Partie 1 : critique et rédaction mathématique
Sujet officiel — CAPES externe de mathématiques, session 2026, seconde épreuve écrite (bac+3). © ministère chargé de l'Éducation nationale, devenirenseignant.gouv.fr.
Partie 1 : Exercices de critique et rédaction mathématique
Pour chacun des exercices ci-après une réponse est fournie.
- Les réponses fournies sont-elles exactes ? Repérer les erreurs et critiquer la rédaction de chaque réponse proposée.
- Rédiger avec soin une réponse correcte pour chacun des exercices proposés.
Exercice 1
Résoudre dans
Réponse :
Si
est solution, en multipliant l'équation par , on obtient . Mais, , donc . Il s'ensuit que les seules solutions de l'équation sont et .
Exercice 2
Soit
Montrer que
Réponse :
Soit
. L'équation admet pour solution ou , donc est constante égale à ou .
Exercice 3
Soit la suite
La suite
Réponse :
On commence par montrer par récurrence que la suite
est positive. Pour , on introduit la proposition définie par :
: « pour tout , ».
- Comme
, est vraie. - On suppose
vraie pour tout . Comme et, par hypothèse de récurrence , on en déduit que , donc est vraie. - Par le principe de raisonnement par récurrence, on en déduit que
est vraie pour tout . Or, si
, , donc la suite est croissante. Ainsi, elle converge. On note sa limite. Par continuité de sur , vérifie l'équation , soit . La suite
converge donc vers .
Indices (6)
Exercice 1 — critique. Remplacer chacune des deux valeurs proposées dans l'équation de départ. Puis relire la réponse en écrivant, entre deux phrases, le connecteur logique qu'elle suppose :
Exercice 1 — rédaction. Regrouper les termes deux à deux :
Exercice 2 — critique. Écrire avec des quantificateurs ce que la réponse démontre, puis ce qu'elle conclut : sont-ce les mêmes phrases ? Chercher ensuite l'hypothèse de l'énoncé qui n'intervient nulle part, et construire une fonction qui la viole tout en vérifiant le reste.
Exercice 2 — rédaction. Supposer que
Exercice 3 — critique. Calculer les premiers termes. Puis examiner la propriété
Exercice 3 — rédaction. Démontrer par récurrence une minoration de
Correction détaillée
Trois exercices de première année, trois réponses fautives — et trois fautes de nature différente. Les calculs sont courts : chacun des trois exercices se résout en quelques lignes. Ce que la partie teste, c'est la capacité à lire une démonstration comme on lit une copie : distinguer ce qui est démontré de ce qui est seulement affirmé, localiser l'étape qui cède, et nommer la faute.
| exercice | conclusion de la réponse fournie | cette conclusion est-elle juste ? | la faute principale | chapitres de l'app |
|---|---|---|---|---|
| 1 | solutions |
non : seul |
une implication prise pour une équivalence (analyse sans synthèse) | Raisonnement, Polynômes |
| 2 | oui, mais rien n'est démontré | un « pour tout » distribué sur un « ou » ; la continuité ne sert jamais | Raisonnement, Fonctions d'une variable réelle | |
| 3 | convergence vers |
non : la suite tend vers |
« croissante donc convergente » ; récurrence mal formée | Réels et suites, Raisonnement |
Les deux consignes n'appellent pas le même travail.
- Consigne 1 (critique). Trois questions pour chaque réponse, dans cet ordre. La conclusion est-elle vraie ? Cela se juge indépendamment de la réponse, mais un calcul ne tranche pas toujours. Une substitution suffit à réfuter la conclusion de l'exercice 1 (
). Pour l'exercice 3, les premiers termes , , , rendent la limite suspecte, sans rien prouver : une suite qui commence par , , , peut très bien converger ensuite ; seule une preuve tranche (la croissance avec un premier terme égal à , ou une minoration). Pour l'exercice 2, la conclusion est vraie, et seule une démonstration l'établit. Où est la première étape fausse, et de quelle nature est l'erreur ? La nommer précisément : implication lue comme une équivalence, quantificateurs échangés, théorème invoqué sans l'une de ses hypothèses, raisonnement circulaire. Que vaut la rédaction ? Variables introduites, connecteurs logiques, phrases complètes, conclusion écrite. - Consigne 2 (rédaction). Une réponse complète au niveau attendu d'un professeur : hypothèses nommées, théorèmes cités avec leurs conditions, quantificateurs écrits, conclusion explicite.
L'exercice 2 est le plus instructif : conclusion exacte, démonstration nulle. « Les réponses fournies sont-elles exactes ? » ne se réduit pas au résultat final. Une démonstration fausse d'un énoncé vrai reste fausse ; et, dans l'autre sens, repérer une erreur dans un raisonnement n'autorise pas à conclure que le résultat est faux. Les deux jugements — sur la conclusion, sur l'argument — se font séparément.
Trois réflexes trouvent à eux seuls l'essentiel des fautes de cette partie.
- Tester la conclusion sur un cas concret :
(exercice 1) réfute la conclusion ; , , (exercice 3) la rendent seulement suspecte. Un test peut réfuter une conclusion, jamais la prouver. - Chercher l'hypothèse de l'énoncé qui n'a pas servi : la continuité de
(exercice 2). Un argument qui n'utilise pas une hypothèse démontre l'énoncé sans elle — il suffit alors de tester cet énoncé affaibli. - Chercher l'hypothèse du théorème qui n'a pas été vérifiée : « majorée », dans le théorème de la limite monotone (exercice 3).
Enfin, une critique ne se limite pas à dire « c'est faux » : elle localise, elle nomme, et elle justifie par un contre-exemple ou une vérification. Elle dit aussi ce qui est juste — dans les exercices 1 et 3, une réponse correcte peut réutiliser les bonnes étapes de la réponse fautive, en corrigeant l'étape qui cède et en ajoutant ce qui manquait (voir les variantes qui réparent la réponse fournie).
Ce que ça teste. La différence entre une implication et une équivalence quand on résout une équation, c'est-à-dire le raisonnement par analyse-synthèse de Raisonnement ; et la factorisation d'un polynôme à l'aide d'une racine, vue dans Polynômes.
