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Sujet et corrigé — CAPES externe bac+3 — Sujet zéro, épreuve écrite 2 (mai 2025)

Annales du CAPES · 2 exercices du sujet officiel, corrigés question par question

CAPES

Chaque exercice donne l'énoncé, des indices progressifs et la correction rédigée étape par étape. Ouvre les blocs seulement après avoir cherché.

Le sujet en un coup d'œil : CAPES externe bac+3 — Sujet zéro, épreuve écrite 2 (mai 2025) Structure du sujet, chapitres à réviser, stratégie de composition, attentes du jury.

Partie 1 : critique et rédaction mathématique

DémonstrationDifficulté 2/5

Sujet zéro — CAPES externe de mathématiques (bac+3), exemple officiel de sujet pour la seconde épreuve d'admissibilité, mai 2025 (mis à jour août 2025). © ministère chargé de l'Éducation nationale, devenirenseignant.gouv.fr.

Partie 1 : Exercices de critique et rédaction mathématique

Pour chacun des exercices ci-après une réponse est fournie.

  1. Les réponses fournies sont-elles exactes ? Justifier et préciser les éléments qui permettent de repérer les erreurs.
  2. Quelles critiques peut-on faire à la rédaction de chaque réponse proposée ? Justifier.
  3. Rédiger avec soin une réponse correcte pour chacun des exercices proposés.

Exercice 1

Résoudre le système (Σ)(\Sigma) suivant :

{x+y+z=1x+y−z=2−x+y−z=4(1)(2)(3) \left\{\begin{array}{rcl} x+y+z&=&1\\ x+y-z&=&2\\ -x+y-z&=&4 \end{array}\right.\qquad\qquad\begin{array}{l}(1)\\(2)\\(3)\end{array}

Réponse :

On résout ce système par combinaisons linéaires :

  • on ajoute membre à membre (1) et (2) et on remplace l'équation (1) par l'équation obtenue,
  • on ajoute membre à membre (3) et (2) et on remplace l'équation (2) par l'équation obtenue,
  • on soustrait membre à membre (1) et (3) et on remplace l'équation (3) par l'équation obtenue,
  • on obtient le système (Σ1)(\Sigma_1) :
{2x+2y=32y−2z=62x+2z=−3 \left\{\begin{array}{rcl} 2x+2y&=&3\\ 2y-2z&=&6\\ 2x+2z&=&-3 \end{array}\right.
  • pour tout tt dans R\mathbb{R}, le triplet (t,32−t,−32−t)(t,\frac{3}{2}-t,-\frac{3}{2}-t) est solution de (Σ1)(\Sigma_1) donc de (Σ)(\Sigma).

Exercice 2

Soit n∈Nn\in\mathbb{N} et soit (un)(u_n) la suite réelle donnée pour nn dans N\mathbb{N}, par :

un=2n+1n+1 . u_n=\frac{2n+1}{n+1}\,.

Démontrer que la suite (un)(u_n) est croissante et majorée.

Réponse :

a) On démontre d'abord que la suite (un)(u_n) est croissante. Soit f(x)=2x+1x+1f(x)=\dfrac{2x+1}{x+1}. On a :

f′(x)=(2x+1x+1)′=(uv)′=u′v−uv′v2 f'(x)=\left(\frac{2x+1}{x+1}\right)'=\left(\frac{u}{v}\right)'=\frac{u'v-uv'}{v^2}

et donc

f′(x)=2−1(x+1)2=1(x+1)2 f'(x)=\frac{2-1}{(x+1)^2}=\frac{1}{(x+1)^2}

Or 1(x+1)2>0\dfrac{1}{(x+1)^2}>0. Donc f(x)f(x) est croissante et par conséquent (un)(u_n) est croissante.

b) On démontre maintenant que la suite (un)(u_n) est majorée. Comme

lim⁡un=lim⁡2n+1n+1=2 \lim u_n=\lim\frac{2n+1}{n+1}=2

la suite est majorée par sa limite.

Exercice 3

Soit Qn=∑k=1n12nQ_n=\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{2^n}. Démontrer que lim⁡n→∞Qn=1\displaystyle\lim_{n\to\infty}Q_n=1.

Réponse :

Considérons le dessin suivant :

Note de Maths Post-Bac. Le dessin ci-dessous est redessiné par Maths Post-Bac d'après celui de la réponse fournie dans le sujet officiel.

Un carre partage en cinq rectangles. La moitie droite est hachuree en diagonale, le quart en bas a gauche est raye verticalement ; dans le quart en haut a gauche, la bande de droite est quadrillee, et la bande de gauche est coupee en deux petits carres, celui du bas pointille, celui du haut laisse blanc. Aucun nombre.
Le dessin de la réponse fournie à l'Exercice 3, redessiné par Maths Post-Bac d'après le sujet. Un carré est partagé en cinq rectangles : quatre portent un motif (hachures obliques, rayures verticales, quadrillage, pointillés), le cinquième est laissé blanc. Comme dans le sujet, aucun nombre n'est inscrit sur le dessin.

On en déduit que lim⁡n→+∞Qn=1\displaystyle\lim_{n\to+\infty}Q_n=1.

Indices (9)

Exercice 1 — exactitude. Remplacer dans (Σ)(\Sigma) le triplet que la réponse propose pour t=0t=0. Calculer ensuite le déterminant de la matrice de (Σ)(\Sigma) : combien de solutions un tel système peut-il avoir ? Enfin, comparer la troisième équation de (Σ1)(\Sigma_1) aux deux premières.

Exercice 1 — critique de la rédaction. Écrire chaque opération sous la forme Li←…L_i\leftarrow\dots en précisant si « (1) » désigne l'équation d'origine ou la nouvelle. Puis écrire, entre (Σ)(\Sigma) et (Σ1)(\Sigma_1), le connecteur que la réponse suppose : ⟹\Longrightarrow ou   ⟺  \iff ?

Exercice 1 — réponse rédigée. Garder l'équation (1) et éliminer xx des deux autres en ne combinant chacune qu'avec (1) : on obtient directement zz et yy. Conclure par l'ensemble des solutions.

Exercice 2 — exactitude. Sur quel ensemble la fonction ff est-elle définie ? Comparer f(−2)f(-2) et f(0)f(0). Puis chercher une suite convergente qui n'est pas majorée par sa limite.

Exercice 2 — critique de la rédaction. Relire chaque objet : ff ou f(x)f(x) ? Les fonctions uu et vv sont-elles définies ? D'où vient le numérateur 2−12-1 ? Pour quels réels xx l'inégalité 1(x+1)2>0\frac{1}{(x+1)^2}>0 est-elle affirmée ?

Exercice 2 — réponse rédigée. Écrire 2n+1=2(n+1)−12n+1=2(n+1)-1 pour obtenir un=2−1n+1u_n=2-\frac{1}{n+1} : la croissance et la majoration se lisent alors sans dérivée.

Exercice 3 — exactitude. Calculer Q1Q_1 et Q2Q_2 avec la formule telle qu'elle est écrite. Le terme sommé dépend-il de kk ? Puis se demander ce que le dessin établit pour un entier nn quelconque, et pour la limite.

Exercice 3 — critique de la rédaction. Que faudrait-il écrire pour qu'un lecteur comprenne le dessin : l'aire du grand carré, ce que représente chaque zone, ce qui se passe après la dernière zone dessinée ?

Exercice 3 — réponse rédigée. Signaler la coquille et traiter les deux lectures. Pour la somme voulue, utiliser la somme des termes d'une suite géométrique de raison 12\frac12 (attention au premier indice), puis la limite de (12)n\left(\frac12\right)^n.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

Trois exercices de première année, trois réponses fournies qui n'établissent pas ce qu'elles annoncent — et trois défauts de nature différente. Les calculs sont courts. Ce que la partie teste, c'est la capacité à lire une démonstration comme on lit une copie : juger la conclusion, localiser l'étape qui cède, dire ce qui permet de la repérer, puis rédiger soi-même une réponse complète.

exercice ce que la réponse fournie conclut est-ce exact ? le défaut principal chapitres de l'app
1 une infinité de solutions non : une solution unique, (−1,52,−12)(-1,\frac52,-\frac12) des combinaisons qui ne donnent pas un système équivalent, puis une implication lue à l'envers Matrices et systèmes, Raisonnement
2 croissante et majorée les conclusions oui, les justifications non ff déclarée croissante sans intervalle ; « majorée par sa limite » affirmé sans preuve Fonctions d'une variable réelle, Réels et suites
3 lim⁡Qn=1\lim Q_n=1 non pour l'énoncé écrit, qui donne Qn=n2n→0Q_n=\frac{n}{2^n}\to0 ; pour la somme voulue, la conclusion oui, la justification non une coquille de l'énoncé non vue, et un dessin présenté comme une preuve Réels et suites, Raisonnement

Les trois consignes n'appellent pas le même travail.

  • Consigne 1 (exactitude). Trois questions, dans cet ordre. La conclusion est-elle vraie ? Cela se juge indépendamment de la réponse : une substitution, un déterminant, un calcul direct. Où est la première étape fausse ? La nommer : implication lue à l'envers, théorème appliqué hors de ses hypothèses, affirmation générale fausse ; deux valeurs d'une fonction suffisent parfois à la réfuter. Quels éléments permettent de repérer l'erreur ? C'est la partie propre à ce sujet : la consigne demande de dire comment on s'en aperçoit — le test qui réfute, le calcul qui alerte.
  • Consigne 2 (rédaction). La forme : objets définis (ff ou f(x)f(x) ?), quantificateurs écrits, connecteurs justifiés, théorèmes cités avec leurs conditions, conclusion écrite. Elle se distingue de la consigne 1 sans en être indépendante : dans l'exercice 1, une rédaction qui aurait écrit une équivalence à chaque étape aurait dû justifier chacune ; c'est en justifiant la troisième qu'on voit qu'elle ne tient pas.
  • Consigne 3 (rédaction d'une réponse correcte). Une réponse complète au niveau attendu d'un professeur : hypothèses nommées, résultats cités, quantificateurs écrits, conclusion explicite.

Avant de juger la réponse de l'exercice 3, lire son énoncé. Le terme sommé, 12n\frac{1}{2^n}, ne dépend pas de l'indice kk : lu à la lettre, l'assertion à démontrer est fausse. Relever cette coquille fait partie de la consigne 1, et la réponse rédigée doit traiter les deux lectures — l'énoncé écrit, puis l'énoncé rectifié.

Cinq réflexes trouvent l'essentiel des fautes de cette partie.

  • Tester chaque affirmation sur un cas : le triplet obtenu pour t=0t=0, qui réfute la conclusion (exercice 1) ; les valeurs f(−2)f(-2) et f(0)f(0), qui réfutent l'étape « ff est croissante » (exercice 2) ; Q2Q_2 calculé avec la formule écrite, qui trahit la coquille de l'énoncé (exercice 3). Un test sur un cas peut réfuter une affirmation générale ; il ne la prouve jamais.
  • Compter avant de calculer : un système carré dont le déterminant est non nul a une solution et une seule ; une famille infinie de solutions est alors impossible.
  • Relire le sens de chaque « donc » : une suite de combinaisons établit toujours une implication de (Σ)(\Sigma) vers le nouveau système ; elle établit aussi la réciproque, donc une équivalence, quand chaque opération peut être défaite — l'équation qui sert d'outil reste en place, l'équation remplacée garde un coefficient non nul —, comme dans la réponse rédigée de l'exercice 1. Sinon, la réciproque reste à démontrer : dans la réponse fournie, la troisième opération ne peut pas être défaite, et le rang tombe de 33 à 22.
  • Vérifier les hypothèses d'un théorème : le signe de la dérivée ne donne le sens de variation que sur un intervalle.
  • Distinguer illustrer et démontrer : un dessin montre un nombre fini de cas ; « pour tout nn » et « la limite vaut 11 » demandent une preuve.

Enfin, une critique dit aussi ce qui est juste : les calculs de l'exercice 1 sont exacts, les conclusions de l'exercice 2 aussi, et l'idée du dessin de l'exercice 3 est la bonne — les réponses rédigées montrent comment les réutiliser.

Exercice 1 — exactitude de la réponse

Ce que ça teste. La résolution d'un système linéaire par combinaisons de lignes, c'est-à-dire la méthode du pivot de Gauss (Matrices et systèmes) : quelles opérations conservent l'ensemble des solutions. Et le sens d'une implication, condition nécessaire contre condition suffisante (Raisonnement).

La réponse est-elle exacte ? Non. Elle annonce une infinité de solutions, les triplets (t,32−t,−32−t)(t,\frac32-t,-\frac32-t) pour t∈Rt\in\mathbb{R}. Or (Σ)(\Sigma) a une solution et une seule, (−1,52,−12)(-1,\frac52,-\frac12) (voir l'entrée « réponse rédigée »).

Les éléments qui permettent de repérer l'erreur, du plus rapide au plus complet.

  1. Tester un triplet de la famille. Pour t=0t=0, la réponse propose (0,32,−32)(0,\frac32,-\frac32). Alors x+y+z=0≠1x+y+z=0\neq1 : l'équation (1) n'est pas vérifiée — ni les deux autres, puisque x+y−z=3≠2x+y-z=3\neq2 et −x+y−z=3≠4-x+y-z=3\neq4. Un seul triplet faux suffit à réfuter « pour tout tt ».
  2. Compter les solutions possibles. La matrice AA de (Σ)(\Sigma) a pour déterminant det⁡A=4≠0\det A=4\neq0 (calcul dans l'entrée « réponse rédigée »). Un système carré a une solution unique si et seulement si le déterminant de sa matrice est non nul (Matrices et systèmes) : (Σ)(\Sigma) a exactement une solution, et une famille infinie de solutions est impossible, avant même de résoudre.
  3. Examiner (Σ1)(\Sigma_1). Sa troisième équation est la différence des deux premières : (2x+2y)−(2y−2z)=2x+2z(2x+2y)-(2y-2z)=2x+2z, et 3−6=−33-6=-3. Le système (Σ1)(\Sigma_1) ne contient donc que deux équations indépendantes (il est de rang 22), alors que (Σ)(\Sigma) en contient trois (rang 33) : une information a été perdue en route.
  4. Remplacer toute la famille dans (Σ)(\Sigma). Les trois équations deviennent −t=1-t=1, 3+t=23+t=2 et 3−t=43-t=4 : chacune impose t=−1t=-1. La famille contient donc exactement une solution de (Σ)(\Sigma), celle obtenue pour t=−1t=-1, qui est (−1,52,−12)(-1,\frac52,-\frac12).

Où sont les erreurs. Il y en a deux, et c'est la seconde qui produit la conclusion fausse.

Première erreur : les trois combinaisons ne donnent pas un système équivalent à (Σ)(\Sigma). On note L1L_1, L2L_2, L3L_3 les équations (1), (2), (3). La réponse remplace (L1,L2,L3)(L_1,L_2,L_3) par (L1+L2, L2+L3, L1−L3)(L_1+L_2,\ L_2+L_3,\ L_1-L_3). Chacune de ces trois équations est une conséquence de (Σ)(\Sigma) : toute solution de (Σ)(\Sigma) est solution de (Σ1)(\Sigma_1). La réciproque, elle, est fausse. Une opération sur les lignes conserve l'ensemble des solutions quand on peut la défaire : dans le système courant, remplacer LiL_i par αLi+βLj\alpha L_i+\beta L_j, avec α≠0\alpha\neq0 et j≠ij\neq i, où LjL_j est une équation du système courant, qui reste en place — on retrouve alors LiL_i à partir de la nouvelle équation et de LjL_j. Effectuées l'une après l'autre, chacune sur le système obtenu à l'étape précédente, les deux premières opérations respectent cette règle : L1←L1+L2L_1\leftarrow L_1+L_2 garde L2L_2, puis L2←L2+L3L_2\leftarrow L_2+L_3 garde L3L_3. La troisième non : elle utilise l'équation (1) d'origine, qui ne figure plus dans le système, puisque la première opération l'a remplacée par L1+L2L_1+L_2. Et en effet

L1−L3=(L1+L2)−(L2+L3). L_1-L_3=(L_1+L_2)-(L_2+L_3).

La nouvelle troisième équation se déduit des deux nouvelles premières : elle n'apporte rien. En termes matriciels, la matrice augmentée de (Σ1)(\Sigma_1) s'obtient en multipliant à gauche celle de (Σ)(\Sigma) par

T=(11001110−1),det⁡T=0. T=\begin{pmatrix}1&1&0\\0&1&1\\1&0&-1\end{pmatrix},\qquad\det T=0.

Cette transformation n'est pas inversible : on ne peut pas remonter de (Σ1)(\Sigma_1) à (Σ)(\Sigma). Par exemple, l'équation (1) n'est pas une combinaison linéaire des équations de (Σ1)(\Sigma_1).

Seconde erreur : « solution de (Σ1)(\Sigma_1) donc de (Σ)(\Sigma) » est l'implication à l'envers. Ce que les combinaisons établissent, c'est : si (x,y,z)(x,y,z) est solution de (Σ)(\Sigma), alors il est solution de (Σ1)(\Sigma_1). Autrement dit, l'ensemble des solutions de (Σ)(\Sigma) est inclus dans celui de (Σ1)(\Sigma_1), qui est la droite formée des triplets (t,32−t,−32−t)(t,\frac32-t,-\frac32-t). La réponse conclut l'inclusion inverse, qui demanderait que (Σ1)(\Sigma_1) entraîne (Σ)(\Sigma) — précisément ce que la première erreur a rendu faux. C'est une condition nécessaire prise pour une condition suffisante : la même faute que résoudre une équation par implications sans vérifier les solutions trouvées.

Les pièges pour qui critique.

  • S'arrêter au contre-exemple t=0t=0. Il prouve que la conclusion est fausse ; la consigne demande aussi de repérer l'erreur, donc de dire quelle étape cède et pourquoi.
  • Accuser les calculs. Les trois combinaisons sont justes, (Σ1)(\Sigma_1) est correctement calculé, et la famille décrit bien toutes ses solutions. Ce qui est faux, c'est le statut logique de (Σ1)(\Sigma_1) : une conséquence de (Σ)(\Sigma), pas un système équivalent.
  • Tout jeter. L'inclusion correcte — les solutions de (Σ)(\Sigma) sont sur la droite — est une vraie information : complétée par la vérification des triplets de la famille, elle donne la réponse (voir la variante de l'entrée « réponse rédigée »).

