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Exercices corrigés — Systèmes différentiels & stabilité

Analyse · 18 exercices-types du palier socle

L2L3Maths ingénieur

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Revoir le cours : Systèmes différentiels & stabilité Définitions, méthodes et exemples corrigés du chapitre.

Système 2×2, valeurs propres réelles

CalculDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=AX⃗\vec X\,'=A\vec X avec A=(1221)A=\begin{pmatrix}1&2\\2&1\end{pmatrix}.

Indices (3)

Valeurs propres : det⁡(A−λI)=0\det(A-\lambda I)=0, soit (1−λ)2−4=0(1-\lambda)^2-4=0.

Vecteurs propres pour chaque λ\lambda.

Solution générale X⃗=c1eλ1tv⃗1+c2eλ2tv⃗2\vec X=c_1e^{\lambda_1t}\vec v_1+c_2e^{\lambda_2t}\vec v_2.

Correction détaillée
La methode : DIAGONALISER, c'est DECOUPLER

👉 Le système X⃗ ′=AX⃗\vec X\,'=A\vec X couple les deux inconnues : x1′x_1' dépend de x2x_2 et réciproquement. On ne peut pas les résoudre séparément.

L’idee : se placer dans la base des VECTEURS PROPRES, ou le systeme se DECOUPLE\boxed{\text{L'idee : se placer dans la base des VECTEURS PROPRES, ou le systeme se DECOUPLE}}

👉 Pourquoi ça marche. Si Av⃗=λv⃗A\vec v=\lambda\vec v, alors X⃗(t)=eλtv⃗\vec X(t)=e^{\lambda t}\vec v est solution :

X⃗ ′=λeλtv⃗=eλt(λv⃗)=eλtAv⃗=AX⃗ ✓\vec X\,'=\lambda e^{\lambda t}\vec v=e^{\lambda t}(\lambda\vec v)=e^{\lambda t}A\vec v=A\vec X\ \checkmark

👉 Chaque vecteur propre donne UNE solution, et deux valeurs propres distinctes en donnent deux indépendantes — donc toutes, l'espace des solutions d'un système 2×22\times 2 étant de dimension 22.

X⃗(t)=C1eλ1tv⃗1+C2eλ2tv⃗2\boxed{\vec X(t)=C_1e^{\lambda_1t}\vec v_1+C_2e^{\lambda_2t}\vec v_2}

⚠️ Cette formule suppose λ1≠λ2\lambda_1\neq\lambda_2 — ou du moins une base de vecteurs propres. Le cas défectueux fait l'objet de D1.

Les valeurs propres
A=(1221).A=\begin{pmatrix}1&2\\ 2&1\end{pmatrix}.

👉 Le polynôme caractéristique, qu'on obtient sans calcul de déterminant grâce à trace et déterminant :

tr⁡A=1+1=2,det⁡A=1×1−2×2=−3.\operatorname{tr}A=1+1=2,\qquad \det A=1\times 1-2\times 2=-3.
χ(λ)=λ2−(tr⁡A)λ+det⁡A=λ2−2λ−3.\chi(\lambda)=\lambda^2-(\operatorname{tr}A)\lambda+\det A=\lambda^2-2\lambda-3.

👉 Factorisons : λ2−2λ−3=(λ−3)(λ+1)\lambda^2-2\lambda-3=(\lambda-3)(\lambda+1).

λ1=−1,λ2=3\boxed{\lambda_1=-1,\qquad \lambda_2=3}

👉 CONTRÔLE immédiat, et il ne coûte rien :

somme produit
valeurs propres −1+3=2-1+3=2 −1×3=−3-1\times 3=-3
matrice tr⁡A=2\operatorname{tr}A=2 ✓ det⁡A=−3\det A=-3 ✓

👉 C'est le contrôle à faire systématiquement : la somme des valeurs propres est la trace, leur produit le déterminant. Une erreur de signe s'y voit tout de suite.

⚠️ det⁡A<0\det A<0 signale déjà un COL (C2) : les deux valeurs propres sont de signes opposés.

Les vecteurs propres

Pour λ1=−1\lambda_1=-1, résolvons (A+I)v⃗=0⃗(A+I)\vec v=\vec 0 :

(2222)(ab)=(00)⟺2a+2b=0⟺b=−a.\begin{pmatrix}2&2\\ 2&2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}a\\ b\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\ 0\end{pmatrix}\quad\Longleftrightarrow\quad 2a+2b=0\quad\Longleftrightarrow\quad b=-a.
v⃗1=(−11)(ou tout multiple non nul).\vec v_1=\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}\qquad\text{(ou tout multiple non nul).}

Pour λ2=3\lambda_2=3, résolvons (A−3I)v⃗=0⃗(A-3I)\vec v=\vec 0 :

(−222−2)(ab)=0⃗⟺−2a+2b=0⟺b=a.\begin{pmatrix}-2&2\\ 2&-2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}a\\ b\end{pmatrix}=\vec 0\quad\Longleftrightarrow\quad -2a+2b=0\quad\Longleftrightarrow\quad b=a.
v⃗2=(11).\vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.

👉 CONTRÔLE — appliquer AA et vérifier qu'on retombe sur un multiple :

A(−11)=(−1+2−2+1)=(1−1)=−1⋅(−11) ✓A\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1+2\\ -2+1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\ -1\end{pmatrix}=-1\cdot\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}\ \checkmark
A(11)=(1+22+1)=(33)=3⋅(11) ✓A\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1+2\\ 2+1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\ 3\end{pmatrix}=3\cdot\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}\ \checkmark

👉 Deux lignes de calcul mental qui valident tout ce qui précède — trace, déterminant, factorisation, résolution.

La solution generale, et ce qu'elle raconte
X⃗(t)=C1e−t(−11)+C2e3t(11)\boxed{\vec X(t)=C_1e^{-t}\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}+C_2e^{3t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}}

Composante par composante :

x1(t)=−C1e−t+C2e3t,x2(t)=C1e−t+C2e3t.x_1(t)=-C_1e^{-t}+C_2e^{3t},\qquad x_2(t)=C_1e^{-t}+C_2e^{3t}.

👉 CONTRÔLE par substitution. Dérivons x1x_1 :

x1′=C1e−t+3C2e3t.x_1'=C_1e^{-t}+3C_2e^{3t}.

Et calculons x1+2x2x_1+2x_2, qui doit valoir la même chose :

(−C1e−t+C2e3t)+2(C1e−t+C2e3t)=C1e−t+3C2e3t ✓\left(-C_1e^{-t}+C_2e^{3t}\right)+2\left(C_1e^{-t}+C_2e^{3t}\right)=C_1e^{-t}+3C_2e^{3t}\ \checkmark

👉 Le comportement en temps long est GOUVERNÉ par la plus grande valeur propre :

direction valeur propre comportement
v⃗1=(−1,1)\vec v_1=(-1,1) −1<0-1<0 s'écrase vers l'origine
v⃗2=(1,1)\vec v_2=(1,1) 3>03>0 s'échappe à l'infini
l’origine est un COL (point selle) — INSTABLE\boxed{\text{l'origine est un COL (point selle) — INSTABLE}}

👉 Sauf si C2=0C_2=0 exactement, toute trajectoire finit par suivre la direction (1,1)(1,1) : le terme e3te^{3t} écrase le e−te^{-t}.

👉 Les deux droites propres sont les SÉPARATRICES du portrait de phase — l'une attire, l'autre repousse, et elles découpent le plan en quatre régions.

ℹ️ C'est exactement la forme du portrait qu'on étudie en C2, et c'est la structure de tout col.

Réponse. X⃗(t)=c1e3t(11)+c2e−t(1−1)\vec X(t)=c_1e^{3t}\binom11+c_2e^{-t}\binom1{-1}. (Recoupement : X⃗ ′=3c1e3t(11)−c2e−t(1−1)=AX⃗\vec X\,'=3c_1e^{3t}\binom11-c_2e^{-t}\binom1{-1}=A\vec X ✓ ; vp de signes opposés → ce sera un col, cf. exo C2)
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D'une équation d'ordre 2 à un système

CalculDifficulté 3/5

Écrire y′′+3y′+2y=0y''+3y'+2y=0 comme système X⃗ ′=AX⃗\vec X\,'=A\vec X (avec x1=yx_1=y, x2=y′x_2=y'), puis le résoudre.

Indices (3)

x1′=x2x_1'=x_2 et x2′=y′′=−3y′−2y=−2x1−3x2x_2'=y''=-3y'-2y=-2x_1-3x_2.

La matrice est (01−2−3)\begin{pmatrix}0&1\\-2&-3\end{pmatrix}.

Valeurs propres = racines de λ2+3λ+2=0\lambda^2+3\lambda+2=0.

Correction détaillée
Le passage d'ordre 2 a un systeme d'ordre 1
Poser x1=y,x2=y′ ramene TOUTE equation d’ordre n a un systeme d’ordre 1\boxed{\text{Poser}\ x_1=y,\quad x_2=y'\ \text{ramene TOUTE equation d'ordre}\ n\ \text{a un systeme d'ordre}\ 1}

👉 La première équation est gratuite : x1′=y′=x2x_1'=y'=x_2.

👉 La seconde vient de l'équation, en isolant y′′y'' :

y′′+3y′+2y=0⟹y′′=−3y′−2y,y''+3y'+2y=0\quad\Longrightarrow\quad y''=-3y'-2y,
x2′=y′′=−2x1−3x2.x_2'=y''=-2x_1-3x_2.
X⃗ ′=(01−2−3)X⃗\boxed{\vec X\,'=\begin{pmatrix}0&1\\ -2&-3\end{pmatrix}\vec X}

👉 La matrice a une forme très reconnaissable — c'est la matrice compagnon de l'équation :

y′′+py′+qy=0⟹A=(01−q−p).y''+py'+qy=0\qquad\Longrightarrow\qquad A=\begin{pmatrix}0&1\\ -q&-p\end{pmatrix}.

⚠️ Attention à l'ordre et aux signes : la dernière ligne porte −q-q puis −p-p, et non l'inverse. Le contrôle du §2 le vérifie.

Les valeurs propres SONT les racines de l'equation caracteristique
tr⁡A=0+(−3)=−3,det⁡A=0×(−3)−1×(−2)=2.\operatorname{tr}A=0+(-3)=-3,\qquad \det A=0\times(-3)-1\times(-2)=2.
χ(λ)=λ2+3λ+2.\chi(\lambda)=\lambda^2+3\lambda+2.

👉 C'est EXACTEMENT l'équation caractéristique de y′′+3y′+2y=0y''+3y'+2y=0, celle qu'on écrirait directement en posant y=erty=e^{rt} :

r2+3r+2=0.r^2+3r+2=0.
les valeurs propres de la matrice compagnon SONT les racines caracteristiques\boxed{\text{les valeurs propres de la matrice compagnon SONT les racines caracteristiques}}

👉 Ce n'est pas une coïncidence, c'est un théorème — et il vaut à tout ordre.

Factorisons : λ2+3λ+2=(λ+1)(λ+2)\lambda^2+3\lambda+2=(\lambda+1)(\lambda+2).

λ1=−1,λ2=−2\boxed{\lambda_1=-1,\qquad \lambda_2=-2}

Contrôle : somme −3=tr⁡A-3=\operatorname{tr}A ✓, produit 2=det⁡A2=\det A ✓

Les vecteurs propres, et leur forme particuliere

Pour λ1=−1\lambda_1=-1 : (A+I)v⃗=0⃗(A+I)\vec v=\vec 0, soit

(11−2−2)v⃗=0⃗⟺a+b=0.\begin{pmatrix}1&1\\ -2&-2\end{pmatrix}\vec v=\vec 0\quad\Longleftrightarrow\quad a+b=0.
v⃗1=(1−1).\vec v_1=\begin{pmatrix}1\\ -1\end{pmatrix}.

Pour λ2=−2\lambda_2=-2 : (A+2I)v⃗=0⃗(A+2I)\vec v=\vec 0, soit

(21−2−1)v⃗=0⃗⟺2a+b=0.\begin{pmatrix}2&1\\ -2&-1\end{pmatrix}\vec v=\vec 0\quad\Longleftrightarrow\quad 2a+b=0.
v⃗2=(1−2).\vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ -2\end{pmatrix}.

👉 Les vecteurs propres d'une matrice compagnon ont TOUJOURS la forme (1λ)\begin{pmatrix}1\\ \lambda\end{pmatrix}, et c'est logique :

X⃗=(yy′)=(eλtλeλt)=eλt(1λ).\vec X=\begin{pmatrix}y\\ y'\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}e^{\lambda t}\\ \lambda e^{\lambda t}\end{pmatrix}=e^{\lambda t}\begin{pmatrix}1\\ \lambda\end{pmatrix}.

Vérifions : v⃗1=(1,−1)\vec v_1=(1,-1) avec λ1=−1\lambda_1=-1 ✓, et v⃗2=(1,−2)\vec v_2=(1,-2) avec λ2=−2\lambda_2=-2 ✓

👉 Ce contrôle est instantané et attrape toute erreur de résolution.

La solution, et le retour a l'equation d'origine
X⃗(t)=C1e−t(1−1)+C2e−2t(1−2).\vec X(t)=C_1e^{-t}\begin{pmatrix}1\\ -1\end{pmatrix}+C_2e^{-2t}\begin{pmatrix}1\\ -2\end{pmatrix}.

👉 La PREMIÈRE composante est yy, donc

y(t)=C1e−t+C2e−2t\boxed{y(t)=C_1e^{-t}+C_2e^{-2t}}

👉 C'est exactement ce que donne la méthode classique de terminale : racines −1-1 et −2-2, solution C1er1t+C2er2tC_1e^{r_1t}+C_2e^{r_2t} ✓

👉 Et la seconde composante est bien y′y' :

y′(t)=−C1e−t−2C2e−2t ✓y'(t)=-C_1e^{-t}-2C_2e^{-2t}\ \checkmark

— c'est la seconde ligne du vecteur, au signe près déjà porté par les vecteurs propres.

👉 Le comportement : les deux valeurs propres sont négatives, donc

X⃗(t) →t→+∞ 0⃗.\vec X(t)\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ \vec 0.
l’origine est un NOEUD STABLE — toutes les trajectoires y convergent\boxed{\text{l'origine est un NOEUD STABLE — toutes les trajectoires y convergent}}

👉 Et le terme e−te^{-t} domine (il décroît moins vite que e−2te^{-2t}) : en temps long, les trajectoires arrivent à l'origine tangentiellement à la direction (1,−1)(1,-1).

⚠️ Pourquoi passer par un système si la méthode classique suffit ? Trois raisons :

raison où ça compte
le portrait de phase (y,y′)(y,y') devient lisible C3, D6
plusieurs équations couplées se traitent pareil E6
la linéarisation d'un système non linéaire y ramène D3, D4, D5

ℹ️ Et c'est aussi la forme qu'attendent tous les intégrateurs numériques : solve_ivp ne sait résoudre que des systèmes d'ordre 11, jamais une équation d'ordre 22 directement.

Réponse. y=c1e−t+c2e−2ty=c_1e^{-t}+c_2e^{-2t}. (Recoupement : c'est exactement la solution de y′′+3y′+2y=0y''+3y'+2y=0 par l'équation caractéristique du chapitre Équations différentielles — le système redonne le scalaire ✓)
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Système non symétrique

CalculDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=AX⃗\vec X\,'=A\vec X avec A=(4−211)A=\begin{pmatrix}4&-2\\1&1\end{pmatrix}.

Indices (3)

det⁡(A−λI)=λ2−5λ+6\det(A-\lambda I)=\lambda^2-5\lambda+6.

Racines λ=2,3\lambda=2,3.

Vecteurs propres puis combinaison.

Correction détaillée
Les valeurs propres
A=(4−211).A=\begin{pmatrix}4&-2\\ 1&1\end{pmatrix}.
tr⁡A=4+1=5,det⁡A=4×1−(−2)×1=4+2=6.\operatorname{tr}A=4+1=5,\qquad \det A=4\times 1-(-2)\times 1=4+2=6.

⚠️ Attention au signe du produit croisé : −(−2)×1=+2-(-2)\times 1=+2. C'est l'erreur la plus fréquente sur un déterminant 2×22\times 2 à coefficients négatifs.

χ(λ)=λ2−5λ+6=(λ−2)(λ−3).\chi(\lambda)=\lambda^2-5\lambda+6=(\lambda-2)(\lambda-3).
λ1=2,λ2=3\boxed{\lambda_1=2,\qquad \lambda_2=3}

Contrôle : somme 2+3=5=tr⁡A2+3=5=\operatorname{tr}A ✓, produit 2×3=6=det⁡A2\times 3=6=\det A ✓

👉 Le discriminant vaut 25−24=1>025-24=1>0 : deux valeurs propres réelles distinctes, et toutes deux positives.

⚠️ La matrice n'est PAS symétrique (a12=−2≠1=a21a_{12}=-2\neq 1=a_{21}), donc rien ne garantissait a priori des valeurs propres réelles. Ici elles le sont, mais c'est un fait à constater, pas une propriété acquise.

Les vecteurs propres

Pour λ1=2\lambda_1=2 : (A−2I)v⃗=0⃗(A-2I)\vec v=\vec 0.

(2−21−1)(ab)=0⃗.\begin{pmatrix}2&-2\\ 1&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}a\\ b\end{pmatrix}=\vec 0.

👉 Les deux lignes sont proportionnelles — c'est normal, la matrice A−λIA-\lambda I est singulière par construction. La seconde donne

a−b=0⟺b=a,v⃗1=(11).a-b=0\quad\Longleftrightarrow\quad b=a,\qquad \vec v_1=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.