La réponse est-elle exacte ? Non. Elle annonce deux solutions,
Une seule substitution réfute la conclusion. C'est le premier geste à faire devant toute résolution d'équation : remplacer les valeurs trouvées dans l'équation de départ. En revanche
Où est l'erreur, phrase par phrase. On note
Première phrase. « Si
Deuxième phrase. « Mais,
Troisième phrase. « Il s'ensuit que les seules solutions de l'équation sont
Autrement dit, l'ensemble
D'où vient la solution parasite. Les deux premières phrases combinées reviennent à écrire
L'équation
La critique de la rédaction. Même là où elle est juste, la réponse est mal rédigée.
- Le passage de
à « ou » n'est pas justifié. Il est vrai dans et faux dans , où et conviennent aussi : c'est précisément le « dans » de l'énoncé qu'il fallait faire intervenir. - « les seules solutions de l'équation sont
et » mêle deux affirmations : « il n'y en a pas d'autres » (démontré) et « ces deux-là en sont » (non démontré, et faux pour ). - Rien ne signale que le raisonnement est une analyse. Écrire « Analyse. Supposons que
soit une solution réelle… » puis « Synthèse. » aurait rendu visible l'étape manquante. - Aucune conclusion n'est écrite sous la forme qu'appelle le verbe « résoudre » : l'ensemble des solutions,
Les pièges pour qui critique.
- Ne pas jeter la démarche. Les deux premières phrases sont justes et utiles : elles réduisent la recherche à deux candidats. Il suffit d'y ajouter la vérification des candidats pour obtenir une réponse correcte (voir l'entrée suivante).
- Ne pas s'arrêter à «
n'est pas solution ». Le calcul montre que la conclusion est fausse ; la consigne demande aussi de repérer l'erreur dans le raisonnement, donc de désigner la phrase où l'implication est prise pour une équivalence, et d'expliquer d'où vient la valeur en trop.
Recoupement. Par factorisation,
Ce que ça teste. Factoriser un polynôme grâce à une racine évidente ou à un regroupement de termes (Polynômes, section sur les racines et la factorisation par
La rédaction attendue.
Pour tout réel
On pouvait aussi remarquer que
Soit
Or, pour tout réel
Conclusion : l'ensemble des solutions réelles de l'équation est
Chaque étape étant une équivalence, aucune vérification a posteriori n'est logiquement nécessaire ; la faire ne coûte rien et confirme :
Variante : réparer la réponse fournie par une analyse-synthèse.
Analyse. Soit
Synthèse.
Conclusion.
C'est la réponse fournie, complétée par la seule étape qui lui manquait.
Variante : la somme géométrique. Pour tout réel
Les pièges.
- Résoudre dans
au lieu de . Les nombres et sont racines de , mais ne sont pas des solutions de l'équation posée « dans ». Les mentionner n'est pas faux ; les inclure dans l'est. - Affirmer
sans raison. Une ligne suffit — — mais elle doit être écrite : c'est elle qui élimine le second facteur. - Oublier de conclure par un ensemble. « Résoudre » demande l'ensemble des solutions : on termine par
.
Recoupement indépendant, sans factoriser.
Ce que ça teste. Le maniement des quantificateurs — ce que « pour tout » permet et ne permet pas (Raisonnement) — et le rôle de la continuité dans le passage d'une information ponctuelle à une information globale (Fonctions d'une variable réelle).
La réponse est-elle exacte ? La conclusion, oui ; la démonstration, non. Sous les hypothèses de l'énoncé,
Où est l'erreur. La réponse établit, pour chaque réel
Elle en conclut «
Ces deux phrases ne sont pas équivalentes. La seconde entraîne la première ; la réciproque est fausse en général. Dans la première, le choix entre
La même faute, vue comme un échange de quantificateurs. Dire «
Le signal d'alarme : la continuité n'a servi à rien. Le mot « continue » n'apparaît pas dans la réponse, et aucune de ses étapes n'utilise cette hypothèse. Or un argument qui n'utilise pas une hypothèse démontre l'énoncé sans elle. Il suffit donc de tester l'énoncé privé de la continuité. Soit
Pour tout réel
La critique de la rédaction.
- « Soit
» introduit un réel quelconque, ce qui permettrait de conclure une propriété de valable pour tout . Mais la conclusion écrite ne porte plus sur : elle porte sur la fonction tout entière, et rien ne justifie le passage de « pour tout , » à « est constante ». C'est le symptôme visible de l'erreur de quantificateurs. - « L'équation
admet pour solution ou » : l'inconnue n'est pas nommée (c'est le réel , pas ), et la phrase confond l'ensemble des solutions de , qui est , avec la disjonction qui porte sur . Il fallait écrire : « donc ou ». - Aucun théorème n'est cité, alors que la conclusion est globale. Passer d'une information point par point à une information sur toutes les valeurs d'une fonction continue appelle un résultat sur les fonctions continues : ici, le théorème des valeurs intermédiaires.
Les pièges pour qui critique.
- Répondre « la réponse est juste » parce que le résultat l'est. La consigne demande si la réponse est exacte et de critiquer la rédaction : une démonstration invalide d'un résultat vrai n'est pas une réponse exacte.
- Se contenter de « la continuité n'est pas utilisée ». C'est un indice, pas une preuve d'erreur : une hypothèse peut être superflue. Ce qui prouve que l'argument est faux, c'est la fonction
: elle satisfait tout ce que l'argument utilise, et contredit sa conclusion.
Recoupement. La fonction
Ce que ça teste. Le théorème des valeurs intermédiaires appliqué avec ses hypothèses exactes (Fonctions d'une variable réelle, section sur les valeurs intermédiaires) et un raisonnement par l'absurde (Raisonnement).
Le théorème, cité avec ses conditions. Soient
La rédaction attendue.
Soit
Étape 1 : les valeurs possibles. Soit
Étape 2 :
Conclusion. La fonction
Variante sans raisonnement par l'absurde. L'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle (conséquence du théorème des valeurs intermédiaires). Donc
Les pièges.