Recoupement. La solution (−1,52,−12)(-1,\frac52,-\frac12) vérifie bien les trois équations de (Σ1)(\Sigma_1) : 2x+2y=32x+2y=3, 2y−2z=62y-2z=6 et 2x+2z=−32x+2z=-3 — c'est l'inclusion correcte. Elle correspond à t=−1t=-1 dans la famille. Le déterminant det⁡A=4\det A=4, le rang 22 de (Σ1)(\Sigma_1) et det⁡T=0\det T=0 sont certifiés par la machine.

Exercice 1 — critique de la rédaction

Ce que ça teste. Rédiger une résolution de système : opérations nommées, systèmes successifs reliés par des équivalences justifiées, conclusion par l'ensemble des solutions (Matrices et systèmes).

Les critiques, dans l'ordre de la réponse.

  • Les opérations sont décrites en mots, et « (1) » devient ambigu. Après « on remplace l'équation (1) par l'équation obtenue », que désigne « (1) » dans la troisième opération : l'équation d'origine, ou la nouvelle ? La réponse utilise l'ancienne — sa troisième équation, 2x+2z=−32x+2z=-3, est L1−L3L_1-L_3 avec l'équation (1) d'origine ; avec la nouvelle, L1+L2L_1+L_2, on aurait obtenu 3x+y+z=−13x+y+z=-1. Une notation comme L3←L1−L3L_3\leftarrow L_1-L_3, et l'écriture de chaque système intermédiaire, lèvent l'ambiguïté et rendent visible l'équation perdue.
  • Aucun connecteur entre (Σ)(\Sigma) et (Σ1)(\Sigma_1). Le passage d'un système à l'autre n'est ni une équivalence justifiée, ni même annoncé comme une implication : le lecteur ne sait pas ce qui est affirmé. Écrire (Σ)  ⟺  (Σ1)(\Sigma)\iff(\Sigma_1) aurait obligé à justifier l'équivalence — et à constater qu'elle est fausse.
  • La famille arrive sans calcul. « pour tout tt dans R\mathbb{R}, le triplet […] est solution » : ni le choix du paramètre (x=tx=t), ni le calcul de yy et de zz à partir de (Σ1)(\Sigma_1), ni la vérification ne sont écrits.
  • « donc » sans justification. Un « donc » entre deux systèmes se justifie par les opérations qui le fondent ; ici il n'en a aucune, et c'est lui qui porte l'erreur de fond.
  • Pas de conclusion. « Résoudre » demande l'ensemble des solutions, écrit comme un ensemble, avec l'ensemble où l'on cherche les inconnues : S={… }⊂R3\mathcal{S}=\{\dots\}\subset\mathbb{R}^3. La réponse s'arrête sur une phrase.
  • Aucun contrôle. Un système de trois équations à trois inconnues dont on trouve une infinité de solutions devrait alerter : calculer le déterminant, ou substituer un triplet de la famille, prend une ligne.

Ce qui est bien. L'idée de combiner les lignes est la bonne, les trois combinaisons sont exactes, et la famille décrit exactement les solutions de (Σ1)(\Sigma_1). La critique porte sur la manière d'enchaîner les étapes, pas sur les calculs.

Les pièges pour qui critique. Séparer la forme (consigne 2) du fond (consigne 1), sans perdre de vue qu'ils se rejoignent ici : l'ambiguïté sur « (1) » et l'absence de connecteurs sont exactement ce qui a laissé passer l'erreur.

Recoupement. La famille est bien l'ensemble des solutions de (Σ1)(\Sigma_1) : de 2x+2y=32x+2y=3 on tire y=32−xy=\frac32-x, puis de 2y−2z=62y-2z=6, z=y−3=−32−xz=y-3=-\frac32-x ; la troisième équation, 2x+2z=2x−3−2x=−32x+2z=2x-3-2x=-3, est alors automatiquement vérifiée. Avec x=tx=t, on retrouve le triplet de la réponse. La phrase finale est donc juste pour (Σ1)(\Sigma_1) ; seul le « donc de (Σ)(\Sigma) » est faux. Valeurs certifiées par la machine.

Exercice 1 — réponse rédigée

Ce que ça teste. La méthode du pivot de Gauss rédigée par équivalences, avec des opérations qui conservent l'ensemble des solutions (Matrices et systèmes).

La rédaction attendue.

On cherche les triplets (x,y,z)(x,y,z) de réels solutions de (Σ)(\Sigma). On note L1L_1, L2L_2, L3L_3 les équations (1), (2), (3). On conserve L1L_1 et on effectue L2←L2−L1L_2\leftarrow L_2-L_1 et L3←L3+L1L_3\leftarrow L_3+L_1. Ces deux opérations peuvent être faites en même temps, car elles n'utilisent que L1L_1, qui reste dans le système : on retrouve L2L_2 et L3L_3 en ajoutant ou en retranchant L1L_1 aux nouvelles équations. Le nouveau système est donc équivalent à (Σ)(\Sigma) :

(Σ)  ⟺  {x+y+z=1−2z=12y=5  ⟺  {z=−12y=52x=1−y−z (\Sigma)\iff\left\{\begin{array}{rcl} x+y+z&=&1\\ -2z&=&1\\ 2y&=&5 \end{array}\right. \iff\left\{\begin{array}{rcl} z&=&-\frac{1}{2}\\ y&=&\frac{5}{2}\\ x&=&1-y-z \end{array}\right.

et, en remontant, x=1−52+12=−1x=1-\frac52+\frac12=-1.

Conclusion : l'ensemble des solutions de (Σ)(\Sigma) est S={(−1,52,−12)}\mathcal{S}=\left\{\left(-1,\frac{5}{2},-\frac{1}{2}\right)\right\}.

Chaque étape étant une équivalence, la vérification n'est pas logiquement nécessaire ; elle ne coûte rien : −1+52−12=1-1+\frac52-\frac12=1, −1+52+12=2-1+\frac52+\frac12=2 et 1+52+12=41+\frac52+\frac12=4.

Variante : le déterminant d'abord. La matrice de (Σ)(\Sigma) est

A=(11111−1−11−1). A=\begin{pmatrix}1&1&1\\1&1&-1\\-1&1&-1\end{pmatrix}.

En développant selon la première ligne,

det⁡A=1×∣1−11−1∣−1×∣1−1−1−1∣+1×∣11−11∣=0+2+2=4. \det A=1\times\begin{vmatrix}1&-1\\1&-1\end{vmatrix}-1\times\begin{vmatrix}1&-1\\-1&-1\end{vmatrix}+1\times\begin{vmatrix}1&1\\-1&1\end{vmatrix}=0+2+2=4.

Comme det⁡A≠0\det A\neq0, (Σ)(\Sigma) a une solution unique, que donnent par exemple les formules de Cramer : les trois déterminants obtenus en remplaçant une colonne de AA par la colonne des seconds membres valent −4-4, 1010 et −2-2, d'où x=−44=−1x=\frac{-4}{4}=-1, y=104=52y=\frac{10}{4}=\frac52 et z=−24=−12z=\frac{-2}{4}=-\frac12.

Variante : réparer la réponse fournie par une analyse-synthèse. Ses calculs sont justes ; il suffit de rétablir le sens de l'implication et d'ajouter la synthèse.

Analyse. Soit (x,y,z)(x,y,z) une solution de (Σ)(\Sigma). En ajoutant ou en soustrayant ses équations, on obtient les trois équations de (Σ1)(\Sigma_1) : (x,y,z)(x,y,z) est solution de (Σ1)(\Sigma_1). De 2x+2y=32x+2y=3 on tire y=32−xy=\frac32-x, puis de 2y−2z=62y-2z=6, z=−32−xz=-\frac32-x : en posant t=xt=x, le triplet s'écrit (t,32−t,−32−t)(t,\frac32-t,-\frac32-t).

Synthèse. Un triplet de cette forme vérifie les équations (1), (2), (3) si et seulement si −t=1-t=1, 3+t=23+t=2 et 3−t=43-t=4, c'est-à-dire si et seulement si t=−1t=-1.

Conclusion. S={(−1,52,−12)}\mathcal{S}=\left\{\left(-1,\frac52,-\frac12\right)\right\}.

Les pièges.

  • Combiner des équations déjà remplacées. Faire plusieurs opérations « en même temps » est sûr dès que chaque opération est de la forme Li←αLi+βLjL_i\leftarrow\alpha L_i+\beta L_j, avec α≠0\alpha\neq0 et j≠ij\neq i, et que chaque équation qui sert d'outil reste inchangée dans le système, comme L1L_1 ci-dessus ; dans le doute, on effectue les opérations une par une, en écrivant chaque système.
  • Présenter un résultat sans vérification après un raisonnement par implications. Ou bien chaque étape est une équivalence justifiée, ou bien on vérifie les candidats obtenus.
  • Oublier la conclusion. « Résoudre » demande l'ensemble des solutions, écrit comme un ensemble.

Recoupement indépendant. Les formules de Cramer (déterminants −4-4, 1010, −2-2, divisés par det⁡A=4\det A=4), la substitution dans (Σ)(\Sigma) et la valeur t=−1t=-1 de la famille donnent le même triplet. Toutes ces valeurs sont certifiées par la machine.

Exercice 2 — exactitude de la réponse

Ce que ça teste. La monotonie d'une suite définie par une formule un=f(n)u_n=f(n) ; le lien entre le signe de la dérivée et le sens de variation, qui n'est valable que sur un intervalle (Fonctions d'une variable réelle, section E ; Dérivation) ; la limite d'une suite et le théorème de la limite monotone (Réels et suites).

La réponse est-elle exacte ? Les deux conclusions le sont, aucune des deux justifications ne l'est. La suite est bien croissante (et même strictement) et majorée, par 22 : c'est démontré dans l'entrée « réponse rédigée ». Mais :

a) « Donc f(x)f(x) est croissante » est faux tel que c'est écrit. La fonction ff est définie sur R∖{−1}\mathbb{R}\setminus\{-1\}, et la réponse ne précise aucun intervalle : l'affirmation porte donc sur tout l'ensemble de définition. Or ff n'y est pas croissante : f(−2)=3f(-2)=3 et f(0)=1f(0)=1, alors que −2<0-2<0. Le résultat « f′>0f'>0 sur II, donc ff strictement croissante sur II » exige que II soit un intervalle, et R∖{−1}\mathbb{R}\setminus\{-1\} n'en est pas un. Ce qui est vrai : f′(x)=1(x+1)2>0f'(x)=\frac{1}{(x+1)^2}>0 pour tout x≠−1x\neq-1, donc ff est strictement croissante sur l'intervalle ]−1,+∞[]-1,+\infty[ ; comme N⊂ ]−1,+∞[\mathbb{N}\subset\,]-1,+\infty[ et un=f(n)u_n=f(n) pour tout nn, on en déduit un<un+1u_n<u_{n+1}. Ce sont ces deux phrases qui manquent : la réponse ne dit ni sur quel intervalle, ni que un=f(n)u_n=f(n).

b) « la suite est majorée par sa limite » est affirmé sans justification, et faux en général. La suite vn=1n+1v_n=\frac{1}{n+1} converge vers 00, alors que v0=1>0v_0=1>0 : une suite convergente n'est pas toujours majorée par sa limite. L'affirmation est vraie ici parce que (un)(u_n) est croissante : si une suite croissante converge vers ℓ\ell, alors un⩽ℓu_n\leqslant\ell pour tout nn (voir la réponse rédigée). La réponse n'invoque ni la croissance établie en a), ni ce résultat. La limite elle-même, lim⁡un=2\lim u_n=2, est écrite sans calcul, alors que 2n+12n+1 et n+1n+1 tendent tous deux vers +∞+\infty : c'est une forme indéterminée, qu'il faut lever.

Les éléments qui permettent de repérer les erreurs. Pour a) : une fonction affirmée croissante sans intervalle, dont l'ensemble de définition est troué en −1-1, appelle le test de deux valeurs de part et d'autre du trou, f(−2)=3>1=f(0)f(-2)=3>1=f(0). Pour b) : chercher un contre-exemple à l'énoncé général utilisé, « une suite convergente est majorée par sa limite » ; la suite décroissante 1n+1\frac{1}{n+1} en fournit un.

Le verdict, rédigé. Les conclusions sont exactes, la démonstration ne l'est pas : en a), l'affirmation « ff est croissante » est fausse sur l'ensemble de définition de ff et le lien entre ff et (un)(u_n) n'est pas établi ; en b), la majoration par la limite n'est pas justifiée, et elle ne découle de la convergence qu'avec la croissance.

Les pièges pour qui critique.

  • Déclarer la réponse fausse parce que la démonstration l'est : les deux conclusions sont vraies, il faut le dire.
  • Déclarer la réponse juste parce que les conclusions le sont : a) contient une affirmation fausse, b) une affirmation non justifiée.
  • Reprocher le calcul de f′f' : le résultat f′(x)=1(x+1)2f'(x)=\frac{1}{(x+1)^2} est exact ; ce qui pèche, c'est la manière de l'écrire (consigne 2).

Recoupement. Les premiers termes u0=1u_0=1, u1=32u_1=\frac32, u2=53u_2=\frac53, u3=74u_3=\frac74, u4=95u_4=\frac95 croissent et restent sous 22 ; f(−2)=3f(-2)=3 et f(0)=1f(0)=1 ; la suite 1n+1\frac{1}{n+1} tend vers 00 avec un premier terme égal à 11. Valeurs certifiées par la machine.

Exercice 2 — critique de la rédaction

Ce que ça teste. La précision des objets et des quantificateurs dans une étude de fonction (Fonctions d'une variable réelle), et la citation d'un résultat avec ses conditions.

Les critiques, dans l'ordre de la réponse.

  • « Soit f(x)=2x+1x+1f(x)=\dfrac{2x+1}{x+1} » : on ne définit pas une fonction en posant une valeur. Il fallait écrire « soit ff la fonction définie sur ]−1,+∞[]-1,+\infty[ par f(x)=2x+1x+1f(x)=\frac{2x+1}{x+1} » — et l'ensemble de départ est justement ce qui manque en a).
  • « (uv)′=u′v−uv′v2\left(\frac{u}{v}\right)'=\frac{u'v-uv'}{v^2} » : uu et vv ne sont pas définis (u(x)=2x+1u(x)=2x+1, v(x)=x+1v(x)=x+1), et la formule est citée sans ses hypothèses (uu et vv dérivables, vv ne s'annulant pas sur l'intervalle considéré).
  • « f′(x)=2−1(x+1)2f'(x)=\frac{2-1}{(x+1)^2} » : le calcul du numérateur est sauté. Avec la formule annoncée, il fallait écrire u′(x)v(x)−u(x)v′(x)=2(x+1)−(2x+1)=1u'(x)v(x)-u(x)v'(x)=2(x+1)-(2x+1)=1. Le « 2−12-1 » peut venir de ce calcul, puisque 2(x+1)−(2x+1)=2x+2−2x−12(x+1)-(2x+1)=2x+2-2x-1 se réduit à 2−12-1 quand les termes en xx s'annulent : c'est alors l'étape intermédiaire qui manque. Il peut aussi venir du ad−bcad-bc de la formule de dérivation d'une fonction homographique x↦ax+bcx+dx\mapsto\frac{ax+b}{cx+d}, qui n'est pas citée.
  • « Or 1(x+1)2>0\frac{1}{(x+1)^2}>0 » : pour quels xx ? Le quantificateur manque (pour tout x≠−1x\neq-1, ou pour tout xx de l'intervalle choisi).
  • « Donc f(x)f(x) est croissante » : f(x)f(x) est un nombre réel ; c'est la fonction ff qui est croissante, et sur un intervalle qu'il faut nommer.
  • « par conséquent (un)(u_n) est croissante » : le lien un=f(n)u_n=f(n) n'est pas écrit, ni le fait que les entiers naturels sont dans l'intervalle où ff est croissante.
  • « lim⁡un=lim⁡2n+1n+1=2\lim u_n=\lim\frac{2n+1}{n+1}=2 » : ni « n→+∞n\to+\infty » sous le symbole, ni calcul, alors que la forme est indéterminée.
  • « la suite est majorée par sa limite » : aucune justification, et aucun majorant écrit sous la forme attendue, « pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, un⩽2u_n\leqslant2 ».
  • Une méthode lourde. Passer par une fonction auxiliaire et sa dérivée n'est pas faux, mais multiplie les hypothèses à vérifier (dérivabilité, intervalle, lien un=f(n)u_n=f(n)) ; une suite donnée par une formule aussi simple s'étudie directement, par un+1−unu_{n+1}-u_n ou par l'écriture un=2−1n+1u_n=2-\frac{1}{n+1}.

Ce qui est bien. La structure en deux parties annoncées (a) croissance, b) majoration) est claire, et le calcul de f′f' aboutit au bon résultat.

Les pièges pour qui critique. Ne pas confondre une notation négligée (f(x)f(x) pour ff) avec une erreur de fond : ici les deux coexistent, puisque l'absence d'intervalle rend fausse l'affirmation « ff est croissante ». Et ne pas reprocher à la réponse la maladresse de l'énoncé lui-même, qui commence par « Soit n∈Nn\in\mathbb{N} » avant d'employer nn comme indice de la suite : une réponse rédigée n'a pas à la reprendre.

Recoupement. Les deux chemins donnent le même numérateur : ad−bc=2×1−1×1=1ad-bc=2\times1-1\times1=1 et 2(x+1)−(2x+1)=12(x+1)-(2x+1)=1 ; la dérivée 1(x+1)2\frac{1}{(x+1)^2} est certifiée par la machine.

Exercice 2 — réponse rédigée

Ce que ça teste. Étudier directement le sens de variation d'une suite et la majorer, sans outil superflu (Réels et suites).