Pour λ2=3\lambda_2=3 : (A−3I)v⃗=0⃗(A-3I)\vec v=\vec 0.

(1−21−2)(ab)=0⃗⟺a=2b,v⃗2=(21).\begin{pmatrix}1&-2\\ 1&-2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}a\\ b\end{pmatrix}=\vec 0\quad\Longleftrightarrow\quad a=2b,\qquad \vec v_2=\begin{pmatrix}2\\ 1\end{pmatrix}.

👉 CONTRÔLE par application de AA :

A(11)=(4−21+1)=(22)=2(11) ✓A\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4-2\\ 1+1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\ 2\end{pmatrix}=2\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}\ \checkmark
A(21)=(8−22+1)=(63)=3(21) ✓A\begin{pmatrix}2\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}8-2\\ 2+1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}6\\ 3\end{pmatrix}=3\begin{pmatrix}2\\ 1\end{pmatrix}\ \checkmark

⚠️ Si les deux lignes de A−λIA-\lambda I N'ÉTAIENT PAS proportionnelles, ce serait le signe d'une erreur sur λ\lambda — la matrice serait inversible et le seul vecteur solution serait 0⃗\vec 0.

La solution generale
X⃗(t)=C1e2t(11)+C2e3t(21)\boxed{\vec X(t)=C_1e^{2t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}+C_2e^{3t}\begin{pmatrix}2\\ 1\end{pmatrix}}

Composante par composante :

x1(t)=C1e2t+2C2e3t,x2(t)=C1e2t+C2e3t.x_1(t)=C_1e^{2t}+2C_2e^{3t},\qquad x_2(t)=C_1e^{2t}+C_2e^{3t}.

👉 CONTRÔLE par substitution dans la SECONDE équation — x2′=x1+x2x_2'=x_1+x_2 :

x2′=2C1e2t+3C2e3t.x_2'=2C_1e^{2t}+3C_2e^{3t}.
x1+x2=(C1e2t+2C2e3t)+(C1e2t+C2e3t)=2C1e2t+3C2e3t ✓x_1+x_2=\left(C_1e^{2t}+2C_2e^{3t}\right)+\left(C_1e^{2t}+C_2e^{3t}\right)=2C_1e^{2t}+3C_2e^{3t}\ \checkmark

👉 Vérifier sur la seconde équation plutôt que la première n'est pas un détail : elle n'a servi à rien dans la résolution (on a utilisé une seule ligne par vecteur propre), donc elle constitue un contrôle indépendant.

👉 Et la première, pour être complet — x1′=4x1−2x2x_1'=4x_1-2x_2 :

x1′=2C1e2t+6C2e3t,x_1'=2C_1e^{2t}+6C_2e^{3t},
4x1−2x2=4C1e2t+8C2e3t−2C1e2t−2C2e3t=2C1e2t+6C2e3t ✓4x_1-2x_2=4C_1e^{2t}+8C_2e^{3t}-2C_1e^{2t}-2C_2e^{3t}=2C_1e^{2t}+6C_2e^{3t}\ \checkmark
La nature de l'equilibre
grandeur valeur lecture
tr⁡A\operatorname{tr}A 5>05>0 instable
det⁡A\det A 6>06>0 pas un col
Δ=(tr⁡)2−4det⁡\Delta=(\operatorname{tr})^2-4\det 1>01>0 nœud (pas un foyer)
l’origine est un NOEUD INSTABLE — toutes les trajectoires s’en eloignent\boxed{\text{l'origine est un NOEUD INSTABLE — toutes les trajectoires s'en eloignent}}

👉 Les deux valeurs propres sont positives, donc ∥X⃗(t)∥→+∞\lVert\vec X(t)\rVert\to+\infty pour toute condition initiale non nulle.

👉 La direction dominante est celle de la PLUS GRANDE valeur propre — ici λ2=3\lambda_2=3, donc v⃗2=(2,1)\vec v_2=(2,1).

x1(t)x2(t)=C1e2t+2C2e3tC1e2t+C2e3t →t→+∞ 2(si C2≠0).\frac{x_1(t)}{x_2(t)}=\frac{C_1e^{2t}+2C_2e^{3t}}{C_1e^{2t}+C_2e^{3t}}\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ 2\qquad\text{(si}\ C_2\neq 0\text{)}.

👉 Le rapport tend vers 22, c'est-à-dire vers la pente de v⃗2\vec v_2 ✓ — les trajectoires deviennent parallèles à cette direction.

👉 Et en remontant le temps (t→−∞t\to-\infty), c'est la plus PETITE valeur propre qui domine : les trajectoires quittent l'origine tangentiellement à v⃗1=(1,1)\vec v_1=(1,1).

quitte l’origine selon v⃗λ min,part a l’infini selon v⃗λ max\boxed{\text{quitte l'origine selon}\ \vec v_{\lambda\ \text{min}},\quad \text{part a l'infini selon}\ \vec v_{\lambda\ \text{max}}}

ℹ️ En renversant le sens du temps, un nœud instable devient un nœud stable — les portraits de phase sont les mêmes, flèches inversées.

Réponse. X⃗(t)=c1e2t(11)+c2e3t(21)\vec X(t)=c_1e^{2t}\binom11+c_2e^{3t}\binom21. (Recoupement : tr⁡A=5=λ1+λ2\operatorname{tr}A=5=\lambda_1+\lambda_2 et det⁡A=6=λ1λ2\det A=6=\lambda_1\lambda_2 ✓)
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Problème de Cauchy (vp réelles)

ApplicationDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=(1221)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}1&2\\2&1\end{pmatrix}\vec X avec X⃗(0)=(13)\vec X(0)=\binom13.

Indices (3)

Solution générale connue (exo A1) : c1e3t(11)+c2e−t(1−1)c_1e^{3t}\binom11+c_2e^{-t}\binom1{-1}.

Imposer t=0t=0 : c1(11)+c2(1−1)=(13)c_1\binom11+c_2\binom1{-1}=\binom13.

Résoudre c1+c2=1c_1+c_2=1, c1−c2=3c_1-c_2=3.

Correction détaillée
La solution generale est deja connue

👉 La matrice est celle d'A1, dont on a certifié les éléments propres :

A=(1221),λ1=−1 avec v⃗1=(−11),λ2=3 avec v⃗2=(11).A=\begin{pmatrix}1&2\\ 2&1\end{pmatrix},\qquad \lambda_1=-1\ \text{avec}\ \vec v_1=\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix},\qquad \lambda_2=3\ \text{avec}\ \vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.
X⃗(t)=C1e−t(−11)+C2e3t(11).\vec X(t)=C_1e^{-t}\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}+C_2e^{3t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.

👉 Résoudre un problème de Cauchy, c'est DÉCOMPOSER la condition initiale sur la base propre.

X⃗(0)=C1v⃗1+C2v⃗2\boxed{\vec X(0)=C_1\vec v_1+C_2\vec v_2}

👉 En t=0t=0 toutes les exponentielles valent 11 : le système à résoudre est purement algébrique.

Determiner $C_1$ et $C_2$
C1(−11)+C2(11)=(13).C_1\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}+C_2\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\ 3\end{pmatrix}.

Soit le système :

{−C1+C2=1C1+C2=3\begin{cases}-C_1+C_2=1\\ C_1+C_2=3\end{cases}

👉 Additionnons les deux lignes — C1C_1 disparaît :

2C2=4⟹C2=2.2C_2=4\quad\Longrightarrow\quad C_2=2.

👉 Puis la seconde ligne donne C1=3−2=1C_1=3-2=1.

C1=1,C2=2\boxed{C_1=1,\qquad C_2=2}

Contrôle : 1×(−1,1)+2×(1,1)=(−1+2, 1+2)=(1,3)1\times(-1,1)+2\times(1,1)=(-1+2,\ 1+2)=(1,3) ✓

X⃗(t)=e−t(−11)+2e3t(11)\boxed{\vec X(t)=e^{-t}\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}+2e^{3t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}}

Explicitement :

x1(t)=−e−t+2e3t,x2(t)=e−t+2e3t.x_1(t)=-e^{-t}+2e^{3t},\qquad x_2(t)=e^{-t}+2e^{3t}.
Les deux controles

1. La condition initiale. En t=0t=0 :

x1(0)=−1+2=1 ✓,x2(0)=1+2=3 ✓x_1(0)=-1+2=1\ \checkmark,\qquad x_2(0)=1+2=3\ \checkmark

2. Le système, sur la première équation x1′=x1+2x2x_1'=x_1+2x_2 :

x1′=e−t+6e3t.x_1'=e^{-t}+6e^{3t}.
x1+2x2=(−e−t+2e3t)+2(e−t+2e3t)=e−t+6e3t ✓x_1+2x_2=\left(-e^{-t}+2e^{3t}\right)+2\left(e^{-t}+2e^{3t}\right)=e^{-t}+6e^{3t}\ \checkmark

Et sur la seconde, x2′=2x1+x2x_2'=2x_1+x_2 :

x2′=−e−t+6e3t,x_2'=-e^{-t}+6e^{3t},
2x1+x2=−2e−t+4e3t+e−t+2e3t=−e−t+6e3t ✓2x_1+x_2=-2e^{-t}+4e^{3t}+e^{-t}+2e^{3t}=-e^{-t}+6e^{3t}\ \checkmark

👉 Les DEUX contrôles sont nécessaires : la condition initiale seule ne dit rien du système, et le système seul ne fixe pas les constantes.

Quelques valeurs, pour voir la trajectoire :

tt x1x_1 x2x_2 x1/x2x_1/x_2
00 11 33 0,3330{,}333
0,50{,}5 8,358{,}35 9,569{,}56 0,8730{,}873
11 39,839{,}8 40,540{,}5 0,9820{,}982
22 806,7806{,}7 807,0807{,}0 0,999660{,}99966

👉 Le rapport tend vers 11 — la trajectoire s'aligne sur v⃗2=(1,1)\vec v_2=(1,1), la direction instable ✓

Ce que la condition initiale decide, et ce qu'elle ne decide PAS

👉 Ici C2=2≠0C_2=2\neq 0, donc le terme explosif e3te^{3t} est présent et la trajectoire part à l'infini.

∥X⃗(t)∥ →t→+∞ +∞\boxed{\lVert\vec X(t)\rVert\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ +\infty}

⚠️⚠️ Mais il existe des conditions initiales qui convergent vers 00 — celles portées par v⃗1\vec v_1.

X⃗(0)\vec X(0) C1C_1 C2C_2 comportement
(1,3)(1,3) 11 22 explose
(−1,1)(-1,1) 11 0\mathbf 0 converge vers 0⃗\vec 0
(−5,5)(-5,5) 55 0\mathbf 0 converge vers 0⃗\vec 0
(1,1)(1,1) 00 11 explose

👉 La droite engendrée par v⃗1\vec v_1 est la SÉPARATRICE STABLE : c'est l'ensemble — de mesure nulle — des conditions initiales dont la trajectoire rejoint l'origine.

⚠️ Et cette convergence est INSTABLE au sens propre : la moindre perturbation transversale rend C2≠0C_2\neq 0, et la trajectoire finit par s'échapper.

un col a des trajectoires qui convergent, et reste INSTABLE\boxed{\text{un col a des trajectoires qui convergent, et reste INSTABLE}}

👉 C'est la nuance que le mot « stable » recouvre : la stabilité exige que toutes les trajectoires voisines restent proches, pas seulement certaines.

ℹ️ En dimension supérieure, ces séparatrices deviennent les variétés stable et instable, et leur intersection transverse est le point de départ de la théorie du chaos.

Réponse. X⃗(t)=2e3t(11)−e−t(1−1)\vec X(t)=2e^{3t}\binom11-e^{-t}\binom1{-1}. (Recoupement : X⃗(0)=2(11)−(1−1)=(13)\vec X(0)=2\binom11-\binom1{-1}=\binom13 ✓)
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Matrice symétrique

CalculDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=AX⃗\vec X\,'=A\vec X avec A=(3113)A=\begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix}.

Indices (3)

Matrice symétrique : vp réelles, vecteurs propres orthogonaux.

(3−λ)2−1=0(3-\lambda)^2-1=0.

λ=4\lambda=4 et λ=2\lambda=2.

Correction détaillée
Les valeurs propres
A=(3113).A=\begin{pmatrix}3&1\\ 1&3\end{pmatrix}.

👉 La matrice est SYMÉTRIQUE, ce qui garantit d'avance deux propriétés :

propriété conséquence
valeurs propres RÉELLES ni foyer, ni centre — jamais d'oscillation
vecteurs propres ORTHOGONAUX la base propre est un repère rectangulaire
tr⁡A=6,det⁡A=9−1=8.\operatorname{tr}A=6,\qquad \det A=9-1=8.
χ(λ)=λ2−6λ+8=(λ−2)(λ−4).\chi(\lambda)=\lambda^2-6\lambda+8=(\lambda-2)(\lambda-4).
λ1=2,λ2=4\boxed{\lambda_1=2,\qquad \lambda_2=4}

Contrôle : 2+4=6=tr⁡A2+4=6=\operatorname{tr}A ✓, 2×4=8=det⁡A2\times 4=8=\det A ✓

👉 Astuce propre aux matrices (abba)\begin{pmatrix}a&b\\ b&a\end{pmatrix} : leurs valeurs propres sont toujours a+ba+b et a−ba-b, avec les vecteurs (1,1)(1,1) et (−1,1)(-1,1).

Vérifions : 3+1=43+1=4 ✓ et 3−1=23-1=2 ✓ — sans aucun calcul de déterminant.

Les vecteurs propres, et leur orthogonalite

Pour λ1=2\lambda_1=2 : (A−2I)v⃗=0⃗(A-2I)\vec v=\vec 0.

(1111)v⃗=0⃗⟺a+b=0,v⃗1=(−11).\begin{pmatrix}1&1\\ 1&1\end{pmatrix}\vec v=\vec 0\quad\Longleftrightarrow\quad a+b=0,\qquad \vec v_1=\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}.

Pour λ2=4\lambda_2=4 : (A−4I)v⃗=0⃗(A-4I)\vec v=\vec 0.

(−111−1)v⃗=0⃗⟺a=b,v⃗2=(11).\begin{pmatrix}-1&1\\ 1&-1\end{pmatrix}\vec v=\vec 0\quad\Longleftrightarrow\quad a=b,\qquad \vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.

👉 CONTRÔLE d'orthogonalité, garanti par la symétrie :

v⃗1⋅v⃗2=(−1)(1)+(1)(1)=0 ✓\vec v_1\cdot\vec v_2=(-1)(1)+(1)(1)=0\ \checkmark

👉 C'est un contrôle GRATUIT et très efficace sur toute matrice symétrique : si le produit scalaire n'est pas nul, il y a une erreur.

👉 Contrôle par application de AA :

A(−11)=(−3+1−1+3)=(−22)=2(−11) ✓A\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-3+1\\ -1+3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2\\ 2\end{pmatrix}=2\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}\ \checkmark
A(11)=(44)=4(11) ✓A\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\ 4\end{pmatrix}=4\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}\ \checkmark
La solution generale
X⃗(t)=C1e2t(−11)+C2e4t(11)\boxed{\vec X(t)=C_1e^{2t}\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}+C_2e^{4t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}}
x1(t)=−C1e2t+C2e4t,x2(t)=C1e2t+C2e4t.x_1(t)=-C_1e^{2t}+C_2e^{4t},\qquad x_2(t)=C_1e^{2t}+C_2e^{4t}.

👉 CONTRÔLE sur la première équation x1′=3x1+x2x_1'=3x_1+x_2 :

x1′=−2C1e2t+4C2e4t.x_1'=-2C_1e^{2t}+4C_2e^{4t}.
3x1+x2=−3C1e2t+3C2e4t+C1e2t+C2e4t=−2C1e2t+4C2e4t ✓3x_1+x_2=-3C_1e^{2t}+3C_2e^{4t}+C_1e^{2t}+C_2e^{4t}=-2C_1e^{2t}+4C_2e^{4t}\ \checkmark

👉 Un raccourci très utile pour ce type de matrice : posons

s=x1+x2,d=x2−x1.s=x_1+x_2,\qquad d=x_2-x_1.

Alors le système se DÉCOUPLE de lui-même :

s′=x1′+x2′=(3x1+x2)+(x1+3x2)=4(x1+x2)=4s,s'=x_1'+x_2'=(3x_1+x_2)+(x_1+3x_2)=4(x_1+x_2)=4s,
d′=x2′−x1′=(x1+3x2)−(3x1+x2)=2(x2−x1)=2d.d'=x_2'-x_1'=(x_1+3x_2)-(3x_1+x_2)=2(x_2-x_1)=2d.
s(t)=s0e4t,d(t)=d0e2t.s(t)=s_0e^{4t},\qquad d(t)=d_0e^{2t}.

👉 Les combinaisons ss et dd sont exactement les coordonnées dans la base propre, et les exposants sont les valeurs propres ✓

👉 C'est la diagonalisation, écrite sans matrice — et c'est souvent la voie la plus rapide en pratique.

La nature, et ce que la symetrie apporte
grandeur valeur lecture
tr⁡A\operatorname{tr}A 6>06>0 instable
det⁡A\det A 8>08>0 pas un col
Δ\Delta 36−32=4>036-32=4>0 nœud
NOEUD INSTABLE — toutes les trajectoires s’echappent\boxed{\text{NOEUD INSTABLE — toutes les trajectoires s'echappent}}

👉 En temps long, la direction v⃗2=(1,1)\vec v_2=(1,1) domine (valeur propre 44 contre 22).

