Partie 1 : critique et rédaction mathématique
Sujet zéro — CAPES externe de mathématiques (bac+3), exemple officiel de sujet pour la seconde épreuve d'admissibilité, mai 2025 (mis à jour août 2025). © ministère chargé de l'Éducation nationale, devenirenseignant.gouv.fr.
Partie 1 : Exercices de critique et rédaction mathématique
Pour chacun des exercices ci-après une réponse est fournie.
- Les réponses fournies sont-elles exactes ? Justifier et préciser les éléments qui permettent de repérer les erreurs.
- Quelles critiques peut-on faire à la rédaction de chaque réponse proposée ? Justifier.
- Rédiger avec soin une réponse correcte pour chacun des exercices proposés.
Exercice 1
Résoudre le système
Réponse :
On résout ce système par combinaisons linéaires :
- on ajoute membre à membre (1) et (2) et on remplace l'équation (1) par l'équation obtenue,
- on ajoute membre à membre (3) et (2) et on remplace l'équation (2) par l'équation obtenue,
- on soustrait membre à membre (1) et (3) et on remplace l'équation (3) par l'équation obtenue,
- on obtient le système
:
- pour tout
dans , le triplet est solution de donc de .
Exercice 2
Soit
Démontrer que la suite
Réponse :
a) On démontre d'abord que la suite
et donc
Or
b) On démontre maintenant que la suite
la suite est majorée par sa limite.
Exercice 3
Soit
Réponse :
Considérons le dessin suivant :
Note de Maths Post-Bac. Le dessin ci-dessous est redessiné par Maths Post-Bac d'après celui de la réponse fournie dans le sujet officiel.
On en déduit que
Indices (9)
Exercice 1 — exactitude. Remplacer dans
Exercice 1 — critique de la rédaction. Écrire chaque opération sous la forme
Exercice 1 — réponse rédigée. Garder l'équation (1) et éliminer
Exercice 2 — exactitude. Sur quel ensemble la fonction
Exercice 2 — critique de la rédaction. Relire chaque objet :
Exercice 2 — réponse rédigée. Écrire
Exercice 3 — exactitude. Calculer
Exercice 3 — critique de la rédaction. Que faudrait-il écrire pour qu'un lecteur comprenne le dessin : l'aire du grand carré, ce que représente chaque zone, ce qui se passe après la dernière zone dessinée ?
Exercice 3 — réponse rédigée. Signaler la coquille et traiter les deux lectures. Pour la somme voulue, utiliser la somme des termes d'une suite géométrique de raison
Correction détaillée
Trois exercices de première année, trois réponses fournies qui n'établissent pas ce qu'elles annoncent — et trois défauts de nature différente. Les calculs sont courts. Ce que la partie teste, c'est la capacité à lire une démonstration comme on lit une copie : juger la conclusion, localiser l'étape qui cède, dire ce qui permet de la repérer, puis rédiger soi-même une réponse complète.
| exercice | ce que la réponse fournie conclut | est-ce exact ? | le défaut principal | chapitres de l'app |
|---|---|---|---|---|
| 1 | une infinité de solutions | non : une solution unique, |
des combinaisons qui ne donnent pas un système équivalent, puis une implication lue à l'envers | Matrices et systèmes, Raisonnement |
| 2 | croissante et majorée | les conclusions oui, les justifications non | Fonctions d'une variable réelle, Réels et suites | |
| 3 | non pour l'énoncé écrit, qui donne |
une coquille de l'énoncé non vue, et un dessin présenté comme une preuve | Réels et suites, Raisonnement |
Les trois consignes n'appellent pas le même travail.
- Consigne 1 (exactitude). Trois questions, dans cet ordre. La conclusion est-elle vraie ? Cela se juge indépendamment de la réponse : une substitution, un déterminant, un calcul direct. Où est la première étape fausse ? La nommer : implication lue à l'envers, théorème appliqué hors de ses hypothèses, affirmation générale fausse ; deux valeurs d'une fonction suffisent parfois à la réfuter. Quels éléments permettent de repérer l'erreur ? C'est la partie propre à ce sujet : la consigne demande de dire comment on s'en aperçoit — le test qui réfute, le calcul qui alerte.
- Consigne 2 (rédaction). La forme : objets définis (
ou ?), quantificateurs écrits, connecteurs justifiés, théorèmes cités avec leurs conditions, conclusion écrite. Elle se distingue de la consigne 1 sans en être indépendante : dans l'exercice 1, une rédaction qui aurait écrit une équivalence à chaque étape aurait dû justifier chacune ; c'est en justifiant la troisième qu'on voit qu'elle ne tient pas. - Consigne 3 (rédaction d'une réponse correcte). Une réponse complète au niveau attendu d'un professeur : hypothèses nommées, résultats cités, quantificateurs écrits, conclusion explicite.
Avant de juger la réponse de l'exercice 3, lire son énoncé. Le terme sommé,
Cinq réflexes trouvent l'essentiel des fautes de cette partie.
- Tester chaque affirmation sur un cas : le triplet obtenu pour
, qui réfute la conclusion (exercice 1) ; les valeurs et , qui réfutent l'étape « est croissante » (exercice 2) ; calculé avec la formule écrite, qui trahit la coquille de l'énoncé (exercice 3). Un test sur un cas peut réfuter une affirmation générale ; il ne la prouve jamais. - Compter avant de calculer : un système carré dont le déterminant est non nul a une solution et une seule ; une famille infinie de solutions est alors impossible.
- Relire le sens de chaque « donc » : une suite de combinaisons établit toujours une implication de
vers le nouveau système ; elle établit aussi la réciproque, donc une équivalence, quand chaque opération peut être défaite — l'équation qui sert d'outil reste en place, l'équation remplacée garde un coefficient non nul —, comme dans la réponse rédigée de l'exercice 1. Sinon, la réciproque reste à démontrer : dans la réponse fournie, la troisième opération ne peut pas être défaite, et le rang tombe de à . - Vérifier les hypothèses d'un théorème : le signe de la dérivée ne donne le sens de variation que sur un intervalle.