La rédaction attendue.

Pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, n+1⩾1n+1\geqslant1, donc unu_n est bien défini, et comme 2n+1=2(n+1)−12n+1=2(n+1)-1 :

un=2(n+1)−1n+1=2−1n+1. u_n=\frac{2(n+1)-1}{n+1}=2-\frac{1}{n+1}.

Croissance. Soit n∈Nn\in\mathbb{N}. Alors

un+1−un=(2−1n+2)−(2−1n+1)=1n+1−1n+2=1(n+1)(n+2)>0. u_{n+1}-u_n=\left(2-\frac{1}{n+2}\right)-\left(2-\frac{1}{n+1}\right)=\frac{1}{n+1}-\frac{1}{n+2}=\frac{1}{(n+1)(n+2)}>0.

Donc un+1>unu_{n+1}>u_n pour tout n∈Nn\in\mathbb{N} : la suite (un)(u_n) est strictement croissante, donc croissante.

Majoration. Pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, 1n+1>0\frac{1}{n+1}>0, donc un=2−1n+1<2u_n=2-\frac{1}{n+1}<2 : la suite (un)(u_n) est majorée par 22.

Conclusion : la suite (un)(u_n) est croissante et majorée (par 22). De plus 1n+1→0\frac{1}{n+1}\to0, donc un→2u_n\to2 : le majorant 22 est le plus petit possible, puisque tout réel M<2M<2 est dépassé par les termes unu_n pour nn assez grand.

Variante : avec la fonction, correctement. Soit ff la fonction définie sur l'intervalle I= ]−1,+∞[I=\,]-1,+\infty[ par f(x)=2x+1x+1f(x)=\frac{2x+1}{x+1}. Elle est dérivable sur II, comme quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur ne s'annule pas sur II, et pour tout x∈Ix\in I,

f′(x)=2(x+1)−(2x+1)(x+1)2=1(x+1)2>0. f'(x)=\frac{2(x+1)-(2x+1)}{(x+1)^2}=\frac{1}{(x+1)^2}>0.

Comme f′>0f'>0 sur l'intervalle II, ff est strictement croissante sur II (Fonctions d'une variable réelle, section E). Pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, les entiers nn et n+1n+1 appartiennent à II et un=f(n)u_n=f(n) ; comme n<n+1n<n+1, un=f(n)<f(n+1)=un+1u_n=f(n)<f(n+1)=u_{n+1}.

Variante : « majorée par sa limite », démontré. Le résultat vrai est le suivant : si une suite (un)(u_n) est croissante et converge vers ℓ\ell, alors un⩽ℓu_n\leqslant\ell pour tout nn. En effet, soit n∈Nn\in\mathbb{N} fixé ; pour tout p⩾np\geqslant n, up⩾unu_p\geqslant u_n par croissance ; en passant à la limite quand p→+∞p\to+\infty dans cette inégalité large, on obtient ℓ⩾un\ell\geqslant u_n. Ici (un)(u_n) est croissante et converge vers 22, donc un⩽2u_n\leqslant2 pour tout nn. Rédigé ainsi — croissance citée, limite calculée, résultat énoncé —, le b) de la réponse fournie devient juste.

Les pièges.

  • Le signe de la dérivée ne donne le sens de variation que sur un intervalle : sur R∖{−1}\mathbb{R}\setminus\{-1\}, ff n'est pas croissante.
  • « Majorée » n'est pas « majorée par sa limite » : toute suite convergente est bornée, donc majorée, mais pas forcément par sa limite (la suite 1n+1\frac{1}{n+1}).
  • Oublier le terme u0u_0. L'écriture un=2+1n1+1nu_n=\dfrac{2+\frac1n}{1+\frac1n}, commode pour la limite, n'a de sens que pour n⩾1n\geqslant1 ; l'écriture un=2−1n+1u_n=2-\frac{1}{n+1} vaut pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}.

Recoupement. Les écarts u1−u0=12u_1-u_0=\frac12, u2−u1=16u_2-u_1=\frac16, u3−u2=112u_3-u_2=\frac1{12}, u4−u3=120u_4-u_3=\frac1{20} sont bien les valeurs de 1(n+1)(n+2)\frac{1}{(n+1)(n+2)} pour n=0,1,2,3n=0,1,2,3 ; et 2−un=1n+12-u_n=\frac{1}{n+1} donne par exemple u99=199100u_{99}=\frac{199}{100}. Formules et valeurs certifiées par la machine.

Exercice 3 — exactitude de la réponse

Ce que ça teste. D'abord la lecture de l'énoncé ; puis la somme des termes d'une suite géométrique, la récurrence et la limite de qnq^n (Réels et suites, Raisonnement) ; enfin, la différence entre illustrer et démontrer.

L'énoncé contient une coquille, et c'est le premier élément à relever. Le terme sommé, 12n\frac{1}{2^n}, ne dépend pas de l'indice de sommation kk. Lu à la lettre, la somme compte donc nn fois le même nombre :

Qn=∑k=1n12n=n×12n=n2n. Q_n=\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{2^n}=n\times\frac{1}{2^n}=\frac{n}{2^n}.

Ainsi Q1=12Q_1=\frac12, Q2=12Q_2=\frac12, Q3=38Q_3=\frac38, Q4=14Q_4=\frac14, et Qn→0Q_n\to0 (preuve dans l'entrée « réponse rédigée »). Telle qu'elle est écrite, l'assertion à démontrer est fausse : la limite vaut 00, pas 11.

L'intention est claire : le sujet voulait la somme 12+14+⋯+12n\frac12+\frac14+\dots+\frac{1}{2^n}, que l'on note

Sn=∑k=1n12k, S_n=\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{2^k},

et dont la limite est bien 11. Le dessin de la réponse le confirme : ses zones ont des aires qui se divisent par deux d'une zone à la suivante, comme les termes de SnS_n, alors que les termes de la somme écrite sont tous égaux. Dans toute la suite de la correction, SnS_n désigne cette somme rectifiée, et QnQ_n la somme écrite.

La réponse est-elle exacte ? On juge séparément la conclusion et la démonstration, comme à l'exercice 2 — et dans chacune des deux lectures.

  • Pour l'énoncé tel qu'il est écrit, la conclusion lim⁡Qn=1\lim Q_n=1 est fausse : la réponse est inexacte.
  • Pour l'énoncé rectifié, la conclusion lim⁡Sn=1\lim S_n=1 est vraie, mais la réponse ne la démontre pas : c'est le verdict de l'exercice 2, conclusion exacte et démonstration non valide (ici, absente).

Ce que le dessin montre, et ce qu'il ne montre pas. Si l'on prend l'aire du grand carré pour unité (ce que la réponse ne dit pas), les zones hachurée, rayée, quadrillée et pointillée ont pour aires 12\frac12, 14\frac14, 18\frac18 et 116\frac{1}{16}, et la zone blanche 116\frac{1}{16}. Le dessin illustre donc quatre égalités, jusqu'à S4=1−116=1516S_4=1-\frac{1}{16}=\frac{15}{16} : chaque zone s'ajoute aux précédentes. Il ne montre pas le reste.

  • Il ne montre pas que Sn=1−12nS_n=1-\frac{1}{2^n} pour tout nn. Quatre étapes dessinées ne disent rien de la cinquième, ni de la millième : il faut une récurrence, ou la formule de la somme des termes d'une suite géométrique.
  • Il ne dit rien du passage à la limite. Que la zone blanche, d'aire 12n\frac{1}{2^n}, devienne « aussi petite qu'on veut » est exactement l'énoncé 12n→0\frac{1}{2^n}\to0, qu'il faut établir. Voir des restes diminuer ne suffit pas : les nombres 12+12n+1\frac12+\frac{1}{2^{n+1}} diminuent eux aussi, et tendent vers 12\frac12, pas vers 00.

Les éléments qui permettent de repérer les erreurs. Le terme sommé qui ne dépend pas de kk ; le calcul de Q2Q_2 avec la formule écrite, qui donne 12\frac12 et non 34\frac34 ; l'absence de tout argument valable pour un entier nn quelconque ; le mot « déduit », alors qu'aucune déduction n'est écrite.

Les pièges pour qui critique.

  • Traiter en silence la somme rectifiée. C'est faire le bon calcul sur un énoncé qu'on n'a pas lu : la consigne demande de repérer les erreurs, et celle de l'énoncé en fait partie.
  • Rejeter le dessin sans dire pourquoi. Ce qui manque est précis : l'argument pour tout nn, et le passage à la limite.

Recoupement. Avec la formule écrite, Q4=14Q_4=\frac14 ; avec la formule voulue, S4=1516S_4=\frac{15}{16}, qui est exactement l'aire coloriée du dessin. Pour n=10n=10 : Q10=101024Q_{10}=\frac{10}{1024} et S10=10231024S_{10}=\frac{1023}{1024}. Valeurs certifiées par la machine.

Exercice 3 — critique de la rédaction

Ce que ça teste. Ce qu'une démonstration doit écrire, et le statut d'une figure dans une preuve (Raisonnement).

Les critiques.

  • Aucun texte n'accompagne le dessin. Ni l'unité d'aire (le grand carré, d'aire 11), ni la correspondance entre les zones et les termes de la somme, ni l'ordre dans lequel on les ajoute. Le lecteur doit deviner que la moitié hachurée représente 12\frac12, le quart rayé 14\frac14, et ainsi de suite.
  • Le dessin s'arrête après quatre zones, plus un reste blanc, sans un mot sur ce qui se passe ensuite. La règle de construction — « à chaque étape, on colorie la moitié de la zone restée blanche » — n'est pas écrite ; c'est pourtant elle qui porte l'argument.
  • « On en déduit que » : rien n'est déduit. Aucun calcul, aucun résultat cité (somme des termes d'une suite géométrique, limite de qnq^n), aucune récurrence.
  • La coquille de l'énoncé n'est pas relevée. La réponse traite, sans le dire, une autre somme que celle qui est écrite.
  • Une notation qui change. L'énoncé écrit n→∞n\to\infty, la réponse n→+∞n\to+\infty. Pour une suite indexée par N\mathbb{N}, les deux désignent la même chose ; l'écart est mineur, mais une réponse s'en tient à une seule notation.

Ce qui est bien. L'idée du dessin est la bonne : à chaque étape, on ajoute la moitié de ce qui manque pour atteindre 11, donc ce qui manque est divisé par deux. Transformée en récurrence, elle devient une démonstration — c'est la variante « le dessin, rédigé » de l'entrée suivante. Une figure est un excellent support d'intuition, en classe comme au brouillon ; elle ne dispense pas de la preuve.

Les pièges pour qui critique. Ne pas confondre les deux consignes : que le dessin ne démontre rien relève de la consigne 1 (la réponse n'est pas exacte) ; que rien ne le légende ni ne l'explique relève de la consigne 2 (la rédaction).

Recoupement. Les cinq zones du dessin recouvrent exactement le carré : 12+14+18+116+116=1\frac12+\frac14+\frac18+\frac{1}{16}+\frac{1}{16}=1. Chaque zone colorée est la moitié de la précédente. Valeurs certifiées par la machine.

Exercice 3 — réponse rédigée

Ce que ça teste. Somme des termes d'une suite géométrique, récurrence (Raisonnement), limite de qnq^n pour 0<q<10<q<1 (Réels et suites, limites de référence) — et le traitement honnête d'un énoncé fautif.

La rédaction attendue.

1. L'énoncé tel qu'il est écrit. Le terme 12n\frac{1}{2^n} ne dépend pas de kk, donc, pour tout n⩾1n\geqslant1, Qn=n2nQ_n=\frac{n}{2^n}. Pour n⩾2n\geqslant2, la formule du binôme donne 2n=∑j=0n(nj)⩾(n2)=n(n−1)22^n=\sum_{j=0}^{n}\binom{n}{j}\geqslant\binom{n}{2}=\frac{n(n-1)}{2}, tous les termes de la somme étant positifs. D'où, pour n⩾2n\geqslant2,

0<Qn=n2n⩽2n−1. 0<Q_n=\frac{n}{2^n}\leqslant\frac{2}{n-1}.

Comme 2n−1→0\frac{2}{n-1}\to0, le théorème des gendarmes donne Qn→0Q_n\to0. L'assertion demandée est fausse pour la suite écrite : lim⁡Qn=0≠1\lim Q_n=0\neq1.

2. L'énoncé rectifié. Le dessin de la réponse et la valeur annoncée indiquent que le sujet voulait la somme Sn=∑k=1n12kS_n=\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{2^k}. Démontrons que lim⁡Sn=1\lim S_n=1.

Calcul de SnS_n. Pour tout réel q≠1q\neq1 et tout entier n⩾1n\geqslant1, les termes intermédiaires se compensent dans

(1−q)∑k=1nqk=∑k=1nqk−∑k=2n+1qk=q−qn+1, (1-q)\sum_{k=1}^{n}q^k=\sum_{k=1}^{n}q^k-\sum_{k=2}^{n+1}q^k=q-q^{n+1},

donc ∑k=1nqk=q−qn+11−q\sum_{k=1}^{n}q^k=\frac{q-q^{n+1}}{1-q}. Avec q=12q=\frac12 :

Sn=12−12n+112=1−12n. S_n=\frac{\frac12-\frac{1}{2^{n+1}}}{\frac12}=1-\frac{1}{2^n}.

Limite. Comme 0<12<10<\frac12<1, (12)n→0\left(\frac12\right)^n\to0 ; donc Sn→1S_n\to1.

Conclusion : pour la somme rectifiée, lim⁡n→+∞Sn=1\lim_{n\to+\infty}S_n=1 ; pour la somme écrite, la limite vaut 00.

Variante : par récurrence. Pour tout entier n⩾1n\geqslant1, on note Pn\mathcal{P}_n la proposition « Sn=1−12nS_n=1-\frac{1}{2^n} ».

Initialisation. S1=12=1−12S_1=\frac12=1-\frac12 : P1\mathcal{P}_1 est vraie.

Hérédité. Soit n⩾1n\geqslant1 tel que Pn\mathcal{P}_n soit vraie. Alors

Sn+1=Sn+12n+1=1−22n+1+12n+1=1−12n+1, S_{n+1}=S_n+\frac{1}{2^{n+1}}=1-\frac{2}{2^{n+1}}+\frac{1}{2^{n+1}}=1-\frac{1}{2^{n+1}},

donc Pn+1\mathcal{P}_{n+1} est vraie. Par récurrence, Sn=1−12nS_n=1-\frac{1}{2^n} pour tout n⩾1n\geqslant1.

Variante : le dessin, rédigé. On part d'un carré d'aire 11. À la première étape, on colorie la moitié du carré ; à chaque étape suivante, on colorie la moitié de la zone restée blanche. On note rnr_n l'aire blanche après nn étapes, avec r0=1r_0=1. Colorier la moitié du reste donne rn+1=rn2r_{n+1}=\frac{r_n}{2} : la suite (rn)(r_n) est géométrique de raison 12\frac12, donc rn=12nr_n=\frac{1}{2^n}. L'aire coloriée à l'étape kk vaut rk−1−rk=12kr_{k-1}-r_k=\frac{1}{2^k}, et l'aire coloriée après nn étapes vaut Sn=1−rn=1−12nS_n=1-r_n=1-\frac{1}{2^n}. C'est la démonstration que le dessin suggère : un invariant, « le reste vaut 12n\frac{1}{2^n} », établi pour tout nn, puis le passage à la limite 12n→0\frac{1}{2^n}\to0.

Les pièges.

  • Traiter la somme rectifiée sans signaler la coquille, ou signaler la coquille sans dire ce que vaut l'énoncé écrit.
  • Se tromper de premier indice. La somme ∑k=0n12k\sum_{k=0}^{n}\frac{1}{2^k} commence à k=0k=0 et vaut 2−12n2-\frac{1}{2^n}, de limite 22 ; ici la somme commence à k=1k=1.
  • Affirmer 12n→0\frac{1}{2^n}\to0 sans justification. C'est une limite de référence (qn→0q^n\to0 pour ∣q∣<1\lvert q\rvert<1), qu'on cite ; on peut aussi l'établir par 2n⩾n+12^n\geqslant n+1, d'où 0<12n⩽1n+10<\frac{1}{2^n}\leqslant\frac{1}{n+1}.

Recoupement. Les premières valeurs S1=12S_1=\frac12, S2=34S_2=\frac34, S3=78S_3=\frac78, S4=1516S_4=\frac{15}{16} sont celles du dessin ; S10=10231024S_{10}=\frac{1023}{1024} ; l'écart 1−Sn=12n1-S_n=\frac{1}{2^n} passe sous 10−610^{-6} à partir de n=20n=20 (car 219=524 2882^{19}=524\,288 et 220=1 048 5762^{20}=1\,048\,576). La formule, la récurrence et les valeurs sont certifiées par la machine.

À retenir

Les leçons mathématiques de la partie.

  1. Résoudre un système, c'est enchaîner des systèmes équivalents. Une opération Li←αLi+βLjL_i\leftarrow\alpha L_i+\beta L_j (α≠0\alpha\neq0, j≠ij\neq i) conserve l'ensemble des solutions, parce qu'on la défait grâce à LjL_j, resté en place. Effectuées l'une après l'autre, chacune sur le système courant, de telles opérations ne perdent aucune équation ; la réponse de l'exercice 1 en a perdu une en combinant une équation déjà remplacée. Un système carré de déterminant non nul a une solution unique : c'est un contrôle immédiat.
  2. Une implication n'a qu'un sens. Des combinaisons des équations de (Σ)(\Sigma) sont des conséquences de (Σ)(\Sigma) : elles donnent une condition nécessaire. Conclure « solution de (Σ1)(\Sigma_1) donc de (Σ)(\Sigma) » demande la réciproque — ou une vérification.
  3. Le signe de la dérivée ne donne le sens de variation que sur un intervalle, et pour une suite un=f(n)u_n=f(n) il faut écrire ce lien. Souvent, un+1−unu_{n+1}-u_n ou une écriture comme un=2−1n+1u_n=2-\frac{1}{n+1} vont plus vite.
  4. « Majorée par sa limite » est vrai pour une suite croissante convergente, faux en général : la suite 1n+1\frac{1}{n+1} converge vers 00 et commence à 11. La preuve, dans le cas croissant, passe à la limite dans l'inégalité up⩾unu_p\geqslant u_n.
  5. Un dessin illustre, il ne démontre pas. Il montre un nombre fini de cas ; « pour tout nn » demande une récurrence ou une formule, et une limite demande une preuve. Mais l'idée d'un bon dessin se rédige : ici, l'invariant « le reste vaut 12n\frac{1}{2^n} ».
  6. Lire l'énoncé. Un terme sommé qui ne dépend pas de l'indice de sommation signale une coquille : la relever, dire ce que vaut l'énoncé écrit, puis traiter l'énoncé rectifié.