👉 Ce que la SYMÉTRIE garantit, et qui vaut d'être retenu :

AA symétrique conséquence
λ\lambda toujours réelles jamais de foyer ni de centre
vecteurs propres orthogonaux P−1=PTP^{-1}=P^T si on les normalise
toujours diagonalisable jamais de cas défectueux (D1)
c’est le THEOREME SPECTRAL, et il exclut trois cas d’un coup\boxed{\text{c'est le THEOREME SPECTRAL, et il exclut trois cas d'un coup}}

👉 Conséquence pratique : devant une matrice symétrique, on peut sauter les questions « est-elle diagonalisable ? » et « les valeurs propres sont-elles réelles ? » — la réponse est oui, toujours.

⚠️ Attention : symétrique ne veut PAS dire stable. Ici la matrice est symétrique et l'origine est instable. La symétrie contraint la nature des valeurs propres, jamais leur signe.

ℹ️ Les systèmes symétriques modélisent les échanges réciproques — diffusion, couplage mécanique, réseaux de résistances. E6 en est un exemple, et il est stable, lui.

Réponse. X⃗(t)=c1e4t(11)+c2e2t(1−1)\vec X(t)=c_1e^{4t}\binom11+c_2e^{2t}\binom1{-1}. (Recoupement : vp >0>0 toutes deux → nœud instable, tout part à l'infini ✓)
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Système et oscillateur non amorti

CalculDifficulté 3/5

Écrire y′′−y′−2y=0y''-y'-2y=0 en système, le résoudre, et vérifier la cohérence avec l'équation caractéristique.

Indices (3)

x1=yx_1=y, x2=y′x_2=y' : A=(0121)A=\begin{pmatrix}0&1\\2&1\end{pmatrix}.

Caractéristique λ2−λ−2=0\lambda^2-\lambda-2=0.

λ=2,−1\lambda=2,-1 ; vecteur propre (1λ)\binom1\lambda.

Correction détaillée
Ecrire le systeme

👉 Posons x1=yx_1=y et x2=y′x_2=y', comme en A2.

x1′=y′=x2.x_1'=y'=x_2.

Et l'équation donne y′′y'' :

y′′−y′−2y=0⟹y′′=y′+2y,y''-y'-2y=0\quad\Longrightarrow\quad y''=y'+2y,
x2′=y′′=2x1+x2.x_2'=y''=2x_1+x_2.
X⃗ ′=(0121)X⃗\boxed{\vec X\,'=\begin{pmatrix}0&1\\ 2&1\end{pmatrix}\vec X}

👉 Contrôle par la forme compagnon. Pour y′′+py′+qy=0y''+py'+qy=0, la matrice est (01−q−p)\begin{pmatrix}0&1\\ -q&-p\end{pmatrix}.

Ici p=−1p=-1 et q=−2q=-2, donc

(01−(−2)−(−1))=(0121) ✓\begin{pmatrix}0&1\\ -(-2)&-(-1)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0&1\\ 2&1\end{pmatrix}\ \checkmark

⚠️ Les deux signes moins sont faciles à perdre, l'équation portant déjà des coefficients négatifs. Ce contrôle les attrape.

Les elements propres
tr⁡A=0+1=1,det⁡A=0×1−1×2=−2.\operatorname{tr}A=0+1=1,\qquad \det A=0\times 1-1\times 2=-2.
χ(λ)=λ2−λ−2=(λ−2)(λ+1).\chi(\lambda)=\lambda^2-\lambda-2=(\lambda-2)(\lambda+1).
λ1=−1,λ2=2\boxed{\lambda_1=-1,\qquad \lambda_2=2}

Contrôle : somme 1=tr⁡A1=\operatorname{tr}A ✓, produit −2=det⁡A-2=\det A ✓

👉 Les vecteurs propres, par la forme compagnon (1λ)\begin{pmatrix}1\\ \lambda\end{pmatrix} :

v⃗1=(1−1),v⃗2=(12).\vec v_1=\begin{pmatrix}1\\ -1\end{pmatrix},\qquad \vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ 2\end{pmatrix}.

Vérifions le premier :

A(1−1)=(0×1+1×(−1)2×1+1×(−1))=(−11)=−1(1−1) ✓A\begin{pmatrix}1\\ -1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\times 1+1\times(-1)\\ 2\times 1+1\times(-1)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}=-1\begin{pmatrix}1\\ -1\end{pmatrix}\ \checkmark

Et le second :

A(12)=(22+2)=(24)=2(12) ✓A\begin{pmatrix}1\\ 2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\ 2+2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\ 4\end{pmatrix}=2\begin{pmatrix}1\\ 2\end{pmatrix}\ \checkmark
La coherence avec l'equation caracteristique

👉 Résolvons l'équation par la méthode classique, en posant y=erty=e^{rt} :

r2ert−rert−2ert=0⟹r2−r−2=0.r^2e^{rt}-re^{rt}-2e^{rt}=0\quad\Longrightarrow\quad r^2-r-2=0.
Δ=1+8=9,r=1±32⟹r1=2, r2=−1.\Delta=1+8=9,\qquad r=\frac{1\pm 3}{2}\quad\Longrightarrow\quad r_1=2,\ r_2=-1.
{r1,r2}={2,−1}={λ1,λ2} ✓\boxed{\{r_1,r_2\}=\{2,-1\}=\{\lambda_1,\lambda_2\}\ \checkmark}

👉 Les racines caractéristiques et les valeurs propres COÏNCIDENT — et le §1 explique pourquoi : la matrice compagnon a précisément χ(λ)=λ2+pλ+q\chi(\lambda)=\lambda^2+p\lambda+q pour polynôme caractéristique.

Vérifions cette identité sur notre cas :

χ(λ)=λ2−tr⁡A⋅λ+det⁡A=λ2−1⋅λ+(−2)=λ2−λ−2,\chi(\lambda)=\lambda^2-\operatorname{tr}A\cdot\lambda+\det A=\lambda^2-1\cdot\lambda+(-2)=\lambda^2-\lambda-2,

et l'équation caractéristique est r2−r−2=0r^2-r-2=0 — le même polynôme ✓

tr⁡A=−petdet⁡A=q\boxed{\operatorname{tr}A=-p\qquad\text{et}\qquad \det A=q}

👉 Ce double contrôle vaut à tout ordre, et c'est ce qui rend les deux méthodes rigoureusement équivalentes.

Les solutions, et la nature de l'equilibre
X⃗(t)=C1e−t(1−1)+C2e2t(12).\vec X(t)=C_1e^{-t}\begin{pmatrix}1\\ -1\end{pmatrix}+C_2e^{2t}\begin{pmatrix}1\\ 2\end{pmatrix}.

👉 La première composante donne yy :

y(t)=C1e−t+C2e2t\boxed{y(t)=C_1e^{-t}+C_2e^{2t}}

👉 C'est bien la solution de l'équation d'ordre 22, obtenue par la méthode classique avec r=−1r=-1 et r=2r=2 ✓

Et la seconde composante est y′y' :

y′(t)=−C1e−t+2C2e2t ✓y'(t)=-C_1e^{-t}+2C_2e^{2t}\ \checkmark

— cohérent avec les vecteurs (1,−1)(1,-1) et (1,2)(1,2).

👉 La nature de l'équilibre :

grandeur valeur lecture
det⁡A\det A −2<0\mathbf{-2<0} COL — c'est décisif
tr⁡A\operatorname{tr}A 11 sans objet ici
l’origine est un COL — INSTABLE\boxed{\text{l'origine est un COL — INSTABLE}}

👉 det⁡A<0\det A<0 suffit à conclure, sans regarder la trace : les deux valeurs propres sont réelles de signes opposés (leur produit est négatif).

⚠️⚠️ Le titre parle d'oscillateur NON AMORTI, et il faut lever l'ambiguïté : cette équation n'oscille PAS. Comparons trois équations :

équation racines comportement
y′′+y=0y''+y=0 ±i\pm i oscille, non amorti (B1)
y′′+2y′+5y=0y''+2y'+5y=0 −1±2i-1\pm 2i oscille amorti (E5)
y′′−y′−2y=0y''-y'-2y=0 −1, 2-1,\ 2 n'oscille pas — exponentielles réelles

👉 C'est le signe du discriminant qui décide : Δ=9>0\Delta=9>0 ici, donc racines réelles et aucune oscillation.

ℹ️ Une équation à racine positive décrit un système qui s'emballe — un pendule inversé, une réaction en chaîne — plutôt qu'un oscillateur.

Réponse. y=c1e2t+c2e−ty=c_1e^{2t}+c_2e^{-t}. (Recoupement : racines 22 et −1-1 de λ2−λ−2\lambda^2-\lambda-2 — identiques à la méthode scalaire ✓)
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Valeurs propres imaginaires pures

DémonstrationDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=(0−110)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}\vec X et reconnaître le mouvement.

Indices (3)

det⁡(A−λI)=λ2+1=0⇒λ=±i\det(A-\lambda I)=\lambda^2+1=0\Rightarrow\lambda=\pm i.

Pas d'amortissement (Re⁡λ=0\operatorname{Re}\lambda=0) : oscillations entretenues.

Chercher X⃗=(cos⁡tsin⁡t)\vec X=\binom{\cos t}{\sin t} et (−sin⁡tcos⁡t)\binom{-\sin t}{\cos t}.

Correction détaillée
Les valeurs propres sont IMAGINAIRES PURES
A=(0−110).A=\begin{pmatrix}0&-1\\ 1&0\end{pmatrix}.
tr⁡A=0,det⁡A=0×0−(−1)(1)=1.\operatorname{tr}A=0,\qquad \det A=0\times 0-(-1)(1)=1.
χ(λ)=λ2−0⋅λ+1=λ2+1.\chi(\lambda)=\lambda^2-0\cdot\lambda+1=\lambda^2+1.
λ=±i\boxed{\lambda=\pm i}

👉 Aucune valeur propre RÉELLE : il n'existe donc aucune direction invariante dans le plan, et aucune trajectoire ne suit une droite.

tr⁡A=0 et det⁡A>0 ⟹ λ imaginaires pures\boxed{\operatorname{tr}A=0\ \text{et}\ \det A>0\ \Longrightarrow\ \lambda\ \text{imaginaires pures}}

👉 C'est la signature exacte d'un CENTRE (C6), et elle se lit sans calculer les valeurs propres :

λ=tr⁡A±Δ2=0±−42=±i.\lambda=\frac{\operatorname{tr}A\pm\sqrt{\Delta}}{2}=\frac{0\pm\sqrt{-4}}{2}=\pm i.

⚠️ La trace NULLE est essentielle : c'est elle qui annule la partie réelle, donc qui empêche toute croissance ou décroissance de l'amplitude.

Resoudre SANS passer par les complexes

👉 Écrivons le système en clair :

{x1′=−x2x2′=x1\begin{cases}x_1'=-x_2\\ x_2'=x_1\end{cases}

👉 Dérivons la première et remplaçons :

x1′′=−x2′=−x1⟹x1′′+x1=0.x_1''=-x_2'=-x_1\qquad\Longrightarrow\qquad x_1''+x_1=0.
c’est l’equation de l’oscillateur harmonique\boxed{\text{c'est l'equation de l'oscillateur harmonique}}

Sa solution :

x1(t)=C1cos⁡t+C2sin⁡t.x_1(t)=C_1\cos t+C_2\sin t.

👉 Et x2=−x1′x_2=-x_1', d'après la première équation :

x2(t)=−(−C1sin⁡t+C2cos⁡t)=C1sin⁡t−C2cos⁡t.x_2(t)=-\left(-C_1\sin t+C_2\cos t\right)=C_1\sin t-C_2\cos t.

👉 CONTRÔLE sur la SECONDE équation x2′=x1x_2'=x_1 :

x2′=C1cos⁡t+C2sin⁡t=x1 ✓x_2'=C_1\cos t+C_2\sin t=x_1\ \checkmark
X⃗(t)=(C1cos⁡t+C2sin⁡tC1sin⁡t−C2cos⁡t)\boxed{\vec X(t)=\begin{pmatrix}C_1\cos t+C_2\sin t\\ C_1\sin t-C_2\cos t\end{pmatrix}}
Reconnaitre le mouvement : une ROTATION

👉 Calculons le carré du module :

x12+x22=(C1cos⁡t+C2sin⁡t)2+(C1sin⁡t−C2cos⁡t)2.x_1^2+x_2^2=\left(C_1\cos t+C_2\sin t\right)^2+\left(C_1\sin t-C_2\cos t\right)^2.

Développons :

=C12cos⁡2t+2C1C2cos⁡tsin⁡t+C22sin⁡2t+C12sin⁡2t−2C1C2sin⁡tcos⁡t+C22cos⁡2t.=C_1^2\cos^2t+2C_1C_2\cos t\sin t+C_2^2\sin^2t+C_1^2\sin^2t-2C_1C_2\sin t\cos t+C_2^2\cos^2t.

👉 Les doubles produits se COMPENSENT, et les carrés se regroupent :

=C12(cos⁡2t+sin⁡2t)+C22(sin⁡2t+cos⁡2t)=C12+C22.=C_1^2(\cos^2t+\sin^2t)+C_2^2(\sin^2t+\cos^2t)=C_1^2+C_2^2.
x12+x22=CONSTANTE — les trajectoires sont des CERCLES\boxed{x_1^2+x_2^2=\text{CONSTANTE — les trajectoires sont des CERCLES}}

👉 Vérification directe, sans résoudre — c'est la voie la plus élégante :

ddt(x12+x22)=2x1x1′+2x2x2′=2x1(−x2)+2x2(x1)=0 ✓\frac{d}{dt}\left(x_1^2+x_2^2\right)=2x_1x_1'+2x_2x_2'=2x_1(-x_2)+2x_2(x_1)=0\ \checkmark

👉 Le mouvement est donc une rotation uniforme, de période

T=2π∣Im⁡λ∣=2π1=2π.T=\frac{2\pi}{\lvert\operatorname{Im}\lambda\rvert}=\frac{2\pi}{1}=2\pi.

👉 Le SENS de rotation se lit sur le champ de vecteurs. En (1,0)(1,0) :

X⃗ ′=A(10)=(01) — vers le HAUT.\vec X\,'=A\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\ 1\end{pmatrix}\ \text{— vers le HAUT}.
rotation dans le sens TRIGONOMETRIQUE (antihoraire)\boxed{\text{rotation dans le sens TRIGONOMETRIQUE (antihoraire)}}
Ce qu'est un CENTRE, et pourquoi il est fragile
CENTRE : les trajectoires sont des courbes FERMEES autour de l’origine\boxed{\text{CENTRE : les trajectoires sont des courbes FERMEES autour de l'origine}}
propriété verdict
les trajectoires restent bornées ✅ stable au sens de Lyapunov
elles convergent vers 0⃗\vec 0 ❌ non — elles tournent indéfiniment
STABLE mais PAS asymptotiquement stable\boxed{\text{STABLE mais PAS asymptotiquement stable}}

👉 C'est la distinction que le critère de stabilité ne tranche pas (C6) : Re⁡λ=0\operatorname{Re}\lambda=0 est le cas limite, et il faut regarder le problème lui-même.

⚠️⚠️ Un centre est STRUCTURELLEMENT FRAGILE. Perturbons la matrice d'un ε\varepsilon :

Aε=(ε−11ε),λ=ε±i.A_\varepsilon=\begin{pmatrix}\varepsilon&-1\\ 1&\varepsilon\end{pmatrix},\qquad \lambda=\varepsilon\pm i.
ε\varepsilon Re⁡λ\operatorname{Re}\lambda nature
<0<0 négative foyer STABLE — spirale rentrante (B3)
=0=0 nulle centre — cercles
>0>0 positive foyer INSTABLE — spirale sortante (B2)

👉 Le centre n'existe que sur la frontière exacte, et la moindre perturbation le fait basculer d'un côté ou de l'autre.

⚠️ Conséquence majeure pour les systèmes NON linéaires : si le linéarisé donne un centre, on ne peut RIEN conclure sur le système d'origine. Les termes non linéaires, si petits soient-ils, décident. C'est exactement la situation de D4.

le theoreme de Hartman-Grobman s’applique aux foyers et aux noeuds, PAS aux centres\boxed{\text{le theoreme de Hartman-Grobman s'applique aux foyers et aux noeuds, PAS aux centres}}

ℹ️ Les centres survivent pourtant dans un cas important : les systèmes hamiltoniens (conservatifs), où une quantité conservée les protège. Lotka-Volterra en est un, ce qui sauve le centre de D4 — mais il faut le démontrer autrement que par linéarisation.

Réponse. X⃗(t)=c1(cos⁡tsin⁡t)+c2(−sin⁡tcos⁡t)\vec X(t)=c_1\binom{\cos t}{\sin t}+c_2\binom{-\sin t}{\cos t} : rotation pure (centre). (Recoupement : etA=(cos⁡t−sin⁡tsin⁡tcos⁡t)e^{tA}=\begin{pmatrix}\cos t&-\sin t\\ \sin t&\cos t\end{pmatrix}, matrice de rotation ✓)
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Foyer (spirale) instable

CalculDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=(1−111)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}1&-1\\1&1\end{pmatrix}\vec X.

Indices (3)

λ2−2λ+2=0⇒λ=1±i\lambda^2-2\lambda+2=0\Rightarrow\lambda=1\pm i.

Re⁡λ=1\operatorname{Re}\lambda=1 : facteur ete^{t} ; Im⁡=1\operatorname{Im}=1 : cos⁡t,sin⁡t\cos t,\sin t.

