Maths Post-Bac Ouvrir l'app

Exercices corrigés — Probabilités & statistiques

Probabilités & Statistiques · 18 exercices-types du palier socle

BUTBTSL1L2L3Maths ingénieurCAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Probabilités & statistiques Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Loi de probabilité d'un jeu et espérance

ApplicationDifficulté 2/5

Dans une tombola, un billet rapporte un gain algébrique XX (en €) de loi : P(X=−2)=0,5P(X=-2)=0{,}5 ; P(X=1)=0,3P(X=1)=0{,}3 ; P(X=5)=0,2P(X=5)=0{,}2. 1) Vérifier qu'il s'agit bien d'une loi de probabilité. 2) Calculer E(X)E(X) et interpréter : le jeu est-il favorable au joueur ?

Indices (3)

Une loi de probabilité doit vérifier : chaque pip_i dans [0;1][0;1] et ∑pi=1\sum p_i=1.

E(X)=∑xi piE(X)=\sum x_i\,p_i : attention au signe du gain −2-2.

Le jeu est favorable au joueur si E(X)E(X) est strictement positive.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux questions, deux gestes indépendants — et la première n'est pas une formalité.

Question 1 : « vérifier qu'il s'agit d'une loi de probabilité ». Il y a deux conditions à contrôler, pas une :

  • chaque probabilité est comprise entre 00 et 11 ;
  • leur somme vaut exactement 11.

La seconde est celle qu'on cite ; la première est celle qu'on oublie. Les deux se vérifient en trois secondes.

Question 2 : l'espérance. C'est la moyenne des gains pondérée par leurs probabilités. Sa lecture concrète : si on jouait un très grand nombre de fois, le gain moyen par partie tendrait vers E(X)E(X).

⚠️ Attention au mot algébrique dans l'énoncé : la valeur −2-2 est une perte, et elle entre dans le calcul avec son signe. C'est elle qui va décider du verdict.

1) Vérifier que c'est une loi de probabilité

Première condition : chaque valeur est dans [0;1][0;1].

0≤0,5≤10≤0,3≤10≤0,2≤1✓0\leq 0{,}5\leq 1 \qquad 0\leq 0{,}3\leq 1 \qquad 0\leq 0{,}2\leq 1 \quad \checkmark

Seconde condition : la somme vaut 11.

0,5+0,3+0,2=1✓0{,}5+0{,}3+0{,}2=1 \quad \checkmark

Les deux conditions sont remplies : c'est bien une loi de probabilité.

Présentation en tableau — c'est la forme attendue, et elle rend le calcul suivant immédiat :

xix_i −2-2 11 55 total
P(X=xi)P(X=x_i) 0,50{,}5 0,30{,}3 0,20{,}2 1\mathbf{1}
2) Calculer et interpréter l'espérance
E(X)=∑ixi P(X=xi)E(X)=\sum_i x_i\,P(X=x_i)

On multiplie chaque valeur par sa probabilité, puis on additionne :

E(X)=(−2)×0,5+1×0,3+5×0,2E(X)=(-2)\times 0{,}5+1\times 0{,}3+5\times 0{,}2
=−1+0,3+1=-1+0{,}3+1
E(X)=0,3 euro\boxed{E(X)=0{,}3\text{ euro}}

Interprétation. E(X)>0E(X)>0 : sur un grand nombre de parties, le joueur gagne en moyenne 30 centimes par billet. Le jeu est favorable au joueur.

⚠️ Cela ne veut pas dire qu'on gagne à chaque partie — dans un cas sur deux on perd 22 €. L'espérance est une moyenne à long terme, jamais une prédiction sur une partie.

Ordre de grandeur : sur 100100 billets, le joueur récupère en moyenne 100×0,3=30100\times 0{,}3=30 € de plus qu'il n'a misé. C'est un jeu qu'un organisateur n'aurait pas intérêt à proposer.

Vocabulaire à connaître : un jeu est dit équitable lorsque E(X)=0E(X)=0. Ici E(X)=0,3≠0E(X)=0{,}3\ne 0, donc le jeu n'est pas équitable — il penche du côté du joueur.

Rappel de cours

Loi de probabilité d'une variable aléatoire discrète Une loi est donnée par les valeurs x1,…,xnx_1,\dots,x_n et leurs probabilités p1,…,pnp_1,\dots,p_n, avec

0≤pi≤1et∑i=1npi=10\leq p_i\leq 1 \qquad\text{et}\qquad \sum_{i=1}^{n}p_i=1
Les deux conditions, pas seulement la somme.

Espérance

E(X)=∑i=1nxi piE(X)=\sum_{i=1}^{n}x_i\,p_i
C'est la moyenne pondérée des valeurs. Elle a la même unité que XX (ici des euros).

Interprétation d'un jeu

signe de E(X)E(X) verdict
E(X)>0E(X)>0 favorable au joueur
E(X)=0E(X)=0 jeu équitable
E(X)<0E(X)<0 favorable à l'organisateur

Un jeu de casino est conçu pour que E(X)<0E(X)<0 pour le joueur — c'est ce qui finance l'établissement.

Loi des grands nombres La moyenne des gains observés sur NN parties tend vers E(X)E(X) quand NN devient grand. C'est ce qui donne son sens concret à l'espérance.

L'erreur classique

⚠️ Oublier le signe de la perte : calculer 2×0,5+1×0,3+5×0,2=2,32\times 0{,}5+1\times 0{,}3+5\times 0{,}2=2{,}3.

La conséquence est un verdict faussement enthousiaste : on annoncerait un gain moyen de 2,302{,}30 € au lieu de 0,300{,}30 €. Le mot « algébrique » de l'énoncé est là précisément pour signaler que les signes comptent.

⚠️ Faire la moyenne des valeurs sans les probabilités : −2+1+53=43≈1,33\dfrac{-2+1+5}{3}=\dfrac{4}{3}\approx 1{,}33.

Pourquoi c'est faux : cela reviendrait à supposer les trois issues également probables, alors que la perte a une probabilité de 0,50{,}5 — elle pèse beaucoup plus lourd que les deux autres. L'espérance est une moyenne pondérée.

⚠️ Ne vérifier que la somme à la question 1 et oublier l'encadrement des pip_i. La question demande de vérifier qu'on a bien une loi de probabilité : une valeur négative ou supérieure à 11 disqualifierait immédiatement, même si la somme faisait 11.

⚠️ Conclure « le jeu est favorable » sans justifier par le signe. La réponse attendue est du type « E(X)=0,3>0E(X)=0{,}3>0, donc le jeu est favorable au joueur ». Le raisonnement est ce qui est noté, pas le nombre seul.

⚠️ Confondre espérance et gain garanti. Écrire « le joueur gagne 0,300{,}30 € » est faux : il gagne 0,300{,}30 € en moyenne, sur un grand nombre de parties. Sur une partie donnée, il perd 22 € une fois sur deux.

À retenir

Une loi de probabilité, c'est DEUX conditions : 0≤pi≤10\leq p_i\leq 1 et ∑pi=1\sum p_i=1.

E(X)=∑xi pimoyenne PONDEˊREˊE, pas moyenne arithmeˊtiqueE(X)=\sum x_i\,p_i \qquad \text{moyenne PONDÉRÉE, pas moyenne arithmétique}

Les valeurs entrent avec leur signe. Une perte est une valeur négative, et c'est souvent elle qui décide du verdict.

Le signe de E(X)E(X) donne l'interprétation : positif = favorable au joueur, nul = jeu équitable, négatif = favorable à l'organisateur. Justifier la conclusion par ce signe, pas par le nombre seul.

L'espérance est une moyenne à long terme, jamais une prédiction sur une partie.

Réponse. E(X)=0,3E(X)=0{,}3 € : jeu favorable au joueur. (Recoupement : ∑pi=0,5+0,3+0,2=1\sum p_i=0{,}5+0{,}3+0{,}2=1 ✓ ; −1+0,3+1=0,3-1+0{,}3+1=0{,}3 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Espérance, variance et écart-type

CalculDifficulté 2/5

Une variable aléatoire XX prend les valeurs 0,1,2,30,1,2,3 avec les probabilités 0,1 ; 0,2 ; 0,4 ; 0,30{,}1\ ;\ 0{,}2\ ;\ 0{,}4\ ;\ 0{,}3. Calculer E(X)E(X), V(X)V(X) et σ(X)\sigma(X) (arrondi au centième).

Indices (3)

E(X)=∑xipiE(X)=\sum x_i p_i.

Calcule d'abord E(X2)=∑xi2piE(X^2)=\sum x_i^2 p_i, puis V(X)=E(X2)−[E(X)]2V(X)=E(X^2)-[E(X)]^2.

σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Trois grandeurs à calculer, et il faut les prendre dans cet ordre : E(X)E(X), puis V(X)V(X), puis σ(X)\sigma(X). Chacune a besoin de la précédente.

Ce que chacune mesure :

grandeur ce qu'elle dit unité
E(X)E(X) où se situe le centre celle de XX
V(X)V(X) la dispersion, au carré celle de XX au carré
σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)} la dispersion, ramenée à l'échelle de XX celle de XX

C'est l'unité qui explique pourquoi σ\sigma existe. La variance est une moyenne de carrés d'écarts : si XX est en euros, V(X)V(X) est en euros carrés, ce qui ne se compare à rien. La racine carrée ramène la dispersion dans la même unité que les données — d'où le nom « écart-type ».

La formule à employer est celle de König-Huygens, V(X)=E(X2)−E(X)2V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2} : elle demande un seul passage sur le tableau au lieu de deux.

Étape 1 — l'espérance

Commençons par ranger les données :

xix_i 00 11 22 33 total
pip_i 0,10{,}1 0,20{,}2 0,40{,}4 0,30{,}3 11

(la somme vaut bien 11 ✓)

E(X)=0×0,1+1×0,2+2×0,4+3×0,3E(X)=0\times 0{,}1+1\times 0{,}2+2\times 0{,}4+3\times 0{,}3
=0+0,2+0,8+0,9=0+0{,}2+0{,}8+0{,}9
E(X)=1,9\boxed{E(X)=1{,}9}

Contrôle de plausibilité : 1,91{,}9 est bien compris entre 00 et 33, et plutôt proche de 22 — normal, puisque 22 et 33 portent à eux deux 70 %70\ \% de la probabilité. Une espérance hors de l'intervalle des valeurs serait forcément fausse.

Étape 2 — la variance

On calcule d'abord E(X2)E(X^{2}) : mêmes probabilités, valeurs élevées au carré.

xix_i 00 11 22 33
xi2x_i^{2} 00 11 44 99
pip_i 0,10{,}1 0,20{,}2 0,40{,}4 0,30{,}3
E(X2)=0×0,1+1×0,2+4×0,4+9×0,3E(X^{2})=0\times 0{,}1+1\times 0{,}2+4\times 0{,}4+9\times 0{,}3
=0+0,2+1,6+2,7=4,5=0+0{,}2+1{,}6+2{,}7=4{,}5

Formule de König-Huygens :

V(X)=E(X2)−(E(X))2=4,5−1,92=4,5−3,61V(X)=E(X^{2})-\big(E(X)\big)^{2}=4{,}5-1{,}9^{2}=4{,}5-3{,}61
V(X)=0,89\boxed{V(X)=0{,}89}

⚠️ C'est (E(X))2\big(E(X)\big)^{2} qu'on soustrait, pas E(X2)E(X^{2}) une seconde fois. Les deux quantités sont différentes : ici 4,54{,}5 et 3,613{,}61 — et leur différence, positive, est la variance.

Contrôle : une variance est toujours positive ou nulle. Un résultat négatif signale une erreur, systématiquement.

Étape 3 — l'écart-type
σ(X)=V(X)=0,89=0,94339…\sigma(X)=\sqrt{V(X)}=\sqrt{0{,}89}=0{,}94339\ldots
σ(X)≈0,94\boxed{\sigma(X)\approx 0{,}94}

(arrondi au centième, comme demandé)

Lecture. Les valeurs de XX s'écartent de leur moyenne 1,91{,}9 de 0,940{,}94 en ordre de grandeur. Puisque XX ne prend que les valeurs 00 à 33, un écart-type proche de 11 est cohérent : la dispersion occupe environ un tiers de l'étendue.

Contrôle de plausibilité : σ\sigma ne peut jamais dépasser la moitié de l'étendue des valeurs, ici 3−02=1,5\dfrac{3-0}{2}=1{,}5. On a 0,94<1,50{,}94<1{,}5 ✓ — un écart-type de 55 sur des valeurs comprises entre 00 et 33 serait absurde.

Rappel de cours

Les trois formules

E(X)=∑xipiV(X)=E(X2)−E(X)2σ(X)=V(X)E(X)=\sum x_ip_i \qquad V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2} \qquad \sigma(X)=\sqrt{V(X)}
avec E(X2)=∑xi2 piE(X^{2})=\sum x_i^{2}\,p_i — mêmes probabilités, valeurs au carré.

L'autre écriture de la variance

V(X)=∑(xi−E(X))2piV(X)=\sum \big(x_i-E(X)\big)^{2}p_i
Elle est équivalente et montre bien ce que la variance mesure — la moyenne des carrés des écarts à la moyenne. Mais elle demande de calculer E(X)E(X) puis de repasser sur tout le tableau. König-Huygens est plus rapide.

Propriétés à connaître

  • V(X)≥0V(X)\geq 0 toujours, et V(X)=0V(X)=0 seulement si XX est constante ;
  • E(X)E(X) est dans l'intervalle des valeurs possibles ;
  • σ\sigma a la même unité que XX, VV a son carré.

Contrôles gratuits Une espérance hors de l'intervalle des valeurs, une variance négative, un écart-type supérieur à la demi-étendue : trois signaux d'erreur, à vérifier avant de rendre.

L'erreur classique

⚠️ Oublier de soustraire E(X)2E(X)^{2} et répondre V(X)=4,5V(X)=4{,}5. La variance ne se lit pas directement dans E(X2)E(X^{2}) : elle en est la différence avec le carré de l'espérance.

Le contrôle : 4,54{,}5 serait une variance énorme pour des valeurs comprises entre 00 et 33 — l'écart-type vaudrait 2,122{,}12, soit plus que la demi-étendue 1,51{,}5. Impossible.

⚠️ Confondre E(X2)E(X^{2}) et E(X)2E(X)^{2}. Ce sont deux nombres différents : 4,54{,}5 et 3,613{,}61. La notation les distingue par la position du carré, et l'ordre des opérations n'est pas le même.

  • E(X2)E(X^{2}) : on carre d'abord, on moyenne ensuite ;
  • E(X)2E(X)^{2} : on moyenne d'abord, on carre ensuite.

⚠️ Élever aussi les probabilités au carré dans le calcul de E(X2)E(X^{2}) : écrire ∑xi2pi2\sum x_i^{2}p_i^{2}. Seules les valeurs sont au carré ; les probabilités restent inchangées, sinon leur somme ne vaudrait plus 11.

⚠️ Rendre V(X)V(X) au lieu de σ(X)\sigma(X), ou l'inverse. L'écart-type est la racine de la variance. Ici 0,890{,}89 et 0,940{,}94 sont proches, ce qui rend la confusion facile — mais un énoncé qui demande « au centième » attend 0,940{,}94.

⚠️ Arrondir trop tôt. Calculer σ\sigma à partir d'un VV déjà arrondi propage l'erreur. Garder les valeurs exactes jusqu'au dernier calcul, arrondir une seule fois, à la fin.

À retenir
E(X)=∑xipi→V(X)=E(X2)−E(X)2→σ=VE(X)=\sum x_ip_i \quad\to\quad V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2} \quad\to\quad \sigma=\sqrt{V}

Dans cet ordre : chacune a besoin de la précédente.

E(X2)≠E(X)2E(X^{2})\ne E(X)^{2} — c'est la confusion n°1 du chapitre. Pour E(X2)E(X^{2}) : mêmes probabilités, valeurs au carré.

Trois contrôles gratuits : E(X)E(X) dans l'intervalle des valeurs, V(X)≥0V(X)\geq 0, σ\sigma inférieur à la demi-étendue. Les faire avant de rendre.

σ\sigma existe pour l'unité : la variance est en unité au carré, l'écart-type ramène la dispersion à l'échelle des données.

Réponse. E(X)=1,9E(X)=1{,}9 ; V(X)=0,89V(X)=0{,}89 ; σ(X)≈0,94\sigma(X)\approx 0{,}94. (Recoupement : ∑pi=0,1+0,2+0,4+0,3=1\sum p_i=0{,}1+0{,}2+0{,}4+0{,}3=1 ✓ ; V(X)V(X) positive ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Reconnaître et justifier une loi binomiale

ApplicationDifficulté 2/5

Une chaîne produit 2 %2\,\% de pièces défectueuses. On prélève 1010 pièces au hasard (production assimilée à un tirage avec remise) et on note XX le nombre de pièces défectueuses. 1) Justifier que XX suit une loi binomiale et préciser ses paramètres. 2) Calculer P(X=0)P(X=0) et P(X=1)P(X=1) (arrondis à 10−410^{-4}).

Indices (3)

Trois ingrédients à citer : répétition de nn épreuves identiques, indépendance, deux issues par épreuve.

Le « succès » est ici « la pièce est défectueuse », de probabilité p=0,02p=0{,}02.

P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k} ; pour k=0k=0 il reste (0,98)10(0{,}98)^{10}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La question 1 dit « justifier », pas « admettre ». C'est une question de cours déguisée : il faut vérifier les quatre conditions du schéma de Bernoulli, une par une, sur la situation décrite.

Le réflexe qui fait gagner des points : ne pas répondre « c'est une binomiale car on répète une expérience », mais dérouler la liste.

Les quatre conditions, et où l'énoncé les donne :

condition dans l'énoncé
une expérience à deux issues pièce défectueuse / conforme
répétée nn fois, nn fixé à l'avance n=10n=10 prélèvements
indépendance des répétitions « assimilée à un tirage avec remise »
même probabilité à chaque fois p=2 %p=2\ \% constant

⚠️ La parenthèse « assimilée à un tirage avec remise » n'est pas du décor : c'est elle qui donne l'indépendance. Sans remise, les tirages ne seraient plus indépendants (la probabilité d'un défaut dépendrait des tirages précédents) et la loi ne serait plus binomiale.

1) Justifier la loi binomiale

On répète n=10n=10 fois, de façon indépendante (tirage assimilé à un tirage avec remise), une épreuve de Bernoulli à deux issues :

  • succès : la pièce est défectueuse, de probabilité p=0,02p=0{,}02 ;
  • échec : la pièce est conforme, de probabilité 1−p=0,981-p=0{,}98.

XX compte le nombre de succès sur ces 1010 répétitions. Donc

X∼B(10 ; 0,02)\boxed{X\sim\mathcal{B}(10\,;\,0{,}02)}

⚠️ Le mot « succès » n'a rien de positif ici : c'est simplement l'événement qu'on compte. Compter les pièces défectueuses fait de la défaillance le succès. Le choisir à l'envers donnerait p=0,98p=0{,}98 et des résultats sans rapport.

Le contrôle qui l'attrape : E(X)=np=10×0,02=0,2E(X)=np=10\times 0{,}02=0{,}2. Sur 1010 pièces à 2 %2\ \% de défaut, on en attend 0,20{,}2 en moyenne — c'est cohérent. Avec p=0,98p=0{,}98 on attendrait 9,89{,}8 pièces défectueuses sur 1010, ce qui contredit l'énoncé.