- Appliquer le théorème sans dire sur quel segment. Il porte sur une fonction continue sur un segment
avec : il faut nommer ce segment et justifier (ici parce que ). Le recours à et évite de supposer sans le dire ; écrire « quitte à échanger les rôles, on suppose » est tout aussi correct, à condition de l'écrire. - Oublier que le domaine doit être un intervalle. La continuité seule ne suffit pas. Sur
, la fonction est continue, son carré vaut en tout point, et elle n'est pas constante : elle vaut sur et sur . La démonstration ci-dessus utilise que est un intervalle : le segment est inclus dans l'ensemble de définition de , ce qui serait faux sur dès que . - Garder la phrase « constante égale à
ou » sans en fixer le sens. Après l'étape 2, elle a enfin le bon sens : il existe tel que, pour tout réel , . Le « il existe » est placé devant le « pour tout ».
Recoupement. Les deux contre-exemples montrent que chacune des deux hypothèses sert : sans la continuité (la fonction
Ce que ça teste. La récurrence correctement formée (Raisonnement), le théorème de la limite monotone et les suites arithmético-géométriques (Réels et suites).
La réponse est-elle exacte ? Non. La suite ne converge pas : ses premiers termes sont
Les erreurs, dans l'ordre de la réponse.
1. La propriété
2. L'hérédité suppose ce qu'elle doit démontrer. « On suppose
3. La phrase centrale est inachevée. « on en déduit que
Le résultat visé, lui, est vrai : pour tout
4. « Ainsi, elle converge » : l'erreur mathématique décisive. Le calcul de la croissance est juste sous réserve de la positivité :
5. Le passage à la limite est juste… sous une hypothèse fausse. « Par continuité de
6. La conclusion contredit une propriété vraie, que la réponse croyait avoir établie quelques lignes plus haut. La positivité
Pourquoi le point fixe ne peut pas être la limite. Pour
La critique de la rédaction, en plus des erreurs.
- « La suite
est positive » est correct avec la convention française, où « positif » signifie « supérieur ou égal à » ; écrire « pour tout » annonce exactement la propriété à démontrer et coupe court à toute lecture « strictement positive ». - La conclusion de la récurrence, «
est vraie pour tout », répète le « pour tout » déjà contenu dans : c'est la même confusion, vue de l'autre côté. - « Ainsi, elle converge » ne cite aucun théorème : nommer le théorème de la limite monotone aurait obligé à écrire ses hypothèses, et donc à voir celle qui manque.
Les pièges pour qui critique.
- Ne relever que la limite fausse. « La limite ne peut pas être
» est juste, mais la consigne demande de repérer les erreurs et de critiquer la rédaction : les trois fautes de la récurrence en font partie. - Croire que la récurrence est fausse sur le fond. L'énoncé qu'elle vise,
, est vrai ; ce qui est fautif, c'est sa forme. Une bonne critique distingue les deux.
Recoupement. Les premiers termes
Ce que ça teste. Rédiger une récurrence complète en trois étapes, sur une propriété qui dépend réellement de
La rédaction attendue.
Étape 1 : une minoration, par récurrence. Pour tout
Initialisation.
Hérédité. Soit
la dernière inégalité parce que
Conclusion de la récurrence. D'après le principe de récurrence,
Étape 2 : la limite. La suite
Conclusion : la suite
Variante : la forme explicite. Le point fixe de
donc
Comme
Variante : réparer la réponse fournie. Ses ingrédients sont justes ; c'est leur assemblage qui est faux.
Positivité. Pour tout
Croissance. Pour tout
Pas de limite finie. Supposons que
Conclusion. D'après le théorème de la limite monotone, une suite croissante et majorée converge ; la suite
La contradiction que la réponse fournie avait sous les yeux était donc exactement la démonstration demandée.
Les pièges.
- Un point fixe n'est pas une limite. Résoudre
donne la seule limite possible d'une suite convergente, jamais la convergence elle-même. Ici le point fixe est répulsif : pour . - Dire « diverge » sans préciser. Une suite divergente peut tendre vers
, vers , ou n'avoir aucune limite ; ici on sait mieux, , et c'est la réponse la plus informative. - Rédiger une hérédité sans son calcul. L'hérédité est un calcul : l'inégalité obtenue doit apparaître en entier, avec la justification de chaque comparaison.
- Mettre « pour tout
» dans . La propriété porte sur un entier ; le « pour tout » n'apparaît qu'à la conclusion de la récurrence.
Recoupement. La formule explicite et la minoration se contrôlent l'une l'autre :
Les cinq leçons mathématiques de la partie.
- Résoudre une équation, c'est établir une équivalence. Une chaîne d'implications ne fournit que des candidats (analyse) ; il faut vérifier chacun (synthèse), ou n'écrire que des équivalences justifiées. Multiplier une équation par une expression qui peut s'annuler — dans l'exercice 1, par
sans le dire — peut créer des solutions parasites. - « Pour tout » se distribue sur « et », pas sur « ou ». La phrase « pour tout
, ou » n'entraîne pas « ( pour tout ) ou ( pour tout ) » ; de même, n'entraîne pas . Pour passer d'une information ponctuelle à une information globale sur une fonction continue sur un intervalle, on utilise le théorème des valeurs intermédiaires. - Une récurrence se rédige en trois temps, sur une propriété qui dépend de
. ne contient pas « pour tout » ; l'hérédité fixe un entier ; son calcul est écrit en entier ; le « pour tout » n'apparaît qu'à la conclusion. - Croissante n'est pas convergente. Le théorème de la limite monotone exige une suite croissante et majorée ; une suite croissante non majorée tend vers
. - Un point fixe est un candidat, pas une limite. Et toute limite candidate se confronte aux inégalités déjà établies :
pour tout interdit la limite .
Et la méthode de critique, transférable à toute copie.
- Tester la conclusion indépendamment de l'argument : une substitution, quelques termes. C'est rapide, mais cela ne dit pas tout : un contre-exemple suffit à réfuter une conclusion fausse (exercice 1) ; des valeurs numériques peuvent rendre une conclusion suspecte (exercice 3), elles ne prouvent rien ; et une conclusion vraie (exercice 2) ne se confirme que par une démonstration.