- Distinguer illustrer et démontrer : un dessin montre un nombre fini de cas ; « pour tout
» et « la limite vaut » demandent une preuve.
Enfin, une critique dit aussi ce qui est juste : les calculs de l'exercice 1 sont exacts, les conclusions de l'exercice 2 aussi, et l'idée du dessin de l'exercice 3 est la bonne — les réponses rédigées montrent comment les réutiliser.
Ce que ça teste. La résolution d'un système linéaire par combinaisons de lignes, c'est-à-dire la méthode du pivot de Gauss (Matrices et systèmes) : quelles opérations conservent l'ensemble des solutions. Et le sens d'une implication, condition nécessaire contre condition suffisante (Raisonnement).
La réponse est-elle exacte ? Non. Elle annonce une infinité de solutions, les triplets
Les éléments qui permettent de repérer l'erreur, du plus rapide au plus complet.
- Tester un triplet de la famille. Pour
, la réponse propose . Alors : l'équation (1) n'est pas vérifiée — ni les deux autres, puisque et . Un seul triplet faux suffit à réfuter « pour tout ». - Compter les solutions possibles. La matrice
de a pour déterminant (calcul dans l'entrée « réponse rédigée »). Un système carré a une solution unique si et seulement si le déterminant de sa matrice est non nul (Matrices et systèmes) : a exactement une solution, et une famille infinie de solutions est impossible, avant même de résoudre. - Examiner
. Sa troisième équation est la différence des deux premières : , et . Le système ne contient donc que deux équations indépendantes (il est de rang ), alors que en contient trois (rang ) : une information a été perdue en route. - Remplacer toute la famille dans
. Les trois équations deviennent , et : chacune impose . La famille contient donc exactement une solution de , celle obtenue pour , qui est .
Où sont les erreurs. Il y en a deux, et c'est la seconde qui produit la conclusion fausse.
Première erreur : les trois combinaisons ne donnent pas un système équivalent à
La nouvelle troisième équation se déduit des deux nouvelles premières : elle n'apporte rien. En termes matriciels, la matrice augmentée de
Cette transformation n'est pas inversible : on ne peut pas remonter de
Seconde erreur : « solution de
Les pièges pour qui critique.
- S'arrêter au contre-exemple
. Il prouve que la conclusion est fausse ; la consigne demande aussi de repérer l'erreur, donc de dire quelle étape cède et pourquoi. - Accuser les calculs. Les trois combinaisons sont justes,
est correctement calculé, et la famille décrit bien toutes ses solutions. Ce qui est faux, c'est le statut logique de : une conséquence de , pas un système équivalent. - Tout jeter. L'inclusion correcte — les solutions de
sont sur la droite — est une vraie information : complétée par la vérification des triplets de la famille, elle donne la réponse (voir la variante de l'entrée « réponse rédigée »).
Recoupement. La solution
Ce que ça teste. Rédiger une résolution de système : opérations nommées, systèmes successifs reliés par des équivalences justifiées, conclusion par l'ensemble des solutions (Matrices et systèmes).
Les critiques, dans l'ordre de la réponse.
- Les opérations sont décrites en mots, et « (1) » devient ambigu. Après « on remplace l'équation (1) par l'équation obtenue », que désigne « (1) » dans la troisième opération : l'équation d'origine, ou la nouvelle ? La réponse utilise l'ancienne — sa troisième équation,
, est avec l'équation (1) d'origine ; avec la nouvelle, , on aurait obtenu . Une notation comme , et l'écriture de chaque système intermédiaire, lèvent l'ambiguïté et rendent visible l'équation perdue. - Aucun connecteur entre
et . Le passage d'un système à l'autre n'est ni une équivalence justifiée, ni même annoncé comme une implication : le lecteur ne sait pas ce qui est affirmé. Écrire aurait obligé à justifier l'équivalence — et à constater qu'elle est fausse. - La famille arrive sans calcul. « pour tout
dans , le triplet […] est solution » : ni le choix du paramètre ( ), ni le calcul de et de à partir de , ni la vérification ne sont écrits. - « donc » sans justification. Un « donc » entre deux systèmes se justifie par les opérations qui le fondent ; ici il n'en a aucune, et c'est lui qui porte l'erreur de fond.
- Pas de conclusion. « Résoudre » demande l'ensemble des solutions, écrit comme un ensemble, avec l'ensemble où l'on cherche les inconnues :
. La réponse s'arrête sur une phrase. - Aucun contrôle. Un système de trois équations à trois inconnues dont on trouve une infinité de solutions devrait alerter : calculer le déterminant, ou substituer un triplet de la famille, prend une ligne.
Ce qui est bien. L'idée de combiner les lignes est la bonne, les trois combinaisons sont exactes, et la famille décrit exactement les solutions de
Les pièges pour qui critique. Séparer la forme (consigne 2) du fond (consigne 1), sans perdre de vue qu'ils se rejoignent ici : l'ambiguïté sur « (1) » et l'absence de connecteurs sont exactement ce qui a laissé passer l'erreur.
Recoupement. La famille est bien l'ensemble des solutions de
Ce que ça teste. La méthode du pivot de Gauss rédigée par équivalences, avec des opérations qui conservent l'ensemble des solutions (Matrices et systèmes).
La rédaction attendue.
On cherche les triplets
et, en remontant,
Conclusion : l'ensemble des solutions de
Chaque étape étant une équivalence, la vérification n'est pas logiquement nécessaire ; elle ne coûte rien :
Variante : le déterminant d'abord. La matrice de
En développant selon la première ligne,
Comme
Variante : réparer la réponse fournie par une analyse-synthèse. Ses calculs sont justes ; il suffit de rétablir le sens de l'implication et d'ajouter la synthèse.