2) Calculer P(X=0) et P(X=1)
P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k}

Pour k=0k=0 — le cas le plus simple, car (100)=1\binom{10}{0}=1 et p0=1p^{0}=1 :

P(X=0)=(100)(0,02)0(0,98)10=1×1×0,9810P(X=0)=\binom{10}{0}(0{,}02)^{0}(0{,}98)^{10}=1\times 1\times 0{,}98^{10}
=0,81707…⟹P(X=0)≈0,8171=0{,}81707\ldots \quad\Longrightarrow\quad \boxed{P(X=0)\approx 0{,}8171}

Pour k=1k=1 — ici (101)=10\binom{10}{1}=10 :

P(X=1)=(101)(0,02)1(0,98)9=10×0,02×0,83375P(X=1)=\binom{10}{1}(0{,}02)^{1}(0{,}98)^{9}=10\times 0{,}02\times 0{,}83375
=0,16675⟹P(X=1)≈0,1667=0{,}16675 \quad\Longrightarrow\quad \boxed{P(X=1)\approx 0{,}1667}

Lecture. Dans plus de 88 cas sur 1010, aucune pièce du lot n'est défectueuse ; dans environ 17 %17\ \% des cas il y en a exactement une. Il reste donc 1−0,8171−0,1667≈0,0161-0{,}8171-0{,}1667\approx 0{,}016, soit 1,6 %1{,}6\ \% de chances d'en avoir deux ou plus.

Contrôle : la somme 0,8171+0,1667=0,98380{,}8171+0{,}1667=0{,}9838 est inférieure à 11, ce qui est nécessaire — il reste de la place pour les autres valeurs. Une somme supérieure à 11 signalerait une erreur immédiatement.

Rappel de cours

Schéma de Bernoulli — les quatre conditions

  1. une épreuve à deux issues (succès / échec) ;
  2. répétée un nombre nn fixé de fois ;
  3. les répétitions sont indépendantes ;
  4. la probabilité pp du succès est la même à chaque répétition.

Alors le nombre XX de succès suit la loi binomiale B(n;p)\mathcal{B}(n;p).

Formule

P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−k,k=0,1,…,nP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k}, \qquad k=0,1,\dots,n
Les trois facteurs : le nombre de façons d'obtenir kk succès, la probabilité de kk succès, celle de n−kn-k échecs.

Espérance et variance

E(X)=npV(X)=np(1−p)σ(X)=np(1−p)E(X)=np \qquad V(X)=np(1-p) \qquad \sigma(X)=\sqrt{np(1-p)}

Avec ou sans remise Avec remise (ou population très grande devant l'échantillon) →\to binomiale. Sans remise dans une petite population →\to loi hypergéométrique, pas binomiale. La mention « assimilé à un tirage avec remise » d'un énoncé est là pour autoriser le modèle binomial.

Valeurs particulières

(n0)=1(n1)=n(nn)=1p0=1\binom{n}{0}=1 \qquad \binom{n}{1}=n \qquad \binom{n}{n}=1 \qquad p^{0}=1

L'erreur classique

⚠️ Prendre p=0,98p=0{,}98 en confondant « succès » avec « issue favorable au sens courant ». Le succès est l'événement compté par XX — ici la défectuosité.

Le contrôle : E(X)=npE(X)=np doit être plausible. Avec p=0,02p=0{,}02 on attend 0,20{,}2 pièce défectueuse sur 1010 ✓ ; avec p=0,98p=0{,}98 on en attendrait 9,89{,}8 ✗

⚠️ Répondre « c'est une binomiale car on répète 10 fois » sans citer les quatre conditions. La question dit « justifier » : c'est le raisonnement qui est noté, et l'indépendance est la condition qu'on oublie.

⚠️ Intervertir pp et 1−p1-p dans la formule : écrire (101)(0,98)1(0,02)9\binom{10}{1}(0{,}98)^{1}(0{,}02)^{9}. L'exposant de pp est kk, celui de 1−p1-p est n−kn-k — pas l'inverse.

Le contrôle : la version fautive donnerait 10×0,98×0,029≈5×10−1510\times 0{,}98\times 0{,}02^{9}\approx 5\times 10^{-15}, un nombre absurdement petit pour un événement banal.

⚠️ Oublier le coefficient binomial : écrire P(X=1)=0,02×0,989≈0,0167P(X=1)=0{,}02\times 0{,}98^{9}\approx 0{,}0167, dix fois trop petit. Le facteur (101)=10\binom{10}{1}=10 compte les positions possibles de la pièce défectueuse parmi les dix.

⚠️ Arrondir à 10−410^{-4} en donnant 0,8170{,}817. Quatre décimales sont demandées : 0,81710{,}8171. Un chiffre manquant est une réponse incomplète.

⚠️ Écrire (100)=0\binom{10}{0}=0. Il vaut 11 : il y a une façon de ne choisir aucune pièce.

À retenir
X∼B(n;p)⟹P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kX\sim\mathcal{B}(n;p) \quad\Longrightarrow\quad P(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k}

« Justifier une binomiale » = dérouler les quatre conditions. Deux issues, nn fixé, indépendance, pp constante. C'est le raisonnement qui est noté.

Le succès est l'événement que XX COMPTE, indépendamment de son caractère souhaitable. Ici c'est la pièce défectueuse.

E(X)=npE(X)=np est le contrôle de plausibilité gratuit : si le nombre moyen de succès attendu contredit l'énoncé, c'est que pp a été pris à l'envers.

L'exposant de pp est kk, celui de 1−p1-p est n−kn-k. Les intervertir donne un ordre de grandeur absurde, ce qui se voit.

Réponse. X∼B(10;0,02)X\sim\mathcal{B}(10;0{,}02) ; P(X=0)≈0,8171P(X=0)\approx 0{,}8171 ; P(X=1)≈0,1667P(X=1)\approx 0{,}1667. (Recoupement : P(X=0)+P(X=1)≈0,9838P(X=0)+P(X=1)\approx 0{,}9838, inférieur à 11 ✓ ; vérifié machine ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Loi binomiale : calculs complets

CalculDifficulté 3/5

Soit X∼B(20;0,1)X\sim\mathcal{B}(20;0{,}1). Calculer : 1) P(X=2)P(X=2) ; 2) P(X≤1)P(X\leq 1) ; 3) E(X)E(X), V(X)V(X) et σ(X)\sigma(X) (arrondis à 10−410^{-4} pour les probabilités, au centième pour σ\sigma).

Indices (3)

P(X=2)=(202)(0,1)2(0,9)18P(X=2)=\binom{20}{2}(0{,}1)^2(0{,}9)^{18} avec (202)=190\binom{20}{2}=190.

P(X≤1)=P(X=0)+P(X=1)P(X\leq 1)=P(X=0)+P(X=1).

E(X)=npE(X)=np et V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'énoncé donne directement la loi : B(20 ; 0,1)\mathcal{B}(20\,;\,0{,}1). Il n'y a rien à justifier, seulement à calculer — mais trois calculs de natures différentes.

1) P(X=2)P(X=2) — application directe de la formule.

2) P(X≤1)P(X\leq 1) — attention, c'est une probabilité cumulée. « Au plus 11 » signifie 00 ou 11 : il faut additionner deux termes. C'est le point où l'on perd des points en oubliant P(X=0)P(X=0).

3) E(X)E(X), V(X)V(X), σ(X)\sigma(X) — formules directes, aucun calcul de somme.

⚠️ Deux arrondis différents sont demandés : 10−410^{-4} pour les probabilités, le centième pour σ\sigma. Lire cette consigne avant de calculer évite d'avoir à tout reprendre.

1) Calculer P(X = 2)
P(X=2)=(202)(0,1)2(0,9)18P(X=2)=\binom{20}{2}(0{,}1)^{2}(0{,}9)^{18}

Le coefficient binomial :

(202)=20×192=190\binom{20}{2}=\frac{20\times 19}{2}=190

Le calcul :

P(X=2)=190×0,01×0,15009=0,28518…P(X=2)=190\times 0{,}01\times 0{,}15009=0{,}28518\ldots
P(X=2)≈0,2852\boxed{P(X=2)\approx 0{,}2852}

Contrôle de plausibilité : E(X)=np=2E(X)=np=2, donc X=2X=2 est la valeur la plus attendue. Une probabilité proche de 0,290{,}29 pour la valeur centrale est cohérente — sur une binomiale de cette taille, aucune valeur ne dépasse 30 %30\ \%.

2) Calculer P(X ≤ 1)

« Au plus 11 » = 00 ou 11. Ce sont deux événements incompatibles, donc leurs probabilités s'additionnent :

P(X≤1)=P(X=0)+P(X=1)P(X\leq 1)=P(X=0)+P(X=1)

Terme k=0k=0 :

P(X=0)=(200)(0,1)0(0,9)20=1×1×0,920=0,12158P(X=0)=\binom{20}{0}(0{,}1)^{0}(0{,}9)^{20}=1\times 1\times 0{,}9^{20}=0{,}12158

Terme k=1k=1 :

P(X=1)=(201)(0,1)1(0,9)19=20×0,1×0,13509=0,27017P(X=1)=\binom{20}{1}(0{,}1)^{1}(0{,}9)^{19}=20\times 0{,}1\times 0{,}13509=0{,}27017

Somme :

P(X≤1)=0,12158+0,27017=0,39175P(X\leq 1)=0{,}12158+0{,}27017=0{,}39175
P(X≤1)≈0,3917\boxed{P(X\leq 1)\approx 0{,}3917}

Contrôle : cette probabilité doit être supérieure à P(X=1)P(X=1) seule et inférieure à 11. On a bien 0,2702<0,3917<10{,}2702<0{,}3917<1 ✓

3) Espérance, variance, écart-type

Trois formules directes, aucune somme à faire :

E(X)=np=20×0,1=2E(X)=np=20\times 0{,}1=\boxed{2}
V(X)=np(1−p)=20×0,1×0,9=1,8V(X)=np(1-p)=20\times 0{,}1\times 0{,}9=\boxed{1{,}8}
σ(X)=V(X)=1,8=1,3416…⟹σ(X)≈1,34\sigma(X)=\sqrt{V(X)}=\sqrt{1{,}8}=1{,}3416\ldots \quad\Longrightarrow\quad \boxed{\sigma(X)\approx 1{,}34}

Lecture concrète. Sur 2020 tirages, on attend 22 succès, avec une fluctuation de l'ordre de 1,341{,}34. Autrement dit, obtenir entre 11 et 33 succès est banal ; en obtenir 88 le serait beaucoup moins.

Contrôle : V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p) est toujours inférieure à E(X)=npE(X)=np, puisque 1−p<11-p<1. Ici 1,8<21{,}8<2 ✓ — c'est un contrôle instantané, valable pour toute binomiale.

Rappel de cours

Loi binomiale B(n;p)\mathcal{B}(n;p)

P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kE(X)=npV(X)=np(1−p)P(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k} \qquad E(X)=np \qquad V(X)=np(1-p)

Traduire le vocabulaire en inégalité

énoncé événement calcul
« exactement kk » X=kX=k un terme
« au plus kk » X≤kX\leq k somme de 00 à kk
« au moins kk » X≥kX\geq k 1−P(X≤k−1)1-P(X\leq k-1)
« moins de kk » X≤k−1X\leq k-1 somme de 00 à k−1k-1
« plus de kk » X≥k+1X\geq k+1 1−P(X≤k)1-P(X\leq k)

⚠️ « au plus » et « au moins » incluent la borne ; « moins de » et « plus de » l'excluent. C'est la source d'erreur n°1 sur les lois discrètes.

Coefficients binomiaux utiles

(n0)=1(n1)=n(n2)=n(n−1)2\binom{n}{0}=1 \qquad \binom{n}{1}=n \qquad \binom{n}{2}=\frac{n(n-1)}{2}

Contrôle gratuit V(X)<E(X)V(X)<E(X) pour toute binomiale, puisque 1−p<11-p<1.

L'erreur classique

⚠️ Confondre P(X≤1)P(X\leq 1) et P(X=1)P(X=1) : répondre 0,27020{,}2702. « Au plus 11 » inclut le cas 00 — il faut deux termes.

Le contrôle : une probabilité cumulée est toujours supérieure ou égale à chacun des termes qui la composent. Trouver P(X≤1)<P(X=1)P(X\leq 1)<P(X=1) est impossible.

⚠️ Oublier que « au plus 1 » inclut 1. L'inégalité ≤\leq est large : les valeurs 00 et 11 comptent. « Moins de 11 » aurait signifié X=0X=0 seulement.

⚠️ Écrire V(X)=npV(X)=np en oubliant le facteur (1−p)(1-p) : on trouverait 22 au lieu de 1,81{,}8, puis σ≈1,41\sigma\approx 1{,}41 au lieu de 1,341{,}34.

Le contrôle : la variance d'une binomiale est toujours strictement inférieure à son espérance.

⚠️ Rendre V(X)V(X) à la place de σ(X)\sigma(X). Ici 1,81{,}8 et 1,341{,}34 sont proches, la confusion passe inaperçue. L'écart-type est la racine.

⚠️ Se tromper d'arrondi. L'énoncé demande 10−410^{-4} pour les probabilités (0,28520{,}2852, quatre décimales) et le centième pour σ\sigma (1,341{,}34, deux décimales). Deux consignes différentes dans le même exercice — les lire toutes les deux.

⚠️ Arrondir les termes avant de les additionner. Additionner 0,1216+0,2702=0,39180{,}1216+0{,}2702=0{,}3918 donne un dernier chiffre faux. Sommer les valeurs non arrondies, arrondir une seule fois à la fin.

À retenir
E(X)=npV(X)=np(1−p)σ=np(1−p)E(X)=np \qquad V(X)=np(1-p) \qquad \sigma=\sqrt{np(1-p)}

« Au plus kk » = somme de 00 à kk. Le cas k=0k=0 est celui qu'on oublie, et il pèse ici presque un tiers du résultat.

Traduire le vocabulaire AVANT de calculer : « au moins », « au plus », « plus de », « moins de » ne désignent pas les mêmes ensembles.

V(X)<E(X)V(X)<E(X) pour toute binomiale — un contrôle instantané.

Arrondir une seule fois, à la fin, et au rang demandé. Deux consignes d'arrondi peuvent coexister dans le même énoncé.

Réponse. P(X=2)≈0,2852P(X=2)\approx 0{,}2852 ; P(X≤1)≈0,3917P(X\leq 1)\approx 0{,}3917 ; E(X)=2E(X)=2, V(X)=1,8V(X)=1{,}8, σ(X)≈1,34\sigma(X)\approx 1{,}34. (Recoupement machine : somme P(X=0)+⋯+P(X=20)=1P(X=0)+\dots+P(X=20)=1 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Passage au complémentaire : P(X ≥ 1)

CalculDifficulté 2/5

Un vaccin est sans effet secondaire dans 95 %95\,\% des cas. On vaccine 1515 personnes (situations indépendantes) et on note XX le nombre de personnes présentant un effet secondaire. Calculer P(X≥1)P(X\geq 1) (arrondi à 10−410^{-4}) et interpréter.

Indices (3)

X∼B(15;0,05)X\sim\mathcal{B}(15;0{,}05) : le succès est « présenter un effet secondaire ».

L'événement contraire de {X≥1}\{X\geq 1\} est {X=0}\{X=0\}.

P(X≥1)=1−(0,95)15P(X\geq 1)=1-(0{,}95)^{15}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Le piège est dans la première phrase de l'énoncé, et il faut le voir avant tout calcul.

« Sans effet secondaire dans 95 %95\ \% des cas » — mais XX compte les personnes présentant un effet secondaire. Le succès (au sens de ce qu'on compte) est donc l'effet secondaire, de probabilité

p=1−0,95=0,05p=1-0{,}95=0{,}05

et non 0,950{,}95. Lire l'énoncé jusqu'à la définition de XX avant de fixer pp est le geste qui sauve cet exercice.

Le second point est la technique du complémentaire. « Au moins une personne » signifie X≥1X\geq 1, donc X=1X=1 ou 22 ou … ou 1515 : quinze termes. Mais l'événement contraire, X=0X=0, n'en demande qu'un :

P(X≥1)=1−P(X=0)P(X\geq 1)=1-P(X=0)

C'est le réflexe le plus rentable de tout le chapitre sur la binomiale.

Identifier la loi

On répète n=15n=15 fois, de façon indépendante, une épreuve à deux issues :

  • succès (ce que XX compte) : la personne présente un effet secondaire, p=0,05p=0{,}05 ;
  • échec : pas d'effet secondaire, 1−p=0,951-p=0{,}95.
X∼B(15 ; 0,05)X\sim\mathcal{B}(15\,;\,0{,}05)

Contrôle : E(X)=np=15×0,05=0,75E(X)=np=15\times 0{,}05=0{,}75. Sur 1515 personnes vaccinées, on attend moins d'une réaction — cohérent avec un taux de 5 %5\ \%. Avec p=0,95p=0{,}95 on en attendrait 14,2514{,}25, ce qui contredirait l'énoncé.

Calculer P(X ≥ 1) par le complémentaire

L'événement contraire de « au moins une personne » est « aucune personne », c'est-à-dire X=0X=0 :

P(X≥1)=1−P(X=0)P(X\geq 1)=1-P(X=0)

Calcul de P(X=0)P(X=0) — le terme le plus simple de la binomiale :

P(X=0)=(150)(0,05)0(0,95)15=1×1×0,9515P(X=0)=\binom{15}{0}(0{,}05)^{0}(0{,}95)^{15}=1\times 1\times 0{,}95^{15}
=0,46329…=0{,}46329\ldots

Donc :

P(X≥1)=1−0,46329=0,53671P(X\geq 1)=1-0{,}46329=0{,}53671
P(X≥1)≈0,5367\boxed{P(X\geq 1)\approx 0{,}5367}

Interprétation. Il y a un peu plus d'une chance sur deux qu'au moins une des 1515 personnes présente un effet secondaire.

Ce résultat mérite un commentaire, parce qu'il est contre-intuitif : le risque individuel n'est que de 5 %5\ \%, et pourtant sur un groupe de 1515 la probabilité qu'au moins une personne soit touchée dépasse 50 %50\ \%. C'est l'effet du cumul — chaque personne ajoute une occasion, et les occasions s'accumulent vite.

Ordre de grandeur à retenir : dès que np≈0,7np\approx 0{,}7, la probabilité d'« au moins un » est déjà proche de 1−e−0,7≈0,501-e^{-0{,}7}\approx 0{,}50.

Rappel de cours

Passage au complémentaire

P(X≥1)=1−P(X=0)P(X≥k)=1−P(X≤k−1)P(X\geq 1)=1-P(X=0) \qquad P(X\geq k)=1-P(X\leq k-1)
Toujours envisager le complémentaire quand l'événement direct demande beaucoup de termes.

Le cas le plus rentable Pour une binomiale,

P(X=0)=(1−p)nP(X=0)=(1-p)^{n}
— un seul calcul, sans coefficient binomial. « Au moins un » se ramène donc à
P(X≥1)=1−(1−p)nP(X\geq 1)=1-(1-p)^{n}

Identifier le succès Le succès est l'événement compté par XX, jamais l'issue « souhaitable ». Lire la définition de XX avant de fixer pp.