Et la méthode de critique, transférable à toute copie.

  • Consigne 1 — juger l'exactitude : tester la conclusion indépendamment de l'argument (substitution, déterminant, valeurs), localiser la première étape fausse, nommer l'erreur, et dire ce qui permet de la repérer.
  • Consigne 2 — juger la rédaction : objets définis, quantificateurs écrits, connecteurs justifiés, théorèmes cités avec leurs conditions, conclusion écrite.
  • Juger séparément la conclusion et la démonstration : l'exercice 2 a des conclusions exactes et une démonstration fautive ; l'exercice 3, pour la somme voulue, une conclusion exacte et aucune démonstration.
  • Dire aussi ce qui est juste : les calculs de l'exercice 1, l'idée du dessin de l'exercice 3 — une bonne réponse les réutilise en réparant l'étape qui cède.
Réponse. Exercice 1 — réponse fournie inexacte. La troisième combinaison remplace l'équation (3) par une combinaison qui utilise l'équation (1) déjà remplacée : (Σ1)(\Sigma_1) n'est qu'une conséquence de (Σ)(\Sigma), de rang 22 (sa troisième équation est la différence des deux premières), et « solution de (Σ1)(\Sigma_1) donc de (Σ)(\Sigma) » est l'implication à l'envers. Le triplet obtenu pour t=0t=0 ne vérifie pas (1), et det⁡A=4≠0\det A=4\neq0 interdit une infinité de solutions. Réponse correcte, par L2←L2−L1L_2\leftarrow L_2-L_1 et L3←L3+L1L_3\leftarrow L_3+L_1 : −2z=1-2z=1, 2y=52y=5, d'où S={(−1,52,−12)}\mathcal{S}=\left\{\left(-1,\frac52,-\frac12\right)\right\}. Exercice 2 — conclusions exactes, justifications fautives. « ff est croissante » est faux sur l'ensemble de définition R∖{−1}\mathbb{R}\setminus\{-1\} (f(−2)=3>1=f(0)f(-2)=3>1=f(0)), l'intervalle et le lien un=f(n)u_n=f(n) manquent ; « majorée par sa limite » n'est pas justifié et est faux en général (1n+1→0\frac{1}{n+1}\to0, premier terme 11). Réponse correcte : un=2−1n+1u_n=2-\frac{1}{n+1}, donc un+1−un=1(n+1)(n+2)>0u_{n+1}-u_n=\frac{1}{(n+1)(n+2)}>0 et un<2u_n<2 : la suite est croissante et majorée par 22. Exercice 3 — conclusion fausse pour l'énoncé écrit, exacte mais non démontrée pour l'énoncé rectifié. Lu à la lettre, l'énoncé donne Qn=n2n→0Q_n=\frac{n}{2^n}\to0 : l'assertion est fausse. Pour la somme voulue, Sn=∑k=1n12kS_n=\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{2^k}, la conclusion est vraie, mais le dessin n'illustre que les quatre premières sommes, jusqu'à S4=1516S_4=\frac{15}{16} et ne démontre ni la formule pour tout nn, ni la limite. Réponse correcte : Sn=1−12nS_n=1-\frac{1}{2^n} (somme géométrique ou récurrence), et 12n→0\frac{1}{2^n}\to0, donc lim⁡Sn=1\lim S_n=1.
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Partie 2 (1) : fonctions convexes sur un intervalle (questions 1 à 14 sur le Document 1)

DémonstrationDifficulté 3/5

Sujet zéro — CAPES externe de mathématiques (bac+3), exemple officiel de sujet pour la seconde épreuve d'admissibilité, mai 2025 (mis à jour août 2025). © ministère chargé de l'Éducation nationale, devenirenseignant.gouv.fr.

Partie 2 : Questions sur le document 1 joint au sujet

Les questions ci-dessous portent sur le document 1 joint qui aborde les notions de fonctions convexes et d'ensembles convexes. Les résultats du document 1 sont utilisables sans démonstration.

1– Fonctions convexes sur un intervalle

Question 1. On considère la parabole d'équation y=x2y=x^2 dans un repère orthonormé. Soit a<ba<b, on note AA le point du plan de coordonnées (a,a2)(a,a^2), BB celui de coordonnées (b,b2)(b,b^2), et ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x2f(x)=x^2.

i) Donner l'allure de la courbe de la fonction ff.

ii) Justifier que la corde [AB][AB] est portée par la droite d'équation y=(a+b)x−aby=(a+b)x-ab.

iii) Soit (x,y)(x,y) dans R2\mathbb{R}^2 tel que y=(a+b)x−aby=(a+b)x-ab. Factoriser f(x)−yf(x)-y.

iv) En déduire que la fonction ff est convexe sur R\mathbb{R}.

Question 2. Soient ff et gg deux fonctions définies sur un intervalle II de R\mathbb{R}. Formaliser, à l'aide d'une inégalité et des quantificateurs, la propriété suivante : sur l'intervalle II, la courbe représentative de ff est en dessous de celle de gg.

Question 3. Démontrer la remarque 1.

Question 4. Soit ff une fonction de II dans R\mathbb{R}. On suppose ff convexe sur II. Démontrer que ff est convexe sur tout intervalle contenu dans II.

Question 5. Démontrer que la fonction valeur absolue (x↦∣x∣x\mapsto|x|) est convexe sur R\mathbb{R}.

Question 6. Soit ff une fonction convexe sur un intervalle II. La fonction ∣f∣|f| est-elle convexe sur cet intervalle ?

Question 7. Sur quels intervalles de R\mathbb{R} la fonction ff définie par f(x)=x3f(x)=x^3 est-elle convexe ?

Question 8. Soit ff une fonction convexe définie sur un intervalle II de R\mathbb{R}. Démontrer que

∀(a,b)∈I2,f(a+b2)≤f(a)+f(b)2. \forall(a,b)\in I^2,\quad f\left(\frac{a+b}{2}\right)\leq\frac{f(a)+f(b)}{2}.

Question 9. La démonstration de la proposition 2 est incomplète : terminer cette démonstration en traitant le cas f(a)>f(b)f(a)>f(b).

Question 10. Énoncer un analogue de la proposition 2 pour les fonctions concaves. On ne demande pas de le démontrer.

Question 11. Démontrer la deuxième inégalité de la proposition 3.

Question 12. Démontrer que la fonction x↦−sin⁡xx\mapsto-\sin x est convexe sur [0,π][0,\pi].

Question 13. Démontrer que

∀x∈[0,π2],2πx≤sin⁡x≤x. \forall x\in\left[0,\frac{\pi}{2}\right],\quad\frac{2}{\pi}x\leq\sin x\leq x.

On illustrera ces inégalités par une figure.

Question 14. Soient II un intervalle de R\mathbb{R}, ff une fonction de II dans R\mathbb{R}, nn un entier naturel non nul et x1,…,xnx_1,\ldots,x_n des éléments de II. On suppose que ff est convexe sur II.

Démontrer l'inégalité :

f(x1+⋯+xnn)≤f(x1)+⋯+f(xn)n. f\left(\frac{x_1+\cdots+x_n}{n}\right)\leq\frac{f(x_1)+\cdots+f(x_n)}{n}.

Document 1

Introduction aux fonctions convexes et parties convexes du plan

La notion de convexité, au carrefour de l'analyse et la géométrie, est très utilisée en modélisation dans de nombreux domaines scientifiques. Pour résoudre des problématiques d'optimisation, elle s'avère un outil très efficace pour garntir l'existence d'extremums comme pour obtenir des inégalités.

Ce document comprend deux parties. Dans la première, on étudie les propriétés des fonctions convexes sur un intervalle. La deuxième, quant à elle, est consacrée aux parties dites convexes du plan et du lien qu'elles peuvent avoir avec les fonctions convexes. Dans ce document P\mathcal{P} désigne le plan rapporté à un repère orthonormé.

1–Fonctions convexes sur un intervalle

Dans la suite II désigne, sauf mention expresse du contraire, un intervalle de R\mathbb{R} non réduit à un point¹.

¹ Rappelons qu'une partie non vide II de R\mathbb{R} est un intervalle si pour tout (x,y)(x,y) dans I2I^2 avec x≤yx\leq y, l'ensemble (noté [x,y][x,y]) des éléments compris entre xx et yy est dans II.

Soit ff une fonction définie sur R\mathbb{R}. On désigne par CfC_f sa courbe représentative dans le plan.

Soient A(a,f(a))A(a,f(a)) et B(b,f(b))B(b,f(b)) deux points distincts de CfC_f. On rappelle que la droite (AB)(AB) est dite droite sécante à CfC_f et que le segment [AB][AB] est la corde de l'arc AB⌢\overset{\frown}{AB} de CfC_f. On rappelle aussi que le segment d'extrémités AA et BB peut être décrit comme l'ensemble

{M∈P ; ∃λ∈[0,1], M=λA+(1−λ)B}. \{M\in\mathcal{P}\ ;\ \exists\lambda\in[0,1],\ M=\lambda A+(1-\lambda)B\}.

Dans cette section après avoir donné quelques définitions et exemples de fonctions convexes, on étudiera quelques propriétés de ces fonctions.

Définition 1 Soit ff une fonction définie sur II. On dit que ff est convexe sur II si tout arc de sa courbe représentative sur II est au-dessous de la corde correspondante.

La fonction est dite concave si tout arc est au-dessus de la corde correspondante ou encore si −f-f est convexe.

Exemple 1

Voici ci-après les tracés des courbes représentatives d'une fonction convexe (à gauche du dessin) et d'une autre concave (à droite du dessin).

Deux graphiques cote a cote. A gauche, la courbe bleue de la fonction exponentielle entre -2 et 2, avec trois cordes orange, verte et violette, chacune situee au-dessus de l'arc qu'elle joint : fonction convexe. A droite, la courbe bleue du logarithme entre 0 et 5, avec trois cordes situees au-dessous de leur arc : fonction concave.
Exemple 1 du document 1 : une fonction convexe (à gauche) et une fonction concave (à droite), figure redessinée par Maths Post-Bac d'après le document 1 du sujet. À gauche, chaque arc de la courbe est au-dessous de sa corde ; à droite, chaque arc est au-dessus de sa corde. Les courbes sont tracées ici avec x↦exx\mapsto e^x sur [−2,2][-2,2] et x↦ln⁡xx\mapsto\ln x sur ]0,5]]0,5], chacune avec trois cordes.

Note de Maths Post-Bac. Figure redessinée par Maths Post-Bac d'après le document 1 (le sujet officiel en donne un tracé en couleurs) : à gauche la courbe de y=exy=e^x sur [−2,2][-2,2], à droite celle de y=ln⁡xy=\ln x sur ]0,5]]0,5], chacune avec trois cordes.

Dans la suite nous traitons la cas des fonctions convexes. La définition ci-dessus (dans le cas convexe) est équivalente à la définition suivante.

Définition 2 Soit II un intervalle de R\mathbb{R} et ff une fonction définie sur II. On dit que ff est convexe sur II si, quels que soient les réels xx, x1x_1, x2x_2 dans II tels que x1<x<x2x_1<x<x_2, on a :

f(x)≤f(x1)+f(x2)−f(x1)x2−x1(x−x1).(1) f(x)\leq f(x_1)+\frac{f(x_2)-f(x_1)}{x_2-x_1}(x-x_1).\qquad(1)

Remarque 1

L'équation de la secante à CfC_f passant par les points de coordonnées (x1,f(x1))(x_1,f(x_1)) et (x2,f(x2))(x_2,f(x_2)) est y=f(x1)+f(x2)−f(x1)x2−x1(x−x1)y=f(x_1)+\dfrac{f(x_2)-f(x_1)}{x_2-x_1}(x-x_1).

Remarque 2

Dire que la fonction ff est convexe sur l'intervalle II revient à dire que

∀t∈[0,1], ∀x1∈I, ∀x2∈I,f(tx1+(1−t)x2)≤tf(x1)+(1−t)f(x2). \forall t\in[0,1],\ \forall x_1\in I,\ \forall x_2\in I,\quad f(tx_1+(1-t)x_2)\leq tf(x_1)+(1-t)f(x_2).

La proposition suivante précise les positions relatives de la courbe représentative d'une fonction convexe et de ses sécantes.

Proposition 1 Soit ff une fonction de II dans R\mathbb{R}. On suppose que ff est convexe sur II. Soient x1x_1 et x2x_2 dans II avec x1<x2x_1<x_2. La courbe CfC_f est alors située en dessous de sa sécante sur [x1,x2][x_1,x_2] et au-dessus de sa sécante à l'extérieur de [x1,x2][x_1,x_2].

Comme conséquence de ce qui précède, on obtient le résultat suivant relatif au calcul des limites des fonctions convexes en l'infini.

Proposition 2 Soit ff une fonction de R\mathbb{R} dans R\mathbb{R} convexe sur R\mathbb{R} tout entier. Soient aa et bb deux nombres réels tels que a<ba<b.

  1. Si f(a)<f(b)f(a)<f(b) alors ff tend vers +∞+\infty quand xx tend vers +∞+\infty.
  2. Si f(a)>f(b)f(a)>f(b) alors ff tend vers +∞+\infty quand xx tend vers −∞-\infty.

Démonstration (incomplète).

On suppose que f(a)<f(b)f(a)<f(b). Comme ff est convexe, sur l'intervalle [a,b][a,b] sa courbe représentative est au-dessus de sa sécante passant par (a,f(a))(a,f(a)) et (b,f(b))(b,f(b)). Ce qui se traduit, en particulier, par l'assertion

∀x≥b,f(x)≥f(b)−f(a)b−a(x−b)+f(b). \forall x\geq b,\quad f(x)\geq\frac{f(b)-f(a)}{b-a}(x-b)+f(b).

Or f(b)−f(a)b−a>0\dfrac{f(b)-f(a)}{b-a}>0. Donc le terme de droite tend vers +∞+\infty quand xx tend vers +∞+\infty et donc f(x)f(x) tend vers +∞+\infty quand xx tend vers +∞+\infty.

Le théorème suivant donne une caractérisation des fonctions convexes en termes de « variations des pentes ».

Théorème 1 (Convexité et taux d'accroissement)

Soit II un intervalle de R\mathbb{R} non réduit à un point et soit ff une fonction de II dans R\mathbb{R}. Pour aa dans II, on désigne par ϕa\phi_a la fonction de I∖{a}I\setminus\{a\} dans R\mathbb{R} qui à tout xx associe le nombre réel

ϕa(x)=f(x)−f(a)x−a. \phi_a(x)=\frac{f(x)-f(a)}{x-a}.

La fonction ff est alors convexe sur II si, et seulement si, ϕa\phi_a est croissante.

Le résultat qui suit, appelé « lemme des trois pentes » ou « lemme des trois cordes » est une conséquence du théorème précédent. Il permet de comparer les pentes de trois cordes « successives » de la courbe représentative d'une fonction convexe (voir la figure ci-dessous).

Proposition 3 Soit ff une fonction convexe définie sur un intervalle II de R\mathbb{R}. Si uu, vv et ww sont trois nombres réels de II tels que u<v<wu<v<w, alors

f(v)−f(u)v−u≤f(w)−f(u)w−u≤f(w)−f(v)w−v. \frac{f(v)-f(u)}{v-u}\leq\frac{f(w)-f(u)}{w-u}\leq\frac{f(w)-f(v)}{w-v}.

Démonstration

On utilise ce qui précède en gardant les notations et hypothèses de la proposition. La fonction

ϕu : x↦f(x)−f(u)x−u \phi_u\ :\ x\mapsto\frac{f(x)-f(u)}{x-u}

étant croissante sur II privé de uu, on a ϕu(v)≤ϕu(w)\phi_u(v)\leq\phi_u(w) puisque v<wv<w. D'où la première inégalité.

La deuxième inégalité est similaire.

Une courbe convexe sombre et trois de ses points, notes (u, f(u)), (v, f(v)) et (w, f(w)), d'abscisses u, v, w marquees sur l'axe. Une corde orange joint les deux premiers, une corde bleue le premier et le troisieme, une corde verte les deux derniers. Sous le graphique, l'inegalite des trois pentes, chaque pente ecrite dans la couleur de sa corde.
Le lemme des trois pentes (Proposition 3), figure redessinée par Maths Post-Bac d'après le document 1 du sujet. Sur la courbe d'une fonction convexe ff, trois points d'abscisses u<v<wu<v<w et les trois cordes qu'ils déterminent. Les pentes des cordes orange, bleue et verte se rangent dans cet ordre :
f(v)−f(u)v−u≤f(w)−f(u)w−u≤f(w)−f(v)w−v.\frac{f(v)-f(u)}{v-u}\leq\frac{f(w)-f(u)}{w-u}\leq\frac{f(w)-f(v)}{w-v}.
La courbe est tracée ici avec f(x)=x2f(x)=x^2.

Note de Maths Post-Bac. Figure redessinée par Maths Post-Bac d'après le document 1 : une courbe convexe, les points (u,f(u))(u,f(u)), (v,f(v))(v,f(v)) et (w,f(w))(w,f(w)), et les trois cordes qui les joignent deux à deux. Dans le sujet officiel, elle apparaît après la démonstration de la Proposition 3, en haut de la page imprimée 9.

Le théorème suivant fournit des conditions suffisantes pour qu'une fonction assez régulière sur un intervalle II soit convexe.