Analyse. Soit
Synthèse. Un triplet de cette forme vérifie les équations (1), (2), (3) si et seulement si
Conclusion.
Les pièges.
- Combiner des équations déjà remplacées. Faire plusieurs opérations « en même temps » est sûr dès que chaque opération est de la forme
, avec et , et que chaque équation qui sert d'outil reste inchangée dans le système, comme ci-dessus ; dans le doute, on effectue les opérations une par une, en écrivant chaque système. - Présenter un résultat sans vérification après un raisonnement par implications. Ou bien chaque étape est une équivalence justifiée, ou bien on vérifie les candidats obtenus.
- Oublier la conclusion. « Résoudre » demande l'ensemble des solutions, écrit comme un ensemble.
Recoupement indépendant. Les formules de Cramer (déterminants
Ce que ça teste. La monotonie d'une suite définie par une formule
La réponse est-elle exacte ? Les deux conclusions le sont, aucune des deux justifications ne l'est. La suite est bien croissante (et même strictement) et majorée, par
a) « Donc
b) « la suite est majorée par sa limite » est affirmé sans justification, et faux en général. La suite
Les éléments qui permettent de repérer les erreurs. Pour a) : une fonction affirmée croissante sans intervalle, dont l'ensemble de définition est troué en
Le verdict, rédigé. Les conclusions sont exactes, la démonstration ne l'est pas : en a), l'affirmation «
Les pièges pour qui critique.
- Déclarer la réponse fausse parce que la démonstration l'est : les deux conclusions sont vraies, il faut le dire.
- Déclarer la réponse juste parce que les conclusions le sont : a) contient une affirmation fausse, b) une affirmation non justifiée.
- Reprocher le calcul de
: le résultat est exact ; ce qui pèche, c'est la manière de l'écrire (consigne 2).
Recoupement. Les premiers termes
Ce que ça teste. La précision des objets et des quantificateurs dans une étude de fonction (Fonctions d'une variable réelle), et la citation d'un résultat avec ses conditions.
Les critiques, dans l'ordre de la réponse.
- « Soit
» : on ne définit pas une fonction en posant une valeur. Il fallait écrire « soit la fonction définie sur par » — et l'ensemble de départ est justement ce qui manque en a). - «
» : et ne sont pas définis ( , ), et la formule est citée sans ses hypothèses ( et dérivables, ne s'annulant pas sur l'intervalle considéré). - «
» : le calcul du numérateur est sauté. Avec la formule annoncée, il fallait écrire . Le « » peut venir de ce calcul, puisque se réduit à quand les termes en s'annulent : c'est alors l'étape intermédiaire qui manque. Il peut aussi venir du de la formule de dérivation d'une fonction homographique , qui n'est pas citée. - « Or
» : pour quels ? Le quantificateur manque (pour tout , ou pour tout de l'intervalle choisi). - « Donc
est croissante » : est un nombre réel ; c'est la fonction qui est croissante, et sur un intervalle qu'il faut nommer. - « par conséquent
est croissante » : le lien n'est pas écrit, ni le fait que les entiers naturels sont dans l'intervalle où est croissante. - «
» : ni « » sous le symbole, ni calcul, alors que la forme est indéterminée. - « la suite est majorée par sa limite » : aucune justification, et aucun majorant écrit sous la forme attendue, « pour tout
, ». - Une méthode lourde. Passer par une fonction auxiliaire et sa dérivée n'est pas faux, mais multiplie les hypothèses à vérifier (dérivabilité, intervalle, lien
) ; une suite donnée par une formule aussi simple s'étudie directement, par ou par l'écriture .
Ce qui est bien. La structure en deux parties annoncées (a) croissance, b) majoration) est claire, et le calcul de
Les pièges pour qui critique. Ne pas confondre une notation négligée (
Recoupement. Les deux chemins donnent le même numérateur :
Ce que ça teste. Étudier directement le sens de variation d'une suite et la majorer, sans outil superflu (Réels et suites).
La rédaction attendue.
Pour tout
Croissance. Soit
Donc
Majoration. Pour tout
Conclusion : la suite
Variante : avec la fonction, correctement. Soit
Comme
Variante : « majorée par sa limite », démontré. Le résultat vrai est le suivant : si une suite
Les pièges.
- Le signe de la dérivée ne donne le sens de variation que sur un intervalle : sur
, n'est pas croissante. - « Majorée » n'est pas « majorée par sa limite » : toute suite convergente est bornée, donc majorée, mais pas forcément par sa limite (la suite
). - Oublier le terme
. L'écriture , commode pour la limite, n'a de sens que pour ; l'écriture vaut pour tout .
Recoupement. Les écarts
Ce que ça teste. D'abord la lecture de l'énoncé ; puis la somme des termes d'une suite géométrique, la récurrence et la limite de
L'énoncé contient une coquille, et c'est le premier élément à relever. Le terme sommé,
Ainsi
L'intention est claire : le sujet voulait la somme
et dont la limite est bien
La réponse est-elle exacte ? On juge séparément la conclusion et la démonstration, comme à l'exercice 2 — et dans chacune des deux lectures.
- Pour l'énoncé tel qu'il est écrit, la conclusion
est fausse : la réponse est inexacte. - Pour l'énoncé rectifié, la conclusion
est vraie, mais la réponse ne la démontre pas : c'est le verdict de l'exercice 2, conclusion exacte et démonstration non valide (ici, absente).
Ce que le dessin montre, et ce qu'il ne montre pas. Si l'on prend l'aire du grand carré pour unité (ce que la réponse ne dit pas), les zones hachurée, rayée, quadrillée et pointillée ont pour aires
- Il ne montre pas que
pour tout . Quatre étapes dessinées ne disent rien de la cinquième, ni de la millième : il faut une récurrence, ou la formule de la somme des termes d'une suite géométrique. - Il ne dit rien du passage à la limite. Que la zone blanche, d'aire
, devienne « aussi petite qu'on veut » est exactement l'énoncé , qu'il faut établir. Voir des restes diminuer ne suffit pas : les nombres diminuent eux aussi, et tendent vers , pas vers .
