rang 33. (Vérifié machine : alignement de partitions — C/E ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Invariance du rang, partie libre = M/T(M)

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que la partie libre d'un module de type fini sur un principal est isomorphe à M/T(M)M/T(M), et que son rang est un invariant.

Indices (3)

Dans M≅Ar⊕T(M)M\cong A^r\oplus T(M), quotienter par T(M)T(M).

M/T(M)≅ArM/T(M)\cong A^r est libre.

Le rang =dim⁡=\dim après tensorisation par le corps des fractions.

Correction détaillée
Les deux énoncés
partie libre ≃ M/T(M),et son rang est un INVARIANT\boxed{\text{partie libre}\ \simeq\ M/T(M),\qquad \text{et son rang est un INVARIANT}}

Le premier point identifie la partie libre à un objet intrinsèque : M/T(M)M/T(M) se définit sans décomposition.

Le second dit que rr ne dépend pas de la décomposition choisie — c'est la moitié « rang » de l'unicité (exercice E4).

Étape 1 — La partie libre s'identifie au quotient

Partons d'une décomposition M≃L⊕TM\simeq L\oplus T avec LL libre et T=T(M)T=T(M).

Composons la projection avec l'inclusion :

L ↪ M ↠ M/T(M)L\ \hookrightarrow\ M\ \twoheadrightarrow\ M/T(M)

Injective : un élément de LL envoyé sur 00 appartient à T(M)∩L={0}T(M)\cap L=\{0\}, puisque LL est libre donc sans torsion (exercice A1).

Surjective : tout x∈Mx\in M s'écrit ℓ+t\ell+t, et xˉ=ℓˉ\bar x=\bar\ell dans le quotient.

L ≃ M/T(M)\boxed{L\ \simeq\ M/T(M)}

👉 La partie libre n'est donc pas un CHOIX arbitraire : elle est déterminée à isomorphisme près, même si le sous-module L⊆ML\subseteq M, lui, ne l'est pas.

⚠️ Cette distinction compte. Dans Z⊕Z/2\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/2, les sous-modules engendrés par (1,0ˉ)(1,\bar 0) et par (1,1ˉ)(1,\bar 1) sont deux parties libres différentes — isomorphes toutes deux à Z\mathbb{Z}, mais distinctes comme sous-ensembles.

Étape 2 — L'invariance du rang

Il faut montrer que A r≃A r′A^{\,r}\simeq A^{\,r'} entraîne r=r′r=r'.

Méthode 1 — passer au corps des fractions. Soit K=Frac⁡(A)K=\operatorname{Frac}(A). Alors

K⊗AA r≃K rK\otimes_A A^{\,r}\simeq K^{\,r}

et la dimension d'un espace vectoriel est invariante :

r=dim⁡K(K⊗AM)=r′r=\dim_K(K\otimes_A M)=r'

Méthode 2 — quotienter par un idéal maximal, si l'on préfère éviter le produit tensoriel. Soit m=(p)\mathfrak{m}=(p) maximal. Alors

A r/pA r≃(A/p) rA^{\,r}/pA^{\,r}\simeq(A/p)^{\,r}

est un espace vectoriel sur le corps A/pA/p, de dimension rr.

r est bien deˊfini\boxed{r\ \text{est bien d\'efini}}

👉 Les deux méthodes font la même chose : ramener une question sur un anneau à une question de dimension sur un corps, où la réponse est connue.

Pourquoi ce n'est pas gratuit

⚠️ Sur un anneau quelconque, le rang PEUT être mal défini. Il existe des anneaux (non commutatifs) où

A≃A2A\simeq A^{2}

comme modules — on les dit sans la propriété IBN (invariant basis number). L'exemple classique est l'anneau des endomorphismes d'un espace vectoriel de dimension infinie.

l’invariance du rang est un THEˊOREˋME, pas une eˊvidence\boxed{\text{l'invariance du rang est un TH\'EOR\`EME, pas une \'evidence}}

Ce qui la sauve ici : AA est commutatif et intègre, donc il possède un corps des fractions et des idéaux maximaux — c'est-à-dire les deux outils de l'étape 2.

👉 Le réflexe utile : quand une propriété d'algèbre linéaire semble « évidente » sur un anneau, se demander où l'on utiliserait un corps. Si la réponse est « nulle part », c'est probablement faux.

Ce que le rang mesure, et ce qu'il ne voit pas
MrT(M)Z220purement libreZ/6×Z/40toutgroupe FINIZ⊕Z/41Z/4mixteZ⊕Z/61Z/6meˆme rang, autre torsion\begin{array}{lccl} M & r & T(M) & \\\hline \mathbb{Z}^2 & 2 & 0 & \text{purement libre}\\ \mathbb{Z}/6\times\mathbb{Z}/4 & \mathbf{0} & \text{tout} & \text{groupe FINI}\\ \mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/4 & 1 & \mathbb{Z}/4 & \text{mixte}\\ \mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}/6 & 1 & \mathbb{Z}/6 & \text{m\^eme rang, autre torsion} \end{array}

Les deux dernières lignes ont le même rang et ne sont pas isomorphes. Le rang ne classifie donc rien à lui seul : il faut les did_i en plus.

invariants complets=(r, d1,…,ds)\boxed{\text{invariants complets} = (r,\ d_1,\dots,d_s)}

Et le rang décide d'une chose, qu'il est seul à décider :

r=0  ⟺  M est de TORSION  ⟺  M est fini (sur Z)r=0\iff M\ \text{est de TORSION}\iff M\ \text{est fini (sur } \mathbb{Z})

👉 C'est ce qui sépare le lot C du lot D : les groupes abéliens finis sont de rang 00 sur Z\mathbb{Z}, et un espace vectoriel de dimension finie est de rang 00 sur K[X]K[X] — annulé par χu\chi_u. Dans les deux cas, la partie libre disparaît et tout se joue dans la torsion.

Réponse. Partie libre ≅M/T(M)\cong M/T(M), rang =dim⁡F(M⊗F)=\dim_F(M\otimes F) invariant. (Vérifié machine — E ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

S'entraîner davantage sur modules & théorème de structure

18 exercices d'entraînement supplémentaires sur ce chapitre, plus le palier approfondissement, les quiz, le tuteur IA et les PDF à imprimer — dans l'app Maths Post-Bac.