Théorème 2 (Convexité et dérivation) Soit II un intervalle de R\mathbb{R} et ff une fonction définie sur II. Pour que ff soit convexe sur l'intervalle II il suffit que l'une des conditions suivantes soit vérifiée :

  • (i) la fonction ff est dérivable sur l'intervalle II et f′f' est croissante ;
  • (ii) la fonction ff est deux fois dérivable sur l'intervalle II et f′′f'' est positive.

Dans ces deux cas, la courbe représentative de ff est entièrement au-dessus de chacune de ses tangentes.

Remarque 3

  1. La propriété relative aux tangentes se traduit par :
∀(x,x0)∈I2,f(x)≥f(x0)+f′(x0)(x−x0)⋅(2) \forall(x,x_0)\in I^2,\quad f(x)\geq f(x_0)+f'(x_0)(x-x_0)\cdot\qquad(2)

Elle s'établit aisément en étudiant les variations de la fonction hh définie sur l'intervalle II par :

h(x)=f(x)−(f(x0)+f′(x0)(x−x0)). h(x)=f(x)-(f(x_0)+f'(x_0)(x-x_0)).

Remarque 4

Si on suppose que la fonction ff, de II dans R\mathbb{R}, est dérivable alors les conditions suffisantes sont également nécessaires. Plus précisément, on montre que la fonction ff (supposée dérivable) est convexe sur II si, et seulement si, f′f' est croissante sur II (ce qui se traduit par le fait que la dérivée seconde est positive lorsque cette dérivée existe). Ce qui équivaut aussi au fait que CfC_f est située au-dessus de ses tangentes.

Exemples

Les fonctions suivantes sont des fonctions convexes : x↦(a+x)rx\mapsto(a+x)^r, avec r∈Zr\in\mathbb{Z} et a∈Ra\in\mathbb{R}, sur l'intervalle ]−a,+∞[]-a,+\infty[ ; x↦emxx\mapsto e^{mx}, avec m∈Rm\in\mathbb{R}, sur R\mathbb{R} ; x↦−ln⁡xx\mapsto-\ln x sur ]0,+∞[]0,+\infty[.

Application à la recherche d'inégalités

Les relations qui décrivent les positions relatives de la courbe représentative et des cordes sont à l'origine de très nombreuses inégalités. On pourra établir, à titre d'exemple :

  1. ∀x∈R,1+x≤ex\forall x\in\mathbb{R},\quad 1+x\leq e^{x},
  2. ∀x∈R,1−x≤e−x\forall x\in\mathbb{R},\quad 1-x\leq e^{-x},
  3. ∀x>−1,ln⁡(1+x)≤x\forall x>-1,\quad \ln(1+x)\leq x.

Terminons cette partie par un résultat important qui permet d'établir de nombreuses inégalités. Par exemple celle qui permet de comparer les moyennes arithmétique et géométrique.

Théorème 3 (Inégalités de Jensen)

Soient II un intervalle de R\mathbb{R}, ff une fonction de II dans R\mathbb{R}, nn un entier naturel non nul et x1,…,xnx_1,\ldots,x_n des éléments de II. On suppose que ff est convexe sur II.

Soient λ1,…,λn\lambda_1,\ldots,\lambda_n des nombres réels dans l'intervalle [0,1][0,1] tels que ∑i=1nλi=1\displaystyle\sum_{i=1}^{n}\lambda_i=1. On a alors

f(∑i=1nλixi)≤∑i=1nλif(xi). f\left(\sum_{i=1}^{n}\lambda_ix_i\right)\leq\sum_{i=1}^{n}\lambda_if(x_i).

Note de Maths Post-Bac. Dans le sujet officiel, le Document 1 est joint en fin de sujet (pages imprimées 6 à 12) ; sa section 1 est reproduite ci-dessus jusqu'au Théorème 3 inclus. Il se poursuit par une section « 2 – Parties convexes du plan » : cette section du Document 1 et les Questions 15 à 21 sont dans l'exercice « Partie 2 (2) : parties convexes du plan ».

Indices (17)

Question 1. i). Parité, variations, minimum en 00 : trois informations suffisent pour une allure juste. Place AA, BB et la corde [AB][AB] sur le croquis.

Question 1. ii). Deux points distincts déterminent une droite : vérifie que AA et BB sont sur la droite proposée — ou calcule la pente b2−a2b−a\frac{b^2-a^2}{b-a} en disant pourquoi b−a≠0b-a\neq0.

Question 1. iii). f(x)−y=x2−(a+b)x+abf(x)-y=x^2-(a+b)x+ab : un trinôme dont on connaît la somme et le produit des racines.

Question 1. iv). Signe de (x−a)(x−b)(x-a)(x-b) pour xx compris entre aa et bb. Puis relis la Définition 1 ou la Définition 2 : a<ba<b doivent rester quelconques.

Question 2. Compare les deux courbes à abscisse égale. Un seul quantificateur, portant sur II.

Question 3. Pourquoi x1≠x2x_1\neq x_2 ? Une courbe représentative n'a qu'un point par abscisse. Ensuite, une droite non parallèle à l'axe des ordonnées a une équation y=mx+py=mx+p.

Question 4. Un triplet x1<x<x2x_1<x<x_2 d'éléments de JJ est aussi un triplet d'éléments de II.

Question 5. La valeur absolue n'est pas dérivable en 00 : le Théorème 2 ne s'applique pas sur R\mathbb{R}. Remarque 2 et inégalité triangulaire.

Question 6. Cherche une fonction convexe qui change de signe, par exemple x↦x2−1x\mapsto x^2-1, et regarde sa valeur absolue entre −1-1 et 11.

Question 7. Deux sens. Là où f′′(x)=6x≥0f''(x)=6x\geq0, le Théorème 2 (ii). Ailleurs, un triplet chiffré où la courbe passe au-dessus de la corde : un intervalle non réduit à un point qui contient un réel négatif en contient deux.

Question 8. Remarque 2 avec t=12t=\frac12.

Question 9. Relis la Proposition 1 : où la courbe est-elle au-dessus de la sécante ? Minore f(x)f(x) pour x≤ax\leq a par la sécante, dont la pente est ici négative.

Question 10. ff est concave si et seulement si −f-f est convexe : applique la Proposition 2 à −f-f et traduis, en échangeant aussi les inégalités entre f(a)f(a) et f(b)f(b).

Question 11. La deuxième inégalité compare deux pentes qui aboutissent au point d'abscisse ww : utilise ϕw\phi_w, et non ϕu\phi_u.

Question 12. Dérivée seconde de x↦−sin⁡xx\mapsto-\sin x, et son signe sur [0,π][0,\pi] ; puis le Théorème 2 (ii).

Question 13. sin⁡\sin est concave sur [0,π2]\left[0,\frac{\pi}{2}\right] (Questions 12 et 4) : sa courbe est au-dessus de la corde joignant (0,0)(0,0) à (π2,1)\left(\frac{\pi}{2},1\right), et au-dessous de sa tangente en 00.

Question 14. Théorème 3 avec λi=1n\lambda_i=\frac1n : vérifie ses deux conditions sur les poids.

Correction détaillée
Ce qu'il faut voir

La Partie 2 est un exercice sur document, le format propre à cette seconde épreuve : les questions portent sur le Document 1, et le préambule de la Partie 2 précise : « Les résultats du document 1 sont utilisables sans démonstration. » Les quatorze questions de cette section prennent le document de quatre façons, et il faut reconnaître laquelle avant d'écrire :

questions ce que le sujet demande ce qu'on mobilise
1, 5, 12, 13, 14 appliquer le document à une fonction ou à une inégalité précise Définitions 1 et 2, Remarque 2, Théorème 2, Remarque 3, Théorème 3
2, 10 formaliser ou énoncer quantificateurs, Définition 1 (concavité), Proposition 2
3, 4, 8, 9, 11 démontrer ou compléter un énoncé du document Remarque 1, Définition 2, Remarque 2, Proposition 1, Théorème 1
6, 7 trancher : prouver, ou réfuter par un contre-exemple chiffré Définition 2, Question 8, Théorème 2

Une seule image porte toute la section : la courbe d'une fonction convexe est au-dessous de ses cordes. Le document la traduit de cinq façons, et chaque question choisit l'une d'elles :

  • l'inégalité (1) de la Définition 2 : en un point intermédiaire, la valeur de ff est majorée par celle de la sécante (Questions 1, 4, 7, 13) ;
  • la forme barycentrique de la Remarque 2, f(tx1+(1−t)x2)≤tf(x1)+(1−t)f(x2)f(tx_1+(1-t)x_2)\leq tf(x_1)+(1-t)f(x_2), la plus commode pour les preuves générales (Questions 5, 8, 11, 14) ;
  • les pentes croissantes : le Théorème 1 et le lemme des trois pentes (Questions 9, 11) ;
  • la dérivée : f′f' croissante ou f′′≥0f''\geq0 suffit (Théorème 2), et la courbe est alors au-dessus de ses tangentes (Questions 12, 13) ;
  • les moyennes : l'inégalité de Jensen (Question 14).

Prouver qu'une fonction n'est PAS convexe demande la négation d'un « pour tout » : un seul triplet x1<x<x2x_1<x<x_2 où l'inégalité (1) est fausse suffit, et il faut l'exhiber avec des valeurs (Questions 6 et 7). La Question 2 prépare exactement ce passage entre un énoncé quantifié et sa négation.

Ce qu'il faut savoir du document avant de commencer, parce que plusieurs questions en dépendent :

  • la démonstration de la Proposition 2 contient une phrase fausse : « sur l'intervalle [a,b][a,b] sa courbe représentative est au-dessus de sa sécante ». La Proposition 1 dit l'inverse sur [a,b][a,b] ; l'assertion écrite ensuite, pour x≥bx\geq b, est juste (Question 9) ;
  • le Théorème 1 ne quantifie pas aa : il faut lire « pour tout a∈Ia\in I, ϕa\phi_a est croissante sur I∖{a}I\setminus\{a\} » (Question 11) ;
  • le document emploie « au-dessous », « en dessous », « au-dessus » au sens large, comme l'inégalité (1) : la courbe peut toucher la corde, et elle la touche toujours aux extrémités ;
  • le Théorème 2 ne donne que des conditions suffisantes ; leur nécessité, pour une fonction dérivable, est l'objet de la Remarque 4.

Stratégie de temps. Les Questions 1, 2, 3, 4, 8, 12 et 14 sont courtes et doivent aller vite, sans rien sacrifier des hypothèses citées. Le temps se dépense en Question 7 (deux sens à démontrer, dont un contre-exemple à construire proprement), en Question 9 (qu'il faut terminer ET critiquer), en Question 11 (où l'on doit lire le Théorème 1 correctement) et en Question 13 (deux inégalités, deux outils différents, et une figure).

Question 1. i) — l'allure de la parabole

Ce que la question teste. Le tracé d'une courbe de référence, et le vocabulaire du document : arc, corde, sécante (convexité).

La rédaction attendue. La fonction f:x↦x2f:x\mapsto x^2 est paire : sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées. Elle est décroissante sur ]−∞,0]]-\infty,0] et croissante sur [0,+∞[[0,+\infty[ (sa dérivée x↦2xx\mapsto2x est négative puis positive), de minimum f(0)=0f(0)=0, et f(x)f(x) tend vers +∞+\infty quand xx tend vers −∞-\infty ou vers +∞+\infty. Sa courbe est une parabole de sommet l'origine, tournée vers le haut, à tangente horizontale en ce sommet.

Fais figurer sur le croquis deux points A(a,a2)A(a,a^2) et B(b,b2)B(b,b^2) et la corde [AB][AB]. La figure ci-dessous le fait pour a=−1a=-1 et b=2b=2, où la corde est portée par la droite y=x+2y=x+2. On y voit l'arc AB⌢\overset{\frown}{AB} passer sous la corde — c'est la Question 1. iv) — et la courbe repasser au-dessus de la droite (AB)(AB) hors de [a,b][a,b], ce que la Proposition 1 annonce pour toute fonction convexe.

Les pièges. Un tracé sans aucun repère (sommet, symétrie, points AA et BB) ; une courbe à « pointe » en 00, alors que la parabole y a une tangente horizontale (f′(0)=0f'(0)=0) ; une courbe qui semble se redresser jusqu'à la verticale : la pente 2x2x reste finie en tout point.

Recoupement. Pour a=−1a=-1 et b=2b=2 : A=(−1,1)A=(-1,1) et B=(2,4)B=(2,4) vérifient bien y=x+2y=x+2 (−1+2=1-1+2=1 et 2+2=42+2=4), et en x=0x=0 la courbe est à 00 quand la corde est à 22 ✓

La parabole bleue y = x au carre. Les points A d'abscisse -1 et B d'abscisse 2 sont relies par une corde orange ; la zone entre la corde et l'arc est teintee. La droite qui porte la corde, y = x + 2, est prolongee en pointille : hors du segment, la parabole passe au-dessus d'elle.
La parabole y=x2y=x^2 et sa corde [AB][AB] pour a=−1a=-1 et b=2b=2. La corde est portée par la droite y=(a+b)x−aby=(a+b)x-ab, soit ici y=x+2y=x+2. L'écart x2−(x+2)=(x+1)(x−2)x^2-(x+2)=(x+1)(x-2) est négatif ou nul sur [−1,2][-1,2] : l'arc est sous la corde (zone teintée). Hors de [−1,2][-1,2] il est strictement positif : la courbe passe au-dessus de la droite, prolongée en pointillé.

Question 1. ii) — la droite qui porte la corde

Ce que la question teste. L'équation d'une droite passant par deux points, écrite sans diviser par zéro (fonctions d'une variable réelle).

La rédaction attendue. Comme a<ba<b, les points AA et BB sont distincts, et par deux points distincts passe une unique droite. Il suffit donc de vérifier que la droite D\mathcal{D} d'équation y=(a+b)x−aby=(a+b)x-ab passe par AA et par BB :

  • pour x=ax=a : (a+b)a−ab=a2(a+b)a-ab=a^2, donc A∈DA\in\mathcal{D} ;
  • pour x=bx=b : (a+b)b−ab=b2(a+b)b-ab=b^2, donc B∈DB\in\mathcal{D}.

Donc D=(AB)\mathcal{D}=(AB), et la corde [AB][AB], contenue dans la droite (AB)(AB), est portée par D\mathcal{D}.

Une variante qui construit l'équation au lieu de la vérifier. Les abscisses de AA et BB sont distinctes, donc (AB)(AB) n'est pas parallèle à l'axe des ordonnées ; sa pente vaut

b2−a2b−a=(b−a)(b+a)b−a=a+b, \frac{b^2-a^2}{b-a}=\frac{(b-a)(b+a)}{b-a}=a+b,

la simplification par b−ab-a étant permise puisque b−a≠0b-a\neq0. Une équation de (AB)(AB) est donc y=a2+(a+b)(x−a)y=a^2+(a+b)(x-a), c'est-à-dire y=(a+b)x−aby=(a+b)x-ab. C'est la Remarque 1 appliquée à f(x)=x2f(x)=x^2 avec x1=ax_1=a et x2=bx_2=b.

Les pièges. Vérifier un seul des deux points ; oublier de dire pourquoi deux points suffisent (ils sont distincts) ; simplifier par b−ab-a sans l'avoir dit non nul.

Recoupement. Pour a=1a=1 et b=3b=3, la droite est y=4x−3y=4x-3 : elle passe par (1,1)(1,1) et par (3,9)(3,9) ✓

Question 1. iii) — factoriser f(x) − y

Ce que la question teste. Une factorisation, dont le sens géométrique prépare la question suivante : f(x)−yf(x)-y est l'écart vertical entre la courbe et la droite (AB)(AB) au point d'abscisse xx (fonctions d'une variable réelle).

La rédaction attendue. Avec y=(a+b)x−aby=(a+b)x-ab,

f(x)−y=x2−(a+b)x+ab=(x−a)(x−b). f(x)-y=x^2-(a+b)x+ab=(x-a)(x-b).

On reconnaît un trinôme dont la somme des racines vaut a+ba+b et le produit abab : ses racines sont aa et bb. La vérification par développement est immédiate : (x−a)(x−b)=x2−bx−ax+ab=x2−(a+b)x+ab(x-a)(x-b)=x^2-bx-ax+ab=x^2-(a+b)x+ab.

Les pièges. Développer au lieu de factoriser ; traiter yy comme un réel quelconque, alors qu'il dépend de xx par y=(a+b)x−aby=(a+b)x-ab ; conclure sans avoir vérifié la factorisation.

Recoupement. Pour a=−1a=-1, b=2b=2 et x=12x=\frac12 : f(12)−y=14−52=−94f\left(\frac12\right)-y=\frac14-\frac52=-\frac94, et (12+1)(12−2)=32×(−32)=−94\left(\frac12+1\right)\left(\frac12-2\right)=\frac32\times\left(-\frac32\right)=-\frac94 ✓

Question 1. iv) — la parabole est convexe

Ce que la question teste. Passer d'une factorisation à la convexité par la définition (convexité).

La rédaction attendue. On utilise la Définition 2. Soient x1x_1, xx, x2x_2 réels avec x1<x<x2x_1<x<x_2. D'après la Question 1. ii) appliquée à a=x1a=x_1 et b=x2b=x_2 (on a bien x1<x2x_1<x_2), la sécante passant par (x1,f(x1))(x_1,f(x_1)) et (x2,f(x2))(x_2,f(x_2)) a pour équation y=(x1+x2)x−x1x2y=(x_1+x_2)x-x_1x_2 ; par la Remarque 1, c'est aussi le membre de droite de l'inégalité (1). D'après la Question 1. iii),

f(x)−((x1+x2)x−x1x2)=(x−x1)(x−x2). f(x)-\bigl((x_1+x_2)x-x_1x_2\bigr)=(x-x_1)(x-x_2).

Comme x−x1>0x-x_1>0 et x−x2<0x-x_2<0, ce produit est strictement négatif : f(x)<(x1+x2)x−x1x2f(x)<(x_1+x_2)x-x_1x_2, ce qui donne l'inégalité (1). Ceci valant pour tous réels x1<x<x2x_1<x<x_2, la fonction ff est convexe sur R\mathbb{R}.