Les éléments qui permettent de repérer les erreurs. Le terme sommé qui ne dépend pas de
Les pièges pour qui critique.
- Traiter en silence la somme rectifiée. C'est faire le bon calcul sur un énoncé qu'on n'a pas lu : la consigne demande de repérer les erreurs, et celle de l'énoncé en fait partie.
- Rejeter le dessin sans dire pourquoi. Ce qui manque est précis : l'argument pour tout
, et le passage à la limite.
Recoupement. Avec la formule écrite,
Ce que ça teste. Ce qu'une démonstration doit écrire, et le statut d'une figure dans une preuve (Raisonnement).
Les critiques.
- Aucun texte n'accompagne le dessin. Ni l'unité d'aire (le grand carré, d'aire
), ni la correspondance entre les zones et les termes de la somme, ni l'ordre dans lequel on les ajoute. Le lecteur doit deviner que la moitié hachurée représente , le quart rayé , et ainsi de suite. - Le dessin s'arrête après quatre zones, plus un reste blanc, sans un mot sur ce qui se passe ensuite. La règle de construction — « à chaque étape, on colorie la moitié de la zone restée blanche » — n'est pas écrite ; c'est pourtant elle qui porte l'argument.
- « On en déduit que » : rien n'est déduit. Aucun calcul, aucun résultat cité (somme des termes d'une suite géométrique, limite de
), aucune récurrence. - La coquille de l'énoncé n'est pas relevée. La réponse traite, sans le dire, une autre somme que celle qui est écrite.
- Une notation qui change. L'énoncé écrit
, la réponse . Pour une suite indexée par , les deux désignent la même chose ; l'écart est mineur, mais une réponse s'en tient à une seule notation.
Ce qui est bien. L'idée du dessin est la bonne : à chaque étape, on ajoute la moitié de ce qui manque pour atteindre
Les pièges pour qui critique. Ne pas confondre les deux consignes : que le dessin ne démontre rien relève de la consigne 1 (la réponse n'est pas exacte) ; que rien ne le légende ni ne l'explique relève de la consigne 2 (la rédaction).
Recoupement. Les cinq zones du dessin recouvrent exactement le carré :
Ce que ça teste. Somme des termes d'une suite géométrique, récurrence (Raisonnement), limite de
La rédaction attendue.
1. L'énoncé tel qu'il est écrit. Le terme
Comme
2. L'énoncé rectifié. Le dessin de la réponse et la valeur annoncée indiquent que le sujet voulait la somme
Calcul de
donc
Limite. Comme
Conclusion : pour la somme rectifiée,
Variante : par récurrence. Pour tout entier
Initialisation.
Hérédité. Soit
donc
Variante : le dessin, rédigé. On part d'un carré d'aire
Les pièges.
- Traiter la somme rectifiée sans signaler la coquille, ou signaler la coquille sans dire ce que vaut l'énoncé écrit.
- Se tromper de premier indice. La somme
commence à et vaut , de limite ; ici la somme commence à . - Affirmer
sans justification. C'est une limite de référence ( pour ), qu'on cite ; on peut aussi l'établir par , d'où .
Recoupement. Les premières valeurs
Les leçons mathématiques de la partie.
- Résoudre un système, c'est enchaîner des systèmes équivalents. Une opération
( , ) conserve l'ensemble des solutions, parce qu'on la défait grâce à , resté en place. Effectuées l'une après l'autre, chacune sur le système courant, de telles opérations ne perdent aucune équation ; la réponse de l'exercice 1 en a perdu une en combinant une équation déjà remplacée. Un système carré de déterminant non nul a une solution unique : c'est un contrôle immédiat. - Une implication n'a qu'un sens. Des combinaisons des équations de
sont des conséquences de : elles donnent une condition nécessaire. Conclure « solution de donc de » demande la réciproque — ou une vérification. - Le signe de la dérivée ne donne le sens de variation que sur un intervalle, et pour une suite
il faut écrire ce lien. Souvent, ou une écriture comme vont plus vite. - « Majorée par sa limite » est vrai pour une suite croissante convergente, faux en général : la suite
converge vers et commence à . La preuve, dans le cas croissant, passe à la limite dans l'inégalité . - Un dessin illustre, il ne démontre pas. Il montre un nombre fini de cas ; « pour tout
» demande une récurrence ou une formule, et une limite demande une preuve. Mais l'idée d'un bon dessin se rédige : ici, l'invariant « le reste vaut ». - Lire l'énoncé. Un terme sommé qui ne dépend pas de l'indice de sommation signale une coquille : la relever, dire ce que vaut l'énoncé écrit, puis traiter l'énoncé rectifié.
Et la méthode de critique, transférable à toute copie.
- Consigne 1 — juger l'exactitude : tester la conclusion indépendamment de l'argument (substitution, déterminant, valeurs), localiser la première étape fausse, nommer l'erreur, et dire ce qui permet de la repérer.
- Consigne 2 — juger la rédaction : objets définis, quantificateurs écrits, connecteurs justifiés, théorèmes cités avec leurs conditions, conclusion écrite.
- Juger séparément la conclusion et la démonstration : l'exercice 2 a des conclusions exactes et une démonstration fautive ; l'exercice 3, pour la somme voulue, une conclusion exacte et aucune démonstration.
- Dire aussi ce qui est juste : les calculs de l'exercice 1, l'idée du dessin de l'exercice 3 — une bonne réponse les réutilise en réparant l'étape qui cède.