- Localiser la première étape fausse et nommer l'erreur : implication lue comme une équivalence, quantificateurs échangés, théorème appliqué sans l'une de ses hypothèses, raisonnement circulaire.
- Chercher l'hypothèse de l'énoncé qui n'a pas servi, puis construire un contre-exemple à l'énoncé privé de cette hypothèse : s'il existe, l'argument est faux.
- Juger séparément la conclusion et la démonstration : l'exercice 2 a une conclusion exacte et aucune démonstration.
- Dire aussi ce qui est juste : dans les exercices 1 et 3, une réponse correcte peut réutiliser les bonnes étapes de la réponse fautive, en corrigeant l'étape qui cède et en y ajoutant ce qui manquait.
Partie 2 (1) : méthode de Gauss
Sujet officiel — CAPES externe de mathématiques, session 2026, seconde épreuve écrite (bac+3). © ministère chargé de l'Éducation nationale, devenirenseignant.gouv.fr.
Partie 2 : Questions sur le document 1 joint au sujet
Les questions ci-dessous portent sur le Document 1 concernant la méthode de Gauss, les formes linéaires et les hyperplans. Les notations utilisées ici sont les mêmes que dans le document. Les questions sont posées dans l'ordre chronologique de la lecture du document.
1 Méthode de Gauss
Question 1. Échelonner, à l'aide d'opérations élémentaires dûment détaillées, la matrice
Question 2. Démontrer que l'ensemble des solutions d'un système linéaire homogène
Question 3. Soit
Déterminer, en fonction du réel
Question 4. Démontrer la Proposition 3 (Solutions d'un système linéaire non homogène).
Question 5. Quel est le point en commun entre la Proposition 3 et la résolution de l'équation différentielle
Question 6. Démontrer le Théorème 2 (Caractérisation d'une combinaison linéaire d'équations) en utilisant les résultats qui le précèdent.
Question 7. Dans le Théorème 2, obtient-on un résultat valide si l'on remplace l'assertion :
« Si le système
par
« Le système
Justifier la réponse.
Question 8. Soit le plan
Question 9. Soient deux plans distincts
À l'aide de la méthode de Gauss, démontrer que l'intersection de ces deux plans est une droite dont on déterminera un point et un vecteur directeur.
Question 10. Comme proposé dans la Remarque 5, retrouver, à l'aide du Théorème 1 (Rouché-Fontené), les différents cas possibles d'intersections de deux plans quelconques
Question 11.
i) Prouver la Remarque 6 (Produit vectoriel).
ii) Pour quelle(s) valeur(s) du paramètre
iii) Parmi la ou les valeurs du paramètre
Question 12. Soient
Document 1 : Extraits de cours sur la méthode de Gauss, les formes linéaires et les hyperplans
Notations
désigne l'ensemble des entiers naturels. désigne l'ensemble des nombres réels. - Dans tout le document
et désignent deux entiers naturels non nuls et les espaces vectoriels sont des espaces vectoriels sur le corps des nombres réels. - Soient
et deux entiers naturels non nuls ; l'ensemble est l'ensemble des matrices à coefficients réels, à lignes et colonnes. Si on note l'ensemble des matrice carrées à coefficients réels. Dans le texte, on pourra identifier avec . - Si
est un espace vectoriel de dimension finie alors on note sa dimension. Si et si sont vecteurs de , désigne le sous-espace vectoriel engendré par et le rang de la famille , noté , est la dimension de .
1 Méthode de Gauss - Faisceaux de plans
La méthode de Gauss appliquée à la résolution des systèmes est considérée comme connue. Toutefois nous rappelons ici les opérations de base nécessaires à l'algorithme et les résultats qu'implique la méthode. Rappelons d'abord quelques définitions.
Définition 1 Une matrice
Définition 2 Une matrice
Définition 3 Soit
Remarque 1 Rappelons ici que le rang d'une matrice est le même que celui de sa transposée et donc
Définition 4 On appelle opération élémentaire sur une matrice l'une des opérations suivantes :
- échanger deux lignes ;
- multiplier une ligne par un nombre réel non nul ;
- ajouter à une ligne une combinaison linéaire d'autres lignes.
Proposition 1 Appliquer à une matrice l'une de ces opérations ne change pas son rang. Le rang d'une matrice échelonnée est le nombre de lignes non nulles qu'elle contient.
Remarque 2 Les opérations sont réversibles.
Proposition 2 Une matrice carrée (d'ordre
Le rang d'une matrice n'est modifié par aucune opération élémentaire, ce qui conduit à un algorithme d'échelonnement qui utilise de manière stratégique les opérations élémentaires et qui transforme une matrice quelconque en une matrice échelonnée de même rang.
1.1 Applications de la notion de rang à la résolution des systèmes
On s'intéresse ici à la résolution des systèmes linéaires de la forme
Cas des systèmes linéaires homogènes :
Soit
- si
, c'est-à-dire si les vecteurs colonnes de sont linéairement indépendants, le système admet pour solution unique. - si
, c'est-à-dire si les vecteurs colonnes de sont linéairement dépendants, alors l'espace vectoriel des solutions est un sous-espace vectoriel de de dimension .
Cas des systèmes linéaires non homogènes :
Dans la suite, on note
Proposition 3 (Solutions d'un système linéaire non homogène) On suppose que le système
Bilan et méthode de Gauss
Un système linéaire peut donc avoir 0, 1 ou une infinité de solutions. Pour énoncer un théorème plus précis, nous avons besoin de la définition suivante :
Définition 5 On appelle matrice augmentée du système
Théorème 1 (Rouché-Fontené) Le système
- incompatible (sans solution) si
- compatible et
fois indéterminé si . Si alors la solution est unique. Si alors, l'ensemble des solutions est un sous-espace vectoriel de de dimension .
Remarque 3 Dans le cas d'un système compatible,
Méthode de Gauss de résolution d'un système linéaire
Théorème 2 (Caractérisation d'une combinaison linéaire d'équations) Soit
Commentaires sur la démonstration. La preuve de ce théorème peut se déduire de l'algorithme de Gauss.