Le contrôle : E(X)=npE(X)=np doit être plausible au vu de l'énoncé.

Vocabulaire

énoncé événement
« au moins un » X≥1X\geq 1
« aucun » X=0X=0
« au plus un » X≤1X\leq 1
« exactement un » X=1X=1
L'erreur classique

⚠️ Prendre p=0,95p=0{,}95. L'énoncé donne la probabilité de ne pas avoir d'effet secondaire, et XX compte ceux qui en ont un. C'est le piège principal, et il est délibéré.

Le contrôle : E(X)=15×0,95=14,25E(X)=15\times 0{,}95=14{,}25 voudrait dire que 1414 personnes sur 1515 réagissent mal à un vaccin décrit comme bénin dans 95 %95\ \% des cas. Absurde.

⚠️ Calculer P(X≥1)P(X\geq 1) en additionnant les 15 termes. Ce n'est pas faux, mais c'est quinze fois plus long et quinze fois plus d'occasions de se tromper. Le complémentaire donne le même résultat en une ligne.

⚠️ Écrire P(X≥1)=1−P(X=1)P(X\geq 1)=1-P(X=1). Le contraire de « au moins un » est « aucun », pas « exactement un ».

Le contrôle : cette version donnerait 1−0,3658=0,63421-0{,}3658=0{,}6342, et surtout elle ne correspond à aucun événement sensé.

⚠️ Confondre P(X≥1)P(X\geq 1) et P(X>1)P(X>1). Le premier inclut le cas X=1X=1, le second non. Ici « au moins une personne » est bien X≥1X\geq 1.

⚠️ Écrire 0,9515=15×0,950{,}95^{15}=15\times 0{,}95. Une puissance n'est pas un produit par l'exposant. 0,9515≈0,4630{,}95^{15}\approx 0{,}463, alors que 15×0,95=14,2515\times 0{,}95=14{,}25 — un nombre supérieur à 11, donc impossible pour une probabilité.

⚠️ Ne pas interpréter. L'énoncé demande explicitement de commenter : il faut dire ce que 0,53670{,}5367 signifie — plus d'une chance sur deux qu'au moins une personne réagisse.

À retenir
P(X≥1)=1−P(X=0)=1−(1−p)nP(X\geq 1)=1-P(X=0)=1-(1-p)^{n}

Le complémentaire est le réflexe le plus rentable de la binomiale : un terme au lieu de nn.

Le succès est ce que XX compte, pas ce qui est souhaitable. Lire la définition de XX avant de fixer pp, et contrôler par E(X)=npE(X)=np.

Le contraire de « au moins un » est « aucun », pas « exactement un ».

Un petit risque individuel devient un gros risque collectif. 5 %5\ \% par personne donne plus de 50 %50\ \% sur 1515 personnes — c'est le fait que cet exercice existe pour montrer.

Réponse. P(X≥1)=1−(0,95)15≈0,5367P(X\geq 1)=1-(0{,}95)^{15}\approx 0{,}5367. (Recoupement : E(X)=0,75E(X)=0{,}75 effet secondaire attendu sur le groupe, cohérent avec une probabilité proche de 0,50{,}5 d'en voir au moins un ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

QCM au hasard : problème complet

ApplicationDifficulté 3/5

Un QCM comporte 1010 questions à 44 propositions dont une seule est juste. Un étudiant répond entièrement au hasard ; soit XX le nombre de bonnes réponses. 1) Donner la loi de XX. 2) Calculer E(X)E(X) et interpréter. 3) Calculer P(X=5)P(X=5) (arrondi à 10−410^{-4}).

Indices (3)

Chaque question est une épreuve de Bernoulli de succès p=14p=\dfrac14.

E(X)=npE(X)=np.

P(X=5)=(105)(0,25)5(0,75)5P(X=5)=\binom{10}{5}(0{,}25)^5(0{,}75)^5 avec (105)=252\binom{10}{5}=252.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un problème complet en trois questions, dont chacune teste autre chose.

Question 1 : la loi. Il faut la justifier, pas seulement la nommer. Le point délicat est pp : « répondre au hasard » à une question à 44 propositions dont une seule est juste donne

p=14=0,25p=\frac{1}{4}=0{,}25

Question 2 : E(X)E(X) et son interprétation. L'énoncé demande d'interpréter — donc de dire ce que le nombre signifie pour l'étudiant, pas seulement de le calculer.

Question 3 : P(X=5)P(X=5), application directe.

Une remarque qui donne du sens à l'ensemble : E(X)=2,5E(X)=2{,}5 sur 1010 questions, soit une note de 5/205/20 en répondant totalement au hasard. C'est exactement pourquoi les QCM sérieux pénalisent les mauvaises réponses — sans quoi le hasard rapporte déjà un quart des points.

1) La loi de X

On répète n=10n=10 fois, de façon indépendante (les questions sont sans lien), une épreuve à deux issues :

  • succès : la réponse est juste, de probabilité p=14=0,25p=\dfrac14=0{,}25 ;
  • échec : la réponse est fausse, de probabilité 1−p=34=0,751-p=\dfrac34=0{,}75.
X∼B ⁣(10 ; 0,25)\boxed{X\sim\mathcal{B}\!\left(10\,;\,0{,}25\right)}

⚠️ p=14p=\dfrac14 et non 110\dfrac{1}{10}. Le 1010 est le nombre de questions (c'est nn), le 44 est le nombre de propositions par question (c'est lui qui donne pp). Les deux nombres de l'énoncé jouent des rôles différents.

2) Espérance et interprétation
E(X)=np=10×0,25=2,5E(X)=np=10\times 0{,}25=\boxed{2{,}5}

Interprétation. Un étudiant qui répond entièrement au hasard obtient en moyenne 2,52{,}5 bonnes réponses sur 1010.

Ce n'est pas un nombre entier, et ce n'est pas gênant : une espérance est une moyenne, elle n'a aucune raison d'être une valeur atteignable. Sur 100100 étudiants répondant au hasard, on attend environ 250250 bonnes réponses au total.

Ce que ça dit du barème. 2,5/102{,}5/10 correspond à 5/205/20 sans avoir ouvert un livre. Un QCM noté simplement sur le nombre de bonnes réponses accorde donc déjà un quart des points au hasard pur — d'où les barèmes qui retirent des points aux mauvaises réponses.

Pour information, la variance vaut V(X)=np(1−p)=10×0,25×0,75=1,875V(X)=np(1-p)=10\times 0{,}25\times 0{,}75=1{,}875, soit σ≈1,37\sigma\approx 1{,}37. Les résultats du hasard se concentrent donc entre 11 et 44 bonnes réponses.

3) Calculer P(X = 5)
P(X=5)=(105)(0,25)5(0,75)5P(X=5)=\binom{10}{5}(0{,}25)^{5}(0{,}75)^{5}

Le coefficient binomial :

(105)=10×9×8×7×65×4×3×2×1=30240120=252\binom{10}{5}=\frac{10\times 9\times 8\times 7\times 6}{5\times 4\times 3\times 2\times 1}=\frac{30240}{120}=252

Les puissances :

(0,25)5=0,0009766(0,75)5=0,2373047(0{,}25)^{5}=0{,}0009766 \qquad (0{,}75)^{5}=0{,}2373047

Le produit :

P(X=5)=252×0,0009766×0,2373047=0,05840P(X=5)=252\times 0{,}0009766\times 0{,}2373047=0{,}05840
P(X=5)≈0,0584\boxed{P(X=5)\approx 0{,}0584}

Interprétation. Environ 5,8 %5{,}8\ \% des étudiants répondant au hasard obtiennent la moyenne (5/105/10). C'est peu, mais loin d'être négligeable : dans une promotion de 100100, cinq ou six y arriveraient par chance seule.

Contrôle de plausibilité : 55 est nettement au-dessus de E(X)=2,5E(X)=2{,}5, à environ 5−2,51,37≈1,8\dfrac{5-2{,}5}{1{,}37}\approx 1{,}8 écart-type. Une probabilité de quelques pour cent est exactement ce qu'on attend à cette distance de la moyenne.

Rappel de cours

Identifier nn et pp dans un énoncé

  • nn = nombre de répétitions (ici les 1010 questions) ;
  • pp = probabilité du succès à une répétition (ici 14\frac14, une proposition juste sur 44).

Un énoncé de QCM contient toujours ces deux nombres, et il est facile de les intervertir.

Formule et moments

P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kE(X)=npV(X)=np(1−p)P(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k} \qquad E(X)=np \qquad V(X)=np(1-p)

Coefficient binomial

(nk)=n!k! (n−k)!\binom{n}{k}=\frac{n!}{k!\,(n-k)!}
En pratique on écrit le produit de kk facteurs décroissants sur k!k! :
(105)=10⋅9⋅8⋅7⋅65!=252\binom{10}{5}=\frac{10\cdot 9\cdot 8\cdot 7\cdot 6}{5!}=252
Symétrie : (nk)=(nn−k)\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k} — utile pour alléger un calcul.

Une espérance n'est pas une valeur atteignable E(X)=2,5E(X)=2{,}5 alors que XX est entière : c'est normal, c'est une moyenne.

Contrôle par écarts-types Une valeur à plus de 2σ2\sigma de la moyenne a une probabilité faible. C'est un contrôle de plausibilité applicable à tout calcul de P(X=k)P(X=k).

L'erreur classique

⚠️ Prendre p=110p=\dfrac{1}{10} en confondant le nombre de questions et le nombre de propositions. C'est l'erreur dominante de cet exercice.

Le contrôle : avec p=0,1p=0{,}1 on obtiendrait E(X)=1E(X)=1, soit une bonne réponse sur 1010 au hasard. Or avec 44 propositions, le hasard donne une chance sur quatre par question — donc 2,52{,}5 sur 1010. Le bon sens tranche.

⚠️ Écrire (105)=105=2\binom{10}{5}=\dfrac{10}{5}=2. Le coefficient binomial n'est pas une fraction : c'est un nombre de combinaisons, ici 252252.

Le contrôle : avec 22 au lieu de 252252 on obtiendrait 0,000460{,}00046, une probabilité manifestement trop petite pour l'événement « la moitié des réponses justes ».

⚠️ S'étonner que E(X)E(X) ne soit pas entier et arrondir à 33. Une espérance est une moyenne, elle n'a pas à être atteignable. L'arrondir fausse toute interprétation.

⚠️ Calculer P(X=5)P(X=5) comme (105)(0,25)5\dbinom{10}{5}(0{,}25)^{5} en oubliant le facteur (0,75)5(0{,}75)^{5}. Les 55 autres questions doivent être fausses, et cela a une probabilité.

Le contrôle : sans ce facteur on trouverait 0,2460{,}246, quatre fois trop grand — et une somme de probabilités qui dépasserait 11.

⚠️ Ne pas interpréter. Deux questions sur trois demandent explicitement une interprétation. Donner 2,52{,}5 et 0,05840{,}0584 sans un mot de commentaire, c'est répondre à moitié.

À retenir
X∼B(n;p)n=nombre de reˊpeˊtitionsp=proba de succeˋs aˋ UNE reˊpeˊtitionX\sim\mathcal{B}(n;p) \qquad n=\text{nombre de répétitions} \qquad p=\text{proba de succès à UNE répétition}

Sur un QCM : nn = nombre de questions, pp = 1nombre de propositions\dfrac{1}{\text{nombre de propositions}}. Les intervertir est l'erreur n°1, et E(X)=npE(X)=np la détecte.

Une espérance n'a pas à être entière — c'est une moyenne.

Ne jamais oublier le facteur (1−p)n−k(1-p)^{n-k} : les répétitions restantes doivent échouer, et cela a un coût en probabilité.

Répondre au hasard à un QCM à 4 choix rapporte un quart des points. C'est ce que E(X)=npE(X)=np dit ici, et c'est la raison d'être des barèmes à points négatifs.

Réponse. X∼B(10;0,25)X\sim\mathcal{B}(10;0{,}25) ; E(X)=2,5E(X)=2{,}5 ; P(X=5)≈0,0584P(X=5)\approx 0{,}0584. (Recoupement machine : 252×0,255×0,755=0,0584252\times 0{,}25^5\times 0{,}75^5=0{,}0584 ✓ ; obtenir la moyenne au hasard est très improbable.)
Faire cet exercice dans l'app →

Loi de Poisson : calculs directs

CalculDifficulté 2/5

Un standard téléphonique reçoit en moyenne 33 appels par minute. On modélise le nombre XX d'appels reçus en une minute par une loi de Poisson. 1) Préciser le paramètre. 2) Calculer P(X=0)P(X=0), P(X=2)P(X=2) et P(X≤2)P(X\leq 2) (arrondis à 10−410^{-4}).

Indices (3)

Le paramètre d'une loi de Poisson est sa moyenne : λ=3\lambda=3.

P(X=k)=e−λλkk!P(X=k)=e^{-\lambda}\dfrac{\lambda^k}{k!}.

P(X≤2)=P(X=0)+P(X=1)+P(X=2)P(X\leq 2)=P(X=0)+P(X=1)+P(X=2).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Nouvelle loi, et son paramètre se lit directement dans l'énoncé — c'est ce qui la rend commode.

Pour une loi de Poisson, λ\lambda EST la moyenne. L'énoncé dit « en moyenne 33 appels par minute », donc λ=3\lambda=3. Aucun calcul, aucune conversion.

⚠️ Mais il faut vérifier l'unité de temps. λ=3\lambda=3 vaut par minute, et la question porte sur une minute : elles coïncident. Si la question portait sur 55 minutes, il faudrait λ=15\lambda=15 — le paramètre est proportionnel à la durée.

Quand utilise-t-on Poisson ? Pour compter des événements rares et indépendants sur une durée (ou une surface, ou un lot) : appels, pannes, défauts, accidents. Le nombre d'occasions est immense, la probabilité de chacune minuscule, et seul leur produit — la moyenne λ\lambda — compte.

La question 2 comporte trois calculs, dont un cumulé (P(X≤2)P(X\leq 2)) qui demande trois termes.

1) Le paramètre

Le nombre moyen d'appels par minute est 33, et l'on étudie une durée d'une minute. Donc

X∼P(3)\boxed{X\sim\mathcal{P}(3)}

Conséquence immédiate à noter : pour une loi de Poisson, l'espérance et la variance valent toutes deux λ\lambda :

E(X)=3V(X)=3σ(X)=3≈1,73E(X)=3 \qquad V(X)=3 \qquad \sigma(X)=\sqrt{3}\approx 1{,}73

C'est une propriété remarquable — mais pas caractéristique : une loi normale N(4;2)\mathcal{N}(4;2) a aussi E=V=4E=V=4.

2) Les trois probabilités
P(X=k)=e−λ λkk!P(X=k)=e^{-\lambda}\,\frac{\lambda^{k}}{k!}

P(X=0)P(X=0) — avec λ0=1\lambda^{0}=1 et 0!=10!=1 :

P(X=0)=e−3×300!=e−3=0,049787P(X=0)=e^{-3}\times\frac{3^{0}}{0!}=e^{-3}=0{,}049787
P(X=0)≈0,0498\boxed{P(X=0)\approx 0{,}0498}

P(X=2)P(X=2) — avec 32=93^{2}=9 et 2!=22!=2 :

P(X=2)=e−3×92=4,5 e−3=0,224042P(X=2)=e^{-3}\times\frac{9}{2}=4{,}5\,e^{-3}=0{,}224042
P(X=2)≈0,2240\boxed{P(X=2)\approx 0{,}2240}

P(X≤2)P(X\leq 2) — c'est un cumul, il faut trois termes :

P(X≤2)=P(X=0)+P(X=1)+P(X=2)P(X\leq 2)=P(X=0)+P(X=1)+P(X=2)
=e−3(300!+311!+322!)=e−3(1+3+4,5)=8,5 e−3=e^{-3}\left(\frac{3^{0}}{0!}+\frac{3^{1}}{1!}+\frac{3^{2}}{2!}\right)=e^{-3}\big(1+3+4{,}5\big)=8{,}5\,e^{-3}
=0,423190⟹P(X≤2)≈0,4232=0{,}423190 \quad\Longrightarrow\quad \boxed{P(X\leq 2)\approx 0{,}4232}

Mettre e−3e^{-3} en facteur évite trois multiplications et trois arrondis intermédiaires : c'est la bonne façon de présenter un cumul de Poisson.

Contrôle : P(X≤2)>P(X=2)P(X\leq 2)>P(X=2) ✓ et P(X≤2)<1P(X\leq 2)<1 ✓. Par ailleurs 0,42320{,}4232 est cohérent avec E(X)=3E(X)=3 : il y a un peu moins d'une chance sur deux d'être en dessous de la moyenne moins un.

Rappel de cours

Loi de Poisson P(λ)\mathcal{P}(\lambda)

P(X=k)=e−λ λkk!,k=0,1,2,…P(X=k)=e^{-\lambda}\,\frac{\lambda^{k}}{k!}, \qquad k=0,1,2,\dots
E(X)=λV(X)=λσ(X)=λE(X)=\lambda \qquad V(X)=\lambda \qquad \sigma(X)=\sqrt{\lambda}

⚠️ E=V=λE=V=\lambda : c'est une propriété remarquable de la loi de Poisson (pas une caractérisation).

λ\lambda se lit dans l'énoncé C'est le nombre moyen d'événements sur la durée (ou l'étendue) considérée. Si l'énoncé donne une moyenne par minute et que la question porte sur tt minutes, alors λquestion=t×λminute\lambda_{\text{question}}=t\times\lambda_{\text{minute}} — le paramètre est proportionnel à la durée.

Domaine d'application Événements rares et indépendants comptés sur une durée : appels, pannes, défauts, accidents. À la différence de la binomiale, XX peut prendre toutes les valeurs entières — il n'y a pas de maximum.

Valeurs indispensables

0!=1λ0=11!=12!=23!=64!=240!=1 \qquad \lambda^{0}=1 \qquad 1!=1 \qquad 2!=2 \qquad 3!=6 \qquad 4!=24

Astuce de calcul Pour un cumul, mettre e−λe^{-\lambda} en facteur :

P(X≤n)=e−λ∑k=0nλkk!P(X\leq n)=e^{-\lambda}\sum_{k=0}^{n}\frac{\lambda^{k}}{k!}

L'erreur classique

⚠️ Écrire 0!=00!=0. Par convention 0!=10!=1, et cette convention n'est pas arbitraire — elle rend la formule (n0)=1\binom{n}{0}=1 cohérente. Avec 0!=00!=0 on diviserait par zéro.

⚠️ Écrire 30=03^{0}=0. Toute puissance zéro d'un nombre non nul vaut 11.

Le contrôle combiné : P(X=0)P(X=0) doit valoir e−λe^{-\lambda}, un nombre entre 00 et 11. Ici e−3≈0,0498e^{-3}\approx 0{,}0498.

⚠️ Oublier le signe moins dans e−λe^{-\lambda} : calculer e3≈20,1e^{3}\approx 20{,}1 et trouver des probabilités supérieures à 11.

Le contrôle : toute probabilité est dans [0;1][0;1]. Un résultat de 2020 arrête le calcul immédiatement.