Partie 2 (1) : fonctions convexes sur un intervalle (questions 1 à 14 sur le Document 1)
Sujet zéro — CAPES externe de mathématiques (bac+3), exemple officiel de sujet pour la seconde épreuve d'admissibilité, mai 2025 (mis à jour août 2025). © ministère chargé de l'Éducation nationale, devenirenseignant.gouv.fr.
Partie 2 : Questions sur le document 1 joint au sujet
Les questions ci-dessous portent sur le document 1 joint qui aborde les notions de fonctions convexes et d'ensembles convexes. Les résultats du document 1 sont utilisables sans démonstration.
1– Fonctions convexes sur un intervalle
Question 1. On considère la parabole d'équation
i) Donner l'allure de la courbe de la fonction
ii) Justifier que la corde
iii) Soit
iv) En déduire que la fonction
Question 2. Soient
Question 3. Démontrer la remarque 1.
Question 4. Soit
Question 5. Démontrer que la fonction valeur absolue (
Question 6. Soit
Question 7. Sur quels intervalles de
Question 8. Soit
Question 9. La démonstration de la proposition 2 est incomplète : terminer cette démonstration en traitant le cas
Question 10. Énoncer un analogue de la proposition 2 pour les fonctions concaves. On ne demande pas de le démontrer.
Question 11. Démontrer la deuxième inégalité de la proposition 3.
Question 12. Démontrer que la fonction
Question 13. Démontrer que
On illustrera ces inégalités par une figure.
Question 14. Soient
Démontrer l'inégalité :
Document 1
Introduction aux fonctions convexes et parties convexes du plan
La notion de convexité, au carrefour de l'analyse et la géométrie, est très utilisée en modélisation dans de nombreux domaines scientifiques. Pour résoudre des problématiques d'optimisation, elle s'avère un outil très efficace pour garntir l'existence d'extremums comme pour obtenir des inégalités.
Ce document comprend deux parties. Dans la première, on étudie les propriétés des fonctions convexes sur un intervalle. La deuxième, quant à elle, est consacrée aux parties dites convexes du plan et du lien qu'elles peuvent avoir avec les fonctions convexes. Dans ce document
1–Fonctions convexes sur un intervalle
Dans la suite
¹ Rappelons qu'une partie non vide
Soit
Soient
Dans cette section après avoir donné quelques définitions et exemples de fonctions convexes, on étudiera quelques propriétés de ces fonctions.
Définition 1 Soit
La fonction est dite concave si tout arc est au-dessus de la corde correspondante ou encore si
Exemple 1
Voici ci-après les tracés des courbes représentatives d'une fonction convexe (à gauche du dessin) et d'une autre concave (à droite du dessin).
Note de Maths Post-Bac. Figure redessinée par Maths Post-Bac d'après le document 1 (le sujet officiel en donne un tracé en couleurs) : à gauche la courbe de
sur , à droite celle de sur , chacune avec trois cordes.
Dans la suite nous traitons la cas des fonctions convexes. La définition ci-dessus (dans le cas convexe) est équivalente à la définition suivante.
Définition 2 Soit
Remarque 1
L'équation de la secante à
Remarque 2
Dire que la fonction
La proposition suivante précise les positions relatives de la courbe représentative d'une fonction convexe et de ses sécantes.
Proposition 1 Soit
Comme conséquence de ce qui précède, on obtient le résultat suivant relatif au calcul des limites des fonctions convexes en l'infini.
Proposition 2 Soit
- Si
alors tend vers quand tend vers . - Si
alors tend vers quand tend vers .
Démonstration (incomplète).
On suppose que
Or
Le théorème suivant donne une caractérisation des fonctions convexes en termes de « variations des pentes ».
Théorème 1 (Convexité et taux d'accroissement)
Soit
La fonction
Le résultat qui suit, appelé « lemme des trois pentes » ou « lemme des trois cordes » est une conséquence du théorème précédent. Il permet de comparer les pentes de trois cordes « successives » de la courbe représentative d'une fonction convexe (voir la figure ci-dessous).
Proposition 3 Soit
Démonstration
On utilise ce qui précède en gardant les notations et hypothèses de la proposition. La fonction
étant croissante sur
La deuxième inégalité est similaire.
Note de Maths Post-Bac. Figure redessinée par Maths Post-Bac d'après le document 1 : une courbe convexe, les points
, et , et les trois cordes qui les joignent deux à deux. Dans le sujet officiel, elle apparaît après la démonstration de la Proposition 3, en haut de la page imprimée 9.
Le théorème suivant fournit des conditions suffisantes pour qu'une fonction assez régulière sur un intervalle
Théorème 2 (Convexité et dérivation) Soit
- (i) la fonction
est dérivable sur l'intervalle et est croissante ; - (ii) la fonction
est deux fois dérivable sur l'intervalle et est positive.
Dans ces deux cas, la courbe représentative de
Remarque 3
- La propriété relative aux tangentes se traduit par :
Elle s'établit aisément en étudiant les variations de la fonction
Remarque 4
Si on suppose que la fonction
Exemples
Les fonctions suivantes sont des fonctions convexes :
Application à la recherche d'inégalités
Les relations qui décrivent les positions relatives de la courbe représentative et des cordes sont à l'origine de très nombreuses inégalités. On pourra établir, à titre d'exemple :
, , .
Terminons cette partie par un résultat important qui permet d'établir de nombreuses inégalités. Par exemple celle qui permet de comparer les moyennes arithmétique et géométrique.
Théorème 3 (Inégalités de Jensen)
Soient
Soient
Note de Maths Post-Bac. Dans le sujet officiel, le Document 1 est joint en fin de sujet (pages imprimées 6 à 12) ; sa section 1 est reproduite ci-dessus jusqu'au Théorème 3 inclus. Il se poursuit par une section « 2 – Parties convexes du plan » : cette section du Document 1 et les Questions 15 à 21 sont dans l'exercice « Partie 2 (2) : parties convexes du plan ».