1.2 Applications : droites, plans et faisceaux de plans
Dans le plan
On se place ici dans le plan rapporté à un repère orthonormé
On note la matrice
Remarque 4 En étudiant les différentes valeurs possibles pour les rangs des matrices
Dans l'espace
On se place ici dans l'espace rapporté à un repère orthonormé
où
Dans la suite,
Remarque 5 On peut, à titre d'exercice, retrouver à l'aide du Théorème 1 (Rouché-Fontené) les différents cas possibles d'intersections
Remarque 6 (Produit vectoriel) Le produit vectoriel fournit un outil efficace pour savoir si deux plans
Définition 6 (Faisceau de plans) On appelle faisceau de plans engendré par
Si par exemple
Théorème 3 Si
Note de Maths Post-Bac. Dans le sujet officiel, le Document 1 est joint en fin de sujet (pages 8 à 13) ; il est reproduit ci-dessus jusqu'au Théorème 3 inclus. Il se poursuit par une section « 2 Formes linéaires, hyperplans et faisceaux d'hyperplans » : cette section du Document 1 et les Questions 13 à 20 sont dans l'exercice « Partie 2 (2) : formes linéaires et hyperplans ».
Indices (14)
Question 1. Le coefficient en haut à gauche vaut
Question 2. Trois vérifications : l'ensemble est inclus dans
Question 3. Commencer par échanger
Question 4. Double inclusion. Pour montrer qu'une solution
Question 5. Écrire l'équation différentielle sous la forme
Question 6. Appliquer la Proposition 3 à
Question 7. Le sens direct est le Théorème 2. Reste la réciproque : si
Question 8. Une famille de trois vecteurs est liée si et seulement si son rang est au plus
Question 9. Matrice augmentée, un échange de lignes pour avoir un pivot égal à
Question 10. Les lignes de
Question 11. i). Définir « parallèles » (même direction). Montrer que c'est équivalent à la colinéarité des vecteurs normaux, puis que la colinéarité de deux vecteurs équivaut à un produit vectoriel nul.
Question 11. ii). Calculer les TROIS coordonnées de
Question 11. iii). Pour la valeur trouvée, comparer aussi les seconds membres : calculer
Question 12. Développer
Correction détaillée
La Partie 2 est un exercice sur document, le format propre à cette seconde épreuve, dont la page de garde invite le candidat « à analyser, critiquer, le cas échéant, compléter le contenu des documents ». Le Document 1 est un extrait de cours ; les douze questions de cette section le prennent de quatre façons différentes, et il faut reconnaître laquelle avant d'écrire :
| questions | ce que le sujet demande | ce qu'on mobilise |
|---|---|---|
| 1, 3, 8, 9, 11 ii) et iii) | appliquer : échelonner, calculer un rang, résoudre | Définitions 1 et 4, Proposition 1, Théorème 1 |
| 2, 4, 6, 11 i) | démontrer un énoncé que le document affirme sans preuve | le cas homogène, la Proposition 3, le Théorème 2, la Remarque 6 |
| 5 | relier le document à une autre partie du programme | la Proposition 3 |
| 7, 10, 12 | critiquer ou compléter un énoncé du document | Théorème 2, Remarque 5, Définition 6 |
Une seule idée porte toute la section : le rang compte les équations indépendantes. Le Document 1 l'exploite dans trois directions, et les questions suivent le même fil :
- la structure des solutions : un système linéaire
a un ensemble de solutions soit vide, soit égal à , translaté d'un sous-espace vectoriel de dimension (Questions 2, 4, 5) ; - le test de compatibilité :
ou non (Théorème 1), qui classe toutes les positions de deux plans (Questions 9, 10, 11) ; - le rang comme outil de preuve : pour un système qui a des solutions, si ajouter une équation ne change pas les solutions, elle n'ajoute rien au rang, donc elle est combinaison des autres (Question 6, le point dur de la section).
Ce qu'il faut savoir du document avant de commencer, parce que plusieurs questions en dépendent :
- la Définition 4 ne parle que d'opérations sur les lignes — les opérations sur les colonnes sont hors jeu ;
- la Proposition 3 est posée pour
, mais sa preuve ne s'en sert pas : elle vaut aussi pour (avec ), et la Question 6 en a besoin sous cette forme ; - le document fixe «
et désignent deux plans distincts », alors que la Question 10 parle de « deux plans quelconques » : le plus sûr est donc de traiter aussi le cas des plans confondus, en signalant que la convention du document l'exclut ; - dans la Remarque 6, « parallèles » inclut les plans confondus (même direction) ; avec la convention « distincts » du document, cela veut dire « strictement parallèles ».
Stratégie de temps. Les Questions 1, 8 et 9 (applications) et 2 et 4 (démonstrations courtes, de cours) doivent aller vite, sans rien sacrifier de la rédaction. Le temps se dépense en Question 6 — la démonstration la plus longue de la section, où il faut enchaîner quatre résultats du document sans en oublier l'hypothèse —, en Question 11 i), qui demande deux équivalences, en Question 10, où il faut organiser une discussion complète et soigner trois croquis, et en Question 11 ii), où une proportionnalité mal testée donne des valeurs fausses.
Ce que la question teste. Les Définitions 1 et 4 du document, appliquées sans raccourci (matrices et systèmes). « Dûment détaillées » veut dire : chaque opération est écrite, avec la ligne modifiée et ce qu'on lui ajoute.
La rédaction attendue. Notons
: on ajoute à la combinaison ; : on ajoute à la combinaison .
Ces deux opérations n'utilisent que
La matrice obtenue est échelonnée au sens de la Définition 1 : le nombre de zéros précédant le premier coefficient non nul vaut
Si l'on veut une matrice réduite au sens de la Définition 2, deux opérations du deuxième type suffisent :
⚠️ La question ne le demande pas. Et la Définition 2 du document n'exige que des pivots égaux à
Les pièges.
- Écrire une opération du type
en la présentant comme élémentaire : elle est légitime, mais c'est la composée de deux opérations de la Définition 4 (multiplier par , puis ajouter ). Et avec un coefficient nul devant la ligne modifiée, comme , ce n'est plus une opération élémentaire du tout : elle peut faire chuter le rang. - Opérer sur les colonnes : la Définition 4 ne le prévoit pas.