⚠️ Confondre P(X≤2)P(X\leq 2) et P(X=2)P(X=2) : oublier les termes k=0k=0 et k=1k=1. « Au plus 22 » demande trois termes.

⚠️ Se tromper d'unité de temps. Ici la coïncidence entre l'énoncé (par minute) et la question (une minute) est heureuse, mais il faut l'avoir vérifiée. Pour 55 minutes, λ\lambda vaudrait 1515, pas 33.

⚠️ Prendre σ=λ\sigma=\lambda. L'écart-type est λ\sqrt{\lambda}, pas λ\lambda. Ici 3≈1,73\sqrt{3}\approx 1{,}73 et non 33 : c'est la variance qui vaut λ\lambda.

⚠️ Arrondir chaque terme avant de sommer. 0,0498+0,1494+0,2240=0,42320{,}0498+0{,}1494+0{,}2240=0{,}4232 tombe juste ici, mais la méthode sûre est de factoriser e−3e^{-3} et de n'arrondir qu'à la fin.

À retenir
P(X=k)=e−λλkk!E(X)=V(X)=λσ=λP(X=k)=e^{-\lambda}\frac{\lambda^{k}}{k!} \qquad E(X)=V(X)=\lambda \qquad \sigma=\sqrt{\lambda}

λ\lambda est la moyenne, et se lit dans l'énoncé — après avoir vérifié que l'unité de temps de l'énoncé est celle de la question. Le paramètre est proportionnel à la durée.

E=VE=V est une propriété remarquable de Poisson, vraie pour tout λ\lambda — mais pas caractéristique : N(4;2)\mathcal{N}(4;2) a aussi E=V=4E=V=4. C'est un contrôle : sur une binomiale, V<EV<E toujours.

0!=10!=1 et λ0=1\lambda^{0}=1, donc P(X=0)=e−λP(X=0)=e^{-\lambda} — le terme le plus simple, et celui qui sert au complémentaire.

Pour un cumul, factoriser e−λe^{-\lambda} : un seul arrondi, à la fin.

Réponse. X∼P(3)X\sim\mathcal{P}(3) ; P(X=0)≈0,0498P(X=0)\approx 0{,}0498 ; P(X=2)≈0,2240P(X=2)\approx 0{,}2240 ; P(X≤2)≈0,4232P(X\leq 2)\approx 0{,}4232. (Recoupement : P(X=1)=3e−3≈0,1494P(X=1)=3e^{-3}\approx 0{,}1494 et 0,0498+0,1494+0,2240=0,42320{,}0498+0{,}1494+0{,}2240=0{,}4232 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Loi de Poisson : au moins un événement

ApplicationDifficulté 2/5

Le nombre de pannes mensuelles d'une machine suit une loi de Poisson de moyenne 22. 1) Donner V(X)V(X) sans calcul. 2) Calculer la probabilité qu'il y ait au moins une panne dans le mois (arrondi à 10−410^{-4}).

Indices (3)

Pour une loi de Poisson, espérance et variance sont égales.

L'événement contraire de « au moins une panne » est « aucune panne ».

P(X≥1)=1−e−λP(X\geq 1)=1-e^{-\lambda}.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux questions courtes, chacune sur un réflexe précis.

Question 1 : « donner V(X)V(X) sans calcul ». Le « sans calcul » est un indice : c'est une propriété de cours qu'on attend, pas une somme. Pour Poisson, V(X)=λV(X)=\lambda — même valeur que l'espérance.

Question 2 : « au moins une panne ». C'est le passage au complémentaire, exactement comme pour la binomiale :

P(X≥1)=1−P(X=0)=1−e−λP(X\geq 1)=1-P(X=0)=1-e^{-\lambda}

Un seul terme au lieu d'une somme infinie — car ici XX n'a pas de maximum, et calculer directement P(X≥1)P(X\geq 1) demanderait de sommer une infinité de termes. Le complémentaire n'est donc pas seulement plus rapide : il est indispensable.

L'énoncé dit « de moyenne 22 », ce qui donne λ=2\lambda=2 directement.

1) La variance, sans calcul

La loi est P(2)\mathcal{P}(2), donc λ=2\lambda=2.

V(X)=λ=2\boxed{V(X)=\lambda=2}

C'est la propriété remarquable de la loi de Poisson :

E(X)=V(X)=λE(X)=V(X)=\lambda

Et donc σ(X)=2≈1,41\sigma(X)=\sqrt{2}\approx 1{,}41.

⚠️ Ne pas confondre avec σ\sigma. La variance vaut 22, l'écart-type 2\sqrt2. La question porte sur VV.

2) Au moins une panne

Pourquoi le complémentaire est obligatoire ici. L'événement « au moins une panne » est

{X=1}∪{X=2}∪{X=3}∪…\{X=1\}\cup\{X=2\}\cup\{X=3\}\cup\dots

et cette réunion est infinie — la loi de Poisson n'a pas de valeur maximale. On ne peut donc pas sommer terme à terme.

Le contraire, lui, est un événement unique :

P(X≥1)=1−P(X=0)P(X\geq 1)=1-P(X=0)

Calcul :

P(X=0)=e−2×200!=e−2=0,135335P(X=0)=e^{-2}\times\frac{2^{0}}{0!}=e^{-2}=0{,}135335
P(X≥1)=1−0,135335=0,864665P(X\geq 1)=1-0{,}135335=0{,}864665
P(X≥1)≈0,8647\boxed{P(X\geq 1)\approx 0{,}8647}

Interprétation. Il y a environ 86 %86\ \% de chances d'observer au moins une panne dans le mois. Autrement dit, un mois sans panne est rare — un peu moins de 14 %14\ \% des mois.

Contrôle de plausibilité : avec une moyenne de 22 pannes par mois, il serait surprenant qu'un mois sans panne soit fréquent. Une réponse de l'ordre de 0,850{,}85 est cohérente ; une réponse de 0,140{,}14 signalerait qu'on a rendu le complémentaire au lieu du résultat.

Rappel de cours

Loi de Poisson : les moments

E(X)=V(X)=λσ(X)=λE(X)=V(X)=\lambda \qquad \sigma(X)=\sqrt{\lambda}
Une question qui demande VV « sans calcul » attend cette propriété.

Complémentaire — et pourquoi il est obligatoire ici

P(X≥1)=1−P(X=0)=1−e−λP(X\geq 1)=1-P(X=0)=1-e^{-\lambda}
La loi de Poisson prend toutes les valeurs entières : P(X≥1)P(X\geq 1) est une somme infinie. Le complémentaire n'est pas un raccourci, c'est le seul chemin.

Comparaison des deux lois discrètes

binomiale B(n;p)\mathcal{B}(n;p) Poisson P(λ)\mathcal{P}(\lambda)
valeurs 00 à nn 0,1,2,…0,1,2,\dots sans borne
EE npnp λ\lambda
VV np(1−p)np(1-p) λ\lambda
P(X=0)P(X=0) (1−p)n(1-p)^{n} e−λe^{-\lambda}
relation EE/VV V<EV<E V=EV=E

Valeurs d'exponentielle utiles

e−1≈0,368e−2≈0,135e−3≈0,050e−4≈0,018e^{-1}\approx 0{,}368 \qquad e^{-2}\approx 0{,}135 \qquad e^{-3}\approx 0{,}050 \qquad e^{-4}\approx 0{,}018

L'erreur classique

⚠️ Rendre σ\sigma au lieu de VV : répondre 2≈1,41\sqrt2\approx 1{,}41. La question demande la variance, qui vaut λ=2\lambda=2.

⚠️ Croire qu'il faut calculer VV par ∑(xi−λ)2pi\sum(x_i-\lambda)^{2}p_i. C'est possible en théorie mais infini en pratique, et l'énoncé dit « sans calcul » précisément pour signaler qu'il attend la propriété de cours.

⚠️ Vouloir sommer P(X≥1)P(X\geq 1) terme à terme et s'arrêter à une valeur arbitraire (« je vais jusqu'à 1010 »). La somme est infinie ; le complémentaire est la seule méthode exacte.

⚠️ Rendre P(X=0)P(X=0) au lieu de P(X≥1)P(X\geq 1) : donner 0,13530{,}1353. Les deux nombres sont complémentaires, et leur somme fait 11 — c'est le contrôle qui distingue.

Le contrôle de sens : avec 22 pannes en moyenne, « au moins une panne » doit être probable. Une réponse inférieure à 0,50{,}5 contredit l'énoncé.

⚠️ Écrire P(X≥1)=1−P(X=1)P(X\geq 1)=1-P(X=1). Le contraire de « au moins une » est « aucune », donc X=0X=0.

⚠️ Utiliser une formule binomiale. Il n'y a ici ni nn ni pp : le nombre de pannes possibles n'est pas borné. Poisson est la loi des comptages sans maximum.

À retenir
E(X)=V(X)=λP(X≥1)=1−e−λE(X)=V(X)=\lambda \qquad P(X\geq 1)=1-e^{-\lambda}

Pour Poisson, la variance EST le paramètre. Une question « sans calcul » attend cette propriété, pas une somme.

Le complémentaire est obligatoire, pas commode : XX n'a pas de valeur maximale, donc P(X≥1)P(X\geq 1) est une somme infinie.

Le contraire de « au moins une » est « aucune ».

Contrôle de sens systématique : avec λ=2\lambda=2, un mois sans panne doit être rare. Une réponse doit être cohérente avec la moyenne annoncée.

Réponse. V(X)=2V(X)=2 ; P(X≥1)=1−e−2≈0,8647P(X\geq 1)=1-e^{-2}\approx 0{,}8647. (Recoupement : avec 22 pannes par mois en moyenne, une probabilité élevée d'au moins une panne est cohérente ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Loi normale : centrage-réduction et table

CalculDifficulté 3/5

Une machine remplit des paquets dont la masse XX (en g) suit la loi normale N(500;4)\mathcal{N}(500;4). Calculer : 1) P(X≤506)P(X\leq 506) ; 2) P(496≤X≤506)P(496\leq X\leq 506). (Utiliser Φ(1)=0,8413\Phi(1)=0{,}8413 et Φ(1,5)=0,9332\Phi(1{,}5)=0{,}9332.)

Indices (3)

Centre et réduis : T=X−5004T=\dfrac{X-500}{4} suit N(0;1)\mathcal{N}(0;1).

P(X≤506)=Φ(506−5004)=Φ(1,5)P(X\leq 506)=\Phi\big(\frac{506-500}{4}\big)=\Phi(1{,}5).

Pour la borne négative : Φ(−1)=1−Φ(1)\Phi(-1)=1-\Phi(1).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Première rencontre avec la loi normale, et le changement est profond : XX est maintenant continue. Elle peut valoir 499,7499{,}7 g ou 500,12500{,}12 g — toutes les valeurs réelles.

Conséquence pratique immédiate : P(X=500)=0P(X=500)=0. Sur une loi continue, la probabilité d'une valeur isolée est nulle. Seules les probabilités d'intervalles ont un sens, et c'est pourquoi les questions portent toutes sur ≤\leq, ≥\geq ou des encadrements.

Corollaire commode : ≤\leq et << donnent le même résultat. On n'a plus à se demander si la borne est incluse.

La notation. N(500;4)\mathcal{N}(500;4) : le premier paramètre est la moyenne μ=500\mu=500, le second l'écart-type σ=4\sigma=4.

La méthode, en un seul geste : on ne sait tabuler qu'une seule loi normale, celle de moyenne 00 et d'écart-type 11. On y ramène tout par le centrage-réduction

Z=X−μσZ=\frac{X-\mu}{\sigma}

qui mesure « à combien d'écarts-types de la moyenne » se trouve la valeur.

1) Calculer P(X ≤ 506)

Centrer-réduire. On soustrait la moyenne, on divise par l'écart-type — des deux côtés de l'inégalité :

P(X≤506)=P ⁣(X−5004≤506−5004)=P(Z≤1,5)P(X\leq 506)=P\!\left(\frac{X-500}{4}\leq\frac{506-500}{4}\right)=P(Z\leq 1{,}5)

où Z∼N(0;1)Z\sim\mathcal{N}(0;1).

Lire la table — l'énoncé fournit la valeur :

P(Z≤1,5)=Φ(1,5)=0,9332P(Z\leq 1{,}5)=\Phi(1{,}5)=0{,}9332
P(X≤506)=0,9332\boxed{P(X\leq 506)=0{,}9332}

Lecture. 506506 g est à 1,51{,}5 écart-type au-dessus de la moyenne ; 93,3 %93{,}3\ \% des paquets pèsent moins.

2) Calculer P(496 ≤ X ≤ 506)

Centrer-réduire les deux bornes :

496−5004=−1506−5004=1,5\frac{496-500}{4}=-1 \qquad \frac{506-500}{4}=1{,}5
P(496≤X≤506)=P(−1≤Z≤1,5)=Φ(1,5)−Φ(−1)P(496\leq X\leq 506)=P(-1\leq Z\leq 1{,}5)=\Phi(1{,}5)-\Phi(-1)

Le point technique : Φ(−1)\Phi(-1) n'est pas dans la table. Les tables ne donnent que les valeurs positives. On utilise la symétrie de la courbe en cloche autour de 00 :

Φ(−z)=1−Φ(z)\Phi(-z)=1-\Phi(z)
Φ(−1)=1−Φ(1)=1−0,8413=0,1587\Phi(-1)=1-\Phi(1)=1-0{,}8413=0{,}1587

Conclusion :

P(496≤X≤506)=0,9332−0,1587=0,7745P(496\leq X\leq 506)=0{,}9332-0{,}1587=0{,}7745
P(496≤X≤506)=0,7745\boxed{P(496\leq X\leq 506)=0{,}7745}

Contrôle de plausibilité : l'intervalle [496;506][496;506] couvre de −1-1 à +1,5+1{,}5 écart-type. On sait que ±1σ\pm 1\sigma contient déjà environ 68 %68\ \% ; en élargissant d'un côté jusqu'à 1,5σ1{,}5\sigma on doit dépasser cette valeur sans atteindre 95 %95\ \% (qui correspond à ±2σ\pm 2\sigma). Or 68 %<77,5 %<95 %68\ \%<77{,}5\ \%<95\ \% ✓

Rappel de cours

Loi normale N(μ;σ)\mathcal{N}(\mu;\sigma) μ\mu = moyenne (centre de la cloche), σ\sigma = écart-type (largeur).

⚠️ Certains ouvrages notent N(μ;σ2)\mathcal{N}(\mu;\sigma^{2}) avec la variance. Dans ce cours c'est l'écart-type. Vérifier la convention avant de calculer — sur N(500;4)\mathcal{N}(500;4), prendre 44 pour la variance donnerait σ=2\sigma=2 et des résultats sans rapport.

Centrage-réduction

Z=X−μσ∼N(0;1)P(X≤a)=Φ ⁣(a−μσ)Z=\frac{X-\mu}{\sigma}\sim\mathcal{N}(0;1) \qquad P(X\leq a)=\Phi\!\left(\frac{a-\mu}{\sigma}\right)
zz se lit « nombre d'écarts-types à la moyenne ».

Les trois formules de la table

Φ(−z)=1−Φ(z)P(Z≥z)=1−Φ(z)P(a≤Z≤b)=Φ(b)−Φ(a)\Phi(-z)=1-\Phi(z) \qquad P(Z\geq z)=1-\Phi(z) \qquad P(a\leq Z\leq b)=\Phi(b)-\Phi(a)
La première sert dès qu'une borne est en dessous de la moyenne.

Loi continue

P(X=a)=0doncP(X≤a)=P(X<a)P(X=a)=0 \qquad\text{donc}\qquad P(X\leq a)=P(X<a)
Les inégalités strictes et larges donnent le même résultat.

Repères à connaître par cœur

intervalle probabilité
μ±σ\mu\pm\sigma ≈68 %\approx 68\ \%
μ±2σ\mu\pm 2\sigma ≈95 %\approx 95\ \%
μ±3σ\mu\pm 3\sigma ≈99,7 %\approx 99{,}7\ \%

Ils fournissent un contrôle de plausibilité sur tout calcul de loi normale.

L'erreur classique

⚠️ Ne réduire qu'un seul côté : écrire P(X≤506)=P(Z≤506)P(X\leq 506)=P(Z\leq 506). Le centrage-réduction s'applique à toute l'inégalité, pas seulement à XX.

Le contrôle : zz doit être un petit nombre, de l'ordre de quelques unités. Un zz de 506506 signale l'erreur.

⚠️ Oublier la symétrie et chercher Φ(−1)\Phi(-1) dans la table. Elle n'y est pas. La formule est Φ(−z)=1−Φ(z)\Phi(-z)=1-\Phi(z).

⚠️ Écrire Φ(−1)=−Φ(1)=−0,8413\Phi(-1)=-\Phi(1)=-0{,}8413. Une probabilité est positive. La symétrie retranche à 11, elle ne change pas le signe.

⚠️ Additionner au lieu de soustraire : Φ(1,5)+Φ(−1)=1,0919\Phi(1{,}5)+\Phi(-1)=1{,}0919. Une probabilité supérieure à 11 est impossible — le contrôle est immédiat.

⚠️ Prendre 44 pour la variance et donc σ=2\sigma=2. Dans ce cours, le second paramètre est l'écart-type. Avec σ=2\sigma=2 on trouverait z=3z=3 au lieu de 1,51{,}5.

⚠️ Se demander si la borne est incluse. Sur une loi continue cela n'a aucune importance : P(X=506)=0P(X=506)=0, donc ≤\leq et << coïncident.

⚠️ Ne pas contrôler avec les repères 68/95/99,768/95/99{,}7. Ils permettent de valider tout résultat en trois secondes — un P(496≤X≤506)P(496\leq X\leq 506) trouvé à 0,300{,}30 ou à 0,990{,}99 serait immédiatement suspect.

À retenir
Z=X−μσP(X≤a)=Φ ⁣(a−μσ)Φ(−z)=1−Φ(z)Z=\frac{X-\mu}{\sigma} \qquad P(X\leq a)=\Phi\!\left(\frac{a-\mu}{\sigma}\right) \qquad \Phi(-z)=1-\Phi(z)

Réduire TOUTE l'inégalité, pas seulement XX. Le zz obtenu doit être un petit nombre.

La symétrie Φ(−z)=1−Φ(z)\Phi(-z)=1-\Phi(z) est la formule la plus utilisée du chapitre : les tables ne donnent que les zz positifs.

Sur une loi continue, P(X=a)=0P(X=a)=0 : les inégalités strictes et larges sont interchangeables.

Contrôler avec 68 / 95 / 99,768\,/\,95\,/\,99{,}7. Ces trois repères valident ou invalident un résultat instantanément.

Réponse. P(X≤506)=0,9332P(X\leq 506)=0{,}9332 ; P(496≤X≤506)=0,7745P(496\leq X\leq 506)=0{,}7745. (Recoupement machine : Φ(1,5)−Φ(−1)=0,7745\Phi(1{,}5)-\Phi(-1)=0{,}7745 ✓ ; les deux valeurs sont supérieures à 0,50{,}5, cohérent avec des bornes encadrant μ=500\mu=500 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Loi normale : queue de distribution et symétrie

CalculDifficulté 3/5

La durée XX (en min) d'un trajet suit la loi normale N(60;5)\mathcal{N}(60;5). Calculer : 1) P(X≥70)P(X\geq 70) ; 2) P(50≤X≤70)P(50\leq X\leq 70). (Utiliser Φ(2)=0,9772\Phi(2)=0{,}9772.)