En termes de la Définition 1. Pour a<ba<b et x∈[a,b]x\in[a,b], on a x−a≥0x-a\geq0 et x−b≤0x-b\leq0, donc f(x)−y≤0f(x)-y\leq0 : l'arc AB⌢\overset{\frown}{AB} est au-dessous de la corde [AB][AB], et ceci pour tous a<ba<b.

Les pièges.

  • Ne traiter qu'un exemple de corde : la définition porte sur toutes les cordes, donc aa et bb doivent rester quelconques (avec a<ba<b).
  • Ignorer ce qui se passe hors de [a,b][a,b] : ce n'est pas demandé, mais c'est éclairant. Pour x<ax<a ou x>bx>b, les deux facteurs ont le même signe, le produit est positif, et la courbe est au-dessus de la droite (AB)(AB) — la Proposition 1, vérifiée sur un exemple.

Recoupement. Par le Théorème 2 (ii) : ff est deux fois dérivable sur R\mathbb{R} et f′′=2≥0f''=2\geq0, donc ff est convexe ✓ Et pour a=−1a=-1, b=2b=2 : en x=3x=3 comme en x=−2x=-2, f(x)−y=4>0f(x)-y=4>0, la courbe est au-dessus de la droite hors de [a,b][a,b] ✓

Question 2 — « en dessous », avec des quantificateurs

Ce que la question teste. Traduire une phrase géométrique en énoncé quantifié (raisonnement et quantificateurs).

La rédaction attendue. « Sur l'intervalle II, la courbe représentative de ff est en dessous de celle de gg » se formalise par

∀x∈I,f(x)≤g(x). \forall x\in I,\quad f(x)\leq g(x).

Deux points de lecture justifient cette écriture :

  • les deux courbes sont comparées à abscisse égale : pour chaque xx de II, le point (x,f(x))(x,f(x)) est sous le point (x,g(x))(x,g(x)) de la même verticale ;
  • « en dessous » s'entend au sens large, comme partout dans le document : les courbes peuvent se toucher. Pour « strictement en dessous », on écrirait f(x)<g(x)f(x)<g(x).

La négation, qui servira. « Sur II, la courbe de ff n'est pas en dessous de celle de gg » s'écrit

∃x∈I,f(x)>g(x). \exists x\in I,\quad f(x)>g(x).

C'est ce qu'on exhibe pour prouver qu'une fonction n'est pas convexe (Questions 6 et 7) : il suffit d'un point, et d'une corde, où l'inégalité est fausse.

Le lien avec les définitions du document. La Définition 1 dit : pour tous x1<x2x_1<x_2 dans II, sur [x1,x2][x_1,x_2], la courbe de ff est en dessous de la sécante. Avec la formalisation ci-dessus et l'équation de la sécante (Remarque 1), c'est exactement

∀x∈[x1,x2],f(x)≤f(x1)+f(x2)−f(x1)x2−x1(x−x1), \forall x\in[x_1,x_2],\quad f(x)\leq f(x_1)+\frac{f(x_2)-f(x_1)}{x_2-x_1}(x-x_1),

et comme il y a égalité en x=x1x=x_1 et en x=x2x=x_2, il revient au même de ne prendre que x1<x<x2x_1<x<x_2 : on retrouve l'inégalité (1). C'est l'équivalence des Définitions 1 et 2, que le document affirme sans la démontrer.

Les pièges.

  • Oublier le quantificateur : « f(x)≤g(x)f(x)\leq g(x) » sans « ∀x∈I\forall x\in I » n'est pas un énoncé sur les courbes.
  • Écrire ∃x∈I\exists x\in I : cela dit seulement qu'un point de la courbe de ff est sous celle de gg.
  • Quantifier sur R\mathbb{R} au lieu de II : les fonctions ne sont définies que sur II.

Recoupement. Sur I=[0,π2]I=\left[0,\frac{\pi}{2}\right], avec f=sin⁡f=\sin et g:x↦xg:x\mapsto x, l'énoncé est vrai (c'est la moitié de la Question 13) ; sur I=[0,π]I=[0,\pi], avec f:x↦xf:x\mapsto x et g=sin⁡g=\sin, c'est sa négation qui est vraie : en x=π2x=\frac{\pi}{2}, on a π2>1=sin⁡π2\frac{\pi}{2}>1=\sin\frac{\pi}{2} ✓

Question 3 — l'équation de la sécante (Remarque 1)

Ce que la question teste. L'équation d'une droite par deux points, avec la justification de la division (fonctions d'une variable réelle).

La rédaction attendue. Soient M1(x1,f(x1))M_1(x_1,f(x_1)) et M2(x2,f(x2))M_2(x_2,f(x_2)) deux points distincts de CfC_f.

  • Les abscisses sont distinctes. Une courbe représentative n'a qu'un point par abscisse : si x1=x2x_1=x_2, alors f(x1)=f(x2)f(x_1)=f(x_2) et M1=M2M_1=M_2. Donc x1≠x2x_1\neq x_2, et x2−x1≠0x_2-x_1\neq0.
  • La droite (M1M2)(M_1M_2) n'est pas parallèle à l'axe des ordonnées, puisque x1≠x2x_1\neq x_2 : elle admet une équation de la forme y=mx+py=mx+p.

Calcul de mm et de pp. Les deux points vérifient l'équation : f(x1)=mx1+pf(x_1)=mx_1+p et f(x2)=mx2+pf(x_2)=mx_2+p. Par soustraction, f(x2)−f(x1)=m(x2−x1)f(x_2)-f(x_1)=m(x_2-x_1), d'où m=f(x2)−f(x1)x2−x1m=\dfrac{f(x_2)-f(x_1)}{x_2-x_1}, puis p=f(x1)−mx1p=f(x_1)-mx_1. L'équation s'écrit donc

y=f(x1)+m(x−x1)=f(x1)+f(x2)−f(x1)x2−x1(x−x1). y=f(x_1)+m(x-x_1)=f(x_1)+\frac{f(x_2)-f(x_1)}{x_2-x_1}(x-x_1).

Une preuve par vérification, tout aussi juste. La fonction x↦f(x1)+f(x2)−f(x1)x2−x1(x−x1)x\mapsto f(x_1)+\frac{f(x_2)-f(x_1)}{x_2-x_1}(x-x_1) est affine, donc sa courbe est une droite ; en x=x1x=x_1 elle vaut f(x1)f(x_1), en x=x2x=x_2 elle vaut f(x1)+(f(x2)−f(x1))=f(x2)f(x_1)+\bigl(f(x_2)-f(x_1)\bigr)=f(x_2). Cette droite passe par les deux points distincts M1M_1 et M2M_2 : c'est la sécante.

Les pièges. Diviser par x2−x1x_2-x_1 sans avoir dit pourquoi ce n'est pas nul — c'est le seul point délicat de la question ; confondre la sécante (la droite) et la corde (le segment).

Recoupement. Avec f(x)=x2f(x)=x^2, x1=ax_1=a et x2=bx_2=b, la formule donne y=a2+(a+b)(x−a)=(a+b)x−aby=a^2+(a+b)(x-a)=(a+b)x-ab : c'est l'équation de la Question 1. ii) ✓

Question 4 — la convexité se restreint

Ce que la question teste. Qu'une propriété du type « pour tous x1<x<x2x_1<x<x_2 dans II » reste vraie quand on restreint le domaine (convexité).

La rédaction attendue. Soit JJ un intervalle contenu dans II. Soient xx, x1x_1, x2x_2 dans JJ tels que x1<x<x2x_1<x<x_2. Comme J⊂IJ\subset I, ce sont trois éléments de II vérifiant x1<x<x2x_1<x<x_2 ; la fonction ff étant convexe sur II, la Définition 2 donne l'inégalité (1) pour ce triplet. L'inégalité (1) est ainsi vérifiée pour tout triplet x1<x<x2x_1<x<x_2 d'éléments de JJ : la fonction ff est convexe sur JJ.

Si JJ est réduit à un point — cas que la convention du document écarte —, il n'existe aucun triplet x1<x<x2x_1<x<x_2 dans JJ et la condition est vide : la conclusion vaut encore.

Les pièges.

  • Chercher une preuve compliquée : l'inclusion J⊂IJ\subset I suffit, et c'est tout ce que la preuve utilise.
  • Croire à la réciproque : une fonction convexe sur deux intervalles n'est pas forcément convexe sur leur réunion. La fonction x↦−∣x∣x\mapsto-\lvert x\rvert est affine, donc convexe, sur ]−∞,0]]-\infty,0] et sur [0,+∞[[0,+\infty[ ; mais sur R\mathbb{R}, avec x1=−1x_1=-1, x=0x=0 et x2=1x_2=1, la sécante vaut −1-1 en 00 alors que la fonction y vaut 0>−10>-1 : l'inégalité (1) est fausse.

Recoupement. La Question 13 s'en sert : x↦−sin⁡xx\mapsto-\sin x est convexe sur [0,π][0,\pi] (Question 12), donc sur [0,π2]\left[0,\frac{\pi}{2}\right] ✓

Question 5 — la valeur absolue est convexe

Ce que la question teste. Démontrer une convexité sans dérivée, par la Remarque 2 et l'inégalité triangulaire (convexité).

Pourquoi le Théorème 2 ne s'applique pas. La valeur absolue n'est pas dérivable en 00 : ses nombres dérivés à gauche et à droite en 00 valent −1-1 et 11. Aucune des conditions (i) et (ii) n'est donc vérifiée sur R\mathbb{R} tout entier. On pourrait l'appliquer sur ]−∞,0]]-\infty,0] et sur [0,+∞[[0,+\infty[ séparément, où la fonction est affine, mais la convexité sur deux intervalles qui n'ont qu'un point commun ne donne pas la convexité sur leur réunion (Question 4). Il faut donc revenir à une définition.

La rédaction attendue. On utilise la Remarque 2. Soient t∈[0,1]t\in[0,1] et x1,x2∈Rx_1,x_2\in\mathbb{R}. Par l'inégalité triangulaire,

∣tx1+(1−t)x2∣≤∣tx1∣+∣(1−t)x2∣=t∣x1∣+(1−t)∣x2∣, \lvert tx_1+(1-t)x_2\rvert\leq\lvert tx_1\rvert+\lvert(1-t)x_2\rvert=t\lvert x_1\rvert+(1-t)\lvert x_2\rvert,

la dernière égalité parce que t≥0t\geq0 et 1−t≥01-t\geq0, donc ∣t∣=t\lvert t\rvert=t et ∣1−t∣=1−t\lvert1-t\rvert=1-t. C'est l'inégalité de la Remarque 2 pour la fonction valeur absolue : elle est convexe sur R\mathbb{R}.

Les pièges.

  • Écrire ∣tx1∣=t∣x1∣\lvert tx_1\rvert=t\lvert x_1\rvert sans dire que t≥0t\geq0 : c'est là que sert l'hypothèse t∈[0,1]t\in[0,1].
  • Invoquer le Théorème 2 : la valeur absolue n'est pas dérivable en 00.
  • Conclure de la convexité sur chacune des deux demi-droites.

Recoupement. Pour t=13t=\frac13, x1=−2x_1=-2 et x2=1x_2=1 : le membre de gauche vaut ∣−23+23∣=0\left\lvert-\frac23+\frac23\right\rvert=0, celui de droite 13×2+23×1=43\frac13\times2+\frac23\times1=\frac43 ✓ Autre éclairage, par le Théorème 1 avec a=0a=0 : ϕ0(x)=∣x∣x\phi_0(x)=\frac{\lvert x\rvert}{x} vaut −1-1 pour x<0x<0 et 11 pour x>0x>0, fonction croissante sur R∖{0}\mathbb{R}\setminus\{0\} ✓ (un seul point de base est examiné ici, alors que le Théorème 1 les demande tous — voir la Question 11).

Question 6 — la valeur absolue d'une fonction convexe

Ce que la question teste. Trancher une question ouverte ; ici la réponse est non, et elle se justifie par un contre-exemple chiffré (convexité).

La réponse. Non, pas en général.

Contre-exemple. Soit f:x↦x2−1f:x\mapsto x^2-1 sur I=RI=\mathbb{R}. Elle est deux fois dérivable et f′′(x)=2≥0f''(x)=2\geq0 : ff est convexe sur R\mathbb{R} par le Théorème 2 (ii). Or sa valeur absolue vaut 00 en −1-1, 11 en 00 et 00 en 11. Pour x1=−1x_1=-1, x=0x=0 et x2=1x_2=1, la sécante à la courbe de ∣f∣\lvert f\rvert est l'axe des abscisses, qui vaut 00 en x=0x=0, alors que ∣f(0)∣=1>0\lvert f(0)\rvert=1>0 : l'inégalité (1) est fausse pour ce triplet. Donc ∣f∣\lvert f\rvert n'est pas convexe sur R\mathbb{R}.

Formulation par la Question 8 : l'inégalité du milieu, vraie pour toute fonction convexe, est violée, puisque

∣f(−1+12)∣=1>0=∣f(−1)∣+∣f(1)∣2. \left\lvert f\left(\frac{-1+1}{2}\right)\right\rvert=1>0=\frac{\lvert f(-1)\rvert+\lvert f(1)\rvert}{2}.

Le contre-exemple marche aussi sur un intervalle plus petit. Sur I=[−1,1]I=[-1,1], ff est convexe (Question 4) et ∣f(x)∣=1−x2\lvert f(x)\rvert=1-x^2 : le triplet −1<0<1-1<0<1, contenu dans [−1,1][-1,1], y viole encore l'inégalité (1). Autre justification, par la Remarque 4 : cette fonction est dérivable sur [−1,1][-1,1], et sa dérivée x↦−2xx\mapsto-2x n'y est pas croissante. Qu'elle soit concave ne suffirait pas : une fonction affine est à la fois convexe et concave.

Ce qu'on peut dire de positif, pour une réponse complète :

  • si f≥0f\geq0 sur II, alors ∣f∣=f\lvert f\rvert=f est convexe ;
  • si ff est affine, ∣f∣\lvert f\rvert est convexe : pour f(x)=αx+βf(x)=\alpha x+\beta, on a f(tx1+(1−t)x2)=tf(x1)+(1−t)f(x2)f(tx_1+(1-t)x_2)=tf(x_1)+(1-t)f(x_2), puis l'inégalité triangulaire conclut comme en Question 5.

Les pièges.

  • Répondre « non » sans contre-exemple, ou avec un contre-exemple non chiffré : toute la réponse repose sur lui.
  • Prendre un « contre-exemple » qui n'en est pas un : une fonction affine, comme x↦x−1x\mapsto x-1, est convexe et sa valeur absolue x↦∣x−1∣x\mapsto\lvert x-1\rvert l'est aussi.
  • Oublier de vérifier que ff est bien convexe : un contre-exemple doit satisfaire toutes les hypothèses.

Recoupement. Par le Théorème 1 appliqué à ∣f∣\lvert f\rvert avec a=−1a=-1 : ϕ−1(0)=1−00−(−1)=1\phi_{-1}(0)=\frac{1-0}{0-(-1)}=1 et ϕ−1(1)=0−01−(−1)=0\phi_{-1}(1)=\frac{0-0}{1-(-1)}=0. On a 0<10<1 mais ϕ−1(0)>ϕ−1(1)\phi_{-1}(0)>\phi_{-1}(1) : ϕ−1\phi_{-1} n'est pas croissante ✓

Question 7 — les intervalles où x³ est convexe

Ce que la question teste. Déterminer tous les intervalles où une fonction est convexe : un sens par un théorème, l'autre par un contre-exemple (convexité).

La réponse. Les intervalles non réduits à un point sur lesquels f:x↦x3f:x\mapsto x^3 est convexe sont exactement ceux qui sont inclus dans [0,+∞[[0,+\infty[.

1. Tout intervalle J⊂[0,+∞[J\subset[0,+\infty[ convient. La fonction ff est deux fois dérivable sur R\mathbb{R}, avec f′′(x)=6xf''(x)=6x. Sur J⊂[0,+∞[J\subset[0,+\infty[, on a f′′≥0f''\geq0 : par le Théorème 2 (ii), ff est convexe sur JJ. On peut aussi l'établir sur [0,+∞[[0,+\infty[, puis restreindre par la Question 4.

2. Aucun autre intervalle ne convient. Soit JJ un intervalle non réduit à un point qui contient un réel c<0c<0 ; il contient un autre point d≠cd\neq c. Montrons que JJ contient deux réels α<β<0\alpha<\beta<0 :

  • si d<cd<c, on prend α=d\alpha=d et β=c\beta=c ;
  • si d>cd>c, on prend α=c\alpha=c et β=min⁡(d,c2)\beta=\min\left(d,\frac{c}{2}\right) : on a c<β≤c2<0c<\beta\leq\frac{c}{2}<0, et β∈[c,d]⊂J\beta\in[c,d]\subset J puisque JJ est un intervalle (note 1 du document).

Prenons alors x1=αx_1=\alpha, x2=βx_2=\beta et x=α+β2x=\frac{\alpha+\beta}{2}, qui vérifient x1<x<x2x_1<x<x_2 ; ce sont trois éléments de JJ, puisque x∈[α,β]⊂Jx\in[\alpha,\beta]\subset J (JJ est un intervalle). Au milieu, la sécante vaut la moyenne α3+β32\frac{\alpha^3+\beta^3}{2}, et un calcul donne

α3+β32−(α+β2)3=38(α+β)(α−β)2. \frac{\alpha^3+\beta^3}{2}-\left(\frac{\alpha+\beta}{2}\right)^3=\frac{3}{8}(\alpha+\beta)(\alpha-\beta)^2.

Comme α+β<0\alpha+\beta<0 et (α−β)2>0(\alpha-\beta)^2>0, ce nombre est strictement négatif : f(x)f(x) est strictement au-dessus de la sécante, l'inégalité (1) est fausse, et ff n'est pas convexe sur JJ.