Forme et(cos⁡t,sin⁡t)e^{t}(\cos t,\sin t) combinée.

Correction détaillée
Les valeurs propres sont COMPLEXES
A=(1−111).A=\begin{pmatrix}1&-1\\ 1&1\end{pmatrix}.
tr⁡A=2,det⁡A=1×1−(−1)(1)=1+1=2.\operatorname{tr}A=2,\qquad \det A=1\times 1-(-1)(1)=1+1=2.
χ(λ)=λ2−2λ+2.\chi(\lambda)=\lambda^2-2\lambda+2.
Δ=4−8=−4<0⟹racines COMPLEXES conjuguees.\Delta=4-8=-4<0\qquad\Longrightarrow\qquad \text{racines COMPLEXES conjuguees}.
λ=2±−42=2±2i2=1±i.\lambda=\frac{2\pm\sqrt{-4}}{2}=\frac{2\pm 2i}{2}=1\pm i.
λ=1±i\boxed{\lambda=1\pm i}

Contrôle : somme (1+i)+(1−i)=2=tr⁡A(1+i)+(1-i)=2=\operatorname{tr}A ✓, produit (1+i)(1−i)=1+1=2=det⁡A(1+i)(1-i)=1+1=2=\det A ✓

👉 La lecture est immédiate, et c'est tout ce dont on a besoin :

partie valeur ce qu'elle gouverne
réelle α=1\alpha=1 >0>0 l'amplitude CROÎT en ete^{t}
imaginaire β=1\beta=1 la rotation, de pulsation 11
FOYER INSTABLE — une spirale qui s’ecarte\boxed{\text{FOYER INSTABLE — une spirale qui s'ecarte}}
Resoudre par l'equation d'ordre 2

👉 Le système :

{x1′=x1−x2x2′=x1+x2\begin{cases}x_1'=x_1-x_2\\ x_2'=x_1+x_2\end{cases}

👉 Dérivons la première :

x1′′=x1′−x2′=x1′−(x1+x2).x_1''=x_1'-x_2'=x_1'-(x_1+x_2).

👉 Or la première équation donne x2=x1−x1′x_2=x_1-x_1', donc

x1′′=x1′−x1−(x1−x1′)=2x1′−2x1.x_1''=x_1'-x_1-(x_1-x_1')=2x_1'-2x_1.
x1′′−2x1′+2x1=0\boxed{x_1''-2x_1'+2x_1=0}

👉 On retrouve EXACTEMENT le polynôme caractéristique r2−2r+2r^2-2r+2, dont les racines sont 1±i1\pm i ✓

La solution d'une telle équation — racines α±iβ\alpha\pm i\beta — est

x1(t)=et(C1cos⁡t+C2sin⁡t).x_1(t)=e^{t}\left(C_1\cos t+C_2\sin t\right).

Et x2=x1−x1′x_2=x_1-x_1', avec

x1′=et(C1cos⁡t+C2sin⁡t)+et(−C1sin⁡t+C2cos⁡t),x_1'=e^t\left(C_1\cos t+C_2\sin t\right)+e^t\left(-C_1\sin t+C_2\cos t\right),
x2=x1−x1′=−et(−C1sin⁡t+C2cos⁡t)=et(C1sin⁡t−C2cos⁡t).x_2=x_1-x_1'=-e^t\left(-C_1\sin t+C_2\cos t\right)=e^{t}\left(C_1\sin t-C_2\cos t\right).
La forme generale, et le controle
X⃗(t)=et(C1cos⁡t+C2sin⁡tC1sin⁡t−C2cos⁡t)\boxed{\vec X(t)=e^{t}\begin{pmatrix}C_1\cos t+C_2\sin t\\ C_1\sin t-C_2\cos t\end{pmatrix}}

👉 CONTRÔLE sur la seconde équation x2′=x1+x2x_2'=x_1+x_2.

Dérivons x2x_2 — produit et×(⋯ )e^t\times(\cdots) :

x2′=et(C1sin⁡t−C2cos⁡t)+et(C1cos⁡t+C2sin⁡t).x_2'=e^t\left(C_1\sin t-C_2\cos t\right)+e^t\left(C_1\cos t+C_2\sin t\right).

👉 Le premier terme est x2x_2, le second est x1x_1, donc

x2′=x2+x1 ✓x_2'=x_2+x_1\ \checkmark

👉 Contrôle du module, qui montre la spirale :

x12+x22=e2t(C12+C22)x_1^2+x_2^2=e^{2t}\left(C_1^2+C_2^2\right)

— par le même calcul qu'en B1, les doubles produits se compensant.

r(t)=∥X⃗(t)∥=r0 et\boxed{r(t)=\lVert\vec X(t)\rVert=r_0\,e^{t}}

👉 Le rayon croît EXPONENTIELLEMENT pendant que le point tourne à vitesse angulaire constante : c'est exactement une spirale logarithmique.

Quelques valeurs, pour r0=1r_0=1 :

tt 00 2π2\pi 4π4\pi
tours 00 11 22
rayon 11 ≈535\approx 535 ≈286 751\approx 286\,751

👉 Un seul tour multiplie le rayon par e2π≈535e^{2\pi}\approx 535 — la spirale s'ouvre très vite.

La forme generale des solutions complexes
λ=α±iβ⟹X⃗(t)=eαt(u⃗cos⁡βt+w⃗sin⁡βt)\boxed{\lambda=\alpha\pm i\beta\quad\Longrightarrow\quad \vec X(t)=e^{\alpha t}\Big(\vec u\cos\beta t+\vec w\sin\beta t\Big)}

👉 Deux facteurs indépendants, et il faut les lire séparément :

facteur rôle ici
eαte^{\alpha t} l'amplitude ete^{t}, croissante
cos⁡βt\cos\beta t, sin⁡βt\sin\beta t la rotation période 2π2\pi

👉 Le tableau complet des cas complexes, à connaître :

α=Re⁡λ\alpha=\operatorname{Re}\lambda nature trajectoire exemple
α<0\alpha<0 foyer stable spirale rentrante B3, E5
α=0\alpha=0 centre cercles fermés B1, C6
α>0\alpha>0 foyer instable spirale sortante B2, E2

👉 La période ne dépend QUE de β\beta, jamais de α\alpha :

T=2πβ=2π ici.T=\frac{2\pi}{\beta}=2\pi\ \text{ici}.

👉 Le sens de rotation se lit sur le champ, comme en B1. En (1,0)(1,0) :

A(10)=(11) — vers le haut et la droite : sens TRIGONOMETRIQUE.A\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}\ \text{— vers le haut et la droite : sens TRIGONOMETRIQUE}.

⚠️ Le signe de a21a_{21} suffit d'ordinaire : a21>0a_{21}>0 donne le sens trigonométrique, a21<0a_{21}<0 le sens horaire. Ici a21=1>0a_{21}=1>0 ✓

ℹ️ Un foyer instable modélise un emballement de rétroaction positive, ou un oscillateur à amortissement négatif — le début d'un cycle limite en régime non linéaire.

Réponse. X⃗(t)=et(c1(cos⁡tsin⁡t)+c2(−sin⁡tcos⁡t))\vec X(t)=e^{t}\big(c_1\binom{\cos t}{\sin t}+c_2\binom{-\sin t}{\cos t}\big). (Recoupement : Re⁡λ=1>0\operatorname{Re}\lambda=1>0 → spirale qui s'éloigne, foyer instable ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Foyer stable (oscillations amorties)

CalculDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=(−1−22−1)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}-1&-2\\2&-1\end{pmatrix}\vec X.

Indices (3)

λ2+2λ+5=0\lambda^2+2\lambda+5=0.

λ=−1±2i\lambda=-1\pm2i.

Facteur e−te^{-t}, pulsation 22.

Correction détaillée
Les valeurs propres
A=(−1−22−1).A=\begin{pmatrix}-1&-2\\ 2&-1\end{pmatrix}.
tr⁡A=−1+(−1)=−2,det⁡A=(−1)(−1)−(−2)(2)=1+4=5.\operatorname{tr}A=-1+(-1)=-2,\qquad \det A=(-1)(-1)-(-2)(2)=1+4=5.

⚠️ Le produit croisé vaut −(−2)(2)=+4-(-2)(2)=+4 — deux signes moins qui donnent un plus.

χ(λ)=λ2+2λ+5,Δ=4−20=−16<0.\chi(\lambda)=\lambda^2+2\lambda+5,\qquad \Delta=4-20=-16<0.
λ=−2±−162=−2±4i2=−1±2i.\lambda=\frac{-2\pm\sqrt{-16}}{2}=\frac{-2\pm 4i}{2}=-1\pm 2i.
λ=−1±2i\boxed{\lambda=-1\pm 2i}

Contrôle : somme −2=tr⁡A-2=\operatorname{tr}A ✓, produit (−1)2+22=1+4=5=det⁡A(-1)^2+2^2=1+4=5=\det A ✓

👉 Pour un couple α±iβ\alpha\pm i\beta, le produit vaut α2+β2\alpha^2+\beta^2 — c'est le module au carré, et c'est le contrôle le plus rapide.

partie valeur effet
α=−1\alpha=-1 <0<0 amplitude DÉCROÎT en e−te^{-t}
β=2\beta=2 pulsation 22, période π\pi
La solution

👉 Par la même méthode qu'en B2 — l'équation d'ordre 22 associée est x1′′+2x1′+5x1=0x_1''+2x_1'+5x_1=0, de racines −1±2i-1\pm 2i.

x1(t)=e−t(C1cos⁡2t+C2sin⁡2t).x_1(t)=e^{-t}\left(C_1\cos 2t+C_2\sin 2t\right).

👉 La première équation x1′=−x1−2x2x_1'=-x_1-2x_2 donne x2x_2 :

x2=−x1−x1′2.x_2=\frac{-x_1-x_1'}{2}.

Calculons x1′x_1' :

x1′=−e−t(C1cos⁡2t+C2sin⁡2t)+e−t(−2C1sin⁡2t+2C2cos⁡2t).x_1'=-e^{-t}\left(C_1\cos 2t+C_2\sin 2t\right)+e^{-t}\left(-2C_1\sin 2t+2C_2\cos 2t\right).
−x1−x1′=−2e−t(−C1sin⁡2t+C2cos⁡2t)⋅…-x_1-x_1'=-2e^{-t}\left(-C_1\sin 2t+C_2\cos 2t\right)\cdot\ldots

👉 En simplifiant :

x2(t)=e−t(C1sin⁡2t−C2cos⁡2t).x_2(t)=e^{-t}\left(C_1\sin 2t-C_2\cos 2t\right).
X⃗(t)=e−t(C1cos⁡2t+C2sin⁡2tC1sin⁡2t−C2cos⁡2t)\boxed{\vec X(t)=e^{-t}\begin{pmatrix}C_1\cos 2t+C_2\sin 2t\\ C_1\sin 2t-C_2\cos 2t\end{pmatrix}}

👉 CONTRÔLE sur la seconde équation x2′=2x1−x2x_2'=2x_1-x_2 :

x2′=−x2+e−t(2C1cos⁡2t+2C2sin⁡2t)=−x2+2x1 ✓x_2'=-x_2+e^{-t}\left(2C_1\cos 2t+2C_2\sin 2t\right)=-x_2+2x_1\ \checkmark
Le comportement : une spirale RENTRANTE

👉 Le module décroît exponentiellement :

r(t)=∥X⃗(t)∥=r0 e−t →t→+∞ 0.r(t)=\lVert\vec X(t)\rVert=r_0\,e^{-t}\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ 0.
FOYER STABLE — toutes les trajectoires spiralent vers l’origine\boxed{\text{FOYER STABLE — toutes les trajectoires spiralent vers l'origine}}

👉 Les deux échelles de temps, et il faut les distinguer :

grandeur formule valeur
période de rotation T=2πβT=\frac{2\pi}{\beta} π≈3,14\pi\approx 3{,}14
temps de décroissance τ=1∣α∣\tau=\frac{1}{\lvert\alpha\rvert} 11

👉 Ici τ<T\tau<T : l'amplitude est divisée par ee AVANT un tour complet. L'amortissement est fort, et la spirale se referme vite.

Ce que ça donne, pour r0=1r_0=1 :

tt tours effectués rayon
00 00 11
π≈3,14\pi\approx 3{,}14 11 e−π≈0,043e^{-\pi}\approx 0{,}043
2π≈6,282\pi\approx 6{,}28 22 ≈0,0019\approx 0{,}0019

👉 Un tour divise déjà le rayon par 2323 — après deux tours, la trajectoire est visuellement à l'origine.

👉 Le sens de rotation : a21=2>0a_{21}=2>0, donc sens trigonométrique. Vérification en (1,0)(1,0) :

A(10)=(−12) — vers le haut ✓A\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\ 2\end{pmatrix}\ \text{— vers le haut}\ \checkmark
La stabilite ASYMPTOTIQUE, et son critere
stabilite asymptotique  ⟺  Re⁡λ<0 pour TOUTES les valeurs propres\boxed{\text{stabilite asymptotique}\iff \operatorname{Re}\lambda<0\ \text{pour TOUTES les valeurs propres}}

👉 Ici Re⁡λ=−1<0\operatorname{Re}\lambda=-1<0 pour les deux : toute trajectoire converge vers 0⃗\vec 0, quelle que soit la condition initiale ✓

👉 Et le critère se lit directement sur trace et déterminant (C4), sans calculer les valeurs propres :

tr⁡A<0ETdet⁡A>0\boxed{\operatorname{tr}A<0\quad\text{ET}\quad \det A>0}

Vérifions : tr⁡A=−2<0\operatorname{tr}A=-2<0 ✓ et det⁡A=5>0\det A=5>0 ✓

👉 Pourquoi ce critère équivaut au précédent :

condition ce qu'elle dit
det⁡A=λ1λ2>0\det A=\lambda_1\lambda_2>0 les deux λ\lambda ont le même signe (ou sont conjuguées)
tr⁡A=λ1+λ2<0\operatorname{tr}A=\lambda_1+\lambda_2<0 ce signe commun est négatif

👉 C'est le critère de Routh-Hurwitz en dimension 22, et il ne coûte que deux additions.

👉 Le tableau complet de la classification, que C3 systématise :

det⁡A\det A tr⁡A\operatorname{tr}A Δ\Delta nature
<0<0 — >0>0 col — toujours instable
>0>0 <0<0 >0>0 nœud stable
>0>0 <0<0 <0<0 foyer stable ← ici
>0>0 =0=0 <0<0 centre
>0>0 >0>0 <0<0 foyer instable
>0>0 >0>0 >0>0 nœud instable

ℹ️ Ce système modélise un oscillateur amorti — c'est exactement la forme de x′′+2x′+5x=0x''+2x'+5x=0 (E5), à une écriture près, ce qui explique qu'ils partagent leurs valeurs propres.

Réponse. X⃗(t)=e−t(c1(cos⁡2tsin⁡2t)+c2(−sin⁡2tcos⁡2t))\vec X(t)=e^{-t}\big(c_1\binom{\cos 2t}{\sin 2t}+c_2\binom{-\sin 2t}{\cos 2t}\big). (Recoupement : Re⁡λ=−1<0\operatorname{Re}\lambda=-1<0 → spirale qui converge vers 00, foyer stable ✓)
Faire cet exercice dans l'app →

Cauchy (cas oscillant)

ApplicationDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=(0−110)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}\vec X avec X⃗(0)=(10)\vec X(0)=\binom10.

Indices (3)

Solution générale (exo B1).

Imposer X⃗(0)=(10)\vec X(0)=\binom10.

c1(10)+c2(01)=(10)c_1\binom10+c_2\binom01=\binom10.

Correction détaillée
La solution generale

👉 La matrice est celle de B1, dont on a établi la solution :

A=(0−110),λ=±i.A=\begin{pmatrix}0&-1\\ 1&0\end{pmatrix},\qquad \lambda=\pm i.
X⃗(t)=(C1cos⁡t+C2sin⁡tC1sin⁡t−C2cos⁡t).\vec X(t)=\begin{pmatrix}C_1\cos t+C_2\sin t\\ C_1\sin t-C_2\cos t\end{pmatrix}.

👉 Appliquons la condition initiale X⃗(0)=(10)\vec X(0)=\binom10 :

X⃗(0)=(C1cos⁡0+C2sin⁡0C1sin⁡0−C2cos⁡0)=(C1−C2).\vec X(0)=\begin{pmatrix}C_1\cos 0+C_2\sin 0\\ C_1\sin 0-C_2\cos 0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}C_1\\ -C_2\end{pmatrix}.

D'où le système :

C1=1,−C2=0 ⟹ C2=0.C_1=1,\qquad -C_2=0\ \Longrightarrow\ C_2=0.
X⃗(t)=(cos⁡tsin⁡t)\boxed{\vec X(t)=\begin{pmatrix}\cos t\\ \sin t\end{pmatrix}}

👉 C'est le paramétrage du CERCLE UNITÉ, parcouru à vitesse angulaire 11.

Les controles

1. La condition initiale. En t=0t=0 :

(cos⁡0sin⁡0)=(10) ✓\begin{pmatrix}\cos 0\\ \sin 0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}\ \checkmark

2. Le système. Dérivons :

X⃗ ′(t)=(−sin⁡tcos⁡t).\vec X\,'(t)=\begin{pmatrix}-\sin t\\ \cos t\end{pmatrix}.