Indices (17)
Question 1. i). Parité, variations, minimum en
Question 1. ii). Deux points distincts déterminent une droite : vérifie que
Question 1. iii).
Question 1. iv). Signe de
Question 2. Compare les deux courbes à abscisse égale. Un seul quantificateur, portant sur
Question 3. Pourquoi
Question 4. Un triplet
Question 5. La valeur absolue n'est pas dérivable en
Question 6. Cherche une fonction convexe qui change de signe, par exemple
Question 7. Deux sens. Là où
Question 8. Remarque 2 avec
Question 9. Relis la Proposition 1 : où la courbe est-elle au-dessus de la sécante ? Minore
Question 10.
Question 11. La deuxième inégalité compare deux pentes qui aboutissent au point d'abscisse
Question 12. Dérivée seconde de
Question 13.
Question 14. Théorème 3 avec
Correction détaillée
La Partie 2 est un exercice sur document, le format propre à cette seconde épreuve : les questions portent sur le Document 1, et le préambule de la Partie 2 précise : « Les résultats du document 1 sont utilisables sans démonstration. » Les quatorze questions de cette section prennent le document de quatre façons, et il faut reconnaître laquelle avant d'écrire :
| questions | ce que le sujet demande | ce qu'on mobilise |
|---|---|---|
| 1, 5, 12, 13, 14 | appliquer le document à une fonction ou à une inégalité précise | Définitions 1 et 2, Remarque 2, Théorème 2, Remarque 3, Théorème 3 |
| 2, 10 | formaliser ou énoncer | quantificateurs, Définition 1 (concavité), Proposition 2 |
| 3, 4, 8, 9, 11 | démontrer ou compléter un énoncé du document | Remarque 1, Définition 2, Remarque 2, Proposition 1, Théorème 1 |
| 6, 7 | trancher : prouver, ou réfuter par un contre-exemple chiffré | Définition 2, Question 8, Théorème 2 |
Une seule image porte toute la section : la courbe d'une fonction convexe est au-dessous de ses cordes. Le document la traduit de cinq façons, et chaque question choisit l'une d'elles :
- l'inégalité (1) de la Définition 2 : en un point intermédiaire, la valeur de
est majorée par celle de la sécante (Questions 1, 4, 7, 13) ; - la forme barycentrique de la Remarque 2,
, la plus commode pour les preuves générales (Questions 5, 8, 11, 14) ; - les pentes croissantes : le Théorème 1 et le lemme des trois pentes (Questions 9, 11) ;
- la dérivée :
croissante ou suffit (Théorème 2), et la courbe est alors au-dessus de ses tangentes (Questions 12, 13) ; - les moyennes : l'inégalité de Jensen (Question 14).
Prouver qu'une fonction n'est PAS convexe demande la négation d'un « pour tout » : un seul triplet
Ce qu'il faut savoir du document avant de commencer, parce que plusieurs questions en dépendent :
- la démonstration de la Proposition 2 contient une phrase fausse : « sur l'intervalle
sa courbe représentative est au-dessus de sa sécante ». La Proposition 1 dit l'inverse sur ; l'assertion écrite ensuite, pour , est juste (Question 9) ; - le Théorème 1 ne quantifie pas
: il faut lire « pour tout , est croissante sur » (Question 11) ; - le document emploie « au-dessous », « en dessous », « au-dessus » au sens large, comme l'inégalité (1) : la courbe peut toucher la corde, et elle la touche toujours aux extrémités ;
- le Théorème 2 ne donne que des conditions suffisantes ; leur nécessité, pour une fonction dérivable, est l'objet de la Remarque 4.
Stratégie de temps. Les Questions 1, 2, 3, 4, 8, 12 et 14 sont courtes et doivent aller vite, sans rien sacrifier des hypothèses citées. Le temps se dépense en Question 7 (deux sens à démontrer, dont un contre-exemple à construire proprement), en Question 9 (qu'il faut terminer ET critiquer), en Question 11 (où l'on doit lire le Théorème 1 correctement) et en Question 13 (deux inégalités, deux outils différents, et une figure).
Ce que la question teste. Le tracé d'une courbe de référence, et le vocabulaire du document : arc, corde, sécante (convexité).
La rédaction attendue. La fonction
Fais figurer sur le croquis deux points
Les pièges. Un tracé sans aucun repère (sommet, symétrie, points
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. L'équation d'une droite passant par deux points, écrite sans diviser par zéro (fonctions d'une variable réelle).
La rédaction attendue. Comme
- pour
: , donc ; - pour
: , donc .
Donc
Une variante qui construit l'équation au lieu de la vérifier. Les abscisses de
la simplification par
Les pièges. Vérifier un seul des deux points ; oublier de dire pourquoi deux points suffisent (ils sont distincts) ; simplifier par
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Une factorisation, dont le sens géométrique prépare la question suivante :
La rédaction attendue. Avec
On reconnaît un trinôme dont la somme des racines vaut
Les pièges. Développer au lieu de factoriser ; traiter
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Passer d'une factorisation à la convexité par la définition (convexité).
La rédaction attendue. On utilise la Définition 2. Soient
Comme
En termes de la Définition 1. Pour
Les pièges.
- Ne traiter qu'un exemple de corde : la définition porte sur toutes les cordes, donc
et doivent rester quelconques (avec ). - Ignorer ce qui se passe hors de
: ce n'est pas demandé, mais c'est éclairant. Pour ou , les deux facteurs ont le même signe, le produit est positif, et la courbe est au-dessus de la droite — la Proposition 1, vérifiée sur un exemple.
Recoupement. Par le Théorème 2 (ii) :
Ce que la question teste. Traduire une phrase géométrique en énoncé quantifié (raisonnement et quantificateurs).