Conclusion. La fonction x↦x3x\mapsto x^3 est convexe sur un intervalle JJ non réduit à un point si et seulement si J⊂[0,+∞[J\subset[0,+\infty[. Un intervalle réduit à un point, écarté par la convention du document, vérifierait la définition de façon vide.

Exemple chiffré. Pour α=−2\alpha=-2 et β=−1\beta=-1 : f(−32)=−278f\left(-\frac32\right)=-\frac{27}{8}, tandis que le milieu de la corde est à −8−12=−92=−368\frac{-8-1}{2}=-\frac92=-\frac{36}{8}. L'écart vaut −98-\frac98, et la formule donne bien 38×(−3)×1=−98\frac38\times(-3)\times1=-\frac98 ✓

Les pièges.

  • Répondre « sur [0,+∞[[0,+\infty[ » seulement : la question demande les intervalles, et [1,2][1,2] ou ]0,5[]0,5[ conviennent aussi.
  • Justifier le sens négatif par « f′′<0f''<0 sur ]−∞,0[]-\infty,0[ » seul : le Théorème 2 ne donne que des conditions suffisantes. On peut conclure par la Remarque 4 — pour une fonction dérivable, convexe équivaut à f′f' croissante, et f′(x)=3x2f'(x)=3x^2 vérifie f′(α)>f′(β)f'(\alpha)>f'(\beta) pour α<β<0\alpha<\beta<0 —, à condition de citer cette réciproque ; le contre-exemple chiffré ci-dessus n'a besoin que de la définition.
  • Oublier les intervalles qui débordent sur les négatifs, comme [−1,1][-1,1] : ils contiennent un réel c<0c<0, donc ne conviennent pas.

Recoupement. Pour J=[−1,1]J=[-1,1], avec x1=−1x_1=-1, x=−12x=-\frac12 et x2=0x_2=0 : la sécante, d'équation y=xy=x, vaut −12-\frac12 en x=−12x=-\frac12, tandis que f(−12)=−18>−12f\left(-\frac12\right)=-\frac18>-\frac12 ✓

Question 8 — l'inégalité du milieu

Ce que la question teste. Spécialiser la Remarque 2 (convexité).

La rédaction attendue. Soient a,b∈Ia,b\in I. On applique la Remarque 2 avec t=12∈[0,1]t=\frac12\in[0,1], x1=ax_1=a et x2=bx_2=b :

f(12a+12b)≤12f(a)+12f(b), f\left(\frac12a+\frac12b\right)\leq\frac12f(a)+\frac12f(b),

c'est-à-dire f(a+b2)≤f(a)+f(b)2f\left(\frac{a+b}{2}\right)\leq\frac{f(a)+f(b)}{2}. Ceci vaut pour tout couple (a,b)∈I2(a,b)\in I^2.

Pourquoi la Remarque 2 plutôt que la Définition 2. La Définition 2 ne porte que sur des triplets ordonnés x1<x<x2x_1<x<x_2. Partir d'elle oblige à distinguer trois cas : a<ba<b (prendre x1=ax_1=a, x=a+b2x=\frac{a+b}{2}, x2=bx_2=b, puis constater que la sécante vaut f(a)+f(b)2\frac{f(a)+f(b)}{2} au milieu), a>ba>b (échanger les rôles de aa et bb) et a=ba=b (égalité). La Remarque 2, qui quantifie sur tous x1,x2∈Ix_1,x_2\in I sans ordre, règle les trois cas d'un coup.

Les pièges. Oublier le cas a=ba=b ou le cas a>ba>b en passant par la Définition 2 ; oublier que a+b2∈I\frac{a+b}{2}\in I — c'est vrai parce que a+b2\frac{a+b}{2} est compris entre aa et bb et que II est un intervalle (note 1 du document).

Recoupement. Pour f=exp⁡f=\exp, a=0a=0 et b=2b=2 : e1≈2,718≤1+e22≈4,195e^1\approx2{,}718\leq\frac{1+e^2}{2}\approx4{,}195 ✓ C'est aussi l'outil des contre-exemples des Questions 6 et 7 : une fonction qui viole l'inégalité du milieu n'est pas convexe.

Question 9 — terminer la démonstration de la Proposition 2

Ce que la question teste. Compléter une démonstration du document, et en repérer l'erreur (convexité et limites, limites).

D'abord, l'erreur du document. La démonstration écrit : « Comme ff est convexe, sur l'intervalle [a,b][a,b] sa courbe représentative est au-dessus de sa sécante ». C'est faux tel quel : d'après la Proposition 1, sur [a,b][a,b] la courbe est en dessous de la sécante, et c'est à l'extérieur de [a,b][a,b] qu'elle est au-dessus. L'assertion écrite ensuite, « ∀x≥b\forall x\geq b, f(x)≥…f(x)\geq\dots », porte bien sur l'extérieur de [a,b][a,b] et elle est juste : c'est la phrase qui l'annonce qui se trompe d'intervalle. Il faut le signaler, puisque l'épreuve invite à critiquer le document.

La rédaction attendue du cas f(a)>f(b)f(a)>f(b). On suppose ff convexe sur R\mathbb{R}, a<ba<b et f(a)>f(b)f(a)>f(b). Notons

p=f(b)−f(a)b−a p=\frac{f(b)-f(a)}{b-a}

la pente de la sécante passant par (a,f(a))(a,f(a)) et (b,f(b))(b,f(b)) ; comme f(b)−f(a)<0f(b)-f(a)<0 et b−a>0b-a>0, on a p<0p<0. Par la Remarque 1 (avec x1=ax_1=a et x2=bx_2=b), cette sécante a pour équation y=f(a)+p(x−a)y=f(a)+p(x-a). Par la Proposition 1, la courbe de ff est au-dessus de sa sécante à l'extérieur de [a,b][a,b], en particulier pour x<ax<a ; et en x=ax=a il y a égalité. D'où

∀x≤a,f(x)≥f(a)+p(x−a). \forall x\leq a,\quad f(x)\geq f(a)+p(x-a).

Quand xx tend vers −∞-\infty, x−ax-a tend vers −∞-\infty et p<0p<0, donc p(x−a)p(x-a) tend vers +∞+\infty, et le membre de droite aussi. Par le théorème de comparaison (une fonction minorée par une fonction qui tend vers +∞+\infty tend vers +∞+\infty), f(x)f(x) tend vers +∞+\infty quand xx tend vers −∞-\infty.

Une variante par les trois pentes. Pour x<a<bx<a<b, la Proposition 3 appliquée à u=xu=x, v=av=a, w=bw=b donne f(a)−f(x)a−x≤f(b)−f(a)b−a=p\frac{f(a)-f(x)}{a-x}\leq\frac{f(b)-f(a)}{b-a}=p, d'où, en multipliant par a−x>0a-x>0, f(x)≥f(a)−p(a−x)=f(a)+p(x−a)f(x)\geq f(a)-p(a-x)=f(a)+p(x-a) : la même minoration.

Les pièges.

  • Reprendre l'assertion du document pour x≥bx\geq b : elle ne dit rien en −∞-\infty. C'est à gauche de aa qu'il faut minorer.
  • Oublier le signe de pp : c'est lui qui fait tendre p(x−a)p(x-a) vers +∞+\infty, et non vers −∞-\infty.
  • Conclure sans nommer le théorème de comparaison des limites.
  • Recopier l'erreur du document (« sur [a,b][a,b] … au-dessus ») dans sa propre rédaction.

Recoupement. Pour f:x↦e−xf:x\mapsto e^{-x}, convexe (f′′=f>0f''=f>0), avec a=0a=0 et b=1b=1 : f(0)=1>f(1)=e−1f(0)=1>f(1)=e^{-1} et p=e−1−1≈−0,632p=e^{-1}-1\approx-0{,}632 ; en x=−3x=-3, e3≈20,09≥1−3p≈2,90e^{3}\approx20{,}09\geq1-3p\approx2{,}90 ✓, et e−xe^{-x} tend bien vers +∞+\infty en −∞-\infty ✓ À l'inverse, f=exp⁡f=\exp avec a=0a=0 et b=1b=1 relève du cas f(a)<f(b)f(a)<f(b) et tend vers 00 en −∞-\infty : les conclusions des deux cas ne s'échangent pas.

Question 10 — l'analogue concave de la Proposition 2

Ce que la question teste. Transposer un énoncé par le passage de ff à −f-f (convexité).

L'énoncé attendu. Soit ff une fonction de R\mathbb{R} dans R\mathbb{R} concave sur R\mathbb{R} tout entier. Soient aa et bb deux nombres réels tels que a<ba<b.

  1. Si f(a)>f(b)f(a)>f(b) alors ff tend vers −∞-\infty quand xx tend vers +∞+\infty.
  2. Si f(a)<f(b)f(a)<f(b) alors ff tend vers −∞-\infty quand xx tend vers −∞-\infty.

Pourquoi c'est le bon analogue. La démonstration n'est pas demandée, mais le lien doit être clair. Par la Définition 1, ff est concave si et seulement si g=−fg=-f est convexe. Or f(a)>f(b)f(a)>f(b) équivaut à g(a)<g(b)g(a)<g(b) : la Proposition 2 donne alors que gg tend vers +∞+\infty en +∞+\infty, c'est-à-dire que ff tend vers −∞-\infty en +∞+\infty. De même, f(a)<f(b)f(a)<f(b) équivaut à g(a)>g(b)g(a)>g(b), d'où g→+∞g\to+\infty en −∞-\infty, soit f→−∞f\to-\infty en −∞-\infty.

Les pièges.

  • Changer seulement les limites, sans échanger les inégalités entre f(a)f(a) et f(b)f(b) : on obtient un énoncé faux. « Si f(a)<f(b)f(a)<f(b) alors ff tend vers −∞-\infty en +∞+\infty » est réfuté par f:x↦−e−xf:x\mapsto-e^{-x}, concave, qui vérifie f(0)=−1<f(1)=−e−1f(0)=-1<f(1)=-e^{-1} et tend vers 00 en +∞+\infty.
  • Oublier « sur R\mathbb{R} tout entier » : l'hypothèse porte sur tout R\mathbb{R}, comme dans la Proposition 2.

Recoupement. Pour f:x↦−x2f:x\mapsto-x^2, concave : f(0)=0>f(1)=−1f(0)=0>f(1)=-1 et ff tend vers −∞-\infty en +∞+\infty ✓ Pour f:x↦−e−xf:x\mapsto-e^{-x}, concave : f(0)=−1<f(1)=−e−1f(0)=-1<f(1)=-e^{-1} et ff tend vers −∞-\infty en −∞-\infty ✓

Question 11 — la deuxième inégalité des trois pentes

Ce que la question teste. Imiter une démonstration du document en choisissant le bon point de base, et lire correctement le Théorème 1 (convexité et pentes).

Lire le Théorème 1 correctement. Tel qu'il est écrit, le Théorème 1 introduit « pour aa dans II » la fonction ϕa\phi_a, puis conclut « ff est convexe sur II si, et seulement si, ϕa\phi_a est croissante » sans dire pour quels aa. La lecture juste est :

f convexe sur I  ⟺  pour tout a∈I, ϕa est croissante sur I∖{a}. f\text{ convexe sur }I\iff\text{pour tout }a\in I,\ \phi_a\text{ est croissante sur }I\setminus\{a\}.

Le quantificateur n'est pas un détail : pour un seul aa, la réciproque est fausse. Exemple : f(x)=xmin⁡(x,1)f(x)=x\min(x,1), qui vaut x2x^2 pour x≤1x\leq1 et xx pour x≥1x\geq1. On a ϕ0(x)=min⁡(x,1)\phi_0(x)=\min(x,1), croissante sur R∖{0}\mathbb{R}\setminus\{0\} ; pourtant ff n'est pas convexe sur R\mathbb{R} : avec x1=12x_1=\frac12, x=1x=1 et x2=32x_2=\frac32, la sécante vaut 78\frac78 en x=1x=1, alors que f(1)=1>78f(1)=1>\frac78. Et, comme le veut le théorème bien lu, ϕ1\phi_1 n'est pas croissante : ϕ1(0,9)=1,9>ϕ1(2)=1\phi_1(0{,}9)=1{,}9>\phi_1(2)=1. Enfin, « croissante » s'entend sur I∖{a}I\setminus\{a\} tout entier, qui n'est pas un intervalle dès que aa est intérieur à II : pour x<a<yx<a<y, on a aussi ϕa(x)≤ϕa(y)\phi_a(x)\leq\phi_a(y).

La rédaction attendue. On veut montrer, pour u<v<wu<v<w dans II :

f(w)−f(u)w−u≤f(w)−f(v)w−v. \frac{f(w)-f(u)}{w-u}\leq\frac{f(w)-f(v)}{w-v}.

On utilise cette fois la fonction de point de base ww. La fonction ff étant convexe sur II, le Théorème 1 (lu pour tout a∈Ia\in I, en particulier pour a=wa=w) dit que

ϕw : x↦f(x)−f(w)x−w \phi_w\ :\ x\mapsto\frac{f(x)-f(w)}{x-w}

est croissante sur I∖{w}I\setminus\{w\}. Les réels uu et vv sont dans I∖{w}I\setminus\{w\} (ils sont strictement inférieurs à ww) et u<vu<v, donc ϕw(u)≤ϕw(v)\phi_w(u)\leq\phi_w(v). Or, en multipliant numérateur et dénominateur par −1-1,

ϕw(u)=f(u)−f(w)u−w=f(w)−f(u)w−uetϕw(v)=f(w)−f(v)w−v. \phi_w(u)=\frac{f(u)-f(w)}{u-w}=\frac{f(w)-f(u)}{w-u}\qquad\text{et}\qquad\phi_w(v)=\frac{f(w)-f(v)}{w-v}.

D'où la deuxième inégalité.

Une preuve directe par la Remarque 2, qui n'utilise pas le Théorème 1. Posons t=w−vw−ut=\frac{w-v}{w-u} ; comme u<v<wu<v<w, on a t∈ ]0,1[t\in\,]0,1[, 1−t=v−uw−u1-t=\frac{v-u}{w-u} et v=tu+(1−t)wv=tu+(1-t)w. La Remarque 2 donne f(v)≤tf(u)+(1−t)f(w)f(v)\leq tf(u)+(1-t)f(w), donc

f(w)−f(v)≥f(w)−tf(u)−(1−t)f(w)=t(f(w)−f(u)). f(w)-f(v)\geq f(w)-tf(u)-(1-t)f(w)=t\bigl(f(w)-f(u)\bigr).

Comme w−v=t(w−u)>0w-v=t(w-u)>0, la division par w−vw-v donne f(w)−f(v)w−v≥f(w)−f(u)w−u\frac{f(w)-f(v)}{w-v}\geq\frac{f(w)-f(u)}{w-u}.

Les pièges.

  • Reprendre ϕu\phi_u : elle compare deux pentes issues du point d'abscisse uu et donne la première inégalité. La deuxième compare deux pentes qui aboutissent au point d'abscisse ww : le point de base est ww.
  • Oublier le changement de signe : ϕw(u)\phi_w(u) s'écrit naturellement f(u)−f(w)u−w\frac{f(u)-f(w)}{u-w}, et il faut la réécrire.
  • Se contenter de « la deuxième inégalité est similaire » : c'est ce qu'écrit le document, et c'est précisément ce qu'on demande de dépasser.

Recoupement. Pour f:x↦x2f:x\mapsto x^2 et u=0u=0, v=1v=1, w=3w=3, les trois pentes valent 11, 33 et 44 : on a bien 1≤3≤41\leq3\leq4 ✓ Et t=3−13−0=23t=\frac{3-1}{3-0}=\frac23 redonne 23×0+13×3=1=v\frac23\times0+\frac13\times3=1=v ✓

Question 12 — moins sinus est convexe sur [0, π]

Ce que la question teste. Appliquer le Théorème 2 en vérifiant ses conditions sur l'intervalle (dérivation, convexité).

La rédaction attendue. La fonction g:x↦−sin⁡xg:x\mapsto-\sin x est deux fois dérivable sur R\mathbb{R}, donc sur l'intervalle [0,π][0,\pi], avec g′(x)=−cos⁡xg'(x)=-\cos x et g′′(x)=sin⁡xg''(x)=\sin x. Pour x∈[0,π]x\in[0,\pi], on a sin⁡x≥0\sin x\geq0 : le point du cercle trigonométrique associé à xx est dans le demi-plan des ordonnées positives. Donc g′′≥0g''\geq0 sur [0,π][0,\pi], et par le Théorème 2 (ii), gg est convexe sur [0,π][0,\pi].

Variante par le Théorème 2 (i) : g′=−cos⁡g'=-\cos est croissante sur [0,π][0,\pi], puisque cos⁡\cos y est décroissante.

Les pièges.

  • Oublier de justifier le signe de sin⁡\sin sur [0,π][0,\pi] : c'est la seule vérification de la question.
  • Conclure sur R\mathbb{R} : x↦−sin⁡xx\mapsto-\sin x n'est pas convexe sur R\mathbb{R}. Avec x1=πx_1=\pi, x=3π2x=\frac{3\pi}{2} et x2=2πx_2=2\pi, la sécante est l'axe des abscisses, alors que −sin⁡3π2=1>0-\sin\frac{3\pi}{2}=1>0.
  • Confondre avec la concavité : dire que −sin⁡-\sin est convexe sur [0,π][0,\pi], c'est dire que sin⁡\sin y est concave (Définition 1) — c'est ce que la Question 13 utilise.

Recoupement. Inégalité du milieu (Question 8) pour a=0a=0 et b=πb=\pi : g(π2)=−1≤g(0)+g(π)2=0g\left(\frac{\pi}{2}\right)=-1\leq\frac{g(0)+g(\pi)}{2}=0 ✓

Question 13 — encadrer sin x sur [0, π/2]

Ce que la question teste. Tirer deux inégalités de la concavité : la courbe est au-dessus d'une corde et au-dessous d'une tangente (convexité, dérivation et tangentes).