Indices (3)

P(X≥70)=1−P(X≤70)P(X\geq 70)=1-P(X\leq 70) : centre-réduis d'abord.

70−605=2\dfrac{70-60}{5}=2.

L'intervalle [50;70][50;70] est symétrique autour de μ=60\mu=60 : P=2Φ(2)−1P=2\Phi(2)-1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Deux calculs, et deux réflexes distincts.

1) P(X≥70)P(X\geq 70) — une queue de distribution. Les tables donnent Φ(z)=P(Z≤z)\Phi(z)=P(Z\leq z), c'est-à-dire ce qui est en dessous. Pour ce qui est au-dessus, on passe au complémentaire :

P(Z≥z)=1−Φ(z)P(Z\geq z)=1-\Phi(z)

2) P(50≤X≤70)P(50\leq X\leq 70) — un intervalle SYMÉTRIQUE. Les bornes 5050 et 7070 sont à égale distance de μ=60\mu=60 : à −2σ-2\sigma et +2σ+2\sigma. Cette symétrie permet un raccourci qui évite une soustraction :

P(−z≤Z≤z)=2Φ(z)−1P(-z\leq Z\leq z)=2\Phi(z)-1

Le repérer économise du calcul et surtout des erreurs de signe. Un intervalle centré sur la moyenne se traite toujours ainsi.

L'énoncé ne fournit que Φ(2)\Phi(2) — c'est l'indice que les deux questions se ramènent à z=2z=2.

1) Calculer P(X ≥ 70)

Centrer-réduire :

z=70−605=105=2z=\frac{70-60}{5}=\frac{10}{5}=2
P(X≥70)=P(Z≥2)P(X\geq 70)=P(Z\geq 2)

Passer au complémentaire — la table ne donne que « en dessous » :

P(Z≥2)=1−Φ(2)=1−0,9772P(Z\geq 2)=1-\Phi(2)=1-0{,}9772
P(X≥70)=0,0228\boxed{P(X\geq 70)=0{,}0228}

Lecture. Seulement 2,28 %2{,}28\ \% des trajets dépassent 7070 minutes. C'est cohérent avec le repère à connaître : au-delà de 2σ2\sigma d'un seul côté, il reste environ 2,5 %2{,}5\ \%.

2) Calculer P(50 ≤ X ≤ 70)

Centrer-réduire les deux bornes :

50−605=−270−605=2\frac{50-60}{5}=-2 \qquad \frac{70-60}{5}=2
P(50≤X≤70)=P(−2≤Z≤2)P(50\leq X\leq 70)=P(-2\leq Z\leq 2)

L'intervalle est symétrique — c'est le cas le plus commode.

P(−2≤Z≤2)=Φ(2)−Φ(−2)P(-2\leq Z\leq 2)=\Phi(2)-\Phi(-2)

Avec Φ(−2)=1−Φ(2)\Phi(-2)=1-\Phi(2) :

=Φ(2)−(1−Φ(2))=2Φ(2)−1=\Phi(2)-\big(1-\Phi(2)\big)=2\Phi(2)-1
=2×0,9772−1=1,9544−1=2\times 0{,}9772-1=1{,}9544-1
P(50≤X≤70)=0,9544\boxed{P(50\leq X\leq 70)=0{,}9544}

Contrôle direct : c'est exactement le repère μ±2σ≈95 %\mu\pm 2\sigma\approx 95\ \%. Le résultat 0,95440{,}9544 le confirme au centième près.

Autre contrôle, par cohérence entre les deux questions : les deux queues sont symétriques et valent 0,02280{,}0228 chacune, donc

1−2×0,0228=1−0,0456=0,9544✓1-2\times 0{,}0228=1-0{,}0456=0{,}9544 \quad \checkmark

Les deux questions se recoupent — c'est le meilleur contrôle possible, car il n'utilise aucune donnée extérieure.

Rappel de cours

Les trois lectures de la table

P(Z≤z)=Φ(z)P(Z≥z)=1−Φ(z)Φ(−z)=1−Φ(z)P(Z\leq z)=\Phi(z) \qquad P(Z\geq z)=1-\Phi(z) \qquad \Phi(-z)=1-\Phi(z)

Intervalle symétrique — le raccourci

P(−z≤Z≤z)=2Φ(z)−1P(-z\leq Z\leq z)=2\Phi(z)-1
Applicable dès que les bornes sont à égale distance de μ\mu. Le reconnaître évite une soustraction et un risque d'erreur de signe.

Sur XX directement : P(μ−zσ≤X≤μ+zσ)=2Φ(z)−1P(\mu-z\sigma\leq X\leq\mu+z\sigma)=2\Phi(z)-1.

Les repères, à connaître par cœur

zz 2Φ(z)−12\Phi(z)-1 (au centre) 1−Φ(z)1-\Phi(z) (une queue)
11 68,3 %68{,}3\ \% 15,9 %15{,}9\ \%
1,961{,}96 95,0 %95{,}0\ \% 2,5 %2{,}5\ \%
22 95,4 %95{,}4\ \% 2,3 %2{,}3\ \%
33 99,7 %99{,}7\ \% 0,13 %0{,}13\ \%

Contrôle par recoupement Sur un intervalle symétrique, P(centre)+2×P(une queue)=1P(\text{centre})+2\times P(\text{une queue})=1. Deux questions du même exercice se vérifient ainsi l'une l'autre.

L'erreur classique

⚠️ Répondre Φ(2)=0,9772\Phi(2)=0{,}9772 à la question 1. C'est P(X≤70)P(X\leq 70), pas P(X≥70)P(X\geq 70). Le complémentaire est indispensable.

Le contrôle de sens : 7070 minutes est au-dessus de la moyenne de 6060, donc peu de trajets doivent dépasser. Une réponse de 97 %97\ \% dirait le contraire de ce qu'on attend.

⚠️ Écrire Φ(−2)=−0,9772\Phi(-2)=-0{,}9772. Une probabilité est positive. La symétrie donne 1−0,9772=0,02281-0{,}9772=0{,}0228.

⚠️ Écrire P(−2≤Z≤2)=2Φ(2)P(-2\leq Z\leq 2)=2\Phi(2) en oubliant le −1-1. On trouverait 1,95441{,}9544, une probabilité supérieure à 11 — impossible.

D'où vient ce −1-1 : de Φ(2)−Φ(−2)=Φ(2)−(1−Φ(2))=2Φ(2)−1\Phi(2)-\Phi(-2)=\Phi(2)-(1-\Phi(2))=2\Phi(2)-1. Refaire le calcul plutôt que de retenir la formule évite l'oubli.

⚠️ Oublier de diviser par σ\sigma : écrire z=70−60=10z=70-60=10. On chercherait Φ(10)\Phi(10), hors de toute table, et le nombre lui-même signale l'erreur — un zz de 1010 correspond à un événement de probabilité 10−2310^{-23}.

⚠️ Traiter un intervalle non symétrique comme symétrique. Le raccourci 2Φ(z)−12\Phi(z)-1 suppose des bornes à égale distance de μ\mu. Ici 5050 et 7070 encadrent bien 6060 ; sur [55;70][55;70] il faudrait revenir à Φ(2)−Φ(−1)\Phi(2)-\Phi(-1).

⚠️ Ne pas recouper les deux questions. Elles se contrôlent mutuellement : 1−2×0,0228=0,95441-2\times 0{,}0228=0{,}9544. Ce contrôle ne coûte rien et n'utilise aucune donnée extérieure.

À retenir
P(Z≥z)=1−Φ(z)P(−z≤Z≤z)=2Φ(z)−1P(Z\geq z)=1-\Phi(z) \qquad P(-z\leq Z\leq z)=2\Phi(z)-1

La table donne toujours « en dessous ». Pour « au-dessus », complémenter ; pour un zz négatif, symétriser.

Repérer un intervalle symétrique évite une soustraction et une erreur de signe. Il l'est dès que les bornes sont à égale distance de μ\mu.

μ±2σ≈95 %\mu\pm 2\sigma\approx 95\ \%, une queue ≈2,3 %\approx 2{,}3\ \% — ces repères valident un résultat en trois secondes.

Recouper les questions d'un même exercice quand elles portent sur le même zz : c'est le contrôle le plus solide, car il est interne.

Réponse. P(X≥70)=0,0228P(X\geq 70)=0{,}0228 ; P(50≤X≤70)=2Φ(2)−1=0,9544P(50\leq X\leq 70)=2\Phi(2)-1=0{,}9544. (Recoupement : 0,9544+2×0,0228=10{,}9544+2\times 0{,}0228=1 ✓ — symétrie des deux queues)
Faire cet exercice dans l'app →

Loi normale : lecture inverse de la table

CalculDifficulté 3/5

Les notes XX d'un concours suivent la loi normale N(80;10)\mathcal{N}(80;10) (sur 150150). Déterminer le seuil aa tel que 95 %95\,\% des candidats aient une note inférieure ou égale à aa. (Utiliser Φ(1,645)=0,95\Phi(1{,}645)=0{,}95.)

Indices (3)

On cherche aa tel que P(X≤a)=0,95P(X\leq a)=0{,}95.

Centre-réduis : Φ(a−8010)=0,95\Phi\big(\frac{a-80}{10}\big)=0{,}95, donc a−8010=1,645\frac{a-80}{10}=1{,}645.

« Décentre » : a=μ+t σa=\mu+t\,\sigma.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Lecture inverse de la table : c'est le sens opposé de tout ce qui précède.

on connaît on cherche
lecture directe une valeur aa la probabilité P(X≤a)P(X\leq a)
lecture inverse la probabilité la valeur aa

Le chemin est donc à parcourir à l'envers, et il comporte trois étapes :

  1. traduire l'énoncé en P(X≤a)=0,95P(X\leq a)=0{,}95 ;
  2. trouver le zz tel que Φ(z)=0,95\Phi(z)=0{,}95 — c'est la lecture inverse proprement dite, ici z=1,645z=1{,}645 fourni par l'énoncé ;
  3. dé-réduire pour revenir à l'échelle de XX :
    a=μ+zσa=\mu+z\sigma

L'étape 3 est celle qu'on rate. On trouve 1,6451{,}645 et on répond 1,6451{,}645 — alors que la réponse doit être une note, exprimée dans l'unité de l'énoncé, autour de 8080.

Le contrôle de sens, à faire d'emblée : on cherche un seuil qui laisse 95 %95\ \% des candidats en dessous, donc un seuil au-dessus de la moyenne 8080. Si le résultat est inférieur à 8080, il est faux.

La résolution

Étape 1 — traduire. « 95 %95\ \% des candidats ont une note ≤a\leq a » s'écrit

P(X≤a)=0,95P(X\leq a)=0{,}95

Étape 2 — centrer-réduire et lire à l'envers.

P ⁣(Z≤a−8010)=0,95⟹Φ ⁣(a−8010)=0,95P\!\left(Z\leq\frac{a-80}{10}\right)=0{,}95 \quad\Longrightarrow\quad \Phi\!\left(\frac{a-80}{10}\right)=0{,}95

L'énoncé donne Φ(1,645)=0,95\Phi(1{,}645)=0{,}95, donc

a−8010=1,645\frac{a-80}{10}=1{,}645

Étape 3 — revenir à l'échelle de XX. On multiplie par σ\sigma et on ajoute μ\mu :

a=80+1,645×10=80+16,45a=80+1{,}645\times 10=80+16{,}45
a=96,45\boxed{a=96{,}45}

Contrôles :

contrôle verdict
a>μ=80a>\mu=80, cohérent avec 95 %>50 %95\ \%>50\ \% ✓
aa est bien une note (sur 150150), pas un zz ✓
a=μ+1,645σa=\mu+1{,}645\sigma est entre 1σ1\sigma et 2σ2\sigma ✓

Lecture. 95 %95\ \% des candidats ont au plus 96,4596{,}45 ; seuls 5 %5\ \% font mieux. Un candidat à 9797 est donc dans les 5 %5\ \% de tête.

Le nombre 1,6451{,}645 vaut d'être retenu : c'est le seuil de 95 %95\ \% unilatéral (une seule queue de 5 %5\ \%). Ne pas le confondre avec 1,961{,}96, qui est le seuil bilatéral (2,5 %2{,}5\ \% de chaque côté) — c'est lui qui servira aux intervalles de confiance.

Rappel de cours

Lecture inverse

Φ(z)=p  donneˊ⟹z⟹a=μ+zσ\Phi(z)=p \ \text{ donné} \quad\Longrightarrow\quad z \quad\Longrightarrow\quad a=\mu+z\sigma
L'étape finale a=μ+zσa=\mu+z\sigma n'est pas optionnelle : zz est sans unité, aa est dans l'unité de l'énoncé.

Les seuils usuels — unilatéral ou bilatéral

situation zz ce qui reste hors de l'intervalle
Φ(z)=0,90\Phi(z)=0{,}90 1,2821{,}282 10 %10\ \% d'un côté
Φ(z)=0,95\Phi(z)=0{,}95 1,645\mathbf{1{,}645} 5 %5\ \% d'un côté
Φ(z)=0,975\Phi(z)=0{,}975 1,96\mathbf{1{,}96} 2,5 %2{,}5\ \% d'un côté
Φ(z)=0,99\Phi(z)=0{,}99 2,3262{,}326 1 %1\ \% d'un côté

⚠️ 1,6451{,}645 et 1,961{,}96 ne servent pas au même usage : 1,6451{,}645 pour une question à un seuil, 1,961{,}96 pour un intervalle centré à 95 %95\ \% (dont chaque queue vaut 2,5 %2{,}5\ \%). Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Le sens de la dé-réduction

z=a−μσ⟺a=μ+zσz=\frac{a-\mu}{\sigma} \quad\Longleftrightarrow\quad a=\mu+z\sigma
On multiplie d'abord par σ\sigma, on ajoute μ\mu ensuite.

Contrôle de sens p>0,5⇒z>0⇒a>μp>0{,}5 \Rightarrow z>0 \Rightarrow a>\mu. Et réciproquement.

L'erreur classique

⚠️ Répondre a=1,645a=1{,}645. C'est le zz, pas la note. Il faut dé-réduire pour revenir à l'échelle de l'énoncé.

Le contrôle : une note de concours ne vaut pas 1,6451{,}645 sur 150150. L'unité seule signale l'erreur.

⚠️ Écrire a=(80+1,645)×10=816,45a=(80+1{,}645)\times 10=816{,}45 en se trompant d'ordre. La formule est a=μ+zσa=\mu+z\sigma : on multiplie zz par σ\sigma, puis on ajoute μ\mu.

Le contrôle : 816816 dépasse le maximum de 150150. Un résultat hors de l'échelle est faux.

⚠️ Utiliser 1,961{,}96 au lieu de 1,6451{,}645. 1,961{,}96 correspond à Φ(z)=0,975\Phi(z)=0{,}975, c'est-à-dire à 95 %95\ \% centré (avec 2,5 %2{,}5\ \% de chaque côté). Ici la question est unilatérale : 95 %95\ \% en dessous, 5 %5\ \% au-dessus, donc 1,6451{,}645.

La question à se poser : la probabilité donnée est-elle celle d'un intervalle centré, ou d'une seule queue ?

⚠️ Soustraire au lieu d'ajouter : a=80−16,45=63,55a=80-16{,}45=63{,}55. Alors seulement 5 %5\ \% des candidats seraient en dessous, pas 95 %95\ \%. Le contrôle de sens (p>0,5⇒a>μp>0{,}5\Rightarrow a>\mu) l'attrape immédiatement.

⚠️ Diviser par σ\sigma au lieu de multiplier : 80+1,64510=80,1680+\dfrac{1{,}645}{10}=80{,}16. Un seuil à 80,1680{,}16 ne laisserait que 50,7 %50{,}7\ \% des candidats en dessous, pas 95 %95\ \%.

⚠️ Ne pas contrôler. Trois contrôles gratuits existent ici : le signe (a>μa>\mu), l'unité (une note), l'ordre de grandeur (entre μ+σ\mu+\sigma et μ+2σ\mu+2\sigma).

À retenir
Φ(z)=p⟹z⟹a=μ+zσ\Phi(z)=p \quad\Longrightarrow\quad z \quad\Longrightarrow\quad \boxed{a=\mu+z\sigma}

La dé-réduction est l'étape qu'on oublie. Un zz n'a pas d'unité ; la réponse en a une.

1,6451{,}645 pour un seuil unilatéral à 95 %95\ \%, 1,961{,}96 pour un intervalle centré à 95 %95\ \%. Se demander à chaque fois : une queue, ou deux ?

p>0,5⇒a>μp>0{,}5\Rightarrow a>\mu — contrôle de signe instantané.

Vérifier l'unité et l'ordre de grandeur du résultat. Une note doit ressembler à une note.

Réponse. a=80+1,645×10=96,45a=80+1{,}645\times 10=96{,}45 points. (Recoupement : aa au-dessus de la moyenne 8080, cohérent avec une probabilité 0,950{,}95 supérieure à 0,50{,}5 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Conformité d'une production (problème complet)

ApplicationDifficulté 3/5

Une embouteilleuse remplit des bouteilles dont le volume XX (en cL) suit N(75;2)\mathcal{N}(75;2). Une bouteille est conforme si son volume est dans [71;79][71;79]. 1) Calculer la probabilité qu'une bouteille soit conforme. 2) En déduire le taux de rebut (en %). (Utiliser Φ(2)=0,9772\Phi(2)=0{,}9772.)

Indices (3)

[71;79]=[μ−2σ;μ+2σ][71;79]=[\mu-2\sigma;\mu+2\sigma].

P(μ−2σ≤X≤μ+2σ)=2Φ(2)−1P(\mu-2\sigma\leq X\leq\mu+2\sigma)=2\Phi(2)-1.

Le taux de rebut est la probabilité complémentaire.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Un problème complet de contrôle qualité, en deux temps.

Question 1 : la conformité. Il faut d'abord traduire — « conforme » signifie « le volume est dans [71;79][71;79] », donc

P(conforme)=P(71≤X≤79)P(\text{conforme})=P(71\leq X\leq 79)

Et l'intervalle est symétrique autour de μ=75\mu=75 : les deux bornes sont à 44 cL, soit 2σ2\sigma. Le raccourci 2Φ(2)−12\Phi(2)-1 s'applique.

Question 2 : le taux de rebut. C'est le complémentaire de la conformité, exprimé en pourcentage :

rebut=1−P(conforme)\text{rebut}=1-P(\text{conforme})

⚠️ Le mot « en déduire » signale qu'il ne faut pas recalculer. La question 2 se déduit de la 1 par une soustraction ; refaire un calcul de loi normale serait du travail perdu et une occasion d'erreur.

Un seul Φ\Phi est fourni (Φ(2)\Phi(2)), ce qui confirme que tout se ramène à z=2z=2.

1) Probabilité de conformité

Traduire : une bouteille est conforme si 71≤X≤7971\leq X\leq 79.