Et calculons AX⃗A\vec X :

A(cos⁡tsin⁡t)=(0×cos⁡t+(−1)sin⁡t1×cos⁡t+0×sin⁡t)=(−sin⁡tcos⁡t) ✓A\begin{pmatrix}\cos t\\ \sin t\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\times\cos t+(-1)\sin t\\ 1\times\cos t+0\times\sin t\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-\sin t\\ \cos t\end{pmatrix}\ \checkmark

3. Le module est constant :

cos⁡2t+sin⁡2t=1 ✓\cos^2t+\sin^2t=1\ \checkmark

👉 Trois contrôles indépendants — condition initiale, équation, invariant. Chacun peut échouer seul, et ils ne partagent aucune hypothèse.

Quelques positions, pour visualiser :

tt 00 π2\frac{\pi}{2} π\pi 3π2\frac{3\pi}{2} 2π2\pi
X⃗\vec X (1,0)(1,0) (0,1)(0,1) (−1,0)(-1,0) (0,−1)(0,-1) (1,0)(1,0)

👉 Le point revient à son départ après t=2πt=2\pi — la solution est périodique, de période exactement 2π2\pi.

La vitesse, et le sens du parcours

👉 La vitesse est orthogonale au rayon :

X⃗⋅X⃗ ′=cos⁡t×(−sin⁡t)+sin⁡t×cos⁡t=0.\vec X\cdot\vec X\,'=\cos t\times(-\sin t)+\sin t\times\cos t=0.
X⃗⊥X⃗ ′ a chaque instant — c’est LA definition d’un mouvement circulaire\boxed{\vec X\perp\vec X\,'\ \text{a chaque instant — c'est LA definition d'un mouvement circulaire}}

👉 Et son module est constant :

∥X⃗ ′∥=sin⁡2t+cos⁡2t=1.\lVert\vec X\,'\rVert=\sqrt{\sin^2t+\cos^2t}=1.

👉 Mouvement circulaire UNIFORME, à vitesse 11 sur un cercle de rayon 11 — donc de vitesse angulaire 11 rad/s ✓

👉 Le SENS : de (1,0)(1,0) à t=0t=0 vers (0,1)(0,1) à t=π2t=\frac{\pi}{2}, donc antihoraire (trigonométrique).

👉 Interprétation physique — c'est le système x′=yx'=y… non, ici x1′=−x2x_1'=-x_2 et x2′=x1x_2'=x_1, ce qui correspond à

x1′′=−x1,x_1''=-x_1,

l'oscillateur harmonique de pulsation 11. La composante x1=cos⁡tx_1=\cos t est la position, x2=sin⁡tx_2=\sin t l'opposé de la vitesse.

⚠️ Le plan (x1,x2)(x_1,x_2) est l'ESPACE DES PHASES, pas l'espace physique. Le « cercle » n'est pas une trajectoire dans l'espace : c'est le lieu des couples (position, impulsion) au cours du temps.

Ce que ce cercle represente vraiment : l'ENERGIE

👉 Pour un oscillateur harmonique de masse 11 et de raideur 11, l'énergie mécanique vaut

E=12v2⏟cinetique+12x2⏟potentielle=12(x12+x22).E=\underbrace{\frac{1}{2}v^2}_{\text{cinetique}}+\underbrace{\frac{1}{2}x^2}_{\text{potentielle}}=\frac{1}{2}\left(x_1^2+x_2^2\right).
le cercle x12+x22=1 est une COURBE D’ENERGIE CONSTANTE\boxed{\text{le cercle}\ x_1^2+x_2^2=1\ \text{est une COURBE D'ENERGIE CONSTANTE}}

👉 Et la conservation se démontre en une ligne, sans résoudre :

dEdt=x1x1′+x2x2′=x1(−x2)+x2(x1)=0 ✓\frac{dE}{dt}=x_1x_1'+x_2x_2'=x_1(-x_2)+x_2(x_1)=0\ \checkmark

👉 L'échange entre les deux formes d'énergie se lit sur le cercle :

tt position x1x_1 vitesse énergie potentielle cinétique
00 ±1\pm 1 (extrémum) 00 maximale nulle
π2\frac{\pi}{2} 00 (passage) ±1\pm 1 nulle maximale

👉 Le point tourne, l'énergie se transforme, le total ne bouge pas — c'est la lecture géométrique de la conservation.

⚠️⚠️ Et c'est ce que la méthode d'Euler explicite DÉTRUIT (méthodes numériques, E5) : elle multiplie le rayon par 1+h2>1\sqrt{1+h^2}>1 à chaque pas, donc elle crée de l'énergie à partir de rien. La trajectoire spirale vers l'extérieur au lieu de tourner.

d’ou les integrateurs SYMPLECTIQUES, qui preservent cette structure\boxed{\text{d'ou les integrateurs SYMPLECTIQUES, qui preservent cette structure}}

👉 Sur des temps très longs, une méthode d'ordre 44 qui viole la conservation fait moins bien, pour l'énergie, qu'une méthode d'ordre 22 qui la respecte. C'est le renversement de perspective du calcul numérique moderne.

ℹ️ En dimension supérieure, ces courbes d'énergie deviennent des tores, et leur persistance sous perturbation est l'objet du théorème KAM — l'un des résultats les plus profonds de la mécanique du XXᵉ siècle.

Réponse. X⃗(t)=(cos⁡tsin⁡t)\vec X(t)=\binom{\cos t}{\sin t}. (Recoupement : X⃗(0)=(10)\vec X(0)=\binom10 ✓ ; le point décrit le cercle unité à vitesse 11)
Faire cet exercice dans l'app →

Exponentielle de matrice

CalculDifficulté 3/5

Calculer etAe^{tA} pour A=(1221)A=\begin{pmatrix}1&2\\2&1\end{pmatrix} via la diagonalisation.

Indices (3)

A=PDP−1A=PDP^{-1} avec D=diag⁡(3,−1)D=\operatorname{diag}(3,-1) (exo A1).

etA=PetDP−1e^{tA}=Pe^{tD}P^{-1}, etD=diag⁡(e3t,e−t)e^{tD}=\operatorname{diag}(e^{3t},e^{-t}).

P=(111−1)P=\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}, P−1=12(111−1)P^{-1}=\tfrac12\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix}.

Correction détaillée
Ce qu'est l'exponentielle de matrice
etA=∑n≥0(tA)nn!=I+tA+t2A22+t3A36+⋯\boxed{e^{tA}=\sum_{n\geq 0}\frac{(tA)^n}{n!}=I+tA+\frac{t^2A^2}{2}+\frac{t^3A^3}{6}+\cdots}

👉 Elle résout le système d'un coup, exactement comme l'exponentielle scalaire résout y′=ayy'=ay :

X⃗ ′=AX⃗, X⃗(0)=X⃗0⟹X⃗(t)=etAX⃗0.\vec X\,'=A\vec X,\ \vec X(0)=\vec X_0\qquad\Longrightarrow\qquad \vec X(t)=e^{tA}\vec X_0.

👉 Vérifions que c'est bien solution, en dérivant la série terme à terme :

ddtetA=A+tA2+t2A32+⋯=A(I+tA+t2A22+⋯ )=A etA ✓\frac{d}{dt}e^{tA}=A+tA^2+\frac{t^2A^3}{2}+\cdots=A\left(I+tA+\frac{t^2A^2}{2}+\cdots\right)=A\,e^{tA}\ \checkmark

⚠️ Sommer la série directement est en général impraticable (sauf puissances simples, comme en E3 où A2=−IA^2=-I). La voie qui marche ici est la diagonalisation :

A=PDP−1⟹etA=P etD P−1\boxed{A=PDP^{-1}\quad\Longrightarrow\quad e^{tA}=P\,e^{tD}\,P^{-1}}

👉 Pourquoi : An=PDnP−1A^n=PD^nP^{-1}, donc la série se factorise, et etDe^{tD} est diagonale — chaque terme y est un simple eλite^{\lambda_it}.

Diagonaliser

👉 Les éléments propres sont ceux d'A1 :

λ1=−1 avec v⃗1=(−11),λ2=3 avec v⃗2=(11).\lambda_1=-1\ \text{avec}\ \vec v_1=\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix},\qquad \lambda_2=3\ \text{avec}\ \vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.
P=(−1111),D=(−1003).P=\begin{pmatrix}-1&1\\ 1&1\end{pmatrix},\qquad D=\begin{pmatrix}-1&0\\ 0&3\end{pmatrix}.

⚠️⚠️ L'ORDRE des colonnes de PP doit correspondre à l'ordre des λ\lambda dans DD. Les intervertir donne une matrice fausse, et c'est l'erreur la plus fréquente.

Calculons P−1P^{-1} — pour une matrice 2×22\times 2, la formule est directe :

det⁡P=(−1)(1)−(1)(1)=−2,\det P=(-1)(1)-(1)(1)=-2,
P−1=1−2(1−1−1−1)=12(−1111).P^{-1}=\frac{1}{-2}\begin{pmatrix}1&-1\\ -1&-1\end{pmatrix}=\frac{1}{2}\begin{pmatrix}-1&1\\ 1&1\end{pmatrix}.

👉 CONTRÔLE — vérifier PP−1=IPP^{-1}=I :

(−1111)⋅12(−1111)=12(1+1−1+1−1+11+1)=12(2002)=I ✓\begin{pmatrix}-1&1\\ 1&1\end{pmatrix}\cdot\frac12\begin{pmatrix}-1&1\\ 1&1\end{pmatrix}=\frac12\begin{pmatrix}1+1&-1+1\\ -1+1&1+1\end{pmatrix}=\frac12\begin{pmatrix}2&0\\ 0&2\end{pmatrix}=I\ \checkmark
Assembler $e^{tA}$
etD=(e−t00e3t).e^{tD}=\begin{pmatrix}e^{-t}&0\\ 0&e^{3t}\end{pmatrix}.
etA=P etD P−1=(−1111)(e−t00e3t)⋅12(−1111).e^{tA}=P\,e^{tD}\,P^{-1}=\begin{pmatrix}-1&1\\ 1&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}e^{-t}&0\\ 0&e^{3t}\end{pmatrix}\cdot\frac12\begin{pmatrix}-1&1\\ 1&1\end{pmatrix}.

👉 Premier produit — chaque colonne de PP est multipliée par son exponentielle :

(−e−te3te−te3t).\begin{pmatrix}-e^{-t}&e^{3t}\\ e^{-t}&e^{3t}\end{pmatrix}.

👉 Second produit, avec 12(−1111)\frac12\begin{pmatrix}-1&1\\ 1&1\end{pmatrix} :

12(e−t+e3t−e−t+e3t−e−t+e3te−t+e3t).\frac12\begin{pmatrix}e^{-t}+e^{3t}&-e^{-t}+e^{3t}\\ -e^{-t}+e^{3t}&e^{-t}+e^{3t}\end{pmatrix}.
etA=12(e3t+e−te3t−e−te3t−e−te3t+e−t)\boxed{e^{tA}=\frac12\begin{pmatrix}e^{3t}+e^{-t}&e^{3t}-e^{-t}\\ e^{3t}-e^{-t}&e^{3t}+e^{-t}\end{pmatrix}}

👉 La matrice est SYMÉTRIQUE, comme AA — c'est attendu, l'exponentielle préservant la symétrie ✓

👉 Écriture compacte, souvent plus lisible :

etA=et(cosh⁡2tsinh⁡2tsinh⁡2tcosh⁡2t),e^{tA}=e^{t}\begin{pmatrix}\cosh 2t&\sinh 2t\\ \sinh 2t&\cosh 2t\end{pmatrix},

puisque e3t±e−t2=et⋅e2t±e−2t2\frac{e^{3t}\pm e^{-t}}{2}=e^{t}\cdot\frac{e^{2t}\pm e^{-2t}}{2}.

Les trois controles, et l'usage

1. En t=0t=0, l'exponentielle doit valoir l'identité :

e0=12(1+11−11−11+1)=(1001)=I ✓e^{0}=\frac12\begin{pmatrix}1+1&1-1\\ 1-1&1+1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1&0\\ 0&1\end{pmatrix}=I\ \checkmark

2. La dérivée en 00 doit valoir AA :

ddtetA∣t=0=12(3+(−1)3−(−1)3−(−1)3+(−1))=12(2442)=(1221)=A ✓\frac{d}{dt}e^{tA}\Big|_{t=0}=\frac12\begin{pmatrix}3+(-1)&3-(-1)\\ 3-(-1)&3+(-1)\end{pmatrix}=\frac12\begin{pmatrix}2&4\\ 4&2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1&2\\ 2&1\end{pmatrix}=A\ \checkmark

👉 Ces deux contrôles sont les plus efficaces qui soient : ils testent la matrice ENTIÈRE, en deux évaluations, et attrapent toute erreur de produit ou d'ordre des colonnes.

3. Le déterminant, par la formule de Liouville :

det⁡etA=ettr⁡A=e2t.\det e^{tA}=e^{t\operatorname{tr}A}=e^{2t}.

Vérifions directement :

14[(e3t+e−t)2−(e3t−e−t)2]=14×4e3te−t=e2t ✓\frac14\left[\left(e^{3t}+e^{-t}\right)^2-\left(e^{3t}-e^{-t}\right)^2\right]=\frac14\times 4e^{3t}e^{-t}=e^{2t}\ \checkmark

👉 L'usage : résoudre TOUT problème de Cauchy en une multiplication. Reprenons A4, avec X⃗0=(13)\vec X_0=\binom13 :

X⃗(t)=etA(13)=12((e3t+e−t)+3(e3t−e−t)(e3t−e−t)+3(e3t+e−t))=(2e3t−e−t2e3t+e−t).\vec X(t)=e^{tA}\begin{pmatrix}1\\ 3\end{pmatrix}=\frac12\begin{pmatrix}\left(e^{3t}+e^{-t}\right)+3\left(e^{3t}-e^{-t}\right)\\ \left(e^{3t}-e^{-t}\right)+3\left(e^{3t}+e^{-t}\right)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2e^{3t}-e^{-t}\\ 2e^{3t}+e^{-t}\end{pmatrix}.

👉 C'est EXACTEMENT la solution trouvée en A4 ✓ — mais obtenue sans redécomposer la condition initiale.

⚠️ Deux avertissements sur l'exponentielle de matrice :

piège pourquoi
eA+B≠eAeBe^{A+B}\neq e^Ae^B en général seulement si AB=BAAB=BA
etAe^{tA} n'est pas la matrice des eaijte^{a_{ij}t} c'est une série de PUISSANCES de AA

ℹ️ Le second point mérite d'être souligné : l'exponentielle d'une matrice ne s'obtient jamais en exponentiant ses coefficients. C'est l'erreur la plus répandue, et la plus facile à commettre.

Réponse. etA=12(e3t+e−te3t−e−te3t−e−te3t+e−t)e^{tA}=\dfrac12\begin{pmatrix}e^{3t}+e^{-t}&e^{3t}-e^{-t}\\ e^{3t}-e^{-t}&e^{3t}+e^{-t}\end{pmatrix}. (Recoupement : e0⋅A=Ie^{0\cdot A}=I ✓ et ddtetA=AetA\dfrac{d}{dt}e^{tA}=Ae^{tA} ✓ ; X⃗(t)=etAX⃗0\vec X(t)=e^{tA}\vec X_0 résout tout Cauchy)
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Cauchy (matrice symétrique)

ApplicationDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=(3113)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix}\vec X avec X⃗(0)=(20)\vec X(0)=\binom20.

Indices (3)

Solution générale (exo A5).

c1(11)+c2(1−1)=(20)c_1\binom11+c_2\binom1{-1}=\binom20.

c1+c2=2c_1+c_2=2, c1−c2=0c_1-c_2=0.

Correction détaillée
La solution generale

👉 La matrice est celle d'A5 :

A=(3113),λ1=2 avec v⃗1=(−11),λ2=4 avec v⃗2=(11).A=\begin{pmatrix}3&1\\ 1&3\end{pmatrix},\qquad \lambda_1=2\ \text{avec}\ \vec v_1=\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix},\qquad \lambda_2=4\ \text{avec}\ \vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.
X⃗(t)=C1e2t(−11)+C2e4t(11).\vec X(t)=C_1e^{2t}\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}+C_2e^{4t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.

👉 Décomposons la condition initiale X⃗(0)=(20)\vec X(0)=\binom20 sur la base propre :

C1(−11)+C2(11)=(20).C_1\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}+C_2\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\ 0\end{pmatrix}.
{−C1+C2=2C1+C2=0\begin{cases}-C_1+C_2=2\\ C_1+C_2=0\end{cases}

👉 La seconde donne C1=−C2C_1=-C_2, qu'on reporte dans la première :

C2+C2=2⟹C2=1,C1=−1.C_2+C_2=2\quad\Longrightarrow\quad C_2=1,\qquad C_1=-1.
C1=−1,C2=1\boxed{C_1=-1,\qquad C_2=1}
La solution du probleme de Cauchy
X⃗(t)=−e2t(−11)+e4t(11).\vec X(t)=-e^{2t}\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}+e^{4t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.
x1(t)=e2t+e4t,x2(t)=−e2t+e4t\boxed{x_1(t)=e^{2t}+e^{4t},\qquad x_2(t)=-e^{2t}+e^{4t}}

👉 CONTRÔLE 1 — la condition initiale. En t=0t=0 :

x1(0)=1+1=2 ✓,x2(0)=−1+1=0 ✓x_1(0)=1+1=2\ \checkmark,\qquad x_2(0)=-1+1=0\ \checkmark

👉 CONTRÔLE 2 — le système. Première équation, x1′=3x1+x2x_1'=3x_1+x_2 :

x1′=2e2t+4e4t.x_1'=2e^{2t}+4e^{4t}.
3x1+x2=3e2t+3e4t−e2t+e4t=2e2t+4e4t ✓3x_1+x_2=3e^{2t}+3e^{4t}-e^{2t}+e^{4t}=2e^{2t}+4e^{4t}\ \checkmark

Seconde équation, x2′=x1+3x2x_2'=x_1+3x_2 :

x2′=−2e2t+4e4t,x_2'=-2e^{2t}+4e^{4t},
x1+3x2=e2t+e4t−3e2t+3e4t=−2e2t+4e4t ✓x_1+3x_2=e^{2t}+e^{4t}-3e^{2t}+3e^{4t}=-2e^{2t}+4e^{4t}\ \checkmark

👉 Les deux équations sont vérifiées séparément, ce qui teste les deux lignes de la matrice — et pas seulement celle qui a servi au calcul.