- Effectuer « en même temps » des opérations qui se modifient l'une l'autre, comme
et . Prises simultanément, elles ne forment pas une suite d'opérations élémentaires, et elles peuvent faire chuter le rang : les deux nouvelles lignes sont opposées, donc le rang de la paire tombe à au plus, même si et étaient indépendantes.
Recoupement. Les opérations « ajouter à une ligne un multiple d'une autre » ne changent pas le déterminant. Celui de la matrice échelonnée, triangulaire, est le produit des pivots :
Les deux calculs, indépendants, concordent ✓
Ce que la question teste. La caractérisation d'un sous-espace vectoriel, et la linéarité du produit matriciel (matrices et systèmes). Le document affirme le résultat dans le « cas des systèmes linéaires homogènes » sans le démontrer.
La rédaction attendue. Soit
est une partie de , par définition. contient le vecteur nul : . est stable par combinaison linéaire. Soient et . Le produit matriciel est distributif par rapport à l'addition et compatible avec la multiplication par un réel, donc
c'est-à-dire
Donc
Une rédaction plus courte, tout aussi juste. L'application
Les pièges.
- Oublier le vecteur nul : sans lui, on n'a montré que la stabilité, et l'ensemble vide est stable par combinaison linéaire sans être un sous-espace.
- Se tromper d'espace : les solutions
vivent dans (autant que d'inconnues), les seconds membres dans (autant que d'équations). - Croire que le résultat s'étend au cas non homogène : pour
, les solutions de ne contiennent pas , puisque . C'est exactement pourquoi le document a besoin de la Proposition 3.
Recoupement. Avec la matrice
Ce que la question teste. Un échelonnement avec paramètre, discuté proprement, puis le lien entre valeur propre et rang (valeurs propres et diagonalisation, matrices et systèmes).
La rédaction attendue. Pour
On veut un pivot qui ne dépende pas de
On annule ensuite la première colonne sous le pivot
Toutes ces opérations sont élémentaires quel que soit
- si
: les coefficients , et sont non nuls, la matrice est échelonnée avec trois lignes non nulles : ; - si
: la matrice devient , échelonnée avec une ligne non nulle : ; - si
: elle devient , échelonnée avec deux lignes non nulles : .
⚠️ La forme obtenue est échelonnée pour toute valeur de
Les valeurs propres. Le réel
Le cas homogène donne même les dimensions des sous-espaces propres :
Les pièges.
- Diviser par une expression en
: prendre pour pivot sans échange oblige à écarter le cas , puis à le traiter à part (le rang y vaut : il n'a rien de particulier). Rien de faux si on le fait, mais c'est un cas de plus à ne pas oublier ; l'échange initial l'évite. - Lire le rang sur la forme générale sans remplacer
, et annoncer par exemple « rang pour » en comptant la ligne comme non nulle. - Oublier la valeur propre
: est de rang , donc non inversible, et est valeur propre — de sous-espace propre de dimension .
Recoupement. Par la règle de Sarrus,
Ce que la question teste. La structure des solutions d'un système non homogène : une solution particulière plus les solutions du système homogène associé (matrices et systèmes).
La rédaction attendue. On suppose que
. Soit . Posons . Par distributivité du produit matriciel,
donc
. Soit . Alors , donc .
D'où
Deux remarques qui montrent qu'on a compris l'énoncé.
- L'hypothèse
ne sert nulle part. La démonstration vaut telle quelle pour (avec par exemple ) : l'ensemble des solutions est alors lui-même. La Question 6 utilise la Proposition 3 sous cette forme générale. - L'hypothèse « au moins une solution » est indispensable. Sans
, rien à translater ; et un ensemble de la forme n'est jamais vide (il contient , puisque ), alors que peut l'être : le système , n'a pas de solution.
Géométriquement,
Les pièges. Ne démontrer qu'une inclusion ; écrire «
Recoupement. Sur le système de la Question 9, on trouvera
Ce que la question teste. Reconnaître une même structure dans deux chapitres du programme : les systèmes linéaires et les équations différentielles linéaires du premier ordre (équations différentielles).
La rédaction attendue. Soit
Le point commun est la linéarité, et la conclusion qu'on en tire. L'application
définie sur les fonctions dérivables sur
La preuve est la même, mot pour mot. Si
Ce qui diffère, et qui enrichit la réponse.
- L'existence d'une solution particulière est ici garantie. Si
est une primitive de sur (elle existe, étant continue sur un intervalle) et , la méthode de variation de la constante fournit
alors qu'un système linéaire peut être incompatible (Théorème 1).
- La dimension. Les solutions de
sont les , : un espace de dimension , dans un espace de fonctions qui, lui, est de dimension infinie. Pour un système, est de dimension .
Un exemple. Pour
Les pièges.
- Répondre « les deux sont linéaires » sans dire ce que la linéarité donne : la structure « solution particulière + solutions homogènes ».
- Dire que les solutions de
forment un espace vectoriel : c'est faux dès que n'est pas la fonction nulle, comme pour avec — la fonction nulle n'est pas solution. - Oublier les hypothèses : «
continue » assure l'existence d'une primitive ; « intervalle » assure que deux primitives diffèrent d'une constante, donc que les solutions de sont exactement les (sur une réunion de deux intervalles disjoints, la constante pourrait changer de l'un à l'autre, et l'espace des solutions serait de dimension ).
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Une démonstration qui enchaîne quatre résultats du document — la Proposition 3, le cas homogène, la Définition 3 et la notion de dimension — sans perdre l'hypothèse (matrices et rang). C'est le point dur de la section.
Mettre l'énoncé en équations. Écrivons
Dire que «
les deux égalités ensemble : ce sont les deux membres de l'équation qui se combinent.
La démonstration. On suppose que l'ensemble
Étape 1 — les deux systèmes homogènes associés ont les mêmes solutions. Soit
où
Étape 2 — les rangs sont égaux. D'après le cas homogène du document,
Étape 3 — la ligne
Étape 4 — les seconds membres suivent. La solution
Les deux égalités sont établies :
Où sert l'hypothèse « l'ensemble des solutions est non vide » ? Deux fois : pour disposer de
Une variante par le Théorème 1. Les systèmes
Les pièges.