Centrer-réduire les deux bornes :

71−752=−42=−279−752=42=2\frac{71-75}{2}=\frac{-4}{2}=-2 \qquad \frac{79-75}{2}=\frac{4}{2}=2
P(71≤X≤79)=P(−2≤Z≤2)P(71\leq X\leq 79)=P(-2\leq Z\leq 2)

Intervalle symétrique, donc

P(−2≤Z≤2)=2Φ(2)−1=2×0,9772−1=0,9544P(-2\leq Z\leq 2)=2\Phi(2)-1=2\times 0{,}9772-1=0{,}9544
P(conforme)=0,9544\boxed{P(\text{conforme})=0{,}9544}

Contrôle : les bornes sont exactement à ±2σ\pm 2\sigma, et le repère du cours donne ≈95 %\approx 95\ \%. Le résultat 0,95440{,}9544 le confirme.

2) En déduire le taux de rebut

Une bouteille est rejetée si elle n'est pas conforme :

rebut=1−P(conforme)=1−0,9544=0,0456\text{rebut}=1-P(\text{conforme})=1-0{,}9544=0{,}0456
taux de rebut=4,56 %\boxed{\text{taux de rebut}=4{,}56\ \%}

Lecture industrielle. Sur 10 00010\,000 bouteilles produites, environ 456456 sont rejetées. C'est considérable : à ce rythme, l'atelier jette près d'une bouteille sur 2222.

Comment on améliorerait cela — et c'est le sens de l'exercice : le rebut est fixé par le rapport entre la tolérance (±4\pm 4 cL) et la dispersion (σ=2\sigma=2 cL). Pour le réduire, il faut resserrer σ\sigma, c'est-à-dire régler la machine, et non déplacer μ\mu (qui est déjà centré).

σ\sigma bornes en σ\sigma rebut
22 ±2\pm 2 4,56 %4{,}56\ \%
1,331{,}33 ±3\pm 3 0,27 %0{,}27\ \%
11 ±4\pm 4 0,006 %0{,}006\ \%

Diviser l'écart-type par deux fait passer le rebut de 4,56 %4{,}56\ \% à 66 pour cent mille. C'est toute la logique du contrôle qualité — et c'est exactement la question que pose l'exercice E6.

Contrôle : 0,9544+0,0456=10{,}9544+0{,}0456=1 ✓ — conformité et rebut sont complémentaires par construction.

Rappel de cours

Conformité et rebut

P(conforme)=P(a≤X≤b)rebut=1−P(conforme)P(\text{conforme})=P(a\leq X\leq b) \qquad \text{rebut}=1-P(\text{conforme})
Les deux sont complémentaires : leur somme vaut 11, toujours.

Intervalle de tolérance symétrique Si [a;b][a;b] est centré sur μ\mu et que b−μ=kσb-\mu=k\sigma, alors

P(conforme)=2Φ(k)−1P(\text{conforme})=2\Phi(k)-1

Les taux de rebut usuels

tolérance conformité rebut
μ±σ\mu\pm\sigma 68,3 %68{,}3\ \% 31,7 %31{,}7\ \%
μ±2σ\mu\pm 2\sigma 95,4 %95{,}4\ \% 4,6 %4{,}6\ \%
μ±3σ\mu\pm 3\sigma 99,73 %99{,}73\ \% 0,27 %0{,}27\ \%
μ±6σ\mu\pm 6\sigma ≈100 %\approx 100\ \% 2×10−7 %2\times 10^{-7}\ \%

La dernière ligne est l'origine du nom de la méthode « six sigma » en gestion de production.

« En déduire » Ce verbe signale qu'il faut réutiliser le résultat précédent, pas recommencer. Recalculer serait plus long et exposerait à une seconde erreur.

Convertir en pourcentage Multiplier par 100100 : 0,0456→4,56 %0{,}0456\to 4{,}56\ \%. Ne pas oublier le symbole.

L'erreur classique

⚠️ Rendre la conformité à la place du rebut (ou l'inverse) : annoncer 95,44 %95{,}44\ \% de rebut.

Le contrôle de sens : un rebut de 95 %95\ \% voudrait dire que la machine jette presque tout ce qu'elle produit. Aucun atelier ne fonctionnerait ainsi.

⚠️ Oublier de convertir en pourcentage : répondre « rebut =0,0456=0{,}0456 » alors que l'énoncé demande explicitement un pourcentage. Il faut 4,56 %4{,}56\ \%.

⚠️ Recalculer la question 2 au lieu de la déduire : chercher P(X<71)+P(X>79)P(X<71)+P(X>79) par deux lectures de table. Ce n'est pas faux, mais c'est deux fois plus long et deux fois plus risqué — alors que 1−0,95441-0{,}9544 tient en une soustraction.

⚠️ Écrire P(−2≤Z≤2)=2Φ(2)P(-2\leq Z\leq 2)=2\Phi(2) en oubliant le −1-1 : on obtiendrait 1,95441{,}9544, donc un « rebut » négatif à la question 2. Une probabilité négative signale l'erreur en amont.

⚠️ Se tromper de signe sur la borne basse : calculer 71−752=+2\dfrac{71-75}{2}=+2. La borne inférieure donne un zz négatif ; le signe est ce qui distingue les deux côtés de la cloche.

⚠️ Diviser par la variance au lieu de l'écart-type. Ici σ=2\sigma=2, donc σ2=4\sigma^{2}=4 : diviser par 44 donnerait z=±1z=\pm 1 et une conformité de 68 %68\ \%. Le second paramètre de N(75;2)\mathcal{N}(75;2) est l'écart-type.

⚠️ Ne pas vérifier que 0,9544+0,0456=10{,}9544+0{,}0456=1. Ce contrôle prend une seconde et valide les deux réponses d'un coup.

À retenir
P(conforme)=2Φ(k)−1rebut=1−P(conforme)P(\text{conforme})=2\Phi(k)-1 \qquad \text{rebut}=1-P(\text{conforme})

Conformité et rebut sont complémentaires — leur somme vaut 11, ce qui est le contrôle final.

« En déduire » = réutiliser, pas recalculer.

Un intervalle de tolérance à ±2σ\pm 2\sigma rejette 4,6 %4{,}6\ \% de la production ; à ±3σ\pm 3\sigma, seulement 0,27 %0{,}27\ \%. Le rebut se pilote en resserrant σ\sigma, pas en déplaçant μ\mu quand celui-ci est déjà centré.

Convertir en pourcentage quand l'énoncé le demande, et contrôler le sens : un rebut se compte en pourcents, pas en dizaines de pourcents.

Réponse. P(conforme)=2Φ(2)−1=0,9544P(\text{conforme})=2\Phi(2)-1=0{,}9544 (≈95,4 %\approx 95{,}4\,\%) ; taux de rebut ≈4,6 %\approx 4{,}6\,\%. (Recoupement : règle des deux sigmas, ≈95 %\approx 95\,\% ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Loi discrète : espérance et écart-type

CalculDifficulté 2/5

Une variable aléatoire XX prend les valeurs 1,2,3,41,2,3,4 avec les probabilités 0,4 ; 0,3 ; 0,2 ; 0,10{,}4\ ;\ 0{,}3\ ;\ 0{,}2\ ;\ 0{,}1. Calculer E(X)E(X), V(X)V(X) et σ(X)\sigma(X).

Indices (3)

Vérifie d'abord ∑pi=1\sum p_i=1.

E(X)=∑xipiE(X)=\sum x_ip_i puis E(X2)=∑xi2piE(X^2)=\sum x_i^2p_i.

V(X)=E(X2)−[E(X)]2V(X)=E(X^2)-[E(X)]^2.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Exercice de révision sur la loi discrète : trois grandeurs, dans l'ordre, chacune bâtie sur la précédente.

E(X) ⟶ V(X)=E(X2)−E(X)2 ⟶ σ(X)=V(X)E(X) \ \longrightarrow \ V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2} \ \longrightarrow \ \sigma(X)=\sqrt{V(X)}

Le premier geste, avant tout calcul : vérifier que la somme des probabilités vaut 11. Ici 0,4+0,3+0,2+0,1=10{,}4+0{,}3+0{,}2+0{,}1=1 ✓ — sans cela, rien de ce qui suit n'aurait de sens.

Deuxième observation, utile : les probabilités décroissent quand xx croît. Les petites valeurs sont les plus probables, donc E(X)E(X) sera plutôt vers le bas de l'intervalle [1;4][1;4] — en dessous du milieu 2,52{,}5. Ce genre de prévision permet de valider le résultat avant même de le calculer.

Étape 1 — l'espérance
xix_i 11 22 33 44 total
pip_i 0,40{,}4 0,30{,}3 0,20{,}2 0,10{,}1 11
E(X)=1×0,4+2×0,3+3×0,2+4×0,1E(X)=1\times 0{,}4+2\times 0{,}3+3\times 0{,}2+4\times 0{,}1
=0,4+0,6+0,6+0,4=0{,}4+0{,}6+0{,}6+0{,}4
E(X)=2\boxed{E(X)=2}

Contrôle : 22 est bien dans [1;4][1;4], et en dessous du milieu 2,52{,}5 — conforme à la prévision, puisque les petites valeurs sont les plus probables.

Étape 2 — la variance

On calcule E(X2)E(X^{2}) : mêmes probabilités, valeurs au carré.

xix_i 11 22 33 44
xi2x_i^{2} 11 44 99 1616
pip_i 0,40{,}4 0,30{,}3 0,20{,}2 0,10{,}1
E(X2)=1×0,4+4×0,3+9×0,2+16×0,1E(X^{2})=1\times 0{,}4+4\times 0{,}3+9\times 0{,}2+16\times 0{,}1
=0,4+1,2+1,8+1,6=5=0{,}4+1{,}2+1{,}8+1{,}6=5

König-Huygens :

V(X)=E(X2)−(E(X))2=5−22=5−4V(X)=E(X^{2})-\big(E(X)\big)^{2}=5-2^{2}=5-4
V(X)=1\boxed{V(X)=1}

Contrôle : V(X)>0V(X)>0 ✓ Et E(X2)=5E(X^{2})=5 est bien supérieure à E(X)2=4E(X)^{2}=4 — c'est toujours le cas, puisque leur différence est une variance.

Étape 3 — l'écart-type
σ(X)=V(X)=1=1\sigma(X)=\sqrt{V(X)}=\sqrt{1}=\boxed{1}

Un cas rare et agréable : la variance vaut 11, donc l'écart-type aussi. C'est la seule valeur non nulle pour laquelle VV et σ\sigma coïncident — ne pas en tirer une règle générale.

Lecture. XX vaut 22 en moyenne, avec une fluctuation typique de 11. La plupart des observations tombent donc entre 11 et 33, ce qui représente 90 %90\ \% de la loi (0,4+0,3+0,20{,}4+0{,}3+0{,}2).

Contrôle de plausibilité : σ\sigma ne peut pas dépasser la demi-étendue 4−12=1,5\dfrac{4-1}{2}=1{,}5. On a 1<1,51<1{,}5 ✓

Rappel de cours

Les trois formules

E(X)=∑xipiE(X2)=∑xi2piV(X)=E(X2)−E(X)2σ=VE(X)=\sum x_ip_i \qquad E(X^{2})=\sum x_i^{2}p_i \qquad V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2} \qquad \sigma=\sqrt{V}

Contrôle préalable, systématique

∑pi=1\sum p_i=1
Si la somme ne vaut pas 11, ce n'est pas une loi de probabilité et tout le reste est sans objet.

Pourquoi E(X2)≥E(X)2E(X^{2})\geq E(X)^{2} toujours Leur différence est la variance, qui est une moyenne de carrés — donc positive ou nulle. Trouver E(X2)<E(X)2E(X^{2})<E(X)^{2} est impossible : c'est une erreur de calcul.

Les contrôles gratuits

quantité contrainte
E(X)E(X) dans l'intervalle des valeurs
V(X)V(X) ≥0\geq 0
σ(X)\sigma(X) ≤\leq demi-étendue des valeurs

Trois vérifications, dix secondes, et l'essentiel des erreurs est écarté.

Lire la forme de la loi Valeurs régulièrement espacées et probabilités strictement décroissantes ⇒\Rightarrow E(X)E(X) en dessous du milieu de l'intervalle. Strictement croissantes ⇒\Rightarrow au-dessus. Un pronostic avant calcul.

L'erreur classique

⚠️ Répondre E(X)=2,5E(X)=2{,}5 en faisant la moyenne arithmétique de 1,2,3,41,2,3,4. C'est ignorer les probabilités : l'espérance est une moyenne pondérée, et ici les petites valeurs pèsent plus lourd.

Le contrôle : 2,52{,}5 serait la réponse si les quatre valeurs étaient équiprobables (0,250{,}25 chacune). Ce n'est pas le cas.

⚠️ Oublier de retrancher E(X)2E(X)^{2} et rendre V(X)=5V(X)=5. On obtiendrait σ=5≈2,24\sigma=\sqrt5\approx 2{,}24, supérieur à la demi-étendue 1,51{,}5 — impossible.

⚠️ Confondre E(X2)=5E(X^{2})=5 et E(X)2=4E(X)^{2}=4. Ce sont deux nombres distincts, et c'est leur différence qui est la variance. La position du carré dans la notation les distingue.

⚠️ Élever aussi les probabilités au carré : ∑xi2pi2\sum x_i^{2}p_i^{2}. Seules les valeurs sont carrées ; les probabilités restent celles de la loi.

⚠️ Conclure que V=σV=\sigma en général, à partir du fait qu'ici les deux valent 11. C'est une coïncidence propre à V=1V=1 (ou V=0V=0) : dès que V=4V=4, σ=2\sigma=2 et les deux diffèrent.

⚠️ Ne pas vérifier ∑pi=1\sum p_i=1 au départ. Si l'énoncé comportait une coquille, tous les calculs seraient faux sans qu'on le sache. Le contrôle coûte une addition.

À retenir
E(X)=∑xipi→V(X)=E(X2)−E(X)2→σ=VE(X)=\sum x_ip_i \quad\to\quad V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2} \quad\to\quad \sigma=\sqrt{V}

Vérifier ∑pi=1\sum p_i=1 AVANT tout.

EE est une moyenne PONDÉRÉE, jamais la moyenne des valeurs. Les probabilités décident.

E(X2)≠E(X)2E(X^{2})\ne E(X)^{2}, et leur différence est la variance — d'où E(X2)≥E(X)2E(X^{2})\geq E(X)^{2} toujours.

Trois contrôles gratuits : EE dans l'intervalle des valeurs, V≥0V\geq 0, σ≤\sigma\leq demi-étendue.

Réponse. E(X)=2E(X)=2 ; V(X)=1V(X)=1 ; σ(X)=1\sigma(X)=1. (Recoupement : ∑pi=1\sum p_i=1 ✓ ; valeurs centrées autour de 22, dispersion 11 cohérente ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Binomiale : calculs type DS

CalculDifficulté 2/5

Soit X∼B(8;0,3)X\sim\mathcal{B}(8;0{,}3). Calculer : 1) P(X=3)P(X=3) ; 2) P(X≤1)P(X\leq 1) ; 3) E(X)E(X) (probabilités arrondies à 10−410^{-4}).

Indices (3)

(83)=56\binom{8}{3}=56.

P(X≤1)=P(X=0)+P(X=1)=(0,7)8+8×0,3×(0,7)7P(X\leq 1)=P(X=0)+P(X=1)=(0{,}7)^8+8\times 0{,}3\times(0{,}7)^7.

E(X)=npE(X)=np.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'énoncé donne la loi : B(8 ; 0,3)\mathcal{B}(8\,;\,0{,}3). Trois calculs, dont deux de natures différentes.

P(X=3)P(X=3) — un terme, application directe de la formule.

P(X≤1)P(X\leq 1) — un cumul : X=0X=0 ou X=1X=1, donc deux termes à additionner. C'est le piège récurrent des lois discrètes.

E(X)=npE(X)=np — formule directe.

Deux repères qui aident à contrôler. E(X)=8×0,3=2,4E(X)=8\times 0{,}3=2{,}4, donc les valeurs les plus probables sont 22 et 33 : on s'attend à ce que P(X=3)P(X=3) soit parmi les plus grandes de la loi. Et σ=8×0,3×0,7=1,68≈1,30\sigma=\sqrt{8\times 0{,}3\times 0{,}7}=\sqrt{1{,}68}\approx 1{,}30, donc X≤1X\leq 1 est un événement un peu en dessous de la moyenne — sa probabilité doit être notable, mais pas dominante.

1) Calculer P(X = 3)
P(X=3)=(83)(0,3)3(0,7)5P(X=3)=\binom{8}{3}(0{,}3)^{3}(0{,}7)^{5}

Le coefficient binomial :

(83)=8×7×63×2×1=3366=56\binom{8}{3}=\frac{8\times 7\times 6}{3\times 2\times 1}=\frac{336}{6}=56

Les puissances :

(0,3)3=0,027(0,7)5=0,16807(0{,}3)^{3}=0{,}027 \qquad (0{,}7)^{5}=0{,}16807

Le produit :

P(X=3)=56×0,027×0,16807=0,254122P(X=3)=56\times 0{,}027\times 0{,}16807=0{,}254122
P(X=3)≈0,2541\boxed{P(X=3)\approx 0{,}2541}

Contrôle : 33 est juste au-dessus de E(X)=2,4E(X)=2{,}4, c'est donc l'une des deux valeurs les plus probables. Une probabilité d'environ 25 %25\ \% est cohérente — sur une binomiale à 99 valeurs possibles, le mode dépasse rarement 30 %30\ \%.

2) Calculer P(X ≤ 1)

Deux termes, car « au plus 11 » recouvre X=0X=0 et X=1X=1 :

P(X≤1)=P(X=0)+P(X=1)P(X\leq 1)=P(X=0)+P(X=1)

Terme k=0k=0 — le plus simple, (80)=1\binom{8}{0}=1 et (0,3)0=1(0{,}3)^{0}=1 :

P(X=0)=(0,7)8=0,057648P(X=0)=(0{,}7)^{8}=0{,}057648

Terme k=1k=1 — avec (81)=8\binom{8}{1}=8 :

P(X=1)=8×0,3×(0,7)7=8×0,3×0,082354=0,197650P(X=1)=8\times 0{,}3\times (0{,}7)^{7}=8\times 0{,}3\times 0{,}082354=0{,}197650

Somme :

P(X≤1)=0,057648+0,197650=0,255298P(X\leq 1)=0{,}057648+0{,}197650=0{,}255298
P(X≤1)≈0,2553\boxed{P(X\leq 1)\approx 0{,}2553}

Contrôle : P(X≤1)>P(X=1)P(X\leq 1)>P(X=1) ✓ et P(X≤1)<1P(X\leq 1)<1 ✓

Coïncidence à ne pas surinterpréter : P(X=3)≈0,2541P(X=3)\approx 0{,}2541 et P(X≤1)≈0,2553P(X\leq 1)\approx 0{,}2553 sont presque égales. C'est un hasard numérique, pas une propriété — les deux quantités n'ont aucun lien.

3) L'espérance
E(X)=np=8×0,3=2,4E(X)=np=8\times 0{,}3=\boxed{2{,}4}

Lecture. Sur 88 répétitions à 30 %30\ \% de succès, on attend 2,42{,}4 succès en moyenne.