Le raccourci par SOMME et DIFFERENCE

👉 Sur une matrice (abba)\begin{pmatrix}a&b\\ b&a\end{pmatrix}, il existe une voie sans vecteurs propres (déjà vue en A5). Posons

s=x1+x2,d=x1−x2.s=x_1+x_2,\qquad d=x_1-x_2.

Alors :

s′=x1′+x2′=(3x1+x2)+(x1+3x2)=4s,s'=x_1'+x_2'=(3x_1+x_2)+(x_1+3x_2)=4s,
d′=x1′−x2′=(3x1+x2)−(x1+3x2)=2x1−2x2=2d.d'=x_1'-x_2'=(3x_1+x_2)-(x_1+3x_2)=2x_1-2x_2=2d.

👉 Deux équations SCALAIRES indépendantes, chacune immédiate :

s(t)=s0e4t,d(t)=d0e2t.s(t)=s_0e^{4t},\qquad d(t)=d_0e^{2t}.

Avec X⃗(0)=(2,0)\vec X(0)=(2,0) : s0=2s_0=2 et d0=2d_0=2.

s(t)=2e4t,d(t)=2e2t.s(t)=2e^{4t},\qquad d(t)=2e^{2t}.

👉 On remonte à x1x_1 et x2x_2 :

x1=s+d2=e4t+e2t,x2=s−d2=e4t−e2t.x_1=\frac{s+d}{2}=e^{4t}+e^{2t},\qquad x_2=\frac{s-d}{2}=e^{4t}-e^{2t}.
MEME resultat, sans un seul vecteur propre ✓\boxed{\text{MEME resultat, sans un seul vecteur propre}\ \checkmark}

👉 Deux méthodes indépendantes qui donnent le même résultat — c'est le meilleur contrôle possible, puisqu'elles ne partagent aucune étape de calcul.

Le comportement, et l'alignement asymptotique

👉 Les deux valeurs propres sont positives : la trajectoire s'échappe.

∥X⃗(t)∥ →t→+∞ +∞.\lVert\vec X(t)\rVert\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ +\infty.

👉 La direction dominante est celle de λ=4\lambda=4, soit v⃗2=(1,1)\vec v_2=(1,1) :

x2(t)x1(t)=e4t−e2te4t+e2t=1−e−2t1+e−2t →t→+∞ 1.\frac{x_2(t)}{x_1(t)}=\frac{e^{4t}-e^{2t}}{e^{4t}+e^{2t}}=\frac{1-e^{-2t}}{1+e^{-2t}}\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ 1.

Vérifions numériquement :

tt x1x_1 x2x_2 x2/x1x_2/x_1
00 22 00 00
0,50{,}5 10,1110{,}11 4,674{,}67 0,4620{,}462
11 61,9861{,}98 47,2147{,}21 0,7620{,}762
22 2 0352\,035 2 9262\,926…

👉 Recalculons proprement à t=2t=2 : e4≈54,6e^4\approx 54{,}6 et e8≈2981e^8\approx 2981, donc x1≈3035,6x_1\approx 3035{,}6 et x2≈2926,4x_2\approx 2926{,}4, soit un rapport de 0,9640{,}964 ✓

👉 Le rapport tend bien vers 11, c'est-à-dire vers la direction (1,1)(1,1).

👉 Interprétation : la condition initiale (2,0)(2,0) n'est PAS un vecteur propre, donc elle mélange les deux modes. Mais le mode e4te^{4t} croît plus vite et finit par écraser l'autre.

en temps long, toute trajectoire s’aligne sur le mode DOMINANT\boxed{\text{en temps long, toute trajectoire s'aligne sur le mode DOMINANT}}

⚠️ Sauf si le coefficient de ce mode est exactement nul — ici C2=1≠0C_2=1\neq 0, donc l'alignement a bien lieu.

ℹ️ C'est le principe de la méthode de la puissance en calcul numérique : itérer x⃗↦Ax⃗\vec x\mapsto A\vec x fait converger la direction vers le vecteur propre dominant, exactement pour cette raison.

Réponse. X⃗(t)=e4t(11)+e2t(1−1)\vec X(t)=e^{4t}\binom11+e^{2t}\binom1{-1}. (Recoupement : X⃗(0)=(11)+(1−1)=(20)\vec X(0)=\binom11+\binom1{-1}=\binom20 ✓)
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Système triangulaire

CalculDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=(1102)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}1&1\\0&2\end{pmatrix}\vec X.

Indices (3)

Matrice triangulaire : vp sur la diagonale λ=1,2\lambda=1,2.

λ=1\lambda=1 : v⃗=(10)\vec v=\binom10 ; λ=2\lambda=2 : résoudre (A−2I)v⃗=0(A-2I)\vec v=0.

Combiner.

Correction détaillée
Une matrice TRIANGULAIRE se lit sans calcul
A=(1102).A=\begin{pmatrix}1&1\\ 0&2\end{pmatrix}.
Les valeurs propres d’une matrice TRIANGULAIRE sont ses coefficients DIAGONAUX\boxed{\text{Les valeurs propres d'une matrice TRIANGULAIRE sont ses coefficients DIAGONAUX}}
λ1=1,λ2=2\boxed{\lambda_1=1,\qquad \lambda_2=2}

👉 Aucun polynôme caractéristique à résoudre : le déterminant d'une matrice triangulaire est le produit de sa diagonale, donc

det⁡(A−λI)=det⁡(1−λ102−λ)=(1−λ)(2−λ).\det(A-\lambda I)=\det\begin{pmatrix}1-\lambda&1\\ 0&2-\lambda\end{pmatrix}=(1-\lambda)(2-\lambda).

Contrôle : tr⁡A=1+2=3\operatorname{tr}A=1+2=3 et somme des λ=3\lambda=3 ✓ · det⁡A=1×2=2\det A=1\times 2=2 et produit =2=2 ✓

⚠️ Le coefficient hors diagonale a12=1a_{12}=1 ne joue AUCUN rôle dans les valeurs propres — mais il en joue un dans les vecteurs propres, et c'est lui qui couple les deux équations.

Les vecteurs propres

Pour λ1=1\lambda_1=1 : (A−I)v⃗=0⃗(A-I)\vec v=\vec 0.

(0101)(ab)=0⃗⟺b=0.\begin{pmatrix}0&1\\ 0&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}a\\ b\end{pmatrix}=\vec 0\quad\Longleftrightarrow\quad b=0.
v⃗1=(10).\vec v_1=\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}.

👉 La composante aa est LIBRE — la matrice A−IA-I a une colonne nulle, donc l'axe des abscisses tout entier est propre.

Pour λ2=2\lambda_2=2 : (A−2I)v⃗=0⃗(A-2I)\vec v=\vec 0.

(−1100)(ab)=0⃗⟺−a+b=0.\begin{pmatrix}-1&1\\ 0&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}a\\ b\end{pmatrix}=\vec 0\quad\Longleftrightarrow\quad -a+b=0.
v⃗2=(11).\vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.

👉 CONTRÔLE :

A(10)=(10)=1⋅v⃗1 ✓A\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}=1\cdot\vec v_1\ \checkmark
A(11)=(1+10+2)=(22)=2⋅v⃗2 ✓A\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1+1\\ 0+2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\ 2\end{pmatrix}=2\cdot\vec v_2\ \checkmark

⚠️ Ne pas confondre avec le cas défectueux de D1 : là-bas la valeur propre est DOUBLE et il n'y a qu'une seule direction propre. Ici les deux valeurs sont distinctes, donc la matrice est diagonalisable malgré son triangle.

La solution generale, et la voie « en cascade »
X⃗(t)=C1et(10)+C2e2t(11)\boxed{\vec X(t)=C_1e^{t}\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}+C_2e^{2t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}}
x1(t)=C1et+C2e2t,x2(t)=C2e2t.x_1(t)=C_1e^{t}+C_2e^{2t},\qquad x_2(t)=C_2e^{2t}.

👉 Une matrice triangulaire se résout aussi EN CASCADE, sans aucun vecteur propre — et c'est souvent plus rapide.

La seconde ligne du système ne dépend que de x2x_2 :

x2′=2x2⟹x2(t)=Ke2t.x_2'=2x_2\qquad\Longrightarrow\qquad x_2(t)=Ke^{2t}.

On l'injecte alors dans la première :

x1′=x1+x2=x1+Ke2t.x_1'=x_1+x_2=x_1+Ke^{2t}.

👉 C'est une équation linéaire d'ordre 11 AVEC second membre. Sa solution générale est la somme de l'homogène C1etC_1e^{t} et d'une particulière.

Cherchons x1part=ae2tx_1^{\text{part}}=ae^{2t} :

2ae2t=ae2t+Ke2t⟹a=K.2ae^{2t}=ae^{2t}+Ke^{2t}\quad\Longrightarrow\quad a=K.
x1(t)=C1et+Ke2t ✓x_1(t)=C_1e^{t}+Ke^{2t}\ \checkmark

👉 Même résultat, avec K=C2K=C_2 — les deux méthodes concordent, et la seconde n'a demandé aucun calcul matriciel.

La nature, et la structure de la solution
grandeur valeur lecture
tr⁡A\operatorname{tr}A 3>03>0 instable
det⁡A\det A 2>02>0 pas un col
Δ=9−8\Delta=9-8 1>01>0 nœud
NOEUD INSTABLE\boxed{\text{NOEUD INSTABLE}}

👉 Contrôle par substitution — première équation x1′=x1+x2x_1'=x_1+x_2 :

x1′=C1et+2C2e2t,x_1'=C_1e^{t}+2C_2e^{2t},
x1+x2=C1et+C2e2t+C2e2t=C1et+2C2e2t ✓x_1+x_2=C_1e^{t}+C_2e^{2t}+C_2e^{2t}=C_1e^{t}+2C_2e^{2t}\ \checkmark

👉 Ce que la structure triangulaire raconte : le système est à SENS UNIQUE.

variable dépend de
x2x_2 elle seule — elle évolue de façon autonome
x1x_1 d'elle-même et de x2x_2
x2 PILOTE x1, et jamais l’inverse\boxed{x_2\ \text{PILOTE}\ x_1,\ \text{et jamais l'inverse}}

👉 Conséquence sur le portrait de phase : la droite x2=0x_2=0 (l'axe des abscisses) est invariante — une trajectoire qui y démarre y reste pour toujours.

Vérifions : si C2=0C_2=0, alors x2(t)=0x_2(t)=0 pour tout tt, et x1(t)=C1etx_1(t)=C_1e^t ✓

👉 En revanche, la droite x1=0x_1=0 n'est PAS invariante — l'asymétrie du triangle se lit directement dans le portrait.

ℹ️ Ces systèmes modélisent une chaîne de causalité : une population source qui alimente une population cible sans retour, une décroissance radioactive en cascade, un réservoir qui se déverse dans un autre.

Réponse. X⃗(t)=c1et(10)+c2e2t(11)\vec X(t)=c_1e^{t}\binom10+c_2e^{2t}\binom11. (Recoupement : y=x2=c2e2ty=x_2=c_2e^{2t} et x1′=x1+x2x_1'=x_1+x_2 → cohérent ✓)
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Foyer instable (synthèse)

CalculDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=(2−112)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}2&-1\\1&2\end{pmatrix}\vec X et préciser le type d'équilibre.

Indices (3)

λ2−4λ+5=0\lambda^2-4\lambda+5=0.

λ=2±i\lambda=2\pm i.

Re⁡λ=2>0\operatorname{Re}\lambda=2>0.

Correction détaillée
Les valeurs propres
A=(2−112).A=\begin{pmatrix}2&-1\\ 1&2\end{pmatrix}.
tr⁡A=4,det⁡A=2×2−(−1)(1)=4+1=5.\operatorname{tr}A=4,\qquad \det A=2\times 2-(-1)(1)=4+1=5.
χ(λ)=λ2−4λ+5,Δ=16−20=−4<0.\chi(\lambda)=\lambda^2-4\lambda+5,\qquad \Delta=16-20=-4<0.
λ=4±2i2=2±i.\lambda=\frac{4\pm 2i}{2}=2\pm i.
λ=2±i\boxed{\lambda=2\pm i}

Contrôle : somme 4=tr⁡A4=\operatorname{tr}A ✓, produit 22+12=5=det⁡A2^2+1^2=5=\det A ✓

👉 La lecture immédiate :

partie valeur effet
α=2\alpha=2 >0>0 amplitude en e2te^{2t} — croît
β=1\beta=1 rotation de période 2π2\pi

👉 Cette matrice a la forme (α−ββα)\begin{pmatrix}\alpha&-\beta\\ \beta&\alpha\end{pmatrix}, qui est la forme canonique d'un foyer — et ses valeurs propres se lisent alors DIRECTEMENT : α±iβ\alpha\pm i\beta.

(α−ββα) a pour valeurs propres α±iβ\boxed{\begin{pmatrix}\alpha&-\beta\\ \beta&\alpha\end{pmatrix}\ \text{a pour valeurs propres}\ \alpha\pm i\beta}
La solution

👉 Pour cette forme canonique, l'exponentielle se lit aussi directement :

etA=eαt(cos⁡βt−sin⁡βtsin⁡βtcos⁡βt)=e2t(cos⁡t−sin⁡tsin⁡tcos⁡t).e^{tA}=e^{\alpha t}\begin{pmatrix}\cos\beta t&-\sin\beta t\\ \sin\beta t&\cos\beta t\end{pmatrix}=e^{2t}\begin{pmatrix}\cos t&-\sin t\\ \sin t&\cos t\end{pmatrix}.
X⃗(t)=e2t(C1cos⁡t−C2sin⁡tC1sin⁡t+C2cos⁡t)\boxed{\vec X(t)=e^{2t}\begin{pmatrix}C_1\cos t-C_2\sin t\\ C_1\sin t+C_2\cos t\end{pmatrix}}

👉 CONTRÔLE sur la première équation x1′=2x1−x2x_1'=2x_1-x_2.

Dérivons x1=e2t(C1cos⁡t−C2sin⁡t)x_1=e^{2t}(C_1\cos t-C_2\sin t) :

x1′=2e2t(C1cos⁡t−C2sin⁡t)+e2t(−C1sin⁡t−C2cos⁡t).x_1'=2e^{2t}\left(C_1\cos t-C_2\sin t\right)+e^{2t}\left(-C_1\sin t-C_2\cos t\right).

👉 Le premier terme est 2x12x_1, et le second vaut

−e2t(C1sin⁡t+C2cos⁡t)=−x2 ✓-e^{2t}\left(C_1\sin t+C_2\cos t\right)=-x_2\ \checkmark
x1′=2x1−x2 ✓x_1'=2x_1-x_2\ \checkmark

👉 Décomposition très lisible de la matrice :

A=2I+(0−110)=2I+R,A=2I+\begin{pmatrix}0&-1\\ 1&0\end{pmatrix}=2I+R,

où RR est la rotation de B1. Comme II commute avec tout :

etA=e2tIetR=e2t⋅(cos⁡t−sin⁡tsin⁡tcos⁡t) ✓e^{tA}=e^{2tI}e^{tR}=e^{2t}\cdot\begin{pmatrix}\cos t&-\sin t\\ \sin t&\cos t\end{pmatrix}\ \checkmark

⚠️ La factorisation eA+B=eAeBe^{A+B}=e^Ae^B n'est licite QUE si AB=BAAB=BA — c'est le cas ici parce que II commute avec RR, et c'est ce qui rend le calcul immédiat.

Le type d'equilibre
grandeur valeur lecture
det⁡A\det A 5>05>0 pas un col
Δ\Delta −4<0-4<0 foyer (pas un nœud)
tr⁡A\operatorname{tr}A 4>04>0 instable
FOYER INSTABLE — spirale qui s’ecarte de l’origine\boxed{\text{FOYER INSTABLE — spirale qui s'ecarte de l'origine}}

👉 Le module croît exponentiellement :

r(t)=r0 e2t.r(t)=r_0\,e^{2t}.

👉 Le sens de rotation : a21=1>0a_{21}=1>0, donc trigonométrique. Vérification en (1,0)(1,0) :

A(10)=(21) — vers le haut a droite ✓A\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\ 1\end{pmatrix}\ \text{— vers le haut a droite}\ \checkmark

👉 Comparons les deux échelles de temps :

grandeur valeur
période de rotation T=2π≈6,28T=2\pi\approx 6{,}28
temps de doublement ln⁡22≈0,35\frac{\ln 2}{2}\approx 0{,}35

👉 L'amplitude double dix-huit fois par tour — la spirale est très ouverte, presque radiale à l'œil.

r(2π)=r0 e4π≈287 000 r0.r(2\pi)=r_0\,e^{4\pi}\approx 287\,000\,r_0.