- Oublier le second membre : montrer seulement
ne suffit pas. Les équations et ont le même premier membre et ne sont pas la même équation. - Utiliser deux solutions particulières différentes pour
et à l'Étape 1 : l'égalité ne se lit plus directement. - Conclure « même nombre de solutions » au lieu de « mêmes solutions » : deux droites distinctes ont autant de points l'une que l'autre.
Recoupement. Reprenons le système de la Question 9 et ajoutons l'équation
Ce que la question teste. Savoir si une implication est une équivalence, en le démontrant — le travail de critique que l'épreuve demande sur un document.
Réponse : oui, le résultat obtenu est valide. Sous les hypothèses du Théorème 2,
La rédaction attendue. Le sens direct est le Théorème 2 (Question 6). Montrons la réciproque. Reprenons les notations de la Question 6, et supposons qu'il existe
, toujours : une solution de vérifie en particulier toutes les équations de . : soit . Alors pour tout , donc
Donc
La nuance qui fait la différence. La réciproque n'utilise pas l'hypothèse « l'ensemble des solutions de
Les pièges.
- Répondre « non » parce qu'« une réciproque est en général fausse » : c'est une idée générale, pas une justification. Ici elle est vraie, et il faut le démontrer.
- Répondre « oui » en redémontrant seulement le Théorème 2 : la question porte sur le sens réciproque.
- Oublier l'inclusion évidente
: c'est une moitié de l'égalité des ensembles.
Recoupement. L'exemple de la Question 6 le montre dans le sens réciproque :
Ce que la question teste. Traduire « famille liée » par un rang, puis calculer ce rang par la méthode de Gauss (matrices et rang).
La rédaction attendue. Soit
Par la Définition 3, le rang de la famille
La matrice obtenue est échelonnée. Ses deux premières lignes sont non nulles ; la troisième l'est si et seulement si
- si
, le rang vaut et la famille est libre ; - si
, le rang vaut et la famille est liée.
Donc
Une remarque sur l'énoncé. L'équivalence «
Les pièges.
- Diviser par
ou par pour « faire apparaître un pivot » : cela oblige à des cas particuliers inutiles. L'opération ci-dessus n'en demande aucun. - Écrire « le rang vaut
» sans dire pourquoi il ne peut pas valoir moins : ici les deux premières lignes le garantissent. - Oublier de conclure par l'égalité d'ensembles demandée.
Recoupement. Le déterminant de la matrice de départ, développé selon sa troisième ligne, vaut
Ce que la question teste. La méthode de Gauss du document — sur la matrice augmentée — et la lecture géométrique de son résultat par le Théorème 1 et la Remarque 3 (matrices et systèmes).
La rédaction attendue. Un point
Les opérations sont réversibles (Remarque 2) : le système est équivalent à
On lit
C'est l'ensemble des points
Les pièges.
- Résoudre par substitution : juste, mais la question impose la méthode de Gauss, c'est-à-dire l'échelonnement de la matrice augmentée, opérations nommées.
- Oublier de dire pourquoi l'ensemble obtenu est une droite : il faut un vecteur directeur non nul.
- Une erreur de signe en remontant le système — d'où le recoupement ci-dessous, qui ne coûte que quelques lignes.
Recoupement. Le point
Ce que la question teste. Organiser une discussion exhaustive à partir du Théorème 1, puis traduire chaque cas en géométrie (matrices et systèmes). C'est ce que la Remarque 5 laisse « à titre d'exercice ».
Mise en place. Soient
et
Les rangs possibles. Chaque ligne de
| Théorème 1 | position des plans | |||
|---|---|---|---|---|
| compatible, |
une droite | sécants | ||
| incompatible | vide | strictement parallèles | ||
| compatible, |
un plan | confondus |
La rédaction attendue, cas par cas.
. Alors aussi (il est compris entre et ). Le système est compatible ; par la Proposition 3 et le cas homogène, ses solutions forment avec , soit avec : est une droite. Les vecteurs normaux ne sont pas colinéaires : les plans sont sécants. . Le système est incompatible : . Les lignes de , non nulles, sont colinéaires : avec . Les deux plans ont alors la même direction, l'ensemble des vecteurs tels que : ils sont parallèles, et sans point commun, donc strictement parallèles. . Les deux lignes de , non nulles, sont colinéaires : avec . Les deux équations sont équivalentes : , les plans sont confondus. On retrouve la dimension annoncée par le Théorème 1 : .
Ce qui n'arrive jamais : un point. Une solution unique demanderait
Le cadre du document. Le document fixe «
Les croquis en perspective (figure ci-dessous) : deux plans sécants et leur droite commune, deux plans strictement parallèles, deux plans confondus. Un croquis se soigne : parallélogrammes pour représenter les plans, droite d'intersection tracée et nommée, parties cachées en pointillés.
Les pièges.
- Oublier de justifier que
: c'est l'hypothèse « , , non tous nuls » qui l'assure. - Appeler « parallèles » le seul cas incompatible : « parallèles » désigne aussi les plans confondus (même direction). Les cas 2 et 3 sont les deux cas « parallèles ».
- Annoncer un cas « intersection réduite à un point », par analogie avec deux droites du plan.
Recoupement. Trois exemples, un par ligne du tableau : les plans de la Question 9 (
Ce que la question teste. Le produit vectoriel et sa propriété caractéristique — il est nul exactement pour deux vecteurs colinéaires —, et le lien entre parallélisme et vecteurs normaux (espaces euclidiens et produit vectoriel).
Définitions utilisées. Un plan
Étape 1 — parallèles si et seulement si
- Si
et sont parallèles, , donc est de dimension : , les lignes et sont colinéaires. - Si
(avec , les deux vecteurs étant non nuls), alors équivaut à : , les plans sont parallèles.