La rédaction attendue. « Sur l'intervalle
Deux points de lecture justifient cette écriture :
- les deux courbes sont comparées à abscisse égale : pour chaque
de , le point est sous le point de la même verticale ; - « en dessous » s'entend au sens large, comme partout dans le document : les courbes peuvent se toucher. Pour « strictement en dessous », on écrirait
.
La négation, qui servira. « Sur
C'est ce qu'on exhibe pour prouver qu'une fonction n'est pas convexe (Questions 6 et 7) : il suffit d'un point, et d'une corde, où l'inégalité est fausse.
Le lien avec les définitions du document. La Définition 1 dit : pour tous
et comme il y a égalité en
Les pièges.
- Oublier le quantificateur : «
» sans « » n'est pas un énoncé sur les courbes. - Écrire
: cela dit seulement qu'un point de la courbe de est sous celle de . - Quantifier sur
au lieu de : les fonctions ne sont définies que sur .
Recoupement. Sur
Ce que la question teste. L'équation d'une droite par deux points, avec la justification de la division (fonctions d'une variable réelle).
La rédaction attendue. Soient
- Les abscisses sont distinctes. Une courbe représentative n'a qu'un point par abscisse : si
, alors et . Donc , et . - La droite
n'est pas parallèle à l'axe des ordonnées, puisque : elle admet une équation de la forme .
Calcul de
Une preuve par vérification, tout aussi juste. La fonction
Les pièges. Diviser par
Recoupement. Avec
Ce que la question teste. Qu'une propriété du type « pour tous
La rédaction attendue. Soit
Si
Les pièges.
- Chercher une preuve compliquée : l'inclusion
suffit, et c'est tout ce que la preuve utilise. - Croire à la réciproque : une fonction convexe sur deux intervalles n'est pas forcément convexe sur leur réunion. La fonction
est affine, donc convexe, sur et sur ; mais sur , avec , et , la sécante vaut en alors que la fonction y vaut : l'inégalité (1) est fausse.
Recoupement. La Question 13 s'en sert :
Ce que la question teste. Démontrer une convexité sans dérivée, par la Remarque 2 et l'inégalité triangulaire (convexité).
Pourquoi le Théorème 2 ne s'applique pas. La valeur absolue n'est pas dérivable en
La rédaction attendue. On utilise la Remarque 2. Soient
la dernière égalité parce que
Les pièges.
- Écrire
sans dire que : c'est là que sert l'hypothèse . - Invoquer le Théorème 2 : la valeur absolue n'est pas dérivable en
. - Conclure de la convexité sur chacune des deux demi-droites.
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Trancher une question ouverte ; ici la réponse est non, et elle se justifie par un contre-exemple chiffré (convexité).
La réponse. Non, pas en général.
Contre-exemple. Soit
Formulation par la Question 8 : l'inégalité du milieu, vraie pour toute fonction convexe, est violée, puisque
Le contre-exemple marche aussi sur un intervalle plus petit. Sur
Ce qu'on peut dire de positif, pour une réponse complète :
- si
sur , alors est convexe ; - si
est affine, est convexe : pour , on a , puis l'inégalité triangulaire conclut comme en Question 5.
Les pièges.
- Répondre « non » sans contre-exemple, ou avec un contre-exemple non chiffré : toute la réponse repose sur lui.
- Prendre un « contre-exemple » qui n'en est pas un : une fonction affine, comme
, est convexe et sa valeur absolue l'est aussi. - Oublier de vérifier que
est bien convexe : un contre-exemple doit satisfaire toutes les hypothèses.
Recoupement. Par le Théorème 1 appliqué à
Ce que la question teste. Déterminer tous les intervalles où une fonction est convexe : un sens par un théorème, l'autre par un contre-exemple (convexité).
La réponse. Les intervalles non réduits à un point sur lesquels
1. Tout intervalle
2. Aucun autre intervalle ne convient. Soit
- si
, on prend et ; - si
, on prend et : on a , et puisque est un intervalle (note 1 du document).
Prenons alors
Comme
Conclusion. La fonction
Exemple chiffré. Pour
Les pièges.
- Répondre « sur
» seulement : la question demande les intervalles, et ou conviennent aussi. - Justifier le sens négatif par «
sur » seul : le Théorème 2 ne donne que des conditions suffisantes. On peut conclure par la Remarque 4 — pour une fonction dérivable, convexe équivaut à croissante, et vérifie pour —, à condition de citer cette réciproque ; le contre-exemple chiffré ci-dessus n'a besoin que de la définition. - Oublier les intervalles qui débordent sur les négatifs, comme
: ils contiennent un réel , donc ne conviennent pas.
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Spécialiser la Remarque 2 (convexité).
La rédaction attendue. Soient
c'est-à-dire
Pourquoi la Remarque 2 plutôt que la Définition 2. La Définition 2 ne porte que sur des triplets ordonnés
Les pièges. Oublier le cas
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Compléter une démonstration du document, et en repérer l'erreur (convexité et limites, limites).
D'abord, l'erreur du document. La démonstration écrit : « Comme
La rédaction attendue du cas
la pente de la sécante passant par
Quand
Une variante par les trois pentes. Pour
Les pièges.
- Reprendre l'assertion du document pour
: elle ne dit rien en . C'est à gauche de qu'il faut minorer. - Oublier le signe de
: c'est lui qui fait tendre vers , et non vers . - Conclure sans nommer le théorème de comparaison des limites.
- Recopier l'erreur du document (« sur
… au-dessus ») dans sa propre rédaction.
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Transposer un énoncé par le passage de
L'énoncé attendu. Soit
- Si
alors tend vers quand tend vers . - Si
alors tend vers quand tend vers .
Pourquoi c'est le bon analogue. La démonstration n'est pas demandée, mais le lien doit être clair. Par la Définition 1,
Les pièges.
- Changer seulement les limites, sans échanger les inégalités entre
et : on obtient un énoncé faux. « Si alors tend vers en » est réfuté par , concave, qui vérifie et tend vers en . - Oublier « sur
tout entier » : l'hypothèse porte sur tout , comme dans la Proposition 2.