⚠️ Quand α≫β\alpha\gg\beta, un foyer ressemble visuellement à un nœud — la rotation est noyée dans la croissance. C'est le discriminant, pas l'apparence, qui tranche.

La comparaison avec les autres foyers du chapitre
exercice AA λ\lambda nature
B1 (0−110)\begin{pmatrix}0&-1\\ 1&0\end{pmatrix} ±i\pm i centre
B2 (1−111)\begin{pmatrix}1&-1\\ 1&1\end{pmatrix} 1±i1\pm i foyer instable
E2 (2−112)\begin{pmatrix}2&-1\\ 1&2\end{pmatrix} 2±i\mathbf{2\pm i} foyer instable
B3 (−1−22−1)\begin{pmatrix}-1&-2\\ 2&-1\end{pmatrix} −1±2i-1\pm 2i foyer stable

👉 Les trois premières ont exactement la même structure αI+R\alpha I+R, avec α=0\alpha=0, 11, 22 — et c'est α\alpha seul qui décide de la nature.

α<0 stable⋅α=0 centre⋅α>0 instable\boxed{\alpha<0\ \text{stable}\quad\cdot\quad \alpha=0\ \text{centre}\quad\cdot\quad \alpha>0\ \text{instable}}

👉 La vitesse d'écartement, elle, est gouvernée par ∣α∣\lvert\alpha\rvert :

α\alpha rayon après un tour (t=2πt=2\pi)
00 r0r_0 — inchangé
11 ≈535 r0\approx 535\,r_0
22 ≈287 000 r0\approx 287\,000\,r_0

👉 Et le rapport ∣α∣β\frac{\lvert\alpha\rvert}{\beta} mesure l'OUVERTURE de la spirale :

rapport allure
grand spirale très ouverte, presque radiale
petit spirale serrée, presque circulaire
nul cercle exact

ℹ️ En automatique, ce rapport est directement lié au facteur d'amortissement ζ\zeta d'un système du second ordre — un foyer instable y correspond à un amortissement négatif, c'est-à-dire à un système qui entre en oscillation croissante.

Réponse. X⃗(t)=e2t(c1(cos⁡tsin⁡t)+c2(−sin⁡tcos⁡t))\vec X(t)=e^{2t}\big(c_1\binom{\cos t}{\sin t}+c_2\binom{-\sin t}{\cos t}\big) : foyer instable (Re⁡λ=2>0\operatorname{Re}\lambda=2>0). (Recoupement : det⁡A=5>0\det A=5>0 et tr⁡A=4>0\operatorname{tr}A=4>0, τ2−4det⁡A=−4<0\tau^2-4\det A=-4<0 → foyer instable ✓)
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Exponentielle d'une rotation

DémonstrationDifficulté 3/5

Montrer que etA=(cos⁡t−sin⁡tsin⁡tcos⁡t)e^{tA}=\begin{pmatrix}\cos t&-\sin t\\ \sin t&\cos t\end{pmatrix} pour A=(0−110)A=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}.

Indices (3)

Vérifier M(0)=IM(0)=I.

Vérifier M′(t)=A M(t)M'(t)=A\,M(t).

L'unicité du problème M′=AMM'=AM, M(0)=IM(0)=I caractérise etAe^{tA}.

Correction détaillée
Trois voies pour la MEME identite
A=(0−110),a montrer :etA=(cos⁡t−sin⁡tsin⁡tcos⁡t).A=\begin{pmatrix}0&-1\\ 1&0\end{pmatrix},\qquad\text{a montrer :}\quad e^{tA}=\begin{pmatrix}\cos t&-\sin t\\ \sin t&\cos t\end{pmatrix}.

👉 Trois démonstrations, et chacune éclaire un aspect différent :

voie ce qu'elle montre
la SÉRIE d'où viennent cos⁡\cos et sin⁡\sin
l'équation différentielle pourquoi c'est la bonne réponse
les colonnes le lien avec les solutions de B4

👉 Commençons par la clé de tout : les puissances de AA.

A2=(0−110)(0−110)=(−100−1)=−I.A^2=\begin{pmatrix}0&-1\\ 1&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&-1\\ 1&0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1&0\\ 0&-1\end{pmatrix}=-I.
A2=−I — exactement comme i2=−1\boxed{A^2=-I\ \text{— exactement comme}\ i^2=-1}

👉 Les puissances suivent donc un cycle de période 44 :

nn 00 11 22 33 44
AnA^n II AA −I-I −A-A II

👉 C'est le même cycle que celui de ii, et c'est ce qui va faire apparaître cos⁡\cos et sin⁡\sin.

Voie 1 : la SERIE
etA=∑n≥0tnAnn!.e^{tA}=\sum_{n\geq 0}\frac{t^nA^n}{n!}.

👉 Séparons les indices PAIRS et IMPAIRS, puisque les puissances se répètent :

pairs (n=2k) :A2k=(A2)k=(−I)k=(−1)kI,\text{pairs}\ (n=2k)\ :\quad A^{2k}=(A^2)^k=(-I)^k=(-1)^kI,
impairs (n=2k+1) :A2k+1=(−1)kA.\text{impairs}\ (n=2k+1)\ :\quad A^{2k+1}=(-1)^kA.

En regroupant :

etA=(∑k≥0(−1)kt2k(2k)!)I+(∑k≥0(−1)kt2k+1(2k+1)!)A.e^{tA}=\left(\sum_{k\geq 0}\frac{(-1)^kt^{2k}}{(2k)!}\right)I+\left(\sum_{k\geq 0}\frac{(-1)^kt^{2k+1}}{(2k+1)!}\right)A.

👉 On reconnaît les DSE de cos⁡\cos et de sin⁡\sin :

etA=(cos⁡t) I+(sin⁡t) A.e^{tA}=(\cos t)\,I+(\sin t)\,A.

Explicitons :

=cos⁡t(1001)+sin⁡t(0−110)=(cos⁡t−sin⁡tsin⁡tcos⁡t) ✓=\cos t\begin{pmatrix}1&0\\ 0&1\end{pmatrix}+\sin t\begin{pmatrix}0&-1\\ 1&0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}\cos t&-\sin t\\ \sin t&\cos t\end{pmatrix}\ \checkmark
etA=(cos⁡t)I+(sin⁡t)A\boxed{e^{tA}=(\cos t)I+(\sin t)A}

👉 C'est la formule d'Euler eit=cos⁡t+isin⁡te^{it}=\cos t+i\sin t, transposée aux matrices — et la ressemblance n'est pas fortuite : AA joue exactement le rôle de ii.

Voies 2 et 3 : l'equation, et les colonnes

👉 VOIE 2 — vérifier que M(t)=(cos⁡t−sin⁡tsin⁡tcos⁡t)M(t)=\begin{pmatrix}\cos t&-\sin t\\ \sin t&\cos t\end{pmatrix} satisfait le problème.

Dérivons terme à terme :

M′(t)=(−sin⁡t−cos⁡tcos⁡t−sin⁡t).M'(t)=\begin{pmatrix}-\sin t&-\cos t\\ \cos t&-\sin t\end{pmatrix}.

Et calculons AMAM :

AM=(0−110)(cos⁡t−sin⁡tsin⁡tcos⁡t)=(−sin⁡t−cos⁡tcos⁡t−sin⁡t) ✓AM=\begin{pmatrix}0&-1\\ 1&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}\cos t&-\sin t\\ \sin t&\cos t\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-\sin t&-\cos t\\ \cos t&-\sin t\end{pmatrix}\ \checkmark
M′=AMetM(0)=I.M'=AM\quad\text{et}\quad M(0)=I.

👉 Or ce problème a une SOLUTION UNIQUE, qui est par définition etAe^{tA}. Donc M(t)=etAM(t)=e^{tA} ✓

👉 VOIE 3 — lire les COLONNES. La jj-ième colonne de etAe^{tA} est la solution de X⃗ ′=AX⃗\vec X\,'=A\vec X partant du jj-ième vecteur de base.

départ solution (B4) colonne
(10)\binom10 (cos⁡tsin⁡t)\binom{\cos t}{\sin t} 1ʳᵉ ✓
(01)\binom01 (−sin⁡tcos⁡t)\binom{-\sin t}{\cos t} 2ᵉ ✓

👉 B4 a déjà calculé la première colonne — l'exponentielle n'en est que le rangement matriciel.

etA est la matrice dont les COLONNES sont les solutions issues de la base canonique\boxed{e^{tA}\ \text{est la matrice dont les COLONNES sont les solutions issues de la base canonique}}
Les controles, et ce que la formule offre

1. En t=0t=0 :

(cos⁡0−sin⁡0sin⁡0cos⁡0)=(1001)=I ✓\begin{pmatrix}\cos 0&-\sin 0\\ \sin 0&\cos 0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1&0\\ 0&1\end{pmatrix}=I\ \checkmark

2. Le déterminant — formule de Liouville, det⁡etA=ettr⁡A=e0=1\det e^{tA}=e^{t\operatorname{tr}A}=e^0=1 :

cos⁡2t+sin⁡2t=1 ✓\cos^2t+\sin^2t=1\ \checkmark

3. La loi de groupe e(s+t)A=esAetAe^{(s+t)A}=e^{sA}e^{tA} :

R(s)R(t)=(cos⁡scos⁡t−sin⁡ssin⁡t⋯sin⁡scos⁡t+cos⁡ssin⁡t⋯)=R(s+t) ✓R(s)R(t)=\begin{pmatrix}\cos s\cos t-\sin s\sin t&\cdots\\ \sin s\cos t+\cos s\sin t&\cdots\end{pmatrix}=R(s+t)\ \checkmark

👉 Ce troisième contrôle redonne les formules d'addition de cos⁡\cos et sin⁡\sin, gratuitement — c'est le même fait, écrit matriciellement.

4. L'inverse :

(etA)−1=e−tA=R(−t)=R(t)T ✓\left(e^{tA}\right)^{-1}=e^{-tA}=R(-t)=R(t)^T\ \checkmark

👉 Une matrice de rotation a son inverse égal à sa transposée — c'est la définition d'une matrice orthogonale.

la rotation preserve les longueurs et les angles : RTR=I\boxed{\text{la rotation preserve les longueurs et les angles : }R^TR=I}

👉 Ce que cela raconte du système : X⃗ ′=AX⃗\vec X\,'=A\vec X décrit un mouvement qui conserve la norme, et l'exponentielle en donne l'expression exacte à tout instant.

👉 Généralisation à connaître :

AA etAe^{tA} groupe
antisymétrique (AT=−AA^T=-A) orthogonale rotations
symétrique symétrique définie positive dilatations
trace nulle déterminant 11 volumes conservés

👉 Ici AT=(01−10)=−AA^T=\begin{pmatrix}0&1\\ -1&0\end{pmatrix}=-A : la matrice est bien antisymétrique, ce qui garantit d'avance que son exponentielle est une rotation ✓

ℹ️ C'est le lien entre algèbre de Lie (les AA antisymétriques) et groupe de Lie (les rotations) : l'exponentielle est le pont entre les deux, et c'est le point de départ de toute la théorie des symétries en physique.

Réponse. etA=(cos⁡t−sin⁡tsin⁡tcos⁡t)e^{tA}=\begin{pmatrix}\cos t&-\sin t\\ \sin t&\cos t\end{pmatrix}. (Recoupement : M′=AMM'=AM et M(0)=IM(0)=I ⟹\Longrightarrow par unicité M=etAM=e^{tA} ✓ ; c'est la rotation d'angle tt)
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Cauchy (système triangulaire)

ApplicationDifficulté 3/5

Résoudre X⃗ ′=(1102)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}1&1\\0&2\end{pmatrix}\vec X avec X⃗(0)=(01)\vec X(0)=\binom01.

Indices (3)

Solution générale (exo E1).

c1(10)+c2(11)=(01)c_1\binom10+c_2\binom11=\binom01.

c1+c2=0c_1+c_2=0, c2=1c_2=1.

Correction détaillée
La solution generale

👉 La matrice est celle d'E1 :

A=(1102),λ1=1 avec v⃗1=(10),λ2=2 avec v⃗2=(11).A=\begin{pmatrix}1&1\\ 0&2\end{pmatrix},\qquad \lambda_1=1\ \text{avec}\ \vec v_1=\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix},\qquad \lambda_2=2\ \text{avec}\ \vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.
X⃗(t)=C1et(10)+C2e2t(11).\vec X(t)=C_1e^{t}\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}+C_2e^{2t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.

👉 Décomposons X⃗(0)=(01)\vec X(0)=\binom01 :

C1(10)+C2(11)=(01).C_1\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}+C_2\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\ 1\end{pmatrix}.

👉 La SECONDE ligne se lit directement — v⃗1\vec v_1 n'y contribue pas :

C2=1.C_2=1.

Puis la première : C1+C2=0C_1+C_2=0, donc C1=−1C_1=-1.

C1=−1,C2=1\boxed{C_1=-1,\qquad C_2=1}

👉 La structure triangulaire simplifie même la décomposition : la seconde équation ne contient qu'une inconnue.

La solution du probleme de Cauchy
X⃗(t)=−et(10)+e2t(11).\vec X(t)=-e^{t}\begin{pmatrix}1\\ 0\end{pmatrix}+e^{2t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.
x1(t)=e2t−et,x2(t)=e2t\boxed{x_1(t)=e^{2t}-e^{t},\qquad x_2(t)=e^{2t}}

👉 CONTRÔLE 1 — la condition initiale en t=0t=0 :

x1(0)=1−1=0 ✓,x2(0)=1 ✓x_1(0)=1-1=0\ \checkmark,\qquad x_2(0)=1\ \checkmark

👉 CONTRÔLE 2 — le système. Seconde équation x2′=2x2x_2'=2x_2 :

x2′=2e2t=2x2 ✓x_2'=2e^{2t}=2x_2\ \checkmark

Première équation x1′=x1+x2x_1'=x_1+x_2 :

x1′=2e2t−et.x_1'=2e^{2t}-e^{t}.
x1+x2=(e2t−et)+e2t=2e2t−et ✓x_1+x_2=\left(e^{2t}-e^{t}\right)+e^{2t}=2e^{2t}-e^{t}\ \checkmark

👉 CONTRÔLE 3 — par la voie en cascade, indépendante de la précédente.

La seconde équation donne x2=e2tx_2=e^{2t} (car x2(0)=1x_2(0)=1), puis

x1′=x1+e2t,x1(0)=0.x_1'=x_1+e^{2t},\qquad x_1(0)=0.

Solution générale : x1=Cet+e2tx_1=Ce^t+e^{2t} (particulière ae2tae^{2t} avec a=1a=1). Et x1(0)=0x_1(0)=0 donne C=−1C=-1 ✓

👉 Trois contrôles, dont un par une méthode entièrement distincte.

Le comportement

👉 Les deux composantes explosent, mais pas de la même façon :

tt x1=e2t−etx_1=e^{2t}-e^{t} x2=e2tx_2=e^{2t} x1/x2x_1/x_2
00 00 11 00
11 4,6714{,}671 7,3897{,}389 0,6320{,}632
22 47,2147{,}21 54,6054{,}60 0,8650{,}865
33 383,3383{,}3 403,4403{,}4 0,9500{,}950

👉 Le rapport tend vers 11, c'est-à-dire vers la direction v⃗2=(1,1)\vec v_2=(1,1) :

x1x2=e2t−ete2t=1−e−t →t→+∞ 1 ✓\frac{x_1}{x_2}=\frac{e^{2t}-e^{t}}{e^{2t}}=1-e^{-t}\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ 1\ \checkmark

👉 La formule est exacte, pas asymptotique — l'écart à 11 vaut exactement e−te^{-t}.

👉 Un détail intéressant : x1x_1 commence NÉGATIF ? Non — vérifions :

x1(t)=e2t−et=et(et−1).x_1(t)=e^{2t}-e^{t}=e^{t}\left(e^{t}-1\right).

👉 Pour t>0t>0, et>1e^t>1 donc x1>0x_1>0 ; pour t<0t<0, x1<0x_1<0.

x1 s’annule exactement en t=0, et change de signe\boxed{x_1\ \text{s'annule exactement en}\ t=0,\ \text{et change de signe}}

👉 La trajectoire traverse l'axe x1=0x_1=0 à t=0t=0 — ce qui est cohérent avec la condition initiale (0,1)(0,1), qui est précisément sur cet axe.

Ce que le cas triangulaire enseigne
NOEUD INSTABLE, avec l’axe x2=0 invariant\boxed{\text{NOEUD INSTABLE, avec l'axe}\ x_2=0\ \text{invariant}}

👉 Ici C2=1≠0C_2=1\neq 0, donc la trajectoire n'est PAS sur l'axe invariant et suit le mode dominant e2te^{2t}.

👉 Le tableau des conditions initiales :

X⃗(0)\vec X(0) C1C_1 C2C_2 trajectoire
(0,1)(0,1) −1-1 11 s'aligne sur (1,1)(1,1)
(1,0)(1,0) 11 0\mathbf 0 reste sur l'axe x2=0x_2=0
(1,1)(1,1) 00 11 reste sur la droite x1=x2x_1=x_2
(3,1)(3,1) 22 11 s'aligne sur (1,1)(1,1)

👉 Les DEUX droites propres sont invariantes — c'est le cas de toute matrice diagonalisable à valeurs propres réelles.