Étape 2 —
- Si
, alors , par bilinéarité et parce que pour tout . - Réciproquement, supposons
. Comme , l'une de ses coordonnées est non nulle ; supposons (les deux autres cas s'en déduisent en permutant les coordonnées) et posons . La troisième coordonnée nulle donne , soit ; la deuxième donne , soit . Avec , on obtient : la famille est liée.
Les deux étapes réunies donnent la Remarque 6 :
Une variante pour l'Étape 2. L'identité de Lagrange
ramène la condition
Les pièges.
- Ne pas définir « parallèles » : toute la preuve en dépend. Avec la convention « distincts » du document, « parallèles » signifie « strictement parallèles » ; la Remarque 6 est vraie dans les deux lectures, mais pour des raisons différentes : dans la lecture « même direction », c'est ce que prouvent les Étapes 1 et 2 ; dans la lecture « strictement parallèles », c'est la convention du document (
) qui la sauve — le produit vectoriel ne voit que les directions, et il est nul aussi pour deux plans confondus. - Affirmer « produit vectoriel nul donc colinéaires » sans le démontrer : c'est précisément ce que la question demande de prouver.
- Oublier que les vecteurs normaux sont non nuls : le vecteur nul est colinéaire à tout, et la Remarque 6 tomberait.
Recoupement. La Question 10 donne un second chemin : les plans sont parallèles (strictement ou confondus) exactement dans les cas
Ce que la question teste. L'application de la Remarque 6 à une famille de plans dépendant d'un paramètre, et la rigueur de la discussion.
La rédaction attendue. Pour tout réel
Aucun des deux n'est nul, quel que soit
- première coordonnée :
; - deuxième coordonnée :
; - troisième coordonnée :
.
Donc
Ce vecteur est nul si et seulement si ses trois coordonnées le sont. La première s'annule pour
Les pièges.
- Tester la proportionnalité sur deux coordonnées seulement. Chercher
tel que en n'utilisant que les première et troisième coordonnées ( et ) donne ; les deuxième et troisième donnent ; les deux premières, . Les valeurs , et sont parasites : pour , par exemple, et ne sont pas colinéaires. Les trois coordonnées doivent être vérifiées ensemble — c'est exactement ce que fait le produit vectoriel. - Oublier de vérifier que les équations sont bien des équations de plans pour toute valeur de
: si un vecteur de coefficients pouvait s'annuler, la question changerait de nature. - Une erreur de signe dans le développement : chaque coordonnée se factorise par
, ce qui est un bon signal de contrôle.
Recoupement. Pour
Ce que la question teste. Distinguer les deux cas « parallèles » de la Question 10, en regardant cette fois les seconds membres.
La rédaction attendue. D'après ii), le seul cas de parallélisme est
La seconde équivaut à
d'où
Réponse : non, il n'existe aucune valeur de
Les pièges.
- S'arrêter à la colinéarité des vecteurs normaux : elle dit « parallèles », pas « confondus ». Il faut comparer les seconds membres.
- Comparer
et sans avoir d'abord ramené les équations à des vecteurs de coefficients égaux : on compare au second membre de la seconde équation.
Recoupement. Le point
Ce que la question teste. Lire la Définition 6 de près : elle retient les plans parmi les équations de la forme
La rédaction attendue. Notons
Son vecteur de coefficients est
Supposons
Ce plan contient la droite
Pourquoi l'hypothèse est nécessaire. Si
Les pièges.
- Confondre « non parallèles » et « distincts » : deux plans distincts peuvent être parallèles, et c'est exactement le cas où l'affirmation tombe.
- Affirmer que l'équation « représente un plan » sans examiner son vecteur de coefficients : c'est la seule chose à vérifier.
- Utiliser le fait que les plans sont sécants sans l'avoir justifié : ici il découle de la Question 10.
Recoupement. Avec l'exemple du document,
Six réflexes transférables, qui valent bien au-delà de ce sujet.
1. Le rang compte les équations indépendantes, et la méthode de Gauss le lit. Les opérations élémentaires sur les lignes ne changent ni le rang (Proposition 1) ni les solutions d'un système (Remarque 2). Nomme chaque opération, avec la ligne modifiée et ce qu'on lui ajoute ; et dans un échelonnement avec paramètre, choisis des pivots qui ne dépendent pas du paramètre (un échange de lignes y aide), n'utilise jamais pour pivot une expression qui peut s'annuler sans traiter ce cas à part, puis remplace le paramètre par chaque valeur critique et relis la matrice.
2. Une équation linéaire a toujours la même structure de solutions. Qu'il s'agisse d'un système
3. Rouché-Fontené classe toutes les positions de deux plans.
| intersection | ||
|---|---|---|
| une droite (plans sécants) | ||
| vide (strictement parallèles) | ||
| un plan (confondus) |
La dimension de l'ensemble des solutions, quand il est non vide, vaut
4. Parallélisme : les TROIS coordonnées. Deux plans sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs normaux sont colinéaires, si et seulement si leur produit vectoriel est nul. Une proportionnalité vérifiée sur deux coordonnées ne prouve rien : en Question 11. ii), elle fait apparaître les valeurs parasites
5. Combinaison d'équations et solutions communes. Si le système
6. Combiner deux équations de plans ne donne à coup sûr un plan que si ces plans ne sont pas parallèles. Pour
Lire le document en critique, comme le demande l'épreuve. Ce Document 1 contient plusieurs imprécisions qu'il est utile d'avoir repérées :
- la Proposition 3 est posée pour
, et le Théorème 1 porte sur « le système défini plus haut » (non homogène par convention) tout en traitant le cas : la convention est inutile, aucune preuve ne s'en sert ; - la Définition 2 appelle « réduite » une matrice échelonnée à pivots égaux à
, ce qui n'est pas la forme échelonnée réduite usuelle ; - «
fois indéterminé » signifie : l'ensemble des solutions est un translaté d'un sous-espace de dimension ; - la convention «
et distincts » du document et les « deux plans quelconques » de la Question 10 ne disent pas la même chose ; - quelques coquilles : « l'ensemble des matrice carrées », « d'équation respective », « un système échelonné équivalent […] que le système de départ ».
Signale-les quand une question y touche — c'est le cas des Questions 1 (Définition 2), 4 et 6 (Proposition 3 posée pour