Pour information, la variance et l'écart-type :

V(X)=np(1−p)=8×0,3×0,7=1,68σ=1,68≈1,30V(X)=np(1-p)=8\times 0{,}3\times 0{,}7=1{,}68 \qquad \sigma=\sqrt{1{,}68}\approx 1{,}30

Contrôle : V=1,68<E=2,4V=1{,}68<E=2{,}4 ✓ — vrai pour toute binomiale, puisque 1−p<11-p<1.

Rappel de cours

Loi binomiale

P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kE=npV=np(1−p)P(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k} \qquad E=np \qquad V=np(1-p)

Coefficients binomiaux — calcul rapide

(nk)=n(n−1)⋯(n−k+1)k!(k facteurs au numeˊrateur)\binom{n}{k}=\frac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{k!} \qquad (k \text{ facteurs au numérateur})
(83)=8⋅7⋅66=56\binom{8}{3}=\frac{8\cdot 7\cdot 6}{6}=56
Symétrie : (nk)=(nn−k)\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k}, donc (85)=(83)=56\binom{8}{5}=\binom{8}{3}=56 — utile pour éviter un calcul plus long.

Traduire le vocabulaire

énoncé événement nombre de termes
exactement kk X=kX=k 11
au plus kk X≤kX\leq k k+1k+1
au moins kk X≥kX\geq k complémentaire

⚠️ « au plus 11 » demande deux termes (k=0k=0 et k=1k=1), pas un.

Contrôles P(X≤k)≥P(X=k)P(X\leq k)\geq P(X=k) · V<EV<E · toute probabilité dans [0;1][0;1].

L'erreur classique

⚠️ Répondre P(X≤1)=P(X=1)=0,1977P(X\leq 1)=P(X=1)=0{,}1977 en oubliant le terme k=0k=0. C'est l'erreur dominante, et elle coûte ici 0,05760{,}0576, soit presque un quart du résultat.

Le contrôle : une probabilité cumulée est toujours supérieure ou égale à chacun de ses termes.

⚠️ Se tromper d'exposant : écrire (0,3)5(0,7)3(0{,}3)^{5}(0{,}7)^{3} pour P(X=3)P(X=3). L'exposant de pp est k=3k=3, celui de 1−p1-p est n−k=5n-k=5.

Le contrôle : la version fautive donne 56×0,00243×0,343=0,046756\times 0{,}00243\times 0{,}343=0{,}0467, cinq fois trop petit pour une valeur proche de la moyenne.

⚠️ Calculer (83)=83\binom{8}{3}=\dfrac{8}{3}. Le coefficient binomial n'est pas une fraction : c'est un entier, ici 5656.

⚠️ Oublier (81)=8\binom{8}{1}=8 dans le terme k=1k=1 : on trouverait 0,02470{,}0247 au lieu de 0,19770{,}1977, huit fois trop petit. Le coefficient compte les positions possibles du succès.

⚠️ Écrire (0,7)0=0(0{,}7)^{0}=0. Toute puissance zéro vaut 11 — c'est ce qui rend P(X=0)=(1−p)nP(X=0)=(1-p)^{n}.

⚠️ Arrondir les deux termes avant de les additionner. 0,0576+0,1977=0,25530{,}0576+0{,}1977=0{,}2553 tombe juste ici, mais la règle est de sommer les valeurs complètes et de n'arrondir qu'une fois.

À retenir
P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kE=npV=np(1−p)P(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k} \qquad E=np \qquad V=np(1-p)

« Au plus kk » = k+1k+1 termes. Le terme k=0k=0 est celui qu'on oublie, et il pèse souvent lourd.

L'exposant de pp est kk, celui de 1−p1-p est n−kn-k. Les intervertir donne un ordre de grandeur visiblement faux.

Le coefficient binomial compte les POSITIONS du succès parmi les nn répétitions. L'oublier divise le résultat par (nk)\binom{n}{k}.

Contrôler par E(X)=npE(X)=np : les valeurs proches de npnp sont les plus probables.

Réponse. P(X=3)≈0,2541P(X=3)\approx 0{,}2541 ; P(X≤1)≈0,2553P(X\leq 1)\approx 0{,}2553 ; E(X)=2,4E(X)=2{,}4. (Recoupement machine : somme des P(X=k)P(X=k) égale à 11 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Poisson : pannes mensuelles

CalculDifficulté 2/5

Le nombre XX de pannes mensuelles d'un parc de machines suit la loi de Poisson de paramètre λ=4\lambda=4. Calculer : 1) P(X=4)P(X=4) ; 2) P(X≤1)P(X\leq 1) (arrondis à 10−410^{-4}).

Indices (3)

P(X=k)=e−44kk!P(X=k)=e^{-4}\dfrac{4^k}{k!}.

4!=244!=24.

P(X≤1)=e−4(1+4)P(X\leq 1)=e^{-4}(1+4).

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Loi de Poisson, paramètre donné directement : λ=4\lambda=4.

Deux calculs, dont un cumulé — la structure habituelle.

P(X=4)P(X=4) : c'est l'une des deux valeurs les plus probables (avec 33, à égalité, puisque λ=4\lambda=4 est entier). On s'attend donc à la plus grande probabilité de la loi.

P(X≤1)P(X\leq 1) : deux termes, k=0k=0 et k=1k=1. Et comme 11 est très en dessous de la moyenne 44 — à environ 4−14=1,5\dfrac{4-1}{\sqrt4}=1{,}5 écart-type —, on s'attend à une petite probabilité.

Le geste qui simplifie le second calcul : factoriser e−4e^{-4} plutôt que calculer chaque terme séparément. Un seul arrondi au lieu de deux.

1) Calculer P(X = 4)
P(X=k)=e−λλkk!P(X=k)=e^{-\lambda}\frac{\lambda^{k}}{k!}

Avec λ=4\lambda=4 et k=4k=4 :

P(X=4)=e−4×444!=e−4×25624P(X=4)=e^{-4}\times\frac{4^{4}}{4!}=e^{-4}\times\frac{256}{24}
25624=323≈10,6667\frac{256}{24}=\frac{32}{3}\approx 10{,}6667
P(X=4)=0,0183156×10,6667=0,195367P(X=4)=0{,}0183156\times 10{,}6667=0{,}195367
P(X=4)≈0,1954\boxed{P(X=4)\approx 0{,}1954}

Contrôle : 44 est la moyenne, et l'une des deux valeurs les plus probables (avec 33) — mais elle ne rassemble que 19,5 %19{,}5\ \% de la loi. C'est normal : une loi de Poisson de paramètre 44 est étalée, avec σ=4=2\sigma=\sqrt4=2, et aucune valeur ne domine.

2) Calculer P(X ≤ 1)

Deux termes :

P(X≤1)=P(X=0)+P(X=1)=e−4400!+e−4411!P(X\leq 1)=P(X=0)+P(X=1)=e^{-4}\frac{4^{0}}{0!}+e^{-4}\frac{4^{1}}{1!}

On factorise e−4e^{-4} :

=e−4(11+41)=e−4×5=5 e−4=e^{-4}\left(\frac{1}{1}+\frac{4}{1}\right)=e^{-4}\times 5=5\,e^{-4}
=5×0,0183156=0,091578=5\times 0{,}0183156=0{,}091578
P(X≤1)≈0,0916\boxed{P(X\leq 1)\approx 0{,}0916}

Lecture. Avec une moyenne de 44 pannes, observer au plus une panne dans le mois n'arrive que dans un peu plus de 9 %9\ \% des cas — soit environ un mois par an.

Contrôle de plausibilité : 11 est à 1,51{,}5 écart-type en dessous de la moyenne (σ=2\sigma=2). Une probabilité de l'ordre de 10 %10\ \% pour l'ensemble de la queue basse est cohérente.

Contrôle d'ordre : P(X≤1)=0,0916P(X\leq 1)=0{,}0916 doit être inférieure à P(X=4)=0,1954P(X=4)=0{,}1954, puisque 44 est l'une des valeurs les plus probables et que {0,1}\{0,1\} est loin du centre. C'est bien le cas ✓

Rappel de cours

Loi de Poisson P(λ)\mathcal{P}(\lambda)

P(X=k)=e−λλkk!E(X)=V(X)=λσ=λP(X=k)=e^{-\lambda}\frac{\lambda^{k}}{k!} \qquad E(X)=V(X)=\lambda \qquad \sigma=\sqrt{\lambda}

Factoriser e−λe^{-\lambda} pour un cumul

P(X≤n)=e−λ∑k=0nλkk!P(X\leq n)=e^{-\lambda}\sum_{k=0}^{n}\frac{\lambda^{k}}{k!}
Un seul produit, un seul arrondi. Les sommes usuelles :
P(X≤1)=e−λ(1+λ)P(X≤2)=e−λ(1+λ+λ22)P(X\leq 1)=e^{-\lambda}(1+\lambda) \qquad P(X\leq 2)=e^{-\lambda}\left(1+\lambda+\frac{\lambda^{2}}{2}\right)

Factorielles et puissances utiles

0!=11!=12!=23!=64!=245!=1200!=1 \quad 1!=1 \quad 2!=2 \quad 3!=6 \quad 4!=24 \quad 5!=120
40=142=1643=6444=2564^{0}=1 \quad 4^{2}=16 \quad 4^{3}=64 \quad 4^{4}=256

Exponentielles de référence

e−1≈0,3679e−2≈0,1353e−3≈0,0498e−4≈0,0183e^{-1}\approx 0{,}3679 \quad e^{-2}\approx 0{,}1353 \quad e^{-3}\approx 0{,}0498 \quad e^{-4}\approx 0{,}0183

La valeur la plus probable Elle est proche de λ\lambda (exactement ⌊λ⌋\lfloor\lambda\rfloor, et λ\lambda et λ−1\lambda-1 à égalité si λ\lambda est entier). Un bon repère pour contrôler l'ordre des probabilités entre elles.

L'erreur classique

⚠️ Écrire 444!=2564=64\dfrac{4^{4}}{4!}=\dfrac{256}{4}=64 en confondant 4!4! et 44. La factorielle vaut 4×3×2×1=244\times 3\times 2\times 1=24.

Le contrôle : avec 6464 on obtiendrait P(X=4)=1,17P(X=4)=1{,}17, une probabilité supérieure à 11. Impossible.

⚠️ Confondre 444^{4} et 4×4=164\times 4=16. La puissance quatrième vaut 256256.

⚠️ Oublier le terme k=0k=0 dans P(X≤1)P(X\leq 1) : répondre 4e−4=0,07334e^{-4}=0{,}0733 au lieu de 5e−4=0,09165e^{-4}=0{,}0916. Le facteur est 1+λ=51+\lambda=5, pas λ\lambda.

⚠️ Oublier le signe moins : calculer e4≈54,6e^{4}\approx 54{,}6 et obtenir des probabilités absurdes. Toute probabilité est dans [0;1][0;1].

⚠️ Utiliser une loi binomiale. Il n'y a ici ni nn ni pp : le nombre de pannes n'a pas de maximum. C'est le domaine de Poisson.

⚠️ Prendre σ=λ=4\sigma=\lambda=4. L'écart-type vaut λ=2\sqrt\lambda=2. C'est la variance qui vaut λ\lambda.

⚠️ Ne pas contrôler l'ordre des deux résultats. P(X=4)P(X=4) porte sur la valeur centrale, P(X≤1)P(X\leq 1) sur une queue : la première doit être la plus grande. Trouver l'inverse signalerait une erreur.

À retenir
P(X=k)=e−λλkk!P(X≤1)=e−λ(1+λ)P(X=k)=e^{-\lambda}\frac{\lambda^{k}}{k!} \qquad P(X\leq 1)=e^{-\lambda}(1+\lambda)

Factoriser e−λe^{-\lambda} pour tout cumul : un seul produit, un seul arrondi.

k!k! n'est pas kk : 4!=244!=24, pas 44. Et 44=2564^{4}=256, pas 1616.

E=V=λE=V=\lambda, donc σ=λ\sigma=\sqrt\lambda — l'écart-type est la racine, pas le paramètre.

La valeur la plus probable est proche de λ\lambda. Elle sert à contrôler l'ordre relatif des probabilités calculées.

Réponse. P(X=4)≈0,1954P(X=4)\approx 0{,}1954 ; P(X≤1)≈0,0916P(X\leq 1)\approx 0{,}0916. (Recoupement : P(X=4)P(X=4) est la valeur la plus probable avec P(X=3)P(X=3) — mode d'une Poisson de moyenne 44 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Loi normale : lecture directe type DS

CalculDifficulté 2/5

La taille XX (en cm) des élèves d'une promotion suit N(170;8)\mathcal{N}(170;8). Calculer : 1) P(X≤180)P(X\leq 180) ; 2) P(162≤X≤178)P(162\leq X\leq 178). (Utiliser Φ(1,25)=0,8944\Phi(1{,}25)=0{,}8944 et Φ(1)=0,8413\Phi(1)=0{,}8413.)

Indices (3)

180−1708=1,25\dfrac{180-170}{8}=1{,}25.

[162;178]=[μ−σ;μ+σ][162;178]=[\mu-\sigma;\mu+\sigma].

P(μ−σ≤X≤μ+σ)=2Φ(1)−1P(\mu-\sigma\leq X\leq\mu+\sigma)=2\Phi(1)-1.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Lecture directe de la table, deux fois — mais les deux questions ne se traitent pas de la même façon.

1) P(X≤180)P(X\leq 180) : une seule borne, au-dessus de la moyenne. Lecture immédiate de Φ\Phi.

2) P(162≤X≤178)P(162\leq X\leq 178) : deux bornes. Et il faut regarder si l'intervalle est symétrique autour de μ=170\mu=170 :

170−162=8178−170=8170-162=8 \qquad 178-170=8

Oui. Les deux bornes sont à 88 cm de la moyenne, soit exactement ±1σ\pm 1\sigma. Le raccourci 2Φ(1)−12\Phi(1)-1 s'applique, et la réponse sera le repère 68 %68\ \% du cours.

Repérer la symétrie AVANT de calculer évite une soustraction et le passage par Φ(−1)\Phi(-1). C'est le réflexe qui distingue une copie rapide d'une copie laborieuse.

L'énoncé fournit Φ(1,25)\Phi(1{,}25) et Φ(1)\Phi(1) — deux valeurs, une par question.

1) Calculer P(X ≤ 180)

Centrer-réduire :

z=180−1708=108=1,25z=\frac{180-170}{8}=\frac{10}{8}=1{,}25
P(X≤180)=P(Z≤1,25)=Φ(1,25)P(X\leq 180)=P(Z\leq 1{,}25)=\Phi(1{,}25)
P(X≤180)=0,8944\boxed{P(X\leq 180)=0{,}8944}

Lecture. 89,4 %89{,}4\ \% des élèves mesurent moins de 180180 cm — autrement dit, un élève sur dix environ dépasse cette taille.

Contrôle : 180180 est au-dessus de la moyenne 170170, donc la probabilité doit dépasser 0,50{,}5 ✓ Et 1,251{,}25 est entre 11 et 22 écarts-types, donc le résultat doit tomber entre Φ(1)=0,841\Phi(1)=0{,}841 et Φ(2)=0,977\Phi(2)=0{,}977. On a 0,841<0,894<0,9770{,}841<0{,}894<0{,}977 ✓

2) Calculer P(162 ≤ X ≤ 178)

Centrer-réduire les deux bornes :

162−1708=−88=−1178−1708=88=1\frac{162-170}{8}=\frac{-8}{8}=-1 \qquad \frac{178-170}{8}=\frac{8}{8}=1
P(162≤X≤178)=P(−1≤Z≤1)P(162\leq X\leq 178)=P(-1\leq Z\leq 1)

Intervalle symétrique, donc

P(−1≤Z≤1)=2Φ(1)−1=2×0,8413−1=1,6826−1P(-1\leq Z\leq 1)=2\Phi(1)-1=2\times 0{,}8413-1=1{,}6826-1
P(162≤X≤178)=0,6826\boxed{P(162\leq X\leq 178)=0{,}6826}

Contrôle immédiat : c'est le repère μ±σ≈68 %\mu\pm\sigma\approx 68\ \% du cours, retrouvé au centième près.

Lecture. Environ deux élèves sur trois mesurent entre 162162 et 178178 cm. C'est la traduction concrète de l'écart-type : il délimite le « gros » de la population, celle qui est à moins d'un σ\sigma de la moyenne.

Détail de méthode : sans le raccourci, il aurait fallu écrire Φ(1)−Φ(−1)\Phi(1)-\Phi(-1), puis Φ(−1)=1−0,8413=0,1587\Phi(-1)=1-0{,}8413=0{,}1587, puis 0,8413−0,1587=0,68260{,}8413-0{,}1587=0{,}6826. Même résultat, trois lignes de plus et deux occasions d'erreur de signe.

Rappel de cours

Centrage-réduction

z=a−μσP(X≤a)=Φ(z)z=\frac{a-\mu}{\sigma} \qquad P(X\leq a)=\Phi(z)

Reconnaître un intervalle symétrique [a;b][a;b] est symétrique autour de μ\mu si μ−a=b−μ\mu-a=b-\mu. Alors

P(a≤X≤b)=2Φ(z)−1avecz=b−μσP(a\leq X\leq b)=2\Phi(z)-1 \qquad\text{avec}\quad z=\frac{b-\mu}{\sigma}
Sinon, revenir à Φ(z2)−Φ(z1)\Phi(z_2)-\Phi(z_1) avec la symétrie Φ(−z)=1−Φ(z)\Phi(-z)=1-\Phi(z) si besoin.

Les repères, et leur usage comme contrôle

intervalle probabilité
μ±σ\mu\pm\sigma 68,3 %68{,}3\ \%
μ±2σ\mu\pm 2\sigma 95,4 %95{,}4\ \%
μ±3σ\mu\pm 3\sigma 99,7 %99{,}7\ \%

Ils ne servent pas qu'à réciter : tout résultat de loi normale se valide en le comparant à eux.

Encadrement d'une lecture de table Φ\Phi est croissante : si 1<z<21<z<2, alors Φ(1)<Φ(z)<Φ(2)\Phi(1)<\Phi(z)<\Phi(2), soit 0,841<Φ(z)<0,9770{,}841<\Phi(z)<0{,}977. Un contrôle gratuit sur toute lecture.

Sens du résultat a>μ⇒Φ(z)>0,5a>\mu \Rightarrow \Phi(z)>0{,}5, et réciproquement.

L'erreur classique

⚠️ Ne pas voir la symétrie et se lancer dans Φ(1)−Φ(−1)\Phi(1)-\Phi(-1). Ce n'est pas faux, mais c'est trois lignes de plus, dont une où le signe se perd facilement.

Comment la repérer en deux secondes : comparer μ−a\mu-a et b−μb-\mu. Ici 88 et 88.

⚠️ Écrire 2Φ(1)2\Phi(1) sans le −1-1 : on trouverait 1,68261{,}6826, une probabilité supérieure à 11.

⚠️ Utiliser Φ(1,25)\Phi(1{,}25) pour la question 2 parce que les deux valeurs sont fournies. Chaque question a son zz : 1,251{,}25 pour la première, 11 pour la seconde. L'énoncé donne les deux parce qu'il en faut deux.

⚠️ Oublier de diviser par σ\sigma : écrire z=180−170=10z=180-170=10. Un zz de 1010 correspond à une probabilité indiscernable de 11 — et à aucune table existante.