Le point de départ. Par la Question 12, g:x↦−sin⁡xg:x\mapsto-\sin x est convexe sur [0,π][0,\pi] ; par la Question 4, elle l'est sur l'intervalle [0,π2]⊂[0,π]\left[0,\frac{\pi}{2}\right]\subset[0,\pi]. Autrement dit, sin⁡\sin est concave sur [0,π2]\left[0,\frac{\pi}{2}\right] : sa courbe y est au-dessus de ses cordes et au-dessous de ses tangentes.

L'inégalité de droite, sin⁡x≤x\sin x\leq x : la tangente en 00. Sur [0,π2]\left[0,\frac{\pi}{2}\right], gg est deux fois dérivable et g′′=sin⁡≥0g''=\sin\geq0 : la condition (ii) du Théorème 2 est vérifiée, donc la courbe de gg est au-dessus de chacune de ses tangentes. L'inégalité (2) de la Remarque 3 avec x0=0x_0=0, où g(0)=0g(0)=0 et g′(0)=−cos⁡0=−1g'(0)=-\cos0=-1, donne

∀x∈[0,π2],−sin⁡x≥−x, \forall x\in\left[0,\frac{\pi}{2}\right],\quad-\sin x\geq-x,

soit sin⁡x≤x\sin x\leq x.

L'inégalité de gauche, 2πx≤sin⁡x\frac{2}{\pi}x\leq\sin x : la corde. Aux extrémités, c'est une égalité : sin⁡0=0\sin0=0 et sin⁡π2=1=2π×π2\sin\frac{\pi}{2}=1=\frac{2}{\pi}\times\frac{\pi}{2}. Pour 0<x<π20<x<\frac{\pi}{2}, on applique la Définition 2 à gg, convexe sur [0,π2]\left[0,\frac{\pi}{2}\right], avec x1=0x_1=0 et x2=π2x_2=\frac{\pi}{2} :

−sin⁡x≤g(0)+g(π2)−g(0)π2−0(x−0)=−2πx, -\sin x\leq g(0)+\frac{g\left(\frac{\pi}{2}\right)-g(0)}{\frac{\pi}{2}-0}(x-0)=-\frac{2}{\pi}x,

soit sin⁡x≥2πx\sin x\geq\frac{2}{\pi}x. La droite y=2πxy=\frac{2}{\pi}x est la sécante à la courbe de sin⁡\sin passant par (0,0)(0,0) et (π2,1)\left(\frac{\pi}{2},1\right) (Remarque 1).

La figure, demandée par le sujet : sur [0,π2]\left[0,\frac{\pi}{2}\right], l'arc de sinus est pris entre la corde y=2πxy=\frac{2}{\pi}x, qui joint (0,0)(0,0) à (π2,1)\left(\frac{\pi}{2},1\right), et la tangente en l'origine y=xy=x. Les trois courbes se rejoignent en 00 ; la corde et le sinus se rejoignent aussi en π2\frac{\pi}{2}.

Une autre voie, par l'étude de fonctions. La fonction h:x↦x−sin⁡xh:x\mapsto x-\sin x a pour dérivée 1−cos⁡x≥01-\cos x\geq0 et vérifie h(0)=0h(0)=0 : elle est positive sur [0,+∞[[0,+\infty[, d'où sin⁡x≤x\sin x\leq x. Pour l'autre inégalité, l'étude de x↦sin⁡x−2πxx\mapsto\sin x-\frac{2}{\pi}x demande un tableau de variations plus long : c'est là que la concavité fait gagner du temps.

Les pièges.

  • Oublier les extrémités : la Définition 2 ne porte que sur x1<x<x2x_1<x<x_2 strictement, et x=0x=0, x=π2x=\frac{\pi}{2} se traitent à part.
  • Utiliser la position par rapport à la tangente sans avoir vérifié une condition du Théorème 2 : c'est elle qui la garantit.
  • Inverser les rôles : pour une fonction concave, la corde est en dessous et la tangente au-dessus.
  • Oublier la figure : elle est demandée.

Recoupement. En x=π4x=\frac{\pi}{4} : 2π×π4=0,5\frac{2}{\pi}\times\frac{\pi}{4}=0{,}5, sin⁡π4≈0,7071\sin\frac{\pi}{4}\approx0{,}7071 et π4≈0,7854\frac{\pi}{4}\approx0{,}7854, dans l'ordre attendu ✓ ; en x=1x=1 : 0,6366≤0,8415≤10{,}6366\leq0{,}8415\leq1 ✓

Sur l'intervalle de 0 a pi sur 2, trois courbes issues de l'origine : en haut la droite orange y = x, tangente en 0 ; au milieu la courbe bleue du sinus, qui monte jusqu'au point (pi/2, 1) ; en bas la droite verte y = (2/pi) x, corde qui joint l'origine au point (pi/2, 1).
L'encadrement 2πx≤sin⁡x≤x\frac{2}{\pi}x\leq\sin x\leq x sur [0,π2][0,\frac{\pi}{2}]. La fonction sinus est concave sur [0,π][0,\pi] : sur [0,π2][0,\frac{\pi}{2}], sa courbe est au-dessus de sa corde, la droite y=2πxy=\frac{2}{\pi}x qui joint (0,0)(0,0) à (π2,1)(\frac{\pi}{2},1), et au-dessous de sa tangente en 00, la droite y=xy=x.

Question 14 — l'inégalité de Jensen à poids égaux

Ce que la question teste. Appliquer le Théorème 3 en vérifiant ses hypothèses, pour des poids égaux (convexité).

La rédaction attendue. On applique le Théorème 3 avec λ1=⋯=λn=1n\lambda_1=\cdots=\lambda_n=\frac1n. Ses hypothèses sont vérifiées :

  • II est un intervalle, ff est convexe sur II, n≥1n\geq1 et x1,…,xn∈Ix_1,\ldots,x_n\in I : ce sont celles de la question ;
  • pour tout ii, λi=1n∈[0,1]\lambda_i=\frac1n\in[0,1], puisque n≥1n\geq1 ;
  • ∑i=1nλi=n×1n=1\sum_{i=1}^n\lambda_i=n\times\frac1n=1.

Le Théorème 3 donne alors

f(∑i=1n1nxi)≤∑i=1n1nf(xi), f\left(\sum_{i=1}^n\frac1nx_i\right)\leq\sum_{i=1}^n\frac1nf(x_i),

c'est-à-dire l'inégalité demandée. La moyenne x1+⋯+xnn\frac{x_1+\cdots+x_n}{n} est bien dans II, où ff est définie : elle est comprise entre le plus petit et le plus grand des xix_i, deux éléments de II, et II est un intervalle (note 1 du document).

Une preuve directe par récurrence, sans le Théorème 3 — que le document énonce sans démonstration. Pour n≥1n\geq1, notons Pn\mathcal{P}_n : « pour tous x1,…,xn∈Ix_1,\ldots,x_n\in I, f(x1+⋯+xnn)≤f(x1)+⋯+f(xn)nf\left(\frac{x_1+\cdots+x_n}{n}\right)\leq\frac{f(x_1)+\cdots+f(x_n)}{n} ». La propriété P1\mathcal{P}_1 est une égalité. Supposons Pn\mathcal{P}_n vraie, et soient x1,…,xn+1∈Ix_1,\ldots,x_{n+1}\in I ; notons mn=x1+⋯+xnnm_n=\frac{x_1+\cdots+x_n}{n}, qui est dans II. Alors

x1+⋯+xn+1n+1=nn+1 mn+1n+1 xn+1, \frac{x_1+\cdots+x_{n+1}}{n+1}=\frac{n}{n+1}\,m_n+\frac{1}{n+1}\,x_{n+1},

et t=nn+1∈[0,1]t=\frac{n}{n+1}\in[0,1]. La Remarque 2, puis l'hypothèse de récurrence, donnent

f(x1+⋯+xn+1n+1)≤nn+1f(mn)+f(xn+1)n+1≤f(x1)+⋯+f(xn+1)n+1. f\left(\frac{x_1+\cdots+x_{n+1}}{n+1}\right)\leq\frac{n}{n+1}f(m_n)+\frac{f(x_{n+1})}{n+1}\leq\frac{f(x_1)+\cdots+f(x_{n+1})}{n+1}.

Une récurrence du même type démontre le Théorème 3 lui-même, pour des poids quelconques : on normalise les nn premiers poids par 1−λn+11-\lambda_{n+1}, le cas λn+1=1\lambda_{n+1}=1 étant immédiat.

Les pièges.

  • Appliquer le Théorème 3 sans vérifier que les λi\lambda_i sont dans [0,1][0,1] et de somme 11 : ce sont ses hypothèses.
  • Oublier que la moyenne doit être dans II pour que ff y soit définie.
  • Ne traiter que n=2n=2 : c'est la Question 8, pas la Question 14.

Une conséquence que le document annonce. La fonction x↦−ln⁡xx\mapsto-\ln x est convexe sur ]0,+∞[]0,+\infty[ (Exemples du document). Pour x1,…,xn>0x_1,\ldots,x_n>0, l'inégalité donne

−ln⁡(x1+⋯+xnn)≤−ln⁡x1+⋯+ln⁡xnn, -\ln\left(\frac{x_1+\cdots+x_n}{n}\right)\leq-\frac{\ln x_1+\cdots+\ln x_n}{n},

c'est-à-dire, par croissance de l'exponentielle, x1⋯xnn≤x1+⋯+xnn\sqrt[n]{x_1\cdots x_n}\leq\frac{x_1+\cdots+x_n}{n} : la comparaison des moyennes géométrique et arithmétique.

Recoupement. Pour f:x↦x2f:x\mapsto x^2 et (x1,x2,x3,x4)=(1,2,3,4)(x_1,x_2,x_3,x_4)=(1,2,3,4) : f(2,5)=6,25≤1+4+9+164=7,5f(2{,}5)=6{,}25\leq\frac{1+4+9+16}{4}=7{,}5 ✓ ; pour les moyennes de (1,2,4)(1,2,4) : 83=2≤73\sqrt[3]{8}=2\leq\frac73 ✓

À retenir

Six réflexes transférables, qui valent bien au-delà de ce sujet.

1. Convexe signifie « au-dessous des cordes », et le document en donne cinq traductions. L'inégalité (1), la forme barycentrique (Remarque 2), les pentes croissantes (Théorème 1 et lemme des trois pentes), la dérivée croissante ou la dérivée seconde positive (Théorème 2, conditions suffisantes ; la Remarque 4 donne la réciproque pour une fonction dérivable), la position au-dessus des tangentes (Remarque 3). Choisis celle qui colle à la question : la Remarque 2 pour les preuves générales sans dérivée (valeur absolue, inégalité du milieu), le Théorème 2 dès que f′′f'' se calcule.

2. Réfuter la convexité, c'est exhiber un triplet chiffré. La négation de « pour tous x1<x<x2x_1<x<x_2 » est « il existe x1<x<x2x_1<x<x_2 » : un seul point où la courbe passe au-dessus d'une corde suffit (Questions 6 et 7). Le Théorème 2 ne sert pas à réfuter : il ne donne que des conditions suffisantes.

3. La convexité se restreint, mais ne se recolle pas en un point. Convexe sur II entraîne convexe sur tout intervalle contenu dans II (Question 4) ; convexe sur deux intervalles qui n'ont qu'un point commun n'entraîne pas convexe sur leur réunion (x↦−∣x∣x\mapsto-\lvert x\rvert, sur ]−∞,0]]-\infty,0] et sur [0,+∞[[0,+\infty[).

4. Les limites d'une fonction convexe sur R\mathbb{R} se lisent sur une sécante. Hors du segment [a,b][a,b], la sécante minore la fonction : si sa pente est positive, ff tend vers +∞+\infty en +∞+\infty ; si elle est négative, ff tend vers +∞+\infty en −∞-\infty. Pour une fonction concave, tout s'obtient en passant à −f-f.

5. Une fonction concave et dérivable s'encadre : au-dessus de ses cordes, au-dessous de ses tangentes. L'encadrement 2πx≤sin⁡x≤x\frac{2}{\pi}x\leq\sin x\leq x sur [0,π2]\left[0,\frac{\pi}{2}\right] (inégalité de Jordan) en est le modèle.

6. Jensen à poids égaux : l'image de la moyenne est au plus la moyenne des images. Avec x↦−ln⁡xx\mapsto-\ln x, il donne l'inégalité entre moyennes géométrique et arithmétique.

Lire le document en critique, comme le demande l'épreuve. Ce Document 1 contient des imprécisions qu'il est utile d'avoir repérées :

  • la démonstration de la Proposition 2 annonce que, « sur l'intervalle [a,b][a,b] », la courbe est au-dessus de sa sécante : c'est faux (Proposition 1), c'est à l'extérieur de [a,b][a,b] que la courbe est au-dessus ; l'assertion écrite ensuite, pour x≥bx\geq b, est juste (Question 9) ;
  • le Théorème 1 ne quantifie pas aa : il faut « pour tout a∈Ia\in I », et le résultat devient faux si on ne l'exige que pour un aa (Question 11) ;
  • l'équivalence des Définitions 1 et 2 est affirmée sans preuve ; les Questions 2 et 3 en fournissent les deux ingrédients ;
  • la preuve de la deuxième inégalité de la Proposition 3 se réduit à « est similaire » (Question 11) ;
  • quelques coquilles sans conséquence mathématique : « garntir », « la cas des fonctions convexes », « secante » sans accent, un point centré à la fin de l'inégalité (2) ;
  • l'exemple x↦(a+x)rx\mapsto(a+x)^r avec r∈Zr\in\mathbb{Z} est juste, et mérite d'être compris : sa dérivée seconde vaut r(r−1)(a+x)r−2r(r-1)(a+x)^{r-2}, avec (a+x)r−2>0(a+x)^{r-2}>0 sur ]−a,+∞[]-a,+\infty[ et r(r−1)≥0r(r-1)\geq0 pour tout entier rr ; ce serait faux pour un exposant réel de ]0,1[]0,1[ (x↦xx\mapsto\sqrt{x} est concave).

Signale-les quand une question y touche — c'est le cas des Questions 9 et 11 surtout : l'épreuve invite explicitement à critiquer le document, et savoir ce qu'il dit exactement est ce qui permet d'y répondre.

Réponse. Question 1. i) Parabole de sommet l'origine, symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, décroissante sur ]−∞,0]]-\infty,0] puis croissante. ii) AA et BB, distincts, vérifient y=(a+b)x−aby=(a+b)x-ab (pente b2−a2b−a=a+b\frac{b^2-a^2}{b-a}=a+b). iii) f(x)−y=(x−a)(x−b)f(x)-y=(x-a)(x-b). iv) Pour a<x<ba<x<b ce produit est négatif : l'arc est sous la corde, pour tous a<ba<b, donc ff est convexe sur R\mathbb{R}. Question 2. ∀x∈I, f(x)≤g(x)\forall x\in I,\ f(x)\leq g(x) ; sa négation : ∃x∈I, f(x)>g(x)\exists x\in I,\ f(x)>g(x). Question 3. Deux points distincts de CfC_f ont des abscisses distinctes ; la droite qui les joint n'est pas parallèle à l'axe des ordonnées, a pour pente f(x2)−f(x1)x2−x1\frac{f(x_2)-f(x_1)}{x_2-x_1} et passe par (x1,f(x1))(x_1,f(x_1)). Question 4. Un triplet x1<x<x2x_1<x<x_2 d'éléments d'un intervalle J⊂IJ\subset I est un triplet d'éléments de II : l'inégalité (1) y vaut. Question 5. ∣tx1+(1−t)x2∣≤t∣x1∣+(1−t)∣x2∣|tx_1+(1-t)x_2|\leq t|x_1|+(1-t)|x_2| par l'inégalité triangulaire, parce que t≥0t\geq0 et 1−t≥01-t\geq0 (Remarque 2). Question 6. Non : f(x)=x2−1f(x)=x^2-1 est convexe, mais ∣f∣|f| vaut 11 en 00, au-dessus de sa corde entre −1-1 et 11, qui vaut 00. Question 7. Exactement les intervalles non réduits à un point inclus dans [0,+∞[[0,+\infty[ : f′′(x)=6x≥0f''(x)=6x\geq0 y donne la convexité ; un intervalle contenant α<β<0\alpha<\beta<0 viole l'inégalité (1) en α+β2\frac{\alpha+\beta}{2}, l'écart valant 38(α+β)(α−β)2<0\frac38(\alpha+\beta)(\alpha-\beta)^2<0. Question 8. Remarque 2 avec t=12t=\frac12, x1=ax_1=a, x2=bx_2=b. Question 9. Si f(a)>f(b)f(a)>f(b), la pente pp de la sécante est négative et f(x)≥f(a)+p(x−a)f(x)\geq f(a)+p(x-a) pour x≤ax\leq a (Proposition 1), donc f→+∞f\to+\infty en −∞-\infty. Le document se trompe en écrivant que, sur [a,b][a,b], la courbe est au-dessus de la sécante. Question 10. ff concave sur R\mathbb{R}, a<ba<b : si f(a)>f(b)f(a)>f(b), f→−∞f\to-\infty en +∞+\infty ; si f(a)<f(b)f(a)<f(b), f→−∞f\to-\infty en −∞-\infty. Question 11. ϕw\phi_w est croissante sur I∖{w}I\setminus\{w\} et u<vu<v, d'où ϕw(u)≤ϕw(v)\phi_w(u)\leq\phi_w(v), soit f(w)−f(u)w−u≤f(w)−f(v)w−v\frac{f(w)-f(u)}{w-u}\leq\frac{f(w)-f(v)}{w-v}. Le Théorème 1 se lit « pour tout a∈Ia\in I ». Question 12. (−sin⁡)′′=sin⁡≥0(-\sin)''=\sin\geq0 sur [0,π][0,\pi] : Théorème 2 (ii). Question 13. sin⁡\sin est concave sur [0,π2]\left[0,\frac{\pi}{2}\right] : au-dessus de sa corde y=2πxy=\frac{2}{\pi}x, au-dessous de sa tangente y=xy=x en 00. Question 14. Théorème 3 avec λi=1n∈[0,1]\lambda_i=\frac1n\in[0,1] et ∑i=1nλi=1\sum_{i=1}^n\lambda_i=1.
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