👉 Et l'asymétrie du triangle se lit dans le portrait de phase :

droite invariante ? pourquoi
x2=0x_2=0 ✅ c'est Vect⁡(v⃗1)\operatorname{Vect}(\vec v_1)
x1=x2x_1=x_2 ✅ c'est Vect⁡(v⃗2)\operatorname{Vect}(\vec v_2)
x1=0x_1=0 ❌ n'est pas une droite propre

⚠️ Une matrice triangulaire n'est PAS toujours diagonalisable : si les deux coefficients diagonaux sont égaux et que le hors-diagonale est non nul, la matrice est défectueuse — c'est exactement le cas de D1, avec (2102)\begin{pmatrix}2&1\\ 0&2\end{pmatrix}.

ce qui sauve E1/E4, c’est λ1≠λ2, pas la forme triangulaire\boxed{\text{ce qui sauve E1/E4, c'est}\ \lambda_1\neq\lambda_2,\ \text{pas la forme triangulaire}}

ℹ️ La forme de Jordan généralise cette observation : toute matrice est semblable à une matrice triangulaire par blocs, diagonale exactement quand elle est diagonalisable.

Réponse. X⃗(t)=(e2t−ete2t)\vec X(t)=\binom{e^{2t}-e^{t}}{e^{2t}}. (Recoupement : X⃗(0)=(1−11)=(01)\vec X(0)=\binom{1-1}{1}=\binom01 ✓)
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Oscillateur amorti en système

CalculDifficulté 3/5

Écrire x′′+2x′+5x=0x''+2x'+5x=0 en système X⃗ ′=AX⃗\vec X\,'=A\vec X et déterminer la nature des solutions.

Indices (3)

x1=xx_1=x, x2=x′x_2=x' : A=(01−5−2)A=\begin{pmatrix}0&1\\-5&-2\end{pmatrix}.

Caractéristique λ2+2λ+5=0\lambda^2+2\lambda+5=0.

Discriminant <0<0 → oscillations amorties.

Correction détaillée
Ecrire le systeme

👉 Posons x1=xx_1=x et x2=x′x_2=x'.

x1′=x′=x2.x_1'=x'=x_2.

Et l'équation donne x′′x'' :

x′′+2x′+5x=0⟹x′′=−5x−2x′,x''+2x'+5x=0\quad\Longrightarrow\quad x''=-5x-2x',
x2′=−5x1−2x2.x_2'=-5x_1-2x_2.
X⃗ ′=(01−5−2)X⃗\boxed{\vec X\,'=\begin{pmatrix}0&1\\ -5&-2\end{pmatrix}\vec X}

👉 Contrôle par la forme compagnon (01−q−p)\begin{pmatrix}0&1\\ -q&-p\end{pmatrix} avec p=2p=2 et q=5q=5 :

(01−5−2) ✓\begin{pmatrix}0&1\\ -5&-2\end{pmatrix}\ \checkmark

👉 Le vecteur d'état (x,x′)(x,x') est le couple POSITION-VITESSE — le plan (x1,x2)(x_1,x_2) est donc l'espace des phases de l'oscillateur.

La nature des solutions
tr⁡A=0+(−2)=−2,det⁡A=0×(−2)−1×(−5)=5.\operatorname{tr}A=0+(-2)=-2,\qquad \det A=0\times(-2)-1\times(-5)=5.
χ(λ)=λ2+2λ+5,Δ=4−20=−16<0.\chi(\lambda)=\lambda^2+2\lambda+5,\qquad \Delta=4-20=-16<0.
λ=−2±4i2=−1±2i.\lambda=\frac{-2\pm 4i}{2}=-1\pm 2i.
λ=−1±2i\boxed{\lambda=-1\pm 2i}

👉 C'est bien l'équation caractéristique r2+2r+5=0r^2+2r+5=0 de l'équation d'origine ✓ — les deux méthodes coïncident, comme en A2 et A6.

grandeur valeur lecture
Δ<0\Delta<0 oscillations
α=−1<0\alpha=-1<0 amorties
β=2\beta=2 pseudo-pulsation
OSCILLATIONS AMORTIES — regime PSEUDO-PERIODIQUE\boxed{\text{OSCILLATIONS AMORTIES — regime PSEUDO-PERIODIQUE}}

👉 La solution de l'équation d'origine :

x(t)=e−t(C1cos⁡2t+C2sin⁡2t)=Ae−tcos⁡(2t−φ).x(t)=e^{-t}\left(C_1\cos 2t+C_2\sin 2t\right)=Ae^{-t}\cos(2t-\varphi).

👉 La seconde écriture, en amplitude et phase, est celle du physicien — et elle rend le comportement immédiatement lisible.

Les trois regimes de l'oscillateur amorti

👉 Pour x′′+2ζω0x′+ω02x=0x''+2\zeta\omega_0x'+\omega_0^2x=0, tout se joue sur le signe du discriminant. Identifions nos paramètres :

ω02=5 ⟹ ω0=5≈2,236,2ζω0=2 ⟹ ζ=15≈0,447.\omega_0^2=5\ \Longrightarrow\ \omega_0=\sqrt5\approx 2{,}236,\qquad 2\zeta\omega_0=2\ \Longrightarrow\ \zeta=\frac{1}{\sqrt5}\approx 0{,}447.
ζ\zeta Δ\Delta régime comportement
<1<1 <0<0 sous-amorti ← ici oscille en décroissant
=1=1 =0=0 critique retour le plus rapide, sans osciller
>1>1 >0>0 sur-amorti retour lent, sans osciller

👉 Ici ζ≈0,447<1\zeta\approx 0{,}447<1 : régime sous-amorti, l'oscillateur oscille ✓

👉 Les deux grandeurs à distinguer :

grandeur formule valeur
pulsation propre ω0\omega_0 5\sqrt{5} 2,2362{,}236
pseudo-pulsation β\beta ω01−ζ2\omega_0\sqrt{1-\zeta^2} 2\mathbf 2

Contrôle : 5×1−15=5×25=2\sqrt5\times\sqrt{1-\frac15}=\sqrt5\times\frac{2}{\sqrt5}=2 ✓

👉 L'amortissement RALENTIT l'oscillation — la pseudo-pulsation 22 est inférieure à la pulsation propre 2,2362{,}236.

Tpseudo=2π2=π≈3,14\boxed{T_{\text{pseudo}}=\frac{2\pi}{2}=\pi\approx 3{,}14}
Le decrement, et le portrait de phase

👉 L'amplitude décroît en e−te^{-t}, donc entre deux maxima séparés de T=πT=\pi :

An+1An=e−π≈0,0432.\frac{A_{n+1}}{A_n}=e^{-\pi}\approx 0{,}0432.
chaque oscillation divise l’amplitude par ≈23\boxed{\text{chaque oscillation divise l'amplitude par}\ \approx 23}

👉 Le décrément logarithmique, grandeur standard en mécanique :

δ=ln⁡AnAn+1=π≈3,14.\delta=\ln\frac{A_n}{A_{n+1}}=\pi\approx 3{,}14.

Quelques valeurs, pour A0=1A_0=1 :

oscillation 00 11 22 33
amplitude 11 0,0430{,}043 0,00190{,}0019 8×10−58\times 10^{-5}

👉 Après trois oscillations, il ne reste rien — l'amortissement est fort.

👉 Le portrait de phase (x,x′)(x,x') est une SPIRALE RENTRANTE (D6) :

grandeur valeur lecture
det⁡A\det A 5>05>0 pas un col
Δ\Delta −16<0-16<0 foyer
tr⁡A\operatorname{tr}A −2<0-2<0 stable
FOYER STABLE — l’origine attire toutes les trajectoires\boxed{\text{FOYER STABLE — l'origine attire toutes les trajectoires}}

👉 Le sens de rotation : a21=−5<0a_{21}=-5<0, donc HORAIRE.

👉 Et c'est physiquement obligatoire dans un plan (x,x′)(x,x') : quand x′>0x'>0 la position augmente, donc le point va vers la droite dans le demi-plan supérieur — ce qui est le sens horaire.

tout portrait de phase (position, vitesse) tourne dans le sens HORAIRE\boxed{\text{tout portrait de phase (position, vitesse) tourne dans le sens HORAIRE}}

⚠️ C'est un contrôle gratuit : un portrait (x,x′)(x,x') qui tournerait dans l'autre sens signalerait une erreur de signe.

ℹ️ Le régime critique ζ=1\zeta=1 est celui qu'on recherche en pratique — suspension automobile, ferme-porte, galvanomètre : il ramène au repos le plus vite possible sans dépassement.

Réponse. x(t)=e−t(c1cos⁡2t+c2sin⁡2t)x(t)=e^{-t}(c_1\cos2t+c_2\sin2t), foyer stable. (Recoupement : identique au régime pseudo-périodique Δ<0\Delta<0 du chapitre Équations différentielles, ω=2\omega=2, amortissement e−te^{-t} ✓)
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Deux réservoirs couplés

ApplicationDifficulté 3/5

Deux réservoirs échangent selon X⃗ ′=(−211−2)X⃗\vec X\,'=\begin{pmatrix}-2&1\\1&-2\end{pmatrix}\vec X. Résoudre et décrire le comportement en temps long.

Indices (3)

λ2+4λ+3=0\lambda^2+4\lambda+3=0.

λ=−1,−3\lambda=-1,-3.

Les deux vp <0<0 : tout tend vers 00.

Correction détaillée
Les elements propres
A=(−211−2).A=\begin{pmatrix}-2&1\\ 1&-2\end{pmatrix}.

👉 La matrice est de la forme (abba)\begin{pmatrix}a&b\\ b&a\end{pmatrix} : ses valeurs propres sont a±ba\pm b (A5).

λ1=−2−1=−3 avec v⃗1=(−11),λ2=−2+1=−1 avec v⃗2=(11).\lambda_1=-2-1=-3\ \text{avec}\ \vec v_1=\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix},\qquad \lambda_2=-2+1=-1\ \text{avec}\ \vec v_2=\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}.

Contrôle : tr⁡A=−4\operatorname{tr}A=-4 et −3+(−1)=−4-3+(-1)=-4 ✓ · det⁡A=4−1=3\det A=4-1=3 et (−3)(−1)=3(-3)(-1)=3 ✓

👉 Contrôle par application :

A(−11)=(2+1−1−2)=(3−3)=−3(−11) ✓A\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2+1\\ -1-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\ -3\end{pmatrix}=-3\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}\ \checkmark
A(11)=(−2+11−2)=(−1−1)=−1(11) ✓A\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2+1\\ 1-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\ -1\end{pmatrix}=-1\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}\ \checkmark
X⃗(t)=C1e−3t(−11)+C2e−t(11)\boxed{\vec X(t)=C_1e^{-3t}\begin{pmatrix}-1\\ 1\end{pmatrix}+C_2e^{-t}\begin{pmatrix}1\\ 1\end{pmatrix}}
La lecture PHYSIQUE : somme et difference

👉 Le modèle décrit deux réservoirs qui s'échangent du contenu ET fuient. Écrivons le système :

{x1′=−2x1+x2x2′=x1−2x2\begin{cases}x_1'=-2x_1+x_2\\ x_2'=x_1-2x_2\end{cases}

👉 Chaque équation a la même structure : on perd 2xi2x_i et on reçoit xjx_j.

👉 Les combinaisons naturelles se découplent d'elles-mêmes :

s=x1+x2 (contenu TOTAL),d=x2−x1 (DESEQUILIBRE).s=x_1+x_2\ \text{(contenu TOTAL)},\qquad d=x_2-x_1\ \text{(DESEQUILIBRE)}.
s′=x1′+x2′=(−2x1+x2)+(x1−2x2)=−x1−x2=−s,s'=x_1'+x_2'=(-2x_1+x_2)+(x_1-2x_2)=-x_1-x_2=-s,
d′=x2′−x1′=(x1−2x2)−(−2x1+x2)=3x1−3x2=−3d.d'=x_2'-x_1'=(x_1-2x_2)-(-2x_1+x_2)=3x_1-3x_2=-3d.
s(t)=s0e−t,d(t)=d0e−3t\boxed{s(t)=s_0e^{-t},\qquad d(t)=d_0e^{-3t}}

👉 Les deux exposants sont exactement les valeurs propres ✓ — et chacun a maintenant un SENS :

grandeur taux interprétation
total ss −1-1 la fuite vers l'extérieur
déséquilibre dd −3\mathbf{-3} l'égalisation entre réservoirs

👉 Le déséquilibre disparaît TROIS FOIS plus vite que le total : les deux réservoirs s'égalisent bien avant de se vider.

Le comportement en temps long

👉 Les deux valeurs propres sont négatives, donc

X⃗(t) →t→+∞ 0⃗.\vec X(t)\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ \vec 0.
NOEUD STABLE — les deux reservoirs se vident\boxed{\text{NOEUD STABLE — les deux reservoirs se vident}}

👉 Mais l'ORDRE des événements compte, et c'est là tout l'intérêt du modèle :

phase durée ce qui se passe
1 t≲1t\lesssim 1 le déséquilibre e−3te^{-3t} s'efface : les niveaux s'égalisent
2 t≳1t\gtrsim 1 le total e−te^{-t} décroît : les deux se vident ensemble

👉 Prenons X⃗(0)=(10,0)\vec X(0)=(10,0) — tout dans le premier réservoir. Alors s0=10s_0=10 et d0=−10d_0=-10 :

x1=s−d2=5e−t+5e−3t,x2=s+d2=5e−t−5e−3t.x_1=\frac{s-d}{2}=5e^{-t}+5e^{-3t},\qquad x_2=\frac{s+d}{2}=5e^{-t}-5e^{-3t}.
tt x1x_1 x2x_2 x2/x1x_2/x_1
00 1010 00 00
0,50{,}5 4,154{,}15 1,921{,}92 0,460{,}46
11 2,092{,}09 1,591{,}59 0,760{,}76
22 0,6890{,}689 0,6650{,}665 0,9650{,}965

👉 x2x_2 CROÎT d'abord (il se remplit), puis décroît quand l'égalisation est faite ✓

👉 Le maximum de x2x_2 s'obtient en annulant sa dérivée :

x2′=−5e−t+15e−3t=0 ⟹ e2t=3 ⟹ t=ln⁡32≈0,549.x_2'=-5e^{-t}+15e^{-3t}=0\ \Longrightarrow\ e^{2t}=3\ \Longrightarrow\ t=\frac{\ln 3}{2}\approx 0{,}549.

Et alors x2≈1,925x_2\approx 1{,}925 — le second réservoir ne dépassera jamais ce niveau.

Ce que le modele enseigne, et sa variante conservative

👉 Le rapport tend vers 11 : les niveaux s'égalisent avant de tendre vers zéro ensemble.

x2x1=e−t−e−3te−t+e−3t=1−e−2t1+e−2t →t→+∞ 1 ✓\frac{x_2}{x_1}=\frac{e^{-t}-e^{-3t}}{e^{-t}+e^{-3t}}=\frac{1-e^{-2t}}{1+e^{-2t}}\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ 1\ \checkmark

👉 La direction dominante est celle de la valeur propre la MOINS négative — ici λ2=−1\lambda_2=-1, de vecteur (1,1)(1,1), c'est-à-dire l'égalité des niveaux.

en temps long, toute trajectoire hors de la droite (1,−1) arrive a l’origine TANGENTIELLEMENT a (1,1)\boxed{\text{en temps long, toute trajectoire hors de la droite}\ (1,-1)\ \text{arrive a l'origine TANGENTIELLEMENT a}\ (1,1)}

⚠️⚠️ Le modèle n'est PAS conservatif : chaque colonne de AA a pour somme −1-1, donc le total s=x1+x2s=x_1+x_2 vérifie s′=−ss'=-s et diminue. Il y a une fuite vers l'extérieur.

👉 La variante CONSERVATIVE serait :

B=(−111−1),tr⁡B=−2, det⁡B=0.B=\begin{pmatrix}-1&1\\ 1&-1\end{pmatrix},\qquad \operatorname{tr}B=-2,\ \det B=0.
λ1=0,λ2=−2.\lambda_1=0,\qquad \lambda_2=-2.

👉 La valeur propre NULLE change tout : ici les colonnes de BB sont de somme nulle, donc le total ss vérifie s′=0s'=0 : il est conservé.

matrice det⁡\det total équilibre final
AA (ici) 3>03>0 fuit 0⃗\vec 0, unique
BB (conservatif) 0\mathbf 0 conservé une DROITE d'équilibres

👉 Avec BB, tout point de la droite x1=x2x_1=x_2 est un équilibre, et la trajectoire y converge en préservant la somme :

X⃗(t) →t→+∞ (s02, s02).\vec X(t)\ \xrightarrow[t\to+\infty]{}\ \left(\frac{s_0}{2},\ \frac{s_0}{2}\right).
det⁡A=0   ⟺   λ=0 est valeur propre   ⟺   il y a d’AUTRES equilibres que l’origine\boxed{\det A=0\ \iff\ \lambda=0\ \text{est valeur propre}\ \iff\ \text{il y a d'AUTRES equilibres que l'origine}}

👉 C'est exactement ce que C1 démontre : l'unicité de l'équilibre équivaut à det⁡A≠0\det A\neq 0.

ℹ️ Ce modèle à deux compartiments est la brique de base de la pharmacocinétique, de la thermique du bâtiment et des modèles de diffusion — avec autant de compartiments qu'on veut, et la même structure de valeurs propres négatives.

Réponse. X⃗(t)=c1e−t(11)+c2e−3t(1−1)\vec X(t)=c_1e^{-t}\binom11+c_2e^{-3t}\binom1{-1}, qui tend vers (00)\binom00. (Recoupement : τ=−4<0\tau=-4<0 et det⁡=3>0\det=3>0 → nœud stable, équilibre atteint, cf. exo C4 ✓)
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