⚠️ Se tromper de signe sur la borne basse : écrire 162−1708=+1\dfrac{162-170}{8}=+1. La borne inférieure est en dessous de la moyenne, son zz est négatif. C'est ce signe qui rend l'intervalle symétrique.

⚠️ Diviser par la variance (6464) au lieu de l'écart-type (88). On trouverait z=0,156z=0{,}156 et une probabilité de 0,560{,}56 au lieu de 0,890{,}89.

Le contrôle : dans N(170;8)\mathcal{N}(170;8), le second paramètre est l'écart-type. Et une taille de 180180 cm doit être « assez rare » — 0,560{,}56 dirait qu'elle est banale.

À retenir
z=a−μσP(a≤X≤b)=2Φ(z)−1  si l’intervalle est symeˊtriquez=\frac{a-\mu}{\sigma} \qquad P(a\leq X\leq b)=2\Phi(z)-1 \ \text{ si l'intervalle est symétrique}

Vérifier la symétrie AVANT de calculer : comparer μ−a\mu-a et b−μb-\mu. Elle économise deux lignes et un risque de signe.

Chaque question a son propre zz. Un énoncé qui fournit deux valeurs de Φ\Phi en attend deux usages distincts.

Les repères 68 / 95 / 99,768\,/\,95\,/\,99{,}7 sont des CONTRÔLES, pas seulement des formules à réciter.

Le second paramètre de N(μ;σ)\mathcal{N}(\mu;\sigma) est l'écart-type dans ce cours — diviser par lui, pas par son carré.

Réponse. P(X≤180)=0,8944P(X\leq 180)=0{,}8944 ; P(162≤X≤178)=2Φ(1)−1=0,6826P(162\leq X\leq 178)=2\Phi(1)-1=0{,}6826. (Recoupement : règle 68-95 ✓ ; les deux probabilités sont cohérentes avec la position des bornes ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Loi normale : lecture inverse type DS

CalculDifficulté 3/5

La durée de vie XX (en heures) d'un modèle de batterie suit N(1000;50)\mathcal{N}(1000;50). Le fabricant veut annoncer une durée garantie tt telle que 97,5 %97{,}5\,\% des batteries durent au moins tt heures. Déterminer tt. (Utiliser Φ(1,96)=0,975\Phi(1{,}96)=0{,}975.)

Indices (3)

« 97,5 %97{,}5\,\% durent au moins tt » se traduit par P(X≥t)=0,975P(X\geq t)=0{,}975, donc P(X≤t)=0,025P(X\leq t)=0{,}025.

Φ(t−100050)=0,025\Phi\big(\frac{t-1000}{50}\big)=0{,}025 : le quantile est NÉGATIF (tt sous la moyenne).

Φ(−1,96)=1−0,975=0,025\Phi(-1{,}96)=1-0{,}975=0{,}025.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Lecture inverse, avec une inversion supplémentaire — et c'est elle qui fait tout l'exercice.

L'énoncé dit : « 97,5 %97{,}5\ \% des batteries durent AU MOINS tt heures », c'est-à-dire

P(X≥t)=0,975P(X\geq t)=0{,}975

Or la table donne Φ(z)=P(Z≤z)\Phi(z)=P(Z\leq z), c'est-à-dire ce qui est en dessous. Il faut donc d'abord retourner l'énoncé :

P(X≤t)=1−0,975=0,025P(X\leq t)=1-0{,}975=0{,}025

Et 0,025<0,50{,}025<0{,}5, donc zz sera négatif et tt sera inférieur à la moyenne 10001000.

C'est le contrôle de sens à poser avant tout calcul, et il tranche : une durée garantie doit être prudente, donc plus courte que la moyenne. Un fabricant qui garantirait 10981098 heures pour une batterie durant 10001000 heures en moyenne serait vite en difficulté.

L'énoncé fournit Φ(1,96)=0,975\Phi(1{,}96)=0{,}975 — c'est le zz positif, à utiliser avec un signe moins.

La résolution

Étape 1 — retourner l'énoncé. « au moins tt » porte sur la queue haute :

P(X≥t)=0,975⟺P(X≤t)=1−0,975=0,025P(X\geq t)=0{,}975 \quad\Longleftrightarrow\quad P(X\leq t)=1-0{,}975=0{,}025

Étape 2 — centrer-réduire :

Φ ⁣(t−100050)=0,025\Phi\!\left(\frac{t-1000}{50}\right)=0{,}025

Étape 3 — lecture inverse, avec la symétrie. La table ne donne pas 0,0250{,}025 directement ; elle donne Φ(1,96)=0,975\Phi(1{,}96)=0{,}975. Or

Φ(−1,96)=1−Φ(1,96)=1−0,975=0,025\Phi(-1{,}96)=1-\Phi(1{,}96)=1-0{,}975=0{,}025

Donc

t−100050=−1,96\frac{t-1000}{50}=-1{,}96

Étape 4 — dé-réduire :

t=1000+(−1,96)×50=1000−98t=1000+(-1{,}96)\times 50=1000-98
t=902 heures\boxed{t=902\ \text{heures}}

Contrôles :

contrôle verdict
t<μ=1000t<\mu=1000, cohérent avec une garantie prudente ✓
tt est en heures, pas un zz ✓
t=μ−1,96σt=\mu-1{,}96\sigma, soit environ 2σ2\sigma sous la moyenne ✓

Lecture. Le fabricant peut annoncer 902902 heures : 97,5 %97{,}5\ \% des batteries tiendront au moins cette durée, et seules 2,5 %2{,}5\ \% tomberont en panne avant.

Le nombre 1,961{,}96 est celui qui laisse 2,5 %2{,}5\ \% dans une queue. Il servira à tous les intervalles de confiance à 95 %95\ \% du chapitre, où les deux queues de 2,5 %2{,}5\ \% font ensemble les 5 %5\ \% restants.

Rappel de cours

Lecture inverse avec « au moins »

P(X≥t)=p⟺P(X≤t)=1−pP(X\geq t)=p \quad\Longleftrightarrow\quad P(X\leq t)=1-p
Toujours retourner l'énoncé avant de chercher dans la table : la table lit « en dessous ».

Probabilité inférieure à 0,50{,}5 ⇒\Rightarrow zz négatif

Φ(z)=q<0,5⟹z=−z0  ouˋ  Φ(z0)=1−q\Phi(z)=q<0{,}5 \quad\Longrightarrow\quad z=-z_0 \ \text{ où } \ \Phi(z_0)=1-q
Ici q=0,025q=0{,}025, donc z0z_0 vérifie Φ(z0)=0,975\Phi(z_0)=0{,}975, soit z0=1,96z_0=1{,}96 et z=−1,96z=-1{,}96.

La formule finale, avec son signe

t=μ+zσt=\mu+z\sigma
Un zz négatif soustrait automatiquement. Ne pas ajouter un second signe moins.

Les deux seuils à ne pas confondre

usage zz
une queue de 5 %5\ \% 1,6451{,}645
une queue de 2,5 %2{,}5\ \% (donc IC à 95 %95\ \%) 1,96\mathbf{1{,}96}
une queue de 1 %1\ \% 2,3262{,}326
une queue de 0,5 %0{,}5\ \% (donc IC à 99 %99\ \%) 2,58\mathbf{2{,}58}

Contrôle de sens p>0,5p>0{,}5 pour « au moins » ⇒\Rightarrow le seuil est en dessous de μ\mu.

L'erreur classique

⚠️ Oublier de retourner l'énoncé : chercher directement Φ(z)=0,975\Phi(z)=0{,}975 et trouver z=+1,96z=+1{,}96, donc t=1098t=1098.

Le contrôle de sens l'attrape immédiatement : garantir 10981098 heures alors que la moyenne est 10001000 signifierait que 97,5 %97{,}5\ \% des batteries dépassent une valeur supérieure à la moyenne. Impossible — au plus la moitié le peut.

⚠️ Confondre « au moins » et « au plus ». « Au moins tt heures » signifie X≥tX\geq t : le fabricant garantit un minimum. C'est bien la queue haute qui doit valoir 97,5 %97{,}5\ \%.

⚠️ Ajouter un signe moins en trop : écrire t=1000−(−1,96)×50=1098t=1000-(-1{,}96)\times 50=1098. Le zz est négatif ; la formule t=μ+zσt=\mu+z\sigma s'applique telle quelle.

⚠️ Répondre t=−1,96t=-1{,}96 ou t=1,96t=1{,}96. C'est le zz, pas la durée. La dé-réduction est obligatoire, et la réponse doit être en heures.

⚠️ Utiliser 1,6451{,}645 au lieu de 1,961{,}96. 1,6451{,}645 correspond à une queue de 5 %5\ \% ; ici la queue vaut 2,5 %2{,}5\ \%, donc 1,961{,}96. L'énoncé le fournit d'ailleurs explicitement.

⚠️ Ne pas vérifier l'ordre de grandeur. t=902t=902 est à 9898 heures sous la moyenne, soit environ 2σ2\sigma — cohérent avec une queue de 2,5 %2{,}5\ \%. Un résultat à 999999 ou à 500500 serait suspect.

À retenir
P(X≥t)=p ⟹ P(X≤t)=1−p ⟹ z ⟹ t=μ+zσP(X\geq t)=p \ \Longrightarrow\ P(X\leq t)=1-p \ \Longrightarrow\ z \ \Longrightarrow\ t=\mu+z\sigma

Retourner l'énoncé AVANT de lire la table : la table donne toujours « en dessous ».

Une probabilité inférieure à 0,50{,}5 donne un zz NÉGATIF, donc un seuil sous la moyenne. C'est le contrôle de sens le plus rapide.

t=μ+zσt=\mu+z\sigma avec le signe de zz inclus — ne pas doubler le moins.

1,961{,}96 laisse 2,5 %2{,}5\ \% dans une queue ; c'est le nombre des intervalles de confiance à 95 %95\ \%. 1,6451{,}645 en laisse 5 %5\ \%.

Réponse. t=1000−1,96×50=902t=1000-1{,}96\times 50=902 heures. (Recoupement : tt sous la moyenne 10001000, cohérent avec une garantie couvrant 97,5 %97{,}5\,\% des batteries ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Régler une machine : trouver l'écart-type

ApplicationDifficulté 3/5

Une ensacheuse produit des sacs dont la masse XX (en g) suit N(250;σ)\mathcal{N}(250;\sigma). On veut régler la machine pour que 97,5 %97{,}5\,\% des sacs pèsent au moins 240240 g. Quelle valeur maximale de σ\sigma faut-il obtenir ? (Utiliser Φ(1,96)=0,975\Phi(1{,}96)=0{,}975 ; arrondir au dixième.)

Indices (3)

La contrainte s'écrit P(X≥240)=0,975P(X\geq 240)=0{,}975, c'est-à-dire P(X≤240)=0,025P(X\leq 240)=0{,}025.

240−250σ=−1,96\dfrac{240-250}{\sigma}=-1{,}96 (quantile négatif : 240240 est sous la moyenne).

Isole σ\sigma.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

L'inconnue a changé de place : ce n'est plus une probabilité ni un seuil, c'est σ\sigma lui-même. C'est ce qui fait la difficulté — et l'intérêt industriel — de cet exercice.

La contrainte est la même qu'en E5 : 97,5 %97{,}5\ \% des sacs pèsent au moins 240240 g, donc

P(X≥240)=0,975⟺P(X≤240)=0,025⟺240−250σ=−1,96P(X\geq 240)=0{,}975 \quad\Longleftrightarrow\quad P(X\leq 240)=0{,}025 \quad\Longleftrightarrow\quad \frac{240-250}{\sigma}=-1{,}96

Et cette fois l'équation se résout en σ\sigma, qui est au dénominateur.

Pourquoi l'énoncé demande une valeur MAXIMALE. Plus σ\sigma est petit, plus la production est régulière, donc plus la contrainte est facile à satisfaire. Toutes les valeurs σ≤σmax⁡\sigma\leq\sigma_{\max} conviennent ; l'exercice cherche la borne.

⚠️ Conséquence sur l'arrondi, et c'est le point le plus fin : il faut arrondir par défaut. Arrondir 5,1025{,}102 vers le haut donnerait 5,25{,}2, qui viole la contrainte. C'est un cas où « arrondir au dixième » ne veut pas dire « au plus proche ».

La résolution

Étape 1 — traduire et retourner.

P(X≥240)=0,975⟹P(X≤240)=1−0,975=0,025P(X\geq 240)=0{,}975 \quad\Longrightarrow\quad P(X\leq 240)=1-0{,}975=0{,}025

Étape 2 — centrer-réduire, en gardant σ\sigma comme inconnue.

Φ ⁣(240−250σ)=0,025\Phi\!\left(\frac{240-250}{\sigma}\right)=0{,}025

Comme Φ(−1,96)=1−Φ(1,96)=0,025\Phi(-1{,}96)=1-\Phi(1{,}96)=0{,}025 :

240−250σ=−1,96⟺−10σ=−1,96\frac{240-250}{\sigma}=-1{,}96 \quad\Longleftrightarrow\quad \frac{-10}{\sigma}=-1{,}96

Étape 3 — résoudre en σ\sigma. On multiplie par σ\sigma (positif) et on divise par −1,96-1{,}96 :

σ=−10−1,96=101,96=5,1020…\sigma=\frac{-10}{-1{,}96}=\frac{10}{1{,}96}=5{,}1020\ldots

Étape 4 — traduire en contrainte. L'égalité correspond au cas limite. Un σ\sigma plus petit resserre la production et satisfait encore la contrainte, donc

σ≤5,102\sigma\leq 5{,}102
σmax⁡≈5,1 g\boxed{\sigma_{\max}\approx 5{,}1\ \text{g}}

Pourquoi 5,15{,}1 et pas 5,25{,}2 — le contrôle qui tranche :

σ\sigma z=10σz=\dfrac{10}{\sigma} ≥1,96\geq 1{,}96 ?
5,15{,}1 1,96081{,}9608 oui ✓
5,25{,}2 1,92311{,}9231 non ✗

Avec σ=5,2\sigma=5{,}2, moins de 97,5 %97{,}5\ \% des sacs atteindraient 240240 g : la contrainte serait violée. Sur un maximum, on arrondit toujours par défaut.

Lecture industrielle. La machine doit être réglée pour que l'écart-type ne dépasse pas 5,15{,}1 g. Concrètement, presque tous les sacs (à ±3σ\pm 3\sigma) pèseront alors entre 235235 et 265265 g environ (250±15,3250\pm 15{,}3).

Rappel de cours

Résoudre en σ\sigma

a−μσ=z⟹σ=a−μz\frac{a-\mu}{\sigma}=z \quad\Longrightarrow\quad \sigma=\frac{a-\mu}{z}
L'inconnue est au dénominateur : on multiplie en croix. Vérifier ensuite que σ>0\sigma>0, sinon un signe a été perdu.

Le sens de la contrainte

ce que l'énoncé impose conséquence sur σ\sigma arrondi
une proportion minimale dans un intervalle contenant μ\mu σ\sigma majoré par défaut
une proportion maximale hors d'un intervalle contenant μ\mu σ\sigma majoré par défaut

⚠️ Un maximum s'arrondit toujours par défaut, un minimum par excès. Arrondir « au plus proche » peut violer la contrainte, et c'est précisément ce que l'exercice teste.

Le contrôle qui tranche Reporter la valeur arrondie dans la contrainte et vérifier qu'elle est encore satisfaite. Ici 105,1=1,96\dfrac{10}{5{,}1}=1{,}96 ✓ mais 105,2=1,92\dfrac{10}{5{,}2}=1{,}92 ✗

Plus σ\sigma est petit, meilleure est la production σ\sigma mesure la dispersion : une machine bien réglée a un σ\sigma faible. Toute la logique du contrôle qualité tient dans cette phrase.

Les seuils

Φ(1,96)=0,975Φ(1,645)=0,95Φ(2,58)=0,995\Phi(1{,}96)=0{,}975 \qquad \Phi(1{,}645)=0{,}95 \qquad \Phi(2{,}58)=0{,}995

L'erreur classique

⚠️ Arrondir 5,1025{,}102 à 5,25{,}2 par excès, ou « au plus proche » sans réfléchir. Ici l'arrondi au plus proche donne heureusement 5,15{,}1, mais le raisonnement doit être explicite : c'est un maximum, donc on arrondit par défaut.

Le contrôle définitif : reporter la valeur dans la contrainte. 105,2=1,92<1,96\dfrac{10}{5{,}2}=1{,}92<1{,}96 ✗

⚠️ Multiplier au lieu de diviser : écrire σ=10×1,96=19,6\sigma=10\times 1{,}96=19{,}6. L'inconnue est au dénominateur.

Le contrôle : avec σ=19,6\sigma=19{,}6, le seuil 240240 ne serait qu'à 0,510{,}51 écart-type de la moyenne, et 69 %69\ \% seulement des sacs dépasseraient 240240 g — loin des 97,5 %97{,}5\ \% demandés.

⚠️ Oublier de retourner l'énoncé et poser 240−250σ=+1,96\dfrac{240-250}{\sigma}=+1{,}96, ce qui donne σ=−5,1\sigma=-5{,}1. Un écart-type négatif est impossible : c'est le signal d'une erreur de sens.

⚠️ Confondre le rôle de μ\mu et de σ\sigma. Ici μ=250\mu=250 est fixé par l'énoncé ; c'est la dispersion qu'on règle. Chercher à déplacer μ\mu serait répondre à une autre question.

⚠️ Ne pas justifier que c'est un maximum. L'énoncé demande « la valeur maximale » : la réponse doit expliquer que tout σ\sigma plus petit convient aussi, sans quoi le raisonnement est incomplet.

⚠️ Utiliser 1,6451{,}645. La queue vaut 2,5 %2{,}5\ \%, donc 1,961{,}96. Avec 1,6451{,}645 on trouverait σ≤6,08\sigma\leq 6{,}08, une contrainte trop lâche.

À retenir
a−μσ=z⟹σ=a−μz\frac{a-\mu}{\sigma}=z \quad\Longrightarrow\quad \sigma=\frac{a-\mu}{z}

Quand σ\sigma est l'inconnue, elle est au dénominateur : on divise, on ne multiplie pas. Un σ\sigma négatif signale une erreur de sens.

Un MAXIMUM s'arrondit par défaut. Arrondir au plus proche peut violer la contrainte — le contrôle est de reporter la valeur arrondie et de vérifier.

Justifier le sens de l'inégalité : tout σ\sigma plus petit convient, donc 5,15{,}1 est bien un maximum. C'est ce raisonnement qui est noté.

Petit σ\sigma = production régulière. C'est la grandeur sur laquelle on agit en contrôle qualité, μ\mu étant fixé par le cahier des charges.

Réponse. σ=101,96≈5,1\sigma=\dfrac{10}{1{,}96}\approx 5{,}1 g (valeur maximale). (Recoupement : avec σ=5,1\sigma=5{,}1, 240−2505,1≈−1,96\frac{240-250}{5{,}1}\approx -1{,}96 donc P(X≥240)≈0,975P(X\geq 240)\approx 0{,}975 ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

S'entraîner davantage sur probabilités & statistiques

12 exercices d'entraînement supplémentaires sur ce chapitre, plus le palier approfondissement, les quiz, le tuteur IA et les PDF à imprimer — dans l'app Maths Post-Bac.