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Imiter une démonstration du document en choisissant le bon point de base, et lire correctement le Théorème 1 (convexité et pentes).
Lire le Théorème 1 correctement. Tel qu'il est écrit, le Théorème 1 introduit « pour
Le quantificateur n'est pas un détail : pour un seul
La rédaction attendue. On veut montrer, pour
On utilise cette fois la fonction de point de base
est croissante sur
D'où la deuxième inégalité.
Une preuve directe par la Remarque 2, qui n'utilise pas le Théorème 1. Posons
Comme
Les pièges.
- Reprendre
: elle compare deux pentes issues du point d'abscisse et donne la première inégalité. La deuxième compare deux pentes qui aboutissent au point d'abscisse : le point de base est . - Oublier le changement de signe :
s'écrit naturellement , et il faut la réécrire. - Se contenter de « la deuxième inégalité est similaire » : c'est ce qu'écrit le document, et c'est précisément ce qu'on demande de dépasser.
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Appliquer le Théorème 2 en vérifiant ses conditions sur l'intervalle (dérivation, convexité).
La rédaction attendue. La fonction
Variante par le Théorème 2 (i) :
Les pièges.
- Oublier de justifier le signe de
sur : c'est la seule vérification de la question. - Conclure sur
: n'est pas convexe sur . Avec , et , la sécante est l'axe des abscisses, alors que . - Confondre avec la concavité : dire que
est convexe sur , c'est dire que y est concave (Définition 1) — c'est ce que la Question 13 utilise.
Recoupement. Inégalité du milieu (Question 8) pour
Ce que la question teste. Tirer deux inégalités de la concavité : la courbe est au-dessus d'une corde et au-dessous d'une tangente (convexité, dérivation et tangentes).
Le point de départ. Par la Question 12,
L'inégalité de droite,
soit
L'inégalité de gauche,
soit
La figure, demandée par le sujet : sur
Une autre voie, par l'étude de fonctions. La fonction
Les pièges.
- Oublier les extrémités : la Définition 2 ne porte que sur
strictement, et , se traitent à part. - Utiliser la position par rapport à la tangente sans avoir vérifié une condition du Théorème 2 : c'est elle qui la garantit.
- Inverser les rôles : pour une fonction concave, la corde est en dessous et la tangente au-dessus.
- Oublier la figure : elle est demandée.
Recoupement. En
Ce que la question teste. Appliquer le Théorème 3 en vérifiant ses hypothèses, pour des poids égaux (convexité).
La rédaction attendue. On applique le Théorème 3 avec
est un intervalle, est convexe sur , et : ce sont celles de la question ; - pour tout
, , puisque ; .
Le Théorème 3 donne alors
c'est-à-dire l'inégalité demandée. La moyenne
Une preuve directe par récurrence, sans le Théorème 3 — que le document énonce sans démonstration. Pour
et
Une récurrence du même type démontre le Théorème 3 lui-même, pour des poids quelconques : on normalise les
Les pièges.
- Appliquer le Théorème 3 sans vérifier que les
sont dans et de somme : ce sont ses hypothèses. - Oublier que la moyenne doit être dans
pour que y soit définie. - Ne traiter que
: c'est la Question 8, pas la Question 14.
Une conséquence que le document annonce. La fonction
c'est-à-dire, par croissance de l'exponentielle,
Recoupement. Pour
Six réflexes transférables, qui valent bien au-delà de ce sujet.
1. Convexe signifie « au-dessous des cordes », et le document en donne cinq traductions. L'inégalité (1), la forme barycentrique (Remarque 2), les pentes croissantes (Théorème 1 et lemme des trois pentes), la dérivée croissante ou la dérivée seconde positive (Théorème 2, conditions suffisantes ; la Remarque 4 donne la réciproque pour une fonction dérivable), la position au-dessus des tangentes (Remarque 3). Choisis celle qui colle à la question : la Remarque 2 pour les preuves générales sans dérivée (valeur absolue, inégalité du milieu), le Théorème 2 dès que
2. Réfuter la convexité, c'est exhiber un triplet chiffré. La négation de « pour tous
3. La convexité se restreint, mais ne se recolle pas en un point. Convexe sur
4. Les limites d'une fonction convexe sur
5. Une fonction concave et dérivable s'encadre : au-dessus de ses cordes, au-dessous de ses tangentes. L'encadrement
6. Jensen à poids égaux : l'image de la moyenne est au plus la moyenne des images. Avec
Lire le document en critique, comme le demande l'épreuve. Ce Document 1 contient des imprécisions qu'il est utile d'avoir repérées :
- la démonstration de la Proposition 2 annonce que, « sur l'intervalle
», la courbe est au-dessus de sa sécante : c'est faux (Proposition 1), c'est à l'extérieur de que la courbe est au-dessus ; l'assertion écrite ensuite, pour , est juste (Question 9) ; - le Théorème 1 ne quantifie pas
: il faut « pour tout », et le résultat devient faux si on ne l'exige que pour un (Question 11) ; - l'équivalence des Définitions 1 et 2 est affirmée sans preuve ; les Questions 2 et 3 en fournissent les deux ingrédients ;
- la preuve de la deuxième inégalité de la Proposition 3 se réduit à « est similaire » (Question 11) ;
- quelques coquilles sans conséquence mathématique : « garntir », « la cas des fonctions convexes », « secante » sans accent, un point centré à la fin de l'inégalité (2) ;
- l'exemple
avec est juste, et mérite d'être compris : sa dérivée seconde vaut , avec sur et pour tout entier ; ce serait faux pour un exposant réel de ( est concave).
Signale-les quand une question y touche — c'est le cas des Questions 9 et 11 surtout : l'épreuve invite explicitement à critiquer le document, et savoir ce qu'il dit exactement est ce qui permet d'y répondre.